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PROGRAMME FÉVRIER 2000 À JUILLET 2000

(les activités présentées en archives ne tiennent pas compte des modifications


qui sont intervenues en cours de programmation)

CONFÉRENCE page 2

SÉMINAIRES page 3

Philosophie/Art et Littérature page 3

Philosophie/Droit et économie page 15

Philosophie/Philosophie page 16

Philosophie/Politique page 25

Philosophie/Psychanalyse page 28

Philosophie/Sciences sociales page 31

Philosophie/Sciences page 33

HOMMAGE À L'ŒUVRE page 35

COLLOQUES page 36

JOURNÉES D'ÉTUDE page 40

FORUM page 44

LES SAMEDIS, DÉBATS AUTOUR D’UN LIVRE page 45

INDEX DES RESPONSABLES DE SÉMINAIRE page 49

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CONFÉRENCE

Marcel CONCHE

Penser la Nature

Jeu 16 Mars (19h-21h30)


Amphi Poincaré, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Penser la Nature n'est pas la connaître ou la comprendre.


1) La Nature est distinguée des « mondes » ou des « univers », qui sont, ou peuvent être plusieurs : la Nature est
unique.
2) Si les sciences de la nature peuvent aider, il faut avoir l'œil sur les sciences de la nature, mais non se fonder sur
elles.
3) Le point de départ : la Présence de la Nature. Réflexion sur la notion de « Présence ». Discussion critique de
l'analyse de Heidegger.
4) Le monde est le « visage » ou « aspect » (eidos) de la Nature. En dehors du monde (cosmos), elle est
l'Englobant. Au-dedans, elle est Vie et principe de vie, phusis.
5) La Nature est à la fois tout le réel et ce qu'il y a de plus réel. Les « signes » (sèmata) de l'Être de Parménide
s'appliquent à la Nature.
6) La Nature est plus que « l'Être » : elle est infinie. Analyse de sa multiple infinité : en extension (le temps et
l'espace comme aspects de la Nature), en complexité, en fécondité.
La nature, « poésie énigmatique » (Montaigne).

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SÉMINAIRES

Philosophie/Art et Littérature

Thorsten BOTZ–BORNSTEIN

L'espace du rêve : La chôra

20h30-22h
Salle RC2 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56),
Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Mar 22 Fév, Mar 29 Fév, Mar 7 Mars, Mar 14 Mars, Mar 21 Mars, Mar 28 Mars,
Mar 18 Avr, Mar 25 Avr

Au centre de nos analyses se trouvera la chôra grecque qu’on rattachera, dans une première partie, à son contexte
philosophique constitué par Zénon et Aristote. On prendra en considération les interprétations de Gadamer, Heidegger
et Bergson.
L’approche heideggérienne « non-conceptuelle » de l’espace sera examinée ensuite comme une alternative qu’il nous
appartiendra cependant de critiquer. Nous remettons en question une « idyllisation » de l’espace qui semble relever
d’une « urbanophobie » heideggérienne.
Dans la deuxième partie, nous considérerons en particulier l’espace tel qu’il est conçu par une forme d’art dont
l’expression ressemble par sa nature au rêve : le cinéma. On complètera les observations purement théoriques faites
dans la première partie. On examinera le paysage onirique et le problème du point de vue dans ces paysages en
particulier. Le spectateur qui est confronté avec un paysage de rêve se trouve dans une position qu’il ressent à la fois
de l’intérieur et de l’extérieur. On cernera la production de cet effet chez Tarkovski, mais aussi chez un peintre qui a
été mis en avant par ce maître du cinéma de rêve lui-même : Caspar David Friedrich. Une idée de la « terre » est au
moins autant présente chez Tarkovski que chez Heidegger. Mais chez Tarkovski cette conception de la « terre russe »
est tournée vers une expression onirique, tandis que chez Heidegger elle demeure le symbole du concret que l’on
oppose à l’abstrait euclidien.
Vers la fin du séminaire, on abordera des alternatives non-occidentales fournies au concept de l’espace. Un lien entre la
durée pure de Bergson et le concept de durée de Nishida Kitaro (fondateur de l’école de Kyoto), tel qu’il apparaît dans
un de ses premiers ouvrages, nous donne une raison d’examiner à nouveau les notions de lieu (la chôra) et d’espace
onirique.

Intervenant : Rolf Elberfeld (Université de Wuppertal) : Nishida Kitaro : une philosophie du « lieu »

Raymonde CARASCO

Cinéma-corps-pensée

Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


19h-22h : Mer 23 Fév
18h30-21h30 : Mer 15 Mars, Mer 29 Mars, Mer 17 Mai, Mer 24 Mai, Mer 7 Juin

Ce séminaire se propose de poursuivre la recherche ouverte en 98-99 sous le titre « La pensée-cinéma » : c’est le
problème du corps, de la création des corps cinématographiques qui nous semble aujourd’hui capable d’être

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l’intercesseur entre le cinéma et la pensée, d’assurer la jonction entre les concepts traçant le plan d’immanence
philosophique et les sensations dressant un plan de composition esthétique.

« Penser, c’est apprendre ce que peut un corps non-pensant, sa capacité, ses attitudes ou postures. C’est par le corps
(et non plus par l’intermédiaire du corps) que le cinéma noue ses noces avec l’esprit, avec la pensée. » Gilles
Deleuze.

La trilogie fondamentale Deleuze-Artaud-Godard nous permettra de poser le problème cinéma-corps-pensée. Le travail


des Histoire(s) du cinéma de Godard apparaît exemplaire d’une rencontre avec la pensée du corps du dernier Artaud
(1945-1948) — le clou, le corps, moi, Antonin Artaud, le corps cloutant-clouté à condition d’être soi-même le
clouteur... On pourrait alors dégager une constellation de catégories plus fine que celle, encore énigmatique, du corps-
sans-organes : entrer véritablement dans une hétérogenèse de la pensée.

Nous partirons donc de la rencontre Godard-Artaud, découvrant minutieusement la constellation des catégories du
cinéma-corps-pensée qui appartiennent au « dernier Godard », donnant la parole au cinéma des corps, attitudes et
postures du corps quotidien ou cérémoniel comme nouvelles catégories : catégories cinéma-corps-pensée immanentes
au cinéma du corps chez Godard, mais aussi chez Rivette, Garrel, Rouch, Straub, donnant à voir et à entendre, à
sentir, les films eux-mêmes, donnant à écouter la parole même des cinéastes.

Les séances seront accompagnées de projections de films.


Les titres des films et la présence des réalisateurs seront communiqués au cours du séminaire.

Intervenants : Philippe Garrel, Jean Rouch (réalisateurs)

Hélène CIXOUS

Le Criminel de Maman ou le goût de poire du châtiment

9h30-15h30
Salle B 101, Bât. B, 1er étage, Univ. Paris 8, 2 rue de la Liberté, 93000 Saint–Denis
Sam 26 Fév, Sam 11 Mars, Sam 25 Mars, Sam 29 Avr, Sam 6 Mai

Séminaire organisé dans le cadre de la convention avec l'Université de Paris 8/DEA d'Études féminines

Où il sera question du lien structurel entre le crime dédié par l’enfant à maman et l’écrit. Parce qu’écrire aura toujours
été le délicieux acte défendu. Défendu parce que délicieux ? Et tout aura commencé par une scène primitive où l’auteur
à venir commet « le pire possible » en l’honneur de maman. Afin de l’attirer, elle, l’aimée, de la faire tomber ou alors
de tomber pour elle, de l’aimer en tombant, de mimer la passion encore lointaine par les chemins tortueux de la
substitution.
Premier acte : la chute, l’occasion : chute de Stendhal-Brulard sous les menus sabots de sa mère la biche. « Amoureux
de ma mère (j’avais six ans) j’étais aussi criminel que possible ». On fait tout ce qu’on peut. Augustin, lui, c’est le
larcin : ce célèbre vol de poires sans lequel il n’y eût eu ni Les Confessions, ni La Cité de Dieu. Une logique
génétique est inaugurée dans le verger algérien pour toute la durée de la littérature. Du même jardin naîtront Rousseau
ou Derrida. Et chacun son vol afin de causer les Confessions. « Moi j’ai voulu voler... ce n’est pas de l’objet
convoité par mon vol que je voulais jouir mais du vol même et du péché » disent-ils, tour à tour, les auteurs. Mais le
péché n’est pas la fin. C’est l’après-péché qui est désiré. Il s’agit du mystère de la honte comme désir, de la légende de
la honte qui est du désir d’être vu, d’être remarqué, grondé, menacé — par maman (on remarquera que papa, grotesque,
déguisé sous son bonnet de nuit, n’est pas du tout intéressant). La sensualité cachée dans la honte. La chaîne des
délits délicieux est solide et bien longue. À l’aube le crime, à midi le châtiment, enfin au crépuscule — surtout-pas-
l’aveu. L’aveu, je veux seulement l’évoquer, l’agiter, le garder au secret, mais non point l’effectuer. Sauf — Sauf à
l’accomplir, bien plus tard et ardûment sous le voile du récit...

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Bibliographie : Saint Augustin : Confessions ; Ingeborg Bachmann : Trois sentiers vers le lac ; Thomas Bernhard :
Un enfant et La cave ; Hélène Cixous : L'ange au secret et Osnabrück ; Jacques Derrida : Le monolinguisme de
l'Autre et Circonfession in J. Bennington/Jacques Derrida ; Clarice Lispector : La découverte du monde, Près du cœur
sauvage et Malheurs de Sophie ; Jean-Jacques Rousseau : Confessions ; Stendhal : Vie de Henry Brulard

Intervenants :
- Samedi 6 mai : Anne Berger et James Siegel

Ce séminaire se poursuivra en Sorbonne, salle des Commissions, 46 rue St-Jacques, 75005 Paris de 9h30 à 15h30
aux dates suivantes : Samedi 20 mai, Samedi 17 juin et Samedi 24 juin
Intervenants :
- Samedi 20 mai : Annie Leclerc
- Samedi 17 juin : Jacques Derrida

Danielle COHEN–LEVINAS

Écrire de la musique - de quel art s'agit-il ?

10h-12h
Salle des Actes, Univ. Paris 4-Sorbonne, 1 rue Victor Cousin, 75005 Paris
Lun 28 Fév, Lun 27 Mars, Lun 17 Avr, Lun 29 Mai

Séminaire organisé en collaboration avec le CRETM et l'Itinéraire

Quelle place la musique occupe-t-elle dans le champ des pratiques et des théories sur l’art ? En posant l’écriture
comme paradigme du mode de penser et de représentation de la composition, ce séminaire tente, en donnant la parole à
des compositeurs, d’aborder philosophiquement le dispositif musical comme un raptus, un accident herméneutique qui
la place d’emblée dans un « à côté » que nous devons déchiffrer et méditer. Comme s’il s’agissait d’un art singulier
dont le statut et la fonction n’était ni tout à fait du côté de la poiëtique, ni tout à fait du côté du spéculatif. À quel
moment la musique se constitue-t-elle en art ? Est-ce celui de l’écriture, ou celui de l’interprétation ? Et quand le
compositeur écrit, soumet-il des percepts au formalisme et à la syntaxe spécifiques à la musique, ou à ce que
Schoenberg et plus tard Boulez ont appelé des « idées » ? Il y a lieu aujourd’hui de s’interroger sur cet « art », la
musique, en prenant pour objet ses procédures d’élaborations souvent synonymes de concepts.

Intervenants :
- Lundi 28 février : Daniel Teruggi : Écriture de sons ou écriture de notes, les enjeux de l'art d'assembler les sons
- Lundi 27 mars : Marco Stroppa : Espace et Figure
- Lundi 17 avril : Michaël Levinas : Écriture ou transmission ?
- Lundi 29 mai : Philippe Leroux : Le compositeur est-il un joueur ?

Maria Letizia CRAVETTO

Précarité et exclusion (suite) : éléments pour une éthique de la représentation

20h-22h
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 8 Mars, Mer 22 Mars, Mer 19 Avr : Amphi A
Mer 3 Mai : Amphi B
Mer 17 Mai : Amphi A

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De même que les documents ensevelis dans les ghettos et dans les camps, la littérature testamentaire oblige non
seulement à percevoir le témoignage comme un besoin humain irréductible, mais à saisir la nature du lien entre
l'anéantissement et sa transmission en tant qu'expérience humaine et historique.
Otages de cette problématique, nous découvrons d'abord que les problèmes d'éthique et d'esthétique sont désormais
enchevêtrés « de façon inextricable » (R. Ertel) ; puis nous constatons comment le meurtre s'articule au secret et à la
rhétorique (sociale), de sorte que nous sommes contraints de nous « situer dans le langage vivant et déviant de
l'ambiguïté » (N. Lapierre).
En 1982, M. de Certeau relevait déjà la nécessité éthique qui amène le sujet « à soutenir seul son désir dans le langage
même de la tromperie que lui impose son histoire ». Ambiguïté et tromperie, ces mots ne désignent-ils pas une
écriture où le je est aussi le moi ?
Et ce je-moi n'est-il pas ce qui permet d'insérer dans l'analyse de l'évolution des sociétés juives rescapées du génocide
ou dans celle des sociétés caractérisées par une pensée métisse, l'affect et ses détails, propres à la fiction, afin que la
transformation des individus, des institutions et de la mémoire puisse apparaître comme réelle aux lecteurs ?
Ces représentations, qui se situent entre une éthique scientifique et une éthique subjective, portent en elles l'écart qui
sépare — l'histoire qui s'est faite — et l'histoire telle qu'elle est racontée. Ces représentations peuvent-elles, par
conséquent, nous amener à mieux comprendre certains textes littéraires qui aujourd'hui se glissent et se cherchent
parmi les modèles culturels imposés ?

Intervenants :
- Mercredi 8 mars : Maria Letizia Cravetto et Alain Parrau : L'écriture testamentaire
- Mercredi 22 mars : Maria Letizia Cravetto et Reinold Werner : Niemand/zeugt für den/ Zeugen : Nul/ne témoigne/
pour le témoin
- Mercredi 19 avril : Maria Letizia Cravetto et Luca d'Isanto : De l'intimité à l'hospitalité
- Mercredi 3 mai : Maria Letizia Cravetto, Élisabeth Lemirre et Tassadit Yacine : Ambiguïté et métissages culturels
- Mercredi 17 mai : Maria Letizia Cravetto et Stefania Pandolfo : Fidélité à l'Après

Simon CRITCHLEY

Un sens de l'humour

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Jeu 8 Juin, Jeu 15 Juin : 18h30-20h30 Amphi B
Jeu 22 Juin, Jeu 29 Juin : 18h-20h, Amphi A

Séminaire organisé en collaboration avec le Forum for European Philosophy, Londres

Mon hypothèse c’est que l’humour dans son refus de l’héroïque et sa reconnaissance de l’insaisissable de la finitude,
nous ramène à l’ordinaire même de l’ordinaire, la quotidienneté du quotidien. Nous pourrions même dire que l’humour
a une fonction éthique dans la mesure où le partage d’une blague, d’un joke, nous ramène à ce qui est partagé dans les
pratiques mêmes de la Lebenswelt, non pas dans une manière héroïque ou même affirmative, mais plus modestement,
plus discrètement. On pourrait même parler de l’humour, d’après Shaftesbury, comme une forme minimale de sensus
communis. La chose extraordinaire de l’humour — la Chose qui se donne ou qui clignote dans le comique — c’est
qu’il nous ramène au familier en le faisant fantastique, elle nous ramène au réel en le faisant surréel. Dans ce sens-là,
l’humour nous fournit une phénoménologie oblique du quotidien. Le but de ce projet de recherche sera alors double :
d’une part, de montrer que ces petites explosions de l’esprit et de l’ironie qu’on appelle l’humour nous ramènent au
monde de nos pratiques familières et communes ; et, d’autre part, d’indiquer comment ces pratiques peuvent être
transformées et perfectionnées ; d’imaginer comment on peut voir les choses autrement. Bref, l’humour possède un
pouvoir messianique faible.

Je propose de diviser mon thème selon les six topiques suivantes :


1. Introduction générale (Swift, Sterne, Bergson, Freud)
2. L’humour est-il humain ? (La représentation de Dieu et de l’animal dans le rire)
3. La corporéalité du rire

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4. L’éthicité et l’ethnicité de l’humour
5. Quelle validité y a-t-il pour un mot d’esprit ?
6. Comédie et finitude - la mort et le pouvoir messianique faible de l’humour

Florence DUPONT

L'insignifiance tragique.
Les choéphores d'Eschyle, Électre de Sophocle, Électre d'Euripide

18h30-20h30
Espace Jussieu (entre la Tour 34 et 44), Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Mar 22 Fév, Mar 29 Fév, Mar 7 Mars, Mar 14 Mars, Mar 21 Mars, Mar 28 Mars, Mar 18 Avr,
Mar 25 Avr, Mar 2 Mai, Mar 9 Mai, Mar 16 Mai, Mar 23 Mai

Séminaire organisé dans le cadre de la convention avec l’Université de Paris 3.

Le projet général est de substituer à une définition narrative du mythe grec présente dans le discours critique, par
exemple « le mythe d'Électre », faisant de ce mythe un noyau sémiologique, qui serait inhérent au récit, une
définition anthropologique et historique du mythe comme pratique culturelle et comme institution permanente de la
Grèce ancienne. Le mythe est un dire et un faire, non un dit. La tragédie athénienne étant une forme entre autres de ce
dire et faire. Sans introduire une historicité qui ferait du muthos venu de l'épopée archaïque, une énigme posée au
logos civique.
L’étude d’une tragédie athénienne est donc la reconstitution de l’événement qu’elle a constitué et au lieu d’ouvrir sur
l’universel elle débouche sur un très particulier ici et maintenant, ce que nous appellerons « l'insignifiance », ou
encore « l'exploration mythique ». Le point de départ, développé déjà dans L'invention de la littérature, pour l'épopée
à partir des conditions d'énonciation de l'épopée homérique, est donc repris ici pour aborder la tragédie athénienne,
dans une perspective ouverte par Gregory Nagy. Le fait que nous ayons conservé trois tragédies ayant le même sujet,
c'est-à-dire le même récit : — les Choéphores et les deux Électre — permettra de vérifier notre hypothèse.
La perspective que nous présentons explique aussi pourquoi les trois tragédies ont des dénouements si différents : on
connaît chez Eschyle la folie d'Oreste poursuivi par les Érinyes, mais on oublie parfois que chez Sophocle, Oreste
reste à Argos et reprend le trône de son père sans obstacle religieux, que chez Euripide il doit s'exiler et fonder ailleurs
une nouvelle famille.

Ce séminaire sera partiellement repris par Florence Dupont en 5 séances la première semaine de juin à l'Institut des
Sciences humaines de Ljubljana (Breg 12, 1000 Ljubljana, Slovénie)

Jean–Clet MARTIN

Tableau contemporain de la modernité

18h-20h
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 1 Mars : Amphi A
Mer 3 Mai : Amphi Stourdzé
Mer 7 Juin : Amphi A

« Les Français considèrent les objets extérieurs comme le mobile de toutes les idées, et les Allemands les idées
comme le mobile de toutes les impressions ». Une double illusion, évoquée par Émile Bernard, en laquelle on aura
reconnu la révolution copernicienne, propre à l'idéalisme allemand, qui devait tout centrer autour du sujet, opposée à
l'esprit sensualiste des Français qui ont davantage fait graviter les choses autour de l'objet ; une double réduction que,

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dans la lignée de Delacroix, la peinture moderne devait contester de manière systématique, en traçant la sensation
colorante d'un monde dont, aujourd'hui, ni la phénoménologie, ni la philosophie analytique ne sauraient produire
l'articulation. La première pour avoir enraciné toute donation du monde dans les ourlets de la chair, la seconde pour
avoir conservé la forme du jugement qui fait de toute synthèse la construction d'une proposition logique, réduisant par
là toute chose à son énonciation où se joue l'éloquence supposée du monde. Nous partirons d'une forme de pensée très
différente qui ne trouvera sa ressource ni dans les juridictions de la langue, ni dans celles des facultés que la
phénoménologie dispose autour du corps selon une intentionnalité qui, fût-elle passive et comme impersonnelle, reste
difficile à soustraire à la forme déterminante ou réfléchissante du jugement. Notre point de départ trouvera dans la «
matière couleur » sa concrescence, sachant que la couleur est prévalente par rapport à tous les réquisits que nous
venons d'invoquer. La couleur — le cercle chromatique initialisé par Goethe — est le milieu où le monde se noue
selon une synesthésie dont la beauté n'est redevable ni à une essence représentée (Beaux-Arts), ni à un jugement de
goût qui se tiendrait dans l'intériorité du sentiment, fût-il sublime (esthétique), mais se concrétise dans la concrétion
autonome des couleurs, dans l'exaltation mutuelle des complémentaires, indépendamment du sujet autant que de
l'objet, beauté dont Delacroix avait cherché à comprendre les rapports sous l'index de ce qu'il appelait « la vérité en
peinture », là où Manet aura dressé son plan, son aspect anonyme. C'est avec Cézanne que la couleur et le plan se
rejoindront dans l'immanence d'une profondeur très éloignée de la perspective classique.
Gœthe, Delacroix, Manet, Cézanne, Picasso, nous serviront de noms pour ponctuer ce parcours dans l'exploration
d'une sensation qui déporte la modernité sur une voie des plus contemporaines.

Intervenant : Eric Alliez

Patrice LORAUX et Jean MAUREL

Graphiques et diagrammes de la pensée

18h30-20h30
Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 2 Mars, Jeu 16 Mars, Jeu 30 Mars, Jeu 20 Avr, Jeu 4 Mai, Jeu 18 Mai

Nous ne pouvons pas penser une ligne sans la tirer par la pensée, un cercle sans le décrire : comme Kant lui-même
l'indique, comment penser sans exposer ce que l'on pense ?
Mais la pensée ne s'expose-t-elle pas non seulement dans l'espace et dans le temps mais à l'espace et au temps ? La
pensée peut-elle se concevoir avant cette exposition ? N'est-ce pas la modalité même de son existence de pensée
comme telle, de sa sortie de soi comme art de penser libéré du pouvoir des concepts ou des catégories ?
Au-delà ou en deçà d'une simple écriture qui serait assignée à la présentation d'une faculté pure, la pensée s'inscrit à
même des signes, émet des signes, fait signe, se dessine et dessine, se fait ligne dans un aller ligne, comme dit Henri
Michaux, qui se risque à l'aveugle pour mieux faire voir, sentir et toucher, inventant sa trace de ligne de vie.
De Platon à Kant, en passant par Descartes, Leibniz, jusqu'à Husserl et au-delà, chez Merleau-Ponty, Deleuze ou
Derrida, la philosophie n'a pas manqué de s'exposer à ces aventures de lignes, à ces mouvements de lignes de fuite
active que les artistes eux aussi ne cessent de risquer, de laisser deviner comme la marque même du devenir indéfini.
Suivre les traces de la pensée en compagnie, par exemple, de Klee, Michaux, Giacometti, et beaucoup d'autres qui
ouvrent le passage et esquissent le trajet, c'est supposer que l'homme n'est pas seulement un roseau, mais une ligne
pensante et que les tableaux noirs ne sont pas seulement faits pour les opérations de la science, les calculs et les
figures géométriques du savoir.

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Heiner MÜHLMANN

La nature de la culture occidentale. Esquisses d'une théorie génético-culturelle

Mer 23 Fév : 18h30-20h30, Salle des Résistants, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris
Jeu 24 Fév : 18h30-20h30, Salle RC2 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56)
Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Mer 15 Mars : 20h30-22h, Salle RC2 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56)
Jeu 16 Mars : 18h30-20h30, Salle RC2 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56)
Mer 19 Avr : 20h30-22h, Salle RC2 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56)
Jeu 20 Avr : 18h30-20h30, Salle RC3 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56)
Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris

La culture est décrite uniquement comme dynamisme de transmission et non pas comme une entité durable. Par
conséquent, une éventuelle stabilité culturelle doit être une stabilité dynamique, c'est-à-dire une stabilité précaire.
L'unité quantitative et élémentaire, le « trait culturel », est conçue comme « règle » disposant de la structure
algorithmique « if ..., then... ». La quantité totale de « traits culturels », autrement dit « règles », est structurée en
différents systèmes d'« ajustement de règles » (rule adjustment. John Holland), qui peuvent aussi porter des noms
provenant du développement culturel lui-même. Parmi ces noms, le plus influent est celui de « decorum ». Cette
notion dirige toute production artistique pendant l'époque prémoderne de la Culture Occidentale (français : bienséance).
Le « décorum » est présenté :
1) en sa version cicéronienne ; il s'agit du système d'ajustement de règles qui dirige la culture de la Renaissance et
dont l'abandon mène à l'époque de la modernité ;
2) en sa version « effet hooligan » comme système culturel qui émerge soit en chaque culture marginale alimentée par
une communication d'agressivité et de stress, soit en chaque culture totalitaire pratiquant une politique de pensée
stratégico-militaire combinée avec un contrôle strict de la production culturelle.
Les « traits culturels » sont divisés dans les deux groupes « trait d'indication » et « trait de préférence » (Boyd et
Richardson). « Indication » peut être traduit par « valeur d'application », « préférence » par « validité ». Le problème
de « valeur d'application / validité » apparaît dans le discours principal des humanistes italiens, qui était consacré à la
recherche d'une certaine protosouveraineté. Les humanistes discutaient la « validité » et la « valeur d'application » du
« Corpus Iuris Iustiniani ».
Le thème principal sera consacré au développement de la pratique et de la théorie de la souveraineté et sa relation avec
la guerre, la stratégie et le comportement « stress ».

Intervenant :
- Mercredi 23 février : Peter Sloterdegk : La transmission de traits culturels ambigüs et son effet émotionnel (titre
provisoire)

Guillaume NEMER

Autour de la sociologie de la musique de Theodor W. Adorno

20h-22h
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 22 Fév, Mar 7 Mars, Mar 21 Mars : Amphi A
Mar 18 Avr, Mar 25 Avr : Amphi B

La dénonciation de l’exploitation économique orchestrée autour de la musique appelle une critique immanente de
l’ontologie du phénomène. Ce constat amène Theodor Adorno à considérer dans sa sociologie de la musique que
l’œuvre musicale, à l’instar du visage chez Levinas, n’est pas un phénomène.

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Du fait de l’impossible superposition entre sa manifestation et son concept, la musique ne s’offre pas à la sociologie
comme à une théorie de la connaissance. À l’heure de l’industrialisation des biens de la culture, cela revient à poser la
question de la musique en tant que contenu idéologique. Cela revient aussi à relancer l’idée d’une expérience
individuelle véritable. Cette dernière exigence étant commune à tous les théoriciens de l’École de Francfort. La
critique de la théorie de la connaissance appelle un traitement négatif de la forme musicale sur deux niveaux : critique
de l’idéalisme d’abord qui ne voit pas que « dans l’intervalle qui sépare l’homme et l’idée se glisse le mensonge » de
l’aperception non médiatisée ; critique du réalisme ensuite qui croit pouvoir en instrumentaliser le concept alors que
pour Adorno « le bonheur serait au-delà de la praxis ». Tout en empruntant la méthode de la réduction à Husserl,
Adorno retrace enfin le parcours négatif car social et idéologique du son, qui recouvre ainsi, par-delà la fausse
alternative du dit et du non-dit, la fonction u-topique du dire de l’expressivité humaine.
La sociologie de la musique adornienne fait apparaître, par le biais de la critique immanente poussée à son paroxysme,
des « lignes de fuite » où l’on voit que la force du négatif fait rimer la problématique de l’émancipation avec celle de
l’évasion.
Le séminaire, ce semestre, traitera la question de la critique de l'utopie développée dans la sociologie de la musique
d'Adorno à partir de la controverse avec Walter Benjamin telle qu'elle émerge dans la critique de l'Exposé de 1935.

Intervenants :
- Mardi 22 février : Guillaume Nemer : Critique de la fantasmagorie dans la sociologie de la musique. Notes sur la
controverse Adorno/Benjamin
- Mardi 7 mars : Miguel Abensour : La question de l'utopie chez Walter Benjamin
- Mardi 21 mars : Géraldine Muhlmann : La « flânerie » comme attitude politique
- Mardi 18 avril : Guy Petitdemange : (titre à préciser)
- Mardi 25 avril : Danielle Cohen-Levinas : Adorno à l'épreuve de la narrativité chez Benjamin

Olivier CAPPAROS et Frédéric NEYRAT

Fonctions de l'image (représentation, défiguration - symptôme)

Salle RC2 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56),


Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
20h30-22h : Ven 25 Fév
18h30-20h30 : Ven 10 Mars
20h30-22h : Ven 24 Mars
18h30-20h30 : Ven 21 Avr, Ven 28 Avr, Ven 5 Mai, Ven 19 Mai, Ven 9 Juin, Ven 16 Juin

Il s'agit pour nous d'interroger ce que nous donne à voir l'image, ce qu'elle masque, invente et défigure. Les ressources
figuratives de la conscience s'affrontent à l'infigurable, à l'imprésentable, au réel de l'image qui met à nu ce qui, de
l'inconscient, consiste en une « part maudite » soustraite à toute représentation. Pas de figuration sans symptôme
d'un infigurable au cœur de la représentation. Pas de rapport vivace à l'image sans mise en scène fondatrice de sens
mettant en cause la fragile partition sujet-objet. Il semble que l'image puise son efficace, sa fonction, au cœur d'un
espace amorphe, d'une réserve asubjective qui, indéterminée, serait la source de toute transformation psychique —
voire de toute conversion du regard. C'est ce que nous essaierons d'interroger en étudiant le rapport qui noue/dénoue
l'œuvre d'art (comme pratique, « objet » artistique et expérience de réception), l'image de soi et l'image du corps :
l'œuvre de l'art n'est-elle pas, avant tout, un piège pour la psychè ? Il s'agira pour nous de pointer les diverses
fonctions de l'image (attribution, transformation, figuration, défiguration...) en analysant aussi bien la façon dont une
image peut être incorporée que celle qu'a un sujet d'entrer dans l'image. Nous convoquerons à ce titre la
phénoménologie, la psychanalyse et l'esthétique.

Intervenant : Lionel Marchetti (compositeur, auteur)

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François NOUDELMANN

Illisible/Invisible

Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


18h-20h : Jeu 4 Mai, Jeu 11 Mai, Mer 17 Mai
19h30-21h30 : Jeu 25 Mai
18h-20h : Mer 31 Mai

Y a-t-il encore quelque chose à voir ou à lire lorsque l'image ou le signe ont disparu ? La toile ou la page gardent-elles
une trace de ce qui n'a pas laissé d'empreintes ? La question demeure latente à la suite des stratégies et procédures
d'effacement qui ont gommé le visible et le lisible tout en maintenant, au titre de manque, le désir de voir et de lire. À
l'envers des discours sur l'apparaître, cette recherche tentera de décrire et d'interroger l'effacement en tant que tel : par
une confrontation visuelle avec l'impossibilité d'une prise, par une résistance à la lecture au sein de la langue. Peut-on
donner signe, image ou corps à ce qui se dérobe sans pour autant disparaître définitivement. Plusieurs expériences
langagières et plastiques nourriront la question : le mal dire et le détritus verbal qui se tiennent à la lisière du non-
sens ; l'image qui conteste elle-même sa présentation imaginaire sans toutefois se réduire à un objet : pure énergie,
qui se dissipe aussitôt qu'elle irradie (Barthes ou Deleuze en proposent plusieurs versions).
Il s'agira de penser la présence de tels phénomènes sans en revenir à la métaphysique de l'invisible et de l'illisible,
sans non plus confondre les régimes du signe et de l'image. Car l'effacement ne trouve aucune « compensation ». La
présence illisible ou invisible reste douteuse et source d'interrogation. Quel regard, quelle signification peuvent rendre
compte de ce résiduel, de ce petit rien au seuil du Néant ? À moins que le seul processus de la dissolution se donne à
voir, comme de nombreuses avant-gardes en ont tenté la mise en scène, selon une rhétorique négative et une pratique
auto-destructrice. L'effacement ne vise pas simplement l'objet qui doit disparaître, mais aussi le sujet qui provoque la
disparition. Déflagration du soi qui perçoit, écrit ou imagine, et par laquelle les notions d'auteurs et d'œuvres en
viennent à se perdre, pour un fantôme, une doublure, une expiration.

Intervenants :
- Jeudi 4 mai : François Noudelmann : Roland Barthes, photos de famille
- Jeudi 11 mai : Henri Scepi : L'illisible comme pratique d'écriture (bordures et ratures)
- Mercredi 17 mai : Jean-Clet Martin et François Rouan : Fantômes
- Jeudi 25 mai : Bruno Clément : Pascal : le texte caché
- Mercredi 31 mai : Nathalie Barberger : La doublure du visible (Artaud, Bataille)

Pierre PÉJU

Penser l'enfant

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mer 8 Mars : 18h-20h, Amphi B
Mer 15 Mars : 20h-22h, Amphi B
Mer 3 Mai : 18h-20h, Amphi B
Mer 17 Mai, Mer 24 Mai : 18h-20h, Amphi A

À quoi pensons-nous lorsque nous évoquons l’enfant ? A l’enfant que chacun de nous a été “avant que d’être homme”,
ou bien à l’idée-même d’enfance ? On peut considérer une époque, à partir de ses conceptions et représentations de
l’enfance. Afin de donner un premier cadre à ce séminaire, j’examinerai la façon dont la philosophie (de Platon à Kant,
de Rousseau à Schopenhauer, de Bachelard à Deleuze) a pensé l’enfant (ou bien omis de le penser), puis comment et
pourquoi elle l’a « découvert », ou carrément (ré)inventé entre la fin du XVIIIe et le milieu du XXe siècle.
Deux notions guideront notre réflexion : la notion d’«infantile » qui nous aidera à étudier tous les processus
d’infantilisation : modes divers d’institution de la « chair fraîche », statuts de l’individu mineur, filiation, initiation,

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éducation, recettes pour brider ou canaliser une enfance conçue sur un modèle animal ou pulsionnel, etc., et la notion
d’“enfantin” qui permettra d’envisager une inquiétante étrangeté de l’enfance : la banale subversion que représente sa
venue au monde, sa présence, ou l’ambiguïté de ses figures « souvenues » (souvenirs d'enfance, écriture de soi).
Il importera de se démarquer nettement de la psychanalyse et de la psychologie infantile qui n’ont fait, après tout, que
construire leurs propres représentations de l’enfance. Il ne s’agira surtout pas d’idéaliser l’enfance qui sera
principalement saisie à travers les « idées que l’on s’en fait » (débordement d’énergie, faiblesse, candeur ou
perversion, gourmandise et jeu, innocence ou subversion involontaire, conservatisme ou inquiétude). De même, on
examinera ce que peut signifier l’étrange relation que le proverbe prétend souligner entre la bouche de l’enfant et la
vérité. Enfin, la question philosophique de ce séminaire sera constamment référée à la problématique politique
suivante : alors que le XVIIIe siècle avait, selon l’expression de P. Ariès, « inventé » l’enfant ; alors que les XIXe et
XXe siècles ont contribué à le promouvoir (médicalement, psychologiquement, juridiquement), n’entrons-nous pas
dans une nouvelle époque au cours de laquelle on ne pourra qu’assister à l’« abolition » de l’enfant en tant que tel,
puisque l’économie de marché d'une part, l’accélération de l’unidimensionalité d'autre part, semblent induire une
confusion enfant/adulte, par implication systématique de l’enfant dans les problématiques adultes (marchandise,
spectacle, violence), et par infantilisation systématique de l’adulte (contrôle, déresponsabilisation-suspicion,
substitution de l’émotion à la pensée).

Élisabeth CAILLET, Véronique HAHN, Marc PARTOUCHE et


Catherine PERRET

L'art contemporain et sa présentation

18h30-20h30
Amphi Poincaré, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 8 Fév, Mar 7 Mars, Mar 11 Avr

Séminaire organisé dans le cadre de la convention et avec le soutien du Ministère de la Culture/D.A.P.

Les milieux « professionnels » de l’art se trouvent actuellement confrontés au hiatus existant entre la nature de la
production artistique contemporaine et la tradition muséale de l’exposition. Face à ce problème, ce séminaire voudrait
interroger non pas la question du musée comme cela a été déjà fait mais celle de la « monstration » et de la
« communication » d’un art qui tente de se soustraire à sa destination d’objet pour affirmer son opérativité de signe.
Comment créer les conditions d’un espace discursif permettant la réception des œuvres actuelles ? Comment sortir du
régime de la critique de l’objet qui s’avère impropre à rendre compte des enjeux de l’art actuel ? Comment, en somme,
recréer les conditions d’une conversation sociale à partir du langage de l’art ?
Si de rares travaux ont déjà porté sur le dispositif de l’exposition (L’art de l’exposition paru aux éditions du Regard),
il semble que la manière dont ce dispositif puisse ou non créer de la parole n’ait pas encore été explorée.
Partant de cette question, ce séminaire se propose de réunir des interventions d’artistes, de curateurs, de responsables
d’institutions artistiques, et de médiateurs pour en analyser de manière professionnelle (et professionnalisante) les
multiples données.

Intervenants :
- Mardi 8 février : Thomas Hirschhorn (artiste) et Bernard Blistène (conservateur)
- Mardi 7 mars : Antoine Stinco (architecte)
- Mardi 11 avril : Christian Bernard (Dr du MAMCO, Genève)

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Pietro PUCCI

La fragilité et la force du discours grec archaïque

18h-20h
Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 6 Mars, Lun 15 Mai, Lun 5 Juin

Le discours archaïque grec est hanté par le doute de ne pouvoir pas dire les choses comme elles sont (ta onta). Il tente
de refouler ce doute par des stratégies bien connues (les Muses, la vérité comme identité aux choses, etc.), mais
l'anxiété reste pressante. Mon séminaire analyse la force de cette anxiété dans les textes archaïques, d'Homère à la
tragédie, des Présocratiques aux Sophistes, les formes, les arguments, les spectres que ce doute anime. Il s'agit de
questionner et de tester la surface métaphysique des textes, la clôture du mythe, l'assurance de vérité promise par la
mimèsis et de manifester tout ce qui rend le discours archaïque dédaléen et instable.

Jacques RANCIÈRE

L'image dans le régime esthétique des arts

Amphi Poincaré, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


10h30-12h30 : Sam 26 Fév
18h30-20h30 : Ven 10 Mars, Ven 24 Mars, Ven 21 Avr, Ven 28 Avr, Ven 12 Mai, Ven 26 Mai,
Ven 9 Juin

Séminaire organisé dans le cadre de la convention avec l'Université de Paris 8

« Le Moderne dédaigne d'imaginer » : la formule de Mallarmé résume une décision de pensée constitutive du régime
esthétique des arts, celle qui destitue l'invention des situations feintes et des images analogiques au profit d'une
immanence de la pensée dans la forme, la sensation ou le mouvement. « L'Image viendra au temps de la
résurrection » : la formule de saint Paul reprise par Godard dans les Histoires du cinéma semble révoquer cette
tradition iconoclaste de la performance et ramener l'art à l'âge de l'icône. Cette double référence pourtant ne marque pas
un destin pervers de la « modernité » artistique, mais plutôt la polarité interne à l'idée d'image dans le régime
esthétique des arts, polarité que pourrait emblématiser le double sens de la « poétique de l'effet » chez Edgar Poe :
l'artificialisme de la métaphore calculée et le (sur)naturalisme de l'image prélevée sur le corps du modèle. On suivra
les transformations de cette relation originaire de complicité et d'opposition entre l'image naturelle et le pouvoir de
l'artifice à travers le destin de quelques notions alternatives à l'image et à la ressemblance (forme, geste, empreinte,
symbole...), de quelques objets substitutifs aux visages (masques, marionnettes, machines...), de quelques problèmes
relatifs à la nature des arts nouveaux : qu'est-ce au juste qu'une « image en mouvement » ? La mise en scène
théâtrale met-elle la parole en formes visuelles ou en mouvements ? Les arts de la performance requièrent-ils leur
image pour exister ? Les formes technologiques nouvelles sont-elles la perte ou la renaissance de l'image ? En
examinant aussi le destin de l'image rhétorique et poétique, l'art de l'exposition et les procédures interprétatives de
l'histoire de l'art, on croisera trois questions : selon quelle nécessité et sous quelles formes l'idée d'art se noue-t-elle à
l'idée d'image ? Comment se redistribuent les sens de l'idée d'image (copie ou marque, forme visuelle, trope
significatif...) ? Comment les querelles philosophiques, théologiques ou psychanalytiques de l'image interviennent-
elles dans les transformations des manières de faire et des formes de visibilité des pratiques artistiques ?

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Richard SHUSTERMAN

L'expérience esthétique

Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


20h-22h : Mer 24 Mai
19h30-21h30 : Ven 26 Mai
18h-20h : Lun 29 Mai, Mar 30 Mai, Mer 31 Mai

Un des concepts clé de l'esthétique moderne, l'expérience esthétique est, depuis cinquante ans, beaucoup critiqué par la
philosophie d'art contemporaine anglo-américaine et allemande. Sa valeur, voire son existence, sont mises en cause.
Dans ce séminaire, nous explorons des théories récentes sur l'expérience esthétique pour analyser les significations
diverses et les fonctions différentes de ce concept. Parmi les questions à aborder : quels sont les rapports entre plaisir,
cognition, et jugement dans l'expérience esthétique ? Quelles formes de plaisir sont valables pour cette expérience et
comment les nouveaux media l'ont-ils transformée ? Est-ce encore la fonction de l'art de susciter l'expérience
esthétique ?

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Philosophie/Droit et économie

Marcel DRACH

La dette et l'échange. Destitution et institution de la raison économique (II)

13h-15h
Salle 214, 2ème étage, Maison des Sciences de l'Homme, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris
Lun 21 Fév, Lun 13 Mars, Lun 17 Avr, Lun 15 Mai, Lun 19 Juin

Séminaire organisé en collaboration avec la Maison des Sciences de l'Homme (M.S.H.)

La question qui soutient notre recherche est celle-ci : selon quels rapports à l’autre, à la dette et au désir s’instaure et
se déploie l’économique ?
À l’autre : partant de l’essai que lui a consacré Mauss, nous avancerons que le don s’ordonne à l’irréciprocité requise
par l’autre comme tout autre. Avec l’échange, l’économique s’établit dans la réciprocité induite par l’égalisation de
l’autre à soi.
À la dette : à l’inéquation coupable, corrélative de la position d’un tout autre, et consistant en une dette majorant
toujours ce qui est donné pour l’apurer, l’économique substitue l’équation pacifiante de l’échange, où se formule,
dérivée de l’identification de l’autre à soi, l’identité de ce qui lui est dû avec ce qui est obtenu de lui.
Ainsi, pour se défaire de l’angoisse causée par une demande venue d’un « dehors incommensurable », l’économique
cherche la mesure, la co-mensurabilité de la dette. Nous souvenant d’une inspiration aiguë d’Aristote à laquelle Marx
fait un sort qui vaudra d’être interrogé, nous envisagerons la monnaie comme métaphore et comme métonymie de la
perte.
Au désir : l’économique articule au plus près dette et satisfaction, perte et gain ; ainsi ne fait-il droit au désir
qu’assujetti au renoncement calculé. Ceci rend compte de la place fondatrice du travail (perte productive) dans la
pratique et la pensée économiques.
Ce jouir payant libéré par l’économique précipite quiconque y est asservi dans le monde de l’« ustensilaire » et dans
l’infini spécifique à ce monde des variations destructrices infligées aux hommes et aux choses.

Intervenants : Claude-Noële Pickmann, Bernard Toboul

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Philosophie/Philosophie

Stéphane ARGUILLÈRE

Atelier de traduction : Le Trésor de l'Élément Réel de Klong-chen rab-'byams

13h30-15h30
Annexe de la Vème Section de l'E.P.H.E. (1er étage, escalier B),
Bâtiment du CROUS, 29 rue Daviel, 75013 Paris
Ven 3 Mars, Ven 17 Mars, Ven 31 Mars, Ven 28 Avr, Ven 12 Mai, Ven 26 Mai

Cet atelier de traduction se tient en association avec la Vème Section de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes
(E.P.H.E.).
Une inscription auprès de l'E.P.H.E. est requise. Contacter la Section des Sciences religieuses : tél. 01 40 46 31 37

Au second semestre, nous poursuivrons notre lecture du Trésor de l'Élément Réel (Chos-dbyings rin-po-che'i mdzod)
de Klong-chen rab-'byams (XIVe siècle), et de son auto-commentaire, le Trésor des Écritures (Lung gi gter-mdzod).
Ce texte est d'un intérêt capital en ce qui concerne la psychologie et la noétique spéculatives du bouddhisme tardif.
L'auteur y sort presque entièrement du registre de la philosophie scolastique de style indien, tant dans la forme que
dans le fond, et y fait un plein usage poétique de toute la puissance expressive de la langue tibétaine. Dans toute une
branche de la religion tibétaine, ce texte est tenu pour le couronnement tant spéculatif et spirituel que littéraire de la
pensée bouddhique.

Outre son intérêt en ce qui concerne, d'une part, l'exploration d'un corpus philosophique presque entièrement inconnu
en Occident, et, d'autre part, la formation de lecteurs autonomes de cette littérature (d'un abord très difficile autrement,
même pour des tibétisants confirmés), ce travail comporte d'autres enjeux concernant l'existence supposée d'un
« dehors » de la pensée occidentale. De même sommes-nous naturellement conduits à nous demander ce que vaut la
thématique des « intraduisibles », étant donné le peu de termes et de tournures irréductiblement opaques rencontrés
dans les textes que nous étudions, et cela en dépit du caractère éminemment idiomatique de l'expression de Klong-chen
rab-'byams en comparaison de celle des auteurs présentés dans les années précédentes de ce séminaire.

Alain BADIOU

Le Siècle (II)

20h-22h
Amphi 45 (tour 45), Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Mer 1 Mars, Mer 15 Mars, Mer 29 Mars, Mer 3 Mai, Mer 10 Mai, Mer 24 Mai

L’année dernière, nous avons entrepris l’investigation des vérités du siècle, en respectant une méthode immanente :
comment, de l’intérieur des procédures de vérité qui s’y déployèrent, le siècle a-t-il été convoqué ? Qu’est-ce que le
siècle a dit du siècle ?
Nous avons ainsi dégagé deux caractéristiques principales :
1) contre l’idée d’un siècle en proie à l’imaginaire des « idéologies », nous avons vu que c’est la passion du réel qui
régit les subjectivités, passion qui est au-delà du Bien et du Mal ;
2) contre l’idée d’une monomanie criminelle, nous avons vu que le siècle hésite, pour s’ouvrir un accès au réel, entre
un protocole d’épuration et de destruction, et un protocole soustractif (recherche de la différence minimale).

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C’est ce qui est en jeu dans les thèmes appariés — dont on poursuivra cette année l’examen — de la Fin (de la
métaphysique, de la préhistoire, des grands récits, des idéologies, de la religion, etc.) et de l’Homme Nouveau.
Car l’énigme du siècle est de s’être pris lui-même comme nom d’une indiscernabilité mouvante entre ce qui s’achève
et ce qui commence.

Marc BALLANFAT

La compréhension philosophique du karman

18h30-20h30
Salle RC2 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56),
Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Mar 22 Fév, Mar 7 Mars, Mar 28 Mars, Mar 18 Avr, Mar 2 Mai, Mar 16 Mai, Mar 6 Juin,
Mar 20 Juin

Il est possible et nécessaire de proposer une interprétation philosophique de la doctrine indienne de l'agir (karman).
Comment ? L'examen des écoles brahmaniques permet, tout d'abord, de mettre en place un schéma général de l'acte
qui relie la nécessité où l'homme est d'agir à l’efficacité propre des actes qu'il ne cesse d'accomplir. Ainsi, si l'homme
est toujours déjà le destinataire d’actes qui s’imposent à lui, alors il est vain de se demander s’il en est l’auteur, encore
plus s’il dispose d’une quelconque liberté à leur égard. C'est précisément en se libérant de l'attachement aux fruits de
l’acte que l'homme se délivre de la croyance au libre arbitre : il faut agir. De cette manière, est-il possible de décrire
l’impératif du karman sans recourir au concept de libre subjectivité, à condition, cependant, d'accorder à
l’enchaînement des actes une forme d'existence substantielle, comme cela est justement le cas dans les doctrines
brahmaniques.
Mais la situation change radicalement avec le bouddhisme puisque l'homme aussi bien que ses actes y sont définis en
termes de séries momentanées et discontinues. La traduction d'un traité consacré à ce problème prolonge la description
formelle de la première partie et montre l'enjeu des discussions philosophiques indiennes menées autour de la notion
de karman. Le séminaire se conclut par une reprise de la formalisation indienne de l'acte à l'intérieur d'une réflexion
sur la signification aujourd'hui d'une morale de l'action sans subjectivité agissante.

Intervenants :
- Mardi 7 mars : Lakshmi Kapani (Université de Paris 10-Nanterre) : La loi du karman : causalité, liberté,
responsabilité
- Mardi 18 avril : Michel Hulin (professeur émérite Université de Paris 4-Sorbonne) : Les notions de karman et de
transmigration dans le vedanta
- Mardi 6 juin : Nalini Balbir (Université de Paris 3) : La notion de karman dans le jaïnisme

Alain DAVID

Prophète en son pays : l'actualité de Levinas

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Ven 10 Mars : 18h30-20h30, Amphi A
Ven 24 Mars, Ven 5 Mai : 18h-20h, Amphi A
Ven 19 Mai : 18h-20h, Amphi B
Ven 9 Juin : 18h-20h, Amphi A

Le prophète pourrait être Levinas, et le pays la France, ce qui suffirait à inscrire le programme à rebours du pamphlet
de Dominique Janicaud, Le Tournant théologique de la Phénoménologie française : mais chacun des éléments de
l'intitulé est à affecter d'un « qui maintenant ? où maintenant ? ». Le propos est donc, plus radicalement, celui de
l'actualité d'un mort ; en pastichant une pensée avec laquelle silencieusement Levinas n'a peut-être jamais cessé de

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s'expliquer : « nul ne sait vraiment ce que peut un mort » ! La dis-tentio engage un temps non articulé sur le présent,
un lieu plus grand que le monde, et des considérations ayant à inventer, à la tangence de la phénoménologie, de la
littérature, de la politique, un trajet et un langage propres.
- ce semestre : son pays
- en 2000/2001 : actualité de Levinas.

Intervenant :
- Vendredi 5 mai : François-David Sebbah (CIPh)

Ce séminaire sera reconduit à l'Université de Bourgogne, UFR de Philosophie, Bd Mansard, 21000 Dijon
de 18 h à 20 h aux dates suivantes :
Mardi 1er février, Mardi 29 février, Mardi 14 mars, Mardi 28 mars, Mardi 4 avril, Mardi 25 avril, Mardi 9 mai,
Mardi 23 mai.

Alessandro DELCÒ

Recherches en cours sur Merleau-Ponty (III)

18h-20h
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 14 Mars : Amphi B
Mar 21 Mars, Mar 18 Avr : Amphi A

Au cours des deux dernières années, nous avons essayé d'éclairer le statut des concepts de nature et d'histoire chez
Merleau-Ponty, eu égard à son projet ultime d'une philosophie de l'«œuvrer instituant originaire » (Urstiftung). Nous
nous sommes demandé à quel titre et selon quels modes du neuf s'amorce, surgit, se sédimente, fait tradition, impose
en somme des contraintes et des réglages déterminés au mouvement du sens dans les ordres distincts mais inséparables
que l'on vient de rappeler. Peut-on parler de Bildungen à propos de la nature ? Inversement : quel type de passivité est
impliqué dans les productions symboliques de l'histoire ?
De longs détours du côté de Schelling, de Hegel, et de Marx nous ont paru indispensables. Cette année, nous
tenterons d'aborder le problème du langage chez Merleau-Ponty, tout en gardant la même visée questionnante.

Intervenant : Jacques Garelli (Université d'Amiens)

Bruce BEGOUT, Natalie DEPRAZ, Francisco VARELA et


Pierre VERMERSCH

Exploration de l'expérience et pratique de la description phénoménologique

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Jeu 24 Fév : 18h-20h, Amphi B
Jeu 23 Mars, Jeu 20 Avr : 18h-20h, Amphi A
Jeu 18 Mai : 19h-21h, Amphi A
Jeu 15 Juin : 18h30-20h30, Amphi A

Séminaire organisé en collaboration avec le laboratoire LENA (Francisco Varela, Faculté de médecine de
La Salpêtrière/CNRS)

Dans le prolongement du travail méthodologique entamé l'an dernier autour de l'interface entre phénoménologie et
sciences empiriques (principalement psychologie et neurobiologie), le présent séminaire se donne cette année pour but

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de mettre à l'épreuve l'articulation entre méthode philosophique et méthode scientifique dans le cadre d'une pratique
effective de la description.
C'est pourquoi, on a choisi de resserrer l'exploration de l'expérience subjective autour de deux objets ou champs
expérientiels : l'attention et l'émotion.
On espère ce faisant rendre possible la mise en œuvre de descriptions phénoménologiques concrètes, en tenant compte
de la double contrainte mutuelle et générative que sont à même d'exercer l'une sur l'autre l'analyse conceptuelle
philosophique et la recherche scientifique empirique.

(Les intervenants seront précisés lors de la première séance)

Natalie DEPRAZ et Pierre VERMERSCH

Atelier de lecture : Expérience et jugement et De la synthèse passive de Husserl

18h-20h
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 30 Mars : Amphi B
Jeu 25 Mai : Amphi A

Le présent atelier se donne pour objectif de procéder à une lecture renouvelée de ces deux textes de Husserl, en
interrogeant le statut des moments descriptifs et des moments argumentatifs. Pour ce faire, on s'intéressera tout
particulièrement :
1) à l'usage des exemples (illustratifs ou moteurs de l'analyse) ;
2) à la pratique de la réduction en acte (aux différents gestes concrets indiqués par l'auteur).
L'option philosophique qui sous-tend ce que l'on appelle « une lecture procédurale » ici proposée est de type
pragmatique : elle entend par phénoménologie une méthode concrète de relation à l'expérience du sujet et non pas
simplement une nouvelle doctrine philosophique.

Maurizio FERRARIS

Le monde extérieur

18h-20h
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 8 Mars : Amphi A
Mer 15 Mars : Amphi B
Mer 22 Mars, Mer 29 Mars : Amphi A

On pourrait traduire la discussion sur les contenus non-conceptuels dont on parle beaucoup, surtout après Gareth
Evans, John McDowell et aussi d'autres, en se demandant : une expérience qui ne soit pas entamée par la science est-
elle possible ? Nous, adultes de notre temps, nous sommes sûrs que la science est le meilleur schéma conceptuel
(concrètement : on va chez le médecin et non pas chez le chaman) ; cela implique un idéal de progrès indéfini du
savoir, et une amendabilité infinie des concepts ; donc toute expression contingente et subjective pourra ensuite
devenir une expression nécessaire et objective. Tout cela signifie qu'il n'y a aucune couche de l'expérience qui ne soit
pas entraînée dans cette téléologie : l'expérience, ce n'est donc rien d'autre qu'une science imparfaite ; elle pourrait
aussi ne devenir jamais science, pour des raisons de fait, mais elle doit quand même le devenir, pour des raisons de
droit.
De cette façon, il est vraiment difficile de trouver des contenus non-conceptuels, et surtout il paraît qu'il ne puisse
point effectivement y avoir un monde extérieur : le monde est complètement intérieur aux schémas grâce auxquels on
le comprend (avec, comme conséquence, le scepticisme ou le nihilisme). Mais est-ce nécessairement ainsi ? Ce que
j'ai fait, par exemple hier, se transforme en une série de concepts amendables uniquement dans le cas où, supposons,

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la police me demande compte de mes actes pour m'arrêter ou pour contrôler un alibi ; dans cette situation, dire la
vérité est important, tandis qu'il serait beaucoup plus difficile de soutenir que le jour d'avant, j'ai fait la vérité. J'ai fait
beaucoup de choses que je n'ai saisies ni comme vraies ni comme fausses (y a-t-il un sens à se demander si j'ai
vraiment fait le café ? On se demande plutôt, si le café tarde à sortir, si on a mis l'eau. Il en est ainsi pour beaucoup
d'autres questions : « ai-je fermé la porte ? », « ai-je pris les clefs ? » etc., qui de toute façon même pour le pire
obsessionnel, sont bien loin de constituer la totalité de l'expérience).
Ce que j'ai l'intention de suggérer, avec une analyse critique essentiellement mise au point sur Kant, puis sur Husserl
et enfin (en positif) sur des théories de la perception qui se rapportent à la physique naïve, c'est qu'il y a une différence
entre science et expérience : la première c'est l'épistémologie, la deuxième est l'ontologie. Et la deuxième n'est
absolument pas envahie de contenus non-conceptuels, comme vice-versa il arrive nécessairement dans la première.
C'est le monde extérieur d'où, comme dirait Locke, dépend tout notre bonheur ou malheur.

Jean–Marc GHITTI

Le corps propre aux limites de la phénoménologie : vers une somatique

18h30-20h30
Univ. Paris 7-Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Ven 25 Fév, Ven 24 Mars : Salle RC2 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56)
Ven 28 Avr : Salle RC4 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56)
Ven 26 Mai : Salle RC2 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56)

Il s'agit de construire une somatique qui se définisse dans un rapport problématique avec la phénoménologie du corps
propre. Le corps n'est pas un phénomène parmi d'autres. Il ouvre, par la perception, aux premières esquisses des
choses ; il porte dans ses gestes les intentions originaires qui nous rivent au monde ; il pose, dans les sentiments, les
germes de toute présence à soi. Plutôt qu'un phénomène, il est le mouvement même de la phénoménalisation : il est
le lieu phénoménalisant où s'accomplit le devenir-phénomène des choses. Tout en ouvrant les voies d'une
phénoménologie du corps propre, Husserl en exhibe aussi les obstacles phénoménologiques. Ceux-ci ont-ils été
surmontés après lui par trois phénoménologues qui s'y sont consacrés : M. Merleau-Ponty, J. Patocka et M. Henry ?
Ce qui frappe, chez eux, dès le premier abord, c'est que le travail sur soi à quoi le corps propre contraint la pensée
phénoménologique la conduit à sortir d'elle-même : celle de Merleau-Ponty en une ontologie de la nature, celle de
Patocka en une anthropologie vitaliste de la liberté tragique et celle de Henry en une mystique de la vie. Une question
paraît alors inévitable : si la pensée du corps excède la phénoménologie de diverses manières, n'est-ce pas dû au corps
lui-même qui, n'étant pas phénoménal mais phénoménalisant, requiert une approche mieux adaptée à lui et qu'il
revient à la somatique de construire ?
Dans cette perspective, la somatique, une fois précisée sa démarche, conduira son investigation dans cinq domaines où
l'expérience du corps propre semble être mise en évidence : la ritualité qui entoure le corps mort, la prise en charge du
corps malade, la culture du corps érotique, le déploiement architectural du corps qui habite et la mise en jeu du corps
athlétique. Pourra-t-elle, alors, proposer un nouvel éclairage sur le corps, dans sa dimension de gestes, d'émois et de
paroles ?

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Guy LARDREAU

Y a-t-il pour la philosophie de petits objets ?

14h30-16h30
Amphi Stourdzé , Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Sam 11 Mars, Sam 25 Mars, Sam 29 Avr, Sam 13 Mai

Volontiers chacun croit qu'il est de grandes affaires : la vie, la mort, la fortune — que sais-je : l'amour, la justice, le
vrai, le beau. N'importe ce qu'on élit.
Si la philosophie, alors, est chose grande, c'est en tout cas qu'elle médite quelqu'une de ces grandes choses. En sorte
qu'une phrase est repérable pour philosophique aussitôt qu'elle enchâsse l'un de ces gros mots.
Imaginons qu'il n'y ait pas d'énoncé immédiatement philosophique, que la philosophie ne dispose que de mots polis,
que sa grandeur ne soit pas de s'occuper de choses grandes, mais de travailler, de façon spéciale, sur la profération
quelconque : elle ne sait plus d'objet petit, voire il se peut qu'elle préfère raisonnablement les petites choses aux
grandes.
Le travail qualifié de l'exhaustion du petit, je le nomme : récapitulation.
Comme toutes sortes de petites choses s'offrent à récapitulation, il m'a fallu, arbitrairement (c'est-à-dire selon le goût,
et les capacités), ne retenir que ces quatre-ci :
- la petite histoire ;
- la petite politique ;
- la petite musique ;
- la petite littérature.
Le programme comporte donc quatre séances.

Serge MARGEL

Destin et providence.
Le déterminisme moral selon St. Augustin

18h30-20h30
Salle RC4 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56),
Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Ven 25 Fév, Ven 3 Mars, Ven 10 Mars, Ven 17 Mars, Ven 24 Mars, Ven 31 Mars

La recherche que j'aimerais engager pour ce séminaire consiste à montrer qu'il existe dans la pensée d'Augustin une
forme de déterminisme moral spécifique, qui se distingue du déterminisme « traditionnel », celui du fatalisme
stoïcien. Selon l'hypothèse que j'essayerai d'avancer, le déterminisme augustinien s'est élaboré entre une conception de
la théodicée (qui implique une théorie du mal et une doctrine du péché originel) et une conception de la providence
(qui implique une théorie de la prédestination, donc une doctrine de la grâce et de la liberté). Or, pour lier l'idée selon
laquelle la source du mal provient de la libre volonté de l'homme et non de Dieu (la théodicée) et l'idée selon laquelle
la prescience divine ne supprime pas le pouvoir du libre arbitre, mais le fonde (la providence), Augustin aura dû
former un concept de libre volonté tout à fait singulier. Ce concept ne serait plus de type aristotélicien ou stoïcien,
lié à une idée de délibération, de choix, et donc dépendant d'une connaissance du bon moyen pour atteindre une fin
visée, mais lié à une idée d'assentiment, d'acceptation, d'obéissance, donc à l'ordre du devoir et à la connaissance des
volontés de Dieu. C'est ce que je nommerai l'invention augustinienne de la « conscience morale », la capacité de
l'esprit à reconnaître et à suivre les commandements divins, et que je définirai justement comme une forme originale
de déterminisme.

Intervenants : Georgy Katzarov, Joëlle Menrath, Daniel Birswanger, Camille Fallen, Micha Maiatsky, Peter Szendy,
Sylvie Anahory (sous réserve)

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François–David SEBBAH

Atelier de lecture de textes philosophiques (III)


Textes de phénoménologie à propos de l'espace

10h30-12h30
Ven 10 Mars, Ven 14 Avr, Ven 19 Mai, Ven 16 Juin
Salle K230, Université de Technologie de Compiègne, UTC dép. TSH, Centre Pierre Guillaumat,
rue Albert Schweitzer, 60200 Compiègne

Atelier organisé avec l’Université de Technologie de Compiègne.

Inscrit au sein d’une université scientifique et technologique, cet atelier se propose de favoriser la démarche et
l’interrogation philosophiques parmi des « non-professionnels » de la philosophie. À ce titre, il voudrait permettre
une circulation entre le savoir philosophique et les savoirs positifs pratiqués dans une université formant des
ingénieurs, et ce en direction de tous ceux (« philosophes » ou non, ingénieurs ou non...) qui sont intéressés par une
démarche dont la fin, pour ne pas être l’érudition, n’en est pas moins un éclaircissement rigoureux de questions
fondamentales nous concernant tous.
Parce que la phénoménologie est une tradition philosophique qui a pu tout à la fois désigner les limites des sciences
modernes et être une source d’inspiration pour certaines d’entre elles (cf. aujourd’hui le rapport complexe noué entre
sciences cognitives et phénoménologie), elle nous paraît constituer un terrain privilégié pour initier la réflexion.
Nous proposons la lecture suivie de la Phénoménologie de la perception de Maurice Merleau-Ponty parce que ce texte
témoigne d’un usage original de la méthode phénoménologique à propos de la question centrale de la perception, parce
qu’il discute sérieusement les sciences humaines de son temps (essentiellement la psychologie), et parce qu’il ouvre
largement le spectre de ses enjeux. Il s’agit de continuer le travail commencé au semestre précédent. On s’intéressera
plus particulièrement à la question de l’espace dans la Phénoménologie de la perception. On prendra appui dans cette
réflexion sur d’autres textes issus de la tradition phénoménologique concernant le problème de l’espace.

Jean–Michel SALANSKIS et François–David SEBBAH

Les usages contemporains de la phénoménologie (III)

18h-20h
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 4 Fév : Amphi A
Ven 17 Mars, Ven 28 Avr, Ven 26 Mai, Ven 16 Juin : Amphi B

Partant d'un constat, celui de l'extrême diversité — thématique, méthodologique et stylistique — des reprises ou
prolongements contemporains de la phénoménologie, on voudrait les analyser pour eux-mêmes, plutôt que de
confronter ces usages à un noyau ou une unité perdue qu'il s'agirait de définir et de restituer. La tâche consistera dès
lors à tenter de dégager des « structures de problème » communes dont la compréhension profite à toutes les branches
de la filiation ; il faudra aussi, symétriquement, cerner la posture et/ou l’exigence singulière(s) de chacun de ces
gestes. Ce faisant, nous espérons mieux estimer la fécondité et les limites respectives de ces reprises contemporaines
de la phénoménologie, et voir s'esquisser ainsi le champ du possible et de l'impossible pour qui veut, aujourd'hui,
faire usage de la phénoménologie.
Le séminaire se propose principalement — mais pas exclusivement — de convier des intervenants à venir témoigner
de leur usage propre de la phénoménologie dans des champs et des genres très divers.
La tâche sera donc double. Tout en continuant à donner la parole à des usages non encore représentés jusqu’ici, il
s’agira à partir des témoignages déjà recueillis — sans pour autant s’en tenir à un pluralisme de bon aloi — de
commencer à dégager d’éventuelles matrices théoriques et configurations conceptuelles communes ; d’éventuelles

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affinités dans les gestes de pensée et les exigences. Il s’agira aussi non de gommer, mais de déterminer les tensions et
incompatibilités éventuelles pour leur donner un sens précis.

Intervenants :
- Vendredi 4 février : Cédric Cohen-Skalli (Université de Lille III, Université de Tel Aviv) : Une analyse
intentionnelle de l'herméneutique philosophique juive. Analyse phénoménologique des différentes couches du
commentaire philosophique de la Bible par Abrabanel
- Vendredi 17 mars : Jacques Garelli (Université d'Amiens) : Mon usage de la phénoménologie dans la réflexion sur la
création artistique
- Vendredi 28 avril : Jean-Michel Salanskis (Université de Lille) : Problèmes heideggeriens
- Vendredi 26 mai : Jean-Michel Roy (Université de Bordeaux) : Cognition, propriétés phénoménologiques et
hypothèse husserlienne
- Vendredi 16 juin : François-David Sebbah (Université de Compiègne, CIPh) : Le champ de la phénoménologie
française contemporaine : configuration et perspectives

Antonia SOULEZ

« Concept entre structure et motif » : visages de la description en philosophie


(à partir de Wittgenstein)

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mar 1 Fév : 18h30-20h30, Amphi Stourdzé
Mar 29 Fév, Mar 7 Mars, Mar 28 Mars : 18h-20h, Amphi A
Mar 18 Avr, Mar 9 Mai, Mar 23 Mai, Mar 6 Juin : 18h30-20h30, Amphi Stourdzé

Séminaire organisé dans le cadre de la convention avec l'Université de Paris 8

Dans quelle mesure le philosophe qui écrit puise-t-il aux ressources de la langue comme matériau ? Cette question
nous conduira à examiner quelques présupposés analytiques concernant l’idée d’un contenu de signification, de
frontières nettes entourant l’aire d’un concept, de démarcation entre capacité expressive et signification d’un objet,
d’une « déterminabilité » univoque du sens. Toutefois, une « phénoménologie aspectuelle » développant un nuancier
intentionnel propre à rendre compte des différentes modalités attributives dont est capable le langage dans l’application
d’une méthode descriptive, n’est pas sans faire difficulté. Dans le prolongement du séminaire du 2e semestre 1999,
nous poursuivrons les questions suivantes :
1) Un univers purement adjectival d’aspects ne ruine-t-il pas le principe-même de l’attribution ? Vieux problème posé
au sophiste par Aristote, dont les conséquences sont graves pour une philosophie dite du langage. La référence est-elle
dissoute, éclatée et multipliée, ou encore tacitement présupposée ?
2) Husserl et Wittgenstein : impasses catégoriales de l’intuition : le langage phénoménologique en question.
3) La description de structures d’opérations, impliquée par la thèse du sens-emploi chez Wittgenstein, devrait résoudre
le problème d’une méthode d’effectuation en acte. Mais elle aboutit à faire du sujet du langage plutôt que de l’objet, le
pôle de l’attribution d’aspects des choses. Si tel est le cas, l’ineffabilité s’est déplacée des « objets » du Tractatus au
sujet-observateur des « aspects », dans la philosophie dite seconde de Wittgenstein.
4) D’où le problème d’une « psychologie » abordée par la seule grammaire philosophique : on passerait des F.R.P. («
prédicats de ressemblance de famille ») aux « aspects » sans passer par l’Esprit. Cette démarche qui, après nous avoir
débarrassés d’une théorie (référentialiste) des « objets », nous dispense maintenant d’une « philosophie de l’Esprit »
(au sens cognitiviste) réussit-elle à chasser définitivement les fantômes de l’Ego et de la Substance qui, d’après
Nietzsche déjà, hantaient le métaphysicien ?
Il semblerait que l’ineffable qualifie la même chose que ce que nous déclarons inaccessible, façon d’assimiler
l’inexprimable (de l’ordre de la langue) avec celle de la référence présupposée (de l’ordre d’un certain « réel » côté
monde ou côté sujet). Mais l’ineffable ici n’est pas l’inatteignabilité du réel. Il nous reconduit au contraire à un
« réalisme » sans théorie, qui passe parfois pour irrationaliste. Nous nous demanderons dès lors si cette thèse où
certains voient une approche transcendantale de l’être-donné grammatical (l’être ainsi tel qu’il m’apparaît dans ces
formes de langage) n’est pas celle d’une philosophie « à caractère d’acte » plus proche d’une thérapie engagée contre la

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philosophie de la connaissance et ses différents modèles, que d’une activité menée par un « artiste de la raison » en
mal de synthèse.

Intervenants :
- Mardi 1er février : Luis-Henrique Santos (Université de Sao Paulo) : La question de l'harmonie d'essence chez
Wittgenstein et Aristote
- Mardi 29 février : Antonia Soulez
- Mardi 7 mars : Antoine Ruscio : Ordre et objet chez Frege et Jan Sebestik (CNRS) : Bolzano et le problème de
l'intuition
- Mardi 28 mars : Patrice Loraux (Université de Paris 1-Sorbonne) : Philosopher en mode tempéré, et Antonia Soulez
- Mardi 18 avril : Antonia Soulez
- Mardi 9 mai : Antonia Soulez
- Mardi 23 mai : Antonia Soulez
- Mardi 6 juin : Antonia Soulez

François ZOURABICHVILI

Le geste philosophique d'envelopper

18h-20h
Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 22 Fév, Mar 7 Mars, Mar 21 Mars, Mar 18 Avr, Mar 9 Mai, Mar 23 Mai, Mar 6 Juin,
Mar 20 Juin

L'objet de ce premier séminaire est d'introduire à l'étude des paradoxes actuels du dedans et du dehors, par une enquête
préalable sur le mouvement logique d'envelopper.
On distinguera d'abord des moments décisifs : comment l'existence, à partir d'Aristote, est pensée sous le régime de la
préposition « dans » ; comment les philosophies du XVIIe siècle combattent pour l'appropriation du paradoxe
johannique, « nous demeurons en Dieu et Dieu demeure en nous », dans l'ombre conjuguée du néoplatonisme et de
l'augustinisme ; comment le motif de l'enveloppement renaît au XXe siècle sous des cieux très divers (Jaspers,
Wittgenstein, Deleuze...).
Mais plus profondément, on s'intéressera à la fécondité équivoque du motif de l'enveloppement. Ce ne sont pas
seulement deux grandes lignées logiques qui s'opposent, pensée de l'englobant, pensée de l'enchevêtrement ou de
l'entrelacement : chacune nourrit son propre dilemme, compréhension/incompréhensible pour la première,
transcendance/immanence pour la seconde.
La philosophie d'aujourd'hui suppose au moins quatre crises : celles de la relation sujet-objet (ce qui est à penser n'est
plus en face), de la relation langage-réalité (ce qui est à penser n'existe plus hors des mots), du système catégoriel (ce
qui est à penser n'obéit plus à un ordre d'implications successives), enfin de la logique de l'existence (la résidence, le
propre et la frontière ont perdu leur évidence). Ce sont quatre problèmes d'enveloppement, où revient chaque fois la
même double interrogation : qu'est-ce qui oriente la pensée ? quelles relations se nouent entre le concept et la
spatialité ?

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Philosophie/Politique

Sidi Mohammed BARKAT et Olivier LE COUR GRANDMAISON

Les fondements de la violence politique (II)

Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


19h-21h : Mar 29 Fév
18h30-20h30 : Mar 7 Mars, Mar 14 Mars, Mar 21 Mars, Mar 28 Mars

Ce séminaire poursuivra l'étude des fondements de la violence politique — commencée l'année dernière —, à partir de
l'étude des agencements constitutifs du politique. L'état colonial nous a mis en présence d'un fait décisif : le dispositif
de la démocratie, en tant qu'expérience et institution, peut faire l'objet d'une subversion radicale, à grande échelle.
L'examen de l'agencement institutionnel colonial peut alors nous aider à mieux comprendre les procédés actuels de
subversion du politique.
Ce semestre, nous nous intéresserons tout particulièrement aux résistances françaises à la guerre d'Algérie.

Intervenants :
- Mardi 29 février : Jean-Luc Einaudi : Le 17 octobre 1961 : La solitude des Algériens
- Mardi 7 mars : Francis Jeanson : Un soutien français à la guerre de libération des Algériens
- Mardi 14 mars : Georges Mattei et Robert Bonnaud : Les raisons d'un engagement
- Mardi 21 mars : Hélène Cuenat : Le sens d’une solidarité et Robert Davezies : Le sens d’un combat
- Mardi 28 mars : Pierre Vidal-Naquet : La résistance française à la guerre d’Algérie et Jean-Jacques de Félice : Sur la
justice d’exception

Marc CHANTEMILANT

Les historiens du XIXe siècle, philosophes politiques ?

18h30-20h30
Salle RC2 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56),
Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Mer 23 Fév, Mer 15 Mars, Mer 29 Mars, Mer 19 Avr, Mer 10 Mai, Mer 31 Mai, Mer 21 Juin,
Mer 28 Juin

Selon la thèse de Léo Strauss, un retour aux Anciens serait nécessaire car la modernité aboutirait à l’inutilité de la
question sur le meilleur régime, et donc à l’extinction de la philosophie politique.
Contre cette thèse, ce séminaire se propose d’explorer sa persistance à travers les historiens du XIXe siècle : Augustin
Thierry, Jules Michelet et Edgar Quinet. Confrontée à la question révolutionnaire, leur écriture, à l’écart de
l’idéalisme du philosophe et du calcul de l’homme politique, ne ferait-elle pas d’eux des philosophes politiques ? N’y
aurait-il pas, dans l’ensemble de leurs œuvres, une philosophie politique moderne, en un sens inconnue ou non
reconnue comme telle, à redécouvrir ?

(Les intervenant seront précisés lors de la première séance)

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Gérard BRAS, Sylvie DREYFUS et Patrick GATIGNOL

Spinoza et l'affirmation (Peuple, démocratie, puissance de la multitude)

20h-22h
Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 14 Mars, Mar 28 Mars, Mar 18 Avr, Mar 25 Avr, Mar 9 Mai, Mar 23 Mai, Mar 6 Juin,
Mar 13 Juin

Engagé initialement sur une réflexion portant sur la théorie des affects, ce séminaire s'est poursuivi l'an passé en
interrogeant les principes de la politique spinoziste à la lumière d'une confrontation avec Rousseau. Le séminaire de
cette année se propose donc de poursuivre le travail déjà mené. Après avoir examiné les fondements de la politique
chez chacun de ces deux auteurs, nous nous proposons de développer le dialogue qui les unit et les oppose sur les
conséquences quant à la manière dont ils conçoivent le rôle du peuple dans la politique.
Il s'agira de réfléchir comment Spinoza construit le concept de la communauté politique comme composition des
conatus toujours susceptibles d'entrer en conflit les uns avec les autres. Deux pôles commandent ce raisonnement :
celui d'une foule menaçante, terrible quand elle n'est pas tenue par un pouvoir qui la contraigne, et celui de la
puissance de la multitude s'affirmant en pleine possession d'elle-même. Cette dualité, qui suggère une contradiction
inhérente à la politique, se retrouve dans l'ambiguïté qui caractérise le concept de démocratie : forme de gouvernement
ou affirmation de la puissance du peuple comme telle ? La confrontation avec cette autre perspective sur la
constitution de la communauté politique en un peuple souverain qu'est celle de Rousseau devra nous éclairer. En
mettant l'existence du peuple sous condition de cet événement qu'est le pacte social et de l'exercice de la souveraineté,
Rousseau nous obligera à interroger cette alternative, qui nous paraît essentielle pour une pensée de la politique, entre
une orientation qui met l'accent sur la détermination des conditions concrètes de l'existence du rationnel, et une autre
qui privilégie l'événement comme condition de la constitution du peuple comme sujet politique, les deux rejetant
toute téléologie historique. C'est dire que ce travail a pour nous des enjeux philosophiques actuels qui nous
conduiront à interroger certaines pensées contemporaines.

Intervenant : Yves Vargas

Rado RIHA et Jelica SUMIC

Le « pour tous » face au réel

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Jeu 18 Mai : 18h-20h, Amphi B
Jeu 25 Mai : 18h30-20h30, Amphi Stourdzé
Jeu 8 Juin : 18h30-20h30, Amphi Poincaré

Dans le cadre de l'équipe de recherche associée « Globalisation et politique d'émancipation »

En reprenant ce qui a été dégagé comme l'enjeu des recherches menées dans le cadre du projet associé — à savoir la
construction d'un espace « pour tous » dans un univers infini, pas-tout — l'objet de ce séminaire sera d'interroger, à
partir de cette problématique du « pour tous », les rapports et les renvois qui s'établissent entre la philosophie, la
psychanalyse et la politique. Deux axes structurent notre interrogation sur le « pour tous » aux prises avec le réel :
1) Celui des diverses modalités que peut produire dans les trois champs de pensée la mise en jeu d'une faille entre la
pensée et le réel, que nous proposons d'aborder dans une perspective que nous nommons l'universalisation comme
subjectivation. Il s'agira de faire apparaître un nouage paradoxal d'un universel qui ne vaut pour personne s'il ne vaut
pour tous, d'une singularité irréductible en tant que condition de possibilité de cet universel, et d'un sujet comme
distance nulle entre les deux.

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2) En partant de l'exigence de la transmission là où la démonstration scientifique fait défaut, avec la question de la
transfinitisation d'une élaboration collective, seule capable de vérifier le principe sur lequel se base le travail de ces
pensées, on essaiera de montrer, à partir de la thèse lacanienne selon laquelle « un groupe, c'est réel », en quoi
l'opération de la production du « pour tous » est contradictoire avec toute construction du lien social par la
communication.

Intervenant :
- Jeudi 8 juin : Alain Badiou : Vérité et réel dans la procédure politique

Philippe–Joseph SALAZAR

Rhétorique et démocratie : entames : Afrique du Sud

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Sam 5 Fév : 14h-16h, Amphi Stourdzé
Mar 21 Mars : 20h-22h, Amphi B
Jeu 18 Mai : 19h-20h30, Salle 663 en Sorbonne, Galerie Claude Bernard, Escalier P, 17 rue de la Sorbonne,
75005 Paris

Séminaire organisé dans le cadre de la convention avec le Centre d'études rhétoriques de l'Université du Cap et
l'Institut français d'Afrique du Sud (Johannesbourg)

Ces trois séances auront pour objet de poser la question du domaine public de la rhétorique.

1) L'efficacité de l'ethos de la parole "exécutive".


Comment l'ethos de l'Exécutif tend à fonctionner comme une catégorie rhétorique qui entrave l'apparition du
dissensus ? L'épidictique est-il inhérent à cette visée ? Le principe rhétorique de l'Exécutif (divers exemples) n'est-il
pas d'argumenter sa parole, et de célèbrer cette délégation de la parole ? Par contrecoup, que peuvent dire les
parlementaires ? Quelle est la nature de leur parole ? De l'ordre de la glose ?
2) La pratique de l'inventio oratoire en ce qui a trait à l'argumentation publique des droits civils. Comment un
discours public peut-il "dire" un topos des droits civils ? Comment se constitue le stock des lieux communs ? L'étude
de la topique civique permettra de délimiter les jeux d'homonymie.
3) Existe-t-il des universaux rhétoriques qui allouent un passage de la topique à l'« élocution » ? Plus directement,
est-ce que les débats autour de la Réconciliation ne sont pas essentiellement des figures de discours ? Peut-on en
établir leur degré de fiction ?
4) Elaborer une théorie des « rhétoriques en contact »: sermons/effets de la « communication »/formes de l'oralité
publique. De fait, le test pratique de la topique comme de l'élocution reste de mettre en exergue une confluence entre
l'oralité et la rhétorique. Des rituels actionnent cette rencontre, ce « contact logique ». C'est ici qu'il y a lieu de
repenser ce que la théorie oratoire nomme actio.

Intervenants :
- Samedi 5 février : P.-J. Salazar : La Rhétorique de la Prudence : Mandela
- Mardi 21 mars : P.-J. Salazar : Éloges Constitutifs
- Jeudi 18 mai : P.-J. Salazar : Rhétorique de la Réconciliation
- (dates fixées ultérieurement) : Eugène Garver (Université St John's, USA), C. Jane Swearingen (Université A&M
du Texas)

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Philosophie/Psychanalyse

François BALMÈS

Du Nom du Père à l'innommable

10h30-12h30
Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Sam 26 Fév, Sam 11 Mars, Sam 29 Avr, Sam 27 Mai

Innommable celui qui répond à Moïse « Èhyèh asher èhyèh ». Diverses lectures de cette parole jalonnent chez Lacan
la double affirmation de l’athéisme psychanalytique et de la nécessité de Dieu dans le discours psychanalytique, qui
ont trait aux différentes valeurs de la barre sur l’Autre.
L’expérience aussi bien que la théorie imposent une corrélation entre ce point d’impossible dans l’Autre au lieu même
du dire et la fonction de l’objet écrit, faute de mieux avec un petit a, innommable d’une autre façon.
Il s’agira d’explorer cette articulation et aussi l’hypothèse que de ce côté se trouvent parmi les raisons les plus fortes
du malentendu entre psychanalyse et philosophie.

Maryan BENMANSOUR et Anne HAGE

Mythe, temporalisation, théorisation

20h-22h
Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 29 Mars, Mer 19 Avr, Mer 26 Avr, Mer 17 Mai

En prenant pour point de départ la théorie de la séduction généralisée de Jean Laplanche et ses développements les
plus récents touchant le mythe, ce dernier se voit placé du côté de ce qui sert à refouler le sexuel : « C’est donc à tort
si l’on veut bien me suivre que l’on désignerait le mythe comme formation de l’inconscient au même titre que le rêve
ou le symptôme et qu’on tenterait de le faire dériver de l’inconscient individuel. (...) Loin d’être sexuelle, la formation
mytho-symbolique est ce qui se propose pour encadrer, lier et finalement refouler le sexuel. » (« La psychanalyse :
entre mythes et théorie »). On peut alors se demander quel peut être le statut du mythe pour la théorie
psychanalytique. Il conviendrait en effet d’étudier le mythe dans la culture, soit la manière dont il est utilisé pour
refouler. Ainsi il sera possible d’interroger la façon dont le mythe se constitue comme un mode de théorisation
contribuant à la temporalisation de l’être humain et aux processus identificatoires du moi. Une enquête sur le mythe
pourrait donc se focaliser sur les mythes contemporains pour l’individu qui les utilise. À partir des œuvres littéraires
de Sade et de Stendhal, on essaiera de montrer comment le recours au mythe intervient dans la symbolisation et la
temporalisation. Cela sera l’occasion d’une réflexion sur les théories structurales du mythe et d’une tentative pour les
réévaluer.

Intervenants :
- Mercredi 29 mars : Gustavo A. Ramos Mello Neto et Viviana Velasco Martinez (Université Maringa, Brésil)
- Mercredi 19 avril : Vladimir Marinov (Professeur Paris XIII)
- Mercredi 26 avril : Michèle Sinapi (CIPh)
- Mercredi 17 mai : Maryan Benmansour et Anne Hage

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Caroline GROS–AZORIN

Phénoménologie, Daseinsanalyse et psychanalyse

20h-22h
Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 25 Fév, Ven 17 Mars, Ven 28 Avr, Ven 12 Mai

Notre séminaire dégagera les déterminants fondamentaux autour desquels s'articule la Daseinsanalyse en tant que
corpus théorique et champ d'investigation clinique. En nous appuyant sur les textes de ses principaux auteurs
germanophones (Ludwig Binswanger et Medard Boss) et francophones (Henri Maldiney et Arthur Tatossian) et de ses
plus célèbres exégètes (Maurice Merleau-Ponty et Michel Foucault), nous nous efforcerons de rendre compte de
manière critique des emprunts méthodologiques de la Daseinsanalyse à la phénoménologie (Husserl et Heidegger) et à
la psychanalyse (Freud) ; nous rendrons compte aussi de ses apports spécifiques dans la mesure où, selon nous, son
propos n'est pas de s'émanciper de la base d'expérience ouverte par ces deux champs, mais au contraire de se résoudre à
la double implication en confrontant leur visée.
Si la radicalité de la disparition de la psychè au profit du Dasein n'est pas un simple tour de passe-passe, mais
l'assomption de la double visée, il s'agira pour nous de saisir les différentes étapes de ce dépassement en suivant
l'élaboration de ce que nous appellerons les « radicaux existentiels » mis à jour par la Daseinsanalyse. Les
dimensions critiques de l'existence sur lesquels portera ce travail sont l'espace (Raum), le corps (Leib) et la tonalité
affective (Gestimmtheit), en un mot la pertinence du dégagement de l'espace thymique (der gestimmte Raum) pour la
psychopathologie. Les thèmes auxquels conduisent ces analyses sont l'hallucination, le rêve, mais aussi en filigrane
l'explicitation des conditions d'apparition de foyer(s) psychotique(s) au sein de l'existence.

Intervenant : Gion Condrau (Psychiatre et président de l'Association Internationale de Daseinsanalyse, Zürich)

Marjolaine HATZFELD

Lacan dans le pari de Pascal (II)

20h-22h
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 23 Fév, Mer 8 Mars : Amphi B
Mer 29 Mars : Amphi A
Mer 19 Avr : Amphi Stourdzé
Mer 10 Mai, Mer 7 Juin, Mer 28 Juin : Amphi B

Avec les termes initiaux du pari de Pascal, « Infini rien », Lacan réinterroge la structure du rapport du sujet à
l’Autre : du fait de l’Autre (soit de toute articulation signifiante), une perte s’accomplit comme « effet de chute »
(noté : objet perdu, a). Mesurons cette perte, propose Lacan, au lieu même d’où elle provient — telle est la passion
du jeu, tel aussi le désir. En tout jeu la mise doit être considérée comme perdue pour permettre le calcul des partis,
nous avertit Pascal (Règle des partis). Lacan traduit : la mise du pari, c’est le a. L’infini de la Promesse, ce sera
l’indéfini numérique des signifiants. À partir de là, Lacan tente de rechiffrer le pari dans une autre écriture. Le rapport
harmonique, avec la forme particulière de récurrence qu’il engendre (infini sans ou avec limite, et dans ce cas, identité
de la raison de la série avec la limite vers laquelle elle tend) semble propre à figurer cette autre série : la répétition
freudienne, qui a sa « raison » dans le a, cause du désir. D’où la question : vers quelle limite peut tendre un tel
processus, et que peut-on attendre de l’exercice de la règle de l’association libre ?
L’analogie mathématique permet un nouvel éclairage sur la perversion (compléter l’Autre en se faisant l’objet de la
perte, le déchet), ou d’autres postures subjectives : faire foi dans l’Autre (« mesurer l’Autre comme Un avec la
perte ») ou se soustraire à cet Un de l’Autre. Nous examinerons de près le sens de ces formules induites par le
vocabulaire mathématique. Sous cette « raison » de la série, c’est le je du sujet qui se met à l’épreuve d’être ce qui

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marque l’Autre d’un manque et qui, à ce prix, fait acte de choix. Acte spécialement dénudé quand il s’agit de l’acte
analytique. La question que Lacan avait substituée à celle de l’existence de Dieu (je existe-t-il ?) rebondit en cette
autre : la psychanalyse existe-elle ?

Jean–Claude MILNER

Antiphilosophie (III)

18h30-20h30
Salle RC3 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56),
Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Jeu 2 Mars, Jeu 9 Mars, Jeu 16 Mars, Jeu 23 Mars, Jeu 30 Mars

Le séminaire examinera la relation de l'antiphilosophie au matérialisme.


Touchant la matière, la philosophie est souvent réputée avoir soutenu la thèse de son éternité. On a pu établir que
cette thèse s'articule au primat de la forme prédicative. Elle intéresse donc au premier chef tout programme
antiphilosophique.
Si la matière n'est pas éternelle, quel est son caractère distinctif ? On reprendra une hypothèse introduite au cours de
l'année précédente : dans le dispositif moderne, la thèse de l'éternité de la matière est remplacée par la thèse de la
matière contingente.
Si la contingence est le sceau même du matériel, il faut en tirer les conséquences pour tout discours qui se réclamerait
du matérialisme. Réciproquement, il faut en tirer les conséquences pour tout discours qui ferait valoir quelque forme
de contingence : que ce soit sous le chef de l'histoire, ou sous quelque autre chef.
Autrement dit, le séminaire examinera la relation de la philosophie à la contingence.

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Philosophie/Sciences sociales

Claude BIRMAN

Bible et Philosophie II : Les paradigmes bibliques de la parenté

20h-22h
Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 24 Fév, Jeu 9 Mars, Jeu 23 Mars, Jeu 27 Avr, Jeu 25 Mai, Jeu 22 Juin

Le mot hébreu 'avot signifie à la fois « pères » et « principes ». Le premier livre du récit biblique prend donc appui
sur un ensemble de légendes patriarcales pour tendre à présenter un système de parenté normatif propre à induire une
constitution effective de l'individualité. Beréshit, le livre de la Genèse selon les Septante, qu'Edmond Fleg par
exemple appelait plutôt le Livre du Commencement, débute en effet par une recension des conduites d'échec produites
par le déficit originel de la parenté : si l'homme est fils de l'homme et non pas simplement de la nature, il s'humanise
d'autant mieux qu'il a pu compter sur des parents consistants, ni absents ni abusifs. En d'autres termes, le récit
biblique nous invite à considérer le fait que les hommes s'entre-tuent dans la mesure où ils procèdent d'une parenté
évanescente-possessive. L'insuffisance des parents fait celle des enfants, et le désespoir guette.

Or le simple propos de la prophétie biblique, comme le rappelle par exemple Spinoza, est de dire l'espoir. Et dire
l'espoir en commençant par le commencement, c'est tâcher de dénombrer les conditions auxquelles s'élabore une
parenté adéquate, c'est-à-dire apte à promouvoir l'essor d'une humanité composée d'êtres libres et solidaires. S'évadant
des archaïsmes, contournant les relativismes pseudo-modernes, la parenté se cherche dans l'histoire des hommes, cette
succession des « engendrements de l'Adam » (toldot ha adam, Genèse 5,1), pour viser à franchir, à coup
d'innovations fructueuses, la distance éthique qui sépare le démoralisant fratricide de Caïn et Abel (Genèse 4,8), de
l'embrassade prometteuse de Moïse et Aaron (Exode,4,27).

Au cours de ce séminaire, nous viserons à mettre en évidence et à actualiser, dans ses grandes lignes, le sens et la
cohérence des représentations patriarcales de la Genèse.

Patrick CINGOLANI

Sujets politiques contemporains

18h30-20h30
Salle RC2 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56),
Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Jeu 9 Mars, Jeu 23 Mars, Jeu 20 Avr, Jeu 4 Mai, Jeu 25 Mai

Depuis quelques années, la question sociale est plus particulièrement un enjeu de réflexion. Les mots exclusion,
pauvreté, misère, précarité ont occupé le devant de la scène médiatique et politique, tandis que les théorisations
contemporaines retrouvent les concepts d'insertion, d'incorporation, d'intégration.
On se propose d'envisager les types d'énoncés qui, dans le mouvement des chômeurs ou des « sans-papiers », tentent
de dire les conditions nouvelles du travail, du lien et du litige, ainsi que les types de communication, d'organisation et
de solidarité qui d'ores et déjà sont mis en place par les sujets politiques d'aujourd'hui.
En rupture avec les promesses d'achèvement de l'histoire ou de la modernité, mais aussi avec les déterminismes et les
modélisations qui anticipent sur les acteurs ou sur les conflits, il s'agirait de comprendre comment ce qui arrive se

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parle et, le cas échéant, de prendre la mesure de la perte de voix autant que de la prise de parole. On voudrait ainsi
interroger les notions de tort et de litige et les régimes d'interlocution et de conflit qu'elles supposent ; nous les
interrogerons à la fois au sens où les entendent Jean-François Lyotard et Jacques Rancière, mais aussi dans le sens où,
outre-atlantique, un Stanley Cavell essaie de rendre compte, contre Rawls, de ce qu'on pourrait appeler l'expérience du
différend de l'intérieur, à partir d'un sentiment d'obscurité à soi-même et de l'exigence d'une « ré-clamation de notre
voix ».

Pascal MICHON

Conditions théoriques d'une histoire du sujet. La poétique d'Henri Meschonnic

18h-20h
Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 23 Fév, Mer 22 Mars, Mer 26 Avr, Mer 24 Mai, Mer 14 Juin

En développant une « anthropologie historique du langage », la poétique se place sans ambages au centre des
disciplines du sens et conteste à chacune d'entre elles la propriété exclusive de son objet. La « vérité », le
« social », le « sujet », le « discours » sont les cibles simultanées de ses analyses. Visant des questions aussi bien
philosophiques que scientifiques, psychanalytiques que de théorie du langage, la poétique montre le caractère
indissociable de ces concepts et souligne l'aspect arbitraire des divisions disciplinaires du savoir contemporain. A la
pensée du discontinu qui domine celui-ci, elle oppose une « pensée du continu » qui ne peut qu'entraîner une
modification drastique des délimitations et des relations entre disciplines. On tentera de décrire les conséquences de
cette transformation de la poétique sur l'organisation des savoirs contemporains, en particulier la constitution d'un
espace pour une nouvelle anthropologie historique.

Intervenants :
- Mercredi 23 février : Pascal Michon : Vers une poétique de la société
- Mercredi 22 mars : Serge Martin : L'historicité radicale du langage chez Meschonnic
- Mercredi 26 avril : Claude Birman : Meschonnic traducteur de la Bible
- Mercredi 24 mai : Henri Meschonnic : La poétique comme théorie d'ensemble. Table ronde
- Mercredi 14 juin : Pascal Michon : Nos chantiers

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Philosophie/Sciences

Paul JORION et Francis ROUSSEAUX

La décision sous condition d'une artificialisation du changement

Lun 27 Mars : 20h-22h, Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 10 Avr : 18h-20h, Centre d'Instruction Naval de Brest, Avenue de l'École Navale (Bus 18), 29240 Brest
Lun 15 Mai : 18h-20h, 380 Cliff Drive, # 3 Pasadena, CA 91107, USA - Californie

Séminaire organisé en collaboration avec l'Université de Reims, l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale et
le Laboratoire d'Analyse Cognitive de l'Information de l'Université du Québec à Montréal

À travers l’étude de dispositifs militaires potentialisant la projection de forces armées sur des théâtres d’opérations
extérieures, nous questionnerons les conditions de possibilité de la confusion actuelle entre le vécu de crise, éprouvé
comme convocation impérieuse de la pensée, et l’étrange notion de « crise géopolitique ».
Il s'agira d'organiser un affrontement entre l'ordre du descriptif et l'ordre du prescriptif pour y situer le singulier,
l'usage, le symbole et le concept.
Le propos se resserrera progressivement pour mettre au jour les rapports qu’entretiennent avec cette confusion les
usages multiparticipants des systèmes symboliques et des outils d’aide informatisée à la décision.
Le travail pourra alors prendre un tour plus spécifique, soutenu par une hypothèse de nature épistémologique sur les
techniques, l'acte d'innovation technique manifestant un changement dans les usages et instituant son exploitation
comme avantage.
Si « innover » consiste à tirer parti du changement comme phénomène, il faudra statuer sur les outils symboliques
d'artificialisation du changement.

Intervenants :
- Lundi 27 mars : Patrick Corsi (Commission européenne)
- Lundi 10 avril : Herman Akdag (URCA)
- Lundi 15 mai : Jean-Guy Meunier (UQAM)

Dominique FLAMENT et Jean–Jacques SZCZECINIARZ

Mathématiques, physique, philosophie : les nombres complexes

18h-20h
Maison des Sciences de l’Homme, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris
Mar 22 Fév, Mar 7 Mars, Mar 21 Mars, Mar 18 Avr : Salle 215, 2ème étage
Mar 9 Mai : Salle 07, sous-sol
Mar 23 Mai, Mar 6 Juin, Mar 20 Juin : Salle 215, 2ème étage

Séminaire organisé en collaboration avec l'équipe F.F. D.S. (Formalisme, formes, données sensibles) MSH-CNRS

Ce séminaire est dédié à la mémoire de Gilles Châtelet

I - Les étapes principales de l'histoire de la constitution du nombre complexe comme concept mathématique. Étude
des différentes manières dont il est intégré au corps des mathématiques, dans les relations entre « algèbre » et
« géométrie » sur le mode symbolique, imaginaire, intuitif, rhétorique et conceptuel. On décrit les différentes
mutations caractéristiques de cette entité que Raphaël Bombelli conçoit d'abord comme un signe (« più di
meno » (p. dm) ou « meno di meno » (m.dm)) puis qualifie de « sophistique » (vers 1545). Une fois « traduite »
dans une autre écriture symbolique (+√-1 ou -√-1), cette entité « irrépérible », « absurde », ..., devient une quantité «

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impossible » et « imaginaire ». Rejetée, puis tolérée, elle reste cependant indigne de figurer dans les résultats. Avec
Euler s'achève une révolution symbolique (vers 1777), les « +i » et « -i » interpellent directement les « signes » de
Bombelli. L'« imaginaire » (point de vue cartésien) est vaincu, il trouve sa « réalisation » vers 1800 : « signe de
perpendicularité » (Buée), « ligne dirigée » (Argand), « unité imaginaire » et « quadrillage » du plan (Gauss), ... Mais
la quantité imaginaire devient le « nombre complexe » que nous connaissons grâce aux efforts conjugués — et à
l'autorité scientifique dont ils jouissent — de Cauchy en France, Hamilton en Irlande et Gauss en Allemagne (1830-
1850).
II - On examine certaines des formes d'extension de ces constructions conceptuelles dans le passage de une à plusieurs
variables complexes. Nous avons choisi de nous concentrer sur un phénomène spectaculaire et important pour sa
signification mathématique et philosophique : le phénomène Hartogs qui paraît spécifier de façon stricte les propriétés
de la structure complexe. De même, nous proposons une analyse des concepts nouveaux introduits par Leray. Le
point de vue est épistémologique : comment se développent les questions posées par le prolongement en plusieurs
variables, et comment ouvrent-elles à de nouvelles problématiques ? Comment et pourquoi représente-t-on des
fonctions en plusieurs variables ? Dans la même veine on décrit certains aspects du passage aux résidus en plusieurs
variables. Le point de vue est également philosophique : comment s'est effectuée la construction par l'intuition et par
la symbolique du multidimensionnel ? Quelles transformations philosophiques — en particulier dans le champ des
concepts décrivant notre imaginaire — cette nouvelle géométrie entraîne-t-elle ?

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HOMMAGE À L'ŒUVRE

Le fond et l'objet.
Hommage à l'œuvre de François Baudry

Sam 4 Mars (9h30-12h30/14h-18h30)


Salle Dussane, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris
Dim 5 Mars (10h-13h/14h30-17h30)
Salle Dussane, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Jean–Jacques BLÉVIS, Philippe KREJBICH et Antonia SOULEZ et


avec la collaboration de Monique DAVID-MÉNARD et Didier VAUDÈNE

Hommage organisé avec le Département de philosophie de l’Université Paris 8, la Société de psychanalyse freudienne
et le Cercle freudien.

Le thème de ces journées, le fond et l’objet, s’inscrit dans la perspective de la question de l’objet. De nombreuses
observations dans les textes de François Baudry témoignent de son souci d’une articulation entre le discours analytique
et les autres discours — qu’ils ne soient pas sans rapport. La référence insistante à la question des fondements,
entendue non pas comme une manière de déterminer un socle, mais comme un nouage borroméen (entre ce qui est su,
ce qui est à savoir et ce qui est impossible à savoir), venant en dédoublement du nœud borroméen tel qu’il est spécifié
par Lacan (nouage des trois dimensions du réel, du symbolique et de l’imaginaire), souligne à quel point la question
de l’objet intervient autant dans sa spécificité analytique (relativement à ce nouage RSI) que par le biais de son
implication dans la question des fondements.
Le « fond » de l’objet ne saurait donc être référé à quelque plan ultime ou originaire ; c’est autant un double fond
(aperçu à l’instant dans la perspective des deux niveaux du nœud borroméen) qu’un sans fond, quand on souligne que
l’objet ne saurait ici se détacher que sur le « fond » d’un impossible à savoir. Mais il est aussi, dans une autre
perspective, un fond à l’égard d’un tableau, fond qui n’est tel que relativement au cadre qui le limite et qui implique
donc une sorte de « fond en arrière-fond » relativement auquel le tableau lui-même se détache.
Le thème de ces journées concerne donc autant le champ analytique que certaines articulations entre le discours
analytique et d’autres discours (philosophie et sciences en particulier) ou pratiques (en particulier la peinture) : la
psychanalyse dit-elle quelque chose de la question de l’objet qui soit audible ailleurs ? Dans quelle mesure ce qui est
élaboré ailleurs de cette question peut-il être audible dans le champ analytique ?

Samedi 4 mars
Matin
- Serge Hajlblum : Le double fond de l’objet et la voix
- Marciane Blévis : Habiter l’espace des traumas.
Après-midi
- René Guitart : De la pulsation nécessaire dans la conception du point
- Françoise de Gruson : Éclats du regard dans l’art africain
- Pierre Amrouche : (titre à préciser)
- Annick Galbiati : L’enseignement de François Baudry
- Jean Cahors : De Vincennes à St-Denis, souvenirs avec François.

Dimanche 5 mars
Matin
- Guy Dana : Introduction à une clinique de l’altérité
- Monique David-Ménard : Négation et objet
- René Lew : Les ressources du sujet sont-elles critiques ?
Après-midi
- Jean-Jacques Blévis : Transformations de l’objet ? (ou quelques hypothèses sur la place de l’objet-voix dans la
constitution du sujet)
- Didier Vaudène : Objet et Limite

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COLLOQUES

La langue des maîtres

Ven 10 Mars et Sam 11 Mars (9h-18h)


Forum IFRAS, 201 avenue Roland Pinchard, 54100 Nancy

Sous la responsabilité de Sidi Mohammed BARKAT, Alain BROSSAT, Stéphane DOUAILLER,


Olivier LE COUR GRANDMAISON, Paul-Élie LÉVY et
Georges NAVET.

Colloque organisé dans le cadre de la convention avec l'Université de Paris 8/Département de philosophie et le Forum
de l'IFRAS

La violence des maîtres ne s'exhibe plus. Elle se poursuit revêtue de l'habit de lumière de la pacification. Sa langue
est celle de la morale, du droit, de la Raison qui fait pièce à l'irresponsabilité de ceux qui ne connaissent pas les vertus
de la communication « moderne » et croient encore à l'exemplarité de la lutte.
La langue des maîtres est désormais vouée à cette nouvelle tâche : valider la domination comme absence de
domination. Elle prend en charge le discours des dominés. Les maîtres anciens parlaient d'une voix majestueuse ou
terrible, celle de la souveraineté. Ils faisaient fond sur l'autorité et la terreur légale. Les maîtres d'aujourd'hui parlent
une langue dépassionnée, celle de l'expert, qui affirme les principes de l'efficacité, censés être étrangers à la logique du
pouvoir.

Intervenants : Antonia Birnbaum, Fulvia Carnavale, Alfonso Correa, Franck Cosson, François de Bernard, Michèle
Gendreau-Massaloux, Rada Ivekovic, Philippe Ivernel, Jean-Marc Levent, René Lew, Pascal Michon, Pierre Péju,
Louis Sala-Molins, Eugenia Vilela

Enseignement de la philosophie en Italie et en France

Mer 3 Mai (9h-18h30)


Amphi Poincaré, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 4 Mai (9h30-18h30)
Institut Culturel Italien, Hôtel de Galliffet, 50 rue de Varenne, 75007 Paris
Ven 5 Mai (9h30-18h30)
Salle des Commissions et Salle Louis Liard, en Sorbonne, 47 rue des Écoles, 75005 Paris

Colloque coordonné par Guy SAMAMA.

Colloque organisé à l’initiative du Ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, et sous le


haut patronage de MM. les Ministres italien et français de l’Éducation.

Entre l’Italie et la France, un dialogue s’est engagé et se poursuit : parmi d’autres, la rencontre de Nice en 1976, les
universités d’été en 1994 et 1995, les journées de Reggio Emilia en 1996. Ce colloque s’inscrit dans la double
dynamique d’une accélération de la construction européenne et des projets de réforme de l’enseignement dans les deux
pays.
En faisant alterner engagements d’idées et tables rondes, discussions et prises de position, descriptions (le matin) et
analyses (l’après-midi), l’essentiel du projet est de contribuer à modifier des conditions d’intelligibilité, déterminées en
grande partie par la tradition historique et culturelle propre à chaque pays. Il s’agira de faire entendre et de lever des
difficultés et ambiguïtés constitutives d’un dialogue entre deux pays à un moment où ils se questionnent sur eux-
mêmes ; transformer une confrontation sur des moyens d’appropriation et de transmission de connaissances en un

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procès de traduction et de reconnaissance mutuelle ; permettre qu’émergent des attitudes de pensée face au savoir plus
que des différences dans les savoirs.
- D’un côté, un enseignement (trois années) plus historicisant et sociologisant, se rapprochant de ce qu’on appellerait
l’histoire des idées (Italie) ; de l’autre, une entrée dans la philosophie (une année) plus problématisante et
conceptualisante (France) ;
- d’un côté, une évaluation orale (Italie), de l’autre, une prédominance de l’évaluation écrite (France) ;
- d’un côté, une logique politique de l’acte éducatif comme intégration à une communauté de destin historique (Italie),
de l’autre, un héritage des Lumières faisant accéder à une autonomie citoyenne du jugement et à une mise à distance
critique par rapport au contenu de savoirs positifs (France).
Reconnaître les mérites et les vertus respectifs de chacun de ces modèles est une exigence préalable ; mais c’en est une
aussi de se rendre sensible à des nuances et à des variations, conditions nécessaires pour qu’un dialogue puisse se
construire. D’où le recours à des situations réelles d’enseignement, sous la forme d’échanges didactiques et de
projections de films de professeurs dans leurs classes avec leurs élèves.
On le sait : pour qu’il y ait dialogue, il faut qu’il y ait dia, cette circulation dans l’échange permettant d’aller de l’un à
l’autre, de soi vers l’autre, en prenant le risque d’exposer sa pensée à son propre impensé pour la féconder ; mais il faut
aussi qu’il y ait logos, donc argumentation et raison.
L’enseignement de la philosophie est un terrain propice à ce dialogue ; offrant l’exemple :
- d’un pluralisme des méthodes et des objectifs ;
- d’une stratégie de transformation et de « modernisation » de programmes n’ayant eux-mêmes d’existence que s’ils
sont conduits par un professeur pleinement formé ;
- d’une communauté de langage qui soit distincte d’un monolinguisme ;
- enfin, d’une considération des dimensions didactique et pédagogique sollicitées comme des moyens au service d’une
exigence philosophique (et non l’inverse).
Il s’agirait ainsi moins d’opposer des points de vue que de confronter des perspectives, de s’approprier, en les
intériorisant, les normes de l’argumentation philosophique, orales comme écrites, sans qu’aucune soit privilégiée aux
dépens des autres.
C’est là une tâche urgente dès lors que l’on a pour horizon la construction de l’Europe, où le plurilinguisme et la
mobilité sont essentiels. C’est relever le défi d’une universalité réelle, loin de toute réduction à une uniformité
réglementaire.

Présidence : Remo Bodei et André Tosel

(le colloque fera l'objet d'un programme spécifique)

L'art et la transmission de la modernité

Jeu 11 Mai et Ven 12 Mai (9h30-18h30)


Villa Arson, 20 aveznue Stephen Liégeard, 06300 Nice

Sous la responsabilité de Catherine PERRET et Jean–Marc RÉOL.

Colloque organisé en collaboration et avec le soutien de la Villa Arson.

Ce colloque voudrait intervenir dans le débat actuel autour de l’art dit contemporain pour analyser la manière dont ce
débat gravite, sans le dire, et peut-être, sans le savoir exactement, autour de la question de la tradition et plus
particulièrement autour du problème de la transmission de la modernité.
Il voudrait articuler cette question non pas à partir d’une reconstruction historique de ce qu’aurait été « la » modernité,
mais à partir de la politique de la transmission mise en place par l’art moderne lui-même. Il voudrait donc l’articuler
non pas sur le terrain culturel comme il est aujourd’hui d’usage, mais sur le terrain politique où s’effectue aussi bien
le travail du souvenir. Il se propose ainsi comme objet spécifique de déchiffrer l’ambivalence constitutive de l’art
moderne et de comprendre l’opérativité potentiellement symbolique de cette ambivalence : comment elle n’est pas
subie mais véritablement mise en œuvre pour une refondation incessante de cette pratique symbolique qu’est l’art et,
plus précisément encore, qu’est l’image.

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Intervenants :
Artistes : Daniel Buren, Michelangelo Pistoletto, Jeff Wall, Peter Halley, Bernard Frize, Suzanne Lafont, Jean-Luc
Moulayne, Gilles Barbier
Philosophes : Benjamin Buchloh, Anne Boissière, Thierry de Duve, Thomas Mac Evilley, Jean-Pierre Rehm,
Catherine Perret
Historiens d’art : Catherine David, Roland Recht, Jean-Marc Réol, Paul Stulzmann

Levinas et la politique

Ven 12 Mai (9h30-12h30/14h-18h)


Sam 13 Mai (9h30-12h30/14h-17h)
Institut français, 17 Queensberry Place, Londres (Grande–Bretagne)

Sous la responsabilité de Simon CRITCHLEY et Alan MONTEFIORE et avec la collaboration de


Catherine AUDARD

Colloque organisé en collaboration avec le Forum for European Philosophy (Londres) et l'Institut français de Londres.
Avec le soutien de l'Institut français de Londres et le Centre Culturel Finlandais de Londres.

Le but de ce colloque est d'interroger le rapport entre l'éthique et la politique dans l'œuvre de Levinas. Est-ce que ce
rapport est nécessaire ? Est-ce qu'il y a une déduction de la politique à partir de l'éthique chez Levinas ? Ou, en
revanche, est-ce qu'on peut dire qu'il n'y a pas un passage assuré entre l'éthique et la politique, et même un hiatus ?
Les enjeux de ce questionnement ont une importance capitale pour la compréhension et la cohérence du projet
Levinasien.
Ce colloque rassemblera quelques spécialistes français de l'œuvre de Levinas et des philosophes britanniques.

Vendredi 12 mai
9h30-12h30
- Simon Critchley : Ouverture
- Miguel Abensour : Anarchy, Politics and Metaphysics
- Catherine Audard : Responsibility for the Other and the Fragmented Self : Changing Our View of Citizenship
14h-17h
- Catherine Chalier : Levinas and Patocka : on war and peace
- Jacob Rogozinski : The Face of my Death : the Other, the Third Party, the Sacrifice
- Alain David : La société à responsabilité illimitée

Samedi 13 mai
9h30-12h30
- Alan Montefiore : Justice, Forgiveness and Reconciliation
- Robert Bernasconi : Levinas and the Social Contract Tradition
- François-David Sebbah : L’éthique et ses critiques : Levinas et les autres
14h-17h
- Danielle Cohen-Levinas : Emmanuel Levinas, une philosophie de l'esthétique ?
- Howard Caygill : Levinas and the Politics of Esprit

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La réduction, méthode-princeps de la phénoménologie :
aspects historique, théorique et pratique

Lun 5 Juin, Mar 6 Juin et Mer 7 Juin (9h30-12h30/14h30-17h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Natalie DEPRAZ.

Méthode originale de la démarche phénoménologique, la réduction joue un rôle central dans la compréhension de cette
nouvelle discipline de pensée inaugurée par Edmund Husserl au début du XXe siècle.
On s'est beaucoup interrogé sur la nécessité d'opérer ou d'avoir opéré la réduction pour « faire » de la
phénoménologie, les uns la revendiquant comme une nécessité absolue, les autres la négligeant du fait du risque de
méthodologisme qu'elle engendre.
Cependant, on s'est finalement fort peu intéressé à son origine historique, à son statut théorique de fondement
épistémologique et encore moins à sa réalité d'exercice pratique.
Le présent colloque voudrait par conséquent s'employer à réparer ce manque, aux fins de dégager la portée, la fécondité
mais aussi les limites de la méthode de la phénoménologie.

Lundi 5 juin : Les sources historiques de la réduction


Présidence : Renaud Barbaras et Jean-François Marquet
Matin (Renaud Barbaras)
- Françoise Dastur : L'épochè phénoménologique et le scepticisme
- Pierre Vermersch : La réduction comme artisanat procédural
- Jean Petitot : Réduction et constitution : eidétique géométrique de la perception
Après-midi (Jean-François Marquet)
- Jean-François Lavigne : Réduction phénoménologique et idéalisme transcendantal dans le développement de
Husserl : la réduction est-elle nécessairement idéaliste ?
- Sebastian Luft : Quelques problèmes fondamentaux concernant les réflexions husserliennes tardives sur la réduction

Mardi 6 juin : Les phénoménologues face à la théorie de la réduction


Présidence : Jean-Luc Marion
Matin
- Vincent Houillon : La destruction heideggerienne de la réduction et de l'épochè
- Philippe Cabestan : Réflexion pure, réflexion impure : la critique sartrienne de la réduction
- Renaud Barbaras : Merleau-Ponty et la réduction phénoménologique
Après-midi
- Bruce Bégout : L'épochè de l'attitude naturelle selon A. Schütz
- François-David Sebbah : Faut-il reconduire la réduction ? (Levinas, Henry, Marion)

Mercredi 7 juin : Pour une pratique de la réduction


Présidence : Natalie Depraz et Francisco Varela
Matin (Natalie Depraz)
- Éliane Escoubas : La réduction et l’irréduction de l’art
- Sébastien Labrusse : La mise en question de l'art : l'esthétique de Giacometti
- Jean Naudin : Epochè et psycho-pathologie : la constitution du temps dans l'expérience d'autrui
Après-midi (Francisco Varela)
- Emmanuel Falque : Réduction phénoménologique et conversion religieuse
- Natalie Depraz : Pratiquer la réduction : la prière du cœur

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JOURNÉES D'ÉTUDE

Le Vrai/le Faux

Lun 21 Fév, Mar 22 Fév et Mer 23 Fév (9h30-12h30/14h30-18h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Françoise REUMAUX.

Journées d'étude organisées dans le cadre du SILIS (groupe de recherche en sociologie de la connaissance de
l'Université de Poitiers) et avec la collaboration de la Maison des Sciences de l'Homme et de la Société de Poitiers
(M.S.H.S)

Quel est le statut de la vérité en Philosophie politique si l'on reprend la conception augustinienne du mensonge ?
Quel accès au vrai peuvent avoir les juristes en Pénal ou en droit de l'Information ? Quelles relations l'historien peut-
il engager avec les témoignages de ceux qui ont appartenu ou participé à un temps pas très lointain encore mais
révolu ? Et comment le sociologue, l'ethnologue traitera-t-il, dans cette perspective, de matériaux tels que les anciens
codes, les récits de vie, les discours, les déclarations des droits, les rituels ? Quelle qualification de sincérité le
linguiste est-il en mesure de conférer aux énoncés comme aux énonciateurs, et de quelle véridicité ou « volonté de
vérité » relèvent les discours des économistes, dont les prévisions, les mesures, les politiques se voient constamment
dépassées par la réalité ? Peut-on, enfin, utiliser les traces mnésiques, ces déformations du vrai, pour contourner le
faux, ainsi que la psychanalyse le propose ?
Quels liens établir entre logos et rationalité ? Quel détour permet le poétique ?

Ces journées d'étude se proposent d'interroger les procédés dont usent les différentes disciplines pour construire leur
« objet » et de les mettre en regard. Elles se proposent de cerner le mode par lequel les problématiques définissent des
recours instrumentaux et des modes d'interprétation différenciés. La nature des outils, le choix des concepts ou des
catégories, les cadres logiques ou les objets eux-mêmes sont-ils responsables d'effets de signification qui réserveraient
aux unes une validité ou vérité axiologique, voire normative, aux autres une validité empirique ou une vérité
cognitive ? Un séminaire tentera ultérieurement d'approfondir les orientations provisoires nées de cette rencontre
interdisciplinaire sur le thème du vrai/du faux et de répondre aux débats et aux questions qu'elles auront ouvert.

Introduction aux journées par Michel Deguy


- Richard Blasselle : Erreur et vérité
- Anthony Carty : Secret d’État et Droit international
- Giordana Charuty : Vraies et fausses images d'esprits
- Renaud Dulong : Statut épistémique de l'aveu
- Hélène Ewenczyk : Entre discours économiques et vérité du réel
- Francis Farrugia : Le « saut dans l'imaginaire » comme chemin de vérité
- Christine Fauré : Les déclarations des droits ne sont ni vraies ni fausses
- Bertrand Geay : La sociodicée républicaniste des instituteurs : mensonge ou illusion fondatrice ?
- Catherine Kerbrat-Orecchioni : Que votre contribution soit véridique...
- Jean-François Laé : Le corps tel qu'exposé dans le droit
- Isabelle de Lamberterie : Raisonnement juridique et fiction
- Isabelle Lasvergnas : La figure du père et ses faux-doubles dans l'œuvre freudienne. Relecture de l'Unheimliche
- Henri Meschonnic : Ni vrai ni faux, le poème
- Ruwen Ogien : La notion de vérité appliquée aux jugements moraux
- Patrick Pharo : La norme de vérité dans les relations sociales
- Solal Rabinowitch : Le faux comme accès au vrai
- Françoise Reumaux : La spéciosité du présent
- Patrick Reumaux : La déclaration (d'amour)
- Michèle Sinapi : Métonymies du mensonge
- Danièle Voldman : Le témoignage et l'écriture de l'histoire

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Émancipation et politique du sujet

Lun 17 Avr (9h-17h30)


Département de philosophie, Université de Pise, Piazza Torricelli, 3A – 56126 Pise (Italie)

Sous la responsabilité de Saverio ANSALDI et Pascal MICHON

Journée d'étude organisée dans le cadre de la convention avec l'Université de Pise

La méditation de Kant sur les Lumières constitue le point d'orgue d'une réflexion permanente du XVIIIe siècle sur la
question de l'émancipation comme pratique nécessaire à la constitution du sujet. Emancipation signifie pour Kant
sortie de la minorité, travail du sujet pour atteindre une autonomie, mais aussi engagement social et historique. La
nouvelle anthropodicée présuppose une morale qui fait éclater l'individualisme du siècle précédent. Habermas est un de
ceux qui représentent le mieux aujourd'hui cette ligne de pensée. Dans l'agir communicationnel, l'émancipation
devient un enjeu de l'activité des sujets les uns avec les autres.
Tout en introduisant des exigences politiques fortes là où la philosophie traditionnelle identifie la question du sujet à
celle d'une éthique de l'individu, cette conception semble rester cependant à l'intérieur du paradigme classique. Si la
transcendance théologique est rejetée, l'homme est toujours assujetti à la transcendance d'une loi morale incluse dans
les structures de la communication. Habermas fait encore sienne l'idée d'une croissance axiologique de l'humanité.
D'autres lectures des Lumières sont certainement possibles qui mènent à d'autres prolongements et à d'autres
stratégies. Foucault nous en apporté la preuve, de même certains sociologues et anthropologues (Durkheim, Mauss).
Il s'agira de tenter de penser l'émancipation et la subjectivation sans réintroduire le transcendantal et son doublon
mondain : l'individu. On fera le tour des apports de ces cinquante dernières années à la définition d'une politique du
sujet.

Intervenants :
- S. Ansaldi (Cerphi) : Émancipation et constitution du sujet politique chez Spinoza
- L. Baccelli (Université de Pise) : (titre à préciser)
- P. Bora (Université de Pise) : (titre à préciser)
- R. di Donato (Université de Pise) : (titre à préciser)
- A.-M. Iacono (Université de Pise) : (titre à préciser)
- B. Karsenti (Université de Lyon III) : Détermination sociale et obligatio juris
- P. Michon (CIPh) : La politique du sujet comme politique du rythme

Lectures augustiniennes atopiques (au féminin)

Sam 20 Mai (9h30-13h/15h-18h)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Dominique de COURCELLES et Michèle SINAPI.

La pensée d'Augustin, comme édifice conceptuel et pensée théologique instituante, offre un champ d'investigation
particulièrement dense pour tenter d'étudier la construction des montages dogmatiques, aux prises avec la question du
désir et la différence des sexes. Nous avons choisi de privilégier certaines lectures d'Augustin faites par des femmes
théoriciennes (pour certaines, mystiques, ou relevant au titre de l'existence, le défi de l'institutionnalité), et les
lectures qui se sont volontairement situées en regard de ces interrogations.
L'entreprise augustinienne, dans ses différentes étapes, laisse apparaître des instabilités constitutives, les fractures
d'une systématicité jamais accomplie en opération de neutralité philosophique. Ces dialogues que nous retenons,
menés à travers plusieurs siècles, à partir du féminin, mettent l'accent sur les liens entre le désir et la fabrique où se

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forge la dogmaticité, et s'affrontent à ces moments où l'analyse du désir cherche une voie vers l'idée d'une
communauté non indifférenciée, mais aboutit aussi parfois à une logique de la terreur.

Matin
- Dominique de Courcelles (CNRS, Paris) : Visions augustiniennes au risque du désir et de la jouissance : Hadewijch
d'Anvers, Thérèse d'Avila, Angélique Arnaud
- Kurt Flasch (Mayence, Deutsche Akademie) : Sur le concept d'amour : Hannah Arendt et Augustin
- Claude Louis-Combet (Besançon) : Le projet d'autobiographie spirituelle chez Augustin et Jeanne Guyon (Les
Confessions et l'Autobiographie, Soliloques et Torrents spirituels)
- Philippe-Joseph Salazar (Université du Cap et CIPh) : La passion politique des femmes chez Racine

Après-midi
- Michèle Sinapi (CIPh) : À propos d'une exception dans la condamnation augustinienne du mensonge (mensonge et
sexuation)
- Françoise Collin (Paris) : Augustin dans la correspondance Hannah Arendt - Heidegger
- Penelope Deutscher (Université de Canberra) : Lectures augustiniennes par des philosophes anglo-saxonnes (à
propos des Écrits sur la grâce et le péché originel)

Interpréter en psychanalyse, interpréter en littérature.


L'étrangeté de la langue et ses résolutions

Sam 20 Mai (11h-13h/15h-17h)


Salle des Conférences, L'Agora Tête d'Or, 93 rue Tête d'Or, 69006 Lyon

Sous la responsabilité de Colette COMBE et Sylvie DREYFUS.

L'interprétation suppose une étrangeté radicale de la langue pour le sujet qui l'énonce. C'est l'interlocution qui dans les
divergences de ses modalités autorise jusqu'à un certain point une résolution de cette étrangeté. Dans la psychanalyse,
l'interprétation se situe au point de rencontre de deux mouvements discursifs, celui propre à l'analysant et celui tenu
par l'analyste dans ses constructions. Qu'en est-il de l'interprétation dans le champ littéraire ? En quoi l'écart entre ces
deux pratiques peut-il approfondir la question de l'économie de l'interprétation ?

Intervenants : Marilia Aisenstein, André Green, Patrick Miller, Jean-Claude Rolland


Discutants : Colette Combe, Sylvie Dreyfus

Le roman, lieu des questions ?

Jeu 25 Mai (14h30-18h15)


Ven 26 Mai (10h-12h30/14h30-18h30)
Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Natacha MICHEL.

Le roman aujourd'hui, montre molle ? C'est lui, parmi les arts de l'écriture, qui a connu la plus grande crise (elle a
nom selon moi de « première modernité »). C'est le roman qui met au rouet le choix entre imaginaire, qui
nécessairement retombe, et fiction, qui toujours monte. C'est lui qui par le pouvoir d'une histoire racontée, par son
mouvement, est conclusif, rompant avec l'interminable de la première modernité. C'est lui qui entrelaçant à l'histoire
un « récit », pouls du gouvernail, pulsation autobiographique, capte la dimension personnelle de l'auteur. C'est lui
qui, sans reprendre la formule de Flaubert : l'auteur invisible et présent partout, réintègre l'auteur au-delà de la forme

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du « je » par la prééminence de la langue. C'est lui qui prenant appui sur celle-ci (la langue, définition : ce qui ne
connaît pas l'interdit qui prohibe de se mouvoir du pôle poétique au pôle prosaïque), crée une nouvelle prose qui n'est
propre qu'à lui. C'est le roman pour qui c'est le même d'écrire et de penser. Le roman est l'arène où toutes ces
questions s'affrontent. Mais, seul cas où développement et fiction vont de pair, le roman est contraint de trouver
solution. Sans gros sabots ni coup de marteau, ces questions seront posées à ceux des écrivains contemporains qui
voudront bien répondre.

Avec en tout cas les philosophes Alain Badiou, Jean-Claude Milner et les écrivains pressentis suivants : Michel
Chaillou, Florence Delay, Pierre Lartigue, Danielle Mémoire, Natacha Michel, Pierre Michon, Marie Ndiaye, Olivier
Rolin, et sous réserve Jean-Luc Benoziglio, Jean Echenoz.

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FORUM

Utilité du roman ?
Dialogue entre Michel Butor et Natacha Michel

Ven 25 Fév (18h30-22h)


Amphi Poincaré, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Natacha MICHEL.

Fragment imaginaire...

Michel Butor : Le nombre immense des romans que l'on écrit, publie et lit, montre que ce genre constitue une
nécessité dans notre société actuelle, qu'il est profondément lié à son fonctionnement, donc à sa conservation. Les
nouveautés qu'on y apporte participent à l'évolution de celle-ci. Les changements en profondeur parient sur une
mutation.

Natacha Michel : Utilité du roman parce que résistance : résistance à sa propre mort proclamée, et à être seulement un
double du Journal. Si, comme vous l'écrivez, on ne comprend que ce qui est raconté, le roman illustre votre idée.
C'est une narration en temps compté : il commence et il finit, se meut dans un temps irréversible. Seul parmi les
écrits littéraires, il doit conclure et résoudre les questions qu'il se pose. Ainsi le « il y a » du roman devient un « ce
qu'il avait à dire ».

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Les Samedis
Débats autour d'un livre

Le Désir et la distance. Introduction à une phénoménologie de la


perception de Renaud Barbaras

Editions Vrin, 1999

Sam 26 Fév (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de François–David Sebbah.

Intervenants : Renaud Barbaras, Bernard Pachoud, Pierre Rodrigo, Jean-Michel Salanskis, François-David Sebbah

C'est moi la vérité de Michel Henry

Editions du Seuil, 1996

Sam 11 Mars (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité d'Alain David, Natalie Depraz et François–David Sebbah.

Intervenants : Alain David, Natalie Depraz, Emmanuel Falque, Michel Henry, François-David Sebbah

Sur la nature ou sur l'étant de Barbara Cassin

Editions du Seuil, 1998

Sam 18 Mars (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Jean–Clet Martin.

Intervenants : Jonathan Barns, Barbara Cassin, Marcel Conche, Jean-Clet Martin

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La Complication - retour sur le communisme de Claude Lefort

Editions Fayard, 1999

Sam 25 Mars (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Miguel Abensour et Jacob Rogozinski.

Intervenants : Miguel Abensour, Claude Lefort, Jacob Rogozinski, Jelica Sumic-Riha

Sciences et savoirs au XVIe et XVIIe siècles de Gérard Simon

Editions des Presses universitaires du Septentrion, 1996

Sam 29 Avr (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Lucien Vinciguerra.

Intervenants : Philippe Hamou, Gérard Simon, Lucien Vinciguerra

Machiavel, le Prince sans qualité de Gérald Sfez

Editions Kimé, 1998

Sam 13 Mai (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Claude Birman.

Intervenants : Claude Birman, Alain Cavaillé, Laurent Gerbier, Michel Senellart, Gérald Sfez

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L'Homme et le Mal d’André Jacob

Editions Le Cerf, 1999

Sam 27 Mai (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Pascal Michon.

Intervenants : Stanislas Breton, Michaël Foessel, André Jacob, Jean-Pierre Marcos, Jacob Rogozinski (sous réserve)

Louis Althusser. Un sujet sans procès d’Éric Marty

Editions Gallimard, 1999

Sam 3 Juin (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Jean–Claude Milner.

Intervenants : Sylvain Lazarus, Éric Marty, Jean-Claude Milner, Élisabeth Roudinesco (sous réserve)

L'Événement et le monde de Claude Romano


et L'Événement et le temps de Claude Romano

Editions PUF, 1998 / Editions PUF, 1999

Sam 10 Juin (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de François–David Sebbah.

Intervenants : Jean Greisch, Jean-Luc Marion, Jacob Rogozinski, Claude Romano, François-David Sebbah

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La Pensée Wittgenstein de David Pears

Editions Aubier, 1993

Sam 17 Juin (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité d'Antonia Soulez

Intervenants : Jocelyn Benoist, Christiane Chauviré, Sébastien Gandon, Sandra Laugier, David Pears, Antonia Soulez

L'Enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes


de Jean-Claude Michéa

Editions Climats, 1999

Sam 24 Juin (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Pierre Péju.

Intervenants : Jean-Claude Michéa, Pierre Péju. Les noms des autres intervenants seront communiqués
ultérieurement.

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Index des responsables de séminaires

A L

ARGUILLÈRE Stéphane 16 LARDREAU Guy 21


LE COUR GRANDMAISON Olivier 25
LORAUX Patrice 8
B

M
BADIOU Alain 16
BALLANFAT Marc 17
BALMÈS François 28 MARGEL Serge 21
BARKAT Sidi Mohammed 25 MARTIN Jean-Clet 7
BEGOUT Bruce 18 MAUREL Jean 8
BENMANSOUR Maryan 28 MICHON Pascal 32
BIRMAN Claude 31 MILNER Jean-Claude 30
BOTZ–BORNSTEIN Thorsten 3 MÜHLMANN Heiner 9
BRAS Gérard 26

N
C
NEMER Guillaume 9
CAILLET Élisabeth 12 NEYRAT Frédéric 10
CAPPAROS Olivier 10 NOUDELMANN François 11
CARASCO Raymonde 3
CHANTEMILANT Marc 25
CINGOLANI Patrick 31 P
CIXOUS Hélène 4
COHEN–LEVINAS Danielle 5
CRAVETTO Maria Letizia 5 PARTOUCHE Marc 12
CRITCHLEY Simon 6 PÉJU Pierre 11
PERRET Catherine 12
PUCCI Pietro 13
D

R
DAVID Alain 17
DELCÒ Alessandro 18
DEPRAZ Natalie 18,19 RANCIÈRE Jacques 13
DRACH Marcel 15 RIHA Rado 26
DREYFUS Sylvie 26 ROUSSEAUX Francis 33
DUPONT Florence 7

S
F
SALANSKIS Jean-Michel 22
FERRARIS Maurizio 19 SALAZAR Philippe-Joseph 27
FLAMENT Dominique 33 SEBBAH François-David 22
SHUSTERMAN Richard 14
SOULEZ Antonia 23
SUMIC Jelica 26
G SZCZECINIARZ Jean-Jacques 33

GATIGNOL Patrick 26
GHITTI Jean-Marc 20 V
GROS–AZORIN Caroline 29

VARELA Francisco 18
VERMERSCH Pierre 18, 19
H

HAGE Anne 28 Z
HAHN Véronique 12
HATZFELD Marjolaine 29
ZOURABICHVILI François 24

JORION Paul 33

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