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APOTHEOSIS TEMPORIS Une collection classique redéfinie SIDEWAYS Le système révolutionnaire des Correcteurs sous Cornes
APOTHEOSIS TEMPORIS Une collection classique redéfinie SIDEWAYS Le système révolutionnaire des Correcteurs sous Cornes
APOTHEOSIS TEMPORIS Une collection classique redéfinie SIDEWAYS Le système révolutionnaire des Correcteurs sous Cornes
APOTHEOSIS TEMPORIS Une collection classique redéfinie SIDEWAYS Le système révolutionnaire des Correcteurs sous Cornes
APOTHEOSIS TEMPORIS Une collection classique redéfinie SIDEWAYS Le système révolutionnaire des Correcteurs sous Cornes
APOTHEOSIS TEMPORIS Une collection classique redéfinie SIDEWAYS Le système révolutionnaire des Correcteurs sous Cornes
APOTHEOSIS TEMPORIS Une collection classique redéfinie SIDEWAYS Le système révolutionnaire des Correcteurs sous Cornes
APOTHEOSIS TEMPORIS Une collection classique redéfinie SIDEWAYS Le système révolutionnaire des Correcteurs sous Cornes
APOTHEOSIS TEMPORIS Une collection classique redéfinie SIDEWAYS Le système révolutionnaire des Correcteurs sous Cornes

APOTHEOSIS

TEMPORIS

Une collection classique redéfinie

SIDEWAYS

Le système révolutionnaire des Correcteurs sous Cornes

PHILIPPE ROCHAT

Un après-midi dans le meilleur restaurant de Suisse

SI LES MURS POUVAIENT PARLER

La réouverture des ateliers de Haute Horlogerie Blancpain

PRINTEMPS | 2006

ÉDITORIAL

| 01

| 01 CHER AMATEUR D’HORLOGERIE Nous avons le grand plaisir de vous présenter le premier numéro
| 01 CHER AMATEUR D’HORLOGERIE Nous avons le grand plaisir de vous présenter le premier numéro

CHER AMATEUR D’HORLOGERIE

Nous avons le grand plaisir de vous présenter le premier numéro des Lettres du Brassus !

Conçu par la Maison Blancpain, ce magazine vous invite à découvrir l’esprit qui nous anime

magazine vous invite à découvrir l’esprit qui nous anime et vous offre une connaissance approfondie de

et vous offre une connaissance approfondie de nos collec-

tions et de nos innovations dans le domaine de la Haute

Horlogerie. Par ce lien, nous souhaitons également vous

présenter les hommes qui font Blancpain, vous faire part

de l’actualité de la Manufacture et, enfin, partager avec

vous quelques instants de notre art de vivre.

Dans cette première édition des Lettres du Brassus, nous

avons, de toute évidence, accordé une large place à un événement primordial qui a eu lieu

l’an dernier : la réouverture de la Manufacture du Brassus, après plus d’une année de travaux

de rénovation. A cette occasion, l’article « Si les murs pouvaient parler » vous convie à une

brève visite de nos ateliers, entièrement refaits à neuf. Cependant, nous n’avons pas uniquement

remodelé cette demeure historique, affectueusement appelée « la ferme » chez Blancpain,

nous venons également d’achever le transfert de toute notre équipe d’horlogers au Brassus,

où la totalité de notre production voit désormais le jour !

En espérant que cette édition inaugurale vous plaira, nous vous souhaitons une agréable

lecture et vous invitons à nous remplir la carte jointe pour recevoir les prochains numéros

de Lettres du Brassus.

à nous remplir la carte jointe pour recevoir les prochains numéros de Lettres du Brassus. Marc

Marc A. Hayek

CEO de Blancpain

A

LA

UNE

SI LES MURS POUVAIENT PARLER

4

A LA UNE SI LES MURS POUVAIENT PARLER 4 APOTHEOSIS TEMPORIS UNE COLLECTION CLASSIQUE REDÉFINIE 14
A LA UNE SI LES MURS POUVAIENT PARLER 4 APOTHEOSIS TEMPORIS UNE COLLECTION CLASSIQUE REDÉFINIE 14

APOTHEOSIS TEMPORIS UNE COLLECTION CLASSIQUE REDÉFINIE

14

UN APRÈS-MIDI AU RESTAURANT DE PHILIPPE ROCHAT

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REDÉFINIE 14 UN APRÈS-MIDI AU RESTAURANT DE PHILIPPE ROCHAT 24 LA LETTRE DE BLANCPAIN SUR LE
REDÉFINIE 14 UN APRÈS-MIDI AU RESTAURANT DE PHILIPPE ROCHAT 24 LA LETTRE DE BLANCPAIN SUR LE

LA LETTRE DE BLANCPAIN SUR LE VIN LUCIEN LE MOINE

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SOMMAIRE

SI LES MURS POUVAIENT PARLER page 04 APOTHEOSIS TEMPORIS page 14 RESTAURANT PHILIPPE ROCHAT page 24 SIDEWAYS page 34 LE PRODIGE page 40 HISTOIRES COURTES page 48 LA LETTRE DE BLANCPAIN SUR LE VIN page 54 LA NOUVELLE CAMPAGNE DE PUBLICITÉ page 62 NOUVELLES DU MONDE BLANCPAIN page 64

p a g e 6 2 NOUVELLES DU MONDE BLANCPAIN page 64 En couverture Détail du

En couverture

Détail du

Chronographe

Monopoussoir Villeret

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

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La Manufacture du Brassus familièrement appelée « la Ferme » chez Blancpain

PAR JEFFREY S. KINGSTON

« la Ferme » chez Blancpain PAR JEFFREY S. KINGSTON « AH, SI LES MURS POUVAIENT

« AH, SI LES MURS POUVAIENT PARLER » EST UNE EXPRESSION SI FAMILIÈRE QU’ELLE EST PRESQUE DEVENUE UN PONCIF. LES SECRETS, L’OMNISCIENCE, LA SAGESSE SUPÉRIEURE QUI ÉMANENT DE LEUR SILENCIEUSE ET PATIENTE OBSERVATION DE L’HUMANITÉ ET DES ÉVÉNEMENTS NOUS CONDUISENT TOUS À FORMULER, UN JOUR OU L’AUTRE, CE VŒU.

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

DANS L’AIR DU TEMPS I l arrive cependant que les murs parlent. A voix haute. Il

I l arrive cependant que les murs parlent. A voix haute. Il existe des circonstances où ils ne révèlent pas seulement un aperçu des épisodes qui se déroulent en leur sein, mais livrent des chapitres entiers, voire le film de leur histoire. Comment est-ce possible ?

C’est le cas lorsque les murs expriment les valeurs, l’éthique, les objectifs et les aspira- tions des hommes qui les ont construits ou les habitent. Pensez au célèbre photographe Peter Menzel, dont les portraits réalisés en 1994 pour l’Année internationale de la famille organisée par les Nations Unies, met- taient en scène la demeure d’une famille et en disaient long sur les êtres humains et les modes d’habitat du monde entier. Cette exposition de murs, qui a voyagé des rives de

la Seine à l’Assemblée Nationale à New York,

a permis de comprendre chacune de ces vies

bien mieux qu’une minutieuse description n’aurait pu le faire. Il en va de même pour la célébration du 270 ème anniversaire de Blancpain. Une année

commémorative riche en événements qui a culminé les 6 et 7 octobre derniers par la réou- verture de la Manufacture rénovée du Brassus. Toutefois, cette inauguration représente bien plus qu’une opportunité d’évoquer un bâti- ment qui vient de faire une cure de jouvence. Les ateliers installés dans cette ancienne ferme sont le symbole même de Blancpain. Sa réou- verture est une réaffirmation de valeurs essen- tielles. Nul besoin est de citer à comparaître le chef d’atelier ou les horlogers qui travaillent entre ses murs pour connaître en détail ce qu’il s’y passe. Le style de la ferme, les traditionnels établis d’horlogers en bois de cerisier, l’agence- ment, une minutieuse restauration sont autant d’éléments qui témoignent des objectifs de Blancpain, de sa philosophie et de ses princi- pes fondateurs. Les murs, en effet, parlent. Certains esprits cyniques adopteront sans doute un ton railleur: « Mais ce n’est rien d’au- tre qu’une usine », un terme qui prend ici une connotation dépréciative. « En quoi ce bâti- ment diffère-t-il des glorieuses réalisations

L’entrée de la Manufacture

dépréciative. « En quoi ce bâti- ment diffère-t-il des glorieuses réalisations L’entrée de la Manufacture

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06 | 07 L’escalier qui conduit aux ateliers

L’escalier qui conduit aux ateliers

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

LES ATELIERS DE LA « FERME » SONT DEVENUS LE SYMBOLE DE LA MARQUE BLANCPAIN.

Blancpain a saisi cette occasion pour accor- der un soin particulier à chaque détail comme le montre cette rampe d’escalier

a saisi cette occasion pour accor- der un soin particulier à chaque détail comme le montre

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08 | 09 Les détails raffinés sont légion, à l’exemple des boutons des layettes aménagés sur

Les détails raffinés sont légion, à l’exemple des boutons des layettes aménagés sur les établis, spécialement fabriqués pour Blancpain

architecturales des marques horlogères gene- voises, aux arches grandioses et audacieuses corniches en porte-à-faux ? » Sans oublier la dernière question, assénée comme un coup de grâce: « Ne s’agit-il pas là d’une structure qui sert uniquement à abriter une usine de montres ? ». La réponse est un non catégorique. Ces bâtiments ne se ressemblent pas et leurs diffé- rences attestent d’une philosophie différente de l’horlogerie. La ferme Blancpain du Brassus n’a pas été conçue comme une usine et sa disposition démontre qu’elle n’a jamais été destinée à être utilisée comme telle. L’acquisition de la ferme du Brassus en 1982 se voulait le symbole des origines de Blancpain, au cœur d’une tradition horlogère

dont la Vallée de Joux est la fière dépositaire depuis plus de deux siècles. Historiquement, les montres n’étaient pas fabriquées dans des usines. Il n’existait ni éclairage halogène, ni installations antiseptiques, ni lignes d’assem- blage. Les montres étaient réalisées à la main par des artisans qui œuvraient dans des gre- niers, des fermes, de petites bâtisses familiales. Chaque montre représentait la création haute- ment personnelle de l’homme qui l’avait amoureusement mise au monde. Les finitions et les décorations étaient des signatures artis- tiques. Du début à la fin, chaque montre était l’œuvre d’un seul horloger. La ferme du Brassus a transposé ces méthodes ancestrales – et la philosophie qu’elles recèlent – dans notre ère moderne. Les principes essentiels

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

Une vie qui commence à battre:

L’Equation du Temps Marchante de la collection Le Brassus

LES ÉTABLIS DE BLANCPAIN ONT ÉTÉ CONÇUS SUR MESURE ET RÉALISÉS À LA MAIN. SI UN HORLOGER DOIT TRAVAILLER SUR UNE SEULE ET MÊME MONTRE PENDANT UNE ANNÉE ENTIÈRE, COMME C’EST LE CAS POUR LA 1735, IL EST VITAL QUE SON POSTE DE TRAVAIL SOIT PARFAIT EN TOUS POINTS.

VITAL QUE SON POSTE DE TRAVAIL SOIT PARFAIT EN TOUS POINTS. La rénovation complète a uniquement

La rénovation complète a uniquement conservé les murs extérieurs de la ferme

Dans l’atelier 1735, l’un des deux horlogers Blancpain qui travaillent sur ce prestigieux calibre

de la ferme Dans l’atelier 1735, l’un des deux horlogers Blancpain qui travaillent sur ce prestigieux
de la ferme Dans l’atelier 1735, l’un des deux horlogers Blancpain qui travaillent sur ce prestigieux

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10 | 11 sont restés intacts. Le bâtiment est toujours aussi peu adapté aux lignes de
10 | 11 sont restés intacts. Le bâtiment est toujours aussi peu adapté aux lignes de

sont restés intacts. Le bâtiment est toujours aussi peu adapté aux lignes de fabrication et à leurs programmes de production. Il n’en compte donc aucune. En revanche, chaque horloger et horlogère travaille à son établi, comme le veut la tradition, pour donner patiemment naissance à un garde-temps, ainsi que le faisaient leurs prédécesseurs il y a deux siècles, en assemblant chaque montre du début à la fin.

L ors des cérémonies qui ont marqué la réouverture de la Manufacture du

Brassus, le Président de Blancpain, Marc A. Hayek, a expliqué que Blancpain disposait de nombreuses solutions pour répondre à la nécessité d’accroître ses capacités de pro- duction. La voie de la facilité aurait été de choisir un lieu pour édifier une usine moderne et efficace. Plan-les-Ouates, située dans la banlieue genevoise, est devenue un véritable parc où fleurissent les édifices de marques célèbres, comme autant de tulipes surgissent d’un lit d’asphalte. Cette option, cependant, se heurtait à la philosophie des méthodes traditionnelles, chères à Blancpain. Et les montagnes du Jura, où se niche la Vallée de Joux, sont depuis tou- jours inextricablement liées à l’histoire et à l’âme de Blancpain. Comme il était hors de question de quitter le Brassus, il convenait donc de restaurer minutieusement la ferme, qui est devenue le symbole de la marque. En conser- vant intacts les murs extérieurs et en adap- tant avec intelligence les espaces intérieurs, Blancpain a opté pour une solution de nature à préserver le bâtiment et à accroître de près de 50% l’espace disponible pour les ateliers. Comme c’est le cas pour toute rénovation, la première phase – la destruction – précède la construction. Une force de caractère hors du commun était nécessaire pour contempler le résultat final de cette destruction. Les membres de la direction tout comme les horlogers soupi- raientencontemplantla cavité poussiéreuse qui, naguère encore, accueillait l’atelier le plus pres- tigieux de Blancpain, s’efforçant de songer avec confiance aux récompenses promises par l’avenir.

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

L’atelier consacré aux tourbillons

DEPUIS LE MOIS DE DÉCEMBRE 2005, CENT POUR CENT DE LA PRODUCTION A ÉTÉ RASSEMBLÉE AU BRASSUS.

Et elles ont fini par arriver: le jour où la presse, des collectionneurs sélectionnés et de nombreux concessionnaires Blancpain ont découvert la Manufacture à l’occasion de sa réouverture. En parfaite harmonie avec son cadre pastoral – le téléski du Brassus ne se trouve qu’à une trentaine de mètres de la ferme, des vaches suisses munies de leur tradi- tionnelle cloche paissent dans un champ à deux minutes à peine – la ferme a conservé ses murs extérieurs en pierres et tapissé son inté- rieur de bois de cerisier. Les plafonds et les planchers en bois accentuent encore cette atmosphère bucolique. Cependant, les ornements constituent un épiphénomène de cette rénovation. Par effet de contraste, les éléments essentiels devien- nent les établis individuels des horlogers, déve-

loppés de sorte à renforcer la profession de foi primordiale de Blancpain, selon laquelle les montres sont assemblées du début à la fin par un seul horloger. Si leur fonctionnalité parfai- tement modernisée offre un éclairage perfec- tionné, un circuit d’air comprimé (utilisé pour juguler la poussière) et la possibilité de multi- ples réglages de hauteur, les établis sont pro- fondément ancrés dans un glorieux passé. On y retrouve ainsi les traditionnelles layettes et la construction solide en bois de cerisier. Les catalogues abondent d’établis d’horlogers modulables qui satisfont aux exigences d’au- tres établissements. Mais les établis de Blancpain ont été conçus sur mesure et réa- lisés à la main. Si un horloger doit travailler sur une seule et même montre pendant une période qui peut s’étendre à une année

entière, comme c’est le cas pour la 1735, il est vital que son poste de travail soit parfait en tous points. De la même manière que la ferme est le berceau des garde-temps les plus compli- qués de Blancpain, la distribution du bâti- ment s’est logiquement imposée en fonction des complications. Au sommet des constel- lations horlogères de Blancpain, la 1735, la montre-bracelet automatique la plus compli- quée au monde, mérite son propre atelier, situé au dernier étage de la Manufacture. Dans l’atelier 1735, il n’y a que deux établis et deux horlogers consacrés au long proces- sus de la genèse d’une 1735. L’atelier de décoration jouxte celui de la 1735. Les décorations et finitions tradition- nelles des composants des garde-temps Blancpain sont le fruit d’un minutieux tra- vail manuel, réalisé par les maîtres artisans de l’atelier décoration. C’est dans cette pièce que la montre semble vraiment remonter le temps 200 ans en arrière. Les artisans de Blancpain rendent hom- mage à la tradition, usant d’instruments

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12 | 13 La phase de lune en claire-voie confère une touche particulière à l’atelier 1735

La phase de lune en claire-voie confère une touche particulière à l’atelier 1735

développés par leurs antiques prédécesseurs et apposant sur les pièces une vaste gamme de finitions et de décorations. L’étage inférieur abrite trois ateliers. Le plus vaste est celui des grandes complications. C’est là que les horlogers de Blancpain assem- blent et ajustent les montres à répétition minutes, les chronographes à rattrapante, et à Equation du Temps Marchante. De l’autre côté du couloir une porte s’ouvre sur le royaume du tourbillon, d’où prennent nais- sance toutes les variantes de tourbillon propo- sées par Blancpain. Le rez-de-chaussée est occupé par les ate- liers de contrôle de qualité et de formation et le hall d’entrée. Si la pièce consacrée à la formation n’est pas la plus grande de la Manufacture, elle représente cependant la clé de tous les autres éléments. Chez Blancpain, le savoir-faire dans le domaine des complications se transmet d’une génération d’horlogers à

se transmet d’une génération d’horlogers à une autre, sur la base d’une étroite relation

une autre, sur la base d’une étroite relation personnelle. En travaillant à côté d’un maître, les horlogers débutant acquièrent les aptitudes requises pour ajouter de nouvelles complica- tions à leur répertoire. Et quelle disposition pourrait mieux convenir à cet usage que celle d’établis disposés face à face ? Comme son nom l’indique, l’atelier de contrôle de qualité procède aux ultimes vérifi- cations et derniers réglages des garde-temps compliqués de Blancpain. A l’occasion de la réouverture, le hall d’en- trée a rempli une double fonction. Les vitrines n’étaient pas uniquement destinées à tenter les invités en arborant quelques trésors de la col- lection, mais Blancpain a saisi cette opportu- nité pour présenter une exposition spéciale, intitulée « Une Tradition de l’Innovation ». Elle met en scène les premières mondiales, les records et innovations marquantes réalisés par Blancpain au fil du temps. En point d’orgue de cette inauguration, Blancpain a présenté un nouveau record mondial: le quantième perpé- tuel pour femme le plus plat au monde. L’exposition itinérante « Une Tradition de l’Innovation » a déjà quitté Le Brassus pour accomplir un véritable tour du monde. L’ensemble de la ferme et de son aménage- ment réaffirme l’adhésion de Blancpain à des valeurs essentielles. En effet, comment offrir meilleure source d’inspiration à ses talentueux horlogers – et, accessoirement, attirer les plus brillants à la Vallée de Joux – qu’en leur propo- sant la chaleur du bois de cerisier, la sérénité d’ateliers paisibles et l’atmosphère familiale d’une ère de l’horlogerie qui pouvait sembler révolue ? Enfin, le projet de rénovation apporte un avantage supplémentaire. La restauration de la ferme agrandie permet désormais à Blancpain de regrouper tous les horlogers qui réalisent les montres moins compliquées dans le bâtiment adjacent. Lors des cérémonies d’inauguration, Marc. A. Hayek a annoncé qu’en 2006 la production Blancpain serait entièrement transférée au Brassus.

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

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APOTHEOSIS TEMPORIS:

UNE COLLECTION CLASSIQUE REDÉFINIE

EN CETTE ÉPOQUE OÙ LA DÉSINVOLTURE VESTIMENTAIRE A CONQUIS LE TERRAIN DES AFFAIRES ET QUE NUL NE CONTESTE LE RÈGNE DE LA TENUE UNIQUE EN TOUTE OCCASION, NOUS OUBLIONS CE QUE SIGNIFIAIT ÊTRE BIEN HABILLÉ, DANS LE GLORIEUX DÉBUT DES ANNÉES 60.

PAR JEFFREY S. KINGSTON

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

E n cette époque où la désinvolture vesti- mentaire a conquis le terrain des affaires

et que nul ne conteste plus guère le règne de la tenue unique, indépendamment de l’occa- sion (il est curieux parfois de constater le résultat d’une révolte contre les conventions, qui ne produit ni phrase achevée par un point d’exclamation, ni même un sursaut d’émo- tion, mais une sorte de brouet grisâtre et insi- pide), nous oublions volontiers ce que signi- fiait être bien habillé, dans le glorieux début des années 60. La correction en toute occa- sion était alors une injonction absolue et la garde-robe d’un gentleman se définissait en fonction de règles intangibles. Tenue pour le quotidien des affaires: chemise blanche, cra- vate étroite, complet sombre, chapeau, chaus- sures noires lacées. Tenue formelle: smoking à une rangée de boutons, plastron, chaussures en cuir verni. Tenue de cocktail: blazer bleu avec boutons dorés, pantalons gris, mocassins

car elle rassemble toutes les spécialités tradi- tionnelles de la haute horlogerie. Chacune de ces huit montres est habillée d’un boîtier en platine, avec boucle déployante également en platine. Toutes possèdent un cadran noir exclusif réservé aux montres de cette série limitée. La meilleure façon de comprendre com- ment Blancpain a fait évoluer les Six Pièces Maîtresses pour aboutir à Apotheosis Temporis est de songer à une « dégustation comparative ». Loin de moi l’idée de faire tournoyer solennellement les montres comme des œnologues, afin d’en humer toutes les nuances, avant d’aligner pompeu- sement une série d’adjectifs censés décrire précisément les sensations que nous venons d’expérimenter. Néanmoins, je suggère que nous exacerbions nos facultés d’observation afin d’appréhender ce que les 16 années entre les deux séries ont apporté.

LE SET « APOTHEOSIS TEMPORIS » EST UNE SÉRIE DE HUIT MONTRES, CHACUNE CONÇUE POUR RÉPONDRE AUX EXIGENCES D’OCCASIONS DIFFÉRENTES, DANS NOTRE CAS, AUX EXIGENCES DES COMPLICATIONS LES PLUS CLASSIQUES DE LA HAUTE HORLOGERIE.

noirs. Visite à l’université: manteau en velours côtelé à épaulettes, mocassins bruns. Tenue sportive: pull ras du cou (porté uniquement avec un t-shirt blanc en dessous), pantalons de toile (sans ceinture), baskets. Une part de cet esprit se retrouve dans l’édi- tion spéciale du set « Apotheosis Temporis » de Blancpain. Une série de huit montres, chacune conçue pour répondre aux exigences d’occa- sions différentes. Fruit de minutieuses recher- ches dans les complications horlogères, qui ont également permis de remettre en question l’édi- tion antérieure des Six Pièces Maîtresses, le set des huit complications de Blancpain compose la plus parfaite des garde-robes horlogères,

A l’évidence, ce sont désormais huit mon- tres plutôt que six qui composent le set (aucun point n’est accordé pour cette remar- que, qui s’apparente à déclarer qu’un vin de dégustation est « rouge »). Si le fait de prendre conscience de l’existence de deux garde-temps additionnels ne dénote pas d’une finesse de perception exceptionnelle, la signification de ces deux montres supplé- mentaires permet de gagner des points. Blancpain a réalisé que deux complications classiques essentielles manquaient à la série originale: le double fuseau horaire et l’équa- tion du temps marchante. Nous reviendrons sur le raffinement de ces deux pièces dès

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APOTHEOSIS TEMPORIS Ultraplate
APOTHEOSIS
TEMPORIS
Ultraplate
APOTHEOSIS TEMPORIS Quantième à Phases de Lune
APOTHEOSIS
TEMPORIS
Quantième à
Phases de Lune
APOTHEOSIS TEMPORIS Chronographe Monopoussoir à Rattrapante
APOTHEOSIS
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Chronographe
Monopoussoir à
Rattrapante
APOTHEOSIS TEMPORIS Equation Marchante Pure
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Equation Marchante
Pure
APOTHEOSIS TEMPORIS Time Zone
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APOTHEOSIS TEMPORIS Quantième Perpétuel avec Correcteurs sous cornes
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Quantième
Perpétuel
avec Correcteurs
sous cornes
APOTHEOSIS TEMPORIS Tourbillon
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APOTHEOSIS TEMPORIS Répétition Minutes
APOTHEOSIS
TEMPORIS
Répétition
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DANS

L’AIR

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TEMPS

DANS L’AIR DU TEMPS que nous aurons achevé de tirer d’autres enseignements de notre test comparatif.

que nous aurons achevé de tirer d’autres enseignements de notre test comparatif. La prochaine différence vous permettra d’engranger de nombreux points si vous la détectez, car elle n’est pas immédiatement apparente sur l’image des montres. A la dif- férence des Six Pièces Maîtresses, toutes les montres d’Apotheosis Temporis sont auto-

toutes les montres d’Apotheosis Temporis sont auto- matiques. Dans la série précédente, le tourbil- lon, la

matiques. Dans la série précédente, le tourbil- lon, la répétition minutes et l’ultraplate étaient à remontage manuel. Pour accroître encore le confort apporté par le remontage automa- tique, Blancpain présente le set Apotheosis Temporis dans un écrin précieux dont les com- partiments sont équipé de huit moteurs rota- tifs pour assurer le remontage continu des montres lorsqu’elles ne sont pas portées. Trop difficile ? Voici maintenant un élé- ment nettement plus facile à découvrir. La taille. La série des Pièces Maîtresses était réalisée dans un boîtier de 34 mm de diamè- tre. Le set Apotheosis Temporis se présente dans un boîtier Villeret de 38 mm de dia- mètre. Autre différence: la finition du mouve- ment (mais ne suis-je pas en train de vous tendre un traquenard en vous demandant de

L’écrin est équipé de moteurs rotatifs

APOTHEOSIS TEMPORIS Equation du Temps Marchante Pure Avec l’aiguille surmontée d’un soleil indiquant le temps solaire et la came d’équation

Coucher de soleil sur le lac de Joux

surmontée d’un soleil indiquant le temps solaire et la came d’équation Coucher de soleil sur le

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DANS

L’AIR

DU

Le clocher du village au Brassus

TEMPS

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20 | 21 déceler une différence qui n’est visible que du fond de la montre, en

déceler une différence qui n’est visible que du fond de la montre, en ne vous présen- tant, jusqu’à présent, que des photogra- phies de cadrans de montre ? Pourtant, en toute honnêteté, je n’y vois ni superche- rie, ni tour de passe-passe. Si vous êtes un consciencieux étudiant de Blancpain, vous devriez savoir en apercevant le cadran que je vous ai montré, que la série Apotheosis Temporis est dans le style de la collec- tion Villeret. Ce qui veut dire que vous n’avez pas réellement besoin de voir une photographie du mouvement pour savoir que sa finition est exécutée dans le style de la collection. Si les huit montres adoptent la discrétion empreinte de distinction des fini- tions des mouvements de la ligne Villeret,

CHACUNE DE CES HUIT MONTRES EST DOTÉE D’UN BOÎTIER ET D’UNE BOUCLE DÉPLOYANTE EN PLATINE; TOUTES SONT HABILLÉES D’UN CADRAN NOIR EXCLUSIF À CE SET.

APOTHEOSIS TEMPORIS Time Zone avec l’indication de deux fuseaux horaires

D’UN CADRAN NOIR EXCLUSIF À CE SET. APOTHEOSIS TEMPORIS Time Zone avec l’indication de deux fuseaux

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

DANS L’AIR DU TEMPS une légère ornementation a été réservée à la masse oscillante. Chaque montre
DANS L’AIR DU TEMPS une légère ornementation a été réservée à la masse oscillante. Chaque montre

une légère ornementation a été réservée à la masse oscillante. Chaque montre est équi- pée d’une masse différente, en platine, réa- lisée exclusivement pour cette série. La différence suivante, si vous la décou- vrez, vous qualifiera pour recevoir le doctorat en histoire de Blancpain (Dr ès Blancpain). Trois des montres du set Apotheosis Temporis viennent de faire leur apparition dans la collection Blancpain. La Villeret Quantième

Perpétuel avec Correcteurs sous cornes a été présentée à Bâle l’an dernier. Hors de la série Apotheosis Temporis, elle est disponible en or rose et en or jaune. Les deux prochains thèmes attribuent immé- diatement à ceux qui les découvrent, le titre de professeur agrégé Blancpain, si vous ne les citez pas uniquement en tant que nouveautés Blancpain de l’année, mais en mentionnant aussi le fait qu’elles ont été produites en édi- tion limitée. La Villeret Equation Marchante Pure a été présentée en série limitée à 50 piè- ces en platine avec cadran opalin. Tout comme le Chronographe Monopoussoir à Rattrapante, limité à 99 pièces. Enfin, retenez que l’association du boîtier en platine et d’un cadran noir est exclusive- ment réservée aux montres qui composent le set Apotheosis Temporis.

APOTHEOSIS

TEMPORIS

Quantième Perpétuel

avec Correcteurs

sous cornes

Clair de lune sur les berges du lac de Joux

■ APOTHEOSIS TEMPORIS Quantième Perpétuel avec Correcteurs sous cornes Clair de lune sur les berges du

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ART

DE

VIVRE

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UN APRÈS-MIDI D’HIVER CHEZ PHILIPPE ROCHAT

RESTAURANT DE L’HÔTEL DE VILLE

LES TROIS ÉTOILES DÉCERNÉES PAR LE GUIDE MICHELIN SONT CERTAINEMENT LA PLUS GRANDE RÉCOMPENSE DONT UN CUISINIER PUISSE RÊVER. RARES SONT LES CHEFS À SIÉGER DANS CET OLYMPE, SI BIEN SEULS DEUX RESTAURANTS EN SUISSE ARBORENT CETTE PRESTIGIEUSE DISTINCTION. L’UN DEUX EST LE LÉGENDAIRE RESTAURANT DE PHILIPPE ROCHAT, L’HÔTEL DE VILLE, À CRISSIER.

PAR JEFFREY S. KINGSTON

ART

DE

VIVRE

Le restaurant de l’Hôtel de Ville est situé au coeur du village Crissier, sur une colline proche de Lausanne

Philippe Rochat possède l’une des meilleures caves au monde

Rochat possède l’une des meilleures caves au monde U n lien naturel unit Philippe Rochat et
Rochat possède l’une des meilleures caves au monde U n lien naturel unit Philippe Rochat et

U n lien naturel unit Philippe Rochat et Blancpain, car il a vu le jour à la Vallée

de Joux, siège de la Manufacture Blancpain. Toutefois, plutôt que d’inciter son fils à se tourner vers une carrière dans l’horlogerie, pour laquelle la Vallée est réputée, la mère de Philippe lui a transmis très tôt l’amour de la bonne cuisine. A tel point qu’il réalisait déjà ses propres créations à l’âge de 9 ans. Quelques années à peine après de premiers pas préco- ces dans le monde de la gastronomie, il rêvait déjà de devenir un grand chef et a donc logi- quement répondu à l’appel de sa vocation.

Pendant 17 ans, il a fait ses armes aux côtés de Frédy Girardet, au restaurant de l’Hôtel de Ville, dont la renommée ne cessait de s’étendre dans le monde. Et tout naturel- lement, le jour où Frédy Girardet a souhaité se retirer, neuf ans plus tôt, il lui a transmis le flambeau. Tout en observant scrupuleuse- ment une philosophie fondée sur la quête exigeante des meilleurs ingrédients, propres à chaque saison et un profond respect de la pureté des saveurs et de la légèreté des pré- parations, Philippe Rochat a apposé sa signature en inventant constamment de

nouveaux apprêts. Tout changement de sai- son représente une occasion renouvelée pour les gourmets venus de tous les conti- nents, de faire honneur à une nouvelle carte qui célèbre les meilleurs produits du marché. Balayant d’un revers de main la vogue actuelle qui conduit certains chefs à ouvrir de nouveaux restaurants à des milliers de kilomè- tres de leur lieu d’origine, Philippe Rochat se déclare heureux de pouvoir exercer son art à Crissier. C’est là qu’il se sent le plus proche de la source des meilleurs ingrédients du monde et qu’il peut se consacrer à sa recherche inces-

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DÉTENTEUR DE CINQ MONTRES BLANCPAIN, ACQUISES AU FIL DES ANS, PHILIPPE ROCHAT PORTE TOUS LES JOURS SON TOURBILLON EN OR BLANC, QU’IL NE QUITTE PAS MÊME POUR OFFICIER EN CUISINE DANS SA TENUE BLANCHE DE CHEF.

sante d’innovation et de raffinement. Voilà près de vingt ans que ce cuisinier hors pair apprécie la Manufacture du Brassus. Il pos- sède cinq montres Blancpain, acquises au fil des années. Au quotidien, il porte un tourbil- lon en or blanc, qu’il ne quitte pas même pour officier en cuisine dans sa tenue blan- che de chef. D’ailleurs, les liens entre Philippe Rochat et Blancpain sont fondés sur une estime réciproque, car il est le chef choisi par la Manufacture pour célébrer dignement de grandes occasions.

ART

DE

VIVRE

UN DÉJEUNER CALME ET RELAXANT, SERVI AVEC UN STYLE EMPREINT DE GRÂCE, EST SANS CONTESTE L’UN DES GRANDS LUXES DE LA VIE.

U n déjeuner calme et relaxant, servi avec un style empreint de grâce, est sans conteste

l’un des grands luxes de la vie. Hélas, cette grâce d’une noble civilité n’a pas seulement dis- paru de notre vie professionnelle pour être remplacée par d’insipides sandwichs carton- neux que nous avalons entre deux dossiers au bureau, mais elle tend aussi à disparaître de nos instants de loisirs. Qui a encore aujourd’hui le temps de s’asseoir pour déjeuner ? Un seul mot d’ordre: faire au plus vite. Nos activités ne sauraient attendre. Mais que se produit-il lorsque d’inespérées conditions sont enfin réunies ? Un jour froid et brumeux en Suisse romande, un rendez-vous prévu de longue date pour cet après-midi est annulé, l’impression d’avoir déjà visité tous les sites d’intérêt culturel et touristique de la région

et

taurants favoris se trouve à deux pas d’ici !

pour ne rien vous cacher, l’un de mes res-

Passons donc à table. Mais pas n’im- porte où, chez Rochat à Crissier.

Ainsi libéré de toute obligation, j’ai redécou- vert le plaisir infiniment gratifiant du rituel civi- lisé d’un somptueux repas. Chez Rochat, chaque repas, et en particu- lier un déjeuner improvisé, est une fête. Ainsi, si repas il doit y avoir pour illuminer un triste après-midi de décembre, il ne se résumera pas à trois plats et basta, mais prendra la forme d’un grand menu complet. Cette résolution était profondément ancrée dans mon esprit lorsque M. Villeneuve, le maître d’hôtel m’a conduit à ma table. Il n’est d’insigne restau-

rant sans grand maître d’hôtel. M. Villeneuve œuvre dans ce restaurant depuis des décen- nies. Il a débuté sous le règne de Frédy Girardet et a assisté à l’intronisation de Philippe Rochat. En le regardant, je ne peux m’empêcher de penser à un grand chef d’or- chestre. Son regard embrasse la pièce entière et il donne ses instructions aux serveurs et sommeliers par des clins d’œil, hochements de tête et gestes quasi imperceptibles, accom- pagnés de quelques rares mots. Sous son experte direction, la salle respire un service parfait. De sorte qu’après un aimable échange de propos avec M. Villeneuve, je n’ai pas eu à réfléchir longuement avant de passer com- mande: le GRAND MENU, je vous prie ! Lorsque M. Villeneuve s’est éloigné, je me suis pris à considérer le reste de la salle. En ce

Le nombre de chefs par dîner est étonnant. Philippe Rochat commande une brigade de plus de vingt cuisiniers

salle. En ce Le nombre de chefs par dîner est étonnant. Philippe Rochat commande une brigade

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vendredi, les hommes d’affaires représentaient manifestement une grande part des convives. Mais les affaires en Suisse romande ne ressem- blent pas à celles d’autres pays. A l’évidence, nul ici n’était tenu de retourner au bureau cet après-midi pour prendre part à une énième réunion de marketing, car chacun avait pris congé pour le reste de la journée. Et j’ai été agréablement surpris de constater, en saisis- sant quelques bribes de la conversation qui se déroulait à la table voisine, qu’elle ne tournait pas autour de la décortication des résultats engrangés par les succursales à l’étranger, mais traitait, avec toute la concentration requise, du Condrieu qui se marierait le mieux avec les mets aux truffes que les convives venaient de commander. Le repas a débuté avec une flûte d’un cham- pagne particulièrement fin et pétillant (une sélection de Philippe Rochat) et une assiette allongée qui présentait presque la forme d’un plateau, sur laquelle étaient disposés les amuse-bouches. Par ordre linéaire, une coque d’oursin qui recelait un velouté d’oursins de

Gros Spaghetti aux Truffes Blanches d’Alba

mer d’Irlande était suivie d’une coquille Saint- Jacques garnie d’une vinaigrette de pétoncles noirs et enfin par des coquilles de couteaux croisés, également appelés ciseaux. L’oursin est un fruit de mer que les cuisiniers amateurs craignent à juste titre. Philippe Rochat a réussi à les apprêter en un velouté onctueux, d’une délicatesse toute en légèreté, servi à peine chaud, en guise d’exquise première bouchée sur la voie royale d’un menu raffiné. Les pétoncles servis sur la coquille, étaient émincés en fines tranches translucides et relevés d’une vinaigrette aux herbes. Pourrais-je avoir trois…non dix de ceux-ci ? Les couteaux ont été retirés de la coquille pour s’enrober d’un bouillon sombre, relevés d’une vinaigrette bal- samique avant d’être redéposés sur la coquille et décorés de crème fraîche finement dressée. Le prochain mets illustre le fossé qui sépare Philippe Rochat d’excellents cuisiniers tradi- tionnels. Là, il était question d’une Gelée de Caviar d’Osciètre Acidulée aux Pommes Vertes qui se présente sous la forme d’un monticule de caviar d’osciètre d’une fabuleuse généro-

sité, dressé au sommet d’une gelée blanche parsemée de minuscules pointes de pomme verte. L’association entre caviar et agrume ne constitue pas un prodige en soi car elle entre dans la pratique de chefs ordinaires. En revan- che, la pomme verte représente un raffine- ment d’une autre envergure. Moins acide que les agrumes, elle donne un fond à peine per- ceptible qui permet à la saveur du caviar de s’épanouir pleinement. La texture de la gelée était juste assez ferme pour supporter les fines billes de caviar. Tous les sens étaient conquis, l’apprêt brillant. Le vin blanc sélectionné était un Puligny Montrachet 2000 de Sauzet. Incontestable- ment, Sauzet est une icône à Puligny. Le Sauzet Villages emmène un Puligny bien au- delà des qualités de son appellation. C’est un élégant Puligny, d’une riche complexité, doté d’une touche épicée qui forme un élégant contraste avec les mets qu’il accompagne. Le plat suivant m’était familier, un mets que j’avais goûté une année auparavant. En vérité, si je pouvais m’imaginer ne déjeuner ici que d’un

un mets que j’avais goûté une année auparavant. En vérité, si je pouvais m’imaginer ne déjeuner

ART

DE

VIVRE

Aiguillette de Saint-Pierre

seul plat, ce serait le suivant: Gros Spaghetti aux Truffes Blanches d’Alba. Les spaghetti sont roulés en forme de demi-sphère (imaginez la taille d’une petite mandarine coupée en deux) placée au centre de l’assiette. Ceux-ci sont entourés par la plus légère mousse aux truffes qui soit, sertie de généreuses tranches de truf- fes blanches. Le serveur m’a conseillé de cou- per la boule en deux sur-le-champ, libérant ainsi un jaune d’œuf poché et de légères herbes aromatiques dissimulés sous les spaghetti. Aussitôt, chacun des sens est mis à contribu- tion. Le parfum des truffes blanches s’échappe de la sphère et se marie à celui de la mousse aux truffes, des tranches de truffes et de ses deux meilleurs faire-valoir: les pâtes et le jaune d’œuf. Je ne peux imaginer un mets plus hédoniste. Ni un apprêt plus parfait. Si les deux premiers plats étaient étudiés en noir et blanc, la palette des couleurs a brusque- ment changé à l’arrivée du premier plat de

J’AI SOUVENT SONGÉ QUE PHILIPPE ROCHAT ÉTAIT UN CHEF « YIN YANG ». DANS CHAQUE PLAT, IL S’EFFORCE D’ÉMETTRE UNE NOTE QUI SERA IMMÉ- DIATEMENT COMPENSÉE, EN CONTREPOINT, PAR UNE NOTE OPPOSÉE.

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Caviar d’Osciètre

poisson, l’Aiguillette de Saint-Pierre de Port en Bessin Grillée à la Fleur de sel Fumée et Piment d’Espelette, Gnocchi Parisienne aux Olives de Nyons. Une assiette rectangulaire présentait le Saint-Pierre grillé, généreusement assaisonné de gros sel de mer parfumé aux herbes, entouré d’une sauce d’un orange lumineux ponctuée de morceaux de piment et d’olives. Sur le bord de l’assiette étaient disposés les gnocchi aux olives. Toutes les fragrances de la Provence réunies en ce jour d’hiver en Suisse. Le Saint-Pierre est un délicieux poisson blanc à la texture légèrement élastique qui requiert une grande sauce pour en relever le goût. Philippe Rochat l’a servi avec une sauce orangée auda- cieusement épicée aux piments, relevée par les olives de Nyons. Quant aux gnocchi, ils n’étaient pas uniquement destinés à former un contrepoint textural au Saint-Pierre, mais égale- ment à rafraîchir le palais pour le vin blanc. Nouveau changement de décor pour le plat

suivant. De l’orange brillant du Saint-Pierre, le convive est transporté au vert chartreux des Grosses Langoustines de Bretagne Frites Chlorophylle et Tomates Confites au Jus de Flageolets. La description de la carte peine à exprimer pleinement les divers éléments de cette création signée Philippe Rochat. Deux langoustines géantes sont enveloppées dans une fine coquille de phyllopode, parsemée de microscopiques touches de persil. Elles sont entourées d’une mousse vert clair assortie de flageolets et de morceaux de tomates confites. Mais cet apprêt recèle d’autres secrets. Quelques herbes aromatiques, essen- tiellement du basilic, sont disposées entre la coquille de phyllopode et les langoustines. J’ai souvent songé que Philippe Rochat était un chef « yin yang ». Dans chaque plat, il s’efforce d’émettre une note qui sera immédiatement compensée, en contrepoint, par une note opposée. Dans ce cas, la douceur naturelle des

langoustines joue avec la saveur très subtile du basilic, modulée à son tour par les accents ter- restres des flageolets et des tomates confites aux saveurs presque épicées. Un autre candi- dat parfait pour un repas composé d’un plat unique. Laissez-moi donc revenir en ces lieux et ne manger que ce mets ! Membres de la SPA et végétariens s’abste- nir ! Le plat qui va suivre risquerait de froisser leurs susceptibilités. En cette période de fin d’année, le plat de viande allait nécessaire- ment glorifier les vertus du gibier, révélées sous la forme d’un chamois du Tyrol. Le filet ne dépassait pas trois centimètres de diamètre et l’os de la côte était plus fin que mon auricu- laire. Où trouve-t-on encore de la viande de cette qualité ? Et de quelle taille pouvait être cette petite créature avant de rencontrer le boucher ? Le filet et le mignon étaient servis saignants, parfaitement enrobés de chutney et accompagnés d’une sombre sauce veneur

ART

DE

VIVRE

LE DESSERT REPRÉSENTE, CHEZ ROCHAT, PAS MOINS DE QUATRE PLATS SANS COMPTER LES PETITS FOURS ET LES CHOCOLATS.

classique. La viande fondait tout bonnement en bouche tandis que sa saveur épicée était relevée par la subtilité du chutney. Si la viande était en elle-même parfaite en tous points, un trésor attendait d’être découvert dans la partie supérieure droite de l’assiette. Un petit cylin- dre dans lequel de fines tranches de céleri pomme alternaient avec une farce composée de petits morceaux d’ananas et de navets. Cet apprêt remarquable aurait parfaitement pu représenter un mets en soi ! Il célèbre avec perfection la richesse de la viande de chamois et sa sauce veneur. Pour le vin rouge, j’ai jeté mon dévolu sur une merveilleuse demi-bouteille de Trapet Gevrey Chambertin Vieilles Vignes de 1999.

Miroir Cassis

Une fois encore, ce bourgogne vaut bien davantage que son appellation village. Il pos- sède tout ce qu’on peut attendre d’un Chambertin: un arôme de cassis, des tons de terre, de la vanille et une pointe de chocolat. Un vin qui a assez de force et de corps pour accompagner un mets de gibier. Si la chasse possède sa saison, le fromage ne lui cède en rien. Octobre passé, la saison du Mont d’Or parvient alors bientôt à son apo- gée. En effet, le Mont d’Or, originaire du Jura tout proche, est confectionné uniquement d’octobre à avril. Dans sa meilleure forme, ce fromage coulant, onctueux et crémeux repré- sente, avec le Reblochon, le parfait accompa- gnement pour achever le vin rouge après le

parfait accompa- gnement pour achever le vin rouge après le plat de viande. J’ai donc naturellement

plat de viande. J’ai donc naturellement choisi les deux et j’ai été gratifiée d’une généreuse portion de Mont d’Or. Mais souvenez-vous que le village de Crissier où officie Philippe Rochat se situe à une distance relativement courte de la Gruyère. Si de nombreux froma- ges vendus en supermarchés et issus de fabri- cation industrielle galvaudent, hélas, le noble nom du Gruyère, il subsiste, à la bonne heure, de petits producteurs artisanaux qui travaillent à l’écart du marché de masse. Ils produisent un fromage qui n’a aucun point commun avec cette substance jaune et caoutchouteuse préemballée, proposée dans les grandes surfa- ces. Leur Gruyère, lui, possède un authentique caractère. Philippe Rochat en offre une gamme complète, du doux et du mi-salé au vieux Gruyère. Le mi-salé possède une saveur de noix absolument exquise. Mais le véritable vainqueur est le vieux Gruyère, qui développe des nuances de caramel. Outre la variété de fromages absolument parfaits, il est un autre motif de ne jamais refu- ser le chariot de fromages – le pain ! Comme

Le chariot des desserts

parfaits, il est un autre motif de ne jamais refu- ser le chariot de fromages –
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un plat de sorbets intenses et parfaits, puis par un plat de crème glacée, présentés à chaque fois sous forme de trilogie. Les sorbets arbo- raient les saveurs du grapefruit, de la mangue et des framboises alors que les crèmes glacées se dégustaient au praliné, vanille et yogourt au citron vert. La crème glacée à la vanille mérite à elle seule le voyage jusqu’à Crissier: presque noire, avec des morceaux de gousses de vanille, elle ferait honte à toutes celles que je n’ai jamais goûtées.

Enfin vient le moment tant attendu du der- nier défi, l’acte ultime de la chorégraphie: le chariot à dessert. Il est toujours divertissant de contempler les expressions des visages

dans la salle lorsque les convives parvenus à cet instant sont confrontés au gigantesque choix de tartes et de fruits pochés – prenez- en autant que vous voulez. Sourires de culpa- bilité, yeux écarquillés par l’incrédulité, frotte- ments de mains. Chacun présente au moins l’une de ces manifestations. La Tarte Vaudoise représente ma constante personnelle. Il s’agit d’une tarte dont l’appareil est constitué d’une crème à la cannelle fortement réduite. Après une extraordinaire tarte au chocolat doux- amer, j’ai déclaré forfait. Pas complètement toutefois, car d’irrésistibles petits chocolats sont réapparus avec le café. Une lumière de fin d’après-midi embrasait déjà le ciel et, par miracle, le brouillard s’est brièvement déchiré pour laisser percer quel- ques instants les lueurs du couchant. Par- faitement conscient que cet exercice ne suffi- rait certainement pas à compenser la prise de calories, je me suis néanmoins rendu à Glion, au-dessus de Montreux, où j’ai couru dans l’obscurité grandissante jusqu’à être entière- ment enveloppé par la nuit. A tous égards, un

jour parfait.

PHILIPPE ROCHAT RESTAURANT DE L’HOTEL DE VILLE

1023 Crissier Téléphone: +41 (0)21 634 05 05 Fax: +41 (0)21 634 24 64 www.philippe-rochat.ch

tout grand chef qui se respecte, Philippe Rochat cuit ses propres pains et ils sont fameux. Mais le panier à pain qui matérialise cette observation, tandis que le chariot de fro- mages s’éloigne, tient du prodige. Il abonde en baguettes croustillantes, couronnes élé- gantes, pains campagnards, sans oublier le meilleur de tous, le pain aux figues. J’avais enfin accompli mon dessein gastro- nomique pour parvenir au dessert, qui repré- sente, chez Philippe Rochat, pas moins de quatre plats SANS compter les petits fours et les chocolats. Le premier dessert était un Miroir de Cassis aux Baies de Sureau, Crème Glacée aux Poires William’s du Valais. Représentez-vous une mousse de cassis cou- ronnée d’un glaçage scintillant et accompa- gnée d’une extraordinaire glace à la poire William. Encore une manifestation de yin et yang dont je vous parlais auparavant. L’eau de vie de poire William, onctueuse, possédait juste assez de mordant pour composer un stu- péfiant contraste avec le miroir de cassis. La parade des desserts s’est poursuivie par

mordant pour composer un stu- péfiant contraste avec le miroir de cassis. La parade des desserts

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

Quantième Perpétuel Villeret

SI

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DEWAYS

« SIDEWAYS » EST L’UN DES GRANDS SUCCÈS CINÉMATO- GRAPHIQUES DE L’AN DERNIER. SALUÉ DE TOUTES PARTS, IL A ÉTÉ NOMINÉ POUR L’OSCAR DU MEILLEUR FILM DE L’ANNÉE, ET POUR L’OSCAR DU MEILLEUR SECOND RÔLE, TENU PAR THOMAS HAYDEN CHURCH, QU’IL A REMPORTÉ. LA NOTORIÉTÉ DE SIDEWAYS A ÉTÉ TELLE QUE L’INFLUENCE DU FILM S’EST ÉTENDUE BIEN AU-DELA DU DOMAINE DU DIVERTISSEMENT.

6057-3642-53B

Le principal intérêt est l’absence des correcteurs sur le côté et la pureté des lignes qui en résulte

PAR JEFFREY S. KINGSTON

D ans ce récit d’une épopée qui s’étend sur plusieurs jours, des esprits caustiques

auraient avantageusement remplacé le mot vacances par celui de beuverie. Au cœur d’une des grandes régions viticoles du sud de la Californie, le personnage principal du film, un benêt œnophile débite à jet continu des avis définitifs sur les vins, saluant par des envolées

lyriques la fragilité, le caractère capricieux, la délicatesse ou les vertus du pinot noir et dépréciant le merlot par des jugements sans appel ponctués de l’affirmation péremptoire:

« si quelqu’un commande du merlot

je m’en

vais ! ». Résultat: les ventes de pinot noir ont augmenté de 34% alors que celles de merlot ont enregistré une chute brutale. Bien que le film ait rencontré un vif succès commercial et qu’il soit même parvenu à déstabiliser le marché du vin, personne ne peut en expliquer le titre. Que veut dire au juste«Sideways»?Est-ceun terme d’argot uti- lisé pour désigner un ivrogne ? Les protagonis- tes du film, tous deux des ratés, se distinguent en effet par une consommation de vin particu- lièrement élevée. Ou serait-ce une allusion à la manière dont les bouteilles sont conservées ?

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

DANS L’AIR DU TEMPS Ingénieusement déplacés, les correcteurs du quantième sont disposés sous les cornes Nul

Ingénieusement déplacés, les correcteurs du quantième sont disposés sous les cornes

Nul ne peut le dire. Le film est reconnu pour ce qu’il est et, à l’évidence, aussi pour ce qu’il dit sur le vin, son titre mystérieux et le charme de sa narration. La première fois que j’ai posé les yeux sur le nouveau Villeret Quantième Perpétuel, peu de temps après avoir vu le film, son titre m’est immédiatement venu à l’esprit. Et pour un motif qui n’a rien à voir avec les mérites com- parés du pinot noir et du merlot. Non, le cata- lyseur qui a fait surgir le mot « sideways » sur le devant de la scène était la pureté absolue du profil de la montre. Habituellement, chacun s’attend à ce qu’une montre à quantième, même perpétuel, possède des correcteurs dis- posés sur son flanc. Cependant, sur le nou- veau Quantième Perpétuel, Blancpain est par- venue à une extraordinaire élégance et des lignes parfaitement épurées lorsqu’il est contemplé « sideways », c’est-à-dire latérale- ment, en retirant les correcteurs du côté visible du boîtier. La signification du titre « Sideways » restera peut-être à jamais obscure pour ce film qui a ravi le public, mais ce terme s’applique parfaitement au Villeret Quantième Perpétuel !

Il est rare que l’aspect novateur d’un garde- temps réside davantage dans ses éléments cachés que dans ceux qui sont visibles. Une observation d’autant plus pertinente en cette époque de montres audacieuses, extravagan- tes parfois, souvent de dimensions généreu- ses. Pourtant, Blancpain a conçu la ligne Villeret de sorte à incarner les valeurs les plus traditionnelles, le raffinement et l’élégance de la haute horlogerie. Chacune des caractéristi- ques des montres de la collection est un hom- mage à la retenue et à une discrète distinc- tion. Les boîtiers sont ronds et classiques, la finition du mouvement est réalisée ton sur ton, une technique qui requiert l’emploi d’une seule nuance de métal blanc, en l’ab- sence de vis bleuies, de gravures jaunes ou autres contrastes de couleurs. La masse oscil- lante en or est même rhodiée afin de ne pas attirer démesurément le regard. L’extension de ces principes aux correcteurs, habituelle- ment disposés sur le côté du boîtier, n’est-elle pas à cet égard un souhait légitime ? Et com- ment les adapter à la ligne de Blancpain la plus empreinte de discrétion, si ce n’est en ôtant les éléments généralement visibles sur une montre à quantième, les correcteurs ? Telle est la loi d’un raffinement obtenu par la suppression d’une complication. Vous souhaitez la pureté des lignes ? Retirez simplement les correcteurs ! Un axiome très séduisant en théorie. Mais, c’est alors que la dure réalité s’abat sur vous comme une doucheglacée.Les correcteurs sont un élément essentiel des montres compliquées à quan- tième. Il est impossible de les enlever et de lais- ser le propriétaire de la montre livré à ses pro- pres ressources. Il doit exister un moyen de régler le jour, le quantième, le mois, l’année bissextile et la phase de lune sur la montre. Depuis l’ère des montres de poche à quan- tième, les horlogers ont disposé les correcteurs sur le côté de la montre. A chaque pression imprimée par un instrument de réglage (géné- ralement, un petit stylet de métal livré avec la montre, mais les collectionneurs particulière- ment avisés utilisent de préférence un cure- dent en bois pour prévenir toute rayure sur le métal en cas de glissement involontaire de la main), les correcteurs reliés à la planche de

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L’un des deux horlogers qui construisent la 1735 a eu une inspiration de génie en
L’un des deux horlogers qui construisent la
1735 a eu une inspiration de génie en ima-
ginant les correcteurs logés sous les cornes:
Détail d’un correcteur et
de son ressort intégré
une disposition qui ne requérrait aucun

quantième du mouvement avancent d’une position l’affichage de chaque élément du calendrier: le jour, le quantième, le mois. Attention cependant, cette opération ne s’ef- fectue qu’après avoir pris le temps de lire attentivement le mode d’emploi, afin de s’as- surer du moment où le réglage des indications ne comporte aucun risque pour le mouvement. Les cor- recteurs constituent le moyen indispensable pour régler une montre récemment acquise ou qui n’a pas été portée pendant un certain temps, au jour, au quantième, au mois, à la position de l’année bissextile et à la phase de lune actuels. De ce fait, le souhait de Blancpain de souligner encore l’élégance de la ligne Villeret en retirant les correcteurs du flanc de boîtier ne pouvait voir le jour que par la découverte d’un emplacement alternatif. Mais, si ce n’est sur le côté, où donc dispo- ser les correcteurs ? Les possibilités étant par nature limitées, seuls le cadran et le fond de la montre peuvent entrer en considération. A l’évidence, le seul emplacement dissimulé au regard serait le fond de la montre. Mais com- ment des correcteurs placés à cet endroit auraient-ils pu agir sur la planche de quan- tième, située juste sous le cadran ?

IL EST RARE QUE L’ASPECT NOVATEUR D’UN GARDE-TEMPS RÉSIDE DANS SES ELEMENTS CACHÉS PLUTÔT QUE DANS CEUX QUI SONT VISIBLES.

La réponse de Blancpain à cette contrainte technique, qui a depuis fait l’objet d’un brevet, est aussi ingénieuse qu’inédite. Complète- ment invisibles lorsque la montre est portée, les correcteurs ont été disposés sous les cornes. A l’origine de cette innovation, l’un des horlogers consacrés à la fabrication de la 1735 au Brassus. La 1735 de Blancpain est la montre-bracelet la plus compliquée au monde:

répétition minutes, quantième perpétuel, chronographe à rattrapante et tourbillon.

changement dans le mouvement, mais affi- nerait encore la ligne de la montre. Cependant, cette solution ne se résume pas à un appréciable perfectionnement esthéti- que. Les correcteurs traditionnels agissent directement sur les composants du mouve- ment pour procéder au changement d’une indication (jour, date, etc.). Les correcteurs cachés de Blancpain interviennent également sur les composants du mouvement, mais le font par l’entremise d’un bras de levier.

Regardez attentivement la photographie du boîtier prototype illustrant le correcteur. Le bouton du correcteur, qui est caché sous les cornes, est relié à un axe doté d’un petit bras destiné à enclencher le mouvement. Ce petit bras fournit la force requise. Si un outil était nécessaire pour réaliser l’ajustement des pré- cédents correcteurs, le réglage peut être dé- sormais réalisé par une simple pression d’un ongle. Mais une petite dose de magie et de raffinement ne suffisent pas à expliquer la

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

LA RÉPONSE DE BLANCPAIN À CETTE CONTRAINTE TECHNIQUE, QUI A DEPUIS FAIT L’OBJET D’UN BREVET, EST AUSSI INGÉNIEUSE QU’INÉDITE. COMPLÈTEMENT INVISIBLES LORSQUE LA MONTRE EST PORTÉE, LES CORRECTEURS ONT ÉTÉ DISPOSES SOUS LES CORNES.

mise au point de cette innovation mondiale. Car si Blancpain souhaitait que la montre puisse être réglée sans recourir à un instru- ment, la Manufacture ne voulait pas rendre trop aisée la manipulation des correcteurs. Il aurait été pour le moins perturbant que les correcteurs soient involontairement actionnés si la montre est simplement portée ou lorsque son propriétaire l’attache ou la détache. De considérables efforts ont donc été consentis pour développer un système à ressort qui garantit qu’une correction ne puisse intervenir que lorsqu’elle est véritablement désirée.

Néanmoins, en honneur à la tradition, Blancpain a résolu de continuer à fournir le petit instrument de réglage, dans le cas où l’agrément de réaliser cette opération à main nue représenterait une coupable entorse à l’inconfort d’une ancienne habitude. Maintenant que Blancpain a conféré aux correcteurs une discrétion et une aisance de manipulation inédites, il importe de dire quel- ques mots sur la manière de les utiliser. La lec- ture du mode d’emploi constitue toujours un préalable indispensable à tout port ou réglage. Et cette remarque s’applique d’au-

tant plus aux montres à quantième, que le manuel d’utilisation recèle des mises en garde très spécifiques contre toute tentative de réglage du calendrier à l’aide des correc- teurs lorsque la montre indique certaines heures de la journée. Pourquoi en est-il ainsi ? Et pour quel motif l’utilisation des correcteurs est-elle proscrite à certaines heures ? La raison réside dans le mode de construc- tion des mécanismes à quantième. Les chan- gements de jour, quantième, mois et phase de lune se produisent sur une période de plusieurs heures, généralement autour de

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appuyer A appuyer
appuyer
A
appuyer
heures, généralement autour de 1 3 2 2 appuyer A appuyer 4 4 1 3 Il

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généralement autour de 1 3 2 2 appuyer A appuyer 4 4 1 3 Il y

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Il y a quatre correcteurs pour le calendrier. 1: correcteur de la date, 2: correcteur de l'année et du mois, 3: correcteur du jour de la semaine, 4: correcteur des phases de lune.

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minuit. Mais restez très prudents ! En fonction de la conception du mécanisme de calendrier, certaines indications, à l’instar de la phase de lune, peuvent changer vers midi; lisez le manuel de votre montre ! Comme tout chan- gement d’indication retire de l’énergie au mouvement, toutes les modifications ne se produisent pas simultanément, mais inter- viennent l’une après l’autre. De la même manière, une fois encore pour réduire la force soustraite au mouvement, chaque change- ment se déroule sur un certain laps de temps, parfois sur une période de plusieurs minutes. Voilà pourquoi la période de vigilance, indi- quée dans le mode d’emploi, au cours de laquelle aucune manipulation des correcteurs ne doit être réalisée, s’étend sur plusieurs heures. Pendant la période où les changements sont en cours, les rouages, cames et leviers du mouvement sont enclenchés pour déplacer l’indication au jour suivant. Si un correcteur est actionné pendant cette période, c’est-à- dire lors de l’enclenchement d’un rouage, d’une came ou d’un levier, ces pièces risquent d’être endommagées par la force de pression exercée par le correcteur. Pour des motifs ana- logues, l’ajustement de l’heure, en déplaçant les aiguilles en sens contraire pendant le cycle de changement, peut endommager les pièces sur de nombreux mouvements (ce n’est pas le

cas pour le mécanisme de la Villeret Quantième Perpétuel avec Correcteurs sous Cornes car sa planche de quantième supporte les changements d’heure en sens contraire. Néanmoins, d’autres quantièmes perpétuels Blancpain n’autorisent pas de réglage dans le sens inverse des aiguilles autour du passage de date vers minuit. Une fois encore, la règle universelle « lire le manuel » s’applique !). Dans la seconde partie de cet article, nous explorerons en détail la planche de quantième perpétuel, et découvrirons en particulier com- ment le mouvement prend en compte les dif- férentes longueurs des mois établies par le calendrier grégorien. Dans nos vies modernes marquées par le rythme des ordinateurs, nous tendons volontiers à considérer le nombre variable des jours dans un mois comme une évidence. Il suffit aux concepteurs de logiciels d’introduire un code de quelques lignes pour qu’il ne soit plus nécessaire d’en parler. Ce n’est pas le cas sur une montre mécanique. Il faut en effet du génie pour donner à un système de rouages la capacité de décompter les mois de moins de 31 jours. Dans notre prochain numéro, nous mettrons sous le microscope le mécanisme utilisé dans la Villeret Quantième Perpétuel, et examinerons en profondeur son fonctionnement.

Cette partie du boîtier montre la disposition du correcteur. Le doigt agit sur le mouvement

GROS

PLAN

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LE PRODIGE

CHAQUE MONTRE BLANCPAIN EST UNE CREATION PERSONNELLE. RENCONTRE AVEC L’UN DES PLUS TALENTUEUX JEUNES HORLOGERS DE BLANCPAIN.

PAR JEFFREY S. KINGSTON

GROS

PLAN

Le monde d’un horloger relève du microcosme

GROS PLAN Le monde d’un horloger relève du microcosme N ous vivons une époque où le

N ous vivons une époque où le politique-

tique, justifier l’expul- sion d’une université, briser l’ascension professionnelle d’un cadre ou détruire irrémédiablement la con- fiance de ses propres enfants. Nous en sommes tous parfaitement conscients. Il est STRICTEMENT interdit de prononcer un stéréotype à voix haute. D’ailleurs, il est préférable de ne même pas le penser. Quelle est donc notre intention ici ? Nous allons tenter de trouver une faille et écrire sur les stéréotypes. A l’évidence, des règles fondamentales sont nécessaires. Si vous êtes un haut dignitaire du politiquement correct (ou engagé dans une étroite relation person- nelle avec l’un d’entre eux), un simple clic de souris vous emmènera loin de ce lieu de dépravation et vous conduira peut-être vers un site où vous pourrez consulter les prévisions météorologiques des 15 pro-

ment correct n’épargne aucun domaine. Si considérable est le pouvoir des grands prêtres du politiquement correct (mais pour l’amour du ciel, ne les appelez jamais ainsi !) qui contrôlent l’observation de leurs oukases et en édictent de nouveaux, que certaines violations sont condamnées et châtiées avec plus de virulence que pour un simple meurtre (car, nous le savons, cer- taines circonstances peuvent excuser un meurtre perpétré au nom du politiquement correct). Dans la liste des offenses malum per se, les stéréotypes occupent sans conteste une position privilégiée. En un temps où tout groupe est une « commu- nauté » et où il importe d’être à chaque ins- tant « sensible aux différences culturelles », l’énoncé d’un stéréotype s’apparente à un crime, qui suffit à ruiner une carrière poli-

à un crime, qui suffit à ruiner une carrière poli- chains jours en Patagonie. Cependant, si

chains jours en Patagonie. Cependant, si nous pouvons tous nous accorder sur le fait que nous sommes entre amis et que nous ne nourrissons aucune animosité envers nos semblables, hommes et fem- mes, y compris les communautés, sensibili- tés ou insensibilités (ce qui embrasse toutes les races, croyances, religions, âges, groupes ethniques, convictions, tendances, hauteurs, circonférences, couleurs de cheveux, goûts musicaux et propension à manger des pro- duits d’origine animale), nous pouvons partager quelques instants agréables de manière confidentielle (ce qui veut dire que je n’ai jamais écrit cet article, que vous ne l’avez jamais lu et qu’il pleut à verses en Patagonie). Ces règles fondamentales une fois éta- blies et la souris laissée dans son trou, col- portons quelques ragots sous la forme de stéréotypes non dépourvus de cruauté.

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1. Les personnages politiques forts et volon- taires, qui ont le courage et la volonté de changer le cours d’une nation ou de l’his- toire sont nécessairement des HOMMES.

Oups ! N’en touchez pas un mot à Margaret Thatcher. Son caractère était d’une telle fer- meté qu’il lui avait valu le surnom de Dame de Fer, généreusement octroyé par la presse française. Elle était suffisamment vaillante pour affronter sans sourciller un tête-à-tête avec les responsables syndicaux des mineurs, aussi costauds qu’hargneux et leur faire détourner le regard en premier. Son courage était tel qu’elle a pu imprimer continuelle- ment de vigoureux élans à l’économie de son pays, afin de transformer un outil écono- mique désuet et moribond en plus fort moteur industriel de l’Europe de l’époque.

2. Les hommes musclés peuvent susciter une certaine attraction, mais leurs pectoraux, abdominaux ou deltoïdes ne dissimulent aucun autre talent, moins encore un cerveau.

Autre position difficile à défendre. Arnold Schwarzenegger a sans nul doute fait éta- lage de sa force au début de sa carrière, mais depuis lors c’est son intelligence qui en a fait d’abord un acteur à succès, mais surtout un homme d’affaires extraordinairement habile. Aujourd’hui, dans sa quatrième carrière (Monsieur muscle, acteur, homme d’affaires, politicien), il a démontré suffisamment d’adresse pour déjouer les manœuvres d’une série de législateurs hostiles et devenir le gouverneur de Californie le plus populaire depuis des décennies.

3. Tous les grands chefs sont rondelets et grassouillets.

Une fois de plus, une grossière erreur. Philippe Rochat vous semble-t-il rondelet ou grassouillet ? Philippe Rochat est l’un des deux chefs en Suisse à qui le guide Michelin a décerné trois étoiles. Il est aussi unanimement reconnu pour faire partie du groupe incroyablement res- treint des 10 meilleurs chefs du monde. (Ne me demandez pas de désigner le meilleur chef du monde – pourriez-vous nommer le meil- leur vin ou la meilleure cuisine ? A l’évidence non. Mais je n’hésite pas à dire qu’il mérite sans conteste sa place sur ma liste person- nelle des trois meilleurs chefs au monde). Ah, j’allais oublier, n’essayez pas de le mettre au défi lorsqu’il gravit des collines en patins

GROS

PLAN

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à roulettes ou à bicyclette. Lance Armstrong

y parviendrait dans ses bons jours. Mais

vous, jamais. A ce propos, encore un détail. Ne com- mettez pas l’erreur de relever l’autre partie de ce stéréotype, celle qui souligne le fait que les grands chefs sont des hommes, si vous vous trouvez en face d’Alice Waters. Ce stéréotype ne résistera pas non plus à son contact. Cette femme est non seulement un des chefs les plus réputés au monde, mais elle a aussi transformé la cuisine des grands

restaurants des Etats-Unis. Mieux encore, elle

a provoqué une révolution dans la produc-

tion et le marché des produits alimentaires. Souvenez-vous qu’à l’origine, le spam désigne un produit alimentaire confectionné avec des

prodige de 22 ans. Voilà moins de deux qu’il est entré à la Manufacture Blancpain, son premier et unique employeur depuis qu’il a terminé ses études à l’Ecole Technique de la Vallée de Joux (la plus renommée des écoles d’horlogerie suisses). Il a gravi les échelons de la profession à une vitesse fulgurante et travaille déjà sur des montres Blancpain compliquées, au Brassus. Je l’ai vu pour la première fois lors d’une visite que j’effec- tuais pour obtenir des renseignements sur les plans de rénovation complète de la manufacture (qui s’est achevée à la fin de l’été 2005). J’étais habitué à y croiser, si ce n’est des horlogers aux cheveux gris, tout du moins des hommes dans la force de l’âge, penchés sur leur établi. En jetant un coup

ET SUR CES TROIS DIPLÔMÉS DE L’ÉCOLE D’HORLOGERIE, DEUX SE SONT TOURNÉS VERS BLANCPAIN POUR DÉBUTER LEUR CARRIÈRE.

Comptage manuel d'un spiral de balancier du tourbillon. Blancpain utilise toujours cette méthode traditionnelle

parties carnées de provenance aussi douteuse qu’incertaine. Grâce à Alice Waters, les mar- chés abondent désormais d’ingrédients arti- sanaux, biologiques et d’une irréprochable fraîcheur. Vous en avez assez lu ? Pour l’heure, nos stéréotypes ont du plomb dans l’aile. C’est peut-être la raison pour laquelle de telles pensées ne doivent jamais être formulées et encore moins prononcées. C’est aussi – pour y mettre un terme – parce qu’elles sont bien sou- vent erronées. Mais au point où nous en som- mes, ne nous arrêtons pas en si bon chemin !

d’œil à l’un des ateliers, j’ai aperçu ce jeune homme, qui semblait à peine âgé de vingt ans, profondément absorbé par le tourbillon posé devant lui. J’admets volontiers ici avoir péché par discrimination d’âge, car je suis entré dans la pièce en chancelant, bouche bée, avec la même incrédulité que si j’avais vu Paris Hilton se glisser sur le siège d’un capitaine de 747. Rassemblant mon français le plus diplomatique, j’ai chuchoté quelques mots aux horlogers assis à leur établi pour leur faire part de mon étonnement de voir ce jeune homme aux prises avec un tourbillon ! «Naturellement»,m’ont-ilsrépondu à l’unisson,

! «Naturellement»,m’ont-ilsrépondu à l’unisson, 4. Les horlogers qui travaillent sur les mon- tres les plus

4. Les horlogers qui travaillent sur les mon- tres les plus compliquées sont tous des hom- mes d’un certain âge, aux cheveux grison- nants.

Hum, il semble bien que nous ayons commis un nouvel impair. Et pour illus- trer cela, faisons entrer en scène un jeune

GROS

PLAN

« c’est l’un de nos plus talentueux jeunes hor- logers ». Je l’ai revu deux jours plus tard, lors du rituel pique-nique estival de Blancpain sur les rives du Léman et n’ai pu résister à l’envie d’engager la conversation. Après avoir aima- blement échangé quelques propos badins d’usage, j’ai mentionné le fait que je l’avais vu, l’autre jour au Brassus, en train de travail- ler sur un tourbillon. Cette phrase a produit le même effet que si j’avais actionné un com- mutateur. Immédiatement, son regard s’est illuminé et son attitude est devenue parfaite- ment professionnelle. En effet, il s’agissait du premier tourbillon sur lequel il travaillait et pour indiquer que le plaisir était à la hauteur de ses attentes, il éleva son pouce et son index joints devant sa bouche, en geste caractéristique. Sur-le-champ, j’ai réalisé que je devais raconter comment ce jeune homme de 22 ans avait déjà accompli de telles prouesses dans sa profession. Comme il se doit, son histoire débute par des années d’école. Né à Crissier, il a vécu ces quatorze dernières années à la Vallée de Joux, près du Sentier. Incité par ses parents à poursuivre une carrière médicale, il a rapide-

ment réalisé que la médecine n’était pas sa vocation. Passionné par les mystères de la mécanique et particulièrement heureux de résoudre des problèmes dans ce domaine, il s’est présenté à l’examen d’entrée pour sui- vre des études à l’Ecole technique. Si les jeu- nes Suisses ont la chance d’être encore lar- gement préservés des concours d’entrée, conseils en orientation, stages, manœuvres et autres coups de piston qui représentent, sous d’autres cieux, autant de passages obli- gés avant que ne s’ouvrent enfin les portes d’une grande école ou d’une université cotée, il n’en reste pas moins qu’il est loin d’être facile d’obtenir son ticket d’entrée à la plus prestigieuse des écoles d’horlogerie. Les exigences sont élevées et seul un petit pour- centage de candidats sera finalement accepté. Les études s’étendent sur quatre ans et s’achèvent avec l’obtention d’un CFC (Certificat Fédéral de Capacité) en horloge- rie. S’il n’est pas simple d’être admis à l’Ecole Technique, il faut aussi démontrer de solides qualités pour parvenir au terme d’une for- mation, qui n’est pas exactement ce qu’on

peut appeler une partie de plaisir. Sur les 14 élèves de sa classe, seuls huit ont passé avec succès les divers niveaux de sélection. Sur ces huit, cinq ont décidé de ne pas entre- prendre tout de suite une carrière dans l’hor- logerie et ont préféré travailler comme tech- nicien, se faire engager par des agences de design horloger ou se consacrer à la restaura- tion de montres et pendules anciennes. Ainsi, seuls trois diplômés sont finalement entrés dans le monde classique de l’horlogerie. Et sur ces trois diplômés (qui ont tous été sollicités par les plus grands représentants de l’industrie horlogère), deux se sont tournés vers Blancpain pour débuter leur carrière. Pourquoi Blancpain ? Parce que Blancpain possède une approche holistique de l’horlo- gerie. Depuis leur tout premier jour à la Manufacture, les horlogers apprennent à assembler une montre de A à Z. Une méthode qui contraste avec la pratique de nombreuses autres marques horlogères qui préfèrent com- partimenter ces opérations. Ailleurs, de jeunes horlogers passent de longues périodes à pro- céder uniquement au réglage ou à l’emboî- tage des montres.

jeunes horlogers passent de longues périodes à pro- céder uniquement au réglage ou à l’emboî- tage

Nul n’est besoin de préciser que le A à Z ne commence pas avec un tourbillon. Il débute par l’assemblage du mouvement 1150, le superbe cheval de trait de Blancpain, avec ses 100 heures de réserve de marche. Rapidement, le jeune et talentueux horloger s’est révélé assez qualifié pour travailler sur les montres Blancpain à complications, dotées du calibre 1150, telles que le quan- tième complet à phases de lune GMT. En passant, il a aussi acquis de l’expé- rience avec le mouvement 6,15, utilisé dans la Ladybird de Blancpain. Ensuite, ce fut le tour du quantième perpétuel. Alors qu’il me racontait cette progression vers des montres toujours plus compliquées, je l’ai interrompu. Comment a-t-il fait pour passer sous silence le fait qu’il soit devenu expérimenté dans autant de complications et de mouvements différents alors que ses condisciples de l’Ecole technique sont peut- être toujours en train de travailler sur leur premier mouvement, voire seulement quel- ques éléments de ce mouvement ? Il m’a

seulement quel- ques éléments de ce mouvement ? Il m’a 46 | 47 encore à son

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encore à son palmarès, il consacre du temps à observer les nouvel- les techniques et à interroger ses collègues plus expérimentés. Et chez Blancpain, jamais personne n’a refusé de lui répondre. Gravissant ainsi à vitesse forcée un échelon après l’autre, il est parvenu jusqu’aux tourbil- lons. Il est évident que les tourbillons lui plai- sent énormément. Il aime particulièrement la finesse de la cage et les composants presque microscopiques qui la constituent. Bien entendu, il est fier d’avoir si rapide- ment maîtrisé le niveau extrême de concentra- tion et de précision que requiert ce mécanisme d’une infinie délicatesse. Voilà qui fait surgir une nouvelle question. Lorsqu’il se penche sur une construction aussi complexe et difficile, lui arrive-t-il de ressentir de l’énervement, de la frustration et d’être contraint de laisser son travail de côté pour un temps ? Ma question a clairement pénétré dans

vue une nouvelle terre:

le chronographe à rat- trapante ! En effet, à côté de lui – sur l’éta- bli du voisin, si vous préférez – un horloger se concentrait sur le Chronographe Flyback à Rattrapante Quantième Perpétuel de la collection Le Brassus. Comme il a déjà entamé sa batterie de questions et d’observations, il ne doute guère que le chronographe à rattrapante sera la prochaine étape de son ascension ful- gurante des échelons de la profession. Et qu’en est-il de la vie à la Vallée de Joux ? Et comment exprimer cette question avec toute la délicatesse requise ? Aussi romantique que puisse résonner aux oreilles des collectionneurs la notion de « berceau de l’horlogerie », cette vallée au cœur du Jura, où s’étend un scintil- lant lac de montagne n’a jamais prétendu riva- liser avec la vie nocturne trépidante de Londres, Paris ou New York. Y a-t-il même dans cette vallée un lieu où s’amuser la nuit ? Oui. Une discothèque. Il ne s’y est rendu qu’une

IMMÉDIATEMENT, SON REGARD S’EST ILLUMINÉ ET SON ATTITUDE EST DEVENUE PARFAITEMENT PROFESSIONNELLE. EN EFFET, IL S’AGISSAIT DU PREMIER TOURBILLON SUR LEQUEL IL TRAVAILLAIT ET POUR INDIQUER QUE LE PLAISIR ÉTAIT À LA HAUTEUR DE SES ATTENTES, IL ÉLEVA SON POUCE ET SON INDEX JOINTS DEVANT SA BOUCHE, EN UN GESTE CARACTÉRISTIQUE.

donné une réponse aussi claire que limpide:

tout est une question de motivation. Pour lui, l’horlogerie n’est pas un métier, c’est une passion. D’ailleurs, il possède une méthode très ingénieuse pour être affecté à de nouvelles tâches. Lorsqu’il voit un autre horloger tra- vailler sur une complication qui manque

Inspection détaillée d’un Tourbillon Grande Date

un territoire familier à tout horloger qui tra- vaille sur des complications ardues. « Oui, a-t-il avoué, il y a des moments où j’ai l’impression que ma tête devient deux fois plus grosse ». Mais plutôt que de laisser une tâche de côté afin de la reprendre plus tard (vraisemblable- ment quand le gonflement aura cessé), il pré- fère persévérer jusqu’à résoudre le problème. Et quel objectif vise-t-il désormais ? Quel défi l’attend après le tourbillon ? Il a déjà en

seule fois et uniquement après avoir cédé à l’insistance de sa sœur, qu’il ne voulait pas décevoir. Car il est plutôt adepte des plaisirs desquels la Vallée regorge, la nature, le sport (saviez-vous que le petit téléski installé à une trentaine de mètres de la Manufacture du Brassus vide les ateliers, le vendredi après-midi, lorsque la neige est fraîche et poudreuse) ainsi que les soirées paisibles, passées à par- tager une fondue entre amis.

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

HISTOIRES COURTES 2005

PETIT TOUR D’HORIZON DES NOUVEAUTÉS PRÉSENTES DANS LES VITRINES DE NOS CONCESSIONNAIRES

PAR JEFFREY S. KINGSTON

FLYBACK GRANDE DATE AQUA LUNG GRANDE DATE

Il existe des évolutions que nous regrettons et d’autres que nous approuvons. Voici mon pal- marès personnel des tendances que je déplore:

1. Des SUV (Sport Utility Vehicle) toujours plus grands.

2. Les gesticulations toujours plus longues et extravagantes des joueurs de football à chaque but marqué.

3. L’entrée du wasabi dans la grande cui- sine française.

4. L’augmentation du nombre de fonctions presque impossibles à trouver dans les programmes Microsoft.

5. L’excès de mégapixels, en particulier ceux qui apparaissent quelques jours à peine après que vous veniez de craquer pour un nouvel appareil photo.

6. L’immense cohorte de radars fixes qui occupent chaque millimètre des routes européennes.

7. La longueur des skis qui ne cesse de diminuer, au point de donner aux gamins des airs de minuscules moghols. Ilspourraients’appeler«rétrécissez-moi!».

8. Les nouvelles chaînes télévisées d’infor- mation où le jeu consiste à crier plus fort que son voisin.

9. Les personnes qui hurlent dans leur télé- phone mobile au restaurant, en particu- lier dans ceux de Londres.

10. Le nombre toujours plus réduit de vols avec accès direct à l’avion dans les aéro- ports européens. Vous débutez votre vol de première classe par un voyage en bus, dans un entassement humain digne du métro de Tokyo, tandis que la boucle d’un sac à dos creuse des sillons sur les visages de pauvres victimes pressées par le dos d’autres passagers avides d’un peu d’air.

Maintenant que nous nous sommes épan- chés, il nous reste au moins une évolution favorable à applaudir des deux mains:

1. Les montres à grande date.

Par l’une de ces cruelles ironies dont le sort est coutumier, au fur et à mesure que nous avançons dans la vie et que nous disposons des moyens nécessaires à l’acquisition de garde-temps raffinés, notre acuité visuelle de proximité nous abandonne et rend la lec- ture des cadrans de montres de plus en plus difficile.

Notre sauveur est la grande date. Une parti- cularité qui n’est pas uniquement prisée des personnes à la vision défaillante, mais égale- ment appréciées par les esthètes sensibles à l’harmonie du cadran. Blancpain présente deux nouveaux modèles à grande date: le Chronographe Flyback Grande Date et l’Aqua Lung Grande Date, en acier.

Flyback Grande Date. Depuis longtemps, l’une des icônes de la collection Blancpain. Dans sa nouvelle taille de 40 mm, la Flyback Grande Date dispose de tous les atouts qui ont forgé le succès de la Flyback, la conver- tissant en must pour tout amateur de chro- nographe: roue à colonnes, qui offre un contrôle souple et une manipulation douce de toutes les fonctions – départ, arrêt et

Cure de jouvence pour un grand classique, la Flyback Grande Date

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PAR L’UNE DES CES CRUELLES IRONIES DU SORT, AU FUR ET À MESURE QUE NOUS AVANÇONS DANS L’ÂGE ET DISPOSONS DES MOYENS NÉCESSAIRES À L’ACQUISITION DE GARDE-TEMPS RAFFINÉS, NOTRE ACUITÉ VISUELLE DE PROXIMITÉ NOUS ABANDONNE ET REND LA LECTURE DES CADRANS DE MONTRES TOUJOURS PLUS DIFFICILE.

remise à zéro du chronographe; embrayage vertical du chronographe, pour un enclen- chement d’une parfaite netteté, sans à- coup, ni hésitation; aiguille flyback qui, sur une simple pression de remise à zéro, inter- rompt automatiquement la course du chro- nographe, ramène l’aiguille à zéro et la redé- marre. La Grande Date offre désormais une lisibi- lité encore plus grande. Par souci de préserver l’harmonie du cadran, les disques de la date se présentent en noir pour s’accorder subtile- ment avec les autres éléments.

mouvement à travers le fond du boîtier transparent permet de constater la présence de toutes les finitions caractéristiques de la collection Léman: vis bleuies selon la méthode traditionnelle (traitement de cha- leur), masse oscillante en or rhodié, gravures bleues, pièces décorées et polies à la main. Le boîtier en acier brossé est étanche à 100 mètres. Pour commémorer le 270 ème anniversaire de Blancpain célébré en 2005, l’Aqua Lung Grande Date est produite en série limitée à 2005 exemplaires, chacun numéroté de 1 à

2005.

Aqua Lung Grande Date

Aqua Lung Grande Date. Avec ses consœurs nautiques, la Fifty Fathoms, la Fifty Fathoms Anniversaire et la Fifty Fathoms Concept, elle partage l’unique privilège dans le monde de la plongée, de disposer d’une réserve de marche d’une durée hors du com- mun grâce à son mouvement dérivé du calibre 1150. L’Aqua Lung Grande Date est dotée du calibre 6950 (basé sur le 1150) dont les 285 pièces assurent une réserve de marche de 70 heures. La contemplation du

une réserve de marche de 70 heures. La contemplation du L’Aqua Lung Grande Date vue du

L’Aqua Lung Grande Date vue du côté cadran. Notez le poli miroir sur les chanfreins de la platine

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

LE TOURBILLON TRANSPARENCE

Une question rarement formulée, et qui n’obtient presque jamais de réponse, flotte toujours de manière vague et insidieuse dans la conscience de tout collectionneur qui se respecte: « Bien sûr, je peux voir la finition à travers le fond transparent de la montre. Les ponts avec leurs délicats motifs Côtes de Genève, les platines aux fins perla- ges, le scintillant chanfrein poli des platines et des ponts. Mais qu’en est-il de la finition des pièces sur la partie du mouvement dissi- mulée par le cadran ? » Cette interrogation revient parfois de manière lancinante, accompagnée de la torture du doute: « Et que faire si la déception m’attend alors ? Que faire si l’horloger qui a réalisé ma montre a apporté un soin particulier à la partie visible, exposée aux regards à travers le fond saphir,

A l’évidence, les horlogers, qui connaissent

une montre sous tous ses angles, savent que la finition des pièces invisibles d’une

Blancpain présente la même qualité que celle des pièces visibles. On peut lire sur Internet de passionnants articles écrits par des collection- neurs particulièrement talentueux, qui ont eux-mêmes démonté leur Blancpain et exa- miné la finition de chacune des pièces, même

de celles qui restent les plus cachées au regard,

à l’instar des composants du remontoir. (Pour

des collectionneurs moins expérimentés, le

remontoir d’une montre mécanique, profon-

dément enfoui dans le mouvement, est reliè à

la couronne. Ces pièces permettent à la cou-

ronne de remonter la montre dans une posi- tion et de régler l’heure lorsque la couronne est retirée dans une position différente). Un

AVEC L’ÉDITION SPÉCIALE TOURBILLON TRANSPARENCE, BLANCPAIN LÈVE LE VOILE ET LES MYSTÈRES DES FINITIONS SUR DE NOMBREUSES PIÈCES QUI SONT HABITUELLEMENT DISSIMULÉES AU REGARD.

mais a appliqué des normes nettement moins exigeantes à d’autres endroits moins visibles ? »

moins exigeantes à d’autres endroits moins visibles ? » collectionneur particulièrement expérimenté a conclu son

collectionneur particulièrement expérimenté

a conclu son article en relevant que la finition

de Blancpain était parfaite de part en part, y

compris pour le remontoir. (Il parvenait hélas

à une conclusion différente pour une autre

marque où les parties visibles arboraient des ornementations élaborées, alors que les par- ties cachées, en particulier le remontoir au

pendant, étaient décevantes.) Cette conclu- sion s’est également imposée dans les mains d’un grand nombre de collectionneurs experts qui parviennent à sentir avec un doigté accompli la finition d’une Blancpain lorsqu’ils remontent la montre, retirent la couronne, actionnent un poussoir de chrono-

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Un garde-temps pour connaisseurs:

Le Tourbillon Transparence

graphe, changent l’heure d’une fonction GMT ou procèdent à tout autre réglage sur la montre. Avec l’édition spéciale Tourbillon Transparence, Blancpain lève le voile et le mystère des finitions sur de nombreuses pièces qui sont habituellement dissimu- lées au regard. Désormais, outre les hor- logers et LE collectionneur sur 10 millions qui possède l’audace nécessaire pour démonter sa montre, chacun peut appré- cier les raffinements du côté du mouve- ment, habituellement caché par le cadran d’une Tourbillon Grande Date de Blancpain. Blancpain a uni l’art et la science pour par- venir à la transparence du cadran. Le cadran est composé d’une plaque de saphir dont l’épaisseur ne dépasse pas 0,40 mm. De minuscules trous constituent les points de fixation pour chasser les index bâtons diamantés et facettés. A l’évidence, la totalité de cet effort était destinée à mettre en valeur les éléments habituellement dissimulés par le cadran. L’heureux détenteur d’un Tourbillon Transparence peut désormais admirer des deux côtés de la montre le tra- vail raffiné du mouvement. Si toutes les opé- rations de polissage sont naturellement réa- lisées à la main, la décoration et la finition d’un mouvement représentent une opéra- tion tellement personnelle que l’expert peut reconnaître à de petits détails quel horloger particulier du Brassus en est l’auteur ! Composé de 307 pièces et offrant une réserve de marche de 7 jours, le mouvement du Tourbillon Grande Date est logé dans un boîtier en platine de 38 mm. Et comme il sied à une réalisation de haute horlogerie, le Tourbillon Transparence est doté d’un brace- let à boucle déployante. Blancpain a célébré l’an dernier son 270 ème anniversaire (1735 – 2005). Le Tourbillon Transparence s’est inscrit au programme des festivités et, pour rendre hommage à cette date mémorable, cette création horlogère a été proposée dans une édition limitée à 27 pièces.

DANS

L’AIR

DU

TEMPS

L’ÉDITION LIMITÉE RÉVEIL ANNIVERSAIRE

Que vous rêviez d’en posséder un ou que vous les abhorriez, seul le plus retiré des ermites tibétains n’a pas encore remar- qué l’évolution des SUV. Conçus à l’origine comme moyens de transport purement uti- litaires destinés à accomplir des travaux de force avec, dans le meilleur des cas, la sinistre détermination d’un apparatchik aux heures de gloires de l’Union soviéti- que, ils se sont progressivement transfor- més en véhicules doués de l’éclat, du tonus

et du panache des automobiles de sport les plus exotiques. Apportons immédiatement l’indispensable précision sur ce point: en établissant ce parallèle, je ne suggère à aucun instant que le Réveil de Blancpain puisse être considéré autrement que comme l’un des garde-temps les plus somptueux au monde. Chaque détail a été pensé et amoureusement réalisé pour rem- plir à la perfection toutes les exigences posées à la « montre de voyage absolue ».

BLANCPAIN PREND LE RÉVEIL ET LUI AJOUTE DÉLIBÉRÉMENT UNE DOSE DE CHILI, UNE POINTE DE POIVRE DE CAYENNE ET UN SOUPÇON DE JALAPEÑO.

Détail du marteau de la sonnerie

UNE DOSE DE CHILI, UNE POINTE DE POIVRE DE CAYENNE ET UN SOUPÇON DE JALAPEÑO. Détail

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52 | 53 Aussi la première partie de mon attaque contre les SUV peut-elle être considérée

Aussi la première partie de mon attaque contre les SUV peut-elle être considérée comme hors de propos. Ce n’est pas le cas de sa seconde partie, car j’ai réellement l’in- tention de tracer une analogie, dès qu’il est question d’épices et de tonus, puisque cette évolution s’applique parfaitement au nouvel avatar du Réveil. Pour cette édition limitée Anniversaire du Réveil GMT, Blancpain a pris le Réveil et l’a assaisonné d’une bonne dose de chili, d’une pointe de poivre de Cayenne et d’un soup- çon de jalapeño. Elle se présente dans un boîtier en or rose 5N, avec un cadran spécial aux index et chiffres en applique, un brace- let en caoutchouc très souple qui galbe parfaitement le poignet et une boucle déployante en or. C’est un Réveil avec un pep particulier. A l’évidence, toutes les caractéristiques de l’édition Réveil non limitée se retrouvent dans cette édition Anniversaire, tels que l’affi-

chage d’un second fuseau horaire (heure de référence et heure du voyage), une indication de la date indexée au temps du voyage qui se déplace en avant ou en arrière lorsque l’heure locale passe le cap de minuit), une fonction réveil avec un timbre de grand dia- mètre à la profonde sonorité musicale, le remontage automatique de la sonnerie et du barillet du mouvement et l’affichage de la réserve de sonnerie. La finition du mouve- ment se caractérise par les vis bleuies, une solide masse oscillante en or 18ct rhodié, des

pièces anglées et polies à la main sans oublier le balancier à échappement libre. Pour célébrer les 270 ans de la Manufacture Blancpain, l’édition limitée Réveil est disponible en 270 exemplaires, chacun gravé de 1/270 à 270/270 sur le

fond du boîtier.

Le mouvement du Réveil. Deux détails à remarquer: le balancier à échappement libre et le timbre identique à celui d’une répétition minutes

ART

DE

VIVRE

LA LETTRE

DE BLANCPAIN

SUR LE VIN

LUCIEN LE MOINE

PAR JEFFREY S. KINGSTON

Dans ce premier numéro des Lettres du Brassus, l’œnologue distingué, Dr. George Derbalian, présente l’édition inaugu- rale de la Lettre sur le vin de Blancpain. Fondateur de la société californienne Atherton Wine Imports, M. Derbalian n’est pas seulement devenu le premier importateur de vins prestigieux aux Etats-Unis, mais il bénéficie également d’une renommée bien méritée, celle d’un des meilleurs connaisseurs en vin et expert en dégustation au monde.

Année après année, George Derbalian parcourt les circuits viti- coles d’Europe et des Etats-Unis pour rencontrer les producteurs, les propriétaires des meilleurs domaines, les maîtres de chai et autres personnalités incontournables de l’univers du vin. Chaque année, il teste plusieurs milliers de vins, des crus les plus anciens aux derniers millésimes. Pour ce premier rendez-vous, George Derbalian partage avec nous l’une de ses dernières découvertes, les bourgognes Lucien Le Moine.

rendez-vous, George Derbalian partage avec nous l’une de ses dernières découvertes, les bourgognes Lucien Le Moine.

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LaLa collinecolline dede CorCorton,ton, CôteCôte dede BeauneBeaune

ART

DE

VIVRE

NUL NE PARVIENT À MAÎTRISER PARFAITEMENT LA FÂCHEUSE COMPLEXITÉ VINICOLE DE LA BOURGOGNE.

LA FÂCHEUSE COMPLEXITÉ VINICOLE DE LA BOURGOGNE. Mounir Saouma alias « Lucien Le Moine » W

Mounir Saouma alias « Lucien Le Moine »

W inston Churchill, jamais avare d’un bon mot, déclara un jour qu’il

s’agissait d’un « mystère enveloppé d’une énigme ». Il ne parlait pas de vin, mais aurait pu tout aussi bien décrire l’univers du bour- gogne. Nul ne parvient à maîtriser parfaite- ment la fâcheuse complexité vinicole de la Bourgogne. Prenez par exemple le célèbre vignoble du Clos de Vougeot. Il existe près de cent propriétaires de parcelles distinctes au sein de cet unique vignoble, qui produisent des vins sous des noms différents et, plus important encore, aucun n’est exactement semblable à un autre. Ajoutez à la diversité de la production (chaque producteur reflé- tant le style, les méthodes, le talent du vigne- ron et le caractère de ses vignes), les varia- tions d’une récolte à une autre et vous aurez une première approche de l’infinie subtilité des qualités et expressions, dont l’éventail s’étend du profond, éthéré et terrien au, hélas parfois, pauvre et médiocre. Et il ne s’agit là que de la complexité reflétée par un

seul des centaines de domaines qui compo- sent la Côte de Nuits et la Côte de Beaune. La découverte d’un grand bourgogne est le résultat d’une quête assidue pour percer à jour les secrets d’une région et dénicher les pro- ducteurs voués à la qualité. Au cours des trente dernières années, cette quête a pris la forme d’une recherche de vins de domaines, en d’autres termes de vins dont les origines sont réunies en un seul lieu. Ce sont des vins pour lesquels les propriétaires cultivent la vigne, surveillent la récolte, conduisent et contrôlent la vinification avant de procéder eux-mêmes à la mise en bouteilles. L’apparition des vins de domaines a constitué une véritable révolution dans le royaume des vins de Bourgogne. Auparavant, la région était entiè- rement dominée par de vastes établissements de commercialisation, les négociants, qui achetaient les vins déjà mis en tonneaux et laissaient à d’autres le soin de cultiver la vigne et de vinifier le raisin. Par leur envergure, les négociants rendaient de précieux services aux

petits producteurs viticoles. Ils leur ôtaient la préoccupation de rechercher des débouchés, une tâche ardue pour de nombreux vignerons artisanaux. En achetant la majeure partie de la production d’une région entière, les négo- ciants étaient devenus la principale source d’approvisionnement en bourgogne des consommateurs. Malheureusement, la structure de commer- cialisation représentée par les négociants ne se traduisait que rarement par des vins de qua- lité. Comme l’identité des vignerons demeu- rait inconnue et qu’ils n’avaient pas à suppor- ter les risques inhérents à leur activité écono- mique (pas plus qu’à en récolter les lauriers) en raison de contrats généralement établis à long terme, ceux-ci n’étaient guère incités à donner le meilleur d’eux-mêmes. Un autre facteur qui explique cette médiocrité est la prédilection affichée des négociants à limiter les risques au maximum. Nombre d’entre eux témoignaient d’un faible intérêt pour des vins excellents. Ils préféraient des vins « sûrs » qui se vendraient

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aisément. En fin de compte, les négociants atténuaient toute expression personnelle qui aurait pu ressortir d’un vin d’un producteur particulier en mélangeant tous les vins de pro- ducteurs d’un même vignoble, au cours de la mise en bouteilles finale. Cette situation a commencé à changer il y a quelques décennies, lorsque des viticulteurs ambitieux, novateurs et talentueux ont com- mencé, l’un après l’autre, à s’extraire du cocon des négociants pour favoriser l’expression de leurs vins artisanaux de domaines. Ils refu- saient que leur travail soit dilué dans un assemblage. Ils voulaient que leurs vins soient les ambassadeurs de leur éthique vinicole et représentent ce qu’un bourgogne avait de mieux à offrir. Mieux encore, de nombreux propriétaires de domaines étaient disposés à prendre des risques au nom d’une exigence inflexible de qualité. C’est ainsi que le monde plutôt fade des vins commercialisés par les négociants s’est mué en un superbe univers aux expressions artistiques les plus diverses.

Par nature, le bourgogne est une invitation à

la créativité car le pinot noir, utilisé exclusive-

ment pour les rouges, et le chardonnay, utilisé exclusivement pour les blancs, se prêtent tous deux à une vaste gamme de vinifications. A cet égard, les options sont multiples: Le vin doit-il reposer plus ou moins longuement avant le début de la fermentation ? La tempé- rature de la vinification doit-elle être réduite ou augmentée ? Quelle quantité de rafle doit- elle être autorisée ? Le raisin doit-il être trié grappe par grappe ? Combien de fûts en chêne doivent-ils être neufs ? A quels interval-

les faut-il brasser le vin dans le tonneau ? Il n’y

a pas de formule toute faite, pas de recette

unique à suivre. Cette liberté permet à de talentueux vignerons de retirer diverses expressions et d’accentuer des qualités diffé- rentes d’un raisin provenant du même vigno- ble. Certains préfèrent accorder la prépondé- rance aux caractéristiques du sol de chaque vignoble. D’autres en revanche, privilégient leur propre style de vinification, en ne confé-

rant qu’un rôle secondaire aux caractéristiques du sol. L’amateur bénéficie de cette large diversité car il peut désormais choisir les domaines en fonction de leur style. A de rares exceptions près, au cours de la dernière décennie, tous les bourgognes de qualité ont tous été des vins de domaines, si bien que le nombre des négociants en vins a diminué et que les connaisseurs en vins se montrent de plus en plus critiques à leur égard. Pourtant, les vins de Lucien Le Moine font exception à cette règle dont la validité est généralement reconnue. Pour une double raison. D’une part, ce sont des vins de haute lignée, qui affirment un puissant style per- sonnel, des vins dont certains critiques n’ont pas hésité à affirmer qu’ils « méritent une recherche particulière sur le marché ». En effet, contrairement à la conviction habi- tuelle selon laquelle des vins avec une grande personnalité et un fort caractère ne peuvent être que des vins de domaines, ce sont, d’un point de vue technique, des vins

ART

DE

VIVRE

de négociants, car la culture de la vigne et la vinification sont l’œuvre de viticulteurs indi- viduels qui vendent leurs vins en tonneaux à Lucien Le Moine. Cependant, comme nous le verrons bientôt, il ne s’agit nullement de vins assemblés dans des usines et mis en bouteilles par cuves entières, mais des spé- cialités artisanales sélectionnées et disponi- bles uniquement en petites quantités. Lucien Le Moine mérite pleinement son nom de micro-négociant. Et d’autre part, pour un motif qui s’inscrit également en faux contre un axiome de la sagesse conventionnelle, les deux hommes de génie à l’origine de cette aventure ne sont pas des Français de nais- sance, mais un Libanais et une Israélienne. Précisons d’emblée qu’il n’existe personne du nom de « Lucien Le Moine ». Cette entre- prise à vu le jour à l’initiative de Mounir Saouma (Libanais de naissance) et de son associée Rotem Brakin (Israélienne de nais- sance). Mounir s’est familiarisé avec la viti- culture en Israël où il occupait les fonctions

de vigneron-œnologue au service d’un monastère chrétien. En 1995, Mounir s’est établi en Bourgogne. Comme les moines ins- tallés en Israël appartenaient aux mêmes ordres que ceux qui résident à l’Abbaye de Cîteaux, située à 16 kilomètres de Vougeot, dans la Côte de Nuits, à son arrivée, Mounir a demandé aux moines de Cîteaux de lui ouvrir quelques portes de la région. Grâce à leur aide, Mounir est devenu rapidement familier d’un large éventail de petits domai- nes, tant dans la Côte de Nuits que dans celle de Beaune. Les religieux ont également inspiré le nom de « Lucien Le Moine ». Si la seconde partie du nom est aisée à comprendre, le choix du prénom recèle une subtilité. En arabe, Mounir signifie « lumière » et l’évidence lui a donc commandé d’adopter le prénom de Lucien pour en conserver la clarté originale. Dans son activité de conseiller en œnolo- gie, Mounir a prêché sa philosophie du vin qui s’exprime dans des crus intenses, dont la

parfaite distinction recèle une fascination infinie. Elle peut se résumer par une doctrine de non intervention. Trop souvent, les vigne- rons soumettent leurs vins à de nombreuses manipulations dans l’espoir de réduire les ris- ques. Hélas, les vins soumis à des manipula- tions excessives gagnent en sûreté ce qu’ils perdent en caractère. Fidèle à sa politique de non-intervention, Mounir refuse le collage, le débourbage et le filtrage. Le collage est un procédé de clarification destiné à stabiliser le vin. Une substance, généralement composée de blancs d’œufs, est introduite dans le ton- neau afin de retenir les particules solides en suspension dans le vin et les entraîner vers le fond. Les éléments solides sont ensuite fil- trés pour produire un vin clair qui ne présen- tera pas de dépôt. Comme de nombreux consommateurs considèrent la lie à tort comme un défaut, le vin qui en résulte ne risque pas de soulever l’ire des œnologues amateurs. Mais il ne présentera probable- ment pas de caractère profond ou de per-

LUCIEN LE MOINE MÉRITE PLEINEMENT SON NOM DE MICRO-NÉGOCIANT. SA PHILOSOPHIE DU VIN S’EXPRIME DANS DES CRUS INTENSES, DONT LA PARFAITE DISTINCTION RECÈLE UNE FASCINATION INFINIE. ELLE PEUT SE RÉSUMER PAR UNE DOCTRINE DE NON INTERVENTION.

Superbe alignement pour une soirée de dégustation

INFINIE . ELLE PEUT SE RÉSUMER PAR UNE DOCTRINE DE NON INTERVENTION. Superbe alignement pour une

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sonnalité intense. Le résultat est sûr, mais sans saveur. Les particules retirées lors du fil- trage possèdent des saveurs remarquables et ce sont elles qui confèrent au vin sa profon- deur et sa générosité. Après avoir prêché pendant quatre ans sa foi en la non-intervention auprès d’un large éventail de domaines de haute qualité, Mounir a décidé de fonder sa propre entre- prise. Lors de ses activités de conseiller, il avait rencontré des propriétaires de domaines qui vouaient un culte à la qualité et s’efforçaient de confectionner de remarquables vins artisa- naux. Il a persuadé ces domaines de lui vendre de petites parts de leur production. Parfois, la discussion portait sur un seul tonneau, soit 25 caisses, d’un vin particulier. Après l’achat du vin en tonneaux, Mounir reste fidèle aux ver- tus de la non-intervention. Outre son refus du collage, du débourbage et du filtrage, il élève les rouges et les blancs sur la totalité de leurs lies. En effet, Mounir exige de ses producteurs qu’ils lui livrent le vin avec toutes leurs lies, qui

varient en fonction du millésime. Les lies sont une source de CO 2 qui aide le vin à prendre de l’âge et, pour certains millésimes comme le 2000, peut lui conférer une consistance légè- rement onctueuse. Pour les blancs, un léger brassage du vin (appelé « bâtonnage ») est effectué trois ou quatre fois par mois. Mounir n’utilise que des tonneaux Seguin Moreau de la meilleure qualité confectionnés avec du chêne de haute futaie de la forêt de Jupilles. Mais son amour du détail ne s’arrête pas là. Il insiste sur la finesse du grain et sur un léger brûlage, dont le degré varie en fonction du vin qui sera amené à maturation dans le tonneau. Dans une attitude très rare de nos jours, où il est commun de réutiliser les ton- neaux pour deux ou trois vendanges, tous ses fûts sont neufs. A l’instant de la mise en bouteilles, Mounir n’utilise que la méthode traditionnelle, celle de la gravité. Par contraste, un important négo- ciant de Beaune m’a présenté un jour avec fierté son nouveau système de pompes, de

compteurs et de tuyaux qui lui a permis d’au- tomatiser entièrement les opérations d’em- bouteillage. Les grands vins sont des matières vivantes qui poursuivent leur évolution à l’inté- rieur de la bouteille. Comment peut-on pro- pulser une vie aussi fragile à travers les pales d’une pompe ? Dans le respect d’une autre tradition qui a fait ses preuves, Mounir a choisi des bouteilles spécialement lourdes dont le culot possède un bombage très accentué. Cette forme présente l’amusant et précieux avantage de pouvoir servir le vin en arrimant fermement les doigts sur le fond de la bouteille, mais il existe une autre raison, plus essentielle, pour remettre à l’honneur cette forme de bouteille ancienne qui tendait à disparaître. Le sillon créé à l’inté- rieur de la bouteille se transforme en un piège pour la lie. Comme les amateurs avisés de bourgogne le savent, l’accumulation de dépôts dans un vin qui prend de l’âge est le signe d’un vin vivant qui poursuit heureuse- ment son évolution. L’affirmation contraire est

d’un vin vivant qui poursuit heureuse- ment son évolution. L’affirmation contraire est Mounir Saouma et Rotem
d’un vin vivant qui poursuit heureuse- ment son évolution. L’affirmation contraire est Mounir Saouma et Rotem

Mounir Saouma et Rotem Brakin

© THIERRY GAUDILLÈRE-ECRIVIN

ART

DE

VIVRE

© THIERRY GAUDILLÈRE-ECRIVIN ART DE VIVRE également vraie, les vins dépourvus de dépôts le sont généralement

également vraie, les vins dépourvus de dépôts le sont généralement car les éléments qui les produisent sont éliminés par filtrage. Malheureusement, ce sont ces mêmes élé- ments qui permettent au vin de grandir et de gagner en profondeur avec le temps. Une absence de dépôt dénote un vin stérile. Les bouteilles choisies par Mounir répondent donc

à un double usage, la fermeté de la prise et la capacité de capter le dépôt. Mounir et Rotem se sont récemment rendus

à San Francisco pour une dégustation de leurs

vins, proposée au restaurant Jardinière. Des sommeliers de nombreux établissements sont venus tester une série de rouges et de blancs du millésime 2003. Les dégustateurs expéri- mentés se concentrent résolument sur le « sommet de l’échelle », les vins les plus élevés dans la hiérarchie. La pratique des organisa- teurs tient compte de cette particularité, de sorte que toute dégustation se présente dans un ordre qui va du plus bas au plus haut. En effet, si les vins les plus prestigieux sont goû-

haut. En effet, si les vins les plus prestigieux sont goû- tés trop tôt, ils risquent

tés trop tôt, ils risquent de faire ombrage à des vins d’une moindre distinction. Dans le cas du bourgogne, cette disposition implique que la dégustation s’ouvrira sur les appellations génériques avant de se poursuivre avec les appellations régionales des « villages » et les premiers crus avant de s’achever par les grands crus, véritables vedettes de la présentation. Après des centaines de dégustations, il est facile de se laisser porter au cours des premiers actes, dans l’attente des personnalités de pre- mier plan. Cette dégustation ne s’est pas écar- tée de la règle et les grands crus présentés étaient réellement des vins d’exception. Cependant, les vins de moindre importance n’ont pas correspondu au schéma habituel. Loin de se cantonner au rôle de tremplins des- tinés à faire patienter le public de connaisseurs avant l’arrivée des stars de la soirée, ces vins aux appellations moins prestigieuses méri- taient l’attention que nous leur portions. Dans leur propre droit, ils étaient, chacun à sa manière, de remarquables vins de caractère.

L ’appellation la plus générale était un bour- gogne blanc de 2003. Généralement une

appellation de cette nature est un vin qui s’oublie rapidement et trouverait peut-être sa place dans un panier à pique-nique. Mais pas celui-ci. Il possédait un caractère de chardonnay parfaitement épanoui avec un nez aux notes mêléesdemelonet de beurre, suivi par un riche corps livrant des nuances de beurre et de noix. Même si ce vin ne pourra jamais être considéré comme un grand cru, il rivaliserait aisément avec de nombreux vins d’appellations plus nobles. Si le bourgogne blanc avait déjà donné une certaine idée de la qualité des vins proposés par Mounir, le Pernand Vergelesse a ajouté un éner- gique point d’exclamation à cette première constatation. Pernand est une appellation sou- vent dépréciée, contiguë au célèbre vignoble Grand Cru de Corton Charlemagne. Malgré cette proximité, le Pernand n’est pas considéré comme un vin de qualité exceptionnelle. Le Pernand de Mounir, qui provient du vignoble de Sous Frétile était en tous points remarquable.

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60 | 61 Ce Pernand d’une richesse et d’une longueur admirables, déployait le caractère minéral d’agrumes

Ce Pernand d’une richesse et d’une longueur admirables, déployait le caractère minéral d’agrumes de son voisin Corton Charlemagne. Le prochain blanc sur l’échelle était le Meursault Perrières. En un mot, il s’agissait de l’exemple parfait d’un grand Meursault. Son nez somptueux débordait de notes de noix et d’abricot. Le palais avait un riche caractère de beurre grillé, suivi de longs tons de beurre parfaitement équilibrés. Il formait un intéressant contraste avec l’autre premier cru blanc de la dégustation, un Puligny Montrachet Les Folatières. L’un des plus prisés à Puligny, le vignoble des Folatières est situé sur la même route (et du même côté) que le Montrachet lui-même, en face et légèrement au nord du vignoble des Pucelles. Le Folatières pos- sédait une nature plus retenue que le Meursault, avec de riches nuances de pêche, beurre et minéraux, prolongées par une note épicée. Le grand cru, un Corton Charlemagne, occupait le sommet des blancs. Un grand Corton Charlemagne doit présenter un corps

L’Hospice de Beaune. La décoration raffinée du toit en tuiles est la signature caractéristique du style archi- tectural de la Côte d’Or

caractéristique du style archi- tectural de la Côte d’Or aux notes d’acier et d’agrumes, qui cachent

aux notes d’acier et d’agrumes, qui cachent la force et la richesse du vin. Le Corton Charlemagne de Mounir a une fois encore fait mieux que répondre aux exigences de l’appel- lation. La profondeur et la concentration de ce vin étaient proprement extraordinaires, comme l’étaient son ton d’acier, ses nuances d’agrumes, son voile minéral. Mais les rouges n’étaient pas en reste. Comme son contrepoint générique, le bour- gogne rouge était un vin de caractère, qui affi- chait de douces saveurs fruitées de pinot mâti- nées de nuances de chêne. Il s’agissait d’un assemblage de Fixin, Marsonnay, Hautes Côtes de Nuits et jeune Nuits Saint-Georges. Le premier cru Gevrey Chambertin Les Cazetiers a fait honneur à son nom, avec des nuances de cerises très douces, mises en valeur par le caractère terrien du Gevrey. Il sur- passerait sans conteste de nombreux Chambertin grands crus. Au sommet de la pyramide des rouges, le Chambolle Musigny Les Amoureuses de Mounir.

D’un point de vue technique, Les Amoureuses est « seulement » un vignoble de premier cru. Mais les véritables connaisseurs en bourgogne savent que s’il est confié à de grands vignerons (tels que Christophe Roumier ou Robert Groffier), il peut parfaitement développer la qua- lité exceptionnelle d’un grand cru. Le vin pro- posé par Mounir propulsait cette appellation dans ces sphères raréfiées. Cette Amoureuses possédait une profondeur remarquable et une extraordinaire concentration en fruits. Elle possé- dait aussi la superbe et onctueuse douceur de bouche que les passionnés de Chambolle Musigny apprécient à leur juste valeur. Enfin, un avertissement s’impose à propos des vins de Lucien Le Moine. Les quantités produites de chaque appellation peuvent être minuscules. Dans certains cas, 25 caisses – un seul tonneau – sont disponibles pour le monde entier. De ce fait, il vous sera peut-être difficile de les trouver, mais les vins de Lucien Le Moine vous récompenseront de vos efforts par leur absolue exigence de qualité.

NOUVELLES

UNE NOUVELLE TRADITION

LE 270 ème ANNIVERSAIRE DE BLANCPAIN CONSTITUAIT UN EXCELLENT MOTIF POUR REVENIR SUR LES SUCCÈS PASSÉS DE LA MANUFACTURE

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62 | 63 EST NÉE PAR JEFFREY S. KINGSTON U n subtil sens du présent et

EST NÉE

PAR JEFFREY S. KINGSTON

U n subtil sens du présent et un désinté- rêt prononcé pour le passé sont les

caractéristiques inhérentes à tout homme d’affaires, athlète, politicien ou artiste pros-

père. On nous apprend à ne jamais nous attarder trop longtemps sur les réussites ou les échecs passés, mais à toujours aller de l’avant. Néanmoins, le 270 ème anniversaire de Blancpain constituait un excellent motif pour déroger à cette règle et revenir sur les succès passés de la Manufacture. Et la somme des découvertes et inventions de

Blancpain a provoqué la stupéfaction, même de ses plus anciens collaborateurs. A vivre dans le présent, l’entreprise entière avait oublié la longueur de la liste des inno- vations et records mondiaux intimement liés à l’histoire de Blancpain. Réunir les éléments de cette histoire a favorisé à son tour le jaillissement d’une idée: il n’y a sans doute pas de meilleure façon de marquer cet important anniversaire que de concevoir une exposition célébrant ces réalisations. C’est ainsi que l’exposition

NOUVELLES

Au cœur du chronographe automatique le plus plat au monde, la roue à colonne et
Au cœur du chronographe automatique
le plus plat au monde, la roue à colonne
et le mécanisme d’embrayage vertical

« Une Tradition d’Innovation » a vu le jour. Composée de plus de 19 pièces, elle s’ac- compagne d’un ouvrage superbement illus- tré et s’articule autour de records tels que le chronographe automatique le plus plat au monde, la première montre moderne de plongée, le premier tourbillon à remontage automatique, le premier tourbillon automa-

tique avec 8 jours de réserve de marche au monde et, plus récemment, la première mon- tre bracelet à équation du temps marchante au monde, le premier quantième perpétuel avec correcteurs sous cornes et le quantième perpétuel le plus plat au monde. Inaugurée lors de la cérémonie de réouverture de la Manufacture du Brassus, l’exposition « Une

Tradition d’Innovation » a entamé son tour du monde cet hiver. Cependant, le thème de l’exposition tout comme le livre étaient destinés à porter un message plus profond encore. Ils sont l’ex- pression de la philosophie Blancpain – une volonté absolue de repousser les limites de la haute horlogerie, en relevant continuelle- ment de nouveaux défis tout en demeurant fidèle aux plus glorieuses traditions de l’hor- logerie. Placée sous la devise « Une Tradition d’Innovation », la nouvelle campagne publi- citaire de la Manufacture est le reflet des valeurs essentielles de Blancpain. Au cours des prochains mois, les nouvelles annonces mettront en exergue la force d’in- novation et d’inspiration incarnée par les col- lections Blancpain. A l’évidence, elles accor- deront une place importante aux montres, mais reproduiront également les composants essentiels du mouvement qui confèrent ce caractère particulier que les connaisseurs attendent d’une montre Blancpain. Enfin, les photographies d’outils et de mains d’horlo- gers illustrent le savoir-faire et la passion qui donnent véritablement vie à une montre.

et de mains d’horlo- gers illustrent le savoir-faire et la passion qui donnent véritablement vie à
et de mains d’horlo- gers illustrent le savoir-faire et la passion qui donnent véritablement vie à
et de mains d’horlo- gers illustrent le savoir-faire et la passion qui donnent véritablement vie à

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MORCEAUX CHOISIS DE L’UNIVERS BLANCPAIN

LE PRINCE ALBERT II RECOMPENSE L’ŒUVRE DE L’ARTISTE JEAN-MICHEL FOLON

Cette année, la 6 ème participation de Blancpain au Monaco Yacht Show était placée sous le signe de la célébration du patrimoine maritime monégasque. En point d’honneur de ce parte- nariat perpétué, le Prince Albert II de Monaco a personnellement récompensé l’artiste Jean- Michel Folon d’une exceptionnelle montre Blancpain Léman Aqualung Monaco Yacht Show 2005. Artiste aux talents multiples, Jean-Michel Folon a redonné vie à un navire des années 30 qui se transformait inexorablement en épave. Ce sublime bateau entièrement restauré dans la plus pure tradition navale et baptisé Over the Rainbow, est amarré dans le port de

et baptisé Over the Rainbow, est amarré dans le port de Le regretté artiste Jean-Michel Folon

Le regretté artiste Jean-Michel Folon et Son Altesse Sérénissime, Le Prince Albert II.

Monaco. Dès lors, quel emblème plus insigne qu’un garde-temps Blancpain, spécialement gravé du phare de Monaco, pouvait mieux gratifier le remarquable travail de préservation du patrimoine effectué par l’artiste Folon ? Produit en 150 exemplaires numérotés, la Léman Aqualung Monaco Yacht Show 2005 se distingue par son fond délicatement gravé du phare de Monaco et par le blason moné- gasque qui orne son cadran noir ébène. Chaque montre de cette série limitée est accompagnée d’un portfolio sur les phares, illustré par Jean-Benoît Héron, numéroté et signé de l’artiste.

Jean-Benoît Héron, numéroté et signé de l’artiste. Nicolas G. Hayek Senior et Marc A. Hayek BLANCPAIN

Nicolas G. Hayek Senior et Marc A. Hayek

BLANCPAIN INAUGURE LA MANUFACTURE DU BRASSUS RÉNOVÉE ET PRÉSENTE SA NOUVELLE EXPOSITION « UNE TRADITION D’INNOVATION »

Les 6 et 7 octobre 2005, deux exceptionnelles journées portes ouvertes ont vu plus de 300 personnes, medias et collectionneurs du monde entier, célébrer la réouverture des ate- liers de la Manufacture entièrement rénovés et les 270 ans de la marque. Depuis les toutes premières montres compli- quées sorties des ateliers du Brassus, « La

ferme », comme on l’appelle affectueusement chez Blancpain, est devenue le symbole de la Manufacture. Chacune des montres qui quit- tent l’atelier de l’horloger, exprime l’âme de Blancpain et le respect que la marque voue aux méthodes traditionnelles. Marc A. Hayek, Président de Blancpain, en compagnie de Nicolas G. Hayek, a officiellement

méthodes traditionnelles. Marc A. Hayek, Président de Blancpain, en compagnie de Nicolas G. Hayek, a officiellement

NOUVELLES

MORCEAUX CHOISIS DE L’UNIVERS BLANCPAIN

coupé le ruban inaugural de la Manufac- ture, en rénovation depuis plus d’un an. Parallèlement à la réouverture des ateliers du Brassus, Blancpain a présenté sa nouvelle exposition « Une Tradition d’Innovation ». Celle-ci s’accompagne d’un livre commémo- ratif qui retrace pour la première fois toutes les innovations réalisées par Blancpain dans l’univers de l’horlogerie. Après la cérémonie officielle et la visite de l’exposition et des ateliers rénovés, les hôtes de Blancpain ont été conviés à une soirée Gastronomie, Vins du Terroir et cigares cubains, sous la houlette de Philippe Rochat, qui s’est achevée au petit matin.

de Philippe Rochat, qui s’est achevée au petit matin. Emandoria, pouliche grise, vainqueur du Prix Blancpain
de Philippe Rochat, qui s’est achevée au petit matin. Emandoria, pouliche grise, vainqueur du Prix Blancpain
de Philippe Rochat, qui s’est achevée au petit matin. Emandoria, pouliche grise, vainqueur du Prix Blancpain
de Philippe Rochat, qui s’est achevée au petit matin. Emandoria, pouliche grise, vainqueur du Prix Blancpain

Emandoria, pouliche grise, vainqueur du Prix Blancpain remis par Alain Delamuraz à son propriétaire Monsieur Jerzy Bialobok

LE PRIX OFFICIEL BLANCPAIN DÉCERNÉ LORS DU CHAMPIONNAT DU MONDE DU CHEVAL ARABE 2005

Autour de passions communes pour la beauté et la recherche de perfection, Blancpain s’est associée pour la 3 ème année consécutive au Championnat du Monde du Cheval Arabe, qui a eu lieu du 9 au 11 décembre 2005, à l’occa- sion du Salon du Cheval de Paris (France). Le Prix Officiel Blancpain récompense un pur sang arabe d’exception et met en exergue la constante quête de perfection et la philosophie

d’excellence qui relient l’univers équestre à celui de la Manufacture du Brassus. Directeur de l’élevage polonais Stadnina Koni- Michalow et heureux propriétaire de la pouliche grise Emandoria, M. Jerzy Bialobok, s’est vu remettre par Blancpain une montre « Chasse » à quantième complet, dotée d’une réserve de marche de 100 heures, en or rouge 18 carats et cadran bleu avec index appliques or facettés.

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BLANCPAIN OUVRE SA PREMIÈRE BOUTIQUE EN SUISSE

Après Cannes, Paris, New York et Munich, Blancpain implante sa toute première Boutique sur le sol helvétique. A l’angle de la rue de Rhône et de la Place de la Fusterie, la capitale genevoise accueille sur 53m 2 la plus ancienne marque horlogère du monde, qui a ouvert les portes de sa boutique le 16 décembre dernier.

A l’image de la Manufacture du Brassus,

nichée à l’extrémité du lac de Joux, Blancpain distille dans ses boutiques l’esprit

qui habite les ateliers des maîtres horlogers. Réalisés par un artisan menuisier de la Vallée

de Joux, les décors intérieurs de la boutique

sont imprégnés de l’héritage combier et du

savoir-faire horloger Blancpain, perpétué depuis 270 ans.

Le bois de cerisier y règne en maître, revê-

tant de ses teintes ambrées les parois et meubles de la manufacture. De moelleux fauteuils de cuirs reçoivent les visiteurs, qui peuvent ainsi découvrir dans une atmos- phère « lounge » de subtils garde-temps

dans une atmos- phère « lounge » de subtils garde-temps réalisés dans la plus pure tradition

réalisés dans la plus pure tradition horlogère. Au fond de la bouti- que, un authentique bar en chêne et étain massifs, chiné dans une brasserie parisienne, offre un espace de convivialité, valeur que Blancpain perpétue de concert avec un art de vivre et un savoir- faire immuable.

concert avec un art de vivre et un savoir- faire immuable. GENÈVE, PARIS, NEW YORK, CANNES
concert avec un art de vivre et un savoir- faire immuable. GENÈVE, PARIS, NEW YORK, CANNES

GENÈVE, PARIS, NEW YORK, CANNES … NOUVELLE BOUTIQUE BLANCPAIN À MUNICH

Le 9 décembre 2005 a marqué l’ouverture très attendue de la première Boutique Blancpain en Allemagne, au numéro 14 de la célèbre artère munichoise, Maximilianstraße. C’est dans les anciens ateliers mythiques de l’artiste Rudolph Moshammer que Blancpain a choisi d’implanter les décors boisés et raffi- nés de son univers combier (Vallée de Joux). Le rez-de-chaussée de ce nouvel écrin de la Haute Horlogerie est consacré à l’exposition et à la vente de subtils garde-temps, tandis que le premier étage accueille l’atelier de ser- vice après-vente de la marque en Allemagne.

NOUVELLES

MORCEAUX CHOISIS DE L’UNIVERS BLANCPAIN

BLANCPAIN REMET UNE MONTRE UNIQUE À SON AMBASSADEUR VLADIMIR KRAMNIK, LORS D’UNE SOIRÉE D’ÉCHECS RÉSERVÉE AUX COLLECTIONNEURS

Mercury, la boutique moscovite spécialisée dans les biens de luxe, a été le théâtre le 24 novembre dernier d’une journée très particu- lière consacrée à l’horlogerie et aux échecs. Les invités d’honneur en étaient le champion du monde d’échecs Vladimir Kramnik, le

le champion du monde d’échecs Vladimir Kramnik, le Marc A. Hayek présente la Villeret Time Zone

Marc A. Hayek présente la Villeret Time Zone

à Vladimir Kramnik

de combat », mais le plus souvent à un art qu’il convient simplement de « ressentir ». En traçant un parallèle avec la peinture, il a déclaré: « Un peintre ne demande jamais à son public ce qu’il veut voir. Il peint. » Depuis de nombreuses années, l’art au poi- gnet de Vladimir Kramnik était une montre Blancpain de la collection Villeret. Pour honorer le brio avec lequel il défend son titre mondial depuis si longtemps, Blancpain a créé une montre personnalisée qui lui a été remise par le Président de Blancpain, Marc A. Hayek. Invité à faire son choix parmi les collections Blancpain, Vladimir Kramnik a choisi une Time Zone Villeret en or gris. Depuis longtemps, le célèbre maître s’est senti attiré par le classicisme de la ligne Villeret de Blancpain, parfaite- ment illustré par la Time Zone, réf. 6260. Afin de saluer les prouesses de Vladimir Kramnik et de le remer- cier de sa longue fidé- lité à Blancpain, le modèle présenté par Marc A. Hayek com- porte une masse oscil- lante exceptionnelle ornée d’un portrait de Vladimir Kramnik dans une attitude médita- tive pendant un jeu d’échecs. Cette pièce maîtresse a été créée par un maître graveur de Blancpain au Brassus. A la suite de la remise de ce garde-temps unique, Vladimir Kramnik a affronté lors d’une partie d’échecs simultanée une trentaine de collectionneurs de montres.

simultanée une trentaine de collectionneurs de montres. Vladimir Kramnik joue 30 parties d’échecs simultanées

Vladimir Kramnik joue 30 parties d’échecs simultanées

Président de Blancpain, Marc. A. Hayek, ainsi que trente col- lectionneurs de montres privi- légiés. Le maître le plus célébré de toute l’histoire des échecs, Vladimir Kramnik règne en champion incontesté depuis 2000, année où il a battu Garry Kasparov à Londres. Il arrive parfois à Vladimir Kramnik de comparer les échecs à un « jeu

à Vladimir Kramnik de comparer les échecs à un « jeu Editeur BLANCPAIN SA Le Rocher
à Vladimir Kramnik de comparer les échecs à un « jeu Editeur BLANCPAIN SA Le Rocher

Editeur BLANCPAIN SA Le Rocher 12 1348 Le Brassus Suisse Tél.: +41 21 796 36 36 www.blancpain.com pr@blancpain.com

Rédaction en chef Christel Räber Jeffrey S. Kingston

Conception, Graphisme Design, Réalisation thema communications ag, Francfort, Allemagne

Direction Artistique

Frank Dillmann

Photolithographie DigitalRepro96, Francfort, Allemagne

Impression Caruna Druck, Kleinheubach, Allemagne

Photographie Blancpain, Claude Bossel, Corbis, Pierre-Michel Delessert (Flaveurs), Getty Images, Thierry Gaudillère, Alban Kakulya, Jeffrey S. Kingston, Kobrand, Wolfgang Oberle, Christel Räber, Mark Shaw, Johann Sauty, Vallée de Joux Tourisme Blancpain remercie les photographes des championnats du cheval arabe et de l’événement Kramnik.

BLANCPAIN. TRADITION D’INNOVATION. DEPUIS 1735. Un seul et même poussoir pour toutes les commandes du
BLANCPAIN. TRADITION D’INNOVATION. DEPUIS 1735. Un seul et même poussoir pour toutes les commandes du
BLANCPAIN. TRADITION D’INNOVATION. DEPUIS 1735. Un seul et même poussoir pour toutes les commandes du

BLANCPAIN. TRADITION D’INNOVATION. DEPUIS 1735.

BLANCPAIN. TRADITION D’INNOVATION. DEPUIS 1735. Un seul et même poussoir pour toutes les commandes du chronographe

Un seul et même poussoir pour toutes les commandes du chronographe :

départ, arrêt et remise à zéro

L’idée d’un mécanisme de chronographe à commande monopoussoir remonte à l’époque des montres de poche. Sa simplicité demeure aujourd’hui exemplaire et a inspiré la création du « Villeret Chronographe Monopoussoir » (Réf. 6185-1546-55). Un retour aux origines de la Maison Blancpain.

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