Vous êtes sur la page 1sur 4

L’initiation est un perpétuel voyage dans les méandres de son propre Être.

Commentez
en axant vos réflexions sur les 13° et 14° degrés.

Par le passé, après plusieurs années de maîtrise un Maître Maçon pouvait accéder
directement du 3e degré au 18e degré. Ce passage était parfois vécu difficilement pour
certains frères. La nécessité d’assurer une transition plus progressive par l’intermédiaire
des grades de la Loge de perfection s’est faite ressentir.

Au travers d’un corpus symbolique très riche, la loge de Perfection prépare les
futurs candidats aux ateliers capitulaires. Elle travaille du 4° au 14° degré avec pour
particularité l’existence de grades qui sont toujours conférés par initiation et d’autres qui
peuvent l’être par communication. Il s’agit en l’occurrence du 5° au 12° degré.

Les temps forts de la loge de Perfection demeurant les 4°, 13° et 14° grades qui sont
toujours conférés par initiation.

Les 11 degrés de la loge de Perfection peuvent être répartis en 3 classes, du 4e au 8e degré


la classe des Maîtres (Maître Secret ; Maître Parfait ; Secrétaire Intime ; Prévôt et Juge ;
Intendant des Bâtiments), du 9e au 11e degré la classe des Élus ( Maître Élu des Neufs ;
Illustre Élu des Quinze ; Sublime Chevalier Élu) et enfin la dernière classe composée du
12e au 14e degré que je pourrais considérer comme une classe de consécration marquant
une étape et non une fin dans la progression initiatique (Grand Maître Architecte ;
Chevalier de Royal Arch ; Grand Élu, Grand Écossais de la voûte Sacrée).

Ce soir nous porterons notre attention plus particulièrement sur ces deux derniers
degrés, à savoir le 13e grade Chevalier de Royal Arch et le 14e grade Grand Élu Grand
Écossais de la Voûte Sacrée parfait et Sublime Maçon qui nous servirons de support pour
la table burinée que j’ai le plaisir de vous présentée.

Face à l’immense richesse symbolique de ces deux grades qui mériteraient chacun une
table burinée distincte, j’ai choisie de structurer mon propos en tentant d’extraire la
substance essentielle de ces deux degrés.

Le fil conducteur de ma réflexion reposera sur la phrase suivante :

« L’initiation est un perpétuel voyage dans les méandres de son propre Etre.

Souvenons nous de nos premiers pas dans l’ordre maçonnique, profane nous étions
introduis dans le cabinet de réflexion. Ce local uniformément peint en noir dans lequel se
trouvaient divers objets, des dessins symboliques et inscriptions. L’une de ces dernières à
suscité bien la curiosité de nombreux frères V.I.T.R.I.O.L (Visita Interiora Terrae
Rectificandoque Invenies Occulltum Lapidem.- Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant
tu trouveras la pierre cachée.)

Quelle était la signification de ce mot ? Était-ce une indication, une mise en garde ou alors
une référence à cet acide sulfurique pouvant dissoudre les choses.
Sans le savoir dans cet acrostiche, j’avais l’indication de la méthode maçonnique qui
allait me conduire du grade d’apprenti au grade de Grand Ecossais.

Si tout au long de mon parcours maçonnique j’ai eu à utilisé des outils pour rendre
intelligible les secrets qui m’étaient présentés, en loge de perfection ils ne se suffisent plus
à eux seuls. Comme le disait ici un frère, maintenant pour avancer il te faudra faire appel
au raisonnement analogique pour saisir le sens des choses.

Tout d’abord résumons les thèmes de ces deux degrés à partir du rituel pratiqué.

Pour le grade, Chevalier de Royal Arch. Bien longtemps après la destruction du Temple
de Salomon, trois mages de Babylone vinrent en pèlerinage et explorèrent les ruines de
l’ancien sanctuaire. Ils découvrirent une trappe qui fermait un puit très profond … Ils
remontèrent à la surface, remirent la trappe en place en la recouvrant de décombres. Puis
silencieux, plongés dans leur méditation, ils s’éloignèrent en direction de Babylone, au pas
lent de leurs chameaux.

Ces trois mages ont donc effectué une descente sous la terre. Ils reviennent à la surface
transmuer. Que s’est il passé ? Qu’ont-ils découvert ?

Pour le grade de Grand Écossais, Grand Élu de la Voûte Sacrée, parfait et Sublime
Maçon. Alors que les chevaliers de Royal Arch., étaient en captivités à Babylone il leur fut
permis de se rendre en Judée pour visiter les ruines du Temple de Jérusalem. Ils pensaient
retrouver quelques-unes des vérités oubliées qui permettraient aux hommes d’atteindre la
plénitude à laquelle ils aspirent car le Temple est le symbole de l’Univers ainsi que de
l’Homme à la recherche de sa perfection. Ce grade est la continuité du précédent, il invite
le Grand Elu à avancer aussi loin qu’il est possible dans la voie de l’initiation.

Que faut-il retenir de commun à ces deux thèmes ? Le temple en ruine, le puits, la
suite de marche (3 ; 5 ; 7 ; 9) les voûtes (8 obscures et une neuvième plus éclairée, le
Saint des Saints), les portes de bronze (au nombre de dix plus une onzième), les sephiroth.
Le mythe de quelque chose qui a été perdu et qu’il faut retrouver afin de donner un sens à
la quête.

Ainsi que je l’ai indiqué supra le 13e et 14e grade sont conférés par initiation. Mais
de quel ordre est cette initiation ?

Le mot initiation tire son origine du latin « initiatio » qui nous renvoie à la racine initium
(le début, le commencement). Ce mot latin est à rapprocher du mot grec « télété » qui
renvoie à l’idée d’achèvement, de fin. Ainsi les Romains désignaient par son début un
mécanisme que les Grecs considéraient du point de vue de son aboutissement. Il n’en
demeure pas que le mot initiation est d’une immense richesse ce qui peut entraîner des
différences d’interprétation du point de vue lexicale. Au niveau de la loge de Perfection je
définis l’initiation comme un long processus volontaire de lente transformation
individuelle par une introspection profonde de son être, d’ailleurs ce thème de la descente
en soi se retrouve communément aux deux degrés.

Cette descente s’effectue par le puits qui est un symbole de Connaissance. Nous pouvons
légitimement nous interroger de quel connaissance s’agit il ?
Une connaissance rationnelle et pragmatique ou alors une connaissance permettant de
comprendre le monde et ses manifestations. Le Très Illustre Frère Jacques GOLDSTEIN
écrivait dans la revue Perspective Écossaise que l’on pouvait décompose le mot
connaissance d’une part en co-naissance, c’est-à-dire naître avec et d’autre part
phonétiquement en connaît-sens, s’agissant à la fois de la perception et de la direction ce
qui permet de s’orienter consciemment.

Le rituel de ces deux degrés nous invite à la découvrir seul cette connaissance qui
donnera un sens à notre vie. Vaste et profond le puits révèle son secret dans l’obscurité et
c’est par son approfondissement qu’il se dévoile progressivement.

Il est la transposition de l’être parti en voyage à la découverte de son intériorité.

Dans le dictionnaire des symboles il est précisé que le voyage exprime un désir profond
de changement intérieur un besoin d’expérience nouvelles.

Pour y accéder et surtout pour en sortie il faut emprunter le chemin de la


verticalité, représentation symbolique d’ascension et de progrès. Cette verticalité met en
évidence la liaison qui peut exister entre ce qui est en haut et ce qui en bas. Au travers de
cet Axi Mundi la liaison entre le plan matériel et le plan spirituel s’opère. Peut-on y voir
un passage de l’état de conscience à l’état d’inconscience qui permet à l’esprit une
approche du Divin. Cette verticalité se retrouve également dans l’arbre séfirotique donc le
tronc est triple. Deux axes verticaux extérieurs colonne de rigueur et de miséricorde, relié
par un axe central qui représente l’homme.

La kabbale à ces grades apparaît comme une aide pour l’homme dans sa quête de la
genèse du monde et de la place de l’homme dans l’univers qu’il lui faudra approfondir
pour comprendre l’indicible, l’ineffable ce qui dépasse l’entendement humain, la
conception humaine. Comment franchir la onzième porte qui va relier le fini à l’infini
l’Ein Sof C’est ici qu’intervient la notion de transgression. Le Maître qui souhaite
progresser au delà de ses connaissances doit à un moment prendre l’initiative de franchir
les limites établies. Mais il ne peut effectuer cette transgression qu’à partir de l’instant ou
il maîtrise son propre Etre.

Sous la surface du sol le Chevalier de Royal Arch, va effectuer un voyage à la


recherche et la découverte de son centre spirituel. Ce voyage est orienté vers les
profondeurs et vers le centre de la terre source de la lumière rayonnante qui brûle dans la
neuvième voûte le Saint des Saints. Mais ce centre de la terre représente également la
conscience de soi, qui suis-je en fait ? Un amalgame de chair et de sang ou alors une
créature divine. Le passage de porte en porte marque la progression jusqu'à l’essentiel de
l’être. Ici la notion d’Etre est à rapprochée du Moi profond, c’est la vérité intérieure en
réponse à notre introspection. Nous touchons la, à l’Ego et aux conséquences que cela
engendre dans les interactions entre l’homme en tant qu’individualité et les hommes en
tant que collectivité. Le maître est transformé lorsqu’il sort du puits. Il à beaucoup appris
sur la connaissance de soi, sur la nécessité de la perte de l’ego qui à peine formé peut
poser des problèmes s’il n’est pas maîtrisé.

Pour conclure retenons cette phrase du rituel qui pour ma part résume bien la
méthode maçonnique de progression On n’est pas initié, on s’initie soi même.
C’est à la fois un travail individuel et collectif. Individuel parce que l’engagement
dans la voie initiatique résulte d’une démarche personnelle qui nécessite de la volonté pour
faire face à toutes les épreuves, mais elle est réalisable que s’il y transmission se la loge.
C'est-à-dire du collectif qui relie chaque maillon à la chaîne de l’initiation.