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Rejet de la comptabilité

INTRODUCTION :

Le système fiscal algérien comprend une majorité d'impôts établis au vu de déclarations


souscrites par les contribuables. Ces déclarations sont présumées exactes et sincères, elles
sont contrôlées par l'administration. Le contrôle fiscal est en effet impose par la loi et par
l'équité, il est aussi conforme a l'intérêt des contribuables honnêtes, puisqu'il est l'un des
conditions dune égale concurrence entre les entreprises et d'une juste répartition de l'impôt
entre les citoyens.

Les déclarations qui parviennent a l'adrninistration font l'objet d'un premier contrôle a partir
des renseignements et documents dont elle dispose, ne serait ce que pour rectifier les erreurs
que le contribuable a pu commettre. Cependant cette opération ne permet pas de s'assurer de
leur sincérité dans tous les cas.

C'est pourquoi les fonctionnaires des impôts doivent périodiquement procéder à des
vérifications plus approfondies nécessitant des correspondances avec les contribuables ou des
démarches auprès de ces derniers. A priori, le contribuable doit titre considérés comme étant
de bonne foi, la preuve contraire pouvant être apportée par l'administration.

Pour favoriser un meilleur climat de compréhension entre les fonctionnaires des impôts et le
contribuable, nous a conduit de réaliser cette étude d'approche fiscale afin d'attirer l'attention
des comptables sur le respect de certaines disposition fiscales qui peuvent entrainer le rejet
d'une comptabilité et pour éviter des redressements fiscaux provoques par des erreurs d'ordre
non comptable.

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Rejet de la comptabilité

Chapitre I :
LE CONTROL FISCAL

1- Rejet de Comptabilité par L'administration Fiscale :

L'administration fiscale tient de la loi et de la jurisprudence ses pouvoirs de vérifier les


déclarations souscrites (Art 190 Du CID)
En effet, les articles 111 BIS du CTCA, 187 et 188 du CID accordent a l'administration
Fiscale, pour 1' assiette et le contrôle de tous impôts, un droit de communication plus étendu
(Art 73, 74 du CTCA et 309 a 316 du CID) notamment sur les livres dont la tenue est
Prescrite par le code de commerce.
On notera que les obligations comptables résultant des dispositions du code du commerce
ne seront pas sanctionnées fiscalement, cependant, a défaut de s'y conformer, les entreprises
pourraient voir leur comptabilité rejetée comme étant irrégulier selon l'Art 191 du CID : (Le
rejet de comptabilité a la suite de vérification de déclaration fiscale on de comptabilité,
ne peut intervenir que dans le cas ci âpres :
- Lorsque la tenue des livres comptables n'est pas conforme aux dispositions des
Articles 9 et 11 du code de commerce et aux conditions et modalités d'application
du plan comptable national
- Lorsque la comptabilité se trouve privé de toute valeur probante, par suite de
L’absence de pièce justificative
- Lorsque la comptabilité comporte des erreurs, omissions on inexactitudes graves
et répétés liées aux opérations comptabilisées)

2 Définition de la Vérification :

Pour s'assurer de 1'exactitude et de la sincérité des déclarations fiscales souscrites par les
contribuables, l'administration dispose de moyens et pouvoirs qui sont pour 1'essentiel le droit
de verification, les demander de justifications ou d'éclaircissements et le droit de
communication

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2 - 1- La Vérification de la Comptabilité :

La vérification de la comptabilité est un ensemble d'opération ayant pour objet de contrôler


les déclarations fiscales souscrites par les contribuables
L'examen critique de la comptabilité tend à rechercher si les résultats qu'elle traduit ont bien
été détermines conformément aux règles comptables et fiscales.
Le contrôle fiscal, limite a la verification de la comptabilité; ne ferait apparaitre que les
omissions ou minorations en matière de CA et de bénéfice.
C'est ainsi que la nature et l'importance des travaux dépendent d'un certain nombre de
paramètres repris ci âpres a titre indicatif :

➢Régime fiscal applicable (retenue a la source, droit commun) ?


Volume du chiffre d'affaires et des recettes professionnelles
Forme juridique (personne physique, morale, publique ...)
Orientations particulières données lors de la programmation de l'affaire en
verification
➢Nature et importance des insuffisances et anomalies relevées de 1'examen du dossier
fiscal et de l'analyse sommaire de la comptabilité

2 2 Vérification approfondie de situation fiscale d'ensemble :

La VASFE est définie comme étant 1'ensemble des opérations notamment, de recherches et
d'investigations a 1'effet de déceler d'éventuels écarts entre les revenus déclarés par le
contribuable (personne physique) par rapport a ceux dont il en a réellement dispose
La VASEF a donc pour finalité :

De verifier 1'exactitude des revenus déclarés au titre de l'impôt sur le revenu


De contrôler la cohérence de cc revenu avec la situation patrimoniale, la situation de la
trésorerie et les éléments du train de vie du foyer familial au sens de l'article 6 du
CID. 11 peut titre fait usage simultanément des deux modes d'intervention dans certains
cas, notamment lorsqu'il y a des indices sérieux pouvant présager 1'existence de
fraude au niveau de la situation personnelle de 1'exploitant, ou des associes au regard
des impôts sur les revenues ainsi que de 1'entreprise ou société

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3 Etablissement du programme de vérification :
Chaque fin d'exercice, les chefs d'inspections établissent une liste de contribuable personne
physique et morale susceptible a titre vérifié et ceci selon le cas de chaque an d'entre eux :

1- II y a ceux qui réalisent des déficits successifs répétées (03) ou (04) année durant et leur
établissement sont toujours en activité
2 11 y a ceux qui réalisent un bénéfice minime par apport au chiffre d'affaire
3 - IL y a ceux qui demeurent introuvable (en longueur d’année, le non dépôt des
déclarations et qui ne réponde pas au mises en demeure)
4 Selon le bulletin de recoupement parvenu par l'administration des douanes et que les
chiffres des D10 ne sont pas déclarés sur G50
Ces listes atterrissent a la direction des impôts de la wilaya qui les acheminent vers les
différentes sous directions des contrôles fiscaux, une fois les listes au contrôle fiscal le chef de
bureau chargé de la verification en collaboration avec les chefs de brigades arrêtent les listes
définitives des contribuables a vérifier. Ces listes seront envoyées a la direction des impôts
des wilayas qui a sont tour les envois a la Direction de la Recherche et Vérification (DRV)
pour approbation.

4 Objectif de la vérification :
Soit de déceler les irrégularités plus particulièrement celles relative a incidence
certaine au plan fiscal
Soit de trouver des erreurs ou des dissimulations qui enlèvent a la comptabilité le
caractère probant, et de substituer alors aux bases d'imposition déclarées une
évaluation extra comptable des chiffres d'affaires et des bénéfices réalisées

5 Les obligations des entreprises susceptibles d'etre verifier :


Outre l'obligation de souscrire des déclarations et de déposer des relèves a l'administration
fiscale, les contribuables assujettis à l'impôt sur les bénéfices des sociétés, et a la taxe sur
1'activité professionnelle, d'après le régime réel, doivent satisfaire a des obligations
essentielles :
✓ Tenir une comptabilité probante
✓ Communiquer cette comptabilité sur sa demande au représentant de l'administration
✓ Se soumettre a des contrôles matériels

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✓ Tenue d'un grand livre ou tout autre document similaire, pour pouvoir tenir des
comptes détaillés afin d'établir des documents de synthèse prévus (Bilan, TCR ...) ✓
Présentation des pièces justificatives notamment les pièces des recettes et des dépenses
a savoir : facture de ventes, d'achat, pièces justifiant les frais et charges ..........
✓ Tenue d'un inventaire des éléments d'actif de l'entreprise (Art 10 du code de
Commerce) et de le communiquer a l'administration fiscale (Art 191 du CID)
L'inventaire doit titre annuel et ne peut titre déterminé dune manière forfaitaire, cela dit,
les entreprises doivent établir et conserver un document détaillé et estimatif des matières et
produits composant leur stocks

✓ Le droit de communication a l'administration fiscale porte aussi sur les livres


facultatifs et accessoires, a savoir les livres brouillards, registres de transfert d'action
et d'obligations, les feuilles de présences aux assemblées générales
✓ Présentation dune traduction certifiée par un traducteur assermente, doit être
représentée à toute réquisition de l'administration fiscale si la comptabilité est
tenue en langue étrangères.

6 Droit de vérification :
Le vérificateur au niveau de l'administration fiscale qui a le grade de contrôleur c'est le seul
homme qui peut faire cette vérification selon l'Art 190/3 du CID, donc les prérogatives dont
dispose l'administration fiscale, en matière de vérification sont toutefois atténuées par certains
droits que la législation fiscale accorde aux contribuables faisant l'objet de verification
6 1 Information préalable et le délai de préparation :
Une vérification de comptabilité ne peut être entreprise sans que le contribuable en ait etc.
informe par 1'envoi de la remise contre accuse de réception d'un avis de vérification.
Ce délai ne doit en aucun cas titre inferieur a 10 jours en cas de vérification de comptabilité et
de 15 jours en cas de vérification de VASFE (cf. Art 131 bis / 3 du CID)
6 2 Assistance d'un Conseil :
Le contribuable peut se faire assister par la personne de son choix (avocat, comptable, ...), le
choix d'un Conseil relève exclusivement du contribuable sans que le vérificateur puisse le
contester

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6 3 Impossibilité de refaire la vérification :
Lorsque la vérification de comptabilité pour une période déterminé est achevée,
l'administration ne peut plus procédée a une nouvelle vérification au regard des mêmes
impôts et pour la même période

6 4 Limitation de la durée de la vérification sur place :


Ces délais sont fixes suivant le montant du chiffre d'affaire annuel et la nature de l'activité de
l'entreprise :
- entreprises de prestations de services :
- 04 mois lorsque le chiffre d'affaire n'excède pas 1 000 000.00 DA
- 06 mois lorsque le chiffre d'affaire est supérieur a 1 000 000.00 DA et inferieur a
5 000 000.00 DA
- Autre entreprise :
- 04 mois lorsque le chiffre d'affaire n'excède pas 2000 000.00 DA
- 06 mois lorsque le chiffre d'affaire est supérieur a 2000 000.00 Da et inferieur a
10 000 000.OODA

6 5 La procédure contradictoire :
La procédure contradictoire doit être appliquée même en cas d'absence de comptabilisation et
d'opposition a contrôle fiscal, c'est l'instauration d'un débat oral dans la mesure du possible
avec le contribuable a 1'effet de le tenir informe du déroulement de la vérification dune part
et de lui permettre d'apporter toutes les explications utiles sur les redressements envisages
d'autre part

7 Les différentes irrégularités ne provoquant pas le rejet de comptabilité :


Les dispositions de la reforme fiscale introduite en 1992 ne permettent pas le rejet de la
Comptabilité régulière en sa forme mais qui ne peut justifier quelques opérations, il en est
ainsi notamment lorsque :
✓ Le contribuable a applique un taux d'amortissement autre que celui qui devait être
retenu

✓ Lorsqu'il y a omission de réintégrer dans le résultat de 1'exercice à soumettre a


l'impôt une provision, en totalité ou en partie, constituée au titre de 1'exercice

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précédent et qui est devenue sans objet, ou a été détournée de son objet, ou a été
consommée seulement pour partie.

✓ Lorsqu'une plus value a été comptabilisée pour un montant inferieur a celui auquel
elle aurait du titre inscrite

✓ Une simple erreur matérielle ou omission isolée dans la comptabilité n’est pas
Susceptible d'entrainer le rejet de la comptabilité

✓ Ainsi, la seule insuffisance du pourcentage de bénéfice de l'entreprise vérifiée


comparée au pourcentage moyen dans la branche professionnelle considérée ne peut
pas considérée comme motif suffisant de rejet de la comptabilité, lorsque la
comptabilité présente par ailleurs une valeur probante

✓ Par ailleurs, la présentation a des façons répétées de pièces considérées non probantes,
une réintégration doit se faire pour donner a la comptabilité sa valeur probante, au lieu de
la rejetée, on note par exemple les pièces suivantes non probantes.

1 - Une reconnaissance de dette non enregistrée, ni passée en forme authentique


2 - Des factures n'ayant pas de date certaine
3 Des bons de caisse sans authenticité suffisante
D'une manière générale, le rejet de la comptabilité ne peut être envisage que si des motifs
précise et sérieux permettent de la considérer comme étant dépourvue de valeur probante

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Chapitre II :
EXAMEN DE LA COMPTABILITE

1- Examen de la comptabilité en la forme :


Le vérificateur doit contrôler l'état général de celle -ci a travers 1'examen des livres pour
s'assurer qu'il soit tenus au jour le jour et n'ont pas été reconstitues a posteriori . Trois (3)
indices sont révélateurs à cet égard.
• La date du paraphe légal des livres dont la tenue est obligatoire, qu'il faut
rapprocher avec la date d'enregistrement des écritures comptables

• La date d'achat des livres tenus (rapprochement avec les factures d'achat)
• L'aspect des livres tenus (aspect trop neuf pour un exercice ancien, écriture trop

appliquée, écritures comptables manifestement intercalée)


Une comptabilité n'est pas régulière en la forme que si elle remplit les trois conditions
suivantes :
• Elle doit être complète et régulière

• Elle doit être arithmétiquement exacte


• Elle doit être probante

1- I Une comptabilité régulière :


Une comptabilité régulière que si elle comporte l'ensemble des livres et documents prévus
aux articles 9 et 12 du code de commerce tel que livre journal ou journal général et le livre
d'inventaire , et si elle est tenue selon l'ordonnance N°75 35 du 29 Avril 1975 portant PCN
Et l'arrête du 23 Juin 1975 relatif au modalité de son application ont confisquons toutes
Correspondances revues et les copies de lettres envoyées, conservant les pièces justificatives
ayant servi a la comptabilité pendant au moins dix (10) ans a compter de la date de clôture de 1'
exercice

1- 2 La comptabilité est-elle arithmétiquement exacte :


Cet examen implique un pointage arithmétique des additions, la vérification des reports et
même le pointage de la régularité des écritures récapitulatives portées au journal général par
rapprochement avec les indications du grand livre et celles des journaux auxiliaires

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2 1 - Examen des balances :

Le vérificateur se fait communiquer ces balances, et s'assuré de la concordance des totaux de


ces balances avec les totaux du journal (avant ou âpres les écritures d'inventaire suivant qu'il
contrôle la balance de verification ou la balance d'inventaire). I1 vérifie ensuite 1'exactitude de
1'addition d'au moins une des deux colonnes (débit ou crédit)
La concordance des balances avec le grand livre, d'une part, et la concordance entre les totaux
de la balance et du journal, d'autre part, donnent au vérificateur le quasi certitude de la
régularité des reports du journal au grand livre
Lorsqu'il constate l'inexactitude des balances, le vérificateur invite le comptable à rechercher
les discordes relevées et lorsqu' ils apparaitront, il peut tirer argument pour éventuel rejet de la
comptabilité

1- 2 2 Concordance entre pièces justificatives et documents comptables :


Les rapprochements entre les relevés fournis par les banques, les établissements de crédits, le
centre de chèques postaux. Et les comptes comptables sont effectues par l'entreprise alors il
faut vérifier l'exactitude et pour la caisse il a deux remarques qui méritent d'etre soulevées a ce
niveau :

O Les prélèvements en espèces par 1'exploitant comptabilisés en bloc en fin d'année


constituent une irrégularité. Dans cette hypothèse, il y a lieu de recueillir les
explications nécessaires.
O S'il existe des apports en espèces, ces sommes sent a rapprocher des comptes prives
et doivent etre justifiées. II faut également vérifier que les apports ne couvrent pas une
caisse créditrice

1- 3 La comptabilité est elle probante :


La comptabilité est probante si l'entreprise peut justifier toutes les écritures enregistrées dans
leur principe et leur quantité, les opérations doit être individualisées
11 est signaler, par ailleurs, que la valeur probante de la comptabilité ne peut être détruite sans
la présentation par le vérificateur d'une abondance d'argument en recherchant la convergence
des indices et des présomptions graves, précises et concordantes
Les justifications à présenter varient selon la nature des opérations

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1- 3 1 - Vente, Service et travaux :


Les produit doit être individualises sur les copies de factures conservées a I ‘appui de la
comptabilité

Le vendeur doit délivrer une facture des que la vente ou la prestation de service est devenue
définitive. Les factures établies doivent comporter conformément aux dispositions d’Article
7 du décret exécutif N°95-305 du 7 Octobre 1995 fixant les modalités d'établissement d'une
facture les mentions suivantes :
O Les noms et prénoms ou la raison sociale
O L'identifiant du producteur ou du prestataire de services
O La forme juridique de la société, l’établissement ou la nature de l'activité exercée
O Le capital social pour les sociétés a responsabilité limitée et les sociétés par actions
O L'adresse telle que définie par régime juridique lie a la nature de l'activité ou la forme
juridique dans laquelle elle s'exerce
O Le numéro et la date d'enregistrement ou de l'immatriculation prévus par la
législation
O L'identification fiscal tel que prévu a Article 110 de la loi N°91-25 du 18 Décembre
1991 portant loi de finances pour 1992
O Le cachet humide de l'agent économique ainsi que sa signature

Pour les ventes faites au comptant aux particuliers par les détaillants, la comptabilisation du
montant total des recettes en fin de journée (par différence d'encaissement par exemple) rend la
comptabilité non probante. Cc n'est pas le cas lorsqu'il existe une main courante régulière
tenue ou lorsque sont conservées les bandes de caisse enregistreuse

1-3 2 Les achats, frais de charges :


D'une manière générale, la justification des achats est constituée par la facture délivrée par le
Fournisseur
Au même titre que les achats, les frais doivent être appuyés des justifications suivantes
(Original de la facture, pièce de caisse, reçu, carnets de paye .........)
1- 3 3 Stocks et travaux en cours :
Par application d’Article 10 du code de commerce, tout commerçant doit faire tous les ans un
inventaire des éléments de l’actif et du passif de son entreprise

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Une comptabilité qui n’est pas accompagnée d'un inventaire de marchandises, des produits ou
travaux en cours, ne peut pas etre considérée comme complète
L'évaluation des travaux en cours doit etre justifiée et détaillée notamment en ce qui concerne
la détermination des cours, à savoir :
 Détail de produits utilises (nature, prix de revient et quantité)
 Montant des frais directs de personnel
 Réparation des éléments indirects

Toute fois les documents qui constituent l'inventaire des matières et produits en stock doivent
etre à la disposition du vérificateur

II Examen de la comptabilité en le fond :


Selon le service des contrôleurs la vérification fiscale se fait comme suit :
L'administration fiscale procède à (02) deux méthodes les plus fiables.

II 1- Le compte financier :
Donc la vérification s'effectue par la comparaison de 04 années d'exercice
On prend :
Encaissement client par la caisse et la banque en TTC
- solde client (470) au 01/01 en TTC
+ solde avance client (570) au 01/01 en TTC
solde client au 31/12 en TTC
- solde avance client (570) a 31/12 en TTC

Chiffre d'affaire (CA) facture de 1'exercice en TTC


- Chiffre d'affaire (CA) déclaré sur bilan (comptabilise)
On a une différence

Si la différence est positive on la reprend au bénéfice, et si elle est négative on la reprend à la


TVA et la TAP

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11 2 Compte matière (quantité) :

On prend :
Stock initial au 0I /01
- Stock final au 31/12
+ Achat de 1'exercice du 01/01 au 31/12
Vente reconstituées de 1'exercice en quantité
- Vente déclarée (facturée) de l'exercice en quantité
On a une différence

Si cette différence est positive on n'a la quantité manquante, et si elle est négative on a un
excédent de quantité et s'il est important, c'est le rejet de la comptabilité en le fond

- Réévaluation des investissements selon le décret ex6cutif N° 96 336 du 13/01/96 :


Comme le vérificateur fait son contrôle à travers ces comptes il fait la réévaluation des
investissements
La réévaluation s'applique aux valeurs d'origine des immobilisations, ainsi que des dotations
annuelles des amortissements
Cette réévaluation concerne les entreprises et organismes régis par le droit commercial, elle
s'applique a toutes les sociétés commerciales par la forme (SARL, sociétés par actions,)
Sont ré évaluables les immobilisations corporelles amortissables figurant au bilan clos de
1'exercice 1995. Sont donc concernées notamment, les éléments suivants :
• Equipements : matériel et outillage, matériel de transport, équipement de bureau,
Emballages récupérables
• Bien immeubles : terrain, bâtiments, ouvrages d'infrastructure, installations
complexes

Au plan fiscal, il est rappelé que depuis l'intervention de la loi de finances 1996
La réévaluation est neutre. L'écart de réévaluation est constate initialement en franchise d'impôt,
mais les dotations complémentaires résultant de cette réévaluation doivent être réintégrées aux
résultats.

Pour avoir une explication plus claire je dispose d'un cas réel qui explique les différentes
étapes de la verification et la reconstitution du chiffre d'affaire.

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Rejet de la comptabilité
II 3 Exemple sur 1'exécution de la verification :

On a une SARL X, son activité (importateur d'articles scolaires)


L'administration fiscale lui envoi un procès Verbal d'opposition au contrôle fiscal
On a constaté que cette société n'a pas accepté la vérification

3 1- Position fiscale :
Votre activité d'import d'articles scolaires , vous êtes , soumis a la taxe sur la valeur ajoutée
TVA aux taux de 14% et 21% pour 1'exercice 1998,1999,2000 et 17% pour 1'exercice 2001
sur les opérations de vente réalisées , en vertu des dispositions des articles 02, 21 et 23 du
Code de la TVA
En matière d'impôts directes vous êtes soumis a la taxe sur l'activité professionnelle au taux
de 2.55 % pour les exercices 1998 , 1999 , 2000 ainsi que le premier semestre de 1'exercice
2001 et 2% pour le dernier semestre de l'année 2001 et ce conformément aux dispositions
d'articles 216 a 229 du code des impôts directs et de la loi de finances complémentaire 2001 ,
ainsi qu'a l'impôt sur les bénéfices des sociétés IBS au taux de 30% pour les exercices
vérifiés et ce conformément a l'article 135 du CID
Vous êtes également soumis en votre qualité d'employeur a la retenue a la source IRG sur les
rémunérations versées a vos employés en application des dispositions des articles 1 et l9 du
CID de plus les associes sont soumis a l'impôt sur le revenu global IRG selon la quotte part
de chacun d'eux Conformément a l'article 100 du code de timbre, les ventes encaissées par
espèces déclarées sur factures y afférentes ; les ventes sont soumises au droit de timbre calcule
sur le montant en TTC

3 - 2 Examen de la comptabilité :
La comptabilité présentée est tenue selon le système centralisateur comprenant 1'ensemble
des documents prévus par la réglementation en vigueur
L'analyse de cette dernière a permis de constater les anomalies suivantes :

1) - Caisse créditrice en décembre de 1'année 98


- Avril, Mai et Juin de 1' année 99
- Du mois de Mars au mois de Novembre de l'année 2000

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Rejet de la comptabilité

2) Les soldes finaux du compte caisse des exercices 1998, 1999,2000 ne correspondent
Pas a ceux déclarés sur le journal général

3)- Les frais du personnel portes sur livre de paie différent de ceux portés sur le bilan

Pour 1'exercice 2000 sur le livre de paie 315 000.00 DA sur le bilan 317 520.00 DA
soit une différence de 2 520.00 DA
Pour 1'exercice 2001 sur le livre de paie 180 000.00 DA sur le bilan 460 800.00 DA soit
une différence de 286 800.00 DA

4) - Non paiement des droits de timbre pour les exercices 1999 et 2000 et ce pour les
factures N°16 du 28/02/99 d'un montant en TTC de 1 018 955.00 DA
N°19 du /05/99 d'un montant en TTC de 7 334 110.00 DA
N°168 du 07/01/2001 d'un montant en TTC de 560 701.44 DA

5) - L'élaboration d'un compte financier a permis de dégager des différences en négatives


de ( - 119 489.00DA , -13 991 861.00DA ) pour 1'exercices 98 et 99 et en positive de
100 000.00 DA et 8 581 814.00 DA pour les exercices 2000, 2001

6 - L'élaboration d'un compte en matière des quatre exercices a permis de dégager des
écarts en positif et en négatif et cela sur presque la totalité des produits

En outre, il y a lieu de vous préciser que sollicite a maintes reprises, vous avez toujours
refusé de nous indiquer vos dépôts afin d'opérer un inventaire physique.

De ce qui précède, i1 y a lieu de vous préciser que compte tenu des anomalies citées ci
dessus, votre comptabilité ne présente aucun caractère probant d'ou son rejet
conformément aux dispositions d’Article 191 du CID

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Rejet de la comptabilité
Chapitre III :
Le rejet de la comptabilité

En raison de la gravite des conséquences qui découlent d'un rejet de la comptabilité, le


législateur a codifie cette procédure en vue d'éviter des abus qui pourraient éventuellement
survenir lors d'une verification.

III 1- Les conditions de rejet :


Une comptabilité régulière et probante doit satisfaire a des critères impératifs de forme et de
Fonds sous peine de la voir rejetée par le service vérificateur, donc Article 191du CID
énonce trois cas de rejet.

1 - 1 - Tenue des livres comptables non conformes aux dispositions des articles 9 et
11 du code de commerce et aux conditions et modalités d'application prévue par le
PCN:

➢Conditions relatives au code de commerce :


L'article 9 du code de commerce fait obligation à toute personne physique ou morale ayant la
qualité de commerçant de tenir un livre journal enregistrant journellement les opérations de
1'entreprise ou les récapitulant au moins une fois par mois.
L'article 10 du même code prescrit également d'établir annuellement un inventaire des
éléments de 1'actif de 1'entreprise. Ces deux (02) livres doivent être tenus chronologiquement
sans un blanc ni altération d'aucune sorte et cotes et paraphes par un juge du tribunal
Y Conditions relatives an PCN :
La comptabilité doit être suffisamment détaillée pour permettre 1'enregistrement et le contrôle
Des opérations effectuées par 1'entreprise. Ainsi que 1'établissement des documents de
Synthèse
- En cas de nécessite, le législateur permet l'ouverture de sous compte du PCN
La comptabilité doit être tenue en monnaie nationale, et doit suivre la méthode de la
Partie double
- Chaque écriture comptable doit être appuyée par une pièce justificative datée et
Comportant la signature du responsable de l'opération

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Rejet de la comptabilité

- Les opérations sont enregistrées sans compensation entre elle dans des comptes dont
L’intitule correspond a leur nature
- Outre les registres obligatoires, les entreprises doit tenir des livres auxiliaires
Permettant de reconstituer le contenu des comptes et d'établir les balances périodiques
- Les documents et pièce justificatives doivent être classes et conserver pendant dix (10)
Ans.
1 - 2 - Lorsque la comptabilité se trouve privée de toute valeur probante, par suite de
I ‘absence de pièces justificatives :

L'absence de pièces justificatives ou omission très répétées prive la comptabilité de toute


valeur probante et engendre son rejet

Néanmoins, si la pièce non produite a pour effet seul d'influer sensiblement le résultat de
l'entreprise, le rejet de comptabilité peut être prononce

Par ailleurs, il y a des écritures comptables qui n'ont pas un caractère probant :
• Une reconnaissance de dette non enregistrée en comptabilité ni passée en forme
authentique

• Une facture n'ayant pas de date certaine


• Des bons de caisse sans authenticité certaine

1 - 3 - Lorsque la comptabilité comporte des erreurs, omissions on inexactitudes graves et


répétées lies aux opérations comptabilisées :

La comptabilité doit être régulière, probante et sincère, d'ou les opérations comptables ne
doivent pas donner lieu a des erreurs, omissions ou inexactitude graves et répétées, a défaut,
le rejet peut être prononce

Certains faits non limitativement énumères ci dessous, peuvent constituer des motifs valables
pour douter de la sincérité de la comptabilité :
• L'enregistrement non chronologique des opérations

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Rejet de la comptabilité
• Factures falsifiées

• Constatation de nombreux et d'importants soldes créditeurs de caisse


• Solde en caisse n'étant débiteur que grâce a l'apport non justifie et a l'inscription du
montant des prétendues ventes omises

• Déficits de caisse répétée


• Operations non comptabilisées
• Absence de compte caisse et de compte bancaire

2 Les conséquences du rejet de la comptabilité :

Le rejet de comptabilité entrain les incidences suivantes :

✓ L'administration fiscale permet au contribuable la possibilité de faire part de sa


position en cas de rejet de la comptabilité
✓ En effet, la procédure contradictoire s'applique même en cas de rejet de la
comptabilité avec tout cc que cela implique comme obligation d'envoi de la
notification et de réponse aux observations formulées par le contribuable.

Il y a lieu, toutefois de signaler qu'en matière de preuve, la charge incombe en cas de rejet
non pas a l'administration mais au contribuable verifie.

Cas Pratique :
L'état de rapprochement

1) - Généralité :

L'état de rapprochement peut etre établi en fin de mois, en fin de trimestre ou en fin
d'année, en raison du volume d'opération et de l'organisation comptable de
l'entreprise
• Constatation inscription de factures
➢ L'état de rapprochement est effectue avec 1'extrait de
compte ou relève de compte

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Rejet de la comptabilité

bancaire d'une part et d'autre part avec le compte banque ou CCP du grand livre

➢Les opérations non comptabilisées dans le compte de l'entreprise sont à prendre en


considération pour régularisation du solde dans la mesure ou ils constituent des
omissions, des erreurs de montant, ou des frais financiers
A Les solder rapproches et rectifies dans les comptabilités de l'entreprise et de la Banque
doivent déterminer des montants identiques.

2) procédures de rapprochement :

Les montants débiteurs dans les comptes de l'entreprise sont des montants créditeurs
dans les comptes de la Banque
➢Les montants créditeurs dans les comptes de 1'entreprise sont des montants débiteurs
dans les comptes de la banque
Le solde débiteur au niveau de 1'entreprise doit etre un solde créditeur au niveau de la
banque
En conséquence le pointage ou le classement des opérations enregistrées de part et d'autre
doit etre effectue par opposition
Application :
A la date du 31/12/2005, le comptable de l'entreprise X effectue l'etat de rapprochement
bancaire du mois de Novembre 2005
- La comptabilité de 1'entreprise X fait ressortir un solde BNA débiteur de 18250.00 da
- La comptabilité de la BNA fait ressortir un solde entreprise X créditeur de 14800.00 da
Dans nos livres, le compte bancaire BNA du mois de Novembre se présente comme suite :
Compte N° 485 BNA Novembre 2005
Date Désignation / Montant Débit Crédit Solde débiteur

Report 4 500.00 4 500.00


5/11 Cheque CPA remis a l'encaissement 50 000.00 54 500.00
10/11 Cheque BADR remis a 1'encaissement 106 250.00 160 750 .00
20/11 Cheque BNA remis pour paiement a 110 000.00 50 750 .00
notre fournisseur
30/11 Cheque BDL paiement fournisseur 32 500.00 18 250.00

Total 160 750.00 142 500.00 18250.00

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Rejet de la comptabilité

L'extrait du compte bancaire remis par la BNA du mois de Novembre se présente comme
Suit :

BNA EXTRAIT DE COMPTE Novembre 2005

Date Désignation / Montant Débit Crédit Solde débiteur

Report 4 500.00 4 500.00

12/11 Cheque n°247200 paiement fournisseur 36 400.00 31 900.00


14/11 Intérêts bancaires 600.00 32 500.00
20/11 Taxe sur prestation 850.00 33 350.00
25/11 Frais financier accréditifs 1 800.00 35 150.00
28/11 Cheque CPA encaisse 49 950.00 14 800.00

Total 39 650.00 54 450.00 14 800.00

Etat de Rapprochement :

Dans nos livres :

Comptabilité entreprise X
Date LIBELLE DEBIT CREDIT

30/11 Solde 18 250.00


12/11 Cheque n°247200 36 400.00
Règlement fournisseur
12/11 Intérêts bancaires 600.00
18/11 Taxe sur prestations 850.00
25/11 Frais accréditifs 1 800.00
28/11 Différence d'encaissement (CHQ. 50.00
CPA)
Totaux 18 250.00 39 700.00
Solde créditeur 21 450.00 -

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Rejet de la comptabilité
Dans les livres de la banque :

Comptabilité BNA

Date LIBELLE DEBIT CREDIT

30/11 Solde 14 800.00


10/11 Cheque BADR remis a 1'encaissement 106 250.00
20/11 Cheque BEA paiement fournisseur 110 000.00
30/11 Cheque BDL paiement fournisseur 32 500.00

Totaux 142 500.00 121 050.00


Solde débiteur - 21 450.00

Régularisation comptable

La régularisation comptable doit ce faire uniquement sur le journal de 1'entreprise X

530 Fournisseur 36 400.00


485 BNA 36 400.00
Règle. Fournisseur par ch. N°247200
657 Commission ouverture de crédit 1 800.00
655 Frais de banque 850.00
653 Intérêt bancaire 600.00
485 BNA 3 250.00
Reg. Frais divers
6550 Frais sur titres 50.00
485 BNA 50.00
Différence d'encaissement sur ch.
CPA

20
Rejet de la comptabilité

Conclusion :

Avant l'avènement de l'économie de marche le contrôle fiscal en Algérie est mal perçu par les
contribuables du fait de l'absence d'une vulgarisation par l'administration des impôts sur le
rôle dévolu à la fiscalité.

Cette situation a engendré de fausses déclarations a 1'effet d'éviter le paiement intégral des
impôts, ce qui a pour conséquence une évasion fiscale avec tous les préjudices subis a
l'économie national et bien entendu a la réalisation des travaux lie a la collectivité national.

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Rejet de la comptabilité

BIBLIOGRAPHIE:

1. Ministère des finances (édition 2001) : Guide du vérificateur de comptabilité


2. Le code des impôts Directes
3. M Ghollam : cours de comptabilité générale

4. Code de commerce.

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