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0.

1 Représentation Locale d’une Fonction Ho-


lomorphe
0.1.1 Germe d’une fonction holomorphe
Définition 1 Soit X ⊂ Cn un sous-ensemble quelconque et f : X −→ Cm
une application.

— On dit que f est holomorphe sur X s’il existe un ouvert U ⊂ Cn


tel que X ⊂ U et une fonction g : U −→ Cm holomorphe telle que
g|X = f
— L’ensemble de toutes les fonctions holomorphes sur X est noté : OX
ie : OX = {(U, g)/U est un ouvert contenant X et g ∈ O(U, Cm )}

Définition 2 Soient (U, f ), (V, g) ∈ OX


— On définit sur OX la relation d’équivalence suivante :

f ∼ g ⇔ ∃ un ouvert W ⊂ U ∩ V tel que X ⊂ W et f|W = g|W


X
— On dit que (U, f ) et (V, g) sont équivalents modulo X.
— La classe d’équivalence de (U, f ) est notée fX . On l’appelle le germe
de f mod X

Lemme 3 Le quotient OX = OX / ∼ est une algèbre commutative unitaire.


X
Et on a, pour tout f, g ∈ OX et λ ∈ C :

fX + gX = (f + g)X

fX .gX = (f.g)X
λfX = (λf )X

Remarque 4 — Tout germe dans OX a une valeur bien définie en tout


point de X.
— On peut aussi écrire n OX .
— Dans le cas où X = {a} on écrit Oa ou n Oa .
— Un germe de fonction fa nous donne toutes les informations locales
sur f dans un voisinage de a comme le développement de Taylor de f
en a,par exemple.
On s’intéresse de la relation entre les deux. Mais d’abord, on remarque
qu’on peut se restreindre au cas où a = 0Cn
En effet, si f est holomorphe au voisinage de a, on considère la trans-
lation : Ta f (z) = f (a − z), alors Ta f (0) = f (a) et Ta f est holomorphe

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au voisinage de 0.
Ta induit un isomorphisme d’algèbres :
Oa −→ O0
fa 7−→ (Ta f )0

Lemme 5 O0 est un anneau intègre.


Preuve. Soient f , g ∈ O0 deux germes non identiquement nuls. Alors toutes
leurs fonctions représentatives sont non identiquement nulles au voisinage de
zéro, donc d’aprés le théorème du prolongement analytique f g 6= 0. Ce qui
implique : (f g) 6= 0

0.1.2 L’algèbre des séries formelles et convergentes


L’algèbre des séries formelles
Définition 6 Soit A un anneau commutatif.
Une série formelle à coefficients dans A est une application :
Nn −→ A
α 7−→ cα
On la note α∈Nn cα xα où x = (x1 , ..., xn ), xi est une indéterminée sur A.
P
L’ensemble de toutes les séries formelles dans A est noté A[[x1, , ..., xn ]].
Une série formelle a une valeur bien définie en 0 : c0...0 .
On note par (a1 , ..., al ) l’idéal engendré par a1 , ..., al ∈ A.
Théorème 7 1. A[[x1 , ..., xn ]] est un anneau commutatif unitaire.
Avec : X X X
aα x α + bα x α = (aα + bα )xα
α∈Nn α∈Nn α∈Nn
et : X X X
( aα xα )( bα x α ) = cγ x γ
α∈Nn α∈Nn γ∈Nn

Où X
cγ = aα b β
α+β=γ

De plus, si A est une algèbre sur un corps K alors A[[x1 , ..., xn ]] l’est
aussi en posant :
X X
λ cα x α = (λcα )xα , λ ∈ K
α∈Nn α∈Nn

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2. A[x1 , ..., xn ] est un sous anneau (sous algèbre) de A[[x1 , ..., xn ]].
3. A[[x1 , ..., xn ]] = (A[[x1 , ..., xn−1 ]])[[xn ]] = ... =)(A[[x1]])[[x2 , ..., xn ]].
4. Si Aest Noethérien alors A[[x1 , ..., xn ]] est Noethérien.
5. Si A est un corps alors A[[x1 , ..., xn ]] est une algèbre factorielle.
On peut prouver toutes les propositions du théorème si dessus dans une ma-
nière purement algébrique. Mais lorsqu’on considère des questions d’Analyse
complexe locale, on travail sur le corps C et dans la sous algèbre des séries
entières convergentes C{z1 , ..., zn }. La preuve de la quatrième et cinquième
proposition nécessite une étude plus profonde de la structure de C{z1 , ..., zn }.

L’algèbre des séries convergentes


Définition 8 C{z1 , ..., zn } = { α∈Nn cα z α /∃r ∈ Rn+ , sup |cα |rα < ∞} est
P
α∈Nn
l’ensemble des séries entières convergentes au voisinage de 0.
Remarque 9 — On a : C[z1 , ..., zn ] ⊂ C{z1 , ..., zn } ⊂ C[[z1 , ..., zn ]].

— On peut définir les séries convergentes au voisinage d’un points quel-


conque a ∈ Cn . Mais comme dans le cas de Oa et O0 , C{z1 , ..., zn } et
C{z1 − a1 , ..., zn − an } sont isomorphes.
Lemme 10 n O0 et C{z1 , ..., zn } sont isomorphes. Un isomorphisme est donné
par :
j0 :n O0 −→ C{z1 , ..., zn }
f0 7−→ j0 f

Où j0 f est le développement de Taylor d’une fonction représentative f de


f0 .
Lemme 11 Soit r ∈ Rn+ .
On définit l’ensemble :
X
B(r) = { cα z α / sup |cα |rα < ∞}
α∈Nn
α∈Nn

et l’application :
X X
||.||r : B(r) −→ R, cα z α 7−→ |cα |rα
α∈Nn α∈Nn

Alors, on a :

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1. B(r) est une algèbre complexe sans diviseurs de zéros, telle que :
C{z1 , ..., zn} = ∪r∈Rn+ B(r).
2. Si s < r(ie :si < ri , ∀i = 1, ...n), alors : B(r) ⊂ B(s).
3. B(r) ⊂ O(Pnr (0)).
4. ||.||r est une norme sur B(r).
5. (B(r), ||.||r ) est un espace de Banach.
||f ||r
6. Si α∈Nn cα z α ∈ B(r) alors |cα | ≤ α .
P
r

L’ordre des séries formelles et convergentes :


Définition 12 Soit f = α∈Nn cα z α ∈ C[[z1 , ..., zn ]].
P
L’ordre de f est défini par :

+∞ si f = 0
ord f =
min{|α|/cα 6= 0} si f 6= 0

où |α| = α1 + ... + αn

Exemple 13 Soit : f (z1 , z2 ) = z14 + z2 sin(z1 z2 ) ∈ C[[z1 , z2 ]]


(−1)k
(z1 z2 )2k+1 .
P
On a : sin(z1 z2 ) = z1 z2 + k≥1
(2k + 1)!
Alors ord f = 3.

Lemme 14 Soient f, g ∈ C[[z1 , ..., zn ]].On a :

1. ord f g =ord f +ord g


2. ord (f + g) ≥ min={ord f ,ord g}
3. L’algèbre C[[z1 , ..., zn ]] est intègre.
4. ord f = 0 ⇔ f est inversible dans C[[z1 , ..., zn ]]

Proposition 15 Soit m = {f ∈ C[[z1 , ..., zn ]]/f (0) = 0}.


m est l’ensemble des éléments non inversibles de C[[z1 , ..., zn ]]
m est donc un idéal maximal dans C[[z1 , ..., zn ]]. De plus, il est unique.

Preuve. Soit l’application :

ε : C[[z1 , ..., zn ]] −→ C

f 7−→ f (0)

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On a Kerε = m et Imε = C car ε est surjective. (En effet, ∀c ∈ C, ∃f = c ∈
C[[z1 , ..., zn ]] telle que ε(f ) = c).
D’après le premier théorème d’isomorphismes : C[[z1 , ..., zn ]]/m ≈ C qui est
un corps alors m est un idéal maximal.
L’unicité : Soit m0 un autre idéal maximal dans C[[z1 , ..., zn ]].
m0 ne contient aucun élément inversible. (Car sinon,si ∃f ∈ m0 inversible
donc ∃g ∈ C[[z1 , ..., zn ]]/f.g = 1 ∈ m0 , car m0 est un idéal, alors m0 =
C[[z1 , ..., zn ]]).
Donc m0 ⊂ m et comme m0 est maximal : m0 = m.

Proposition 16 m = (z1 , ..., zn )

Preuve. D’une part z1 , ..., zn ∈ m (car zi (0) = 0, ∀i = 1, ..., n).


Comme (z1 , ..., zn ) est le plus petit idéal contenant les points z1 , ..., zn alors
(z1 , ..., zn ) ⊂ m.
D’autre part, ∀f ∈ m; f (0) = 0 ⇒ ord f > 0 ⇒ ∃j ∈ {1, ..., n} tel que zj
divise f ⇒ f ∈ (z1 , ..., zn ) ⇒ m ⊂ (z1 , ..., zn ).
D’où m = (z1 , ..., zn ).

Remarque 17 Ces résultats restent vrais dans C{z1 , ..., zn }.