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com/2017/10/07/un-rapport-estime-que-labsence-
de-culture-militaire-chez-les-hauts-fonctionnaires-est-une-anomalie/

Pour son onzième rapport depuis sa création, le Haut Comité


d’évaluation de la condition militaire (HCECM) s’est penché sur la « la
place, la perception et l’attractivité de la fonction militaire dans la
société française » et proposé une série de mesures afin de renforcer
encore cette dernière ainsi que « le respect des citoyens et la
considération de la Nation. »

Mais avant de livrer ses orientations, le HCEM a d’abord, comme il se


doit, établit un constat, en particulier au sujet du lien « armée-
nation ».

En premier lieu, la fin de la conscription au bénéfice d’une armée


professionnelle n’a pas donné lieu à une repli de la communauté
militaire sur elle-même, contrairement à ce que certains observateurs
pouvaient craindre avec la baisse des effectifs liée à la
professionnalisation (et aussi aux contraintes budgétaires imposées
aux armées) et l’apparition de déserts militaires.

En effet, comme le souligne le rapport du HCEM, la « fonction militaire


bénéficie d’une bonne assise dans la population française », avec une
bonne image dans l’opinion publique « en progression constante
depuis 35 ans » pour atteindre des niveaux élevés (plus de 80%), ce
qui « place la France au premier rang avec la Grande-Bretagne parmi
les grands pays européen. »
Mieux encore, avec une physionomie de la communauté militaire
« remodelée », avec des personnels issus de la « diversité et de toutes
les catégories socio-professionnelles », les forces armées sont à
l’image de la Nation et ce fait constitue un atout de la fonction
militaire », souligne le document.

Aussi, pour le HCECM, après la fin de la conscription, la « tradition


militaire a été conservée » et « l’action de nos forces armées est
apparue, à bien des égards, exemplaire. » Pour autant, tout n’est pas
parfait et il reste des « insuffisances » qui « qui doivent être comblées
pour mieux ancrer la fonction militaire dans la société et dans l’État. »

Au-delà de « l’esprit de défense », qui concerne l’ensemble des


citoyens français (du moins en théorie), le HCECM estime que des
mesures doivent ête prises dans plusieurs domaines pour renforcer
davantage le lien armée-Nation et « l’efficacité de la politique de
défense ».

L’un de ces domaines concerne la recherche de défense. Si la création,


en 2010, de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire
(IRSEM) aura été une avancée notable, il n’en reste pas moins que ce
dernier « souffre d’un manque de reconnaissance
institutionnelle et académique » et que, en conséquence, son action
doit être « renforcée et valorisée ». Au passage, le HCECM estime qu’il
faut revoir les modalités de l’expression des militaires sur les
questions de stratégie et de défense (toujours, bien entendu, dans le
respect de leur obligations statutaires) car « la recherche de défense
ne pourrait qu’y gagner. »
Par ailleurs, le rapport souligne que l’Institut des hautes études de
défense nationale (IHEDN) reste « irremplaçable » pour diffuser et
entretenir l’esprit de défense parmi les « élites de la Nation », même si,
estime-t-il, ses réseaux d’auditeurs gagneraient à être « plus actifs ».

Cependant, d’autres initiatives ont été prises, comme la mise en place


de partenariats entre les grandes écoles militaires avec de « grandes
écoles privées désireuses d’offrir à leurs élèves des formations liées à
la défense. » Pour le HCECM, c’est un signe « prometteur d’une prise
de conscience collective ». Seulement, d’autres établissements de
premier ordre pourraient s’en inspirer.

Si la question ne se pose pas (ou plus) pour l’École polytchnique, qui a


gardé son statut militaire et conservé la période de formation militaire
initiale de ses élèves ingénieurs, il n’en va pas de même pour d’autres
établissement prestigieux…

« On s’étonnera, en revanche, que les futurs cadres supérieurs et


dirigeants de l’État recrutés par l’École nationale d’administration
(ENA) et l’École nationale supérieure de la police (ENSP) n’aient,
depuis la suspension du service national et sauf exception, plus
aucune expérience militaire », lit-on dans le rapport.

« Alors que la conception globale de la défense et de la sécurité


nationale forme depuis le Livre blanc de 2008 le marqueur majeur de
notre politique en ces domaines, alors que les futurs hauts
fonctionnaires de l’État et les futurs hauts responsables de la police
nationale en seront demain parmi les principaux acteurs, une telle
lacune est plus qu’un paradoxe : c’est une anomalie », insiste le
HCECM.
Cela étant, l’instauration d’un nouveau service national d’une durée
d’un mois pourrait éventuellement remédier à cette situation. Sauf
que, pour le HCECM, ce serait nettement insuffisant. « Il paraît plus
que souhaitable d’instaurer dans le cursus de l’ENA et de l’ENSP une
obligation militaire d’une durée significative, incluant une période de
formation en qualité d’élève-officier suivi d’une période de service
effectif dans une unité militaire. »