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MASTER

ENTREPRENEURIAT & INGÉNIERIE MANAGÉRIALE

 FACULTÉ DES SCIENCES JURIDIQUES ECONOMIQUES & SOCIALES 
 ­SOUISSI SALÉ­ 

COMPTABILITÉ DES
SOCIÉTÉS
EXPOSÉ
COMPTABILITÉ & INFLATION

EXPOSANTS PROFESSEUR
MR. AMINE BOURZIK MME. MERIEM OBADA
MR. MARWANE BAYAR
ANNÉE UNIVERSITAIRE
2011-2012
SOMMAIRE
INTRODUCTION………………………………………………
…..…….……………3
CHAPITRE I
GÉNÉRALITÉS ÉCONOMIQUES SUR

L’INFLATION……………..……..5
 SECTION A: NOTION
D’INFLATION…………………………………………………….5
1. L’INFLATION…………………………………………………
………………………..5
2. LES CAUSES DE
L’INFLATION……………………………………..
………………..5
3. LES EFFETS DE
L’INFLATION………………………………………..
………………6
 SECTION B: LIMITES DES PRINCIPES
COMPTABLES…………………..…………….6
1. LE PRINCIPE DU COÛT
HISTORIQUE……………………………….……………..6
2. LE PRINCIPE DE SPÉCIALISATION DES
EXERCICES………………..……………..7
3. LE PRINCIPE DE PRUDENCE
…………………………………………..…………….7

CHAPITRE II
IMPACT DE L’INFLATION SUR LES COMPTES DE

L’ENTREPRISE…….8
 SECTION A : EFFETS SUR LES ÉLÉMENTS DU
BILAN………………………………….8
1. LES EFFETS SUR LES ÉLÉMENTS NON
MONÉTAIRES……………………………8

2
2. L’IMPACT DE L’INFLATION SUR ÉLÉMENTS
MONÉTAIRES…………………..11
 SECTION B : IMPACT DE L’INFLATION SUR LE RÉSULTAT ET
L’EXPLOITATION DE
L’ENTREPRISE……………………………………………………
…………………………14
1. L’IMPACT DE L’INFLATION SUR LES
AMORTISSEMENTS……………………..15
2. LA GESTION DE STOCK ET
L’INFLATION………………………………………18
3. L’IMPACT DE L’INFLATION SUR LE
RÉSULTAT………………………………….21

CHAPITRE III
LA PRISE EN COMPTE DE

L’INFLATION………………………………23
 SECTION A: LA
RÉÉVALUATION……………………………………………………
…23
 SECTION B : LA MÉTHODE BASÉE SUR LE POUVOIR
D’ACHAT GÉNÉRAL……..23

CONCLUSION…………………………………………………
……………………29
BIBLIOGRAPHIE………………………………………………
……………………30

INTRODUCTION
La comptabilité constitue un moyen de bord, une source
privilégiée d’information interne/externe et aussi un ensemble des
opérations permettant :

 d’enregistrer les flux réels et les flux monétaires ;

3
 d’établir les documents qui en découlent (le bilan et le
compte de produits et de charges).

En somme la comptabilité assure plusieurs rôles :

 De décision (grâce aux informations fournies, la


comptabilité est un outil de gestion qui aide à la prise de
décision) ;
 De contrôle par exemple suivi des règlements clients ;
 De complément à la fonction financière;
 De moyen de preuve ;
 D’obligations légales.

De ces différents rôles (informations, décision, moyen de


preuve, etc.) au sein de l’entreprise, il apparaît clairement que la
comptabilité est l’un des moyens de communication qui unit les
agents économiques et sociaux. Sa portée dépasse largement les
comptables, chefs d’entreprises et banquiers pour atteindre tous
ceux qui sont en relation avec l’activité socio-économique d’un pays.
De ce fait, l’entreprise se trouve dans l’obligation de présenter une
image fidèle de son patrimoine, de sa situation financière et de ses
résultats à travers ses états de synthèse.

Ainsi la fidélité de l’image de l’entreprise est un des critères


qualitatifs de la normalisation comptable et la faculté d’adaptation
indispensable à toute construction théorique en la matière. Ceci
facilitera ainsi sa mise à jour ultérieur du moment où ça reflète, en
faveur du plan comptable, sa véritable portée ; c'est une philosophie
axée autour de trois éléments essentiels :

 Une explication claire des principes comptables et des


règles d’évaluation ;
 Une adaptation étroite à la réalité actuelle des
entreprises et aux besoins des analystes ;
 Une souplesse des systèmes d’informations comptables
en fonction de la taille des entreprises.

L’image fidèle permet une adaptation perpétuelle de la


réglementation comptable, il a un double souci :
 Le souci de l’établissement d’une information qui soit
aussi proche de la réalité ;

4
 Le souci complémentaire d’une bonne réception du
message par les tiers.

Les interrogations des tiers portent essentiellement sur le montant


du patrimoine de l’entreprise, sur les variations qu’il connaît et sur la
situation financière et les résultats de l’entreprise, ce qui amène
sans doute à des évaluations.
Or L'inflation, en conjonction avec la comptabilité, provoque des
distorsions dans les comptes des entreprises. Les investissements
productifs voient ainsi l'érosion monétaire des capitaux qui leur sont
consacrés se transformer, avec un retard variable, en surévaluations
de profits. Elle affecte l’estimation des éléments appréciés et fait
douter des chiffres mentionnés dans les comptes car ils proviennent
de l’agrégation de données hétérogènes à l’aide d’une unité de
mesure qui est l’unité monétaire dont la qualité en tant qu’étalon est
discutable.

CHAPITRE I

5
GÉNÉRALITÉS ÉCONOMIQUES SUR L’INFLATION

 SECTION A : NOTION D’INFLATION

L'un des principaux soucis des agents économiques, c'est


l'augmentation des prix. On surveille donc leur évolution grâce à des
indices de variation.

1. L’INFLATION
L’inflation se traduit par une hausse généralisée, auto-
entretenue, durable et plus ou moins importante des prix. C’est un
phénomène macro-économique mettant en jeu l'interdépendance
entre toutes les parties et tous les mécanismes de l'économie.
C'est un phénomène global que l'on mesure par l'indice des prix à
la consommation.

2. LES CAUSES DE L’INFLATION


Elles sont multiples. En général, on distingue :

 l’inflation par la demande :


Elle résulte d'un déséquilibre entre une demande trop forte par
rapport à une offre à un prix donné. Pour rétablir l'équilibre entre
offre et demande, les prix augmentent (tirant la demande à la baisse
car la hausse des prix décourage la consommation).

 l’inflation par les coûts :


Les entreprises fixent leurs prix en fonction de leurs coûts, or les
coûts de production peuvent augmenter (hausse des salaires, des
matières premières, des prélèvements, des taux d’intérêt...) et
l'entreprise répercutera cette hausse sur le prix de vente.

 l’inflation par la monnaie :


Une création excessive de monnaie, sous forme de crédits
accordés aux agents, se traduit par des dépenses supplémentaires,
qui peuvent être cause d’inflation si l’offre ne suit pas.

 l’inflation par les structures économiques et


sociales :
Les rapports de force sur les marchés ne permettent pas toujours
une libre fixation du prix d’équilibre. C’est le cas quand une
entreprise est en situation de monopole ou que le pouvoir des
syndicats est trop fort.

 l’inflation importée :
Si un bien importé joue un rôle fondamental dans la production, la
hausse de son prix peut avoir un impact inflationniste (cela a été le
cas avec le choc pétrolier de 1973).

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De même la dépréciation de la monnaie fait augmenter le prix des
biens importés.

3. LES EFFETS DE L’INFLATION


Si l’inflation a toujours, à long terme, des effets négatifs, elle peut
avoir, à court terme des effets positifs.

 Les effets positifs :


 Allège la dette des débiteurs
 Profite à ceux qui bénéficient de revenus indexés sur l’inflation.

 Les effets négatifs :


 Diminue les ressources des titulaires de revenus fixes (épargnants,
créanciers…), car les taux d’intérêt qui les rémunèrent sont
inférieurs à l’inflation.
 Déséquilibre les échanges avec l’étranger.
 Peut provoquer une crise sociale si les salaires ne suivent pas.

 SECTION B : LIMITES DES PRINCIPES COMPTABLES


Des distorsions importantes résultent de l’application des principes
comptables en période d’inflation. Ainsi dans un premier temps il est
nécessaire d’adopter une analyse critique de certains principes
comptables qui y sont à l’origine Les limites des principes
comptables.

1. LE PRINCIPE DU COÛT HISTORIQUE


« La valeur d’un élément inscrit en comptabilité pour son
montant exprimé en unités monétaires courantes à la date
d’entrée reste intangible quelle que soit l’évolution ultérieur
du pouvoir d’achat de la monnaie ou de la valeur actuelle ».
De ce principe découle l’hypothèse de la stabilité de l’unité
monétaire et qui reste égale à elle-même tant que son appellation
n’a pas changé. Pourtant elle peut subir des altérations, soit en vertu
d’une décision souveraine de l’Etat soit par l’effet d’un phénomène
économique (inflation).

 INCONVÉNIENT DU PRINCIPE DU COÛT HISTORIQUE AU NIVEAU DU


BILAN DE L’ENTREPRISE
Les distorsions portent sur :

a. Les immobilisations :
En période d’instabilité monétaire, la comptabilisation des
immobilisations en coûts historiques entraîne une sous-évaluation
qui est fonction du rythme de l’inflation, et la durée de détention.
Dans ces conditions il est difficile, de considérer que les
immobilisations comptabilisées en coût historique donnent une
image fidèle des moyens matériels de production de l’entreprise.

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b. Les valeurs de l’exploitation :
Pour celles-ci les coûts historiques ne reflètent qu’imparfaitement
la réalité. L’importance de l’écart est fonction du rythme de
l’évolution des prix et de la durée de détention.

c. La situation nette :
En période d’inflation la sous-évaluation des différents éléments
de l’actif ne donne de la situation nette de l’entreprise qu’une
signification partielle.

 INCONVÉNIENT DU PRINCIPE DU COÛT HISTORIQUE AU NIVEAU DU


RÉSULTAT DE L’ENTREPRISE
A ce niveau l’impact de l’inflation se fait sentir sur les charges
qui sont enregistrés selon le principe du coût historique. Les
distorsions portent sur :

a. Dépréciation des immobilisations :


L’amortissement constaté annuellement dans la comptabilité en
coûts historiques est, en période d’inflation, insuffisant pour
permettre d’assurer, au terme de la durée de vie des immobilisations
concernées, le renouvellement de celles-ci.
Les dotations aux amortissements inscrites au compte de produits
et charges, et destinées à constater la dépréciation des actifs
amortissables sont calculées sur des montants sous-évalués et sont
donc elles- mêmes minorées. Il en résulte un gonflement du bénéfice
et par conséquent, une charge fiscale surévaluée.

b. mesure du coût des marchandises vendues :


Comme le souligne le principe du coût historique les
marchandises (stocks) sont évaluées à leur valeur d’entrée, valeur
qui se trouve sous évaluée par rapport à sa valeur en période
d’inflation. En cas de vente des marchandises la marge dégagée (en
tenant compte du coût historique) est supérieure à la marge réelle
(en tenant compte la valeur du marché).

2. LE PRINCIPE DE SPÉCIALISATION DES EXERCICES


En vertu du principe de spécialisation des exercices “les charges
et les produits doivent être rattachés à l’exercice qui les
concerne et à celui-là seulement, les produits sont
comptabilisés au fur et à mesure qu’ils sont acquis et les
charges au fur et à mesure qu’elles sont engagées sans tenir
compte des dates de leur encaissement ou de leur paiement,
tout charge ou tout produit comptabilisé au cours de
l’exercice et se rattachant aux exercices ultérieurs, doit être
soustrait des éléments constitutifs du résultat de l’exercice
en cours et inscrit dans un compte de régularisation“.

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De ce qui suit, le principe ne tient pas compte des événements
ou des phénomènes futurs, ainsi si à une date future ou un exercice
ultérieur le phénomène d’inflation se produit la charge ou le produit
rattaché à cet exercice sera sous évalué.

3. LE PRINCIPE DE PRUDENCE
“Les produits ne sont pris en compte que s’ils sont
définitivement acquis à l’entreprise, les charges sont à
enregistrer dès lors qu’elles sont probables. Même en cas
d’absence ou d’insuffisance de bénéfice, il doit être procédé
aux amortissements et provisions nécessaires“
De ce principe, là aussi on constate que si une provision a été
constatée à une date antérieur pour une dépréciation ou un risque,
en période d’inflation ces provisions sont ainsi donc sous-évaluées
du fait que le principal est aussi sous-évalué. L’image de l’entreprise
diffère de l’image fidèle.
CHAPITRE II
IMPACT DE L’INFLATION SUR LES COMPTES DE

L’ENTREPRISE

L’inflation affecte les informations affichées par les états de


synthèse. Ainsi il est nécessaire d’étudier les effets de l’inflation sur
les éléments du bilan et sur les éléments du compte des produits et
des charges.
 SECTION A : EFFETS SUR LES ÉLÉMENTS DU BILAN

L’inflation affecte les informations affichées par les états de


synthèse. Ainsi il est nécessaire d’étudier les effets de l’inflation sur
les éléments du bilan et sur les éléments du compte des produits et
des charges.

L’analyse de l’impact de l’inflation sur le patrimoine implique pour


l’entreprise le choix de mesures différentes dans la mesure où
chacun de ces deux éléments d’actif est touché différemment par
l’inflation, du fait de leur distinction. D’où la distinction entre les
éléments monétaires et non monétaires.
Selon le code général de normalisation comptable :

Les éléments monétaires du bilan sont ceux dont la détention


entraîne des gains ou des pertes d’inflation, on peut citer :

 Les disponibilités ;
 Les dettes en dirhams
 Les créances en dirhams

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Les autres éléments du bilan sont qualifiés de “non monétaires“ à
savoir les immobilisations, les stocks, les capitaux propres etc. ces
éléments sont en principe in sensibles aux variations du pouvoir
d’achat du dirham.

La détention par l’entreprise de son actif vise essentiellement la


réalisation d’un profit ou résultat dont la signification diffère dans un
univers inflationniste selon qu’il s’agira d’un résultat dégagé sur les
éléments monétaires ou non monétaires.

1. LES EFFETS SUR LES ÉLÉMENTS NON MONÉTAIRES

A- Les immobilisations
Nous analyserons les différents postes de la rubrique
immobilisations.

 L’Inflation et l’Immobilisation en non valeur :


Les immobilisations en non valeur, tel que les frais préliminaires,
les charges à répartir sur plusieurs exercices et les primes de
remboursement des obligations, sont enregistrées au bilan pour leur
valeur nette d’amortissement. Les immobilisations sont amorties
selon un plan préétabli sur un maximum de cinq exercices.
Pour ces immobilisations plus on s’éloigne de la date de leur
engagement, plus leur valeur au bilan s’en trouve inexacte par la
variation monétaire. On en conclut que l’impact de l’inflation sur ces
immobilisations dépend de la durée d’amortissement retenue.

 L’Inflation et les Immobilisations corporelles et


incorporelles :
Les immobilisations, conformément au principe de coût historique,
sont constatées en comptabilité à leur valeur d’entrée. Cependant
en période d’inflation, la valeur actuelle de l’immobilisation est
supérieure à la valeur pour laquelle figure ces actifs au bilan. Afin
d’évaluer l’incidence de l’inflation, il convient de distinguer les
immobilisations amortissables et les immobilisations non
amortissables.

Les immobilisations non amortissables :



Comme nous avions expliqué précédemment, les immobilisations
figurant au bilan sont sous-évaluées par rapport à leur valeur vénale
(valeur du marché). De ce fait en cas de cession du bien, l’entreprise
constatera une plus value mais celle-ci n’est pas réalisée
effectivement ou elle est réalisée mais beaucoup moins importantes
que celle enregistrées.
Ainsi les informations données aux partenaires ne reflètent pas
l’image fidèle de l’entreprise.

 Les immobilisations amortissables :

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Les dotations aux amortissements des immobilisations sont
progressivement incorporées aux résultats sous forme des charges
supportées par l’entreprise. L’amortissement est constaté pour tenir
compte la dépréciation économique de l’actif concerné.
L’amortissement est constaté pour rendre possible le
renouvellement ou le remplacement de l’actif en question en
accumulant des ressources (enregistrés en comptabilité comme
des charges mais qui sont en réalité fictif).
Du fait que ces immobilisations sont sous évaluées puisque leurs
valeurs au bilan ne correspondent pas à leur valeur réelle du marché
(évalué en période d’inflation).
L’amortissement est apprécié conformément aux lois comptables
et fiscales sur la valeur d’entrée de ces immobilisations.
L’amortissement pratiqué est alors lui aussi sous évalué et donc
n’est pas en mesure d’apprécier la dépréciation réelle des
immobilisations en question.
La considération des principes comptables et fiscaux ne révèle
pas, en période d’inflation, une valorisation objective du patrimoine
de l’entreprise.

 Inflation et Immobilisation financière :


Les immobilisations financières au même titre que les autres types
immobilisations sont enregistrées au bilan à leur valeur d’entrée. Le
plan comptable précise que seules les moins-values sont constatées
sous forme des provisions en cas de dépréciation de la valeur des
titres.
Cette dépréciation des titres ne correspondent pas à la
dépréciation réelle puisque les titres figurant au bilan sont sous
évalué.
En cas de cession des titres, on constatera, en tenant compte du
coût historique, une plus value plus importante que celle réalisé si
les immobilisations étaient évalués à leur valeur de marché. Donc en
période d’inflation on assiste à un gonflement des plus value.

B- Les Stocks
Selon les principes comptables, les stocks sont évalués à leur date
d’entrée au bilan soit au coût d’achat soit au coût de production.
Ainsi lorsque la valeur vénale du stock est inférieure à la valeur
d’entrée on constate une provision pour dépréciation.
Mais en cas de hausse de prix (période d’inflation) les stocks se
trouvent sous évalués au même titre que les immobilisations.
Ainsi lors d’une cession du stock, l’entreprise constatera une plus
value dégagée plus importante que celle réalisé si le stock est
évalué à sa valeur vénale.
Certaines règles fiscales prévoient la possibilité de constituer des
provisions réglementées destinés au renouvellement des stocks : il
s’agit des provisions pour hausse des prix et les provisions pour
fluctuation des cours.

C- Les fonds propres

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Les fonds propres sont représentés au niveau du bilan par les
capitaux propres regroupant le capital social, les réserves, le
bénéfice de l’exercice et les provisions réglementés.
Afin d’analyser les effets de l’inflation sur les fonds propres, on est
amené à distinguer les fonds propres d’origine externe
correspondant aux apports des actionnaires sous forme
d’augmentation du capital et ceux d’origine interne correspondant à
la partie des bénéfices retenus.

 Les augmentations du capital :


On distingue trois formes d’augmentations du capital : les
augmentations du capital par apport (apport d’argent ou apport
d’actif immobilisé).
Les augmentations du capital par conversion de dettes : il s’agit
d’attribuer des actions aux divers créanciers de l’entreprise en
neutralisant les dettes (banques, organismes financiers,
fournisseurs…).
Les augmentations du capital par incorporation des réserves : il
s’agit d’incorporer au capital une fraction de réserves qui
représentent les bénéfices antérieurement dégagés et non distribués
aux actionnaires.
L’augmentation du capital par apport d’argent est la seule forme
qui ajoute au patrimoine de l’entreprise une ressource liquide.
En effet, en période d’inflation, l’apport d’argent liquide affiche une
somme colossale mais subit une perte du pouvoir d’achat du capital
proportionnellement au rythme de l’inflation.
De ce fait, l’actionnaire souhaite recevoir une augmentation de
dividende pour pouvoir compenser la perte du pouvoir d’achat de
son revenu dû à l’inflation.
Or, les conséquences de l’inflation limitent les possibilités
d’augmentation des dividendes, d’où les restrictions de l’offre des
capitaux.

 L’Autofinancement :
L’autofinancement est un moyen de financement propre à
l’entreprise.
En période de l’inflation, l’autofinancement se trouve affecté dans
la mesure où ses composantes subissent les distorsions induites par
la hausse des prix.
Ainsi, il est nécessaire d’étudier l’impact de l’inflation sur les
composantes de l’autofinancement.
 Les amortissements et les provisions :
Les dotations aux amortissements et aux provisions constatées
inscrites dans les comptes de charges réduisent le bénéfice
imposable. Ces dotations sont des charges fictives qui donnent lieu
à aucun décaissement mais réduisent le résultat dégagé.
Les amortissements et les provisions constituent alors des
ressources cumulées conservées qui viennent renforcer la capacité

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d’autofinancement et destinés à être utilisé pour le renouvellement
d’immobilisations.
En période d’inflation, comme nous l’avions souligné
précédemment, la dépréciation de la valeur de l’immobilisation
mesuré à travers l’amortissement ou la provision est sous évalué.
Ainsi la dotation aux amortissements ou aux provisions ne
représente pas une ressource suffisante pour le renouvellement des
immobilisations, ce qui entraîne une diminution de la proportion des
amortissements et des provisions participant à la formation de
l’autofinancement.
Enfin plus la durée de vie des biens amortissables est longue, plus
la contribution des amortissements et les provisions à la formation
des ressources propres (autofinancement) est faible.

Les bénéfices non distribués :



Dans un environnement inflationniste, le bénéfice net réalisé par
l’entreprise se trouve minoré à cause de la sous évaluation des
amortissements et provisions et de l’imposition des plus value
illusoires.
Le bénéfice net correspond à la rémunération des actionnaires
suivant la politique de distribution des dividendes appliqué par
l’entreprise. Les actionnaires ont tendance à exiger des dividendes
élevés, celle-ci représente leur rémunération.
Le gérant de la société s’active pour rendre attractif les titres de la
société en améliorant la performance de la société par le placement
des fonds retenus dans des investissements productifs. Dans cette
optique le dividende distribué actuellement sera moins important
que le dividende futur.
En période inflationniste, l’actionnaire ne peut prévoir la
conjoncture économique future et préfère recevoir dans le présent
des dividendes importants. Cette décision affecte l’autofinancement,
ce qui réduira les fonds propres nécessitant l’autonomie financière.

2. L’IMPACT DE L’INFLATION SUR ÉLÉMENTS MONÉTAIRES


« Présentation de l’hypothèse Débiteur-Créditeur »
On dit qu’une entreprise est en position créditrice nette lorsque
son actif monétaire est supérieur à son passif monétaire. Et elle est
en position débitrice nette lorsque son passif monétaire est
supérieur à son actif monétaire. Donc l’hypothèse Débiteur-Créditeur
fait référence qu’aux éléments monétaires du bilan.

La structure du bilan est explicitée par la formule suivante :


Capital (C0)= Actif – Passif exigible.
Soit C0 le capital ou la valeur nette de l’entreprise au début
de la période T0
C0= (Actif monétaire + Actif non monétaire) – (Passif
monétaire + Passif non monétaires).
C0= (Actif monétaire - Passif monétaire) + (Actif non
monétaire – Passif non monétaire).

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C0=M+ NM.

Pour mesurer l’effet de l’inflation des provisions que seul les prix
influencent la valeur de l’entreprise.

Soit P0, le niveau général des prix en début de période.


Pt, le niveau général des prix en fin de période.

 PT/P0 est le facteur d’augmentation des prix.


 PT-P0/P0 est le taux d’inflation ou taux d’augmentation
des prix.

Si Pt/P0 est supérieur à 1, cela sous entend une augmentation


des prix qui modifie la valeur du capital (qui augmente de PT/P0
fois).
Alors Ct= Pt/P0 (M + NM) où Ct est la valeur de l’entreprise
en fin de période après la hausse des prix.

Ct = M + Pt/P0 NM (M étant une valeur monétaire, le facteur


Pt/P0 modifie sa valeur c'est-à-dire son pouvoir d’achat mais ne
change pas l’expression monétaire).

Si on remplace NM par la valeur dans l’équation (1) on obtient :


Ct = M + Pt/P0 (C0 – M)
Ct = M P0/P0 + Pt/P0 C0 – Pt/P0 M.
Ct = M (P0 – Pt/ P0) + Pt/P0 C0
Ct= Pt/P0 C0 – M (Pt- P0/P0).

Si on revient à l’hypothèse Débiteur-Créditeur le terme qui nous


intéresse est
(Pt- P0/P0).M. Ainsi deux cas se présentent :

 Si M< 0 c'est-à-dire le Passif monétaire > Actif monétaire.


L’entreprise est en position débitrice nette. Le rapport M (Pt-
P0/P0) représente un gain enregistré qui s’ajoute à la valeur de
l’entreprise « Ct = C0 Pt/P0 + M (Pt-P0/P0) ».

 Si M>0 c'est-à-dire Actif monétaire > Passif monétaire.


L’entreprise est en position créditrice nette, le rapport M (Pt-
P0/P0) représente une perte subie qui diminue la valeur de
l’entreprise « Ct= C0 Pt/P0 –M (Pt-P0/P0) ».

14
Exemple de la société X
Hypothèses de départ:
- Po : 100
- Pt : 120

1er Cas : Position créditrice nette :


Bilan simplifié de la société X: en début de période

Actif Passif
Actif NM 400 Capital 700
Actif M 600 Dettes 300
Total 1000 Total 1000

Soit Rt l’actif réel à la fin de période, il est égal à :


Rt=(Pt/Po).R=120/100*400=480
Les éléments monétaires ne changent pas de valeur
nominale mais leur pouvoir d’achat est faible. Donc nous avons en
fin de période un Actif monétaire de 600.
Donc l’actif total= 480+600=1080
L’ajustement se fait au niveau du Passif par une modification de la
valeur du Capital comme les dettes sont des éléments monétaires.
 Capital = Actif – Passif exigible;
 Capital= 1080 -300 =780.

Le bilan de la société se présentera comme suit:


(Après prise en compte de la hausse des prix)

Actif Passif
Actif NM 480 Capital 780
Actif M 600 Dettes 300
Total 1080 Total 1080

 Si la structure financière de l’entreprise n’avait pas d’impact


sur la modification de la valeur de l’entreprise, le capital aurait
dû être :
 Ct = (Pt/P0)*C0= (110/100)*700= 840
 Donc l’entreprise enregistre une perte de substance de 840
-780 =60
 Si on vérifie : Actif monétaire net (M) = 600 – 300 = 300
>0
 D’où M*(Pt-P0)/P0 = 300*(120-100)/100 = 60 représente
la perte due à la position créditrice de l’entreprise.

15
Exemple de la société Y

2ème Cas : Position débitrice nette :


Bilan de la société Y: en début de période

Actif Passif
Actif NM 600 Capital 500
Actif M 400 Dettes 500
Total 1000 Total 1000

« On prend les mêmes hypothèses du départ »

L’actif non monétaire devient : 600*(120/100)= 720


L’ajustement se fera de la même façon que l’exemple précédent:

Bilan simplifié en fin de période:

Actif Passif
Actif NM 720 Capital 620
Actif M 400 Dettes 500
Total 1120 Total 1120

Sans l’incidence de la structure monétaire sur la modification



de la valeur de l’entreprise du fait de l’inflation, le Capital
aurait dû être :
Ct = (Pt/P0)*C0 = (120/100)*500 = 600

Donc l’entreprise enregistre un gain de sa substance qui est 10 =


620 –600
Si on vérifie : Actif monétaire net (M) =400 – 500 < 0.
D’où M*(Pt –P0)/P0 = -100*(120-100)/100= - 20
L’entreprise aurait dû enregistrer un accroissement de valeur plus
faible de 20 qui représente le gain dû à la position débitrice nette de
l’entreprise.

 SECTION B : IMPACT DE L’INFLATION SUR LE RÉSULTAT ET


L’EXPLOITATION DE L’ENTREPRISE

Dans ce chapitre, il sera question d’analyser l’impact de l’inflation


sur le compte de résultat et plus précisément les déficiences de
l’amortissement et la sous évaluation des stocks et ensuite d’étudier
les effets de l’inflation sur la formation de résultat au niveau de l’Etat

16
de Solde de Gestion notamment sur la valeur ajouté et l’excédent
brut d’exploitation.

1. L’IMPACT DE L’INFLATION SUR LES AMORTISSEMENTS.


Le mécanisme de l’amortissement consiste à étaler sur une
période donnée le coût d’acquisition des immobilisations.
La dotation d’amortissement a pour objet :

 constater la dépréciation de l’élément due à l’usage


ou l’obsolescence.
 Répartir le coût de l’immobilisation sur sa durée de
vie probable afin d’affecter au compte de résultat en
tant que charge supportée.
 Accumuler des ressources pour le renouvellement des
immobilisations.
 Réduire l’impôt en augmentant les charges.

En période inflationniste, l’amortissement affiche des insuffisances


pour remplir les objectifs présentés ci-dessous. Cette insuffisance est
illustrée par un exemple.

Exemple

Un matériel a été acquis au prix de 150 000 DH en 2000 amorti


linéairement sur 5 ans. L’amortissement de l’immobilisation est
établi normalement. En 2003 l’entreprise a réalisé un résultat avant
amortissement et avant impôt de l’ordre de 60 000 DH. Au cours de
la même année une hausse de prix a été constatée de l’ordre de
10%.
Travail à faire

Calculer le résultat net avant et après inflation (En prenant


considération l’ancien taux d’IS à savoir 35%)
Solution

Voici un tableau qui résume les résultats :

Eléments Cas du Coût Cas du Coût Réel


Historique
Valeur d’entrée 150 000 199 650
Résultat avant impôt 60 000 60 000
et avant
amortissement
Amortissement 30 000 39 930
Résultat avant impôt 30 000 20 070

17
Impôt 10 500 7 024.5
Résultat net 19 500 13 045.5

Il est évident que d’après cet exemple l’amortissement pratiqué


sur la base du coût historique est plus faible que celui calculé sur la
base du coût réel. Par conséquent le résultat avant impôt est plus
faible (en cas de prise en compte du coût réel), ce qui entraîne
un prélèvement fiscal plus important (de plus de 3 475.5)
lorsqu’on prend en compte le coût historique.
Toutefois, il nécessaire de signaler que pour un taux d’inflation de
10% le résultat net est minoré de 6 454.5 DH, pour un taux
d’inflation inférieur il le sera moins et pour un taux supérieur ce sera
l’inverse.
Dès lors, on pourrait déduire que l’incidence de l’inflation sur le
cash-flow de l’entreprise est fonction à la fois de l’accroissement du
niveau général des prix, de la durée des immobilisations et aussi du
mode d’amortissement appliquée.

L’amortissement ne permet pas d’assurer sa fonction du maintien


du capital technique c'est-à-dire le renouvellement du capital en
période d’inflation si on tient compte du coût historique. Cette
insuffisance s’avère plus important suivant le mode
d’amortissement pratiqué. Ainsi nous avons estimé d’étudier la
distorsion de l’inflation dans un premier temps en utilisant
l’amortissement linéaire et dans un deuxième lieu l’amortissement
dégressif.

 L’amortissement linéaire :

Dans un univers de stabilité, les amortissements permettent le


renouvellement des immobilisations en considérant que correspond
à une thésaurisation. Ainsi l’amortissement contribue à la croissance
de l’entreprise en augmentant le Capital productif.
Le processus régulier et automatique des amortissements, qui met
en évidence l’accroissement des immobilisations sans utilisation des
ressources apparentes, est appelé l’effet de LOHMANN-RÜCHTI.
Ce dernier stipule que :

 L’entreprise n’a pas de problèmes de débouchés et


connaît un besoin sans cesse croissant en équipement ;
 Les investissements peuvent être faits de façon
fractionnée au rythme de l’apparition d’un excédent de
recettes sur les dépenses (c’est à dire l’investissement
sera effectué si le somme d’amortissement pourra
suffire pour acquérir une nouvelle immobilisation en cas
d’excédent le reste sera ajouté à l’amortissement de
l’année suivant).

18
Grâce à l’effet de LOHMANN en période de stabilité, les
matériels (au bout de 10 ans) amortis entièrement sont remplacés
complètement par d’autres nouveaux qui les suivront aussi. Et le
processus se poursuit durant l’exploitation de l‘activité.
Mais en période d’inflation, l’effet de LOHMANN-RÜCHTI ne
donne pas beaucoup de résultat car la hausse des prix rend chère
l’achat des immobilisations alors que l’amortissement est apprécié
sur la base du coût historique.

Voici un exemple qui explicite ce cas

Soit une entreprise qui possède dés sa création 10 machines qui


valent 10 unités monétaires chacune au début de la période, amortis
selon le mode linéaire.
Cette entreprise ne possède aucune autre source de financement
décide de réinvestir les fonds d’amortissement.
A la fin de la première année on prévoit que l’évolution des prix,
pendant les périodes prochaine, s’affiche à un rythme annuel
constant de 10%.

An Nbre de Base Amort. Amort dispo Amort. Solde à Indic


s machin de de pour le utilisé réinves e des
es en l’Amo l’exerci réinvestissem pour tir prix
service rt. ce ent le
réinve
st.
1 10 100 10 10 0 10 110
2 10 100 10 20 12.1 7.9 121
3 11 112.1 11.21 19.11 13.3 5.81 133
4 12 125.4 12.54 18.35 14.6 3.75 146
5 13 140 14 17.95 16.1 1.65 161
6 14 156.1 15.61 17.26 - 17.26 177
7 14 156.1 156.1 32.87 19.5 13.37 194
8 15 175.6 17.56 30.93 21.4 9.53 214
9 16 197 19.7 29.23 23.6 5.63 236
10 17 220. 22.06 27.69 25.9 1.79 256
6

En période d’inflation, la machine qui coûtait à l’origine 10 unités


monétaires voit son coût augmenter d’une façon considérable d’un
exercice à l’autre suivant une progression géométrique de raison de
1.1.

19
Par conséquent, l’entreprise ne pourra pas remplacer la première
machine dés la première année car son coût a passé de 10 à 11
unités monétaires.
Le rythme de croissance du capital productif se trouve ralenti pour
cette hausse des prix, à tel point que les dix machines initiales ne
pourront jamais être remplacées lorsqu’elles seront amorties à la fin
de la 10ième année.

 L’amortissement dégressif :

L’amortissement dégressif permet à l’entreprise de constater une


dotation aux amortissements importante au début de la période
d’amortissement mais au fur et à mesure la dotation diminue à un
rythme rapide.
En période de stabilité l’effet de LOHMANN-RÜCHTI en
utilisant le mode dégressif donne un résultat important dés les
premières périodes d’amortissement.
Mais en période d’inflation, l’amortissement dégressif ne
compense que partiellement les effets de l’inflation.

Reprenant l’exemple précédent dans le cas d’utilisation d’un


amortissement dégressif

Année Nbre de Amort. Amort. Amort. Solde à Indices


machine de Disponi Utilisés réinvest des prix
s en l’exercic bles pour le ir
service e pour le réinvest
réinvest .
.
1 10 30 30 22 8 110
2 12 27.6 35.6 24.2 11.4 121
3 14 26.58 37.98 26.6 11.38 133
4 16 26.58 37.96 29.2 8.76 146
5 18 27.37 36.13 32.20 3.93 161
6 20 28.82 32.75 17.70 15.05 177
7 21 25.68 40.73 39 1.73 195
8 23 29.83 31.56 21.4 10.16 214
9 24 28.17 38.33 23.6 14.73 236
10 25 27.86 42.59 25.9 16.69 259

20
On constate bien que la déficience de l’amortissement calculée
suivant la méthode linéaire soit toujours supérieure à celle que l’on
peut observer avec un amortissement dégressif, quelle que soient la
durée de vie de l’actif et le taux d’inflation.
Enfin les effets de l’inflation sur les amortissements sont :

 La surévaluation du résultat ce qui donne lieu à une


surimposition.
 Le renouvellement du capital productif devient difficile
avec les dotations d’amortissement.

Pour pallier à la déficience de l’amortissement, l’entreprise peut


soit :
 Réduire la durée de vie des actifs en continuant
d’appliquer le mode linéaire.
 Abandonner le mode linéaire au profit du mode
dégressif.

2. LA GESTION DE STOCK ET L’INFLATION


Le C.G.N.C définit le stock comme suit : « Ensemble des biens
ou des services, propriété de l’entreprise, qui interviennent
dans le cycle d’exploitation pour être :

 Soit vendus en l’état ou au terme d’un processus de


production à venir ou en cours ;
 Soit consommés en général au premier usage. »

Les stocks, à leur entrée au bilan, sont enregistrés en


comptabilité soit à leur coût d’acquisition pour les biens acquis à
titre onéreux soit à leur coût de production pour les biens produits
par l’entreprise.
La sortie des stocks pour sa consommation est valorisée par les
méthodes suivantes :

 La méthode FIFO.
 La méthode LIFO.
 Le coût moyen unitaire pondéré.

Selon la méthode utilisée par l’entreprise, il est intéressant


d’apprécier l’impact de l’inflation sur l’évaluation de stock.

 La méthode FIFO (First In First Out) :

D’après le C.G.N.C « Dans cette méthode, il est présumé que


le premier article sorti est le premier entré ; toute sortie est
en conséquence valorisée au coût d’entrée le plus ancien ;
dés lors, le stock final est évalué aux coûts d’entrée les plus
récents, les quantités étant regroupées par lots homogènes
quant à leur date d’entrée et à leur valeur. »

21
En période d’inflation les sorties seront valorisées à un coût plus
faible que celui du marché. Cela entraîne un gonflement du profit
puisque les charges sont faibles au niveau compte de produits et de
charges (CPC) et par conséquent le paiement d’impôt
supplémentaire.
Contrairement, le stock au bilan est évalué au coût le plus récent et
donc le plus élevé.
 La méthode LIFO (Last In First In) :

« La méthode suggère que les derniers entrés seront les


premiers sortis. Ce système de valorisation prend en
considération l’évolution des prix.
Cette méthode permet de minorer l’impact de la hausse
des prix sur les bénéfices comptables en imputant en
premier sur les ventes, le coût des marchandises les plus
récemment acquises. »
En période de variation des prix à la hausse, l’utilisation de ce
système permet une évaluation presque réelle des consommations
au niveau du compte de produits et charges (CPC) alors qu’au niveau
du patrimoine, on ne cesse de constater une sous-évaluation des
stocks (les unités les plus anciennes sortent en dernier lieu).

 Le Coût Moyen Pondéré (C.M.U.P) :

Comme son nom l’indique il s’agit d’une moyenne entre la valeur


des entrées et leurs quantités (le stock initial étant assimilé à une
entrée).
Selon le C.G.N.C « le coût unitaire de sortie est égale au
quotient des valeurs entrées par les quantités entrées. Ce
calcul est opéré à chaque nouvelle entrée ; le coût unitaire
ainsi déterminé étant utilisé pour valoriser les sorties
jusqu’à l’entrée suivante ».
Le système du coût moyen pondéré se situe à mi-chemin
entre les méthodes FIFO et LIFO.

Exemple d’application
« Cet exemple met en relief l’impact de l’inflation au
résultat réalisé »

Soit la variation du stock des marchandises de l’entreprise X


évaluée en mois mars :
 Le stock initial en début du mois : 100 unités à 9
DH chacune.
 Les achats faits en ce mois sont :
 70 unités à 10 DH chacune.

22
 40 unités à 11 DH chacune.
 60 unités à 12 DH chacune.
 Les sorties du stock en ce mois (vendus à 12DH
l’unité) est 150 unités.

Solution
« Résultats suivant les trois méthodes présentées »

 Méthode FIFO :

Sortis du stock 100*9+50*10=1400


Stock final 20*10+40*11+60*12= 1360

Ventes de marchandises 1800


(150*12) 1400
Coût d’achat des
marchandises vendues
Résultat 400

 Méthode L.I.F.O :

Sortis du stock 60*12+40*11+50*10=1660


Stock final 100*9+20*10=1100

Ventes de marchandises 1800


(150*12) 1660
Coût d’achat des
marchandises vendues
Résultat 140

 Méthode C.M.U.P :

C.M.U.P = 2760/270=10.22
Sortis du stock 150*10.22=1533
Stock final 120*10.22=1226.4

Ventes de marchandises 1800


Coût d’achat des 1533
marchandises vendues
Résultat 267

3. L’IMPACT DE L’INFLATION SUR LE RÉSULTAT.

23
L’incidence de l’inflation sur le résultat de l’entreprise sera étudiée
selon une progression axée sur les principaux soldes de gestion.
L’Etat des Soldes de Gestion (E.S.G), qui constitue l’un des états
de synthèse retenu par le modèle normale du plan comptable
marocain, permet de montrer d’une manière comment l’entreprise a
réalisé son résultat.
Les principaux agrégats qui font l’objet d’étude sont :

 La valeur ajoutée.
 L’Excédent Brut D’Exploitation « E.B.E »
 Le résultat.

A- L’incidence de l’inflation sur la valeur ajoutée


La valeur ajoutée résulte de la différence entre la marge brute en
état (la différence entre ventes des marchandises et les achats des
marchandises) et la production de l’exercice d’une part et les
consommations (des biens et services) de l’exercice.
La formule est alors la suivante :
Valeur ajoutée= Marge Brute en état + Production de
l’exercice - Consommation de l’exercice.
La valeur ajoutée constitue un indicateur économique et un solde
comptable important.
La variation en valeur des stocks d’approvisionnement d’une
entreprise est perturbée par l’inflation qui modifie directement sa
valeur ajoutée.
A l’aide d’un exemple, nous allons expliciter l’effet de l’inflation sur
la valeur ajoutée.

Exemple

Soit une entreprise de commercialisation dont le cycle


d’exploitation est le suivant :
Elle achète 200 unités d’un produit puis les revend et le
cycle se poursuit. L’unité achetée en période de stabilité des
prix coûte 1 DH et est revendu à 1.25 DH l’unité d’où une
marge de 25%).

 Situation avant hausse des prix :


Stock initial Stock final
200 200
Achats Vente
200 250
Valeur ajoutée
50
Une Total Total hausse de
prix de 450 450 10% se
produit : l’unité
coûtant 1DH au début vaut à la fin de période 1.10 DH, un prix

24
moyen de 1.05 DH (le prix moyen est calculé pour imputer
depuis le début de la période l’effet de l’inflation).

Cette nouvelle situation peut être analysée de la manière


suivante :
 L’entreprise a acheté au cours de la période précédente
200 unités à 1.05 DH soit un coût de
200/1.05=190.5DH ;
 Elle les a vendues : 190.5 *1.25=238.125 DH
 Puis, elle a acheté 200 unités à 1.10 en fin de période
soit un coût de 209.55DH (190.5*1.10).

 Situation après hausse des prix :

Stock initial Stock final


190.5 209.55
Achats Vente
209.55 238.125
Valeur ajoutée
47.625
Total Total
447.675 447.675

B- L’incidence de l’inflation sur l’E.B.E


D’après le tableau de formation du résultat, lorsqu’ en retranchant
de la valeur ajoutée les charges du personnel et les impôts et taxes
d’exploitation et en ajoutant les subventions d’exploitation, on
obtient l’E.B.E.
L’inflation affecte tant l’évaluation de cet excédent que son
affectation.

 L’évaluation de l’E.B.E :
Dans sa formation, pour obtenir cet excédent il faut retrancher de
la valeur ajoutée les charges du personnel. Il est vraisemblable que
la hausse des prix en période d’inflation va susciter des réclamations
des hausses des salaires pour motif de baisse du pouvoir d’achat dû
à l’inflation.
La réalisation de cette réclamation dépend du climat social entre
le syndicat et l’entreprise.

 L’affectation de l’E.B.E :
Cet excédent sera utilisé comme complément aux dotations aux
amortissements et pour financer les frais financiers, ce qui diminue
ou neutralise cet excédent et, enfin de compte, le résultat.
Comme vu précédemment le renouvellement des immobilisations
amortis en utilisant les dotations d’amortissement seulement reste
insuffisant.

25
A ce niveau l’excédent brut d’exploitation sera utilisé comme
ressources supplémentaires favorisant le renouvellement des
immobilisations.
En période d’inflation une entreprise voit ses besoins de
financement augmenter. L’endettement qui peut en résulter est
conditionné par des taux d’intérêts plus élevés qu’en période
d’instabilité. L’excédent brut d’exploitation est alors utilisé pour
couvrir ses frais financiers supplémentaires.
Par conséquent le résultat de l’entreprise se trouve alors affecté
par l’inflation. La dégradation de la valeur ajoutée, l’insuffisance de
l’E.B.E, l’accroissement des frais financiers et l’insuffisance des
amortissements vont entraîner la dégradation du résultat réel
dégagé.

CHAPITRE III
LA PRISE EN COMPTE DE L’INFLATION

Les années 70 ont connu de multiples travaux en matière de prise


en compte de l’inflation en comptabilité. Ils ont eu pour résultat
l’aboutissement aux normes dans différents pays (Grande-Bretagne,
les Etats-Unis, France…).
Les méthodes de prise en compte de l’inflation consistent à
réévaluer ou à actualiser la valeur comptable des éléments des états
financiers (bilan, CPC, …).
Nombreuses sont les méthodes :

 La réévaluation
 La méthode basée sur le pouvoir d’achat

 SECTION A : LA RÉÉVALUATION
Il a été souligné, dés l’introduction, qu’en période d’inflation la
monnaie perd progressivement de sa valeur. Cette érosion monétaire
pose des problèmes de gestion pour les entreprises qui, de par les
normes ou lois comptables, sont tenues d’afficher une image fidèle
de leur patrimoine. L’inflation entraîne aussi des conséquences
fiscales préjudiciables à l’entreprise.
Pour remédier à cela les entreprises ont recours à la réévaluation
des bilans dont le but est de :

 donner à l’actif une valeur plus proche de la vraie


valeur patrimoniale.

26
 d’accroître les dotations aux amortissements afin que
ceux-ci traduisent autant que possible l’usure réelle
des biens, moyens de leur renouvellement.

Pour ce qui est de la réévaluation, elle a été autorisée par la loi


fiscale relative à l’impôt sur les sociétés. Quant au mécanisme de
réévaluation, d’amples explications ont été présentées dans le
septième exposé relatif à l’analyse comptable appliquée aux cas
spécifiques.

 SECTION B : LA MÉTHODE BASÉE SUR LE POUVOIR


D’ACHAT GÉNÉRAL

Appelée également méthode de la comptabilité indexée, elle


a pour objet de redresser les erreurs introduites au bilan par
l’instabilité de la monnaie. Elle consiste à réévaluer une partie ou
la totalité des postes des états financiers en fonction de l’évolution
du niveau général des prix.
L’objectif est de parvenir à un résultat qui prend en considération
les corrections nécessaires au maintien du pouvoir d’achat des
capitaux propres.

 La logique de la méthode :

 La monnaie n’a pas de valeur en elle-même.


 Elle n’a pas de valeur pour les entreprises du fait
qu’elle ne permet pas d’obtenir ce qu’on veut de par
son pouvoir d’achat.

 Fondements :

 La conservation du capital concret.


 L’élimination de l’influence des fluctuations monétaires
générales.
 Calcul d’un résultat après maintien du pouvoir d’achat
des actionnaires.

 Principes de base :

 la méthode vise à redresser la valeur monétaire initiale


d’un bien de manière à le substituer une autre valeur
monétaire ayant le même pouvoir d’achat général à la
date de clôture des comptes.
 La réévaluation de tous les postes du bilan (monétaires
et non monétaires) à la clôture des comptes sur la base
d’un indice général représentatif de l’inflation.
 L’indice général est unique.

27
 L’indice représentatif doit refléter la dépréciation
monétaire.
 Le choix de l’indice doit être accepté par les
partenaires : à titre d’exemple on peut avoir recours à
l’indice des prix à la consommation publié
mensuellement.

 Mécanisme de redressement des valeurs portées au


bilan :

La conversion des postes du bilan s’effectue en multipliant le coût


historique ou d’origine par un coefficient de conversion défini
comme suit :

Indice à la date de clôture


Coefficient multiplicateur =
Indice à la date
d’enregistrement

Il est toujours supérieur à 1 en période d’inflation.


Pour l’évaluation des immobilisations par exemple il faut disposer
d’un historique précis de leurs dates d’entrées et de sorties ainsi que
celles des amortissements y afférents.
Remarque : l’inflation provoque simultanément :

 Une perte de pouvoir des liquidités et des créances non


indexées.
 Un allégement des dettes non indexées.

L’incidence sur le pouvoir d’achat des capitaux propres est


donc fonction de l’importance relative des actifs et passifs
monétaires :
 Si la position monétaire nette est positive, c’est-à-dire
si les actifs monétaires sont supérieurs aux dettes, la
hausse des prix provoque une perte de pouvoir d’achat
car la diminution de valeur des liquidités et des
créances est supérieure à la diminution des dettes.

 Si au contraire la position monétaire nette est négative,


il en résulte un gain pour l’entreprise car la perte de
pouvoir d’achat des actifs monétaires est plus que
compensée par l’allègement de l’endettement.

Application

L’exemple présenté ici n’a qu’une valeur illustrative, d’autres


solutions peuvent être envisagées.

28
 Le bilan et le compte de résultat d’une entreprise se présentent à la
clôture d’exercice comme suit :

Bilan simplifié au 31/12/N

ACTIF N-1 N PASSIF N-1 N


Immobilisati 270000 250000 Capital 100000 100000
ons
Stocks 40000 50000 Réserves 300000 400000
Créances 120000 180000 Dettes 60000 80000
Liquidités 30000 10000
Total 460000 580000 Total 460000 580000

Compte de résultat simplifié de l’exercice N

Eléments Monta
nt
Ventes 80000
0
Stock initial +4000
0
Achats de marchandises +5600
00
Stock final -50000
Achats revendus de 55000 -
marchandises 0 55000
0
Dotations aux -20000
amortissements
Autres charges -90000
d’exploitation
Impôt sur le résultat -40000
Résultat net 10000
0

Informations complémentaires :

Evolution de l’indice de prix


Période Date de 31/12/N-1 31/12/N
création
Indice générale 100 120 130
des prix

29
 Par simplification, toutes les immobilisations ont été
acquises à la date de création de l’entreprise.
 Pour les opérations réalisées au cours de l’exercice N,
on utilisera un indice moyen de 125
 Les stocks finaux sont supposés tous acquis vers la
fin de l’exercice clos, et reflètent donc les prix de leur
date de valeur et sont valorisés d’après le système
FIFO.
 Le résultat N a été incorporé aux réserves
 Il n’y a pas eu d’augmentation effective du capital
initial

Travail à faire
Analyser la position monétaire nette et présenter les deux états financiers après prise
en compte de l’inflation.

Solution
 Analyse de la position monétaire nette :
Il s’agira de calculer la position monétaire nette à pouvoir d’achat
constant au 31/12/N, et de la comparer à la situation sans prise en
compte de l’inflation.

Tableau de la position monétaire sans prise en compte de


l’inflation :
31/12/N-1 31/12/N
+ Liquidités 30000 100000
+ Créances 120000 180000
- Dettes 60000 80000
= Position 90000 280000
monétaire

Tableau de la position monétaire avec prise en compte de


l’inflation :
Position monétaire nette début N 90000 x (130/120) 97500
exprimée au prix du 31/12/N
Flux net de trésorerie exercice N +11440
exprimé en monnaie ou au prix du 0
31/12/N :
+ Ventes 800000 x 130/125 =
832000
- Achats 560000 x 130/125 =
582400
- Autres dépenses d’exploitation 90000 x 130/125 =
93600
- Impôt sur les bénéfices 40000 x 130/125 =
41600
Flux net 114400
Position monétaire nette à pouvoir 211900

30
d’achat constant au 31/12/N

Ce montant comparé à la situation monétaire nette sans prise en


compte de l’inflation on constate une perte de pouvoir d’achat de :
211900 – 200000 = 11900.
On constate que l’inflation a provoqué une perte de pouvoir d’achat
de 11900.

 Présentation du compte résultat exercice N :


Eléments Montant
Ventes 800000 x 130/125 832000
Stock initial +40000 x 130/120 =
43333
Achats de marchandises +560000 x 130/125 =
582400
Stock final -50
000
Achats revendus de marchandises 57 -575733
5733
Dotations aux amortissements 20000 x 130/100 = -26000
26000
Autres charges d’exploitation 90000 x 130/125 = -93600
93600
Impôt sur le résultat 40000 x 130/125 = -41600
41600
Résultat net avant perte sur 95067
position monétaire
Perte de pouvoir d’achat sur -11900
position
Résultat net après prise en compte 83167
de l’inflation

 Présentation du bilan fin exercice N :

 Traitement des éléments non monétaires :


Eléments N-1 N
immobilisa 270000 x 120/100 = 250000 x 130/100
tions 324000 = 325000
Stocks 40000 (valorisation en 50000 (idem)
date valeur)
Capital 100000 x 120/100 = 100000 x 130/100
120000
Réserves* à obtenir par Idem
différence en raison
des écarts de
réévaluation

31
* Total Actif - Passif connu (dans le cas présent il s’agit de
capital réévalué + dettes réévaluées)

 Traitements des d’éléments monétaires : aucun


traitement à faire.

 Bilan après retraitement au 31/12/N

ACTIF N-1 N PASSIF N-1 N


Immobilisa 324000 325000 Capital 120000 130000
tions
Stocks 40000 50000 Réserve 334000 445000
s*
Créances 120000 180000 Dettes 60000 80000
Liquidités 30000 10000
Total 514000 655000 Total 514000 655000

* Réserves N-1 = 514000 – (120000+60000) ; Réserves N =


655000 – (130000+80000)

Le résultat net retraité figurant dans les réserves de l’exercice N


s’obtient comme suit :
 + Capitaux propres réévalués à fin N : +
575000
 - Capitaux propres évalué à fin N-1 réévalué à fin N : -
491833

 Résultat net N retraité = 83167


Remarque

La différence entre le résultat du bilan retraité et le résultat obtenu


en réévaluant les produits et les charges de l’exercice représente la
perte (ou gain selon le cas) de pouvoir d'achat sur la position
monétaire nette de l’entreprise : dans notre cas ceci s’illustre par
95067 – 83167 = 11900 (perte de pouvoir d’achat).

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CONCLUSION
Vis-à-vis du présent travail, il est évident de constater que
l’inflation affecte les éléments fondamentaux du bilan et du compte
de résultat de l’entreprise. L’ampleur d’une telle considération a été
étudiée à travers les immobilisations et leurs amortissements, les
stocks et leurs provisions, les fonds propres et leurs capacités
d’autofinancement, etc.
L’inflation exerce un impact certain sur les éléments non
monétaires. De ce fait elle a remis en cause certains principes de la
comptabilité qui font d’elle une discipline à vocation d’image fidèle.
Si l’image fidèle ne peut être préservée en raison de l’inflation, la
comptabilité conventionnelle ou en coût historique perd son estime
économique.
Des législations ont contribué aussi à l’amélioration de la situation
qui prévalait aux entreprises en période d’inflation. Vu leur
complexité, les méthodes proposées résument leur analyse sur la
prise en compte de la perte de pouvoir d’achat à travers l’utilisation
d’indice général ou sur une action réfléchie en coûts actuels.
La réflexion sur l’inflation bat toujours son plein au milieu de la
pensée comptable puisque, jusqu’à aujourd’hui, des solutions
concrètes et universelles n’ont pas été encore établies même si à
l’échelle internationale des normes comptables illustre des cadres

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référentiels de prise ne compte de l’inflation. Il en est ainsi de la
comptabilité face à l’inflation et cette dernière n’en reste pas là.

BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGE : COMPTABILITÉ & INFLATION


AUTEUR : ALAIN BURLAUD
 AGRÉGÉ DES TECHNIQUES ÉCONOMIQUES DE
GESTION
 EXPERT-COMPTABLE
 MAÎTRE-ASSISTANT À L’UNIVERSITÉ DE PARIS I
EDITION CUJAS
4, 6, 8, RUE DE LA MAISON-BLANCHE
75013 PARIS

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