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Xavier Lauzin

Ce livre professionnel correspond aux besoins résultant du nouveau zonage sismique de la France entré en vigueur en mai 2012. Les zones sismiques étant désormais étendues à des communes qui n'y étaient pas classées précédemment, on constate un doublement des zones de sismicité faible, avec leur règlement de construction adapté.

Ce volume spécialisé porte précisément de la partie de l'Eurocode 8 (Conception et dimensionnement des structures pour leur résistance aux séismes) traitant des silos, des réservoirs et des canalisations d'alimentation.

On sait que l'on distingue cinq zones sismiques dont, en France métropolitaine, la plus élevée est classée quatrième; elle comprend notamment les Alpes et les Pyrénées tandis que la cinquième concerne principalement les Antilles.

En matière d'eau potable, on verra que les calculs sont obligatoires pour les ouvrages de catégorie 4 (hôpitaux, casernes de pompiers, etc.) soit tout ce qui doit rester en état pendant et après un séisme, comme la distribution de l'eau.

Quant aux eaux usées, on s'intéressera aux stations d'épuration où l'obligation s'applique aux installations classées Seveso 2(centres urbains notamment).

Sommaire

Chapitre 1-

Données de base. La conception parasismique. La méthode du coefficient de comportement

Chapitre 2 - L'action sismique. Domaine d'application. L'action sismique de /'EN 1998-1: spectre de réponse élastique ; spectres de calcul pour l'analyse élastique

Les méthodes de calcul: Méthode de l'effort latéral. L'analyse modale spectrale. L'analyse statique non linéaire. L'analyse temporelle non linéaire

Chapitre 4 - Application au calcul des réservoirs. Généralités. Méthodes pratiques de calcul des réservoirs circulaires. Méthode de calcul des réservoirs à parois planes. Fondations. Soutènements. Canalisations

Chapitre 3 -

Chapitre 5-

Lesdispositions constructives. Généralités. Fondations

Ingénieur ESTP, docteur en physique du solide (CNRS Bordeaux-!) et diplômé de l'IAE de Bordeaux, Xavier Lauzin est spécialiste en génie civil à la Socotec. Il a déjà publié chez Eyrolles un Guide pratique

des stations de traitement des eaux

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Déjà parus dans la même collection coé- Jean-M arie PAILL É, Cal w l des str uc t ur es en

bét on. Gui de d'applicat ion de l'Euro code 2, 2e éd. 2013, 640 p.

Jean - Lou i s GRAN JU, In troducti on au bé to n

armé. Théor ie et applicat ions couran t es selon

Yves BENOIT, Bernar d LEGRAND & Vi ncent TAS TET, Calw l d es st ru ct ures en boi s. Guide d'applicatio n de l'Eurocode 5, 2e éd. 2011, 512 p.

- Dimensionner les barres et les assemblages en bois . Guide d'a pplica t io n de l' Euro cod e 5 à l'usage des ar ti san s, 2012, 256 p.

Marce l HU REZ, Nicolas JURASZEK & Marc PELCÉ, Dimensionner les ouvragesen maçonnerie. Guide d'application de l'Eurocode 6, 2009, 328 p.

Alain CAPRA

& Auré li en GODREAU, Ou vrage s

d'a r t en zone

sismiq ue. Gui de d'app lication de

/' Eurocode 8, 2012, 128 p.

Nombreux titres sous presse ou enpréparation

ditée par Eyrolles et Afnor éditions

Victor DAVIDOVICI (dir.), Dominique CORVEZ, Al ain CAPRA, Shah rokh GHAVAMIAN, Véron ique LE CORV ECet Cla ud e SAI NTJEAN, Pratique d u

> calw l sismiqu e, guide d'applica t ion d e l' Euro-

code 8, 2013, 256 p.

Jea n ROUX, Mait riser /'Eurocode 2. Guide d'appli-

cation, 2009, 338 p.

- Pra tique de l'Eurocode 2. Guide d'app lica tion, 2009, 626 p.

/'Eurocode 2,

2012, 272

p.

APK, sous la dire ction

de Jean-Pierre MUZEAU,

Ma nue l de cons t ru ct io n méta ll iq ue. Guide d'application de /' Eurocode 3, 256 p.

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ËD ITIONS

www.boutique-livres.afnor.org

www.editions-eyrolles.com

EURO

CODE

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X. Lauzin

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Le calcul des réservoirs en zone s1sm1que

Également aux éditions Eyrolles (extrait du catalogue)

Généralités Jean-Paul ROY & Jean-Luc BLIN-LACROIX, Dictionnaire professionnel du BTP, 3e éd. 2011, 848 p.

Eurocodes (en coédition avec l'Afnor)

Jean ROUX, Maîtriser l'Eurocode 2. Guide d'application, 2009, 338 p.

- Pratique de l'Eurocode 2. Guide d'application, 2009, 626 p.

Jean-Marie PAILLÉ, Calcul des structures en béton. Guide d'application de l'Eurocode 2, 2e éd., 640 p.

(juillet 2013).

Jean-Louis GRANJU, Introduction au béton armé.

2012, 272 p.

APK, sous la direction de Jean-Pierre MUZEAU, Manuel de construction métallique. Guide d'application de l'Eurocode 3, 256 p. Yves BENOIT, Bernard LEGRAND & Vincent TASTET, Calcul des structures en bois. Guide d'applica- tion de l'Eurocode 5, 2e éd. 2011, 512 p.

- Dimensionner les barres et les assemblages en bois. Guide d'application de l'Eurocode 5 à l'usage des arti-

sans, 2012, 256 p.

Marcel HUREZ, Nicolas JURASZEK & Marc PELCÉ, Dimensionner les ouvrages en maçonnerie. Guide d'application de l'Eurocode 6, 2009, 328 p. Al ain CAPRA & Auréli en GODREAU, Ouvrages d'art en zone sismique. Guide d'application de l'Euro-

code 8, 2012, 128 p. Victor DAVIDOVICI (sous la direction de) avec Alain CAPRA, Dominique CORVEZ, Shahrokh GAVAMIAN, Véronique LE CORVEC et Claude SAINTJEAN, Pratique du calcul sismique. Guide

d'application de l'Eurocode 8, 2013, 256 p.

Théorie et applications courantes selon l'Eurocode 2,

Méthodes

Collectif Capeb/CTICM/ConstruirAcier, Structures métalliques : ouvrages simples. calcul dëléments structurels en acier, 201 3, 104 p.

Collectif, Lexique de construction métallique, nou velle édition revue et mi se à jour par Jean- Pierre

Muzeau, collection « Les essentiels acier», coédition Co nstruirAcier, 2013, 368 p.

Pierre-Claude AÏTCIN & Sidney MINDESS avec le concours de Jean-Louis GRANJU et de Gilles

ESCADEILLAS, Écostructures en béton: comment diminuer l'empreinte carbone des structures en béton,

2013, 288 p.

Michel BRABAN T, Béatrice PATIZEL, Armelle PIÈGLE & Hélène MÜLLER, Topographie opération- nelle, 3e éd. 2011, 424 p .

Jean-Louis GRANJU, Béton armé. Théorie et applicatio ns selon l'Eurocode 2, 2011, 480 p.

et construire en acier, collection« Les essentiels

acier», 2011, 112 p. coédition ConstruirAcier

Christian LEMAITRE, Les matériaux de construction

Guide technique et de

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o. M arc LANDOWSKI & Bertrand LEMOINE, Concevoir

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1. Propriétés p hysico-chimiques des matériaux, 2012, 144 p.

2. Mise en œuvre et emploi des matériaux, 2012, 288 p.

et

des centaines d'autres livres de BTP, de génie civil, de construction et d'architecture sur

www.editions-eyrolles.com

Xavier Lauzin

Le calcul des réservoirs en zone s1sm1que

Guide d'application de l'Eurocode 8

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EYROLLES

afnor

ËD I T I O N S

ÉDITIONS EYROLLES 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www. editions-eyroll es.com

AFNOR ÉDITIONS 11, rue Francis-de-Pressensé 93571 La Plaine Saint-Denis Cedex www.boutique-livres.afnor.org

Le

en général constituée d 'un certain nombre

programme des Eurocodes stru cturaux

comprend les normes suivantes, chacune étant d e parties :

EN 1990 Eurocode 0 : Bases de calcul des structures EN 1991 Eurocode 1 : Actions sur les structures

en EN 1993 Eurocode 3: Calcul des structures en acier EN 1994 Eurocode 4: Calcul des structures mixtes acier-béton EN 1995 Eurocode 5 : Calcul des structures en bois EN 1996 Eurocode 6 : Calcul des structures en maçonnerie EN 1997 Eurocode 7: Calcul géotechnique EN 1998 Eurocode 8 : Calcul des structures pour leur résistance aux séismes

EN 1999 Eurocode 9 : Calcul des structures en aluminium

EN 1992 Eurocode 2 : Calcul des structures

b é ton

Les normes Eurocodes reconnaissent la responsabilité d es a uto rités réglementaires dans chaque État membre et ont sauvegardé le droit de celles-ci de déterminer, au niveau n ationa l, des valeurs relatives aux questions réglementaires de sécurité, là où ces valeurs continuent à différer d' un État à un autre.

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En application de la lo i du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralem ent ou parti ellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans l'autorisation de l'Éditeur ou du Centre Français d'exploitation du droit de copie, 20 , rue des Grands Augustins, 75006 Paris.

© Afnor et Groupe Eyrolles, 2013 ISBN Afnor: 978-2-12-465425-3

ISBN

Eyrolles: 978-2-2 12- 13740-8

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Table des matières

cHAPtTRE t Généra1ités

 

5

1.1 Données de base

5

1.1

.1

Présentation

5

1.1

.2

Évaluation d ' un séism e

 

6

1.1.

3

Les mouvements du sol

9

1.1

.4

Caractérisation dynamique des structures

10

 

1.1.4.

1 L es oscillations libres non amorties

11

1. oscillations

1.4.2

Les

libres, amorties ou dissipatives

11

1. 1.4.3

L es

oscillations forcées

et

amorties

11

1.1.4.4

Les

oscillations forcées

et dissipatives

12

1.1.

5

Les spectres de répo n se

 

12

1.1.

6

La géotechniq ue en zone sismique

14

 

1.1.

6 .1

Voisinage des fai lles

14

1.1.6

.2

Injluence de la topographie

14

1.1.6.3

Classification

des

sols

15

1.1.6

.4 Classification

des

sites géotechniques

15

1.1.

6 .5

L es risques de

liquéfaction des sols

17

1.1.6.6 Influence de la topographie

 

18

1.1.6.7 Classification des sols

18

1.1.6.8 La liquéfaction des

sols

19

1.2 La conception parasismique

19

1.2

.1 Gé né ralités

 

19

 

1.

2 .1.1

L es

règles PS 69

 

20

1.

2

.1. 2

L

es

recommandations

AFPS 90

2 1

1.

2. 1.3

Les

règles PS 92

 

23

1.2.

1.4

L'EN 1998-1

24

1.2.2 Ad aptation au so l

 

27

 

1.

2.2.1

Problèmes de

27

1.2 .2 .2

Modélisa tion

stabilité des pentes {art. 9.2) du mouvement sismique

28

1.

2.2.3

Modélisation

de l'interaction sol-structure

28

1.2.3 Les ouvrages à risque « normal » et à risque « spécial »

29

 

1.2.3.

1 Ouvrages

à

risque

normal

29

1. 2.3 .2 Ouvrages

à

risque sp écial

29

1. 2 .3 .3

L es stations d 'épuratio n

 

30

2 J Le calcul des réservoirs en zone sismique

cHAP1TRE2. Laction sismique

33

2

. 1 Domaine d'application

33

2.2

Laction sismique de l'EN 1998-1

 

34

2.2.1 Les spectres de réponse élastiques

34

 

2.2.1.1 Composante horizontale du spectre élastique en accélération

34

2.2.1.2 Composante

verticale du spectre élastique en

accélération

35

2.2.1.3 Composante horizontale du spectre élastique en déplacement

35

2.2.2 Les spectres de calcul pour l'analyse élastique

 

35

 

2.2.2.1 Composante horizontale du spectre de calcul en accélération

35

2.2.2.2 Composante verticale du spectre de calcul en accélération

36

2.2.2.3 D éplacement vertical absolu du sol

 

36

cHAPITRE3. Les méthodes de calcul

37

 

3

.1 La méthode de l'effort latéral

38

 

3.1.1

Domaine d'utilisation

38

 

3.

1.2

Principe de la méthode

38

 

3.2 Lanalyse modale spectrale

38

 

3.2.1 Domaine d ' utilisation

38

3.2.2 Principe de la méthode

39

 

3.3 Lanalyse statique non linéaire (en poussée progressive)

39

 

3.3. 1 Domaine d ' utilisation

39

3 .3.2 Principe de

la méthode

39

 

3.4 Lanalyse temporelle non linéaire

40

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3.4.1 Domaine d ' utilisation

40

>

3.4.2 Principe de la méthode

40

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cHAPITRE4. Application au calcul des réservoirs

 

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41

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4.1

Généralités

4 1

>

o.

0

4.1.1 Les états limites ultimes

41

u

4.1.2 L'état de limitation des dommages

42

4.1.3 combinaisons d'action

Les

42

4.

1.4

Les

classes d'importance des stru ctures

43

4.1.5 de l'action sismique

La

définition

43

d éfinition

4.1.6 des coefficients de comportem ent

La

44

Table des matières 1 3

 

4.2

Méthode de calcul des réservoirs circulaires

44

 

4.2. l Domaine de validité/hypothèses de calcul

44

4.2.2 La méthode de Jacobsen et Ayre

 

44

4.2.2.1 Hypothèses de calcul de la

méthode

45

4.2.2.2 Résolution des équations

45

4.2.3 La méthode de Hunt et Priestley

48

4.2.4 La

méthode

approchée d'Houzner

52

4.2.4.1

Une action passive

52

4.2 .4 .2 Une

action active

54

4.2.5 de la NF EN

La méthode

1998-4

57

4.2.5.1 La pression impulsive rigide

57

4.2.5.2 La pression

convective

62

4.2.5.3 La pression inertielle des parois

64

 

4.3 Application pratique

 

64

 

4.3.1 Calcul selon la méthode de Jacobsen et Ayre

64

4.3.2 Calcul selon la méthode de Hunt et Priestley

65

4.3.2.1 Pression d'impulsion

 

65

4.3.2.2 Pression d'oscillation

66

4.3.3 Calcul selon la méthode de Houzner

66

4.3.3.1 Actions d'impulsion

66

4.3.3.2 Actions d 'oscillation

67

4.3.4 Calcul selon la méthode de l'EN1998-4

68

4.3.4. l Actions

d'impulsion

 

68

4.3.4.2

Actions convectives

68

 

4.4 Méthode de calcul des réservoirs à parois planes

69

 

4.4.1 Domaine de validité/hypothèses de calcul

69

4.4.2 Méthode de Hunt et Priestley

 

70

Vl

4.4.3 Méthode approchée d'Houzner

72

(!)

4.4.4 Méthode de l'EN 1998-4

74

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4.4.5 Comparaison avec les méthodes d'Houzner et de Hunt et Priestley

 

>

w

(V)

sur un exemple

76

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0

4.4.5.1 Application

de

la

méthode

d'Houzner

77

N

 

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4.4.5.2 Application de la méthode de Hunt et Priestley

78

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4.4.5.3 Application de la méthode de l'EN 1998-4

78

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4.5 Fondations

 

80

o.

0

u

4.5.1 Rappel sur le renforcement de sol

 

80

4.5.2 Comportement des inclusions rigides sous sollicitations sismiques

80

4.5.3 Comportement des inclusions souples sous sollicitations sismiques

82

 

4.6

Action du séisme sur les murs de soutènement

82

 

4.6 . l Principe de la méthode de Mononobé-Okabé

83

4 J Le calcul des réservoirs en zone sismique

 

4.6.1.2

Incrément de la poussée dynamique active due aux terres pour un mur à parement vertical

85

4.6.2 Principe de la méthode de l'EN 1998-5

85

4.6.3 Application numérique

88

4.7

Les canalisations

 

89

4.7.1 Les canalisations aériennes

89

4. 7.1.1 Exigences de sécurité

4.7.1.2 Action sismique

4.7.1.3 Coefficient de comportement

4.7.2 Les canalisations enterrées

4.7.2.1 Exigences de sécurité

4.7.2.2 Action sismique

CHAPITRE s. Les dispositions constructives

5.1

G

enera 1tes

'

'

1·'

5.1.1 Classe DCL

5.1.1.1 Domaine d'application

5.1.1.2 Matériaux

5.1.1.3 Coefficient de comportement

5.1.2 Classe DCM

5. 1.2.1 Domaine d'application

5.1.2.2 Matériaux

5.1.2.3 Coefficients de comportement

5.1.2.4 Contraintes géométriques

5.1.2.5 Dispositions constructives pour la ductilité locale

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5.1.3 Classe DCH

5.1.3.1 Domaine d'application

5.1.3.2 Matériaux

5. 1.3.3 Coefficients de comportement

5.1.3.4

Contraintes géométriques

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5.1.3.5 Dispositions constructives pour la ductilité locale

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o.

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5.2 Fondations

5.2.1 Fondations profondes(§ 5.8.3 de l'EN 1998-1)

5.2.2 Fondations

superficielles(§ 5.8. 3 de !'EN 1998- 1)

89

89

89

90

90

90

93

93

93

93

93

94

94

94

94

94

94

95

96

96

96

96

96

97

98

98

100

CHAPITRE 1

Généralités

1.1 Données de base

1.1.1 Présentation

On peur simplifier les strucrures terrestres de la façon suivante :

• pour un rayon inférieur à 1 200 km, nous sommes dans le noyau interne dom l'épaisseur est de !' ordre d e 1 200 km ;

• pour un rayon compris ernre 1200 et 3 500 km, nous sommes dans le noyau externe (épaisseur de l'ordre de 2300 km);

• pour un rayon compris ernre 3 500 et 5 670 km, nous nous trouvons dans le manteau inférieur (épaisseur moyenne de 2170 km) ;

• de 5 670 km à la surface, nous abordons le manteau supérieur dont l'épaisseur est de l'ordre de 700 km.

La croû t e

environ) puis de couches granitiques (sur 10 km environ) et enfin de couches basaltiques (sur les 20 km suivants) .

t e rre s tre part du mant ea u supér i e ur e t est composée de l a lith osphère (sur 1OO km

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Les séism es se d éveloppe nt principale m e nt dan s les terrains rigides, donc

les 1OO premiers kilomètres du socle rocheu x .

À l'intérieur de ce socle, la vitesse des ondes est telle que :

Tableau 1. 1 Vitesses des o ndes sismiques

Épaisseur en km

matériaux

Vitesse des ondes principales

esse ntiellement dan s

Vitesse des ondes secondaires

10

granites

6 km/s

3,5 km/s

20

basaltes

6,5 km /s

3,7 km/s

manteau

supérieur

8 km/s

4,5 km/s

Nota

Les o ndes primaires ou d e compression m ettent localem ent le mili eu en co mpression même sens que la propagation.

Les ond es seco ndaires ou d e cisa ill ement enge ndrent d es cisa ill ements dans le milieu transversalement à la direction de propagation.

o u en extension dans le

6

I Gén éralit és

1.1.2 Évaluation d'un séisme

Elle peut être réalisée à partir des deux échelles suivantes :

la magnitude: il s'agit d e l'éne rgie libé rée par le séism e. La quantification se fait à partir de mesures accélérométriques du sol en champ libre. La formule est alors du type :

Log E = a + bM où M est la mesure de l'échelle de Richter ;

s'agit de collecter les réactions d es pe rsonnes ou le

comportement d'objets, de structures qui prennent ainsi la place d'une instrumentation. C'est l'échelle MSK puis, plus récemment, l'échelle EMS 98. Ces échelles sont basées sur :

les effets ressentis à la surface du sol : il

la réaction des individus ;

le

les altérations du paysage et de l'environnement.

comportem ent d es structures ;

Tableau 1.2 Échelle macrosismique MSK de 1964

Degré

de léchelle

Perception

1 Secousse non perceptible

Il

Ill

Secousse à peine

perceptible

Secou sse fa ible resse ntie d e faço n pa rti elle

IV Secousse large ment ressen tie

V Réveil d es d o rm eurs

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VI

F raye u r

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o.

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Effets

Intensité

humaine (séismographe uniquement).

de vibration en d essous du seuil de perception

Seco usse

resse nti e

uniquem ent par q uelques in d ivid us.

Seco usse

resse nti e

pa r qu el qu es p e rsonn es à l'in térie ur d es

constructions

et à

l' extérieur d ans

d es circo nstan ces favora bles.

Séis me ressenti à l' intérieur des co nstructio ns

par de

no

mbre uses pe rso nn es et pa r quelques- un es à

l'extéri eur.

La vibration est comparable à celle due au passage d' un camio n

lo urde m en t c h a rgé. Les ass ie ttes tremble nt. Les pla nc h e rs et les

murs craquent.

Séism e ressenti à l'intérieu r par tout le m ond e et à l'extérieur

p a r d e n o mbreu ses p e rso nn es.

Les constru ctions sont agitées d ' un t rem blem ent gén éral.

Lége r d o mmage au type A (argile, pisé,

M odificatio n du d ébit d es sources.

Séis me ressenti à

Fraye ur générale, q uelques perso nnes perdent l'équili b re.

Le mobilier lo urd se déplace.

D o mm age d e 1er d eg ré d a n s d e n o mbreuses co n stru c ti o n s de type A et certain es d e type B (b riques o rd inai res, blocs de

b éto n , maço nn eri e-b o is, pi e rre de ta ill e).

C revasses de l' o rd re du ce ntimètre d an s les sols d étrempés,

changem ent d a ns le d ébi t d es so urces.

1er d egré poss ibl e dans les bâtim e nts d e pierre to ut-venant).

l' intérieur et à l'extérieur par tou t le mo nde.

Données de base 1 7

 

VII

VIII

IX

Vl

(!)

0

'-

>

w

(V)

--t

0

N

@

X

.!::

O'l

·;::::

>

o.

0

u

 

XI

Dommages

aux constructions

D es tru ction des bâtim en ts

D ommages généralisés aux constructions.

D estruction générale d es bâtim ents

La plupart des personnes sont effrayées et se précipitent dehors.

Bea uco up o n t d es men em à sonner.

d iffi cultés à rester d ebout. Les cloches se

D

o m m ages d e 1°'

d eg ré

dans les

bâtiments

d e

typ e

C (b éron

a

rmé, bo is) , d e 2e

d eg ré

dan s les

bâ t iments

d e

type

B, d e

degré d an s les b â timents d e type A.

D es vagu es se form ent sur l' eau. Les déb its des sources

change nt. Certaines se tarissen t.

partiellem ent.

Perso nn es effrayées et

Les b ran ch es d 'arbres

Domm ages d e 2e d egré dans l es b â tim e nts d e typ e C (b éton

ar mé, b ois) e t p arfoi s d e 3e d eg ré , d e 3e d egré dan s les b ât i- me nts d e type B e t pa r foi s d e 4e d eg ré, d e 4e de gré dan s les

b â timent s de ty pe A et p a rfoi s d e se d eg r é.

Les monum ents et les statues se d éplace nt. Les murs d e pierre s'effondrent.

Pet its glissem em s d e terrai n. Les crevasses du so l at teignent plu sieurs cen tim èrres. D e n o uvelles reten u es d 'eau se créen t dans les va llées. Des pu its asséch és se remplissent.

C hange ments d ans les d ébi ts et les nivea ux d 'eau .

Pani q ue générale. D égâ ts co nsid érables aux mobili ers.

Dommages d e 3e d egré

arm é, b ois) e t par foi s d e 4e d egré , d e 4e d egré

m e nt s d e t y pe B e t parfoi s d e 5e d egré, d e se d egré d a n s l es bâtiments d e type A.

Les mo num ents et les st atues se d éplace nt. Les murs d e p ierre s'effondrent. Ruprure par tielle d es canalisations so uterraines.

Rails de chemin de fer et routes endommagés.

Project io ns d 'eau et de

Les crevasses atte ign e nt 10 cm et les d ép assent sur les p entes et

les b erges de rivière.

C hu tes d e rochers, nombreux glisse m en ts, grandes vag ues.

D es puits asséch és retro uvent leur d éb it et les puits existants

p eu vent s'asséch e r.

Domm ages d e 4e d egré

a r m é, b o i s) e t pa rfo i s d e se d eg r é, d e 5e deg r é da n s l es b â ti -

me nts d e typ e B , d e 5e

Les lig n es d e ch emin d e fer so nt tordues, les b arrages so nt endommagés . Les can ali sations souterraines sont rompu es, les

pavages et l'as phalte fo rment d es o nd ulations.

Les crevasses du sol peuve nt atteind re 1 m d e la rge . Il se produ it d e larges crevasses parallèles aux cours d'eau ai nsi que

d es glisse ments d e terrain.

Les

talus peuve nt s'ébouler

ayant du ma l à res ter d ebout.

se cassent. Le m o bil ier lo urd se renverse.

d a ns les b â tim e nts d e

type C (b éto n dan s les b â t i-

sable et d e bo ue sur les plages.

d a ns les b â tim e nts d e

type C (b éto n

d egré dans l es b â t im e nts d e typ e A.

D

ép lace men ts d e sab le et d e bo u e

d ans les zo n es litro rales.

D

e nou veaux lacs se crée nt.

Catastrophe

Dommages sévè res aux bâti m en ts, aux ponts, aux routes, aux

b arrages, a u x lig n es d e ch em i n d e fe r.

Les ca nalisatio ns sou ter raines sont détru ites.

Le terrain est d éfor m é par d e glissem en ts de terrai n.

larges crevasses et d e no mb reux

8 I Généralités

XII C hangement de paysage.

Nota

Pratiqu ement toutes les structures au -d ess us et au -d essou s du sol sont endommagées. La topographie est bouleversée, d 'é norm es crevasses accompag nées d ' importants d éplace m ents

sont o bse rvées.

D es vallées sont barrées et transform ées en lacs. Des rivières son t déviées.

Les premiers d egrés (de I à IV) n e traitent

pas

d es dommages

aux construction s.

La règle de prog ression arithmé tique n'es t

pas

réellement suivie, par exe mple entre V1 e t V II.

C ette échelle constitue un o util

du sol

d ' ob serva ti o n

des effets. Les d eg rés d ' in tensité donnent

sur la base d es effets obse rvés dan s un e zone donnée.

le niveau de vibra ti o n

Léchelle EMS 98 (échelle macroscopique européenne) est établie selon le schéma suivant:

Tableau 1.3 Classification des dégâts aux ouvrages en maçonnerie

Degré 1

Degré 2

Degré l

D égâts négligeables à légers .

Aucun dégât stru cturel, lége rs d égâ ts non

débris de plâtre

D égâts modérés.

Dégâts structurels légers, d égâ ts no n structurels modérés (fissures d ans les murs, chutes d e m o rceaux d e pl âtre, effo ndrem enc partiel d es ch emin ées) .

D égâts sensibles à importants.

D égâts structurels modérés, d égâts no n st ructu rels impo rtants (fissures importantes,

ruil es de to it se d étach a nc, fra ctures d es chemin ées à le ur base,

murs pignons

D égâts très impo rtancs.

structurels (fissures capillaires, chut e d e petits

).

d éfaillan ce d e clo isons,

.).

 

Degré

4

D égâts

structurels imp ortants, d égâts non structu rels très importa nts (d éfaill ance sé rieuse

 

des murs, d éfaill ance scruccurell e p arti elle d es to its et d es pl an chers).

 

D

estruction.

 
 

Degré

5

Dégâts structurels très imp o rtants

(effo ndremen t total o u presque) .

 
 

Tableau 1.4 Classification des dégâts aux ouvrages en béton armé

Vl

(!)

0

Dégâts négligeables à légers.

 

>

Degré

1

Aucun d égât stru ct urel , lége rs d égâts n o n

st ructurels (fissures fin es d ans les cloiso ns

w

(V)

et

les remplissages, d ans le plâ tre s ur

les parties

).

--t

0

D

égâts modérés.

 

N

@

Degré

2

D égâts

stru cturels

légers, d égâts non

stru cturels modérés (fissures dans les structures d e typ e

J::

p o rtiqu e, d ans les

structures avec murs,

d ans les cloison s et les

remplissages.

C hu te d e revête-

O'l

ment friabl e, chute de mortier).

 

·;::::

>

égâts sensibles à importants.

o.

D

0

u

Degré

l

D

égâts

scruc curels

modé rés, d égâts no n

st ruc turels impo rta nts (fi ss ures dans les po teaux

 

et

d ans

les n œ uds à la base d e l'ossature et aux extrémités d es linteaux, écaill age du revête-

m

enc du béton , Aambem enc d es ba rres lo n gitudin ales

) .

 

D

égâts très importants.

D

égâts

structurels imp o rtants, dégâts no n structurels t rès

imp o rtants (fissures importan tes

Degré 4

d es éléments structuraux avec d éfa illance en comp ress ion du béton et rup ture d es barres à h au te adhéren ce, b asc ul ement des p o teau x, écro ulem ent d e quelques poteaux o u d ' un étage supéri eur).

Données de base 1 9

Degré 5

D es tru ction.

D égâts stru cturels t rès impo rtants (effo ndrem ent total o u presqu e) .

t;échelle des degrés d 'intensité reprend les principes de l'échelle MSK en fonction des classes

d e vulnérabilité sui vantes :

Vl

(!)

0

'-

>

w

(V)

--t

0

N

@

.!::

O'l

·;::::

>

o.

0

u

Tableau 1.5 Classes de vulnérabilité des structures

Type de structure

Moello n brut tout ve nant

Br iqu e crue (ad obe)

Maçonnerie

Pierre

brute

Pierre

m assive

Classe de vulnérabilité

A

B

c

D

E

F

0

0

--i

1- -0

 
 

-0·

H

N on

renforcée,

avec

d es

No n

ren forcée,

avec

des

éléments préfabriqu és 1-·0-H

planchers en béton armé

-0·

H

rO --i

O·

H

0

--i

'

'

ro-

1-

Renforcée ou chaînée

Ossature sans co ncept io n pa ras ism ique (CPS)

Ossature avec un niveau moyen de C PS

Ossature avec un bo n ni veau de CP S

Murs sans CPS

Murs avec un

Murs avec un bon niveau de CPS

1

1

1

'

0-H

Béton armé

H rO --i

0

--i

niveau moyen de CPS

1-·0-H

1 ' 0-H

Acier

Structures

en charpente métalliqu e

Bois

Stru ctures

en bois de charpente

1

1

Q Classe de vulnérabilité la plus probable ; -

Inte rvalle probable ;

-Intervalle de probabilité plus faible, cas exceptionnels

1.1.3 Les mouvements du sol

Si l'on considère un site exempt d e construction (champ libre) et d'accident topographique,

le mo uve ment du sol dû au séism e p eut être repéré localem ent (oues t-est o u nord-sud et

vertical) .

Lors d' une secousse sismique dont la durée peut dépasser la minute, tout point du sol se

d éplace dans toutes les directions.

est caractérisé par un e accéléra tion , c'est ainsi que p o ur une m êm e direction

du mouvement, l' accélérogramm e montre une succession de valeurs oscillantes avec ou sans

changement d e signe.

Si l'on o bserve les enregistrements d e l'accélération dans les tro is di rections, on observe des diagrammes comparables pour les directions horizontales et des valeurs plus faibles pour !'accélération verticale.

Ce d éplacem ent

Si !'o n considère m ainten ant un site avec d es con struction s, le sol mis en mouvem ent va agir su r ces d ernières p ar l'entre mise des fo ndation s.

Pour qu e le fonctionnem ent des sup erstructures puisse être étudié, il faut que les fondations fassent l'objet d 'un mo uvement syn chrone.

10 1 Généralités

Cette contrainte suppose que l'emprise du sol demeure circonscrite, que le sol lui-même soit exempt d'effets tels que tassements, glissements, liquéfaction.

Les études parasismiques ont alors pour but de maîtriser la stabilité de l'ouvrage sous l'effet d'une excitation cyclique par la base.

Nota

Les mesures co ncernenr donc

- l'accélération du sol ;

- la vitesse du sol ;

- le déplacement du sol ;

et ce, dan s les trois directions

:

(nord-s ud , es t-oues t , vert icale) .

Il est à noter qu e plus on se rapproche de l'épi centre, plu s la composante vertical e es t proch e d e l' horizo nral e.

0,30 g

0,20 g

0,10 g

0,10 g

0,20 g

0,30 g

'

ir

0,32 g = am

5

1!

1

!

11 flJ'l1 r

1

10

1

1

1rf W

15

"

111

20

n, iJ I

25

Secondes

Vl

Figure 1.1 Accélérogramme de la composante nord-sud d'EI Centro (mai 1940)

(lJ

0

CEBTP Georges Carbonell

,_

>-

w

(V) 1.1.4 Caractérisation dynamique des structures

0

N

@

c

Si l' on cons idè re un systè me (oscillateur simple) non pesant soum is à p(t) variables avec le temps, l'équation du mouvem ent est donnée par :

d es forces extérie ures

Ol

·;::::

>-

a.

0

u

m d 2 uldt 2 + c du/dt+ ku =p(t).

Avec :

m masse de l'oscillateur simple ;

c coefficient d'amortissement;

k coefficient de raideur.

Si l'o n suppose le milieu p esant, l'équatio n reste identique, on ajou te à l'action dyn am ique l'action statique du milieu pesant sur la m asse du systèm e.

Données de base 1 11

Si l'on suppose enfin que la force p(t) agit non plus sur la masse, mais sur son appui sur le sol, et si ce dernier fait l'objet d'une accélération dans le sens du degré de liberté du système, on constate que l'équation du mouvement est encore applicable, la force p (t) étant équivalente au produit de la masse par l'accélération du sol.

C'est le cas des séismes pour lesquels la donnée d'entrée est l'accélération du sol.

Léquation précédente peut se mettre sous la forme:

1 u!dl + 2CDÇ du/dt+ CD 2 u = p(t)lm. CD 2 =klm et Ç=cl(2(km) 112 )

d

avec:

Cette é quation montre qu e la connaissance de la pulsation CD et du coefficient d ' a morti sse- ment Ç permet de caractériser le mouvement.

Si p(t) = 0, alors les oscillations ne sont plus forcées et deviennent libres (cas de la structure que l'on écarte de sa position d'équilibre et quel'on laisse osciller librement).

On peut alors considérer différents cas d'oscillations.

1.1.4.1 Les oscillations libres non amorties

Dans ce cas c = 0 et p(t) = O. Le mouvement est sinusoïdal et dit conser v atif avec CD 2 = klm. Le déplacement est alors de la form e : u(t) = a cosCDt + b sinCDt.

Vl

(!)

0

'-

>

w

(V)

--t

0

N

@

J::

O'l

·;::::

1. 1.4.2 Les oscillations libres, amorties ou dissipatives

C'es t le cas où p(t) = O.

tion qui vaut : CD 0 = CD(l-Ç 2 ) 112 ; or on sait que pour la m ajorité des constructions, le coeffi-

cient d'amortissem ent est très inférieur à 2 0 %. On peut don c co nfond re la pseudo-pulsation avec la pulsation à 2 % près pour la seule détermination des périodes propres d ' une structure

e n co re si nu so ïd al a morti avec un e p se udo-pul sa-

Le mouv e m e nt es t

en considérant cette d ernière momentaném ent

d épourvue d 'amortissem ent.

1. 1.4.3 Les oscillations forcées et amorties

On co nsidère un e force p(t) h armonique de la form e p(t) =Po si n a,t. Léquation du mouve- ment e st a lor s donnée par : m d ul dl + c du/ dt + ku = Po sina t .

Lintégration de cette équation se fait sous la forme d ' un déplacement :

u(t) = (A sinCDt + B cosCDt) e- ÇWt + p 0 1k À sin(at- a)

Le déplacem ent est

• un premier terme correspondant à un régime transitoire disparaissant rapidement ;

• un second terme correspondant à un régime permanent.

On peut donc écrire u sous la forme : u(t) = p 0 1k À sin(at - a) .

composé d e d eux

termes:

>

Où:

o.

0

u

p 0 !k est l'action statique de la force appliquée ;

• À le coefficient d'amplification dynamique qui dépend du rapport des pulsations d e l'exci- tateur et de l'oscillateur et de l' amortissem ent d e ce d ernier ;

• a la pulsation de l'oscillateur.

L orsque a = CD il y a r éso n a n ce. Lorsque Ç :::; 0,5 %, il y a amp lifi ca ti on dynamique.

Cette amplificatio n sera maximale pour a 2 = CD 2 = klm.

12 1 Généralités

1.1.4.4 Les oscillations forcées et dissipatives

Si p(t) est quelconque, alors la solution de l' équation est donnée par l' intégrale de Duhamel.

Note sur l'amortissement des structures

Les

va le urs

de l'amortisse me nt des scructures é tant diffi cile m ent calculabl es,

ce so nt les valeu rs exp é rim e ntales

qui

ont été

retenues en con sidérant d es osci llations libres; la variation d ' amplitude es t alors mesurée au bout

de n cycles.

La valeur de l'amortissement est déduite de cette expérience en appliquant la formule:

u( tt- dt}

_ ex

( -

2nn(

)

u(t}

p

Il est à noter qu' avec un amortissement relatif de 5 %, le sys tèm e est presqu e entièrem ent amo rti après un e dizaine d'oscillations.

Il en résulte que les stru ctures de génie civil en oscillation libre s'amortisse nt très vite.

Note sur la dissipation de l'énergie

Si l'am o rtissem ent est nul , alo rs route l'énergie accumul ée par le sys tèm e es t restituée, le système est conser- vati f.

Si l'am o rti ssem ent n'es t pas nul , alo rs

on peut cracer la courbe représe ntative du travail absorbé par l'am orti s-

se m ent ,et l' amortissem ent lui -m êm e. Cette courb e d élimite l' aire d e bo ucl e rep résentant l'énerg ie absorbée du

fait de l'amortisse ment au terme de chaqu e cycle.

Note sur les oscillateurs multiples

Si l' on co nsidère un osc ill ateur com portant n nœuds (modèle« brochette »), ce système co mporte n périodes propres.

Le 1er m ode co rres p o n d à l' a mplitude la plus g ra n de, les a utres nuant.

Pour les structures simp les, le 1cr mod e est ainsi le plus co ntraignant, pour les stru ctures co mpl exes, les autres

modes pe uvent être plus défavorables (par exem ple,

modes voient leurs a mplitudes alle r e n dimi -

pour les aéroréfr igé rants, c'es t le 57c mode).

1.1.5 Les spectres de réponse

Vl

(lJ

0

,_

>-

w

Nous avons vu précédemm ent que le séisme pouvait être caractérisé par son accélération au niveau du sol.

Il en résulte que si l'on connaît la loi de variation de cette accélération pour un séisme donné,

il est

alors poss ible d e tracer les courbes donnant le dé placement relatif maximal Sd en fon c-

tion d e la période T = 2II/ro et de l'amortissement Çpour tous les oscillateurs simples .

On considère alors la valeur Sa correspondant à l'accélération absolue quand le d éplacement

(V) est maximal.

,

0

N La vale ur d e la p se udo -accé lération Sa es t donn ée par : Sa = ro 2 Sd.

@

c

Ol

·;::::

On peut également définir une pseudo-vitesse par : Sv = ffi Sd.

Les

courbes représentant Sa et Sv en fon c tion de la p ériode T sont appelées sp ectres de réponse

>-

a. relatifs à l'accélération ou à la vitesse.

0

u

Les spectres de réponse ne donnent que la valeur maximale absolue (positive ou négative) de la variable (déplacement, accélération, vitesse). Il n'est pas possible de déterminer le moment où ce maximum s'est produit.

Les valeurs fourni es par les sp ectres permettent de calculer la valeur maximale des efforts dynamiques (par exemple, F = m Sa).

Données de base 1 13

Spectre de réponse et spectre de calcul :

on voir que le sp ectre d e réponse issu de qui peur rendre difficile son urilisarion ;

les spectres de calcul sonr issus du lissage des spectres de réponse er consriruenr l'enveloppe

l'accéléro gramm e présence une succession d e pics

des spectres obtenus sur la base d e plusieurs

accélérogrammes .

Les diffé renrs règlements p erm en enr la constructi o n de ces sp ectres de calcul en champ libre .

Sa

 

0

6

5

4

Vl

(lJ

3

0

,_

>-

2

w

(V)

2

4

6

8

10

12

14

16

Figure 1.2 Composante nord - sud , sé is m e d ' EI Centro

CEBTP Georges Carbonell

Sd =

cm

U max

CD

0 O/o

2 Ofo

8

10 O/o

0

N

@

2

3

.c

T

4

Ol

·;::::

>-

a.

0

u

Figure 1.3 Spectr e de ré ponse en d é pl acement, sé ism e d ' EI Centro

CEBTP Georges Carbonell

14 I Généralités

Sv

cm/s

~

5 """

5

A J

J ~

!1IJ'/

/jl'v

l'\I

"

If

~

y

~

Il

/

\V \

J

I

rr--

!,,,,, ~\

/

-/

'

~"'

\

\

""

1

1

Ç, =0%,

1;=20/o, ""

/

,,

,,

-

1;=50/o

/

i

\

--

~

.>

~>-

--

'

i---

_,,

/ _,,.- i---

/

~

_,./

~

~

V

,

-r

/

Ç, =

10 %

 

1

1

0,5

1,5

2

2,5 s

T

Figure 1.4 Spectre de réponse des vitesses, séisme d'EI Centro

CEBTP Georges Carbon ell

1. 1.6 La géotechnique en zone sismique

Les règles PS 69 précisaient à l'article sur

possible, de privilégier les fondations sur du rocher plutôt que sur des sols meubles du fait de

l'importance des mouvements nettement plus grande dans ce dernier cas.

Le ch oix portait également sur des terrains compacts, non compartimentés de préférence aux terrains fracturés, éboulis, alluvions récentes, aux sols présentant un indice des vides élevé et aux sols saturés en eau.

Dans ces derniers cas, il était recommandé, lors des études géotechniques, de s'assurer que l'on ne se trouve pas en présence de sols dont les propriétés sont susceptibles de se trouver modifiées par des vibrations d'origine sismique.

Les règles PS 92 donnent des prescriptions communes à tous les ouvrages qui so nt résumées ci-après.

les fondations qu'il convenait, si le cho ix était

1.1.6.1 Voisinage des failles

Vl

Aucun ouvrage de classe A, B, C, D (voir§ 1. 2.1. 3) ne doit être édifié au voisinage immédiat

d'une faille reconnue active, même si son tracé n'est que supposé. Les largeurs des bandes à

(V) neutraliser sont inscrites dans les plans d 'exposition aux risques (PPER). Pour les ouvrages qui

pourraient franchir une faille reis que des réseaux, des routes, il conviendra d'estimer les

grandeurs des déplacements relatifs des bords de la faille et de prévoir des dispositions constructives adaptées.

J::

@

N

0

(!)

0

'-

>

w

--t

O'l

·;::::

>

Nota

o. Dans les recommanda tions

0

AFPS 90 (1 re version non publi ée), cette bande éta it fi xée à 50 m pour la zone

u

inconstructible et la zone à partir de laquelle la faille n'exerçait plus d'influence à 300 m .

1.1 .6.2 Influence de la topographie

Certaines topographies de surface sont susceptibles d 'amplifier les mouvements sismiques dans certaines bandes de fréquence.

Données de base 1 15

L article 5.24 des règles PS 92 p ermet au travers d ' un coeffic ient d ' amplification topogra-

phique de tenir compte d e cette contrainte. Les zones à risques m entionn ées sont principale-

C e coefficient intervient d an s

la d éfinition d es spectres d ' accélé ra tion po ur le calcul d es struc tures , d a ns ce rtaines disposi- tions constructives 9.3 et 9.3 11) concernant les fondations et dans le calcul des déplace-

m ent les rebords de crête, les arêtes, les éperons, les pitons

m ents différenriels entre deux points du sol.

1.1.6.3 Classification des sols

Il e n rés ul te qu e les règles PS 9 2 dé fi n isse nt le classem e nt qualita tif d es

rocher sain ;

groupe a : sols de résistance bonne à très bonne (sables et graviers compacts, marnes ou

sols suivant :

argiles

raides for te m ent co nsolidées) ;

groupe b: sols de résistance moye nn e (sables et g raviers mo ye nne m ent compacts

)

;

group e c : sols de faible résistance (sables ou graviers lâches, argiles molles, crai es alté-

rées

.) .

Les valeurs quantitati ves sont r és um ées d an s le ta bleau 1.6 (page sui vante) .

1.1.6.4 Classification des sites géotechniques

Ces sites sont d éfinis en fo n ction d es typ es d e sol et d e leur ép aisseur. Ils sont rép artis en quatre g ra ndes catégo ri es (fi gure 1. 5) .

Vl

(lJ

0

,_

>-

w

(V)

0

N

@

c

Ol

·;::::

>-

a.

0

u

1

·

1

Roch e r .

h< lS

Site de

référence

So

 

r

1

1

h> l S

h< l S

· l S<h<SO.

h< l O

h>SO

· l O<h< lOO

 

1

 

t

t

t

 

s1

S 2

S3

h(m)

0

10

20

30

40

50

60

Figure 1.5 Cl assification des so ls (Règles PS 92)

La no rme

d ans une certaine bande d e périodes et plus favo rable d ans une autre bande.

atti re l'a ttenti on sur le fait qu' un sp ectre peut être plus d éfavorable qu' un autre

U

ne étude sp éciale es t à réaliser p o ur les co mportem ents sismiques des sols de gro upe c

lo

rsque leur ép aisseur est sup éri eure à 100 m.

Copyright© 2013 Eyrolles.

Type de sol Résistance (MPa)

Rochers

Catégorie a

Sols de

bonne à

très bonne

résistance

mécanique

catégorie b

Sols de

résistance

mécanique

moyenne

Catégorie c

Sols de

faible résis-

tance méca-

nique

Rochers sains

et craies

dures

Sols granulaires

compacts

Sols cohérents

(argiles ou

marnes dures)

Rochers altérés

ou fractures

Sols granulaires

moyennement

compacts

Sols cohérents

moyennement

consistants et

craies tendres

Sols granulaires

lâches

Sols cohérents mous (argiles molles ou vases) et craies altérées

Pénétromètre

statique

-

> 15

> 5

-

5 à 15

1,5 à 5

< 5

< 1,5

SPT

Nombre

de

coups

Module

(MPa)

-

> 30

-

-

10 à 30

-

< 10

<2

Pressiomètre

Pression

limite

(MPa)

> 100

> 20

> 25

50 à 100

6

à 20

5 à 25

<8

<5

Compression

simple

(MPa)

> 5

>2

>2

2,5 à 5

1 à 2

0,5

à 2

< 1

< 0,5

Résistance

(%)

> 10

-

> 0,4

1 à10

0, 1

-

à0,4

Densité

relative

(Cc)

-

> 60

-

-

40 à 60

-

- < 40

< 0, 1

-

Indice de

compres-

sion

(m/ s)

-

-

< 0,02

-

-

0,02 à

0, 10

-

> 0, 10

Vitesse

des

ondes

de

cisaille-

ment

Sous la

nappe

(m/ s)

> 800

> 400

300

à

800

150

à

400

< 150

Vitesse des ondes longitudinales

Hors

nappe

(m/s)

- > 2500

> 1 800

-

-

1500 à

1800

-

< 1 500

> 800

> 1800

400 à

2500

500 à