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MASTER : DROIT FONCIER ET MANAGEMENT DES AFFAIRES

MODULE : DROIT NOTARIAL

La cession d’un bien immeubLe urbain


par un non-résident : cadre théorique
et aspect pratique.

ENCADRE PAR : PRESENTE PAR :

Mr. OTMANI RACHID DAOUDI KHALIL

KORRI BADRE

ANNEE UNIVERSITAIRE : 2018/2019


PLAN :

Introduction

A- Le régime juridique relatif à la cession d’un bien


immeuble par un non-résident
1- Le corpus légal : la diversité des textes
2- La multitude des intervenants : la particularité marocaine

B- Le cadre pratique relatif à la cession d’un bien


immeuble par un non-résident
1- Les démarches pratiques : imbrications et prospectives
2- La portée de la procédure : limites et entraves

Conclusion
Introduction

« C'est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir. »

François René, vicomte de Chateaubriand

Les mesures de l'Office des changes constituent un contrôle. Depuis quelques


années, ces mesures tendent à être plus souples accompagnant la libéralisation de la
réglementation des changes dans un souci de favoriser l'investissement étranger et
de préparer le partenariat avec l'Europe.

Le contrat de vente est défini on droit marocain par l’article 478 du dahir des
obligations et contrats, ce dernier dispose que « la vente est un contrat par lequel
l’une des parties transmet la propriété d’une chose ou d’un droit à l’autre
contractant contre un prix que ce dernier s’oblige à lui payer ».

Toutefois, la vente effectuée par un non-résident au Maroc nécessite l’intervention


de plusieurs organes et instituts d’une façon spéciale, ainsi le recours a quelques
mécanismes comme les comptes convertibles à terme. Ces derniers sont destinés à
recevoir les fonds appartenant à des personnes physiques ou morales étrangers non-
résidents et qui ne bénéficient pas de garantie de transfert.

Or, les investisseurs effectuent conformément aux dispositions des opérations de


crédit et des opérations de débits, bénéficient de la garantie de transfert en cas de
liquidation ou de cession. Cette garantie n’étant pas assortie de délai, sauf en ce qui
concerne les acquisitions de valeurs mobilières, de biens immeubles et de résidences
touristiques pour lesquelles la garantie de transfert ne peut intervenir qu’au terme
d’un délai de 3 ans à compter de la date d’acquisition.

De surcroit, la procédure d’une cession immobilière par un étranger fait l’objet,


parfois, d’un exequatur. Cette démarche permette de rendre exécutoire au Maroc,
une décision de justice étrangère sauf s’il n’est pas contraire, bien évidemment, à
l’ordre public.
Historiquement, avant le protectorat, les étrangers n’avaient pas de régime spéciaux
lors des transactions immobilières, mais l’acte d’aljaziras de 1906 a permet
d’officialiser les premières opérations de cession immobilières des étrangers au
Maroc.

Pendant le protectorat, l’arrêté résidentiel du 18 mai 1940 publié au bulletin officiel


du 24 mai 1940 « relatif à la prohibition et la réglementation en temps de guerre de
l’exportation des capitaux, des opérations des changes et du commerce de l’or » est
considéré comme la première pierre angulaire dans l’arsenal juridique relative au
fond des étrangers, suivi par un autre arrêté du directeur des finances du 30 aout
1947 réglementant l’encaissement et le transfert des créances sur l’étranger.

Apres l’indépendance, le dahir du 22 janvier 1958 relatif à la création de l’office de


change à contribuer l’inauguration d’un établissement a caractère administrative
sous tutelle du ministère chargé des finances. Depuis plusieurs circulaires ont vu le
jour comme par exemple celle n° 1533 daté du 24 janvier 1992 édictant les mesures
relatives aux avoirs liquides en dirham, détenus par des étrangers non-résidents dans
le cadre de la promotion de l’investissement.

De surplus, ce sujet s’inscrit dans un contexte à vocation pluriels, marqué par la fuite
des devise, dont notamment les services de la douane et la DGSN ont confisqué plus
de 40 million d’euro en 2014 et 8 milliard de dirhams en 2018, marqué aussi par
l’immigration des étrangers du ou au Maroc pour des raisons généralement
économiques en s’installent dans les villes notamment les villes impériale , ces
étranger se voyaient victime du phénomène de la spoliation des biens des étrangers
au Maroc, le législateur pour remédier à ce phénomène en rajoutant l’attestation de
procuration aux documents devant être rédigés par un rédacteur officiel ou un avocat
compétent, l’amendement l’article 352 du Code pénal afin d’unifier les peines
relatives aux crimes de falsification entre tous les professionnels concernés par la
rédaction des contrats, à savoir, les notaires, les adouls et les avocats qui étaient
jusqu’ici épargnés de la peine à perpétuité pour falsification de documents.

Pour ce faire, les objectifs de notre communication se déclinent en un objectif


général qui constitue la trame du fond de toute la contribution et de deux objectifs
spécifiques qui gravitent autour de la problématique à laquelle notre exposé essayera
d’apporter quelques éléments de réponse.
Ainsi, l’objectif général est de clarifier les articulations théoriques et pratiques qui
existent lors d’une cession d’un bien immobilier par une personne non-résidente au
Maroc.

Au moins deux objectifs spécifiques dérivent de cet objectif général :

1- Primo, définir les interfaces théoriques et les mettre en œuvre au service de


celles pratiques lors d’une cession d’un bien immobilier par un non-résident.
2- Secundo, essayer à la contribution d’un « guide » pour les personnes non
résidentes au Maroc, désirant céder un bien immobilier acquis dans le
périmètre urbain.

Ce qui nous envoies vers une problématique bien déterminer à savoir : Comment
saisir dans sa globalité les dimensions théorique et pratique se rapportant à la
cession de bien immobilier par une personne non résidente au Maroc ?

De cette problématique centrale découle des questions subsidiaires :

- Quel corpus légal qui encadre la cession d’un bien immeuble par un non
résident ?
- Quels sont les différents intervenants marquants en la matière ?
- Quelle procédure à suivre pour réussir cette cession ?
- Quels sont les effets qu’engendre ? existe-t-il des difficultés entravant la
procédure ?

Donc, pour répondre à ces questions, on a choisi de traiter le sujet via des
approches à la fois analytiques et empirique, d’une part, nous allons adopter une
démarche par déduction afin de distinguer les caractéristiques phares du sujet.
D’autre part, en sus des remarques si pertinentes de notre professeur Maitre
Othmani, nous avons eu l’occasion de s’entretenir avec des cadres des banques,
un inspecteur régional de l’office de change et même faire une visite au sein d’un
cabinet notarial.

Partant de notre problématique, nous formulerons les hypothèses de recherche


suivantes:

- Hypothèse 1 : La cession par un non-résident est une simple mutation de


propriété.
- Hypothèse 2 : L’efficacité de la procédure s’inscrit dans la politique de rétablir
l’équilibre de la balance des paiements.
- Hypothèse 3 : Le notaire est le seul intervenant solidaire dans le cadre de
cette cession.
- Hypothèse 4 : Le non-résident rempli ses engagements en terme de garantie
envers l’acquéreur.

Afin de clarifier ces dimensions, nous allons appréhender dans un premier temps le
cadre juridique qui régit la cession d’un bien immeuble par un non-résident, tout en
mettant en exergue la diversité des textes ainsi la multitude des intervenants dans la
matière. Le résultat de cette confrontation mettre en évidence à travers les
démarches pratiques liées à cette cession pour en déduire la portée de la procédure.
Suivant cette logique, le plan se présente comme suit :

Première partie : Le régime juridique relatif à la cession d’un bien immeuble par
un non-résident.

Deuxième Partie : le cadre pratique relatif à la cession d’un bien immeuble par un
non-résident.
A- Le régime juridique relatif à la cession d’un bien
immeuble par un non-résident

Afin de bien aborder le régime juridique relatif à la cession d’un bien immeuble par
un non résident, il est plausible de mettre en lumière le corpus légal relatif à cette
transaction (1) par la présentation des divers textes réglementant cette matière,
ainsi de mettre en exergue la particularité marocaine (2) dont la multitude des
intervenants.

1- Le corpus légal : la diversité des textes

Le schéma ci-dessous reflète, d’une façon empirique, la diversité des lois et


règlements régissant la matière :

D.O.C

Les
circulaires
La loi 32-09
de l'Office
des changes

Le
corpus
Le décret du
18 Juillet légal La loi 39-08
2016

Code
La loi 14-07 général des
impôts
Dans le cadre de son activité, le notaire est appelé à dresser des actes relatifs à des
opérations de cession de biens immeubles sis au Maroc et appartenant à des
personnes étrangères, la réglementation applicable dans ce domaine est la circulaire
de l'Office des changes n° 1507 du 14 mars 1988 selon laquelle ne sont plus
soumises à autorisation de l'Office des changes :

1) les cessions intervenues entre des personnes de nationalité étrangère quel


que soit leur lieu de résidence,
2) les cessions effectuées par des personnes étrangères au profit de
ressortissants marocains établis à l'étranger,
3) les cessions effectuées par des personnes étrangères au profit de résidents
de nationalité marocaine en respectant les conditions relatives aux modalités
de paiement.

Cependant, l’opération d’une cession immobilière par un non-étranger nécessite


l’interaction de plusieurs loi et règlements. Tout d’abord, le code des obligations et
contrat du 12 septembre 1913 constituait et restera jusqu’au jour l’un des pièces
maitresses dans le cadre juridique marocain, comme le fait de recourir à son article
478 afin de donner une définition au contrat de vente. Puis, il est primordial de se
référer à la loi 32-09 règlementant la profession du notariat et plus précisément
avec l’article 36 qui expose les attributions du notaire, ainsi que ses compétences.

En outre, qui dit biens immobiliers dit droit réels, ces derniers sont réglementés par
la loi 39-08 portant code des droits réels. Dans la même optique, l’article 4 de ce
code a fait couler beaucoup d’encre ce qui a poussé le législateur a le réformé et de
le mettre à jour avec la politique foncière menée par le gouvernement marocain (le
cas de l’authenticité de la procuration).

En plus, la loi 14-07 relative à l’immatriculation foncière est indispensable pour


consolider la procédure par l’instauration des dispositions juridiques relatives aux
biens et droits réels.

Enfin, il est plausible de présenter les autres lois qui font part de cette procédure,
comme le cas, bien évidemment, du code général des impôts, du décret daté le 18
juillet 2016 et sans oublie aussi la pluralité des circulaires de l’office de change qui
essaye de garder la procédure a jour avec les mutations perpétuelles de la vie
économique.
2- La multitude des intervenants : la particularité marocaine

La circulaire de l'Office des changes, n°1573 en date du 24 janvier 1992, a édicté de


nouvelles mesures relatives aux avoirs liquides en dirhams détenus par des
étrangers non-résidents dans le cadre de la promotion de l'investissement. Le
système des comptes "d'attente" a été supprimé et les comptes "capital" ont été
remplacés par des comptes "convertibles à terme". La circulaire n° 1573 a prévu en
détail les modalités d'ouverture et de fonctionnement des comptes convertibles à
terme. Elle prévoit que les personnes résidentes détenant des fonds en dirhams
appartenant à une personne étrangère non résidente et qui ne peuvent faire valoir
en faveur de cette personne la mise en jeu d'une garantie de retransfert de ces
fonds, sont tenus de verser le montant correspondant dans un compte convertible à
terme. Il est à noter que les titulaires originels des comptes convertibles à terme
peuvent utiliser librement au Maroc les disponibilités de ces comptes pour des
dépenses courantes ou d'investissement.

La particularité des comptes convertibles à terme est que les sommes qui y sont
versées peuvent être cédées à des personnes étrangères résidentes ou non
résidentes ou à des ressortissants marocains non-résidents, dans ce cas l'utilisation
des disponibilités peut être effectuée en vue notamment de la souscription par des
personnes morales étrangères aux augmentations de capital de leurs filiales
installées au Maroc, à hauteur de 50 % de leur participation sous réserve de financer
le surplus en devises.

Les fonds peuvent aussi être destinés au financement partiel d'opérations


d'investissement au Maroc dans tous les secteurs d'activité quelle que soit la forme
de l'investissement. Dans ce cas aussi 50 % doivent être financés par l'acquisition
d'un comte convertible à terme et 50 % par apport en devises, les investissements
effectués conformément à la circulaire n° 1573 bénéficient de la garantie de
transfert en cas de liquidation ou de cession : cette garantie n'est pas assortie de
délai sauf en ce qui concerne les acquisitions pour lesquelles la garantie de transfert
ne peut intervenir qu'au terme d'un délai de 3 ans à compter de la date
d'acquisition.

Dans la pratique, certaines banques ont mis en place des services spécialisés pour
leur clientèle souhaitant acquérir ou céder des comptes convertibles à terme en
collaboration avec leurs représentants à l'étranger ; il existe actuellement un
marché de comptes convertibles à terme, des investisseurs souhaitant s'installer au
Maroc peuvent faire l'acquisition des avoirs détenus par des non-résidents sur des
comptes convertibles à terme avec une décote par rapport au cours des changes qui
peut varier de 10 à 20 % selon la situation du marché. Si le compte convertible à
terme n'est pas utilisé dans le cadre d'investissement ou de cession du compte, le
transfert des disponibilités peut être effectué de la manière suivante : le premier
transfert soit 20 % devra intervenir un an à compter de la date d'inscription des
fonds en compte, les 80 % restants doivent être transférés à compter de la date
anniversaire du premier transfert en 4 annuités de 20 % chacune.

Dans le cadre de son activité, le notaire au Maroc règle les dossiers de successions
des étrangers. Suite au règlement de la succession, deux distinctions doivent être
faites concernant les fonds revenant à des étrangers non-résidents :

- Lorsque la succession porte sur des biens financés à l'origine en devises et


bénéficiant de la garantie de retransfert, le transfert des fonds en faveur des
héritiers est effectué directement par les banques, intermédiaires agréés, sur
présentation d'un acte notarié de dévolution successorale dûment établi et de
copies des formules bancaires justifiant le financement en devises des biens
dépendant de la succession.
- Lorsque la succession porte sur des biens et valeurs non financés par cession
de devises, il y a une distinction à faire selon que le défunt a bénéficié de ses
droits au retour définitif :
- Si le défunt a déjà bénéficié de ses droits à transfert au titre du départ
définitif, les fonds doivent être versés sur des comptes convertibles à terme
au nom des héritiers et qui sont utilisés ou transférés conformément aux
dispositions de la circulaire n° 1573 du 24 janvier 1993 dont les modalités sont
visées au paragraphe (II).
- Si le défunt n'a pas utilisé ses droits à transfert au titre du départ définitif,
les héritiers peuvent bénéficier ensemble de ce droit à hauteur de 25.000 DH
par année de séjour au Maroc du défunt. Dans ce cas les transferts doivent
être autorisés par l'Office des changes.

Les pièces sont les suivantes :

- Une attestation délivrée par les autorités compétentes précisant la durée du


séjour du défunt au Maroc.
- Un acte de décès.
- Un acte de notoriété suite au décès.
- Un certificat de résidence à l'étranger des héritiers.
Les sommes dépassant 25.000 dirhams par année de séjour du défunt au
Maroc doivent être versées sur des comptes convertibles à termes.

Personne
non
résidente

ANCFCC Banque

Notaire

Office de
Douane
change

DGI

Le notaire marocain est le chef d’orchestre qui harmonise les formalités et les
procédures afférentes à la cession d’un bien immeuble en général, et
particulièrement lors d’une cession faisant la présence d’une personne non
résidente.

De sa part, la Direction Générale des Impôts est compétente en ce qui concerne


l’élaboration et la négociation des conventions de non double imposition avec les
Etats étrangers, mais aussi à la délivrance de l’attestation des taxes grevant
l’immeuble et par la suite du quitus fiscal afin que le notaire procède à la mutation
de la propriété.

L’administration de la douane est dévolue par Le législateur a conféré le droit de


constatation des infractions à la réglementation des changes aux agents des
douanes, aux Officiers de Police Judiciaire et à d’autres agents du Ministère de
l’Economie et des Finances jouissant du droit de communication en matière fiscale.

L’Office des Changes est un établissement public à caractère administratif. Il est


placé sous la tutelle du Ministère chargé des Finances, lequel détermine les
modalités générales de sa gestion, de son contrôle et arrête son budget annuel, il
élaborer la réglementation des changes, s’assurer du respect de la réglementation
des changes en vigueur, octroyer les agréments de change manuel, établir les
statistiques des échanges extérieurs et il veiller au respect des dispositions de la loi
n° 43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux par les entités
soumises à son contrôle et assujetties auxdites dispositions.

Cependant, un notaire français demeure compétent, sous réserve de rédiger l’acte


suivant le droit positif marocain, et sous réserve de s’acquitter des droits de
l’enregistrement de la mutation au Maroc. Son acte pour être inscriptible sur les
livres fonciers, doit recevoir la mention de l’exequatur au Maroc.

La jurisprudence ne manque pas de nous étonner surtout lorsqu’une décision aurait


des répercussions sur la pratique quotidienne. C’est le cas de l’arrêt de la Cour de
cassation n° 1351 du 13 mars 2012 (Dossier civil n° 1/1/2010/477, publié au Recueil
2015), qui prévoit l’exécution au Maroc des actes notariés français sans aucune
forme de certification et ce, sur la base de l’article 3 du Protocole additif de la
Convention d’aide judiciaire entre le Royaume du Maroc et la République Française
du 10 août 1981. La seule réserve est que le notaire qui est chargé d’instrumenter la
vente doit provisionner entre ses mains les montants des impôts et taxes dus à l’Etat
marocain.
B- Le cadre pratique relatif à la cession d’un bien
immeuble par un non-résident.

1- Les démarches pratiques : imbrications et prospectives

La circulaire de l'Office des changes, n°1573 en date du 24 janvier 1992, a édicté de


nouvelles mesures relatives aux avoirs liquides en dirhams détenus par des
étrangers non-résidents dans le cadre de la promotion de l'investissement. Le
système des comptes "d'attente" a été supprimé et les comptes "capital" ont été
remplacés par des comptes "convertibles à terme". La circulaire n° 1573 a prévu en
détail les modalités d'ouverture et de fonctionnement des comptes convertibles à
terme. Elle prévoit que les personnes résidentes détenant des fonds en dirhams
appartenant à une personne étrangère non résidente et qui ne peuvent faire valoir
en faveur de cette personne la mise en jeu d'une garantie de retransfert de ces
fonds, sont tenus de verser le montant correspondant dans un compte convertible à
terme. Il est à noter que les titulaires originels des comptes convertibles à terme
peuvent utiliser librement au Maroc les disponibilités de ces comptes pour des
dépenses courantes ou d'investissement.

La particularité des comptes convertibles à terme est que les sommes qui y sont
versées peuvent être cédées à des personnes étrangères résidentes ou non
résidentes ou à des ressortissants marocains non-résidents, dans ce cas l'utilisation
des disponibilités peut être effectuée en vue notamment de la souscription par des
personnes morales étrangères aux augmentations de capital de leurs filiales
installées au Maroc, à hauteur de 50 % de leur participation sous réserve de financer
le surplus en devises.

Les fonds peuvent aussi être destinés au financement partiel d'opérations


d'investissement au Maroc dans tous les secteurs d'activité quelle que soit la forme
de l'investissement. Dans ce cas aussi 50 % doivent être financés par l'acquisition
d'un comte convertible à terme et 50 % par apport en devises, les investissements
effectués conformément à la circulaire n° 1573 bénéficient de la garantie de
transfert en cas de liquidation ou de cession : cette garantie n'est pas assortie de
délai sauf en ce qui concerne les acquisitions pour lesquelles la garantie de transfert
ne peut intervenir qu'au terme d'un délai de 3 ans à compter de la date
d'acquisition.

Dans la pratique, certaines banques ont mis en place des services spécialisés pour
leur clientèle souhaitant acquérir ou céder des comptes convertibles à terme en
collaboration avec leurs représentants à l'étranger ; il existe actuellement un
marché de comptes convertibles à terme, des investisseurs souhaitant s'installer au
Maroc peuvent faire l'acquisition des avoirs détenus par des non-résidents sur des
comptes convertibles à terme avec une décote par rapport au cours des changes qui
peut varier de 10 à 20 % selon la situation du marché. Si le compte convertible à
terme n'est pas utilisé dans le cadre d'investissement ou de cession du compte, le
transfert des disponibilités peut être effectué de la manière suivante : le premier
transfert soit 20 % devra intervenir un an à compter de la date d'inscription des
fonds en compte, les 80 % restants doivent être transférés à compter de la date
anniversaire du premier transfert en 4 annuités de 20 % chacune.

Dans le cadre de son activité, le notaire au Maroc règle les dossiers de successions
des étrangers. Suite au règlement de la succession, deux distinctions doivent être
faites concernant les fonds revenant à des étrangers non-résidents :

- Lorsque la succession porte sur des biens financés à l'origine en devises et


bénéficiant de la garantie de retransfert, le transfert des fonds en faveur des
héritiers est effectué directement par les banques, intermédiaires agréés, sur
présentation d'un acte notarié de dévolution successorale dûment établi et de
copies des formules bancaires justifiant le financement en devises des biens
dépendant de la succession.

- Lorsque la succession porte sur des biens et valeurs non financés par cession de
devises, il y a une distinction à faire selon que le défunt a bénéficié de ses droits au
retour définitif :

- Si le défunt a déjà bénéficié de ses droits à transfert au titre du départ définitif, les
fonds doivent être versés sur des comptes convertibles à terme au nom des héritiers
et qui sont utilisés ou transférés conformément aux dispositions de la circulaire n°
1573 du 24 janvier 1993 dont les modalités sont visées au paragraphe (II).

- Si le défunt n'a pas utilisé ses droits à transfert au titre du départ définitif, les
héritiers peuvent bénéficier ensemble de ce droit à hauteur de 25.000 DH par année
de séjour au Maroc du défunt. Dans ce cas les transferts doivent être autorisés par
l'Office des changes.

Les pièces sont les suivantes :

- Une attestation délivrée par les autorités compétentes précisant la durée du séjour
du défunt au Maroc.
- Un acte de décès.

- Un acte de notoriété suite au décès.

- Un certificat de résidence à l'étranger des héritiers.

Les sommes dépassant 25.000 dirhams par année de séjour du défunt au Maroc
doivent être versées sur des comptes convertibles à termes.

2- La portée de la procédure : limites et entraves

Dans le but de sécuriser les opérations juridiques et foncières et de protéger les


intérêts des individus, l’article 4 du Code des droits réels marocain, par l’adjonction
des mandats parmi les actes devant être établis sous la forme authentique ou ayant
date certaine. Cette disposition n’est pas sans conséquence, puisqu’elle va
engendrer des retombées négatives chez toute personne habitant en dehors du
Maroc et souhaitant établir un mandat pour une opération immobilière au Maroc.
La procuration devrait alors être établie par-devant un notaire étranger, ce qui la
soumettra alors à la procédure d’exequatur avant qu’elle puisse être utilisée au
Maroc.

Jusqu’au 2017 une circulaire du conservateur générale a annulé l’obligation de


joindre au dossier une attestation de remise des fonds de la plus-value à un compte
convertible à terme délivré par un établissement de crédit.

La détermination la résidence, la note circulaire relative à l'impôt général sur le


revenu définit la résidence habituelle d'une personne au Maroc lorsqu'elle y dispose
de son foyer permanent d'habitation, du centre de ses intérêts économiques ou
lorsque la durée continue ou discontinue de ses séjours au Maroc dépasse 183 jours
pour toute période de 365 jours.

Par foyer permanent d'habitation on entend le lieu où le contribuable réside


habituellement et de manière permanente. La permanence de l'habitation,
condition essentielle, suppose que le logement aménagé à cette fin est réservé par
le contribuable à son usage ou à celui de sa famille de manière continue et non
occasionnelle (voyages d'affaires, stages, vacances ou autre court séjour).

Un éventuel risque de double imposition, dans le cas où le Maroc n’a pas conclu une
convention de double imposition avec le pays d’origine.

Quand est-il du droit de la garantie accordée à l’acquéreur alors que le vendeur est
parti en définitif du Maroc comment engagé sa responsabilité.
Conclusion

Multitudes Corpus
d’intervena légal
-nt

procédure

????

D’une façon sommaire et compte tenu de ce qui précède, la cession d’un bien par un non
résident présente un exemple concret du marteau et l’enclume, d’une part le souci de la
sécurisation des transactions juridiques et foncières et de protéger les intérêts des
individus et le respect de la réglementation de change impliquant la préservation des
avoirs en devises qui ne couvraient que 5 mois d’importation de biens et services en 2018,
et d’autre part les défis de la mondialisation et de la libéralisation d’où la promotion
économique en général et du foncier en particulier encouragée par l’attractivité des
investisseurs étrangers via des texte dont la conception date du début du siècle avec une
influence abusive de l’administration.
Bibliographie :

Lois et texte:
- Dahir (9 ramadan 1331) formant Code des obligations et des contrats (B.O 12
septembre1913).
- 32-09 relative à l'organisation de la profession de notaire, promulguée par le Dahir
n° 1-11-179 du 25 hija 1432. (B.O. n° 6062 du 5 juillet 2012).
- CODE GENERAL DES IMPOTS 2019 Institué par l’article 5 de la loi de finances n° 43-
06 pour l’année budgétaire 2007, promulguée par le Dahir n° 1-06-232 du 10 Hija
1427 (31 décembre 2006), tel que modifié et complété.
- Instruction Générales des Opérations de Changes 2019
- Arrêté du ministre de l'économie, des finances, de la privatisation et du tourisme n°
104-02 du 9 kaada 1422 (23 janvier 2002) relatif à l'émission de bons du Trésor à 5
ans concernant les comptes convertibles à terme.
- Dahir du 5 kaada 1368 (30 août 1949) relatif à la répression des infractions à la
réglementation des changes, tel qu’il à été modifié et complété par le dahir du 25
moharrem 1371 (27octobre 1951).

Ouvrage
- Abdellah OUALAD ; la réglementation des changes annotés ; 1er édition 2007 ;
Edition : Najah al jadida.
- Saad LAHRICHI ; Lexiqxue de jurisprudence notariale ; 2008 ; Edition : La porte.

Jurisprudence :
- Arrêt de la cour de cassation du 16/01/2018, n° de décision 6/35
- Arrêt de la cour de cassation du 18/12/2012, n° de décision 5653
- Arrêt de la Cour de cassation du 13 /03/ 2012, n° de décision 1351

Webographie :
- https://www.oc.gov.ma/fr/etrangers-re%3Fsidents-au-maroc/formes-
dinvestissements-ier
- http://www.notaire-marrakech.com/Le-notaire-et-la-reglementation-des-
changes.htm
- https://www.tax.gov.ma/wps/portal/DGI/Documentation-fiscale/Conventions-
internationales
- https://www.leconomiste.com/article/965463-reglementation-de-change-
liberalisation-petites-doses
- https://www.facebook.com/Frederic.ELBAR.Conseil.Consulaire/posts/la-
r%C3%A9glementation-marocaine-des-changesvous-%C3%AAtes-nombreux-
%C3%A0-vous-poser-des-quest/1127289817342693/
- https://www.lavieeco.com/news/actualite-maroc/moins-de-tracasseries-pour-les-
etrangers-non-residents-en-cas-de-cession-dun-bien-immobilier.html
- http://www.laayouneinvest.ma/crilaayoune.asp?codelangue=23&info=49&rub=44
&mere=&fonc=1
- https://www.maghress.com/fr/challenge/2899
Table de matière