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Quelle vision du monde est proposée par la science ?

3 niveaux de réflexion :
­ Quelles sont les caractéristiques de la science ?
­ Quelle vision du monde ?
­ Quelle comportement cela induit ?

Vouloir faire un "manifeste" veut dire "quelles recommandations ferait­on" ?

Tout dépend de l'objectif.

La culture a le même problème que la culture scientifique : c'est l'accessibilité.
On ne touche pas l'ensemble de la population, mais juste quelques cibles. Par 
exemple, avec l'opération "Musées gratuits", ce sont les personnes qui fréquentent 
déjà les musées qui en ont profité le plus.

Ce qui serait intéressant, c'est de croiser les connaissances : la philosophie, 
l'histoire, les sciences, les arts...

La vision du monde dépend d'un contexte culturel, social.

La science donne une vision du monde très objective, très cadrée. Ou bien donne 
l'impression de l'être.

Ce que la science donne, c'est surtout des "modèles", c'est à dire des constructions 
qui, sur la base de certaines hypothèses simplificatrices, essayent d'expliquer au 
mieux les phénomènes réels. Modèle atomique, modèle moléculaire, modèle 
économique, modèle des gaz parfaits, théorème de Pythagore (valable que dans un 
plan).
Chacun de ces modèle a des limites, qui sont souvent la cause des hypothèses de 
base.

On parle souvent de "lois qui régissent l'univers", alors qu'il faudrait plutôt parler de 
"modèle qui s'approche au mieux des observations".

Avec des modèles explicatifs, en nous révélant les "trucs" de la nature, la science ne 
désenchante­t­elle pas le monde ?
A la manière d'un magicien qui découpe son assistant en plusieurs boîtes contenant 
des parties encore vivantes, on peut se demander quel est le truc. Deux manières 
de réagir :
­ soit un désenchantement en voyant la solution, laquelle lève tout mystère sur le 
secret
­ soit un émerveillement en voyant l'ingéniosité du tour et l'agilité de l'assistant.

Il serait bon de transformer le désenchantement que peut provoquer la science chez 
certains en réenchantement.

La science force à nommer et décrire précisément chaque objet, à formaliser toute 
proposition, ou introduire des notations complexes, ce qui peut être repoussant.

La science donne à croire, alors qu'elle devrait donner à savoir. Face à tant de 
complexité (vocabulaire, notions abstraites compliquées, spécifiques à la science), le 
grand public ne peut qu'adhérer en "croyant" et non en "comprenant "("savant" ?) la 
science, comme une discipline ésotérique.

Il n'y a pas de pratique en amateur de la science, car les seules personnes à pouvoir 
s'exprimer et imposer leurs travaux sont des scientifiques professionnels.

Le scientifique doit être humble et être moins réducteur.

Dans quelle mesure l'enfermement et la spécialisation des scientifiques empoisonne 
leur créativité ?
­ Il existe des disciplines transversales, qui sont là justement pour décloisonner les 
connaissances et les chercheurs. Bien souvent les grands chercheurs, les grandes 
découvertes sont issus de thèmes transverses.
­ Les scientifiques peuvent participer à des colloques et rencontres grand­public, ou 
de réflexion. Mais cela n'est pas encouragé ou valorisé dans leur carrière.
­ Ouverture par la lecture d'articles, d'ouvrages... Un chercheur peut­il prendre le 
temps de lire autre chose que ce qu'il doit étudier ?

Il faut promouvoir l'importance de l'imagination, de l'intuition, de la mobilité, de la 
démarche irrationnelle. De la débauche !