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Vos conseils pour rédiger des conclusions

Question postée dans le thème Déroulement du Procès sur le forum Monde de la Justice.

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1. 24/03/2017 14h03#1

Houlaok

Membre Exclu des Forums


Ancienneté
février 2017
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Bonjour,

Je dois rédiger des conclusions pour le TGI.


Je ne trouve pas de guide pour la mise en forme.
En connaissez-vous un ? A tout le moins, savez-vous dans quelle direction chercher pour trouver cela ?
Plus généralement, avez-vous des conseils à donner sur la forme. Plutôt quelque chose de très concis
avec articles de lois correspondants ? Ou quelque chose de plus romancé ?
J'imagine qu'il faut impérativement éviter l'ironie et les sous-entendus. Si j'ajoute une pointe d'humour,
je crâme tout ?
Et pour ce qui est du plan, quel serait le modèle ?
Aussi, quelle volume conseilleriez-vous ? Plutôt 2 pages ou plutôt 15 (sachant que ce n'est quand même
pas une affaire d'Etat) ?

Merci d'avance pour vos conseils.


2. 24/03/2017 14h54#2

Zozoy

Ancienneté
novembre 2016
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Bonjour,

Je pense que la question la plus importante que vous vous posez est celle du plan.

J'ai toujours vu des conclusions en trois parties :


1. Rappel des Faits
2. Discussion
3. Par ces motifs (récapitulatif des demandes)

Cherchez sur le net, vous avez de nombreux modèles.


Bien à vous, Zozoy

Dernière modification par Zozoy ; 24/03/2017 à 15h00.


3. 24/03/2017 14h58#3

VincentB_

Ancienneté
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Bonjour,

Au civil donc ?

Il n'y a pas de règle précise. Cela varie selon les rédacteurs et selon le type de contentieux.

J'ai tendance à être aussi technique et froid que possible. Se laisser aller à la fantaisie c'est souvent
donner des armes à son contradicteur. La plupart de mes confrères se lâchent beaucoup plus.

(Je ne fais presque pas de pénal ; quand j'en fais, je puis être nettement plus cinglant.)

Mes conclusions vont de de 5 à 8 pages pour un contentieux simple avec une fonte de 12. Sur des
dossiers complexes, ça peut monter à15 (au civil donc ; au TA ou en CAA, j'ai dépassé les 40 pages sur
du contentieux fiscal).

Mon plan habituel :


1) rappel des faits et procédure antérieurs
2) remarques liminaires (nullités, puis FNR)
3) discussion
4) conclusion

Le 2 saute parfois, le 3 plus rarement.

Vous trouverez facilement en ligne les recueils d'actes de l'EFB

"Vous avez de mauvaises actions sur la conscience ? Vendez ! " (Michel Greg)
4. 24/03/2017 15h03#4

Houlaok

Membre Exclu des Forums


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Bonjour à vous et merci pour vos réponses.

En l'occurrence, c'est du pénal.


5 à 8 pages, oui, je vais tourner autour de cela, en tassant bien et en évidant les redondances. L'enjeu
est d'un jour d'ITT, mais c'est en fait une accusation mensongère.

- J'ai trouvé ce modèle là :http://www.cftc-metal38.fr/juridique...sionschsct.pdf . C'est très schématique,


en effet. Pensez-vous que le style sied aussi pour du pénal ?
- Lorsque vous écrivez "nettement plus cinglant", VincentB_, vous signifiez-quoi par là ?
- Plus précisément, et c'est peut-être le plus important : quels sont les éventuels éléments que des
conclusions doivent obligatoirement contenir, au risque d'être automatiquement rejetées ?

En ce qui me concerne, ce sont des conclusions en défense, je précise.


5. 24/03/2017 15h15#5

VincentB_

Ancienneté
janvier 2013
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"ITT" donc correctionnelle.

Je sors de mon domaine de compétence actuel, désolé.

"Vous avez de mauvaises actions sur la conscience ? Vendez ! " (Michel Greg)
6. 24/03/2017 15h44#6

Houlaok

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Il faut donc que je cherche spécifiquement un modèle de conclusion adapté à une procédure en
correctionnel, au TGI ?
7. 24/03/2017 16h12#7

VincentB_

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janvier 2013
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C'est préférable. Et n'oubliez pas qu'on est sur de la procédure avant tout orale.

"Vous avez de mauvaises actions sur la conscience ? Vendez ! " (Michel Greg)
8. 24/03/2017 16h20#8

Houlaok

Membre Exclu des Forums


Ancienneté
février 2017
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C'est cela qui me gêne.
Comme dit dans un autre topic, je me demande quel est le principe qui fonde cette primauté du droit
oral, dans une procédure au TGI.
Comment fait-on en face d'un bon comédien ?

Et pour ce qui est de l'appel, est-ce toujours le cas ?


9. 24/03/2017 19h20#9

Stéphane Boudin

Ancienneté
décembre 2007
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Bonjour,

Vu que c'est du pénal et que vous êtes partie civile, cela reste assez basique au niveau de la rédaction
des conclusions.

Attention, les conclusions que vous avez trouvées sont des conclusions devant le TGI en matière "civile"
(pour être plus précis de la compétence du TGI mais en matière sociale). Vous devez faire beaucoup plus
simple.

Donc :
- Rappel des parties
- Exposé des faits
- Exposé des chefs de poursuite du prévenu devant le Tribunal Correctionnel
- Partie (principale et essentielle) sur le préjudice que vous avez subi
- Par ces motifs (qui ressemble à cela ) :
- Vu les dispositions du Code pénal (vous pouvez viser les articles visés dans la prévention
- Faire application de la loi pénale à Monsieur X
- Déclaration Monsieur Y (vous) recevable et bien fondé en se constitution de partie civile
- Déclarer le jugement opposable à la CPAM (s'il y a eu un préjudice corporel - dans ce cas, la CPAM doit
être informée de la procédure au préalable car elle dispose d'une action contre l'auteur des faits pour
tenter de récupérer les frais qu'elle a avancée à votre bénéfice)
- Condamner Monsieur X à régler à Monsieur Y la ou les sommes suivantes
Très important, vous n'avez pas à prendre le rôle du parquet en vous faisant le procureur de votre
propre affaire. Vous n'avez pas à demander à ce que Monsieur X soit reconnu coupable des faits, ni à
proposer une peine (surtout pas), juste à indiquer qu'il est demandé de faire appliquer la loi pénale à
Monsieur X.

Voilà, voilà dans les grandes lignes.

Cinq à six pages de conclusions sont largement suffisantes. La partie essentielle étant la description de
votre préjudice et la justification du montant que vous sollicitez en réparation.

N'oubliez pas au début de l'audience de fournir à l'avocat vos pièces pour justifier de vos
demandes (principe du contradictoire), de lui donner un exemplaire de vos conclusions,
l'autre exemplaire étant fourni au greffier/à la greffière du Tribunal pour visa (soit au début
de l'audience, soit lorsque votre affaire est appelée), le greffier/ la greffière transmettant
ensuite au Tribunal vos conclusions. N'oubliez pas enfin de remettre à la fin de l'affaire au
Tribunal vos pièces.

---------- Message ajouté à 19h20 ---------- Précédent message à 19h09 ----------

Envoyé par Houlaok


C'est cela qui me gêne.
Comme dit dans un autre topic, je me demande quel est le principe qui fonde cette primauté du droit oral, dans une
procédure au TGI.
Comment fait-on en face d'un bon comédien ?

Et pour ce qui est de l'appel, est-ce toujours le cas ?

Et pour information, nous ne sommes pas dans une procédure devant le TGI au civil mais au pénal.
Toute les procédures pénales sont orales puisque les audiences sont publiques (sauf audience en
chambre du conseil), l'exercice des poursuites et le rendu de la décision se faisant au nom du Peuple
français.

Et ne vous inquiétez pas, ce n'est pas vous la victime contre l'auteur des faits, c'est l'auteur des faits
contre le Parquet représenté par le procureur avec vous en léger retrait dans votre rôle de victime.

Pour l'audience, pas de stress, vous avez juste à donner vos conclusions et vos pièces comme je vous l'ai
indiqué. Pour le reste, vous pourrez prendre la parole au moment où le Président (ou le juge rapporteur
de l'affaire) vous la donnera. Lorsque l'instruction du dossier sera terminée, vous pourrez "plaider" pour
évoquer votre/vos préjudices et développer vos demandes financières à ce moment là, avant que le
Parquet prenne ses réquisitions et que le prévenu puisse ensuite se défendre(puisqu'il a le droit à la
parole en dernier).
Pour la procédure devant la Cour d'Appel, c'est le même principe.
10. 25/03/2017 13h38#10

Houlaok

Membre Exclu des Forums


Ancienneté
février 2017
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Bonjour cher Stéphane Boudin, soyez remercié pour le temps que vous avez pris pour répondre à ce
sujet. Je vais tâcher de préciser ou faire préciser vos bons conseils :
Envoyé par Stéphane Boudin
Bonjour,

Vu que c'est du pénal et que vous êtes partie civile, cela reste assez basique au niveau de la rédaction des conclusions.

Non, le procès a ceci de spécial que je suis l'accusé. Mais la plaignante est une grande menteuse. C'est
donc un cas d'accusation mensongère. Lequel sera assez facile à démontrer. En tout cas, il sera
impossible à la plaignante de prouver quoi que ce soit. Normalement, il n'y aurait même pas dû y avoir
de procès. Mais les fonctionnaires de police ont comme souvent fait un travail de haute volée, si bien que
le droit de la défense a été complètement piétiné lors de la confrontation (j'ai été confronté non pas à
l'accusatrice, mais à son avocate). D'ailleurs, ce point est important et mérite d'être rappelé dans
les conclusions. Mais selon quelle présentation et à quel endroit ?

Envoyé par Stéphane Boudin


- Rappel des parties
- Exposé des faits
- Exposé des chefs de poursuite du prévenu devant le Tribunal Correctionnel
- Partie (principale et essentielle) sur le préjudice que vous avez subi
- Par ces motifs (qui ressemble à cela ) :
- Vu les dispositions du Code pénal (vous pouvez viser les articles visés dans la prévention
- Faire application de la loi pénale à Monsieur X
- Déclaration Monsieur Y (vous) recevable et bien fondé en se constitution de partie civile
- Déclarer le jugement opposable à la CPAM (s'il y a eu un préjudice corporel - dans ce cas, la CPAM doit être informée
de la procédure au préalable car elle dispose d'une action contre l'auteur des faits pour tenter de récupérer les frais
qu'elle a avancée à votre bénéfice)
- Condamner Monsieur X à régler à Monsieur Y la ou les sommes suivantes
Très important, vous n'avez pas à prendre le rôle du parquet en vous faisant le procureur de votre propre affaire. Vous
n'avez pas à demander à ce que Monsieur X soit reconnu coupable des faits, ni à proposer une peine (surtout pas),
juste à indiquer qu'il est demandé de faire appliquer la loi pénale à Monsieur X.

J'imagine que dans mon rôle de défenseur, le plan est similaire. Il faut aussi que je rappelle les articles
de loi qui définissent les accusations mensongères, le harcèlement moral, etc... Parce que là, en fait,
j'ai double conclusion à faire :
1. Montrer que je suis
innocent de ce qui
m'est reproché (ou
alors, montrer que
la plaignante n'a
aucune preuve de
rien).
2. Montrer que la
plaignante est en
fait la coupable.
3. Envoyé
par Stéphane
Boudin
Cinq à six
pages de
conclusions
sont
largement
suffisantes.
La partie
essentielle
étant la
description de
votre
préjudice et la
justification
du montant
que vous
sollicitez en
réparation.

Justement, la plaignante va demander quelque chose. Et moi aussi. De là une question importante :
- Faut-il traiter les deux affaires en une fois ou en deux procès ?
- C'est-à-dire que durant ce procès, je peux à la fois prouver mon innocence (du moins l'accusatrice est-
elle incapable de prouver ma culpabilité) puis dans la foulée j'expose en quoi l'accusatrice est la
coupable.
- Ou alors, je me contente de faire débouter la plaignante sans exposer mes propres accusations, puis je
porte plainte à mon tour et traite le cas d'accusation mensongère dans une nouvelle procédure (avec
diffamation, etc...).
Qu'en pensez-vous ?

Envoyé par Stéphane Boudin

N'oubliez pas au début de l'audience de fournir à l'avocat vos pièces pour justifier de vos demandes
(principe du contradictoire), de lui donner un exemplaire de vos conclusions, l'autre exemplaire étant
fourni au greffier/à la greffière du Tribunal pour visa (soit au début de l'audience, soit lorsque votre
affaire est appelée), le greffier/ la greffière transmettant ensuite au Tribunal vos conclusions. N'oubliez
pas enfin de remettre à la fin de l'affaire au Tribunal vos pièces.[COLOR="Silver"]

Ca c'est le passage qui génère du stress : perdre un procès à cause d'une non-transmission des
pièces. Question importante, donc : Est-ce que seul mon avocat peut transmettre les pièces à la
partie adverse ? Ou est-ce que je suis supposé le faire moi-même ? Ou est-ce que je me contente de les
transmettre au Greffe, qui à son tour s'en chargera ? Je rappelle que c'est un procès en pénal au TGI. Il
y a peu, j'ai eu un procès contre une caisse sociale au tribunal d'instance (procès que j'ai gagné). Je
devais moi-même transmettre les pièces à la partie adverse (c'est le personnel du Greffe qui me l'a fait
savoir, merci). C'est donc différent au pénal/tgi ?

Et ne vous inquiétez pas, ce n'est pas vous la victime contre l'auteur des faits, c'est l'auteur des faits contre le Parquet
représenté par le procureur avec vous en léger retrait dans votre rôle de victime.

Donc en recadrant, je suis donc opposé au Parquet et au procureur. A quoi le procureur peut-il est plus
particulièrement sensible dans une affaire comme celle-ci : prétendue agression sur un personnel de
gardiennage, mais en fait, accusations mensongères de ce dernier contre un locataire.

Pour l'audience, pas de stress, vous avez juste à donner vos conclusions et vos pièces comme je vous l'ai indiqué. Pour
le reste, vous pourrez prendre la parole au moment où le Président (ou le juge rapporteur de l'affaire) vous la donnera.
Lorsque l'instruction du dossier sera terminée, vous pourrez "plaider" pour évoquer votre/vos préjudices et développer
vos demandes financières à ce moment là, avant que le Parquet prenne ses réquisitions et que le prévenu puisse
ensuite se défendre(puisqu'il a le droit à la parole en dernier).

A l'oral, je pense suivre le plan de mes conclusions, en rappelant les articles de loi pertinent. Histoire que
tout le monde en profite.
D'ailleurs, je veux me présenter moi-même à la barre, je ne veux pas que l'avocat s'en occupe. J'ai
besoin d'un avocat pour que la procédure soit bien conduite, mais je sais qu'il ne s'occupera de rien de
plus. Comment lui faire savoir poliment que je veux plaider à l'oral pour ma propre cause ?

Merci encore pour vos réponses présente et à venir !