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Le style démontre une capacité à

utiliser toutes les ressources de la


langue.

Les figures de style ont, depuis les débuts de l'art oratoire et de la rhétorique, fait l'objet d'un
débat de classification. En raison de leur diversité et de leurs dénominations diverses, aucun
classement exhaustif n'a abouti, hormis ceux présentés dans des traités stylistiques, anciens ou
modernes.

Une liste exhaustive des figures de style regroupe une grande partie des procédés (162 entrées,
sans compter les synonymes et variantes) classées selon une grille multicritères élaborée par la
linguistique moderne, notamment par l'école de Liège dans sa Rhétorique générale.

Rhétorique moderne et figures de style

Article détaillé : Figure de style.

Les recherches modernes ont conduit à un renouveau des figures de rhétorique, au sein de
domaines autres que ceux du discours ou de la littérature. Ce renouveau est notamment permis
par la publication de dictionnaires donnant accès aux inventaires rhétoriques existant depuis
César Chesneau Dumarsais ou Pierre Fontanier.

Henri Morier, professeur d’histoire de la Langue française à l'Université de Genève, fondateur du


Centre de Poétique, réalise ainsi avec son Dictionnaire de poétique et de rhétorique l'ambition de
mettre à disposition de tous les procédés rhétoriques. Il exhume notamment des figures
disparues et tente de définir chaque procédé en les exemplifiant au moyen d'illustrations
littéraires mais aussi provenant de la vie quotidienne, de la publicité, ou des médias.

Georges Molinié et Michèle Acquien, dans leur Dictionnaire de rhétorique et de poétique, élaborent
également une lexicographie des lieux rhétoriques et des figures associées, en ne perdant jamais
de vue la dimension communicationnelle de ceux-ci. Un autre dictionnaire de référence très
complet est le Gradus (Les procédés littéraires) de Bernard Dupriez.

Ce renouveau aboutit également à des traités de rhétorique, où les figures ont une place à part.
Olivier Reboul s'essaye lui à une Introduction à la rhétorique, ouvrage universitaire majeur. Il y
cherche, après avoir exposé plusieurs siècles de rhétorique et de codification du discours, à
réconcilier l'argumentation héritée d'Aristote — qui cherche à persuader — et celle des figures de
style, qui forme le style. Reboul propose de revoir la définition des figures de rhétorique seules
(ce qui n'inclut pas toutes les figures). Il définit celles-ci comme « Un procédé de style
permettant de s'exprimer d'une façon à la fois libre et codifiée » ; il précise « libre » car le locuteur
n'est pas tenu d'y recourir pour communiquer et « codifiée » car chaque figure constitue une
« structure connue, repérable, transmissible », et toujours liée au pathos. Reboul réintroduit
véritablement la discipline rhétorique au sein de la linguistique moderne, qui s'en était détournée,
au sein de l'enseignement universitaire.

Chaïm Perelman et Lucie Olbrechts-Tyteca, dans leur Traité d'argumentation rappellent la valeur
argumentative de la figure, conformément à la théorie d'Aristote dans sa Rhétorique ; la figure
devient une composante fondamentale (et non plus un « ornement » facultatif) de l'acte
d'énonciation, intégrant même une portée trans-phrastique (au-delà de la phrase). Ils posent par
ailleurs que toute figure de rhétorique est un condensé d'argument : par exemple, la métaphore
condense l'analogie.

Organisation des tableaux

La lecture des articles notionnels traitant des graphèmes, des phonèmes, des morphèmes et
des sèmes est recommandée.

Les différents niveaux linguistiques.

Le tableau présenté ici, inspiré du Dictionnaire des termes littéraires[1] permet de classer les
figures au moyen d’un croisement des natures des transformations avec l’objet grammatical sur
lequel porte l’opération. On aboutit donc à quinze cas correspondant aux anciennes et
traditionnelles rubriques de figures (de pensée, d’opposition, de construction, d’insistance…) qui
ne permettaient pas toutefois de saisir toute la diversité de la gamme. En effet, des figures de
style particulières peuvent apparaître dans plusieurs cases, d'autres peuvent légitimement ne
pas être intégrées au tableau comme gnomisme ou maxime (néanmoins, nous les y avons fait
apparaître afin d'être le plus exhaustif possible) ; les articles sur chaque figure concernée
préciseront cet aspect.

Ce mode de classement repose en premier lieu sur la nature du signe linguistique sur lequel
opèrent les figures de style :

Nature du signe Tête de ligne


Correspondance
linguistique dans les tableaux

Graphème Lettres de l'alphabet, lettres étrangères, lettres inconnues Graphique

Accents, sons, syllabes, voyelles et consonnes, groupes


Phonème Phonique
vocaliques et consonantiques, pieds versifiés

Mots, groupes de mots, particules et conjonctions, codes Morpho-


Morphème
typographiques, ponctuation, étymologie syntaxique

Connotation, polysémie, lexique, vocable, antonymie,


Sème Sémantique
synonymie, champs sémantiques

Les tableaux permettent ensuite de croiser ces entrées avec la nature des transformations qui
constituent le propre de la figure de style et qui porte sur quatre phénomènes, eux-mêmes
catégorisés en deux types de processus au regard de l'élément sur lequel la figure intervient (à
savoir : s'il reste identique — ce qui ne concerne que la transformation par répétition — ou non
identique). Le tableau suivant présente la matrice de ceux qui suivent :

Addition,
Effacement, Déplacement, Remplacement,
Répétition adjonction
suppression réarrangement substitution
(identique) (non
(non identique) (non identique) (non identique)
identique)

Graphème

Phonème

Morphème

Sème

En se fondant sur la spécificité linguistique des figures de style, ce mode de classement permet
de prendre en compte n'importe quelle entrée. Il existe toutefois des figures appartenant à
plusieurs types de transformation (cas de synonymie ou de dénomination vague écartés).

Par ailleurs, chaque article concernant une figure propose un modèle permettant de rendre
compte des figures proches en évoquant les synonymes, les antonymes, les paronymes, la figure
mère (hiérarchiquement supérieure) et la figure fille (les variantes) :

Figure mère Figure fille

aucune aucune

Antonyme Paronyme Synonyme

aucun aucun aucun

Tous les articles ne proposent pas ce modèle, réservé aux figures majeures.

Figures de transformation identique

Dans cette rubrique, une seule opération grammaticale est possible : la répétition. Toute autre
opération, en effet, détruirait le sens et la nature du mot. Cette partie envisagera donc la
transformation identique sur les quatre objets grammaticaux et donnera, à chaque fois, de la
manière la plus exhaustive possible, l’ensemble des figures concernées.
Niveau Nom Description Exemple

Répétition consistant à « Ton bras est


[Graphique] la utiliser dans une même invaincu, mais non
figure dérivative phrase deux mots ayant la pas invincible »
même racine
— Corneille, Le Cid

« Quitté de mes
compagnes, je me
reposai au bord d'un
massif d'arbres : son
[Stylistique] Répétition obscurité, glacée de
d'une cadence sur lumière, formait la
plusieurs segments de pénombre où j'étais
Répétition phrase
assis. »

— Chateaubriand,
[Rythmique]
Mémoires d'Outre-
l'isocolie
tombe, 1re partie
Livre 8 Chapitre 4

« Quatre bœufs attelés,


d'un pas tranquille et
[Poétique] répétition de
lent,
mesures sur plusieurs vers,
Promenaient dans
généralement par des
Paris le monarque
tétramètres
indolent »

— Boileau, Le Lutrin

Répétition L’allitération Répétition sur plusieurs


phonique mots d'une sonorité « Pour qui sont ces
consonantique (harmonie serpents qui sifflent
imitative)
sur vos têtes ? »
— Racine,
Andromaque, acte V
scène 5

« Tout m’afflige et me
[Stylistique] répétition nuit, et conspire à me
d'une voyelle sur plusieurs nuire »
mots d'une même phrase
— Racine, Phèdre,
acte I scène 3

« Un soir de demi-


brume à Londres
Un voyou qui
L’assonance
ressemblait à
[Poétique] Rimes qui
Mon amour vint à ma
s’accouplent sur un groupe
rencontre
vocalique formé d’une
Et le regard qu’il me
voyelle tonique identique et
d'un phonème jeta
consonantique variable Me fit baisser les yeux
de honte »

— Guillaume
Apollinaire, La
Chanson du mal-aimé

Contre- [Poétique] rimes qui


assonance s'accouplent sur un groupe « Ni le soir calme, ni
vocalique formé d'un les palmes immobiles,
phonème consonantique Ni les astres montant
identique et d'une voyelle
comme de lentes
tonique variable
bulles,
Rien ne me distraira
de la source où se
mire
Son blanc visage au
vert de la fraîche
ramure. »

— Tristan Derème

« Si tu fais ce que je


désire,
Sire
[Poétique: vers-écho]
Nous t’édifierons un
répétition d’une rime sur le
L'écho tombeau
vers suivant qui est formé
d’un seul mot homophone Beau »

— Victor Hugo, Odes


et Ballades, La
chasse du Burgrave

L’homéotéleute
« Et les servantes de ta
[Stylistique] Répétition d'un mère, grandes filles
groupe phonique dans une luisantes »
même phrase
— Saint-John Perse,
Éloges

[Poétique] souvent à
l'hémistiche (rimes « J'aime le son du cor,
internes) le soir, au fond des
bois,
Soit qu'il chante les
pleurs de la biche aux
abois,
Ou l'adieu du chasseur
que l'écho faible
accueille,
Et que le vent du nord
porte de feuille en
feuille. »
— Vigny, Poèmes
antiques et
modernes, Le Cor, I

Catégorie d'interjection
émise pour simuler un bruit
particulier associé à un
« crac »
être, un animal ou un objet,
par l'imitation des sons
que ceux-ci produisent. Il
L’onomatopée ne s’agit pas à proprement « boum »
parler d’une figure
exceptée lorsqu’elle est
consciemment formée, au
« roucoulement »
contraire de l’onomatopée
héritée par la communauté
linguistique

« Même et marine
Marmara,
Tu tues un temps
Rapprochement excessif tendre à périr.
La paréchèse de syllabes identiques L'âme erre amène en
dans des mots successifs des désirs
Qui quitte enfin un art
à rats »

— Jean Lescure

[stylistique] répétition dans


« Le ticket chic, le
une phrase ou une formule
La prosonomasie ticket choc »
de deux groupes de mots à
la sonorité similaire
— Publicité

Répétition L’accumulation Énumération d'éléments


morpho- appartenant à une même « Je m’en vais vous
syntaxique catégorie et qui crée un mander la chose la
effet de profusion plus étonnante, la plus
surprenante, la plus
merveilleuse, la plus
miraculeuse, la plus
singulière, la plus
incroyable, la plus
extraordinaire, une
chose qui fait crier
miséricorde à tous, qui
soulage bien du
monde. »

— Madame de
Sévigné, Lettres
choisies, À Madame
de Grignan, le
vendredi 3e de juillet
1671

« Rome l'unique objet


de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton
bras d'immoler mon
amant !
Répétition au début de
Rome, qui t'a vu
plusieurs membres de
naître, et que ton cœur
l’anaphore phrase ou de plusieurs
vers, d'un mot ou d'un adore !
groupe de mots Rome, enfin, que je
hais parce qu'elle
t'honore ! »

— Pierre Corneille,
Horace, acte IV scène
5

L’annomination [Stylistique] synonyme de


paronomase (latin « Je m'instruis mieux
adnominatio, traduction du par fuite que par
grec paronomase)
suite »
— Montaigne

« O Roméo !
Tu te tais, mais si je
[chez H. Morier]: répétition criais son nom
d'un phonème à travers d'amour
plusieurs mots pour Comme on jette
suggérer un autre mot Dans l'eau muette,
essentiel à l'idée centrale Un caillou lourd... »

— Henri de Régnier,
Vestigia Flammae

« Le cœur a ses


Répétition, dans une même
raisons que la raison
phrase, d'un mot employé
L’antanaclase ne connaît pas »
chaque fois avec une
acception différente
— Blaise Pascal,
Pensées

« Comme le champ
semé en verdure
foisonne,
Désigne la disposition De verdure se hausse
dans un même texte de en tuyau verdissant,
La concaténation plusieurs anadiploses Du tuyau se hérisse en
successives, à la manière épi florissant,
des maillons d'une chaîne. D'épi jaunit en grain,
que le chaud
assaisonne : »

— Joachim du Bellay

La conglobation Répétition rhétorique


d'arguments semblables « Je l'ai brimé. Sa tête
qui vise à prouver une ne me revenait point.
argumentation ou à
justifier une idée qui n'est Et puis le bus était
exposée qu'à la fin du plein, et le temps
discours; proche de
maussade, et j'étais
l'accumulation
déprimé... »

« Voici venir les temps


où vibrant sur sa tige
Chaque fleur
s'évapore ainsi qu'un
encensoir;
Les sons et les
parfums tournent
dans l'air du soir;
Valse mélancolique et
langoureux vertige !
[Poétique] répétition d'un
groupe de mots ou plus
Chaque fleur
L'épanalepse souvent un vers à travers
s'évapore ainsi qu'un
une ou plusieurs strophes
(voir aussi Pantoum) encensoir;
Le violon frémit
comme un cœur qu'on
afflige;
Valse mélancolique et
langoureux vertige !
Le ciel est triste et
beau comme un grand
reposoir. »

— Baudelaire,
Harmonie du soir

L’épanaphore [Rhétorique] répétition


d'une même formule au « On tue un homme :
début de phrases ou de on est un assassin. On
segments de phrase
en tue des millions :
successifs, dans la même on est un conquérant.
structure syntaxique On les tue tous : on est
un Dieu. »

— Jean Rostand

« Le poumon ! »

— Molière, Le Malade
[Rhétorique et stylistique]
imaginaire
répétition d'une expression,
d'un groupe de mots, d'une
L'épanadiplose
réplique à travers un « Mais que diable
discours (insistance, allait-il faire dans cette
hantise, effet comique...) galère ? »

— Molière, Les
Fourberies de Scapin

Répétition de groupes de
mots qui semblent
fonctionner de manière « ... une maison dont la
autonome alors que la mémoire même ne
L’épanode poursuite du texte montre subsiste plus. Cette
que ces termes étaient en maison... »
réalité les annonces d'un
développement dont ils — Voltaire
constituent les éléments

L’épiphore [Poétique] répétition d'un


mot ou d'un vers en fin de « ... Sur mes cahiers
strophe d'écolier
Sur mon pupitre et les
arbres
Sur le sable sur la
neige
J'écris ton nom

Sur toutes pages lues


Sur toutes les pages
blanches
Pierre sang papier ou
cendre
J'écris ton nom... »

— Éluard, Liberté

« Ô triste, triste était


mon âme
Répétition contiguë d'un À cause, à cause d’une
L’épizeuxe même terme sans femme. »
coordination
— Paul Verlaine, « Ô
triste, triste était mon
âme »

« Que ton père a la


forme enfoncée dans
Figure proche de la matière ! que son
l'accumulation qui consiste intelligence est
L’expolition à répéter un même épaisse ! et qu'il fait
argument sous des formes sombre dans son
diverses
âme ! »

— Molière, Les
Précieuses ridicules

Assemblage de mots
différents venant
« Tournez cent tours,
La figura réellement ou
tournez mille tours »
etymologica apparemment d'une même
racine étymologique;
— Paul Verlaine
proche de la traductio

L’homéoptote Répétition de formes


morpho-syntaxiques sur la « À la cour, à la ville,
base d'un parallélisme mêmes passions,
grammatical des
mêmes faiblesses,
marqueurs
morphologiques ou mêmes petitesses,
morphèmes mêmes travers
d'esprit, mêmes
brouilleries dans les
familles et entre les
proches, mêmes
envies, mêmes
antipathies. »

— La Bruyère

Figure de style de
répétition qui consiste à
former un nombre égal ou
quasi égal de syllabes
dans une unité d'une « Veni, vidi, vici »
L’isocolon
période, généralement
parce que ces groupes de — Jules César
mots utilisent la même
structure syntaxique;
proche du parallélisme

« Oh! le long, long


Répétition d'un mot pour
La palilogie cou »
l'accentuer

— Molière

Répétition visant à « Qui se ressemble


La paronomase rapprocher des paronymes s'assemble »
au sein du même énoncé
— Proverbe

Répétition de plusieurs
termes de même racine, ou « Rome vous craindra
encore un même verbe plus que vous ne la
Le polyptote
sous différentes formes. craignez »
Le mot subit des variations
morpho-syntaxiques — Corneille, Horace
La thématisation Répétition, généralement
« Quant à toi, je
au début de phrase ou de
t'attends au tournant »
vers, d'un élément repris
ensuite (thème du propos)
afin de le mettre en relief

Répétition à l'intérieur du
même vers d'un mot ou
d'une série de mots mais
avec une variation
grammaticale (de temps,
« Tel est pris qui
de mode, etc.) ; proche
La traductio croyait prendre »
de la paronomase

Ou répétition de mots
(passif/actif)
ayant ou semblant avoir
une même racine
étymologique; proche de
la figura etymologica

Répétition Figure reposant sur une


sémantique hyperbole, souvent « Deux milliards
humoristique, aboutissant d'hommes en long et
L’adynaton à la description de faits moi, au-dessus d'eux,
inconcevables et seule vigie »
contredisant en particulier
les lois de la nature — Jean-Paul Sartre

« Nous vivons sous un


Expression d'une idée sans
prince ennemi de la
L’allusion l’articuler en avançant une
fraude »
autre idée à sa place

— Molière, Tartuffe

L’anadiplose Reprise d'un même mot en


fin de phrase et en début « Il est bête. Bête il
de phrase suivante; proche restera. »
de la concaténation.
L'épanadiplose et
l'anadiplose sont des
formes particulières
d'épanalepses

Répétition d'une
« Oui, mon frère, je
accusation envers soi,
suis un méchant, un
L'autocatégorème délibérée ou feinte, afin de
coupable »
susciter une dénégation de
l'interlocuteur
— Molière, Tartuffe

Reprise volontaire de
paroles que l'on vient « Je t'aime, que dis-
d'énoncer afin de les
L'autocorrection je... je suis fou de toi,
reformuler avec plus de
oui fou de toi »
justesse ou plus de force.
Voir épanorthose

« Une chevelure de
feu »
Répétition d'une image ou
d'une tournure usées par
un emploi fréquent et (pour rousse)
Le cliché
populaire et hautement
prévisible et souvent « un beau ténébreux »
littéraire ou artistique

(un jeune homme aux cheveux


bruns)

« La liberté, c'est le


bonheur, c'est la
raison, c'est l'égalité,
Amplification d'un énoncé.
c'est la justice, […],
L’hyperbole C'est la principale figure de
c'est votre sublime
l'exagération
Constitution »

— Camille
Desmoulins

La métaphore Suite de métaphores sur le


filée même thème. La première « Petit-Poucet rêveur,
métaphore en engendre j'égrenais dans ma
d'autres, construites à course
partir du même comparant,
Des rimes »
et développant un champ
lexical dans la suite du — Arthur Rimbaud
texte

Figure d'adjonction qui


« Avant qu'il
consiste à dire ce qu'on a
de plus intime en disparaisse, je le traitai
La parrhésie
cherchant ses mots; de cénobite, d'abscons,
proche de la licence et du d'haïku, d'idiolecte... »
"franc parler"

« Alors, tout
naïvement, sans y
entendre malice, dans
cette salle à manger de
presbytère, si candide
et si calme, avec son

Faute d’écriture par chemin de croix en


redondance, qui consiste à petits tableaux et ses
l’ajout d’un ou de plusieurs jolis rideaux clairs
détails inutiles qui empesés comme de
La périssologie n’apportent rien à la surplis, l'abbé me
compréhension d’une idée commença une
ni à l’expression de cette
historiette légèrement
idée, sinon pour l’alourdir;
sceptique et
proche du pléonasme
irrévérencieuse, à la
façon d'un conte
d'Erasme ou
d'Assoucy »

— Alphonse Daudet,
Lettres de mon
moulin

Le phébus Obscurcissement du
discours en répétant des « Allez grande âme
arguments identiques; digne hôte d'un si
proche du galimatias
riche palais : si d'une
matière aussi vile que
celle des animaux
vous en avez fait une
aussi pure que celles
des astres ; comme elle
est inaltérable par sa
vigueur, qu'elle soit
immortelle par vos
récompenses. »

— L'auteur anonyme
compare ici le corps
de Louis XIII à un
palais et se perd
dans sa description
ce qui aboutit à un
style trop sublime,
trop brillant, qui perd
parfois le lecteur.

« Il pleut »
Répétition d'une
expression banale et
Le poncif
conventionnelle; proche du
« Le risque zéro
lieu commun ou du cliché
n'existe pas. »

La redondance [Stylistique] répétition


monotone de la même idée « Douce laine du ciel,
en plusieurs formulations belle fleur des nuées
différentes au sein d'une Beau lis, qui de l'hiver
même phrase. Voir
méprise les gelées,
pléonasme
Neige... »
— Jean de Bussières,
Les Descriptions
poétiques

Lieu commun du vieux père de


Répétition d'un lieu famille avare comme chez Molière
Le topos (ou Lieu
commun ou d'un cliché ou de la scène de sérénade
commun)
admis par tous amoureuse en bas du balcon de
l'amante

Figures de transformation non identique

Ces figures mettent en œuvre un mécanisme linguistique, soit par addition d'éléments nouveaux,
soit par leur suppression, leur déplacement ou enfin leur substitution, qui modifie la phrase
canonique, sans effet particulier.

... par addition ou adjonction

Les figures créées après transformation par addition graphique sont souvent des phénomènes
phonétiques, propres à l’évolution de la langue ; leur statut de figures de style est contesté.
Niveau Nom Description Exemple

Ensemble de phrases
dont les premières
lettres sont rangées
« Ah que je t'aime, Bien que je ne te
L'acrostiche dans l'ordre
plaise pas, Comme je m'en veux... »
alphabétique, ou de
manière à former un
mot

addition interne d'un


phonème ou d'une
syllabe que
l'étymologie ne
Graphique justifie pas ou pour ex. épenthèse : « le parent le zenfant »
en faciliter (Jean Tardieu)
l'articulation (sens
L’épenthèse, ex. paragoge : addition d'un "s" à la fin
phonétique) ou
la paragoge et de "jusque" pour former "jusques" afin
obtenir un effet
la prosthèse de faciliter des liaisons.
particulier (sens
stylistique) ex. prosthèse : « étable, provenant du
latin stabula »
la paragoge est un
ajout à la fin du mot

et la prosthèse, au
début

Dissonance phonique
dans un texte ou un
groupe de mots due à
des liaisons difficiles à
prononcer, ou à une
succession rapide des
Phonique La cacophonie mêmes sons ou des « Où, ô Hugo, juchera-t-on ton nom? »
syllabes accentuées.
Elle peut être
intentionnelle et ainsi
devenir une figure de
style à fonction
expressive

Morpho- L’accumulation Suite de termes ou de


syntaxique syntagmes de « Français, Anglais,
signification ou de Lorrains, que la fureur
forme apparentée, voire rassemble »
de même sonorité
finale, en vue d’obtenir — Voltaire
un effet d'amplification;
synonyme: congerie

Répétition du dernier
mot d’une proposition
initiale dans la suivante
« - Et lui, que dit-il ?
afin de marquer la
L’anadiplose
liaison entre les deux; - Ce qu’il dit ? ... »
proche de la
concaténation et de
l'épanadiplose.

« Peut-on illuminer un
ciel bourbeux et noir ?

Répétition d'un même


Peut-on déchirer des
groupe de mots (ou
ténèbres
d'un même vers) au
début et à la fin d'un Plus denses que la poix,
paragraphe (ou d'une sans matin et sans soir
L'antépiphore
strophe) produisant un
effet de clôture; proche Sans astres, sans éclairs
de l'épiphore, de funèbres ?
l'épanadiplose et de
Peut-on illuminer un ciel
l'anaphore
bourbeux et noir ? »

— Charles Baudelaire, Les


Fleurs du mal, L’Irréparable

Gradation négative
opposée à une « C'était un esprit ingénieux et habile,
gradation positive, ou, perspicace et persévérant, rusé et
L'anticlimax par effet d'antithèse, tenace, enfin, pour tout dire, une
expression négative qui intelligence supérieure et une
suit une gradation conscience sans scrupules. »
positive
L’auxèse Accumulation de « C'est un roc ! . .. c'est un
termes ou pic ! . . . c'est un cap ! Que
d'expressions d'une
dis-je, c'est un cap ?. .. C'est
grande intensité ou
une péninsule ! »
hyperboliques, à
gradation positive
— Edmond Rostand,
Cyrano de Bergerac

Accumulation, les uns à


la suite des autres, de
« Ce jeune homme était beau,
plusieurs éléments de
L'énumération magnifique, grand, musclé et
même niveau
vigoureux »
syntaxique, coordonnés
ou non

Terme en début d'un


« Rome l'interdisant,
vers ou d'une phrase
L’épanadiplose qu'irait-il faire à Rome ? »
répété en fin du vers ou
de la phrase
— Corneille

« Il baise avec respect ce


funeste présent;
Il implore à genoux le bras
Sentence ou réflexion du Tout-puissant;
d'opinion générale
Et, plein du monstre
exprimée au cours d'un
affreux dont la fureur le
développement pour
L'épiphonème guide,
servir de conclusion ou
D'un air sanctifié s'apprête
d'illustration marquante
(procédé utilisé dans au parricide.
les fables) Combien le cœur de
l'homme est soumis à
l'erreur ! »

— Voltaire, La Henriade

L’épiphore [Stylistique] répétition


d'un mot ou d'un groupe « Dans ce réduit obscur
de mots à la fin de comme la nuit, le temps
plusieurs phrases ou de s’écoulait avec une lenteur
plusieurs segments de désespérante et on ne
phrase.
savait déjà plus si c'était le
jour dehors, ou la nuit. »

« Vous avez voulu une


république; si vous ne

[Rhétorique] pensée de vouliez point ce qui la


portée générale ajoutée constitue, elle ensevelirait
après un le peuple sous ses débris.
développement, mais Ce qui constitue une
inséparable de république, c'est la
l'argumentation. destruction totale de ce qui
lui est opposé. »

— Saint-Just
L'épiphrase

« Monde mort sans eau,


sans air... En voilà des
[Stylistique] expression effusions ! »
ajoutée à un propos ou
une phrase qu’on peut — Samuel Beckett
croire complets, afin
d'illustrer une idée
« Vos droits ont été
annexe, un sentiment
bafoués, laminés,
soudain qui en découle.
piétinés... Mais après tout,
cela me regarde-t-il ? »

L’épithétisme [Rhétorique]
accumulation de « C'est la vertu: je parle de
précisions descriptives la vertu publique qui
ou explicatives autour
opéra tant de prodiges
d'une idée centrale
dans la Grèce et dans
Rome, et qui doit en
produire de bien plus
étonnants dans la France
républicaine; de cette
vertu qui n'est autre chose
que l'amour de la Patrie et
de ses lois. »

— Robespierre

« L'aurore aux doigts de

[Poétique] qualification
rose »
accessoire répétée
— Homère
d'une chose par un
groupe de mots, une
proposition ou un « Sur les blancs
adjectif mais qui ajoute nénuphars, l'oiseau
un détail révélateur, une ployant ses ailes,
couleur, un ornement.
Buvait de son bec rose en
Ce procédé se
ce bassin charmant »
rencontre souvent dans
l'hypotypose
— Leconte de Lisle,
Poèmes barbares, La
fontaine aux lianes

« Vomit sa vieille nuit, crie:


Accumulation de mots A bas! crie: A mort!
brefs, dans un vers ou Pleure, tonne, tempête,
L'épitrochasme une phrase, qui produit éclate, hurle, mord. »
des effets rythmiques
particuliers — Victor Hugo, Les
Contemplations, Écrit en
1846 – Écrit en 1855

La gradation Accumulation de :: Voir aussi auxèse et tapinose


termes ou
d'expressions dont
l'intensité s'accentue
dans un sens positif ou
dans un sens négatif

« Va, cours, vole, et nous


[Gradation positive] venge »

— Pierre Corneille

« En éloquence un si grand


maître,
Qu'il rendrait disert un
badaud,
Un manant, un rustre, un
[Gradation négative] lourdaud;
Oui, messieurs, un
lourdaud, un animal, un
âne... »

— La Fontaine, Le
Charlatan

« Martial est fils de noble, puisque son


père est quasi-baron, étant donné que
Insertion de sa mère était une fille Angenaux, qui
l'hyperhypotaxe subordonnées en trop étaient reconnus comme maîtres des
grand nombre terres, et que sa belle-mère avait des
accointances avec les De Bellot, à qui
appartient le château... »

L’hypotaxe Consiste à enrichir une


phrase ou un propos « Il rajusta son col et son
par une succession de gilet de velours noir sur
propositions
lequel se croisait plusieurs
coordonnées par des
fois une de ces grosses
mots de liaison
chaînes d'or fabriquées à
Gênes ; puis, après avoir
jeté par un seul
mouvement sur son épaule
gauche son manteau
doublé de velours en le
drapant avec élégance, il
reprit sa promenade sans
se laisser distraire par les
œillades bourgeoises qu'il
recevait »

— Balzac, Gambara

Elusion d'au moins


deux autres mots Motel, (telescopage de motorist et hotel,
Le mot-valise existant dans la langue; repris tel quel en français... ou en
proche du néologisme franglais, autre mot-valise)
et de l'haplologie

« Relation présentation
Création et utilisation
d'un mot ou d'une fréquentation
expression qu'on vient guétarisation copulation
de former à partir copulation copulation
Le néologisme
d'éléments déjà copulation contraception !
existants dans la précipitation officialisation
langue elle-même;
union carla brunisation »
proche du mot-valise

— Gérald Dahan, Sarkoland

« Un dévot est celui qui,


sous un roi athée, serait
athée. »
Le
Association de deux
paradoxisme — Jean de La Bruyère
termes ou de deux
(chez
idées antithétiques
Fontanier) « Dans une longue
enfance, ils l'auraient fait
vieillir ! »

— Racine, Britannicus
La paraphrase [Rhétorique ou lyrisme
poétique] accumulation, « Du vrai, comme du faux,
au cours d'un la prompte messagère,
développement, d'idées Qui s'accroît dans sa
accessoires afin de course et, d'une aile légère,
renforcer une idée Plus prompte que le temps,
centrale, proche de la
vole au-delà des mers,
reformulation et de la
Passe d'un pôle à l'autre et
traduction
remplit l'univers;
Ce monstre composé
d'yeux, de bouches,
d'oreilles,
Qui célèbre des rois la
honte ou les merveilles,
Qui rassemble sous lui la
curiosité,
L'espoir, l'effroi, le doute et
la crédulité,
De sa brillante voix,
trompette de la gloire,
Du héros de la France
annonçait la victoire. »

— Voltaire, La Henriade

La parembole Inclusion dans une


phrase ou à un « il y a, sur tous les visages
ensemble de phrases attentifs, l'oblique arrivée
des parenthèses
des choses dites, par les
discursives dans
écouteurs où dix langues
lesquelles le sens de la
traduisent, et vers la fin de
phrase incidente a un
ce que je dis ce
rapport direct avec le
sujet de la phrase mouvement vers moi d'un
principale; proche de la petit peuple, on dirait
parenthèse et de d'enfants, qui m'assaille
l'hyperhypotaxe d'une sorte de chant de
cigales [..] »
— Aragon, La Mise à Mort

Consiste à désigner
quelque chose ou
quelqu'un sans dire son
nom; proche de « La reine des ombres » (mis pour la
La périphrase
l'épithète homérique, de lune),
l'antonomase, de
l'adynaton et du
kenning

Ajout d'une conjonction « Un soir, j'ai assis la


de coordination au
Beauté sur mes genoux. −
début de chacun des
Et je l'ai trouvée amère. −
La polysyndète membres de la ou des
Et je l'ai injuriée. »
phrase(s), le plus
souvent alors qu'elle n'y
— Arthur Rimbaud, Une
est pas nécessaire
saison en enfer

Figure de style qui


consiste à évoquer un
objet sans directement
le nommer, à l'aide
« Celui qui a créé en six jours le soleil
d'une expression
qui fait vivre sur terre toutes choses, le
La choisie qui l'évoque par
beau ciel d'azur et les étoiles qui luisent
pronomination une qualité ou un
au firmament... » Pour désigner Dieu,
attribut qui lui sont
créateur.
particuliers ou
intrinsèques, et le faire
reconnaître dans cette
caractéristique.

La suspension Consiste à mettre le


lecteur ou l'auditeur « Je m’en vais vous mander
dans l'attente la chose la plus étonnante,
impatiente de ce qu'on
la plus surprenante, la plus
a annoncé mais pas
merveilleuse, la plus
encore dit afin de le
miraculeuse, la plus
tenir en haleine ou pour
singulière, la plus
mettre en relief une
incroyable, la plus
idée ou une expression; extraordinaire, une chose
proche de la prétérition qui fait crier miséricorde à
tous, qui soulage bien du
monde [..] »

— Madame de Sévigné,
Lettres choisies, À
Madame de Grignan, le
vendredi 3e de juillet 1671

« Une amie est venue samedi (c'est le


Défaut qui consiste à
seul jour où on peut accueillir les gens -
rompre le déroulement
enfin, à condition qu'ils ne viennent pas
syntaxique par des
en trop grand nombre : depuis que nous
parenthèses
n'avons plus de meubles, c'est plus
Le synchise innombrables qui
possible, en plus, au prix où on les a
laissent en suspens les
vendus, c'était bien la peine - et qu'ils
constructions et
n'aient pas d'enfants (qu'est-ce que ça
finissent par rendre la
fait comme dégâts !)) mais nous
phrase inintelligible.
n'étions pas là. »

« On irait la-bas, on finirait

Accumulation de bien par lui voir la face


termes ou aux clartés d'incendie, on
d'expressions d'une le noierait sous le sang, ce
La tapinose
grande intensité ou pourceau immonde, cette
hyperboliques à idole monstrueuse, gorgée
gradation négative de chair humaine ! »

— Émile Zola, Germinal

Sémantique L'amphigouri Discours obscur et Le discours incompréhensible de


incompréhensible Sganarelle dans Le Médecin malgré lui
rendu possible par une de Molière
accumulation de détails
ou d'arguments; le
galimatias est une
variante. L'article
regroupe toutes les
figures désignant un
discours obscur à la
limite de la faute de
langage

Consiste en une
contradiction ou
« Mon Dieu, mon Dieu,
incompatibilité entre
délivrez-nous de toutes les
L’antilogie deux idées ou deux
religions »
opinions dans une
même phrase ou un
— Guy Bedos
même texte

Consiste à en rajouter
sur soi-même en se
dépréciant pour mieux
Le chleuasme « Suis-je donc bête ! »
se dédouaner, ou pour
recevoir des éloges;
figure ironique

Mise en relation d'un


objet, d'une
circonstance, d'un
« Le monothéisme judéo-
concept ou d'une
La chrétien est comme le
qualité (dit comparé)
comparaison stalinisme de l'Antiquité »
avec un autre élément
(dit comparant) au
— Cioran
moyen d'un terme
introduisant l'analogie

L’épanorthose [Rhétorique et Poétique]


affirmation suivie d'une « ...Puisque Thésée a vu les
ou de plusieurs sombres bords,
expressions En vain vous espérez
correctrices de
qu'un Dieu nous le
renforcement,
renvoie,
d'atténuation ou de
Et l'avare Achéron ne lâche
rétractation, afin de la
nuancer point sa proie
Que dis-je ? il n'est point
mort, puisqu'il respire en
vous. »
— Racine, Phèdre

L'hypotypose et
ses variantes: « De princes égorgés la
evidentia, chambre était remplie.
topographie,
Un poignard à la main
prosopographie,
l'implacable Athalie,
energeia,
Au carnage animait ses
ekphrasis et
barbares soldats,
diatypose
Et poursuivait le cours de
ses assassinats.
Joas laissé pour mort,
frappa soudain ma vue;
[Classique] peinture Je me figure encore sa
vive et énergique d'une nourrice éperdue,
scène de façon à la Qui devant les bourreaux
rendre la plus s'était jetée en vain,
pittoresque et la plus Et faible le tenait renversé
frappante possible
sur son sein.
Je le pris tout sanglant; en
baignant son visage,
Mes pleurs du sentiment
lui rendirent l'usage,
Et soit frayeur encore, ou
pour me caresser,
De ses bras innocents je
me sentis presser [...] »

— Racine, Athalie, (Acte I,


Scène 2)

[Moderne] description
fragmentaire où « Cette nuit je l'ai vue
seulement les notations arriver en ces lieux,
sensibles et les
Triste, levant au ciel ses
informations
yeux mouillés de larmes,
descriptives
Qui brillaient au travers
marquantes sont des flambeaux et des
restituées armes [...] »

— Racine, Britannicus

[Stylistique] réunion
dans un même
syntagme de deux mots
sémantiquement
opposés mais
appartenant à des « Cette obscure clarté qui
L’oxymore catégories tombe des étoiles... »
grammaticales
différentes aboutissant — Pierre Corneille, Le Cid
à une image
improbable, frappante,
proche du paradoxe et
de l'antithèse

[Rhétorique] exposition
« Bienheureux serez-vous
d'une idée qui apparaît
quand on vous
Le paradoxe d'abord contraire au
insultera... »
sens commun (voir
aussi paradoxisme)
— Saint Mathieu

« Vivre sa vie. »

Ajout d'un ou plusieurs


mots choisis qui ne « Que le courroux du ciel,
sont pas nécessaires allumé par mes vœux,
au sens grammatical de Fasse pleuvoir sur elle un
Le pléonasme
la phrase mais par déluge de feux !
lesquels l'expression Puissé-je de mes yeux y
d'une idée est, soit voir tomber la foudre ! »
renforcée, soit précisée
— Corneille, Horace

La régression, Reprise, dans le cours « Le trône en échafaud et l’échafaud en


ou réversion de la phrase, des mots trône » (Victor Hugo)
employés afin de les
placer dans un ordre
inverse

Redondance
sémantique qui
consiste à attribuer à
une chose une qualité
« Je l'avais heureusement prévenu
soit contenue dans la
d'avance. »
définition du mot, soit
La tautologie
assumée par la nature « Un quart d'heure avant sa mort, il était
de la chose. Ou toujours en vie. »
redondance logique qui
affirme une idée qui va
de soi pour tout le
monde

« Si j'étais pas là, vous


seriez vous[2] ? »

— Noyart, Gamekult
Expression évidente et
Le truisme ou
n'apportant aucune
lapalissade « Hélas, La Palice est mort,
information
Est mort devant Pavie ;
Hélas, s’il n’était pas mort,
Il serait encore en vie »

(La Palice)

... par effacement ou suppression

Ces figures de style consistent en la suppression d'éléments linguistiques dans une phrase,
aboutissant à une construction particulière enrichie d'effets stylistiques supplémentaires qui
proviennent du retranchement, soit de graphèmes, soit de phonèmes, soit de groupes morpho-
syntaxiques, soit enfin de sèmes, à la phrase canonique
Niveau Nom Description Exemple

suppression (amuïssement) de
phonème ou de syllabes « Photo » (pour
l’apocope
(vocaliques ou consonantiques) « photographie »)
Graphique en fin de mot

le livre La Disparition de
consiste à ne pas utiliser
le lipogramme Georges Perec n'utilise pas la
sciemment une lettre donnée
lettre e

modification phonétique
impliquant la perte d'un ou
plusieurs phonèmes au début d'un
l’aphérèse « Ricain » (pour un américain)
mot. L'aphérèse est un
métaplasme s'opposant à
l'apocope
Phonique
amuïssement de la voyelle finale
« l’arbre » (à la place de « le
l’élision d’un mot devant un autre mot à
arbre »)
initiale vocalique

« Monsieur » (qui vient de


disparition d'un ou plusieurs
la syncope l’ancien français:
phonèmes au sein d'un même mot
« Monseigneur »)

Morpho-
syntaxique « La pluie, le vent,
le trèfle, les
feuilles sont
devenus des
suppression des liens logiques et
éléments de ma
l’asyndète des conjonctions dans une phrase;
vie. Des membres
proche de l’accumulation
réels de mon
corps »

— A.Hébert, Le
Torrent

l’ellipse [Rhétorique] consiste à omettre un « Pierre mange des cerises,


ou plusieurs éléments en principe Paul des fraises » (ellipse du
nécessaires à la compréhension verbe manger)
du texte, pour produire un effet de
raccourci. [Stylistique] ellipse
temporelle ou diégétique: omission
d'un moment de l'action pour
l'accélérer ou pour dissimuler une
information

« Vomit sa vieille
nuit, crie: à bas!
crie: à mort! /
consiste en la succession de mots Pleure, tonne,
l’épitrochasme
brefs, dans un vers ou une phrase tempête, éclate,
hurle, mord »

(Victor Hugo, Les


Contemplations)

« Les bonnes
fondent sur moi; je
juxtaposition des phrases, sans
leur échappe ; je
mot de liaison explicitant le
cours me
la parataxe rapport syntaxique de
barricader dans la
subordination ou de coordination
qui les unit; contraire de l'hypotaxe
cave de la
maison »

— Chateaubriand

syllepse grammaticale:
« Un bon nombre
effacement des règles morpho-
syntaxiques d’accord fondée sur d'étudiants
la syllepse
l’accord des mots selon un sens vinrent porter
préféré et non selon la stricte plainte. »
grammaire

le zeugma ou
[syntaxique] ellipse fait de ne pas
zeugme
répéter un élément commun dans « L'un poussait des
une phrase présentant deux soupirs, les autres
membres parallèles (souvent d'un des cris perçants »
nombre différent).
[stylistique] un seul verbe prend en
charge deux compléments qui « Vêtu de probité
appartiennent à des registres candide et de lin
sémantiques différents (souvent blanc. »
un sens abstrait et un sens
concret); voir aussi anacoluthe et — Victor Hugo,
syllepse. Booz endormi

Sémantique
« On ne poussa
jamais plus loin la
[littéraire] mot ou expression qui
foi promise.
fait appel par analogie à une chose
Voilà des
connue : un événement, un
sentiments digne
personnage, un ouvrage, etc. pour
illustrer le discours. (voir aussi d'une Artémise. »
antonomase)
— Regnard, Le
l’allusion
Légataire
universel

Voltaire quand il écrit poeshie


en parlant des essais
[stylistique] emploi d'un mot ou
poétiques du futur Frédéric II
expression qui est à double-
auquel il enseigna le français,
entente, un sens normal et un sens
fait un rappel moqueur de son
caché
orthographe approximative.
Voir aussi syllepse

ambiguïté grammaticale et « J'ai tué un


l’amphibologie
syntaxique qui donne lieu à éléphant en
ou double
diverses interprétations d'une pyjama »
sens
même phrase

(Groucho Marx)

l’antiphrase ou emploi, dans une situation (sur une maladresse) :


la contre vérité caractérisée, des mots contraires
à sa pensée pour mieux l'exprimer. « Je vois que tu es
Cette figure qui sous-tend l'ironie bien réveillé ce
est proche de la litote, de matin ! »
l'antithèse et de l'euphémisme
(feindre la désinvolture) :

« Ensuite la
mousqueterie ôta
du meilleur des
mondes neuf à dix
mille coquins qui
en infectaient la
surface »

(Voltaire)

« Si les péchés


faisaient souffrir
formule brève qui résume quand on les fait,
l’aphorisme
l'essentiel d'une pensée nous serions tous
des saints »

(Marcel Pagnol)

« Tout est dit, et


l'on vient trop tard
parole mémorable ayant valeur de depuis plus de
l’apophtegme
maxime sept mille ans qu'il
y a des hommes »

— La Bruyère

l’aposiopèse consiste à interrompre une phrase


ou un vers sans achever sa pensée « Tu vas ouïr le
comble des
horreurs
J'aime... À ce nom
fatal, je tremble, je
frissonne
J'aime... »
— Jean Racine,
Phèdre, acte I,
scène 3

emploi d'une expression elliptique,


ou plus courte qu'une autre « Je crois être dans
la brachylogie
aboutissant à un discours bref, le vrai »
variante de l'ellipse (rhétorique)

atténuation ou adoucissement « Il est parti » (pour « Il est


l’euphémisme
d'une idée déplaisante mort »)

figure d’effacement (d’une


démonstration logique
notamment) sous forme de
sentence, de proverbes ou de « L'habit ne fait
le gnomisme
maximes, généralement pour pas le moine »
exprimer une vérité morale, une
leçon, une règle de vie, un conseil;
proche de l’enthymème

« Son crâne était ouvert


consiste en un jeu de mots,
comme un bois qui se fend »
le souvent un calembour ou
pour "Son crâne était tout vert"
kakemphaton apparenté, réalisé
(Victor Hugo, Souvenir de la
involontairement
nuit du 4)

consistant en une courte histoire


qui utilise les événements la parabole christique du
la parabole quotidiens pour illustrer une semeur dans le Nouveau
morale ou une doctrine, proche de Testament
l'allégorie et de la maxime

« Nous
n'essaierons pas
parler de quelque chose après
de donner une
la prétérition avoir annoncé que l'on ne va pas
idée de ce nez
en parler
tétraèdre. »

— Victor Hugo
... par déplacement ou réarrangement

Ces figures consistent à créer un effet stylistique notable en déplaçant ou réarrangeant la phrase
canonique, soit par la manipulation des graphèmes, des phonèmes, des groupes morpho-
syntaxiques, des sèmes enfin qui la composent.
Niveau Nom Description Exemple

rapprochement de deux « S'il se pouvait un


mots qui ne diffèrent que chœur de violes
Graphique l'antimétathèse par l'ordre de succession de voilées »
quelques lettres, variante de
l'antimétabole — Louis Aragon, Les
Yeux d'Elsa

« Ésope reste ici et se


Texte ou mot dont l'ordre
repose »
des symboles (lettres,
chiffres, etc.) reste le même
Graphique le palindrome
qu'on le lise de gauche à
droite ou de droite à « 20/02/2002 »
gauche.

Morpho-
syntaxique « Le nez de Cléopâtre,
Replacement en début de
s'il eût été plus court,
phrase de mots éloignés de
l’anastrophe toute la face de la terre
leur place habituelle afin de
aurait changé. »
mieux retenir l'attention.

— Blaise Pascal

« Hélas! / Écoute-moi /
réarrangement d'un même
Je me meurs / Un
vers, qui est morcelé en
moment / Va, laisse-moi
l’antilabe plusieurs répliques sous
mourir / Quatre mots
forme de phrases
indépendantes
seulement ... »

— Pierre Corneille

l'antimétabole chiasme qui consiste à


reprendre les mots d'une « Il faut manger pour
phrase dans une autre mais vivre et non vivre pour
en en modifiant l'ordre de
manger »
présentation, proche de
— Molière
l'anadiplose et de
l'épanadiplose

inversion syntaxique de la « La neige fait au nord


seconde de deux ce qu'au sud fait le
le chiasme
propositions normalement sable. »
symétriques
— Victor Hugo

l’énallage changement brusque de


temps, de mode, de nombre « - Hermione
ou de genre, afin de Seigneur, dans cet aveu
dramatiser une situation.
dépouillé d'artifice,
J'aime à voir que du
moins vous vous rendiez
justice,...
- Pyrrhus
...Je suivais mon devoir,
et vous cédiez au vôtre.
Rien ne vous engageait à
m'aimer en effet.
- Hermione
Je ne t'ai point aimé,
cruel ? Qu'ai-je donc
fait ?
J'ai dédaigné pour toi
les vœux de tous nos
princes,... »

— Jean Racine,
(Andromaque)

« La journée avait été


pluvieuse et les
hommes qui ne
dormaient plus,
attendaient l'ordre de
combattre. Soudain, des
coups de feu se font
entendre et un clairon
résonne. Il fallut partir
en toute hâte. »

remplacement de la « Penché sur l'onde et


l’hendiadyn subordination entre deux sur l'immensité »
mots par une coordination
— Victor Hugo

Échange de points de vue


« Comme passe le verre
ou d'images entre deux
l’hypallage au travers du soleil. »
idées. Voir aussi
Catachrèse
— Valéry

« Tout ceci est à moi, et


prolongation de la phrase,
les domaines qui
l’hyperbate par l'ajout d'un élément qui
palpitent là-dessous. »
se trouve ainsi déplacé.

— Jules Supervielle

l'hypozeuxe [stylistique] maintien, par


des mots associés, du « Chez lui, le vers
parallélisme entre les embrasse l'idée, s'y
termes d'une énumération
incorpore étroitement,
pour l'équilibre ou la
la resserre et la
cadence de la phrase
développe tout à la fois,
lui prête une figure plus
svelte, plus stricte, plus
complète, et nous la
donne en quelque sorte
en élixir »
— Victor Hugo, Préface
de Cromwell

[Poétique] inversion de
l’ordre habituel des mots « Quoi ! du sang de mon
sans nuire à la frère il n'a point eu
l’inversion
compréhension d'horreur ? »
(commodité de versification
ou mise en valeur de mots) — Racine, Britannicus

succession de deux
segments de phrase qui ont
la même construction « Dieu est l'auteur de la
syntaxique en un rapport de pièce; Satan est le
le parallélisme
symétrie et de répétition, directeur du théâtre »
proche de l'anaphore et du
chiasme. L'hypozeuxe en — Victor Hugo
est une variante

variante de l'hyperbate qui


consiste en la division d'un « puis donc que vous le
la tmèse mot composé, dont les
voulez lors même qu’il
(rhétorique) parties se retrouvent
aurait parlé ainsi. »
séparées par un ou
plusieurs mots

Sémantique
consiste à raconter après- « Quand, il vit cet
coup un événement,
l’analepse endroit, il se rappela il
procédé inverse de la
y a dix ans… »
prolepse

« Le mérite de ce livre


passionnant est
figure de réarrangement
consistant à s'appuyer sur d'accepter de ne pas
l’antiparastase
un argument faible pour le dévoiler toutes les
retourner en sa faveur énigmes de ce peintre si
mystérieux. »

l’antithèse rapprochement rapide de


deux idées dont le sens est « Tout lui plaît et
opposé ou logiquement déplaît, tout le choque
éloigné, proche de et l'oblige.
l'oxymore et du parallélisme
Sans raison il est gai,
sans raison il s'afflige »

— Boileau, (Satires)

« Le laboureur des


monts qui vit sous la
ramée
Est rentré chez lui,
grave et calme, avec
son chien;
Il a baisé sa femme au
front et dit: C'est bien.
Il a lavé sa trompe et
son arc aux fontaines
Et les os des héros
blanchissent dans les
plaines. »

— Victor Hugo,
(Aymerillot)

l'apostrophe
« Le destin accable mon
jeune client... - Ah!
[rhétorique] aparté au milieu
d'un discours pour L'Innocent qui a pu
interpeller un objet ou une échapper à la peine,
personne symbolique qu'il connaît bien les
affres de l'accusation ! »

[Poétique] adresse lyrique à


un objet ou à un « O lac ! rochers muets !
personnage mythique pour grottes ! forêt obscure !
rendre une description plus Vous que le temps
sensible épargne ou qu'il peut
rajeunir... »

— Alphonse de
Lamartine,
Méditations poétiques

consiste à corriger une


la épanorthose affirmation jugée trop faible « Votre prudence ou
(ou en y ajoutant une plutôt votre lâcheté
rétroaction) expression plus frappante nous ont perdu »
et énergique.

[Stylistique] figure de style


« Il a perdu sa langue. »
qui consiste à prendre la
cause pour la conséquence. « Nous avouerons que notre héros
était fort peu héros en ce moment. »
la métalepse [Narrative] Intrusion ou
implication du narrateur
— Stendhal, La Chartreuse de
extérieur dans son propre
Parme.
discours.

la prolepse
[syntaxe] expression
anticipée, dans le COD de la « Désormais la route est
principale, du sujet de la certaine;
subordonnée comme dans Le soleil voilé
« Regarde cette auto, reparaît... »
comme elle est belle »
— Théophile Gautier,
[stylistique] emploi d'un
Émaux et Camées (Le
terme (souvent un adjectif),
soleil qui avait jusque-
qui représente par
là été voilé)
concision un état antérieur
ou postérieur au moment
de l'énoncé « Résolu d'accomplir ce
cruel sacrifice,
[rhétorique] réfutation
J'y voulus préparer la
anticipée d'une objection
triste Bérénice. »
possible.
[narratologie] la prolepse - — Racine, Bérénice
ou anticipation- est une (elle ne sera triste
figure de style par laquelle qu'après l'annonce de
sont mentionnés des faits leur séparation)
qui se produiront bien plus
tard « Cet hiver 1657 était
notre première
« mauvaise saison » et il
ne fut pas des plus
cléments. [...] Début
avril, les jours
commencèrent à
rallonger
sensiblement. »

— Michel Piquemal, Le
Pionnier du Nouveau
Monde

... par remplacement ou substitution

Ces figures créent un effet stylistique en remplaçant ou substituant des éléments canoniques
par d'autres, plus riches ou construits de manière plus frappante.
Niveau Nom Description Exemple

Changement de l'ordre des


lettres d'un ou plusieurs mots
graphique l'anagramme de manière à produire « Nacre, rance, ancre »
d'autres mots qui ont un sens
différent

Phonique

Morpho-
syntaxique « Le nez de Cléopâtre,
s'il eût été plus court,
toute la face de la
terre aurait été
changée. »
construction inhabituelle ou
l’anacoluthe rupture de la cohérence
— Blaise Pascal
syntaxique

« Une fois par terre,


les tilburys vont vous
passer sur le corps. »

— Stendhal

substitution de la structure « Les uns, dirait-on,


syntaxique du premier ne songent jamais à la
membre d'une phrase réponse silencieuse
l’anantapodoton alternative (en « ou bien… ou de leur lecteur »
bien »), par une formule
synthétique, souvent — Paul Valéry
exclamative
(sous-entendant que les autres le
font)

l’astéisme figure d'ironie consistant en


une louange ou une flatterie « Savez-vous bien
adroite faisant semblant de que, pour cette œuvre
blâmer ou de se plaindre de
seule, on vous aurait
quelqu'un
chassé de la
république de
Platon ? »

accord entre le verbe et le


sujet non par les règles de « L'ensemble des
la constructio
grammaire mais par le sens;
ad sensum enfants crièrent »
autre nom de la syllepse
grammaticale

repose sur l'utilisation de


plusieurs mots, employés
l'hendiatris « Veni vidi vici »
pour exprimer une idée ou
une image.

Faute de syntaxe
(construction incorrecte) « Hier, j'ai retourné
le solécisme permettant d'aboutir à un
où nous étions été. »
langage populaire proche du
barbarisme

utilisation dans une même « Je percerai le cœur


la syllepse de phrase d'un mot à la fois que je n'ai pu
sens dans son sens propre et son toucher »
sens figuré
— Pierre Corneille

synonymes d'amphigouri.
la verbigération Flux de paroles inutiles
Les personnages de La Cantatrice
(ou logorrhée n'apportant aucune nouvelle
chauve d'Eugène Ionesco
ou verbiage) information, proche du
phébus et du galimatias

Sémantique l’allégorie transformation d'une idée


abstraite en une image, une « Je vis cette
scène (image filée), une faucheuse. Elle était
description concrète
dans son champ. Elle
allait à grands pas
moissonnant et
fauchant, Noir
squelette laissant
passer le crépuscule.
Dans l'ombre où l'on
dirait que tout
tremble et recule,
L'homme suivait des
yeux les lueurs de la
faux »

— Victor Hugo, Les


Contemplations,
Mors

Emploi d'un nom propre à la Un tartuffe pour un homme


place d'un nom commun ou religieux mais hypocrite.
L'antonomase
inversement; variante de la Un gargantua pour un gros
métonymie mangeur.

Transformation ou
transposition d'une
abstraction en un objet
« l'homme
La chosification
concret, visant à appréhender ressemblait à une
ou réification
un concept, comme une pierre »
chose concrète, variante de
l'allégorie

« D'avoir mis deux


ans mon intelligence
en friche, grâce aux
forme d'ironie qui consiste en supercheries de la
l'allongement de l’expression Perfection, je n'étais
La
visant à masquer son que plus apte à tout
circonlocution
embarras ou à dissimuler apprendre (je
une idée
dévorais) et à tout
comprendre »

— Marcel
Jouhandeau

La digression Introduction de propos Le roman de Denis Diderot:


étranger au sujet général d'un Jacques le Fataliste utilise
discours, d'un débat, d'un abondamment la digression.
écrit

Le portrait moral d'Alcis dans Les


Description des mœurs d'un
Caractères de Jean de La Bruyère,
l'éthopée personnage, variante de
chapitre De la société et de la
l'hypotypose
conversation, 7

« Rien n'était si beau,


Consiste à dire le contraire
si leste, si brillant, si
de ce qu'on veut entendre
L'ironie bien ordonné que les
dans le but de railler, non de
deux armées. »
tromper

— Voltaire, Candide

« Vous ne l'avez donc


pas déchiré par dépit,
Ou par mépris de
ceux qui vous
l'avaient écrit ? »
Déguiser sa pensée de façon
La litote à la faire deviner dans toute
sa force
« Monsieur, je n'ai
pour eux ni mépris ni
colère. »

— Jean Racine, Les


Plaideurs

Consiste à utiliser un mot à « Le lac, divin


la place d'un autre, sur la miroir »
La métaphore
base de la ressemblance ou
de l'opposition — Victor Hugo,
Tristesse D'Olympio

La métalepse Substitution métonymique


consistant à identifier la « Il a perdu sa
cause pour la conséquence; il langue »
s'agit d'un type de
métonymie (pour « sa parole »)

La métonymie Consiste à prendre la partie « Elle vit sous mon


(ou pour le tout, proche de la toit »
synecdoque) métaphore

(le toit désigne la maison)

Consiste à faire d'un être « Avec quelle rigueur,


La inanimé ou d'une abstraction Destin, tu me
personnification un personnage réel proche poursuis! »
de l'allégorie (rhétorique)
— Jean Racine

Description animée et
comme vivante d'un
La les portraits de types chez La
personnage ou d'un groupe
prosopographie Bruyère dans Les Caractères
de personnages, variante de
l'hypotypose

consiste à donner la parole à « Je suis belle, ô


un absent, à une personne, à mortels, comme un
la prosopopée un animal ou à un être rêve de pierre »
inanimé qui est personnifié,
variante de l'hypotypose — Charles
Baudelaire

fausse question destinée à « Cela est-il juste ?


la question
garder la parole ou à
rhétorique Non ! »
émouvoir

la Description rapide et peu


schématisation détaillé d'une scène ou d'un « Des gens arrivaient
objet; antonyme de hors d'haleine ; des
l'hypotypose. barriques, des câbles,
des corbeilles de linge
gênaient la
circulation ; les
matelots ne
répondaient à
personne ; on se
heurtait »

— Gustave Flaubert,
L'Éducation
sentimentale

« Écoutez à présent la
utilisation d'un personnage voix de la Justice ! Si
imaginaire, historique ou elle était devant vous,
la
abstrait pour évoquer ses
sermocination elle vous dirait :
assertions; variante de la
« Jugez en votre âme
prosopopée
et conscience... »

énoncé narratif ou descriptif


polysémique, susceptible
d'une double interprétation
sur le plan de la réalité et sur
le plan des idées; lien indirect « Les lauriers »
le symbole
qui unit une image et une
idée ou un concept reposant (la gloire, par lien métaphorique)
sur une métonymie ou une
métaphore et à l'origine de
l'allégorie

Notes et références

Notes

Définitions lexicographiques et étymologiques de « Trope » du Trésor de la langue française


informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales

Références
1. DITL: tableau de classement.

2. Dois-je acheter la PSP ? : topic sur le site Gamekult

Annexes

Articles connexes
Figure de style

Trope

Analogie

Stylistique

Rhétorique

Sémiotique

Linguistique

Grammaire

Licence poétique

Bibliographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Patrick Bacry, Les Figures de style et autres procédés stylistiques, Paris, Belin, coll. « Sujets »,
1992, 335 p. (ISBN 2-7011-1393-8). 
Henri Suhamy, Les Figures de style, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-
je ? » (no 1889), 2004 (ISBN 2-13-044604-3). 
Van Gorp, Dirk Delabastita, Georges Legros, Rainier Grutman, et alii, Dictionnaire des termes
littéraires, Hendrik, Honoré Champion, 2005, 533 p. (ISBN 978-2745313256). 
Bernard Dupriez, Gradus, les procédés littéraires, Paris, 10, coll. « Domaine français », 2003,
540 p. (ISBN 2264037091). 
Catherine Fromilhague, Les Figures de style, Paris, Armand Colin, coll. « 128 Lettres », 2007
(ISBN 978-2-2003-5236-3). 
Jean-Jacques Robrieux, Les Figures de style et de rhétorique, Paris, Dunod, coll. « Les topos »,
2004, 128 p. (ISBN 2-10-003560-6). 
Georges Molinié, La Stylistique, Presses universitaires de France, coll. « Premier cycle », 1993
(ISBN 2-13-045834-3). 
Groupe µ, Rhétorique générale, Larousse, coll. « Points Essais no 146 », 1970, 256 p.
(ISBN 2020063212). 
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Dernière modification il y a 3 jours par Dadin