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ISET SILIANA (BAT 21 et BAT 22) Cours géotechnique 1

Chapitre 8

Les ouvrages de soutènement

1. Introduction
Les ouvrages de soutènement sont destinés à retenir le sol après des opérations de remblaiement
ou d’excavation. Ces ouvrages peuvent être utilisé en qualité des ouvrages permanents ou provisoires.
Les ouvrages de soutènement comportent plusieurs types qui se caractérise par des
fonctionnements différents. Le choix d’un type d’ouvrage dépend principalement de la hauteur du
sol à retenir et la déformabilité des ouvrages proposés.
Parmi ces ouvrages on peut citer (fig. 1) :
- Les ouvrages de soutènement utiliser qu’on mode de remblais. Les murs de soutènements : murs
poids en béton armé ou en maçonnerie, terre armée ;
- Les ouvrages de soutènement utiliser en mode d’excavation et en qualité d’ouvrage provisoire.
Parois moulées ou préfabriquées, murs cantilever en béton armé, rideaux de palplanches ;
- les ouvrages de soutènement qui retiennent le massif par ancrage : les murs ancrés.
Les schémas suivants donnent des exemples d’ouvrages de soutènement.

Figure 1. Les ouvrages de soutènement.

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Pour obtenir les dimensions des ouvrages des soutènements. Il est essentiel de déterminer la
force qui exerce le sol sur l’ouvrage.
Cette force dépend essentiellement du mouvement relatif sol/écran. On l’appelle poussée ou
butée.

2. Notion de poussée et butée


2.1. Etat contrainte en un point

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Au repos, le sol exerce sur le mur (ou l’écran) une contrainte horizontale (fig. 2) égale à la
pression des terres au repos (𝜎ℎ = 𝐾0 𝜎𝑣 ).
Dans le cas d’un talus incliné d’un angle β sur l’horizontale, la formule suivante est
usuellement appliquée :
𝐊 𝟎,𝛃 = 𝑲𝟎,𝒕𝒆𝒓𝒓𝒆 𝒑𝒍𝒆𝒊𝒏 𝒉𝒐𝒓𝒊𝒛𝒐𝒏𝒕𝒂𝒍 × (𝟏 + 𝐬𝐢𝐧𝛃)

Figure 2. Force dans un mur de soutènement.


2.2. Distribution de contrainte
Considérons un mur écran retenant un massif de sol granulaire et soutenu par une force F. Si
on relâche légèrement la force F, il se déplace vers la gauche, le sol a tendance à suivre le mur.
L’action du terrain décroît, le terrain se décomprime. Si on relâche plus grandement F, on
constate l’ouverture de fissures dans le massif et une partie du sol suit l’écran (fig. 3). La valeur
de la contrainte σh diminue jusqu’à atteindre une valeur minimale appelée poussée. C’est l’état
d’équilibre actif (symbole « a » comme actif).
𝝈𝒉 = 𝑲𝒂 𝝈𝒗
Avec, Ka coefficient de poussée des terres.
Le déplacement du mur nécessaire pour provoquer la poussée est de l’ordre du 1/1000 de la
hauteur.

Figure 3. Etat actif.


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Si on repousse au contraire le mur contre le massif, le sol a tendance s’opposer au déplacement


du mur. La réaction sur le mur va croître jusqu’à ce que se produise la rupture du massif de terre
(fig. 4). La valeur de σh augmente jusqu’à une valeur maximale appelée butée. C’est l’état
d’équilibre passif (symbole « p » comme passif).
𝝈𝒉 = 𝑲𝒑 𝝈𝒗
Avec, Kp coefficient de butée des terres.
Le déplacement nécessaire pour mobiliser la butée est de l’ordre du 1/100 de la hauteur.

Figure 4. Etat passif.


Il faut noter que la poussée ou la butée ne sont mobilisées que s’il y a un déplacement suffisant
du mur. Si aucun déplacement n’est possible (blindage, ancrage), la valeur de la contrainte
horizontale restera 𝜎ℎ = 𝐾0 𝜎𝑣 .
La contrainte verticale 𝜎𝑣 est due au poids propre du sol et aux surcharges éventuelles.
Plusieurs méthodes sont utilisées pour déterminer les valeurs des coefficients de poussée et
butée. Ces valeurs dépendent de (fig. 5) :
- La nature du terrain : pulvérulent ou cohérent (caractérisé par c et φ) ;
- L’inclinaison de la surface du terrain (angle β) ;
- De l’angle de frottement δ sol – mur (rugosité du mur) ; la valeur de δ pourrait être
prise égale à δ = 2/3 φ;
- L’inclinaison du parement intérieur du mur (angle α).
L’évaluation de l’effort de poussée ou de butée peut se faire soit par des méthodes analytiques,
soit par des méthodes graphiques. Pour les méthodes analytiques, il faut déterminer les valeurs
des coefficients Ka et Kp. Plusieurs méthodes existent.

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Figure 5. Caractéristiques des murs de soutènement.

3. Evaluation des efforts de poussée et butée : Théorie de Rankine (1860)


3.1. Massif à surface horizontale (β = 0)
 Sol pulvérulent : φ ≠ 0 et C = 0 (long terme ou court terme)
- Cas de la poussée
𝝅 𝝋 𝟏 − 𝐬𝐢𝐧 𝝋
𝑲𝒂 = 𝐭𝐠 𝟐( − ) =
𝟒 𝟐 𝟏 + 𝐬𝐢𝐧 𝝋
𝝈′𝒉 = 𝑲𝒂 𝝈′𝒗
- Cas de la butée
𝝅 𝝋 𝟏 + 𝐬𝐢𝐧 𝝋 𝟏
𝑲𝒑 = 𝐭𝐠 𝟐 ( + ) = =
𝟒 𝟐 𝟏 − 𝐬𝐢𝐧 𝝋 𝑲𝒂
𝝈′𝒉 = 𝑲𝒑 𝝈′𝒗
Sol cohérent : comportement à court terme φu = 0 et Cu ≠ 0
- Cas de la poussée
𝝈𝒉 = 𝝈𝒗−𝟐𝑪𝒖
- Cas de la butée
𝝈𝒉 = 𝝈𝒗+𝟐𝑪𝒖
Sol cohérent : comportement à long terme : φ’ ≠ 0 et C’ ≠ 0
- Cas de la poussée
𝝅 𝝋′ 𝟏 − 𝐬𝐢𝐧 𝝋′
𝑲𝒂 = 𝐭𝐠 𝟐 ( − ) =
𝟒 𝟐 𝟏 + 𝐬𝐢𝐧 𝝋′

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𝝈′𝒉 = 𝑲𝒂 𝝈′𝒗 − 𝟐𝑪′ . √𝑲𝒂


- Cas de la butée
𝝅 𝝋′ 𝟏 + 𝐬𝐢𝐧 𝝋′ 𝟏
𝑲𝒑 = 𝐭𝐠 𝟐 ( + ) = =
𝟒 𝟐 𝟏 − 𝐬𝐢𝐧 𝝋′ 𝑲𝒂
𝝈′𝒉 = 𝑲𝒑 𝝈′𝒗 + 𝟐𝑪′ . √𝑲𝒂
3.2. Massif à surface inclinée (β ≠ 0)
- Cas de la poussée

𝐜𝐨𝐬 𝜷 − √𝐜𝐨𝐬² 𝜷 − 𝐜𝐨𝐬² 𝝋


𝑲𝒂 =
𝐜𝐨𝐬 𝜷 + √𝐜𝐨𝐬² 𝜷 − 𝐜𝐨𝐬² 𝝋
𝝈𝒂 = 𝑲𝒂 𝝈𝒗 𝐜𝐨𝐬 𝜷
𝝈𝒉 = 𝝈𝒂 𝐜𝐨𝐬 𝜷 = 𝑲𝒂 𝝈𝒗 𝐜𝐨𝐬² 𝜷
- Cas de la butée

𝐜𝐨𝐬 𝜷 + √𝐜𝐨𝐬² 𝜷 − 𝐜𝐨𝐬² 𝝋 𝟏


𝑲𝒑 = =
𝐜𝐨𝐬 𝜷 − √𝐜𝐨𝐬² 𝜷 − 𝐜𝐨𝐬² 𝝋 𝑲𝒂

𝝈𝒑 = 𝑲𝒑 𝝈𝒗 𝐜𝐨𝐬 𝜷

𝝈𝒉 = 𝝈𝒑 𝐜𝐨𝐬 𝜷 = 𝑲𝒑 𝝈𝒗 𝐜𝐨𝐬² 𝜷

4. Calcule des forces de poussée et butée


 La force de poussée
𝟏
𝑷𝒂 = 𝜸𝑯𝟐 𝑲𝒂 − 𝟐𝑪 𝑯. √𝑲𝒂
𝟐
 La force de butée
𝟏
𝑷𝒑 = 𝜸𝑯𝟐 𝑲𝒑 − 𝟐𝑪 𝑯. √𝑲𝒑
𝟐

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