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Mini projet sur :

Structure de groupes de Lie


(résoluble et nilpotent)

EL hasnaoui Zakaria
Sous la direction du Pr : ABDELHAK ABOUQATEB
Université Cadi Ayyad
Faculté des Sciances et Techniques
Département de Mathématiques

21 avril 2019
ELhasnaoui Zakaria 2
TABLE DES MATIÈRES

1 Structure de groupes de Lie (résoluble et nilpotent) 2


1.1 Rappel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 Groupes de Lie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.2 Sous-groupes de Lie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.3 Cartan, Von-Neumann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.4 Sous-groupes normaux ;caractéristiques ; groupes simples . . . . . 3
1.2 Groupes de lie résolubles et nilpotent . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.2 Série dérivé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.3 Série centrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.4 Groupes de Lie résoluble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.5 Groupes de Lie nilpotent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

1
CHAPITRE 1
STRUCTURE DE GROUPES DE LIE
(RÉSOLUBLE ET NILPOTENT)

1.1 Rappel
1.1.1 Groupes de Lie

Définition 1.1.1
Un groupe de Lie est un ensemble G muni de deux structures compatibles :
- Une structure de groupe donnée par une loi de composition

m : G × G 7−→ G , (x, y) 7−→ xy,

et dont on note i : G 7−→ G; x 7−→ x−1 l’application "passage à l’inverse "


- Une structure de variété lisse ( donnée par une classe d’équivalence d’atlas de classe
C ∞ ).
- Compatibilité : Les application m et i sont lisses.

1.1.2 Sous-groupes de Lie

Définition 1.1.2
Soit G un groupe de Lie. Un sous-groupe de Lie H de G est un sous-groupe munie
d’une topologie et d’une structure différentiable qui en font un groupe de Lie et tel que
l’injection canonique i : H 7−→ G soit une immersion.

2
CHAPITRE 1. STRUCTURE DE GROUPES DE LIE (RÉSOLUBLE ET NILPOTENT)

Proposition 1.1.1
Tout sous-groupe de Lie H de G est fermé.

Preuve
Cela découle des deux points ci-dessous.

i) Puisque H est une sous-variété, H est localement fermé (i.e. tout point h de H admet
T
un voisinage U dans G tel que H U soit fermé dans U ).
ii) Supposons plus généralement que G est un groupe topologique et H un sous-groupe
localement fermé. Alors H est fermé. En effet, soit g dans l’adhérence H de H̄ dans G :
T
- choisissons U voisinage ouvert de e dans G tel que H U soit fermé dans U . Quitte
à remplacer U par U U −1 on peut supposer que U = U −1 (on dit alors que U est
T

symétrique).
- gU est un voisinage ouvert de g donc gU H 6= ∅. Choisissons h dans cette intersection ;
T

on a donc g ∈ hU −1 H̄ = hU H̄. Puisque hU est ouvert, hU H est l’adhérence


T T T
T
de hU H dans hU .
H = h(U
T T
- Or, hU H) est fermé dans hU par choix de U .

1.1.3 Cartan, Von-Neumann

Théorème 1.1.1
Tout sous-groupe fermé H d’un groupe de Lie G est un sous-groupe de Lie. Plus
précisément, il existe une structure de groupe de Lie sur H (nécessairement unique)
qui fait de H une sous-variété de G.

Exemples 1.1.1

- Les groupes discrets (dénombrables) sont les groupes de Lie de dimension 0.


- Les groupe de matrices : Ce sont les sous-groupe fermé d’un GL(n; K).
- Tout sous-groupe connexe par arcs d’un groupe de Lie est un groupe de Lie (Yamabe).
- Le quotient d’un groupe de Lie par un sous-groupe distingué et fermé est un groupe de
Lie.
- Le tore T2 c’est l’unique groupe de Lie compact connexe Abélien de dimension 2.

1.1.4 Sous-groupes normaux ;caractéristiques ; groupes simples

ELhasnaoui Zakaria 3
CHAPITRE 1. STRUCTURE DE GROUPES DE LIE (RÉSOLUBLE ET NILPOTENT)

Définition 1.1.3
On dit qu’un sous-groupe H de G est normal (ou invariant) si pour tout x ∈ G et
tout h ∈ H, on a xhx−1 ∈ H.
Cela revient à dire que le sous-groupe H est stable par tout automorphisme intérieur.

Définition 1.1.4
On dit qu’un sous-groupe H de G est caractéristique s’il est stable par tout automor-
phisme de G.

Définition 1.1.5
On dit qu’un groupe G est simple lorsqu’il a exactement deux sous groupes normaux :
{1} et G.

1.2 Groupes de lie résolubles et nilpotent


1.2.1 Introduction
Soit G un groupe de Lie et soient x, y deux éléments de G. L’élément xyx−1 y −1 est
appelé le commutateur de x et y. On le note [x, y]. On a alors [x, y] = xyx−1 y −1 .
Si A et B sont deux sous-groupes de lie de G, on note [A, B] le groupe de lie engendré
par les commutateurs {[x, y]/x ∈ A et y ∈ B}.

Le groupe [G, G] est appelé le groupe des commutateurs de G ou encore le groupe


dérivé de G et est noté D(G). C’est un sous groupe caractéristique de G.
Les éléments de [A, B] sont des produits finis de tels commutateurs et leurs inverses.
Depuis [x, y]−1 = [y, x], nous avons [A, B] = [B, A].

Si A et B sont tous deux des sous-groupes de lie normaux de G, alors [A, B] est
également un sous-groupe de lie normal.( Clairement, c[a, b]c−1 = [cac−1 , cbc−1 ]).

1.2.2 Série dérivé

Définition 1.2.1
Définir une série de sous-groupes de lie normaux

G = G0 ⊃ G1 ⊃ G2 ⊃ . . .

ELhasnaoui Zakaria 4
CHAPITRE 1. STRUCTURE DE GROUPES DE LIE (RÉSOLUBLE ET NILPOTENT)

avec
G = G0 et G = Gn+1 = [Gn , Gn ]
Gn+1 est le groupe dérivé de Gn . et Gn /Gn+1 est le quotient abélien universel de Gn .
Ce qui précède La série de sous-groupes de G s’appelle la série dérivée de G.

ELhasnaoui Zakaria 5
CHAPITRE 1. STRUCTURE DE GROUPES DE LIE (RÉSOLUBLE ET NILPOTENT)

Exemples 1.2.1
Soit le groupe symétrique Sn avec n ≥ 2. Alors le sous-groupe dérivé D(Sn ) est le groupe
alterné An
En effet, nous savons que An est un sous-groupe normal de Sn d’ordre n!/2 .Conséquem-
n!
ment Sn /An est un groupe ayant n!/2 = 2. éléments. Mais ceci signifie que Sn /An est
un groupe cyclique et conséquemment est abélien. nous obtenons que D(Sn ) ⊂ An . Il
nous faut maintenant considérer l’autre inclusion.
Si n = 2, il est clair que D(Sn ) = A2. Nous supposerons que n ≥ 3. Nous avons vu
que An est engendrée par les permutations γ3 , γ4 . . . , γn oùγi est le 3-cycle ( 1 2 i) pour
i = 3, 4, ..., n. Mais il est facile de vérifier que γi = ( 2 i)(1 2)(2 i)(1 2) = (2 i), (1 2)
est un commutateur. Nous obtenons donc que D(Sn ) = An .

1.2.3 Série centrale

Définition 1.2.2
Soit G groupe, on définit par récurrence les sous-groupes C n (G) :
i) C 0 (G) = G
ii) ∀n ∈ N, C n+1 (G) = [G, C n (G)] On appelle suite centrale descendante la suite
de sous-groupes C n (G) ainsi définie.

1.2.4 Groupes de Lie résoluble

Définition 1.2.3
Un groupe de lie G est dit résoluble s’il existe un entier n ≥ 0 tel que D n G = {1}.
On appelle alors classe résolubilité de G et on note cl(G) le plus petit entier n positif
pour lequel D n G = {1}. Ainsi, cl(G) = 0 équivaut à G = {1} et cl(G) ≤ 1
équivaut à dire que G est abélien.

Exemples 1.2.2

+ Tout groupe fini d’ordre impair est résoluble. Il s’agit d’un théorème très difficile de Feit
et Thomson prouvé en 1962, qui répond à une question posée par Burnside en 1897.
+ Tout groupe abélien est résoluble.
+ Tout groupe cyclique est résoluble (Car est abélien).
+ Tout sous-groupe d’un groupe résoluble est résoluble.

Exercice 1.2.1
Soit n ≥ 2. Alors le groupe symétrique Sn est résoluble si et seulement si n ≤ 4

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CHAPITRE 1. STRUCTURE DE GROUPES DE LIE (RÉSOLUBLE ET NILPOTENT)

solution 1.2.1
Nous avons vu que D(Sn ) = An pour n ≥ 2. Commençons par le cas où n ≥ 5.
Si n ≥ 5., alors nous avons vu que An est simple. Alors D 2 (Sn ) = D(An ) est soit
An , soit {e}, car DG est un sous-groupe normal de G pour tout groupe G et An est
simple. Alors D(G) = {e} si et seulement si G est abélien. Comme An n’est pas
abélien si n ≥ 5, nous avons que D(Sn ) = An . Donc D 2 (Sn ) = D(An ) = An ,
D 3 (Sn ) = D(An ) = An et nous obtenons que D k (Sn ) = An pour tout k ≥ 2 par
induction. Conséquemment si n ≥ 5, nous avons que Sn n’est pas résoluble.
Si maintenant n = 3, alors le groupe A3 à 3 éléments et ainsi est cyclique et abélien.
Alors D(A3 ) = {e}. Donc D0(S3) = S3, D1(S3) = A3, D2(S3) = D(A3) = e. De ceci,
nous pouvons conclure que S3 est résoluble.
Si maintenant n = 2, alors A2 = {e}. Donc D(S2 ) = A2 = {e} et S2 est résoluble
Si maintenant n = 4, alors A4 a un sous-groupe normal, son unique 4-sous-groupe de
Sylow, égal à

( ! ! ! !)
1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4
H = , , ,
1 2 3 4 2 1 4 3 3 4 1 2 4 3 2 1
Comme le groupe quotient A4 /H à 12/4 = 3 éléments, alors A4 /H est cyclique et
en particulier est abélien.donc D(A4 ) ⊆ H. Il est facile de vérifier que H est abélien et en
conséquence D(H) = {e}. Ainsi D 0 (S4 ) = S4 , D 1 (S4 ) = A4 , D 2 (S4 ) = D(A4 ) ⊆
H, D3( S4 ) = {e}, car D 3 (S4 ) ⊆ D(H) = {e}. De ceci, nous pouvons conclure que
S4 est résoluble.

1.2.5 Groupes de Lie nilpotent

Définition 1.2.4
Un groupe de lie G est dit nilpotent s’il existe un entier n ≥ 0 tel que C n G = {1}.
On appelle la classe de nilpotence de G le plus petit entier n positif pour lequel
C n G = {1}.
Un groupe est nilpotent de classe 0 si et seulement si il est réduit à l’unité.
Un groupe est nilpotent de classe 1 si et seulement si il est commutatif, non réduit à
l’unité.

Proposition 1.2.1
Soit G un groupe de Lie et soit n un entier ≥ 1. Les propriétés suivantes sont
équivalentes :
1. G est résoluble de classe ≤ n
2. Il existe une suite G = g0 ⊃ g1 ⊃ . . . ⊃ gn = {1} de sous-groupes de lie
normaux de G tels que gi /gi+1 soit abélien pour 0 ≤ i ≤ n − 1
3. Il existe un sous-groupe de lie abélien A normal dans G tel que G/A soit
résoluble de classe ≤ n − 1.

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CHAPITRE 1. STRUCTURE DE GROUPES DE LIE (RÉSOLUBLE ET NILPOTENT)

Preuve
(1) =⇒ (2) Posons gi = D i G pour tout i ≥ 0. Puisque D(G) est stable par tout
automorphisme (même non intérieur !) de G, D i G est normal dans G pour tout i. La
suite (gi )i≥0 ainsi définie vérifie donc (2).
(2) =⇒ (1) Par récurrence sur k on voit que D k G ⊂ Gk pour tout k, d’où D n G = 1.
(1) =⇒ (3) On prend A = D n−1 G.
(3) =⇒ (1) D’après l’implication (1) =⇒ (2), appliquée à G/A et à n − 1 , il existe
une suite G = A0 ⊃ A1 ⊃ . . . ⊃ An−1 = A de sous-groupes de Lie normaux de
G telle que la suite des quotients G/A ⊃ A1 /A ⊃ . . . ⊃ An − 1/A = 1 vérifie la
condition (2). Alors la suite G ⊃ A1 ⊃ . . . ⊃ An−1 ⊃ 1 vérifie la condition (2) et
l’implication (2) =⇒ (1) appliquée à G et à n permet de conclure.
Remarque. Tout sous-groupe (et tout groupe quotient) d’un groupe résoluble de classe ≤ n
est résoluble de classe ≤ n.

Proposition 1.2.2
Si H est un sous-groupe de Lie de G, les propriétés suivantes sont équivalentes :
i) H est normal dans G et G/H est abélien ;
ii) D 1 G ≤ H

Preuve
(i) −→ (ii). Si G/H est abélien, on a [x, y] ∈ H pour tout x, y ∈ G, d’où l’inclusion
D1 G ≤ H
(ii) −→ (i). Pour x ∈ G, h ∈ H, on a xhx−1 = h[h, x] ∈ H car [h, x] ∈ H ; donc
H est normal dans G. De plus, [x, y] est dans H pour tout x, y ∈ G, donc G/H est
abélien.

Lemme 1.2.1

i) Si H est un sous-groupe de G, on a D k H ≤ D k G pour tout entier k ≥ 0.


ii) Si f : G1 −→ G2 est un homomorphisme de groupe, on a f (D k G) = D k f (G)
pour tout entier k ≥ 0.

Proposition 1.2.3
Soient G un groupe résoluble de classe r et H est un sous-groupe. Alors :
i) H est résoluble de classe ≤ r ;
ii) Si H est normal dans G, G/H est résoluble de classe ≤ r.

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CHAPITRE 1. STRUCTURE DE GROUPES DE LIE (RÉSOLUBLE ET NILPOTENT)

Preuve
(i).C’est une conséquence immédiate du Lemme
(ii). Si π est la projection canonique de G sur G/H, on a π(D r G) = π({1}) = {1} ;
mais d’après le Lemme, π(D r G) = D r π(G) = D r (G/H), d’où Dr (G/H) = {1}.

Proposition 1.2.4
Soit H un sous-groupe normal d’un groupe G. Alors, si H et G/H sont résolubles
(de classes respectives r et s), le groupe G est résoluble (de classe ≤ r + s).

Preuve
Soit π est la projection canonique de G sur G/H. En utilisant le Lemme on peut écrire :
π(D s G) = D s π(G) = D s (G/H) = {1}, donc D s G ≤ H. D’après le Lemme ,
D s D r G = D r+s G ≤ D r H d’où D r+s G = {1} car D r H = {1}.

Proposition 1.2.5
Tout groupe de lie nilpotent est résoluble.

Preuve
On montre facilement par récurrence que pour tout n ∈ N, on a D n (G) ⊂ C n (G). Cela
assure l’implication demandée.
La réciproque est fausse : le groupe S3 est résoluble de classe 2. En effet, la suite centrale
descendante de S3 ; on a C 1 S3 = S3 , C 2 S3 = C3 (groupe cyclique d’ordre 3) puis
C 3 S3 = C3 , etc. La suite est stationnaire et n’atteint pas {1}. Donc S3 n’est pas
nilpotent.

Proposition 1.2.6
Un groupe de lie G est nilpotent de classe ≤ n + 1 si et seulement s’il est extension
centrale d’un groupe de lie Γ nilpotent de classe ≤ n (i.e. s’il existe une suite exacte
{1} −→ A −→ G −→ Γ −→ {1} où A est contenu dans le centre de G).

Si G est nilpotent de classe n + 1, alors C n+2 G = {1} donc C n+1 G est dans le
centre de G.
Posons Γ = G/C n+1 G ; on a C n+1 Γ = {1} donc Γ est nilpotent de classe ≤ n.
Réciproquement, si une telle suite exacte existe et si C n+1 Γ = {1}, alors C n+1 G ⊂ A,
donc C n+1 G est contenu dans le centre de G, et C n+2 G = {1}.

Corollaire 1.2.1
Soit G un groupe nilpotent et soit H un sous-groupe deG distinct de G. Alors NG (H)
est distinct de H.

ELhasnaoui Zakaria 9
CHAPITRE 1. STRUCTURE DE GROUPES DE LIE (RÉSOLUBLE ET NILPOTENT)

Preuve
On raisonne par récurrence sur la classe de nilpotence n de G.
Si n = 1, on a NG (H) = G (car G est abélien) donc NG (H) 6= H.
Si n ≥ 2, choisissons un sous-groupe central A de G tel que G/A soit nilpotent de classe
≤ n − 1. AlorsNG (H) contient A.
Si H ne contient pas A alors NG (H) 6= H.
Si H contient A, alors H/A est un sous-groupe propre de G/A et l’hypothèse de récurrence
montre que H/A 6= NG/A (H/A). Comme NG (H)/A = NG/A (H/A), on en déduit
que NG (H) est distinct de H.

ELhasnaoui Zakaria 10
BIBLIOGRAPHIE

[1] Gerard Endimioni, Une introduction aux groupes nilpotents DEA. Cours de DEA
1996/1997 (Université de Provence - France), 1997, pp.38. <cel-00147118>.

[2] Jean-Pierre Serre, Cours à l’École Normale Supérieure de Jeunes Filles, 1978/1979

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