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FSJEST

S4

2018
2019

Mme LYAZAMI Nahid


« Vous savez mieux que moi, quels que soient nos efforts,
Que l’argent est la clef de tous les grands ressorts,
Et que ce doux métal qui frappe tant de têtes,
En amour, comme en guerre, avance les conquêtes. »

MOLIÈRE, L’école des femmes, acte I, scène 4.


Syllabus indicatif du cours

Partie I : Focus et aperçus rapides sur les instruments de paiements et de crédit


IPC

1- Cadre normatif et les textes juridiques régissant la matière


2- Nuance entre la monnaie scripturale et la monnaie fiduciaire
3- Différence entre les instruments de paiement à vue et à terme
4- La nature juridique des instruments de paiement et de crédit

Partie II : les instruments de paiements à terme : les effets de commerce


1- La traite : instrument de mobilisation

Chapitre 1 : émission de la lettre de change


Chapitre 2 : transmission de la lettre de change
Chapitre 3 : acceptation de la lettre de change
Chapitre 4 : dénouement de la traite et extinction des obligations cambiaire
Partie I : Focus et aperçus rapides sur les instruments de paiements et de crédit
IPC

1. Cadre normatif et les textes juridiques régissant la matière

Définition du droit cambiaire :

Littéralement droit du change, est l’ensemble des règles régissant les relations juridiques nées
de l’émission ou du tirage d’une effet de commerce.

La souscription d’un effet de commerce engendre des droits et des obligations cambiaires entre
les parties signataires, comme leur confère le droit d’exercer des recours cambiaires en cas de non-
exécution des engagements convenus.
Les relations juridiques résultantes du tirage d’un effet de commerce sont soumises à un régime
dérogatoire au droit commun des obligations, on se référé plus singulièrement au dahir du code de
commerce du 1er aout 1996 (loi n°15-95).

Ce nouveau code de commerce qui régissait les instruments de paiements et de crédit ne


constitue pas une compilation de textes juridiques qui existaient déjà, il s’agit cependant d’une vraie
refonte du code de commerce terrestre d’Aout 1913 qui régissait le commerce terrestre et qui est
tombé en désuétude.
L’intervention musclée du législateur à travers une réforme radicale du code de commerce et ;
non pas par un simple toilettage ou dépoussiérage ; constituait un coup de tonnerre sans précèdent
pour l’arsenal législatif commercial. Une attention accrue était réservée aux victimes des chèques
sans provision en améliorant la illicites qui transgressent l’esprit de la loi.
On va projeter la lumière en matière de droit cambiaire sur les règles applicables en matière des
instruments de paiement scripturaux, qu’ils soient des instruments de paiement à vue comme le
chèque ou à terme comme la traite ou le billet à ordre.

Ce ci, via l’étude exhaustive du livre III du DCC dans ses 4 titres réservés aux effets de
commerce, tout en mettant en exergue les adjonctions ou les modifications voire les propositions
qui tendent à combler le vide législatif en la matière ou à clarifier des points ambigus.

L’arsenal législatif régissant le droit des instruments de paiement et de crédit IPC.


Le droit des instruments de paiement et de crédit est régi par plusieurs textes législatifs, on
ne se contente pas à se référer seulement au droit dérogatoire au droit commun qui est le code de
commerce, le cadre normatif régissant la matière est plus étoffé, il englobe le droit bancaire, le droit
commun des incapacités, le droit commun des obligations et des contrats, mais aussi le droit pénal.

Parallèlement, on doit mettre en relief certaines conventions ratifiées et signées par le


Maroc et qui régissent la matière, comme la convention portant loi uniforme sur la lettre de change
et billets à ordre.

Le législateur marocain n’a donné ; jusqu’à le jour d’aujourd’hui, aucune définition des
moyens de paiement et de crédit, les définitions disponibles sont soit d’origine doctrinale soit
jurisprudentielle. Devant ce mutisme ou inertie du législateur on sera tenter de se référer aux
définitions formulées aux décisions judicaires des tribunaux.
Le code de commerce marocain se contente dans son livre III relatif aux effets de commerce
de citer les mentions obligatoires et facultatives qui doivent figurer sur le titre de paiement sans
fournir des définitions claires.

Quels sont alors les autres textes qui régissent la matière ?

Certaines dispositions du droit bancaires trouvent toutes leurs lettres de noblesse en matière
des IPR, il s’agit en fait de la loi bancaire relative aux établissements de crédit et organismes
assimilés qui définit l’établissement de crédit qui ; à notre sens, est considéré comme un « allié
précieux » car par son truchement et sous sa houlette la gestion de ces moyens de règlement
s’effectue.

L’établissement de crédit est « tout personne morale qui effectue, à titre de profession
habituelle, l’une des opérations suivantes :

- La réception de fonds de public ; (convoyeur de fonds)


- La distribution de crédit ; (pourvoyeur de crédit)
- La mise à disposition de la clientèle de tous les moyens de paiement ou leur gestion »

C’est autour de ces trois attributions dévolues aux établissements de crédits que nous allons
focaliser notre étude pour circonscrire encore davantage le doit cambiaire.

Le DOC marocain et toutes les règles relatives à la validité des contrats s’imposaient en
matière des effets de commerce.

Les dispositions relatives à l’autonomie de la volonté, au consentement et aux vices de


consentement sont applicables en matière des IPC.

Le respect du formalisme (condition de forme) dans la rédaction du titre de propriété


monétaire est primordial pour éviter que le titre soit frappé de nullité pour vice de forme, mais aussi
des conditions de fonds s’imposaient pour la validité du titre.

Le consentement donné site à une erreur, dol, violence ou lésion voire crainte révérencielle
sera altéré et entrainera ipso facto la nullité ou la rescision du titre pour vice de consentement, c’est
une consécration pure et simple des dispositions du DOC.

Le droit commun des incapacités est omniprésent aussi, la moudawana ou le droit de la


famille est autre texte auquel on peut recourir pour régler certaines situations relatives à l’émission
du chèque ou de la traite par incapacité qui peut être un majeur incapable ou un mineur émancipé
ou non émancipé, et est-ce que vraiment cette catégorie de personne avait le droit de souscrire un
titre et accomplir un tel acte juridique.

Parler de la capacité ou l’incapacité d’émettre un chèque ou de souscrire une traite ou un


billet à ordre nous interpelle à plus d’un titre à faire allusion également au débiteur du titre qui se
trouvaient dans une situation de cassation de paiement c’est dire de redressement ou de liquidation
judiciaire.

Ce cas de figure laisse surgir l’obligation de consulter aussi le livre V du code de commerce
relatif aux entreprises en difficulté pour voir si un porteur du titre en redressement ou liquidation
judiciaire avait la possibilité d’encaisser le titre ou pas.

La répression de certaines personnes de mauvaises foi et qui pratiquent des actes


antinomiques à l’esprit de la loi, nous interpellent à plus forte raison à faire réfrence aux
prescriptions législatives du code pénal pour empêcher tout usage incongru du titre de propriété
monétaire.

5- Nuance entre la monnaie scripturale et la monnaie fiduciaire


Il nous semble particulièrement important de faire la nuance et de ne pas amalgamer la monnaie
fiduciaire et la monnaie scripturale voire la monnaie électronique.

1- La monnaie scripturale

La monnaie scripturale concerne 90% des


transactions financières dans le monde. Elle consiste
tout simplement à la monnaie inscrite
informatiquement. Par exemple, lorsque vous regardez
vos soldes bancaires, ces montants sont exprimés en
monnaie scripturale. La monnaie scripturale a un
énorme atout : elle est encore plus liquide que la
monnaie fiduciaire, constituée de pièces et billets qui ne
sont pas adossés à un métal précieux.

C’est la portabilité des transactions qui a rendu la monnaie scripturale populaire. En effet, on
peut transporter facilement une carte bancaire. Beaucoup plus facilement que si l’on avait avec soi
tout l’argent contenu dans ce compte bancaire en billets de banque.

 Quand la monnaie scripturale offre un gage de sécurité

L’avantage de la monnaie scripturale, c’est qu’elle offre un gage de sécurité. En effet, les fonds
déposés en monnaie fiduciaire sur les comptes bancaire est disponible en monnaie scripturale. Mais
cette disponibilité est accessible uniquement si vous avez le bon code pour votre carte bancaire.
Ainsi, vous pouvez perdre votre carte bancaire, tant que celui qui la retrouve ne connaît pas le code
pour retirer de l’argent, votre argent est sécurisé.

Or, si vous perdez de l’argent liquide dans un portefeuille, on peut très bien vous rendre le
portefeuille tout en se servant d’abord de l’argent liquide qui y est contenu.

 Le défaut d’une telle monnaie

En cas de Bank run, c’est-à-dire quand les particuliers se ruent sur leur compte en banque pour
en retirer le maximum d’espèces, la banque pourrait se retrouver à court des liquidités et encourir
une crise comme ce fut le cas pour les principales banques en 2008.
2- La monnaie fiduciaire

 A. Elle a une apparence physique

La monnaie fiduciaire est celle que vous tenez entre


vos mains quand vous réglez en espèces. L’avantage de
cette monnaie, c’est qu’elle est garantie. Imaginez qu’une
immense panne électrique internationale survient : vous
pouvez toujours échanger vos billets et vos pièces, alors
que votre compte en banque est inaccessible à cause d’une
trop forte dépendance à la technologie.

L’avantage, c’est que tout le monde la reconnait et


qu’en cas de crise majeure, il est toujours bon d’avoir des espèces sur soi pour au moins assurer les
dépenses de première nécessité.

 B. La monnaie fiduciaire n’a en revanche aucun gage de sécurité

Et c’est d’ailleurs pourquoi la monnaie scripturale a pris le pas sur la monnaie fiduciaire. Vous
pouvez vous faire voler des espèces aisément, mais pas une carte bancaire sur laquelle vous pouvez
exercer un droit d’opposition pour empêcher le contrefacteur de vous prélever des espèces s’il
obtient le code par la force.

De plus, la monnaie fiduciaire est de plus en plus réglementée, car elle ne peut pas être tracée.
Techniquement en France, toutes les transactions supérieures à 1500 € doivent être payées par carte
bancaire, le liquide étant réserve aux transactions de moindre coût.

La principale différence vient donc du fait que la monnaie scripturale est électronique, alors que
la monnaie fiduciaire est physique.

Dictionnaire :

Chèque poste daté :

Chèque antidaté :

Chèque de garantie/ de caution :

Chèque en bois :

Chèque en blanc :

3- Différence entre les instruments de paiement à vue et à terme

1. Paiement à vue :

 Principe :

Le paiement à vue concerne un paiement ne pouvant être différé par l’émetteur. Ainsi, lors
de sa présentation, un chèque est payable à vue et son montant peut être immédiatement porté au
crédit du porteur après délais de traitement.
Le paiement à vue s’oppose aux paiements à échéances. Ceux-ci prévoient une date à laquelle
le paiement d’une dette devient exigible. L’émetteur profite donc d'un report de paiement.

Le paiement à vue s’applique également aux comptes courants des particuliers. Si on fait
exception des opérations à débit différé, comme celles autorisées par certaines cartes bancaires à
concurrence d’un certain plafond, les opérations portées au crédit ou au débit du compte sont d’effet
immédiat.

 Principaux moyens de paiement à vue

Plusieurs moyens de paiement à vue sont utilisés en France. Les plus courants sont le chèque
et les effets de commerce.

Chèque

Le chèque est le moyen de paiement à vue le plus fréquemment utilisé. Son bénéficiaire peut
l’encaisser à tout moment sans que l’émetteur (celui dont le compte est débité) puisse s’y opposer.
Sa durée de validité est de 1 an et 8 jours. Au-delà de ce délai, le bénéficiaire ne peut plus l'encaisser.

En pratique, l’encaissement d’un chèque nécessite un délai aussi appelé « date de valeur ». Ce
jour de valeur ne peut excéder la date d’opération de plus d’un jour ouvré, quelle que soit la qualité
du titulaire du compte si le chèque est libellé en euros :

 Pour un crédit en compte, le jour de valeur ne peut être postérieur à celle du jour ouvrable
durant lequel l'opération est passée au crédit.
 Pour un débit en compte, la date de valeur ne peut être antérieure au jour où le compte est
débité.

Bon à savoir : le fait de postdater un chèque pour retarder son encaissement ne sert à rien. Le Code monétaire et
financier (article L131 – 31) précise que « le chèque présenté au paiement avant le jour indiqué comme date
d'émission est payable le jour de la présentation ». Par ailleurs, le fait d'indiquer une date ultérieure à la date
réelle de signature d'un chèque est un délit passible d'une amende égale à 6 % du montant du chèque.

Effets de commerce

Certains paiements professionnels sont aussi payables à vue.

La traite aussi appelée « lettre de change » est un document matérialisant un titre négociable en
vertu duquel « le tireur » donne l’ordre à une autre personne appelée « tiré » de payer une somme
d’argent à un « bénéficiaire » immédiatement ou à une échéance de règlement déterminée. En
l’absence d’échéance, le paiement peut être effectué à vue.

Le billet à ordre est l'équivalent d'un chèque à la différence près qu’il ne sera payé à vue qu’à la
date d'échéance convenue. Celle-ci ne peut pas dépasser 3 mois. Si le billet à ordre est d’effet
immédiat, le paiement peut avoir lieu dès sa présentation.

2. Paiement à terme :

Un paiement à terme est un paiement qui est effectué à une date prévue à l'avance, mais, qui
est postérieure à la signature d'un acte ou d'un contrat. Un paiement à terme permet de laisser au
débiteur un délai pour régler sa dette au créancier. Le paiement à terme peut être ainsi mis en oeuvre
dans une opération immobilière (paiement fractionné plus paiement d'intérêts).

4- La nature juridique des instruments de paiement et de crédit


 Le chèque est un acte de commerce s’il est émis lors d’une transaction commerciale.
 Il est acte civil si la nature de l’opération n’est pas commerciale
 Il est un acte mixte s’il contient deux signatures l’une civile et l’autre commerciale, ou émis par un
commerçant au profit d’un non-commerçant, on applique les règles dérogatoires au droit commun à
la partie pour qui l’acte est commercial, et les règles en droit commun pour qui l’acte est civil, afin
d’éviter un éclatement d’incompétence entre le tribunal commercial et civil.
 La lettre de change et le billet à ordre selon l’article 9 du DCC constituent des actes de commerce
par la forme
 Le BO est un acte de commerce même s’il est souscrit par un non-commerçant à l’occasion d’une
opération commerciale. On leur donne la coloration juridique de commerciale.

Partie II : les instruments de paiements à terme : les effets de commerce


Les effets de commerce :
Les effets de commerce se définissent par un certain nombre de caractéristiques juridiques et
économiques, lui conférant leur valeur d’instrument de paiement et de crédit.

1- L’analyse juridique des effets de commerce

Les effets de commerce sont des titres négociables représentant des créances payables à court
terme. En l’absence de définition légale, l’effet de commerce se reconnaît à certaines caractéristiques :

C’est un titre négociable ; il constate un engagement de payer une somme d’argent ; la créance
constatée par l’effet s’incorpore à lui et se transmet avec lui.
Les effets de commerce sont traditionnellement la lettre de change, le billet à ordre, le warrant,
et le chèque.

Le droit cambiaire désigne l’ensemble des règles applicables aux effets de commerce Les effets
de commerce sont des titres négociables :

Au sens matériel : ce sont des écrits, des papiers,


Au sens juridique : ils représentent un droit, incorporé au titre.

Les effets de commerce sont des titres négociables : la négociabilité signifie que les effets de
commerce ne sont pas soumis aux formalités du Code civil. La transmissibilité de l’effet de commerce
s’opère ainsi selon des procédés plus simples et plus rapides, marque de la pratique commerciale. Il en
résulte que l’effet de commerce peut ainsi circuler avec la créance qu’il incorpore, ce que l’on énonce en
disant que la négociabilité se réalise par l’endossement, qui consiste en l’apposition d’une signature au
dos du titre, ou, par tradition, qui désigne la remise de la main à la main.

 Les effets de commerce représentent une créance d’argent


 Les effets de commerce se distinguent ainsi d’autres titres qui représentent un droit réel sur des
marchandises : récépissé-warrant, connaissement...
 L’effet de commerce porte engagement de payer une somme d’argent dans un certain délai.
 Les effets de commerce représentent une créance payable à vue ou à court terme.
 Ils se distinguent ainsi des valeurs mobilières, payables à moyen ou long terme (plus de deux
ans).

2- L’analyse économique des effets de commerce

Les effets de commerce se rapprochent de la monnaie. Dans la vie des affaires, ils constituent un mode
normal de paiement.

Exemple : le tireur d’un chèque émet un instrument de paiement avec lequel II peut régler son créancier,
comme s’il lui remettait des espèces. Le paiement est assuré par le débiteur de la créance représentée par
le titre (banquier dans le cas du chèque).

a- Les effets de commerce constituent une monnaie privée

Les effets de commerce constituent une monnaie : Singulière titre émis à l’occasion d’une opération
déterminée. Il en résulte une valeur variable indéfiniment ;

 Provisoire : le titre s’éteint à son échéance ;


 Facultative : acceptation du titre en paiement non obligatoire, en principe ;
 Précaire : la valeur du titre est fonction de la solvabilité du débiteur ;
 Concrète : titre émis à raison de rapports contractuels particuliers : vente (lettre de
change) ; dépôt (chèque)...

b- Le rôle du banquier dans le paiement des effets de commerce

L’effet de commerce le plus lié au système bancaire est le chèque ; mais les établissements de crédit
interviennent également dans l’encaissement des lettres de change et des billets à ordre.

c- Le rôle du banquier dans l’émission et le paiement des chèques

Le chèque est un effet de commerce par lequel une personne appelée tireur donne au tiré l’ordre de
payer le bénéficiaire. Il diffère de la lettre de change parce que le tiré du chèque est obligatoirement une
banque, et parce que le chèque est toujours payable à vue. Enfin, alors que la lettre de change est
toujours commerciale, le chèque est civil ou commercial selon la nature de la dette qu.il permet de payer.
Le chèque est un instrument de paiement qui fait partie des services bancaires de paiement et relève
de ce fait des seuls établissements de crédit.

d- Le rôle du banquier dans l’émission et l’encaissement des autres effets de commerce

Le rôle des banquiers est moins essentiel au regard des effets de commerce autres que le chèque
(lettres de change et billets à ordre) qui peuvent parfaitement être émis, circuler, et être payés sans aucune
intervention bancaire. C’est surtout comme support d’opérations de crédit qu’ils intéressent le droit
bancaire. Néanmoins, un établissement bancaire peut jouer un rôle soit comme représentant du porteur,
soit comme mandataire du débiteur.

Termes à retenir :
 Subrogation
 Cession de la créance
Chapitre 1 : émission de la lettre de change
La lettre de change est régie par :

 Le Dahir portant loi n° 1-93-147 du 06/07/1993 relatif à


l’exercice de l’activité des établissements de crédit et leur
contrôle.
 Le dahir n° 1-96-83 du 1er Août 1996 formant Code de
Commerce.
 Le Dahir du 12 Août 1913 Formant Code des Obligations et
Contrats.

Une lettre de change, ou traite dans la pratique des affaires, est un


titre par lequel une personne, généralement un fournisseur, donne
l’ordre à son client de lui payer une somme d’argent déterminée
correspondant au montant de la facture, à la date indiquée sur la lettre
de change. En apposant sa signature sur la lettre de change, le débiteur
accepte irrévocablement de payer la somme convenue. Le bénéficiaire
de la lettre de change peut la garder en portefeuille et, à sa date
d’échéance, la présenter à la banque de son client pour que celle-ci paie
la somme qui y est mentionnée. Il peut aussi l’escompter (la vendre
en quelque sorte) à une banque qui lui verse immédiatement la
somme inscrite sur la lettre de change, sous déduction d’une
commission, à charge pour elle de se faire payer la lettre de change à
la date convenue. La lettre de change est, comme le chèque bancaire,
un moyen de paiement, mais avec deux différences essentielles : la
provision du chèque doit exister dès sa signature alors que, pour la
provision de la lettre de change, il suffit qu’elle soit constituée pour
le jour prévu pour son paiement, sa date d’échéance ; la lettre de change peut prévoir que la somme
qui y est mentionnée portera intérêts alors que la stipulation d’intérêts est interdite en matière de
chèque bancaire. Outil commercial par nature, donc risqué, la lettre de change n’a pas vocation à
exister dans les relations avec les particuliers ou entre particuliers.

Juridiquement la lettre de change est un effet de commerce, un titre de paiement, qui doit se
suffire à elle-même : le porteur n'a pas à se lancer dans une vérification minutieuse pour connaître
le pourquoi du comment de la lettre de change. L’objectif est que la lettre de change soit payée à
temps pour ne pas porter atteinte à la nécessaire confiance dans les relations commerciales entre
ceux qui décident de recourir à la lettre de change.

De sa création à sa forme et jusqu’aux situations d’impayés, la loi a tout prévu pour que la lettre
de change ne soit pas la victime de mauvaises pratiques.

- La lettres de change est à la fois moyen de paiement et de crédit qui représente un ordre
de paiement donné par une personne physique ou morale appelé tireur à son
établissement bancaire appelé tiré de payer une somme bien déterminée à une date fixe
en faveur d'un bénéficiaire.

Montions obligatoires de la lettre de change normalisée (LCN) :

1. La dénomination de lettre de change.


La phrase « lettre de change » doit figurer dans l'intitulé même du titre dans la langue utilisée sur l'effet
(permet aux porteurs de savoirs de quoi il s'agit dès le début).

2. L’ordre de paiement (payer contre cette LCN la somme de...)


3. Le nom de celui qui doit payer(tiré)
4. Le lieu où le paiement doit s'effectuer.
5. La date de création de la lettre de change.
6. Le nom du bénéficiaire.
7. L'indication de date d’échéance (paiement à vue ou à une date déterminée).
8. La signature de celui qui émet la lettre de change.

Montions facultatives de la lettre de change :

1. Acceptation du bénéficiaire.
2. Aval (garantie de paiement)

La lettre de change est un moyen de paiement et de crédit :

- Moyen de paiement : Moyen pour payer une créance d'une personne ou régler des achats.
- Moyen de crédit : Le paiement de lettre de change s'effectue à la date d'échéance ce qui
représente un crédit à court terme pour le tireur qui prend son temps pour payer sa
créance et profiter de l’allègement de sa trésorerie.

La provision de la lettre de change ne servira qu'à la date de paiement déterminée dans le


chèque.

L'utilisation de la lettre de change est destinée pour les professionnels et les sociétés.

 La lettre de change circule par la voie de l'endossement :

 Endossement translatif de propriété (signature du porteur dans la lettre de change avant


de sa délivrance à un autre bénéficiaire)
 Endossement par procuration (le cas de la banque)
 Endossement Pignoratif (valeur en garantie à un créancier)

Avantages de la lettre de change :

 Possibilité d'un encaissement anticipé appelé escompte.


 Possibilité de l'avaliser la lettre de change (garantir le paiement de la LCN)
 Peut être transmise par la voie de l'endossement.
 Possibilité de fixer la date de paiement.

Inconvénients de la lettre de change :

 Risque d'impayé.
 Le recouvrement peut être long.
 Frais d'encaissement et d'escompte.

Chapitre 2 : transmission de la lettre de change


Le rédacteur de la traite peut faire endosser par un tiers, il va alors transmettre la propriété
de la lettre de change à ce tiers. L’acceptation du tiré (Débiteur) dans ce cas est primordiale.
C’est à partir du moment où la lettre de change est entre les mains du créancier primitif ou le
créancier nouveau que la pratique d’endossement commence à remplir son rôle.
Le créancier primitif ou nouveau (endosseur) peut donner la lettre de change à une autre personne
(endossataire) avant l’expiration de l’échéance pour réaliser le paiement d’une transaction
commerciale quelconque.
Quid de l’endossement intervenu après l’échéance ?
Ce type d’endos appelé endossement postérieur à l’échéance ou endos tardif reste possible tant que
le titre n’est pas éteint par paiement (encaissement ou escompte engendrant extinction de la
créance) voir article 173 DCC.

L’endossement produit les effets d’une session ordinaire s’il été établi après la confection du
protêt faute de paiement ou quand il est fait après expiration du délai fixé pour confectionner un
protêt. La lettre de change devienne douteuse quant à son recouvrement l’article 197 stipule
que : « Le protêt faute de paiement d'une lettre de change payable à jour fixe ou à un certain délai de date ou
de vue doit être fait dans les cinq jours ouvrables qui suivent le jour où la lettre de change est payable »

La lettre de change est transmissible par voie d’endossement, il existe trois typologies
d’endos :

A- L’endossement translatif :

Il engendre le transfert de la propriété de la lettre de change consenti par l’endosseur (tireur) au


profit de l’endossataire.

La traite peut valablement circuler jusqu’à ce qu’elle soit présentée au paiement par le dernier
« porteur ».

Il s’exprime par les mots « payer à l’ordre de … »

Le tireur peut refuser d’endosser le titre, il est tenu donc d’insérer l’expression « non à ordre ou
non endossable »

L’endos translatif produit deux effets importants, il engendre ;

1. Transfert de la propriété de provision à l’endossataire :

S’il arrive que le tireur se trouve dans une situation de trésorerie insidieuse ou sombrait déjà
dans la cessation des paiements de ses créanciers, les porteurs successifs seront payés sur leur
créance par le tiré nonobstant la situation financière délétère et altérée du tireur.

Celui ayant remis en circulation, est tenu de garantir l’acceptation et le paiement de la traite,
selon le jargon lexical en matière de la vie des affaires, l’endosseur doit assurer « la bonne fin » de
l’opération, en d’autres termes assurance d’un meilleur dénouement.

N.B. :

Lors du procédé d’endos, l’endosseur assume un fardeau plus lourd. Il est tenu envers de
l’endossataire de garantir l’existence de la créance mais également la solvabilité du débiteur. Ce
dernier doit être forcément et indubitablement un bon payeur.
Aux antipodes de ce qu’à été en matière d’endos, en matière d’une cession ordinaire de créance, le
cédant (titulaire originaire de la créance) est tenu envers le créancier secondaire de garantir
l’existence de la créance le jour de la cession, et s’exonère d’assurer la solvabilité du débiteur.
Le second effet c’est celui ; comme c’est le cas pour le chèque ; du principe de :

2. « L’inopposabilité des exceptions »

Ce qui signifie que les personnes actionnées ou poursuivies en vertu de la traite ne peuvent
pas opposer au porteur (endossataire) les exceptions (conflits ou accrochages personnels et
contestations entre commerçants) qu’ils avaient avec le tireur pour s’échapper et se dérober au
désintéressement du porteur.

L’endossataire n’est concerné ni de près ni de loin par la situation altérée ou conflictuelle ou


les rapports perturbés existants entre l’endosseur et le débiteur ou un porteur antérieur.

L’entorse au principe « d’inopposabilité des exceptions personnelles ».

Un vice apparent du tireur : est opposable au porteur, il peut entrainer la nullité du tire, le
porteur est contrant aux meilleurs diligences, il est censé vérifier avec minutie la traite et ne pas se
retrancher derrière une imprudence ou sa bonne foi.
Concrètement, le porteur doit signaler l’omission d’une mention obligatoire (ex ; dénomination
« lettre de change » ou le nom du bénéficiaire).

Une signature altérée ou contrefaite : le débiteur lors du paiement peut opposer à tout
porteur le défaut du consentement caractérisé par des irrégularités au niveau de la signature.

B- L’endossement de procuration

Si le tireur n’a pas de dettes à payer ou des besoins de trésorerie, il peut mandater son banquier
pour encaisser sa lettre de change et procéder à son recouvrement. L’effet est revêtu d’un simple
endos de procuration, à travers l’insertion de la mention « valeur en recouvrement » suivie de la
signature du tireur.

C- L’endossement pignoratif

Endos par lequel un débiteur (endosseur-gagiste) donne un effet de commerce en garantie à un


créancier (endossataire).

L’endos de garantir a pour objet le nantissement de la traite, il s’exprime par la mention


« valeur en garantie » ou « valeur en gage ».

Chapitre 3 : acceptation de la lettre de change

L'acceptation est l'acte par lequel le tiré s'oblige à payer la lettre de change à l’échéance.
En principe, le porteur d'une lettre de change a la faculté et non l'obligation de présenter son titre à
l'acceptation Cependant, dans certains cas, la présentation à l'acceptation de la lettre de change est
obligatoire.
C'est le cas des lettres de change à un certain délai de vue qui doivent être présentées à
l'acceptation dans le délai d'un an à partir de leur date. Le délai peut être abrégé par les endosseurs.
Il peut être abrégé ou allongé par le tireur.
La lettre de change doit être présentée à l'acceptation du tiré, ou de son mandataire, par le
porteur ou même par un simple détenteur. La présentation doit s'effectuer au lieu du domicile du
tiré dans l'intervalle entre sa création et son échéance.

1- Définition de l’acceptation : article 174 DOC

Caractère « subsidiaire » ou « obligatoire » de la présentation à l’acceptation.


Les conditions de l'acceptation :
L'acceptation doit être écrite sur la lettre de change. Elle est exprimée par le mot "accepté"
ou tout autre mot équivalent. La simple signature du tiré apposée au recto de la lettre de change
vaut acceptation.
L'acceptation de la lettre de change est pure et simple, mais le tiré peut la restreindre à une
partie de la somme.
Les effets de l'acceptation
Par l'acceptation, le tiré s'oblige à payer la lettre de change à l'échéance.
Par l'acceptation d'une lettre de change émise sur lui, le tiré s'oblige directement et
personnellement à payer l'effet à son échéance à tout porteur légitime, même si la propriété de la
provision n'a pas été régulièrement transférée à ce dernier.
À défaut de paiement, le porteur, même s'il est le tireur, a contre le tiré - accepteur une
action directe résultant de la lettre de change pour tout ce qui peut être exigé.
Le défaut d'acceptation
Le refus d'acceptation doit être constaté par un acte authentique, dénommé "protêt" faute
d'acceptation.

2- L’aval : article 180 DOC

Le paiement d'une lettre de change peut être garanti pour tout ou partie de son montant par
un aval de nature commerciale.
L'aval d'un effet de commerce constitue une caution solidaire soumise aux règles du droit
commun et à celles du droit cambiaire.
Les conditions de l'aval
L'aval est donné, soit sur la lettre de change ou sur une allonge, soit par un acte séparé. Il est
exprimé par les mots "bon pour aval" ou toute formule équivalente
L'aval est fourni, soit par un tiers, soit par un signataire de la lettre de change.
L'engagement du donneur d'aval est valable, alors même que l'obligation qu'il a garantie serait nulle
pour toute cause autre qu'un vice de forme.
Les effets de l'aval
Quand il paie la lettre de change, le donneur d'aval acquiert les droits résultant de la lettre
de change contre le garanti et contre ceux qui sont tenus envers ce dernier en vertu de la lettre de
change.

Chapitre 4 : dénouement de la traite et extinction des obligations cambiaire

L'echeance de la lettre de change


Une lettre de change peut être tirée à vue, à un certain délai de vue, à un certain délai de date ou à
jour fixe.
Les lettres de change, soit à d'autres échéances, soit à échéances successives, sont nulles
La lettre de change payable à jour fixe et à certain délai de date
La lettre de change peut être tirée à un certain délai de date ou à jour fixe. Quand une lettre de
change est payable à jour fixe dans un lieu où le calendrier est différent de celui du lieu de
l'émission, la date de l'échéance est considérée comme fixée d'après le calendrier du lieu de
paiement.
La lettre de change payable à vue
La lettre de change peut être tirée à vue soit payable à sa présentation. Elle doit être présentée au
paiement dans le délai d'un an à partir de sa date.
La lettre de change payable à un certain délai de vue
La lettre de change peut être tirée à un certain délai de vue. L'échéance est déterminée, par la date
de l'acceptation ou par celle du protêt.

La réalisation du paiement de la lettre de change


La présentation de la lettre de change au paiement
Le porteur d'une lettre de change payable à jour fixe ou à un certain délai de date ou de vue
doit présenter le titre au paiement, soit le jour où elle est payable, soit l'un des deux jours ouvrables
qui suivent.
Le porteur peut réclamer le montant de la lettre de change non acceptée ou non payée avec
les intérêts, s'il en a été stipulé ; les intérêts au taux légal à partir de l'échéance et les frais du protêt,
ceux des avis donnés ainsi que les autres frais.
Après l'expiration des délais fixés pour la présentation d'une lettre de change à vue ou à un
certain délai de vue, le porteur est déchu de ses droits contre les endosseurs, contre le tireur et contre
les autres obligés, à l'exception de l'accepteur.
Le porteur d'une lettre de change ne peut être contraint d'en recevoir le paiement avant
l'échéance.
Le lieu et objet du paiement de la lettre de change
La lettre de change dont le montant est écrit à la fois en toutes lettres et en chiffres vaut, en
cas de différence, pour la somme écrite en toutes lettres. La lettre de change dont le montant est
écrit plusieurs fois, soit en toutes lettres, soit en chiffres, ne vaut, en cas de différence, que pour la
moindre somme.
L'opposition au paiement de la lettre de change
Il n'est admis d'opposition au paiement qu'en cas de perte de la lettre de change ou de
redressement ou liquidation judiciaire du porteur.
En cas de perte d'une lettre de change non acceptée, celui à qui elle appartient peut en
poursuivre le paiement. Si la lettre de change perdue est revêtue de l'acceptation, le paiement ne
peut en être exigé sur toute suivante que par ordonnance du juge et en donnant caution.

Les recours en cas de non-paiement


Avant le recours, il faut faire dresser le protêt : acte d’huissier par lequel il proteste auprès
du tiréLe prêteur peut alors exercer ses recours contre le débiteur Cambiaire.
Le montant du recours.
La loi prévoit la possibilité de réclamer les intérêts au taux légal à compter de l’échéance et
non d’une mise en demeure. L’action en paiement dirigée contre l’un des signataires est de la
compétence des tribunaux de commerce ; elle permet de procéder à des mesures conservatoires sans
qu’il soit nécessaire d’obtenir une autorisation préalable au jour de l’exécution.
Les recours cambiaires.
Les règles spéciales de prescriptions :
- Celui des actions contre le tiré accepteur : 3 ans à compter de l’échéance de la LdC.
- Recours des porteurs contre tireur ou endosseur : 1 an à compter de la date du protêt
dressé en temps utile ou de celle de l’échéance.
- Recours des endosseurs les uns contre les autres et contre le tireur : 6 mois à compter
du jour où celui qui agit à rembourser le montant de la LdC ou a été cité en justice
(action contre le donneur d’aval idm que pour les actions contre celui qui s’est porté
caution).

1- Comment encaisser une lettre de change ?


- Circuit d’encaissement d’une lettre de change :
2- Comment payer une lettre de change ?
- L’escompte d’une lettre de change et la défiance des banques
« Les effets de complaisance »
Théorie de la cause

Un effet de complaisance est un effet de commerce sans cause et dénué de provision,


créé et mis en circulation dans le seul objectif d'obtenir frauduleusement du crédit. Lorsque deux
personnes émettent simultanément l'une sur l'autre des traites de complaisance on dit qu'il y a
"effets croisés" ; si pour le remboursement d'une traite de complaisance on en émet une autre, il y
a "traite de cavalerie".

Il coexiste deux catégories pouvant être rattachées à cette rubrique. Ceux-ci doivent
être distingués :

- Les bons effets de complaisance


- Les mauvais effets de complaisance

Ce sont les mauvais effets de complaisance. L’effet de complaisance est la lettre de change par
laquelle une personne a besoin de se procurer des fonds. Pour cela, le tireur tire une lettre de change
sur un tiré, et cette lettre sera ensuite escomptée par le tireur. Puis, le tireur s’engage à remettre au
tiré des fonds avant l’échéance prévu, afin de permettre à ce tiré d’honorer la lettre de change.

De la sorte, l’effet de complaisance permet d’obtenir d’un crédit fictif ; mais à la différence de
la lettre de change ordinaire, ici, le tireur n’a aucune créance sur le tiré, ni au moment de l’émission,
ni au moment de l’échéance, ainsi la lettre de change a faite sans rapport fondamental.

La plupart du temps, l’émission d’une telle lettre de change de complaisance n’est pas isolé, ce
sont de multiples lettre de change émises, elles s’inscrivent dans un système répété : la cavalerie.
Pour rembourser la 1ère traite, le tireur va créer une seconde lettre de change de complaisance qu’il
remettra également à l’escompte afin seulement de couvrir les lettres de change antérieur. Et le
produit de l’escompte n°2 permettra d’honorer l’effet précédent.

Mais il apparaitra l’absence de rapports fondamentaux, et donc se sera une opération


frauduleuse.

Il existe une variante : le système des tirages croisés. Il appartient au même système de
complaisance. Le système est le suivant : le tireur émet une lettre sur le tiré ; et réciproquement, le
tiré émet une lettre de change sur le tireur. Ils sont réciproquement les qualités contraires. Ceci est
sans rapports fondamentaux.

Les bons effets de complaisance

La catégorie de bons effets de complaisance peut ne pas convaincre, car il existe une lettre de
change avec une provision, c'est-à-dire un rapport fondamental.

3 catégories :

 L’effet de renouvellement :
Ce sont des lettres qui ont vocation à ne pas être payées à échéance et à être renouvelée
d’échéance à échéance. La banque s’engage à renouvelait les engagements. Le tiré et les garants
s’engagent à signer à chaque renouvellement.

Il existe un risque : le renouvellement n’est pas opposable au porteur de bonne foi. Un porteur
de bonne foi qui serait bénéficiaire d’un bon effet de complaise pourra faire procéder au paiement,
alors même que dans l’esprit du tiré et du tireur, l’idée était le renouvellement à l’échéance et le
paiement non payé à l’échéance.

 L’effet de cautionnement :

Un commerçant se procure des fonds en fournissant à la banque la garantie d’un tiers (un
garant) qui appose sa signature sur l’effet de commerce en tant que caution le tiers devient un
engagé cambiaire. La garantie résulte de la signature de l’effet de commerce, et cela permet à
l’accepteur qui jour le rôle de caution. Ici un rapport fondamental existe.

 L’effet d’ouverture de crédit :

Le tiré est une banque qui consent un crédit à son client (le tireur). Le banquier accepte la lettre
de change en remettant à l’échéance des fonds au bénéficiaire.

Les conséquences des effets de complaisance

Les conséquences se situent sur un triple terrain :

Un terrain pénal : cavalerie…cela peut amener à la qualification d’escroquerie peut accompagner


l’émission de lettre de change de complaisance dans le cas de système de cavalerie. Mais auj. l
qualification escroquerie ne sera plus retenue, car il faut des manœuvres frauduleux distinctes de
la lettre de change, donc émettre une lettre de change sur un tiré insolvable ne suffit plus.

Une sanction commerciale, intervient lorsque l’émetteur (le tireur) fait l’objet d’une procédure de
redressement judiciaire.

Dans ce cas, plusieurs conséquences :

- L’émission de l’effet de complaisance peut révéler de l’état déguisé de cessation des paiements
anticipés de la personne, cela permet de remonter dans le temps et de révéler la période suspecte.
- Puisque l’effet de complaisance permet de se procurer des fonds, cela permet de mettre en faillite
personnelle le tireur, mais également d’y voir une illustration du délit de banque route.

Les sanctions civiles : c’est la question de la nullité de l’effet de complaisance. Le principe est le
principe de la nullité. Mais il faut opérer une distinction selon les rapports :

- Les rapports entre le tiré accepteur et le tiers porteur : lorsque le tiers porteur est de bonne foi,
le caractère d’effet de complaisance ne s’oppose pas à lui. Le porteur de bonne foi sera celui qui
a ignorait le caractère de complaisance.
 Au contraire, si le tiers porteur est de mauvaise foi, c’est à dire qu’il avait
connaissance de l’absence de rapport fondamental, le tiré accepteur pourra
refuser de payer. Pour autant, le tiers porteur n’est pas dépourvu de tout recours,
il peut mettre en œuvre un recours qui est l’action en répétition de l’indu contre
le tireur de l’effet de complaisance pour la somme qu’il lui a versé à l’escompte.
Cette action sera souvent délicate, car en pratique, elle suppose que le tireur soit
solvable ; or, l’émission d’un effet de complaisance révèle un état de cessation des
paiements. L’action en répétition de l’indu ne demande pas que le tireur soit de
bonne foi. Attention ne pas confondre, avec l’enrichissement sans cause, car ici
la condition est que le demandeur doit être de bonne foi.
- Les rapports entre le complaisant (le tiré) et le complu (le tireur) : L’effet est nul que le
fondement soit l’absence de cause ou d’immoralité de la cause. La conséquence est que le tiré
peut refuser le paiement au tireur en lui opposant le caractère fictif de l’effet de commerce. Le
tiré pourra refuser tout paiement demandé par le tireur.

A- Le recouvrement forcé de la lettre de change : les recours cambiaires et la constatation du


non-paiement :
1- L’établissement du protêt : article 209 DOC

C’est un acte dressé par un agent du secrétariat-greffe du tribunal. Il doit être établi dans le
délai fixé pour la présentation au paiement s’il s’agit d’une traite payable à vue. Si la lettre est
payable à terme, le protêt doit être fait au plus tard l’un des cinq jours ouvrables qui suivent le
dernier jour où elle est payable.

Les recours

• Le protêt a pour effet de constituer solidaires à l’égard du bénéficiaire, tous ceux qui
ont tiré, endossé ou avalisé la lettre de change dont il n’a pu obtenir paiement.

• Le porteur doit toutefois, avant d’agir contre les différents signataires de la traite, donner avis du
refus de paiement à celui qui lui a endossé la lettre dans les six jours ouvrables qui suivent celui du
protêt.

• Chaque endosseur doit lui aussi, dans les trois jours ouvrables qui suivent le jour où il a reçu l’avis,
faire connaître le problème à son endosseur, et ainsi de suite en remontant jusqu’au tireur.
2- Le recours cambiaire