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Droit commercial et

des sociétés
Filière: Sciences Eco & gestion
Semestre 4

Préparé et présenté par:


SLASSI MOUTABIR Adil

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Introduction:
Branche du droit privé relative aux opérations juridiques faites
par les commerçants soit entre eux, soit avec leurs clients, le
droit commercial est constitué de l’ensemble des règles
juridiques applicables aux transactions commerciales.

Il offre le cadre juridique à l’intérieur duquel se nouent et évoluent les


rapports entre les professionnels du commerce.
Ce droit est principalement destiné à régir les rapports des personnes qui
accomplissent, en leur nom et pour leur compte, des «actes de
commerce», ie, les commerçants.

Objectif: assurer un minimum d’ordre, de sécurité et d’honnêteté entre


les professionnels du commerce. Ce qui peut se révéler d’une
importance primordiale dans le monde des affaires.

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Histoire:
 La première législation écrite de caractère commercial correspond
à certaines dispositions du code de Hammourabi ; on y trouve
des règles sur le contrat des sociétés, prêt à intérêt, de dépôt…

 Le droit grec, de même que le droit romain, comporte des règles


sur les sociétés, les banques et les assurances maritimes.

 En droit romain, le terme commercium est employé pour désigner


tous les rapports juridiques que les commerçants ont entre eux
relativement à l’utilisation des biens.
On distingue, donc, les choses in commercio et extra commercio.

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Histoire: -suite-
 Au début du 13ème siècle, on voit émerger le droit commercial. Sa première
caractéristique c’est d’avoir une connotation internationale.
 Au 16ème siècle, le roi Charles 9 créa en 1563 des juridictions commerciales.
 En 1673 et 1681, sur l’initiative de Colbert, le roi Louis 14 publia de grandes
ordonnances sur le commerce terrestre et maritime qui furent les premières
législations globales soumettant les commerçants à un régime autonome.
 En 1791, avec la décadence des corporations et la demande de suppression des
monopoles, la loi Le Chapelier proclama la liberté du commerce et d’industrie.
Et Napoléon Bonaparte adopta en 1808 le premier code de commerce français.
 Au 20ème siècle, on assiste à un déclin du libéralisme économique qui avait
triomphé au 19ème siècle; on constate un véritable interventionnisme des
pouvoirs publics.
 Le début du 21ème siècle verra une véritable poussée des principes du
libéralisme économique qui semble aujourd’hui sous le contrôle de l’État suite
aux effets de la crise économique de 2008.

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Histoire du commerce au Maroc:
 La période antéislamique:
• L’historien grec Hérodote (vers 484 à 425 av. J.C) décrivait à son époque le
commerce muet de l’or avec les peuplades des rivages de l’Atlantique.
 Les carthaginois franchissait le détroit de Gibraltar, débarquaient leurs
marchandises sur le rivage, remontaient à bord, puis allumaient de grands feux
pour faire connaitre leur arrivée. Les indigènes eux arrivaient alors, ne
touchaient à rien, plaçaient une certaine quantité d’or et s’écartaient. Par la
suite, les carthaginois ne reprenaient l’or que lorsque les berbères en avaient
mis une quantité qui leur semblait couvrir le prix de la marchandise. «Ni les
uns, ni les autres ne sont malhonnêtes» écrivait Hérodote.
 Les carthaginois agissaient à partir de comptoirs, à la fois escales, entrepôt et
marchés qu’ils possédaient sur les côtes de la Méditerranée et de l’Atlantique.
Ils rassemblaient les plumes d’autruches, l’ivoire, l’or apportés du Soudan, des
produits en tout genre et des esclaves. De là, ils répandaient leurs
marchandises: verroterie, vases, objets en bronze ou en fer.

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Histoire du commerce au Maroc: -suite-
 La période postislamique:
Le droit islamique qui va régler toutes les relations juridiques: ne faisant
pas de distinction entre activité civile et activité commerciale car toutes
les activités humaines sont classées dans la même rubrique des
«muâmalates».
Le Maroc, étant aux portes de l’Europe, a joué un rôle d’intermédiaire
important entre l’Afrique et le nord de la Méditerranée.
- Avec l’Europe: Au Moyen-âge, des relations commerciales vont voir le jour
avec les Almoravides: À cette période, les Européens fréquentaient déjà les
marchés marocains. Sebta étaient le principal port commercial du pays. Des
relations intenses vont se nouer entre le Maroc et les pays du sud de
l’Europe et les échanges s’effectuent essentiellement via les ports
méditerranéens de Tanger, Sebta, Melillia.
Les importations marocaines se constituaient de produits textiles bruts ou
travaillés (drap, toile, coton, fil, etc…). Du Levant (Liban, Syrie...) arrivaient
les métaux et le bois de construction. L’exportation concernait les cuirs,
maroquins, cotonnades, tapis, blé, cire, chevaux, corail, or et esclave.
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Histoire du commerce au Maroc: -suite-
 La période postislamique:
- Avec l’Europe: -suite-
En 1415, le port de Sebta est pris par les portugais et le circuit commercial
va connaitre une désorganisation au point d’être réorienté vers l’Atlantique. Le
commerce «triangulaire» voit le jour. Les produits marocains sont échangés contre
l’or de Guinée qui prend la direction de Lisbonne. Le commerce marocain passera
désormais par les ports atlantiques.
Sous les Saadiens, le Maroc va connaitre un renforcement des relations
commerciales avec les nations chrétiennes. Les sécheresses et les épidémies
amèneront les commerçants marocains à se tourner plus vers l’extérieur, essentiellement
vers l’Europe et le Soudan.
Plus tard, les relations avec l’Europe vont se compliquer et les rapports
commerciaux vont être commandés par des impératifs sécuritaires et religieux si
bien que sous l’ère du Sultan Alaouite Ismail, l’achat au français d’armes et de
munitions était permis mais leur fournir des céréales et des chevaux étaient
considérés comme des actes illicites. Louis XIV ripostera à cette politique du
makhzen marocain en interdisant le commerce avec le Maroc par une célèbre
ordonnance datant du 24 juillet 1687. Les anglais et les hollandais profitent de
l’occasion pour se substituer à la France comme partenaire commercial du Maroc
et le fournissent en denrées et marchandises dont il avait besoin. C’est une époque
qui se caractérisera par l’esprit du lucre et de l’opportunité économique. Tendance
qui triomphera petit à petit sur l’esprit de croisade. C’est ainsi que le Maroc
deviendra un intermédiaire privilégié entre l’Europe et l’Afrique Noire.
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Histoire du commerce au Maroc: -suite-
 La période postislamique:
- Avec l’Afrique:
Le commerce se développera particulièrement avec le Soudan. Fès et
Marrakech deviennent des places d’échanges et le point de départ des caravanes
vers le grand sud. Le commerce avec l’Afrique sera un commerce de troc. Les
commerçants marocains fournissaient les soudanais en marchandises importée
d’Europe contre du sucre essentiellement.
À partir du 18ème et du 19ème siècle, la philosophie juridique européenne
commence à influencer le Maroc qui jusque là était régi par le doit islamique:
introduction de concepts juridiques nouveaux dans les différents traités et
conventions (ex: le principe de la liberté du commerce et de l’industrie).
 À partir du 20ème siècle, le droit islamique n’organise plus les relations
commerciales non pas qu’il existe des incompatibilités entre ce droit et la réalité
du commerce mais cela est dû principalement aux conséquences politiques et
économiques de la colonisation française qui va déployer tous les moyens
possibles et imaginables pour étendre son hégémonie sur les peuples de la
région et les imprégner de sa culture, y compris juridique pour faciliter ses
objectifs impérialistes.

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Définition du droit commercial:
La notion de droit commercial n’a pas elle-même de définition unique.

Droit applicable aux activités Droit des affaires: branche de


de distribution et à la plupart droit privé consacré à l’étude
des activités de production, des activités commerciales
tantôt comme le droit qui indépendamment de la qualité
applique les techniques du de ceux qui exercent ces
droit civil aux faits activités qu’elle soit
économiques. commerçants ou non
commerçants.

Droit économique dont la définition varie selon les auteurs:


 Droit des interventions de la puissance publique dans
l’économie privée;
 Droit de l’entreprise: le centre principal est l’entreprise.

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Quel rapport avec les autres branches de droit ?

Le droit commercial se présente donc comme une discipline particulière


qui englobe des matières relevant d’autres branches de droit, comme :

 Le droit public: qui concerne le droit commercial car l’intervention du


pouvoir public dans la vie économique peut être plus ou moins intense
à travers notamment les aides de l’Etat.
 Le droit fiscal: de même que le droit comptable concerne le droit
commercial, car ceux qui exercent une activité économique sont
soumis à une règle fiscale et comptable.
 Le droit du travail: concerne, lui aussi, le droit commercial car les
salariés ont une place particulière dans l’activité commerciale.
 Le droit pénal: concerne, à son tour, le droit commercial car le droit
pénal des affaires a pour pénalité de sanctionner les différentes
infractions commises dans le monde des affaires.

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Conceptions du droit commercial:
Deux conceptions envisageables: objective et subjective:
1- Conception subjective: analyse le droit commercial comme un droit des
commerçants plus généralement des professions commerciales indépendamment
des actes passés. C’est le droit des professionnels (exercice public, habituel et
continu d’une activité commerciale). Elle ne prend en considération que les
sujets: acteurs de la vie commerciale.
La matière n’est applicable qu’à ceux qui ont la qualité de commerçant (règles
particulières et juridictions spécialisées).

2- Conception objective: ignore la qualité des acteurs et ne s’intéresse qu’aux


seuls opérations juridiques. Elle fait prévaloir les actes sur les personnes.
C’est celle qui analyse le droit commercial sous l’angle de son objet. Le droit
commercial est donc réduit au droit des actes de commerce.
L’inspiration de cette conception réside dans l’idée qu’on ne puisse pas qualifier
les actes en fonction de la qualité des commerçants mais au contraire l’égalité
entre les sujets de droit, pas de classe de commerçants. Le critère est neutre
comme le critère d’acte de commerce.
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Conceptions du droit commercial: -suite-
Position du droit marocain:

Le droit marocain a adopté une position médiane:


 Art 1 du CC dispose que «la présente loi régie les actes de commerce
et les commerçants».
 Art 6 du CC prévoit que «… la qualité du commerçant s’acquiert par
l’exercice habituel ou professionnel des activités suivantes: …. ».
Il s’agit de 18 activités nommées dans une liste. Les articles 7, 8, 9 et
10 complètent cette liste.
 L’art 11 du CC édicte en ces termes: « toute personne qui en dépit
d’une interdiction, d’une déchéance ou d’une incompatibilité, exerce
habituellement une activité commerciale, est réputée commerçant ».

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Sources du droit commercial:
Au Maroc, elles sont nombreuses, on peut les regrouper en deux sortes:

 Les sources historiques ou traditionnelles qui sont représentées par


deux éléments d’inégale importance:
• Le droit musulman qui a joué et qui joue toujours un rôle prépondérant dans
notre vie juridique, et;
• Le droit coutumier que les autorités du Protectorat français s'étaient
efforcées à l’époque au XXème siècle.

 Les sources modernes qui sont elles aussi représentées par des
sources formelles et des sources institutionnelles.
Exemples: la loi, la jurisprudence, les usages et la doctrine…

NB: Ces sources constituent l’un des résultats du contexte social et


politique vécu par le Maroc depuis plusieurs siècles.

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Sources historiques du droit commercial:
Le droit musulman: système de nature essentiellement religieuse
(droit d’ordre divin). Il s’agit d’un système de devoirs comprenant des
obligations rituelles, morales et légales, mises sur le même plan, toutes
soumises à l’autorité du même impératif religieux.
Aucune distinction entre l’activité commerciale et civile.
NB: En principe, le droit musulman ne s’applique qu’aux musulmans, en
terre d’Islam, les autres croyants sont régis par la Dhimma (Convention par
laquelle l’Islam accordait aux monothéistes sous sa domination la sauvegarde de leurs
personnes et de leurs biens).
• À partir du 18ème et 19ème siècle, la philosophie juridique européenne influença
le Maroc. Le principe de la liberté de commerce et d’industrie va connaître son
affirmation au profit des étrangers dans les traités bilatéraux et les conventions
multilatérales signés au Maroc (traités de capitulation: avec la France le 28-5-1767, la
grande Bretagne le 9-12-1856, l’Espagne en 1799, les Etats-Unis d’Amérique le 16-9-1736.
L’application du principe de liberté de commerce acquiert une dimension généralisée par le
Convention de Madrid du 3-7-1880 et l’acte d’Algésiras le 7-4-1906.

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Sources historiques du droit commercial: -suite-

 Les usages et coutumes: le moyen âge amène un certain recul et un


certain progrès dans les idées. Les usages et coutumes des peuples
d’Europe relèguent de plus en plus le droit romain dans un champ
secondaire.
• À la fin de XVIème siècle et surtout au courant du XVIIème, les relations
commerciales maritimes reprennent entre l’Occident et l’Orient et
provoquent une véritable renaissance économique des cités italiennes de
Venise et Gênes. Un véritable droit commercial international coutumier
s’en suit au nord de l’Italie, en France, en Belgique, Au Luxembourg et en
Allemagne. Les transports maritimes, les assurances, les lettres de change
deviennent des questions fondamentales de ce droit commercial
international nouveau.

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Sources modernes du droit commercial:

Il s’agit de sources spécifiques qui diffèrent des sources des autres branches
du droit. On distingue les sources formelles et les sources institutionnelles.

 Les sources formelles :


- La loi: entendu au sens large, ie, loi votée par le parlement, les décrets du
premier ministre, les arrêtés des ministres et les règlements administratifs.
- Les usages et les coutumes: ils tirent généralement leur origine des clauses qui
étaient régulièrement insérées dans des contrats et qui semblaient, par la suite,
suffisamment évidentes pour être considérées comme acquises même si elles ne
sont pas écrites. On ne les mettait donc plus par écrit. La pratique est devenue
usage de fait: elle joue le rôle d'une convention tacite. Les parties qui n'ont rien
précisé sont censées s'y être référées.
- La jurisprudence commerciale.
- La doctrine.
- Les conventions internationales.
- L’arbitrage.
 Les sources institutionnelles:
Il s’agit des institutions étatiques, professionnelles, internationales et judiciaires.
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Programme du semestre

 Axe 1: Régime juridique du commerçant


1- La qualité commerciale.
2- Les droits et obligations du commerçant.

 Axe 2: Régime juridique du fond de commerce

 Axe 3: Aperçu sur les sociétés commerciales

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