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Sumérien

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Sumérien
EME.ĜIR
Attesté à la fin du IVe millénaire av. J.-C. ;
Période
extinction possible vers le XXIe siècle av. J.-C. ;
utilisé comme langue classique
jusqu'au Ier siècle1

Extinction
XXe siècle av. J.-C.

Pays
Sumer, Empire d'Akkad

Région
Mésopotamie (Irak actuel)

Typologie
SOV, agglutinante, à fracture d'actance

Classification par famille

 -hors classification (isolat)


o -sumérien2
Codes de langue

ISO 639-2 sux


ISO 639-3 sux [archive]
Étendue
individuelle
Type
ancienne
IETF sux

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Le sumérien (en sumérien « 𒅴𒅴 » ; translittération : EME.ĜIR15) est une langue morte qui était
autrefois parlée dans l'Antiquitéen Basse Mésopotamie. C'était
la langue de Sumer aux IVe et IIIe millénaires av. J.-C., puis elle a progressivement laissé la
place à l'akkadien et est tombée dans l'oubli jusqu'au XIXe siècle apr. J.-C. même si la plupart
des habitants de l'époque étaient décrits comme bilingues sumérien-akkadien3. Le sumérien
est, avec le hatti et l'élamite, une des langues du Proche-Orient ancien que les linguistes ne
parviennent pas à rattacher à une famille de langues connue : il est considéré comme un isolat
linguistique2,4,5.
Le sumérien semble être la plus ancienne langue écrite connue, sous une forme d'écriture
appelée le cunéiforme. Cette écriture a été plus tard reprise pour l'akkadien, l'ougaritique,
l'amorrite et l'élamite, ainsi que par les rois égyptiens qui voulaient communiquer avec leurs
provinces du Proche-Orient et les rois mésopotamiens. L'écriture cunéiforme a aussi servi à
transcrire certaines langues indo-européennes, comme le hittite (qui avait en parallèle une
écriture hiéroglyphique) et le vieux-persan, bien que dans ces cas les instruments
de gravure aient été différents, éloignant les signes de leur graphie originelle3. La reprise du
système graphique s'est accompagnée d'adaptations : les signes, s'ils sont les mêmes en
sumérien et en akkadien, ou encore en vieux-persan, n'ont cependant pas la même valeur
sémantique.
L'akkadien a progressivement remplacé le sumérien comme langue parlée autour
du XXe siècle av. J.-C., mais le sumérien a continué à être utilisé comme langue sacrée,
cérémonielle, littéraire et scientifique en Mésopotamie jusqu'au Ier siècle av. J.-C.1,6.

Sommaire

 1Variétés
o 1.1Évolution de la langue
o 1.2Sociolectes
 2Aperçu grammatical
 3Classification
 4Historiographie
 5Système d'écriture
o 5.1Développement
o 5.2Transcription
 6Langue orientale isolée
 7Coexistence sumérien-akkadien
 8Périodes et développement
 9Redécouverte
 10Relations avec d'autres langues
 11Prédécesseurs et voisins du sumérien
 12Phonologie
o 12.1Consonnes
o 12.2Voyelles
 13Morphologie
o 13.1Nom
o 13.2Le pluriel
o 13.3L'ergatif
o 13.4Les cas
o 13.5Les pronoms
o 13.6Phrase nominale
o 13.7Structure de la phrase nominale par rapport à d'autres langues
o 13.8Pronoms personnels indépendants
o 13.9Verbe
 13.9.1Préfixes modaux
 14Caractéristiques
 15Exemple de texte
 16Voir aussi
 17Annexes
o 17.1Notes
o 17.2Références
 18Bibliographie
o 18.1Civilisation sumérienne
o 18.2Introductions au sumérien et à son histoire
o 18.3Grammaires du sumérien
o 18.4Articles connexes
o 18.5Liens externes

Variétés[modifier | modifier le code]


Évolution de la langue[modifier | modifier le code]

Hymne à Iddin-Dagan, roi de Larsa. Argile inscrite en sumérien, v. 1950 av. J.-C.

L'évolution de la langue sumérienne peut se diviser en plusieurs périodes :

 le sumérien archaïque - XXXIe siècle au XXVIIe siècle ;


 le vieux sumérien ou sumérien classique - XXVIe siècle au XXIIIe siècle ;
 le néo-sumérien - XXIIIe siècle au XXIe siècle ;
 le sumérien tardif - XXe siècle au XVIIIe siècle ;
 le post-sumérien - après 1700 av. J.-C.
Le sumérien archaïque est la première période de la langue (période de Djemdet Nasr),
période qui s'étend du XXXIe au XXXe siècle av. J.-C. avant notre ère. Elle succède à la période
prélittéraire, qui s'étend à peu près du XXXVe au XXXe siècle av. J.-C.
Certains mots, notamment des hydronymes, des anthroponymes et des noms de métier,
pourraient avoir été empruntés à une autre langue ancienne de Mésopotamie, le proto-
euphratéen, dont l'origine est inconnue.
Certaines versions de la chronologie peuvent omettre la phase sumérienne tardive et
considérer tous les textes écrits après le IIe millénaire av. J.-C. comme post-sumériens7. Le
terme « post-sumérien » désigne l'époque où la langue était déjà éteinte et seulement
préservée par les Babyloniens et les Assyriens comme langue liturgique et classique (à des
fins religieuses, artistiques et scientifiques). L'extinction a été datée approximativement de la
fin de la Troisième dynastie d'Ur, quoique le dernier État sumérien en Mésopotamie l'utilisât
encore jusque vers 2000 av. J.-C. Toutefois, cette date est très approximative, car de
nombreux chercheurs ont soutenu l'idée selon laquelle le sumérien était déjà mort ou mourant
dès le XXIe siècle, c'est-à-dire au début de la période d'Ur III8,9 tandis que d'autres pensent que
le sumérien a persisté comme une langue parlée dans une petite partie de la Mésopotamie du
Sud (Nippur et ses environs) jusqu'au plus tard au XVIIe siècle8. Quel que soit le statut du
sumérien parlé entre 2000 et 1700 av. J.-C., c'est à cette période qu'une quantité
particulièrement importante de textes littéraires et des listes lexicales bilingues sumérien-
akkadien ont été composés et ont survécu, en particulier grâce à l'école des scribes de Nippur.
Sociolectes[modifier | modifier le code]
Deux variétés (ou sociolectes) du sumérien sont connues. La variété usuelle est appelée Ême-
ĝirNote 1. L'autre variété est appelée Ême-sal, littéralement « langue fine » ou « voix aiguë »10,
bien que souvent traduite par « la langue des femmes ». L'Ême-sal est utilisé exclusivement
par des personnages féminins dans certains textes littéraires. Il domine également dans
certains types de chansons rituelles. Ses caractéristiques particulières sont pour la
plupart phonologiques (par exemple /m/ remplace souvent /g/), mais également lexicales (par
exemple « dame » se dit ga-ša-an plutôt que nin en Ême-ḡir).

Aperçu grammatical[modifier | modifier le code]


Le sumérien est une langue agglutinante2, cela signifie que les mots sont constitués d'une
chaîne d'affixes ou des morphèmes plus ou moins séparables.
Le sumérien est une langue semi-ergative. Il se comporte comme une langue
accusative aux 1re et 2e personne du présent et du futur, ou pour les formes de temps
inachevées mais utilise l'ergatif dans la plupart des autres formes de l'indicatif. En sumérien, le
cas de l'ergatif est marqué par le suffixe -e. Voici un exemple de l'emploi de l'ergatif : lugal-
e e2 mu-un-de3 « le roi a construit la maison » ; lugal ba-gen « le roi est allé » (le sujet transitif
s'exprime différemment par rapport au sujet intransitif car il faut le suffixe -e). Exemple de
l'emploi du nominatif et de l'accusatif : i3-du-un « Je vais » ; e2ib2-ud3-un « Je construis la
maison ». L'absolutif ne comprend pas de suffixe.
Le sumérien distingue les genres grammaticaux (personnel et impersonnel), mais il n'a pas de
pronoms spécifiques pour distinguer les genres masculin ou féminin. Le genre personnel est
employé pour désigner non seulement les humains mais aussi les dieux et, dans certains cas,
pour le mot « statue ». Le sumérien a également été réputé avoir deux temps (passé et
présent-futur), mais ceux-ci sont actuellement décrits comme aspects perfectifs ou
imperfectifs. Il existe un grand nombre de cas grammaticaux : l'absolutif (-O), l'ergatif (-e),
le génitif (- (a) k), le datif et ablatif (-r (a) pour les noms personnels, -e pour les noms
impersonnels), le locatif, le comitatif (-da), l'équatif (-gin), le directif/adverbial (-s (e)), l'ablatif (-
ta, seulement avec des noms impersonnels). La désignation et le nombre de cas varient dans
la littérature scientifique11.
Une autre caractéristique du sumérien est le grand nombre d'homophones (mots ayant la
même structure sonore, mais des significations différentes). Les différents homophones (ou,
plus précisément, les différents signes cunéiformes qui les dénotent) sont marqués avec des
numéros différents par convention, « 2 » et « 3 », souvent remplacés respectivement par un
accent aigu et un accent grave. Par exemple : du = « aller » ; du3 = dù = « construire »11.

Classification[modifier | modifier le code]


Cône historique d'Urukagina (ou Uru-ka-gina) relatant les réformes de ce prince contre les abus des
jours anciens, vers 2350 av. J.-C., conservé au musée du Louvre.

Comme dit précédemment, le sumérien est une langue isolée. Depuis son déchiffrement, de
nombreuses tentatives ont été faites pour tenter de le relier à différentes langues et prétendre
qu'il appartient à une famille de langues spécifique, sans doute en raison de son statut de plus
ancienne langue connue12.
Plusieurs problèmes linguistiques apparaissent pour relier le sumérien aux familles de langues
connues. Tout d'abord, la quantité de temps écoulé entre la première forme connue de
sumérien logographique et la plus ancienne forme reconstructible de la langue est trop grande
pour faire des comparaisons fiables. Un autre problème difficile à surmonter est que les
changements phonétiques et sémantiques de vocabulaire qui peuvent se produire sur de
longues périodes de temps peuvent rendre une langue méconnaissable par rapport à sa
langue d'origine11.
Quelques exemples de familles linguistiques proposées sont :

 langues kartvéliennes13 ;
 langues hourro-urartéennes13 ;
 langues munda13 ;
 langues dravidiennes13 ;
 influence aréale de langues indo-européennes14 ;
 langues ouraliennes15 ;
 langues nostratiques16 ;
 langues dené-caucasiennes17 ;
 langues tibéto-birmanes18.

Historiographie[modifier | modifier le code]


En 1838, Henry Rawlinson, en s'appuyant sur le travail de 1802 de Georg Friedrich Grotefend,
a réussi à déchiffrer une section en vieux perse sur les inscriptions Behistún, en utilisant sa
connaissance du persan moderne. Quand il a eu accès au reste du texte en 1843, lui et
d'autres spécialistes ont pu progressivement traduire les tablettes élamites et akkadiennes, en
utilisant les 37 signes qu'il avait déchiffrés du vieux perse. À la même époque, de nombreux
textes en cunéiforme ont été mis au jour lors de fouilles archéologiques, principalement en
langue akkadienne, qui a été déchiffrée avec peine.

Époque séleucide (fin du Iermillénaire av. J.-C.), copie d'un original plus ancien Warka, ancienne Uruk,
Basse Mésopotamie. Table de valeurs réciproques. Division de l'unité par une série de nombres compris
entre 1 et 3. Les babyloniens conservèrent le système sexagésimal sumérien pour les textes
scientifiques. Il nous est resté de ce mode de calcul la division du cercle en 360°, la mesure des angles
en degrés et celle du temps en heures de 60 minutes. Pour les opérations comptables de la vie
courante, on utilisait le système décimal. À l'époque séleucide, on introduisit le 0 [zéro], une innovation
s'inspirant d'un procédé babylonien isolé.

En 1855 Rawlinson a annoncé la découverte d'inscriptions non sémitiques sur les sites
babyloniens au sud de Nippur, Larsa, Uruk. En 1850, cependant, Edward Hincks a soulevé
l'hypothèse d'une origine non sémitique pour l'écriture cunéiforme. Les langues sémitiques
sont structurées à partir des formes consonantiques. Par ailleurs, aucun mot sémitique ne
pourrait être trouvé pour expliquer les valeurs syllabiques données à des signes
particuliers19. Jules Oppert a suggéré qu'une langue non sémitique avait précédé l'akkadien
en Mésopotamie, et que les locuteurs de cette langue avaient développé l'écriture cunéiforme.
En 1856, Hincks a fait valoir que la langue traduite était agglutinante. La langue a été appelée
« scythique » par certains, et, « akkadien » (terme pouvant engendrer une confusion) par
d'autres. En 1869, Oppert a proposé le nom de « sumérien », basé sur le titre de « roi
de Sumer et d'Akkad », si Akkad a représenté la partie sémitique du royaume, Sumer pourrait
alors représenter la partie non sémitique20.
Ernest de Sarzec a commencé l'excavation du site sumérien de Tello (Girsu antique et capitale
de l'État de Lagash) en 1877, et a publié la première partie des Découvertes
chaldéennes avec les transcriptions des tablettes sumériennes de 1884. L'Université de
Pennsylvanie a commencé l'excavation sumérienne de Nippur en 188821.
François Thureau Dangin, travaillant au Louvre à Paris, a également apporté d'importantes
contributions pour déchiffrer le sumérien avec les publications de 1898 à 1938, comme en
1905 avec Les inscriptions de Sumer et d'Akkad. Charles Fossey au Collège de
France à Paris était un autre chercheur à la production abondante et fiable. Ses contributions
au dictionnaire sumérien-assyrien22 s'avèrent novatrices23.
En 1944, un sumérologue plus prudent, Samuel Noah Kramer, a présenté un résumé détaillé
et lisible du déchiffrement sumérien dans son ouvrage Mythologie sumérienne24.
Friedrich Delitzsch a publié un dictionnaire de la grammaire sumérienne25,26. L'élève de
Delitzsch, Arno Poebel, a publié une grammaire avec le même titre, Grundzüge der
sumerischen Grammatik, en 1923, et pendant 50 ans elle fut la norme pour les étudiants en
sumérien. La grammaire de Poebel a finalement été remplacée en 1984 par la publication
de La langue sumérienne, introduction à son histoire et sa structure grammaticale, par Marie-
Louise Thomsen.

Système d'écriture[modifier | modifier le code]


Développement[modifier | modifier le code]

Lettre envoyée par le grand-prêtre Lu'enna au roi de Lagash (peut-être Urukagina), l'informant de la mort
de son fils au combat, env. 2400 av. J.-C., trouvée dans Tello (ancienne Girsu)

La langue sumérienne est la langue écrite la plus ancienne connue. La période « proto-
alphabétisée » de l'écriture sumérienne s'étend de XXXIVe siècle au XXXIe siècle. Durant cette
période, les données sont logographiques (c'est-à-dire exprimés sous la forme de
logogrammes). Le plus ancien document de cette période est la tablette de Kish.
Depuis environ 2600 av. J.-C., les symboles logographiques du sumérien ont été généralisés à
l'aide d'un stylet en forme de clou pour remplacer les anciennes formes tracées sur argile
humide. Anton Deimel (de) (1922) énumère 870 signes utilisés au cours de la période
dynastique Ur IIIa au XXVIe siècle Dans la même période, l'ensemble de signes logographiques
ont été simplifiés par un script logosyllabique comprenant plusieurs centaines de signes. On a
énuméré 468 signes différents utilisés en sumérien pré-sargonique à Lagash27. La période dite
pré-sargonique datant du XXVIe siècle au XXIVe siècle est l'étape « classique » de la langue.
L'écriture cunéiforme est adaptée à l'écriture akkadienne depuis le IIIe millénaire av. J.-C. Notre
connaissance du sumérien est basée sur les glossaires de l'akkadien. Au cours de la
« renaissance sumérienne » (Ur III) au XXIe siècle, le sumérien connaît un déclin jusqu'à sa
disparition aux alentours de 2004 av. J.-C. lors de la chute d'Ur III. Durant les deux premiers
siècles du IIe millénaire av. J.-C., le sumérien est assurément devenu une langue morte. Il l'est
peut-être dès la période de la troisième dynastie d'Ur, mais cela est controversé. Il apparaît en
tout cas que durant les XXe siècle av. J.-C. et XIXe siècle av. J.-C. le sumérien est traité comme
une langue étrangère par les scribes mésopotamiens, car il est devenu une langue liturgique
de prestige, et non plus une langue usuelle28.
Transcription[modifier | modifier le code]
La transcription du sumérien, sous la forme du cunéiforme, est le processus par lequel
un épigraphiste fait un dessin au trait pour montrer des signes d'inscription sur une tablette
d'argile ou en pierre sous une forme graphique adaptée pour la publication moderne. Mais tous
les épigraphistes ne sont pas fiables, et avant qu'un savant publie un traitement important d'un
texte, les spécialistes vont prendre des dispositions pour comparer la transcription publiée à la
tablette réelle, pour voir si des signes, notamment cassés ou endommagés, devraient être
représentés différemment.
En revanche, la translittération est le processus par lequel un sumérologue décide de la façon
de représenter les signes du cunéiforme en caractères latins, toujours dans cette même
langue. Selon le contexte, un signe cunéiforme peut être lu comme l'un des
nombreux logogrammes possibles, dont chacun correspond à un mot de la langue
sumérienne, comme une syllabe phonétique (V, VC, CV ou encore CVC), ou comme un
déterminant. Certains logogrammes sumériens ont été écrits avec de multiples signes en
cunéiformes.

Langue orientale isolée[modifier | modifier le code]


Depuis environ 3500 av. J.-C., les Sumériens ont joué un rôle crucial dans le sud de
la Mésopotamie, devenant une civilisation évoluée, en particulier grâce au développement
d'une écriture utilisable dans le cadre de l'économie et de l'administration vers 3350 av. J.-
C. (découverte à Uruk dans le niveau archéologique IVb). C'est le plus ancien développement
de l'écriture, datant de la même période que les plus anciens hiéroglyphes égyptiens.

Détail du temple d'Adab (Sumer)

Autour de 3200 av. J.-C., on commença à graver dans de plus grands blocs d'argile des motifs
qui étaient jusqu'alors inscrits sur des compteurs d'argile, et à leur adjoindre des caractères
supplémentaires. C'est au départ de cette forme archaïque que se développa en quelques
siècles jusqu'à sa pleine maturité l'écriture mésopotamienne cunéiforme, ainsi nommée
d'après la forme de ses traits résultant de la pression d'un stylet anguleux dans l'argile molle.
Cette écriture a été conservée sur des tablettes d'argile et d'autres supports tels que statues et
bâtiments qui ont été découverts lors de fouilles archéologiques en Mésopotamie. Cette
écriture fut adaptée par les Akkadiens, les Babyloniens, les Assyriens, etc. pour leurs langues
respectives.
L'écriture est née des besoins d'administration. Cette langue est composée de différents
signes en forme de clous ou de coins ; ce qui lui vaut son nom d'écriture cunéiforme. Pendant
près de 3 000 ans, elle est taillée dans de l'argile et cette technique dura jusqu'aux chutes des
empires mésopotamiens. La première forme de l'écriture au début de son apparition n'est pas
comme plus tard composée d'un alphabet, mais est à ce stade composée de près de
2 000 signes représentant chacun un mot (logogramme) ou une idée (idéogramme)29.
À l'origine, l'écriture cunéiforme sumérienne s'est développée comme
écriture idéographique ou logographique. Chaque signe correspondait à un mot et sa
signification était initialement reconnaissable. En quelques siècles, s'est développée
complémentairement une représentation syllabique basée sur le principe du rébus. À de
nombreux signes ont été associées une ou plusieurs syllabes phonétiques, généralement de
type V, CV, VC ou CVC (où V représente une voyelle et C une consonne). Le cunéiforme
sumérien s'est ainsi développé comme système logographique-phonologique.
Illustrons, par l'exemple d'une courte inscription sur briques de Gudea (gouverneur de la cité-
État de Lagash vers 2130 av. J.-C.), les principes de la translittération de l'écriture cunéiforme
et de sa décomposition par l'analyse grammaticale.

Écriture
cunéiforme

Translittération diĝir inanna nin-kur-kur-ra nin-a-ni

dInanna
Analyse nin+kur+kur+ak nin+ani+[ra]

divinitéInanna maîtresse/souveraine-pays-pays- maîtresse/souveraine-son/sa-


Glossaire
(génitif) (datif)

Écriture
cunéiforme

Translittération gu3-de2-a PA.TE.SI ŠIR.BUR.LA ki

Analyse Gudea ensi2 Lagashki

Glossaire Gudea gouverneur Lagashlocalité

Écriture cunéiforme

Translittération ur-diĝir-ĝa2-tum3-du10-ke4

Analyse ur+dĜatumdu+ak+e

Glossaire héros(?)-divinitéĜatumdu-(génitif)-(ergatif)
Écriture cunéiforme

Translittération e2-ĝir2-su.ki.ka-ni mu-na-du3

Analyse e2+Ĝirsuki+ak+ani mu+na+n+du3

Glossaire temple-Ĝirsulocalité-(génitif)-son/sa il a construit

Remarques :

 « Diĝir » et « ki » sont des déterminatifs, non prononcés. Par convention, ils sont écrits en
exposants dans l'analyse.
 « PA.TE.SI » et « ŠIR.BUR.LA » sont des logogrammes composésNote 2. Par convention, on
écrit en capitales la prononciation des composants d'un tel logogramme composé.
Traduction : « Pour Inanna, souveraine de tous les pays et sa maîtresse, Gudea, gouverneur
de Lagash et héros de Ĝatumdu, a construit son temple de Girsu. »
L'écriture sumérienne et les questions de transcription et translittération ne sont pas discutées
plus avant dans cet article : il est fait référence à l'article cunéiforme.

Coexistence sumérien-akkadien[modifier | modifier le code]


Au IIIe millénaire av. J.-C. le sumérien a joué le rôle de la langue principale dans le Sud de
la Mésopotamie : il fut seulement interrompu à l'époque de la période royale d'Akkad (env.
2350-2150 av. J.-C.). Depuis 2000 av. J.-C., pour les autres déjà à l'époque d'Ur III, le
sumérien perd lentement son sens, l'élément ethnique du sumérien est très progressif et
repose sur la croissance de la population sémitique, liée à la poursuite de l'immigration. Autour
du XVIIIe siècle au plus tard, on situe la fin du sumérien comme langue parlée. Mis à part son
utilisation comme langue du culte, de la science, de la littérature et des inscriptions royales
officielles, le sumérien conserva une utilisation de longue durée. Les derniers textes sumériens
datent de la phase finale de la période cunéiforme (environ 100 av. J.-C.).

Périodes et développement[modifier | modifier le code]


Contrat archaïque sumérien concernant la vente d'un champ et d'une maison. Shuruppak, musée du
Louvre.

Voici la chronologie de la langue sumérienne dans les périodes suivantes :

1. période archaïque (vers 3100-2600 av. J.-C.) : de cette période jaillissent des textes
presque exclusivement économiques et administratifs, les découvertes proviennent
principalement d'Uruk (stades III et IV) et Shuruppak
2. le vieux sumérien (vers 2600-2150 av. J.-C.) : on retrouve des textes essentiellement
économiques et administratifs, principalement localisés à Lagash ; les textes de cette
époque donnent déjà une indication de la grammaire sumérienne, d'après le temps de
l'empire akkadien (2350-2200 av. J.-C.), qui est accompagné par une forte baisse de
la matière sumérienne, il s'agit de la renaissance sumérienne.
3. période néo-sumérienne (2150-2000 av. J.-C.) : un certain nombre de documents
juridiques ont été découverts. D'une importance particulière sont les vases, et les
cylindres traditionnels de Gudea (vers 2130 av. J.-C.) ; une analyse grammaticale de
base du sumérien est possible.
4. le sumérien tardif (2000-1700 av. J.-C.) : le sumérien est encore utilisé comme langue
parlée dans certaines régions du sud de la Mésopotamie (Nippur…), mais la langue
est toujours écrite pour les textes juridiques, administratifs et les inscriptions royales
(souvent bilingues sumérien-akkadien). De nombreuses œuvres littéraires qui ont été
transmises oralement depuis des temps anciens, trouvent maintenant leur première
écriture en sumérien, y compris la version sumérienne de certaines parties de la
célèbre épopée de Gilgamesh.
5. le post sumérien (1700-100 av. J.-C.) : le sumérien n'est plus utilisé comme langue
parlée et la langue écrite est largement remplacée par l'akkadien (babylonien au Sud
et l'assyrien dans le Nord de la Mésopotamie), mais l'importance de la langue est
tellement durable que même au VIIe siècle, le roi assyrien Assurbanipal excelle à lire
des textes en sumérien ; la ville d'Eridu y apparaît comme « Γερηδων »
en Koinè moderne.

Redécouverte[modifier | modifier le code]


Jules Oppert

Avec le temps, toute connaissance de la langue sumérienne et de l'écriture cunéiforme fut


perdue. Contrairement aux Assyriens, Babyloniens et Égyptiens, dont l’œuvre est largement
documentée dans les écrits historiques de l'antiquité classique, ceux-ci ne contiennent aucun
indice révélant l'existence des Sumériens. À l'occasion du déchiffrement de l'écriture
cunéiforme depuis le début du XIXe siècle, trois langues sont d'abord découvertes :

 l'akkadien (dans sa forme babylonienne), langue sémitique ;


 le vieux-perse, langue indo-européenne ;
 l'élamite, langue isolée du sud-ouest de l'actuel Iran.
Ce n'est que plus tard qu'une quatrième langue a été identifiée parmi les textes babyloniens.
En 1869, Jules Oppert fut le premier à la nommer « sumérien », d'après le mot
akkadien šumeru. Les Sumériens désignaient leur langue sous le vocable « eme-gi(r) », ce qui
signifiait probablement « langue locale », et appelaient leur pays « kengir ». L'existence et la
dénomination de cette langue furent controversés pendant un certain temps. François
Thureau-Dangin les prouva indubitablement vingt ans plus tard, à la suite de la découverte de
textes bilingues à Ninive et de nombreux textes à Lagash par les archéologues Ernest de
Sarzec et Léon Heuzey. François Thureau-Dangin rendit finalement la langue sumérienne
accessible à la recherche scientifique dans son ouvrage Inscriptions de Sumer et d'Akkad en
190530.

Relations avec d'autres langues[modifier | modifier le code]


L'établissement de liens de parenté entre le sumérien et d'autres langues ou familles de
langues a fait l'objet de nombreuses tentatives dans le cadre desquelles ont été prises en
considération les langues dravidiennes, caucasiennes, altaïques et ouraliennes, le basque,
le tibétain et le vieux-perse, les langues austroasiatiques ou encore les langues bantoues.

Prédécesseurs et voisins du sumérien[modifier | modifier le code]


On ne peut pas démontrer aujourd'hui avec certitude si les Sumériens (qui étaient considérés
comme indigènes) ont immigré en Mésopotamie au IVe millénaire av. J.-C. La langue de cette
période est appelée « proto-sumérien ».
Les Sumériens avaient déjà été mentionnés par les Akkadiens qui connurent des effets
réciproques des deux langues. Il s'agit par exemple de l'ordre des mots des phrases, de la
phonétique ou du système des cas : environ 7 % du vocabulaire akkadien est emprunté au
sumérien. Le sumérien a aussi emprunté du vocabulaire à l'akkadien dans les périodes
ultérieures de l'ordre de 3 à 4 %11.

Phonologie[modifier | modifier le code]


Les quatre voyelles a, e, i, u / + les 16 consonnes sont :
Translittération b d g p t k z s š ḫ r r̂ l m n ĝ
Langue d'origine bʰ dʰ gʰ pʰ tʰ kʰ ʦ s ʃ x r (?) l m n ŋ
De nombreux scientifiques supposent l'existence du phonème / h /. Sa prononciation exacte
est également peu claire11.
Consonnes[modifier | modifier le code]
Le sumérien est supposé avoir au moins les consonnes suivantes :

Consonnes sumériennes

Bilabiale Alvéolaire Post-alvéolaire Vélaire

Nasale m n ŋ (g̃)

Occlusive p b t d k g

Fricative sz ʃ (š) x (ḫ)

Battue ɾ (r̂)

Latérale l

Liquide
Rhotique r

 Une distribution de six consonnes occlusives peut avoir existé dans la langue, et elles
sont31 :
1. p (consonne occlusive bilabiale sourde),
2. t (consonne occlusive alvéolaire sourde),
3. k (consonne occlusive vélaire sourde),
4. b (consonne occlusive bilabiale voisée),
5. d (consonne occlusive alvéolaire voisée),
6. g (consonne occlusive vélaire voisée).
En règle générale, /p/, /t/ et /k/ n'ont pas pu être utilisés en fin de mot31.

 Une simple distribution de trois consonnes nasales32 :


1. m (Consonne nasale bilabiale voisée),
2. n (Consonne nasale alvéolaire voisée),
3. g (Consonne nasale vélaire voisée)
 Un ensemble de trois sifflantes33 :
1. s (peut-être une fricative alvéolaire non voisée),
2. z (peut-être une consonne fricative alvéolaire voisée),
3. s (peut-être une fricative).
L'hypothèse de l'existence de diverses autres consonnes a été émise sur la base des
alternances graphiques et des prêts, mais aucun n'a trouvé une large acceptation. Par
exemple, Diakonoff énumère en évidence deux sons l-, deux sons r-, deux sons h-, et deux
sons g- ; et suppose une différence phonétique entre les consonnes qui sont abandonnées en
fin de mot (comme le g dans zag > za3). D'autres phonèmes consonantiques ont été proposés
comme semi-voyelles tels que /j/ et /p/34, et une fricative glottale /h/35.
Très souvent, une consonne en fin de mot n'est pas exprimée par écrit, et peut être omise
dans la prononciation, elle refait surface seulement quand elle est suivie par une voyelle : par
exemple le /k/ du génitif -ak n'apparaît pas dans e2lugal-la « la maison du roi », mais devient
évident dans e2lugal-la-kam « (il) est la maison du roi »31.
Voyelles[modifier | modifier le code]
Les 4 voyelles de l'écriture cunéiforme sont /a/, /e/, /i/ et /u/. L'hypothèse de l'existence du
phonème /o/ a été émise, justifiée par la translittération akkadienne qui ne la distingue pas du
phonème /u/. Cependant, cette hypothèse est contestée32.
Il existe des preuves d'une harmonie vocalique matérialisées par la hauteur ou l'ATR dans le
préfixe i3/e-, cas retrouvés dans des inscriptions de Lagash de l'ère présargonique (cela a
poussé des chercheurs à postuler non seulement un phonème /o/ qui est supposé avoir existé,
mais aussi le phonème /ɛ/ et, plus récemment, le /ɔ/36).
Les syllabes peuvent répondre à n'importe laquelle des structures suivantes : V, CV, VC ou
CVC. S'il a existé des structures syllabiques plus complexes, les enregistrements cunéiformes
ne permettent pas de les détecter.

Morphologie[modifier | modifier le code]


Nom[modifier | modifier le code]
Le nom sumérien est composé typiquement d'une ou de deux syllabes, rarement plus sauf
dans les mots composés.
Carte de Sumer

Exemple :
igi = œil, e = temple, nin = femme, dame.
Beaucoup de mots bisyllabiques sont décomposables :
Exemple :
lugal = roi (lu = homme, gal = grand).
En fin de mot, une particule s'ajoute afin de préciser le rôle du mot dans la phrase ainsi que
diverses modalités. D'autres particules comme les possessifs se greffent aussi en fin de mot.
Exemple :
lugal.ani = son roi (ani étant la marque de la 3e personne).
Deux mots peuvent se suivre afin de fabriquer un génitif, surtout dans le cas de noms propres.
Exemple :
ur.Namma = homme de Namma (ur = homme, Namma = dieu local).
Sinon, usuellement, on utilise le marqueur .k pour le génitif.
Exemple :

 nin.ani.r = pour sa dame (femme.possessif_3e_personne.pour)


 nin.ani.k = de sa dame (k = génitif)
 e.r = pour (le) temple (temple.pour)
 e.k = du temple (k = génitif)
 e.0 = le temple (0 = marque du vide, absolutif)
Il y a deux genres grammaticaux, généralement appelés humain et non-humain (le premier
comprend les dieux et le mot « statue » dans certains cas, mais pas les plantes ni les animaux
non humains, le dernier comprend également plusieurs noms collectifs). Les adjectifs suivent
le nom (lugal.mah = « grand roi »). En général, l'ordre des phrases serait : nom - adjectif -
chiffre - phrase génitive - proposition relative - marqueur de possession - marque du pluriel et
marqueur de cas.
Exemple :
 diĝir gal-gal-gu-ne-ra = pour tous mes grands dieux37.

Cas Humaine Non-humaine

Genitif -ak

Ergatif -e

Absolutif -Ø

Datif -ra —

Directif — -e

Locatif -a

Locatif 2 — -ne

Terminatif -še

Adverbiatif -eš

Ablatif -ta

Comitatif -da

Equatif -gen

Le pluriel[modifier | modifier le code]


Le sumérien a deux nombres, le singulier et le pluriel. Le pluriel n'est marqué que dans les
noms ou groupes verbaux dont le sujet est du genre personnel, la marque du pluriel est
facultative et est marquée par le suffixe « ene ». Si le pluriel est un nombre défini (exemple :
« lugal-umun »), le suffixe n'est pas nécessaire, le nom sera au pluriel par défaut. Le pluriel
peut toutefois être marqué par une répétition du mot dans le cas des genres impersonnels,
avec une probabilité que cela désigne une généralité (« du-du » : tous les mots).
Exemples de formation du pluriel
Sumérien Français
diĝir-ene Les dieux
lugal-ene Les rois
lugal-umun Sept rois
bad Le mur (sg), les murs (pl)
du-du Les mots, tous les mots
kur-kur Les montagnes, les pays étrangers
šu-šu Les mains
a-gal-gal Les grands
udu-hi-a Plusieurs moutons
L'ergatif[modifier | modifier le code]
Le sumérien est une langue ergative. Il a donc différents cas de figure pour l'agent (sous
réserve) d'un passage transitif et pour le sujet d'un passage intransitif. Le premier cas est
l'ergatif et le deuxième cas est l'absolutif, on l'utilise en plus des verbes transitifs :

 ergatif pour les verbes transitifs ;


 absolutif pour le sujet de verbes transitifs et intransitifs.
Exemple de l'emploi de l'ergatif :
Sumérien Français Explication
verbe intransitif : le sujet (« lugal ») employé dans
lugal-Ø mu-ĝen-Ø Le roi (lugal) est venu (mu-ĝen)
le cas de l'absolutif
lugal-e bad-Ø i-n- Le roi a détruit (i-n-sig-Ø) le Verbe transitif : l'agent (« lugal-e ») est employé
sig-Ø mur (bad) faible dans le cas de l'ergatif
Or les Sumériens n'utilisaient pas systématiquement le cas de l'ergatif, mais aussi
le nominatif et l'accusatif.
Comparaison des constructions de l'ergatif, du nominatif et de l'accusatif :
Verbe transitif Verbe intransitif Verbe transitif
sujet sujet d'objet
Analyse de l'ergatif et de l'absolutif Ergatif Absolutif Absolutif
Analyse du nominatif et de
Nominatif Nominatif Accusatif
l'accusatif
Les cas[modifier | modifier le code]
Le nominatif est à la fois le nom sumérien et le verbe, un phénomène que l'on appelle en
linguistique « double marquage ». Dans une recherche antérieure, le cas du nominatif n'a été
défini seulement sur la base de ce double marquage. Le double marquage marqueur est le
même au singulier et au pluriel, et sont à la fin d'un syntagme nominal, notamment après la
marque du pluriel « ene ». Le cas de marquage verbal est compliqué à cause des
phénomènes et de certaines règles de contraction, combinés avec les effets du syllabaire de
ce changement, parfois de manière significative. Il ne peut pas être décrit en détail dans ce
domaine particulier de l'étude grammaticale du sumérien.[pas clair]
Une étude plus récente, représentée entre autres par Zólyomi38 est pour la thèse selon laquelle
les cas dans le sumérien sont pour attirer la valeur nominale comme marqueur verbal. Selon
ce décompte, il pourrait y avoir un nombre considérablement plus élevé que les 9 cas de la
langue sumérienne.
Les déclinaisons des noms lugal (« Roi ») et ĝeš (« l'arbre ») sont les suivantes :
Cas lugal ĝeš Fonction/Importance
Absolutif lugal-Ø ĝeš-Ø Sujet intransitif / Verbe transitif
Ergatif lugal-e (ĝeš-e) Complément d'agent de verbes transitifs
Génitif lugal-ak ĝeš-ak Le roi/arbre
Équatif lugal-gin ĝeš-gin Comme un roi/arbre
Datif lugal-ra - Pour le roi
Allatif - ĝeš-e Vers l'arbre
Terminatif lugal-še ĝeš-še Dans la direction du roi/arbre
Comitatif lugal-da ĝeš-da Avec le roi/arbre
Locatif - ĝeš-a Dans l'arbre
Ablatif - ĝeš-ta En avant de l'arbre
Pluriel lugal-ene-ra - Pour les rois
Les pronoms[modifier | modifier le code]
Constructions des pronoms possessifs en sumérien :
1re Personne 2e Personne 3e Personne
Singulier -ĝu -zu ni, -bi
Pluriel -me -zu-ne-ne, za (-a)-ne-ne
Construction de mots en sumérien :
Sumérien Français
ama-zu Ta mère
dub-ba-ni son conseil d'écriture
ama-za(-k) Votre mère (génitif)
dub-ba-ni-še À son conseil d'administration
Phrase nominale[modifier | modifier le code]
Pour tous les syntagmes nominaux, il y a une séquence bien définie de positions. L'ordre est le
suivant :

 1 phrase[réf. nécessaire] + 2 attributs adjectifs épithètes ou des participes + 3 chiffres


+ 4 attributs génitif + 5 clauses relatives + 6 possesseurs +
 7 marques du pluriel + 8 appositions + 9 marqueurs de cas39
Les postes individuels d'un syntagme nominal peuvent être occupés comme suit :
N° Description Options d'instrumentation
1 Phrase Nom
2 Épithètes / participes Adjectif ; verbe à l'infinitif
3 Chiffre / numéro
4 Attribut du génitif
5 Relative
6 Possesseurs
7 Marque du pluriel La marque du pluriel est le suffixe /ene/
8 Apposition
9 Marque des cas
Structure de la phrase nominale par rapport à d'autres
langues[modifier | modifier le code]
N° Langue Phrase nominale Analyse Traduction
1 Sumérien šeš-ĝu-ene-ra Frère – possessif – pl pour mes frères
2 Turc kardeş-ler-im-e Frère – pl – Possessif à mes frères
3 Mongol minu aqa-nar-dur Possessif – frère – pl pour mes frères
4 Hongrois testvér-ei-m-nek Frère/sœur – pl – Possessif pour/à mes frères/sœurs
5 Finnois velji-lle-ni/sis-are-ni Frère/sœur - pl - Possessif pour/à mes frères/sœurs
6 Bouroushaski u-mi-tsaro-alar Possessif – mère – pl à leurs mères
7 Basque zahagi berri-etan Tuyau – nouveau – pl dans les nouveaux tuyaux
Ces exemples montrent que dans les langues agglutinantes, les différents types de syntagmes
nominaux sont possibles en ce qui concerne l'ordre de leurs éléments11.
Pronoms personnels indépendants[modifier | modifier le code]
Voici les pronoms personnels indépendants en sumérien :
Singulier Traduction Pluriel Traduction
1rePersonne ĝe je me nous
2e Personne ze tu zu vous
e
3 Personne ane, ene il, elle, on anene, enene ils
Verbe[modifier | modifier le code]
Le verbe sumérien a, comme le nom, une ou deux syllabes. Il est sujet à deux conjugaisons
(transitive et intransitive) et à deux aspects (hamtu et maru, comme indiqué dans les
grammaires akkadiennes du sumérien).
Les terminaisons usuelles sont :

 1re personne du singulier, intransitif = -en ;


 1re personne du pluriel, intransitif = -en -dè -en ;
 2e personne du singulier, intransitif = -en -zè -en.
Toutefois, la conjugaison sumérienne est plus complexe que celles de la plupart des langues
modernes ; le verbe est soumis à un double marquage, qui indique la personne du sujet mais
en outre celle du complément d'objet direct et des autres compléments, s'il y a lieu.
Exemple : mu.na.n.du.0 = « il a construit »

 mu = marqueur du définitif ou du très probable ;


 na = marque du datif (construire pour) ;
 n = agent 3e personne singulier ;
 du = radical (construire) ;
 0 = absolutif.
La forme verbale sumérienne distingue un certain nombre de modes et d'accords avec le sujet
ou l'objet, le nombre et le genre. La langue peut également intégrer des références
pronominales à d'autres modificateurs de verbe, comme : e2- še3 ib2-ši-du-un « je vais à la
maison », mais aussi e2-se3 i3-du-un « je vais à la maison » et simplement ib2-ši-du -un« je vais
chez lui » sont possibles40.
La racine verbale est presque toujours monosyllabique et forme une chaîne dite verbale41. Les
formes conjuguées peuvent recevoir des préfixes et des suffixes, tandis que les formes non
conjuguées ne peuvent avoir que des suffixes. [réf. souhaitée] Globalement, les préfixes ont été
divisés en trois groupes qui se produisent dans l'ordre suivant : préfixes modaux, « préfixes de
conjugaison », et les préfixes pronominaux et dimensionnels42.
Préfixes modaux[modifier | modifier le code]
Les préfixes modaux sont /Ø/ (à l'indicatif), /nu-/, /la-/, /li-/ (négatif; /la/ et /li/) /ga -/, /ha/ ou /il-/,
/u-/, /na-/ (négatif ou positif), /bara-/ (négatif ou vétitif), /nus-/ et /SA-/ avec davantage de
l'assimilation de la voyelle. Leur signification peut dépendre de TA.