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TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

DU

JEU DES ÉCHECS


PARIS
IMPRIMERIE DE L. TJNTERLIN ET Ca

S.

0
EUX NEl'YB-DB5-BONS-ENF.l>'TS,
TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

ne

DE MÉLANGES HISTORIQUES
ANECDOTIQUES ET LITTÉRAIRES

PAR

LE CtE DE BASTEUOT
Membre des Sociétés Géologiques de France et de Londrec •,
;
Correspondant de la Société Phiiomatique
de l'Académie des Sciences de Bordeaux, etc.

DEUXIÈME ÉDITION

PARIS
A. ALLOUARÏ), tlBRAIRE-ÉDITEUR-COIMISSIONNAIRE

RUE PAVÉE-SAINT-ANDRÉ-DE.';¡-ARTS.3.

863
SE VEND AU CAFÉ DE LA RÉGENCE ET CHEZ LES
PRINCIPAUX blBIUIRES.
'Y'a
SUR CETTE SECONDEEDITION.

C'est presque un ouvrage nouveau que nous offrons au


public. L'accueil bienveillant fait à la première édition de
notre traité, a stimulé notre zèle et notre désir de rendre
celle-ci plus digne du suffrage des amateurs.

;
Le récit historique a été rectifié, étendu et complété sur
des documents récents et authentiques nous y avons ajouté
la figure des pièces du jeu de Charlemagne, si mal connues
malgré leur importance.
Le livre des Ouvertures a été refait en entier.
Sur les cent parties données comme exemples, il n'yen a
que sept du premier traité, et cinquante-cinq problèmes
nouveaux ont remplacé les anciens.
INTRODUCTION.

De tous les jeux imaginés par l'homme pour distraire ses


loisirs, celui des Échecs occupe incontestablement la pre-
mière place. Les plus grands rois, les guerriers les plus

cherché un délassement ;
célèbres, depuis Charlemagne jusqu'à Napoléon, y ont
d'illustres savants, frappés de la

;
beauté et de la variété de ses combinaisons, n'ont pas hésité
à lui donner le nom de science et pour trouver la solution
de quelques-uns des problèmes qu'il présente, Leibnitz,
Euler et d'autres ont été obligés d'employer toutes les res-
sources des mathématiques transcendantes. Cet admirable
jeu occupe donc une place secondaire, il est vrai, mais très-
légitime, parmi les merveilles de l'esprit humain. Cependant
il est peu en usage en France, comparativement aux autres
pays de l'Europe. L'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne pos-
sèdent, jusque dans les villes de troisième ordre, des réu-
nions ou clubs d'Échecs dans lesquels les hommes occupent
leurs loisirs aux luttes attachantes qui ont pour champ-clos
l'Échiquier et on y trouve des joueurs du plus grand talent.

;
Le club de Pesth (Hongrie) n'a pas craint d'entrer en
lice avec celui de Paris il eut même la gloire de remporter
la victoire dans ce tournoi mémorable (1). Autrefois, Paris
seul, en France, possédait un club d'échecs. Il n'y a que peu
d'années que l'on cherche, avec des succès divers, à fonder
de ces réunions à Orléans, à Nantes, à Angers, à Bordeaux,
à Lyon, à Marseille, etc. On y a pleinement réussi à Alger,
stimulé qu'on était, sans doute, par le goût des Arabes pour
ce jeu, goût qui s'est maintenu chez eux depuis tant de
siècles.
Beaucoup de personnes, les dames surtout, ont de l'éloi-
gnement pour le jeu des Échecs, et n'éprouvent aucun désir

infinies ;
de l'apprendre, par l'idée qu'il est hérissé de difficultés
; c'est une crainte exagérée sans doute, il est ex-
trêmement diflicile de jouer avec la perfection des Philidor,
des Ponziani,des Labourdonnais, des Kisiéritzky, etc., etc.;
mais il est facile d'en savoir assez, pour se créer une source
inépuisable de distractions, et d'arriver àune force suffisante
pour lutter contre la majorité des joueurs que l'on rencontre
dans le monde.
Une autre idée fausse, généralement répandue parmi les
personnes qui n'ont aucune notion de ce jeu c'est qu'une
partie d'Échecs doit être nécessairement d'une longueur
,
démesurée, et l'on rapporte nous ne savons quelles histoires
apocryphes de parties commencées et léguées à des héritiers
pour les terminer. Cette fable a probablement pour base
des récits incomplets et mal compris, sur des parties jouées
entre amateurs de villes éloignées, ayant besoin du concours
de la poste pour se faire part réciproquement des coups; il
en résultait que souvent on ne pouvait faire qu'un coup par
semaine et l'on comprend que des parties jouées dans ces
conditions pussent durer des années (2) ; mais quant à celles

(1) On trouvera ci- après 2) une magnifique partie jouée


(parties célèbres,n°
dans cette circonstance.
(2) Une partie d'Échecs jouée en 1848-1849, par correspondance, entre les
clubs d'Échecs de Londres et d'Amsterdam, dura près de deux ans. Nous
avons donné cette partie à la page 327 de la première édition de ce traité.
qui sont jouées par des amateurs en présence, leur durée en
moyenne n'est que de vingt-cinq minutes à une heure.
Une anecdote que nous avons puisée dans des notes qui
nous ont été communiquées parM.Saint-Elme le Duc,
trouve naturellement sa place ici.
Il y avait naguère au café de la Régence un amateur

;
surnommé le Vélocipède, à cause de la rapidité prodi-

:
gieuse avec laquelle il jouait il s'appelait Bausset et La-
bourdonnais lui faisait avantage de la Tour un jour cet
amateur provoqua Labourdonnais à armes égales, mais avec
la condition qu'il jouerait aussi vite que lui. Le combat fut
accepté, car on ne vit jamais Labourdonnais reculer devant
;
un défi les deux champions s'attaquèrent aussitôt et com-
battirent de part et d'autre avec une rapidité sans exemple.
Le provocateur fut battu sans pouvoir faire de reproches à
son adversaire, qui laissait déjà tomber sa pièce quand

;
l'autre à peine abandonnnait la sienne. Le Mat ne se faisait
-

pas attendre Labourdonnais le renouvela vingt-trois fois


en une heure, de sorte que chacune de ces parties n'avait
duré, en moyenne, qu'environ deux minutes et demie.
Un obstacle réel à la propagation du jeu des Échecs en
France, était l'absence d'un livre élémentaire propre à en
inspirer le goût et à en faciliter l'étude. Nous comprenons
facilement le découragement, môme l'effroi des gens du
monde qui, pour délassement, se voyaient proposer pour
début, l'étude de livres tels que l'énorme in-folio de Lolli,
l'Encyclopédie des Échecs d'Alexandre, avec ses colonnes in-
terminables dechiffres et de signes sans texte, ou même
l'analyse de Philidor. Il faut avoir déjà un goût très pro-
noncé pour les Échecs, avant d'aborder et de pouvoir appré-
cier des livres de cette espèce, dont la forme est plus propre
à dégoûter qu'à attirer les commençants.
Pour guider les premiers pas des élèves, nous avons donc
composé ce petit Traité, dans lequel nous avons voulu pré-
senter le jeu des Échecs sous une forme agréable et dé-
pouillée de cette apparence de grimoire, qui, ordinairement,
rend peu abordables les ouvrages sur ce jeu.
Nous n'avons pas la prétention de l'enseigner d'une ma-
nière complète, plusieurs volumes n'y suffiraient pas; nous
désirons seulement le rendre attrayant, et notre but serait
rempli si ce petit livre pouvait servir à répandre le goût
d'une récréation intellectuelle et variée, qui remplacerait

,
avec tant d'avantage les jeux de hasard.
Lorsque le vent se taira lorsque le calme s'étendra sur
les flots, le marin, arrêté dans sa course, puisera dans cette
attrayante distraction le moyen d'attendre avec patience le
le
les ennuis de la garnison ;
retour de la brise; militaire y trouvera des secours contre
le campagnard, initié par notre
livre aux mystères de l'échiquier, le soir, en face du foyer
pétillant, se délassera des travaux du jour et oubliera les
soucis du lendemain.

Au château de La Choltière, près Le Blanc (Indre), janvier 1862.


PREMIÈRE DIVISION

MÉLANGES HISTORIQUES, ANECDOTIQUES


ET LITTÉRAIRES.
CHAPITRE PREMIER.

Origine du jeu des Échecs. — Légende arabe sur son invention par
Sissa. — Sa récompense. — Calcul curieux à ce sujet. — L'invention et la
connaissance des Échecs attribuées faussement aux Grecs et aux Ro-
mains. — Causes de cette erreur. — Peintures égyptiennes. — Jeu d'É-
checs des Chinois. — Origine véritable de ce jeu chez les Hindous. — Le
Chaturanga. — Le Shatranj. — Dérivation du nom des pièces et des ter-
mes en usage aux Échecs. — Pièces de l'échiquier dans les armoiries.

Quelque étranger que l'on puisse être à la pratique du jeu


des Échecs, il n'y a pour ainsi dire personne qui n'en ait
entendu parler comme d'un jeu savant et fort anciennement
connu. Si l'on éprouve le désir de l'apprendre, il est vrai-
semblable qu'on ressentira en même temps l'envie de savoir
à quelle époque et chez quelle nation il a pris naissance, et
de quelle manière nous en avons eu connaissance.
Avant d'exposer les règles de ce jeu, nous allons donc dire
quelques mots de son origine. La connaissance de son his-
toire, en satisfaisant une curiosité légitime, est encore utile
pour faire comprendre un grand nombre de particularités
qu'il présente; de plus, en traitant ce sujet, nous aurons
l'occasion de dissiper des erreurs accréditées et de faire con-
naître des faits aussi curieux que peu connus, car il ya fort
peu de temps qu'on a apporté à cette étude l'esprit de criti-
quequi seul, donnequelque certitude et
quelque valeur à des
études historiques. C'est à deux savants anglais, Sir Frede-
rick Madden et le docteur Forbes, que nous devons la con-
naissance de documents antiques, qui donnent sur l'origine
de ce jeu des notions certaines et qui relèguent définitive-
ment parmi les fables et les légendes, la plus grande partie
de ce que l'on donnait jadis comme l'histoire des Échecs.
A peine ce jeu fut-il répandu en Asie et en Europe, que
des savants, frappés de la beauté de ses combinaisons, cher-
chèrent, sans souci de la vérité, à lui assigner une origine

;
illustre. Les Arabes sont les premiers qui entrèrent dans
cette voie plus rapprochés que les Européens par le temps
et la position géographique du lieu et de l'époque de son
-
invention on trouve encore dans leurs légendes la trace d'une
tradition, entièrement effacée chez les écrivains postérieurs.
Voici, parmi ces légendes, celle qui a eu le plus de vogue
et qui a passé longtemps pour être l'histoire véritable de
l'origine de ce jeu.
Au commencement du cinquième siècle de l'ère chré-
tienne, il y avait dans les Indes un jeune monarque très-
puissant, d'un excellent caractère, mais que ses flatteurs

;
corrompirent étrangement. Ce jeune souverain oublia bien-
tôt que les rois doivent être les pères de leurs peuples que
l'amour des sujets pour leur roi est le seul appui solide du
trône, dont ils font toute la force et toute la puissance. Les
brahmanes et les rayais, c'est-à-dire les prêtres et les grands,
lui représentèrent vainement ces importantes maximes; le
monarque, enivré de sa grandeur qu'il croyait inébranlable,
méprisa leurssages remontrances. Alors un brahmane ou phi-

;
sophe indien, nommé Sissa, entreprit indirectement de faire
ouvrir les yeux au jeune prince dans cette vue, il imagina
le jeu des Échecs, où le Roi, quoique la plus importante de
toutes les pièces, est impuissant pour attaquer et même pour

;
se défendre contre ses ennemis, sans le secours de ses sujets.
Le nouveau jeu devint bientôt célèbre le roi en entendit
parler et voulut l'apprendre. Le brahmane Sissa, en lui en
expliquant les règles, lui fit goûter des vérités importantes
qu'il avait refusé d'entendre jusqu'à ce moment. Le prince,
sensible et reconnaissant, changea de conduite et laissa au
brahmane le choix de sa récompense. Celui-ci demanda une
quantitéde blé qui serait déterminée de la manière suivante
un seul grain pour la première case de l'Échiquier, deux
:
pour la seconde case, quatre pour la troisième, huit pour
la quatrième et ainsi de suite en doublant toujours jusqu'à
la soixante-quatrième. Le roi nefit aucune difficulté d'accé-
der sur-le-champ à la modicité apparente decette demande ;
mais quand ses trésoriers en eurent fait le calcul, ils virent
que le roi avait pris un engagement pour lequel tous ses tré-
sors ne suffiraient point. Alors le brahmane se servit encore
de cette occasion pour faire sentir au prince combien il im-
porte aux rois de se tenir en garde contre ceux qui les en-
tourent, et combien ils doivent craindre que l'on abuse de
leursmeilleures intentions.
Plusieurs de mes lecteurs seraient probablement tombés
dans la même erreur que le roi indien relativement à la de-
mande de Sissa, et seront curieux de savoir la quantité
exacte de blé qu'il faudrait pour y satisfaire. Un calcul facile
nous apprend que le nombre des grains de blé des soixante-
quatre cases de l'échiquier, en mettant un grain sur la pre-
mière case, deux sur la seconde, quatre sur la troisième et
ainsi de suite en doublant toujours jusqu'à la dernière, est
représenté par le chiffre 18,446,744,073,709,551,615.
Pour pouvoir se former quelque idée d'un nombre aussi
prodigieux, il faut le présenter sous une autre forme. L'hec-

;
tolitre de blé, qui vaut environ 20 francs, contient, terme
moyen, un million cinq cent trente mille grains la totalité
du froment récolté en France en 1858, s'est élevée à environ
cent dix millions d'hectolitres (1). D'après ces deux données,
on trouvera que tout le froment récolté actuellement en
France et accumulé pendant cent neuf mille six cents ans,
ne suffirait pas pour payer intégralement la dette du roi
indien. Si, d'autre part, on suppose que la population de toute
la terre est, comme on l'évalue communément, d'environ
un milliard d'individus, on trouvera que pour payer le prix
du blé promis à Sissa, il faudrait que chaque habitant du
globe y contribuât pour une somme de plus de deux cent
quarante mille francs !
Sissa, dont il est question ici, n'est pas un personnage
imaginaire. L'histoire nous le fait connaître comme le pre-

(1) Block, Statistique de la France, 1860.


mier prince indien que rencontrèrent les Arabes lorsque,
les armes à la main, ils portèrent leur nouvelle religion
jusqu'aux bords de l'Indus. Il était donc assez naturel de
leur part d'attribuer à ce prince l'invention d'un jeu qu'ils
apprirent pour la première fois dans le pays qu'ils venaient
d'envahir (A. D. 641).
Passons maintenant à l'Europe et voyons de quelle ma-
nière les premiers écrivains qui se sont occupés d'Echecs en
ont parlé. Ces récits se reportent à la grande époque de
la renaissance de la littérature, des sciences et des arts, qui
a succédé au sommeil de la barbarie. Depuis plusieurs siècles
déjà le jeu des Échecs était inventé; la tradition de son ori-

;
gine asiatique était perdue; la littérature de l'Orient était
presque inconnue les souvenirs, comme la littérature de la
Grèce et de Rome, avaient envahi toutes les imaginations,
aussi on n'hésita pas à attribuer aux Grecs l'invention du
jeu des Échecs. On en faisait honneur tantôt au philosophe
Xercès, personnage apocryphe, tantôt aux frères Lydo et
Tyrrhène, dont l'existence même n'est nullement certaine,
enfin à Palamède, le capitaine grec qui périt par les artifices
d'Ulysse. Mais non-seulement il n'y a aucune preuve qu'il
ait été inventé par un Grec, il est même hors de doute que

;
ce peuple n'en a jamais eu connaissance.
Homère n'en fait aucune mention s'il eût existé de son
temps, il n'aurait certes pas manqué de tirer de ce jeu, qui
offre une image si exacte de la guerre, quelques-unes de ces
comparaisons dont il est si prodigue. J'en dirai autant
d'Hérodote, chez qui nous trouvons le passage suivant :
croire les Lydiens, ils sont les inventeurs de diffé-
u A en
rents jeux actuellement en usage, tant chez eux que chez les
Grecs; et ils ajoutent que vers le temps où ces jeux furent
inventés, ils envoyèrent une colonie dans la Tyrrhénie;
voici comment ils racontent ce fait. Sous le règne d'Atys, fils
de Manès, toute la Lydie fut affligée d'une grande famine,
que les Lydiens supportèrent quelque temps avec patience
mais voyant que le mal ne cessait point, ils y cherchèrent un
;
remède, et chacun en imagina à sa manière. Ce fut à cette
occasion qu'ils inventèrent les dés, les osselets, la balle et
toutes les autres sortes de jeux, excepté celui des jetons, dont
ils ne s'attribuent pas la découverte. Or, voici l'usage qu'ils

:
tirent de cette invention, pour tromper la faim qui les
pressait on jouait alternativement pendant un jour entier,
afin de se distraire du besoin de manger, et le jour suivant
on mangeait au lieu dejouer ®
Si le. jeu des Échecs avait été connu du temps d'Héro-
dote, est-il croyable qu'il eût omis d'en faire mention dans
cette circonstance?
Nous pouvons affirmer avec la même assurance qu'aucun
des auteurs classiques latins ne parle du jeu des Échecs.
Comment donc expliquer l'erreur si générale à cet égard, et
les nombreux passages des auteurs grecs et latins où l'on
prétend qu'il en est fait mention? Voici ce qui a donné lieu
:
à la singulière illusion qu'on s'est faite à cet égard
Les Grecs et les Romains avaient des jeux qu'on jouait
sur des tablettes, ayant plus ou moins d'analogie avec
l'échiquier. Chez les Romains un de ces jeux portait le
nom de Ludus Latrunculorum et quelques allusions à
ce jeu se trouvent dispersées dans leurs auteurs classi-
ques. Au moyen âge la langue latine était devenue, comme
l'on sait, la langue littéraire de l'Europe, et l'une des plus
grandes ambitions des auteurs de la renaissance était de
l'écrire avec pureté, d'éviter surtout les mots et les expres-
sions barbares qui l'avaient défigurée pendant les siècles
-
précédents. Lorsqu'un auteur de cette époqueoulait parler
des Échecs, jeu fort répandu parmi ses cçmtemporains, il
recherchait naturellement un terme de latinité classique
pour rendre sa pensée. Le mot Ludus Latrunculorum se
présenta, il fut adopté sans plus d'examen, et dans les livres
du temps, le mot Ludus Latrunculorum devint le synonyme
latin du jeu des Échecs, quoiqu'en réalité ces deux jeux
différassent complètement. Plus tard, lorsqu'on commença

à traduire les auteurs classiques en languevulgaire, la même
erreur se reproduisit en sens inverse. Le traducteur trouvant
chez son auteur le mot Ludus Latrunculorum, le traduisait
sans hésiter par « le jeu des Échecs. » De là une double
erreur et une extrême confusion. Maintenant qu'on a pu les
reconnaître et scruter avec attention les textes originaux, il
est hors de doute que ni le jeu grec mrreia. ou maaoi auquel
jouaient les amants de Pénélope, ni le Ludus Latrunculorum
des Latins, ni aucun des autres jeux mentionnés par les
auteurs classiques, n'avaient la moindre ressemblance avec
le jeu des Échecs dans les choses qui en constituent l'es-
sence, pas plus que les jeux plus modernes de Tables, de
Dames, etc.
Notre jeu était également inconnu aux anciens Égyptiens,
car on n'en.trouve aucune représentation dans les innombra-
bles peintures qui ornent leurs monuments et qui retracent
avec une fidélité si scrupuleuse toutes leurs occupations.

Celle dont nous donnons ici le trait et qui fut trouvée dansle
palais du roi Rhamsès à Thèbes, représente ce monarque
occupé à un jeu qu'on ne peut confondre avec les Échecs et
qui est très-probablement le jeu de dames, tel qu'on le cou-
nait encore en Egypte sous le nom de Dameh. Wilkinson
nous apprend que, dans les fouilles faites à Thèbes, il a re-
trouvé plusieurs pièces d'un jeu semblable à celui qui est
représenté sur ce monument. Elles sont de bois et ressem-
à
;
blent de petites quilles, les unes noires, les autres blanches
ou rouges toutes celles d'un même jeu sont de la même
forme. Il est probable que ces pièces se jouaient sur un
Échiquier; mais dans les peintures la tablette sur laquelle
elles sont placées étant représentée de profil, on ne peut l'as-
surer d'une manière certaine.
Nous avons vu les Arabes en Algérie jouant aux dames
avec de petites quilles toutes pareilles à celles qui sont re-
présentées dans cette peinture.
Les Chinois connaissent un jeu qui a des rapports avec
les Échecs, mais qui offre tant de dissemblance, qu'il
est difficile de le regarder comme une simple modification
du jeu hindou. Leuréchiquier, composé de soixante-quatre
cases, est divisé en deux parties, de trente-deux cases, sé-
parées par une large bande qui simule une rivière (Ho). Les
pièces, qui nesont jamais sculptées, ont la forme de jetons,
sur lesquels leur nom se trouve inscrit. Au lieu d'être posées
sur les cases, elles sont placées sur les points d'intersection
des lignes qui les divisent, d'où il résulte qu'elles sont au

;
nombre de neuf: un Général en chef sous le nom de Tsiang
pour les Rouges, de Tsouy pour les Noirs deux Conseillers

;
Ssé; deux Ministres du côté des Rouges, qui répondent à
deux Éléphants Siang du côté des Noirs deux chevaux Ma
et deux Chars de guerre Tché ; en avant de ces pièces se
placent deux autres appeléesPao, dont le nom s'écrivait au-

; ;
trefois avec la clé des pierres et qui signifiaient alors des
balistes plus tard, on y ajouta la clé du feu, et ils sont de-
venus des canons enfin, plus en avant encore, sur l'inter-
section des lignes des deuxièmes et troisièmes cases, se
voient cinq Pions appelés Ping du côté des Noirs, Tso du
côté des Rouges, ce qui fait seize pièces en tout de chaque
côté. Des lignes diagonales réunissent les coins des quatre
cases centrales les plus rapprochées de chaque joueur, ce qui
constitue le palaisKong, d'où le Général et ses deux Conseil-
iers ne peuventsortir. Les mouvements de ces pièces, comme
les pièces elles-mêmes, n'ont avec ceux du jeu de Chaturanga
que des analogies confuses et imparfaites. Nous ne nous
étendrons pas sur les règles du jeu chinois, encore mal con-
nues et qui probablement intéresseraient peu nos lecteurs.
Nous nous garderons également de rapporter les fables
chinoises sur l'invention de ce jeu, légendes qui ne le cèdent

Persans;
ni en nombre ni en divergence à celles des Arabes et des
mais il n'est pas sans intérêt de constater que
d'après les écrivains chinois, ce jeu a été inventé ou plutôt
apporté en Chine sous le règne de Vouti, l'an 537 de notre
ère, c'est-à-dire dans les premières années du règne du
roi persan Naushirvan, époque qui correspond à celle de
l'introduction du jeu des Échecs en Perse, d'après le té-
moignage unanime des historiens persans.
Nous passons sous silence les prétentions des Scythes, des

;
Babyloniens, des Juifs, des Gallois, des Irlandais à l'inven-
tion du jeu des Échecs elles sont dénuées de tout fondement
solide. Terminant ici l'histoire légendaire de ce jeu, nous
allons exposer ce qu'un examen critique et approfondi nous
a révélé sur son histoire véritable.
Les recherches du docteur Forbes ont mis hors de doute
que le jeu des Échecs a pris naissance dans ce beau pays de
l'Inde, berceau de la plus antique civilisation et source de
quelques-unes de nos connaissances les plus précieuses. De
temps immémorial, cette nation était divisée en castes dont
la plus élevée était celle des Brahmanes. Voués à l'étude des

,
sciences, ministres de la religion, gardiens vigilants de
toutes les traditions ils communiquaient entre eux et ils ré-
digeaient leurs écrits dans une langue sacrée dont la connais-
sance était interdite aux profanes. En vain les hasards de
la guerre leur avaient donné des Musulmans pour maîtres;
ces conquérants n'avaient jamais pu leur arracher leur secret,
et le plus grand des princes de cette dynastie, Akbar, dut
recourir à un artifice pour en obtenir la connaissance im-
parfaite. Ce n'est que de nos jours que l'inquiète curiosité des
Européens a soulevé ce voile et qu'on est parvenu à connaî-
tre et à apprendre la langue sanscrite, dont le nom même
était un mystère. Unelittératured'une immense étendue
s'est révélée ainsi au monde. D'abord les Védas, livres sa-
crés par excellence, renfermant les préceptes de la foi brah-
manique; ensuite lesPouranas,commentairedesVédas,mais
contenant aussi des parties historiques; en troisième ligne
les deux immenses poëmes historiques, le Ramayana et le
Mahabharata, celui-ci véritablement gigantesque, composé
de plus de deux cent mille stances.
Les événements racontés dans les Pouranas et ces derniers
poëmes, se rapportent aux cinq fils de Pandou qu'on sup-
pose avoir vécu un peu plus de trois mille ans avant l'ère
chrétienne. L'aîné et le plus célèbre de ces enfants fut
Youdhichthira, et l'on voit par les Pouranas, que le jeu des
Échecs, dans sa forme ancienne, était connu et générale-
ment pratiqué de son temps. Ces écrits ont une authenticité
comparable à celle des poëmes d'Homère et d'Hésiode. Le
fond des événements qu'ils retracent doit être vrai, quoi-
que mêlé, comme chez les poëtes grecs, à l'extravagante
mythologie du pays. Ceux qui seraient curieuxd'approfondir
ce sujet, devront avoir recours à la savante Histoire des
Echecs du docteur Forbes (1), où ils trouveront une traduc-
tion du passage du Bhavishya Pourana qui a rapport à notre
sujet, suivi d'un commentaire étendu. Nous nous bornerons
à en présenter le résumé succinct.
L'histoire du jeu des Échecs doit se diviser en trois pé-
riodes : la première est celle de l'ancien jeu hindou, appelé
Chaturanga, dans lequel les mouvements et la puissance des
pièces employées furent identiques à ceux qui prévalurent
généralement en Asie et en Europe jusqu'à la fin du quin-
zième siècle. Le terme Chaturanga est composé de deux mots
sanscrits, chalur quatre etanga un membre; il s'applique
à une armée composée de quatre espèces de forces, Infan-
terie, Cavalerie, Éléphants et Navires. L'origine de cette
forme du jeu se perd dans la nuit des temps. L'Echiquier
présentait, comme de nos jours, soixante-quatre cases. Les

U) The Ifistory ofChess, etc., by Duncan Forbes— LUlldùn, 1860. 1 vol


in-So, pp. 372.
joueurs étaient au nombre de quatre, ayant chacun quatre
Pions (Padala), unIloi(Iletih),utiElépliatit (llllSli); un
Cheval (Asva), et une pièce analogue à notre Fou, mais
sous le nom de Navire (Ho/al). Ces pièces étaient posées
sur l'échiquier de la manière indiquée dans le diagramme
suivant:

Le joueur des pièces vertes avait pour allié celui qui avait
les pièces noires et le joueur des pièces rouges avait
pourallié le joueur des pièces jaunes. Les coups étaient
déterminés au moyen d'un dé oblong, pareil à celui dont les
Hindous se servent encore aujourd'hui dans plusieurs de
leurs jeux. Ce dé présentait quatre faces marquées 2, 3, 4
et 5. Le deux était opposé au cinq et le trois au quatre. Le
joueur qui amenait le cinq devait jouer son Roi ou l'un des
Pions; s'il amenaitle quatre, il devait jouer l'Éléphant; le
trois exigeait le mouvement du Cheval; le deux celui du
Fou. Ce jeu offrait ainsi un mélange de hasard et de savoir
comme le Tric-Trac. Le Roi faisait un pas dans toutes
les directions; le Pion avançait d'un pas, mais il frappait
les deux adversaires qui se trouvaient placés diagonalement
devant lui; l'Eléphant pouvait se mouvoir suivant les quatre
points cardinaux, tant qu'il trouvait le chemin libre; le
Cheval avançait en passant obliquement sur trois cases,
comme il le fait encore; le Uateau, diagonalement sur deux
cases. Dans certains cas, l'un des deux Rois alliés pouvait
déposséder l'autre et réunir dans ses mains le .commande-
ment des deux armées réunies. Il est inutile de nous appe-
santir sur les autres particularités que présentait ce jeu; il
suffit de dire que, suivant le Dr Forbes, il a duré sous cette
forme primitive pendant les trois ou quatre mille ans qui
ont précédé le sixième siècle de l'ère chrétienne.
La seconde forme de ce jeu qui succéda à la première
n'eût que mille ans environ de durée, c'est-à-dire depuis le
sixième jusqu'au seizième siècle. L'amélioration qui se

;
considérable le dé fut supprimé ;
réalisa dans le jeu au commencement de cette période, fut
tout élément de hasard
disparut. Il est probable que les idées religieuses contri-
buèrent à opérer ce changement, car les jeux de hasard
étaient défendus par les Védas et la suppression des dés
permit aux Brahmanes les plus scrupuleux de se livrer au jeu
des Échecs. L'échiquier et le pouvoir des pièces restèrent
les mêmes, mais les deux alliés se réunirent chacun d'un
côté de l'échiquier. L'un des deux Rois devint un person-
nage subalterne, un Conseiller ou Vizir. L'Éléphant et le
;
Navire changèrent de place l'Éléphant fut placé dans le
coin et le Navire dans la position qu'il occupe encore, sous
le nom de Fou, auprès du Roi et du Vizir. Mais, chose fort
importante à noter, en changeant de place il se fit entre
eux un changement de noms et de puissance. La pièce du
coin conserva, avec la marche de l'Éléphant qui se trans-
portait d'une extrémité de l'échiquier à l'autre en ligne
perpendiculaire ou horizontale, le nom sanscrit de Roka,
tandis que l'ancien Roka ou Navire, avec sa puissance limi-
tée, en vertu de laquelle il ne pouvait se transporter que sur
la troisième case diagonale en passant par dessus l'espace
intermédiaire, prit le nom d'Eléphant. La découverte de
ce changement de place et de nom
donne enfin la clef de
l'étymologie du nom des deux pièces de notre échiquier, la
Tour et le Fou. Avant qu'on fût parvenu à en avoir connais-
sance, l'origine de ces deux noms présentait des difficultés
insoluvles. Le Fou prit le nom persan Fil (Eléphaiit),d'où
Alfil, Aurin, Folet enfin Fou, et la Tour s'appela Rukh, qui
dans la langue persanne s'applique à un guerrier, d'où les
termes modernes de Roc, Roquer, etc. Le Cheval et les Pions
conservèrent leurs noms et leur marche. Le premier est la
seule pièce qui n'ait jamais reçu de modification en aucun
sens, depuis le temps immémorial où il parut pour la pre-
mière fois sur l'échiquier. Quant à la nouvelle pièce ou
Vizir, elle ne pouvait avancer que d'une case diagonalement.
Ce n'est que vers le seizième siècle que cette pièce, en re-
cevant le nom de Dame, acquit l'immense puissance qu'elle
possède de nos jours.
C'est sous cette seconde forme que nousvenons d'exposer,
que le Chaturanga fut transmis auxPersans. Par une corrup-
tion naturelle du mot sanscrit Chaluranga, ils l'appelèrent
Chatrang. Les Arabes, qui s'emparèrent bientôt après de leur
pays, n'ayant dans leur alphabet ni la lettre initiale ni la
lettre finale de ce mot, l'altérèrent encore et en firent Sha-
tranj, mot qui s'introduisit bientôt dans le persan moderne
et dans les autres dialectes de l'Inde, où sa dérivation n'est
connue que des érudits.
L'époque précise de la substitution de la forme nouvelle
appelée Chatrang à l'ancien jeudu Chaturanga, est impossible
à préciser. Mais nous savons que ce dernier jeu était connu
et pratiqué à la cour du célèbreNoushirvan, appelé par les
écrivains byzantins Chosroès le Grand, dont le règne com-
prend près d'un demi-siècle, depuis l'année 531 jusqu'en
579. Ce jeu était donc répandu en Perse lorsque les Arabes
en firent la conquête, moins d'un siècle plustard, et c'est là
qu'ils en eurent connaissance, d'après le témoignage una-
nime de leurs historiens.
La troisième période de l'histoire des Échecs s'étend
depuis le commencement du seizième siècle jusqu'à nos

;
jours. Les améliorations introduites depuis cette époque
sont — L'augmentation de la puissance du Fou, qui com-
mande toutes les cases diagonales, au lieu de la troisième
- case seulement;— la réunion dans la personne de la Dame, -

des mouvements du Fou et de la Tour;—la puissance


donnée aux Pions, d'avancer de deux cases au premier pas
—la faculté de Roquer accordée au Roi.
;
Résumons ici ce que chaque pièce offre de plus remar-
quable dans son nom etdans son histoire.
LERoi. -Ladanspersonne du Roi,l'étaitinviolable dansl'origine.
le nôtre, ne
le jeu
persan comme pas dans
Dans le Chaturanga il pouvait être pris ou détrôné par son
allié. Lorsque les Arabes reçurent ce jeu des Persans, ils
adoptèrent le mot persan Shah et ils s'en servent encore,
non-seulement pour nommer le Roi, mais pour le mot
Échec, de la même manière qu'en France on se sert quel-
quefois du terme au Roi pour annoncer un Échec. Le Dr
Forbes dérive le mot Mat du mot persan Mand, qui veut
-
dire épuisé et que les Arabes changèrent en mat (il est mort).
Lorsque le jeu des Echecs fut introduit en Europe, chaque
nation traduisit le mot Shah, appliqué à la pièce principale
du jeu, par le mot qui, dans leur langue, signifiait Roi (Rey,
Ré, Kœnig, King, Tzar, etc.); mais le mot Shah fut conservé
pour désigner l'ensemble du jeu ou le terme « Échec. »
(Schach, Check, Scacco, etc.). On adopta de même, sans le
traduire, le terme persan-arabe de Shah-Mat, qui subsiste
avec plus ou moins de variété dans toutes les langues de
l'Europe (Échec et Mat, Scacco-Matto, Check Mate, Xaque
y Mate, etc.).
Les mouvements du Roi ont subi peu de modifications.
Au moyen âge on lui permit de faire dans certaines circons-
tances ce qu'on appelait « le saut du Roi. » Ce saut se faisait
jusqu'à la troisième case dans toutes les directions, en pas-
sant par dessus une case intermédiaire, occupée ou non.
Plus tard, ce mouvement fut remplacé par celui que nous
»
appelons (croquer et qui est encore usité, mais avec des
variantes dont nous parlerons plus tard.
LA DAME. -La pièce la plus importante après le Roi, la

est la Dame. C'est déjà une singularité ;


plus active et la plus formidable dans notre petite guerre,
car ce rôle paraît
peu approprié à une femme, et, sans l'explication donnée
plus loin, on s'étonnerait à juste titre qu'il lui eût été attribué
dans un jeu provenant d'un pays où les femmes sont complè-
tement exclues de toute fonction publique. Une autre bizar-
rerie bien plus choquante, c'est la règle, partout en vigueur,
par laquelle le Pion ou simple soldat parvenant à sa hui-
tième case se change en Dame. Ces anomalies disparaissent
lorsqu'on se reporte au jeu primitif; la pièce qui nous occupe
ici s'appelait chez les Persans Farz ou Firz, en sanscrit

;
Mantri, ce qui signifie dans ces deux langues, conseiller, mi-
nistre ou général rien de plus naturel alors que sa puissance
à la guerre et la règle par laquelle le simple soldat qui
parvient par sa valeur à pénétrer jusqu'au fond des retran-
chements de l'ennemi, soit promu au grade de visir ou de
général. Ce nom de Firz fut adopté par les Arabes et ensuite
par les Européens.
Ce fut à lafin du quinzièmesiècle qu'en Europe on donna
définitivement à cette pièce le nom de Vierge (Virgo) Dame
(Dama) Reine (Regina). Je dis définitivement, car on trouve
le nom de Firz concurremment avec celui de Dame ou
Reine dans plusieurs auteurs français et anglais des quator-
zième et quinzième siècles, bien que le'mot Reine fût déjà
usité dès le neuvième. Les avis sont partagés sur la manière
dont ce changement eut lieu. « Le goût dans lequel on était,
dit Freret, de moraliser toutes sortes de sujets dans les dou-
zième et treizième siècles, fit regarder le jeu des Échecs
comme une image de la vie humaine. Dans ces écrits on
compare les différentes conditions avec les pièces du jeu
des Echecs, et l'on tire de leur marche, de leur nom et de
leur figure des occasions de moraliser sans fin, à la manière
de ces temps-là; mais on se persuada bientôt que ce ta-

si l'on n'y trouvait une femme ;


bleau serait une image imparfaite de cette vie humaine,
ce sexe joue un rôle trop
important pour qu'on ne lui donnât pas une place dans
;
le jeu ainsi l'on changea le ministre d'Etat, le visir ou
Ferz, en Dame, en Reine, et insensiblement, par une suite
de la galanterie naturelle aux nations de l'Occident, la
Dame, la Reine, devint la plus considérable pièce de tout le
jeu. »
Quoi qu'il en soit de cette explication qui nous paraît plus
spécieuse que solide, il est certain que cette pièce en chan-
geant de nom acquit un grand surcroît de puissance; car,
chez les Persans le Firz ne commandait que les quatre cases
diagonales qui touchent à la sienne et ne pouvait se transpor-
ter que sur celles-là.

;
La Dame n'est pas, du reste, la seule pièce dontla marche
ait été étendue une plus grande activité fut donnée vers la
même époque aux Fous et aux Pions. Lent et méthodique
tant qu'il est resté en Asie, le jeu des Échecs n'a pas tardé
à subir l'influence et à refléter l'activité des peuples de l'Oc-
cident chez lesquels il se trouva transporté — l'impétuosité
des fils de Japhet: « Auclax Japetigémis. »
LA TOUR. — Le nom et la forme de cette pièce ont subi
des variations nombreuses, mais sa marche ne paraît pas
avoir varié. Son nom primitif était Roka qui veut dire na.
vire ou bateau. Les Persans, modifiant le mot sanscrit, en
ont fait Rukh, qui, dans leur langue, désigne un champion.
On a dû le représenter porté sur un char, comme on repré-
sente les rois qui partent pour la guerre dans les sculptures
assyriennes. Lorsque le jeu des Échecs fut transmis des
Persans aux Arabes, ce mot Rukh fut adopté par ces der-
niers; mais dans leur langue, Rukh ou Roc s'applique à un
oiseau gigantesque ou à un animal fabuleux à deux têtes.
C'est ainsi que le docteur Forbes explique la forme héraldi-
que du Roc et le terme Bifrons liochus sous lequel on dési-
gnait cette pièce au moyen âge. D'après cet auteur, ce même
mot de Roc a été adopté par les Italiens, et comme Hocco
signifie dans cette langue une forteresse, il trouve dans ce
fait l'explication de la représentation de cette pièce sous la
forme d'une tour. C'est à tort qu'on avait supposé que la
tour représentait celui qui était porté sur le dos de l'Élé-
phant, car la pièce appelée Éléphant (Al fil) par les Arabes,
est notre Fou et ne doit pas se confondre avec la Tour.
Dans un jeu d'Échecs qui nous a été donné par M. le
comte Adolphe de Caraman et qui a été rapporté par lui
en 1837 de Balbek où il l'avait acheté des Bédouins, nous
avons retrouvé la forme cornue du Roc. Rien d'ailleurs de
plus grossier que ce jeu, dont les pièces sont en bois et res-
semblent toutes à de petites quilles.
Une circonstance curieuse à noter, c'est que les Russes
appellent encore cette pièce du nom de navire — Lôdia-
ce qui fait présumer qu'ils ont reçu ce jeu directement des
Hindous.
Les Échecs furent tenus autrefois en si haute estime, que
nous en trouvons des traces dans les armoiries d'une foule
de familles nobles; nous en connaissons vingt-trois en
France (1) et vingt-six en Angleterre, qui portent des Rocs
d'Échiquier ou des Échiquiers dans leurs armoiries. Nous
aurons occasjon de parler plus tard d'une modification cu-
rieuse dans la forme de cette pièce, chez les nations Scan-
dinaves.
2.

1.

1, ArmesdelafamilleChabert 2. Armes de SirR.Walter (Angl.).


(France). Ecartelé degueules et d'or, D'argent au chevron engrèlé de sa-
à quatre Rocs d'échiquier de l'un à ble portant trois croissants d'or, en-
l'autre, et sur le tout, d'azur à une t'e trois Hocs d'échiquier de sable.
Fleur-de-lys d'or.
:
(1) SavoirBernard de Chimpigny, Besnard de Rezay, Boucherimbaui,
Bouthet du Rivault, Chabert, Deifan d" Pontalba, Du Cheyron du Pavillon,
Guitton. Lescout d'Aux, Livron, Marchant, le Normand. La Roche de
Grane, La Roche Fouteuilles.La Roche Saint-André, Rochette, Rochemore,
Rogon, Roquelaure, Roque dela Madelaine, Roquemaure, Roquemorel et
Roquette.
LE -
Fou. Nons avons déjà vu que dans le Chaturanga,
la pièce qui correspond à notre Fou occupait le coin de
l'Échiquier sous le nom de navire (Roka) ; mais lorsque, par
une première modification du jeu primitif, les quatre ar-
mées se réunirent pour n'en plus former que deux, cette
pièce changea de place et prit à la fois la place et le nom de
l'Éléphant (Hasti), tandis que l'ancien Éléphant, sous le nom
;
de Roka, occupa le coin mais chacune de ces pièces con-
serva dans sa nouvelle place et sous son nouveau nom l'an-
cienne marche. Bientôt après, les Persans traduisirent le
nom sanscrit Hasti en Fil en préfixant à ce mot l'article al;
c'est le nom que cette pièce porte encore en Espagne Alfil,
en Italie Alfiere, et l'origine des vieux noms latin, anglais et
français Alfilus, Aufin, Alfyn, fil et enfin fol, d'où est

,
venu le nom moderne français de Fou. Chez plusieurs na-
tions du Nord cette pièce a pris depuis fort longtemps le

;
nom d'Évêque (Bishop, Biscup). Il est difficile d'expliquer
l'origine de ce changement mais il est certain qu'on la
trouve ainsi désignée dans des écrits des onzième et
douzième siècles. C'est avec tous les attributs de cette di-
gnité qu'elle figure dans un jeu scandinave conservé au
Musée Britannique, que nous décrirons plus tard et que l'on
croit être du onzième siècle. C'est pour cela qu'elle est sou-
vent représentée par une mitre. On lui a quelquefois
donné le nom d'archer.
La marche du Fou a varié comme celle des autres pièces
et a acquis plus d'étendue, car primitivement son action ne
s'étendaitqu'à la troisième case en diagonale à partir de celle
d'où il partait. Il est vrai que, pour y arriver, on lui per-
mettait de sauter par dessus une pièce intermédiaire, à la
façon du Cavalier. Lorsque l'on étenditson action à toute la
longueur de la diagonale sur laquelle il se trouve, il fut
privé de la faculté de sauter.
LE CAVALIER. —De toutes les pièces de l'Échiquier, le
Cavalier est le seul dont les mouvements n'aient jamais subi
de variations. Son nom primitif était simplement Cheval, en
sanscrit Asva, en persan Asp, en arabe Paras, et il est
resté tel en italien (Cmwllo), et en russe (Kogn).
LE PION. — Le nom sanscrit du Pion est Padata ou
Vatica qui, aussi bien que son nom persan Piada, signifie
simplement un fantassin. Les Arabes changèrent ce mot en
Raidak, terme qui, dans leur langue, s'applique exclusive-
ment au Pion des Echecs.

:
Nos vieux romanciers le désignent sous une foule de noms
différents
;
Paon; paonnet, paonne, ponniers, paons,
paonnes,pionnes etmêmegarçons toutes ces appellations,
ainsi que le Peone des Espagnols, le Pedone des Italiens,
le Pawn des Anglais, et notre mot de Pion, dérivent proba-
blement du mot de basse latinité Pedone, qui signifie un
soldat à pied.
Les mouvements du Pion ne paraissent pas avoir éprouve
de changement, et de tout temps il obtenait le grade de Visir
ou général lorsqu'il parvenait à la huitième case de l'échi-
quier. Lorsque le Visir fut remplacé par une Dame ou Reine
chez les nations de l'Occident, l'absurdité qui résultait de la
transformation d'un soldat en Reine, ne pouvait manquer
d'être remarquée. Un de nos vieux auteurs, frappé de cette
étrangeté, fait pour l'expliquer le raisonnementsuivant, non

:
moins bizarre que le changement dont ce pauvre homme
paraît singulièrement embarrassé

Les damoiseles me unt requis


Ke lour giuy ne seyt oblis,
- E pur lamour qe à eus ay
Lour giuy en cest escrit mettrny.
Seygnoures li pounes m'est avys
Signefient meschines de pris,
Kar reynes ieimes de pounes,
E dunques fierces les appellomes.
E pur ce damoyselessignefient
Non pas garçonnes, cum les vues dient,
James femeles ne deuedroyt:
Kar si li poun males estoyt
E pur ceo k'en ceste giuy ou poun'
Le giuy de damoiseles appellom.

L'ECHIQUIER.
— Le tablier sur lequel on joue aux
Echecs a toujours été divisé
en soixante-quatre cases. En
Orient elles sont toutes de la même couleur. Quelques essais
ont été tentés de temps en temps pour augmenter le nombre
des cases et ajouter aux pièces du jeu primitif; la plus re.
marquable de ces modifications est celle qui est connue sous
le nom de « jeu de Timour; » non pas que ce célèbre con-
quérant en fût l'inventeur, mais parce qu'il jouait commu-
nément au jeu des Échecs ainsi modifié. L'Echiquier était
composé de cent dix cases et il y avait plusieurs pièces qui
ne se trouvent pas dans le jeu indien; deux Chameaux,
deux Girafes, deux Courriers, etc.
Mais tous les essais de ce genre par Carrera, Piacenza,
Marinelli, etc., n'ont eu aucun succès et sont tombés dans
l'oubli. Tout joueur d'Échecs pourra bientôt se convain-
cre que ce jeu, tel qu'il est, offre une variété de combinai-
sons inépuisables, et que c'est peine perdue de vouloir
y ajouter, au risque de détruire l'harmonie merveilleuse
qui existe entre les mouvements des pièces de l'Échi-
quier tels qu'ils sont établis aujourd'hui (1). Le but vers
lequel tous les efforts devraient tendre maintenant, serait
l'établissement d'un code de lois accepté par toutes les na-
tions, afin que la marche de ce jeu devînt partout parfaite-
ment identique, du moins en Europe. On verra, quand
nous parlerons des lois du jeu, combien un tel code serait
nécessaire.
»

(1) On :
peut s'en faire une idée par le calcul suivant à la fin d'une par-
;
tie d'Échecs, il peut se faire que trois pièces seulement restent engagées,
toutes les autres ayant été prises c'est la position la plus simple à laquelle
ce jeu puisse être réduit. Dans ce cas, il ne resterait que les deux Rois, dont
l'un serait accompagné d'une pièce ou d'un Pion. Dans cette dernière hy-
pothèse, le calcul démontre que les deux Rois et le Pion peuvent occuper
sur l'Échiquier 195,636 positions différentes.
CHAPITRE DEUXIÈME.

-
Du jeu des Échecs en Perse. — A la Mecque. -
A Bagdad. Son introduc-
tion en Europe. — Lettre de saint Pierre Damien. — Les Echecs à Cons-
tantinople sous Alexis Comnène. — Dérivation du nom grec des Echecs.
Sergins. — Kushru. — Jeu d'Échecs donné par Pépin à l'abbaye de

à
Moissac en 764.—Présents envoyés Charlemagne parles princes d'Orient.
— Les chansons de Gestes. —
Garin de Montglave. — Les Échecs chez les
nations scandinaves et en Angleterre. — Anecdotes. — Moralités. — Na-
poléon Ier joueur d'Échecs.

Nous avons vu dans le chapitre précédent qu'on peut


affirmer, d'après des documents authentiques, que le
jeu des Échecs, dans sa forme essentielle, fut connu dans
les Indes du temps des fils de Pandou, c'est-à-dire à une
époque qui précède de trois mille ans la naissance de Jésus-
Christ. L'époque précise à laquelle ce jeu primitif reçut sa
première modification est inconnue; mais nous savons que
ce jeu, sous sa nouvelle forme et sous le nom de Chatrang,
était connu et pratiqué à la cour du roi persan Khosrou Nous-
hirvan, le Chosroès des historiens bysantins et le contem-
porain de Justinien (531-579). Les historiens persans et
arabes en font si souvent mention, qu'il n'est pas difficile
de suivre ses traces à travers les septième, huitième et
neuvième siècles, depuis Chosroès Ier jusqu'à Mutasim-Bil-
]ah, troisième fils de Haroun-al-Raschid (833-842).
Dès le septième siècle ce jeu avait pénétré jusqu'aux cités
saintes de Médine et de La Mecque. Le prophète Mahomet
y fait allusion dans le cinquième chapitre du Coran, écrit
dans la première de ces villes en 622. Voici ses paroles :
« 0 vrais croyants, en vérité le vin, les jeux de hasard, les
inUlgn;, les baguettes divinatoires, sont des œuvres abomi-
nablcs de Satan. » Suivant les commentaires musulmans,
par le mot images, le Prophète faisait allusion au jeu des
Échecs, non pas à cause du jeu en lui-même, qui n'est pas
un jeu de hasard, mais à cause des images sculptées d'hom-
mes, de chevaux, d'éléphants dont on se servait pour y
jouer, et qui, dans son opinion, sentaient l'idolâtrie. D'après
cette sentence du Prophète, les musulmans les plus ortho-
doxes ne se servent pour jouer aux Échecs que de pièces
qui ne représentent aucune figure d'homme ou d'animal.
Chacun sait que le calife Haroun-al-Raschid était amateur
passionné de ce jeu. Nous possédons encore un problème
;
composé par son troisième fils c'est le plus ancien pro-
blème connu. Nos lecteurs le trouveront à la tête de la
collection de problèmes que nous donnons à la suite de ce
traité. Plusieurs anecdotes attestent à quel point passionla
des Echecs fut portée dans ce temps-là. On rapporte que le
fils aîné de Haroun, assiégé dans la ville de Bagdad et jouant
aux Échecs avec son affranchi KuLhar, fut averti que les
forces dé l'ennemi avaient commencé l'attaque et montaient

:
à l'assaut avec tant de vigueur que la ville était en danger
d'être prise « Laisse-moi en paix, s'écria Al Amin, je vais
donner le mat à Kutharl » (1)
Un jeu pratiqué avec tant d'éclat par les califes de Bagdad

(1) Nous ne pouvons résister à l'envie de donner ici un exemple comique


que nous trouvons dans Forbes, des bévues laites si souvent par les traduc-
teurs et quileur ont valu, à juste titre, le quolibet italien traduttore, tradi-
tore. L'anecdote que nous venons de rapporter se trouve dans une histoire
des Sarrasins, traduite de l'arabe par Erpinius; cet auteur était un savant
orientaliste, mais tout à fait ignorant du jeu des Échecs, en sorte que
le mot de shah-mat (échec et mat) qu'il rencontra ici, fut pour lui une vé-
ritable pierre d'achoppement: il y a en arabe un mot shah qui signifie mou-
:
ton, il en résulta que le traducteur, au lieu de faire dire au Calife qu'il
allait donner échec et mat à Kuthar, lui faisait dire « Je vois un mouton
mort contre Kuthar !» Je me demande, dit Forbes, si le savant Hollandais
attacha un sens quelconque à cette phrase étrange; probablement il la re-
;
garda comme renfermant quelque plaisanterie line et cachée. »
Les traducteurs sont copables de tout ce que nous avonsvu de plus fort
dans ce genre se trouve dans une traduction moderne du délicieux roman
que tout le monde connaît. « 1 promessi sposi.» Manzoni représente le curé
Don Abondio fort poltron, revenant chez lui après une promenade dans
la montagne et une rencontre avec les Bravi, se couchant avec la fièvre
et rêvant Bravi, sentiers, rochers (Bravi, viottoli, rupi). tandis que letraître
de traducteur tait rêver le pauvre curé à des viols et à des enlèvementsIII
des califes de
a dû se transporter de bonne heure à la Cour
Cordoue; c'est ce qui explique d'une manière toute naturelle
pourquoi les Espagnols ont excellé de bonne heure dans la
science de ce jeu.
La question de savoir par quelle voie et à quelle époque
le jeu des Échecs a pénétré dans les parties orientales et
septentrionales de l'Europe, n'a été traitée jusqu'ici par les
auteurs français que d'une manière très-superficielle. Nous
nous décidons à entrer dans quelques détails curieux à cet
égard, car l'examen attentif des documents que nous possé-
dons nous a conduit à faire remonter la connaissance des
Échecs en Europe et notamment en France, vers une époque
bien antérieure à celle qu'on lui assigne communément.
Écartons d'abord, comme tout à fait mal fondée, l'opinion
deceux qui pensentque ce jeu nous avaitétéapporté d'Orient
à la suite des croisades. Un document parfaitement authen-
tique nous prouve qu'il était non-seulement connu, mais
très-généralement pratiqué en Italie dès 1061, c'est-à-
dire trente-cinq ans avant la première croisade. Il existe, en
effet, une lettre de saint Pierre Damien, cardinal-évêque
d'Ostie, écrite au pape Alexandre II, en 1061. Dans cette
lettre il énumère, parmi les vices qui peuvent déshonorer
le clergé, la chasse au faucon, la passion des Dés et des
Echecs; et il raconte à ce sujet que voyageant avec l'évêque
de Florence (1) et arrivé un soir à leur gîte, celui-ci descen-
dit dans la salle commune avec la foule des voyageurs et se

:
mit à jouer aux Échecs; informé de ce fait, le Cardinal lui
dit le lendemain x Convient-il que ces mains qui offrent le
corps du Seigneur, que cette langue qui doit être média-
trice entre l'homme et Dieu, soient souillées par un jeu sa-
crilège !»
L'évêque se défendit en répliquant que le jeu des
dés était défendu, mais que les Canons ne parlaient pas
des Échecs; mais le fougueux Cardinal qui, dans son
zèle, appelle le jeu des Échecs un jeu deshonnête, absurde
et sale (inhonestum, aùsurdum fœdumque ludihrium),

(1) Gérard, mort en 10C1 selon Ughelli. lUUia sacra 111.


;
n'admit pas cette distinction il le condamna à une peine
pécuniaire et à laver les pieds de douze pauvres.
Ce passage nous prouve que les Échecs étaient non-
seulement connus en Europe dès le onzième siècle, mais
qu'ils étaient assez répandus pour être pratiqués commu-
nément dans les auberges, ce qu'on verrait à peine de nos
jours.
Nous ne devons donc pas nous étonner si nous lisons dans
la biographie de l'empereur Alexis Comnène, qui régnait
vers la même époque, que cet empereur avait l'habitude de
se livrer à ce jeu avec ses parents et amis. Sa fille, qui nous
a transmis ce détail, ajoute que ce délassement avait été
propagé par les Assyriens; mais elle ne dit nullement,
comme on l'a avancé, que ce fût un jeu nouvellement intro-
duit àConstantinople (1).
Il existe en effet un document qui démontre qu'il était
connu à Constantinople trois cents ans avant l'époque dont
parle Anne Comnène dans ce passage; c'est une lettre
adressée en 802 par l'empereur Nicéphore Logothète au
calife Haroun, de Bagdad. En voici un extrait :
« L'impératrice à laquelle j'ai succédé t'a considéré
comme un Roc (2) et s'est regardée comme un Pion elle
s'est soumise en conséquence à te payer un tribut, tandis
;
qu'elle aurait dû en exiger un de toi, deux fois plus considé-
rable. C'était par suite de la faiblesse de son sexe. Mainte-
nant j'exige qu'aussitôt cette lettre reçue tu me restitue tout
l'argent que tu as reçu d'elle. Si tu hésites, l'épée règlera
nos comptes. »
Haroun, furieux, écrivit sur le revers de la feuille ce qui
suit : -

« Au nom de Dieu miséricordieux et gracieux, Haroun,


Commandeur des Croyants, au Chien Roman Nicéphore.

(1) Voici le passage: «Pro moresuo fecit ut ad diluendam amari-


tiem priiicipalium curarum, ne noctes quidem ipsi quietas sinentium
familiarissimossuos et consanguinitate intima ad ludendum secum Zatri-
cium adhiberet, remisionis genus id est indè usque ab Assyriis ingeniosis
artificibus voluptatum ad nostrum usum oblectationemque propagatum.
(Anne Comnène, liv.XII, p. 360, in-folio.)
(2) Notez que dans ce temps-là cette pièce était la plus puissante du jeu.
«
J'ai lu ton épîlre, iils d'une mère inlidèle. Tu n'enten-
dras pas ma réponse, tu la verras. »
Haroun ne menaça pas en vain. Il s'avança jusqu'à Hé-
raclée, dévastant tout le territoire de son ad versaire, qui fut
bientôt forcé de demander la paix et de payer le tribut
comme auparavant.
L'authenticité de cette lettre, qui se trouve dans les Anna-
les Musulmanes d'Aboul-Feda, écrivain du quatorzième
siècle, a été contestée; mais elle est admise par Sir Frederick
Madden et par le Dr Forbes, dont l'autorité est du plus grand
poids. Elle prouve, ce nous semble, que la connaissance des
Échecs devait être déjà extrêmement répandue au neuvième
siècle, puisqu'une correspondance officielle lui empruntait
ainsi des expressions figurées.
En remontant plus haut il n'existe plus que des conjec-
tures pour fixer l'époque à laquelle ce jeu fut introduit à
la cour de Byzance. Néanmoins ces conjectures ont une telle
vraisemblance qu'on peut s'en contenter.
Il semble en premier lieu que les Grecs du Bas-Empire
aient dû le recevoir directement des Persans sans qu'il soit
passé par les mains des Arabes. Nous savons que ces Grecs
donnaient aux Échecs le nom de z«r/>txtov, nom barbare
avec une terminaison grecque, dont la racine est le mot
persan Chatrang. Les Grecs n'avaient ni une seule lettre ni
une combinaison de lettres propres à exprimer le Ch des
Persans. Ils employèrent donc celle qui donnait le son le
;
plus voisin, savoir le zéta (ç) rejetant ensuite le v, pénul-
tième de Chatrang, d'après un usage fort ordinaire parmi
eux, le mot persan se trouva transformé en ZK^IXIOV. Ces
considérations philologiques, qui tendent à faire croire que
le jeu des Echecs a été transmis directement aux Grecs du
Bas-Empire par les Persans et avant l'invasion de ce pays
par les Arabes, se trouvent appuyées par des présomptions
historiques qui nous paraissent d'une grande vraisem-
blance.
Les communications entre les empereurs de Constauti-
nople et les souverains de Perse étaient fréquentes et in-
times. Dès le sixième siècle, un Grec du nom deSergius a\aiL
le poste de premier interprète àlacour de Noushirvan. Ala
demande de l'historien Agathias,.son ami, il sollicita la per-
mission de traduire en grec les annales historiques conser-
vées dans les archives royales. Cette demande lui fut accordée,
et une version grecque de l'histoire de la Perse fut transmise
par lui à Byzance. Nous avons vu par les historiens arabes
le jeu des Échecs était connu et tenu en grande estime
que
à la cour du roi Noushirvan ; il est donc très-possible qu'il
ait été appris par Sergius et transporté par lui à Constanti-
nople dès le sixième siècle.
II,
Quelques années plus tard Khosrou ou Chosroès petit-
fils de Noushirvan, succéda au trône (A. D, 591). Son
père Hormus ayant été assassiné par un de ses généraux,
qui chercha à s'emparer de la souveraine puissance, le jeune
prince se réfugia à la cour do l'empereur Maurice, et avec
son secours il reconquit son royaume. Pendant son séjour à
la cour deByzance il avait épousé Mairam, l'une desfilles de
l'empereur, et l'entente la plus cordiale régna entre les deux
pays jusqu'à la mort de Maurice. En témoignage de recon-
naissance comme de déférence pour sa femme et son beau-
père, Khosrou maintint pendant plusieurs années à son ser-
vice une garde composée de mille jeunes Byzantins, et sa
cour était fréquentée par tous les hommes distingués du
Bas-Empire.
Au commencement du septième siècle, l'union qui existait
entre les deux nations fut subitement interrompue par l'as-
sassinat de Maurice. Khosrou, sous le prétexte de venger sa
mort, déclara la guerre au criminel Phocas qui, après
avoir fait périr Maurice et ses six fils, gouvernait l'empire
avec faiblesse. Pendant les vingt années suivantes, Khosrou
se rendit maître de la Mésopotamie, d'une partie de l'Asie-
Mineure, de l'Arménie, de la Syrie, de l'Égypte et du nord
- de l'Afrique, et pendant plus de dix ans un camp persan
fut maintenu en vue de Constantinople. Un revers de for-
tune survint, et pendant les six dernières années de son
règne (622-628) Khosrou fut dépouillé de toutes ses con-
quêtes par l'empereur Héraclius.
Nous savons par les historiens ârabes que pendant tout ce
temps les Échecs furent la distraction favorite de Khosrou et
de ses courtisans. L'un de ces auteurs, en parlant des ma-
gnificences de sa cour, rapporte qu'il avait un jeu d'Échecs
dont la moitié des pièces était en rubis et l'autre moitié en
émc-raudes. Un autre historien dit que la moindre de ces
pièces vallait trois mille dinars d'or (environ 35,000 francs).
Il serait contraire à toutes les probabilités de supposer qu'un
jeu aussi attrayant que les Échecs, n'eût pas été appris par
quelques-uns des Grecs qui fréquentaient la cour du roi
persan et n'eût pas été transporté ensuite à Constantinople.
C'est ainsi que se trouve justifiée l'assertion d'Anne Com-
nène dans le passage que nous avons cité, et où elle dit,
que le jeu des Échecs avait été imporlé à Constantinople
par les Assyriens — l'Assyrie en effet faisait alors partie du
royaume des Perses.
D'après tout ce qui précède, nous nous croyons en droit
de conclure que le jeu des Échecs pénétra dans le Bas-Em-
pire peut-être dès le sixième siècle, mais certainement au
plus tard dans le septième.
Il nous reste à rechercher vers quelle époque ce jeu se
propagea dans les autres parties de 1 Europe et plus particu-
lièrement en France. Ici encore, nous n'avons que peu de
documents précis; cependant, on va voir qu'ils ne man- -
quent pas absolument et nous pouvons les appuyer de
conjectures si plausibles, qu'elles offrent tous les caractè-
res de la certitude.
La mention la plus ancienne que nous ayons trouvée, re-
lative aux Échecs en France, se rapporte au règne de
Pépin, père de Charlemagne. Dans la relation de la transla-
tion des reliques de saint Austremoine, patron de l'Auver-
gne, de Volvic à l'abbaye de Moissac, on lit, que cette
translation eut lieu dans la quatorzième année lisez (
douzième) du règne de Pépin, c'est-à-dire en 764; que ce
monarque assista à cette cérémonie, et qu'il fitdon,àcetteoc-
casion, au monastère, d'une quantité considérable de pierres
précieuses, ainsi que de beaucoup d'or et d'un jeu d'Échecs
en cristal (1). Le docteur Forbes suppose qu'en France, à
cette époque, les arts étaient trop peu avancés pour qu'il
s'y trouvât des ouvriers assez habiles pour travailler le cris-
tal, et que ce jeu provenait de l'Orient, d'où aurait étéil
envoyé en cadeau à Pépin. Cette supposition doit nous pa-
raître plus vraisemblable lorsque l'on considère la fré-
quence des rapports qui existaient à cette époque entre
Constantinople, les autres pays d'Orient et la France. Nous
savons, par exemple, qu'en 757, sept ans avant la transla-
tion dont nous venons de parler, Constantin Copronyme,
empereur d'Orient, envoya comme présent au roi Pépin le
premier orgue qui ait été vu en France. Nous lisons encore,
dans la chronique de Frédégaire, qu'en 768 la députation
envoyée par Pépin à Almanzor, toi des Sarrasins, fut de re-
tour, ramenant une ambassade avec beaucoup de présents.

; ;
Sous Charlemagne, les ambassades et les envois réciproques
de cadeaux sont souvent mentionnés telle est celle de 798
envoyée par l'impératrice Irène celle de 801 de la part de
Haroun-al-Raschid et de l'émir de Fez; l'envoi du juif
Isaac en Orient par Charlemagne, et
son retour avec de
;
grands présents enfin, en 807, Abdallah, envoyé du roi de

Perse, arriva avec de riches présents, parmi lesquels une
horloge en bronze doré, composéa admirablement par l'art
mécanique.» (Eginhard, Annales.)
Le jeu des Échecs étant alors fort pratiqué en Orient,
comme cela est constant, rien n'est plus naturel que l'envoi
d'Échecs parmi les cadeaux échangés dans ces occasions
ainsi se trouve expliquée la possession par Charlemagne de
;
jeux d'Échecs venus d'Orient, dont quelques débris sont
parvenus jusqu'à nous. Il estvrai que les chroniqueurs ne

ActaSanctorumOrd. S. Bénédictinin-t'ol.. sec. III, part. II, p. 191.


(1)
Nous devons noter ici une circonstance qui ne parait pas indifférente.
Le jeu des Échecs devait être peu connu dans les solitudes de l'Auvergne
en 764. et l'auteur de la relation n'en avait probablement jamais entendu
parler Aussi ne sait-il comment écrire le mot échecs en latin: il dit:
- Plurima reliquit insignia, scilicet cachos crystallinos et lapides preciosos et
auriplurimum. » Et la glose ajoute éachos 1. schachos. Le fait nous parait
recevoir une présomption d'authenticité de plus de ce défaut d'ortho-
graphe.
font aucune mention positive de jeux d'Échecs comme ayant

;
fait partie des présents reçus dans ces circonstances par
Charlemagne et par son père mais on ne peut s'en étonner
lorsque l'on connaît la sécheresse, la concision et les étran-
ges omissions de faits de la plus haute importance que l'on
constate dans ces chroniques.
Auguste, duc de Lunébourg, dans son grand ouvrage sur
les Échecs, qu'il publia sous le pseudonyme deGustavus Se-
lenus, rapporte une anedocte qu'il avait trouvée dans une

;
vieille chronique bavaroise. L'auteur dit qu'Olkar, prince
de la Bavarie, avait un fils à la cour du roi Pépin un jour
que le fils de Pépin jouait avec ce jeune prince aux Échecs,
ilentra en si grande fureur d'avoir été plusieurs fois battu,
qu'il le frappa à la tête avec un Roc et le tua. L'auteur cite
deux autres vieilles chroniques, dont une composée en
1060, et qui toutes deux répètent et confirment cette his-
toire. Elle est reçue comme authentique parForbes et Mad-
den. Nous trouvons, comme eux, qu'à moins d'admettre
que le jeu des Échecs ait été généralement connu et pratiqué
dans le huitième siècle, on ne peut trouver aucune explica-
tion plausible de la fréquente mention de ce jeu dans les
chansons de Gestes, dont plusieurs ont pour sujetles événe-
ments de cette époque. Prétendre que les nombreux récits
de parties d'Échecs contenus dans ces chants sont le produit
de la seule imagination des poëtes, nous paraît de la plus
grande invraisemblance. Nous savons, en effet,que bien que
les chansons de Gestes, sous la forme dans laquelle nous les
connaissons, ne datent que des onzième et douzième siè-
cles, ce mode n'est qu'une version plus moderne de chants
et de récits plus anciens, de ces barbara et antiquissima
carmina auxquels Charlemagne prenait tant de plaisir et qu'il
fit recueillir et conserver (Eginhard, c. 29) Dans ces temps
barbares et illettrés, le jeu des Échecs, retraçant avec tant
de vivacité les événements dela guerre, seule occupation qui
partageait avec la chasse le temps des princes et des grands,
prenait dans leurs loisirs une place bien autrement impor-
tante que celle qu'il peut occuper dans notre société policée,
ol) le goût des lettres et des arts, les travaux paisibles de l'a-
griculture, les entreprises du commerce et de l'industrie,
enfin la politique, offrent des aliments si nombreux et si va-
riés à l'activité de la pensée humaine. Combien le jeu des
Échecs devait passionner et enflammer les esprits, dans les
tristes salles de ces sombres châteaux où les seigneurs du
temps traînaient leurs ennuis dans l'intervalle des guerres,
quelque incessantes qu'elles fussent, et de la chasse qui ne
peut se faire en toutesaison ! Quoi de plus naturel alors que
les rixes, les meurtres résultant de ce jeu, dont fourmillent
les chansons de Gestes? Chariot, fils de Charlemagne, tue
Beaudoin avec un échiquier, c'est par là que débute l'im-
mense poëme d'Ogier le Danois; Charlemagne joue aux

;
Échecs le royaume de France avec Garin; Thiébault blesse
mortellement son neveu d'un coup d'échiquier Renaud de
Montauban tue, avec la même arme, Berthelot, neveu de
l'empereur, etc.
Les auteurs des chansons de Gestes ne présentent pas
toujours les Echecs comme une occasion de verser du sang,
ils en tirent aussi de douces et de gracieuses inspirations.

:
Il n'est guère de sujet romanesque qui ait égalé dans sa po-
pularité les amours de Tristan et d'Yseult un jour qu'ils
faisaient une partie d'Échecs, ils s'échauffèrent tellement

;
qu'ils eurent soif; ils burent par hasard du vin herbé, com-
posé exprès pour donner de l'amour de là toutes leurs pei-

;
nes et toutes leurs fautes. On a peu de renseignements
historiques sur le héros de ce roman on sait seulement que
Tristan, fils de Tallwih, capitaine célèbre vers le milieu du

;
sixième siècle, était neveu de March ouMerchion, et l'un
des trois compeers de la cour d'Arthus il vécut dans le
Léonnois, petite province (depuis principaulé de Léon), à
l'extrémité de la côte de notre Bretagne. Ce récit a dû exis-
ter de temps immémorial, sous la forme de chanson, dans

;
les pays de Galles et de Cornouailles; il pénétra jusqu'en
Irlande et en Suède on connaît sept versions en diffé-
rentes langues d'un original perdu, sans doute, pour tou-
jours.
Ogier, dans sa prison, se distrait en jouant aux Échecs
avec l'archevêque Turpin:
Ëschiès li livre por soi esbanoier:
Li arcevesques juoit as chevaliers,
Si l'ensignoitli bons D,mois Ogiers
Car mult savait d'escès et des tabliers (1).

Sans doute les poëtes ont embelli, étendu et travesti cos


récits, mais il nous paraît impossible qu'ils les aient tous
inventés. Appuyés par les preuves collatérales que nous
avons fournies, ils nous paraissent établir d'une manière
incontestable que le jeu des Échecs était réellement bien
connu en France sous Pépin et sous Charlemagne; qu'il
était le délassement des personnages de la cour; qu'il a été
chanté par les ménestrelsdu temps, et que c'est sur ces récits
qu'on a vu leurs successeurs broder les versions que nous
connaissons d'Ogier le Danois, de Gharin le Loherain et
de tant d'autres.
Nous allons donner à nos lecteurs le résumé d'un de ces
naïfs récits, tiré d'un poëme écrit, selon toutes les appa-
rences, dans la première partie du treizième siècle, et
qui est conservé parmi les manuscrits de la Bibliothèque
impériale.
« Garin, fils du duc d'Aquitaine, quitte ses États, se
présente devant Charlemagne et demande à faire ses pre-
mières armes à côté de ses barons. Charlemagne le retient
à son service, et bientôt les nobles façons, le courage et la
bonne mine de l'étranger lui gagnent l'estime des hommes
et le cœur des femmes de la cour de France. Mais entre

ses sentiments :
toutes, c'est l'Impératrice qui se laisse le plus entraîner par
oubliant tous sesdevoirs, elle ose un jour
se présenter devant Garin et lui faire l'aveu de sa passion.
Nouveau Joseph, Garin se défend et s'enfuit, laissant son
manteau entre les mains de l'Impératrice. Charlemagne

;
arrive sur ces entrefaites et demande la cause du désordre
dont il voit les traces son épouse ne cherche pas, comme
la femme de Putiphar, à nier ses torts ni à les rejeter sur

complet de son amour Il :


Garin; elle fait au contraire l'aveu le plus naïf et le plus
Partout, dit-elle, je vois Garin,

(1) Vers 9,700e du Poëme d'Ogier de Danemarche.


partout son souvenir me poursuit; toutefois, gardez-vous de
l'accuser, c'est le plus fidèle et le plus loyal de vos barons
je lui ai découvert ma pensée, il m'a grandement blâmée.
;
Que tardez-vous donc maintenant? Privez-moi de la lumière
du jour, faites-moi brûler vive ou précipiter dans la mer, je
l'ai mille fois mérité. » La dame se jette, en disant ces mots,
aux pieds de Charlemagne, qui, le front rembruni, se retire
sans proférer une seule parole. Trois jours se passent, Garin
ne se présente plus à la cour, des amis l'avaient averti de la
colère de l'Empereur et du danger qu'il courait. Enfin, le

;
quatrième jour Charlemagne l'ayant expressément mandé,
Garin se rend au palais mais il a le soin de se faire accom-
pagner de ses parents et de ses amis portant des armes
cachées sous leurs vêtements. « Garin ! s'écrie Charlemagne,
d'où venez-vous et pourquoi avez-vous tant tardé? — Sire,
répond Garin, nous sommes restés à mon hôtel, nous y
avons joué aux Tables et aux Échecs. — Aux Échecs, re-
prend Charlemagne? Or, sus, que nous jouions encore en-
semble; nous jouerons aux conditions que je vais dire
d'abord je jurerai sur les reliques des saints que, si tu
:
je
parviens à me mater,

à l'exception de mes armes ;


mes trésors, ma femme et mon royaume de France tout. ;
t'abandonne tout ce que je possède

mais si j'ai l'avantage, je te le


dis en vérité, sur-le-champ je te fais trancher la tête. »
Le poëte décrit ensuite la partie de Garin et de l'Empe-

;
reur avec toutes ses vicissitudes. L'avantage est tantôt à l'un,
tantôt à l'autre à la fin toutefois, la victoire de Garin paraît
assurée, encore un coup, et le mat sera prononcé. Heureu-
sement Garin regarde son adversaire, il le voit sombre et
-fi
abattu, il en a compassion:
;
Sire Roi, lui dit-il, laissons
là notre jeu, nous y avons donné trop de temps à Dieu ne

faire comme il vous plaira. »


:
plaise qu'on me reproche de vous avoir maté de mon plein
gré. » Lors l'Empereur répliqua «
Garin, vous en devez
— Mais Garin en voyant l'hu-
milité de l'Empereur ne put retenir ses larmes.
— « Moi,
vous deshériter, ô mon Seigneur, vous enlever votre cou-
ronne! Oh ! que jamais cela ne puisse être dit à la honte du
père qui me nourrit, de ipes parents et de tous mes amis î
:
Tort avez-vous eu, je pense, en souhaitant mon malheur et
en pensant à me donner la mort je ne l'avais pas méritée;
et s'il arrive qu'une femme ait dans l'esprit quelque folle
pensée, faut-il s'en étonner, s'en émouvoir et prendre pour
elle ses meilleurs amis en haine? Je vous le dis, Sire Em-

femme qui peut éloigner de moi votre affection ;


pereur, tort vous eûtes et tort vous me fîtes. Maudite la
celle de notre premier père qui donna l'exemple du mal
maudite
à
toutes les autres! Mais pour que vous sachiez réellement
que je n'eus envers vous aucun tort, écoutez, Sire Roi, ce
que j'aurai à vous proposer. Devers l'Aquitaine et tandis
que vous passez ici les jours à jouer et à demander l'amour
des femmes, les félons Sarrasins dévastent les champs et
pillent les églises; au milieu de leur camp est un château
le plus haut et le plus fort du monde, il a nom Monglave;

; ;
Jules César l'a bâti les Sarrasins l'ont fortifié de nouvelles
tours accordez-moi la seigneurie de Monglave si je par-
viens à la ravir aux félons ennemis de Dieu; aussitôt je
quitterai votre cour et la douce France, où vous séjournez
à loisir; seul j'irai demander un héritage à la race maudite
des adorateurs de Mahom, de Jupiter et de Tergavant. »
Charlemagne octroya la demande de Garin; la pointe du
jour suivant le vit partir, et quelques mois plus tard Garin

!
s'écriait sur la plus haute tour de Monglave, «Monljoie!
Montjoie! l'enseigne Saint-Denis »
Nous venons d'exposer les raisons qui peuvent faire croire
que le jeu des Échecs
@
a dû se propager en France parla voie
de Constantinople. Nous ne devons pas passer sous silence
une autre voie, les Sarrasins d'Espagne, par laquelle la con-
naissance en a pu pénétrer également.
Nous avons vu que du temps de Mahomet, les Échecs
étaient connus des Arabes. Cette nation étendit ses con-
quêtes, comme chacun sait, tout le long de la côte septen-
trionale de l'Afrique, et enfin, vers 711, elle passa en
Espagne sous son chef Tarie, par la montagne (Djebel-
Taric), qui a conservé son nom jusqu'à nos jours ( Gibral-
tar) —En 718 ils avaient déjà conquis toute l'Espagne et
ils passèrent dans la Gaule, dont ils se rendirent maîtres
jusqu'à la Loire d'une part et jusqu'au Rhône de l'autre.
Eudes, duc d'Aquitaine, après leur avoir d'abord résisté,
iinit par s'allier avec eux et donna sa fille en mariage à un
de leurs chefs. Pendant douze ans les Sarrasins vécurent
dans la plus grande intimité avec les Français, et il se pour-
iait bien que le jeu des Échecs ait été introduit par eux à la
cour d'Aquitaine, d'où il aura pu se propager à celle de

hypothèse ;
Pépin. Nous n'avons aucun document à l'appui de cette
toutefois, la facilité avec laquelle la connaissance
en a pu arriver par cette voie, fortifie la présomption
qu'elle était connue à la cour de Pépin, comme nous en
avonsla presque certitude d'après d'autres indices.
Nous sommes disposé à penser que c'est à peu près à la
même époque et par les mêmes voies que la connaissance en
a pénétré en Scandinavie, d'où elle s'est propagée en An-
gleterre, en Irlande, dans les îles Orcades et jusqu'en
Islande. Il en est fait mention dans de très-anciennes chro-
niques scandiiiaves, et dans l'une d'elles, citée par Twiss,
nous lisons que Drofen, surnommé le Géant, père nour-
ricier de Harold Harfagra, c'est-à-dire aux beaux che-
veux, ayant eu avis des prouesses de son pupille, alors roi
de Nonvége (vers 890), lui envoya entre autres riches pré-

;
sents un magnifique échiquier. C'est par les Danois qu'il
paraît avoir été apporté en Angleterre Gaimar, qui écrivait
il est vrai vers 1150, en parlant de la mission d'Edelworth,
envoyé par le roi Edgar (1) au château du comte Orgar dans
le Devonshire, pour s'assurer de la vérité de ce que l'on
disait sur la beauté de la fille de ce seigneur, dit :

Orgar juout à un esches


Un geu k'il aprest des Daneis.

Nous ne voyons pas de motif de douter de l'assertion de


Gaimar, et il est probable que les Échecs furent introduits
en Angleterre sous Alhelstane, entre 925 et 9AO. Ce prince
visita la Norwége et entretenait des relations d'amitié avec
Harold Harfagra, dont le fils fut élevé à la cour du roi anglo-

(1)LeroiEigarAthelinrégnade958à975.
saxon. Cette cour, élégante et polie, était le rendez-vous
d'une foule de princes. Le roi de France Louis d'Outre-mer
y fut élevé, et c'èst de cette circonstance qu'il tira le surnom
qui lui est resté. Une des filles d'Athelstane épousa le fils do
Henri, empereur d'Allemagne; une autre épousa Louis,
duc d'Aquitaine; il s'établit de cette façon de telles relations
entre la cour d'Angleterre et les divers États du continent
européen, qu'il est impossible d'admettre que le jeu des
Échecs ait été connu chez les uns sans qu'il se fût propagu
chez les autres.
La tradition rapporte que Guillaume, duc de Normandie,
surnommé le Conquérant, savait jouer aux Échecs, et d'après
Wace, ce jeu était fort pratiqué à la cour de son père Robert
(1029-1035). Le même écrivain attribue une grande habi-
leté pour les Échecs à Richard 1er, fils de Guillaume Longue-
Épée, bisaïeul du Conquérant (942-996). Plusieurs chro-
niqueurs mentionnent expressément que le roi Canut 1er
(1017) savait y jouer. L'un d'eux rapporte à ce sujet l'anec-
dote suivante: «Comme le roi Canut et le comte Ulf jouaient
aux Echecs, le roi fit faire un faux mouvement à l'une do
ses pièces, coup à la suite duquel le comte prit un de ses
Cavaliers; le roi, ne voulant pasle lui permettre et remettant
la pièce, insista pour jouer autrement; le comte s'étant mis
en colère, renversa l'Échiquieret
: : se leva pour s'en aliçr;
alors le roilui cria « Poltron d'Ulf, est-ce que tu fuis? »
Le comte se retourna et dit « Tu aurais fui plus loin dans

;
la rivière de l'Helga, si je n'étais accouru à ton secours lors-
que les Suédois te battaient comme un chien alors tu no
m'appelais pas poltron! » Puis il s'en alla, et le lendemain
le roi le fit mourir. »
Nous voici revenus au onzième siècle, d'où nous étions
partis pour essayer de retrouver, malgré l'incertitude des
traditions et l'obscurité des documents, les traces de la pre-
mière apparition du jeu des Échecs chez les peuples do
l'Europe. A partir de ce moment toute difficulté cesse, et
des documents authentiques attestent qu'il y fut générale-
ment pratiqué. Nous allons en tirer quelques anecdotes qui
pourront intéresser nos lecteurs:
A la fin de son règne, Guillaume, le conquérant de l'An-
gleterre, nomma ses deux fils, Robert et Henri, gouverneurs
de la Normandie. Ces deux princes étant en visite chez le
roi de France, Henri joua aux Échecs avec le fils aîné du
roi, celui qui fut connu plus tard sous le nom de Louis le
Gros: « Et une fois entre autres, dit le chroniqueur, Loys
ioua aux Échecs après disner au dit Henri, lequel fist mat
le dit Loys et de grât despit qu'il eust appela ledit Henry,
fils de bastard, et lui jeta des eschetz au visage. Henry leua
leschiquier et en ferisLoys tant qu'il le fist seigner etl'eust
occis ni neust este Robert qui soubvint. »
Ce fut à ce même Louis le Gros qu'arriva l'aventure sui-
vante, racontée par plusieurs historiens. Dans une bataille

;
centre les Anglais, en 1117, le roi se trouva un instant en-

:
veloppé par l'ennemi un chevalier anglais se jeta à la bride
de son cheval pour le faire prisonnier, en s'écriant « Le
Roi est pris! » Mais Louis le renversa d'un coup de masse,
:
en répondant uNesais-tu pas qu'aux Échecs on ne prend
pas le Roi ? »
Les curieux peuvent consulter Olivier de La Marche
(Mem. Mich. et Pouj t. 3, p. 320). où ils trouveront les
trois circonstances qui, selon lui, ont fait donner à Philippe
de France, fils de saint Louis, le surnom de Hardi. L'une

:
des trois eut lieu à la suite d'une partie d'Échecs.
La passion de ce jeu gagna les ecclésiastiques en 1125
l'évêque Guy se vit contraint de menacer d'excommunication
les prêtres et les religieux du Mans, qui s'assemblaient dans

;
le cimetière, posaient des échiquiers sur les tombes, et pas-
saient des journées à y jouer Saint Rernard défendit les
Échecs aux templiers; Eudes de Sully, évêque de Paris,

;
mort en 1208, ne souffrait même pas que ses clercs eussent
chez eux un échiquier le Concile de Paris, en 1212, com-

une ordonnance de 1254 :


prit les Échecs dans ses prohibitions; et Louis IX dit dans
«Que nul ne jeue aux dez, aux
tables, ne aux eschets. » On trouve dans le recueil des
lois anglaises une loi rendue la troisième année du règne
d'Édouard IV (146h\, qui prohibe l'introduction en Angle-
terre de ciseaux, de rasoirs, de peignes, de patins, de cartes
à jouer et de jeux d'échecs; les erreurs et les préjugés se
ressemblent tellement dans tous les temps, qu'on a fait
passer probablement cette loi dans le but de protéger le
travail national et de sauvegarder les bonnes mœurs.
Toutes ces prohibitions n'empêchèrent pas les Échecs de
se propager. Si nous devons en croire les Bollandistes, non-
seulement les saints ne dédaignaient pas ce jeu, mais Dieu
lui-même s'en sert pour de saintes fins.
« Au couvent d'Essen, » disent-ils, « fut élevée Malhilde,
nièce, fille et sœur de trois empereurs. Dans ce temps il y
avait à la cour d'Othon III, frère de Mathilde, un jeune

;
homme appelé Erenfrido, prince il est vrai, mais inférieur
en rang à Mathilde malgré la distance, ces deux person-
nages méritaient d'être unis en mariage, à cause de la
sainteté de leur vie et de la pureté de leurs mœurs; mais

dit Notre Seigneur Dieu;


qui comblera l'inégalité de leur naissance? Je la comblerai,
:
et voici comment il le fit Othon
vit Erenfrido et l'invita à jouer aux Échecs. « Sire, répondit
le Prince, je ne suis qu'un écolier et votre Majesté est un
maître; comment puis-je faire autrement que de perdre1
- Je veux que vous jouiez, reprit l'Empereur
: » : ils se
mirent donc devant un Échiquier, et Othon dit a Celui qui
gagnera trois fois, demandera ce qu'il voudra et l'autre sera
tenu de le lui accorder.,,Ereiift-ido se recommanda à Dieu, et
bientôt fit mat son adversaire. Ils jouèrent une seconde fois,
et la seconde fois encore il fut vainqueur. L'empereur ap-
pliqua toute son attention à la troisième partie, mais il la
:
perdit également. Alors Othon dit a Vous avez quelque
juste demande à me faire que Dieu veut que j'accorde, car
il vous a donné trois fois la victoire; parlez donc. »

«
Hardie vous paraîtra ma demande, répondit Erenfrido;
mais Dieu qui m'a donné la victoire, m'inspire à vous de-
mander votre sœur en mariage. » L'Empereur hésita un
instant; mais, réfléchissant aux bonnes qualités d'Erenfrido,
il lui promit son assistance et persuada à la mère de Mathilde
qu'elle devait y consentir. Jamais le monde ne vit union
plus heureuse; il en naquit trois fils et sept filles, qui,
à leur tour, donnèrent naissance à une suite de princes les-
quels, ainsi que leurs parents, furent honorés comme des
saints»
Sans doute Erenfrido ne joua pas aux Échecs avec sa
femme, car en ménage ce jeu a de graves inconvénients
Ferrand, comte de Flandre, ayant été fait prisonnier par
:
Philippe-Auguste à la bataille de Bouvines, sa femme, qui

:
aurait pu obtenir sa liberté, le laissa longtemps languir en
prison «
Ils se détestaient, dit la chronique, et leur haine
venait de ce qu'ils jouaient aux Échecs ensemble. Le mari
ne pouvait pardonner à sa femme de le gagner toujours, et
la femme ne put jamais se résoudre à se laisser gagner une
partie. »
Au quatorzième siècle le goût de moraliser sur toutes
sortes de sujets devint général, et les Échecs en offraient
une occasion qu'on se garda bien de négliger. Nos lecteurs
ne seront pas fâchés probablement de trouver ici un échan-
tillon d'une de ces moralités si en vogue alors, d'autant plus
que celle-ci n'est pas remarquable seulement en ce que le
jeu des Échecs en fait le sujet, mais elle l'est aussi par la
liberté avec laquelle l'auteur, homme d'église, parle des
abus qui s'étaient introduits dans l'Église, et qui, un siècle
plus tard, devaient donner naissance à la réforme de Luther.
Cette pièce, qu'on a faussement attribuée au pape Inno-
cent VU (1404), paraît avoir été écrite par un moine du
nom d'Innocent, vers l'an 1400 :
« Le
monde, dit-il, ressemble à un Échiquier dont les
cases sont alternativement blanches et noires, pour figurer
les deux états de la vie et de la mort, de la grâce et du pé-
ché. Les pièces de cet échiquier sont comme les hommes;
ils sortent tous d'un même sac et sont placés dans différents
états pendant leur vie; leurs noms aussi sont différents
l'un est appelé Roi, l'autre Reine, le troisième Roc, le
:
quatrième Chevalier, le cinquième Alphin, le sixième Pion.
Ce jeu est de telle sorte qu'une pièce en prend une autre ;
;
et quand le jeu est fini, elles sont toutes déposées ensemble
dans le même lieu, de même que l'homme et il n'y a au-
cune différence entre le Roi et le pauvre Pion, car il arrive
souvent, lorsque les pièces sont jetéesdans le sac, que le
Roi setrouve au fond; et ainsi se trouveront plusieurs des
grands de ce monde lorsqu'ils passeront dans l'autre. Dans
ce jeu, le Roi se porte dans toutes les cases qui l'avoisinent
et prend tout en ligne directe, ce qui indique que le roi ne
doit pas négliger de faire justice à tous selon le droit; car, de
quelque manière qu'agisse un roi, on le tient pour juste, et
ce qui plaît au souverain a force de loi. La Dame, que nous
appelons Fers, marche et prend, en suivant une ligne obli-
que, parce que les femmes étant naturellement avares, pren-
nent tout ce qu'elles peuvent, et étant souvent sans mérite ni
grâce, sont coupables de rapines et d'injustices. Le Roc est un
juge qui parcourt tout le pays en ligne directe et ne doit rien
prend re d'une manière oblique, par cadeaux ou présents,
ni épargner personne, sinon il vérifie la parole d'Amos:
« Vous avez changé la justice en fiel, et le fruit de la droi-
ture en ciguë. » Le chevalier, en prenant, fait un pas
en ligne directe et un autre en ligne oblique, ce qui indique
que les seigneurs peuvent prendre justement les redevances
qui leur sont dues et des amendes équitables de ceux qui
;
les ont encourues suivant l'exigence des cas leur troisième
case étant oblique signifie la conduite de ceux d'entre eux
qui agissent injustement. Le pauvre Pion, dans sa simpli-
;
cité, marche droit devant lui mais lorsqu'il prend, il le

;
fait obliquement; ainsi l'homme, pendant qu'il reste pauvre
et content, marche dans la droiture'et vit honnêtement mais
lorsqu'il recherche les honneurs temporels, il flatte, il
rampe, il se parjure et se pousse par les voies obliques afin
d'atteindre à une position supérieure sur l'échiquier de ce
monde. Quand le Pion est arrivé à la dernière limite de sa
carrière, il se change en Fers, de la même manière que
l'homme, de pauvre et soumis, devient riche et insolent.
Les Alphins sontles divers prélats de l'Église, papes, arche-
vêques et évêques, qui sont élevés à leurs sièges moins par
l'inspiration de Dieu que par l'autorité royale, le crédit, la
brigue et l'argent comptant. Ces Alphins se meuvent et font
trois pas obliquement pour prendre, car il n'y a que trop

:
de prélats dont l'esprit est perverti par l'amour, la haine ou
l'intérêt de sorte qu'au lieu de reprendre les coupables et
de sévir contre les criminels, ils les absolvent de leurs pé-
chés; et ainsi, ceux qui auraient dû détruire le vice sont de-
venus, par avarice, les suppôts du vice et les avocats du

;
démon. Dans ce jeu des Échecs, le diable dit échec lorsqu'il
insulte quelqu'un et le frappe du dard du péché et si celui
qui est ainsi frappé ne peut aussitôt se libérer, le diable,
répétant le coup, lui dit mat et emporte son âme dans la
prison d'où ni l'amour ni l'argent ne peuvent le délivrer,
car de l'enfer il n'y a pas de rédemption; et ainsi que le
chasseur a des chiens divers pour chasser les divers gibiers,
ainsi le démon et le monde ont des vices de différentes es-
pèces pour séduire les hommes, et tous succombent à la
luxure, à la vanité ou à l'intempérance.»

;
Le goût de moraliser sur le jeu des Échecs ne fut pas de
courte durée car plus de deux siècles après la pièce que
nous venons de citer, on lit encore dans Étienne Pasquier
(Recherches de la France, 1633) : — « Certes, quiconque
fut inventeur de ce jeu, je le vous pleuuirai pour très grand
philosophe, je veux dire pour un personnage, lequel sous
cet ebat d'esprit a représenté la vraye image et pourtraiture
de la conduite des roys. »
«
Il y a un Roy et une Dame assistez de deux Fois qui
ont leur route de travers, et après eux deux Chevaliers, et
au bout de leurs rangs, deux Rocs que l'on appelle autrement
Tours. »
«
Devant eux il y a huit Pions, qui sont pour applanir la
voye comme enfans perdus. Que voulut nous représenter ce
philosophe? Premièrement, quant aux Fois, que ceux qui

les plus sages, ains ceux qui sçavent mieux plaisanter ;


approchent le plus près des Roys ne sont pas ordinairement

néantmoins combien que les Chevaliers ne soient pas quel-


et

quefois les plus proches des Roys, si est-ce que tout ainsi
que les Chevaliers au jeu des Eschecs, donnant par leur
saut Echec au Roy, il est contraint de changer de place.
Aussy n'y a-t-il rien qu'un roy doive tant craindre en son
estât que la révolte de sa noblesse, d'autant que celle du
menu peuple se peut aisément estouffer, mais en l'autre il y
va ordinairement du changement de l'Estat.
« Quant aux Tours, ce sont les villes fortes qui servent
à un besoin de dernière retraite pour la conservation du
royaume.
a Il vous représente un
Roy qui ne démarche que d'un
pas, pendant que toutes les autres pièces se mettent tant sur
l'offensive que deffensive pour lui, afin de nous enseigner
que ce n'est point un Roy, de la vie duquel dépend le repos
;
de tous ses sujets, de s'exposer à toutes heures aux hazards
des coups, comme un capitaine ou simple soldat voire que
sa conserualion luy permet de faire un saut extraordinaire
de sa cellule en celle de la Tour, comme en une place forte
et tenable contre les assauts de son ennemy.
«
Mais surtout faut ici peser le privilège qu'il donna à la
Dame de pouuoir prendre tantost la voye des Fols, tantost
celle des Tours. Car pour bien dire il n'y a rien qui ait tant
d'authorité sur les Roys que les Dames dont ils ne sont hon-
teux de se publier seruiteurs : je n'entens pas de celles qui
leur sont conjointes par mariage, mais des autres dont ils
s'enamourent. Et pour cette cause je suis d'auis que celui
qui appelle cette pièce Dame, non Royne dit le mieux. D
On cite à partir de ce moment, une foule d'amateurs
d'Échecs, illustres par leurs noms ou leur haute position
tels sont Charles-Quint, Philippe II, Louis XIII,CharJes Ier
;
d'Angleterre, Frédéric II, etc.
Lorsque Jean, électeur de Saxe, prisonnier, fut condamné
à mort par Charles-Quint, on raconte qu'au moment où la

avec Ernest de Brunswick, son compagnon de captivité il


s'arrêta un instant pour écouter; puis, sans manifester ni
;
sentence lui fut notifiée, il était occupé à jouer aux Échecs

l'Empereur et ajouta
desseins
:
crainte ni surprise, il dit quelques mots sur l'injustice de

;; « Il est facile de comprendre ses


je meurs parce que Wittemberg ne veut pas se
rendre mais je mourrai avec joie si je puis, par ce sacrifice,
conserver l'honneur de ma maison et transmettre à mes
successeurs l'héritage auxquels ils ont droit. Je prie Dieu
que cette sentence ne trouble pas ma femme et mes enfants,
plus qu'elle ne m'intimide moi-même; ils ne pourraient
vouloir que, pour ajouter peu de jours à une vie déjà trop
longue, je renonçasse à des honneurs el à des possessions
auxquels ils ont"droit par leur naissance. »
Après avoir
ainsi parlé il se remit au jeu et voulut terminer la partie
qu'il gagna avec son talent ordinaire; ensuite il se retira
pour se livrer à des exercices religieux. Nous sommes heu-
reux de pouvoir ajouter que ce prince intrépide ne fut pas
exécuté et que Charles-Quint le remit en liberté quelque
temps après.
On rapporte une anecdote à peu près semblable de l'in-
fortuné Conradin, décapité à Naples à l'âge de seize ans,
qui jouait aux Échecs avec son cousin le duc d'Autriche, au
moment où il reçut la nouvelle de sa condamnation. Fisch-
bein a fait pour le prince de Saxe-Gotha un tableau qui
représente cette triste scène (1).
On lit dans les amusantes lettres de la duchesse d'Or-
léans (mère du Régent) : « La première Dauphine avaitun
page de douze à treize ans, fils d'un maître d'hôtel de quar-
tier, qui était supérieur aux joueurs les plus habiles "aux
Échecs. Feu M. le Prince fit une partie un jour avec lui et
croyait gagner, mais ce fut le page qui remporta la victoire.
Quand le Prince vit qu'il était échec et mat, il se mit dans
un tel transport qu'il saisit sa perruque et la jeta à latête
de ce petit garçon. »
J.-J. Rousseau,' qui triomphait sans cesse dans ses luttes
avec le prince de Conti, l'apaisa en disant «Monseigneur,
je vous estime trop pour ne pas vous gagner toujours aux
Échecs.
»
La stratégie des Échecs plaisait à Napoléon. Son goût
pour le noble jeu était partagé par Berthier, Murât, Junot,

:
Ney, le duc de Bassano; ce dernier l'a apprécié dans les
termes suivants « L'Empereur ne commençait pas adroite-
ment une partie d'Échecs; dès le début il perdait souvent
Pièces et Pions, désavantage dont n'osaient profiter ses
adversaires. Ce n'était qu'au milieu de la partie que la

;
bonne inspiration arrivait. La mêlée des pièces illuminait
son intelligence il voyait au delà de trois àquatre coups
et mettait en œuvre de belles et savantes combinaisons. »
(1) Memorie per le Belle Arte. Rome, 1785, in-4°.
Hélas ! combien la servilité de tout ce qui approchait
!
Napoléon se laisse voir dans ce récit Ne trouvant au-
tour de lui que soumission ou flatterie, ce beau génie se
laissa entraîner dans de folles entreprises, suivies des ca-
tastrophes qu'elles méritaient. Heureux les souverains qui
trouvent dans l'indépendance de leurs ministres, dans les
lois et surtout dans la liberté des institutions de leurs États,
un frein salutaire qui leur sert souvent de soutien. S'ils jet-
tent moins d'éclat dans le monde, ils ne sacrifient pas aux
enivrements de la gloire la vie et le bonheur de leurs sujets.
CHAPITRE TROISIÈME.

-
Traités arabes sur les Échecs. Talent de jouer sans voir l'échiquier. —
Origine du nom de Shah-Rukh donné au fils de Tamerlan. — Ouvrages
sur les Échecs de Gessolles (vers 1316), Vicent et Lucena (1495-8), Da-
- -
miano (1512), etc. Ruy-Lipcz. — Il Puttino. Philippe 11. — Histoire
de Strobeck, le village des Échecs/— Biographie de Philidor, — Joueurs

multanément par lui, sans voirles échiquiers, à Birmingham. -jîuit


contemporains. — Biographie de Paul Morphy. — Huit parties jouées si-
parties jouées par lui au café de la Régence de Paris, dans les mêmes
conditions.

A peine le jeu des Échecs fut-il répandu chez les Arabes,


;
que l'on vit paraître des traités sur ce jeu le plus ancien
dont on ait connaissance eut pour auteur Abul-Abbàs, mort
à Bagdad en 899. Il fut bientôt suivi par Al-Souli, le Phi-
lidor arabe, qui écrivit aussi un traité sur les Échecs et qui
pouvait jouer plusieurs parties à la fois, sans voir l'échiquier.]
Ces deux ouvrages sont souvent cités par les auteurs arabes
,
postérieurs. On en a retrouvé des extraits dans deux ma-
nuscrits qui existaient il y a fort peu de temps encore dans
la bibliothèque du Dr Lée, en Angleterre, mais qui mal-
heureusement paraissent avoir été égarés ou perdus. Le
nom de Souli devint populaire, et sa réputation fut telle,
qu'encore aujourd'hui le plus grand compliment que puisse
faire un Arabe à un joueur d'Échecs, est de l'appeler un
Souli.
Le talent de jouer sans regarder l'échiquier s'est mani-
festé, comme l'on voit, dès les premiers temps de la propa-
;
gation du jeu des auteurs arabes assurent que non-seule-
ment les compagnons du prophète jouaient aux Échecs,
mais que quelques-uns d'entre eux pouvaient jouer « par
derrière » c'est-à-dire sans voir l'échiquier.
On peut trouver dans l'histoire des Echecs du Dr Forbes,
les noms de plusieurs de ces anciens héros de l'Échiquier,
ainsi que des problèmes composés par eux dont quelques-
uns se sont présentés, disent-ils, en jouant. Leurs écrits
furent une mine où probablement les anciens auteurs

;
Vicent et Lucéna, Espagnols, et le Portugais Damiano, ont
largement puisé nous donnons un problème tiré de l'un de
ces vieux maîtres, qu'on croyait de Damiano, mais qui a
été composé et publié plus de trois cents ans avant sa nais-
sance. (Prob. n°2).
Giovanni Villani rapporte dans son histoire de Florence,
qu'en 1266 on vit un Sarrasin, qui fit au palais du Peuple,
en présence du comte Novello, trois
:
parties d'Échecs à la
fois, contre les meilleurs joueurs de Florence il jouait une
des parties avec un échiquier devant lui et les deux autres
sans le secours de l'échiquier; deux des parties furent ga-
gnées par lui et la troisième fut remise.
Le jeu des Échecs était le délassement favori du célèbre
Timour-Leng (Tamerlan), et c'est de ce jeu que son qua-
trième fils tira son nom. On raconte que Timour jouait aux
Échecs et venait de donner à son adversaire l'espèce d'échec
appelé Shah-Rukh par les Orientaux, ce qui lui assurait la
victoire, lorsqu'au moment même son chambellan vint lui
annoncer la naissance de ce fils. Les courtisans ne man-
quèrent pas de le féliciter sur l'heureux présage que présen-
tait une telle coïncidence, et il fut décidé que le jeune prince
s'appellerait Shah-Rukh, nom sous lequel il est connu dans
l'histoire.
Le plus célèbre joueur de ce temps-là était Ali, surnommé
Shatranji, qui jouait souvent sans voir l'échiquier.
Le souvenir de ces anciennes prouesses était complète-
ment perdu lorsque Philidor les renouvela au dix-huitième
siècle; on crut voir alors un phénomène entièrement nou-
veau; cette circonstance explique les transports et l'étonne-
ment excités par ses succès dans cet art difficile.
Le plus ancien ouvrage composé en Europe sur les Échecs
est remarquable à beaucoup d'égards; il a pour titre
Çfssol (Jacob) geu de Thessalonica. lncipit solatium ludi
:
Schaccorum scilicet regiminis ac moram hominum et olfi-
ciorum virorum nobilium, etc. On avait fait remonter la
composition de ce livre vers l'an 1290; mais d'après M. Le-
ber (Bull. du Bibliophile, août 1837) il serait d'une date
beaucoup plus récente: « J'ai examiné, dit-il, tous les ma-
nuscrits latins et tous les manuscrits français de cet ouvrage,
conservés dans la Bibliothèque du roi, et voici l'opinion que

:
cet examen me porte à regarder comme l'expression de la
vérité Peu de temps après la publication du fameux livre
De regimine principium de Gilles de Rome, mort en 1316,
un dominicain, nommé Jacques de Cessoles, ayant attenti-
vement lu cet ouvrage, s'avisa d'appliquer aux pièces du jeu
d'Échecs, les instructions faites aux personnes de toutes les
classes par le célèbre Archevêque de Bourges. Il prit un
jour pour texte de son sermon le rapport qu'il était facile
d'établir entre les rois, les ministres, les nobles, les prêtres,
les magistrats et les gens du peuple, et le Roi, la Reine, le
Chevalier, le Pion, etc.; de là ressortaient des enseigne-
ments qui, sans doute, obligèrent le prédicateur à partager
ses parallèles en plusieurs discours; on lui fit de grands
compliments du procédé, on lui demanda de l'écrire, et
bientôt après deux auteurs français, Jean de Yignay et Jean
Ferron, traduisirent le long sermon de Jacques de Cessoles.
Ces deux traductions nous ont été conservées. La première
fut certainement exécutée de 1318 à 1350. a
La 'première édition du traité latin, qui est extrêmement
rare, forme un petit in-folio de trente-neuf feuillets im-
primées sans chiffres, réclames ni signature, à longues lignes,
au nombre de trente-deux sur les pages entières, avec les
caractères dont Nie. Ketelaer et Gérard de Leempt se ser-
vaient à Utrecht, en 1473. Ce livre fut traduit en anglais
par Caxton et imprimé par lui en 1474. Cette traduction,
très-rare également, est fort connue des bibliomanes comme
étant le second livre qui ait été imprimé en Angleterre, et
lepremier pour l'impression duquel on ait employé des ca-
ractères de métal (1).

(1) Quelques auteurs prétendent que le premier livre imprimé par Cax-
Le plus ancien traité proprement dit sur les Échecs qui
fut publié en Europe, parait être le livre espagnol intitulé :
JÂbredeljochs partitis ciel Scachs enombre de 100,pcr
Francesch Vicent, imprimé à Valence avec la date du 15
mai 1495. Il est douteux qu'un seul exemplaire de ce livre
soit parvenu jusqu'à nous. On dit que le seul exemplaire
connu a péri dans l'incendie du couvent de Monserrat, près
de Barcelone, en 1834.
Vers la même époque on a imprimé également en Es-
pagne un volume, petit in-folio, de 237 pages, intitulé :
Repeticion de Anzores y
arte deaxedres con CL. juegos
de Partido, par Lucena. Cet ouvrage est excessivement
rare ; il en existe cependant un exemplaire au Musée Bri-
tanique et un autre dans la Bibliothèque de Rio di Janeiro,

;
où il a £té retrouvé récemment par M. Heydebrand von
derLaza. Ce livre est sans date mais comme il est dédié au
prince Jean, fils de Ferdinand eûTIsabelle, et que ce prince
est mort en 1498, M.. Heydebrand pense qu'ilest postérieur
à l'ouvrage de Yicent (1).

en italien, le célèbre traité de Damiano :


En 1512, fut publié pour la première fois en espagnol et
Libro da impa-

;
«

rare giocare a Scacchi, etc., » il contient plusieurs ouver-


tures et une belle collection de problèmes une de ces ou-
vertures, quoique déjà donnée par Lucena, conserve encore
aujourd'hui le nom de Gomito ou Gambit de Damiano.
Pendant bien longtemps le traité de Damiano fut considéré
avec raison comme le meilleur que l'on connût sur les
Echecs, ce qui donna sans doute lieu au plagiat effronté
de D. Antonio Porta, qui, sans y ajouter unesyllabe,
le réimprima deux fois sous son propre nom, en 1606 et
en 1618.

:
ton « »,
Recueil des Histoires de Troye
;
traductioft anglaise, fut imprimé
à Cologne en 1472, avant qu'il en vînt s'établir en Angleterre quoi qu'il ne
soit, la rareté de ce volume est telle, qu'un exemplaire fut payé 26,500 fr.
à la vente du duc de Roxburgh.
(1) Ce traité de Lucena vient d'être réimprimé par l'infatigable Heyde-
brand,(dans son ouvrage intitulé:«Berlinei, Sclwch-Erinnerungen nebst
;
den spielen des Greco und Lucena. Vom herausgeber des Il Von Bilguers-
chen Handbuclls. a Leipsick Veit et Co, 1860.
Environ cinquante ans après Damiano, parut le livre de
Ruy-Lopez de Sigura, dont la vanité, qui perce dans tout

:
occasion
;
cet écrit, était destinée à recevoir un fier échec en présence
de son patron Philippe II d'Espagne voici dans quelle

Sous le pontificat de Grégoire XIII, un jeune homme de

;
Cutri, dans la Calabre, nommé Léonardo, se rendit à Rome
pour y étudier le droit mais un talent naturel et une incli-
nation irrésistible l'entrainèrent vers le jeu des Échecs. Il y
devint bientôt si habile qu'il remporta la victoire sur les
plus fameux joueurs, bien qu'en raison de sa jeunesse et de
sa petite taille on le surnommât l'Enfant, «il Putiino. »
Ruy-Lôpez, qui se trouvait alors à Rome et qui avait la ré-
putation de meilleur joueur de l'Europe, chercha à se me-
surer avec Léonardo et eut sur lui l'avantage en deux ren-
contres successives. llPuttino en fut si mortifié qu'il quitta
Rome, se rendit à Naples, et pendant deux ans se livra
assidûment à l'étude et à la pratique des Échecs. Au mo-
ment de se rendre de Naples chez lui, Léonardo apprend
que son frère avait été pris par des corsaires; il part pour
le délivrer, le trouve, et convient de payer deux cents cou-
ronnes pour sa rançon. Ayant découvert pendant la négo-
ciation que le capitaine corsaire était joueur d'Échecs, il
l'engagea à jouer, et parvint à lui gagner non-seulement la
rançon de son frère, mais encore deux cents couronnes de
plus. Il retourna avec cet argent à Naples, et vint ensuite à
Gênes, à Marseille, à Barcelone, jouant partout avec les
joueurs en renom et partout victorieux. Il se rendit ensuite
à Madrid, où il retrouva son ancien adversaire Ruy-Lo-
pez, qu'il eut la gloire de vaincre en présence de Phi-
lippe II, grand amateur lui-même des Échecs. Le roi
lui fit cadeau dans cette occasion de bijoux, de fourrures
précieuses et de mille couronnes. De là il visita le Portugal,
et, revenu dans sa patrie, il fut empoisonné, dit-on, par un
rival jaloux, et périt ainsi à l'âge de quarante-six ans.
C'est vers cette époque que parurent les ouvrages sur les

volume in-quarto:
Échecs de Gianuzio, de Salvio, de Carrera, et enfin le lourd
«IV BÜcher von Schach-und-Kônigs-
Spiel, » sous le pseudonyme de Gustavus Sélénus, dont
l'auteur était Auguste, duc de Brunswick-Lunébourg. C'est
dans ce dernier ouvrage que nous trouvons la première
mention du village de Strôbeck..
Ce village est situé entre Halberstadt et Brunswick. L'ha-
bileté de ses habitants au jeu des Échecs est connue de-
puis plusieurs siècles. Voici ce qu'on rapporte sur son
établissement et son usage dans ce lieu.
Vers la fin du quinzième siècle, un dignitaire de la cathé-
drale d'Halberstadt fut exilé à Strôbeck. Abandonné de ses
anciens amis, il fut vivement touché de l'accueil plein de
cordialitéqu'il reçut des villageois, et chercha longtemps
le moyen de leur en témoigner sa reconnaissance. Comme
complément des bons avis et des instructions qu'il leur pro-
diguait, il imagina enfin de leur apprendre à jouer aux
Échecs. Le goût de ce jeu se propagea promptement, et ses
bons effets devinrent bientôt visibles par le changement qui
s'opéra dans les habitudes comme dans les mœurs des ha-
bitants; ce fut la plus douce récompense de l'exilé. Rappelé
quelque temps après, il devint plus tard évêque d'Halbers-
tadt. Sa dignité élevée ne lui fit pas oublier son cher Strôbeck;
il y allait souvent et y fit d'utiles fondations, celle d'une
école gratuite entre autres, mais avec la condition expresse
que lemaître apprendrait à chaqueélève à joueraux Echecs,
et qu'à la fin de l'année, des prix, composés de jeux d'Échecs,
seraient distribués aux meilleurs joueurs. Par l'encourage-

:
ment ainsi donné aux joueurs, le digne prélat visait à un
but plus élevé qu'à celui d'un simple amusement
rait qu'en donnant à ces villageois le goût d'un jeu qui
il espé-

exige un exercice constant des facultés intellectuelles, il les


détournerait des jeux de hasard ainsi que des vices et des
désordres qui en sont la suite. Son espoir ne fut pas trompé;
les habitants de Strôbeck s'adonnèrent aux Échecs dans

;
leurs moments de loisir et y acquirent bientôt une grande
habileté; le goût en devint général les pères l'enseignèrent
à leurs fils, les mères à leurs filles; l'Échiquier paternel fut -
transmis de génération en génération, et les familles de-
vinrent animées d'une douce émulation pour se surpasser
en habileté. La célébrité de Slrobeck se répandit dans toute
l'Allemagne ; des joueurs habiles s'y rendirent pour mesurer
leurs forces, et dans ces luttes les villageois furent souvent
victorieux: Malheureusement l'usage condamnable d'y jouer
de l'argent s'introduisit peu à peu chez eux, et tous les ré-
sultats favorables que leur bienfaiteur, le bon évêque, avait
espéré et avait même obtenu pendant longtemps, commen-
, cèrent àse perdre. Dans ce moment critique, un joueur

;
habile, Silberschmidt (1), se rendit parmi eux sans se faire
connaître il parvint peu à peu à engager avec eux un tour-
noi pour une somme d'argent considérable. L'étranger fut
il
:
vainqueur; mais au moment de recevoir leur argent, leur
parla ainsi « Mes amis, cet argent que je vous ai gagné,

dition ;
je le donne à vos pauvres et à Vijtre école, mais à une con-
vous allez tous me promettre, sous serment, de ne
plus jouer d'argent aux Échecs; ce noble jeu est assez
intéressant par lui-même, et le gain d'une partie donne au
vainqueur plus de satisfaction que des trésors. » Les villa-
geois prêtèrent le serment qui leur était demandé, et depuis
lors les enjeux d'argent ne furent plus permis à Slrobeck.
M. Lewis, professeur anglais, en rendant compte d'une
visite faite par lui, en 1831, à ce village remarquable, dit
que l'école y existe encore, qu'on y enseigne toujours à
jouer aux Échecs, et qu'une somme est affectée chaque
année à l'achat de six jeux d'Échecs pour être distribués
aux meilleurs joueurs. Dans le cabaret du village il trouva
trois Échiquiers, et le syndic lui en montra un quatrième
qui est soigneusement conservé. Ce dernier porte une ins-
cription qui indique qu'ilfut donné aux villageois, en 1651,
par l'électeur de Brandebourg. Ce prince leur fit cadeau de

;
deux jeux d'Échecs, l'un en ivoire, l'autre en argent; le
premier est celui qui se trouve encore à Strôbeck le dernier
ayant été prêté, il y a nombre d'années, au doyen et au
chapitre d'Halberstadt, n'a pas été rendu, et aucun des ha-

(1) :
Auteur de l'ouvrage intitulé Die nm entdeckten Geheimniss im Ge-
biet des Schachspiel (Nouveau secret découvert dans la conduite du jeu
des Echecs). Brunswick, 1826. — Disons, en passant, que l'on cherche en
vain dans le livre ce prétendu secret annoncé dans le titre.
bitants actuels du village ne se rappelle l'avoir vu. M. Lewis
joua quelques parties avec les villageois, et n'en trouva, dit-
,
il aucun auquel un joueur de première force ne pût donner
un Cavalier.
Combien il serait à désirer que le jeu des Échecs pût être
introduit par quelque bienfaiteur de l'humanité dans nos
petites villes, dans nos villages et dans nos écoles. Avec
quel avantage ne remplacerait-il pas les jeux insipides ou
dangereux, les vains propos et les mauvaises doctrines dont
les cafés et les cabarets sont trop souvent les chaires et les
temples! (1)

vrage de Greco, dit le Calabrois, sur les Échecs ouvrage


qui jouit longtemps d'une grande réputation et qui eut plu-
;
C'est vers le milieu du dix-septième siècle que parut l'ou-

sieurs éditions. Les parties qu'il donne sont remarquables


par un jeu brillant, bien propre à éveiller l'imagination
d'un jeune joueur; malheureusement ce jeu si brillant
manque parfois de solidité, et Greco commet la faute, im-
pardonnable dans un livre de préceptes, de donner quel-
quefois la victoire à celui dont il dirige les attaques tandis
que le résultat devrait être absolument contraire, si l'ad-
,
versaire y avait répondu d'une manière convenable.
Ce serait sortir du cadre de cet ouvrage que d'énumérer

; :
la longue série d'ouvrages sur les Échecs qui ont paru à
partir de cette époque les plus célèbres sont Hyde, Man-
dragorias seu Hisloria Shahiludii, etc., Oxonii, 1694.—
-
Bertin, 1735, — Stamma, 1737, Pl-iilidor, 1749, —
l'anonyme de Modène (Ercole del Rio), 1750, Lolli -
pp. 623, in-fol., 1763, — Ponziani, 1769, — Traité des
-
amateurs, 1775, Lewis, 1817,—Walker, 1831,—
Staunton, 1841,
— Duncan Forbes, the History of Chess,
1860, — et enfin le grand traité, le meilleur et le plus

(1) Nous avons en France un village qui marche sur les traces de Strô-
«
beck, et dont la plupart des habitants jouent<déjà passablement aux Échecs:
c'est le village de Bouvignie, dans le départementdu Nord. C'estM. Antony
Thouret,l'un de nos écrivains les plus distingués, qui, le premier, a donné
et répandu le goût des Échecs chez les habitants de ce village, » Le Pala-
mède, t. III, p. 227.
a
-complet qui existe, intitulé Handbuch des Shachspiel, »
par von Bilguer et Heydebrand von der Laza, publié à
Berlin en 1858, formant un grand volume de 540 pages
in-octavo à deux colonnes.
C'est ici le lieu de dire quelques mots de Philidor, ce
joueur célèbre dont le nom s'est identifié en France avec les
Échecs.
André Danican Philidor est né à Dreux en 1726. Son
grand-père était joueur de hautbois à la Cour de LouisXIII;
son père et plusieurs de ses frères furent employés dans la
musique de Louis XIV et de Louis XV. A l'âge de six ans,
Philidor fut admis dans les chœurs de la Chapelle Royale
de Versailles. Les jeux de hasard n'étaient point permis
aux_musiciens pendant leur service, mais ils avaient la per-
mission de jouer aux Échecs, et ce fut ainsi que le petit
Philidor y fut initié.
En 1737, Philidor, n'ayant alors que onze ans, composa
un motet qui fittant de plaisir à Louis XV, qu'il fit donner
au jeune compositeur une gratification de cinq louis. Ce
premier essai fut suivi de quatre autres motets, mais ils
n'attirèrent plus l'attention du roi. A l'âge de quatorze ans,
Philidor quitta les chœurs de la Chapelle Royale. Il avait
dès lors la réputation d'être le meilleur joueur d'Échecs
parmi les musiciens. Il composa à cette époque plusieurs
autres motets, et subsistait en donnant des leçons de mu-
sique; mais son goût dominant le portait vers l'étude et la
pratique (les Échecs. Il commença bientôt à jouer sans voir
l'échiquier, d'abord une partie, puis deux, puis enfin trois
parties à la fois, ce qui attira sur lui, au plus haut point,
l'attention publique, car depuis longtemps on n'avait été
témoin d'un tel tour de force.
L'abbé Roman, dans son poëme sur les Échecs, célèbre
ainsi son triomphe :
«Joueur sublime, étonnant Philidor.
De ton esprit qui donc suivra l'essor?
Comment peux-tu,par la seule pensée,
Dans une route obscure, embarrassée,
Les yeux fermés, guider au champ d'honne r
?
De tes Échecs le bataillon vainqueur
Oui, je l'ai vu, sur trois tables dressées
(Pour les joueurs prodige humiliant !)
Menant au but, aveugle clairvoyant,
D'un triple jeu les pièces dispersées,
Faire, à la fois, sur les trois échiquiers
De ses rivaux les trois Rois prisonniers..

C'est ce même auteur qui, dans une fable ayant pour


sujet les leçons qu'il suppose avoir été données par Mercure
à la nymphe Echec, a écrit ces jolis vers, où le ton du siècle
se fait jour malgré la soutane de l'abbé :
« Obéissante et docile écolière,
Du jeu d'Échecs le plus secret mystère
Mille baisers, autant donnés que pris,
;
D'un pareil maître elle eut bientôt appris

De ces leçons furent le doux salaire.


Belles, venez, j'en donne au même prix.»

En 1745, Philidor partit pour la Hollande en compagnie

;
de quelques musiciens qui s'étaient associés pour donner
des concerts à Amsterdam mais le chef de la bande venant
à mourir, l'entreprise fut abandonnée. Pour subvenir à
ses besoins, Philidor dut recourir à son talent de joueur
d'Échecs. Il donna des leçons au prince de Waldeck et à
d'autres personnages. Deux ans après il visita l'Angleterre
pour la première fois. De retour à La Haye, il composa son
Analyse du jeu des Échecs, qui fut imprimée pour la
;
première fois en français, à Londres, en 1749 une seconde
édition en fut donnée par Philidor lui-même, en 1777.
Elle a été réimprimée un grand nombre de fois. Nous
sommes obligés de dire que ce livre, même à en juger
d'après l'édition corrigée de 1777, est fort au-dessous de la
grande réputation de l'auteur. Il ne traite que d'un petit
nombre d'ouvertures et de fins de parties, et en passe sous

dit Ponziani, juge très-compétent « :


silence d'autres aussi importantes; voici, du reste, ce qu'en
Philidor avoue
que sa troisième partie n'est pas correcte, et toutefois il l'a
réimprimée avec les mêmes erreurs que la première fois,
ainsi que les Gambits du Roi et de la Dame, fautifs tous les
deux. La société de Paris jugea la première édition de ce
livre plus instructive que correcte, plusieurs des assertions
de l'auteur étant démentiesparl'expérience; nous aurons
occasion, dans notre seconde partie, de démontrer quela
seconde édition mérite le même blâme. L'addition la plus
remarquable dans celle-ci consiste en quelques unsde
parties aussi utiles que pleines d'intérêt, à l'exception de la
dernière, dans laquelle l'auteur s'est trompé. »
Cependant Philidor ne négligea pas la musique. Sa répu-
tation de compositeur s'est tellement perdue dans l'éclat
que jeta son talent pour les Échecs, que l'on sera probable-
ment étonné d'apprendre qu'il ne composa pas moins de
vingt-cinq opéras, dont plusieurs ont été représentés avec
succès, et que M. de La Borde, dans son Essai sur la
musique, n'hésite pas à le placer parmi les plus illustres
compositeurs français.
Malheureusement pour lui l'œil scrutateur de la critique,
qui a découvert tant d'erreurs dans son Analysedes Échecs
s'est porté avec une égale sévérité sur ses œuvres musicales.
Il paraît prouvé, quoi qu'en ait dit M. Fétis et plus récem-
ment le professeur Allen (1), que Philidor, dans son opéra
du Sorcier, a pillé l'Orphée de Gluck; « il a copié, dit
Berlioz, sa mélodie (Objet de mon amour), sa basse, son
harmonie et même les échos du hautbois de son petit or-
chestre placé dans la coulisse — un des plagiats les plus
audacieux dont il y ait d'exemple dans l'histoire de la
musique.»
Philidor visita la Prusse et revint ensuite en Angleterre,
où il résida principalement; partout admiré et fêté, mais
luttant partout difficilement contre le besoin, ayant à sa
charge une femme et cinq enfants. A celte époque, comme
de nos jours, le jeu des Échecs était fort à la mode à
Londres, et le club de Saint-Jajnes assura à Philidor une
pension pour qu'il assistât à ses réunions. Ce fut en mai
1782, contre les deux plus forts amateurs de ce club, le
comte Brühl et M. Bowdler, qu'il joua pour la première
fois en public sans regarder les- parties. Les journaux par-

(1) The life ofPhilidor, by G. Allen. Philadelphia. pp.56, in-So, 1858,


lèrent avec enthousiasme de cette lutte merveilleuse, encore
sans exemple en Angleterre. L'année suivante, l'épreuve
fut renouvelée, et alors contre trois joueurs. Dans cette
occasion, il joua trois parties à la fois sans regarder aucun
des jeux, Ses adversaires furent encore le comte Brùhl et
M. Bowdler, les deux meilleurs joueurs de Londres, et
M. Maseres. Il remporta la victoire sur le comte Briïhl en
une heure et vingt minutes, et sur M. Maseres en deux
heures. Au bout d'une heure quarante-cinq minutes,
M. Bowdler parvint à faire partie remise; depuis cette
époque, Philidor renouvela publiquement cette épreuve
jurqu'à quatorze fois.
Sa mort eut lieu le 24 août 1795; on dit qu'elle fut hâtée
par le chagrin que lui causa le refus d'un passe-port pour
aller voir sa famille à Paris, et par l'annonce qu'il avait été
placé sur la liste des suspects par les chefs sanguinaires de
la République française d'alors.
Après la mort de Philidor, lesceptre des Échecs, en
France, passa successivement entre les mains de Descha-
pelles et de La Bourdonnais. Le premier donna pendant
longtemps le Pion et le Trait à tous ses compétiteurs, et fut
reconnu par tous pour le maître. Vers la fin de sa vie, il
abandonna presqueentièrement les Échecs pour le whist, sur
lequel il a laissé un traité, cédant la place à son élève La
Bourdonnais. Celui-ci, petit-fils de ce Mahé de La Bour-
donnais, si célèbre par son administration à l'lie de France,
par ses exploits dans l'Inde et par ses malheurs, soutint
dignement la renommée de l'école française dans cette
même ville de Londres, témoin des triomphes de Philidor.
C'est là qu'il eut avec l'Irlandais Mac-Donnell une lutte
mémorable. Ces champions jouèrent, en six tournois diffé-
rents, quatre-vingt-cinq parties, sur lesquelles La Bour-
donnais en gagna quarante-six et Mac-Donnell vingt-six; il
y eut treize parties remises (1). 1

(1)Tels sont les nombres donnés par le Palamède (IV, 265); d'autres
disent que le nombre total des parties jouées était de 88, dont 44 furent
gagnées par La Bourdonnais, 30 par Mac-Donnell, et qu'il y eut 14 parties
remises.
C'est un sujet de regret éternel pour les joueurs d'Échecs

;
de ne pouvoir connaître les parties jouées par les anciens
maîtres, le Puttino, Ruy-Lopez et autres que ne donnerait"
on pas pour pouvoir étudier les parties jouées par les deux
champiops que nous venons de citer, en présence de Phi-
lippe II, sur lesquelles la tradition nous a transmis tant de
particularités curieuses, mais peu croyables. On ne con-
naît de même qu'un petit nombre des parties jouées par
Philidor et une seule de celles qui furent jouées par Des-
chapelles.
Plus heureux que leurs illustres devanciers, La Bourdon-
nais et Mac-Donnell ont trouvé une main amie et fidèle qui
a conservé, pour l'admiration de la postérité, la plupart des
parties jouées entre eux.
Cette lutteeut lieu en 1834. L'année suivante, Mac-
Donnell terminait prématurément sa carrière à l'âge de
trente-sept ans, et bientôt après La Bourdonnais succom-
bait également. Il repose dans le cimetière de Kensal Green
à Londres, où l'on lit sur une simple pierre « Louis-
Charles de La Bourdonnais, le célèbre joueur d'Échecs,
:
mort le 13 décembre 1840, à l'âge de quarante-trois ans. »
Les Échecs se sont tellement répandus de nos jours que
des ouvrages périodiques, uniquement consacrés à ce jeu,
,
se publient en Europe ainsi qu'en Amérique, à l'instar du
Palamède, qui en a donné l'exemple en France dès l'an-
née 1836.
Lors de l'Exposition universelle de Londres, en 1851, on
organisa tournoi d'Échecs, auquel ,
y un un grand nombre
de joueurs de différents pays prirent part. Le prix fut rem-
porté par M. Anderssen, de Breslau (1).
Il ne nous appartient pas de parler des joueurs vivants.

Roche, Journoud ;
En France, MM. Arnous de Rivière, Saint-Amand, La
en Allemagne, MM. Anderssen, Heyde-
brand von der Laza, Lange, Kolish, Harrwitz ;
en Angle-
terre, MM. Staunton, Barnes, Boden, Lôwenthal; en

(1) L'histoire de ce tournoi, avec toutes les parties qui y ont été jouées, a
été publiée à Londres par les soins de M. Staunton, en un volume in-So,
Russie, MM. Jaenisch, Petroff, les princes Ouroussoff;
en Italie, MM. Calvi, Dubois, Bonettiet beaucoup d'autres
joueurs également habiles, soutiennent dignement la répu-
tation de leurs pays.
- Nous ne ferons à cette réserve qu'une seule exception en
faveur du jeune athlète qui, sorti à l'improviste de l'Amé-
rique, est venu tout récemment surprendre et charmer
l'Europe, et répandre autour de son nom un éclat sans rival,
— chacun a déjà nommé M. Paul Morphy.
Paul Morphy est né en 1837% à la Nouvelle-Orléans,
d'un père espagnol et d'une mère française. Son père, très-
bon joueur d'Échecs, initia de bonne heure son fils à la pra-
tique du jeu, et ses progrès furent tels qu'à treize ans il
gagna une partie à M. Lôwenthal, un des plus forts joueurs
de l'Europe. Ce fait passa presqu'inaperçu et la réputation
de M. Paul Morphy ne s'étendait guère au delà de sa ville
natale, lorsqu'on 1857 il parut au Congrès d'Échecs de
New-York.La sûreté et la perfection de son jeu, sa supé-
riorité évidente sur tous ceux qui se mesurèrent avec lui
dans cette réunion des meilleurs joueurs d'Amérique, exci-
-
tèrent au plus haut point l'enthousiasme de ses compatriotes.
Bientôt on apprit qu'invité à se rendre à la réunion gé-
nérale des joueurs d'Échecs d'Angleterre, qui allait avoir
lieu à Birmingham, il avait accepté et qu'il s'offrait à
combattre le champion anglais, M. Staunton. En attendant
que ce match pût s'arranger (et nous ajoutons avec regret
qu'on n'a jamais pu s'entendre pour l'exécuter), il joua
publiquement à Birmingham huit parties à la fois sans voir
les échiquiers. Dans cette occasion, sur les huit parties il
n'en perdit qu'une, en gagna six et une seule fut remise.
Un tel exploit, encore sans exemple en Angleterre, attira
sur lui les yeux de tous les joueurs d'Échecs de l'Europe, et
chacun voulut se mesurer avec cet adolescent, car il n'avait
alors que vingt et un ans. MM LÕwenthal," Harrwitz et
Anderssen furent successivementvaincus dans trois matches
solennels. Au café de la Régence de Paris, il répéta son
exploit de Birmingham en jouant huit parties à la fois contre
huit forts joueurs. Ces parties furent encore plus brillantes
;
que celles de Birmingham M. Morphy en gagna six et deux
furent remises.
Pour mettre nos lecteurs à même de se rendre compte de

:
cet exploit merveilleux, nous allons donner les seize parties
dont nous venons de parler elles en diront plus sur le génie
de Morphy que la plus longue dissertation ou les plus pom-
peux éloges.
M. Morphy est retourné en Amérique, emportant la ré.
putation incontestée d'être le premier joueur d'Échecs du
monde. Sa modestie vraie, l'aménité de ses manières, lui
ont assuré de véritables amis, et tous ceux qui se sont me-
surés avec lui n'ont conservé de ces rencontres que le meil-
leur et le plus agréable souvenir.
Les huit parties suivantes furent jouées simultanément à
Birmingham, le 27 août 1858, par M. MORPHY, sans voir
les échiquiers (1).
N° L- Contre Lord LYTTLETON, président de la Société Britannique **
des Échecs.
BLANC (M. M.). NOIR (L. L.).
1. P4 R. 1. PU.
2. P4FR. 2. Ppr. P.
3. C3FR. 3. P CR4
4. P 4TR. 4. P5CR.
5. C5R. 5. P3D.
6. Gpr. PC. 6. F2R.
7. PliD 7. Fpr.P,éch.
8. C 2 F. 8. F pr. C, éch.
9. Rpr. F. 9. C 3FR.
10. C3 F. 10. D2R.
11. F pr. P. 1
11. C pr. P,éch.
12. C pr. C. 12. D pr. C.
13. F 5 CD, écho 13. R case F.
14. F 6 T, éch. 14. R case C.
15. T5T. 15. F 4 F.
16. D2D. 16. F 3C.
17, T case R. Le Noir abandonne.

(1) Les notes sont pour la plupart de M. Lowenthal.


N° -
2. Contre R.-M. SALMON.

BLANC (M. M.). NOIR (M. S.).

1. P4R. 1. P4R.
2. CR3F. 2. BD3F.
3. F 4FD. 3. F 4FD.
4. P 4 CD. 4, P4D(1).
5. Ppr.P(2). 5. Cpr.P.
6. Roque. 6. C2R.
7. Gpr. P. 7. Roque.
F3D.
8. P4 D. 8.
9. C 3FD. 9. 4FR.
F
10. F 3 C. 10. 4TD.
P
11. P TD.5 11. P5T,
12. Gpr.PT. 12. CD pr. PD.
13. P 4FD. 13. Tpr. C(3).
14. Ppr. C. 14. T 4 T.
15. D3 F. 15. F3C.
16. Tcase R. 16. F 5 CD.
17. T2 R. 17. C4F.
18. F 2 C (4). 18. D case T,
19. P3G. 19. D2T.
20. Gpr. F. 20. PTpr.G.
21. T5 R. 21. Fpr.P.
22. P6
D.
Nous donnons un diagramme de la position après ce coup, car
elle est fort intéressante.
1
)
22.
<5<
F5C,
Ilaurait mal joué de prendre le Pion, car
22. Cpr.P4D.
1
23. F pr. P,éch.
Fpr. P éch. 23. Rc.T(raeil.) ou A.
24. D4F. ,
24.
2,'# T pr.
T pr. T.
T.
25. Fpr.Cetgagne.

Variante A.
23. Tpr,F.
5
24. T R, échec.
25. 1)pr. T.
l1
2.
25.
fiT
Fpr.F
(meil.).

L,e Blanc donne le mat en quatre coups.


23. TR pp. T. 23. Fpr.T.
24. D5D. 24. P C. 3
25. P 7D. 25. D case T.
26. T case FD. 26. D pr. D.
27. F pr. D. 27. P 4 CD.
28. F 6 F. 28. C D. 3
29. P5D. 29. F D. 7
30. T case D. 30. F 4 C.
31. P 4 F. 31. F case D.
32. F 3 T. 32. P àF.
33. T case R. 33. R 2 F.
34. F pr. P. 34. T case T.
35. F pr. C. 35. P pr. F.
36. T8R(5). 36. T case F.
37. R2 F. 37. P C. 4
38. R3R. 38. P C. 5
39. R3D. 39. P C. 4
40. F6F. 40. Ppr. P.
41. P pr. P. 41. TcaseC.
42. R4 F. 42. TcaseF.
43. R5 C. 43. TcaseC.
44. R 6 T. 44. T case F.
45. R 7 C. 45. T case C.
46 R8 F, 46. F3
C.
47. T pr. T. 47. R pr.T.
48. - P à Dame. Le Noir abandonne.

(1) M. S. n'ose pas accepter leredoutable Gambit d'Evans.


(2) Le coup le plus généralement adopté ici est F 5 CD.
(3) Il est probable que le N. pensait que son adversaire prendrait la T, ce
qui l'aurait exposé à l'attaque du C à la 6. du F, et ensuite à la 7e du Roi,
échec; mais M. M. n'a pas donné dans le piège.
(4) La précision avec laquelle le jeune Américain a répondu à tous ces
coups est admirable.
(5) Cette fin de partie est digne de l'admiration des amateurs par la per-
fection avec laquelle elle a été jouée.

N° 3. — Contre M. AVERY, président du Club d'Échecs de


Birmingham.

BLANC (M. M.). NOIR (M. A.).

1. P4R. 1. P4FD.
2. P4D. 2. Ppr.P.
3. CR3F. 3. CD 3 F.
4, Cpr. P. 4. P3R.
5. F3R. 5. CR3F.
6. F3D. 6. P4D.
Cpr. C. Ppr.C-
C2D.-
7. 7.
8. P5R. 8.
9. P 4FR. 9. F3T.
10. Roque.
Si le Blanc avait pris le F, le Noir aurait fait échec à la 4e de la
Tetil aurait regagné ainsi leF en fortifiant sa position.
10. Fpr.F.
11. Dpr.F. 11. F 4 F.
12. C2D. 12. Fpr.F,éch.
13.
1.
Dpr.F. 13. D 3 C.cô. R.
TD case R. 14. Roque
15. P 3 CD. 15. P FR.3
16. Ppr. P. 16. Tpr.P.
17. P3 C. 17. TDcaseFR.
18. R2 C. 18. Dpr.D.
19. Tpr. D. 19. P3C.
20. TR case R. 20. P 4 R.
21. TR 2R. 21. Ppr.P.
22. T7 R. 22. TD2F.
23. Ppr. P. 23. Tpr.P.
24. T8R,cch. 21. R2C.
25. T8FD. 25. TR3F.
26. T7F. 26. CcaseF.
27. TR 7R. 27. Tpr. T.
28. Tpr. T,éch. 28. T2F.
29. T8R. 29. C2D.
30. C 3 F. 30. T case F.
31. T 7 II,éch. 31. T 2 F.
32. T8R. 32. TcaseF.
33. T 7 R, éch. 33. T 2 F.
La partie fut abandonnée comme partie remise.

N° 4.
— Contre M. KIPPING, secrétaire honoraire du Club d'Échecs
de Manchester.

BLANC (M. M.). NOIR (M. K.).


1. P4R. 1. P4R.
2. CR3F. 2. CD 3F.
3. P4D. 3. Ppr.P.
4. F 4FI). 4. F 4 F.
5. Roque. 5. P3D.
G. P3F. 6. D3F.
7. F 5CII. 7. D 3C.
8. P.
P pr. 8. Cpr.P.
9. Cpr.C. 9. D pr.F.
10. P4F. 10. D3C.
11. R case T. 11. C 3 T.
12. P 3TR. 12. F pr.P (1).
13. P pr.F. 13. Dpr.P,éch.
14. D3 F. 14. Dpr. C.
15. T case R, éch. 15. R 2 D.
16. C3T. 16. Fpr.C.
17. F 5 C, éch. (2). 17. P 3 FD.
18. P pr. F. 18. TR case R (3).
19. TDcase F. 19. P4D.
20. D 3 CD. 20. R2F(4).
21. F 3D. 21. T6R.
22. T pr. T. 22. Dpr. T.
23. T case CD. 23. D pr. P, éch.
24. Rcase C. 24. P 3 CD.
25. T case R. 25. D 6 C, éch.
26. R case F. 26. D pr. P, éch.
27. R2C. 27. D4C,écho
28. R case F. 28. C5C.
29. T2R. 29. C 6R,éch.
Le Blanc abandonne.
l'urn des rares itlalvertaaces de M. Morphy dont son adver-
(t) C'est ici
saire tait immédiatement son profit.
(2) Il recherche par ce coup ingénieux à reprendre l'avantage, mais en
vain.
(3) Si le N. avait pris le Fou, il perdait sa Dame par D. 19. D pr. P, éch.,
20. D R, éch. et ensuite TD case F, etc.
7
;
(4) Il en est de même ici si le N. avait pris le Fou; le B.
ment la partie en prenant le P.lD, éch., etc.
gagnait facile-

N° 5. — Contre M. RHODES.

BLANC (M. M.). NOIR (M. IL)


1. P4R. 1. P4R.
2. P 44FR.
FR. 2. F 4FD.
-3. CD
3. CR3F. 3F.
4. P pr.P. 4 P4D.
5. Ppr.P. 5. Dpr. P.
6. C3F. 6. DcaseD.
7. C4R. 7. F 3 C.
8. P 3FD. 8. F5C.
9. P4D. 9. D4D.
10. C2F. 10. C pr.PR.
11. D2R. 11. F pr. C.
12. P pr. F. 12. D pr. PF (1).
13. D pr. C, éch. 13. R case F.
14. F2R. 14. D3FD.
3 F.
R.17.
15. TcaseCR. 15. P
16. D3 C. 16. P3C.
17. F 3 T case R.
18. R2D. 18. C2R.
19. F3D. 19. D2D.
20. C4C. 20. C4D.
21. TD case R. 21. C pr. F.
22. T pr. C. 22. D2F.
23. Cpr. P. 23. Tpr. T.
24. D pr. T. 24. D pr. P.
25. D8R,éch. 25. R2C.
Le Blanc donne le mat en trois coups.

(1) En sacrifiant la pièce, M. R. pensait, sans doute, qu'après avoir joué


R case F, il pouvait ramener la TD à la case du R et former ainsi une at-
taque formidable.
No 6. — Contre le docteur FHEEf.\N, secrétaire hjn)iaire du Club
d'Échecs de Birmingham.

BLANC (M. M.). NOIR (M. F.).


1. P4R. 1. P4R.
2. F 4 F. 2. F 4 F.
3. P4CD. 3. F 3 C.
4. C3FR. 4. P3D.
5. P4D. 5. Ppr.P.
G. C pr.P, 6. C 3FR.
7. C3FD, 7. Roque.
8. Roque. 8. C pr. P.
9. Gpr.G. 9. P4D.
10. F5CR. 10 Dcase R.
11. Fpr. P(1). 11. P 3FD.
12. TcaseR. 12. D2D.
13. C 6F,éch. 13. Ppr.C.
14. FDpr.P. 14. D3D.

I-wo// -
Nous donnons un diagramme de cette belle position.

""0 +.

i ?:ft -
;://,, - m"%
'W

Si au quatorzième coup le Noir avait pris le F avec sa D, le Blanc

B. 15. T5 R. f
1 N. 45. P TR.
:3
aurait joué T 5 R et aurait gagné la partie; s'il avait pris le F avec
le P, il en serait résulté la variante suivante Noir H. P pr. F.

-16. D5T(ouA). -16. R T. 2


5 et
M. C FR gagne.
Si 1N. -16. F case D.
B. n. T 5 C, éch. et donne le mat en deux autres coups.

Variante A.
-16. TSC,éch. 1 -16. R2T.
M. D 3 D, éch. et gagne.
Si 1 -16. Ppr.T.
7. D 5 T et gagne.
15. C6R. 1 15. F pr. C.
16. D 5 T. 16. F pr. P, éch.
17. R case T.
Si le Blanc avait pris le Fou, le Noir en jouant D 5 FR, éch., se
seraittiré des embarras de sa position.
1 17. D5F.
n.1 F.
18. T pr. F.
Beau coup et parfaitement juste.
1 18. C2D.
19. F 2 C.
Menaçant le mat par T 6 C, éch., etc.
19. F5D.
20. P3C. 20. C3F.
21. Ppr. D. 21. Gpr. D.
22. Fpr.F. 22. Cpr.P.
23. TcaseC,éch. 23. C3C.
24. TD pr. C, éch. 24. PT pr. T.
25. Tpr. P,éch. 25. R2 T.
26. T. 7 C, éch. 26. R 3 T.
27. F4R. 27. 4
P FR.
28. F3D. 28. P3G.
29. T3C. 29. T2F.
30. F511, 30. TcaseR.
31. F à F, éch. 31. R T. 28
32. T5G. 32. T R,éch.
33. R2G. 33, T CR. 2
34. F pr. P, éch. 34. R case T.
35. P 4TR. 35. T pr. T, éch.
36. F pr. T. 36. T case R.
37. R 3 F. Le noir abandonne.
(1) A partir de ce coup la partie présente une suite de positions de la
plus grande beauté.
No 7. — Contre M, CAnn, secrétaire honoraire du Club d'Échecs
de Leamington.

BLANC (M. M.). NOIR (M. C.).

1. PiR. 1, P3TR.
2. P4D. 2. P4TD.
3. F3D. 3. P3CD.
4.
5.
C2R. A. P 3 R.
Roque. 5. F 3 T (1).
6. P4FD. G. GR3F.
7. P5R. 7. C2 T.
8. P4FR. 8. F2R.
9. C3C. 9. P4D.
10. D4C. 10. Roque.
11. G5T. 11. P CR. 4
P pr. PC. 12. PTpr. P(2).
F pr. C, éch. 13. R case T.
C6 F. Ppr.P.

P.
x*. i4.
15. F 2F. 15. D pr. P, éch.
16. Dpr.D. 16. F 4 F.
17. Dpr. F. 17. Pp r.
D.
18. Fpr. 18. C 3F.
19. T3F. I

Menaçant du mat en deux coups.


19. R 2 C.
20. FGT,éch. 20 Rpr.F.
21. T3T,éch. 21 R4C.
22. T5T,éch. 22 R5F.
23. R 2 F (3). Le Noir abandonne.
(1) Cette ouverture bizarre fut sans doute adoptée pour tâcher de dérou-
ter celui qui jouait sans voir; mais, loin de réussir, cette manœuvre n'a
servi qu'à hàter le triomphe de M. Morphy.
(2) Déjà le Noir est dans une position déplorable par suite de ses pre-
miers coups.
(3) Cette fin de partie est jouée d'une manière magistrale.

N° 8.
— Contre M. Wills, secrétaire honoraire de la Société Bri-
tannique des Échecs.
BLANC (M. M.). NOIR (M.W.).
4. P4R. 1. P 4FD.
2, CR 3F. 2. CD 3F.
3. P4D. 3. Ppr. P.
4. Cnr. P. 4. 3
P H.
5. F3R. 5. C3 F.
6. F3D. 6. P4R.
7. C pr. C. 7. PC pr. C.
8. Roque. 8. P3D.
9. P 4FR. 9. Ppr. P.
10. Fpr.PF. 10. F2R.
11. C3 F. 11. T case CD.
12. P5 R. 12. Ppr.P,
13. Fpr. P. 13. T5C.
14. D3 F. 14. D 3C,cch.
15. R case T. 15. F5CR.
16. D 2F. 16. Dpr. D.
17. Tpr.D. 17. F 4FD.
18. TRcase F. 18. F2R.
19. P 3TD. 19. T2C.
20. C4 R. 20. F2D.
21. C pr. C, éch. 21. P pr. C.
22. FDpr. P. 22. F pr. F.
23. T pr. F. 23. T pr. P.
2k. T case R, éch. 24. F 3 R.
25. F 5F. 25. R2R.
Nous donnons un diagramme de cette position intéressante.

26.
27.
28.
T 6 T.
F pr.F.
T case CR. I 1
1
26.
27.
28.
TR case CD.
T8C.
P pr. F.
29. T pr. PT, Och. 29. R 3 D.
30. T pr.P.
Toute cette combinaison est exécutée avec une précision qui fe-
rait honneur au joueur le plus habile dans les conditions hauituelles;
elle devient véritablement merveilleuse quand on considère qu'elle
a été conçue par une personne qui jouait sans voir et qui condui-
sait en même temps sept autres parties.
! 30. T pr. T, éch.
31. R Il p2r.F T-T.
pr. 31. T 8 C, éch.
32. R 2F. 32. T T 7 G.
C.7
33. P 4 TR. 33. T pr. P,écli.
31. R 3F. 34. R 41t.
35. P 5 T. 35. R 4F.
36. P6T. 36. T7D.
37. P 7 T. Le Noir abandonne.

Huit parties jouées simultanément, et sans voir les échi-


quiers, au café de la Régence, par M. Morphy, le 27
septembre 1858. -

NO 1. — Contre M. BAUCIIER.

BLANC (M. M.). NOIR (M. B.).


1. P4R. 1. P4R.
2. CR3F. 2, P3D.
3. P4D. 3. Ppr. P.
4. I)pr.P. 4 CD 3 F.
5. F 5 CD. 5. F2D.
6.Fpr.C. 6. Fpr. F.
7. F5C. 7. P3F.
8. F4T. 8. C3T.
9. C3 F. 9. F2R.
10. Roque, cô. R. 10. Roque.
11. D 4 F,éch. 11. R case T.
12. C D. 4 12.D2D.
13. TD case D. 13. T 2 F.
14. P FR.4 14. P4T.
15. P5 F. 15. TRcaseF.
16. C6 R. 16. TcaseCR.
17. P4T. 17. C5 C.
18. D2 R. 18, C4 R.
19. F3C. 19. D case F.
20Fpr.
21. T3F.
C. 20. PD pr.F.

Nous donnons un diagramme de la position des pièces dans ce


moment, car il en résulte une charmante fin de partie.

21. F 2
F 2 D.
D,
22. T3T.
Menaçant de donner le mat en deux coups.
22. P3 T.
23. D2D. 23. R2 T.
24. D pr. F. 24. F3D.
25. Tpr. P,éch.
Cette fin est digne de toute notre admiration et forme un char-
mant petit problème.
1 25. Rpr. T.
26. T3D. 26. R4T.
27. D 7 F, éch. LeNoir abandonne.

N° -
2. Contre M. BIERWIRTII.

BLANC (M. M.). NOIR (M. B.).


1. P4R. 1. P3R.
2. P4D. 2. P 3FD.
M. B. cherche probablement à embarrasser son adversaire par
des coups irréguliers; mais cette tactique, déjà essayée à Birmin-
gham (voir laseptième partiedu match de Birmingham), aura aussi
peu de succès à Paris qu'en Angleterre.

3. F3D.
4. Ppr. P.
3.
4.
-PRP4pr.
D.
P.
5. C3FR. 5. F5CR.
6. Roque. 6. F3]).
7. P TR. 3 7. F 4 T.
8. F3 R. 8. C21).
9. Tcase R. 9. G2R.
10. CD D. 2
L'élève fera bien d'observer avec quel art etavecquelle rapidité
M. Morphy développe son jeu.

10. F pr. C
11. F.
Cpr. 11. P3TR.
12. D2D. 12. D2F.
13. P4F. 13. P pr.P.
14. FRpr. P. 14.
15.
P 4FR.
Roque cô. D.
15. C 5 R.
16. F6R.
Un joueur ordinaire aurait joué ici, tG, C 6 F, mais M. Morphy a
su trouver un coup plus fort et qui lui assure le gain de la partie.

1 16. Fpr.C.
17. P pr. F. 17. Il case C.
18. D 3FD.
Très-ingénieux; car si la D prend le P elle est perdue, et si C pr.
P, le Noir perd au moins une pièce par B. 19. F A F, etc., et de
plus le B!anc peut maintenant se porter à la 3e de la T.

18. CD 3 CD.
19. D 3
T. 19. CD case FD.
20. TD case F. 20. P 4 CR.
21. P 4F. 21. P pr.P.
22. F pr. P. 22. T5D.
23. D 3R. 23. T5R.
24. D 3FR. 24. D 3C,éch.
25, R2T. 25. Tpr T.
26. Tpr. T. 26. D5C.
T2R. 3CR.
C.29.
27. 27. C
28.F2D. 28. D4C.
29. F pr. Tpr. F.
30. F pr.P. 30. T case T.
31. F7C. 31. T T. 2
32. F 6 F. 32. T FR. 2
33. D5 T. 33. C F. 5
34. D pr. T, Le Noir abandonne,

N° 3. — Contre M. BOBNEMANN.

(M. M,) NOIR (M. B.).


BLANC

1. P4R. 1. P4R.
2. P 4FR. 2. F4F.
3. CR 3F. 3. P3D.
4. 3FD.
P 4. F5CR.
5 F 4 F. 5. C3FR.
6. Ppr.P. 6. Fpr. C.
7. Dpr.F. 7. Ppr.P.
8. P3D. 8. C3F.
9. F 5CR. 9. P3TD.
10. C 2 D. 10. F2R.
11. Roque cô. D. 11. D2 D.
C case F. 12. Roque co. D.
12.
13. 3 C R. 13. P T. 3
14. F 4 T. 14. P CR. 4
15.F3CR. 15. TDcase F.
16. C5D. 16. CcaseR.
17. P4 D. 17. Ppr.P-
18. P pr. P. 18. Fcô. D.
19. TR case F. 19. C3 D.
20. F3 C. 20. C4C.
21. D3 R. 21. P4FR.
Mauvais coup qui compromet la partie du Noir; le diagramme
donne la position après ce coup.
22. P.
P pr.G,éch. 1 22. T pr.P.
T pr. P.
23. C 6

M. M. profite immédiatement du mauvais coup de son adver-


saire.
1 23. P pr. C.
24. F66 R.
F R. I

Si le Blanc avait pris la T, le Noir aurait sauvé sa D par T case


; mais s'il jouait N. 24. D pr. T, il serait mat en deux coups.

T7F.
R

1 24. T4D.
25. 25. G2R.
26. R case C.

Coup de maître, M. M, ne se presse pas, le Noir ne peuts'échap-


per et il lui prépare tranquillement le coup fatal.

F,éch.
26. TR case R.
27. T case 27. C 2 F.
28. F pr. D, éch. 28. T pr. F.
29. P5D.
Encore un coup superbe. Le Noir ne peut prendre ce P sans per-
dre une pièce.
1 29. C3F.
30. P pr. C. 30. T pr. D.
31. P pr. T, éch. Le Noir abandonne.
-
]\o4. Contre M. GuumnT.

BLANC (M. M.). NOIR (M. G.).

1. P4R. 1. P4I).
2. P pr.P. 2. D pr. P.
3. CD 3 F. 3. DcaseD.
P4D. 4. P3R.
6.F3D.6.c2R.
4.
5.
6.
C3
F 3D.
7. Roque.
F. 5.
6.
7.
F3D.
C2R.
P3ÏR.
8. F 3R. 8. P3rD*
9. C5 R. 9.C2D.
10. P FR.4 10,C3F.
11. C4 R. 11 C4F.
12. F 2F. 12.F2F.
13. SP3F
14. 3F. 13. C4D.
14. D2R.
15. TD case R. 15. FPr* C.
16. PDpr.F.
Nous engageons l'élève à étudier-l'immense supériorité attaquer,
de posi-
tion que le Blanc a su déjà acquérir. Il peut maintenant
soit par FD 5 F, ou bien P4 CR, et le Noir ne peut se
garantir de
l'une ou de l'autre de ces attaques.
16. P4TR.
17. F5FD. 17. DcaseD.
18. C 6D,éch. 18. Cpr. O
19. F pr. C. 19. P 3CR.
20. D 3C. 20. C2R.
TcaseD. 21. F2D.
P5 T.
21.
22. T 2 D. 22.
C4F.
23. D 4C. 23.
24. F pr.C. 24. PRpr. F.
25. D3F. 25. D 3C,éch.
96 R case T. 26. Roque cô. D.
27. P4F. 27. P6T.
28. P 3CR. 28. F3R.
29. D 3FD. 29. T2D.
30. TRcase D. 30. P 4F.
31. R case C. 31. TR case D.
32. D3T. 32. P3T.
33. Fpr.P. 33. D 3F.
Ce coup sauve la partie du Noir, le Blanc ne pouvant pas faire
l'échange des T à cause du mat de la D à la 7e du CR.
34. FT 65D.
I). 1 P3F.
34. P 3 F.
31.
35. -

Admirablement joué! Ce coup aurait assuré le gain de la partie


au Blanc sans la position gênée de son Roi.
35. Fpr.T.
36. Tpr. F. 36. Tpr.F.
37. Ppr. T. 37. Rcase C.
38. D3 D. 38. T pr.P.
39. D2 D. 1 39. Tpr.T.
40. Ppr. T. 40. D 4 F, écho
41. R case F. 41. D5F,éch,
42. R2 F, 42. D4F,éch.
Partie remise,

N° 5.-Contre M. PUETI, professeur d'Échecs au café do


la Régence.

BLANCS (M. M). I


NOIUS (M.P.).
1. P 4 R. 1. P 4 FI).
2. P4D. 2. P pr. 1).
3. CR 3F. 3. P 4R.
,
4. FR 4 FD 4. F 5 CD, cch.
5. P 3F. 5. Ppr. P.
6. P pr. P. 6. F hF.
7. C pr. P. 7. D 3F.
8. F pr. P,cch. 8. R case F.
9. C3D. 9. F 3C.
10. F 3C.
F3T
10. P D. 3
11. 11. C 3F.
12. Roque. 12. C 3T.
13. P5R, 13. D3G.
14. CIl F 14. D5G.
15. G6R,éch.
Plus efficace que de prendre le P avec la D.
15. Fpr.G.
16. D pr. P, éch. 16. R 2 F.
F pr.F, élk.18.D4C.
17. D 7 D, éch. 17. R 3 G.
18..
pièce s'il avait pris le P
Le Noir aurait évidemment perdu une
aveo!eC.
Cpr.P.
19.
20.
F5D.
F 4 R, éch.20.I D3F.
21.
19.
C 4 F.
21. D 6R,cch. F. D 3
22. F pr. C, éch. 22. R 4 T.
23. P 4 C, éch. 23. C pr. P.
24. Fpr. C,cch. Le Noirabandonne.

NO 6. Contre M. POTIER.

BLANCS (M. M.).. Noms (M. P.).

1. P 4 R. 1
1. P 4 R.
2. C 3FR. 1
2. C 3FR.
3. F 4 F. 3. Gpr. P.
3 C 3FR.
:

4. C F. 1 4.
5. Gpr. P. 5. P4D.
6. F3C. 6. F2R.
7. P4 D. 7. P3F.
8. Roque. 8. CD 2D.
9. P 4fr. 9. C3C.
10. D 3 F. 10. P 4TR.
11. P5F. 11 D2F-
12. F 4FR. 12. F3D.
13. TD case R. 13. R case F.
14. D3C. 14. P 5 T.
15. C6G,cch.
Parfaitement joué. Ce coup détruit toutes les combinaisons de
l'adversaire.
15. R case C.
16. F pr. F. 16. P pr. D.
17. Fpr.D. 17. Ppr.C.
18. PF pr. P. 18. P pr. P, éch.
19. R case T. 19. F 5 C.
20. T R. 7 20. CD D.2
21. F5R. 21. R case F.
22. T 7 F, éch. 22. R case C.
23. Cpr.P.
Voici une de ces brillantes combinaisons que l'on trouve tout
aussi fréquemment dans les parties que M. Morphy dirige sans les
voir que dans celles qu'il joue avec l'échiquier sous les yeux: nous
donnons un diagramme de la position.

23. Ppr.C.
24. F pr. P. 24. C C. 3
25. F 3 CD. Le Noir abandonne.

N° 7. — Contre M. LEQUESNE, sculpteur.

BLANCS (M. M.). 1


NOIRS (M. L.).

1. P4R. 1. P3CD.
2. P4D. 2. F2C.
3. F3D. 3. P311.
4. C3TR. 4. C2R.
5, Roque. 5. P 4D.
6. P 5R. 6. 3
CR FD.
7. P3FD. 7. F2R.
8. P4FR. 8. P3C.
9. P 4CR. 9. P 4TR.
10. Ppr.P. 10. Tpr.P.
11. D 4C. 11. T 5T.
12. D3 C. 12. R2D.
13. C 2 D. 13. D case T.
14. C5 C. 14. CcaseD.
15. CD FR. 3 15. Fpr.C.
16. Ppr. F. 16. T6T.
17. D2 C. 17. CD 3 F.
18. F2D. 18. C2R.
19. TD caseFD. 19. T caseFD.
P4G. P3T.
20.
21. P
22.
4T.
C caseR.
20.
21.
') 4
DD 4 T.
22. C4F.
23. T 3F. 23. T5T.
24. T4F. 24. Tpr. T.
25. Fpr. T. 25. P4F.
26. PCpr. P. 26. Ppr. P.
27. T case C. 27. P 5F.
28. FprC. 28. PC pr.
F.
29. C2 F. 29. F 3 F.
30. P5 T. 30. D 5 T.
31. D 3C. 1 31. D 4 T.
32. D 2G. 32. D 5 T.
Arrivés à ce point, les deux joueurs voulant persister dans les
mêmes coups, la partie fut déclarée remise.

Nol 8. — Contre M. SÉGUlN.

BLANC (M. M ) NOIR (M. S.).


1. P4R. 1. P4R.
2. CR3F. 2. P 3 D
Ppr. P.
3. P4D. 3.
4. Cpr.P. 4. CR 3F.
5. CD 3 F. 5. F 2 R.
6. F 3D. 6. Roque.
7. P4F. 7. P4F.
8. C3
9. Roque.
F. 8. C 35 F.
9. F C.
10. F3 R. 10. P3TD
11. P
12. P3
TD. 4T. 11.
12.
P 3 T.
Fpr. C.
13. D pr.
F. 13. C5CD.
14.TDcase D. 14. D 2
F.
15. P CD. 3 15. Cpr. F.
16. Ppr. C. 16. TR caseR.
17. P 4D. 17. D 3F.
18. Ppr. P. 18. Ppr. P..
19. P 5R. 19. D pr. D.
20. Tpr.D. 20. C2T.
21. T7D. 21. TDcaseC.
22. C5D. 22. F case F.
23. F 2 F. 23. TRcase I).
24. C6C. 24. Tpr.T.
25. Cpr.T. 25. TcaseFD.
26. T 3FD. 26. T F. 2
27. C pr. F. 27. C pr. C.
28. T pr. P. 28. T pr. T.
29. F pr. T. 29. C R. 3
30. F3R. 30. P CR.3
Nous donnons un diagramme de la position afin de faciliter l'é-
tude de cette belle fin de partie jouée par M. Morphy avec une pré-
cision admirable.

31. P4CR. 31. CcaseD.


32. R2 F. 32. C 3F.
33. R2R. 33. P4
CD.
34. Ppr. P. 34. Ppr. P.
35. R3D. 35. R case F.
36. F 5 F, éch, 36. R case R.
37. R4R. 37. R D. 2
38. R5R. 38. CcaseD.
39. P5F. 39. Ppr. P.
40. P pr.P. 40. P T. 4
41. F6C. 41. G G. 2
42. P 6R.éch. 42. Ppr.P.
43. P pr. P, éch. 43. R 2 R.
44. R6 F.C,"éch. 44. CcaseD,éch.
45. Rpr. F.
45. F pr.
46 R6D, 46. RcaseR.
47. P 7 R. Le Noir abandonne.
Ainsi se termina une séance qui avait duré sans aucune
interruption depuis midi et demie jusqu'à dix heuresdu
soir. Nous tenons d'un témoin oculaire, qu'après un effort
intellectuel aussi extraordinaire et aussi prolongé, M. Mor-
physeleva de son fauteuil sans aucune apparence defa-
tigue.
Comme dernière preuve de la merveilleuse facilité de
M. Morphy pour tout ce qui tient aux Échecs, nous ne pou.
vons mieux faire que de rapporter ici une anecdote qui
nous a été racontée par M. de Rivière dans les termessui.
vants : « Nous revenions, Morphy et moi, à notre hôtel,
après avoir passé la soirée à jouer aux Échecs au Cigar-Di-
van, à Londres. M. Bird, lui dis-je, m'a gagné ce soirune
belle partie qui s'est terminée par un joli mat annoncé en
cinq coups; je vous montrerai cela en rentrant. Dites- -
moi tout de suite la position des pièces, répliqua Morphy,
— Alors, au milieu du bruit de la rue, je commençai à lui
rapporter la position des seize pièces qui restaient au jeu.
A peine l'avais-je indiquée, que Morphy reprit:—Oui,

:
en effet, le Blanc peut donner le mat en cinq coups en
jouant T 8 D, éch.
C 5 F. éch.
— T pr. T, éch.
— P 4 C, éch. et mat.
-T 8 C, écli,-

Le diagramme suivant reproduit la position des pièces:


CHAPITRE QUATRIÈME.

§ 1. Jeu d'Échecs, dit de Charlemagne, conservé à la Bibliothèque impé-


riale à Paris. — § 2. De quelques pièces d'un jeu d'Échecs saxon décou-
vert en Angleterre.— § 3. Jeux d'Échecs Scandinaves découverts en
Ecosse.
- § 4. Jeu d'Échecs dit de saint Louis. — § 5. Histoire de l'auto-
mate joueur d'Échecs. — § 6. Problème de la marche du Cavalier sur les.
soixante-quatre cases de l'échiquier.

On conserve au cabinet des médailles de la Bibliothèque


impériale de Paris, dix-sept pièces d'anciens jeux d'Échecs
en ivoire, auxquelleson donne communémentle nom de «Jeu
d'Echecs de Charlemagne. Cette réunion sous un même
»
nom, qui fait supposer une date certaine à des objets d'âges
et de styles différents, le petit nombre de dessins qui aient
reproduit ces pièces dans les ouvrages publiés jusqu'ici (1)
i
et imperfection des descriptions qu'on en a faites, ont ré-
pandu une grande obscurité sur tout ce qui s'y rapporte.
:
Ces dix-sept pièces sont nos 1 et 2. Un Roi dans un édi-
fice crénelé, une Dame idem; tous les deux figurés par Wil-
lemin. ---rNol 3 et4. Un Roi et une Dame dansdes édifices
sans créneaux, fig. 1 et 2 ci-après. — Nos 5, 6 et 7. Trois
Quadriges (Tours) dont unreprésenté ci-après fig. 4. — Nos 8,

Les seules figures publiées qui représentent quelques-unes de ces piè-


(1)
ces sont, dans Willemin, Monuments inédits de la France, I, 18, in-folio: un
Roi et une Reine. — Dins le Magasin Pittoresque, t. Il (1834) : 1. un Roi :
2.
5 un Fou ; 6. une Tour; 7. un Pion ;:
Partie postérieure de la pièce du Roi; 3. une Dame; 4. un Cavalier:
toutes ces figures ont été reproduites
par Massman, dans son ouvrage intitulé Geschichte des ftfittelalterliclten,
etc. (Histoire du jeu des Échecs au moyen âge, et principalement en Alle-

: -
magne,Leipsig,1839, 1 v. in-go, p. 224, avec quatorze planches). Enfin,
dans l'histoire de France de l'Univers (gravures) on voit 1. le Roi (celui
qui porte l'inscription arabe); 2. un Fou; 3. une Tour.
9 10et11. Quatre Cavaliers, dont un représenté ci-après
15. Quatre Éléphants (Fous),
fi. —5. Nos 12, 13, 11 et
dont un représenté ci-après fig. 6. — o 16. Un Pion,dont
nous donnons le dessin, fig. 3. -N"o 17. Un Roi, ayant une
inscription arabe sous sa base, très-imparfaitement figuré
dans les planches de VUnivers et qui fait le frontispice de
ce volume, avec le fac-similé de l'inscription arabe, publiée
par nous, pour la première fois en 1853, dans la première
édition de cet ouvrage.
Il sufIit d'un examen, même superficiel, de ces pièces,
pour se convaincre que les seize premières d'entre elles
présentent tous les caractères d'ouvrages byzantins. Les ni-
ches dans lesquelles sont placés les Rois et les Reines, leurs
arcades en plein cintre, leur ornementation, le style géné-
ral des figures, ainsi que leur costume, tout porte les traces
de celte époque. L'examen attentif de ces pièces nous porte
à croire qu'elles faisaient partie d'un seul et même jeu.
La Dame que nous représentons, faisait partie, sans au-
-
cun doute, du même jeu que le Pion, car un petit fantas-
sin, en tout semblable à ce dernier, se trouve reproduit sur
le haut du Pavillon où cette Reine est placée. Des quatre
Éléphants deux n'ont que deux conducteurs, tandis que les
deux autres en ont un troisième placé sur la tête de l'Élé-

;
phant. Des quatre cavaliers deux portent des boucliers ronds
et des fourreaux de sabre au côté gauche les deux autres
manquent de ce dernier accessoire et les boucliers des Ca-
valiers sont ovales et pointus par en bas. Les trois quadriges
qui restent se ressemblent presqu'en tout point; on peut
néanmoins en distinguer deux dontles conducteurs portent

sième;
un brassard au bras gauche, ce qui ne se voit pas au troi-
il nous semble que ces légères différences ne sont
que tout juste ce qu'il fallait pour empêcher les joueurs de
confondre leurs pièces, car nous n'avons pu trouver sur au-
cune d'elles des traces de couleurs.
Les six dessins que nous donnons aujourd'hui reprodui-
sent la série complète des pièces qui composent un jeu
d'Echecs et feront beaucoup mieux connaître ces curieux
monuments que la plus minutieuse description.
I.
Fig. LeRoi.

La fig. I. représente l'un des trois rois, celui qui n'avait


pas encore été gravé; il est dans un pavillon sans créneaux.
La partie postérieure de ce pavillon est formée par quatre
arcades à plein cintre. La partie postérieure de la pièce du
Roi représenté par Willemin, et qui se trouve dans un

;
pavillon crénelé, présente cinq arcades également à plein
cintre les rideaux de chaque côté de la niche où est assis
le Roi sont tenus entr'ouverts par un page.
Fig.II.LaDame.

Fig.Il. Une Reine, également dans un pavillon sans cré-


neaux. Il y avait en haut et de chaque côté une figure repro-

;
duisant en petit le Pion de la fig. n° 3. L'un de ces petits
Pions est brisé, mais l'autre est parfaitement conservé de
chaque côté du pavillon une suivante écarte un rideau. La
partie postérieure dé cette pièce présente trois arcades à
plein cintre, tandis qu'il y en a quatre derrière la Reine
représentée par Willemin.

Fig. III. Un Pion, le seul qui se soit conservé, représenté


par un fantassin coiffé d'un casque conique à nasal, revêtu
d'une cotte de mailles et portant d'une main un bouclier, de
LFig.HI.LePion.
l'autre une épée. On a peine à comprendre par suite de
quelle mépriseHyde a pu avancer qu'il portait un mousquet.

Fig.IV.LaTour.
Fig. IV. Un char, attelé de quatre chevaux, conduit par
un cocher, tenant les rênes d'une main et portant un fouet
de l'autre. — Il est coiffé d'une calotte unie. Nul doute
que cette pièce ne représente la Tour, car déjà au neuvième
siècle les Persans, et sans doute les Grecs à leur exemple,
avaient remplacé par un guerrier monté sur un char le na-
vire duvieux jeu indien la Chaturanga.

Fig. Y. Le Cavalier.

Fig. Y. Un Cavalier tenant à la main une épée, il porte


une cotte de mailles, un casque, un bouclier pointu par le
bas, de larges braies, les pieds appuyés sur des étriers et
armés d'éperons pointus.
Fig. VI.LeFou.
Fig. VI. Un éléphant ayant deux conducteurs sur le dos ;
ils sont assis sur un riche caparaçon mais sans estrade; ces
figures, chose singulière, sont nues jusqu'à la ceinture, elles
tiennent à la main un bâton crochu. Cette pièce est le Fou,
l'alfil (éléphant) des Persans.

;
Il est impossible de douter que ces pièces ne soient des
ouvrages byzantins mais à quelle époque doit-on les rappor-
ter? Tandis que sir F. Madden et le docteur Forbes pen-
sent qu'ilfaut les faire remonter au neuvièmesiècle, M.Cha-

;
bouillet(Cat. des camées, pierres gravées,etc., dela Bib. imp.
Paris, 1858) les rapporte au onzième un examen minutieux
du costume et des armes que portent ces figures pourrait
seul jeter quelques lumières sur la question. L'analogie
complète qu'on a cru voir dans ces costumes et ces armes,
avec ceux des chevaliers normands qui ont faitla conquête
de l'Angleterre au onzième siècle, armes et costumes dont
les formes nous ont été fidèlement conservées dans la tapis-
serie de Bayeux, a porté sans doute messieurs de Mersan,
;
Pottier et Chabouillet à assigner la même date à ce jeu
d'Échecs mais ces costumes et ces armes n'existaient-ils
pas déjà avec ces mêmes formes au neuvième siècle?
Quoi qu'il en soit et quelle qu'ait été l'époque à laquelle
ces Échecs ont été sculptés, notre opinion, que le jeu des

:
Échecs était connu et pratiqué à lacourde Charlemagne,
n'en peut recevoir aucune atteinte il existe en effet une
pièce, confondue jusqu'ici avec celles-ci à la Bibliothèque

approximative:
impériale, à laquelle il est plus facile d'assigner une date
c'est la dix-septième pièce du « jeu de
Charlemagne; » tandis que la provenance des seize premières
pièces paraît ne pouvoir être fixée avec certitude, celle-ci
provient sans aucun doute du trésor de l'abbaye de Saint-
Denis d'où, en 1793, elle fut transférée à la Bibliothèque
impériale. Si l'on devait s'en rapporter à Doublet (Hist. de
l'Abb. de Saint-Denis, p. 342), cette pièce n'aurait pas été
la seule qui existât dans le trésor et qui portât « des carac-
»
tères arabesques ; mais, soit dans la tourmente révolution-
naire, soit antérieurement, les autres pièces portant ces
caractères ont disparu et il ne reste plus que cette dernière.
Quant à celle-ci, son style, tout différent de celui des seize
autres, nous révèle immédiatement un travail oriental, et

:
pour qu'aucun doute ne soit possible, elle porte sous sa base,
en beaux caractères koufiques, l'inscription suivante Men-
llamelJoussouf-el-Bahaili (fait par Joseph, de la tribu de
)
Bahail). (Voy. le frontispice.

;
Cette pièce, qui est en ivoire et d'un seul morceau, est
d'une hauteur totale de seize centimètres elle représente
un éléphant portant sur son dos une large estrade ou houdah,
sur laquelle se tient un personnage assis à l'orientale et nu

;
jusqu'à la ceinture, portant un collier, des boucles d'oreilles,
des brassards et des bracelets sur sa tête est un casque ou
diadème, dont la base est ornée de quatre fleurs-de-lis. Le
haut decette coiffure a été brisé, mais on peut conjecturer
qu'elle était de forme conique, d'après les figures qui en-
tourent l'éléphant et qui présentent une identité de costume
presque complète avec le personnage porté sur l'estrade. Sa
taille est entourée d'une corde qui paraît retenir de larges
;
pantalons attachés au-dessus de la cheville le houdah est de
forme semi-circulaire, ouvert par devant. Sur le bord posté-
rieur se voient huit soldats à pied, de deux centimètres et de-
mi de hauteur, armés chacun d'une épée et d'un bouclier.
C'est sans doute la reproduction des huit Pions qui doivent
garder le Roi. De chaque côté de l'Éléphant sont deux che-
vaux montés par leurs cavaliers, et un cinquième sur le de-
vant.Le costume de cesCavaliers offrela plus grande analogie
avec celui du Roi. Comme lui, ils sont nus jusqu'à la cein-
ture, d'où de grands pantalons plissés leur tombent jusqu'à
lacheville. Ils portent, comme lui, collier, boucles d'oreilles,
brassards et bracelets. Leur coiffure est un casque conique
dont la base est ornée de fleurs-de-lis. Toutefois, sur l'une
des figures, cet ornement est remplacé par le pshent, orne-
ment particulier aux rois persans. Les chevaux ont des

;
selles fort ornées avec des housses et des étriers. Chacun
des Cavaliers porte à la main une arme différente l'élé-
phant saisit avec sa trompe et enlève de son cheval le cava-
lier qui est devant lui et qui, avec un geste de douleur très-
bien rendu, s'accroche aux défenses de l'animal, après avoir
jeté ses armes. Un cornac a dû exister sur la tête de l'élé-
phant, où l'on voit que l'ivoire a été brisé. Une figure, la
tête en bas, s'appuie sur les défenses.
Les caractères arabes formant l'inscription qui se trouve
au-dessus de cette pièce, dont nous donnons le fac-similé,
sont tout à fait semblables àceux dont se servaient les Arabes
du temps de Charlemagne. Ainsi, dans cette pièce, tout
tend à confirmer la tradition et à faire penser qu'elle pro-
vient d'un jeu d'Échecs envoyé à Charlemagne, soit par le
Calife Haroun-Al-Raschid, soit par quelque autre prince de
l'Orient. On a peine à comprendre comment cette pièce est
restée si longtemps sans avoir été reproduite par la gravure,
car elle est non-seulement d'une valeur capitale pour l'his-
toire des échecs, mais elle est encore un des plus anciens
monuments en ivoire que l'on connaisse. Il n'est pas un
amateur du noble jeu qui puisse contempler ce morceau
curieux sans éprouver un sentiment d'admiration et une
sorte de respect, en songeant qu'il a plus de dix siècles, et
qu'il est sans doute le plus ancien monument, ayant rapport
au jeu des Échecs, qui se trouve dans le monde.

g 2. De quelques Pièces découvertes en Angleterre, et supposées


provenir d'un jeu d'Echecs saxon.

Dans un tumulus situé auprès de Warrington, dans le


Lancashire (Angleterre), on a découvert, d'abord en 1841,
et ensuite en 1851, deux objets qu'on suppose être des piè-

sans aucune marque ;


ces d'un jeu d'Échecs. L'un d'eux a la forme d'une borne
l'autre, celle de nos bornes-fontaines,
sur les faces de laquelle on aperçoit quelques lignes obliques
croisées et de petits cercles grossièrement sculptés. Sir Fré-
déric Madden, qui a décrit le jeu scandinave dont nous

sont encore plus anciennes ;


allons parler, pense que les pièces trouvées à Warrington
il les croit du dixième siècle
et de fabrique saxonne. Elles sont faites en jais, espèce de
bois fossile d'un noir luisant, très-abondant dans le pays
voisin du Yorkshire, où l'on s'en sert encore pour faire di-
vers petits ouvrages d'ornement.

g 3. Pièces d'Échecs scandinaves du onzième siècle découvertes


en Écosse.

En 1831, on découvrit dans l'île de Lewis, en Écosse, sur


les bords de la mer, un nombre considérable de pièces ap-
partenant à des jeux d'Échecs d'une haute antiquité. Ces

;
pièces furent trouvées par un paysan qui bêchent un banc
de sable baigné par les flots elles se voient maintenant par-
mi les objets d'antiquité déposés au Musée britannique. Sir
Frederick Madden en a donné une description détaillée

particularités suivantes :
dans le 24e volume de VArchéologie, d'où sont tirées les

Les pièces trouvées sont au nombre de soixante-sept, ap-


partenant à différents jeux, dontsix Rois, cinq Dames,treize
Évêques (Fous), quatorze Cavaliers, dixWarders ou Ar-
chers (Tours) et dix-neuf Pions. La hauteur de ces pièces

;
varie entre trois et cinq pouces; les Archers sont les plus
élevés quelques-unes de ces pièces étaient teintes en rouge,
mais la couleur en a presque entièrement disparu.

1. Le Roi. 2. La Dame.-
Les Rois sont représentés sous la figure de vieillards, la
couronne en tête, assis sur des chaises dont le dossier très-
élevé est orné de représentations d'animaux et autres des-
sins dans le style des meilleurs ouvrages du douzième siècle.
Leur habillement se compose de deux vêtements; celui de
dessus, le manteau ou chlamyde, est ouvert du côté droit,

;
où il est retenu par une agrafe, pour laisser le bras libre;
il retombe en plis par dessus l'autre chacune de ces figures
a la main placée sur la garde d'une courte et large épée po-
;
sée en travers sur les genoux, comme prête à être tirée le
même ajustement se voit dans toutes les figures, avec quel-
ques légères différences.

;
Les Dames sont assises sur des chaises du même genre
que celles des Rois, elles portent aussi la couronne on voit
;
femmes d'un haut rang, ainsi que nous l'apprennent les mo-
numents de l'époque leurs robes et leurs manteaux tom-
bent jusqu'à leurs pieds, qui sont ordinairement cachés;

tion, la tête appuyée sur main ;


elles sont représentées dans une attitude qui indique l'atten-
la l'une d'elles, dont nous
donnons le dessin, tient de la main gauche une corne.

*
3. L'Evêque (Fou). h. Le Hrokr (Tour).

Parmi les Évêques (Fous), huit sont représentés assis sur


des chaises ornées de sculptures ; les cinq autres sont debout.
Toutes celles de ces figures qui sont assises et quatre de
celles qui sont debout portent la chasuble, l'étole et la tuni-
que de forme antique, pareilles à celles quel'on voit sur des
monuments d'une bien plus haute antiquité; les autres ont

sont très-basses et quelquefois sans ornements ;


une chape au lieu de chasuble et sont sans étole; les mitres

; elles ont les


deux fanons pendant par derrière leurs cheveux sont courts ;
les uns tiennent la crosse des deux mains, les autres d'une
seule, et dans ce dernier cas ils portent de l'autre un livre,
ou bien ils l'élèvent comme pour donner la bénédiction. Sur

ornements
ajustements.
;
le dos de la chasuble et de l'étole sont des croix et d'autres
il y a beaucoup de variété dans le détail deleurs
Les Cavaliers sont représentés comme des hommes armés

;
et à cheval. Ils Sont vêtus d'habits longs qui descendent jus-
qu'aux pieds un pantalon collant couvre leurs jambes jus-
qu'à la cheville, d'où remontent leurs bottines sans éperons;
ils sont coiffés de heaumes presque tous de forme conique
avec visière, oreillettes, etc. ; ils portent tous la barbe et la
moustache. Un grand bouclier de la forme d'un écusson
pointu par le bas, et attaché au cou, leur pend du côté gau-,
che. On voit sur ces boucliers divers ornements qui, quel-
quefois, ressemblent à des armoiries. Sous le bouclier on
aperçoit l'épée, et chaque cavalier porte à la main droite
une lance massive. Les chevaux sont bridés et ont de hautes
selles plus ou moins ornées avec des étriers.
La pièce que nous appelons la Tour est représentée ici
par des guerriers debout. Ces guerriers, dans la langue de
l'Islande, s'appellent Hrokr, où nous retrouvons le nom
oriental de cette pièce, Boc; ils portent sur la tête des
heaumes coniques avec des oreillettes, mais sans visière ;
l'épée d'une main, le bouclier de l'autre; ces boucliers,

nements;
comme ceux des Cavaliers., offrent une grande variété d'or-
mais ce qui donne à ces figures un caractère tout
particulier et une physionomio éminemment Scandinave,
c'est la manière dont on les représente mordant leurs bou-
cliers. C'était un trait caractéristique de ces guerriers Scan-
dinaves, appelés Berserkar, qui, en proie à une espèce de
,
:
délire, se livraient, la veille d'une bataille, aux actes les

;
plus extravagants. Voici comment Snorre les décrit « Les
soldats d'Odin avançaient au combat sans armure sembla-
bles à des chiens ou à des loups enragés, ils mordaient

ils foulaient aux pieds leurs ennemis ;


leurs boucliers; forts comme des loups ou des ours en furie,

; ni le feu ni le glaive
ne pouvait les atteindre cette frénésie s'appelait Berserk-
sgangr,»
Sir Frédéric Adam assure que toutes ces figures sont faites
avec des dents de morse ou cheval marin. Il cite diverses
autorités pour prouver que les nations scandinaves avaient
été renommées en tout temps pour le talent avec lequel elles
savaient sculpter l'os ou l'ivoire, et combien les dents du
morse, appeléRosmar ouRostungr parles nations du Nord,
y étaient chèrement estimées. Dans le Saga de Krôka-Ref,
on raconte que Gunner, préfet du Groënland, voulant se
concilier la faveur de Harald-Hardraad, roi de Norwége (A.

:
D. 1046-1067) lui envoya en don les trois choses les plus

; ;
précieuses que son pays pût produire un ours blanc adulte
et apprivoisé un jeu d'Échecs admirablement sculpté un
crâne de Rosmar avec ses dents sculptées et ornées d'or.
Le lieu où les pièces d'Échecs dont nous parlons furent
trouvées fournit une présomption de plus sur leur origine
Scandinave. L'île de Lewis, en effet, fait partie des îles Hé-
brides, qui, dans les neuvième et dixième siècles, étaient
peuplées de Scandinaves. Ces îles demeurèrent sous la dé-
pendance plus ou moins immédiate des rois norvégiens jus-
qu'au treizième siècle, époque où elles furent définitivement
cédées aux rois d'Écosse. Entre ces îles et les côtes de l'É.
cosse, de l'Irlande et de l'Islande, il existait des communi-
cations habituelles au moyen de petits vaisseaux appelés
Byrdinga. Les naufrages devaient être fréquents dans ces
mers, au milieu de ces îles hyperboréennes, et c'est proba-
blement ainsi que ces jeux d'Échecs, appartenant à quelque
marchand qui les transportait comme objets de commerce,
se sont trouvés ensevelis dans le banc de sable d'où le ha-
sard les a tirés au bout de plusieurs siècles. D'après toutes
ces données, Sir F. Madden pense qu'on ne peut pas douter
que ces Échecs n'aient été exécutés vers le douzième siècle,
par des artistes de cette nation qui, sous le nom de North-
men (hommes du Nord), se répandit dans la plus grande
partie de l'Europe, et dont la langue et les mœurs se sont
conservées jusqu'à nos jours chez les habitants de l'Islande,
leurs descendants directs.
Le Roi d'un jeu d'Échecs, ayant la plus grande analogie
avec un de ceux qu'on a découverts dans l'île de Lewis, a été
trouvé dans une tourbière du comté de Meath, en Irlande,
et fait partie de la collection de M. Georges Petrie. Une gra-
vure de cette pièce a été donnée par M. O'Donovan dans sa
traduction du livre irlandais « Leabhar na gceart » publié
à Dublin. (Forbes, ap. p. 42.)
g h. Jeu d'Échecs dit de Saint Louis.

Antérieurement à la Révolution de 1791, on conservait


au Garde-Meuble de la Couronne un échiquier garni de ses
pièces qui, d'après la tradition, aurait appartenu à saint
Louis.
On s'appuyait, pour le soutenir, d'un passage de Join-
ville, qui, dans la vie de saint Louis, au chapitre 56, en
rendant compte de l'ambassade que le prince des Beduens,

:
qu'on appelait le Vieux de la montagne, envoya à saint Louis,
ajoute « et entre autres choses envoya icelui prince
Montagne un olifant de cristal au Roi, et plusieurs et di-
de la

verses figures d'hommes faites aussi de cristal, tables et


Echetsde cristal montés en or. »
Quelle que soit l'origine positive de cet objet des plus re-
marquables, qu'il ait été travaillé et monté en Syrie au trei-
zième siècle, ainsi que tout semble l'indiquer, ou qu'il soit
postérieur de quelques années à l'époque qui lui est assignée
par la tradition, il n'en est pas moins constaté que ce jeu
d'Échecs, sorti du Garde-Meuble de la Couronne après l'in-
ventaire fait en 1791, fut renvoyé dans les premiers jours
de la Restauration au roi Louis XVIII, qui le reçut, et qui
depuis s'en servit habituellement. Une des pièces, la Reine
de couleur, ayant disparu au château des Tuileries, le roi,
indigné de ce vol, donna à un de ses familiers l'échiquier,
qui devait plus tard enrichir la collection de l'hôtel Cluny où
on le voit aujourd'hui.
Les pièces sont en cristal de roche, montées en argent do-
ré, les unes de la variété transparente dite quartz hyalin ;
les autres, de la variété appelée quartz enfumé. Aucune d'elles
n'offre de figures d'hommes ni d'animaux.
La table, de quarante centimètres carrés, est entourée d'une
bordure d'encadrement qui renferme de très-petites figures
en bois de cèdre sculpté, cavaliers et fantassins. Sous les
cases du parquet sont de petits fleurons découpés, en argent
doré, dont le reflet se joue dans les tailles du cristal.
Le dessous del'échiquier etson pourtour sont couverts
d'appliques en argent repoussé, d'une époque postérieure.
Les quatre supports des angles sont en cuivre doré et d'une
exécution presque moderne.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur cette partiede
notre sujet. Ceux de nos lecteurs qui seraient curieux de
pousser plus loin l'étude de l'histoire et des antiquités du
jeu des Échecs, trouveront une riche mine d'érudition dans
l'ouvrage de Massmann déjà cité, dans le livre intitulé:
Mandragorias, seu historia Shahiludii, etc., par Thomas
Hyde, imprimé à Oxford, en 1694, en un volume in-
douze, avec planches, et surtout dans la savante histoire
des Échecs duDr Forbes (The Histoi-yofCliess,byDuncan
Forbes. L. L. D. London, pp. 372, in 8, 1860.)

:
Nous allons passer à un sujet qui pourra intéresser un
plus grand nombre de nos lecteurs c'est l'histoire de
cette déception merveilleuse qui, sous lenomdel'Automate
joueur d'Echecs, a eu le rare privilége d'occuper et d'éton-
ner l'Europe pendant près d'un demi-siècle, sans que le se-
cret par lequel son jeu était dirigé ait jamais été deviné;il
fut enfin dévoilé par celui qui le mettait en pratique.

g 5. Histoire de l'Automate joueur d'Échecs.

Jamais peut-être l'apparition du plus brillant phéno-


mène ne mit autant en émoi le monde savant que celle de
l'Automate joueurd'Échecs de M. le baron de Kempelen.
Cet automate parut, en 1770, à la cour de Vienne, oùil
excita, dès son apparition, des transports d'admiration, et
bientôt sa renommée s'étendit par les gazettes dans toute
l'Europe.
Rien ne peut mieux faire connaître les sentiments que
faisait naître ce spectacle que la relation d'un contemporain,
M. de Windisch, qui décrit ainsi l'impression qu'il ressen-
tit la première fois qu'il vit l'automate. « La première
fois, dit-il, que je vis l'inventeur faire sortir d'une alcôve
son automate fixé derrière une espèce de buffet porté sur des
roulettes, je ne pus me défendre de la pensée que ce buffet
devait contenir un compère qui faisait mouvoir la machine,
et je supposais, d'après la grandeur de ce meuble, qu'il pou-
vait contenir un nain ou un enfant d'une douzaine d'années.
Je ne fus donc pas peu confus quand je vis M. de Kempelen
souleverlarobede l'automate, ouvrir les tiroirs et les portes
du buffet et le rouler en cet état, par toute la chambre, en
le tournant de toutes les manières, de façon à permettre à
toutle monde del'examiner de toutes parts. Partout on voyait
des roues, des leviers et des poulies,.et, bien loin de pou-
voir contenir un homme, je ne pus y découvrir, malgré
l'examen le plus minutieux, un espace où l'on pût faire en-
»
trer un objet de la grandeur d'un chapeau.
: Bientôt, se
laissant aller à son enthousiasme, il s'écrie « C'est l'idée
la plus hardie qui soit jamais entrée dans la tête d'un méca-
nicien, que de construire une machine pour imiter l'homme,
ce chef-d'œuvre de la création. et cette idée, M. de Kem-
;
pelen ne l'a pas seulement conçue, mais il l'a exécutée son
joueur d'Échecs est sans-contredit l'automate le plus éton-
nant qui ait jamais existé. »
,
Revenons maintenant à l'automate, et disons, par ordre,
la manière dont les chosesse passaient lorsqu'on le faisait
voir en public.
L'automate, coiffé d'un turban, était assis en face d'un

;
échiquier garni de toutes ses pièces, placé sur un bureau ou
buffet haut de trois pieds, large de deux, long de quatre le
tout était porté sur des roulettes.
Ce bureau était composé de deux parties séparées par une
cloison, ayant chacune une porte et un tiroir dans le fond.
M. de Kempelen, avant de commencer, ouvrait successive-
ment ces portes et retirait le tiroir du fond. On voyait le
compartiment du bureau situé à gauche, rempli par des le-
viers, des roues, des cylindres comme une horloge; dans
l'autre compartiment, on voyait également des roues, des
cylindres et deux quarts de cercle. Une boîte, un coussin et
divers autres petits objets y étaient placés également. L'in-
venteur ôtait la boîte qu'il posait sur la table voisine, et po-
saitle coussin sous le bras de l'automate. Il tirait en même
empsdes tiroirs six petits échiquiers sur lesquels étaient
fixées des pièces formant six fins de parties différentes. L'au.
tomate s'engageait à gagner chacune de ces parties, quelle
que fût la couleur choisie par son adversaire (1).
Pour faire voir l'intérieur de ce bureau, l'inventeur ne
se bornait pas à ouvrir les portes qui le fermaient pardevant-
il ouvrait également celles qui le fermaient par derrière. Il
allumait même une bougie et la promenait dans l'intérieur
de la machine pour en faire mieux ressortir toutes les par
ties. On remarquait que cette bougie restait allumée pendant
tout le temps que durait l'exposition de l'automate. La boite
que l'inventeur avait tirée de l'intérieur du bureau, etqui
se trouvait sur une table voisine, mais sans aucune commu-
nication avec l'automate, était souvent consultée par M. de
Kempelen pendant la partie, et il donnait à entendre quele
contenu de cette boîte, qu'il cachait avec soin, jouait un rôle
important dans le jeu de la machine; mais beaucoup de
personnes étaient persuadées que ce n'était là qu'un moyen
de dérouter les conjectures des spectateurs.
La robe de l'automate se soulevait également, sonpante-

(1) :
Voici une position de ce genre celui qui joue le premier n'importe
avec quelle couleur, peut donner le mat à ton adversaire en trois coups,

On trouvera la solution de ce problème à la fin du volume.


Ion même s'ouvrait, et partout on retrouvait des roues et
des poulies. L'inventeur avait soin de faire remarquer que
la multiplicité de ces rouages rendait impossible l'introduc-
tion d'un moteur étranger dans l'intérieur de la machine;
d'ailleurs, au fond de ce bureau obscur, presque herméti-
quement fermé, comment un compère aurait-il pu voir et
diriger le jeu d'un échiquier placé sur la table supérieure ?
Aussitôt qu'un champion se présentait pour entrer en lice,
M. de Kempelen, après avoir fermé toutes les portes du buf-
fet et abaissé la robe de l'automate, s'armait d'une clef et re-
le
montait la mécanique. On entendait bruit des roues comme
lorsqu'on remonte une pendule.
Dès lors, les yeux de l'automate s'abaissaient sur l'échi-
quier, et, après quelques instants d'une apparente médita-
tion, illevait lentement son bras, le dirigeait au-dessus de
la pièce qu'il voulait prendre, la saisissait fortement entre
ses doigts, l'enlevait et la transportait sur la case où elle de-
vait être placée. On eût espéré en vain le déconcerter par
quelque fausse marche; à la plus légère faute contre la rè-
gle, il branlait la tête en signe de mécontentement, remet-
tait la pièce mal jouée au point d'où elle était partie et jouait
ensuite son coup.
S'agissait-il d'annoncer un Échec, les lèvres de l'auto-
mate s'agitaient et il s'en échappait un son rauque assez
semblable à la prononciation de la syllabe shé ou ché et qui,
quoique faiblement articulé, suffisait pour que l'adversaire
fût convenablement averti.
Ainsi, rien de ce qui pouvait contribuer à l'illusion n'a-
vait été négligé; toutefois, plus les mouvements de l'auto-
mate s'exécutaient avec promptitude et facilité, plus il
devenait évident qu'ils étaient subordonnés à une force di-
rectrice. L'inventeur lui-même en convenait; mais quelle
était-elle? Quel était ce moteur adroit, intelligent, savant
même dans un jeu où l'on ne pouvait exceller sans une étude
approfondie et une longue pratique? Tous les yeux fixés sur
M. de Kempelen cherchaient en vain à découvrir dans ses

:
regards, dans sa démarche, dans ses moindres gestes, quel-
que indice des moyens dont il se servait tantôt il tournait
le dos à la table et tantôt s'en éloignait de plusieurs pas,
laissant jouer trois ou quatre coups de suite avant de s'en
rapprocher; la table elle-même se déplaçait à la volonté du
spectateur, et ainsi rendait impossible toutecorrespondance
avec le plancher ou une pièce voisine.
Le mystère demeurait impénétrable: maître de son se-
cret, l'automate visita les capitales de l'Allemagne, de l'An.
gleterre et de la France; partout il fut accueilli avecune
extrême curiosité, et excita souvent de vifs transportsde
surprise et d'admiration. Il visita enfin la cour de Berlin,
et eut l'honneur de se mesurer avec le Grand-Frédéric,
fort amateur d'Échecs. Dans un moment d'enthousiasme,

;:
Frédéric fit à grands frais l'acquisition de la machine
et de son secret mais, chose singulière, le prestige fut
dissipé à l'instant l'automate démonté, dédaigné, cou-
vert de poussière, fut relégué dans un garde-meuble, où il
demeura près de trente ans enfoui et oublié.

;
C'est en quelque sorte à la présence de Napoléon à Berlin
qu'il dut sa résurrection il fut tiré de son obscurité, recou-
vra son ancienne splendeur sous un nouveau maître, M. Maël-
zel, et, fier d'avoir triomphé du vainqueur d'Austerlitz,il

;
recommença ses voyages. Londres et Paris le revirent avec
un nouveau plaisir précédé d'une réputation colossale, il
arriva enfin à la cour de Bavière. Là se renouvelèrent les

;
surprises, les extases que son jeu ne manquait jamais d'cx.
citer cette fois même les impressions furent si vives, quele
prince Eugène ne put résister à la tentation de devenir pos-
sesseur de ce chef-d'œuvre et d'être initié à lascienceoc-
culte qui opérait tant de prodiges. Son désir fut satisfait, et
le prix de son initiation fixé à la somme de trente mille
francs.
Nous arrivons à l'instant où le voile va se soulever. Les

avec le démonstrateur ;
regards indiscrets ont été écartés avec soin, le prince est seul
:
celui-ci, pour toute explication
ouvre à la fois les deux volets de la machine, les rouages

;
avaient disparu. — Un homme, un véritable joueur d'E-
checs, en occupait la place il était assis sur une tablette à
roulettes extrêmement basse, où il paraissait fort mal à l'aise.
On peut se figurer, à cet aspect, le désenchantement du

:
nouvel acquéreur. La solution du problème principal se ré-
duisait à un simple escamotage ces leviers, ces roues den-
telées, ce cylindre, cette cloison qui séparait le buffet, en
deux parties, se repliaient et se déplaçaient à volonté. Pen-
dant l'examen du mécanisme intérieur, comme les volets ne
s'ouvraient que l'un après l'autre, l'agent, introduit d'avance,
tantôt se réfugiait dans le torse de l'automate, les jambes re-

:
pliées sous lui, tantôt se courbait du côté opposé, la tête
abaissée et les mains en avant il se trouvait ainsi tour à
tour masqué par celui des volets qui était fermé. Une ou
deux répétitions avaient suffi pour l'habituer à cet exercice
et pour lui apprendre à tourner la manivelle qui dirigeait
le bras de l'automate, puis à mettre en mouvement le ressort
élastique qui en faisait mouvoir les doigts, et-enfin à tirer le
cordon correspondant au soufflet destiné à l'annonce des
Échecs. Le directeur avait sous les yeux, pour lui servir de
répétiteur, un échiquier de voyage sur lequel les pièces ne
peuvent ni vaciller ni se renverser, et dont toutes les cases
étaient numérotées. Un autre échiquier également numéro-
té, se dessinait en forme de plafond au-dessus de sa tête et
formait le revers de la table sur laquelle jouait l'automate
les pièces, fortement aimantées à leur pied, faisaient par
:
leur attraction lever de petites bascules adaptées à chaque

;
case de ce verso. Le directeur observait attentivement le
mouvement de hausse et de baisse des bascules dès que
son adversaire soulevait une pièce pour la jouer ailleurs, la
petite bascule, retenue jusqu'alors par l'attraction de son
pied, s'abaissait; aussitôt que cette pièce était placée sur

;
une case nouvelle l'attraction agissait, et la petite bascule
qui était attachée au-dessous de cette case se soulevait le
directeur apprenait ainsi d'une manière précise tous les
mouvements qui s'opéraient sur l'échiquier supérieur il
avait soin de répéter le coup sur son échiquier, il jouait
:
alors le sien et le faisait exécuter ensuite par l'automate.
Pour voir dan§ son étroite prison, il était indispensable
que le directeur pût s'éclairer d'une lumière. C'était un
danger, car le plus petit rayon, se faisant jour par quelque
fente, pouvait trahir sa présence. L'inventeur tira habile-
ment parti de ce danger pour augmenter l'illusion. Il avait
soin, comme nous l'avons déjà dit, d'allumer unebougie
lui-même, sous prétexte de mieux faire voir l'intérieurde

:
l'automate, et de la laisser brûler sur une table voisine pen-
dant tout le temps que durait l'exposition par ce moyen
il amortissait l'éclat de tout rayon qui aurait pu, par suite
de quelque accident, s'échapper de l'intérieur de la ma.
chine.
Le secret une fois dévoilé, l'automate n'eut plus de char.
mes pour le prince, et il était menacé d'avoir en Bavière le
même sort qu'il avait eu jadis à Potsdam. D'un autre côté,
son précédent propriétaire regrettait un objet qui, inutile
entre les mains du prince, était entre les siennes une source
de bénéfices considérables. Il proposa donc de reprendre
l'automate et de se contenter de l'intérêt de la somme dé.
boursée pour l'acquérir. Cette proposition fut agréée, et
l'automate se prépara à poursuivre le cours de ses pérégri-
nations.
Pour cette nouvelle campagne, M. Maëlzel s'était assuré
des services de M. Mouret, excellent joueur, homme fort
gai et fort aimable, qui consentit à l'accompagner et devint
son associé dans les bénéfices de l'entreprise.
Une réussite complète signala bientôt la marche de nos
voyageurs. Partout où ils avaient dressé leur tente, les
spectateurs accouraient en foule pour être témoins des com-
bats qui allaient se livrer. L'automate, comme un chevalier
en champ clos, tenait contre tout venant, offrant à son an-
tagoniste l'avantage des armes et du terrain, ce qui, traduit
en style d'Échecs, signifie, pion et trait, et toujours (à très-
peu d'exceptions près), la fortune rangeait du côté de sa
se
bannière.
;
La spéculation fructifiait la plus parfaite harmonie régna
longtemps entre les associés, dont les comptes étaient réglés
à chaque station avec une scrupuleuse exactitude. Cepen-
dant un jour le mécanicien était resté débiteur envers l'agent
d'une assez forte somme, dont, sous différents prétextes,il
remettait le paiement de semaine en semaine, de mois en
mois. Un an s'était écoulé, et Maëlzel se refusait encore à
solder ce compte, lorsque Mouret trouva un moyen infail-
lible pour l'y déterminer.
L'automate était alors à Amsterdam ; le roi de Hollande
avait dès le matin fait retenir la salle et verser au bureau
une somme de trois mille francs. Maëlzel court annoncer
cette bonne nouvelle à son associé. On déjeune gaiement, on
se fait une fête d'avoir à combattre une tête couronnée;
Maëlzel s'empresse de faire les préparatifs nécessaires pour

;
donner à la solennité le plus d'éclat possible. La séance de-
vait s'ouvrir à midi et demi midi sonne, et l'agent qui doit
s'introduire dans la machine n'est pas encore à son poste.
Maëlzel impatienté va s'informer de la cause de ce retard ;
! !
quelle est sa surprise de trouver Mouret dans son lit et agité
d'un tremblement convulsif « — Que vois-je Qu'avez-
?
vous
— J'ai lafièvre. — Qu'est-ce à dire? Vous vous por-
tiez à merveille tout à l'heure. — Oui, c'est un coup de fou-
dre.
?- Le Roi va arriver. — Il s'en retournera. — Que lui
dire — Que l'automate a la fièvre.
-- Trêve de plaisante-
rie.-Je n'ai aucune envie de rire. Jamais la recette n'a
été aussi belle. — On rendra l'argent. — De grâce, levez-
vous. — Impossible. — Je vais appeler un médecin. -Inu-
tile. — N'est-il donc aucun moyen de couper cette fièvre?
?
— Si fait, un seul. — Lequel — C'est de me compter les
quinze cents francs que vous me devez. — Qu'à cela ne

zel vit bien qu'il n'y avait plus à balancer;


tienne. ce soir. — Non, non, à l'instant même. » Maël-
il alla chercher
l'argent. La cure fut merveilleuse, l'automate n'avait jamais
été si bienjnspiré. Le roi ne joua pas, seulement il conseil-

;
lait son ministre de la guerre, qui jouait pour lui. La coali-
tion fut complétement battue mais la défaite fut mise uni-
quement sur le compte du ministre responsable.
L'expédition de nos voyageurs était à peine terminée que
Maëlzel en prépara une autre pour le Nouveau-Monde. Au
candidat agréé par lui pour diriger sa machine on prétend

:
qu'il ne manqua pas de dire comme complément à ses ins-
tructions « Si
l'on cria au feu, ne vous effrayez pas, ne
bougez pas, je viendrai à votre secours. » Voici la circons-
tance qui, dit-on, déterminait Maëlzel à faire une pareille
recommandation.
Dans le cours de ses voyages, il était arrivé un jour dans
une ville d'Allemagne, où un célèbre prestidigitateur don-
nait des représentations. L'automate eut bientôt éclipsél'es-
camoteur. Celui-ci, piqué et jaloux, alla voir son rival, de-
vina le secret du moteur caché et, secondé par uncompère,

;
se mit tout à coup à crier au feu. On juge du trouble subit
dont furent saisis les spectateurs l'automate dans son effroi
jette son adversaire à la renverse, il roule et tourne sur lui-
même, il semblait devenu fou. Heureusement Maëlzel, qui
seul a conservé de la présence d'esprit, le pousse derrière
un rideau, où le calme lui fut rendu. La ruse de l'escamo-
teur, promptement découverte, ne lui servit à rien, lavogue
resta à son rival.
Maëlzel est mort pendant son voyage en Amérique, et
avec lui finit sans doute pour toujours la carrière de l'au-
tomate.

G. Problème curieux de la marche du Cavalier sur les soixante-


quatre cases de l'échiquier.

Parmi les exercices de l'automate il y en avait un qui


étonnait toujours beaucoup; il s'engageait à faire parcourir
au Cavalier les soixante-quatre cases de l'échiquier, enau-
tant de sauts, et par conséquent sans se poser deux fois sur
une même case.
Ce problème curieux mérite que nous nous y arrêtions
un instant.
La marche du Cavalier sur l'échiquier présente des par-
ticularités qui ont attiré de bonne heure l'attention, non-
seulement des joueurs d'Échecs, mais aussi celle des mathé-
maticiens. Le Cavalier peut-il se transporter successivement
sur chacune des soixante-quatre cases de l'Échiquier, sans
?
poser deux fois sur la même case Tel était d'abord le pro-
blème qu'il s'agissait de résoudre, et dont on ne tarda pasà
trouver la solution d'un grand nombre de manières; disons
tout de suite que cela peut se faire de tant de façons diffé-
rentes, que l'on croit maintenantque le nombre en peut dé-
passer un million. On a découvert que le Cavalier peut par-
tir d'une case quelconque et finir à toute case d'une conteur
différente, ces deux circonstances nous donnent déjà 2048
combinaisons différentes (64 x 32), et dans son progrès à

;
travers les cases il peut varier sa route presque à chaque
pas.Le problème'futdonc promptement résolu mais on n'y
arrivait que par des tâtonnements, sans que personne eût
pu donner des règles certaines pour en assurer la réussite.

;
On comprend qu'un tel état de choses ne pouvait satisfaire
ni les esprits curieux, ni les savants aussi des mathémati-
ciens célèbres, parmi lesquels on compte les noms illustres
d'Euler, de Bernouilli, de Mairan, se mirent à chercher les
lois qui réglaient cette marche, ainsi qu'une formule pour
la déterminer. Ces recherches, qui ont fait connaître des par-
ticularités curieuses dont nous allons dire quelques mots,
n'eurent pas un succès complet. Ce ne fut qu'en 1840 que

;
le docteur Roget découvrit enfin la solution de ce problème
dans toute son étendue c'est-à-dire une règle générale et une
méthode certaine pour faire parcourir au Cavalier toutes
les cases de l'échiquier en partant d'une case désignée,
pour finir à une autre case désignée, sans passer deux fois
;
sur la même case la dernière case devant toujours être
d'une couleur différente de la première.
M. Solvyns a démontré que cela peut se faire de 20,160
manières diverses. M. l'abbé Durand a exposé et développé
une méthode pour arriver, d'une manière encoreplus sûre
que le docteur Roget, à la solution de ce problème, dans la
Régence de 1856, p. 366.
Cette marche du Cavalier sur l'échiquier peut se repré-

;
senter de deux manières, soit par des lignes, soit par des

1.
chiffres chacune de ces méthodes met en évidence des par-
ticularités dignes d'intérêt.
Si l'on représente la marche du Cavalier par des lignes,

riés et souvent d'une symétrie remarquable


que nous donnons au diagramme n°
:
on trouve qu'il trace dans son parcours des dessins très-va-
tel est celui
Diag.

Ici le Cavalier part de la case dela Tour de la Dame pour


finir sa course à la case du Fou du Roi. C'est une marche
qu'on peut facilement s'imprimer dans la mémoire, carle
Cavalier fait d'aborddeux fois le tour entier de l'échiquier,
puis se rend aux seize cases centrales pour en visiter huit,
sort du centre pour se rendre à la case de la Tour du Roi,

;
fait alors un tour entier, plus un pas, et rentre aucentrepour
visiter les huit cases qui restent ressort enfin par lacasedu
Pion de la Tour du Roi, et accomplit sa tâche dans un qua-
trième tour d'échiquier.
Toutes les fois que la soixante-quatrième case visitée par
le Cavalier n'est éloignée de la case dont il est parti que d'un
saut de Cavalier, il peut, après avoir complété sa tâche,se
rendre à la case d'où il est parti et recommencer. Il se pro-
duit de cette façon un réseau interminable; nous en don-
nons un exemple au diagramme n° 2. Il suffit de la simple
inspection de cette figure pour voir qu'on peut, avec son

;
secours, résoudre le problème en question, quelle que soitla
case d'où l'on fasse partir le Cavalier de plus, comme le
Diag.2.

Cavalier peut, en partant, se diriger soit à droite soit à gau-


che, il en résulte qu'au moyen du diagramme n° 2, on peut
résoudre le problème de la marche du Cavalier de cent vingt-
huit manières différentes.
Si nous représentons la marche du Cavalier sur ce même
diagramme au moyen de chiffres, nous allons voir un étrange
phénomène se produire.
Supposons d'abord que le Cavalier parte de la quatrième
case de la Dame pour finir à la troisième case du Fou du
Roi; les chiffres indiquant sa marche se trouveront rangés,
dans l'ordre représenté au diagramme n° 2 (a), qui présente
ce phénomène extraordinaire que chacun des chiffres
dont il est composé diffère toujours de 32 du chiffre opposé,
qui se trouve à égale distance du centre de l'échiquier

- -
ainsi 48 — 16, 62 — 30, 64
43 11,45 13,33
26, 60 — 28, etc. = 32.
-1, - -
— 32, 46 — 1lt, 59 — 27,
47 15,49 17,58 -
Nous avons vu ci-dessus qu'au moyen de ce diagramme

;
l'échiquier pouvait être parcouru par le Cavalier de 128
ma-
nières différentes or, quelle que soit la manière choisie, les
Diagr.2.(a).

numéros indiquant la marche seront toujours rangés de


manière à présenter cette même différence de 32 entre tous
ceux des côtés opposés et à égale distance ducentre. On pour-
ra le vérifier sur le diagramme n° 2 (b), où nous supposons

- -
que le Cavalier part de la case de la Tour delaDame,etoù
l'on trouve de même 54 22,36 4,
20,33 1,49 -17,
- - 38.
51 19, 39—7,55-23,53
— 21,64 — 32, 34 — 2, etc. = 32.
6,52-

Nous ne doutons point qu'un examen attentif de ces com-


binaisons de chiffres ne puisse révéler à un esprit subtilel
studieux d'autres particularités singulières et encore incon-
nues. Ainsi, dans les deux derniers diagrammes, on trouve

;
que la somme des deux chiffres à égales distances des angles
et des côtés opposés fait des nombres égaux ainsi au dia-
gramme n° 2 (a) :
55 + 3, 6 + 52, 20 + 38, 35 + 23 58
=
4 + 56, 53 + 7, 39 + 21, 24 + 36 = 60
Au diagramme n° 2 (b) :
- 61 + 9,12 + 58, 26 T 41, 111 + 29 = 70
+
10 + 62, 59 +13, 45 27, 30 + 41 = 72
Mais cette disposition, quoique se produisant souvent,
n'est pas constante dans les 128 combinaisons. Il en est de
même des rapports entre les sommes des différentes colonnes
à droite et à gauche du centre, qui diffèrent entre elles, tan-
tôt de 64, tantôt de 128, etc.
Diagr.2(b).

Dans le temps où l'on attachait une grande importance


aux propriétés mystiques des nombres, où l'on croyait y
lire les destinées des peuples et des rois, que n'aurait-on pas
tiré de ces combinaisons !
DEUXIÈME DIVISION

----c8(-8>————

THÉORIE ET PRATIQUE DU JEU DES ÉCHECS

Liv. I. —DES PRINCIPES DU JEU ET DE SES LOIS.


LlV. Il.-DES OUVERTURES.
Llv. III.-DES FINS DE PARTIE.
LIV
LIV.
Llv.
IV.—
V. — PARTIES CÉLÈBRES
VI. PROBLÈMES.
;
DES PARTIES A AVANTAGE.

- PARTIES AMUSAKTES.
DEUXIÈME DIVISION.

LIVRE PREMIER.

CHAPITRE 1er. - PRÉLIMINAIRES.

On joue aux Échecs sur une table carrée ou tablier, di-


visé en soixante-quatre cases, altet'nativement blanches et
noires; chaque face du carré est divisée en huit cases. Le
tablier ainsi disposé, se nomme Échiquier.
Les joueurs, assis vis-à-vis l'un de l'autre, doivent le
poser de telle sorte que chacun d'eux ait la case blanche de
J'angle à sa droite (1).
Les pièces avec lesquelles on joue sont au nombre de
trente-deux, dont seize noires et seize blanches. Elles se

(1)
:
Cette manière de poser l'échiquier est maintenant si bien établie, que
Jaenisch n'hésite pas à dire De toutes les règles du jeu des Échecs, la plus
respectable, sans aucun doute, est celle qui concerne la manière de poser
l'échiquier. Nous ne consentirions jamais à continuer une partie commen-
»
cée sur un échiquier mal tourné. Nous ne pouvons nous empêcher de
trouver exagéré le respect du savant professeur pour cette règle qui est né-
cessairementd'invention moderne, car on ne distinguait pas les cases par des
couleurs différentes chez les Hindous ni chez les Persans, et tel est encore
l'usage en Orient. Ce n'est qu'au moyen âge que l'usage s'est introduit de
distinguer alternativement les casss de l'échiquier par deux couleurs. Per-
sonne, à notre connaissance, n'a pu préciser l'époque à laquelle s'est intro-
duite la règle de poser l'échiquier ainsi colorié, de manière à présenter la
case blanche dans l'angle à la droite de chaque joueur.
:
Dans un magnifique vol. manuscrit enluminé du treizième siècle (Bibl.
Imp. Man. n° FR. 1173) de Nicholes de Saint-Nicholai, intitulé Jeu des
Échecs et autres, et qui ne donne pas moins de trois cent quarante-huit
problèmes en diagrammes, la moitié de ces diagrammes représente l'échi-
quier avec la case noire à la droite des joueurs.
nomment et se placent en face de soi comme il suit:aut
angles, les Tours; à côté des Tours, les Cavaliers; àcôté
des Cavaliers, les Fous; restent au milieu, de chaquecôté

Dame ;
des joueurs, deux cases, une pour le Roi, l'autre pour la
chaque Dame se pose sur la case de sa couleur; les
Rois à côté de leur Dame. Les Pions se rangent à côté les
uns des autres devantles pièces, sur le second rangdel'échi-
quier. Nous appelons Rangs les rangées de cases parallèles
aux joueurs ; les pièces sont doncau premier rang, les Pions
au deuxième. Nous appelons Files les rangées de cases per-
pendiculaires aux joueurs. Chaque file prend le nom dela

:
pièce qui en occupe l'extrémité: ainsi, par exemple, on doit
dire Le Pion du lioioccupe la deuxième case de lafiledu
Roi, etc. Le Fou qui est du côté du Roi s'appelle le Fou du
Roi; celui du côté de la Dame, le Fou de la Dame, et de
même pour les Cavaliers et les Tours de chaque côlé.
Lediagramme n° 1 représente l'échiquier avec les pièces
rangées pour commencer la partie.
Diag.. Noir(1).

Blanc (f).
(1) le cours de ce traité, l'échiquieret lespiècesserontposésde
Dans tout
la manière indiquée ici, c'est-à-dire les pièces noires en haut de la page,
les pièces blanches en bas, ce qui évitera la répétition de noir et blanc
au-dessus et au-dessous de chaque diagramme.
Le but que l'on se propose aux Échecs est la prise du Roi
adverse. Celui qui met le Roi de son adversaire dans une
position telle qu'il doit nécessairement être pris au coup sui-
vant, gagne la partie. Le Roi est alors ce qu'on appelle
échec et mat, mot dont nous avons indiqué l'origine.
Lorsqu'une pièce, autre que le Roi, se trouve placée de
manière à être prise par l'adversaire, on dit qu'elle est en
prise. Lorsque le Roi se trouve placé ainsi, on dit qu'il est
en échec. Les circonstances dans lesquelles les pièces peu-
vent être prises seront exposées au chapitre suivant. La prise
des pièces est facultative pour les deux joueurs. La pièce avec
laquelle on prend se met à la place de celle qui est prise
qu'on enlève de l'échiquier.

CHAPITRE II. - DE LA MARCHE DES PIÈCES.

Chaque nature de pièces a son mouvement propre. Ces


mouvements se démontrent sur l'échiquier avec bien plus
de facilité que par une description. Nous engageons donc
les commençants à se les faire enseigner par un ami. Il n'est
pas présumable que celui qui veut apprendre à jouer aux
Échecs ne soit pas à portée d'une personne qui puisse lui
rendre ce service. Nous allons toutefois les exposer briève-
ment; mais nous nous attacherons surtout à en faire con-
naître certaines particularités qui sont souvent mal comprises
ou imparfaitement connues, même de ceux qui ont une cer-
taine habitude de ce jeu.

§ I. - De la marche du Pion.

Le Pion marche droit devant lui et ne peut jamais recu-


ler. Il n'avance ordinairement que d'une seule case à la fois :
s'il rencontre une pièce ou un Pion placé devant lui sur sa
file, il ne peut aller plus loin et il est forcé de s'arrêter tant
que la case devant lui est occupée, à moins qu'il ne puisse
changer de file de la manière que nous allons expliquer:
si le Pion ainsi arrêté trouve une pièce ouunPionsurl'une
des cases qui se trouvent à la droite ou à la gauche dela

;
case qui est devant lui, l'une de ces pièces peut êtreprise
par lui, à sa volonté alors il se met à la place de la pièce
qu'il prend, et change par conséquent de file deuxPions;
de même couleur peuvent se trouver ainsi sur la même file
et le nouvel arrivant s'appelle alors Pion doublé. Dans cette
nouvelle position, il continue d'avancer sur la nouvellefile
par les mêmes règles que sur l'ancienne. Tout Pion peut
donc changer plusieurs fois de file dans le cours de lapar-
tie, mais uniquement au moyen de prises.
Bien que le Pion ne doive faire qu'un pas à la fois, ilale
privilége d'avancer de deux clses d'un seul coup, lorsqu'il
quitte sa case primitive, mais dans ce cas seulement; ainsi
un Pion qui n'a avancé que d'une seule case en partant,a
perdu pour toujours ce privilège.

:
Il existe une seconde exception à la règle ordinairedu
Pion, la voici lorsqu'un Pion en quittant sa case primitne
fait deux pas, il peut arriver à se placer à côté d'un Pion de
son adversaire qui alors se trouve à la cinquième case de sa
file; celui-ci, par privilège, peut prendre le Pion ennemi
au passage, en se plaçant sur la case qu'il eût occupée si ce
Pion n'eût fait qu'un seul pas au lieu de deux. Il fautajou-
ter que le Pion de la cinquième case doit prendre immédia-
tement; il ne le pourrait plus après un autre coup joue:
c'est ce qu'on appelle prendre enpassant.LePionestla
seule pièce, et dans cette seule circonstance, qui jouissede
ce privilège. Une pièce ne peut prendre un Pion enpcusallt.
Les diagrammes nos 2 et 3 présentent la positiondes Pions
après les 4e et 5e coups d'une partie qui aurait commencé
ainsi :
à
Blanc. 1er coup. P du R la 4eease.
Noir. 2e — PFD à la 3e.
IL 3e PduRàla5e.
N.4e —
— P du FR à la he. — (J)i«g. nO 2).
B. 5e ccup. P du R prend le P du Fdu R (Diag.
ne 3).

Diag.2.

Diag.3.

Pour mieux comprendre encore la règle du Pion qui peut


être pris en passant, il faut savoir que, dans l'origine, les
Pions ne pouvaient faire qu'un seul pas, et tel est encore
l'usage en Orient. C'est pour donner un peu plus de viva-
cité au jeu qu'on imagina de permettre aux Pions des'avan-
cer de deux pas en commençant, quand on pouvait supposer
que l'ennemi était encore assez éloigné; mais lorsqu'il n'en
était pas ainsi et que le Pion devait passer une case com-
mandée, soit par une pièce, soit par un autre Pion, le pri-
vilége nouvellement introduit parut exorbitant et donna
lieu à une vive controverse entre les différentes écoles;il fut
enfin décidé parcelles d'Espagne, d'Angleterre etd'Allema-
gne qu'on permettrait au Pion de passer une case comman.
dée par une pièce, mais qu'il ne pourrait le faire sans s'ex-
poser à être pris lorsque la case serait commandée par un
Pion. L'école italienne, au contraire, adopta sans restriction
le privilége depassarbattaglia, comme elle l'appelle, eta
refusé tant aux Pions qu'aux pièces le droit de prendre en
passant. Ce n'est pas le seul point par lequel le jeu des Ita-
liens diffère de celui des nations du Nord, ainsi que nous le
verrons par la suite.
Tout Pion parvenu à la huitième case se change en une
pièce quelconque, à la volonté du joueur, quiestobligéde
déclarer immédiatement la pièce qu'il désire à la place du
Pion, lequel prend aussitôt, par le fait de cette déclaration,
la puissance de la pièce demandée. On dit alors que lePion
est arrivé à dame, parce que la Dame étant la pièce la plus
puissante, c'est ordinairement celle que choisit le joueur;
mais il peut lui convenir quelquefois de prendre une autre
pièce.
La règle que nous venons de donner est absolue;parcon-
séquent, un joueur peut avoir à la fois surl'échiquierdeux
ou plusieurs Dames, trois ou quatre Tours, deux Fousde la
même couleur, etc. ; toutefois, il ne peut avoir deux Rois,
ce qui serait contre la nature même du jeu (1).
La règle donnée ici n'est pas universelle. En Italie, de nos jours, le

;
(1)
Pion arrivé à la huitième case est déclaré Dame, que le joueur ait déjà
une Dame ou qu'il l'ait perdue mais on ne permet pas trois Cavalier?,
trois Tours ou trois Fous. Autrefois, en Italie, maintenant en Russie eten
Allemagne, le Pion ne se remplace que par une des pièces perduesdéjà.
Si le joueur qui a conduit son Pion à Dame n'a perdu aucune pièce, le
Pion reste inactifpour remplacer immédiatement la première pièce perdue
par lui.
§M - De la marche du Roi.
;
Le Roi ne fait qu'un seul pas, mais dans tous les sens il
prend comme les autres pièces en se mettant à la place de
celle qu'il prend. Toutes les fois que l'on place une pièce

cc
.•
;
ou un Pion qui pourrait prendre le Roi au coup suivant, on
met le Roi en échec il est nécessaire d'en avertir, en disant
Échec ait Roi » le Roi est forcé de se soustraire àl'échec,
en changeant de case, en se couvrant par une pièce ou par
un Pion ou par la prise de la pièce qui fait échec; s'il ne
peut se déplacer, ni se garantir, il est ce qu'on appelle mat,
et la partie est perdue.
Le Roi ne peut, dans aucun cas, rester en échec ou s'y
mettre en se plaçant sur une case commandée par une des
pièces de son adversaire; il résulte évidemment de là que
les deux Rois no peuvent jamais se mettre à côté l'un de
l'autre.
Le Roi, qui ne doit faire qu'un pas à la fois, a toutefois,

:
comme le Pion, le privilège de faire deux pas une seule fois
pendant la partie, ce qui a lieu dans le cas suivant s'il n'y
a plus aucune pièce entre le Roi et l'une des Tours, soit à
droite, soit à gauche, et que ni le Roi ni la Tour n'aient en-
core bougé, le Roi peut faire deux pas du côté de la Tour,

;
qui passe alors de l'autre côté du Roi et se place sur la case
qu'il vient de traverser c'est ce qu'on appelle roquer. Outre
la condition de n'avoir pas encore bougé, qui s'applique tant
au Roi qu'à la Tour, il y a pour le Roi deux autres condi-
tions nécessaires pour qu'il puisse roquer. Il ne peutle faire
pendant qu'il est en échec, ni traverser unecase commandée,
c'est-à-dire qu'il ne peut passer sous un échec.-Le Roi qui
reçoit un échec ne perd pas la faculté de roquer, pourvu
qu'il n'ait pas quitté sa case.

III. — De h marche de la Dame.

La Dame peut se mouvoir dans toute l'étendue de l'échi-


quier, en avant, en arrière, horizontalement, perpendicu-
: ;
lairement etdiagonalement, en suivant uneligne droite c'est
la plus puissante des pièces placée aumilieudel'échiquier
elle commande vingt-sept cases, sans compter cellesurla-
quelle elle est placée. Quelques joueurs ont l'habitude d'an-
noncer l'échec à la Dame lorsqu'elle est en prise, maisOn
n'y est obligé que lorsque les joueurs en ont fait la conven,
tion d'avance.

§ IV. — De la marche de la Tour.


La Tour se meut en avant et en arrière, en ligne droite,
sur les cases parallèles et perpendiculaires dans toute l'é-
tendue de l'échiquier; lorsqu'elle est placée au centre, elle
commande quatorze cases, sans compter celle qu'elle occu-
pe. C'est la pièce la plus puissante après la Dame.
Nous avons déjà expliqué, à l'article du Roi, lecasoùla
Tour peut, une fois pendant la partie, faire un mouvement
exceptionnel pour roquer. Nous faisons observer que, lors-
que le Roi roque de son propre côté, la Tour du Roi ne fait
que deux pas, tandis que la Tour de la Dame en fait trois
quand le Roi roque du côté de la Dame.

§ Y. — Dela marche du Fou.

Les Fous se meuvent diagonalementdans toute l'étendue


de l'échiquier, en avant et en arrière, l'un sur les cases
blanches, l'autre sur les cases noires, sans pouvoir quitter
la couleur sur laquelle ils sont posés à l'origine. Placéau
centre de l'échiquier, le Fou commande treize cases outre
celle qu'il occupe.

§ VI. — De la marche du Cavalier.


La marche du Cavalier est la plus difficile àdécrire,àex-
pliquer et à faire comprendre à un élève, s'il n'a auprès de
lui un ami qui puisse la lui montrer sur l'échiquier. Il saute
diagonalement dans tous les sens, et se pose, après avoir
traversé un rang ou une file, sur une case adjacente qui doit
être nécessairement d'une couleur différente de celle qu'il
vient de quitter. Posé sur une case noire, au centre de l'é-
chiquier, il peut ainsi se transporter sur huit cases blanches,
que nous avons numérotées dans le diagramme n° 4. Dans
Diag.4.

ses mouvements il peut sauter par dessus les pièces qui l'en-
tourent; c'est la seule pièce qui ait cette faculté. On voit,
d'après ce qui précède, qu'au commencement de la partie
(voy. Diag. n° 1), chacun des Cavaliers peut se transporter
sur deux cases, la troisième de la Tour et la troisième du
Fou, en passant par dessus les Pions. Le Cavalier qui prend
une pièce suit la règle ordinaire et se met à la place de la
pièce qu'il prend.

§ VII.—Delamanièredontlespiècespeuventprendre
ou être prises.

Nous avons dit ci-dessus, en parlant du Pion, qu'il prend


diagonalement toute pièce ou tout Pion qui se trouve sur
l'une des cases à côté de celle qui est devant lui. Cette ma-
nière de prendre est particulière au Pion.
La Dame, la Tour, le Fou et le Cavalier peuvent prendre
toute pièce qui se trouve sur une case où, d'après leur mou-
;
vement propre, ils peuvent se transporter. La même règle
s'applique au Roi seulement, ainsi que nous l'avons déjà
dit, il ne peut jamais se mettre sur une case où il seraiten
échec.

Diag.5.

Le diagramme n° 5 représente un échiquier où un


grand nombre de pièces sonten prise etdontl'étude éclai.
rera mieux l'élève qu'une plus longue explication. Ainsi:
Quant aux Blancs :
Le Roi peut prendre une Tour ou un Pion.
La Dame peut prendre à volonté un Cavalier (en don-

nanten même temps échec au Roi noir), un Fou ou un


Pion.
La Tour peut prendre le Cavalier et faire en même temps
échec au Roi.
Le Fou peut prendre la Tour.
Le Cavalier peut prendre un Pion et faire enmêmetemps
échec au Roi.
Le Pion de la Tour peut prendre le Fou.
Quant aux Noirs :
Le Roi peut prendre le Pion qui est à la septième case de
sa file ; il ne peut prendre l'autre Pion, parce qu'il se met-
trait, en le prenant, sous l'échec du Fou.
La Dame peut prendre la Tour ou un Pion.
La Tour peut prendre un Pion et faire échec au Roi en
même temps.
Le Fou peut prendre la Tour ou un Pion.
Le Cavalier peut prendre un Pion.
Le Pion doublé peut prendre le Cavalier.
Le Pion noir qui est à la septième case de sa Dame, peut,
en avançant d'un pas, se changer en Dame et donner du
coup échec et mat au Roi blanc.

CHAPITRE III. — DE LA VALEUR RELATIVE DES PIÈCES,


AVEC QUELQUES OBSERVATIONS SUR LEUR NATURE.

La Dame, comme nous l'avons déjà dit, est la pièce la


plus puissante; après elle vient la Tour. Quant à la valeur
du Fou et du Cavalier, nous croyons utile de donner ici
un aperçu des qualités et des défauts comparatifs de ces
deux pièces; bien que cela puisse paraître prématuré
et au-dessus de la portée des commençants, nous voulons,
par cette comparaison, laisser déjà entrevoir à l'élève l'éten-
due, la profondeur et la variété dujeudont-il aborde l'étude

;
Nous commencerons par exposer les qualités qui semble-
raient devoir assurer la prééminence au Fou nous exami-
nerons ensuite celles qui sembleraient au contraire devoir
faire pencher la balance en faveur du Cavalier
1° Le Fou frappe plus au loin que le Cavalier
:;
;
2° Les deux Fous et le Roi peuvent donner le mat au Roi
ennemi, lorsqu'il est seul ce que les deux Cavaliers ne peu-
;
vent faire
3° Les deux Fous peuvent barrer le passage au Roi en-
nemi. — Les deux Cavaliers n'y peuvent parvenir.
4° La victoire de la Dame, à la fin de la partie, est plus
facile contre les deux Cavaliers que contre les deux Fous;
5° Un Fou et un Pion se gardent réciproquement, qualité
précieuse à la fin d'une partie et que ne possède pas le Ca-
valier;
6° Quand le Fou couvre le Roi d'un échec, il
défend et
attaque en même temps, ce que le Cavalier ne peut pas
faire;
7° Le Roi ennemi ne peut investir le Fou et le prendre,
comme il peut poursuivre et prendre le Cavalier qui se trouve
;
sur certaines cases
8° Le Fou peut, dans certains cas, tenir le Cavalier se-

:
questré et l'empêcher de sortir jusqu'à ce que le Roi, ouune
autre pièce, arrive pour le prendre le Cavalier n'a pas cette
faculté.
Le diag. n° 6 représente cette fâcheuse position du Ca-
valier ;

Diag.C.

9° En démasquant un Fou on peut donner un échec dou-


ble, co qu'on ne peut faire avec le Cavalier;
10° Le Roi et le Fou peuvent souvent réussir à rendre le
jeu pal (Voy. l'explication de ce mot à la page 142), et
faire partieremise contre le Roi, la Tour et un Pion, ce
que le Cavalier est impuissant à faire ;
11° Le Pion de la Tour peut quelquefois réussir à arriver
à Dame malgré le Cavalier, mais le Fou peut toujours l'ar-
rêter.
Si maintenant nous examinons les qualités du Cavalier,
nous trouverons que :
1° LeRoi ne peut se couvrir d'un échec de Cavalier, ce
qui le force à changer de case et lui fait ainsi perdre la fa-
;
culté de roquer
2° Le Cavalier se trouve tantôt sur les cases blanches, tan-
tôt sur les cases noires, ce qui est un grand avantage pour
poursuivre et prendre les Pions et les autres pièces ;
3° Le Fou n'a à sa disposition que la moitié de l'échiquier,
savoir, les cases de sa couleur, tandis que le Cavalier peut se
transporter sur toutes les cases.
4° Le Cavalier et le Pion de la Tour doiventgagnercontre
le Roi seul, ce qui n'arrive pas lorsque le Pion est accompa-
gné du Fou qui n'est pas de la couleur de la case où le Pion
arrive à Dame;
5° Lorsque la Dame, qui n'est séparée du Roi que d'une
case, lui fait un échec, et que cet échec est couvert par un
Cavalier, la Dame ne peut pas répéter l'échec au coup sui-
vant; elle le peut lorsque, dans les mêmes circonstances,
;
l'échec est couvert par un Fou

;6° Le Cavalier est la seule pièce qui saute par dessus les
autres il est aussi la seule qui puisse donner le mat au Roi
ennemi sans le secours d'aucune autre pièce (Voy. l'expli-
cation du mat étouffé, à la page 139).
;
7° Le Cavalier peut attaquer huit pièces à la fois le Fou,
jamais plus de quatre, et cela très-rarement;
8° Les Cavaliers se gardent réciproquement, ce que les
Fous ne peuvent faire;
9° Dans le fort ducombat, le Cavalier peut se jeter dans
lamêlée et rompre les rangs de l'ennemi avec plus de vigueur
queleFou ;
10° Le mouvement du Cavalier ne peut se reproduire par
aucune autre pièce, tandis que la marche du Fou peut se
reproduire par la Dame, le Roi et le Pion.
On trouve dans Preti (Traité des FinsdeParties, p. 215
et 379) des positions curieuses dans lesquelles le Blancayant
un Cavalier gagne la partie, tandis que s'il avait eu un Fou
il
dans la même position n'aurait pu faire quepartieremise,
et vice versà.
En résumé, on peut dire que, dans la pratique, ces deux
pièces ont la même valeur.
La valeur des Pions est infiniment plus grande que ne le
supposent, en général, les joueurs inexpérimentés. Philidor
les appeléit « l'âme des Échecs » ; un seul Pion pris, même
au commencement, peut entraîner la perte forcée dela par-

la valeur des Pions augmente ;


tie. A mesure qu'elle avance et que l'échiquier se dégarnit,
il ne faut jamais perdre de
vue qu'à la fin, celui qui garde, ne fût-ce qu'un seul Pion,
conserve la chance de la victoire, chance qu'il pourrait ne
pas avoir avec un Fou ou un Cavalier à la place du Pion.
Comme la valeur des pièces varie à l'infini d'après la po-
sition plus ou moins avantageuse qu'elles peuvent occuper
dans le cours d'une partie et de la valeur toujours croissante
des Pions, nous nous bornerons à dire sommairement qu'on
estime, vers le commencement de la partie, que le Fou ou
le Cavalier valent un peu plus que trois Pions. Deux -
pièces mineures (on appelle ainsi les Fous et les Cavaliers)
valent une Tour et deux Pions. — La Tour vaut donc cinq
Pions. — Une pièce mineure et deux Pions peuvent se don-

Pion;
ner pour une Tour. — La Dame, pour deux Tours et un
— Les deux Tours pour trois pièces mineures.

CHAPITRE IV. — RÉPERTOIRE PAR ORDRE ALPHABÉ-


ÉCHECS.
TIQUE DES TERMES EN USAGE AUX

ABRÉVIATIONS ET NOTATION.

On a inventé un grand nombre de systèmes de notation


pour décrire, d'une manière abrégée, le mouvement des
pièces sur l'échiquier (1). Nous rejetons tous ces moyens
artificiels pour adopter le système anglais et celui du Pala-
mède, qui a l'immense avantage de ne demander aucune
étude pour être compris, d'offrir à l'esprit une image pré-
cise du mouvement à effectuer, et enfin de ne présenter ni
obscurité ni équivoque possible.
Les cases du premier rang seront désignées par le nom
des pièces qui les occupent au commencement de la partie;
case du Roi, case de la Tour du Roi, case du Fou de la Dame,
etc. La case occupée par la pièce sera sa première case; la
dernière sur la même file sera donc sa huitième.
Nous nous servirons des abréviations suivantes :
R. Roi. Pr. Prend.
D. Dame. Ca. Case.
T. 1our. Ech. Echec.
C. Cavalier. Adv. Adverse ou adversaire.
F. Fou. B. Blanc.
P. Pion. N. Noir.
M.ouMeill.Cetteabrévia-
tion, à la suite d'un coup, indiquera au joueur que, dans la position
donnée, il y a plusieurs manières de jouer, mais que celle qu'on
indique est la meilleure qu'il puisse adopter. Il doit être bien en-
tendu qu'un mouvement qui ne permet à l'adversaire de donner le
mat qu'en quatre coups est réputé meilleur qu'un autre mouve-
ment qui pourrait être fait dans les mêmes circonstances, mais qui
permettrait de donner le mat en trois coups.
Pour ne pas surcharger les indications, nous supprime-
rons ordinairement le mot case et tout autre mot inutile :
à la quatrième case du Roi, nouS écrirons :
ainsi, pour exprimer que le Pion du Roi doit se transporter
P. 4 R., indica-
tion suffisante, dont il est impossible de méconnaître le
sens.

(1)L'examen critique de ces différents systèmes serait ici hors de propos;


tous, sans exception, ont le défaut de noter le même mouvement par des
signes différents suivant qu'il s'agit des Blancs ou des Noirs; ainsi, le pre-
mip,r coup fait ordinairement par chacun, est d'avancer le Pion du Roi à
la quatrième cse du Roi. Philidor exprime ce mouvement lorsqu'il estfait
par les pièces blanches, 1. c 2 — c 4, et lorsqu'il est fait par les pièces noi-
fesl. c 7 — c 5. Nous l'indiquons pour les deux couleurs indifféremment
par 1. P 4 R, ce qui nous parait plus clair et plus logique sans être moins
concis.
La seule attention que ce système exige de la part de l'é-
lève est de ne pas oublier que chaque couleur compte à par-
:
tir de son côté la huitième case des pièces blanches est,
la première des pièces noires, et viceversà.
par conséquent,
-

J'ADOUBE.

Expression dont se sert le joueur lorsqu'il touche une


pièce, pour l'ajuster sur l'échiquier sans avoir l'intention de
la jouer (Voy. le Règlement.)

COUVRIR.

C'est protéger une pièce, et plus particulièrement le Roi,


de l'attaque d'une pièce de l'adversaire, en interposant une
autre pièce ou un Pion.
L'ÉCHANGE.

On dit qu'on a gagné l'échange lorsque l'on a pris une


pièce à l'adversaire pour une autre de moindre valeur. Cette
différence de valeur peut avoir une grande importance; ainsi
le joueur qui, à la fin de la partie, aurait une Tour pour
appuyer son Roi, tandis que le Roi de l'adversaire ne se-
rait accompagné que d'un Cavalier, devrait, dans laplupart
des positions, gagner la partie sans difficulté; du moins, il
est sûr de ne pouvoir la perdre, quelque faute qu'il fasse;
car, même, s'il se laissait prendre sa Tour, le Roi et le Ca-
valier sont impuissants à donner le mat, comme nous le
verrons par la suite.
Pour exprimer la différence qui existe, dans cette circons-
tance, entre les deux jeux, on dit que l'un a l'avantage sur
l'autre d'une qualité.

ÉCHEC.

Nous avons déjà expliqué qu'il y a échec toutes les fois


qu'une pièce ou un Pion a mis en prise le Roi de l'adver-
à
saire; c'est l'échec simple. L'échec ladécouverte a lieu
quand une pièce est masquée par une autre et qu'en dépla-
çant cette dernière la pièce démasquée fait échec. L'échec
est double lorsque la pièce découverte et celle par laquelle
elle était masquée font échec en même temps. Enfin l'échec
perpétuel arrive lorsque le joueur donne un échec et que
l'adversaire est placé de telle sorte qu'il ne peut le parer

autre côté, et ainsi successivement ;


qu'en s'exposant à recevoir immédiatement un échec d'un
si le premier joueur
persiste à répéter ces échecs successifs, la partie devient né-
cessairement partieremise.
Pour mieux faire comprendre ceci, nous représentons au

blanches est fort inférieur en forces à son adversaire ;


diag. n° 7 une position dans laquelle le joueur des pièces
il pro-
fite donc de sa position pour se sauver d'une défaite et faire
partie remise au moyen d'un échec perpétuel qu'il donne
en jouant sa Dame à l'une des trois cases où elle fait échec
au Roi (n'importe laquelle). — Par exemple à la 6e du Fou
de la Dame.
— Le noir est obligé de couvrir avec sa
Dame.
— Le blanc répète l'échec à la 8e du Roi. -Le
d'autre ressource que de se couvrir avec la Dame. — Le
noir n'a

blanc revient à sa première place, donnant de nouveau


échec. Le noir est forcé de se couvrir de nouveau, et ainsi

de suite à l'infini.

Diag.7.
Nous donnons, au diagramme n° 8, un exemple frappant
d'un échec à la découverte. Dans cette position, les blancs,
ayant le trait, quoique très-inférieurs en forces, gagneront
la partie en deux coups, au moyen d'un échec à la décou-

;
verte donné à propos. Nous indiquons en note la manière de
le faire mais l'élève devra chercher à la découvrir lui-
même, ainsi qu'à trouver la clef des autres positions du
même genre que nous donnerons dans la suite (1).
Diag.8.

EN PRISE.

Une pièce est en prise lorsqu'elle est dans une position


telle qu'elle peut être capturée par l'ennemi. Lorsque le Roi
se trouve dans cette position, on ne dit pas de lui qu'il est
en prise, on dit qu'il est en échec.

(i)B.1.T6CR,éch.
2.Tpr.T,éch.etmat. N.1.D2C.
Par toute autre manière de jouer, le blanc perdrait la partie; parexem*
- pie s'il jouait T. 2e F. D. (Éch.), le noir prendrait le F.; et si le B. prenait
la T., le N. porterait sa Dame à la case du Roi faisant échec. Le blancn'au-
à
rait alors que trois cases où il pourrait jouer son Roi. — S'ille plaçait la
6ede la T. de la D. ilserait mat au coup suivant, et s'il le jouait à l'une ou
à l'autre des deux autres cases libres, le N. répéterait l'échec à la 5e du
R. gagnant la T. et donnant le mat en peu de traits.
FEGATELLO.

Les Italiens appellent ainsi une manière de commencer la


partie dont nous parlerons en traitant des ouvertures. En
Italie, on appelle Fegatello des morceaux de foie cuits
à la brochette. Dans l'ouverture dont il s'agit, le Roi
se trouvant, dès le début, dans une position gênée et péril-
leuse, n'aurait-on pas voulu le comparer au morceau do
?
foie que l'on fait griller Nous offrons cette conjecture à
nos lecteurs, n'ayant trouvé nulle part l'explication de ce
terme.

FIANCHETTO.

Une manière particulière de commencer la partie par les


Pions latéraux, appelée ainsi par les Italiens du mot di fian-
co (par le flanc). Nous la décrirons en traitant des ouver-
tures.

FILE. - FILE OUVERTE.

On appelle Files les rangées de cases qui sont perpendi-


culaires au joueur; les rangées de cases qui lui sont paral-
lèles se nomment llang.
Une file ouverte est une file sur laquelle il n'y a pas de
Pions.

— CONTRE-GAMBIT. — GAMBIT ACCEPTÉ. — GAM-


GAMBIT.
BIT REFUSÉ. - PION DU GAMBIT.
Le mot Gambit est dérivé du mot italien Gambetto (Croc-
en-jambe). On donne ce nom à certains débuts dans lesquels
le premier joueur sacrifie un Pion pour obtenir une forte
attaque. Une grande confusion s'est glissée dans la nomen-
clature des ouvertures par l'abus de ce nom deGambit. Dans
ce traité nous ne le donnerons qu'aux seules ouvertures dans
lesquelles le premier joueur abandonne un Pion qu'il ne
peut reprendre sur-le-champ comme cela a lieu dans,le

P 4
dela D.P 4FD.
1.2. (1)
P411.

Dame
P FR.

p—-
4

On donne le nom de Contre-Gambit aux ouvertures dans


lesquelles le sacrifice du Pion est fait par le second joueur et -
avec la même condition, que le Pion ne puisse être repris
sur-le-champ par le premier, comme, par exemple, dans
le Contre-Gambit du Cavalier du Roi :

P4R.P 4 R. CR 3 F.
P 4 FR.
3.
P pr. P.
;—— Le but que se pro-

pose celui qui fait le contre-Gambit est de passer subite-


ment de la défensive à l'offensive.
Les Gambits et les Contre-Gambits sont bien plus
difficiles à jouer que les parties ordinaires; ils donnent
naissance à des conflits très-brillants, pleins de périls et de
péripéties. Plusieurs portent le nom de leurs inventeurs ou
des auteurs qui en ont fait une étude spéciale, comme le
Gambit de Muzio, leGambit de Salvio, etc.
Lorsque l'adversaire prend le Pion qu'on lui abandonne,

il a pris s'appelle le Pion du Gambit ;


on dit qu'il a accepté le Gambit ; et alors le Pion avec lequel
si, "au contraire, il ne
prend pas le Pion sur-le-champ, on dit que le Gambit est
refusé.
GIUOCO PIANO.

Les Italiens ont appelé de ce nom, que les autres nations


ont adopté, une manière de commencer la partie qu'on re-

(1) Nous appellerons, par conséquent, le début 1.


p9. 11 3F.

PprP Début Écossais, et non le Gambit d'Écosse, comme on l'ap-


3. Ppr.P. le
pelle souvent, parce qu'ici le premier joueur peut, s'ille juge à propos,
reprendre le Pion à l'instant. La dénomination de Gambit de Damiano. ap-
pliqué à la défmspar lePion du Fou du Roi, dans l'ouverture du Cava-
lier du Roi, est encore plus impropre. Les Italiens n'ont pas commis cette
faute, car ils l'appellent«Gomito di Damiano, » et non GambettodiDu-
miano, ce qui est fort différent.
garde comme la meilleure de toutes, et une de celles que les
joueurs employent le plus souvent. Les premiers coups qui
constituent cette ouverture sont :
B.1. P4R. r N. 1. P4R.
2. CR3F. 2. CD 3 F.
3. FR 4FD. 3. 4
FR FD.
MAT.
Le Roi est mat lorsqu'il ne peut se soustraire à l'échec
qu'il a reçu, soit par la prise de la pièce ou du Pion qui
donne l'échec, soit en se couvrant, soit en changeant de
;
case on dit alors que le Roi est échec et mal, et la partie
est finie.

MAT ÉTOUFFÉ.

Ce mat ne peut se donner que par le Cavalier. Il a lieu


lorsque le Roi est si serré par ses propres pièces, qu'il ne
peut se soustraire à l'échec du Cavalier ennemi.

Diagr.9.

Lediagr. n° 9 représente une position dans laquelle le


blanc, quoique fort inférieur en forces, gagne nécessaire-
ment la partie en trois coups, au moyen d'un mat de cette
espèce. L'élève devra s'exercer à trouver sans secours le
moyen par lequel on y arrive (1).

MAT DE L'ÉCOLIER OU DU BERGER.

On appelle ainsi un mat qui peut être donné en quatre


coups par celui qui a le trait, de la manière suivante :
B. 1.P4R.
2. FR 4F.
N.N. 2.1.P44R.F.
1

FR
3. D TR.5 3. P3D.
4. D pr. PF, éch. et mat.

MATCH.

Les luttes aux échecs de pays à pays, de ville à ville ou


entre grands joueurs, ne se bornent presque jamais à une
seule partie; on convient en général d'en jouer un certain
nombre, la victoire restant à celui qui en gagne le plus. A
défaut d'un terme français pour exprimer ces luttes, compo-

;
sées de plusieurs parties, on a généralement adopté le mot
anglais Match pour les désigner on leur a appliqué quel-
quefois le nom de Tournois.

OPPOSITION.

Les Rois sont en opposition lorsqu'ils se trouvent vrs-à-


vis l'un de l'autre, sur la même file ou sur la même diago-
nale, et qu'ils sont séparés par un nombre impair de cases.
Lorsque les Rois sont séparés par un nombre de cases pair,
celui des deux joueurs qui a le trait et qui avance son Roi
d'un pas gagne, comme l'on dit, l'opposition Par exemple,
supposons que les deux Rois se trouvent à leurs cases, il ya
entre eux six cases. Si c'est au blanc à jouer, il avance son
Roi d'un pas et gagne l'opposition, puisqu'il ne reste plus

(1)B. 1.T8R,éch. N. 1.Tpr.T(meil.)


Car s'il couvrait avec le Cavalier, il est évident qu'il serait mat au coup
suivant,
2.D8C,éch. I 2.Tpr.D.
3. C 7 FD, donnant le mat étouffé
que cinq cases d'intervalle entre les deux Rois. Si le Roi
noir avance maintenant à sa rencontre, il ne pourra dépas-
ser son troisième rang, tandis que le Roi blanc peut parvenir
à son quatrième. Le sort de la partie peut souvent dépendre
de la question de savoir lequel des deux Rois peut gagner
l'opposition sur l'autre. Voyez, pour plus de détails, le cha-
pitre où nous traitons des fins de parties dans lesquelles il
ne reste plus sur l'échiquier que les Rois accompagnés d'un
ou de plusieurs Pions.
OUVERTURE.

Les premiers coups de chaque côté constituent l'ouverture


de la partie.
La connaissance des meilleurs coups pour commencer,

;
soit l'attaque, soit la défense, est de la plus haute impor-
tance pour le joueur nous consacrerons plusieurs chapitres

: :
à ce sujet. Les différentes manières de commencer portent
souvent un nom spécial, tels que « Ouverture du Cavalier
du Roi Ouverture Sicilienne » etc. ; nous avons déjà parlé
du Guioco piano et des Gambits.

PARTIE REMISE. — UNE REMISE.

Partie remise peut arriver de plusieurs manières


1° Par échec perpétuel (Voy. au mot échec) ;
:
2° Par épuisement, quand il ne reste ni à l'un ni à l'autre
des joueurs des forces suffisantes pour donner le mat ;
comme, par exemple, lorsqu'un des joueurs reste avec le
Roi et un Cavalier, et l'autre avec le Roi seul ;
3° Lorsqu'un des joueurs ayant, à la fin de la partie, une
force suffisante pour donner le mat, n'a pas su l'effectuer en
soixante coups.(Voy. le règlement) ;
ho Lorsque des deux côtés chaque joueur persiste à ré-
péter le même coup sans vouloir en faire d'autre (1) ;
5° Lorsqu'un des Rois estpat. [Voy. ce mot).

(1) Dans le célèbre Tournoi entre Paris et Pesth, cette circonstance assez
rare s'est présentée. (Voyez cette partie à la fin du volume n° 2) et celle de
MorphycontreLequesne. p.83.
PASSAR BATTAGLIA.

L'explication de ce terme se trouve à la page 124.

PAT.

Le Roi est pat lorsqu'il se trouve dans une position telle


qu'il n'est pas en échec, mais qu'il ne peut bouger sans s'y
mettre et que ses autres pièces, s'il en a, sont placées de
manière à ne pouvoir être jouées, Pat constitue une partie
remise.
Diag.10.

Le diagramme n° 10 donne une position curieuse, oùle


blanc a l'avantage immense d'une Dame contre une Tour,
et où néanmoins la partie est nécessairement remise, n'im-
porte lequel des joueurs a le trait. Le blanc effectivement
ne peut découvrir son Roi, et s'il prend la Tour, le Roi poir
est pat. Si' c'est au noir à jouer, il prend la Dame, et le
blanc reprenant la Tour, la partie est remise par épuise-
ment.
PIÈCES MINEURES.

On appelle ainsi les Fous et les Cavaliers.


PION COIFFÉ.

Il arrive quelquefois qu'un joueur s'engage à donner le


mat à son adversaire avec un Pion désigné, que l'on marque
d'une petite coiffe de papier pour cet objet; le Pion choisi
est ordinairement celui du Cavalier du Roi, parce qu'il peut
être protégé plus efficacement que les autres; il n'est pas
permis de damer ce Pion, et si le joueur le perd ou donne
le mat avec toute autre pièce il a perdu la partie. On com-
prend qu'une partie de cette naturene peut être jouée
qu'entre adversaires d'une force très-inégale.

Diag.11.

Le diagramme n° 11 représente une fin de partie de cette


espèce où le mat peut être donné par le Pion en quatre
coups. Cette fin de partie présente un problème difficile et
:
d'une très-grande beauté dont voici la solution

B. 1.T5R. 1 N. 1.Rc. C.
2. T8R,éch. 1
2. Il2F.
3. G6D,éch. 3. R3F.
4. P 5 R, éch. et mat.
PION DOUBLÉ. — PION A DAME. — PION PRIS EN PASSANT.

L'explication de ces termes se trouve p. 122 et suivantes.

PION PASSÉ.

C'est un Pion qui n'a devant lui sur sa propre file, ni sur
l'une ou l'autre des files qui l'avoisinent à droite et à gauche,
aucun Pion de l'ennemi. On lui donne le nom de passé,
parce que l'absence de ces Pions lui laisse le chemin libre
pour aller à Dame, et que l'adversaire est obligé d'employer
ses pièces pour l'arrêter, ce qui est un désavantage pour
;
lui le sacrifice même d'une pièce est souvent nécessaire
pour y parvenir.
PIONS UNIS.

On appelle ainsi deux ou plusieurs Pions placés sur des


files contiguës et à portée de se soutenir réciproquement.
Un Pion qui n'est soutenu ni à droite ni à gauche par un
compagnon est très-faible et succombe facilement; desPions
unis ont, au contraire, une grande force,et, entre les mains
d'un bon joueur, décident souvent du sort de labataille.
PROBLÈME.

On appelle ainsi certaines positions de pièces, dans les-


quelles, au moyen de mouvements bien combinés, souvent
il
très-difficiles à démêler, est possible d'arriver à une cer-
taine fin, comme de donner le mat à l'adversaire dans un
nombre de coups déterminé, de rendre le jeu pat, etc. Les
problèmes offrent des combinaisons d'une subtilité admi-
rable, et celui qui ne les a pas longtemps étudiés ne se fait
aucune idée de la variété et de la profondeur des combinai-
sons que le jeu des échecs peut présenter. Rien n'est plus
propre à aiguiser l'esprit du joueur que cette étude, qui lui

;
montrera, d'une part, le parti inespéré et décisif qu'on peut
quelquefois tirer de l'attaque de l'autre, combien il y a sou-
vent de ressources cachées dans les positions en apparence
les plus désespérées.
Diag. 42.

Diag.13.

Les diagrammes nos 12 et 13 offrent des exemples de pro-


blèmes extrêmement faciles. Dans la première de ces posi-

;
tions, celui des deux joueurs qui aura le trait devra donner
le mat à son adversaire du premier coup dans la seconde,
celui des joueurs qui aura le trait donnera le mat à son ad-
versaire en deux coups. On trouvera à la fin de ce volume
un recueil de cinquante-quatre problèmes vérifiés avec soin ;
toute personne qui voudra sérieusement se perfectionner aux
Échecs, devra s'y exercer sans relâche, et ne pas se découra-
ger si elle passe des journées entières sans trouver la solu-
tion de quelques-uns d'entre eux.
UNE QUALITÉ (voyez lichange).

RANG (voyez File).

IL01 DÉPOUILLÉ.

C'est un Roi qui, à la fin d'une partie, se trouve seul de


sa couleur sans être accompagné par une pièce ou par un
Pion. Autrefois, dans certains pays, et notamment en Es-

;
pagne, il n'était pas permis de dépouiller ainsi le Roi pour
arriver au gain de la partie mais cette restriction esttombée
partout en désuétude et avec raison.

ROQUER. - ROQUER A LA CALABRAISE. — ROQUER


L'ITALIENNE.
A

;
L'action de roquer, telle qu'on la pratique aujourd'hui,
est d'invention moderne la manière d'exécuter ce mouve-
ment a beaucoup varié et ne s'exécute pas encore d'une
manière uniforme dans tous les pays. Nous avons exposé à

;
la page 125 la manière adoptée en France et dans tous les
pays du Nord c'est ce que l'on appelle roquer à la Cala-
braise (1). En Italie on se donne une plus grande latitude;
là, le Roi, après avoir quitté sa case, peut se placer sur une
case quelconque du côté où il roque, et la Tour, après avoir
croisé le Roi, a le même privilége ; avec la restriction toute-
fois (qui n'existe pas ailleurs) qu'il n'est pas permis de
roquer lorsque la Tour ou le Roi attaquent dans leur nou-
velle position une pièce ou un Pion de l'adversaire; cette
manière de roquer s'appelle le lîoque à l'Italienne.

(1) D'après Greco, dit il Calabrese, auquel on attribue, mais à tort, l'éta-
blissement de cette manière restreinte de roquer,
Diag.-14.

Le diagramme n° 14 représente une position où leBlanc,


ayant le trait, peut roquer d'après la règle française, et ga-
gne en deux autres coups une partie qui était désespérée
sans cette ressource (1).
UN TEMPS. — GAGNER UN TEMPS. — PERDRE UN TEMPS.
Celui qui fait un coup qui n'avance en rien sa partie, ou
qui joue une pièce qui se trouve obligée de revenir im-
médiatement à sa position primitive, perd un temps. Cela
arrive souvent aux joueurs inexpérimentés qui sortent pré-
maturément leur Dame au commencement de la partie. La

;
Dame, attaquée par les pièces ou les Pions de l'adversaire,
est forcée de battre en retraite celui-ci développe ainsi son
jeu et gagne des temps quisuffisent souvent pour lui assurer
la victoire.
TOURNOI (voy. MATCHf)

(1)B.1.Roque,éch. 1 N.1.D3FR(ouA).
2.TDpr.D,éeh.
pr.P. éch.etmat.
1
1
2.Ppr.T.
3.

2.
D 7 CR.
c.DC.
Tpr.D,éch.2.R1. 2FR.
VarianteA.

tch. et mat.
1

I
3.
TRAIT. — TRAIT FORCÉ.

Celui qui joue le premier ou à qui c'est le tour de jouer a


le trait. Lorsqu'il arrive à un joueur de n'avoir qu'un seul
mouvement à sa disposition ce mouvement s'appelle un trait
forcé.

CHAPITRE Y. — LA PREMIÈRE PARTIE.

4
L'élève, qui a maintenant acquis la connaissance de la
marche des pièces, est sans doute impatient d'essayer à faire
une partie. Des conseils sur la manière de s'y comporter
seraient à peu près inintelligibles pour lui, tant qu'il ne se
sera pas exercé à faire manœuvrer ses forces. Avant donc de
cherchera l'instruire par des préceptes, nous allons le sup-
poser jouant une partie avec un joueur fort peu habile. Les
avertissements que nous aurons occasion de donner aux
deux joueurs, à mesure que la partie s'avancera, serontle
moyen le plus propre pour faire saisir les premiers éléments
;
du jeu ce ne sera qu'après s'être souvent exercé decettefa-
çon que l'élève sera en état de comprendre la suite de ce
traité.
Dans cette partie, comme dans toute la suite de cet ou-
vrage, l'élève sera censé jouer avec les pièces blanches, et
nous nous adresserons à lui à la seconde personne; l'adver-
saire, qui sera censé jouer les pièces noires, sera toujours
mentionné à la troisième personne.
Vous commencerez donc la partie ainsi :
R.
B. 1. P4 !tRF.D 1IN. 1. P
N. 21. P 4R4R
2.
9-. FR 4FD I
4
2. FR FD.
Ce début est parfaitement régulier de part et d'autre
s'appelle « l'ouverturedu Fou du Roi. »
: il
P 3FD.
3. 1

Sans doute, avec l'intention d'avancer le Pion dela Dame


de deux pas au coup suivant.
1 3. CD 3FD.
Dans but d'empêcher votre mouvement en attaquantla
le
case que le Pion devra occuper.
4. P D.
5. PFpr.
4
P. I
I4.
PR pr.PD.

; :
Voici déjà une grave erreur non-seulement vous avez
perdu un Pion précieux mais vous avez négligé l'occasion
de gagner un avantage considérable (1).
r
5. FRpr.P.
6. CR 3 FR.
:
Bien joué le Cavalier attaque le Fou de l'adversaire et
laisse le chemin libre pour votre Roi, qui pourra roquer
quand il le jugera à propos.
3
1

Il a tort de sortir sa Dame ;6. D FR.


il valait mieux retirer le Fou
attaqué, à la 3e du C. de la D. La faute de sortir sa Dame
trop tôt est fort commune chez les commençants.
7. C pr.F. 1

Bien joué, à cause de l'attaque contre le P. du C. de la D.


7. D pr.
D pro C.
C.
8. CD 2D.
Votre adversaire ayant un Pion de plus que vous, cher-

En effet, au lieu de prendre son Pion avec le Pion du Fou, le coup


(1)
:
Juste était de prendre le PFR avec votre Fou
Voici les suites probables de ce coup :
B. 6.
5. Fpr PFR, éch.
D5éch, 1i 6. c.
pr.F.
N. 5. R F.
7. Dpr.F. I

De cette façon, il eût perdu la faculté de roquer, et son Roi serait dans
une mauvaise position d'où il ne pourrait se tirer sans dommage. Il est
vrai qu'il aurait pu ne pas prendre le Fou, aller par exemple à la case du
Fou. mais dans ce cas vous auriez pris le Cavalier avec votre Fou et sa
partie eût été encore plus mauvaise.
che, avec raison, à échanger la Dame :
vous faites bien de
vous y refuser et de chercher à protéger votre Fou et votre

ment;
Pion menacés tous les deux, mais vous le faites maladroite-
en plaçant le Cavalier devant la Dame, vous paraly-
sez complètement le Fou et vous gênez la Dame elle-même;
vous auriez bien mieux atteint votre but en jouant la Dame
à la 2e du Roi.
1 8. CR3F.
Attaquant le Pion du Roi :
9. P 3FR. 1

Vous jouez ainsi pour défendre le Pion attaqué; mais


c'est une faute: tenez pour maxime qu'il est très-rarement

;
avantageux d'avancer le Pion du Fou du Roi à sa 3e case
au commencement de la partie en le faisant dans ce mo-
ment, vous vous privez de la faculté de roquer, tant que la
Dame noire conservera sa position sur la diagonale noire où
elle se trouve.
1 9. CD 4 R.

Bien joué : il accumule ses forces contre le point faible


de votre position.
10. P 3 CD. 1

Dans votre empressement à défendre le Fou attaqué par

;
Je Cavalier, vous faitesune faute capitale en mettant votre
Tour en prise cette faute doit entraîner promptement la
perte de la partie.
10. D pr.T.
11. Roque. 11. CD pr.F.
12. C pr. C. 12. Roque.
13. D2D.
Votre adversaire a mal joué de ne pas retirer immédiate-
ment sa Dame après la prise de la Tour, et vous cherchez,
,
avec raison, à profiter de cette faute en vous rendant maître
de toutes les cases où la Dame pourrait se réfugier, afin de
lui donner un échec à la découverte, en jouant le F. à la
3e de laT. ; s'apercevant de son danger, il joue comme der-
nière planche de salut :
1 43. P 4FD.
14. F
}.. 2 CD. 14. D pr.
D pro PT.
PT.
15. D5CR. -

Menaçant de prendre au coup suivant le C. noir, attendu


que le P. ne pourrait prendre le F. sans découvrir un échec
mais c'est là une attaque qui n'aboutira à rien, tandis que
;
vous auriez pu prendre la D. noire, si, au lieu de cette atta-
que infructueuse, vous eussiez joué CD 5 T, et puis
T. case TD.
1 15. C case R.
la
;
Il est évident que, sans présence du C., votre adver-
saire serait mat du coup mais la position étant défendue,
vous revenez prudemment garder le P. du C. attaqué par
laD.
16. D3R. 1 16. P3TR.
Bien joué, pour empêcher le retour de votre D.
17. P 3TR. 1 17. R case T.
Voici un exemple de ce que l'on appelle des Tempsper-
:
dus chacun des joueurs vient de faire un mouvement qui
ne contribue en rien au développement de son jeu.
18. P FR.4 1

Vous avez encore manqué l'occasion de faire un coup


importDnt. Vous auriez pu prendre le P. de la T., faisant
échec; car le P. du C. ne pouvait prendre la D., pour ne
pas découvrir le R. à l'échec du Fou noir.
1 P 3 CD.
18.
Pendant tout ce temps le joueur des noirs ne s'aperçoit
pas de la position fâcheuse de sa Dame, qu'il laisse dans
l'inaction la plus complète, et qui lui est par conséquent inu-
tile.
19. P4CR. I 19.
i~). P li4 CD.
20. P5CR.
:
Très-mal joué :vous perdez ainsi un C. qu'il était facile

;
de défendre 1° en prenant le Pion du F avec la D, mena-
çant ainsi la Tour de son Roi s'il retirait la
Tour ou s'il

taquait ;
couvrait parle Pion de la D., vous preniez le Pion qui at-
20 en mettant la D. sur sa 2e case :
dans ce cas, si
le Pion avait pris votre Cavalier, vous preniez le Pion du
Cavalier, donnant échec et, par suite, gagnant la Dame;
examinez attentivement cette position, qui est fort instruc-
tive.
20. Ppr.C.
21. F 3FD. 21. P pr. PCD.
22. P 4 TR. 22. P 7 CD.
23. P5FR.
Dans la position critique où vous vous trouvez, ces mou-
vements de Pions sont trop lents pour pouvoir vous aider
efllcaQement.
123. P8CD.
devenant Dame.
24. Tpr.D.
Vous ne pouvez faire
d'une force irrésistible.
1

mieux ; car deux Dames seraient

24. D pr. T,éch.


25. R2C. 25. C3D.
26. P6CR. 26. Ppr.P.
27. Ppr.P.
;
Vous venez de laisser échapper l'occasion de réparer tou-
tes vos fautes et de saisir la victoire au lieu de prendre le

:
Pion, vouspouviez donner le mat à votre adversaire en
deux coups cherchez, et vous en trouverez le moyen.
27. F 2 CD.
-
28. P 5 TR. 28. C pr. PR.
29. F 5 R. 29. C 4 CR, éch. déc.
30. R 3 CR. 30. T 6 FR,éch.
31. R4 T. 31. D 4FR.
Vous êtes maintenant complétement à la merci de votre
adversaire, quipeutgagner la partie d'une foule de manières ;
mais il s'embarrasse au milieu des forces écrasantes qu'il a
sous la main, et qu'il ne sait pas manier.
32. D pr. PCR,
T. 1 332.
'-) r. D.
D ppr.
33. F pr. éch.
Les noirs, sûrs de la victoire, répondent sans réflexion
par
1 33. R pr.F.
ne s'apercevant pas que, par un stratagème qui était votre
unique ressource, vous vous êtes sauvé au moment suprême
en faisant partie remise. Effectivement votre adversaire,
par son étourderie, a rendu le jeu pat, votre Roi n'étant
pas en échec, mais ne pouvant bouger et n'ayant aucune
autre pièce ou Pion qui puisse se mouvoir.
Ceci doit démontrer à l'élève qu'aux Échecs, comme à la
guerre, il y a souvent des ressources cachées dans les posi-
tions en apparence les plus désespérées, mais qu'il faut
profiter de tous les avantages dans le succès, et ne négliger
;
aucune ressource dans les revers c'est un talent qui n'est
donné qu'aux grands capitaines sur le champ de bataille et
aux joueurs accomplis sur l'échiquier.
La guerre véritable et son image reflétée en miniature
dans notre jeu, sont régies par des principes absolument
identiques; et pour exceller dans l'une comme dans l'autre,
les mêmes qualités sont nécessaires. Le général Jomini nous
apprend que l'art de la guerre, tel qu'il a été développé

application de trois moyens d'action :


dans les campagnes de Napoléon, consiste dans l'heureuse

;
l'art de disposer ses
lignes d'opération de la manière la plus avantageuse la con-

ligne d'opération de l'ennemi ;


centration rapide de ses forces sur le point vulnérable de la
enfin l'emploi effectif et si-
multané de cette force accumulée. Tout joueur reconnaîtra
là les principes qui doivent guider au jeu des Échecs. « Il
y a aussi une analogie, » dit Staunton (1), « entre les talents
que demande le commandement d'une armée et ceux qu'il
faut pour conduire, avec la perfection d'un joueur de pre-

(1) Tht Chesi'PlaVers Hondbook, p. 49.


mier ordre, la guerre simulée sur l'échiquier. Le général
doit posséder non-seulement la connaissance profonde des
principes généraux qui règlent la conduite d'une longue et
laborieuse campagne, mais celles qui sont nécessaires au
moment même du conflit. Il doit être capable d'arranger
le plan des opérations préliminaires — d'agir avec prompti-

; ;
tude et décision dans les positions les plus critiques, en face
des événements les plus imprévus — dejuger l'importance
d'une position et la force d'un retranchement — de décou-
vrir, aux plus légers indices, les desseins de l'ennemi et ren-
-
dre les siens impénétrables, de commander, enfin, avec
un sang-froid imperturbable, au milieu du tumulte de la
bataille et de la fureur de l'assaut. Les qualités d'un joueur
parfait, quoique déployées sur un théâtre moins vaste, sont
de la même nature. A l'art difficile de choisir et d'occuper
avec une extrême rapidité unebonne position, il doit ajouter
une connaissance complète de tous les stratagèmes et de
toutes les embûches qu'il peut dresser et déjouer tour à tour;
il lui faut, en un mot, sur une échelle réduite aux propor-
tions de sa petite guerre, les mêmes qualités qui sont exi-
gées dans les grandes opérations de la guerre véritable. »

CHAPITRE VI. — SECONDE ET TROISIÈME PARTIES.

Nous avons cherché, dans le chapitre précédent, à ins-


truire l'élève au moyen d'une partie remplie de fautes gros-
sières commises par les deux joueurs. Nous allons, dans
celui-ci, lui montrer le jeu sous une autre face, et lui faire
entrevoir les brillants résultats qu'un joueur habile peut ti-
rer d'une bonne disposition de ses forces et de la faute la
plus légère de son adversaire.
Pour rendre la comparaison plus frappante, nous choisi-
B.
;
rons une partie qui commencera de la même manière
que la première ainsi
1.P4R.
:
N. 1.P4R.
2. FR 4F. ,
2. FR 4F.
3. P 3FD.

;
Jusqu'ici, de part el d'antre, les coups sont les mêmes
que dans la partie précédente mais, en réponse à votre
troisième coup, l'adversaire, au lieu de jouer N. 3, C. D.
3. F., va adopter un trait qu'on regarde comme meilleur et
plus sûr, savoir:
1 3. I)2R.
En effet, votre but, en jouant le Pion du Fou de la Dame
à sa 3e, était de pouvoir avancer, au coup suivant, le P. de
la D. de deux pas, et occuper ainsi, avec vos Pions, le centre
de l'échiquier, position très-avantageuse, ainsi que nous le

;
verrons en détail plus tard. Votre adversaire, en jouant la
D. à la 2e du R. vous empêche d'y parvenir car dans la
position actuelle de sa Dame, vous ne pouvez plus avancer
le Pion de votre Dame de deux pas sans une perte considé -
rable; en effet, les coups suivants en seraient le résultat
immédiat :
4. P4D. Ppr.P.
P pr. P. D pr. P, éch.
D2R. Dpr.D,éch.
Cpr.D. FR 3C.
Vous voyez qu'ainsi vous avez perdu un Pion et en avez
isolé un autre, désavantages qui devraient assurer à votre
adversaire le gain dela partie. Au lieu donc d'avancer P. le
de la D., il faut jouer pour votre quatrième coup :
4. CR3F. 1

dans la meilleure position


Ce coup place votre Cavalier
qu'il puisse occuper dans le commencement de la partie, et
vousdonne en mêmetemps la facilité de roquerlorsque vous
le jugerez à propos.
14. P3 D.
Cette réponse du N. est parfaitement correcte et la meil-
leure qu'il puisse faire dans sa position. Il libère ainsi le F.
de sa D., et appuie le P. du R. et le F. du R.
5. Roque. 1

Par cette opération, vous mettez votre Roi en lieu de sû-


reté et vous mettez en jeu une Tour. Il ne faut jamais per-
dre de vue que le grand art des Échecs est de mettre en jeu
le plus grand nombre de pièces dans le plus petit nombre
de coups possible. Entre des mains inhabiles, on voit sou-
vent la partie perdue avant que les Tours aient pu quitter
leurs cases.
1 5. 3F.
CR
Le noir joue ainsi afin de poster son C. d'unemanièrequi
est ordinairement fort avantageuse, et afin de pouvoir bien-
tôt roquer
6. P4D. 1

Ce coup, qui, fait plus tôt, aurait été fatal pour vous, peut
se faire maintenant non-seulement sans danger, mais avec
avantage. Vous continuez ainsi à mettre toutes vos pièces en
jeu et à vous fortifier au centre.
1 6. FR 3
CD.
Le N. fait bien de ne pas prendre le P. ; s'il l'avait pris,
vous auriez repris son P. avec le vôtre,forçant ainsi son F. à
se retirer, et établissant vos Pions au centre dans une excel-
lente position.
7. FD 5CR. 1

Ce coup vous procure plusieurs avantages importants


1° vous défendez ainsi votre P. du R., car votre adversaire
:
ne peut le prendre sans perdre sa Dame; 2° vous attaquez
un Cavalier qui est posté d'une manière menaçante et qu'il
;
est souvent utile d'échanger contre le F. de la D- ; 3° vous
mettez en jeu une pièce de plus 40 vous resserrez son jeu

;
et vous gênez ses mouvements, car il ne peut plus remuer
son Cavalier et s'il déplaçait sa Dame et qu'il vint à roquer,
vous prendriez immédiatement le Cavalier en le forçant,
reprendre, à doubler Pion à découvrir son Roi
pour un et
d'une manière très-fâcheuse.
1 7. 5
FD CR.
Le N. répond par le même coup, ayant pour attaquer vo-
tre C. les mêmes raisons, à peu près, que vous avez eues pour
attaquer le sien.
Arrêtons-nous un instant ici pour faire observer à quel
point les Échecs ressemblent à la guerre, non-seulement
dans les principes généraux qui doiventen régler la marche,
ainsi que nous avons eu l'occasion de le dire à la fin du cha-
pitre précédent, mais jusque dans les petits détails des opé-
rations. Quand deux armées sont en présence et qu'une

par une foule de mouvements afin de prendre position de ;


grande bataille est imminente, on s'y prépare des deux côtés

la rapidité et de lajustesse de ces combinaisonsdépend pres-


- que
toujours l'issue de la lutte. Il en est de même aux
Echecs, et après la science de bien développer ses forces
vient l'art encore plus difficile de choisir le moment et la
manière favorable de les faire agir et de frapper les premiers
coups. Si vous vous hâtez d'attaquer avant d'avoir assuré
vos propres positions ou avant d'avoir réuni sous votre
main des forces suffisantes, vos attaques, au bout de quel-
ques coups, deviennent impuissantes et bien souvent four-
nissent à l'ennemi la facilité de faire une contre-attaque à
laquelle vous succombez. Si, d'un autre côté, en voulant
parer à tous les dangers possibles et en cherchant à vous
fortifier sur tous les points, vous perdez du tem ps, il sera
fort possible que l'adversaire habile en profite pour concen-
trer ses forces sur un seul point, de manière à les rendre
irrésistibles et à rendre inutiles toutes les précautions que
vous auriez prises d'un autre côté.
Dans la partie qui nous occupe, nous voici arrivés à la
fin de la première phase des opérations : les sept coups faits
jusqu'ici de chaque côté, sont destinés à prendre position;
les forces ainsi déployées, il s'agit de les faire agir, et c'est
là que la perspicacité ducoupd'œil devient nécessaire. Dans
presque toutes les parties, il se présente ainsi un coup qui

;
forme, pour ainsi dire, le nœud de la partie et duquel tout
peut dépendre la partie que nous allons reprendre va nous
en fournir un exemple frappant. Vous allez, pour votre
huitième coup, vous décider à sacrifier un Pion pour con-
centrer vos forces d'une manière encore plus solide qu'au-

:
paravant, et pour être à même de faire un peu plus tard,
sans exposer votre Roi, une attaque irrésistible vous jouez
donc
8. CD2D. 1

Maintenant, si le F prenait le CR, vous reprendriez

;
avec le CD conservant ainsi un C dans la forte position
qu'occupe maintenant votre CR ceci rendant la prise de
ce Cavalier inutile, le N, pour gagner un Pion, joue :
I 8. PRpr.PD.
9. Ppr.P. I
9. FRpr.P.

;
Cette attaque donne à votre adversaire un avantage appa-
rent, puisqu'il gagne ainsi un Pion mais le coup est mau-
vais, comme la suite le démontrera; il aurait dû roquer ou
jouer CD 2 D.
10. D 3 CD. 1

Par ce coup, vous attaquez le Pion du CD, que votre


adversaire est forcé de protéger pour ne pas le perdre ainsi
que sa Tour.
1 10. FR C. 3
11. P P 55R.
B. I

Voici le combat pleinement engagé.


1 11. PD pr. P.
pr.
12. cn pro
CR P.
Ce coup forme une attaque formidable :
1° il ne peut

;
prendre ce C avec sa D, car vous joueriez TD case R, et
sa Dame serait perdue 2° le PFR se trouve maintenant at-
taqué par trois pièces, et s'il ne se bâte de le défendre, il
sera pris et sa partie fortement compromise; 30 il est me-
nacé de voir porter votre TD à la case du R, ce qui le met-
trait sous le coup d'un échec à la découverte à son Roi et à

fendu;:
sa Dame; 4° enfin, ce C attaque le FD qui n'est pas dé-

jouant
pour le moment, il pare à tous ces inconvénients en

1 12. FD 3R.
;
Mais vous devez voir combien son jeu se trouve déjà res-
serré et embarrassé ses deux Tours et son CD sont pour
ainsi dire hors de combat; son CR ne peut bouger, tandis
que toutes vos pièces sont en jeu et se soutiennent récipro-
quement. Vous allez donc poursuivre l'attaque en occu-
pant avec votre Tour la file ouverte du Roi (Voy. les
observations àcesujet au chapitre suivant).
13. TDcase R. 1

Pour soustraire son R à une position qui devient de plus

;
en plus critique, et pour mettre une Tour en jeu, le N. se
décide à roquer mais le moment d'exécuter ce mouvement
avec avantage est passé.
1 13. Roque.
11. CD 4 R.
14.
La position du N. est fort embarrassée, et quelque chose
qu'il fasse maintenant, il éprouvera du dommage. L'élève
devrait s'exercer ici à chercher les différents coups que le N.

;
pourrait jouer dans cette conjoncture, avec les suites proba-
bles ou forcées de chacun d'eux cette étude serait extrême-
ment instructive.
Pour faciliter cette étude, nous donnons ici un diagramme qui repré-
sente la position des pièces après le 14e coup que vous venez de faire.
Supposons que pour dégager la TD,qui lui a été complètementinutile
il
jusqu'ici, et pour appuyer en même temps son CR, joue
14.CD2D.
F..
1
15. CR pr.
pro CD.
CCD. 15. DPDpr.
d)ri~.r.Cou A.
16.
17.FDpr.C.éch.
Cpr.P,
1156*
16.PC
16. ¡If.F.
PCpr. F.

Et le N. perd sa Dame.
Variante A.
1 15.Fpr.C.
16.Cpr.C,éch.
Et le N. perd également sa Dame.
Diag.15. Position après le 14ecoup du Blanc.

Nous continuerons la partie en supposant qu'entre les


différents coups qu'il peut jouer, il s'est décidé pour
1 14. TR case R.
Il faut maintenant un joueur perspicace pour découvrir
le coup fatal que vous pouvez porter à votre adversaire,
coup superbe qui va révéler la profondeur des combinaisons
dont le jeu des Échecs est susceptible.
15. CR pr.PFR. 1

Votre partie est maintenant gagnée, ainsi que nous allons


le démontrer par l'examen des principales variantes qui ré-
sultent de la position :
PREMIÈRE DÉFENSE.
15. R case F.
16. CDpr. C. 16. Ppr.C.
17. T pr. F. 17. D pr. C.
18. F 6 TR, cch. 18. R case C.
19. T pr.T,éch.etmat.

DEUXIÈME DÉFENSE.

G,éch. 1 15. 1)pr. C.


16. C pr. 16. P pr. G.
17. Tpr. F. l1 17. R 2
R 2C.
C.
18. F pr. P, éch.
,

Et vous gagnez facilement la partie.


TROISIÈME DÉFENSE.

1¡ 15. Rpr.C.
16. pr. C.
C 16. P pr. C.
17. T pr. F. 17. D case FR,
18. T pr. PF, éch. double.
Vous gagnez la Dame et la partie.
QUATRIÈME DÉFENSE.

1I 15. Fpr.
F pr. C.
C.
16. Cpr.C,éch.
Vous gagnez la Dame et la partie.
Nous terminerons ce chapitre par une partie jouée au
tournoi de Londres, en 1851, entre le vainqueur du tour-
noi, M. Anderssen, et M. Wyvill. Dans des parties jouées
entre adversaires d'une telle force, les coups très-brillants
sont rares, parce que du côté de la défense, il y a toujours
un jeu trop correct et trop pnudent pour permettre qu'ils
aient lieu. Néanmoins on admirera dans cette partie l'art
infini avec lequel M. Anderssen resserre peu à peu le jeu
de son adversaire et paralyse ses forces. Nous engageons
l'élève à étudier particulièrement la position des forces res-
pectives après le 16e coup.
BLANCS (M. A.). NOIRS (M. W.).

1. P4R. 1. P4FD.
2. FR4F. 2. CD 3 F.
3. CD 3 F. 3. P3R.
4. P3D. 4. C4R.
5. FD4F. 5. C pr.FR.
6. Ppr.C. 6. P 3 TD.
7. D2R. 2
7. C R.
8. Roque. 3
8. C CR.
9. FD CR. 3 2
9. FR R.
10. P 4 FR. 10. Roque.
11. P 5FR. 11. FR4C,éch.
12. RcaseC. 12. PRpr.P.
13. Ppr.P. 13. TRcaseR.
14. D 4CR. 14. CcaseFR.
15. C 3FR. 15. 3
F FR.
16. CD 4R. 16. P 4 CD.
17. F 7 FD.
Parfaitement bien joué.

1
17. D2R.
18. C pr. F, éch. 18. D pr. C.
19. T6D.
Le B. gagne forcément une pièce parce coup.

20. Ppr. C.
19.
20.
C3R.
PDpr.P.
21. TRcase D. 21. FD2C.
22. TD 7D. 22. F3FD.
23. F5 R. -
23. F pr. C.
24. D 3 CR.
Très-beaucoup.
24. D 3CR.
25. Dpr. F. 25. Ppr.P.
26. D pr.TD. 26. Tpr.D.
27. T 8 D, éch. 27. T pr. T.
28. T pr. T,éch. etmat.
L'étude des trois parties que nous venons de donner fera
comprendre à l'élève qu'après avoir acquis la connais-
sance de la marche des pièces, il lui est nécessaire d'étudier
l'emploi, la valeur et les fonctions relatives de chacune
d'elles, avec la manière la plus avantageuse de s'en servir

;
dans le cours de la lutte. C'est ce qui formera le sujet des
huitième et neuvième chapitres dans le premier, nous don-
nerons des conseils sur l'emploi de chaque pièce en parti-
culier; dans le second, nous traiterons des principes géné-
raux quidoivent guider le joueur dans l'art de les faire
manœuvrer ensemble.
CHAPITRE VII. — LA PARTIE D'ÉCHECS DU BARON ET
DU VILLAGEOIS.

Le baron de Thundertenstokenétait le meilleur des barons;


il passait toute l'année dans son château au milieu des mon-

;
tagnes duHartz, où personne n'était plus que lui adroit à la
chasse, heureux à la pêche, habile aux Échecs du moins il
le disait, et madame la baronne n'avait garde de le contre-
dire, car le baron, quoique excellent homme, souffrait peu
la contradiction. Ses voisins, quand les chemins n'étaient
pas trop mauvais, venaient se faire battreparlui aux Échecs
et se consoler en buvant largement de son excellent vin du
Rhin. Telle était la vie bienheureuse qu'il menait lorsqu'un
, petit incident vint en troubler la sérénité.
Le pasteur du village savait un peu jouer aux Échecs et
il avait enseigné ce jeu à ses paroissiens. Pendant les lon-
gues soirées de l'hiver, lorsque ces bonnes gens étaient réu-
nis pour jouer, le baron avait quelquefois l'extrême condes-
cendanced'engager avec eux unepartiequ'il gagnait toujours,
bien entendu. Or, il advint qu'un des jeunes villageois,
élève du pasteur, fit un voyage à Vienne où des affaires le
retinrent quelque temps. A son retour, voyant un soir le ba-
ron qui triomphait modestement au milieu de ses vassaux,
il osa lui proposer une partie. « Eh bien, jeune homme, dit
?
le complaisant baron, quel avantage voulez-vous — Vous
êtes trop bon, Monsieur le baron, répliqua modestement le

;
campagnard, mais je ne sais jouer qu'à forces égales.
Bien, bien, mon enfant, j'aime la hardiesse
-
quand j'étais
à l'armée, il y a une trentaine d'années de cela, je me rap-
pelle qu'un jour. mais je vous conterai cela après la par-
tie. Commencez, puisque voici les pièces préparées. »
Le jeune homme s'inclina et joua :
1. CD 3 F. 1

Le baron fit un petit sourire et répliqua par


1I 1. 4
P 4 R.
P R.
2. CR 3 F.
— « Ah ça ! mon garçon, que voulez-vous faire de deux
Cavaliers jetés ainsi en avant, vous serez bientôt obligé de
battre en retraite. Rappelez-vous qu'il faut commencer par
avancer les Pions. » En parlant ainsi, le baron joua :
[2. P3D.

4.
;
— « Je croyais avoir le temps d'avancer mes Pions un peu
plus tard, répliqua tranquillement le villageois du reste, je
vaislefaire »:
4.
3. P4
5D.
D. I1 3. 3
CD 3 FD.
FD.

;
— « Ce serait très-bien, mon ami, si vous pouviez soute-
nir votre Pion mais vous allez voir que vous ne le pourrez
pas, car vos Cavaliers vous en empêcheront. »
2
CD R.
5. P 4R. a. P 4
5. Li FR.
FR.
6. FD 5CR.
— « Vous vous êtes encore trompé là, mon garçon ne :
;
voyez-vous pas que vous allez être forcé oudefaire un échange
ou de vous retirer dans l'un ou dans l'autre cas, ma partie
se développera avec avantage. »
1 6.
G. P3
P 3 TR.
TR.
4
7. FD TR.
— « Jeune homme, si vous jouez là votre Fou, il est per-
du. — Allons, je vous permets de reprendre ce coup. »
— «Je vous remercie infiniment, Monsieur le baron
mais notre pasteur nous a enseigné de ne jamais nous affran-
;
chir de la règle et surtout de ne jamais reprendre les coups,
ainsi il restera. »
«

;
Monsieur le pasteur a raison, dit le baron d'un ton
paternel qu'il en soit donc ainsi. »
1I 7. P 4 4 CR.
CR.
8. CRpr.PR.
Le baron, après avoir considéré un moment la position,
s'écrie: !
— « Ah ! voilà qui est unique savez-vous que si
je prenais maintenant le Fou, je serais mat, mais maten
trois coups. C'est donc le Cavalier que je vais prendre,
et je ne sais comment vous vous en tirerez avec un Cavalier
de moins. »
8. PDpr.C.
1

— « Je vais toujours faire un petit échec, » reprit tran-


quillement le paysan.
9. D'5 T,éch. 1 9. R 2 D.
10. FD pr. PCR.
;
I

— a Bravo, mon cher, je suis content de ce coup-là vous


ne jouez passi mal, après tout.»

11. FR 5
CD,écho11. D.
10. F2CR. n3
12. FD3R.
— «
Vous auriez dû le mettre plus loin, je vais vous for-
ceràreculer.»
1 12. 5
P 5 FR.
FR.
pr.PFR.
13. F
— « Ah ! si vous donnez vos pièces comme cela
prends. »
!. je

1I 13. P pro F.
pr. F.
14. P5R,éch.
Le baron, dont la figure s'était singulièrement rembrunie,
s'écrie après une longue réflexion. « Quelle chance sa- !
:
vez-vous que vous jouez avec un bonheur incroyable. Si je
prenais ce Pion je perdrais ma Dame je vais vous expli-
quer cela: Vous commenceriez par me donner échec avec

la Tour à la case de la Dame ;


le Cavalier, me forçant à prendre le Pion, puis vous joueriez
voyez-vous ça ? Heureu-
sement que je puis placer mon Roi à une case où il sera en
sûreté. »

]i
14. RàFD
15. C 4 TD, éch. 15. Rpr. F.
16. D2R,éch.
A ce coup, le baron réfléchit longtemps et parut assez dé-
concerté. — « Ah ça ! dit-il, vous flattez-vous, par hasard,
de me faire mat ?
Vous ne voyez donc pas que je puis
sans danger me retirer à la quatrième de la Tour ou bien

la bataille finira bientôt faute de combattants


prends leCavalier. »
;
prendre le Cavalier; si vous donnez ainsi toutes vos pièces,
allons, je

16. Rpr.C.
17. D 4FD,éch. 17. R4T.
18. P 4 CD, éch. 18. R5 T.
19. D 3 C, éch.
La figure du baron se rembrunit de plus en plus et sans
souffler mot il retira son Roi.
19. R4C.
20. P4 éch.T, 20. R 3 C.
21. P 5 T,éch. 21. R 4 C.
22. P4F,éch. 22. R3T.
23. P 5 C, éch. et mat.

- Ah ! ah ! dit le baron, s'efforçanl de rire, c'est vrai-


«
ment drôle ! Voyez-vous ce que c'est, j'ai pris sans y
regarder ce Cavalier au lieu de me mettre à la quatrième de
la Tour. Du reste, je suis enchanté que ce soit fini, car
cette partie était bien ennuyeuse. — Mais, reprit sour-
noisement le villageois, si Monsieur le baron voulait re-
prendre le coup et ne pas prendre le Cavalier, j'essaierais.
— Oh 1 j'en ai assez, interrompit le baron en se levant, j'ai
trop joué ce soir et j'ai un furieux mal de tête. »
-

CHAPITRE VIII. - SUR LA NATURE ET SUR L'EMPLOI


DES PIÈCES.

S I. — Du Roi.

L'attaque et la prise du Roi ennemi étant le but de ce


jeu, chacun des joueurs doit porter la plus grande attention
à pourvoir à la sûreté et à la défense de son propre Roi. Il
est bon de ne pas trop éloigner de lui sa Dame, que des
joueurs novices lancent souvent à l'extrémité de l'échiquier,
pour prendre un Pion ou pour attaquer une Tour, dont la
prise tourne souvent à leur désavantage. Le Roi doit rester

;
entouré de ses pièces et protégé par les Pions, surtout au
commencement de la partie lorsque les Dames ont été
échangées et que le champ de bataille se dégarnit de com-

;
battants, le Roi doit, à son tour, se porter en avant et sou-
tenir le combat du moment où il ne lui reste que des Pions,
la règle veut que le Roi se place à leur tête et les précède
pour les mener à Dame; sa position, alors, n'est pas seu-
lement défensive, elle devient offensive; bien conduit, le
Roi a presque la puissance d'une Tour. C'est une faute
grave, souvent commise par les commençants, que de lais-
ser le Roi inactif à la fin de la partie. Du reste, nous ferons
observer ici, en passant, que la conduite du Roi et des
Pions, dans ces circonstances, donne lieu aux manœuvres
;
les plus difficiles et les plus savantes du jeu nous y revien-
drons en traitant des fins de parties. Il est souvent utile de
roquer de bonne heure et du côté du Roi, parce que c'est le
côté où il est plus à l'abri des attaques et plus facile à dé-
fendre; néanmoins, en roquant du côté de la Dame, si le
Roi ennemi a déjà roqué du côté du Roi, on se ménage le
moyen de faire une attaque formidable en avançant les Pions
de ce côté. Il est bon de remarquer, toutefois, que les atta-
ques dirigées contre vous ne peuvent avoir une direction
bien précise tant que vous n'aurez pas roqué, et que vous
pourrez quelquefois dérouter-les plans les mieux combinés
en roquant à propos du côté le moins exposé.
Lorsque les Dames auront été échangées de bonne heure,
il est souvent utile, au lieu de roquer, de jouer le Roi à la
2e de son Fou, afin de laisser communiquer les Tours entre
elles, parce qu'en l'absence de la Dame, le Roi est moins
exposé et doit se tenir à portée de soutenir ses pièces au pre-
mier moment favorable.
Lorsque le Roi a roqué de son côté, tachez de ne pas
permet're à un Cavalier ennemi de s'établir à la 4e case du
;
Fou de votre Roi rappelez-vous aussi qu'il est rarement
prudent d'avancer les Pions du côté où le Roi a roqué;
beaucoup de personnes croient utiles d'avancer d'un pas le
Pion de la Tour, pour ouvrir une sortie au Roi; c'est une
erreur, et la position du Roi en est fort affaiblie. Mettez la
plus grande réserve à couvrir le Roi par la Dame, et ne vous
exposez jamais à un échec à la découverte. Lorsque le Roi
reçoit un échec, interposez, si cela se peut, une pièce qui
attaque en le couvrant. Ne donnez pas d'échecs inutiles;
mais lorsque, par un échec, vous pouvez forcer le Roi en-
nemi à changer de case, et lui enlever ainsi le droit de ro-
quer, il ne-faut pas négliger de le faire. Il est utile aussi de
le forcer, parune série d'échecs, à avancer vers le centre de
l'échiquier; une fois qu'il aura dépassé la ligne des Pions et
qu'il sera attaqué par trois pièces, il succombera probable-
ment. En roquant, on doit déplacer d'abord le Roi et en-
suite la Tour.
Ne vous hâtez pas trop de prendre un Pion ennemi, qui
se trouve devant votre Roi, dans bien des cas il le couvre
plus efficacement qu'un de vos propres Pions. Le Gambit
de Cuningham en fournit un exemple.

§ II, — De la Dame.
La Dame, qu'on a appelée l'Achille de cette guerre, mais

;
que je comparerais plus volontiers à l'artillerie de la guerre
moderne, est la plus puissante des pièces l'étendue de ses

ment toutes les forces engagées ;


mouvements lui permet de secourir et de protéger efiicace-
on ne doit donc jamais

;
l'employer pour une fin de peu d'importance comme la garde
d'un Pion ou même d'une pièce on ne doit pas la faire
sortir au commencement de la partie, ainsi que nous
l'avons déjà dit, parce qu'attaquée pardes pièces inférieures,
elle est obligée à la retraite, ce qui fait perdre des temps

;
précieux, tandis que l'adversaire développe son jeu par ces
attaques ne l'éloignez pas non plus du corps de la bataille;
un joueur habile sacrifiera quelquefois un Pion éloigné afin
d'attirer la Dame ennemie à l'écart, et de priver ainsi le
Roi de son secours; n'attaquez pas avec la Dame seule, ses
assauts sont plus redoutables et sa force bien plus considé-
rable lorsqu'elle agit de concert avec d'autres pièces. Ses

: ;
positions les plus formidables sont celles où elle appuie l'at-
taque des autres pièces contre le Roi les plus menaçantes
sont sa 5e case, la 5e de la Tour du Roi, la 3e de son Ca-
valier et la 4e de sa Tour. Celui qui, à la fin de'la partie, se
trouvera sans Dame, bien qu'il soit supérieur en forces, de-
vra se mettre sur la plus étroite défensive, en plaçant ses
Tours et ses Cavaliers en défense réciproque, et, s'il manque
de Fous, en suppléant à leur action par celle des Pions ou
du Roi. Malgré ces précautions, celui qui a la Dame pourra
souvent parvenir à faire partie remise au moyen d'échecs
perpétuels que la Dame est éminemment propre à donner
(Voy. le diag. n° 7 à la page 135).
§ III. — De la Tour.

Il est rare, même parmi les bons joueurs, d'en trouver qui

;
sachent tirer tout le parti possible de la Tour, pièce d'une
très-grande puissance lorsqu'elle est bien conduite c'est la
grosse cavalerie de notre armée, où elle doit agir comme
corps de réserve, et ne pas sortir trop tôt, parce que, dans
la mêlée des Pions, des Cavaliers et des Fous, elle serait fa-
cilement prise, ou du moins paralysée. Il est bon de met-

;
tre les deux Tours en communication l'une avec l'autre le
plus tôt possible et s'il y a dans le jeu une file ouverte,
c'est ordinairement un avantage de l'occuper le premier ;
quand, dans cette position, l'adversaire cherche à vous en
déloger en portant sa propre Tour sur la même file, il vaut
souvent mieux la défendre avec l'autre Tour que de pren-
dre celle de l'ennemi ou de vous retirer. Il faut, autant que
possible empêcher l'adversaire de doubler ses Tours, dans
une file ouverte, ou dans une position où il pourrait atta-
quer les pièces qui défendent votre Roi. En portant votre
Tour sur le deuxième rang de l'ennemi, comme à la 7e de
votre Roi ou de votre Dame, vous faites une attaque ordi-
nairement fort embarrassante contre ses Pions, et il perdra,
à les défendre, des temps dont vous profiterez. Dans celle
position, aussi, vous gênez beaucoup le Roi de l'adversaire.
Une des raisons pour lesquelles il est nécessaire de faire
sortir promptement vos pièces au commencement de la
bataille, c'est que, tant qu'elles restent à leurs cases, elles
paralysent complètement, le mouvement des Tours. Rien
de plus ordinaire que de voir la partie déjà perdue entre les
mains d'un joueur inhabile, avant que ses Tours aient pu

avance à Dame soutenu par un Fou ;


quitter leurs cases. Il faut que la Tour se méfie du Pion qui
elle peut se trouver
resserrée par lui, comme dans la position représentée au
diagramme no 16, où les Blancs, malgré la supériorité de
leurs forces, ne peuvent arriver qu'à partie remise, à cause
de la position fâcheuse de la Tour.

Diag.-16.

§ IV. — Du Fou.

Au commencement de la partie, la meilleure position,


pour le Fou du Roi, est à la he case du Fou de la Dame, où
il attaque le Pion le plus faible, savoir le Pion du Fou du
Roi. Comme le Fou du Roi peut occuper très-promptement
cette position importante, sa valeur, au commencement de
la partie, est un peu supérieure à celle du Fou de la Dame
on peut donc échanger, avec avantage, le Fou ou le Cavalier
;
de la Dame contre le Fou du Roi de l'adversaire. Lorsque le
Fou du Roi est à cette he case, si l'adversaire provoque un
échange en jouant le Fou de sa Dame à la 3e du Roi, ne
l'acceptez pas, car, bien que vous lui fassiez doubler un
Pion, vous lui ouvrez une file pour sa Tour, après que son
Roi aura roqué; il vaut donc mieux retirer le Fou attaqué à
la 3e du Cavalier. Afin de pas embarrasser le mouvement de
vos forces, ayez soin de ne pas placer le Fou du Roi à
la 3e de la Dame avant que le Pion de cette Dame ait été
avancé, ni de faire avancer ce Pion d'un pas avant la sortie
du Fou du Roi; car, dans ce dernier cas, le Fou ne pourrait
avancer qu'à la 2e du Roi, où sa position est plutôt défensive
qu'offensive. Si, vers la fin de la partie, vous avez la supé-
riorité en Pions, tâchez de vous débarrasser des Fous de

;
l'adversaire qui arrêtent leur marche plus efficacement que
le Cavalier si vos Pions sont accompagnés d'un Fou, cher-
chez à les ranger sur les cases d'une couleur différente de
celle qu'occupe votre Fou; par ce moyen, le Fou tiendra en
respect le Roi ou les autres pièces qui chercheraient à s'in-
- ;
sinuer parmi eux cependant, si vous êtes inférieur en forces,
il pourra vous être nécessaire, au contraire, de ranger vos
Pions sur les cases de la couleur de votre Fou, afin qu'il
puisse les protéger. Si vous n'avez que des Pions, et que
l'adversaire ait un Fou, hâtez-vous de les placer sur des
cases d'une couleur opposée à celle du Fou ennemi. Vers la

Fous pour des Cavaliers ou réciproquement ;


fin de la partie, n'échangez pas, sans mûre réflexion, vos
deux Fous
sont plus forts que deux Cavaliers, car ils peuvent donner le
mat à l'adversaire, ce que les deux Cavaliers ne peuvent
;
pas faire mais un Fou seul est ordinairement moins utile
qu'un Cavalier. L'élève fera bien de relire ici, avec atten-
tion, ce que nous avons dit des qualités comparées du Fou
et du Cavalier à la page 129.
,
§ V. — Du Cavalier.

Le Cavalier estordinairement la pièce favoritedes joueurs;


il est d'un prix inestimable dans la mêlée, par la facilité avec
laquelle il peut s'insinuer dans les rangs de l'adversaire,
pour y porter le désordre et revenir ensuite, avec la même
facilité, au sein de ses propres troupes. Au commencement
dela partie, la position la plus forte du Cavalier est àla
3e case du Fou du Roi ; de là, il attaque le Pion du Roi
ennemi, avancé ordinairement à sa 4e case; il n'empêche
pas la sortie du Fou du Roi, et ne permet point à la Dame
ennemie de se porter à la 4e de votre Tour, où elle serait
souvent une causede danger etde gêne pour votre Roi. Quel-
ques personnes jouent le C du R à la 2e du Roi pour ne
pas gêner la marche du Pion du Fou du Roi; mais c'est une
faute. Lorsque vous avez fait sortir le Cavalier de laD à la

2e case du Roi à la 3e du Cavalier ;


3e de son Fou, il est souvent utile de le faire passer par la
il menace, dans cette
position, de se porter à la 5e du Fou du Roi, position où il
doit inquiéter vivement l'ennemi, ainsi que nous l'avons
signalé à l'article du Roi. (Voyez nos observations sur la
Valeur comparative du Cavalier et du Fou à la page 129.)

g VI. — Du Pion.
Comme la force principale des armées se compose d'in-
fanterie, de même, danslaguerre qui nous occupe, les Pions,
qui en représententl'image, ont une force et une puissance
considérables; les bien conduire exige unegrande attention,
et donne lieu aux problèmes les plus ardus du jeu. On s'en
fera une idée lorsqu'on saura que, dans l'ouvrage de Greco,
sur les Échecs, publie en 1714, il donna une fin de partie

;
composée d'un Roi accompagné de trois Pions passés, oppo-
sés à des forces absolument semblables il disait que, dans
cette position., qui se trouvera à la fin de ce traité, on
devait aboutir à une partie remise, n'importe auquel des
;
deux fût le trait depuis lors, tous les joueurs tinrent pour
constant que, dans la position de Greco, la remise était
forcée. Cependant, il y a peu d'années, un célèbre joueur
hongrois, M. Szen, découvrit, par un examen plus appro-
fondi de la position, que le blanc pouvait s'assurer la vic-

;
toire. Ainsi voilà une erreur qui échappa pendant plus d'un
siècle à tous les joueurs d'Échecs il ne s'agissait pourtant
que des mouvements du Roi et de trois Pions de chaque
côté.

;
Il faut donc surveiller la marche des Pions avec la plus
grande attention les observations suivantes pourront ser-
vir à en dirigerl'étude.
Le centre de l'échiquier est la position la plus forte pour
les Pions, parce que là ils empêchent les forces ennemies
de se porter en avant. Le Pion du Roi et celui de la Dame à
leur 4e case sont au poste d'honneur; mais il est difficile de
les y maintenir, et si l'on est obligé d'en avancer un à la
5e case, la force de tous les deux en est fort affaiblie. Ne
cherchez donc pas à vous emparer précipitamment de cette
position; attendez plutôt que, par la disposition de vos
forces, vous soyez en état de vous y maintenir. Lorsque
vous aurez posté ainsi de front ces deux Pions, si l'un d'eux

;
est attaqué par un Pion, il est souvent préférable d'avancer
d'un pas que de prendre n'avancez toutefois vos Pions
qu'avec prudence et lorsque vous êtes eh position de les
appuyer de vos pièces; n'oubliez pas qu'un Pion à la 4e case
est plus fort qu'à la 6e. L'attaque faite par deux ou plusieurs

;
Pions bien appuyés, est la plus formidable qu'on puisse
faire c'est absolument la charge à la baïonnette. L'échec
du Pion est très-redoutable pour le Roi, parce qu'il ne peut
le couvrir.
Le Pion le plus faible est le Pion du Fou du Roi, parce
qu'il n'est défendu que par le Roi seul, il est, par consé-
quent, le point de mire ordinaire des attaques; la plus dan-
gereuse, ainsi que nous avons eu déjà l'occasion de le re-
marquer, est celle du Fou du Roi à la 4e du Fou de la Dame.

mencement de la partie ;
Il est rarement bon d'avancer ce Pion à la 3e case, au com-
on en peut dire autant du Pion
des Cavaliers ; en avançant le Pion du C du R à la 3e case,
vous permettez au Fou dela Dame de l'adversairede se pla-
cer à la 3e de la T de votre Roi, position dangereuse pour
lui lorsqu'il a roqué de son côté. En thèse générale, il vaut
mieux ne pas avancer le Pion du Cavalier qui se trouve de-
vant le Roi avant d'y être forcé (1). Il ne faut pas se hâter
d'avancer les Pions des côtés tant que le Roi ennemi n'aura
pas roqué, afin de se ménager le moyen de l'attaquer par
ceux. qui se trouveront vis-à-vis de lui, pendant que l'on
met son propre Roi à l'abri derrière ceux du côté opposé.
Dans beaucoup de cas, un Pion doublé n'est pas un désa-
;
vantage, surtout lorsqu'il est appuyé par d'autres le Pion le
plus avantageux à doubler est celui du Fou du Roi, qu'on
fait passer sur la file du Roi, parce qu'il renforce dans
cette position le centre et qu'il ouvre une file pour la Tour,

:
après que le Roi a roqué de son côté. Les Pions les plus dé-
savantageux à doubler sont ceux des Tours les Pions sur
la file des Tours n'ont, pour ainsi dire, qu'une demi-action,
et deux Pions sur ces files en valent à peine un dans le cen-
tre. Cherchez toujours à défendre un Pion attaqué, non au
moyen d'une pièce, mais par un autre Pion. Il coûtera sou-
vent une pièce à l'adversaire pour empêcher un Pion passé
d'arriver à Dame. Lorsque vous resterez avec un Pion de
moins que l'adversaire, n'échangez pas facilement vos quatre
pièces mineures; gardez-en une que vous pourrez échanger
parla suite contre ce Pion; vous conserverez ainsi une chance
plus probable de faire partie remise. Enfin, et comme der-
nière observation, nous rappellerons que si, à la fin de la
partie, vous avez deux ou même un seul Pion contre une
pièce mineure, vous pouvez gagner, tandis que votre adver-
saire, excepté dans des cas très-rares, ne le peut pas; que
deux Pions unis, dans toute situation, peuvent se protéger
contre le Roi ennemi et donner à leur propre Roi le temps
d'arriver à leur secours. Effectivement, dans la position re-
présentée au diag. n° 17, il est évident que si le Roi prend
le Pion de la Tour, celui du Cavalier arrivera à Dame et ;
(1) V. ci-après la partie entre M. Cochrane et le Brahmiu.
il en est de même dans une position quelconque de deux
Pions contre le Roi seul.

Diag.17.

CHAPITRE IX. — OBSERVATIONS ET CONSEILS SUR


L'ENSEMBLE DE LA PARTIE.

§ 1.
— De L'Ouverture.
La partie doit s'ouvrir de manière à mettre en jeu le plus
grand nombre de combattants dans le moins de temps possi-
ble. Les pièces et les Pions doivent se jouer de manière à
se soutenir les uns les autres, mais sans s'embarrasser.
C'est pour cette raison, ainsi que nous l'avons déjà fait ob-
server à l'article des Fous, qu'on doit éviter de jouer le Fou
du Roi à la 3e de la Dame avant d'avancer le Pion de celle-
ci, ou de mettre ce Pion à la 3e case avant la sortie du Fou
du Roi.
Les uns pensent que les premiers coups doivent être diri-

;
gés vers le but d'une bonne ordonnance de ses forces, et
surtout vers rétablissement des Pions au centre d'autres
veulent que l'attaque commence immédiatement. Il est
impossible de donner des règles positives à ce sujet, le
joueur devant être dirigé par la manière dont l'adversaire

:
répond à ses coups, et par Ja position plus ou moins bonne
que prennent les forces ennemies en commençant mais on
peut poser pour principe fondamental qu'il faut surtout évi-

:
ter de perdre des temps; tout le succès du jeu en dépend.
Les temps se perdent de quatre manières 1° en jouant une

;
pièce que l'adversaire peut forcer à la retraiteen avançant
un Pion 2° en attaquant une pièce que l'adversaire avait
;
30 en donnant des échecs inutiles;
l'intention de ne pas laisser à la place où elle se trouve
4° en faisant des échan-
ges par lesquels une pièce de l'adversaire se dégage et entre
en jeu. Gagner des temps sur son adversaire est l'art capital
de cette guerre. L'élève trouvera, au chapitre suivant,-un
exposé complet de la tactique la plus approuvée pour enta-
mer le combat.

§ II. — De iAttaque et de la Défense.


Il est utile d'avoir l'attaque en main, pour plusieurs rai-

;
sons. En attaquant, on dicte, pour ainsi dire, le jeu de l'ad-
versaire; on lui inspire la crainte toute faute de sa part lui
portera un préjudice positif, tandis que de votre côté une
faute ne vous fera perdre ordinairement que l'avantage de
l'attaque.

;
Avant d'attaquer au loin le Roi de l'adversaire, mettez
le vôtre en sûreté si les mouvements que vous êtes obligé
de faire pour cet objet vous font perdre l'occasion d'attaquer,
ce sera un moindre mal que de laisser votre Roi exposé.
Toutes les fois que l'adversaire avance une pièce, il faut,
non-seulement observer toutes les cases qu'elle attaque,
;
mais chercher à découvrir l'intention qu'il a eue en la jouant
les coups à double portée sont les plus redoutables, parce
que, lorsqu'on a découvert une des intentions du joueur,
on s'en contente presque toujours et l'on ne s'avise pas d'en
chercher une seconde.

;
En principe, toutes les attaques doivent se diriger contre

;
le Roi mais il arrive souvent que le Roi est tellement gardé,
que toute attaque contre lui devient impossible il faut alors
s'attacher à s'assurer de quelques avantages secondaires,
soit en développant son jeu, soit en resserrant celui de l'ad-
versaire, etc. Une bonne disposition des Pions est surtout
essentielle pour gêner le mouvement des Cavaliers ennemis
et les empêcher de pénétrer dans vos rangs, où ils portent
le
facilement trouble.
On peut quelquefois amortir et même repousser une atta-

;
que très-vive par un échange de quelques pièces, et, dans
ce cas, il ne faut pas regarder à leur valeur absolue on peut,
dans l'occasion, sacrifier avec avantage une Tour pour un

:
Fou, etc. ; mais là-dessus il est impossible de donner aucune
règle en effet, nous avons pu donner une valeur à chacune
des pièces, mais cette valeur change avec la position, et c'est
là un point que la longue habitude du jeu peut seule ensei-

:
gner. C'est ici le lieu de faire faire une observation qui ne
se trouve pas ordinairement dans les Traités sur les Échecs

;
c'est que celui qui sacrifie une pièce acquiert presque tou-
jours une attaque très-vive toutefois, il n'y a que les
joueurs accomplis qui peuvent se hasarder à faire un tel
sacrifice. On trouvera ci-après une partie fort intéressante,
où M. Cochrane, jouant contre le brahmin Moeschunder
Bonnerjee, sacrifie un Cavalier pour affaiblir la position de
son adversaire.

S III. — Des Echanges.

Les échanges de pièces doivent se faire: 1° pour décon-

;
certer une attaque de l'ennemi; 20 pour gagner des temps
3° pour dégager les pièces 4° pour mieux placer le Roi
;;
5° enfin, quand on est supérieur en forces; car alors l'en-
nemi a le double désavantage de perdre une pièce et d'affai-
;
blir généralement son jeu moins il y a de forces engagées,
plus la supériorité qui résulte d'une pièce, en plus, se fait
sentir. En thèse générale, il vaut mieux être le premier à
échanger, parce que l'on oblige ainsi l'adversaire à un coup
pour ainsi dire forcé ; néanmoins, il y a beaucoup de cas
où il est préférable de laisser prendre pour arriver, en re-
prenant, à sortir une pièce, ouvrir une file, dédoubler un
Pion, etc. Nous avons vu, par exemple, en parlant des
Tours, que, lorsqu'une Tour gardée par sa compagne peut
s'échanger contre une Tour gardée de même, il vaut mieux
qu'elle soit prise que de prendre le premier, afin de garder
possession de la file où elle se trouve.

§ IV." — De la manière dejouer la partie.

Jouez toujours selon la règle la plus sévère du jeu, et


maintenez surtout avec la plus grande rigueur, pour vous-

:
même et pour les autres, l'article des Lois qui se résume en
cet axiome « Pièce touchée, pièce jouée. » Tout relâche-
ment sur ce point vous donnerait une habitude de tâtonne-
ment et de négligence dont vous ne pourriez plus vous dé-
faire, et qui serait fatale à vos progrès. Ne permettez pas
non plus à votre main de planer au-dessus de l'échiquier
pour s'abattre sur une de vos pièces sans réflexion suffisante.
Habituez-vous, au contraire, à n'avancer la main vers vos
pièces qu'après avoir complétement décidé dans votre es-
prit le coup que vous allez jouer. Une sage lenteur est né-
cessaire ; les combinaisons du jeu des Échecs sont tellement
variées, qu'il faut du temps pour les examiner, et encore y
en a-t-il qui, dans la chaleur du combat, échappent aux
joueurs les plus habiles. Cette attention est surtout nécessaire
lorsque l'un ou l'autre des Rois se trouve exposé à recevoir
des échecs de plusieurs pièces. Nous donnons, aux par-
ties vives et amusantes (n° 18) le commencement d'une par-
tie entre des joueurs de premier ordre, MM. Lôwenthal et
Mayet, qui en fournit un exemple remarquable. Cette par-

;
tie, prolongée jusqu'au 70e coup, et qui finit par une re-
mise, aurait dû se terminer bien plus promptement car,
au 20° coup, le blanc pouvait donner le mat forcé en trois
coups, mais ilne s'en est pas aperçu.
Il est essentiel de s'accoutumer à jouer également bien
avec les pièces blanches ou les pièces noires. Il faut se gar-
der d'avoir des préférences exclusives pour certaines pièces;
quelques commençants ont une prédilection pour la Dam(\
ou pour le,Cavalier et perdent des temps en cherchant à ne
pas perdre leur pièce favorite. Tâchez de jouer contre des

;
adversaires qui soient d'une force supérieure à la vôtre,
sans toutefois qu'il y ait une trop grande disproportion il
est affligeant pour l'amour-propre d'être toujours vaincu,
et le découragement pourrait s'ensuivre. Après avoir perdu
une partie fortement contestée, rien ne vous sera plus utile
que de chercher à vous la rappeler et à la refaire, à tête
reposée, sur votre échiquier, afinde découvrir le faux mou-
vement qui vous a valu la défaite. Il sera aussi extrême-

;
ment avantageux de vous exercer à chercher la solution de
quelques problèmes nous en donnons plusieurs, choisis
et vérifiés avec le plus grand soin, à la fin de ce Traité.
Nous avons cherché à les graduer des plus faciles aux plus
compliqués. On ne peut se faire une idée de l'immensité
des ressources et des combinaisons multipliées du jeu des
Echecs, sans l'étude de ces ingénieux exercices.

CHAPITRE X. — DES LOIS OU RÈGLEMENT DU JEU.

Rien n'est plus commun, parmi les joueurs d'Échecs,


même les plus distingués, que de leur voir confondre les
principes ou règles du jeu avec son Règlement ou ses Lois.

:
Par principes ou règles on doit entendre ce qui tient à
l'essence même du jeu c'est-à-dire ce qui constitue sa na-
ture, ce qu'il faut savoir pour en exécuter correctement les

;
divers mouvements; par exemple: sur quoi et avec quoi
l'on joue la marche et la puissance des pièces, etc.
Les Lois ou le Règlement statuent uniquement sur la
manière dont les joueurs doivent se comporter pendantla
partie
lutte
;; c'est en quelque sorte la police du jeu pendant la
par exemple: le Règlement détermine l'ordre suivant
lequel chaque joueur prend le trait; les peines encourues
par celui qui viole une des règles du jeu, etc.
;;
Un joueur célèbre, M. Jaenisch, qui depuis vingt ans si-
gnale cette confusion qui a fait un travail important dans
le but de la faire cesser qui a proposé, comme corollaire de
ce travail, un règlement adopté par la Société des amateurs

confusion en intitulant ce règlement


Échecs. »
:
d'Échecs de Saint-Pétersbourg, renouvelle lui-même cette
« Règles du Jeu des

L'absence de la distinction qu'il faut faire nécessairement


dans la valeur des termes, a fait publier comme Lois du jeu,
des recueils confus de préceptes qui varient suivant les lieux
et le caprice des écrivains. M. Jaenisch n'énumère pas moins
de quinze de ces règlements ayant cours dans différentes
parties de l'Europe; rien ne serait donc plus désirable que
de voir fixer par une entente commune les points contestés,
qui touchent aux principes mêmes du jeu, et de promulguer
ensuite un règlement uniforme pour sa pratique.
En 1853, à la suite du grand tournoi de Londres, une
commission fut nommée dans ce but. Les commissaires fu-
rent MM. Jaenisch, Heydebrand von derLaza et Staunton:
Chacun de ces joueurs éminents a publié le fruit de ses re-
cherches pour atteindre au résultat si désiré (1). Leurs
études ont jeté une grande lumière sur la question, sans la
résoudre toutefois, car il n'existe nulle part une réunion de
joueurs, possédant une autorité morale assez puissante,
pour décider entre les différents avis, encore moins pour
faire accepter sa décision aux autres.

(1)Voici le titre de ces ouvrages auxquels nous renvoyons ceux de nos


lecteurs qui seraient curieux d'étudier à fond le tableau des divergences
que présente la pratique du jeu des Échecs en Europe.
1° Entwurfeines vollstândigen Règlements für das Schachspiel.Von der
Lasa, 1353 (dans le Schachzeitung de 1854).
2° Règles du Jeu des Échecs adoptées par la société des amateursde
Saint-Pétersbourg, par Jaenisch. 1 vol. in-So, pp. 112. Saint-Pétersbourg,
1854.
;;" L'hc-s-Praxis,irith a recisedcodeofC/tess-Laicn, etc., by Il. Staunton,
cci[. I.iitl
ni,13olin,l v.in-S",pp.622,18C0.
Avant de à
procéder la rédaction d'un Règlement, il est
indispensable de s'entendre d'abord sur certains points qui
tiennent aux principes mêmes du jeu et sur lesquels il
n'existe pas entre les joueurs un accord unanime. Ces points
sont au nombre de trois :
1° Que doit devenir le Pion qui atteint la huitième case?
2° Un Pion peut-il être pris en passant?
30 Quand et comment peut-on roquer ?
Dans le nord de l'Europe, en Russie, en Allemagne et
dans les ouvrages des classiques italiens, Del Rio, Ponziani
et Lolli, on enseigne que le Pion arrivé à la huitième case -
peut être remplacé par une pièce quelconque au choix du

choisie que parmi celles qui lui manquent;


joueur, mais avec la restriction que cette pièce ne peut être
et, dans le cas
où le joueur aurait encore toutes ces pièces, ce Pion doit
rester inactif à sa huitième case, pour être remplacé par la
première pièce perdue. Jaenisch a fait ressortir avec beau-
coup de force, les graves inconvénients de cette règle. Aussi
commence-t-elle à être peu suivie et l'on adopte générale-
ment celle qui prévaut en Angleterre et en France, d'après
laquelle un Pion, parvenu à la huitième case, doit se chan-

que à la volonté du joueur et sans aucune restriction en;


ger, par une déclaration immédiate, en une pièce quelcon-

sorte qu'il peut avoir à la fois plusieurs Dames, deux Fous


de la même couleur, etc.
Nous avons expliqué longuement, en traitant de la marche

;
du Pion (p. 122), ce que l'on entend parprendre en passant.
Dans les pays du Nord, en général, on le permet il n'en est
pas de même en Italie. Dans le projet de Règlement présenté
par M. Jaenisch au club d'Échecs de Saint-Pétersbourg, il
proposa d'adopter à cet égard l'usage italien et de priver les
Pions du droit de prendre en passant; la majorité n'adopta
pas son avis, et le privilége fut maintenu dans le Règlement
accepté et publié par ce club. En Angleterre et en France
ce droit n'est pas contesté.
On trouve à la p. 125 de ce volume, les conditions néces-
saires pour pouvoir roquer d'après les règles généralement
adoptées dans les pays du Nord. C'est le roque qu'on appelle
à la Calabraise; les Italiens ne peuvent se décider à aban-
donner leur manière de roquer, que nous avons décrite à
la p.146.
Dans la première édition de cet ouvrage, nous avons pu-
blié le Règlement de Philidor adopté par le cercle desÉchecs
de Paris. Nous avons dû alors y ajouter des notes dans les-
quelles nous avons exposé une partie des contradictions et
des lacunes qu'il présente, ainsi que le défaut de clarté de
plusieurs de ses dispositions.
Le moment nous paraît venu de faire un pas de plus et
de proposer un Règlement nouveau, pour faire disparaître
les incertitudes qui existent sur plusieurs points et pour
statuer sur d'autres cas non prévus dans l'ancien Règlement.
Nous avons cherché à le rendre aussi conforme que possible
aux Règlements adoptés par les principaux clubs étrangers,
sans nous écarter toutefois des traditions de l'école fran-
çaise.

RÈGLEMENT POUR LE JEU DES ÉCHECS.

Déclaration préliminaire sur les Principes.

Les trois points suivants, qui tiennent aux principes mêmes


du jeu et sur lesquels un accord unanime ne règne pas
encore entre tous les joueurs, sont réglés définitivement de
la manière suivante :
1° Un Pion parvenu à la huitième case doit se changer,

;
par une déclaration immédiate dujoueur, en une piècequel-
conque, un Roi excepté on peut donc avoir à la fois plu-
;
sieurs Dames, deux Fous de la même couleur, etc Aussi-

;
tôt que le Pion aura été remplacé par une pièce ou marqué
d'un signe distinctif, le coup sera consommé dans le se-
cond cas, le joueur qui n'a pas fait de désignation de pièce
est censé avoir choisi une Dame.
Si, par inadvertance, il mettait sur l'échiquier unepièce
de la couleur de son adversaire, il pourra réparer cette er-
reur sans encourir de peine.
:
2° Un Pion peut prendre un autre Pion en passant cette
prise est obligatoire s'il n'existe pas dans le moment d'autre
coup légal.
3° On ne peut roquer que de la manière dite à la Cala-
braise; par conséquent le Roi fait deux pas du côté où il
roque et la Tour de ce côté vient, en croisant le Roi, se pla-
cer sur la case qui l'avoisine, le tout par un seul mouve-

conditions:
ment; pour qu'il puisse se faire légalement, il faut quatre

;
1°que le Roi ni la Tour, avec laquelle se fait
le roque, n'aient bougé 20 qu'il ne se trouve aucune pièce

; ;
entre eux 30 que le Roi en roquant ne passe pas sous un
échec 40 qu'au moment de roquer il ne soit pas en échec.
Un échec reçu, mais qui n'a pas obligé le Roi à se dépla-
cer n'empêche pas de roquer plus tard.

Du choix de la couleur et de l'ordre suivant lequel on doit


prendre le trait.

ART. 1er. — On tire au sort le choix de la couleur des


pièces et le droit de jouer le premier. Si deux personnes
jouent plusieurs parties de suite, elles conservent la même
couleur pour toutes les parties.
ART. 2. — Le droit de jouer le premier appartient alter-
nativement à chaque joueur, que lapartie précédente ait été
gagnée, perdue ou remise; mais si une partie a été annulée,
celui qui' avait droit au trait dans cette partie le conserve
pour la partie suivante.
ART. 3. — Si, avant le quatrième coup accompli de part
et d'autre, on s'aperçoit qu'un des joueurs a pris le trait au
premier coup hors de son tour, la partie sera annulée; mais
si on ne s'en aperçoit qu'après, la partie sera continuée et
celui qui a été privé du trait le prendra aux deux parties
suivantes.

De la fausse position de l'échiquier et des irrégularités


dans la position des pièces.
ART. 4. — D'après les principes du jeu, la case blanche
de l'angle doit être à la droite de chaque joueur; si l'échi-
quier est mal posé et qu'on s'en aperçoive avant le qua-
trième coup accompli des deux côtés, la partie sera annulée
elle doit se continuer si on ne s'en aperçoit qu'après.
;
ART. 5. — La même loi s'applique lorsque toutes les
pièces (1) n'ont pas été posées ou lorsqu'une ou plusieurs
d'entre elles ont été mal placées.
Si néanmoins on constate dans le cours de la partie une

;
irrégularité contraire aux principes mêmes du jeu, telle que
l'absence d'un des Rois la présence d'un Pion sur le pre-
mier rang, etc., la partie devra être annulée.
ART. 6. — Si l'un des Rois est resté en échec pendant
plusieurs coups, on rétablira le jeu en remontant au coup
de l'échec, et les coups suivants seront annulés ;
dans le
cas où on ne pourrait pas remonter jusqu'à l'irrégularité,
la partie entière devra être annulée.

Du précepte «Pièce touchée piècejouée » et de ses


conséquences.

ART. 7. — «
Piècelouchée piècejouée » est un précepte
fondamental du Règlement; celui qui veut simplement recti-
fier la position d'une pièce sur l'échiquier doit, avant d'y
toucher, dire le motj'adoube ou tout autre équivalent.
ART. 8. — Lorsque celui qui a le trait touche une de ses
propres pièces, il est tenu de la jouer s'il peut le faire léga-
lement, sinon il doit remettre la pièce à sa place et jouer le
;
Roi lorsqu'il touche une pièce de l'adversaire, il est tenu de
la prendre si cela se peut légalement, sinon il doit jouer son
Roi.
ART. 9. — Si celui qui a joué fait aussitôt un second
coup, même imparfait, en touchant une de ses propres pièces
ou une pièce de l'adversaire, il doit remettre ce second coup,

coup suivant, si cela se peut légalement ;


et il est tenu de jouer ou de prendre la pièce touchée au

; sinon il devra
jouer son Roi à condition toutefois que la demande for-

(1)Dans cet article et dans la suite du Règlement, nous comprenons les


Pions sous le nom générique depièces.
rnelle en soit faite par l'adversaire avant qu'il ne joue son
propre coup.
ART. 10. — Celui qui touche plusieurs pièces est obligé
de jouer ou de prendre une des pièces touchées, au choix
de l'adversaire.
ART. 11. — Celui qui prend une de ses propres pièces,

;
avec une autre pièce à lui, sera tenu de jouer l'une des
pièces touchées au choix de l'adversaire celui qui prend
une pièce de l'adversaire avec une pièce également à l'ad-

;
versaire, est tenu de prendre l'une des pièces touchées, au
choix de l'adversaire si cela ne peut se faire légalement, il
jouera son Roi.
ART. 12. — Celui qui prend une de ses propres pièces
avec une pièce de l'adversaire, est tenu de faire le coup in-
verse si cela est possible, sinon les dispositions de l'art. 8
seront appliquées.
ART. 13. — Toutes les fois qu'une des règles du jeu aura
été violée en roquant, les deux pièces devront être remises
à leurs places et celui qui a commis la faute devra jouer son
Roi s'ille peut, sinon la Tour touchée.
ART. 1h. -— Celui qui en jouant a quitté sa pièce, ne peut
plus la déplacer pour la jouer ailleurs, à moins que le coup
ne soit illégal ou faux.
ART. 15. — Les coups illégaux sont ceux qui sont prévus
et punis par les articles 3, 6, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 19, 20
et 21.
ART. 16.- Le coup faux, appelé aussi fausse marche, se

atteindre dans sa marche normale ;


fait en transportant une pièce sur une case qu'elle ne peut
il n'importe que cette

;
case soit vide ou occupée par une pièce de l'adversaire qui
se trouverait ainsi prise irrégulièrement cette faute est pu-

pièce touchée
;;
nie dans les deux cas par une des peines suivantes au choix
de l'ad versaire 1° l'obligation de jouer régulièrement la
20 de prendre autrement la pièce prise ;
3° de remettre le coup et de jouer le Roi.

De l'échec au Roi.
ART. 17. — On doit annoncer l'échec d'une manière
;
intelligible
;
celui qui prononce le mot échec sans avoir tou-
ché une pièce, n'est pas tenu de le faire celui qui touche
une pièce en disant échec est tenu de faire échec avec cette
pièce, si cela est possible, sinon le mot sera sans consé-
quence.
ART. 18. — Si celui qui joue déclare un échec sans le
faire, celui qui, sur cette déclaration, a touché ou déplacé
une pièce, peut reprendre le coup, s'il en fait la demande
avant que le coup de réplique de l'adversaire soit consommé.
ART. 19. — Celui qui n'a pas été averti que son Roi est

;
en échec et qui fait un coup sans le couvrir, peut le repren-
dre sans encourir de peine il n'est tenu qu'à garantir son
Roi; mais si le coup fait par lui couvre l'échec, il ne peut
le reprendre.
ART. 20. — Celui qui en jouant touche une pièce dont
le déplacement découvrirait un échec à son Roi, sera tenu
de jouer le Roi.
ART. 21. —Celui qui, en déplaçant le Roi, le met en
échec, doit remettre le coup, mais il est tenu de jouer le
Roi.

De l'application des peines et de la prescription.


ART. 22. — Lorsque le Roi est condamné à se déplacer
(art. 8, 9, 11, 13, 20, 21) et qu'il ne peut légalement le
faire, la faute sera sans conséquence.
ART. 23. — Le Roi ne peut roquer pour satisfaire à l'o-
bligation de se mouvoir.
ART. 24. — Toute contravention doit être constatée et
punie immédiatement; une fois le coup de réplique accom-
pli par l'adversaire il y a prescription, sauf les cas prévus
par les art. 5 et 6.

,
Du gain, de laperte et de la remise de la partie
Coups comptés.
; —

ART. 25. — Celui qui refuse de jouer ou de se conformer


à la décision des arbitres et celui qui abandonne la partie,
est censé l'avoir perdue.
ART. 26. — Avant de donner le mat on peut dépouiller
le Roi de toutes ses pièces et de tous ses Pions.
ART. 27. — Le Pat est considérée comme partie remise.
ART. 28. — Lorsque, vers la fin de la partie, l'un des
joueurs estime qu'elle doit être remise, tandis que l'autre
persiste à vouloir la gagner, le premier peut faire constater
la situation par un appel à la galerie (ou à un arbitre), et

;
exiger avec leur consentement que les coups subséquents
soient comptés si au soixantième coup joué par l'adversaire
à partir de ce momentle mat n'est pas donné, la partie est
remise de droit.

De la Galerie.

;
ART. 29. — On appelle Galerie les spectateurs d'une
partie ils doivent s'abstenir de toute observation, excepté
dans le cas d'une fausse marche, de la position anormale
de l'échiquier, d'unRoi laissé en échec, de la présence sur
l'échiquier d'une pièce dont un des joueurs était convenu
de faire avantage, ou d'une irrégularité contraire aux lois
fondamentales du jeu.
ART. 30. — La Galerie peut être interpellée
,
par les
joueurs, pour juger, à défaut d'arbitres expressément dési-
gnés, les contestations qui pourraient s'élever pendant la
partie. Lorsque son jugement sera rendu à l'unanimité, les
joueurs sont obligés de s'y soumettre; mais à défaut d'una-
nimité les joueurs nommeront des arbitres spéciaux.

Desparties à avantage.

ART. 31. — Celui quifait avantage a le trait, à moins de


conventions contraires, et la pièce dont on fait avantage
doit être enlevée avant de commencer la partie. Si on a né-
gligé de l'enlever, la partie sera annulée, pourvu que la
partie lésée en fasse la demande aussitôt l'irrégularité cons-
tatée.
ART. 32. — Quand on fait avantage d'un Pion, il est
entendu que c'est celui du Fou du Roi qui doit être enlevé.
ART. 33. — Quand on fait avantage d'une Tour, le Roi
ne peut pas faire un roque imparfait, en faisant deux pas du
côté de la Tour enlevée, à moins d'une convention expresse.
ART. 34. — Lorsqu'on reçoit avantage de plusieurs
traits, on ne peut avancer aucune pièce au delà du qua-
trième rang de l'Échiquier.
ART. 35. — Lorsque l'on s'engage à donner le mat avec
un Pion désigné, ce Pion ne peut devenir pièce.
ART. 36. — Lorsque l'on s'engage à donner le mat sur
une case déterminée, il faut qu'elle soit occupée par le Roi
la
qui reçoit le mat et non par pièce qui le donne.
ART. 37. — Celui qui s'est engagé à donner le mat d'une

;
manière spécifiée, ne peut le donner autrement sans avoir
perdu il ne peut yavoir de partie remise avec une condi-
tion de cette nature.

De l'application du Règlement.

ART. 38. — Le présent Règlement fait loi toutes les fois


qu'il n'y est pas expressément dérogé par des conventions
particulières. Les joueurs qui voudraient se soustraire à
quelques-unes de ces dispositions doivent en faire la con-
vention d'avance. Celui qui consent à remettre une peine
encourue par son adversaire, ne peut exiger de lui la même
indulgence dans un cas semblable, à moins de conventions
préalables.
ART. 39. — Lorsqu'il s'agira d'un match ou tournoi im-
portant, il sera nécessaire de désigner des arbitres pour ré-
gler d'avance les conditions supplémentaires du tournoi et
pour décider en dernier ressort des difficultésqui pourraient
s'élever. Les arbitres sont tenus de prendre pour base de
leurs décisions le présent Règlement, hors les cas spéciale-
ment et préalablement exceptés par des conventions supplé-
mentaires.
LIVRE Il.

DES OUVERTURES

CHAPITRE 1er. — PRÉLIMINAIRES.

La manière de commencer le combat exerce une influence


capitale sur toute la suite de la bataille. Aussi tous les au-
teurs se sont occupés de rechercher quels étaient les coups
les plus favorables pour l'attaque d'une part, et pour la dé-
fense de l'autre. De ces différents travaux est née cette partie

;
importante de la stratégie des Échecs, appelée la Théorie
des Ouvertures c'est cette branche de notre sujet que nous
allons traiter.

:
Le premier joueur a, pour débuter, vingt coups à sa dis-
position, savoir chaque Pion une ou deux cases, ce qui
:
fait seize, et chaque Cavalier deux cases en tout vingt

;
mouvements différents. Le second joueur peut répondre
aussi de vingt manières différentes cela fait déjà quatre
cents combinaisons, et leur nombre, au bout de très-peu de
coups, arrive à des millions. Examiner chacune de ces com-
binaisons en particulier, serait donc chose impossible; il
faut faire un choix entre elles, passer sous silence le plus
grand nombre, et ne présenter à l'examen de l'élève que
celles dont l'expérience des siècles a fait reconnaître l'usage
comme le plus propre à conduire à la victoire.
Toutefois le nombre des combinaisons qu'il importe d'é-
tudier est encore si considérable, qu'il est essentiel de les
ranger par catégories. Nous allons essayer de le faire afin
de jeter le plus de clarté possible sur cette partie compli-
quée et difficile du jeu.
La connaissance théorique des Ouvertures est indispen-
sable. Si l'on n'a pas appris par l'étude les meilleurs coups
pour commencer l'attaque et les coups justes pour se dé-
fendre, l'on est exposé, dès le début, à voir la partie réduite
à une position telle, qu'elle est percluta di sua natura,
comme disent les Italiens. L'ouverture appelée le Gomito
de Damiano va nous en fournir tout à l'heure un exemple
frappant. Dans cette ouverture, le désir irréfléchi de s'em-
parer d'une de vos pièces peut, au troisième coup, faire faire
un mouvement à votre adversaire qui rend inévitable la
perte de sa partie.
Nous suivrons la marche déjà adoptée de nous servir de
la seconde personne en parlant à l'élève, qui est censé jouer
avec les pièces blanches, et que nous supposons aussi avoir
le trait, par conséquent, l'attaque. Celui qui se défendra, et
à qui nous attribuons les pièces noires, sera toujours men-
tionné à la troisième personne. Cette distinction devient ici
plus nécessaire que jamais,-afin d'éviter la confusion qui
pourrait résulter du double enseignement qu'il est indis-
pensable de donner, afin que l'élève soit également préparé
pour la position si différente de premier ou de second
joueur.
Le premier a, comme nous l'avons déjà dit, vingt traits
à sa disposition pour commencer la partie. Le choix à faire

;
doit être basé sur la nature même du jeu et sur les règles
fondamentales que nous avons exposées c'est pour cela que
l'on commence, en général, par avancer le Pion du Roi de

;
deux pas.Nousavons vu qu'il était utile de poster des Pions
;
au centre — de développer rapidement son jeu — de ne
pas embarrasser la marche de ses pièces les unes par les au-
; ;
tres de mettre le plus promptement possible son Roi en
position de pouvoir roquer — d'avoir en mainl'attaque.
- Or, tous ces avantages se réunissent dans le trait que
nous venons d'indiquer plus complètement que dans aucun
des dix-neuf autres par lesquels on peut commencer. Effec-
tivement, la marche en avant du Pion du Roi ouvre immé-
diatement une sortie à deux pièces (la Dame et le Fou du
Roi), ce que ne fait aucun autre Pion; il s'empare en même
temps du centre de l'échiquier et concourt efficacement à

que nous avons signalées ;


réaliser plus tard toutes les autres conditions avantageuses
il arrive de là que la grande ma-
jorité des parties commencent ainsi. Dans l'Encyclopédie
des Echecs
@ d'Alexandre, on trouve dix-sept cent quatre-
vingts variations de ce début et trois cent cinquante seule-
ment de tous les autres débuts réunis.
Le jeu des Échecs n'est toutefois pas assez dénué de res-
sources pour que le joueur soit invariablement restreint à
suivre cette marche. Il y a une seconde manière de com-
mencer la partie qui peut être adoptée en toute sécurité
c'est d'avancer le Pion de la Dame de deux pas. Il naît or-
;
dinairement de ce début une partie dont la marche particu-
lière est remplie d'intérêt et dont nous traiterons plus loin
sous le nom de Gambit de la Dame.
Le major Jaenisch, dans son grand ouvrage (1), regarde ces
deux coups comme les seuls qui soient parfaitement cor-

:
rects pour commencer, et il divise en conséquence les débuts
corrects en deux grandes classes les débuts du côté du Roi
et les débuts du côté de la Dame. Nous nous conformerons
à cette division pour l'exposé des ouvertures.

(1) Analyse nouvelle des Ouvertures du jeu des Échecs, par le major Jae-
nisch, 2 vol. in-8°. Saint-Pétersbourg, 18V2-3. -
CHAPITRE II. — Du DÉBUT DU CAVALIER DU ROI

ET DES OUVERTURES QUI EN DÉCOULENT.

Lorsque les Pions des deux Rois ont été portés à leurs
quatrièmes cases, l'attaque par la sortie du Cavalier du Roi
à la troisième case du Fou est regardée comme étant la plus
solide et la plus régulière que présente le jeu des Échecs.
Ce Cavalier, en effet, attaque dans cette position le Pion du
Roi opposé qui n'est pas soutenu, et l'adversaire, pour le
protéger, est forcé de faire un coup de défense, ce qui laisse

;
l'attaque entre vos mains. Il pourrait essayer, il est vrai,
d'une contre-attaque mais aucun des moyens qu'on a
proposé pour la tenter n'est exempt d'inconvénient, et l'on

g 1. N. 2.
;
tient que le jeu le plus sûr pour le second joueur est de dé-
fendre son Pion il peut le faire de cinq manières, savoir
P 3 D.
:
C'est ce qu'on appelle la Défense de Phi-
lidor.
2.3.
g
N.
N.
2. P 3 FR. Le Gomito de Damiano.
2. FR 3 D.
g4. N. 2. D 3 FR.
g 5. N. 2. CD 3 FD, appelée la Défense de Damiano.
Nous allons examiner ces différentes défenses.
Nous traiterons ensuite des trois contre-attaques qu'il
peut former, savoir :
g N. 2. CR 3 FR, appelée la Défense de Pétroir.
6.
7. N. 2. P 4 FR. Le Contre-Gambit dans l'ouverlure du
Cavalier du Roi.
à 8. N. 2. FR 4 FD.

§i I. - DE
LA.DE.FENSEDEPIIILIDOR 1.
P 4
—2C1.CR
H.
3F.
P 3 D.

C'est la défense préconiséopar Philidor dans son Ana-


lysedu jeudesEchecspubliée en
1749, où il avanru que
cette défense était non-seulement efficace contre l'attaque
du Cavalier, mais qu'elle donnait une position tellement
forte au second joueur, qu'elle annulait l'avantage de l'at-
taque. Cette manière de voir était basée sur la persuasion
où il était que, par cette défense, le second joueur pouvait
assurer à ses Pions la possession du centre, et il en donne
un exemple dans la 3e Partie de sa première édition mais
plus tard, dans les éditions de 1777 et de 1790, il recon-
;
naît que cette partie n'était pas parfaitement correcte. De-
puis lors, les joueurs les plus savants sont revenus à
l'opinion que la défense la plus sûre contre le Cavalier est,
comme l'enseigne le vieux Damiano, CD 3 F. M. Staun-
ton, dans son lIIalluel, va encore plus loin et dit, que
la défense de Philidor c n'est pas à tenter pour le Noir,
« attendu qu'il aura toujours, par la'suite, quoi qu'il fasse,
« un jeu contraint ou peu sûr, si le premier joueur pour-
« suit l'attaque par des mouvements
irréprochables. » Tel
n'est pas l'avis de Ponziani, qui dit qu'après la défense du
Cavalier de la Dame, celle du Pion de la Dame est la meil-
leure que l'on puisse adopter et qu'elle donne lieu à des
combinaisons toutes spéciales, ayant pour objet l'établisse-
ment des Pions au centre. Dans la pratique, cette défense
ést souvent adoptée par les plus grands joueurs.
D'après les auteurs les plus estimés les meilleurs coups
sont:
B. 1. P4R. N. 1. P4R.
2. 3F.
CR 2. P3I).
3. P 4 D (m.), 3.
CR 3 F.
voy.
var. A etB.
i.
(EtnonN. P4FR,commeleconseillePhilidor.)
4.
5.
FD 5
Dpr.
CU.
P.
1 4.
5. P pr. PD.
2
FR R,etc.
Variante A.
3. FR4
4.
F.
P4D(m.).
fi. P li D (m. )
(Si
j4.Ppr.
1 3.
1#1.

4.
P 4
P li FR(mal).
PU.
Ppr.PD.
(niai )

5. C5CR;VOllSavezltienIIIcilleurjeu)
B.
6.

7.
(si.
Si. Cpr.M.
D5TU,éch.
li.

FR,éch.
DS5 FR, écPli.*
6.
6.
1
I
1).
G.
t>pr.Ci
Il2D.
P3CR,ilperdsaT.
R 2 R,matendeuxcoups.)
7. II3FI).
P. P3
1) 1I 87.
8. D5Rpr. | TD.
8. P 3 TI)..
( Seul moyen d'empêcher le mat en peu de coups.)
9. P 5 D, éch. 1 9. R. 3 C.
(Si 9. R4F,matenquatrecoups,.
-10.
(Si -10.
F3R,éch.
Ppr.P
M. enpassant,éch.
1 10. F4FD.
P4FD.
H. Rpr.P.
-12. CD 3 F, vous êtes assuré de la victoire. )

-12.

13.C2D.
(Si.
H. Fpr.F,éch.
P4CD,éch.

H. Tcase C,éch.
-12.
H.
I1-12.
-H.

13. P4CD.
R4TD.
Rpr.F.
Rpr.P.
Rpr.F,malenquatrecoups.)

(N'importe il joue sa perte est certaine.


où )

-15. D4D. 45. D3D.


-17.
-16. C3CD,éch. -16. R5T.
17. Fpr.PC,éch.double. Rpr.F.
-18. P 4 T. éch. et mat.

VarianteB.
3. FRF. C.
F4pr. 3. P FR(mal).
1 4
4. 4. Ppr.PR(mal).
5. F5D. 5. Ppr.C.
6. D pr. P. 6. N'importe quoi.
7. F pr. PCD, et vous devez gagner la partie.

Parties pour servir d'exemples de la défense de Philidor.


PAR PHILIDOR.
RLANC. NOIR.
1. P4R. 1. P4R.
2. Cil3F. 2. P.3I).
3. P1I). 3. P 4FR.
4. Ppr. PR. 4. PFR pr. PH.
5. C 5C. 5. P 4 D.
6. P 4Fil. 6. ïtt4 m
7. P 4Fl). 7. P 3FD.
8. CD 3 F. 8. CR2R.
9. P 4 TR. 9. 3
P TR.
10.
11.
CR3 T.
CD 4 TD.
10.
11. F
Roque.
5 CD,écli.
12. F 2 D. 12. F pr. F, éch.
13. D pr. F. 13. P 5 D.
14. P 5FD. 14. P 4 CD.
15. P pr. P en passant. 15. PTD pr. P.
16. P 3 CD. 16. FD3R.
17. F2R. 17. C 4FR.
18. CcaseCR. 18. C6CR.
19. T2TR. 19. P6R.
20. D2CD. 20. P 6D.
21. F 3 FR. 21. TR pr. P.
22. Roque co. D. 22. TR pr. C.
23. Ppr.TR. 23. TD pr.P.
24. P3TD. 24. T 5FD, écho
25. R case CD. 25. 7
T FD.
26. D C. 4 26. CD 3 T.
27. D FR. 4 27. CD 4 F.
28. Dpr. CR. 28. F7T,éch.
29. R case T. 29. D 5 D,éch. et mat.

Partie jouée dans l'Inde entre M. COCIIRANE et le Rramin


MOHESCHUNDER-BONNERJEE (1).

BLANC (Bramin). 1 NOIR- (M. C.).

1. P4R. 1. P4R.

(1) En 1848, le bramin dont il est question ici n'était jamais sorti de
son village, situé dans l'intérieur de l'Inde. Un membre du Club des
Échecs de Calcutta ayant entendu vanter le talent de ce Philidor du pays
qui, disait-on, n'avait jamais été battu, eut la fantaisie de se mesurer avec
lui pour lui donner une leçon. A son grand étonnement, il n'en fut rien, et
le bramin remporta la victoire. L'amateur fut si frappé de son jeu, qu'ille
fit venir à Calcutta pour le faire jouer contre le président du Club, M. Co-
chrane. Notre bramin, qui n'avait jamais entendu parler ni de Philidor, ni
de La Bourdonnais, ni de M. Cochrane, était dans la plus intime convic-
tion qu'il était le premier joueur du monde; aussi, après avoir perdu, coup
sur coup, une demi-douzaine de parties contre M. Cochrane, il déclara que
ce devait être Sheitan en personne. On lui donna un emploi au Club, où il
2. CR3 F.
F.
2. P D.
3. CR 3F.
3
3. FR'4
4. P3D. 4. FR R. 2
5. Roque. 5. Roque.
6. P 3FD. 6. P FD. 3
7. FD CR. 5 7. FI) CR. 5
8. P 3TR, 8. F TR. 4
9. P 4CR. 9. Cpr. PC.
10. Ppr. C. 10. FD pr.
P.
11. FDpr. F. 11. Dpr.F.
12. T case R. 12. R case T.
13. T3R. 13. P4
FR.
14. Ppr. P. 14, TR pr. P.
15. CD2D. 15. CI) 2I).
16. DcaseFR. 16. TDcaseFR.
17. D 2CR. 17. F4
TR.
18. P4D. 18. P D.4
19. C pr.PR. 19. C pr.C.
20. Tpr C. 20. Tpr.T.
Ppr.T. F.
21. Ppr.
21.
22.C pr.P. 6
22.F FR.
23.D4CR,éch.
24.D5
23. D 3 TR.
24. R case F. FR.
25. C 3 R (2). 25.Dpr.PR
26. T case R. 26. D 4 CD,PCD.éch.
27. R case C. 27. pr.D
28. P 4FD. 28.P3TR.
29. D6R. 29.F4D.
30. C pr. F (3). 30.Dpr. PFR, éch,
-
31. R case T. 31.Ppr. C.
32. Ppr. P. 32.T5FR.
33. T 3R. 33. D8FR,éch.
7
34.
35.
36.
R
R
R
2
3
4
T.
C.
T.
34.
35.D
36.
T
8 FR, éch.
CR, éch.
T 7 T, éch.
37. T 3 TR. 37. 4
D CR,éch. mat. et

se débarrassa peu à peu, quoique dinicilement, de quelques habitudes


d'ouvertures bizarres, auxquelles il était très-attaché, et il fit de rapides
progrès. Il a pour ce jeu un talent naturel extraordinaire, joue avec une
rapidité inouïe et fait très-rarement une inadvertance. C'est le seul joueur
dans l'Inde qui puisse avoir la prétention de lutter contre M. Gochrana à
forces égales.
(2) Position après le 24, coup des Noirs.

; :
Si le Bramin avait voulu protéger son C en avançant le PCD, il
perdu saD ainsi
aurait

B. 25.P3CD. I N. 25.F5CR.
26.D4T. 1

(Il ne peut mieux faire, car s'il jouait D 2 CR,le B. répondrait par
F6 T. etc.)
1 F7D,
127.D26.pr. R,éch
etc.
27. F.
Rpr.
(3)Inadvertance fatale
CcaseD.
: il aurait encore pu se détendre en jouant

On trouvera aussi deux exemples de cette ouverture


dans les parties de M. Morphy, que nous avons données
au commencement de ce traité, jouées l'une et l'autre au
café de la Régence dans la séance mémorable du 27 sep-
tembre 1858 (voyez pages 75 et 84), deux autres parmi les
parties vives et amusantes nos 1 et 2, et une cinquième au
n° 1 des Parties célèbres données à la fin de ce volume.

§ 2. - DU GOM1TO nE DAMIANO.

'1 G.amb,1.'a•d d,D.


oDummno.\,
P 4 R. CR 3 F.
Improprementiippel.cl l.u -— 2, s 3 FH.

Celle manière de défendre le Pion du Roi attaqué par le


Cavalier, donne naissance à une partie fort remarquable,
dont voici le développement.

Coups réguliers.

B. 1. P 4R.
3F.
N. 4.P4R.
2. CR 2. P 3FR,
3. C pr. PR. 3. D 2 R (voyez 1er
écart).
4. CR 3 F (m.), voyez 4. P 4 D.
2e écart.
5. P D.3 5. Ppr.
PR.
6. Ppr.P. 6. D pr.P,
éch.
7.
8.
F2R.
C4D.
7. FD FR. 4
8. CD 3 F.
9. Cpr. F. 9. D C. pr.
10. Roque. 10. F 3 D.
11. F 3 D.
Vous avez une bonne position.

Premier écart.
1N,3. Ppr.C.
( Après ce coup le N. ne peut sauver la partie. )
B. 4.5. DD5pr.T,PR,
éch.
éch.
I4.5.
1 P3C (ra.)voy.var.A.
D2R.
in Dpr. T. 3F. 6. CR
(Si
7. RcaseD(m.).
N.6.Dpr.P,éch.
7. P4D. 1

F 5 CD, éch. (m.) ; car si vous jouiez D pr. C. le


8.
N. répliquerait par FD 5 C, éch., ce qui lui permettrait de faire
partie remise.

9. Tcase R. I 8. RcaseD(m
9. FD C,écii. 5
).
40. P 3 m, et vous gagnez facilement. )
7. P4D(m.). 7. Dpr.P,éch.
8. FD3 R. 8. D pr.
PFD.
9. Dpr.C.
•10.
M.
FR
CD2D.
4
FD. 10. 9. D
H.
pr.
PCD.
FR5CD,éch.
Dpr.T,éch.
R2R.
12. 42. Dpr.TR.
A3. F7FR,éch. 43. R case F.
44. F6TR,éch. etmat.
Variante A.

4. Il211.
5. Dpr.PR,éch. 5. Il2F.
6. F4FD,éch. 6. P40(m.),
7. Fpr.PD,éch. 7. R3C.
8. P4TR. 8. FR 3D.
9. P 5 Tll, éch. 9. R 3 T.
-10. P 4 D, éch. déc. -10. P 4 CR.
P
Il. Ppr. en passant,
éch. déc.
M. Rpr.P.
"2. D 5 T, éch. -12. R 3 F ou 2 C.
13. D 7 F, éch. et mat. 1

Deuxièmeécart.

4. D 5 T, éch. (mal). 4. P 3 CR.


5. Cpr. P. 1
5. Dpr.PÏl,éch.
6. RcaseD. 6. Dpr.C.
Vous perdez une pièce pour un Pion.

Exemple de cette ouverture tiré de Greco.


1.
2.
3.
4.
P4R.
CR3F.
CproPRo
D5T,éch.
3. 4.
1.
2.
P4R.
P3FR.
P pr. C.
R2R.
5. Dpr.PR,éch. 5. R2F.
6. F4FD,éch. 6. P4D.
7. Fpr.PD,éch. 7. R3C.
8. P 4TR. 8. D3FR.
.9. D 8 R, éch. 9. R13 T.
10. P 4D,éch. déc. 10. P 4 CR.
11. P pr. P;éch.doub. 11. R 2 C.
12. P pr. D, éch. 12. Cpr. P.
13. D 7 F, éch. et mat.

§ 3.-DE, LA TROISIÈME DÉFENSE 1.


p14 2. CPi3F.

Cette défense est à rejeter, en ce qu'elle embarrasse la


marche de la D et du F.Nous allons appuyer cette opinion
en exposant ici les suites probables de cette ouverture :
3. F 4FD. 3. 3F.CR
4. P 4 D. 4. C pr. PR, v. var. A.
5. P pr.P. 5. F4FD.
6 D5D. 6.Fpr. PF,éch.
7. R2R. 7. Roque.
8. Dpr.C. 8. F 3 CD.
9. C5CR.
Que vous ferez suivre par T case F, avec une attaque ir-
résistible.

Variante A.

1 4. Cpr.3 P.F.
CD
5. Ppr.PR. 5.
G. Cpr.C.C.
RFR. 1 6. Fpr.C.
7. P4
P 4 FR. 7.
S7. F3D.
1F)
8. P5R. 8. I)22R.
B.
9. D2R.
Vous gagnez une pièce.

§ 4. —DE LA QUATRIEME DÉFENSE 1. P4R. 2. CR3F.

;
Cette défense est mauvaise elle viole un des principes
fondamentaux du jeu, de ne pas sortir prématurément la
Dame. Nous engageons l'élève à étudier avec soin l'exemple
suivant des mauvais résultats de ce coup.
B. 3.FR4F. N. 3. 3
D CR.
4. P 3 D, vov. var. A. 4. D pr. PC.
5. F pr. PFR, écli. 5. R pr. F.
6. Tcase CR. 6. D6T.
7. C5CR,éch.
1

Le Noir perd sa Dame.

B. 4. Roque,
5, Fpr.PFR,
IN.4.
écli.
Variante A.
1 Dpr.Pfi.
11 eiit évident que si le X, pieud le Y il perd lia Dame.
1 5. R 2 R. Voy, variante B.
6. TcaseR. G.D5FR.
7. Tpr.P,écli. 1I
7. Rpr.F.
(Si 7. R3F.
P4D. 8. D5CR.
8.
9.
1
P3TetleN.perdsaD. )
8. P4D. 8. D3FR.
9. C5C,éch. 9. R3C.
-10. D 3 D,éch. -10. R 4 T.
M.P4CR,éch.
Et n'importe où l'on place le R il sera mat au coup suivant.

VarianteB.
5. Rcase
R case 1). D.
CRpr.PR.

-
6.
(Si la D prenait le C, en jouant T case R, le N. se trouverait dans
la nécessité d'échanger sa D contre votre T; car, s'il ne le faisait
pas, il serait mat au coup suivant par T 8 R.)

7.
TcaseR.7.D4FR.
3F. CR
7. D 4 FR.
8. FR C. 6
(Ilest évident qu'il serait mat au coup suivant s'il prenait le F
avec le Pde la T.)
1 8. D 3 iL
9. C7F,éch.
Le N. perd sa Dame.

S5. — DE LA DÉFENSE DITE DE DAMIANO.

Après de longues discussions entre les joueurs, cette dé-


fense, enseignée déjà en 1512 par Damiano, est regardée
maintenant comme la meilleure. Lorsque votre adversaire

de quatre coups également corrects ils donnent naissance


aux ouvertures les plus classiques, les plus solides et les
;
l'aura adoptée, vous avez pour continuer la partie, le choix

plus généralement pratiquées. Il y en a sept parmi elles qui


;
ont reçu des noms distinctifs et dont nous aurons à nous
occuper d'une manière spéciale ces ouvertures sont :
J1.PP44R.R.22.CRCD3F.3 FR4F.
«

g -10.
n99.L
LîeGiuoco
GiuoconPiano.

LeGambitd'Évans.4. id. 2.
3F.3.FR4F.
id. 3. id. 4. P J, CD.

# H. Le début des deux


Cavaliersou

I-12.LeL Fegatello.
leZwei-
spriagerspiel.A.
Il

g 43. Le début de Ruy-


4.
J
id. 2.

'd 2.
id. 2
id.

.d 3.
id.
«
3..
3'
; -
CR
4 f'
3F.
id.

FR 5
Flt
4.
C 5C1\.

"d 2.

»
5 CD.
L
Lopez. 4. id. 2 id. 3.
D.
J "d
»
g44. Le début Écossais. 4. id. 2. id. 3.

g-13. Le Début. 4. id. 2. id. 3.


P3FO.
»

Avant d'aborder l'étude de ces ouvertures, il nous reste


à examiner les trois coups, indiqués déjà, par lesquels vo-
tre adversaire, en réponse à votre deuxième coup de CR
3 FR, peut chercher à faire une contre-attaque au lieu de
défendre son Pion.

§ 6. —DE LA CONTRE-ATTAQUE.

Appelée la Défense de PélrofT.


1.f2.-r——-r'
r 4 H, CR 3 r.
Ce début, mentionné dans presque tous les vieux auteurs,
fut étudié de nouveau et mis en vogue, il y a quelques an-
nées, par un joueur russe, M. Petroff, et depuis on lui
donne ordinairement son nom. Bien que ce début puisse
s'adopter sans danger, la faveur dont il a joui un instant
ne s'est pas soutenue et on l'accuse de donner naissance à
des parties qui présentent peu de belles combinaisons en
voici les coups réputés réguliers.
;
1. P4R. 1. P4R.
2. CR3F. 2. CR3F.
3. P 4 D,voy. var. A. 3. P pr. P.
4. P5R. 4. C5R(m.).
5. Cpr. P. 5. P3D(m.).
6. Ppr. P. 6. FRpr. P.
7. FR4 F. 7. FRIxF.
8. FD 3R. 8. Roque.
9. Roque. 9. CD D.2
Partie égale.
Variante A.
3. D2R.
Cpr.P. I 4. P4
3. Cpr.D.
P.
4.
(Si 4. C 3F.
5. C 7 FD, éch., le N. perd sa D. )
5. P3D. 1 5. D R.
6. 2
6. Ppr. C. Dpr.C.
7. Ppr.P. *

Vous gagnez un Pion.

Exemples pratiques de cette ouverture.

Partie jouée en 1837 par M. Pétroff contre trois amateurs


russes.

BLANCS (M. P.). NOIRS (Am.).


1. P4 R. p4B,
CR3 F.
1.
2. 2. CR3F.
3. P4 D. 3. C pr.PR.
4. FR 3D. 4. P 4 D.
5. pr. PR.
G 5. FR D. 3
6. Roque. 6. Roque.
7. P 4FD. 7. P 4FR.
8. PâFR. 8. P3FD.
9. FD3R. 9. FD3R.
10. Ppr.PD. 10. ppr.P.
11. CD 3 F. 11. CD 3 F.
12. TDcaseFD. 12. TR3F.
13. FPr- C. 13. PFRpr. F.
14. C CD. 5 14. C2R.
15. Cpr. F. 15. D pr. C.
16. PhCR. 16. P 3CR.
17. P FR. 5 17. Ppr.P.
18. F5CR. 18. TRcase F.
19. F6TR. 19. TRcaseFD.
20. D2 D. 20. DcaseD.
21. Tpr. T. 21. Tpr. T.
22. Ppr. P. 22. Cpr.P.
23. D 2 CR, échec. 23. R case T.
24. Tpr. C. 24. DcaseCR.
25. T 6
F. 25. F 6 TR.
26. Dpr.D.
26. D CR. 3
27. Ppr.D.
Les Noirs abandonnent.

Entre l'auteur et M. A. DE RIVIÈRE: qui joue sans voir


l'échiquier (octobre 1861).

BLANC (M.deR.). NOIR (M.deB.)


1. P4R. 1. P4R.
2. CR3F. 2. CR3F.
3. P4D. 3. Ppr.P.
4. Dpr.P. 4. C 3FD.
5. D3R. 5. P3D.
6. F4FD. 6. F2R.
7. F2D. 7. F3R.
8. F3D. 8. ClJR,
9. Cpr.C. 9. Ppr.C.
10. F 3FD. 10. C5CR.
11. D2R. 11. P3FR.
12. 3
P TH. 12. C 3
TR.
13. C2D. 13. Roque.
14.
15.
C3CD.
Roque cô. n,
14.P
15. F3D.
3 CD.

16. P4CR. 16. P 4 m.


17. Rcase C. 17. P5 TD.
18.
19.
C case
P 3FR.
FD.. 18.
19.
P 3FD.
D2 D.
20.P 4 TR.
21. P5CR.
20. P 4 CD.
21. Ppr.P.
22. P pr.P. 22. C 2 FR.
23. TD case CR. 23. C case TR.
24. D2 T. 24. P C. 3
25. Fpr. PR. 25. Fpr. F.
26. D pr. F. 26. T pr. P.
27. C 2 R. 27. TD case R.
28.
29.
D 22
D CR.
TR. 28.
29.
T6TR.
Tpr. T.
30. Tpr. T. 30. TcaseFR.
31. C3CR. 31. 1)2FR.
32. P 3CD(1). 32. P 6TD(2).
33. TcaseFR. 33. D2CR.
34. T pr. T, éch. 34. R pr. T.
35. P 4FD. 35. P 5 CD.
36. D 2 F, éch. 36. C2F.
37. C case FR. 37. R case C.
38. C3R(3). 38. Cpr.P.
39. CcaseD. 39. C2F.
40. D 6 CD. 40. C4R.
2FD. D2R(4).
D8C,éch.42.
41. F 41.
42. R2F.
43. D pr. C. 43. P 4 TR.
44. D A F, éch. 44. R C. 2
45 P5R. 45. P TR. 5
46. C2 F. 46. P CR. h
47. D4 R. 47. D FR. 2
48. D 7 T, éch. 48. R case F.
49. D pr. D,éch. (5). 49. Rpr. D.
50. F case D. 50. R 3 C.
51. F IiCR. 51. F pr. F.
52. Cpr. F. 52. R F. 4
53. R2 F. 53. P 6 T.
54. P6 R. 54. Rpr. P.
55. R3 D. 55. R4F.
56. C2T (6). 56. R5F.
57. R2 R. 57. P5C.
Le B. abandonne.

(1) Le coup juste était P 3 T.


(2) Séduit par l'attaque qui doit résulter de l'avance de ce P. le N. né-
a
gligé à son tour le coup juste qui lui faisait gagner un P. précieux, savoir:
ti 82. F
83. ptt. p,
P pro p~
33. PÉ yr. p (m.). et comme Ip. fl.
lie peut reprendre sans désavantage, ce Presteacquis
» au N. __m_- -- -.
(3) Le B. fait Je sacrifice du P
qui libère
pour gagner la case de la t) avec son C,
ce sa D et le délivre des embarras de sa position; d'ailleurs ce P
ne pouvait être sauvé, car si D 2 C. N. 38. F 6 T. etc.
(4) Inadvertance quifait perdre
une pièce; le coup juste était Dcase FR.
(5) Leei parait être le meilleur coup. Voyez le diagramme.
Position après le 48e coup du N.

SiB.49.D6T,éch. 49.RcaseR.
50. F1)C.
1I
50.F4FR,F,éch.
51. F pr. F. I
pr. éch.
51. D
Le N. gagne au moins une pièce.
(6) Ce coup t'ait perdre la partie au Blanc. Le coup juste était C 2F, qui
eût assuré la remise.
Dans la position de cette fin de partie, dont nous donnons le diagramme,
celui qui chercherait à gagner pourrait bien perdre.
Position après le 558 coup du Noir,
Le N. ne peut sans danger se rapprocher de ses Pions dans l'espoir d'c-
carter le C et d'arriver ainsi à Dame. Le B. ne peut de son coté se rappro-
cher des P noirs pour les prendre, car il livrerait ainsi ses propres Pions
au Roi noir et il perdrait la partie; il doit donc se borner à faire partie re-
mise, et de quelque manière que joue le N. il ne pourra l'en empêcher.
Les coups les plus sûrs pour y arriver sont:
56.G2 F. 56.P5C,
S'il jouait R 5 F, il perdrait la partie.
57.R3R. 57.P7T.
58.Ccase T. 1
58.P4F.
Par R 4 R il arrive au même résultat.
59. G3C,éch.
60. CcaseTou (Al.60.R4F. ) 59.R4R.
61. C 3 C, éch.; en continuant ainsi la partie est remise.

Variante A.
60.R2F. I 60. R5D.
61.R2R. J

Pour ne pas perdre la partie vous êtes forcé de revenir protéger vos
Pions.
&l.R6F.
62.R3R. 02.R7G.
63.R2D. 63. Rpr.P.
64.R2F. 64.R8T.
65.CcaseT. 65.P7TD.
66.C3C. 66.P8Tlt.Dame.
67.Cpr.D. 67.P6C.
68. C pr. P. Le Roi noir est pat.
On trouvera dans le recueil des Parties célèbres, à la fin
du volume, une partie jouée par correspondance entre Pa-
ris et Pesth, et qui débute par cette ouverture (no 2).

§ 7. — Du
CAVALIER DU ROI.. -
CONTRE-GAMBIT DANS L'OUVERTURE DU

P 4 H.

On essaie rarement ce contre-Gambit, qui demande à


2. CR3F.
P 4 Fil.

être joué avec une précision extrême pour ne pas tourner


au désavantage de celui qui l'entreprend. En voici les coups
réputés les plus réguliers :
1. P4R.
3F.
1. i4FR.
P 11.
2.
3.
4.
CR
C
P
pr.P(ni.).
41).
2.
3.
4.
P
D3FR(m.)
P31).Voy.
-
var. A
5.
6.
C 4FD.
CD 3 F.
5.P 3pr.
1

6. P
PR.
FD.
7. CDpr.PR. 7. D R. 3
Les positions paraissent être égales.

Variante A.
4. 4. Ppr.PU.
5. FR4F. 5. Cil2R.Voy.var.B.
I)4FR.
6. CD 3 F. 6.
7. C5CD. 7. CD 3 T.
8. CH 7 F.
Vous gagnerez la T; caî s'il essayait de la sauver, il perdrait sa
D par l'échec des C à la 6e de la D.

VariauleD.
5.
6. F7FR,ccli.
5.
Ii.
P j
FV.
KcaseD.
7. Fpr.C. 7. Tpr.F.
8. FD5C. 8. Dpr.F.
9. C7F,éch.
EtleNoirperdsaDame.

Partie, avec cette ouverture, entre MM. Saint-Amand et


Newham: annotée par MM. Saint-Amand et Staunton.

BLANC (M. N.). NOIR (M. St.-Am.).

1. P4R. 1. P4R.
2. CR3F. 2. P 4FR(0).
3. C pr. PR(1). 3. D 3 FR.
4. P4D. 4. P3D.
5. CR 4FD. 5. PFRpr. P.
6. CD 3 F. 6. P3FD(6).
7. P5D(2) (t). 7. FD 4F.
8. CR3 R. 8. CR 3 T.
3
9. P4CR(3). 9. FD CR.
10. F 2CR. 10. F R. 2
11. PDpr.
12. Roque
13. CR 5D
P.
(4). 12.
(d).13.
11. Roque.
PCD pr. P.
PF pr. C.
14. D pr. P, éch. 14. R case T.
15. FD pr.CR(r). 15. C D. 2
16. F3R. 16. D5TR.
17. CDpr. P. 17. D pr.PCR(5).
18. P3TR. 18. D5TR.
19. C 3CR(f). 19. TDcaseFl).
20. P 3FD. 20. C 4R.
21. TD case D. 21. FD case R (g).
22. TD4D. 22. 3
F FD.
23. D6R (Il), 23. FD2D.
24. D5D. | 24. F 3FD(i).
Partie remise (j),

(1) Lemeilleur coup, quoiqu'on puisse également jouer FR 4 F, sans


désavantage; si, au lieu de l'un ou de l'autre de ces coups, le Blanc prenait
le Pion avec le Pion, le Noir répliquerait par P 5 R, avec une attaque em-
barrassante.

(a) Ce - (STAUNTON.)

début est généralement condamné. Nos lecteurs peuvent pour-


tantse rappeler qu'il fut recommandé par M. Desohapelles, lors de la par-
tie hongroise. A cette occasion, une'vive polémique s'ensuivit, qui nous
priva de la coopération de l'illustre maître. Le Palamède se livra alors à
des analyses approfondies (tome III, 1843, p. 21 et suiv.). Notre intention
n'est pas de recommencer ici. Cependant, il nous reste encore des doutes,
et sans oser recommander ce Gambit en second comme favorable, nous ne
le croyons pas cependant digne de trop de mépris. C'est afin d'arriver à
nous bien fixer sur ce qu'il peut valoir, que nous cherchons à le jouer
(b) Très-mauvais coup: FD 4 FR valait mieux ;
quelquefois. Dans un match important nous n'oserions l'aborder.
mais le coup juste ici,
ainsi que nos analyses de 1843 l'ont démontré, est D 3 CR.
(SAINT-AMAND.)

pr. PR est le coup juste, et les variantes qui en découlent sont


(2) CD
nombreuses et intéressantes.
(STAUNTON.)
(c) Le P du R était très-bon à prendre, sans s'inquiéter de voir le P de
la D attaquer les deux C. quand la D noire se serait garée à la 3e du R. —
Les B. eussent opposé laD à la 2e du R, ayant le P bien acquis.
(SAINT-AMAND.)
(3) Ce coup est indiqué dans
un article spécial consacré à cette ouver-
ture dans le Palamède de 1842 et dans le Manuel de Bilguer.
(4) Nous aurions préféré jouer D à sa 5e (Ec.), dans le but de prendre en-
suite le PCD avec le P.
(STAUNTON.)
(d) Jolie combinaison; mais comme le joueur l'a fait lui-même remar-
quer plus tard, l'autre C était préférable à lancer ainsi, et l'on en verra la
raison au quinzième coup.
(e) Ils n'csent pas prendre la T de peur du C, prenant le PCR. S'ils
avaient laissé le C du R à la 3e du n, en attaquant au treizième coup
avec le C de la D, ils n'auraient pas un semblable motif d'abstention. Ce
n'est pas à dire que prendre la T avec la D n'eût pu avoir de grands incon-
vénients: au contraire, C de la D à la 2e de la D, attaquant la D avec la T,
et ce même C arrivant à la 4e du R, renforçait considérablament l'attaque.
(SAINT-AMAND.)
(5) Ces derniers coups du Noir sont-très-bienjoués; car, jusque-là, la po-
sition était en faveur du Blanc.
(STAUNTONJ
(f)On a parlé de jouer ici FD 5 CR. Nous n'y voyons aucun avantage
pour les Blancs et
simplement des moyens de liquidation qui ne leur peu-
vent laisser aucun bénéfice.
(g) Ce coup est bon pour faire une remise; mais il eût été plus digne de
la part des Noirs de chercher à gagner en portant le C à la 5? du F de la D,
qui était le principe d'une très-bonne attaque.
(h) Les Blancs préfèrent la remise à tenter l'échange des D, et ils ont
raison.
( i) Les Noirs font également bien de s'en tenir à la remise. La partie est
arrivée à un point où c'est celui qui veut la gagner qui la perd ordinaire-
ment.
(j) Le début a été trop défectueux pour que cette partie prenne rang
parmi les parties qui méritent de passer à la postérité. Il y a eu, en outre,
plusieurs passages où le coup juste n'apas prévalu.
(SAINT-AMAND.)

Les auteurs enseignent que cette contre-attaque du N est

rité de position pour le moins ainsi ;


mauvaise, et qu'il en résulte toujours pour lui une infério-
:
P4R,
1. P4R. 1.
2. CR3 F, 2. FR 4 F.
D2R.
3. C pr.PR. 3.
4. P4D. 4. F 3 CD.
5. FR 4F. 5. CR 3F.
6. F pr. PF, écli. 6. R case F.
7. F 3 CD. Cpr.PR.
7.
8. Roquez. 1

Et vous aurez une excellente position.

§ 9. — LE GlUOCO PIANO.

Nous sommes arrivés à l'une des ouvertures les plus im-


portantes du jeu des Échecs, celle qui forme la base de
l'enseignement des grands maîtres italiens et qui a con-
servé le nom qu'ilslui ont donné de GiuocoPiano. Si elle ne
présente pas des combinaisons aussi brillantes que les Gam-
bits, elle a sur eux l'avantage d'être parfaitement sûré pour
les deux joueurs et de donner naissance aux parties les plus
solides comme les plus régulièrement développées. Les
nombreuses variantes qu'elle présente ont été examinées en
détail par Lolli, Ponziani, etc.; c'est dans leurs ouvrages,
et surtout dans le Hcinclbiich allemand, qu'il faut les étu-
dier. Les étroites limites de ce petit traité nous obligent à
y renvoyer l'élève en nous bornant à lui présenter un choix
des variantes les plus frappantes, les plus propres à piquer
sa curiosité, et à l'initier à quelques-unes des finesses du
jeu.
Nous allons indiquer d'abord quelques coups réguliers
par lesquels on peut donner suite aux trois premiers, qui
constituent cette ouverture et qui conduiront la partie jus-
qu'au onzième coup, sans qu'il y ait d'avantage appréciable
pour l'un ou l'autre des joueurs. Mais il ne faut pas oublier
que ces coups peuvent être remplacés par beaucoup d'au-
tres formant autant de variantes dans le détail desquelles il
nous est impossible d'entrer.
1. P4B. 1. P4R.
2. CR3F. 2. CD3F.
3. FR4F. 3. FRàF.
4. P 3 FD (V. var.F). 4. CR 3 F (m.). (Voy.
var. A,R,C,DetE.)
5. P 4 D (Y. var. G). 5. P pr. PtV. var. Il).
6. P5U. 6. P D(m.). 4
7. 5
FR CD. 7. CR R. 5
8. Fpr.C,éch. 8. P pr.F.
9. Ppr. P. 9. F 3 CD.
10. Roque. 10. FD 5 CR.
11. FD 3R. 11. Roque.
La partie paraît être égale.
Variante A commençant au quatrième coup du Noir.
4. | 3
h. P D.
5. 1' 3 D.
l' 3 D. I
5
5. FD CR.
Ce trait devra coûter un Pion pour le moins au Noir.
6. D3C. 6. D2D.
7. Dpr.PC. 7. TcaseC.
8. D6T. 8. T3C.
9. D4T. 9. Fpr.C.
10. Ppr,F. -10. D6TR.
H, P4CD. H. Dpr.P,doublé.
12. T case F. -12. Fpr.PF,éch.
-13. Tpr.F. 13. D8T,éch.
H4. Il2D.
Ayant sur le N. l'avantage d'avoir pris une pièce pour un Pion.

Variante B (idem).

4.
5. P3D.
4. 5.
P3D.
CD4T.
5
6. FR C,éch. 6. P3 F.
7. F4 T. 7. P4CD.
8. P4CD. 8. Ppr.F.
9. Ppr.F.
Et de quelque manière que joue le N., vous aurez un avantage
de la valeur d'un Pion.
Faites attention que cela n'aurait pas lieu, si au sixième coup
vous aviez joué B. 6. F pr. PFR, éch., car
6. Fpr.PFR,éch. 1 6. Rpr. F.
7. P4CD. 7. Fpr.
PFR,éch.
8. Rpr. F. I 8. C FD. 3
Avec égalité de jeu.

Variante C (idem).

4.
5.
FD
P3D.
5CR. 4.
5.
C.
D2R(mal).
P3D.
P3FR.
6.
7. Fpr.CR
C'est une faute: il aurait fallu jouer F 4 T.
1 7. Ppr.FD.
8. F5D. 8. P5CR.
9. Fpr.C,éch. 9. Ppr.F.
-10C2D. 10. TRcase F.
H. Roque. il. D5TlL
12. 1)2R.
Après quoi le N. en jouant la Tour à la 3e du F, aura une victoire
assurée.
Variante D (idem).

4. 5.
4. D.2R(mal),
b, P4D,
1I
Ppr,PD.
PF. Ppr

1
6. Roque. 6.
7. CDpr. P. 7. P D. 3
S. C5D. 8. DcaseD.
9. P4CD. 9. Cpr.P(mal).
10. Cpr.C. q0. Fpr.C.
Il. D 4 T, écho
Vous gagnez le Fou.

Variante E (idem).
4.
a 2 4. CR R(mal).
C5 TR.
7.
1
5. D CR.
6.
7. cpr.PF. P 3 TR.
Tpr.C.
6.
5, Roque.

(Si.
Ilest évident qu'en jouant D case R,il perdraitlaDparC6D,
éch.déc.
8. Fpr.T,écli.

9.
si.
P4D,de.
-------
9. D3FR,clc.)
- 8.

8.
R case T.

R.caseF.

Dans tous ces cas vous devez gagner la rartie.

Variante F commençant au quatrième coup du Blanc.


4. P3D.
C5CR.
1 4, P3D.
5. 3T.
C.

7.
P4FR.
Cpr.PFR. -
5.
fi. FD
CR
7. D5T,écli.
5C.
8. P3C. 8. D T.4
Vous perdez une pièce. Il en serait de même si vous aviez pris
le PFR avec votre Fou. --

Variante G commençant au cinquième coup du Blanc.


5. P3D.
(j. P4CD.
1 5. P TR. 3
CD. 6. F3C.
7,
7. P 5 1
c
n'importeoù.
Le N. perd le Pion du Roi.

Variante M commençant au cinquième coup du Noir.


5. 5. F 3 CD.
6. POpr. P. 1
G. CRpr. PR.
7. D5D. 7. Fpr.PFR,éch.
8. R case F.
Le N. perd une pièce pour éviter le mat immédiat.
Nous allons donner comme exemples de cette ouverture,
deux jolies Parties jouées en 1852 entre le prince Ou-
roussoff le jeune et M. Schumnff.

BLANC (M. S.), f


NOIR (lePrince0.).
1. P4R. 1. P4R.
2. 3F.
CR 2. CD 3 F.
3.
4.
FR4F.
P3FD.
3.
4.
FR
C
43FR.
F.

5.
6.
7.
8.
9.
Roque.
P4D.
P
P5D.
D4D.
pr.P. * 5.
6.
7.
8.
9.
C
Ppr.P.
F2R.
pr. PR.

C case CD.
CR 3F.
10. C 3 FD. 10. Roque.
11. F 5CR. 11. P3TR.
12. D 4TR. 12. Ppr.F.
13. Cpr. P. 13. C4TR.
Fpr. CR.
F3D.
14. CD 4 R. 14.
15. C pr. F. 15. C3FR.
16. TD case R. 16. P 3 D.
17. 17. P3CR.
18. D 6TR. 18. D2D.
19. TD 4R. 19. TcaseR.
20. T 4TR. 20. C4TR.
21. Tpr.C. 21. Ppr.T.
22. F 7 TR, éch. 22. Rcase T.
23. D 6 FR,éch.etmat.

Entre les mêmes joueurs.

BLANC (M. S.). NOIR (lePrince0.).


1. P4R. 1. P4R.
2. CR3F. 2. CD 3F.
3. FR4F. 3. FR4F.
4. P 3FD. 4. CR3F.
5. P3D. 5. P3D.
6. F5CR. 6. P 3TR.
7. F 4TR. 7: P 4CR.
8. F3CR. 8. P3TD.
9. P 4 CD. 9. F 2TD.
10. P 4TD. 10. C2R.
11. D 3 CD. 11. T2TR.
12. CD2D. 12. C 3CR.
13. P4D. 13. P 5CR.
14. C 4TR. 14. Cpr. C.
15. Fpr.C. 15. Ppr.P.
16. P5R. 16. Ppr.PFD.
17 C 4R. 17. Cpr.C.
18. F pr. D. 18. F pr. P, éch.
19. R2R. 19. P6CR.
20. P3TR. 20. Rpr.F.
21. Fpr.PFR. 21. F 4FR.
22. F5D. 22. T2R.
23. P6R. 23 P 3FD.
24. F pr. C. 24.T pr. P.
25. TR case D. 25. T pr. F, éch.
26. Rcase F. 26. P7FD.
27. T pr. P, éch. 27. R 2 R.
28. T2D. 28. F3R.
29. D pr. PFD. 29. F 5 FD, écho
30. T3D. 30. TcaseFR.
31. D pr. FD. 31. T pr. D.
Le B. abandonne.

On trouvera aux numéros 3 et 4 des Parties vives et


amusantes ci-après, deux autres exemples de cette ouver-
ture.

§ 10. - DU GAMBIT ÉVANS.

Rien n'est plus propre à nous faire admirer la variété


inépuisable que présentent les combinaisons du jeu des
Echecs, que l'histoire du Gambit dont il est question ici,
et qui n'est qu'une variante du Giuoco Piano. On s'était
occupé pendant des siècles de cette dernière ouverture et
de ses variantes,sans que personne eût eu l'idée de sacrifier
le Pion du Cavalier de la Dame qui constitue le Gambit
Evans. Il y a à peine trente ans qu'un capitaine anglais,
nommé Evans, tenta cette voie nouvelle et découvrit ainsi
vers 1832 une des plus brillantes ouvertures que présente
le jeu des Echecs, et l'une de celles dont les amateurs
doués d'imagination aiment le mieux à se servir.
Après que vous avez poussé le PCD à sa quatrième,
comme ci-dessus, votre adversaire a trois partis à choisir;

;
ne pas prendre le Pion, prendre avec le Cavalier, ou pren-
dre avec le Fou ce dernier coup est le seul qui soit regardé
comme régulier; donc :
1 N. 4.Fpr.P.
B. 5. P 3FD. 5. F 4II)ou
F 4 FD.
1
Ce sont là les seuls bons coups à sa disposition.
Si au lieu de prendre le P il retire son Fou à la 3e du CD,
Roquez et.vous aurez une belle position. N'allez pas, au lieu
de ce coup, essayer de gagner le PR en poussant votre P sur
son C, car :
B. 5. P 5 CD. N.
1 5. C 4TD.
6. Cpr.PR. 6. D3FR.
Menaçant du mat et vous mettant dans une mauvaise
position.

Voici la principale variante qui naît de la prise du P du


Gambit par le Cavalier :
B. 5. P 3FD (m.).
IN.Gpr.P.
L
N.
5. C 3 FD.

(SiB.5. Cpr.P,mal.IST. 5.D3FB(in.),


fi. P4D. 6. Fpr.P.
7. Dpr.F. 7. Cpr.P,éch.
Vous perdez votre D.
Exemples pratiques dit Gambit Evans.

Partie admirable entre MM. ANDERSSEN et DUFRESNE.

BLANC (M. A.). NOIR (M. D.)

1. P R. 4 1. P Ii R.
2. GR3 F. 2. CD 3 F,
4FD.
3. F 4FD. 3. F
4. P 4 CD. 4. Fpr. P.
5. P 3FD. 5 IlF TD.
6. P 4D. 6. P pr. P.
7. Roque. 7. P6D(1).
8. 1) CD.3 8. D3FR.
9. P5R. 9. D3CR(2).
10. T case R. 10. CR 2 R (3).
11. F 3TD. 11. P4CD.
12. D pr. PCD. 12. T case CD.
13. D 4TD. 13. F 3 CD.
14. CD 2D. 14. F 2 CD.
15. CD 4R. 15. D4FR(4).
16. Fpr.PD. 16. D4TR.
17. C 6 FR, éch. 17. P pr. C.
18. P pr. P. 18. T case CR (5).
19. TD case D (6). 19. D pr. C (7).
20. T pr. C, éch. 20. C pr. T.
LeB. annonce le mat en quatre coups (8).

(1)
:
Il n'est pas facile de décider quel est le meilleur coup pour le second
joueur dans cette circonstance les uns jouent N. 7. C 3 FR, les autres
N. 7. P 3 D. Dans le Schachzeitung, on propose les coups suivants :
B.8.
B.
Cpro
9. C1)pr.
CR.
8.
F.lN,
C
1
I
N. Ppr.
7.
8.
Fpr.G.
PFD.
P pl', C,

($) S'il avait joué C pr. PR, le B. aurait répondu par T case R et aurait
gag-né facilement la partie.
(3) S'il avait joué F 3 CD, le B. aurait été obligé de battre en retraite à
cause de C 4 TD.
(4)Ceciparaîtêtreuntempsperdu.
(5) La partie forme dans ce moment un problème des plus beaux. Le B.
peut gagner la partie; mais comment s'y prendre?
!
(6)Coupadmirable
17) Très-mauvais coup :
il aurait mieux valu jouer P
gagné dans tous les cas, mais moins facilement.
3 ;
D le B. aurait
21.Dpr.PD,éch. 21.Rpr.D.
(8)
22.F5FR,éch. IJ
22. RcaseR.
23.F7D,éch.
Le N. est fait mat au coup suivant.

Régence,X
Partie jouée le 1er janvier 1859, au café de la
entre MM. A. DE RIVIÈRE et ANDERSSEN.

BLANC (M.A.deR.). NOIR (M. A.).

1. P4R. 1. P4R.
2. CR 3F. 2. CD 3 F.
3.
4.
FR4 F.
P 4 CD.
3.
4.
FR
F
4F.
pr.P.
5. P3FD. 5. F4FD(1).
6. Roque. 6. P3D.
7. 4
P D. 7. P pr.P.
8. P pr.P. 8. F 3 CD.
9. P5D. 9. 2 CD R.
10. P5R. 10 F5CR.
11. F 2 CD. 11.Ppr.P.
12. D 3 CD. 12. C. Fpr.
13. D pr. F. D D. 13. 3
14. C2 D. D. 14.F5
15. CAR. 15. CR. D3
16. F pr.F. 16. Ppr.F.
17. P6D.
18. P 7 D, éch.
17. FR(2).
18. case D.
PR
4
19. C 5CR. 19. FD. D3
20. C 7 FR,éch. 20.R P. pr.
21. C R,éch. 5
Les N. abandonnent.
(1) Les avis sont partagés sur la question de savoir si ce coup vaut mieux
que celui de N. 5. F 4 TD.
(2) Il n'est peut-être pas inutile de faire remarquer à l'élève, que le N. ne
pouvait prendre le PD sans perdre sa D.

Partie entre MM. STAUNTON et d'une part,


OWEN, et
MM. BARNES et LÜWENTIIAL, d'autre part (1856).
BLANCS (MM. S. etO ). 1 NOIRS (MM. B. etL.).
1. P4R. 1. PAR,
2. CR3F. 2. CD 3 F.
3. FR4F. 3. FR 4F.
4. P 4 CD. 4. Fpr.PCD.
5. P 3FD. 5. F 4TD.
G. P4D. 6. Ppr.P.
7. Roque. 7. P 3 D.
8. D3CD. 8. D 3FR.
9. Ppr. P. 9. 3
FR CD.
10. FR CD. 5 10. FD2D.
11. P5 R. 11. Ppr.P.
12. TR case R. 12. CR 2 R.
13. P pr. P. 13. D 3
CR.
14. FR3 D. 44. DhTR.
15. TR 4R. 15. CR3C.
16. D TD. 4 16. FD3R.
17. CD 2D. 17. FDhD.
18. TR CR. h 18. P 3TR.
19. TR pr. C. 19. FD pr. C (1).
20. Cpr. F. 20. Ppr.T.
21. P 4CR. 21. D 6T.
22. F pr. P, éch. 22. R case D.
23. D FR. 4 23. C R. 2
24. FR7 F. 24. R case F (2)
25. FD TD. 3 25. C 3FD.
26. FD 8 FR (3). 26. C case D.
27. FD pr. PCR. 27. C pr. F.
28. Fpr. TR. 28. C pr.F.
29. D 5 FR,éch. 29. R case D.
30. D 6 FR, éch. 30. R case R.
31. D pr. C, éch.

I
Les N. abandonnent.

iI
(i) S'ils avaient pris la T, ils auraient perdu leur D, car :
1 19.Ppr.T.
20.
20.PP44CR.
CR. 20,DD61)T.
T,
21.FcaseFR,etc.
(2)Si N. 24.TRcaseFR.
25. FD 3 TD.
26. D pr. T.
1 23. T
26. D
pr. FR.
pr. PCR, éch.
27.RcaseT,etgagne.
(5) : ; :
Très-bon coup non-seulement il enferme la T mais il rend inutile le
coup sur lequel les N. comptaient pour dégager leur D, savoir C 5 D.
On trouvera au n° 3 des Parties célèbres et au n° 5 des
Partiesamusantes, deux autres exemples de cebeauGambit.

§ 11. - n2.
LE DÉBUT DES DEUX CAVALIERS, OU LE

1. P4 ————3,
ZWEISPRINGERSPIEL.
P 4 Il. CD 3 F. Ui 3 F.

;
Cette ouverture n'est, comme l'on voit, qu'une variante
du Giuoco Piano elle donne lieu à des combinaisons très-
variées qui ont été développées par Bilguer dans un petit
volume qu'il a consacré à cette ouverture, dont il donne en-
viron trois cents variantes. C'est pour cette raison qu'on
l'appelle quelquefois Ouverture du Cavalier Bilguer.
En voici des exemples :
Une des dix parties jouées à la fois par M. KOLISCH contre
dix membres du Cercle des Échecs de Liverpool en 1861. X

BLANC (M.K.). NOIR (M.Stee\).


1.P4R. 1. P4R.
-
2. CR3F. 2. CD 3 F.
3.
4.
FRh
P4D.
F. 3.
4.
CR3F.
Ppr.P.
5. Roque. 5. F4FD.
6. P5R. 6. P4D.
7. P pr. C. 7. Ppr.F.
8. TcaseR,éch. 8. F3R.
9. C5CR. 9. D4D(1).
10. C 3FD. 10. D4FR.
11. P 4CR. 11. D3CR(2).
12. Cpr.F. 12. Ppr. C.
13.
14.
T pr.
C5D.
P, éch. 13. 2 R
F.
14.F3D.
15. P pr. PCR. 15. Rpr.T.
16. P pr. T. Dame. 16. T pr. D.
17. C 4 FR, éch. 17. Fpr. C.
18. F pr.F. 18. R2D.
19. F 3 CR. 19. Rcase FD.
20. P 3 CD. 20. Ppr.P.
21. PTpr. P. 21. P 4TR.
22. P pr. P. 22. T pr. P.
23. D 3FR. 23. TcaseTR.
24. D4FR. 24. D2TR.
25. P 4 CD. 25. Gpr.P.
26. T pr. PTD. 26. R case C.
27. T 4TD. 27. C 3FD.
28. DcaseFD. 28, P 3 CD.
29. D case CD. 29. R case F.
30. D 5 CD. 30. Ccase C.
31. 4
T FD. 31. TcaseCR.
32. D pr. PCD. 32. T 2 CR.
33. D 6 R, éch. 33. R case D.
34. D 6 FR, éch. 34. R case F.
35. D 8 F, éch. etgagne.

S'ilavait pris le
- (1)
D5T,éch.,etc.
P avec la D, le B. aurait gagné une pièce par C pr. F.

:
(2)

B.
B- 12.
13.C 5 D.
T F.éch.,etc,
pro
lN.
Mieux joué que de prendre le P 6

I
F, car alors
N. 12. D
l~. case D,
D case D.

Entre MM. MORPHY et STANLEY, en 1857. Y


BLANC (M. S.). NOIR (M. M.).
1. P4R. 1. P4
R.
2. CR 3FR. 2. CD FD.3
3. FR4FD. 3. CR FR. 3
4. P3 D. 4. FR FD. 4
5. P3FD. 5. P3
D.
6. P 3TR. 6. Roque.
7. FD 5 CR. 7. FR 3 CD.
8. CD 2D. 8. FD 3R.
9. Roque. 9. P 3 TR.
10. FD TR. 4 10. RcaseT.
11. CR TR. 2 11. P CR. 4
12. FD 3 CR. 12. P 4 TR.
13. CR FR.
14. C pr.PTR.
3 13. P5
TR.
14. Ppr. C.
15. FD pr. P. 15. R 2 C.
16. D 3 FR, 16. TR case TR.
17. D 3 CR, éch. 17. R case F.
18. D 5CR. 19, CR D. 2
19. FRpr.F. 19. P pr.F.
20. Dpr.D. 20. CD D. pr.
21. C 3FR. 21. R C. 2
22 P4CR. 22. CRcaseFR.
23. R 2C. 23. CR C. 3
24. FD5CR. 24. CD FR. 2
25. P 4TR. 25. CDpr. F.
26. Ppr.C. 26. C FR,éch. 5
Le B. abandonne.

§ 12. — LE FEGATELLO.

;
L'ouverture ainsi nommée par les Italiens, n'est qu'une

- - »-
des variantes de la précédente c'est une espèce de Gambit
qui mérite une notice spéciale à cause de la beauté et delà
vivacité des coups qu'il présente. Cette ouverture se constitue
ainsi
ainsi:1.
P 4Il.
2. ?
rCDn30lK
3.
o. CiloY. It.
'1:,

En voici des exemples :


Fegatello cle Giovanni Domenico.
1. P4R. 1. PAR.
2. CR3F. 2. CD3F.
3. FR4F. 3. CR3 F.
4. C 5CR. 4. P4D.
5. Ppr.P. 5. Cpr.P.
6. C pr. PFR.
C'est le sacrifice de ce C qui constitue cette espèce de
Gambit.
6. Rpr. C.
7. 1)3FR,éch. 7. R R. 3
8. CD 3F. 8. CD C. 5
9. P3TD(voy.var.A). 9. Cpr.PFD,éch.
10. R caseFR. 10. Cpr.T.
11. Fpr. C,éch. 11. R3D(v.var.BetC).
12. C 4R,éch. 12. Rpr. F.
13. D 3 D, éch. Le N perd sa D.
Variante A,
9. P4D. 1 9. Cpr.PFD,écli.
-10. Il case F. -1 0. Cpr.T.
H. FRpr.C,éeli. H. R2D.
42. D5FR,écli. 12. R3D.
(Si JV.-12. R 2 R, comme dans la variante C.)
Dpr.PR,écli.
-13. 1I-13. R D. 2
H, D 6 R, écli. etmat.
VarianteH.
| H. R 2 D.
-12. D 5 FR, écho et gagne.

Variante C.

1H, R2R.
1
-12.D4F,écli. 12. R3D.
13. C 4 R, écli.etmat.

Fegatello de Polerio.

(Les sept premiers coups comme dans l'exemple précé-


dent.)
8. 4D.
CD 3 F. 8.
9. 2
CD R.
P 3FD.
j1
9. P
(Si N. 9. P pr. P. BI. 10. D h R, éch., vous gagnez
leC.)
10. FD CR. 5 10. P3TR.
11. FDpr.G. 11. FR pr.F.
12. Roque co. D. 12.TR case F.
13. D 4 R. 13. Tpr. PFR.
14. PD pr. PR. 14. F 4 C, éch.
15. R case CD. 15. T7D.
16. P 4 TR. 16. T pr. T, éch.
17. T pr. T. 17. F pr. PTR.
18. CD pr. C. 18. P pr.C.
19. Tpr.P. 19. D4CR.
20. T 6 D, éch. 20. R 2 R.
21. T 6CR. 21. D 4 T.
Le Blanc gagne,
Troisième exemple.

(Les huit premiers coups comme dans le premier exem-


ple à la page 222.)
9. DhR. 9. P3FD.
10. P4D. 10. D3D.
11. P 4FR. 11. P 4 CD.
12. PFRpr.P. 12. D2D.
13. Roque. 13. P pr.FR.
Le N. ne peut maintenant échapper au mat que vous lui
donnerez en sept coups de la manière suivante :
14. FD CR. 5 1 14. C FR(m.)voyez 3
variante A.
(Si N. 14. C pr. C. B. 15. P5D, éch., et n'importe ce
que fera le N. il sera mat au coup suivant :
15. P pr. C, éch. déc. 15. R 2 FR.
16. Ppr,P,éch.déc. 16. R P(M). pr.
17. F 6 TR, éch. 17. R pr. F (M).
18. D 4 T, éch. 18. R 3 C (M).
19. T 6 FR, éch. 19. R 2 C.
20. D 5 C, éch, et mat.
Variante A.

15. Dpr.C.
5.
I-14. CR 6R.
Dpr.PD.
v (Coup de désespoir qui éloigne pour un instant le moment
fatal.)
-16. Dpr.D. -16. P4TR (voy.var.B.).
M. D4FR. 17. P3CR.
18. D6FR,écli. -18. R2D.
-19. D7F,éch. 19. F 2 fi,
20. Dpr.F,éch.etmal.
Variante B.
-10. P3CR.
-17. T6F,cch. -17. R2R.
18. I)6D.éch. -18. IIcaseR.
19. Tpr.F,éch, -19. Tpr.T.
20, D 7 R,éch.etmat.
Après avoir exposé l'attaque si vive du Fegatello, il reste
à indiquer la meilleure défense à employer, la voici :
1. P4R. 1. P4R.
2. CR3F. 2. CD 3F.
3. FR4F. 3. CR 3F.
4. C5CR. 4. P 4D.
5. Ppr.P. 5. CD 4TD.
6. F5CD,éch. 6. F2D.
(Si N. 6.P3F.
7. Ppr. P. 1 7. P pr. P.
P pr. P.
8. D3FR, etc.
7. D2R. 1 7.
8. FR 3D.
8. F pr. F, éch. D pr. F.
9. P4FR.
Vous avez gagné un P; mais votre adversaire a une posi-
tion supérieure à la vôtre.
On trouvera au n° 6 des Parties amusantes, un. autre
exemple de cette ouverture.

§ 13. — LE DÉBUT DE RUY LOPEZ

Nous voici arrivés à l'une des attaques les plus redoutables


que vous puissiez mettre en jeu à la suite de l'ouverture du
Cavalier du Roi. En jouant ainsi votre Fou, vous menacez
de nouveau l'adversaire de la perte du Pion du Roi, et de
plus du désavantage de mal doubler-un Pion. Car si c'est
celui du Cavalier qui,enprenant,vient se placer sur laligne
du Fpu, les mouvements de ce dernier et ceux de la Dame
en sont gênés, et la gêne qui en résulte n'est pas com-
pensée par l'avantage des lignes d'attaque ouvertes par le
déplacement du Pion du Cavalier.
Les meilleurs coups, pour égaliser la position, sont, sui-
vant Jaenisch :
4. P3D.4,
5. Roque.
I 3.
5.
FR F.-
CR3F(v.var.AetD)
1
CD5D.
P pr.
FD.C.3 6. Fpr C.
7. CR
6. 7.F 3 CD.
8 FD 5CR. 8. P 3 FD.
P 3TR.
9. FR 4TD. 9.
10. FD pr. C. 10. Dp r.
F.
11. CD 2D. 11. Roque.
Partie égale.

Variante A.

3. FR4F.
4. P3FD 4. D3FR.
5. Roque (v. var.B et C). 5. CR 2 R.
6. P45D.
CR. 6. pPr-p-
8. F
7. 7. D3CR.
Fpr.CR. 8. CDpr.F.
9. P pr. P. 9. F 3 CD.
O. CD 3 F. -10. Roque.

Votre jeu est un peu mieux disposé que l'autre.

Variante B.

5. F Dr. D.
pro CD. [1 6.
5. Dpr.F.
6. p 4 D. Dpr.PR,éch
Le N. a l'avantage.

Variante C.

5. PP5 D.
AR. 1 S.
G. Ppr.P.
6. Cpr.P.
7. D2R.
Le N. perd une pièce, car :
7. P3FD(m.),
8. F3D. 8. P3D.
9. Ppr.P. 9. F5CD,éch.
40. F2D. HO. Fpr.F,éch.
M. CDpr.F. H. F5CR.
-12. Ppr.C. -12. Ppr.P,etc.
Variante D.

Fpr.C. 1 3. P TR. 3
4. 4. PCpr.F.
Et voilà déjà un P doublé.

Voici un exemple pratique et bon de cette ouverture.


M. MORPHY joue contre cinq Amateurs
en consultation
au club de Boston.
BLANC (M. M.). NOIR (Am.).
1. P4R. l. p4R.
2. CR 3F. 1
2. CD 3 F.
3. F 5 CD. 3. P 3TD.
4. F 4TD. 4. P4CD(1).
5. F 3 CD. 5. F 4FD.
6. P 3FD. 6. P3D.
7. P 4D. 7. F 3 CD (2).
8.Ppr.P. 8. D2R(3).
9 F 5D. 9. F 2 CD.
10. F 5CR. 10. P 3FR.
11. Ppr. PF. 11. Cpr. P.
12. Roque. 12, D 2 D.
13. Fpr. CR. 13. P pr. F.
14. CAD. 14. Fpr. C.
15. D 5 TR, éch. 15. R case D.
16. P pr. F. 16. R case F.
17. TcaseFD(4). 17. Cpr.P5).
18. F pr. F, éch. 18. Rpr. F.
19. D 5 D, éch. 19. C 3 FD.
20. P 4TD. 20. R3C(6).
21.
22.
P 5 TR,éch.
T3TD.
21. R2 C (7).
*
M. Morphy gagne une pièce et la partie.

(1)Quand
avancée onfaitavantage, on peut tenter ce coup dans une phase plus
dudébut
de Ruy Lopez. Mais à ce moment il est prématuré et af-
faiblitle jeu du second joueur. Le coup correct est 4. C FR.
3
(2) On voit maintenant la vérité de la
remarque faite dans lanote pré-
cédente, le Blanc a déjà un jeu bien supérieur. Par 7. P
auraient évité la perte d'un Pion. pr P les alliés
(3) Le Blanc ne pourrait évidemment reprendre qu'en se soumettant à la
perte d'un Pion.
;
(4) Réponse juste au dernier coup du Noir; c'est une manière indirecte
de protéger le PD en même temps ce coup prépare une attaque contre le
Rnoir.
(5) La position est intéressante et curieuse. Le résultat de cette prise par
t!
le N. doit être la perte du en sept ou huit coups.
(6) On voit que, par son dernier coup, le Blanc menace de gagner une

:
pièce. Les alliés, outre le coup adopté dans le texte, en ont seulement deux
autres à choisir, savoir N. 20. P pr. P, et P5 CD. Ces variantes offrent
un bon sujet d'étude à l'élève.
Position après le 20- coup des Blanc.

Première variante.
20.Ppr.P.
21.Tpr. P. 1

Maintenant le B. menace de gagner le C en jouant 22. TD 4 C. éch. Si


;
CD,éch. etsi :
pour prévenir ce coup, le N. avance 21. P 4 TD, le B. gagne le C par 22. D 5
22.Tpr.C,éch. 1
N.21.R3C.
22.Dpr.T.
23, T 4 CD, éch., gagnant la D et restant avec l'avantage d'une
pièce.
Deuxième variante.

20.P5CD.
21.C2D. 1
21.R3C(voy.varianteA).
22.TRpr.C,éch. 22.Dpr.T.
23. C 4 FD, éch. gagnant la D, car si:
24.C5T,éch.,etc.
1 23. 2C.
23.RR 2 C.

Variante A.
21.TRcaseCR.
»c3cp. 1
Le B., non-seulement menace de gagner le C en jouant23. C 5 T, éch.,
mais encore de gagner la D en jouant 23. C 5 FD, éch.; si donc :
1 22,R3G(voy.varianteB).
93.Tpr.C,éch. I 23.Dpr.T.
24. D 4 D, éch.,
gagnant la D par C 5 T.
En supposant que le N. fasse une diversion sur son aile gauche par N.
22. D 5 CR ou D 6 TR, il sera mat en deux coups.

22. Rcase
23. pr.T.
R
F. Variante B.

1 22.
24.TR
D6pr.P.
T, éch.
éeh.
23.D5GR,éch.

Si.,,
24.
25. RcaseR et gagne.
(7) 21.Gpr.P.
22. T6FD.
TD C.
pr. C. I
1
22. Rpr. TD.
23.
Menaçant de faire mat en deux coups par 24. D 2 T, éch., et 25. D 3 T,
éch. et mat. Le seul moyen pour le N. de l'éviter est de prendre la Tavec
la D, alors le B. prend la D. et gagne aisément.

§ 14.— LE DÉBUT ÉCOSSAIS (1).

Nous arrivons à l'étude d'un mouvement offensif très-


important, que vous pouvez adopter à votre troisième
coup, pour continuerl'attaque commencée à votre deuxième
par la sortie du Cavalier du Roi. Mentionnée à peine par
les vieux auteurs, cette attaque était peu connue et peu
pratiquée, lorsqu'elle fut adoptée par les joueurs d'Édim-
bourg dans le grand tournoi qu'ils soutinrent contre
ceux de Londres. La victoire remportée dans cette occasion
par les Écossais attira l'attention sur cette ouverture, et l'a-

des Échecs..
nalyse approfondie à laquelle elle a été soumise depuis,
prouve qu'elle est une des plus solides que présente le jeu

:
En voici les coups réguliers
:

(1) On lui donne souvent le nom très-impropre de Gambit Écossais ou


Gambit d'Edimbourg.
1. P4R. 1. P4R.
2. CR 3F. 2. CD3F.
3. P4D. 3. Ppr. P (y.var.A).
4. FR 4F(v.var.B). 4. FR hF.
5. P 3 FD. 5. CR 3 F.

Variante A.
Le N. est forcé au troisième coup de prendre le PD, pour ne pas
avoir une infériorité de position. Nous avons supposé
ci-dessus
qu'il le prend avec le P, parce qu'on regarde ce coup comme le
il
meilleur; mais peut aussi le prendre, sans désavantage marque,
avec le C, ainsi : 3. Cpr.P.
4. C pr. C (voy.var.C).
P. 5. C R.
4.
P pr. C.
2
5. Dpr.
6. FR4 F. 6. C FD. 3
7. D5D. 7. D 3 FR (m.).
8. Roaue. 8. F 2 R.
Vous avez peut-être une légère supériorité de position.
Variante B.
4. Cpr. P. I 4. D TR. 5
5. CR5CD (v. var. D). 5. FR 4 FD (voy. var. E).
6. D3FR. 6. CD D. 5
7. Cpr.PFD,éch. 7. RcaseD.
8. D4 FR.
RcaseD.
8. C Pr- PFDiecl1,
9. Dpr.D.
9.
D. 10. C pr.
TD.
Il. FCpr.
10.
pr.TD.
Votre position vaut mieux que celle de votre adversaire.

4.
5. FR4
Cpr.
F.
6. Fpr.C.
P. Variante C.
4. FR
5. C R(m),
6. PDpr.F.
4F.
3
7. Dpr.D.éch. 7. Rpr.D.
8. Cpr.PFR,éch.
Vous gagnez la T.
Variante D.
5. D3D. 5. CR3F.
6. Cpr.C. 6. PDpr.C.
7. P5R. 7. FR4F.
8. Ppr.C'(mal). 8. Dpr.PFR,ech.
9. RcaseD. 9. F5CR,éch.
10.F2R. -10. TcaseD.
Vous perdez votre D.
Variante E.
IIo. Dpr.PRéch.
6. FR
R.
F22 R.
6. F 3D.
(Si
7. F 3 FR ;il Dpr.PCR.
perdTD.)
7. Dpr.FR. [I P pr.
7. P Pr. D.
D.
8. Cpr.P,éch.
Vous gagnez une pièce.

Exemple du Début Écossais.

Entre MM. DE RIVIÈRE et GREVILLE (1854).

BLANC (M. G.). NOIR (M. de R.).


1. P4R. 1. P R.4
2. CR3 F. 2. CD 3 F.
3. P D. h 3. C pr.P.
4. Gpr. P. 4. CD R. 3
5. F FD.4 5. P D. 3
6. CR3D. 6. CR 3F.
7. CD3F. 7. P FD. 3
8. Roque. 8. FR R. 2
9. P4FR. 9. Roque.
10. FD3R. 10. P D.4
11. P pr.P. 11. Ppr.P.
12. F 3 CD. 12. P D.5
13. P5FR. 13. CD 4 FD.
14. Cpr.C. 14. Fpr.C.
15. C 4TD. 15. P pr.F.
16. C pr.F. 16. D 3 CD.
17. D4D. 17. P R.7
18. T 2 FR. 18. F pr. P.
19. P3FD. 19. TDcaseD.
20. D 4 FR. 20. TR case R.
21. TDcase R. 21. D pr. C.
22. Dpr. F. 22. TR R. 4
23. D3FR. 23. C R. 5
24. F pr. PFR, éch. 24. R case T.
25. Dpr.PR. 25. Gpr. T.
26. D pr. T. 1 26. C 6 TR, éch.
27. R case T. 27.. D 8 CR, éch.
28. Tpr.D. 28. C 7 F, éch. et mat.
On trouvera au n° 4 des Parties célèbres, une des belles

;
parties jouées entre Londres et Édimbourg, qui ont été
cause du nom que porte cette ouverture un autre exemple
de cette ouverture se trouve au n° 7 des Parties amusantes.

Ce début est important et donne lieu à de très-belles


combinaisons. En voici les coups :
1 3. CR3F.
4. P4D. 4. CRpr. PR.
5. P pr.P. 1
5. 4
FR FD.
Ces coups présentent de nombreuses variantes, dans le
détail desquelles il nous est impossible d'entrer. On les
trouvera développées dans un travail spécial sur cette ou-
verture, fait par M. Lôwenthal et publié par lui dans la
NouvelleRégence (année 1861, p. 136 et 161).
Le N. au lieu de jouer le troisième coup indiqué ci-
dessus, peut adopter le contre-gambit suivant, recommandé
par Ponziani.
3. P 4FR.
4. 4 D.
P 4
1
)

(car il est désavantageux d'accepter le Gambit. Voyez pre-


mier et deuxième écarts. )
4. PFpr.PR.
5. Cpr. PR. 5. CR F. 3
6. FR CD.5 6. P TD. 3
7. Fpr. CD. 7. PCpr.F.
8. FD 5 CR. 8. TD case CD.
9. P4CD. 9. FD 2C,
10. Roque. 10. P 4 D.
11. P 3FR.
12 P pr. PR.
11. FR R. 2
12. Roque (m.).
13. CD D. 2
Vous avez un P de plus et le meilleur jeu.

Premier écart.

4. Ppr. P. 4. P3D.
5. P4CR.
C. 4
5. P TR.
6. CRcase 6. Ppr.P.
7. Dpr. P. 7. CR R.2
8. FR3 D. 8. P3CR.
Vous perdez un P, et vous avez une infériorité de position.

Deuxième écart.

FR5CD.
4.
5.
6. Cpr.PR.
Fpr.C.
6. 1 4. PFpr.PR.
5. PDpr.F.
D4CR.
Votre position est mauvaise.

Voici deux exemples de cette ouverture :


Entre MM. HARWITZ et STAUNTON.

BLANC (M. St.). 1


NOIR (M. Har.).
1. P4 R. 1. phR.
2, CR 3F. 2. CD 3 F.
3. P 3FD. 3. P4FR.
4.. P 4D. 4. PFRpr.P.
5. Cpr. P.
5
5. CR3F.
6. FR CD. 6. P3TD.
7, F pr. C. 7. PCDpr.F.
8. FD CR.5 8. TD case CD.
9. P 4 CD. 9. FD 2C.
10. D 4TD. 10. P 4D.
11. Roque (1). 11. P 3 TR.
12. FD TR. 4 12. D3D.
13. F 3 CR (2). 13. TR case CR.
14. CD 2 D. 14. TD case FD.
15. CD 3 CD. 15. C 2D.
16. CD5T. 16. C3C.
17. D2F. 17. FDcaseTD.
18. P 3FR(3). 18. P pr.P.
19. Tpr.P. 19. D3R.
20. TDcaseR. 20. FR2R.
21. CR pr. PFD. 21. D pr. T,éch.(4).
22. F- pr. D. 22. F pr. C.
23. D 6 CR, éch. 23. R case D.
24. C pr. F, éch. et gagne la partie.

(1)Si11.Gpr.PFD.
12.P5CD.
I il.D8D.
12.TcaseTD(m.).
(Car si N.12. P pr. P. B. 13. D 7 TD.)
13. D case D. 1 pr. P ou F pr. C.
13. P
Le B. n'a que peu ou point d'avantage.
(2) Menaçant de gagner TR par C 7 FR ou 6 R.
(3) Plus vigoureux que de prendre PFD avec CR.
(4) Il n'a pas de meilleur coup. La partie est perdue sans ressource.

Entre MM. STAUNTON et contre MM. LüWEN-


CUNNINGHAM
THAL et CATTELEY, en 1857.

BLANC (MM. L. et CA.). NOIR (MM. S. et Cu.).


1. P4R. 1. P4R.
2. CR3FR. 2. CD 3FD.
3. P3FD. 3. FR 4FD.
4. 5
FR CD. 4. D2R.
5. Roque. 5. CD case D.
6. P4D. 6 FR3D.
7. FD 5CR. 7. P 3FR.
8. FD4TR. 8. CD2FR.
9. FR4FD. 9. CR3 TR.
10. CD2D. 10. P CD.
3
11. TR case R. 11. 2
FD CD.
12. FR 3 (1).
CD 12. P 4 CR.
13. FD 3 CR. 13. Roque côté D.
14. CD4FD. 14. CcaseCR.
15. C pr. F, éch. 15. PFD pr. C.
16. P TR 4 (2). 16. P PTR. pr.
17. FD pr.PTR. 17. CR TR. 3
18. D 3D. 18. TDcaseR.
19. C 2D. 19. RcaseC.
20. P 4 TD. 20. TR case CR,
21. P 3FR. 21. TR CR. 3
22. P 5 TD. 22. TD case CR.
23. TR 2R. 23. PTD. Ppr.
24. TD pr. P. 24. D case FR.
25. CcaseFR. 25. D CR. 2
26. P CR. 3 26. TDcaseFD.
27. TD CD. 5 27. TD FD. 2
28. C 3R. 28. CD case D.
29. C 4FD. 29. CD R. 3
D.32.
30. C pr. PD, doublé. 30. T pr. P, éch.
31. R case T (3). 31. CD 5 FR.
32. D 2 C pr. T.
33. F pr. T. 33. C pr. F, éch.
34. R case C. 34. C pr. PR,éch. déc.
Les B. abandonnent.
(1) Le coup juste.
(2) Au lieu d'avancer ce P, les B. auraient dû prendre le C ainsi. (Voyez
le diagramme.)
Position après le 15e coup des Noirs.
16.Fpr.C. Dpr.F.
16.
17.Ppr.PR. 17.PDpr.P.
1

18. C pr. PR. 18. P pr. C.


(Si N. 18. D 3 R. B. 19. C 4 FD avec une très-belle position, car le N. ne
peut le prendre sans perdre la partie par D 6 D.)
19.Fpr.P. 1 19.CR3F.
20.D6Detgagne.
(3)
31. Fpr.T.
:
Faute eapitale il fallait prendre avec le F, alors
31.CD5FR.
:
32.D2D(m.). 1
32.Dpr.F,échec.
33.T2CR. 33.
34.C pr.T.
D8R,éch,etc.
34.Dpr.C.
Ici se termine la série des ouvertures qui naissent du dé-
;
but par le Cavalier du Roi nous allons passer à celles qui
naissent du début du Fou du Roi.

CHAPITRE III. — DU DÉBUT DU FOU DU ROI

1P
P 4
a. R.
2. FR 4 FD.
n

ET DES OUVERTURES QUI EN DÉCOULENT.

Le début du Fou du Roi était le début favori de Philidor;


il attaque moins directement que le début du Cavalier,
mais il s'empare d'une ligne d'attaque formidable dirigée

4
contre le point faible de l'adversaire, c'est-à-dire le Pion
du Fou du Roi (voy. p. 170 et 173). Il a de plus l'avan-

j
tage, fort apprécié par Philidor, de ne pas gêner l'avance
de vos propres Pions.
Les principales ouvertures qui découlent de ce début

3F.2.
:
Fous.P1
sont

1.
2 Ld CH
1

C
4R.2.4F
L'ouverture d
L,
P4H. 4F.
2. l,-i.
des ddeux F ,
FR
FR

FR id.
,
2.-—:—1
g 2. Cavalier.
La contre-attaque du 1. id.

l3. PFD rr
La défense du id.
3 D.
i„
,
conlre-G-am,bifid.02.
A. Le
^P4Fn.
F.
S 1. -DE L'OUVERTURE DES DEUX FOUS.

Presque tous les anciens auteurs ont enseigné que cette


réponse du N. à votre deuxième coup était la meilleure
qu'il puisse adopter. Les principaux coups que vous avez
alors àvotre disposition pour continuer la partie sont :
P3FD. -D2R.-P4CD,
Nous allons examiner successivement ces trois mouve-
ments.
Le premier est celui que préfère l'école italienne. En
voici le développement normal avec quelques variantes
instructives.
1. P411. 1. P4R.
2. FR 4F. 2. FR4F.
3. P 3 FD. 3. CR 3 F(voy.var.A,
B, C, D, E, F.
4. P 4D. 4. Ppr.P.
5. P5R. 5. P4D.
6. F5ou3CD.
Partie égale.
Telle est la série de coups qui paraissent être les plus ré-
guliers de part et d'autre; mais les avis sont loin d'être
una-
nimes à cet égard. Nous devons nous borner ici à présenter
quelques variantes propres à éveiller l'imagination et à for-
mer le jeu de l'élève :
Variante A.
3. D5TR,
h. D2 R. A.CR3F.
5. P4D. 5. F3C(voy.yar.AA)
0. Ppr. P. 6.Cpr.PR.
7. P3CR. 7. Fpr.PF,écli.
F. Cpr.D.
8. Dpr.
9. Ppr.D.
10. F5D.
8.
9.
40.
C T.
CD 3 F.
H. FD F. 4
Vous gagnez le C, et vous avez une meilleure position que votre
adversaire.

Variante AA.

6. P5R.
6.
I5. C pr.P.
Pcase C.
à
Car s'il allait à la 4e de la T, ou la 3e du R, en poussant P 3 CR,
vous prendriez ce C, pour deux Pions; s'il mettait le C à sa 5e case,
vous avanceriez de même le PCR, et vous prendriez le C.
7. CR3 F. 1 7. 5
D CR.
8. Fpr.PF,éch. 8. RcaseF(M.J.
9. P3TR. I

Si la D prenait le PC, vous la gagneriez en jouant T 2 TR.

Fpr.
F C.
9.
1 TT pr.r. F.F:
10.
D4FR.
-10.
-t O. pr C
-1-1. Ppr.P.
Votre jeu est bien mieux disposé que celui de votre adversaire
et vous avez un Pion de plus.

VarianteB.
3. P3D.
4. P4D. 4. Ppr.P.
5. Ppr.P. 5. F5C,éch.
6. CD 3 F. 6. Fpr.C,éch.
7. Ppr.F. 7. CR2R.
8. D5TR. 8. Roque.
9. F5CR. 9. P3TR(voy.var.RB).
10. CR3F.
Vous avez une bonne position; car s'il prenait le F, il perdraitla
partie en peu de coups.

Variante BB.

9. P3CR.
O.
10. D4 T.
Ponziani dit de jouer maintenant : TcaseR.
B. Il. F 6 F;
là une perte de temps qui permettrait au Noir de se défendre ;
mais ce serait
le
:
coup juste est B. M. F pr. PF, éch. — Le N., sous peine d'être
mat, sera forcé de prendre ce Fou, et en le prenant il perd la par-
tie,car:
11. R2C(m.).
•12. D 6 T, écho 42. Rpr. F.
43. Dpr. PT,éch. -13. R 3 R (M.).
M. P 5 D, éch. H. R 2 D (voy. var. BBB).
45. D3T,éch. 15. C4F.
Le N. perd sa D et la partie.

Variante BBB.

l'14. R4R.
5.D7CR,écho -15. Rpr.PR.
16. D4D,éch.-16. R4F.
H. D 4 FR,éch.etmat.

Variante C.
3. D2R.
4. P 4 D (faute). 4. P pr. P.
5. Ppr. P. 5. Dpr.P,éch.
6. D2 R. c. Dpr.D,éch.
7. Cpr.D. 7. F 3 C.
Vous avez perdu un Pion et en avez isolé
un autre, ce qui doit
vous faire perdre la partie.

Variante D.

1 3. CD 3 F.
4. P4D. 5.
4. R F.
Ppr.P.
5. Fpr.PFR,éch.
6.
7.
D5T,éch,
Dpr.FR.
6. P3CR.
Vous avez privé le Noir de la faculté de roquer, et vous avez une
meilleure position que lui; si au cinquième le R noir ne
coup
prend pas le F, vous prendrez le Cavalier et
vous aurez les mêmes
avantages.
Variante E.
3. CR3F.
4. P4D.
P5R.
4. ppr.p.
5. 5. D2R.
6. Ppr.P. 6. F5C,éch.
7. R case F (m.), 7. C5R.
8. D 4 CR. 8. P 4 FR (voy. var. EE).
9. D5T,éch. 9. RcaseD(M.).
10.P3FR. C3F.
H.D4T. -lo.

Quelque chose que fasse le Noir, gagner une pièce.


vous devez
Variante EE.
18. C3D.
9. F2R.
F 2 R. I

Quelque chose qu'il fasse, vous gagnerez maintenant le Cavalier.

Variante F.
4. D R.
3. 2
4. D 4C.
5. D pr. PC.
,1
I
CR 3F.
5. F pr. PFR, éch.
Vous êtes obligé de retirer votre Roi; sur quoi le N. jouera T à
la case du C, avec une très-grande supériorité de position la prise
du F par le R vous serait fatale, car :
:
6. D
7. 6T.
Rpr.F. 6. TcaseC.
j1 7.
CSCR,éch,
Vous perdriez votre Dame.

Exemples pratiques de l'ouverture du Fou du -


Roi.
Début des deux Fous.

Entre MM. Stacnton et COCHRANE.

BLANC (M. C.). NOIR (M. S.).

P4 R. 1. P 4 R.
1.
2. FR4F. 2. 4
FR F.
Fpr.P.
3. P4D. 3.
4. CR3 F.
Roque.
4.
5.
CD 3
3
CR
F.
F.
5.
6. C pr,F. 6. Cpr.C.
7. P4FR. 7. P3D.
8. Ppr.P. 8. Ppr.P.
9. F 5CR. 9. F3R.
10. F pr.F. 10. Cpr.F.
D pr. D,éch. 11. TD pr. D.
1
11.
12. F pr. C. 12. PCR pr. F.
13. T pr. P(1). 13. C 5 FR (2).
14. C 3FD. 14. T7D.
15. TD case D. 15. T pr. PCR, éch.
-
16. R case T. 16. TR case C.
17. TR 5FR. 17.P3FR(3).
18. Tpr.PFR. 18. C 6TR.
19. TR case FR. 19. T 8 C, éch.
20. Tpr.T. 20. Tpr.T,éch.etmat.
(1) Prise imprudente qui entratne la perte de la partie.
(f) Par ce coup la T est mise pour ainsi dire hors de combat.
(3) Tout autre coup aurait permis au B. de se dégager.

Entre les mêmes joueurs.

BLANC (M. S.). NOIR (M. C.).


1. P4R.
4F.
1. 4
P R.
2. FR 2. FR4F.
3. 3
CR F.
P4 D.
3. 3
P D.
4. 4. Ppr.P.
5. Cpr.P. 5. Fpr.C.
6. Dpr.F. 6. D 3
FR.
7. D3R. 7. CD 3 F.
8. CD 3 F. 8. CR 2R.
9. C5C. RcaseD. 9.
10. Roque. 10. P 3 TD.
11. C 3FD. 11. CD R. 4
12. F 3 CD. 12. P TR. 3
13. P 4FR. 13. CD CR. 5
14. D CR.
15. P 5R.
3 14. P TR.
15. Ppr.P.
4
16. P pr. P. 16. D 3 CD, éch.
17. R case T.

-
17. FD 3 R.
18. FD 5 CR. 18. P 5 TR (1).
19. FDproC,écho(2). 19. Rpr.F.
20. D pr. C. 20. F pr. D.
21. C 5 D,éch. 21. R case D.
22. C pr. D.
23. T pr.
PFR.
22. P C pr
Le N. abandonne.
(1) Stratagème ingénieux.

pièce,car :
(i) Si le B. avait pris le P. que le N. lui abandonnait, il aurait perdu une

19.Fpr.PTR. 19.P4CH.
1
Gagnant la D si le B. prend le P, et le Fou s'il ne le prend pas.
§ 2. - DE LA CONTRÉ-ATTAQUE DU CAVALIER ÎDANS
P4R 2. FR4F.
L OUVERTURE DU FOU DU ROI 1.
FÎÎtn CR3F.

Cette réponse du N. à votre deuxième coup est aussi

;
bonne pour le moins que la réponse classique de FR 4 F
que nous venons d'exposer l'école allemande la regarde
même comme préférable.

Coups réguliers.
3. P3D. 3. FR4F.
4.
5.
6.
CR
P
P
3F.
3FD.
4TD.
- 4.
5.
6.
P3D.
Roque.
P 4TD.
Il y à égalité entre les deux jeux.
En 1850, un tournoi d'Échecs entre l'Angleterre et les
États-Unis eut lieu à Washington. M. C. Stanley était le
champion de l'Angleterre, et M. H. Turner celui de l'Amé-
rique. L'enjeu était de mille dollars. Le nombre des parties
jouées fut de dix-sept, M. Stanley en gagna onze, M. Tur-
:
ner cinq, et une partie fut remise
La première partie de ce match peut servir d'exemple
pratique pour l'ouverture dont nous nous occupons ici :
BLANC (M. S.). NOIR (M. T.).
1. P4R. 1. P4R.
2. FR4F. 2. CR3F.
3. CD 3 F. 3. FR4F.
4. CR 3F. 4. P3D.
5. P3D(1). 5. P 3TR.
G. FD 3R. 6. FR3CD.
7. CD2R. 7. FD3R.
8 FR3Cl). 8. P3FD.
0. CD 3 CU. H. CD D. 2
10. Roque. 10. Roque.
11. 1)2R. 11. TRcaseR.
12. TD case D.
13. en4 FR.
14. CR
t
5 (2). 12.
11
14.
l) 2 pn
CDcàsêFR.
CD 3 CR.
15. D2 D. 15. T. 2
16. PFRpr.
18.
17. CRproPC.
D
F. 16.
FR pro F.
R

19.
2FR.
CR pr.FD.
17. TRcaseTR.
19.pnr
5
18. C CR. rD.
20.
23.'
FRpr.
22. P
ï?7
F'écM3)-
21. Tpro D,écho
WïAm.
24.Tpr. T,éch.
il: f
20. Dpro
21. RcaseC.
22. TDcasëË.
R case
24. Rpr. t.
25. F pro g
Le N. abandonne.
(1)On
depréfèreordinairemeRt jouer cep à
plus hberté à sonjeu et pour gêner celuisadequatrième casepour Sonner
l'adversaire.
(2)Ces Càvallers réunis fournissent les élément d'une attaque for-
midable.
(3) L'attaque est désormais irrésistible,

§ 3. — DE LA DÉFENSE PAR LE PFb.

Traits réguliers.
3. P 4 D. 1

C'est le trait conseillé par Philidor mais


regarder B. 3. D 2 R, comme préférable.
;
on s'accorde à

4.
5.
„„
pr.
P
P
PR.
3FD.
J 3.
4.
5.
CR
D 4 T
3F(M.),
Dpro PR
écho

6. F 3D. 6. FR 4F.
7.
8.
P 4 FR.
P 5 R.
7.D 2fi
Vous avez une bonne position.
,
Exemple pratique de cette ouverture,

Entre deux Amateurs du C!ub d'Échecs de Londres.

1. P4R. 1. P4R.
2. FR4F. 2. P 3FD.
D2R. 3. D 2FD.
CR3 F.
3.
4. P3FD. 4.
P3D.
5. p4FR. 5.
4D-
6. P5FR. 6. P
7. Ppr.P. 7. 1*Pr- P.
8. F 5C,éch. 8. F 2D.
9.Fpr.F,éch. 9. CD pr.F.
10PhD. 10. P5R.
11. CR 3 T. n- Roque.
12. Roque. 12. F 3 D.
4
13. C FR. 3
13. P TR.
2
14. D FD. 5
14. C CR.
15.D2R. 15. P4TR.
16. Cpr.PD. 16. FPr- PTR,éch.
17. R case T. 17. D 3
D.
18. D pr. PR. 18. TR case R.
19. D3FR. 19. P 3
CR.
20. F5CR. 20. P FR. 3
21. F2D. 21. P CR. 4
22.
CD 3 T. 22. P TD. 4
CD FD.4 23. D FD. 3
23. CD
2li. pr. P, 24. D C. 4
D5T.
25. P4FD. 25.
26. CR 6 CD, éch. 26. C pr. C.
27. Dpr.P,éch.etmat. |

d'après l'avis des auteurs les plus célèbres le


Bien que
conlre-Gambit, dans l'ouverture du Fou du Roi, ne soit pas
parfaitement correct, il n'yen a aucun qui soit plus
un début
digne de l'attention de l'amateur à cause de la multiplicité
et de la beauté des combinaisons qu'il fait naître. C'est ce
qui nous engage à les exposer ici avec quelque détail.
Faisons remarquer d'abord que le coup N. 2.P4FR,
qui constitue le contre-Gambit, renverse immédiatement
les rôles, et que c'est lesecond joueur qui va désormais
avoir l'attaque.
Dans cette conjoncture, le Blanc a cinq partis à prendre
le premier, le plus séduisant et celui qui donne naissance
;
aux combinaisons les plus brillantes, consiste à prendre le
Cavalier, et lorsque la Tour reprend, de prendre le Pion
du Gambit. Le Noir jouant alors P 4 D (qui est son meil-
leur coup) vous ferez échec avec la D et vous tâcherez de
conserver votre avantage ainsi :
Premier système.
1. P4R. 1. P4R.
2. FR 4F. 2. P4FR.
3. F pr. C. 3. T pr. F.
4. Ppr. P. h. P4D(M.).
5
5. D TR,éch. 5. P3CR.
6. P pr. P. 6. T pr. P (M.).
7. CR 3 F (v. var.À).
(Il est évident que la D ne peut prendre PR sans se per-
dre. )
7. 5
FD CR.
8. D pr. PTR. 8. D 3 FR.
9. CD 3 F (M.). 9. T2CR.
10. CD pr.PD. 10. D3D.
11. DàR.
Le B. a trois Pions de plus et bon jeu.
Variante A..
Dpr.F
7. CD 3
(voy.var.
PTR. B). 7. I)3FII(M.).
8. 8. Tpr.P.
-i
9. D TR,écli. 9. RcaseD.
40. n2R.
(Car si vous jouiez D 3 FR, il répliquerait pàr T pr. C, éch. et
votreDierait perdue.)
DcaseFR.-12.CD40. 3
FRFp.
4FD.
1. CD,case,P.
P3FD.
H. CR R,
-15.
K2R.
H. P?CR.

2 44.
43. P8R.
CR4P"R.45.C6FR,écli.
16. FD5CR.
f.
-16.
17,
-18.
49.
Çpr.T.
P3F.
RcaseR.
-J8- 47.
49. Cpr.
Cpr.PT,écit.dée.
PproP,écho
P.
Le B. ne peut sauver la partie.

Variante B.
8. Dpr.PFP(mal). 1 8. CD 3 F.
9. 1)7TR. j

Pour ne pas être prise par T 2 C.

40. R case
F.-10.f)3TD,5écli.
1). 9. CD

44. Rcase R. 44. Cpr.P,écli.


42.RcaseD. 42. I)8FR,écli.
-13. Rpr.C. 43. FD4FR,écli.
Vous serez mat au coup suivant.

Deuxième système.
Le second système consiste à prendre le C et le P du
Gambit comme ci-dessus, et 34 lieu de faire pchec avec la
D, de vous borner à chercher à conserver l'avantage du
Pion acquis comme dans les Gambits ordinaires du Roi ;
;
mais si votre adversaire joue les coups justes cela vous sera
difficile par exemple :
1.
2.
P4R.
FR 4F.
1.
2.
P44FR.
P
3. Fpr.C. 3. Tpr.P.,
4. P pr.P. 4. P 4D.
5. P4CR 5. P 4TR.
6. P3TR. 6. Ppr.P.
7. P pr.P. 7: P 3CR.
8. P pr.P. 8. Tpr.P.
9. P3FR. 9. PSR.
Votre position est inférieure à celle de votre adversaire,
ce. système est donc à rejeter.
Troisièmesystème.

Cesystème, qui consiste à prendre immédiatement le P


du Gambit et de vous défendre ensuite comme dans les
Gambits ordinaires du J\oi, est encore ipoiris bon que le
précédent, caryops y êtes soumis à toutes les chances 4IUn
Gambit du Roi sans être sûr de conserver le Pion d'avan-
; :
FR
1. P4
2.
R, 4F.
tage ou même d'ayoir un jeu égal par exemple
1 1. P R.
2. P FR.
4
4
3. P pr.P. 3. CR 3F.
4. P 4CR. 4. P D. 4
5. FR2 R. 5. FR FD. 4
6. P5CR. 6. Roque.
7. Ppr.C. 7. Tpr. P.
Vous devez perdre la partie.

Quatrième système.

Le quatrième système consiste à prendre le C et à refuser


ensuite le Gambit d'une manière quelconque. Jaeqiscll dit
que ce système n'estpasplus avantageux que les précé-
dents et qu'il ne conduit qu'à une partie égale ; ainsi :
1. P4R. 1. PAR.
2. FR4 F. 2. Pà FR.
Tpr.F.
3. Fpr.G. 3.
4. CD3 F. 4. D4CR.
P3t).
5. D 3FR.
6. CD 5
D.
5.
6. CD 3T.
Partie égale.

Cinquième système.

Ce dernier système, qui consiste à refuser simplement le


Gambit, est,suivant Jaenisch, le seul qui puisse être adopté
;
avec avantage voici la meilleure manière do le suivre l
P4R. 1. P4R.

4P.FR.4.
1.
2. FR4F. 2. P 4FR.
3. P3D. 3. CR 3F.
4. P PR pr. P.
5. FDpr. 5. Ppr. P.
6. PDnr. P. 6. D2R.
7. P5R. 7. P3D.
8. D2R. 8. Ppr. P.
9. F pr.P. 9. P 3FD.
10. CR3F.
Votre position est meilleure que celle du Noir.

Exemples pratiques de ce contre-Gambxt.

Entre M. BODEN et un Amateur.

BLANC (Am.). NOIR (M. B.).

1. P4R. 1. P4R.
2. FR4F. 2. P 4FR.
3. P4D. 3. PRpr. PD.
4. FR pr. C. 4. T pr. F.
5 Ppro P 5. CD3F.
6. D 5T,éch. 6. P 3CR.
7. P pr. P. 7. T pr. P.
8.
9.
CR 3
3
P TR.
F. 8.
9.
P 3D.
FR2R.
10. 4
FD FR. 10. FD3R.
11. 3
FD CR. 11. D D. 2
12. CD 2 D. 12. Roque.
13. Roque cô. D. 13. FD pr. PTD.
14. P3CD. 14. HD.
15. R2 C. 15. TRPr. FD.
16. PFpr. T. 16. D D. 3
17. Rpr.FD. 6
17. D T,éch.
18. R case C. 18. C 5 C.
19. D 5 FR, éch. 19. R case C.
20. CR pr. PD.
Le N. fait mal en trois coups (1).

Oi Cette iiii constitue un joli petit vroblème.


Entre le docteur BLEDOW et M.VON BILGUÏ*.

BLANC (Dr B.). NOIR (V. B.).

1. PAR. 1. P R. 4
2. FR4 F. 2. P 4FR.
3. CR F. 3
3. P3D.
A. CR3F. 4PGpr. PR.
pr. P.
5. Ppr. P. 5.
6. D5D. 6. C3D.
7. C pr.PR. 7. 3 FD.
P
8. D 7 FR, éch. 8. Cpr. D.
9. F pr. C, éch. 9. R2 R.
10. FD 5 CD, éch. 10. R3 D.
11. Fpr.D. 11. Rpr. C.
12. P 4FR. éch. 12. R4 F.
13. FD 5 CR. 13. FR 5 CD, éch.
14. P 3FD. 14. TRcase F.
15. 3
FR CD. <5. 3
P TR.
16. FR 2 FD, éch. 16. R 5 C.
17 FR case D, éch. 17. R 4
F.
18. P 4 CR,éch. 18. R 3
C.
19. F2FD,éch. 19. R2F.
20. 4
FD TR. 20. FR2R.
21. 3
FD CR. 21. P4D.
22. P5FR. 22. C2D.
23. C2D. 23 F3FR.
24. C 3 FR. 24. Tcase R, éch.
25. R2F. 25. C4FD.
26. TR case R. 26. FD 2 D.
27. P 4 CD. 27. C5 R,éch.

:
28. T pr. C(1). 28.
1) 8. Ppr.
P pr. T.
29. F 3 CD, éch. 29. Rcase F.
30. F 6 D, éch. 30. F 2 R.
31. C5R. 31. P4CR.
32. P 6FR. 32. P6R,éch.
33. R case C. I

Le N. abandonne.

(t) Toute cette fin de l. artie est admirablement bien jouée.


Entre M. HEYDEBRAND von DER LASA et un Amateur.
BLANC (Am.). NOIR (J£ H.).
1. P4R. 1. p4R.
2.
3.
FR 4F.
F pr. CR.
2.p4
3. T
FR.
F.pr.
4. Ppr.P. 4. P4D.
5. D5 T,éch. 5. P3CR.
6. P pn. P. 6. T pr.t».
7. P3TR. 7. D 3FR.
8. CR 3F. 8. CD 3 F.
9. CD 3 F. 9. FD R. 3
10. CR4 T.
Cpr.T.
10. CD D. 5
11. 11. Cpr.PFD,éch.
12. RcaseD. 12. Ppr.C.
13. D7TR. 13. Cpr. TD.
14. Dpr.PFD. 14. D FR. 4
15. D pr. PGD. 15. T case D.
16. C 5 CD. 16. D 7 FD,éch.
17. R 2 R. 17. D 5 R,éch.
18. R case D. 18. T 2 D. -,
19. D FD. 6 19. FD FR.4
20. C7F,éch. 20. R F. 2
21. C 5 CD. 21. D pr. PCR.
22. T case R. 22. F 7 FD, éch.
23. R2 R. 1
23. D5fc,éch.
Le N. gagne la partie.
L'ouverture des deux Fous, que nous avons traitée dans
la première section, donne naissance à quatre autres dé-

F114 F.
buts qui ont reçu des noms particuliers, savoir

P
5. — La défense ita- —^R—.2.
ppAIl. FI\ 4
!L Fil F.F.3
:

14,
P FD.
3 Fp.

-Lecontre-Gam-
4 3
D

id.3.
lienne.

3.
'> 3. CR.
v-

7.-LedoubleGam-
id.
bit de

bitde
Lewis.
l.\,
2.

id.2.
id.
P3FI).

P-4CD.4.PP4FR,
F!,'.
mMac

2. 8.—Le Gambit de
Dnonne|
tpr.PC. »

L,opeM- it»i« h1
P
n. PP FR<
2 U..
i1d1»n2* i,dJ n1)D 2
3Di
FR. 4
»
Nous nous bornons à indiquer les trois premiers; le
dernier mérite, par sou importance, une mention plus
spéciale.

S 8. — DU GAMBIT DE LOPE.

j1.2FR
P4K. 6 AF.
*Ftt F. 3.. »

Tels sont les premiers coups qui prépaient un Gambit


que l'on connaît sous le nom de Ruy Lopez, lequel passe
pour en être l'inventeur.
En plaçant votre D à la 2e du R, vous menacez de pren-
dre avec votre Fle PFR de l'adversaire, et s'il reprend avec
le R, de jouer D 4 FD? éph., et de reprendre ensuite son F
avec l'avantage d'avoir un P de plus et de l'avoir privé de
la faculté de roquer. Quelque chose qu'il fasse pour parer à
cette menace (un seul cas excepté, voyez la troisième dé-
fense), vous pourrez, pour votre quatrième coup, avancer
de deux pas le PFR et faire ainsi un Gambit, qui, sous
plusieurs rapports, vous sera plus favorable que le Gambit
du Roi.

:
Le N. pourra répondre à votre troisième coup de trois
manières

Première défense.

3. P3D.
4. P 4 FR. 4. CR 3 F (M.). (Voy.
écartlpt2.)
5. CR3F. 5. D2R. ~-

6. P3D. 6. FD5CR.
7. Ppr. P. 7. P pr.,P.
8. FD CR.5 8. CD 21).
9. CD 2 D. 9. Roque pQ. D.
10. Roque cô. D.
Partie égal*
Premier écart.
4. Ppr.PF.
5. CH 3Y. 5. P4CR.
6. P4D. 6. F 3 CD.
7. P TR. 4 7. P5CR.
8. C5CR. 8. C3TR.
9. FDpr.P.
Vous avez une belle partie,

Deuxième écart.
4. Fpr.CR.
6. Tpr. F. 3
5. CR F(M.),
(i. P3D. H. D2R.
7. CD 3 F. 7. CD 3 F.
8. 2D.
FD 8. Ppr.PF.
9. P.
FDpr. 9. CD5I).
HO. D2FR. 40. CD3R.
M. P4CR.
Vous avez l'avantage.

Seconde défense.
3. D2R.
4. P 4 FR. 4. CR 3 F (v.3®écart).
5. 3F.
CR 5. P3D.
6. CD 3 F. 6. P3FD.
7. P3D. 7. 5
FD CR.
8. P 5FR. 8. CD2D.
5
FD CR. 9. 3
P TR.
9.
10. FD 4 TR. 10. - P 4 CR.
Partie égale.
Troisième écart.
4. FRpr.CR.
5. Tpr. F. 5. pPr-p(foute).
t). p41) 6. D5T,éch.
7. 1)3CIL 7. Ppr.P.
S. Tnr.P. 8. CR3F.
9. CD3Y. 9. CR4T.
Fpr.PFR,éch.-10. Cpr.T.
5 -H. Rpr.F.
FD CR.
,
-10.
H.
D3FR,écli.-12. R3CR.
43. C4TR.
H2.
-13. Fpr.D. 'I!
-14. D5FR,éch. M. R3T.
•15. DouF5CR,éch.etmal.
Troisième défense.

D'après Calvi (Palaméde, 1842), la meilleure défense


pour le Noir est de sortir au troisième coup le CD à la troi-
sièmecaseduFD.
Il semble d'abord que cette défense n'empêche pas la

;
prise du PFR, mais si vous le preniez, le N. en jouant les
coups justes aurait l'avantage ainsi :
3. CD 3 F.
4. F pr. PFR, éch. 4. R pr. F.
5. D 4F,éch. 5. P4D.
6. Dpr.F,
6. Ppr.PD. 6. Fpr.PFR,éch.
(Si
7. Rpr.F.
1
I
7. C4TD,etc. )
6. P pr.P.
7. D4F,éch. 7. F R. 3
8. Dpr. P. 8. CR 3F.
Le jeu du N. vaut mieux que levôtre malgré le Pion de
supériorité.
Lorsque le CD sera sorti, il ne faut donc pas prendre le
PFR. Voici les coups indiqués par Lopez pour continuer
la partie.
3. CD 3 F.
4. P3FD. 4. P3D.
5. P4FR. 5. PRpr.P.
6. CR3F. 6. 4
P CR.
7. P4TR. 7. P 5CR.
8. C 5CR. 8. CD4R.
9. P4D. 9. CDpr.F.
10. Dpr.C. 10. D2R.
11. Ppr.F. 11. P 3TR.
12. Ppr.PD. 12. Ppr.P.
13. D pr. P, éch. 13. D pr. D.
14. Cpr.D. 14. Rpr.C.
15. FDpr. P.
Vous avez une meilleure position et un Pion de plus.
Exemple pratique du Gambit de Lopez.

Belle partie entre LA BOURDONNAIS ét MAC DONNELL.

(La B.). (Mac D.).


1.HÉ.
BLANC NOIR

1. V4fe.
2. FRhF. 2. 4F.FR
3. D2R. 3. CR3F.
4. P3b. 4. CD 3 F.
5. P3FD. 5. CD2R.
6. P4FR. 6. Ppr.P.
7. P4D. 7. FR3G.
8. FDpr. P. 8. P3D.
9. FR3 D. 9. CD CR.3
10. FD 3 R. 10. Roque.
11. P 3 TR. 11. TR case R.
12. CD 2D. 12. D2R.
13. Roque cô. D. 13. 4
P FD.
14. R case C. + 14. Ppr. P.
15. Ppr. P. 15. P TD.4
16. CR
17. P CR.
3
4
F. 16. FD D.
17. P3
TÉ.
2
18. TDcase elt, 18. P 5 TD.
19. P 5CR. 19. P pr.P.
20. F pr. P. 20. P TD. 6
21. P 3 CD. 21. F FD. 3
22. TD 4 CR. 22. FR 4 TD.
23. P 4 TR. 23. F pr. CD.
24. C pr. F. 24. T 4 TD.
25. P TR.5 25. T pr. F.
26. Tpr.
27. D
T..
3FR.
26.
27.
C5FÉ.
Cpr.F.
28. P5 D. 28. C pr.PD.
F,éch.
29. TR case CR. 29. C 6
30. R case T. 30. Fpr.PR.
31. Tpp.PCE,éch. 31. R case T.
32. D3CR. 32. F CR.3
33.
34.
35.
T
PTR pr. F.
D
pr. D (1).
pr. T.
34..
:£'I
33.

35.
D 8 R, éch.
T pr. T,éch.
Cpr.D.
36-
V.
08. r T7T,éçh.
pr, PFR, éch.
P 8 F. Dame.
1 36.
37.
38.
R case G.
Rprt. T,
C 7 F, éch. et mat.

(1)
dans cette position le Blanc pouvait gagner ;
La variante suivante, indiquée par Staùnton, rembîe prouvér qtJé
:
ainsi

Position après le 33' coup du N.

1 8
33. D R,éch.
34.CCcaseCD
.q4. case CD 34. pr.
'D,
34.DD proD.
35.T7TR,éch.
(Si le B. la
prenait la D au lieu de faire échec il perdrait partie.)
35. RcaseC.
86Ppr,PFitéch
37.TcaseT,éch.
1
36.Rpr.T.
37.R2C.
38. P pr. T — Dame et gagne la partie.

CHAPITRE IV. — nu DEBUT DU PION DU FOU DE tA

Pour comploter la série des ouverturesqu'on est con-


venu d'appeler régulières, il nous reste à parler de l'ouver-
ture par le Pion du Fou de la Dame. Philidor avait
condamné cette ouverture comme peu sûre; mais lescélè-
Modenais, Del Rio et Ponziani, ainsi que la plupart
bres
des auteurs modernes, sont d'un avis opposé et
ils pensent
peut être adoptée avec une parfaite sécu-
que cette attaque vive d'offrir
rité. On lui reproche toutefois d'être peu et
peu de combinaisons intéressantes. paraissent
Les coups les plus réguliers de part et d'autre
:
être

2.
3.
4.
1. P4
P
R.
CR3F.
3
FD.
Cpr.PR.
2. 1. P R.

3.
4.
P
4
P4D.
PrPR-
FR3D.
C 4FD. 5. FD3R.
5.
g p4D. 1 6. Ppr.P en passant.
7. Fpr.P.
Partie égale.

Exemple pratique de cette ouverture.

Entre MM. KIPPING etOWEN de Manchester.

(M.O.). NOIR (M. K.).


BLANC

1. P4R. 1. P4R.
2. P 3FD. 2. P4.D.
3. CR3F. 3. CD 3 F.
4. P pr.P. 4. D pr. P.
5. P 3D. 5. 5FD CR.
6. FR2R. 6. Roque.
7.
CD2D. 7. P 4FR.
9.
8. Roque. 8. CR3 F.
V3TR. 9. F 4TB.
10.P 3TR.
11. P5 R.
10. P 4 CD.
IL 2
FD CD.
12. D3D.
12. P 4FD.
13. P 5FD. 13. 4D.
P Pr*
D
14. Fpr. C. 14.
15. Cpr. P. 15. PPr.-F. *

16. D TD. 4 16. TcaseCR.


17. R2 T. I
17. C5D.
Le B. abandonne.
CHAPITRE Y. — DU GAMBIT DU ROI.

Celui qui, le premier imagina le Gambit du Roi, avait


été, sans doute, frappé de l'importance de diriger une at-
taque vive et prompte contre le point le plus faible de l'ad-
versaire,que nous avonsindiquécommeétantlePionduFou
du Roi; et il avait remarqué que, pour y arriver, le Pion
du Fou de son propre Roi était plutôt un obstacle qu'un
;
auxiliaire que'si ce Pion était enlevé, une file serait ou-
verte, dont sa Tour prendrait possession en roquant, et diri-
gerait immédiatement une batterie puissante contre ce
point vulnérable. Il imagina donc, dès le second coup de
la partie, de livrer ce Pion à l'ennemi, croyant en être suf-
fisamment dédommagé par une position supérieure, par
l'avantage certain de rompre le centre de l'adversaire et de
le forcer à doubler un Pion, enfin, par la chance de repren-
dre plus tard le Pion abandonné. Cette manœuvre donne
immédiatement ouverture à un combat des plus animés,
plein de dangers, d'embûches et de vicissitudes qui chan-
gent à chaque instant l'aspect de la bataille, et dont la con-
duite demande un joueur bien plus attentif et plus habile
que pour des conflits plus réguliers.

;
Philidor enseigna que le Gambit du Roi n'apportait avec
soi ni profit ni préjudice pour celui qui le faisait mais l'é-
cole italienne et les auteurs modernes ne sont pas de cet
avis; ils soutiennent que le sacrifice du Pion n'est pas suffi-
samment compensé par la position qui en résulte, et qu'en-
tre joueurs d'égale force, celui qui fait le Gambit doit perdre.
Toutefois, comme un tel résultat ne peut se réaliser qu'à
l'aide d'une défense parfaitement irréprochable, telle qu'un
Philidor oserait à peine espérer de la faire, tous les auteurs
ont traité avec détail du Gambit du Roi, qui donne lieu aux
plus brillantes combinaisons dont le jeu des Échecs soit
susceptible. Nous allons en exposer les plus remarquables.
Comme votre adversaire, après avoir pris le Pion que
vous lui avez abandonné, menace de faire échec de la Dame
a la 5e case de la Tour, vous pouvez prévenir cet échec en
jouant votre Cavalier à la 3e du Fou du Roi, et alors ce
Gambit prend le nom de Gambit du Cavalier-si vous pré-
férez sortir immédiatement le FR à la 4e FD (ce qui peut se
faire sans inconvénient) le Gambit prend le nom de Gambit
du Fou. Au lieu de sortir le C ou le F vous pouvez jouer P
4 TR, etle Gambit s'appelle alors Gambit'du Pion dela Tour.
§ 1. - DU GAMBIT DU CAVALIER DU ROI ET DES AUTRES
GAMUITS QUI EN DÉCOULENT.

Nous allons donner la série des coups que les auteurs re-
gardent comme réguliers, tant pour l'attaque que pour la
défense, et 'par lesquels ils cherchent à prouver que le
Gambit est désavantageux pour celui qui le fait. Mais il y
a, de part et d'autre, un nombre si considérable de varian-
,

tes, que cette proposition est loin d'être démontrée. On


peut toutefois, à l'aide des écarts que nous signalons, en
tirer l'enseignement que dans les Gambits la position des
deux adversaires est extrêmement critique et que la plus
petite faute peut entraîner pour l'un ou pour l'autre la
perte de la partie.

Coups réguliers.

1. PAR. 1. P4R.
2. P4FR. 2. Ppr.P.
3. CR3F. 3. P4CR.
4. FR 4F. 4. F2CR(M.) (voy.
1eret2eécart).
5. P4D (voy.3eet4e 5. P3D.
écart)
6. P 3FD. 6. P5CR(M.).
7. C caseC. 7. D5T,éch.
8. R case F. 8. FR 3T.
9. D 3 CD. 9. D 4TR.
Le N. a un Pion de plus et une grande supériorité de
position.

Premier ccarl.

1 4. P3FR.
4. C pr.
C pro PC.
PC. 1

Simaintenant le N. prenait !e C avec le P, vous pourriez lui


donner un mat forcé en quatre coups.
Deuxième écart.

4. P3TR.
5. Cil5R. 5. T2TR.
6. H4D. fi. P3D.
7. Cpr.PF. 7. Tpr.C.
8. F pr. T, éch. 8. Rpr. F.
9. P lt TR. 9. F R. 2
JO. Ppr.PC. 10. PTpr.P.
Il. D5T,éch.
Vous avez une meilleure position que le Noir.

Troisième écart.
5. P3FD. 1 5. P5CR.
Le N. a l'avantage.

Quatrième écart.

5. P4TR. 5. TR. P3
6. P4D. 6. P D. 3
7. P3FD. 7. CD D. 2
8. Roque. 8. C 3 CD.
9. F 3 CD. 9. FD R. 3
La défense du N. est complète et il reste avec l'avantage d'un
Pion.

Exemples pratiques du Gambit du Cavalier du Roi.

Partie jouée en 1857, New-York, entre M. LICHTENHEIN


à
et M. PAUL MORPIIY, qui joua sans voir l'échiquier.

BLANC (M. M.). NOIR (M.L.).

1. P4R. 1. P4R-
2. P 4FR. 2. Ppr. P.
3. CR3F. 3. P4D.
4. Ppr. P. | Zi. F 2R.
( Staunton conseille de jouer ici :
5.
4. F3D.
D.
5.PP44FD.
1
P4CR.
6. 6. P3FD.
7. F 3 D, et ilregarde la partie dans cette position comme
égale.)
5. F5C,éch. 5. P 3FD.
6. P proP.. 6. P pr. P.
7.F 4FD. 7. F5TR,éch.
8. P3CR. 8. Ppr.P.
9. Roque. 9. P pr. P,éch.
10. R case T. 10. F3FR.
11. C5R. 11. C 3TR.
12. P4D. 12. F pr. C.
13. D 5 TR.
Nous appelons l'attention spéciale de l'élève sur ce
coup, base d'une magnifique combinaison développée par
M. Morphy avec cette énergie et cette exactitude magis-
trale qui brillent d'une manière toute spéciale dans les par-
ties où il joue sans voir.
1 13. Dpr. P.
14. F pr. P, éch. 14. C pr. F.
(Il ne peut mieux faire, car si R caseD il perd sa D. —
SiR case F. B. 15. F 6R, éch. à la découverte, etc. — Si
F
R 2 R.B.15. 5 C, éch., suivi de T case R, éch., etc. )
15.. D pr C, éch. 15. R case D.
16. F5C,éch. 16. F 3 F.
17. C3 F. 17. F2D.
18. Tpr. F. 18. R2F.
19. F 4 F, éch. 19. R 2 C.
20. T6D. 20. D4F.
21. C 4 R.
Plus fort que de prendre immédiatement le Fou.
21. Dpr.P.
22. T pr. F, éch. 22. C pr. T.
23. D pr. C, éch. 23. R 3 T.
24. C6D. 24. TRcaseD.
25. D 7CD,éch. 25. R T. 4
26. F 2 D, éch. 26. D pr. F.
27. G4FD,éch. 27. R T.5
28. P 3 C, éch et mat.
Nous avons déjà cité, page 242, le tournoi qui eut lieu
en 1850, entre M. Stanley pour l'Angleterre, et M. Turner
pour les États-Unis; nous donnons ici l'une des parties
jouées dans cette circonstance : ..j
BLANC (M. T.). NOIR (M. S.).

1. P4R. 1. P4R.
2. P4FR. 2. Ppr.P.
3. CR 3F. 3. P4CR.
4.
5.
FR 4 F.
Roque.
4.
5.
F2CR.
P3TR.
6. P3FD. 6. P3D.
7. 4 D.
P 7. CR2R.
8. P 3CR. 8. P 5CR.
9. CR4T. 9. P 6FR.
10. P 3TR. 10. P4TR.
11. D3 CD (1). 11. Roque.
12. 5
FD CR. 12. DcaseR.
13. F pr. C. 13. Dpr. F.
14. C 6 CR (2). 14. Dpr. PR.
15. C pr. T. 15. P4D(3).
16. C.2D. 16. D6R,éch.
17. T 2FR. 17. Ppr. F.
18. Cpr. P. 18. D5R.
19. C2D. 19. D3FD.
20. P5D. 20. D 3 CD.
21. D2 F. 21. Fpr.CR.
22. TD case R. 22. FR 4 F.
23. T8R,éch. 23. 112C.
24.
25.
C4R.
D2D.
24.
25.
FD 4FR.
FR6R.
Le Blanc abandonne (4).

(1) Si,an lieu de jouer ainsi, M. T. avait pris le P avec le C, il aurait eu


une attaque formidable et aurait gagné une pièce.
(2) Ceci donne un. avantage momentané au Blanc; mais son adversaire va
regagner promptement le terrain perdu, comme on va le voir.
(3) Coup de maître, qui détruit toute l'attaque du B. et pnr lequel le N.
• gagne une pièce. Nos jeunes lecteurs devront remarquer que si le B. pre-
nait maintenant le P, le N. répliquerait par D 7 R, et gagnerait la partie en
peu de traits.
(4) Effectivement, les derniers coups du N. paralysent complètement le
jeu de son adversaire, Qui ne peutplus faire un mouvement sans perte.
Le Gambit de Cuiiiiiiigliam.

Une défense très-brillante, mais dangereuse contre le


Gambit du Roi, est appelée ainsi du nom d'un amateur an-
glais qui la mit en voue à la fin du siècle dernier. En
voici le développement d'après Philidor:
1. P4R. 1. P4R.

P3CR.
2. P 4FR. 2. P pr.P.
3. CR3F. 3. FR2R.
4. FR 4 F (M.). 4. F 5 TR, éch,
5.
Jaenisch et Staunton sont tous les deux d'avis que le
coup justeest5.RcaseF.
5. P pr.P.
6. Roque. 6. P pr. P,éch.
7. R case T. 7. F 3FR.
8. P5R. 8. P D. 4
Le sacrifice du F est nécessaire pour sauver la partie*
9. Ppr.F. 9. Gpr.P.
10. F3Cl 10. F3R.
11. P4 D. 11. CR5R.
12. FD 4F. 12. P AFR.
13. CD2 D. 13. D 2R.
14. P4FD. U. P FD. 3
15. P pr.PD 15. P pr.P.
16. TD case F. 16. CD 3 F.
17. CDpr.CR. 17. PFR pr.
G.
18. C pr. P 7 T. 18. Roque cô. R.
19. D2D. 3
19. P TR.
Chose étrange! Philidor n'a pas vu que, dans cette posi-
tion, le Blanc est assuré de gagner la partie en jouant :
FD pr. PT, comme l'ont fait remarquer les auteurs du

:
ManueldesEchecs, publié en allemand (Handbuch, etc.);
il fait jouer au contraire au Blanc TD 5 FD, et prolonge
!
la partie jusqu'au 40e coup, donnant la victoire au Noir
Position après le -19e coup des Noirs.

Le coup juste pour les B. est de prendre le P de la T si


le N. prend le Fou, la D reprend le P, et le N. perd immé-
;
diatement.
SiB. 20. Fpr. PTR. N.20. D5TR.
21. TcaseCR. 21. T 2FR.
22. T 6CR. 22. F 4 F.
23. T 2CR. 23. F 3 R.
(Il ne peut jouer TD case D à cause de B. 24. F 5 CR.

24.
25.
TDcase
Tpr.P,éch.
CR. I
S'il avait joué C 2 R, vous auriez répondu par TD case CR.)
24. D 3FR.
1

25. Tpr.T.
26. F pr. T et gagne facilement.
Le Gambit de Cunningham se forme régulièrement,
comme on vient de le voir, dans le Gambit du Cavalier; mais
cette défense peut s'adopter également dans le Gambit du
Fou. Nous allons donner un exemple de ces deux variétés
du même Gambit.
Exemple de la défense Cunningham dans le Gambit
du Cavalier.

Entre MM. PAUL MORPHY et BlRD.

Cette partie a été jouée le 26 avril 1859 au club de Saint-


James, à Londres. M. Morphy joua sans voir, dans cette
occasion, cinq parties à la fois, contre cinq personnes que

; :
l'on regardait comme devant être rangées parmi les plus

;
forts joueurs présents à Londres savoir MM. A. de Ri-
vière, Boden,Barnes, Bird et Lôwenthal il gagna contre
MM. de Rivière et Bird, perdit contre M. Barnes, et fit par-
tie remise contre MM. Boden et Lôwenthal.

BLANC (M. M.). NOIR (M. B.).


1. P4R. 1. P R.4
2. P 4FR. 2. P pr.P.
3. C 3FR. 3. F 2R.
4. FR 4F. 5
4. F T,éch.
5. P 3CR. 5. Ppr. P.
6. Roque. 6. Ppr.P,éch.
7. R case T. 7. P D.4
8. F pr. P. 3
8. C FR.
9. Fpr.P,éch.
(Mieux que de prendre le F avec le C. )
9. Rpr.F.
10. C pr. F. 10. T case R.
11. P3D. 11. F 6 T.
12. D 5 T, éch. 12. R case C.
13. T pr. C. 13. P pr. T.
14. C.3FD. 14. T R. 4
15. I) F. 3 15. D D. 2
16. F4FR. 16. C3F.
17. Rpr. P. 17. F5C.
18. T case CR. 18. P4TR.
19. Fpr. T. 19. Ppr. F.
20. C5D. 20. C5D.
21. C 6 F, éch. 21.R case T.
22. D 3R. 22. D2C.
23. Cpr.P. <23. D2T.
24. Tpr.F. 24. D pr. C.
25. D 3TR.
Menaçant de prendre la D.
25. R2T.
26. C3R.
26. P 3FD.
27. T6G. 27. TcaseR.
28.T pr. C. 1
28. T pr. T.
29. Dpr. T. 29. D pr.
G,éch.
30. D3 T. 30. D pr.
D,éch.
31. R prD. 31 P 4FD.
32. R4C. 32. R3 C.
33. R3F. 33. R3F.
34. R3R. 34. R3R.
35. P4D. 35. Ppr.P,éch.
36. P pr. P. 36. P pr. P, éch.
37. Rpr. P. 37. R D. 3
5
38. P R,éch. 38. R R. 3
39. R 4R. 39. R R. 2
40. R5 D. 40. R D. 2
6
41. P R,éch. 41. R R. 2
42. R 5R. 42. P 3T.
43. P3 T: 43. RcaseR.
44. R D. 6
Le N. abandonne.

Exemple de la défense Cunningham dans le Gambit


du Fou.

Entre M. CONRAD BAYER, le célèbre compositeur de Pro-


blèmes, et le professeur S.

DLANC (M.C.R.). NOIR (P. S.).


1. P4R. 1. P4R.
2. P4FR. 2. Ppr.P.
3. FRliF. 3. FR2R.
4. C 3GR. 4. F5TR,éch.
5. P 3CR. 5. Ppr.P.
6. Roque. 6. P pr. P, éch.
7. R case T. 7. F FR. 3
8. P5R. 8. P4D.
9. Ppr. F. 9. CR pr.P.
10. F 2 R. 10. Roque.
11. P4D. 11. P3FD.
12. FD5CR. 12. CD D. 2
13. CR 5R. 13. TcaseR.
14. C pr. C. 14. F pr. C.
15. Fpr. C. 15. Ppr. F.
16. Dcase R. 16. T5R.
17. D 3 CR, éch. 17. R case T.
18. C3FD. 18. Tpr.P.
19. D2FR. 19. T D. 7
20. D 4TR. 20. P 4FR.
21. D6 T. 21. Tpr.P.
22. T case CR. 22. P pr. T. Dame et
23. T pr. D. éch.
Les B. font mat en trois coups.

DU GAMBIT D'ALLGAIER.

En parlant à la p. 258 du Gambit du Cavalier, nous


avons indiqué la sortie du Fou du Roi à la 4e case du
Fou de la Dame comme mouvement régulier à faire pour
votre quatrième coup. Mais vous avez à votre disposition un
autre trait P 4 TR, qui est aussi bon que le premier et qui

1. P 4R.
;
constitue le Gambit généralement connu sous le nom de
Gambit d'Allgaier il se constitue donc ainsi
1. P4R.
:
2. P 4FR. 2. Ppr.P.
3. CR3F. 3. P4CR.
4. P 4TR. 4. P 5CR(m.).

Première attaque.

5.
6.
C 5 CR.
Cpr.PFR.
1 5.
G.
P 3TR.
Rpr.C.
7. Dpr. P. 7. CR3F.
8. Dpr. P. 8. FR3D.
Ce huitième coup de défense, de l'invention de M. Horny,
paraît efficace pour arrêter les B. dans le système d'attaque

9. F FD,éch
10. D
11. R case F.
45FR.
que nous exposons ici.
1 9. R C(m.).
10. F C,éch.
11. TR case F.
2
6
Le N. devrait gagner la partie,

Seconde attaque.
5.
6.
CR
FR 4 F.
5R. 5. P TR(M.).
6. CR 3 T(V.var.A).
4
7. PIxD. 7. P D. 3
8. C3D. 8. FR. P6
9. P 3CR. 9. P D. 4
Ce neuvième coup de défense des N., de l'invention de
M. Knight, paraît aussi efficace pour arrêter les B. dans ce
second système d'attaque que la défense de Horny dans le

11.
10. FFpr.PD. 3CD.
premier système (voyez la Regence, 1851, p. 312).
1 11.
10. FD. P3
Dpr.PD.
Le N. a l'avantage.
Variante A.
6. T2TR.
7. P4D. 7. D3FR.
8. C3FD.(V.var.B.) P3FI).
9. C2R.
M. CR3 40.D.
8.
9. P3D.
P6FR.
CD3CR.42.
CD.43.
H. Ppr.P(M.). 11. Ppr.P(M.).
*2. Dpr.PL).
<3. F 3 FD CR. 5
Le N. a une bonne attaque.

VarianteB.
9.
8. 9.
8. FR3D.
P3FD.
Ppr-P.-10. F6CR,éch.
1
3D. CR P6FR.
;
Quelque chose que vous fassiez maintenant le N. aura l'avan-
tage
Il
si vous jouez R 2 R. N. M. D pr. P, éch., etc Sivousjouez
2D.N.M.Ppr.P,etc.
Exemples pratiques du Gambit d'Allgaier.

Entre MM. ANDERSSEN et HARRWITZ qui jouent tous les


deux sans voir l'échiquier (1856).

BLANC (M. Harr.). NOIR (M. And.).


1. P4R. 1. P4R.
2. P4FR. 2. Ppr. P.
3. CR 3F. 3. P 4CR.
4. P 4TR. 4. P5CR.
5. CR5R. 5. P4TR.
6. FR4FD. 6. TR2'T.
7. P4D. 7. P 6FR.
8. Ppr.P. 8. P D. 3
9. C3D.
10. FD CR. 5
9. FR R. 2
10. F pr. F.
11. P pr.F. 11. Dpr.P.
12. P 4FR. 12. D2R.
13. CD3 F. 13. FD R. 3
14. P5D. 14. F case F.
15. D2R. 15. CD D. 2
16. Roque cô. D. 16. CD 3 C.
17. F 3 CD. 17. FD D. 2
18. P5R. 18. Roque.
19. CD h R. 19. FD 4 FR.
20. CD3CR. 20. Fpr.C.
21. D pr. F. 21. TR case T.
22. D 5 F, éch. 22. R case C.
23. TRpr. P. 23. Tpr.T.
24. Dpr. T. 24. CR 3F.
25. D5CR. 25. CcaseCR.
26. pr. P.
D 26. P pr.PR.
27. TcaseR. 27. CR 3F.
D5FR.
28.
29.
30.
Tpr.P.29.
29.DT 5p TR.
r. P.
30.
28. CRpr. PD.
C 6R (1).
D3D.
FR5D.
31. 31. CD pr. F.
32. C4R. 32. D3FD.
33. P 3 FD. 33. CD pr. PFR.
34. D 3FR. 34. CDGD,éch.
35. RcaseC. 35. Cpr. T.
36. D pr.CR. - 36. P 4FR.
37. C 2 D. 37. C5FD.
38. C pr. C. 38. D pr. C et gagne.

(1) Quel beau !


coup et par un joueur qui ne voit pas l'échiquier!

Gambit d'Allgaier.

Entre le prince OUROUSSOFF l'aîné et M. nJRN de Moscou.

BLANC (P. O.). NOIR (M.B.}.


1. P4R. 1. P4R.
2. P4FR. 2. Ppr. P.
3. CR3F. 3. P4Cit.
4. P4TR. 4. P5CR.
5. C5CR. 5. P4 D
6. 4
P D.
Cpr.PFR
6.
7.
P3TR.
Rpr. C.
7.
8. FDpr.P. 8. FD 3R.
9. P5R. 9. CR 2R.
10. F2R. 10. C3CR.
11. F pr. PCR. 11. C pr. FD.
12. Roque. 12. D pr. PTD.
13. Tpr. C,éch. 13. R2 C.
D8R,
14. D3FR. 14. éch.
15.
16.
R2 T.
F3TR.
15.
16.
D5TR,éch.
D2R.
17. T6FR.
Le N. abandonne.

On trouvera deux autres exemples de ce Gambit aux


nos 8 et 9 des Partiesamusantes.
DU GAMBIT DE lUUZIO.

C'est Salvio qui, en 1604, fit connaître le premier ce


Gambit. « Je dois parler, dit-il, d'une autre espèce de
Gambit non encore décrit, que me fit connaître le signor
Muzio, gentilhomme accompli et excellent joueur. » Depuis
ce temps on a donné à cette défense le nom de Gambit de
Muzio.
Nous avons vu, en parlant du Gambit d'Ailgaier, que le
B. attaqué au quatrième coup du N. par l'avance de son
Pion à la 5e case du Cavalier, peut porter son C qui est atta-
qué à la 5e du Cavalier ou à la 5e du Roi, et que dans l'un
ou l'autre cas le N. obtiendrait un avantage s'il jouait les
coups justes. Muzio imagina de faire le sacrifice de ce C
et d'obtenir ainsi une attaque, sinon irrésistible contre
le Noir du moins excessivement menaçante.

;
M. Staunton donne les coups suivants comme étant ré-
guliers de part et d'autre mais on comprend qu'ils présen-
tent un nombre immense de variantes :
B.* 1. P4R. r N. 1. P4R.
2. P 4FR. 2. P pr.P.
3.
4.
CR3 F.
FR4F.
3. P CR.
4. P 5CR.
4
5. Roque. 5. P pr. C.
6. D pr.P (m.). 3
6. D FR(m.).
7. P5R. 7. D pr.PR.
8. P3D. 8. FR TR.3
9; FD 2D. - 9. CR R.2
10. CD 3F. 10. CD 3 F.
11. TDcase R. 11. D 4 F, écli.
12. R case T. 12. CD 5 D.
13. T pr. C, éch. 13. Rpr. T.
14. C 5
D, éch. 14. R case D.
15. D TR. 5 15. DcaseFR.
16. D 4TR,
17. FDpr. P.
(di 16.
17.
P3F.
Fpr. F.
18. Tpr.F. 1 18. G3FD.
19. Tpr. PFR. 19. DcaseR.
Ilne
peut plus éviter le mat.
20. T8F,éch. 1 20. G R. 2
21. D pr. G,éch.etmat.

MM. Kling etHarrwitz ont publié une étude sur ce Gam-


bit, contre lequel ils ont cru avoir trouvé une défense effi-
cace (Chess-Studies, p. 229-244); d'après M. Heydebrand
cette défense ne fait qu'égaliser la
partie.

Exemple pratique du Gambit de Muzio. y"

Entre MM. ANDERSSEN et HEYDEBRAND.

BLANC (M. A.). NOIRS (M. H.).


1. P4R. 1. P4R.
2. P4FR. 2. Ppr.P.
3. CR3F. 3. P 4CR.
4. FR 4F. 4. P 5CR.
5. Roque. 5. P pr. C.
6. D pr.P. 6. D3FR.
7. P5R. 7. Dpr. P.
8. p3D. 8. FR3T.
9. FD2D. 9. C2R.
10. CD3F. 10. P 3FD.
11. R.
TDcase 4
11. D FD,éch.
12. RcaseT. 12. P4D.
13. D5TR. 13. D3D.
14. FRpr. PD. 14. Ppr. F.
15. Cpr. P. 15. CD3F.
16. T pr. CR, éch. 16. C pr. T.
17. T case R. 17. Roque.
18. Cpr. G,éch. 18. R case T.
19. C5D. 19.D3CR.
20.
21.
D4TR.
F3FD,éch. 21.
FD 3R.
20FD 3
R.
FR2C.
22. C 6 FR. 22. TD case FD.
23. Cpr.PTR. 23. Dpr.G.
24. F pr. F, éch. 24. Rpr. F.
25. Dpr. P. 25. D FR. 4
26. D 3CR,éch. 26. D CR. 5
27. D5R,éch. 27. P 3FR.
28. D6D. 28. TDpr.P.
Le B. abandonne.

On trouvera un autreexemple de ce Gambit au ne 10 des


Parties amusantes.

DU GAMBIT DE SALVIO.

Ce Gambit n'est qu'une variante de la défense ordinaire


du Gambit du Cavalier. On lui donne le nom de Salvio
parce que c'est cet auteur qui l'a proposé le premier. Il se
constitue ainsi:
1. P4R. 1. P4R.
2. P 4FR. 2. Ppr.P.
3. CR3F. 3. P 4CR.
4. FR4F. 4. P5CR.
5. C5R. 5. D 5T,éch.
6. Rcase F. 6. CR3F.
C'est ce sixième trait du Noir qui constitue le Gambit de
Salvio. Les auteurs enseignent qu'on peut le tenter sans dé-
savantage, bien qu'ils regardent comme plus sûr pour les
Noirs de jouer à leur sixième coup CR 3 T.

DU GAMBIT DE COCHRANE.

Ce Gambit n'est également qu'une variante pour la dé-


fense du Gambit du Cavalier; il ne s'écarte du Gambit de
Salvio qu'au sixième coup des Noirs, où celui-ci fait jouer
CR 3 F, tandis que Cochrane fait jouer N. 6. P 6 FR, il ré-
suite de ce coup des variantes nombreuses et
brillantes sur
lesquelles on peut consulter Jaenisch, tom. II, p. 234.

Eotempie pratique du Gambit Cochraeé.

Entre MM. HANSTEIN et HEYDEBRAND.

(iM.Han.). NOIR (M.Hey.).


BLANC

1. P4R. 1. P4R.
2. 4FR.
p 2. P pr.P.
3. CR 3F.
FR 3. P4CR.
55.
4. 4 F. 4. 5
P CR.

6.
fR 55R,R. F.
C 5. D5TR,éch.
6. P 6 FR.
case
7. ppr.P, 7. P D. 4
8. Fpr. P. S. CR3F.
9.Fpr.PFR,éch. 9. R2R.
10. P4D. 10. CD 3F.
11. FR4FD. P6CR.
12 2R.
13 PT
14.
r
CD3F(1).
11.
12.
13.
CR pr. PR.
C7FR.
pr. P. 14. Dpr.PCR(2).
15. T case CR. 15. D pr. C, éch.
16. Ppr.D. 16. C pr.D.
17. FD 5 CR, échi (3). 17. R 2 Di
18. TD pr. C, éch.
Le N. abandonne.

(t) Il est évidentqu'on ne peut pas pretidfè lé C.


pris la T, les donnaient échec par FD 5 CR et fai-
(2) Si la D avait B.
saient mat le coup suivant.
(3) Cecoup, tenu en réserve depuis longtemps par les
it, était pottf eux
puissante, bien dissimulée pendant cette courte et brillanta
une ressource
partie.
S 2. — DU GAMBIT DU FOU DU ROI.

« Il est très-difficile, dit Jaenisch, de faire compréfidrè"


non-seulement à un commençant, mais à toute personne
peu familiarisée avec le grand principe des Pions, quelavan-
tage l'attaquant peut avoir dans ce début, à renoncer volon-
tairement dès les premiers coups à la faculté de roquer, à
placer le Roi, sous les coups même de l'ennemi, sur une
ligne continuellement battue par la Dame, les pièces et les
Pions adverses, à une case où il resserre l'activité de sa pro-
pre Tour. Ce ne sont plus seulement les Pions de l'aile,

en avant dans ceGambit, comme dans celui du Cavalier le ;


gardes nécessaires du Roi, qui sont audacieusement poussés

Roi lui-même donne ici dès le début et participe activement


à l'attaque. Le véritable secret du Gambit du Fou, l'idée
fondamentale qui a fait naître et doit diriger toutes sescom-
binaisons, peuvent être exprimés comme il suit. Par suite
de l'acceptation du Gambit, les Pions du centre se trouvant
solidement établis et l'activité des pièces adverses convena-
blement resserrée, il s'agit avant tout de s'emparer du Pion
du Gambit. Or, la ligne d'attaque diagonale de là Dame de-
meurant libre dans le Gambit du Fou tant que le Cavalier
du Roi n'est pas sorti, la défense du Pion du Gambit de*-
viendra beaucoup plus laborieuse et le second joueur sera.
nécessairement obligé de venir donner l'échec de la Dame à
la cinquième case de la Tour, ce qui compromettra cette
pièce, l'éloignera du centre du jeu et exposera l'aile de la
Dame. D'ailleurs, la Tour du Roi étant très-nécessaire Sur
sa propre ligne dans l'attaque du Gambit, on peut fort bien
se passer de roquer, et le Roi même peut rendre des ser-
vices. D
Les premiers coups de ce Gambit, indiqués par Philidor,
rendront plus sensible la portée des observations de Jae-
nisch ; les voici :
J. P
2.
IR.
P4FR.
1.
2.
P4R.
Ppr. P.
3. FR4FD. 3. D5T,éch.
4. Rcase F. 4. P4CR.
(Observez combien sa Dame se trouve déjà resserrée et
éloignée de son côté de l'échiquier. On peut dire que toute
la théorie de ce début roule sur cette position.)
5. C3FR. 5. D4T.
6. P4D. 6. P3D.
7. P3FD. 7. 5
FD CR.
8. R2F. 8. CR3F.
9. D 2R. 9. CD2D.
10. PhTR. 10. Fpr. C.
11. Dpr. F. 11. Dpr.D.
12. Rpr.D. 12. P5C,éch.
13. Rpr. P. 13. FR 3 T, éch., etc.

Telle est la défense autrefois considérée comme classi-


;
que mais des études subséquentes ont démontré qu'elle
laissait beaucoup à désirer.
En effet, il est plus conforme à la théorie et plus utile
dans la pratique de sortir pour votre cinquième coup le
Cavalier de la Dame, pour attaquer l'aile affaiblie de la
Dame et de tenir en réserve l'attaque dela Dame par leCa-
;
valier du Roi si pour empêcher l'avance de votre CD l'ad-
versaire joue P 3 FD ou CR 2 R, Jaenisch prétend que
vous gagnerez infailliblement le Pion du Gambit, comme
il suit :
5. CD 3 F. 1 6.
5. P 3FD.
6. D3FR. P3 D.
7. P3CR.
(S'il avait joué N. 6. CR 2 R ou FR 2 C, vous auriez répondu
de même. )
1 7. D5CR.
8. P 33D.
P D. I
8 Dpr. D.
si.
9.
10.

6.
CR
CD

D
pr.D.
2R.

3FR.
6. FR 2 C ou CR 3
(Si N.
7. P 3CR.
8. P pro P.
1

1
9.

Vous gagnez le P du Gambit.


5.
6.
FR

CR
3 T.
2R.
CD 3 F.
C,jouez 7. P 3 CR.)
7.
8.
D3TR.
P pr. P.
9. P3D. 9. 3
CR C.
10. CR
11. P4D.
2
R (m.). 10.
11.
FR3D.
P3FR.
12. CD 5 D. 12. TR case FR.
13. P3FD.
Vous gagnerez le Pion du Gambit.

Les inconvénients qui résultent pour le N. de faire échec


avec sa Dame au troisième coup sont tellement graves,
qu'on a successivement proposé, pour remplacer cet échec,
P 4 D, coup préconisé par Lôwenthal — P 4 FR, coup
proposé par Gianutio et approuvé par Philidor — P 4 FD,
-
donné par Kiéséritzky CR 3FR, coup employé quelque-

:
fois par Morphy. Quant aux autres défenses proposées, sa-
voir P 4 CR— P 3 FD
FR2R- P3D, — F 4 FD-D 3 FR — P A TR—
on les regarde comme moins sûres que les
quatre premières. On comprend qu'il nous est impossible
d'entrer dans le détail des variantes presque innombrables
qui naissent de ces divers débuts. Nous devons nous bor-
ner à donner quelques exemples pratiques de ce beau
Gambit.

Exemples pratiques du Gambit du Fou du Roi.

Entre MM. JAENISCH et SCHOUMOFF, d'une part, contre le


prince DEMETRIUS OUROUSSOFF et M. MIKAILOFF,d'au-
tre part (1856).
BLANC (MM. J. et S.). 1 NOIR 0.
(Prince et M. M.).
1. P 4 R. 6
1. P 4R.
2. P4FR. 2 Ppro P.
FR4FD. 3. D 5T,éch.
3.
3
4.
5
6.
CR3
R case F.
P4D
F.
(2),
4.
5.
6.
CR

P 4D
F(1).
D 4 T.
(3).
7. P5R. 7. pPr- F.
8. Ppr.C. S. FD 3R.
9. Fpr. P. 9. C 3TD.
10.
11.
F5R. 10. TRcaseCR.
Ppr. P. 11. FR pr. P.
2D. Roque cô.D.
12.
13.P FD.
14. F3CR.
3
CD 12.
13. P 3FR.
14. TD caseR.
15. R2FR. 15. FR 3 T.
16. TR caseR. 16. P 4FR(4).
17. TR 5R. 17. D 2FR.
18. D2FD. 18. P 5FR.
19. F4TR. 19. C case CD (5).
20. TD caseR. 20. C D. 2
21. TR 2R. 21. C 3 CD.
22. R caséCR. 22. D 2CR.
23. CR 5R. 23 RcaseC.
24. CD3FR. 24. TDcaseFR.
25. CR 6 FD, éch. 25. P pr. C.
26. TR pr.F. 4 26. C D.
27. F 7 R. 27. TD FR. 4
28. TD 2R. 28. D 5CR.
29. P 3 TR(6). 29. D pr. PTR.
30. C3TR. 30. TD 2FR.
31. F58FD. 31. P 6FR(7).
32. TR R,éch. 32. R 2 CD.
33. C pr. P. 33. TR pr. PCR,éch.
34. TD pr. T. 34. F 6 R, éch.
35. TRpr. F. 35. Cpr.T.
Les Blancs abandonnent.

Les notes suivantes de M. Jaenisch offrentdes remarques précieusespour


l'étudedecedébut.
(1) Cette sortie du CR, après l'échec de la D, suivi du sacrifice du PD,
constitue la meilleure défense de ce Gambit, suivant le prince Ouroussoff.
(2) Coup nullement hasardeux, car les N. ne peuvent prendre le PRsans
déranger leur partie. La première faute faite par les Blancs dans cette
partie, a été de jouer B. 7. P 5 R, au lieu de F pr. P.
(3) Le coup justq.
(4) Par la judicieuse avance de ce P,les N. mettent leurs antagonistes
dans une position très-embarrassante.
(5) Quelque tardive que puisse paraître cette retraite du C, elle sert à ren-
dre la position des N. inexpugnable.
(6) Les B. étaient convenus de faire la manœuvre suivante qui leur au-
rait assuré une partie remise; mais, par une inadvertance inconcevable, au
moment de faire le coup convenu, ilsont cru obtenir un avantage par le
sacrifice du PTR et en jouant ensuite leur C à la 4e de la Tour, ce qui
ne pouvait réussir que contre des adversaires sans expérience. Voici la
variante qu'ils devaient jouer :
Position après le 28' coup des Noirs.

55.D R2FD.
29. 4TD.
30, D pr. PFD.
29.G6R.
80. C pr. PCR.
81.C5T.éch.déc.OU(A).
3t.F5 CR.
32. R2F. 32. D7CR,éch.
33. R case R. 33. C pr. C, éch.
34.RcaseD. 34.D8FR,éch.
35.C8R,éch.
36.Tpr.C. 36.D6D,éch.
37.RcaseF.
Les B. doivent gagner.

33.DRpr.
S!. R
Si. D.F. F.
case
CasA
34.Fpr.Fetgagne.
'-
I32. J
Variante A.
1 31. C 8 R, éch. déc. ou (B).
D pr. C, éch.
33.CCpr.
Variante B.
proD.

81.CC66R,
D..

éch.déc.
1 R,éch. dée.
32.Rcase T,R.
TCDcaseRCT.
33. TR7R.
S*.D5TR.
8339~
33.TRcaseFD.
34. CcaseCR. 34.D5CR,
UM6. TD pr. C.
35. 35. P pr. T (m.).
36.Fpr.F,etc.
17) Après ce coup le jeu des B. n'est plus défendable.
Entre MM. HARRWITZ et ANDERSSEN.

BLANC -(M. H.). NOIR (M. A.).

1. PAR. 1. P4R.
2. P4FR. 2. Ppr. P.
3. FR4F. 3. D 5T,éch.
4. R case F. 4. F 4FD(1).
5. P4D. 5. F 3 CD.
6. C 3FR. 6. D2R.
7. CD 3F. 7. CR 3F.
8. P5R. 8. C 4TR.
9. CD 5D. 9. D caseD.
10. P 4 CR. 10. P pr. P en'passant,
11. F5CR. 11. P FR. 3
12. Ppr. P. 12. Ppr. P.
13. C5R. 13. Roque.
14. D pr. C. 14. P pr. F, éch. dcc.
15. C 6 FR, éch. doub. 15. R 2 C.
16. D pr.
PTR, éch. 16. Rpr. C.
17. C 4 C, écb. et mat.

(1) Coup faible.

Entre MM. MORPIIY et ANDERSSEN.

BLANC (M. A.). NOIR (M. M.).

1. P4R. 1. P4R.
2. P 4FR. 2. Ppr.P.
3. FR 4F. 3. C 3FR.
4. P5R. 4. P4D.
5. F 3 CD. 5. C5R.
6. C3FR. 6. F5CR.
7. Roque. 7. C 3FD.
8. F4T(1). 8. P4CR.
9. Fpr.C,éch. -
9. P pr.F.
10. PhD. 10. P 4FD.
11. P3F. 41. F2R.
P4CD. 12. P pr.PC.
D3C.14.
12.
13. Ppr.P. 13. Roque.
14. T case CD (2)
15. P 3TD, 15. P4FD(3).
16. C3F. 16. Cpr.C.
17. D pr.C. 17. P pr.PC.
18. Ppr.P. 18. Fpr.P.
19. D3D. 19. P4TD.
20. P4T. 20. P3T.
21. Ppr.P. 21. Ppr. P.
22. P3CR. 22. T 3 CD.
23. T2TD. 23. 3
T CR.
2A. T2CR, 24. F6TR.
25. P6 R. 25. Fpr.T.
26. P pr. P, éch. 26. R 2 C.
27. Rpr. F, 27. D case FD (4).
28. C5R. T3T.

C.
28.
29. P pr. P. 29. TR case T.
30. P pr. P. 30. T 7 T, éch.
31. Rcase 31. T8T.éch.
32. R2 F. 32. TR7T,éch.
33. R3 R. 33. T 6T,éch.
34. C3 F. 34.
T pr. C, éch.
35. T pr. T. D pr. F, éch.
35.
Et le N. donne le mat en deux coups.

(1) Le meilleur coup. Le B. craignait sans doute l'attaque de F 4 FD, éch.


et le coup fait par lui semble être le seul pour l'éviter. S'il avait joué
P 4 D, le N. aurait pu prendre impunément le P, car le B. ne pouvait
prendre le C sans perdre sa D.
(2) Bon coup qui donne une forte attaque.
(3) Poursuivant l'attaque avec vigueur.
(4) Très-bon coup dont les effets se font sentir immédiatement.

On trouvera plus loin trois autres exemples du Gambit


du Fou aux Parties célèbres, nos 5 et 6, et aux Parties
amusantes,n°11.

§ 3. DU GAMBIT DU PION DE LA TOUR.

Ce Gambit ne peut s'adopter avec avantage, et une dé-


fense convenable fera promptement pencher la balance en
faveur de celui qui se défend ; les meilleurs coups pour le
N. paraissent être :
3. FR2R.
4. CR3F. 4. P3D.
5. PAD. 5. FD 5CR.
6. FDpr.P. 6. Fpr.PT,éch.
7. P3C(Y.var.A). 7. F 4CR.
Le N. conserve l'avantage du P do plus.

Variante A.

7. Tpr.F. r 7. Fpr.C.
8. Dpr.F. ) 8. Dpr.T,écli.

joueurs.
Le N. a gagné une qualité et un Pion. Nous ne donnerons pas
d'exemple de ce Gambit, qui n'est, pour ainsi dire,jamais pratiqué
entre de bons

CHAPITRE VI. — DU GAMBIT DE LA DAME.

Le Gambit de la Dame, moins vif et moins brillant que


celui du Roi, a sur lui l'avantage de pouvoir se faire sans

; ;
inconvénient; car celui qui le fait a la certitude de repren-
dre le Pion qu'il sacrifie au deuxième coup ce qui n'a pas
lieu dans le Gambit du Roi car, dans ce dernier, celui qui
sacrifie un Pion au début, en reste définitivement privé si
l'adversaire répond à son attaque par les coups justes.
la
Dans le Gambit de Dame, celui qui prend le Pion ne
doit donc pas essayer de conserver cet avantage par des ef-
forts qui seraient impuissants, sinon dangereux il doit se ;
;
borner à essayer d'empêcher les Pions de son adversaire de
s'établir fortement au centre de l'échiquier car tel est le
but auquel doit tendre celui qui faitle Gambit de la Dame.
Cette ouverture a été de tout temps, parmi les grands
joueurs, une manière favorite de commencer la partie.
Stamma d'Alep la vante comme la meilleure de toutes
d'où on l'aquelquefois appelée le Gambit d'Alep ou cl'A-
;
leppo. Ilexige un jeu très-correct; la plus légère erreur
ayant des conséquences fort graves, comme nous allons le
démontrer.
Commençons par exposer la série des coups regardés
comme les plus réguliers.
B. 1. P4D. N. 1 1.P4 D
2. P 4FD. 2. P pr.P.
3. P3R. (V.var.A.)
Ce trait, quoique condamné par les anciens auteurs, pa-

:
raît être pour le moins aussi bon que celui qu'ils enseignent,
savoir P 4 R.

3. P4R.
4. FRpr. P. 4. Ppr.PD.
5. Ppr. P. 5. CR3F.
6. CD 3 F. 6. FR3D.
7. CR3F. 7. CD3F.
8. Roque. 8. Roque.
9. P3TR, 9. P3TR.
La position des Blancs paraît un peu supérieure.

Variante A.

3. P4R. 1 3. P4R(M.).(Voy.et2«
écarts.)

Votre adversaire est assuré maintenant de rompre votre centre ;


s'il jouait, au contraire, N. 3. P 4 FR, vous auriez l'avantage en ré-
pondant très-correctement.

Premier écart.

À.
5.
P4P.TD.4.
PTpr.
1 3.
5.
P4CD.
P3FD.
PFpr.P.
6. P3CD. 6. FD T. 3
7. PCpr.P. 7. PCpr.P.
8. Tpr.F. 8. Cpr.T.
9. D 4 T, éch. 9. D 2 D.
40. D pr. C et gagne.

Deuxièmeécart.
3. P R.4
4. PDpr. P. 4. Dpr.D,éch.
5. Rpr.D. 4
5. P CD.
6. P4TD. 6. P3FD.
7. PTpr. P. 7. PFpr.P.
8. CD3F. 8. FD3T.
9. P3CD. 9. P5CD.
40. C5D. -10. RcaseD.
M.FD2D(m.). P6FD.
42. FRpr.F.-12. Cpr.F. H.
-13. F5CR,éch.
Vous devez gagner une pièce.
Si votre adversaire, au lieu des deux coups que nous ve-

I
nons d'indiquer, cherchait au troisième coup à soutenir le
Pion du Gambit, en imitant la défense du Pion dans le

:
Gambit du Roi, il perdrait la partie, comme nous allons le
démontrer
3. P3 R. 3. P 4 CD.
A. P4TD. 1
4. P3FD (v.var.A,
B).
5. Ppr.P. 5. Ppr.P.
6. D3FR.
Vous gagnez une pièce.

Variante A.
4. F2Dou3T.
5. Ppr.P. 5. Fpr.P.
6. P3CD. 6. D4D.
7. Ppr.P. 7. Fpr.P.
8. D4T,éch.
Vous gagnez une pièce.

VarianteB.
PCpr.P.
5.
6.
P.
FRpr.
D3FR. -
5.
1
5. FD2
FD 2 D.
D.
Le Noir perd sa Tour ou reçoit le mat en trois coups,
ce que l'é-
lève fera bien de vérifier en le cherchant (-1).

Exemple pratique du Gambit de la Dame.

Entre LA BOURDONNAIS et MAC DONNELL.

BLANC (La B.). NOIR (Mac D.).


1. P4D. l. P4D.
2. PUFD. 2. PprP.
P3R. P4R.
PF.
3. 3.
4. Fpr. P. 4. Ppr. P.
5. P. 5. CR3F.
6. CR3
7. Roque.
6. FR 3D,
7. Roque.
8. FD5CR. 8. P3TR.
9. FD 4TR. 9. P4CR(1).
10. FD 3CR. 10. FD5CR.
11. CD3F. 11. CD3F.
12. D3D. 12. R2C.
13. CR5R. 13. F pr. C.
14. Ppr. F. 14. C4TR.
15. C5 D. 15. Cpr.F.
16. Dpr. C. 16. F4TR.
17. P 4FR. 17. C4TD.
18. P3CD. 18. Cpr.F.
19. Ppr.C. 19. P3FD.
20. C6FR. 20. D5D,éch.
21. R case T. 21. F 3 CR.
22. TD case D. 22. D pr. PFD.
23.
24.
P 5FR.
C 7 D.
23. F2TR.
24. TR case D.
25. P6R. 25. P 3FR.
26. D 7FD. 26. TRcaseFD.
27. D pr. PCD. D4CD.
(1)
(1) lEp/bpKécMV-var-A
8.DD56F,
9. R,éch.
éch,etmat.
) 1
27.

6.
7.
8.
F2
R D.
3 FD.

R3D.
Variante A.
7,
8.D pr.PF,éch.
D1)FR,ech. J)
1 7.R2D.
7. R 2 D.

Et quelque chose que fasse le N. il sera mat au coup suivant.


28. TD case CD. 28. D pr. D.
29. TDpr. D. 29. Rcase T.
30. C pr. PFR. 30. F case CR.
31. TR case D. 31. TR case D.
32. TR7D. 32. TR pr.T.
33. Tpr.T. 33. P 5CR.
34. R case C. 34. P 4 TD.
35. P7R.
Et gagne la partie.

On trouvera un autre exemple du Gambit de la Dame au


n° 7 des Parties célèbres,

(1) C'estune grave imprudence de découvrir ainsi son Roi, et surtout


au début de la partie. télève ne devra pas l'oublier, et il trouvera dans la
partie actuelle un exemple frappant des funestes conséquencés qui en ré-
sultent.

CHAPITRE VIt. DES - GAMBITS REFUSÉS.

Nous avons déjà dit, à la page 138, que toutes les fois
qu'un joueur essaie de faire un Gambit en sacrifiantun de
ses Pions, son adversaire est libre de ne pas accepter ce
Pion et de se répéter le vieil adage uTimea Danaos et dona
ferentes. » C'est le parti que les plus forts joueurs pren-
nent quelquefois dans les Gambits du Roi, malgré l'avis
des théoriciens, qui prétendent qu'une défense irréprocha-
ble conservera au second joueur l'avantage du Pion. Quant
au Gamhit de la Dame, il est certain que le second joueur ne
peut conserver l'avantage du Pion, et, par conséquent, il
est plus sûr de ne pas accepter ce Gambit.

DU GAMBIT DU ROI REFUSÉ.

Les coups les plus réguliers, après le refus du Gambit du


Roi, sont, d'après M. Heydebrand :
1. P4R. 1. P4ft.
2. P 4FR. 2. P4D.
3. PRpr.P. 3. P R.5
4.-P3D. 4. Dpp.P.
5. CD 3 F. 5. FR 5 CD.
6. D2D. 6. D3R.
7. Ppr.P. 7. Fpr.C.
8. F.
Dpr.
R2F.
8. Dpr.P,éch.
9. 9. CR 3F.
10. 3D.
FR 10. D FD.3
11. Dpt.D. 11. Cpr.D.
12. C3F.
Partieégale.
Staunton conseille au N., pour son deuxième coup, FR
4F, et alors B* 3. CR 3 F, etc.
SiN.
SiN.
2.
2.
P3D. — B. CR
CR 3
F. — B.
3. 3
3.Ppr.
PR.
toïl FR 4
SiH. 2. F.B.
3 B.ai 4
CD 3 3. CR 3F.
Si 2. P FD. P D.
SiN. 2. D 3
FR.—B. 3.P3D. :

Exemple pi-atique du Gambit du Roirefusé.

Entre MM. SCHULTEN et KOLISCII.

BLANC (M. S.). NOIR (M. K.).


1. P4R. 1. P4
R.
2. P4FR. 2. P4
D.
3. PRpr. P. 3. P 5R(1).
4. CD 3 (2).
F 4. CR 3F.
5. P3D. 5. FR CD.5
6. FD2D* 6. P6
R.
7. Fpr.P. 7. Roque.
8. CR2R. 8. TcaseR.
9. F2D. 9. Fpr.C.
10. Fpr.F. 10. Cpr.P.
11. D2D. 11. C6R.
12. F 5 R. 12. Cpr.F.
13. Tpr.C. 13. P3FR.
14. F3FD. 14. F5CR
15. T2FR. 15. D4D.
16. Rcase F. 16. C 3FD.
17. P3TR. 17. Fpr.P.
18. Ppr.F. 18. Tpr.C.
19. Rpr. T. 19.Tcase R, éch.
20. F5R. 20. Cpr. F
(3).
21. D3R. 21. R2F.
22. D3CR. 22. C5FD,éch.
23. R case F. 23. D 8 TR, éch.
24. D case C. 24. D pr. P, éch.
25. T2CR. 25. C7D,éch.
26. R 2 F. 26. D 6 F, éch. et mat.
On trouvera un exemple brillant du Gambit du Roi re-
fusé au n° 12 des Parties amusantes.

(1) Ce coup est reconnu comme étant préférable à la prise du Pavec la D.


(2) Dans une partie jouée au tournoi de Londres entre deux grands théo-
riciens, MM. Jaenisch et Staunton, le premier choisit ce même coup; mais,
depuis cette époque, il a été établi que FR 5 CD, éch. était plus avanta-
geux.
(3) Bien mieux joué que de prendre avec le P.

DU GAMBIT DE LA DAME REFUSÉ.

coups pour refuser ce Gambit


seillent :
:
Les théoriciens ne sont pas d'accord sur les meilleurs
Jaenisch et Staunton con-

1. P4D. I1 1. P4D.
2. P 4FD. 2. P3R.
Ponziani, avec toute l'école italienne, conseille N. 2. P

:
4 R. — L'élève se guidera dans les premiers coups de cette
partie par ce principe fondamental, à savoir que celui qui
offre le Gambit de la Dame cherche à établir fortement ses
Pions au centre et que le jeu de l'adversaire doit être con-
duit de manière à s'y opposer.
Exemple pratique du Gambit de la Dame refusé.

Quinzième partie du grand Match entre la France, repré-


sentée par M. SAINT-AMAND, et l'Angleterre, représentée
par M. STAUNTON (1).

BLANC (M. St-A.). NOIR (M. St.).


1. P4D. 1. P4D.
2. P 4FD. 2. P3R.
3. CD 3 F. 3. CR3 F.
4. CR 3 F. 4. P3TD.
5. P 5FD. 5. FR2R.
6. 5
FD CR. 6. Roque.
7. P3R. 7. P3CD.
8.P 4 CD. 8. 2
FD CD.
9. FD pr. C. 9. FRpr. F. fi
10. FR3 D. 10. P4
TD..
11. P3TD. 2
11. C D(2).
12. PFDpr. P. 12. PF pr.
P
13. Roque. 13. D R 2 (3).
14. D3CD. 14. P pr.P.
15. P pr. P. 15. TR caseFD.
16. F 5 CD. 16. C caseFR.
17. TR case FD. 17. C CR.3
18. F2R. 18. D caseD.
19. C5CD. 19. F2
R.
20. CR case R. 20. F 3 TD.
21. P 4FR.
22. R 2F.
21. C TR.5
C4
FR
22.
23. CR 3F. 23. Fpr.
CD.
24. TD pr.TD. 24. Tpr. TD.
25. F prF. 25. C D. 3
26. F 3D. 26. Ph
CD.
27. C5 R. 27. C FD.5
28. C6FD. 28. D D. 3
29. C pr. F, éch. 29. D pr. C.
30. F pr. C (4), 30. PD pr. F.
31. D2CD. 31. T TD. 5
32. T case CD. 32. D TD. 2
33. D 2FD. 33. P3CR.
34. P TR.4 34. D2R.
35. T case TR. 35. D pr. PCD.
36. D R 4 (5). 36. D7CD,éch.
37. R3 C. 37. T 7TD.
38. TcaseFR. 38. P CD. 5
39. D7C. 39. P TR. 4
40. R 3T. 40. P FD. 6
41. T case CR (6). 41. D 7 FR.
42. D 8 CD, éch. 42. R T. 2
43. Dpr.PR,éch.
43. D8FR.
44. P 3CR. 44. T TD(7).2
45. Tcase TD. 45. Dpr.PD(8).
46. Tpr.T. 46. Dpr.T.
47. D pr. PCD. 47. D 8 CR (9).
A8. D 7 CD. 48. R C. 2
49. D4 R. 49 D 4FD.
50. DcaseR. 50. P 7FD.
51. D case TD,éch. 51. R 2 T.
52. D case FD. 52. D 4 FR, éch.
53. R2 T. 53. D6D.
54. P5FR. 54. D7R,éch.
55. R3 T. 55. D8D.
56. Ppr.P,éch. 56. Ppr. P.
Le Blanc abandonne (10).

(1) Ce
:
matrh lut joué à Paris; il commença le 14 novembre 1841 et se
termina le 20 décembre. L'enjeu était de cinq mille francs celui desdeux
joueurs qui serait parvenu le premier à gagner onze parties devait êtr3
proclamé vainqurur. Il y eut vingt et une partes de jouées, dont onzp fu-
rent gagnées par M. Staunton, six par M.SaiLlt-Amand tt quatre rrmis..s.
(2' Menaçât de gagner un P en p"enant le FFD.

e
rait perd, unPauN.,car :
(3) P 4 R. à l'air don b n coup au premier abord, mais en réalité il fe-

43.P4R.
14.Ppr.P. 14.Cpr.P.
15.Cpr.G. 15. Fpr.C,
16.Fpr.hTR,éch. 16 Rpr.F(m.),
17.D5T.éch. 17. RcaseG.
18.DprF,etc.
(4) En prenant ca G. on passera un Puni dps plus dangereux: mais en
«
ne prenant pas, le PCD, n'ût pas tardé a être forcé, ce qui ,"tait tout aussi
mauvais; la partie, jusqu'alors égale, a dnpuis qujlques coups pris une
teinte bi6n sinistre pour les B.. (SAln-AMANo,)
(5 A pirtir de ce coup M. Saint-Ainand joue admirablement bien ;
Mu un jeu des plus corrects de la part des N, pour l'tmpêcher d'arriver à
il a

fauve partie remise,


(6) Sans ce coup le N. aurait pris au coup suivant le PCR avec la D, sa-
crifiant ainsi la D et la T pour une D, mais assuré de gagner facilement
au moyen de ses deux Pions passés.
(7. S'il avait pris la T,le B. faisait partie remise au
moyen d'un échet
perpétuel.
(8)Encoreici,iln'oseprendrelaT.
(9)Menaçant de faire mat au coup suivant.
00) On a tenu une note exacte et fortcurieuse du tempsemployé en fai-
sant cette partie. Sa durée totale a été de sept heures.

57
Tableau du temps employé à réfléchir sur quelques coups
par chacun
deséoueuri.

coup.
8
911
BLANCJM. S.-A.).

-
minutes.
10
55
coup.
8
NOIR (M. S.).
minutes.
15

1030
9 10 8
6 11 8
11 25 12 io
16
l
17
1\9
57 14
18 5U
6 19 8
20 20
21 15 21
82 10 85 5
33 10 37
84 20

- -
37 7
88 10
40 10
54 10
17 176 12
---.
120

CHAPITRE VIII. —DES OUVERTURES DITES IRRÉGULIÈRES.

L'usage a prévalu de donner le nom fort impropre d'ou.


vertures irégulières à tous les débuts qui ne peuvent S8
Classer parmi ceux que nous venons d'exposer. Les débuts,
dits irréguliers, sont furt nombreux, et parmi eut s'en
trouvent de très-importants, aussi conformes à la théorid
que les débuts réguliers proprement dits ils sont em- ;
ployés par les plus grands joueur dans leurs luttes le* plu$
Sérieuses,
pfinc!paux lont ;
iȔ
x

K8
P-.
gL'ouverturefrançaise.•
L"

2. L'ouverture sicilienne.-1
P4
II 4.1
1)4R.
P ;3 H.

Il»
, VU.
g 3. Le début des Pions du centre, im-

cent-re
proprement appelé Gambit du

re. A.-
P 4 R. P 4 D.
2.
P4R. 1)
g 4. Le début des Pions du centre, im-
proprement appelé contre-Gambit
du
d cen t J
P 4 R.

K3 C
5.
Dame.
'b du
L début
Le
P4K.»
d C de
d la
1
P 4 D.
P 4 R.
2.
CD 3 F. F

:Enfin les Fianclietti, savoir


g6.LeFianchettoduRoip4.
4
<85 7. Le Fianchetto du R dans la défense.
R
1.P3CR.
8.
g S. Le Fianchclto de la Dame. 4 FD.
P

-
p IR.
r. 9. Le Fianchet'o de la
Fianchetto D dans la défense. 1.
IliCi).

1. - DE î
L OUVERTURE FRANÇAISE 1. P 4
P3R.
n.

Nous avons vu que les auteurs qui ont écrit sur la théorie
des ouvertures, n'étaient pas d'accord sur la meilleure dé-
fense à adopter contre la sortie du Cavalier du Roi au
deuxième coup. La même différence d'opinion a lieu à l'é-
gard du début qui nous occupe. Jaenisch le regarde comme
celui qui neutralise le
plus promptement l'avantage du
trait, et il dit qu'il constitue une défense plus sûre que
P 4 R. Ponziani, la lumière de l'école italienne, condamne,
au contraire, ce coup. « Quelques joueurs, dit-il, font la
faute (llSallO ma/ameute) de n'avancer les Pions que d'un
seul pas au commencement de la partie, croyant la défense
plus sûre dans un jeu serré et compacte, sans prévoir les
graves inconvénients qui en résultent. Les écrivains ne »
sont d'accord que pour constater que, dans cette ouverture,
les Rois étant peu exposés, la partie est languissante.
-
(Jaenisch, I, 16. Ponziani, p. 97. — Slaunton, Hand-
book, p. 368, etc. )
Dans les matchs, les joueurs timides adoptent assez sou-
vent cette ouverture dans la crainte de se lancer dans les
combinaisons compliquées des ouvertures plus dégagées, et
surtout dans celles des Gambits.
Les coups réguliers sont :
1. P4R. 1 2.
1. P3R.
2. 4 D (M.).
P P4D.
3.Ppr. P.
:
C'est le coup juste si vous jouiez P 5 R, votre adver-
saire aurait l'avantage. (Voyez variante A.)
3. Ppr.P.
A. P 4FD. 4. Ppr.P.
5. FRpr. P. 5.FR3D.
La partie est égale.

P5 5R.
Variante A.
3. 1 3. P4FD.
4. F CD, éch. 4. CD 3 F.
5. Fpr.C,éch. 5. Ppr.F.
Au lieu de prendre le C, vous auriez pu jouer S. P 3 FD, mais
votre adversaire aurait eu l'avantage également.
6. P3FD. 6. D3CD.
7. CR3F. 7. FD3T.
8. CD2D. 8. Ppr.PD.
9. Ppr.P. 9. P4FD.
HO.C CD. 3 -10. Ppr.PD.
M. CRpr.P. M. FR5C,écho
CR2R.
12. F2D. -12.
-13.CR2R. -13. C3FD.
14. P4FR. U. D6R.
-15, CD case F. -15. Roque cô. R.
Le N. a une supériorité évidente,
Dans le tournoi entre les clubs d'Échecs de Paris et de
Westminster, les coups furent :
B. (Westminster). N. (Paris).
1. P4R. 1. P3R.
2. P4D. 2. P4D.
3. Ppr.P. 3. P pr. P.
4.
5.
CR3F.
FR3D.
4.
5.
3
CR
P4FD.
F.
6. D 2 R, éch.
Manœuvre imprudente, à la suite de laquelle Westmins-
ter perdit la partie.

Exemples pratiques de Vouverture française.

Entre le prince DEMETBIUS OUROUSSOFF et M. MIKIIAÏ-


;
LOFF, d'une part contre MM. JAENISCH et SCHUMOFF,
d'autre part.

BLANC (Pr. 0. et M. M.). NOIR (MM. S. et J.).


1. P4R. 1. P3R.
2. P4D. 2. P4D.
3. Ppr.P. 3. Ppr. P.
4. 3F.
CR 4. CR3F.
5. FR3D. 5. FR3D.
6. Roque. 6. Roque.
7. FD3R. 7. P 3 CD.
8. CD2D. 8. FD CD.2
9. CR 4T. 9. P 4FD.
10. P3FD. 10. D2FD.
11. P 4FR. 11. 3
CD FD.
12. TD case FD. 12. TD case R.
13. D FR. 3 13. FD case FD.
14. P TR. 3 2
14. TD R.
15. TR case D. 15. TR case R.
16. CD case FR. 16. P5
FD.
17. FR FR. 5 17. P3
TR.
18. P4CR. 18. C R. 5
19. FRpr. F. 19. Dpr. F.
20. CR5FR. 20. 3
TD R.
21. TD 2FD. 21. 2
F FD.
22. TD2CR. 22. TD 3FR.
23. FcaseFD.
CD3R.
23. CD2R.
24. 24. D2D.
25. TD2R. 25. CD CR. 3
26. CD pr. PFD. :
26. F pr. PFR (1).
27. F pr. F. 27. CD pr. F.
28. Dpr.CD. 28. C CR. 4
29. Tpr.T,éch. 29. Dpr.T.
30. D case FR(2). 30. P pr. C.
31.
32.
P4TR.
D 2 CR
31. D R 5
32. C 6 FR, éch.
33. R 2 F (3). 33. D 7 FD, éch.
34. Rpr. C. 34. D pr. T, éch.
35. R3C. 35. P CR. 3
36. Cpr.PT,éch. 36. R T. 2
37. C5FR (4). 37. Ppr.C,
Les B. abandonnent.

(1) Ce coup imprévu par les B., qui croyaient gagner un Pion, décide la
partieenfaveurdesN.
(D Position après le 29e coup des Noirs,

:
81.
P4TR.
Il aurait mieux valu jouer
80.D3R.
32 CD5R.
1 80.T3R.
32. 2FR.
P3
31. C FR.
33. D 3 FR. 33. P pr. C, etc.
Néanmoins les N auraient encore une grande supériorité de position.
(NotedeJaenisch.)
M. Staunton suargère la variante suivante
R. éch,
PTR.
30. C pr. PT
go. éch.
:
30. P pr. C ou variante (A).
31. Ppr
1
31.Dpr.
32. D case FR.
T. P Pr CC(M.).
(M.).
32. D 6 R, éch.

I
33. R2T.
Les B. ont meilleur jeu que les N.
* Variante A.
30.TprC.
31.
1.
3X.DSR.
pr
J)ntH'. C.
I1
P pr.
31. P pro G.
G.

Le jeu des B. parait aussi bon que celui des N.


(3) Coup forcé, car
Si 33. R case T.
: alors 33. T pr. C. etc.
Si 33. R case F. alors 33. T 3 CR, ou D pr. PCR.
(4) Si P5 CR, ils perdent leur Dame.
On trouvera un autre exemple de cette ouverture parmi
les Parties célèbres, no 8.

§ 2. — DE L»OUVERTURE SICILIENNE
p4B.

Cette manière de commencer mérite une attention parti-


culière. « Je suis, dit Staunton, de l'avis de Jaenisch et des
auteurs allemands, que c'est la meilleure réponse possible
au coup d'ouverture de P 4 R, car elle met le prefaier
joueur dans l'impossibilité de consolider son centre et em-
pêche toutes les attaques. »

;
Il y a cinq manières de poursuivre la partie lorsqu'elle
commence ainsi les voici avec leurs suites probables :
Première manière.
1. P4R. 1. P4FD.
2. P4 D. 2. Ppr.P.
3. Dpr.P. 3. CD 3 F.
4. DcaseD. 4. CR3F.
5, CD3F. 5. P3R.
6. FD5CR. 6. FR 2R.
La partie est égale.
Deuxième manière.

2. CR 3F. 2. P3R.
3. P4D. 3. P4D.
4. Ppr.PD. 4. PRpr.P.
5. P4FD. 5. Ppr.PD.
6. Ppr.PD. 6. Dpr.P.
7. D pr.P. 7. Dpr.D.
8. Cpr. D. 8. FR 4 F.
9. C3CD. 9. F 3 CD.
10. F 4FD. 10. CR 3F.
11. Roque. 11. Roque.
La partie est égale.

Troisième manière.

2. P4FR. 2. CD 3 F.
3. CR3F. 3. P R. 3
4. F2R. h. P D. 4
5. P3D. 5. Ppr.P.
6. Ppr.P. 6. Dpr.D,éch.
7. Fpr. D. 7. CR 3F.
8. CD 3 F. 8. FD D. 2
9. FD 3R. 9. Roque.
La partie est égale.

Quatrième manière.

2. P 4FD. 2. P3R.
3. CR3F. 3. CD3F.
h. CD3F. 4. 3
P CR.
5. P3D. 5. F2CR.
6. F2R. 6. CR2R.
Les Noirs ont une supériorité marquée.

Cinquième manière.
'): P4 CD. l 2. Ppr.P.
3. P4D. 3. P4D.
4. p5B. 1 4. FD4F.
5.
5. P3TD. Ppr. P.
6. FD pr. P. 6. CD3 F.
Vous avez perdu un Pion sans équivalent.

Exemple pratique de l'ouverture sicilienne.

Entre MM. ANDERSSEN et B. SUHLE, de Cologne.

BLANC (M. S.). NOIRS (M. A.).


1. P4R. 1. P4FD.
2. CR3F. 2. P 3R.
3. P4D. 3. P pr. P.
4. Cpr. P. 4. P3TD.
5. F3D. 5. CD 3F.
6. F 3 R. 6. CR3F, -
7. Roque. 7. F 2 R.
8. P 4FR. 8. P4D.
9. P5R.
10. CD 2 D.
9. CR D.2
¡ 10. F 4 FD.
11. P3FD. 11. D3C.
12. CD 3FR. 12. P 4FR.
13. P4CD. 13. Fpr. C.
14. Cpr. F. 14. C pr. C.
15. F pr. C. 15. D2F.
16. P 4 CR (1). 16. C case FR.
17. F5FD. 17 P3CR.
18. Ppr. P. 18. PC pr. P.
19. R case T. 19. D 2 FR.
20. Dcase R. 20 C3.C.
21. P4FD. 21. Ppr.P.
22. F pr PFD. 22. F 2 D (2).
23. F 2 R. 23. F 3 F, écb.
24. F 3FR. 24. D2D.
25. D3CR. 25. Roque cô.D
26. TD case FD. 26. TR case C.
27. D2FR. 27. C5TR (3).
28. FD 6D(4). 28. Cpr. F.
29. D pr. C. 29. TD case R.
30. P5CD. 1 30. Ppr. P.
31. TRcase D. 31 D FD(5).2
32. TU 5D. 32. D 3 CD.
33. TR 3D. 8
33. T CR,éch.
34. TD pr.T. 34. Fpr. D,éch.
35. TR pr F. 35. D 3F.
36. TD 3C. 36. P5
CD.
37. R2C. 37. P 4
TR.
38. Fpr.PCD. 38. P 5
TR.
39. TD 7C. 39. Reilse C.
40. F6D,éch. 40. R T. 2
41. TD 7FD. 41. D R. 5
42. TD 3 F. 42. P 4 CD.
43. T 3 TD, éch. 43. R 3 C.
44. R 3 T. 44. T case FD.
45. TD 3R. 45. D 4D.
46. PhTD. 46. T7FP.
47. Ppr. P. 47. D7TD.
48. Rpr. P. 48. Tpr.P,éch.
49. R5C. I
49. DcaseTD.
LeN. gagne la partie.

(1)
aurait été probablement :
Le B, aurait pu jouer avec avantage 16, D 5

16.P3CH.
TR, éch., dont la suite

17. 6
17.DD 6TR.
TR.
18. P 4 TD, avec l'avantage de la
1
17.
position.
case
(2) P 3 CD, uivi de F 2 CD, éch., aurait donné une belle attaque à M. A.
(3)Bien imaginé.
14) S'il avait pris le C, il perdait la partie, car : «

28. D pr. C 28. F pr. F, éch.


29.TRpr. F.
30.FcaseCR,éch.déc.
t1
I
29.D8D,éch.
(
SiB.30. Tpr.D. LeN. donne le mat en deux coups,)

t.
Bi.DDS2FD,
FR.éch.
I30.Dpr8pr.TD.et
l
t
31.T D.
32.D D gagne.
(5) A partir de ce coup la partie devient extrêmement intéressante. -'

Trois autres exemples de cette ouverture se trouvent


parmi les Purliesamusantes, nos 13, 14 et 15.
S 3. — DU DÉBUT DU PION DU CENTRE.

IMPROPREMENT APPELÉ LE GAMBIT DU CENTRE.

D'après la définition que nous avons donnée du mot Gam-


bit, à la page 137, on ne peut appliquer cette désignation à
l'ouverture actuelle, attendu que si le N. prend le Pion que
vous lui abandonnez, vous pouvez lui en reprendre un au-
tre à l'instant même.
:
1. P4
2. P4D.
R. 1 3.
Voici les coups réguliers de cette ouverture
1. P R.
2. Ppr. P(M.).
4
3. FR 4 F (v. var. A). FR 5 C, éch.
Le coup juste d'après Jaenisch.
4. P3 F. 4. Ppr.P.
P
5. Ppr. (coup juste). 5. D FR(M.) 3
6. D 3 CD (M.). 6. F FD. 4
7. CR3 F. 7. P D. 3
8. Roque. 8. P TR (M.). 3
9. Tcase R. 9. CR R. 2
Le N. a une bonne position et un Pion de plus.

Variante A.
3. Dpr.P. 1 3. FR
4. CD 3 F.4F.
4. DcaseD(M.). F R 4 F.
Vous avez perdu des temps, car votre adversaire a déjà sorti deux
pièces tandis que les vôtres sont à leurs cases.
5. FR4F(voy.var. B). 5. CR3F.
6. CI) 3 F. 6. D2R.
7. FDSCR(mal). 7. FRpr.PF,éch.
S. Rpr. F. 8. D4FD,éch.
9. Rcase R. Dpr.F.
9.
II a un Pion de plus et meilleur jeu.
Variante B.
5. CR 3F. 1 5. CR 3F.
Si vous jouiez maintenant FD 5 CR, vous feriez la même faute
que ci-dessus; si vous défendiez le P par CD 3 F, le N répliquerait
par C 5 CH, et vous perdriez un P pour le moin.;. Vous jouerez
donc FR 3 D, et votre position,sans être mauvaise, sera néanmoins
inférieure à celle du Noir.

Exemple pratique deCouverture des Pions du centre.

Entre M. SAINT-AMAND, d'une part, et MM. DEVINCK,


WILLERMET, BENOÎT et DELONDRE, d'autre part.

BLANC (les Confédérés). NOIR (M. St-A.).


1. P4R. 1. P4R.
2. P4D. 2. Ppr.P.
3. FR4F. 3. CR 3 F.
4. CR3F. 4. CD 3F.
5. Roque. 5. FR 2R.
6. Cpr.PD. 6. Roque.
7. CD3F. 7. FR4F.
8. FD3R. 8. CD4R.
9. FR3CD. 9. CR5CR.
10. FD4FR. 10. P3D.
11. P3TR. 11. CR3FR.
12. FD3R. 12. P3FD.
13. P4FR. 13. CD3CR.
14. D3D. 14. P4TD.
15. P 4TD. 15. CR4T.
16. CD 2 R. 16. D case R.
17. P 4CR. 17. CR3FR.
18. CD3CR. 18. P 3 CD.
19. P5CR.- 19. CR2D.
20. CRpr.PFD. 20. F 3TD.
21. P4FD. 21. P4D(1).
22. CR 4 D. 22. P pr. PFD.
23. F pr. PFD. 1 23. CR 4 R.
24. PFpr. C. 24. CD P. pr.
25. F 5 CD. 25. Cpr. D.
26. Fpr.D. 26. TRpr. F.
27. TR 3FR. 27. C4R.
28. TR 4 FR. 28. TD case D.
29. CR FR. 5 29. C6D..
30. F pr. F. 30. Cpr. T.
31. Fpr.PCD. 31. TD 7D.
32. Fpr PTD. 32. Gpr.P,éch.
33. R case T. TD pr. P.
33.
34. CR pr PCR. TRcaseFD.
34.
35. CR 5FR. 35. TR FD. 7
36. CR 6 T. éch. 36. R case F.
37. CR 4C. 37. C pr. P.
38. T case D. 38. F 6 D.
Les B. abandonnent.

(1) Cecoup extraordinaire décide du sort de la partie, il est


joùê demain

P
de maître et profondément combiné. Ce petit Pion, sans soutien, avance
étant en prise de trois pièces dont aucune n'ose le prehdrè.
(Note de M. Saint-Antand)

On trouvera deux autres exemples de cette ouverture


aux nos 16.et17 des Parties amusantes.

§ 4. — DU DÉBUT DES PIONS DU CENTRE, IMPROPREMENT

APPELE CONTRE-GAMBIT DU CENTRE


1 „1.
P 4 R.
4 D.

On regarde cette ouverture, qui est rarement employée,


comme désavantageuse pour le second joueur. Les coups
réguliers paraissent être :
P4R. 1. P 4 D.
1.
2. P pr Il(M.)
3. F5CD,éch.
- 2.
3.
CR 3F.
F 2 D.
4. FR 4FD. 4. F 4FR.
5. CD 3 F. 5. P 3FD.
6. Ppr. P. 6. CDpr.P,
7. P D. 3
Vous avex ravQntase.
Exemple pratique de ce début.

Septième partie du Match entre MM. A.


DE RIVIÈRE et
JOURNOUD (1).

BLANC (M.deR.). NOIR (M. J.).


1. P4R. 1. P4D.
2. PPr- P. 2. Dpr. P.
3. CD 3 F. 3. D rase D.
4. P4D. 4. P3R.
5. FR 4F. 5. FR3D.
6. CR3F. 6. P 3TR.
7. FD3R. 7. CR 3F.
8.
9.
P 3 TR.
P 4TD.
8. P3 TD.
9. CD 3 F.
10. Roque. 10. CD 2 R'.tJ
11. Ftl3D. 11. P 3 CD.
12. CD 4R. 12. C pr. C.
13. F pr. C. 13. TD case C.
14. D2 R. 14. Roque.
15. FR3 D. 15. 4
P TD.
16. C 44FR.
TR. 16. FRP4 (2)
17. P
C6CR.
17. C D. 4
18. 18. Cpr.F.
19. Dpr.C. 19. TR 3F.
20. C h
T. 20. FD C. 2
21. TD case R. 21. P 4 FD.
22. P 3FD. 22. Rcase T.
23. F4FD. 23. Ppr. P.
24. Ppr. P.
T2R.
24. FR CD. 5
25.
C3F.
25 FD R. 5
26.
5 CD. 26. FD D. 4
27. F 27. F C.pr
28. TRpr F. 28. D FD. 2
29. D3CD. 29. D R. 2
30. F 4FD. 30 D 3D.
31. TD pr. PR. 31. D pr. P, éch,
32. R case T. 32. F FD. 4
33. TR case FR. 33. TD case FR.
34. D2FD. 34. 4
P CR(3).
35. Ppr.P. 35. Ppr.P.
36. D2R. 36. R C.2
37. P 3 CD. 37. P5
CR.
38. Tpr.T. 38. D pr.T.
39. F3D. 4
39. D CR.
40. D2CD,éch. 40. R C.3
41. D5R. 41. P pr. P.
42. Ppr.P. 3
42. T FR.
43. D5D. 43. D T.4
44. Fpr.P,éch. 44. R T. 3
45. D 8CR. 45. T FR(4).2
46. D8TR,éch. 46. R C. 4
47. Rpr. D.
47.
48.
49.
D pr. D, éch.
F 4CR,
F 5 T, éch.
éch.48.R3C.
Les N. abandonnent.

(1) Ce match eut lieu à la fin de l'année 1859 et ne fut pas terminé. Au
moment de l'abandon. M. A. de Rvière avait gagné neuf parties, M. Jour-
noud quatre et il y avait deux parties remises.
(2) Pousser le P de dpux pas sur le C n'aurait rien valu. Bien certaine-
ment ce coup est entré dans les prévisions des B. lorsqu'ils ont joué leur C
à
à la 4e case de la T, et comme ils connaissent trop bten le prix d'un temps
pour s'être exposés une reculade, ils sonttout à fait décidés à sacrifier
cette pièce, dans lecas où elle serait attaquée parle P. Or, de ce sacrifice
:
résulterait infailliblement pour eux te gain de la partie, si lesN. avaient
la faiblesse de se laisser tenter par cet appât. Supposons

17.Dp33T.
n. T.
18.FDpr.PTR.
1
17.17.Ppr.C.
16.P4CR.
P pre C.
et les B. ont une position assurée de gain.
(3) En jouant ce coup les N. se laissent séduire par une attaque bien
dangereuse et qui va leur coûter la partie C'st là ce qui arrive le plus
souvent lorsque, dans une position de graude égalité comme celle que pré-
sente ette partie, l'un dçs joueurs veut brusquer le succès. Ilest rare qu'il
ne laisse pas à découvert quelque point vulnérable qu'un adversaire ha-

:
I
bile sait saisir et où il frappe à coup sûr.
(4) Il ne reste plus de ressource si
1 45.Tpr.F.
46. D 6 R, éch. et gagnent.
I 41D2FR.
Si46.
46.DD
48. 8T.T.éch.
R flch, R4C.
C.
H 4
47. P 4T,éch.etmat.
§ 5. — DU DÉBUT DU CAVALIER DE LA DAME.

Ce début, qualifié debizarre par Jaenisch, est rarement


pratiqué. En l'adoptant, vous renoncez à
toute attaque et
vous embarrassez la marche du Pion du Fou de la Dame
auxiliaire si utile pour l'établissement de Pions du
cen-
tre. Les coups les plus réguliers dans cettevos
sent
1.
2.
3.
5.
4.
être:
P 411.
CD 3FD.
CR 3
FR 4F.
F. 2
i
FR
3.
ouverture parais

p4 IL
3 F.
CD 5 CD.
5.P3D.F.
4. CR 3
6. P3D.
Roque. 6. Roque.
Partie égale.

Exemple pratique de Couverture du Cavalier


de
la Dame.

Partie du Match de M. LÕWENTHAL


contre M. HAMPE, de
Vienne, en Autriche.

à.LC-DÂ.
1
2. 3FD.
BLANC

- 1)4R.
F4 CD
FD.
3. F 4FD.
4. F 4
preTD.
(M. H.). -

1 p4
2.
3.
5.
NOIR

CR 3F.
P 3FD.
(M. L.).

K.

5. F F 4FD.
6.
7. C3 FR. 6. Roque.
Roque. 7. P4D.
8.
« Cpr. PFD.
C pr. PR. 8.
9.
P pr. PR.
D 2FD.
10. Cpr.C. 10. C5C.
11. P 3CR. 11. C4R.
12. C7D. 12. C6FR,éch.
13. Rcase T. 13. FD2CD.
14. Cpr.FR. 14. Dpr. C.
15. R2C. 15. D 4TR.
16. P 3TR. 16. P6R.
17.
18.
PD pr. P.
R2T.
- 17.
18.
C 8 R, éch. double.
C 6F,éch.
19. R2C. 19: TD case B.
Le B. abandonne.

Les Italiens ont nommé Fianchelli plusieurs débuts,


dans lesquels l'attaque se forme sur les flancs de l'ennemi
au lieu de porter sur le centre, comme dans les ouvertures
ordinaires.

vénients lorsque l'on y répond par les coups justes


nous bornerons en conséquence à consigner ici quelques
;
Cette manière d'ouvrir le jeu présente de graves incon-
nous

variantes qui vous serviront de guide pour la manière de


vous défendre lorsque votre adversaire, ayant le trait, vous
attaquera de cette façon.

§ 6. —LE FIANCHETTO DU ROI.

B. 1. P4FR. N. 1.PFD45D.CR.
2. CR3F. 2.
3. Cfl5R. 3. FD.4FR.
4. P 4CR. 4. P3R.
5. P5CR. 1

Si vous preniez le F vou,s seriez mat au coup suivant.

5. P3FR.
6. CR3FR. 6. P pr. B.
7.
8.
Cpr.P.
P3D.
7.
8.
2
FR
P3TR.
R.

9. CR3FR. 9. FR 5T,éch.
10.
IL
G2pr.
D
F. 1 10.D pr.C,éch.
11. D pr.PF, éch.
Le N. a un Pion de plus et une immense supériorité de
position.

7. - LE l'IANCHETTO DU ROI DANS LA DÉFENSE.

B. 1. P4R. N. 1. P3CR.
2. P 4D. 2 FR2C.
3. CR3F. 3. P3D.
à. FR4F. 4. FD 5CR.
5. F pr. PFR,cch. 5. Rpr. F.
6. C 5 CR, éch.
Dpro F.
6.R case R.
7. 7. Fpr. PD.
8. C pr. PT. 8. T pr. C.
9. Dpr.PC,cch. 9. T2FR.
10. D pr. C, éch. 10. T case F.
11. D6C,éch. 11. R2D.
12. P3FR.
Vous devez gagner facilement la partie.
-
§ 8. — LE FIANCHETTO DE LA DAME.

Ce fianchetto, sans être absolument dangereux


lui qui le fait, comme,, l'est celui du Roi, pour ce-
ne présente auoun
avantage pour le premier joueur; ainsi :
4FD. P AR
1.
?3.
P
CD3FD.
4D.D.
1.
2. la i
FR.
3.
4.
5.
6.
7.
P5
P 6
PaFD.
P pr. P.
D..5. 3.
4.

6.
P5R.
P
D
3FD.
3FR.
P 3 CD.
7. pr. p
10.FD2D.
PT pro
8. CD TD. 4 8. FR PD.
9. CD f2D.
pro PC. 9. 5
FR CD.éch.
Dpr.PCD.
1100.

11.
FFDD

C pr. TD
A).
(voy.var. 11.! F 10.
pr. F,éch.
1, D pr. F. I
12. D pr. T,éch.
13. D case D. 1 13. D pr. PT.
14. 1)4D(voy.var.B).). 14. D4TD,éch.
15. RcaseD. 15. CR 3FR.
Votre partie est perdue sans ressource.

Variante A.

AI. TDcaseFD.
-12. Dpr. F.
2,H.
1 Fpr.F,éch.
Dpr.C.
Le N. a une pièce et un Pion d'avantages.

VarianteB.

H. C7FD,éch. M. R case i'.


O.DGD.
1
I

Le N. ne doit pas ici faire échec avec D 4 T et prendre ensuite


le C, car vous répondriez par D 8 F, éch. el mat mais; il doitjouer
CR 2 R ayant deux Pions d'avantage et une grande supérioritéde
position.

-
R.1.
§ 9. LE FIANCHETTO DE LA DAME DANS LA DÉFESE,

1.
2.
3.
P4
FR3D..3.
P4D. 2.
P 3 CD.
2
FD C.
4
P FR.
4. P pr.P. 4. F pr.PCR.
5. 1)5T,éch. 5. P 3CR.
6. Ppr.P. 6. F2CR.
(Si N. 6. CR 3 F, il serait mat en deux coups.)
7.Ppr.P,éch.déc. 7. RcaseF.
8.
S. Ppr.
P pr. C, etetéch.
Daiiie
C,Daine éch. 8. Rpr.D(voy.var.A).
4TR.10.
1089.

9. D 4CR. 9. Fpr.
p r. T.
10. P P3R.
11. P5T. 11. R case F.
12. P 3FR.
Emprisonnant le Fou que vous gagnerez en peu de traits.
Variante A.

8. Tpr.D.
9. DoFR,écli. 9. F3FR.
10. FD 6 T, éch. -10. R 2 F.
H. CR 3F. H. Fpr.T.
42. 5
C R,éch.
Et le Noir sera mat en deux autres coups.

:
Il y a un grand nombre d'autres manières de jouer dans cette
conjoncture mais dans toutes ces combinaisons vous devez avoir
l'avantage si vous jouez correctement.
On trouve un exemple de cette ouverture à la p. 83.
Quelques amateurs aiment à employer une variante de
cette ouverture à laquelle on a donné le nom des « Petites
Chapelles » à cause de la position symétrique que présen-
tent les pièces noires; cette ouverture ne s'emploie que rare-
ment dans les luttes sérieuses; nous en trouvons néanmoins
un très-bel exemple dans une des dix parties jouées simul-
tanément par M. Paulsen contre des amateurs de Manches-
ter (Lon. N. Janv. 1862).
BLANC (M. P.). NOIR (M. Kyliman).
1. P4R. 1. P 3 R.
2. P4D. 2. P3CD.
3. F 3D. 3. F 2 CD.
4. C 3 TR. 4. P3CR.
5. Roque. 5. F2CR.
6. P 3FD. 6. P3D.
7.F3R. 7. C2D.
8. C2 D. 8. CR3FR.
9. P 4FR. 9. D2R.
10. P4FD. 10. 4
P TR.
11. C 2FR. 11. Roquecô.D.
12. P3TR. 12. P5TR.
13. P4TD. 13. C 4TR.
14.Ccase TR. 14. P 4FR.
15. P5TD. 15. P 4FD.
16. Ppr.PCD. 16. pr.
PFD PD.
17. Ppr.PTD. 17. R2FD.
18. F 2FR. 18. Cpr. PFR.
19. D 3FR. 19. P4CR.
20. F case R (1). 20. CD A R.
21. D case D. 21. CD pr. F.
22. C 3 CD. 22. CD pr.F.
23. Dpr. C. 23 Fpr.PR.
24. D TD,éch. 5 24. R D. 2
25. C FR. 2 25. C7R,éch.
26. R case T. 26. F 3 FD.
27. C3D. 27. RcaseR.
28. C 4 CD. 28. FcaseTD.
29. C 6 TD. 29. F pr. PCR, éch.
30. Rpr. F. 30. D 2 CD, éch.
31. T 3FR. 31. P 5CR.
32. D CD,éch. 5 32. Dpr.D.
33. Ppr. D. 33. R2D(2).
34. T FR. 2 3Zi. P6D.
35. C TD. 5 35. TcaseTD.
36. C FD. 6 36. F5D.
37. C pr. F (3). 37. C pro C.
38. P CD. 6 38. R 3FD.
39. C FD. 7 39. Rpr.P.
40. C pr. T, écho 40. T pr. C.
41. Ppr. P. 41. Ppr. P.
P4R.
42. ThFR. , 42.
43. Tpr.PCR. 43. C 7FD.

Le Blanc abandonne.

(1) M. P. paraît avoir oublié que son autre Fou pouvait maintenant être
attaqué doublement.
(2) Prendre la T aurait été une faute, parce que le B. en prenant le Pion
attaquerait son C, menaçant en même temps du coup fatal C 8 CD.
(3) N'aurait-il pas gagné une pièce en jouant T pr. G?

Les Fianchetti, condamnés par l'école italienne et consi-


dérés par les auteurs comme peu conformes à la saine théo-
rie du jeu, sont rarement pratiqués par les bons joueurs
dans leurs luttes sérieuses. M. Laroche fait exception à cette
règle et il emploie fréquemment le Fianchetto du Roi, dont
il a fait une étude spéciale.
Exemple du Fianchetto du Boi.

Entre MM. LAROCHE et KOLISCII.

BLANC (M. Lar.). NOIR (M. K.).


1.P4FR. 1. P 3 CD.
2. P 3 CD. 2. 2
FD C.
3. FD
P3R.
2C. 3. P3R.
4. 4. CR3F.
5. CR3F. 5. FR2R.
6. P4D. 6. Roque.
7. FR3D. 7. C 5CR,
8. D2R. 8. 5
F TR,éch.
9. P 3CR. 9. F2R.
10. P 3TR. 10. CR3F.
11. CD 2D. 11. P4TD.
12.P hTD. 12. CD3F.
13. P 3FD. 13. CD2T.
14. Roque cô. R- 14. P 4 Fl).
15. R2T. 15. P pr. P.
16. pr.
PF P. 16. CD 3FD.
17.
18.P4:R.
TR caseCR. 17. C5CD.
18. CDpr. F.
19. Dpr. C. 19. FD 3T.
20. D3 R.
P4CR.
20. 5
FR CD.
21. 21. p4 D.
22. P5 R. 22. C 2D.
23. P5FR. 23. D 2
R.
24.T2CR. 24. TD caseFD.
25.
26.
CD caseFR.
CD 3 CR.
25. 3F.
TD
26. TR case FD.
27. CD 5 TR. 27. P3FR.
28. P5CR. 28. DcaseR.
29. Cpr.PCR. 29. Rpr. C.
30. PCRpr.P,éch.doub. 30. RcaseT.
31. D6TR.
Le N. abandonne.
Résumé et Tableau synoptique des Ouvertures.

Début
Le D
1 '1 ¡ CR,
du en savoir:PA.
4R. CR
2.
CR3
* FR.
FR.
Ch. II, p.192,
4
d'où dérivent :
La Défense de Philidor..
Pliilidor. 1.
P

id.
R.

2.
id.
»

id.
P 3 D.
92.
P. 492~

Le Gomilo de Damiano. A. id. 2.


—— p. 497.
P 3 FR.
Début g3A. 2.———
Le

Le D
L DébutOb 1.
id.

'd
id. p..
id.2.3Fil. 2
Fil
id.
3D. p1.-199,

200

4. 2.3id.D
P.201.
La Défense de Damiano. id.
id.p.202.
FD.
CD
La Défense de Pétroff. l. id.
1.
2.
CR 3 Fil.
id.1 .,
Le

LeDébut 4.
* "8 i id.
contre-Garnhil. id. 2.
P 4 FR. p. 207.

fi
id. 2. p1.240.

-
Fil4

FD
t:

FR4
FD.

1)
mianoA.PR.2.
De la Défense de Da-
4CR3FR.

P tD.
Le Giuoco

-
4il. 3
rano..
LeGambitd'Evans.A. id.
'1.
P
id.2.
CD FD.
id.3. F114FD.
naissent:

p. 2-10.

c5cil
2. id. 3. id.
4. p. 245.

Le
C
»

Cavaliers.
5
CFegatello.
1"
Le Début des deux

-1. id.
id. )
2.
2.
id.
id.
id.
CR3FR. 3
3. id.
p.220.
220.

4. p. 222.
Le Début de Ruy-

Le D 'b
1 Début
Lopez
Le Début Écossais.

Le Début

du
d FR,
FR savoir

Fil léFD.
d'où dérivent:
4.
5.i(t.
15.1. 1.

: P4H. 2.»
id.

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-
P
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2.

2.

2.

R.
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»
3.

3.

3.
-
t,R 5 CD.
FR

————

pqrn
Ch.
1
»
»

III, p.236,
III 2'
p. 225.

p. 229.

p. 232.
-

Fous.
r
L'Ouverture des deux

2.id.
id.
FR FD.4 p. 237.

L
La Défense D.
Lacontre-attaqueduC. 4. id.

id.2.id.
du
Défense du PFD. 1. id.

1.
id.rli.
3F
p. 242.

243.
p.- 21j 3.

P4ILPFR44
Lecontre-Gambit. p.24,11.
P4Hl.
De l'Ouverture des deux
Fous.1. 2.FR4FD.
3.-
p FR FD.
Fo
FD.naissent:
La0Défense
'f Italienne1.id. 2. id.
'd
P3FD
1 IL 1. 'd 2 p. 250.
2"

3.
CR.

-3..
D 4
Le Contre-Gambit de

Lewis
T 1. 'd 2.
id. 2 id.
.d
iid.
P 4 D.
p. 250.
Le Double-Gambit

4
II'
de Mac-Donnell. id. 2. id. 3.
CD
P 4
Fpr.PC.

--
, P FR.
4. ————
a
p. 250.

LeGamb.deLopez. 1. id. 2. id.


»
p. 254.

Lee Début
De ut du
P4R:2.2.?3FP' p. 255.
u PFD. '1. 1. IV,
Ch.

d Roi..
Le Gambit du R
P 4 IL

——
P !tFRFR
I.P4!!.2. P pr.P.
P4 R
»
P 4
Ch. V,
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p. 257,
:
d'où dérivent
Gambit
Le G
L b. d CR A. id.
duCR. .d 2.2 id.3.FR.29
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CR 3
»
p. 259.
4. 1. id..

-
Le Gambit de Cun-

ningham. 1. 'd 2.
id. 2 .d 3
l
F 2 is. p. 263,
')['3

h id.

-
LeGamb.d'Àllgaier. id. 2. id. 3.

; P4TR. p.-ui.
p4en.

lP45
LI.
FD.cn.Ppro
LeGamb.deMuzio.
FH
5.
1.
Roqut"
id. 2. id. 3.
C. id.
f-271-
')-11.
p. 27

5T,5écho
DCR
5.
A.
case
R.R(;H
LeGamb.deSalvio.
3F. id. 2. id. 3. id. 4.id.

t*-273-
p. 273.

--
LeGambitdeCo-

VI
cJuane.
FR. p.p.273. id.4.id.
id. 2. id. 3.

Le5.Gambit
id. duFR. id.
-i.P
e GambitduFR.
6.
P 6
'->. nP' 27136

-
4 R: P 4 FIL FR 4 FD. D.275
1.
P4R*
2
2. 3
3. »——
27"5'
P pr. P.
Le Gambit du PT.-1. id. 2. id.
3,P4TR. p.281.
»
4F^'
f. P4D. 2.PPpr. P 4 D. P 4 FD.

--
fLe G
Gambit
b. dde 1la D
Dame, savOIr:
Ch.
P. 2

LesGambitsrefusés.Ch.VII p. 282.
p. 286.
Lee Gambit
am 1 duu Roi
01 refusé.
re use. f.
P4R. P FR. /¡ etc. p..
P4R. P4D. etc 286
1. 2. p.

-R. p.
"*

Lee Gambit
am 1 dee laIi Dame refuéé.4.
ame re us 1.
P4D. P4FD.
--- --'-
P4D. P3R. etc
2. ele. p..
dP" 288
irrégulières.Ch.VIIIp.29-1.
Les Ouvertures
L'O F'
L'Ouverture Française. A.
1
P 4 R.
P 3 IL
P 4
29'>

Sicilienne..
L'Ouverture Sicilienne. 1. pDP 296
296.
P4Fl).

»D.00
Le Début des Pions du centre, improprement appelé le

Gambit
b. du

conlre-Gambit
( G b" du
d centre. 1.
1
1.p4 2.
centre. P 4B.R' P 4
')
P/¡H.

P 4 R.
P D.
-
Le Début des Pions du centre, improprement appelé le

4p. 302.
30'>
»
pàoo.
L Début
Le

L F'
du CD.
D 'b l d

1
CD

d
-R.
1.
P4R.
1

LeFiancliettoduRoi.1.'P 4
2.
P 4 R. CD 3 FD.

f'R.
11

défense.
p,0". 3 u

p.306.
306

Il
»

Le Fianchetlo du Roi dans la

1. P4 FD. P 3 CH.
P- 307.

p. 307.

- 3
Le Fianchello de la Dame.
4 R
Le Fianchetlo de la Dame dans la défense. 1. •
p. 308.
P

Les
L petites ChChapelles.
Il
P4R.
2.
P D. v2
PAAD.
-
3.
F 3CD
D,
F 2 CD.
4C3m5.
P 3 R. P 3 CD.

P3CR.
Roque.
F2CR. etc p. 309.
LIVRE III.

DES FINS DE PARTIES

CHAPITRE Ier. —
PARTIE ENTRE DES PIÈCES. -
CONFLITS DIVERS A LA FIN DE LA
PRÉLIMINAIRES.

Nous espérons que les instructions qui précèdent pour-


ront donner à l'élève des connaissances suffisantes pour

;
entamer correctement le combat et s'y conduire de manière
à préparer la victoire mais, au moment de porter les der-
niers coups, de nouvelles difficultés l'attendent et d'autres
instructions lui deviennent nécessaires. En effet, entre ad-
versaires d'une égale habileté, il arrive souvent, vers la fin

forces que de légères différences, comme :


des parties, qu'épuisés tous deux, il n'existe entre leurs
une pièce mi-
neure, un Pion, une qualité, etc.; cette différence ne suf-
fit pas toujours pour assurer la victoire à celui qui possède
cette supériorité, et alors il y a partie remise par épui-

; ;
sement; quelquefois, toute légère que soit la différence, on
peut arriver à la victoire par des manœuvres habiles tan-
tôt le mat est inévitable pour le plus faible enfin celui-ci
peut, dans certains cas, jouer de façon à devenir pal et
faire par conséquent partie remise. Une marche exempte
de fautes dans ces différentes positions est une science des
plus difficiles et des moins connues par les joueurs ordinai-
res. D'après ce que nous venons dire, on comprend que les
fins de partie peuvent se diviser en plusieurs catégories.
Nous plaçons dans la première les cas dans lesquels le
plus faible doit succomber et recevoir le mat inévitable-
ment, quelle que soit sa position sur l'échiquier et quel
que soit le joueur qui ait le trait. Elle comprend les conflits
suivants :
g -1. La Dame (4) contre le Roi seul.
2. —
— Une Tour contre le Roi seul.
3.
4. — Les deux Fous contre le Roi seul.
— Un Fouet un Cavalier contre le Roi seul.
La secoude catégorie comprend le cas (car il n'yen a
qu'un seul) où la partie est forcément remue avec les mê-
mes circonstances, quant à la position et quant au trait,
savoir :
g 5. — Les deux Cavaliers contre le Roi seul.
La troisième catégorie comprendra les cas nombreux où
le joueur qui a des forces supérieures, peut ordinairement
donner le mat, mais dans lesquelles certaines positions et
certaines combinaisons peuvent se présenter où ce résultat
n'est plus possible et où le plus faible peut parvenir à faire
partie remise.
Nous rangeons dans cette catégorie les conflits suivants :
6. Un Fou et un Pion contre le Roi seul.

Un Cavalier et un Pion contre le Roi seul.
7. —
g La Dame contre une Tour.
8. —
g
O.
H. --
La Dame contre une Tour et un Pion.
9. —
La Dame contre deuxpièces mineures.

La Dame contre un Pion.
g 12. — La Dame contre une Dame et un Pion.
43. La Dame etle Fou contre une Dame.
-M.
g -15.
--
La Dame et le Cavalier contre une Dame.
Une Tour contre un ou plusieurs Pions.

(1) Il est Lien entendu qu'il y a toujours un Roi de chaque côté, qu'on
omet ordinairement de mentionner, pour éviter des répétitions fastidieu-
ses et inutiles.
g
g
-
16. Une Tour contre un Fou.
M.— Une Tour contre un Cavalier.
g18.— Une Tour contre trois pièces mineures.
-19.— Une Tour et un Pion contre une Tour.
-
g
g20,.— Une Tour et un Pion contre un Fou.
g 2. Une Tour et un Fou contre une Tour.
g22.— Une Tour et un Cavalier contre une Tour.
Nous plaçons à la suite de ces conflits une position excep-
tionnelle dans laquelle votre adversaire, quoique ayant des
forces égales aux vôtres, ne, peut cependant se soustrairç au
mat, c'est :
g 23. — La Dame contre la Dame.
Enfin, nous réunirons dans un chapitre spécial tout ce
qui a rapport aux conflits qui ont lieu lorsqu'il ne reste sur
l'échiquier que les Rois et des Pions -t nous le diviserons
en sept sections, savoir:
g-1. — Un Pion contre le Roi seul.
2. — Deux Pions contre le Roi seul.
3.
4. — Un Pion contre un Pion.
Pion.
Deux Pions contre un
5. —
— Deux Pions contre deux Pions.
6. — Deux Pions contre trois Pions.
g 7. — De quelques autres conflits entre des Pions.
Il est bien entendu que, dans tous les cas, nous suppo-
serons que de part et d'autrè le jeu aura été conduit sans
fautes. Il est évident, en effet, qu'au lieu de donner un
mat qui serait inévitable si yous„ jouiez correctement, vous
pourriez au contraire le recevoir par suite d'une méprisede
votre part. Les combinaisons et les positions particulières
que nous représentons dans les fins de parties de la troi-
sième catégorie, seront donc le résultat d'unconduite ré-
gulière du jeu, sans faute positive et appréciable de la part
de l'un ou de l'autre des joueurs.

Première Catégorie.
§ Ier. — La Dame contre le Roi seul.

Quelle que soit la position des pièces, celui qui A sa


;
Dame doit gagner, et neuf traits sont le maximum de la
résistance possible il faut obliger le Roi ennemi à se met-
tre sur une des vingt-huit cases qui sont au bord de l'échi-
quier en le resserrant par le moyen dp l'action combinée
du Roi et de la Dame. Dès qu'il y sera arrivé et que votre
Roi se trouvera vis-à-vis de lui, à une case d'intervale, ou
bien à distance de Cavalier, vous pourrez donner le mat en
deux coups au plus, quelle que soit la position de votre
Dame sur réchiquier, par exemple :
Diag.M.

coups de trois
B. 1.
2.
D 3C,
manières.
D 5 CD,cch.etmat.
Ou bien :
f'
Dans ce\te position vous pouvez donner

f
1.44TD,,,
- -
4 ¥latW1 deux

B. 1. D 4 D. SiN. 1. R à TD.
2. D 7 TD,éch.etmat.
SiN. 1. R 6 TD.
B. L D case Tp, éch. et mat.
Ou bien:
B. 1. D case CD. SiN.1. R4TD.
2. D5CD,éch.etmat.
SiN. 1, R6 TD.
B. 2. D 3 CD, éch. et mat.

Remarquez que, dans la position donnée, si vous avanciez


votre Dame à la troisième case de son Fou, le Roi noir se-
rait pat et la partie remise, par conséquent. En jouant avec'
la Dame contre le Roi seul, il ne faut pas perdre de vue le
danger de lui donner ainsi le pat par inadvertance.
Dans la position suivante, où le Roi de votre adversaire
est placé à la distance de Cavalier du vôtre, il recevra éga-
lement le mat en deux coups.

Diag.18.

B. 1.
2.
D6 TR.
D 6 TD,éch. etmat.
lN.
1 1.R5TD.
§2. — Une Tour contre le Roi seul

La victoire est encore facile ici au moyen de la même


manœuvre, qui est de forcer le Roi à se placer sur une des
;
cases au bord de l'échiquier; quinze traits sont le maxi-
mum de la résistance possible par exemple :
Diag.19.

Donnons le trait au N.
N. 1.R5D.
Le mat ne pouvant être donné que sur
une des cases du
bord de l'échiquier, le Roi noir manœuvre de manière à
rester le plus longtemps possible au centre.
B. 1. T 5 TD.
Par ce coup, le Blanc interdit au Noir trente-deux
ca-
ses de l'échiquier; il devra poursuivre cette tactique jusqu'à
la fin.

2. R5FD,ouR5R. 2. R2C.
5C,ouR5
(Voy. variante A.)
3 R D.
(Voy. variante B.)
3. T 5TR.
4. R5 F. 4. R3F.
5. R5D. 5. T5CR.
6. R6D. 6. T 4CR.
7. R7D. 7. T4D,éch.
8. R6 F. 8. R3R.
9. R7 F. 9. T 4FD,éch.
3 D.
10. R6C. 10. R
11. R7C. 11. T4CD,éch.
12. R6T. 12. R3F.
13. R7 T. 13. R2F.
14. R6T, 14. T4FD.
15. R 7 T. 15. T 4 TD,éch.etmat.
Variante A.
2. R5R. 2. T5TH.
3. R5 F. 3. R2C.
T5U.
4. R5C,ou 4.
R 6 R. (Voy. var. C.)
5. R5F. 5. TcaseR.
6. Il5C. 6. TeaseFR.
7. R5T. 7. Il3FR.
R3C.
8. Il4C. 8.
9. R4T. 9. R4F.
40. R3C. 10. R4C.
44. R3T. 41. Il5F.
42. Il2C. 42. R5C.
43. R2T. 43. R6F.
44. RcaseC. 47r. R6C.
15. Il case T. 45. T8FR,éch.etmal.
VarianteB.
N. 3. R5D. B. 3.R3F.

F.8.
4. R5 F. 4. R3R.
5. R5C. 5. T5TR.
6. R5 F. 6. T5CR.
7. R6 F. 7. T4CR.
8. R 7 T 4 FD,éch.
9. R6C. 9. R3D.
10. R7C. 10. T4CD,éch.
44. R6 T. 41. R3F.
42. R7 T. 42. T4TD,éch.
43. R8C. 43. T3TD.
14. R8 F. 44. T case TD, éch.etmal.
Variante C.
4.
N. R 6 R. B. 4. T 4 TR.
T3TR.
5. R7R. 5.
fi. R8R. 6. R3F.
7. R7D. 7. R2F.
8. R8D. 8. R3R.
9. R7 F. 9. H2R.
10. R8 F. 40. H3D.
7I
44 R RT TR2F-
H.R7C.
H. R8T. 2F.
Pour vous exercer, cherchez la
Il.
2, R
H. R
R2
3,X
F.
H. T3TD,échoelmal.
le mat
dans les deux positions suivantes:manière de donner

Diag.20.

Le Blanc fait mat en trois


coups.
Diag,21.
Le B. donne le mat en trois coups. Faites attention nu danger
d'une partie remise par un pat.

g 3. — Les deux Fous contre le Uoiseul.

Pour arriver à cemat, il faut forcer le Roi à se réfugipr


dans l'un des angles de l'échiquier. Il
ne peut recevoir le
mat que dans cette case ou dans l'une ou l'autre des deux

Tour:
cases contiguës, savoir, à celle du Cavalier ou à
par exemple, placez les pièces ainsi
N.N.
la 2e de
:
la

B. RcaseR. 1 RcaseR.
F case FI).
F case FR.

Vous donnerez le mat comme il suit :


n. 1. FR3 T. N. 1.RcaseD.
2. FD 4F. 2. R2R.
3. R2R. 3. R3F.
4. R3 F. 4. R2R.
5. F 5FR. 5. R3F.
6. R4C. 6. R2R.
7. R5C. RcaseRou
e
7.
RcaseD(var,A)ou
R2F(var.B).
8. R6 F. 8. RcaseD.
9. RcaseR.
9. F6D.
10. F 7FD. 10. Rcase F.
11. F 7 D 11. Rcase G.
12. RG C. 12. Rcase F.
13. F6D, éch. 13. Il case C.
14. F 6 R, éch. 14. R case T.
15. F 5 R, éch. et mat.

Variante A.

7. RcaseD.
8. fiF.
U C) F, D.
11 S. Kl
IIl case H.
9. F7KO. 9. R case F.
Et vous donnez le mat comme ci-dessus, seulement vous avez
gagné un temps.
VarianteB.

7. H2F.
8. F6D. 8 R2C.
9.
40.
4t. R
F6F.8FR.-10.
F 6 IL 9.

44.
R2T.
Ilcase
R2T.
T.
-12. R7 F. 12. H case T.
43. F7C,éeh. 43. H2T.
44. F5F,éch.etmal.

§ 4. — Un Fou et un Cavalier contre le Roi seul.

Pour arriver à donner le mat, avec ces deux pièces, ce


qui est de beaucoup plus difficile que dans le cas précé-
dant, il faut non-seulement forcer le Roi à se réfugier dans
l'un des angles de l'échiquier, mais il est indispensable que
cet angle soit de la couleur sur laquelle le Fou est placé.
Par exemple, placez ainsi les pièces :
B. R6FR. 1 N. RcaseTR.
F 5FR. -

C 5CR.
Vous remarquerez que le Roi se trouve ici dans un angle
qui n'est pas de la couleur voulue, qu'il faut, par consé-
quent, l'en déloger pour le forcer à se porter à l'autre extré-
mité de la file, dans l'angle occupé par une case blanche
: ;
vous y parviendrez par les manœuvres suivantes
N. i. R case C.
i7R.
B. 1. C 7 F,éch.
2. F
3. F TR.
2. R case F.
3. RcaseR.
4. G5 R. h. R case Dou
R case F (va. A).
5. R 6R. 5. R 2F.
6. G7 D. 6. R 3F.
7. F 3D. 7. R 2F.
8. F 5
9. 5 ep."
e R. 8. RcaseD.
9. R 2F.
10. C 4FI).
11. R6
12. C5
1).
T.
10.RcaseD.
11. Rcase
12. RcaseD.
F. ,
13.
14.
15.
R6.
C6D.
F.
C 7 C, éch.
,
13.
14.
15.
R case F.
RcaseC.
R2T.
16. R7F. 16. R case T.
17. F 4 F. 17. R2T.
18. C 8 F, éch. 18. R case T.
19. F 5 D, éch. et mat.

Variante A.

4. R case F.
5. C7D,écli. 5. HcaseIL
6. R6R. fi. RcaseD.
7. R6D. 7. H case H ou
RcaseF(var.B).
8. F6C,écli. 8. RcaseD.
9. C5FD. 9. R case F.
40. F 7 F. 10. RcaseD (u.).
44. C7C,écli. H. R case F.
42. R 6 F. 42. R case C.
-13. R6C. -13. R case F.
H. F6R,éch. 44. RcaseC.
-15. C5FD. -15. R case T.
46. F7D. 46. RcaseC.
47.C6T,éch. 47. R case T.
-18. F 6 F, éch. et mat.

Variante B.

1 7. R case F.
8. C5FD. 1 8.RcaseD.
9. F6CR. 9.R case F.
40. F4R. O. RcaseD.
44. F 6 F. 44. R case F.
42. F7D,éch. 12. RcaseC (ID.).

Il est évident que si le R noir s'était mis sur la case de la Dame,


il aurait été mat au coup suivant.

13. R 6 F.

en trois coups ;
Si maintenant son Roi se retire dans le coin, il
sera mat
s'il se met à la deuxième de la Tour, en
quatre. L'élève devra s'exercer à trouver ces coups, en ayant
soin d*éviter le pat qui pourrait facilement résulter d'une
inadvertance de sa part.
Exercez-vous à donner le mat dans la position suivante
sans regarder la solution. Vous pouvez y parvenir en six
coups malgré la meilleure défense possible :
112II).
B.

F7D.
R6FD.
C5D.
!
1

Voici la manière dont cela peut se faire:


N.

B. 1. F 8 FD. N. 1. R case C (m.).


2. R 7D. 2. R T(m 2 ).
3. R7F. 3. Rcase T.
4. C 4 CD. 4. R2T.
5. C 6 F, éch. 5. R case T.
6. F 7 C, éch. et mat.
à
Comme l'une des difficultés pour donner son adversaire
le mat dont nous parlons, consiste dans le danger de le
faire pat, un Pion de plus entre ses mains, loin de lui être
utile, peut au contraire hâter sa perte, en vous affranchis-
sant de ce danger. Par exemple, placez les pièces ainsi :
B. R6FD. 1 N. R3TD.
F6D. P4CD.
C 7D

Dans cette position vous pouvez donner le mat en six


coups, grâce au Pion, bien que le Roi de l'adversaire ne
soit point dans l'angle de la couleur du Fou. Ainsi :
B. 1. F 4 CD. N. 1. R2 T.
2. F 5 FD, éch, 2. R case T (m.).
3. R6C. 3. P5C.
4. R6 T. 4. P6C.
5. F6D. 5. P7C.
6. C 6 C, éch. et mat.

Aux quatre combinaisons que nous venons de dévelop-


per, et où le Roi doit nécessairement succomber, nous
pourrions. ajouter d'autres positions dans lesquelles, étant
opposé à un ou à plusieurs Pions, il se trouve dans l'impos-
sibilité d'empêcher un d'entre eux d'aller à Dame, ce qui
;
rend le mat inévitable pour lui mais comme ces positions
sont d'une nature toute spéciale et de la plus grande im-
portance, nous réunirons, dans un chapitre séparé, tout ce
qui a rapport aux fins de parties lorsqu'il n'y a plus de
pièces sur l'échiquier et qu'il n'entre plus que des Pions
dans la lutte.

Deuxième Catégorie.
§ 5. - Les deux Cavaliers contre le Roi seul.

Ce conflit aboutit nécessairement à une partie remise,

;
car si le Roi reçoit le mat, cela ne peut arriver que par
suite de la faute de celui qui le conduit par exemple, pla-
:
cez les pièces ainsi
B. R6CR.
4
CR R.
N.
1 IlcaseTR.
6
CD D.
El donnons d'abord le trait au Blallc, qui joue :
B. 1. R6 T. IN.
N. 1. R casecaseC.C.
2. CR 6 F, éch.
Si le Roi noir allait maintenant au coin, il recevrait le
mat de l'autre Cavalier; il doit, par conséquent, aller à la
case du F, et il vous sera impossible de l'atteindre.
Si, au contraire, le trait était au Noir, il jouerait R à la
case du C, et, recdvant de vous un échec de Cavalier, il se
garderait d'aller au coin, mais passerait à la case du Fou,
où il échapperait à toute atteinte.
Il n'en serait pas de même si la position donnée était mo-
difiée par la présence d'un Pion noir à la 3e du F de la D.
Dans ce cas, le danger de faire pat n'existant plus pour
vous, le R noir devrait recevoir le mat, n'importe à qui se-
rait le trait. En effet, si le trait est à vous, vous jouerez le C
à la 6e du F, emprisonnant le R et lui donnant le mat au
;
coup suivant avec l'autre C si le trait est au Noir, vous ar-
riverez au même résultat, quoique plus difficilement. Voici
la manière de vous y prendre :
N 1. RcaseC(m.). B. 1. CR FD.5
2. R case F,ou 2. R6F.
R case T (var. A).
3. Rcase C.
P4FouRcaseT,
3. CR 6R.
4. 4. R6C.
ou R 2 T (var. B).
Quelque chose que fasse le N. il sera mat en quatre
coups.

Variante A.
N. 2. R 2. R7F. case T. B.

? 6F.
1
R2T. CD5
3.
4.
5.
4.RcaseT.4.CR 1),
l~
3. (, 5 KR.
casTe

N'importequoi.
'1
43.

5. CR
D

L'autre C donnera le mat en deux coups.

Variante B.
N.4. R2T. 4.
B. CD 5 F.
P4FouRcaseT.
I
5. 5. R7F.
Le mat est inévitable pour lui en trois coups.

Bien plus, les cas ne sont pas rares où un seul C peut


donner le mat au Roi ennemi embarrassé et resserré par ses
propres Pions. Cherchez la manière dont cela peut se faire
en quatre coups dans la position suivante :
B. R 2FR. [ N. R TR. 7
C 8 CR. | P 6 TR— CR.(1) 3

B. 1.C6F.
2.
3.
4.
r.
It
r.2.Punpas
caseF.
C2F.échoeti mat.
mat. et
11) SOLUTION.

1 N.1.RaucoinouP4C.
(Voy.var.A.)
3. P un pas.

Variante A.

B. 2. C4G,éch.
3. RcaseF.
N. 2.1.PRP478r..t!T
1
TT..
3. P 7
4. C F, 2 éjh, et mat.
Troisième Catégorie.

§ 6. — Un Fou et un Pion contre le lioi seul.

Dans les cas ordinaires, un Roi, accompagné d'un Fou


et d'un Pion, gagne facilement la
partie contre un Roi seul;
néanmoins, il y a des positions où la partie est forcément
remise.
On peut donner pour règle que toutes les fois que le Pion
est sur la file de la Tour et que votre Fou n'est pas de la
couleur de la case dans laquelle le Pion arrive à Dame, vous
ne pouvez gagner, à moins que vous n'ayez le temps d'em-
pêcher le Roi ennemi de se mettre devant le Pion. La posi-
tion suivante donne un exemple de ce cas :
B. R 4FR.
F2R.
1 N.RcaseD.
P 5TR.
Le N. avec le trait fera partie remise, ainsi :
1.R2R.
N. 1

;
Seul coup pour assurer la remise car s'il jouait autre-
ment, il perdrait la partie, comme nous le démontrerons
plus loin.
R 1. P6Tou
F 4 FD (var.A).

|li.
2. R2 F. 2. R5C.
3. RcaseC. 3. R6C.
4. R case T.
Partie remise.

Variante A.

F4FD.
N.
i
2. R3 F. 1

Vous ne pouvez l'empêcher de gagner le coin dont vous


ne pouvez plus le déloger, et la partie est, par conséquent,
remise.
Cette position fournit un exemple frappant de l'extrême
soin avec lequel les fins de partie demandent à être jouées ;
car si le Noir, au début, avait placé son Roi à sa case, au
lieu de le porter à sa deuxième, il aurait perdu la partie,
ainsi :
N. 1.RcaseR. B.
1
1. F 4FD.
2. R case F ou 2. PG T.
R 2 R (var. B).
Le Roi noir ne peut passer etle Pion arrive à Dame.

Variante B.
N.2.
3.
Il2l\.
Il case F.
IB.2.KP56C.Tetgagne.
I 3.

§ 7. — Un Cavalier et un Pion contre le lioi seul.

;
Le Cavalier et le Pion doivent gagner dans la plupartdes
positions il y a pourtant certains cas où le Roi peut faire
partie remise, en voici deux exemples.

Première Position.

B. R38II).
C R.
N. 1 N. R 2FD.
P 6TD.
Deuxième Position.

R5FD. R2CD.
C5CD.
P7TD.
Dans la première deces positions, le Blancgagnerait, s'il
avait le trait, en jouant R 7 T ; mais s'il ne l'a pas, le N.
peut faire partie remise, ainsi:
,
N. 1.R3C. B. 1. P 7 T.
2 R2 F. 2. C5D,éch.
3. R case F. 3. C7R,éch.
4. R2F.
Le Cavalier ne pouvant le déloger de cette position, la
partie est remise Observez que cela n'aurait pas eu lieu si
le Cavalier avait d'abord occupé une case blanche, ainsi
que vous pouvez vous en assurer en plaçant le C à la 2e du
R au lieu d'être à la 3e. Cela tient à une particularité re-
marquable inhérente au Cavalier de ne pouvoir ni gagner
ni perdre un pas, de telle sorte que si, pour arriver à une
case donnée, il met un nombre pair de coups, il ne peut ja-
mais, quelques détours qu'il fasse, y arriver dans un nombre
impairde sauts, et vice versa
Dans la seconde de ces positions, il est évident que le Ca-
valier ne peut abandonner le Pion, et si le Roi cherche à le
défendre, le Roi noir sera pat.

§ 8. - La Dame contre une Tour.

Lorsqu'il vous restera une Dame et que votre adversaire


n'aura qu'une Tour, vous devez ordinairement gagner,
mais il faudra jouer très-correctement pour y parvenir
cherchez par tous les moyens à gagner la Tour; cela vous
;
sera plus facile lorsque le Roi se trouvera dans les cases
qui bordent l'échiquier. Il faut vous garder de certaines
positions particulières où le pat devient inévitable.
Nous allons donner une position où vous devez gagner;
dans toutes les luttes d'une Dame contre une Tour, des po-
sitions de la même nature doivent nécessairement se re-
présenter et vous pouvez vous règler sur cet exemple quant
à la conduite à tenir.
Diagr. 22.

Dans cette position si le N. a le trait et qu'il joue R T, 3


répondez par D8FR et
vous gagnerez la T;s'il joue la
Tour aux cases voisines, c'est-à-dirê à la case du Cou à la
5e du C, faites échec à la 5e de la T du R; si enfin illa
transporte aux cases éloignées, par des échecs répétés con-
venablement, vous l'atteindrez inévitablement en quatre
coups an plus, de la manière suivante :
N. 1. T 2 FD, ou
T 2 TD (voy. var. A).
T 6 CR (voy. var. B).
T 8 CR (voy. var. C).
N. 1. T 2FD. B. 1. D5TR,éch.
2. IlcaseC. 2. D5D,éch.
3. R2 T. 3 D3D,éch.
4. Rcase T. 4. D8D,éch.
Vous gagnez la Tour.

N. 1.
2.
IlcaseC.. 2.
T2TD. B.. 45ft, |
Variante A.
I éch.
D D,éch.
3. R case T. 1I 3. DcaseTR,écli.
4. RcaseC. 4. DcaseCR,écli.
Vous gagnez la Tour.

Variante B.
N. I.2.
T0CR.
RcaseC.
C.
B. L
2.
D4R,écli.
I)
FD,éch.
3. R2T. 3. DhTR,écli.
Vous gagnez la Tour.

Varianle C.

N.I. 2.
T8CR,
R rase T.
B.B.
1 I. D4R,éch.
2. DRTD,écho
3. D7TD,éch.
3. R2T.
a
Vous gagnez la Tour.

Dans le cas,au contraire, où ce serait à vous à jouer le


premier, il faudrait chercher à perdre le trait, vous y par-
viendrez ainsi :
B. 1. D4R,éch. N. 1. Rau coin ou case
C (M.).
2. D8T,éch. 2. R2T(M.).
3. D8R.
Vous vous retrouvez dans la même position qu'aupara-
vant, mais ayant perdu le trait.
Tel est le genre de position qui se présente ordinaire-
ment et la marche à suivre pour en sortir victorieux mais
vous ne devez pas perdre de vue que, dans certaines posi-
;
tions, on ne peut éviter de faire partie remise, comme dans
celle-ci :
B. R3FR.
D3R.
N.
1 N. R8TR.
T 7CR.
Le Noir, ayant le trait, fait échec avec la Tour a la 6e du
;
C ; si le Roi la prend, le Roi noir est pat si le Roi se retire,
la Tour prend la Dame et la partie est remise. La même
chose a lieu dans la position survante :
B. RcaseTR. 1 N. RRaseFR,
D6R. | T 2CR.
Car si le Noir a le trait, il pourra toujours donner échec
à la 2e de la T, à la 2e du C,
- ou à la 2e du F, et votre Roi

des Noirs, te pat aura lieu également,


car
;
ne peut quitter ces trois files ni se couvrir en se mettant
derrière la Dame sans la perdre si vous
vous rapprochez
:
N. 1.T2T,éch. B. 1. R2C.
2. T 2 G,éch. 2.R33F.F
')
3. T2F,éch. 3. R4C.
4. T2C,éch. 4. R5 F.
5. T2F,éch. 5. R 6C.
G. T2G, éch. 6. R6T.
7. T2T,éch.
Si vous prenez, il est pat : de même si
vous aviez joué
6. R 6 F, il aurait répondu par T 3 C, éch., le pat en se- et
rait résulté également.
Enfin, comme cette fin de partie représente
se assez fré-
quemment, même entre des commençants, nous allons
donner, d'après Staunton, une position où,
avec le trait et
en jouant bien, vous devez gagner :
B. R 3D.
TD.
oD 44TD.
I x778
N. R CD.
CD.
T TR.
Pour remporter la victoire dans cette position, il faut un
jeu très-correct,comme vous allezle voir.

B. 1. D 4CR. N. 1. T7FD.
2. DcaseD,éch. 2. T8F.
3. D 3 C, éch. 3. R case T
4. D 4 T, éch. (voyez 4. R 7 C.
var.A).
5. R2D. 5. T8CD.
6. D 5 CD, éch. 6. R7T.
7. D6 T, éch. 7. R6C.
8. D 5 T. 8. T 7C, écho
9. R»3qnD. 9. T8CD.
10. D 5 C, éch. 1 10. R 7 T.
11. D4T,éch. 11. R7C.
12. R2D.
Quelque chose que fasse le Noir, il sera mat en quatre
coups au plus.
L'élève ne pourra étudier avec trop de soin cette suite
admirable de manœuvres que nous allons compléter en lui
démontrant les suites d'une faute de la part des Blancs.

Variante A.

B. 4. R2R. 1 4. T7F,éch.
N.
Si la Dame prenait la Tour, le Roi noir serait pat.
5. R3D. 1 5. T7D,éch.
Remarquez maintenant que votre Roi ne peut prendre la Tour
sans que le Roi noir soit pat. La Tour peut donc poursuivre impu-
nément votre Roi par des échecs auxquels vous ne pourrez le sous-
traire, ainsi :
0. R 4 F.

Si vous alliez à la 3e du F, il répliquerait par T à la 6e de la D, et


à
vous obligerait par là à le faire pat, en prenant la Tour, ou échan-
ger la Dame pour la Tour.
6. T 7 F, éch.

Si maintenant vous portez votre Roi vers votre droite, à quelque


case qu'il se mette il ne pourra se soustraire à l'échec de la Tour;
s'il passe derrière sa Dame, le N., en jouant la Tour à la 7edu C,
rendrait inévitable l'échange de la D pour la T, et la partie serait
par conséquent remise. -

§ 9. — La Dame contre une Tour et un Pion.

Dans cette lutte, comme dans la précédente, la victoire


doit encore rester àla Dame, mais elle est difficile à rem-
porter. Pour réussir, il faut cherchera porter votre Roi der-
rière le Pion; et toutes les fois que, par la disposition des
pièces, cela ne pourra se faire, la partie sera probablement
remise.
Le Noir, de son côté, devra chercher à se mettre dans
l'une ou l'autre des positions suivantes :
Première position.

B. R5D.
D 7FD.
N. HcaseR.
T3R.
P2D.
Deuxième position.

B. R2R.
D5FD.
lN.N.
1 RcaseR.
T3R.
I
P6R.
Ces positions peuvent se constituer avec tous les Pions,
ceux des Tours exceptés. Dans la première, si le Noir a
soin de maintenir son Roi à sa première et à sa deuxième
case, la Tour à la 3e du R et à la 3e du F de la D, votre
Roi ne pourra passer derrière le Pion, et la partie sera
remise. Dans la seconde, s'il a soin de maintenir son Roi
dans les premières ou dans les secondes cases qui l'avoi-
sinent, et la Tour à la 3e et à la 2e du R, il arrivera au
même résultat.
Voici une position donnée par Philidor dans son Analyse
du jeu des Échecs, et la série des manœuvres très-compli-
quéeset très-ingénieuses, par lesquelles il parvient à rem-

:
plir les conditions indispensables pour parvenir à la vic-
toire, savoir de passer le Roi blanc derrière le Pion pour
l'attaquer doublement, de forcer le Roi noir à abandonner
la garde de ce Pion, et enfin de franchir avec le Roi blanc
la ligne gardée par la Tour.

B. R
D3D.
4FR. N.
1 ,N R2R.
T4R.
P 3D.
B. 1. D7TR,éch. N. 1. R3Rou
R caseD (v.var.A).
2. D7FD. 2. T4FD.
3. D8D. 3. T4R.
4. D8R,éch; 4. R4D.
SiN.4.
5.
R3
T3R.
F. 1 B. 5.
6.
D
R
74GR.
D.

Et le Roi pourra avancer.


5. D8FD. 5. T5R,éch. ou
• R 5 D(v.var.B)ou
4
T TR (v.var.C).
6. R5 F. 6. T4R,éch.
7. R6 F. 7. T5R.
8. D5 FR,éch. 8. T4R.
9. D3D,éch. 9. R4F.
10. D2D. 10. R 3F.
11. D4D. 11. R Dou 2
R2FD (v.var.D).
12. D 4 FD. 12. T 4FD.
Si la T s'éloignait le B. chercherait à la prendre par un
double échec.
13. D7FR,éch. 13. R3F.
14. R7R. 14. T4R,éch.
15. R8D. 15. T 4FD.
16. D7D,éch. 16. R4D.
17. R 75FR,
R. 17. T3FD.
18. D éch. 18. R 5 F.
19. R7D. 19. T4F.
20. D4R,éch. 20. R 6 CD.
21. Rpr. P. 21. T 7FD.
Le conflit, réduit maintenant à une Dame contre une
Tour, se continuera d'après les principes que nous avons
donnés dans la huitième section. Voici toutefois la suite
des coups pour arriver au mat.
22. R5D.
D. 22. R7C.
23. R 4 1i
23. Ilcase ï.
24. R3D.
Car si vous preniez la Tour il serait pat.

2o.
26.
D h TD,
D case D, éch.
éch.25. 24. Ta"7CD.
R 8 C.
26. R 7 T
27. R3FD.
Vous voici arrivé à la position normale
donnée p. 333, et vous prendrez la Tour
que nous avons
en quatre coups,
contre la meilleure défense du Foir, de la manière
l'avons que
nous indiquée.

,,-IV.1.
V

Variante A,
"•
B.
3. 7H.
D6 FR. i N.
2. T
Ilcase o.
4 FD.
3. R2F.
4. D7R,éch. 4. R3F.
le R se
Et trouve repoussé sur la troisième, ligne.

Variante B.
3. R 5 D.
6. D FD. 6 6. T4D (coup forcé).
7. R 3
r 7. Il 4 R (ou comme dans
la varianteC).
«
8. Rn3o
3 H. » 8. T FD. 4
SilaTs'éloigneellesera perdue par quelques doubles échecs.
Sii N. 8. R 3
<S.i R; B. 9. D 4 FD et ensuite D 4 R gagnant laT.
9. D8R,éçh.
O. 1 R3F(m.j.
9.
I4D.
rR7
D rR- 10. TlàD.
H. I
M. T4R,éch.
Si la T allait à la 7e ou à la 8e de la D, elle serait perdue en deux
ou trois coups.
12. R4D. 1 -12. T3R.
13. R 5 D el gagne le P.

Variante V.

1I 5. T4TH.
6. D8TD,éch. 6. R5F.
7. D4TD,éch. 7. RGF.
8. D 3 TD, écli. et gagne le Pion.
-12.
13.
1)4TD.
-1H.
D7.TD,écli.
écli.
Variante D.
1

-13.
K2KD.
2. T4FD.
Il3F.
H. R7R.LePestperdu.

§ 10. — La Dame contre deux pièces mineures

Toutes les fois que vous resterez avec une Dame opposée
à deux pièces mineures, la probabilité de la victoire est for-
tement en votre faveur, et les anciens auteurs la regar-
;
daient comme certaine dans presque tous les cas mais des
recherches récentes de MM. Von der Laza et Bilguer pa-
raissent démontrer qu'il y a beaucoup de positions dans les-
quelles, par une défense habilement conduite, celui qui a
les deux pièces mineures peut faire partie remise.
L'élève qui voudra étudier à fond ces positions difficiles,
devra consulter le Traité des Fins de Parties, par Preti
(Paris, 1858, un vol. in-8°). Nous devons ici nous borner
à donner trois positions de cette espèce avec la manière de
les jouer.
La première est celle-ci :
B. R8TR.
D8CD.
1 N.
N. R 4FR.
C3FR.
G4TR.
Les anciens auteurs croyaient que cette position était la

remise contre la Dame :


seule dans laquelle les deux Cavaliers pussent faire partie
effectivement, le Roi blanc, sé-

;
questré dans le coin, ne peut venir au secours de sa Dame
pour entamer la position des Cavaliers et tant que le Roi
noir se tiendra auprès d'eux, sans se mettre sur la file de la
Tour, la Dame seule ne pourra les déloger et la partie sera
nécessairement remise. Si le Roi noir se mettait sur la file
de la Tour, il pourrait être mis dans l'impossibilité de se
mouvoir, et alors lés Cavaliers devant quitter leur position,
la partie serait promptement perdue poureux. Le travail
déjà cité, de MM. Von der Laza et Bilguer, semble prouver
qu'il existe encore plusieurs autres positions où les deux
Cavaliers peuvent faire partie remise par une défense très-
correcte.
Pour que les deux Fous opposés à la Dame arrivassent
au même résultat, il faudrait qu'ils pussent se placer et se

manière à empêcher le Roi ennemi de s'approcher telle


est leur position dans l'exemple suivant : ;
maintenir tous les deux dans le voisinage de leur Roi, de

B. RâCR.
D 4TD.
N.
1 N. R2CR.
F3CR.
F3FR.
Ici le N. peut faire partie remise de la manière suivante :
B. 1. D 7 D,éch. lN. 1. Rca.Fouca.C(M.),
I
ouF2FR(voy.var.A).
S'il se couvrait avec le Fou, il perdrait, par la raison que
le Roi blanc pourrait alors se porter à la 5e du F, et que le
Noir perdrait un Fou par suite de ce mouvement, comme
nous le démontrerons plus loin.
2. D6 R. 2. R2C.
3. R4 F. 3. F2TR.
4. D7D,éch. 4. R3C.
5. D8R,éch. 5. R2C.
6. R4C. 6. F3C.
7. D6 R. 7. F 2T*
8. D7D,éch. 8. R3C.
9. D8R,éch. 9. R2C.
10. R5 T. 10. F hFR.
11. Dn'im porteoù. 11. F3CR,éch.
La lutte recommence toujours ainsi sans pouvoir se ter-
miner et la partie est, par conséquent, remise.
Montrons maintenant la manière de profiter d'une faute
de votre adversaire.
Variante A.

i F2FR.
4.
B. N.
R5FR. FGfD.
2.
3.
4.
5.
6.
7
D7FD.
D
D6CD
TP.
D4D,écli.
2.
3.
5.
6.
F8TD.
F 7 CD.
F6TD.
RcaseC.
7. R6FR. 7. RcaseF.
8. D8D,écli. 8. F case R.
9. R6R. 9. F 5 CD.
40. DGFR,écli. -40. Rcase C.
Il. D5CR,écli. H. RcaseF.
-12. D4FR,écli.
Vous gagnez le Fou.

Quelle que soit la défense du Noir, après la faute qu'il a


faite de jouer au premier coup F 2 FR, vous pourrez tou-
jours lui prendre un Fou et gagner, par conséquent.
Enfin, quoique la victoire de la Dame contre le Fou et un
Cavalier soit encore plus facile que les précédentes, car ces
pièces n'ont ni la puissance des deux Fous pour écarter le
Roi ennemi, ni la faculté de se garder réciproquement
çomme les deux Cavaliers, néanmoins il y a certaines po-
sitions où elles peuvent arriver à faire partie remise.
MM. Von der Laza et Bilguer ont démontré qu'elles étaient
plus nombreuses qu'on ne le pensait; toutefois on n'y ar-
rive qu'avec une très-grande difficulté, et le moindre écart
assure la perte des pièces mineures.
B. Rcase TR.
D case TD.
N.
1 N. R5FR.
C 6 FR.
F 6TR.
Dans cette position curieuse, le Noir peut faire partie
remise, n'importe à qui appartient le trait, en ayant soin de
tenir toujours le Roi auprès de son Cavalier et le F à la
6e de la T ou à la 8e du F du R, afin de ne pas laisser sor-
tir le Roi ennemi. Si la Dame blanche, en manœuvrant au-
tour de la position, venait se placer, par inadvertance, à sa
3e case, elle pourrait même être prise en trois coups, de la
manière suivante :
1. D 6FR,éch. R6C.
2.
3.
D
D3D.
6CR, éch.
1.
2. R5 f.C,éch.
3. F 7
4. Rpr. F. 4. C8R,éch.
Il prend ensuite la Dame et fait partie remise.

S 11. — La Dame contre un Pion.

Dans preSquë tous les cas la Dame peut artêter, par un


jeu correct, la marche d'un Pion et gagner contre lui ; voici
la manière dont il faut s'y prendre pour y parvenir.

Diag.23.

B. 1. R 6FR. N. l. R8D.
R5R. P7F.
5.
2. 2.
I)3CD. 7
R4D.
3 3. R D.

5.

(Si.
4. D2TD.

B. 6.
4. R8D.
R7D.
N. 5. Pion à Dame.
R 3 D donnant le mat en trois coups au plus.)
6. D2C. 6. R8D.
I).
1

7. R3 7. Pion à Dame.
8. D2R,éch.etmat.
Vous voyez que la tactique consiste à forcer le Noir à
perdre des temps et à en profiter pour rapprocher votre
Roi. Comme il est fort important pour l'élève de bien con-
naître cette marche, nous allons en donner un autre exem-
ple où le Pion est déjà à sa septième case, ce qui augmente
:
la difficulté de l'arrêter

R. R5FD. I N. 7FR.
R
D5D. 1
P7R.
B. 1. D5FR,éch. N. 1.R7C.
2. D 4R,éch. 2. R7F.
3. D4FR,éch. 3. R7C.
4. D3R. 4. R8F.
5. D3FR,éch.
Le Roi noir est maintenant forcé de passer derrière le
Pion et le R. gagnera ainsi un temps.

6.
7.
8.
H.
R4D.
D31),éch.
R3R.
Dpr. P,éch.
- 5.
6.
7.
8.
9.
R8R
R8I)
R8R.
R8 F
R8C.
10. R 3 F. 10. R 8 T.
11* D'-)-etniat.
On peut toujours procéder de cette manière, à moins que
le Pion ne soit sur la file du Fou ou de la Tour, car alors le
Noir pourra très-souventfaire partie remise. Pour y parve-
nir, deux conditions sont nécessaires : la première, que le
Pion du Fou ou de la Tour ait son propre Roi devant luiou
à ses côtés; la seconde, que le Roi ennemi soit éloigné.

B. R45
D
FD.
FR.
IN.
Ainsi, dans la position suivante, le Noir fera partieremise:

1 R 7CR.
P7FR.
1. D4CR,éch.
D3FR,éch
1. R8 T.
R8C.
1
2. 2.
3. 1) 3CR,éch. 3. H8T.
Il est évident que si vous preniez le Pion, le Roi noir se- -
rait pat : la partie est, par conséquent, remise.
La même chose a lieu lorsque le Pion est sur la file de la
Tour, comme dans l'exemple suivant :
B. R 7FR. 1N. R8CR.
D3TR. I
P 7TR.
1. D 3C,éch 1. R8T.
2. DcaseR,éch. 2. R7C.
3. D4R,éch. 3. R8C.
4. D case CD, éch. 4. R 7C
(M.).
5. D2CD,éch. 5. R 8C
(M.).
6. D 7 CR,éch. 6. R 7 F (voy.var.A).
La partie doit être remise.
Faites attention qu'il faut que le Noir se garde au sixième
coup d'aller au coin, comme l'enseigne Salvio,car il per-
drait au moyen d'une admirable manœuvre des Blancs que
cet auteur n'a pas su découvrir, savoir B. 7. R6 C, qui
permet la sortie du Roi noir et donne en même temps au
:
Blanc le moyen de rapprocher son Roi et de s'assurer la
victoire en jouant comme suit :

Variante A.
B.
7.
S. R S
R6C.
F,
1)2 éch.
s.
éch.
N. 6.
7.
R8T.
R8C.
157F(m.).

D2D,éeh..
9. CD, <). R(1C.
40. J)caseFD. R7C.
R.t'ch.2.
40.
H. , IlfiC.
R4C.H.
-12. Dcase Il7C.
H3.D2R,éch. H3. 1\8C.
H. P à Dame.
-15. R3C.
Le Noir ne peut plus sauver la partie.
On voit, par cet exemple, combien il faut d'attention
pour
jouer correctement les fins de parties où des Pions
se trou-
;
vent engagés, et les suites funestes du moindre écart nous
en aurons plusieurs autres exemples à donner avant de
terminer la division du sujet qui nous occupe dans ce
moment.

§ 12. — La Dame contre une Dame et un Pion.

Dans ces circonstances, le plus faible peut ordinairement


faire partie remise sans difficulté, soit au moyen d'un échec

;
perpétuel, soit par l'échange des Dames, lorsque.son Roi
est en position d'empêcher le Pion d'arriver à Dame mais
lorsque le Pion est déjà arrivé à sa septième case, il peut
survenir des complications et des combinaisons fort inté-
ressantes. En voici un exemple :
B. R5TD. N. R8TR.
D7TR.
1

DcaseD.
P 7CR.
Dans cette position, on croirait, à la première vue, que la
partie devrait être perdue pour le Blanc si le Noir avait le

Dames;
trait, puisqu'il pourrait avancer le Pion et avoir ainsi deux
mais, en examinant, on voit que, même dans ce
cas, le Blanc peut encore faire partie remise par un échec
perpétuel.
Avec le trait vous pourrez encore faire partie remise dans
:
la position suivante

B. R45FD.CD.
D
* N. R 7CR.
D3D.
P 7FR.
la manière d'y parvenir:
Voici

4CR,éch. 1. 6CR.
D4D.
1. D 1 D
2. D4R,éch. 2. R8C.
3. 3. R7T.
4. D8TR,éch. 4. D6T.
5. 1)5R,éch. 5. R8C.
€. D7C.
6. D5C,éch.
7. D3R.
Continuant ainsi vous ferez partie remise.
6
Voici une position où le Noir, avec le trait, doit gagner :
B. R 4TR. 1 N. R7D.
D2TD. D6D.
P 7FD.
Nous recommandons à l'élève de chercher la clé de la
position avant de regarder la solution que nous mettons en
note (1).
Cette position des pièces noires présente au joueur peu
habile de bien plus grandes difficultés qu'on ne le croirait à
la première vue, si la Dame blanche est bien conduite.
Voici, enfin, une derniere position de cette espèce :

B. R 4FD.
P 4 CD.
N. R5R.
D8CH.
P 7TD.
1
Le Blanc, avec le
,

trait, doit gagner, Ainsi :


1. Pàla 8e.—Dame, 1 1. R5FR.
Ech. 1

D, puis vous le forceriez à échanger les Dames car s'il met-


tait le R à la 3e ou à la 5e du C, il perdrait évidemment sa
;
S'il allait à la 4e du F, vousdonneriez échec à la 5e de la

;
D par l'échec de la vôtre à la 8e du C et en mettant le R à
la 3e ou à la 5e du F, vous joueriez votre D à sa 4e, ren-
dant l'échange inévitable et, par conséquent, le gain de la
partie assuré pour vous.

(1)B.1.
oii,
2. Rn'importe
T,éch.
IN.1.2.DH48CD.
D.
8. D case I 8. P à la 8*. - Dame et gagne.
2.
3.
D8FR,éch.
D7R,éch.
I12.
3. R5R.
R 6FR.
(Si N. 3. R 5 FR. R. 4. D 7 FR, éch.)

4.
5.
H.
D
D
6FR, éch.
6 B,éch.
D5FR,éch.
a 4. R5R.
5. R6FR.
6. R 7R.
7. D3D,éch.
Puis vous le forcez à l'échange des Dames et vous gagnez
avec le Pion

g 13. — La Dame et le Fou contre une Dame.

Théoriquement parlant, dans une fin de partie sans Pion,


davantage d'un Fou ou d'un Cavalier n'est pas suffisant pour
assurer la victoire à celui qui le possède. Toutefois cette rè-
gle n'est pas absolue, l'avantage du trait a quelquefois une
influence décisive sur le résultat des conflits de cette espèce,
;
surtout lorsque les Dames sont encore en jeu on en trou-
vera un exemple frappant dans la section où nous parlerons
de la lutte de la Dame contre la Dame. Il se présente aussi
des positions exceptionnelles où le plus faible succombe
nécessairement sans même que son adversaire ait l'avantage
du trait. On en trouvera des exemples plus loin.
Dans la position suivante les Blancs avec le trait ga-
gnent :
B. R3FR.
D8FD.
N.
1 N. R4D.
D5FD.
F 4 CD.

1. D8CR,éch. 1. R5D.
2. D 7CR,éch. 2. R4D(M.).
3. D 7FR,éch. 3. R5D
4. D 4FR,éch.
Et fait mat au coup suivant.
§ 14. -La Dame et le Cavalier contre une Dame.

Dans la position suivante le Blanc ne peut faire que par-


tie remise, même avec le trait :
B. R5CR.
D 7TD.
N. RcaseCR.
D2CR.
C 6CR.
1. 1)8TD,éch. 1. R2T(M.).
2. D case TR, éch. 2. R case C.
3. D3TR. 3. R2F(M.).
4.
5.
6.
5
R6F.
D.
D 3 CD,
D éch. 4.
5.
RcaseR.
D3TR, éch.

Ilest évident que si vous preniez la D le Noir serait pat.


1>

6. D 2 CR, éch.

Quelque chose que vous fassiez vous ne pouvez éviter la


remise, car vous ne pouvez vous éloigner du C sans le
per-
dre, et si vous jouez R 5 F, le N. répondra par D 2 FR,
vous forçant à faire l'échange des Dames.
Dans la position suivante le B., avec le trait, gagnera,
contraire: au

B. RcaseTD. N. R7D.
D 3 CD.
C5R.
D 3TR.
1. C3FR,éch. 1. R7R.
2. C4D,éch. 2. R8R.
3. D 3 FD,éch. 3. R8F.
4. D 3FR,éch.
C2R,éch.
4. R8 C.
5. 5. R7T.
<>. D3CR,éch. 6. R8T.
7. nca"eCH,échoelIlwL
§ 15. — Une Tour contre un ouplusieursPions.

Nous avons déjà vu (§ 11) qu'un Pion à sa 7e case, ap-

;
puyé de son R, peut, dans beaucoup de cas, faire partie
remise contre la Dame on doit conclure que, dans cette
position, la chose sera plus facile contre la Tour, et, en ef-
fet, on est fqrcé d'ordinaire d'échanger la Tour contre le
Pion pour ne pas perdre la partie. Quand toutefois le Pion
n'est pas aussi avancé et surtout lorsqu'il est appuyé d'un
second, il se présente des situations extrêmement compli-
quées qui exigent la plus grande perspicacité et le calcul le
plus approfondi pour être jouées correctement. En voici
des exemples ;
B. R8R.
T 7ÇR.
N. R3D.
P 3FD.
Dans cette position le Blanc gagnera le Pion et la partie
en jouant ainsi :
1.T61C,éch. 1. R4D.
2.R7D. 2. PhF.
3.T6D,éch. 3. R5F.
4. R 6FD. 4. R5G.
5. R5D. 5. P5F.
6. T 6C,éth. 6. R6F.
7. T6FD.
Le Pion est perdu.
Deux Pions unis à leurs sixièmes cases, avec l'avantage
du trait, gagneront contre la Tour si les Rois sont à dis-
tance, et même sans le traitsi les Pions ne sont pas attaqués
pour le moment. Supposons :
B. R43R.
T
FR. N.
1 R5CR.
P6Fl).
P6CD.
Le Noir, ayant le trait, joue :
N. 1. P7 CD. B. 1.TcaseFR.
2. P7F. 2. TcaseG,éch.
3. R6T. 3. R3F.
4. L'un ou l'autre des P
arrive à Dame et
gagne.
Dans la position suivante les deux Pions font partie re-
mise contre la Tour même sans le trait.
s

Diag. 24.

B.1.T3T,éch. lN.1.R7C.
Tout autre coup ferait perdre la partie au Noirainsi que
nous l'avons démontré en détail dans la Régence (1856),
p.87.
2. R 4FD. 1 2. 6C(M.).
P 6G (M.).
3. T4T(M.).
;
Le N. a maintenant sept coups à sa disposition six de
ces coups lui seraient funestes, mais le septième lui assure
la remise; savoir :
1 3. R8C.
4. R3F,ou 4. P7C.
T 2 T (v. var. A) ou
T case T, éch. (voy.
var.B).
5. Tpr. P. 5. H8F.
6. T4TR(M.). 6. Pàla8esefaitCav.
etéch.
Le N. en jouant correctement fera partie remise.

VarianteA.

B. 4. T2T. 4.
N. R8T.
5. T2CR. 5. R8C.
H. R3F. G. R8T.
7. T2TR. 7. R8C.
8. T2CR.
(Si B. 8. T 4 TR. — N. 8. P 7 C et on arrive au même résultat
que dans l'attaque précédente.)
1 8. R8T.
9. T2CD. P6T.
9.
<10. Tpr.P. O. P7T,
A

Partie remise.

Variante B.

B. 4. TcaseT,éch. 1N. 4. R7F.


Le B. ne peut faire que partie remise, car si :

5. TcaseTD. 1 5. P7C.
6. T2TD. 6. R8F.
Le N. gagnerai L la partie.
Dans la position suivante, le N., en jouant très-correcte-
ment, pourra faire partie remise; mais, ainsi que dans
l'exemple précédent, le plus léger écart lui serait fatal.
Dtag.2a.

B.1.
2.
T2FR.
R4 F. I.2.
N. R3F(v.EcartA),
R3C.
3. T2R. 3. R2F.
4. T5R. 4. R3C.
5. T6R,éch. 5. R2C.
6. T6D.
Le Blanc n'ose pas jouer R à la 5e du C,
car le N. avan-
cerait le P de la T, et puis celui du C.
6. R 2 F (M.) (voyez
EcartB).
7. T6TB. 7. R2C.
8. T5T. 8. R3C.
9.
10.
T 5G,éch.
8
T C.
9. R3 T.

Il est évident que si vous preniez le P, il gagnerait


la par-
tie en avançant le P de la T.

Il. T8D.
1 10. R 2 T.
11. R3C.
12. T 6 D,éch.,etc.
Quelque effort que vous fassiez, si le Noir joue
correcte
ment, il fera partie remise.
Écart A.

B. N.H.Il3C.
2. 114F. 2. Il4T.
3. T2D. 3. R5T.
4. T6I). 4. RléT.
5. T6R. 5. P T. 7
6. T811. 6. P à Dame.
7. T8T,écli.
Le B. gagnera la partie.

Écart B.

B. N. 6. R 2 T.
7. R5C. 7. R2(,.
8. T6C,écli. 8. R2T.
9. T6T,éch. 9. R2C.
O.T5T.
Le B. gagnera la partie.

S 16. - Une Tour contre un Fou.

Il n'est pas très-difficile de faire partie remise lorsqu'on


a un Fou à opposer à une Tour. Pour guider votre marche,
il ne faudra pas perdre de Vue les trois observations que
nous allons faire- :
Premièrement. Comme il est nécessaire que les Rois
soient vis-à-vis l'un de l'autre (excepté dans les coins de
l'échiquier) pour que la Tour puisse donner le mat, il suit
de là que, si vous pouvez faire manœuvrer votre Fou de
manière à empêcher le Roi ennemi de se mettre en opposi-
tion, la partie sera remise. Pour y parvenir, il faut placer
votre Roi sur une case qui soit de la couleur du Fou.
Deuxièmement. La position la plus sûre pour votre Roi

;
serait dans un angle de l'échiquier d'une couleur différente
de celle sur laquelle se meut le Fou car vous le garantiriez
ainsi de tout échec deja Tour, en portant votre Fou alterna-
tivement de la case du Cavalier à la 2ede la Toupet vous
feriez infailliblement partie remise par ce moyen.
'troisièmement. Il faut tenir, en général, votre Fou éloi-

; :
gné du Roi, et il est rarement bien joué de l'interposer pour
couvrir un échec en voici des exemples
B. RcaseCR.
F 7 CD.
IN.
I
R5FR.
T case CD.

Si, dans cette position, vous placiez le Fou qui est en


prise à la 20 du C, vous seriez mat ou vous perdriez le Fou
en peu de coups, parce que le Roi noir se mettrait à la 6°
de son C; tandis qu'en jouant le F à la 6e du F de la D, si
le Roi noir se place à la 6e du C, vous passez votre Roi à la
case du F, où il est en sûreté.
Une position plus difficile est celle-ci.

B. R caseFR.
Rcase FR. 1 N. R6R.
F6FD. T3
T 3 TD.
TD.
En suivant les mêmes errements vous feriez toutefois
partie remise, ainsi:
1. F 7 CD. 1 1. T 3 CD.
2. F5D. 2. T 7 CD.
3. F 6 FD. 3. T 7 FR, éch.
4. RcaseC.
Si vous jouiez R à sa case, vous perdriez la partie. (Voyez
Ecart A.)
4. R7R.
5. F5D. 5. R8R.
6. F6FD. 6. T3FR.
7. F 7 CD. 7. T 3 CR, éch.
8. R2TR.
Si vous le jouiez à la case de la T, le Noir répliquerait
par R à la 7c du F et gagnerait la partie.
R3T,etc. 1 8. R 7 F.
9.
Faisant partie remise.
ÉcartA.
6.4.
5. F 4
R.
TD.
Rcase
5.
4.
1 N. T7FD.
T 8 FD, ech.
6. LeFcouvre* 6. T8CD.
Le N. gagne le Fou et la partie.

S 17. - Une Tour contre un Cavalier.

Le Cavalier peut ordinairement faire partie remise contre


la Tour, en ayant soin de se tenir rapproché de son Roi et

; :
d'éviter certaines positions dans lesquelles il pourrait se
perdre en voici un exemple

B. R caseD.
C2R.
N. R6R.
T5TD.
Si, dans cette position, leNoir fait échec avec sa Tour dans
l'angle, vous vous couvrez avec le Cavalier, parce que le
Roi noir ne peut alors se placer en opposition à la 6e de la
D; mais si, avant l'échec, le Roi noir se trouvait à portée
de la 6e case du F de la D, il faudrait avancer le R à la 2e
de la D ; car, si vous couvriez avec le C, le R noir se met-
trait à la 6e du F et gagnerait le C ainsi que la partie.
L'application de ces principes offrant toutefois de grandes
difficultés, nous croyons devoir donner un exemple détaillé
de la défense, habilement conduite, de la position suivante.
— Le Noir ayant le trait :
B. C 8R.
R8FD. 1 N.
N. T R.
R2-TD. 3
N. 1.
2.
3. T C.
TcaseC.
4. T2C.
5. T2D.
5
T caseTD.
3. B. 1.
2.
4.
5.
R8D.
R7F.
R8D.
R8R.
C6C.
6. T 2CD (v.var.A). 6. C8F.
7. T2FR. 7. R81).
.8 T 2TR. C6C.
9. R3
10. R3
1).
F.
8.

10. C 7
8 R.éch.
9.C F, éch.
11. R3C. 11. R8R.
12. R2 F. 12. R8F.
13. R2D. 13. C8 C.
14. R case D. 14. C 6 F.
15. T case T, écho 15. C 8 C.
16. T5T. 16. R C. 7
17. R case R. 17. C 6 F, éch.
18. R 2 R. 18. C 8 C, éch.
19.
20.
R3R.
T 5 F, éch.
19. R
20. R R.
F.88
21. T2F. 21. C T. 6
22. T2C. 22. R 8F.
23. T2TR. 23. G C. 8
24. T2F,éch. 24. R R. 8
25. T2C. 25. R8 F,
etc.
En continuant cette marche avec soin vous ferez partie
remise.

Variante A.

N. 6. T2FD. 1B.6. R8D.


7. R3D. 1
7. C8F,éch.
Si vous jouiez Je C à la
case de la Tour vous perdriez la partie.
8. R3 F. 1 8. C R,éch. 7
Vous continueriez par la marche indiquée ci-dessus et vous ferez
partie remise.
Dans la position suivante, si vous avez le trait, vous de-
vez gagner en jouant la Tour au coin.
B. R
7
T TD.
6FR.
|
IN. Rcase TR.
CcaseFR.
Si vous n'avez pas le trait vous jouerez ainsi :
N. 1.G2T,éch. B. 1. R7F.
2. C 4 G, éch. J

S'il avait joué le C à la case du F, il est évident qu'il


n'aurait pas fallu le prendre sur le coup pour ne pas faire
pat.
2. R6C.
Vous lui donnez le mat en deux autres ceups.

Il suit de ce qui précède, que le Cavalier doit se tenir au-


près du Roi et que le Roi doit éviter de se mettre dans les
angles de l'échiquier, ce qui est absolument l'inverse de la
marche que nous avons indiquée lorsqu'au lieu d'un Cava-
lier le Roi est accompagné d'un Fou.

§18.- Une Tour contre troispièces mineures.


Trois pièces mineures sont plus fortes qu'une Tour et
doivent en général gagner contre elle, surtout lorsque deux
d'entre elles seront des Fous, car alors il sera presque im-

;
possible d'empêcher celui qui joue les pièces mineures d'é-
changer l'une d'elles contre la Tour et comme, après
l'échange, il lui restera une force suffisante pour donner le
mat, il s'assure ainsi de la victoire. Au contraire, lorsque
dans les pièces mineures il se trouvera deux Cavaliers, celui
a
qui la Tour devra s'efforcer de l'échanger contre le Fou
et faire ainsi partie remise, les deux Cavaliers étant im-
puissants à donner le mat, ainsi que nous l'avons démontré
à la page 328.
L'exemple suivant suffira pour indiquer la marche à sui-
vre. — Nous donnerons le trait au Noir.
B. R TR.6 N. RcaseTR.
C5CR. T6TD.
F7D.
F8FR.
N. 1 T3TD,éch.
Si vous couvriez avec le C, le N. prendrait, et si vous re-
preniez avec le F, le R noir serait pat.
llî.1. peu.
2. T 22T.
T T. I

;
Si vous faisiez échec du C,le N.le prendrait par la môme
raison que ci-dessus de même, si vous jouiez F du R à sa
7e, il le prendrait également, puisqu'il gagnerait ensuite
une autre pièce en jouant R à la case du C.
2. R6C.
3. T 2TR. 3. F5FR.
4. T2TD.
Vous ne pouvez donner échec du C sans le perdre.
4. F6TR.
5. T3T,éch.
2
T 2 TT(M).
6. T (M ).
1
5.
765.

6.
).
F6R,(M(M.).
CF 76 FR
G7F,éch.
7. Tpr. C(M.). 7. Rpr.T.
Vous donnerez le mat en trois autres coups.

§ 19. — Une Tour et un Pion contre une Tour.

Cette fin de partie est fort importante, en ce qu'elle peut


se présenter souvent et qu'elle exige la plus grande préci-
sion dans la manière de conduire son jeu. En voici l'exemple
donné par Philidor :
B. R5FR.
T7TR.
N.
1
N. RcaseR.
T3TD.
P 4R.
En jouant bien, le Noir peut faire partie remise; ainsi :
B. 1. P5R. 1N.1. T3CD.
S'il avaitjoué T S TD, il aurait perdu (voy. Écart A).

« En conservant cette ligne avec sa Tour, dit Philidor,


il empêche votre Roi d'avancer; maiss'il quittait cette même
ligne avant que vous eussiez poussé votre Pion, il perdrait
la partie. »
2. T TD. 7 I1 2. T FD. 3
3. P R.6 3. T FD. 8
S'il avait fait échec il aurait perdu la partie.
4. R6 F. 4. T8FR,éch.
1

Il doit continuer à vous donner des échecs pourvous faire


abandonner votre Pion, et au moment où votre Roi se rap-
prochera de sa Tour, il attaquera votre Pion, le prendra et
fera partie remise.

Écart A.
,
I 1. T8TD.
2. R«
2, R 6 F. F I

Si vous aviez joué votre Roi en face du sien, il aurait pu se met-


tre dans la position de la remise en faisant échec avec sa Tour.
8
2. T FR,éch.
S'il avait donné échec à la 38 de la T, vous auriez couvert avec
le P; s'il avait joué R à la case de la D, vous auriez fait échec et
vous auriez porté ensuite votre Roi à sa 7e.
3. R6 R. 1 3. R case F.
S'il avait laissé le R à sa case, vous auriez donné échec, échangé
les Tours et gagné en peu de traits.
8
4. T TR,éch. iI 2
R 2 C.
4. R C.
5. T8 R.
Si vous jouiez tout autre coup la partie serait remise.
1 5. T8R.
6. 7D.
R 7 D.
R t 6. R2F.
S'il avait joué T à la Se de la D, éch., il aurait fallu jouer R à
sa 7e.
7. P6R,éch. 1 7. R2C.
S'il avait joué R à la 3e du F, vous auriez répliqué parT à la8*
du F, éch., et vous auriez poussé le Pà la 7e au coup suivant.
8. R7R.
Si vous jouiez P 7 R la partie serait remise.
8. T7R.
9. T8D. 9. T8R.
40. T2D. T6R.
R8R.7F.42.
40.
Il. T2C,éch. 44. R2T.
M- T6F,éch.
-13. R 43. T6R.
H. P7R. 44. T6D.
45. T2FD. 45. R2C'
4C). T7FD. <6. T7I).
-17. T7D. 17. T7 CD.
-18. TcaseD. 18. TcaseC,éch.
49. R7D. 19. T2C,éch.
20. R6 R. 20. T3C,éch.
21. T61). 24. TciiseCD.
22. T D. 8
Vous gagnez facilement la partie.

Dans la position suivante, le Blanc doit gagner égale-


ment :
B. R 8CR.
TcaseFR.
N.
1 N. R caseR.
T7TR.
P 7CR.
1. T hFR. 1. T8TR.
2. T 4R,éch. 2. R2D.
3. R 7FR. 3. T8F, éch.
4. R6 C. 4. T8C,éch.
5. R 6T. 5. T8T,éch.
6. R5 C. 6. T8C,éch.
7. T4CR.
Vous gagnez la partie.

§ 20. — Une Tour et un Pion contre un Fou.

Nous avons vu (§ 16) que le Fou, lorsqu'il est bien


con-
duit, fait ordinairement partie remise contre la Tour. La

;
difficulté d'y parvenir est fort augmentée lorsque la Tour
est accompagnée d'un Pion néanmoins, il y a beaucoup de
cas où la Tour, malgré ce surcroît de forces, ne peut par-
venir à gagner; la défense exige une extrême précision,
ainsi qu'on peut le voir par la position suivante donnée par
Philidor :
B. R4R.
T case D.
N.
1 N. R3R.
F 2 FI).
P4D.
Voici la marche qui vous assurera la victoire dans cette
position difficile :
1. T caseTD (v. Écart 1 1. F case CD (M.).
A).
2. T6T,éch. 2. F3D.
Vous devez jouer ainsi pour pouvoir avancer votre Roi
au devant du Pion, position qui doit vous assurer la vic-
toire.
3. T6C. 3. R2D.
4.
5.
R 57C,D.éch. 4.
5.
F
F
6CR.
2FD.
T
6. T7T. 6. RcaseFD.
7. R6F.
Vous gagnez facilement la partie.

:
Si vous jouiez incorrectement, vous ne feriez que partie
remise, par exemple
Écart A.

B..2. P 5 D,éch.
D.
R4casDe
1 N.-1.
N.
2.
23.
R 2 D.
F6
F 6 CR.
C R.
3.T
T caseTD.
43.- TD 3. F5FR.
4 T7T,éch.; 4. R3D.
S'il avait couvert l'échec, vous auriez gagné la partie en avançant
leRàla5eduF.
5. R4R. 1 5. F6CR.
S'il avait joué le F à la 7e de la T, vous auriez répliqué par T à
ia 7e du C du R et vous auriez gagné la partie.
6. T7CR. 1 6. F8R.
Pour être à même de donner échec à propos, si le Roi essaye
d'avancer.
7. TGCR,éch. Ii 7. R2D.
8.
8. P6D. R3Fl).
Tout autre coup lui aurait fait perdre la partie.
9. R5R. 1 9. F 5 CD.

Il est évident que le Pion est perdu, le Roi ne pouvant avancer


sans couvrir la Tour.
40. P7D,éch. 1 -10. Rpr.P.
li. R5D. 1
H. R2F.
D'où il se portera successivement dans l'angle, où ilfera partie
remise d'après la règle donnée dans la -16e section.
Cette fin de partie étant très-propre à exercer la sagacité des
joueurs, nous en donnerons encore deux exemples.

B. R7
T 3TD.
CR. N. RcaseFR.
F 5FD.
P6FR.
N'importe lequel des joueurs a le trait, le Noir, s'il joue
correctement, peut faire partie remise. Remarquez 1° que
si vous jouiez P à la 7e, il perdrait la partie en prenant le
P avec le F ; il devrait par conséquent répliquer par R à la
;
2e du C 2° que si vouscommenciez par T à la 4e de laT de
la D, et qu'il portât le F à la 8edu F du R, vous réplique-
riez par T à la 4e du F du R, ce qui vous permettrait d'a-

;
vancer le P à la 7e et le R à la 6e, et de gagner forcément la
partie 3° qu'il doit donc s'efforcer à régler correctement
la marche de son F de manière à empêcher le R de s'établir
à la 6e case, qui, dans les conflits de cette nature, forme la
clé de la position.
Dans des positions analogues, le Noir pourra faire partie
remise contre tout Pion, ceux des Cavaliers exceptés; un
de ceux-ci, avec l'aide d'une Tour, doit toujours gagner
contre un Fou. Cela vient de ce que le Roi noir, pour lutter
contre ce Pion, n'a pas la même liberté de ses mouvements
que vis-à-vis les Pions du centre, ni la chance du pat que

: ;
lui offre le P de la T qui avance à sa 7e case en voici un
exemple
B. R5 CD.
TR. N. RcaseCR.
F5D.
T 7 1

P6CR.
1. R5C. 1. F6R,éch.
2. R5F. 2 F5D.
3. P7C. 3. R2T(M.).
4. T4CD. 4. F 6FD.
à
S'il avait pris le Pion, vous auriez donné échec la 4ede
la T du R. — S'il avait couvert avec le Fou, il l'aurait perdu
en deux coups. — S'il avait mis le R à la case du C,en
jouant votre R à la 6e du C, vous auriez gagné forcément la
partie.
5. T 4 CR.
N'importe où il joueravous devez gagner la partie.

§ 21. — Une Tour et un Fou contre une Tour.

Nous voici arrivés à une fin de partie qui a pendantlong-


temps exercé la sagacité des plus grands joueurs. Il s'agis-
sait de savoir si le Fou donnait au joueur qui le conserve
une supériorité de force suffisante pour gagner dans toutes
les positions. En 1749, Philidor donna, dans la première
édition de son Analysedu Jeu des Échecs, une position,
dans laquelle il démontra que le Fou assurait le gain de la
partie; il pensait de plus que celui qui possédait le Fou
pouvait réduire forcément son adversaire à cette position
fatale. Mais des études postérieures, et notamment un im.
mense travail de MM. Kling et Kuiper, qui a paru dans le
Palamède de 1846, ont démontré que sur ce point Phili-
dor s'étaittrompé et que, par un jeu correct, le Noir peut
toujours éviter cette position et se mettre, au contraire, dans
une position où la remise est assurée. Comme ces analyses
sortent entièrement du cadre d'un livre élémentaire, nous
sommes forcés de renvoyer nos lecteurs à l'article de
MM. Kling et Kuiper, très-bien résumé dans l'ouvrage déjà
:
cité de M. Preti (Traité des Fins de Parties, etc., p. 305
et 335). Le résumé de leur travail est celui-ci La Tour et
le Fou contre la Tour, constituent généralement une partie
remise et ne gagnent que par exception.
La célèbre position de Philidor n'est donc qu'une position
exceptionnelle, nous devons toutefois la donner, parce
qu'elle présente un des plus beaux exemples connus de
précision dans la conduite d'une fin de partie.

Diag.20.

B. 1. T 8 F,éch. iN.
N. 1. T case D.
2. T7F-
I
2. T7D.
Pour parvenir au mat, vous devez forcer votre adversaire
;
à placer sa T à la 6e ou à la Se de la D lorsqu'il se trou-
vera dans l'une ou dans l'autre de ces cases, la partie devra
se gagner à coups comptés, comme vous le verrez ci-après:
3. T 7 CD. 1 3. T8D.
Ici vous voyez qu'il est forcé d'occuper une des deux cases
dangereuses, puisqu'il ne peut quitter sa file sans recevoir
le mat; mais ce n'est pas assez; il faut encore que votre
Tour ne se trouve distante de votre Roi q.ue d'un saut de
;
Cavalier si vous placiez votre T à la 76 du F, il jouerait T à
la 76 de la D, et ce serait toujours à recommencer, au lieu
qu'en passant votre Tour à droite, vous forcez l'adversaire,
le mat, à porter sa T à la 8e du F du R, et cette
pour parer
case n'est meilleure pour lui que la 8e case de laD,
pas
4. T7CR. r 4. T8FR (v.var.A).
5. F 3CR. I

Vous jouez ainsi pour l'empêcher de faire échec avec sa


Tour et pour le forcer en même temps à occuper une posi-
tion moins avantageuse.
5. Rcase (v.var.B).
I1 F
6. T4CR. 6. RcaseR.
Il joue ainsi son Roi parce que vous le menacez de gagner
d'un échec à la 6° case de la D, suivi de T 8
au moyen
CR,etc.
7. T4FD. 7. T8D (v.var.C).
8. F4TR. 8. RcaseF.
9. F6F. 9. T8R,éch.
10. F5R. 10. RcaseC.
11. T4TR.
Il ne peut sauver la partie.

Variante A.

14. R case F.
5. T 7 T R.
Par ce mouvement vous le forcez à jouer sa Tour à la 8e du C,
afin de couvrir l'échec de la vôtre, et il en résulte que vous pren-
drez forcément sa Tour.
6.
5. T8CR.
6. T7FD.
1
RcaseC.
C'est seul moyen qu'il a de parer le mat, car s'iljouaitT à la
le
3c du C, éch., vous couvririez avec le F et ilne pourrait 1éviter.
7. T8F,éch. 7. R2T.
i).
8
8. T T,éch.
T8C,éch.
1
8. R 3 C.

IlperdsaTour.
Variante B.
1 5. T6FR.
6. F6D. 6. T6R,éch.
7. F5R. 7. T6FR.
S'il avait joué R à la case du F, vous eussiez répondu par T 7 TR
donnant le mat au coup suivant.
8. T7R,éch.

T7 7FD. J 1 8.
R case F.
S'il jouait R case D, votre réponse devrait être T 7 CD.;
9.
-10. T G,éch.
I 9. RcaseC.
40.
R case F.
S'il avait mis le R dans le coin, vous auriez pris sa Tour par un
échec à la découverte.
M. T4CR. 1 11. RcaseR.
Si, pour empêcher l'échec de votre F, il jouait T 6 R, il faudrait
répondre par T 4 T.
<12. F4 FR.
Vous gagnez la partie.

Variante V.

1 8.
7. R case F.
8. F55R.
F R. 8. R caseC.
R case C.
9. T4TR.
Le Noir a perdu la partie.

§ 22. — Une Tour et un Cavalier contre une Tour.

Cettefin de partie offre des difficultés analogues à celles


que nous venons d'exposer. On avait pensé que la Tour
seule pouvait presque toujours faire partie remise ;
mais
cette opinion a besoin d'une étude plus approfondie. Nous
nous bornerons à donner deux positions de cette espèce
avec la manière de les jouer :
Première position.

B. R6FR.
T8CR.
N.
1 N. R5D.
T4R.
C 7CR.
Le Blanc avec le trait doit gagner la Tour en quatre
coups, savoir :
1. C6R,éch. j 1. R4D.
5 R, vous auriez répliqué parT4 C,éch.
S'il avait joué R
2. T8D,éch. 2. R5R.
1

3. T4D,éch. 2. Rn'importeoù.
4. Rpr.T,etc.
Deuxièmeposition.

B. R5FR.
T2FD.
N.
1 N. R2FR.
T 4 CD.
C5D.
Le B. avec le trait doit gagner en dix coups, savoir :
7 éch.
1. T FD, [ 1. RcaseR(M.).
2. R6R. I 2. RcaseD.
S'il allait à la case du F du Roi, vous répondriez parT
7 F, éch., efson Roi se retirant à la case du C, recevrait le
mat en deux autres coups.
3. T7D,éch. 3. R case F.
4. C7R,éch. 4. RcaseC.
5. R 6 D. 5. T 3 CD, éch. (M.).
6. C 6 FD, éch. 6. T pr. C, éch.
7. Rpr.T.
Vous pouvez donner le mat en trois autres coups.

§ 23. — La Dame contre la Dame.

Une Dame opposée à une autre, fera ordinairement par-


tie remise. Néanmoins, lorsque les deux Rois se trouvent
voisins l'un del'autre, celui qui aura le trait pourra souvent
resserrer son adversaire de manière à s'assurer la victoire,
comme dans la position suivante :
B. R 7FR.
D.
P77 D.
P
N.
N. R case
RDcase TR.
D3FD.
TII.

Le B.donnera le mat en cinq coups


à la et i. :
B. 1.P 8eDame IN. R2T.
éch.
2. D 4 TB, éch.

(Si D 3 D, éch., la partie serait remise.)


2. I)3 TR.
3. D 4 R, éch. 3. R case T.
4. D8R,éch. 4. R2T.
5. D 8 CR,éch. et mat.

On trouve dans Lolli une position curieuse où laDame


fait partie remise contre deux Dames, la voici :
B. R5TD.
D2D.
N. R8 TR.
D7TB.
P CR. 7
B. 1. D
case D, éch. IN. 1. P 8 C. Dame.
2. D3FR,éch. 2. L'une ou l'autre
J

Dame s'interpose, et
comme le B. peut répéter perpétuel-
lement l'échec à la 5e de la Tour, à
sa case, ou à la 3e du
Fou du Roi, la partie est remise.

Les fins de parties que nous venons de traiter dans les


sections qui précèdent sont celles qui se présentent le plus
ordinairement.
Pour ne pas sortir des bornes d'un livre élémentaire,
nous voudraient ap-
renvoyons ceux de nos lecteurs qui
profondir ces matières, aux traités spéciaux, et notamment
à l'excellent Traité théorique
et pratique sur les Fins de
Parties, parM. J. Preti, Paris, 1858, in-80, p. 400.
PIONS,
CHAPITRE II. —

CHIQUIER.
DES CONFLITS ENTRE LES ROIS ET LES
LORSQU'IL NE RESTE PLUS DE PIÈCES SUR L'É-

Entre joueurs d'habileté à peu près égale, il arrive sou-


vent, vers la fin des parties, que toutes les pièces ayant été
échangées, il ne reste plus de chaque côté que des Pions.
On pourrait croire, à première vue, que la manière de les
diriger n'offre pas de grandes difficultés, mais ce seraitune
grave erreur. Au contraire, la manière de faire mouvoir les
Rois etles Pions dans ces circonstances est l'une des par-
ties les plus difficiles de la stratégie des Échecs. Ce qui le

;
prouve, c'est que les plus grands joueurs sont tombés dans
des écarts pour la conduite de leurs Pions un examen cri-
tique et sévère a fait découvrir des fautes dans leur jeu, et
même dans leurs écrits de véritables erreurs. C'est ainsi
qu'on a démontré que la dix-septième partie de Philidor
n'était pas correcte, ainsi que nous en donnerons la dé-
monstration. Le champion de l'Angleterre, M. Staunton,
avoue franchement que, dans la onzième partie du grand
tournoi contre la France, il a fait au dernier moment, dans

;
la direction de ses Pions,une faute par suite de laquelle ila
perdu la partie on trouvera plus loin cette position. Nous
ne pouvons donc trop engager celui qui voudra atteindre
une certaine force aux Échecs, à étudier avec soin et persé-
vérance la suite de ce chapitre important.

§ 1er. - Un Pion contre le Roi seul.

Quand il ne reste plus sur l'échiquier qu'un Pion soutenu


par le Roi, et que le Roi ennemi est devant ce Pion ou à une
distance assez rapprochée pour pouvoir en intercepter la
marche, il n'est pas aisé, dans bien des cas, de calculersi
vous pourrez mener ce Pion à Dame et gagner par consé-
quent la partie, ou si le Roi ennemi peut efficacement vous
en empêcher et faire partie remise. Dans beaucoup de cas,
cela dépendra de la circonstance de savoir si vous pouvez
gagner l'opposition sur votre adversaire.
Nous avons déjà expliqué, à la page 140, ce que l'on en-

;
tend par ce mot et nous y reviendrons tout à l'heure. Les
exemples suivants serviront à vous guider leur étude at-
tentive et la répétition du jeu indiqué, avec ses variantes,
pourra vous initier à la connaissance des manœuvresingé-
nieuses par lesquelles vous pourrez y arriver dans beaucoup
de cas.

Diag.27.

Dans la position représentée Diag. 27, vous avez l'oppo-

;
sition; si c'est au Noir à jouer, vous gagnerez, tandis que
si vous aviez le trait il ferait partie remise car vous per-
driez l'opposition et illa prendrait sur vous.
Si le Noir commence, il ne peut jouer le Roi ailleurs
qu'à sa case ou à celle du Cavalier, et darEl'un ou l'autre
cas vous pousserez le P à la 7e, et il ne pourra plus l'em-
pêcher d'aller à Dame.
Si, au contraire, vous devez commencer, le Noir fera par-
tie remise, en jouant correctement; car :
B. 1. R 5 R. N. 1. R à sa 2e gagnant sur
sur vous l'opposition.
Remarquez que si vous aviez poussé le Pion en don-

;
nant échec, le Roi se serait retiré à sa case et la partie eût
été remise du coup car si vous éloignez votre R, il prendra
le P, et si vous ne le retirez pas son R sera pat.

2. R5D. J 2. RcaseR.
Afin de se ménager le moyen de prendre sur vous l'oppo-
sition au coup suivant:

3. RGD. 1 3. R case D.

Prenant l'opposition sur vous. Vous voici dans la même


position à gauche où vous étiez à droiteen commençant; elle
se reproduira toujours d'un côté ou de l'autre, et comme
vous ne pouvez avancer le P, la partie sera remise.
;
Souvent le succès dépend ainsi du trait si, dans la posi-
tion ci-dessus, vous pouviez manœuvrer de manière à le
perdre, c'est-à-dire à vous retrouver dans votre position pri-
mitive, tandis que le Roi ennemi se trouverait à la case de
son Fou avec l'obligation de jouer, vous gagneriez la partie,
comme nous l'avons déjà démontré. Ici, la perte du trait ne

;
peut s'effectuer, car vous êtes forcé de ne pas éloigner le Roi
de la garde du Pion mais lorsque votre Pion est soutenu
par un autre Pion ou que le Roi ennemi est gêné dans ses

l'avoir perdue momentanément :


mouvements, vous pourrez souvent manœuvrer de manière
à regagner l'opposition au moment propice, même après
on en verra plus loin des
exemples. Il n'est pas inutile non plus de noter que la seule

;
prise de l'opposition ne suffit pas dans toutes les positions
pour gagner mais ce sont des exceptions, et en général ce-
lui qui prend l'opposition sur l'adversaire, gagne la partie
ou fait partie remise s'il est inférieur en forces.
Comme cette question de l'opposition embarrasse toujours
beaucoup les élèves, et qu'elle a été traitée d'une manière
obscure, ou même omise tout à fait dans des traités célèbres,
nous aurons soin d'y attirer l'attention de nos lecteurs dans
lesexemplesqui vont suivre.

Diag.28.

Le Diagramme no 28 représente une position peu diffé-


rente de celle qui précède; mais ici, que vous soyez pre-
mier ou second à jouer, vous gagnerez également. Car si
c'est au Noir à jouer il perd l'opposition et ne peut vous em-
pêcher d'avancer votre Roi à la 7° de la D ou à la 7° du F.
Dans l'un et l'autre de ces cas, le chemin reste libre devant
votre Pion, qui peut aller à Dame. Si c'est à vous à jouer,
vous portez votre R à la 6° de la D ou à la 6e du F. Dans ce

;
cas, il est vrai que le Noir prend l'opposition sur vous en
jouant son Roi vis-à-vis le vôtre mais en avançant votre
Pion à la 6e, il la reperd à l'instant, et le Pion va à Dame
sans obstacle.
Diagr.29.

;
La position représentée au Diag. n° 29 est plus difficile à
jouer toutefois le Noir jouant sans faire de faute peut arri-
ver à partie remise, ainsi:
B. 1. R4R. 1N.1. R2F.
Il joue ainsi pour prendre l'opposition sur vous lorsque
vous avancerez votre Roi.
2. R5R.. 1 2. R2R.
Prenant l'opposition.

3. Pàla6e,éch. 3. R2F.
4. R5 F. 1
I
4. RcaseF(v. Éc.A).
Pour être prêt à reprendre l'opposition.
5. R6R. 1 5. RcaseR.
Vous vous trouvez ainsi dans la même position que celle
qui résulte du Diag.n° 27.
6. R5 F. 6. R2F.
7. R5C. 7. R caseF.
8. R6C. 8. RcaseC.
9. P 7 C,éch. 9. R case F
Partie remise.

Écart A.

5. IlGII.
1 A.
5.
Il case
R case
F.
11.

6.
7.
1»7F.
Il7II.
G. Il2C.
Le P va à Dame et gagne la partie.

corollaire de ce qui précède, on peut poser les


Comme
règles générales suivantes :
sans donner d'échec, il doit gagner ;
1° Toutes les fois qu'un Pion entre à sa septième case
mais s'il fait échec en
entrant dans cette case, la partie sera remise.
2° Toutes les fois que le Roi ennemi peut se mettre de-
vant le Pion, à la distance d'une case au plus, avant que le
Pion arrive à sa sixième case, la partie sera remise, bien que
le Pion soit accompagné de son Roi, derrière lui ou à ses
côtés.
30 Un Roi dans
un ou même deux Pions sur la file de la Tour ;
l'angle fera toujours partie remise contre
ce qui n'a
pas lieu pour les Pions doublés sur les autres files.
4° Toutes les fois que l'on parvient à poster le Roi à la
sixième case de la file sur laquelle se trouve son Pion (hors
les Pions des Tours), on gagnera la partie. Il est bien en-
tendu que le Roi ennemi doit être assez éloigné pour ne pas
être à même d'attaquer le Pion, ce qui forcerait le Roi à
abandonner sa position pour le défendre.
Diag.30.

Ainsi, dans la position donnée au Diag. n° 30, si c'est à


vous à jouer, vous gagnerez la partie en occupant avec vo-
;
tre Roi la sixième case tandis que si le Noir avait le trait,
il prendrait sur vous l'opposition et ferait partie remise de
la manière suivante :
N. 1.R2R. B. 1.R5F.
2. R2F. 2. P5R.
3. R2R. 3. P6R.
4. RcaseR.
Il est évident que, s'il eût joué son Roi ailleurs, il eût
perdu.
14.4. R6
R 6 F.
F.
5. R case F.

Il reprend ainsi l'opposition et fait partie remise comme


auDiag. n° 27.

La position suivante (Diag. n° 31), donnée par Lolli,est


très-remarquable.
Diag.31.

Si le Blanc a le
partie est
;
trait, il gagne si le trait est au Noir, la
remise. Le Blanc, devant commencer, jouera
:
ainsi

1. R2D.
Vous gagnez ainsi l'opposition du premier coup, et si
vous jouez correctement vous ne la
perdrez plus.
1. R R. 2
2. R3 R 2. R R. 3
3. R4R. 3. R 3F.
4. R5D. A. R2R.
5. R5R(v.Éc.A). 5. R2F.
6. R6D.
Si maintenant il joue R 3 F, avancez le P à la 4e,puis à
la5e, et lorsqu'il se mettra à sa case vous prendrez l'oppo-
sition comme ci-dessus. Diag. n° 28.

I1 7.
G. R case F.
7. R6R. RcaseR.
Il prend ici l'opposition sur
l'instant.
vous ; mais il la reperdra à
8. R P47D. R. 1l 8. R case F.
9.
Il ne peut plus empêcher votre Pion d'arriver à Dame.
Nous allons démontrer comment, par un léger écart, on
peut laisser échapper une victoire assurée et n'aboutir qu'à
une partie remise.

Ecart A.

5. P411. 1 5.H2D.
Vous avez perdu l'opposition et n'importe où vous joue-
rez le N. fera partie remise.
Si, au début, leN. a le trait, vous ne pouvez l'empêcher
d'arriver à la remise, car;
N. 1. R 2 R.
A son tour il prend l'opposition sur vous et vous ne
pourrez plus la lui ôter.
B. 1.R2D.
2. R3R. 2. R3R.
3. R4R. 3. R3D.
4. R4D. 4. P4R,éch.
Vous auriez pu jouer P à la 3e, mais le résultat seraitle
même.
5. PAR. 5. R R. 3
6. R 3R. 6. R 4F.
7. R3F. 7. P5R,éch.
8. R3R. 8. R4R.
9. R2R. 9. R5F.
10. R2F. 10. P6R,éch.
11. RcaseR. 11. R6F.
12. R case F.
Il gagne l'opposition et fait partie remise. Bien que vous
puissiez varier votre marche de plusieurs manières, le ré-
sultat sera toujours le même si le Noir répond régulière-
ment à vos coups.
§ 2. — Deux Pions contre le Roi seul.

Deux Pious unis gagnent toujours contre le Roi seul.


peuvent toujours se soutenir jusqu'à
Cela tient à ce qu'ils

déjà eu l'occasion de le remarquer p. 174 ;


pour les secourir, ainsi que nous avons
l'arrivée de leur Roi
car, si le Roi
ennemi en prenait un, l'autre arriverait à Dame.

Diag.32.

L'élève devra s'exercer à trouver la manière de parve-


nir à la victoire dans une position de cette nature, repré-
sentée au Diag. n°32 (1).

Il) B.1.R5G.
2. P à la8e. Dame éch.
1 N. 1.RR2pr.
2.
C.
nD
RcaseC.
4.RP67T.
3. C.
3.

Vous arrivez à Dame et gagnez la partie.


Diag.33.

Si les Pions ne sont pas unis, leur succès n'est pas tou-
jours aussi certain et dépend ordinairement de la question
de savoir si leur Roi est à portée de lesprotéger.Mêmeavec
cet appui, ils ne peuvent empêcher le Noir de faire partie
remise, dans la position curieuse représentée au Diag.n°33,
si le B. a le trait; car alors vous n'avez à votre disposition
qu'un seul mouvement, R 8TD, à laquelle le N. répliquera
par R case F, et quel que soit le Pion que vous avanciez
vous serez pat.
Nous avons déjà vu, p. 375, que le Roi de l'adversaire
fera partie remise contre deux Pions doublés sur la file de la
Tour, quelle que soit leur position sur cette file, toutes les
fois qu'il pourra se placer devant eux.

3. — Un Pion contre un Pion.


Quand il ne reste qu'un seul Pion de chaque côté la par-
tie est ordinairement remise, toutefois les exceptions sont
nombreuses et l'avantage du trait peut souvent décider du
sort de la partie.
;
Dans la position
traitgagnent
représentée Diag. n° 34, lesB. avec le
si le N. avait le trait la partie serait remise.

Diag.3^5.

position étant très-propre à exercer l'élève et à


Cette
l'instruire sur la conduite des Pions à la fin d'une partie,
la
manière de la jouer.
nous allons exposer en détail
Donnons d'abord le trait aux Blancs :
B. 1. R 6 F.
vous jouiez R 5 R la partie serait
Si remise, car le N.
répliquerait par R 2 R gagnant sur vous l'opposition.
N. 1. R case D.
S'il avait joué R 2 D, votre réponse devrait être R 7 F.
2. R6R. 2. R 2F.
3. R7R. 3. R case F.
4. R6D. 4. R2C.
5. R7D. R case C.
5.
G. Rpr. P. R case F.
6.
-
teN, prend ici l'opposition sur vous, mais il ne peut la
conserver. Votre Roi est sur le sixième rang, et d'après la
quatrième règle de la page 375 vous devez gagner.
7. R6D. 7. RcaseD.
8. P6F. 8. RcaseF.
9. P F. 7
Vous ne faites pas échec en entrant dans cette case; vous
devez par conséquent gagner d'après la première règle de
la page 375.
9. R2C.
10.
11.
R7 D.
Phla8eDame.
10.
11.
R2T.
R3C.
12. D4 F. 12. R4T.
13. D3CD.
Si vous jouiez par inadvertance R 6 F, le N. serait pat et
la partie remise.
13. 3
R T.
14. F.
R66 F.
R
1

14. R4T.

gner;
Nous venons de prouver qu'avec le trait vous devez ga-

;
il n'en est pas de même pour le N., avec le trait il ne
peut faire que partie remise cela tient à ce qu'il ne peut
approcher de votre P, si vous jouez correctement, car :
N. 1. R2R. IB. 1. R5F.
En vous portant alternativement de cette case à la 5e du
R, vous l'empêcherez toujours de passer et la partie est re-
mise. Bien plus, le moindre faux mouvement de sa part
entraînerait sa perte. Si, pourpremier coup, iljouaitR 2D,
vous répondriez par R 6 F et vous gagneriez la partie.
Bien plus, si par une faute de votre part vous le laissiez
passer, ce qui entraînerait la perte de votre Pion, vous pour-
riez encore faire partie remise, même après cette perte, en
profitant du tempsqu'il serait obligéde perdre pour prendre
:
le Pion, et alors reprendre l'opposition sur lui voici la sé-
rie des coups qui se présenteraient dans cette hypothèse :
N. 1. R2R. B. 1.R5F.
2. R2F. 2. R5R.
3. R2R. 3. R4D,faute.
4. R3R. 4. R4F,faute.
5. R4R. 5. R4C.
6. R4D. 6. R3C.
Si vous aviez joué R 3 F, vous auriez perdu la partie.
7. R pr.P. 7. R 3F.
8. R 4D. 8. R3D.
9. P 4F. 9. R3F.
10. P 5F. 10. R2F.
11. R 5D. 11. R2D.
12. P 6 F, éch. 12. R2F.
13. R 5F. 13. R caseF.
14. R 6D. 14. R caseD.
15. P 7 F, éch.
Partie remise d'après la première règle de la page 375.
Lorsque le Pion de votre adversaire est placé de telle
sorte qu'il arrive à Dame aussitôt après le vôtre, et qu'il se
trouve ainsi deux Dames sur l'échiquier, il peut arriver que
par suite de l'avantage du trait que vous conservez, sa
Dame ne lui soit d'aucune utilité. Cela peut résulter de la
position gênée de son Roi, ce dont nous avons vu deux

conflit d'une Dame contre un Pion ;


exemples dans la section onzième, où nous avons parlé du
cela tient quelquefois
aussi à la position des pièces, qui vous permet de vous em-
parer de sa D au moyen d'un échec, comme dans le Diag.
suivant, n° 35.
Diag.35.

Le B. avec le trait gagne.


1.P7R. 1.P7C.
B.
2.
3.
P 8R-Dame.
D8TR,éch.
N.
2.
3. R 3C.
-
P 8 C Dame.

4. D8C,éch. h. R3T. -

5. D pr. D. et gagne.

IL — Deux Pions contre un Pion.

L'avantage d'un Pion de plus ne donne pas toujours, à


celui qui le possède, la certitude du gain de la partie, et il
ya beaucoup de cas où le plus faible peut faire partie re-
mise. Le Pion de la Tour, qui se trouve à sa case, fera or-
dinairement partie remise contre les deux Pions opposés de
la Tour et du Cavalier. Ainsi, dans les deux positions don-
nées, Diag. n° 36 et Diag. n° 37, le Noir fera partie remise,
avec ou sans le trait :

Diag.36.
Uiay.37.

Effectivement dans la première de ces deux positions, si


Je B. avance le P de la T, le Roi noir pourra toujours
arriver au coin et empêcher le P de la T de l'adversaire
d'arriver à Dame, d'après la troisième règle donnée à la
page 375.
Si le B. avance le P du C, le N. devra pousser le P de la
T à la 3e case et la partie sera remise.
Notez bien que dans la position donnée, si le P noir pre-
nait celui du C, le B. gagnerait la partie, car alors l'autre
P arriverait forcément à Dame d'après la première règle de
la page déjà citée. Il en serait de même si le R noir, au lieu
d'être à la case du F, se trouvait à la case de la T ; mais, ce
qui démontre l'influence décisive que peut avoir le plus lé-
ger changement de position dans les conflits dont nous nous
occupons, c'est qu'il n'en serait pas de même si le R noir
était à la case du C, car alors il pourrait prendre l'opposi-
tion sur vous et la partie serait remise.
La seconde position (Diag. n° 37) est plus difficile à jouer
correctement, mais il doit en résulter une remise, quel que
soit le joueur qui ait le trait.
Si le N. a le trait, il jouera :
N. 1. R case T. 1B.1. RG T.
2. RcaseC. 2. P5T.
3. R case T. 3. P5C.
4. RcaseC. 5. P 6C.
5. Ppr.P.
Quelque chose que vous fassiez la remise est inévitable,
car si vous prenez le P avec le vôtre, le R noir va à la case
de la T et prend sur vous l'opposition. Si vous prenez avec
le R, il gagnera également le coin dont il vous sera impos-
sible de le déloger,
Si vous avez le trait en commençant vous devez jouer :
B. 1. Il5 T. 1N.1. R case T.
Il pourrait aussi répliquer par P 3 T; mais s'il jouait
R case C, il perdrait la partie (1).

R6T.
2.
3.
4
P 5C.
P5T.
[3.
I 2. RcaseC.
Rcase T.
4. RcaseC.

Et il fait partie remise comme dans l'exemple précédent.


Le P du C peut aussi, dans certaines circonstances, faire
partie remise contre les deux P opposés du F et du C.
En voici l'exemple donné par Philidor :

(l)CarB. i. RT,6T.
2.
5C.
RI)

4.PP5T.
3,
5.P6C.
2. N.1.RcaseC.
R case T.
3, R case C.
4.
5.
RcaseT.
Ppr.P.
6. Ppr.P.
Si vous preniez avec le R la partie serait remise.

6. R case C.
7. P 7 C et va à Dame.
Diag. 38.

Ici le Noirperdrait si c'était à lui à jouer; mais n'ayant


pas le trait, il fait partie remise. Donnons d'abord le trait
au Blanc.
B. 1. 4D.
R 3
N. 1. R D.
S'il avait répondu par R 4 F, vous auriez gagné l'oppo-
sition et la partie.(Voy. Écart A.)
2. R3D. l 2. R2D.
S'il avait joué R 4 D, il aurait perdu la partie. (Voy.
ÉcartB.)
3. R3R. 1 3. R2R.
Il se ménage le moyen de prendre l'opposition sur vous
lorsque vous voudrez avancer votre Roi.
4. R4D. 1 4. R3D.
5. RhR. !
5. R3R.
Vous voici revenu au point d'où vous êtes parti, et quel-
ques efforts que vous fassiez, s'il joue les coups justes, il
fera partie remise.
Voyons maintenantcomment vous devez profiler des
fautes dans lesquelles il pourrait tomber.

ÉcartA.

H..2. R4D.
R3 n.
f IN.
114F.
2. R3R.
S'il jouait R à la 5e du C, il perdrait également partie.la
3. R4R. 1 3. R3D.

P5F.
S'il avait joué son R à la 2* de la D ou à la 2f du Il. vousaunex
dû avancer votre R eu face du sien, pour gagner l'opposition et
prendre, par la suite, son P qu'iln'aurait pu sauver.
4. 1 A5C). Ppr.P.écli.
R2R.
I,'l;
5. Ilpr.P.1,
ilt 1; C. 5.
(i. IlGC. 1)
0. H case F
1't c~tse
7. R 7 T.
a
LeNoir perdu.

B. IN.2.R4l).
3. H3 R.
EcartB.

Vous allez maintenant gagner l'opposition, parce qu'il ne peut pas


jouer son Roi en face du vôtre. Ii faut absolument qu'il rétrograde
à la 3e de la Dame ou à la 3e du R, et, dans l'un ou l'autre cas, vo-
tre Roi peut gagner l'opposition sur lui. Remarquez que,s'iljoue
son R à sa 3e, vous répondrez par R à sa4% et
vous vous retrouve-
rez dans la même position qu'en commençant; mais, avec cette
différence importante, que vous avez perdu le trait, et comme par
suite de la faute commise à son deuxième coup, c'est maintenant à
lui à jouer, le gain de la partie vous est assuré.
1 3. R3R.
li. R 4li11.
4. Il 1 4. R3D.
-

S'il avait retiré son 11 à sa 2e case ou à la 2e de la D, il aurait


fallu avancer votre Roi en face du sien, ainsi que nous l'avons dit
ci-dessus.
5. P3F. 1 5. R2R.
Nous supposons, pour varier le jeu, qu'il ne prend pas le Pion,
:
O.
7.
P G écll.
R4D(voy.var.A;.
1
comme il l'a fait ci-dessus au cinquième trait
F. I <>.
7.
R3R.
R3D.
Il apris aussi l'opposition survous- mais en sacrifiant un Pion
vous avez le moyen de la reprendre, et un seul Pionvous suffira
pour gagner la partie.
8. P7F. 8. R2R.
9. R5R. 9. Rpr.P.
HO. R6D. -10. R case F.
H. RGR. H. R2C.
12. R7R.
-13.
lt.
6F.
H7F.
R -13, H. H2. RcaseC.
R2T.
H case T.
-15. Rpr.P. -15. RcaseC.
•10. R6 F. caseF.
-10. R
Le R noir prend bien l'opposition ici, mais c'est pour lareperdre
aussitôt.
47.
-18.
P6C.
P7C.
f-18.
7. RcaseC.
R2T.
.19 R7 F. -19. 3 T.
Pàla8».Dame
H
20.
03C.
20. Il4T.
21. 21. R3T.
22. LaD donne le mat.

Variante A.

B. 7. P7F. N. 7.Rpr.P.
S, R5D. I

Si vous jouiez R

9.
-10.
R 5R.
R 5 R.
R0D.
1