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Pr.

El-Otmani GEE et GI - Les pompes - ENSAJ -1-

CHAPITRE 4 – LES POMPES 1

4.1 ÉCOULEMENT DANS UN SYSTÈME AVEC POMPE 2

4.2 HAUTEUR D’ASPIRATION ET CAVITATION 4

4.3 TYPES DE POMPES 9


4.3.1 Pompes à déplacement positif 10
4.3.1.1 Pompes à mouvement alternatif 10
4.3.1.2 Pompes rotatives 16
4.3.2 Pompes centrifuges 23
4.3.2.1 Principes de fonctionnement des pompes centrifuges 24
4.3.2.2 Charge développée en fonction du débit 25
4.3.2.3 Charge requise devant être développée par la pompe 29
4.3.2.4 Rendement (efficacité) 33
4.3.2.5 Puissance en fonction du débit 34
4.3.2.6 Similitude des pompes centrifuges 38
4.3.2.7 Vitesse spécifique d’une pompe centrifuge 42
Chapitre 4 – Les pompes -1-

Chapitre 4 – Les pompes

Les pompes sont des appareils qui, selon les conditions d’opération, communiquent au fluide soit de
l’énergie potentielle par l’accroissement de la pression en aval, soit de l’énergie cinétique par la mise en
mouvement du fluide.

L’énergie requise pour faire fonctionner ces machines dépend de nombreux facteurs :

• Propriétés du fluide : gaz, liquides, suspensions, etc ;

• Caractéristiques de l’installation : longueur, diamètre, rugosité, singularités ;

• Caractéristiques de l’écoulement : vitesse, pression, hauteur d’élévation.

Comme il y a plusieurs situations possibles, on comprend aisément qu’un seul modèle de pompe ne puisse
résoudre tous les problèmes posés. Il existe donc une grande variété de pompes.

Le choix d’une pompe dépend de nombreux facteurs :

• Caractéristiques du fluide

• Localisation de la pompe

• Hydraulique du système (mécanique des fluides)

• Coût d’achat

• Coût d’entretien

L’analyse technico-économique menant au choix final peut être très complexe.


Chapitre 4 – Les pompes -2-

4.1 Écoulement dans un système avec pompe


bI

Wp

Conduite d'aspiration a b
Zb I
Pompe
Za Zb
I
a

Réservoir
Conduite de refoulement

Figure 4.1 – Système muni d’une pompe

On suppose que la masse volumique du fluide est constante. Le but de la pompe est de fournir l’énergie
nécessaire au fluide pour permettre un débit volumique constant à la sortie b’.

Soient a et b, 2 points immédiatement en amont et en aval de la pompe respectivement. L’équation de


Bernoulli nous donne alors :

Wp p α v2   p α v2 
η =  b + Z b + b b  −  a + Z a + a a 
g  ρg 2 g   ρg 2g 

Remarque :

Comme le seul frottement est celui survenant dans la pompe et que celui-ci est pris en compte dans
l’efficacité (rendement) η , alors h f = 0 .

Les « charges totales » aux points a et b définies par :

pa α a va2
Ha = + Za +
ρg 2g

pb α b vb2
Hb = + Zb +
ρg 2g

sont appelées respectivement « charge totale d’aspiration » et « charge totale de refoulement ».


Chapitre 4 – Les pompes -3-

On tire des relations précédentes que

Wp =
g
η
(H b ) g
− H a = ∆H
η

Charge
développée

Soit PB la puissance requise par la pompe.

On a alors :

m& ∆H
PB = m& W p = g
η

La puissance effectivement transmise au fluide, Pf , est définie par

Pf = m& ηW p = gm& ∆H (4-1)

de telle sorte que :

η=Pf PB

Remarque :

Les relations précédentes peuvent être utilisées dans le cas des ventilateurs (fluide compressible) en

prenant ρ =
1
2
( )
ρa + ρb .
Chapitre 4 – Les pompes -4-

4.2 Hauteur d’aspiration et cavitation

La puissance transmise au fluide par la pompe, telle que donnée par la relation (4-1), ne dépend que de la
variation de pression entre les zones d’aspiration et de refoulement. Il est toutefois important que la
pression dans la zone d’aspiration demeure supérieure à la pression de vapeur (saturante) du liquide que
l’on désire pomper afin d’éviter les problèmes de cavitation dans la zone d’aspiration et dans la pompe.

Un bilan d’énergie entre la surface du réservoir ( a′ ) et la zone d’aspiration ( a ) nous donne :

H a′ = H a [=]m
ou encore

p a′ v2 p v2 h
+ Z a′ + α a′ a′ = a + Z a + α a a + fS
ρg 2 g ρg 2g g

où h fS représente la perte par frottement en J/Kg dans la zone d’aspiration. Comme Z a′ = 0 et va ′ est

négligeable, on en tire que

pa′ − pa h fS v2
− −α a a − Z a = 0
ρg g 2g

Pour éviter la cavitation, on doit avoir pa > pv où pv est la pression de vapeur saturante du liquide.

On doit donc avoir :

1  p a ′ − pv  α a va2
 − hf S  − Za − >0 (4-2)
g ρ  2g

ou encore

α a va2
NPSH − >0
2g
Chapitre 4 – Les pompes -5-

La quantité NPSH désigne le « Net Positive Suction Head ». En pratique, le NPSH disponible doit être
supérieur à une certaine valeur appelée le « NPSH requis » ou encore NPSHR.

α a va2
En général, on néglige dans (4-2) le terme .
2g

Ce terme, qui n’est pas très grand en pratique, est plutôt pris en compte dans le NPSHR.

On remplace donc la condition (4-2) par :

NPSH > NPSHR (4-3)

1  p a′ − ρ v 
avec NPSH =  − h fS  − Z a .
g ρ 

Remarque :

• À titre d’exemple, le NPSHR d’une petite pompe centrifuge est d’environ 2 à 3 m. Cette valeur
peut grimper à 15 m dans le cas de pompes beaucoup plus grosses.

• Le NPSH disponible est souvent noté NPSHA.

Exemple :

Quelle est la hauteur d’aspiration maximale lorsqu’on pompe un liquide non-volatile ( pv = 0 ) d’un

réservoir à pression atmosphérique si la perte par frottement est négligeable ?


Chapitre 4 – Les pompes -6-

Solution :

On a pv = 0 hf S = 0

Pour éviter qu’il y ait cavitation, on doit donc avoir

patm
− Z a > NPSHR
ρg
Charge
d’où barométrique

patm
Za < − NPSHR
ρg

Cas particulier : H2O à 1 atm et NPSHR = 2 m

101325 Pa
Za 〈 − 2m = 8.3m
   
1000 kg   9.81 m 
 m 3   s 2 

Exemple :

On pompe du benzène (37.8oC) à un débit de 9.09 m3/h.

Données du problème :

• Réservoir à pression atmosphérique

• Pression relative à la sortie de la zone de refoulement = 345 kPa

• Hauteur de la sortie : 3.05m

• Hauteur d’aspiration : 1.22m

• Tuyau dans la zone de refoulement : 1 - 1 Po Schedule 40


2

• Frottement dans la zone d’aspiration : 3.45 kPa

• Frottement dans la zone de refoulement : 37.9 kPa

• Efficacité de la pompe : η = 60%

• Masse volumique du benzène: 865 kg/m3

• Pression de vapeur du benzène à 37.8oC : 26.2 kPa


Chapitre 4 – Les pompes -7-

a) On veut connaître la charge totale développée par la pompe.

Si on suppose va ′ = 0 , alors un bilan d’énergie nous donne ( on pose α b = 1 ) :

pb ′ vb2′ p
Wpη = + g Z b′ + + h f − a ′
ρ 2 ρ

Tuyau: 1 - 1 Po Schedule 40: 1 pi /s → 6.34 gal/min


2

v b′ =
(40gal / min )(1pi / s )(0.3048m ) =1.92m / s
(6.34gal / min )(1pi )
on en tire que

Wpη =
(345000Pa +101325Pa ) + (9.81m / s 2 )(3.05m )
865 kg / m3

(1.92 m s ) (3.45 kPa + 37.9 kPa ) 101325 Pa


2 2

+ + −
2 865 kg / m 3 865 kg / m 3

m2
= (516 + 29.9 + 1.84 + 47.8 −117.1)
s2

= 478 m 2 s 2 [=] J kg

La charge totale développée est donnée par

η Wp 478 m 2 s 2
∆H = = = 48.8 m
g 9.81 m s 2

ce qui correspond à une énergie de 478 J/kg fournie au fluide.


Chapitre 4 – Les pompes -8-

b) Quelle est la puissance requise par la pompe ?

PB = m& W p

Or m& = (9.09 m3 h )(865 kg m3 )(1 h 3600 s )

= 2.18 kg s

(2.18 kg s ) (478 m 2 s2 ) =1.74 kW


D’où PB =
0.60

c) Si le fournisseur nous donne NPSHR = 3.05m, est-ce que la pompe sera appropriée pour la tâche
demandée ?

On doit calculer le NPSHA :

1  p a′ − p v 
NPSHA =  − hfs  − Za
g ρ 

On obtient :

1 101325 Pa − 26200 Pa 3450 Pa 


NPSHA =  −  −1.22 m
9.81m s 2  865 kg / m 3 865 kg / m 3 

1  m2 m2 
= 86.8 2 − 3.99 2  − 1.22 m
9.81m s 2  s s 

= 7.22 m > NPSHR = 3.05m

La pompe est donc appropriée.


Chapitre 4 – Les pompes -9-

4.3 Types de pompes

Il existe 2 grandes classes de pompes :

A. Les pompes à déplacement positif dites aussi volumétriques. On note 2 sous-catégories :

1. les pompes à mouvement alternatif

2. les pompes rotatives

B. Les pompes hydrodynamiques ou turbo-pompes qui comprennent principalement les pompes


centrifuges que nous étudierons en détail.

CLASSIFICATION GÉNÉRALE DES POMPES


SELON LES "STANDARDS OF THE HYDRAULIC INSTITUTE"

SIMPLEX
DOUBLE EFFET À VAPEUR
DUPLEX

PISTON
SIMPLEX
PLONGEUR
SIMPLE EFFET DUPLEX ENTRAINÉES PAR MOTEUR
À MOUVEMENT DOUBLE EFFET TRIPLEX
ALTERNATIF MULTIPLEX

FONCTIONNEMENT PAR LIQUIDE


À DÉPLACEMENT SIMPLEX
POSITIF DIAPHRAGME MULTIPLEX
(VOLUMÉTRIQUE) FONCTIONNEMENT MÉCANIQUE

CAMES ET PISTON
ENGRENAGES
ROTATIVES
LOBES
VIS
POMPES

AUBES
À PALETTES
PÉRISTALTIQUES, ETC.

AUTO-AMORÇAGE
SANS AUTO-AMORÇAGE

ÉCOULEMENT RADIAL ASPIRATION SIMPLE UNICELLULAIRES IMPULSEUR OUVERT


CENTRIFUGES IMPULSEUR SEMI-OUVERT
ÉCOULEMENT MIXTE ASPIRATION DOUBLE MULTICELLULAIRES
HYDRODYNAMIQUE : IMPULSEUR FERMÉ
UTILISANT
L'ÉNERGIE
CINÉTIQUE UNICELLULAIRES
(TURBO-POMPE) ÉCOULEMENT AXIAL ASPIRATION SIMPLE IMPULSEUR OUVERT
MULTICELLULAIRES IMPULSEUR FERMÉ

UNICELLULAIRES AUTO-AMORÇAGE
PÉRIPHÉRIQUES
MULTICELLULAIRES SANS AUTO-AMORÇAGE

SPÉCIALES POMPES ÉLECTROMAGNÉTIQUES


POMPES AVEC ÉJECTEURS
ETC.

Figure 4.2 – Classification des pompes (tiré de Pompes (2e Édition) par Alexandre Godin)
Chapitre 4 – Les pompes - 10 -

4.3.1 Pompes à déplacement positif

Dans ce type de pompe, un volume de fluide est emprisonné dans un espace donné et est contraint à se
déplacer de l’entrée vers la sortie de la pompe à l’aide d’un système d’entraînement.

4.3.1.1 Pompes à mouvement alternatif

• Les pompes activées par la vapeur

• Les pompes activées par un moteur rotatif

POMPE SIMPLEX À DOUBLE EFFET


(activée par la vapeur)
Admission
Refoulement
Distributeur course
L

Dv Dh

Piston

Échappement Aspiration
Cylindre hydraulique
Cylindre à vapeur
Figure 4.3 – Pompe simplex à double effet
Chapitre 4 – Les pompes - 11 -

POMPE SIMPLEX À SIMPLE EFFET


(activée par un moteur rotatif)

Refoulement

L Course

Dh

Piston

Aspiration

Figure 4.4– Pompe simplex à simple effet

Particularités :

• Mode Simplex : un seul cylindre

• Mode Duplex : 2 cylindres (en mode déphasé)

• Mode à « simple effet » : pompage dans 1 direction

• Mode à « double effet » ; pompage dans les 2 directions

Il existe 3 types de pompes à mouvement alternatif :

a) à piston

b) à plongeur

c) à diaphragme
Chapitre 4 – Les pompes - 12 -

a) Pompes à piston

Ω Ω

Système bielle-manivelle

Piston
Aspiration Refoulement

Cylindre
Clapet

Entrée Sortie

Figure 4.5– Pompes à piston

(Pression de refoulement < 50atm)

b) Pompes à plongeur

Dans ce type de pompe, le déplacement du fluide est assuré par la « plongée » d’un cylindre (le plongeur)
dans celui-ci. Dans le cas d’un liquide (incompressible), le volume déplacé est égal au volume du piston
plongeur.

Pression de refoulement
< 1500 atm

Figure 4.6– Pompes à plongeur


Chapitre 4 – Les pompes - 13 -

c) Pompes à diaphragme

Principe : on remplace le piston plongeur par une membrane dont le mouvement de va-et-vient crée le
pompage.

Diaphragme

Plongeur

Diaphragme

a) Fonctionnement mécanique b) Fonctionnement par liquide


Figure 4.7– Pompes à diaphragme

Pression de refoulement > 100atm

Ce type de pompe à mouvement alternatif est indiqué lorsque le liquide à pomper est par exemple toxique
ou corrosif.
Chapitre 4 – Les pompes - 14 -

Caractéristiques des débits

a) Pompes activées par la vapeur

Le débit dépend de la grosseur de la pompe et de la vitesse du piston.

L
( Course )

a) Pompe simplex à double effet

L1

L2

b) Pompe duplex à double effet


(on additionne les débits)

Figure 4.8– Pompes activées par la vapeur

b) Pompes activées par un moteur rotatif

La rotation du système bielle-manivelle nous donne une courbe de débit sinusoïdale.

L
a) Pompe simplex à simple effet
Q

L
b) Pompe simplex à double effet
Chapitre 4 – Les pompes - 15 -

L1
L2

c) Pompe duplex à double effet

d) Pompe quintuplex à simple effet


Figure 4.9– Pompes activées par un moteur rotatif

Vitesse de fonctionnement

Un des facteurs limitatifs les plus importants : les pertes par frottement dans la zone d’aspiration et à
travers les soupapes de la pompe. Si ces pertes sont trop importantes, il y a risque de cavitation.

Avantages des pompes à mouvement alternatif

• Les pompes à mouvement alternatif sont auto-amorçantes ;

• Le débit est constant : ce sont des pompes volumétriques ;

• La viscosité du liquide est un facteur moins important que dans le cas des pompes
hydrodynamiques ;

• Rendement élevé ;

• Ce type de pompe est plus sécuritaire que les pompes hydrodynamiques.


Chapitre 4 – Les pompes - 16 -

Inconvénients des pompes à mouvement alternatif

• Coût élevé ;

• Ces pompes sont volumineuses et requièrent beaucoup d’entretien ;

• Le débit est pulsé ;

• Ces pompes ne sont pas très flexibles. Pour changer la vitesse, il faut changer soit la course ou la
vitesse du piston.

Applications multiples

• Liquides visqueux et suspensions (e.g. boues usées)

• Génie alimentaire (e.g. le lait ne peut pas être agité)

• Génie pétrochimique

4.3.1.2 Pompes rotatives

Principe : le liquide est emprisonné entre la paroi de la pompe et son organe mobile, le rotor. La rotation
de la partie mobile entraîne le liquide vers la sortie de la pompe.

Remarque :

Même si elles ressemblent aux pompes centrifuges, les pompes rotatives sont des pompes à déplacement
positif.

Types de pompes rotatives :

On les distingue généralement d’après la forme de leur rotor. On peut citer :

a) les pompes à engrenage (gear pumps)

jusqu’à 100 US gallons/min et 1500 psi

b) les pompes à lobes (1, 2, 3 ou 4)

jusqu’à 2500 US gallons/min (4 lobes)

c) les pompes à vis (1, 2 ou 3)

jusqu’à 4000 US gallons/min (2vis)


Chapitre 4 – Les pompes - 17 -

d) les pompes à rotor helicoïdal excentré

Aussi appelées «pompes Moineau » du nom de l’inventeur René Moineau (1932). Dans son
mouvement de rotation, le rotor roule sans frotter dans un corps de caoutchouc qui épouse son
empreinte. Le rotor et le stator n’ayant pas le même pas, il existe entre ces 2 pièces un espace occupé
par le liquide qui avance vers la sortie.

Les pompes Moineau sont très utilisées dans les industries pétrochimiques, papetières et
environnementales pour une grande variété de liquides. Ce sont d’excellentes pompes doseuses.

e) les pompes à palettes

Analogues aux pompes à engrenage mais avec 1 rotor. Le liquide est transporté entre les palettes du
rotor et le corps de la pompe. Utilisées pour le pompage de fluides peu visqueux et de faibles débits

Palette souple
Palette Stator cylindrique

Rotor centré
Rotor excentré
Encoche

Obstacle

Figure 4.10 – Pompes à palettes

Figure 4.11 – Pompes à palettes


Chapitre 4 – Les pompes - 18 -

f) Les pompes péristaltiques (pompes DELASCO)

Principe : constitué d’un simple tuyau que l’on écrase pour faire avancer le liquide qu’il contient.

Galet
• Adapté à tout type de fluide

• Débits jusqu’à 80 m3/h

• Excellente pompe doseuse


Tuyau souple

• Applications : cœur et poumon


artificiels

Figure 4.12 – Pompes Delasco


Chapitre 4 – Les pompes - 19 -

Figure 4.13 – Pompes rotatives – Tiré de « Pompes » de Alexandre Godin ,


Département de Génie Civil , 1974 p.31
Chapitre 4 – Les pompes - 20 -

Figure 4.14 – Courbes caractéristiques d’une pompe rotative (tiré de « Pompes » de Alexandre Godin ,
Département de Génie Civil , 1974 p.36)
Chapitre 4 – Les pompes - 21 -

Courbes caractéristiques d’une pompe rotative

1. Relation débit/pression

Qthéorique = f (vitesse de rotation (Ω), dimensions)

Qréel < Qthéorique à cause de :

• étanchéité imparfaite entre le rotor et le stator; une partie du liquide recircule entre
les zones de basses et hautes pressions.

• Qréel − Qthéorique ↑ lorsque Prefoulement ↑

2. Rendement total η

η = f ( pertes mécaniques, pertes hydrauliques (frottement), fuites ou recirculations)

pertes mécaniques ~ Ω

pertes hydrauliques ~ Ω 2

fuites = f ( Prefoulement )

À basse vitesse, les fuites ont un effet important sur η , à pression fixée. Le débit de contre-pression
(back-flow) ne peut être négligé par rapport au débit (de cisaillement) de la pompe. Cet effet s’estompe
lorsqu’on augmente le débit. Le rendement total atteint alors un maximum puis décroît à des valeurs de
débit plus grands à cause des pertes mécaniques et hydrauliques.

3. Puissance requise

Puissance ~ Q η à pression de refoulement donnée.

Ω petit : les pertes mécaniques et hydrauliques sont faibles p/r aux fuites qui affectent le débit et η dans
le même rapport.

Puissance ~ Ω

Ω grand : la relation n’est plus linéaire à cause des pertes hydrauliques et mécaniques.
Chapitre 4 – Les pompes - 22 -

~ 238 atm

Influence des fuites


Débit de contre-pression

Partie linéaire

Figure 4.15 – Courbes caractéristiques d’une pompe rotative à engrenage (tiré de « Pompes » de Alexandre
Godin , Département de Génie Civil , 1974 p.38)
Chapitre 4 – Les pompes - 23 -

Avantages des pompes rotatives :

• Auto-amorçantes;

• Débit constant;

• Rendement élevé;

• Pas de soupapes (moins de frottement);

• Moins volumineuses que les pompes à mouvement alternatif;

• Plus simples que les pompes à mouvement alternatif;

• Coût d’achat relativement bas.

Inconvénients des pompes rotatives :

• Surpression lors de l’arrêt du moteur;

• Certaines pompes (e.g. pompes à engrenage) ne sont pas adaptées aux suspensions; on peut
considérer une pompe Moineau dans ce cas;

• Usure rapide dans certains cas;

• η dépend de la viscosité du fluide plus que dans le cas des pompes à mouvement alternatif.

Applications multiples :

Procédés cibles : faibles débits (0-100 US gallons/min) et pressions élevées (0-3500 psi).

4.3.2 Pompes centrifuges

Aussi appelées pompes hydrodynamiques ou turbo-pompes, ces pompes utilisent l’énergie cinétique du
liquide.

3 types de pompes centrifuges :

• à écoulement radial;

• à écoulement axial;

• à écoulement mixte.
Chapitre 4 – Les pompes - 24 -

4.3.2.1 Principes de fonctionnement des pompes centrifuges

Diffuseur

2 à 12 aubes

Rotor

Volute

Figure 4.16 – Pompe centrifuge

• Aspiration : la pompe doit être amorcée, i.e. pleine de liquide. La vitesse du fluide qui entre dans le
rotor augmente et par conséquent la pression à l’entrée diminue, causant une aspiration et le maintien
de l’amorçage.

• Accélération : la rotation augmente la vitesse du fluide tandis que la force centrifuge qui le comprime
à la périphérie augmente sa pression.

• Refoulement : dans le diffuseur et dans la volute qui joue le rôle de « divergent » pour convertir
l’énergie cinétique en pression.

Remarques :

• Pompes unilatérale ou à aspiration simple : le liquide n’entre que par une face

• Pompe bilatérale ou à aspiration double : le liquide entre par les 2 faces

• Pompe unicellulaire : munie d’un seul rotor

• Pompe multi-cellulaire : munie de plusieurs rotors

Permet d’atteindre des pressions de refoulement plus grandes. Les rotors sont branchés en série.
Chapitre 4 – Les pompes - 25 -

4.3.2.2 Charge développée en fonction du débit

On s’intéresse à : (∆H vs Q )

Puissance requise pour actionner le rotor :

P = Tω

v2
V2
α2 u2
(
= ω m& r2 Vu 2 − r1 Vu1 )
β2 A
(2) Si on suppose un écoulement radial à l’entrée, i-e

β1 v1 α1 , = 90o :
V1
(1)
α1
r2
r1
Vu1 = 0
u1

→ P = ω m& r2 Vu 2

On a également :

P = gm& ∆H

v2 V2 v2
ωr2 Vu 2
Vr 2 → ∆H =
β2 β2 g
α2

u 2 Vu 2
Vu 2 = car ω r2 = u 2
u2 g
r2

=
u2
g
(
u 2 − Vr 2 tan β 2 )
0
u2  Q 
Figure 4.17 =  u 2 − 
g  S ⋅ tan β 2 

π
Remarque : β 2 < les aubes sont inclinées vers l’arrière.
2
Chapitre 4 – Les pompes - 26 -

Où Q = Vr 2 ⋅ S est le débit volumique dans la pompe et S est la surface totale à travers laquelle le fluide
débite.

u2  Q 
∆H =  u 2 −  = W p g
g  S ⋅ tan β 2 

(η =1)
Cette équation nous montre la relation existant entre Q et ∆H pour une vitesse de rotor donnée.

o
0
β2 > 9
o

β2 > 90
β 2 = 90o β 2 = 90o
∆H β
∆H 2 <9
β2 < 0o
90 o

0 Q 0 Qmax Q
courbe théorique courbe réelle

Figure 4.18

En pratique, on doit composer avec des pertes hydrauliques et mécaniques à l’intérieur de la pompe.
On a :

∆H réelle < ∆H théorique (à cause des pertes)

Qréel < Qthéorique (à cause des fuites)


Chapitre 4 – Les pompes - 27 -

Figure 4.19 – Courbes caractéristiques d’une pompe centrifuge à écoulement radial (A. Godin, Les pompes)
Chapitre 4 – Les pompes - 28 -

Les 3 courbes que nous venons de décrire constituent ce qu’on appelle les courbes caractéristiques d’une
pompe. Ces courbes ne s’appliquent que pour une pompe, un diamètre de rotor et une vitesse de rotor
donnés. En pratique, on utilise plutôt un graphe appelé « réseau de caractéristiques », fourni par le
manufacturier et valide pour une vitesse donnée.

Figure 4.20 – Réseau caractéristique (A. Godin- « Les Pompes » p.53)

Remarques :

• Les courbes en pointillé sont appelées courbes d’équi-rendement

• La puissance du moteur peut être obtenue par des interpolations.


Chapitre 4 – Les pompes - 29 -

4.3.2.3 Charge requise devant être développée par la pompe

Si on applique l’équation de Bernoulli aux extrémités du système hydraulique suivant on obtient :

b
Wp
Zb
Pompe

Za
a Clapet anti-retour

Figure 4.21 – Système hydraulique

pa α Wp p α
+ Z a + a v a2 + η = b + Z b + b vb2 + h f
ρg 2 g ρg 2

Comme v a = vb = v , il en résulte que

∆H = η
Wp
=
(p b − pa ) (
+ Zb − Za + h f )
g ρg

v 2  fM L  8 K ′Q
2

hf =  + ∑ Ki  = 2
 π gD
4
2g  D i

f L 
où K ′ =  M + ∑ Ki 
 D i 

on en conclut que :

(p − pa ) ( ) 8K ′
∆H = + Z − Za +
b
Q2
ρg π gD
b 2 4

Cette équation est appelée la courbe de fonctionnement du système hydraulique. Elle montre en particulier
qu’en régime turbulent, la charge développée augmente quadratiquement avec le débit.
Chapitre 4 – Les pompes - 30 -

Exemple :

Figure 4.22 – Courbes caractéristiques (Ron Darby, Chemical Engineering Fluid Mecanics, p.231, fig 8-2)

On considère un système hydraulique qui doit débiter 275 USGPM d’eau à 60oF d’un réservoir vers un
autre 50 pieds plus haut. Les 2 réservoirs sont à la pression atmosphérique. Le système hydraulique
comprend 65 pieds de tuyau Schedule 40 de 2 pouces de diamètre, une vanne à globe et 6 coudes à 90o.

Quel diamètre de rotor devrait-on utiliser avec la pompe centrifuge Mission ? Quelle sera la puissance
fournie par le moteur ?

Solution :

gal   0.227 m h   1h 
3
 m3
Q =  275    = 0.0173
 min   1 gal min   3600 s  s

Un bilan d’énergie macroscopique nous donne :

pa α p α
+ Z a + a va2 + ∆H = b + Z b + b vb2 + h f
ρg 2g ρg 2g
Chapitre 4 – Les pompes - 31 -

on a p a = pb = p atm et v a = vb = 0 . Par conséquent,

( )
∆H = Z b − Z a + h f

= (50 pieds )  0.3048 m +h


 f
 pied 

= 15.24m + h f

Re =
ρv D 4 ρ Q
= =
(4)(1000 )(0.0173) = 4.2 × 10 5
µ π Dµ (3.1416)(0.0525)(0.001)

v=
4Q
=
(4 )(0.0173) = 8 m s
π D (3.1416 )(0.0525)2
2

f m = 0.020

f T = 0.019

K 1 = 30 f T = 0.57 (coude à 90o)

K 2 = 340 f T = 6.46 (vanne à globe)

On en tire que :

v 2  fM L 
hf =  + 6 K1 + K 2 
2g  D 

82  (0.02 )(65 pieds )(0.3048 m pied ) 


= + (6 )(0.57 ) + 6.46
(2)(9.81) 
 0.0525 

= 3.26 (7.55 + 3.42 + 6.46 )

= 56.8 m

Il en résulte que :

∆H =15.24 m + 56.8 m = 72m ou 236 pieds pour un débit de 275 USGPM. Ce point est
représenté par un cercle vide sur le réseau des caractéristiques.
Chapitre 4 – Les pompes - 32 -

De façon plus générale, si on suppose que f M ne dépend pas de Re, ce qui est raisonnable lorsque Re est
grand, on obtient de la relation précédente :

hf =
gπ D
8Q2
2 4
[ fM L
D ]
+ 6 K1 + K 2 =1,9 ×105 Q 2

∆H = 15.24 + 1.9 × 10 5 Q 2 [=]m


C’est la courbe de fonctionnement du système hydraulique, représentée en gras sur le réseau des
caractéristiques.

Le point de fonctionnement (Q, ∆H ) = (275USGPM , 236 pi ) se situe entre les courbes caractéristiques

des pompes dont les rotors font 7 1 po et 7 3 po de diamètre. Le rotor de 7 1 po est trop petit. Si on
4 4 4

utilise le rotor 7 3 po , le point de fonctionnement sera celui indiqué par un « X » sur la courbe de
4
fonctionnement, soit (Q, ∆H ) = (290 USGPM , 250 pi ) . On peut ramener le débit à Q = 275USGPM en
jouant sur l’ouverture de la vanne à globe, ce qui revient à ajouter de la résistance dans le système
hydraulique et augmenter la pente α dans la relation ∆H = α Q 2 + β . On aura donc comme point de

fonctionnement (Q, ∆H ) = (275USGPM , 250 pi ) , représenté par un « carré » sur le réseau de


caractéristiques.

À ce point de fonctionnement, on tire du réseau de caractéristiques que dans le cas de l’eau à 60°F :

η = 47%

NPSHR = 15 pieds

PB = 38HP → Pf = ηPB = 17 HP

Remarque :

Une autre façon de ramener le débit à 275 USGPM serait de modifier la vitesse du rotor.
Chapitre 4 – Les pompes - 33 -

4.3.2.4 Rendement (efficacité)

Le rendement ou l’efficacité totale η peut être exprimé sous la forme du produit :

η = ηh × ηv ×η m (justification à la page suivante)

ηh : rendement hydraulique, soit le rapport entre la charge développée par la pompe et celle développée
par le rotor.

ηv : rendement volumétrique, soit le rapport entre le débit sortant de la pompe et celui sortant du rotor
(influence des fuites)

η m : rendement mécanique, soit le rapport entre la puissance développée par le rotor et celle fournie par le
moteur.

Rendement (efficacité) en fonction du débit ( η vs Q )

Comme dans le cas des pompes rotatives, 3 facteurs influencent le rendement d’une pompe :

• Les pertes mécaniques

• Les pertes hydrauliques

• L’étanchéité

0 Q

Figure 4.23 – Rendement en fonction du débit


Chapitre 4 – Les pompes - 34 -

4.3.2.5 Puissance en fonction du débit

Lorsque Q = 0, la puissance requise sert à vaincre


P
les pertes mécaniques et hydrauliques à l’intérieur PB
(totale)
de la pompe.

Pf
(fluide)

0 Q

Figure 4.24 – Puissance en fonction du débit

∆H p Q p Qr ρg∆H r
On a : η h ×η v ×η m = ⋅ ⋅
∆H r Qr PB

Q p ⋅ ρg ⋅ ∆H p Pf
= =
PB PB

Exemple :

QP =0.0425 m 3 s (débit de la pompe)

∆H p = 18.3 m (charge développée par la pompe)

ω =1800 tours min (vitesse du rotor)

Dr = 0.19 m (diamètre du rotor)

S = 0.017 m 2 (surface d’écoulement à la sortie du rotor)

β 2 = 25 o (aube inclinée vers l’arrière)

α 1 = 90 o (entrée radiale)

η v = 98% (rendement volumétrique)

η m = 95% (rendement mécanique)


Chapitre 4 – Les pompes - 35 -

a) Calculer ∆H r (charge développée par le rotor)

Qp 0.0425 m 3 s
Qr = = = 0.0434 m 3 s
ηv 0.98

u2  Qr 
∆H r =  u 2 − 
g S ⋅ tan β 2 

u 2 = ω ⋅ r2 = ω Dr 2

 tours   1 min   2π rad   0.19 m 


= 1800    
 min   60 s   tour   2 

= 17.9 m s

∆H r =
(17.9 m s ) (17.9 m s ) − (0.0434 m s ) 
3

(9.81 m s ) 
2 
(0.017 m )(0.47 )
2

= 22.75 m

b) Calculer le rendement hydraulique

∆H p 18.3 m
ηh = = = 80.4%
∆H r 22.75 m

c) Calculer le rendement total

η =ηh ⋅ηv ⋅ηm = (80.4% )(98% )(95% ) = 74.9%

d) Calculer la charge développée à débit nul

u 22
∆H r = = 32.7 m
g

∆H p = η h ∆H r = (80.4% )(32.7 m )

= 26.3 m
Chapitre 4 – Les pompes - 36 -

Influence de la vitesse de rotation du rotor

On suppose que η est constant (pompe idéale).

Soit N la vitesse de rotation du rotor. On a alors :

• u2 ~ N

u2  Qr 
• ∆H p = ηh ∆H r =η h  u 2 − 
g  S ⋅ tan β 2 

u 22 Qr ⋅ u 2
=ηh −η h
g S ⋅ tan β 2 .g

~ N2 car Qr ~ N

• Pf = Q p ⋅ ρg ⋅ ∆H p (puissance hydraulique)

= η v Qr ⋅ ρg ⋅ ∆H p

~ N3
Chapitre 4 – Les pompes - 37 -

Influence du diamètre du rotor

On suppose que η est constant (pompe idéale)

Soit D, le diamètre du rotor. On a alors :

• u2 ~ D

u2  Qr 
• ∆H p = ηh ∆H r =η h  u 2 − 
g  S ⋅ tan β 2 

u 22 Qr ⋅ u 2
=ηh −η h
g S ⋅ tan β 2 .g

Qr
~ D2 car ~D
S

• Pf = Q p ⋅ ρg ⋅ ∆H p (puissance hydraulique)

= η v Qr ⋅ ρg ⋅ ∆H p

~ D4

car Qr ~ DS ~ D 2
Chapitre 4 – Les pompes - 38 -

4.3.2.6 Similitude des pompes centrifuges

Similitude géométrique : les angles et les dimensions linéiques sont dans le même rapport.

Similitude mécanique : les vitesses aux mêmes points sont dans le même rapport.

On a les relations suivantes :

∆H ~ N2
D/2
Q~ N

P ~ N3
B

Figure 4.25

On a de plus : Q ~ (ND) (DB)

Dans le cas de 2 pompes semblables, on doit aussi avoir :

B2 D2 BD
= → B2 = 1 2 ~ D2
B1 D1 D1

On en conclut que dans le cas de pompes semblables, on doit avoir,

Q ~ ( ND )(DB ) ~ D3

P ~ Q∆H ~ D 5 car ∆H ~ D 2
Chapitre 4 – Les pompes - 39 -

On tire des relations précédentes que :

∆H = C1 D 2 N 2 (4-4)

Q = C2 D 3 N (4-5)

P = C3 D 5 N 3 (4-6)

On considère alors 3 cas particuliers :

a) ∆H = 1 pi et D = 1 po

La valeur de N s’appelle dans ce cas vitesse unitaire et représente la vitesse à laquelle doit tourner
une pompe munie d’un rotor de 1 po pour développer une charge de 1 pi. On note cette vitesse N u .

Nu = 1 (d’après (4-4))
C1

On tire de (4-4) que :

N u ∆H
N= (4-7)
D

b) ∆H = 1 pi et D = 1 po

On tire de (4-5) et (4-7) que Q = C2 N u = : Qu

et en substituant dans (4-5), on obtient de (4-7)

Qu 3 Qu D 3 N
Q= D N = = Qu D 2 ∆ H (4-8)
Nu ND ∆H

Qu est appelé « débit unitaire » et exprime le débit que fournirait une pompe munie d’un rotor de 1 po de
diamètre pour développer une charge de 1 pi.
Chapitre 4 – Les pompes - 40 -

c) ∆H = 1 pi et D = 1 po

On obtient de (4-6) et (4-7) que P = C3 N u3 = : Pu

et en substituant dans (4-6), on obtient de (4-7)

Pu 5 3 Pu ∆H 2 D N
5 3 3

P= 3 D N = = Pu ∆H 2 D 2
3

3 3
(4-9)
Nu N D

Pu est appelé « puissance unitaire » et exprime la puissance requise par une pompe munie d’un rotor de 1
po pour développer une charge de 1 pi.

Exemple :

Caractéristiques d’une pompe centrifuge à écoulement radial :

D = 4 po

Q =27 USGPM d’H2O @ 75oF

∆H = 50 pi

N = 3450 tours min

η = 60%

Question :

Quels sont la charge développée, le débit et la puissance d’une pompe semblable mais 3 fois plus grosse
(rotor) tournant à 1750 tours/min ?

a) ∆H de la grosse pompe

On tire des données de la petite pompe et de (4-7)

Nu =
ND
=
(3450)(4) =1952
∆H 50
Chapitre 4 – Les pompes - 41 -

On a alors pour la grosse pompe ( N u ne change pas) :

ND (1750 )(4 )(3)


∆H = = = 10.8
Nu 1952

∆H =116 pieds

b) Q de la grosse pompe :

On tire des données de la petite pompe et de (4-8)

Qu =
Q
= 2
(27 ) = 0.239
D ∆H (4 ) 50
2

On a alors pour la grosse pompe ( Qu ne change pas)

Q = Qu D 2 ∆H = (0.239 )(4 ) (3) 116 = 371 USGPM


2 2

c) P du moteur de la grosse pompe :

η P = Qρ g ∆ H

 2.23 ×10 −3 pi 3 s     0.062 lb pi 3 


=(370 gal / min )  1000 kg   
 1 gal min  m 3 
1 kg m 3 
   

 
 
( 2 
× 32.2 pi s  ) 1 lb f 
lb ⋅ pi 
(116 pi )
 32 . 2 
 s 2 

pi
= 5934 lb f ⋅
s

= 10.8 HP

→ P = 18 HP
Chapitre 4 – Les pompes - 42 -

4.3.2.7 Vitesse spécifique d’une pompe centrifuge

On obtient des relations (4-7) et (4-8) que

N u ∆H
N= (4-7) rappel
D

Q = Qu D 2 ∆H (4-8) rappel

N 2Q
N Qu =
2 (4-10)
∆H
u 3
2

Tours/min
USGPM

N Q
On pose N S = : N u Qu =
∆H
3
4

pieds

On appelle N S la vitesse spécifique de la pompe centrifuge. C’est la vitesse du rotor qui garantit un débit

de 1 USGPM pour une charge développée de 1 pi.

On peut se servir de la notion de vitesse spécifique pour sélectionner un type de pompe centrifuge.

1200 < N S < 4000 : écoulement radial (unilatérale)

1200 < N S < 5500 : écoulement radial (bilatérale)

4000 < N S < 9000 : écoulement axial-radial

9000 < N S : écoulement axial (hélice)


Chapitre 4 – Les pompes - 43 -

Exemple :

Quel type de pompe centrifuge devrait-on utiliser pour pomper de l’eau à 75oF à un débit de 6000 USGPM
tout en assurant une charge développée de 300 pieds ?

La vitesse de rotation du rotor est de 1750 tours/min.

Solution :

On suppose que la pompe est munie d’un seul rotor.

On a alors :

NS =
N Q
=
(1750) 6000 =1880
(300) 4
3 3
∆H 4

On suggère d’utiliser une pompe à écoulement radial munie d’un seul rotor.

Supposons maintenant que la charge développée est de 800 pieds. On obtient :

NS =
(1750) 6000 = 901 <1200
(800) 4
3

Une pompe unicellulaire à écoulement radial ne serait pas efficace. On suggère une pompe à écoulement
radial à 2 rotors (en série), chacun développant 400 pieds. La vitesse spécifique de chaque rotor serait
alors de :

NS =
(1750) 6000 =1516
(400) 4
3

Une autre solution consisterait à utiliser un moteur tournant à 3450 tours/min. On aurait alors dans le cas
d’une pompe unicellulaire :

NS =
(3450) 6000 =1777
(800) 4
3
Chapitre 4 – Les pompes - 44 -

Avantages des pompes centrifuges à écoulement radial

• Coût ;

• Entretien ; Ce sont les pompes les plus


utilisées
• Flexibilité ;

• Mode continu : aucun piston.

Inconvénients des pompes centrifuges à écoulement radial

• Amorçage nécessaire ;

• Facilement endommagés par la cavitation ;

• Taux de cisaillement élevé ;

• Rendement plus faible que les pompes à déplacement positif (influence de la viscosité).

• Q = f (∆H ) .