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Oeuvres anatomiques, physiologiques et médicales de Galien, traduites sur les textes imprimés et manuscrits,

Oeuvres anatomiques, physiologiques et médicales de Galien, traduites sur les textes imprimés et manuscrits, accompagnés [

]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Galien, Claude (0131?-0201?). Oeuvres anatomiques, physiologiques et médicales de Galien, traduites sur les textes

Galien, Claude (0131?-0201?). Oeuvres anatomiques, physiologiques et médicales de Galien, traduites sur les textes imprimés et manuscrits, accompagnés de sommaires, de notes, de planches et d'une table des matières, précédées d'une

introduction ou étud

1854.

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ANATOMIQUES,

DE

OEUVRES

PHYSIOLOGIQUES

ET

MÉDICALES

GALIEN

I

PRINCIPALES

PUBLICATIONS

DU DOCTEUR DAREMBERG:

Œuvres d'Oribase, texte

en grande partie inédit, collationné

par

grec,

sur les ma-

nuscrits, traduit pour la première fois en français, avec une introduction, des

notes, des tables et des planches;

les docteurs BUSSEMAKER et DAREMBERG.

12 fr.

Paris, 1851-1854. tome 1 et II, in-8 de 700 et de 920 pages. Prix du vol.

Tome III sous presse.

d'Éphèse, texte, variantes, traduction et commentaires,

Œuvres de Rufus

par le docteur CH. DAREMBERG. Souspresse.

Ces deux ouvrages font partie de la

Glosulæ quator magistrorùih

Collection des médecins grecs et latins.

super

chirurgiam Roger~ti et Ro-

~lalldi, publiées

la première fois, d'après un manuscrit de la bibliothèque

pour

Mazarine et accompagnées d'une introduction, par le docteur CH. DAREMBERG.

Naples et Paris, 1854, in-8.

grecs;

Notices et extraits des manuscrits médicaux

Plan de la Collectiondes

latins et fran-

çais, des principales bibliothèques d'Europe. 1re partie, terre. Paris, 1853, in-8 de 243

pages.

médecins

Bibliothèque d'Angle-

7

fr.

et latins, publiée sous les Paris, 1851, in-8 de LIX pages.

grecs

auspices du ministère de l'Instruction publique.

Imprimerie impériale.

Ce plan a été approuvé par l'Académie des inscriptions et belles-lettres et impériale de médecine.

par l'Académie

ANATOMIQUES,

OEUVRES

PHYSIOLOGIQUES

ET

MÉDICALES

DE GALIEN

TRADUITES SUR LES TEXTES IMPRIMÉS ET

MANUSCRITS

ACCOMPAGNÉES DE SOMMAIRES, DE NOTES, DE PLANCHES ET D'UNE TABLE DES MATIÈRES

ÉTUDE

PRÉCÉDÉES D'UNE

INTRODUCTION

OU

BIOGRAPHIQUE, LITTÉRAIRE ET

SCIENTIFIQUE SUR

PAR

GALIEN

LIBRAIRE

IHH)Wii

A PARIS

CHEZ

J.

B.

DE

L'ACADÉMIE

BAILLIÈRE

IMPÉRIALE

DE

MÉDECINE

RUEHAUTEFEUILLE,19

LONDRES, CHEZ H. BAILLIÈRE, 219, REGENT-STREET

A NEW-YORK, CHEZ H. BAILLIÈRE, 290, BROAD-WAY

A MADRID, CHEZ CH.

BAILLY-BAILLIÈRE, LIBRAIRE,

1854

CALLE DEL PRINCIPE,

11

A MESSIEURS

1

P. FLOURENS,

SECRÉTAIRE PERPÉTUEL DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES,

MEMBRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE,

PROFESSEUR-ADMINISTRATEURAU MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE, ETC.

G. ANDRAL,

MEMBRE DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES ET DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINS, PROFESSEUR A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS,

MÉDECIN DE L'HÔPITAL DE LA CHARITÉ, ETC.

Galien ne s'est pas moins illustré par son admira-

tion pour par les

Hippocrate, qu'il appelle son maître,

que

progrès considérables qu'il a fait faire aux

sciences médicales.

Vous aussi, Messieurs, avez enrichi l'anatomie, la

physiologie et la pathologie de nombreux travaux jus- tement célèbres dans le monde savant et devenus clas-

siques; cependant vous n'avez

dédaigné d'interro-

pas

ger les anciens livres et d'y rechercher curieusement,

mais avec l'œil de la critique, des idées et des faits

trop longtemps

laissés dans l'oubli.

toujours étél'objet de votre prédilection;

Galien a

vous avez lu ses ouvrages, mérite rare aujourd'hui,

les admirez, vous en appréciez toute l'impor-

et soit dans vos écrits, soit dans vos cours,

vous

tance;

vous

cherchez à en inspirer le goût et à les remettre

en honneur.

Une traduction des OEuvres de Galien ne saurait donc paraître sous de meilleurs auspices que sous les

vôtres,

la fois

et mon travail ne pouvait trouver des juges à

plus compétents et plus indulgents.

Enme permettant de publier les OEuvres de Galien

sous votre illustrepatronage, vous me donnez une

nouvelle de l'intérêt que vous voulez bien

dont

preuve

prendre à mes travaux et de la bienveillance

vous n'avezcessé de m'honorer.

Paris, 15juillet 1854.

Dr CH.

DAREMBERG.

PRÉFACE.

En tête de ce volume devaient se trouver une Notice sur la vie et les écrits de Galien, et trois Dissertations sur ses

connaissances anatomiques, physiologiques et pathologi-

ques;

peu

mais cette Notice et ces Dissertations ont pris peu à un tel développement, que mon honorable éditeur a

convenable, vu l'importance du sujet, d'en faire

jugé plus un volume

à

sous le titre de : Introduction aux Œuvres

part,

de Galien, ou Étude biographique,littéraire et scientifique sur Galien. Il en résulte que le présent volume qui, dans

le plan primitif de la publication, devait être le premier est en réalité devenu le second. Aussi trouvera-t-on, soit dans les notes, soit dans le texte, de fréquents renvois à la No-

Dissertations1

tice ou aux

l'explication d'un grand

lesquels j'ai faire des

pour

nombre de passages obscurs

recherches

qu'on

particulières et

étendues;

sur

je demande donc

ressort le volume que je

ne juge pas en dernier

publie aujourd'hui et les suivants, sans avoir lu l'Intro-

duction génerale, j'ai cherché à faire l'histoire de Galien

et de ses OEuvres.

1 L'Appendice auquel je renvoie aussi et qui contient les extraits des livres que je ne publie pas en entier, se trouvera à la fin du IIIe volume.

On comprendra, sans qu'il soit besoin

j'y insiste,

que

que

dans une anatomie, une physiologie et une pathologie qui

s'éloignent en tant de points de l'état actuel de la science,

qu'en présencedethéories qui sont à peu près étrangères

à la plupart des

médecins,

qu'avec une méthode d'exposi-

tion si différente de

celles qui sont aujourd'hui en usage,

il était indispensable de donner un aperçu complet des

connaissances

de

Galien

et

de

discuter

soigneusement

tous les points litigieux. Si enfin on se rappelle que Galien

a régné en maître à peu près absolu jusqu'au XVIIIe siè- cle, on comprendra aussi qu'il importe de suivre sa for- tune, de l'étudier en lui-même et dans ses traducteurs ou

commentateurs, de montrer quelle place il occupe dans

l'ensemble des

études,

diverses périodes

du Bas Em-

aux

dela Renaissance, de rechercher

pire,

du Moyen âge et

quelles séries de transformations subit son

directe, et tantôt médiate, de découvrir quelle

autorité,

tantôt

influencenui-

sible ou salutaire il a exercée, et de ne l'abandonner qu'a-

près avoir nettement caractérisé la quadruple révolution

anatomique, physiologique, médicale et chimique qui, en

lui

l'arelégué dans le domaine de l'histoire.

portant successivement les coups les plus meurtriers,

Il était naturel qu'un

engouement

abandon à peu près complet suivît

on est presque toujours in-

universel;

un

juste envers un ennemi

vaincu. Ce n'est pas sur le champ

c'est seulement quand les

écrit l'histoire;

de bataille qu'on

conquêtes ne sont plus

les temps passés, et s'affranchissant des préjugés, je dirais

contestées qu'on peut, revenant sur

presque des haines qu'a soulevés la lutte, juger avec impar-

tialité, comparer

apprécier sainement ce qu'on a gagné et aussi ce qu'on a

avec pleine connaissance de cause, enfin

perdu. Comme il arrive souvent qu'on dépasse le but,

même sans le

vouloir, il est bon de revenir en arrière, et

qu'ont produit des attaques trop peu

de réparer le mal

mesurées.

En parlant de guerre, de combats, de conquêtes, je ne

fais point de métaphore, le XVIe et le XVIIe siècles ont été

pour la médecine, comme pour beaucoup d'autres branches

des connaissances

humaines, un véritable champ de ba-

de toutes parts entre le monde

taille; la lutte était engagée

ancien et le monde

nouveau;

aux

les querelles religieuses et querelles scientifiques et lit-

politiques étaient mêlées

téraires, et, dans l'ardeur du combat, dans l'entraînement

des passions, on ne craignit pas de presque tout détruire, pour avoir le plaisir de tout renouveler, sans se soucier des ruines qu'on amoncelait, sans penser qu'on perdait, avec

le travail de plus de vingt siècles, tout contre-poids et toute

garantie contre de téméraires innovations.

et

La Renaissance est

la fois réactionnaire

un progressif: réactionnaire pour les lettres, car, sous pré-

mouvement à

texte de revenir aux sources pures de l'antiquité, la Renais-

national;

sance efface presque partout le caractère gressif pour les sciences puisqu'elle arrache

pro-

le sceptre aux

Arabes et qu'elle le rend aux Grecs, mais progressive sur- tout par les tendances nouvelles qui se manifestent de tous

côtés et en tous sens; de telle sorte que les Grecs, remis

un moment en honneur, durent bientôt, à leur tour, céder

l'empire aux modernes. Ainsi, littérateurs et savants partent

du même point, mais arrivent à des résultats fort diffé-

rents; ainsi encore, la prépondérance

l'antiquité sut

que

reprendre et garder dans les lettres, elle n'a pu la conserver

dans la science. La réforme scientifique, plus lente, il est vrai, que la réforme littéraire, fut donc tout aussi radicale; elle était du moins beaucoup mieux justifiée, puisque la

science n'est pas une simple production de l'esprit ou du

génie, qu'elle ne repose pas sur des règles factices ou arbi-

traires, variables suivant les siècles et les nations, et qu'au

contraire, elle se fonde essentiellement sur des faits au-

connais-

thentiques,

sances

sur des méthodes sévères, sur des

positives. Or, dès le milieu du XVIe siècle, des faits

nouveaux avaient été observés ou des faits anciennement

connus avaient été mieux vus. Une méthode

reuse d'observation s'était produite au

plus rigou-

des

grand jour;

découvertes capitales venaient battre en brèche les théories

les plus en réputation et triomphaient peu à peu

les obscurités

dissiper;

de

la

routine. Devant de telles lumières

ancien devaient forcément se

temps, ces lumières devaient éclairer et mettre en relief

del'âge

mais, en même

ce qu'il

dans le

les anciens furent attaqués avec si peu de critique, et dé-

y avait

de vraiment utile,

de vraiment

a pas

beau

été ainsi:

finirent

travail de nos pères;

il n'en

fendus par de si misérables arguments,

que

qu'ils

succomber, et

le règne de l'examen se substitua

par

toutes parts au règne de l'autorité. Cette substitution,

souvent

inintelligente

ou

de

excellente en elle-même, mais

trop précipitée, a condamné les générations modernes à

reconstruire presque

tout l'édifice de la science.

premières tentatives de réforme médicale,

Toutefois, les

celles du moins qui eurent d'abord le plus de succès, se

firent encore au nom

Grecs contre les

part dans les discussions; il en

des

anciens, je

veux dire au nom des

avait alors une large

Arabes;l'érudition

résulta ce singulierphé-

nomène que, malgré les défaites successives qu'avait su-

bies le

système de Galien,

son auteur conserva pendant

longtemps une sorte

d'autorité nominale. C'est préci-

sément un des côtés les plus curieux à étudier dans l'his-

toire de moitié du

médecine

XVIle siècle et dans la première

la

au

XVIIIe; mais enfin, Arabes et Grecs furent déci-

on finit par se lasser d'une domination

même temps on se persuada volontiers,

dément vaincus;

illusoire, et en

moitié par paresse d'esprit, moitié par entraînement de

novateurs, qu'il n'y avait rien de bon à prendre

l'antiquité;d'Hippocrate, de Galien, et de Paul

dans

d'Égine

comme d'Averroès, de Mésué, et d'Avicenne, il ne reste

plus qu'un vague souvenir.

Mais le plus beau privilège de l'histoire, c'est de réparer

les injures du temps et les injustices des hommes, de dis-

cerner au milieu des débris de l'antiquité ce qu'il y a de bon

de ce qu'il y a de mauvais, de rendre justice à chacun selon

son mérite, de rechercher les causes des révolutions socia- les ou intellectuelles, d'en suivre les conséquences, d'en caractériser l'esprit, d'en faire connaître les héros ou les victimes, et surtout de faire profiter les siècles présents et

les siècles àvenirde l'expérience des temps passés. Notre épo- que, éminemment historique et critique, j'allais presque

dire indifférente, mais d'une indifférence raisonnée, scien- tifique, et qui provient de l'absence de tout système pré-

dominant,

l'antiquité

a repris avec

une ardeur soutenue l'étude de

elle recherche curieusement,

âge;

et du moyen

l'absence de systèmes

les traces des systèmes

oubliés;

en

nouveaux,

qu'on vante comme nou-

veaux, elle en retrouve les origines dans la série des temps

ou bien les systèmes

historiques.

Il semble donc que le moment soit venu de rendre à la

médecine le même service

tant d'écrivains distingués

que

ont rendu aux autres sciences,

àla littérature, et à l'histoire

politique.

Déjà M. Littré a fait revivre Hippocrate; marchant de

loin sur ses traces et le prenant toujours

guide, je

veux faire revivre Galien, le plus illustre médecin de l'an-

pour

tiquité aprèsHippocrate.

Galien était un grand anatomiste, il suffit,

pour s'en con-

- c'était

nature;

vaincre, de suivre ses descriptions sur la un habile physiologiste, ses ingénieuses

expériences sur

les systèmes nerveux et sanguin en sont un irrécusable

témoignage; c'était un pathologiste éminent, son beau

traité Des lieux affectés ne laisse aucun doute à cet égard; c'était un philosophe distingué, on le voit par son traité

des Dogmes d'Hippocrate et de Platon; c'était enfin un

esprit puissant, je n'en veux pour preuve que son système si bien lié dans toutes ses parties. ,,' Ce fut précisément l'espèce d'enivrement pour ce sys-

tème qui fit tomber Galien dans de déplorables erreurs,

yeux;

et qui trop souvent lui mit un voile devant les

il

pliait la nature à son système, bien loin de réformer

son système sur l'observation de la nature. Physiologie, patho-

logie, anatomie même, cette science positive s'il en fut ja-

mais, durent céder devant les conceptions à priori. Aussi,

tout ce que Galien voit à travers la théorie des humeurs,

des qualités élémentaires, est à peu près

frappé de

néant; la doctrine des causes finales, poussée à l'extrême,

ou

l'égare trop souvent; les opinions traditionnelles sur le rôle du foie et du cœur, opinions qu'il défend à outrance l'arrêtent au moment peut-être il allait découvrir la

circulation;

est

mais tout ce qu'il observe sans parti pris,

parfaitement observé, toutes ses expériences qui échap-

pent forcément à l'esprit de système sont concluantes et

fécondes.

Cependant, ~ou a trop oublié Galien observateur, pour ne songer qu'à Galien systématique; je veux montrer en même temps à quelles aberrations peut entraîner la domination des

peut s'é-

toutes

idées

et jusqu'à quelle hauteur de

préconçues,

ces

vue,

idées, un esprit éminent, curieuxde

lever malgré

choses, dévoué à l'étude, familier avec les écrits des an-

ciens comme avec ceux de ses contemporains, versé dans

la dialectique comme dans la médecine, habitué à observer

et à méditer, enfin, ce qui ne nuit pas non plus,appré- ciateur, un peu partial peut-être, de sa valeur person-

nelle.

'.,.

,

Le dessein que j'avais de donner

de Galien,

et et auss aussi

i

idée

exacte et com-

la réputa-

la r

é

l)uta-

une

lemériteintrinsèque

plète

plète de Galien,

le mér i te inti-i ns è qti e,, e>t

et

tion classique de certains de ses ouvrages, m'ont déterminé

dans le choix des traités que je publie. Quelques-uns ont

été déjà traduits, mais ces traductions, toutes fort ancien-

nes, sont ou difficiles à lire, et comme non avenues, ou

qu'elles font disparaître presque

exécutées de

telle façon

entièrement la physionomie du

texte, et que le sens n'y est

pas toujours fidèlement conservé.

Le traité

d'Aristote:

de l'Utilitédespartiesdu corps, dont on ne pa-

Que la nature ne faitrien en ~~(~e~

raît pas avoir compris le vrai caractère, se résume dans cette

sentence

p.a77)v ~xoieïv ~tt)v<pu<jiv). Aussi Galien, loin

d'ytraiter les ques-

occupe

qu'à

tions de physiologie proprement dite, ne s'y

découvrir et à démontrer que les parties ne pouvaient pas

être mieux disposées qu'elles ne le sont,

et qu'elles sont

parfaitement adaptées aux fonctions qu'elles ont à remplir.

Ce traité suppose donc connues, et ces fonctions mêmes et

les dispositions anatomiques; l'anatomie, on la trouve

ticulièrement dans le Manueldes dissections, et la physiologie

par-

dans d'autres traités dont je vais bientôt rappeler les titres.

Une conception hardie, et jusqu'à un certain point nouvelle,

de la parfaite harmonie entre les diverses parties du corps,

une théorie complète des causes

finales, des idées élevées

quelquefois éloquentes

sur Dieu et la

des diatribes

nature,

fine

ironie contre les œuvres prétendues du

hasard et des atômes, des descriptions animées, des points

de vue souvent très-justes sur les utilités et les actions des organes, des idées générales étendues, des principes féconds

et pleines d'une

sur certaines questions d'histoire

naturelle,

telles

sont

l'ouvrage dont

les qualités qui distinguent excellemment

nous parlons.

Mais une volonté arrêtée de

tout

expli-

quer, de faire concorder toutes les explications, de ne trou-

ver jamais ni

ni la nature

défaut, une

lui-même,

en

ignorance absolue

de l'anatomie humaine, une connais-

sance

imparfaite

de

l'anatomie

comparée et

de

l'em-

une prolixité quelquefois excessive, des sub-

bryogénie,

tilités,

des paradoxes, tels sont les défauts qui empêchent

trop souvent Galien de voir juste et d'exposer méthodi-

quement.

Dans les longs extraits du Manuel des dissections, et sur-

tout dans les derniers livres jusqu'ici inédits1, on verra Galien

derniers. Le texte grec n'a pas été

La fin du

IXe livre et les sept

heureusement

1

retrouvé;

il en existe une version arabe signalée

encore

déployer toute son habileté et toute son exactitude comme

anatomiste et comme expérimentateur. Dans ce traité, il

semble que

blié ses

la nature le domine complétement, qu'il a ou-

idées systématiques, et qu'il n'a d'autre but et

d'autre désir

de bien observer.

que

Dans le Traitédes lieuxaffectés, Galien a devancé l'école

en démontrant par la théorie et par les faits

moderne,

combien

il importe d'abord à la connaissance des maladies,

puis à la thérapeutique de connaître exactement le siège du

mal, en d'autres termes, d'arriver au diagnostic local. Cet

admirable ouvrage, l'un des plus beaux titres de gloire de

n'a jamais été traduit en français, je le fais figurer

Galien,

tout

entier dans le troisième volume.

Les traités Des facultés naturelles, Du mouvement des

muscles, De la semence, Des

le

pou

nionsdHippocrate

éléments,

les ouvrages Sur

ls, Sur la respiration, les Commentaires sur les opi-

et de Platon, nous présentent une idée

à peu près complète de la physiologie théorique et expéri-

mentale de

Galien;

j'ai traduit les deux premiers ouvrages

en entier, et des

autres je donne des fragments nombreux

et étendus ou tout au moins une Le traité De la thérapeutique à

Méthode thérapeutique, des Commentaires sur les livres chirurgicaux d'Hippocrate, du traité De l'artde conserver

analyse.

Glaucon;

des extraits de la

la santé, etc., achèveront l'esquisse de Galien comme

pa-

thologiste; enfin, plusieurs opuscules, ceux qui figurent déjà

Golius, mais à

peu près oubliée depuis. Mon savant ami, M. le

ainsi dire, découverte de nouveau à

par

docteur Greenhill, l'a,

Oxford;

pour

j'ai pu avoir une copie du manuscrit, et j'en ai fait la traduction

l'aide de M. G. Dugat, dont les travaux sont justement appréciés par les orientalistes.

avec

volume;

dans ce

encore qui

les deux traités Sur les sectes, et d'autres

seront publiés par fragments ou en entier, nous

comme mora- liste; ces opuscules donneront aussi une idée de la ma- nière dont il concevait et exposait les généralités sur la médecine. Je ne publie aucun des traités depathologie générale que Galien a rédigés sous les titres de Causes des symptômes,

Causes des maladies, Différence des maladies, etc. Ces ou-

montreront Galien comme philosophe et

vrages sont fort importants sans doute;

on ne peut d'ailleurs,

comme ils sont très-prolixes, et qu'ils abondent en détails

mais

autres;

guère traduire l'un sans traduire tous