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MIHAELA LUPU

Unitatea de învăţare 3.
LA NEGATION

La négation se réalise à l’aide de certains éléments négatifs:


- l’adverbe de négation: ne, combiné avec d’autres adverbes comme pas, plus, jamais,
guère, nullement, aucunement;
- les pronoms personne et rien;
- les déterminants / les pronoms négatifs aucun, nul, pas un.
Pour ce qui est de la place de ces termes négatifs, ne précède toujours le verbe, tandis que les autres
le suivent.
Cet homme ne rit pas.
Cet homme ne rit plus.
Cet homme ne rira jamais.
Cet homme ne rit (plus) guère.
Il ne plaisante nullement.

IMPORTANT
►Si le verbe est à un temps simple, ne et pas (ou ses correspondants) l’encadrent:
Je ne chante pas.
Je ne chante plus.
Je ne chante jamais.
Je ne mange rien.
Si le verbe est à un temps composé, les deux termes négatifs encadrent l’auxiliaire:
Je n’ai pas mangé.
Je n’ai rien mangé.
Si le verbe principal est suivi d’un infinitif, les particules négatives encadrent le verbe principal: Je ne
veux pas manger maintenant.

Si l’infinitif n’est pas régi par un verbe ou s’il l’est par l’intermédiaire d’une préposition, les deux
particules précèdent l’infinitif:
Occasion à ne pas manquer.
Ne pas traverser la voie ferrée.
Ne pas se pencher au dehors.
Ne pas lui dire la vérité? Mais c’est inconcevable!
Prenez bien garde de ne pas le contrarier.
Je t’ai conseillé de ne rien dire avant l’arrivée de l’avocat.
Qu’est-ce qu’elle pourrait faire pour ne plus grossir?

Les termes négatifs (déterminants ou pronoms) avec lesquels la particule négative ne peut se combiner
- aucun(e), nul(le), pas un(e), personne, rien, nulle part - sont incompatibles avec la négation pas qu’ils
éliminent. Les termes négatifs susmentionnés peuvent avoir les fonctions syntaxiques de sujet ou
complément d’objet:

Sujet Aucun / personne n’a bougé.


Nul n’est censé ignorer la loi.
Rien ne l’émeut.
Objet direct J’ai essayé les deux robes, mais je n’en préfère aucune.

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Elle ne connaît personne ici.


Il n’en sait rien.
Objet indirect Je n’en ai parlé à personne.
Je ne pense à rien.

IMPORTANT
►Ne se passe également de pas dans des proverbes, locutions, expressions figées :
Qui ne veut point danser ne doit se mettre en danse.
N'ayez crainte, elle sera ici dans quelques instants !
N'empêche. N'importe.
Je ne sais qui / quoi / comment / où.
Qu’à cela ne tienne !
►Certains verbes peuvent être accompagnés seulement de la préposition ne, sans pas: cesser, oser,
pouvoir, savoir, le plus souvent lorsque ceux-ci sont conjugués aux temps simples et suivis d’un
autre verbe, à l’infinitif (cf. Le Nouveau Petit Robert, 2009):
Elle n’ose (pas) / ne peut (pas) l’avouer.
Elle ne cesse (pas) de dire et redire la même chose.
►En ce qui concerne savoir, il faut mentionner quelques locutions toutes faites (cf. Le Nouveau Petit
Robert, 1997) comme Ne savoir que faire, quoi faire. Ne savoir que devenir, où se mettre. Ils ne
savent qu'inventer. Ne savoir où donner de la tête, où se fourrer. Savoir conjugué au conditionnel
présent et précédé de la seule négation ne a le sens de pouvoir: Je ne saurais vous refuser.

- La négation peut avoir une valeur restrictive ; dans ce cas, on emploie la locution ne ... que (le terme
négatif pas étant absent): Elle ne respecte que Robert. Elle ne rend visite à sa voisine que lorsqu’elle
est en vacances. Si l’on ajoute la particule négative pas, l’énoncé acquiert un sens tout différent: Elle ne
respecte pas que Michel (elle respecte Christian aussi).

LE PASSIF

La voix passive indique le fait que le sujet de la phrase subit l’action exprimée par le verbe, celui-
ci étant toujours accompagné de l’auxiliaire être. En principe, un verbe transitif direct suivi d’un
complément d’objet direct peut être mis à la voix passive. Cette transformation engendre quelques
changements: le sujet de la phrase active devient complément d’agent (ou sujet logique) dans la phrase
passive, tandis que le complément d’objet direct de la phrase active devient sujet grammatical dans la
phrase passive. Comme on peut l’observer, le mode et le temps de la phrase active ne subissent pas
de modification, ils sont préservés dans la phrase passive.

Un élève turbulent a sali le mur.


sujet C.O.D.

Le mur a été sali par un élève turbulent.


S. gramm. compl. d’agent (sujet logique)

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IMPORTANT
►Certains verbes peuvent être employés tantôt comme verbes intransitifs (« de mouvement ») tantôt
comme verbes transitifs directs. C’est seulement dans le second cas qu’on peut les mettre à la voix
passive :
- Il est entré dans la maison ensuite il en est sorti.
- Les marchandises ont été entrées en fraude par un commerçant malhonnête.
- Elle est rentrée dans sa chambre.
- Les foins ont été rentrés par les paysans avant la saison des pluies.
- Les touristes sont descendus, ils sont maintenant dans le hall de l’hôtel.
- Les valises avaient été descendues par le concierge.
Pour pouvoir distinguer entre un verbe à la voix passive et un verbe qui se conjugue tout simplement
avec l’auxiliaire être, l’on peut faire appel au test du complément d’agent: on introduit un complément
d’agent là où il n’y en a pas.
►Parfois, on utilise la phrase passive pour éviter de mentionner l’agent d’un procès (soit parce que cet
agent est une instance abstraite, dépersonnalisée, soit parce que l’on ne connaît pas exactement le
nom de l’agent). Cet emploi relève du style administratif et juridique.
Il a été décidé que la séance serait ajournée.
Il a été convenu que le père aurait le droit de passer un week-end par mois avec ses enfants.
Il a été inséré un alinéa ainsi rédigé:... (exemple d’amendement d’une loi).
►En ce qui concerne le complément d’agent, il est introduit par la préposition par et, plus rarement,
par la préposition de, celle-ci étant en principe réservée à quelques emplois spécifiques:
- après un verbe de sentiment: adorer, aimer, estimer, étonner, regretter, etc.
La reine était aimée de tous les sujets.
L’ancien directeur était regretté de tous ceux qui l’avaient connu.
- après des verbes comme accompagner, suivre, précéder:
Le convoi officiel était précédé de deux voitures noires.
Les fruits de mer étaient accompagnés de légumes frais et de vin blanc.

Les exceptions ne font pas défaut:


Elle se promène toujours accompagnée de / par son frère aîné.
Les savants japonais furent précédés (= devancés) dans cette expérimentation par un groupe
de chercheurs français.

CITATION
„Saisi par une émotion irrésistible, par une curiosité violente, par un souvenir tout-puissant”
(Gobineau, apud Le Nouveau Petit Robert, 1997).

L’EMPHASE

Les phrases emphatiques servent à mettre en évidence un certain élément de la phrase. Si l’on
veut produire un énoncé emphatique on peut choisir entre trois modalités formelles, dont une de nature
prosodique et deux autres de nature syntaxique: l’accent d’insistance, la dislocation de la phrase et
l’extraction (cf. Gherasim, 1998: 348-356).

(a) L’accent d’insistance est utilisé lorsque le locuteur veut mettre en relief un certain élément de la
phrase. Les termes que frappe l’accent d’insistance sont comparés à d’autres termes, présents ou non

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dans le même énoncé; nous allons indiquer ces derniers entre crochets (exemple adapté d’après
Gherasim, 1998: 348):
 Les étudiants [pas les assistants] se sont moqués de la timidité du professeur de pédagogie.
 Les étudiants se sont moqués [ils n’ont pas apprécié] de la timidité du professeur de pédagogie.
 Les étudiants se sont moqués de la timidité [pas de la frayeur] du professeur de pédagogie.
 Les étudiants se sont moqués de la timidité du professeur [pas de l’assistant] de pédagogie.
 Les étudiants se sont moqués de la timidité du professeur de pédagogie [pas de psychologie].

(b) La dislocation de la phrase est un précédé de qui consiste à mettre un élément en position
détachée soit au début soit à la fin de la phrase. Les structures reprises ou anticipées sont
pronominalisées:
Tous ces articles, c’est moi qui les ai écrits.
C’est moi qui les ai écrits, tous ces articles.
Qu’est-ce qu’on peut détacher en tête ou en fin de phrase (cf. Gherasim, 1998 : 349-353)?
(b1) un groupe nominal ayant les fonctions syntaxiques suivantes:
- sujet: Ces leaders politiques, ils sont vraiment responsables. / Ils sont vraiment responsables,
ces leaders politiques.
- objet direct: Des livres bien écrits, j’en ai souvent lu. Je vais le mettre à la porte, cet employé
indolent.
- objet indirect: Les crises de nerfs du directeur, personne n’y fait attention. Cette naissance
prématurée, personne ne s’y attendait.
- attribut du sujet: Heureuse ?... oui, je le suis !
- complément circonstanciel de lieu: La mer, j’y vais chaque année.
(b2) un infinitif
On peut détacher un infinitif (ayant la fonction de sujet):
- en tête de phrase: Refuser, c’est perdre dans ce cas.
- en fin de phrase: C’est impossible de le convaincre. „Il fait trop beau. Ce serait bête d’en
perdre.” (J. Giono, Le bonheur fou).
(b3) diverses subordonnées (reprise en tête ou en fin de phrase)
- subordonnée sujet:
C’est incroyable qu’elle veuille refuser une telle offre.
Qu’elle veuille l’épouser, cela / ça ne m’étonne pas.
Cela me surprend que tu veuilles le punir.
- subordonnée complétive (d’objet direct ou indirect):
Que sa propre mère lui eût caché la vérité, elle le savait depuis quelque temps déjà.
ll y veille, à ce que son fils soit heureux.

IMPORTANT
► Il existe d’autres formules de mise en vedette de certains éléments de la phrase, par exemple celles
qui visent la thématisation du locuteur: pour ..., en ce qui ... concerne, quant à ...:
Quant à elle, elle ne leur fera jamais confiance.
En ce qui la concerne, je pourrais dire qu’elle est la meilleure étudiante de ce groupe.
Pour moi, je n’approuverai jamais un tel projet.

(c) L’extraction
Ce procédé consiste à isoler une partie de la phrase et à la mettre en relief à l’aide des structures c’est
… qui (pour la mise en vedette du sujet) ou c’est … que (pour la mise en relief des autres éléments).
C’est fonctionne comme présentatif.

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- sujet :
C’est Daniel qui m’a dit cela.
C’est le chat de la voisine qui a griffé la petite Mathilde.
C’est lui qui a proposé cette solution, pas moi.
C’est la femme que tu as vue hier soir dans la rue qui a trouvé mes papiers.
- complément d’objet direct:
C’est mon salaire que je veux, pas votre parole d’honneur.
- complément d’objet indirect premier ou second:
C’est à vous que j’ai pensé en disant cela.
C’est à Michel que j’ai confié mes chagrins, pas à Marcel.
- complément de l’adjectif:
C’est de toi qu’elle est contente.
- complément circonstanciel d’accompagnement:
C’est avec son beau-frère qu’il est allé en vacances.
- complément circonstanciel de lieu:
C’est à Genève que j’ai fait des études, pas à Lausanne.
- complément circonstanciel de temps:
C’est hier / une heure après / à neuf heures / après avoir téléphoné à maman que je les ai
prévenues.
- complément circonstanciel de manière:
C’est en riant qu’elle est rentrée, pas en pleurant.
- complément circonstanciel de cause:
C’est parce qu’elle n’est jamais d’accord avec mes projets que je veux démissionner.
- complément circonstanciel de but:
C’est pour lui faire oublier ses peines que je suis venue.

THEME DE REFLEXION
Comment réalise-t-on la phrase emphatique en roumain ?

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