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fédération française des échecs L’intelligence du Jeu, l’émotion du Sport Édito Un formidable engouement C

fédération

française

des échecs

fédération française des échecs L’intelligence du Jeu, l’émotion du Sport Édito Un formidable engouement C
fédération française des échecs L’intelligence du Jeu, l’émotion du Sport Édito Un formidable engouement C

L’intelligence du Jeu, l’émotion du Sport

Édito

Un formidable engouement

C haque année, le début de la nouvelle

saison échiquéenne coïncide avec la

rentrée scolaire. Celle de cette année

est assez particulière dans la mesure où elle voit la mise en place de la réforme des rythmes scolaires sur l’ensemble du territoire. Depuis le 2 septembre, elle concerne toutes les écoles publiques fran- çaises du 1 er degré. Le dispositif prévoit plusieurs heures d’ateliers périscolaires par semaine dans lesquels le jeu d’échecs aura toute sa place. Cette réforme des rythmes scolaires est, par conséquent, une opportunité exceptionnelle et une vraie chance pour notre fédération. Depuis quelques semaines, on mesure l’engouement qui est considérable. Je félicite tous les clubs qui se sont déjà lan- cés dans cette belle aventure. Beaucoup de communes sont encore à la recherche d’animateurs, et des nouveaux clubs sco- laires vont se créer ici et là. On estime que plusieurs centaines de milliers d’enfants

pourraient pratiquer les échecs cette année dans le cadre scolaire. Nous devons être prêts à pouvoir les accueillir dans nos clubs, au sein de notre fédération. Quand vous lirez ces lignes, la rentrée scolaire sera derrière nous et la nouvelle saison sportive sera déjà bien entamée. La première ronde des interclubs s’est déroulée le 12 octobre. 689 équipes sont inscrites dans les 5 divisions nationales. En ajoutant les compétitions régionales et départementales, on arrive à près de 1500 équipes. Une organisation considérable qui n’est rendue possible que grâce au formidable dévouement des bénévoles. Ils sont déjà plus d’une centaine à assurer la gestion des groupes, préparer les calen- driers ou encore rentrer les résultats les soirs de rondes. Sans oublier les prési- dents et les capitaines d’équipes. Que tous soient ici chaleureusement remerciés pour leur investissement. Sans eux, nous ne pourrions rien faire. Ces interclubs

Sans eux, nous ne pourrions rien faire. Ces interclubs sont la preuve que tous ensemble nous

sont la preuve que tous ensemble nous sommes toujours plus forts. Gens una sumus !

DIEGO SALAZAR

En perspective : opération d’appel à dons à partir du 3 novembre

“J’aime les échecs !”

à dons à partir du 3 novembre “J’aime les échecs !” La FFE accompagne à partir

La FFE accompagne à partir du 3 novem- bre tous les clubs, les comités et les ligues dans une vaste campagne d’appel à dons.

L a recherche de financements divers est bien souvent le nerf de la guerre pour toutes les associations, et tout

particulièrement les plus petites d’entre elles. En temps de crise – et même en temps normal – il peut être par consé- quent séduisant de faire appel à la géné- rosité publique. En dehors des grandes associations d’intérêt général, il est peu

de clubs ou d’associations locales qui ont intégré l’appel aux dons dans leur dispositif de recettes. C’est pourquoi la FFE lance une vaste campagne nationale d’appel à dons à partir du 3 novembre. Cette campagne, baptisée “J’aime les échecs”, a pour objectif d’apporter des outils aux clubs, aux comités et aux ligues dans leurs recherches de financement. « L’opération n’a pas d’ambition déme- surée mais elle devrait être, à n’en pas douter, un moyen complémentaire d’ac- compagner les clubs, les comités et les

ligues », explique Laurent Vérat, le directeur général de la FFE. « Plutôt que chacun prenne des initiatives isolées, la fédération apportera un cachet, un label et une crédibilité. » Un point important de la campagne sera la défiscalisation des dons. « Beaucoup de clubs ignorent qu’avec l’agrément sport, ils sont en mesure de recevoir des dons qui peuvent être déductibles des impôts aux deux tiers », poursuit Laurent Vérat. « Concrètement, sur 100 , il n’en coûte réellement que 33 au donateur. » Les clubs peuvent demander à la FFE des flyers d’appel à dons qui n’auront plus qu’à être remplis et distribués auprès d’interlocuteurs privilégiés, acteurs économiques locaux, et com- merçants, sensibles au jeu d’échecs ou pouvant l’être. L’opération peut être menée jusqu’à Noël, période toujours favorable pour les appels à dons.

www.europe-echecs.com

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Top Jeunes La FFE se conventionne ! Afin de renforcer sa structuration, la FFE a
Top Jeunes La FFE se conventionne ! Afin de renforcer sa structuration, la FFE a

Top Jeunes

La FFE se conventionne !

Afin de renforcer sa structuration, la FFE a signé plusieurs conventions impor- tantes en ce début de saison.

Profession Sport & Loisirs

Le dispositif Profession Sport & Loisirs a été créé en 1989 à l’initiative de Roger Bambuck, alors secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports. Il faisait suite à un constat d’émiettement et de marginalisa- tion de l’emploi sportif. Développer, consolider et moraliser l’em- ploi sportif et socioculturel, c’est l’objec- tif général qui lui a été assigné. L’idée permettait surtout aux diplômés du sec- teur sportif de bénéficier d’un réel statut et de toute la protection sociale qui allait avec, leur évitant ainsi de se retrouver démunis en cas d’accident dans le cadre du travail “au noir”. Profession Sport & Loisirs (PSL) se com- pose aujourd’hui de 62 associations locales et groupements d’employeurs et constitue le premier réseau de conseil et de soutien aux acteurs associatifs en France. À l’occasion du séminaire annuel des présidents de ligues qui s’est tenu le 20 septembre, la FFE a conclu un partenariat avec PSL. « L’objectif de ce partenariat est d’accompagner les clubs d’échecs dans leur démarche de professionnalisa- tion, de faciliter l’accès à l’emploi pour les entraîneurs, les initiateurs, et les ani- mateurs au sein des clubs et des établisse- ments scolaires, en s’appuyant notam- ment sur des logiques de mutualisation », explique Diego Salazar, le président de la FFE. « Les ligues régionales, les comités départementaux et les clubs pourront ainsi adhérer auprès de l’association locale la

pourront ainsi adhérer auprès de l’association locale la CI-DESSUS : signature de la convention entre Diego

CI-DESSUS : signature de la convention entre Diego Salazar, le président de la FFE, et Nicolas Verdon, pré- sident de Profession Sport & Loisirs. Ci-contre : signa- ture de la convention entre Diego Salazar, le président de la FFE, et François-Noël Gilly, président de l’Université de Lyon 1.

plus proche. Dès lors, ils pourront bénéfi- cier de conseils dans les projets d’emploi, l’identification des coûts, la recherche des financements mobilisables, ainsi que dans le domaine des services de gestion admi- nistrative des emplois. »

Université de Lyon 1

Le Diplôme d’Etudes Universitaires Scientifiques et Techniques (DEUST) d’Animation et Gestion des Activités Phy siques, Sportives, et Culturelles (AGAPSC), parcours Agent de Déve- loppement de Clubs Sportifs (ADECS) est une formation professionnelle à dis- tance de niveau bac + 2 proposée depuis 2003 par l’Université de Lyon 1. Elle s’adresse principalement à des personnes travaillant dans le mouvement sportif associatif ou disposant d’une expérience d’encadrement dans ce milieu, et a pour

expérience d’encadrement dans ce milieu, et a pour objectif de faire acquérir et valider les compétences

objectif de faire acquérir et valider les compétences liées au métier d’agent de développement. Notamment l’encadre- ment des pratiquants et la gestion de la structure qui les emploie. La FFE vient de signer une convention avec l’Université de Lyon 1, qui permet- tra ainsi de mettre en place une spécialité échecs au sein de ce DEUST ADECS. « L’objectif est d’apporter des outils et des méthodes d’encadrement, de mana- gement et de développement, en lien direct avec les spécificités du secteur sportif des échecs », explique Christophe Leroy, le vice-président de la FFE à l’ori- gine du projet. « Ces futurs agents de développement pourront aider à structu- rer nos clubs, nos comités et nos ligues » Les étudiants suivant cette formation qui s’étale sur deux années, pourront effec- tuer leur stage dans un club d’échecs.

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C’est parti pour le challenge Blitz BNP Paribas !

49 tournois en septembre, et 66 nou- veaux classés à l’Elo-Blitz. Le challenge 2014-2015 démarre en trombe.

D epuis sa création, le challenge Blitz FFE-BNP Paribas a pris date dans la

vie des clubs. Lors de la saison 2013- 2014, plus de 500 tournois ont été orga- nisés. Ils ont rassemblé près de 6 000 joueurs. Chaque mois, ce sont ainsi entre 80 et 100 tournois qui sont dispu- tés dans une cinquantaine de clubs. Un succès qui se traduit également par le nombre de classés blitz en constante augmentation. Plus de 4 500 joueurs à la fin de la saison dernière, et une cen- taine supplémentaire chaque mois. Pour sa reprise en septembre, le chal-

lenge a démarré fort : 49 tournois, soit 28 de plus qu’en septembre 2013. Pour cette nouvelle saison, quelques nou- veautés ont été ajoutées au règlement du challenge. Notamment la création d’un Trophée Senior plus ouvert à tous les joueurs de plus de 35 ans. Trois catégo- ries d’âge pourront concourir dans ce Trophée senior plus : les 35-45 ans, les 46-55 ans, et les plus de 55 ans. Les règles et la cadence sont identiques au challenge Blitz BNP Paribas. « Cela permet aux joueurs de ces catégories de concourir ensemble », explique Olivier Delabarre, le responsable fédéral du challenge. « L’idée est de retrouver l’ambiance très conviviale des opens Vétérans. »

Le Comité départemental du mois

Cannes fait son festival

Cannes-Echecs soufflera en 2015 sa trentième bougie. Avec un logo moder- nisé, un nouveau site internet, une appli- cation gratuite sur Android et iPhone, le club phare de la Côte d’Azur, récemment mis en lumière dans deux émissions de TV nationale, est un trentenaire qui se porte bien et qui est entré de plain-pied dans l’ère du numérique.

C annes. La ville des paillettes et des stars. Mondialement célèbre pour ses

palaces luxueux, sa Croisette longue de

3 kilomètres et bordée de palmiers, son

Palm Beach et son Palais des festivals au tapis rouge. Capitale mondiale du cinéma, Cannes est également une capi- tale, du moins hexagonale, pour les échecs. 350 m 2 leur sont consacrés dans des locaux récemment rénovés, sur deux niveaux, en plein centre-ville, à deux pas du Palais des festivals. Bien au-delà de la superficie des locaux, d’autres chiffres peuvent illustrer la situation prolifique des échecs à Cannes : près de 3 000 écoliers du pri- maire formés chaque année au sein

d’une soixantaine de sections scolaires ;

6 salariés, dont deux entraîneurs et deux

animateurs ; des dizaines d’équipes pré- sentes dans tous les niveaux de compé- titions adultes, jeunes et scolaires et plus de 200 licenciés au 31 août dernier. « Tous des licenciés qui ont réellement franchi le seuil du club », sourit Mélanie Verot, la directrice de Cannes-Echecs.

Une devise en trois mots

Depuis sa création en 1985 par Damir Levacic qui en a été l’emblématique président pendant près d’un quart de siè- cle, Cannes-Echecs a fait de l’éducatif, du sportif et de l’événementiel, la clé de voûte de son organisation. Près de 30 ans plus tard, l’esprit n’a pas changé. Malgré

quelques difficultés tra- versées ces dernières années, le club a su maintenir son cap et res- ter fidèle à sa triple devise. Avec l’éducatif tout d’abord. En initiant au cours des quatre der- nières années 12 000 enfants pendant le temps scolaire. Un travail qui a porté ses fruits en juin dernier avec un double titre de champion de France des collèges et des lycées pour le groupe scolaire Stanislas. Sportif ensuite. En établissant une passe- relle entre le scolaire et la compétition, le club a réussir à former ses meilleurs jeunes au plus haut niveau. Preuve en est avec le titre de champion de France Jeunes par équipes remporté six années consécutivement, sans compter les nom- breux titres individuels. Événementiel enfin. Chaque année, Can- nes-Echecs organise plus de 150 événe- ments locaux, régionaux, nationaux ou internationaux. En 2014, le célèbre Festival des Jeux a même battu son record de participation avec 393 joueurs. L’open d’été a également connu une belle embellie avec 30% de joueurs en plus. De nouveau en capacité d’innover, le club a lancé un open supplémentaire à la Toussaint pour les jeunes dans le cadre magnifique des îles de Lérins.

Une case à part sur le numérique

Après quelques années d’absence, Can- nes-Echecs, un club longtemps précur- seur sur Internet, a fait récemment un retour remarqué dans le numérique et les nouvelles technologies.

Déjà très présent sur les réseaux sociaux avec 2323 fans sur sa page officielle Facebook, Cannes-Echecs vient de rat- traper le temps perdu en lançant coup sur coup un nouveau site internet moderne et fonctionnel durant l’été et, dans la foulée, une application mobile gratuite sur Android et iPhone qui per- met à ses adhérents de suivre l’actualité du club en s’abonnant aux notifications.

Fini l’élitisme

Au moment de dresser le bilan des 3 décennies, un seul regret pourrait subsis- ter sur le plan sportif. « Nous avons été 8 fois vice-champions de France, mais jamais champions », reconnait Mélanie Verot. Les Cannois sont passés plusieurs fois tout près du titre suprême, à tel point qu’on a fini par les surnommer les Poulidor des échecs. Aujourd’hui, cet objectif n’est plus à l’ordre du jour. « Nous sommes maintenant tournés vers une politique différente. C’est sûr que ça faisait rêver les jeunes Cannois que d’avoir Anand au club, mais l’élitisme n’est plus notre priorité. On ne peut pas courir tous les lièvres à la fois. »

Sous le feu des projecteurs

S ur le plan médiatique, Cannes-Echecs répond également présent. Suivi depuis des années par le quotidien régional Nice-Matin, le club azuréen et ses joueurs

ont récemment été mis en lumière dans des médias nationaux. Gary Giroyan, premier joueur initié dans les écoles cannoises à devenir maître international, est passé en direct début septembre dans l'émission de Sophie Davant “L'histoire continue” sur France 2. Quelques jours plus tard, Rajat Makkar, le champion de France Petit-Poussin, a fait lui aussi l'objet d'un reportage dans l'émission “Les pouvoirs extra- ordinaires du corps humain”. Le documentaire présenté par Adriana Karembeu et Michel Cymes a été diffusé en prime time sur France 2. Rajat a également fait la une du Petit Quotidien, le journal destiné aux 6-10 ans et distribué dans toutes les écoles de France.

En haut, à gauche : Gary Giroyan et sa maman sur le plateau de France 2. Ci-contre : Rajat Makkar sur le tournage de l'émission “Les pouvoirs extraordinaires du corps humain” et en couverture du Petit Quotidien.

“Les pouvoirs extraordinaires du corps humain” et en couverture du Petit Quotidien . www.europe-echecs.com 39

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Portrait Reines de cœur On peut être championnes d’échecs et avoir le cœur sur la
Portrait Reines de cœur On peut être championnes d’échecs et avoir le cœur sur la

Portrait

Reines de cœur

On peut être championnes d’échecs et avoir le cœur sur la main. Karelle Bolon, Mathilde Congiu et Melissa Levacic en sont un vibrant exemple. Neuf titres de championnes de France jeunes et une quinzaine de médailles à elle trois. Les trois jeunes femmes partagent désor- mais leur passion des 64 cases en s’in- vestissant, bénévolement, chacune de leur côté, dans des projets humani- taires à travers le monde.

Les échecs pour tous au Cambodge

à travers le monde. Les échecs pour tous au Cambodge Les écoliers de Thnall Village. S

Les écoliers de Thnall Village.

S i le Cambodge a toujours été très joueur depuis la nuit des temps, le

jeu d’échecs occidental n’y a jamais été très populaire, contrairement aux deux voisins, le Vietnam et la Thaïlande. Pour l’instant, on ne recense qu’un seul classé FIDE dans le pays Khmer ! En fait, les échecs occidentaux souffrent de la popularité de l’Ouk Chatrang, un jeu de plateau très proche de notre version européenne et très répandu dans la rue, notamment auprès des chauffeurs de tuk-tuk, les tricycles qui font office de taxi. Karelle Bolon, une multiple championne de France jeunes, débarque au Cam- bodge en 2013. Après une année dans une école de stylisme à Rennes, la jeune femme obtient un stage dans une entre- prise basée à Siem Reap, une ville du nord du pays. À l’issue du stage, la Française décide de prolonger son séjour d’une année ou deux. Même si elle n’a pas trop l’occasion de pratiquer, sa passion pour les échecs ne l’a pas complètement quittée. Elle dis- pute quelques parties dans un café avec un ami occidental. Karelle rencontre alors Nimol, un serveur, qu’elle sur- nomme the good guy. Grâce au soutien d’un mécène australien, Nimol est à

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l’origine de la construction récente de l’école de son village, situé dans la brousse à une heure de scooter de Siem Reap. Nimol y emmène Karelle qui décide alors de partager sa passion des échecs à la trentaine d’enfants du vil- lage. La jeune Française n’a que son propre jeu avec elle, et il est bien diffi- cile d’en trouver au Cambodge. Mais l’enthousiasme permet de soulever des montagnes. Le 15 septembre, Karelle créé un blog baptisé “les échecs pour tous au Cambodge”, et lance un appel aux dons, relayé par le site de ChessBase. En à peine une journée, les 430 néces- saires à l’achat de 20 jeux et d’un échi- quier mural sont trouvés. Les cours d’échecs devraient pouvoir commencer en novembre, dès que les jeux seront arrivés de Thaïlande. Karelle viendra dans le village une fois par semaine. Mais même si le financement des jeux est réglé, les besoins sont encore im- menses dans un pays qui manque de tout. Karelle aimerait poursuivre en créant un club à Siem Reap. « Pour cela, il me faut déjà un local que je dois louer 15$ de l’heure. Je pourrais alors toucher d’autres publics, comme les enfants des rues, les expatriés, les femmes cambod- giennes ou les chauffeurs de tuk-tuk.» Le projet “les échecs pour tous au Cambodge” n’aurait jamais aussi bien porté son nom.

http://lesechecspourtousaucambodge.word

press.com/

De Ramallah à Tromsø

press.com/ De Ramallah à Tromsø L’équipe de Palestine et Melissa Levacic aux Olym- piades

L’équipe de Palestine et Melissa Levacic aux Olym- piades de Tromsø.

D ifficile d’imaginer un symbole plus poignant. Au mois d’août, au plus

fort de la guerre entre Israël et Gaza, une équipe féminine de Palestine participe aux Olympiades à Tromsø. En Norvège, les 5 joueuses originaires de Qatanna, une ville de Cisjordanie située à quelques kilomètres de Ramallah, retrouvent Melissa Levacic, qui occupe

le 1 er échiquier dans l’équipe de Monaco. C’est Melissa qui avait formé les joueuses de Qatanna quelques années auparavant à l’occasion d’un séjour humanitaire en Palestine. « Tout était parti d’une ren-

contre lors d’un covoiturage », raconte la jeune femme. « J’avais voyagé avec Ludovic Hubler, célèbre pour son tour du monde en stop, qui était à l’époque un des responsables de l’organisation Peace & Sport. » L’ONG, qui œuvre à promouvoir la pratique du sport au ser- vice de la paix dans le monde, est inté- ressée par le profil de la championne d’échecs, qui est elle-même immédiate- ment séduite par les valeurs humanitaires de l’organisation. Melissa va du coup passer 5 semaines en Palestine pour initier aux échecs les enfants des camps de réfugiés d’Hébron et de Bethleem. Elle formera également des animateurs qui allaient prendre son relais par la suite. À Tromsø, les joueuses Palestiniennes ont prouvé qu’elles avaient bien pro- gressé. Avec 8,5/9, leur dernier échiquier réalise le meilleur score des Olympiades.

En plein cœur de la forêt vierge

score des Olympiades. En plein cœur de la forêt vierge Mathilde Congiu et les Cavaliers des

Mathilde Congiu et les Cavaliers des Trois-Palétuviers.

L es Trois-Palétuviers est un petit vil- lage peuplé d’une centaine d’Amé-

rindiens, en plein cœur de la forêt guya- naise, situé sur les bords du fleuve Oyapock, à une heure de pirogue de la première route. Pas de magasin, pas de téléphone, pas d’électricité et unique- ment de l’eau de pluie. Mais une école avec un drapeau français qui flotte au vent et des échecs pour la trentaine d’en- fants du village grâce à l’enthousiasme d’un instituteur passionné, Daniel Baur, président des Cavaliers des Trois-Palé- tuviers, le plus gros club de Guyane. Un club qui a pris pour marraine Mathilde Congiu, la quintuple championne de France jeunes. Depuis 7 ans, Mathilde revient régulièrement dans le village. Juste après le National de Nîmes, elle y a à nouveau passé une semaine. L’occasion de lancer les échecs auprès des plus jeunes du CP, mais aussi d’animer un stage intensif avec les plus grands.