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Travail réalisé par : BENNANI Oumaima

DAKKA Nouhaila
La police judiciaire

Depuis la commission de l’infraction jusqu’au jugement final, un certain nombre d’étapes s'enchaînent
pour parfaire un processus qui est la procédure pénale. Cette dernière a trait à tout ce qui concerne la
constatation des infractions, la recherche et le jugement de leurs auteurs car selon l’article premier du
code de procédure pénale l’action publique est ouverte suite à la commission d’une infraction donnant
lieu à l’application des peines. L’action publique s’exerce contre l’auteur, ses coauteurs et ses
complices.
Parmi les autorités chargées de la recherche et de la constatation des infractions on retrouve la police
judiciaire. De ce fait, la direction générale de la sûreté nationale généralement connue sous le nom de
sûreté nationale, est le principal organisme de la police nationale marocaine. Elle est chargée
d'appliquer l'ordre public conformément à la loi marocaine et est placée sous la tutelle du Ministère de
l'Intérieur.
La police judiciaire constitue ainsi l’un des rouages indispensables de la procédure pénale : travaillant
sous le contrôle des magistrats, elle est chargée de la mise en œuvre concrète de l’enquête. Elle
constitue à ce titre l’un des principaux auxiliaires du juge.
Dans l’exercice de leurs missions, les officiers de police judiciaire peuvent recourir à certains moyens
de coercition : garde à vue, perquisition, saisie. Ils exercent ces prérogatives dans un cadre juridique
particulièrement précis et sous le contrôle de l’autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle et
de l’ordre public.
En effet, la police judiciaire occupe une place particulièrement importante dans l’administration de la
justice pénale. En ce sens , il est judicieux de distinguer d’abord entre la police judiciaire et la police
administrative. Cette dernière a un rôle essentiellement préventif consistant à veiller au maintien (et le
cas échéant au rétablissement) de la paix et de la sécurité publiques, elle tente d’empêcher la
survenance de troubles à l’ordre public par des mesures de réglementation et actions matérielles de
prévention et de précaution, elle relève de la direction et le contrôle de l’autorité administrative (en
l’occurrence le ministère de l’intérieur). En revanche la police judiciaire est chargée de la répression
des infractions de la loi pénale, en ce sens elle intervient lorsqu’une infraction est commise pour
entreprendre des actes de constatation des infractions, l’établissement des preuves, la recherche des
auteurs de l’infraction et se saisir des coupables pour les déférer à la juridiction compétente.
Cependant en pratique cette distinction n’est pas toujours nette car on admet aujourd’hui que l’action
de la police judiciaire peut avoir un effet dissuasif. La portée de la distinction peut être appréciée sur
deux plans; l’organisation administrative car la responsabilité de la police administrative appartient
aux autorités administratives (gouvernement, ministre de l’intérieur, direction de la sûreté nationale,
gouverneurs et sûreté régionale), et le contentieux car les officiers de la police judiciaire et le
personnel participant aux opérations de police judiciaire dépendent du parquet soit le procureur du Roi
(art 42 CPP), le parquet général contrôle les activités des officiers de police judiciaire et de tous les
agents qui ont reçu des missions de police judiciaire à l’exception des gouverneurs (art 51 CPP).
Enfin, en cas de litige les tribunaux administratifs seront saisis pour remettre en cause la responsabilité
de l’Etat mais qu’en est-il de la mise en cause de la responsabilité des officiers de police judiciaire? En
effet la cours suprême a tranché en faveur de la solution qui assure une protection à ses agents du fait
des caractéristiques de la procédure de la prise à partie. Une opération de police administrative peut se
transformer en opération de police judiciaire et inversement. A ce titre la police judiciaire est placée
sous la direction et le contrôle de l’autorité judiciaire. Toutefois, si les ordres de police se distinguent
théoriquement par leurs rôles respectifs et par l’autorité de direction et de contrôle, dans la pratique les
différentes tâches susvisées sont souvent assurées par les mêmes fonctionnaires. Ainsi l’agent de
police ou le gendarme qui règle la circulation (opération de police administrative) peut être amené à
constater des infractions (contraventions routières ou autres délits ou crimes) au cas où elles viennent à
se produire (opération de police judiciaire).
Vers 1901, à la suite d'une convention de frontière, signée entre le Sultan Moulay Hafid et le
Gouvernement français, un corps de police marocaine vit le jour. Ce n’est qu’en 1956 que le ministère
de l’intérieur est retiré et marque l’avènement de la Direction Générale de la Sûreté Nationale ou
DGSN également connue sous le nom de Sûreté nationale, est le principal corps de la police nationale
du Maroc. Elle a été fondée le 16 mai 1956 par le roi Mohammed V et est placée sous la tutelle du
Ministère de l'Intérieur.

Tout au long de ce sujet nous tenterons de répondre aux questions suivantes


 Quels sont les diverses titulaires des fonctions de police judiciaire?
 Quel est l’étendu de leur pouvoir pour le bon déroulement d’un procès pénal?
 Les membres de la police judiciaire peuvent-ils faire l’objet de sanction? pour quelles raisons?
lesquelles?

On perçoit dès lors l’intérêt théorique de la matière permettant d’analyser les pouvoirs reconnus à la
police judiciaire. En ce qui concerne l’intérêt pratique, il convient d’observer la mise en oeuvre des
attributions et l’intervention de la police judiciaire durant les phases préparatoires au procès.

Dans le but de mieux cadrer ce sujet, il y a lieu d’axer les développements qui suivent aux divers
titulaires des fonctions de police judiciaire et leurs attributions dans un premier lieu avant de mettre
l’accent sur le contrôle et la responsabilité de la police judiciaire en second lieu.

I- Un corps étoffé

A/ Les organes investis d’une mission habituelle de police judiciaire

Placée sous la surveillance et la direction du ministère public et sous le contrôle de la Chambre


correctionnelle, la police judiciaire appartiennent à des administrations diverses et classés sous
diverses catégories, ayant pour mission d'effectuer des opérations bien précises.
Selon le code de procédure pénale, la police judiciaire est exercée par les magistrats, officiers,
fonctionnaires et agents désignés au présent titre. Cependant une distinction est à faire à ce niveau; en
effet, il y a d'un côté des organes investis d'une mission habituelle de police judiciaire, et d'un autre
côté on retrouve des agents auxquels la loi attribue certains pouvoirs de police judiciaire.
Concernant les membres habituels de la police judiciaire, les organes investis d'une mission habituelle
sont composés d'officiers supérieurs de police judiciaire, d'officiers de police judiciaire et d'officiers
de police judiciaire chargés des mineurs.
Les officiers supérieurs de police judiciaire sont composés de magistrats du ministère public
(procureur général du Roi, procureur du Roi et leurs substituts) et des juges d'instruction qui exercent
un pouvoir de régulation et de supervision.
Sous leur direction on retrouve les officiers de police judiciaire qui selon l’article 20, est divisée en
deux catégories. Tout d'abord les officiers de police judiciaire de plein droit à savoir;
 le directeur général de la Sûreté nationale,
 les préfets de police,
 les contrôleurs généraux de police,
 les commissaires de police,
 les officiers de police,
 les officiers et les gradés de la gendarmerie,
 les gendarmes ayant le commandement d'une brigade ou d'un poste de gendarmerie pendant la
durée de ce commandement,
 les pachas et les caïds,
 le directeur général de la direction de la Surveillance du territoire,
 les préfets de police,
 les contrôleurs généraux de police,
 les commissaires de police,
 les officiers de police de cette direction concernant les atteintes à la sûreté de l'Etat,
 les infractions terroristes, les prises d'otages...

Puis les fonctionnaires à qui la qualité d'officier de police judiciaire peut être confiée, à savoir:
 les inspecteurs de police de la Sûreté nationale comptant au moins 3 ans en cette qualité par
arrêté conjoint du ministre de la justice et du ministre de l'intérieur,
 les gendarmes comptant au moins 3 ans de service dans la Gendarmerie Royale désignés par
arrêté conjoint du ministre de la justice et de l'autorité...
On retrouve parmi les fonctionnaires susmentionnés des autorités désignés pour enquêter spécialement
sur les infractions commises par une catégorie de délinquant à savoir les mineurs ou dans des
circonstances particulières (prérogatives exceptionnellement dévolues aux walis et gouverneurs qui, en
cas d’urgence, et lorsqu’il s’agit d’une atteinte à la sûreté de l’Etat dont l’autorité judiciaire n’est pas
encore saisie, peuvent exercer des attributions de police judiciaire dans les conditions de l’article 28 du
Code de procédure pénale.
Ajouté au Code de procédure pénale en 2011, l’article 22-1 autorise la création d’une brigade
nationale ou régionale de police judiciaire placées pour chaque affaire sous la direction du parquet
territorialement ou matériellement compétent. En outre, et si les besoins de l’investigation ou la nature
de l’infraction le requièrent, le ministère public peut confier l’enquête à une brigade composée
d’officiers de police judiciaire relevant d’administrations diverses qu’il place sous l’autorité de l’un
d’entre eux qu’il désigne à cet effet.
Concernant les fonctionnaires investis de certains pouvoirs de police judiciaire, certains d’entre eux se
voient assignés des attributions limitées de police judiciaire en application de l’article 27 du Code de
procédure pénale, reçoivent légalement la compétence de police judiciaire pour un domaine particulier
(ingénieurs des eaux et forêts, contrôleurs des prix, agents de la répression des fraudes, agents de
l’administration des douanes, inspecteurs du travail…). Autrement dit, leurs pouvoirs de police
judiciaire concernent la recherche et la constatation des infractions qui portent atteinte à leur propre
service ou administration.
Parmi ces fonctionnaires on retrouve les agents de police judiciaire, le wali et le gouverneur mais
aussi les fonctionnaires et agents de certaines administrations ou services publics.
Selon l’article 25 du CPP les agents de police judiciaire sont tous les fonctionnaires des services actifs
de la police, les gendarmes qui ne détiennent pas la qualité d’officier de police judiciaire mais aussi les
khlifas du pacha et du caïd qui exercent un certains nombre de missions à savoir:
 De seconder, dans l’exercice de leurs fonctions, les officiers de police judiciaire;
 De rendre compte à leurs chefs hiérarchiques de tous crimes ou délits dont ils ont
connaissance;
 De constater, en se conformant aux ordres de leurs chefs et à la réglementation du corps
auquel ils appartiennent, les infractions à la loi pénale et de recueillir tous renseignements en
vue de découvrir les auteurs de ces infractions.
En revanche, ils ne sont pas admis à prendre l’initiative d’une enquête et à entreprendre des
actes qui s’y rattachent telles que les auditions, les perquisitions et la rédaction des procès verbaux.
S’agissant du wali et du gouverneur, en tant que représentant du pouvoir central à l’échelle de la
wilaya, de la province ou de la préfecture, il leur incombent de veiller au maintien de l’ordre public et
de prévenir les infractions, ils font donc parti de la police administrative. Cependant, l’article 28 du
CPP apporte certaines limites strictes tenant à la nature des infractions pour lesquelles ils peuvent agir,
à la notion d’urgence et à la durée des pouvoirs du wali ou gouverneur.
 Quant à la nature de l’infraction : le wali ou le gouverneur ne se voit reconnaître des
pouvoirs de police judiciaire qu’en cas de crime ou délit contre la sûreté intérieure ou
extérieure de l’Etat.
 Quant à la notion d’urgence : Le code ne définit pas la notion d’urgence, mais on admet
généralement qu’il y a urgence chaque fois que les circonstances justifient une action rapide et
énergique, chose qui relève, en définitive de l’appréciation souveraine du wali ou gouverneur.
 Quant à la durée du pouvoir du wali ou gouverneur : lorsque cet organe local de
l’administration centrale fait usage de ces pouvoirs, il est tenu d’en aviser immédiatement le
représentant du parquet auprès de la juridiction compétente et dans les 24 heures qui suivent
l’ouverture des opérations, de se dessaisir au profit de celui-ci en lui transmettant les procès et
en lui présentant toutes les personnes appréhendés. C’est à lui qu’il incombe de poursuivre la
procédure.
Enfin, les fonctionnaires et agents de certaines administrations ou services publics sont désignés par
des textes spéciaux pour exercer des pouvoirs de police judiciaire dans les conditions et des limites
publics différents (Impôts, douane, chemins de fer, pêche maritime, régie des tabacs, réseau routier…).
Les pouvoirs de police judiciaire de ces fonctionnaires et agents se limitent à la recherche et à la
constatation des infractions commises au préjudice de leur propre administration ou service.

B/ Les organes investis de certains pouvoirs de police judiciaire

La police judiciaire dispose d’importantes prérogatives d’investigation.


L’intervention de la police judiciaire peut également s’étendre à l’exécution des décisions de justice.
Préalable à la saisine des autorités judiciaires, l’intervention de la police judiciaire s’étend par voie de
commission rogatoire à l’accomplissement des actes que le juge d’instruction lui délègue et qu’elle
exerce conformément à la loi pour son compte, sur ses ordres et sous son contrôle. Globalement, la
compétence reconnue à la police judiciaire comporte des attributions générales que détermine l’article
18 du CPP: “Elle est chargée … de constater les infractions, d’en rassembler les preuves et d’en
rechercher les auteurs”.
Durant les phases préparatoires, la police judiciaire intervient d’emblée lors de l’enquête. Celle-ci est
gouvernée par les principes du secret, de l’écriture et de l’absence de contradiction. L’enquête est la
phase procédurale dont la conduite est confiée par la loi à la police judiciaire. Il n’en a pas toujours été
ainsi. Sous le règne du Code d’instruction criminelle, la police n’avait aucun pouvoir d’enquête propre
légalement reconnu: le juge d’instruction était obligé de mettre les affaires pénales en état d’être
jugées. Le Code de procédure pénale de 1958 a fait évoluer le droit français en la matière non sans
constatation doctrinale. C’est la solution retenue par le législateur marocain.
Les pouvoirs exceptionnels reconnus à la police judiciaire au cours de l’enquête lui permettent de
mener à bien les investigations nécessaires à l’élucidation des faits. Ils lui permettent également de
prendre des mesures qu’exige l’identification et/ou la mise du suspect à la disposition de la justice.
En pratique, l’officier de police judiciaire avisé de la commission d’une infraction doit en informer le
représentant du ministère public compétent afin de procéder au constatation. Le procureur se
transporte sur les lieux de l’infraction en procédant dès lors au dessaisissement de l’officier de police
judiciaire. Il est en droit d’investiguer en dehors de la circonscription de sa juridiction, d’interroger le
suspect et d’ordonner son incarcération avant le jugement. A son tour, le juge d’instruction arrivé sur
les lieux de l’infraction est en droit de diligenter lui-même l’enquête, la loi dessaisit automatiquement
à son profit tous les organes de police judiciaire présents, y compris le procureur. En tant qu’officier
supérieur de police judiciaire, il est tenu à la fin des investigations de transmettre les pièces recueillies
au procureur, seul admis à apprécier la suite à réserver à l’affaire.
La police judiciaire peut perquisitionner dans le domicile de toute personne sur laquelle pèsent les
soupçons ou qui paraît détenir des pièces ou des objets ayant un rapport avec l’infraction et peut même
recourir à cet effet à la force publique sous réserve des conditions prévues par l’article 62 du CPP.
Avant la clôture des opérations, la loi attend de l’officier de police judiciaire d’en dresser procès
verbal dont la valeur probante dépend des faits constatés, en cas de crime le PV ne vaut que simple
renseignement, le juge a par conséquent toute liberté d’appréciation. Lorsque l’infraction est qualifiée
de délit ou de contravention, le PV fait foi jusqu’à preuve du contraire et est dès lors transmis au
parquet.
Lorsque les nécessités de l’enquête le requièrent, L’OPJ peut recourir à la garde à vue, son délai est
fixé à 48 heures dans les affaires de droit commun et renouvelé de 24 heures si des indices graves ou
concordants de culpabilité sont collectés. Il convient de préciser que la prolongation ne peut avoir lieu
que sur autorisation écrite du procureur du roi ou du procureur général du roi selon les cas. Le délai est
toutefois fixé à 96 heures en matière d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de terrorisme.
Le renforcement ininterrompu des moyens juridiques mis à la disposition de la police judiciaire n’en
est pas moins menaçant pour les droits et libertés. Au cours de l’enquête, la loi accorde aux OPJ le
droit de recourir à tout moyen et de procéder à tout acte utile à la recherche de la vérité.
II- Un corps responsable

La police judiciaire est soumise au contrôle de l’autorité judiciaire. Ses membres fautifs
s’exposent donc à des sanctions disciplinaires. Ils peuvent, par ailleurs, engager leur responsabilité
pénale et civile.

A- Direction du contrôle de la police judiciaire

Les membres de la police sont des fonctionnaires insérés dans le cadre d'une administration
hiérarchisée et sont, à ce titre, contrôlés par leurs supérieurs hiérarchiques. De plus, en raison de
l'importance des pouvoirs de police judiciaire qui supposent des investigations dérogatoires au
principe de la liberté individuelle, un contrôle de nature judiciaire est exercé par les magistrats
gardiens de la liberté des citoyens. La nécessité d'un contrôle des actes de la police judiciaire par les
autorités judiciaires est reconnue par le Code de procédure pénale qui précise dans son article 13 que
la police judiciaire est placée sous la surveillance du procureur général près la cour d'appel et sous le
contrôle de la chambre d’instruction. De surcroît, les membres de la police judiciaire exercent leur
mission sous la direction du procureur du Roi et sont placées dans chaque ressort de cour d’appel sous
l’autorité du procureur général du Roi et sous le contrôle de la chambre correctionnelle de la cour
d’appel (art 16 et 17). Dans ce sens, l'article 16 alinéa 8 du code de procédure pénale précise que les
O.P.J. ne peuvent exercer effectivement les attributions attachées à leur qualité ni s'en prévaloir que
s'ils sont affectés à un emploi comportant cet exercice et en vertu d'une décision du procureur général
les y habilitant personnellement. Force est de noter à cet égard que le procureur général compétent est
celui de la Cour d'appel dans le ressort de laquelle est situé le siège du service d'affectation de l'officier
de police judiciaire.
Ainsi, tout manquement relevé à l’encontre d’un OPJ ou d’un fonctionnaire ou agent susvisé dans
l’exercice de ses attributions de police judiciaire est déféré à la chambre correctionnelle de la cour
d’appel par le procureur général du Roi près de ladite cour. Après enquête et audition du mis en cause
(qui peut se faire assister par un avocat) si les faits se révèlent fondés, la Chambre correctionnelle peut,
sans préjudice d’autres sanctions relevant du pouvoir disciplinaire du supérieur hiérarchique, adressé ,
au membre fautif de la police judiciaire des observations ou prononcer sa suspension temporaire (pour
une durée ne dépassant pas une année) ou sa déchéance définitive de sa fonction. La décision
prononcée peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation dans les conditions du Droit commun. Au cas
où la chambre correctionnelle estime que l’OPJ a commis une infraction pénale, elle ordonne en outre
la transmission du dossier au chef du parquet général à toutes fins qu’il appartiendra (voir les articles
29 à 35 CPP).

B/ Responsabilité pénale et civile

1- Au regard de la responsabilité pénale, le membre de la police judiciaire qui commet une


infraction, engage sa responsabilité pénale et s’expose par conséquent aux sanctions prévues à cet
égard. Mais dans les conditions édictées par les articles 268 et suivants du CPP, il est poursuivi et jugé
suivant des règles de compétence exceptionnelles aménagées en fonction de la qualité de l’inculpé, de
la gravité de l’infraction (crime ou délit) et de sa commission dans l’exercice ou non des fonctions de
police judiciaire.
- Ainsi, lorsque l’imputation vise un procureur général du Roi près de la cour d’appel (qui est
un officier supérieur de PJ), un Wali ou un gouverneur (investis, on le sait, de certains pouvoirs de PJ)
pour un crime ou délit commis dans l’exercice ou hors de l’exercice de leurs fonctions, ou lorsque
l’imputation vise un OPJ habilité à exercer ses fonctions sur tout le territoire marocain (tel que le
directeur général de la sûreté nationale) pour un crime ou délit commis dans l’exercice de ses
fonctions (V. art 268 al 3), c’est la chambre pénale de la cour de cassation qui est compétente pour
juger l’affaire suite à sa saisine par le procureur général près de la dite cour et, s’il y a lieu sur
réquisition de celui-ci, après une instruction effectuée par un ou plusieurs de ses membres. L’arrêt
rendu est susceptible d’appel (dans un délai de 8 jours) et c’est la cour de cassation en toutes chambres
réunies, à l’exclusion de la chambre pénale qui a rendu l’arrêt, qui statue sur cet appel.
L’article 265 précise, par ailleurs, qu’aucune constitution de partie civile n’est recevable devant la
cour de cassation, la victime qui entend réclamer une réparation étant alors acculée à saisir la
juridiction civile compétente.
- Lorsque l’imputation vise un juge d’instruction auprès de la cour d’appel, un substitut de procureur
général du Roi près cette Cour ou un procureur du Roi près le tribunal de première instance (tous des
OSPJ) pour un crime ou un délit commis dans l’exercice ou en dehors de l’exercice de leurs
fonctions, la chambre pénale de la cour de cassation saisie par le procureur général du Roi près de
ladite cour, décide s’il y a lieu d’informer et dans l’affirmative désigne une cour d’appel autre que
celle dans le ressort de laquelle le mis en cause exerce ses fonctions. Si le juge d’instruction ou le
conseiller commis pour instruire par le premier président de ladite cour d’appel décide à l’issue de ses
investigations qu’il y a lieu à suivre l’affaire, il rend une ordonnance de renvoi soit devant la chambre
délictuelle de la cour d’appel lorsqu’il s’agit d’un crime, soit devant la chambre délictuelle d’appel
lorsqu’il s’agit d’un délit.
- Lorsque l’imputation vise un juge d’instruction ou un substitut du procureur du Roi près le tribunal
de première instance (les deux étant des OSPJ) pour un crime ou un délit commis dans l’exercice
ou hors de l’exercice des fonctions, il appartient au procureur général du Roi près de la cour d’appel
de saisir le premier président de cette cour ; lequel décide s’il y a lieu d’informer et dans l’affirmative,
commet à cet effet un juge d’instruction ou un conseiller de sa cour. Si l’instructeur est clôturée par
une ordonnance de renvoi, l’affaire est alors déférée pour jugement (comme pour l’hypothèse
précédente) soit à la à la chambre criminelle de la cour d’appel lorsqu’il s’agit d’un crime, soit à la
chambre délictuelle d’appel en cas de délit.
- lorsque l’imputation vise un OPJ autre que ceux visés ci- haut, pour un crime ou un délit commis
dans l’exercice de ses fonctions, il appartient également au procureur général du Roi près la cour
d’appel de saisir le premier président de ladite cour qui désigne, s’il y a lieu à informer, un conseiller
chargé de l’instruction. Celui-ci peut, au terme de ses investigations, ordonner le renvoi de l’affaire
soit à la chambre criminelle s’il s’agit d’un crime, soit à un tribunal de première instance en dehors du
ressort où l’inculpé exerce ses fonctions, s’il s’agit d’un délit.
A cet égard, on est en droit de se demander pourquoi l’OPJ qui commet un crime ou un délit hors de
l’exercice de ses fonctions n’est pas soumis à ces règles exceptionnelles de compétence et reste ainsi
justiciable du régime de droit commun, étant entendu que dans l’esprit du législateur, ce particularisme
de procédure constitue une garantie d’impartialité et de bonne justice tendant notamment à éviter toute
éventuelle influence ou complaisance dans la poursuite, l’instruction et le jugement des inculpés visés.
2- Au regard de la responsabilité civile, il n’y a pas de particularité de procédure. Toute personne
qui s’estime être victime d’un dommage causé par un membre de la police judiciaire, peut mettre
celui-ci en cause pour lui réclamer une réparation dans les conditions du droit commun soit engageant
une action civile devant la juridiction civile (V. art 10 CPP), soit – sous réserve du cas susvisé où la
compétence est dévolue à la cour de cassation – en se constituant partie civile devant la juridiction
pénale conformément aux articles 266, 266, 350 et 351 du CPP

CONCLUSION

L'Officier de Police Judiciaire apparaît donc comme un enquêteur chevronné, habilité par le
procureur général. Il accomplit tous les actes utiles à la recherche des infractions et à
l'identification de leurs auteurs, ainsi que leurs interpellations. Il dispose à cet effet de
pouvoirs importants. De plus il a des possibilités de sortir de sa territorialité habituelle, de
poursuivre ses enquêtes notamment en délit flagrant. Il lui est aussi possible de poursuivre les
auteurs sur toute l'étendue du territoire national. Cependant il devra veiller à respecter ses
prérogatives.