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Chimie – Terminale S Cours

Chapitre 3

Réactions s’effectuant dans les deux sens


Etat d’équilibre d’un système chimique

1 – Les réactions acide-base en solution aqueuse

Rappel : une solution aqueuse est le mélange liquide homogène obtenu après dissolution dans l’eau d’une
ou plusieurs espèces chimiques (sous n’importe quel état initial, solide, liquide ou gaz). L’eau, très
majoritaire, en est le solvant, et les espèces dissoutes les solutés.

1.1 – Théorie de Brønsted des acides et des bases


Comme nous l’avons vu en 1ère S,
 Un acide est une espèce chimique susceptible de fournir un ion hydrogène H+
 Une base est une espèce chimique susceptible de capter un ion hydrogène H+

Quelques exemples
 L’acide butanoïque CH3(CH2)2COOH, l’ion ammonium NH4+ ou l’ion oxonium H3O+ sont des espèces acides
 L’ion éthanoate CH3COO–, l’ammoniac NH3 ou l’ion hydroxyde HO– sont des espèces basiques

Un couple acide-base est l’ensemble d’un acide et d’une base dits conjugués car susceptibles d’échanger
un ion hydrogène ou proton H+ selon la demi-équation
acide = base + H+
Un couple se note toujours dans l’ordre acide/base.

Quelques exemples
 Le couple acide éthanoïque/ion éthanoate se note CH3COOH(aq)/CH3COO–(aq) et correspond à la demi-équation
acide-base
CH3COOH(aq) = CH3COO–(aq) + H+
 Le couple ion ammonium/ammoniac se note NH4+(aq)/NH3(aq) et correspond à la demi-équation acido-basique
NH4+(aq) = NH3(aq) + H+

Une espèce chimique est dite ampholyte si elle peut être à la fois acide et base dans deux couples.
 L’eau est un exemple fondamental d’ampholyte : c’est l’acide du couple H2O(l)/HO–(aq) de
demi-équation
H2O(l) = HO–(aq) + H+
+
et la base du couple H3O (aq)/H2O(l) de demi-équation
H3O+(aq) = H2O(l) + H+

1.2 – Réaction acido-basique


Une réaction acido-basique est un transfert d’ions hydrogène de l’acide1 d’un couple acide1/base1 à la
base base2 d’un couple acide2/base2.
C’est en combinant les demi-équations protoniques des deux couples engagés, écrites dans le sens
correct1, qu’apparaît l’équation de la réaction acide-base.

acide1 = base1 + H+ ici, l’acide1 cède un proton…


base2 + H+ = acide2 … que capte la base2
acide1 + base2  base1 + acide2

Remarque : les demi-équations acido-basiques sont purement formelles : l’ion H+ est directement transféré de l’acide1 à la
base2. Il s’agit uniquement d’accéder facilement à l’écriture de l’équation de la réaction.

1
Le sens correct est généralement dicté par l’expérience ou peut être déterminé par le calcul. Tout à fait généralement : il ne se devine pas !
1
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On rappelle également que la réaction est la modélisation d’une transformation chimique : certaines transformations peuvent
être expliquées (modélisées) par le transfert d’un proton d’une espèce à l’autre : ce sont les transformations acido-basiques.
Il existe d’autres types de réactions (comme les réactions redox, où la transformation peut être modélisée par un échange
d’électrons).

Exercice d’application : écrire l’équation de la réaction acide-base entre l’acide éthanoïque (ou acétique)
et l’ammoniac.

CH3COOH(aq) + NH3(aq) = CH3COO–(aq) + NH4+(aq)

2 – Le pH et sa mesure
2.1 – Définition et mesure du pH
Le pH d’une solution aqueuse est révélateur de son acidité : vous savez par exemple utiliser du papier pH
ou des indicateurs colorés pour vous en faire une idée. A 20°C, une solution de pH = 7,0 est dite neutre
d’un point de vue acido-basique ; si son pH est inférieur, elle est dite acide ; s’il est supérieur, elle est dite
basique.

Le pH (potentiel Hydrogène) d’une solution aqueuse est la grandeur sans dimension définie par
pH   log10  H 3O  
où la grandeur  H 3O   , exprimée2 en mol.L–1, est la concentration de la solution en ions oxonium H3O+.
Réciproquement, la connaissance du pH d’une solution permet d’en déduire sa concentration en ions
oxonium H3O+, en mol.L–1,
 H 3O    10  pH

Pour obtenir une mesure plus précise du pH que celles réalisées au


papier pH, on utilise un pH-mètre. Cet appareil est constitué de
deux parties,
 deux électrodes de mesure qui plongent dans la solution à
étudier ; dans la plupart des appareils, les deux électrodes
sont enfermées dans une enceinte en verre appelée sonde de
pH (ci-contre),
 un voltmètre qui mesure la différence de potentiel entre les
deux électrodes de mesure.

Une fois l’appareil étalonné3 grâce à deux solutions étalons,


l’affichage numérique fournit directement la valeur du pH de la
solution.

2
d’un point de vue mathématique, l’argument logarithmique devrait être adimensionné, aussi devrions-nous dire qu’il a la même valeur que  H O   lorsque
 3 
celle-ci est exprimée en mol.L–1…
3
http://www.uel-pcsm.education.fr/consultation/reference/chimie/solutaque/simuler/chapitre4/partie1/sim_phetalon.swf

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2.2 – Précision des mesures au pH-mètre


La plupart des pH-mètres ont une incertitude de mesure de 0,05 unités de pH.
Prenons un exemple pour évaluer la précision de nos mesures : la mesure du pH d’une solution donne 4,8.
Il y a donc par définition de l’intervalle de confiance de mesure 95% de chances que le pH de la solution
soit compris entre 4,8 – 0,05 = 4,75 et 4,8 + 0,05 = 4,85.
Il s’ensuit
104,85   H 3O    10 4,75
soit
1, 41.10 5 mol.L1   H 3O    1, 78.105 mol.L1
L’incertitude de mesure est donc
1, 78  1, 41 .105 100  23 %
104,8
Autant dire que le pH-mètre ne permet pas une mesure précise de la concentration en ions oxonium d’une
solution !

3 – Transformation totale ou limitée


3.1 – Découvrir une transformation non totale
En mélangeant des solutions d’ions plomb(II) Pb2+(aq) et iodure I–(aq), on obtient un précipité jaune-or
d’iodure de plomb PbI2(s). La réaction obéit à l’équation
Pb2+(aq) + 2 I–(aq)  PbI2(s)

Introduisons les réactifs en proportions stoechiométriques : si la réaction était totale, il ne devrait rester ni
ions Pb2+(aq), ni ions I–(aq).
Sulfate de plomb(II)
1 mol  Pb 2  (aq )  SO4 2  (aq ) 
+
2 mol  K (aq )  I  (aq ) 

Iodure de potassium

Précipité jaune d’iodure de plomb PbI2(s)

Filtrons la solution (pour récupérer le précipité) : on obtient une solution incolore. Faisons-lui subir deux
tests caractéristiques :
 Une addition d’ions argent Ag+(aq) conduit à la formation du précipité jaune pâle d’iodure
d’argent AgI(s)
Ag+(aq) + I–(aq)  AgI(s)
caractéristique de la présence des ions iodure I–(aq) dans le filtrat.
 Une addition d’ions chromate CrO42–(aq) conduit à la formation du précipité jaune orangé de
chromate de plomb PbCrO4(s)
Pb2+(aq) + CrO42–(aq)  PbCrO4(s)
caractéristique de la présence des ions plomb(II) Pb2+(aq) dans le filtrat.

Conclusion : la réaction n’est pas totale puisqu’il reste des deux réactifs dans le filtrat même si ces
derniers avaient été introduits initialement dans les proportions stoechiométriques.
On dit que cette réaction est limitée.

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3.2 – Avancement final et avancement maximal


L’avancement x d’une réaction traduit son degré d’avancement entre un état initial et un état final ; c’est
une fonction croissante du temps de réaction, exprimée en moles, et partant de 0.
Les réactions totales (vues en 2nde et en 1ère S) se caractérisent par un avancement final dit maximal xmax
dont la valeur est fixée par la disparition d’un (au moins) des réactifs (réactif limitant).
Les réactions limitées se caractérisent par une valeur particulière de l’avancement x : l’avancement final,
xf. Il s’agit de l’avancement mesuré lorsque plus aucune évolution du système chimique n’est observée.
Dans le cas des réactions limitées, cet avancement final xf diffère de l’avancement maximal xmax, qui est
l’avancement mesuré lorsque le réactif limitant est entièrement consommé.
Pour illustrer la différence entre les deux valeurs de x, on introduit la notion de taux d’avancement final τ,
défini par
x
  f 100
xmax
Lorsque la transformation est totale, τ = 100 % ; dans le cas des réactions limitées, comme xf < xmax, nous
aurons τ < 100 %.
Pour préciser tout cela, nous prendrons deux exemples choisis dans les réactions acide-base (cf. TP).

3.2.1 – Transformation acide-base totale


Par dissolution de 1,0.10–2 mol de HCl(g) dans un volume V = 1,0 L d’eau, on obtient une solution
d’acide chlorhydrique de concentration c = 1,0.10–2 mol.L–1 en soluté apporté.
Le pH-mètre indique alors un pH de 2,0.
La réaction de l’acide HCl(g) sur la base H2O(l) s’écrit
HCl(g) + H2O(l)  H3O+(aq) + Cl–(aq)
+
équation de la réaction HCl(g) + H2O(l)  H3O (aq) + Cl–(aq)
état du
avancement n(HCl(g)) n(H2O(l)) n(H3O) n(Cl–)
système
état initial 0 1,0.10–2 0 0
état
x 1,0.10–2 – x excès x x
intermédiaire
état final xf 1,0.10–2 – xf xf xf
Si la réaction xmax =
0 excès 1,0.10–2 1,0.10–2
était totale 1,0.10–2

La mesure du pH de la solution obtenue après n (mol)


réaction permet de calculer
 H 3O    10 pH  1, 0.102 mol.L1 1,0.10–2 HCl
f

D’autre part, en suivant le tableau d’évolution, on


remarque que xf = n(H3O+)f = [H3O+]f  V.
Pour 1 L de solution, nous trouvons xf = 1,0.10–2 mol, et on
constate que l’avancement final est égal à l’avancement
maximal : le taux d’avancement est de 100 %, la réaction H3O+ et Cl– x (mol)
est totale.
1,0.10–2
xmax = xf
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3.2.2 – Transformation acide-base limitée


Mettons en solution 1,0.10–2 mol d’acide éthanoïque CH3COOH dans V = 1,0 L d’eau.
Le pH-mètre mesure alors un pH égal à 3,3.
La réaction de l’acide éthanoïque sur la base eau s’écrit
CH3COOH(aq) + H2O(l)  CH3COO–(aq) + H3O+(aq)
Le tableau d’évolution de la réaction est le suivant.

équation de la réaction CH3COOH(aq) + H2O(l)  CH3COO–(aq) + H3O+(aq)


état du système avancement n(CH3COOH) n(H2O) n(CH3COO–) n(H3O+)
état initial 0 1,0.10–2 excès 0 0
état intermédiaire x 1,0.10–2 – x excès x x
état final xf 1,0.10–2 – xf excès xf xf
Si la réaction était
xmax = 1,0.10−2 0 excès 1,0.10–2 1,0.10–2
totale

La mesure du pH permet de calculer la concentration en ions oxonium,


 H 3O    10  pH  103,3  5, 0.104 mol.L1
f

En suivant le tableau d’évolution, on obtient que xf = n(H3O+)f = [H3O+] × V. Pour 1 L de solution, on a


donc xf = 5,0.10-4 mol.
On constate par conséquent que l’avancement final de la réaction est différent de son avancement
maximal, de sorte que
x 5,0.10 4
  f 100   100  5, 0 %
xmax 1, 0.102
La transformation de l’acide éthanoïque avec l’eau est ici limitée.
n (mol)

1,0.10–2 CH3COOH

H3O+ et
CH3COO–

x (mol)

xf = 5,0.10–4 xmax

Autre exemple/exercice : une solution de chlorure d’ammonium dont la concentration en soluté apporté
est de 1,0.10–4 mol.L–1 conduit à un pH de 6,6 ; montrer qu’un calcul analogue conduit à un taux
d’avancement final de 25 % : la réaction est peu avancée.

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4 – Des réactions qui s’effectuent dans les deux sens


4.1 – Retour sur le TP
Certaines réactions chimiques peuvent avoir lieu dans les deux sens : des réactifs forment des produits,
mais ces produits peuvent à leur tour redonner les réactifs.
Le symbole de la flèche de réaction n’est par conséquent pas adapté à la modélisation de ce type de
système en réaction : on lui préfère un symbole symétrique, le symbole « = » signifiant que la réaction
peut se produire dans les deux sens.
CH3COOH(s) + H2O(l) = CH3COO–(aq) + H3O+(aq)
On réservera ainsi la flèche aux réactions que l’on sait être totales :
HCl(g) + H2O(l)  H3O+(aq) + Cl–(aq)
Si aucune information n’apparaît concernant la nature totale/limitée d’une réaction, on garde le symbole
« = », en considérant que les réactions totales constituent un cas limite (et finalement moins général) de
réactions limitées.

4.2 – Etat d’équilibre d’un système chimique


4.2.1 – Définition
Analysons la solution aqueuse d’acide éthanoïque à la concentration en soluté apporté c = 1,0.10–2 mol.L–
1
. Son pH vaut 3,3.
Nous avons donc
CH 3COO     H 3O    10  pH  10 3,3  5, 0.104 mol.L1
et
CH 3COOH   1, 0.102  5, 0.104  9,5.103 mol.L1
Ainsi, les quatre espèces CH3COOH(s), H2O(l), CH3COO–(aq) et H3O+(aq) de la réaction d’équation
CH3COOH(s) + H2O(l) = CH3COO–(aq) + H3O+(aq)
coexistent dans le système.
On dit que le système est dans un état d’équilibre.

Lorsqu’une transformation chimique se produit simultanément dans les deux


sens, l’état final est un état d’équilibre chimique.

On indique par l’indice « éq »4 les grandeurs caractéristiques de cet état final. Par exemple,
 H 3O    4,0.10 5 mol.L1 .
éq

Les systèmes en équilibre chimique sont très nombreux au laboratoire ou dans l’industrie : citons par
exemple la synthèse des esters, molécules odorantes (dont nous reparlerons), ou la synthèse industrielle
de l’ammoniac
N2(g) + 3 H2(g) = 2 NH3(g)

4.2.2 – Contrôle de l’équilibre


Séparons la solution précédente dans deux béchers.
 Dans le 1er bécher, ajoutons quelques gouttes d’acide éthanoïque pur. On observe alors que le
pH diminue, c’est-à-dire que la concentration [H3O+]éq augmente. Ainsi, l’équilibre est déplacé
dans le sens direct (de gauche à droite) :
CH3COOH(s) + H2O(l) = CH3COO–(aq) + H3O+(aq)
nd
 Dans le 2 bécher, ajoutons quelques cristaux d’éthanoate de sodium. On observe que le pH
augmente, donc que la concentration [H3O+]éq diminue. Ici, l’équilibre est déplacé dans le sens
4
A ne pas confondre avec l’équivalence d’un dosage, pour laquelle on réserve la lettre E.
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indirect (de droite à gauche) :


CH3COO–(aq) + H3O+(aq) = CH3COOH(s) + H2O(l)

Lorsqu’un système est dans un état d’équilibre, une modification des contraintes extérieures, comme par
exemple l’ajout d’un réactif ou d’un produit, permet le déplacement de l’équilibre dans un sens ou dans
l’autre.
Quand on ajoute un réactif, l’équilibre chimique est déplacé dans le sens direct ; quand on ajoute un
produit, l’équilibre est déplacé dans le sens inverse. De manière générale, l’équilibre se déplace dans le
sens de la consommation de l’espèce chimique. Ceci constitue la loi générale de modération de
l’équilibre chimique et porte le nom de principe de Le Chatelier (1884).

Prenons un autre exemple.


 Lors de la mise en présence des ions benzoate C6H5COO–(aq) et de l’acide méthanoïque
HCOOH(aq), on assiste à la formation du précipité blanc d’acide benzoïque C6H5COOH(s)
d’après l’équation
C6H5COO–(aq) + HCOOH(aq)  C6H5COOH(s) + HCOO–(aq)

 Une addition ultérieure d’une solution concentrée en ions méthanoate HCOO–(aq) consomme
l’acide benzoïque solide, selon la réaction inverse
C6H5COOH(s) + HCOO–(aq)  C6H5COO–(aq) + HCOOH(aq)

4.3 – Aspect microscopique


La transformation de deux molécules de réactifs en produits a lieu lors d’un choc efficace. Prenons par
exemple le cas de la réaction
O3(g) + NO(g)  NO2(g) + O2(g)

NO2
O3

NO O2

Quand la réaction est suffisamment avancée, les molécules NO2(g) et O2(g) deviennent nombreuses, et
peuvent elles aussi entrer en collision entre elles, reconduisant à la formation de O3(g) et NO(g).

Nous savons que, lors d’une transformation, plus la concentration des réactifs est élevée, plus la réaction
est rapide.
La vitesse de réaction n’est nulle que lorsque les concentrations sont nulles, c’est-à-dire s’il n’y a plus
d’équilibre chimique. Inversement, lorsque le système est le siège d’un équilibre chimique, aucune
concentration en réactif ou en produit n’est nulle.
Ainsi, pour l’équilibre
O3(g) + NO(g) = NO2(g) + O2(g)
les vitesses des réactions inverses l’une de l’autre,
O3(g) + NO(g)  NO2(g) + O2(g)
et
NO2(g) + O2(g)  O3(g) + NO(g)
ne s’annulent jamais ! Les concentrations de ces espèces n’évoluent pas au niveau macroscopique, et
restent donc constantes, mais cela n’indique pas qu’au niveau microscopique, plus rien ne se passe...

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5 – Quotient de réaction Qr dans un état quelconque


Le comportement d’une espèce chimique dépend de l’état physique (solide, liquide, gazeux ou aqueux) de
cette espèce. Dans le cas des espèces en solution aqueuse, leur comportement est mesuré par leur
concentration, exprimée en mol.L–1.

5.1 – Définition
Considérons un système qui est le siège d’un équilibre chimique dont toutes les espèces sont en solution
aqueuse. L’équation de la réaction peut s’écrire de manière générale
a A(aq) + b B(aq) = c C(aq) + d D(aq)
où A, B, C, D sont les espèces chimiques (réactifs et produits), et a, b, c, d leurs coefficients
stoechiométriques.
En solution, les concentrations [A], [B], [C] et [D] mesurent le comportement des différentes espèces
chimiques impliquées.
On appelle quotient de réaction Qr la grandeur
C    D 
c d

Qr 
 A   B 
a b

Qr n’a pas de dimension. On y place au numérateur les nombres qui mesurent le comportement des
produits, et au dénominateur ceux des réactifs.
Si l’une des espèces ne se trouve pas en solution :
 si l’une des espèces est la molécule d’eau (le solvant), le nombre retenu pour mesurer le
comportement vaut 15
 si l’une des espèces est un solide non dissous, le nombre qui mesure le comportement de
l’espèce vaut 1.
Dans ces deux cas, en revanche, il ne faut pas faire figurer de concentration que l’on remplacerait ensuite
par 1 !!

5.2 – Exemples en milieu homogène


Une solution qui n’est au contact d’aucun solide (réactif ou produit) est dite homogène.

Exemple 1
L’eau est en permanence le siège de l’équilibre d’autoprotolyse dont l’équation s’écrit
2 H2O(l) = H3O+(aq) + HO–(aq)
Le coefficient de réaction s’écrit ici
Qr   H 3O     HO  

Exemple 2
L’acide méthanoïque réagit avec l’eau selon la réaction d’équation
HCOOH(aq) + H2O(l) = HCOO–(aq) + H3O+(aq)
Le quotient de cette réaction est
 HCOO     H 3O  
Qr  
 HCOOH 
Ainsi, lors de l’introduction d’une quantité de matière n d’acide méthanoïque dans un volume V d’eau, le
coefficient de réaction prend la forme

5
Attention, cela ne signifie pas qu’il y ait 1 mol d’eau par litre de solution ! Il y a bien comme toujours une concentration 1
000/18 = 55 mol.L–1 de l’eau en solution aqueuse... Le nombre 1 est ici utilisé en tant qu’identité de la multiplication : il ne
modifie pas le quotient de réaction et l’espèce n’y figure pas.
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x x
   x2
V V
Qr      
nx  n  x V
V
si x est l’avancement de la réaction – le volume réactionnel étant supposé constant.
 Lorsque l’évolution n’a pas commencé, nous voyons que le quotient est nul.
 Dans l’hypothèse où la réaction est totale (x = n), le quotient réactionnel tend vers l’infini.

2.3 – Exemple en milieu hétérogène


Une solution aqueuse au contact d’un solide (réactif ou produit) est dite hétérogène.

Lors du mélange des ions plomb(II) et des ions iodure, on assiste à la précipitation de l’iodure de plomb
solide selon l’équation
Pb2+(aq) + 2 I–(aq) = PbI2(s)
Le quotient de réaction s’écrit
1
Qr  2
 Pb    I  
2

6 – Quotient de réaction à l’équilibre : loi d’équilibre


6.1 – Quotient de réaction à l’équilibre Qr,éq
On appelle quotient de réaction à l’équilibre Qr,éq la valeur que prend le quotient de réaction lorsque l’état
d’équilibre du système chimique considéré est atteint.
Nous l’écrirons de manière générale
C éq   D éq
c d

Qr ,éq 
 Aéq   B éq
a b

Afin de déterminer Qr,éq , on utilise différentes techniques expérimentales pour mesurer les concentrations
à l’équilibre :
 la conductimétrie pour les systèmes faisant intervenir des ions
 la pH-métrie pour les systèmes faisant intervenir des réactions acido-basiques
 la spectrophotométrie pour les systèmes faisant intervenir des espèces colorées

Exemple : étude du système « acide éthanoïque en solution aqueuse »


On considère une solution d’acide éthanoïque CH3COOH de concentration en soluté apporté c = 1,0.10–2
mol.L–1. Le système est le siège de l’équilibre
CH3COOH(aq) + H2O(l) = CH3COO–(aq) + H3O+(aq)
Dressons-en le tableau d’avancement pour un volume V.

équation de la réaction CH3COOH + H2O = CH3COO– + H3O+


état du
avancement n(CH3COOH) n(H2O) n(CH3COO–) n(H3O+)
système
état initial 0 1,0.10–2 V excès 0 0
état
x 1,0.10–2 V - x excès x x
intermédiaire
état final xf 1,0.10–2 V - xf excès xf xf

Le quotient de réaction s’écrit

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CH 3COO     H 3O  
éq éq
Qr ,éq 
CH 3COOH éq
La connaissance de la conductivité σ de la solution permet d’en déduire xf et ainsi les concentrations des
espèces à l’équilibre, puis Qr,éq.
La conductivité de la solution peut se mettre sous la forme
    CH 3COO    CH 3COO      H 3O     H 3O  
soit, en faisant intervenir l’avancement final xf à l’équilibre,
x
     CH 3COO      H 3O     f
V
Les tables de données fournissent λ(H3O+) = 35 mS.m2.mol–1 et λ(CH3COO–) = 4,1 mS.m2.mol–1.
On mesure σ = 1,6.10–2 S.m–1.
Cela permet d’en déduire
x 
CH 3COO     H 3O    f   4,1.10 1 mol.m3  4,1.104 mol.L1
éq éq V   CH 3COO      H 3O  
xf
CH 3COOH éq  1, 0.102   9,6 mol.m 3  9,6.103 mol.L1
V
On peut alors calculer
CH 3COO  éq   H 3O  éq  4,1.10 
  4 2

Qr ,éq    1,8.105
 3
CH COOH éq 9,6.10 3

Cette valeur est tout à fait intéressante : elle ne dépend pas des conditions initiales… Précisons.

6.2 – Constante d’équilibre


Le quotient de réaction d’un système à l’équilibre chimique est une constante indépendante de l’état
initial du système. On le note généralement K.
Qr,éq = K
Les constantes d’équilibre sont répertoriées dans des tables.

Exemple 1 : en milieu homogène


L’équilibre des acides avec l’eau est caractérisé par leur constante d’équilibre.

HCOOH(aq) + H2O(l) = HCOO–(aq) + H3O+(aq) K = 1,6.10–4


CH3COOH(aq) + H2O(l) = CH3COO–(aq) + H3O+(aq) K = 1,7.10–5
C6H5COOH(aq) + H2O(l) = C6H5COO–(aq) + H3O+(aq) K = 6,8.10–5

Exemple 2 : en milieu hétérogène


La formation de l’iodure de plomb(II)
Pb2+(aq) + 2 I–(aq) = PbI2(s)
a pour constante d’équilibre (de précipitation) K = 1,5.108.
La formation de l’iodate de baryum
Ba2+(aq) + 2 IO3–(aq) = Ba(IO3)2(s)
a pour constante d’équilibre (de précipitation) K = 6,6.108.
Nous obtenons ainsi notre réponse à la question issue de l’exemple d’étude : il y a bien une loi régissant
les concentrations des réactifs et des produits à l’équilibre,

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Chimie – Terminale S Cours
Chapitre 3

1
 K  6,6.108
 
2
 Ba 2 (aq)    IO3 (aq ) 
éq éq

6.3 – Influence de la température


Considérons la solubilisation de l’acide benzoïque.
C6H5COOH(s) = C6H5COOH(aq)
Le quotient de réaction à l’équilibre s’écrit
Qr,éq = [C6H5COOH(aq)]éq = K
Une élévation de température permet de dissoudre plus complètement le solide (jusqu’à sa disparition
totale), ce qui correspond à une augmentation de la concentration en acide benzoïque. Par conséquent, K
augmente avec la température. Le retour à la température ambiante entraîne la recristallisation de l’acide
benzoïque par diminution de K.
Pour l’éthanoate de sodium, au contraire, K diminue lorsque la température augmente.

La constante d’équilibre K ne dépend que de la température du système.

Le taux d’avancement final d’un système à l’équilibre, lui, dépend des conditions initiales et de la valeur
de la constante d’équilibre.
Considérons le cas général de la réaction d’un acide AH(aq) sur l’eau.
AH(aq) + H2O(l) = A–(aq) + H3O+(aq)
Si ci est la concentration en acide apporté dans le volume V d’eau, l’avancement maximal est xmax = ci V
x
et le taux d’avancement final   f .
ci V
équation de la réaction AH + H2O = A– + H3O+
état du
avancement n(AH) n(H2O) n(A–) n(H3O+)
système
état initial 0 ci V excès 0 0
xf ci V – xf
état final excès xf = τ ci V xf = τ ci V
= τ ci V = (1 – τ) ci V

Le quotient de réaction à l’équilibre s’écrit


 A    H 3O  
éq éq
Qr ,éq 
 AH éq
d’où l’on extrait

K
 ci     ci   ci  2

ci 1    1 
Le taux d’avancement final est donc racine du polynôme (s’entraîner à l’extraire)

2 
  1 K  0
ci
Il dépend donc de la constante d’équilibre de la réaction et des concentrations initiales.

Remarque : une réaction peut être considérée comme quasi-totale si son taux d’avancement final est supérieur à 99 %. Comme
τ dépend de K mais aussi des conditions initiales, il n’est pas possible de donner un critère universel portant seulement sur K et
prédisant qu’une réaction sera totale. Toutefois, dans la plupart des cas abordés en Terminale, une réaction dont la constante
d’équilibre est supérieure à 104 peut être considérée comme totale.

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