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INSFP Bejaia Section TS VRD

Module : METRE Leçon n° 02 Elaboration M . AGGOUNE


LES ACTES DU MÉTRÉ
Les plus importants et les plus fréquemment utilisés sont les mémoires et les devis, mais il
existe néanmoins d’autres pièces qui ont leur importance.
a) Estimation sommaire :
Avant de procéder à l’estimation détaillée d’un projet, il est nécessaire d’indiquer au futur
« maître de l’ouvrage » (client) le montant approximatif du coût de la construction qu’il a
l’intention de réaliser, pour qu’il puisse juger si le montant de l’opération envisagée
correspond a ses moyens financiers. Cette estimation est faite au « prix au mètre carré
construit ». Le prix du mètre carré construit est déterminé par l’expérience acquise à
l’occasion de constructions déjà réalisées.
A noter que ce mode d’estimation au mètre carré construit est aussi utilisé pour déterminer,
en vue de sa vente, le prix d’une construction déjà existante.
b) Les mémoires :
Ce sont des actes les plus courants qui constituent le début de l’activité professionnelle du
métreur. Ils sont établi pendant et après les travaux et constituent la facture détaillée d’un
travail fait qui se voit.
- Apres mesurage et relevé sur chantier, on établi les quantités des différents ouvrages ;
lesquelles quantités seront affectées des prix unitaires puisés de la convention régissant
les travaux ;
- Série de prix officiels ;
- Bordereaux de prix contractuels ;
- L’ensemble des valeurs de chacun des ouvrages constitue le montant du mémoire
présenté par l’entrepreneur au maitre de l’ouvrage pour contrôle et visa ou au maitre
de l’œuvre selon le cas.
c) Les devis :
Ce sont des actes, contrairement aux mémoires, qui sont établis préalablement aux travaux.
Ils se détaillent soit :
- Entièrement sur plan pour des travaux neufs et dans ce cas on les appelle « avant
métré ».
- A la fois sur plan et après relevé sur place pour les travaux d’aménagement ou de
transformation.
- Entièrement d’après relevé sur place pour les travaux de réparation.
Selon que le devis parle en quantité ou en valeur on distingue les devis quantitatifs, estimatifs
et descriptif.

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Devis quantitatif : Il contient le détail et le résumé complet des quantités d’ouvrages
nécessaires à la réalisation d’un projet. Il donne, par catégories, ces quantités d’ouvrages.
Ces quantités proviennent de la totalisation des mêmes ouvrages élémentaires déterminés aux
moyens de techniques que nous étudierons plus loin.
Devis estimatif : il contient les quantités établies précédemment auxquelles on applique
les prix unitaires additionnés partiellement en vue d’obtenir la valeur totale du projet.
C’est le document sur lequel s’effectue le calcul des prix.
Chaque quantité d’ouvrage élémentaire déterminée au devis quantitatif est reprise puis
multipliée par le prix unitaire de l’ouvrage considéré. Le total des prix des ouvrages
élémentaires après application des taxes donne le montant du devis estimatif c'est-à-dire le
prix de l’ouvrage.
Devis descriptif : C’est la plus importante pièce d’un marché. Le devis descriptif
contient une description détaillée des ouvrages des différents corps d’état. Il doit être
complet, clair et ne laisser place à aucune autre interprétation que celle voulue.
Les documents graphiques (plans, élévations et coupes) donnent des renseignements sur les
formes et dimensions de l’ouvrage, ces données sont insuffisantes et le rôle du devis
descriptif est de les compléter.
Dans chacun de ses articles ce devis décrit un à un chaque ouvrage élémentaire, il y indique
la nature des matériaux à employer, les spécifications qui les concernent. Les conditions
particulières de l’exécution du travail.
Le devis descriptif permet de mettre en concurrence plusieurs entreprises, en ayant la
certitude que les propositions des prix qu’elles feront, correspondent bien à une même qualité
de travaux. Pendant toute la durée de l’exécution des travaux et au moment des réceptions
des travaux, le devis descriptif sert de base pour juger de la conformité des différents
ouvrages aux prescriptions qu’il contient. Aucune mise à prix ne figure au devis descriptif.
d) Cahier des charges :
Le cahier des charges a pour but de définir avec précision :
1- Les droits et les devoirs des parties contractantes ; L’entrepreneur, maitre d’ouvrages et
maitre d’ouvrage.
2- Les obligations, les contraintes particulières imposées par le chantier considéré :
On conçoit que si certaines conditions varient d’un chantier à un autre il y a d’autres
conditions qui sont communes à tous les chantiers. Aussi existe-t-il deux types de cahiers de
charges :
 Le cahier des conditions et des charges générales : celui-ci précise les droits et devoirs des
parties en présence applicables à tous les chantiers.
 Le cahier des conditions et des charges particulières ; qui complète le précédent en
précisant les règles particulières à un chantier déterminé.
Souvent ces deux documents sont fondus en un seul ; appelé tout simplement cahier des
charges.
e) Les plannings :
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Le métré sert à leur établissement. Il permet par la connaissance qu’il nous donne du volume
des différents ouvrages, de fractionner dans le temps, l’avancement des travaux, de
déterminer les moyens à mettre en œuvre, de prévoir les approvisionnements en matériaux
ainsi que la main d’œuvre à employer et les qualifications nécessaires.
f) Les attachements.
Ce sont des documents qui constatent des services ou des travaux appelés à disparaitre, soit
par cessation pure d’utilité en ce qui concerne les services, ou à être cachés du fait de
l’avancement de la construction, pour ce qui est des travaux. (Par exemple : pompage,
démolition imprévisibles dans les fouilles, étaiements …etc.).
Les attachements permettent de demander par la suite le règlement des services ou des
travaux en cause sans contestation possible et a cet effet les attachements doivent être
détaillés et particulièrement précis. Il existe deux types d’attachements.
1°- Attachement écrit : Il se présente sous forme d’un texte qui donne tous les éléments
nécessaires, en vue de déterminer ultérieurement les prix des services ou des travaux en
cause (nombre d’heures de travail d’ouvriers, nombre d’heures de manœuvres, quantités de
matériaux employés, nombre d’heures de machines, transports …etc.).
2°- Attachement figuré : Rédigé comme un attachement écrit, il est accompagné de
croquis, des vues en plan, en élévation, de coupes, le tout côté pour permettre les calculs
ultérieurs qui permettront d’en déterminer le prix. Tout attachement, qu’il soit écrit ou figuré,
doit être visé par l’architecte.
g) Etats de situation
Ce sont des métrés des travaux exécutés ou des approvisionnements sur chantier à une date
déterminée. Ces états sont établis dans les circonstances suivantes :
1- Demande d’acomptes : L’entrepreneur ne dispose pas de réserves financières
suffisantes pour assurer la totalité des travaux avant d’obtenir le règlement (payement) ; ainsi
demande-t-il périodiquement des acomptes au maître de l’ouvrage. A cet effet, il produit un
état de situation, qui fait apparaitre les travaux réalisés depuis l’état de situation précédent, et
demande un acompte sur ces derniers travaux.
2- Variation des prix : En cas de changement des prix, il y a lieu d’établir un état de
situation afin de déterminer avec précision ce qui devra être réglé aux anciens tarifs.
3- Arrêt de chantier : On ne peut préjuger lorsqu’un chantier est arrêté (grève en
particulier) si des variations de prix ne vont pas se produire au moment de la reprise du
travail. Un état de situation permet, comme précédemment, de connaitre les travaux effectués
à la date de l’arrêt du chantier.
4- Défaillance de l’entreprise. Il peut arriver que pour des raisons diverses, l’entreprise ne
soit plus en mesure de poursuivre les travaux. Il faut alors faire appel à un autre entrepreneur.
Un état de situation permet de déterminer les travaux réalisés et les approvisionnements
fournis par l’entreprise défaillante, avant que la suivante prenne la suite des travaux.
h) Révision des marchés
Les variations fréquentes des éléments qui entrent dans la constitution des prix (salaires,
matériaux, transport, taxes…etc.) ne permettent pas de déterminer à l’avance avec exactitude,
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le prix de l’ouvrage. Les prix indiqués au devis estimatif sont ceux en vigueur au jour de
l’établissement de ce document.
Aussi ; en vue de tenir compte des variations ultérieures, est-il prévu dans la plupart des
marchés, une formule de révision des prix applicable aux prix du devis estimatif. Le métreur
devra en tenir compte chaque fois qu’une variation se produira sur l’un quelconque des
éléments constitutifs d’un prix.
i) Réclamation sur règlement
Il arrive qu’au moment du règlement définitif d’une construction le maitre de l’ouvrage ou
maitre d’œuvre qui le représente trouve que le « mémoire » (facture) présenté par
l’entrepreneur est trop élevé ; afin d’en obtenir la réduction, il remet le mémoire à un métreur
vérificateur. Ce dernier contrôle le mémoire, poste par poste, et lorsqu’il considère le
montant de l’un d’eux trop élevé, il en reprend les calculs, et rétablit ce qu’il considère
comme une juste valeur de l’ouvrage, en le corrigeant à l’encre rouge.
Il résulte en général, d’une telle vérification, une réduction du montant du mémoire. Le
document corrigé est présenté à l’entrepreneur pour obtenir de lui un nouveau mémoire
tenant compte des corrections et le présente au maitre d’ouvrage pour règlement.
Par contre, s’il considère que la réduction du mémoire est trop importante, il demande à son
métreur d’établir un « mémoire de réclamation ».
Dans ce mémoire de réclamation, le métreur, arguments à l’appui, reprend tous les postes
dans lesquels il a procédé, dans un but de simplification, à des estimations globales et
demande la prise en considération du détail exact des travaux ; ces modifications entrainant
obligatoirement une augmentation de l’estimation des travaux en cause.
Exemple : Si dans le premier mémoire le métreur a simplement compté : bouchement d’une
baie de porte, dans le mémoire de réclamation il donnera les détails suivants :
- Dégondage de la porte
- Décalfeutrement de l’huisserie
- Descellement des pattes ;
- Dépôt de l’huisserie
- Coltinage et rangement de l’huisserie
- Bouchement en briques creuses
- Enduit
Chaque poste étant facturé, le montant du 2 ém décompte sera bien supérieur au premier. Si le
mémoire de réclamation ne permet pas à l’entrepreneur d’obtenir les résultats escomptés, il
peut alors avoir recours à un arbitrage à l’amiable et s’il n’obtient pas satisfaction faire appel
à un tribunal compétent.
j) Compte prorata
Il existe dans chaque chantier de faux frais que doivent supporter toutes les entreprises qui y
travaillent. Le compte prorata est la comptabilisation de tous ces frais, l’entreprise qui a le lot
le plus important est chargée de la tenue de ce compte qui est arrêté par le maitre d’œuvre.
Ces faux frais sont repartis entre les entreprises proportionnellement au montant de leurs
travaux respectifs.
k) Compte de mitoyenneté
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La législation concernant les mitoyennetés détermine les droits et les devoirs des
propriétaires d’un bien mitoyen d’abandonner ou de vendre sa mitoyenneté au profit de
l’autre propriétaire.
Il est évident que de telles opérations nécessitent une parfaite connaissance de la législation.
Le métreur est souvent chargé, sous la directive d’un architecte, de déterminer les comptes de
mitoyenneté.
l) Evaluation des propriétés construites
Les évaluations sont en général effectuées par des professionnels appelés « évaluateurs
immobiliers ». Il arrive cependant qu’elles soient confiées à un métreur.
La valeur d’une propriété construite est déterminée en prenant en considération :
- La valeur des revenus produits par la propriété (terrain et construction)
- La valeur propre de la propriété (prix du terrain plus la valeur de la construction
comme si elle était neuve, diminué de sa vétusté) ;
- La valeur marchande (valeur comparée à des propriétés vendues dans la région).
m) Surface corrigée
Le décompte du prix du loyer d’un local d’habitation est établi en tenant compte :
- De la surface réelle de chaque pièce de l’habitation, multipliée par un coefficient
suivant la nature de cette pièce ;
- De la nature des matériaux avec lesquelles est construite l’habitation ;
- De l’entretien des parties communes et des espaces verts ;
- Des éléments d’équipement ;
- Des divers coefficients tenant compte de la situation. Les évaluations sont effectuées
en équivalence de surface, leur résultat donne la surface dite corrigée. Le métreur est
souvent sollicité par l’un ou l’autre des parties (propriétaires ou locataires) pour établir
la surface corrigée d’un local d’habitation et déterminer ainsi le montant du loyer.
n) Etat des lieux
Lors d’une location, propriétaire et locataire ont intérêt à dresser un constat de l’état des
locaux au moment de la location.
Le bailleur (propriétaire) pourra par la suite, grâce au constat, demander au locataire
réparations des dégradations dont ce dernier serait l’auteur.
Le locataire, en vertu de ce constat, aura la certitude de ne pas se voir demander réparation de
dégradations qu’il n’aurait pas commises.
Ce constat écrit appelé « état des lieux » est très souvent établi par un métreur.
- L’état des lieux détaille pièce par pièce l’état des murs, cloisons, huisseries,
menuiseries, peintures, installations électriques, installations d’eau, sanitaires …etc.
Ainsi que du matériel et mobilier mis a la disposition du locataire.
- L’état des lieux peut être établi tant pour les locaux a usage d’habitation que pour tous
les autres, qu’il s’agisse d’une location a bail ou par accord verbal. Il y a lieu de

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préciser que faute d’état des lieux, tout local en location est considéré comme ayant été
en parfait état au moment de l’entrée du locataire.