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Contrôle microbiologique

par forme pharmaceutique


« Exigences Réglementaires »
Sommaire
I- Définitions
1- Médicament
2- Microbiologie
3- Contrôle qualité

II- Exigences réglementaires en termes de contrôle microbiologique


1- Pour quelle raison doit-on faire un contrôle microbiologique ?
2- Fréquence de contrôle
3- Méthodes de contrôle microbiologique
4- Qualité microbiologique des préparations pharmaceutiques en fonction des voies d’administration
a- Formes pharmaceutiques stériles
- Formes pharmaceutiques destinées à la voie parentérale
- Autres formes pharmaceutiques stériles
b- Formes pharmaceutiques non stériles

III- Conclusion

IV- Référentiels
I- Définitions
1- Médicament : Toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou
préventives à l’égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant
être utilisée chez l’homme ou chez l’animal ou pouvant leur être administrée, en vue d’établir un diagnostic
médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action
pharmacologique, immunologique ou métabolique.

Pour cela le médicament obéit à une réglementation « contraignante » et s’inscrit dans un circuit de fabrication
et de mise à disposition des professionnels et des patients très encadré et strictement surveillé.
2- Microbiologie : Est la science qui s’intéresse aux bactéries, levures, moisissures et virus, cette
définition livre le champ d’investigations auquel devrait s’appliquer le contrôle des produits. Il est
singulier, à ce jour, de constater que les principales normes ou monographies en vigueur s’adressent
principalement aux bactéries, levures et moisissures et peu aux virus.
3- Contrôle qualité : Le contrôle de la qualité fait partie des bonnes pratiques de fabrication ; il concerne
l'échantillonnage, les spécifications, le contrôle, ainsi que les procédures d'organisation, de documentation et de
libération qui garantissent que les analyses nécessaires et appropriées ont réellement été effectuées et que les
matières premières, les articles de conditionnement et les produits ne sont pas libérés pour l'utilisation, la vente
ou l'approvisionnement sans que leur qualité n'ait été jugée satisfaisante.

Le contrôle microbiologique fait partie intégrante du contrôle qualité, dans la fabrication d’un produit
pharmaceutique il est réalisé tout au long de la chaine de production, de la matière première au produit fini.

Une analyse microbiologique doit permettre d’isoler et d’identifier un microorganisme spécifique (méthode
qualitative) ou de quantifier une flore particulière dans un échantillon (méthode quantitative).
II- Exigences réglementaires en termes de contrôle microbiologique

1- Pour quelle raison doit-on faire un contrôle microbiologique ?


Il faut savoir que les micro-organismes présents dans les préparations non stériles peuvent :
- réduire voire annuler l’activité thérapeutique du produit,
- et certains connus pour leur pathogénicité chez l’homme ne sont pas tolérés et leur détection entraîne la destruction du produit.
L’origine des microorganismes peuvent être :
- virale,
- bactérienne,
- fongique.
Ils proviennent principalement de trois sources :
- l’environnement de fabrication,
- le personnel,
- les matières premières y compris l’eau.
Par la maîtrise de l’environnement et des procédés de production, un produit pharmaceutique peut avoir une charge microbienne très
faible, voire nulle comme exigé pour les formes injectables. Néanmoins, il est essentiel d’avoir un maximum d’informations sur la
biocharge.

La quantité totale des germes est, de ce fait, un bon indicateur de la qualité microbiologique générale, tandis que certains
microorganismes spécifiés donnent des informations sur le respect de l'hygiène durant la fabrication.

Les fabricants de produits pharmaceutiques sont donc tenus de maîtriser les procédés afin d’assurer une faible biocharge dans les
formes finies, en appliquant

les bonnes pratiques de fabrication (BPF) et en respectant les exigences microbiologiques spécifiées par les Pharmacopées.
2- Fréquence de contrôle

Les contrôles microbiologiques doivent être réalisés :

- sur l’ensemble des lots de médicaments fabriqués,

- des tests périodiques (skip test) pour les formes orales solides (après notification et

acceptation par l’autorité réglementaire sur la base d’un historique et d’un justificatif

scientifique).

- libération paramétrique des produits stérilisés dans leur récipient final. L’autorisation de

procéder à une libération paramétrique doit être accordée par l’autorité réglementaire.
3- Méthodes de contrôle microbiologique

- Les essais qualitatifs : ils servent à déterminer si des micro-organismes viables sont présents ou

absents dans le produit. L’essai de stérilité est le meilleur exemple pour illustrer cet essai

- Les essais quantitatifs de dénombrement :

. la méthode de filtration sur membrane,

. la méthode de dénombrement sur plaque,

. la méthode du nombre le plus probable.

- Les essais d’identification :

. germes spécifiés : témoins d’un niveau de contamination ou dont la présence est indésirable.

L’identification biochimique et morphologique d’un micro-organisme inconnu est la méthode

classique dans les essais de la pharmacopée.


Remarque 1 : Des tests de fertilité et de propriétés inhibitrices des milieux utilisés doivent être réalisées, de même que l’applicabilité
de la méthode d’essai et témoins négatifs.

Remarque 2 : Méthodes alternatives de détection rapide basées sur 3 principes généraux


- Méthodes fondées sur la croissance ex. méthodes électrochimiques, mesure de la consommation ou
production de gaz, la bioluminescence basé sur la libération d’ATP,
- Méthodes de mesures directes ex. Cytométrie en phase solide,
- Méthode d’analyse de composants cellulaires ex. Phénotype, Génotype.
Ces méthodes alternatives doivent être bien entendu validées avant d’être utilisées en routine
4- Qualité microbiologique des préparations pharmaceutiques en fonction des voie d’administration

a- Formes pharmaceutiques stériles


- Formes pharmaceutiques destinées à la voie parentérale : Essais de stérilité, de pyrogène et
d’endotoxines bactériennes. Le test des pyrogènes qui nécessite l’utilisation de lapins tend à être
remplacé à chaque fois que cela est possible et après validation spécifique pour le produit considéré
par l’essai d’activation des monocytes,
- Autres formes pharmaceutiques stériles (préparations ophtalmiques, certaines préparations nasales,
auriculaires…) : Essai de stérilité.
b- Formes pharmaceutiques non stériles
Voie d’administration DGAT DMLT Microorganismes spécifiés
(UFC/g ou UFC/ml) (UFC/g ou UFC/ml)
Voie orale : préparations non aqueuses 103 102 Absence d’Escherichia coli (1 g ou 1 ml)
Voie orale : préparations aqueuses 102 101 Absence d’Escherichia coli (1 g ou 1 ml)
Voie rectale 103 102

Voie buccale 102 101 Absence de Staphylococcus aureus (1 g ou 1


Voie gingivale ml)
Voie cutanée Absence de Pseudomonas aeruginosa
Voie nasale (1 g ou 1 ml)
Voie auriculaire
Voie vaginale 102 101 Absence de Staphylococcus aureus (1 g ou 1
ml)
Absence de Pseudomonas aeruginosa
(1 g ou 1 ml)
Absence de Candida albicans
(1 g ou 1 ml)
Voie transdermique (limites pour un dispositif 102 101 Absence de Staphylococcus aureus (1
transdermique, film protecteur et support dispositif)
compris) Absence de Pseudomonas aeruginosa
(1 dispositif)
Inhalation (des exigences spécifiques s’appliquent 102 101 Absence de Staphylococcus aureus (1 g ou 1
aux préparations liquides dispensées au moyen de ml)
nébuliseurs. Préparations qui doivent être stériles Absence de Pseudomonas aeruginosa
en cas d’absence de conservateurs antimicrobien (1 g ou 1 ml)
ou d’activité antimicrobienne ou en cas de Absence de bactéries gram-négatives
présentation en récipients unidoses) résistantes aux sels biliaires
(1 g ou 1 ml)
Les préparations pour administration par voie 104 102 Au maximum 102 UFC de bactéries gram-
orale contenant des matières premières d’origine négatives résistantes au sels biliaires (1 g ou 1
naturelle (animale, végétale ou minérale), ml)
lorsqu’un prétraitement est impossible et que Absence d’Escherichia coli (1 g ou 1 ml)
l’autorité compétente admet une DGAT des Absence de salmonelles (10 g ou 10 ml)
matières premières supérieure 103 UFC/g ou Absence de Staphylococcus aureus (1 g ou 1
UFC/ml ml)

Les prémélanges pour aliments médicamenteux 105 104 Au maximum 104 UFC de bactéries gram-
pour usage vétérinaire contenant des excipients négatives résistantes au sels biliaires (1 g ou 1
d’origine végétale sur lesquels un traitement ml)
antimicrobien est impossible. Absence d’Escherichia coli (1 g ou 1 ml)
Absence de salmonelles (25 g ou 25 ml)
Remarque : Si la forme pharmaceutique comporte un conservateur antimicrobien, l’efficacité du conservateur
choisi doit être démontrée.
III- Conclusion

Le contrôle qualité des médicaments de façon générale et le contrôle


microbiologique en particulier est indispensables pour assurer la qualité des
médicaments
En effet un médicament de moindre qualité peut :
- Réduire voire annuler l’efficacité thérapeutique du produit
- Constituer un danger pour la santé du patient
IV- Référentiels

Guide des bonnes pratiques de fabrication

Pharmacopée européenne 9.0

ICH Q4B

ICH Q6A
MERCI
POUR VOTRE ATTENTION