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Exposé sous le thème :

Contrat des affaires


international et droit de
concurrence
04/12/20
18
Département : Droit Privé
Master : Droit International des
Affaires
Matière : Contrat d’affaires

Préparé par :
Encadré par : Pr. Jouidi Driss Boulagouaz Nouhayla
Ilyas En-nminej
Amina Bennani
Hassane Er-rachidi
Btissam Lasfar
khaoula Slimani
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Sommaires:

INTRODUCTION

partie1 : Contrats d’affaires internationaux

chapitre1 : Contrats d’affaires internationaux : du point de vue juridique


et économique

chapitre2 : Contrats d’affaires internationaux : Champs d’application et


exécution

partie2: La concurrence liée au commerce international


chapitre1: interaction du commerce et de la politique de la concurrence
Chapitre 2 : OMC en tant qu’organisation appropriée d’un droit
transactionnel de la concurrence
Chapitre 3 : Application de la loi au niveau national

CONCLUSION

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INTRODUCTION

« Le contrat cadre1 est un contrat souple répondant aux situations contractuelles


complexes. Son originalité vient de ce qu'il laisse à d'autres contrats le soin de réaliser
enfin l'objectif des contractants ». Cette définition de M. GATSI montre que l'on se trouve
face à un contrat sophistiqué, dont la particularité première est d'instituer un ensemble
contractuel hiérarchique.

Le contrat cadre est un contrat innommé issu de la pratique commerciale. Cet instrument
a pris forme pour répondre aux besoins des opérateurs du commerce. Il permet d'organiser
et de simplifier les courants d'affaire sur le long terme. Instrument souple, il est adapté à
la gestion rapide et pour une part imprévisible du commerce.

C'est un contrat original par rapport à ce que le monde juridique connaissait jusqu'ici : il
se situe entre l'accord de principe et le contrat unique à exécution successive. Ainsi, le
contrat cadre est un contrat spécifique et autonome par rapport aux contrats d'application
conclus dans son sillage. Cependant il existe un rapport étroit entre le contrat de base et le
contrat d'application puisque le second ne peut accéder à la vie juridique à défaut du
premier.

Le contrat cadre est plus qu'un simple accord de principe ou qu'une simple promesse de
contrat en ce qu'il est permanent et global et surtout contraignant pour les contrats
d'application.

À l'origine, les relations commerciales sont ponctuelles, faites de contrats indépendants,


différents les uns des autres et négociés isolément. Les opérateurs du commerce ont vite
ressenti le besoin d'un instrument contractuel leur permettant d'appréhender la
multiplication des opérations. Ce besoin de normalisation se renforce par la technicité
croissante de leurs relations et leur prolongement dans le temps. « Les intéressés soucieux

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d'établir entre eux un afflux important de relations conventionnelles décident, alors, de se
rencontrer pour discuter, une fois pour toutes, le contenu de nombreux contrats qui les
lieront probablement dans le futur et s'en imposer la discipline ».

En pratique2, c'est ainsi que sont nés les contrats cadre, mais il est difficile de dater
rigoureusement leur apparition, même si on relève dans la jurisprudence, l'existence de
franchises dès les années 1930. D'après une perspective d'ensemble, on peut
grossièrement répartir les contrats cadre en deux grandes familles, à savoir, les contrats
cadre d'intégration d'une part et les contrats cadre de coopération d'autre part. En tant
qu'instrument d'intégration, le contrat cadre permet d'organiser un réseau et de traiter
juridiquement l'imprévision, propre à la gestion des affaires. En tant que moyen de
coopération, le contrat cadre permet de délimiter avec plus ou moins de précision les
objectifs que les parties sont convenues d'atteindre et les moyens à mettre en oeuvre
notamment les contrats d'application à conclure. Le contrat cadre rayonne aujourd'hui
dans de très nombreux domaines que nous ne pourrons tous recenser, cependant, son
champ de prédilection reste la distribution, c'est pourquoi notre étude s'articulera
principalement autour de ce domaine.

Contrat complexe dont la figure s'impose dans le monde des affaires aujourd'hui, le
contrat cadre a pourtant du mal à être appréhendé par la doctrine et même par l'ensemble
du monde juridique. Le terme même de contrat cadre est récent, sa première consécration
jurisprudentielle remonte à un arrêt de la Cour d'appel de Paris du 26 juin 1966 et à un
arrêt de la Chambre commerciale de la Cour de cassation le 29 janvier 1968. Ce terme est
emprunté au droit public et notamment à la notion de loi cadre, soulignant la différence
entre la convention originaire et les contrats passés pour son application.

Selon la formule de l'Assemblée plénière : « lorsqu'une convention prévoit la conclusion


de contrats ultérieurs, l'indétermination du prix n'affecte pas, sauf dispositions légales

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particulières, la validité de celle-ci, la validité de celle-ci ne donnant lieu qu'à résiliation
ou indemnisation ». Pour M. Ghestin, cette jurisprudence traduit la consécration de la
notion de contrat cadre, caractérisée par sa spécificité et son autonomie...10(*) Cette
jurisprudence souligne que le contrat cadre peut révéler l'inégale puissance des
contractants ; d'où le souci de protéger la partie réputée faible. Pour pallier cette inégalité
sans ruiner le contrat, c'est au stade de l'exécution et non pas de la conclusion que le juge
français interviendra11(*). La Cour de cassation reconnaît ainsi la validité de principe des
contrats cadre faisant référence au tarif du fournisseur au jour de la demande des produits.
À la nullité antérieure du droit civil, on substitue la nullité conditionnelle et graduée de
l'ordonnance de 1986. De plus, la Cour de cassation prévoit des sanctions qui témoignent
en faveur de la validité du contrat cadre en prévoyant la résiliation ou l'indemnisation. Le
contrat peut désormais être déclaré nul chaque fois que le fournisseur abuse de sa position
dominante sur le marché ou abuse de l'état de dépendance économique du distributeur
pour s'écarter anormalement du cours du marché qui est la loi de la concurrence. Cette
solution retenue par la Cour de cassation est renforcée par le droit de la concurrence
communautaire.

L'article 82 du traité de Rome3 sanctionne l'exploitation abusive par une entreprise d'une
position dominante sur le marché ou de l'état de dépendance économique d'un distributeur
exclusif lorsque cela affecte la libre fixation du prix et aboutit à un « prix qui n'est pas
équitable ».Dans tous les cas, grâce à la jurisprudence abondante et à l'effort de plus en
plus attentif de la doctrine, est né un grand intérêt pour la question. Ce qui a incité les
rédacteurs du projet de droit des obligations à insérer pour la première fois dans le code
civil, une définition du contrat cadre.

Le contrat cadre suscite encore plus d'intérêt quand il s'agit des relations d'affaire
transfrontalières, en raison de l'importance des investissements et des enjeux économiques

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en question. Dans ces cas, les relations d'affaires sont souvent plus délicates et peuvent se
révéler dangereuses en raison des disparités des législations4. Dans tous les cas, le contrat
cadre représente un système organisé d'engagements successifs, particulièrement adapté à
des relations d'affaires complexes destinées à dérouler leurs effets dans le temps, le
contrat cadre est de pratique courante dans de nombreux secteurs d'activités, malgré cela,
le concept juridique du contrat cadre reste assez ambigu voire inconnu de certaines
législations d'où l'intérêt d'étudier dans une première partie la notion ;le champs
d’application et l’exécution de contrat cadre (partie1), pour analyser dans une seconde
partie la concurrence liée au commerce international (partie2)

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Partie1 : contrats d’affaires internationaux
Notre étude sera consacrée à une approche globale de la notion de contrat cadre ; aux
champs d’application et à l’exécution de celui-ci. De ce fait, le premier chapitre de notre
étude sera consacré à la notion de contrat cadre du point de vue économique et juridique
(chapitre1)5, le deuxième traitera les champs d’application ainsi que l’exécution dudit
contrat (chapitre2).

chapitre1 : Contrats d’affaires internationaux : du point de vue juridique et


économique

Dans une première section on va définir économiquement et juridiquement le contrat


cadre.la deuxième section sera réservé aux champs d’application et à l’exécution dudit
contrat.

Section1 : le cadre économique du contrat international

L’émergence de la notion d’économie du contrat est tout à fait représentative de ce


phénomène : le terme « Economie » est ici employé, plutôt que dans son sens plus ancien
qui désigne « L’organisation des parties d’un ensemble complexe » « L’harmonie dans les
différentes parties d’un contrat ».

La notion économique du contrat international met en jeu les intérêts du commerce


international. Le contrat implique au mouvement de biens, services ou paiements à travers
les frontières. C’est la substance économique du contrat qui est en centre.

*L’économie abstraite du contrat :

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A l’instar du concept de cause, l’économie du contrat peut être déclinée, à notre sens sous
sa forme abstraite ou sous sa forme concrète. Ainsi, l’économie abstraite du contrat est la
même par type de contrat envisagée.

L’économie du contrat recouvre les caractéristiques propres à une figure contractuelle,


c’est-à-dire invariable par type de convention. Il nous semble que le concept ainsi
envisagé n’apporte rien d’original à la théorie générale du contrat. C’est pourquoi
l’économie abstraite du contrat ne retiendra pas notre attention dans cette étude.

La première référence à l’économie du contrat dans le contentieux de l’interprétation


remonte à 1894. Un arrêt de la cour d’appel de Paris précisait que « Pour reconnaître le
vrais sans d’une convention, il est nécessaire d’en étudier l’économie générale».

Pour autant, l’admission jurisprudentielle du recours à l’économie du contrat a été


progressive. Les premières apparitions du concept ont été sanctionnées, parce que trop
audacieuses seules étaient avalisés les décisions qui mettant en jeu l’économie du contrat,
s’en tenaient cependant à une stricte orthodoxie juridique.

Section2 : le cadre juridique du contrat international

Le Maroc, qui "opte clairement et irréversiblement pour l'économie du marché", a décidé


de réformer le cadre de la concurrence dans le but de réguler son marché interne et de
pousser les entreprises à devenir plus productives et plus innovantes, a indiqué Mohamed
Aboualaziz, conseillé auprès du président du Conseil de la concurrence.

Ainsi, la nouvelle loi relative à la liberté des prix et de la concurrence "constitue une
rupture avec le passé, dans la mesure où l'Etat s'est transformé d'un Etat providence à un
Etat régulateur", a estimé M. Aboualaziz.

La loi n°104-12, qui abroge les dispositions de la loi n°06-99 relative à la liberté des prix
et de la concurrence tend à corriger les dysfonctionnements observés par l'administration
et ainsi confirmer les engagements du Maroc envers les organisations internationales et
ses partenaires commerciaux, a-t-il précisé.

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En ce qui concerne la loi n°20-13 relative au Conseil de la concurrence, il a relevé
l'indépendance de cet organisme, confirmée par l'article 166 de la Constitution et
concrétisée par la composition de son collège choisi par intuitu persona et son autonomie
financière.

Pour sa part, Khalid El Bouayachi, rapporteur général au Conseil de la concurrence a


évoqué les principales problématiques relevant du Conseil de la Concurrence, notamment
les ententes et les cartels, l'abus de position dominante et le contrôle des opérations de
concentration.
En effet, l'article 6 de la loi relative à la liberté des prix et de la concurrence prohibe "les
ententes ou coalition expresses ou tacites, sous quelque forme et pour quelque cause que
ce soit, notamment lorsqu'elles tendent à limiter l'accès au marché ou le libre exercice de
la concurrence par d'autres entreprises, faire obstacle à la formation des prix par le libre
jeu du marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse, limiter ou
contrôler la production, les débouchés, les investissements ou le progrès technique et
répartir les marchés, les sources d'approvisionnement ou les marchés publics".

Toutefois, l'article 9 autorise certaines ententes et pratiques "dont les auteurs peuvent
justifier qu'elles ont pour effet de contribuer au progrès économique et/ou technique, y
compris par la création ou le maintien de l'emploi " et ce, conformément à l'esprit de
l'école de Chicago qui défend l'idée que le pouvoir de marché est propice à l'innovation, a
expliqué El Bouayachi.

De son côté, le représentant du ministère chargé des Affaires générales et de la


gouvernance, a souligné que "la concurrence est une question d'ordre public" qui implique
la sécurité, la justice et l'ordre public économique".

Par conséquent, les pouvoirs publics s'assignent pour mission la régulation et la protection
des consommateurs et des droits immatériels et ce, à travers la réglementation et la

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surveillance du marché, la mise en place de règles de transparence et la coopération
internationale en la matière, a-t-il fait savoir.

Seloua Karkri Belakziz, administrateur-directeur général de GFI Maroc, s'est réjouie,


quant à elle, des réformes du cadre juridique de la concurrence et des nouvelles
prérogatives du Conseil de la concurrence.

Le contexte de la concurrence pousse les entreprises à optimiser leur production, faire


montre d'innovation, améliorer les marges et à baisser les prix, a affirmé Mme Karkri.

Elle a appelé, toutefois, à prendre en compte les PME et TPE dans la régulation du
marché, notant que ces structures, qui représentent 90% des entreprises et 10% du PIB,
sont créatrices d'emploi.

Conseil de la Concurrence : L'article 166 de la Constitution fait débat


I BouhraraPublié dans Finances news le 23 - 01 - 2013

L'élargissement du champ d'action du CC aux pratiques commerciales déloyales divise !

Le projet de loi 06-99 régissant le travail du Conseil va bientôt être soumis au


Gouvernement, avant de passer devant les deux Chambres.
Pour célébrer son 4ème anniversaire, le Conseil de la Concurrence a tenu une table-ronde
relative à l'article 166 de la Constitution. La particularité de cet article est qu'il érige le
Conseil en une institution constitutionnelle indépendante de gouvernance.

Mais, en même temps, l'article soulève plusieurs problématiques au moment où le projet


de loi 06-99 régissant le travail du Conseil, publié par le SGG, va bientôt être soumis au
Gouvernement, avant de passer devant les deux Chambres.
Ainsi, quatre années après son installation, le Conseil est toujours en attente d'un statut
clair et précis qui trace le rôle de l'autorité de concurrence et ses compétences !

Sachant également qu'en plus de l'article 166 de la Constitution, du projet de loi 06-99, il
y a également l'acquis communautaire vers lequel le Maroc converge en matière

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réglementaire dans le cadre du Statut avancé avec l'Union européenne !
Selon l'article 166, le Conseil de la Concurrence est une institution indépendante chargée,
dans le cadre de l'organisation d'une concurrence libre et loyale, d'assurer la transparence
et l'équité dans les relations économiques, notamment à travers l'analyse et la régulation
de la concurrence sur les marchés, le contrôle des pratiques anticoncurrentielles, des
pratiques commerciales déloyales et des opérations de concentration économique et de
monopole.
Cet article consacre ainsi le principe de liberté des prix et la libre concurrence, ainsi que
la compétence générale en matière de lutte contre les pratiques anti-concurrentielles. Il
donne également au Conseil de la Concurrence la compétence en matière de pratiques
commerciales déloyales et consacre l'indépendance et implicitement pouvoir
décisionnaire, auto-saisine et enquête. Dans ce sens, cet article de la Constitution ratisse
plus large que la loi 06-99. Puisqu'à la lumière de la loi 06-99, le Conseil est
fondamentalement consultatif et ce sont les institutions qui peuvent le saisir.
Cependant, il soulève plusieurs problématiques, comme l'explique le président du Conseil
de la concurrence, Abdelali Benamour.

La première concerne la compétence générale qui est clairement exprimée dans l'article,
mais faut-il pour autant en conclure qu'elle est exclusive ? «D'autres acteurs peuvent-ils
également avoir cette compétence ? Notamment les régulateurs sectoriels. Si l'on se réfère
à la norme européenne, cette compétence distingue entre l'amont, qui relève de l'organe
régulateur du secteur, et l'aval qui relève de l'autorité nationale de la concurrence pour
éviter l'effet de capture», estime Abdelali Benamour. L'autre apport de l'article 166 est
l'indépendance de l'institution, clairement établie. Dans ce sens, le président du CC a fait
allusion à la demande de certaines administrations qu'un commissionnaire du
gouvernement siège au Conseil, ce qui pourrait entâcher l'indépendance de ce dernier.
L'article 166 pose également le problème du recours. Notamment la création d'une
chambre spécialisée qui peut-être rattachée à la Cour d'appel de Rabat, selon ce que
propose le Conseil.

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Mais l'un des grands points de discorde lors de cette table-ronde est que la Constitution
élargit le champ d'action du Conseil aux pratiques commerciales déloyales. Dans ce sens,
après consultation, le président du Conseil propose que la dimension macro-économique
des rapports entre entreprises reste dans le giron de la justice. Et préconise de traiter lui-
même les grands dossiers de pratiques commerciales déloyales impliquant deux
entreprises pouvant entraîner un impact macro-économique sur la concurrence. Mais,
dans le cas où il s'agit d'une relation entreprise-consommateur, Abdelali Benamour
propose deux solutions : adopter le même principe que pour les pratiques inter-
entreprises, à savoir transmettre les dossiers aux administrations compétentes. Ou bien
confier ce dossier, à l'instar de ce qui se passe dans certains pays, au Conseil de la
Concurrence.
Pour Amal Lamiaï, juge et conseillère au cabinet du ministère de la Justice et des
Libertés, les rapports commerciaux, notamment à l'égard des consommateurs et
concurrents ne relèvent pas forcément de la compétence d'un Conseil de la Concurrence.
«À la lumière de l'article 166 de la Constitution, l'une des compétences du Conseil de la
Concurrence est d'assurer la transparence et l'équité à travers l'analyse et l'étude des
marchés, pour procéder à la régulation de la concurrence et relever la non-conformité...
Faire adopter aux acteurs économiques un comportement qui consacre cette équité... »,
estime Amal Lamiaï qui a énuméré là quelques moyens par lesquels le conseil peut
procéder. Mais, elle insiste sur le fait que ce qui relève du délictuel doit rester du ressort
du juge, sinon le conseil sera encombré de dossiers judiciaires.
Cet avis est partagé également par Mohamed Mernissi, membre du Conseil et président de
la Cour marocaine d'arbitrage. Selon lui, les rédacteurs de cet article, par excès de zèle, se
sont fourvoyés ! «Nous avons une loi de la concurrence qui énumère les missions
principales du Conseil : lutter contre les pratiques anticoncurrentielles et contre les
concentrations. Pour éviter les chevauchements, les pratiques commerciales doivent
relever de la justice », estime Mohamed Mernissi.

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Autour de la table, d'autres voix étaient favorables à ce que le Conseil endosse cette
responsabilité, ce qui a largement participé au débat animé tenu au siège du Conseil.
Aujourd'hui, au bout de quatre années d'activité, il est réellement souhaitable de passer à
la vitesse supérieure, notamment au niveau du Gouvernement pour libérer rapidement le
projet de Loi 06-99 afin que les parlementaires puissent également donner leur avis sur le
cadre qui régira le travail du Conseil.

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Chapitre2: contrats d’affaires internationaux: champs d'application et exécution.

Dans le premier chapitre, nous avons essayé de définir le concept de contrat cadre, a
présent nous allons voir comment le droit international privé traite l'exécution de ce
contrat (section2), mais avant, la première section sera consacré à la formation du contrat
cadre (section1).

Section1: La formation du contrat cadre

Comme on a pu le remarquer, le domaine de prédilection du contrat cadre est la


distribution, ce secteur économique implique plusieurs exigences telles la protection de la
libre concurrence contre l'abus de position dominante ou les ententes injustifiées, ce qui
implique nécessairement l'intervention des lois de police qui s'appliquent directement sans
avoir à rechercher le droit applicable.

De ce fait il sera intéressant de voir dans une première paragraphe, les conditions de
formation du contrat cadre (paragraphe1), et une deuxième paragraphe portera sur les
conditions de validité du contrat cadre (paragraphe2).

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Paragraphe1 : les conditions de formation du contrat cadre.

Le contrat cadre doit respecter les conditions de formation de tous les contrats. Le droit
commun des contrats a vocation à s'appliquer normalement.

A: Les conditions générales du droit commun.

Le droit commun des contrats ne révélera guère de surprise, l'accord cadre devant
respecter les conditions de forme imposées pour tout contrat. Les règles générales de

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formation des contrats sont au nombre de quatre : la capacité des parties, l'intégrité du
consentement, la détermination de l'objet du contrat, et la licéité de sa cause.

-La capacité des parties : pour être valable, le contrat doit avoir été conclu par des
parties, possédant la capacité juridique : c'est-à-dire celle de s'obliger. Au contraire des
personnes incapables : les mineurs non émancipés, et les majeurs protégés.

-L'intégrité du consentement :Le consentement des parties est un élément essentiel de la


conclusion de tout contrat, un contrat passé sans l'accord de l'autre partie n'est tout
simplement pas un contrat mais une imposition unilatérale de volonté, en théorie le
consentement des parties doit être libre et éclairé. Le contrat cadre est en théorie un
contrat consensuel même si dans la plupart des cas il se révèle en pratique être un contrat
d'adhésion, c'est notamment le cas dans le domaine de la distribution (bien que ce ne soit
pas toujours le cas certains distributeurs sont très puissants économiquement).

-L'objet du contrat : L'objet de l'accord-cadre, est d'aménager les relations futures entre
les parties, c'est-à-dire de réglementer la conclusion des accords d'application, qui seront
passés par la suite entre les parties. Comme pour tout contrat l'objet doit être licite et
possible, ainsi que déterminé.

-La cause du contrat : prévoit que la cause doit exister, mais aussi qu'elle doit être licite.

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paragraphe2 : les conditions de validité du contrat cadre.

La validité de certains contrats cadre est soumise à des conditions particulières, comme
les règles du droit de la concurrence, nous allons prendre alors l'exemple du contrat de
concession qui illustre parfaitement cela et qui exige pour sa validité, une conformité
surtout par rapport au droit communautaire de la concurrence.

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A : Les conditions spécifiques à certains contrats cadre : les contrats de
distribution.

Normalement, comme pour tout contrat, le contenu des accords-cadres de distribution est
régi par le principe du consensualisme. Aussi les parties, lors de la rédaction du contrat,
risquent-elles de s'engager sur des points qui risquent de porter atteinte au principe de la
libre concurrence, or ces atteintes ne seront pas toujours tolérées. De ce fait, le droit
communautaire, va interdire certaines pratiques et ententes (1), et contrôler l'utilisation
qui est faite d'une situation de position dominante par un acteur du jeu économique
européen (2).

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1) Le contrôle des ententes.

Les réseaux de distribution sont rapidement apparus, après l'entrée en vigueur du Traité de
Rome comme faisant obstacle au commerce entre les Etats membres, en cloisonnant le
marché commun. Or les ententes étant en principe prohibées, par l'article 81§1du traité de
Rome, la Cour de Justice des Communautés Européennes s'en est servie pour sanctionner
les accords de réseaux, néanmoins ces accords peuvent être rachetés par l'application de
l'article 81§ 3, qui prévoit une procédure d'appréciation de l'accord au regard d'une mise
en balance de ses apports positifs et négatifs. De plus, il existe un système d'exemption,
qui permet de passer outre la procédure habituelle de notification. Nous allons donc voir
en premier le principe (■) avant de passer aux exceptions (■).

■) Le principe d'interdiction des ententes

La conclusion d'accord-cadre de distribution, entraîne nécessairement des restrictions de


concurrence, or celles-ci sont en principe prohibées par le droit communautaire. Afin
d'être valables, ils doivent être notifiés à la commission : celle-ci donne un avis favorable
ou défavorable à la conclusion de tels accords par rapport au droit de la concurrence, si
l'accord reçoit une appréciation favorable, pas de problème, si elle est défavorable, alors
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les cocontractants ont tout intérêt à revoir leur contrat sous peine de le voir annulé un
jour. C'est l'article 85§2 du Traité qui prévoit que les accords ou décisions interdits en
vertu de l'article 85 sont nuls de plein droit.

Suite à plusieurs vagues de notifications, la commission ayant été submergée par un


nombre intraitable de demandes, celle-ci a décidé d'établir la possibilité d'une exemption
automatique des accords sous certaines conditions.

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■) L'exemption

C'est l'article 85§3 du traité de Rome qui prévoit la possibilité, pour certains types
d'accords une exemption de la procédure habituelle de notification étudiée ci-dessus, qui a
rapidement atteint ses limites. C'est ce que l'on appelle l'exemption par catégorie
d'accords11, lorsque l'accord est visé par le texte, et qu'il remplit les conditions
nécessaires, la procédure de notification n'est pas nécessaire. En ce qui concerne le contrat
étudié ici, c'est le règlement 1983/83 du 22/06/1983, qui prévoit les conditions
d'exemption pour la catégorie d'accords de distribution exclusive. Le règlement 1983/83
vise trois hypothèses, où l'exemption ne peut être accordée car cela perturberait le jeu
normal de la concurrence :

 lorsque le contrat de concession est conclu entre des fabricants concurrents si


leur chiffre d'affaires commun dépasse un certain seuil fixé par les articles 4/5
du règlement (ceci afin d'éviter que cet accord ne se fasse au détriment du
consommateur et des distributeurs qui) .
 lorsque l'état du marché, est tel que les utilisateurs ne peuvent pas
s'approvisionner en dehors du territoire, et ne peuvent donc pas s'adresser à une

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Le régime juridique du contrat de distribution
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Traité de Rome de 1983

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autre personne que le concessionnaire pour obtenir les produits du concédant
(cette hypothèse vise la clause de concession territoriale absolue, qui est sans
doute l'une des restrictions de concurrence les plus aiguës qui puisse exister).
 lorsque le comportement des parties restreint en droit ou en fait la possibilité
pour les intermédiaires, les utilisateurs, d'acheter les produits auprès d'autres
revendeurs dans le marché commun (ce sera le cas de l'utilisation de droits de la
propriété industrielle afin de restreindre le commerce entre Etats membres).

Les clauses qui seraient insérées dans un contrat de distribution et qui correspondraient à
l'une des trois hypothèses ci-dessus énoncées, seraient qualifiées de clauses noires et le
contrat de ce fait ne pourrait pas bénéficier de l'exemption par catégorie.

Lorsque l'accord ne peut pas bénéficier, de l'exemption par catégorie, ou bien que les
parties ont un doute sur l'applicabilité de l'exemption, elles doivent demander une
exemption12 individuelle par notification à la commission de Bruxelles, c'est la même
procédure qui a été étudiée un peu plus haut. Par cette procédure, le contrat qui en temps
normal ne pourrait pas bénéficier de l'exemption, car il serait porteur d'une clause noire,
ou qu'il dépasserait les seuils prescrits, fera l'objet de l'étude de son bilan économique.
Cette étude mettra en balance les éléments positifs qu'apporte la conclusion du contrat
(amélioration des produits, rationalisation de la distribution permise par l'organisation
d'un réseau de concession ;....) et les éléments négatifs (la limitation du nombre de
distributeurs…)

Si les aspects positifs qu'apporte la conclusion du contrat de distribution sont supérieurs


aux aspects négatifs, alors le contrat pourra bénéficier d'une exemption individuelle bien
qu'il emporte des restrictions de concurrence importantes.

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Les contrats cadre de distribution sont également contrôlés, cette fois ci non plus dans
leur formation ou contenu, mais dans leur application, par l'utilisation d'une autre
méthode : l'abus de position dominante.

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2): L'abus de position dominante.

C'est l'article 82 alinéa 1 du traité de Rome qui prévoit ce mécanisme sanctionnant les
abus de position dominante d'une entreprise (il est à noter que c'est l'abus qui est
sanctionné, et non la position dominante de l'entreprise en elle-même). La sanction n'est
pas en revanche précisée dans l'article. Le fait pour une entreprise de limiter la liberté des
distributeurs par des contrats d'approvisionnement exclusif, peut constituer une pratique
abusive car elle se trouve en position dominante, de ce fait elle peut faire abstraction du
jeu normal de la concurrence et aurait donc pu arriver au même résultat poursuivi par
l'utilisation d'autres moyens.

Après avoir examiné brièvement les conditions de formation et de validité du contrat


cadre, nous allons nous intéresser à présent à l'exécution de cet accord.

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Section2: l'exécution du contrat international

C’est d’abord le contrat lui-même qu’il faut étudier en regard de l’exécution et ensuite la
loi nationale applicable.

Paragraphe1 : Influence du contrat sur la détermination des obligations des parties

a) Influence du contrat sur la nature et l’étendu des obligations

Le contrat fait naître des droits et obligations. Les parties vont préciser dans lecontrat la
nature de celui-ci.

 La classification des obligations possible en droit romain :

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Contrats internationaux

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• Obligation de donner (transférer un bien)

• Obligation d’abstention (« de ne pas faire » quelque chose)

• Obligation « de faire » quelque chose


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b) L’influence du contrat sur les mesures temporelles de l’obligation

Les clauses temporelles peuvent prévoir :

• L’entrée en vigueur du contrat.

• La détermination de livraison à un certain moment.

• Début et fin de phases d’exécution du contrat.

C) Mesure juridique de l’obligation (de moyen ou de résultat)

Les obligations assumées peuvent connaître une l’intensité différente. L’intensité de


l’obligation varie entre une obligation de résultat et une obligation de moyen.

 L’obligation de résultat :

(Art. 4.5, principes Unidroit) L’obligation de résultat, c’est que le débiteur est
tenu de fournir un résultat promis. Alors, Comment identifier l’obligation de
résultat ? En absence de dispositions contraires, toute obligation est vue comme
obligation de résultat. Le critère de distinction (selon l’art. 5.5, 16 principes
Unidroit) c’est la manière comment le contrat prévoit une obligation.

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Contrats internationaux
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https://www.lettredesreseaux.com/P-552-678-P1-principes-d-unidroit-relatifs-aux-contrats-du-commerce-
international.html
http://www.lexinter.net/JF/principes_d'unidroit.htm

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 L’obligation de moyen : Une partie s’engage non pas à fournir de façon
inconditionnelle le résultat escompté mais elle s’engage à mettre en œuvre les
moyens adéquats pour parvenir à un certain résultat.

Exemple : Le médecin n’est tenu que d’une obligation de moyen (dans ce cas le
traitement) et non de la guérison du patient.

17
Paragraphe2 : Les règles applicables à l’exécution du contrat

Les règles applicable à l’exécution du contrat se trouvent dans le contrat lui-même,dans


les règles nationales, internationales et transnationales (comme18 la lex mercatoria).
Comme règles internationales, on considéra la Convention de Vienne et les principes
Unidroit.

A. Règles générales concernant les obligations issues du contrat

Les contractants peuvent se donner des règles, p. ex. dans une préambule du contrat en
matière de l’exécution des obligations contractuelles.

19
a) Règles sur la nature des obligations issues du contrat

La Convention de Vienne est muet sur ce sujet, car elle s’applique uniquement au contrat
de vente. Les principes Unidroit donnent des règles générales (art. 5.6) :

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https://www.persee.fr/doc/tcfdi_1140-5082_1980_num_2_1977_1843

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• Règle générale sur la détermination de la qualité des prestations. C’est une qualité
raisonnable ou à l’égard de la moyenne.

• (art. 5.3) Il y a un devoir de collaboration comme principe

• (art. 5.1) « Les obligations contractuelles des parties sont expresses ou implicites
».

 (art. 5.2) 4 critères pour dégager les obligations implicites :

• nature et but du contrat

• en fonction des « pratiques établies » et des usages.

• La « bonne foi »

• De ce qui est « raisonnable »

b) Règles générales sur l’interprétation des obligations issues du contrat

La Convention de Vienne ne règle pas les questions d’interprétation. Les principes


Unidroit (art. 4.1 et 4.3) donne un « Principe général d’interprétation » :

L’interprétation se fait selon la commune interprétation des parties.

 Deux écoles:

- la volonté des parties (aussi la volonté implicite)

- sécurité juridique, donner un sens juridique

« A défaut de toute possibilité de percer cette intention, il faut se référer à


l’interprétation du contrat que donnerait une personne raisonnable placée dans la

22
même situation. » L’interprétation doit tenir compte des circonstances pertinents de
l’espèce (art. 4.3 principes Unidroit).

 Circonstances pertinentes (selon l’art. 4.3 principes Unidroit) :

• Reposant sur le comportement des parties. Il faut considérer les négociations, les
pratiques établies entre les parties, ou le comportement postérieur à la conclusion des
parties.

• La nature et le but du contrat, le sens qui est généralement attribué au contrat dans la
branche considérée selon les usages.

20
B. Règles spéciales sur l’interprétation des obligations issues du contrat

• La règle de la cohérence et de l’interprétation utile. L’interprétation est faite en vue de


l’ensemble du contrat.

• La règle « contra preferentum » ; une clause doit s’interpréter contre celui qui a stipulé
la clause.

• (art. 4.7 principes Unidroit) Tenir compte des divergences linguistiques. Il faut

donner préférence à la version d’origine.

• (art. 4.8 principes Unidroit) « Omission » ; si le contrat ne contient pas une clause
indispensable à l’économie du contrat et son absence ne peut s’expliquer que par une
omission, alors l’arbitre ou le juge peuvent y suppléer.
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Contrats internationaux
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international.html
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C. Interprétation des indications et comportement des parties

Ce sont des Règles données par les principes Unidroit et la Convention de Vienne (art.
8)

 1ère règle : Les indications/comportements d’une partie doivent être interprété


selon l’intention de celle-ci lorsque l’autre partie a connu ou ne pouvait ignorer
cette intention (règle provenant de la loi allemande nommée l’horizon du
destinataire)
 2ème règle : Si la 1ère règle n’est pas applicable, les indications doivent être
interprétées selon le sens qui est attribué par une personne raisonnable qui est de
même qualité que l’autre partie

21
Paragraphe3 : Règles sur la détermination du contenu des obligations
contractuelles d’exécution

A. Date de l’exécution(Art. 6.1.1 et 6.1.2, principes Unidroit et art. 33,


Convention de Vienne)

 1ère règle : La date fixé dans le contrat


 2ème règle : Fixation d’une période de temps par le contrat. Alors, celui qui doit
exécuter peut choisir le date, sauf si l’autre partie peut le choisir.
 3ème règle : Ni date ni fixation par le contrat, l’exécution doit se faire dans un
délai raisonnable.

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La Convention de Vienne fixe une règle par rapport au paiement, le contrat le détermine.
En absence (art. 58) d’une telle clause, le prix sera exigible de la date de mise à
disposition de marchandise ou des documents par rapport à la marchandise.

 Exécution anticipée : (art. 52, Convention de Vienne) Pleine liberté de l’acheteur


d’accepter ou de refuser l’exécution anticipée (refus motivé exigé).

B. Lieu de l’exécution ( art. 6.1.6, principes Unidroit et art. 31 et 31 de la Convention de


Vienne )

 1ère règle : C’est le lieu prévu par le contrat


 2ème règle : En l’absence d’une telle clause selon qu’il s’agit :
• de l’obligation de payer une somme d’argent, la dette est portable au lieu
d’établissement du créancier (obligation de résultat !)
• en dehors des obligations de payer une somme d’argent, le lieu d’exécution c’est
le lieu d’établissement du débiteur au moment de conclusion du contrat (la dette
est quérable).

C. La substance de l’obligation à exécuter- le prix

 1ère règle : Le prix est fixé par les parties. Les principes Unidroit constatent :
Le prix peut être changé/remis en question.
 2ème règle : En absence de fixation de prix dans le contrat :
- Tout contrat doit avoir un objet possible et licite (les lois nationales sont
différentes sur ce sujet)
- Le prix ne doit pas être indiqué (les lois nationales sont différentes
sur ce sujet et il y a des familles différentes de droit en Europe)

 Art. 55, Convention de Vienne et art. 5.7, Unidroit :


- Un contrat peut être conclu sans indication de prix
- Le prix sera déterminé par les parties a posteriori sur la base d’un prix
habituellement pratiqué dans les mêmes circonstances et dans la même branche.

25
22
D. Les obligations du vendeur dans la vente internationale de marchandise (. Art. 30
Convention de Vienne : 3 obligations expliquées dans a), b) et c)

a) Obligation de livraison des marchandises et de remise des documents

Comment livrer les marchandises, c’est lié au transport lui-même.

- Une obligation d’identification des marchandises

- Un emballage et conditionnement soit conforme au contrat

- Obligation de passer un contrat avec un transporteur si cela est prévu par le contrat,
avec un moyen de transport approprié.

 En général, ces questions sont réglées par les INCOTERMS (International


Commercial Terms) qui fonctionnent comme un contrat-type.

b) Obligation de livrer les marchandises conformes – conformité matérielle (Art. 35.1)


La Convention de Vienne demande une conformité matérielle, c’est-à-dire

Une correspondance aux stipulations du contrat par rapport aux éléments suivants :

- Quantité

- Qualité

- Type

- Emballage et/ou conditionnement

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(Art. 35.2.a) La Convention de Vienne stipule : A moins que les parties n’en soient
convenues autrement, les marchandises ne sont conformes au contrat que si elles sont
propres aux usages auxquels serviraient habituellement des marchandises du même type.

c) Obligation de livrer les marchandises conformes – conformité juridique

La conformité juridique exige qu’il n’existe pas de titres d’un tiers sur la même
marchandise. Il s’agit d’une question de clause de propriété du contrat. Les marchandises
ne puissent pas être réclamés par un tiers reposant sur une propriété intellectuelle.

23
E. Inexécution du contrat international

Tout manquement d’une des parties à une quelconque disposition du contrat est vu
comme inexécution du contrat (exécution défectueuse ou tardive inclue)24.

1-Observation générale sur les remèdes de la Convention de Vienne

■ Remèdes non-judiciaires privilégiés, Rôle de l’anticipation d’une mauvaise exécution,


Obligations relatives aux marchandises.

La Convention offre un certain nombre de moyens sans recours à un juge/arbitre. En


fonction de la situation, une partie choisi un certain moyen.

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Traité de Rome de 1983

27
La Convention donne un rôle à l’anticipation sur une mauvaise exécution du contrat. Il ne
faut pas attendre d’être victime pour prendre des mesures par anticipation d’une
inexécution.

- Utilisation du mécanisme de l’exception d’inexécution préventif.C’est la permission de


suspens d’une exécution.

- Possibilité de faculter un contrat comme résolu

Contrat de coopération/collaboration des parties (ce sont des catégories de contrats


spécifiques). Exemple (art. 85 Convention de Vienne) :

1) L’acheteur tarde à prendre la marchandise livrée ou à payer le prix. Il y a obligation de


mesure raisonnable par le vendeur pour assurer la conservation de la marchandise (aux
comptes de l’autre partie)

2) L’acheteur a reçu la marchandise mais ils ne lui convient pas. Il veut résoudre le
contrat. Il y a l’obligation de mesure raisonnable (au compte du vendeur)

3) (art. 87 et 88 Convention de Vienne) Une partie détenant les marchandises pour le


compte de l’autre partie a le droit de les déposer auprès d’un tiers au frais de l’autre
partie. Après une notification à l’autre, le détenteur peut les vendre (dans certains
circonstances on a l’obligation de les vendre). Les entrées de la vente doivent être payé à
l’autre partie après déduction faite des frais de détention.

28
25
F. Exécution en nature

1. Défaut de la livraison

Avec une absence totale de livraison, la livraison à un mauvais lieu (que celui prévu par le
contrat) ou livraison en retard, on assiste à un défaut de la livraison. L’acheteur (ne
voulant pas résoudre le contrat) peut demander l’exécution du contrat en nature avec un
délai supplémentaire d’une durée raisonnable.

2. Défaut de conformité des marchandises

♤ Conditions préalables :(Art. 38, Convention de Vienne) L’acheteur a l’obligation


d’examen de la marchandise dans un délai aussi bref que possible en vue des
circonstances. L’examen de la marchandise peut être fait par un tiers.

♤Dénonciation du vice auprès du vendeur dans un délai :

 (Art. 39.1, Convention de Vienne) délai raisonnable à partir du moment du


constat. Pendant ce délai, l’acheteur doit notifier la dénonciation du vice.
 (Art. 39.2, Convention de Vienne) délai de 2 ans. C’est un délai de « forclusion »
(indiquant un délai maximal) pour l’action en justice (délai de procédure) au-delà
duquel une action de justice est exclue. Il y a prolongement si le vendeur a connu
le vice en avant ou s’il existe des garanties contractuelles consentie par l’autre
partie.

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♤ Remise en état ou réparation :(Art. 75) Obtention des marchandises de remplacement
ou l’acheteur a fait un achat de remplacement auprès d’un tiers à cause du temps.
Conditions :

a) Uniquement possible si le défaut de conformité a la nature d’une contravention


essentielle au contrat

b) Le vendeur ait été averti par l’acheteur que celui-ci entendait obtenir une marchandise
de remplacement, soit lors de la dénonciation du vice soit dans un délai raisonnable après
cette dénonciation.

26
Résolution du contrat

Une partie décide de mettre fin au contrat à cause de l’inexécution du contrat. La


résolution est possible pour les parties sans procédure de justice.

1. Cause de la résolution

1er cas : Accordement d’un délai supplémentaire qui n’a pas non plus été respecté. Même
si le préjudice était mineur, cette règle s’applique.

2ème cas : L’inexécution a la nature d’une contravention essentielle au


contrat.Caractéristiques d’une contravention essentielle (cf. art. 25, Convention de
Vienne) :

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international.html
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Contats_commerce_international_jacquet
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https://www.persee.fr/doc/tcfdi_1140-5082_1980_num_2_1977_1843
La Convention de Vienne du 11 avril 1980 sur les contrats de vente internationale de marchandises

Philippe Kahn

Revue internationale de droit comparé Année 1981 33-4 pp. 951-986

30
 L’ampleur du préjudice. Dommage d’une certaine gravité. Si une partie est privée
substantiellement dont il aurait droit selon le contrat (cf. prix, quantité, type,
conformité etc.).
 Condition négative de la prévisibilité. Il n’y a de contravention essentielle que si la
partie défaillante était apte à se rendre compte de la gravité des conséquences de
son acte pour l’autre partie.

2. Mise en œuvre de la résolution (Art. 39.1, Convention de Vienne) Déclaration


unilatérale (notification) de la volonté de résolution. Il faut le faire dans un délai
raisonnable. Dans le cas de l’inexécution, il n’y a pas de délai à respecter.

3. Effets de la résolution
L’effet de la résolution se constitue dans l’anéantissement du contrat avec effet rétroactif.
Attention : La résolution ne correspond pas à une nullité qui va contre les conditions de
formation du contrat.
Avec la résolution du contrat, plus aucune prestation est dûe. La résolution du contrat
donne lieu au remboursement du prix ou de réexpédier la marchandise.

27
H. Dommages et intérêts
Les dommages et intérêts peuvent être utilisés soit comme remède unique soit comme
remède cumulant avec un autre remède.

1. Conditions et évaluation des dommages et intérêts

En raison de l’inexécution du contrat, une des parties a subi un préjudice. Eléments


constitutifs des dommages (cf. art. 74, Convention de Vienne):

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Contrats internationaux
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https://www.lettredesreseaux.com/P-552-678-P1-principes-d-unidroit-relatifs-aux-contrats-du-commerce-
international.html
http://www.lexinter.net/JF/principes_d'unidroit.htm
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Contats_commerce_international_jacquet
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https://www.persee.fr/doc/tcfdi_1140-5082_1980_num_2_1977_1843

31
a) Réparation du dommage subi en raison de l’inexécution.
b) Dépenses et frais supplémentaires causé par l’inexécution.

 Exemple : Service d’un tiers comme remplacement.

28
2. Causes d’exonération ( art. 79, Convention de Vienne)

Il n’y aura pas de dommages ou intérêts lorsque la partie lésée est elle-même responsable
pour l’inexécution du contrat.
1. Force majeure : Envisagé par le droit applicable d’un Etat, des instruments
internationaux ou la lex mercatoria. Souvent le contrat comporte une clause de force
majeure qui ensuite substitue des définitions de la force majeure de la loi applicable.
L’élément de la force majeure doit être notifié à l’autre partie. L’effet de la notification,
c’est la suspension de la responsabilité des parties et éventuellement à la résolution du
contrat.
29
2. Clauses limitatives de la responsabilité. Clause exonératoire de responsabilité dans
le contrat. Les clauses limitant la responsabilité plafonnent la responsabilité des parties.

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La Convention de Vienne du 11 avril 1980 sur les contrats de vente internationale de marchandises
Philippe Kahn

Revue internationale de droit comparé Année 1981 33-4 pp. 951-986

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international.html
http://www.lexinter.net/JF/principes_d'unidroit.htm
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https://www.persee.fr/doc/tcfdi_1140-5082_1980_num_2_1977_1843
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La Convention de Vienne du 11 avril 1980 sur les contrats de vente internationale de marchandises
Philippe Kahn

Revue internationale de droit comparé Année 1981 33-4 pp. 951-986

32
partie2: La concurrence liée au commerce international
chapitre1: interaction du commerce et de la politique de la concurrence

La raison principale pour le choix de l’OMC dans ce contexte est le lien entre la libéralisation
des échanges commerciaux et le droit de la concurrence. Les barrières étatiques (droits de
douane, restrictions quantitatives et mesures d’effet équivalent, etc.) supprimées à l’échelle
mondiale à travers l’OMC ne doivent pas être relayées par des barrières privées que les
entreprises dressent à travers de cartels, d’abus de 50.30

La position dominante ou de fusions. Ainsi, le droit de la concurrence assure la libre


circulation des biens en éliminant les entraves privées. Le lien entre le droit de la concurrence
et l’élimination des barrières étatiques est pris en compte par toutes les organisations qui ont
pour but de libéraliser les échanges.52 Par conséquent, en attribuant le droit transnational de
la concurrence à l’OMC, il ne s’agit pas de monopoliser toutes les matières de droit
économique au sein de cette organisation, mais simplement de prendre en considération une
liaison indissociable beaucoup plus profonde que par exemple le lien entre la libéralisation du
commerce et la protection de la propriété intellectuelle qui a abouti à l’accord ADPIC.53
Certes, toutes les pratiques anticoncurrentielles n’ont pas un effet sur le commerce
international.54 Mais les rapports étroits entre la suppression des barrières étatiques et des
barrières privées sont une base suffisamment stable pour attribuer l’ensemble du droit
international de la concurrence à l’OMC, même dans la mesure où les pratiques concernées
n’affectent pas l’accès au marché.55 Cela correspond à la solution trouvée dans le domaine
de la propriété intellectuelle. Certes, l’accord ADPIC est basé sur le fait que les différences de
protection, voire l’absence de protection dans certains pays, peuvent constituer des
distorsions ou des entraves au commerce international. Comme il est impossible de faire une

30 Dans ce sens R. Anderson/P. Holmes, Competition Policy and the Future of the Multilateral Trading System, 5 Journal
of International Economic Law 531 ss. (2002) ; Drexl (supra, note 45) ; A. Guzman, International Antitrust and the WTO :
The Lesson from Intellectual Property, 43 Virginia Journal of International Law 933 ss. (2003) ; N. Ligneul (supra, note 7),
p. 239 ss. V. aussi les analyses approfondies de K. Kennedy, Competition Law and the World Trade Organisation : The
Limits of Multilateralism, London 2001 ; Ph. Marsden, A Competition Policy for the World Trade Organization, London
2003, et F. Romano, Mondialisation des politiques de concurrence, Paris 2003. 51. V. Communication de la Communauté
européenne et de ses États membres, Règlement des différends et examen par les pairs : Options pour un Accord de
l’OMC sur la politique de la concurrence, Document de l’OMC WT/WGTCP/W/229 du 14.5.2003 (disponible sur : http://
docsonline.wto.org/gen_search.asp), no. 5 : « Le règlement des différends est une des pierres angulaires du système
multilatéral fondé sur des règles. »

33
distinction entre la partie de la propriété intellectuelle à caractère « touchant au commerce »
et la partie sans un tel effet, un texte a été rédigé qui prévoit une protection minimale sans
tenir compte de l’influence de ces droits sur le commerce international dans chaque cas
individuel. Ce constat n’est pas changé par le fait que les législateurs ont – pour légitimer
cette extension des domaines de l’OMC – gardé au titre de l’accord ADPIC l’adjonction « qui
touchent au commerce » (en anglais : « trade-related » aspects of intellectual property rights).
Le problème analogue se pose pour un accord de l’OMC sur la concurrence. Même si nous
appelons ce texte – correspondant à l’accord ADPIC – « Accord sur les aspects du droit de la
concurrence qui touchent au commerce » (ADCC ; la traduction en anglais serait : 31. aussi
Art. 1501 (1) North American Free Trade Agreement (NAFTA) : « Each Party shall adopt
Agreement on Trade-Related Aspects of Competition Law, TRACL56), cela n’implique pas
forcément que l’on se contente de la définition de certaines pratiques qui cloisonnent les
marchés. Certes, le champ d’application d’un tel accord peut toujours être réduit aux
pratiques transfrontalières, comme c’est le cas en droit européen de la concurrence.
Cependant, un dépeçage de l’ensemble du droit de la concurrence en pratiques susceptibles
de cloisonner les marchés d’une part, et une partie dépourvue d’un tel effet d’autre part,
semble impossible. Par conséquent, même si les rapports étroits au commerce international
sont la base d’un accord international du droit de la concurrence, cela ne détermine pas
encore le contenu d’un tel accord, mais laisse néanmoins une marge de manœuvre
considérable.

31Ainsi expressément l’art. 18 de l’accord AELE (Association européenne de Libre-Échange) sur la concurrence dans la
version de 2001 : « Member States recognise that the following practices are incompatible with this convention in so far
as they frustrate the benefits arising from this Convention » (suit une énumération des ententes anticoncurrentielles et
des abus d’une position dominante). V with respect thereto, recognizing that such measures will enhance the fulfillment
of the objectives of this Agreement (…) ». 53. V. K. Meessen, Das Für und Wider eines Kartellrechts, Wirtschaft und
Wettbewerb 2000, p. 5 ss. 54. Pour cette raison E. Fox (Competition Law and the Millenium Round, 2 Journal of
International Economic Law 665 (1999)) est sceptique envers l’OMC en tant que forum pour un droit général de la
concurrence. Elle a atténué cette position dans l’article International Antitrust and the Doha Come, 43 Virginia Journal of
International Law 911 ss. (2003). 55. Dans le même sens Drexl (supra, note 45) qui demande la suppression du lien entre
les règles futures de l’OMC sur la concurrence et le but de garantir l’accès au marché. or maintain measures to proscribe
anti-competitive business conduct and take appropriate action Document téléchargé depuis www.cairn.info - - -
160.177.59.235 - 05/11/2018 10h58. © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www.cairn.info - - -
160.177.59.235 - 05/11/2018 10h58. © De Boeck Supérieur La nécessité d’un droit mondial de la concurrence 307

34
Chapitre 2 : OMC en tant qu’organisation appropriée d’un droit transactionnel de
la concurrence

L’organisation mondiale du commerce est la seule organisation internationale qui s’occupe des
règles régissant le commerce entre les pays
Sa principale fonction et de favoriser autant que possible la bonne marche, la prévisibilité et la
liberté des échanges.
Elle s’acquitte de cette mission en :

 Administrant les accords commerciaux.


 Servant de cadre aux négociations commerciales.
 Réglant les différends commerciaux.
 Examinant les politiques commerciales nationales.
 Coopérant avec d’autres organisations internationales.
 Aidant les pays en développement dans le domaine de la politique commerciales par
le biais de l’assistance technique et des programmes de formation.
Avec une participation active au système commerciale multilatérale le Maroc est
membre de l’OMC : depuis le 1er janvier 1995.

 L’intervention de l’OMC en matière de concurrence :


 Promouvoir une concurrence loyale :
On dit parfois que l’OMC est l’institution du « libre échange » mais cela n’est pas tout à fait
exact. Le système autorise bien l’application de droit de concurrence et dans des circonstances
limitées ,d’autres formes de protection.
Il s’agit de questions complexes, et les règles visent à définir ce qui est loyale et ce qui ne l’est
pas, ainsi que la manière dont les pouvoirs publics peuvent réagir, notamment en prélevant des
droits d’entrée additionnels calculés de façon à compenser le dommage occasionné par des
pratiques commerciales déloyales.
Il serait plus juste de dire qu’il s’agit d’un système de règles visant à garantir une concurrence
ouverte, loyale et exempte de distorsions.
Les règles relatives à la non-discrimination traitement NPF (nation la plus favorisée est une
clause fréquente des traités de commerce international par laquelle chaque état signataire
s’engage à accorder à l’autre tout avantage qu’il accorderait à un Etat tiers). et le traitement-
national ont pour objet de garantir des conditions commerciales loyales, de même que celles
qui concernent le dumping (consiste à vendre à l’étranger à un prix inférieur que celui appliqué
sur le marché national). et les subventions.

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chapitre3: Application de la loi au niveau national

La régulation de la concurrence s’inscrit dans le cadre légal défini par la loi n°20-13
relative au Conseil de la concurrence, promulguée par le Dahir n°1-14-117 du 2 ramadan 1435
(30 juin 2014).

Section1 :Fondements juridiques


D’après les missions du conseil citées à la première partie on trouve que la mission principale
du conseil est la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles et la concurrence déloyale, ainsi
que le contrôle des concentrations économiques. Ces pratiques ont pour objet ou peuvent avoir
pour effet d’empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence.

« Loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence »


● Concernant les pratiques anticoncurrentielles

Selon l’article 6 ces pratiques son interdites lorsqu’elles ont pour objet ou peuvent avoir
pour effet d’empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur un marché, les
actions concertées, conventions, ententes ou coalitions expresses ou tacites, sous quelque forme
et pour quelque cause que ce soit, notamment lorsqu’elles tendent à :

- limiter l'accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par d’autres entreprises

- faire obstacle à la formation des prix ;


- limiter ou contrôler la production, les débouchés, les investissements ou le progrès
technique…
D’après l’article 7 sont prohibées, lorsqu’elles ont pour effet d’avoir une exploitation
abusive par une entreprise ou un groupe d’entreprises. Il s’agit : d'une position dominante sur le
marché intérieur ou une partie substantielle de celui-ci. Ainsi, d'une situation de dépendance
économique dans laquelle se trouve un client ou un fournisseur ne disposant d’aucune autre
alternative équivalente.

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D’après l’article 8 : Sont prohibées les offres de prix ou pratiques de prix de vente aux
consommateurs abusivement bas par rapport aux coûts de production, de transformation et de
commercialisation, dès lors que ces offres ou pratiques ont pour objet ou peuvent avoir pour effet
d’éliminer à terme d’un marché, ou d’empêcher d’accéder à un marché, une entreprise ou l’un de
ses produits.

« La loi 17-97 relative à la protection de la propriété industrielle

● Concernant les pratiques commerciales déloyales :

La doctrine définit la concurrence déloyale par l'ensemble des pratiques concurrentielles


contraires à la loi ou aux usages, constitutifs d'une faute intentionnelle ou non et de nature à
causer un préjudice aux concurrents. Alors que le conseil de la concurrence veille toujours sur le
bon fonctionnement des marchés pour lutter contre ces pratiques.

L’article 184 de cette loi dispose : « Constitue un acte de concurrence déloyale, tout acte
de concurrence contraire aux usages honnêtes en matière industrielle ou commerciale. Sont
notamment interdits :

- Tous faits quelconques de nature à créer une confusion par n'importe quel moyen avec
l'établissement, les produits ou l'activité industrielle ou commerciale d'un concurrent ;
- Les allégations fausses dans l'exercice du commerce de nature à discréditer
l'établissement, les produits ou l'activité industrielle ou commerciale d'un concurrent ;
- Les indications ou allégations dont l'usage dans l'exercice du commerce est susceptible
d'induire le public en erreur sur la nature, le mode de fabrication, les caractéristiques,
l'aptitude à l'emploi ou la quantité des marchandises ».

« La loi 20-13 relative au conseil de la concurrence »

D’après l’article 7, le conseil est obligatoirement consulté par le gouvernement sur les
projets de textes législatifs ou réglementaires instituant un régime nouveau ou modifiant un
régime en

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vigueur ayant directement pour effet : de soumettre l’exercice d’une profession
ou l’accès à un marché à des restrictions quantitatives ; d’établir des monopoles ou
d’autres droits exclusifs ou spéciaux sur le territoire du Maroc ou dans une partie
substantielle de celui-ci ; d’imposer des pratiques uniformes en matière de prix ou de
conditions de vente ; d’octroyer des aides de l’Etat ou des collectivités territoriales
conformément à la législation y relative.

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Conclusion

Il ressort clairement de ce qui précède que le contrat d’affaires international suppose


la question de la loi applicable à celui-ci.Cela peut aller jusqu'à remettre en cause
la validité de l'accord. Parler de contrat cadre en droit international suppose
que l'accord en question comporte au moins un élément d'extranéité, le plus
souvent cela tiendra à la différence de nationalité des parties, mais cela peut
aussi être dû aux lieux d'exécution du contrat de base et des contrats
d'exécution. Dès lors intervient l'idée que plusieurs ordres juridiques et/ou
économiques seront touchés et donc qu'il est nécessaire de prendre en
compte les dispositions impératives qu'ils prévoient.

Comme les autres contrats internationaux le contrat cadre international est


soumis aux règles de droit international privé des contrats. C'est-à-dire qu'en
principe, il est soumis à une loi étatique mais qui pourrait aussi faire l'objet
d'une délocalisation législative afin d'être soumis aux usages du commerce
ou à ce que l'on appelle la lex mercatoria.

Il peut s'agir du principe de souveraineté, qui permet un Etat souverain


d'exiger que certaines situations soient soumises à sa loi, du principe de
proximité qui permet de rattacher le rapport de droit à la loi avec laquelle il
entretient les liens les plus étroits, du principe de l'autonomie de la volonté qui
permet à la volonté de choisir la loi qui sera applicable aux rapports de droit
ou en fin, d'un rattachement à finalité matérielle dans lequel la règle de
rattachement poursuit un objectif qui peut être par exemple un objectif de
protection de la partie faible. Ce sont surtout les principes d'autonomie de la
volonté, de proximité et de souveraineté que l'on retrouve de diverses
manières dans le droit des contrats internationaux.

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BIBLIOGRAPHIE

Texte de loi :

Convention de Rome

Convention de vienne

 DOC

Webographie :
www.memoireonline.com
Droit_du_commerce_internationalUQAM.pdf
Le régime juridique du contrat de distribution
Contrats internationaux
https://www.lettredesreseaux.com/P-552-678-P1-principes-d-unidroit-relatifs-aux-contrats-du-
commerce-international.html
http://www.lexinter.net/JF/principes_d'unidroit.htm
Contats_commerce_international_jacquet
https://www.persee.fr/doc/tcfdi_1140-5082_1980_num_2_1977_1843

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