Vous êtes sur la page 1sur 430

Les Mille et un

amusements de société,
recueil de tours
d'adresse, de cartes et
d'escamotage... par
Blismon (S. [...]
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Blocquel, Simon-François (1780-1863). Les Mille et un amusements de société, recueil de tours d'adresse, de cartes et d'escamotage... par Blismon (S. Blocquel). 1871.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la
BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :
*La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source.
*La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits
élaborés ou de fourniture de service.

Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit :

*des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans
l'autorisation préalable du titulaire des droits.
*des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque
municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur
de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non
respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.


¡, /: J -

LES MILLE ET UN

A r 'ÙF'S E rel E rî T ^iS

lE SOCIÉTÉ

RECUEIL DE TOURS D'ADRESSE


€Îe Cartes et d'Escamotage
de Subtilités ingénieuses, de Récréations
mathématiques, d'Expériences tirées de la
physique et de la chimie, etc., etc.
ouvrage orné de 150 gravures
pour l'intelligence du texte
DÉDIÉAUXPERSONNES QUIVEULENT S'AMUSER
ETDIVERTIR
LESAUTRESAPEUDEFRAIS
rar Ana-Gramme
BLISMON

A
PARIS I
CHEZ DELARUE, LIPRAIRE- ËDITEUII
|
LILLE, CHEZ
BLOCQUEL-CASTIAUX Jf
[ - t ,..
, entrez Mesdames,je
Entrez Messieurs
veux vous faire voir que vous ne verrez
rien. Entrez 1entrez ! ! 1
LES MILLE ET UN L

AMUSEMENTS

DE SOCIETE

(arCUEIL' DE TOURS D'ADRESSE


1
de Captes et d'Escamotage
de ~UBim~ ingénieuses, de Récréations
mathématiques, d'Expériences tirées de la
physique et de la chimie, etc., etc.
ouvrage orné de 150 gravures
pour l'intelligence du texte
DÉDIÉAUXPERSONNES QUIVEULENT S'AMUSER
ET DIVERTIR
LESAUTRES
A PEUDEFRAIS
par Ana-Gramme
BLISMON

A PARIS
CHEZ DEL A RUE, LIBRAIRE- ÉDITEUR
une, CHEZBLOCQUEL-CASTIAUX

C
Ce volume est composé de quatre par-
ties qui ont chacune leur table des matières ;
le lecteur voudra bien, en conséquence, re-
courir à chacune de ces tables, lorsqu'il dé-
sirera consulter l'une des expériences con-
tenues dans cet ouvrage.

Il a paru une suiLe à ce volume, sous le titre :

LES MILLEET UN

TOURS DE PHYSIQUE

JLMUSASffTE

MAGIE BLANCHE
EN ACTION

Nos lecteurs feront bien de se procurer


cet ouvrage dont le contenu ne peut man-
quer de les intéresser. Il est de même for-
mat et de même prix que celui-ci.

, IMP.DE BLOCQUEL-CASTIAUX.
LILLE
RECUEIL
DE

TOURS
DIVERTISSANTS
RECUEIL

DE TOURS

.DIVERTISSANTS

Aviat aux faiseurs de Tours

1.0 N'avertissez jamais du tour que vous allez


faire, crainte que le spectateur, prévenu de
l'effet que vous voulez produire, n'ait le temps
d'en deviner la cause.
2.° Ayez toujours autant qu'il sera possible,
plusieurs moyens de faire le même tour, afin
que si on en devine un, vous puissiez recourir
à un autre, et vous servir de ce dernier pour
prouver qu'on n'a rien deviné.
3.0Ne faites jamais deux fois le même tour à
la prière d'un des spectateurs, car alors vous
manqueriez contre le premier précepte que je
viens de donner, puisque le spectateur serait
prévenu de l'effet que vous voudriez produire.
4.° Si on vous prie de répéter un tour, ne re-
fusez jamais directement, parce que vous don-
neriez alors mauvaise opinion de vous, en fai-
8 1
sant soupçonner la faiblesse de vos moyens ;
mais pour qu'on n'insiste point à vous faire la
même demande, promettez de répéter le tour
sous une autre forme, et cependant faites-en un
autre qui ait un rapport direct ou indirect avec
celui qu'on vous demande; après quoi vous direz
que c'est le même tour dans lequel vous em-
ployez le même moyen présenté sous un autre
point de vue. Cette ruse ne manque jamais de
produire son effet.
5.° Si vous faisiez toujours des tours d'adresse,
comme ils dépendent tous de l'agilité des mains,
le spectateur continuant de voir les mêmes ges-
tes, pourrait enfin deviner vos mouvements:
faites donc successivement des tours d'adresse,
de combinaison, de collusion, de physique,
etc., de sorte que le spectateur se trouve dérouté
en voyant presque toujours les mêmes effets
quoiqu'ils appartiennent à des causes disparâtes.
6.° Quand vous emploierez un moyen quelcon-
que, trouvez toujours une ruse pour faire croire
naïvement, et sansaffectation de votre part, que
vous employez un autre moyen. S'agit-il par
par exemple d'un tour de combinaison, faites
s'il y a lieu, comme s'il dépendait de la dextérité
des doigts; et si au contraire c'est un tour d'a-
dresse, tâchez alors de paraître maladroit.
7. ° Quand vous ferez des tours dans une com-
pagnie de gens éclairés, gardez-vous bien de
vous attribuer un pouvoir merveilleux et surna-
turel, cette prétention, trop exagérée, vous ferait
passer pour un imposteur, et l'on refuserait de
vous croire dans d'autres cas où vous pourriez
dire la vérité: contentez-vous de faire entendre
que l'effet dont il s'agit, dépend d'une cause non
commune; l'extraordinaire, quoique naturel,
sera aussi amusant pour des gens d'esprit, que
le merveilleux pour le vulgaire.
9
8.° Ne faites jamais un tour sans avoir préparé
des-subterfuges et des réponses captieuses pour
les arguments solides qu'on pourrait vous oppo-
ser, je dis arguments solides, parce que les
objections mal fondées, n'ont pas besoin d'être
prevues pour être faciles à résoudre.
9.° Profitez adroitement de tous les hasards et
des différents degrés de crédulité qui vous tom-
beront pour ainsi dire sous la main. Les hasards
favorables se présentent souvent; mais il n'y a
que les gens d'esprit qui sachent les mettre à
profit.
10.° Si on vous donne à deviner des tours dont
vous n'avez pas été témoin, tâchez d'en élaguer
toutes les circonstances que la renommée et la
crédulité ont pu y entasser; mais si vous voyez
faire un tour qui vous soit inconnu, ne cherchez
à le deviner, en supposant que vous venez
pas voir des effets réels; car puisque les tours
de
consistent toujours en des apparences trompeu-
ses, vous vous écarteriez du but en cherchant la
réalité.
10

Tours et Aventures d'escamotage -

M. Decremps raconte ainsi quelques tours et


aventures d'escamotage.
Jérôme Scharp et quelques autres voyageurs
entrèrent dans une auberge pour s'y reposer;
nous nous mîmes à table; mais le souper était à
peine commencé, qu'un étranger vint nous prier
de l'admettre à notre compagnie. C'était une
espèce de fou; richement couvert, qui écorchait
le français: il nous dit en langage savoyard, que
son père l'avait envoyé à Lyon pour y recevoir
le montant d'une lettre de change, et qu'après
l'avoir reçu, il avait pris la route de Paris au
lieu de celle de Chambéry, pour aller passer
agréablement une quinzaine de jours de sa jeu-
nesse: cependant, ajouta-t-il, mon bon homme
de père sera pas content de ça, mais attendrez
qu'il est mortpour aller chercher sa réprimande.
Il continua de parler sur le même ton, en affec-
tantde dire plusieurs fois que les Français étaient
aussi dénués d'esprit que d'argent, et qu'il fallait
aller en Savoie pour voir des gens riches et de
bons lurons.
— Vous êtes donc bien riche, vous-même, lui
dit un des voyageurs, pour nous regarder tous
comme des misérables.
Il répondit en tirant un gros étui de. sa poche,
qu'il était le plus pauvre de la Savoie; mais
qu'il tenait dans sa main un rouleau de cin-
quante double louis.
Alors, je lui dis qu'il était un imprudent de
montrer ainsi son or a des hommes qu'il ne con-
naissait point, et que s'il continuait ses fanfa-
ronnades, il pourrait tôt ou tard rencontrer des
11
gens malintentionnés, qui lui joueraient quelque
mauvais tour.
Il répliqua qu'il avait toute confiance en nous,
parce qu'il croyait voir sur notre physionomie
que nous n'avions pas plus de mauvaise intention
que d'esprit, et pas plus d'esprit que d'argent.
Piqué de cette impertinence, je lui dis qu'on
pourrait bien avoir autant d'argent que lui,
mais qu'on se garderait bien de le faire voir;
quantà l'esprit, lui dis-je, je crois que je peux
vous en vendre.
— Me ferez plaisir, dit le Savoyard, vendez-
moi z'en, tant seulement pour deux louis.
Dans ce moment nous étions au dessert et je
mis un macaron sous chacun de nos chapeaux,
en disant:
— Je parie de manger ces trois macarons, et
de les faire trouver un instant après, tous en-
semble, sous celui des trois chapeaux que vous
voudrez.
- Impossible, dit le Savoyard, d'un ton de
mépris, et je parie un bouton de mon habit
contre deux louis, que vous ferez pas ça.
— Je n'ai rien à parier, lui dis-je, contre un
de vos boutons, et je ne donne pas mon esprit
à si bon marché.
— Quoi, dit mon homme, à si bon marché;
apprenez Monsieur le Français, qu'un bouton de
mon pays vaut autant que tout ce que vous avez
sur le corps; et donnant aussitôt un coup de
couteau à un de ses boutons, il en tira un double
louis d'or, qui lui servait de moule.
Je fus aussi surpris de son ostentation, que
choqué de ses sottises, et pour lui donner une
bonne leçon de prudence et de modération, j'ac-
ceptai son pari, sans cependant exiger qu'il mit
au jeu. Un instant après, je pris successivement
les macarons, et je les mangeai l'un après l'au-
« 12
tre, en laissant les chapeaux sur la table; main-
tenant, lui dis-je, sous lequel des trois chapeaux
voulez-vous que je fasse trouver les trois maca-
rons?
— Sous le mien, me répondit-il.
Alors, je pris son chapeau, et je le mis sur ma
tête, en disant que les trois macarons étaient
dessous.
— Vous avez raison, me dit-il, en me don-
nant le double louis, je ne l'aurais jamais deviné.
Sur le refus que je fis d'accepter cet argent,
sous prétexte que j'avais parié à coup sûr, il me
pria d'observer que favais tort, en alléguant
pour ses raisons, quil gagnait plus que moi,
puisque je lui apprenais pour une modique
somme un tour subtil, qui devait lui servir a
attraper tous les gens d'esprit de son pays.
Alors, je pris le double louis, et jele donnai
à l'aubergiste, en lui disant que ce serait pour
payer la dépense de la compagnie, tant pour ce
jour, que pour le lendemain.
Fig. 1 Fig. 2

Cependant le Savoyard continua ses imperti-


nences, et proposa un pari pour me vendre de
l'esprit à son tour. Pour cela, il traça un grand
carré sur la table, avec de la craie7 ensuite il en
13
prolongea les quatre côtés, comme dans la fig. 1.
Après cela, il tira les petites diagonales, comme
les lignes ponctuées de la fig. 2.
Enfin, le tout nous présenta une figure régu-
lière de seize angles, dont huit rentrant et huit
saillants, formés par huit lignes droites qui se
croisaient comme dans la fig. 3.
Il décrivit à chaque angle un petit cercle, dans
lequel il proposa de placer un liard d'une cer-
taine manière; il faut dit-il, avoir sept liards
dans la main, et les poser successivement dans
un rond différent, de manière que quand on pose
un liard, il n'y ait encore rien au bout d'une des
lignes qui vont aboutir à ce rond.
Ensuite, pour nous faire voir la possibilité du
fait, il fit lui-même le tour, en faisant voltiger
sa main très-rapidement, et en disant:
— Il n'y a rien là, je le mets là, il n'y a rien
là, je le mets là, etc.
J'essayai de faire ce tour comme lui cinq à six
fois de suite; mais ilme restait toujours deux ou
trois liards que je ne- pouvais pas poser à un
bout de certaines lignes parce qu'il y en avait
déjà quelqu'autre à l'autre bout. Alors le Sa-
voyard sortit de la salle à manger, en disant que
les Français mangeurs de macarons n'avaient pas
autant d'esprit que lui et qu'il pourrait leur en
vendre.
Il ne fut pas plus tôt sorti, qu'un de nos com-
pagnons, que deux femmes de la société appe-
laient leur cousin, me dit, vous avez gagné deux
louis, et je vais en gagner autant, jugez, conti-
nua-t-il, si je sais le tour qu'on nous propose,
puisque ma nourrice m'a bercé avec. Aussitôt,
il me fit voir effectivement qu'il savait le faire
aussi bien que le Savoyard. Quand ce dernier fut
rentré, le cousin voulut parier deux louis qu'il
ferait ce tour, si on voulait le répéter encore
14
une fois devant lui; mais le bourgeois de Cham-
béry répondit qu'il ne montrait pas son savoir
à si bon marche; et que dorénavant, il ne vou-
lait pas parier moins de dix louis.
— Vous proposez une si forte somme , lui dit
le cousin, pour éluder le pari, parce que vous
pensez que je n'ai pas autant d'argent.
Le Savoyard répondit, que si on voulait mettre
dix louis au jeu, on verrait bientôt qu'il n'était
pas homme à reculer, et ensuite il sortit pour la
seconde fois.
— Oh Dieu, me dit alors le cousin, si j'avais
reçu le montant de ma lettre de change, je puni-
rais bien ce drôle de toutes ses impertinences.
Si nous pouvions, ajouta-t-il, faire la somme
de dix louis à nous trois, nous gagnerions en un
instant trois louis et huit livres chacun.
Je lui répondis, que je n'étais pas homme à
profiter de la bêtise d'un autre, pour lui attraper
son argent.
— Vous avez tort, me dit M. Boniface, mon
compagnon de voyage, qui jusqu'alors avait
gardé le silence, cet homme nous a insultés gra-
vement, et nous devons nous en venger; s'il
avait parlé de cette manière à des grenadiers,
on lui donnerait un coup de sabre; sil avait in-
sulté des procureurs, on lui déclarerait la guerre
avec un exploit pour lui soutirer ses louis; mais
nous, continua M. Boniface, nous qui sommes
des gens d'esprit, servons-nous de cette arme la
pour nous venger d'une injure.
— Vous avez raison dit le cousin, d'ailleurs
cet homme est un imbécile qui perdra son ar-
gent avec le premier gredin qu'il va rencontrer,
il vaut mieux que d'honnêtes gens comme nous
en profitent. Il me manque cinq louis, -ajouta-t-
il, pour pouvoir en parier dix ; veuillez me les
prêter bien vite, et je vous partagerai mon profit.
15
M. Boniface les lui prêta en effet, ou plutôt
ils furent de moitié pour la gageure. Quand le
Savoyard fut rentré, le cousin paria dix louis et
les gagna en un clin d'œil, en faisant le tour
avec toutes les conditions requises.
M. Boniface se félicitait de ce premier succès
qui me surprit d'autant plus, que je m'attendais
à une querelle, ou à quelque ruse de la part du
Savoyard: mais il perdit son argent sans rien
perdre de sa gaieté, et en disant, pour se con-
soler, qu'un homme comme lui, qui gagnait
quelquefois cinquante louis par jour, pouvait
bien perdre une fois dix louis sans pleurer. La
suite nous fera voir, jusqu'à quel point il fallait
ajouter foi à ces paroles, mais avant de conti-
nuer mon récit, je crois devoir donner ici le
moyen de faire ce tour.
En cherchant à le deviner, on ne le trouve pas
aussi facile qu'il parait d'abord, parce que quand
une fois on a posé le premier liard dans un des
cercles, il faut absolument suivre une certaine
marche, pour poser les autres sans difficulté, et
si peu qu'on s'en écarte, en posant le second ou
le troisième , il en reste toujours sur sept un ou
deux qu'on ne peut poser avec la condition re-
quise; mais il faut observer, pour la plus grande
facilité, que la fig. 3, composée de huit lignes,
pourrait être formée avec un seul fil, qui par-
tant du point 1, se plierait au numéro 2, pour
aller à l'angle 3, et de là, aux points 4, 5, 6,
7, et 8, pour retourner au numéro 1 ; or, les
points 1,2,3,4, etc., sont ceux sur lesquels il
faut poser successivement, selon l'ordre des
nombres ; mais pour que les spectateurs ne s'a-
perçoivent point de cet ordre, il ne doit point y
avoir de numéros sur la figure, quand on fait le
tour, et il ne faut pas que la main en posant les
liards, suive les lignes 1,2;2,3;3,4, etc. Le
16
tour paraîtrait alors trop facile à tous les spec-
tateurs, il faut donc, après avoir posé le premier
liard au point premier, porter la main au point 3,
en disant: Il n'y a rien ici, et ensuite là, et en-
suite la porter au point 2 en disant: Je peux donc
poser là, et poser le second; du point 2, il faut
porter la main au point 4, en disant: il n'y a
rien là, et ensuite au point 3, en disant: Je peux
doncposerici, et poser effectivementle troisième.
C'est par ce moyen que l'œil de celui qui opère,
peut suivre constamment le fil que je viens d'in-
sans que cette route soit indiquée par la
diquer qu'on fait voltiger à droite ou à gauche,
main
en avant ou en arrière, sous prétexte de montrer
les lignes sur lesquelles on n'a encore rien posé.
Fig. 3. Fig. L

Le Savoyard proposa un nouveau jeu pour


prendre sa revanche. Pour cela, il coupa un
morceau de carton carré, en vingt petits mor-
ceaux triangulaires, comme le représente la fig.
4, et quand il les eut entassés pèle-mêle, il défia
la compagnie de les placer de nouveau les uns
à côté des autres, de manière à former un carré
comme auparavant; chacun essaya son indus-
trie sur ce nouveau défi, mais ce fut en vain, car
17
j
on avait toujours quelque triangle de plus ou de
moins qu'il en fallait pour faire le carré parfait.
Tandis qu'on s'essayait ainsi, le Savoyard
sortit encore une fois, en disant qu'il était ma-
lade, et le cousin profita de son absence pour
nous prouver qu'il pouvait gagner ce nouveau
i pari. Je connais très-bien ce tour, dit-il, quoique-
i j'ai fait semblant de l'ignorer, et alors il forma
i devant nous, un carré avec tous ces petits tri-
angles; mais il les brouilla aussitôt, afin que le
Savoyard qui rentrait dans cet instant, ne le
soupçonnat point assez instruit pour lui gagner
son argent.
J'avoue que les ruses et l'instruction de ce cou-
sin, sous un habit simple, me le fit regarder ,
dans ce moment, comme un homme à craindre;
le soi-disant Savoyard, qui, sous un habit de
velours faisait le sot, en proposant des tours in-
génieux, et qui sortait de temps en temps comme
pour nous donner le temps de nous concerter
contre lui, ne me parut pas si honnête et aussi
désintéressé qu'il aurait bien voulu le faire ac-
croire. Il serait possible, dis-je en moi-même,
que ces deux aigrefins fussent d'intelligence pour
Î nous tromper; et les cinq louis que M. Boniface
vient de gagner pourraient bien n'être qu'un
j. appât pour le leurrer et le mettre à sec, que
i. sait-on, ajoutai-je, si les deux femmes qui nous
'( ont amenés à cette auberge, avec ce prétendu
cousin, n'avaient pas prémédité quelque chose
i contre nous? Les politesses dont on nous a com-
blés, et l'espérance qu'on nous a fait concevoir
de contribuer à notre fortune, ne sont peut-être
qu'une finesse de plus.
Je fis part à M. Boniface, de mes soupçons;
mais il me répondit que j'étais dans l'erreur,
et que le cousin était un galant homme. Quant à
vous me dit-il, si vous craignez les feuilles, vous
2
18
ne pas aller au bois, mais puisque j'ai le
bonheur de trouver un fou qui jette de l'argent
pouvez
par les fenêtres, je prétends être assez sage pour
le ramasser.
Un instant après le Savoyard défia de nouveau
toute la compagnie de faire un carré parfait avec
les petits triangles, et ajouta que cette fois-là
1 il
ne parierait pas moins de cent louis.
Je lui fis observer qu'il commettait une impru-
dence, parce que nous pouvions savoir ce tour
aussi bien que lui, et feindre de l'ignorer pour
lui attraper son argent.
— Non, non, dit le Savoyard, vous pouvez pas
savoir ça; celui qui l'a t'inventé, ne l'a z'enseigné
qu'à moi seul.
— Double fripon, dis-je tout bas, tu fais le
Savoyard et l'imbécile, et tu n'es peut-être qu'un
adroit escroc de Paris.
Là-dessus on boursilla pour parier contre lui
la somme de cent louis d'or. Les deux femmes
fournirent vingt louis, M. Boniface en donna
aussi vingt, sur lesquels il y en avait cinq de
bénéfice, et le cousin en compta dix, en déposant
pour faire la somme totale, une lettre de change
de douze cents livres qu'on regarda comme de
l'argent comptant.Cette affaire, à ce que disait M.
Boniface, était une société en commandite, dans
laquelle chaque associé devait retirer des pro-
fits en proportion de sa mise, mais son entreprise
n'eut pas le succès qu'il attendait, car quand le
cousin eut arrangé les triangles, le Savoyard lui
prouva qu'il n'avait fait autrechose qu'un paral-
lélogramme oblong, au lieu de faire un carré
parfait comme on en était convenu. Il fit voir
qu'on pouvait faire ce carré en arrangeant les
triangles comme à la fig. 4.
1
NOTA.— Pour pouvoir se rappeler cet arrangement,

1
19
on doit considérer cettefigure comme composée d'un
, et de quatre grands tri-
carré qui est dans le milieu
angles, tels que BCD,formés d'un triangleet d'un tra-
pèze. On peut observer aussi, que ce triangle et ce
trapèze placés différemment, peuvent former un petit
carré, et que par conséquent, on.peut faire consister
ce problème à faire un grand carré avec 5 petits, etc.

Ensuite il empocha l'argent avec froideur et


indifférence, comme si la somme qu'il venait de
gagner n'eut été pour lui qu'une bagatelle. M.
Boniface pleurait de désespoir, et le cousin pour
le consoler, lui dit:
— Vous êtes bien heureux de ne perdre que
quinze louis, tandis que j'en perds moi-même
cinquante-cinq.
— Coquin, lui dis-je, tu sais bien qu'on te ren-
dra ce que tu as perdu, et que tu dois partager
avec ton complice la dépouille de ce malheureux;
sans cela au lieu de consoler les autres, tu aurais
besoin toi-même de consolation; mais nous allons
savoir si tu as gagné de franc jeu. Là-dessus,
je crie au voleur, les gens de l'auberge arrivent
en foule, et je demande qu'on fasse venir les ca-
valiers de maréchaussée pour visiter nos passe-
ports, et savoir quel rôle chacun de nous joue
en ce monde; on saura m'écriai-je, si la lettre de
change déposée au jeu, valait autant que de
l'argent comptant, ou si l'on doit la regarder
comme de la fausse monnaie. Nous avons eu le
malheur, continuai-je, de nous trouver dans un
cercle d'intrigants à Auxerre, et parce qu'on s'est
aperçu que nous avions plus d'argent que d'ex-
périence, on nous a fait suivre par deux friponnes
qui nous ont conduits dans ce coupe-gorge, et le
tour qu'on vient de nous jouer est un de ceux
qu'on ne voulut point expliquer en notre pré-
sence, parce qu'on se réservait d'en faire usage
20
contre nous-mêmes. Mesdames, dis-je aux deux
cousines, nous saurons si vous allez recueillir une
succession à Saint-Germain-en-Laye, nous ver-
rons si vous n'êtes pas de la bande avec laquelle
nous avons soupé à Auxerre, et si, comme vous
l'avez assuré, c est par un pur hasard que vous
vous trouviez en si mauvaise compagnie.
Tout ce que je dis en cette occasion, fut d'au-
tant mieux accueilli par les gens de l'auberge,
qu'ils surent que je ne parlais pas pour moi-
même, parce que je n'avais rien perdu; cepen-
dant, les deux cousines tremblaient de peur et le
Savoyard qui jusqu'alors avait fait le comédien
et joué le rôle de niais, me dit en bon français:
— Je vois bien, Monsieur, que je n'ai pas
l'honneur d'être connu de vous; je rends à votre
ami, l'argent qu'il regrette, et ne. nous fâchons
pas.
Aussitôt il prit sa canne et son chapeau, et
s'esquiva parmi les huées.
Le soi-disant cousin et les prétendues cousines,
le suivirent de près pour aller ailleurs chercher
des dupes moinsrevêches, après quoi, l'auber- -
giste chez qui nous avions dépensé dix-huit
livres, voulut me rendre dix écus sur les deux
louis que j'avais déposés entre ses mains, quand
on m'avait laissé gagner pour mieux m'attraper;
mais je le priai de distribuer le reste aux pau- -
vres, ou de le garder pour des voyageurs dans
la détresse.
21

Mouchoirmarqué, coupé, déchiré et raccommodé.

Deux personnes de la compagnie sont priées


d'avancer sur le théâtre. On leur met entre les
mains un mouchoir qu'elles doivent tenir par les
quatre coins; on demande plusieurs autres mou-
choirs à la compagnie et à mesure qu'on les re-
çoit, on les met dans le premier pour en faire
un paquet. Quand on en a entassé une douzaine,
les deux personnes qui tiennent le paquet en
font tirer un, au hasard par un troisième spec-
tateur; ce dernier est prie d'examiner la marque
et le numéro, s'il y en a, et d'en couper un
petit coin avec des ciseaux; d'autres personnes
peuvent en couper, si elles le désirent; après
quoi, le mouchoir est totalement déchiré et mis
en pièces. On en rassemble tous les lambeaux
sur lesquels on jette des drogues ou des liqueurs,
on les plie, on les attache fortement avec un
ruban, pour les réduire à un petit volume, on
les met sous un verre qu'on échauffe avec les
mains, enfin, après quelques instants, on re-
prend le mouchoir pour le plier: tout le monde
reconnaît la marque, et le spectateur étonné, n'y
voit pas la moindre déchirure.
Cette opération, qui a produit une illusion si
générale, est fort simple. On est d'intelligence
avec une personne de la compagnie, qui, ayant
deux mouchoirs parfaitement semblables, en a
'déjà mis un entre les mains du compère caché
derrière la toile,,et jette l'autre sur le théâtre
pour faire le tour. On affecte de mettre celui-ci
sur tous les autres, en faisant le paquet, quoi-
qu'on fasse semblant de les mêler au hasard; la
personne à laquelle on s'adresse pour faire tirer
2.2
un mouchoir, prend naturellement celui qui est
dessus, et si on voit qu'elle en prenne un autre,
on la prie de les remuer sens dessus dessous,
sous prétexte d'embellir l'opération, et après
avoir remué soi-même, pour remettre par des-
sus celui qu'on veut faire prendre, on s'adresse
à quelqu'un moins clairvoyant, dont la mine
annonce la bonhomie, et qui en mettant la main
dans le paquet de mouchoirs, y prend tout bon-
nement le premier venu.
Quand le mouchoir a été déchiré et bien plié,
on le met sous un verre, sur une table, auprès
d'une cloison: à l'endroit de la table où il est
posé se trouve une petite trappe qui s'ouvre
pour le laisser tomber dans un tiroir le com-
caché derrière la toile, passe son bras dans
père
l'intérieur de la table, pour substituer un second
mouchoir au premier; ensuite il ferme la trappe,
qui, cadrant parfaitement avec le trou quelle
bouche, semble ne faire qu'une seule pièce avec
le dessus de la table,, et trompe par ce moyen
les yeux du spectateur le plus incrédule et le
plus clairvoyant.

Montre pilée dans un mortier

On prie quelqu'un de la compagnie de prêter


une montre, et on la met aussitôt dans un mor-
tier: quelques instants après, on la fait briser à
coup de pilon par une autre personne, on en
fait voir les rouages, la fusée, le ressort et le
barillet brisés et fracassés, et enfin après quel-
ques minutes on rend la montre toute entiere à
son propriétaire qui la reconnaît.
Après tout ce que nous avons dit, il est facile
de voir qu'il faut mettre le mortier près de la
23
trappe dont nous avons parlé dans le tour pré-
cédent, et le couvrir d'une.serviette, pour que
le compère puisse, sans être aperçu, y substi-
tuer une autre montre.
Si on veut réussir à produire l'illusion dans
ce cas ci, il faut avoir soin de faire mettre dans
le mortier une seconde montre, dont les aiguil-
les, les breloques et la boîte ressemblent un peu
à celles de la première; ce qui n'est pas absolu-
ment bien difficile, soit parce qu'on peut être
d'intelligence avec celui qui prête ce bijou pour
un instant, soit parce qu'on peut s'adresser tout
simplement à quelqu'un qu'on a eu occasion de
voir ailleurs et dont on a bien examiné la montre
quelques jours auparavant, pour s'en procurer
une à peu près pareille.
Après avoir remis tous les morceaux dans le
mortier, il faut les couvrir une seconde fois
d'une serviette et amuser un instant la compa-
gnie par quelques rébus, ou par quelques tours
nouveaux pour donner au compère le temps de
ramasser tous ces débris, et de remettre la pre-
mière montre dans le mortier.

Omelettecuite dans un chapeau à la flamme d'une


chandelle

Un escamoteur dit qu'il allait faire une ome-


lette; cassa quatre œufs dans son chapeau; posa
pour un instant le chapeau surla flamme d'une
chandelle, et bientôt après il montra une ome-
lette toute cuite et toute chaude. Bien des per-
sonnes crurent qu'à l'aide de quelques ingrédiens,
on avait pu faire cuire des œufs presque sans
feu; mais il n'en était rien. L'omelette était cuite
24 j
d'avance dans le chapeau, mais on ne la voyait
pas, parce que le faiseur de tours tenait son
chapeau à une certaine hauteur, les œufs qu'il
cassait dans son chapeau n'étaient que des œufs
vides; mais ce qui faisait croire le contraire,
c'est qu'en cassant ses œufs, il en faisait tomber
comme parmégarde, un qui était plein: le jaune
qui se répandait alors sur la table, faisait croire
que les autres n'étaient pas vides.

La boîte aux œufs et à la muscade

AB. (fig. 5) est une boîte ovale qui se divise


en deux parties, G, D; le couvercle D contient
trois parties E, F, G, qui représentent la moitié

Fig. 5

d'un œuf et qui entrent l'une dans l'autre comme


des gobelets. Le faiseur de tours peut donc mon-
trer la boîte vide comme au point C, lorsqu'il
enlève ces trois parties dans le couvercle D;
mais s'il en laisse quelqu'une sur la boîte, cette
boîte paraîtra contenir un œuf comme au point H;
et, comme ces parties sont de différentes cou-
leurs, l'œuf pourra paraître blanc, rouge ou
vert, suivant qu'on en laissera sur la boîte une,
25
deux ou trois; par ce moyen, si le faiseur de
tours tient dans la main droite le couvercle D,
et dans la gauche, la boîte contenant un œuf en
apparence comme au point H, et qu'il rapproche
cet œuf de la bouche comme pour le manger, si
dans ce temps, il fait passer subtilement cet
œuf dans le couvercle D, un instant après, il
n'aura dans sa main que le couvercle D, et la
boîte vide telle qu'elle est au point C; de cette
manière, il semblera avoir mangé l'œuf; dans
ce cas-là, il est essentiel qu'il contribue à l'illu-
sion par le mouvement des mâchoires; cepen-
dant le tour ne consiste pas directement à manger
un œuf, car il n'est rien de plus simple et de
plus naturel; mais il consiste a persuader qu'on
l'a mangé, pour le faire retrouver ensuite dans
la même boîte.

Enfoncerun couteaudans la têled'un coq ou d'une


poule, sans le tuer

Un charlatan, pour prouver l'efficacité de son


elixir, se fla-ttait modestement de pouvoir res-
susciter un mort.
- Voilà un animal, disait-il, en montrant un
coq, qui sera bientôt rayé du nombre des vi-
! vantsrjevais lui couper la tête et vous lui verrez
la cervelle; cela ne l'empêchera de chanter
Il cette nuit dans son poulailler, et de
passe promener
Ildemain au milieu de sa cour, comme un grand
Ilpersonnage

Qui, fait pour les plaisirs, et l'amour et la gloire;


Aime, combat, triomphe et chante sa victoire.
26
Un instant après, il lui planta un couteau
dans la tête et le présenta à la compagnie, sus-
pendu comme dans la fig. 6.
Dans le commencement, on vit l'animal se dé-
battre en remuant ses ailes et ses pieds; mais,
un instant après, il parut sans mouvement, ses
yeuxse fermèrent, et on le crut mort. Le char-
latan ayant ôté le couteau, le coq tomba sur la
table, et resta comme une masse inanimée. On

Fig. 7

remplit d'élixir, ou peut-être d'eau de rivière ,*


une petite seringue, et on en fit deux ou trois
injections dans la cervelle de l'animal; aussitôt
il parut se ranimer peu à peu; bientôt après il
se leva sur les pattes; haussa le col, battit les.)
ailes et s'enfuit en chantant.
On ne peut pas expliquer ce fait, en disant que'
la tête du coq était cachée sous son aile, et que:
le charlatan n'avait percé de son couteau qu'une
tête postiche attachée au col de ranimai; si lE
tour se fut opéré de cette manière, on n'aurai :
pas pu voir le bec et les yeux du coq se remueI
27
dans l'instant où on lui perça la tête, la préten-
due tête postiche aurait été immobile, et la
vraie tête aurait paru quand le coq fut suspendu
au couteau; et surtout lorsque l'animal agita ses
ailes pour exprimer sa douleur.
Ce tour s'explique mieux de la manière sui-
vante:
La cervelle du coq et de la poule étant placée
sur le derrière de la tête du côté du col, il y a
entre la cervelle et le bec, une partie de la tête
l'on peut percer d'un couteau sans tuer
que
1 animal; et si sa tête a été percée d'avance vers
cet endroit, on pourra la suspendre au couteau
si souvent qu'on voudra, sans lui faire aucun
mal, pourvu que le couteau ne soit pas bien
tranchant, et alors l'animal commencera tou-
jours par se débattre en remuant des ailes et des
pattes, pour exprimer le désagrément de cette
position. Quanta sa mort apparente, à sa résur-
rection subite et à sa fuite précipitée, c'est de sa
.part un effet de l'éducation et de l'habitude.

Se percer le bras et le ventre à coups de couteau,


sans se faire de mal

Mon élixir est si bon, continua l'opérateur,


ique je ne crains pas de recevoir moi-même des
coups de couteau. Alors il fit des contorsions et
des grimaces, comme s'il eut senti les douleurs
les plus aiguës, et montra son bras percé,
comme dans la fig. 7.
Ce tour est aussi facile que simple, puisqu'il
consiste seulement à adapter au bras un couteau
fait exprès, comme celui de la fig. 8, dont la
ilameest divisée en deux parties réunies ensemble

:
28

Fig. 8

par un ressort en fer à cheval. Quandle bras est


placé entre les deux moitiés de la lame et que le
ressort est caché sous la manchette, il semble
que le bras est percé comme dans la fig 7.
Quelqu'un de la compagnie observa à l'opéra-
teur, que, pour se percer le bras de cette ma-
nière, il lui fallait un couteau destiné à cet usage,
et que la blessure qu'il se faisait dans cette oc-
casion, était si petite qu'il n'avait pas besoir
d'élixir pour la guérir; il répondit quil en ferai:
de même, et peut-être pire avec le premier cou-
teau qu'on voudrait bien lui procurer. En effet
ayant celui d'une personne de la com-
il s'en donna trois ou quatre coups dans
emprunté
pagnie ,
l'estomac, et bientôt l'on vit le sang rejaillir sul
les voisins et ruisseler sur les planches.
Consolez-vous, dit alors l'opérateur, je vais
passer dans mon cabinet, et me mettre une em-
plâtre de poudre antihémorragique qui
bientôt guéri.

m'aurî
Faire revivre une oie ou un dindon après leur avoir:
coupé la tête

Nous vîmes sur ce même théâtre une autri;


opération également amusante. On coupa la têti
à un dindon; après quoi on la remit à sa place:
et le dindon courut comme auparavant ;.ce qu'ij
y a de remarquable dans ce tour, c'est qu'oit
1
29

Fig. 9

coupa réellement une tête vivante, et non une


postiche; voici par quel moyen.
On fait voir un dindon sur une table, et dans
le même instant où on pose sa tête sous l'aile
pour la cacher, on fait passer par un trou qui
est au milieu de la table, la tête d'un autre
dindon caché dans le tiroir. La tête que l'on
montre ensuite aux spectateurs, appartient donc
au dindon caché, et semble appartenir à celui
qui est sur la table, et comme cette tête se remue
en criant, tout le monde s'imagine qu'il est im-
possible de couper cette tête sans tuer le dindon
qu'on a sous les yeux; et l'on est bien étonné
de le voir marcher un instant après, quand la
tête du dindon caché est escamotée (fig. 9,'.

Couperles bras à un homme sans le rendre manchot,


et lui crever les yeux sans le rendre aveugle

Comme l'escamoteur finissait le tour précé-


dent, son domestique, en habit d'arlequin, vint
lui appliquer, sur les épaules, deux ou trois
30 1
coups de plat de sabre. Le maître fâché de cette
insulte, ou feignant de l'être, poursuivit Arle-
quin avec un couteau de chasse, en le menaçant
de lui couper la tête comme à un dindon. Arle-
quin fuyait de toutes ses forces; mais il fut
bientôt pris. Voilà les deux champions qui se
prennent au collet, qui se poussent et se re-
poussent à forces égales ; un instant après Arle-
quin semble avoir 1 avantage, en tâchant de s'é-
chapper il entraîne son maître dans la coulisse;
ensuite son maître le ramène sur le théâtre;
Arlequin, pour mieux résister à celui qui le
tiraille ainsi, embrasse une colonne et se tient

Fig. 10

ferme à ce point d'appui. Le maître qui ne peut


lui faire lâcher prise, prend une corde et attache
les bras et les jambes d'Arlequin à la colonne.
Arlequin l'insulte; le maître perdant patience,
le frappe de son couteau de chasse, lui coupe
les poings et jette ses deux mains à terre (fig. lu),
31
': en même temps il lui crève les deux yeux, en
¡.'lui disant: je te conseille de vendre tes lunettes
et de ne pas accepter de lettres-de-change paya-
bles à vue.
Il - Je peux aussi, répondit Arlequin, vendre
f ma paire de gants, et ne pas m'obliger, envers
; qui que ce soit, de lui prêter main-forte; ce-
- pendant, continua-t-il, je suis fâché que vous
ayez fait main-basse en tombant sur moi à bras-
raccourci, parce que je ne pourrai plus jouer à
la main-chaude, mais ce qui me console, c'est
ç iqu'on ne m'accusera pas d'avoir les doigts cro-
chus.
— Tu te repentiras, dit le maître, d'avoir été
si insolent.
— Je pourrais bien m'en repentir, répondit
Arlequin, mais je ne m'en mordrai point les
'doigts, au reste, continua-t-il, vous m'avez
rogné les ongles si près du poignet, que je ne
peux plus me gratter.
— Je te gratterai moi-même, répondit le maî-
tre, s'il arrive que la main te démange ; mais
quoique je fasse pour toi, ce ne sera pas pour
tes beaux yeux.
Ce dialogue prouvait suffisamment qu'Arlequin
! n'était pas bien malade, aussi le maître s'avança
sur le bord du théâtre, en disant:
- Ne croyez pas, Messieurs, que j'ai voulu
rendre manchot un homme qui gagne pour moi
de l'argent à pleines mains; mon but était seu-
lement de vous faire sourire: je pense qu'il est
'inutile de vous dire que je n'ai crevé que des
yeux d'émail enchâssés dans une tête de bois,
et qu'en coupant des bras de carton, je n'ai
perdu, tout au plus que deux mains de papier.
Cepèndant Arlequin qui s'était détache de sa
r colonne, vint sur le bord du théâtre avec une
emplâtre sur les yeux et ses deux bras raccour-
32
cis (c'étaient deux bras postiches, car les deux
autres ,étaient cachés sous son habit); après avoir
poussé un profond soupir comme un homme
qu'on vient de mutiler, il dit:
— Ne l'écoutez pas, Messieurs, car il voudrait
vous faire croire qu'il n'est pas sorcier; cepen-
dant il est certain que par le sortilége de son
maître, Arlequin que voilà, sera bientôt guéri:
Et tout manchot qu'il est, si vous venez demain
Il peut vous faire voir quelqu'autre tour de main.

1
L'Entonnoir

Faites faire un double entonnoir de fer blanc:


(fig. 11), dont la- surface intérieure A et l'exté-
rieure B, soient soudées ensemble de manière
i
Fig. 11 Fig. 12
.1

1
que l'eau contenue entre elles ne puisse" s'écou- «;
1er que par une petite ouverture faite vers G, où'•
la surface intérieure joint l'ajustage D. Ajustez-y
une anse vers le haut de laquelle vous ménage- e
1
33
rez un très-petit trou E qui doit communiquer
au vase intérieur de cet entonnoir.
Lorsque vous emplirez d'eau cet entonnoir,
en en bouchant avec le doigt l'extrémité de
: l'ajustage D, l'eau se répandra aussi entre les
surfaces A et B, et si, ayant bouché ensuite le
trou E avec le doigt, vous débouchez celui D,
l'eau contenue dans la partie A et B s'écoulera
et celle renfermée entre ces deux surfaces y
restera jusqu'à ce qu'en élevant le doigt pour
id-éboucher le trou E, vous-y laissiez introduire
l'air, alors l'eau contenue entre les deux sur-
faces s'écoulera jusqu'à ce que vous l'arrêtiez
en posant de nouveau le doigt sur ce même
trou.
Vous emplirez cet entonnoir d'eau ou de
vin, et le tenant par l'anse vous boucherez
.avec le pouce le trou E, et laisserez couler la
liqueur dans un verre et la boirez, prenant
une espèce d'alène dont la pointe entre dans
-le manche, vous feindrez de vous en percer
le front, et y posant aussitôt l'ouverture de cet
entonnoir, vous déboucherez le trou E, et il
semblera que le vin que vous venez de boire
sort par la piqûre que vous vous êtes faite.

Autre explication sur l'entonnoir.

Dans le même instant que l'escamoteur ôte


Talène du front; il porte vers ce même endroit
tun petit entonnoir d'où on voit sortir du vin
cesse ou continue de couler au comman-
qui
fioe-ment. Le secret consiste à avoir un entonnoir
r double , c'est-à-dire deux entonnoirs soudés
Tun dans l'autre. Le vide qui reste entre deux
3
34
sert à cacher le vin jusqu'à ce que pour le fai
couler, on lui donne de l'air par le petit trouA.
en cessant d'y appuyer le pouce (fig. 12).

L'alêne enfoncée dans le front.

Cette alêne est composée d'un manche creb


et d'un fil d'archal bien droit dans sa parti
extérieure AH, mais tournée en vis dans la parti
qui est cachée dans le manche (fig. 13).

Fig. 13

Lorsque la pointe. .\B est appuyée contre a


front du faiseur de tours, elle entre dans
manche. Lespectateur ne connaissant point <
mécanisme, s'imagine qu'elle est entrée dai
le front; lorsqu ensuite on ccsse de la POUSSI
contre la tète, l'élasticité du fil d'archal lui fal
reprendre sa première position en la repoussai;
au dehors.

Les petits piliers.

Faites tourner deux petits piliers (fig. 141


soient percés dans toute leur longueur
qui
c est-à-dire depuis A jusqu'en B; percez-ln*
38

Fig. 14

'.ncore à leur extrémité extérieure AA' et à leur


extrémité intérieure BB', afin de pouvoir y in-
troduire un cordon qui communique de l'un à
.'autre, en suivant le parcours ABB' A'. Intro-
luisez aux extrémités intérieures A A' un petit
jout de ce même cordon, en sorte qu'il semble
[ue le cordon ci-dessus (que vous supposez pas-
er à l'extrémité) soit coupé.
Ces deux pciits piliers étant appliqués l'un
tuprès de l'autre, on les joint par les côtés
4, et tirant le cordon par l'un des bouts, on
t'onne à présumer qu'il passe au travers les
A et A'; on feint ensuite de le couper
intre ces deux endroits, et on fait voir les
;,indroits
:eux petits bouts de cordon coupés comme il est
"lit ci-dessus. On applique de nouveau ces deux
hliliers l'un contre 1 autre, et tirant le cordon, on
ersuade qu'il s'est repris à l'endroit qui a été
oupé.

Piècede cinq centimes changée en pièce de deux


francs, et vice-versà.

j. On fait avec une pièce de cinq centimes un


i r d'adresse très-amusant, quand il est bien
36 1III
exécuté. On montre la pièce de cinq centime
ne fait e
dans la main, on ensuite que fermer
de deu
ouvrir la main, et c'est une pièce
francs. On n'a besoin que de fermer et ouvn
seconde fois la rechanger e.
la main une pour
fois ell
centimes, à la troisième
nièce de cinq la elle est encore. Ce
n'y est p us; a quatrième y
doivent se faire en moins d'un
quatre tours
demi-minute. , cer
Pour cela, il faut avoir une pièce de cinq
de moitié à laquelle o
times lim e et applatie
soude une pièce de deux francs egalemei
ces deux pièces jointes en
limée et applatie;
semble de cette manière n'en font qu'une qi.
de cuivre ou d'argent, selon le
Dirait être On commence montrer 1
qu'on fait voir. par
centimes sur le bout des doigts. cô I
pièce de cinq
En fermant la main, on renverse naturelle la fan;
ment la pièce sens dessus dessous pour
de deux francs vers le milieu c
paraître en pièce la fait de nouveau si
la main. Alors si on glisser
n aura
le bout des doigts, il est clair quon qu
fermer et ouvrir une seconde fois la main poi
la faire reparaître en pièce de cinq centimes.
faire il faut faire sen
Pour la disparaître
en
blant de la mettre dans la main gauche
dans la main droite. Si on ouvre 1
retenant en 1
main gauche un instant après, priant
de souffler dessus, la pièce semble t
spectateur
S'être évanouie. droite s'
Danscet instant on passe la main
comme pour mieux indiqu
la main gauche,
l'endroit où on le prie de souffi
au spectateur un ave
une seconde fois. C'est pretexte pour
l'occasion de laisser tomber la
ferme aussitôt, pièce etdans1
qua.
main gauche qu'on
on ouvre cette main pour la dernière fois,
est tout surpris d'y retrouver la piec
spectateur
37

Boîle magique.

Faites tourner sept à huit boîtes de bois.,


de la forme d'une tabatière et de différentes
grandeurs, en sorte qu'elles puissent se ren-
fermer et entrer successivement les unes dans
les autres: que la plus petite de toutes ces
boîtes soit seulement de grandeur à pouvoir
contenir une petite pièce de monnaie ou une
bague. Observez quil est nécessaire qu'elles
ferment toutes assez aisément,et .que tous leurs
fonds puissent s'insérer successivement dans
celui de la plus grande, de même que tous leurs
couvercles dans le plus grand d'entr'eux.
Les fonds et les couvercles de toutes ces
boîtes ayant été insérés les uns dans les autres,
si on prend tous les couvercles en les soutenant
avec le doigt, et qu'on les pose sur les fonds
ainsi assemblés, on fermera parc moyen toutes
ces boîtes aussi facilement que s'il n'y en avait
qu'une seule.
Ayant mis dans sa poche
, ou dans une gibe-
cière, ces fonds et leurs couvercles ainsi dis-
posés, et de manière qu'ils ne puissent se
déranger de leur situation, on demandera pas à
une personne un anneau ou une pièce de mon-
naie, dont on aura par devers soi une semblable,
que l'on tiendra cachée dans sa main et qu'on
substituera adroitement à celle qui aura été
donnée; fouillant ensuite dans sa poche sous
prétexte d'en tirer cette tabatière, on placera
promptement cette bague ou cette pièce dans
la petite boîte, et on refermera aussitôt le tout;
et tirant à l'instant cette boîte de la poche, on
proposera d'y faire passer la bague ou la pièce
38

Fig. 15.

Fig. 16.
39
iemblable que l'on supposera tenir dans les
loigts de l'autre main; on fera semblant de la
1faire passer au travers de la boîte, on l'escamo-
subtilement, on dira ensuite à la personne
tera
lui l'a donnée, d'ouvrir elle-même cette boîte
Ipour y prendre cette pièce, ce qui lui causera
J'autant plus de surprise, que ne pouvant alors
des ouvrir que les unes après les autres, elle ne
concevra pas , quand même elle supposerait que
ce tour n'est qu adresse, comment on aura pu en
si peu de temps ouvrir et fermer toutes cesdif-
l'férentes boîtes.

Les bottes au millet.

Faites tourner une petite boite (fig. 15), de


deux pouces de hauteur, composée des trois
parties séparées A, B et C, en telle sorte que
ivous puissiez l'ouvrir en levant le couvercle A,
liouavec lui le deuxième couvercle B (*) qui doit
lavoir un petit rebord vers sa partie supérieure,
afin d'y pouvoir mettre une petite couche de
Imillet, et qu'il semble alors que toute la boîte
en est remplie: qu'au contraire elle paraisse n'en
iplus contenir lorsqu'on lève ensemble les deux
couvercles A et B.
Ayez une autre boîte d'environ 3 pouces de
ihauteur (fig. 16), composée des trois parties
iA, B et C, qu'au couvercle A soit ajustée une
espèce de petite trappe D qui puisse s'abaisser
en appuyant sur le bouton E, et laisse échapper
moyen, dans le premier fond G de cette
parce
boîte, le millet renfermé dans l'intervalle vide

(*)Cetteboite doit être faitede manière qu'on n'aper-


çoive pas ces différentes ouvertures.
40 1
F de ce couvercle; que la partie B en s'élevant
un peu puisse laisser couler ce même millet
dans l'intervalle H, ( Voyez la coupe des trois
parties séparées de cette boîte, fig. 17) en sorte
qu'il paraisse alors qu'il n'y
Fig. 17 en a plus dans la boîte. Ayez
encore un petit sac dans lequel
vous mettez du millet.
Ouvrez la première boîte (fig.
15) à l'endroit convenable, et
faites voir qu'elle est pleine de
millet, prenez-en même enco-
re un peu dans le sac, comme
si vous vouliez l'emplir entiè-
rement ; fermez-la avec son
couvercle, et-posez-la sur la
table; ouvrez ensuite l'autre
boîte ( fig. 16), et faites voir
qu'elle n'en contient point; re-
fermez-la, et en la posant sur
la table, abaissez adroitement
le bouton E, afin tom-
ber le millet qui ad'vfaire
du être ren-
fermé d'avance dans son cou-
vercle ; annoncez alors que
vous allez taire passer dans
cette deuxième boîte le millet dont vous avez
rempli la première boîte. Ouvrez cette boîte et
faites remarquer qu'il n'y est déjà plus et levant
le couvercle de la deuxième boîte, faites voir
qu'il y a passé. Proposez ensuite de le faire re-
tourner dans la première: à cet effet, couvrez-
la en levant un peu la partie B; ouvrez ensuite
la première boîte pour y faire voir le millet, et
la deuxième en faisant observer qu'il n'y est
plus.
41

Autre explication du tour de passe-passe


avec du millet.

On présente à la compagnie un petit sac rem-


pli de millet avec un petit boisseau de fer-blanc,
d'environ deux pouces de hauteur sur un pouce
de large; on remplit le boisseau de millet, et,
après ravoir posé sur la table, on le couvre d'un
i 'chapeau, ensuite, on ordonne que le millet sorte
idu boisseau, pour aller sous un gobelet qui reste
surla table, après quoi on lève le chapeau et le
gobelet pour faire voir que le millet a quitté le
-premier pour passer au second.
Pour cet effet, il faut avoir un boisseau et un
j Itgobeletdestinés à cet usage (fig. 18).
Le gobelet doit con-
Fig. 18 tenir intérieurement un
double fond A, B, C, D,
soudé au gobelet, aux
points À, B, C ; mais la
partie A, D, C, est mo-
bile sur sa charnière A,
C.Le point D, serré con-
tre les parois du gobe-
let, soutient par cette
pression, la petite porte
mobile A, D, C; mais
cette porte s'ouvre d'el-
rite-même quand on frappe fortement le gobelet
t- contre.la table.
t- Le petit boisseau de fer-blanc doit avoir du
.i millet collé avec de l'empois, sur la surface
« extérieure du fond, par ce moyen, quoiqu'il
:..soit vide, il peut paraître plein lorsqu'on le place
sur la table, le fond en haut et l'ouverture en
bas.
On le remplit réellement de millet, à différen-
42
tes rerises, en le plongeant dans le sac, et on
le viapeen l'inclinant peu-à-peu sous les yeux
du spectateur; mais, lorsqu'on le plonge pour
la dernière fois dans le sac, on le tourne sens
dessus dessous, et, par ce moyen , il semble,
quand il sort qu'il soit rempli de grains, quoi-
qu'il n'y ait alors que 'le millet collé au fond,
et quelques autres grains qui forment sur celui-
là une espèce de petite pyramide.
On le pose ainsi sur la table, et on passe la
baguette dessus en raclant sur les bords, pour
faire tomber tous les grains sur la table, à l'ex-
ception de ceux qui sont collés sur le fond du
boisseau, et le boisseau semble toujours plein..
Quand on le couvre avec un chapeau, on pro-
fite de l'occasion pour le retourner sens dessus
dessous, sans que personne s'en aperçoive, afin
qu'il paraisse vide, lorsqu'il sera mis à. découvert.
Le gobelet qui contient le millet doit être mis
sur la table, sans que personne y fasse attention;
pour cela, il faut, quand on exécute la dernière jI
métamorphose des grosses balles, renverser un r
gobelet en le faisant tomber sur ses genouxf
comme par mégarde; alors au lieu de remettre È
sur la table le gobelet qui vient de tomber, on y
met celui qui contient le millet, et qui ressemble ji t
extérieurement au premier.

Manièrede faire changer de main un anneau, et de le 1I


faire venir sur tel doigt que l'on voudra de la main i
opposée.
1
Vous demanderez à une personne de la com-r
pagnie un anneau d'or; vous lui recommanderez:;
en même temps d'y faire une marque pour leIl
reconnaître.
Vous aurez soin d'avoir de votre côté unri
anneau d'or, que vous attacherez par le moyen
1
1 43
d'une petite corde à boyau à un petit tambour de
montre que vous ferez coudre dans la manche
de votre habit, du côté gauche.
Vous prendrez de la main droite l'anneau
qu'on vous présentera
; puis
, prenant avec dex-
térité à l'entrée de votre manche, l'autre anneau
attaché au barillet, vous le tirez jusqu'au bout
des doigts de votre main gauche, sans que l'on
's'en aperçoive; pendant cette opération, vous
cacherez entre vos doigts, de la main droite,
t'anneau que l'on vous aura donné et le poserez
idroitement sur un petit crochet attaché sur
votre veste près de la hanche, et caché par votre
liabit; vous montrerez ensuite l'anneau que vous
tiendrez de la main gauche, puis vous deman-
derez à la compagnie, à quel doigt de l'autre
nain l'on désire qu'il passe. Pendant cet inter-
valle, et aussitôt la réponse faite, vous mettez le
loigt indiqué sur votre petit crochet afin d'y pla-
er l'anneau; dans le même instant vous lâcherez
'autre anneau, en ouvrant les doigts: le ressort
lui est dans le barillet n'étant plus contraint, se
contractera et fera rentrer l'anneau sous la man-
:he, sans que personne le voie, pas même ceux
lui vous tiennent le bras, qui n'ayant attention
qu'à empêcher vos mains de se.communiquer,
;QUSlaisseront faire les mouvements qui vous
seront nécessaires. Ces mouvements devront être
)récipités et toujours accompagnés d'un frappe-
ment. de pied.
Après cette opération, vous ferez voir à l'assem-
blée, que l'anneau est venu sur l'autre main,
mis ferez remarquer aussi que c'est bien le
nème que l'on vous a donné, et où la marque
ite'se trouvera.
Il faut employer beaucoup de célérité et d'a-
t iresse pour réussir dans ce tour récréatif, afin
'lue Ponne puisse soupçonner votre supercherie.
44
1
1
Bougies éteintes et allumées par un coup de pistolet.
Rien n'est plus simple que l'opération qui
produit cet effet, qui paraît tenir du merveilleux.
1.° Il faut que les bougies soient entières et-
récemment émèchées ; Il
2.° Vous mettez au milieu dela mèche decel-J
les qui devront s'allumer, et que vous partagerez, 5
soit avec une épingle, soit avec un cure-dent,
comme un grain de millet de phosphorer
d'Angleterre, que vous y introduirez avec la:j
gros
pointe du couteau.
Vous vous placerez ensuite à 5 ou 6 pieds deii
distance; puis vous tirerez votre coup de pistolets
sur les bougies allumées que la poudre éteindra"
tandis qu'elle fera prendre feu au phosphore quit
allumera les deux autres. t
On peut de même allumer une bougie, sur lar
mèche de laquelle on a aussi mis du phosphore,"
par le moyen d'une épée que l'on aura bien faitr-
chauffer dans une chambre voisine. Il suffit pouru
cela de présenter la pointe de l'épée à la mêcher
de la bougie, en lui commandant de s'allumer.c
NOTA. — Il faut avoir attention de ne point se servir
de ses doigtspour toucher le phosphore : on peut se
servir de la pointe d'un couteau, ou d'une petitepincer
11faut également avoir soin d'attendre que la mêchtl
de la bougie que vous venez d'émêcher soit refroidiei
avant d'y poser le phosphore, sans quoi il s'enflam-n
merait sur-le-champ.
1
Faire tomber une hirondelle pendant son vol, et en-f
suite trouver le moyen dela rappeler à la vie.

Vous prendrez pour faire cette expérience ri1


un fusil ordinaire, vous y mettrez la charge d(

I
40
poudre accoutumée, en observant seulement de
mettre ensuite au lieu de plomb une demi-charge
de vif-argent. -
Vous amorcerez être prêt à tirer votre
coup de fusil quandpouril se présentera une hiron-
delle, pour peu que vous approchiez d'elle, car
il n'est pas nécessaire de la toucher, cet oiseau
se trouvera étourdi et engourdi au point de
tomber par terre asphyxié. Comme il doit re-
prendre ses sens au bout de peu de minutes,
vous saisirez cet instant pour dire que vous allez
lui rendre la vie, ce qui étonnera beaucoup,
les dames ne manqueront pas de s'intéresser en
faveur de l'oiseau, et de demander sa liberté;
vous vous ferez encore un mérite auprèsd'elles,
en l'accordant à leurs sollicitations.

Manière d'éteindre une bougie à quatre cents pas


de dislance, par le moyen d'un coup de fusil
chargé à balle.

On peut s'amuser facilement avec cette expé-


rience, à la campagne ou même à la ville dans
un jardin un peu grand: l'on peut faire défi au
plus adroit tireur, et être sûr de remporter la
victoire.
Vous prendrez un fusil, vous y mettrez la
charge ordinaire de poudre, et une balle de
plomb. Votre adversaire en fera autant de son
côté; vous le laisserez tirer le premier pour lui
voir manquer son coup, attendu qu'il est très-
difficile à une pareille distance d'avoir l'œil assez
juste pour parvenir à éteindre une bougie.
Après l'avoir badiné sur son adresse préten-
due, vous vous mettrez en devoir de tirer votre
coup, et vous éteindrez la bougie au grand éton-
46
1
nementdes spectateurs qui vous auront vu char-
ger votre fusil à l'ordinaire, aveo
Fig. 19 poudre et balle, mais qui ne se sen
ront point aperçus que votre balld
était percée de part en part en for-i
me de croix, comme le représente)
la fig. 19.
Tout le merveilleux de cette ex-
périence consiste dans cette balle
percée, ou i élasticité de 1air qui la
chasse acquiert une force divergente en passant
par les trous de cette balle; et lui donne les
moyens de produire cet effet surprenant.

Couper la tète à un homme et la lui rendre


sans danger peur lui.

On a une grande table munie d'un tapis; à la


partie supérieure se trouve une ouverture ronde
dans laquelle l'homme qui est sous la table passe
la tète. L'on a ensuite un grand plat de faïence
ou d'argent dont le fond a été enlevé et dans
lequel on passe la tête de l'homme, en mettant
autour du cou et au fond du plat des bandes de
drap rouge de manière à ce que la tête paraisse
coupée; saignante et placée dans un plas. L'illu-
sion est beaucoup plus complète si l'on fait brû-
ler, sur la même table, de l'esprit de vin avec
du sel marin qui donnent à cette tête une cou-
leur livide. Il est aisé de faire paraître ensuite
le même individu tel qu'il n'a jamais cessé d'être.
Ce tour [;lÎt toujours une tres-forte impression
sur le spectateur.
41

TOURS DE GOBELETS

ET DE GIBECIÈRES.

Le jeu des gobelets, aussi ancien que simple


et ingénieux, est aussi de tous les tours d'a-
dresse le plus amusant et le plus facile à exécu-
ter.
On se sert ordinairement de trois gobelets de
fer-blanc poli A, B et C, (fig. 20), ils doivent

Fig. 20

être de la forme d'un cône tronqué, ayant un


double rebord D vers le bas (1) d'environ un
demi-pouce; le dessus E doit être creux et de
figure sphérique afin de pouvoir contenir les
muscades (2) sans qu'elles excèdent le bord su-
périeur du gobelet; il faut se munir anssi d'une

(1) Cerebord sert à lever facilement le gobelet et à


y placer avantageusement la mainpour faire passer
une petite boule de litige, que l'on nomme muscade.
(2) On les fait avec du liège et on les noircit en les
brûlant un peu à la chandelle.
48 1
petite baguette qu'on nomme bâton de Jacob;
elle se fait ordinairement J'ébène, et on la garnit
d'ivoire, par ses deux bouts; on s'en sert encore
pour frapper sur les gobelets, et comme on la
tient fréquemment dans la main où l'on cache
les muscades, elle procure l'avantage de tenir
souvent la main fermée et d'en varier la situa-
tion, sans quoi, pour éviter qu'on ne les aper- |1
çoive, elle se trouverait quelquefois un peu l
gênée..
Toute l'adresse de ce jeu consiste principale- 1
ment à cacher subtilement une muscade dans lai
main droite et à la faire paraître de même dans
les doigts de cette même main.
Toutes les fois qu'on la cache entre ses doigts 1
ce qu'on appelle escamoter la muscade, il faut
que le spectateur juge qu'on la met dans l'autre
main ou qu'on la fait passer sous un gobelet;
si au contraire on la fait reparaître lorsqu'on la
tient cachée dans sa main, il faut quil croie
la fait sortir de l'endroit qu'on touche alors
qu'on
du bout des doigts.

Manière d'escamoter la muscade.

On prend la muscade, et l'ayant mise dans la;


main droite entre l'endroit du pouce A (fig:.21)
et le bout du doigt B, on la conduitavec le pouce1
en la faisant rouler sur les doigts le long delà;
ligne BG, on écarte un peu le doigt du milieu DI
et celui E, et on la place à leur jonction C: voyez;
fig. 22, sa légèreté sufiit pour l'empêcher de1
tomber, pour peu qu'on la serre entre ces deux]
doigts.
Pour la faire paraître, on la ramène de même

j
49
avec le pouce depuis C jusqu'en B (fig. 21).
Toutes les fois qu'on l'escamote ou qu'on la
ifait paraître, le plat de la main doit être tourné
du côté de la table sur laquelle on joue.

Fig. 21 Fig. 22

Lorsqu'on cache la muscade dans sa main,


n donne à entendre qu'on la fait passer sous
n gobelet ou dans une autre main; dans le pre-
mier cas on fait un mouvement avec la main
i'Ommesi on la jetait au travers du gobelet (fig.
3), et du même temps on l'escamote: dans le
:econd on l'escamote et on approche les deux
jioigts de la main droite vers la main gauche
u'on tient ouverte, on fait un petit mouvement
our feindre qu'on y place la muscade, et on
aussitôt la main gauche.
1îrme
Lorsqu'on feint de mettre une muscade sous
n gobelet, on suppose toujours qu'elle est alors
jans la main gauche; on lève le gobelet avec la
-lain droite ( fig. 24), et ouvrant la main gauche
n le pose à l'instant sur le creux de cette main
t on le fait glisser le long des doigts.
4
50

Fig. 24 Fig. 26 Fig.


23

1
Lorsqu'on la veut mettre secrètement sous lef
gobelet, elle doit être alors entre les deux doigts;
de la main droite (fig. 25), on lève le gobelet der
cette même main et en le repo-o
Fig. 25 sant sur la table, on lâche lai
muscade, 'qui, selon la positionc
(fig. 26), doit se trouver au bord'I
et un peu au-dessous du gobelet
qu'on prend dans sa main..
Si on veut mettre secrètement'
la muscade entre deux gobeletsJ
il faut en lâchant la faire saute
vers le fond du gobelet qu'ono
tient et le poser promptemellTf
au-dessus de celui sur lequelom
veut qu'elle se trouve placée. M
Lorsque la muscade est pla-:f
cée entre deux gobelets et qu'on'
la veut faire disparaître, il faUii
élever avec la main droite les deux gobelets
au-dessus de la table, et retirant précipitam-n
ment avec la main droite celui de dessous SOUIK
lequel est la muscade; au même instant or
abaisse avec la main gauche l'autre gobelet sôuac

H-.
51

OBSERVATION IMPORTANTE.
Pour l'intelligence des tours qui suivent, on provient
,qu'on se servira des termes ci-aprôs pour expliquer si
ce qu'on annonce est feint ou véritable, et qu'on adap-
tera leurs numéros à l'explication des différentes ré-
créations qui suivent.

1. Poser la muscade sous le gobelet:


C'estla mettre effectivementsous ce gobelet avec les
ideux doigts de la main droite ou de la main gauche.

2. Mettre la muscade, sous le gobelet


ou dans la main:
C'est l'escamoter
, en feignant de la renfermer dans
la main gauche qu'on entr'ouvre ensuite pour suppo-
ser qu'on la met sous ce gobelet ou ailleurs (fig.22).

3. Faire passer la muscade sous le gobelet:


1 C'est
y introduire secrètement celle qu'on a esca-
notee entre les doigts ( ûg. 25 ).

J. Faire passer la muscade entre les gobelets


C'est la même chose, excepté qu'on la place entre
leux gobelets.

5. Faire disparaître la muscade qui est


entre deux gobelets:
j C'est retireravec beaucoup de précipitation et d'agi-
Hécelui sur lequel elle est placée, et abaisser en mê-
netemps sur la table celui qui se trouve au-dessus
ous lequel alors elle se trouve cachée.
52

6. Prendre la muscade:
C'est la prendre entre les deux doigts de la main
droite et la faire voir avant de l'escamoter.

7. Oter la muscade de dessous un gobelet


, à la vue
C'estl'ôter effectivementavec les doigts
des spectateurs.

8. Tirer la muscade:
C'estfeindre de la retirer du bout du b ton, du go-
belet ou de tout autre endroit, en ramenant dans les:
doigts celle qui est cachée dans la main.

9. Jeter la muscade au travers le gobelet


C'est l'escamoter en feignant de la jeter.

10. Lever les gobelets


Se fait de trois manières : de la main droildi
, savoir
lorsqu'on veut en la remettant à sa place, y inséreii
secrètement une muscade ; ou avec la baguette qu'om
posesur le dessus des gobelets pour les abaisser afml
de faire voir les muscades qu'on y a fait passer; oio
avec les deux doigts dela main g¡,uchelorsqu'on veul
faire voir qu'il n'y a point de muscade, ou qu'il y eo
a qui y sont passées. I

H. Couvrirun gobelet :
1
C'est prendre de la main droite celui qu'on veui
mettre au-dessus de lui et introduire en même temp:
la muscade entre les

deux.
53

12. Recouvrir un gobelet


C'est prendre de la main gauche le gobelet qu'on
veut mettre au-dessus, sans rien introduire.

1.°Avecune seule muscade mettre une muscade


sous ébaque gobelet et les retirer.

Les trois gobelets et le petit bâton étant mis


sur la table comme l'indique la fig. 20, on
commencera ce jeu en faisant un discours
l,plaisant et tel qu'on voudra sur l'origine de
cette baguette et des gobelets (*) on dira par
exemple :
y a bien des personnes qui se mêlent de
II
[ jouer des gobelets, et qui n'y connaissent rien,
cela n'est pas fort extraordinaire : puisque
moi-même, qui me hasarde à jouer devant
i vous je n'y conçois pas grand chose: je ne
rougis pas de vous avouer, que j'étais si
novice il y a quelque temps, que je m'avisais
de jouer devant une nombreuse assemblée avec
des gobelets de verre; vous jugez que je ne
fus pas fort applaudi: je n'emploie actuelle-
ment cette méthode que vis-à-vis des aveugles:
[je ne joue pas non plus avec des tasses de por-
icelaine, de crainte que par maladresse, vou-
feindre d'en casser les anses, je ne les
casse tout de bon; voici les gobelets dont je
me sers: ils sont composés de métaux que les
Alchimistes attribuent à Jupiter et à Mars,
Iliant
1 (*) Il faut beaucoup discourir dans cette sorte d'a-
musement , afin d'occuper l'œil quelquefois trop at-
tentif du spectateur.
54
c'est-à-dire, pour parler plus humainement etI
plus intelligiblement, qu'ils sont de fer-blanc; ;
voyez et examinez ces gobelets, (on fait voir
les gobelets aux spectateurs, et on les remeti
sur la table). Toute ma science, et c'est en
cela qu'elle est admirable, consiste à vous
fasciner les yeux et à y faire passer des mus-
cades sans que vous vous en aperceviez: je
vous avertis donc de ne point faire attention à
mes paroles, mais de bien examiner mes
mains: (on montre ses mains) s'il y a dans
cette compagnie quelqu'un qui ait le malheur
de se servir de lunettes, il peut se retirer: at-
tendu que les plus clairvoyants n'y verront rien.
Fig. 27 Fig. 28

Voici le petit bâton de Jacob (on montre le


bâton de la main gauche), c'est-à-dire le ma-
gasin d'où je tire toutes mes muscades (*),il !
n'y en a pas un seul à Amsterdam qui en soit
si bien fourni, attendu que plus on en ôte, plus
il en reste, j'en tire (8) cette muscade, (on lai
fait voir et on la pose ('1) sur la table) ; remar-
quez qu'il n'y a rien sous les gobelets (on fait

('l")On prend secrètement de l'autre main une mus-


cade dans sa gibecière, on dans le vase (fig.27 et28).
Oncache cette muscade entre ses doigts.
55
voir l'intérieur des gobelets), et je n'ai aucune
muscade dans mes mains (on fait voir ses
mains), je prends (6) cette muscade, je la mets
(2) sous ce premier gobelet; je tire (8) une
seconde muscade de mon petit bâton, et je la
J!mets sous ce deuxième gobelet (on la met
11effectivement). Il est bon de vous prévenir
<•que la plupart de ceux qui jouent des gobelets
i! font semblant d'y mettre des muscades, mais
pour moi, je ne vous trompe pas, et je les y
t nmts effectivement (on lève le gobelet B, et
i prenant la muscade qu'on y a mise dans les
doigts de la main droite, on la fait voir) , je la
Lremets (2) sous ce deuxième gobelet; je tire
(8) cette troisième, et la mets v2) de-même sous
ce dernier gobelet. Vous allez dire que cela
n'est pas fort extraordinaire et que vous en
i feriez autant; j'en conviens, mais la difficulté
consiste à retirer ces muscades au travers les
gobelets (on frappe le dernier gobelet de la
baguette) je tire (8) cette première muscade
(on la fait voir) je la mets (2) dans ma main,
et je l'envoie à Constantinople, (on ouvre la
iimain gauche). Je tire (8) celle-ci (on frappe
;i avec la baguette sur le deuxième gobelet) je la
remets (2) dans ma main, et je l'envoie aux
grandes Indes, (on ouvre la maingauche), je
i tire (8) la dernière, et je la pose (1) sur la table;
remarquez qu'il n'y a plus rien sous aucun de
ces gobelets, (on abaisse les gobelets).

2.° Aveccette seule muscade restée sur la table, faire


passer une muscade au travers chacun des gobelets
et la tirer de même.

Je remets ces gobelets à leur place; je


prends (6) cette muscade et je la mets (2) sous
ce premier gobelet; je la retire (8); remarquez
56
qu'elle n'y est déjà plus [on lève (10) le gobelet!
de la main gauche) je la mets (2) sous cet autre
gobelet, je la retire (8) de même; (on lève (10)
le gobelet),
- je la mets (2) sous ce dernier gobe-
let, et la retire (8) encore (on lève le dernier
gobelet avec la main gauche, et on met la
muscade sur la table.

3.°Aveccette seule muscaderestée sur la table, retirer


une muscade au travers de deux et trois gobelets.

Je n'ai jamais aucune muscade cachée dans


mes mains, comme font la plupart de ceux qui
jouent des gobelets, [on montre ses mains). Je
prends (6) cette muscade et je la mets (2) sous
ce gobelet B (*),je le recouvre (12) avec celui-
ci C et je retire (8) cette muscade au travers
les deux gobelets; (on la fait voir en la posant
sur la table, on remet le gobelet C à sa place,
et on lève (10) le gobelet B, pour faire voir qu'il
n'y a plus rien). Je reprends (6) cette même
muscade, je la mets (2) sous ce même gobelet
B; je le recouvre (12) des deux autres gobelets
C et A et je retire (8) cette muscade, au travers
les trois gobelets (on la fait voir et on la pose
surla table).

4." Aveccette seule muscade restée sur la table,


passer une mêmemuscadede gobelet en gobelet.
faire
Maintenant, je vous prie d'avoir beaucoup
d'attention, et vous verrez très-distinctement;
cette muscade passer successivement d'un go-i

(*)On distinguera par 1 suite les trois gobeletspar.


A, Bet G, commeil est indiqué par la fig. 20.

1
57
belet dans l'autre; (on, éloigne davantage les
gobelets), je prends (6) cette muscade, et je la
mets (2) sous ce gobelet C; il n'y a rien sous
celui-ci B [on le lève, on introduit la muscade
et on prend le bâton dans sa main). Je com-
mande à celle que j'ai mise sous ce gobelet C,
de passer sous celui-ci B : vous la
à l'autre,
conduit le bout du bâton d'un gobelet voyez [on
comme si on suivait la muscade), remarquez
qu'elle est passée (on lève le gobelet de la main
gauche, et prenant la muscade de la main
droite, on la fait voir). Je la remets (2) sous
ce gobelet B ; il n'y a ri-en sous celui-ci A, [on
lève ce gobelet de la main droite et on y intro-
duit la muscade) je vais la faire passer sous ce
dernier gobelet A; ouvrez bien les yeux,
approchez-vous [on fait comme si en la voyant
on indiquait avec le bout du bâton le chemin-
qu'elle tient); vous 'ne l'avez pas vu passer?.
je n'en suis pas fort surpris, je ne la vois pas
moi-même, la voici cependant sous le gobelet.
(On lève le gobelet A, et on la pose sur la
table).
5.° Avec cette même muscade posée sur la table, les
gobelets étant couverts
, faire passer une muscade
de l'un dans l'autre, sans les lever.

J'avais bien raison de vous dire que les plus


clairvoyants n'y verraient pas grand'chose,
,mais consolez-vous: Voici un tour où vous ne
verrez rien du tout. Je prends cette muscade
t la mets (2) sous ce gobelet B, je le couvre
(11)avec ces deux autres gobelets (on en prend
un dans chaque main, et on introduit la mus-
cade sur le gobelet B); faites attention qu'il
n'y a absolument rien dans mes mains ( on les
58
fait voir); je commande à cette muscade dei
monter sur le premier gobelet (on lève les deux,
gobelets que l'on remet à leur place, et on falti
voir qu'elle y est montre). Je remets (2) cette
muscade sous ce même gobelet B, je le couvrer
de même (on le couvre en prenant un gobelet
dans chaque main, et on introduit la muscade
entre le deuxième et le troisième gobelet). Jel
tire (*) la muscade qui est sous ces trois gobe-I
lets, et je la jette au travers le prc'nier gobelet
(on feint de la jeter), remarquez que je n'ait
point escamoté la muscade, n'ayant rien dans
mes mains (on les fait voir) : la voilà cependant!
passée (on lève le premier gobelet de la maim
gauche, et on met la muscade sur la table, eit
les gobelets à leur place).
1
6.° Aveccette même muscade posée sur la table, faire,
passer une muscade au travers de la table et del
deux gobelets.
|
Vous êtes sans doute surpris, que n'ayantr
effectivement qu'une seule muscade, j'aie pu
après vous l'avoir fait voir, la faire passerf
sous ce gobelet sans le lever; maisque cela nejr
vous étonne pas, j'ai des secrets bien plus!,
merveilleux; je transporte, par exemple, lei
clocher d'un village dans un autre; j ai des?
cadrans sympathiques avec lesquels on peutj
s'entretenir à deux cents lieues de distancer
j'ai un char volant qui peut me conduire à

(*1La seule muscade avec laquelle on joue étante


sous le troisième gobelet, on ne peut la faire voir
effectivement,mais on fait comme si on l'avait retirée
et misedans les doigts de la main gauche qu'on tient!
en l'air en condnisant la main de côté et

d'autre. 1
59
Rome en trois jours. Je vous ferai voir toutes
ces choses aussitôt que mes machines seront
totalement' perfectionnées, c'est-à-dire dans
quelques siècles, en attendant que je vous
surprenne avec tous ces prodiges, je vais con-
tinuer à vous amuser, je mets (2) cette muscade
sous ce gobelet A, je la retire (8) (on la fait
tvoir et on feint de la mettre dans les doigts de
la main gauche) ; je couvre (11) ce gobelet
avec les deux autres B et C, (on introduit la
muscade entre ces deux gobelets en se servant
toujours de la main droite, et feignant de la
tenir encore dans la main gauche), et je fais
1passer cette muscade au travers de la table et
ides deux gobelets (on met la main gauche sous
la table); la voilà passée (on lève le premier
gobelet).

.7.°Aveccette même muscade, une muscade ayant été


mise sous un gobelet, l'en retireret la faire passer
entre les deux autres.

Voici encore un fort joli tour: Je prends


cette muscade et je la mets (2) sous ce gobelet
A; remarquez qu'il n'y a rien sous les autres
[on les fait voir et on introduit la muscade sous
celui C), ni dans mes mains; je tire la muscade
qui est sous ce gobelet A; (on feint de la retirer
et on montre le fond du gobelet, afin que
l'attention du spectateur ne se porte pas sur les
doigts): je couvre ce gobelet C avec les deux
autres A et B, et je la jette (9) au travers de ces
gobelets; (on les lève et on fait voir que la
muscade y est passée).
60 -

8.° Aveccette même muscade et une pièce de cin-


quante centimes, faire passer une muscade d'une
main dans
l'autre.
Je prends cette muscade, je la mets (2)1
dans cette main, et je mets dans celle-ci:
cette pièce de dix-sols; dans quelle main croyez-;
vous que soit la pièce de dix sols? (quelque:
réponse que le spectateur fasse, on fera voir:
qu'il se trompe, et que le toutest dans la main,
droite: ce coup sert de prétexte pour prendre'
une muscade dans la gibecière, en y remettanti
cettepièce.) (*)
j
9.° Avecla muscade restée sur la table et celle qu'om
a prise secrètement dans la gibecière, faire passer;!
sous un gobelet les deux muscades mises sous les?
autres..
t
Pour continuer à vous amuser, il me faut
une seconde muscade; je prends cette muscadel
et je la coupe en deux, (on la prend dans M
main gauche, et tenant le bâton de la main
droite, on feint de la couper, on remet ensuit®
le bllton sur la table, et on ramène au bouh
des doigts celle qu'on a prise dans sa gibecière)t
Rien n'est si commode que de pouvoir ainsiii
multiplier les muscades, quand j'ai besoini
» d'argent, je les coupe et recoupe jusqu'à ce queu

n On peut, sans rompre la cholne qui lie toules ces:


récréations, suppr'mèr celle-ci et feindre de laisseM
tomber à terre la muscade avec laquelle on joue, afnûi
d'avoir prétexte d'en prendre une autre,

g
61
'en aie cinq à six boisseaux, et je les vends
t l'épicier (on pose les deux muscades sur la
able); remarquez qu'il n'y a rien sous ce go-
)elet A; j'y mets (2) cette première muscade,
1 n'y a rien non plus sous les deux autres go-
jelets (on introduit la muscade sous le gobelet
5); je prends cette deuxième muscade et je la
<nets(2) sous ce gobelet C; il y a maintenant
Mne muscade sous ces deux gobelets A et C ;
e tire (8) de ce gobelet G, cette muscade, et
e la jette (9) à travers le gobelet du milieu B,
observez qu'elle est passée, (on lève le gobelet
3, et on y introduit la seconde muscadeje
commande a celle qui est sous cet autre gobelet
i, de passer sous ce même gobelet B (on lève
e .gobelet., on fait voir quelles y sont toutes
teux et on les pose sur la table.
I
10.°Avecles deux muscades (*)qui sont restées sur
la table, deux muscades ayant été mises sous un
même gobelet, les faire passer sous les deux autres.

Lorsque j'étais au collège, le régent me


disait toujours qu'il fallait savoir faire son
thème en deux façons, je viens de faire passer
ces deux muscades dans le gobelet du milieu;
je vais maintenant les en faire sortir, l'un ne
m'est pas plus difficile que l'autre; je prends
donc ces deux muscades et les pose sous ce
gobelet B; (on n'y met effectivement qu'une
seule muscade et on escamote l'autre en fei-
gnant de la mettre avec celle qu'on a prise de
la main gauche), remarquez qu'il n'y a rien

(*) Cetour se fait ordinairement aveç trois musca-


des, mais il est plus extraordinaire avec deux.
62 1
sous ce gobelet A, ni sous l'autre G; (on introl
duit dans ce premier la muscade qu'on a
escamotée). Je commande à l'une des muscades!
qui sont dans le gobelet du milieu de passer
sous l'un ou l'autre de ces deux gobelets A et
C, la voilà déjà partie, (on lève le gobelet B
pour faire voir qu'il n'y a plus qu'une musca-
de et prenant de la main droite la muscade
aui est dessous, on la fait voir et on la remet
(2) sous ce même gobelet (B) : voyons dans quel
gobelet est-elle passée; (on lève d'abord le
gobelet A, et on introduit la muscade qu'on a
ôtée du gobelet B), la voici sous celui-ci C, (on
lève ce gobelet) je commande à l'autre muscade
de passer sous ce gobelet A; (on le lève, et on
fait voir qu'elle y est passée.

11.0Avec ces deux muscades, une troisième qu'on


fait voir et une quatrième cachée dans la main, faire
passer trois muscades sous un même gobelet.

Tout ceci n'est que bagatelle, je vais vous


faire voir bien autre chose avec trois muscades:
(on tire une troisième muscade de la gibecière,
on la pose sur la table, et on en cache une
quatrième dans sa main; faites attention qu'il
n'y a rien sous aucun de ces gobelets: (on les
lève et on introduit la muscade sous le gobelet
C), je prends cette première muscade et je la
jette (9) à travers ce gobelet C; remarquez
qu'elle est passée; (on lève (10) le gobelet de
la main droite); je prends cette deuxième
muscade, et je la jette (9) à travers ce même
gobelet, la voilà passée; (on lève (10) encore
le gobelet), je prends la troisième et la fait
passer de même (on lève (10) le gobelet et on
fait voir qu'elles sont passées toutes les trois).
63

2.° Avecles trois muscades restées sous le gobelet,


et celle qu'on tient cachéedans sa main, faire passer
j deux muscades d'un gobelet dans un autre au choix
d'une personne, sans toucher aucun des gobelets.

! En voici un autre où je n'ai jamais pu rien


omprendre, et qui va bien vous étonner; (on
ve le gobeletC; et on ôte les trois muscades
ni y sont restées; on les pose sur chaque
obelet, et en levant ce gobelet C, on y intro-
duit la quatrième muscade qu'on tenait cachée
'ans sa main), je prends cette muscade (celle
m est sur le gobelet B; et je la mets (2) sous
e même gobelet; je prends celle-ci, (celle du
obelet; on y met aussi celle qu'on tient ca-
ltée dans sa main), je prends cette dernière
t je la jette (9) au travers du troisième gobe-
?t C, et pour vous faire voir que je ne vous
rompe point, la voilà passée; (on lève(10) le
obelet C, et on y introduit la muscade qu'on
1. dans la main et qu'on vient d'escamoter);
emarquez bien qu'il y en a actuellement une
ous chaque gobelet, dans lequel de ces deux
obelets A et C, voulez-vous que passe celle
ui est dans celui du milieu? (on lève le gobe-
rt que l'on a choisi, qu'on suppose être celui
::; et on fait voir qu'il y en a deux), je reprends
es deux muscades et les remets sous ce gobelet
', (on n'en met effectivement qu'une) : remar-
quez qu'il n'y en a plus sous ce gobelet B, (on
introduit la muscade qu'on vient d'ôter, et
n fait voir qu'on n'en a aucune dans ses
lains). Je commande à une des deux qui sont
ous ce gobelet C, d'aller joindre celle qui est
ous celui-ci A; remarquez qu'elle y est passée;
on lève le gobelet C, et on remet ces deux

1
64
muscades sur ce même gobelet, on lève celui
C pour faire voir qu'il n'y en a plus qu'une>
seuleet on la remet sur ce même gobelet; on
nelève pas le gobelet B sous lequel reste une
muscade.

13.° Avec les trois muscades qu'on a posées sur les


gobelets et celle qui est restée cachée sous le gobe-
, faire passer sous un même gobelet :
let du milieu
les muscades mises sous les autres.

Je prends cette muscade (celle qui est sur lei


C,) je la mets (2) sous ce même gobe--
gobelet
let : je lui ordonne de passer dans celui du
milieu, la voilà passée, (en levant ce gobelet B,
ony introduit la muscade qu'on vient d'esca--
moter), je prends celle-ci, (une des deux mises.
sur le gobelet A), je la mets ,sous ce même go--
belet C, et je lui ordonne de passer dans ce>
gobelet B, la voilà passée: (en levant ce gobe-
let ony introduit une troisième muscade); je)
prends cette troisième muscade, je la mets (2)
sous ce gobelet C, et je lui commande de passer i
dans ce gobelet (B) le long de la table et à la :
vue des spectateurs; (on prend la baguette, >
dans la main gauche pour feindre d'indiquer t
le chemin qu'elle tient entre ces deux gobelets);
vous ne la voyez donc pas? la voici; [on la r
tire (8) du bout du bâton qui semble l'indiquer);!
allons, passez vite; (on la jette (9) à travers le v
gobelet B, et on fait voir qu'elles y sont toutes
les trois et qu'il n'y a rien dessous les deux 1.
autres; on pose ensuite les trois muscades sur
la table, et on tient l'autre cachée dans sa il
main.
n
1 65
I
.o Avec les trois muscades restées sur la table et
celle qu'on tient cachée dans sa main,multiplication
I des muscades (*).
; S'il y a dans cette compagnie quelques per-
nnnes qui croient aux sorciers, je leur con-
; L'illede n'en pas voir davantage, ce que je vais
: ire étant beaucoup plus surprenant.
I Je pose (1) ces trois muscades sous ces trois
liobelets; j'ôte (7) cette première muscade
telle qui est sous le gobelet C), et je la mets (2)
Sans ce vase, j'ôte celle-ci etje la mets (2) dans
I même vase, j'ôte (7) cette troisième (celle
ui est sous le gobelet A), et je la mets (2) de
îême; (à chaque fois qu'on lève un des gobe-
ds pourôter la muscade, on y introduit celle
ui reste toujours cachée dans la main' droite,
'e sorte qu'après avoir feint de jeter ces trois
nuscades dans le vase, il s'en trouve encore
me sous chaque gobelet, au moyen de quoi on
ève de nouveau le gobelet C,CM ôte la musca-
le qui est dessous,et ainsi de suite jusqu'à ce
n'on ait feint d'en ôter une douzaine), vous
.ous imaginez peut-être que je me sers toujours
les mêmes muscades; mais afin de vous prou-
1er le contraire, les voici toutes (on renverse
e vase afin d'en faire sortir les douze muscades
iniy ont été cachées.
]iOTA.- Sice vase est bien fait, on peut le faire voir

O Pour faire cette récréation, il faut avoir un vase


le fer-blanc(fig. 27 et 28), au fond duquel il y ait une
jascule qui puisse tomber à volonté, c'est-à-dire, en
le renversant sur la table, au moyen d'une petite dé-
tente placée au bas d'une de ses anses, on introduit
d'avance, entre ses fonds et cette bascule, une dou-
zaine de muscades.
5
66 1
intérieurement et le renverser même sur la tabli
avant de faire cette récréation, afin qu'on ne
soup
çonne pas qu'on les y ait insérés d'avance.

15.°Avec les trois muscades restées sous chacun de


gobelets, et celle qui est cachée dans la main, fair
passer une muscade sous chacun des trois gobelets
Je mets toutes ces muscades dans ma poche
je prends (6) celle-ci (celle qu'on tenait cachéi
dans sa main), et je la fais passer au travers
de la table sous ce premier gobelet C :
(or
l escamote); j'en prends une autre dans ma
gibeciere (on montre cette même muscade), j(
la fais passer de même au travers de celui-c
B(on l'escamote encore); j'en prends unetroi-
sième lon montre encore cette même
muscade)
et je la fais passer sous ce dernier gobelet
(on l escamote), les voici nassées toutes les
trois; (on abaisse les gobelets, et en les rele-
vant un introduit la muscade qu'on a dans la
main sous le gobelet B, on remet les trois mus-
cades sur les trois gobelets).

16.° Avecles trois muscades mises au-dessus dp cha-


que gobelet et celle qu'on a introduite sous le gobe-
let du milieu, retirer deux muscades au travers du
même gobelet ('"). -

N'employons plus que deux muscades, (on


prend celle qui est sur le gobelet B, et on la
met (2) dans sa gibecière; on prend dans les
doigts de la main gauche celle qui est sur le

Ce coup ne sert que de préparation à celui qui


£(*)

i
67
gobelet B, on la montre, et de l'autre main,
on couvre du même temps le gobelet B avec
celui C, en y faisant passer (4) celle qu'on a
feint de mettre danssa gibecière, on prend la
muscade qui est sur le gobelet A avec la main
droite; et montrant de chaque main ces deux
muscades, on dit:) voici donc deux muscades,
je les mets (2) sous ce gobelet A (on n'y met
effectivement que celle qu'on tient de la main
gauche); je tire une de ces mêmes muscades à
travers ce même gobelet A (on la fait voir et
on la met au-dessus du gobelet C, on lève le
gobelet A, et on prend la muscade qui est au-
dessous avec la main droite et on ajoute:) il
n'en reste plus qu'une (on la remet (2) sous le
gobelet); je tire (8) cette autre muscade (on
lève le gobelet et on fait voir qu'elle n'y est
plus; on prend ensuite une des deux muscades
qui semblent rester seules, on la met (2) dans sa
gibecière en disant; ) je remets celle-ci dans ma
gibecière.
17.° Avecune muscade qui se trouve cachée sous le
gobelet du milieu, une autre qui se trouve cachée
sous celui qui le couvre, celle qui est restée dans la
main, et une quatrième qui est sur la table, faire
passer une même muscade successivement au tra-
vers des trois gobelets.

Je vais maintenant faire un très-joli tour


avec cette seule muscade (*); j'avais oublié de
vous le faire voir au commencement du jeu;
je couvre (11) ces gobelets (on met le gobelet
(*) Le coup qui précède a dû faire penser aux
:spectateurs qu'on ne joue plus qu'avec une seule
muscade.
68
A sur ceux C et B); je prends (6) cette même
muscade et je la jette (9) à travers ce premier
gobelet; (on lève (10) le gobeletA avec la main
droite; on fait voir qu'elle est passée entre celui
C et celui A, et on le remet à sa place en y in-
troduisant celle qu'on a dans sa main). Je!
prends (6) cette même muscade, et je la jette
(9) au travers cet autre gobelet C, on lève (10)
le gobelet C, on fait voir qu'elle est passée; on
y introduit celle qu'on a dans sa main, et on
le remet à sa place;; je reprends (6) encore cette
même muscade: et je la jette (9) au travers de
ce dernier gobelet; (on lève (10) ce gobeletB, on
ôte la muscade qui est au-dessous avec la main
gauche, on la pose sur la table, et remettant le :
gobelet à sa place on y introduit la muscade Î
qu'on a dans sa main).

18.0Avecles trois muscades qui sont sous les gobelets,


celle qu'on a mise sur la table, et deux qu'on prend
dans sa gibecière, faire passer sous un gobelet les i
muscades mises sous les deux autres, sans lever ces;
derniers.

Reprenons à présent la suite du jeu que j'ai


interrompu, et continuons à jouer avec trois 1
muscades; (on prend à cet effet deux muscades
dans sa gibecière (*), et on les met avec celle qui
est restée sur la table au-dessous de chaque
gobelet); je prends (6) cette muscade, (celle
qui est sur le gobelet C); je la jette (9) à travers
ce gobelet C; la voilà passée [on lève (10) le
gobelet, on la fait voir, et on y introduit celle
qu'on a dans la main); je prends (6) celle-ci
(*) On joue ce coup avec six muscades , quoiqu'on
fasse entendre qu'on ne joue qu'avec trois.
i
69
(celle qui est sur le gobelet B), je la jette (9) à
traversce gobelet B (on lève ce gobelet de la
maingauche), on fait voir qu'elle est passée,
et on la recouvre); je retire (8) cette muscade
de ce même gobelet B, et je "la jette (9) à tra-
vers celui-ci C, remarquez qu'elle est passée
(on lève (10) le gobelet C, on fait voir qu'il y
en a alors deux, et on y introduit celle qu'on a
dans la main) ; je prends (6) cette muscade (celle
qui est sur le gobelet A); etje la jette (9)a travers ce
même gobelet A, la voilà passée (on lève ce
même gobelet de la main gauche, on la fait voir
et on la recouvre); je tire (8) cette muscade de
ce gobelet A, et je la jette (9) à travers celui-ci
C; la voilà passée (on lève (10) ce gobelet C; on
fait voir les trois muscades, et on y introduit
celle qu'on a dans la main, on met ces trois mus-
cades sur la table).

19.° Avecles trois muscades qui sont restées sous les


gobelets, et les trois autres qui sont sur la table,
faire passer séparément les trois muscades au tra-
vers de chaque gobelet.

(On met de nouveau les trois muscades qui


sont sur la table au-dessus de chaque gobelet);
je prends celle-ci (celle qui est sur le gobelet C);
je la jette (9) à travers ce même gobelet; la voilà
passée (on lève (10)ce gobelet, on ôte (7) la mus-
cade en faisant voir qu'elle est passée, et on y
introduit celle qu'on a dans sa main; on remet
cette muscade sur le même gobelet) ; je prends
celle-ci (celle qui est sur le gobelet B), et je la
jette (9) à travers ce même gobelet (on fait voir
qu'elle est passée, on l'Ôte(i) et on introduit sous
ce gobelet la muscade qu'on a dans la main; on
met de même cette muscade sur le gobelet),
70
je prends cette dernière, (celle qui est sur le:
gobelet A); et je la jette (9) à travers ce troisième
gobelet A; la voilà passée [on lève ce gobelet A, -
on ôte (7) et on fait voir la muscade, on y intro-
duit de même celle qu'on a danssa main; on;
met cette première au-dessus du gobelet A, et il
n'en reste pas dans la main); remarquez que
je n'ai que ces trois muscades (on fait voir ses
mains).

20.° Avecles trois muscades restées sur la table, et


celles qui sont sous chaque gobelet, les muscades
ayant été remises dans la gibecière, les faire re-
tourner sous les gobelets.

Je prends ces trois muscades et je les remets


dans magibecière (on en garde une dans sa
main); voilà à quoi se réduit tout ce que j'avais
à vous faire voir pour vous amuser; je savais
encore quelques tours fort jolis, mais je les ai
oubliés (on feint de rêver un moment) ah!
m'en rappelle encore deux forts plaisants, al- ie
lons , mesdemoiselles les muscades, revenez
sous les gobelets ( on abaisse les gobelets) ;
voyez comme elles sont alertes et obéissantes;
en même temps (on les recouvre avec leurs
gobelets).
21.° Avecles trois muscades qui sont sous les gobelets
et celle qu'on a dans sa main, faire passer les mus-
cades au travers de deux gobelets.

J'ôte (7) cette muscade (celle qui est sous le


gobelet C) ; je la couvre (avec celui B, et en fai-
sant passer (3) l'autre muscade qu'on a dans la
main droite entre ces deuxgobelets); je prends
71
:ette muscade (celle qu'on tient dans la main
Jauche), et je la jette (9)entre ces deux gobelets
5et C; la voilà passée (on lève (10) le gobelet, on
'ait voir qu'elle est passer, et on introduit celle
jtion a dans sa main); je prends cette autre
jiuscade, (celle qui était sous le gobelet B), et je
.a jette. (9) de meme à travers ces deux gobelets
i et B; la voilà encore passée; (on lève (10)
encore le gobelet; et faisant voir qu'il ya deux
muscades, on y introduit (3) la troisième); je
prends cette dernière muscade, (celle qui est sous
le gobelet A) ; je recouvre (avec la main gauche),
ces deux gobelets B et C, et je jette (9) cette
troisième muscade au travers ces deux gobelets;
les voici passées toutes les trois, (on lève les
deux gobelets, et on fait voir les trois mus-
cades, on recouvre le gobelet C avec les deux
autres.
22.° Avecles trois muscades qui sont sur le gobelet C,
et celle qu'on a dans la main
, retirer trois musca-
des au travers de deux gobelets.

Je tire (8) la première muscade, et je la mets


|2) dans la gibecière; je tire (8) de même la
deuxième, et je la mets (2) aussi dans ma gibe-
cière, je tire (8) la troisième, et je la mets dans
ma gibecière; (on y met effectivement celle
qu'on avait dans la main); observez qu'elles ne
sont plus sous les gobelets; on lève le gobelet
A de la main gauche, et on le met à sa place;
on élève avec la main droite le gobelet C, en le
soutenant avec le gobelet B qu'on tient de la main
gauche; on abaisse précipitamment et un peu
de côté celui B, et en même temps on pose celui
C sur la table sous lequel se trouvent aussitôt
les trois muscades, qui n'ont pas eu le temps de
se répandre
'72

Le sac aux œufs.

Ce tour est un des plus simples et des plusi


faciles; il se réduirait presque à rien, sans lal
babil de l'escamoteur; il consiste à faire trou-t
ver des œufs dans un sac où il n'y avait rien
un instant auparavant, pour prouver qu'il n'y
a rien et qu'on n'y met rien, on le tourne et-
retourne plusieurs fois en mettant le dedans,,
du sac en dehors et le dehors en dedans. Rien
de plus commode qu'un pareil sac, dit l'esca-t
moteur, lorsqu'en voyageant on arrive dansi
des auberges où il n'y a rien à manger, on.
la poule invisible de pondre deux ou trois
prie
ouzaines d'œufs et bientôt après, on mange
des omelettes, des œufs à la braise, à la. coque,
au miroir, des œufs pochés au beurre noir
comme sont les yeux de ma femme ; à propos de 1
ma femme, je vous dirai qu'elle est si méchante,
et si querelleuse, que j'ai été obligé de lui casser
les bras, pour l'empêcher d'en venir aux mains.
Elle est si prodigue, qu'il faut la faire coucher.
à la belle étoile, pour l'empêcher de jeter l'argent
par les fenêtres; si elle continue à être obstinée,
je lui couperai l'oreille pour qu'elle soit moins.
entière: ah! que j'ai été dupe,
«
Defaire avec la langue, en dépit du bon sens,
Unnœud que je ne puis défaire avec les dents.

Mais, tandis que je vous conte ceci, la poule a


pondu.
Alors il tire un œuf du sac, et, tournant le.
dedans en dehors, il fait voir qu'il n'y a plus
rien, ensuite il continue de cette manière:
Connaissez-vous dans la rue St-Denis ce gros
marchand qui a été condamné à l'amende pour
73
avoir mal aune (au nez), l'amende qu'il paya
n'était pas une amende douce; il m'invita l'autre
jour à boire une bouteille de vin rouge qui était
vert (il vaut mieux avoir du vin vert que de n'en
avoir d'aucune couleur), nous mengeâmes en-
semble une paire de poulets, mais ils étaient si
maigres, qu on aurait pu les manger en carême;
d'une autre part la moutarde était impertinente,
:car elle prit le monde par le nez; au reste, Mes-
isieurs, soyez à vos treize, mais ne restez point
tà six (soyez à votre aise, mais ne restez point
assis) car je vous dis un conte à dormir debout.
ah! ah! voilà la poule qui a pondu.
Il tire un autre œuf du sac et fait voir qu'il
n'y reste plus rien.
Ensuite il continue sur le même ton jusqu'à
ce qu'il ait fait paraître cinq à six œufs.
L art consiste à avoir un sac double composé
de deux sacs cousus ensemble par le bord; par
ce moyen, on peut le retourner sans faire pa-
raître les œufs cachés entre les deux pièces de
toile, on les fait paraître à volonté, en les fai-
sant sortir par une petite ouverture laissée à ce
dessein. Les œufs doivent être vides, pour qu'on
:;;oit moins exposé à les casser, et afin qu'étant
plus légers, ils puissent se tenir au fond du sac
sans le rendre plus tendu.

Manièrede métamorphoser un verre à boire en


morceaux de cartes.

Ce tour est extrêmement simple, et n'est


'éellement qu'une illusion d'optique. On se
ait verser à boire: quand on a vide son verre,
m fait avec le bras un mouvement, comme si
m laissait tomber le verre, et qu'on voulut le
'etenir; on le laisse alors tomber entre ses
74
genoux, ou dans sa serviette: on fait avec la
même main un mouvement d'élan vers le ciel,
comme si on y jetait le gobelet, et l'on jette
vivement en l'air des fragments de cartes que
l'on tient cachés entre ses doigts. Le spectateur,
attentif à ce second mouvement, qu'il a cru
être exécuté par l'escamoteur pour jeter le verre
en l'air, et voyant descendre les morceaux de
cartes, croit que le verre a été métamorphosé
en ces morceaux.

La Marmitemiraculeuse ou la cuisine militaire.

A une marmite ordinaire, adaptez un plateau,


creux de trois à quatre pouces. Pour faire l'ex-
périence, on place une poule vivante dans la
marmite, on la couvre du plateau, l'escamoteur
vêtu en marmiton, se prépare à faire cuire
une poule; il met dans le plateau une poule dé-
pécée, il y ajoute de l'eau, du beurre, du sel,
du poivre, etc.; couvre le tout et l'approche du
feu; la chaleur anime la poule enfermée; elle
s'agite et s'échappe en renversant le couvercle
et le plateau. Cette récréation, tant soit peu
bouffonne, excite le rire de tous les spec-
tateurs.

L'étui pour la bougie.

On allume une bougie, on la met dans uni


étui que l'on ferme; un moment après on ou-
vre l'étui, la bougie a disparu; cette bougie
est creuse et s'adapte parfaitement à h cavité
de l'étui; une des extrémités est garnie d'une
mèche imprégnée de cire, qui s'allume, que
l'on éteint, en fermant l'étui, et qui reste fixée
au fond du couvercle.
75

Escamoterun enfant.

Ce tour est un des plus intéressants de la


Jihysique amusante. Dans une table est pra-
IÎquée une trappe; dessous cette table est une
iase élastique et à soufflet; dont la base ou le
jlancher en vertu des quatre ressorts à boudin
(ilacés aux quatre angles, se colle contre la sur-
ace inférieure de la table, dont le devant est
.ami d'une serge à longues franges. On fait voir
3dessous de la table en levant la sere; on place
'enfant sur la table; on le couvre d une cloche
n bois ou en osier. L'enfant passe à travers la
'appe, pose sur le plancher du soufflet qui se
éploie et lui laisse toute la place nécessaire pour
e tenir caché. On ôte la cloche, l'enfant a dis-
aru; on la repose sur la table, l'enfant sort de
a.case et se remet dessus.

Fausse expérience de Magdebourg.

11M. Hill dansun repas, voulant amuser une


lampagnie, et interrompre des chanteurs im-
':)rtuns, commença de chanter lui-même d'une
;)ix aigre et discordante, mais en même temps
1:allongeait le bras comme pour trinquer avec
:is convives, en tenant son verre d'une manière
ssez remarquableY puisqu'il semblait l'avoir
,J}llé sous sa main ouverte.
4 Cependant il posait de temps en temps ce
nrre sur la table, en continuant de chanter,
-9;le reprenait de la même manière, après
arioir montré qu'il n'avait dans sa main aucune
liatière visqueuse. Dans ce moment, un des
lanteurs, frappé de cette expérience, cessa
s fredonner pour dire qu'elle était fondée sur
76
l'attraction Newtonienne, et qu'elle démon-
trait assez clairement le système du phylosophe
anglais. Il est également clair dit-il, en parlanti
à M. Hill, que vous faites l'expérience de Mag-I
debourg, dans laquelle deux hémisphères con-1
caves, réunis pour former une boule dont oib
a pompél'air, deviennent inséparables jusqu'ài
un certain point, par la pression de l'air exté*.
rieur, etc. (Otto de Guerike, Bourgmestre de.
Magdebourg, est le premier qui ait fait cons..
truire de ces hémisphères, d'où leur est venu
le nom qu'ils portent).
D'autres convives cessant de chanter, con",
tinuèrent de crier pour soutenir la même opk
nion; et dès-lors ces mêmes hommes, qu:
n'avaient pu s'accorder en musique, déraison-
nèrent à l'unisson. Cependant une personne dit
la compagnie fit remarquer que cette préten-
due expérience merveilleuse, qu'on voulaii
expliquer par l'attraction, consistait tout sim--
plement à pincer adroitement le bord du verrr
et à le tenir bien serré entre le pouce et la nais-i
sance de l'index.

Tours des couteaux.

M. Hill voulant amuser un instant la coi


pagnie , ne souscrivit pas d'abord à cette exp
cation; il dit, en riant, que cette expérience
faisait par la raideur des nerfs. La preuve q
j'en donne, ajouta-t-il, c'est que en serra
bien fort mon bras droit avec ma main gauchi
je peux tenir un couteau sous ma main droj
sans le pincer en aucune manière; alors il t]
et présenta un couteau comme dans la figureJ
Ensuite tournant sa main sens dessus dessog
il fit voir, à différentes reprises, que le coûts
n'était soutenu par rien (fîg. 30). 1
i
i
1 77
Fig. 29

Pour expliquer ce fait, on revint alors à Fat-


action et à l'expérience de Magdebourg; mais
(le jeune fille, que M. Hill avait regardée jus-
Fig. 30

l'alors comme un enfant sans conséquence,


dontla pénétration ne paraissait point à crain-
'e, se baissa, dans l'instant même de l'expé-
mce, etvit que M. Hill allongeait l'index de la
am , gauche sur le couteau, pour le soutenir,
qu'ille retirait adroitement, dans l'instant où
retournait le dedans de la main vers le ciel,
18
pour faire voir qu'auparavant le couteau n'était
soutenu par rien (fig. 31).
Fig.31 ,

Pour rendre cette expérience digne d'attention,i


il faut tourner rapidement le dedans de la main,i
tantôt vers la terre, tantôt vers le ciel, comme.
dans les fig. 29 et 30; mais, crainte de laisser,
tomber le couteau par terre, ou de le jeter mala-L
droitement au visage de quelqu'un, il faut, en
prenant la première de ces deux positions, le.
soutenir avec le pouce de la main droite, jus--
qu'à ce que l'index de la main gauche vienne
au secours; de même, quand on passe de 14
première position à la seconde, il faut, avank.
d'ôter l'index de la main gauche mettre un seul
instant à sa place, le pouce de la main droite.l
Toute cette manipulation suppose une petitfil
adresse qui, n'étant point soupçonnée du spec-
tateur, l'empêche de connaître la vérité, tandii
que les apparents efforts, que l'on fait pour,
serrer le bras, semblent démontrer que la ran
deur des nerfs sert à quelque chose dans cette;
opération.
I
79
La petite ruse de M. Hill fut bientôt dévoi-
ee, et aussitôt tout le monde avoua d'un com-
nun accord que l'attraction et la de
pression
air ne jouaient aucun rôle dans cette
expé-
,ience; cependant M. Hill soutint queson index
Fig. 32

avait aucune part à l'opération; et pour


prou-
r qu'elle était entièrement fondée sur la rai-
surdes nerfs, illa répéta, en serrant son bras
rs le coude, comme dans la tig. 32.
On voyait ici que l'index de la main
} servait à autre chose qu'à serrer le brasgauche
droit
que ce doigt était d'ailleurs trop éloigné du
'JUteau, pour lui servir de soutien; c'est pour-
loi 1 indifférence des spectateurs se
changea
ut-à-coupen admiration, et la jeune demoi-
lle, qui n'avait pu retenir un signe d'incré-
ilii-te dans le tour précédent, se trouva dans ce
oment réduite au silence. Heureusement
• Hill,elle ne savait pas pour
qu'il avait glissé dans
manche un second couteau pour soutenir le
'emier (fig. 33).
Ce dernier tour plut à la compagnie,
beaucoup
arce qu'il fut fait avec la plus grande adresse
n
80
par un homme qui savait saisir l'à-propos; ce-
pendant i-1 était trop simple pour échapper à ;
l'attention des spectateurs éclairés; c'est pour-
quoi M. Hill chercha à les distraire en disant J
qu'il allail manger une douzaine de couteauxc
Fig. 33

pour son dessert. « Ne croyez pas, dit-il, que;


je cherche à vous faire illusion: j'ai un estomac;
d'autruche, et vous verrez bientôt que je digère-
le fer et l'acier.
« Ayant eu autrefois le malheur de faire nau-I
frage dans un voyage aux îles Philippines, jei
fus jeté par les vagues dans une île déserte, où
je me trouvais réduit à brouter de l'herbe et à
boire de l'eau de mer; cette boisson donna-
à toutes mes humeurs, et surtout à ma salive
età mon suc pancréatique, la propriété d'un
véritable dissolvant : j ai vécu quinze joursi
sans manger autre chose que des cailloux, et)
c'est pour cela que l'academie des sciences,;
après un mur examen m'a donné le nom def
lithophage, ou mangeur de pierres. » M. Ililli
prononçait ces paroles d'un air grave, comme J
s'il eût dit des vérités incontestables, et en
même temps il tenait dans ses mains un cou-
t 81
au qu'il portait à sa bouche comme pour
valer : cependant il le retirait un instant
;If\" , en attendant, pour l'avaler, qu'il eût
ai son discours: enfin il cessa de parler., et
;issitôt il reporta le couteau à sa boucheet
i donna plusieurs coups de poing pour l'en-
ncer comme un clou; dans ce moment le
nuteau disparaît, M. Hill souffre des douleurs
freuses, ses yeux se baignent de larmes, son
int pâlit, sa gorge s'enfle, et il fait entendre
le voix rauque qui ressemble au râle d'un
ionisant. La jeune demoiselle qui avait in-
scrètement révélé un des secrets de M. Hill,
ut que le couteau l'empêchait de respirer, et
Fig. 34

- - - ---
l
ii présenta un verre d'eau, en lui disant:
avez, monsieur, le couteau m'appartient;
mis je le perdrai sans regret, s'il ne vous
touffe point. M. Hill qui jusqu'alors avait joué
on rôle en vrai comédien, fut si frappé de
ette naïveté à laquelle il ne s'attendait point,
!l(il ne put continuer jusqu'à la fin; c'est
ioùrquoi il tira de sa poche le couteau qu'on
royait dans son gosier, et partit d'un éclat de
6
82
rire, qui se communiqua à toute la compagnie
excepté à la jeune causeuse qui venait de mon-
trer un peu plus de crédulite que de pénétra-
tion.
M. Hill avait profité de l'instant où il tenait
ses mains appuyées sur le bord de la table.
fig. 34, pour laisser tomber le couteau sur ses
genoux, couverts d'une serviette, et les spec-
tateurs ne s'étaient point aperçus de cet esca-
motage; 1.° parce que la plupart croyait, d'a-
près le discours qu'il venait de prononcer.
qu'il pouvait le manger et le digérer; 2.° parce.
qu'ils étaient confirmés dans cet idée par les
contorsions et les grimaces dont on était témoin
et qu'on attribuait aux souffrances de M. Hill,
causées par la grosseur du couteau arr" au
gosier; 3.° parce que les plus incrédules, quoi-
que persuadés que le couteau serait escamoté,
ne surent pas saisir l'instant où se fit ce tour de
passe-passe, tant ils furent distraits par les,
circonstances.
Pour faire ce tour, il est un moyen plus
subtil et plus imposant, c'est d'avoir deux mor-
ceaux de bois représentant les deux extrémités-
d'un couteau fermé, et attachés ensemble par un
fil d'archal, tourné en spirale, fig.
35.
Fig. 35

On laisse tomber sur ses genoux un vrai cou-


teau qu'on a fait semblant de vouloir manger, et
on prend à sa place ces deux morceaux de bois,
qui représentent un couteau entier, quand oni
les tient dans les deux mains, comme dans lai
fig. 35. Le faiseur de tours en les portant à saf
bouche, les rapproche l'un de l'autre, et par ce;
83
noyen il les cache facilement dans sa main
Irohe. Alors il tient cette main fermée, sous
orétexte d'enfoncer le couteau dans le gosier,
;n donnant des coups de poing sur la main
fauche, qui est appliquée sur les lèvres (pour
pacher l'absence du couteau dans la bouche).Le
spectateur, qui a pris ces deux morceaux de
)ois pour un vrai couteau, ne peut guère s'ima-
giner qu'on cache le tout dans une seule main,
t se trouve naturellement obligé de croire que
:e corps est entré dans la bouche du faiseur de
iours; les contorsions et les grimaces achèvent
illusion.

Le coureur invisible.
1. M. Hill
parla en ces termes, en présentant à
a compagnie une petite figure de bois, haute
l'environ quatre pouces (fig. 36).
4
Fig.36

, Voici,
dit-il, le petit coureur invisible que
e dépêche pour toutes mes affaires importantes,
'est un commissionnaire si discret, qu'il ne
-
livulgue jamais un mot des secrets qu'on lui

1
84
confie; c'est un serviteur désintéressé qui n'inn
portune jamais son maître, en demandant se1
gages; c'est un espion d'autant moins suspect,
que dans toutes les compagnies où il est admis*
il passe pour être squrd et aveugle.
Ensuite n'apostropha la petite figure de la
manière suivante: « Courage M. Jean de la.
Vigne, allez à Dijon me chercher de la mou-i
tarde; passez par Venise, pour voir si le Dogt;
a consommé son mariage avec la Mer Adria-A
tique. »
M. Hill, ayant porté la petite figure à soi.
oreille, comme pour écouter sa réponse, la
posa bientôt sur la table, en lui disant: « Vous
avez raison de me demander votre robe de.
soie (*) elle vous procurera les politesses de ces
gens à préjugés, qui ne respectent que l'habik
et qui ne reconnaissent jamais le mérite sous
des haillons. » Ici il parut faire une conversa-
tion avec la figure, qu'il reportait de temp
en temps à l'oreille; ensuite il la couvrit de.
sa robe, en lui disant: « C'est bien parlé, je,
vous entends; je sais qu'un voyageur sans argent
est comme un apothicaire sans sucre, ou comme.
un poète sans un grain de folie. »
Alors il porta deux fois la main dans son
gousset, comme pour prendre de l'argent, el
pouren donner à sa poupée, en nous disant a
« Si vous ne voyez rien, Messieurs, n'en soyea.
point surpris, je donne de l'argent invisible à
Jean de la Vigne, parce qu'il va voyager invi-.
siblemcnt; » en même temps il fit monter la
robe sur la tête de la petite figure, et montranl

(*) La robe du Petit Coureur invisible doit être


en soie de couleur foncée et très-légère. Elle doit êtrï ,
longue et assez ample pour contenir et cacher entière-
ment le poignet de l'escamoteur.
faite
85
;s mains, pour prouver qu'il n'emportait rien,
retourna ensuite la robe sens dessus dessous
t sens devant derrière, pour faire voir que le
etit nain était parti invisiblement. Enfin, pour
ter tout soupçon sur la présence du petit nain,
! plia la robe, et la tortilla jusqu'à ce qu'elle
it réduite au volume ordinaire d'une petite
oix.
Ce tour est ordinairement employé pour atti-
3r les curieux, par ces guérisseurs ambulants,
ui vendent de l'orviétan dans les foires et les
larchés. Les moyens en sont simples, et
exécution en est si facile, qu'il ne demande
ucune adresse des mains; mais aussi il n'a-
iuse guère que par le grand babil de l'opé-
iteur.
M. Hill imitait si bien le ton, l'accent et l'élo-
uence verbeuse des charlatans, qu'on l'aurait
ris lui-même pour un bateleur, s'il avait
u se défaire de ses manières extrêmement
onnêtes, pour endosser un habit galonné
'oripeau.
« Messieurs et dames, disait-il, y a-t-il,
uelqu'un parmi vous qui sente des douleurs,
es vapeurs, des fadeurs? Avec mon baume
} m'en moque. Êtes-vous asthmatique, colé-
Ique ou famélique? Avec mon baume je m'en
aoque. Êtes-vous possédé d'une paralysie, de
ihydrophobie ou de la métromanie? Avec mon
aume je m'en moque. Y a-t-il des machoires
ans dents, des hommes sans cœur, des femmes
ans têtes, ou des têtes sans cervelle? Avec mon
aume je m'en moque. Tous ceux qui achè-
3ront de mon baume, recevront de moi un joli
résent, pour se réjouir à peu de frais. Je leur
tonnerai.
Une chanson burlesque,
Dont le plan est grotesque;
86
Un couplet gigantesque,
D'un langage tudesque,
Unrécit romanesque,
D'un style pédantesque,
Sur un air soldatesque.
Ici, M. Hill interrompit son discours, pour
porter fixement ses regards étonnés vers le toit
de la maison voisine; tout le monde se mit
aux fenêtres pour apercevoir l'objet de son at-
tention, cependant on ne vit rien, mais M.
Hill semblait toujours regarder quelqu'un, et
faire une conversation par signe; ensuite, don-
nant à entendre que son petit coureur, Jean
de la vigne, se promenait sur les toits, il lui
dit :
Te voilà, malheureux, tu rodes sans chemise,
Aulieu de t'habiller pour aller à Venise
,
Viensici tout-à-l'heure, ou je te magnétise.
Ensuite il fit reparaître dans ses mains la petite
Fig.37. Fig.38.

figure, qui, bientôt après, s'évanouit comme


auparavant.
87
Ce tour consiste dans la construction de la
gure de bois. Cette figure se divise en trois
arties qui tiennent ensemble par des chevilles,
ig. 37.
Lorsque ces trois réunies ensemble,
nomme dans la fig. parties36, sont couvertes de la
jetite robe, comme dans la fig. 38, le faiseur
:e tours peut facilement les détacher l'une de
Jautre, et en mettre deux dans sa poche, quand
il fait semblant de prendre de l'argent, pour en
Jonner au petit voyageur: le spectateur voyant
*oujours la tête de la poupée, ne pense pas que
e tronc vient d'en être séparé, parce que la
obe de soie cache aux yeux cette amputation;
orsqu'ensuite on met cette tête dans un petit
gousset caché dans les plis de la robe, on peut
etourner cette robe de toutes les façons, sans
[ue la tête paraisse; la plier ensuite pour la
'éduire en un très-petit volume, et faire enfin
:'eparaître la tête, qui annoncera aux spectateurs
a présence de la figure entière.

Tour du cordon avec un bâton.

1 Il se fait avec un ruban de fil dont on coud


ou l'on noue les deux bouts ensemble. — Ce
ordon ainsi doublé se jette comme il est indi-
qué en A (fig. 39), sur te bâton qu'on a fait tenir
oar une personne choisie pour servir de com-
oère. On fait tourner le cordon une seconde fois,
lommeen B, une troisième et quatrième fois,
omme C, D l'indiquent. — E, c'est le cordon
dont le bout est écarté et mis sur le bout du
bâton.
On commande ordinairement au compère, de
ne point rabattre le bout E, puis on se retourne
pourparler aux spectateurs, afin que celui
tient le bâton n'exécutant point l'ordre qu'ilquia
88
Fig. 39 a. reçu, rabatte le
bout du cordon
E ; puis on offre
de parier que le
bâton estpris dans
le cordon. On tire
aussitôt le cordon
par le bout F, et
Fig. 39 b. il se détache tout-
à-fait.— On agit
de même deux ou
trois fois de suite
en disant: Je pa-
rie que le bâton
Fig. 39 c. est dans le
pris et le cor-
cordon,
don, après l'avoir
tiré ne tenant pas,
l'on ajoute: Ah!
je croyais qu'il
tenait.
Après avoir fait voir plusieurs fois de suite
que le cordon ne tient pas, parce que l'on en
fait toujours rabattre secrètement le bout E.
Si l'on veut parier réellement, on tourne le
cordon quatre fois autour du bâton, mais au
lieu de le mettre sur le bâton comme on l'a
fait les premières fois, on le met quatre tours
comme a l'ordinaire, et l'on prend le cordon
de manière à faire tomber le quatrième tour,
ou plutôt le huitième en bas, comme on le voit
en G, où le cordon n'est marqué que sept fois,
le hGu,itième qui est G étant tombé. — Alors
on met le bout du cordon 1 sur le bâton, com-
me il est marqué en K autour H. — Ce cordon
étant rabattu comme à la première manière
indiquée ci-dessus, on gage à coup sûr, que
le bâton est dedans. On tire ou l'on fait tirer
89
e bout du cordon L, et il se trouve effective-
nent dedans.

Tour de la bouteille couchée.

Prenez un morceau de bois, ayant la forme


l'une bouteille, que vous coucherez à terre le
goulot tourné vers les jambes de la personne
(ue vous faites asseoir dessus. Lorsqu'elle est
ssise, vous lui mettez un bâton appuyé par
m bout contre le ventre, et l'autre bout à
erre; vous lui faites croiser une jambe sur la
iremière : par ce moyen, elle est dans un
équilibre parfait; vous lui donnez à tenir d'une
aain une chandelle allumée et de l'autre une
teinte.
Alors ce tour consiste à allumer la chandelle
teinte avec celle qui ne l'est pas: comme il se
rouve en équilibre, le moindre mouvement le
érange et l'empêche de réussir. Ce tour extrê-
mement plaisant peut servir à faire une ga-
eure @quelconque; car ce n'est qu'après avoir
ssayé un grand nombre de fois qu'on peut
arvenir à allumer la chandelle: mais on peut
arier à coup sûr qu'il ne réussira pas en douze
,inis.
Moyenpour imiter le chant des oiseaux.
,
HI II est impossible de mettre les lecteurs en
ttat d'imiter le ramage des oiseaux; la théorie
S'îrait très-insuffisante pour un objet qui sup-
pose un long exercice, et pour lequel il ne faut
al'esque d'autre maître que la nature; cepen-
dant les personnes qui sont à portée d'enten-
fre, dans leur séjour champêtre, le chantre
u. printemps, et qui désireront de pouvoir
) niter ces accents mélodieux, pour l'attirer,
i
90
dans l'occasion, sur les arbres de leur jardin,
seront peut-être bien aises d'apprendre ici
quel est l'instrument qu'il faut cacher dans sa;
bouche, pour parvenir à ce but. C'est de la
feuille d'ail ou de poireau, large d'environ
trois ou quatre lignes, et longue d'environ
un pouce. Il faut faire, dans le milieu, avec
l'ongle du gros doigt, une petite échancrure
en demi-cercle, où on ne laissera que la pelli-
cule blanche, extrêmement mince, qui couvre
cette plante. Cette échancrure doit avoir la
forme de la moitié d'une pièce de cinq sous;
et la pellicule, qui doit être extrêmement nette
et sans ordure, doit être aussi bien tendue et
sans bavochure sur son bord, sans quoi on imi-
terait le cri de la corneille ou le croassement du
corbeau. Ce petit instrument doit être plié en-
demi-cercle, et appliqué au palais de la bouche,
à l'entrée du gosier, la pellicule se trouvant
vers la surface convexe de l'instrument, et non
vers la surface concave; ce qui pourrait empê-
cher un peu les vibrations.
L'instrument étant dans cette position, si
l'on fait le moindre petit effort pour faire sor-
tir le vent du gosier, en tenant la bouche à
demi-ouverte, comme si l'on soufflait sur une
glace pour la ternir et l'échauffer, on entendra
un son aigu, presque semblable à celui des plus c
petits tuyaux d'une serinette ; si on continue (.
de souffler, en tâchant de prononcer la lettre r, :
sans remuer la langue, c'est-à-dire, par le Ï
simple mouvement de Fépiglotte, comme fnif
quelquefois un chien, quand il gronde avant.-
d'aboyer, le son aigu dont nous venons de par-
1er, se trouvera modifié par ce tremblement, e' ;
aura plus de ressemblance à certains coups de :-t
gosier de divers oiseaux. Lorsqu'au lieu de pro-'
noncer la lettre r du gosier, vous appliquerez
91
langue contre le palais pour prononcer
syllabe tchi, vous entendrez un autre coup
) gosier que les oiseaux emploient souvent
ans leur ramage: enfin, vous aurez presque
chant du rossignol, si vous combinez les
rois sons précédents, à-peu-près de la ma-
¡ère suivante: « Uou, uou, uou, u, u, u, u,
foi, tchou, tchi, tchou, tchi, rou, rou, rou, u,
U, rou, tchi.
lire couper une corde et ensuite la montrer entière.

faut plier la corde comme on le voit. On


Il l'endroit B de la main gauche, afin qu'on
ent
le voie pas. On fait couper cette corde entre
Iii et on montre qu'elle est coupée par le
C
Fig.40.

ayant soin de tenir toujours le pouce


iii cache l'enlacement des deux tours de la
lilieu,
-rde. On noue le petit bout B, C qu'on vient
; couper, étant noué, on prend un des bouts
la grande corde A et on la tourne autour de
main gauche, et en la tournant on fait couler
,noeud dans la main droite. Avant de dérouler
'corde, on fouille dans sa poche, on y met le
tut de la corde, et on fait semblant de jeter de
: poudre de perlinpinpin sur la corde, afin,
l-t-on, que le nœud ne paraisse plus. On détor-

1
92
tille ensuite la corde et l'on fait voir qu'il n'y a
plus de nœud. Il ne faut pas recommencer à
taire couper cette corde; car on s'apercevrait
qu'elle devient plus courte.

Moyend'enlever un homme quel que soit son poids,


sans autre force que huit doigts et le soufflede la
bouche.
1
Un homme se couche sur une table de la lon-
gueur de tout son corps au moins, et de la lar-
geur d'environ un mètre, pour avoir la facilité
de l'entourer, les jambes retendues et les talons
l'un contre l'autre. Quatre personnes se plaçent
autour de lui,, et mettent l'index de chaque
main à distance espacée pour pouvoir l'enlever,
quand le signal sera donné.
La personne placée à droite de celui qui est
couche souffle, avec la bouche, sur le corps
depuis la tête jusqu'au milieu; l'autre continue
à souffler jusqu'aux pieds, la troisième à son
tour en fait autant jusqu'au milieu du corps
en remontant et la quatrième reprend jusqu'à
la tête. La première personne qui a commencé,
recommence alors le souffle, et on continue
cette opération pendant quinze ou seize tours
sans arrêter. Alors à un signal donné, chacun
enlève rapidement avec l'index de chaque main
l'homme couché sur la table, au grand éton-
nement des regardants, qui ne peuvent com-
prendre qu'il soit possible d'enlever un pareil
poids seulement avec huit doigts.
On ne peut expliquer la possibilité de cet enlè-i
vement que par le déplacement de l'air atmos-
phérique, causé par le souffle des quatre person-
nes qui opèrent.
On sait que la quantité d'air qui pèse sur une
93
lersonne équivaut au poids de 16,000 kilo-
gammes.
En déplaçant une partie de cette quantité, on
leut rendre un objet moins pesant de toute cette
ifférence pendant un temps assez long pour pou-
voirfaire cet enlèvement.
Explique, qui pourra d'une autre manière
ette chose surprenante.
On conçoit aisément qu'une personne sachant
iiarler avec facilité, entourant par ses gestes et
ion accoutrement d'une sorte de prestige magi-
que les personnes qui font ce tour, doit causer
me grande surprise.

Escamoter le vin d'une bouteille.

Faites deux petites ouvertures à une bou-


ille, une en dessous et l'autre près du goulot.
; emplissez-la de vfti, en tenant fermée l'ou-
erture supérieure et y appliquant le doigt;
lacez cette bouteille sur un socle creux dont
i face supérieure est criblée de petits trous:
ébouchez l'ouverture supérieure: alors le vin
'écoulera par l'inférieure et disparaîtra dans
i socle ou sous la table par un tuyau qu'on y
ura adapté. On prépare, parle même principe,
ne bouteille qui se vide et répand ce qu'elle
ontient dès qu'on la débouche.

Pyramides hydrauliques.
il Cette récréation est fort ingénieuse. M.
ioujol-Leroy a mis la dernière perfection
ans les appareils qui lui sont propres. Ce
ont deux pyramides A et B (fig. 41), posées
ur deux socles; la pyramide A est simple,
iais la surface du socle qu'elle recouvre est

1
94

Fig. 41.

T
criblée de trous pour l'écoulement d'un liquide
La pyramide B est divisée par une cloison 01
diaphragme C, en deux cellules: la supérieur
est divisée par une autre cloison verticale D:
la cloison C est percée de deux trous, dan:
lesquels sont adaptés deux petits tuyaux, qu
n'ont qu'environ une ligne de diamètre. Cha-
cune des deux faces de la même pyramide, ré.
pondant aux cellules, est percee d'un autri
petit trou, qu'on a soin de déguiser dan
quelque ornement dont ces pyramides son
couvertes. Pour faire usage de cet appareil
on remplit d'eau une des cloisons de la pyrai,
mide B, et l'autre de vin, on place une bou.
teille sur le socle et l'on propose de tirer de l,
pyramide de l'eau ou du vin; on laisse écoule!
l'un ou l'autre de ces liquides en débouchant,
un des petits trous pratiqués sur les parois, quj
donne accès à l'air extérieur. On propose dli
faire passer sous la pyramide B un liquide con,
tenu dans une bouteille placée sous la pyramide
A, bouteille qui est bouchée, ficelée et mêmu
goudronnée, mais dont le liquide s'écoule sui-i
vant le mécanisme que nous avons expliquu
dans le tour précédent.- On propose également ;.
9B
i cette bouteille contient de l'eau, de faire trou-
er là bouteille de la pyramide B pleine de vin,
t vice versâ.

Faire sortir un serin d'une fleur qui s'épanouit.

Avec du' carton ou du fer-blanc, imitez les


étales d'une rose ou d'une tulipe; fixez ces
étales à l'extrémité d'une tige, au moyen de
etits ressorts qui les tiennent écartés ou épa-
ouis. Ces pétales fermés, laissent entre eux
ssez d'espace pour y cacher un serin; on glisse
es fleurs dans un cylindre qui les maintient
rmées; en les poussant hors du cylindre,
lies s'écartent ou s'épanouissent, et le serin
envole.
Faire adhérer un corps à un autre par
simple contact.

Appliquez à la planche d'une cloison bien


srticale et bien polie, une planchette égale-
mentbien polie; elle y adhère par simple con-
lct, soutenue par l'air extérieur. Une rondelle
3 carton ou de feutre mouillée, et appliquée à
ne pierre, la soulève, eût-elle le poids de
Jusieurs livres. On voit souvent les enfants
amuser de cette petite expérience, qui se rat-
iche néanmoins aux plus hautes conceptions
3 la physique; c'est d'après la même théorie,
ne les sangsues, -et qu'un grand nombre de
iollusques, les limaces, les escargots, etc.,
attachent aux surfaces des différents corps.

Machinequi tourne au moyen de la fumée.

écoupez une carte en spirale, développez-


96
la de manière à former un cône, que l'on tient
suspendu près du tuyau d'un poèle ou dans
une cheminée, au moyen d'un petit bâton oui
d'un fil de fer termine en pointe: la fumée,;
ou le courant d'air formé par le ea"lorique,,,
feront tourner cette spirale. On a appliqué,;
avec succès, une pareille machine, mais dune;
autre dimension au mouvement d'un tourne-
broche.

Delà Marche. m1
On a comparé avec raison le mécanisme de'
la marche, à celui d'un char qui se meut sur
ses roues, et dont les jambes représentent ici
les rayons, ou des leviers sur lesquels se trouve
alternativement posé le centre de gravité: ce
centre se meut entre deux parallèles et y décrit
des lignes obliques ou en.,zig-zag; ce mouve-
ment de vacillation latérale dépendant de la
direction oblique du col du fémur, est infini-
ment plus sensible chez la femme, quia les,
reins ou le bassin plus large que celui de
l'homme; elle est encore fort apparente che2!
les hommes qui ont beaucoup d'embonpoint:
et chez les boiteux, dont les efforts tendant à
ramener sans cesse l'équilibre, rendent la dé-»
marche si remarquable (*). Dans l'homme le
mieux proportionné, les membres du CÔtrl
droit sont toujours tant soit peu plus volumi-i
ncux, et par conséquent plus robustes, ce qu:
vient peut-être de l'habitude ou de l'instincii
qui le porte dès son enfance à s'en servir do
préférence, si on lui bande les yeux et qu'oi'

("')Le mouvement des bras en sens contraire dl,


celui des membres inférieurs corrige ces vacillations
ils font l'office de balanciers.
il
97
t-place au milieu d'un champ, il croit mar-
ier en ligne droite; mais la jambe droite,
us forte que la jambe gauche, empiète sur
e à chaque pas , pousse le corps de son côté',
ige le marcheur vers l'angle gauche ; et si la
ne faisait pas apercevoirle but, la recti-
de de la marche serait sans cesse altérée, et
se
[tomme décrirait un cercle au lieu de décrire
fieligne droite, un-aveugle ne pourrait jamais,
pis guide, arriver directement à la plus petite
tance dupoint de départ, quelque soit son
Istinct et son adresse.

Jeter avec la plus grande force sur le sol un objet


très-fragile sans le briser.

Façonnez un morceau de mie de pain tendre


1 étoile, en la pressant entre vos doigts:
tte étoile si fragile ne se brisera pas lorsque
)us la je.tterez sur le sol, quelle que soit la
olence du choc.

Quelques récréations d'acoustique.

(On fait beugler une tête de veau cuite et ser-


re sur la table, en plaçant sous sa langue une
enouille que la chaleur fait croasser.
On trouble de la manière la plus désagréable
sommeil d'une personne, en plaçant sous
m lit un coq sous un chaudron de cuivre :
oand au point du jour cet animal se met à
il fait un bruit capable de réveiller
oanter,
ipiménides.
uspendez des piiicette C-' ec à une
elle, roulez-en les deuy^^ts^uroande l'ex-
lémité des doigts indexj,o^t fooychéjz ensuite
1
98 1
vos oreilles: en frappant les pincettes conti
un corps, elles rendront un son qui, transmis
l'ouïe, paraît infiniment plus fort et plus éclatan
et singulièrement varié.
1
Deux personnes étant attachées ensemble par les po
gncts P PP P, comme le représente la fig. 42, li
détacher sans défaire aucun nœud.
i
Fig.42.

1
Il faut qu'une des deux personnes passe un d(
nœuds par dessus ses pieds: aussitôt elle soi
tira de sa chaîne.

Se faire lier les deux pouces et se dégager.


!
On fait lier le pouce gauche d'un doubl
nœud avec un ruban; on présente ensuite 1
pouce de la main droite, mais en l'approchai
du pouce gauche, on saisit adroitement un dE
bouts du ruban que l'on fait passer sur l'index
on présente ensuite le pouce droit entre le
deux bouts du ruban; quand on a fait 1
nœud, il est facile quelque serré qu'il soit, d
se dégager. -
.99

Faire sortir une pièce de 10 francs d'un verre,


sans toucher ni à l'un, ni à l'autre.

On place une pièce de dix francs dans un petit


'erre a liqueur. Puis on propose à la société de
aire sortir la pièce du verre, sans' toucher ni à
'un ni à l'autre.
Quelques-uns diront. « Je vais donner
m coup de pied dans la table; cela fera tom-
[er le verre, il se cassera et la pièce de dix
rancs en sortira. C'est un moyen, c'est vrai,
nais un peu trop violent, les personnes chez
esquelles on se trouve pourraient ne pas
'accommoder de ce genre d'expérience, pro-
pre à détériorer les meubles et à casser la
aisselle.
Employons donc un moyen un peu moins
xpéditif : Au-dessus de la pièce, on en place
out simplement une autre de cinq francs. Puis
m souffle ou l'on fait souffler assez fortement
[ans le verre: aussitôt la pièce s'envole et re-
ombe sur la table sans qu'on ait touché ni.au
erre ni à l'or. Si au lieu de cette pièce, on
ji avait mis une de 50 centimes, c'eut été abso-
iiment la même chose.

Devinerles deux bouts d'une ligne de dominos.

Vous faites brouiller les dés autant que cha-


cun de ceux qui vous écoutent peut le souhaiter.
:ous proposez de quitter la pièce où les spec-
ateurs sont réunis, et vous affirmez que, vous
iouvez voir et dire les deux numéros for-
liant les extrêmes d'une ligne de dominos
somposée avec le jeu et d'après les règles. éta-
4on 1
blies pour l'enchaînement des dés les uns avec
les autres.
Toute la magie consiste ici à prendre et à
emporter à l'insu de tous, un dé (qui ne soit pas
un double) enlevé au hasard, car les deux nu-
méros de ce dé seront les mêmes que les points
qui se trouveront aux deux extrémités de la co-
lonne de dominos. Vous n'aurez donc qu'a con-
sulter cet innocent grimoire pour être consi-
déré comme un habile magicien. Cette expé-
rience peut se renouveler a l'infini en prenant
chaque fois un dé différent, ce qui, vous le:
comprenez, change très-heureusement les nu-
méros à deviner. g

FIN DES TOURSDIVERTISSANTS.


TABLE

1 DES TOURS DIVERTISSANTS

DETOURS.
AVISAUXFAISEURS PAGE 1

D'ESCAMOTAGE.
ETAVENTURES 10
'TOURS
Mouchoirmarqué, coupé, déchiré et raccommodé 21
Montre pilée dans un mortier 22
iOmelettecuite dans un chapeau à la flammed'une
chandelle 23
la botte aux œufs et à la muscade. 24
,Enfoncer un couteau dans la tête d'un coq ou
d'une poule, sans le tuer 25
Se percer le bras et le ventre à coups de couteau,
sans se faire de mal. 27
Faire revivre une oie ou un dindon après leur
avoir coupé la tête, 28
10! TABLE
Couper les bras à un homme sans le rendre man-
chot, et lui crever les yeux sans le rendre
aveugle 29
L'Entonnoir 32
Autre explication sur l'entonnoir. 33
L'alène enfoncée dans le front. 34
Les petits piliers. Ib.
Pièce de cinq centimes changée en pièce de deux
francs, et vice-verlà. 35
Boite magique. 37
Les bottes au millet. 39
Autre explication du tour de passe-passe avec du
millet. 41
Manièrede faire changer de main un anneau, et
de le faire venir sur tel doigt que l'on voudra
de la main opposée.. 42
Faire tomber une hirondelle pendant son vol, et
ensuite trouver le moyen de la rappeler à la
vie. 44
Manière d'éteindre une bougie à quatre cents
pas de distance, par le moyen d'un coup
de fusil chargé à balle. 45
Couper la tète à un homme et la lui rendre sans
danger pour lui. 46

TOURSDE GOBELETS
ET DE GIBECIÈRES. 47

Manière d'escamoter la muscade. 48


Observationimportante. M
TABLE 103
l'sac aux œufs. 72
inière de métamorphoser un verre à boire en
morceaux de cartes. 73
i marmite miraculeuse ou la cuisine militaire 74
5tui pour la bougie. ib.
camoterun enfant. 75
;usse expérience de Magdebourg. ib.
)urs des couteaux. 70
coureur invisible. 83
iur du cordon avec un bâton. 87
ml' de la bouteille couchée. 89
)yenpour imiter le chant des oiseaux. ib.
;ire couper une corde et ensuite la montrer
entière. 91
)ycn d'enlever un hommequelque soit son poids,
sans autre force que huit doigts et le souffle
de la bouche. 92
icamoterle vin d'une bouteille. 93
:ramides hydrauliques. ib.
tire sortir un serin d'une fleur qui s'épanouit. 95
dre adhérer un corps à un autre par simple
contact. ib.
achine qui tourne au moyen de la fumée. ib.
; la marche. 96
;ter avec la plus grande force sur le sol un objet
très-fragile sans le briser. 97

uelques récréations d'acoustique. ib.


eux personnes étant attachées ensemble par les
poignets, les détacher sans défaire aucun
noeud. 98
104 TABLE
Se faire lier les deux pouces et se dégager. w
Faire sortir une pièce de 10 francs d'un verre
sanstoucherni l'un ni l'autre. yt
Devinerles deux bouts d'une ligne de dominos, ibj

FIN DE LA TABLE.
f RÉCRÉATIONS l

MATHÉMATIQUES
subtilités ingénieuses

etc., etc. «
RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES

SUBTILITÉS INGÉNIEUSES, etc.


1

Mesurerla hauteur d'une tour accessible


à son pied.

Soit A B (fig. l.re), une tour ou un objet


cielconque dont on veut connaître la hauteur:

Fig. 1."

instruisez en bois ou en carton un petit


t angle isocèle rectangle dont les côtés d c et e c
ont sept ou huit pouces de longueur: tracez
108 1
vers un des côtés de ce triangle une ligne qu
lui soit parallèle, et vers son extrémiti
e un fil de soie auquelajustez
soit suspendu un peti
plomb, prenez ce triangle, et le tenant dan:
la main, en sorte que le fil de soie couvre exac
tement la ligne que vous avez tracée, avance:
ou reculez devant cette tour, ce qui
regardant le long de la ligne jusqu'àa e, sa partie 1:
plus élevée A se trouve dans la même airectioi
que cette même ligne; mesurez ensuite la dis.
tance de d à B, ajoutez-y cinq pieds pour votri
hauteur, et la somme sera la hauteur de cett<
même tour. 1
NOTA.— On suppose ici que celui qui fait cette ob
servation, est placé dans un endroit qui se trouve di
niveau avec le pied de la tour, sans quoi il faudra!
encore (si on se trouvait plus haut ou plus bas) en re
traucher ou y ajouter la différence.
1
Mesurerune hauteur par le moyende son ombre.

Fig. 2.

Soit A B (fig. 2), la hauteur d'un obélisque


veut connaître par le moyen de son ombrll
qu'on
B C dont l'extrémité est C: ajustez perpendicu
lairement un petit bâton d e sur une petite plani
.1 Àna
lus
I
îe F, placée horizontalement, et faites cette
lalogie.
Comme l'ombre e g du bâton est à la hauteur
0, ainsi la distance C B de l'extrémité de l'om-
ae de l'obélisque à sa base, est à sa hauteur
B ; c'est à dire qu'il yale même rapport entre
)mbre C B, et la hauteur A B, qu'entre l'om-
re eg, et la hauteur d e.

lire passer un cylindre par trois trous différents


en sorte qu'illes remplisse entièrement.

Soit A (fig. 3), le cylindre; découpez sur le


trton D (fig. 4), le cercle A égal à sa base, le
irallélogramme B égal à sa hauteur et à son

Fig. 3. Fig. 4.

Fig. 5. Fig. 6.

iamètre, l'ovale C, dont le plus petit diamètre


)it égal à celui de ce même cylindre, et alors
résentant ce cylindre en différents sens, c'est-
i-dire, droit, de. côte ou inclinéj il passera
indifféremment au travers de ces trois ouver-
m
tures, en les remplissant exactement comme i
a été proposé.
On peut de même faire passer un cône par Uni
ouverture circulaire ou triangulaire, comme i.
est aisé de le voir par la seule inspection de
figures 5 et 6.
Faire tenir un bâton droit sur le bout du doigt
sans qu'il puisse tomber.
Fig. 7 Attachez deux,
couteaux ou am
tre corps, à l'exi
trémité du bâtor
(fig. 7), de maniè-
re que l'un pen-i
che d'un côté, et
l'autre de l'autre.
en forme de con",
tre-poids, com-
me on le voit dans
la figure; met -t
tez cette extrémi-I
té sur le bout dut
doigt, alors le
bâton se tiendra.
sans tomber; et
si vous le faites
pencher, il se re-s
dressera et se re-i-
mettra dans sa si-,
tuation. Il faut,:
Dour cet effet, aue.
le centre de gravité des deux poids ajoutés
du bâton, se trouve au-dessous du point de
pension de l'extrémité du bâton, et non à l'exsus-i-
et
trémité, comme le dit M. Ozanam : car alors il
ny aurait aucune stabilité.
111 1
t. C'est par le même principe que se tiennent
roites ces petites figures garnies de deux
ontre-poids, qu'on fait tourner et se balancer
ur une espèce de guéridon, portées sur une
etite boule ou sur la pointe de leur pied. Telle

Fig.8.

stla petite figure DE, sur le guéridon


portée
(fig.8), et garnie de deux balles de plomb
ttacnees par des fils de fer courbés. Le centre
e gravite du tout qui se trouve fort au-des-
DUS du point d'appui, soutient la figure
roite, et la redresse lorsqu'on la fait pencher,
ir ce centre tend à se placer le plus bas
ossible, ce qu'il ne peut faire sans redresser
1 figure.
112
C'est enfin par le même mécanisme qu'oni
dispose trois couteaux de manière à tourner sur,
la pointe d'une aiguille (fig. 9); car, ces trois
couteaux étant disposés, comme on le voit dansa

Fig. 9.

la fig. 9, et les ayant mis en équilibre sur la!


pointe 9d,'une aiguille qu'on tient à la main, ils
ne sauraient tomber, parce que leur centre des
gravité commun est fort au-dessous de la points
ae l'aiguille qui est sur le point d'appui.

Anneaux enfilés dans un double ruban.

Dans un grand nombre d'anneaux fournis


par la compagnie, on fait passer deux rubans
dont on donne ensuite les bouts à tenir à deux
des spectateurs: bientôt après sans endom-J
mager les rubans, sans faire passer les an-\
neaux par aucun des bouts, on les dégage des
rubans pour les rendre à ceux à qui ils appar-;.
tiennent..
Il y a un siècle qu'Ozanam a imprimé, dan:
ses récréations mathématiques, la manière de
faire ce tour: il est connu des joueurs de gobe-
1
113
sous le nom du chapelet de ma grand-
lieu d'anneaux enfilés, ils
re. parce qu'au faire
iploient des boulettes. Pour le
petites
ic succès, voici comment il faut s'y prendre.
1-tezd'abord en double un premier ruban,
i!manière que ses deux extrémités se tou-
fcnt: faites-en de même d'un second, après
)i attachez les deux rubans ensemble par le
lieu, avec un fil de la même couleur : ceci
jit préparé d'avance, quand vous voudrez
:'e le tour, donnez à un des spectateurs les
IX bouts du premier ruban, et à un autre
ideux bouts du second; par ce moyen leurs
ix seront trompés, chacun croira tenir dans
main les deux extrémités de deux rubans
férents; mais, il n'en sera rien; car si dans
te position, ils venaient à tirer bien fort
ur casser le fil, les deux rubans se sépare-
ent et les anneaux tomberaient par terre.
:ur éviter cet accident, et pour terminer avec
ccès, il faut les de se rapprocher l'un
prier
l'autre, demander à chacun un des bouts
fils tiennent, les entrelacer ensemble, comme
iur commencer un nœud , et rendre ensuite a
acun d'eux, celui des bouts que l'autre tenait
ce moyen chacun tient alors
paravant; par
deux extrémités de deux rubans dinerents.
supercherie ne peut bientôt plus être aperçue;
anneaux qui n'ont jamais été engagés dans
'double ruban, sont enlevés bien facilement,
casse le fil, et le spectateur qui les a
esqu'on
u bien enfilés, est étonné de voir qu'ils n'y
nt plus.

8
114

Faire passer un anneau dans un bâton sans qu'on -


s'en aperçoive.

Pour faire passer un anneau dans un bâtom


vous demandez un anneau ou une bague;
mettez cette bague dans le milieu d un mou
choir, vous la prenez ensuite avec la mai
droite et vous mettez le mouchoir par-dessu VOUI
la bague. Vous faites
est dans le mouchoir, puis vous dites: elle n'es
pas bien comme cela, il faut la retourner, afii
de ne pas casser le diamant. En même temp
vous coignez dessus avec votre baguette, e
dites toujours, il ne faut pas casser le diamant
alors vous mettez le bout
tater de
pourlafaire voir qu'elli
baguette par
dessous le mouchoir, dont les bouts tombent er
bas; en même temps vous laissez couler la baguù
dans la baguette, jusque dans votre main; voua
retirez la baguette de dessous le mouchoir, et
vous appuyez le bout de la baguette sur la
table, pour faire couler la main avec la bague
dans le milieu de la baguette. Vous faites tenir
à quelqu'un les deux bouts de la baguette, et ne;
quittez point la main droite de dessus la bague;
vous enveloppez le mouchoir autour de la bague,
et aussitôt qu'elle est couverte, vous pouvez
ôter votre main; vous continuerez à enve-
lopper le reste du mouchoir; ensuite vous "le
retirerez de dessus la baguette, et la bague se
trouve enfilée dans la baguette; et l'on croira
que la bague est passée du mouchoir dans la
baguette.
us

.ineau mis dans un pistolet, et qui se trouve ensuite


.au bec d'une tourterelle, dans une boîte qu'on avait
(auparavant visitée et cachetée.

On prie quelqu'un de mettre son anneau dans


il pistolet, qu'on fait charger par un des spec-
iteurs. On fait voir à la compagnie un cassette
(de, qu'on fait fermer par une troisième per-
ii.nne,qui l'attache avec un ruban, et y pose
:,n cachet. Cette cassette est mise ensuite sur
ne table, que la compagnie ne perd pas de vue.
':pendant après avoir tiré le coup de pistolet,
uand on ouvre cette boîte, on y voit une tour-
elle qui tient à son bec le même anneau qu'on
::laÍtréellement mis dans l'arme à feu.

Explication :
1
Sous prétexte de montrer à manier le pistolet,
c. le prend pour escamoter l'anneau. On le
ijrte au compère qui le met aussitôt au bec
,:me tourterelle apprivoisée, et en allongeant
;n bras dans l'interieur de la table, près d'une
foison pour ouvrir la trappe, on porte cet
seau jusque dans la cassette, dont le fond
siuvre à secret, le ruban cacheté qui entoure
îitte boîte, ne peut empêcher de l'ouvrir, parce
,{e l'ouverture ne se fait que dans la moitié du
fîad de la boîte, et qu'on a eu bien soin de ne
]s faire avec le ruban un second tour, qui
toisant le premier, s'opposerait à l'introduction
ïiila tourterelle.
) N-ous ne donnerons pas ici les moyens de
une boîte pareille; 1.° parce qu'il faudrait
tre
I
116 1
de très-longs discours pour expliquer, obscit-
rément un effet simple d un boutonT d'une COlH
lisse ou d'une rainure; 2.° parce qu'il n'y a pas
de menuisier, d'ébéniste ou de tabletier, tant!
soit peu intelligent, qui n'invente ou qui ne
connaisse plusieurs secrets de cette espèce. Geuxi
qui voudront exécuter ce tour, pourront donc
consulter là-dessus le même ouvrier, qui serai
chargé de construire la boîte. Ë
NOTA.— Pour rendre ce tour plus incompréhen-r
sible à ceux qui soupçonneraient qn'on a escamoto
l'anneau , il faut le faire de deux manières, c'est;
à-dire, que dans le même inslanl qu'on emploie h
procédé que nous venons d'indiquer, il faut fain
charger, par quelqu'un de la compagnie un second
pistolet, dont on démonte auparavant toutes ie!)
, pour prouver qu'il n'y a dans le canon au.'
pièces
cune ouverture, par où l'on puisse escamoter l'an-
neau. Onne peut mettre dans ce second pistolet, qu'un
anneau fourni par quelqu'un de connivence, après eii
avoir mis un pareil entre les mains du compère, pom
le mettre au bec de la tourterelle.

Devinerle nombre que quelqu'un aura pensé.


'1
Dites à celui qui a pensé un nombre de l
tripler, et ensuite de prendre la moitié exacte
de ce triple, s'il est pair. ou la plus grand,
moitié si la division ne se peut faire exacte'
ment (ce dont vous vous souviendrez à part;
Vous ferez encore tripler cette moitié et vou
demanderez combien de fois le nombre 9 s":
trouve compris, le nombre pensé sera le double
si la division ci-dessus par la moitié a pu s:
faire; mais si cette division n'a pu avoir lieu, ;,,
faudra ajouter 1 au doubledu quotient de la divi
sion par 9. ,'1
117
Qu'on ait pensé 5, son triple est 15 qui ne
eut se diviser par 2, La plus grande moitié de
5 est 8 : si on le multiplie encore par 3, on aura
î, où 9 se trouve deux fois. Le nombre pensé
:st donc 4 plus 1 ou 5.

Jeu des cerises.

Prenez une carte, et faites-y deux coupures


pngitudinales de A en B et de C en D telles
ru'elles sont indiquées dans la fig. 10.
Il en restera une petite bande qui demeure
Ittachée par ses deux extrémités. Deux ou trois
gnes au-dessus de cette bande, faites la petite
luverture ovale E. Tirez à vous la bande F, ce
jui fait prendre à la carte une forme demi-

Fig. 10.

irculaire. Introduisez-la d'une main dans ru-


ale. Saisissez de l'autre main le milieu de cette
lande, et tirez doucement jusqu'à ce que toute
i bande ait passé par l'ouverture. Dans cette
>osition bande présente derrière la carte la
gure d'un
position,la anneau.
Ayez deux cerises dont les queues soient
mies ensemble: introduisez une des cerises
ans cet anneau, puis faites repasser les queues
t la bande par l'ouverture E, et dressez bien
otre carte. Proposez à quelqu'un de tirer de là
es cerises sans leur arracher la queue et sans
ndommager la carte. S'il n'emploie pas le moyen
Jont vous vous êtes servi pour les y placer, il
118
n'en viendra certainement pas à bout. A défaut
de cerises, on peut fixer deux petites boules aux!
deux extrémités d'un fil. On peut aussi employer
de plus grosses boules en se servant d'un car-i
ton au lieu d'une carte.
t
J1eu du mouchoir noué.

Faites un premier nœud C D (fig. 11), à um


mouchoir sans le serrer, en observant de porter
le bout que tient la main gauche derrière celui
que tient la main droite. Faites un second nœudj

Fig. 11

en suivant la marche contraire, c'est-à-dire


en portant le bout que tient la droite derrièrer
celui que tient la main gauche, et serrez fort la!
partie en tirant le bout B et C. Comme B et C
appartiennent à un même côté du mouchoir, on
ne peut tirailler ainsi sans leur faire perdre la
forme tortueuse que le nœud leur avait données
Le côté A et D fait autour de l'autre pointe dub
mouchoir, un nœud coulant: on enveloppe ce
nœud dans le milieu du mouchoir, on le fait;
I
1 119
lisser avec le pouce et l'index, et l'on dégage
ntièrement la partie B et C. En cet état, la
Drme du nœud paraît encore à travers le mou-
hoir; on le fait toucher pour qu'on s'assure qu'il
xiste toujours. Puis on secoue le mouchoir, et
3 nœud disparaît.

Jeu des ciseaux détachés.

Prenez des ciseaux suspendus à un ruban et


,ttachés comme l'indique la fig. 12, accrochez-
es à une chaise. Prenez le milieu du nœud aux
points a b, faites passer le ruban dans l'anneau
; et en suivant la ligne ponctuée, portez-le sur

Fig. 12

a pointe des ciseaux e, puis sur les deux


nneaux f. Cela fait, les ciseaux seront séparés
lu ruban.
420

Un nombre quelconque étant donné, y ajouter ur


chiffre que celui qui a choisi le nombre placera oi
il voudra; lequel rendra ce nouveau nombre di
visible par 3 ou par 6.

Soit le nombre donné 87,235, dont la somme


des figures 8, 7, 2, 3 et 5, est 25 : après avoi
remarqué cette somme, proposez d'y ajouter où
on à propos un 2, un 5 ou un 8, qu
jugera
rendra nécessairement la somme de ces figure,
égales à 27, 30 ou 33, et alors cette nouvelM
somme sera divisible par 3. On voit dom
qu'après avoir additionné les chiffres composan
le nombre donné, celui que l'on proposera d'à
jouter devra être tel que joint à la somme obte'
nue, il donne un total divisible par 3 ou par 6
NOTA.-Si le nombre donné finit par un chiffre pain
tel que 2,4,6.8, 0(*), et qu'on fasse ajouter 1
chiffre avant celui qui désigne l'unité, le nombr
sera encore divisible par 6, ce qui pourra servir:
varier cette récréation.

Un nombre quelconque étant donné, y ajouter u:


chiffre que la personne qui a donné le nombre pla
cera où elle voudra, et qui rendra ce nouvea
nombre divisible par 9.

Soit le nombre donné 4,177, dont la somm


des figures 4, 1, 7 et 7, est 19, faites-y ajoute
un 8 où l'on voudra, et annoncez alors que c

(*) Tout chiffre qui finit par un zéro, est regard


comme un nombre pair.
121
nombre sera divisible par 9, ce qui ne peut
manquer d'arriver, puisqu'alors la somme des
figures du nombre sera 27, qui est divisible
par 9.
Au lieu de faire ajouter un 8, on peut éga-
lement faire ajouter un nombre composé de
plusieurs figures, dont la somme fasse 8, tels
53,44, 125, etc., attendu que la somme
des
que figures se trouvera toujours être également
de 27.
NOTA. — Quoiqu'ilsoit égal que cesnouveaux nom-
bres soient placés où l'on voudra, on peut, pour faire
paraltre cette récréation plus mystérieuse, fixer l'en-
droit où on doit les placer, attendu que cela produira
toujours le même effet.

Lepiquet à cheval.

Le nombre 11 qui étant multiplié par les ter-


mes de la progression arithmétique, 1,2,3,4,
5,6,7, 8 et- 9, donne toujours pour produit
deux figures semblables, est le principe qui sert
à cette récréation.
1 EXEMPLE
:
S11 11 11 11 11 11 11 11 11
1 2 3 4 5 6 7 8 9
!
Mi 22 33 44 55 66 77 88 99
i Deux cavaliers
qui voyagent ensemble, en-
nuyés du chemin qui leur reste encore à faire,
imaginent un jeu qui puisse leur faire passer
le temps plus agréablement, et conviennent
Ilsemble de jouer un cent de piquet, à con-
dition que celui qui sera le premier,arrivé au -
nombre 100, aura gagné, et sous la condition
122 ?
expresse qu'en comptant l'un après l'autre, on ;
pourra ajouter le nombre que l'on voudra,
pourvu cependant qu'il soit moindre que 11.
Afin que le premier qui nomme le nombre
puisse arriver à cent, et que son adversaire n'y;
puisse pas parvenir, il doit se souvenir des
nombres 11, 22, 33, etc., de l'exemple ci-des-;
sus, et compter de façon qu'il se trouve tou-:
jours d'une unité au-dessus de ces nombres,:
ayant attention de nommer d'abord 1, afin que,
son adversaire qui ne peut y ajouter un nombre'
au-dessus de 10 ne puisse pas arriver au nombre-
de 12 qu'il prendra alors lui-même, et consé-;
quemment ensuite les nombres ou époques 23,î
34, 45, 56, 67 , 78 et 89, à laquelle étant arrivé, ;
quelque nombre que choisisse son adversaires
il ne peut l'empêcher de parvenir, le coup sui-i
vant au nombre 100.
On observe ici, que si celui contre lequel ont
joue ne connaît pas l'artifice de ce coup, le re-,,
mier peut (pour mieux déguiser cet amusement)l
prendre indistinctement toutes sortes de nombres.
dans les premiers coups, pourvu que vers la fini
de la partie il s'empare des deux ou trois der-i
niers nombres qu'il faut avoir pour gagner. Au
reste, cette récréation ne se fait agréablement:
qu'avec ceux qui ne connaissent point ce calcul,
attendu que celui qui nomme le premier a tou-
jours gagné.
On peut la faire aussi avec tous autres nombres,
alors si le premier veut gagner, il ne faut pas
que le nombre où l'on doit arriver, mesure exac-i
tement le premier auquel on doit atteindre poui;
gagner; car alors on pourrait perdre; mais il
faut diviser le plus grand nombre parle pluaJ
petit et le reste de la division sera le nombre que
le premier doit nommer pour être rassuré di
gain de la partie.

1
123
EXEMPLE
:
Si le nombre auquel on se propose atteindre
,!st 30, et le nombre au-dessous duquel on
ioit nommer, 7, quatre fois 7 font 28, le nom-
jire 2 est celui que le premier doit nommer
,il abord; et alors quelque nombre que nomme
['adversaire; si le premier y ajoute ce qu'il con-
tient pour fermer celui de 7, il parviendra de
Nécessité le premier au nombre 30; cette règle
eeut servir pour toutes sortes de nombres en
observant exactement toutes les conditions qu'elle
prescrit.

Deux dés étant jetés sur une table, en deviner


les points sans les voir.

Dites à celui qui a jeté les dés d'ajouter cinq


IDints au double du nombre qu'a amené l'un
e ces dés et de multiplier ensuite le tout par
e même nombre 5. Faites-lui ajouter à ce pro-
tuit le nombre des points de l'autre dé; deman-
ez-lui ensuite à quoi montent tous ces points:
tranchez-en vingt-cinq, c'est-à-dire, le carré
iu nombre 5, et il vous restera alors deux
iiifïres ou figures, dont celle qui désigne les
îzaines indiquera le point du premier dé, et
autre qui se trouve à la place des unités, indi-
uera celui du second.
EXEMPLE
:
Soient les points 2 et 6 qui ont été amenés,
.ont le double du premier est 4
.'aites-y ajouter. 5
SOMME. 9
124
Laquelle multipliée par 5
Produit 45t
Ajoutez-y les nombres des points du second
dé. -. 6
La somme sera 51;
Soustrayez-en. 25
RESTE. M
Dont les deux figures 2 et 6 expriment les-,,
points des deux dés. '-'
NOTA. — Il est aisé de voir que cette opération pro-3
duit la même chose que si on avait multiplié le point
du premier dé 2 par 10.pour avoir ce même point am
rang des dizaines, et qu'on ait placé le second point j
6 au rang des unités.

Trois dés ayant été jetés sur une table; et étant ran-î
gés par ordre, deviner les points de chacun d'eux",

Faites prendre le double des points du pre.)


mier dé a gauche, et y ajouter 5 : dites qu'on;
multiplie ensuite le tout par 5 et qu'on joigne
à ce produit le nombre des points des dés du!
milieu, ayant fait multiplier le tout par 10, faites
joindre à ce produit le point du troisième dé.)
.faites enfin soustraire de tout ce total le nombre
250, et les chiffres qui resteront après cette sous-
traction, désigneront les points des trois dés qui
ont été jetés sur la table.
EXEMPLE: a?
Soient les points 4, 6 et 2, qu'ont amené
les trois dés jetés sur la table, qui sont incon-i
nus à celui qui fait cette récréation, et qu'i
*
125
'agit de découvrir au moyen du calcul ci-
Drès:
, Ordre des points des dés,
4. 6. 2.
oubledupremierdé. 8
ombre ajouté 5
total 13
,equel multiplié par 5

!onnepourproduit. 65
'ombre.des points du dé du milieu 6
TOTAL. 71
equel multiplié par 10
lonne pour produit. 710
uquel ajoutant le point du troisième dé 2-
Vient au total 712
duquel ôtant 0 0 250
reste 462
Ces trois chiffres restants 4,6, 2, désignent
es points de chacun des trois dés jetés sur la
able, et l'ordre dans lequel ils doivent se trouver
angés.

Nommerà une personne le nombre


qu'elle a pensé.

Après avoir proposé à une personnede pen-


ser un nombre à son gré, on lui dit de le aou-
)ler, d'y ajouter 4, et de multiplier ensuite le
;out par 5; on lui fait de nouveau ajouter 12 à
:e dernier produit, et multiplier le tout par 10,
126 -1
on lui dit enfin d'ôter de ce dernier total ;)V, ej
on lui demande après ces opérations, le nombrq
qui reste, dont retranchant les deux dernier,
chiffres, le nombre qui le précède est celui
cette personne a pense.
EXEMPLE: que
Nombre pensé.
Double. 1
Auquel ajoutant 4; le total est 18
Multipliant 18 par 5, il vient au produit 9
Auquel ajoutant 12, le total est. 10 1
Lequel multiplié par 10, produit .1020
Duquel ôtant. 320
RESTE. 700
En retranchant les deux dernières figures, 7 qui
le précède est le nombre pensé.

Faire paraltre à une personne enfermée dans une


chambre, ce que quelqu'un désirera.

Cet amusement se fait par intelligence avec une


personne de la compagnie:
Convenez secrètement avec une personne de
la compagnie, que lorsqu'elle sera enfermée
dans une chambre voisine, et qu'elle vous en-
tendra frapper un coup, cela lui désignera la
lettre A; que si vous en frappez deux, ce sera
la lettre B, et ainsi de suite suivant l'ordre des
vingt-quatre lettres de l'alphabet; proposez en-
suite de faire voir à la personne qui voudra
s'enfermer dans une chambre voisine, tel ani-
mal qu'une autre de la compagniedésirera ; et
afin qu'une autre que celui avec lequel vous vous
entendez ne vienne à s'offrir, annoncez qu'il
1 127
1'1Ll-d celle qui va y entrer soit bien hardie,
;ans quoi elle ne doit pas s'y exposer; la personne
•onvenues'offrira, alors ayant allumé une lampe
[ui répande une clarté lugubre, donnez-la-lui
n lui disant de la mettre au milieu de la
hambre, et de n'avoir aucune frayeur de ce
u'elle verra.
i" La personne étant enfermée dans la chambre,
ous prendrez un carré de papier noir avec un
îorceau de crayon blanc, et vous
une personne d'y écrire le nom de proposerez
ranimai
u'elle souhaite qu'on voie, vous reprendrez ce
apier pour le brûlera une lampe, et vous met-
'ez sa cendre dans un mortier sur lequel
ous jetterez une poudre à laquelle vous attri-
buerez beaucoup de vertu, vous lirez ce qui
lira été écrit, qu'on suppose ici être un
lors prenant un pilon, comme pour triturercoq, le
tut dans un mortier, vous frapperez trois
Dur désigner à la personne cachée la lettre C, coups
; vous ferez ensuite quelques roulades avec le
don pour l'avertir qu'il n'y a plus de à
coup
mner; vous recommencerez ensuite à frapper
latorze coups pour désigner la lettre 0, et vous
péterez la roulade, et ainsi de suite; vous de-
anderez alors à la ce qu'elle voit;
personne
le ne répondra pas d'abord afin de faire croire
relie est effrayée; enfin plusieurs
après
'mandes elle dira qu'il lui semble avoir vu un
'1-

NOTA. — Pour ne point se


tromper dans les lettres,
suffit de part et d'autre de prononcer en soi-même
s lettres de l'alphabet, suivant leur ordre à
chaque
ap que l'on frappe, ou que l'autre entend. On peut
ce même
rIltÔmed'une moyen supposer qu'on fait paraître le
personne décédée, au choix de quel-
l'un de la compagnie.
128

Manièrede faire une addition avant que les


chiffres soient
posës. j
Je suppose que votre intention soit de prédire
la somme que fera l'addition de six rangs de
quatre chiffres, écrivez sur un morceau de pa-
pier 29,997, pliez-le et donnez-le à garder à une
personne de la compagnie jusqu'à la fin de la
récréation.
Manière de faire cette récréation.
Priez quelqu'un de la compagnie d'écrireC
sur un morceau de papier quatre chiffres à sa
fantaisie. Quand il aura fini, redemandez-luH
le papier, et posez vous-même sous les quatrei-
chiffres le complément arithmétique, c'est-à-fi
dire, le qui manque à cnacun
9.
pour fairenombre I
EXEMPLE : d'euxti
J
Supposons que les chiffres posés parla 1
première personne, sont. 2941 fi
Vous posez dessous, des nombres qui, !
étant joints aux premiers, feront 9.. 7058c
Priez une autre personne de mettre un
autre rang et supposons qu'elle ait mis. 3628E
Ecrivez dessous 6371T
Faites écrire une troisième personne, et
supposons @ qu'elle mette 93643
Il vous faut écrire 635ï<
Et ne mettre qu'un zéro sous le 9, ou laissera
la place vide, car le nombre n'a pas de complè-J
ment: faites additionner, et l'on trouvera 29,997,'i
qui est la somme annoncée. h
129
NOTA. —Si vous vouliez faire écrire quatre per-
)nnes en place de trois, il faudrait écrire sur votre
iorceau de papier 39,996 ce qui donnera le nombre
amande.
Sivous ne faites écrire que deux personnes, écrivez
),998, et retranchez une des opérations.

Lelivre de la bonnefemme.

Il se fait un livre que l'on appelle le livre de


L bonne femme. Pour le construire il faut en
)uper les feuillets à une certaine hauteur,
a sorte qu'après quatre découpés suive un plein.
e cette manière, en passant le pouce sur les
ords, 'il s'arrête à tous les feuillets entiers, sur
isquels on a peint tout un même sujet, par
xemple des fleurs. Vous découpez ensuite un
ran plus bas, et vous de même quatre
millets toujours suiviscomptez
d'un plein, où sont
eintes d'autres figures. Lorsque vous avez fait
insi quatre sujets différents dans quatre crans
ien gradués, vous retournez le livre de haut en
as, et vous faites encore quatre autres sujets
ar la même méthode. Il est bon d'avoir une
nite toute noire, et d'en laisser une toute
lanche.

Manièrede faire tenir un œuf sur sa partie


la plus pointue.

IPour faire qu'un œuf se tienne droit sur sa


ointe, sans tomber, sur un plan aussi uni que
i glace d'un miroir, il faut que ce plan soit
ien horizontal et ne penche pas plus d'un côté
ue de l'autre: puis on agite l'œuf assez long-
mps, de manière que le blanc et le jaune soient
ien mêlés ensemble. Si dans cet état on met
9
130
l'œuf sur le plan horizontal, et l'y élevant su
sa pointe, il demeurera dans cette situatici
sans tomber, à cause de l'équilibre qui se trouv
de tous côtés par les parties du jaune-d'oeu
également mêlées avec le blanc; ce qui fait qq
le centre de gravité de l'œuf demeure dans i
ligne de direction, et qu'ainsi l'œuf demeuii
droit et ferme sans tomber.

1
Manièrede faire un dessin en relief sur la coquillej
d'un œuf frais.
j
Vous choisirez un œuf dont la coquille soe
un peu épaisse: vous le laverezbien dans l'eas
fraîche, et vous l'essuyerez ensuite bien exae
tement avec un linge: cette opération faite;
vous mettrez un peu de suif ou de graisse dam
une cuiller d'argent, vous la présenterez ep
suite sur le feu. La graisse fondue et bien chauoi
vous servira au lieu d'encre pour tracer aw
une plume taillée, mais qui n'ait point encon
servi, tel dessin qu'il vous plaira. Votre dessir
fini, vous prendrez l'œuf par les deux extrtfl
mités entre deux doigts, et le poserez douco
ment dans un gobelet rempli de .bon vinaig,
blanc; vous l'y laisserez pendant trois heures i
demie de temps: durant cet intervalle, l'acia
du vinaigre rongera suffisamment une parti
de l'épaisseur de la coquille de l'œuf; et rj
pouvant produire le même effet sur les endroi)'
dessinés avec la graisse, tous les traits recou;
verts conserveront leur épaisseur, et formeron
le relief désiré.
On peut, par ce moyen, dessinersur nn cet)
tel objet qu'on voudra.

1
431

OEufdansant.

On apporte trois œufs sur le théâtre, on en


fet deux sur une table, et le troisième dans
1 chapeau, on prie quelqu'un de prêter une
itite canne ou une badine; on fait voir qu'il
y a sur cette canne aucune préparation: on
pose en travers sur le chapeau; dans ce mo-
ent le chapeau tombe par terre, l'œuf tient à
.canne comme s'il y était attaché avec de la
u. L orchestre alors commence à jouer quel-
les pièces de musique, et l'œuf comme s'il
Úit sensible à l'harmonie, en tour-
glisse
nant- d'un bout à l'autre de la canne, et ne
sse les mouvements que lorsque la
musique

Explication :
1
L'œuf est attaché à un fil par une petite che-
le qu'on y fait entrer en long, et qui se
.Iuve appuyée transversalement sur la surface
érieure de la coque. Le trou qu'on a fait pour
roduire la cheville, est bouché par un peu de
:e blanche.
autre bout de fil tient à l'habit de celui
itle tour, à l'aide d'une épingle ployée en qui
-me de crochet, la canne passant par dessous
U, tout près de l'œuf, lui sert de point d'an-
ti. Aussitôt que la musique commence ie
;eur de tours pousse la canne de gauche à
: ¡ite, ou de droite à gauche, alors il semble
premier abord, que l'œuf parcourt la canne
is sa longueur: mais il nen est rien, comme
tist constamment attaché à son fil, son centre
i gravité reste toujours à la même distance du
132
crochet qui le retient, c'est la canne, qui e
successivement ses divei
glissant, présente
points à la surface de l'œuf.
NOTA, - Pour produire l'illusion, en faisant accroii
à la compagnie que c'est l'œuf qui se porte lui-mèn
vers ces divers points de la canne, celui qui fait l'exp
rience, tourne un peu sur ses talons, par ce moye-
l'œuf, en même temps qu'il pirouette, reçoit effect;
yement un mouvement de translation aux yeux t
spectateur quoiqu'il reste toujours à la même distant
du puiot où il est accroclié. -

L'oiseau mort et ressuscité; a

Celui des trois œufs qu'on vient de faire dansr


le long d'une canne ayant été cassé pour fais
voir 'il n'y avait aucune préparation, on prev
leloqnug
les deux autres, qu'on avait laissés sur la tabli
on en fait choisir un à la compagnie, et on
casse pour en faire sortir un serin vivant. 1.
invite une dame de la compagnie à prendre c
oiseau entre ses mains, et bientôt après il I
mort. On le reprend ensuite pour le mettre
instant sur une table et sous un verre. Au bc
de quelques minutes, on ôte le verre et l'oise.
s'envole. J
Explication:
Il faut vider deux œufs, prendre la moitié?
la coque de chacun, et rajuster ces deux moit^
ensemble à l'aide d'une petite bande de papi
faut y coller en forme de zone ou d équ
qu'il
teur. Etant ainsi arrangées, elles représenti
un œuf, et peuvent contenir un petit se*
vivant, pourvu qu'on ait soin d'y faire un pl:

III
133
ou avec une épingle, pour ne pas gêner sa
spiration.
Dans l'instant où l'on met cet oiseau entre
s mains de la personne qui veut l'accepter, on
touffe en le serrant fortement entre l'index et
pouce. Ensuite il taut le mettre sous un verre,
ir une trappe, afin que le compère puisse en
tbstituer un vivant.

NOTA.— Pour ne pas manquer ce tour, lorsqu'on


craneà choisir un des œufs, il faut, s'il n'y a pas un
n'in dans chacun, mettre celui qui contient l'oiseau
a côté de la personne qui va faire le choix. Cette
ersonne choisit naturellement le plus proche, parce
ne n'ayant encore une idée du tour qu'on va faire,
le n'a aucun intérêt, aucune raison de prendre le
, toutefois, si elle choisit ce dernier, le
lus éloigné
)ur ne sera pas manqué ; on cassera cet œuf, en
isant: Vous voyez, Madame, que c'est un œuf frais
t naturel, il en serait de même de l'autre si vous
aviez choisi. Voulez-vous qu'il y ait dans le second
ne souris ou un serin? Ellese décidera naturellement
, cependant, si elle demandait la souris,
our l'oiseau
semble d'abord qu'on serait attrappé, mais on pour-
a s'en tirer par une seconde ruse. On fera la même
uestion à d'autres dames, on recueillera les suffrages
t la majorité se trouvera vraisemblablement pour le
srln; mais enfln, si la pluralité des voix était pour
souris, que ferait-on puisqu'on ne peut montrer
u'un oiseau? Moncher lecteur, si après ce que nous
vons dit, vous craignez encore de manquer ce tour,
i votre génie ne vous fournit aucun moyen, servez-
ous de celui-ci: faites semblant de ne pas faire
ttention à ceux qui préfèrent le petit quadrupède,
dressez-vous à une des personnes qui veuleut un
erin; demandez s'ille faut mort ou vivant, et pour
tre sûr de votre fait tenez-vous prêt à l'étouffer en
as de besoin..
134

L'écu de 5 francs et le bas.

Une pièce de 5 francs étant cachée dans l'in-


térieur d'un bas, à l'extrémité du pied, qui sera
noué avec un ruban en-dessous de l'écu, et lei
haut du bas étant tenu par une personne, faire1
sortir l'écu sans faire d'ouverture au bas.

Moyen:
Il faut avoir un fil de fer un peu fort, et lui:
donner la rondeur et le diamètre d'un pièce de]
5 francs, ayant soinde l'aiguiser par les deux
bouts, pour qu'il puisse aisément piquer. Vousi
le tenez caché dans la main gauche; et après
vous être fait donner un bas dont le pied nel
soit pas troué, vous demandez à une personnes
de la compagnie une pièce de 5 francs, que vous,
mettez pareillement dans la main gauche; et,1
en mettant cet écu dans le bas, vous substituez
en sa place le fil de fer, que vous faites glissef
jusqu'au bout du pied. Vous faites nouer ensuitel
le bas au-dessous de cette fausse pièce; et re-
tirant le véritable écu de 5 francs, vous faites
alors tenir le haut du bas par quelqu'un: vousi
cachez le pied avec un mouchoir pour retirer le!
fil de fer, qui sort sans peine: vous l'escamotez,i
et vous montrez l'écu de 5 francs.
j
Tableau magique.

Choisissez deux morceaux de verre blanc,,


d'environ trois pouces de large sur quatre de!
long, qu'ils soient bien pleins et de même gran-
deur; posez-les l'un sur l'autre, de manière'

1
135
n'il y ait une demi-ligne d'épaisseur entr'eux;
xez-les avec un mastic composéde chaux éteinte
de glaire d'oeuf; couvrez les jointures avec
îs bandes de vessie ou de parchemin; laissez
fie petite ouverture pour introduire entre les
3ux verres la composition suivante:
! Faire fondre à petit feu six onces de saindoux
environ six onces de cire blanche; ajoutez-y
ne onze d'huile de lin bien claire: quand le
lut est bien liquide, remplissez l'espace qui
pare les deux verres, et bouchez bien le trou.
Collez une estampe ou peinture sur un des
Mes du verre, les matières ci-dessus étant
aaissies, empêcheront de les voir, mais le plus
Mit degré de chaleur leur rendra la transpa-
ince, et fera apercevoir très-distinctement
îstampe ou la peinture.

Le vase d'eau.
Ramassez au fond d'un vase plein d'eau ce
l'on y aura mis, et cela sans avoir la main ni
1bras mouillés.
On met dans un vase une pièce de monnaie;
i le remplit d'eau; on répand sur la surface de
tau de la poudre de lycopodium ou de soufre
gétal, à 1 instant où vous mettez la main, cette
mdre s'attache exactement sur la peau; vous
'Ongezjusqu'au fond de l'eau, vous en sentez
fraîcheur; votre main n'est point mouillée, la
mdre elle-même n'est point attaquée par l'eau;
est un enduit de poudre impalpable, qui vous
couvert la main et qui, lorsque vous secouez,
tombe en poussière, et dans l'état de sécheresse
i elle était.
.Les saltimbanques indiens, .qui dit-on, pour
dresse, valent bien les nôtres, amusent le
euple et gagnent de l'argent avec ce tour.
136

.fi
Défierquelqu'un de faire une omelette L
avec des œufs.

On peut donner du beurre ou du lard, desi


œufs, une poële et du feu, et parier que, sansn
y mettre aucun obstacle, on ne pourra faire uner
omelette.
Le pari est gagné en donnant des œufs durs.;'

D'un morceau de pain en faire sept en deux


coups de couteau.
Prenez un morceau de pain, et taillez-le en"
fer à cheval comme la figure 13; pariez d'en:
faire sept morceaux en deux coups de couteau.,
Pour faire cela, coupez d'abord du premier.

Fig.13. Fig. 14.

coup de A en B , figure 13, vous aurez trois mor-


ceaux que vous placerez comme à la fig. 14, et
vous couperez de C en D, il se trouvera alors
sept morceaux.
II
Autre subtilité. ''1

Prenez trois petits morceaux de pain; posez)


trois chapeaux sur une table, et pariez qu'après,

1
137
Ivoir mangé les trois morceaux de pain, vous
es ferez trouver sous celui des chapeaux
[ifon vous indiquera: il ne faut pour cela que
mettre sur votre tête le chapeau qu'on aura
lésigné.
Autre subtilité.

On peut mettre quelqu'un dans rembarras en


iftirmant que la demie de 9 est 4 ou 6, et que
a demie de12 est 7.
Fig. 15.

Toute la finesse consiste à former en chiffres


'omains 9 et 12 et de plier en deux le papier
ommela fig. 15.

,a cloche magique, ou manière de faire venir sous


une cloche, à la place de la graine de millet, un
oiseau ou ce qu'on voudra.

Préparation:
Ayez une cloche en fer-blanc, faite comme
lie se trouve représentée à la figure 16, ayant
nviron 8 pouces de haut, sur 5 pouces de
arge dans sa plus grande ouverture. Ayez en
uitre un autre vase de même métal de 5 pouces
:e hauteur et qui puisse entrer dans votre clo-
he. Faites-y pratiquer un petit rebord, comme
n le voit àla figure 18. Ayez encore une autre
letite boîte qui puisse entrer dans la boîte
138
1
Fig. 16. Fig.17.

Fig. 18

représentée à la fig. 18, qui n'ait qu'un pouce 9


de hauteur, et que son rebord soit un peu plus a
grand que celui indiqué ci-dessus, comme on r;
1 a representé à la fig. 17. Il faut aussi avoir un ;i
sac assez grand pour pouvoir contenir une cer-
taine quantité de graine de millet, (Voyez la B
fig. 19), et un pigeon ou tout autre oiseau, et
votre tour sera préparé.
A
Manière de faire ce tour:
t
Quand vous voulez faire ce tour, présentez;
à une personne de la compagnie votre cloche,
et donnez-la à examiner, afin qu'on soit per-
suadé qu'il ne s'y trouve rien qui puisse être r
suspect: faites aussi visiter le sac au millet, afin
qu'on ne puisse s'imaginer que l'oiseau se trouve
caché dedans. Alors, comme vous avez mis d'à-
vance dans la boîte indiquée à la fig. 18, un oi-
seau, et que vous l'avez recouverte parcelle i
décrite à la fig.17. Vous prenez ces deux boîtes
qui n'en font plus qu'une, et vous les portez:
dans le sac au millet, en annonçant que c'est
pour la remplir. Mais vous n'emplissez que celle Î;

1
139.
Fig. 19. Fig. 20.

e dessus et vous posez le tout sur votre table;


ilors engagez une dame à prendre dans la main
me pincée de cette graine de la boîte, pour
chever d'éloigner tout soupçon.

Effet:
I Quand votre boîte est sur la table, couvrez-la
e votre cloche en appuyant assez fortement
si les dimensions de vos boîtes ont été
ien prises, la petite se trouvant du diamètre
Kact de la cloche, ne manquera pas de s'y
Essus,
Ilgager, et quand vous la lèverez, il ne restera
.us sur la table que la boîte de la fig. 18 , et
oiseau sera a sauter dehors, comme il
i;t représenté prêt
a la fig. 20, ce qui paraîtra fort
tonnant.
1 NOTA.- Faites pratiquer à la boîte de lafig. 18,
8llelquespetits trous par en bas, pour ne pas risquer
'étoufferl'oiseau.
140

DIFFÉRENTS TOURS D'UNE MAGICIENNE,

*1
Un jour (ditfM. Decremps dans le testament
de- Jérôme Scharp), j'eus l'occasion de parler à
un joaillier, qui montrait dans une compagnie
un ecrin richement garni. Il fit voir entr'au-i
très bijoux, une rose de diamants faux, qu'on
voulut lui acheter; mais il répondit qu'il n'avait
pas le droit de la vendre, et qu'elle appartenait
a une Tireuse de cartes. On lui demanda ce:
qu'il entendait par une Tireuse de cartes. C'est,î
dit-il, une espèce d'aventurière. qui fait pro-:
fession de tirer les cartes pour dire la bonne
aventure. Dès ce moment plusieurs personnes;
de la compagnie désirèrent faire connaissance;
avec cette devineresse. Le bijoutier nous con-,
duisit chez la Pythie, que nous trouvâmes logée'
dans un cul-de-sac, au cinquième étage, au-des-
sus de l'entre-sol. *
Nous vîmes dans ce galetas, une vieille éden-
tée, au menton de galoche dont l'accoutrement
et les meubles ne répondaient pas parfaitement
à l'idée qu'on s'en était formée d'après la rose de
diamants.
1
Tour de ruban.

La magicienne nous fit asseoir sur des bancs


autour d'un établi de menuisier, qui servait dE

1
141
table. Voulant ensuite donner un échantillon de
ses talents, elle tira d'une boîte une demi-aune
de ruban à fleurs d'or, qu'elle fit couper en plus
3e vingt morceaux, et qu'elle mit aussitôt dans
une autre petite boîte ronde et plate comme une
pièce de 5 francs, en disant: « Vous voyez sans
doute, Messieurs, que je n'aurais pas la folie de
Fig. 21

couper ainsi un ruban précieux, si je n'étais en


état de le raccommoder sans qu'il paraisse avoir
été coupé.» Un instant après; elle pria quel-
qu'un de tenir la petite boîte, pour qu'on ne put
pas l'accuser d'avoir substitué un autre ruban,
et malgré cette précaution, le ruban se trouva
tout entier quand on ouvrit la boîte.
Cette boîte était une simple feuille de fer-
blanc, et l'on vit fort bien qu'elle n'avait pas de
double fond; d'où il s'en suit qu'elle n'était
pas construite de manière à cacher un premier
ruban coupé, pour en faire paraître un second
tout entier.
Pour prouver qu'elle ne changeait point le
ruban, la pythonisse fit une seconde expérience
de la manière suivante: elle montra un second
ruban qui enfilait deux pièces de bois (Voyez
fig. 21).
Elle tira alternativement les deux extrémités
442
Fig. 22

À et B et quand ufte de ces extrémités était


tirée à droite ou à gauche; l'autre la sui-
vait toujours, comme appartenant à un seul et
même ruban, ensuite elle sépara l'un de l'autre

Fig. 23

les deux morceaux de bois, comme dans la


fig. 22, et coupa le ruban par le milieu, comme
dansla fig. 23.
Cependant après avoir rapproché les deux
morceaux de bois, comme dans la fig. 21, elle
tira le ruban tout entier par l'extrémité A, et le
sépara totalement des morceaux de bois (Voyez
fig. 24).
Ne croyez pas, dit-elle, que je "me serve de
ces deux pièces de bois pour vous fasciner les
yeux: je" vais couper une jarretière par le mi-
lieu, en la tenant simplement dans mes mains
Î
143

Fig. 24

ians àtiéun instrument qui puisse concourir à


w/ousfaire illusion, et vous verrez toujours de
ina part le même succès: alors elle fit couper le
!uban en deux parties, dont on vit aussitôt les
quatre bouts. Elle noua ensemble les deux moi-
dés, dont elle fit tenir les extrémités par deux
personnes pour empêcher la substitution: cepen-
dant après avoir tenu le nœud un instant dans sa
main, elle le fit disparaître en remettant la jar-
'etière dans son premier état.
Ici on la soupçonna de n'avoir coupé qu'un
)etit bout de la jarretière, et de l'avoir, par ce
noyen, un peu raccourcie; mais elle eut bien-
ôt détruit ce soupçon, en faisant mesurer la
tarretière pour la couper et la raccommoder une
seconde fois, et la rendre ensuite dans la même
longueur.
4 Après cette quatrième preuve de talent, que
IOUSexpliquerons à la fin de cet article, la sor-
cière commença son tirage de carte ,-dans lequel
lle dit des choses étonnantes pour toute la com-
pagnie, sans en excepter M. Hill, quoiqu'il
n'eût dit un instant auparavant que cette femme
'le devait pas être bonne sorcière, puisqu'elle
'tait pauvre. Elle prononça plus de deux cents
propositions sur les affaires présentes, passées
144 f
et à venir des différentes personnes de la com-
pagnie. Parmi toutes ces assertions, il y en
eût un grand nombre de vraies, et l'on n'eii
trouva pas une dont on pût démontrer la fausseté.
Elle dit à M. Hill une bonne partie de ses
aventures passées, en lui en prédisant de nou-r
velles et des plus singulières, en lui disant,:
sans l'avoir jamais vu et sans l'avoir connu,
directement ou indirectement, qu'il avait dans
son gousset une bourse pleine de pièces d'or,i
parmi lesquelles se trouvaient trois écus de r,
francs et deux pièces de 20 sols. Le fait s'étan
trouvé vrai, M. Hill étonné, demanda par
quelle pénétration extraordinaire elle pouvaii
connaître des choses si mystérieuses? Ce n'es;
point par ma pénétration*, répondit-elle, que
je dévoile les plus grands mystères, ce son
les cartes qu'on tire, selon les lois du sort, qu;
m'instruisent de tout : les pièces de 20 sol:
sont toujours désignées par les carreaux, leii
écus de 5 francs par les trèfles, et les louis pa.
les cœurs: or vous voyez aussi bien que moi<
continua-t-elle en parlant à M. Hill, quevout.
avez tiré plusieurs cartes au hasard, parmi-
lesquelles il y a deux carreaux, trois trèfles e ;:
beaucoup de cœurs; par conséquent vous de-f
vez avoir dans votre bourse deux pièces de 2(
sols, trois écus de 5 francs et beaucoup de piè.,
ces d'or.
On demanda à la vieille si une certaine femme
de la compagnie avait eu des enfants; la vieillie
répondant que c'était très-facile à connaître, tir::;,
de sa poche une petite figure 'd'enfant, qui m:
paraissait autre chose qu'un morceau de -velii
peint et découpé (Voyez fig. 25).
Elle pria cette dame de mettre cette découpure:,
sur sa main, en lui disant: « Madame, si vou:
n'avez point eu d'enfants, cette figure va reste

1
148
Fig. 25 couchée et parfaitement immo-
bile; mais si vous avez goûté ne
fusse qu'un instant, le bonheur
d'être mère, cet enfant va se re-
muer, se remettre sur son séant,
et exprimer par ses mouvements,
la sensibilité de votre cœur, et
cela en moins d'une minute sans
que personne y touche. » En mê-
me temps la vieille mit une fi-
gure pareille sur la main d'une
jeune demoiselle de la compa-
gnie : cette seconde figure resta
sans mouvement: mais la pre-
mière frétillant comme une car-
pe, prit et quitta plusieurs fois
de suite la position qu'on avait
annoncée: les mouvements en
étaient si vifs, qu'elle serait tom-
bée par terre si on n'avait pensé
à la retenir, en la remettant dif-
férentes fois vers le milieu de la
main. La dame, pour laquelle on
faisait cette opération, avoua
'!l'elle avait eu des enfants; et la vieille, en
nérant ainsi, réunit tous les suffrages, tant
Ir la vérité de son assertion, que par la sin-
ularité de son expérience.
La même dame, surprise plus que personne,
il;de nouvelles questions: « Apprenez-moi,
-elle, si mon mari reviendra bientôt de la
mpagne. Il viendra bientôt, r¡"pondit la vieillie;
,rt retour vous causera le plus grand plaisir,
vous lui direz: Mon cher ami George.
Moi, répliqua la dame en l'interrompant, est-
i que vous savez son nom ? — « Sans doute, dit
"vieille; car les lettres(J, e, sont toujours
signées par le roi de cœur et la dame de car-
10
146 1
reau; et le sept de pique et le huit de trèfle mar
quent les lettres o, r ; or vous avez tiré les sus-
dites cartes dans l'ordre que je viens d'annoncer
par conséquent les quatre premières lettres di
nom de votre mari sont g, e, o, ry ce IlH
fait présumer qu'il s'appelle George.» qui Ce l'ai.
sonnement parait démonstratif par deux raisons i
1.0Parce qu'il est inintelligible, et qu'une infinitif
de gens admirent ce qui est au-dessus de leu-
intelligence; 2.° Parce que la conclusion
me
annon
çait le vrai nom de M. et de M. George, e
qu'un raisonnement semble toujours bon am
yeux du vulgaire, quand il tend à prouver uni
vérité; comme si on ne voyait jamais de fam
raisonneurs qui cherchent à étayer la vérité su;
des sophismes.
Ce nouveau trait de la part de la devine-;
resse, joint à ce qu'elle avait fait à M. Hill, mù
dans l'enthousiasme tous ceux qui savaient qm
la vieille n'avait pas été prévenue de notre visite
et par conséquent elle n'avait pu faire aucune
information sur notre compte pour préparer sei-
oracles.
Avant de prendre congé de notre magicienne:
nous lui demandâmes quel était le nom d'unr
jeune demoiselle de la compagnie que nom
avions amenée avec nous; aussitôt elle consulta
les cartes en les tirant et en les combinant à sr
manière, et finit par nous dire qu'elle ne pou-
vait pas découvrir le nom tout entier, mais qUt
le nom commençait par un r, et finissait par m
e; cependant, ajouta-t-elle , je ne sais si made'
moiselle s'appelle Rose, Raimonde au Rosalie
La demoiselle, qui portait ce dernier nom, tu
aussi surprise que nous d'une pareille réponse
non-seulement parce que cette réponse, quoiqu»
incertaine, touchait réellement au but, mai:
encore parce que l'incertitude et l'espèce demé-i

j
147
ance avec laquelle elle était prononcée, prouvât
i bonne foi et la bonhomie de la personne qii
ous répondait.
Je demandais ensuite à la vieille si je me nu-
irais avec la même jeune personne dont ele
enait de deviner le nom: elle me répond t
qu'elle n'en savait rien, mais qu'elle allait intei-
oger le sort: alors elle mit un roi de cœur dans
ine boîte, qu'elle me donna, en me priant de
ji tenir bien serrée dans ma main droite: elle
iit ensuite la dame de trèfle dans une autre
oîte qu'elle donna à la demoiselle, en la priam
e tenir cette boîte dans sa main gauche: après
uoi, elle me pria de prendre avec ma main
auche la droite de la demoiselle. Maintenant,
it-elle en gesticulant, et en nous lançant un
3gard effroyable: « Je vous magnétise par l'in-
aence de Jupiter et de Saturne, et je vous an-
jnce que si le sort doit vous séparer pour tou-
iurs, les deux cartes que je viens d enfermer
'steront chacune dans sa boîte pour exprimer
)tre séparation par leur éloignement: mais si
)us devez vous unir sous les lois de l'amour et
Î l'hymen, vous allez d'abord sentir dans votre
eur une palpitation extraordinaire: et le roi
î cœur, qui est dans la main de monsieur, va
olrtir invisiblement de sa boîte pour aller joindre
Ëi dame de trèfle dans la main de mademoiselle:
Rhcîn'est point du badinage, » continua-t-elle
1 regardant fixement la jeune personne, et en
» i tatant le pouls: « Je sens déjà que votre
eur palpite, et que le roi de cœur est dans
boîte.» La demoiselle avoua qu'elle venait
s sentir une oppression et un battement de
eur extraordinaire: et moi, impatient de sa-
]liT la vérité touchant une expérience si singu-
æe, j'ouvris ma boîte avec précipitation, et je
y trouvais rien; quoiqu'elle n'eut pas été ou-

t'tre
1 148 1
vte depuis qu'on y avait mis le roi de cœur,s
Us deux cartes se trouvèrent réunies dans la;
boîte où la dame de trèfle était seule un instantlj
auparavant.
1 Uuoique cette opération étonnante parût être!!
d'un heureux présage pour moi, je voulus con-,
fedire la vieille sur sa prédiction, en feignant
d'être marié pour lui prouver que je ne pouvai:
épouser mademoiselle Rosalie; mais elle;
répliqua qu'elle était bien assurée que je nei
tias
l'épouserais pas en premières noces. Un instant
après, quelqu'un lui dit à l'oreille que j'étaij
celibataire, et que je m'étais dit marié pour le
seul plaisir de la contredire.Je m'en suis aperçue.J
dit-elle tout bas, et j'ai voulu lui prédire Ull:
événement fâcheux pour lui rendre la monnaifl
de sa pièce. Au reste, continua-t-elje tout haut
« J'ai non-seulement l'art de les événe-
ments, mais je possède quelquefois prévoir dans mes;
mains les causes qui peuvent les avancer ou leii
retarder. » Ici je la priai de détruire, s'il étai;
possible, tout ce qui pourrait retarder mon boin
heur, mais elle me dit que cette partie de sor
talent ne pouvait être exercée ni dans tous leii
temps, ni dans tous les lieux.
Ensuite on lui demanda si un petit garçon d(
la compagnie avait toujours été bien sage.
La vieille pour répondre fit choisir dans ur
jeu ordinaire, des cartes sur le dos desquelle:
on ne voyait d'abord aucune écriture, mais oi
on lisait, après les avoir jetées pour un instan
dans un bocal, une réponse très-analogue à li
question proposée: le petit garçon sur la sa-,
gesse duquel on s'était mis en quête, paruu
enorgueilli de la réponse favorable qu'il obtin;
d'abord; c'est pourquoi la vieille pour le puni ri
de son orgueil, et sous prétexte de savoir si le i
cartes diraient toujours la même chose, fit pa.-
149
aître sur une autre carte une seconde
lui, en interprêtant la première lui donnai un
répo se,
ens tout opposé. Cette seconde réponse humilia
e petit garçon au point qu'il fallut en domer
Ille troisième pour le consoler.
Ensuite la vieille fit choisir à six jeunes fens
te la Société, une carte, sur chacune desqœlles
lIe fit successivement apparaître un protèrbe
lue la jeunesse ne saurait trop se graverdans
a mémoire.
Elle combla ainsi d'étonnement ceux quil'en-
ouraient et qui Fécoutaient avec tant d'imérêt,
n faisant apparaître sans le secours de la plime,
les caractères sur le revers de ces cartes. Voici
es six proverbes tels qu'on les lut à mesureu'ils
étaient du bocal:
I
épargnez dans vos jeux, l'animal sans défense,
Puisqu'il est, comme vous, sensible à la souf-
rance.
1
Voudrais-tu de l'oiseau trahir la confiante;
iuand il vient sous ton toit implorer assis-
tance.

1
?ais de tes animaux un usage opportuni
Et mesure la charge aux forces de chacun.

Quand pour les animaux l'on est impitoyable,


On le devient bientôt même pour son semblable.

Tout bon cœur obéit, quand le devoir lui crie,


Qu'il doit braver la mort pour sauver la patrie.
150 t
L'himme qui frappe' et blesse, en sa fureur ex-
trême ,
Deva-t-il s'étonner s'il est traité de
même.
M
Lî devineresse, après avoir donné par ces di-
versmoyens, la plus haute opinion de ses talents
et d( ses dons merveilleux qu'on lui croyait, fit
une infinité de prédictions en vers, auxquelles
tout e monde parut ajouter foi.
Fnppê des j'avais été témoin,
je tâchai de faire
prestiges dont la séance chez la de-
prolonger
, pour avoir occasion de lui arracher
vineresse
quelques-uns de ses secrets; mais autant -elle
était iabile dans l'art de faire illusion, autant
elle possédait celui d'éluder toutes les demandes
indiscrètes qu'on pouvait lui faire: c'est pour-
quoi, quand je la priai de me dire comment elle
avait pu deviner le nom de madame George et
de mademoiselle Rosalie; elle me répondit de
cette rianière: « Croyez-vous, Monsieur, que
je puise vous enseigner en un instant ce que je
n'ai pu apprendre que par une application con-
tinuelle pendant un demi-siècle. Savez-vous la
physique, la chimie? Avez-vous étudié la caba-
listique et l'astrologie. Après, cela, elle me de-
manda si je connaissais la vraie cause qui fait
tourner la lune autour de la terre, et la terre
autour eu soleil, je lui répondis que je croyais
la connaître: et comme j entamais une longue
dissertation pour lui prouver mes connaissances
à cet égard: elle m'interrompit pour me deman-
der si je savais ce qui fait circuler le sang dans
nos veines. J'allais lui exposer sur ce point mon
opinion et mes doutes, quand elle me montra
une machine fort singulière, qui exprimait à
quelques égards, la circulation du sang. ;

I
r
151

Fontaine de circulation.

Fig. 26 C'était un instrument


de verre composé de deux
boules et de deux tubes.
(Voyez la fig. 26, qui re-
présente cet instrument vu
de profil).
La liqueur descendait
lentement et insensible-
ment par un gros tuyau
de la boule A à la boule
B et remontait rapidement
et visiblement de la boule
B à la boule A par un pe-
tit tube tortu et presque
capillaire. Les gouttes de
la liqueur montante étaient
séparées entre elles par
des petites bulles d'air, ce
qui permettait de distin-
guer plus particulièrement
leur mouvement, qui se
faisait par petites secous-
ses.
152

Explication des Tours de la Magicienne.


|
La magicienne dut son succès dans la séanco
dont je viens de parler, partie à son industrie
partie au hasard, dont elle avait adroitement
profité.
La première fois qu'elle raccommoda la
jar-:
retière coupée, elle ne fit qu'en substituer une
seconde dans uneautre boîte de la manière
voici: que:
Aussitôt qu'elle eut mis les morceaux de lai
première jarretière dans une petite boîte, qui,i
comme nous l'avons dit, avait la forme d'uni
ecu de 5 francs, elle prit cette boîte
avait laissée un instant sur la table, et qu'elle
la tinli
I
Fig.27. Fig. 28. Fig. 29.

1
dans sa main droite, comme dans la fig. 27.
Dans ce même temps elle tenait la seconùe)
boîte cacliée dans la même main, entre lai
naissance du pouce et de l'annulaire. (Voyez

1
153
fig. 28), mais on ne voyait pas cette seconde
boîte, parce que la vieille ne tournait vers la
compagnie que le dehors de la main, comme
dans la fig. 27.
Après ce premier préparatif, elle pria quel-
qu'un de regarder la boîte, en décrivant un
demi-cercle avec sa main, comme pour pré-
senter la boîte avec plus de politesse, c'est en
décrivant ce demi-cercle quelle laissa tomber
.dans son tablier la première boîte qu'elle tenait
au bout des doigts pour ne laisser paraître
que la seconde, que tout le monde prit pour
la première quand elle fut présentée, comme
dans la fig. 29'.

Fig. 30.

Cette supercherie réussit avec d'autant plus


de facilité, qu'on n'avait point prévu que la
substitution serait faite dans cet instant, parce
qu'on croyait que le moyen de substituer ,
consistait dans la construction même de la
boîte.
Le second moyen'de raccommoder la jarre-
tière coupée consistait dans la" construction des
deux morceaux de bois employés pour cet
184
effet. La devineresse, en coupant en appa-
rence la jarretière au point A (Voyez fig. 30)
n'était point embarrassée pour la faire paraître
tout entière, puisque le morceau coupé iie,,
faisait point partie de la jarretière, qui, au1
lieu de traverser directement les morceaux de 1
bois, comme le croyait le spectateur, les par-
courait dans leur longueur en suivant les direc-
tions B, D, C. AIÎ

Fig. 31 Fig.6'2

Quant aux deux autres moyens de raccom-


moder la jarretière coupée, les voici:
1.° Ployez-la comme dans la fig. 31, tenez-la
de la main droite au point C, la main gauche au
point A, et faites remarquer que le point B est
celui du milieu et que par conséquent si on la
coupe à ce point, elle sera partagée en deux
parties égales..
2.° Quand vous serez sur le point de la faire
couper, portez-la un peu vers vous enl'éloi-
gnant du couteau ou des ciseaux, sous prétexte
de faire voir que vous n'avez point dans les

à
155
iiains une seconde jarretière que vous puis-
ez substituer à la première quand elle sera
mpée.
3.° Présentez-la une seconde fois en faisant
1 mouvement des deux bras pour la porter
i avant, et saisissez cet instant pour faire
isser le point B dans la main gauche, et le
tenir avec" l'annulaire et le petit doigt de
Me main, tandis que les autres doigts de la
ème main continueront de tenir la jarretière
i poit A, et que vous saisirez le point D avec
f doigt du milieu et le pouce de la main
oite.
Si vous suivez de point en point ce queje viens
i dire, vous pourrez, après une dem'i heure
exercice, le faire passer avec assez d'adresse
tur que le spectateur croie qu'on lui présente à
t-uper le point du milieu quoiqu'on lui présente
ellement un bout parce que la jarretière se
ouvera alors ployée comme dans la fig. 32.
On voit dans cette figure que le point B et le
tint D ont pris la place l'un de l'autre, et que
h supercherie doit être cachée par les deux
ains qui tiennent toujours la jarretière, l'une
u point C et l'autre au point A.
4.° Quand la sera coupée au point
si vous abandonnezjarretièrece que vous avec dans
main droite, les deux parties de la jarretière
iront arrangées entre elles comme dans la fig.
i. Cet arrangement découvrirait au specta-
nr ce qu'il faut lui cacher, s'il était vu tel
!l'il est dans la fig. 33, mais en posant le pouce
i. point A, on cache la tricherie comme dans
iifig. 34.
Par ce moyen, non-seulement le spectateur
Imseavoir vu couper la jarretière par le milieu,
sais il croit encore en avoir clairement les moi-
's et les quatre bouts.
b
156
e
Fig. 33. Fig. 34.

5.° Prenant avec la main droite les deux bouts


E, F de la fig. 34, il faut les entrelacer comme
dans la fig.
35.
Fig. 35. Fig. 36.

6.° Achevez de serrer ce nœud, en tirant ur


bout avec les dents, et l'autre avec la rnair
droite jusqu'à ce que la jarretière ait la forme d<
la fig. 36. i
157
La jarretière vue dans cette dernière forme
;ra croire au spectateur que vous venez de
ouer ensemble les deux moitiés; et cependant
verra réellement toute la jarretière dans sa
mgueur; à l'exception d'un petit bout qui s'y
'ouve attaché vers le milieu par un nœud
oulant.
1.° Donnez à tenir à un des spectateurs le
¡out H, et prenant alors le milieu de la jarre-
ière avec les deux mains, faites semblant de
lâcher le nœud dans la main droite tandis
[u'avec la main gauche vous le ferez glisser
ers l'extrémité G.

Fig.37. Fig. 38.

8.fl Priez quelqu'un de la compagnie de pren-


dre le bout G, après avoir emporté de la main
,:gauche le nœud que le spectateur croit toujours
caché dans la main droite.
9.° Portez le nœud dans votre poche, sous
.iprétexte de prendre un mouchoir ou de la
ipoudre de sympathie; vous pouvez aussi cacher
tout simplement le nœud dans votre main, que
vous porterez sur le côté, en tenant négligem-
j ment le bras en anse de panier, etc., etc.
158 - 1
10.° Avertissez la compagnie que le nœud qll:
a été fait au milieu de la jarretière y sera tou-
jours très-visible, mais qu'il est actuellein cm
assez serré pour que la jarretière puisse servii
comme auparavant.
11." Priez la compagnie de redoubler son at-
tention, et dans ce moment ouvrez brusquement
la main droite pour faire voir au spectateur
étonné que vous faites beaucoup plus que vous
ne venez de lui promettre, puisque la coupure
et le nœud ont totalement disparu , et qu'il nlen:
reste aucune trace.
12.0 Faites mesurer la jarretière et profitez dei
celte occasion pour vous mettre un instant à l'é-
cart, et dénouer le petit bout retranché. 4
13.° Mettez en double la jarretière qu'on
vient de mesurer, et posez-la dans la main
gauche avec le petit bout également doublé.
La jarretière et le bout doivent être dans la main
comme dans la lig. 37, et paraître comme dans
la lig. 38.
14. ('oupezle petit bout parle milieu au point
A; alors la jarretière paraîtra comme dansla
fig. 34, et chacun croira voir les quatre bouts des
deux moi Liés de la jarretière.
15." Faites tenir commeauparavant les deux
bouts de la jarretière à deux personnes di Hé-
rontes, et faites semblant de garder dans la
main droite les autres bouts que vous avez fait
paraître en donnant en apparence un coup.dn
ciseau par le milieu de la jarretière : escamotez
ces petits bouts qui sont les deux moitiés du
premier bout retranché, comme vous avez esca-
moté le nœud de la lig. 3fi.
1H.° Dites à la compagnie que le nœud ne
paraîtra pas cette fois-ci, mais qu'en compen-
sation la jarretière sera raccourcie de trois
pouces.
139
17.° Otez la main droite pour surprendre le
pectateur, en lui faisant voir non-seulement
u'il ne reste aucun nœud, mais encore que la
arretièrea toujours sa même longueur.
1 NOTA. — 1.1 Un de mes amis venait de faire ce tour
ans une compagnie, lorsqu'une dame le pria de le
épéter sur une jarretière qu'elle fournirait et qu'elle
ouperait elle-même : Madame , lui répondit man ami,
i j'avais le talent de vous amuser en jouant de la flûte
u du violon , pourriez-vous exiger raisonnablement
ue j'en jouasse également bien en faisant tenir mon
istrumentpar une autre personne? Cette réponse à
iquelle on ne s'attendait point, resta sans réplique
quoiqu'elle ne fut qu'un subterfuge.
2.° Ce tour doit être immédiatement suivi de quel-
,ues autres pour distraire l'attention des spectateurs;
t avant de le commencer par le dernier moyen, il est
on de donner naïvement à entendre qu'il consiste à
ubstituer une jarretière entière à celle qu'on doit
ouper en deux parties égales. Cette ruse serait une
aison de plus pour empêcher le spectateur de croire
u'on ne coupe qu'un bout, et commeil porterait alors
on attention à s'apercevoir d'une substitution qui ne
oit pas avoir lieu, il se trouverait infailliblement sur-
ris de ne l'avoir point aperçue, et de voir un effet qui
omble la supposer nécessairement. Passons mainte-
ant aux autres opérations de la devineresse.

Elle put aussi dire à M. Hill une partie de


es aventures, d'une manière générale: quand
III homme a voyagé, on peut connaître fort
ouvent à sa première conversation qu'il a été
lien loin sans qu'il le dise explicitement. : on
ieut distinguer très-facilement par son costume,
on teint, son accent et ses expressions s'il vient
lel'Espane ou de la Russie, alors si on lui dit
il a été dans les pays lointains qu'on ne dé-
iL,i
igne point, mais qu'on appelle simplement
160
méridionaux ou septentrionaux, selon la couleur
de son visage; et si l'on ajoute à cela qu'il lui
est arrivé des aventures plus ou moins agréables,
selon que la beauté de sa taille et de sa figure
paraissent lui en avoir donné occasion, ses ré-;
ponses peuvent donner lieu à de nouvelles asser-
tions, que l'on peut détailler ou rétracter à
moitié en les interprétant selon le besoin. Les'
propositions sur l'avenir peuvent être annon-1
cées d'une manière plus détaillée et moins géné-
rique : elles ne demandent presque aucune cir-
conspection de la part du devin ou de la devi-i
neresse, parce qu'il est impossible d'en démon-
trer sur le champ la fausseté.
La vieille devina le nombre d'écus de 5
francs et de pièces de 20 sols que M. Hill avait:
dans sa bourse par un hasard que voici: Une
de ses voisines, qui lui servait de commère eu
lui prêtant son concours dans l'occasion, avait
vu par hasard M. Hill dans une boutique de
mercier un demi-quart d'heure avant qu'il
entrât chez la vieille; M. Hill avait acheté dans
cette boutique quelques merceries, et pour les
payer il avait tiré de sa poche une bourse à
moitié pleines de pièces de 20 francs: la com-
mère voisine dont nous venons de parler s'était
aperçu, sans faire semblant de rien, que M.
Hill payait pour trois francs de marchandises,
et que sur une pièce de 20 francs on lui rendait
trois pièces de 5 francs et deux pièces de 20
sols: voyant un instant après que M. Hill en-
trait chez la devineresse, elle présuma que
c'était pour faire tirer les cartes, en consé-
quence, elle envoya à la sorcière un petit écrit,
qui l'avertissait de ce que M. Hill avait dans
sa bourse. Ce fait est arrivé tel que je viens de
le raconter: la vieille me l'a avoué, et m'a dit
en même temps que lorsque les gens venaient
1 161
r t consulter pour la première fois, elle les ren-
oyait ordinairement sous prétexte d'occupa-
r: ons importantes, et que sa voisine suivait alors
[ crètement les personnes renvoyées pour savoir
;ur demeure et s'informer ensuite de leur nom
) t de leurs affaires. Elle a ajouté qu'elle nous
renvoyés à notre arrivée, si
Ï urait également renvo
1Lirait
Cassard, de la part
>lie n'avait reçu par hasard, pirt de
a voisine, une instruction qui lui suffisait dans
e moment pour nous donner la plus haute idée
e ses talents dans l'art des devins. Elle m'a dit
nfin qu'elle avait employé l'escamotage et les
aux mélanges pour mettre, comme par hasard,
ans une rangée de cartes, deux carreaux et
wis trèfles parmi beaucoup de cœurs, pour
ous faire croire par là que l'arrangement de ces
artes exprimait deux pièces de 20 sols, trois
lièces de 5 francs et le grand nombre de
lièces de 20 francs que M. Hill avait dans sa
>ourse.
La découpure mise sur la main d'une femme
jour deviner si elle était mère, ou pour faire
:roire qu'on pouvait deviner par ce moyen,
l'était autre chose que de la raclure de corne
Rite avec un morceau de verre ou un rabot :
;ette substance animale, quand elle est mince
;omme du papier de serpente et longue d'un
)ouce sur environ six lignes de large, se
'emue très-visiblement sur la main, tant elle
ist sensible au nouveau degré de chaleur qui
a pénètre. On lui donne avec les ciseaux et le
ainceau la figure d'un enfant emmailloté, pour
:'arendre plus mystérieuse et plus analogue à
a question proposée. Si c'est une fille qui pro-
posa la question, on met sur sa main une
igure de taffetas qui reste parfaitement immo-
ile. Si on sait au contraire que c'est une
femme et qu'elle a des enfants, on lui donne
11
162
la corne découpée dont les mouvements frappent :
les yeux, tandis que la réponse affirmative étonnei
l'esprit par sa justesse.
La vieille sut facilement que la dame quif
tenait sur sa main, la découpure de corne, i
était mère, et que la jeune fille qui tenait suri,
sa main la découpure de taffetas s'appelait::
Rosalie, parce qu'elle avait trouvé dans fe-billet'
apporté par sa voisine la note suivante: « Faites
bien attention que la dame au jupon noir est la
mère de la jeune demoiselle au ruban bleu. J'aÎJ;
entendu que l'une disait à l'autre avant d'arriver
chez vous: Souviens-toi, Rosalie, de ne pas
me nommer, et de ne pas m'appeler ta mère;
et l'autre a répondu: oui, maman. »
On voit par là qu'une précaution prise pour
embarrasser la vieille a servi à la faire triom-
pher. *
La vieille devina par hasard que le mari de
la même dame s'appelait George; mais dans
cette circonstance tres-fortuite, elle mit beau-
coup d'adresse. Voici comment: on avait chanté
depuis peu chez elle une chanson dont les versets
finissent par ce refrain :

George, George
Donnes-moi de ton sucre d'orge.

Elle avait les oreilles et l'imagination si


frappées de ce refrain, qu'elle le repétait sans
cesse, de sorte que quand la dame au jupon
noir demanda si son mari reviendrait bientôt
de la campagne, la vieille allait répondre, oui,
madame, et vous lui direz à son retour: Geor-
ge, George, donnes-moi de ton sucre d'orge:
mais se voyant interrompue, et n'ayant pas le
temps de prononcer son refrain jusqu'au bout,
163
parce qu'on lui demandait comment elle pou-
vait connaitre le nom de M. George, elle
comprit aussitôt qu'elle avait prononce le nom
de la personne en question, et profita de cette
circonstance pour faire voir qu'elle avait deviné
par des moyens merveilleux et magiques, ou par
la simple combinaison des cartes auxquelles on
fait signifier tout ce qu'on veut comme au son
des cloches.
Mais, me dira-t-on, si l'homme en question
n'avait pas eu le nom de George, la vieille se
serait réellement trompée, en lui donnant un
nom qu'il n'avait pas, comment aurait-elle fait
pour cacher cette erreur ?
Je réponds qu'il n'y aurait même pas eu
id'erreur, parce que la vieille ne prétendait pas
inommer la personne par son nom; le mot de
George n'était donc dans sa bouche qu'une façon
ide parler.
En faisant couper le jeu de cartes de la main
gauche, en joignant à cela plusieurs autres
cérémonies vaines en apparence, la vieille était
plus adroite qu'il ne parait d'abord, parce que
les cérémonies dans les tours, quelque inutiles
qu'elles paraissent, frappent toujours les yeux
et l'imagination, partagent l'attention du spec-
tateur, servent souvent de moyen pour cacher
des manipulations, et de prétexte pour excuser
des erreurs.
En ne devinant que la première et la dernière
lettre du nom.de Rosalie, quoiqu'elle sût le
nom tout entier, c'était encore de sa part un
tour d'adresse; par l'ignorance apparente des
icinq autres lettres, elle semblait prouver évi-
demment aux spectateurs que les deux lettres
devinées n'étaient point connues par des moyens
ordinaires.
Pour faire trouver "ensemble le roi de cœur
164
-1

Fig. 39.

r
et la dame de trèfle, quand il fallut prédire mon t
mariage, la devineresse employa. les boîtes à
double fond de la manière suivante: elle pré-
senta d'abord la première boîte comme dans la
fig. 39, pour faire voir qu'il y avait dedans un r
roi de cœur: elle tenait dans ce moment dans ;
le couvercle un carré de carton, qui cacha en- -1
suite le roi de cœur en tombant au fond de la ;
boîte quand on la ferma; et comme ce carton !
était de la même couleur que l'intérieur de la t.
boîte, on crut que le roi de cœur en était sorti, .i
En présentant la seconde boîte de la même ma- -j
nière pour faire voir qu'il y avait une dame de ai
trèfle, la vieille tenait dans le couvercle un r
pareil carton qui cachait une dame de trèfle et
un roi de cœur, ce carton tombant au fond de
la boîte quand on la ferma, cacha la première
dame de trèfle, et laissa paraître la seconde,
qu'on prit pour la premiere, avec le roi de
cœur, qu'on prit pour celui qui avait dispara :
dans la premiere boîte.
Si la demoiselle pour qui on faisait cette ex- x
périence a senti dans ce moment une grande r
palpitation de cœur, c'est qu'elle pensait à une

I
168
affaire assez importante pour avoir le cœur
agité entre la crainte et l'espérance, l'imagination
et la crédulité ont du d'ailleurs contribuer à cette
crise comme dans les expériences du magnétisme
animal. N
Les réponses données sur la conduite du petit
garçon ne s'appliquaient qu'aux qualités et dé-
fauts habituels à cet âge.
L'apparition des proverbes était due à la
même composition, de sorte que la vieille de-
vait toujours paraître avoir raison. Ces réponses
étaient écrites d'avance avec de l'encre sympa-
thique invisible faite avec du vinaigre distille et
et de litharge. Pour rendre l'encre visible, il
suffisait de mettre les cartes dans un bocal où
on avait mis de l'eau, de la chaux vive et de
l'orpin. La seule vapeur de cette composition
chimique suffisait pour produire l'effet désiré.
Ce qu'il y avait de plus frappant dans cette opé-
ration, @c'est que la vieille, sachant sur quelles
cartes étaient les réponses contraires ou favo-
rables, faisait toujours tirer celles qu'elle jugeait
à propos, quoique cela parut fait au hasard, et
cela par les moyens employés à faire choisir une
carte forcée.

Tour de passe-passe avec des jetons.

Ce tour est, sans contredit, un des plus beaux


qu'on ait jamais inventés, il est, en quelque façon,
composé de six tours différents, qui, étant pour
ainsi dire, opérés dans le même instant, ne
peuvent que faire la plus grande impression
tant sur les yeux que sur l'esprit du spectateur ;
en effet, n'est-il pas surprenant: 1.° d'être pour
ainsi dire témoin qu'un dé à jouer s'évanouit et
et disparait dans un lieu d'ou personne n'a pu
166
le soustraire; 2.° que des jetons sortent invisi-
blement d'une main où on les a vu placer; 3.° de
trouver ces jetons là où on n'avait mis qu'un dé
à jouer; 4.° de trouver ensuite ces mêmes jetons
dans une main qui était vide (en apparence);
5.° de ne pas trouver ces mêmes jetons sous un
cornet où on les avait placés, et auquel personne
n'a touché; 6.° de trouver le de à jouer à sa
première place d'où il avait disparu.
Pour faire ce tour, il faut d abord se procu-
rer un petit dé à jouer, avec une vingtaine de
liards ou de jetons, ou simplement des pièces
de fer-blanc taillées en rond comme des pièces
de 20 sols.

Fig.40. Fig. 41.

1.0 Il faut avoir un petit cornet cylindrique


de cuivre" de carton ou de fer-blanc. Il doit
avoir unun calibre suffisant pour que les jetons
puissent y entrer; il doit de plus être élastique
et assez flexible pour qu'en les serrant entre
deux doigts; on puisse empêcher de tomber les
jetons quon mettra dedans, quoique l'embou-
chure du cornet soit tournée vers la terre.
2.° Une quinzaine de liards ou de jetons per-
167
cés d'un gros trou dans le milieu et soudés en-
semble les uns sur les autres, de manière qu'é-
tant surmontés d'un liard ou d'un jeton non
percé, ils représentent une pile do liards ou de
jetons ordinaires
; on peut aussi se procurer une
pareille pile creuse, avec un cornet entouré de
ni de fer ou de cuivre surmonté d'un liard ou
Id'un jeton. (Voyez fig. 40).
3.° On jette un écu de cinq francs sur la
.table, on met le petit dé dans un cornet et on
,le jette pareillement sur la table, après l'avoir
secoué un instant; ensuite on donne le cornet
'et le dé à une personne de la compagnie, en
la priant de jeter le dé à son tour pour savoir
qui appartiendra l'écu de 5 francs. Ceci n'est

jquun prétexte pour faire remarquer, sans
i affectation à la compagnie, que le cornet est
i simple et sans apprêts, et qu'il n'y a dedans au-
cune pièce préparée d'avance pour jouer quel-
ique tour.
4.° Quand on a ainsi jeté le dé plusieurs fois
ide suite, on s'empare du cornet, et l'on prie
quelqu'un de placer le dé sur l'écu de 5 francs,
:comme dans la fig. 41.
5.° Tandis que le spectateur place ainsi le dé
sur l'écu de 5 francs, on porte de la main droite
,le cornet sur le bord de la table, et de la main
gauche on prend la fausse pile de jetons pour la
imettre secrètement dans le cornet.
6.° On place, pour un instant, sur la table,
;la pile creuse et le cornet qui seul est vu du
spectateur.
7.° On soulève le cornet en le serrant un peu
entre les doigts pour empêcher la pile de tomber,
et on place l'un et l'autre sur le de, comme dans
la fig. 42.
8.° On prend, de la main droite, une quin-
zaine de liards ou de jetons qu'on tient d'abord
168

Fig.42. Fig. 43.

au bout des doigts, et qu'on fait ensuite passer


vivement au fond de la même main, en la rap-
prochant de la main gauche. Cette dernière
main se fermant dans le même instant, le bruit
font les liards par la secousse qu'on leur!
donne, fait croire,
que un instant aux spec-
tateurs, que les liardspouront changé de main et
que, par conséquent, ils ne sont plus dans la
main droite.
9.° Pour que la main droite ne paraisse pas
gênée, en restant fermée, pour tenir les jetons,
on prend de cette main une baguette dont on ap-
puie le bout sur la main gauche, comme pour
ordonner aux jetons d'en sortir.
10.° On ordonne effectivement aux jetons de
sortir pour passer dans le cornet qui est sur l'écu
de 5 francs, et d'en chasser le dé pour se mettre
à sa place.
11.0 On ouvre aussitôt la main pour faire voir
que les jetons sont partis, et dans ce même ins-
tant pour ne pas donner aux spectateurs le temps
de réfléchir que les jetons sont dans la main
droite, on lève le cornet sans le serrer, en lais-
sant sur l'écu de 5 francs la fausse pile de jetons
comme dans la fig. 43.
12.° Si l'on a eu soin de mettre d'avance sur
cette pile deux ou trois jetons non soudés, on
169
peut les tirer et les jeter sur la table, l'un après
l'autre en disant: En voilà un pour le garçon
d'écurie, l'autre pour la servante et celui-ci
pour le marmiton. Il faut que les honnêtes gens
vivent et les normands aussi. Cette circonstance
fait croire que la pile est composée de véritables
jetons, qu'elle n'est point creuse, et qu'il n'y a
.point de dé caché en dedans.
13.° On remet le cornet sur l'écu de 5 francs
en couvrant la fausse pile, et on ordonne aux
jetons de traverser la table et de sortir invisi-
blement du cornet, pour que le dé puisse re-
prendre sa place.
14.° On porte la main droite sous la table, et
'en secouant les jetons, on les fait sonner pour
faire croire qu'ils sont déjà passés.
15.° On les jette sur la table, et on prend le
:cornet en le serrant entre les doigts pour enlever
:la pile; les spectateurs voyant alors paraître le
Idé, s'imaginent que les jetons sont partis pour
:lui faire place.
16.° On porte le cornet sur le bord de la
:table, on laisse tomber la pile creuse sur ses
genoux, après quoi on jette négligemment le
cornet sur le tapis, pour que chacun puisse voir
,qu'il n'y a rien dedans. Dans ce moment, il
faut bien se garder d'observer au spectateur
qu'il n'y a rien dans le cornet, une pareille
observation de votre part, pourrait lui donner
des soupçons, et faire naître dans son esprit
une idee qu'il n'aurait jamais eue. Il vaut
mieux que le spectateur fasse cette remarque de
lui-même.

Devinerdeux objets serrés dans la main.


Dites à une personne de placer dans une de
iés mains une pièce d'or par exemple, et dans
170
l'autre une pièce d'argent. Donnez à l'argent un n
certain prix, et à l'or un autre, à condition que>
l'un sera pair et l'autre impair; que l'argent, A
par exemple vaille 7, et l'or 4. Faites alors mul- r
tiplier par le nombre impair ce qu'elle tient dans
la main droite, et par le nombre pair ce qu'elle' 1
tient dans la gauche. Faites additionner le pro-
duit des deux multiplications, et demandez si le,
total est pair ou impair. S'il est impair, l'argent
est dans la droite et l'or dans la gauche: c'est le n
contraire, si le total est pair.

Disposition ingénieuse pour corriger le hasard.

Quinze français et quinze anglais se trouventf


sur un même vaisseau; il survient une tempête,
et l'on décide qu'il faut jeter à la mer la moitié
des personnes qui sont dans le vaisseau, afin de.
sauver le reste. Le capitaine, qui est français,
voudrait conserver tous ceux de sa nation.
Comment s'y prendra-t-il pour sauver les appa-f
rences, et pour ne point être taxé d'injustice par
les anglais? Le voici: Il propose à ses trente..
compagnons de tirer au sort entre eux, c'est-à-
dire, que se rangeant par ordre, on compte dei,
9 en 9 , et que le neuvième soit toujours sacrifié.
Puis il les dispose dans l'ordre indiqué par lei
vers suivant:

Populeam virgam mater regina ferebat.


Ou par ceux-ci :
Mort, tu ne failliras pas
En me livrant au trépas.
On donne aux différentes voyelles une va- <
171
sur, c'est-à-dire, A vaut 1, E vaut 2, 1 vaut
, 0 vaut 4, U vaut 5. On place ensuite alter-
iativement pour 0 4 français, pour U 5 an-
lais, pour E 2 français, et ainsi de suite. Les
'ente individus ainsi disposés, et en roulant
jujours par 9, le neuvième ne sera jamais un
Le" même calcul peut s'appliquer à tous les
ombres. Supposez que, sur 24 personnes, on
i veuille rejeter 6 en comptant de 8 en 8.
angez 24 zéros sur une ligne, puis comptant
puisle premier jusqu'au huitième, effacez ce
ernier, et continuez cette opération, en roulant
isqu'à six fois: les zéros effacés vous présen-
:ront les places à assigner aux six individus à
<jeter. Et ainsi des autres cas.

Le jeu de l'anneau.

Une personne inconnue, entre plusieurs, ayant


ché une bague, découvrir la main, le doigt et
phalange où elle l'a placée:

Opération :

Faites doubler par une personne le rang de


lie qui a pris la bague, et dites qu'on ajoute
: ce nombre.
Faites ensuite multiplier cette somme par 5,
y ajouter 10.
Faites ajouter 1 à ce dernier nombre, si
i bague est dans la main droite, ou 2, si elle
U dans la main gauche, et multipliez le tout
., 10.
',r
Faites joindre à ce produit le nombre du
ijigt (c'est-à-dire 1 pour le pouce, 2 pour
172 1
l'index et ainsi de suite), et multipliez le tout
par 10. *
Faites-y ajouter encore le nombre de la pha-
lange, et en outre le nombre 35. «
Demandez qu'on vous remette cette dernière
somme, et ôtez-en 3,535 ; le restant se trouvera
composé de quatre chiffres, dont le premier
indiquera le rang où est placée la personne; le
second, la main droite ou la gauche; le troi-
sième, le doigt; et le quatrième la phalange.

Exemple:

En supposant que la troisième a mis (


la bague a la seconde phalange dupersonne
pouce de sa
main gauche. j1
Double rang de la troisième personne 6
Nombre à ajouter. - 5

Vient au total. 11
Lequel étant multiplié par 5. 5
Vient au produit. 55.
Auquel il faut ajouter. 10
Le nombre de la main gauche 2
Vient au total. 67
Lequel étant de nouveau multiplié par 10
Vient au produit. 670
Auquel joignant le nombre du pouce 1
Vientau total. 671
Lequel étant aussi multiplié par 10 1
Vient au produit. 6,710
I
173
Reportdu produit 6,710
Auquel joignant le nombre de la plia-
lange. 2
Et en outre. 35
Le total se trouve 6,747
Duquel ôtant. 3,535
Reste. 3,212
Dont le 3 désigne la troisième personne, le 2
la main gauche, le 1 le pouce, et le 2 la seconde
phalange.

Singulière combinaison des carrés arithmétiques.

Fig.44.
1." carréde32. 2.° carréde28

3.e carrtde( : 4-ecarréde 20.


174
Un aveugle est le père de 32 filles; quel em-
barras pour un aveugle! Pour s'assurer le soir
qu'elles sont toutes rentrées,il les fait ranger
autour de sa chambre , de façon qu'il y ait 9 de
chaque côté. Le second jour de son enuméra-
tioh, 4 filles restent dehors; le surlendemain 4
autres; trois jours après 4 autres encore. Cepen-
dant chaque côté de la chambre parait être oc-
cupé le même nombre comme le rendent sen-
sible par
les quatre carrés de la fig. 44.
La moindre réflexion fait découvrir la raison de
ces singulières combinaisons.

1
Devinerà l'odorat quel aura été le chiffrerayé par une
personne de la compagnie, dans le produit d'une
multiplication qu'on lui aura donnée à faire.
1
Vous proposerez à une personne de la com-
pagnie de multiplier, par tel nombre qu'il lui
plaira, une des trois sommes que vous lui
donnerez sur un papier; vous lui direz de rayer
tel chiffre qu'elle voudra dans le produit que i
lui fournira sa multiplication, et en la laissant J
maîtresse d'arranger à sa fantaisie les chiffres«
restant de ce produit après la défalcation de ce
chiffre rayé.
Pendant que la personne fait son calcul et
les opérations, qui suivent, vous vous en irez
dans une autre pièce; lorsqu'on vous ira pré-
venir que vous pouvez rentrer dans la salle,
vous prierez la personne de vous donner sur un
petit papier ou sur une carte, là somme restante;
vous porterez ce papier ou cette carte sous votre i
nez, comme pour le flairer, et vous lui direz i
ensuite, au grand étonnement-de la compagnie,
quel chiffre elle a rayé.
-
178
Voici la manière de faire cette opération :
D'abord vous observerez que les chiffres qui
composent chacune des trois sommes que vous
[proposerez de multiplier, n'excèdent pas le
nombre de 18.

EXEMPLE
:
Soient les trois sommes proposées, celles ci-
* après:

Et supposant que la somme choisie, pour


être multipliée, soit celle de 432,351
Et que le multiplicateur soit 7
Le produit sera de 3,026,457
Supposez encore que le chiffre que l'on aura
"envie de rayer soit le 6, les chiffres restants for-
imeront un total de 302,457.
Comme vous laisserez la personne maîtresse
Il d'en arranger les chiffres dans tel ordre qu'elle
1 voudra.
Supposez encore qu'elle les arrange ainsi, sur
1le petit papier qu'elle vous donnera.
743,052
Lorsque vous ferez semblant de flairer le pa-
pîer vous compterez mentalement les chiffres
l'on vous présentera afin d'en composer des
que
9; et vous direz en vous même : 7 et 2 font 9;
puis 4 et 5 font 9, et il reste 3 pour composer le
nombre 9: il vous manquera un 6, qui est et doit
être le chiffre rayé. Ce calcul doit se faire préci-
176
pitamment et pendant que l'on promène la papier
sous le nez, sous prétexte de le flairer.

Inscription curieuse

Fig. 45

t
En 1762 on découvrit à Montmartre une espèce
de borne ou de colonne militaire, sur laquelle
était gravée une inscription en lettres séparées:
par cases, dont le sens ou l'explication embar-
rassa longtemps les antiquaires. Les savants fu-
rent partagés d'opinion relativement à cette
1
177
curieuse inscription, et ont, suivant l'usage,
publié plus de cent dissertations, qui l'ont rendue
cent fois plus inintelligible ( Voir ci-contre fig.
145).
A la fin, le moins capable des élèves d'un
( pensionnat, en découvrit le véritable sens, en
réunissant toutes les lettres dans l'ordre même
où elles se trouvent ci-dessus.

CESTICILECHEMINDESANES.

C'est ici le chemin des ânes.

Jeu du Labyrinthe (fig.46).

En partant de la petite maison et suivant les


routes tracées, on peut parier dix contre un,
qu'on n'arrivera point, avant un demi-quart
d'heure à l'une des deux sorties de ce Labyrin-
the. Il est bien entendu qu'on ne doit point fran-
chir les traits qui barrent le passage en beaucoup
d'endroits.
Lorsqu'on veut faire un jeu de ce Labyrinthe,
chacun des joueurs dépose l'enjeu convenu, et
celui qui arrive en moins de temps à l'une des
deux sorties gagne toutes les mises.
Si l'on n'en veut faire qu'un petit jeu de so-
ciété, on fait donner des gagés à ceux qui, en
un demi-quart d'heure, montre en main, n'ont
point trouvé la route à suivre pour sortir de ce
Labyrinthe. Ces gages se rendent comme dans
les autres petits jeux, mais les pénitences sont
toutes ordonnées par celui ou celle qui a trouvé
une sortie en moins de temps.
12
178

Fig. 4G
179

Tours des jetons.

L'on fait compter par une personne 18 jetonsf


on en prend 6, pendant ce temps-là, dans la
bourse, et.on les cache entre le pouce et le pre-
mier doigt de la main droite. Ensuite, on dit:
Monsieur, vousavez compté18 jetons; il vous
dit que oui. Pour lors, vous ramassez les jetons,
et en les ramassant, vous laissez tomber les 6
que vous avez dans votre main avec les 18; vous
les mettez tous dans la main de la personne qui
les a comptés: ainsi, il y en a 24. Ensuite vous
lui dites: Combien souhaitez-vous qu'il y en ait
dans votre main, entre 18 et 24? Si l'yon dit:
Je souhaite qu'il y en ait 23, vous dites: Mon-
sieur, rendez-moi un de vos jetons, et lui faites
noter qu'il en reste 17, parce que vous lui avez
fait croire que vous ne lui en avez donné que 18.
Enfin, vous prenez des jetons dans la bourse, et
vous comptez 18, 19, 20, 21, 22 et 23, vous
ramassez ces six jetons; et, faisant semblant de
les mettre dans votre main gauche, vous les re-
tenez dans la droite, que vous fermez, et vous
faites semblant de les faire passer avec les 17 ,
en ouvrant votre main gauche. Vous tenez ce-
pendant les six jetons dans votre main droite, et
vous dites à la personne de compter ses jetons;
elle trouve le nombre qu'elle a demandé, qui
est 23.
On mêle ces six jetons parmi les 23, en les
ramassant, et on remet le tout dans la bourse;
en les remettant dans la main de la même per-
sonne avec six autres, secrètement, on lui dit
de fermer la main, et on lui demande combien
elle veut qu'il s'y en trouve de 23 à 29. Si elle en
demande, par exemple 26, on lui dit d'en donner
180
3; puis de 23 à 26., on compte 3, que l'on fait
semblant de faire passer dans la main avec les
autres, comme on a fait ci-dessus, et l'ondit de
compter: il s'en trouve 29; on les ramasse, et, en
les ramassant, on remet les trois que l'on a
dans la main avec les autres, et on serre le tout
ensemble.
Comme il y a @ des personnes qui se trouve-
raient embarrassées, si, au lieu de 23 jetons que
j'ai supposés, l'on en demandait 16, combien
faudrait-il demander de jetons? On remarquera
combien il faut de jetons depuis le nombre que
la personne demande jusqu'à 24; ce qu'il y aura
est le nombre qu'il faut demander: il ne faut
pas avoir un grand génie pour comprendre le
reste.

La croix des jetons.

Fig. 47.

Formez avec des jetons une croix A, de ma-


nière qu'en comptant de bas en haut, soit l'ar-
bro de la croix et un de ses croisillons, on trouve
181
toujours 9. Retranchez deux jetons, et formez
une autre croix B, comptez dans le même sens,
vous trouverez également 9.

la gardeuse d'oies.

Une fille gardait des oies paissaient dans


un champ; un passant lui demandequi à combien
se montait le nombre de ses oies. Elle répond:
j'en ai tant, si j'en avais encore autant, et la
moitié d'autant, avec le quart d'autant et la poule
qui les a couvées, j'en aurais juste cent. On de-
mande quel est le nombre de ces oies qu'elle
gardait?
Solution:
On suppose qu'elle en avait 36
Car en ayant encore autant 36
Plus, la moitié d'autant qui fait 18
Plus, le quart d'autant qui fait. 9
Et la poule qui les a couvées qui fait. 1
Le TOTAL est. 100

Le Berger.

On demandait un jour à un berger combien il


avait de moutons. Si j'en avais, dit-il, un tiers
et un quart en plus de ce que j'ai, et encore cinq,
j'en aurais cent.
Solution:
Il avait 60 moutons.
182

Preuve:
Ce qu'il a 60 moutons.
Le tiers de 60 est. 20
Le quart de 60 est. 15
Plus 5
100

La pauvre nièce:

Trois oncles, assemblés pour favoriser l'éta-


blissement d'une pauvre nièce, forment une
bourse commune de 144 louis. Le premier donne
ce qu'il le deuxième donne le triple du
premier, peut ;
le troisième autant que les deux autres.
Quel est le présent de chacun

Solution: ?
18 Mise du premier.
54 Mise du second.
72 Mise du troisième.
144 louis.

L'étranger à Paris.

Un étranger arrivant à Paris, se mit à l'au-


berge pour trente jours, à raison de vingt sous
par jour, il n'avait que cinq pièces, valant en- -
semble 30 francs, avec lesquelles il satisfit tous
son hôte, sans qu'il restât rien de
ni
les d'autre..
jours part
On demande la valeur des
cinq pièces.
183

Solution:

Il est facile de voir que la moindre des


T\ip.r.p.doit
-- être de vingt sous ou 1 franc.
La deuxième doit être de. 2
La troisième de 4
La quatrième de 8
La cinquième de. 15

TOTAL- e e; 30

Le premier jour il donne la première pièce,


1 franc.
Le deuxième jour il donne 2 francs, et retire
la première.
Le troisième, il donne 1 franc.
Le quatrième, il donne 4 francs, et retire 1
franc et 2 francs, et ainsi de suite, comme on
peut le vérifier.

Boule trompeuse.

On pratique dans une boule un trou qui n'ar-


rive pas jusqu'au milieu, on y coule du mercure
ou du plomb, et l'on bouche; si l'on projette
cette boule, ainsi préparée, sur un plan hori-
zontal, elle s'écarte de la ligne droite et dévie
vers le côté plombé. D'après ce principe, les
billes en ivoire destinées au jeu de billard, si
elles ne sont pas bien sphériques, ce qui est
rare, s'écartent toujours plus ou moins de la
ligne droite.
184
a
"l
i
Les dominos retournés. j

La personne qui fait le tour, prie quelqu'un de


l'assemhlée de raccompagner dans une partie de
dominos. Après avoir remercié celui qui a ac-
cepté on lui adresse ainsila parole:
Bro,uillez bien le jeu je vous prie. Vous
avez vos dés? Allons, a vous la pose. Double-
cinq.
Ne vous donnez pas la peine, clier Monsieur,
d'annoncer les points que vous jouez. Permet-
tez-moi aussi de vous faire observer que vous
placez vus dés à l'ancienne métliode. Ayez
l'obligeance de les poser tout simplement le
blanc dessous et le noir dessus. Je ferai de
même.
Mais il est impossible de faire un cent de do-
minos à Co tin-Mai Uard. *
Alors on prouve le contraire.
Pour cela, ou prie quelqu'un que l'on a eu
soin d'avertir à l'avance, de continuer la partie
qui vient d'être abandonnée. On s'assied en face
de lui, on pose un pied sur le sien et récipro-
quement. ELant ainsi installé, chaque joueii-r
indique facilement par les pressions du pied de
son vis-à-vis, le point qu'il ouvre, jouant le dé
sur la face; lorsqu'on apporte le blanc, le pied
reste immobile.
Onarrive ainsi à terminer la partie; cela fait,
on retourne les pièces du jeu pour montrer que
les nombres s'enchaînent avec la plus grande
exactitude. Ce tour procure un étonnement sans
pareil dans toute l'assemblée.
185

Singularité remarquable.

L'ancienne Chambre des Députés, telle qu'elle


existait en 1830 (composée alors de 402 mem-
bres ), était divisée, comme l'ont été, le sont et
le seront toutes les Chambres possibles, en deux
partis. L'un, le plus nombreux (221 membres) ,
se déclara fortement pour la révolution de juillet;
l'autre, moins nombreux (181 membres), voyait
cette' révolution d'un œil moins favorable. Un
anonyme, croyant trouver dans ces circonstances
une espèce d'à-propos, s'avisa de désigner la
portion la plus nombreuse de la Chambre ( les
221) sous cette dénomination: la queue de
Robespierre, et le plus petit nombre ( les 181 )
sous celle-ci : les honnêtes gens. Jusqu'ici
nous ne voyons dans la première dénomi-
nation qu'une injure, qui pareille à toutes cel-
les dont on a été si prodigue en révolutions,
ne tire nullement à conséquence. Mais voici la
singularité.
L'anonyme a donné aux vingt-cinq lettres de
l'alphabet leur numéro d'ordre, c'est-à-dire ,
A1,B2,C3,D4,E5; etc., jusqu'à Z 25; et
ensuite écrivant verticalement à gauche, les
mots la queue de Robespierre, avec le numéro
d'ordre à chaque lettre, et de l'autre côté les
honnêtes gens avec le même numéro d'ordre
aussi à chaque lettre, il a additionné les nombres
de chaque colonne, et qu'a-t-il trouvé pour ré-
sultat? le nombre très-exact de 221 sous la co-
lonne à gauche, et le nombre 181 sous la colonne
à droite. La figure suivante offre la démonstration
palpable de cette singularité.
186

Fig. 48.

On avouera que rien n'est plus extraordinaire


que le singulier rapprochement de ces lettres,
de leurs nombres et du résultat total que l'addi-
tion présente pour chaque colonne. Il est difficile
de concevoir comment le hasard a pu produire
une pareille combinaison.
187

Epitaphe du Maréchal de Saxe, mort protestant


à l'âge de cinquante-cinq ans.

Cette épitaphe est en dix vers, terminé cha-


cun par un nombre, et le total de ces différents
nombres donne 55.

Son courage l'a fait admirer de chac 1


Il eut des ennemis, mais il triompha. 2
Lesrois qu'il défendit sont au nombre de. 3
Pour Louisson grand cœur se serait mis en. 4
Desvictoires par an il gagna plus de. 5
Il fut fort commeHercule et beau comme Tir 6
Pleurez, braves soldats, ce grand homme hicja 7
Il mourut en novembre et de ce mois le 8
Strasbourg contient son corps en un tombeau tout. 9
Pour tant de teDeum(*)pas un deprofun 10
55

Faire passer une pièce de monnaie d'une main dans


l'autre plusieurs fois de suite, ayant les bras étendus
et sans les bouger.

Ce petit tour, qui au premier abord parait


facile; demande cependant un peu d'habitude
pour le bien faire.
On montre dans une main une pièce de cin-
quante centimes. On fait aussi voir l'autre main,
en priant les spectateurs de remarquer qu'elle

(*) Le Marcéhalde Saxe était protestant.


188
ne contient rien. On les ferme toutes deux en
étendant les bras. On ordonne à la pièce qui est
dans une main de passer dans l'autre. On ouvre
les deux mains, et on fait voir que la transposi-
tion a eu lieu. On les referme, et la pièce re-
tourne dans la première main. On exécute ce
d'une main à l'autre autant de fois que
passage
l'on veut.

Explication :
Il faut se servir de pièces d'un petit diamètre.
On mettra un peu de cire à sceller sur l'ongle i
du grand doigt de chaque main. On collera d'à-
vance une pièce sur l'ongle du doigt de l'une>
des deux: quand cette main sera étendue, on ne)
verra pas la On fait mettre une pareille
pièce dans 1pièce.
autre main. Pour que cette pièce
soit convenablement placée (et voilà l'important),
il faut la faire glisser dans la paume, près du
poignet et touchant le bourrelet qui fait partie n
ac la racine du pouce; alors, en fermant la main, i
l'ongle du grand doigt se pose en entier sur la;J
pièce qui s'y attache par le moyen de la cire. a
Pour plus de sûreté, on fait faire à la racine du f.
pouce un mouvement de pression qui affermit la ;J
pièce sur l'ongle; on ouvre la main, et le doigta
emporte la pièce qui ne se voit plus. Quant à la:I
pièce de l'autre main, il ne s'agit que de la déta-fi
cher pour la faire paraître. Cela est fort aisé: 5
le moindre frottement contre la paume dela main i
suffit. On conçoit que cette translation peut se 2
réitérer plusieurs fois.
Si la pièce était un peu trop grande, et querj
son diamètre ne pût être entièrement couverts
par la largeur de l'ongle, il faudrait la placer >;
de manière à ce que l'annulaire aidât à la ca- n
cher.
-
189
On peut escamoter par le même moyen tout
autre petit objet léger, quand même il ne serait
pas plat, comme par exemple, une muscade.
,ILest encore possible, avec de l'habitude, d'en
escamoter plusieurs à la fois, en se servant des
trois grands doigts en même temps.
Quànd on enlève la pièce, il faut ouvrir vive-
ment la main pour ne pas donner aux specta-
teurs le temps de l'apercevoir, et tenir toujours
!les doigts bien étendus.

Joli tour de pièces volantes dans des mouchoirs.

On emprunte deux pièces de' cinq francs que


l'on fait marquer. On en met une dans un mou-
choir que l'on a aussi emprunté, en faisant
remarquer que l'on met bien la pièce au milieu
de ce mouchoir. On donne cette pièce ainsi enfer-
mée à tenir à une personne.
On demande un second mouchoir, dans lequel
on met la deuxième pièce et que l'on donne aussi
à tenir à une autre personne. On s'approche de
celle à qui on a donné la première pièce, on
retire cette pièce à travers le mouchoir, sans
l'ouvrir et sans l'endommager; et de loin, on
envoie cette pièce avec l'autre, que tient aussi
dans un mouchoir la seconde personne. Au mo-
ment de l'envoi, on entend le choc de deux pièces
qui se reunissent.

Explication:
On a d'abord une pièce de cinq francs cachée
dans le creux de la main droite. Les deux pièces
ayant été empruntées et marquées, on les met
sur la table.
190 1
On demande un mouchoir, que l'on étale sur
la main droite. On prend, avec la gauche, une
des deux pièces qui sont sur la table. Pendant
que vous prenez cette pièce, vous saisissez avec
le pouce et l'index de la main droite la pièce que
vous tenez sous le mouchoir, et prenant du bout
des doigts de la main gauche la pièce que vous
venez de ramasser sur la table, vous la portez
sur le mouchoir au point où il faut être pour
pouvoir, en poussant,cette pièce, fourrer une
portion du mouchoir sous la pièce que vous
tenez de la main droite par-dessous. Les doigts
de cette main droite s'emparent de la portion du
mouchoir pour en envelopper la pièce de l'inté- -
rieur.
On renverse le mouchoir sur la pièce, qu'on f
tient de la main gauche comme pour l'enfer- -
mer, mais on la laisse tomber dans cette main i
gauche, qui, à son tour, se trouve couverte du
mouchoir. On garde cette pièce. On fait parai- -
tre l'autre, qui est enveloppée, et on la tient
avec deux doigts de la main droite. Cette pièce 3
semble réellement enfermée dans le mouchoir,,
quoiqu'elle soit en dehors, cachée par un pli,
et elle est, pour les spectateurs, celle qu'ils
vous ont vu mettre de la main gauche dans le
mouchoir.
On donne cette pièce ainsi enveloppée à une
personne, qui la tient entre deux ou trois
doigts par les bords, en laissant pendre le
mouchoir.
On emprunte encore un mouchoir, et on va
prendre la seconde pièce sur la table, que l'on
joint secrètement à celle qui vous était restée
dans la main gauche. On tient ces deux pièces
par les côtés, de façon à ce qu'elles ne parais-
sent en faire qu'une. On dit: « Je mets cette
deuxième pièce dans le mouchoir que voici. »
I
191
On les pose, de la main droite, sur le milieu,
et la gauche les prend des deux doigts, en lais-
sant pendre le mouchoir,dans lequel elles sont
enfermées. -
La main droite empoigne ce mouchoir par
le bas, et on lâche une des deux pièces tenues
par la main gauche. Cette pièce ne peut pas
tomber, puisqu'elle est retenue par la main
droite. On donne ce mouchoir à tenir à une
deuxième personne, de la manière qu'on la
tient soi-mème, c'est-à-dire avec les deux
mains, dans une position à peu près horizon-
tale.
Cette personne, tenant la pièce d'une main,
et, de l'autre, le mouchoir par le milieu, ne
peut pas sentir la pièce qu on a échappée,
laquelle se trouve libre dans le mouchoir et
entre les deux mains.
On revient à la première personne, on lui fait
tenir le mouchoir par le milieu. On prend la
pièce, que les spectateurs croient toujours enfer-
mée, on la dégagé du pli sous lequel elle est
enveloppée, et on feint de la retirer a travers le
mouchoir.
On se met devant sa table, et on dit à la
personne qui tient toujours des deux mains
l'autre mouchoir: « Madame, je vais envoyer
cette pièce avec celle que vous tenez enfermée.
Au moment où j'ouvrirai ma main, vous
lâcherez la pièce, mais seulement la pièce; ne
bougez pas l'autre main. Ne vous trompez
pas, surtout, autrement il en résulterait une
explosion qui ferait sauter tout le quartier, ou
au moins nous lancerait avec la maison par la
fenêtre.
On feint de mettre la pièce dans la main
gauche, on l'escamote dans la droite. qucM'on
pose sur le bord de la table pour laisser tomber
192
la pièce sur le coussin de la tablette. Et ayant
toujours tenu la main gauche fermée, comme
si la pièce était dedans, on l'ouvre en étendant
les doigts vivement, l'un après l'autre, cérémo-
nie qui donne du mystérieuxà l'action. La per-
sonne qui tient le mouchoir étant sous l'influen-
ce de la peur, d'après le terrible avis qu'on lui
a donné, ne manquera pas de lâcher la pièce à
temps opportun pour éviter toute catastrophe,
et comme la pièce, par son propre poids, fera
pencher le mouchoir vers le bas, celle qui était
entre les deux mains tombera naturellement sur
l'autre, et produira un bruit qui donneraà croire
qu'elle vient d'arriver brusquement, poussée par
une puissance magique.

Combinaisonimpossible. I

Dans un des restaurants les plus fréquentés des


environs de Vienne, une société de douze person-
nes émit un jour la proposition de ne payer son
écot qu'après que la société se serait autant de
soirs attablée dans un ordre différent de places.
Le restaurateur y consentit sans beaucoup de
réflexion et au bout de quelques seule-
ment il fit l'observation qu'aucun des
jourshabitués;
ne pouvait vivre assez longtemps pour voir le
jour du paiement.
Pour opérer tous les changements des places,
il ne faudrait pas moins de 479,000,600 repas,
qui donneraient une somme de 1.311,434 ans,i -
10 mois et 13 jours. La société tint bon et le res-
taurateur se vit dans l'obligation de se débarras- -
ser au plus vite de ses hôtes sempiternels.
193

Enleverune bouteille avecune paille ployée.

Ployez l'extrémité d'une paille entière de fro-


ment, introduisez-la dans une bouteille; cette
paille en se déployant formera un angle ou un
crochet, au moyen duquel vous soulèverez faci-
lement la bouteille vide, et même la bouteille
remplie d'eau ou de vin.

Quelleserait l'étendue d'une surface qui contiendrait


toutes les permutations des vingt-quatre lettres de
l'alphabet?

Chaque lettre occupant une surface d'une ligne


carrée, un pouce carré contiendra 144 lettres,
un pied carré en contiendra 20,736 ; une toise car-
rée en contiendra 746,496; une lieue, de deux
mille toises, contenanten surface 4,000,000 toises
carrées, ce nombre multiplié par 746,496, donne
pour produit 2,985,984,000,000, pour la quantité
de lettres que contiendrait la surface d'une lieu
carrée, on multiplie ce dernier produit par le
nombre de lieues carrées de la surface de la terre,
ce nombre est à peu près 33,000,000, ce qui
donne 98,537,472,000,000,000,800, pourlenombre
de lettres qui couvrirait cette surface. Or, ce
nombre est susceptible de vingt-quatre permu-
tations , dont on trouve l'effrayant et inexpri-
mable produit, en multipliant successivement
tous les termes de la progression arithmétique,
depuis 1 jusqu'à 24 , ce qui donne le nombre:
62,044,840,173,323,943,936,000,
nombre 600 fois plus considérable que le nombre
de lettres contenues sur la surface de la terre et
13
194
comme chacune des permutations est composée
de vingt-quatre lettres, il faudrait une surface
14,400 fois plus grande pour les contenir toutes.
Courage, messieurs les arrangeurs de phrases,
vous avez de la marge.

Singulière combinaison du jeu de dominos.

Placez de suite les numéros 12, 11, 10, 9, 8, 7,


6, 5, 4, 3, 2, 1, et un double-blanc, et sur la
même ligne les quinze numéros restants. Ren-
versez les dominos afin d'en cacher les points.
Si vous prenez un domino à la lin de la serie, et
si vous le placez au commencement, en comptant
jusqu'à 13, dans l'ordre opposé aux chiffres, le
numéro transposé pour 1, 12 pour 2, 11 pour
3, jusqu'au13; vous tomberez sur le nombre 1,
qui indique un seul domino transposé; 2 vous
donneront le nombre2 , 3 le nombre3, ne voyant
pas faire cette transposition, vous découvrirez
toujours infailliblement, parce moyen, le nom-
bre des dominos transposés. Et si, dans l'inten-
tion de vous tromper, on n'en transpose pas, le
treizième domino sera le double-blanc, qui in-
diquera qu'aucune transposition n'a été faite.
Si l'on fait une remarque au double-blanc,
on connaîtra le nombre de dominos transposés;
car ce nombre sera de la série moins treize.

Frapper des médailles au moyen de la dilatation.

Le calorique, ou la matière et le principedela


chaleur, est un fluide invisible, incolore, ino-
et dont l'existence maté- -
dore, impondérable,
rielle ne saurait être démontrée que par ses effets.
195
Le calorique pénètre, tous les corIls, les dilate
sans augmenter leur pesanteur. Une tige de fer
exposée à la chaleur se dilate, s'étend ou s'al-
longe suivant le degré de cette chaleur.
On s'est servi de cette dilatation pour prendre
l'empreinte de médaille. Ce procédé consiste à
une barre de fer par ses extrémités entre
placer murs résistants et la médaille ou pièce à
deux
graver au milieu des poinçons qu'on doit met-
tre entre le mur et l'une des extrémités de la
barre; en chauffant alors cette barre et la por-
tant à la chaleur rouge, elle se dilate au point
que les poinçons pénètrent fortement sur le dis-
que métallique.

Former avec une surface angulaire, fig. 49, quatre


autres surfaces semblables,ou de même dimension.

Fig. 49.

Découpez cette surface suivant les lignes ponc-


tuées, vous aurez les quatre figures semblables
AB C D
496

Produire de très-belles sculptures et figures


sur bois par la dilatation.

Prenez un morceau de bois bien sec et très-


sain, tel que le buis, le chêne, etc., appliquez sur
sa surface un poinçon sur lequel sera tracé en
relief votre dessin, et par une forte pression, faites
le pénétrer à quelques lignes dans le bois; ra-
botez alors jusqu'à ce que cette surface paraisse
unie, et plongez-la ensuite dans l'eau bouillante; >.
et bientôt vous verrez paraître en relief les ob-
jets que vous aurez voulu représenter en sculp-
ture.
L'explication de ce fait est très-simple: par
la compression vous pressez les molécules li-
gneuses les unes contre les autres de manière
a leur faire occuper un espace moindre. Quand
la partie ligneuse non comprimée est rabotée
et la surface par conséquent égale, il en résulte
que, sur tous les points comprimés, il y a beau-
coup plus de molécules ligneuses, quoique n'of-
frant qu'une même épaisseur; or, quand l'eau
bouillante agit sur le bois, ces molécules com-
primées se dilatent, et s'élevant au-dessus de
la surface, représentent les objets qui ont agi
sur elle. C'est ainsi qu'on fait les tabatières en
buis sculptées et autres objets semblables. Cette
connaissance de la dilatation du b^js date de
temps immémorial, et surtout commeTorce mo-
trice: on s'en sert avec succès pour diviser des
blocs de pierre. Il suffit pour cela de prendre des
coins de bois et de les faire bien sécher au feu;
on les introduit alors avec force dans des entail-
les faites au rocher et on les arrose avec de l'eau
bouillante: la dilatation devient si forte que le ro-
cher éclate. Avant la découverte de la poudre à
canon, on n'employait pas d'autre moyen.
197

Faire paraître double une pièce d'argent.

Remplissez à moitié d'eau un verre dans le-


quel vous aurez mis une pièce d'argent: couvrez
ce verre d'une assiette sur laquelle vous poserez
votre main et prenant ce verre de l'autre main,
vous le renverserez sur l'assiette promptement,
afin d'éviter la sortie de l'eau. Si vous regardez
alors la pièce d'argent, vous l'apercevrez beau-
coup plus grande en même temps que vous. en
verrez une seconde au-dessus de la première, et
de grandeur naturelle.
On produit le même effet, mais d'une manière
moins sensible, en la mettant dans un verre à
moitié plein d'eau et sans le renverser.

Végétation de l'argent sur une ardoise ou une


plaque en verre.

Placez horizontalement une ardoise ou une


plaque de verre, et versez dessus un peu de dis-
solution de nitrate .d'argent, étendu du double
de son poids d'eau; mettez-y ensuite un fil de
cuivre ou de zinc disposé en tige végétale et bien
entouré de cette solution saline; en laissant le
tout en repos on verra se développer en quel-
ques heures, autour de ces fils, sur le verre, une
cristallisation très-belle d'argent réduit qui con-
tinuera jusqu'à ce que l'action de ces fils sur la
liqueur ait cessé.
198

Kaléidoscope.

La renommée de cet instrument fut européen-


ne, c'est une modification des machines de catop-
trique que l'on rencontre dans tous les cabinets
de physique amusante. La disposition commode
et portative que lui ont donnee les anglais, est
la cause de la célébrité que la mode lui a consa-
crée un moment. Cet instrument restera toujours
pour orner les cabinets de physique par ses effets
agréables et multipliés. Il est composé de deux
glaces formant un angle plus ou moins ouvert,
suivant le nombre de réflexions que l'on veut de
cet angle. A une extrémité on place l'œil, et à
l'autre on met, entre deux verres dont un est
dépoli, quelques fragments dediverses couleurs,
qui, étant répétés régulièrement par les glaces
plusieurs fois, produisent un nombre infini de
figures régulières qui changent chaque fois que
l'on meut l'instrument, puisque les fragments
de verre se replacent d'une manière différente,
sans qu'il soit probable que l'on retrouve la mê-
me disposition.

FIN DESRÉCRÉATIONS
MATHÉMATIQUES
,
SUBTILITÉS
INGÉNIEUSES,
ETC,
TABLE

DES RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES

SUBTILITÉS INGÉNIEUSES, etc.

Mesurer la hauteur d'une tour accessible à son


pied. 107
Mesurerune hauteur par le moyen de son ombre. 108
Faire passer un cylindre par trois trous diffé-
rents, en sorte qu'illes remplisse entièrement. 109
Faire tenir un bâton droit sur le bout du doigt,
sans qu'il puisse tomber. 110
Anneauxenfilésdans un doubleruban. 112
Faire passer un anneau dans un bâton sans qu'on
s'en aperçoive. 114
Anneau mis dans un pistolet, et qui se trouve en-
suite au bec d'une tourterelle
, dans une boîte
qu'on avait auparavant visitéeet cachetée. 115
Devinerle nombre que quelqu'un aura pensé. 116
Jeu des cerises. 117
Jeu du mouchoir noué. 118
Jeu des ciseaux détachés. 119
Un nombre quelconque étant donné , y ajouter
200 TABLE
un chiffre que celui qui a choisi le nombre pla-
cera où il voudra; lequel rendra ce nouveau
nombre divisible par 3 ou par 6. 120
Un nombre quelconque étant donné, y ajouter
un chiffre que la personne qui a donne le nom-
bre placera où elle voudra, et qui rendra ce
nouveau nombre divisible par 9. 120
Le piquet à cheval. 121
Deuxdés étant jetés sur une table, en deviner les
points sans les voir. 123
Trois dés ayant été jetés sur une table; et étant
rangés par ordre, deviner les points de chacun
d'eux. 124
Nommer à une personne le nombre qu'elle a
pensé. 125
Faire paraître à une personne enfermée dans une
chambre, ce que quelqu'un désignera. 126
Manièredéfaire une addition avant que les chiffres
soient posés. 128
Le livre de la bonne femme. v 129
Manièrede faire tenir un œuf sur sa partie la plus
pointue. 129
Manièredefaire un dessinen relief sur la coquille
d'un œuf frais. 130
OEufdansant. 131
L'oiseau mort et ressuscité. 132
L'écu de 5 francs etle bas. 134
Tableaumagique. 134
Levase d'eau. 135
Défierquelqu'un de faire une omelette avec des
œufs. 136
TABLE 201
SUBTILITÉ. D'un morceau de pain en faire sept en
deux coups de couteau. 136
AUTRE SUBTILITÉ. Trois morceaux de pain étant
placés sous trois chapeaux différents, les man-
ger et les faire trouver sous un des chapeaux. 136
AUTRE SUBTILITÉ. Faire que la demie de 9 soit 4
et 6, et que la demiede 12soit 7. 137
La cloche magique, ou manière de faire venir
sous une cloche , à la place de la graine de
millet, un oiseau ou ce qu'on voudra. 137
DIFFÉRENTS TOURS D'UNEMAGICIENNE. 140
Tour de ruban. 140
Fontaine de circulation. 151
EXPLICATION DESTOURS DELAMAGICIENNE. 152
Tour de passe-passe avec des jetons. 165
Devinerdeux objets serrés dans la main. IG9
Dispositioningénieuse pour corriger le hasard, 170
Lejeu del'anneau. i71
Singulièrecombinaisondes carrés arithmétiques. 173
Deviner à l'odorat quel aura été le chiffre rayé
par une personne de la compagnie, dans le
produit d'une multiplication qu'on lui aura
donnée à faire. 174
Inscription curieuse. 176
Jeu du Labyrinthe. 177
Tours des jetons. 179
La croix de jetons. 180
La gardeuse d'oies. 181
LeBerger. 181
Lapauvre nièce. 182
.'étranger à Paris. 182
202- TABLE
Boule,trompeuse. 18:
Les dominos retournés. 181t
îl
Singularité remarquable. 18?î;
Epitaphedu Maréchalde Saxe. 18't'
Faire passer une pièce de monnaie d'une main
dans l'autre plusieurs fois de suite, ayant les V É
bras étendus et sans les bouger. 1871
Joli tour de pièces volantes dans des mouchoirs. 18Et
Combinaisonimpossible. 192f
Enlever une bouteille avec une paille ployée. 1921'
Quelle serait l'étendue d'une surface qui contien-
drait toutes les permutations des vingt-quatre *1
lettres de l'alphabet. 192,
Singulière combinaison du jeu de dominos. 194
Frapper des médaillesau moyen de la dilatation. 194:
Former avec une surface angulaire, quatre
surfaces semblables, ou de même dimen- autres
sion. 195;
Produire de très-belles sculptures et figures sur »
boispar la dilatation. 196
Faire paraître doubleune pièce d'argent. 197j
Yégéiationde l'argent sur une ardoise ou une pla-
que de verre. lm n
Kaléidoscope. 198

FIN DE LA TABLE.
TOURS

hl DE CARTES @
LES

TOURS DE CARTES

LES PLUS AMUSANTS.

-- Dg.- ——

Principes particuliers pour les Tours


de Cartes

Pourêtre en état d'exéciiter ces sortes de récréa-


ons,il faut savoir faire passer la coupe. Onen-
..nd par là l'adresse avec laquelle on fait venir
essus le jeu une certaine quantité de cartes
i dessous, ce qui doit s'exécuter de cette ma-
-ère:
:Il faut mettre le jeu de cartes dans la maindroi-
(*),le epouce ed'undes cotés duieu (voyezfig. 1),
s Ie 3. et 4. doigts de cette même main cou-
:'ant le jeu de l'autre côté
, - et le petit doigt plié
ms l'endroit où l'on veut passer la coupe, en
oservant que la main gauche doit couvrir le jeu,
manière que le pouce soit à l'endroit C , le se-

f) Onpeut, si on le trouve plus aisé, mettre ce jeu


ns la main gauche, et faire avec la droite ce qu'on
aliqueici avec la gauche.
206

conddoigt à l'endroit A, et les autres doigts à l'en


droit B. Les deux mains et le jeu étant ainsi dis-
posés, on tire avec le petit doigtet les autres doigt:
de la main droite la partie du jeu qui est dessus
et on remetavec la main gauche la partie du des
sous sur le dessus du jeu-
Il est très-essentiel, avant de se hasarder à exé
euter aucune de ces récréations, de s'accoutume]
à faire très-adroitement cette manœuvre, de sor
te que personne ne puisse aucunement s'en aper-
cevoir. Il faut observerde faire passer cette coupi
sans que les cartes fassent aucun bruit, et san:
faire aussi trop de mouvement; l'habitude donni
cette facilité. Cette manière de faire ainsi saute:
la coupe, procure l'avantage de faire quantité d(
tours de cartes avec le premier jeu qui se présen-
te. Il ya des récréations où il faut retirer un peL
en arrière la carte qui est au-dessous du jeu poui
ôter celle qui est au-dessus (c'est-à-dire l'avant-
dernière), afin de faire croire que c'est la dernièr(
qu'on'a ôtée, il ne s'agit pour cela que de mouil-
lier légèrement le doigt du milieu de la maii
dans laquelle on tient le jeu, et de s'en ser-
vir à reculer cette carte un peu en arrière, ai
même moment qu'avec le doigt du milieu et 1(
pouce de l'autre main,on retire F avant-dernier
carte.
207
Il est une façon de préparer le jeu qui est d'y
nsérer une ou plusieurs cartes un peu plus larges
m plus longues, pour les connaître facilement
ioi-même au tact, ou afin de pouvoir couper ou
feire couper à cet endroit. Ces jeux servent à
quantité de récréations qui demandent moins de
subtilité (pages 19 et 24).
Il est des cas où il faut faire passer la carte
lui se trouve la première sur le jeu, dans le mi-
ieu du jeu, qu'on tient alors ouvert comme un
ivre à l'endroit où on veut la placer; ce qui s'cxé-
'ute en prenant le jeu dans la main gauche, le
)ouce placé d'un des côtés du jeu, et les autres
loigts de l'autre, le jeu ouvert seulement du côté
Ju pouce, alors avec le doigt du milieu de cette
jiême main qu'on a légèrement mouillé, on ap-
Jmie sur la carte qui estau-dessus du jeu, et on
retire avec la main droite la partie des cartes du
essus au moyen de quoi la première carte glis-
e, et vient se placer sur la partie de dessus, cet-
3 manœuvre doit se faire sans que la partie-de
!essus fasse tropde mouvement ; elle est beaucoup
,lus facile que de faire sauter la coupe, mais elle
:.esert qu'à un -petit nombre de récréations.
A l'égard de la manière de faire passer la coupe
..:une seule main, elle est la même qu'avec les
,:eux, excepté que le pouce de la main dont on
-3 sert fait l'office de l'autre main, pendant que le
etit doigt et les autres doigts de cette première
jain agissent comme il a été ci-devant expliqué:
in prévient ici qu'il est fort difficile de faire ainsi
auter la coupe et qu'on n'y parvient qu'avec
eaucoup d'exercice; lorsqu'on a la main un peu
rande et qu'on se sert de cartes plus petites
.u'à l'ordinaire, cette manœuvre devient moins
ifficile.
208

Faire sauter la coupe des deux mains.

Pour faire sauter la coupe des deux mains, il


faut:
1.° D'abord tenir le jeu dans la main gauche,
et le diviser en deux parties égales, en mettant le
petit doigt entre deux (fig. 2).

Fig.2.

Fig.3.

2.° Poser la main droite sur le jeu de cartes, en


serrant le paquet inférieur entre le pouce et le
doigt du milieu de cette main (fig.3).
Dans cette position, le paquet supérieur se trou-
ve serré entre le petit doigt de la main gauche et
les deux doigts annulaire et du milieu de la mê-
me main.
3.° En tenant toujours le paquetinférieur avec
la main droite sans serrer le paquet supérieur
avec cette main, tâcher de tirer ce dernier avec
la main gauche pour le faire passer par-dessous
lestement et sans bruit. Vous trouverez de la dif-
ficulté en commençant: mais une heure d'exercice
par jour pendant une semaine vous donnera à
cet égard la plus grande facilité. Remarquez
qu'immédiatement après la coupe, les paquets
peuvent et doivent avoir des positions différentes
selon le besoin.
209

Fig.4.

Fig.5.

d." Ils peuvent être réunis et n'en faire


comme dans la fig. 4. qu'un
Ils peuvent être croisés et posés de biais l'un
sur l'autre, comme dans la fig.5.

Fig.6.

3.° Ils peuvent être séparés,et un dans


- main, comme dans la fig.6. chaque

Fig.7. Fig.8.

4.° Ils peuvent être séparés l'index de la


main droite, 6t par
et S6
se trouver tous deux dans cette
main (fig7).
14
210
5.° Les deux paquets peuvent être réunis dans
la main gauche de manière que les figures des
cartes du paquet inférieur soient tournées vers le
ciel (Voyez la fig. 8). En supposant que le paquet
A soit entièrement couvert par le paquet B, et
qu'ils soient tous deux dans la main gauche com-
me dans la fig. 4.
Il faut s'exercer à toutes ces positions pour en
faire l'usage dont nous parlerons ci-après.

Faire sauter la coupe d'une seule main.

Les détails où nous allons entrer dans cet article


pourront ne pas plaire à tous les lecteurs; mais
nous chercherons ici à remplir le vœu de ceux qui
désirent des tours de cartes qui n'aient été décrits
par aucun auteur, et les plus merveilleux. Or,
pour ces tours, il faut ré unir à l'adresse dela main
les autres moyens de supercherie: il faut donc
commencer par peindre cette adresse, et en ex-
primer tous les traits.
Pour faire sauter la couped'une seule main il faut
1. ° D'abord tenir les cartes dans la main gauche
comme dans la fig. 4.
2.° Diviser les cartes en deuxpaquets; ce qu'on
fait enserrant le paquet supérieur entre la join-
ture du pouce et la partie du métacarpe, qui

Fig..

répond h la naissance de l'index, et en tenant le


paquet inférieur également serré entre le même

i
211
point du métacarpe et la première jointure du
âoigtidu milieu et du doigt annulaire. Dans cette
: seconde position, l'index et le petit doigt sont
les seuls parfaitement libres. ,(Voyez fig. 9).
3.° Passer l'index et le petit doigt sous le pa-
l quet inférieur, pour tenir ce paquet fortement
i serré entre ces deux derniers doigts d'une part,
et le doigt du milieu avec l'annulaire de l'autre
côté (fig. 10).

Fig. 10. Fig.11.

4.° En conservant le pouce dans la même po-


";sition, déployer les quatre autres doigts pour
-.donner au paquet inférieur la position repésentée
iparla fig. 11.
Dans cette quatrième position, les cartes du pa-
quet inférieur sont renversées, c'est-à-dire, que
-les figures sont tournées vers le ciel, mais elles
isont toujours fortement serrées entre l'index et le
'petit doigt d'une part, et les deux doigts du mi-
1lieu qui sont dessous.
5.° Déployer un peu le pouce pour lâcher le pa-
quet supérieur, en l'appuiant sur l'index et le pe-
;tÍt doigt, et porter en même temps sur le pouce
le paquet inférieur (fig. 12).
Dans cette cinquième position, le paquet infé-
rieur a déjà pris le dessus, et les figuresdes cartes,
'dans les deux paquets, sont tournées vers la
terre.
6.° Oterle pouce d'entre les deux paquets pour
le faire passer dessus en poussant les deux pa-
;quetsvers la naissance du pouce, de maniere
212

Fig. 12, Fig.13.

qu'ils se trouvent parfaitement l'un sur l'autre


pourn'en faire qu'un (fig. 13).
Dans cette sixième position, les deux paquets
sont encore séparés par l'index et le petit doigt.
Il ne reste donc qu'à ôter ces deux doigts de leur
place, en les déployant, pour donner à la main
et aux cartes la position de la fig. 2.

NOTA.- Ces détails m'ont paru nécessaires pour


bien faire entendre mon idée sur un point qui n'a
jamais été expliqué par personne; mais ce serait une
grande erreur de croire qu'il faut employer autant de
temps à exécuter ce principe qu'à l'expliquer. Il faut
s'v exercer et le réduire en pratique jusqu'à ce qu'on
ait donné aux doigts en un seul instant et avec rapi-
dité, les six positions que je viens de décrire
, de ma-
nière IJu'on puisse faire sauter la coupe d'une seule
main au moins vingt fois par minute.

Les faux mélanges.

On peut en distinguer de quatre espèces. La pre-


mière consiste à mêlerréellementtoutes les cates,
excepté une qu'on ne perd jamais de vue; pour
cela, il faut d'abord la mettre sur le jeu; ensuite
la prendre de la main droite en retenant le reste
du jeu dans la main gauche, et du pouce de cette
dernière main faire glisser dans la main droite,
surla carte de réserve, cinq à six autres cartes, et
213
sur ces dernières, encore cinq à six, et ainsi de
suite jusqu'à ce que toutes les cartes se trouvent
dans la main droite. Par ce moyen, la carte réser-
vée se trouvera dessous; et si dans cet instant on
remet tout le jeu dans la main gauche en rete-
nant seulement dans la main droite la carte supé-
rieure, on pourra faire repasser successivement
toutes les cartesde la main gauche dans la main
droite, en posant alternativement les cartes au-
dessus et au-dessous de ladite carte supérieure
retenue dans la main droite, jusqu'à ce qu'on soit
parvenu à la carte de réserve qu'on mettra dessus
ou dessous selon le besoin et l'occasion.
Le second faux mélange consiste à prendre de
la main droite la moitié supérieure du jeu qu'on
tenait dans la main gauche pour le faire passer
sous l'autre moitié, en remuant adroitement l'an-
nulaire de la main droite, pour faire glisser les
cartes sans en déranger l'ordre (Voyezfig. 14), et

Fig.14.

remarquez: 1.° Qu'après avoir remué les cartes


d'un paquet avec l'annulaire d-e la main droite
comme nous venons de le dire, il faut porter sous
le jeu la carteB, et deux ou trois de celle qui la
suivent immédiatement, pour faire semmant
214
d'en laisser quelques-unes tout-à-fait par des-
sous, et cependant les reporter à leur place sous i
le paquet A ;
2.° Que le paquet A, qui était d'abord dessous,,
et qui est actuellement dessus, doit être pris de 1
la main droite pour être remis lestement à sa pre-
mière place.
Le troisième faux mélange consiste à mettre sur
le jeu la carte de dessous; et à prendre les cartes
comme le représente la main droite de la fi. 6 ;
alors on laisse tomber sur la table les cinq a six
cartes inférieures vers le point C (fig. 14); on laisse
tomber un autre petit paquet, au point D, à droite,
un troisième au point E et vers le point F toutes
lcsautres cartesexcepté la supérieure qu'on porte
seule au point G. Dans cet instant, on met sur la
carte G, le paquet C, et ensuite les paquets D,
E, F, en employant alternativement la main
gauche et la main droite pour plus de rapidité.
Par ce moyen les cartes semblent être mêlées
quoiqu'elles ne changent point de place.
Le quatrième faux mélange consiste à faire sau-
ter la coupe pour retenir les cartes avec la main
droite, comme le représente la fig. 7, et à diviser
la moitié inférieure en trois autres petits paquets,
dont le premier tombe sur la table vers le point H
(fig. 14), le second à droite au point I, et le troi-
sième au point K.La moitié supérieure étant alors
posée au point L , si on transporte sur cette moi-
tié les paquets I-I, 1, K, ensuivant le même ordre
que nous suivons en les désignant, et en employ-
ant alternativement la main gauche et la main
droite pour plus de vitesse, et pour faire croire
qu'on mêleau hasard et sans réllexion, les cartes,
sans changer de place, sembleront se mêler com-
me dans le cas précédent. ¡;
.- -., ..J_¡
215

Filer la carte.

Fig. 15.

Pour filer la carte, il faut la tenir entre l'index


et le doigt du milieu de la main droite, et tenir le
reste du jeu dans la main gauche entre l'index et
le pouce de cette main. La carte supérieure que
l'on veut substituer doit être un peu avancée vers
la main droite (Voyez la fig. 15).

Fig.16.

Dans cette position, le doigt du milieu, l'annu-


laire et le petit doigt de la main gauche sont par-
faitement libres et c'est avec ces doigts qu'il faut
prendre la carte qui est dans la main droite, lors-
que celle-ci s'approche en un clin d'oeil de la main
J2i6 I
gauche pour y prendre la carte supérieure que
l'on veut substituer.
Aussitot après cette substitution, les mains et
les cartes sont comme dans la fig.16; mais l'index
de la main gauche qui sépare des autres cartes
celle qu'on vient d'apporter, doit aussitôt quitter
sa place pour que la main et les autres cartes
prennent la position de la fig. 4.

Glisser la carte.

Pour glisser la carte, il faut: 1.° Tenir le jeu


dans la main droite, et faire voir au spectateur
la carte de dessous, que je suppose être l'as de
carreau;
2.° Renverser le jeu sens dessus^essous pour
faire semblant de prendre cet as de carreau avec
un doigt de la main gauche (fig. 17) ;

Fig. 17

3.° Prendre, an lieu de l'as de carreau, la


tarte qui le suit immédiatement, en faisant
glisser cet as de carreau en arrière avec l'annu-
laire et le petit doigt de la main droite, qu'on
a mouillés un instant auparavant avec de la
salive ( Voyez la fig. 18 qui représente les cartes
et les mains telles que le spectateur les verrait
par dessous s'il se baissait pendant l'opération).
NOTA.— Le doigt de la main gauche avec lequel
217

Fig. 18.

on tire la seconde carte, au lieu de la première


en dessous, doit être également mouillé de
salive.

Enleverla carte.

Fig. 19.

Pour enlever une ou plusieurs cartes, il faut:


1.° Tenir de la main gauche les cartes qu'on
1

Fig. 20.

veut enlever posées en diagonale sur les autres,


et un peu avancées vers la main droite (fig. 19).
2.° Prendre ces cartes avec la main droite, en
les serrant un peu entre le petit doigt et le pouce
(fig. 20).
3.° Appuyer négligemment la main droite sur ses
218

Fig. 21.

genoux ou sur le bord d'une table pour cacher


la supercherie ( fig. 21).

Poserla carte.

On peut poser la carte de deux manières: la


première en la posant sur les autres cartes qu'on
tient dans la main gauche dans l'instant où l'on
le spectateur de mettre sa main sur le
jeu
prie
(fig. 22).

Fig. 22.

NOTA.Dans ce premier cas, aussitôt qu'on 1


a pose la carte, on un peu la main droite
éloigne
de la main gauche , de manière
qu'on touche
1I
249
les cartes avec le doigt du milieu de la
presque
,main droite, comme pour indiquer au spectateur
l'endroit où on l'invite sa main. Par ce
:moyen il ne fait pas attention
à poser que les mains se
soient rapprochées pour opérer un petit chan-
gement,et il pose bonnement sa main sur le jeu
pour empêcher (mais trop tard), qu'on n'en fasse
laucun.

Fig.23.

La seconde manière de poser les cartes se fait


idans l'instant où on prend le jeu sur la table
J{fig. 23). Dans ce cas, il ne faut pas ramasser
ies cartes en fermant la main comme à l'ordi-
naire, mais les faire glisser vers soi pour plus
;de rapidité, sans quoi le spectateur pourrait
apercevoir que l'on avait des cartes dans la main.
Il faut cependant se contenter d'une vitesse
médiocre, qui suffit pour cacher ce moyen,
tandis qu'une rapidité extraordinaire ferait soup-
çonner la supercherie. Hatez-vous lentement.

Carte large ou longue et récréations amusantes


qu'elle facilite.

Cette carte est d'un secours infini dans un


jeu pour faire plusieurs récréations amusantes;
nous ne parlerons ici que de quelques-unes.
220 1
1.° On fait tirer adroitement à une personne ,
cette carte longue que l'on connaît, et on lui
donne le jeu à mêler; ensuite on propose ou de
lui nommer sa carte, ou de la couper, ou dela
reconnaître au tact ou à l'odeur, si elle a été
remise ou non dans le jeu; ou enfin de mettre le
jeu dans la poche de quelqu'un de la compagnie
et de la prendre dans la poche. Comme c'est la
seule qui déborde du jeu, il est aisé de la re-
connaître au tact. On peut faire tirer cette même
carte longue à différentes personnes tour à tour,
pourvu qu'elle ne soient point l'une auprès de
l'autre; après avoir bien mêlé le jeu, on tire la
carte longue, accompagnée d'autant de cartes
qu'il y a de personnes qui l'ont tirée, on montre
alors toutes ces cartes en demandant en général,
si chacun y voit la sienne, celles qui les ont tirées,
répondent que oui, attendu qu'elles voient toutes
cette même carte longue, alors on les remet dans
le jeu et coupant à la carte longue, on montre
à une d'elles la carte de dessous le jeu, en lui
demandant si c'est sa carte, elle répond qu'oui;
on donne un coup de doigt, on la montre à une
seconde personne , qui répond de même : et ainsi
à toutes les autres personnes qui croient que
cette même carte change au gré de celui qui fait
cette récréation, et ne s'imaginent pas qu'elles
ont toutes tiré la même carte.
2.° On peut donner à choisir indifféremment
dans le jeu la carte que l'on veut, puis la plaçant
sous la carte longue, et mêlant avec un peu de
précaution, il sera très-aisé de la reconnaître ;
ainsi faisant l'application de cette petite ma-
nœuvre au tour précédent, si la première
ne prenait pas la carte longue qu'on
présente il faudrait alors faire tirer toutes ces
personne
lui
cartes indifférentes, et coupant soi-même le jeu,
les faire mettre sous la carte longue, en faisant
221
semblant de les battre à chaque fois; on coupera
-:et on fera couper ensuite à la carte longue, et
on rendra à chacun la carte qu'il a tirée, en
observant de rendre la première au dernier , et
,remonter ainsi jusqu'au premier.
Il est.cependant possible de faire ce même tour
sans carte longue. On met dessus le jeu une carte
quelconque, par exemple une dame de trèfle,
'Ûll fait sauter la coupe, et la,.faisiiit passer par
ce moyen au milieu du jeu, on la faittirer à une
personne; on coupe ensuite pour faire remettre
cette dame de trèfle au milieu du jeu; mais on
fait sauter encore la coupe pour la faire revenir
[sur le jeu, afin de mêler les autres; on fait sauter
la coupe pour les faire revenir une seconde fois
au milieu du jeu; ensuite on fait tirer cette
même dame de trèfle à une seconde personne,
.^observantqu'elle soit assez éloignée de la première
pour qu'elle ne s'aperçoive pas qu'elle a tiré la
:même carte; enfin l'on fait tirer cette même carte
!à cinq personnes différentes, en s'y prenant com-
me ci-dessus; on mêle les cartes, sans perdre de
,vue la dame de trèfle, et étalant sur la table qua-
tre cartes quelconques, et la dame de trèfle, on
demande si chacun y voit sa carte, on répondra
qu'oui, attendu que chacun voit la dame de trè-
tte; on retourne les cartes après en avoir retiré la
la dame de trèfle , et approchant de la première
personne, on lui montre cette carte, sans que les
'autres puissent la voir, et on lui demande si c'est
lia sa carte, elle dira que c'est elle; on souffle des-
sus, ou on y donne un coup de doigt, et on la
i montre à la seconde personne, et ainsi de suite.
!Il faut beaucoup d'adresse pour ne pas se trom-
per en faisant ce tour.
3° Nous répéterons pour plus d'intelligence ,
l'adresse de ceux. qui trouvent ala pointe de l'é-
pée et les yeux bandés une carte ou plusieurs qui
222 I
ont été tirées dans le jeu. On fait tirer une carte
qu'on met sous la carte longue, qu'on a atten-
tion en battant de faire venir adroitement au-des-
sus du jeu, ou même on jette le jeu à terre en re-
marquant l'endroit où se trouve cette carte: on se r-
fait bander les yeux avec un mouchoir. Gommes
la vue se porte en bas sur le plancher, il est aisé?
de voir, quoiqu'on ait un mouchoir sur les yeux, .:
la carte qui se trouve au-dessus du jeu. On n
éparpille alors les cartes avecl'épée, sans perdre
de vue celle qui a été tirée, @ et après avoir fait 1
mine de bien chercher, et l'avoir mise à part, ,
on la pique avec la pointe de l'épée, et on la i
présente à la personne qui l'a tirée. On peut i
également faire tirer deux ou trois cartes, ayant 3
.attention de les remettre toutes sous la cou-
pe, et les découvrir de même à la pointe de
l'épée.
4.0 Pour faire trouver la carte choisie dans un
œuf, on fait tirer dans le jeu la carte longue,
qui doit être la même que celle qui est dans
1oeuf, on la fait remettre dans le jeu; on donne
l'œuf à casser, et on y trouve effectivement la
carte qui a été tirée; pendant cet intervalle ,
on escamote la carte, afin de faire voir qu'elle
n'est plus dans le jeu Pour préparer cet œuf,
il faut d'abord dédoubler une carte qui est la
même que la carte longue, on la roule bien ser-
rée; on l'introduit dans un œuf, en y faisant la
plus petite ouverture possible qu'on rebouche
promptement avec un peu de cire blanche. On
peut rendre cette récréation plus agréable, en
mettant dans plusieurs œufs cette même carte ;
alors on donnera à choisir un d'eux. On peut
aussi s'entendre avec une personne à laquelle
on aura indiqué quel est l'œuf où l'on a mis la
carte, et qui le choisira parmi ceux qu'on lui
présentera; de cette manière on pourra casser
223
ensuite les autres œufs pour faire croire qu'il n'y
avait aucune carte renfermée.
5.° On place dans un jeu de quarante cartes,
deux cartes longues, que la première soit, par
exemple, la quinzième, la seconde, la vingt-
sixième; on fait semblant de mêler ce jeu , et
coupant à la première carte longue, on pose la
partie coupée sur la main, et comme si l'on
connaissait les cartes au poids, on dit: il doit
il avoir là quinze cartes; coupant une seconde
fois la seconde carte, on dit: il y a là onze
cartes, et pesant le restant on dit: il y a là qua-
torze cartes.
1 6.° On dispose les cartes en deux parties,
qu'on sépare Tune de l'autre r ar une carte lon-
gue, la première contient la quinte du roi de
trèfle, et celle de pique, les 4 huit, le dix de
carreau et celui de cœur; la seconde contient
les deux quatrièmes majeures en carreau et en
cœur , les 4 sept et les 4 neuf. On peut les divi-
ser de toute autre manière, pourvu que l'on s'en
convienne. Le jeu ainsi arrangé, on le bat,
lyant attention de ne mêler que la première moi-
lie , dont la dernière est la carte longue; on
coupe ensuite à cette carte, et l'on fait deux
tas: on"présente le premier tas à une personne,
en lui disant de prendre deux ou trois cartes, et
:onremet ce tas sur la table. On présente de mê-
me le second tas à une autre personne, et on
cemet sans qu'on s'en aperçoive, les cartes ti-
rées du premier tas dans le second, et celles
;irées du second dans le premier; on bat les
cartes , en ne mêlant que celle du tas de dessus,
et regardant le jeu, on nomme les cartes que
ces deux différentes personnes ont tirées, ce qui
3st très-facile, en examinant quelles sont celles
qui se trouvent alors dans chaque tas.
7.° Enfin la carte longue est très-nécessaire
pour les coups de piquet.
224

Cartes coupées un peu en biseau dans leur


longueur.
m
Il faut avoir un jeu de cartes, qui, parle!
haut, soit coupé d'une ligne plus étroit que pari:
le bas. Toutes les cartes paraissent égales lors-a
qu'elles sont dans le sens de leur coupe, mais!
si on en déplace une, deux, trois, pour les re-'j
tourner de haut en bas, il est sensible qu'elles.'
formeront des inégalités, et ce sont ces illi-i
tés qui font reconnaître les cartes choisies. Pan
exemple, on fait tirer à une première personnes
une carte dans ce jeu et on observe attentive-î
ment si elle ne la retourne pas dans sa main;
si elle la remet comme elle la tirée, on retourne!!
le jeu, afin que la carte tirée se trouve en sensj
contraire : si elle la retourne dans la main, om
ne retourne pas le jeu. La carte ayant été remi-1
se, on donne à mêler, après quoi on fait tirer;
une seconde et même une troisième carte, eni
observantles mêmes précautions; après quoit
prenant le jeu du coté le plus large entre les!
deux doigts de la main gauche, on tire aveci-
ceux de la main droite successivement les car-r
tes qui ont été choisies par ces trois différentesl
personnes..
Un peut, avec un pareil jeu, séparer d'un seulr
coup toutes les couleurs rouges des cartes iioi-i
res ou les ligures des basses cartes, quoiqu'elles:'
aient été bien mêlées; il ne s'agit pour cela queu
de disposer les couleurs rouges ou les peintures, r.
de façon que le coté le plus largesoit tourné dui
coté le plus étroit des autres cartes,On fait voiri
le jeu ,on le donne à mêler; alors serrant le jeui
avec chaque main par ses deux extrémités, OUI
à
225
en sépare d'un seul coup les deux couleurs, ou
les cartes blanches d'avec les figures.
On peut encore faire diverses autres récréa-
tions avec ces cartes, mais il ne faut pas recom-
mencer les mêmes deux fois de suite, de peur
qu'on ne s'aperçoive que tout le mystère consiste
a retourner les cartes.

15
226 -

TOURS DIVERTISSANTS

Cartes pensées. - Premier tour.

On peut déterminer une personne à pensea


forcément la carte qu'on veut; il ne s'agit que du
présenter et étaler sur la table le jeu de cartes
de manière qu'une carte de couleur, telle qudj
le roi, dame ou valet soit beaucoup plus apjj
parente qu'aucune des autres, en disant à h
personne de penser une carte dans le jeu, on
fait attention si elle jette un coup d'œil sur cetttl
carte; on renferme ensuite le jeu, et on lu 1
nomme celle qu'elle a pensée. Si l'on s'aperce<
vait néanmoins qu'elle ne fixât pas la vue suu
cette carte, ou qu'elle étalât le jeu davantage
pour en penser une à son on lui dirai:
de la tirer du jeu; et, au moyen gré,de la carte Ion*
gue sous laquelle on la ferait mettre, on ferait
une autre récréation. On peut aussi présen-
ter le jeu de manière à ne laisser distinguer!
qu'une seule carte; mais il faut avoir affaire à
des gens qui ne sont pas au fait de ces sortes
de tours.

Cartes pensées. — Second tour. :


f
On met la carte longue la seizième dans un
jeu de piquet, on étend sur la table dix à douze
iJ
m
cartes du dessus, et l'on propose à une per-
sonne d'en penser une et de retenir le nombre
où elle se trouve placée, on remet ces cartes
sur le jeu; on fait sauter la coupe à la carte
longue, qui se trouve alors placée dessous, on
demande ensuite à la personne à quel nombre
est la carte pensée; on compte secretement d'a-
ce nomorejnsq'à seize, en jetant les cartes
l'une
près après l'autre sur la table, les tirant du
dessous, et l'on s'arrête à ce nombre, la dix-
septième étant la carte pensée.

Moyenfacile de faire un joli tour de cartes.

Un faiseur de tours prétendait deviner les car-


tes par un moyen nouveau; quand on avait mê-
lIéle jeu, il devinait toujours la carte de dessous
en regardant celle du dessus. Pour cela, il avait
caché un miroir aussi petit qu'une pièce de
vingt-quatre sols, parmi les plis d'un crêpe noir
idans une corne de son chapeau qu'il tenait né-
gligemment sur la table, et, tandis qu'en mon-
trant aux spectateurs la carte de dessous, il fai-
sait semblant de regarder le dessus du jeu; il
voyait dans le miroir l'image de la carte.
NOTA.— Le miroir doit être un peu convexe
pour qu'on y voit la carte en miniature et sans
laucun tâtonnement; car un miroir plan qui se-
rrait aussi petit ne pourrait réfléchir qu'une par-
tie de l'image, et de plus, l'on serait obligé, pour
trouver le vrai point de vue, de chercher à tout
instant la vraie position des yeux, des cartes ou
:du miroir.
Quelqu'un s'étant aperçu de sa supercherie
lui en ht le reproche; mais il ôta promptement
de chapeau de dessus la table, pour ne pas don-
228
ner le temps a la compagnie ae voir le miron
cependant pour faire croire que le miroir étar
inutile, il continua de deviner toutes les cartes
après qu'on les eut mêlées de nouveau, ava
cette différence seulement, que, dans ce dernict
cas, il devinait successivement celle du dessus
ceci n'était pas bien difficile, car s'étant empais
secrètement de quatre cartes à lui connues, (,
les ayant cachées dans sa main tandis qu'o'
mêlait le reste du jeu, il les posa lestement sue
le jeu , en le prenant un instant pour le change
de place, par ce moyen, il devina ensuite biei
facilement les trois premières, quoique le jeij
fût couvert d'une serviette; et, pour faire vob
qu'il y avait un moyen merveilleux, quoiqu]
physique, il , lorgnait avec une lunette. ||
On crut d'abord ( et c'était avec raison) que
la lunette ne servait de rien; mais on fut bieii
étonné, quand il dit que chacun pourrait VOiD
la quatrième carte en se servant de cette mêi
me lunette; je vis effectivement, avec cet ini
strument un roi de carreau qui se trouva 1;
quatrième carte, mais on avait mis un petit rOf:
de carreau au fond de la lunette pour faire croirti
que, avec cet instrument, on pouvait voir en
qui était caché sous la serviette.

Cartes changeantes.

On voit quelquefois dans les mains des fai-


seurs de tours, la même carte se changer en
une autre. Ils ont différents moyens pour exé-
cuter cette récréation qui consiste dans une
grande subtilité.
Lu Il faut avoir dans le jeu une carte qui soit
double; par exemple , un roi de pique que l'on
229,
iilace dessous le jeu, on met au-dessus de ce
oi une carte quelconque, comme un sept de
jiœur , et dessus le jeu le second roi de pique;
(n mêle le jeu sans déranger ces trois cartes, et
aontrant le dessus du jeu, on fait voir à une
1 ersonne le sept de cœur, on le retire avec le
oigt qu'on a eu soin demouiller, et feignant
dors d'ôter ce sept de cœur, on ôte le roi de
lique, et le posant sur la table, on dit à cette
(lême personne de couvrir avec sa main ce pré-
endu sept de cœur; on mêle une seconde fois
î jeu sans déranger la première et la dernière
arte , et ayant fait passer sous le jeu-le second
oi de pique, on le montre à une autre personne
n lui demandant quelle est cette carte, on la
etire avec le doigt, et on ôte le sept de cœur
u'on lui fait couvrir. On commande au sept de
loeur qu'on croit être sous la main de la pre-
lière personne de passer sous celle de la secon-
e i et réciproquement au roi de pique, quipa-
aît avoir été mis sous la main de la seconde
lersonne, de passer sous celle de la première;
m fait lever les mains et remarquer que le chan-
,ement s'est fait. Les deux cartes semblables,
t l'attention qu'on a de faire remarquer à la
'econde personne le roi de pique, font paraître
ette récréation fort extraordinaire.
2.° L'on prend deux as, l'un de pique, et
'autre de cœur, on applique sur celui de
;lÏque un point de cœur que l'on colle avec du
ravon (ce point doit être découpé le plus mince
[u'il est possible; et on se sert à cet effet d'une
arte dédoublée) et pareillement sur l'as de
:œur un point de pique, on fait voir ces deux
is , et prenant l'as de pique on dit à une per-
sonnede la compagnie de mettre le pied dessus,
ft en le posant à terre on retire le point de pi-
[ue collé qui couvre l'as de cœur; on met pa-
230 1
reniement la carte de l'as de cœur sous le pie(
d'une autre personne, en retirant le point d<
cœur collé. On propose ensuite de faire passe.
l'as de pique à la place de l'as de cœur et ce-:
lui de cœur à la place de l'as de pique, et ef-
fectivement lorsqu'on retire les cartes, elles pa-:
raissent changées.
C'estde la même manière qu'on s'y prend poui
faire changerle trois de pique en as ae piqueet er
as de cœur. On prépare a cet effet un as de cœur
en y collant avec du savon trois points de pique
dont un sur l'as et les deux autres de manière à
former le trois de pique. Cette préparation faite.
on montre cette carte à la compagnie; on reprend
la carte, et on fait glisser avec le doigt le derniei
point de pique, et couvrant le premier avec le
doigt, on fait voir l'as de pique. Pour faire re-
paraître le trois de pique, on couvre avec le
doigt la place où était le dernier point de pique
ôté, et les deux points qui restent font supposeï
le troisième; on fait glisser avec le doigt le pre-
mier point de pique, et l'on montre la carte er
disant: voilà l'as de pique revenu. Enfin on fait
glisser le point de pique qui couvre l'asde cœur.
et de cette manière on convertit cet as de pique
en as de cœur. On peut donner la carte à exa-
miner ensuite. Mais tous ces changements doi-
vent se faire avec bien de l'adresse pour être
amusants, autrement il vaut mieux s'abstenir de
les faire, que de laisser apercevoir aux autres le
moyen dont on se sert pour y parvenir.
231

Changer l'as de pique en trois de cœur


et en as de cœur.

On prépare une carte (comnie le désigne la


et sur le point de cœur du milieu on
ig. 24), de
one avec un peu de savon, un point pique
i. On pose le doigt du côté B, et couvrant le
)oint de cœur, on fait voir l'as de pique; on
)aisse ensuite la carte, on retire avec le doigt le
)ointde pique, et couvrant du doigt l'endroit C,
m fait voir le trois de cœur, on baisse de nou-
reau la carte, et couvrant de nouveau avec le
loigt l'endroit B, on fait voir l'as de cœur.

Fig. 24

On peut changer de même l'as de pique en cinq


le cœur (fig. 25).
NOTA.— Il ne faut pas se servir de cartes où
'on ait effacé ces points, attendu que la carte
à cet endroit son poli, il vaut mieux faire
aire ces sortes de cartes exprès par les cartiers,
Derd
mtrement on s'apercevrait facilement de cette
mbtilité.

Faire changer le trois de pique en as de pique


et en as de cœur.

Il faut préparer un as de cœur, en y collant


avec du savon trois points de pique que l'on dé-
232
coupe le plus mince possible en se servant pour
cet effet d'une carte dédoublée et dont on forme
un trois de pique (fig.26).

Fig. 25. Fig. 26, Fig.27.

Fig.28. Fig. 29. Fig.30.

Cette préparation faite, on montre cette carte


à la compagnie; on reprend la carte et on fait
glisser avec le doigt le point de pique D, et cou-
vrant avec le doigt le point de pique A (fig. 27)
on fait voir l'as de pique; on met ensuite le
doigt à l'endroit A (fig. 28), et on dit: voilà le
trois de pique revenu; on fait glisser avec le
premier doigt l'autre pique et on fait voir que
l'as de pique est revenu (fig. 29), enfin on fait
glisser le pique qui couvre l'as de cœur, on le
fait changer en as de cœur (fig. 30); on met en-
suite cette carte sur la table, afin qu'on puisse
l'examiner.
NOTA.— Il faut faire tous ces changements
avec beaucoup de subtilité, si l'on veut que ces
1
233
sortes de récréations paraissent agréables, et il
vaut mieux s'abstenir de les faire que de laisser
I apercevoir aux autres le moyen dont on se sert
j;pour y parvenir.

Les quinze mille livres.

Il faut avoir deux cartes pareilles à celle re-


• présentée par la fig. 31, avec un cinq et un as
de carreau à l'ordinaire.

Fig. 31. Fig. 32.

Fig. 33.

Disposez votre cinq de carreau et vos deux


préparées, comme le désigne la fig. 33,
'cartes
et les faites voir en les tenant dans la main;
mettez ensuite l'as sur la table et dites: « Voici
un père de famille qui a trois enfants, il leur
laisse en mourant 15,000 livres (ce que repré-
234 1
sentent ces 3 cinq). Les deux plus jeunes con-
sentent à laisser à leur aîné les 5,000 liv. qui
leur reviennent afin qu'il les fasse valoir. »
Pendant que vous comptez cette histoire, vous
mettez les cinq sur la table, et l'as en place du
cinq, et vous disposez ces trois cartes de manière
qu'elles se présentent comme le désigne la fig.
34, et vous ajoutez: « L'aîné au lieu de faire

Fig. 34.

valoir cet argent, a presque tout perdu au jeu,


et il ne lui reste que 3,000 liv. (ce que désignent
ces trois as). » Vous remettez ensuite l'as sur la
table et reprenez le cinq, et continuant cette

Fig. 35.

H
histoire; vous dites que cet aîné fâché d'avoir
dissipé cet argent, va aux Indes avec ces 3,000
livres, il fait un profit considérable, et rapporte
à ses frères les 15,000 livres. » Vous montrerez
alors les trois cartes, comme il est représenté
235
par la fig. 33. Cette récréation doit être faite
promptement et subtilement, afin de récréer
davantage; il ne faut pas la recommencer, et
remettre aussitôt ces quatre cartes dans sa po-
che, et comme on peut demander à les voir,

Fig. 36.

il est bon d'en avoir quatre autres qui ne soient


pas préparées, c'est-à-dire 3 cinq et un as de
carreau.
NOTA.— On peut faire une autre récréation
de ce genre avec des cinq et des trois (fig. 35 et
36) et la carte préparée fig. 32.

Deviner les points des cartes de dessous


trois tas que l'on a fait faire,

Dites à une personne de choisir à sa volonté,


trois cartes dans un jeu de piquet, en la préve-
nant que l'as vaut onze points, les figures dix,
et les autres cartes selon le point qu'elles mar-
quent. Lorsqu'elle aura choisi ces trois cartes,
dites-lui de les poser sur la table, et de mettre
au-dessus de chaque tas autant de cartes qu'il
faut de points pour aller jusqu'à quinze; c'est-à
dire, que dans l'exemple (fig. 37) elle doit mettre
huit cartes au-dessus du sept, quatre cartes au-
dessus de l'as, et cinq au-dessus du dix. Faites-
236 1
vous remettre le restant des cartes, et comptezj
(en faisant semblant d'y examiner autre chose) i
combien il en reste; ajoutez seize à ce nombre,
et vous aurez le nombre de points des trois car-
tes de dessous, comme on le voit dans cet exem-

Fig.37.

pie, où il reste douze cartes, auquel nombre


ajoutant seize, le total vingt-huit est le nombre
de points portés sur les trois cartes.
NOTA.— Si on fait cette récréation avec un jeu
de quadrille, il faut alors ajouter huit au nom-
, bre des cartes qui restent.

Faire changer une carte tirée d'un jeu en divers objets,


et la faire revenir en sa première forme. ::

Ayez un jeu de cartes, au milieu duquel soit


une carte plus large que les autres ,par exemple,
un valet de pique; placez sous ce valet un sept
de carreau , et sous ce sept un dix de trèfle; dis-
posez sur le dessus du jeu différentes cartes sem-
blables à ces deux dernières, et d'autres sur les-
quelles soient peints divers objets en observant
1 ordre indiqué ci-après.
'ji
237
Première carte Un oiseau.
2. Unsept de carreau.
3. Unefleur.
4 Un autre sept de carreau.
Õ. Un oiseau.
6. Undix de trèfle.
7. Unefleur.
8 Un autre dix de trèfle.

Sept à huit cartes indifférentes, le valet de


pique, carte large, le sept de carreau et dix
de trèfle, et le reste toutes cartes indifférentes.
On fait tirer à deux personnes différentes,
les deux cartes qui sont sous la carte large;
c'est-à-dire le sept de -carreau et le dix de
trèfle; on prend le jeu dans la main gauche,
on l'ouvre a l'endroit de la carte large comme
si on ouvrait un livre, et on dit à celle qui a
tiré le sept de carreau, de le placer dans l'en-
droit ouvert; on la fait ensuite souffler sur le
jeu; et sans le fermer, on fait au même instant
glisser sur cette carte, la carte qui est sur le
jeu et sur"laquelle est peint un oiseau (*); on dit
alors à cette personne de regarder sa carte et
on lui fait observer ce changement; on la lui
fait remettre, et la faisant souffler une seconde
fois sur le jeu, on y fait repasser le sept de car-
reau qui est alors sur le dessus du jeu, et on
lui fait voir que sa carte est revenue; on agit de
même pour la faire de nouveau changer en
fleurs, et revenir dans son état naturel; enfin,
on fait la même chose avec la seconde personne
quia tiré le dix de trèfle.
NOTA.— Tout l'artifice consiste à faire glis-

(*) Pour la faire passer facilement, il faut mouiller


le doigt du milieu de la main gauche, avec lequel on
doit l'amener légèrement sur le jeu.
238 1F
ser avec le doigt mouillé la carte qui est au-
dessus du jeu, et la mettre toujours sur la carte)
large, ce qui est très-facile. On doit observeri
qu'il ne faut pas quitter la partie du jeu que;
l'on tient dans la main. Cette récréation demande:
très-peu d'adresse et se trouve par là très-facile:
à executer.

Faire trouver une carte dans un œuf.

Roulez une carte le plus serré que vous pour-


rez,, et introduisez-la vers A dans un petit bâ-
ton A B (fig. 38). Ce petit bâton est semblable

Fig.38.

à celui dont on se sert pour jouer des gobelets


excepté qu'il doit y avoir dans toute sa longueur
un trou d'environ trois lignes de diamètre; afin
qu'une petite baguette C de même longueur,
terminée par un bouton D semblable à celui A,
puisse y couler librement.
Faites tirer par une personne une carte sem-
blable à celle qui a été cachée dans ce bâton,
et faites-la lui remettre dans le jeu; présentez-
lui ensuite plusieurs œufs, et demandez-lui
dans lequel elle souhaite que se trouve la carte
qu'elle a tirée; prenez alors le bâton en le tenant
par le côté B, cassez l'œuf choisi avec celui A,
et enfonçant un peu le bâton dans l'œuf, pous-
sez subtilement le bouton D avec la paume de
la main, afin d'y faire glisser la carte; ouvrez
entièrement l'œuf, et déroulant la carte que vous
239
y avez introduite, faites-lui voir que c'est celle
qu'elle a choisie dans le jeu.
NOTA.— Il faut escamoter subtilement la carte
qui a été tirée, afin de faire voir qu'elle n'est
plus dans le jeu.

La carte dans une bague.

Faites faire une bague à deux châtons


entre eux A et B (fig. 39), dont l'un et opposés
l'autre
soient garnis d'une pierre ou cristal rectangu-
laire de même grandeur; disposez l'une de ces
deux pierres de façon qu'on puisse y appliquer
par dessous la figure d'une carte peinte en petit

Fig. 39.

sur un papier, que l'anneau de cette bague soit


assez grand pour qu'elle puisse tourner facile-
ment dans le troisième ou quatrième doigt de la
main gauche.
On fait tirer par une personne une carte sem-
main
blable à celle qu'on a introduite sous l'une des
deux pierres de cette bague et on lui dit de la
brûler à une bougie, pendant cet intervalle on
fait voir cette bague qu'on a au doigt, en ne
présentant que le côté où se trouve la pierre
sous laquelle n'est pas la petite carte; on prend
ensuite avec le doigt de la main droite un peu
de cendre de la carte brûlée, et sous le prétexte
240
d'en frotter la pierre, on fait retourner la baguef
dans son doigt, on la montre ensuite du côté oùd
est la petite carte, et on y fait remarquer la carte
qui a été brûlée qu'on suppose avoir fait repa-j
raître par le moyen de ses cendres..

Faire paraître dans une lunette plusieurs cartes


qui ont été tirées d'un jeu.

Faites tourner une lunette d'ivoire transpa-


rente, de telle forme que vousvoudrez, excepté
qu'il faut que la place du verre objectif soit COU-i
verte; le verre oculaire n'ait que deux;
pouces quede foyer afin qu'une petite carte de huit,
à dix lignes de longueur étant mise au fond (1)!
de cette lunette, paraisse pour lors de la gran-l
deur d'une carte ordinaire.
Ayez un jeu de caries dans lequel il y ait uner
carte plus large, et semblable a celle que vous;!
avez insérée dans la lunette ci-dessus; ayant!
mêlé le jeu, faites tirer cette carte qu'il vous,,,
sera facile de reconnaître et de présenter de pré-)
férence; lorsque la personne aura.vu sa cartes
donnez-lui le jeu afin qu'elle y remette elle-;;
même cette carte, et qu'elle mêle le jeu; repre-i
nez le jeu et faites encore tirer cette même carte!
à une autre personne (2); dites-lui de la remettre!
de même dans le jeu, présentez ensuite la lu-j
nette a la première personne, et demandez-luij
si elle y voit sa carte, elle répondra tout simple-Ji
ment ouï; montrez cette même lunette à la se-n

(t) Le fond de cette lunette doit être noir, afin qUEl,


la carte soit plus apparente. ',f
(2) Il ne faut pas la faire tirer à une personne qui
soit placée auprès de celle qui a tiré la première carte.
1
241
o:ondepersonne, en lui faisant semblable ques-
!ion à laquelle elle répondra de même.
0' NOTA.— Il faut sur le champ amuser avec une
* mtre récréation, afin d'éviter que ces deux per-
sonnes venant à nommer leurs cartes n'empê-
chent par là le reste des spectateurs de s'ima-
giner que les deux cartes qui ont été vues dans
ta lunette, sont différentes l'une de l'autre.

t Unepersonne ayant tiré une carte dans un jeu dont


pi on a fait ensuite six tas; lui faire indiquer par le
] point d'un dé jeté sur la table, quel est le tas où
H elle doit se trouver.

Il Ayez un jeu composé de trente-six cartes dans


'lequel il y ait seulement six différentes cartes
répétées six fois; disposez le jeu de manière que
chacune de ces six différentes cartes soient ran-
gées de suite, et que la dernière de chacune
Telles soit une carte large.
Le jeu étant ainsi disposé, on pourra faire
couper tant de fois que l'on voudra sans en dé-
ranger l'ordre, pourvu qu'à la dernière fois on
uoupe à une des cartes larges, et si l'on en fait
ensuite six tas en coupant aux endroits où sont
les cartes larges, chacun d'eux contiendra des
cartes semblables.
On donnera à tirer dans ce jeu une carte
oCfuelconque, et on la fera remettre adroitement
dans celui des six tas où elle aura été choisie:
on coupera le jeu en six parties pour en faire
six tas comme il vient d'être dit, et présentant
un dé à une personne, on la préviendra que le
point qu'elle amènera doit indiquer celui de ces
tas dans lequel doit être sa carte , on lèvera le
16
242
tas (*) qui se rapportera au point amené et on
lui fera voir sa carte.

La carte changeante sous les doigts.

Effacez un des points d'un trois de cœur (fig.


40), et -gardez cette carte dans votre poche de
manière qu'en la prenant vous puissiez recon-
naître le côté A.

Fig. 40.

Ayez un jeu de cartes de quadrille, au-dessus


duquel soit l'as et le trois de cœur, faites sauter
la coupe pour les faire revenir au milieu du jeu,
et faites-les tirer forcément à un cavalier et à
une dame, auxquels vous donnerez ensuite le
jeu pour qu'ils puissent y remettre eux-mêmes
leurs cartes et le mêler: pendant ce temps, pre-
nez adroitement la carte qui est dans votre po-
che, cachez-la sous votre main et en reprenant
le jeu, posez-la au-dessus; faites sauter la
coupe et tirez cette carte du milieu du jeu: pré-
sentez-la à celui qui a tiré le trois de cœur (eu
cachant avec le doigt index l'endroit B afin
qu'il s'imagine voir le trois de cœur) et deman-
dez-lui: est-ce votre carte? il répondra oui;
reprenez-la avec les deux doigts de la main gau-
che, et cachant le point A, montrez-la à la per-
(*) ces tas doivent être rangés de suite sur la table.
243
;onne qui a tiré l'as de cœur, en lui disant: ce
t'est donc pas lavôtre , madame? elle répondra,
test la mienne ; vous lui direz alors, cela ne se
pas, et vous ajouterez en la montrant de
leut à la première personne: monsieurdit que
touveau
ilest la sienne, il répondra: ce n'est plus elle;
ous ferez voir ensuite le trois de cœur à cette
lame, en disant:je savais bien que c'était la car-
e de madame, elle dira: ce n'est plus la mienne;
ous ajouterez : vous voulez donc me tromper,
toi qui trompe * les autres, en frappant avec le
.oigt sur la carte
, vous leur ferez voir l'une
près l'autre les deux cartes qu'ils ont tirées,
illdisant: voici votre carte et voilà la vôtre.
F NOTA. - On doit à chaque fois qu'on veutfaire
dianger la carte, la prendre dans les doigts de
main.

La carte dansante.
Iautre
* On fait tirer une carte à quelqu'un, on la mèle
: rec les autres, et on lui ordonne de paraître
ir le mur: elle y paraît aussitôt, ensuite,
! ::ançant à mesure qu'on lui en fait le comman-
f soient, elle parcourt une ligne inclinée, en
montant de droite Icigauche, elle disparaît au
t. lut du mur, pourreparaître uninstant après,
1 parcourir une ligne horizontale, etc.
: Ce tour est fort simple. Il consiste d'abord à
l'ire tirer une çarte forcée qu'on reconnaît au
Tct, parce qu'elle est plus large; après l'avoir
! êlée avec les autres, on l'enleve du jeu, pour
lire voir ensuite qu'elle n'y est plus, et à 1 ins-
nt qu'on lui commande de paraître sur le mur,
e tire adroitement un fil au bout du-
tel est attachée une carte pareille , qui sort de

1
244 |
derrière une glace; un autre fil fortement tendurÍ
et sur lequel elle peut couler, parce qu'elle y
tient par de très-petits anneaux de soie, lui pres-r
crit la route qu'elle doit tenir et ressemble à
cet égard au cable qui traversait anciennementr:
la Seine, pour diriger le bacdes Invalides, d'une
rive à l'autre.

Cartebrûlée qu'on fait trouver dans une montre.


1
On fait tirer une carte au hasard, on demandeJ
trois montres à la compagnie; on les fait enve-t
lopper par un des spectateurs dans des cornetsf
de papier; on les depose sur une table, et om
les couvre d'une serviette; on fait brûler la carte)
choisie, pour mettre les cendres dans une boîtes
bientôt après on ouvre-la boîte, et les cendres
n'y sont plus. On met les trois montres sur uner
assiette; on en fait choisir une parunepersonner
de la compagnie, cette même personne ouvre laf
montre, et trouve d'abord sous le verre, uni
morceau de la carte brûlée, et dans l'intérieur h
sous la boîte de la montre, unepetite cartel-
représentant en miniature celle qu'on a réduitoJ.
en cendres. 1:
On dépose les montres, bien enveloppées dè
sur une table auprès d'une cloison: à
papier, de la table où elles sont posées, il set
l'endroit
trouve une petite trappe qui s'ouvre pour leaj
laisser tomber dans un tiroir. Quand on a fait
savoir au compère quelle est la carte tirée, ïh
allonge le bras dans l'intérieur de la table pouu
prendre une des montres, et y déposer ce qu'oij
veut y faire trouver; il faut que les montreI"
soient couvertes d'une serviette portée sur dett
bouteilles, ou sur d'autres objets semblables.:f

à
245
sans quoi on verrait la main du compère, ou
l'on verrait remuer la serviette.
On présente à quelqu'un les trois montres sur
une assiette, en mettant devant lui celle où le
compère a déposé la carte en miniature, et qu'il
a marquée en déchirant un peu l'enveloppe. Si
la personne est rusée, et qu'elle affecte, par
malice, de ne pas prendre la montre la plus pro-
che, on la prie de les bien brouiller ensemble
sous prétexte d'embellir le tour, et après avoir
remué soi-même, pour remettre par dessus celle
qu'on veut faire prendre, on s'adresse à quel-
qu'un moins clairvoyant, dont la mine annonce
la bonhomie, et qui, en mettant la main sur les
paquets, y prend tout bonnement le premier
venu.
Quant au moyen employé pour faire disparaî-
tre dans une boite les cendres de la carte brû-
lée, il consiste à mettre dans le couvercle une
pièce de bois ou de carton, qui le remplisse
exactement dans sa longueur et dans sa largeur,
qui puisse tomber au fond de la boîte quand on
la ferme. Cette pièce de bois ou de carton, étant
de même couleur que l'intérieur de la boite,
forme par là un double fond, et cache les cen-
dres aux yeux du spectateur ébloui, qui dans ce
moment est tenté de croire que les cendres sont
sorties pour se combiner de nouveau, et pour
produire la carte en miniature qu'on trouve
dans la montre.

Carte clouée au mur d'un coup de pistolet.

On fait tirer une carte, et l'on prie la personne


qui l'a choisie d'en déchirer un petit coin, et de
le garder pour la reconnaître. On prend la carte
ainsi échancrée; on achève de la dechirer, et on
246 1
la réduit en cendres. On fait charger un pisto-
let où les cendres se mêlent et se confondent
avec la poudre; au lieu d'une balle de plomb;
on fait mettre dans le canon un clou marqué
par quelqu'un de la compagnie, ensuite onjette
le jeu de carte en l'air, on tire un coup de pis-
tolet, et la carte brûlée se trouve clouée au mur.
On y rapporte le morceau déchiré qui y cadre
parfaitement, et le clou qui la tient est reconnu
par celui qui l'a marqué.

Explication:
Quand le faiseur de tours voit qu'on a déchir-é
un coin de la carte choisie, il passe dans son
cabinet, prend une carte pareille, et y fait une
déchirure semblable. Revenu sur le théâtre, il
demande la carte choisie, la fait passer subtile-
ment sous le jeu, et y substitue adroitement
celle qu'il vient de préparer, pour la brûler à la
place de la première.
Quand le pistolet est entièrement chargé, il
le prend pour la première fois, sous pretexte
de montrer comment il faut l'armer, le tirer et
le manier; il profite de cette circonstance pour
ouvrir un trou qui s'y trouve sous le canon,
de la lumière; c'est alors et par ce moyen
près escamote le
qu'il clou, qui, par son propre poids
lui tombe dans la main; faisant ensuite glisser
sur cette couverture une espèce de virole de fer,
il l'assujettit et la fixe dans cet endroit, pour
qu'on ne s'aperçoive de rien dans ce moment.
Il prie encore quelqu'un de remettre de la
poudre et du papier dans le pistolet, il profite
de cet instant pour apporter la carte et le clou à
son compère: celui-ci la cloue bien vite sur un
morceau de bois carré, qui sert à boucher her-
métiquement un trou pratiqué dans la cloison et
247
dans la tapisserie, mais qu'on ne voit point,
parce qu'il est couvert par un morceau de tapis-
serie pareille. Par ce moyen la carte qu'on vient
d'appliquer au mur ou à la cloison, ne paraît
point encore; le morceau de tapisserie qui la
couvre est faiblement attaché, d'un côté, avec
deux épingles, et de l'autre, il tient à un fil,
dont le compère tient un bout dans sa main.
Aussitôt que ce dernier entend le coup de pis-
tolet, il tire le fil pour faire passer rapidement le
morceau de tapisserie derrière une glace, la
carte paraît et comme c'est la même qu'on a
marquée avec le clou qu'on avait mis dans le
pistolet, il n'est pas étonnant que ce tour, dif-
ficile à deviner par sa complication, ait obtenu
les applaudissements du grand nombre.
Si quelqu'un soupçonne qu'on a escamoté le
clou dans le pistolet, on proteste contre ses
soupçons, et on le prie de revenir le lendemain
pour voir le contraire, alors on lui présente un
pistolet, dont on démonte toutes les pièces,
pour faire voir qu'il n'y a aucune préparation :
on le fait charger avec un clou, qu on fait mar-
quer par une personne d'intelligence, ou on le
montre à plusieurs personnes en oubliant à des-
sein de le faire marquer. Dans ce cas, la carte
se trouve clouée avec un autre clou, mais pour
persuader à la compagnie que c'est le même , on
assure hardiment que le clou a été remarqué par
plusieurs personnes, et on invite les spectateurs
a venir la reconnaître.

Faire sortir une souris ou quelqu'autre chose


d'un jeu de cartes.

Ayez un jeu dont les cartes soient collées les


unes aux autres par leur bord, mais qui soient
248 1
vides dans le milieu en façon de coffre. Il fai
que ce coffre de cartes soit couvert par-dessi
d'une carte entière, collée tout autour aux cart(
inférieures qui forment le coffre, et au-dessus d
cette carte qui sert de couvercle au coffre, il e
faut cinq à six autres entièrement détachées,
lesquelles vous remuerez pour donner à croin
que c'est un jeu complet que vous tenez entl
les mains. Il faut ensuite que le coffre soit garn
en dessous d'une carte entière, qui lui serve d
fond, et qui n'étant collée aux autres cartes di
coffre que par un seul de ses côtés, prête aisé
ment ses autres côtés et cède au moindre poidi
qui serait dessus. Enfin, il faut que cette cartf
de dessous soit comme une porte qui s'ouvre e
se ferme aisément. Ayant un jeu de cartes aina:
préparé, vous ouvrez le coffre, et après y avoic
introduit une souris ou bien quelqu'autre chose?'
vous le fermez aussitôt, prenant bien garde do
tenir toujours la carte de dessous avec la-maini
afin qu'elle ne se meuve point. Vous ditesensuitti
à quelqu'un d'ouvrir ses deux mains et de le'i
rapprocher l'une de l'autre; et lui ayant mis sm
les mains le jeu, vous dites que vous avez h
vertu de métamorphoser le jeu de cartes, en
quelque chose d'extraordinaire, et pendant qua
vous lui tenez quelques propos pour l'amuser s
vous faites semblant de chercher de la poudre
dans votre gibecière: et dans le même mstani
prenant le jeu par le milieu, vous l'emporter
aussitôt et le jetez dans votre gibecière. Gomma
la carte qui est dessous s'ouvre par le poids dd
la souris, il s'en suit que la souris doit rester
sur les mains de celui qui croyait auparavant
tenir un jeu de
cartes.
249

Devinerune carte pensée par quelqu'un en écrivant


à i'avanee un numéro quelconque.

Tout l'appareil de ce tour consiste dans une


icombinaison mathématique, et voici comme il
faudra s'y prendre pour réussir.
Vous prendrez un jeu de piquet, que vous
t présenterez à une personne de la compagnie,
ien lui recommandant de bien battre les cartes,
et de les faire battre encore par qui bon lui sem-
blera : vous les ferez couper ensuite par plu-
sieurs personnes: puis vous proposerez a quel-
qu'un de la compagnie de prendre le jeu, de
penser une carte, de s'en ressouvenir, ainsi que
au numéro où elle se trouvera placée, en comp-
tant une, deux, trois, quatre, etc., jusque et
:compris la carte pensée. Vous offrirez de passer
dans une autre pièce pendant que cette opéra-
tion se fera, ou bien de vous taire bander les
Iyeux, en assurant à la compagnie que vous an-
.noncerez à l'avance, si l'on souhaite, le numéro
où devra se trouver la carte pensée.
Dans la supposition où la personne qui pen-
sera la carte s'arrêtera au numéro 13, et
que cette treizième carte soit une dame de
cœur.
Supposant encore que le nombre quevous aurez
marqué à l'avance soit le numéro 24, vous ren-
trerez dans la salle si vous en êtes sorti, ou vous
vous ferez ôter le mouchoir, si l'on vous a cou-
vert les yeux; et sans faire aucune question à la
personne qui aura pensé la carte, vous deman-
derez seulement le jeu de cartes, sur lequel vous
poserez le nez, comme pour le flairer, puis por-
tant les mains derrière le dos avec le jeu, ou
250
les cachant sous la table, vous retirerez de des-
sous le jeu, vingt-trois cartes, c'est-à-dire une
de moins que le nombre que vous avez tracé à
l'avance; vous placerez ces vingt-trois cartes sur
le restant, vous observerez de prendre gardd
d'en mettre une de plus ou une de moins, cc
qui vous empêcherait de réussir. Cela faitJ
vous remettrez le jeu à la personne qui aura)
pensé la carte, en lui recommandant de comp-
ter les cartes en prenant de dessus le jeu, à par-t
tir du numéro de la carte pensée. Sa carte étani
la treizième, il devra commencer à compteo
quatorze, et vous l'arrêterez quand il nommern
vingt-trois, en l'avertissant que le numéro
que vous avez désigné est le numéro 241
et que conséqucmmcnt la vingt-quatrième carte
qu'il va lever, sera la dame de cœur; ce qui se
trouvera juste.

1
Manière de changer une carte qui est dans la mairJ
d'une personne en lui recommandant de la bien
couvrir.
1
Vous découperez un trois de pique bien nette.
ment; cette carte étant découpée à jour, vous
prendrez un as de carreau que vous poserez sous
votre trois de pique découpé, en observant qu&
votre as de carreau soit bien hcrmétiquemen:
couvert par le pique, qui se trouve au milieu
du trois découpé; vous passerez légèrement uu
bâton de pommade sur les endroits découpés"
puis vous verserez doucement sur cette carte do
la poudre de jayct, qui s'attachera facilemen
sur les endroits enduits de pommade, et former,
par ce moyen un trois de pique, sur ce qui au-i
paravant était un as de carreau.
g
m
Vous prendrez dans votre main un as de car-
reau, derrière lequel vous poserez en sens con-
traire un trois de pique.
La personne qui aura dans la main le trois
de pique préparé, le fera voir à tout le monde,
vous montrerez à votre tour l'as de carreau,
vous tiendrez dans la vôtre, et vous direz
à cette personne de le poser sens dessus dessous
que
sur le tapis qui couvre la table; vous lui ferez
poser la main dessus la carte, et vous lui de-
manderez si elle est bien sûre que ce soit un
trois de pique qui soit sous sa main. Sur son
affirmative, vous la plaisanterez et vous lui
direz , en lui poussant la main sous laquelle est
sa carte,,qu'elle se trompe, et que c'est un as
de carreau qu'elle tient. Le mouvement que vous
lui ferez faire, en lui poussant la main, fera
rester sur le tapis la poudre de jayet qui formait
un trois de pique sur son as de carreau, elle
sera fort étonnee de ne trouver réellement qu'un
îs de carreau, tandis que vous lui ferez le tour,
311retournant votre main: où l'as de pique et le
'oi de carreau seront dos à dos, vous montre-
rez le trois de pique et ferez accroire à la com-
)agnie que vous l'avez escamoté à la personne
,;ans qu'elle s'en aperçoive.
1 Ce tour doit être fait lestement, pour que l'on
lie puisse découvrir la petite supercherie dont
u-ous faites usage.

Façon de préparer la poudre de jayet pour


It le tour ci-dessus.

Vous pilerez dans un mortier de cuivre votre


lyet, déjà concassé avec un marteau, quand il
era bien broyé vous le passerez dans un tamis,

1
252 1
après quoi il faudra encore le passer au traver;
d une mousseline.
Vous mettrez dans une petite boîte cette pou-i
dre très-fine: quand vous voudrez vous eia
servir, vous en prendrez une pincée, soit avec
les doigts, soit avec un peu de papier; vous 1;
répandrez sur votre carte.: elle ne sattachen'
qu'aux endroits touchés parle bâton de pommadé
et elle s'enlèvera facilement par le frottemem
qui aura lieu sur le tapis lorquevous pousserez
la main de la personne qui la tiendra ouverte
et sans que la carte soit maculée.

Manièrede faire passer une carte d'une main


dans une autre.

Vous prendrez deux as, l'un de pique et l'aui


tre de cœur; vous appliquerez sur celui de pijj
que un point de cœur, et sur celui de cœur UT
point de pique: ce qui se fera facilement par lf
moyen d'une carte de cœur et d'une de piquei
vousdédoublerez et découperez ensuite ave(
que
dextérité, pour que le point soit bien net; vout
frotterez légèrement, soit avec un peu de savons
ou de pommade bien blanche, le dessous de vov
tre pique et de votre cœur découpés; vous PCi
serez le point de cœur sur l'as de pique, et L
point de pique sur l'as de cœur, vous aurez soi)
de les couvrir bien hermétiquement, et de failli
tous ces préparatifs avant de commencer va
expériences.
Vous séparerez votre jeu de cartes en deur
paquets, et vous poserez sous chaque paque
vos deux as ainsi préparés; vous prendrez er
suite de la main droite le paquet sous lequel SCl!

4
! 253
Tas de cœur, et de la gauche celui où se trou-
vera l'as de pique.
Vous ferez voir à toute l'assemblée que l'as de
œurest à droite et l'as de pique à gauche;
quand tout le monde en sera convaincu, vous
direz: messieurs et dames, je vais comman-
der à l'as de cœur qui est à droite, de passer à
gauche, et à l'as de pique de prendre sa place;
mus pouvez même proposer de vous faire atta-
cher les bras de droite et de gauche, pour em-
pêcher qu'ils ne puissent se joindre ni se com-
muniquer.
Tout le secret consiste donc, lorsque vous faites
îvotre commandement de faire un mouvement et
'de frapper du pied; pendant ce mouvement et
frappement de pied, vous passerez avec dexté-
rité le petit doigt sur chacun de vos as pour en-
iever et faire tomber sans qu'on s'en aperçoive,
des points de pique et de cœur qui y tiennent
par les moyens ci-dessus indiqués; et vous
faites voir à la compagnie, que les cartes ont
exécuté votre commandement en passant de
gaucheà droite, et de droite à gauche sans que
vos mains se soient communiquées.
Ce tour fait promptement et subtilement,
paraîtra fort singulier, quoiqu'il soit fort
simple.

Dire d'avance la carte que quelqu'un choisira.

Pour cela, il faut: 1.° Regarder d'un clin


"d'œilla carte qui est sous le jeu, et ensuite mê-
der les cartes pour faire croire au spectateur
qu'on n'a aucune carte en vue, et observer tou-
tefois le premier des quatre faux mélanges dont
il est parlé page 12; 1.° Finir le mélange de
manière que la carte qu'on a en vue reste par-
254 1
dessous; 3.° S'approcher d'un des spectateurs
pour lui parler à l'oreille, et le prier de se rap-
peler la carte choisie en question; 4.° Faire
sauter la coupe pour faire trouver dans le milieuJ
la carte nommée à l'oreille; 5.° Tenir après la;
coupe, les deux paquets de biais et croises l'uni
sur l'autre comme dans la fig. 5; 6.° Faire glisseri
rapidement l'une sous l'autre les cartes du paqueti
supérieur, en invitant un des spectateurs d'en
une; 7. ° Lui mettre subtilement dans:
main la carte inférieure du paquet supérieur i
prendre
la
(c'est ce qu'on appelle faire prendre une carte
forcée); 8.° La faire mêler dans le jeu par un l,
et tandis qu'il la mêle pour empê-
spectateur,
cher qu'on ne la trouve, lui prouver que sa pré-
caution est inutile en la faisant nommer par la
personne à qui on a parlé à l'oreille.
Il faut glisser la carte dans la main du spec-
tateur légèrement et sans aucune affectation;
et pour trouver moins de résistance de sa part,
il faut choisir quelqu'un qui ne soit pas initié
dans les tours. Cette opération produit un effet
merveilleux quand elle est bien laite. La diffi-
culté de faire tirer une carte forcée ne doit
point effrayer les commençants, pour deux rai-
sons:
1. ° Parce qu'on y parvient facilementavec un
peu d'exercice.
2.° Parce que si le spectateur ne prend point
la carte en question, on remédie à cet incon-
vénient sans aucune erreur apparente, en ter-
minant le tour d'une manière plus frappante et
plus extraordinaire, comme on le verra dans
l'article suivant:
255

airetirer une carte au hazard et la faire mêler avec


les autres par undes spectateurs, pour la faire
! trouver ensuite sur le jeu ou dans le milieu, au gré
de la compagnie.
I
( Quand le spectateur affecte malicieusement de
e pas prendre la carte qu'on lui offre, le tour
ont nous venons de parler ne doit pas parai-
'e manqué, si on a eu la précaution de ne pas
sertir la compagnie de ce qu'on voulait faire
Conformément au premier des préceptes géné-
liiux il ne faut jamais dire trop tôt le tour qu'on
i propose de jouer; crainte que quelqu'un ne
étudie à le faire manquer; c'est pourquoi dans
: tour précédent, au lieu de dire d'avance à la
nmpagnie la carte qui doit être choisie, on la
iomrae tout simplement à l'oreille d'une per-
mne; il faut même avoir la précaution de ne
as dire à cette personne qu'un des spectateurs
i[l.prendre une telle carte, mais seulement qu'on
i prie de se rappeler cette carte; par ce moyen
a est libre, pour la faire nommer tout haut,
'attendre l'instant où l'on aura réussi à la faire
rendre). Lors donc qu'une carte différente de
elle qui a été nommée à l'oreille est choisie par
! spectateur à qui on s'adresse, on prie ce spec-
iteur de la mettre au milieu du jeu, c'est-à-
lire sur la moitié des cartes qu'on tient dans la
lain gauche, et on la couvre avec l'autre moitié
n'en tenait dans la droite. Dans cet instant on
.it sauter la coupe subtilement pour faire trou-
r cette carte sur le jeu; ensuite on emploie le
minier des quatre faux mélanges page 12, et
n finit par la faire trouver dessous. Alors on
:llt sauter la coupe pour faire trouver le paquet
i.
256
1
inférieur dans la main droite, et dans la gauche
le paquet supérieur (fig. 6).
On prie le spectateur de regarder si la carte
choisie est sur le paquet de la main gauche en
l'invitant à répondre oui ou non sans nommer
la carte; et tandis qu'il y regarde, on jette un
coup d'œil rapide sous le paquet qui est dans la
main droite, aussitôt que, par ce moyen, on
a vu la carte choisie, on met ensemble les deux
paquets, et on prie quelqu'un de la compagnie
de les bien mêler; on reprend les cartes, et on
les épluche en les regardant l'une après l'autre ,
sous prétexte de s'assurer que la carte choisie
n'a pas été escamotée par la personne qui vient
de mêler. Lorsque par cette feinte on a trouvé
la carte choisie, on la met adroitement sous le
jeu qu'on retourne sens dessus dessous pour
mêler de nouveau, on finit par la laisser dessus,
et en se préparant à faire sauter la coupe, on
apostrophe ainsi la compagnie: Messieurs, non-
seulementje connais, sans ravoir vue, la carte
qu'on a Urée, ici on peut la nommer, mais en-
coreje sais d'avance si vous voudrez qu'elle se
trouve dessus ou dans le milieu dujeu; et pour
preuve de cela je viens de la placer à celui de 1
ces deux endroits que vous allez choisir. Si 011
choisit le dessus, il faut prier quelqu'un d'y r
regarder, et on l'y trouvera infailliblement puis- -
qu'elle y est; mais si on demande qu'elle soit t
dans le milieu, il faut faire sauter la coupe pour 1
faire passer dans la main gauche le paquet su- •
périeur, et retenir le paquet inférieur dans la r
droite, et comme dans cet instant on tient la r
droite sur la gauche à une petite distance (fig..
6); il semble au spectateur qu'onvient toutsim- -
plement de partager les cartes pour faire pren- -
dre la carte choisie dans le milieu du jeu sur le s
paquet de la main gauche.
257
1.° Si vous voulez que ce tour produise un
rand effet; tâchez de persuader que, pour
exécuter, il faut plus de subtilité dans l'esprit
ue d'agilité aux doigts: Pour cela, parlez ainsi
la compagnie: Je viens de vous prouver, mes-
leurs , par cette opération, que je pouvais pré-
oir votre pensée; mais si cette preuve vous pa-
aît insuffisante,je vais vous en donner une plus
alpable. Alors revenez au premier tour, s'il n'a
as réussi dès la première fois; et s'il a réussi,
assez au tour suivant.
2.° Il est quelquefois plus facile de faire tirer
ne carte forcée après le second tour que nous
enons d'expliquer, qu'auparavant, parce que
s spectateur voyant qu'on devine dans ce tour
ne carte qui n'était point forcée et qui a été
hoisie très-librement, se persuade dans cet
istant qu'on devinera également toute autre
prie; d'où il conclut qu'il est inutile de faire
) difficile dans son choix.

aire tirer une carte au hasard, et après avoir divisé


lé jeu en quatre paquets, la faire trouver infail-
iliblement dans celui que la compagnie choisira
iilibrement.

Aussitôt qu'on aura pris une carte, 1.° Tenez


i moitié du jeu dans chaque main (fig. 6) ; 2.°
faites poser la carte choisie sur le paquet de la
Iain gauche, et couvrez-la du paquet de la
iain droite; 3.° Faites sauter la coupe invisi-
lement, et le spectateur croira que la carte
hoisie est dans le milieu du jeu, quoiqu'elle
oit dessus; 4.° Employez un instant le premier
es quatre faux melanges, finissez par laisser
ur le jeu la carte en question, et enlevez-la
il
258 I
- - --- -- -
(fig. 20 et 21); 5.° Donnez a mêler les autre1
cartes (on croira tenir le jeu entier, et confondD.
avec les autres la carte choisie); 6.° Partagez
jeu sur le bord de la table, de votre côte, e
quatre, paquets; 7.0 Egalisez les paquets, e
donnant à celui qui n'aurait que trois ou quatii
cartes, quelques-unes de celui qui en aura'i
un trop grand nombre (servez-vous pour cela d,
la main gauche, puisque la droite n'est pas 1
bre). Et quand on aura désigné le paquet su
lequel on voudra faire trouver la carte choisie
prenez-le de votre main droite, en y posant )
carte comme dans la fig. 23. Quand ce paquetseB
entre vos mains, vous pourrez encore, avant d
montrer la carte, demander si on veut qu'elk
soit dessus ou dans le milieu du paquet; <
pour remplir le vœu dela compagnie, employa
la coupe, s'il ya lieu , comme dans le tour
cèdent. prat
1.° En finissant ce tour, ce serait une gaui
cherie de tourner soi-même la carte pour det
mander à celui qui l'a tirée, si c'est la sienne
De cette manière, ce serait presque en vain quj
la personne interrogée répondrait affirmatives
ment, parce que la compagnie pourrait suppôt
ser, ou que cette personne a oublié sa carte e
qu'elle se trompe, ou que sa réponse est dictél
par la complaisance pour ne pas faire manqua,
le tour. Il vaut donc mieux attendre, pourmoix
trer la carte qu'elle soit nommée par celui qu
l'a choisie; en observant, pour plus grande pen
fection, de la faire tourner par un autre, pouc
bannir dans ce moment, toute idée d'escamoL
tage dans l'esprit des spectateurs.
2.° Lorsqu'en faisant ce tour vous appuyef
négligemment votre main droite sur vos genou(
ou sur le bord de la table pour cacher la cart:
enlevée, et que vous demandez à quelqu'un d
1 239
la compagnie dans quel paquet on veut faire
trouver la carte choisie, il peut arriver un in-
convénient; la personne interrogée peut con-
inaître votre ruse et chercherà la dévoilerà tout
le monde, en vous répondant de cette manière:
Je veux que la carte choisie se trouve dans vo-
tre main. Cette réponse est embarrassante et
semble prouver, au premier abord, que vous
allez rester court, cependant vous pouvez vous
en tirer par le moyen que voici: Gardez-vous
Ide satisfaire la malice du spectateur, en fai-
sant voir à la compagnie qu'il a deviné, et
que vous avez une carte dans votre main,
mais posez la carte enlevée sur un des pa-
iquets en le prenant sur la table; réunissez
i ensuite les quatre paquets en un seul et dites :
le suis bien sûr maintenant que la carte choisie
est dans ma main comme vous l'avez désiré. Par
ce moyen le tour ne finira pas d'une manière
frappante; mais la compagnie ignorera ce qu'on
voulait lui faire savoir, et l'attrapeur sera at-
trappé. Vous pouvez fejouter aussi, immédiate-
ment après, en faisant plusieurs paquets et en
mlevant la même carte: lrlessieul's, si quel-
lu'autre personne veut choisir un paquet, je fe-
rai trouver la carte choisie dans celui qu'on vou-
îra. Alors si quelqu'un vous répond directement
m choisissant un des paquets, le tour finira
comme si personne n'avait cherché à vous em-

I
barrasser.
260

Prévoir la pensée d'un homme. en mettant d'avance


dans le jeu une carte choisie au hasard au rang et
au numéro que cet homme doit choisir un instant
après.
,,1
La carte ayant été choisie, mise dans le jeu i
passée par dessus, et enlevée comme dans Id
tour précédent.
1

Fig. 41

Fig. 42

1
1.° Vous ferez mêler le jeu par de
la compagnie; 2.° Faites poser sur la quelqu'un
table., près
de vous, le jeu qu'on vient de mêler, et en le
prenant de0
la main droite, posez-y la carte re-t'
tenue; 3 Mêlez vous-même les cartes, de ma";;
nière que la carte choisie se trouve la troisième!
par dessus; 4." Faites sauter la coupe par leciin
quième moyen (fig. 8), de manière que le paquoh
inférieur ait les ligures tournées vers le cielaprèsi
la coupe: par ce moyen, la carte choisie se
trouvera la troisième par-dessous; 5.0 Tenez les!
cartes sur l'extrémité de la main gauche (fig. 11)Jj
de manière qu'en fermant la main, elles puis-i
1
! 261
sent se renverser sens dessus dessous, et qu'elles
se trouvent quand elle est ouverte de nouveau
comme dans la fig. 42. (Elles ne paraîtront pas
avoir été retournées, parce qu'elles montrent le
côté blanc par-dessus et par-dessous); 6.° De-
mandez à quel rang on veut que se trouve la
carte choisie, depuis le troisième jusqu'au
'dixième; 7.° Si on veut qu'elle se trouve la troi-
sième, il suffit d'avoir fermé et ouvert la main
.gauche, comme nous venons de l'expliquer, afin
,It!le la carte qui était la troisième par-dessous,
se trouve la troisième par-dessus comme on le
désire.
Si on veut qu'elle soit la quatrième; il faut
avant de fermer et ouvrir la main gauche, ôter
-une carte de dessus le j eu , la poser sur la table,
et dire ensuite en fermant la main: Maintenant
1quej'en ai ôté une, votre carte doit,se trouver la
,troisième; et si après avoir ouvert la main vous
en ôtez deux autres, on croira que vous en avez
ôté trois de suite du même endroit, quoique
vous en ayez ôté une d'une part et deux de l'au-
tre. Par ce moyen , la carte choisie, quiest tou-
la troisième, paraît être la quatrième dans
jours
le besoin. On voit, que pour faire trouver la
carte choisie au sixième ou au dixième rang, il
faut, avant de fermer la main, ôter également
trois ou sept cartes selon le besoin. Ces cartes
ôtées d'avance, jointes aux deux que l'on ôte,
après avoir ferme et ouvert la main, forment
toujours le nombre requis pour que la carte
choisie se trouve au rang demandé.
262 1

1
; les
Faire tirer des cartes par différentes personnes
bien mêler ensemble par différentsmélanges, mon-ll
trer ensuite qu'elles ne sont ni dessus, ni dessous, e
et les tirer du jeu d'un coup de main.

1
Ce tour est un des plus adroits et des plus!
compliqués que l'on puisse faire. Avant de le)
commencer il est à propos, pour faire admireri
davantage les tours précédents, de dire qu'oni
n'a fait jusqu'alors que des tours de combinai--
son, fondés sur la subtilité de l'esprit, et qu'ont
va commencer des tours qui dépendent de l'a- •
dresse de la main. La première partie de cet;
aveu quoique fausse, passe ordinairement à la s
faveur de la seconde qui est vraie, et lespecta--
teur, qui, d'après l'assurance qu'on vient deJ
faire, veut expliquer les tours précédents, eni
supposant qu'ils sont fondés sur la seule péné-
tration de 1esprit, se trouve dérouté dans sa:
recherche, tandis que le tour que nous allons s
expliquer paraît à ses yeux au-dessus des forces:
humaines.
1.° Aussitôt que quatre spectateurs auront pris
chacun une carte, demandez-en une, et faites->
la poser dans le milieu du jeu sur le paquet dei
la main gauche, que vous couvrirez du paquet!
de la main droite (fig. 6).
2.° Faites sauter la coupe, pour que cette pre-
mière carte se trouve dessus, et employez aus-
sitôt le premier des quatre faux mélanges,
pour faire croire que vous ne savez plus où est
cette carte, quoique vous la laissiez toujours
dessus.
3.0 Dans l'instant où vous demanderez la se-
263
)nde carte, faites de nouveau sauter la coupe,
our que la première se trouve sur le paquet de
i main gauche, et qu'on mette la seconde sur
1première avant que vous le couvriez du pa-
uetde la main droite.
4.° Que la coupe saute encore une fois, pour
:ue les deux premières cartes passent sur le jeu;
près quoi vous emploierez le second des faux
îélanges pour persuader que vous confondez
es deux cartes avec les autres, quoiqu'elles
estent toujours à leur même place.
4 5.° En demandant la troisième carte, faites
:e nouveau sauter la coupe, pour faire poser
ette carte dans le milieu du jeu, avec les deux
premières sur le paquet de la main gauche, et
remettez-les aussitôt par-dessus pour employer
i ne ou deux fois le troisième faux mélange.
j, 6.° Usez de stratagème, pour que la qua-
iième carte soit posée en apparence dans le
milieu, quoiqu'elle reste sur le jeu avec les
:'ois autres, et faites usage du quatrième faux
lélange.
7.° Quoiqu'on pense dans ce moment, que les
uatre cartes sont séparées et mêlées au hasard,
ichez de faire évanouir tout soupçon sur ce point
n enlevant ces quatre cartes (fig.20), etendon-
iant le reste à mêler.
8.° Posez ces cartes sur le jeu quand on a
aêlé en le prenant sur le bord de la table
ig. 23).
9.° Faites sauter la coupe, pour que vos qua-
re cartes aillent dans le milieu, et tenez les
eux paquets séparés par le petit doigt delà main
(auche (fig. 2).
10.0 Dans cet instant faites voir que les cartes
ihoisies ne sont ni dessus ni dessous, et que la
oupe saute aussitôt après, pour que ces cartes
lassent par-dessus.

1
264
Ces diverses opérations, y compris le melang
que le spectateur a fait lui-même, lui prouven
invinciblement que les quatre cartes choisie
sont éparpillées au hasard au milieu dujeu; cetto
fausse idée est la base de l'admiration extraor-
dinaire dont il se trouve pénétré dans ce mo
ment, quand on lui promet de tirer ces cartes di
milieu, d'un coup de main.
11.° Pour accomplir cette promesse, prene)
les cartes de votre main gauche; et en levant h
main comme pour donner un coup de marteau
sur la table, faites jouer votre pouce pour glis-
ser la carte supérieure en avant vers la mair
droite: que votre main descende ensuite rapi-
dement, en lâchant la carte sur la table, de ma-
nière qu'on en puisse voir la figure; faites cett(
opération quatre fois avec la même vitesse, er
vous adressant aux quatre autres personnes qu
ont tiré les cartes, et en leur disant: Voilà le
vôtre, voilà la vôtre, etc.; et comme ils pense-
ront que vous tirez ces cartes du milieu du jeu
où ils croient qu'elles sont mêlées avec les autres
il faudra de toute nécessité ou qu'ils admiren
votre tour en vous supposant beaucoup plus
d'adresse que vous n'en avez, ou qu'ils aien
présent à l'esprit les onze moyens que vous ve-
nez d'employer pour les surprendre.

Faire tirer une carte, la mêler avecles autres, et aprèi


avoir montré qu'elle n'est ni dessus, ni dessous, 1.
faire rester seule dans la main gauche , en faisan
tomber les autres par terre d'un coup de la mali
droite.

Tachez de faire tirer une carte forcée, el


faites-la mêler aussitôt dans le jeu, ce qui ne
265
vous empêchera pas de la trouver, puisque,
dans ce cas, vous devez la connaître. Si l'on
prend toute autre carte, il faudra la faire poser
dans le milieu, et enlever après la coupe, avant
ide faire mêler le jeu parle spectateur. Dans les
Ideux cas, vous la poserez ensuite vous-même
sur le jeu sans que personne s'en aperçoive; et
jpuis vous la ferez passer dessous, en employant
-le premier des quatre faux mélanges, pour faire
croire que vous ne savez pas où elle est. Après
icela vous ferez sauter la coupe, et vous tiendrez
votre petit doigt entre les deux paquets; vous
aferez voir dans cet instant que la carte choisie
n'est point dessus. Vous montrerez aussi qu'elle
m'est dessous, en tenant les cartes comme
adans lapoint
fig. 43.

Fig. 43.

Il faudra tenir ainsi les cartes avec les deux


.jmains, parce que je suppose que le petit doigt
lie la main gauche continue de séparer les deux
.paquets pour que vous soyez tout prêt à faire
sauter la coupe, quand vous aurez renversé de
L nouveau les cartes pour les tenir comme dans la
-fig. 3. Vous ferez ensuite sauter la coupe, pour
faire passer par-dessous la carte choisie qui doit
-se trouver encore dans le milieu sous le paquet
supérieur, si vous avez suivi de point en point
266
ce que je viens de dire. Après la coupe, vous
pincerez le jeu de la main gauche et le frapperez
de la main droite (iig. M).

Fig.44.

Un coup sec fera tomber toutes les cartes,


excepté la carte de dessous, qui est la carte
choisie et que l'on croit être dans le milieu.
NOTA.— Pour assurer le succès de cette ex-
périence, il faut bien serrer les cartes de la
main gauche, mouiller avec un peu de salive
les trois doigts du milieu, et les avancer d'en-
viron six lignes sous le jeu, tandis que le gros
doigt est dessus entièrement au bord.

Faire trouver les quatre rois dans le milieu, après


les avoir fait poser séparément.

1.° Mettez les quatre rois entre les mains de


quelqu'un, et reprenez-en deux pour les mettre
visiblement un dessus et un dessous.
2.° Après cette première opération, tenez le
267
jeu de cartes dans votre main gauche, en posant
votre petit doigt entre les deux moitiés pour
vous préparer a faire sauter la coupe.
3.° Retournez la carte dessus, pour faire voir
de nouveau que c'est un roi, et remettez-la à sa
fort lentement, pour prouver que vous ne
l'escamotez
place point.
4.° Faites voir aussi de nouveau que la carte
de dessous est un roi, mais laissez toujours le
petit doigt à sa même place (fig. 43).
5.° Retermez votre main gauche de manière
les mains et les cartes soient dans la position
quela fig. 3.
de
6.° Priez le spectateur de mettre les deux
autres rois dans le milieu; mais en faisant
isemblant de partager simplement le jeu en
deux parties égales, pour que ces deux rois
isoient mis entre deux, faites sauter la coupe
de manière que les deux mains se trouvent
comme dans la fig. 6. Par ce moyen les deux
trois qui, avant la étaient dessus et
dessous, se trouveront coupe,
déjà au milieu du jeu,
St le spectateur, en mettant dans le milieu les
deux autres rois, croira les poser loin des
ieux premiers, quoiqu'il les mette tous en-
semble.
NOTA.— 1.° Quand les deux derniers rois ont
Hé placés sur le paquet de la main gauche, il
faut, en posant celui de la main droite, mettre
aussitôt le petit doigt entre les deux paquets,
parce que si quelqu'un des spectateurs avertis-
sait alors le reste de la compagnie que les quatre
rois sont déjà ensemble, on lui prouverait le
contraire (aux yeux du grand nombre) en faisant
sauter la coupe de nouveau pour en faire voir
un dessus et un dessous. (Dans ce cas, il y en a
trois dessus, mais on n'en montre qu'un).
\près quoi on fera encore sauter la coupe pour
1
268 1
les mettre tous quatre dans le milieu, comme
auparavant. F
2.° Ce tour ne consistant point à deviner desr
cartes comme beaucoup d'autres dont nousi
avons parlé, on ne peut se vanter de l'exécuter
par la seule subtilité de l'esprit. Le
étant doncdéjà persuadé que ce tour spectateur.
doit con-f
sister dans l'adresse des mains, il faut profltcrp
de cette persuasion l'attribuer à un traiti
pourmerveilleux, qu'il est
d'adresse d'autant plus

Fig. 45.

impossible; il faut dire : Messieurs, vousvoyez,


évidemment, que les quatre rois sont séparés les
uns des autres; concevez s'il est possible, com-w
bien il faut <Hreadroit pour faire passer avec les
deux du milieu, les deux autres qui sont dessus.
et dessous, et cela d'une seule main et en Ur/',
clin d'tvil. Alors il faut prendre les cartes de la
maindroite, comme dansla fig. 45, au poinli
A, et dans l'instant où l'on porte rapidement la
main du point A au point B, lever vivement le
pour faire craquer les cartes,par le coin;i
mouvement rapide de la main et le craquiM
pouce
le
ment des cartes, trompent en même temps
yeux et les oreilles du spectateur, et 193
quand,
1 269
lui montre ensuite que les quatre rois sont en-
semble, il croit se rappeler l'instant où ces rois
se sont réunis; ce qui doit cependant l'étonner,
puisque cette réunion est impossible de, la ma-
nière dont il l'entend.
1
Prouver combienil est imprudent de jouer de l'argent
à la triomphe avec des personnes dont la probité
est équivoque.

1.° En finissant le tour que nous venons d'ex-


pliquer, il faut chercher les quatre rois dans le
milieu en feuilletant les cartes bien doucement
pour ne faire soupçonner aucun escamotage;
mais aussitôt qu'on les a trouvés (en regar-
dant les cartes par la figure), il faut en renver-
sant les cartes, faire passer lestement ces rois
sur le jeu, les enlever ensuite, et donner des
lautres cartes à mêler, sans annoncer ce qu'on
-veut faire,
2.° Le jeu ayant été mêlé, coupé et mis sur
le bord de la table, posez-y, en le prenant, les
quatre rois retenus: et faites sauter la coupe
pour les faire passer dans le milieu, où vous au-
rez soin de tenir votre petit doigt (fig. 2).
3.° Proposez à quelqu'un de jouer à la triom-
phe, et donnez aussitôt deux cartes pour lui,
deux pour vous et trois autres pour lui.
4.° Dans ce moment, faites passer les rois
par dessus, en disant: C'est en vain, Messieurs,
qu'on mêle les cartes quand on joue avec moi,
car je me donne toujours trois rois , et je tourne
le quatrième.
5.° Achevez de donner, faites voir vos rois;
et si quelqu'un vous observe que votre adver-
saire pourrait avoir plus beau jeu que vous par
270 1
les atouts; dites que vous donnez seulement cecii
comme un exemple, pour prouver que vous pou-t
vez vous donner toutes les cartes que vous avez
en vue.

Faire une pareille démonstration au ruban, en se


donnant brelan de rois.

1.° Après avoir enlevé les rois, faites mêler,


le reste du jeu, et posez les cartes enlevéesp
comme dans le tour précédent, faites
deux rois dessous, en laissant les deux autres
au-dessus. !
2.° Prenez la moitié supérieure des cartespasserdans:
la main droite en laissant l'autre moitiérdans loi
gauche.
3.° Faites glisser sur le paquet de la droite I
trois cartes que vous prendrez une à une sun
le paquet de la gauche, en les comptant bien;
attentivement, quoique vous fassiez semblant *
de les feuilleter au hasard.
4.0 Réunissez les deux paquets en un (en PO-)'
sant celui de la main droite sur celui de la gau-j
che), et prenez aussitôt un des deux rois qui sont
dessous pour le faire passer dessus. f
5.° Partagezcommeauparavant, le jeu endeux
moitiés, pour faire glisser sur le paquet de la
droite trois autres cartes de la gauche. 1
6.° Réunissez, comme auparavant, les demn
nanuets en un. Dour nrendre le roi aui -.-- -reste
- des-3
souset le faire passer par-dessus.
7.° Prenez encore trois cartes du milieu pa
les mettre dessus.
8.° Ces sept premières opérations étant fat
avec facilité et rapidité pour quevous parais
mêler les cartes, au lieu de paraître les arifl
271
ger, il faut achever de dérouter le spectateur et
dire en taisant les trois faux mélanges qui
laissent le jeu tel qu'il est: Voilà, Messieurs,
commentje mêle les cartes quandje veux gagner
au brelan.
9.° Quand vous aurez mêlé ainsi pendant quel-
ques secondes, dites à la compagnie: Mes-
sieurs, voulez-vous que je continue de mêler ou
queje laisse les cartes telles qu'elles sont, dans
tous les cas je gagnerai au brelan? Quelque parti
qu'on prenne vous serez sûr de gagner, puis-
que les cartes ont déjà l'arrangement nécessaire
pour cela, et qu'elles ne perdent point par vos
mélanges.
10.° Quand on aura coupé, faites sauter la,
coupe, et donnez les cartes une à une selon les
lois du brelan, et comme s'il y avait trois joueurs
avec vous quatrième: on sera sûrement étonné
de vous voir un brelan carré.
41.° Si quelqu'un vous observe que cela ne
suffit pas toujours pour être sûr de gagner, et
qu'il faudrait donner un autre brelan à votre
adversaire; répondez que, puisque vous gardez
vous les meilleures cartes, vous seriez
pour le maître de donner les mauvaises à votre
bien
gré; mais ne portez pas plus loin votre démons-
tration qui pourrait devenir insipide et peut-être
dangereuse, en satisfaisant un peu trop 'la cu-
riosité.

Devinerla carte pensée.

1.° Eparpillez les cartes dans la main droite,


comme dans la fig. 46, de manière qu'en les
montrant aux spectateurs, elles paraissent
comme dans la fig. 47, c'est-à-dire, que toutes
les cartes doivent être cachées les unes par les
r 272
1
autres, excepté le roi de pique qu'on doit
voir par la tête, sans que les doigts ou les autres
cartes y mettent aucun obstacle.
bien 1
Fig. 46.

2.° Quand vous les aurez ainsi étalées à des-


sein, mais de manière que cela paraisse fait au
hasard, montrez-les à un seul spectateur, en le!
priant d'en penser une; et dans cet instant
ayez soin de remuer un peu la main, endécri-r
vant un arc de cercle de droite à gauche, pours
que le spectateur ait les yeux frappés pars
le roi de pique, sans s'apercevoir que les
autres cartes sont cachées les unes par les,
autres.. {I
3.° Mêlez les cartes réellement ou en appa-5<
rence, mais ne perdez pas de vue le roi de pi-'C
que, pour le mettre ensuite sur la table, la
ligure en dessous.
4. ° Dites à celui qui a pensé une carte quen
celle qu'il a eu dans l'idée est actuellement SUl
la table et priez-le de la nommer.
5.° Si l'on nomme le roi de pique, tournez-
aussitôt, pour faire voir aux spectateurs éto
nés que vous avez deviné la carte pensée. i
m
273
6.° S'il nomme une autre carte, que je sup-
pose être le roi de carreau, répliquez-lui aussitôt
u'il a changé d'idée, qu'il avait pensé primi-
ivement une autre carte, et que sa memoire
•st en défaut.
7.° En lui disant (sous diverses expressions
our gagner du temps) qu'il a pensé une autre
arte, feuilletez rapidement le jeu comme par
istraction, jusqu'à ce que vous ayez trouve la
arte qu'il vient de nommer (le roi de car-
eau).

Fig. 47.

8.° Mettez cette carte sur le jeu, et employez


ussitôt (en tâchant toujours de paraître dis-
'ait), le premier des quatre faux mélanges,
our faire croire que vous n'avez aucune carte
a vue.
9.° Finissez ce mélange par laisser le roi de
irreau sur le jeu.
10.° Prenez le jeu de la main gauche, et le
)ide pique de la main droite (fig. 15), et dites
a filant la carte, c'est-à-dire en substituant le
18
274
roi de carreau au roi de pique, que faudrait-il
Messieurs, pour que mon tour ne fût pas man-
carte devrais-je avoir dans la main
qué? Quelle
droite? Onne manquera pas de nommer le roi de
carreau, et vous saisirez l'instant où on le nom-
mera pour le retourner.
NOTA.-1.° Ce tour produit toujours le même
effet, quand il est bien exécute, soit que le
spectateur pense bonnementle roi de pique qu'on
lui a montré, soit que par raffinement il pense
une autre carte.
2.° On peut faire penser une carte forcée, sans
le dont nous avons parlé ai
employer moyen
commencement de cette section; pour cela, i
faut faire passer plusieurs cartes sous les yein
du spectateur, en les feuilletant avec assez d(
qu'il en voie confusément la cou-
rapidité pour et lî
leur, sans pouvoir en distinguer la valeur
cet effet le jeu dans votri
figure: prenez pour
main gauche, et faites passer les cartes supe
rieures dans votre droite, en ne les regardan
vous-même que par-derrière pour en montre
la figure aux spectateurs; de manière que celli
vous montrez à chaque instant couvre cell
que
que vous montriez un instant auparavant, jus
dixiem
qu'à ce que vous soyez parvenu à la
(Je suppose que c'est la dixième que vous voule
faire penser, que vous la connaissez d'avance
et que vous l'avez mise secrètement au ran
qu'elle occupe). Cette carte doit être tranchant
et remarquable, telle que le roi de cœur et 1
dame de trèfle. Il faut la laisser un peu plu
les autres sous les yeux du spe
longtemps que
tatuur, en décrivant toutefois un demi-cerc
sans affectation, et pendant ce temps-là, vo
devez avoir vos yeux sur les siens pour savo
s'il prête son attention: quand le spectateur r
toutes les cartes fin, vo
garde ainsi jusqu'à.la
1p 275
ouvez être assuré qu'il a pensé la dernière, et
u'il ne soupçonne même pas que vous la con-
aissiez, à cause que vous avez montré les cartes
n ne les regardant vous-même que par derrière,
t qu'il ignore que vous les ayez comptées, etc.
e dis qu il Ignore. parce que je suppose que,
iour faire penser une carte, vous vous adressez
! un homme qui n'est point expert dans l'art de
aire les tours, ce dont vous pouvez être bien
ssuré par l'admiration qu'il a témoignée dans
les tours précédents. Au reste, quand on ne
ijeut pas réussir par ce moyen à faire penser
un telle carte, parce que le spectateur en pense
pelquefois une sans regarder celle qu'on lui
montre; on a toujours, comme nous l'avons
lit, la ressource de la carte filée, qui produit
presque le même effet.

Deviner d'avance celle de quatre cartes qu'une


personne prendra librement.

1.° Si on vous observe que dans le tour pré-


cédent vous avez fait penser une carte forcée,
ou que vous avez filé la carte, répondez que
mus allez faire un tour à peu près pareil, sur
equel on ne pourra pas vous faire la même
objection, et observez vous-même, si on n'en
oarle point, que vous allez faire un tour dans
lequel vous ne toucherez point les cartes.
2.° Faites mêler le jeu, après avoir enlevé une
carte, que vous regarderez sans que personne
ne s'en aperçoive.
3.° Parlez à l'oreille d'un des spectateurs,
et nommez lui tout simplement la carte que vous
venez d'enlever, en le priant de s'en sou-
venir.
276
1
4.° Reprenez le jeu, en y posant la carte en
levée, et employez le premier faux mélang
pour ne pas la perdre de vue.
5.° Après avoir mêlé pour faire croire qu(
vous n'avez aucune carte envue, mettez la cart
enlevée sur la table avec trois autres.
6.° Posez ces quatre cartes, de manière qu'elles
forment à peu près un carré, et que leurs figu-
res soient en-dessous pour qu'on ne puisse pai
les connaître.
7.° Priez un des spectateurs d'en
et s'il touche la carte que vous avez nommé"
secrètement; dites que vous avez prévu et prédi
que cela serait ainsi. toucher une
8.° Pour prouver votre prédiction, dans
cas que nous venons de supposer, adressez les
mots suivants à la personne à qui vous ave:
parlé à l'oreille: Je vous ai dit, monsieur1(
quellecarte on toucherait: nommez-latout hautï
Il la nommera, s'il ne l'a pas oubliée, et si dès:
cet instant vous priez celui qui l'a touchée de h
retourner lui-même, pour qu'on ne pai
vous soupçonner de nier la carte ou puissede l'esca.
moter d'une autre manière, tout le mondo
croira que vous avez prédit que telle carte serais
touchée, quoique vous vous soyez contenté d
la nommer tout simplement. r
9.° Si le spectateur commence par toucher
une carte différente de celle que vous avej»
nommée, il faut le prier pour que le tourne pai
raisse pas manqué, de mettre cette carte dani
sa poche sans la regarder, et l'inviter ensuiti
d'en toucher une seconde pour la donner à sO)
voisin pareillement sans la regarder, et demetài
tre la troisième par terre, en laissant la quai;
trième sur la table. 4
10.° Si la carte qu'il laisse sur la table es
celle que vous avez nommée secrètement,

diteili
277
lue vous avez prévu ce fait; faites-la nommer
:out haut par la personne à qui vous avez parlé
1 l'oreille, et dites à cette personne: Vous sa-
lIez, monsieur, que je vous ai dit d'avance la
:arte qui devait rester sur la table, nommez-la
naintenant; il la nommera, et alors tout
e monde croira, comme l'expérience le prouve,
lue vous aviez prévu que telle carte resterait
;ur la table, quoique vous n'ayez fait qu'en
lommer une, sans dire si elle resterait sur la
table ou non.
11.0 Par la même raison, si la carte nommée
l'avance a été mise par terre ou dans la poche
l'un des spectateurs, on doit se vanter selon le
Besoin ; d'avoir prévu ces différents faits; et faire
ensuite nommer cette carte par la personne à
lui on avait parlé secrètement.
NOTA.— Quand ce tour est fini, il faut cher-
cher à distraire le spectateur, en le priant de
remarquer que les quatre cartes dont on vient
de se servir sont diftérentes les unes des autres,
et que certaines personnes font ce tour en em-
ployant quatre rois de cœur, pour pouvoir pré-
dire, sanscrainte de se tromper, celle des quatre
qui sera choisie.

Devinerd'avance le paquet de cartes qu'une


personne choisira.

Qu'on vous parle ou non de la supercherie


employée dans le tour précédent, dites que vous
avez plusieurs moyens de prévoir la pensée d'au-
trui et que vous allez donner une nouvelle
preuve de vos talents; pour cela, il faut:
1.° Laisser sur le bord de la table deux paquets
278 1
que je suppose de huit cartes chacun. (Lenom-t
bre est indifférent, pourvu, qu'il soit le mêraq
dans les deux paquets). 2.° Remettre à une per-t
sonne de la compagnie toutes les autres cartesi
excepté deux ou trois qu'on enlèvera
ment dans la main droite. 3.° Dire en propre
termes, à une personne de la compagnie, e
écrire même sur un morceau de papier, que l
paquet qui va être choisi par telle personne
sera composé de huit cartes. 4.° Prier cette per-j
sonne de choisir un paquet, en l'assurant secrète4
d'a.
vance qu'on a prédit quel serait le paque
choisi. 5.° Aussitôt @ qu'elle a touché un paquet
priez la personne à qui on a parlé secretemen
de dire de combien de cartes il est composé
6.° Quand cette dernière personne a répondu qua
le paquet doit être composé de huit cartes, faites
voir que le billet écrit d'avance porte le mêmenom-^
bre. 7.0Prier la personne qui a choisi le paquetdd
compter les cartes, pour voir par elle-même lai
vérité de la prédiction. 8.° Dans l'instant où elle!
finit de compter les cartes du paquet choisi,i
prendre soi-même le second paquet, en y posant!
de la main droite les deux ou trois cartes rete-
nues, et l'offrir poliment à cette même per-i
sonne, en la priant de s'assurer par elle-même
que dans le second paquet le nombre de cartes
est différent. 9." Lui observer que si elle avait
pris ce dernier paquet de onze cartes le tour
serait manqué, mais qu'on avait prévu par uru
moyen qui lui reste à deviner, que le premier
de huit cartes, serait choisi librement et infail-
liblement.
279

'aire tirer des cartespar quatre spectateurs, les nom-


mer ensuite sans les avoir vues, et faire qu'une de
ces cartes se métamorphose successivement en cha-
cune des autres.

1.0 Faites tirer une carte forcée, que je sup-


)ose être le roi de cœur.
2.0 Mêlez cette carte dans le jeu par le pre-
nier faux mélange, et faites-la tirer par une
;econde personne. Il doit vous être facile, dans
;e dernier cas, de faire tirer une çarte quel-
onque, parce que le spectateur prévenu en
rotre faveur par la subtilité que vous avez mon-
,rée dans les tours précédents doit regarder
lomme très-inutiles tous les efforts qu'il pour-
ait faire pour vous déconcerter; d'où il suit
[u'il doit prendre tout bonnement la carte que
ous lui glissez adroitement dans la main.
3.° Après avoir mêlé de nouveau cette carte
:omme auparavant, faites-la prendre encore
)ar une troisième personne; mais faites en
:orte que les trois spectateurs auxquels vous
'ous adressez ne se montrent point cette carte
'un à l'autre, afin que chacun d'entre eux
absolument la carte que l'autre a
.,gnore
choisie.
4.0 Faites tirer une seconde carte au hasard,
IL faisant remarquer cette fois qu'on choisit
Dsolument celle qu'on veut. On ne manquera
fs d'en conclure qu'on a été également libre
les trois choix qui ont été faits précédem-
nt.
p.° Faites poser cette seconde carte dans le
mieu, et faites aussitôt sauter la coupe pour
or
280 1
la faire passer dessus; ensuite employez l'
premier faux mélange, de manière quelle rest
toujours à sa même place. Jb suppose, ai
reste, que cette seconde carte soit la dame d
trèfle.
6.° En demandant au troisième spectateur 1
roi de cœur qu'il a pris, faites sauter la coupe
et tenez les cartes, comme dans la fig. 6 , en Ii
priant de poser le roi de cœur sur le paquet d
la main gauche. Par ce moyen, le roi de cœuj
sera sur la dame de trèfle, et si vous faites sautel
la coupe encore une fois, ces cartes se trouver
rontsur le jeu.
7.° Employez le second, le troisième et le qua,
trième faux mélange pour faire croire que
ne savez plus où sont les cartes choisies.
8.° Enlevez ces deux cartes, et tandis vouj qu
vous donnerez à mêler le reste du jeu, jetez ui
coup d'œil dans votre main droite, pour y déj
couvrir la seconde carte choisie, que vous nr
connaissez point encore, et que nous avons sup
posé être la dame de trèfle.
9.° Posez ces deux cartes sur le jeu en le re'
prenant; prenez ensuite le roi de cœur dan,
votre main droite, et laissez les autres cartel
dans la main gauche, en faisant glisser la damt
de trèfle un peu avant vers la main droite: par
ce moyen, vous serez prêtà filer la carte quan(
il en sera temps.
10.° Dites que vous connaissez les quatre carf
tes qui ont été choisies et assurez qu'on a prislf
roi de cœur, la dame de trèfle, le sept de carreau
et l'as de pique; ces deux dernières n'auron
pont été prises; mais il ne sera pas inutile dele
nommer, puisque par ce moyen chaque specta
teur entendant nommer sa carte avec trois au
très, croira que ces trois dernières ont été tiréeL
par les trois autres spectateurs, d'où il conclur;
281
implicitement que trois personnes n'ont pas tiré
la même carte.
41.° Après avoir prié les spectateurs de ne
nommer à personne les cartes qu'ils ont choisies
(afin qu'on ignore que la même carte a été prise
par trois personnes différentes), montrez secrè-
tement le roi de cœur à la première personne qui
l'a tiré, et priez ce spectateur de dire par oui ou
par non, si c'est là sa carte, il répondra oui, et
aussitôt baissez la carte pour qu'on ne puisse
plus en voir la figure.
42.° Dites-lui de souffler dessus, ou soufflez
vous-même, et assurez aussitôt que ce n'est
plus sa carte; ensuite passant au second spec-
tateur, qui a aussi tiréle roi de cœur, montrez
lui secrètement cette même carte, et demandez
si c'est là la sienne: il répondra oui, ce qui fera
croire au premier spectateur que sa carte est
métamorphosée en une autre, tant il sera per-
suadé, parles circonstances précédentes,
quatre cartes différentes ont été tirées par diffé- que
rentes personnes.
13.° Baissez de nouveau cette carte pour
qu'on n'en voie plus la figure, et après avoir
fait souffler dessus, assurez encore qu'elle est
changée, et que c'est celle qui a été tirée par la
troisième personne.
14.° Montrez-la secrètement au troisième
spectateur, en lui demandant si c'est la sienne;
sa réponse affirmative fera croire au second
que sa carte a été changée, comme celle du pre-
mier.
15.0 Faites semblant de croire que vous avez
fini. le tour, comme si les quatre spectateurs
avaient déjà vu chacun sa carte quoique vous
ne l'ayez montrée qu'à trois; dites en même
itemps: Comment est-il possible, messieurs,
que cette carte change quatre fois de suite sous les
282
yeux de quatre personnes qui ont fait des choix
différents.
16.° En prononçant ces paroles, filez la carte,
pour substituer au roi de cœur que vous tenez
dans votre main droite, la dame de trèfle qui
doit être dans votre gauche, selon le précepte
du n.° 9.°, page 280. En filant la carte dans ce
cas-ci, vous paraîtrez faire un geste sans
sein et l'on vous soupçonnera d'autant moins
de filer la carte, qu'on vous aura vu opérer des-
deux métamorphoses dans ce même tour, sans
qu'il y ait eu de votre part aucun mouvement 1
réel où apparent.
17.°Dites dans cet instant, que vous croyez ¡
avoir montré à chacun sa carte; le quatrième
spectateur, que vous aurez omis à dessein ne
manquera pas de dire qu'il n'a pas encore vu
la sienne. Alors présentez-lui la dame de trèfle
du côté blanc, et sans en faire voir la figure. Si
cette carte a été bien filée, on doit croire que
c'est la même que vous aviez dans la main un
instant auparavant, et que vous avez fait chan-i
en apparence, en passant d'un spectateur.
àfer,l'autre. Demandez alors au quatrième specta-
teur quelle est sa carte, et aussitôt qu'il aurar
nommé la dame de trèfle, retournez-la pour lai
faire voir; l'apparition de cette nouvelle cartel
produira une double surprise; parce qu'on croi-i
ra, par analogie, que cette troisième métamor-'
phose s'est opérée comme les deux premières!
sans aucune substitution de votre part, et parce:
qu'on se trouvera confirmé, dans l'idée où l'ont
est déjà, que les quatre spectateurs ont tiré des
carte dfférentes
cartes quoique les trois premiersi
aient tiré la même.

.-""
283

Devinerla pensée d'autrui par un moyen


perfectionné.

1.0 Etalez sur une table, quinze paquets de


deux cartes chacun, et priez les spectateurs
de penser chacun un paquet au hasard: peu
importe que plusieurs pensent le même ou
inon.
2.0 Qu'il y ait un paquet de deux cartes nota-
bles, et de même couleur: telles que le roi et la
'dame de cœur, vous êtes presque assuré que
sur cinq à six spectateurs, il y en aura deux
.ou trois qui penseront ce paquet parce qu'ils
.trouveront plus facile de retenir dans leur mé-
moire le roi et la dame de cœur: que deux au-
tres cartes mal accouplées, telles que le sept de
'carreau etl'as de pique.
3.° Priez secrètement quelqu'un de se rappe-
ler le roi et la dame de cœur.
4.0 Ramassez toutes les cartes, et faites un
seul paquet de tous ces paquets différents, mais
sans mêler les cartes de l'un avec celles de
l'autre.
5.° Remettez ces cartes une à une sur la table
en tournant leur figure vers le ciel, et en leur
lonnant la combinaison que voici. Concevez
lU'il y a sur la table les lettres et les chiffres
suivants.

Que ces lettres et ces chiffres soient conçus


284
dans le même ordre que vous avez sous les
yeux et à la distance requise pour que vous
puissiez placer une carte sur chaque lettre ou
chiffre, mettez les deux premières cartes de
votre grand paquet sur les deux m, les deux
suivantes sur les deux i, les deux autres sur
les deux s, etc. Quand vous aurez ainsi par-
couru toutes les lettres, mettez également
deux cartes sur les deux chiffres 1, deux
autres sur les chiffres 2, etc., et que les rangs:
soient surtout bien marqués de droite à gauche.
4. ° Remarquez que si les deux cartes pensées!
par la même personne se trouvent dans le pre-
mier rang, l'une sera la troisième et l'autre la;
sixième parce que la lettre i, qui est la seuleIi
répétée dans le premier mot, y occupe la troi-i
sieme place et la sixième; que si, au contraire,:
une des deux cartes pensées se trouve au pre-
mier rang et l'autre dans le second, ces
deux cartes seront, la cinquième du pre-1
mier rang et la troisième du second, parce que
ces deux rangs n'ont rien de commun avec lat
lettre a qui occupe la cinquième place de l'un, t
et la troisième de l'autre. Par la même raison,j-,
si les deux cartes pensées étaient dans le troi-,
sième et le cinquième rang, ce serait la pre-jî
mière de l'un et la quatrième de l'autre, parcet
que ces deux rangs n'ont rien de commun ques.:3
le chiffre 3, qui occupe, comme on le voit, lak
première place dans le troisième rang et la qua-M
trième dans le dernier. Il est donc facile de devi-ife
ner les deux cartes pensées, quand le specta-i
teura dit dans quel rang elles se trouvent, puis-a
que ce sont toujours deux cartes posées sur lef-,
même chiffre ou sur la même lettre.
8.° A mesure que les spectateurs vous fontr
connaître les rangs occupés par les cartes pen--
sées, nommer ces cartes sans hésiter, excepté
I 285
lorsque vous voyez que les deux cartes pensées
sont le roi et la dame de cœur. Dans ce dernier
cas, évitez de les nommer , soit en affectant une
distraction pour passer aux cartes qui ont été
pensées par d'autres spectateurs, soit en pro-
mettant de les nommer un instant après.
9.° Quand vous avez nommé toutes les cartes
pensées, excepté le roi et la dame de cœur,
faites bien attention au nombre de personnes
qui ont pensé ces dernières cartes et dites: Il y
a tant de personnes qui ont pensé deux cartes
rouges.
1 10.0 En disant le nombre deces personnes, et
en assurant que vous saviez d'avance les deux
cartes que ces personnes penseraient; ramassez
promptement les trente cartes qui sont sur la
table, et ayez soin de mettre sur le jeu (sans que
cela paraisse) le roi et la dame de cœur.
11.0 Employez les faux mélanges, pour faire
croire que vous n'avez aucune carte en vue,
et finissez cependant par laisser le roi. de
cœur sur le jeu, et la dame dessous, ou vice
versa.
» 12.° Faites-vous bander les yeux avec trois
mouchoirs, de manière que six coins de ces
mouchoirs flottent au-dessus de votre menton;
la proéminence de votre nez, en les éloignant
un peu de vos joues, laissera un passage libre
lux rayons de lumière, pour vous faire voir
tous les objets placés à vos pieds.
ij 13.° Posez le jeu de cartes à vos pieds, et
prenez deux épéesnues, une à chaque main
si vous n'avez point d'épées, vous pouvez vous
servir de couteaux, mais alors il faut laisser le
jeu sur la table, pour n'être pas obligé de pren-
Ire une attitude gênante), et avec l'épée de
la main droite, éparpillez-le d'abord en tâton-
nant.

t
286 - 1
14.° En éparpillant ainsi avec la pointe de
votre épée, le jeu de cartes, dont les figures
doivent être tournées vers le centre de la terre,
faites bien attention où vous mettez le roi et lai
dame de cœur qui sont comme nous l'avons dit,,
dessus et dessous, cependant que ces deux cartes
confondues avec toutes les autres,
paraissent
et affectez de temps en temps de gratter par
terre, avec la pointe de votre épée, dans des:
endroits où il n'y a point de cartes. Souvenez-:
vous qu'un aveugle ferait ainsi, et que vous,
devez tâtonner en quelque façon plus lourde-!
ment que lui, parce qu'il est accoutumé à ta-,
tonner, et que vous êtes censé être aveugle
depuis un seul instant.
15.° Piquez enfin les deux cartes avec les!
deux épées, et quand vous verrez qu'elles tienn
nent à la pointe, dites, avant de les montrer
Ce serait un beau tour, Messieurs, si ces deux
cartes-là étaient précisément celles qui ont été
un tel nombre de personnes. (Il faut!
pensées par et s'il ai
dire ici le nombre de personnes n'y en
il faut la nommer ou bien la désigner).!
qu'une, si si
Mais le tour serait encore plus beau j'avais
d'avance quelles seraient les cartes pensées
Adressez-vous alors à celui à qui vous ave
à l'oreille, et de nommer tout hau
parlé priez-le
les deux cartes qu on a pensées, et qu'il a ét
de se rappeler. Il répondra que c'est le ro
prié
et la dame de cœur. Demandez alors à ceux qu
les ont pensées, s'il est vrai que ce soit là leur
cartes, et dans l'instant où ils répondront oui
levez vos épées horizontalement, pour faire voi.
ces deux cartes à la

compagnie.
1 287

Faire changer un roi de cœur en as de pique,


et un as de pique en roi de cœur.

1.0 Préparez d'avance deux rois de


coeur
lerrière lesquels vous dessinerez, avec de l'encre
)ien noire, deux as de pique. Il est évident
[ue ces deux cartes paraîtront as de pique ou
01 de cœur selon le côté que vous ferez
cevoir. aper-
2.° Mettez ces deux cartes dans un d'où
jeu,
.ous le prendrez au besoin, comme si c'était
,es cartes ordinaires. Commencez le tour, en
is tenant une dans chaque main, et en mon-
tant seulement le roi d'un côté et l'as de
autre.
?!3.° Etendez vos bras, et tenez-les bien immo-
lles vers les deux extrémités opposées de la
neme table, pour faire voir que vos deux mains
3 se rapprochent pas l'une de l'autre, et
a des spectateurs de couvrir avec deux cha- priez
aux vos deux mains et les deux cartes
,DUStenez. que
Il,,4.0Aussitôt que les chapeaux seront sur vos
:iains, retournez les cartes, pour que le roi de
ieur paraisse as de pique, et vice versa, et
*ssez-les sur la table, en ôtant vous-même les
Ktix chapeaux.
5.° Reprenez-les un instant après pour faire
rmblant de les mêler dans un jeu, et pour les
<lever réellement et les mettre dans votre poche
k laissant le jeu négligemment sur la table;
S faudra ou qu'on admire votre tour sans pro-
fser aucune objection, ou qu'on soupçonne
te vous avez employé des cartes préparées:
Elis celui qui formera un tel soupçon sera

1
288
bientôt obligé de se rétracter, lorsque visitant
le jeu, il n'y trouvera qu'un roi de cœur et un
as de pique faits comme à l'ordinaire.
NOTA. - Ce tour concourt à faire croire aux
spectateurs qu'on a également changé des cartes
dans les tours précédents sans rapprocher les
mains l'une de l'autre, et sans filer la carte.

Carte devinée par intelligence.

Un opérateur dit qu'il fera , trouver dans sa


poche la carte d'un jeu pensée par quelqu'un
de la compagnie; rien sans doute de plus mer-
veilleux, ecoutez son secret et le prodige s'éva-
nouira. Il y a une personne de la compagnie
avec laquelle il s'entend; il l'a prévenue d'avance
qu'il avait retiré du jeu, la dame de cœur, par
exemple, et qu'il l'avait mise dans sa poche.
Il donne ce même jeu à cette personne, et lui
dit de penser et de regarder une carte, et de
remettre le jeu sur la table: puis il demande:
tout haut quelle est la carte pensée; la personne
répond, ainsi qu'il a été secrètement convenu,
que c'est la dame de cœur, l'opérateur lui dit
de bien regarder si elle ne se trompe pas, et si
la carte est encore dans le jeu; elle assure t
qu'oui, alors notre sorcier, sans toucher le jeu, «
lui dit: elle n'y est plus, la voilà dans maiy
poche, voyezsi elle est dans le jeu; et le confidenth
du sorcier fait voir qu'elle n'y est effectivement,
plus. (
289

6ne carte ayant été prise et mêlée dans un jeu qu'on


jette en l'air, la rattraper dans sa main parmi toutes
celles qui voltigent.

Vous donnez à prendre une carte que l'on


Bmettra dans le jeu, après que la personne qui
aura prise l'aura vue. Vous ferez un faux mé-
mge, en conservant toujoure la carte en des-
is. Vous l'enlevez, en donnant le jeu à mêler
mn des spectateurs auquel vous recomman-
dez de le jeter en l'air, et quand les cartes
:tombent, vous donnez un coup de main à
avers cette pluie, comme si vous vouliez en
traper une. Vous montrez celle que vous avez
illevée et que vous aurez soin de ramener au
,mt des doigts dans le mouvement que vous
ites pour feindre de la rattraper.
Voila un bien petit tour, et cependant vous
quil faut employer plusieurs principes.
'yez
itaut faire sauter la coupe, enlever la carte
l'faire un faux mélange.

Les quatre rois inséparables.

lettez les quatre rois sous le jeu, et glissez


,c adresse deux cartes quelconques au-des-
: {8; alors retirez ces cartes comme si elles
ient des rois, et placez-les indifféremment
¡'lSle jeu; plaçez un roi dessus, et
essairement coupez:
les quatre rois se trouveront
semble. On rend également indivisibles les
utre dames, les quatre as, etc.
19
290

Faire passer dans un chapeau une carte qu'on


aura fait prendre et mêler dans le jeu.

Ce petit tour ressemble beaucoup au précé-


dent. Vous opérez de même jusqu'à 1 enlèvement
de la carte inclusivement. Mais, au lieu de faire
jeter le jeu en l'air pour rattraper la carte,
vous empruntez un chapeau. Pour ne pas pa-
raître gêné, vous prenez le chapeau de la main
qui est libre, et le reprenez de suite de l'autre
main en y jetant la carte que vous avez enleveé.
Vous le changez encore de main, en priant la
tient le jeu, de le mettre sous le
personne qui donnez un
chapeau et tout contre. Vous coup
de doigt sur le jeu, en disant que ce coup a la
vertu de faire sortir la carte et de la faire
entrer dans le chapeau. Vous faites voir quelle
est arrivée.
NOTA.— Il ne faut pas croire que les diffé-
rents changements de mains, que j'ai recom-
mandés pour prendre le chapeau, soient inu-
tiles; on verra, au contraire, quils sont
indispensables, pour ne pas paraître gauche
dans ses mouvements. On sentira, par la pra-
le geste entre pour beaucoup dans
tique, que
l'art de taire des tours.

L'Hôtesseet les Buveurs.

Trois valets entrant au cabaret, s'enivrent et


s'enfuir sans lorsque la
complotent de payer,
dame ou l'hôtesse descendra à la cave. Pendant
son absence, on place un des valets sur le jeu
291
ît un autre dessous, et le troisième au
milieu;
hôtesse se dispose à courir après; on la met sur
ejeu; on coupe, et l'hôtesse se trouve avec les
rois valets, parce qu'avant de faire
l'expérience,
e quatrième valet a été placé secrètement
e jeu. sur

j'ommertoutes les cartes d'un jeu de piquet sans les


voir, quoique le jeu ait été coupé plusieurs fois.

Dans l'arrangement des cartes, suivez cet


rdre : as, dix, neuf, roi, valet, huit,
l restera quatre sept, que vous dame,
insi : pique, trèfle, cœur, carreau. arrangerez
Faites couper le jeu une ou plusieurs fois,
n remarquant la carte de dessous; vous réta-
lissez dans votre imagination l'ordre et le
ort qui ont été rompus par la rap-
coupe, et
ichant quelle est la carte qui doit être sur le
m, d après celle-là, vous nommez toutes les
utres.

La promenade des Dames.

étalez sur la table un jeu de trente-deux


irtes ; relevez-les dans cet ordre: dame, valet,
;, trèfle, pique, cœur, carreau, roi, et ainsi
isqua la fin; formez ensuite huit tas successifs,
fl, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit,
li posez la neuvième carte sur le premier tas,
'; successivement; ces tas ont chacun quatre
trtes vous les retournez ensuite l'un
Dres pareilles:
1 autre, en commençant par le premier,
vous adaptez aux figures que vous
découvrirez
292
quelque discours qui y soit analogue, tel que
celui-ci: Quatre dames voulant aller à la pro-
menade (premier paquet) dirent à leurs valets
( deuxième paquet) de préparer quatre ânes
(troisième paquet); ces animaux entêtés se je-
tèrent dans un champ de trèfles ( quatrième
paquet) à travers les épines (cinquième paquet).
Elles avaient fort à cœur (sixième paquet) de se
ranger en carré dans le chemin (septième pa-
quet) , quand quatre gardes champêtres arri-
vèrent (huitième paquet).

Ayant fait prendre une carte qu'on aura remise dans


le jeu et mêlée, la donner au nombre qu'on voudra.

Ce petit tour est fort simple. En faisant re-


mettre dans le jeu la carte qu on a fait prendre,
on met le petit doigt, non pas précisément sous
la carte, mais sous celle d'après, de sorte
qu'ayant fait sauter la coupe, la carte prise se
trouve la deuxième en dessous.
Vous mêlez réellement toutes celles de dessus,
avec la précaution de ne pas déranger les deux
dernières qui sont sous le jeu.
Demandez alors à quel nombre on veut que
la carte qui vient d'être mêlée se trouve. Le
nombre étant désigné, vous donnez d'abord la
carte qui est la première en dessous, en comptant
une. Dans le moment, vous faites glisser la
carte suivante, qui est celle qui a été prise, et
continuant de compter en prenant les cartes qui
viennent après celle qu'on a glissée, vous ré-<
servez cette dernière pour la donner quand ar- ;
rive le nombre demandé.
Avant de la retourner, ayez soin de la faire
nommer.
293

Affichesingulière d'un faiseur de tours.

On lisait au coin d'une rue au Cap de


Bonne-Espérance, une affiche conçue en ces
termes :
Le sieur Pilferer, natif de la Bohême, docteur
Bn pyrotechnie, professeur de chiromancie,
connu dans les colonies anglaises sous le nom
des Crook-Finger'd-Jack, venu dans ce pays-ci,
pour condescendre aux supplications de plu-
sieurs personnes du premier rang, donne avis
au qu'après avoir visité toutes les aca-
de 1 Europe, pour se perfectionner dans
public
iémies
es sciences vulgaires, qui sont l'algèbre, la
nnéralogie, la trigonométrie, l'hydrodina-
nique et l'astronomie, il a voyagé dans tout le
nonde savant et même chez les peuples demi-
auvages, pour se faire initier dans les sciences
iccultes, mystiques et transcendantes, telles
ue la cabalistique, l'alchimie, la nécromancie,
lastrologie judiciaire, la divination, la supers-
ition, l'interprétation des songes et le magné-
;sme animal.
>i C'était peu pour lui d'avoir étudié dans
'¡'cnte-deux universités, et d'avoir voyagé dans
oixante-quinze royaumes, où il a consulté les
)rciers du Mogolet les magiciens Samoyèdes;
fii.a fait d'autres voyages autour du monde,
our feuilleter le grand livre de la nature,
epuis les glaces du nord et du pôle austral,
tsqu'aux déserts brûlants de la Zône torride ;
a parcouru les deux hémisphères, et a sé-
furné dix ans en Asie avec des saltimbanques
idiens, qui lui ont appris l'art d'apaiser la
impête, et de se sauver après un naufrage, en
294
glissant sur la surface de la mer, avec des
élastiques. sabots
Il apporte du Tonkin et de la Cochinchine,
des talismans et des miroirs constellés pour!
reconnaître les voleurs et prévoir l'avenir, sans
employer la mandragore comme Agrippa et sansi
réciter l'oraison des salamandres, comme le!
grand et le petit Albert. Il peut en un besoin!
endormir le loup-garou, commander aux lutins,!
arrêter les farfadets, et conjurer tous lesi
spectres nocturnes (enfants naturels de Vimagi-,
nation qu'ils effraient, et pères putatifs duj
cauchemar), il a aussi un moyen infaillible dei
chasser une espèce de pauvres diables qu'on
appelle parasites.
Il a appris, chez les Tartares du Thibet, le
secret du grand Dalaï-Lama, qui s'est rendu
immortel, non comme Voltaire et Montgolfière
par des productions du génie, mais en achètant
en Suèdel'élixir de longue vie; à Strasbourg,
la poudre de Cagliostro; à Hambourg, l'or po
table du grand Adepte Saint-Germain; et à
Stuttgard, la béquille du père Barnabas et le
bâton du Juif-Errant, lorsqu'on vit passer ces
deux vieillards dans la capitale du Wittenberg,
le 11 Mai 1684.
En faisant usage de l'onguent qu'employait la
magicienne Caniidia pour aller au sabbat, i
par des expériences multipliées, qu'un
prouve peut entrer dans le goulot d'une Bou-
homme
teille, si elle est assez grande, et même se rendre
entièrement invisible, comme font quelquefois
certains débiteurs vis-à-vis de leurs créanciers.
La quadrature du cercle, le mouvement per-
pétuel etla pierre philosophale, ne sont poui
lui que des jeux d'enfants, qu'il abandonne aux
physiciens de la onzième force. Aquila non
capit muscas.
298
Il ne fera pas l'expérience du
animal sur de malins singes ni surmagnétisme
de vieux
renards parce que ce sont des espèces anti-
magnétiques, mais s'il peut se procurer des
dindons, il fera voir au public combien il est
facile, en magnétisant ces animaux, de les guérir
de toutes les maladies imaginaires.
Il fera tous les jours trois ou quatre expé-
riences, où l'on sera admis moyennant un ducat
par personne.
Il avertit au reste qu'il continue de guérir du
mal aux dents, non comme les empiriques , en
arrachant la mâchoire, mais par un moyen aussi
certain qu'il est inoui, qui consiste à couper la
tête; et, pour prouver que cette opération n'est
point dangereuse , et qu'on peut la faire selon
les règles de l'art, cito, tuto et jucundè, il dé-
capitera plusieurs animaux qu'il ressuscitera un
instant après, d'après les principes du père
Kirker, par la Palingénésie. Il est si persuadé
de l'efficacité de ses remèdes sur l'odontalgie
et sur toutes les maladies curables ou in-
curables, qu'il ne craint point de promettre une
somme extraordinaire à tous les malades qui,
trois mois après le traitement seront en état de
se plaindre.

FIN DES TOURSDE CARTES.


TABLE

DES TOURS DE CARTES

Principes particuliers pour les Tours de


Cartes 'lOS
aire sauter la coupe des deux mains. 208
,airesauter la coupe d'une seule main. 210
es faux mélanges. 212
iler la carte. 215
lisser la carte. 216
nieverla carte. 217
sser la carte. 218
rlrte large ou longue et récréations amusantes
qu'elle facilite. 219
irtes coupées un peu en biseau dans leur lon-
gueur. 224
ours divertissants. <226
irtes pensées — Premier tour. Ib.
.rtes pensées — Second tour. Ib.
298 TABLE
Moyen facile de faire un joli tour de cartes. 2
Cartes changeantes. 25
Changer l'as de pique en trois de cœur et en as de
cœur. 2
Faire changer le trois de pique en as de pique et
en as de cœur. I
Les quinze mille livres. 2:
Devinerles points des cartes de dessous trois tas
que l'on a fait faire. 2:
Faire changer une carte tirée d'un jeu en divers
objets, et la faire revenir en sa première forme. 2:
Faire trouver une carte dans un œuf. 2:
La carte dans une bague. 2
Faire paraître dans une lunette plusieurs cartes
qui ont été tirées d'un jeu. 2
Une personne ayant tiré une carte dans un jeu
dont on a fait ensuite six tas; lui faire indiquer
point d'un dé jeté sur la table, quel est
par leoù
le tas elle doit se trouver. 2
La carte changeante sous les doigts. 2,:
La carte dansante. 2]
Carte brûlée qu'on fait trouver dans une montre. 21
Carte clouée au mur d'un coup de pistolet. 21
Faire sortir une souris ou quelqu'autre chose
d'un jeu de cartes. 24
Devinerune carte pensée par quelqu'un en écri- 1
vant à l'avance un numéro quelconque. 2;
Manière de changer une carte qui est dans la .1
main d'une personne en lui recommandant de
la bien couvrir. 2!
Façon de préparer la poudre dej ayet pour le tour
ci-dessus. 2
Manièrede faire passer une carte d'une main dans
une autre. 2,'
Dired'avance la carte que quelqu'un ehoisira. 2,
TABLE 299
'aire tirer une carte au hasard et la faire mêler
avec les autres par un des spectateurs , pour la
faire trouver ensuite sur le jeu ou dans le milieu,
! au gré de la compagnie. 255
i 'aire tirer une carte au hasard , et après avoir
divisé le jeu en quatre paquets, la faire trouver
infailliblement dans celui que la compagnie
choisira librement. 257
.'révoir la pensée d'un homme, en mettant d'a-
vance dans le jeu une carte choisie au hasard
au rang et au numéro que cet homme doit choi-
; sir un instant après. 260
Faire t'rer des cartes par différentes personnes;
) les bien mêler ensemble par différents mélan-
; ges ; montrer ensuite qu'elles TItisont ni des-
! sus. ni dessous, et les tirer du jeu d'un coup de
i main. 262
aire tirer une carte, la mêler avec les autres, et
après avoir montré qu'elle n'est ni dessus , ni
dessous , la faire rester seule dans la main gau-
che, en faisant tomber les autres par terre d'un
: coup dela main droite. 264
!l'airetrouver les quatre rois dans le milieu, après
les avoir fait poser séparément. 266
'rouver combien il est imprudent de jouer de
l'argent à la triomphe avec des personnes dont
la probité est équivoque. 269
'aire une pareille démonstration au brelan, en se
donnant brelan de rois. 270
)eviner la carte pensée. 271
Jeviner d'avance celle de quatre cartes qu'une
personne prendra librement. 275
)eviner d'avance le paquet de cartes qu'une
personne choisira. 277
t'airetirer des cartes par quatre spectateurs, les
nommer ensuite sans les avoir vues, et faire
qu'une de ces cartes se métamorphosesucces-
sivement en chacune des autres. 279
300 TABLE
Devinerla pensée d'autrui par un moyen perfec-
tionné. 28
Faire changer un roi de cœur en as de pique, et un 1If
un as de pique en roi de cœur. 28
Carte devinée par intelligence. 28
Une carte ayant été prise et mêlée dans un jeu
qu'on jette en l'air, la rattraper dans sa main
parmi toutes celles qui voltigent. 284
Les quatre rois inséparables. m
Faire passer dans un chapeau une carte qu'on aura
fait prendre et mêler dans le jeu. 290
L'hôtesse et les buveurs. Ibl
Nommer toutes les cartes d'un jeu de piquet sans
les voir, quoique le jeu ait été coupé plusieurs
fois. 29
La promenade des Dames. Ib t
Ayant fait prendre une carte qu'on aura remise ;
dans le jeu et mêlée, la donner au nombre
qu'on voudra. f
29
Affichesingulière d'un faiseur de tours. 293'

FIN DE LA TABLE.
1
* AMUSEMENTS

DE PHYSIQUE

DE CHIMIE, ETC.
AMUSEMENTS DE PHYSIQUE

DE CHIMIE, etc.

i,oyende rendre hideux les visages d'une réunion


de personnes.

-Mettez dans de l'esprit de vin, du safran et


t l'hydrochlorate de soude, agitez cette liqueur,
ez dedans des étoupes enflammées et éteignez
( bougies, le visage de chaque personne pa-
îtra d'un vert livide et les lèvres seront couleur
ibronze.

foyen qu'il faut employer pour paraître avoir la


figure en combustion.

Si l'on se frotte la figure avec le phosphore


imide, en ayant soin de fermer les yeux,
;pect est hideusement effroyable, toutes les
mies de la face paraissent couvertes d'une
languissamment lumineuse, de couleur
tnmeblanc bleuâtre, tandis que les yeux et la
n
:J!Che y sont figurés comme des tâches noires.
304

Enflammer un métal en le jetant dans l'eau froide.

Si l'on projette du potassium (métal extrait


de la potasse) sur l'eau, il se roule en globules
de feu à la surface, avec un dégagement bien
marqué de calorique et de lumière.

Singulier microscope.

Faites, avec une grosse aiguille, un trou bien


rond dans une lame de plomb fort mince; faites
tomber dans ce trou une goutte d'eau très-pure,
en ayant soin que cette goutte remplisse le dia-
mètre du trou; si vous regardez de petits objets
au travers de cette goutte d'eau, ils vous paraî-
tront cent cinquante fois plus gros qu'ils ne le
sont réellement.

Singulières ondulations.

Mettez trois parties d'eau dans un verre,


versez. dessus une partie d'huile, et laissez le
reste du verre vide, afin que les bords mettent
le fluide à l'abri du vent; entourez-le circulai-
rement d'une ficelle; attachez deux cordons de
la même ficelle, l'un d'un côté, l'autre de
l'autre, et suspendez le verre par ses
anses; en lui donnant un mouvement de balan- deux
cement, l'eau sera fortement agitée, mais l'huile
restera sans mouvement.
305

Faire passer un œuf dans une


bague.

Faites tremper un œuf dans le


oquille étant vinaigre • la
détruite par cet acide l'œuf de-
et peut
t après s'être allongé, il traverser une
sa bague
vient
orme.mou,flexible reprend première

iaire tirer un coup de fusil


chargé à balle, sans que
l'objet sur lequel on tire en puisse être atteint.

Après avoir mis dans le fusil quelques grains


e poudre seulement, on y la balle, et
on met tout le reste de la glisse
charge de poudre
lr-dessus. L'explosion pourra être très-forte,
aisla balle tombera aux pieds du tireur.

1
Utre le feu à un corps combustible par le contact
de
l'eau froide, ou de la glace.
1
Si on laisse tomber dans une
.)au un soucoupe
morceau de potassium de la grosseur pleine
Hm grain de poivre équivalant à environ 1
agramme; ce potassium deviendra aussitôt
ige de chaleur avec une légère explosion, et
"ïulera vivement sur la surface de en
dant en même temps du feu d'un côté du l'eau,
sseaua l'autre, et avec une grande
s la forme d'une boule violence,
rouge de feu.
20
306

faire brûler du papier sur un


Placer un charbon,
mouchoir ou le mettre sur la flamme d'une bougie,
Sanslebrûler.

boîte de montre, couvrez la


Prenez une
avec le bout d'un
partie convexe sorte ne soit pas double
mouchoir
en faisant en qu'il
de ce mou,
fortement toutes les parties
Pressez en les tenant bien tendues:
choir contre le métal
du côté du verre. Cela fait, vous
par la torsion,
sur le mouchoir un charbon
pouvez placer du etc.; sans brûler ari
11
Sent brûler papier,
Ce. est dû à ce quel
mouchoir. phenomène il ne
sur la toile,
calorique ne se fixe point surle tais
pourse porter
quela traverser cette métal. O
experience, en société,,ave.
fait également
tout autre corps métallique.

Pour dorer récriture.

se sert au lieu d'encre, d'un liquide


On nom de conrll
mordanti
dans le commerce sous le
de coutume: quand 1 ecntuï
écrit comme
on on soume son haleine
est sèche, de suitelégèremeu
de l'or n
dessus, et on y applique une feuille
ou de préférence d or qu *
avec force au moyen d'une legt;
poudre,
y fait adhérer frotte le tout avec un pinceau
on h
pression;

blaireau,
1
IlIl

Palais magique.

Tracez sur le plan hexagone ABSDEF


(Voyez
19ure 4), qui sert de base à cet édifice, les six
lemi-diamètres GA, GB, GS , GD , GE, GF , et
ilevez perpendiculairement sur chacun d'eux,
leux miroirs plans (1), lesquels se joignent tous
ixactement au centre G ( 2) , ornez les objets
ixteneurs de cette pièce ( c'est-à-dire ceux qui
e trouvent vers les angles saillants de cet hexa-
gone), de six colonnes et de leurs entablements,
lui puissent servir en même temps à soutenir
t contenir cesnmroirs des rainures ména-
par
ges vers les côtés intérieurs de ces colonnes
:Voyezle plan et le proID, figure 1) couvrez ce
!Ietit édifice de telle façon que vous jugerez
onvenable.
Disposez dans chacun des six espaces trian-
gulaires compris entre deux de ces miroirs, de
etits objets d£carton faits en relief repré-
(3,
mtant six différents sujets qui puissent, en
Irenant une forme hexagone, produire un effet
'¡;-réable; et ayez soin surtout de masquer par
objet qui ait rapport au sujet, la plus
quelque
ande partie de l'endroit où se joignent les

(1)Ces deux miroirs doiventêtre adossésl'un contre


iutre, et il faut les choisir le moins épais qu'il est
'ssiMerleïs que les glaces d'Allemagne ; il serait
me nécessaire' qu'ils fussent taillés eIi.bilSenu vers
ir jônction.
(2) L)ouvertu'rede ces miroirs doit former unanarlè
ti 60 degrés..1
3) On peut ajuster.dans cette pièce
figuresd'émafl. t..<. l' "1,£ ,11 '1t
différente-us
fp'qiltfii-
308

Fig.1.

P
miroirs, qui, comme on l'a dit ci-dessus, doives
tous tendre au centre commun G.
Lorsqu'on regardera dans l'une ou laut ?
des six ouvertures de ce palais magique, cono
prise entre deux de ces colonnes , le sujet q
aura été disposé dans chacun des espaces tria r
gulaires intérieurs étant répété six fois, paraît
1 309
remplir totalement ce petit édifice; ce qui pro-
duira une illusion assez extraordinaire, si les
sujets choisis sont convenables a l'effet que
produit la disposition des miroirs.
NOTA.—Si on place entre deux de ces miroirs
[une partie de fortification, telle qu'une courtine
let deux demi-bastions; on apercevra une cita-
delle entière entourée de six bastions; si l'on
¡:représente quelque portion d'une salle de bal,
ornée de lustres et de personnages, pn apercevra
[tous ces objets multipliés, et dans une dispo-
sition agréable à voir. 1
I Cette pièce peut se construire également sur
une base triangulaire ou carrée, et elle est
; également agréable; mais alors on ne peut y
mettre que trois ou quatre sujets différents; les
[parties de ces sujets qui sont parallèles aux côtés
de ces édifices, prennent toujours une forme
semblable à sa base.

Unepièced'argent ayant été mise dans nnc assiette, en


faire paraître deux.

Remplissez d'eau claire un gobelet de verre,


et mettez-y une pièce de monnaie (par exemple
iune pièce de deux francs); posez une main sous
l'assiette dont vous devez couvrir le gobelet et
,l'autre sur le gobelet, renversez le tout promp-
tement, afin que l'air n'ayant pas le temps d'en-
trer. , l'eau ne puisse s'échapper.
Si l'on regarde la pièce qui se trouvera alors
sur l'assiette, elle paraîtra de la grandeur d'une
pièce de 5 francs, et on la verra en outre dans
Isa même grandeur, un peu élevée au-dessus
ide cette première: ce qui fera croire à ceux qui
ne connaissent pas les effets de la réfraction,

1
310
qu'il y a effectivement sous le gobelet une pièce
de 5 francs et une pièce de 2 fmnes. Lorsqu'on
sera assuré qu'on s'imagine qu'il y a deux
pièces, on enlèvera le gobelet, et l'illusion
cessera.

Manièrede couper le verre avec le feu et l'eau.

Prenez un verre à patte, uni et peu épais, et


avec une mèche soufrée et allumée, chauffez
jusqu'à ce qu'il s'y fasse' une petite fêlure ;
conduisez cette mèche le long de .cette fêlure ,
en tournant autour du verre et en suivant une
ligne inclinée, qui, après cinq ou six circônvo-i
lutions se soutiendront quoique séparées, lorsque
vous soutiendrez ce verre dans une situation!
renversée, et se rejoindront lorsque vous le
mettrez dans sa situation naturelle. re-
NOTA.— On peut se servir de cette méthode
pour couper des tubes de verre; ce qui se pra-,
tique aussi en faisant un petit trait avec une
lime à l'endroit où on veut les séparer, et en lei:
faisant éclater à cet endroit, au moyen d'un fer;
chaud et anguleux qu'on y applique, et quei
l'on conduit suivant la direction que l'on* a
tracée.
Le verre à vitre qu'on ne peut couper avec
des ciseaux sans le briser en pièces, se couper
assez facilement si on tient et le verre et les
ciseaux plongés entièrement dans l'eau.
|

Moyen d'une exécution facile pour rompre unverre:


dans toute direction voulue. I

On trempe un morceau de fil, travaillé


tissu, dans de l'esprit de térébenthine, et après
oUI
311
voir entouré le verre avec le fil dans le sens
iù l'on désire qu'il soit rompu, on met le feu à
e fil, ou bien l'on applique un fil métallique de
à 6 millimètres de diamètre, et rouge de cha-
eur, autour du verre , et si cela ne le fait pas
raquer immédiatement, on jette de l'eau froide
ur le verre, tandis que le fil métallique est en-
ore chaud.

Fondre une pièce de monnaie dans une coquille de


noix sans la brûler.

Mettez une pièce de monnaie dans une co-


uille de noix que vous remplirez avec un mé-
ange d'une partie de soufre en poudre et de
âpure de bois bien fine, et de trois de nitrate
e potasse desséché dans une cuillère de fer;
Humez , et quand le tout sera en fusion, vous
errez la pièce fondue et rouge sous forme d'un
iouton qui acquiert de la dureté par le refroi-
.issement. Dans cette opération, la coquille de
loix est très-peu endommagée.

réparer en deux parties une pièce de monnaie selon


son plan.

Posez sur trois clous d'épingle que vous aurez


nfoncés dans un morceau de bois, une petite
liècede monnaie de cuivre ou d'argent; mettez
:u soufre dessous cette pièce, et l'ayant cou-
erte également en-dessus, allumez-le.
Lorsque le soufre sera éteint, si vous retirez
ette pièce, vous la trouverez ordinairement
partagée en deux parties égales selon son plan,
312 1
sans que pour cela son empreinte cesse de pa-
raître de châque côté de ces deux différentes
parties, excepté que sur l'une d'elles, elle sera
en creux au lieu d'être en relief.
La partie la plus subtile du soufre
de part et d'autre entre celles du métals'insinue
que le
feu a dilatées, et y forme une couche de matière
grasse et étrangère qui empêche la réunion.

Liqueur qui brille dans les ténèbres.

Prenez un petit morceau de phosphore d'An-


gleterre, de la grosseur environ d'un petit pois,
et l'ayant coupe en plusieurs morceaux (*)
tez-le dans un demi-verre d'eau bien claire,met- et
faites-la bouillir dans un petit vase de terre à:
feu très-modéré; ayez un flacon long et étroit de)
verre blanc avec son bouchon de même ma-j
tière, qui le ferme bien exactement, et l'ayant
ouvert, mettez-le dans l'eau bouillante; retirez-:
le, videz-en tout l'eau et versez-y sur le champ
votre mélange tout bouillant; couvrez-le aussitôt
avec du mastic, afin que l'air extérieur ne puisse!
en aucune façon y pénétrer.
Cette eau brillera dans les ténèbres pendant

(*) Il faut beaucoup de précaution pour se servir de!


ce phosphore et on ne doit pas le prendre avec les
doigts, mais avec une carte qu'on aura trempée dans
l'eau, attendu que non-seulement il est très-facile à
s'enflammer, particulièrement lorsqu'on l'écrase DU(
qu'on le frotte, mais qu'il serait difficile d'éteindre les:
petites parties qui s'attacheraient aux doigts, et aux-
quels elles occasionneraient une brûlure considérable :
le moyen d'y remédier serait de tremper sa main dans
l'urine; tout autre chose ne servirait qu'à l'enflammer
davantage.
1 - 313
ipiusieurs mois, sans même que l'on y touche;
.et si on la secoue dans un temps chaud et
sec,
oirverra des éclairs très-hrillants s'élancer du
imilieu de l'eau.
i
Fig. 1.

1 NOTA.On peut se
procurer quelques amuse-
ments avec ce phosphore en entourai,
e flacon qui le contient d un liquide,
papier noir sui
equel on aura découpé quelques mots que l'on
faire lire dahs l'obscurité (Voyez l a figure
pourra
!); et comme on peut non-seulement faire
ître deux mots différents sur les côtés pa-
le ce flacon, mais aussi cacher avec le opposés
doigt
luelques-unes des lettres qui les composent afin
1en former d'autres mots, il semblera les
iait paraître à volonté. qu'on

ase dont l'eau s'échappe par le dessous aussitôt qu'on


18- le débouche.

r Faites faire un vase de fer-blanc de deux ou


rois pouces de diamètre, et de cinq à six pouces
e hauteur, dont le goulot ait seulement trois
gnes d'ouverture; percez le fond de ce vase
une grande quantité de petits trous de gros-
eur à y passer une aiguille à coudre.
Ce vaisseau ayant été plongé dans l'eau, le
loulot étant ouvert et s'en étant rempli, si on
ouche exactement cette ouverture, et qu'on

ii.«w
314
le retire de l'eau, elle ne sortira en aucune fa-
çon, mais si on la débouche, l'eau s'échappera
aussitôt par les petits trous faits au fond du
vase.
NOTA.— Si les ouvertures faites au fond du
vase excédaient une ligne de diamètre, ou
fussent en trop grande quantité, 1 eau
qu'elles ce vase fut bouche, l'air
s'échapperait quoique
qui presse de tous côtés la bouteille trouvant
alors le moyen d'y pénétrer.
On fait une expérience à peu-près semblable
avec un verre quon remplit d'eau, et sur lequel
on pose une feuille de papier; on renverse ce
verre en soutenant ce papier avec la main qu'on
retire aussitôt, et l'eau y-reste suspendue.

Imitation des éclairs.

un tuyau de fer-blanc de la forme d'un


Ayez
flambeau ( Voyez la figure 3) , dont le côté A,
qui doit être plus gros, soit percé de plusieurs
trous, et s'ouvrir; mettez-y de lai
petits puisse
poix-résine réduite en poudre.
Si l'on secoue cette poudre sur la flamme d un.
flambeau allumé, il se fera une inflammation
subite qui, répandant une lumière considérables
imitera bien les éclairs (*).

Jet d'eau sur lequel une figure monte et descend, el


se soutient en équilibre.

Ayez une petite figure de liège AB ( Voyes

(*) Il ne faut pas qu'on voie la flamme, mais soi]


ment la lumière qu'elle produit, comme on le
lorsqu'on imite les éclairssur nos théâtres. pratiq
318
vous peindrez ou habillerez d'une
ligure
petite 4), que
étoffe Irgère, comme vous jugerez à nro-
et daus 1 intérieur de laquelle
e petit cone creux et renversé C Vuusaj usterez
nerez avec du laiton en feuille que vousfor-
très-mince.

Fig.3. Fig.4.

Lorsque cette petite figure sera posée sur un


ou
et restera
le jet deneau s elevant perpendiculairement
équilibre sur l'eau, et elle tour-
et descendra en faisant divers
era,
ouvements.
montera
-on pose sur un pareil jet d'eau une
NOTA.-Si
mie de cuivre creuse, d'un
pouce de diamètre
et fort légère, elle y restera en équi-
) cet tournera continuellement sur son
lepandant l'eau hors de sa surface. centre,
316

Rallumer avec la pointe d'un couteau une cliandelli


qu'on vient d'éteindre.

Mettez au bout de la pointe d'un couteau ui


morceau de phosphore d'Angleterre, d
petit
la grosseur tout au plus d'un petit grain d
millet, et ayant mouché une chandelle, éteignez
la à dessein; prenez aussitôt votre couteau,
sa pointe sur le lumignon de cette chandelle pose
en écartant un peu la mèche, et vous la verre
aussitôt se rallumer: observez de ne pas 1
moucher de trop près, afin qu'il y reste asse
de chaleur pour ranimer plus promptement lt
parties du phosphore.
NOTA.— Il ne faut pas toucher ce phosphoi
avec les doigts; pour prévenir tout accident,
faut avoir soin de les mouiller avant; on consen
ce phosphore en le mettant dans une peti
fiole remplie d'eau, on en coupe une petite pa
celle lorsqu'on en a hesoin , et on le remet su
dans l'eau, sans quoi il pourrait s'el
le-champ
flammer.

Construire deux petites figures dont l'une souffle


chandelle et l'autre la rallume aussitôt.

Ayez deux petites figures quelconques; de


mettez-leur dans la bouche un tuyau
d'une petite plume, mettez dans 1
grosseur
'j,-. ),n "'r.tt
Ueux Ull IRCO"PCIII "",,,,.na011 ..Jo IVHNCNHNRP
- Ji';\
MUIV/OAUUV,
gleterre et dans l'autre quelques grains
poudre à tirer, que vous boucherez d'
fétu de papier pour l'empêcher de tomber-..¡
1 317
entez cette derniere figure a la flamme d'une
iougie, et la poudre venant à s'enflammer, pro-
duira une petite explosion qui l'éteindra, ap-
prochez aussitôt l'autre figure, et le phosphore
ui est à l'extrémité de son petit tuyau, rallu-
nera aussitôt cette bougie.
1
teindre une bougie et en rallumer une autre du memu
coup de pistolet.
1
1 Placez deux bougies à côté l'une de l'autre;
'une allumée et bien éméchée, l'autre éteinte
t ayant à l'extrémité de sa mèche une parcelle
e phosphore, tirez à une distance de cinq ou
ix sur ces bougies un pistolet chargé à
pas, aussitôt la commotion-de l'air éteindra
louare
a bougie allumée, et en même temps le phos-
ilhore allumera l'autre.

1
aire qu'une personne ne puisse changer de place un
verre rempli d'eau sans le renverser en entier,
1
i Proposez à personne de parier contre
une
lie, qu'ayant rempli d'eau un verre, et l'ayant
iosé sur la table, elle ne pourra le changer de
iilace sans renverser entièrement l'eau qui y
era contenue. Emplissez alors u% verre d'eau
t ayant appliqué par-dessus un morceau de
)apier qui couvre 1eau et les bords du verre,
)osez la paume de la main sur ce papier, et
)renant le verre de l'autre main, renversez-le
n'omptement et placez-le sur une table dans
in endroit qui soit assez uni, retirez doucement
e papier; l'eau contenue dans le verre y restera
318
suspendue, attendu que Tair n'y pourra entrer,
ainsi de quelque manière que celui contre lequel
vous aurez parié, s'y prenne, il ne pourra Fôter
de sa place, sans quel'air y entre, et que l'eau
se répande entièrement.

L'écriture brûlée.

Ayez un petit portefeuille de carton, et cou-


vrez-le par-dessus d'un papier noir: disposez
sur un de ses côtés intérieurs une petite portej
aussi de carton, ouvrant à charnière, et qui
soit prise sur le carton même qui forme un des:
côtés du portefeuille; observez qu'il ne doit y
avoir sur cette ouverture, que le seul papier:
noir qui couvre ce portefeuille, et sur lequel il
doit appuyer lorsquil est fermé.
Prenez du noir de fumée, et le mêlez avec un
peu de savon noir; frottez légèrement avec cettel
composition, le dessus du papier qui couvre le!
portefeuille, c'est-à-dire à 1 endroit où il couvre;
l'ouverture faite en carton. Essuyez bien ce pa-i
pier jusqu'à ce qu'en posant entre lui et cette!
petite porte un papier blanc, ce dernier ne se
trouve pas tâche.
Ayez un crayon de pierre noire qui ait un peu;
de.pierre à marquer, et une petite boîte plate
de la grandeur d uh petit carré de papier, qui
puisse s'ouyrir des deux côtés sans qu'on s'en
aperçoive; remplissez le portefeuille-, de plu-
sieurs petits carrés de papierde même grandeur.
Lorsqu'on aura inséré un papier blanc entre
la porte et la couverture de ce portefeuille, et
qu'on l'aura fermée, si l'on pose alors un autre
papier sur ce portefeuille, à l'endroit 'sans le-
quel se trouve le premier papier, et qu'on y
1 319
.écrive avec un crayon noir qui oblige à appuyer
nn;.peu1.sur le papier; les mêmes caractères se
trouveront transcrits sur le papier qui y aura
été renfermé.
i On présente à une personne un crayon et un
papier qu'on place sur ce portefeuille à l'en-
iiroit convenable (*); et on lui dit d'écrire sur
ce papier un mot, tel qu'elle voudra, et de le
garder par devers elle, on reprend de ses mains
le portefeuille, et on lui propose de brûler sur
une assiette le papier sur lequel elle a écrit,
Sftd'en conserver les cendres. Pendant cet in-
tervalle, sous prétexte d'aller prendre dans un
cabinet voisin la boîte à deux ouvertures ci-
iessus, on ouvre le portefeuille, on en retire le
papier sur lequel se trouve retranscrit le mot
lui a été écrit, et on l'insère dans un des côtés
le cette boîte, et en y mèttant"au.!tlessus un
oeu de cendre de papier brûlé: on rapporte cette
,)oîte et un autre portefeuille semblable, mais
rù il. n'y a pas de porte; Qn-la adonne à la per-
onne afin qu'elle y choisisse un papier blanc;
m ouvre ensuite la boîte du côte où il n'y a
3ien, et on y met ce' papier avec la cendre de la
: arte qui a'brûlé': on ferme la boîtè, on la se-
r oue", et la tournant adroitement on l'ouvre de
autre côtéy-enla présentantà la personne, afin
u'elle en tire elle-même le papier, sur lequel
Ylie est fort surprise de voir transcrit dans son
( lême caractère le mot qu'elle a écrit et frïûlé,
fi NOTA.—Sillon veut réserver une deuxième
uverture sous l'autre côté du portefeuille, au
j eu de frotter de noir le papier qui la couvre,
n le frottera avec de la sangùinë ou crayon
r
(0) Il faut mettre ce papier sur le portefeuille,san
fectation et le présenter à la personne comme1 "j Éi
était pour qu'elle écrive plus comodement.
320
rouge. Le portefeuille étant ainsi préparé, on
aura l'avantage de donner à, choisir un crayon
rouge ou noir à celui qui se proposera d'écrire,
et selon le choix qu'il en fera, ou présentera
l'un ou l'autre côté du portefeuille.

Faire sortir des globes enflammés de l'eau.

Après avoir empli d'eau à moitié un verre à!


boire, si l'on jette dans cette eau un morceau.
de phosphure de chaux, après quelques ins-.
tants, il s'élève à la surface de 1eau de petits:
globes qui font explosion en donnant unei
flamme brillante, et chaque explosion est suiviej
d'une fumée blanche et épaisse qui s'élève len-,
tement sous forme de couronnes.

Avaler la flamme d'une bougie sans se brûler.

Approchez une bougie des lèvres et aspirezi


très-fortement, dès lors la flamme pénétrera
dans la bouche sans vous brûler, car par l'aspi-
ration vous l'empêcherez de se fixer sur .les
lèvres.

Manièred'aimanter une lame d'acier, sans le secourst.


d'aucun aiment naturel ni artificiel.

Prenez une lame d'acier non trempé, d'environ


trois pouces de long, trois à quatre lignes d
large, et une demi-ligne d'épaisseur; un morceau
de ressort de pendule détrempé peut servir à
cette expérience. Ayez une pelle et des pincettes
, 321

Fig. 5

)yez la figure 5), plus elles ont servi, plus


es sont grandes, et meilleures elles sont.
nez la pelle verticalement entre vos deux
UlOUX,attachez cette lame d'acier vers A , de
que l'extrémité que vous destinez pour
e le nord, soit tournée en bas; et afin qu'elle
puisse pas glisser, serrez-la contre cette
;on
le ou fourgon avec un cordon de soie: pre-
5ensuite les pincettes, et les tenant presque
'ticalement, frottez-en cette lame en allant
jours de bas en haut: lorsque vous aurez
téré douze à quinze fois cette opération sur
eux côtés de cette lame, elle aura acquis
19
322
une vertu magnétique suffisante pour souleve]
des petits clous par son extrémité inférieure
cette découverte est celle qui a été faite ei
Angleterre par M. Canton..

Cadran magnétique horizontal.

Faites faire par un tourneur un cadran (Voye


de trois à environ d
figure 6), quatre pouces
diamètre, dont le pied B qui doit être mobile

Fig. 6.

tourne un peu juste dans le cercle de dessus B


sur ce cercle A , un cadran de carton (f
Placez
sur lequel vous marquerez le nombre 1 jusqu
12, après l'avoir divisé en douze parties égal,
entre elles ( Voyez figure 9) Le cercle Ade
bor.
avoir une petite rainure pour contenir les
du cercle du cadran qui doit être fixé sur
cette doit enfin être cor
tige du pied B; pièce
le de
truite, de façon qu'en tournant pied
1
Dessin
du
dont
il
est cadr.in

parle

page
magnétique
322.

horizontal

Dessin
du
création
cadran

expliquée
horizontal
page
pour
326.
la
ré-
1
324
cadran, le cercle de carton puisse tourner sansi
le cadre qui lui sert de bordure.
Placez entre ce carton et le dessous du cercle
lui sert de cadre, une lame d'acier aiman-.
qui son milieui
tée E ,
( Voyez figure7 ) percée en
d'un trou suffisant pour laisser passer la tige.
du pied B, fixez cette lame à demeure sur le;
cercle A. Mettez en dehors de ce cercle une
P , placée vers l'extrémité du
très-petite pointe f

Fig.7. Fig.8.

sud de la lame E, afin de pouvoir reconnaîtra


l'endroit où doit s'arrêter le nord ou la point.
de l'aiguille aimantée I, qui doit tourner libre-f
ment sur le pivot 0, mis au centre du cercle dt
carton C.
Ayez en outre un petit sac A (Voyez la figurf
divisé en trois ou quatre parties difterenten
8), les sacs à
B, construit à peu près comme ouvrall
dont les dames se servent, il importe peu..
cependant qu'elle ne soi.
quelleétoffe, pourvu
pas trop claire..
Insérez dans la première division de ce saf
1 325
petits carrés de carton, sur lesquels vous
ranscrirez les nombres 1 jusqu'à 12, et dans
chacune des autres divisions, vous y mettrez
iouze
iouze cartons de même forme et grandeur ,
ais dont les chiffres soient les mêmes dans
haque division, c'est-à-dire que dans la deu-
ième division il doit y avoir, par exemple,
ouze nombres 7, dans la troisième, douze nom-
res 10, etc., suivant la quantité de divisions
lites à ce sac.
Lorsqu'on aura disposé le cadran en le faisant
Durner de manière qu'un de ces nombres se
couve placé directement vis-à-vis la petite
i )inte qui est sur le bord de son cercle, et
'iii'ensuite on fera tourner l'aiguille aimantée
i la posant sur son pivot, elle s'arrêtera im-
manquablement sur ce nombre, attendu qu'elle
'i)it prendre la même direction que la lame
[imantée cachée au-dessous d'elle, et que le
j'lard de cette aiguille désigné par sa pointe,
llÎlitse trouver directement au-dessus du sud
w cette lame.
/A l'égard du petit sac, il est fort facile, en
iuvrant, de faire prendre un des cartons con-
clus dans l'une ou l'autre de ses divisions.

Récréations qui se font avec le même cadran.

I.
T près avoir secrètement disposé le cadran sur
n nombres semblables contenus dans une des
faisions de ce sac, on tirera de sa première
i ision tous les nombres 1 à 12, et on les fera
"tlarquer à ceux devant qui on fait cette ré-
l'ition ; on les remettra ensuite dans ce sac.

1
326 1
On présentera alors à une personne une des
divisions du sac, où tous les nombres sont sem-
blables à celui sur lequel on a dispose le ca-
dran, et on lui dira d'en prendre un au hazardj
et de le tenir caché dans sa main, plaçant ensuite
sur son pivot, et la taisant tourner
l'aiguille le nombre cette
aussitôt, elle s'arrêtera sur que
aura cru choisir à son gré.
personne cett(
On pourra recommencer sur-le-champ
récréation, en disposant adroitement le cadrar
sur un des nombres semblables contenus dan.
une des autres divisions de ce
sac. i
II. 4
Vous ferez tirer par deux personnes dan
divisions de ce sac, et à cha-
deux différentes si le
cune un seul nombre et leur direz que
deux nombres qu'elles ont choisis étant join
ensemble, excèdent celui de douze, l'aiguill
et si au contraire i
indiquera l'excédent que
le montas
ne 1 excèdent pas, elle indiquera
des deux nombres, ce qu'on exécutera en prii
à l'avance la petite pointe sur le 5,1
parant les nombres 10 et 7 , ou e
l'on veut faire tirer tirer II
la disposant sur le 9, si on doit faire
récréation faite à la suu
nombres 6 et 3. Celte ce c,
de la précédente, fera paraître 1effet de
dran plus extraordinaire.

m. 1!

Au lieu de douze nombres portés dans 1


douze divisions de ce cadran, transcrivez-y '1
noms des quatre couleurs des cartes a jouer,
ceux des huit figures différentes qui compose-
divisio
un jeude piquet; disposez les dans les
fig. 1,
de ce cadran, ainsi qu'il précède (Voyez
1
327
•?e case. As. 7." Huit.
,.,.e.e Roi. 8." Pique.
Valet. 9.8 Dix.
I." Cœur. 10. Sept.
.V. Dame. 11.p.. Trèfle.
.8. Carreau. 12.e.. Neuf.

Ayez deux aiguilles semblables A et B (Voyez


^urell), que vous puissiez cependant dist'in-
'uer 1une de l'autre, aimantez-les 9de manière
jua l'une la pointe désigne le nord, et qu'à
jautre cette même pointe désigne le sud.

Fig.11

U:Lorsque vous placerez sur le pivot de ce ca-


dran l'aiguille dont la pointe désigné le nord,
i que vous la ferez tourner, elle s arrêtera sur
telle des quatre couleurs des cartes sur laquelle
Ims aurez disposé la petite pointe qui, comme
fi l'a dit ci-dessus, se trouve
placée vers le sud
lame aimantée renfermee sous le cadran
ue l'on suppose sur la figure 10, être pique).
3la
étirant cette aiguille, et substituant l'autre,
e indiquera le Roi, qui se trouve diamétra-
entopposé au mot Pique: il en sera de même
328 1
]
des autres figures auxquelles les couleurs sonl
diamétralement opposées.
NOTA. - Dcs huit figures indiquées sur ce ca
dran, il n'y en a que quatre qui servent, sa
voir: le Roi, la Dame , le Neuf et le Sept ; les
autres n'y sont transcrites que pour rles complé-
ter et elles ne peuvent par conséquent êtIi
employées pour la récréation qui suit: elles
peuvent servir néanmoins pour la récréatior
qu'on trouvera à la suite de celle-ci.

IV.

Donnez à tirer dans un jeu de piquet la carti


sur laquelle vous aurez préparé ce cadran, ci
est fort facile en se-servant d'un jeu ou cett
qui
carte soit plus large que les autres, afin de pou
voir la sentir au tact, et la présenter de préfé
ronce; dites à la personne qui l'aura tirée de n
pas la laisser voir.
Présentez ensuite le cadran à une autre pei
sonne, et donnez-lui une des deux aiguilles A
B, en lui disant de la placer sur son pivot, etd
la faire tourner, et vous ferez remarquer qu
d'abord la couleur de 1
cette aiguille indique
, carte qui a été tirée, reprenez ensuite le cadrar
ôtez-en l'aiguille, et en la
tement, prcsentez-le avec changeant
l'aiguille B a un
adroi
autre. personne qui amènera la figure de la cari
qui a été tirée.
NOTA.— Si la personne à laquelle on présenl
la carte sur laquelle le cadran est préparé
tirait une autre carte, il faudrait, au lieu d
cette récréation, faire quelque tour de cartf
pour ne pas paraître en défaut.
329

V.

deux cartes plus piquet où vous aurez mis


larges que les autres sembla-
Ayez un jeu de ce cadran
oles
diamétralement
à deux de celles @qui dans sont
opposées, et ne servfiit pas à
telle que l'A,~ et le
Huit , le Valetrécreation,
la précédente et le Dix. Faites tirer
ces deux
chacune
artes à deux
une.
personnes différentes, c'est-à-dire
Présentez ensuite le cadran
réparé sur ces deux cartes à laque vous avez
première per-
figure de la carte tirée par la
aiguille, et seconde : ôtez
y substituant l'autre sans
en aperçolve, Vous la qu'on
donnerez à la seconde
rsonne, afin de lui .faire
lr la première. indiquer la carte tirée

mière de distinguer dans une


compagnie la demoi-
selle qui est la plus curieuse.

Prenez plusieurs
aiguillées de fil et faites
us d'eau de rivière, où
tremper
aurez dans
fait un verre
fondre une cuillerée de
sfl
nmun,avec cette attention de ne laisser trem-
salée que la moitié de votre
dans votre eau comme il est
en l'arrangeant représenté à la
12; après trois ou quatre jours retirez le fil
vir au
la dissolution
besoin. pour le faire sécher et vous en
de -huit à dix
ans une société personnes,
essez-vous à deux jeunes demoiselles, en
uelle voir clairement
proposant
des deux
de a le
leurplus
fairede
penchant à la
330
curiosité; alors déployez votre fil, et sans affec-
tation, faites prendre à celle qui vous paraîtra
la plus éveillee , le bout du fil que vous savez
être salé, et donnez l'autre bout à la seconde
personne, coupez avec des ciseaux votre fil par
le milieu, par ce moyen, il est impossible de
soupçonner que les morceaux aient été diffé-
remment préparés.

Fig. 12

Fig. 13

la deux anneaux de
Demandez à compagnie e
ceux qu'on nomme anneaux de mariage,
les demoiselles à qui vous avez donne voi. les
priez
bouts du de les suspendre comme on le
fil,
à la Hg. 13
Les bagues ainsi suspendues, si l'on approch-
d'une bougie alternativement de cha;
la flamme
cune d'elles (Voyez figure 14) , les fils prendron
celui salé conservera en
feu; et quoique brûle, l'anneau: c
core assez de force pour soutenir
une preuve de s
que vous ferez passer pour
curiosité.
NOTA.-Prenez garde que votre fil ne soit tro
ne le fassiez balancer en
long, et que vous
mettant le feu.
331

Le flambeauinfernal.

Faites fondre du sel et du safran dans de l'es-


prit-de-vin, imbibez-en un morceau d'étoffe,
vous placerez sur un flambeau de fer-blanc
quel'espèce de ceux dont on se sert à l'opéra
de
pour les furies (Voyez tig. 15).

Fig. 14. Fig. 15.

Mettez le feu à cette torche. et éteignez les


.umières qui se trouvent dans l'appartement.
Les blanches paraîtront pour l'ins-
personnes
tantde couleur verte, et l'incarnat des lèvres et
les joues prendra une couleur d'olive foncée.
332

Composition du phosphore.

Mettez trois onces d'alun de roche et une once


de miel ou de sucre, dans un plat de terre neuf
et vernissé: tenez ce mélange sur le feu, en le
remuant continuellement jusqu'à ce qu'il soit
sec et dur. Retirez-le ensuite, et réduisez-le en
poudre. Mettez cette poudre dans un petit ma-i
tras, dont une partie doit rester vide;
le avec du papier, et le placez dans unbouchez-!
creuset
que vous achèverez de remplir avec du sable,ji
Placez le tout sur un fourneau-, et recouvrez lei
creuset avec des charbons ardents. Lorsque let
matras aura paru rouge un demi-quart d'heure,
et qu'il ne s'en échappera plus de vapeurs, re-i
tirez-le du feu et le bouchez avec du liége..
Laissez ensuite entièrement refroidir le mé-è.
lange, et mettez-le dans de petites bouteilles,s
En versant de cette matière sur du papier ou
quelqu'autre corps sec, elle ne tarde pas à y
mettre le feu; on accélèrera l'inflammation en y
ajoutant un peu de salpêtre ou de soufre en
poudre passé au tamis de soie. On doit avoiri
soin de bien boucher les petits flacons qui:;
contiennent la matière. Elle perdrait sa vertu si!
l'humidité de l'air venait à s'y insinuer. i

Imitation de l'éclairage par le gaz.

On peut imiter en très-petit la production de> -


lumière du gaz en chargeant de charbon de
terre ordinaire un pot de pipe à tabac. On cou-
vre ensuite exactement le charbon avec de l'ar-
333
gile mise avec de l'eau à l'état de lut ferme ou
de pâte; et lorsque l'argile est sèche; on met
le pot de la pipe dans le feu, et on le chauffe
par degrés. Au bout de quelques minutes, il
sortira de l'extrémité du tuyau de la pipe à ta-
bac un courant de gaz hydrogène carbonné, ac-
compagné d'un fluide aqueux, et d'une huile
Jisqueuse ou goudron. On peut allumer le gaz
ivec une chandelle, et il brûlera avec une
:Jamme brillante. Lorsque tout dégagement de
az aura cessé, on trouvera dans le pot de la
,Üpe le charbon dépouillé de sa matière bitumi-
neuse, ou coke.

Lampesans flamme.

1 Entourez la mèche d'une lampe à esprit de


.in, d'un fil de platine, en contournant ce fil
n spirale, de manière que les tours soient un
jeu ecartés l'un de l'autre; la mèche étant al-
nmée, le platine rougit; éloignez alors la
flèche, le platine reste rouge tant qu'il y a de
esprit de vin dans la lampe, et bien qu'il ne
,roduise pas de flamme, il donne assez de lu-
ière pour que l'on puisse lire en s'en tenant
rt près.

Liqueurs inflammables.

^Mettez dans un vase un peu d'huile essen-


ïlle de térébenthine, et une quantité double
micide nitreux et une très-faible partie d'acide
lfurique, l'inflammation se produit aussitôt,
Ala flamme est accompagnée d'une fumée fort
baisse.
334

Pour rendre le bois incombustible.

Faites dissoudre de la terre siliceuse dans de


l'alcali caustique, et étendez cette liqueur sur le
vous ensuite le jeter dans le bra-
bois, pourrez
sier le plus ardent sans que le feu ait la moindre
action sur lui.

Faire partir un fusil chargé d'eau en guise de poudre.

Après avoir solidement bouché la lumière ;


d'un canon de fusil, mettez trois ou quatre;
d'eau dans ce canon, et enfoncez par-
dessus une balle de liège d'un calibre tel qu elle!
pouces
ne puisse entrer qu'avec peine; posez ensuité
l'extrémité du canon où se trouve l'eau, sur laf
lumière d'une lampe ou des charbons ardents i
la balle sera chassee avec d'autant plus de vio-)
lence qu'elle aura opposé plus de résistance. Ore
pourrait ainsi construire des fusils à vapeur qUJ
seraient d'une très-grande portée. 1

Source d'eau enflammée.

Mettez une livre d'acide sulfurique dans cind


livres d'eau; jetez dans ce mélange quelquelJ
onces delimaille de zinc, et peu d'instants apreai
quelques morceaux de phosphore de la grosseur
d'une noix; vous verrez bientôt la surfaceil •
l'eau se couvrir de flammes, et tout le liquicl?
sera traversé par des jets de feu qui s'échappc,
ront bruyamment.
335

Crayon sympathique pour écrire sur le verre.

Formez un crayon avec de la craie d'Espagne


et du vitriol de Chypre; servez-vous-en pour
écrire sur une glace ou morceau de verre, et
effacez l'écriture avec un linge; lorsque vous
voudrez la faire paraître, il suffira de haleter
dessus cette glace: cette écriture parait et dis-
paraît à plusieurs reprises. On peut en faire
usage pour différentes récréations.

Pour obtenir des feux colorés.

La couleur des feux des pièces d'artifice peut


se varier à l'infini; ainsi, en mêlant de la li-
maille d'acier à la poudre, on obtient des étin-
celles blanches et brillantes; le noir de fumée
produit des étincelles d'un rouge foncé; la li-
maille de cuivre donne des feux verts; la limaille
le zinc, des feux bleus; le charbon pilé, des feux
'ouges très-vifs; et le sable jaune appelé poudre
!l'or, produit des jets qui imitent les rayons du
joleil.

du tonnerre.

Imitationun fort chassis de bois d'environ deux


Ayez
i >ieds et demi de long, sur un pied et demi de
! arge, , aux bords duquel
, vous attacherez et
collerez solidement une peau de parchemin bien
i endue, assez épaisse et de même grandeur que
"es châssis; mouillez-le avant de l'appliquer,
tfin que sa tension soit plus forte.

I
336
Lorsqu'ayant suspendu ce châssis, vous l'a-
giterez ou frapperez dessus plus ou moins fort
avec le poing, l'ébranlement qu'il causera dans
l'air environnant, sera exactement semblable
au bruit du tonnerre.
NOTA.— Pour imiter dans les spectacles l'éclat
du tonnerre lorsqu'il tombe, on suspend entre
deux cordes élevées verticalement, une certaine
quantité de douves de tonneau, éloignées les!
unes des autres d'un demi-pied, et enfilées dei
même que les lattes qui servent à former les ja--
lousies qu'on met aux fenêtres des apparte-
ments, et on les laisse tout-à-coup tomber les
unes sur les autres, en lâchant subitement les:
deux cordes qui les retiennent suspendues, et!
qui doivent servir à les relever pour reproduirer
cet effet.
j

Imitation de la pluie et de la grêle.


1
Découpez sur du fort carton, une vingtainer
de cercles de quatre à cinq pouces de diamètre f,
et coupez-les tous depuis leur circonférence
jusqu'à leur centre (Voyez la figure 16); percez-f

Fig. 16.

4
les d'un trou d'un pouce de diamètre, joignez-;.,
les ensemble en appliquant et collant le CÓV'¡
coupé C du cercle A, aucôté coupé D de celu
337
, et ainsi de suite, jusqu'à ce que tous ces
irclesne forment qu'une seule nièce, qui, étant
longée, prendra la figure d une vis; étant
en sec, faites entrer par leurs trous une tringle
s bois arrondie les enfile tous
, et disposez-
qui
s de manière qu ils se trouvent distants les uns
's autres de trois à quatre pouces; assnjet-
;sez-les sur cette tringle avec de la colle forte,
couvrez-les ensuite sur toute leur longueur,
par une de leurs extrémités avec un triple pa-
er bien collé et humecté, afin qu'il se tende
rmement sur les cercles. L'ayant laissé bien
cher, introduisez-y par l'autre extrémité cn-
ron une livre de petit plomb, c'est-à-dire,
us ou moins, suivant la grandeur de cette
èce, et fermez ensuite d'un triple papier cette
ême extrémité.
Lorsque le plomb se trouvera placé à une des
trémités de ce tuyau, et qu'il sera dans une
sition horizontale, si on l'élève doucement
insensiblement du côté où se trouve le plomb,
.coulera peu à peu jusqu'à l'autre bout, en
ivant tout le chemin formé entre ces cercles,
en frappant contre le papier tendu qui les
livre, ce qui imitera fort bien le bruit d'une
inde pluie; si on élève ce tuyau prompte-
mt, ce bruit deviendra beaucoup plus fort et
itéra celui de la grêle: cet effet se répétera
iimême en élevant ensuite ce tuyau par son
lire extrémité.

Faire détonner le chlore.


1
Onfait passer dans un ballon un mélange de
ore et degaz. hydrogène; on bouche le bal-
et on l'expose au soleil, au bout de quelques
Itants il se produit une forte explosion.
20
338

Unebouteille bien bouchée, étant remplie d'eau, faire t


changer cette eau en vin sans la déboucher. i

Faites exécuter par un ferblantier, un petit t


réchaud construit dans la forme indiquée par l
la figure 17, c'est-à-dire qu'il soit extérieure- r
F
Fig.17.

ment construit comme un réchaud ordinairer


d'environ quatre pouces de diamètre, qu'il ait
un double-fond A B éloigné de son vrai fond G :
d'environ trois à quatre lignes; élevez au mi-!
lieu du fond A B ( lequel doit être percé d un
trou circulaire), un tuyau ou cylindre de fer-
Alane F de quatre pouces de hauteur sur un'
pouce et demi de diamètre, et placez au-dessous
la soupape C qui doit être soutenue par le
ressort D, lequel doit être ajusté entre ces deu>ppeti
fonds. Cette soupape sert à empêcher qu or-
aperçoive le double-fond, ou plutôt la caviU
qui se trouve entre ces deux fonds.
Ayez une petite bouteille de verre blanc
339
environ six pouces de hauteur, qui puisse
ntrer facilement dans le tuyau de fer-blanc,
t dont le poids, lorsqu'elle est remplie d'eau
uisse abaisser la soupape G; percez le fond de
îtte bouteille de deux ou trois petits trous de
grosseur d'une épingle; emplissez-la d'eau de
viere bien claire, et bouchez-la ensuite bien
vactement; versez entre les deux fonds de ce
ichaud, et par le tuyau F, du vin rouge le plus
.ger, et cependant le plus foncé en couleur que
)us pourrez avoir.
ILorsqu'ayant posé cette bouteille bien bou-
lee dans le cylindre creux, ou tuyau F, son
nd percé de ces petits trous dans le
trempera
Ill, renfermé dans la soupape, 1eau qui est
ius pesante que le vin, sortira par les trous
[ts au fond de cette bouteille, etl'air ne
nt y entrer et remplacer ce qui en sortira, pou-
vin y remontera en pareille quantité, en
Je sorte qu'au bout de la
quelque temps (*)
nteille se trouvera entièrement remplie de
ii, et si on la retire alors de dedans le cylindre,
Ille s'en écoulera aucuné partie par ces deux
IIUS,attendu que l'air n'y @peut entrer: il pa-
îtra donc que l'eau qui y était contenue, aura
Il changée en vin.
r)n prendra la bouteille, et sans affec-
posant
tion le doigt à l'endroit où elle est percée
[boucher le trou, on l'emplira d'eau, on la pour
lâchera aussitôt très-exactement, et on annon-
ia qu'on va la changer en vin; pour cet
lia posera dans le effet,
réchaud, comme il a été
lilique après y avoir mis à l'avance, et secrè-
hent, le vin qui doit entrer dans la bouteille:

1) Plus la différence respective du poids de ces


U liquides sera grande, plus cette opération sera
Inpte.
340
de temps après on retirera la bouteille, et
peu
on la fera voir pleine de vin, et posant le doiej
sur les petits trous, on la débouchera et on le
versera dans un verre, afin de faire connaîtra
cette nouvelle liqueur est effectivemen
que vin.
du

Baguette magnétique.
1
C'est une petite baguette de bois d'ébène o
autre, de la longueur d'environ neuf à di
et de quatre à cinq lignes de grosseui
pouces,
Elle est percée dans toute sa longueur d'un tro
de deux à trois lignes de diamètre, propre j
recevoir une petite verge d'acier d'Angleteri
très-fin, et fortement aimantée. Cette petite b
est fermée par ses extrémités avec de
guette entrer vi
petits boutons d'ivoire qui doivent y
à-vis, et très-différemment configurées afin
reconnaître aisément de quel côté so
pouvoir
les pôles du barreau d'acier renfermé.
Lorsque vous présenterez le pôle septentrio d une Î
de cette baguette au pôle septentrional
aimantée suspendue librement sur &
guille se soûl
pivot, ou à un corps léger, nageant et
nant librement sur l'eau ou sur tout autre tlui
et dans lequel vous aurez inséré un petit barre
d'acier aimanté, ce corps s'approchera alors
cette baguette, et lui présentera le côté du b
reau renfermé où est son sud.
On peut exécuter un grand nombre de ré
tions avec cette baguette. s
1 341

es encres sympathiques et de quelques jeux qu'on


peut exécuter par leur moyen.
1
On appelle encres sympathiques ou de sym-
athie, certaines liqueurs qui, seules, ou dans
mr état naturel, sont sans couleur, mais qui,
ar l'addition d'une autre liqueur ou de quelques
irconstances particulières, prennent de la cou-
îur, quelle qu'elle soit.
La chimie présente un grand nombre de li-
ueurs de cette espèce, dont nous allons faire
Dnnaitre les principales et les plus curieuses.
1
1. Ecrivez avec une dissolution de vitriol
ert, dans laquelle néanmoins vous aurez ajouté
n peu d'acide; cette dissolution étant absolu-
ment décolorée, on ne verra point l'écriture ;
')rsque vous la voudrez voir, plongez-la dans
ne eau où aura été infusée de la noix de galle,
u imbibez le papier avec une éponge plongée
ans cette eau, récriture paraîtra aussitôt. En
i Tet, il est aisé de voir qu'il se forme ici une
acre sur le papier. Dans la formation de l'encre,
ti combine les deux ingrédiens avant que de
en servir pour écrire, ici l'on ne combine que
écriture faite: voilà toute la différence.

1:2. Si vous voulez une encre qui se colorerait


1 bleu; après avoir écrit avec la dissolution
Iide du vitriol vert, vous humecterez l'écriture
; rec une liqueur préparée de la manière sui-
f inte :
r Faites détourner avec un charbon ardent 4
aces de nitre avec 4 onces de tartre, vous met-
342
trez ensuite cet alcali dans un creuset, avec 4
onces de sang de bœuf desséché, et vous couvri-
rez le creuset d'un couvercle percé seulement;
d'un petit trou; calcinez ce mélange à un feu;
très-modéré, jusqu'à ce qu'il np sorte plus dd
fumée, après quoi vous ferez rougir le tout mé4
diocrement; la matière qui en sortira, vous la
plongerez encore toute rouge dans-deux pintes
d'eau, où elle se dissoudra; en faisant bouillii
cette eau, que vous réduirez enfin à la moitié l
vous aurez une eau avec laquelle, si vous hu
mectez l'écriture tracée de la manière ci-dessusi
elle prendra aussitôt une belle couleur bleues
Car, dans cette opération, il se forme, au liei)
d'une encre noire, un bleu de Prusse.
t
3. Dissolvez du bismuth dans de l'acide nir
treux, ce sera la liqueur avec laquelle vou
écrirez. Pour la faire paraître, vous vous servire-
de la liqueur suivante: Faites bouillir une fort!
dissolution d'alcali fixe sur du soufre en poudrl
très-fine, jusqu'à ce qu'il en ait dissous autani
qu'il se peut: il en résultera une liqueur qUI
exhalera, on l'avoue, une odeur fort désagréable
aux vapeurs qui en sortiront 1 ècnturi
Exposez
ci-dessus, elle se colorera en noir.

L'Oracle magique.
F
On écrit sur plusieurs feuilles de papier, <
avec de l'encre ordinaire, et au-d
questions
sous on écrit les réponses avec la dernière en
sympathique. On doit avoir plusieurs
la même question et les feuy
réponses dj
portant aisé à
rentes, afin que l'artifice soit moins
s
çonner. !
i
1 343
! Ayez ensuite une boîte que vous appellerez
Ll'antre de la Sibylle, ou autrement, et qui dans
I:son couvercle contiendra une plaque de fer très-
'1chaude; en sorte que son intérieur puisse être
(échauffé jusqu'à un certain degré.
Après avoir fait choisir des questions; vous
1 prendrez les feuilles choisies, et vous direz1que
'vous allez les envoyer à la Sybillcou à l'Oracle
en avoir la réponse, et vous les placerez
1pour la boîte échauffée ; enfin, après quelques
ans
.minutes, vous les retirerez, et vous montrerez
les réponses écrites. Il faut bien vite remettre à
Ipart ces feuilles: car si elles restaient entre les
mains des témoins du tour, ils s'apercevraient
que les réponses s'effacent peu à peu, à mesure
le papier se refroidit.

1que

Des végétations métalliques et non métalliques.

C'est un spectacle des plus curieux de la chi-


mie, que de voir s'élever dans un vase une espèce
d'arbrisseau, de le voir pousser des branches,
.quelquefois même des espèces de fruits. Cette
i image trompeuse de la végétation , a fait donner
à cette le nom de végétation chimique
et métallique.
opération

Arbre de Mars.

I1 Dissolvez dans de l'esprit de nitre médiocre-


ment concentré, de la limaille de fer, jusqu'à
j saturation. Ayez ensuite de la dissolution d'alcali
la
344
/» J. A x r « _--__11
II 1'-_.L
M _1
_LI
nxe ae tartre,. communemeni appeie nuiie aej
tartre per deliquium: vous la verserez peu à
peu dans la première dissolution: il se fera unei
forte effervescence, après le fer, ait
lieu de tomber au fond du laquelle
vase, s,s'élèvera
'élèvera au:
au
contraire le long de ses parois, le tapissera eu
dedans, et formera une multitude de
amoncelés les uns sur les autres, qui débordera
souvent et se répandra sur les parois branChagei
extérieures
du vase, avec toute l'apparence d'une plante. Sii
ce qui arrivera quelquefois, il se répand de lcj
liqueur, il faut avoir soin de la recueillir et do
la remettre dans le vase; elle formera de nouJI
veaux branchages qui contribueront à
la masse de cette espèce de végétation.augmente, F
On donne ici les représentations de deux dé
ces végétations, tirées d'un mémoire de M. Lé.
meryfils, inséré parmi ceux de l'Académieil
annee 1706 (Voyez figures 18 et 19), on lit uni
explication assez vraisemblable de ce phénoi
mène parmi ceux de 1707.
1

Végétationnon métallique.

Faites détourner avec un charbon ardent 1


onces de salpêtre, que vous mettrez ensuite à 1s
cave, pour qu'il en résulte une huile de tartre
per deliquium ; versez dessus peu à peu, et jusl
saturation parfaite, de bon esprit de vitrio f
qu'à
faites évaporer toute l'humidité, et vous aurert
une matière saline, blanche, compacte et trèsi
acre. Vous la mettrez dans une écuelle de erèsif
vous verserez dessus un demi-setier (*) d'eaJ

(*) On entend communément par demi-setier,


moitié d'une chopine ou le quart d'une pinte.
345

Fig.18.

Fig.19.
346
laisserez le tout à l'air; au bout
froide, et exposé
il se for-
de quelques jours l'eau s'évaporera ; et
mera de côtés et d'autres des branchages en
forme d'aiguilles diversement entrelacées, et qui
auront jusqu'à 15 lignes de longueur. Lorsque
l'eau sera entièrement évaporée , si on en ajoute
de nouvelle, la végétation continuera.
Il est aisé de voir que c'est ici une simple
cristallisation d'un sel neutre, forme de 1 acidc
vitriolique et de la base du nitre, c est-à-dirc
d'un tartre vitriolé.

Fondre du fer dans un instant, et le faire couler


en gouttes.

Il faut faire chauffer à blanc une barre de fc


et ensuite lui présenter une bille de soufre; ;
ter se mettra tout de suite en fusion, et coulei)
en gouttes. Il sera à propos d'exposer au-dessouil
une terrine pleine d'eau, dans laquelle
couleront s'éteindront aussitôt..
gouttes qui faire la grf
On se sert de ce procédé pour
car ces grains (E
naille de fer pour la chasse,
fer fondu tombant dans l'eau, s'y arrondisse
assez bien.
1-
(m'Annpnt tpnir finfusion, sur une feuille
Aiiînrvû
au-dessus de la flamme d'une bougie
papier,

se de pld
Cet alliage compose d'une partie le for
une de zinc et une de bismuth. On
faisant fondre ensemble ces trois matière
un creuset. 1
I
347

Alliagefusible dans l'eau bouillante.

Faites fondre ensemble huit parties de bis-


imuth, cinq de plomb et trois d'étain. Cet
est d'un gris de plomb; il est si fusiblealliage
quil
fond dans l'eau chauffée à 95°. On
emploie cet
alliage pour clicher les médailles, plomber les
dents, etc.

Pièce d'argent fondue dans la main.

Faites un amalgame de mercure et de


râpures
a etain ou de plomb; cet amalgame est fort
mou,
3t fond quand on le tient dans la main; on de-
mande unécu, on l'escamote, en feignant de le
cacher dans la main où est l'amalgame, quel'on
ait couler sur le plancher.
1
Eau qui brûle sur la main sans attaquer la peau.

t
Après avoir mélangé à parties égales du sain-
toux, de l'huile de pétrole et de térébenthine,
t de la chaux vive, et avoir battu le tout
onvenablement, on obtient, en distillant ce mé-
inge, une eau quel'on peut faire brûler sur la
eau sans ressentir la moindre douleur.
*
aire rouler des gouttes d'eau sur du papier sans que
1 les gouttes se rompent.

Si, après avoir frotté la surface d'une feuille


e papier à écrire d'un peu de poussière de
ly-
348
copode ou de vesse-de-loup, on y fait tomber
de l'eau en petites quantités, l'eau se formera
aussitôt en gouttes distinctes, qui toucheront
le lycopode en quelques points seulement, et
qui rouleront sur le papier avec une rapidité:
extraordinaire sans se rompre.

Caractèresqu'on ne peut apercevoir qu'en les trempanti


dans l'eau.

Faites dissoudre une quantité suffisante d'à- j


lun dans de l'eau, et servez-vous-en pour écrire
tels caractères que vous voudrez, si vous trem-f
piez dans l'eau le papier où ils ont été tracés r
et qu'ensuite vous les présentiez au jour, vous y
distingueriez très-bien ce qui était invisiblement
écrit, attendu que ces caractères seront beau-
coup plus obscurs que le reste du papier, el
qu'ils seront bien plus longtemps à s'imbiberI.
cet effet aura lieu, quand même il y aurait long-v
temps qu'ils seraient tracés. Lorsqu'on se ser ,
de cette méthode, il faut écrire premièremei
des choses indifférentes, et ensuite dans des inter;
lignes ce qu'on désire être secret.
NOTA. - C'est par ce même moyen qu'on em, ,.
pêche le papier de s'imbiber ou de boire 1;
couleur ou 1 encre; à cet effet on trempe dan
cette eau les estampes qu'on veut colorer, ou 1 -
papier dont on doit se servir. -

Caractères qui paraissent étant trempés dans l'eau.,

Faites bouillir pendant deux heures, dar


un pinte de vinaigre, deux onces de lithar|»
réduite en poudre et l'ayant laissée repose.
349
,versez-la par inclinaison et passez-la dans un
.linge (1), conservez cette liqueur dans une bou-
teille bienbouchée et servez-vous-en pour écrire
ou tracer ce que vous voudrez, les caractères
étant secs ne paraîtront en aucune façon. Lors-
que vous voudrez les rendre visibles, trempez
ce papier dans du jus de citron ou de verjus, et
ils paraîtront d'un blanc de lait qui effacera ce-
lui du papier dont vous vous serez servi, ils
subsisteront même encore, lorsque le papier
sera séché. La litharge qui a été dissoute ,
étant une chaux de plomb qui se précipite sur
le papier au moyen de l'acide dans lequel on le
trempe.

Caractères qui paraissent étant exposés au feu.

Prenez du jus de citron, et servez-vous-en


pour tracer avec une plume neuve, quelques ca-
'actère's sur du papier. L'ayant laissé sécher,
;i vous les exposez un peu au feu (2), ils paraî-
tront aussitôt d'une couleur brune, attendu que
et acide, concentré par la chaleur, brûlera un
; i)eu le papier aux endroits où la plume aura
oassé. Ce même effet aura lieu en employant
ilifférents acides ou les sucs de divers fruits.
I.e jus de cerise donnera une couleur verdâtre;
[ lelui d'oignon une couleur noirâtre; l'acide
! ritriolique affaibli dans une grande quantité
l'eau, une couleur rouge; le vinaigre, une cou-
leur rouge pâle, etc. Le degré de chaleur pour
aire paraître les caractères écrits avec ces dif-

(1) Cette dissolution se trouve faite chez les dro-


- S'uistessous le nom d'EXTRAIT DE SATURNE.
(2) Onpeut également les exposer au feu longtemps
jprès qu'ils ont été écrits.
350
férents acides, n'est pas le même; le jus de citron
est celui qu'il faut le moins chauffer.

Caractères qui paraissent étant exposés à l'air.

Faites dissoudre dans l'eau régale, autant d'or


fin que vous pourrez, affaiblissez ensuite cette
forte dissolution en y mettant deux ou trois fois
autant d'eau commune.
Cette dissolution d'or par l'eau régale, peut
servir à former sur du papier une écriture qui
disparaîtra en se séchant, si on a soin de la tenir
renfermée et de ne pas l'exposer au grand air: 1
et ces mêmes caractères paraîtront au bout
d'une heure ou deux, si on les expose au soleil.
Si on fait dissoudre à part de 1étain fin dans
l'eau régale, et qu'après que ce dissolvant se ;
sera bien chargé de cette substance métallique, on 1
y ajoute une pareille quantité d'eau commune,
on aura une liqueur propre à faire paraitre sous
une couleur purpurine, assez foncée (*) les ca- -
ractères écrits avec l'encre sympathique d'or ci-
dessus. Il suffira d'y tremper un pinceau ou une
petite éponge bien fine, et la passer légèrement
sur le papier.
Cette même dissolution d'étain pourra encore rv
servir à tracer sur le papier des caractères, qui j
paraîtront de même que ceux faits avec l'encre v
sympathique d'or, si on les expose au soleil ou i
au feu.

(*) Onpeut effacerla couleur pourpre de cetteencre i


en la mouillant d'eau régale, et la laissant ensuite sé- r
cher on pourra la faire reparaître une seconde fois
avec la dissolution d'étain.
A
351

L'écriture dans la poche.

Prenez plusieurs petits carrés de papier en


été desquels vous écrirez (avec de l'encre ordi-
laire) diverses questions, et servez-vous de
encre sympathique d'or pour écrire au-dessous
l'elles leurs réponses.
Conservez tous ces petits papiers en les tenant
nen renfermés dans un livre ou dans un porte-
euille; jusqu'à ce que vous vouliez vouren ser-
présentez-les alors à une personne, et dites-
ir,
ai d'y choisir celui qu'elle voudra; et lui ayant
lit remarquer qu'il n'y a rien autre chose écrit
ur ce papier, dites-lui de le mettre dans sa
oche et. de l'emporter chez elle, et de le mettre
ir sa cheminée ou dans tout autre endroitoù il
e soit pas renferme, afin que pendant la nuit
ous trouviez le moyen de transcrire une ré-
onse au bas de cette question, qui se trouvera
nfectivement visible dès le lendemain, si le
apier a été mis dans un endroit sec.
NOTA. — Comme cette encre
marque un peu le
ipier d'une petite teinte jaunâtre, il ne faut pas
; servir d'un papier qui soit trop blanc, mais au
ontraire d'un blanc un peu sale, tel qu'est le pa-
'el' commun.

apierpréparé pour écrire des caractères invisibles.

ïAyez de la graisse de porc qu'on nomme com-


-imement saindoux, et l'ayant bien exactement
Jelee avec un peu de térébenthine de Venise,
352
prenez-en une petite partie, et étendez-la très-
également et bien légèrement sur du papier fort
mince; servez-vous à cet effet d'une petite éponge
très-fine.
Lorsque vous voudrez faire usage de cette pré- -
paration pour écrire secrètement une lettre à un r
ami, posez ce papier ainsi préparé sur celui que ;<
vous devez envoyer; et tracez ce que vous voulez t
écrire sur ce premier papier, en vous servant >.
d'un stylet un peu émoussé; de cette manière, il ,
s'attachera une matière grasse au deuxième pa-
pier vers tous les endroits où ce stylet aura passé,
et celui qui recevra votre lettre, pourra la lire?
en y semant quelque poussière de couleur, ou J
du charbon tamise très-fin.

Applicationdu papier ci-dessus, pour tracer facilement


toutes sortes de dessins.

Mêlez exactement dans la composition ci-des-


sus, un peu de noir de fumée bien fin, et servez-
vous-en pour en induire fort légèrement un pa-
pier très-mince, essuyez-le bien également jus-
qu'à ce qu'en le posant sur le papier blanc, et
appuyant la main dessus ce premier, il ne puisse
tâcher l'autre en aucune façon.
Lorsque vous aurez attaché sur ce papier, le
dessin dont vous voulez former le trait, et pos(
le tout sur un papier blanc, vous pourrez er
suivant correctement avec le stylet tous les trait.,
de ce dessin, les transporter sur ce dernier pa-
pier. Il en sera de même si au lieu de papier
vous employez de la toile un peu fine, ou di
taffetas; de cette manière il sera facile, sans savoii
dessiner, de peindre des fleurs sur des étoffes
il 353
il suffira, après qu'elles seront tracées, de les
enluminer et de nuancer dans les couleurs les
plus convenables en employant les couleurs li-
quides fort légères (*), afin qu'elles ne soient pas
^sujettes à s'écailler, et même à s'étendre, si les
étoffes venaient à être un peu mouillées.
1
Tracer des caractères qui paraissent et disparaissent à
volonté, au moyen de l'encre sympathique verte.

1 Prenez du safre en poudre, et faites-le dis-


soudre dans l'eau régale pendant vingt-quatre
heures, avec un feu très-doux; tirez ensuite
,la liqueur à clair par inclinaison; ajoutez-y au-
tant, et même deux fois plus d'eau commune (**)
!3t gardez cette liqueur dans une bouteille bien
; oouchée.
* Ce que l'on écrira avec cette encre sera invi-
! sible, et ne paraîtra que lorsque l'on exposera le
kf mpier à une chaleur modérée, ou aux rayons
ri l'un soleil très-ardent; les caractères seront
"i l'une couleur verte semblables à ceux qu'on
ri )ourrait former avec le vert d'eau dont on se
; ert pour laver les plans; ce qu'il y a de plus
; particulier dans cette encre, c'est qu'aussitôt que
e papier est refroidi, et qu'il a pu être pénétré
le l'humidité ordinaire de l'air, les caractères
; [ue la chaleur avait fait
paraître, disparaissent
0 Les meilleures couleurs à employer sont le vert-
'eau, le carmin, la gomme gutte, le bleu de Prusse
v iquide, la liqueur faite avec de la suie de clieminée,
r: u'on nomme bistre, le vert de vessie, et la pierre
e fiel.
,- ('*) Si cette encre corrodait le papier, il faudrait y
> jouter une plus grande quantité d'eau.
21
354 1
entièrement, ce qui peut se répéter même un
assez grand nombre de fois, pourvu cependant
qu'on ne chauffe pas trop le papier, attendu
que si, par une trop grande chaleur, l'écriture
prend une couleur de feuille-morte, elle ne dis-
paraît plus.

Encre pourpre.

Au lieu d'employer de l'eau régale pour dis-


soudre le soufre, servez-vous d'eau forte, et je-
tez-y peu à peu du sel de tartre pour éviter une
trop grande fermentation; laissez-la reposer, et
l'ayant tirée a clair-, versez-y une certaines
quantité d'eau.
Ce que l'on écrira avec cette liqueur, ne sera
-visible que lorsqu'on présentera le papier aU
feu, et les caractères auront alors une couleur
purpurine qui disparaîtra aussitôt que l'écriture
sera refroidie.

Encre rose.
t
Ayant fait dissoudre le safre dans l'eau-forte {
si au lieu de sel de tartre, vous y mettez du sal.,
pêtre bien purifié, vous vous procurerez une
encre rose, qui disparaîtra en se séchant, et re-
naîtra en la présentant au feu. !i
Nota.-Ces trois sortes d'encre peuvent se mê-
ler ensemble, et produire des encres d'autres
couleurs sans alterer leur vertu; en mêlant 1;
pourpre avec la verte, on fera une encre bleue
en mêlant la pourpre avec la rose, on aura UIH
encre gris de lin..
1
3S5

Tableau représentant l'hiver,


lequel change et repré-
sente le printemps.

soit très-peu chargée de l'hiver, qui


Ayez une estampe représentant
gravure; et
ajoutez-y sympathique verte
peignezet aux
endroits convenables) des
(avecl'encre feuilles, en observant
er les arbres pourfeuil-
qui sont
le vousservir d'une encredans
plus faible
les lointains, em-
ployez les autres encres à peindre
leurs couleurs peuvent avoirles obiets aux-
juels quelque rap-
e tout,cette
)ort; et préparation
mettez votreétant faite, laissez sécher
arni d'un verre, couvrez-la estampe sous un cadre
par derrière d'un
ÇsK Seulement coUésur cette bordure.
ce à un feu mo-
Lorsqu'on présentera tableau
éré, ou qu'on l'exposera pendant quelque
l'ardeur du soleil, tous les temps
taient restés invisibles objets colorés qui
paraîtront; lesarbres
garniront ddfeuilles, et ce tableau qui
entait l'hiver, offrira tout-à-coup l'image du repré-
rintemps; aussitôt qu'il sera
refroidi, il repren-
ce qui procurera la satis-
'a son premier état,cet amusement autant de
l<itiï
i on lenriprePet,®nr
jugera à propos. fois

Rose changeante.

une rose rouge ordinaire, et qui soit


Prenez
tierement épanouie; allumez dela braise dans
réchaud, et jetez-y un peu de soufre commun
luit en poudre; faites-en recevoir la fumée et
vapeur à cette rose, et elle deviendra blanche:
356
dans l'eau, peu d'heures'
si on la met ensuite
elle reprendra sa couleur naturelle.
après
i
récriture sur le papier et
Manière de faire disparaître
le parchemin.
1
faut prendre 8 do
On prétend qu'il grammes avec 11
chair de lièvre brûlée et pulvérisce,
de chaux vive aussi pulvérisée, mêlel
le mettre sur le papier ou pan
grammes
le tout ensemble, et uiu
un jour
chemin, et l'y laisser pendant effacées. I.
nuit; tau tes les lettres se trouveront
la chaux vive toute seuh
ya lieu de croire que avec une cendre anima>
ou peut-être mêlée
os calcinés réduits en poudrtl
quelconqueou des On sait aussi que le
produirait le même e ffet.
acides légèrement affaiblis, dissolvant les partI
cules métalliques du fer qui donne de
noire à l'encre, ont la propriété la coulülI
dit faire
Kunel, disp::(
raître l'écriture. Il faut prendre, LlI!
demi-once d'ambre jaune ou gris, le broyerdatl
une once d'huile de vitriol ou d cau-forte, surpasb ch
ensuite avec un pinceau de ce mélange mais,,
que lettre qui sera aussitôt emportee:
faut ensuite y mettre un peu d'eau sans
quoioIf
papier deviendrait jaune.
H
d'uncca
Faire paraîtreen caractère lumineuxle nom
a choisie librement dans un jeu
qu'une personne

de cartes comme il
Ayez un jeu disposé l'e"'
au tour et IL1 ordre des cartes à
indiqué et avoir
de les nommer toutes; après
donw':\
1
1 357
couper à plusieurs personnes, étalez ce jeu sur
la table, dites à une personne d'y choisir libre-
ment et au hazard, telle carte qu'elle voudra;
lorsqu'elle aura pris cette carte, reprenez le jeu,
at enle relevant, partagez-le en deux à l'endroit
où la carte a été tirée; et mettez celle qui la pré-
cédait au-dessous du jeu, et sous prétexte de
faire voir que ce sont bien toutes cartes diffé-
rentes, tenez le jeu de manière qu'une personne
cachée dans un cabinet voisin puisse apercevoir
cette dernière, et connaître par conséquent celle
qui a été tirée, donnez-lui le temps d'en écrire
le nom en grands caractères sur un carton noir
qui doit être placé vis-à-vis un trou communi-
quant à ce cabinet, dites alors à cette personne
ie regarder par ce trou, et qu'elle verra sa carte.
Sa surprise sera fort grande de l'apercevoir écrite
3n caractères lumineux; particulièrement si la
chambre est obscure, attendu qu'alors elle n'a-
aercevra rien autre que celui qui aura été ainsi
écrit.

Nouvellemanière de ramoner une cheminée.

1 La trop grande quantité de suie peut gêner


passage de la fumée; il faut alors faire ramo-
'e
ner la cheminée; mais veut-on une nouvelle ma-
lière prompte et sûre de nettoyer les tuyaux de
cheminée, et d'en faire tomber la suie sans avoir
)esoin de ramoneur? employez le procédé sui-
rant :
Broyez bien dans un mortier chaud, et mêlez
ensemble trois parties de salpêtre, deux parties
le sel de tartre, et une partie de fleur de soufre,
nettez-en sur une pelle de fer autant qu'il en
)eut tenir sur une pièce d'un franc, exposez la
)elle sur un feu clair près le fond de la chemi-

r
j!
358
née. Sitôt que le mélange commencera à bouil-
lir, il fulminera de manière que le seul mouve-
ment subit de l'air élastique contenu dans le
tuyau de la cheminée, fera tomber sans aucun
dommage, ni danger, la suie, aussi bien et même
mieux que pourrait le faire un ramoneur.
Si le premier coup ne suffisait pas pour net-
toyer le tuyau aussi bien qu'on le désire, on
peut répéter l'opération.

Vin de champagne d'attrape.


1

Remplissez d'eau de rivière, jusqu'aux trois


quarts et demi, une bouteille ordinaire, que
vous boucherez avec un bouchon troué dans sa
longueur, armé dans sa partie inférieure d'une
petite soupape.—Tâchez, à l'aide d'un bon souf-
flet, d'y introduire une certaine quantité d'air
la soupape laissera entrer, sanslui permettre
quesortir; et couvrez le bouchon avec un morceau
de
de cuir ou de parchemin, que vous attacherez
au col de la bouteille avec du bon fil ou de la fi-
celle, quand vous serez avec un gourmet que
vous voudrez faire (c'est le mot pour dire attra-
per), mettez cette bouteille sur la table, avec
cette étiquette: Vin de Champagne. Priez le
gourmet de la déboucher après lui avoir fait
donner un verre: il n'aura pas plutôt détaché le
cuir ou le parchemin, que le bouchon, repoussé
par l'air comprimé, sautera au plafond avec ex-
plosion, et votre homme concluant de là que le
vin est bon, se trouvera bientôt confus de voir
que vous ne lui avez servi autre chose qu'un
plat de votre métier.

, 1
359

Argent fulminant.

Que l'on fasse dissoudre de l'argent pur dans


de l'eau forte étendue d'un peu d'eau, et qu'on
ajoute un peu d'eau de chaux; le métal se pré-
cipite. Après avoir filtré et séché, que l'on jette
sur ce produit un peu d'ammoniaque liquide,
3t l'on obtiendra une poudre noire qui sera de
Argent fulminant. Ce produit est bien plus dan-
gereux encore que l'or fulminant; il détonne avec
)ien plus de violence, et il suffit du contact le
)lus léger, ou d'une goutte d'eau jetée à sa sur-
ace pour qu'il fasse explosion et renverse tout
mtour de lui'.

iommentun corps de nature combustible, peut être


sans cesse pénétré de feu sans se consumer.
1
Il faut renfermer dans une boîte de fer un
harbon qui en remplisse toute la capacité; et
ouder le couvercle de la boîte. Si vous la jetez
nsuite dans le feu, elle rougira: vous pourrez
nême l'y laisser plusieurs heures, plusieurs
Durs: lorsqu'après l'avoir laissé refroidir vous
'ouvrirez, vous trouverez le charbon dans son
ntier, quoiqu'on ne puisse douter qu'il n'ait été
lénétré de la matière de feu, tout comme le mé-
al de la boîte dans laquelle il était enfermé.
Voici la cause de cet effet. Pour que le char-
i on et tout autre corps combustible se consume,
1faut que le phlogistique ou la partie inflam-
mablepuisse s'exhaler; car on sent aisément que
360
ce qui fait qu'un corps est inflammable, doit être
de sa nature indestructible, et que le feu ne fait
que la dissiper. Mais cette dissipation ne peut
avoir lieu dans un vaisseau clos: ainsi le phlo-
gistique reste toujours appliqué à la matière pu-
rement terrestre du charbon, par conséquent il
doit toujours rester dans le même état.'
C'est là la cause pour laquelle des charbons
couverts de cendres, tardent plus longtemps à
se consumer, que s'ils restaient exposes à l'air
libre, phénomene qui, quoique connu de tout
le monde, serait difficile à expliquer pour tout
physicien qui ignorerait cette propriété du phlo-
gistique, et l'expérience ci-dessus qui la cons-
tate.

Percer la tête d'un poulet avec une aiguille sans lui


donner la mort.

Les charlatans exécutent ce tour en introdui-


sant une aiguille au milieu de la tête du poulet
qui correspond entre les deux lobes du cerveau;
on peut l'enfoncer à tel point qu'on pourra
clouer le poulet contre la table sans qu'il meure,
pourvu qu'on ne l'y laisse pas plus d'un quart
d'heure.

Transmutation apparente du fer en cuivre, ou en âr-.


gent et son explication.

Faites dissoudre du vitriol bleu dans de l'eau,


de sorte que cette eau en soit à peu-près satu-
rée; plongez alors dans cette dissolution de pe-
tites lames de fer, ou de la limaille grossière de
361
ce métal: ces petites lames de fer, ou cette li-
lmaille, s'y dissoudront, et la liqueur déposera à
ileur place un limon ou une poussière qui se
(trouvera être de cuivre.
Si le morceau de fer est trop gros pour être
[entièrement dissous, il se colorera en cuivre,
:en sorte que s'il n'est atteint que superficielle-
--"ment, il semblera qu'il ait été transmuté en ce
dernier métal. C'est là une expérience qu'on fait
faire ordinairement à ceux qui vont voir les
Imines de cuivre, du moins, l'ai-je vu faire à celle
Jde Saint-Bel dans le Lyonnais, une clé, plongée
(pendant quelques minutes dans une eau qu on
'recueillait au bas de la mine, en était retirée
«colorée en cuivre.
Dans une dissolution de mercure par l'acide
-marin, plongez du fer, ou sur du fer étendez
-iOcettedissolution, le fer se colorera en argent.
_0n a vu de hardis charlatans tirer parti de ce
":eu chimique, aux dépens de la bourse de gens
crédules et ignorants. 1
Il n'ya en effet ici de transmutation que pour
eux qui ignorent entièrement la chimie. Le fer
l'est point changé en cuivre; mais le cuivre tenu
";fidissolution par la liqueur imprégnée d'acide
j'itriolique, est simplement déposé à la place du
er, dont l'acide se charge en même temps qu'il
bandonne le cuivre. En effet, toutes les fois
:u'on présente- à un liquide tenant une substance
quelconque en dissolution une autre substance
:u'il dissout avec plus de facilité, il abandonne
ette première, et se charge de la seconde. Cela
:st si vrai, que la liqueur qui a déposé le cuivre
tant évaporée, donne des cristaux de vitriol
ert, que tout le monde sait être formé de la
combinaison de l'acide vitriolique avec le fer.
'est aussi ce que l'on pratique en grand dans
tte mine; on met la liqueur en question, qui
362 1
n'est qu'une solution assez forte de vitriol bleu,
dans des tonneaux ou de grands réservoirs car-
de la vieille ferraille, qui au
rés; on y plonge et l'on trouve
bout de quelque temps disparaît, et
à sa place un limon qu'on porte a la fonderie,
dont on tire du cuivre. On fait évaporer jusqu'à de
un certain point la liqueur ainsi chargée fer,
des baguettes de bois , qui se
et l'on y plonge sont
couvrent de cristaux de vitriol vert, qui
d'un débit courant dans le commerce. dissol-
Cette expérience se fera également, en
de l'acide vitriolique, et en
vant du cuivre dans dis-
étendant ensuite un peu, si l'on veut, cette
nouvelle que la li-
solution. C'est une preuve
a
le cuivre dont elle
queur ne fait que déposer
été chargée.

Diverses substances précipitées successivement par


l'addition d'une autre dans la dissolution.

le
On a vu dans l'expérience précédente,
cuivre précipité par le fer, nous allons présen-
le fer lui-même. Pour-cet ef-
tement, précipiter
la dissolution de fer, un morceau
fet, jetez dans dissoudra, le fer
de zinc; à mesure qu'il s'y ai-
tombera au fond du vase, et l'on reconnaîtra
c'est du 1er, car cette poussière sera
sément que
attirable à l'aimant. Voulez-vous présentement dans
le zinc , vous n avez qu'à jeter
précipiter morceau de calcaire,
cette dissolution un pierre
blanc exemple, ou d'une autre
de marbre par
dont on peut faire de la chaux,
pierre quelconque cette nouvelle ma-
l'acide vitriolique attaquera vase une
tière, et laissera tomber au fond du
sera du zinc.
poussière qui cette terre cal-
Pour précipiter maintenant
I 363
saire, vous n avez qu'à verser dans la liqueur
le 1 alcali volatil fluide, ou y jeter de cet alcali
volatil sous la forme concrète ou solide, la ter-
Ie sera abandonnée par l'acide, et sera
m fond du vase. déposée
Vous précipiterez également, et même encore
nieux, cette terre calcaire, en versant dans la
de l'alcali fixe en solution, comme l'est
iqueur
ordinairement l'alcali fixe végétal, ou en y jetant
le l'alcali fixe minéral.
C'est par un effet semblable, que les eaux
lures décomposent le savon au lieu de le dis-
oudre, et laissent tomber au fond une quantité
lus ou moins grande de terre calcaire. Voici
omment cela se fait :
Les eaux dures ne le sont ordinairement que
arce qu'elles tiennent en dissolution de la sélé-
ite ou du gypse, qui n'est qu'une combinaison
acide vitriolique avec une terre calcaire, soit
ue cette eau ait coulé au travers des bancs de
bénite, soit que, contenant des sels vitrioli-
lies, elle ait coulé sur des bancs de terre cal-
ure, qu'elle aura dû attaquer.
1D'un autre côté, le savon n'est qu'une combi-
"lÎson assez forcée d'un alcali fixe avec l'huile
fi une autre matière grasse, combinaison
est pas d'une grande ténacité. qui
Lors donc que l'on fait dissoudre du savon
msune eau séléniteuse, l'acide vitriolique de
iosélénite ayant plus de tendeance à s'unir avec
alcali fixe du savon, qu'avec la terre calcaire
ni entre dans la composition de la sélénite, il
j andonne cette terre, se combine avec l'alcali
'e, de sorte que le savon est décomposé, et,
Imme l'huile est immiscible avec l'eau, elle s'y
if iperseen petits flocons, tandis que la terre
Sùcaire de la sélénite tombe au fond.
1 Voilà un nouvel exemple de l'usage de la chi-
364 j
mie, pour rendre raison de certains effets vul-
que tout physicien, qui n'est pas éclairé
gaires,
de son flambeau, ne saurait expliquer, au grand
scandale des gens ignorants, qui lui feraient
volontiers la réprimandé de la bonne femme à
l'astrologue tombé dans un
puits, i.
Avecdeux liqueurs, chacune transparente, produire
une liqueur noirâtre' et opaque. Manièrede faire de
la bonne encre.
1
Ayez d'un côté une dissolution de vitriol fer-
rugineux ou vert, et de l'autre une infusion de
noix de galle, ou de quelque autre matière vé-
et astringente, comme les feuilles de chêne,
gétaletirée au clair et filtrée, mélangez une li-
bien
queur avec l'autre: vous verrez aussitôt le com-
posé s'obscurcir, et devenir noir et opaque. 4

Si vous laissez néanmoins reposer la liqueur,
la partie noire qui y était d'abord suspendue,
tombera au fond et la laissera transparente.
Cette expérience donne la raison de la forma-
tion de l'encre ordinaire; car l'encre que nous
employons n'est autre chose qu'une dissolution j.
de vitriol vert, mélangée avec l'infusion de noix f
de galle et de la gomme. La cause de sa noir- ?
ceur n'est autre que l'effet de la propriété de la Il
noix de galle, de précipiter en noir ou en bleu
foncé le fer tenu en dissolution par l'eau impré- :';
gnée d'acide vitriolique. Mais comme ce fer ne if1
tarderait pas à tomber au fond, pour le prévenir, :;
on y met de la gomme qui donne à l'eau une :'.
viscosité suffisante pour empêcher que ce fer, -
infiniment atténué ne se précipite.
Le lecteur ne sera peut-être pas fâché de
_L
365
trouver ici la manière de faire de très-bonne
encre.
Prenez une livre de noix de galle, six onces
de gomme arabique, six onces de couperose
verte, quatre pintes d'eau commune ou de
bière; concassez la noix de galle, et faites-la in-
fuser à une chaleur douce pendant 24 heures et
sans bouillir. Ajoutez la gomme concassée et
laissez-la dissoudre, enfin ajoutez le vitriol vert,
il donnera aussitôt la couleur noire. Vous pas-
serez le mélange au tamis, et vous aurez une
encre dont vous pourrez vous servir aussitôt.

Commenton peut produire des vapeurs inflammables


et fulminantes.

Mettez dans une bouteille de médiocre capa-


cité, et dont le col soit un peu large et pas trop
long, trois onces d'huile ou d'esprit de vitriol,
avec douze onces d'eau commune. Il faut faire
un peu chauffer ce mélange, après quoi vous y
jetterez à diverses reprises une once ou deux
de limaille de fer, il se fera une ébullition vio-
lente, et il sortira du mélange des vapeurs blan-
ches. Présentez une bougie à l'ouverture de la
bouteille, ces vapeurs prendront feu et feront
une fulmination violente; ce que vous pourrez
réitérer même plusieurs fois, tant que la liqueur
fournira de semblables vapeurs.
Il n'est pas bien difficile d'expliquer ce phé-
nomène, quand on sait que l'acide vitriolique ,
en s'unissant avec le fer, le prive d'une grande
quantité de son phlogistique ou de son principe
inflammable.
366 l
4
La chandelle philosophique. j
1
Ayez une vessie dont l'orifice soit garni d'un
tube de métal de quelques pouces de longueur,
qui puisse s'adapter dans le col de la bouteille
où vous ferez le mélange de l'expérience précé-
dente. Après en avoir laissé sortir l'air expulsé
parla vapeur ou le fluide élastique qui est pro-
duit par la dissolution,' appliquez au col de
cette bouteille l'orifice de la vessie, dont vous
aurez auparavant exprimé l'air avec soin. Elle
se remplira du fluide élastique produit par la
dissolution du fer. Lorsqu'elle sera pleine, re-
tirez-la et appliquez à 1 orifice la flamjne d'un
flambeau; cette vapeur s'enflammera, et brûlera
lentement, de sorte que si vous comprimez la
vessie, vous aurez un beau jet de flamme d'un
vert jaunâtre. Voilà ce que les chimistes ont
appelé la chandelle philosophique ou des chi-
mistes. i

Compositionde la poudre fulminante.


14
Il faut mélanger ensemble trois parties de
nitre, deux d'alcali fixe bien desséché, et une
de soufre; mettre ensuite ce mélange dans une
cuiller de fer, qu'on exposera à un feu doux,
néanmoins de fondre le soufre: lors-
capable
quil sera parvenu à un certain degré de cha-
leur, il détonnera avec un fracas épouvantable,
et tel qu'un coup de canon.
Cela n'arriverait pas, si cette poudre était ex-
posée à un feu trop violent, il n'y aurait alors
361
i que les parties les plus exposées au feu, et en
petite quantité, qui détonneraient tout-à-coup,
ce qui diminuerait de beaucoup l'effet.
Si on la jetait sur le feu, elle ne détonnerait pas
non plus, elle ne produirait guère d'autre effet
i que le nitre pur, qui détonne bien, mais sans
explosion.

Former une combinaisonqui, étant froide, soit liquide,


et au contraire, étant chauffée, devienne consistante
en forme de gelée.

Prenez parties égales d'alcali fixe, soit végétal,


soit minéral, et de chaux vive bien pulvérisée,
mettez-les ensemble dans une quantité d'eau
suffisan-te, que vous soumettrez a une forte et
prompte ébullition; filtrez ce qui en résultera :
ette liqueur passera d'abord avec difficulté par
e filtre, ensuite plus facilement, Conservez-la
lans une bouteille bien close. Faites-la de nou-
reau bouillir promptement, soit dans la bou-
eille, soit dans un autre vase, vous la verrez se
roubler et prendre tout de suite la consistance
Tune colle très-épaisse. Laissez-la refroidir, elle
eprendra sa transparence et sa liquidité, et celà
plusieurs reprises.
j.
Jeux poisons violents devenant, parle mélange, une
substance qu'on mange journellement.

Si l'on mêle ensemble de l'acide hydrochlo-


ique liquide, et une dissolution de soude caus-
que, ces deux poisons violents deviennent, par
sur mélange, du sel de cuisine.

368

Poudre insoluble produite par un mélange de deux


liquides.

Si l'on met dans un verre à boire une disso-


lution étendue d'hydrochlorate de baryte, et
gouttes d'acide sulfu-
qu'on y ajoute quelques
insoluble par le
rique, une poudre se
produite au fond
mélange de deux liquides précipitera
du vase, ce précipité est du sulfate de baryte.

Faire paraître tout à coup un éclair dans une chambre,


on y entrera avec un flambeau allumé.
quand

Il faut faire dissoudre du camphre dans de l'esprit


de vin placer ensuite le vase dans une chambre de
petite et bien close, et faire évaporer 1esprit
vinpar une forte et prompte ebullition; lorsque
dans cette chambre ave(
vous entrerez peu après sans au-
un flambeau, l'air s'enflammera, mais
cun danger, tant cette inflammation sera prompte
et de peu de durée. même effe
On obtiendrait probablement le
en remplissant l'air d'une chambre, d'une pous
sière épaisse de la semence d'un certain lyco
est inflammable; car cette semence
perdon, qui et comme une poussière
qui est très-menue,
s'enilamme comme la poix-resine pulvérisé furies e
dont on se sert pour les flambeaux des
des éclairs dans l'opéra ; et lonteia
pour faire substituer, que
peut-être bien de l'y parce
l'odeur désagréable qui requit
ne produit pas Le
de la poix-resine brùlée, et qui empoisonne
spectateurs.
369

Couleur que l'on fait paraître ou disparaître.

Prenez un flacon, mettez-y de l'alcali volatil,


dans lequel vous aurez fait dissoudre de la li-
maille de cuivre, cela vous produira une couleur
bleue. Vous présenterez le flacon à quelqu'un à
boucher en lui faisant quelques plaisanteries,
et au grand étonnement de la compagnie, on
verra la couleur disparaître, sitôt que le flacon
sera bouché. Vous la ferez reparaître aisément
3n ôtant le bouchon, ce qui ne paraîtra pas
moins surprenant. On voit que c'est l'action de
l'air qui fait tout le merveilleux de ce chan-
gement.

Champignonphilosophique.

Parmi les phénomènes surprenants et nom-


breux résultants de divers procédés chimiques,
un des plus curieux sans doute est celui de l'in-
lammation des huiles essentielles par le mé-
Lange de l'acide nitreux. Il est en effet étonnant
le voir une liqueur froide prendre feu lorsque
.'on verse dessus une autre liqueur froide; tel
,si le procédé par le moyen duquel on parvient
i former en trois minutes le champignon, nom-
mé champignon philosophique.
Il faut, pour faire cette opération singulière
)i récréative, se servir d'un verre à patte un peu
rand, et dont la base se termine en pointe.
Vous mettez dans votre verre une once d'es-
)rit de nitre bien raréfié; puis vous verserez
lessus une once d'huile essentielle de Gayac. Ce
22
370
mélange produira une fermentation très-consi-
dérable accompagnée de fumée, au milieu de
laquelle les spectateurs verront s'élever dans
l'espace de trois minutes un corps spongieux
tout-à-fait semblable au champignon ordinaire.
Cette substance spongieuse, formée des parties
grasses et huileuses du bois de Gayac, étant
soulevée par l'air, s'enveloppe d'une couche
très-mince de la matière dont est composée
l'huile de Gayac.

Tours d'équilibre.

On lit dans l'ouvrage de M. Decremps, tome


2, page 221 et suivantes, les expériences d'équi-
libre que nous allons indiquer :

Fig.21

« Monsieur Miller tenant horizontalement une


baguette dont il appuyait un bout sur un cham- -
branle, en soutenant 1autre bout avec sa main,
nous adressa ces mots: Croyez-vous, Messieurs,
371
que cette baguette conserverait sa position ac-
tuelle, si je cessais de la soutenir avec ma main?
elle ferait infailliblement la culbute, lui répli-
q.ua-t-on d'une commune voix. Croyez-vous,
continua M. Miller, qu'elle se tiendrait mieux, si
le bout que je tiens devenait plus pesant par
l'addition d'un corps grave, qui ne s'appuierait
nulle part qu'au bout de la baguette où il serait
suspendu? Alors on lui répondit que la baguette
ne pouvant pas se soutenir elle-même, ne pour-
rait pas, à plus forte raison , soutenir un poids
qui lui serait surajouté de cette manière. Vous
allez bientôt voir le contraire, dit M. Miller en
attachant une chaise au bout de la baguette
dans la position que représente lafig. 21. »
« Alors on vit une expérience toute simple,
contre laquelle, un instant auparavant, on aurait
: accepté des paris considérables, si M. Miller
avait été homme à les proposer. »
« La simple annonce de cette expérience, dit
M. Miller, est une espèce de paradoxe physique
pour tous ceux qui n'en ont jamais vu l'exécution;
mais aussitôt qu'on la voit, un fait qui, dans
l'expression, semblait contredire les lois de la
nature, y paraît au contraire très-conforme, et
chacun dit: j'en ferais bien autant. C'est pour
rendre cette expérience plus frappante et beau-
coup plus mystérieuse aux yeux de ceux même
qui en sont les témoins, que j'y ai fait quelques
changements. »,
cc Alors il nous présenta un lustre à quatre
branches, portant au haut de sa tige une boule,
au milieu de laquelle était une ouverture cylin-
drique dans une direction horizontale; il nous
dit qu'en faisant entrer un bout de la baguette
dans cette ouverture: et en appuyant l'autre bout
sur le chambranle, comme auparavant, le lustre
resterait suspendu comme la chaise, mais cette
!
372
expérience ne réussirait qu'entre ses mains. En
effet, M. Hill ne put parvenir à suspendre le
lustre, parce qu'une seule branche s'avançait
sous le point d'appui, tandis que les trois autres
au-dehors poussees par une plus grande force,
et s'approchant du centre de la terre, en décri-
vant un arc, faisaient incliner et ensuite glisser
la baguette sur le bord du chambranle. Nous
fûmes surpris de voir que ce même obstacle n'a-
vait pas lieu entre les mains de M, Miller (fig.
22); mais nous le fûmes encore davantage quand

Fig.22

il nous dit que, si nous voulions essayer nous- 4


mêmes encore une fois, il ferait réussir ou man- -r
quer l'expérience à sa volonté sans toucher
rien. Je pris alors le lustre, que je tâchai de SUI
pendre, mais ce fut en vain. Deux minutes aprè
M. Miller me dit, essayez encore une fois, je veu
maintenant que le lustre et la baguette se soi
tiennent en l'air, pourvu toutefois, ajouta-t-
en riant, que vous ayez été sage depuis ving
quatre heures; et, dès ce moment, je fis réusa
1 expérience aussi bien que lui.
1
373
« Je pense, s'écria M. Hill, que le lustre n'est
point composé de matière homogène. Vous avez
raison, dit M. Miller; et ensuite, pour ne pas
nous tenir plus longtemps en suspens, il nous
donna l'explication que voici:
« Quand je mets le lustre entre vos mains, la
branche A, qui passe sous le chambranle, est du
même poids que chacune des autres, et cède à
l'effort réuni que les trois autres font pour s'ap-
procher du centre de la terre; elle s'élève en dé-
crivant un arc, à mesure que les autres des-

Fig. 23

cendent, et la baguette qui se baisse dans la


même proportion, glisse sur le chambranle et
tombe a terre, mais lorsque je veux faire moi-
même l'expérience, je mets secrètement dans la
bobèche, au bout de la branche A, une balle de
plomb, qui, tendant vers la terre avec autant de
force que les trois autres branches, les empêche
d'avancer sous le point d'appui. La baguette
ne peut donc alors cesser d'être parallèle à l'ho-
rizon et par conséquent elle ne peut descendre.»
« Quand je veux faire manquer ou réussir
374
l'expérience entre vos mains, sans toucher au
lustre, j'en substitue un second au premier; les
branches de ce nouveau lustre sont (fig. 23),
entre elles du même poids comme celles du
précédent: l'expérience ne peut donc avoir lieu
sans ajouter un certain poids à celle qui s'avance
sous le chambranle. Voici le moyen que j'em-
ploie pour rendre cette branche plus pesante
sans y toucher. »
« Tandis que vous essayez de faire l'expérience
une certaine quantité de mercure, qui remplit
la boule A, passe dans la boule B, dans l'espace
d'environ trois ou quatre minutes. Aussitôt que
le mercure est monté dans cette seconde boule
jusqu'au point C, il s'écoule tout entier selon
les lois de l'hydrostatique par le siphon B , C ,
D , et passe en un instant dans la boule E, où il
produit le même effet que la balle de plomb dans
le premier lustre; par ce moyen, 1 expérience
réussit alors, quoiqu'elle n'ait pas pu avoir
lieu deux ou trois minutes auparavant; et comme
j'ordonne en commençant qu'elle ne puisse pas
avoir lieu, et trois minutes après, qu elle réus-
sisse parfaitement, chacun s'imagine que je peux
faire manquer ou réussir l'expérience par ma
seule volonté, sans employer aucun moyen phy-
sique. »

Manièrede faire de deux liqueurs un corps solide.

1
On trouve dans les expériences de physique
de Poligiére le procédé suivant pour former un
corps solide avec deux liqueurs. Faites dissou-
dre, dit-il, dans de l'eau ordinaire une once de
sel marin, et ajoutez-y environ trois onces de
ehaux vive; laites bouillir le tout pendant quel-
1
375
que temps. Ayez une forte dissolution de tartre.
Si on mêle ensemble dans un vase de verre de
la dissolution de sel marin et de chaux vive ci-
dessus, avec égale partie d'une forte dissolution
de sel de tartre, et que l'on batte ces deux li-
queurs avec un petit bâton plat, elles formeront
une masse blanchâtre, qui s'épaissira peu à
peu, et dont on pourra former une boule assez
solide pour pouvoir parvenir à la rouler avec
les mains sur une table. Cette coagulation se
perd aisément, et l'on rend la liquidité au mé-
lange dès que l'on verse dessus un acide assez
puissant pour désunir ces molécules qui sont
jointes. Pour cet effet, il ne faut que verser
dessus la coagulation un peu d'esprit de nitre,
aussitôt le mélange revient dans son premier
état de liquidité.
On connaît en chimie, sous le nom de miracle
chimique, une espèce de coagulation, qui con-
siste à mêler une dissolution d'alcali fixe bien
concentrée avec une dissolution de nitre ou de
sel marin à base terreuse bien chargée. La terre
se précipite en si grande abondance, qu'il ré-
sulte une masse assez solide du mélange de ces
deux liqueurs. Comme cette expérience a quelque
chose de merveilleux et de surprenant, quelques
chimistes lui ont donné le nom de miracle chi-
mique.

Rendreleur fraîcheur aux fleurs fanées.

Lorsque les fleurs sont restées quelque temps


dans' l'eau, elles commencent à se faner; on les
rétablit presque toutes en les plaçant dans l'eau
bouillante jusqu'à la hauteur de la tige, au
bout du temps nécessaire pour le refroidisse-
ment de l'eau, les fleurs se redressent et re-
prennent toute leur fraîcheur.
376

Changement merveilleux de couleurs.

Un physicien nous montra sept bocaux rem-


plis de liqueurs différemment colorées et nous
dit: Messieurs, je ne fais point comme le vul-
gaire des chimistes qui pour changer la couleur
d'une substance liquide en versent une autre,
qui, par le mélange., produit le changement. Je
ne verserai rien, je ne toucherai point à mes
bocaux, et cependant, à votre commandement,
ils changeront tous de couleur. Alors à mesure
que nous l'ordonnions et sans qu'on touchât à
1 appareil, le bocal jaune devint vert, le bleu
fut changé en cramoisi, le rouge devint bleu, et
le bleu parut violet. Le brun fut aussi changé
en jaune, le rouge en noir, et le vert en rouge.
Cette expérience nous surprit, d'autant plus
que nous ne pouvions entrevoir aucun moyen
naturel de l'exécuter: mais nous fûmes encore
surpris, lorsqu'on opéra sur trois autres
plus
bocaux, car l'un qui était vert, perdit sa couleur
pour la reprendre ensuite au commandement,
et tandis que le second qui était rouge, devenait
noir pour recouvrer ensuite sa première cou-
leur, le dernier qui contenait une liqueur lim-
pide,. devint alternativement noir, transparent,
et encore noir.
Si nous eussions vu verser dans les bocaux
quelque liqueur, ou quelque poudre, nous au-
rions attribué à cette cause des effets qui auraient
été alors beaucoup moins surprenants, mais ne
voyant absolument rien de cette nature, et vou-
lant cependant tâcher de découvrir quelque
moyen d'expliquer de pareils phénomènes, nous
priâmes le physicien-chimiste, de vouloir bien
•m
377
réitérer ses expériences, en lui disant qu'on ne
pouvait se lasser de les.voir et de les admirer.
Ce ne serait qu'avec bien de la peine, nous
dit-il, que je pourrais recommencer; et j'aurais
besoin pour cela de quelques préparatifs ; mais
si vous voulez savoir par quel art je produis ces
métamorphoses, apprenez que tous mes
petites adaptés à ma commode
bocaux , communiquent
par un tuyau caché à des vases qui sont un peu
plus élevés dans la chambre voisine, et que par
conséquent,. lorsque mon domestique verse se-
crètement dans quelqu'un de ces vases une cer-
taine liqueur, elle se glisse aussitôt dans le bocal
correspondant, pour y introduire les change-
ments qui viennent de vous surprendre.
Il nous donna ensuite la recette des liqueurs
qu'il fallait mettre dans les vases ou dans les
bocaux, et je vais en faire présent à mes lec-
teurs.

1. ° Pour faire changer le jaune en vert.

Le bocal doit contenir de la teinture de safran


et le domestique caché dans la chambre de der-
rière , doit verser dans le vase de la teinture de
roses rouges.

2. ®Pour faire changer le bleu en cramoisi.

Teinture de violettes dans le bocal, et esprit


Ide soufre dans le vase.

3.° Pour changer le rouge en bleu.

Dans le bocal, teinture de roses rouges, et dans


Je vase, esprit de corne-de-cerf, etc.
378

4.° Pour changer le bleu en violet.

Dans le bocal, teinture de violettes, et dans le


vase, de la dissolution de cuivre.

5.° Pour changer le brun en jaune.

Du lixivium dans le bocal, et de la dissolution


de vitriol de Hongrie, dans le vase. 1
j
6.° Pour changer le rouge en noir.

Dans le bocal, de la teinture de roses, et


dans le vase, de la dissolution de vitriol de
Hongrie.
7.° Pour changer le vert en rouge.

De la dissolution de cuivre dans le bocal, et de


la teinture de cyanus dans le vase.

8.° Pour ôter et rendre sa couleur au


vert.
Dans le bocal, dissolution de cuivre, et dans
le vase, 1.° de l'esprit de nitre, 2.° de l'huile de
tartre.

9.° Pour faire que le rouge devienne noir, et ensuite


rouge. 5
Dans le bocal, teinture de roses, et dans le
vase, d.° dissolution de vitriol, 2.° huile de
tartre.

j,
379

',10.0 Pour faire qu'une couleur limpide devienne suc-


cessivement noire, transparente, et encore noire.

Dans le bocal, de l'infusion de galle, et dans


=le vase, 1.° Dissolution de vitriol, 2.° huile de
vitriol, 3.° huile de tartre.

Manière decolorer l'eau.

On obtient de l'eau [d'un beau bleu en jetant


dans l'eau une dissolution d'ammoniure de cui-
vre; de l'eau verte au moyen d'une dissolution
ie muriate de cuivre; de l'eau rouge, au moyen
l'une décoction de bois de fernambouc à la-
quelle on ajoute de l'alun; de l'eau jaune avec
une dissolution de potasse; de l'eau violette, au
lffioyen d'un peu de teinture alcoolique d'oseille;
ît de l'eau noire en mélangeant l'eau d'une in-
usion de noix de galle, et d'une dissolution de
,couperose verte.

Détruirela couleur rose d'un ruban, et la rétablir avec


de l'eau.

4 Si l'on plonge un ruban dans un verre conte-


nant neuf parties d'eau, et une partie d'acide
ifciitrique sa couleur disparaît et l'on dit commu-
Slément que cette couleur est brûlée, mais si on
mave ce ruban dans un autre verre d'eau conte-
nant de la terre à foulon en dissolution, sa cou-
meur reparaîtra aussi vive qu'auparavant.
380

»
Commenton peut faire, par une compositionchimique
un volcan artificiel.

On doit à M. Lémery, cette curieuse expé¡


rience qui sert à rendre une raison assez sensii
ble et assez vraisemblable des volcans.
Faites un mélange de parties égales de Iii
maille de fer et de soufre pulvérisé, réduisez-lt-
en pâte avec de l'eau, et enfouissez une forto
quantité de cette pâte, comme une cinquantaine
de livres, à un pied environ sous terre; si 1
temps est chaud, vous verrez, après une dizain
d'heures environ la terre se boursoufler, se Cl'e'j
ver, et sortir des flammes qui agrandiront les
ouvertures, et répandront à l'entour une poudrli
jaune et noirâtre.
Il est probable qne ce qui se passe ici en pe
tit, se passe en grand dans les volcans
; car 01
sait d'abord, que les volcans fournissent toujour
du soufre en quantité; on sait de plus, que le
matières qu'ils rejettent, abondent en particule
métalliques et probablement ferrugineuses, ca
il n'y a que le fer qui ait la propriété de fair
effervescence avec le soufre lorsqu'on les mE
lange ensemble.
Or, il est aisé de concevoir par ce que produ
une petite quantité du mélange ci-dessus, d
celui que produirait une quantité de plusieui
milliers ou millions de livres d'un pareil m<
lange; on ne peut douter qu'il n'en résultat dt
phénomènes aussi redoutables que ceux d(
tremblements de terre et des volcans qui les a<
compagnent ordinairement.
1
1 381

ondre du plomb enveloppé dans du papier, sans


brûler ce dernier.

Enveloppez dans du papier une petite balle


le plomb, et suspendez-la, au moyen d'une
IÎnce, au sommet de la flamme d'une bougie;
5 plomb fondra sans que le papier soit brûlé,
1 exception du trou par lequel le plomb fondu
tassera.

Combustioncurieuse de l'étain.

Prenez une feuille mince 'd'étain, de cinq à


ix pouces de hauteur sur trois de largeur;
tendez-la bien et mettez-y deux gros de ni-
rate de cuivre, dont vous ferez une pâte liquide
vec une égale quantité d'eau, et couvrez-la d'é-
3upes, pliez ensuite cette feuille autour de ce
el, en ayant soin d'en presser les bords, afin
iue l'air n'y puisse point pénétrer. Bientôt le
mélange s'échauffe; une portion du nitrate se
ait jour à travers la feuille d'étain, et il se dé-
âge sur divers points beaucoup de deutoxide
'azote, ainsi que des étincelles d'etain enflammé,
ccompagnées de petits jets de feu.
Cette opération est d'une exécution plus facile
Drsqu'on arrose la feuille d'étain avec un peu
'eau, si, lorsque le gaz tend à se dégager, la
éaction est faible.
NOTA.— Dans cette expérience, le nitrate de
uivre est décomposé, et l'oxigènc de l'oxide de
uivre se porte rapidement sur l'étain et en élève
ellement la température que ce dernier métal
i*
382
est enflammé : une portion d'acide nitrique est
également décomposée, et se dégage à l'état de
deutoxide d'azote.

I
Métalqui projette du feu lorsqu'on le lime.

Mettez peu à peu deux parties de limaille de


fer dans une d'antimoine en fusion; remuez afin
de faciliter leur alliage, et laissez refroidir. Si
vous limez ce nouveau métal avec une grosse
lime et que vous le pressiez fortement, il s'en
dégage des étincelles scintillantes qui répandent
une lumière' blanche, ainsi que des étincelles
rouges non scintillantes.
Dans cette expérience on a deux métaux, l'un
(l'antimoine) qui est très-cassant et se fond à
une élévation de température peu élevée; l'autre
(le fer) qui communique au premier assez de
idûrete pour qu'il faille un choc violent pour
l'entamer. Or, dans ce cas, la lime fait sur cet
alliage le même effet que le briquet sur l'acier,
et comme l'antimoine est très-fusible et très-
combustible, la somme du calorique dégagé est
suffisante pour l'enflammer.
On pense que les particules qui donnent une
flamme blanche sont celles qui ont été produites
lorsque le frottement de la lime a été le plus
fort, et le rouge quand il a été plus faible.

À
Faire nager des aiguilles sur l'eau. :t
I
Posez légèrementde petites aiguilles à coudre sur
la surfaced'un verre plein d'eau, elles surnageront
ce fluide. Si l'on fait cette expérience avec deux
t
383
aiguilles et qu'on les mette dans une direction
oblique, et à une distance de six à sept milli-
mètres, celle dont l'extrémité se trouve vis-à-vis
le milieu de l'autre s'en approche avec rapidité,
la touche, fait un mouvement de rotation autour
du point de contact et lorsqu'elles se sont unies
parallèlement, elles glissent l'une contre l'autre
jusqu'à ce que les deux extrémités de la plus
courte soient dépassées par les deux de la plus
longue.
La plupart des physiciens pensent que les
aiguilles ne surnagent l'eau que parce qu'elles
se mouillent difficilement, et parce que le vo-
lumè de la dépression joînt à celui du corps,
finit par rendre le poids spécifique de leur en-
semble moins fort que celui du volume du li-
quide déplacé. Ce qu'il y a de certain, c'est que
cette experience ne réussit qu'avec des aiguilles
bien sèches; pour si peu qu'elles soient mouil-
lées, elles tombent aussitôt au fond du vase.
Quant au rapprochement des aiguilles, il doit
3tre attribue à l'influence de pressions exté-
rieures.

1
¡aire crever un canon de fusil très-épais, ou une
de cuivre, au moyen de l'eau.

1 spbère
Prenez un canon de fusil ou une de
sphère
:uivre, l'un et l'autre fort épais; remplissez-les
'xactement d'eau et bouchez-les au moyen d'une
orte vis; exposez alors ce canon ou ce globe à
m très-grand degré de froid, l'un et l'autre cré-
eront. Ce degré de froid, vous pouvez l'obtenir
tar des mélanges frigorifiques, voici l'un des
lIns simples: prenez trois parties de neige ou
h
384
de glace pilée et quatre de potasse, mélangez-
les, le thermomètre s'abaissera de 0° à —46°.
On peut se rendre compte de ce fait de la ma-
nière suivante: l'eau, en diminuant de tempé-
rature, diminue, comme tous les autres corps,
de volume; mais lorsqu'elle se trouve portée à
4° au-dessus de 0, ce même volume augmente
au contraire par la disposition que
symétrique
commencent à prendre ses molécules. En pas-
sant enfin à l'état déglacé, elle augmente encore
de volume avec une force et une expansion
telles, que les vases qui en contiennent suffisam-
ment sont cassas, et que, «dans les hivers rigou-
reux, on voit môme les pierres se fendre. Quel-
ques physiciens ont calculé que, dans ces cas,
la force de la glace était égale à celle qui sou-
tiendrait un poids de 27,000 livres.

Deux fluides invisibles produisant, lorsqu'ils sont pla-


cés à une certaine distance l'un de l'autre, des nuages
blancs denses.

Humectez la surface intérieure d'un grand


verre à boire d'acide hydrochloriquc, et prépa-
rez de la méine manière, au moyen d'une plume,
un second verre avec de l'ammoniaque liquide.
Si vous tenez l'un et l'autre de ces verres à une
certaine distance l'un de l'autre, ils paraîtront
vides, quoiqu'ils contiennent en réalité l'un de
la vapeur d'acide lIydrochlorique, et l'autre de
la vapeur d'ammoniaque; mais s'ils sont placés
très-près l'un de l'autre, ou s'ils sont posés
l'ouverture de l'un renversée sur celle de l'autre, <
ils deviendront, l'un et l'autre, remplis de va-
peurs blanches et épaisses, qui rouleront l'une
1
385
au-dessus de l'autre pendant quelque temps
comme un nuage, et finiront par se condenser
en une croûte cristalline légere sur les côtés
intérieurs des verres.
NOTA.— L'union des deux vapeurs invisibles
produit l'hydrochlorate d'ammoniaque.

Poudre qui s'enflamme lorsqu'on la touche avec


un acide.

Si après avoir réduit en poudre 3 à 4 déci-


grammes de chlorate de potasse, on les mêle
par trituration dans un mortier avec 4 à 5
décigrammes de sucre en pain, et qu'ensuite on
laisse tomber sur ce mélange une goutte ou
deux d'acide sulfurique, ou si on le touche sim-
plement avec l'extrémité d'une baguette de verre
mouillée avec cet acide, il prend feu et brûle
rapidement.
Cette expérience peut se faire sans aucun
danger.

Rompre un bâton reposant sur deux verres


sans les casser.

Prenez un bâton bien uni, de moyenne gros-


seur, effilez ses deux extrémités et faites-les
reposer par leur pointe sur deux verres; frappez
ensuite un coup fort sur le milieu, avec un
autre bâton, mais plus gros, et vous le romprez
aussitôt sans casser les verres.
23 pour 25
386

Faire paraître des caractères lumineux, sans employer


de moyen chimique.

Faites chauffer des lettres saillantes de tonte


ou de cuivre, appliquez-les sur un papier bien
sec; en le portant dans un lieu obscur, ces ca-
ractères paraîtront lumineux.

Méthode facile pour argenter l'ivoire.

Après avoir plongé une lame d'ivoire poli1


dans une dissolution étendue de sous-nitrate i
d'argent, on la laisse dans cette
qu'à ce que l'ivoire ait acquis la dissolution
couleur jus-
d'un-r
jaune brillant; on l'en retire alors pour la plon-i
dans un verre d'eau distillée, et on l'expose,
fer l'eau aux rayons directs du soleil. Lorsquei
dans
l'ivoire a été soumis ainsi pendant deux ou troisi
heures h l'action de la lumière solaire, il paraît
noir; mais si on le frotte un peu, cette surface
noire devient brillante et métallique, et la lame
d'ivoire ressemble alors à une lame d'argent.
Quoique cette couche de métal revivifié soit
extrêmement mince, cependant, si l'ivoire a été.
bien imprégné de sous-nitrate d'argent, la dis-
solution pénètre à une grande profondeur, et ài
mesure que l'argent de la surface de l'ivoir«.i
s'use par le frottement, l'oxide qui est au-des-
sous, cessant d'être recouvert, et devenant ainsL
exposé à la lumière, forme une couche nouvelle
de métal revivifié pour la remplacer, et la sur-
face de l'ivoire ne perd pas son aspect métal-
lique.
387

Fairebouillir de l'eau sur la surface de la glace.

Après avoir mis dans un tube cylindrique de


verre, d'environ 2 décimètres de long et de 12
à 15 millimètres de diamètre, assez d eau pour
en occuper l'espace de 1 à 2 centimètres, on fait
congeler cette eau au moyen d'un mélange frigo-
rifique. On remplit alors le tube avec de l'eau
froide jusqu'à 2 ou trois centimètres du sommet,
et on entoure la partie inférieure, qui contient
la glace, avec une flanelle mise en double. Tout
étant ainsi disposé, on tient le tube incliné sous
un angle d'environ 45 degrés, au-dessus de la
flamme d'une lampe à esprit de vin, de manière
la portion de l'eau dans la partie supérieure
uque tube puisse seule être chauffée, en ayant soin
de tenir le tube dans la main par sa partie qui
est enveloppée dans la flanelle. Lorsque la sur-
face de l'eau bout, la chaleur peut ctre appli-
quée graduellement de plus en plus vers la par-
tie inférieure du tube; et l'on peut. faire ainsi
bouillir l'eau très-vivement jusqu'à 12 ou 15
millimètres de la surface de la glace, sans qu'il
s'en soit fondu aucune portion notable.
Si l'on fait l'expérience en sens inverse, en
la chaleur au fond du tube rempli
appliquant
d eau, ayant un morceau de glace flottant à sa
surface, l'eau devient promptement chaude et la
glace fond en très-peu de temps.

Faire bouillir de l'eau chaude par l'application du


froid, et la.faire cesser de bouillir par l'application
de la chaleur.

Si, après avoir fait bouillir vivement pendant


388
quelques minutes, l'eau d'un flacon à moitié
rempli en le plaçant au-dessus d'une lampe ou
d'un réchaud, on en ferme aussi promptement
que possible l'ouverture avec un boucnon de
liège, et si sur ce bouchon on pose des bandes
de vessie mouillées afin d'exclure parfaitement
l'air du flacon; alors, en ôtant l'eau de la source
de chaleur, elle continue encore de bouillir pen-
dant quelques minutes; et, quand l'ébullition a
cessé, on peut la renouveler, soit en entourant
la partie vide du flacon d'un linge mouillé avec
de l'eau froide, soit en mettant de l'eau froide
sur la partie supérieure du flacon, mais si l'on
applique de l'eau chaude au flacon, l'ébullition
cesse aussitôt. On peut ainsi renouveler l'ébul-
lition par l'application d'eau froide et la faire
cesser de nouveau avec de l'eau chaude.

1
Allumer de l'esprit de vin sans contact réel de feu.

1
Après avoir versé dans une capsule en porce-
laine très-épaisse 8 à 10 grammes d'esprit de
vin, ajoutez-y 6 à 8 décigrammes de chlorate
de potasse. Si à ce mélange on ajoute encore 8
à 10 grammes en mesure d'acide sulfurique, il
commence à bouillir; de petits globes de feu de
couleur d'un bleu vif sont dardés en grand
nombre du fluide, qui, bientôt après s'enflamme
en totalité.
Si l'on se servait d'une capsule de verre, elle
serait très-probablement brisée; et une capsuk
métallique, à moins qu'elle ne fût d'or ou d(
platine, serait fortement corrodée.
J
f.1
389

Moyen de graver sur verre.

Après avoir bien dégraissé un morceau de


glace ou de toute autre espèce de verre, on le
recouvre partout, soit avec le vernis dur des
graveurs à l'eau forte, soit avec de la cire. Cette
croûte étant sèche, on trace dessus, au moyen
d'une aiguille ou autre instrument à pointe
aiguë, comme dans la gravure ordinaire, le
dessin qu'on a l'intention d'y figurer, en ayant
soin que toute trace ou ligne formée avec l'ins-
trument soit tirée nette et unie, a travers la
couche de vernis, à la surface du verre, de ma-
nière qu'on puisse apercevoir la lumière à travers
la croûte partout où le vernis est enlevé.
Les choses étant ainsi disposées, on met dans
un bassin de plomb une partie de spathfluor
(fluate de chaux) pulvérisé, en y ajoutant deux
parties d'acide sulfurique; on place alors le
verre, le côté gravé tourné du côté du bassin,
et l'on tient le vaisseau au-dessus d'une lampe,
pendant quelques minutes, ou seulement pen-
dant qu'il se dégage du mélange des fumées
blanches en abondance; après quoi le vaisseau
étant retiré de dessus-la lampe, on laisse le verre
se corroder par l'action des fumées blanches ou
du gaz acide fluorique, ce qui s'opère dans l'es-
pace de huit à dix minutes. Le vernis ou la cire
peut être enlevé au moyen d'huile de térében-
thine.
390

Degré de température auquel certains liquides se


congèlent.

Ether sulfurique à -. 43 33
Alcool à — 21 66
Eau à -. 0 »
Eau de mer à —. 6»
Mercure à -. 39 44
Huile de térébenthine à-. 10 »
Huile d'olive à + 2 22
Vins généreux à — 6 66
Vinaigre à — 2 22
Idem concentré à -. 10 »
Acide nitrique, poids spéc 1,424 - 43 55
Acide nitriqne, poids spéc. 1,409 — 34 55
Acide nitrique, poids spéc. 1,388 — 27 83
Acide sulfurique, poids spéc. 1,641 — 42 77 l
Acide sulfurique, poids spéc. 1,806 — 32 22
Lait à -. 1 11
Ammoniaque à -. 43 33
hydrocvanique pur de 15,55 à— 15 »
Acide @
Sang à —.. 3 80

.J
Tableau des quantités moyennes (en centimètres) de ,
pluie qui tombentsur différents points de la terre.
>
Cap Français (Sam-t-Domingue). 308
La Grenade (Antilles). 284
Tivoli (AntIlles). 273
Carfagnana. 249
t
891
Bombay. 208
Calcu tta. 255
Kendal. 156
Gênes.. 140
Charlestown 130
Joyeuse. 129
Pise' 114
Milan. 96
Naples- -. 95
Douvres. 95
Viviers- 92
Lyon. 89
Liverpool. 86
Manchester. 84
Venise. 81
Lille. 76
Utrecht. 73
La Rochelle. : 66
Paris !. 54
Marseille 47
Pétersbourg 46
1 Dans le midi de la France, il est une foule de
localités, où il ne tombe pas 30 centimètres d'eau
par an, surtout dans celles où l'on a déboisé
toutes les montagnes. Il n'est pas rare de n'y pas
! voir tomber de la pluie de trois ou quatre mois.
II y a une vingtaine d'années que dans l'arron-
dissement de Narbonne, il ne tomba pas une
goutte de pluie pendant, dix-huit mois.

Degré decalorique auquel les liquides entrent en ébul-


lition et se réduisent en vapeurs.

L'étherà 37° 78
Carbure de soufre. 45 »
392
Alcool 78 5
Eau. 100 »
Huile de térébenthine. 157 77
Acide hydrochlorique 111 11
Acide nitrique 115 55
Acide sulfurique d'un poids spécifique
de 1,30 115 55
Acide sulfurique à son plus grand état
de concentration. 318 »
Huile de lin 336 66
Mercure. 347 »
TABLE

DES AMUSEMENTS DE PHYSIQUE

DE CHIMIE, etc.

Moyende rendre hideux les visages d'une réu-


nion de personnes. 303
Moyenqu'il faut employer pour paraître avoir la
figure en combustion. Ib.
Enflammer un métal en le jetant dans l'eau
froide. 304
Singulier microscope. Ib.
Singulièresondulations. lb.
Faire passer un œuf dans une bague. 305
Faire tirer un coup de fusil chargé à balle, sans
que l'objet sur lequel on tire en puisse être
atteint. Ib.
Mettre le feu à un corps combustible par le con-
tact de l'eau froide ou de la glace. Ib.
Placer un charbon, faire brûler du papier sur un
mouchoirou le mettre sur la flamme d'une bou-
gie, sans le brûler. 306
Pour dorer l'écriture. Ib.
Palais magique. 307
Une pièce d'argent ayant été mise dans une as-
siette , en faire paraitre deux. 309
Manièrede couper le verre avec le feu et l'eau. 310
Moyen d'une exécution facile pour rompre un
verre dans toutedirection voulue. Ib.
Fondre une pièce de monnaie dans une coquille
de noix sans la brûler. 311
Séparer en deux parties une pièce de monnaie
selonsonplan. Ib.
Liqueur qui brille dans les ténèbres. 312
394 TABLE
Vase dont l'eau s'échappe par le dessous aussitôt
qu'on le débouche. 313
Imitation des éclairs. 314
Jet d'eau sur lequel une figure monte et descend,
et se soutient en équilibre. Ib.
Rallumer avec la pointe, d'un couteau une chan-
delle qu'on vient d'éteindre. 316
Construire deux petites figures dont l'une souffle
la chandelle et l'autre la rallume aussitôt. Ib.
Eteindre une bougie et en rallumer une autre du
même coup de pistolet. 317
Faire qu'une personne ne puisse changer de
place un verre rempli d'eau sans le renverser
en entier. Ib.
L'écriture brûlée. 318
Faire sortir des globes enflammés de l'eau. 32.0
Avaler la flamme d'une bougie sans se brûler. Ib.
Manière d'aimanter une lame d'acier, sans lese-
cours d'aucun aiment naturel ni artificiel. Ib.
Cadran magnétique horizontal. 322
Récréations qui se font avec le même cadran. 325
Manière de distinguer dans une compagnie la de-
moiselle qui est la plus curieuse. 329
Le flambeau infernal. 331
Composition du phosphore. 332
Imitation de l'éclairage par le gaz. Ib.
Lampe sans flamme. 333
Liqueurs inflammables. Ib.
Pour rendre le bois incombustible. 334
Faire partir un fusil chargé d'eau en guise de
poudre. Ib. < *
Source d'eau enflammée. Ib.
Crayon sympathique pour écrire sur le verre. 335
Pour obtenir des feux colorés. Ib.
Imitation du tonnerre. Ib.
Imitation de la pluie et de la grêle. 336
Faire détonner le chlore. 337
Une bouteille bien bouchée, étant remplie d'eau, j
faire changer cette eau en vin sans la débou-
cher. 338
Baguette magnétique. 340
-Des encres sympathiques et de quelques jeux
j
TABLE 395
qu'on peut exécuter par leur moyen. 341
L'oracle magique. 342
Des végétations métalliques et non métal-
liques. 343
Arbre de Mars. II).
Végétation non métallique. 344
I Fondre du fer dans un instant, et le faire couler
en gouttes. 346
Alliagequ'on peuttenir en fusion, sur une feuille
de papier, au-dessus de la flamme d'une bou-
gie. Ib.
'Alliage fusible dans l'eau bouillante. 347
Pièce d'argent fondue dans la main. Ib.
Eau qui brûle dans la main sans attaquer la peau. Ib.
Faire rouler des gouttes d'eau sur du papier sans
que les gouttes se rompent. Ib.
Caractères qu'on ne peut apercevoir qu'en les
trempant dans l'eau. 348
Caractères qui paraissent étant trempés dans
l'eau. Ib.
caractères qui paraissent étant exposés au feu. 349
caractères qui paraissent étant exposés à l'air. 350
L'écriture dans la poche. 351
)apier préparé pour écrire des caractères invisi-
bles. Ib.
application du papier ci-dessus, pour tracer faci-
lement toutes sortes de dessins. 352
"racer des caractères qui paraissent et disparais-
sent à volonté, au moyen de l'encre sympathi-
j que verte. 353
:ncre pourpre. 354
.'ncre rose. 1b.
i ableau représentant l'hiver, lequel change et
1 représente le printemps. 355
;ose changeante. Ib.
tanière de faire disparaître l'écriture sur le papier
et le parchemin. 356
aire paraitre en caractères lumineux le nom
d'une carte qu'une personne a choisie libre-
! mentdans un jeu. Ib.
ouvelle manière de ramoner une cheminée. 357
i
396 TABLE
Vin de champagne d'attrape. 358
Argent fulminant. 359
Comment un corps de nature combustible, peut
être sans cesse pénétré de feu sans se con-
sumer. lb.
Percer la tête d'un poulet avec une aiguille sans
lui donner la mort. 360
Transmutations apparente du fer en cuivre, ou en
argent et son explication. Ib.
Diverses substances précipitées successivement
par l'addition d'une autre dans la dissolution. 362
Avec deux liqueurs, chacune transparente, pro-
duire une liqueur noirâtre et opaque. Manière
de faire de la bonne encre. 364
Comment on peut produire des vapeurs inflam-
mables et fulminantes. 365
La chandelle philosophique. 366
Compositionde la poudre fulminante. Ib.
Former une combinaison qui, étant froide, soit
liquide, et au contraire, étant chauffée, de-
vienne consistante en forme de gelée. 367
Deux poisons violents devenant, par le mélange,
une substance qu'on mange journellement. Ib.
Poudre insoluble produite par le mélange, de
deux liquides. 368
Faire paraître tout à coup un éclair dans une
chambre quand on y entrera avec un flam-
beau allumé. Ib.
Couleur que l'on fait paraître ou disparaître. 369
Champignonphilosophique. lb.
Tours d'équilibre. 370
Manière de faire de deux liqueurs un corps
solide. 374
Rendre leur fraîcheur aux fleurs fanées. 375
Changement merveilleux de couleurs. 376
Pour faire changer le jaune en vert 377
Pour faire changer le vert en cramoisi. Ib.
Pour changer le rouge en bleu. Ib.
Pour changer le bleu en violet. 37f
Pour changer le brun en jaune.
Pour changer le rouge en noir. Ib Ijj
Pour changer le vert en rouge. Ib !
Ib."
TABLE 397
Pour ôter et rendre sa couleur au vert. Ib.
Pour faire que le rouge devienne noir, et ensuite
rouge. Ib.
Pour faire qu'une couleur limpide devienne suc-
cessivement noire, transparente, et encore
noire. 379
Manière de colorer l'eau. Ib.
Détruire la couleur rose d'un ruban, et la rétablir
avec de l'eau. Ib.
Commenton peut faire, par une composition chi-
mique , un volcan artificiel 380
Fondre du plomb enveloppé dans du papier, sans
brûler ce dernier. 381
Combustioncurieuse de l'étain. Ib.
Métalqui projette du feu en le limant. 382
Faire nager des aiguilles sur l'eau. Ib.
Faire crever un canon de fusil très-épais, ou une
sphère de cuivre, au moyen de l'eau. 383
Deuxfluides invisiblesproduisant, lorsqu'ils sont
placés à une certaine distance 1un de l'autre,
des nuages blancs denses. 384
Poudre qui s'enflamme l'orsqu'on la touche avec
un acide. 385
Rompre un bâton reposant sur deux verres sans
les casser. Ib.
Faire paraître des caractères lumineux, sans em-
ployer de moyen chimique. 38G
Moyenfacile pour argenter l'ivoire. Ib.
Faire bouillir de l'eau sur la surface de la glace. 387
Faire bouillir de l'eau chaude par l'application du
froid, et la faire cesser de bouillir par l'appli-
cation de la chaleur. Ib.
Allumer de l'esprit de vin sans contact réel de
feu. 388
Moyende graver sur verre. 389
Degré de température auquel certains liquides se
congèlent. 390
Tableau des quantités moyennes (en centimètres)
de pluie qui tombent sur différents points de
la terre. Ib.
Degré dé caloriqueauquel les liquides entrent en
ébullition et se réduisent en vapeurs. 391
TABLE GENERALE

DES PARTIES

._a.-..-.-

I. Recueil de Tours divertissants. 5

II. Récréations mathématiques, Subtilités I


105
ingénieuses, etc., etc.
203
III. Tours de Cartes.
'9
IV. Amusements de pde , Chimie, 1Î
~de
etc., etc.
Il vientde paraître une
suiteh ce volume, sous
le litn de
LESMILLE ETUN
TOURSDE PHYSIQUE
AMUSANTE
MAC
Ni BLANCHE
FNACTION
TABLE DES TOURS DIVERTISSANTS
AVIS AUX FAISEURS DE TOURS.
TOURS ET AVENTURES D'ESCAMOTAGE.
Mouchoir marqué, coupé, déchiré et raccommodé
Montre pilée dans un mortier
Omelette cuite dans un chapeau à la flamme d'une chandelle
La boîte aux oeufs et à la muscade.
Enfoncer un couteau dans la tète d'un coq ou d'une poule, sans le tuer
Se percer le bras et le ventre à coups de couteau, sans se faire de mal
Faire revivre une oie ou un dindon après leur avoir coupé la tête,
Couper les bras à un homme sans le rendre manchot, et lui crever les yeux sans le rendre aveugle
L'Entonnoir
Autre explication sur l'entonnoir.
L'alène enfoncée dans le front.
Les petits piliers.
Pièce de cinq centimes changée en pièce de deux francs, et vice-versà.
Boite magique.
Les bottes au millet.
Autre explication du tour de passe-passe avec du millet.
Manière de faire changer de main un anneau, et de le faire venir sur tel doigt que l'on voudra de la main opposée.
Faire tomber une hirondelle pendant son vol, et ensuite trouver le moyen de la rappeler à la vie.
Manière d'éteindre une bougie à quatre cents pas de distance, par le moyen d'un coup de fusil chargé à balle.
Couper la tète à un homme et la lui rendre sans danger pour lui.
TOURS DE GOBELETS ET DE GIBECIÈRES.
Manière d'escamoter la muscade.
Observation importante.
sac aux oeufs. manière de métamorphoser un verre à boire en morceaux de cartes.
marmite miraculeuse ou la cuisine militaire
tui pour la bougie.
camoter un enfant.
usse expérience de Magdebourg.
urs des couteaux.
coureur invisible.
ur du cordon avec un bâton.
ur de la bouteille couchée.
oyen pour imiter le chant des oiseaux.
ire couper une corde et ensuite la montrer entière.
oyen d'enlever un homme quelque soit son poids, sans autre force que huit doigts et le souffle de la bouche.
camoter le vin d'une bouteille.
ramides hydrauliques.
ire sortir un serin d'une fleur qui s'épanouit.
ire adhérer un corps à un autre par simple contact.
achine qui tourne au moyen de la fumée.
e la marche.
ter avec la plus grande force sur le sol un objet très-fragile sans le briser.
uelques récréations d'acoustique.
eux personnes étant attachées ensemble par les poignets, les détacher sans défaire aucun noeud.
Se faire lier les deux pouces et se dégager.
Faire sortir une pièce de 10 francs d'un verre. sans toucher ni l'un ni l'autre.
Deviner les deux bouts d'une ligne de dominos,
FIN DE LA TABLE.
TABLE DES RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES SUBTILITÉS INGÉNIEUSES, etc.
Mesurer la hauteur d'une tour accessible à son pied.
Mesurer une hauteur par le moyen de son ombre.
Faire passer un cylindre par trois trous différents, en sorte qu'il les remplisse entièrement.
Faire tenir un bâton droit sur le bout du doigt, sans qu'il puisse tomber.
Anneaux enfilés dans un double ruban.
Faire passer un anneau clans un bâton sans qu'on s'en aperçoive.
Anneau mis dans un pistolet, et qui se trouve ensuite au bec d'une tourterelle, dans une boîte qu'on avait auparavant visitée et cachetée.
Deviner le nombre que quelqu'un aura pensé.
Jeu des cerises.
Jeu du mouchoir noué.
Jeu des ciseaux détachés.
Un nombre quelconque étant donné, y ajouter un chiffre que celui qui a choisi le nombre placera où il voudra; lequel rendra ce nouveau nombre divisible par 3 ou par 6.
Un nombre quelconque étant donné, y ajouter un chiffre que la personne qui a donne le nombre placera où elle voudra, et qui rendra ce nouveau nombre divisible par 9.
Le piquet à cheval.
Deux dés étant jetés sur une table, en deviner les points sans les voir.
Trois dés ayant été jetés sur une table; et étant rangés par ordre, deviner les points de chacun d'eux.
Nommer à une personne le nombre qu'elle a pensé.
Faire paraître à une personne enfermée dans une chambre, ce que quelqu'un désignera.
Manière de faire une addition avant que les chiffres soient posés.
Le livre de la bonne femme.
Manière de faire tenir un oeuf sur sa partie la plus pointue.
Manière de faire un dessin en relief sur la coquille d'un oeuf frais.
Oeuf dansant.
L'oiseau mort et ressuscité.
L'écu de 5 francs et le bas.
Tableau magique.
Le vase d'eau.
Défier quelqu'un de faire une omelette avec des oeufs.
SUBTILITÉ. D'un morceau de pain en faire sept en deux coups de couteau.
AUTRE SUBTILITÉ. Trois morceaux de pain étant placés sous trois chapeaux différents, les manger et les faire trouver sous un des chapeaux.
AUTRE SUBTILITÉ. Faire que la demie de 9 soit 4 et 6, et que la demie de 12 soit 7.
La cloche magique, ou manière de faire venir sous une cloche, à la place de la graine de millet, un oiseau ou ce qu'on voudra.
DIFFÉRENTS TOURS D'UNE MAGICIENNE.
Tour de ruban.
Fontaine de circulation.
EXPLICATION DES TOURS DE LA MAGICIENNE.
Tour de passe-passe avec des jetons.
Deviner deux objets serrés dans la main.
Disposition ingénieuse pour corriger le hasard
Le jeu de l'anneau.
Singulière combinaison des carrés arithmétiques.
Deviner à l'odorat quel aura été le chiffre rayé par une personne de la compagnie, dans le produit d'une multiplication qu'on lui aura donnée à faire.
Inscription curieuse.
Jeu du Labyrinthe.
Tours des jetons.
La croix de jetons.
La gardeuse d'oies.
Le Berger.
La pauvre nièce.
L'étranger à Paris.
Boule, trompeuse.
Les dominos retournés.
Singularité remarquable.
Epitaphe du Maréchal de Saxe.
Faire passer une pièce de monnaie d'une main dans l'autre plusieurs fois de suite, ayant les bras étendus et sans les bouger.
Joli tour de pièces volantes dans des mouchoirs.
Combinaison impossible.
Enlever une bouteille avec une paille ployée.
Quelle serait l'étendue d'une surface qui contiendrait toutes les permutations des vingt-quatre lettres de l'alphabet.
Singulière combinaison du jeu de dominos.
Frapper des médailles au moyen de la dilatation.
Former avec une surface angulaire, quatre autres surfaces semblables, ou de même dimension.
Produire de très-belles sculptures et figures sur bois par la dilatation.
Faire paraître double une pièce d'argent.
Végétation de l'argent sur une ardoise ou une plaque de verre.
Kaléidoscope.
FIN DE LA TABLE.
TABLE DES TOURS DE CARTES
Principes particuliers pour les Tours de Cartes
aire sauter la coupe des deux mains.
aire sauter la coupe d'une seule main.
es faux mélanges.
iler la carte.
lisser la carte.
nlever la carte.
oser la carte.
arte large ou longue et récréations amusantes qu'elle facilite.
cartes coupées un peu en biseau dans leur longueur.
ours divertissants.
rtes pensées - Premier tour.
rtes pensées - Second tour.
Moyen facile de faire un joli tour de cartes.
Cartes changeantes.
Changer l'as de pique en trois de coeur et en as de coeur.
Faire changer le trois de pique en as de pique et en as de coeur
Les quinze mille livres.
Deviner les points des cartes de dessous trois tas que l'on a fait faire.
Faire changer une carte tirée d'un jeu en divers objets, et la faire revenir en sa première forme.
Faire trouver une carte dans un oeuf.
La carte dans une bague.
Faire paraître dans une lunette plusieurs cartes qui ont été tirées d'un jeu.
Une personne ayant tiré une carte dans un jeu dont on a fait ensuite six tas; lui faire indiquer par le point d'un dé jeté sur la table, quel est le tas où elle doit se trouver.
La carte changeante sous les doigts.
La carte dansante.
Carte brûlée qu'on fait trouver dans une montre.
Carte clouée au mur d'un coup de pistolet.
Faire sortir une souris ou quelqu'autre chose d'un jeu de cartes.
Deviner une carte pensée par quelqu'un en écrivant à l'avance un numéro quelconque.
Manière de changer une carte qui est dans la main d'une personne en lui recommandant de la bien couvrir.
Façon de préparer la poudre de jayet pour le tour ci-dessus.
Manière de faire passer une carte d'une main dans une autre.
Dire d'avance la carte que quelqu'un choisira.
Faire tirer une carte au hasard et la faire mêler avec les autres par un des spectateurs, pour la faire trouver ensuite sur le jeu ou dans le milieu, au gré de la compagnie.
Faire tirer une carte au hasard, et après avoir divisé le jeu en quatre paquets, la faire trouver infailliblement dans celui que la compagnie choisira librement.
Prévoir la pensée d'un homme, en mettant d'avance dans le jeu une carte choisie au hasard au rang et au numéro que cet homme doit choisir un instant après.
Faire tirer des cartes par différentes personnes; I les bien mêler ensemble par différents mélanges; montrer ensuite qu'elles ne sont ni dessus, ni dessous, et les tirer du jeu
d'un coup de main.
Faire tirer une carte, la mêler avec les autres, et après avoir montré qu'elle n'est ni dessus, ni dessous, la faire rester seule dans la main gauche, en faisant tomber les
autres par terre d'un coup de la main droite.
Faire trouver les quatre rois dans le milieu, après les avoir fait poser séparément.
Trouver combien il est imprudent de jouer de l'argent à la triomphe avec des personnes dont la probité est équivoque.
Faire une pareille démonstration au brelan, en se donnant brelan de rois.
Deviner la carte pensée.
Deviner d'avance celle de quatre cartes qu'une personne prendra librement.
Deviner d'avance le paquet de cartes qu'une personne choisira.
Faire tirer des cartes par quatre spectateurs, les nommer ensuite sans les avoir vues, et faire qu'une de ces cartes se métamorphose successivement en chacune des
autres.
Deviner la pensée d'autrui par un moyen perfectionné.
Faire changer un roi de coeur en as de pique, et un as de pique en roi de coeur
Carte devinée par intelligence.
Une carte ayant été prise et mêlée dans un jeu qu'on jette en l'air, la rattraper dans sa main parmi toutes celles qui voltigent.
Les quatre rois inséparables.
Faire passer dans un chapeau une carte qu'on aura fait prendre et mêler dans le jeu.
L'hôtesse et les buveurs.
Nommer toutes les cartes d'un jeu de piquet sans les voir, quoique le jeu ait été coupé plusieurs fois.
La promenade des Dames.
Ayant fait prendre une carte qu'on aura remise dans le jeu et mêlée, la donner au nombre qu'on voudra.
Affiche singulière d'un faiseur de tours.
FIN DE LA TABLE.
TABLE DES AMUSEMENTS DE PHYSIQUE DE CHIMIE, etc.
Moyen de rendre hideux les visages d'une réunion de personnes.
Moyen qu'il faut employer pour paraître avoir la figure en combustion.
Enflammer un métal en le jetant dans l'eau froide.
Singulier microscope.
Singulières ondulations
Faire passer un oeuf dans une bague.
Faire tirer un coup de fusil chargé à balle, sans que l'objet sur lequel on tire en puisse être atteint.
Mettre le feu à un corps combustible par le contact de l'eau froide ou de la glace.
Placer un charbon, faire brûler du papier sur un mouchoir ou le mettre sur la flamme d'une bougie, sans le brûler.
Pour dorer l'écriture.
Palais magique.
Une pièce d'argent ayant été mise dans une assiette, en faire paraître deux.
Manière de couper le verre avec le feu et l'eau.
Moyen d'une exécution facile pour rompre un verre dans toute direction voulue.
Fondre une pièce de monnaie dans une coquille de noix sans la brûler.
Séparer en deux parties une pièce de monnaie selon son plan.
Liqueur qui brille dans les ténèbres.
Vase dont l'eau s'échappe par le dessous aussitôt qu'on le débouche.
Imitation des éclairs.
Jet d'eau sur lequel une figure monte et descend, et se soutient en équilibre.
Rallumer avec la pointe, d'un couteau une chandelle qu'on vient d'éteindre.
Construire deux petites figures dont l'une souffle la chandelle et l'autre la rallume aussitôt.
Eteindre une bougie et en rallumer une autre du même coup de pistolet.
Faire qu'une personne ne puisse changer de place un verre rempli d'eau sans le renverser en entier.
L'écriture brûlée.
Faire sortir des globes enflammés de l'eau.
Avaler la flamme d'une bougie sans se brûler.
Manière d'aimanter une lame d'acier, sans le secours d'aucun aiment naturel ni artificiel.
Cadran magnétique horizontal.
Récréations qui se font avec le même cadran.
Manière de distinguer dans une compagnie la demoiselle qui est la plus curieuse.
Le flambeau infernal.
Composition du phosphore.
Imitation de l'éclairage par le gaz.
Lampe sans flamme.
Liqueurs inflammables.
Pour rendre le bois incombustible.
Faire partir un fusil chargé d'eau en guise de poudre.
Source d'eau enflammée.
Crayon sympathique pour écrire sur le verre.
Pour obtenir des feux colorés.
Imitation du tonnerre.
Imitation de la pluie et de la grêle.
Faire détonner le chlore.
Une bouteille bien bouchée, étant remplie d'eau, faire changer cette eau en vin sans la déboucher.
Baguette magnétique.
Des encres sympathiques et de quelques jeux qu'on peut exécuter par leur moyen.
L'oracle magique.
Des végétations métalliques et non métalliques.
Arbre de Mars.
Végétation non métallique.
Fondre du fer dans un instant, et le faire couler en gouttes.
Alliage qu'on peut tenir en fusion, sur une feuille de papier, au-dessus de la flamme d'une bougie.
Alliage fusible dans l'eau bouillante.
Pièce d'argent fondue dans la main.
Eau qui brûle dans la main sans attaquer la peau.
Faire rouler des gouttes d'eau sur du papier sans que les gouttes se rompent.
Caractères qu'on ne peut apercevoir qu'en les trempant dans l'eau.
Caractères qui paraissent étant trempés dans l'eau.
Caractères qui paraissent étant exposés au feu.
Caractères qui paraissent étant exposés à l'air.
L'écriture dans la poche.
Papier préparé pour écrire des caractères invisibles.
Application du papier ci-dessus, pour tracer facilement toutes sortes de dessins.
Tracer des caractères qui paraissent et disparaissent à volonté, au moyen de l'encre sympathique verte.
ncre pourpre.
ncre rose.
ableau représentant l'hiver, lequel change et représente le printemps.
ose changeante
anière de faire disparaître l'écriture sur le papier et le parchemin.
aire paraître en caractères lumineux le nom d'une carte qu'une personne a choisie librement dans un jeu.
ouvelle manière de ramoner une cheminée.
Vin de champagne d'attrape.
Argent fulminant.
Comment un corps de nature combustible, peut être sans cesse pénétré de feu sans se consumer.
Percer la tête d'un poulet avec une aiguille sans lui donner la mort.
Transmutations apparente du fer en cuivre, ou en argent et son explication.
Diverses substances précipitées successivement par l'addition d'une autre dans la dissolution.
Avec deux liqueurs, chacune transparente, produire une liqueur noirâtre et opaque. Manière de faire de la bonne encre.
Comment on peut produire des vapeurs inflammables et fulminantes.
La chandelle philosophique.
Composition de la poudre fulminante.
Former une combinaison qui, étant froide, soit liquide, et au contraire, étant chauffée, devienne consistante en forme de gelée.
Deux poisons violents devenant, par le mélange, une substance qu'on mange journellement.
Poudre insoluble produite par le mélange, de deux liquides.
Faire paraître tout à coup un éclair dans une chambre quand on y entrera avec un flambeau allumé.
Couleur que l'on fait paraître ou disparaître.
Champignon philosophique.
Tours d'équilibre.
Manière de faire de deux liqueurs un corps solide.
Rendre leur fraîcheur aux fleurs fanées.
Changement merveilleux de couleurs.
Pour faire changer le jaune en vert
Pour faire changer le vert en cramoisi.
Pour changer le rouge en bleu
Pour changer le bleu en violet.
Pour changer le brun en jaune.
Pour changer le rouge en noir.
Pour changer le vert en rouge.
Pour ôter et rendre sa couleur au vert.
Pour faire que le rouge devienne noir, et ensuite rouge.
Pour faire qu'une couleur limpide devienne successivement noire, transparente, et encore noire.
Manière de colorer l'eau.
Détruire la couleur rose d'un ruban, et la rétablir avec de l'eau.
Comment on peut faire, par une composition chimique, un volcan artificiel
Fondre du plomb enveloppé dans du papier, sans brûler ce dernier.
Combustion curieuse de l'étain.
Métal qui projette du feu en le limant.
Faire nager des aiguilles sur l'eau
Faire crever un canon de fusil très-épais, ou une sphère de cuivre, au moyen de l'eau.
Deux fluides invisibles produisant, lorsqu'ils sont placés à une certaine distance l'un de l'autre, des nuages blancs denses.
Poudre qui s'enflamme lorsqu'on la touche avec un acide.
Rompre un bâton reposant sur deux verres sans les casser.
Faire paraître des caractères lumineux, sans employer de moyen chimique.
Moyen facile pour argenter l'ivoire.
Faire bouillir de l'eau sur la surface de la glace.
Faire bouillir de l'eau chaude par l'application du froid, et la faire cesser de bouillir par l'application de la chaleur.
Allumer de l'esprit de vin sans contact réel de feu.
Moyen de graver sur verre.
Degré de température auquel certains liquides se congèlent.
Tableau des quantités moyennes (en centimètres) de pluie qui tombent sur différents points de la terre.
Degré dé calorique auquel les liquides entrent en ébullition et se réduisent en vapeurs.
TABLE GÉNÉRALE DES PARTIES
I. Recueil de Tours divertissants.
II. Récréations mathématiques, Subtilités ingénieuses, etc., etc.
III. Tours de Cartes.
IV. Amusements de Physique de Chimie, etc., etc.

Vous aimerez peut-être aussi