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Molière entre en scène au logis de la Chabotterie

La comédie ballet
La comédie ballet, inventée par Molière, mêle le théâtre, le chant, la
musique et la danse. Marc-Antoine Charpentier, compositeur et
chanteur baroque, collabore en 1673 avec Molière pour donner vie à
la comédie ballet le malade imaginaire ainsi que La comtesse
d’Escarbagnas. Ils s’appuient sur les exigences de Lully, alternant le
dialogue, le chant, la danse pour apporter une plus grande richesse
au spectacle. Aujourd’hui, La Simphonie du Marais, ensemble de
musique baroque fondée par Hugo Reynes et installé au logis de la
Chabotterie, rejoue cette création. Extraits :

LE MALADE IMAGINAIRE « avec ses deffences ».

Extrait 1 : « Polichinelle » plage 22 du CD

Polichinelle: « O amour, amour, amour ! Pauvre Polichinelle, quelle diable de fantaisie t'es-tu allé
mettre dans la cervelle? A quoi t'amuses-tu, misérable insensé que tu es? Tu quittes le soin de ton
Crédits photos : © La simphonie du Marais – Digipack Farceurs français et italiens Théâtre français, Paris RMN – Agence Bulloz

négoce, et tu laisses aller tes affaires à l'abandon; tu ne manges plus, tu ne bois presque plus, tu
perds le repos de la nuit; et tout cela, pour qui ? Pour une dragonne, franche dragonne; une
diablesse qui te rembarre et se moque de tout ce que tu peux lui dire. Mais il n'y a point à raisonner
là-dessus. Tu le veux, amour: il faut être tout comme beaucoup d'autres. Cela n'est pas le mieux du
monde à un homme de mon âge; mais qu'y faire? On n'est pas sage quand on veut; et les vieilles
cervelles se démontent comme les jeunes. Je viens voir si je ne pourrai point adoucir ma tigresse
par une sérénade. Il n'y a rien parfois qui soit si touchant qu'un amant qui vient chanter ses
doléances aux gonds et aux verrous de la porte de sa maîtresse. Voici de quoi accompagner ma
voix. O nuit ! O chère nuit ! Porte mes plaintes amoureuses jusque dans le lit de mon inflexible. »
Prélude : les violons conduits par Spacamond
Polichinelle : « Quelle impertinente harmonie vient interrompre ici ma voix ? »

Extrait 2 : « Fantaisie avec les interruptions » plage 23 du CD

Polichinelle: « Paix-là ! Taisez-vous, violons. Laissez-moi me plaindre à mon aise des cruautés de
mon inexorable » (violons) « Taisez-vous, vous dis-je. C’est moi qui veux chanter. » (violons)
« Paix donc ! » (violons) « Ouais ! » (violons) « Ahy ! » (violons) « Est-ce pour rire ? » (violons)
« Ah que de bruit ! » (violons) « Le Diable vous emporte ! » (violons) « J’enrage ! » (violons) « Vous
ne vous tairez pas ? Ah, Dieu soit loué ! » (violons) « Encore ? » (violons) « Peste de violons ! »
(violons) « La sotte musique que voilà ! » (violons) « la,la,la,la,la » (violons) « la,la,la,la,la,la »
(violons) « la,la,la,la,la,la » (violons) « la,la,la,la,la,la » (violons) « la,la,la,la,la,la… »