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Institut de Formation aux Métiers de l’Industrie d’Automobile

Cours de Capteurs

MODULE D’INSTRUMENTATION
PRÉSENTÉ PAR: M, BENMASSOUD WADIE

Département Automatisme
1. Les capteurs de température
Les capteurs de température se trouvent sous diverses formes en industrie:
* les systèmes de mesure mécaniques:
* lames bimétalliques (pyromètre à bilame);
* les thermomètres à bulbes ou à dilatation;

* les systèmes de mesure électrique:


* les diodes, les transistors et les transducteurs intégrés;
* les thermistances;
* les thermomètres à résistances RTD;
* les thermocouples;

les systèmes de mesure optique:


* les thermomètres à rayonnement;
* les thermomètres optiques.
1. Les capteurs de température
Lames bimétalliques (pyromètre à bilame)

La température provoque une dilatation des métaux, et les coefficients de dilatation sont différents pour
chaque métal.
Deux métaux à coefficients thermiques différents sont collés l'un sur l'autre et, par contraction mécanique,
changent de forme. Pour une température spécifiée, il en résulte une déformation comme celle illustrée à la
Figure ci-dessous.
Les détecteurs à lames bimétalliques sont utilisés pour détecter des températures excessives et, pour des
conditions de températures données, ouvrir le circuit de commande ou dans les relais de surcharge des
moteurs.
1. Les capteurs de température
Lames bimétalliques (pyromètre à bilame)

Circuit de commande à
relais ou contacteur

L'étendue de mesure recommandée est de -25C à +500C. La sensibilité est excellente, et le temps de réponse est bon.
La précision est de l'ordre de 1% à 2% de l'étendue de l'échelle.
1. Les capteurs de température
Thermistances

Les thermistances sont des résistances sensibles à la température qui sont comprimées et moulées suivant
différentes formes. La Figure illustre ses formes et ses symboles usuels. Les thermistances sont
habituellement insérées dans un circuit en pont dont la tension de sortie est fonction de la température, ou sur
un diviseur de potentiel pour activer un circuit de comparaison.
La thermistance CTP (coefficient de température positif) augmente sa résistance si la température s'élève et
vice versa.
La thermistance CTN (coefficient de température négatif) diminue sa résistance si la température s'élève et
vice versa.
1. Les capteurs de température
Thermistances

Barreau Perle Disque

T° T°
CTN CTN
1. Les capteurs de température
Thermistances
R(Kilo ohms)

10 000

1 000
La valeur nominale de la thermistance est fournie
pour une température nominale de 25C. Des 100

Valeur nominale à
courbes typiques de thermistance CTN sont 10 25°C

présentées à la Figure R=380K

1
R=90K

0,10

0,010
-40 00 40 80 120 160 200 240

T°=25°C T (°C)
1. Les capteurs de température
Thermomètres à résistances RTD

Fil blanc
Fil blanc
Fil rouge


RTD
RTD 3fils

Symbole du RTD
T° T° T°
RT RT RT
D D D

RTD 2 fils
RTD 4 fils
RTD 3 fils
1. Les capteurs de température
Thermomètres à résistances RTD

Sous l'action de la chaleur, la résistance de métaux tels le cuivre, le platine et le nickel varie de sorte que l'on
peut avoir une indication de la valeur de la température en mesurant cette résistance.
Quoique travaillant sur le même principe, les manufacturiers ont développé des thermomètres à résistances de
bien meilleure précision que les thermistances: il s'agit des RTD, « resistance temperature detector ». Ce
capteur comporte des fils de platine, de cuivre ou de nickel, enfermés dans un boîtier étanche en matériau non
corrosif . De tous les métaux utilisés, on retrouve surtout des thermomètres à fil de platine. Ces thermomètres
sont habituellement plongés dans les liquides dont on veut connaître la température.
Le RTD platine 100 normalisé est devenu une norme en instrumentation. Celui-ci offre une résistance de
100 pour une température de 0,0C et il peut mesurer des températures allant de (-180C jusqu'à +650C).
La matériau de la sonde est en acier inoxydable («stainless steel»).
1. Les capteurs de température
Thermomètres à résistances RTD

Pour éviter l'imprécision de la fonction de transfert du pont résistif et rendre l'influence des longueurs de fil
négligeable, on utilise aussi le RTD à quatre fils alimentés par une source de courant. La Figure illustre divers
circuits de branchement du RTD.

(-) (+) (-) (+)


T° T°
RTD RTD

a) RTD 2 fils

b) RTD 3 fils

c) RTD 4 fils T°
RTD
(+)

I (-)
1. Les capteurs de température
Thermomètres à résistances RTD

La valeur de la résistance équivalente du RTD peut être calculée approximativement à l'aide de la formule
empirique suivante
Rtx  R0 C 1  tx 
où Rtx = la valeur de la résistance pour une température tx donnée;
R0C = la valeur de référence du RTD à 0C;

α = la valeur du coefficient de température du matériau (/C).


1. Les capteurs de température
Thermomètres à résistances RTD
Fournit le coefficient de température pour les principaux matériaux utilisés pour la fabrication d'un RTD.
1. Les capteurs de température
Thermomètres à résistances RTD

Par exemple, à l'aide de la formule empirique, calculez la valeur d'un RTD platine 100 pour une température de
200C.
tx = 200C; R0C = 100;  = 0,00385
alors, à l'aide de la formule empirique, nous évaluons que le RTD vaudra 177,00.
Le RTD n'étant pas parfaitement linéaire (environ 0,1% d'imprécision), il est difficile d'estimer précisément la valeur
du RTD pour une température donnée avec une formule. Pour une meilleure estimation de la valeur du RTD à
différentes températures, référez-vous à des tableaux de référence comme le Tableau 4-2 fourni par les fabricants de
RTD.
1. Les capteurs de température
Thermomètres à résistances RTD

Nous pouvons évaluer la sensibilité du RTD entre


une température de 0,0C et 100C de la façon
suivante:

la sensibilité d'un RTD pt 100 =

138,50  100 0,385


   
100 C  0,0 C C
1. Les capteurs de température
Les thermocouples

Lorsque deux fils composés de métaux différents


sont raccordés à leurs extrémités et que l'une
d'elles est chauffée, il se produit une circulation de
courant continu dans le circuit. C'est l'effet
Thermoélectrique.
Joint de soudure du
th+ (Pb, Sn)
Symbole
(+) jaune
Chromel

Alumel
(-) rouge

T hermocouple type K
Soudure chaude

T1 (+) Millivoltmètre
f.é.m

(-)
Soudure froide
de référence T2
100

Coefficient Seebeck µV/°C


80
E
f.é.m. (millivolts)

T J
60

40
K

20
R
S
-500°C 0°C +500°C 1000°C 1500°C 2000°C
Différence de température
(T1 - T2) T empérature

Coefficient Seebeck vs
température
1. Les capteurs de température

Pour obtenir une tension de sortie exempte des fluctuations de la température ambiante, la jonction froide
(référence) est maintenue artificiellement stable. Plusieurs techniques sont utilisées par les manufacturiers pour
compenser la variation de la température ambiante. Citons quelques exemples:

o maintien de la température de référence (jonction froide) à 0C;


o maintien de la température de référence (jonction froide) à la température ambiante;
o compensation thermique de la tension de sortie en fonction des fluctuations de la température ambiante.

Toutes ces techniques donnent la même conclusion: obtenir une tension de sortie proportionnelle à la température
mesurée à la jonction chaude.
1. Les capteurs de température
1. Les capteurs de température
MESURE DES TENSIONS DE THERMOCOUPLE

On ne peut pas mesurer directement les tensions des thermocouples car le simple fait de le
connecter sur un voltmètre crée des nouveaux thermocouples par les liaisons entre les fils du
thermocouple et les bornes en cuivre ou en laiton du voltmètre.

Exemple avec un thermocouple cuivre-constantan (Cu/C) :


1. Les capteurs de température

Nous voulons que le voltmètre lise seulement la tension générée par le thermocouple J1, c’est-à-dire V1
mais nous avons créé deux autres jonctions métalliques J2 et J3. Comme J3 est une liaison cuivre sur
cuivre, il n'y a pas de création d'effet thermoélectrique. En revanche, J2 est une liaison cuivre
constantan qui ajoute la tension V2 en opposition avec V1.

La lecture sur le voltmètre sera proportionnelle à la différence de température entre J1 et J2.


Nous ne pourrons connaître la température de J1 que si nous connaissons d'abord celle de J2.
1. Les capteurs de température
Un troisième métal inséré entre les deux métaux dissemblables d'une jonction thermocouple n'aura
aucun effet sur la tension de sortie tant que les deux jonctions formées par le métal additionnel seront
à la même température.
1. Les capteurs de température
Cette conclusion est très intéressante car elle élimine complètement le besoin du fil de fer (Fe) sur
l'entrée Lo du Voltmètre.
1. Les capteurs de température

Et V = α (Tj1 - Tref) ou α est le coefficient du


thermocouple Fer/Constantan.

Les deux jonctions J3 et J4 deviennent maintenant la Jonction


de référence et nous allons procéder à l'étape
logique suivante :
Mesurer directement la température du bloc isothermique
et utiliser cette information
pour calculer la température Tj1.
1. Les capteurs de température
Une thermistance (RT) dont la valeur ohmique est fonction de
la température est un des moyens de mesurer la température
du bloc isothermique.
La thermistance (RT) et les jonctions J3 et J4 sont à la même
température grâce à la conception du bloc isothermique.
1. On mesure la thermistance RT pour calculer Tref, puis on
converti Tref en tension équivalente de jonction Vref.
2. On mesure V auquel on soustrait Vref pour obtenir V1, puis
on converti V1 en température Tj1.
1. Les capteurs de température
2. La mesure de poids et de déformation
Les jauges de contrainte

Les jauges de contrainte servent à mesurer les très petites variations de dimension qui se produisent lorsqu'une
structure est soumise à une force, une traction ou un couple. Elles peuvent servir également comme capteurs de
pression ou comme capteurs de poids dans une géométrie de cellule de charge.

Une jauge de contrainte est composée essentiellement d'un papier mince, plus petit qu'un timbre-poste, sur
lequel est collée, en zigzag, une longueur de fil résistant mince. Les extrémités de ce fil sont reliées à deux
bandes de connexions.
2. La mesure de poids et de déformation
Les jauges de contrainte
2. La mesure de poids et de déformation

La jauge de contrainte doit être collée le plus près possible sur la surface en
déformation. Sous l'action de cette déformation, la jauge subit une variation
de longueur, donc de résistance, proportionnelle au déplacement. Le collage
doit être parfait pour que la jauge suive exactement l'allongement du
support. On peut les retrouver sous diverses formes selon la contrainte
mesurée. La Figure illustre des exemples: les trois premières formes
permettent d'effectuer la mesure de torsion; et la dernière, en forme de
spirale, sert pour la mesure de pression.

Les variations de résistances étant généralement inférieures à 1%, des variations


aussi faibles de résistance ne sont mesurables qu'avec un pont de Wheatstone.
2. La mesure de poids et de déformation
Quand une jauge subit un allongement longitudinal sous l'effet d'une force, on dit qu'elle est active et
elle est dite passive quand elle subit une contraction ou un allongement transversal sous l'effet de la
même force. Suivant l'Équation, la variation la plus importante de la résistance se retrouve lors d'une
variation de la longueur du fil de résistance, donc à la jauge active.
L : longueur et A : aire
L
R() 
A
Variation de la résistance en fonction de l'allongement R L
K
R L

La constante K dépend du matériau utilisé pour fabriquer la jauge.


3. Les capteurs potentiométriques

Les capteurs potentiométriques servent à détecter une position ou un déplacement. Il permettent de détecter
un déplacement rectiligne ou angulaire. La rotation de son axe est liée à la variation de la résistance comprise
entre le curseur et l'une de butées par rapport à sa résistance totale. Ainsi, on peut transmettre à distance, un
signal électrique de tension proportionnel à la position de l'axe.

Tension de
sortie
3. Les capteurs potentiométriques
3. Les capteurs potentiométriques
3. Les capteurs potentiométriques
Une caractéristique importante pour le choix d'un potentiomètre est la linéarité. La linéarité d'un potentiomètre est une
mesure de sa qualité à produire des variations égales de la tension sur le curseur pour des variations égales de la
position de l'arbre. Pour un potentiomètre parfaitement linéaire, par exemple, la tension sur le curseur pour un angle de
90 sera exactement le double de celle correspondant à un angle de 45.
L'erreur de linéarité est l'écart entre la valeur réelle et la valeur nominale, par rapport à l'alimentation (grandeur pleine
échelle). Par exemple, pour une tension mesurée au centre d'un potentiomètre de 4,96V pour une alimentation de
10,0V, l'erreur de linéarité est de:
(potentiomètre au centre, valeur nominale = 5,0v)

Erreur de linéarité (%) = valeur nominale - valeur mesurée => 0,4% = (5v - 4,96v) x 100
grandeur pleine échelle x 100 10,0v
Pour certaines applications, on parle plutôt de
conformité au lieu de linéarité. La répartition du de la
couche de carbone ou de métal déposée sur le support est
conforme à la fonction de transfert recherchée.
Pour les potentiomètres non linéaires, beaucoup de
fonctions courantes sont utilisées. Citons, à titre
d'exemple, le sinus, où la tension sur le curseur varie en
fonction du sinus de l'angle de rotation, la parabole, où
la tension sur le curseur varie suivant le carré de l'angle
de rotation, le logarithme, où la tension sur le curseur
varie logarithmiquement pour les applications audio.
4. Les capteurs magnétiques

Les capteurs à effet Hall


Un barreau de semi-conducteur soumis à un champ magnétique uniforme B et traversé par un courant I, est le siège
d'une force électromotrice UH sur deux de ses faces.

La tension de Hall UH est définie par la relation ci-dessous :


4. Les capteurs magnétiques

Les capteurs à effet Hall

Les applications les plus courantes sont la


détection (absence ou présence) d'un
champ magnétique par commutation de la
sortie ou pour la détection de fin de
course. La détection du déplacement ou de
la position d’un élément ferromagnétique
résulte en commutation de sortie.
5. Les capteurs de pression

Les jauges de contrainte


5. Les capteurs de pression

L'EFFET PIEZO-ELECTRIQUE
5. Les capteurs de pression

L'EFFET PIEZO-ELECTRIQUE
Effet inverse de la piézo-électricité

Inversement le cristal se déforme lorsqu’on lui applique une tension électrique : c'est l'effet inverse
de la piézo-électricité.
5. Les capteurs de pression

L'EFFET PIEZO-ELECTRIQUE

Le Capteur de pression piézoélectrique est une application


industrielle : ils sont notamment utilisés pour l'automobile
(mesure
de la pression des pneus…), l'aéronautique (mesure de la
pression dans les
tuyères…), ainsi que pour les mesures de niveau.

Les Moteurs et actionneurs piézo-électriques utilisent l'effet inverse : transformation de la tension


appliquée en déplacement.
On les trouve par exemple dans les autofocus d'appareil photo, dans les mécanismes de vitres
électriques des voitures…
6. Les capteurs de niveau

Flotteur
Le flotteur se maintient à la surface du liquide. II est solidaire d’un capteur de position qui
délivre un signal électrique correspondant au niveau. Sa position est peu dépendante de la
masse volumique de liquide.
6. Les capteurs de niveau

Plongeur
Le plongeur est un cylindre immergé dont la hauteur est au moins égale à la hauteur maximale du liquide dans le
réservoir. Il est suspendu à un capteur dynamométrique qui se trouve soumis à une force F (le poids apparent),
fonction de la hauteur L du liquide :

Avec P le poids du plongeur, s sa section et


la poussée d’Archimède s’exerçant sur le volume immergé du
plongeur ( : masse volumique du liquide, g : accélération de la
pesanteur).
6. Les capteurs de niveau

Capteur ultrasonique
On utilise la réflexion d'ondes ultrasoniques ( plus de 25 kHz), pour déterminer le niveau d'un matériau (liquide ou solide),
dans un bassin, à condition que la surface soit réfléchissante.
6. Les capteurs de niveau

Capteur ultrasonique

Un train d'ondes périodiques est envoyé par un émetteur, elles sont réfléchies par la substance, et l'écho est
détecté par un récepteur. La vitesse de propagation étant connue (340 mètres/sec), on mesure le temps écoulé
entre l'émission et la réception pour déterminer la distance séparant la substance réfléchissante et l'ensemble
émetteur-récepteur.

Cette méthode fournit une précision de l'ordre de 1% ou mieux. Toutefois, les caractéristiques environnantes
(température, humidité, poussière) influencent le résultat de la mesure. Notons que la vitesse des ultrasons varie
dans l'air d'environ 0,17% par C.
Aussi, une mousse flottante sur le liquide pourrait absorber presque la totalité de l'onde et fausser la mesure. Les
caractéristiques de réflectométrie du bassin pourraient aussi influencer la qualité de la mesure.
6. Les capteurs de niveau

Sonde capacitif

Lorsque le liquide est isolant, un condensateur est réalisé soit par deux électrodes cylindriques, soit par une électrode
et la paroi du réservoir si celui-ci est métallique. Le diélectrique est le liquide dans la partie immergée, l’air en dehors.
L’implantation des électrodes pour mesure en continu ou en détection s’effectue comme pour le capteur
conductimétrique. La mesure ou la détection de niveau se ramène à la mise en variation de capacité qui est d’autant
plus importante que la constante d'électrique Ԑr du liquide est supérieure à celle de l’air ; on prend généralement
comme condition d’emploi de la méthode Ԑr> 2.
Dans le cas d’un liquide conducteur, on utilise une seule électrode recouverte d’un isolant qui constitue le diélectrique
du condensateur dont l’autre est formée par le contact du liquide conducteur.
6. Les capteurs de niveau

Sonde capacitif

représente la permittivité électrique du vide (8,84 10-12 Fm-1) la permitivité relative de l'isolant