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1.

L’emploi du subjonctif (vs infinitif, vs indicatif)


dans les propositions complétives

[modalités aléthiques : <nécessaire>, modalités


déontiques : <obligatoire>]
IL FAUT (faudrait) QUE ... Il faut /Il (me, te, lui ... ) faut ...
IL EST NÉCESSAIRE QUE ... Il est nécessaire de ...
(obligatoire) (obligatoire)
On doit / Je (tu ... ) dois ...
+ SUBJONCTIF + INFINITIF
[modalités déontiques : <permis>, <interdit>]
Paul PERMET QUE1 (je/tu/Marc ... ) ... Paul me/ te/ lui … permet/ défend
(m’/ t’/ lui interdit) de …
+ INFINITIF
(à sujet PRO9 contrôlé par le complément
d’objet indirect du verbe principal)
ACCEPTE QUE2
ADMET QUE3
CONSENT QUE/ À CE QUE4
VEUT BIEN QUE5

[marqueurs de la valeur <permis>, à la forme négative :


<interdit>]
ne SUPPORTE(RAIT) pas QUE6 …
ne SOUFFRE (SOUFFRIRAIT) pas QUE7 …
ne TOLÈRE (TOLÉRERAIT) pas QUE8…

+ SUBJONCTIF (sujets différents)

1
Maman, d’ordinaire intraitable sur les questions d’heure (…), permettait que je prolongeasse la veillée (Gide, Nouv. P. Rob.).
2
Ceux qui n’acceptent pas que la vie soit une partie qu’il faut toujours perdre (Mauriac, Nouv. P. Rob.).
3
Mais, avec le sens de « considérer comme vrai, réel », « reconnaître », l’indicatif est de mise : j’admets que j’ai eu tort (Nouv. P.
Rob.). Avec le sens de « supposer » (admettre seulement à titre provisoire comme vrai), subjonctif, à nouveau : en admettant que
cela soit vrai, admettons que ce soit vrai.
4
Je consens à ce qu’il y aille (Nouv. P. Rob.).
5
Le prof veut bien que vous remettiez le mémoire la semaine prochaine.
6
Il ne supporterait pas plus longtemps qu’on se fichât de lui (Gide, Nouv. P. Rob.). Dans cette acception, supporter veut dire « subir
de la part d’autrui sans réagir, sans se rebeller, sans interdire ». Par voie de conséquence, à la forme négative, le verbe pourra signifier
l’interdiction.
7
Je ne souffrirais pas que cette conversion fût publique (Gide, Nouv. P. Rob.).
8
Ils n’auraient pas toléré qu’on fermât ce cercle [de jeu] (Morand, Nouv. P. Rob.).
9
Pronom non épelé (=non prononcé, sans forme phonétique) sujet (argumental) d’un infinitif.
[modalités désidératives10 : <+désirable>11, Paul accepte de14…
<-désirable>12] consent à15…
veut bien16 …

ne supporte pas de17 …


+ INFINITIF (même sujet18)

Paul veut ...


Paul VEUT (voudrait) QUE (je / tu / Marc ... ) ... désire ...
DÉSIRE souhaite ...
SOUHAITE

Paul PREND GARDE QUE (je/tu/Marc/cela ... ) ... Paul prend garde (Prenez garde)
[= « veut que ... et fait en sorte que tel soit à ... [résultat à atteindre]
le cas » : résultat à atteindre]
Paul PREND GARDE QUE (je/tu/Marc/cela ... ) NE13 de ... [résultat à éviter]
[« ne veut pas que ... et fait en sorte que
cela n’arrive pas » : résultat à éviter]

Paul TIENT À CE QUE (je/tu/Marc ... ) ... Paul tient à ...


[= « veut que ... »] veille à ...
VEILLE À CE QUE s’oppose à ...
[= « veut que ... et fait en sorte que tel soit
le cas » : résultat à atteindre]
S’OPPOSE À CE QUE
[= « ne veut pas que ... »]
+ INFINITIF (même sujet)
+ SUBJONCTIF (sujets différents)
19
[modalités directives : <ordre>, <requête>,
<suggestion>]

10
Ou : volitives, ou : boulestiques. Certains auteurs distinguent volitif et désidératif.
11
Si dictum [+favorable].
12
Si dictum [−favorable].
13
NE dit “expletif” (= s` nu . . . ).
14
Il a accepté de venir, de nous aider (Nouv. P. Rob.).
15
Il consent à coopérer (Nouv. P. Rob.).
16
Il veut bien coopérer.
17
Elle ne supporte pas de rester inactive (Nouv. P. Rob.).
18
Dans la construction à complétive infinitive et sujets référentiellement identiques, ces verbes ne participent plus des modalités
déontiques (permission/ interdiction), mais des modalités désidératives.
19
Actes de langage, en discours indirect (rapporté). À la première personne du singulier, au présent de l’indicatif, actes de langage
directs (verbes performatifs, qui réalisent (« performent ») l’acte qu’ils décrivent), et donc : modalités d’énoncé difficiles de distinguer
de la modalité d’énonciation correspondante (<injonctif>). Modalités intersubjectives dans Le Querler 1996.
ELLE EXIGE QUE (tu/vous/Marc ...) ... Elle lui (leur …) intime (l’ordre)
ELLE DEMANDE [= “ordonne”, “exige”] QUE ... de ...
ELLE ORDONNE QUE ... Elle te (vous ... ) demande de ...
ELLE PRÉTEND [= “ordonne”, “exige”] QUE ... ordonne de ...
ELLE DIT [= “ordonne”, “exige”] QUE ... dit de ...
ELLE SUGGÈRE QUE… Elle te (vous, …) suggère de …

+ SUBJONCTIF + INFINITIF
(sujets différents) (à sujet PRO20 contrôlé par le complément
d’objet indirect du verbe principal)
[modalités appréciatives (=évaluatives, axiologiques) ;
affectives (=thymiques) : <prospectif favorable>, <prospectif
défavorable>, <rétrospectif favorable>, <rétrospectif
défavorable>]

< favorable> (neutralisé du point de vue de la distinction


<prospectif>/ <rétrospectif>, résolue au niveau du dictum)
IL VAUT MIEUX QUE ... Il vaut (vaudrait) mieux (il aurait
mieux valu) ...
+ SUBJONCTIF21 + INFINITIF
IL VAUDRAIT MIEUX QUE… <prospectif>
IL AURAIT MIEUX VALU QUE… <rétrospectif>
+ SUBJONCTIF22

<favorable/ défavorable rétrospectif23>


IL EST BON/ MAUVAIS QUE ... Il est bon / mauvais de...
IL EST HEUREUX/ MALHEUREUX QUE ... Il est étrange de26…
DOMMAGE + INFINITIF
ÉTRANGE24
+ SUBJONCTIF C’est normal de27…
Il est normal de28…
JE TROUVE NORMAL/ ÉTRANGE QUE (tu/Marc... ) … Il paraît normal de29…
DRÔLE

20
Pronom non épelé (=non prononcé, sans forme phonétique) sujet (argumental) d’un infinitif.
21
Il vaut mieux que (+ Il est bon que) vous l’ayez lu avant-hier [subjonctif passé & repères temporels d’antériorité dans la
complétive : rétrospectif]/ que vous le lisiez demain [subjonctif présent et repères temporels de postériorité : prospectif]. Noter que
mieux vaut n’est disponible que pour les emplois prospectifs : mieux vaut que vous le lisiez demain/ ???mieux vaut que vous l’ayez
lu hier.
22
Contre complétive non marquée pour l’antériorité (l’aspect perfectif), l’orientation prospective ou rétrospective de l’appréciation se
jouera dans le verbe principal. Il aurait mieux valu que vous arriviez à l’heure [conditionnel passé (irréel) du verbe principal (prédicat
appréciatif) : rétrospectif]/ Il vaudrait (+vaut) mieux que vous arriviez à l’heure [présent de l’indicatif ou conditionnel présent du
verbe principal (prédicat appréciatif) : prospectif].
23
Mais le jeu des formes verbales (dans la principale : au niveau du modus donc) et des repères temporels (notamment dans la
complétive) peut induire une orientation prospective : il serait bon de relire ce rapport demain, juste avant la réunion.
24
Cf. Nouv. P. Rob., sans exemple toutefois.
26
Cf. Nouv. P. Rob., sans exemple toutefois.
27
C’est normal de vouloir se reposer après un tel effort. (Nouv. P. Rob.).
28
Cf. Nouv. P. Rob., sans exemple toutefois.
29
Même remarque que précédemment.
+ SUBJONCTIF (sujets
différents25) Il fait beau30
C’est beau de/ C’est laid de31…
Ce n’est pas beau de32, 33…

+ INFINITIF

<favorable prospectif>
J’ESPÈRE QUE… J’espère…44
J’ESCOMPTE QUE… J’escompte…
+INDICATIF34 (FUTUR35) +INFINITIF (même sujet)
<favorable rétrospectif>
JE ME RÉJOUIS36 QUE ... Je me réjouis de ...
JE SUIS RAVI(E) (ENCHANTÉ(E) etc.) QUE ... Je suis ravi(e) (enchanté(e)) de ...
J’AIME (MIEUX37) QUE38…

25
En principe, l’autre cas de figure (trouver normal/ étrange de + infinitif, contre identité référentielle des sujets) devrait être attesté
aussi. Le fait est que les dictionnaires consultés ne citent point de tels exemples. Soit : Tu trouves normal de boire trois bières de
suite ? (si le destinataire lui-même a bu les trois bières).
30
Il fait beau croire aux prodiges lorsque les prodiges nous arrangent (Cocteau, Nouv. P. Rob. : « il est commode de »).
31
C’est laid de fourrer les doigts dans son nez. (Nouv. P. Rob.).
32
Ce n’est pas beau de mentir. (Nouv. P. Rob.).
33
Formules familières, hypocoristiques (utilisées quand on s’adresse à des enfants) dépourvues de corrélat impersonnel suivi du
subjonctif. Toute prédication appréciative ne donne pas lieu aux mêmes effets syntaxiques (ne se prête pas aux mêmes constructions).
34
« Qui espère, désire, mais tandis que le désir se fait sentir sans que la pensée ait accès au sentiment de probabilité, l’espérance,
au contraire, ne naît que de l’accès à ce sentiment, le désir étant maintenu. Sans une probabilité minima, il n’existe aucune raison
d’espérer, on peut désirer seulement » (Gustave Guillaume, Temps et verbe, p. 39, nous soulignons). L’analyse psychomécanique du
verbe espérer (vs désirer) explique le choix des modes (indicatif avec espérer, subjonctif, avec désirer) en termes de relations à
l’actualité : les deux verbes comportent un « quantum désidératif », mais celui de désirer l’empêche d’atteindre à l’actualité, tandis
que celui d’espérer, du fait de son ouverture vers la probabilité, « l’y porte ». Ce quantum désidératif « non-interceptif » (qui
n’empêche pas l’idée exprimée par le verbe d’atteindre à la « ligne d’actualité ») est représenté comme parallèle à la ligne d’actualité,
que la visée (représentée comme perpendiculaire sur cette ligne) peut ainsi atteindre sans obstacle, tandis que le « quantum
interceptif » de désirer est représenté comme perpendiculaire sur la ligne d’actualité, à l’instar de la visée, qu’il retient en deçà de
cette ligne. Si les représentations graphiques de Guillaume vous semblent par trop rébarbatives, vous retiendrez quand même l’idée
que c’est la composante épistémique d’espérer (+probabilité) qui le rend compatible avec l’indicatif, annulant en quelque sorte les
effets syntaxiques de la composante évaluative de son signifié. Les cas (somme toute, relativement rares) où espérer est suivi du
subjonctif procèdent justement de la stratégie inverse : c’est alors la composante évaluative (et virtualisante) qui l’emporte, le
probable, c’est-à-dire « la confiance dans la réalisation du fait espéré » étant revu(e) à la baisse. Emploi du subjonctif déconseillé en
principe, par les grammaires normatives, sauf après espérons que ou après on pourrait espérer que (cf. Hanse 1991 : 392-393), qui
‘virtualisent’ l’espoir au point de le convertir en simple souhait.
35
J’espère qu’il arrivera à temps.
J’escompte qu’il réussira (Nouv. P. Rob.). Cela dit, le verbe espérer peut être suivi d’un temps passé, auquel cas il signifiera « aimer
à croire, à penser » : j’espère avoir fait ce qu’il fallait, il espère avoir réussi (Nouv. P. Rob.), j’espère que les enfants sont arrivés sains
et saufs ; suivi du présent ou du passé composé, il fonctionne comme formule de souhait (J’espère que tu vas bien, Espérons qu’il n’a
rien entendu – Nouv. P. Rob.).
36
Je me réjouis de ce que + indicatif [fait réel] : Je me réjouis de ce que la famille est réunie (Cristea 2000) / subjonctif [fait
supposé] : Je me réjouis de ce que ce projet de coopération soit mis en place le mois prochain. La perspective futurale est essentielle
à cet effet de sens (fait supposé vs réel), en l’absence de médiation. Si la chose vient d’être alléguée par autrui, le subjonctif orientera
l’interprétation vers la distanciation (médiation). Comparer : -Le projet va démarrer le mois prochain au plus tard./ - Je me réjouis
de ce que ce projet de coopération doive être mis en place le mois prochain. Si le verbe de sentiment est au conditionnel, seul le
subjonctif est de mise (expression du désir): Je me réjouirais de ce que ce projet de coopération soit mis en place le mois prochain
. Suite possible : Mais hélas, j’en doute.
37
Comme, en français contemporain du moins, en présence des deux termes de la comparaison le subjonctif sur le second conjoint
est exclu, on aura : J’aime mieux que vous partiez que si vous restez. J’aime mieux que vous partiez (plutôt) que de rester – où le
sujet de l’infinitif rester (dans le comparant) est coréférentiel au sujet du premier conjoint (du comparé). Mais jamais : *J’aime mieux
que vous partiez queCOMP queSUBJ vous restiez.
38
J’aime que les choses soient à leur place (Zola, Nouv. P. Rob.). Mais prospectif dans : J’aimerais bien que vous me jouiez quelque
chose (Nouv. P. Rob.). De même dans : J’aimerais mieux que vous le résolviez vous-même. Comparer à : J’aime mieux que vous
soyez parti avant son arrivée.
44
J’espère pouvoir revenir.
Je me félicite de… (= je …, et je
m’en félicite)45
J’aime46 …
+ SUBJONCTIF (sujets différents) J’aime mieux … que …
J’aime à47 …
+ INFINITIF (même sujet)
<défavorable rétrospectif>
JE REGRETTE QUE (tu/Marc ... ) ...
JE SUIS DÉSOLÉ(E) QUE ...
JE REDOUTE QUE (tu/Marc/cela ... ) ... Je regrette de ...
J’AI PEUR QUE NE1 Je suis désolé(e) de ...
... Je redoute de48 ...
JE CRAINS QUE NE1 J’ai peur de ...
... Je crains de ...
(= “je ne veux pas que (tu/Marc/cela ... ) ...,
mais je crois que tel est le cas”) + INFINITIF (même sujet)
JE M’INDIGNE QUE39
ELLE SE PLAINT QUE40
+ SUBJONCTIF (sujets différents)

<rétrospectif favorable>, <rétrospectif défavorable> [variantes


syntaxiques à incidences sémantiques (interprétatives)] Je me réjouis de …
Je m’indigne de …
JE ME RÉJOUIS DE CE QUE Je m’inquiète de …
JE M’INDIGNE DE CE QUE Elle se plaint de…
JE M’INQUIÈTE DE CE QUE Elle souffre de…
ELLE SE PLAINT (à quelqu’un : à son patron) DE CE + INFINITIF (même sujet)
QUE41
ELLE SOUFFRE DE CE QUE Je lei hais de …
JE LE HAIS DE CE QUE42 + INFINITIF
(à sujet PROi contrôlé par
+INDICATIF (sujets identiques ou différents, le complément d’objet direct de haïr)
fait réel (réalisé))

Je me réjouis de ce que
Je m’indigne de ce que
Je m’inquiète de ce que

39
Je m’indigne qu’il soit si lâche (Nouv. P. Rob.).
40
On ne sait pas si la plainte est ou non justifiée (c’est-à-dire : si l’état de chose décrit dans la subordonnée est ou non réel) : Elle
se plaint qu’on l’ait calomniée (Nouv. P. Rob.). Dans le cas contraire, pour souligner la réalité de la plainte (le caractère réel de l’état
de chose au sujet duquel on se plaint), l’indicatif sera de mise : Mes maîtres se plaignaient que j’oubliais mon latin (Stendhal, Nouv.
P. Rob.).
41
Elle se plaint de ce que les enfants sont par trop impolis.
42
Elle le haïssait de ce qu’elle l’avait aimé (R. Rolland, Nouv. P. Rob.). Pas de corrélat avec le subjonctif, semble-t-il.
45
Je suis sévère, et je m’en félicite (Nouv. P. Rob.). Je me félicite d’être sévère.
46
J’aime danser.
47
J’aime à croire/ penser que (+ indicatif) : J’aime à croire que vous viendrez (Nouv. P. Rob.).
48
Comparer la rection des verbes concernés : je redoute, je crains + SN (le froid) // j’ai peur de + SN (du froid).
Elle se plaint (à quelqu’un : à son patron) de ce que43
Elle souffre de ce que
+ SUBJONCTIF (sujets différents,
fait supposé ou irréel (=pas encore réalisé))

[modalités épistémiques : <douteux>49] [modalités épistémiques :


JE DOUTE QUE ... <probable>, <certain>]
JE NE CROIS PAS QUE ...
PENSE Je me doute que ...
TROUVE Je crois que50 ...
N’ ESTIME pense
CROIS-TU QUE ... trouve
PENSES-TU QUE ... estime
TROUVES-TU QUE ...
ESTIMES-TU QUE ...

IL SEMBLE QUE … Il semble bien que …

IL NE (ME, TE, LUI…) PARAÎT PAS QUE … Il paraît que…


Il me (te, lui…) paraît que…
IL NE ME (TE, LUI…) SEMBLE PAS QUE … Il me (te, lui…) semble que…
+ SUBJONCTIF +INDICATIF

[modalités aléthiques : <possible>, <contingent>,


<impossible> → modalités épistémiques : <incertain>51,
<exclu>]
IL EST POSSIBLE QUE ... Il est PROBABLE que ...
IL SE PEUT QUE 52... Il est CERTAIN que ...
IL PEUT ARRIVER QUE ... Il est SÛR (et certain) que ...
IL ARRIVE QUE ...
IL EST (parfaitement) IMPOSSIBLE QUE ...
EXCLU QUE ...
HORS DE QUESTION QUE ...

+ SUBJONCTIF + INDICATIF

43
La femme de ménage se plaint doucement de ce qu’elle ait à nettoyer cette ordure. (Nouv. P. Rob.) – [fait pas encore réalisé].
Comparer à : …de ce qu’elle a nettoyé toute cette ordure [fait réalisé].
49
= <incertain>.
50
JE M’ATTENDS À CE QUE . . . + SUBJONCTIF! (= “je crois que” + INDICATIF)
51
Ou : « possible épistémique ».
52
Mais: Peut-être que + INDICATIF!
2. L’emploi du subjonctif dans les PROPOSITIONS RELATIVES

Antécédent (Comparaison explicite/implicite) Relative (qualité superlative, rare)


LE/LA/LES PLUS/MOINS ... ...
MEILLEUR(e)(s) ...
PIRE(s) QUI ...
... QUE ...
MOINDRE(s) ... DONT ...
(Adjectif au superlatif relatif)
(Nom) +SUBJONCTIF
LE/LA/LES PREMIER,-ière,-s ... OÙ ...
DERNIER,-ière,-s ... AUQUEL ...
SEUL(e)(s) à laquelle, auxquel(le)s
... DUQUEL ...
L’ UNIQUE de laquelle, desquel(le)s
...
(Adjectif)
(Nom)

Antécédent indéfini qui soit à la fois hautement performant et


“Je souhaite(rais) bénéficier d’un placement exempt de risques.
boursier [antécédent indéfini →qualité requise +
SUBJONCTIF]
- Eh bien, la BNP vous propose NATIO qui répond justement à vos exigences”.
PERFORMANCE - un placement [antécédent indéfini & qualité présentée comme réelle
+ INDICATIF]
“Avez-vous trouvé un placement qui vous convienne mieux?

- Non, il n’y a pas de placement qui réponde au même titre que celui-ci à
mes souhaits”.

“Si je connaissais une banque qui vous convienne mieux, je ne


manquerais pas de vous le dire!”
[antécédent (indéfini) en co-texte négatif,
interrogatif53 ou hypothétique →qualité incertaine +
SUBJONCTIF]

“Quel que soit le placement que vous souhaitiez, la BNP fera


parfaitement votre affaire!”
[antécédent en co-texte virtualisant (à subjonctif)
→qualité incertaine + SUBJONCTIF : subjonctif dit
“d’attraction”54]

53
Interrogation furtive y compris : je cherche quelqu’un qui fasse ce travail (« je le cherche, mais le trouverai-je ? »). Comparer à :
je trouverai bien quelqu’un qui fera ce travail (l’indicatif y marque la confiance du locuteur).
54
Après un autre subjonctif. Dans les énoncés du type de : Je regrette que ce soit lui qui ait été nommé il s’agirait moins
d’attraction modale que de relation sémantique avec le verbe principal – qui requiert lui-même le subjonctif (comme si l’on disait :
je regrette qu’il ait été nommé). Noter toutefois que le subjonctif reste optionnel, dans la relative (Je regrette que ce soit lui qui a
été nommé est toujours possible, pour souligner la réalité du fait), alors qu’il est obligatoire dans la complétive (on ne peut pas
dire : *je regrette qu’il a été nommé). Cf. Hanse 1991 : 903.
3. Modalités implicatives

3.1. Exprimer la CONDITION et l’HYPOTHÈSE


3.1.1. Le SI « conditionnel »55
SI vous voulez acheter une voiture neuve, VOUS CHOISIREZ une Renault.
(votre femme veut) VOUS CHOISISSEZ
CHOISISSEZ!/ (qu’elle choisisse)
vous avez acheté une Renault, vous AVEZ FAIT une bonne affaire.
vous vouliez vous CHOISIRIEZ
vous aviez voulu vous AURIEZ CHOISI/
(subordonnée : protase) (principale : apodose)56

SI PRÉSENT / passé composé de l’indicatif FUTUR <éventuel>, forte probabilité de réalisation


présent / passé composé
impératif/subjonctif présent (! 3e personne)
IMPARFAIT de l’indicatif CONDITIONNEL présent : <potentiel>57, réalisation
possible (mais plus douteuse)
PLUS-QUE-PARFAIT de l’indicatif CONDITIONNEL passé : <irréel>, réalisation exclue
CONDITION (HYPOTHÈSE) SITUATION

en français : en roumain :
* SI + FUTUR / CONDITIONNEL OK
- R58- DACĂ + VIITOR / CONDITIONAL

Condition vs hypothèse :
⮚ L’ordre des propositions : [si p, (alors) q] favorise l’interprétation hypothétique (supposition : éventuel,
potentiel, irréel). [q, si p] favorise par contre la lecture conditionnelle. Comparer : S’il vient me remplacer,
je partirai./ Je partirai s’il vient me remplacer.

55
Qui fonctionne plus souvent, en langue naturelle, comme si hypothétique. D’où l’emploi des guillemets. Voir plus bas (dans le texte)
Condition vs hypothèse.
56
« Dans le cas des conditionnelles standard, la corrélation – ou en logique : l’implication – est bel et bien figurée comme se
déroulant (de la protase à l’apodose), i.e. comme un enchaînement temporellement ordonné (Si P alors Q), et qui s’inscrit ainsi dans
la mise en séquence du texte : […] + siP + alorsQ + […] ». (Achard-Bayle, Guy (2006) – « Connexité(s), Cadrages co(n)textuels,
Portée(s) », sur : http://edel.univ-poitiers.fr/corela/document.php?id=1278). Le terme de « conditionnelles » est employé dans ce
texte au sens des grammaires normatives (traditionnelles), sans égard pour la distinction sémantique condition/ hypothèse. Cela dit,
l’ordre progressif protase + apodose caractérise ou bien les énoncés (métalinguistiques) de la logique formelle (‘si p, alors q’), ou
bien, en langue naturelle, les corrélations de type hypothétique (supposition vs condition au sens strict).
57
La distinction modale entre potentiel (avec une suite possible de type ‘espoir que tel sera le cas’ : s’il venait, je serais contente –
et j’espère qu’il viendra) et « irréel du présent » (avec une suite possible du type ‘regret que tel ne sera pas le cas’ : s’il venait, je
serais contente – mais hélas, il ne viendra pas) – cf. Le Querler 1996 : 108 – est (pour cette construction) pragmatique plus que
sémantique, c’est-à-dire émarge la sémantique de la construction grammaticale <si+ imparf., cond. prés.>, même compte tenu de
l’apport compositionnel des lexèmes qui la réalisent au cas par cas. La distinction est résolue en termes de l’enchaînement ( inter-
voire transphrastique). L’attitude épistémique du locuteur, de <croyance forte que p> ou de <savoir que non-p>, qui tranche
l’interprétation, n’est accessible que co-textuellement (par la suite donnée au discours du locuteur) ou en termes du contexte
situationnel (dans l’exemple donné : s’il est mutuellement évident, pour le locuteur et son interlocuteur-interprétant, que la personne
en question ne saurait venir).
Nous distinguerons <potentiel (fait réalisable)> et <irréel du présent> en termes syntaxico-sémantiques. Une construction dé-
balancée (asymétrique), à conditionnel présent dans la principale, et plus-que-parfait de l’indicatif après si signifiera l’<irréel du
présent> : Je partirais volontiers [maintenant] s’il était venu me remplacer ; la construction balancée (symétrique) à conditionnel
présent dans la principale, et imparfait de l’indicatif après si codera pour le <potentiel (fait encore réalisable)> : Je partirais volontiers
s’il venait me remplacer (avec, pour suite possible, qui confirme, le cas échéant, l’interprétation sémantico-syntaxique obtenue au
niveau phrastique : ___et j’espère qu’il viendra) ; et la construction balancée à conditionnel passé dans la principale, et plus-que-
parfait de l’indicatif après si codera pour l’<irréel du passé> : Je serais volontiers partie [ce matin, hier] s’il était venu me remplacer.
Le caractère irréalisable du fait supposé est alors marqué dans la subordonnée hypothétique (par le plus-que-parfait de l’indicatif),
tant dans le cas de l’irréel du présent que dans celui de l’irréel du passé.
58
formes en -r- (radical du futur et du conditionnel)
⮚ Les restrictifs bloquent la lecture hypothétique au profit de la lecture (bi)conditionnelle (« si et seulement
si »): q, seulement si p, [q …ne…] que si p. Comparer : Je partirai s’il vient me remplacer/ Je partirai
seulement s’il vient me remplacer, Je ne partirai que s’il vient me remplacer.

Construction : q, si p1 et que [+subjonctif =p2] : Si vous voulez acheter une voiture neuve et que vous ayez besoin
d’un financement complémentaire, vous souscrirez à cette carte de crédit.

3.1.2. Autres tours conditionnels/ hypothétiques


En cas de vol de votre carte bancaire, Protecarte couvre votre préjudice.
(Si votre carte bancaire a été volée . . . )
À défaut d’une assurance Protecarte, vous ne toucherez pas d’indemnité.
(Si vous n’avez pas d’assurance . . . )
À condition d’avoir souscrit à Protecarte, vos préjudices seront couverts.
(Si vous avez souscrit à Protecarte, ...)
(Faute d’avoir souscrit à Protecarte, vos préjudices ne seront pas couverts.)
(Si vous n’avez pas souscrit à Protecarte, ...)

CONDITION SUPPOSITION (hypothèse)


condition + réserve 59
+ restriction
... à condition que ... ... si tant est que ... ... à moins que... ne60 ... À supposer que ..., ...
... pourvu que ... ... sous réserve que ... Supposé que ..., ...
En supposant que/ En
admettant que ..., ...
+ subjonctif + subjonctif + subjonctif + subjonctif
(sujet 1 = sujet 2) (sujet 1 = sujet 2) Au cas où ..., ...
... à condition de ... à moins de ...
+ infinitif (présent, passé) + infinitif + conditionnel
... sauf si ... en cas de + SN/ cas
+ indicatif (présent, auquel (auquel cas)
imparfait, plus-que-
parfait)61

59
Le fait exprimé par la proposition principale cesse d’être vrai si la condition est remplie (autrement dit ce fait EST LE CAS, sous
restriction que le fait exprimé par la subordonnée ne soit pas le cas)
60
NE dit “explétif” (sans valeur négative - cf., en roumain: M` tem s` nu vin` (= M` tem de faptul c` ar putea veni)🡺 Nu vreau s`
vin`).
61
Même règle de concordance que SI “conditionnel”.
3.2. Exprimer l’OPPOSITION

La Banque de France a ALORS QUE , dans la plupart des autres grands pays, l’institution
été créée en 1800 , (TANDIS QUE) équivalente n’a été créée qu’à la fin du XIXe siècle.
SI la Banque de France a été créée dans la plupart des autres grands pays, l’institution
(ALORS QUE) en 1800 , équivalente ne date que de la seconde moitié du
(TANDIS QUE) XIXe siècle.
La Haute Banque a PAR CONTRE, les grands établissements d’aujourd’hui se veulent
perpétué ses traditions. (AU CONTRAIRE,) “banques à tout faire”.
(EN CONTREPARTIE,)
(EN ÉCHANGE,)
(EN REVANCHE,)
... , MAIS

3.3. Exprimer la CONCESSION

MALGRÉ + SN
EN DÉPIT DE + SN
BIEN QUE / QUOIQUE + subjonctif
( . . . ) QUEL(LE) QUE soit le montant (la somme) engagé(e) ( . . . )
( . . . ) QUEL(LE)S QUE soient les risques (les circonstances) ( . . . )
( . . . ) QUI QUE vous soyez ( . . . )
( . . . ) QUOI QU’il arrive ( . . . )
( . . . ) OÙ QUE vous alliez ( . . . )
QUELQUE percutantes et claires QUE soient les informations hebdomadaires sur les marchés financiers, (…)
AUSSI intéressants QUE soient ces placements, (…)

FRANÇAIS ROUMAIN
quel(le)(s)) que oricare
qui que oricine
quoi que orice
où que oriunde
quelque (+ Adj. / Adv.) que oric@t de + Adj. / Adv.
+ SUBJONCTIF + CONDI|IONAL-OPTATIV
PREZUMTIV
INDICATIV

La BNP vous fait / fera


ferait bénéficier de 50% de ces progressions
aurait fait
baisse
MÊME SI l’indice boursier baissait ultérieurement
avait baissé
3.4. Exprimer la CAUSE
3.4.1. Expliquer
● Pour répondre à une question portant sur la Parce que (P) (Q) parce que (P)
(les) cause(s) À cause de (SN) car
(POURQUOI?) (Q) à cause de (SN)
en raison de
● Pour mettre en vedette la cause C’EST parce que (P) que (Q)
(C’EST ... QUE ...) à cause de
en raison de (SN)
● Pour rectifier la cause (cause niée) CE N’EST PAS QUE
(CE N’EST PAS QUE, NON QUE + subjonctif !!!) (P : subjonctif) mais (Q :
indicatif)62
NON QUE
P et Q = phrases simples, propositions (P = la cause // Q = l’effet)

... à cause de l’augmentation de la masse ... parce que la masse monétaire allemande a
en raison de monétaire allemande = augmenté
suite à
... faute d’une baisse des taux d’intérêts allemands ... parce que les taux d’intérêts allemands n’ont
= pas été abaissés
... à force d’interventions sur les marchés = ... parce que (la Banque de France) est intervenue
à maintes reprises sur les marchés
Le SME est en danger Le calme a été ramené
À CAUSE DE la nouvelle crise monétaire GRÂCE À la Banque de France.
(effet (situation) défavorable) (effet (situation) favorable)

Si vous n’êtes pas à même de fournir une réponse à une question “Pourquoi?”, vous direz (comme pour n’importe
quelle question) :
Je ne sais pas / Aucune idée (= habar n-am)
Si vous ne voulez pas y répondre,
Si vous voulez narguer votre interlocuteur,
couper court à la conversation, vous direz :
Parce que (= De-aia/ Uite-aşa)

3.4.2. Consécuter
(Le point de vue de l’Interlocuteur)
Séquence  CAUSE EFFET
Acte  Fait (prémisse): connu(e) Conséquence: inconnue
Consécuter COMME je ne peux (pas) je rentabilise.
ÉTANT DONNÉ QUE épargner,
VU QUE
PUISQUE
PARCE QUE
FAUTE DE pouvoir épargner
Ne pouvANT pas épargner
GRÂCE À votre contrat Présence, vous bénéficiez de l’engagement de la BNP, sur
la qualité de ses services.
À FORCE D’études personnalisées, nos conseillers vous aident à gérer votre
budget au mieux de vos intérêts.
À CAUSE DE tous ces avantages, la plupart de nos clients adhèrent à Présence.

votre refus d’adhérer à nous sommes dans l’impossibilité de vous


Présence, consentir ce prêt à un tarif préférentiel.
SUITE À votre demande, nous vous envoyons ci-joint une formule
d’adhésion à Présence.
Rappeler le fait (= la prémisse) En indiquer la conséquence
(Le point de vue du Locuteur)

62
Elle accepta avec joie, non qu’il y eût entre nous beaucoup d’intimité, mais elle aimait nos enfants. (Mauriac, Nouv. P. Rob.).
3.5. Exprimer la CONSÉQUENCE

. . . , DE SORTE QUE ( + Indicatif) . . .


. . . , DONC . . .
. . . . PAR CONSÉQUENT, . . .
EN CONSÉQUENCE, . . .
PAR VOIE DE CONSÉQUENCE, . . .

. . . . AUSSI
( + inversion du sujet) . . . .
AINSI

... TROP (PEU) + Adj. / Adv. + POUR QUE ( + subjonctif) . . .

3.6. Exprimer le BUT

... POUR + SN ... CONTRE + SN


EN VUE DE
(but) (but à éviter)
dans votre intérêt
dans le but de . . .
dans un but désintéressé
≠ à des fins lucratives
... POUR
AFIN DE + infinitif
EN VUE DE
histoire de
question de + infinitif
Verbe de déplacement + infinitif63
aller
venir
etc.
. . . POUR QUE
. . . AFIN QUE + Subjonctif (présent)
(but)
. . . DE SORTE QUE
(conséquence voulue)
CAUSE // BUT CONSÉQUENCE // BUT
POUR POUR ... TROP ... POUR ... POUR QUE
+ infinitif passé + infinitif présent QUE + Subjonctif + Subjonctif
Pour avoir souscrit une Vous avez souscrit une ... DE SORTE QUE ... DE SORTE QUE +
assurance-vie, vous assurance-vie pour payer + Indicatif Subjonctif
payez moins d’impôt. moins d’impôts.

63
Je vais (chez le boulanger) acheter du pain (« je vais chez le boulanger pour acheter du pain »). Construction à l’origine du futur
proche (j’achète du lait, puis je vais acheter du pain = « j’achèterai du pain tout de suite »).
4.1. LOCALISER une action dans le temps, par rapport au MOMENT DE LA PAROLE*
avant AUJOURD’HUI après
JE DIS AUJOURD’HUI:
Il a fait beau Il fait beau Il fera beau
(hier) (en ce moment) (demain)
autrefois (jadis) maintenant plus tard
dans le passé en ce moment dans/à l’avenir
par le passé pour le moment ultérieurement
naguère à présent
de nos jours
ces temps-ci
ces derniers temps
avant ce jour-là AUJOURD’HUI après
JE DIS AUJOURD’HUI:
Il a fait beau Il a fait beau Il a fait beau
(la veille) (ce jour-là) (le lendemain)
● (un peu/ ● à ce moment-là ● (un peu / bien ) plus tard
beaucoup) plus ● à l’époque ● (peu / longtemps) après
tôt ● alors
● (peu/ bien)
avant
● auparavant

● IL Y A 3, 4, 5 ... jours/semaines/mois/ans la semaine (l’année) dernière (passée)


● AVANT-HIER le mois (l’an) dernier (passé)
(matin)
(après-midi)
(soir)
● HIER
ce soir
● AUJOURD’HUI cette semaine
ce mois(-ci)
cette année(-ci)
● DEMAIN la semaine (l’année) prochaine,
● APRÈS-DEMAIN le mois (l’an) prochain (qui vient / à venir)
● DANS/D’ICI 3, 4, 5 jours/semaines/mois /ans

4.2. LOCALISER une action dans le temps, par rapport à un MOMENT distinct du MOMENT DE LA PAROLE*
● 3, 4, 5 ... jours (semaines, ans) AUPARAVANT / la semaine (l’année) précédente
PLUS TÔT le mois (l’an) précédent / d’avant
● L’AVANT-VEILLE
(au matin)
(dans l’après-midi)
(au soir)
● LA VEILLE
● CE JOUR-LÀ ce soir-là / ce jour-là / ce mois-là
(LE JOUR MÊME) cette semaine-là / cette année-là
● LE LENDEMAIN la semaine (l’année) suivante/ d’après
(matin) le mois (l’an) suivant/ d’après
(après-midi)
(soir)
● LE SURLENDEMAIN
● 3,4,5, jours (semaines, mois, ans)
APRÈS / PLUS TARD
LA CONCORDANCE DES TEMPS

Action antérieure Action postérieure


SAVOIR DIRE passé composé présent
(postériorité (postériorité immédiate))
futur antérieur futur
plus-que-parfait imparfait
(postériorité (postériorité immédiate) & répétition)
“toutes les fois que”
“toujours”
“d’habitude”

COMPRENDRE “Après qu’il a eu rédigé son rapport, il l’a fait taper.”


(passé surcomposé) (passé composé)

“Quand il eut rédigé son rapport, il le fit taper.”


(passé antérieur) (passé simple)

LE PASSÉ SIMPLE

V1 er V2 ir V3
- ai - is - is - us - ins
- as - is - is - us - ins
-a - it - it - ut - int
-âmes - îmes - îmes - ûmes - înmes
- âtes - îtes - îtes - ûtes - întes
- èrent - irent - irent - urent - inrent

il paracheva ils accomplirent il fit ... ils firent il fut ... ils furent il vint ... ils vinrent
ils parachevèrent ils choisirent FAIRE ÊTRE VENIR
il bénéficia ils finirent ils vit ... ils virent il vécut ... .ils vécurent il tint ... ils tinrent
ils bénéficièrent ils fournirent VOIR VIVRE TENIR
il acheta ils réussirent il naquit ... ils naquirent il connut ... ils connurent (et leurs dérivés)
ils achetèrent ils blanchirent NAÎTRE CONNAÎTRE
il jeta
ils jetèrent
il gela
ils gelèrent
il souleva
ils soulevèrent
-a- / -è- -i- -i- -u- -in-

PASSÉ SIMPLE FUTUR PASSÉ SIMPLE PARTICIPE PASSÉ


il bénéficia il bénéficiera il eut (il a) EU
ils bénéficièrent ils bénéficieront il sut (il a) SU
ils finirent ils finiront il put (il a) PU
ils sortirent ils sortiront il voulut (il a) VOULU
il fallut (il a) FALLU
- AI - RAI il valut (il a) VALU
- AS - RAS je mis (j’ai) MIS
-A - RA je pris (j’ai) PRIS
- RENT - RONT il dit ... (j’ai) DIT
(ils dirent)

PASSÉ SIMPLE PRÉSENT DE L’INDICATIF


il sortit ... il SORT...
il perdit ... il PERD ...
il fit ... il FAIT ...

! MAIS: il accomplit ... il ACCOMPLIT


(ils accomplirent) (ils ACCOMPLISSENT)
(ALORS) (MAINTENANT)

!! Paul vit ALORS tous ses espoirs s’évanouir. (VOIR: passé simple)
Paul vit ACTUELLEMENT à Paris. (VIVRE: présent de l’indicatif)

4.7. L’ANTÉRIORITÉ*
(Action 1) AVANT (Action
2)
Avant que (ne*) + subjonctif (présent), . . . ANTÉRIORITÉ
Avant de + infinitif (présent), . . .
Avant + SN, . . .
Jusqu’à ce que + subjonctif (présent), . . . ANTÉRIORITÉ &
En attendant de + infinitif (présent / passé **), . . . DURÉE
Jusqu’à + SN / alors, . . .
En attendant ( + SN) , . . .
D’ici + SN / là, . . .
* ne explétif (voir supra)
** action achevée, accomplie

Mettre en vedette le repère temporel:


ÇA FAIT trois jours QUE je cherche à le joindre
IL Y A longtemps je ne l’ai pas vu
VOILÀ je l’attends
5. Le DISCOURS RAPPORTÉ

DISCOURS – JE travaille pour Sims, Dawson and Dick”, dit/a dit Paul à l’employé.
DIRECT – JE suis arrivé HIER des Etats-Unis” déclare/a déclaré Paul à l’employé.
(dialogue) – JOUEREZ-VOUS à la Bourse pour VOTRE propre compte?” lui demande/a demandé
l’employé.
– Comment pourrait-on briser ce monopole?” demande/a demandé Paul à l’employé.
DISCOURS Paul dit/a dit à l’employé QU’IL travaille/travaillait pour Sims, Dawson
INDIRECT and Dick.
Paul déclare/a déclaré à l’employé QU’IL est arrivé HIER / était arrivé LA
VEILLE.
L’employé LUI demande/a demandé S’IL jouera/jouerait (+allait jouer) à la Bourse
pour SON propre compte.
Paul demande/a demandé à l’employé COMMENT on pourrait/pouvait briser le
monopole des firmes déjà en place.
1.1. Mode d’emploi
● Verbes introducteurs:
- dire, affirmer, déclarer, maintenir, soutenir, annoncer, faire savoir, rétorquer, répliquer ...+QUE
- demander, vouloir savoir, s’enquérir ... + SI64 / OÙ / QUAND / COMMENT / QUI / CE QUE...
● Personnes
X s’adresse à TOI (VOUS): “Je” → IL (ELLE)
“Nous” → ILS (ELLES): “nous” = X + quelqu’un d’autre
→ NOUS: “nous” = X + TOI (VOUS).
“Tu” → JE
“Vous” → NOUS
JE (“vous” = pronom de politesse)
[indices syntaxiques : accord du verbe fléchi
formel (2pl), mais accord sémantique du participe
passé et de l’adjectif attribut du sujet, au sg.,
spécification du genre selon le genre naturel de
l’individu auquel on s’adresse]

X s’adresse à un TIERS: “Je”, “Tu”, “Il”, “Elle”,


→ IL, ELLE, ILS, ELLES
“Nous”, “Vous”, Ils”, “Elles”

● Concordance des temps (de l’indicatif)


Verbe introducteur Énoncé (de X)
au présent passé composé / imparfait: ANTÉRIORITÉ
(X dit que ...) présent: SIMULTANÉITÉ
futur (futur proche): POSTÉRIORITÉ
à un temps passé plus-que-parfait: ANTÉRIORITÉ
(X a dit / disait . . . que . . . ) imparfait: SIMULTANÉITÉ
conditionnel présent: POSTÉRIORITÉ 65

Discours direct Discours indirect


verbe introducteur
au présent à un temps passé

64
SI “dubitatif” (vs. SI “conditionnel”)
65
à valeur temporelle (et non pas modale) de “futur du passé”; forme concurrente: ALLER (à l’imparfait) + infinitif (Il m’a fait
savoir que tu viendrais (+ allais venir) le surlendemain)
conditionnel présent66 conditionnel présent IMPARFAIT (indicatif)

Relateur Si “conditionnel” Si “dubitatif”


Forme verbale
FUTUR
Futur proche — +
Futur du passé périph.
CONDITIONNEL

MÊME SI + présent / imparfait / plus-que-parfait (de l’indicatif)


Concordance des temps: cf. Si conditionnel

Le SI “dubitatif”
DOUTE Je ne sais/savais pas SI les firmes a) se sont emparées/s’étaient
(question Paul ne sait/savait pas déjà en emparées du marché.
cachée) Je me demande/me suis demandé place
question Paul me demande/m’a demandé b. ont/avaient le monopole du marché.
indirecte Paul veut (voudrait)/voulait savoir (= c. garderont/garderaient, allaient
(discours Paul ne sait/savait pas) garder leurs privilèges.
rapporté)
l’on d. pourrait/pouvait briser ce
monopole.
(a. = antériorité; b. = simultanéité; c. = postériorité; d. = conditionnel à valeur modale)

N.B. Même règle de concordance que celle qui est de mise après que, où, quand, comment etc. (discours rapporté
(style indirect)).

La concordance des temps est une forme de distanciation, en référence aux dires rapportés (en style indirect). Les
vérités éternelles, indiscutables (scientifiques, analytiques) s’y soustraient (Il maintenait que la terre tourne autour
du soleil).
S’y soustraient également les propositions décrivant des situations qui restent futures, du point de vue du locuteur
actuel (non seulement du point de vue du premier locuteur, dont les dires seront rapportés) : Il m’a dit que la réunion
commencera [plutôt que : commencerait, allait commencer] dans un petit quart d’heure. Quand je suis arrivée à la
fac, ce matin, il vous disait que Marie arrivera [plutôt que : arriverait, allait arriver] par le train de 16h.

66
à valeur MODALE!