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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique


Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene
Faculté des Sciences Biologiques

Mémoire
Mémoire de projet de fin d'études en vue de l'obtention du diplôme de Master

Domaine : Science de la nature et de la vie

Spécialité : Biotechnologie et Pathologie Moléculaire

Etude de l’implication des lymphocytes T


régulateurs et du monoxyde d’azote dans les
mécanismes physiopathologiques mis en jeu
au cours du cancer colorectal et du cancer
associé à une colite
Présenté par :
 Mr GUERRACHE Abderrahmane.
 Mr MERAKEB Mohamed Sofiane.
 Mr SAMER Arezki.
Soutenu publiquement le 05/06/2016 devant le jury composé de :
Président : Mme AMRI Manel Maitre de conférences B (USTHB).
Promoteur : Mme RAFA Hayet Maitre de conférences B (USTHB).
Co-promoteur : Mme AIT YOUNES Sonia Professeur (CHU MUSTAPHA).
Examinateur : Mr BELKHELFA Mourad Maitre de conférences B (USTHB).
Invité : Mme BEN KHELIFA Sarra Doctorante (USTHB).

Promotion : 2015/2016
Remerciements

Remerciements : ‰fi^flj⁄]Ê<‰œÈ Ái<Ó◊¬<‰÷<Ü”é÷]Ê<‰fi^äuc<Ó◊¬<!<Ç€£]

Tout d’abord nous remercions ‫ ﷲ‬pour tout ce qu’il nous a donné, de nous avoir guidés, de
nous avoir donné le courage et la force tout le long de notre cursus.

Ecrire un mémoire de fin d’étude est un travail long et souvent difficile, aussi pour ceux qui
nous ont aidés et accompagnés ces dernières années. Finalement, ce mémoire est une œuvre
collective puisque de nombreuses personnes y ont participé, de près ou de loin, avec leur
soutien scientifique, moral ou affectif. Nous remercions tous ceux qui ont participé à la réussite
de ce projet concluant des années d’encadrement par une équipe douée et pleine de gentillesse
et de sympathie.
Nous exprimons nos profondes gratitudes et sincères remerciements :

À Madame le professeur Touil-Boukoffa Chafia directrice du laboratoire de Biologie Cellulaire


et Moléculaire (B.C.M) de nous avoir permis de bénéficier de son savoir, de s’être donnée à fond
pour atteindre ce grade universitaire avec son expérience dans le domaine. Nous vous
remercions.

À notre promotrice , le docteur RAFA Hayet pour l'aide compétente qu'elle nous a apportée,
pour sa patience, sa confiance, son encouragement et son œil critique qui nous a été très précieux
pour structurer le travail et pour améliorer la qualité des différentes sections de notre mémoire
ainsi que pour sa disponibilité malgré sa charge de travail importante, nous la remercions
vivement.

À notre Co-promotrice, le professeur AIT YOUNES Sonia, de nous avoir soutenus au sein du
service Anatomo-pathologie (CHU MUSTAPHA), d’avoir contribué avec une grande part à
l’accomplissement de ce travail, de son écoute et de sa bonne direction, nous la remercions
vivement.

À Madame BEN KHELIFA Sarra, doctorante au sein du laboratoire « cytokines et NO


synthases » de nous avoir pris en charge tout le long du semestre, de nous avoir aidés, de nous
avoir encouragés et le fait d’avoir été patiente avec nous. Merci.

À notre présidente de soutenance, le docteur AMRI Manel pour l'intérêt qu'elle a manifesté
pour ce travail et d'avoir fait honneur d’accepter la présidence de notre Jury de soutenance.
Merci.

À notre Examinateur, le docteur BELKHELFA Mourad, d’avoir accepté de juger ce travail.

À toute l’équipe du laboratoire cytokines et NO Synthases, ce travail a été rendu très agréable
par l’ambiance que vous savez faire régner au sein de l’équipe, avec qui nous avions acquis les
connaissances théoriques et pratiques durant nos années d’études. Merci pour vos précieux
conseils.
À tous les membres du service ANAPATH, de nous avoir facilité les conditions pour mener à
bien notre travail.
À tous les patients qui ont participé à notre étude, nous vous souhaitons une bonne guérison.
Nous ne citerons pas de noms ici, pour ne pas en oublier certains.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB


Dédicaces

Je dédie ce mémoire :

A mes parents bien-aimés :


Je voue dédie ce mémoire en reconnaissance de tout l’amour et de toute l’affection
que vous n’avez jamais cessé de me prodiguer.
Je ne trouve pas les mots pour exprimer mon immense amour et ma profonde
gratitude pour tous les sacrifices et les efforts qu’avez consentis pour mon éducation.
Vous m’avez toujours guidé, soutenue, conseillé avec la plus grande des sagesses.

"‫" أﺳﺄل ﷲ اﻟﻌظﯾم رب اﻟﻌرش اﻟﻛرﯾم أن ﯾطﯾل ﻓﻲ ﻋﻣرﻛم وﯾﺣﻔظﻛم وان ﯾﺳﻛﻧﻛم دار ﻛراﻣﺗﮫ‬
A ma sœur :
Tous les mots ne sauraient exprimer la gratitude, l’amour, la reconnaissance et le
respect que j’ai pour vous.
Vous m’avez aidé, soutenue, guidé et conseillé durant toutes mes années d’étude.
"‫" أﺳﺄل ﷲ اﻟﻌظﯾم رب اﻟﻌرش اﻟﻛرﯾم أن ﯾﺣﻔظك و ﯾرزﻗك اﻟﺳﻌﺎدة ﻓﻲ اﻟدﻧﯾﺎ و اﻵﺧرة‬
A mon frère : « Salim »
En témoignage du soutien et des conseils qui m’ont permis de surmonter les moments
les plus difficiles.
"‫" أﺳﺄل ﷲ اﻟﻌظﯾم رب اﻟﻌرش اﻟﻛرﯾم أن ﯾﺣﻔظك و ﯾرزﻗك اﻟﺳﻌﺎدة ﻓﻲ اﻟدﻧﯾﺎ و اﻵﺧرة‬

Je dédie ce mémoire à toute ma famille MERAKEB et MESRATI et à ma


grand-mère.

Je dédie ce mémoire également à l’harmonieux groupe


d’amis :
Nabil, Zaki, khaled, Rabeh, Fares, Mouloud, Fawzi, Hamza sans oublier
Abderrahmane et arezki et tous nos copains non cités ici.
"‫"أﺳﺄل ﷲ اﻟﻌظﯾم رب اﻟﻌرش اﻟﻛرﯾم أن ﯾﺣﻔظﻛم و ﯾرزﻗﻛم اﻟﺳﻌﺎدة ﻓﻲ اﻟدﻧﯾﺎ و اﻵﺧرة‬

Enfin je dédie ce mémoire à tous les gens de AIN BENIAN et de mon cartier 138
LGTS.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB


Dédicaces

Je dédie ce mémoire :
A mes parents bien-aimés :
Je voue dédie ce mémoire en reconnaissance de tout l’amour et de toute l’affection que
vous n’avez jamais cessé de me prodiguer.
Je ne trouve pas les mots pour exprimer mon immense amour et ma profonde gratitude
pour tous les sacrifices et les efforts qu’avez consentis pour mon éducation.
Vous m’avez toujours guidé, soutenue, conseillé avec la plus grande des sagesses.
<<‰j⁄]Ü“<Ö]Å<‹”fl”äË
> <·_<Ê<‹”øÀ¨Ê<‹“Ü€¬<ª<ÿÈ�Ë<·_<‹ËÜ”÷]<êÜ√÷]<hÖ<‹Èø√÷]<!]<Ÿ`â_<>

A mes grands parents :


Vous m’avez aidé, soutenue, guidé et conseillé durant toutes mes années d’étude, merci.
<<ÏÜ}˚]<Ê<^Èfi
> Ç÷]<ª<ÏÅ^√ä÷]<‹”ŒáÜË<Ê<‹”∑ÜË<Ê<‹”øÀ¨<·_<‹ËÜ”÷]<êÜ√÷]<hÖ<‹Èø√÷]<!]<Ÿ`â_<>

A mon frère ‘’Hamza’’ :


En témoignage du soutien et des conseils qui m’ont permis de surmonter les moments les
plus difficiles. Je vous souhaite tous le bonheur et plein de réussite dans votre vie.
<<<ÏÜ}˚]<Ê<^Èfi
> Ç÷]<ª<ÏÅ^√ä÷]<‘ŒáÜË<Ê<‘øÀ¨<·_<‹ËÜ”÷]<êÜ√÷]<hÖ<‹Èø√÷]<!]<Ÿ`â_<>

A ma sœur ‘’Zineb’’ :
Tous les mots ne sauraient exprimer la gratitude, l’amour, la reconnaissance et le respect
que j’ai pour vous. Je vous souhaite tous le bonheur et plein de réussite dans votre vie.
<ÏÜ}˚]<Ê<^Èfi
> Ç÷]<ª<ÏÅ^√ä÷]<‘ŒáÜË<Ê<‘øÀ¨<·_<‹ËÜ”÷]<êÜ√÷]<hÖ<‹Èø√÷]<!]<Ÿ`â_<>

A mon grand père BERKAT Moussa et mon cousin CHERFAOUI Anis


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Je dédie ce mémoire également à l’harmonieux groupe de cousins et d’amis:


Mohamed, Oussama, Youcef. Nabil, Zaki, Makkou, Khaled, Fares, Mouloud et tous mes
copains qui m’aiment. Sans oublier la promo Master2 BPM 2015/2016 .
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Enfin Je dédie ce travail à toute la famille GUERRACHE et BARKAT sans oublié mes
deux frères : Sofiane et Arezki.

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Abderrahmane ^^
Dédicaces : Arezki (Sam England)

Je dédie ce mémoire :
A mes parents bien-aimés :
Je vous dédie ce mémoire en reconnaissance de tout l’amour et de
toute l’affection que vous n’avez jamais cessé de me prodiguer. Mes
estimes pour vous sont immenses, je vous remercie pour tout ce que
vous avez fait pour moi.
Je ne trouve pas les mots pour exprimer mon immense amour et
ma profonde gratitude pour tous les sacrifices et les efforts qu’avez
consentis pour mon éducation.
Vous m’avez toujours guidé, soutenue, conseillé avec la plus grande
des sagesses.
A ma Mamie (Mamamina), tous mes oncles (Farid, Abdelhak,
Sofiane) et tantes (Fatiha, Soraya) :
Qui m’ont toujours soutenue et épaulé dans la vie ainsi que tout le
long de mon cursus scolaire.

‫أﺳﺄل ﷲ اﻟﻌظﯾم رب اﻟﻌرش اﻟﻛرﯾم أن ﯾطﯾل ﻓﻲ ﻋﻣرﻛم وﯾﺣﻔظﻛم وان ﯾﺳﻛﻧﻛم دار ﻛراﻣﺗﮫ‬
A ma sœur « Hind »
Tous les mots ne sauraient exprimer la gratitude, l’amour, la
reconnaissance et le respect que j’ai pour vous. A qui je souhaite
une vie pleine de bonheur, de prospérité et de réussite Vous m’avez
aidé, soutenue, guidé et conseillé durant toutes mes années d’étude.
‫أﺳﺄل ﷲ اﻟﻌظﯾم رب اﻟﻌرش اﻟﻛرﯾم أن ﯾﺣﻔظك و ﯾرزﻗك اﻟﺳﻌﺎدة ﻓﻲ اﻟدﻧﯾﺎ و اﻵﺧرة‬
A mon frère « Reda »
Mon cher frère les mots ne suffisent guère pour exprimer
l’attachement, l’amour et l’affection que je porte pour vous. Mon
fidèle compagnant dans les moments les plus délicats de cette vie
mystérieuse. A qui je souhaite une vie pleine de bonheur, de
prospérité et de réussite.
‫أﺳﺄل ﷲ اﻟﻌظﯾم رب اﻟﻌرش اﻟﻛرﯾم أن ﯾﺣﻔظك و ﯾرزﻗك اﻟﺳﻌﺎدة ﻓﻲ اﻟدﻧﯾﺎ و اﻵﺧرة‬
Je dédie ce mémoire également à l’harmonieux groupe d’amis :
Zaki, Nabil, Lyessou, Lamine, Hamza, Bilel, Adel, khaled, Rabeh,
Mouloud, et tous nos copains qui nous aiment et un Spécial dédicace
à mon ami et mon frère Djihad qui ma bien aidé.
‫أﺳﺎل ﷲ اﻟﻌظﯾم رب اﻟﻌرش اﻟﻛرﯾم أن ﯾﺣﻔظﻛم و ﯾرزﻗﻛم اﻟﺳﻌﺎدة ﻓﻲ اﻟدﻧﯾﺎ و اﻻﺧرة‬
A mon Trinôme :
Je vous dédie ce travail et je vous souhaite un avenir à la hauteur
de vos ambitions. Que notre amitié dure.
Arezki (Sam England) 
Liste des abréviations

17P : Petit brin du chromosome 17 cNOS : NO synthase constitutive

CNS : Conserved non codingsequence


-A- COX-2 : Cyclo-oxygénase 2

ADN : Acide désoxyribonucléique CPA : Cellule présentatrice d’antigène

AKT : Protein Kinase B CTLA-4 : Cytotoxic T-lymphocyte antigen 4

AMPc : Adénine mono phosphate cyclique CU : Colite ulcéreuse

AP-1 : Activator Protein-1 CXCR, CCR : Chemokine receptor

APC : Adenomatous polyposis coli Cyt c : Cytochrome c

ARNm : Acide ribonucléique messager

ATF-2 : Activating Transcription Factor 2


-D-
ATP : Adenosine triphosphate DAB : Diaminobenzidine

DC : Cellules dendritiques
-B- DCC : Deleted in colon cancer

Bcl2 : B-cell lymphoma 2 DO : Densité optique

BH4 : Tétrahydrobioptérine

BMPRA1 : Bone morphogenetic protein


-E-
receptor, type 1A
EBI3 : Epstein-Barr virus-induced gene 3
BRAF : B-Raf proto-oncogene, serine/threonine
kinase EGFR : Epidermal growth factor receptor

ERK : Extracellular signal–regulated kinases


-C-
2+
-F-
Ca : Calcium

CAC : Cancer associé à une colite FAD : Flavine adénine dinucléotide

CaM : Calmoduline FLG-2 : Fibrinogen-like protein-2

CCR : Cancer colorectal FOLFOX : Acide folinique [leucovorine],


fluorouracile, oxaliplatine
CD : Cluster of Differentiation
FOXP3 : Forkhead box P3
CD25s : CD25 soluble

CHU : Centre hospitalo-universitaire

CMH : Complexe majeur d’histocompatibilité -G-


Liste des abréviations

Gal : Galectine LP : Lamina propria

GC : Guanylate cyclase LPS : Lipopolysaccharide

GM-CSF : Granulocyte-macrophage colony- Lym : Lymphocytes


stimulating factor

GMPc : Guanosine monophosphate cyclique -M-


GSK3 : Glycogen synthase kinase 3
MAPK : Mitogen-activeted protein Kinase
GTPase : Hydrolyse guanosine triphosphate
MC : Maladie de crohn

H MDSC :
myéloïdes
Cellules suppressives dérivées

HAS : Haute Autorité de Santé MEK : MAP kinase-ERK kinase

HCC : Hépatocarcinome cellulaire MICI : Maladies inflammatoires chroniques de


l’intestin
Hsp : Protéine de choc thermique
MMP : Metalloprotéinases de la matrice

-I- mtNOS : NO synthase mitochondrial

mTOR : The mammalian target of rapamycin


IFN : Interférant
MYH : MutY human homolog
IL : Interleukine

iTreg : les Lymphocytes T régulateurs inductibles


-N-
-J- NADPH : β-nicotinamide adénine di-nucléotide
réduit
JAK : Janus kinase
NFAT : Nuclear factor of activated T-cells
JNK : c-Jun N-terminal kinase
NF-κB : Nuclear Factor-kappa B

-K- NICE : National Institute for Health and Care


Excellence

KRAS : Kristen rat Sarcoma viral oncogene. NK : Natural Killer cells

-L- NO : Monoxyde d’azote

NOS : NO synthase
LAG3 : Lymphocyte Activation Gene 3 NOS1 (nNOS) : NO synthase neuronale
LEF : Lymphoid enhancer factor. NOS2 (iNOS) : NO synthase inductible
L-NAME : NG-nitro-L-arginine méthyl ester
Liste des abréviations

NOS3 (eNOS) : NO synthase endothéliale SOCS : Suppressor of cytokine signaling

Nrp1 : Neuropiline-1 STAT : Signal transducer activator of


transcription
nTreg : Lymphocytes T régulateurs naturels

-O- -T-
T-bet : T-box transcription factor
O2- : Anion superoxyde
TBX21 : T-box 21
ONOO- : Peroxynitrite
TCF : T-cell factor
OMS : Organisation mondiale de la Santé
Tconv : Lymphocytes T conventionels

-P- TCR : Récepteur du lymphocyte T

Teff : Lymphocytes T effecteurs


P53 : Tumor protein 53.
TGF-β : Transforming growth factor beta
PAF : Polypose adénomateuse familiale.
Th : Lymphocyte T helper (T auxiliaire)
PCR : Polymerase Chain Reaction.
Tm : Lymphocytes T mémoires
PDE3B : Phosphodiesterase 3B.
TNM : Classification du cancer colorectal
PGE: Prostaglandin.
(tumor, nodes, metastasis).
PI3K : Phosphoinositide 3-kinase.
Treg : Lymphocytes T régulateurs
PTEN : Phosphatase and tensin homolog.
Tr1 : Lymphocytes T régulateurs producteurs
d’IL-10
-R- Tyk : Tyrosine kinase

RCH : Recto-colite hémorragique

RNS : Reactive Nitrogen Species


-V-
ROR : Transcription retinoid related Orphan VEGF : Vascular endothelial growth factor A
receptor.

ROS : Reactive oxygen species -W-


-S- Wnt : Wingless-Int-1

SMAD : Small body size (SMA) and mothers


against decapentaplegic (MAD)

SNC : Système nerveux central


Sommaire

Introduction ………………………………………………………………………………………………………………………………………1

Chapitre 1 : Généralités
I. Cancer colorectal………………………………………………………………………………………………………….……….3
I.1. Définition…………………………………………………………………………………………………………………..…3
I.2. Epidémiologie………………………………………………………………………………………………………….…..3
I.3. Anatomie……………………………………………………………………………………………………….…………….4
I.4. Origine, causes et facteurs protecteurs du cancer colorectal ……………………………..….……4
I.5. Symptômes du cancer colorectal…………………………………………………………………………..….….7
I.6. Diagnostique……………………………………………………………………………………………………………..…8
I.7. Mécanismes de carcinogénèse………………………………………………………………………………..…10
Voies de signalisations associées au cancer colorectal……………………………………………….10
I.8. Traitement ………………………………………………………………………………………………………..……….11
I.9. Cancer associé à une colite…………………………………………………………………………………..…….12
I.9.1. Définition……………………………………………………………………………………………………..…12
I.9.2. Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin..…………….……………………..…..14

II. Lymphocytes T régulateurs………………………………………………………………………………………………….16


II.1. Introduction…………………………………………………………………………………………………….………..16
II.2. Sous populations……………………………………………………………………………………………………….17
II.3. Rôles………………………………………………………………………………………………………………………….18
II.4. Mécanismes d’action…………………………………………………………………………………………………18
II.5. Lymphocytes T régulateurs et cancer…………………………………………………………………………20
II.6. Lymphocytes T régulateurs et cancer colorectal……………..…………………………………………21
II.6.1. Signalisation induite par le TGF-β…………………………………………………………………22
II.6.1. Le Foxp3……………………………………………………………………………………………………….23

III. Monoxyde d’azote……………………………………………………………………………………………………………….24


III.1. Définition………………………………………………………………………………………………………………….24
III.2. Biosynthèse et sources …………………………………………………………………………………………….24
III.3. Rôles………………….……………………………………………………………………………………………………..25
III.4. Régulation des NO Synthèses……………………………………………………………………………………25
III.5. Physiologie et Modes d’action………………………………………………………………………………....26
III.6. monoxyde d’azote et physiopathologie …………………………………………………………………..27
III.7. Monoxyde d’azote et cancer…………………………………………………………………………………….28
III.8. Monoxyde d’azote et cancer colorectal…………………………………………….………………………29

Chapitre 2 : Matériel et méthodes

I. Matériels et patients…………………………………………………………………………………………………….30
I.1 Les échantillons biologiques……………………………………………..…………………………….…...30
I.2 Les anticorps…………………………………………………………………………………………….………..…31

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Sommaire

II. Méthodes…………………………………………………………………………………………………………….……….31
II.1 Dosage du monoxyde nitrites résiduels………………………………………………………………..31
II.2 Dosage des cytokines par la méthode ELISA (TGF-B)…………………………………………….32
II.3 Etude Histologique des pièces opératoires/biopsies coliques des patients atteints de
Cancer colorectal et de cancer associé à une colite……………………………………………………….32
II.4 Etude de l’expression in situ des marqueurs Treg par Immunohistochimie…….……32
II.5 Etude de l’expression in situ des marqueurs Treg par immunofluorescence..….….33
II.6 Analyse statistique………………………………………………………………………………………….…...34

Chapitre 3 : Résultats et Discussion


Résultats…………………………………………………………………………………………………………………………………….…..35

I. Etude de la production du monoxyde d'azote in vivo au niveau des patients atteints de CCR à
différents stades et des patients atteints de CAC………………………………………………………….……35
I.1. Etude de la Production du monoxyde d'azote selon le cas pathologique……………….….35
I.2. Etude de la Production du monoxyde d'azote selon le stade clinique du CCR………….…35

II. Etude histologique des pièces opératoires coliques des patients atteints de CCR et de
CAC…………………………………………………………………………………………………………………………………..…36

III. Etude de l’expression protéique in situ des marqueurs des lymphocytes T régulateurs….….39

III.1. Etude de la production du TGF-β in vivo au niveau des plasmas des patients atteints de
CCR à différents stades cliniques par dosage ELISA …………………………………………………………….39
III.2. Etude immunohisotchimique de l’expression protéique in situ du CD3 au niveau des pièces
opératoires coliques des patients atteints de CCR et de CAC …………………………………..………...40
III.3. Etude immunohisotchimique de l’expression protéique in situ du CD4 au niveau des pièces
opératoires colique des patients atteint de CCR et de CAC …………………………..……………………41
III.4. Etude de l’expression protéique in situ du Foxp-3 au niveau des pièces opératoires
coliques des patients atteints de CCR et de CAC par immunohistochimie …………………..……..42
III.5. Etude de l’expression protéique in situ du CD25 au niveau des pièces opératoires coliques
des patients atteints de CCR et de CAC par immunofluorescence …………………………..…………44

Discussion…………………………………………………………………………………………………………………………………………46
Conclusion………………………………………………………………………………………………………………………………………..51
Perspectives……………………………………………………….…………………………………………………………………………….52
Références bibliographiques………………………………………………………………………………………………….…………54

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Liste des figures

Figure 1 : Anatomie du système digestif inférieur, montrant le côlon et d'autres organes…………….…4

Figure 2 : Aspect macroscopique des polypes en coloscopie……………………………………………………….……5

Figure3 : Séquence adénome-cancer…………………………………………………………………………………………….….5

Figure 4 : La séquence pathogénique inflammation-dysplasie-carcinome dans le cancer associé à une


colite…………………………………………………………………………………………………………………………………………………13

Figure 5 : Photo d'une pièce opératoire colique d’une patiente atteinte de CCR associé à une CU
(CAC) …………………………………………………………………………………………………………………………………………….….13

Figure 6 : Schéma simplifié des voies de différenciation cellulaire des lymphocytes T et la plasticité.17

Figure 7 : Les différents mécanismes d’actions des lymphocytes Tregs : par facteurs solubles .……..19

Figure 8 : Les différents mécanismes d’actions des lymphocytes Tregs : par contact cellulaire.……….20
Figure 9 : Mécanismes d’action des lymphocytes Tregs : par la compétition pour les facteurs de
croissance………………………………………………………………………………………………………………………………………….20

Figure 10 : Rôle des Treg (nTreg/iTreg) dans le microenvironnement tumoral…………………………………21

Figure 11 : L'effet pronostique des cellules Treg Foxp3 dans les tumeurs croissantes dans un
environnement septique, comme le CCR………………………………………………………………………………………….22

Figure 12 : Synthèse du NO à partir de la L-arginine par les NOS……………….………………………..…………..24

Figure 13 : Les différents rôles du monoxyde d’azote dans le cancer……………………………………………….29

Figure 14 : Courbe étalon du dosage des nitrites par la méthode de Griess modifiée………………………31

Figure 15 : Taux des nitrites résiduels (NO2-) produits au niveau systémique et dosé à partir des plasmas
des patients atteints de CCR et de CAC…………………………………………………………………………….……………….35

Figure 16 : Taux des nitrites résiduels (NO2-) produits au niveau systémique et dosé à partir des plasmas
des patients atteints de CCR aux différents stades cliniques………………………….………………………………..36

Figure 17 : Taux des nitrites résiduels (NO2-) produits au niveau des plasmas des patients atteints de CCR
aux stades précoces (I et II) et stades tardifs (III et IV)………………………………..……………………………………36

Figure 18 : Résultats d’histologie……………………………………………………………………………………………………..38

Figure 19 : Concentration du TGF-β dans les plasmas des patients atteints de CCR aux différents stades
cliniques…………………………………………………………………………………………………………………………….…………….39

Figure 20 : Concentration du TGF-β dans les plasmas des sujets sains et des patients atteints de CCR aux
stades précoces (I et II) et tardifs (III et IV)…………………………………………………………………….…………….….40

Figure 21 : Etude de l’expression in situ du CD3 au niveau des coupes histologiques des pièces
opératoires coliques des patients atteints de CAC et de CCR au stade IV par
immunohistochimie……………………………………………….…………………………………………………………………………40

Figure 22 : Pourcentage des cellules CD3+ au niveau des pièces opératoires coliques des patients atteints
de CCR IV et ceux atteints de CAC……………………………………………………………………………………………..……..41

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Liste des figures

Figure 23 : Etude de l’expression in situ du CD4 au niveau des coupes histologiques des pièces
opératoires coliques des patients atteints de CAC et de CCR au stade IV par
immunohistochimie………………………………………………………………………………………………………………………….42

Figure 24 : Pourcentage des cellules CD4+ au niveau des pièces opératoires coliques des patients atteints
de CCR IV et ceux atteints de CAC…………………………………………………………………………………………..………..42

Figure 25 : Etude de l’expression in situ du Foxp3 au niveau des coupes histologiques des pièces
opératoires coliques des patients atteints de CAC et de CCR au stade IV par
immunohistochimie………………………………………………………………………………………………………………………….43

Figure 26 : Pourcentage des cellules Foxp3+ au niveau des pièces opératoires coliques des patients
atteints de CCR IV et des patients atteints de CAC……………………………………………………………….……………43

Figure 27 : Etude de l’expression in situ du CD25 au niveau des coupes histologiques des pièces
opératoires coliques des patients atteints de CAC et de CCR au stade IV par
Immunofluorescence………………………………………………………………………………………………………………………44
Figure 28 : Perspectives concernant les approches thérapeutiques supposées pour essayer de freiner
et/ou d’atténuer la progression tumorale au cours du CCR et du CAC………………………………………….….52

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Liste des tableaux

Tableau 1 : stades du cancer colorectal…………………………………………………………………..……………….………………9

Tableau 2 : Les caractéristiques démographiques et cliniques des patients et des sujets sains inclus dans
le dosage du NO et des cytokines…………………………………………………………………………………………….………..…..30

Tableau 3 : Caractéristiques démographiques des sujets inclus dans l’étude histologique,


immunohistochimique et l'étude d'immunofluorescence…………………………………….………………………….……30

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB


INTRODUCTION
Introduction

Le cancer colorectal (CCR) est l'un des cancers les plus fréquents et les plus incidents dans le
monde entier avec le cancer du poumon et le cancer du sein (Ferlay et al, 2010). Selon les statistiques
globales des cancers, le CCR apparaît comme la quatrième cause de mortalité par cancer dans le monde
(Choi et al, 2015). En 2000, il y avait un total estimé de 944 717 nouveaux cas de CCR diagnostiqué dans
le monde entier dont 498 754 chez les hommes et 445 963 chez les femmes (Ferlay et al, 2000).

L’inflammation chronique de la muqueuse intestinale est fortement associée à la carcinogenèse gastro-


intestinale (Coussens et Werb, 2002). En effet, les patients atteints de maladies inflammatoires
chroniques de l'intestin (MICI), y compris la colite ulcéreuse (CU) et la maladie de Crohn (MC), ont un
risque très élevé de développer un CCR appelé CAC pour Cancer Associé à une Colite. Une méta-analyse
a indiqué que un sur cinq patients atteints d’une CU de plus de 30 ans ont un risque de développer un
CCR, et que ce risque est influencé par l'étendue des lésions et la durée de la maladie (Eaden et al,
2001).

Les lymphocytes T régulateurs (Treg CD4+CD25+Foxp3+) représentent un système périphérique qui


permet de maintenir la tolérance du soi et d'éviter les réponses immunitaires trop exubérantes (Singer
et al, 2014). Cependant, les lymphocytes Treg peuvent également inhiber les réponses immunitaires
anti-tumorales au cours de certains types de cancer (Schmidt et al, 2016).

Le rôle des lymphocytes Treg dans le CCR est très complexe et ambigu. Cependant des études antérieurs
suggèrent la présence d’un équilibre entre l’activité pro et anti-tumorale des lymphocytes Treg dans le
CCR et le CAC qui dépend fortement de la phase examinée (stade précoce ou tardif) de la tumorigenèse.
Ces observations indiquent déjà l'une des principales controverses concernant le rôle des lymphocytes
Treg dans le CCR et le CAC (Mougiakakos, 2011).

De plus, les données accumulées à ce jour afin d’élucider le rôle des lymphocytes Treg au cours du CCR et
en particulier le CAC ont été rapporté par des études précliniques, tandis que les données concernant
l’humain sont rares.

Le monoxyde d’azote (NO) est une molécule gazeuse multifonctionnelle et un radical libre très réactif
(Puglisi et al, 2015). Il est synthétisé par trois isoformes d’enzymes ; les NO synthases (NOS) dont la NO
synthase neuronale (nNOS), la NO synthase inductible (iNOS) et la NO synthase endothéliale (eNOS)
(Lugg et al, 1995 ; Alderton et al, 2001). Dans la pathogenèse du cancer, le NO synthétisé par l’iNOS a
un double rôle pro ou anti-tumoral selon sa concentration locale dans la tumeur, la situation de la
cellule, le microenvironnement et le type de la tumeur (Choudhari et al, 2013 ; Vanini et al, 2015).

Notre étude est engagée dans le but de déterminer l’implication des lymphocytes Treg et du NO dans les
mécanismes physiopathologiques mis en jeu au cours du CCR et du CAC.
Notre étude tourne autour des points suivants :
 L’évaluation des taux du NO à différents stades de CCR et de CAC.
 L’étude histo-pathologique de pièces opératoires coliques de patients atteints de CCR à
différents stades cliniques et de patients atteints de CAC.
 L’identification des lymphocytes Treg CD4+CD25+Foxp3+ sur des coupes de pièces opératoires
coliques de patients atteints de CCR au stade IV et de CAC :
- L’étude de l’expression protéique in situ du CD3, du CD4 et du Foxp3 sur des coupes de
pièces opératoires coliques de patients atteints de CCR au stade IV et de CAC par
immunohistochimie.

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Introduction

- L’étude de l’expression protéique in situ du CD25 sur des coupes de pièces opératoires
coliques de patients atteints de CCR au stade IV et de CAC par immunofluorescence.
- L’étude de la production in vivo du TGF-β chez des patients atteints de CCR à différents
stades.

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GENERALITE
CANCER
COLORECTAL
Cancer colorectal

I. Cancer colorectal :

I.1. Définition :

Le cancer colorectal (CCR) est une maladie très hétérogène causée par l'interaction de facteurs
génétiques et environnementaux et peut être classée en fonction de l'importance de chacun de ces
facteurs. La majorité des CCR sont sporadiques (70% à 80%), avec l'âge étant le facteur de risque le plus
important. Seulement une faible proportion des cas sont dus à des formes héritées, soit une polypose
adénomateuse familiale (PAF : moins de 1%), un CCR héréditaire sans polypose ou syndrome de Lynch
(2% à 5%) ou une polypose associée au gène MYH (<1%). Un pourcentage supplémentaire de 20% à 25%
des cas sont estimés à avoir une composante héréditaire associée, qui n'a pas encore été bien établie et
est connue sous le nom de CCR familial (Farrington et al, 2004).

I.2. Epidémiologie :

Le CCR est le cancer gastro-intestinal qui fait partie des cancers les plus répandus dans le monde, avec
environ un million de nouveaux cas sont diagnostiqués et plus de 500 000 décès survenant chaque
année. Environ un patient sur cinq est diagnostiqué avec une maladie métastatique, et 30% à 40%
supplémentaire des patients développent des métastases au cours de leur maladie (Siegel et al, 2014).

Le CCR provoque plus de décès chez les hommes que chez les femmes dans le monde entier. Le CCR est
le troisième cancer le plus fréquent chez les hommes avec 663 000 cas par an et le deuxième cancer le
plus fréquent chez les femmes, après le cancer du sein, avec 571 000 cas par an (Binefa et al, 2014).

Près de 55% des cas se produisent dans les régions plus développées. Il existe une grande variation
géographique de l'incidence dans le monde et les modèles géographiques sont très similaires chez les
hommes et les femmes. Les taux d'incidence varient de dix fois dans les deux sexes dans le monde entier.
Les taux les plus élevés estimés étant en Australie et en Nouvelle-Zélande (44,8 et 32,2 pour 100 000
chez les hommes et les femmes, respectivement), et les plus faibles en Afrique de l'Ouest (4,5 et 3,8 pour
100 000) (GLOBOCAN, 2012).

La mortalité est plus faible (694 000 décès, soit 8,5% du total) avec plus de décès (52%) dans les régions
les moins développées du monde, ce qui reflète un faible taux de survie dans ces régions. Il y a moins de
variabilité des taux de mortalité dans le monde (six fois chez les hommes, quatre fois chez les femmes).
Les taux de mortalité les plus élevés estimés chez les deux sexes en Europe centrale et orientale (20,3
pour 100 000 pour les hommes et 11,7 pour 100 000 pour les femmes), et le plus bas en Afrique
occidentale (3,5 et 3,0 respectivement) (GLOBOCAN, 2012).

Ce type de cancer constitue de plus en plus un problème majeur de santé publique en Algérie.

Une étude épidémiologique rétrospective réalisée sur des patients atteints de cancer du côlon,
hospitalisés aux CHU de l’Ouest algérien (Oran, Mascara, Sidi Bel Abbas, Relizane et Ain Temouchent)
durant les sept années (de 2000 à 2006), a permis d’analyser un effectif de 501 malades atteints de
cancer du côlon. Cette étude a montré que la population masculine est la plus touchée sans être
significative ; sur les 501 patients analysés, 272 hommes sont atteints soit (54,3 %) contre 229 femmes,
soit (45,7 %). L’étude montre également que l’âge moyen global de l’atteinte de la maladie dans l’Ouest
algérien avoisine les 53,5±1,4 à 95 % d’intervalle de confiance chez les deux sexes confondus (Meddah et
al, 2009).

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Cancer colorectal

L'étude montre que l’atteinte maligne est plus marquée pour le côlon gauche, avec un pourcentage de
61,8 % contre 38,2 % pour le côlon droit (Meddah et al, 2009).

I.3. Anatomie :

Le côlon et le rectum, sont des parties du système digestif du corps. Le système digestif enlève et traite
les nutriments (vitamines, minéraux, glucides, lipides, protéines et l'eau) à partir d'aliments et aide les
déchets à passer hors du corps. Le système digestif est composé de la bouche, de la gorge, de
l'œsophage, de l'estomac, ainsi que les petits et gros intestins. Le côlon est la première partie du gros
intestin et est d'environ 5 pieds de long. Le rectum avec le canal anal forment la dernière partie du gros
intestin et font 6 à 8 pouces de long. Le canal anal se termine à l'anus (l'ouverture du gros intestin à
l'extérieur du corps) (figure 1) (PDQ CIS, 2002).

Figure 1 : Anatomie du système digestif inférieur, montrant le côlon et d'autres organes (PDQ CIS, 2002).

I.4. Origine, causes et facteurs protecteurs du cancer colorectal :


I.4.1. Origine :

Le CCR a plusieurs origines dont il prend naissance, tels que les différents types de polypes et différentes
polyposes.

I.4.1.1. Les polypes :

Il existe quatre variétés histologiques de polypes colorectaux bénins, dont seuls les polypes
adénomateux peuvent se transformer en cancer :

 les polypes adénomateux (ou polyadénome ou adénome) résultent de la prolifération des


cellules des glandes de Lieberkühn. La classification OMS distingue trois sous-types histologiques
des polypes adénomateux :
o l’adénome tubuleux (75 %).
o l’adénome tubulo-villeux (20 %).
o l’adénome villeux (5 %) (SNFGE, CDUHGE).
 La prévalence des adénomes est élevée, augmentant avec l’âge à partir de 30 à 40 ans pour
atteindre 30 % des sujets de 65 ans. Le sex-ratio hommes/femmes des adénomes est de 2. Les
adénomes peuvent se transformer en cancer. Le cancer invasif est précédé par une dysplasie.

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Cancer colorectal

Deux degrés de dysplasie sont décrits : bas grade et haut grade. Tout adénome bénin est par
définition en dysplasie de bas grade. La dysplasie de haut grade correspond au premier stade du
cancer (SNFGE, CDUHGE).
 les polypes hyperplasiques se présentent comme un simple allongement des cryptes glandulaires
dont le contour luminal prend un aspect festonné. Ils prédominent dans le côlon distal et le
rectum. La prévalence des polypes hyperplasiques sporadiques augmente avec l’âge, elle est de
l’ordre de 20 % à 30 % à 50 ans (SNFGE, CDUHGE).
 les polypes juvéniles sont formés de tubes kystiques développés dans un chorion souvent
inflammatoire. Les polypes juvéniles sporadiques sont rares, le plus souvent uniques et observés
chez les enfants de 1 à 7 ans (SNFGE, CDUHGE).
 les pseudo-polypes inflammatoires sont formés de muqueuse et de tissu de granulation. Ils
représentent un îlot résiduel isolé après cicatrisation d’ulcérations de la rectocolite
hémorragique (RCH) et de la maladie de Crohn (MC) (SNFGE, CDUHGE).

Le type histologique largement majoritaire des CCR est l’adénocarcinome se développant le plus souvent
à partir d’un adénome. Celui-ci peut être pédiculé, sessile ou même être à peine en relief dans le cas de
l’adénome plan (figure 2) (SNFGE, CDUHGE).

Figure 2 : Aspect macroscopique des polypes en coloscopie (SNFGE, CDUHGE).

Le risque du cancer croît avec le nombre, la taille de l’adénome (> 1 cm) et la proportion du contingent
villeux. La présence de foyers cancéreux dans un adénome est de l’ordre de 1 % dans les adénomes
tubuleux, de 12 % dans les adénomes tubulo-villeux et de 15 % dans les adénomes villeux. Dans un
adénome de moins de 1 cm, cette éventualité est très peu probable (0,3 %). Sur 1 000 adénomes, 100
atteindront la taille de 1 cm et 25 d’entre eux deviendront des cancers dans un délai de 10 à 20 ans
(figure 3) (SNFGE, CDUHGE).

Figure 3 : Séquence adénome-cancer (SNFGE, CDUHGE).

I.4.1.2. Les autres origines du cancer colorectal :


Il existe plusieurs polyposes qui peuvent être une origine du développement du CCR et qui sont
les suivants :
I.4.1.2.1. Polypose adénomateuse familiale : La polypose adénomateuse familiale (PAF) est une
maladie héréditaire, autosomique dominante, dont la pénétrance est complète (la présence de la
mutation entraîne quasi constamment l’apparition du phénotype). La PAF est à l’origine de 1% des
cancers du côlon (SNFGE, CDUHGE).

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Cancer colorectal

Le gène APC, dont la mutation constitutionnelle est responsable de la maladie, siège sur le bras long du
chromosome 5. Le risque de transmission à la descendance est de 50 % pour chaque enfant. La
prévalence de la maladie est d’environ 1/5000 (SNFGE, CDUHGE).
I.4.1.2.2. Les autres types de polyposes et syndromes : d’autres maladies telles que le syndrome de
Peutz-Jeghers, la maladie de Cowden, la polypose juvénile, la polypose hyperplasique ou mixte et le
syndrome MAP (MYH associated polyposis) peuvent initier le développement du CCR (SNFGE,
CDUHGE).

I.4.2. Les causes :

Le CCR a été montré dans plusieurs études d'être causé par de multiples facteurs environnementaux
attribués comme principaux facteurs étiologiques.

Il a été signalé que la consommation de viande rouge (bœuf, porc, agneau, et cheval) et de viande
transformée augmente de façon convaincante le risque de développer un CCR (Van Halteren et al,
2014).

Le risque de CCR et des adénomes coliques est associée à la consommation d'alcool et du tabac
(Jacobson et al, 1994 ; Cho et al, 2004). En plus de promouvoir l'activité cancérogène, la consommation
d'alcool à long terme diminue l'absorption des vitamines du groupe B (B1, B2, B12 et l’acide folique), ce
qui provoque une augmentation de la vulnérabilité des cellules au stress oxydatif (Haas et al, 2012). Une
augmentation des taux des espèces réactives d’oxygène (ROS) induisent la cascade de la β-nicotinamide
adénine di-nucléotide oxydase (NADPH oxydase), conduisant à l'activation de la phosphoinositide 3-
kinase (PI3K) / AKT et la voie du VEGF (pour Vascular endothelial growth factor A), ce qui favorise la
prolifération et les métastases (Jacobson et al, 1994).

Une revue systématique concentrée uniquement sur le CCR et l'incidence de l'adénome colique a indiqué
que leur prévalence était plus élevée chez les personnes obèses, en particulier chez les hommes (Ning et
al, 2010).

L’inflammation est un autre facteur étiologique du CCR. Son lien avec la tumorigenèse est bien établi et
illustré par un risque plus élevé de développer un CCR chez les patients ayant une maladie inflammatoire
de l’intestin. Les données épidémiologiques indiquent que les cellules immunitaires, les cytokines et
d'autres médiateurs immunitaires ainsi que la dysbiose du microbiome jouent un rôle important dans
presque toutes les étapes de tumorigenèse du côlon, y compris l'initiation, la promotion, la progression
et la métastase (Terzić et al, 2010 ; Candela M, 2014).

Certains auteurs ont étudié la cancérogenèse liée à la privation chronique du sommeil ou à la


perturbation du rythme circadien. Hrushesky et al ont montré que les travailleurs de nuit, les hommes et
les femmes, ont un risque de 50 % de développer un CCR (Hrushesky et al, 1998).

I.4.3. Les facteurs protecteurs :

Contrairement aux facteurs étiologiques du CCR, plusieurs études indiquent et affirment que plusieurs
facteurs peuvent protéger les gens contre cette maladie d’où la prévention est la meilleure solution de
combattre le CCR.

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Cancer colorectal

Une méta-analyse menée par Wolin et al indique que la plupart des personnes actives physiquement ont
24% de réduction du risque de développement d’un CCR que ceux qui ont un mode de vie sédentaire et
montrant aussi une réduction de 16% de l'incidence des adénomes coliques et 35% de réduction de
l'incidence des polypes du côlon chez le groupe physiquement actif (Wolin et al, 2009 ; Wolin et al,
2011).

Il a été indiqué que le risque de développer un CCR est réduit d'environ 50% chez les personnes qui
consomment une alimentation riche en fibres en comparaison avec la population générale (Howe et al,
1992).

Il a été suggéré que la consommation de fruits et légumes, en particulier crucifères et les légumes verts,
pourraient influencer sur la prévalence de cette maladie (Lukasz et al, 2014).

La plupart des études ont montré que la consommation élevée d'acide folique d'apport naturel (vitamine
B9) ou le phosphate de pyridoxal (vitamine B6), réduit le risque de CCR et d'adénomes (Giovannucci et
al, 2002 ; Larsson et al, 2010). La fonction chimiopréventive de l'acide folique est partiellement
expliquée par sa capacité à supprimer la perte d'hétérozygotie du gène DCC suppresseur de tumeur
(supprimé dans le CCR) et d'atténuer le gène EGFR par le métabolite acide folique 5-
methyltetrahydrofolate (Majumdar et al, 2004).

La flore microbienne intestinale régule de nombreuses fonctions physiologiques associées à la


prolifération, la différenciation cellulaire et à la stimulation de l'immunité. Les mutations de l'ADN dans
le CCR réduisent l'intégrité de l'épithélium colique, permettant la translocation bactérienne et en outre
l'activation des cytokines IL-1, IL-2 et IL-23, et la stimulation des lymphocytes Th17 qui favorise en outre
la prolifération cellulaire (Grivennikov et al, 2012).

I.5. Les symptômes du CCR :

Selon le national institute for Health and Care Excellence (NICE), il y a plusieurs symptômes ou
observations suspectant un CCR :

• Masse abdominale ou rectale.


• Douleur abdominale avec une perte de poids pour les patients de 40 ans et plus, avec
saignement rectal chez les adultes de moins de 50 ans et sans saignement rectal pour les adultes
de 50 ans et plus.
• Changement dans le transit intestinale (inexpliqué) pour les adultes de 60 ans et plus, avec des
saignements rectaux chez les adultes de moins de 50 ans et sans hémorragie rectale pour les
adultes de moins de 60 ans.
• Saignement rectal (inexpliquée) pour les adultes de 50 ans et plus, saignement rectal avec des
douleurs abdominales, changement du transit intestinal, perte de poids ou l'anémie ferriprive
(carence en fer) chez les adultes de moins de 50 ans.
• Perte d'appétit (inexpliquée).
• La perte de poids (inexpliquée) avec des douleurs abdominales pour les adultes de 40 ans et plus
ou avec des saignements rectaux chez les adultes de moins de 50 ans ou sans saignement rectal
pour les patients de 50 ans et plus.
• Anémie ferriprive pour les adultes de plus de 60 ans avec des saignements rectaux chez les
adultes de moins de 50 ans ou sans saignement rectal chez les adultes de moins de 60 ans.

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Cancer colorectal

• Anémie non ferriprive sans saignement rectal pour les adultes de 60 ans et plus.
• Du sang occulte dans les selles (NICE, 2015).
I.6. Diagnostic du CCR :

Le diagnostic du CCR doit être évoqué devant les symptômes cités précédemment pour confirmer ou
non la présence de la pathologie suspectée.

I.6.1. Tests de dépistage fécaux :

Les tests de dépistage fécaux peuvent détecter le sang occulte dans de petits échantillons de selles.

Il existe deux types de tests du sang occulte fécal. Le test de sang occulte fécal standard gaïac détecte
l'activité de la peroxydase. Ce test n'est pas spécifique pour le sang humain. Un test standard de gaïac a
une sensibilité de détection du cancer de seulement 33 % à 50 % de cas. Alors qu'un test de gaïac
modifié plus sensible a une sensibilité de détection d'un cancer de 50 % à 75 %. Le second type de test
du sang occulte est le test immunochimique fécal, qui utilise des anticorps spécifiques à l'hémoglobine
humaine, à l'albumine ou à d'autres composants du sang. Il est plus spécifique pour le sang humain que
le test du sang occulte fécal standard de gaïac. Ce test a une sensibilité de détection du cancer de 60 % à
85 % avec l'utilisation d'un à trois échantillons de selles (David et al, 2009).

I.6.2. Coloscopie :

La coloscopie est l'étape finale d'évaluation dans tous les programmes de dépistage pour la détection du
CCR. Plusieurs grandes études de cohortes ont montré la faisabilité et la sécurité d'utilisation de la
coloscopie comme test de dépistage primaire (David, 2009).

I.6.3. Anatomie pathologique :

L’anatomie pathologique (ou anatomo-pathologie) est la discipline médicale qui permet la


reconnaissance des anomalies des cellules et des tissus d’un organisme, appelées lésions, pour effectuer
le diagnostic des maladies, porter un pronostic et plus généralement, en comprendre les causes et les
mécanismes. Elle s’appuie sur des techniques morphologiques (c'est à dire l'analyse de la forme des
objets) : examen macroscopique (à l’œil nu) et microscopique photonique et électronique,
immunohistochimie, hybridation in situ parfois quantifiées (morphométrie) et sur d’autres méthodes
utilisées parallèlement (PCR sur coupes ou cellules isolées, microbiologie...). Elle nécessite une
collaboration étroite entre l’anatomo-pathologiste, le biologiste, l’imageur et le clinicien (corrélation
anatomo-clinique) (Charles et al, 2002).

Classification TNM/AJCC 2009 du cancer colorectal : selon l'INC et le HAS

La classification TNM est un système international de façon à classer les cancers selon leur extension
anatomique. Il a été proposé pour la première fois par le chirurgien pierre Denoix de l'institut Gustave
Roussy entre 1943 et 1952. Plusieurs révisions de ce système ont été publiées. La dernière étant la
septième édition en 2009 (Nagtega al et al, 2012).

T Tumeur primitive :

Tx : Renseignements insuffisants pour classer la tumeur primitive.

T0 : Pas de signes de tumeur primitive.

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Cancer colorectal

Tis : Carcinome in situ : intra-épithélial ou envahissant la lamina propria.

T1 : Tumeur envahissant la sous-muqueuse.

T2 : Tumeur envahissant la musculeuse.

T3 : Tumeur envahissant la sous-séreuse ou les tissus péricoliques et périrectaux non péritonéalisés.

T4a : Tumeur perforant le péritoine viscéral.

T4b : Tumeur envahissant directement les autres organes ou structures.

N Adénopathies régionales :

Nx : Renseignements insuffisants pour classer les adénopathies régionales.

N0 : Pas de métastase ganglionnaire régionale.

N1a : Métastase dans 1 ganglion lymphatique régional.

N1b : Métastase dans 2 à 3 ganglions lymphatiques régionaux.

N1c : Nodule(s) tumoraux, c'est-à-dire satellite(s) dans la sous-séreuse ou dans les tissus non
péritonéalisés péricoliques ou périrectaux sans métastase ganglionnaire régionale.

N2a : Métastase dans 4-6 ganglions lymphatiques régionaux.

N2b : Métastase dans 7 (ou plus) ganglions lymphatiques régionaux.

M : Métastases à distance.

M0 : Pas de métastases à distance.

M1a : Métastase localisée à un seul organe (foie, poumon, ovaire, ganglion(s) lymphatique(s) autre que
régional).

M1b : Métastases dans plusieurs organes ou péritonéales.


Stades T N M
Stade 0 Tis N0 M0
T1 N0 M0
Stade I T2 N0 M0
Stade IIA T3 N0 M0
Stade IIB T4a N0 M0
Stade IIC T4b N0 M0
Stade III Tous T N1, N2 M0
T1, T2 N1 M0
Stade IIIA T1 N2a M0
T3, T4a N1 M0
Stade IIIB T2, T3 N2a M0
T1, T2 N2b M0
T4a N2a M0
Stade IIIC T3, T4a N2b M0
T4b N1, N2 M0
Stade IVA Tous T Tous N M1a
Stade IVB Tous T Tous N M1b

Tableau 1 : stades du cancer colorectal (HAS, 2012).

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Cancer colorectal

I.7. Mécanismes de cancérogenèse :


I.7.1. Voies de signalisation :
I.7.1.1. Voie de transmission du signal Wnt/β-caténine :

Wnt est une famille de glycoprotéines intervenant dans l'embryogenèse et le cancer (Rijsewijk et al,
1987).

La voie de transmission du signal Wnt relayée par la β-caténine est essentielle au cours du
développement embryonnaire mais aussi dans le contrôle de la prolifération cellulaire chez l’adulte
(Cadigan et al, 1997). Or, il a été montré récemment qu’elle est déréglée dans plusieurs types de
cancérogenèse. En effet, des mutations activatrices de cette voie ont été caractérisées dans 90 % des
cancers du côlon (Morin et al, 1997 ; Cadigan et al, 1997).

La β-caténine est une molécule multifonctionnelle capable à la fois de contrôler l’adhérence cellulaire et
de participer à la transmission du signal relayé par les facteurs de la famille Wingless-Wnt (Cadigan et al,
1997 ; Bellaïche et al, 1997 ; Romagnolo, 1997). Lorsque la β-caténine libre s’accumule, elle est capable
en association avec les facteurs de transcription de la famille TCF (T-cell factor)/LEF (lymphoid enhancer
factor), de contrôler l’expression de gènes cibles impliqués dans le contrôle de la prolifération cellulaire
et de l’apoptose (Aberle et al, 1997). Le rôle du gène suppresseur de tumeur adenomatouse polyposis
coli (APC) dans ce système de dégradation n’est pour l’instant pas très clair. En présence d’un signal de
prolifération relayé par Wnt, l’activité de la kinase GSK3 est inhibée, la β-caténine n’est pas
phosphorylée, elle s’accumule et permet donc en association au TCF/LEF, l’émission du signal de
prolifération.

En effet, une mutation au niveau du gène APC est un événement essentiel de la tumorigenèse
intestinale, survenant à la fois dans les formes familiales (PAF ou polyposes coliques) et dans les formes
sporadiques (où plus de 80 % des cas présentent une mutation du gène APC) (Kinzler et al, 1996).

I.7.1.2. Voie du TGF-β :

Le facteur de croissance transformant bêta (TGF-β) est un polypeptide multifonctionnel qui régule un
certain nombre de processus cellulaires, y compris la croissance, la différenciation, le dépôt de la matrice
extracellulaire, et l'immunosuppression (Massagué, 1990 ; Moses et al, 1990 ; Roberts et Sporn, 1991).

Trois principaux types de récepteurs de TGF-β ont été identifiés dans la plupart des cellules par des tests
de marquage d'affinité des récepteurs (Massagué, 1990 ; Roberts et Sporn, 1991). Ces récepteurs ont
été appelés : type I (RI), le type II (RII) et type III (R III). Les deux RI et RII sont des récepteurs
transmembranaires sérine / thréonine kinase indispensables à la signalisation du TGF-β (Lin et al, 1992 ;
Wrana et al, 1992 ; Franzén et al, 1993 ; Bassing et al, 1994).

La participation directe du RI et du RII dans la transduction du signal TGF-β suggère que la perte
l'expression fonctionnelle de RI et/ou de RII pourrait contribuer à la perte de réactivité TGF-β (Jing et al,
1995).

Les cellules qui perdent la capacité d'exprimer ou de répondre au TGF-β sont plus susceptibles de
présenter une croissance incontrôlée et de devenir tumorigènes (Wu et al, 1992 ; Wu et al, 1993).

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Cancer colorectal

Des travaux antérieurs ont montré que la suppression de l'expression du TGF-β endogène par l'ARN
antisens TGF-β1conduit à la progression maligne des cellules cancéreuses du côlon (Wu et al, 1992 ;
1993).

I.7.1.3. La voie du p53 :

Parmi les changements génétiques les plus importants, sont ceux survenues dans le gène de la protéine
p53, situé sur le chromosome 17p, initialement identifié en raison de la fréquence élevée de la perte de
l'allèle dans cette région du chromosome 17 (Fearon et al, 1987 ; Baker et al, 1989). Nigro et al ont
montré que les mutations du gène codant lap53 dans le cancer colorectal et d'autres cancers se sont
produites dans des régions conservées spécifiques du gène et pourraient être présentes dans plus de
50% des cancers colorectaux (Nigro et al, 1989).

I.7.1.4. La voie KRAS :

KRAS est un proto-oncogène codant pour une petite protéine de liaison de 21 kDa guanosine
triphosphate/guanosine diphosphate impliquée dans la régulation de la réponse cellulaire à de
nombreux stimuli extracellulaires (Schubbert et al, 2007).

Les mutations au sein de KRAS abrogeant l'activité GTPase et aboutissant à l'activation de la signalisation
RAS/RAF se trouvent dans 35% à 42% des CCR et probablement, elles se produisent au début de la
cancérogenèse du CCR. Sept différentes substitutions de paires de bases d'ADN à l'intérieur des codons
12 et 13 de l'exon 2, chacun conduisant à une substitution d'acide aminé dans la protéine, constituent
plus de 97% des événements génétiques observées au sein KRAS dans le CCR (Wellcome Trust Sanger
Institute).

Le gène BRAF code pour une protéine kinase de sérine / thréonine appartenant à la voie de la kinase
RAS-RAF-MEK-ERK régulée par l'activité de la protéine KRAS et impliquée dans le développement du CCR
(Rajagopalan et al, 2002 ; Davies et al, 2002).

I.8. Traitement du CCR :

Les CCR sont une cause majeure de mortalité dans le monde. Cette mortalité est due à la fois au manque
de connaissance à propos de cette pathologie mais aussi au manque de traitement conventionnels
efficaces pour cette maladie qui se propage rapidement dans l'organisme. Malgré cela, les scientifiques
ont réussis à mettre en évidence quelques traitements permettant de ralentir la propagation de la
maladie ou de la supprimer dans certains cas si elle est détectée dans un stade précoce.

I.8.1. La chirurgie pour le cancer du côlon :

Pour les cancers à un stade précoce, la chirurgie seule peut guérir la maladie. Pour le cancer du côlon, la
procédure préférée est une hémicolectomie (résection du côlon gauche droit) avec une distance (> 5 cm)
des marges de côlon normal (Linda et al, 2015).

I.8.2. La chirurgie pour le cancer du rectum :

La chirurgie pour le cancer du rectum est beaucoup plus complexe. Le volume élevé, les chirurgiens et les
centres spécialisés ont été associés à de meilleurs résultats : les patients sont moins susceptibles d'avoir
besoin d'une poche de stomie, la baisse des taux de récidive locale et une meilleure survie globale (Linda
et al, 2015).

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Cancer colorectal

Dans le cas des tumeurs du haut rectum, la moitié supérieure peut être réséquée avec une faible
résection antérieure, ce qui laisse le sphincter rectal intact, évitant ainsi la colostomie, alors que dans le
cas des tumeurs du bas rectum, elles nécessitent une résection abdomino-périnéale et la création d'une
stomie permanente nécessitant une colostomie.

Enfin pour une excision méso-rectale totale, la dissection des tissus fins péri-rectaux avec ablation de la
tumeur primaire et les ganglions lymphatiques d'une seule pièce, a été montrée pour diminuer les taux
de récidive locale (Linda et al, 2015).

I.8.3. Radiation :

La disponibilité de la radiothérapie est plus pertinente pour les cancers du rectum, comme la récidive
locale est beaucoup plus fréquente que dans le cancer du côlon, en raison de l'impossibilité d'obtenir de
larges marges et l'absence d'une barrière séreuse. La radiothérapie a amélioré le contrôle local pour les
personnes ayant les stades II et III du cancer du rectum (Hoffe et al, 2010).

I.8.4. Chimiothérapie :

La preuve pratique basée sur des données probantes recommande six mois de chimiothérapie adjuvante
après une intervention chirurgicale pour les personnes ayant un cancer du côlon de stade III (Benson et
al, 2000) et les stades II et III du cancer du rectum. Le FOLFOX (acide folinique [leucovorine],
fluorouracile, oxaliplatine) est le régime préféré. Si une radiochimiothérapie est donnée pour le cancer
du rectum, seulement quatre mois de chimiothérapie sont nécessaires (Linda et al, 2015).

I.8.5. Immunothérapie et la thérapie ciblée :

L'immunothérapie se réfère à l'approche thérapeutique qui exploite le système immunitaire afin


d'éliminer les tumeurs. Les tumeurs, y compris les tumeurs colorectales, emploient des stratégies
multiples pour échapper et réprimer le système immunitaire. Les approches immunothérapeutiques ont
cherché soit à augmenter la réponse immunitaire anti-tumorale par des stratégies telles que la
vaccination en combinaison avec des cytokines immunostimulatrices ou empêcher la suppression d'une
réponse par l'utilisation d'inhibiteurs de points de contrôle tels que l'anticorps l'anti-antigène 4 associé
aux lymphocytes T cytotoxiques (CTLA-4), appelé Ipilimumab (Janet et Stephen, 2014).

D'autres anticorps tels que le Cetuximab et le Panitumumab qui ciblent l'EGFR et le Bevacizumab qui
cible le VEGF ont été approuvés et sont en cours d'utilisation pour le traitement du CCR (Bronte et al,
2013).

I.9. Cancer associé à une colite :

I.9.1. Définition :

Un cancer associé à une colite (CAC) est le type de cancer du côlon qui est précédé par une maladie
inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) cliniquement détectable telle que la maladie de Crohn (MC)
ou la colite ulcéreuse(CU) (Lakatos et al, 2008 ; Feagins et al, 2009).Le CAC est répertorié comme cause
de décès dans 10% à 15% de tous les patients atteints de MICI (Choi et al, 1994 ; Mattar et al, 2011).

Il est bien connu que le CAC se développe à travers un complexe de plusieurs étapes et processus
multifactoriels appelé "séquence inflammation-dysplasie-carcinome". Une inflammation chronique de
l'intestin et du côlon conduit à des lésions de l'épithélium.

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Cancer colorectal

Les cytokines produites localement, provoquent une inflammation et stimulent la prolifération des
cellules des cryptes pour compenser la perte des cellules épithéliales ; cette sécrétion de cytokines pro-
inflammatoires et de chimiokines ainsi que des espèces réactives d'oxygène et d'azote (ROS et RNS),
augmente la probabilité d'apparition de mutations génomiques et de lésions d'ADN (Coussens et al,
2002). De longues périodes et/ou épisodes répétées d'inflammation augmentent le risque des cellules
épithéliales pour devenir dysplasiques et éventuellement de donner lieu à un adénocarcinome invasif
(Figure4) (Odze et al, 2006).

Les étapes du développement du CAC, y compris la formation de foyers de cryptes aberrantes, de


polypes, d’adénomes et de carcinomes sont similaires avec celles du CCR (Lakatos et Lakatos, 2008).

Figure 4 : La séquence pathogénique inflammation-dysplasie-carcinome dans le cancer associé à une


colite (Low et al, 2014).

Entre 20% à 30% des patients atteints de MICI développeront un CAC dans leur vie (Choi et Zelig, 1994).
L'âge moyen d'apparition du CAC est entre 40 et 55 ans pour les patients atteints de la MC et la CU
(Eaden et al, 2001 ; Lakatos et al, 2006). Le CCR associé à la CU est principalement identifié dans le
rectum et le côlon sigmoïde (figure 5), alors que le CCR associé à la MC est réparti plus uniformément
entre le-côlon droit (ascendant), le côlon sigmoïde et le rectum (Rutter et al, 2004).

Figure 5 : Photo d'une pièce opératoire colique d’une patiente atteinte de CCR associé à une CU (CAC)
(CHU Mustapha service d’anatomo-pathologie).

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Cancer colorectal

I.9.2. Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin :

Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) est un terme générique utilisé pour décrire
les conditions chroniques-récidivantes inflammatoires du tube digestif (Van Der Kraak et al, 2015). Dans
l'intestin, les cellules épithéliales locales sont en interaction étroite avec le système immunitaire de
l’organisme et se réunissent avec une microflore bactérienne complexe et d'une grande variété de
métabolites endogènes et de xénobiotiques. Tous ces facteurs doivent être étroitement équilibrés pour
assurer l'homéostasie intestinale et garantir l'absorption efficace des nutriments et l'excrétion des
métabolites. Lorsque cet équilibre est perturbé, des états pathologiques peuvent apparaître, telles que
les MICI (Abraham et Cho, 2009).

Il existe plusieurs types de MICI. Les deux les plus fréquents sont la MC et la CU (appelée aussi la recto-
colite hémorragique) (RCH) (Loftus et al, 2002).

La MC est caractérisée par une inflammation dans l'ensemble du tractus gastro-intestinal avec des
lésions couramment trouvées dans l'intestin grêle et le côlon proximal. Environ 60% des patients atteints
de MC ont une atteinte colique, avec seulement 20% ayant la maladie colique isolée. Tandis que dans la
RCH, l'inflammation se présente dans le rectum et se propage dans une direction proximale en continu
avec une extension rare dans l'intestin grêle (Loftus et al, 2002).

L'étiologie des MICI reste mal comprise. Il semble être le résultat d'interactions complexes entre la
susceptibilité génétique, les facteurs de l'environnement et le système immunitaire (Ardizzone et
Bianchi Porro, 2002 ; Asakura et al, 2007). En outre, de nombreux facteurs ont été proposés de jouer un
rôle important dans la pathogenèse des MICI. Les mécanismes auto-immuns, le polymorphisme des
cytokines, les bactéries commensales, les agents infectieux et les dépréciations vasculaires sont les
facteurs les plus répondus (Sartor, 1994). La réponse immunitaire dérégulée reste le mécanisme le plus
important par lequel les MICI sont initiées. Cette réponse perpétue des lésions inflammatoires
intestinales. Toutefois, il est connu que les MICI sont associées à une production accrue de cytokines pro-
inflammatoires (Niessner et Volk, 1995 ; Kugathasan et al, 2007 ; Andoh et al, 2008 ; Rafa et al, 2010 ;
Rafa et al, 2013), les ROS et le NO (Conner et al, 1996 ; Singer et al, 1996 ; Rafa et al, 2010 ; Rafa et al,
2013).

Dans le cas physiologique, il existe une tolérance qui doit être maintenue entre l’immunité intestinale et
la flore commensale (Jantchou et al, 2006). Au cours des MICI, cette tolérance est rompue, le contact
des cellules immunitaires de la muqueuse avec la flore microbienne induit une réponse inflammatoire
destructive et chronique (Sartor, 2006). La phase active des MICI est caractérisée par un déséquilibre de
la balance des cellules immunitaires T effectrices / T régulatrices avec une prédominance des T
effectrices (Sartor, 2006 ; Torres et Rios, 2008). Ce déséquilibre serait à l’origine d'effets systémiques,
telle qu’une augmentation de la synthèse de protéines inflammatoires. L’augmentation de la production
locale de cytokines pro-inflammatoires par les cellules mononuclées du chorion va stimuler la synthèse
de protéines inflammatoires, de dérivés de l’acide arachidonique, de protéases, de radicaux libres et de
monoxyde d’azote. Ces molécules activent à leur tour, le recrutement de monocytes et polynucléaires
neutrophiles au site de l’inflammation entretenant ainsi le phénomène inflammatoire (Colombel et
Desreumaux, 1998). La plupart de ces cytokines sont impliquées dans la lyse cellulaire et la destruction
de la matrice extracellulaire (Rafa, 2013).

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Cancer colorectal

En particulier, la production de cytokines par les lymphocytes T CD4+ de la lamina propria (LP) diffère
entre la MC et la CU. Classiquement, les lymphocytes T effectrices dans la MC produisent un profil
cytokinique de type (Th1) avec des quantités élevées d’IFN-γ et de l’IL-12 (Neurath et al, 2002; Neurath,
2008; Rafa et al, 2010). En revanche, le profil cytokinique (LP) lymphocytes T dans la CU est caractérisé
par la production accrue des cytokines de type cellulaire (Th2) tels quel’IL-4 et l'IL-13 (Issus supplément ;
Rafa et al, 2014). Cette dernière cytokine a été impliquée dans la génération d'un dysfonctionnement de
la barrière intestinale et dans la formation d'ulcères dans cette maladie (Heller et al, 2005). Ces
dernières années, il a été prouvé qu’il y a une présence d’un profil cytokinique de type (Th17). Les
cytokines marqueurs de cette voie immunitaire sont l’IL-23 etl’IL-17 qui ont été trouvées activement
impliquées dans les MICI. Ces cytokines sont en corrélation avec la voie du NO, en particulier dans la MC
(Rafa et al, 2013).

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LYMPHOCYTES
T REGULATEURS
Lymphocytes T régulateurs

II. Les lymphocytes T régulateurs :

II.1. Introduction :

L'activation et la différenciation des lymphocytes T est nécessaire pour les réponses immunitaires
(Ren et al, 2010). En outre, un déséquilibre dans les niveaux relatifs des différents lymphocytes T
auxiliaires (Th), y compris les lymphocytes Th1, Th2, Th17 et Treg a été associé à des troubles
immunologiques (Daiet al, 2013).

Les lymphocytes Th0 rejoignent les organes lymphoïdes secondaires (rate, ganglions lymphatiques) où ils
vont interagir avec les cellules dendritiques (DC) présentatrices d’antigènes. En fonction de
l'environnement cytokinique et la reconnaissance du peptide antigénique présenté par le CMH de classe
II des DC, le lymphocyte T CD4+ peut s’activer, proliférer et acquérir ses fonctions effectrices et
régulatrices en se différenciant en plusieurs lignées distinctes qui présentent des propriétés
fonctionnelles particulières (Th1, Th2, Th17 et Treg) (Harrington et al, 2005 ; Park et al, 2005 ; Fazilleau
et al, 2009 ; Zygmunt et Veldhoen, 2011). Les lymphocytes Th1 sont induits en réponse à l'IFN-γ et l'IL-
12. Les signaux IFN-γ et IL-12 sont médiés par STAT1 (signal transducer and activator of transcription 1)
et STAT4 respectivement. Les lymphocytes Th1 expriment le facteur de transcription T-bet codé par le
gène Tbx21 et sont caractérisés par la production d'IFN-γ, ce qui renforce cette polarisation Th1 (Abbas
et al, 1996 ; Espinosa et Rivera, 2012).

Les lymphocytes Th2 sont induits en présence de l’IL-4 qui antagonise la polarisation Th1 par
l'intermédiaire de STAT6. Leur facteur régulateur de transcription est GATA-3, qui est aussi capable de
s'auto-activer en fournissant un auto-renforcement (Ouyang et al, 2000). Les lymphocytes Th2
expriment une signature de cytokines tels que l'IL-4, l’IL-5 et l’IL-13 et sont impliquées dans les réponses
immunitaires humorales contre les agents infectieux et les parasites extracellulaires (Shimoda, 1996 ;
Pearce et al, 2012).

La polarisation des lymphocytes Th17 se produit en présence de l’IL-6 et/ou l’IL-21 avec le TGF-β (Bettelli
et al, 2008 ; Yang et al, 2008). Leur différenciation est indépendante de T-bet et GATA-3, mais elle est
régulée par la voie des Smad, STAT3, le ROR𝛾𝛾t (retinoic acid receptor-related orphan receptors), appelé
RORc chez l'homme et ROR𝛼𝛼 chez la souris (Hirahara et al, 2010 ; Yang et al, 2008). Ces cellules
produisent l'IL-17A, l’IL-17F, l'IL-21, l’IL-22 et le facteur de stimulation des colonies granulocytes-
macrophages (GM-CSF) (Korn et al, 2009).

Les lymphocytes Treg sont un sous-ensemble de lymphocytes T contrôlés par le facteur de transcription
Foxp3 et différenciés en réponse au TGF-β (Josefowicz et Rudensky, 2009). Dans les lymphocytes T CD4
+ naïfs, le TGF-β induit à la fois le Foxp3 et le ROR𝛾𝛾t, mais en absence de l’IL-6 le Foxp3 est dominant et
supprime le ROR𝛾𝛾t (Zhou, 2008 ; Murphy et Stockinger, 2010). Les lymphocytes Treg jouent un rôle clé
dans le maintien de la tolérance périphérique. Ils peuvent supprimer la fonction d'autres lymphocytes T
effecteurs et des cellules présentatrices d'antigènes par des interactions cellule-cellule et/ou par la
libération de cytokines suppressives tels que le TGF-β, l'IL-10 et l’IL-35 (Sakaguchi et al, 2008 ; Roncarolo,
2006) (figure 6).

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Lymphocytes T régulateurs

Figure 6 : Schéma simplifié des voies de différenciation cellulaire des lymphocytes T et la plasticité
(flèches en pointillés) (Ivanova et al, 2015).

II.2. Les sous populations des lymphocytes T régulateurs :

Il existe au moins cinq sous-ensembles de lymphocytes Treg identifiés à ce jour. Ils sont dérivés de
lymphocytes T naïfs dans des conditions différentes et jouent un rôle crucial dans le contrôle de maladies
allergiques, le maintien de l’homéostasie immunitaire, la prévention de l’auto-immunité et le contrôle de
l’inflammation. Ces lymphocytes sont les principaux acteurs de la tolérance immunitaire (Sakaguchi et al,
2008 ; Delhem et Moralès, 2012 ; Harrison et Powrie, 2013 ; Zhang et al, 2014).
Les lymphocytes Treg CD4+Foxp3+ sont maintenant largement décrits comme naturels ou adaptatifs
(Bluestone et al, 2003 ; Curotto et al, 2009). Les lymphocytes Treg CD4+Foxp3+ naturels (nTreg) sont les
mieux étudiés de ces deux derniers types. Les lymphocytes Treg adaptatifs ou induits sont généralement
dérivés de pool de lymphocytes T CD4+ naïfs classiques (Curotto et al, 2009). Les lymphocytes Treg
expriment un TCR autoréactif ayant une affinité pour les auto-antigènes (Hsieh et al, 2012). Ces
lymphocytes maintiennent la tolérance périphérique et l'homéostasie immunitaire en supprimant les
cellules T autoréactifs qui sont présents dans le pool de lymphocytes T conventionnels (Tconv) (Beissert
et al, 2006). Quelle que soit leurs origines, les lymphocytes nTreg et les lymphocytes iTreg partagent une
caractéristique clé ; leur capacité à supprimer les lymphocytes T effecteurs (Teff) et d’autres cellules
immunitaires (Shevach et al, 2009 ; Lim et al, 2006). Bien que l’expression de Foxp3 a été identifiée
généralement au niveau des lymphocytes nTreg dérivés du thymus, les lymphocytes Treg induits (iTreg)
peuvent ou non exprimer ce facteur de transcription (Roncarolo et al, 2006 ; Curotto et al, 2009 ;
Weiner et al, 2011). La nomenclature des lymphocytes iTreg est couramment utilisée de manière
interchangeable avec celle des lymphocytes Treg adaptatifs, la première est peut-être la meilleure pour
touts les lymphocytes Treg CD4+ extrathymiques.

Les lymphocytes iTreg englobent les lymphocytes Tr1, qui sont induits par l'IL-10 et sécrètent l'IL-10 et le
TGF-β (Roncarolo et al, 2006), ainsi que les lymphocytes Th3 (induits par la tolérisation d'antigène oral)
qui produisent le TGF-β (Weiner et al, 2011). Les lymphocytes Th3 sont les seuls qui expriment le Foxp3
dans la sous population iTreg (Beissert et al, 2006).

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Lymphocytes T régulateurs

Les lymphocytes Tr1 régulent les réponses immunitaires contre les organismes commensaux ubiquitaires
et promeuvent la tolérance dans l'intestin et jouent un rôle clé dans d'autres facettes de la réponse
immunitaire adaptative (Roncarolo et al, 2006).

Les lymphocytes Th3 apparaissent critiques dans la tolérance induite par l'administration d'antigènes
oraux et dans les réactions auto-immunes néfastes (Weiner et al, 2011). Les deux types de lymphocytes
iTreg sont induits dans des sites périphériques et ont été caractérisés par un manque d'expression de
Foxp3 qui identifie distinctement les lymphocytes nTreg d'origine thymique (Fontenot et al, 2003 ;
Khattri al, 2003 ; Hori et al, 2003).

II.3. Rôles des lymphocytes T régulateurs :

Les lymphocytes Treg jouent un rôle essentiel dans l'homéostasie immunitaire, ils maintiennent la
tolérance immunitaire aux antigènes du soi et suppriment les réactions immunitaires excessives
(Sakaguchi et al, 2010). L'expansion des lymphocytes Treg se produit au niveau des sites de lésion des
tissus et jouent un rôle important dans la réparation des tissus et la régénération au-delà de la régulation
immunitaire en influençant les cellules non immunitaires résidentes des tissus (Burzyn et al, 2013). Les
lymphocytes Treg humains sont essentiels pour la tolérance de la transplantation et peuvent être isolés,
identifiés et peuvent accroitre en ex vivo et ensuite utilisés pour le traitement de rejet d'allogreffe (Wang
et al, 2016).

II.4. Mécanismes d’action des lymphocytes T régulateurs :

Les lymphocytes Treg ont un effet sur les lymphocytes T et/ou les DC par trois principaux modes de
régulation (Peterson, 2012).

II.4.1. Les mécanismes de suppression impliquant les facteurs solubles :

Les lymphocytes Treg utilisent un large éventail de mécanismes pour supprimer l'immunité, y compris
des cytokines suppressives telles que l'IL-35, l’IL-10 et le TGF-β (Collison et al, 2012). De nombreux
travaux mettent en avant le rôle crucial de la production des cytokines immuno-régulatrices par les
lymphocytes Treg : notamment l’IL-10 et le TGF-β. Ces deux cytokines inhibent directement les
lymphocytes Teff (Annacker et al, 2003 ; Joetham et al, 2007). Plus récemment des études ont montré
l’implication de l’IL-35 qui est produite par les lymphocytes nTreg. Cette cytokine appartienne à la famille
de l’IL-12 (composé de p35 et EBI3). Elle est différente des autres membres de cette famille car elle est
spécifique des lymphocytes Treg. L’IL-35 a deux effets biologiques connus : la suppression de la
prolifération des lymphocytes Tconv et la conversion des lymphocytes Tconv naïfs en une population de
lymphocytes Treg induits fortement suppressifs, appelé «lymphocytes iTr35» qui fonctionnent via l'IL-35
requise pour l'activité régulatrice maximale de ces lymphocytes in vitro et in vivo (Collison et al, 2010 ;
Collison et al, 2012). Le fibrinogène-2 (FLG-2) également appelé FG12 prothrombinase, a été identifié
récemment comme un nouveau membre de fibrinogène lié à la superfamille des protéines ayant
l'activité de sérine-protéase. Il est sécrété par les lymphocytes T (Ruegg et al, 1995 ; Marazzi et al, 1998).
Des études ont rapporté que ces molécules sont fortement exprimées par les lymphocytes Treg et il a été
proposé qu'elles jouent un rôle dans la fonction effectrice des lymphocytes Treg (Herman et al, 2004 ;
Williams et al, 2007). Le FLG-2 inhibe les lymphocytes Teff par des effets apoptotiques et prévient la
maturation des DC (Shalev et al, 2009).

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Lymphocytes T régulateurs

L’activité cytotoxique des lymphocytes Treg est mediée par la sécrétion des perforines et des granzymes
A et B qui provoquent l’apoptose des cellules « clé » impliquées dans l’initiation et l’amplification de la
réponse immunitaire telle que les lymphocytes Teff, les monocytes et les DC (Grossman et al, 2004 ;
Gondek et al, 2005 ; Zhao et al, 2007). La production d'adénosine se fait par clivage de l'ATP grâce au
récepteur CD39/73 présent à la surface des lymphocytes Treg. La liaison de l’adénosine produite au
récepteur A2A présent à la surface des lymphocytes Teff et les DC provoque un arrêt du cycle cellulaire
des lymphocytes Teff, la prévention de la maturation et la diminution de la capacité de présentation
d’antigènes par les DC (Figure 7) (Deaglio et al, 2007).

Figure 7 : Mécanisme d’action des lymphocytes Treg par suppression impliquant des facteurs solubles
(Peterson, 2012).

II.4.2. Les mécanismes de suppression impliquant un contact cellule-cellule :

La Galectine-1 est une protéine surexprimée de manière constitutive à la surface des lymphocytes Treg.
C'est un agent de régulation important médié par ces lymphocytes Treg qui se lie aux lymphocytes Teff
et aux DC et conduit à un arrêt du cycle cellulaire et/ou à l'apoptose de ces derniers (Garin et al, 2007).
Le CTLA-4 présent à la surface des lymphocytes Treg et par sa liaison avec le CD80/86 des DC provoque
une diminution de la co-stimulation et une diminution de la présentation d’antigènes (Read et al, 2000).
Le LAG3 (Lymphocyte Activation Gene 3) est une molécule d’adhésion associée au CD4 qui intervienne
elle aussi dans la suppression des réponses immunitaires par les lymphocytes Treg (Huang et al, 2004).
Cette molécule est exprimée à la surface des lymphocytes Treg activés et elle se lie aux CMH-II exprimé à
la surface des DC. Cette interaction provoque l’inhibition de la maturation des DC et la suppression de
leurs capacités immuno-stimulatrices (Liang et al, 2008). La neuropiline-1 (Nrp1) est un récepteur de
sémaphorine III composant essentiel de la synapse immunologique chez l'homme et un marqueur de
surface puissant pour les lymphocytes Treg. Ce récepteur est exprimé suite à l'activation des
lymphocytes T naïfs contrairement à d'autres gènes surexprimés dans les lymphocytes Treg (Neufeld et
al, 2002 ; Khan et al, 2001 ; Bruder et al, 2004). Le Nrp1 joue un rôle clé dans la promotion de longues
interactions entre les DC et les lymphocytes Treg. La liaison de Nrp1 aux DC provoque une diminution
dans la présentation d’antigènes (Figure 8) (Sarris et al, 2008).

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Lymphocytes T régulateurs

Figure 8 : Mécanisme d’action des lymphocytes Treg par suppression impliquant un contact cellulaire
(Peterson, 2012).

II.4.3. Les mécanismes de suppression impliquant la compétition pour les facteurs de


croissance :

Les lymphocytes Treg peuvent provoquer l’apoptose des lymphocytes Teff en rentrant en compétition
pour un facteur de croissance (principalement l’IL-2) qui est essentiel pour leur survie dans la périphérie.
Les lymphocytes Treg expriment de multiples copies de récepteur IL-2R/CD25 qui se lie avec l'IL-2 local
en compétition avec les lymphocytes Teff en interférant avec leur stimulation (figure 9) (Peterson, 2012).

Figure 9 : Mécanisme d’action des lymphocytes Treg par suppression impliquant la compétition pour les
facteurs de croissance (Peterson, 2012).

II.5. Lymphocytes T régulateurs et cancer :

Le dysfonctionnement des lymphocytes Treg est généralement observé dans les cancers. Les
lymphocytes Treg sont considérés comme une population cellulaire majeure impliquée dans la tolérance
immunitaire et protège les cellules tumorales contre une réponse immunitaire inappropriée (Zhuo et al,
2015). En effet, des études chez l'homme ont montré que de nombreux cancers peuvent induire la
prolifération des lymphocytes Treg et/ou favoriser leur génération à partir des lymphocytes T naïfs, ce
qui entraîne l'accumulation de ces lymphocytes dans le site de localisation de la tumeur et dans la
périphérie (Alizadeh et al, 2014). Les lymphocytes Treg sont recrutés préférentiellement au niveau du
site tumoral. Ces lymphocytes expriment des récepteurs pour les chimiokines telles que CCR4, CCR5,
CXCR4 et CCR10 qui pourraient induire leur migration vers le site de la tumeur (Terme et al, 2013).

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Lymphocytes T régulateurs

Aussi, les lymphocytes Treg peuvent être spécifiquement développés par des facteurs dérivés de cancer
ou par un phénomène de défense physiologique contre l'inflammation induite par le cancer, tel que le
TGF-β, l'IL-10 et l’H-ferritine (Tokuno et al, 2009). Les lymphocytes T mémoires conventionnels et/ou
naïfs peuvent se transformer en lymphocytes Treg à l'aide de cellules présentatrices d'antigènes
immatures ou de cellules suppressives dérivées myéloïdes (MDSC) (Medina-Echeverz et al, 2011). Enfin,
les lymphocytes nTreg sont plus résistants au stress oxydatif que les lymphocytes T conventionnels, ce
qui peut contribuer à leur survie dans des environnements tumoraux stressants (Figure 10) (Terme et al,
2013).

CD8+
CD4+

nTreg/iTreg
NK

LB
APC

Figure 10 : Rôle des lymphocytes Treg (nTreg/iTreg) dans le microenvironnement tumoral


(Zhang et al, 2015).

II.6. Lymphocytes T régulateurs et cancer colorectal :

Dans le cancer du côlon, les lymphocytes Treg sont des acteurs importants dans l'inhibition des
lymphocytes T conventionnels spécifiques de la tumeur. Un moyen par lequel les lymphocytes Treg
peuvent contribuer à la réduction de l'immunité antitumorale est grâce à la diminution de la migration
des lymphocytes T conventionnels vers le site de la tumeur (Sundström et al, 2016). Chez les patients
atteints de cancer du côlon, seul les lymphocytes Treg activés et non pas les lymphocytes Treg Naïfs qui
sont accumulés dans le site de la tumeur et sont capables de supprimer la prolifération des lymphocytes
Teff in vitro. Ces résultats affirment l’implication des lymphocytes Treg dans la progression tumorale (Lin
et al, 2013). Il est pertinent d'explorer les lymphocytes Treg et leur rôle éventuel dans le CCR, ainsi que
leur importance potentielle dans les stratégies thérapeutiques. Il a été montré que dans les tumeurs
colorectales, les ganglions lymphatiques régionaux restent fortement infiltrés par les lymphocytes Treg
(Colombo et al, 2007). Les lymphocytes Treg peuvent activement migrer vers le site de l'activité
immunitaire. Des études ont montrées que chez les patients atteints de CCR, un nombre accru de
lymphocytes Treg était présents dans le sang périphérique, dans les ganglions lymphatiques drainant la
tumeur ainsi qu’au niveau du site de la tumeur (Zou, 2006 ; Chang et al, 2012 ; Betts et al, 2012).

La relation entre les lymphocytes Treg et les cellules immunitaires pro-inflammatoires comme les
lymphocytes Th17 pourrait être considérée comme une explication favorable de l'effet du CCR infiltré
par les lymphocytes Treg dans le pronostic du cancer. Les lymphocytes Treg humains sont connus pour
inhiber l'activation et les fonctions des lymphocytes Th1 et Th2 et également les lymphocytes Th17.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 21


Lymphocytes T régulateurs

Les lymphocytes Treg peuvent atténuer l’effet pro-tumorigénique des lymphocytes Th17 en supprimant
leur capacité à proliférer et à produire de l'IL-17 et par conséquent leurs capacités pro-inflammatoires
ainsi que celle de la favorisation des tumeurs. (Figure 11) (Crome et al, 2010).

Figure 11 : L'effet pronostique des lymphocytes Treg Foxp3+ dans les tumeurs croissantes dans un
environnement septique, comme le CCR (Crome et al, 2010).

Dans la majorité des tumeurs solides étudiées jusqu'à présent, la fréquence élevée des lymphocytes Treg
Foxp3+ infiltrant la tumeur prédit un taux de survie des patients avec facultés affaiblies. (Wolf et al,
2005 ; Grabenbauer et al, 2006). Paradoxalement, la fréquence accrue des lymphocytes Treg était
associée à un meilleur pronostic chez les patients atteints de lymphome et également chez les patients
atteints de CCR (Salama et al, 2009). Salama et al ont montré l'importance pronostique de la densité des
lymphocytes Treg dans les tissus tumoraux (Foxp3+ T) et dans les tissus normaux (Foxp3+ N) chez
les patients atteints de CCR. Des modèles multivariés ont montré que ces marqueurs avaient une valeur
pronostique plus forte que celle des lymphocytes T CD8+ ou T CD45RO+. La constatation de
l'amélioration de la survie était associée à une forte densité de lymphocytes Treg Foxp3+ infiltrant les
tissus tumoraux dans le CCR. En effet, leurs résultats suggèrent que l’évaluation des densités de
lymphocytes Treg Foxp3+ T et Foxp3+ N en combinaison avec l’invasion vasculaire et périneurale devrait
améliorer la stratification pronostique du CCR au stade précoce. La meilleure survie est associée à une
forte densité de lymphocytes Treg Foxp3 + T dans le CCR est en contraste marqué avec les observations
dans d’autres types de tumeurs solides.

II.6.1. Signalisation induite par le TGF-β :

La transmission du signal par le TGF-β débute par l’interaction du ligand avec un complexe de deux
récepteurs spécifiques qui sont des protéines transmembranaires de type sérine/thréonine kinases
(Massague, 1998 ; Lebrun et al, 1997 ; Lebrun et al, 2009). Le TGF-β se lie d’abord au récepteur de type
II (TβRII) qui est constitutivement autophosphorylé, qui recrute le récepteur de type I (TβRI) et le
transphosphoryle (Lebrun et al, 1997 ; Lebrun et al, 2009). Ensuite, le TβRI phosphoryle des protéines
Smad2 et Smad3 qui s’associent à la protéine Smad4 (Jayaraman et Massague, 2000 ; Lebrun et al,
1999). Cet hétérocomplexe se redirige vers le noyau où il se lie à l’ADN afin de réguler la transcription
des gènes qui en dépendent (Shi et al, 1998).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 22


Lymphocytes T régulateurs

En plus de l’activation de la voie de signalisation des Smad, le TGF-β est aussi capable de transmettre ses
signaux via la voie des kinases activées en réponse au stress (p38 et JNK), la voie des Rho GTPases, la voie
des MAPK impliquant l’ERK et la voie PI3K/ mTOR. Toutes ces voies de signalisation sont interconnectées
(Yan et al, 1994 ; Chen et al, 1998 ; Shi et al, 1998 ; Bhowmick et al, 2001 ; Edlund et al, 2002 ; Davies et
al, 2005 ; Guo et al, 2009).

II.6.2. Le Foxp3 :

Le facteur de transcription Foxp3 contrôle directement ou indirectement l’expression de 700 gènes


(Josefowicz et al, 2012 ; Samstein et al, 2012). La liaison de Foxp3 à ces gènes le rend un activateur de la
transcription pour certains gènes et un répresseur pour d’autres (Fontenot et al, 2003 ; Hori et al, 2003).
Le Foxp3 n’agit pas seul. Les travaux de Wu et al ont identifié un complexe moléculaire dans lequel le
Foxp3 se lie aux NFAT, un facteur activant les lymphocytes CD4+ conventionnels (Lym Teff) en induisant
notamment la transcription de l’IL-2 par sa liaison à l'AP-1 et au NF-κB (Wu et al, 2006). Cependant, la
mutation au niveau de Foxp3 permet de l’empêcher d’interagir avec le NFAT ce qui engendre la
dérépression du gène de l’IL-2 et la perte d’expression du CTLA4 et du CD25 (Samstein et al, 2012).
L’expression du gène codant pour Foxp3 peut être fortement induite grâce à des séquences régulatrices
non codantes « enhancers » ou « CNS » (conserved non coding sequence). La fixation de différents
facteurs (NFAT, SMAD et STAT5) sur ces éléments régulateurs active la transcription de Foxp3 sous
l’influence des signaux initiés par le TCR, le CD28, le TGF-β et l’IL-2 (Feuerer et al, 2009).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 23


MONOXYDE
D’AZOTE
Monoxyde d’azote

III. Le monoxyde d'azote :

III.1. Définition :

Le monoxyde d’azote (NO) est un radical libre (Murad, 1999). Son potentiel de production endogène en
tant que facteur de relaxation dérivé de l'endothélium a été d'abord proposé indépendamment par
Robert Furchgott et Louis Ignarro en 1986 (Furchgott, 1988 ; Ignarro et al, 1988). Il a donc été la
première molécule gazeuse acceptée d'être un médiateur de signalisation dans l'organisme (SoRelle,
1998).

Le NO est une molécule gazeuse de signalisation intra et intercellulaire et un messager biologique clé. Il
joue un rôle essentiel dans le métabolisme dans tous les organismes (Kröncke et al, 1997). En plus de la
régulation du flux sanguin, l’implication du NO est reconnue dans d'autres fonctions physiologiques telles
que la neurotransmission et la réponse immunitaire (Geller et al, 1998 ; Bogdan, 2001).

III.2. Biosynthèse et sources du NO :

Le NO est synthétisé par plusieurs isoformes de la NO synthase (NOS). Les NOS consomment du NADPH
et de l’oxygène moléculaire afin d’oxyder la L-arginine en L-citrulline et en monoxyde d’azote (Marletta,
1989 ; Moncada et al, 1989 ; Nathan et Hibbs, 1991 ; Nathan et Xie, 1994 ; Touil Boukoffa et al, 1998).
Cette réaction nécessite la présence de cofacteurs tels que la flavine adénine dinucléotide (FAD), la
tétrahydrobioptérine (BH4), le calcium (Ca2+) et la calmoduline (Cam) (Figure12) (Hope et al, 1991 ;
Griffith et Stuehr, 1995).

Figure 12 : Synthèse du NO à partir de la L-arginine par les NO (Förstermann and Sessa 2011).

Il existe trois isoformes de la NOS : la NO synthase neuronale (nNOS, également connue sous NOS1, son
gène est localisé sur le chromosome 12), la NO synthase inductible (iNOS ou NOS2, son gène est localisé
sur le chromosome 17) et la NO synthase endothéliale (eNOS ou NOS3, son gène est localisé sur le
chromosome 7) (Lugg et al, 1995 ; Alderton et al, 2001).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 24


Monoxyde d’azote

Une quatrième enzyme a été caractérisée, c’est la NO synthase mitochondrial (mt-NOS), cette enzyme a
été révélée d’être constitutivement active, dépendante du calcium. La mt-NOS peut interagir
directement avec le cytochrome c oxydase (Cyt c) pour bloquer son activité. (Ghafourifar et al, 1997 ;
Persichini et al, 2005 ; Nazarewicz et al, 2007).

La nNOS et l’eNOS sont constitutivement exprimées dans plusieurs types de cellules, y compris les
cellules endothéliales, les plaquettes et les neurones (Wang et al, 2010 ; Song et al, 2012). Tandis que
l’iNOS est induite par plusieurs médiateurs inflammatoires tels que les cytokines et les
lipopolysaccharides (LPS) dans les cellules du système immunitaire, essentiellement dans les
macrophages (Huang et al, 2011).

La catégorie appelée constitutive NOS (cNOS) comprenne la nNOS et l’eNOS. Ces dernières produisent
des concentrations nanomolaires de NO pour quelques secondes ou minutes. Cette production dépende
de l'augmentation des concentrations du Ca2+ (Michel et Feron, 1997). Cependant, l'isoforme inductible
iNOS est indépendante du Ca2+ et génère des quantités plus élevées de NO dans la gamme micromolaire
et pour des intervalles plus longs (des heures ou des jours) (Alderton et al, 2011).

III.3. Rôles du NO :

Le NO peut exercer différents effets en fonction de sa concentration, de sa durée de production et


de ses cibles moléculaires et/ou cellulaires (Allione et al, 1999).

Le NO joue un rôle clé dans la régulation physiologique du système cardiovasculaire, puisque des
anomalies dans sa production et/ou sa biodisponibilité accompagnent ou encore précède de
nombreuses maladies telles que l'hypertension, l'athérosclérose et des troubles associés à l'angiogenèse
(Moncada et Higgs, 2006 ; Vanhoutte et al, 2009). Le NO exerce également des fonctions physiologiques
dans le système nerveux et immunitaire, contribuant à la régulation du comportement, de la motilité
gastro-intestinale et des mécanismes de défense contre les maladies infectieuses et tumorales (Napoli et
Ignarro, 2001 ; Toda et al, 2012).

L’effet du NO comme second messager a été montré dans de nombreux types cellulaires. A de faibles
concentrations, le NO stimule l’activité de la guanylate cyclase (GC) et augmente la production du
Guanosine monophosphate cyclique (GMPc), un médiateur important des fonctions physiologiques du
NO (Villanueva et Giulivi, 2010). A plus fortes concentrations, le NO interagit avec les protéines
contenant des groupements thiols ou des métaux de transition. Ces interactions peuvent induire
une activation ou une inhibition de ces protéines et délivrent un signal de survie ou de mort
cellulaire (Viani et al, 2003 ; Schaefer et al, 2003 ; Zeigler et al, 2003).

III.4. Régulation des NO synthases :

De nombreux inhibiteurs de NOS sont des analogues structuraux de l'arginine qui inhibent la liaison du
substrat à l'enzyme, par exemple le NG-nitro-L-arginine méthyl ester (L-NAME), un inhibiteur non
spécifique des NOS (Andrade et al, 1992).

La régulation des NOS peut se faire également par les arginases, enzymes impliquées dans le cycle de
l'urée et transformant la L-arginine en urée et L-ornithine. Cette régulation est croisée entre les deux
systèmes enzymatiques métabolisant l’arginine, c'est-à-dire une compétition des deux enzymes, la NOS
et l’arginase vis-à-vis de substrat (Morris, 2000 ; Durante et al, 2007).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 25


Monoxyde d’azote

L’iNOS est principalement régulée au niveau de l'expression par des cytokines inflammatoires (TNF-α, IL-
1β et IFN-γ), l’endotoxine LPS, l'hypoxie, le stress oxydatif et plus récemment, par la protéine de choc
thermique Hsp70 qui peut fonctionner comme une cytokine (Nathan, 1992 ; Ferreiro et al, 2001 ; Zhang
et al, 2013).

On trouve des mécanismes transcriptionnels et post-transcriptionnels conduisant à l'induction de


l'expression de l’iNOS. Ces mécanismes varient selon différents types de cellules ou d'espèces. Les voies
de transduction de signal intracellulaires les plus importantes se sont la voie NF-κB et les voies JAK-STAT
(Mankan et al, 2009 ; Basak et Hoffmann, 2008).

En outre, la voie des MAPK contribue à l'expression du gène iNOS impliquant l'activation de facteurs de
transcription tels que l’AP-1 et l’ATF-2, des éléments d'AMPc en réponse, de l'NF-κB et des facteurs de
transcription de la famille Ets (Kleinert et al, 1998 ; Janssen-Heininger et al, 1999 ; Lechner et al, 2005).
La régulation post-transcriptionnelle de l'expression génique de l'iNOS se produit principalement par
l'intermédiaire de mécanismes influençant la stabilité de l'ARNm de cette isoforme (Pautz, 2010). D’une
autre part, l'inhibition de l'expression de l'iNOS peut se réaliser par de nombreux agents, tels que les
glucocorticoïdes, le TGF-β1 et les anti-oxydants. Ces agents ont été révélés d'être le résultat de
l'inhibition de l’NF-κB et l'activation de STAT-1α (Kleinert et al, 1996 ; Tedeschi et al, 2003).

III.5. Physiologie et modes d’action du NO :

III.5.1. NO synthase neuronale :

La nNOS produit le NO à la fois dans le système nerveux central (SNC) et périphérique, et donc joue un
rôle dans la communication cellulaire (Bredt et al, 1990 ; Toda et al, 2012 ; Dawson et al, 1991). La nNOS
est impliquée dans la modulation des fonctions physiologiques telles que l'apprentissage, la mémoire et
la neurogenèse (Zhou et Zhu, 2009). Dans le SNC, la nNOS médie la régulation à long terme de la
transmission synaptique (potentialisation à long terme ou inhibition à long terme) (Schuman et al, 1991 ;
Izumi et al, 1992). Il est également prouvé que le NO formé dans le SNC par la nNOS est impliqué dans la
régulation centrale de la pression artérielle (Togashi et al, 1992 ; Sakuma et al, 1992). Le NO produit par
la nNOS dans les nerfs nitrergiques dans de nombreux tissus musculaires lisses peut être considéré
comme un neurotransmetteur (Förstermann et al, 1994 ; Nakane et al, 1993).

III.5.2. NO synthase inductible :

L'expression de l'iNOS est faible dans les conditions physiologiques. Cependant, cette isoforme est
calcium indépendante et produit en permanence le NO une fois qu'elle est exprimée (Gross et al, 1991).
L'induction de l'iNOS se produit principalement au cours de l'infection, l'inflammation chronique et dans
les tumeurs (Kröncke et al, 1998). En outre, des concentrations plus élevées de NO tel que ceux
produites par les macrophages stimulées, peuvent interférer directement avec l'ADN des cellules cibles
et provoquent la rupture et la fragmentation des brins (Wink et al, 1991 ; Fehsel et al, 1994). Une
combinaison de ces mécanismes est susceptible de former la base des effets cytostatiques et
cytotoxiques du NO sur les micro-organismes, les parasites et sur certaines cellules tumorales
(Förstermann et al, 2011).

Les cellules non immunitaires peuvent également être stimulées par des cytokines pour libérer des
quantités de NO suffisamment importantes pour affecter des cellules voisines (Li et al, 1991 ;
Förstermann et al, 2011).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 26


Monoxyde d’azote

Par exemple, les cellules endothéliales activées par une cytokine peuvent secréter le NO pour lyser les
cellules tumorales (Li et al, 1991) et les hépatocytes stimulées peuvent utiliser le NO pour tuer les
sporozoïtes du paludisme (Green et al, 1990). L'activité de l’iNOS est susceptible d'être responsable de
tous ces effets (Förstermann et al, 2011).

Le NO est doué d’importantes propriétés immunorégulatrices, il agit directement comme une molécule
immunorégulatrice autocrine ou paracrine régulant notamment la balance Th1/Th2 (Lowenstein et
Padalko, 2004). Le NO est impliqué dans d’autres fonctions du système immunitaire tel que : le
chimiotactisme, l’agrégation et l’apoptose des polynucléaires neutrophiles, elles-mêmes productrice de
NO (Saini et al, 2006 ; Messaoudène et al, 2011).

Le NO joue un rôle pro ou anti-apoptotique dans de nombreux types cellulaires. A faible concentrations,
le NO protège les cellules de l’apoptose en activant la protéase CPP32-like et en augmentant l’expression
de la protéine Bcl2. Les effets pro-apoptotiques du NO font intervenir sa possibilité de réagir avec l’anion
superoxyde (O2-) pour générer le peroxynitrite (ONOO-) (Kolb, 2001 ; Lowenstein et Padalko, 2004). Ce
dernier est un oxydant solide et un agent nitrosant, ce qui entraîne la nitrosation ou la nitration des
protéines de signalisation. Le peroxynitrite peut induire la mort cellulaire apoptotique et nécrotique par
une peroxydation lipidique, une oxydation de la cystéine et une nitrosation des protéines. (Ducrocq et al,
1999 ; Szabo et al, 2007 ; Glynn et al, 2010).

III.5.3. NO synthase endothéliale :

L'eNOS semble être un régulateur homéostatique de nombreuses fonctions cardiovasculaires


essentielles. Le NO dérivés de l'eNOS est un vasodilatateur puissant, il dilate tous les types de vaisseaux
sanguins en stimulant la GC soluble et donc l'augmentation du GMPc dans les cellules musculaires lisses
(Ignarro et al, 1986). La délétion du gène eNOS conduit à une pression élevée du sang (Shesely et al,
1996 ; Huang et al, 1995). Le NO libéré dans la lumière vasculaire est un puissant inhibiteur de
l'agrégation et l'adhésion plaquettaire à la paroi vasculaire (Alheid et al, 1987 ; Radomski et al, 1987). Le
NO peut également inhiber l'adhérence des leucocytes à la paroi du vaisseau sanguin par l’interférence
avec la fonction et/ou la suppression de la molécule d'adhésion leucocytaire CD11/CD18 (Kubes et al,
1991 ; Arndt et al, 1993). Ce phénomène empêche l’inflammation de la paroi vasculaire et protège
contre l’apparition de l’athérosclérose (Förstermann et Sessa, 2011).

III.6. Monoxyde d’azote et physiopathologie :

Une production de fortes concentrations de NO par les macrophages accompagne les processus
lésionnels vasculaires et cellulaires. Cette production a été observée au cours de l’inflammation de la
muqueuse tissulaire intestinale (Abdelouahab et al, 2012). Il a été suggéré que le mécanisme de toxicité
du NO dépend de la formation de radicaux libres issus secondairement de la combinaison du NO avec le
radical superoxyde. Ces radicaux identifiés comme étant le peroxynitrite et l’hydroxyle, ont une toxicité
importante pour les cellules de l'organisme (Beckman et al, 1990). Leur apparition semble dépendante
d’un excès de NO qui n’étant pas intégralement capté ni oxydé et qui peut se combiner avec le
radical superoxyde. La toxicité du peroxynitrite a été montrée par son administration au cours des
lavements coliques qui induisait des ulcérations et des infiltrats inflammatoires de la muqueuse
(Rachmilewitz et al, 1993).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 27


Monoxyde d’azote

Grâce à la production du NO, la DC présentatrice d’antigènes intraluminaux pourrait moduler la réponse


immunitaire, voire même jouer un rôle dans la tolérance immunitaire vis-à-vis de la flore intestinale (Lu
et al, 1996). Ainsi la prolifération lymphocytaire stimulée par les super antigènes bactériens est modulée
par le NO (Sriskandan et al, 1996).

Le NO peut endommager des tissus en induisant un stress oxydatif. La conséquence cytopathologique


d'un déséquilibre entre les défenses anti-oxydantes et la production de radicaux libres est l'induction de
la mort cellulaire (Mattson et al, 1997). Le NO a été impliqué dans la neurodégénérescence et la mort
des cellules neuronales à travers sa neurotoxicité dans la maladie d'Alzheimer (Belkhelfa et al, 2014).

Le NO participe également à la pathogenèse de plusieurs maladies auto-immunes telles que la maladie


de Behçet, la MC, la RCH et l’Uvéite auto-immune (Rafa et al, 2010 ; Djeraba et al, 2010 ; Abdelouahab
et al, 2012 ; Rafa et al, 2013 ; Ahmedi et al, 2016).

III.7. Monoxyde d’azote et cancer :

Il a été rapporté que le NO exerce des effets dichotomiques dans plusieurs étapes du cancer (Ying et
Hofseth, 2007). L'expression de l’iNOS dans les carcinomes était plus élevée que dans les sarcomes
(Glynn et al, 2010).

Le NO synthétisé par l’iNOS joue un rôle pro ou anti-tumoral selon sa concentration locale dans la
tumeur, la situation de la cellule, le microenvironnement et le type de la tumeur (figure 13) (Choudhari
et al, 2013 ; Vanini et al, 2015).

Le NO module différents événements liés au cancer, y compris l'angiogenèse, l'apoptose, le cycle


cellulaire, l'invasion et les métastases (Brennanet Moncada, 2002).

La production du NO par l’iNOS peut provoquer des mutations (GC en AT) dans le gène de p53
contribuant à la perte de son activité répressive. Le NO inhibe directement l'activité des caspases
fournissant un moyen efficace pour bloquer l'apoptose. D'autres effets anti-apoptotiques du NO sont
médiés par l'inhibition de l’apoptose dépendante du Cyt c, l’augmentation de l’expression de Bcl-2,
l'induction de la protéine de choc thermique hsp70 et hsp32 et l'activation de la cyclo-oxygénase-2 (COX-
2) (Von et al, 1997 ; Choi et al, 2002). Le NO joue un rôle important dans la progression tumorale par la
régulation de l'angiogenèse et par la limitation de la prolifération cellulaire leucocytaire. Cela entraine
des conséquences néfastes sur la réponse anti-tumorale de l'hôte (Wink et al, 1992 ; Ziche et Morbidelli,
2000).

Il a également été rapporté que le NO a des effets tumoricides. Le NO dérivé des macrophages, des
cellules de Kupffer, des cellules NK et des cellules endothéliales participe à l’activité tumoricide contre
divers types de cancers (Li et al, 1991 ; Lechner et al, 2005). Une production prolongée du NO est
associée à la libération de (Cyt c) à partir de la mitochondrie, à l’activation des caspases, à la régulation
des Bcl-2 et à l’augmentation de l’expression de p53. Ces effets contribuent à l’induction de l’apoptose
dans les cellules tumorales (Choi et al, 2002). Le NO entraîne directement ou indirectement des lésions
d’ADN dans les lignées cellulaires tumorales, ce qui induit l'accumulation de p53 entraînant l'apoptose
(Forrester et al, 1996). Une étude récente a rapporté que le NO inhibe la résistance et les métastases des
cellules tumorales (Aranda et al, 2012).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 28


Monoxyde d’azote

Le NO semble jouer des rôles divers dans plusieurs cancers humains. Une compréhension globale des
différentes actions du NO dans ces cancers au niveau moléculaire pourrait aider à fournir des marqueurs
diagnostiques ou pronostiques, et aussi à l'élaboration de stratégies potentielles pour la prévention et le
traitement de ces cancers (Choudhari et al, 2013).

Figure 13: Les différents rôles du monoxyde d’azote dans le cancer (Vanini et al, 2015).

III.8. Monoxyde d’azote et cancer colorectal :

Il a été rapporté que l’expression de l’iNOS et de la nitrotyrosine dans les tissus de la CU (Rafa et al,
2013) et de CCR était plus élevée par rapport aux tissus normaux (Förstermann et al, 1995).
L'augmentation de l'expression du NO dans les tissus de l'adénome contribue à la transformation de
l'adénome en adénocarcinome. Ces résultats montrent que le NO participe à l’accélération de la
cancérogenèse colique (Tazawa et al, 2013).

L’activation des metalloprotéinases de la matrice extracellulaire (MMPs), principalement la MMP-2 et la


MMP-9, par le peroxynitrite induit l’invasion et la métastase des cellules cancéreuses colorectales. Cette
activation prouve le rôle pro-métastatique du NO (Wu et al, 2001 ; Zucker et Vacirca, 2004 ; Nemoto et
al, 2005).

Il a été rapporté que l’utilisation des inhibiteurs de la NOS a toujours conduit à une croissance tumorale
retardée. Cela prouve le rôle pro-tumoral du NO (Rao et al, 1998). Le NO est impliqué dans l'initiation, la
promotion et la progression de la pathogenèse tumorale (Jaiswal et al, 2000).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 29


MATERIEL ET
METHODES
Matériel et méthodes

I. Matériel et patients :

I.1. Les échantillons biologiques :

I.1.1. Le plasma :

Des échantillons sanguins sont prélevés à partir de sujets sains et malades (4ml/tube hépariné). Après
décantation du sang à +4°C, les plasmas obtenus sont conservés à -45°C pour le dosage des nitrites et du
TGF-β.

Les prélèvements sanguins sont effectués au sein du service d’Oncologie hôpital de Rouiba. Ces
prélèvements sont accomplis selon les dispositions éthiques et tous les volontaires ont donné leur
consentement oral, sur la base de la déclaration d’Helsinki, après avoir étaient informés honnêtement du
but de l’étude. Le tableau 2 présente les caractéristiques démographiques et cliniques des patients et
des sujets sains.

Sujet sains Patients atteints de Patients atteints


Cas (contrôle) CCR aux différents stades de CAC
Nombre de sujets 5 60 5
sexe 4F/1H 24F/36H -
Moyenne d'âges 26.44±2.73 57.08±0.24 -
Traitements Aucun Chimiothérapie +/-. Chimiothérapie +/-.
Thérapie ciblée. Thérapie ciblée.
Aucun traitement. Aucun traitement.

Tableau 2 : Les caractéristiques démographiques et cliniques des patients et des sujets sains inclus
dans l’étude pour le dosage du NO et des cytokines.

I.1.2. Les pièces opératoires et les biopsies coliques :

Des blocs de pièces opératoires coliques des patients atteints de CCR et de CAC sont récupérés du service
d'anatomo-pathologique (ANAPATH) CHU Mustapha à Alger. Ces pièces opératoires sont utilisées pour
l’étude histologique, immunohistochimique et pour l’étude d'immunofluorescence. De plus, des biopsies
coliques sont prélevées à partir des muqueuses saines au cours de la coloscopie chez des patients atteints
du CCR au niveau du service gastro-entérologie de l’hôpital Mustapha d’Alger. Le tableau 3 représente
les caractéristiques démographiques et cliniques des patients atteints de CCR et de CAC, et de la
muqueuse saine :

Muqueuse saine Patients atteints de CCR Patients atteints de CAC


Stade - IV I/III
Nombre de sujets 1 4 2
Sexe F 2F/2H 2F
Moyenne d’âge 65 59±4,24 59±4,24
caractéristiques - Adénocarcinome colique/bas RCUH donnant un
du rectum adénocarcinome mucineux/réctal

Tableau 3 : Caractéristiques démographiques des sujets inclus dans l’étude histologique,


immunohistochimique et l'étude d'immunofluorescence.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 30


Matériel et méthodes

I.2. Les anticorps :

Les anticorps utilisés dans l’étude sont des anticorps recombinés anti-CD25, anti-TGF-β et anti-Foxp3.
Ces anticorps nous ont été fournis gracieusement par notre promotrice Dr RAFA.H/ équipe Cytokines et
NO synthases/ LBCM/ USTHB.

D’autres anticorps recombinés ont été utilisés : anticorps anti-CD3 et anti-CD4. Ces anticorps nous ont
été fournis gracieusement par notre Co-promotrice Pr AIT YOUNES.S/ du service d’anatomo-
pathologique/ CHU Mustapha.

II. Méthodes :

II.1. Dosage du monoxyde d’azote (nitrites résiduels) :

Le dosage de la production du NO dans le plasma des sujets sains et malades est fait selon
la détermination du métabolite physiologiquement stable du NO, les nitrites (NO2-). Dans la présente
étude, les teneurs en nitrites sont évaluées selon la méthode de Griess modifiée. Les nitrites résiduels
totaux (NO) sont quantifiés par un dosage colorimétrique à une longueur d’onde λ = 543 nm par le biais
du réactif de Griess composé d’un mélange de deux solutions : le Naphtyl éthylène diamine dichloride
(Griess A) et le Sulfanilamide (Griess B) donnant aux nitrites une coloration rose plus ou moins intense
(Touil-Boukoffa et al, 1998).

Courbe d’étalonnage des nitrites : Une gamme étalon est réalisée à partir des volumes croissants
des nitrites de sodium sur un intervalle croissant allant de 0 à 120µl, puis ce volume est ajusté à 500µl
par l’ajout de PBS stérile. 50µl de chacun des réactifs de Griess (B et A) sont additionnés à la solution puis
le volume est complété à 1ml avec de l’eau distillée. L’incubation s’effectue à l’obscurité à température
ambiante suivie de la lecture de DO à une longueur d’onde de 543 nm.

La concentration en nitrite résiduel des échantillons est déterminée par extrapolation des valeurs des DO
sur la courbe étalon DO=f ([NaNO2] :

y = 0,005x
DO à 543nm R² = 0,985

0,7

0,6

0,5

0,4

0,3

0,2

0,1

0
0 20 40 60 80 100 120 140

Figure 14 : Courbe étalon du dosage des nitrites par la méthode de Griess modifiée.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 31


Matériel et méthodes

II.2. Dosage des cytokines par la méthode ELISA (TGF-B) :

Dans cette partie, le TGF-β est dosé dans les plasmas des patients atteints de CCR et des sujets sains.
Pour cela, une technique de dosage immunoenzymatique a été utilisée. Il s’agit d’un dosage de type
sandwich selon les recommandations d’Invitrogen-Life Technologies.

Mode opératoire :

Dans les puits d’une plaque de microtitration recouverte d’un premier anticorps monoclonale anti-TGF-β
où sont incubés les échantillons à doser et les standards à raison de 100µl. Après 2 heurs d’incubation à
température ambiante et un lavage, 50µl d’anticorps biotinylé ainsi que 100µl de streptavidine couplé à
la peroxydase sont ajoutés aux différents puits. Une deuxième incubation pendant 30 minutes à
température ambiante suivie d’un lavage est effectuée, l’activité enzymatique est révélée par addition
du substrat chromogène à raison de 100µl par puits. La réaction chromogène se développe à l’obscurité.
Elle est arrêtée avec une solution d’HCl 1N. L’absorbance est lue à 450nm, l’intensité de la coloration est
proportionnelle à la concentration en cytokines présentes dans l’échantillon ou le standard.

II.3. Etude Histologique des pièces opératoires/biopsies coliques des patients atteints de Cancer
colorectal et de cancer associé à une colite :

Les pièces opératoires coliques ont été obtenues à partir des coupes transversales et longitudinales
des parties tumorales situées dans le colon des sujets participants à l’étude. Les coupes ont été réalisées
au sein du service d’anatomo-pathologique CHU Mustapha.

Dans notre cas, le but de l’étude histologique est de mettre en évidence les différentes architectures
structurales observées au niveau local et les lésions tissulaires des patients atteints de CCR et de CAC
comparés à la muqueuse colique saine.

Mode opératoire :

Après fixation dans du formol tamponné à 10% pendant 24 heurs à une température ambiante,
les pièces opératoires coliques sont déposées dans des cassettes en plastique, déshydratées dans des
bains croissants d’alcool sous agitation et à une température ambiante puis éclaircies dans du xylène,
inclues dans de la paraffine fondue et coulée dans des moules. Les blocs obtenus après refroidissement
de la paraffine sont par la suite coupés par un microtome afin d’obtenir des rubans de 3µm d’épaisseur
(d'autres rubans de 2µm et de 0.5µm d'épaisseur ont été aussi obtenus pour l'étude
immunohistochimique et d’immunofluorescence respectivement) qui sont par la suite déposés sur des
lames. Ces dernières sont ensuite réhydratées dans des bains décroissants d'alcool pour coloration à
l’Hématoxyline de Meyer, rincées à l’eau courante, colorées dans une solution aqueuse d’Eosine puis
séchées dans l’étuve. Enfin, les lames sont montées dans la résine et observées par un microscope
photonique à différents grossissements.

III.4. Etude de l’expression in situ des marqueurs des lymphocytes Treg par Immunohistochimie :

L’Immunohistochimie est une technique semi-quantitative permettant l’identification de composés


tissulaires spécifiques membranaires, cytoplasmiques ou nucléaires, grâce à une réaction antigène-
anticorps dont la révélation est colorimétrique. Dans la présente étude, nous avons étudié l’expression
protéique in situ de CD3, de CD4 et de Foxp3.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 32


Matériel et méthodes

Mode opératoire :

Les lames contenants les coupes de 2µm sont déparaffinées une nuit à l’étuve (température 60°C) et
dans 4 bains de xylène, 5 minutes chacun puis dans 4 bains d’alcool, 5 minutes chacun suivie par
un rinçage à l’eau de robinet pendant 20 minutes.

Le démasquage des antigènes est réalisé dans un bain marie à 95°C pendant 40 minutes après que
les lames sont misent dans des boites contenants un tampon (un tampon de PH7 pour les lames
destinées au marquage de Foxp3, un tampon citrate de PH9 pour le CD4 et un tampon Tris/EDTA PH6
pour CD3) (NCCLS, 1999).

Les lames sont ensuite refroidies à une température ambiante pendant 20 minutes puis rincées par l’eau
distillée et incubées avec le H2O2 pendant 10 minutes afin de bloquer les peroxydases endogènes puis
rincées à deux reprises par l’eau distillée. Par la suite, les anticorps primaires sont ajoutés à raison
de 100µl pour chaque lame (les anticorps anti-Foxp3 ont été dilués 1/50 dans du lait écrémé et
les anticorps anti-CD3 ont été dilués 1/25 dans le diluant Accentis, alors que l’anticorps anti-CD-4 fournit
par Dako est prêt à l’emploi) (NCCLS, 1999), les temps d’incubation des anticorps primaires diffèrent
selon l’anticorps lui-même. Les anticorps anti-Foxp3 sont incubés une nuit à +4°C dans une chambre
humide tandis que les anticorps anti-CD3 et anti-CD4 sont incubés 40 minutes à température ambiante.
Ensuite, les lames sont misent dans 2 bains de PBS pendant 5 minutes chacun. Pour la révélation, les
lames sont incubées avec le kit de révélation Dako (deux flacons dont le premier c’est le HiDef
DetectionTM Amplifier, contenant des anticorps secondaires anti-Mouse and Rabbit et le deuxième c’est
le HiDef DetectionTM HRP Polymer Detector, contenant un polymère de dextran conjugué avec la HRP et
qui se lie aux anticorps secondaires anti-Mouse and Rabbit, les deux flacons sont fournis par CELL
MARQUE) (NCCLS, 1999) pendant 20 minutes (10 minutes pour chaque flacon) suivie de 2 bains de PBS
pendant 5 minutes chacun. Par la suite, les lames sont incubées avec le DAB Substrate Kit (le substrat de
la peroxydase, fournit par CELL MARQUE) (NCCLS, 1999) pendant quelques secondes suivie d’un rinçage
par l’eau distillée. L’avant dernière étape est la contre coloration. Les lames sont misent dans un bain
d’Hématoxyline pendant 3 minutes suivie d’un rinçage à l’eau pendant 5 minutes. Enfin, les lames sont
montées par l’Eukit contenant du xylène puis observées par un microscope photonique à différents
grossissements.

III.5. Etude de l’expression in situ des marqueurs des lymphocytes Treg par immunofluorescence :

L’immunofluorescence est une technique qui permet la recherche de l’expression des antigènes
membranaires, cytoplasmiques ou nucléaires par des anticorps spécifiques.

Dans la présente étude nous avons étudié l’expression in situ de CD25 Pour la révélation de la réaction
antigène-anticorps, nous avons utilisé un anticorps secondaire conjugué à un fluorochrome (FITC)
capable de reconnaitre l’anticorps primaire.

Mode opératoire :

Les lames contenants les coupes de 0.5µm sont déparaffinées une nuit à l’étuve (température 60°C) et
pendant 5 minutes dans un bain de toluène puis réhydratées en les faisant passer par des bains
décroissants d’alcool et un bain d’eau distillé, dont la durée est de 5 minutes pour chaque bain.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 33


Matériel et méthodes

Par la suite, les tissus sont perméabilisés par le Triton X-100 0.1% pendant 20 minutes suivie
de 3 lavages par le PBS-Tween20 0.1% pendant 5 minutes chacun sous agitation puis une saturation
des sites non spécifiques est réalisée par une incubation des lames dans une solution de lait écrémé 5%
pendant 2 heurs avant d’ajouter l’anticorps primaire couplé à l'FITC suivie d’une incubation pendant
1 heur à 37°C puis une nuit à 4°C dans une chambre humide suivie de 3 lavages avec du PBS. Enfin,
les lames sont montées par du glycérol et observées par un microscope à fluorescence.

II.6. Analyse statistique :

Les résultats sont exprimés en moyenne ± l'écart-type. La comparaison des moyennes des différents
échantillons est réalisée par le logiciel PRISM 6.01 par application du test t de STUDENT.

Les différences entre les groupes étudiés sont considérés comme significatives quand P≤0.05, très
significative quand P≤0.01 et hautement significatives quand P≤0.001.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 34


Matériel et méthodes

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB


RESULTATS ET
DISCUSSION
RESULTATS
Résultats

I. Etude de la production du monoxyde d'azote in vivo au niveau des plasmas des patients
atteints de CCR à différents stades et des patients atteints de CAC :

1. Etude de la Production du monoxyde d'azote selon le cas pathologique :

Les taux du NO (nitrites résiduels) sont évalués au niveau des plasmas des patients atteints de CCR, de
CAC et au niveau des plasmas des sujets sains.

Nos résultats ont montré une forte production du NO in vivo dans les plasmas des patients atteints de
CCR et de CAC en comparaison avec ceux des sujets sains (SS). Ces résultats indiquent aussi une
différence non significative du NO entre les plasmas des deux cohortes de patients (CCR et CAC)
(figure 15).

Figure 15 : Taux des nitrites résiduels (NO2-) au niveau des plasmas des patients atteints de CCR et de
CAC. (SS, n=5 ; n=CCR, n= 60 ; CAC, n=5). Une différence significative a été notée en comparant les les
taux des nitrites des deux cohortes de patients (CCR et CAC) avec ceux des sujets saines (SS) :
****P<0.001. Aucune différence significative n’a été notée (ns) entre les 2 cohortes de patients
(CCR/ CAC).

2. Etude de la Production du monoxyde d'azote selon le stade clinique du CCR :

Nos résultats ont montré une augmentation de la production du NO in vivo en fonction de la progression
tumorale. En effet, les taux du NO augmentent d'une manière progressive et significative dans les
plasmas des patients atteints de CCR (stade I, II, III et IV respectivement) en comparaison avec ceux des
sujets sains (SS) (figure 16).

Ces résultats ont montré une différence non significative (ns) en comparant les taux du NO au niveau des
plasmas des patients atteints de CCR au stade I avec ceux des patients de stade II d'une part et ceux des
patients de stade III avec ceux des patients de stade IV d'une autre part (figure 16). Une différence
hautement significative a été aussi observée en comparant la moyenne des taux du NO des deux stades I
et II avec celle des deux autres stades III et IV (figure 17).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 35


Résultats

Figure 16 : Taux des nitrites résiduels (NO2-) au niveau des plasmas des patients atteints de CCR aux
différents stades cliniques. (CCR I, n= 4; CCR II, n= 12 ; CCR III, n= 6 ; CCR IV, n= 38).

Figure 17 : Taux des nitrites résiduels (NO2-) produits au niveau des plasmas des patients atteints de CCR
aux stades précoces (I et II) et stades tardifs (III et IV). (SS, n=3 ; CCR I + II, n= 16; CCR III + IV, n= 44). Une
différence significative a été observé en comparant les taux des nitrites au niveau des deux stades
précoces et tardifs avec les sujets sains (SS) : *P<0.05 pour CCR I+II et ****P<0.001 pour CCR III+IV. Une
différence hautement significative est notée entre les taux des nitrites de CCRI+II et CCR III+IV :
****P<0.001.

II. Etude histologique des pièces opératoires coliques des patients atteints de CCR et de CAC :
Une étude histologique est nécessaire pour mettre en évidence l’architecture tissulaire colique, les
lésions inflammatoires tissulaires et les fibroses au niveau du colon. L’architecture tissulaire nous a
permis de localiser les cellules résidentes saines et cancéreuses (figure 18).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 36


Résultats

Les résultats obtenus après la mesure des taux des nitrites résiduels (NO2-) au niveau des plasmas des
patients atteints de CCR à différents stades et des patients atteints de CAC nous a amené à faire une
corrélation entre l’augmentation des taux du NO et l’apparition des lésions tissulaires.
Une étude histologique a été réalisée sur des coupes de pièces opératoires coliques des patients atteints
de CCR à diffèrent stades, des patients atteints de CAC et sur des coupes de biopsies coliques contenant
de la muqueuse saine afin de mettre en évidence l’existence des lésions inflammatoires au niveau du
colon.
Les observations microscopiques des coupes histologiques de la muqueuse colique saine ont montré une
structure intacte et l’absence de lésions inflammatoires avec la présence de glandes régulières réalisant
l’aspect d’un champ de marguerite (Figure 18-A).
La coupe histologique de la pièce opératoire colique du patient atteint de CCR au stade I a montré la
présence d’un adénocarcinome bien différencié tubulo-papillaire infiltrant la sous-muqueuse avec un
grossissement (Gx10) (Figure 18-B).
La coupe histologique de la pièce opératoire colique du patient atteint de CCR au stade II a montré la
présence d’un adénocarcinome bien différencié infiltrant la sous-muqueuse et une partie de la
musculeuse (Figure 18-C).
Les observations microscopiques de la coupe histologique de la pièce opératoire colique du patient
atteint de CCR au stade III ont montré la présence d’un adénocarcinome moyennement différencié
associé à des métastases ganglionnaires infiltrant la musculeuse et dissociant la couche musculaire avec
l’existence de foyers de nécroses dans la lumière des glandes (Figure 18-D). Dans le même cas, nous
avons également montré la présence d’un adénocarcinome moyennement différencié infiltrant toutes
les couches de la paroi colique jusqu'à la sous-séreuse où on retrouve la graisse et le tissu lymphoïde qui
reflète la présence d’une inflammation (stroma tumoral qui permet à la tumeur de se nourrir et de se
protéger contre les attaques immunitaires) (Figure 18-E). La présence d’un infiltrat inflammatoire
péritumoral d’intensité marquée et une glande totalement déformée ayant un aspect en dentelle qui
correspond à la cellule tumorale (Figure 18-F).
La coupe histologique de la pièce opératoire colique du patient atteint de CCR au stade IV a montré la
présence d’un adénocarcinome peu différencié infiltrant toutes les couches de la paroi colique avec
l’apparition de zones d’inflammation d’intensité marquée et envahissant d’autres organes adjacents
(Figure 18-G).
Une coupe histologique d’une patiente qui présentait une CU a montré la présence d’un
adénocarcinome moyennement différencié développé sur une rectocolite ulcéro-hémorragique
(maladie ancienne évoluant depuis 17 ans) avec la présence de zones d’inflammation et d’infiltrats
immunitaires d’intensité marquée (Figure 18-H).
Ce résultat reflète la présence de lymphocytes T et probablement les lymphocytes Treg au niveau des
infiltrats immunitaires. L’apparition des lésions tissulaires, des plages de nécrose et des zones
d’inflammation au niveau des stades III et IV et de CAC sont probablement causées par le NO.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 37


Résultats

Figure 18 : Résultats d’histologie. Photographie montrant une coupe histologique d’une muqueuse
colique saine (A), d’une coupe d’une pièce opératoire colique d’un patient atteint de CCR I (Gr x10)
(B), de CCR II (C), de CCR III avec plages de nécrose (D), de CCR II/III avec présence de la graisse (Gr
x4) (E), de CCR II/III avec des infiltrats immunitaires (Gr x25) (F), de CCR IV avec des foyers
enflammés (G) et de CAC avec des infiltrats immunitaires et des zones d’inflammation (H).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 38


Résultats

III. Etude de l’expression protéique in situ des marqueurs des lymphocytes T régulateurs :

1. Etude de la production du TGF-β in vivo au niveau des plasmas des patients atteints de CCR
à différents stades cliniques par dosage ELISA :

Le TGF-β est une cytokine multifonctionnelle. La famille des TGF-β est composée de trois isoformes, le
TGF-β1, le TGF-β2 et le TGF-β3 en plus des nombreuses autres protéines de signalisation produites par
toutes les lignées de globules blancs.

La production du TGF-β conduit à l'activation de différents substrats et protéines régulatrices, ce qui


induit la transcription de plusieurs gènes cibles de la différenciation, du chimiotactisme, de la
prolifération et de l'activation de nombreuses cellules immunitaires y compris les lymphocytes Treg aussi
productrices du TGF-β 1 (Massagué, 2012 ; Peterten et al, 1997 ; Shevach el al, 2009). Le TGF-β est
également impliqué pratiquement dans tous les grands processus physiopathologiques y compris
l’inflammation, la cicatrisation, la carcinogenèse, la dégénérescence et la sénescence (Bartram et Speer,
2004).

Le résultat du dosage du TGF-β a révélé une augmentation hautement significative (****p<0.001) de sa


production au niveau des plasmas des patients atteints de CCR aux stades I, II, III et IV par rapport aux
plasmas des sujets sains. En effet, les concentrations du TGF-β selon les différents stades cliniques du
CCR sont de 34,6±4,78 µM pour le stade I, de 43,15±5,17 µM pour le stade II, de 75±3,09 µM pour le
stade III et de 87,29±8,53 µM pour le stade IV, alors que cette concentration au niveau des plasmas des
sujets sains est de 18,35±6,12 µM (figure 19).

Nos résultats montrent une production hautement significative (****p<0.001) du TGF-β au niveau des
plasmas des patients atteints de CCR aux stades III et IV par rapport à celle évaluée au niveau des
plasmas des patients atteints de CCR aux stades I et II (figure 20).

Figure 19 : Concentration du TGF-β dans les plasmas des patients atteints de CCR aux différents stades
cliniques. Ce résultat a révélé une augmentation hautement significative (****p<0.001) des taux du
TGF-β au niveau des plasmas des patients atteints de CCR aux stades I, II, III et IV par rapport aux plasmas
des sujets sains (SS), (ns : non significative).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 39


Résultats

Figure 20 : Concentration du TGF-β dans les plasmas des sujets sains et des patients atteints de CCR aux
stades précoces (I et II) et tardifs (III et IV).

2. Etude immunohisotchimique de l’expression protéique in situ du CD3 au niveau des pièces


opératoires coliques des patients atteints de CCR et de CAC :

Le CD3 (Cluster of differentiation 3) est une protéine transmembranaire exprimée à la surface des
lymphocytes T. Cette protéine est un marqueur immunohistochimique qui sert à distinguer les
lymphocytes T des lymphocytes B superficiellement similaires (Leong et al, 2003).

Nos résultats d’immunohistochimie indiquent une surexpression du CD3 dans les coupes des pièces
opératoires coliques des patients atteints de CCR au stade IV (score 1) et celles des patients atteints de
CAC (score 1) par rapport aux coupes des biopsies coliques de la muqueuse saine (score 0) (figure 21).

Notre étude a montré une différence non significative de l’expression protéique du CD3 dans les tissus
des pièces opératoires coliques des patients atteints de CCR au stade IV par rapport à celles des patients
atteints de CAC (figure 21).

Cela reflète que les cellules exprimant le CD3 dans les coupes histologiques sont des lymphocytes T
résidantes et infiltrant les tissus coliques.

Figure 21 : Etude de l’expression in situ du CD3 au niveau des coupes histologiques des pièces
opératoires coliques des patients atteints de CAC et de CCR au stade IV par immunohistochimie. La
muqueuse colique saine (A) présente une faible expression du CD3. Une expression importante a été
observée au niveau des pièces opératoires coliques des patients atteints de CCR IV (B). Il n’y a aucune
différence d’expression du CD3 au niveau des pièces opératoires coliques des patients atteints de CAC
(C) par rapport à celles des patients atteints de CCR IV. Les contrôles sont effectués sur des muqueuses
coliques saines (A). Le grossissement est à (GX40).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 40


Résultats

Figure 22 : Pourcentage des cellules CD3+ au niveau des pièces opératoires coliques des patients atteints
de CCR IV et ceux des patients atteints de CAC. Le Pourcentage des cellules CD3+ chez les deux cohortes
de patients (CCR IV et CAC) est élevé par rapport aux biopsies coliques de la muqueuse saine (MS). Ce
résultat indique une différence non significative (ns) du pourcentage des cellules CD3+ au niveau des
pièces opératoires des patients atteints de CAC par rapport à ceux des patients atteints de CCR IV.

3. Etude immunohisotchimique de l’expression protéique in situ du CD4 au niveau des pièces


opératoires colique des patients atteints de CCR et de CAC :

Le CD4 (Cluster of differentiation 4) est une glycoprotéine présente à la surface des cellules immunitaires
telles que les cellules T auxiliaires (y compris les cellules Treg), les monocytes, les macrophages et les
cellules dendritiques. Ce co-récepteur aide le récepteur des cellules T (TCR) à communiquer avec les CPA
par une interaction directe avec leurs molécules de CMH II (Bernar et al, 1984 ; Brady et al, 1993).

L’étude immunohistochimique du CD4 a montré une différence importante de son expression entre les
biopsies coliques de la muqueuse saine, les pièces opératoires coliques des patients atteints de CCR au
stade IV et les pièces opératoires coliques des patients atteints de CAC (figure 23 et 24).

Nos résultats indiquent une surexpression du CD4 dans les coupes des pièces opératoires coliques des
patients atteints de CCR au stade IV et celles des patients atteints de CAC par rapport aux coupes des
biopsies coliques de la muqueuse saine (score 0). Cette surexpression est significative entre les deux
cohortes de patients (CCR et CAC) et les sujets sains (*P<0.05) (figure 23 et 24).

Notre étude a montré une différence non significative de l’expression protéique du CD4 dans les tissus
des pièces opératoires coliques des patients atteints de CAC (score1) par rapport à celles des patients
atteints de CCR au stade IV (score1) (figure 23 et 24).

Cela reflète que les cellules exprimant le CD4 dans les coupes histologiques sont probablement des
lymphocytes T auxiliaires résidantes et infiltrant les tissus coliques.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 41


Résultats

Figure 23 : Etude de l’expression in situ du CD4 au niveau des coupes histologiques des pièces
opératoires coliques des patients atteints de CAC et de CCR au stade IV par immunohistochimie. La
muqueuse colique saine (A) présente une faible expression du CD4. Une expression importante a été
observée au niveau des pièces opératoires coliques des patients atteints de CCR IV (B). L’expression du
CD4 au niveau des pièces opératoires coliques des patients atteints de CAC (C) est moins importante que
celle observée chez les patients atteints de CCR IV. Les contrôles sont effectués sur des muqueuses
coliques saines (A). Le grossissement est à (GX40).

Figure 24 : Pourcentage des cellules CD4+ au niveau des pièces opératoires coliques des patients atteints
de CCR IV et ceux atteints de CAC. Le Pourcentage des cellules CD4+ chez les deux cohortes de patients
(CCR IV et CAC) était significativement plus élevé (*p<0.05) par rapport aux biopsies coliques de la
muqueuse saine (MS). Ce résultat indique une différence non significative (ns) du pourcentage des
cellules CD4+ au niveau des pièces opératoires coliques des patients atteints de CAC par rapport à ceux
des patients atteints de CCR IV.

4. Etude de l’expression protéique in situ du Foxp3 au niveau des pièces opératoires coliques
des patients atteints de CCR et de CAC par immunohistochimie :

Le Foxp3 a été identifié non seulement comme un acteur clé dans les fonctions immunosuppressives des
lymphocytes Treg, mais aussi comme un marqueur définitif des lymphocytes Treg CD4+CD25+ (Hori et al,
2003). Afin d’étudier le rôle pivot du Foxp3 dans la stabilisation des fonctions immunosuppressives des
lymphocytes Treg au niveau des organes lymphoïdes périphériques (Gavin et al, 2007 ; Lin et al, 2007),
l’expression protéique in situ du Foxp3 a été recherchée au niveau des pièces opératoires coliques des
patients atteints de CCR IV et de CAC par immunohistochimie.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 42


Résultats

Les résultats obtenus par immunohistochimie ont montré une expression élevée du Foxp3 au niveau des
coupes des pièces opératoires coliques des deux cohortes de patients (CCR IV et CAC) (score 1) en
comparaison avec celle de la muqueuse saine (score 0) (figure 25).

L’étude immunohistochimique a montré une expression plus importante du Foxp3 chez les patients
atteints de CAC en comparaison avec celle des patients atteints de CCR IV, mais cette différence était
non significative (figure 25 et 26).

Figure 25 : Etude de l’expression in situ du Foxp3 au niveau des coupes histologiques des pièces
opératoires coliques des patients atteints de CAC et de CCR au stade IV par immunohistochimie. La
muqueuse colique saine (A) montre une faible expression de Foxp3. Une expression plus importante a
été observée au niveau des pièces opératoires coliques des patients atteints de CCR IV (B). Une forte
expression du Foxp3 a été notée au niveau des pièces opératoires coliques des patients atteints de CAC
(C). Cet immunomarquage est plus important que celui observé chez les patients atteints de CCR IV. Les
contrôles sont effectués sur des muqueuses coliques saines (A). Le grossissement est à (GX40).

Figure 26 : Pourcentage des cellules Foxp3+ au niveau des pièces opératoires coliques des patients
atteints de CCR IV et des patients atteints de CAC. Le Pourcentage des cellules Foxp3+ chez les deux
cohortes de patients (CCR IV et CAC) était significativement plus élevé (*p<0.05 pour le CCR IV et
**p<0.005 pour le CAC) par rapport aux biopsies coliques de la muqueuse saine (MS). Ce résultat indique
une différence non significative (ns) du pourcentage des cellules Foxp3+ au niveau des pièces opératoires
coliques des patients atteints de CAC par rapport à ceux des patients atteints de CCR IV.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 43


Résultats

5. Etude de l’expression protéique in situ du CD25 au niveau des pièces opératoires coliques
des patients atteints de CCR et de CAC par immunofluorescence :

Le CD25 est une protéine transmembranaire de type I présente sur les lymphocytes T activés, les
lymphocytes B activés, les thymocytes, les précurseurs myéloïdes et sur les oligodendrocytes. Cette
protéine est associée aux CD122 formant un hétérodimère qui peut agir comme un récepteur de haute
affinité pour l'IL-2. Le CD25 est utilisé comme un marqueur d'identification des lymphocytes T
régulateurs CD4+FoxP3+. Chez les humains, Il a été constaté qu'une proportion importante des
lymphocytes T mémoires exprime constitutivement ce marqueur en état de repos (Triplett et al, 2012).

Dans le but de rechercher l’expression in situ du CD25, nous avons été amenés à analyser l’expression de
cette protéine au niveau des coupes des pièces opératoires coliques des patients atteints de CCR IV et de
CAC.

Nos résultats ont montré une surexpression du CD25 au niveau des pièces opératoires coliques des
patients atteints de CCR au stade IV et de CAC en comparaison avec la muqueuse saine (figure 27).

Figure 27 : Etude de l’expression in situ du CD25 au niveau des coupes histologiques des pièces
opératoires coliques des patients atteints de CAC et de CCR au stade IV par Immunofluorescence. La
muqueuse colique saine (A) avec une faible expression du CD25. Une expression importante du CD25 a
été observée au niveau des coupes des pièces opératoires coliques des patients atteints de CCR IV (B).
Une expression importante du CD25 a été notée au niveau des coupes des pièces opératoires coliques
des patients atteints de CAC (C). Il n’y a aucune différence de l’expression du CD25 entre les patients
atteints de CAC et les patients atteints de CCR au stade IV. Les contrôles sont effectués sur des
muqueuses coliques saines (A).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 44


DISCUSSION
Discussion

I. Rôle du monoxyde d’azote dans la pathogenèse du cancer colorectal à différents stades


cliniques et dans la pathogenèse du cancer colorectal associé à une colite :

Le rôle du NO dans le cancer est complexe et n'est pas clairement définie. De ce fait, les deux effets pro
et anti-tumorigènique du NO ont été documentés. Une grande quantité du NO est générée au cours de
l'inflammation. Le NO interagit ensuite avec d'autres ROS pour produire des espèces réactives de l'oxyde
d'azote. Le NO médie plusieurs voies de signalisation et module les processus physiologiques essentiels
qui sont nécessaires au maintien de l'homéostasie des tissus normaux comme l'apoptose, la réparation
de l'ADN et le cycle cellulaire (Li et al, 2002 ; Hussain et al, 2003 ; Xie et al, 2003 ; Ridnour et al, 2006).

Dans notre étude, nous avons évalué et comparé les taux des nitrites résiduels au niveau des plasmas
des patients atteints de CCR et de CAC et nous avons révélé une augmentation des teneurs en nitrites
dans les plasmas des deux cohortes de patients (CCR et CAC) par rapport aux sujets sains.

De plus, nous avons constaté qu’il n'y avait aucune différence significative entre les concentrations des
nitrites au niveau des plasmas des patients atteints de CCR et CAC.

Les résultats obtenus dans notre étude suggèrent l’implication du NO dans l'initiation, la promotion et la
progression de la tumeur. Nos résultats corroborent les travaux antérieurs montrant les rôles du NO
dans le CCR et le CAC (Ambs et al, 1998 ; Jaiswalet al, 2000 ; Akbulut et al, 2002 ; Bayhan et al, 2014). Le
NO peut interagir avec les ROS tel que les radicaux superoxydes, afin de générer les RNS, le dioxyde
d'azote (NO2) et le peroxynitrite (ONOO-). Le Peroxynitrite favorise la transformation cellulaire en
fonctionnant comme un puissant antioxydant et en interagissant avec des kinases et des facteurs de
transcription, ce qui perturbe le réseau de signalisation cellulaire. D'autres métabolites du NO tels que
les nitrites, les nitrates, les S-nitrosothiols et les nitrosamines jouent un rôle cytotoxique, à savoir
l'inhibition de la respiration mitochondriale, l’induction des lésions de l'ADN conduisant à des mutations
géniques, une perte de la fonction protéique, la nécrose et l'apoptose (Fukumura et al, 2006 ; Mocellin
et al, 2007 ; Kundu et al, 2012).

Dans la présente étude, les taux des nitrites étaient significativement différents en fonction des stades
cliniques du CCR. Ces teneurs étaient plus élevées au niveau des plasmas des patients atteints de CCR au
stade III et IV par rapport à ceux des patients atteints de CCR au stade I et II. Nos résultats suggèrent
l’implication du NO dans la progression tumorale.

Le NO fonctionne de façon bimodale. Les effets dichotomiques du NO sur le cancer proviennent de sa


capacité à réguler divers événements liés au cancer, y compris la croissance tumorale, la migration,
l'invasion, la survie, l'angiogenèse et la métastase en fonction de la concentration en cause, et selon
plusieurs facteurs tel que l'environnement chimique d'oxydo-réduction, la durée de son exposition, le
statut du cycle cellulaire en cours et le microenvironnement tumoral (Jarry et al, 2004 ; Ridnour et al,
2006 ; Villalobo et al, 2007 ; Ridnour et al, 2008).

Au cours du CCR, de faibles concentrations de NO comme celles retrouvées chez les patients atteints de
CCR au stade I et II augmentent la prolifération cellulaire (Krischel et al, 1998). Les mécanismes par
lequel le NO stimule la prolifération cellulaire comprennent l'augmentation de l’expression de facteur de
croissance fibroblaste de base endogène (FGF-2), la stimulation de la voie des MAPk, l'activation de la
NOS3 par la voie PI3K/Akt ou par le recrutement de Hsp90 et la modification de protéines (Zheng et al,
2006 ; Ridnour et al, 2006 ; Villalobo et al, 2007 ; Aranda et al, 2012).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 45


Discussion

Au cours de l'inflammation, les RNS et les ROS sont libérés par des cellules inflammatoires activées
attaquant les cellules épithéliales et stromales voisines, ce qui modifie les fonctions cellulaires et initie la
carcinogenèse (Ying et al, 2007). Le NO peut également inhiber l'apoptose par l'induction de l'expression
des protéines protectrices y compris la protéine Bcl-2, par l'inhibition de la protéine pro-apoptotique Bax
et par la S-nitrosation des caspases et de GMPc au niveau de leurs sites actifs (Brüne, 2003 ; Kim et al,
2004 ; Suschek et al, 1999). L'un des mécanismes possibles par lesquels le NO peut favoriser la
croissance tumorale est la stimulation de l'angiogenèse tumorale. Jenkins et ses collègues ont démontré
que les tumeurs dérivées de cellules d'adénocarcinome du côlon humain génèrent du NO de manière
continue. Ces cellules sont beaucoup plus vascularisées et plus invasives que les contrôles sauvages
(Jenkins et al, 1995). Le NO induit l’angiogenèse en agissant comme médiateur en aval de multiples
effecteurs angiogéniques mais ces mécanismes sont complexes et impliquent de multiples voies. Le NO
inhibe des facteurs anti-angiogéniques endogènes tel que la Thrombospondine 1. En plus du
recrutement des cellules dérivées de la moelle osseuse et des cellules périvasculaires qui améliorent
l'angiogenèse, le NO favorise également la maturation et la dilatation des vaisseaux de la tumeur (Cooke,
2003 ; Ridnour et al, 2005 ; Fukumura et al, 2006). A de faibles concentrations, le NO induit l’invasion et
les métastases des cellules cancéreuses colorectales par l’augmentation de l’expression et de l’activation
des MMP-2 et MMP-9 en activant l’ERK-1, l’ERK-2 et l’AP-1 (Babykutty et al, 2012).

Par contre, des concentrations élevées du NO comme celles retrouvées chez les patients atteints de CCR
au stade III et IV et celles retrouvées chez les patients atteints de CAC, induisent la carcinogenèse
associée à une inflammation qui comprennent l'induction de lésions de l'ADN, la suppression d’enzymes
de réparation d'ADN, la modification post-traductionnelle des protéines, l'amélioration de l'angiogenèse
et la métastase, l’induction de l'apoptose et l’inhibition de l’immunité antitumorale. Ces phénomènes
sont causés par le peroxynitrite (Hussain et al, 2008 ; Kundu et al, 2012). Le Peroxynitrite peut
également former la 8-nitroguanine, un produit de l'ADN endommagé et un marqueur biologique des
cancers associés à une inflammation (Kundu et al, 2012). Le NO peut inhiber la prolifération cellulaire et
induire la sénescence et l’apoptose. Cette dernière peut être induite par des lésions directes de la
membrane cellulaire, par l'inhibition de la ribonucléotide réductase ou par l'inhibition de la génération
d'ATP cellulaire par transport d'électrons mitochondriales. Le NO peut induire l'apoptose par d'autres
mécanismes y compris la S-nitrosylation de NF-kB, de la glycéraldéhyde-3-phosphate déshydrogénase, de
récepteur Fas et de la protéine Bcl-2. Le NO peut causer des lésions au niveau de l'ADN ce qui provoque
l'accumulation de P53 conduisant à l'apoptose. D'autres mécanismes pro-apoptotiques médiés par le NO
comprennent l'induction de MAP kinases phosphatase-1 (MKP-1) et la régulation négative de la survivine
qui est une protéine anti-apoptotique qui appartienne à la famille des IAP (inhibitors of apoptosis
proteins) (Velculescu et al, 1999 ; Brown et al, 1999 ; Marshall et al, 2002 ; Mocellin et al, 2007 ; Di et
al, 2012 ; Aranda et al, 2012). Au cours d’une production élevée de NO, le stress oxydatif et nitrosatif
résultant peut induire des dommages irréversibles dans toutes les macromolécules cellulaires, y compris
l'ADN génomique, ce qui entraine une augmentation de la cytotoxicité (Ortega et al, 2010).

Nos résultats sont en corrélation avec les lésions tissulaires et le degré d'inflammation évalué
histologiquement sur des coupes de pièces opératoires de patients atteints de CCR à différents stades et
sur des coupes de patients atteints de CAC. Ces résultats révèlent une dégénérescence sévère de la
muqueuse, une perte de cryptes, une destruction de l'épithélium et une infiltration cellulaire. Les lésions
tissulaires observées étaient progressivement élevées en fonction des stades cliniques du CCR et plus
élevées chez les patients atteints de CAC par rapport aux patients atteins de CCR.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 46


Discussion

L’inflammation au niveau des coupes histologiques des patients atteints de CAC a été observée avec un
degré élevé comparée aux patients atteins de CCR.

Les résultats obtenus prouvent l’implication du NO dans l’inflammation et les lésions tissulaires dans le
CCR et le CAC (Yin et al, 2005 ; Rafa et al, 2013 ; Tanaka et al, 2016).

Le NO augmente le risque de développer un cancer du côlon chez les patients atteints d’une CU. Le NO
peut faciliter indirectement la carcinogenèse en inhibant les fonctions de réparation de l'ADN des
protéines contenant un thiol par une S-nitrosation, et en stimulant la formation de nouveaux vaisseaux
sanguins par l'intermédiaire d'une augmentation de la perméabilité vasculaire et la prolifération des
cellules endothéliales. Le spectre des mutations dans le gène suppresseur de tumeur p53 dans les CAC
est cohérent avec des altérations de l'ADN médiées par les ROS et les RNS (Wink et al, 1998 ; Hussain et
Harris, 1998 ; Hussain et al, 2000 ; Jaiswal et al, 2001 ; Jaiswal et al, 2001 ; Fitzpatrick, 2001).

Des recherches approfondies ont été menées sur les effets du NO sur la biologie du cancer. Les données
accumulées semblent controversées et non concluantes. Cela a conduit à des difficultés dans le
décryptage de son rôle dans la biologie tumorale. Il est évident que ces résultats controversés soient
réels en raison de la nature biphasique du NO selon les différents facteurs. Par conséquent, le NO peut
avoir des effets pro et anti-tumoral. (Fukumura et al, 2006 ; Ridnour et al, 2006 ; Villalobo, 2007 ; Hickok
et al, 2010).

En conclusion, les multiples facettes du NO dans la biologie de la tumeur démontrent son rôle de
régulateur principal de la progression tumorale avec la capacité de réguler plusieurs processus cellulaires
de façon dynamique (Burke et al, 2013).

II. Rôles des lymphocytes T régulateurs dans la pathogenèse du cancer colorectal et dans la
pathogenèse du cancer colorectal associé à une colite :

Plusieurs études au cours des dernières années ont abordé la question des fréquences cellulaires des
lymphocytes Treg chez les patients atteints de CCR. Ces rapports pourraient démontrer une
augmentation du nombre de lymphocytes Treg Foxp3+ dans le sang périphérique, dans les ganglions
lymphatiques drainant la tumeur et à proximité de la tumeur. D'après ces résultats, la question qui se
pose est de savoir pourquoi les lymphocytes Treg sont très répondus dans les tumeurs humaines y
compris les tumeurs colorectales (Clarke et al, 2006 ; Ling et al, 2007 ; Yaqub et al, 2008).

Dans notre étude, nous avons essayé d’identifier les lymphocytes Treg in situ au niveau des pièces
opératoires coliques des patients atteints de CCR et de CAC. Pour cela, nous avons évalué l’expression
protéique des différents marqueurs des lymphocytes Treg y compris le CD3, le CD4, le CD25 et le Foxp3.
De plus, nous avons estimé les taux de production des cytokines marqueurs de la voie immunitaire Treg y
compris le TGF-β au niveau des plasmas des patients atteints de CCR.

Nos résultats ont montré la présence d’un marquage élevé de CD3, de CD4 et de CD25 au niveau des
pièces opératoires coliques chez les deux cohortes de patients (CCR IV et CAC) par rapport à la muqueuse
saine. Nos résultats corroborent d’autres travaux antérieurs (Zlobec et al, 2010 ; Girardin et al, 2013).

Plusieurs travaux montrent que les cellules exprimant le CD3 sont des lymphocytes T résidantes et/ou
infiltrant les tissus coliques, celles exprimant le CD4 sont probablement des lymphocytes T auxiliaires
résidantes et/ou infiltrant les tissus coliques.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 47


Discussion

Alors que les cellules exprimant le CD25 sont probablement des lymphocytes Treg qui surexpriment ce
marqueur (Brady et et al, 1993 ; Leong et al, 2003 ; Harlin et al, 2006 ; Pagès et al, 2008 ; Salama et al,
2009 ; Todd et al, 2012).

Le CD25 est une protéine transmembranaire qui forme la chaîne alpha du récepteur de l'IL-2 (Sakaguchi
et al, 2005). Il joue un rôle crucial dans l’homéostasie de cette cytokines (Sakaguchi et al, 2005 ;
Létourneau et al, 2010). Le CD25 est important dans la prolifération des lymphocytes T ainsi que dans les
actions des lymphocytes Treg et des lymphocytes Teff (Todd et al, 2009).

De même, nos résultats ont montré une forte expression du Foxp3, un des marqueurs phénotypique et
fonctionnel des Treg CD4+CD25+ chez les patients atteints de CCR IV et de CAC en comparaison avec la
muqueuse saine. Cela suggère qu’une portion de cellules résidantes et /ou infiltrant la muqueuse colique
de ces patients sont des lymphocytes Treg Foxp3+. L’expression concomitante du CD4, CD25 high et
Foxp3 peuvent distinguer les lymphocytes Treg à partir des lymphocytes T effecteurs (Mittrucker et
Kaufmann, 2004 ; Fontenot et al, 2005). Malheureusement, nos résultats concernant le mono-marquage
ne nous permet pas de distinguer d’une manière affirmative la population Treg des autres cellules
résidantes et /ou infiltrant la muqueuse colique. Pour cela, un double ou triple-marquage sera
recommandé.

La progression de la tumeur résulte d'une régulation perturbée de la croissance cellulaire, ainsi l'échec
de l'hôte de mener une réponse immunitaire antitumorale efficace. La plupart des patients atteints de
CCR ne développent pas des réponses immunitaires antitumorales satisfaisantes. (Strand et Galle, 1998).

Les lymphocytes Treg CD4+CD25+ se sont avérés être essentiels pour le maintien de la tolérance
immunologique. En outre, Le Foxp3 a été identifié non seulement comme un acteur clé dans les
fonctions immunosuppressives des lymphocytes Treg, mais aussi comme un marqueur définitif de ces
lymphocytes (Hori et al, 2003). Le Foxp3 confère aux lymphocytes Treg son phénotype
immunosuppresseur en améliorant leur état métabolique et en améliorant la survie cellulaire. Ce facteur
est capable de réprimer l'expression des cytokines spécifiques en interagissant avec la
phosphodiesterase 3B (PDE3B) et le NFkB, un facteur clé de l'inflammation (Bettelli et al, 2005). Il a été
montré in vitro que les lymphocytes Treg d'origine naturelle ainsi que les lymphocytes T CD4+
transfectés par le Foxp3 inhibent la prolifération des lymphocytes T naïfs (Hori et al, 2003).

In vivo, une forte densité de lymphocytes Treg Foxp3+ infiltrant les tumeurs a été associée à un mauvais
pronostic chez les patients atteints de diverses tumeurs solides, y compris le cancer du pancréas
(Hiraoka et al, 2006).

En revanche, plusieurs études portant sur des patients atteints de CCR indiquent qu'il n'y a aucune
association significative entre le nombre absolu de lymphocytes Treg Foxp3+ infiltrant la tumeur et le
pronostic. En outre, certaines études suggèrent qu’une fréquence élevée de lymphocytes Treg Foxp3+
infiltrant la tumeur peut être associée à un pronostic favorable, plutôt qu'un mauvais pronostic (Salama
et al, 2009). Des données cliniques récentes ont fourni la première preuve que le Foxp3 peut être
exprimé par de multiples cellules cancéreuses distinctes (Hinz et al, 2007).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 48


Discussion

Nos résultats relatives à l’expression élevée de Foxp3 au niveau des pièces opératoires coliques des
patients atteints de CCR et de CAC par rapport à celles des biopsies de la muqueuse saine, sont en accord
avec des études précédentes montrant l'existence d'un nombre significativement plus élevé de
lymphocytes Treg CD4+CD25+Foxp3+ infiltrant la tumeur dans tous les échantillons de CCR par rapport
aux tissus normaux du côlon (Sato et al,2005 ; Kobayashi et al, 2007 ; Ichihara et al, 2003). Cependant,
l'association de l'expression du Foxp3 dans les lymphocytes Treg et son impact sur la survie globale reste
controversée. Les données ambiguës suggèrent que l'infiltration de la tumeur par les lymphocytes Treg
Foxp3+ n’est pas toujours associée à un mauvais pronostic, mais au contraire elle peut être associée à un
meilleur pronostic dans certains types de cancer comme dans le cas du CCR (Loddenkemper et al, 2006 ;
Salama et al, 2008 ; Lee et al, 2010 ; Correale et al, 2010).

Les travaux de Loddenkemper et al ont montré que les lymphocytes Treg Infiltrant les tumeurs du CCR
avaient une fréquence plus élevée dans le stroma que dans l'épithélium de la tumeur (Loddenkemper et
al, 2006). Ces données sont en accord avec les études antérieures de l’expression des lymphocytes Treg
Foxp3+CD4+CD25+ dans diverses maladies malignes (Ichihara et al, 2003 ; Viguier et al, 2004 ; Albers et
al, 2005). Des cellules cancéreuses Foxp3+ ont été détectées chez des patients atteints de CCR par un
rapport de 60 sur 65 des cellules analysées. Ils ont observé que l'expression du Foxp3 par des cellules
cancéreuses a été significativement corrélée à celle de l'IL-10 et le TGF-β. De ce fait, l’étude de Kim et al
a montré pour la première fois que la haute expression du Foxp3 dans les cellules cancéreuses était
associée à un mauvais pronostic dans le CCR (Kim et al, 2013).

La présence d'une forte densité de lymphocytes Treg Foxp3+ dans le CCR a été également associée à une
amélioration de la survie des patients au stade II et stade III du CCR. Deux groupes de chercheurs ont
étudié les lymphocytes Treg infiltrant le CCR en utilisant la coloration du Foxp3. Dans une étude de 40
patients, Loddenkemper et al, ont rapporté que la densité des lymphocytes Treg était plus faible dans la
maladie ganglionnaire mais ceci n'a pas été associé à la survie (Loddenkemper et al, 2006). Ling et al ont
trouvé qu’il n’ya aucune différence significative de la densité des lymphocytes Treg entre le stade avancé
et le stade précoce de la maladie (Ling et al, 2007). Les lymphocytes Treg peuvent perdre l'expression du
Foxp3 et peuvent changer de phénotype (Komatsu et al, 2009). Ainsi, les lymphocytes T normales
peuvent acquérir le Foxp3 suite à de multiples stimulations sans devenir des lymphocytes Treg, ce qui
complique ces analyses (Hoffmann et al, 2009).

Toutes ces donnés indiquent la difficulté d’identifier les lymphocytes Treg et confirment que les
marqueurs cellulaires des Treg, y compris le Foxp3 ne sont pas suffisant pour identifier et localiser ces
lymphocytes. Pour cela nous avons été amenés à procéder au dosage systématique des cytokines
marqueurs de la polarisation immunitaire vers la voie Treg et nous avons ciblé le TGF-β en raison de son
avantage d’être la cytokine clé dans la polarisation vers la voie Treg et d’être secrété par les lymphocytes
Treg activés. Nos résultats ont montré une forte production in vivo du TGF-β chez les patients atteints
CCR aux différents stades en comparaison avec les sujets sains. Notre étude est en accord avec plusieurs
travaux antérieurs qui montrent des taux élevés de cette cytokine immunorégulatrice chez les patients
atteints de CCR (Narai et al, 2002 ; Xiong et al, 2002 ; Tsushima et al, 1996 ; Shim et al, 1999).

La signalisation du TGF-β est généralement considérée comme une voie suppressive de tumeurs dans le
côlon. Cependant, une dérégulation de cette signalisation se produit dans la majorité des CCR
(Chittenden et al, 2008).

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 49


Discussion

Le TGF-β1 est un polypeptide multifonctionnel qui s'exprime largement dans les tissus cancéreux et
normaux. Des études ont montré que le TGF-β1 est surexprimé dans les cancers humains tels que le
cancer du rein, le cancer du pancréas et le CCR (Ma et al, 2008 ; Turtoi et al, 2014). Le gène du TGF-β1
est significativement élevé dans les cellules colorectales tumorales comparativement à des cellules
normales et la révélation de ces gènes peuvent être utile en tant que marqueurs de diagnostic ou
de pronostic (Zhang et al, 1997).

Il a été signalé que la surexpression du TGF-β1 était plus fréquente dans les cancers de haut grade
(stades III et IV) que dans les cancers de bas grade (stades I et II). Alors qu’aucune détection de
l’expression de cette protéine n'a été observée dans les tissus épithéliaux normaux (Ma et al, 2008).

Des études récentes ont indiqué que de nombreuses cellules tumorales, y compris les cellules
cancéreuses du côlon peuvent sécréter le TGF-β (Gregoire et al, 1992 ; Fischeret al, 1994). Il a été
démontré que des niveaux élevés du TGF-β humains dans le CCR sont en corrélation avec un
accroissement potentiel métastatique (Narai et al, 2002).

Il existe une corrélation significative entre la tumeur, l'expression du TGF-β1 et un taux de survie post-
opératoire plus court (Shim et al, 1999). Il a été rapporté que les concentrations plasmatiques totales du
TGF-β1 sont significativement plus élevées chez les patients atteints de CCR que chez des volontaires
sains (Xiong et al, 2002). Les patients atteints de CCR en stades III et IV ont des expressions beaucoup
plus élevées de TGF-β1 dans les tumeurs (Shimet al, 1999).

Nous avons été en mesure d'identifier les lymphocytes Treg CD4+Foxp3+ en utilisant une combinaison de
ses marqueurs et de montrer que tous étaient présents à une fréquence plus élevée dans le tissu
tumoral par rapport au colon normal. Ces cellules peuvent créer un environnement permissif pour la
progression des cellules tumorales en inhibant l'action des lymphocytes T effecteurs antitumorales
(Chaput et al, 2009 ; Girardin et al, 2012).

Le NO peut convertir les lymphocytes T CD4+CD25- en lymphocytes Treg CD4+CD25+ et peut renforcer
de façon sélective leur différenciation et leur survie. Ces lymphocytes Treg CD4+CD25+ suppriment les
lymphocytes T effecteurs CD4+CD25- en exerçant leur activité d'une manière dépendante de l’IL-10.
Dans ce cas, les lymphocytes Treg CD4+CD25+, appelées aussi les lymphocytes NO-Treg, peuvent devenir
pro-tumoraux en favorisant une accélération du développement tumoral. (Niedbala et al, 2006 ; Hussain
et al, 2008 ; Mougiakakos et al, 2011).

La fréquence des lymphocytes Treg augmente dans les tissus tumoraux coliques au cours du CCR et du
CAC. Cette augmentation peut faciliter les processus tumorigèniques car il a été prouvé que l'ablation
transitoire des lymphocytes Treg atténue la progression tumorale et se traduit par une amélioration de la
réponse des lymphocytes T CD8+ (Pastille et al, 2014).

L'établissement d'un équilibre entre les fonctions bénéfiques et néfastes des lymphocytes Treg au cours
du développement du CAC facilitera le développement d'options thérapeutiques. La réduction de
l'inflammation est la priorité absolue pour la prévention contre le CAC. Cependant, une fois le processus
tumorigènique se lance, le ciblage spécifique des lymphocytes Treg peut être une approche prometteuse
pour améliorer le traitement du CCR et du CAC.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 50


CONCLUSION
Conclusion

Le cancer colorectal et le cancer associe à une colite étant un problème de santé publique dans le monde
et une cause majeur de mortalité par cancer en Algérie, de nombreuses études sont en cours de la
recherche d’une compréhension globale des mécanismes de carcinogénèse de cette pathologie ainsi
l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques.

Dans le contexte de la recherche fondamentale des mécanismes de carcinogenèse, plusieurs travaux


ciblant l’implication des lymphocytes T régulateurs ont rapporté des résultats controversés.

A cet effet, notre étude a été réalisée sur des patients Algériens afin d’élucider certains mécanismes de
cancérogenèse au cours du CCR et du CAC, notamment sur l’implication des lymphocytes T régulateurs
CD4+CD25+Foxp3+ et le monoxyde d’azote.

Au regard global, nos résultats montrant des taux élevés du NO au cours de CCR sporadique à différents
stades, ainsi au cours de CAC, corrèlent fortement avec les altérations tissulaires observés in situ. Ces
données suggèrent l’engagement non négligeable du NO et ses dérivés dans le développement et la
progression tumorale.

De plus, notre travail portant sur l’identification des lymphocytes Treg CD4+CD25+FOXP3+ a montré que
la fréquence de cette population lymphocytaire est très importante in situ. Ce qui suggère aussi leur
implication probable dans la promotion et la progression tumorale.

Nos résultats ouvrent des perspectives très prometteuses afin de développer de nouvelles stratégies
thérapeutiques innovantes visant à manipuler la fréquence et l’activité des lymphocytes Treg
CD4+CD25+FOXP3+ au cours du CCR sporadique, mais également au cours du CAC.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 51


PERSPECTIVES
Perspectives

L’identification des lymphocytes T régulateurs par la combinaison des différents marqueurs nous a
permis de prédire l’implication de ces lymphocytes au cours du CCR et du CAC par leur nombre accru
dans les tissus tumoraux. Pour cela nous voudrions confirmer ce travail en utilisant d’autres techniques
plus sensibles, plus fiables et plus performantes telle que la Cytométrie en flux (CF).

L’évaluation des taux du NO dans les différents stades de CCR et de CAC nous a aussi permis de supposé
son rôle pro-tumoral à faible concentration et anti-tumoral à forte concentration. A partir de ce résultat,
nous sommes intéressés à essayer de jouer sur les taux du NO soit en inhibant les NOS pour diminuer la
concentration du NO ou en augmentant sa dose selon les stades cliniques.

La corrélation entre la présence d’une forte concentration du NO et d’un nombre élevé de lymphocytes T
régulateurs dans le CCR au stade IV et dans le CAC suggère la conversion des lymphocytes CD4+CD25- en
lymphocytes T reg CD4+CD25+ par le NO. Cette corrélation reste à approuver.

Il serait intéressant de réaliser cette étude sur un nombre plus élevé d’échantillons pour avoir des
résultats plus convaincants et pouvoir confirmer les résultats que nous avons trouvés.

Figure 28 : Perspectives concernant les approches thérapeutiques supposées pour essayer de freiner
et/ou d’atténuer la progression tumorale au cours du CCR et du CAC. Approche 1 : l’utilisation
d’inhibiteurs des NOS tels que le L-NMMA afin d’inhiber l’effet pro-tumoral du NO, supplémenté d’une
chimiothérapie. Approche 2 : Manipuler la fréquence des lymphocytes Treg (par exemple en utilisant des
anti-CTLA-4) et assurer un suivie des patients.

Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB 52


REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
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Biotechnologie et Pathologie Moléculaire/USTHB