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Le financement à crédit du contrat de consommation

Le crédit à la consommation consenti aux particuliers recouvre quatre types d’opération


financière. Le prêt personnel en est la forme la plus classique bien qu’il n’en représente
plus que 20 % ( Jean-Claude Nasse, délégué général de l’association des sociétés
financières, Revue de droit bancaire et financier juillet-août 2005 p 80). Il consiste, pour
une banque, à prêter à un consommateur une certaine somme sans affecter celle-ci au
financement d’une opération particulière. Le contrat ne mentionne pas l'emploi que
l'emprunteur compte faire des fonds et celui-ci demeure libre de les affecter comme bon
lui semble. En progression constante, le crédit renouvelable, ou crédit permanent ou
« revolving », qui domine, avec 45%, le marché du crédit à la consommation, est une
réserve de crédit mise à disposition de l'emprunteur qui se renouvelle, dans la limite du
plafond fixé, au fil des remboursements. Plus marginale en revanche, 5% des
financements accordés aux consommateurs, la location avec option d'achat, n'est pas
à proprement parler un crédit ; elle permet de financer l’acquisition d’un bien en le
louant pendant une certaine durée avec la possibilité, en fin de contrat, de s’en rendre
propriétaire moyennant le versement d’une somme résiduelle. Enfin, le crédit affecté,
qui représente 30 % des crédits, est spécialement accordé pour l’acquisition d’un bien
ou l’obtention d’une prestation de services qu'il finance et dont il est l’accessoire . Dans
la plupart des cas, il est accordé par l’intermédiaire du vendeur ou du prestataire de
service qui agit en qualité de mandataire du prêteur, lui-même étant un partenaire
commercial ou sa filiale. C’est à l’aide de ce type de crédit que 7 voitures sur 10, 1
lave-linge sur 4, 1 téléviseur sur 3 sont achetés .( Le Monde Argent dimanche 25 lundi
26 novembre 2001).

L'une des originalités de la loi du 10 janvier 1978, dite loi Scrivener, du nom du
secrétaire d’Etat qui en était l’auteur, a été de créer, au profit des consommateurs, une
interdépendance entre l’opération de vente ou de fourniture de service et le contrat de
crédit destiné à le financer, interdépendance que la jurisprudence refusait, et refuse
toujours, de reconnaître (Cass Com 21 mars 1972, bull n° 97 P. 94, JCP 73, ed. G. II
17400 note Sayag ) . La Cour de cassation considère en effet que la cause du prêt
n’est pas la vente ou la prestation de service mais la remise des fonds prêtés. Par
conséquent, la disparition de celle-ci n’entraîne pas la nullité du contrat de crédit (Cass
Civ I 20 nov 1974, bull n° 311 p 267, JCP 1975, II, 18109 note Calais-Auloy, CA Aix en
Provence 18 mars 1994, D 1994 IR p 232), sauf s'il est démontré que le vendeur et le
prêteur ont agi de concert ( interprétation a contrario de Cass Com 5 mars 1996, Bull n°
75 p. 61, Le quotidien juridique 4 juin 1996 n° 45 p 2), notamment lorsque le vendeur a
rempli à l'égard de l'acheteur le rôle de mandataire de l'organisme de crédit (Cass Com
25 février 1986, Bull n° 34 p. 29 JCP ed E 1986 I n° 15374, Cass Com 19 janvier 1993,
Bull Civ IV n° 26 RTDCom 1993.707 obs Bouloc) .

Ainsi, l’acquéreur ne peut opposer au vendeur le refus de son banquier de lui consentir
le prêt destiné au paiement du prix . Il ne peut donc s’en prévaloir pour obtenir
l’annulation de la vente. Inversement, la défaillance du vendeur dans l’exécution de
son obligation de délivrance ne peut être invoquée par l’emprunteur pour être déchargé
du remboursement du prêt destiné au financement .

C’est pour éviter que le consommateur, qui ne parvient pas toujours à discerner les
qualités respectives du vendeur lorsqu’il intervient aussi en qualité de représentant du

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prêteur, ne soit tenu de payer le prix d’un contrat dont il n’a pas obtenu le financement
ou au contraire soit contraint de supporter les charges d’un emprunt qui lui est sans
utilité, que la loi du 10 Janvier 1978 établit un lien de droit entre les deux contrats en
faisant subordonner la validité de l'un à celle de l'autre.

Ce lien n'existe cependant pas de plein droit. Il suppose, ainsi qu'il résulte de l'article L
311-20 du Code de la Consommation, que l'offre préalable de crédit mentionne le bien
ou la prestation de service financée. A cet effet, l’article L 311-23 du Code de la
consommation impose au vendeur ou au prestataire de service, sous peine d’une
amende de 1500 €, de préciser, le cas échéant, si le prix est acquitté, en tout ou en
partie, à l’aide d’un crédit .

La première chambre civile de la Cour de cassation, qui interprète strictement l’article L


311-20, considère que pour être considérée comme étant liée au financement d’un
achat, l’offre de prêt doit contenir les mentions qui permettent d’identifier le bien en
question. A défaut, le crédit s’analyse comme un prêt personnel.

Ainsi, ont été considérés, en l’absence de mention expresse de l’opération financée,


comme n’étant pas des crédits affectés mais des prêts personnels, le prêt consenti en
vue de l'achat d'un véhicule automobile dont les caractéristiques sommaires n'étaient
pas indiquées dans l'acte crédit (Cass Civ I 26 novembre 1991, Bull Civ I n° 336), le
crédit offert par un club sportif, mandataire de la société de crédit, pour financer
l’abonnement au club consenti le même jour, alors qu’il portait le cachet du prestataire
de service et que l’emprunteur avait sollicité un crédit uniquement parce qu’il entendait
s’abonner à un club de gymnastique (Cass civ I 29 juin 2004, bull n° 188, D 2004,
comm p 2565 obs Florence Auby, bull n° 188, Les Annonces de la Seine 2005 n° 65,
supplément n° 1 obs Joco Westley, également Cass Civ I 27 mai 1998, RD Bancaire et
bourse, juillet-août 1998 n° 68 p 140), ou l’offre préalable de prêt, établie sur un
formulaire à en-tête de l’organisme prêteur, mentionnant pourtant le nom d’une société
prestataire de service (CA Versailles, 1ere ch B, 16 avril 1999, BICC 15 février 2000 n°
202 p 25 dans le même sens CA Aix en Provence 7 juin 2005, Contrats, conc.,
consom., 2006 ; comm. 10 note G. Raymond,– dans un sens contraire, les décisions
de quelques juridictions du fond : TI Montpellier 3 septembre 2004, CA Montpellier 26
novembre 2003 D 2004, comm p 2565 obs Florence Auby – cf également TI Saintes 16
novembre 2005, contrats, conc. Consom., 2006, comm ; 37 note G. Raymond, qui
saisit la Cour de justice des communautés européennes sur le point de savoir si les
articles 11 et 14 de la directive n° 87/102/CEE du Conseil du 22 décembre 1986 relative
au crédit doivent être interprétées en ce sens qu’ils permettent au juge d’appliquer les
règles d’interdépendance entre le contrat de crédit et le contrat de fourniture de bien ou
de service financé grâce à ce crédit, lorsque le contrat de crédit ne fait pas mention du
bien financé ou a été conclu sous la forme d’une offre de crédit sans mentions du bien
financé dans quelles conditions existe ).

Il convient cependant d’observer que la première chambre civile semble depuis infléchir
sa position. Dans un arrêt récent, elle admet en effet l’application des dispositions de
l’article L 311-20 à une offre de crédit ne mentionnant pas la prestation de service
financée (il s’agissait, comme dans la plupart des cas, de l’abonnement à un club de
sport) dès lors que les juges du fond avaient souverainement apprécié que le
professionnel l’avait été volontairement soustrait à ces dispositions par une fraude à la
loi (Cass civ I 7 février 2006, pourvoi n° 04-11.185, à paraître au bulletin, D 2006, Act.

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Jur. P 649 obs C. Rondey, Contrats, conc. Consom. 2006 comm. 55 note G. Raymond)
. Ainsi, pour la haute juridiction, l’absence de mention du bien financé dans le contrat de
crédit n’est plus un obstacle à la mise en œuvre du mécanisme prévu à l’article L 311-
20 dès lors qu’il peut être démontré par le consommateur à partir d’éléments de fait -
comme par exemple les circonstances qui ont entouré la conclusion du contrat ou
l’utilisation par le vendeur d’imprimés d’offre de crédit mis à disposition par l’organisme
de crédit - qu’il existe une connexité entre l’opération principale et le contrat de crédit.

I Effets du contrat principal sur le contrat de crédit

L'article L 311-20 du Code de la Consommation prévoit que "lorsque l'offre préalable


(de crédit) mentionne le bien ou la prestation de service financé, les obligations de
l'emprunteur ne prennent effet qu'à compter de la livraison du bien ou de la fourniture
de la prestation. En cas de contrat de vente ou de prestation de service à exécutions
successives, elles prennent effet à compter du début de la livraison ou de la fourniture
et cessent en cas d'interruption."

Le contrat de crédit est ainsi affecté de deux conditions, suspensive et résolutoire : il est
conclu sous la condition suspensive de la livraison du bien mais également sous la
condition résolutoire de la validité du contrat principal.

a) Condition suspensive

Le contrat de crédit est souscrit de plein droit sous la condition suspensive de la


réalisation de la vente.

Tant que la condition suspensive ne s'est pas réalisée, c'est-à-dire tant que le bien n'a
pas été livré ou la prestation de service n’a pas été réalisée, le contrat de crédit ne peut
être exécuté. Le déblocage des fonds par le prêteur au profit du vendeur ne peut donc
intervenir avant que celui-ci ait exécuté sa prestation, ce qui évite les manoeuvres
frauduleuses de sa part ou l'inconvénient de faire supporter à l'emprunteur des charges
d'intérêt avant qu'il ait reçu le bien financé.

Lorsque l'opération financée est simple ou s'exécute en un trait de temps, par exemple
la vente d'un téléviseur ou l'installation d'un système d'alarme, le point de savoir à partir
de quel moment débutent les obligations du prêteur ne pose pas de difficulté majeure.
Tel n’est pas le cas en revanche lorsqu’il s’agit d’une opération complexe, qui mêle une
vente à une prestation de service ou qui comporte la livraison de plusieurs biens.

La Cour de cassation a considéré dans un premier temps, à l’occasion d'un contrat


portant sur la commande d'une cuisine aménagée qui comportait à la fois la vente
d'éléments de cuisine et leur montage au domicile de l'acheteur, que la livraison des
éléments de cuisine réalisait la condition suspensive du contrat de crédit même si leur
installation restait à faire, de sorte que la société de crédit ne commettait aucune faute
en débloquant les fonds au vendeur après la seule livraison en l'absence d'opposition
du consommateur (Cass Civ I 10 juillet 1995, bull n° 316 Audijuris septembre 1995 n°
56 p 11 note Vigneau).

La première chambre civile semble être revenue depuis à une solution plus favorable

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au consommateur en considérant que manquait de base légale l’arrêt qui, pour
condamner les emprunteurs au remboursement d’un prêt accessoire à une vente,
retenait que ceux-ci reconnaissaient la livraison, sans rechercher si, comme ils
l’affirmaient,celle-ci n’avait été que partielle (Cass Civ I 27 mai 1997, inédit, pourvoi n°
95-14413 )

A l'absence totale de livraison, la cour d'appel de Paris assimile la livraison des


accessoires et de tout ce qui est destiné à l'usage de la chose vendue, tel que le
certificat d’immatriculation du véhicule ( CA Paris 29 avril 1987, D 1987, IR, p 132).

La pratique judiciaire révèle cependant que de nombreux vendeurs se font verser


directement les fonds avant la livraison de la chose, ce qui ne peut que poser des
difficultés lorsque la livraison n'intervient pas par la suite pour régulariser le contrat de
prêt.

Dans un premier temps, la Cour de cassation considérait dans ce cas que lorsque le
bien n'était pas livré, l'emprunteur était tenu de restituer les sommes empruntées qui,
en réalité, avait été versées directement entre les mains du vendeur, sans passer par
les siennes, sauf à démontrer que le prêteur avait commis une faute qui l'empêchait de
réclamer aux emprunteurs le remboursement du prêt, notamment dans le cas où le
vendeur, placé en liquidation judiciaire, ne pouvait restituer les sommes empruntées.
Ainsi, il avait été jugé que commettait une faute le prêteur qui débloquait les fonds au
vendeur avant la livraison effective de la chose vendue, sur la foi d'une simple
attestation rédigée par le vendeur, (Cass 1ere Civ 28 janvier 1992, Bull Civ I n° 34 p 25
RTDCom 1992, p 853, obs Bouloc).

Cette jurisprudence, qui confondait en réalité les conséquences de la non survenance


de la condition suspensive de celles de la survenance de la condition résolutoire, devait
être, fort opportunément, abandonnée par la suite. Dans un arrêt du 7 février 1995, la
Cour de cassation énonçait que viole l'article L 311-20 du Code de la consommation la
cour d'appel qui condamne l'emprunteur à restituer le capital emprunté alors que, le
bien financé n'ayant pas été livré, les obligations de l'emprunteur à l'égard du prêteur
n'avaient pas pris effet (Cass Civ I 7 février 1995, Bull Civ I n° 70, Audijuris n° 52 avril
1995 p 8 note Vigneau, D 1995 Somm Comm p 314 obs Pizzio).

En effet, si, en règle générale, le contrat de prêt est formé par la remise des fonds,
l'article L 311-20 du Code de la consommation ajoute comme condition l'exécution du
contrat principal pour lequel il a été souscrit. Tant que cette condition suspensive ne
s'est pas réalisée, le prêt n'est pas conclu. Les obligations de l'emprunteur, qui
consistent à rembourser les sommes prêtées, ne peuvent prendre effet. Le déblocage
intempestif des fonds n'est donc pas opposable à l'emprunteur et ne peut faire naître
d'obligation à son égard. Il ne résulte que de la propre faute de l'organisme de crédit, de
sorte qu'il ne saurait s'en prévaloir pour obtenir de l'emprunteur la réparation de son
préjudice.

De la même façon, les acheteurs d'un salon à crédit ne peuvent être condamnés à
payer le solde du prix dès lors qu'ils contestent la réalité de la livraison et que le
vendeur ne produit qu'un "certificat de livraison", document sur lequel il est mentionné
expressément qu'il est établi sous la seule responsabilité du vendeur alors qu'il est
d'usage qu'au moment de la livraison le livreur fasse attester par le livré que l'opération

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a été effectuée (CA Douai, 8 septembre 1994, Revue des Huissiers de Justice 1995 n°
1 p 116). En revanche, l’emprunteur qui détermine l’établissement de crédit à verser les
fonds au vendeur au vu de la signature par lui du certificat de livraison du bien, n’est
pas recevable à soutenir ensuite, au détriment du prêteur, que le bien ne lui avait pas
été livré (Cass Civ I 14 novembre 2001, bull n° 280 p. 178, RTDCiv 2002, n° 1, p. 93, note
J. MESTRE et B. FAGES. Contrats, Concurrence, Consommation février 2002 comm n°
38 p 26 obs Guy Raymond).

Il est important de noter que la Cour de cassation exige de l'emprunteur qui entend se
prévaloir en justice, sur le fondement de l'article L 311-21, de l'absence de livraison du
bien financé, qu'il mette en cause le vendeur du bien dans l’instance judiciaire qui
l’oppose au vendeur (Cass Civ I 10 mai 1995, Bull Civ I n° 204 GP 24/28 décembre
1995 Pan p 10).

On précisera enfin que la Cour de Cassation considère que l’emprunteur qui s’oppose
au remboursement d’un prêt en invoquant le défaut de livraison du bien ne soulève
qu’un simple moyen de défense au fond qui ne constitue pas une action au sens de
l’article L 311-37 et n’est donc pas soumis au délai de deux ans prévu par ce texte et
qui impose, sous peine de forclusion, d’agir devant le tribunal d’instance dans les deux
ans qui suivent l’événement qui donne naissance à l’action (Cass Civ I 7 janvier 1997,
bull n° 8 p. 5, Cass Civ I 12 janvier 1999, Bull n° 16, Revue des huissiers de justice
2002, jur p 633) . Il peut, par conséquent, l’invoquer plus de deux ans après la
conclusion du contrat sans se voir opposer la forclusion prévue par ce texte.

Il convient de relever néanmoins que, pour les contrats conclu postérieurement à la loi
11 décembre 2001 qui a modifié le texte de l’article L 311-37 en limitant la forclusion
aux seules actions engagées à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur, l’action de
l’emprunteur destinée à faire constater la nullité du contrat principal n’est en tout état
de cause plus soumise qu’à la prescription quinquennale prévue à l'article 1304 du
Code civil.

b) La condition résolutoire

Le contrat de crédit est conclu sous la condition résolutoire de la validité du contrat


principal. A cet effet, l'article L 311-21 précise que le contrat de crédit est résolu ou
annulé de plein droit lorsque le contrat principal est lui-même judiciairement résolu ou
annulé.

La Cour de cassation déduit de l'effet rétroactif attaché à la résolution judiciaire du


contrat de vente ou de prestation de service que celui-ci est réputé n'avoir jamais été
conclu, de sorte que le prêt est résolu de plein droit (Cass Civ I 1er décembre 1993,
Bull Civ 1993 I n° 355 p 248, pour une solution identique en matière d'annulation : Cass
Civ I 16 décembre 1992, Bull Civ 1992 I n° 316 p 207).

Cette précision est importante car elle permet de faire échapper l'action fondée sur
l'article L 311-21 au délai biennal de forclusion de l'article L 311-37 du Code de la
Consommation . En effet, la formulation "de plein droit", implique l'automaticité de
l'effacement du contrat de crédit, d'où il résulte que l'emprunteur qui a fait prononcer la
résolution ou l'annulation du contrat principal n'a plus à demander la résolution ou
l'annulation du contrat de crédit mais seulement à la constater. Ainsi, viole ce texte la

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cour d'appel qui, pour déclarer forclose l'action des emprunteurs tendant à faire
prononcer la résolution du contrat principal qui n'avait jamais été exécuté et obtenir la
restitution par la société de crédit des mensualités de remboursement versées, retient
que l'évènement qui avait donné naissance à leur action était la lettre de l'organisme de
crédit les informant de la délivrance des fonds, alors qu'il résulte des dispositions de
l'article L 311-21 que la résolution ou l'annulation du contrat de crédit consécutive à
celle du contrat principal n'est pas soumise au délai de forclusion prévu par l'article L
311-37 (Cass Civ I 27 février 1996, bull n° 112, Audijuris n°64 mai 1996 p 15 note
Vigneau, JCP 1996 IV 937, GP 8/11 mai 1996 PAN p 103, Cass Civ I 12 janvier 1999,
Bull n° 16, Revue des Huissiers de justice 1999 p 633).

La résolution du contrat principal qui n'a pas été judiciairement constatée ne peut pas,
en revanche, entraîner la résolution du contrat de crédit (Cass Civ I 31 janvier 1995,
bull n° 65 p 46, Audijuris n° 52 avril 1995 p 11 note Vigneau, Revue des Huissiers de
Justice septembre 1995 p 1015).

La règle de l’article L 311-21 n'est en outre applicable que si le prêteur est intervenu à
l'instance ou s'il a été mis en cause par le vendeur ou l'emprunteur qui l’a assigné en
intervention forcée.

Lorsque la résolution ou l'annulation du contrat de crédit est prononcée, et pour


permettre la remise des parties dans l'état antérieur au contrat, l'emprunteur est tenu
cette fois-ci de restituer au prêteur les fonds débloqués à son profit entre les mains du
vendeur (Cass Civ I 2 mai 1989, Bull Civ I n° 181 p 120, Quot Jur 1990 n° 121 p 11, D
1989 Sommaires Commentés p 338 note Aubert), dès lors que l'organisme bancaire n'a
pas commis de faute (Cass Civ I 8 novembre 1994, bull n° 324 p 235, Audijuris n° 50
février 1995 p 11 note Vigneau, Cass Civ I 16 janvier 1996, Contrats, Conc. Consom.
1996 n° 47 obs Raymond), sauf la faculté, pour le prêteur, d’appeler le vendeur en
garantie. Il s’ensuit que l’emprunteur ne peut s’opposer à son obligation de rembourser
au prêteur les sommes qu’il lui avait prêtées même si celles-ci avaient été versées
directement entre les mains du vendeur (Cass 1ere civ 9 novembre 2004, bull n° 263 p.
219, RTDCom, 2005-01, n° 1, p. 156-157, observations Dominique LEGEAIS. n° 02-20.999,
Droit et procédures 2005 p 114 obs E. Bazin).

Il peut toutefois se faire garantir par le vendeur et obtenir de sa part des dommages
intérêts, mais à condition qu'il démontre que celui-ci acommis une faute (article L 311-
22 du Code de la Consommation). Tel n'est pas le cas lorsque l'absence de livraison du
bien commandé est imputable au fait de l'emprunteur (Cass Civ I 16 avril 1991, Bull Civ
I n° 140 p 93, Contrats, Conc., Consom. 1992 n°149).

Les dispositions de la loi du 10 janvier 1978 étant d'ordre public, on ne peut renoncer à
cette interdépendance.

Ainsi il a été jugé que la remise, avant la livraison du bien, aux acquéreurs à crédit, d'un
"bon à payer" permettant à ceux-ci d'obtenir le déblocage des fonds prêtés sur leurs
seules déclarations, était de nature à faire obstacle à l'application du principe d'ordre
public de l'interdépendance du contrat principal et du contrat de crédit et de permettre
au second de produire ses effets sans tenir compte de l'inexécution du premier (Cass
Civ I 7 juillet 1992, Audijuris n° 23-23 p 61, Bull Civ I n° 224, JCP ed N 1993, prat n°

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2630 obs Ghestin, RTDCom 1993 p 354 obs Bouloc), ou qu'une clause insérée dans
un contrat de location avec promesse de vente par laquelle le locataire renonçait par
avance à exercer l'action en résolution de la vente était nulle (Cass Civ I 11 février
1986, bull n° 27 p. 23, Dalloz, 20 novembre 1986, N° 39, note Bernard GROSS. D 1986 jur
p 541 note Gross, RTDCiv 1986 p 100).

Viole par ailleurs les dispositions d’ordre public de l’article L 311-20 du Code de la
consommation au bénéfice desquels il ne peut être renoncé, la cour d’appel qui
considère que l'emprunteur avait renoncé à se prévaloir de la loi du 10 janvier 1978 en
adressant un courrier au prestataire de service par lequel il lui demandait de poursuivre
les travaux, ce qui impliquait un commencement d'exécution suffisant pour satisfaire
aux dispositions de l'article L 311-20, en ce sens que la livraison était en cours
d'accomplissement et ce quand bien même la remise des fonds eût précédé le début
d'exécution (Cass Civ I 17 mars 1993, Bull n° 116, Audijuris n° 31 p 43, D 1993, IR p
87).

Mais il ne s’agit que d’un ordre public de protection . Selon la Cour de cassation, les
dispositions de la loi n’ont pour objet que de protéger et d’informer les emprunteurs, de
sorte que seuls ceux-ci peuvent en invoquer le bénéfice devant le juge qui ne peut,
quant à lui, les relever d’office . (Cass Civ I 15 février 2000, Bull n° 49, JCP 2001, II
10477 note O. Gout, Cass Civ 1ere 10 juillet 2002, Dalloz 2003, Jur p 549 note Olivier
Gout, voir également l’étude de X. Lagarde « Office du juge et ordre public de
protection », JCP 2002 ed G Doctrine I n° 312, solution confirmée par la 1ere chambre
le 16 mars 2004, bull n° 91, RTDCom avril-juin 2004, n° 2, p. 358, observations
Dominique LEGEAIS, D 2004, act. Jur. P 947 obs Valérie Avena-Robardet et suivie par
la 2eme chambre civile le 4 décembre 2003, bull n° 367, RTDCom avril-juin 2004, n° 2,
p. 358-359, observations Dominique LEGEAIS, BRDA n° 24 p 12, Les annonces de la
Seine 6 mai 2004 n° 31 p 9).

On précisera enfin que l'article L 311-21 du Code de la Consommation dispose qu'en


cas de contestation sur l'exécution du contrat principal, le tribunal peut, jusqu'à la
résolution du litige, suspendre l'exécution du contrat de crédit.

Cependant, l’emprunteur ne peut obtenir la suspension du contrat de crédit qu'à la


condition que la suspension du contrat principal soit du fait du vendeur, ce qui, par
exemple, n'est pas le cas lorsque l'état de santé de l'abonné d'une salle de sport ne lui
permet pas de continuer de bénéficier des prestations sportives (Cass Civ 15 mai 1990,
bull n° 108 p. 78), ou lorsque le véhicule automobile financé par un crédit est volé (Cass
Civ I 14 juin 1989, bull n° 241 p 160, JCP ed G 1991 I n° 2163 note Virassamy,
RTDCom 1990 p 243 obs Bouloc).

II Effets du contrat de crédit sur le contrat principal

Les articles L 311-23 et L 311-25 du Code de la consommation introduisent deux


conditions, suspensive et résolutoire, au sein du contrat principal dont les effets sont
suspendus à la réalisation du contrat de crédit et qui est résolu de plein droit en cas
d’exercice par le consommateur de sa faculté de rétractation.

a) Condition suspensive

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L’offre de crédit consentie au consommateur n’est en effet pas définitive. L'article L
311-8 du Code de la consommation impose au prêteur qui envisage de procéder à une
opération de crédit de remettre en double exemplaire au candidat emprunteur une offre
préalable de crédit. Celle-ci engage le prêteur à maintenir les conditions qu'elle indique
pendant une durée minimale de 15 jours à compter de son émission.

Sauf dans l’hypothèse où il accepte immédiatement l’offre de prêt, il peut donc


s’écouler un délai de deux semaines pendant lequel le consommateur dispose d’un
temps de réflexion.

A cet effet, pour assurer l'efficacité de la condition suspensive, et éviter toute pression
du vendeur, l'article L 311-23 prévoit que, pendant la période qui suit la remise de l’offre
par le prêteur, aucun engagement ne peut valablement être contracté par l'acheteur à
l'égard du vendeur tant qu'il n'a pas accepté l'offre préalable de crédit.

Lorsque cette condition n’est pas remplie, le vendeur ne peut, sous peine d’une
amende de 1500 €, recevoir aucun paiement, sous quelque ni aucun dépôt.

La Cour de cassation en déduit qu’en cas d’absence d’acceptation du crédit, le contrat


principal de vente ou de prestation de service est nul puisqu’il est subordonné à un
emprunt qui ne peut se réaliser sans l'accord de l'emprunteur (Cass Civ I 22 juillet
1987, bull n° 259 p. 188 JCP 87 ed. G., IV, 357, D 1987 inf Rap 186).

b) La condition résolutoire

L’acceptation de l’offre de crédit ne signifie pas pour autant qu’elle devenue irrévocable.
L’emprunteur se voit en effet reconnaître par la loi du 10 janvier 1978 la faculté de
revenir sur son engagement dans le délai de sept jours qui suit son acceptation de
l’offre préalable de crédit (article L 311-15 du Code de la consommation).

En outre, comme il est souvent le cas, l'offre peut contenir une clause qui stipule que le
prêteur se réserve le droit d'agréer la personne de l'emprunteur. En ce cas, l’article L
311-16 prévoit que le contrat ne devient parfait qu'à la double condition que, dans le
délai de sept jours, l’emprunteur n'ait pas usé de sa faculté de rétractation et que le
prêteur ait fait connaître sa décision d'accorder le crédit. L'agrément de l'emprunteur
par le prêteur est réputé refusé si, à l'expiration de ce délai, celui-ci n'a pas fait
connaître sa décision. Toutefois, l'agrément de la personne de l'emprunteur parvenu à
sa connaissance à l'expiration de ce délai reste valable si celui-ci entend toujours
bénéficier du crédit.

Ainsi, la souscription du contrat de crédit ne lui confère pas un caractère définitif


puisqu’il ne sera définitivement formé qu’à l’expiration du délai de sept jours si
l’emprunteur n’a pas usé de sa faculté de rétractation et, le cas échéant, si le prêteur a
fait connaître son agrément. Ce n’est donc à ce stade qu’un contrat en voie de
formation (Jean Calais Auloy, Franck Stinmetz, Droit de la consommation, Précis
Dalloz, 6eme édition n° 356).

Pour permettre à l’emprunteur d’exercer cette faculté de rétractation et éviter que le


refus d’agrément par le prêteur n’oblige l’acquéreur à exécuter un contrat de vente qui

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n’est plus financé, l'article L 311-25 dispose que la résolution du contrat de vente ou de
prestation de service intervient de plein droit, sans indemnité :

- si le prêteur n'a pas, dans le délai de 7 jours prévu à l'article L 311-15 du Code de la
Consommation, informé le vendeur de l'attribution du crédit, (sauf si l'acquéreur
accepte de payer comptant dans ce délai).

- si l'emprunteur a, dans les délais qui lui sont impartis, exercé son droit de rétractation.

L'emprunteur et le prêteur disposent ainsi à l'égard du vendeur d'un véritable droit de


résoudre son contrat, l'emprunteur en faisant jouer son droit de rétractation, et le
prêteur en refusant l'octroi du crédit .

Ce droit est véritablement discrétionnaire puisqu'il s'exerce sans qu’il ait besoin d’être
justifié ou motivé et ne peut donner lieu à aucune indemnisation.

En cas de vente souscrite à la suite d’un démarchage à domicile, la protection du


consommateur est encore renforcée ; il dispose en ce cas d'une double faculté
de rétractation : celle prévue à l’article à l’article L 120-20 du Code de la
consommation qui prévoit que le démarché peut renoncer à sa commande dans
les sept jours de son acceptation, et celle de l’article L 311-15 en ce qui concerne
le contrat de crédit.

Jusqu’en 2001, ces deux mécanismes n’étaient pas liés entre-eux. Ainsi, si le
consommateur, après avoir annulé sa commande souscrite à la suite du
démarchage, n’informait pas le prêteur de cette rétractation ou omettait de
rétracter sa demande de crédit, le prêteur ne pouvait se voir reprocher ensuite
d’avoir versé les fonds au vendeur. En ce cas, il était fondé à obtenir la
condamnation de l’emprunteur à lui rembourser cette somme, à charge pour ce
dernier de se retourner contre le vendeur (Cass Civ I 8 novembre 1994, Bull I n°
324).

Cependant, lorsque, comme cela arrive souvent en pratique, l'offre de crédit était
présentée par le démarcheur du vendeur, la Cour de cassation admettait que la
rétractation de l'offre, faite avec la commande, était valablement adressée à ce
professionnel lorsque celui-ci pouvait être tenu pour le mandataire apparent de
l'établissement de crédit (Cass Civ I 12 février 1991, Bull I n° 62, Rapport Annuel de la
Cour de Cassation 1994 p 357, Le Quotidien juridique, 1991-07-23, n° 88, p. 7, note
M.-A. BUFFET).

Cette solution prétorienne a probablement inspiré l’autorité réglementaire qui, par


l’ordonnance du 23 août 2001, a ajouté un article L 311-25-1 qui coordonne l’exercice
du délai de rétractation du démarchage avec la souscription du contrat de crédit en
disposant que « lorsque le paiement du prix du bien ou du service est totalement ou en
partie financé par le crédit consenti par le fournisseur ou par un tiers sur la base d’un
accord conclu entre ce tiers et le fournisseur, l’exercice par le consommateur de son
droit de rétractation ( bien que le texte ne le précise pas, il convient de comprendre que
le législateur a probablement entendu évoquer l’exercice d’une faculté de rétractation
reconnue par un texte spécial au consommateur, et notamment en matière de
démarchage à domicile) emporte résiliation de plein droit du contrat de crédit destiné à

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en assurer le financement, sans frais ni indemnité, à l’exception éventuelle des frais
engagés pour l’ouverture du dossier de crédit ».

III L’interdiction de tout commencement prématuré d’exécution

Pour que le droit de l'emprunteur de revenir sur ses engagements soit effectif, il est
nécessaire que le vendeur et le prêteur ne puissent, en imposant une contrepartie
irrévocable, le dissuader de l’exercer. Pour ce faire, le législateur interdit tout
commencement d’exécution des contrats, principal et affecté, non seulement jusqu’à
la réalisation de leur condition suspensive, mais encore, dans une certaine mesure,
au delà, tant qu’il est encore possible de réaliser leur condition résolutoire.

Ainsi, tant que l'opération de crédit n'est pas définitivement conclue, le prêteur ne
peut procéder à aucun paiement, sous quelque forme et à quelque titre que ce soit,
à l'emprunteur ou à un tiers, par exemple le vendeur, pour son compte (Article L 311-
17).

Pendant cette même période, l’emprunteur-acheteur ne peut quant à lui effectuer


aucun dépôt au profit du prêteur ou du vendeur, ni aucun engagement ou paiement au
profit du vendeur ou du prestataire de service . Si une autorisation de prélèvement sur
compte bancaire ou postal est signée, sa validité et sa prise d'effet sont subordonnées
à celles du contrat de crédit .

Le fait, pour le vendeur ou le prêteur de recevoir, tant que le contrat relatif à l'opération
de crédit n'est pas définitivement conclu, de la part de l'acheteur-emprunteur, un
engagement, un paiement sous quelque forme que ce soit ou un dépôt, en sus de la
partie de prix que l'acheteur a accepté de payer au comptant, est puni d’une peine
d’amende de 30 000 € (article L 311-34)

La Cour de cassation a jugé que le non respect de ces dispositions pouvait aussi
entraîner la nullité du contrat de crédit et de vente (Cass Civ I 23 juin 1987, Bull n° 208
p. 154, Gazette du Palais, 15 décembre 1987, N° 347 à 349, note Michel ROUBACH.
Gazette du Palais, 16 janvier 1988, N° 15 16, note E.M. BEY.).

Les sommes que l’acheteur a accepté de verser comptant lors de la conclusion du


contrat principal doivent donner lieu, lors de leur versement, à la remise par l'acheteur,
d'un récépissé valant reçu et comportant la reproduction principale des dispositions de
l'article L 311-25.

En cas de non réalisation du contrat de crédit, les sommes versées comptant doivent,
sur simple demande, être remboursées par le vendeur ou le prestataire de service. A
compter du 8ème jour suivant la demande de remboursement, cette somme est
productive d'intérêts de plein droit au taux légal majoré de moitié (4eme alinéa de
l’article L 311-25). Selon l’article L 311-35 4°, un vendeur qui persisterait indûment à ne
pas payer ces sommes serait passible d’une peine d’amende de 30 000 €.

L'article L 311-26 prévoit aussi que l'engagement préalable de payer comptant en cas
de refus de prêt est nul de plein droit. Cependant, aucune disposition n'empêche
l'acquéreur de payer le prix comptant une fois informé du refus du crédit par le prêteur.

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Dans ce cas, le paiement du prix comptant valide le contrat principal.

Enfin, l'article L 311-35 3° interdit, sous peine d’une amende de 30 000 €, la


souscription de lettres de change qui permettraient au vendeur ou au prestataire de
service de concéder à l'acheteur un crédit soumis non pas aux dispositions de la loi du
10 janvier 1978 mais aux règles cambiaires dont l'effet est, justement, de dissocier le
contrat principal de son financement. Est interdit sous peine des mêmes sanctions le
fait de faire signer des formules de prélèvements sur comptes bancaires ou postaux
contenant des clauses contraires aux articles L 311-17 et L 311-27.

Pour compenser le droit reconnu à l'acheteur et au prêteur de résoudre le contrat,


l’article L 311-24 prévoit que tant que le prêteur ne l'a pas avisé de l'octroi du crédit et
tant que l'emprunteur peut exercer sa faculté de rétractation, c'est-à-dire pendant les
sept jours qui suivent la signature du contrat, le vendeur n'est pas tenu d'accomplir son
obligation de livraison ou de fourniture.

Ainsi, le contrat, bien qu'étant valablement formé, voit ses effets suspendus le temps
qu'expire le délai de la condition résolutoire.

S’il est vraiment pressé, le consommateur a toutefois la possibilité d’obtenir la livraison


immédiate du bien financé. Dans ce cas, le délai de rétractation expire au jour de la
livraison sans pouvoir être inférieur à trois jours et le vendeur supporte tous les frais et
risques (article L 311-24 du Code de la Consommation). Les frais de restitution sont à
sa charge et il ne peut réclamer aucune indemnité à raison de l'usage normal de la
chose (Cass Civ I 22 juillet 1987, bull n° 259 p. 188 JCP 87 ed. G., IV, 357, D 1987 inf
Rap 186).

Mais le vendeur, ou le prestataire de service, ne peut procéder à une telle anticipation


qu’à la condition d’avoir, au préalable, été sollicité par une demande expresse rédigée,
datée et signée de la main de l’acheteur et comportant la formule suivante instaurée
par le décret du 24 Mars 1978 (codifié depuis à l’article R 311-8) :

"je demande à être livré immédiatement. Je reconnais avoir été informé que
cette demande a pour effet de réduire le délai légal de rétractation. Celui-ci
expirera le jour de la livraison du bien sans pouvoir être inférieur à trois jours ni
supérieur à sept."

Le vendeur ou le prestataire de services qui ferait souscrire lui-même ou par un


préposé agissant pour son compte, une demande de livraison ou de fourniture
immédiate en méconnaissance de cette disposition serait puni de la peine d'amende
prévue pour les contraventions de la troisième classe (article R 311-9).

A défaut d’une telle mention, le délai de rétractation est de sept jours, même en cas de
livraison anticipé (Cass Civ I 31 mai 1988, Bull Civ I n° 166, JCP ed G IV 277, D 1988,
somm 406 note Aubert).

Vincent Vigneau
Conseiller référendaire à la Cour de cassation

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Professeur associé à l’université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines

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