Vous êtes sur la page 1sur 42

Université Paris-Diderot Paris 7 - Mathématiques de Licence - PH 302 - Années 2002-2006.

PH302/PH312: Annales d’examens (non corrigées)

1 PH302 Session de Juin 2002


Fonction Porte, espaces de Hilbert et Distributions
1 : La fonction Porte comme distribution
On considère la fonction caractéristique de l’intervalle [0, 1], notée p(x), dite encore fonction
Porte, définie de la manière suivante :

0 x < 0 et x > 1,
p(x) = (1)
1 0 ≤ x ≤ 1.

1. Cette fonction est-elle continue en tout point ? dérivable en tout point ? On précisera les
éventuels points de discontinuité pour la fonction et sa dérivée et, si elles existent, les limites
à gauche et à droite.
2. Montrer que p(x) définit une distribution que l’on notera Tp . Cette dernière est-elle dans
S 0 ? dans C ∞0 ?
3. Donner l’action de Tp sur la dérivée ϕ0 d’une fonction ϕ ∈ D.

On pose ta f (x) = f (x − a) pour tout a et da f (x) = f ( xa ) pour tout a 6= 0. On définit alors


pour T ∈ D0 sa translatée ta T et sa dilatée (ou contractée) da T par hta T, ϕi = hT, t−a ϕi,
hda T, ϕi = |a|hT, d1/a ϕi pour tout ϕ ∈ D respectivement.
4. Justifier ces définitions en considérant une distribution de type Tf où f est une fonction
localement intégrable.
da Tp
5. Calculer LIM dans D0 .
a→0+ a
6. Calculer LIM da Tp dans D0 .
a→∞
7. Calculer Tp0 , c’est-à-dire la dérivée de p(x) au sens des distributions.
8. Calculer la transformée de Fourier FTp de la distribution Tp et justifier l’écriture FTp (k) =
p̂(k).
9. La fonction p̂(k) est-elle élément de L1 ? de L2 ?

2 : Convolution, Fourier et distributions


1. Calculer le produit de convolution s(x) = (p ? p)(x).
2. La fonction s(x) est-elle continue en tout point ? dérivable en tout point ? On précisera
les éventuels points de discontinuité pour la fonction et sa dérivée et, si elles existent, les
limites à gauche et à droite.

1
3. Dessiner le graphe de s(x).
4. Montrer que s(x) définit une distribution que l’on notera Ts . Comparer cette dernière avec
le produit de convolution Tp ? Tp . La distribution Ts est-elle dans S 0 ? dans C ∞0 ?
5. Calculer Ts0 et vérifier que Ts0 = δ 0 ? Ts = Tp0 ? Tp = Tp ? Tp0 .
6. Calculer la transformée de Fourier FTs de la distribution Ts et justifier l’écriture FTs (k) =
ŝ(k).

3 : Série de Fourier et formule de Poisson


On considère maintenant l’extension périodique, de période T = 2, de la fonction porte p(x)
au-delà de l’intervalle [0, 2], définie par :
+
X ∞
c(x) = t2n p(x). (2)
n=− ∞

1. Cette fonction est-elle continue en tout point ? dérivable en tout point ? On précisera les
éventuels points de discontinuité pour la fonction et sa dérivée et, si elles existent, les limites
à gauche et à droite.
2. Dessiner le graphe de c(x).
3. Déterminer les coefficients de la série de Fourier exponentielle de la fonction c(x) :
X 2π
cn ei T nx . (3)
n∈Z

4. Préciser la convergence de cette série : uniforme ? simple ? au sens de L2 ?


5. Montrer que c(x) définit une distribution que l’on notera Tc . Cette dernière est-elle dans
S 0 ? dans C ∞0 ?
6. Donner l’action de Tc sur la dérivée ϕ0 d’une fonction ϕ ∈ D.
7. Calculer la dérivée, au sens des distributions, de Tc .
8. Montrer que la dérivée de la série de Fourier exponentielle de c(x) converge au sens des
distributions et calculer cette dérivée.
9. Déduire de ces deux calculs la formule de Poisson suivante :
X X
(−1)n δn = ei(2q+1)πx . (4)
n∈Z q∈Z

Un seul exercice à choisir entre les deux suivants :


4 : Fonction de Green
1. Résoudre, dans l’espace des distributions tempérées, l’ équation différentielle inhomogène :
!
d2
− ω 2 E = δ. (5)
dx2

2. En déduire les solutions des équations différentielles inhomogènes suivantes :


! !
d2 2 d2 2
− ω u(x) = p(x), − ω v(x) = c(x). (6)
dx2 dx2

2
5 : Propriétés hilbertiennes de la fonction porte
On ne fait pas ici de distinction entre deux fonctions égales presque partout. On considère
alors l’ensemble des fonctions à valeurs complexes, de carré intégrable, constantes sur les inter-
valles [n, n + 1], n ∈ Z
1. Montrer que cet ensemble forme un sous-espace vectoriel de L2 (R), dénoté V0 , c’est-à-dire :

∀f, g ∈ V0 , ∀λ, µ ∈ C, λf + µg ∈ V0 .

2. Montrer que l’ensemble des translatées {pn ≡ tn p}n∈Z de la fonction porte forme un système
orthonormé de V0 .
3. Montrer en fait que l’ensemble {pn }n∈Z forme une base orthonormée P de V0 , i.e. toute
2
fonction f (x) ∈ V0 peut se développer (au sens de L ) comme f (x) = cn pn (x).
n∈Z
4. Calculer et interpréter cn . En déduire la valeur de kf k2 .
5. L’ensemble des translatées {sn ≡ tn s}n∈Z de la fonction s = p ? p forme-t-il un système
linéairement indépendant ?
6. Calculer les produits scalaires (au sens de L2 (R)) :

hsm |sm i = ksm k2 , hsm |sm+1 i, hsm |sm+2 i,

et plus généralement hsm |sm0 i, pour m, m0 ∈ Z.


7. Construire un système orthonormé à partir du système {s0 , s1 , s2 }.

3
2 PH302 Session de Septembre 2002
1 : Série de Fourier
On considère la fonction f (x) 2π-périodique, paire et égale à cos λx pour 0 < x < 2π, λ réel
non entier.
1. Représenter la fonction f (x) dans le cas λ = 32 .
2. La fonction f (x) est-elle continue ? dérivable ? Sa dérivée est-elle, partout où elle existe,
continue ? dérivable ?
3. Calculer les coefficients du développement en série de Fourier trigonométrique de f (x).
4. Préciser la convergence de cette série : uniforme ? simple ? au sens de L2 ?
5. Quelle série obtient-on pour la valeur particulière x = π ?

2 : Distributions
On considère les distributions Tfi définies par les fonctions localement intégrables fi sui-
vantes :

1, x ≥ 0
f1 (x) = Y (x) =
0, x < 0.
1, |x| ≤ 12

f2 (x) = P (x) =
0, |x| > 12 .

1 − |x|, |x| ≤ 1
f3 (x) = T (x) =
0, |x| > 1.

1, x≥0
f4 (x) = sgn(x) =
−1, x < 0.

1. Donner les dérivées (au sens des fonctions) des fi (x) en indiquant les valeurs de x pour
lesquelles ces dérivées n’existent pas.
2. Donner les dérivées des Tfi (au sens des distributions).
3. Si T est une distribution quelconque et f ∈ C ∞ , montrer pourquoi f T définit une distribu-
tion et indiquer comment f T agit sur une fonction test φ.
4. Montrer que (f T )0 = f 0 T + f T 0 .
5. Déduire des questions précédentes l’expression des dérivées de T|x| , TP (x) cos πx , TP (x) sin πx .
6. Retrouver ces résultats en utilisant la relation (Tf )0 = Tf 0 + i σxi (f )δxi .
P

3 : Théorème d’échantillonnage
On rappelle que Lp , p = 1, 2, · · · désigne l’espace des fonctions f (x), à valeurs complexes, telles
R +∞
que −∞ |f (x)|p dx < ∞ et que L∞ désigne l’espace des fonctions f (x), à valeurs complexes, telles
que supx∈R |f (x)| < ∞.
On considère ici la fonction sinus cardinal

1 sin (x/2)
σ(x) ≡ σ0 (x) = √ , (7)
2π (x/2)

4
et l’ensemble de ses translatées par 2πn, n ∈ Z,

1 sin ((x − 2πn)/2)


σn (x) = √ . (8)
2π (x − 2πn)/2
1. Dessiner les graphes de la fonction σ(x) et de sa translatée σ1 (x).
2. La fonction σ(x) est-elle partout continue ? partout dérivable ?
3. Cette fonction est-elle partout indéfiniment dérivable ?
4. Pour quelles valeurs de p ∈ {1, 2, · · · , ∞} la fonction σ(x) est-elle dans Lp ?
5. On ne fait pas ici de distinction entre deux fonctions égales presque partout.
Montrer que la transformée de Fourier σ̂(k) de la fonction σ(x) est la fonction porte
symétrique
1, |k| ≤ 21

P (k) = (9)
0 |k| > 12
6. En déduire les transformées de Fourier respectives σ̂n (k) des translatées σn (x) de la fonction
sinus cardinal. Que peut-on dire de leurs supports ?
7. On rappelle ici que L2 ([a, b]) désigne l’espace de Hilbert des fonctions f (x), à valeurs com-
plexes, de carré intégrable sur l’intervalle [a, b], muni du produit scalaire
Z +∞
hf |gi = f¯(x)g(x) dx. (10)
−∞

Montrer que l’ensemble { σ̂n (k), n ∈ Z} forme un système orthonormé dans l’espace de
Hilbert L2 (R).
8. En particulier,expliquer
 pourquoi ce système constitue une base orthonormée pour l’espace
2 1 1
de Hilbert L ( − 2 , 2 ).
9. En déduire que l’ensemble {σn (k), n ∈ Z} des translatées du sinus cardinal forme une base
orthonormée pour l’espace de Hilbert BL2 des signaux dont le spectre est contenu dans
l’intervalle − 12 , 12 , i.e.


  
2 2 1 1
BL = s(x) ∈ L (R) | ŝ(k) = 0 presque partout pour k ∈ / − , . (11)
2 2

10. Justifier finalement la formule de développement suivante pour un signal s(x) ∈ L2 (théorème
d’échantillonnage) :
X sin ((x − 2πn)/2)
s(x) = s(2πn) , (12)
(x − 2πn)/2
n∈Z

où la convergence s’entend au sens de L2 .

5
3 PH302 Examen partiel 2003
Exercice 1 : Variations sur la fonction spline
1.1 : La fonction spline et sa transformée de Fourier
On considère la fonction s(x), dite fonction spline, définie de la manière suivante :

 0 x < 0 et x > 2,
s(x) = x 0 ≤ x ≤ 1, (13)
2−x 1 ≤ x ≤ 2.

1. Cette fonction est-elle continue en tout point ? dérivable en tout point ? On précisera les
éventuels points de discontinuité pour la fonction et sa dérivée et, si elles existent, les limites
à gauche et à droite.
2. Dessiner les graphes de s(x) et de s0 (x).
3. Exprimer la fonction dérivée s0 (x) en termes des fonctions I[0,1] (x) et I[1,2] (x), où IE (x) = 1
si x ∈ E et = 0 si x ∈
/ E désigne la fonction caractéristique d’un sous-ensemble E de R.
4. Montrer que s(x) admet la représentation intégrale suivante
Z ∞
 
s(x) = I[0,1] (x − t) I[0,1] (t) dt. (14)
−∞
 
5. Calculer la transformée de Fourier F I[0,1] (x) (k) de la fonction I[0,1] (x).
6. En déduire celles de I[1,2] (x) et de s0 (x).
7. En déduire la transformée de Fourier F [s(x)] (k) de la fonction spline et comparer avec
celle de I[0,1] (x).

1.2 : L’extension périodique de la fonction spline et sa série de Fourier


On considère maintenant l’extension périodique de la fonction spline au-delà du support de
cette dernière, c’est-à-dire la fonction périodique sP (x), de période égale à 2, identique à la
fonction s(x) sur l’intervalle [0, 2].
1. Cette fonction est-elle continue en tout point ? dérivable en tout point ? On précisera les
éventuels points de discontinuité pour la fonction et sa dérivée et, si elles existent, les limites
à gauche et à droite.
2. Dessiner les graphes de sP (x) et de s0P (x).
3. Déterminer les coefficients de la série de Fourier trigonométrique de la fonction sP (x) :

a0 X 2π 2π
sP (x)“ = ” + (an cos nx + bn sin nx). (15)
2 T T
n=1

4. Préciser la convergence de cette série : uniforme ? simple ? au sens de L2 ?


5. En déduire la somme de tous les carrés des inverses des entiers positifs impairs :

X 1
. (16)
(2q + 1)2
q=0

6
6. Montrer de même que :

π4 X 1
= . (17)
96 (2q + 1)4
q=0

7. Déterminer les coefficients de la série de Fourier trigonométrique de la fonction s0P (x).


8. Préciser la convergence de cette série : uniforme ? simple ? au sens de L2 ?
9. En déduire la somme de la série :

X 1
(−1)q . (18)
(2q + 1)
q=0

10. De même, retrouver le résultat de la question 6.

1.3 : Une formule de Poisson

On rappelle que toute fonction f (x) possédant une dérivée f 0 (x) continue bornée sur l’ouvert
N
Ω = R − ∪ {ai }, les points ai étant des points de discontinuité de première espèce, admet une
i=1
dérivée au sens des distributions donnée par :

N
d X
Tf = Tf 0 + σ i δ ai , (19)
dx
i=1

où σi = f (ai + 0) − f (ai − 0) est le “saut” de f en ai .


1. Montrer que s0P (x) est dérivable au sens des distributions.
2. Montrer que la dérivée de la série de Fourier de s0P (x) converge au sens des distributions.
3. Déduire de ces deux propriétés la formule suivante :
X X
(−1)n δn = ei(2q+1)πx . (20)
n∈Z q∈Z

Exercice 2 : Gaussienne et espaces de Hilbert


2.1 : Questions préliminaires

1. Pour quelles valeurs réelles de λ l’intégrale suivante converge-t-elle ?


Z ∞
2
e−x xλ dx. (21)
0

2. Exprimer la valeur de cette intégrale, lorsqu’elle existe, en termes de la fonction Γ.

7
2.2 : Espace de Hilbert
On considère l’ensemble des fonctions f (x), de la variable réelle x, à valeurs réelles, et telles
que l’intégrale (au sens de Lebesgue)
Z ∞
2
e−x (f (x))2 dx (22)
−∞

est finie. Si on ne fait pas de distinction entre deux fonctions égales presque partout, cet ensemble
est un espace de Hilbert E, muni du produit scalaire
Z ∞
2
hf |gi = e−x f (x)g(x) dx (23)
−∞
PN i
1. Montrer que les polynômes de degré N quelconque, PN (x) = i=0 ai x , sont dans E.
2. On désigne par Xi le monôme xi : Xi (x) ≡ xi . Que peut-on dire des produits scalaires

hXm |Xn i pour tous m, n ∈ N tels que m + n est impair. (24)

3. En utilisant les questions préliminaires, calculer le produit scalaire hXm |Xn i lorsque m + n
est pair.
4. Construire une base orthonormée du sous-espace engendré par les trois monômes X0 , X1 et
X2 .

Exercice 3 : Gaussienne et Transformation de Fourier


On rappelle que la transformée de Fourier d’une fonction f (x) dans L1 est définie par
l’intégrale : Z ∞
1
ˆ
F [f (x)] (k) ≡ f (k) = √ e−ikx f (x) dx. (25)
2π −∞
 2

k2 x2
− x2
1. Démontrer que F e (k) est égale à e− 2 . On remarquera donc que e− 2 et sa trans-
formée de Fourier sont exactement de la même forme.
2. Quelles sont les relations entre F [f (x)], F [xf (x)], et F x2 f (x) ? On en précisera évidemment
 

les conditions de validité.


x2
3. Montrer que xe− 2 est, à un facteur près que l’on précisera, de la même forme que sa
transformée de Fourier.
x2
4. Montrer que x2 e− 2 n’est pas de la même forme que sa transformée de Fourier. Déterminer
x2
α, β et γ tels que (α + βx + γx2 )e− 2 soit précisément de la même forme que sa transformée
de Fourier.

8
4 PH302 Examen septembre 2003
Tous les exercices sont indépendants.

EXERCICE 1 : SERIES DE FOURIER


π
On considère la fonction f (x), égale à x − pour 0 ≤ x ≤ π, paire et périodique de période
2
2π.
1. Cette fonction est-elle continue en tous points ? dérivable en tous points ? Donner l’allure
de sa représentation graphique pour −2π ≤ x ≤ 2π
2. Déterminer le développement en série de Fourier SN (x) de la fonction f (x).
3. Etudier la nature de la convergence de la série SN (x).
On cherche maintenant à calculer la somme de la série
sin 3πx sin 5πx
sin πx + + + ...
33 53
4. Cette série converge-t-elle ? Si oui, quelle est la parité de sa somme ?
5. En utilisant les questions précédentes et les propriétés d’intégration et de dérivation des
séries de Fourier, calculer la somme de la série considérée en justifiant votre calcul.

EXERCICE 2 : TRANSFORMEES DE FOURIER ET CONVOLUTION


Soit a une constante réelle strictement positive et fa (x) la fonction définie par
1 −a|x|
x ∈ R → fa (x) =e
a
1. Calculer la transformée de Fourier F(fa (x)) de fa (x), et montrer que cette transformée
de Fourier est dans L1 (R).
2. Soient α et β deux réels strictement positifs, avec α 6= β. Donner l’expression de la
fonction gα,β définie par
x ∈ R → gα,β (x) = fα ? fβ (x)
.
Montrer que gα,β est continue sur R et appartient à L1 (R).
Calculer la transformée de Fourier de gα,β .
3. Montrer qu’il existe deux paramètres λ = λ(α, β) et µ = µ(α, β) tels que
gα,β (x) = fα ? fβ (x) = λ fα (x) + µ fβ (x). (1)
Etudier la parité de gα,β .
Peut-on déduire de la relation (1) l’expression de fα ? fα ?
4. En utilisant la relation (1), montrer que
1 ∂
lim fα ? fβ (x) = − (fα (x))
β→α α ∂α
Calculer explicitement fα ? fα (x) pour x ≥ 0 et en déduire gα,α (x) pour x ∈ R.
Comparer gα,α (0) et lim gα,β (0).
β→α

9
EXERCICE 3 : DISTRIBUTIONS
Chaque question peut être abordée sans avoir traité les précédentes ; il suffit alors d’admettre
les résultats énoncés aux questions non traitées.
1. On considère l’équation xT = 0, où T est une distribution : T ∈ D0 . Montrer que les
distributions de la forme cδ sont solutions.

2. On veut montrer que ce sont les seules solutions.


a) Soit ϕ(x) ∈ D une fonction test et θ(x) ∈ D une fonction donnée telle que θ(0) = 1. On pose

α(x) = ϕ(x) − ϕ(0)θ(x).

Montrer que α(x) ∈ D et que α(0) = 0.


b) Soit ψ(x) définie par
α(x)
ψ(x) = si x 6= 0
x
ψ(0) = α0 (0) = ϕ0 (0) − ϕ(0) θ0 (0) si x = 0
Montrer que ψ(x) ∈ D.
c) ϕ(x) peut alors s’écrire ϕ(x) = ϕ(0)θ(x) + xψ(x).
On évalue < T, ϕ > en utilisant cette expression de ϕ(x) ; montrer que < T, ϕ > est égal à ϕ(0)
multiplié par une constante indépendante de ϕ, dont on donnera l’expression.
d) Conclure sur les solutions de l’équation xT = 0.

3. On considère l’équation xT = T1 .
a) Montrer que vp x1 est une solution particulière de cette équation.
Z − Z ∞
1 ϕ(x) ϕ(x)
vp = lim [ dx + dx ]
x →0 −∞ x  x

b) En utilisant les questions 1) et 2), trouver toutes les solutions de l’équation xT = T1 .

4. Déduire de la question 1) une relation entre δ et δ 0 .


Trouver d’abord une solution particulière de l’équation xT = δ, puis la solution générale de cette
équation.

5. On s’intéresse dorénavant aux distributions de la forme Tn,l, = xn δ (l) .


a) Montrer que pour n > l, Tn,l = 0.
b) Les expressions de Tn,l peuvent se simplifier en se ramenant à T0,n (à une constante près).
Montrer que :
x δ 0 = −δ; x δ 00 = −2 δ 0 ; x2 δ 00 = 6 δ 0
Vérifier que ce sont des cas particuliers de

xn δ (l) = (−)n l(l − 1) ... (l − n + 1) δ (l−n)

On rappelle la relation de Leibnitz :

10
l
!
n
(l) X l! dk n (l−k)
x ϕ(x) = x ϕ (x)
k! (l − k)! dxk
k=0

c) En déduire que, dans < xn δ (l) , ϕ >, seul le terme pour lequel k = n contribue et que l’on a

l!
xn δ (l) = (−)n δ (l−n)
(l − n)!

d) Calculer < xn δ (l) , ϕm (x) > pour une fonction test ϕm (x) = xm au voisinage de 0.
e) Même question pour une fonction test dont le développement de Mac Laurin est de la forme
X∞
am xm .
m=0
f) Application aux fonctions ϕ1 (x) = cos x et ϕ2 (x) = sin x.
Ces résultats sont-ils conformes aux prédictions que l’on aurait pu faire en tenant compte de
leurs propriétés de parité ?

11
5 PH302 Examen partiel 2004
Exercice 1 : Bases et espace de Hilbert
Soit PN l’ensemble des polynômes à coefficients réels, de degré inférieur ou égal à N dans la
variable réelle x.
1. Montrer que PN est un espace vectoriel sur R.
2. Montrer que les monômes |n >= xn , n = 1, 2, ..., N forment une base de PN .
3. Etant donnés deux polynômes α(x) et β(x), on introduit la quantité :
Z +1
hα|βi = α(x) β(x) dx. (26)
−1

(a) Calculer hn|mi .


(b) montrer que l’équation (26) définit un produit scalaire.
(c) Montrer que ce produit scalaire est défini positif et que par conséquent il définit une
norme dans PN .
(d) Montrer que PN muni de cette norme est un espace de Hilbert.
(e) Normaliser à l’unité les vecteurs |n >.
(f) Que devient cette propriété quand N → ∞ ?
4. Montrer que les sous ensembles de PN formés respectivement par les polynômes pairs
[α(−x) = α(x)] et impairs [β(−x) = −β(x)] sont deux sous espaces vectoriels (on re-
marquera que le polynôme nul est à la fois pair et impair).
5. Démontrer que ces deux sous espaces sont orthogonaux c.a.d. ∀α(x) pair et ∀β(x) impair

hα|βi = 0 .

6. Par conséquent, pour construire (par exemple par le procédé de Gramm-Schmidt) une base
orthonormée de PN , on peut construire indépendamment une base orthonormée paire |y 2p i
et une base orthonormée impaire |y 2p+1 i de chacun de ces deux sous espaces vectoriels.
Le faire en se limitant aux deux premiers vecteurs |y 0 i et |y 2 i d’une part, |y 1 i et |y 3 i
d’autre part.
Les polynômes ainsi construits sont proportionnels aux polynômes de Legendre Pn (x)
r
2n + 1
|yn i = Pn (x)
2

Exercice 2 : Séries de Fourier trigonométriques


On considère la fonction f (x) définie de la manière suivante :

x sin(x) −π ≤ x < +π,
f (x) = (27)
f (x + 2π) = f (x) ∀x.

12
1. Dessiner le graphe de f (x).
2. Déterminer les coefficients de la série de Fourier trigonométrique de la fonction f (x).
3. Préciser la convergence de cette série : uniforme ? simple ? au sens de L2 ?
4. Quelles sommes de séries obtient on pour les valeurs 0, π/2 et π de la variable x ?
5. Quelles autres sommes de séries obtient on en utilisant l’identité de Parseval-Plancherel ?
6. Déduire, sans nouveau calcul, les coefficients de la série de Fourier trigonométrique de la
fonction périodique de période 2π qui vaut x cos(x) pour −π ≤ x < +π . On précisera la
convergence de cette série.

Exercice 3 : Transformation de Fourier


– A) On considère la fonction ” triangle ” f (x) définie de la manière suivante :

 1+x −1 ≤ x < 0,
f (x) = 1−x 0 ≤ x < 1, (28)
0 |x| > 1.

1. Dessiner le graphe de f (x).


2. Déterminer la transformée de Fourier F (k) de la fonction f (x).
3. Dessiner le graphe de F (k).
4. En utilisant le théorème de Parseval-Plancherel, obtenir la valeur de l’intégrale définie :
Z ∞
sin4 (x)
dx
0 x4
On justifiera rapidement l’existence de cette intégrale.
– B) On considère maintenant la fonction paire g(x) définie de la manière suivante :

 1 0 ≤ x < +1,
g(x) = 2−x 1 ≤ x < 2, (29)
0 x ≥ 2.

1. Dessiner le graphe de g(x).


2. Déterminer la transformée de Fourier G(k) de la fonction g(x).
3. Dessiner le graphe de G(k).
4. Exprimer la fonction g(x) en fonction de la fonction ” triangle ” f (x).
5. Retrouver ainsi, sans nouveau calcul, l’expression de G(k) .

Exercice 4 : Encore des transformations de Fourier


– A) On considère la fonction ” porte ” h(x) définie de la manière suivante :

1 −a ≤ x < +a,
h(x) = (30)
0 |x| > a.

1. Dessiner le graphe de h(x).

13
2. Déterminer la transformée de Fourier H(k) de la fonction h(x).
3. Dessiner le graphe de H(k).
– On considère maintenant la fonction l(x) = exp −|x|
1. Dessiner le graphe de l(x).
2. Déterminer la transformée de Fourier L(k) de la fonction l(x).
3. Montrer que l(x) ∗ l(x), produit de convolution de l(x) par lui même, vaut (1 +
|x|) exp −|x| .
4. Calculer la transformée de Fourier de l(x) ∗ l(x)‘ .
5. En déduire que la transformée de Fourier de (1 + x2 )−2 est π(1 + |k|) exp −|k|/2 .

14
6 PH302 Examen juin 2004
I : Transformation de Fourier de fonctions et distributions
1 : Question préliminaire I
1. On désigne par Pa,b (x) la fonction caractéristique (ou fonction porte) de l’intervalle [a, b].
Calculer la transformée de Fourier de la fonction (1 − x2 )P−1,1 (x)

2 : Questions préliminaires II
1. Calculer x3 δ, x3 δ 0 , x3 δ 00 , et x3 δ 000 .
2. En déduire que la distribution
T = aδ + bδ 0 + cδ 00 ,
où a, b, et c sont des constantes, est solution de l’équation

x3 T = 0.

On admettra par la suite que c’est la solution générale de cette équation.

3 : A propos d’une distribution régulière.


On considère la fonction :
f (x) = |x2 − 1|.
1. Cette fonction est-elle continue ? dérivable ?
2. Représenter graphiquement f (x).
3. Cette fonction définit-elle une distribution de D0 ? de S 0 ? de [C ∞ ] ?
4. Calculer les dérivées successives jusqu’à l’ordre 3 de la distribution Tf associée à la fonction
f (x).

3 : Transformée de Fourier
On cherche à calculer la transformée de Fourier de Tf .
1. Rappeler les formules permettant de trouver les transformées de Fourier de :
(i) xm T ,
dm
(ii) dx mT,

(iii) ta T ,
en fonction de la transformée de Fourier de la distribution T
2. Calculer la transformée de Fourier de la distribution δ et en déduire celle de δ 0 .
3. Montrer alors que la transformée de Fourier de la distribution Tf est de la forme :

8 sin k − k cos k
F [Tf ] = √ + Aδ + Bδ 0 + Cδ 00 .
2π k3

4. En utilisant des arguments de parité, montrer que B = 0.


5. Déduire du résultat précédent les valeurs de A et C.

15
4 : Une alternative.
1. Montrer que la fonction f (x) = |x2 − 1| peut aussi s’écrire

f (x) = x2 − 1 + 2(1 − x2 )P−1,1 (x).

2. En déduire directement sa transformée de Fourier au sens des distributions.

II : Espaces de Hilbert de polynômes et séries de Fourier


On rappelle ici l’expression du produit scalaire défini sur l’espace de Hilbert des fonctions
périodiques, de période T , à valeurs complexes, de carré intégrable sur un intervalle de période :

1 a+T
Z
hf |gi = f (x)g(x) dx. (31)
T a

1 : Question préliminaire
Montrer que cette définition est indépendante du réel a. On choisira pour la suite de ce
problème a = − T2 :
Z T
1 2
hf |gi = f (x)g(x) dx. (32)
T −T
2

2 : Polynômes de Fourier à fréquences entières


Soit IN un ensemble de N nombres entiers distincts les uns des autres :

IN = {n1 , n2 , . . . , nN } ≡ (ni )N
i=1 . (33)

On considère alors l’ensemble fini d’exponentielles (ou caractères) de Fourier :

χn1 (x) = ein1 x , χn2 (x) = ein2 x , . . . , χnN (x) = einN x ≡ (χni )ni ∈IN .

(34)

1. Montrer que ces N fonctions forment un système orthonormé par rapport au produit scalaire
(32) dans lequel on a posé T = 2π.
2. En déduire que ces N fonctions sont linéairement indépendantes sur le corps des complexes
C.
3. On considère l’ensemble de toutes les combinaisons linéaires, à coefficients complexes, des
caractères (34). Montrer que c’est un espace de Hilbert (en fait un espace hermitien), dénoté
E(IN ), dont on précisera la dimension.
4. Soit p(x) le polynôme de Fourier défini de la manière suivante :
Z x
p(x) = (sin t)3 dt. (35)
0

Déterminer l’ensemble IN minimal tel que p(x) est élément de l’espace hermitien E(IN )
défini par IN .
5. Déterminer alors les coefficients de Fourier cni (p) du développement de p(x) dans la base
(χni )ni ∈IN .

16
3 : Espace de Bohr
On considère maintenant l’ensemble L2B des fonctions f (x) de la variable réelle, à valeurs
complexes, pour lesquelles la limite suivante existe et est finie :
Z T
1 2
lim |f (x)|2 dx ≡ B(f ) < ∞. (36)
T →+∞ T − T2

1. Soit ω un nombre réel positif. Calculer les expressions suivantes :


iωx

(i) B e .
(ii) B (sin ωx).
(iii) B e−ω|x| .
2. Montrer l’inégalité

|z + z 0 |2 ≤ 2 |z|2 + |z 0 |2 pour tous z, z 0 ∈ C.




3. Montrer alors que L2B est un espace vectoriel sur le corps des complexes.
4. Soit f et g deux éléments de L2B . Montrer que l’expression suivante
Z T
1 2
(f |g) ≡ lim f (x)g(x) dx (37)
T →+∞ T − T2

est bien définie.


5. Montrer que L2B 3 f, g → (f |g) possède les propriétés suivantes d’un produit scalaire :
(i) Sesquilinéarité, i.e. linéarité à droite et antilinéarité à gauche ;
(ii) Hermiticité, (f |g) = (g|f ) ;
(iii) Positivité, (f |f ) = B(f ) ≥ 0.
6. Montrer que (f |g) n’est pas défini positif, i.e. il existe f 6= 0 ∈ L2B tel que B(f ) = 0.

Ainsi L2B 3 f → B(f ) n’est pas une norme (on dira qu’elle est une semi-norme), et, par
conséquent, L2B n’est pas un espace préhilbertien.

4 : Polynômes de Fourier à fréquences quelconques


Soit ΩN un ensemble de N nombres réels distincts les uns des autres :

ΩN = {ω1 , ω2 , . . . , ωN } ≡ (ωi )N
i=1 . (38)

On considère alors l’ensemble fini d’exponentielles de Fourier :

χω1 (x) = eiω1 x , χω2 (x) = eiω2 x , . . . , χωN (x) = eiωN x ≡ (χωi )ωi ∈ΩN .

(39)

1. Montrer que ces N fonctions forment un système orthonormé par rapport au “semi”-produit
scalaire (37).
2. On considère l’ensemble de toutes les combinaisons linéaires, à coefficients complexes, des
caractères (39). Montrer que c’est un espace de Hilbert (en fait un espace hermitien), dénoté
E(ΩN ), dont on précisera la dimension.

17
3. Soit p(x) le polynôme de Fourier défini de la manière suivante :
Z x √
p(x) = ei 2t (sin t)2 dt. (40)
0

Déterminer l’ensemble ΩN minimal tel que p(x) est élément de l’espace hermitien E(ΩN )
défini par ΩN .
4. Déterminer alors les coefficients de Fourier cωi (p) du développement de p(x) dans la base
(χωi )ωi ∈ΩN .

18
7 PH302 Examen septembre 2004
I : Transformation de Fourier de fonctions et de distributions
1 : Transformée de Fourier et convolution
1. Calculer la transformée de Fourier de la fonction
uα (x) = e−α|x| , (41)
où α > 0 est un paramètre strictement positif.
2. Calculer le produit de convolution uα ∗ uβ où β > 0 est aussi un paramètre strictement
positif.
3. Prouver alors les formules suivantes :
(a) Z +∞
cos (xy) π
2 2
dy = e−α|x| , (42)
−∞ y + α α
(b) Z +∞
1 π
dy = , (43)
−∞ (y 2 2
+α )2 2α3
(c) Z +∞
1 1 π
dy = , (44)
−∞ y2 2 2
+α y +β 2 αβ(α + β)
(d)
α 1 β 1 α+β 1
2 2
∗ 2 2
= . (45)
π y +α π y +β π y + (α + β)2
2

2 : Formule sommatoire de Poisson


On considère ici la formule dite sommatoire de Poisson
X X
δn = Tχn (46)
n∈Z n∈Z

où Tχn est la distribution régulière définie par la fonction dite caractère
χn (x) = e2πinx , n ∈ Z. (47)
1. Déduire de (46) la formule suivante,
X √ X
ϕ(n) = 2π ϕ(n),
b (48)
n∈nZ n∈Z

pour toute fonction ϕ(x) ∈ S , i.e. à décroissance rapide, et où ϕ


b désigne sa transformée
de Fourier.
2. Montrer comment déduire de la formule de Poisson (48) la formule plus générale suivante :
X √ X −2πinb
ϕ(n − b) = 2π ϕ(n)e
b , (49)
n∈nZ n∈Z

pour toute fonction ϕ(x) ∈ S et pour tout b ∈ R.

19
3 : Une application intéressante
On admettra que les formules précédentes (48) et (49) peuvent en fait être étendues à toute
fonction f (x) qui est continue, intégrable sur R, et possédant la majoration suivante :

∃ c ≥ 0 tel que |f (x)| ≤ c(1 + |x|)−2 , |fb(x)| ≤ c(1 + |x|)−2 , (50)

et alors les séries convergent absolument et uniformément sur tout intervalle borné de R.
1. Montrer que pour tout α > 0 il existe c > 0 tel que

(1 + |x|)2 ≤ c (x2 + α2 ), (1 + |x|)2 ≤ c eα|x| . (51)

2. Prouver alors la formule suivante :


X 1 π 1 + e−2πx
= . (52)
x2 + n2 x 1 − e−2πx
n∈Z

3. Discuter du cas limite α → 0 dans la formule (52).

II : Séries de Fourier
1 : Questions préliminaires : intégrabilité
1. Pour quelles valeurs du réel α les intégrales suivantes sont-elles convergentes pour tout
n ∈ Z? Z 1
def
In (α) = xα cos πnx dx. (53)
0

2. Déterminer la formule de récurrence qui permet d’écrire In (α) en fonction de In (α − 2) sous


la condition d’existence de ces deux intégrales.
3. Calculer In (0) et In (1). En déduire In (2) et In (3).

2 : Séries de Fourier
On considère la famille de fonctions périodiques fα (x), de période T = 2, définies sur l’inter-
valle x ∈ [−1, 1] par
fα (x) = |x|α . (54)
1. Pour quelles valeurs de α cette fonction est-elle continue ? Sinon, donner ses points de
discontinuité.
2. Pour quelles valeurs de α cette fonction est-elle continûment dérivable ? Sinon, donner les
points de discontinuité de sa dérivée.
3. Représenter graphiquement fα (x) pour les valeurs suivantes de α :
(a) α = 0
(b) α = 1,
(c) α = 2,
(d) α = 3,

20
1
(e) α = − .
2
4. Ecrire le développement en série de Fourier trigonométrique de fα (x) pour les valeurs
suivantes de α :
(a) α = 0
(b) α = 1,
(c) α = 2,
(d) α = 3.
5. Pour chacun des cas précédents, discuter de la convergence de la série de Fourier : simple ?
uniforme ? en moyenne quadratique ?
6. La fonction f− 1 (x) est-elle développable en série de Fourier trigonométrique ? Si oui, la
2
convergence de la série de Fourier est-elle simple ? uniforme ? en moyenne quadratique ?
7. Plus généralement, pour quelles valeurs du réel α la série de Fourier trigonométrique de
fα (x) existe-t-elle ?
8. Pour quelles valeurs du réel α la convergence de la série de Fourier trigonométrique de
fα (x) est-elle simple ? uniforme ? en moyenne quadratique ?

21
8 PH302 Examen partiel 2005
Exercice 1 : Espace fonctionnel
Soient f1 et f2 définies dans L2 ([0; π2 ]). On définit le produit scalaire sur L2 ([0; π2 ]) par
Z π
2
hf1 |f2 i = f1 (x)f2 (x)dx (55)
0
= kf1 kkf2 k cos(θf1 ,f2 ),

et la norme qui en découle avec θf1 ,f1 ≡ 0. Soient f et g définies sur [0; π2 ] par

f (x) = cos(x), g(x) = sin(x).

1◦ ) f et g sont-elles dans L2 ([0; π2 ]) ?


2◦ ) Calculer kf k, kgk, hf |gi et en déduire cos(θf,g ).
3◦ ) Soit h définie sur [0; π2 ] par
h(x) = 1 + αf (x) + βg(x).
Déterminer (α, β) dans R2 tel que h(x) soit orthogonale à f (x) et à g(x) au sens du produit
scalaire défini précédemment.

Exercice 2 : Séries de Fourier


On considère les fonctions f et fP définies, respectivement, de la manière suivante :

f (x) = {sinh(x) ; x ∈ ] − π; π] },

∀x ∈ ] − π; π], fP (x + 2mπ) = f (x),


où m est un nombre entier quelconque. Autrement dit, fP est l’extension périodique de la fonction
f à la droite toute entière.
1◦ ) Dessiner les graphes de f (x) et fP (x) sur leurs domaines de définition.
2◦ ) La fonction fP est-elle continue en tout point ? On précisera les éventuels points de discon-
tinuité pour la fonction, et s’ils existent, les limites à gauche et à droite.
3◦ ) Dessiner le graphe de fP0 (x) (dérivée de fP (x)) sur son domaine de définition.
La fonction fP est-elle dérivable en tout point ?
4◦ ) Déterminer les coefficients de la série de Fourier trigonométrique de la fonction fP (x).
5◦ ) Préciser la convergence de cette série : uniforme ? simple ? au sens de L2 ?
6◦ ) a) Soient les fonctions g et gP définies, respectivement, par

g(x) = {f 0 (x) ; x ∈ ] − π; π[ },

∀x ∈ ] − π; π[, gP (x + 2mπ) = g(x), gP ((2m + 1)π) = cosh(π),


où m est un nombre entier quelconque.
Déterminer le développement en série de Fourier de la fonction gP . Justifier.

22
b) Soient les fonctions h et hP définies, respectivement, par

h(x) = {g 0 (x) ; x ∈ ] − π; π[ },

∀x ∈ ] − π; π[, hP (x + 2mπ) = h(x), hP ((2m + 1)π) = 0,


où m est un nombre entier quelconque.
Déterminer le développement en série de Fourier de la fonction hP .

c) Comparer les résultats obtenus aux questions a) et b). Commenter.

Exercice 3 : Transformée de Fourier


Soit f (x) une fonction de l’espace L1 (R). On appelle F (k) sa transformée de Fourier.
Z ∞
1
F (k) = √ e−ikx f (x)dx = F(f (x)).
2π −∞
Soit a une constante réelle positive. Soit Y (x) la fonction définie de la manière suivante :

0 x<0
Y (x) =
1 x≥0

Soient les fonctions f+ (x) et f− (x) définies de la manière suivant sur R par :

f+ (x) = Y (x)e−ax , f− (x) = Y (−x)eax ,

où a > 0.
1◦ ) Calculer la transformée de Fourier de f+ (x), f− (x), f+ (x) − f− (x).
2◦ ) Calculer l’intégrale

−i
Z
k
eikx dk. (56)
π −∞ k2 + a2
On pourra dans ce calcul utiliser le fait que, pour toute fonction g(x) de L2 (R), on a

FF(g(x)) = FF(g(x)) = g(x),

où F est la transformée de Fourier inverse.


3◦ ) Déterminer la valeur de l’intégrale Z ∞
sin(y)
dy.
−∞ y
On pourra s’intéresser au comportement de l’intégrale (56) pour

x −→ 0
x>0
et
x −→ 0.
x<0

23
9 PH302 Examen juin 2005
Exercice 1 : Séries de Fourier
On considère les fonctions f et fP définies, respectivement, de la manière suivante :
n π o
f (x) = ex ; x ∈ ] − π; π] ,
2 sinh π

∀x ∈ ] − π; π], fP (x + 2mπ) = f (x), ∀m ∈ Z.


Autrement dit, fP est l’extension périodique de la fonction f à la droite toute entière.
1◦ ) Dessiner les graphes de f (x) et fP (x) sur leurs domaines de définition.
2◦ ) La fonction fP est-elle continue en tout point ? On précisera les éventuels points de discon-
tinuité pour la fonction, et s’ils existent, les limites à gauche et à droite.
3◦ ) La fonction fP est-elle dérivable en tout point ? Que peut-on dire de fP0 (x) (dérivée de fP (x))
sur son domaine de définition ?
4◦ ) Déterminer les coefficients de la série de Fourier trigonométrique de la fonction fP (x).
5◦ ) Préciser la convergence de cette série : uniforme partout ? simple ? au sens de L2 ?
6◦ ) Déduire du développement de Fourier précédent la formule suivante de sommation de série
numérique :
+∞
π 1 X 1
coth π = + .
2 2 1 + n2
n=1

Chaque étape du calcul devra être mathématiquement justifiée.


7◦ ) Ecrire la formule de Parseval issue du développement de Fourier de la fonction fP (x). Com-
parer avec la formule précédente.
8◦ ) On considère maintenant les fonctions g et gP définies, respectivement, par

g(x) = f 0 (x) ; x ∈ ] − π; π[ ,


∀x ∈ ] − π; π[, gP (x + 2mπ) = g(x), ∀m ∈ Z.


Que peut-on dire du développement en série de Fourier de la fonction gP ? D’autre part, que
peut-on dire de la série de Fourier obtenue en dérivant terme à terme celle de la fonction
fP ? Convergence ? Si oui, en quel sens ? Conclure.

Exercice 2 : Transformée de Fourier


x 2 k 2
On rappelle que la transformée de Fourier de f (x) = e− 2 est donnée par fb(k) = e− 2 .
On dira dans ce cas que les deux fonctions sont de même forme (tout en étant fonction de variables
différentes, ici respectivement x et k).
1◦ ) Montrer que la dérivée f 0 (x) et sa transformée de Fourier sont de même forme à une constante
multiplicative près dont on donnera la valeur.
2◦ ) A-t-on la même propriété avec la dérivée seconde f 00 (x) ? Justifier votre réponse.

24
3◦ ) Déduire des questions précédentes l’expression de
Z +∞ Z +∞
1 2
− x2 1 x2
Ψ(k) = √ cos kxe dx, Φ(k) = √ x sin kxe− 2 dx.
2π −∞ 2π −∞

Vérifier les résultats obtenus sur la valeur particulière k = 0.


On considère les fonctions
x2
fm (x) = xm e− 2 , m = 0, 1.
et leurs produits de convolution

fm ∗ fn (x), m, n = 0, 1.

4◦ ) Ces produits existent-ils pour tous les couples de valeurs de m et n ?


5◦ ) Donner l’expression des transformées de Fourier des produits de convolution suivants.

f0 ∗ f0 (x)
f0 ∗ f1 (x)
f1 ∗ f0 (x)
f1 ∗ f1 (x).

6◦ ) En utilisant les résultats des questions précédentes, déduire l’expression de ces produits de
convolution.
7◦ ) Obtient-on ainsi de nouvelles fonctions qui sont de même forme que leur transformée de
Fourier ? A une constante multiplicative près ? A une constante multiplicative près de la
variable ?

Exercice 3 : Transformée de Laplace

1◦ ) Pour chacune des fonctions suivantes, donner l’abscisse de sommabilité et calculer leur trans-
formée de Laplace.

f (x) = 1

0 x < a, a > 0,
f (x) =
1 x > a,
f (x) = e−bx , b ∈ R,
f (x) = eiωx , ω ∈ R.

2◦ ) En déduire les abscisses de sommabilité et les transformées de Laplace respectives des fonc-
tions suivantes :

f (x) = e−bx cos ωx,


f (x) = e−bx sin ωx.

25
3◦ ) Soit l’équation différentielle définie de la façon suivante :

z 0 (x) + 3z(x) = 1 + 2e−5x . (57)

On supposera que les solutions cherchées de cette équation différentielle possèdent une
transformée de Laplace.
a) Appliquer la transformée de Laplace à l’équation (57) (on posera L(z(x)) = Z(p) pour
simplifier les écritures)
b) A partir de la condition initiale z(0) = 0, donner l’expression de Z(p).
c) A l’aide d’une décomposition en éléments simples et des transformées de Laplace cal-
culées dans la question 3◦ ), en déduire la solution de l’équation (57).

Exercice 4 : Distributions
Toute réponse non justifiée, même correcte, ne sera pas comptée.
On pourra utiliser les questions Qna pour répondre aux questions Qnb, même s’il n’a pas été
répondu aux premières.

1. Limite de distributions
Q1a. Montrer que
lim T sin(νx) = πδ.
ν→+∞ x
R +∞ sin(x)
On pourra utiliser le résultat −∞ x dx = π.
Q1b. Calculer
lim Tsin(νx) .
ν→+∞

2. Déplacement
Q2a. Supposons que g : t 7→ g(t) ∈ C ∞ (R). On rappelle par ailleurs : hδa , φi = φ(x)|x=a et
hδa0 , φi = −φ0 (x)|x=a pour ∀φ ∈ D.
d
On définit la distribution dt δg(t) par
d d
h δg(t) , φi ≡ hδg(t) , φi.
dt dt
Montrer que
d dg(t) 0
δg(t) = − δ
dt dt g(t)
Q2b. Supposons que g(t) est solution de l’équation différentielle ordinaire,
dg(t)
= f (g(t)),
dt
où f : x 7→ f (x) ∈ C ∞ (R).
Montrer que
d  0
δg(t) = − f (x)δg(t) ,
dt
où le prime (’) désigne la derivée au sens des distributions.

26
10 PH302 Session de septembre 2005
Exercice 1 : Séries de Fourier, sommes de Gauss et intégrales de Fresnel.
On se propose d’évaluer les sommes dites de Gauss,
M −1
X m2
G(M ) = e2πi M , (58)
m=0

où M est un entier positif ≥ 1.


Pour cela, on introduit d’abord une variable réelle t ∈ [0, 1] et on considère la fonction
M −1
X (m+t)2
u(t) = e2πi M (59)
m=0

1◦ ) Montrer que la fonction u(t) satisfait aux égalités

u(0) = u(1) = G(M ). (60)

2◦ ) Montrer que u(t) est continûment dérivable sur l’intervalle (0, 1).
3◦ ) On considère alors l’extension périodique uP (t), de période 1, de la fonction u(t) et sa série
de Fourier : X
uP (t) = cn (u)e2πint . (61)
n∈Z

Que peut-on dire de la convergence d’une telle série :


1. simple ?
2. uniforme ?
3. en moyenne quadratique ?
4◦ ) A l’aide d’un changement de variable approprié, montrer que

2
Z M − nM
2 τ2
−πi n 2M
cn (u) = e e2πi M dτ. (62)
− nM
2

5◦ ) En déduire l’égalité :

X Z M − nM
2 2 X Z M − nM
2 τ2
2πi τM −M
G(M ) = e dτ + i e2πi M dτ. (63)
nM nM
n pair − 2 n impair − 2

6◦ ) Déduire de (63)
√ −M
Z +∞
2
G(M ) = M (1 + i ) e2πix dx. (64)
−∞

7◦ ) Montrer alors que


Z +∞
2 1+i
e2πix dx = . (65)
−∞ 2

27
8◦ ) En déduire l’évaluation suivante des sommes de Gauss :
M −1 √
X m2 1 + i−M
G(M ) = e2πi M = M . (66)
1 + i−1
m=0

9◦ ) En déduire de même l’évaluation suivante des intégrales de Fresnel :


Z +∞ Z +∞
1
cos 2πx2 dx = sin 2πx2 dx = . (67)
−∞ −∞ 2

Exercice 2 : Transformée de Fourier


Soit α un réel tel que α > 0 et la fonction f définie sur R par
2
f : t 7→ f (t) = e−αt . (68)
1◦ ) Calculer la dérivée de f , et donner la relation (linéaire) entre f 0 et f .
2◦ ) On introduit la transformée de Fourier F (k) = F(f )(k). Par application de la transformée de
Fourier à la relation obtenue au 1), montrer que F est solution d’une équation différentielle
du 1er ordre.
R +∞ 2 √
3 ) En déduire l’expression de F (k) (on rappelle que −∞ e−u du = π).

4◦ ) Soit fσ la fonction définie sur R par


t2
1 −
fσ : t 7→ fσ (t) = √ e 2σ 2 . (69)
σ 2π
Déterminer la transformée de Fourier de la fonction fσ (on pourra utiliser les résultats des
questions précédentes)

5 ) En utilisant la transformée de Fourier, démontrer la formule classique de convolution :
fσ1 ∗ fσ2 = f√σ2 +σ2 . (70)
1 2

Exercice 3 : Résolution d’un système d’équations par la transformée de Laplace


On considère le système de deux équations différentielles à deux fonctions inconnues f (t) et
g(t) telles que 
df (t)/dt = 2f (t) – 3g(t),
(71)
dg(t)/dt = −2f (t) + g(t),
avec les conditions initiales f (0) = 8, g(0) = 3.
On suppose les fonctions f et g causales (c’est-à-dire identiquement nulles pour t < 0)
On désigne leurs transformées de Laplace par F (p) et G(p) respectivement.
1◦ ) Déterminer le système de deux équations algébriques linéaires auxquelles satisfont F (p) et
G(p).

2 ) En tirer l’expression de F (p) et G(p).
3◦ ) En déduire l’expression de f (t) et g(t).
4◦ ) Vérifier les solutions obtenues par la méthode de votre choix (autre méthode, report des
solutions dans le système, découplage des équations,. . .).

28
Exercice 4 : Distributions
1◦ ) Montrer que la fonction x 7→ ln |x| définit une distribution dans D0 . On note cette distribution
par Tln .
2◦ ) Peut-on affirmer que cette distribution est aussi tempérée, i.e. Tln ∈ S 0 ?
3◦ ) Est-elle dans l’espace [C ∞ ]0 ?

On définit la distribution “valeur principale de Cauchy” P x1 par


  Z +∞ Z
1 ϕ(x) def ϕ(x)
P ,ϕ =P dx = lim dx, (72)
x −∞ x ε→0 |x|≥ε x

pour ϕ ∈ D.
4◦ ) Montrer que cela définit bien un élément de D0 .
5◦ ) Montrer que l’on a, dans D0 , l’égalité
1
(Tln )0 = P , (73)
x

On note par F x12 la distribution définie par


"Z #
  Z +∞
1 ϕ(x) def ϕ(x) ϕ(0)
F 2,ϕ =F 2
dx = lim dx − 2 . (74)
x −∞ x ε→0 |x|≥ε x2 ε

6◦ ) Montrer alors que l’on a, dans D0 , l’égalité


 0
1 1
P = −F . (75)
x x2

29
11 PH312 (Maths L3) Examen partiel 2006
Exercice 1 : Espaces vectoriels, espaces de Hilbert.
On considère d’abord un espace vectoriel E réel, de dimension n, muni du produit scalaire
hf |gi.

1.1 Indiquer comment, à partir de n éléments f1 , f2 , . . . , fn linéairement indépendants appar-


tenant à cet espace, on peut construire un système orthonormé u1 , u2 , . . . , un .
1.2 Donner l’expression des ui , i = 1, . . . , n en fonction des fj , j = 1, . . . , n.

On considère maintenant l’espace vectoriel réel E des fonctions f (x) de la variable réelle x, à
valeurs réelles, muni du produit scalaire
Z +∞
hf |gi = f (x)g(x) dx.
−∞

1.3 Cette définition a-t-elle un sens pour toutes les fonctions f (x) et g(x) ?
1.4 Donner une condition suffisante sur les fonctions f (x) et g(x) pour qu’elle ait un sens.

On se donne les trois fonctions suivantes :


2 2 2
f1 (x) = e−x , f2 (x) = xe−x , f3 (x) = x2 e−x .

1.5 Ces fonctions sont-elles dans E ?


1.6 Montrer que f1 (x), f2 (x) et f3 (x) sont linéairement indépendantes.
1.7 Construire à partir de {f1 , f2 , f3 } un système orthonormé {u1 , u2 , u3 }.
1.8 En déduire l’expression de
d h 2
i
f (x)ex
dx
dans le cas où f (x) est une fonction appartenant à E3 , sous-espace de E engendré par
{u1 , u2 , u3 }, qui satisfait aux conditions :
Z +∞ Z +∞
2 2
f (x)e−x dx = 0, f (x)xe−x dx = 0
−∞ −∞

On rappelle que
Z +∞ √
2
e−x dx = π.
−∞

30
Exercice 2 : Séries de Fourier trigonométriques
On considère la fonction f (x) définie de la manière suivante :

x sin(x) −π ≤ x < +π,
f (x) = (76)
f (x + 2π) = f (x) ∀x.

1. Dessiner le graphe de f (x).


2. Déterminer les coefficients de la série de Fourier trigonométrique de la fonction f (x).
3. Préciser la convergence de cette série : uniforme ? simple ? au sens de L2 ?
4. Quelles sommes de séries obtient-on pour les valeurs 0, π/2 et π de la variable x ?
5. Quelles autres sommes de séries obtient-on en utilisant l’identité de Parseval-Plancherel ?
6. Déduire, sans nouveau calcul, les coefficients de la série de Fourier trigonométrique de la
fonction périodique de période 2π qui vaut x cos(x) pour −π ≤ x < +π . On précisera la
convergence de cette série.

31
Université Paris 7-Denis Diderot Mathématiques de Licence PH302/36U1MT36 Année 2005-2006.

Examen: 7 juin 2006


14h-17h, salles 307 et 312, 33-34

Exercice 1 : Espaces vectoriels, espaces de Hilbert


Dans un espace vectoriel, les produits scalaires entre quatre vecteurs f1 , f2 , f3 et f4 sont donnés par le tableau
suivant (1).

TAB . 1 – Tableau des produits scalaires

|f1 i |f2 i |f3 i |f4 i


hf1 | 2 1 0 1
hf2 | 1 1 0 -1
hf3 | 0 0 1 0
hf4 | 1 -1 0 6

1.1 Trouver une base orthonormée {u1 , u2 , u3 , u4 } s’écrivant sous la forme suivante :

|u1 i = a11 |f1 i


|u2 i = a21 |f1 i + a22 |f2 i
|u3 i = a31 |f1 i + a32 |f2 i + a33 |f3 i
|u4 i = a41 |f1 i + a42 |f2 i + a43 |f3 i + a44 |f4 i (1)

1.2 Soit g un vecteur unitaire linéairement indépendant du sous-espace engendré par les vecteurs {f1 , f2 , f3 , f4 },
dont les produits scalaires sont hf1 |gi = hf2 |gi = hf3 |gi = hf4 |gi = 13 . Quelle est la valeur minimale de
P4
kg − i=1 αi fi k lorsque les αi prennent des valeurs réelles ?

Exercice 2 : Séries de Fourier


L2
Soit la fonction f1 (x) = x(x2 − ) pour x ∈ [−L/2, +L/2], f1 (x) = 0 pour |x| > L/2 et soit f˜1 (x) sa
4
complétée par périodicité de période L .
2.1 Dessiner le graphe de f˜1 (x). Préciser les propriétés de continuité et de dérivabilité de f˜1 (x) . Quelles
propriétés de convergence peut-on attendre de sa série de Fourier ?
2.2 Calculer sa série de Fourier et discuter sa convergence simple, uniforme et en norme L2 .
2.3 Calculer f˜1 (x0 ) pour un x0 convenablement choisi, pour obtenir la relation :

X 1 π3
(−1)p = .
p=0
(2p + 1)3 32

2.4 Peut on obtenir simplement les séries de Fourrier de f˜1′ (x) et de f˜1′′ (x) ? Discuter leur caractère de conver-
gence ou de divergence.

1
Exercice 3 : Espaces fonctionnels et transformation de Fourier
On considère dans cet exercice la famille de fonctions suivantes indexées par le paramètre λ ∈ R :
(
− λ
fλ (x) = e 1−x2 pour − 1 < x < 1 (2)
0 pour |x| ≥ 1.

3.1 Tracer les graphes des fonctions fλ pour les valeurs particulières
1. λ = 1,
2. λ = −1
3.2 Esquisser les graphes des fonctions fλ dans les cas suivants
1. |λ| ≪ 1,
2. |λ| ≫ 1.
3.3 Que pouvez vous affirmer sur les propriétés
1. de continuité,
2. de dérivabilité,
3. d’intégrabilité,
pour chacun des deux cas suivants :
1. λ > 0,
2. λ < 0.

On se restreint dorénavant aux valeurs strictement positives du paramètre λ.

3.4 On pose
pour x ∈] − 1, 1[, f0 (x) = limλ→0 fλ (x),
(3)
pour |x| ≥ 1, f0 (x) = 0.
Identifiez la fonction limite f0 .
3.5 Que peut-on dire de la convergence fλ →λ→0 f0 :
1. simple ?
2. uniforme ?
3. L1 et plus généralement Lp ?

On introduit la transformée de Fourier de fλ (x) :


Z +∞
fc
λ (k) = e−ikx fλ (x) dx (4)
−∞

(sans l’usuel facteur √1 pour simplifier).


3.6 Montrer que toutes les fonctions c


fλ , λ > 0, sont
1. réelles,
2. paires,
3. infiniment différentiables à décroissance rapide, i.e. appartiennent à l’espace de Schwartz S.
3.7 Montrer l’égalité :
c
sup fc
λ (k) = fλ (0) = kfλ kL1 . (5)
k∈R

2
3.8 Plus précisément, montrer que la fonction

def
]0, +∞[∋ λ 7→ s(λ) = sup cfλ (k) (6)
k∈R

est une fonction bijective strictement décroissante :

s(λ) :]0, +∞[7→]1, 0[. (7)

3.9 Identifiez la transformée de Fourier fb0 (k) de la fonction limite f0 .


3.10 Que peut-on dire de la convergence fc λ →λ→0 f0 :
b
1. simple ?
2. uniforme ?
3. L1 et plus généralement Lp ?

Exercice 4 : Formule sommatoire de Poisson


4.0 : Préliminaire
On reprend ici la définition habituelle de la transformée de Fourier d’une fonction f :
Z +∞
1
fb(k) = √ e−ikx f (x) dx (8)
2π −∞
4.0.0 Calculer la transformée de Fourier de la fonction
1
f (x) =
x2 + α2

4.1 : Formule de Poisson


On considère ici la formule dite sommatoire de Poisson
X X
δn = Tχn (9)
n∈Z n∈Z

où Tχn est la distribution régulière définie par la fonction dite caractère

χn (x) = e2πinx , n ∈ Z. (10)

4.1.1 Déduire de (9) la formule suivante,


X √ X
ϕ(n) = 2π ϕ(n),
b (11)
n∈nZ n∈Z

pour toute fonction ϕ(x) ∈ S , i.e. à décroissance rapide, et où ϕ


b désigne sa transformée de Fourier.
4.1.2 Montrer comment déduire de la formule de Poisson (11) la formule plus générale suivante :
X √ X −2πinb
ϕ(n − b) = 2π ϕ(n)e
b , (12)
n∈nZ n∈Z

pour toute fonction ϕ(x) ∈ S et pour tout b ∈ R.

3
4.2 : Une application intéressante
On admettra que les formules précédentes (11) et (12) peuvent en fait être étendues à toute fonction f (x) qui
est continue, intégrable sur R, et possédant la majoration suivante :

∃ c, d ≥ 0 tel que |f (x)| ≤ c(1 + |x|)−2 , |fb(x)| ≤ d(1 + |x|)−2 , (13)

et alors les séries convergent absolument et uniformément sur tout intervalle borné de R.
4.2.1 Montrer que pour tout α > 0 il existe c, d > 0 tels que

(1 + |x|)2 ≤ c (x2 + α2 ), (1 + |x|)2 ≤ d eα|x| . (14)

4.2.2 Prouver alors la formule suivante :


X 1 π 1 + e−2πα
= . (15)
α2 +n 2 α 1 − e−2πα
n∈Z

4.2.3 Discuter du cas limite α → 0 dans la formule (15).

4
12 PH302 (Magistère) Examen Septembre 2006
Exercice 1 : Séries de Fourier
On considère l’ensemble de fonctions f˜u (x), avec 0 < u < π, définies sur l’intervalle [−π, +π]
par
si x ∈ [−π, −u[,

 0



f˜u (x) = 1/(2u) si x ∈ ] − u, +u[,




0 si x ∈ ] + u, +π].
On note fu (x) leur extension périodique de période 2π.
1. Représenter graphiquement fu (x) pour x ∈ [−5π, +5π].
2. Obtenir la série de Fourier de fu (x) et vérifier ses propriétés de convergence.
3. En déduire les sommes des séries
X sin(nu) X sin(nu)
S1 (u) = , S2 (u) = (−1)n
n n
n≥1 n≥1

ainsi que
X sin2 (nu)
S3 = .
n2
n≥1

4. A partir des résultats des questions précédentes, calculer


X (−1)p X 1
S4 = , et S5 = .
2p + 1 (2p + 1)2
p≥0 p≥0

5. On considère les distributions T ˜ et Tf (x) . Ces distributions appartiennent-elles à


fu (x) u
D0 (R) ?
6. Déterminer la limite (au sens des distributions) de T ˜ quand u → 0 .
fu (x)

Exercice 2 : Espaces fonctionnels


On considère ici l’espace fonctionnel D(0,1) formé par toutes les fonctions ϕ, indéfiniment
différentiables sur leur intervalle de définition [0, 1] et telles que ϕ(n) (0) = ϕ(n) (1) pour tout
n ≥ 0. On peut l’identifier à l’espace fonctionnel de toutes les fonctions de la variable θ = 2πx,
indéfiniment différentiables sur le cercle (θ ∈ [0, 2π]).
2.1 Soit ϕ ∈ D(0,1) et soit ϕ
e son extension (ou prolongée) périodique à toute la droite. Montrer
que l’on peut identifier à l’aide de la correspondance ϕ ↔ ϕ e l’espace D(0,1) au sous-espace
∞ ∞
Cper ⊂ C de toutes les fonctions indéfiniment différentiables et périodiques, de période 1.
2.2 Parmi les fonctions suivantes à variable réelle x ∈ R, quelles sont celles appartenant à
∞ ?
l’espace D(0,1) ou à l’espace Cper
(a) cos 3πx ;
def P
(b) ϕ(x) = n∈Z ψ(x + n), où ψ ∈ D(R) ;

36
(c) la prolongée périodique, de période 1, de la fonction définie sur [0, 1] par f (x) =
x(1 − x);
(d) | sin 2πx|;
def
(e) la fonction caractère ou exponentielle de Fourier χn (x) = e2πinx ;
(f) toute combinaison linéaire finie de fonctions caractères ;

X 1
(g) la série de Fourier sin 2πinx;
n2
n=1
2
X
(h) la série de Fourier e−n e2πinx .
n∈Z
2.3 Déterminer la (pseudo-)topologie dont est muni D(0,1) (on s’inspirera de celle qui équipe
C ∞ ).

Exercice 3 : Distributions périodiques


Question préliminaire : que peut-on dire de la fonction définie par la série

X χn (x)
n2
n∈Z

et de la distribution régulière qui lui est associée ? On rappelle que χn désigne la fonction ca-
ractère, χn (x) = e2πinx .

0
On définit l’espace D(0,1) des distributions sur l’intervalle [0, 1] (ou sur le cercle) comme
l’espace vectoriel des formes linéaires continues sur l’espace D(0,1) muni de la pseudo-topologie
définie en 2.3.

3.1 Soit f une fonction localement intégrable. Montrer qu’elle définit une distribution Tf (dite
0
régulière) dans D(0,1) par l’action suivante :
Z 1
def
Tf : ϕ 7→ f (x)ϕ(x) dx = hTf , ϕi. (77)
0

Soit T une distribution ∈ D0 (R), à support compact ⊂ [0, 1]. On définit sa série de Fourier

par : X
hT, χ−n iTχn . (78)
n∈Z

3.2 Montrer que Tf , définie par (77), est à support compact ⊂ [0, 1].
3.3 Soit f (x) une fonction périodique, de période 1, et localement intégrable. Rappeler les
propriétés de convergence de sa série de Fourier. Quelle est la relation entre la série de
Fourier associée à la fonction f (x) et la série de Fourier de la distribution régulière Tf ∈
0
D(0,1) ?

37
3.4 Soit T une distribution dans D0 (R). On désigne par τa T sa translatée par a. On appellera
distribution périodique, de période 1, une distribution qui vérifie :

τ1 T = T .

Pourquoi peut-on qualifier de périodique, de période 1, une telle distribution ? Montrer


qu’on peut alors définir l’extension périodique, de période 1, de toute distribution T à
support compact comme la distribution Te ∈ D0 (R) donnée par :
X
Te = τn T.
n∈Z

Pourquoi faut-il se restreindre ici aux distributions à support compact ?


0
3.5 Montrer que la série de Fourier d’une distribution dans D(0,1) , telle qu’elle est donnée par
0
(78), définit bien une distribution périodique ∈ D (R).
3.6 On considère maintenant la série de Fourier suivante, dite peigne de Dirac :
X
e2πinx . (79)
n∈Z

Montrer que cette série converge dans D0 (R) vers une distribution périodique, dénotée Te ,
qui est, à une constante près, la dérivée seconde d’une distribution régulière définie par une
fonction continue périodique, de période 1, fonction que l’on précisera.
3.7 Déterminer une fonction α(x) ∈ D(0,1) telle qu’on ait l’équation suivante :

α(x)Te = λTe , où λ est une constante.

3.8 En déduire que la distribution Te est proportionnelle à l’extension périodique δe de la distri-


bution de Dirac δ :
X
Te = C δe , δe = τn δ . (80)
n∈Z

3.9 Déterminer la constante de proportionnalité C. La formule ainsi obtenue en (80) est celle,
bien connue, dite de sommation de Poisson.

Exercice 4 : Transformation de Fourier : l’équation de la chaleur


Si l’on considère un solide homogène unidimensionnel, dans lequel la chaleur peut se propager
seulement par conduction, la température U (x, t) le long du solide est régie par l’équation

∂U ∂2U
(x, t) = (x, t)
∂t ∂x2
dans des unités bien choisies.
On suppose connue la température initiale à t = 0 notée U (x, 0) = A(x). Dans tout l’exercice,
du fait de la finitude du solide, on pourra se limiter à des fonctions A(x) et U (x, t) régulières et
rapidement décroissantes à l’infini.

38
4.1 Retrouver simplement la transformée de Fourier de la gaussienne exp −λx2 .
4.2 Etablir une équation aux dérivées partielles pour la transformée de Fourier de U (x, t) par
rapport à la variable x :
Z +∞
1
F [U (x, t)] = √ e−ikx U (x, t)dx = F (k, t) .
2π −∞

4.3 Intégrer cette équation. On fixera la “constante” d’intégration en observant que


Z +∞
1
F (k, t = 0) = √ e−ikx A(x)dx.
2π −∞

4.4 En déduire que pour t ≥ 0 la solution U (x, t) est donnée par :


Z +∞
1 (x−u)2
U (x, t) = √ e− 4t A(u)du.
2 πt −∞

4.5 Déduire, en utilisant le résultat de la question 4.3 et sans calculs nouveaux, la valeur de
l’intégrale
Z +∞
U (x, t)dx.
−∞

1 x2
4.6 Application : soit A(x) = √ e− 2σ2 ; calculer U (x, t) pour t ≥ 0, avec la condition
2πσ 2
initiale U (x, 0) = A(x).

39
13 PH312 (Maths L3) Examen Septembre 2006

Exercice 1 : Espaces vectoriels, espaces de Hilbert, séries de Fou-


rier
def
On considère ici l’espace de Hilbert H = L2 [−1, 1] des fonctions de carré intégrable sur
l’intervalle [−1, 1], muni du produit scalaire
Z 1
hf |gi = f (x)g(x) dx. (81)
−1

C’est aussi l’espace de Hilbert des fonctions périodiques, de période 2, à valeurs complexes, de
carré intégrable sur un intervalle de période.
def
1.1 Montrer que les fonctions monômes en (x) = xn , n = 0, 1, 2, 3, . . . , restreintes à l’intervalle
[−1, 1], sont dans L2 [−1, 1].
1.2 Calculer les produits scalaires hen |en0 i. On exprimera le résultat en fonction de la différence
d = n − n0 . Montrer que ce résultat dépend de la parité de d.
1.3 Construire un système orthonormé u0 , u1 , et u2 à partir des trois premières fonctions
monômes e0 , e1 et e2 .
1.4 Déterminer les développements en série de Fourier trigonométriques des extensions périodiques
des fonctions u0 (x), u1 (x), et u2 (x).
1.5 On considère maintenant les fonctions trigonométriques cos ax et sin ax restreintes à l’in-
tervalle [−1, 1]. Pour quelles valeurs de a ces fonctions sont-elles normalisées à l’unité dans
H?

On désigne par E3 le sous-espace de H engendré par le système {u0 , u1 , u2 }.

1.6 Calculer les projections orthogonales c⊥ ⊥


1 et s1 dans E3 des fonctions trigonométriques
c1 (x) = cos πx et s1 (x) = sin πx.

On désigne par F3 le sous-espace de H engendré par le système {u0 , c1 , s1 }.

1.7 Soient deux vecteurs unitaires v = a0 u0 + a1 u1 + a2 u2 ∈ E3 , w ∈ b0 u0 + b1 c1 + b2 s2 ∈ F3 .


Calculer leur distance hilbertienne

d(v, w) = kv − wk. (82)

1.8 Trouver un couple (v, w) de tels vecteurs qui minimise cette distance.

Exercice 2 : Transformation de Fourier


On se propose de calculer la transformée de Fourier fbλ de la fonction
1
fλ (x) = , λ > 0. (83)
ch(λx)

40
Partie A 2.1 Décrire les propriétés de la fonction (83) :
i. Est-elle continue ? dérivable ? indéfiniment dérivable ?
ii. Est-elle dans L1 ? dans Lp , ∀p > 0 ?
iii. Est-ce une fonction à “décroissance rapide”, c’est-à-dire une fonction indéfiniment
dérivable telle que
p dq


∀ p, q ∈ N, sup x
f λ (x) < ∞?
x∈R dxq
Z +∞
1
2.2 Quelles propriétés de fbλ = √ e−ikx fλ (x) dx peut-on alors déduire des pro-
2π −∞
priétés de fλ ?
e−ikz
Partie B 2.3 Appliquer le théorème des résidus à l’intégrale f (z) = le long du circuit dans
ch(λz)
le plan complexe constitué par le rectangle de sommets R, R + iπ/λ, −R + iπ/λ, −R.
2.4 Calculer la limite R → ∞ du résultat de cette intégrale.
r
1 π 1
2.5 Montrer que l’on a fλ (k) =
b .
λ 2 ch( πk
2λ )
2.6 Pour quelle valeur de λ a-t-on fλ = fbλ ?

41
Exercice 3 : Probabilités
Au bout d’un certain temps de fonctionnement, un appareil peut se trouver dans l’un des états
suivants :
1. bon état de fonctionnement,
2. légèrement déréglé,
3. certaines pièces doivent être remplacées,
4. une révision générale s’impose.
Les probabilités respectives de ces quatre états sont p1 = 0, 15, p2 = 0, 2, p3 = 0, 55, p4 = 0, 1.
Dans le premier cas, l’appareil peut continuer à fonctionner, dans le second cas il faut 10 minutes
de réglage, dans le troisième les réparations prennent deux heures, dans le quatrième 24 heures.
3.1 Trouver la probabilité pour qu’au bout de une heure après la fin du service précédent
l’appareil soit en mesure de fonctionner.
3.2 Trouver la probabilité pour qu’au bout de trois heures après la fin du service précédent
l’appareil ne soit pas en mesure de fonctionner.

42