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II.

Le contrôle exercé par le Parlement :


Le contrôle budgétaire parlementaire est une fonction essentielle pour renforcer la bonne
gouvernance des finances publiques qui constitue un élément essentiel pour les Etats qui voudraient
renforcer leurs capacités nécessaires pour le développement économique et la réduction de la
pauvreté. La bonne gouvernance en matière des finances publiques consiste en la réalisation des
services publics par « des dépenses publiques qui sont accessibles, transparentes et responsables et
financent les priorités gouvernementales, sans gaspillage ou corruption » .

Le parlement doit veiller à ce que la mise en œuvre du budget se fasse en toute transparence,
conformément aux autorisations accordées dans les lois de finances initiales et rectificatives, et dans
le respect des textes et lois en vigueur. L’expérience montre que la gouvernance des finances
publiques peut être compromise par une faible indépendance du parlement par rapport à l’exécutif.

L’objectif du contrôle parlementaire est de contraindre le gouvernement à rendre publiquement des


comptes sur l’exécution du budget que le parlement lui a confié. Alors le parlement au moyen des
lois de finances exerces 3 sortes de contrôle il s’agit du :

• contrôle a priori : loi des finances initiale

• contrôle en cours d'exécution du budget : loi des finances rectificative

• contrôle a posteriori : loi de règlement.

1. Le contrôle a priori : la loi de finances initiale


Elle se présente sous la forme d’un document volumineux, où sont présenté les choix et les priorités
budgétaire trouveraient bouleversées en cours d’exercice. ( par ex : les montants perçus peuvent
tout à fait être inférieurs ou supérieurs à ceux prévus). Pour préserver son autorité face à des
ajustements excessifs par le recours systématique des procédures administratives, le Parlement doit
superviser l’exécution en examinant ces réaménagements budgétaires et les dépenses réelles
pendant l’exercice.

Par un contrôle assuré par le rapporteur général et les rapporteurs spéciaux désignés par la
Commission des Finances dont le pouvoir consistent tout au long de l'année budgétaire à superviser
sur pièce et sur place l'emploi des crédits du budget ministériel dont ils sont en charge.

A travers des moyens dont disposent certains parlements pour contrôler le budget pendant la phase
d’exécution :

- Les questions orales ou écrites des parlementaires. Les parlementaires peuvent demander des
éclaircissements sur l'exécution du budget par la voie de questions d'actualité, orales ou écrites.

- Les pouvoirs des rapporteurs des commissions des finances. Les rapporteurs des commissions des
finances peuvent contrôler, sur pièces et sur place, l'emploi des crédits dont ils ont la charge de
présenter le rapport. De plus, les Commissions des Finances des Assemblées peuvent confier à la
Cour des Comptes des enquêtes particulières. Elles reçoivent communication de toutes informations
relatives aux mouvements des crédits budgétaires (transferts, virements,décrets d’avance,…) et
peuvent en donner avis.

- Les Missions d’évaluations et de contrôle. Ces missions ont pour objectif un meilleur contrôle de
l’efficacité de la dépense publique. Les parlements peuvent disposer du concours des institutions
supérieures de contrôle des finances publiques.
- Les commissions d'enquête et de contrôle. Le Parlement a toute latitude pour créer en son sein des
commissions de contrôle. Ces commissions ne peuvent cependant être constituées que pour une
durée maximum bien déterminée par la loi.

- Le droit d'information. Les Parlementaires ont un droit général d'information. Ils reçoivent d'office
certaines informations relatives à l’exécution budgétaire (situation des engagements, des
ordonnancements, des paiements, des arriérés,… etc.) et les rapports des organes de contrôle
(rapport de la cour des comptes par exemple ).

2. Le contrôle a posteriori : loi de règlement


Après l’exécution du budget, le Parlement doit être en mesure de vérifier si le budget initial
éventuellement amendé par des lois rectificatives a été exécuté selon ses décisions, par l’application
d’une loi de règlement considéré comme un acte de constatation et d’ajustement des résultats d’un
exercice budgétaire.

C'est ainsi que la loi organique des finances a prévu dans son article 47 un tel contrôle par le biais de
la loi de règlement qui « constate les résultats financiers de chaque année civile et approuve les
différences entre les résultats et les prévisions de la loi de finances de l'année, complétée le cas
échéant par les lois rectificatives ». Il s'agit en somme du moyen le plus efficace reconnu par le droit
positif marocain à la chambre des représentants pour contrôler la manière dont sont dépensés les
deniers publics, ainsi que les projets exécutés par voie de marchés dont la réalisation doit être
conforme aux prévisions de la loi de finances.

La discussion du projet de loi de règlement est l'occasion pour le Parlement d'apprécier la portée des
autorisations budgétaires face aux réalisations. A travers le vote de la loi de règlement et au-delà de
l'aspect du contrôle budgétaire, le Parlement exerce aussi son pouvoir de contrôle politique.

Le projet de loi de règlement doit être déposé sur le bureau de l'une des deux chambres du
Parlement au plus tard, à la fin de la deuxième année budgétaire qui suit l'année d'exécution de la loi
des finances.

Il est accompagné en raison du besoin du parlement de sources d'informations neutres et objectives,


d’un rapport des cours des comptes sur l’exécution de la Loi de Finances et la conformité des
comptes de l’Etat, sont autant d'informations mises à la disposition du Parlement pour une meilleure
appréciation des chiffres présentés par le projet de loi de règlement.

Cependant, force est de constater que l’intérêt manifesté par les parlementaires à ce projet de loi
ainsi qu’aux documents l’accompagnant demeure faible au vu des possibilités offertes aux
parlementaires de questionner le gouvernement sur les réalisations des objectifs ainsi que les
multiples problématiques qui sont soulevées dans le rapport de la Cour des comptes sur l’exécution
de la loi de finances.

Quand il s'agit de voter le projet de loi de règlement avec retard, on se trouve devant une
dichotomie : d’une part, présenter des comptes fiables, ce qui demande beaucoup de temps, d’autre
part, présenter le projet de loi de règlement le plus rapidement possible pour que son examen par le
Parlement présente un certain intérêt. À cet égard, durant une grande période, les projets de loi de
règlement ont été déposés avec des retards excédant parfois plus de six années. Il est bien évident
qu’ils perdent de leur importance car le parlement ayant voté la loi de finances n’a pas souvent la
même configuration que celui qui doit voter le projet de règlement.
De même, le gouvernement qui a exécuté la loi de finances n’est plus celui qui a présenté le projet
de loi de règlement s’y rapportant. L'opinion générale est que les compétences de fond du Parlement
en matière d'approbation du projet de loi de Règlement sont importantes, mais qu'elles sont
entravées par des phénomènes politiques. L’on constate que les projets de loi de règlement sont
souvent discutés et votés par un nombre très faible de parlementaires et en un temps réduit.