Vous êtes sur la page 1sur 13

LA FORMATION DES CHAÎNES DE MONTAGNES

INTRODUCTION

I/ LES VESTIGES D’UN ANCIEN DOMAINE OCÉANIQUE

II/ LES TRACES D’UNE MARGE CONTINENTALE PASSIVE

III/ LES TÉMOINS D’UNE ANCIENNE SUBDUCTION

IV- LA COLLISION CONTINENTALE : ÉTAPE ULTIME DE LA CONVERGENCE

1
INTRODUCTION
Le modèle de la formation d’une chaine de montagnes se fonde sur la TECTONIQUE DES
PLAQUES.
Les déplacements horizontaux des plaques lithosphériques peuvent conduire celles-ci à se
rapprocher l'une de l'autre.
Une plaque océanique peut être subduite par une plaque continente et alors s’enfoncer
dans le manteau : c’est la SUBDUCTION.
La subduction d’une plaque océanique s’accompagne d’une création de relief tel que les
arcs volcaniques, l’accumulation de sédiments marins déformé.
Si la fermeture de l’océan est totale (cas extrême de subduction océanique), les deux
continents qui la bordaient entrent alors en collision. Ce phénomène est à l’origine de la
surrection de chaînes de montagnes : c’est l’OROGÉNÈSE (succédant souvent à une
subduction).
L’Himalaya et les Alpes sont deux exemples types de cette collision.

Quels indices de terrain accréditent le modèle de la formation des chaînes de montagnes ?

Rappel de 4ème :

MODÈLE GLOBAL DE LA FORMATION DES CHAÎNES DES MONTAGNES

1- L'expansion océanique

Modélisation de l’expansion océanique

L’accrétion océanique (formation de croûte océanique) au niveau des dorsales est associée à
la divergence des plaques. L’océan, bordé par des marges continentales passives s’élargit :
c’est l’expansion océanique.

2
2- La fermeture océanique

Manteau lithosphérique

Modélisation de la fermeture océanique

Information Document :
= Prisme d’accrétion = Mouvement d’enfoncement
= Mouvement convergent = Croûte océanique

Une modification des contraintes globales entraîne un rapprochement des plaques


(convergence lithosphérique). L’océan se referme à la faveur d’une subduction océanique,
c’est-à-dire d’un enfoncement de la lithosphère océanique (croûte océanique + manteau)
dans l’asthénosphère.
La plaque océanique plongeante fait s'accumuler les sédiments marins qui se comprime puis
se déforme contre la plaque sus-jacente (continentale) : on obtient un PRISME
D’ACCRÉTION.

3- La collision continentale

Modélisation de la collision continentale

L’océan entièrement fermé, les continents entrent en collision et le croûtes continentales se


fracturent et s’empilent en écailles. La croûte continentale devient plus épaisse avec la
présence d’une racine crustal. Les anciennes bordures océaniques (marges passives) sont

3
alors déformés. Des portions de lithosphère océanique peuvent être charriées en altitude et
donner des ophiolites. Les roches de la croûte, entrainées en profondeur, peuvent entrer en
fusion partielle et former des plutons de granitoïdes (massif cristallin formé de roches
plutoniques).
I/ LES VESTIGES D’UN ANCIEN DOMAINE OCÉANIQUE
Nous savons qu’au niveau des dorsales océanique, il y a création de plancher océanique
(accrétion). À l’aplomb du rift (fossé d’effondrement localiser le long d’une fracture de
l’écorce terrestre lors d'une divergence de plaques), il y a formation de magmas de
composition basaltique par la fusion partielle de péridotites du manteau supérieur.
Ce magma remonte à la surface se refroidit plus ou moins puis donne naissance à des
roches tel que :

- Gabbros ;
- Basaltes ; LITHOSPHÈRE OCÉANIQUE
- Péridotites.

Grâce aux observations et aux forages entreprit au fond de l’océan, les géologues ont pu
observer que ces roches sont superposées en tous points de la même manière (Haut 
Bas) :

- Basalte en pillow-lavas ;
- Basalte en filons ;
- Gabbros ;
- Péridotites.

INDICES D’UN ANCIEN DOMAINE OCÉANIQUE


Dans la zone interne de l’arc alpin, les géologues ont trouvé et décrit des formations
rocheuses à l’aspect de « peau de serpent » auxquelles ils ont donné le nom d’ophiolites
(de ophis pour serpent).
Elles sont constituées par la succession de trois types de formations :

- Basaltes en forme de coussins (pillow-lavas) ;


- Gabbros (roches plutoniques) avec des gros cristaux de pyroxènes et plagioclases ;
- Péridotites très sombres avec des reflets verts donnant un aspect particulier à
l’origine de leur nom de « serpentines ».

Si cette lithosphère est hydratée par HYDROTHERMALISME (eau chaude concentré en


minéraux) les basaltes deviennent des méta-basaltes, les gabbros des métagabbros et les
péridotites des serpentinites.

Cette association de roches est très inhabituelle au sein d’une croûte continentale car elle
constitue la nature même de la lithosphère océanique. La présence d’ophiolites dans une
4
chaine de montagnes à plusieurs milliers de mètres d’altitude montre qu’une partie du
domaine océanique a été charrié sur le continent lors de la collision continentale.
Ces roches sont donc les vestiges de l’ancien plancher océanique alpin dont des fragments
ont été charriés en altitude lors d’une collision continentale : c’est l’OBDUCTION.
Doc 1

LITHOSPHÈRE OCÉANIQUE

Exemple d’un gisement ophiolitique :

Information Document :
= Océan = Basaltes en coussin = Basaltes en Filon
= Gabbros = Péridotites/Serpentine

Exemple

Le massif du Chenaillet, près de Briançon comporte des roches caractéristiques d’une


lithosphère océanique hydratée. Ces ophiolites sont les vestiges d’une ancienne lithosphère
océanique ayant subi un métamorphisme hydrothermal. Elles n’ont pas subi de subduction.
Ce massif ophiolitique est composé des roches suivantes :

- Basaltes en coussins ;

- métagabbro ;

- Serpentinite.

5
Doc 2

Coupe géologique dans le massif ophiolitique du Chenaillet

D’après Comprendre et enseigner la planète Terre, J.-M. Caron et al., Éditions Ophrys, 1992

Ces ophiolites sont constituées d’un ensemble de roches qui réunissent des basaltes en
coussins situés au-dessus de gabbros recouvrant eux-mêmes des péridotites
métamorphisées.

Cette association est celle d’une croûte océanique (basaltes et gabbros) et du manteau
lithosphérique sur lequel elle repose (péridotite). Ces ophiolites sont donc de la croûte
océanique charriée sur la croûte continentale.

Elles révèlent qu’à l’emplacement de la chaîne alpine, un océan a autrefois existé (il y a
environ 100 millions d’années).

II/ LES TRACES D’UNE MARGE CONTINENTALE PASSIVE

Une marge passive n’est pas le siège d’une sismicité et d’un volcanisme important à l’inverse
d’une marge active (type Pérou, Chili, Antilles, Japon…).

Elle se forme lors de la déchirure d’un continent par une dorsale naissante. La croute
continentale est étirée, ce qui aboutit à la mise en place d’un rift continental : des failles
normales encadrent un fossé central dit d’effondrement.

6
Une invasion marine submerge le fossé, et du plancher océanique commence à se former :
un bassin océanique étroit (type mer rouge) s’installe.

La mer étroite s’élargit devenant un océan. La bordure européenne occidentale actuelle est
le vestige d’une des deux « lèvres » du rift continental qui a donné naissance à l’océan
atlantique.
Une marge passive présente les caractéristiques suivantes :

- Zone de transition entre croûte continentale et croûte océanique, qui se crée au sein
de la même plaque lithosphérique.

- Elle présente des failles normales légèrement concave dirigées vers le haut : ce sont
les failles listriques (largeur moyenne d’environ 15 km). Ces failles normales
témoignent d’une croûte continentale fracturée ;

- Elle présentent des blocs basculés, elles-mêmes à l’origine de contraintes de


divergence et délimités par des failles normales/listriques ;

- Largeur de la croûte continentale inférieur à 30 km ;

- Activité sismique et volcanique très FAIBLE.

Doc 3

7
Coupe synthétique d’une marge passive

DÉPOTS SÉDIMENTAIRES
Ces blocs basculés peuvent être recouverts de sédiments. La séquence sédimentaire
déposée est généralement subdivisée en trois catégories suivant leur dépôt au cours de
l’ouverture de l’Océan :
- Les sédiments pré-rift sont ceux qui se déposent avant la formation du rift (comme
les quartzites du Trias) ;

- Les sédiments syn-rift qui se déposent au moment de la formation du rift (comme


les calcaires). Ils prennent une forme en éventail car ils se déposent lors de la mise en
place du rift donc du basculement des blocs : les dépôts ont des épaisseurs
différentes selon leur position sur les blocs basculés.

- Les sédiments post-rift qui se déposent après la formation du rift dans un océan
(comme les calcaires roses et calcaires gris du Jurassique). Ils recouvrent la marge, en
lissant la topographie.

8
Doc 4

Histoire de l’ouverture d’un océan

VESTIGES D’UN ANCIEN OCÉAN DANS LES ALPES


Leur étude montre que l’Océan Alpin s’est formé à la fin du Trias (180 à 200 Ma) et qu’il s’est
étendu jusqu’au milieu du Crétacé (80 Ma). L’analyse des sédiments confirme donc
l’existence d’un océan disparu.

III/ LES TÉMOINS D’UNE ANCIENNE SUBDUCTION

PHÉNOMÈNE DE SUBDUCTION

La disparition de la lithosphère océanique par subduction est à l’origine d’une modification


de ses propriétés au cours du temps.
Au niveau des dorsales, la lithosphère océanique nouvellement formée est mince et
chaude, et « flotte » par conséquent sur l’asthénosphère grâce à faible densité.

9
À mesure qu’elle vieillit, en s’éloignant des dorsales, la lithosphère océanique se refroidit et
son épaisseur augmente.
Au bout d’un certain temps, la densité de la lithosphère océanique finit par devenir
supérieur à celles du manteau asthénosphérique.

Cette subduction se réalise en faveur des mouvements tectoniques globaux de convergence


lithosphérique.

CARACTÉRISTIQUE DE SUBDUCTION

Les gabbros de la croûte océanique ont subi au cours du temps des transformations
minéralogiques à l’état solide sous l’effet de la température, de la pression et de
l’hydratation : c’est le MÉTAMORPHISME.

Étape 1 :
Par refroidissement et hydratation au cours de l’éloignement de la dorsale, les gabbros se
placent dans un contexte de Basse Pression/Basse Température nommé faciès des schistes
verts. Ces roches deviennent des « schistes vert » renferment de chlorites (minéral vert) : il
s’agit d’un métamorphisme Basse Pression/Basse Température avec hydratation
importante.

Étape 2 :
Lors de la subduction, la pression augmente plus fortement que la température : ce contexte
de Haute Pression/Basse Température est appelé faciès des schistes bleus à cause de
l’apparition d’un minéral bleuté : le glaucophane. Les schistes verts sont transformés en
schistes bleues.
Étape 3 :
Les schistes bleus qui sont entrainés davantage en profondeur sont transformés en éclogite :
des grenats y apparaissent associés à un minéraux vert, la jadéite.

Le glaucophane, le grenat et la jadéite ne peuvent se former que dans des conditions de


température et de pression qui caractérisent les zones de subduction. Ils témoignent en
outre d’une déshydratation intense subie par les métagabbros.

Exemple

Dans les Alpes, on observe un positionnement d’Ouest en Est des métagabbros avec un
métamorphisme croissant. Ceci indique la présence d’une ancienne zone de subduction
dont la plongée s’est faite vers l’est.
Ainsi, on peut identifier que la plaque européenne (Alpine) plongeait sous la plaque africaine
(Adriatique).
10
Lorsque l’océan a complètement été subduit, il y a affrontement des deux lithosphères
continentales : c’est l’OBDUCTION.

Doc 5

La formation des chaines de montagnes


IV- LA COLLISION CONTINENTALE : ÉTAPE ULTIME DE LA CONVERGENCE

Le terme ultime de la subduction est la collision des deux masses continentales qui
bordaient l’océan disparu. Au début de la collision, les matériaux continentaux ne peuvent
être entrainés dans la subduction car leur densité est plus faible que celle du manteau
asthénosphérique dans laquelle la plaque plongeante s’enfonce.

La lithosphère continentale est alors contrainte de s’adapter à la compression tectonique :

- En profondeur, où la température est importante, les roches se déforment de


manière plastique et forment des PLIS ;

- Dans les zones superficielles, plus froides, les roches ont un comportement cassant
et se fracturent en FAILLE INVERSES.

11
La convergence se poursuivant, des nappes de charriage sont formées par des
chevauchements de terrains (les plus anciens terrains sur les plus jeunes s’empilent sur de
grandes épaisseurs). Il y a un raccourcissement et un épaississement de la lithosphère
continentale (avec indices tectoniques de types plis, failles inverses, chevauchements).
Sous la chaine de montagne la profondeur du MOHO peut atteindre plus de 50 km (racine
crustale).
Doc 6

Expansion
de l’océan

Subduction=
résorbtion de
l’océan

Collision

Étapes de la formation des Alpes

Les données récentes de la tomographie sismique, en particulier sous l’Himalaya, montrent


que, malgré sa faible densité, et contrairement à ce que pensaient les géologues jusqu’à une
époque récente, la Croute Continentale peut s’enfoncer profondément dans le manteau
(Sous l’Himalaya, la plaque continentale indienne s’enfonce à la verticale sur près de 1000
Km de profondeur) : c’est la SUBDUCTION CONTINENTALE.
Lorsque toute la lithosphère océanique a été subduite (= domaine océanique disparu), une
partie de la lithosphère continentale constituant la marge passive peut elle aussi disparaître
par subduction, entrainée, tractée par la lithosphère océanique plongeante.

BO chapitre 2 :

12
13