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BTS Gestion PME/PMI - Chichaoua Droit

Ch. 5 : Les personnes et les biens


Nous avons bien maintenant, que le droit objectif règle le comportement des individus et des groupes, d’une
part en les soumettant à des devoirs, à des obligations qu’ils doivent respecter, d’autres part en leur accordant
des pouvoirs, des prérogatives, parmi lesquels les fameux droits subjectifs, ou encore en leur concédant des
simples libertés ou facultés.

Mais pour parvenir à la réalisation pratique de ces droits subjectifs et de ces obligations, encore faut-il
déterminer les individus et les groupes qui pourront se prévaloir de ces droits et qui devront être assujettis aux
obligations, d’où la notion du sujet des droit ou la personnalité juridique.

I. Les sujets des droits subjectifs


Document 1 :
La personnalité juridique
Le Droit se présente généralement sous un angle instit
utionnel, au sens d’un système d’organisation de la vie sociale. Cependant, le Droit n’a de sens que par rapport
aux personnes qui en sont les acteurs, les usagers et les bénéficiaires. Il convient donc de rendre compte des
personnes juridiques pour qui et par qui le Droit est élaboré. Ainsi, partant du droit objectif, il est nécessaire de
connaitre le droit subjectif, les sujets de droit…
A cet égard, la présentation des personnes juridiques est essentielle. Ce sont elles qui font le droit. La
personnalité juridique définit le sujet de droit. Elle est généralement présentée comme l’aptitude à être titulaire
de droits, au sens de prérogatives, de pouvoirs et d’obligations. Propriétaire d’un bien, je peux l’utiliser,
l’exploiter et en même temps, exiger le respect de ce pouvoir par les autres. Engagé par un contrat, je suis tenu
de l’exécuter en suivant les clauses convenues…
En tant que titulaire de droits, il existe deux catégories de personnes juridiques, les personnes physiques et les
personnes morales. La reconnaissance de la personnalité juridique de la personne physique n’est pas douteuse
suivant une évolution historique ancienne soulignant la finalité individualiste de notre système de droit. En
revanche, la reconnaissance de la personnalité juridique de la personne morale est moins évidente. Il s’agit de
groupements qui se voient doter de la personnalité juridique, devenant ainsi eux même titulaires de droits
particuliers. Par définition, le phénomène de la personnalité morale appelle une explication pour rendre compte
de son intervention dans la vie juridique.
Source : Introduction au Droit de l’entreprise, Paris 1990
TAF :
- Relever, à partir du document, la définition de la personnalité juridique.
- Quelles sont les deux catégories de personnes indiquées dans le document ?
- Donner la définition de chaque catégorie de personnes.

1. La personnalité juridique
La personnalité juridique est l’aptitude à être titulaire de droits et d’obligations.
Les personnes juridiques sont des acteurs de la vie juridique, leurs actes produisent des effets de droit.
Ainsi, une personne juridique est une personne :
- A qui des droits sont garanties,
- Qui a des obligations envers d’autres personnes composant la société.
On distingue deux types de sujets de droits:
a. Les personnes physiques :
Sont des êtres humains qui ont l’aptitude d’être titulaire des droits et des obligations et de pouvoir en jouir
librement. Exemple :…………………………………..

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b. Les personnes morales :


Sont des groupements de biens et/ou d’individus à qui la loi reconnait la personnalité juridique.
Exemple : ……………………………………………………………………………….
On distingue entre les personnes morales de droit public et les personnes morales de droit privé.

- Les personnes morales de droit public : Il s’agit de l’Etat, des collectivités locales et les
établissements publics.

- Les personnes morales de droit privé: On distingue:


 Les personnes morales à but lucratif: exp : les sociétés commerciales
 Les personnes morales à but non lucratif: les associations, les coopératives, les mutuelles, les
syndicats professionnels…

- Les personnes morales de droit mixte : ce sont les établissements et entreprises publiques (OCP,
ONEP, ONE,….) et les sociétés d’économie mixte.

2. Les éléments d’identification des personnes


Les éléments Personnes physiques Personnes morales
d’identification
Nom c’est une appellation qui désigne la personne et C’est la dénomination sociale ou la raison
permet de l’identifier par rapport aux autres. Il sociale ; elle peut être : -- un nom de
comprend : fantaisie : le palmier de la mer.
Le nom patronymique : il a un caractère familial, - un nom de lieu, de l’objet de l’activité ou
par filiation le nom du père. un nom d’un ou plusieurs associés.
Le prénom : il a un caractère individuel.
Domicile C’est le lieu de résidence principal et durable d’une C’est le lieu du siège social de la personne
personne. C’est le lieu où elle vit habituellement. morale. Il est fixé au lieu du principal
Comme le nom, il est inséparable de la personnalité établissement de la personne.
juridique.
Nationalité C’est le lien juridique et politique qui lit un individu Elle dépend du lieu d’implantation du siège
à un Etat. On distingue : social.
Nationalité d’origine (par le sang) : Attribuée à la Toute personne morale ayant le siège social
naissance dans le pays. Ou lorsqu’un enfant est né de au Maroc est considérée de nationalité
mère ou père marocain. Marocaine.
Nationalité acquise : Attribuée après que la
personne a remplie certaines conditions (longue
résidence, mariage...).
Patrimoine C’est l’ensemble des droits et des obligations L’ensemble des éléments ayant une valeur
appartenant à une personne et ayant une valeur économique positive (terrain, local,
financière. matériel...) et négative (dettes). Ce
patrimoine est différent de la somme des
patrimoines des individus qui compose la
personne morale.
Autres L’état civil Registre de commerce

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II. La capacité juridique


La personnalité juridique confère à la personne une double capacité:,une capacité de jouissance et une capacité
d’exercice.

Documents 2 :

La capacité juridique
Est capable la personne âgée de 18 ans révolus ou 16 ans révolus qui a été émancipée.
La personne capable peut jouir et accomplir tous les actes de la vie juridique. Le terme de la capacité a un
double sens en droit. Il s’agit d’une part de l’aptitude à acquérir et à posséder des droits, on parle alors de la
capacité de jouissance. D’autre part, il s’agit de l’aptitude d’exercer ses droits, on parle alors de la capacité
d’exercice.
Les incapacités juridiques rendent inaptes à être titulaires de certains droits. En revanche, les incapacités
d’exercice interdisent à une personne de mettre en œuvre elle- même les droits dont elle est titulaire. Elles
sont justifiées soit par l’âge, soit par une altération de ses facultés physiques ou mentales, soit par sa
prodigalité.
Quand à la personne morale, sa capacité de jouissance est limitée au champ d’activité déterminé soit par la
loi, soit par les statuts. La personne morale ne peut agir pour exercer ses droits que par le biais d’une
personne physique qui la représente.
T.A.F :
1- Définir la capacité juridique.
2- Quelle est la différence entre la capacité d’exercice et la capacité de jouissance ?
3- Quel est l’intérêt de la fixation de l’âge de la majorité ?
4- Pourquoi la capacité de jouissance des personnes morales est limitée ?

1. Définition :
La capacité juridique, c’est l’aptitude d’une personne à pouvoir exercer elle-même ses droits et obligations.

2. La composition de la capacité juridique :


La capacité juridique se compose de :
 La capacité de jouissance : c’est l’aptitude à être titulaire de droits et d’obligations
 La capacité d’exercice : c’est le pouvoir d’exercer soi-même ses droits et obligations.
Toute personne qui possède la capacité de jouissance et d’exercice est considérée comme capable, mais il
existe des exceptions, des personnes peuvent être frappées d’incapacité juridique.

3. L’incapacité juridique :
L’incapacité juridique se traduit par le fait qu’une personne ne peut pas exercer elle-même ses droits et
obligations. L’incapacité ne porte donc que sur la capacité d’exercice.
Les cas d’incapacité juridique sont les suivants :

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Cas Définition Exemple


Les mineurs sont considérés Un mineur ne peut pas
comme trop jeunes pour pouvoir voter, se marier, s’engager
Les mineurs exercer pleinement leurs droits, ils sur des sommes
sont donc représentés par leurs importantes, etc.
Pour protéger
parents
des personnes
Il s’agit de personnes fragiles Handicapés mentaux,
fragiles
Les physiquement ou mentalement. On personnes âgées malades,
incapables enlève la capacité d’exercice à ces etc.
majeurs personnes pour pouvoir les
protéger.
Il s’agit des personnes Une personne condamnée
Les
Pour protéger condamnées par la loi qui perdent pour escroquerie ne peut
personnes
la société une partie de leur capacité pas créer son entreprise
condamnées
d’exercice

Les exceptions :
- L’émancipation : un mineur peut être émancipé dès 16 ans, c'est-à-dire qu’il va acquérir la capacité
d’exercice, il sera considéré comme un majeur capable.
- Les personnes condamnées et qui ont perdu une partie de leur capacité d’exercice peuvent la retrouver
(ex : l’escroc qui s’est bien comporté pendant 5 ans pourra ouvrir sa propre entreprise).

Application
Soit la situation suivante :
La société « Petit Ourson » dont les siège social n°5, avenue Mohamed 5, El Jadida, a embauché M. Amine,
n° 30, rue d’Alger, El Jadida comme technicien de production pour un salaire mensuel de 4000,00 dh.
TAF :
1. Identifier la nature de chacune des deux personnes juridiques citées dans le texte.
2. Relever et définir deux critères d’identification de ces personnes.
3. Par quel type de droit sera régie la relation entre ces deux personnes ?

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III. La classification des droits subjectifs


Deux distinctions essentielles :
Entre les droits patrimoniaux et les droits extrapatrimoniaux
Les droits patrimoniaux se divisent eux-mêmes en droits réels et droits personnels

A. Les droits extrapatrimoniaux


Il s’agit de droits qui, n’ayant en eux-mêmes aucune valeur pécuniaire, n’entrent pas dans le patrimoine :
- les droits de la personnalité
- les droits familiaux…
Les droits extrapatrimoniaux sont hors commerce. Du fait de l’absence de valeur pécuniaire qui peut leur être
attribuée, ils sont incessibles, intransmissibles et insaisissables.

B. Les droits patrimoniaux


Ce sont ceux dont on admet qu’ils présentent une valeur marchande. Ils comprennent, les droits réels, les droits
personnels et les droits intellectuels :

1. Le droit personnel
Le droit personnel est le droit qu’a une personne (le créancier) d’exiger d’une autre personne (le débiteur)
l’accomplissement d’une certaine prestation. Il repose par conséquent sur un lien de droit unissant deux
personnes. Ce rapport juridique est une obligation.
Considéré du point de vue du débiteur, c’est une dette, qui figure au passif du patrimoine. Du point de vue du
créancier, c’est une créance, qui figure à l’actif du patrimoine.
Le droit personnel n’établit de rapports qu’entre le créancier et le débiteur. Ainsi, le créancier ne peut exiger
l’exécution de l’obligation que du seul débiteur.

2. Les droits réels


Le droit réel est un rapport juridique entre un sujet actif : le titulaire du droit et un objet : la chose sur laquelle
porte le droit. Exemple : droit de propriété, usufruit…

Exemple : M .BADR vend sa maison à M. HAMID pour 300 000 dh, paiement dans deux mois.

Droit de créance (droit personnel)

M BADR Maison (droit réel) M. HAMID

M BADR cède un droit réel (droit de propriété) à M. HAMID contre un droit personnel (droit de créance).

a. Les caractères des droits réels :


Ce pouvoir du titulaire du droit réel sur l’objet de son droit, donne à celui-ci un caractère absolu.
 Le droit réel est opposable à tous : le propriétaire d’un bien en a seul l’usage, la jouissance et la disposition.
Il exerce son droit de propriété directement sur le bien qui en est l’objet.
 Le droit réel comporte :
- le droit de suite : est la prérogative qui appartient à certains créanciers d'exercer leurs droits sur un bien en
quelque main qu'il se trouve. On pense ici à l’hypothèse où la vente de la chose est faite à crédit et que
l’acheteur (débiteur) a vendu cette dernière avant le payement total. Ici, le vendeur (créancier) peut suivre le
bien, le saisir, le vendre et se faire payer.

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- le droit de préférence : est l'avantage que détiennent certains créanciers limitativement désignés par la loi
d'être payés avant d'autres créanciers. On pense ici à l’hypothèse où l’acheteur du bien (débiteur) a fait
faillite, il n’a pas payé le vendeur (créancier) intégralement, et qu’il a plusieurs créanciers (qui leur doit de
l’argent). Le vendeur ici (titulaire du droit réel), sera préféré aux autres créanciers et va être payé en premier
lieu.

b. Les divers droits réels :


 Les droit réels principaux :
- Le droit de propriété : la propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue.
- Les démembrements de la propriété : Les démembrements de la propriété, ce sont des droits réels qui
confèrent à leur titulaire une partie seulement des prérogatives attachées au droit de propriété. On peut citer
à titre d'exemple :
 L'usufruit : le droit de se servir d'un bien appartenant à une autre personne appelée propriétaire
ou d'en recevoir les revenus, par exemple, s'agissant d'un bien immobilier, d'en encaisser des
loyers.
 Le droit d’usage : ce droit confère à son titulaire le droit d’user de la chose et d’en percevoir les
fruits dans la limite de ses besoins et non pour en tirer des revenus.
 Le droit d'habitation : c'est un droit qui permet seulement l'usage. Le bénéficiaire de ce droit ne
peut le transmettre à quelqu’un d’autre, et il ne peut pas le louer.
 Les droits réels accessoires
Ces droits réels accessoires sont l'accessoire de créance dont ils garantissent le paiement. Un créancier cherche
à se prémunir contre l'insolvabilité de son débiteur. Il réclame des sûretés réelle qui consistent dans l'affectation
d'un bien appartenant au débiteur au paiement de la dette.
- S’il s’agit d’un immeuble, c’est l’hypothèque qui constitue le droit réel accessoire.
- S’il s’agit d’un meuble, c’est le gage ;
- S’il s’agit d’un fonds de commerce, c’est le nantissement.

IV. Classification des biens objets des droits réels


Le mot « bien » désigne l’ensemble des droits à caractère économique : droits réels s’exercent directement sur
les choses corporelles, droits personnels et droit de propriété incorporelles. Les biens peuvent être classés selon
plusieurs critères :

1. Les biens meubles et les biens immeubles :

a. Les biens meubles :


Sont des biens qui peuvent se déplacer ou être déplacer d’un lieu à un autre.
On distingue :
 Meubles par nature : Ce sont les choses qui peuvent bouger soit toute seule (animal, voiture…) soit par
une force extérieure (table, chaise, actions, obligations, créance…).
 Meubles par anticipation : Il s’agit d’immeuble par nature, mais qui ont vocation à devenir meuble (la
récolte, les arbres...).

b. Les biens immeubles :


C’est l’ensemble des biens immobilisés sur le sol. On distingue :
 Immeubles par nature : Sont des biens qui se caractérisent par leur attachement au sol. Ex : Terrains,
bâtiments…

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 Immeubles par destination : Il s’agit des biens meubles par nature, mais comme ils sont accessoires et
attachés à un immeuble par nature, ils seront considérés juridiquement comme immeuble. Ex : matériel
d’équipement fixés au sol dans une usine, porte et fenêtres d’une chambre, …

2. Les biens consomptibles et les biens non consomptibles


a. Les biens consomptibles :
Sont des biens qui se consomment dès leur premier usage. Ex : nourriture, carburant…

b. Les biens non consomptibles :


Sont des biens qui se prêtent à un usage prolongé. Ex : Maison, voiture, téléviseur, réfrigérateur, fauteuil

3. Les biens corporels et les biens incorporels


a. Les biens corporels
Ce sont des choses ayant un « corps », palpable c'est-à-dire visible et touchable. Ils peuvent être meubles et
immeubles. Ex : maison, voiture, table…

b. Les biens incorporels


Ce sont des biens immatériels qui n’ont pas une existence physique. Ex : brevet, marque, licence, logiciel, nom
commercial, créance, action ou part sociale, obligation…

4. Les biens fongibles et les biens non fongibles


a. Les biens fongibles (remplaçables) :
Sont des biens qui ne sont pas individualisés et qui peuvent être remplacés facilement. Ex : Stylo…

b. Les biens non fongibles :


Sont des biens uniques et individualisés. Ils ne sont pas interchangeables. Ex : Tableau d’un peintre, maison.

V. Exercices :
1. M. ALLAL possède une entreprise de conserve de fruits, qu’il fabrique et vend sous la marque
« MICHMICH ». On vous donne un extrait du patrimoine personnel de M. ALLAL et du patrimoine de son
entreprise dans le tableau suivant :

Biens immeubles Biens meubles

Eléments du patrimoine Par Par Par Par Par détermination


nature destination Objet nature de la loi
Magasin de stockage de l’entreprise

Matériel de transport de l’entreprise

Stock de boites de conserves de


fruits
Un livre écrit par M. ALLAL

La marque « MICHMICH »

Usufruit d’une ferme au profit de


l’e/se
Abricots non encore cueillis de la
ferme

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Voiture personnelle de M. ALLAL

2. Compléter le tableau suivant :

Droits Droit
Droits Justification
patrimonial extrapatrimonial

Droit de respect de l’intégrité physique

Droit de grève

Droit d’adhésion à une association

Droit d’obliger un débiteur à régler sa


dette

Droit de louer un appartement qui


m’appartient

Droit au respect de l’honneur

Droit à l’éducation et au travail

3. Pour les situations suivantes, dire est ce qu’ils sont autorisés par la loi.
- Kenza, 16 ans, retire 1000dh de son compte sur carnet. Son père n’était pas contre.

- Mustapha, 15 ans, veut signer un contrat d’apprentissage avec une entreprise de textile. Ses parents ne
sont pas d’accord.

- Fatima, 14 ans achète une paire de chaussure.

- Fayçal a été émancipé à 16 ans. Il veut acheter un appartement après la vente d’un terrain hérité de son
père.

- Hassan 17 ans veut adhérer à un syndicat professionnel.

Nora, 16 ans, veut créer une entreprise à titre personnel.

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