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MODULE : TECHNIQES D’ASSURANCE

I. Intérêt de sujet
 Connaitre les produits de la finance islamique et les principes de base de la
finance islamique.
 Connaitre la différence entre l’assurance islamique et l’assurance classique.

Problématique
La finance islamique est un autre moyen de financement d’une économie. Il doit
respecter des principes liés à la Sharia tout en conservant des objectifs de
rentabilité.
L’assurance islamique en tant que produit financier islamique s'est avéré comme
investissement et produit de prévoyance très fiable et sur par rapport aux produits
d'assurances classiques.

Plan
I. Introduction
II. Les techniques de financement islamique
III. L’assurance islamique TAKAFUL
IV. Conclusion
V. Bibliographie et Webographie

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Introduction

La finance islamique est un compartiment de la finance éthique. Elle recouvre


l’ensemble des transactions et produits financiers conformes à l’éthique
musulmane, qui repose sur cinq piliers : interdiction de l’intérêt, réalisation
d’investissements aléatoires et incertains, spéculation hasardeuse, obligation de
partager les pertes et profits et investissement exclusif dans l’économie réelle et
tangible.

A ces règles, s’ajoute l’exclusion de certains secteurs d’investissement nocifs à la


vie humaine tels que par exemple le tabac, l’alcool, la pornographie et les jeux
d’argent. L’assurance takaful est l’équivalent islamique de l’assurance
conventionnelle, offrant à la fois des produits d’assurance-vie (appelés « famille»)
et d’assurance dommages.

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Chapitre 1 : Les techniques de financement islamique

Pour qu’un contrat financier soit conforme à la Chari’a, il est essentiel que le
financier assume une partie des risques portant soit sur l’actif financier, soit sur
l’activité objet de l’investissement.
Généralement les techniques de financement islamiques reposent sur le transfert
d’actifs sous-jacents (structures de financement basées sur un actif) ou sur
l’exposition à un autre risque commercial (structure basée sur un financement
participatif ou de partage des risques).
L’une des différences fondamentales des techniques de finance islamique avec
ceux de la finance conventionnelle, est la répartition du risque. Alors qu’un
financier conventionnel cherche à minimiser au maximum le risque sous-jacent
lié à une opération, il est au contraire primordial pour un financier islamique
d’assumer un tel risque afin d’assurer la conformité de l’opération avec la Chari’a.
La difficulté serait donc de réconcilier les exigences de la Chari’a (nécessité de
conserver une part de risque) avec l’aversion naturelle au risque.

I. Les produits de financement basées sur un actif


(commercial)

Les techniques de financement basées sur un actif sont des opérations


commerciales qui reposent sur le transfert de propriété d’actifs sous-jacents.

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1) La Mourabaha

La Mourabaha1 est un instrument de financement par lequel une banque acquiert


un actif (sur ordre de son client) et le revend ensuite à son client au coût de revient
majoré d’une marge. Le paiement peut être immédiat ou différé2.
Étapes de l’opération

FIGURE 1 – Le principe de fonctionnement du contrat Mourabaha

1. Le client-acheteur négocie avec le fournisseur en définissant son besoin. Il


communique les informations à sa banque.
2. Le client-acheteur signe une promesse d’achat à la banque islamique, assortie
ou non d’un dépôt de garantie.
3. La banque islamique et le fournisseur s’engagent dans un contrat d’achat où
sont précisés toutes les modalités de l’opération.
4. La livraison est effectuée au profit de la banque.

1
C’est l’activité la plus importante des banques islamiques, prend le nom de muajjal en Asie
2
Le plus souvent le paiement est différé c’est pourquoi la Mourabaha constitue une alternative au
crédit acheteur.
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5. Un contrat Mourabaha est signé entre la banque islamique et son client-


acheteur, pour un prix comprenant le coût de revient plus la marge. Ce contrat
prévoit les modalités de paiement.

2) Le contrat Salam

Cette technique consiste à payer à l’avance des biens prédéterminés. Salam est
ainsi un contrat à terme. Le bien acheté n’existe pas au moment de la signature du
contrat. Pourtant, ceci reste Halal ou conforme à la Chari’a en vertu du principe
de la nécessité.
Ce contrat peut être utilisé pour financer les besoins en trésorerie d’une société.
Le financier paie ainsi l’intégralité du prix de l’actif à l’avance, pour une date de
livraison différée.

Étapes de l’opération

1. Acheteur et vendeur s’entendent préalablement sur les caractéristiques de la


marchandise.

FIGURE 2– Le principe de fonctionnement du contrat Salam

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2. a. Signature d’un contrat Salam d’achat entre la banque et le vendeur et


paiement du prix convenu.
Dans ce contrat, la banque peut autoriser à livrer à une tierce personne, l’acheteur
final par exemple, le vendeur peut s’engager à recouvrer le montant auprès de
l’acheteur et à verser ce montant à la banque.
b. Signer un contrat Salam parallèle avec l’acheteur, notamment pour se prémunir
d’une baisse de prix. Ce contrat étant signé la banque doit livrer la marchandise
même si le vendeur n’a pas honoré son engagement.
3. Livraison de la marchandise.
4. Paiement par l’acheteur du prix indiqué dans le contrat Salam parallèle, c’est-
à-dire le coût de revient auquel s’ajoute une marge.

3) Le contrat Ijara (crédit-bail)

L’ijara est une sorte de crédit-bail à moyen et long terme qui fait intervenir trois
acteurs : le client de la banque (locataire du bien), la banque et le fabriquant
(vendeur du bien). Cette opération se déroule ainsi (voir figure 3)

Étapes de l’opération

1. Négociation et définition des spécificités du bien


2. Le futur locataire définit avec la banque les modalités du contrat ijara qu’ils
signent ensuite.
3. Le banque achète le bien au vendeur. Elle peut désigner un agent pour le
représenter, son client par exemple.
4. Le vendeur livre le bien.
5. La banque (propriétaire) loue le bien à son client.

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FIGURE 3– Le principe de fonctionnement du contrat Ijara

6. À maturité le dénouement de l’opération dépend du type de contrat, ijara ou


ijara wa iktinaa

4) Le contrat Istisnaa (bien à fabriquer)

Le contrat istisnaa ressemble au contrat Salam puisqu’il est également relatif au


financement d’un bien qui n’existe pas au moment de la signature du contrat mais
il porte non sur la livraison de produits marchands courants mais sur la livraison
de biens à manufacturer ou à construire selon les spécifications fournies par
l’acheteur.
L’Istisnaa se définit comme un contrat par lequel l’une des parties (le moustasnii)
demande à l’autre partie (le sanii) de lui fabriquer ou construire un bien
moyennant une rémunération fixée. Par différence avec la vente Salam, le prix n’a
pas à être payé en totalité au moment de la vente, (voir figure 4).

Étapes de l’opération

1. Le client acheteur et le fournisseur se concertent pour déterminer les


spécifications du bien à réaliser.

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2. La banque signe un contrat istisnaa avec le producteur, où les spécifications du


bien, la date de livraison et les modalités de paiement sont précisés.
3. La banque et le client acheteur s’engagent par un contrat istisnaa, qui reprend
les spécifications du bien, la date de livraison et les modalités de paiement propre
à ce deuxième contrat.
4. La banque reçoit livraison du bien, ou plus généralement, directement le client
acheteur s’il en a été convenu ainsi. Ce dernier peut alors contrôler la conformité
des biens livrés.

FIGURE 4– Le principe de fonctionnement du contrat Istisnaa

II. Les techniques de financement participatifs

1) Le contrat Mudaraba

C’est un contrat conclu entre un (ou des) investisseurs(s) qui apporte(nt) des fonds
(rab-al-mal) –en l’occurrence une société de financement- et un entrepreneur qui
assure le travail nécessaire et apporte son expertise pour faire fructifier ces fonds
(mudarib), dans une opération conforme à la Charia.
En cas de profit, le mudarib est rémunéré pour son travail et son expertise, le rab-
al-mal pour son apport en capital. La rémunération a lieu selon la proportion fixée

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dans le contrat. Elle intervient après retenue de frais de gestion par le mudarib et
remboursement du capital au rab-al-mal. Le mudarib ne reçoit pas de salaire.
En cas de perte, l’un pers le fruit de son travail et ses frais de gestion, l’autre le
fonds 3, sauf s’il s’agit d’une négligence de gestion. La perte est alors supportée
par les deux parties.

Étapes de l’opération

1. Un client obtient d’une société de financement, un financement nécessaire à la


réalisation de son projet. Le client (mudarib), donc, signe un contrat Mudaraba
avec la société (qui sera ainsi rab-al-mal sur lequel est précisé : l’opération
envisagée, le montant du capital versé, la durée du contrat, le mode de répartition
des profits et pertes.
2. Rab-al-mal apporte le capital, l’entrepreneur le travail. Pendant toute la durée
de réalisation du projet, l’entrepreneur en est responsable, et la société de
financement n’intervient pas dans la gestion.

FIGURE 4– Le principe de fonctionnement du contrat Mudaraba

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Les pertes sont supportées par le rab-al-mal dans la limite de la somme investie.
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3. À l’issue du contrat, les profits sont répartis selon les modalités définies dans
le contrat. En cas de pertes, seule la société de financement les supporte.

2) Le contrat Mucharaka (partenariat actif)

La Mucharaka est une sorte de société en participation pouvant prendre la forme


d’une société de personnes ou de capitaux. La différence avec la Mudaraba est
que les partenaires (Mucharik) participent à la fois au capital et au travail, ou à
la gestion. C’est un contrat par lequel deux parties (ou plus) souscrivent au capital
d’une nouvelle société pour la réalisation d’un projet spécifique, ou prennent des
participations dans une société existante et participent aux profits selon les
indications consignés dans le contrat et aux pertes proportionnellement à leurs
apports respectifs dans le capital, sauf si la mauvaise gestion est avérée.

FIGURE 5– Le principe de fonctionnement du contrat Mucharaka

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III. Autres moyens de financement

1) Les opérations sans contreparties : Qard al Hassan

Selon les règles de la Chari’a, le prêt n’est pas interdit, seul l’est l’intérêt. Le prêt
sans intérêt accordé par la banque est le qard hassan.
Le qard hassan est un prêt sans contrepartie, effectué dans un but humanitaire ou
de bien-faisance. Il est accordé occasionnellement à des particuliers dans le
besoin, à des clients en difficulté, etc. Il peut être utilisé pour financer des projets
dans le domaine social, économique, éducatif et religieux.

2) Le financement des services : exemple de Wakala

Le financement des services englobe des produits comme : Joala, Hawala, Arboun
et Wakala
Wakala : C'est un contrat d'agence incluant, généralement, des frais d'expertise.
Les banques l'utilisent souvent pour les grands comptes de dépôt: le client possède
les capitaux investis, il nomme une banque islamique comme agent et paye une
commission d'expertise pour rémunérer le travail de gestion des fonds par la
banque.

Avantages du Wakala

 Moins risqué pour le Wakil en cas de faible rentabilité du projet


 MAIS : Moins « incitatif » que la Moudaraba
 Combinaison des deux : Wakala avec incitations (Pourcentage des profits,
ou bonus en cas de dépassement d’un certain plafond)

3) Les sukuk

Les sukuk sont des sortes d’obligations émises par des organismes, États ou
entreprises, qui ont besoin d’argent. Appelés souvent obligations islamiques (à
moins, ce sont plutôt des produits assimilables aux Asset-Backed Securities (ABS

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ou valeur mobilière adossée à un actif) de la finance conventionnelle car, selon


les principes de la Chari’a, la transaction financière est toujours sous-tendue par
un actif. L’émission de sukuk suppose don le recours à la technique de la
titrisation.
Chaque suk 4 est considérée comme représentant une part de capital qui, en cas de
faillite, confère à son propriétaire un remboursement prioritaire par rapport aux
actionnaires. Mais elle ne donne pas droit à participer au management. En
conséquence, ce n’est équivalent ni à une action, ni à une obligation.

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Singulier en arabe de sukuk
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Chapitre 2 : L’assurance islamique TAKAFUL

I. L’assurance islamique TAKAFUL

1) Introduction

La takaful est née du besoin d'une banque islamique soudanaise d'assurer ses
opérations, le tout conformément aux principes de la charia ou loi islamique. La
banque a créé à cet effet une compagnie d'assurances islamique (Sudanese Islamic
Insurance Company) en 1979. À partir de là, d'autres compagnies ont vu le jour
principalement au Moyen-Orient. Ce n'est qu'en 1984 que les Malaisiens vont
prendre le relais et lancer la takaful qui va connaitre un certain essor.
Les récents développements dans la takaful sont la résultante de plusieurs
facteurs:
- La hausse vertigineuse et régulière des prix du pétrole qui se traduit par un
excédent de liquidités cherchant des opportunités d'investissement.
Cela a permis le développement de la finance islamique. La takaful intervient
comme une activité complémentaire pour l'offre financière islamique ;
- Révolution sociologique qu'ont connue les pays et les communautés musulmans
en Europe et dans les pays d'accueil durant les dernières années avec un retour a
plus de pratique religieuse et une volonté de vivre harmonieusement avec ses
croyances.
2) Fondements d'assurance Takafoul

a) Présentation de l’assurance Takaful

Le terme Takaful vient du mot arabe « kafala « signifiant responsabilité ou


garantie c’est le synonyme de garantie mutuelle ou indemnisation entre membres
d’un groupe. C'est un concept d’assurance basé sur la Coopération, la Protection

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et sur l’aide réciproques entre les groupes participants, une alternative islamique
à l’assurance traditionnelle.
L’assurance Takaful est une assurance islamique qui trouve ses fondements dans
les prescriptions islamiques des textes sacres, dans la science du fiqh ainsi que les
coutumes et traditions musulmanes. Un conseil religieux ou « sharia board » vient
vérifier le bon respect du droit musulman par les compagnies d’assurance dans
leurs transactions et opérations commerciales.
Selon l’AAOIFI 5(Norme 26) : « L’assurance islamique est un accord entre un
groupe de personnes contre des risques spécifiques imprévisibles qu’ils peuvent
confronter. Cet accord, ainsi introduit, porte sur le versement des contributions à
titre de donations, et conduit à la création d’un fonds d’assurance qui jouit du
statut d’une entité juridique et a la responsabilité financière indépendante.
Les ressources de ce fonds sont utilisées pour indemniser tout souscripteur contre
un risque prescrit dans le contrat, conformément aux règles et procédures de la
police d’assurance »
Selon l’IFSB 6
: « Le Takaful est l’alternative islamique à l’assurance
conventionnelle et existe dans ses formes vie (couverture des personnes) et
générale (couvertures des biens). Il est basé sur les concepts de solidarité
mutuelle,. . . »
L’assurance islamique et s’écarte des principaux torts de l’assurance
conventionnelle, tout d’abord, en éliminant toute transaction jugée par l’Islam
Haram comme : riba, gharar, maisir, thésaurisation et certains placements.

5
l’AAOIFI (Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions) : organization de
comptabilité et d’audit pour les institutions financières islamiques a été créée le 26 février de l’année
1990 à Bahreïn il s’agit d’une organisation indépendante à but non lucratif. Elle s’occupe de la
comptabilité, de l’audit, de la gouvernance et des normes (standards) Chari’a pour des institutions
financières islamiques.
6
L’IFSB(Islamic Financial Services Board) regroupe des banques centrales, des autorités monétaires
ainsi que diverses organisations actives dans le domaine de la régulation et la supervision des institutions
agissant dans la sphère de la finance islamique. Il comprend 187 membres dont 46 autorités de
supervision et 141 acteurs du marché dans 37 pays Basé à Kuala Lumpur en Malaisie depuis 2002 c’est
le gendarme international des centres financiers proposant des produits islamiques. L’ISFB a pour rôle
de mettre en place un corpus de standards et de bonnes pratiques qui viendraient en complément des
règles de surveillance édictées par le Comité de Bâle.
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b) L’interdiction de l’intérêt (riba)

L’interdiction du riba est une règle fondamentale de l’Islam. La Chari’a considère


l’argent comme un simple moyen d’échange. L’argent ne peut par conséquent, à
lui seul, faire l’objet d’un contrat ou être utilisé comme un moyen de réaliser un
profit. Cette prescription interdit de percevoir tout intérêt en contrepartie de la
mise à disposition d’une somme d’argent. En vertu de la Chari’a, la perception et
la réception d’intérêts (fixes ou variables) sont ainsi strictement prohibées.

c) L’interdiction de l’incertitude (gharar)7

En droit musulman, les contrats contenant des éléments d’incertitude sont réputés
nuls. Un contrat non affecté par le gharar 1 est un contrat dont tous les termes
fondamentaux (tels que le prix, l’objet, l’identité des parties et les délais
d’exécution) sont clairement définis au jour de sa conclusion. Cette règle est
rigoureusement appliquée par les scholars. Il est ainsi rare de prévoir des
conditions suspensives portant sur les éléments caractéristiques du contrat dans
les documents de financement islamique. Les scholars encouragent par ailleurs
fortement la satisfaction de toutes les conditions préalables avant la signature du
contrat.

d) L’interdiction de la spéculation (maisir)

Les opérations qui reposent sur de la pure spéculation en vue de réaliser un profit
sont illicites (haram) et donc nulles en droit musulman. Ce principe ferme
notamment aux investisseurs islamiques l’accès au marché des produits dérivés
en tant que source de profit à titre principal et fait obstacle à ce que ces derniers
participent à la négociation spéculative de titres des sociétés. Il existe cependant
une nette distinction entre les opérations relevant de la pure spéculation et une
activité certes spéculative au sens de non certaine mais accomplie de façon

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Le terme gharar est un terme que même les spécialistes ont des difficultés à le traduire, ainsi plusieurs
termes sont y accolés : incertitude, tromperie, risque, ambiguïté..
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"entrepreneuriale", qui est, elle, parfaitement licite dans la mesure où elle est au
service de la création ou de l’investissement dans une entreprise.
L’enrichissement injuste/exploitation déloyale Les contrats aux termes desquels
l’une des parties exploite de façon déloyale son cocontractant ou perçoit
injustement un gain au détriment de ce dernier sont également réputés nuls. En
effet, suivant les principes dictés par la Chari’a, un musulman ne doit générer de
profit qu’à partir de transactions ou d’activités dans lesquelles il investit et à la
condition qu’il en partage les risques (cette règle fait référence au "principe des
trois p" : partage des pertes et des profits). Le partage n’est pas nécessairement
égalitaire mais il doit être déterminé selon une clé de répartition convenue à
l’avance.

e) L’interdiction de la thésaurisation

La thésaurisation est proscrite par la loi musulmane car elle consiste en


l’accumulation d’argent d’une manière stérile. Celui qui thésaurise considère que
l’argent est une richesse en soi, alors qu’il n’est en fait qu’un don de Dieu et non
une finalité en elle-même.

f) Les placements et activités illicites

Un investissement islamique, est un investissement qui respecte les règles de la


Chari’a. Pour un premier palier, l’acquisition d’un titre émit par une société
opérant dans l’un des secteurs énumérés ci-dessous au titre de leur activité
principale est prohibé :
 L’alcool ;
 Les armes et munitions ;
 L’industrie porcine ;
 Les services financiers et bancaires non islamiques ;
 Le tabac (pas automatiquement, mais la tendance est de l’écarter) ;
 Les loisirs (jeux du hasard, érotisme, pornographie,...) ;
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3) Les éléments illicites de l’assurance conventionnelles dans la Charia

L’Islam n’est pas opposé au concept d’assurance en soi, mais à certains moyens
et méthodes utilisés aujourd’hui dans l’assurance classique. En fait, le concept de
réduction des risques par appel à la loi des grands nombres était largement utilisé
par l’Islam, particulièrement par les tribus comme cité avant. Cependant, pour être
permissible pour l’Islam, toute forme d’assurance doit éviter les éléments de riba
(intérêt), maisir (spéculation) et gharar (incertitude), même si une part de gharar
est admise dans certaines circonstances.
L’assurance est, du point de vue de l’assuré, un contrat d’indemnité.
L’assureur s’engage à indemniser l’assuré en cas de survenue d’une perte en lui
payant l’équivalent monétaire de la perte subie. L’assuré ne tire aucun gain de la
perte survenue dans la mesure où la somme assurée ne fait que le ramener à la
situation financière dans laquelle il se trouvait avant la perte. Il s’ensuit que dans
la perspective de l’assuré, l’assurance n’est pas un jeu de hasard. Pour les
musulmans, ce n’est pas pour cette raison que l’assurance classique n’est pas
conforme à la Fiqh (la jurisprudence musulmane).
L’assureur, quant à lui, constitue son capital et détermine le niveau de la prime.
Par ailleurs, s’il souscrit des risques, c’est pour faire des bénéfices. En
conséquence, du point de vue de l’assureur, il ne s’agit pas d’un risque pur, mais
d’un risque spéculatif. Ce risque est ramené à la taille du capital disponible grâce
à la réassurance. La société d’assurance met en péril son capital en cas
d’inadéquation de la prime. C’est ainsi que l’assureur peut gagner tout comme
perdre.
Une des pommes de discorde entre la Fiqh et l’assurance classique est que cette
dernière comporte un risque spéculatif. En outre, l’investissement des primes
collectées se fait auprès des banques conventionnelles, mais aussi dans des
obligations porteuses d’intérêts, constituent un point à rectifier pour les Fouqahas.

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FIGURE 6– Vue analytique du contrat d’assurance

II. L’assurance Takaful, une alternative islamique à


l’assurance conventionnelle

Nous avons vu que l’assurance conventionnelle est une assurance laïque et ainsi
ne respectant pas, les principes et l’éthique du droit musulman, a la différence de
l’assurance islamique

1) Principes de Takaful

Pour être conforme à la Chari’a, toute transaction commerciale doit obéir aux
restrictions étalés. Or comme montré dans la section précédente le contrat
d’assurance n’échappe pas à ces restrictions. Pour ceci le concept de donation ou
tabarru’a 8 est attribué à l’assurance Takaful.
En principe, le système de Takaful est basé sur la coopération mutuelle et
l’assistance entre le groupe ou des souscripteurs. C’est-à-dire le risque est partagé
collectivement et volontairement par ce groupe ainsi que l’incertitude et la prise
de risque excessive sont éliminées du contrat par le paiement d’un don volontaire
et la définition claire du type de sinistres.

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Accord pour la renonciation par un participant à une somme de sa contribution sous forme de donation
qu’il accepte de verser au Fonds de Takaful
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Ce contrat regroupe quatre parties à savoir ; le participant, Takaful, l’assuré et le


bénéficiaire, il peut être un contrat Takaful général (Non Vie) ou un contrat
Takaful famille (Vie).

Les quatre principes de l’assurance islamique

Le Takaful implique :
1) La séparation des fonds des preneurs d’assurance et ceux des actionnaires.
2) L’engagement à distribuer les bénéficies techniques aux preneurs
d’assurance
3) L’évitement des actifs non conformes à la charia
4) La création d’un conseil de surveillance de la charia, qui supervise les
opérations d’assurance et contrôle leur conformité à la charia

a) La séparation des fonds

Il y a nécessité impérieuse de séparer les fonds des actionnaires et des sociétaires.


En effet, les actionnaires ne doivent ni profiter, ni réaliser une perte sur les
opérations d’assurance. Afin de contourner l’interdiction liée à la prise excessive
de risque (al gharar) et au paiement et réception d’intérêt (al riba), la prime prend
la forme d’une donation à la communauté des assurés pour leur intérêt mutuel.
Ces donations doivent couvrir l’ensemble des charges techniques et les frais de
gestion. L’opérateur n’est qu’un manager des contributions de la communauté des
sociétaires et doit calculer toutes les charges d’exploitation et les faire supporter
par le fonds.

b) La distribution des bénéfices techniques (Excédent)

La compagnie Takaful s’engage à redistribuer les bénéfices à ses sociétaires. Il y


a deux options acceptables: distribuer à tous sans exception ou distribuer à ceux
qui n’ont pas eu de sinistres (similaire à un bonus).

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c) Évitement des actifs non-conformes à la Chari’a

Les seuls placements admis par la loi coranique sont ceux dont la rémunération
résulte d’un partage du sort entre l’investisseur et le bénéficiaire de
l’investissement 1 et dont l’activité n’est pas incompatible avec la charia. Est ainsi
exclu l’investissement dans des sociétés dont l’activité principale concerne les
secteurs du tabac, de l’alcool, des produits à base de porc, des services de la
finance conventionnelle (banque, assurance...), de l’armement et de la défense, du
jeu et du divertissement (casino, jeu de hasard, cinéma, pornographie, musique,...)

d) Le conseil de la Chari’a

Pour le contrôle de conformité à la charia, l’appel à des certificateurs est


indispensable. Véritables experts considérés comme les meilleurs connaisseurs de
la religion coranique et de ses applications, connus et reconnus par leurs pairs, les
« scholars » 9doivent avoir des connaissances dans le domaine de la jurisprudence
appliquée aux transactions financières.
C’est ainsi que l’assurance islamique Takaful trouve sa légitimité juridique
(conformité à la Chari’a), ce qui est adopté après la décision du conseil du Fiqh
islamique de la ligue à l’unanimité d’approuver la décision du conseil des savants
d’Arabie Saoudite (n°15, 4/4/1397) autorisant l’assurance islamique solidaire
(Takaful).

2) Comparaison entre l’assurance classique et l’assurance islamique


Takaful

Pour éclaircir la différence entre l’assurance classique et l’assurance islamique


Takaful, le tableau suivant met en lumière les principaux traits de l’une et de
l’autre forme d’assurance.

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Ce sont des experts en matière de législation islamique bancaire, actuaire et financière.
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Thème Assurance Classique Takaful


Nature du contrat Contrat d’assurance par lequel, Contrat de gestion d’une
entre l’assuré pour une considération affaire Takaful au nom des
et les actionnaires (appelée prime), les assurés. Les contrats les plus
actionnaires acceptent courants sont le contrat
d’indemniser les assurés en cas d’agence (wakala) et le
de pertes futures découlant contrat Mudarabah. Parce
d’un accident ou d’autres qu’il s’agit d’un contrat de
calamités. Il y a transfert du gestion, toutes les dépenses
risque de l’assuré aux de gestion sont imputées aux
actionnaires pour l’objet actionnaires et non aux
assuré. Toutes les dépenses assurés. (Il existe une nette
sont supportées par la prime distinction entre l’actif des
payée par les assurés. assurés et celui des
actionnaires.) Il n’y a pas de
transfert du risque de l’assuré
aux actionnaires.
Partage des Assurance à prime fixe Les assurés conviennent de
bénéfices et des Lorsqu’il est précisé que le partager les risques. Les
pertes entre les contrat n’est pas un contrat en assurés sont à la fois assurés
assurés et les participation, la prime devient et assureurs. Les pertes et
actionnaires immédiatement un élément de profits sont entièrement
l’actif des actionnaires tandis partagés par les assurés au
que les dépenses éventuelles moyen des primes
liées à un sinistre futur accumulées. Pour faire face à
s’insèrent dans leur passif. Les la question du gharar en
pertes et profits sont Takaful, la prime (appelée
entièrement imputés aux contribution en Takaful) est

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actionnaires. Dans le cas d’un payée en tant que tabarru’


contrat en participation, il y a (don).
partage des bénéfices entre les Les assurés ne sont pas
assurés et les actionnaires. propriétaires du Fonds
Toutefois, les pertes sont tabarru’.
entièrement supportées par les
actionnaires.
Assurance mutuelle Les pertes
et profits sont répartis
entre les assurés en vertu d’un
contrat.
Investissements Le placement des fonds des Tous les placements (des
assurés et des actionnaires fonds des assurés aussi bien
n’est pas régi par la Charia. Les que des fonds des
placements comprennent des actionnaires) sont conformes
instruments porteurs d’intérêts à la
et des prises de participation Charia.
dans des affaires interdites par
la
Charia.
Gouvernance Il existe un Directeur Général Outre le Directeur Général et
et un Conseil d’administration le Conseil d’administration, il
pour les sociétés d’assurances existe un Conseil Consultatif
à prime fixe. de la Sharia chargé
de veiller au respect de la
Sharia.
Conditions Régie par le droit du travail et Les conditions de la police
énoncées dans les soumise à la réglementation doivent être claires et

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polices (ex : obligation de traitement transparentes et conformes à


équitable aux assurés la Sharia (des questions telles
au Royaume- Uni). que celle de savoir si telle ou
telle police est équitable pour
l’assuré peuvent se poser de
temps en temps dans
le cadre de la Sharia)
Garanties Les contrats d’assurance Pas de garantie, mais un
s’accompagnent ordinairement simple engagement des
de certaines garanties qui sont assurés de payer un tabarru’
souscrites par l’assuré. suffisant pour payer les
En général, ces garanties visent sinistres.
à s’assurer que la prime payée Les actionnaires peuvent être
est suffisante pour payer tous invités à contribuer au
les sinistres et supporter toutes financement du déficit du
les dépenses. Pour ce qui est Fonds Takaful au moyen de
des produits d’épargne, il peut prêts sans intérêts qui seraient
être exigé un taux de remboursés grâce à des
rendement excédents futurs du Fonds
sur investissement minimum. Tabarru’.

TABLEAU 1– Comparaison entre l’assurance classique et le Takaful

3) L’assurance Takaful et l’assurance mutuelle : les similitudes

Le principe sur lequel repose l’assurance Takaful s’inscrit dans la logique de la


mutualité. L’assuré paie une contribution à l’assureur qui peut être assimilée à une
donation (tabaru’a. En contrepartie, l’assureur s’engage à compenser la perte
subie par l’assuré si l’événement redouté, objet du contrat, se produit. La
différence est que si l’événement ne survient pas, l’assuré est en droit de recevoir
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la totalité de ce qu’il a versé initialement. En fait, c’est la collectivité des assurés


qui bénéficie de ce droit : la totalité des donations est mutualisée, comme le sont
les sinistres.
Le mécanisme est identique à celui de la mutuelle à cotisations variables qui doit,
en fin d’exercice, ristourner à ses sociétaires le trop perçu par rapport aux sinistres
réglés. Comme pour nos sociétés à cotisations variables, et pour les mêmes raisons
économiques et pratiques, les sociétés d’assurance islamiques ne ristournent pas
les excédents aux sociétaires. Elles s’en servent pour renforcer leur solidité
financière ou baisser les cotisations futures. Parce que les profits sont partagés
équitablement entre les assurés et l’assureur, le mécanisme échappe à la
prohibition de l’intérêt.
En apparence, le Takaful semble être similaire au concept de mutuelle d’assurance
classique. Mais à y regarder de plus près, on s’aperçoit que la grande majorité des
entreprises de Takaful fonctionnent aujourd’hui comme des sociétés anonymes.
À la différence des mutuelles d’assurance classiques, ces entreprises sont en effet
hybrides, à but lucratif et capitalisées comme n’importe quelle société anonyme
ordinaire. L’élément de mutualité est réduit au fonds Takaful, où sont collectées
les cotisations et les plus-values de placements. Mais en octroyant un prêt au fonds
Takaful en cas de déficit de souscription, ces entreprises se comportent comme
des sociétés anonymes, au sens où elles utilisent des capitaux pour couvrir leurs
engagements. Il s’agit du mécanisme de report de pertes.

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Paramètres Takaful Mutuelles


Contrat Donation et/ou contrat mutuel contrat mutuel
Responsabilité de Paiement sur les fonds Paiement sur les fonds
la compagnie collectés ; en cas collectés
d’insuffisance peut emprunter
sans intérêt
(Qard Hassan)

Responsabilité des Paient des contributions Paient des primes


assurés

Capitaux propres Le capital apporté par les Le capital apporté par les
participants actionnaires
Conditions Doivent être conformes à la Pas de restrictions autres que
d’investissement Charia prudentielles

TABLEAU 2 – Les similitudes entre l’assurance Takaful et l’assurance


mutuelle,

4) Le Takaful bientôt au Maroc

Le maroc s’est doté, au mois d’avril 2015, d’un cadre juridique pour le Takaful,
par un projet de loi modifiant et complétant la loi n°17-99 portant code des
assurances. L’agrément pour les opérations d’assurances Takaful ne pourra être
accordé à une entreprise agréée pour d’autres opérations d’assurances, ce qui
exclut la possibilité de créer des guichets Takaful au sein d’assurances
conventionnelles. Les compagnies existantes désirant aborder le marché Takaful
devront créer des entités juridiques distinctes.

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Le texte de la réforme définit l’assurance Takaful comme étant une « Opération


d’assurances fonctionnant conformément aux préceptes de la Charia, basée sur le
don (tabarru’) et sur l’entraide entre un groupe de personnes physiques ou morales
appelées participants qui contribuent mutuellement dans l’objectif de couvrir les
risques prévus au contrat d’assurance Takaful. »
Le texte précise qu’en assurance Takaful, le risque est supporté par la collectivité
des participants,
L’entreprise d’assurances et de réassurance percevant une rémunération au titre
de la gestion de l’assurance Takaful.
Le projet introduit la notion d’Avance Takaful : « Montants engagés par
l’entreprise d’assurances et de réassurance pour combler l’insuffisance de l’actif
représentatif des provisions techniques par rapport auxdites provisions et pouvant
être récupérés sur les excédents futurs dégagés par une opération d’assurance
Takaful. Ces montants ne peuvent donner lieu à aucun intérêt. »
Si en assurance conventionnelle la prime représente la somme due par le
souscripteur d’un contrat d’assurance en contrepartie des garanties accordées par
l’assureur, pour l’assurance Takaful, la prime, appelée également participation,
est le don (Tabarru) représentant la contribution du participant.
En outre, le contrat d’assurance Takaful doit indiquer :
— les modes de rémunération de l’entreprise d’assurances et de réassurance au
titre de la gestion de l’assurance Takaful et le montant de cette rémunération ;
— les modalités de répartition des excédents entre les participants ;
— la politique de placement de l’entreprise d’assurances et de réassurance.
L’administration se réserve enfin la prérogative de :
— fixer les modes de rémunération de l’entreprise d’assurances et de réassurance
au titre de la gestion de l’assurance Takaful ainsi que les critères de détermination
de cette rémunération ;
— fixer les modalités de répartition des excédents entre les participants dans les
opérations d’assurances Takaful.
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L’article 239-2 stipule que les entreprises d’assurances et de réassurance doivent


mettre en place un système de contrôle interne ayant pour objet l’identification,
l’évaluation, la gestion et le suivi des risques. Elles doivent également mettre en
place une gouvernance adaptée à leur activité. Dans ce cadre, l’administration
peut demander aux entreprises d’assurances et de réassurance de mettre en place
des comités spécifiques. Les conditions et les modalités de fonctionnement de ces
comités sont fixées par l’administration.

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Conclusion

La finance islamique est un compartiment de la finance éthique. Elle recouvre


l’ensemble des transactions et produits financiers conformes à l’éthique
musulmane, l’assurance Takaful était une assurance d’un nouveau genre et un
produit de la finance islamique, mêlant principes de l’assurance conventionnelle,
islam et valeurs éthiques.
Elle constitue ainsi une alternative séduisante à l’assurance conventionnelle.
En effet, l’assurance Takaful évite les principaux torts de l’assurance
conventionnelle interdits par le droit musulman comme l’aléa, la spéculation,
l’intérêt, et les investissements dans les secteurs interdits. L’assurance Takaful a,
de ce fait, réussi a combiner un produit moderne, compatible avec la religion alors
que les systèmes anciens de l’assurance étaient tous laïques.

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Bibliographie & Webographie

 https://www.institut-numerique.org/chapitre-ii-
presentation-des-instruments-de-financement-islamique-
susceptibles-dinteresser-les-pme-51bb438cc9301
 https://fr.slideshare.net/AdeMed/techniques-de-
financement-islamiques-au-maroc
 https://ribh.files.wordpress.com/2007/08/introduction-
aux-techniques-islamiques-de-financement-bid.pdf
 http://www.leseco.ma/finances/70893-assurance-takaful-
les-premiers-textes-d-application-arrivent.html
 http://fr.financialislam.com/le-takaful.html
 http://leseco.ma/les-cahiers-des-eco/epargne-
invest/58445-ce-qu-il-faut-savoir-sur-l-assurance-
takaful.html
 https://www.atlas-mag.net/article/lassurance-takaful
 https://www.assuranceislamique.com/
 http://blog.noorassur.com/ce-qui-differencie-la-finance-
islamique-de-la-finance-conventionnelle/

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Table des matières


Introduction ........................................................................................................................................... 2
I. Les produits de financement basées sur un actif (commercial)................................................. 3
1) La Mourabaha ........................................................................................................................... 4
2) Le contrat Salam ....................................................................................................................... 5
3) Le contrat Ijara (crédit-bail) .................................................................................................... 6
4) Le contrat Istisnaa (bien à fabriquer) ..................................................................................... 7
II. Les techniques de financement participatifs ........................................................................... 8
1) Le contrat Mudaraba ................................................................................................................ 8
2) Le contrat Mucharaka (partenariat actif) ............................................................................ 10
III. Autres moyens de financement............................................................................................... 11
1) Les opérations sans contreparties : Qard al Hassan ............................................................ 11
2) Le financement des services : exemple de Wakala ............................................................... 11
3) Les sukuk.................................................................................................................................. 11
I. L’assurance islamique TAKAFUL ............................................................................................ 13
1) Introduction ............................................................................................................................. 13
2) Fondements d'assurance Takafoul ........................................................................................ 13
a) Présentation de l’assurance Takaful .................................................................................. 13
b) L’interdiction de l’intérêt (riba)......................................................................................... 15
c) L’interdiction de l’incertitude (gharar)............................................................................. 15
d) L’interdiction de la spéculation (maisir) ........................................................................... 15
e) L’interdiction de la thésaurisation ..................................................................................... 16
f) Les placements et activités illicites ..................................................................................... 16
3) Les éléments illicites de l’assurance conventionnelles dans la Charia ................................ 17
II. L’assurance Takaful, une alternative islamique à l’assurance conventionnelle ................ 18
1) Principes de Takaful ............................................................................................................... 18
Les quatre principes de l’assurance islamique ......................................................................... 19
a) La séparation des fonds ...................................................................................................... 19
b) La distribution des bénéfices techniques (Excédent)........................................................ 19
c) Évitement des actifs non-conformes à la Chari’a ............................................................. 20
d) Le conseil de la Chari’a....................................................................................................... 20
2) Comparaison entre l’assurance classique et l’assurance islamique Takaful ..................... 20
3) L’assurance Takaful et l’assurance mutuelle : les similitudes ............................................ 23
4) Le Takaful bientôt au Maroc.................................................................................................. 25
Conclusion ............................................................................................................................................ 28

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