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Chapitre IV : Polynômes

Pr Youssef Bentaleb
Année : 2011-2012

1 Définitions et terminologie
Définitions et terminologie
Definition 1. k désignera un corps commutatif
On appelle polynôme à une indéterminée et à coefficients dans k ou plus simplement polynôme, toute expression
algébrique de la forme
ap X p + ap−1 X p−1 +· · · +a1 X + a0 ,
avec ai ∈ k pour tout i ∈ {0,· · · , p}.
• Le plus grand indice i tel que ai 6= 0 , s’il existe, s’appelle le degré de P et est noté degP .
• L’ensemble des polynômes à une indéterminée et à coefficients dans k est noté k[X].
• L’ensemble des polynômes à une indéterminée, à coefficients dans k et de degré ≤ n est noté kn [X]
Definition 2. Les polynômes ne comportant qu’un seul terme non nul (i.e du type P = ap X p ) sont appelés monômes.
Remarque:
Tout polynôme d’après la definition est donc une somme finie de monômes.

Definition 3. Soit P = ap X p +···+a0 avec ap 6= 0 un polynôme. On appelle terme dominant de P le monôme


ap X p . Si le coefficient ap du terme dominant est 1, on dit que P est un polynôme unitaire.

2 Opérations sur les polynômes


Opérations sur les polynômes
a) Addition de deux polynômes :
Definition 4. Soit P = an X n +· · ·+a0 et Q = bn X n +· · ·+b0 avec n ∈ N. On définit alors le polynôme P + Q par
déf
P + Q = (an + bn )X n +· · · +(a1 + b1 )X + (a0 + b0 ).

Soit P et Q deux polynômes de k[X]. Alors on a

deg(P + Q) ≤ max(degP, degQ).

De plus, si degP 6= degQ alors deg(P + Q) = max(degP, degQ).


b) Multiplication de deux polynômes:
On définit le produit de deux polynômes de la façon suivante :

Definition 5. Etant donnés deux polynômes P = ap X p +· · · +a0 et Q = bq X q +· · · +b0 ,


on définit le polynôme P ∗ Q par P ∗ Q = cr X r +· · ·+c0 avec r = p + q et, pour k ∈ {0,· · · , r},

1
P k
P k
P
ck = ai bj = ai bk−i = ak−j bj .
i+j=k i=0 j=0

Remarque : Si P ou Q est nul, on a donc P ∗ Q = 0.


La proposition suivante est une conséquence immédiate de la défintion de “∗” :
Soit P et Q deux polynômes de k[X]. Alors on a

deg(P ∗ Q) = degP + degQ.

c) Multiplication d’un polynôme par un scalaire:


Definition 6. Soit P = ap X p +· · · +a0 un polynôme de k[X], et λ ∈ k. On définit alors le polynôme λ · P par
p
déf
λai X i
P
λ·P =
i=0

Soit P un polynôme et λ un scalaire non nul. Alors deg(λ· P ) = degP .

3 Propriétés algébriques des polynômes


Propriétés algébriques des polynômes
(k[X], +, ∗) est un anneau commutatif.
Preuve : Montrons que (k[X], +) est un groupe commutatif.
– Le polynôme nul est clairement l’élément neutre pour l’addition.
déf
– Si P = ap X p +···+a0 , le polynôme −P = −ap X p − ··· − a0 vérifie P + (−P ) = 0.
– L’associativité et la commutativité résultent de celles de l’addition sur k.

Reste à étudier les propriétés de la multiplication “∗”.


– De la définition de la multiplication sur k[X], on déduit facilement que le polynôme P = 1 est l’élément neutre
pour “∗”. (k[X] est unitaire)
– Commutativité : considérons P = ap X p +···+a0 et Q = bq X q +···+b0 . Notons
r = p + q, P ∗ Q = cr X r +···+c0 et Q ∗ P = dr X r +···+d0 . Alors on a
P P
∀k ∈ {0,···, r}, ck = ai bj = bj ai = dk
i+j=k i+j=k

Donc P ∗ Q = Q ∗ P .
– Associativité : se verifie sans difficulté
– Distributivité de la multiplication par raport à l’addition : Définissons P = ap X p +···+a0 , Q = bq X q +···+b0
et R = cr X r +···+c0
déf déf
et posons U = (P + Q) ∗ R et V = P ∗ R + Q ∗ R. Notons dl les coefficients de U , et em ceux de V . Alors
on a
P P P P
dl = (ai + bi )cj = (ai cj + bi cj ) = ai cj + bi cj = el
i+j=l i+j=l i+j=l i+j=l

Donc U = V .
Coclusion: (k[X], +, ∗) est bien un anneau commutatif.
(k[X], +, ∗) est un anneau intègre. c-à-d P ∗ Q = 0 =⇒ P = 0 ou Q = 0.
Notation :

Dorénavant, on omettra les symboles“∗” et “·”. Ainsi P Q désignera P ∗ Q, et λP désignera λ·P .

2
4 Arithmétique sur les polynômes
Arithmétique dans l’ensemble des polynômes
Division euclidienne
Soit A et B deux polynômes tel que B 6= 0. Alors il existe un unique couple (Q, R) tels que :

A = BQ + R avec deg(R) < deg(B)

Q s’apelle le quotient, et R s’apelle le reste.


Lorsque le reste est nul, on dit que B divise A.

Remarque: On notera l’analogie avec la division euclidienne dans Z.


Exemple :

2X 4 + X 3 − X 2 + X + 1 2X 2 − X − 2
2X 4 − X 3 − 2X 3
X2 + X + 1
3 2
2X + X + X + 1
2X 3 − X 2 − 2X

2X 2 + 3X + 1
2X 2 − X − 2

4X + 3
Nous avons alors que :

2X 4 + X 3 − X 2 + X + 1 = (2X 2 − X − 2 ) (X 2 + X + 1 ) + (4X + 3)
| {z } | {z } | {z } | {z }
Dividende diviseur quotient Reste

Division des polynômes


Definition 7. On dit que le polynôme A est divisible par le polynôme B s’il existe un polynôme Q tel que A = BQ.
Dans ce cas, on note B | A et l’on dit que A est multiple de B (ou que B est diviseur de A).
A
Le polynôme Q est parfois noté B ou A/B.
1. Le polynôme nul est divisible par tous les polynômes.
2. Dans le cas où A et B sont tous les deux non nuls, B | A entraı̂ne degB ≤ degA.
Soit A et B, deux polynômes non nuls. Si A | B et B | A alors A et B sont proportionnels, c’est-à-dire qu’il
existe λ ∈ k∗ tel que A = λB. On dit que A et B sont associés.
Preuve : D’après la remarque ci-dessus, on a à la fois degA ≤ degB et degB ≤ degA. Donc A et B sont de
même degré. Comme B | A, on en déduit que A = BQ avec degQ = 0. Autrement dit Q est un polynôme constant
(et non nul car A n’est pas nul).
Deux polynômes unitaires associés sont égaux.

5 Pgcd et Ppcm
Pgcd
Definition 8. Soit (A, B) un couple de polynômes distincts de (0, 0). On le PGCD(A,B) est l’unique polynôme
unitaire vérifiant:
(1) P GCD(A, B) | A, P GCD(A, B) | B
et
si (P | A et P | B) =⇒ P | P GCD(A, B).

3
Si A et B ne sont pas simultanément nuls et si C est unitaire alors on a

P GCD(AC, BC) = C.P GCD(A, B).

Definition 9. On dit que deux polynômes A et B sont premiers entre eux si leur PGCD vaut 1.
Definition 10. Soit n ≥ 1 un entier. On dira que n polynômes de k[X] sont premiers entre eux lorsque leur pgcd est
1.
Attention!
Ne pas confondre premiers entre eux (on dit parfoispremiers entre eux dans leur ensemble) et deux à deux pre-
miers entre eux
Exemple: dans R[X],
Les polynômes (X − 1)(X − 2), (X − 1)(X − 3), (X − 2)(X − 3) sont premiers entre eux (dans leur ensemble)
mais ils ne sont pas deux à deux premiers entre eux !.
(Théorème de Bezout)
Deux polynômes A et B sont premiers entre eux si et seulement si il existe deux polynômes U et V tels que

AU + BV = 1.

Pour que le polynôme unitaire D soit le PGCD de A et de B, il faut et il suffit que:


A B
D | A, D | B et P GCD( , )=1
D D
A B
Preuve : Si D = P GCD(A, B), on a bien sûr D | A et D | B. Notons P = et Q = .
D D
on a

D = P GCD(A, B) = P GCD(DP, DQ) = D.P GCD(P, Q).

Comme D n’est pas nul, on conclut que P GCD(P, Q) = 1.


Réciproquement,

A B A B
P GCD(A, B) = P GCD(D , D ) = D.P GCD( , ) = D.
D D D D
(Théorème de Bezout généralisé)
Supposons que D est unitaire et divise A et B avec A et B non tous les deux nuls. Alors on a

D = P GCD(A, B) ⇔ ∃U ∈ k[X], ∃V ∈ k[X], AU + BV = D.

Preuve : En appliquant la proposition précédente on a


A B
D = P GCD(A, B) ⇔ P GCD( , )=1
D D
Or d’après le théorème de Bezout, on a
A B A B
P GCD( , ) = 1 ⇔ ∃U ∈ k[X], ∃V ∈ k[X], DU + DV =1
D D
ce qui achève la preuve du théorème.
(Théorème de Gauss)
Si P divise AB et si P est premier avec A alors P divise B.

4
PPCM
Definition 11. Soit A et B deux polynômes non nuls. Le PPCM de A et de B noté PPCM(A,B) est l’unique polynôme
unitaire vérifiant la propriété suivante :
– A | P P CM (A, B), B | P P CM (A, B)
– et si (A | M et B | M )
=⇒ P P CM (A, B) | M .
A certains égards, le PPCM et le PGCD ont des propriétés très similaires. On a par exemple :
Soit C un polynôme unitaire et A, B deux polynômes. Alors on a

P P CM (AC, BC) = C.P P CM (A, B).

Soient A et B deux polynômes. Il existe une constante λ non nulle telle que:

λAB = P GCD(A, B)P P CM (A, B).

– Si de plus A et B sont unitaires, alors λ = 1.


– Si A et B sont premiers entre eux alors AB et P P CM (A, B) sont associés.

6 L’Algorithme d’Euclide
L’Algorithme d’Euclide

L’algorithme d’Euclide est une technique permettant de calculer le PGCD de deux polynômes.
L’algorithme repose sur le lemme suivant :

Lemma 12. Soit B un polynôme non nul, et A un polynôme quelconque. Notons Q et R le quotient et le reste de la
division euclidienne de A par B. Alors on a:

P GCD(A, B) = P GCD(B, R).

Algorithme d’Euclide
Le lemme précédent indique clairement la stratégie à suivre pour calculer P GCD(A, B). Quitte à permuter A et
B, on peut toujours supposer que degA ≥ degB. On procède alors comme suit :
• Si B = 0, il n’y a rien à faire : P GCD(A, B) est égal au polynôme unitaire associé à A.
• Si B n’est pas nul, on effectue les divisions euclidiennes suivantes
A = BQ0 + R1 avec degR1 < degB,
B = R1 Q1 + R2 avec degR2 < degR1 ,
R1 = R2 Q2 + R3 avec degR3 < degR2 ,
.....................................
Rk−1 = Rk Qk + Rk+1 avec degRk+1 < degRk ,
.....................................
Rn−1 = Rn Qn + 0.
On a donc finalement d’après le lemme précédent :
0
P GCD(A, B) = P GCD(B, R1 ) =· · · = P GCD(Rk , Rk+1 ) =· · · = P GCD(Rn , 0) = Rn .
0
où Rn est le polynôme unitaire associé à Rn .

Exemple 1:

Calculer le PGCD de A = x3 + 2x2 − x − 2 et de B = x2 + 4x + 3


On a :

5
x3 + 2x2 − x − 2 = (x2 + 4x + 3)(x − 2) + 4x + 4
x2 + 4x + 3 = (4x + 4)( x4 + 34 ) + 0

Le PGCD (A,B) est x + 1

En effet:
(x + 1 = 1/4(4x + 4))

Exemple 2 :

Calculer PGCD (X 4 − 1, X 3 − 1).


X 4 − 1 = (X 3 − 1)X + (X − 1)
(X 3 − 1) = (X − 1)(X 2 + X + 1) + 0
Donc PGCD(X 4 − 1, X 3 − 1) = X − 1.

7 Racines d’un polynôme


Racines d’un polynôme
Definition 13. Soit P ∈ k[X]. L’application
P : k −→ k
t −→ an tn + ··· + a1 t + a0 = P (t)
est appelée fonction polynôme associée à P sur K.
Definition 14. On dit que a, élément de k, est un zéro ou une racine du polynôme P si a annule la fonction
polynômiale associée à P , c’est à dire P(a)=0.
a est un zéro de P si et seulement si P est divisible par X − a.

Preuve:

⇐)
Si P est divisible par X − a , alors il existe Q tel que P (X) = (X − a)Q(X). On a alors P (a) = 0.

Réciproquement,

si P (a) = 0, considérons la division euclidienne de P par X − a. On a :


P (X) = (X − a)Q(X) + R avec deg(R) < deg(X − a) = 1,
donc R est une constante.
On obtient alors 0 = P (a) = R donc R = 0 et P est divisible par X − a.
Definition 15. Soit P ∈ k[X], a ∈ k et k ∈ N∗ .
On dit que a est racine de P de multiplicité k si (X − a)k | P et (X − a)k+1 - P
– Si k = 1, on parle de racine simple,
– Si k = 2, on dit que a est racine double,
– Si k = 3, on dit que a est racine triple, etc.
Soit P un polynôme non nul admettant des racines a1 , ...ak distinctes deux à deux avec multiplicités respectives
k
(X − ai )αi divise P .
Q
α1 ,···, αk Alors
i=1
Preuve : Par récurrence sur le produit
· On sait déjà que (X − a1 )α1 divise P .

6
j−1
(X − ai )αi divise P (avec j ≤ k). Comme les ai sont deux à deux distincts, les polynômes
Q
· Supposons que
i=1
(X − ai )αi sont premiers entre eux deux à deux. La remarque permet donc d’affirmer que (X − aj )αj est premier
j−1 j−1
(X − ai )αi . Comme P est multiple de (X − aj )αj par hypothèse, et de (X − ai )αi , P est également
Q Q
avec
i=1 i=1
j
(X − ai )αi .
Q
multiple du PPCM de ces deux polynômes qui, d’après la proposition , vaut
i=1
k
αi
Q
Nous venons donc de montrer par récurrence sur j que (X − ai ) divise P
i=1
Un polynôme de degré n ∈ N admet au plus n racines comptées avec leur ordre de multiplicité : Si {a1 ,···, ak } est
l’ensemble des racines de P , et αi est la multiplicité de ai , alors on a α1 +···+αk ≤ n.
k
(X − ai )αi divise P .
Q
Preuve : D’après la proposition on a
i=1
k
deg(X − ai )αi ≤ deg P.
P
Donc
i=1
k
P
Le membre de gauche vaut αi , d’où le résultat.
i=1

8 Polynômes irréductibles
Polynômes irréductibles
Definition 16. On dit qu’un polynôme P est irréductible si ses seuls diviseurs sont les constantes et les polynômes
qui lui sont associés.
Remarque :
Tout polynôme de degré 1 est irréductible.
En effet,
soit P de degré 1, et Q un diviseur de P . Alors degQ ∈ {0, 1}. Si degQ = 0 alors Q est une constante, si
degQ = 1 alors degQ = degP donc P et Q sont associés.
Soit A un polynôme et P un polynôme irréductible ne divisant pas A. Alors P est premier avec A.
Preuve : Soit B un diviseur commun de A et de P . Comme P est irréductible, B doit être constant, ou associé
à P . Le deuxième cas est exclus car on a supposé que P ne divisait pas A. Donc B est constant. On a donc bien
P GCD(A, P ) = 1.
De même que tout entier possède une décomposition en facteurs premiers, tout polynôme a une décomposition en
facteurs irréductibles.

(Théorème de décomposition en facteurs irréductibles)


Soit P un polynôme non constant. Alors il existe un entier k ≥ 1, k entiers α1 , · · · , αk non nuls, k polynômes
irréductibles unitaires P1 ,···, Pk deux à deux distincts, et λ ∈ k\{0} tels que:
k
Piαi
Q
P =λ
i=1

Cette décomposition, appelée décomposition en facteurs irréductibles, est unique à l’ordre des facteurs près.

9 Le théorème fondamental de l’algèbre


Le théorème fondamental de l’algèbre
Definition 17. On dit qu’un polynôme non constant est scindé si la somme des ordres de multiplicité de ses racines
est égal à son degré.

7
Remarque :
Autrement dit, P de degré n est scindé si et seulement si il existe un n-uplet (λ1 ,···, λn ) de kn tel que P soit
n
Q
associé à (X − λ1 )···(X− λn ). c-à-d P (X) = λ (X − λi ) ou encore que P admet exactement n racines comptées
i=1
avec leur degré de multiplicité.
Exemple:
Dans R[X]
X 2 − 1 = (X − 1)(X + 1) est scindé.
Le très important résultat suivant est connu sous le nom de théorème fondamental de l’algèbre ou théorème de
d’Alembert-Gauss. Il en existe de nombreuses preuves, mais toutes dépassent le cadre du programme.
Theorem 18. Théorème fondamental de l’algèbre (Théorème de D’Alembert)
Tout polynôme de C[X] est scindé
On dit que le corps des complexes est algébriquement clos.

Remarque :

– On a vu que toutes les équations de degré 2 avaient deux solutions (éventuellement confondues) dans C.

– Le théorème fondamental exprime que toute équation de degré n admet n solutions (éventuellement confondues)
dans C.

– Dans le cas n = 3 ou 4, il existe des formules (assez compliquées) donnant les solutions en fonction des
coefficients.

– Pour une équation de degré supérieur ou égal à 5, il a été prouvé par un jeune mathématicien du XIX ème siècle,
E. Galois (Evariste Galois (Bourg-la-Reine, 25 octobre 1811 Paris, 31 mai 1832)) , que de telles formules n’existent
pas:
Evariste Galois a démontré l’impossibilité de résoudre de façon générale les équations de degré supérieur
ou égal à 5. Pour de telles équations, on peut toujours recourir à des techniques de résolution approchées
(graphique, dichotomie, etc...). Mais il n’y a pas de formules comme il en existe pour les équations du second
degré par exemple.

Polynômes irréductibles de C[X]


Un polynôme P est irréductible dans C si et seulement si degP = 1.

Preuve
On a déjà vu que tout polynôme de degré 1 était irréductible (que ce soit dans C ou dans R).

Pour montrer la réciproque,


donnons-nous un polynôme P de degré au moins 2.
Le théorème fondamental de l’algèbre nous dit que P admet au moins une racine λ1 .
Donc P est divisible par X − λ1 .
Clairement X − λ1 n’est pas constant et n’est pas associé à P car de degré strictement inférieur à 2.
Donc P n’est pas irréductible.
En appliquant le théorème général de décomposition en facteurs irréductibles, on en déduit :
Corollary 19. Tout polynôme P non nul de C[X] admet une décomposition en facteurs irréductibles du type suivant :
k
P = λ (X − λi )αi
Q
i=1
où {λ1 ,···, λk } est l’ensemble des racines de P , αi est la multiplicité de λi , et λ est le coefficient du terme dominant
de P .

8
Polynômes irréductibles de R[X]
Les polynômes irréductibles de R[X] sont :
• Les polynômes de degré 1,
déf
• Les polynômes de degré 2 à discriminant strictement négatif : P = aX 2 +bX +c avec a 6= 0 et ∆ = b2 −4ac <
0.
Tout polynôme à coefficients réels admet dans R[X] une décomposition en facteurs irréductibles du type suivant :
 k  !
l
(X − λi )αi (X 2 − 2Reµj X + |µj |2 )βj
Q Q
P =λ
i=1 j=1

où λ est le coefficient du terme dominant de P ,


{λ1 ,···, λk } est l’ensemble des racines réelles de P ,
αi multiplicité de λi , et {µ1 ,···, µl } est l’ensemble des racines complexes et non réelles de P et βj la multiplicité
de µj.
Exemple :
P (X) = X 6 − 2X 5 + X 4 + X 2 − 2X + 1
En remarquant que 1 est un racine et en effctuant la division euclidienne P (X) se factorise sur R sous la forme :
√ √
(X − 1)2 (X 2 − 2X + 1)(X 2 + 2X + 1)

Fraction Polynômiale

10 Corps des fractions


11 Fractions rationnelles
Fractions rationnelles
f
Definition 20. Une fraction rationnelle est le quotient de deux polynômes g avec g 6= 0. On note k(X) l’ensemble
des fractions rationnelles de polynômes à coefficients dans k.
On dit que f est le numérateur et g le dénominateur de la fraction
Comme pour Q on a alors les trois propriétés suivantes :
f f0
(1) Produits croisés : = 0 si et seulement si f g 0 = f 0 g.
g g
f f0 f g0 + f 0 g
(2) Somme : + 0 =
g g gg 0
f f0 ff0
(3) Produit : × 0 =
g g gg 0

Remarque:

Il y a deux opérations,somme et produit et on peut librement considérer aussi différence et quotient (sauf par 0).
En particulier, l’inverse de fg , pour f 6= 0, admet la représentation fg .
(k(X), +, ×) est un corps

9
Remarque:

De même qu’on peut considérer les constantes comme des polynômes particuliers (sans terme en x), les polynômes
sont des fractions rationnelles particulières (de dénominateur 1).
On peut se résumer avec les inclusions

k ⊂ k[X] ⊂ k(X).

11.1 Forme irréductible


f
Si f et g admettent un facteur commun d, c’est à dire si f = df1 et g = dg1 , on peut simplifier g par d :

f df1 f1
g = dg1 = g1 .

(C’est clair d’après la règle des produits croisés.)


Simplifiant par le pgcd, on peut trouver une représentation dont le numérateur et le dénominateur sont premiers
entre eux.
f
Definition 21. On dit qu’une fraction g est sous forme irréductible si f et g sont premiers entre eux.

12 Décomposition en éléments simples


f
Soit la représentation d’une fraction rationnelle On considère l’unique décomposition du dénominateur g en produit
g
m
de facteurs irréductibles, soit g = a ∗ qini Alors fg admet une unique décomposition (Décomposition en éléments
Q
i=1
simples)sous la forme
f f1,1 f1,n1 f2,1 f2,n2 fm,1 f1,nm
g =p + q1 +···+ q1n1 + q2 +· ··+ n
q2 2
+···+ qm +· ··+ nm
qm
.

ou encore
!
m ni
f P P fi,j
g =p + qij
i=1 j=1

où
– p un polynôme dit partie entière de la fraction avec p = 0 si deg(f ) < deg(g)
– pour tout i et tout j, le numérateur fi,j est tel que deg(fi,j ) < deg(qi ).

Cas réels et complexes

Rappel (cas réel)

Dans le cas réel, les polynômes irréductibles sont de degré 1 ou de degré 2 et de discriminant négatif.
La décomposition en éléments simples d’une fraction rationnelle fg comporte donc des termes de l’un des deux
types suivants :
a
• termes de première espèce, de la forme (x−α) j ,
ax+b
• termes de deuxième espèce, de la forme (x2 +βx+γ)j , où le discriminant ∆ = β 2 − 4γ est négatif. Rappel (cas

complexe)

Dans le cas complexe, les polynômes irréductibles sont tous de degré 1 (Théorème de d’Alembert). La
a
décomposition en éléments simples n’admet donc que des termes de la forme (x−α) j .

10
Example 22. Soit à décomposer la fraction rationnelle
f x4 +x3 +x2 +x+1
g = x5 +x3 .

Notons déjà que cette fraction est sans partie entière (le numérateur est de degré inférieur au dénominateur). Sur
les réels on a g = x3 (x2 + 1) et la décomposition est de la forme
f a1 a2 a3 bx+c
g = x + x2 + x3 + x2 +1

avec a1 , a2 , a3 , b, c des réels.


Sur les complexes on a g = x3 (x + i)(x − i) et la décomposition est de la forme
f a1 a2 a3 bi b−i
g = x + x2 + x3 + (x+i) + (x−i)

où a priori les coefficients bi et b−i sont complexes. On reviendra au calcul plus loin.

13 Pôles et calculs
13.1 Pôle d’une fraction rationnelle.
Definition 23. Soient fg une fraction rationnelle sur un corps k et α ∈ k. On dit que α est un pôle d’ordre k de f
g si
α est racine d’ordre k du dénominateur d’une représentation irréductible de cette fraction.

Remarque:

Comme dans le cas des racines, on parle aussi de pôle simple, double et triple dans les cas de pôle respectivement
d’ordre k = 1, 2 et 3.
Example 24. La fraction rationnelle
f x4 +x3 +x2 +x+1 x4 +x3 +x2 +x+1
g = x5 +x3 = x3 (x2 +1) .

de l’exemple précédent admet le pôle triple α= 0. Sur les complexes elle admet aussi les pôles simples i et −i.

Remarque:

Dans la décomposition en éléments simples, on peut écrire


k
h
P aj
(x−α)k
= (x−α)j
j=1

f
alors les constantes aj sont appelées les coefficients relatifs au pôle dans la décomposition de g en éléments
simples.
Dans la suite on va donner des techniques de calculs de ces coefficients.

13.2 Cas d’un pôle simple


Cas d’un pôle simple
Dans le cas d’un pôle simple, il n’y a qu’un seul terme de la forme a(x−α) et donc un seul coefficient: la constante
a.
Soit fg une fraction rationnelle sur un corps k sous forme irréductible. On suppose que α est un pôle simple de fg
f
: g s’écrit g = (x − α)g1 , où g1 (α) 6= 0. Alors le coefficient a relatif à α dans la décomposition de g en éléments
simples vérifie les égalités

11
f (α) f (α)
a= g 0 (α) = g1 (α) .

Preuve:

On a
f h1 a
g =p+ g1 + (x−α)

et donc, multipliant par g = (x − α)g1 ,


f = pg + h1 (x − α) + ag1 .
Calculant en α, on tire
f (α) = p(α)g(α) + h1 (α)(α − α) + ag1 (α) = ag1 (α)
f (α)
soit a = g1 (α) . Dérivant g = (x − α)g1 , on a
g 0 = (x − α)g10 + g1 .
Donc g 0 (α) = g1 (α). Soit
f (α) f (α)
a= g 0 (α) = g1 (α) .

Exemple

f x4 +x3 +x2 +x+1 x4 +x3 +x2 +x+1


g = x5 +x3 = x3 (x2 +1)
bi b−i
Sur le corps des complexes, on a les pôles simples i et −i donc des éléments simples de la forme x−i et x+i .
Notant que
g 0 = 5x4 + 3x2 ,
on tire de la proposition précédente qu’on a
i4 +i3 +i2 +i+1 1 i4 −i3 +i2 −i+1 1
bi = 5i4 +3i2 = 2 et b−i = 5i4 +3i2 = 2

Remarque:

On sait que les racines complexes d’un polynôme réel sont deux à deux conjuguées. On peut montrer que les
coefficients des parties principales de la décompoition correspondantes le sont aussi.
Soient fg une fraction rationnelle réelle et α,α des pôles simples complexes conjugués de fg .
Alors les coefficients relatifs à ces pôles sont conjugués.
Preuve: Ces coefficients sont gf0(α) f (α)
(α) et g 0 (α) .
On conclut facilement qu’ils sont conjugués.

Remarque:

Pour effectuer une décomposition en éléments simples dans le cas réel on peut donc passer par les complexes et
regrouper les termes conjugués.

Exemple:

Revenons encore à la fraction rationnelle


f x4 +x3 +x2 +x+1
g = x5 +x3 .
1
On a vu que les coefficients relatifs aux pôles i et −i sont tous deux égaux à 2 (un réel, donc son propre conjugué).
On tire
1 1 (x−i)+(x+i) x
2(x+i) + 2(x−i) = 2(x2 +1) = x2 +1 .

12
13.3 Pôle multiple : division suivant les puissances croissantes
Pôle multiple : division suivant les puissances croissantes
Pour calculer les coefficients relatifs à un pôle multiple, on introduit une division analogue à la division euclidienne,
mais effectuée cette fois suivant les puissances croissantes.
Soient f et g deux polynômes à coefficients dans un corps k. On suppose que le terme constant de g est non nul.
Alors, pour tout entier n, il existe deux polynômes qn et rn uniques tels que

f = qn g + xn rn et deg(qn ) < n.

Definition 25. Lorsqu’on écrit f = qn g + xn rn , on dit qu’on effectue la division suivant les puissances croissantes
de f par g à l’ordre n, qn est le quotient et xn rn le reste de cette division.

Exemple: Soit f = 1 + x, et g = 1 − x

On pose cette division un peu comme la classique division euclidienne, mais en écrivant les polynômes suivant les
puissances croissantes,

1+x 1−x
1−x
1 + 2x + 2x2
2x
−2x − 2x2

2x2
−2x2 − 2x3

2x3

on trouve à l’ordre 3: 1 + x = (1 − x)(1 + 2x + 2x2 ) + 2x3


Donc q3 = 1 + 2x + 2x2 et r3 = 2
Soit fg une fraction rationnelle sur un corps k sous forme irréductible.
Si 0 est un pôle d’ordre k de fg , soit g = xk g1 , où le terme constant de g1 est non nul, alors la partie principale
q
xk
relative à ce pôle a pour numérateur le quotient q de la division suivant les puissances croissantes à l’ordre k de f
par g1 .
Preuve: La division suivant les puissances croissantes à l’ordre k de f par g1 s’écrit

f = qg1 + xk r avec deg(q) < k.

On tire
f f qg1 +xk r q r
g = xk g1
= xk g1
= xk
+ g1 .

Si on écrit q = a0 + a1 x + ... + ak−1 xk−1 , on obtient


f a0 a1 ak−1 r
g = xk
+ xk−1
+ ... + x + g1 .

On a donc tous les éléments simples relatifs au pôle 0 (et la décomposition de gr1 fournit les éléments simples
relatifs aux autres pôles).
4 3 2
Prenons encore la fraction fg = x +xx5+x
+x3
+x+1
dont 0 est un pôle triple. Divisant f par g1 = 1 + x2 à l’ordre 3,
on a

13
1 + x + x2 + x3 + x4 = (1 + x)(1 + x2 ) + x4 .

On tire
f x4 +x3 +x2 +x+1 (1+x)(1+x2 )+x4 1+x x
g = x5 +x3 = x3 (1+x2 ) = x3 + 1+x2 .

Soit la décomposition complète sur les réels


f x4 +x3 +x2 +x+1
g = x5 +x3 = x13 + x12 + 1+x
x
2

Remarque

Dans le cas général d’un pôle α, on se ramène au cas α = 0 en faisant le changement de variable t = x − α.

14 Pratique de la décomposition en éléments simples


Les méthodes vues précédemment permettent en principe de calculer les décompositions en éléments simples dans
R(X) ou dans C(X).
Néanmoins, un certain nombre de techniques facilitent le travail:

• En diminuant globalement le nombre de coefficients à calculer.


• En permettant de calculer des coefficients peu facilement ”accessibles”, à condition cependant qu’il ne reste à
ce stade que peu d’inconnues

Décomposition dans C(X) d’une fraction à coefficients réels

Soit F = fg un élément de R(X).


Utilisation de la parité ou de l’imparité
Si une fraction rationnelle est paire ou impaire, sa décomposition doit refléter cette propriété.On exprime cette in-
variance par les transformations X −→ F (−X) ou X −→ −F (−X), et on en déduit des relations sur les coefficients
(le nombres d’inconnues diminue environ de moitié).

Injection de valeurs particulières


Quand il reste peu de coefficients à calculer, il est peut être intéressant d’injecter, dans l’égalité entre F et sa
décomposition, une ou plusieurs valeurs qui ne soient pas des pôles de F .
Si F est dans R(X), on peut injecter une valeur complexe comme i (ou j), l’identification donnant alors deux
relations entre les coefficients réels inconnus.
Utilisation de la méthode lim xF (x)
x−→∞
On suppose ici que le degré de F est strictement négatif (la partie entière est donc nulle).
λk
La décomposition de F fait apparaitre des termes du type X−α k
ou X 2a+βk X+bk
k X+γk
Le calcul de lim xF (x) donne alors une relation liant les coefficients λk et ak
x−→∞
Cette méthode est intéressante quand il ne reste que un ou deux coefficients à calculer.
Exemples de référence

1) Décomposer F = X n1−1 dans C(X)



f f =1
Ici F = g , avec Les pôles (simples) sont les racines n-ièmes ωk de 1
g = Xn − 1
f (ωk )
Pour tout k de {0, ..., n − 1}, on a g0 (ωk ) = nω1n−1 = ωnk
k
La décomposition en éléments simples de F s’écrit donc
n−1
1 1 X ωk
n
=
X −1 n X − ωk
k=0

14
1
2) Décomposer F = X(X+1)(X+2)...(X+n) dans R(X).
Les pôles sont 0, −1, −2, ..., −n. Ce sont des pôles simples
n
P λk
La forme de la décomposition est : F = X+k
k=0
λk s’obtient en multipliant F par X + k et en substituant −k à X. On trouve :

k−1 n
1 1 1 (−1)k (−1)k k
λk = Π = Π Π j−k =
k!(n−k)! = n! Cn
j6=k −k+j j=0 j−k j=k+1
n
1 1
P (−1)k Cn
k
Conclusion : F = X(X+1)(X+2)...(X+n) = n! X+k
k=0

1
3) Décomposer F = X 3 (X 2 −1) dans R(X)

Les pôles sont 0 (triple), 1 (simple) et −1 (simple).


La partie entière est nulle.

Posons. F = Xa3 + Xb2 + Xc + X−1 d


+ e
X+1 .
L’imparité de F donne b = 0 et e = d

On trouve a en multipliant par X 3 et en substituant 0 à X. Donc a = −1


On trouve d en multipliant par (X − 1) et en substituant 1 à X. Donc d = 12
Si on utilise la méthode lim xF (x), on trouve 0 = c + 1. Donc c = −1
x−→∞

Finalement : F = X 3 (X12 −1) = − X13 − X


1 1
+ 2(X−1) 1
+ 2(X+1)
1
4) Décomposer F = X(X 2 +1)(X 2 +X+1)(X 2 −X+1) dans R(X)

a cX+d αX+β λX+µ


La décomposition est de la forme: F = X + X 2 +1 + X 2 +X+1 + X 2 −X+1

L’imparité de F donne immédiatement : d = 0, µ = −β et λ = α.

On cherche donc a, c, α, β tels que :


a αX+β αX−β
F =X + XcX
2 +1 + X 2 +X+1 + X 2 −X+1

On trouve a en multipliant par X et en substituant 0 à X. Donc a = 1.


On trouve c en multipliant par X 2 + 1 et en substituant i à X.
Donc c = −1.
On trouve α, β en multipliant par X 2 + X + 1 et en substituant j à X:
1
(X 2 + X + 1)F = X(X 2 +1)(X 2 −X+1) = αX + β + (X 2 + X + 1)(...)

1 1 1
=⇒ αj + β = j(j 2 +1)(j 2 −j+1) = 2 =⇒ α = 0, β = 2

1 X 1 1
Finalement :F = X − X 2 +1 + 2(X 2 +X+1) − 2(X 2 −X+1)

5
X
5) Décomposer F = (X−1) 4 dans R(X)

On écrit X = (X − 1 + 1)5 = (X − 1)5 + 5(X − 1)4 + 10(X − 1)3 + 10(X − 1)2 + 5(X − 1) + 1
5

10 10 5 1
On en déduit: F = X + 4 + (X−1) + (X−1)2 + (X−1)3 + (X−1)4

X8
6) Décomposer F = (X 2 −X+1)3 dans R(X)

15
On procède à des divisions successives par B = X 2 − X + 1

X 8 = Q1 B + R1 , avec Q1 = X 6 + X 5 − X 3 − X 2 + 1 et R1 = X − 1.

Q1 = Q2 B + R2 , avec Q2 = X 4 + 2X 3 + X 2 − 2X − 4 et R2 = −2X + 5
et
Q2 = Q3 B + R3

X8 R3 R2 R1
Ainsi: X 8 = R1 + R2 B + R3 B 2 + Q3 B 3 puis F = B3 = Q3 + B + B2 + B3

Conclusion :
F = X 2 + 3X + 3 − X2X+7 2X−5 X−1
2 −X+1 − (X 2 −X+1)2 + (X 2 −X+1)3

7) Décomposer F = X 10 (XX2 −X+1) dans R(X)

10
ai
F a une décomposition de la forme XaX+b
P
2 −X+1 + Xi
i=1
On effectue la division suivant les puissances croissantes de X par X 2 −X + 1, à l’ordre 10 (c’est à dire, jusqu’à
ce que X 10 soit en facteur dans le reste) :
X = (1−X + X 2 )(X + X 2 −X 4 −X 5 + X 7 + X 8 )−X 10
donc 2 2
−X 4 −X 5 +X 7 +X 8 )−X 10
F = (1−X+X )(X+X X 10 (X 2 −X+1)
2 4 5 7 8
= X+X −X X−X 10
+X +X 1
− (X 2 −X+1)
Conclusion:
F = X12 + X13 − X15 − X16 + X18 + X19 − (X 2 −X+1) 1

8) Décomposer F = (X−1)10X−1 (X 2 −3X+3) dans R(X)


Y
Dans ce cas on fait le changement de variable Y = X−1, soit X = Y + 1, donc F = Y 10 (Y 2 −Y +1) et on est
ramené au cas précédent, avec Y au lieu de X. Donc
F = Y12 + Y13 − Y15 − Y16 + Y18 + Y19 − (Y 2 −Y 1
+1)
Conclusion :
1 1 1 1 1 1 1
F = (X−1) 2 + (X−1)3 − (X−1)5 − (X−1)6 + (X−1)8 + (X−1)9 − X 2 −3X+3

Fin du cours

16