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LE MARIAGE

Cette brochure fait partie d’une série de documents juridiques simplifiés préparés par les
Centres d’Information Juridiques du RADI, le Ministère de la Justice et la Coopération
française.

Débarrassés du vocabulaire très ésotérique de juristes, ils constituent des outils de


vulgarisation que nous espérons accessibles à un très grand public.

A travers ces écrits, nous nous engageons à donner à une large majorité de sénégalais les
moyens de comprendre, de s’approprier leurs droits et d’en exiger le respect.

Le RADI, fidèle à sa mission qui consiste à aider les populations à compter sur leurs propres
forces pour apporter des solutions à leurs problèmes à travers la promotion d’un
développement durable, intégré et participatif, attend vos critiques et suggestions pour
améliorer l’œuvre entreprise.

Le mariage, union d’un homme et d’une femme célébrée devant des témoins,
est nécessaire dans toute société. C’est pourquoi il est réglementé par la loi
qui fixe les conditions que doivent remplir les futur époux.

Les règles du mariage sont posées dans le code de la famille. Elles sont applicables
à tous les sénégalais quelque soit leurs confessions (musulmans, chrétiens,
animistes) ou leurs ethnies (diolas, wolofs, sarakholé, etc.…).

1. L’AGE ET LE SEXE

Les futurs époux doivent être âgés d’au moins de 18 ans. (La majorité matrimoniale)
Cependant, le Président du tribunal de grande instance peut avec l’autorisation des
parents, et en présence d’un motif grave, accorder une dispense d’âge au futur marié
qui n’a pas encore atteint l’âge minimum fixé par la loi. Exemple : Une jeune fille de
14 ans en état grossesse peut se marier avec le père de son enfant.

Au Sénégal, le mariage entre deux personnes de même sexe est interdit. Donc, pour
qu’il y ait mariage, il faut deux personnes de sexe différent c'est-à-dire un homme et
une femme.

2. L’ACCORD DES FUTURS EPOUX

La loi exige que les futurs époux donnent personnellement leur accord au mariage.
Le mariage forcé est interdit et personne ne doit donner son enfant en mariage en
usant de la force ou en le menaçant.

Seulement, l’accord des parents est nécessaire lorsque les futurs époux ne sont pas
majeurs, c'est-à-dire ont moins de 18 ans.

Lorsque les futurs époux ont 18 ans ou plus, ils sont majeurs et leur accord
personnel suffit.
3. LES LIENS DE PARENTE OU D’ALLIANCE

Le mariage entre certaines personnes est interdit du fait de l’existence de lien de


parenté ou d’alliance entre elles.

La parenté de façon générale, c’est le lien de sang qui lie frère et sœur, père ou
mère et enfant, oncle ou tante et neveu. Ainsi par exemple, la loi interdit le mariage
entre frère et sœur ou entre père et fille pour éviter ce que l’on appelle l’inceste.
Cependant, rien ne s’oppose au mariage entre cousins.
L’alliance (c’est à dire le lien né d’un mariage) aussi peut être un obstacle au
mariage. Ainsi le mari et la sœur de sa femme, une femme et le fils de son mari sont
parents par alliance. Ils ne peuvent pas se marier.

Le mariage entre un homme et la sœur de sa femme n’est permis que lorsque cette
dernière est décédée.

Exemple :
Modou DIOP était marié à Fatou SECK. Cette dernière étant décédée, Modou pourra
épouser AWA SECK, la sœur de Fatou.
Par contre, si Fatou est toujours vivante et a simplement divorcé de Modou, Awa, sa
sœur ne pourra pas être l’épouse de Modou.

4. DELAI DE VIDUITE

C’est le temps pendant lequel la loi interdit à la femme qui vient de divorcer, ou dont
le mari vient de mourir, de se remarier.

On veut ainsi éviter un conflit de paternité au sujet de l’enfant que la femme, en se


remariant prématurément, pourrait mettre au monde. En effet, il peut être difficile de
connaître le véritable père de l’enfant lorsque la femme se remarie juste après le
divorce avec son précédent mari ou le décès de ce dernier.

La loi fixe le délai de viduité à 300 jours (10 mois) mais elle permet à la femme de le
diminuer :
* jusqu’à 3 mois lorsqu’elle a divorcé (Yideu) ;
* jusqu’à 4 mois et 10 jours lorsque le mariage cesse par cause de décès du mari
(teindjeu).

Attention ! Si la femme se remarie avant la fin des 300 jours, la loi ne lui permet pas
de dire que son précédent mari est le père de l’enfant qui naît après son remariage.
C’est en quelque sorte une sanction au non-respect du délai de 300 jours.

5. LA DOT (WARU GAR)

La dot n’est exigée pour la conclusion du mariage que si les époux le décident. Dans
ce cas, le mariage ne pourra être célébré que si la portion exigible (somme fixée à
l’avance par les fiancés) a été payée.
D’après la loi, la dot est attribuée à l’épouse ; c’est sa propriété exclusive ; mais dans
la pratique c’est la famille de la jeune fille qui la reçoit.

La loi sur les cérémonies familiales fixe le montant de la dot à 3.000 FCFA et les frais
de réjouissance (dépenses pour la fête) à 15.000 FCFA.

Attention ! Lorsque la dot dépasse le montant fixé par la loi, (ce qui arrive très
souvent), en principe, les futurs époux et leurs témoins risquent de payer une
amende de 25.000 FCFA à 500.000 FCFA. En outre, en cas de problème (par
exemple si la fiancée après avoir reçu la dot refuse de se marier), seule la somme
fixée par la loi sera en principe remboursée au fiancé. Mais la loi sur les cérémonies
familiales n’a presque jamais été appliquée.

6. L’OPTION DE POLYGAMIE OU DE MONOGAMIE

Le système conjugal sénégalais prévoit une option en faveur du mari en vue de fixer
le nombre d’épouses qu’il compte avoir.

Par contre, une femme ne peut pas avoir plusieurs maris à la fois ; ce système
conjugal, la polyandrie, est interdit au Sénégal.

Il y a monogamie lorsque le mari décide d’avoir une seule épouse ; on dit qu’il est
monogame. Il y a polygamie lorsqu’il décide d’avoir plusieurs épouses. Mais la
polygamie peut revêtir 2 formes :

- La polygamie avec moins de 4 épouses : dans ce cas, le mari


polygame décide qu’il aura 2 ou 3 épouses seulement. C’est la
limitation de polygamie ;

- La polygamie avec 4 épouses.

Le choix du mari pour le régime de la polygamie ou la monogamie est fait devant


l’officier de l’état civil à la mairie au moment de la célébration du mariage, au moment
de sa constatation ou à une autre date.

 Que se passe-t-il lorsque le mari ne choisit pas ?

En cas de silence du mari sur le choix à faire, la loi considère qu’il opte pour le
système de polygamie à 4 épouses qui est le maximum autorisé.

 Le mari peut-il revenir sur son choix ?

Non, il ne le peut pas. L’option choisie est définitive et engage le mari pour toute sa
vie. Seulement, la loi lui permet de diminuer par une nouvelle option le nombre de
femmes qu’il s’était fixé, mais elle ne lui permet pas d’augmenter ce nombre.

Exemple 1 :
Si Demba DIOP opte pour la monogamie lors de son mariage avec Seynabou SY, il
ne pourra plus jamais avoir deux épouses à la fois. Il ne sera donc jamais polygame.
Ainsi, même si le divorce intervient entre lui et Seynabou, l’option demeure :
- Il en est de même si le tribunal décide que son mariage avec Seynabou
n’est pas valable parce que, par exemple, les époux sont frère et sœur
sans le savoir (ce mariage est nul) ;
- L’option reste valable même si Demba se retrouve veuf après le décès
de Seynabou.

Exemple 2 :
Malick Samb avait épousé Marième comme première femme. Quelques années plus
tard, il épouse Astou comme deuxième femme.

Si lors de son mariage avec sa deuxième femme Astou, Malick opte pour une
polygamie limitée à 2 épouses, il ne pourra jamais avoir 3 épouses en même temps.
Son option l’engage toute sa vie :
- Même si son mariage avec Marième ou Astou est nul ;
- Même s’il divorce avec Marième ou Astou ou si l’une d’elles décède.

 Que se passe-t-il si le mari ne respecte pas son engagement de


monogamie ou de polygamie limitée ?

Le mari qui épouse un nombre de femme supérieur à celui autorisé par son option ne
respecte pas la loi. C’est ainsi le cas :
● Lorsqu’il a 2 épouses alors qu’il avait choisi d’être monogame ;
● Lorsqu’il a 3 épouses alors qu’il avait choisi la polygamie limitée à 2
épouses ;
● Lorsqu’il a 4 épouses alors qu’il avait choisi la polygamie limitée à 3
épouses ;
● Lorsqu’il a plus de 4 épouses alors que la loi lui permet d’avoir au
maximum 4 épouses.

On dit, dans ce cas, que le mari est coupable d’un délit de bigamie. Il risque une
amende de 20.000 FCFA à 300.000 FCFA et un emprisonnement de 6 mois à 1 an.

 La femme peut-elle être coupable du délit de bigamie ?

Comme l’homme, la femme peut être coupable du délit de bigamie si :

- Elle s’est remariée alors qu’elle n’a pas encore divorcée avec son
premier mari ;
- Elle s’est remariée alors que le divorce n’a pas été prononcé par le juge
même si elle n’a jamais eu de certificat de mariage.

Exemple : Kiné BA et Mbaye SALL se sont mariés traditionnellement. Leur mariage


n’a pas été porté à la connaissance de l’officier de l’état civil et par conséquent, ils
n’ont pas de certificat de mariage.

Si quelques années plus tard, Kiné, sur l’ordre de son père quitte son premier mari
pour se remarier avec un autre homme, Kiné est coupable du délit de bigamie parce
que son mariage avec Mbaye SALL est toujours valable ; elle se retrouve donc avec
2 maris.
N.B : Le divorce, pour être valable, doit être prononcé par le juge même si le
mariage n’a été célébré que traditionnellement.

Ainsi lorsque la femme, « répudiée » par son mari, quitte le domicile conjugal, le
mariage reste valable légalement.

● Que se passe-t-il quand il y a délit de bigamie ?

Lorsqu’il y a délit de bigamie, la loi considère que le juge doit prononcer la nullité du
ou des mariages constitutifs du délit. Le mariage sera alors dissout au jour du
jugement, à la demande des époux eux-mêmes, de toute personne intéressée ou du
ministère public.
Cependant, les enfants nés du mariage avant le jugement sont considérés comme
des enfants légitimes nés de père et mère mariés. Ainsi, tant que le Président du
tribunal d’Instance n’annule pas le mariage, ce dernier reste valable.

7. LES DIFFERENTES FORMES DE MARIAGE

Dans la pratique, il existe une distinction entre le « mariage civil » (célébré à la


mairie) et le « mariage coutumier » (célébré, par exemple, à la mosquée).
Néanmoins, le Code de la famille ne distingue que de 2 formes de mariage à savoir
le mariage célébré et le mariage constaté. Par conséquent, tout mariage devra être
porté à la connaissance de l’officier de l’état civil.

 Qu’est ce que le mariage célébré ?

C’est le mariage passé directement devant l’officier de l’état civil. Les fiancés qui
désirent contracter leur union de cette façon se présentent pour l’informer et prendre
rendez- vous.

Chacun des époux lui remet :

- une copie de son acte de naissance. Cependant, si l’un des époux ne


peut fournir son certificat de naissance, il est autorisé à se faire délivrer
un certificat de notoriété par le juge départemental de son domicile.
Le juge départemental établit ce certificat en se fondant sur les
déclarations faites par 3 témoins majeurs (de 18 ans ou plus) sur
l’identité de la personne qui demande le certificat ;
- une copie des certificats permettant à l’époux mineur de se marier
(autorisation des parents ou dispense accordée pour motif grave par le
juge) ;

Chacun des futurs époux devra être assisté d’un témoin majeur.

L’officier de l’état civil pose aux futurs époux diverses questions, notamment sur leur
accord pour le mariage, l’option de monogamie ou de polygamie du mari, le régime
matrimonial choisi, avant de les déclarer mari et femme.

Il établit ensuite l’acte de mariage et remet gratuitement au mari le livret de famille, et


à la femme une copie conforme de ce livret.
 Qu’est ce qu’un mariage constaté ?

Pour un mariage constaté, les futurs époux doivent informer l’officier de l’état civil (ou
son représentant) de leur commune ou localité de résidence un mois à l’avance.
Ensuite, le mariage est célébré directement par l’autorité coutumière ou religieuse
(exemple Imam ou Prêtre) mais l’officier de l’état civil ou son représentant y assiste.
Les pièces à fournir sont les mêmes que pour la première forme de mariage
(mariage célébré), mais ici les futurs époux doivent avoir chacun 2 témoins majeurs.

 Que passe-t-il pour le cas d’un mariage non célébré et non constaté ?

Les futurs époux doivent porter leur mariage à la connaissance de l’officier de l’état
civil. Si les époux n’ont ni fait célébrer, ni fait constater leur mariage par l’officier de
l’état civil sans motif estimé valable par le juge, ils risquent d’être condamnés à payer
une amende de 3.000 FCFA à 18.000 FCFA.

Cependant, la loi considère le mariage comme valable et les enfants qui en sont
issus sont des enfants légitimes ; seulement les époux ne pourront pas demander à
l’Etat des avantages familiaux (exemples : Prestations familiales, prises en charge,
IPM).
Toutefois, les époux peuvent régulariser leur situation selon le cas :

● Dans les 6 mois qui suivent la conclusion d’un mariage qui n’est ni
célébré, ni constaté par l’officier de l’état civil, les époux doivent se
présenter personnellement devant ce dernier pour faire ce que l’on
appelle une déclaration tardive de mariage.

Par cette déclaration tardive, ils font reconnaître leur union par l’Etat et se font établir
un certificat de mariage ;

● Une fois le délai de 6 mois expiré, les époux devront d’abord obtenir un
jugement d’autorisation d’inscription au tribunal d’instance en
présentant un certificat de non inscription délivré par l’officier de l’état
civil.

Après enquête, le juge ordonne la transcription sur le registre des mariages.

Adresse des Centres d’informations juridiques(CIJ) du RADI :

- Dakar : Colobane – Parc à Mazout - BP 12085 - Tél. : 33 825 75 33 ; Fax : 33 825 75


36 - E-mail : radi@sentoo.sn ;

- Pikine : Tally Icotaf, en face du marché « syndicat » - Tél. : 33 853 09 32 - E-mail :


coppikine@sentoo.sn ;

- Kaloack : rue Galliéni face à l’Alliance franco-sénégalaise - BP 365 - Tél. : 33 941 32


95 - E-mail : radikaolack@sentoo.sn ;
- Saint-Louis : rue Macodou Ndiaye, face au domicile de Me Ousmane Ngom - BP
5097 - Tél. : 33 961 34 30 - E-mail : cijradi@sentoo.sn ;

- Thiès : Villa n° 140, quartier 10ème à côté de la manufacture des arts décoratifs - BP
653 annexe - Tél. : 33 951 69 84 - E-mail : cijradith@sentoo.sn ;

Adresses des structures étatiques :

Les Maisons de Justice :

- Maison de Justice des HLM, HLM 2 - BP : 10 897 Dakar HLM - Tél. : 33 864 69 05
- E-mail : mjusticehlm@yahoo.fr ;

- Maison de Justice de Diamaguène Sicap Mbao (ancienne mairie) - BP 34 294


Thiaroye - Tél. : 33 853 07 90 - E- mail : maisondejusticedsm@yahoo.fr ;

- Maison de Justice de Rufisque, Keury Kao 36, 36 rue Pierre Verger x Démozy - BP
484 Rufisque - Tél. : 33 836 74 51, E-mail : maisonjusticerufisque@yahoo.fr ;

- Maison de Justice des Parcelles Assainies, Unité 17 – Immeuble Jappo FM - Tél. :


33 835 29 15 ;

- Maison de Justice de Mbour, quartier Santessou/EFCAN rue 24 - Tél. : 33 957 43 67

- Maison de Justice de Ziguinchor, quartier Castor, route du Village enfants SOS,


Tél. : 77 550 31 91 ;
- Maison de Justice de Gossas, quartier Dandou, Tel : 339471257 ;

- Maison de Justice de Fatick, quartier Darel, Tel : 339492226 ;

- Maison de Justice de Kédougou, quartier Togoro, Tel : 339851991

- Maison de Justice Tambacounda, quartier Salikénié ; Tel : 339810765 ;

- Maison de Justice Dahra, quartier Medina Ndiaye, Tel : 339686634 ;

- Maison de Justice de Tivaoune, quartier commercial, Tel : 339552929 ;

- Maison de Justice de Koungheul, quartier Mali, Tel : 339467726 ;

- Maison de Justice de Richard Toll, quartier Khouma gallo Malick, Tel : 339333480

- Maison de Justice de Kaolack, quartier HLM Sara, Tel : 339422828 ;

- Maison de Justice de Mbacké, quartier Gawane, Tel : 33 9760704.


Les Bureaux d’informations du justiciable(BIJ) :

- Université Cheikh Anta Diop de Dakar, bâtiment de la faculté de droit, Dakar -


Fann ; Tél. : 33 825 43 75 ;

- Université Gaston Berger de Saint-Louis, Tél. : 77 552 13 53 ;

- Université de Ziguinchor, BP 523 Diabir, Tél. : 77 650 33 65 ;

Sites Internet : www.justice.gouc.sn et www.demarches.gouv.sn.