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Université Sultan Moulay Slimane

Faculté des sciences et techniques

de Beni Mellal

Calcul différentiel dans Rn


&
Intégrales multiples

Analyse II
Exercices avec solutions

Année Universitaire : 2008/2009

Première version

1er octobre 2009

Abdesselam BOUARICH
Table des matières

I Calcul différentiel dans l’espace Rm 1

1 Topologie des espaces Rm 2


1.1 Espaces vectoriels normés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Structures normées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.2 Structures métriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.3 Limite d’une suite de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.4 Espaces métriques complets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Propriétés topologiques de l’espace Rn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Partie fermée, partie ouverte et voisinage d’un point . . . . . . . . 5
1.2.2 Intérieur et adhérence d’une partie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.3 Parties compactes de l’espace métrique (Rn , d2 ) . . . . . . . . . . . 8
1.3 Exercices avec solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

2 Limite et continuité 26
2.1 Limites d’une application de plusieurs variables réelles . . . . . . . . . . . 27
2.1.1 Limites d’une fonction de plusieurs variables réelles . . . . . . . . 27
2.1.2 Opérations algébriques sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.1.3 Mise en garde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.1.4 Deux généralisation de la notion de limite . . . . . . . . . . . . . . 29
2.2 Continuité d’une application de plusieurs variables réelles . . . . . . . . . 30
2.3 Exercices avec solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

3 Différentiabilité I 42
3.1 Fonctions de plusieurs variables réelles différentiables . . . . . . . . . . . . 43
3.1.1 Dérivées partielles directionnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.1.2 Différentiabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.2 Dérivées partielles d’ordre supérieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.3 Exercices avec solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47

4 Différentiabilité II 64
4.1 Formule de Taylor et ses applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.1.1 Formule de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.1.2 Extrêmums . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
4.2 Applications de plusieurs variables différentiables . . . . . . . . . . . . . . 68
4.2.1 Différentiabilité et matrice jacobiènne . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
4.2.2 Théorèmes de l’inverse locale et de la fonction implicite . . . . . . 70
4.3 Exercies avec solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

II Les intégrales multiples 94

5 Intégrales curvilignes 95
5.1 Formes différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
5.2 Intégrales curvilignes d’une forme différentielle . . . . . . . . . . . . . . . 97
5.3 Intégrales curvilignes d’un champ de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . 98
5.3.1 Classification des opérateurs différentiels usuels . . . . . . . . . . . 100
5.4 Système de coordonnées curvilignes orthogonales . . . . . . . . . . . . . . 101
5.4.1 Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
5.4.2 Expression des opérateurs grad, Div et Rot en coordonnées curvi-
lignes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
5.5 Exercices avec solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108

6 Intégrales doubles 125


6.1 Théorème de Fubini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
6.2 Changement de variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
6.3 Formule de Green-Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
6.4 Intégrales doubles généralisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
6.4.1 Cas d’une fonction positive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
6.4.2 Cas d’une fonction de signe quelconque . . . . . . . . . . . . . . . . 128
6.5 Exercices avec solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130

7 Intégrales de surfaces 157


7.1 Surfaces classiques de l’espace R3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
7.1.1 Surfaces définies par une équation implicite . . . . . . . . . . . . . 158
7.1.2 Surfaces définies par un système d’équations paramétriques . . . . 158
7.1.3 Surfaces de révolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
7.2 Intégrales de surfaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
7.2.1 Cas du graphe d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
7.2.2 Cas d’une surface paramétrqiue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
7.3 Flux d’un champ de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
7.3.1 Orientation d’une surface de R3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
7.3.2 Flux sortant d’un champ de vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
7.3.3 Formule de Stokes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
7.4 Exercices avec solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168

8 Intégrales triples 178


8.1 Théorème de Fubini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
8.2 Formule de changement de variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
8.3 Formule de Gauss-Ostroigradski . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
8.4 Intégrales triples généralisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181
8.5 Exercices avec solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
Première partie

Calcul différentiel dans l’espace Rm

1
C HAPITRE P REMIER

T OPOLOGIE DES ESPACES Rm

Objectifs : Cette feuille de travaux dirigés à pour but essentiel d’in-


troduire quelques notions de topologie des espaces vectoriels réels
normés. Plus précisément, on souhaite que les exercices proposés ci-
dessous permettent à l’étudiant d’acquérire les habiletés suivantes :

1. Savoir décider est-ce qu’une fonction N : Rm → R+ définie une


norme ?
2. Savoir que sur les espaces Rm toutes les normes sont équivalentes
et que ceci implique que la nature de convergence d’une suite de
vecteurs xn ∈ Rm ne dépend pas de la norme choisie dans Rm .
3. Savoir que sur les espaces Rm il existe des distances non équiva-
lentes.
4. Savoir que les espaces Rm sont complets en tant qu’espaces vec-
toriels nornés.
5. Savoir qu’en général, une distance d : Rm × Rm → R+ n’induit
pas une structure métrique complète (Rm , d).

2
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

1.1 Espaces vectoriels normés

1.1.1 Structures normées

Soit E un espace vectoriel réel. Une fonction positive N : E → R+ s’appelle norme si elle
vérifie les trois axiomes suivantes :

1. Séparation : N(x) = 0 =⇒ x = 0 ∈ E.
2. Homogénéité : ∀x ∈ E, ∀λ ∈ R, N(λ · x) =| λ | N(x).
3. Inégalité triangulaire : ∀x, y ∈ E, N(x + y) 6 N(x) + N(y).

Un espace vectoriel E qui est muni d’une norme N : E → R+ s’appelle espace vectoriel
normé et se note (E, N). Sur un espace vectoriel réel E on dira que deux normes N, N′ :
E → R+ sont équivalentes s’il existe deux réels α > 0 et β > 0 tels que pour tout x ∈ E,

αN(x) 6 N′ (x) 6 βN(x).

Dans les exercices 1.1, 1.2 et 1.3 on verra que les fonctions N1 , N2 et N∞ : Rn → R+
définies par les expressions suivantes sont des normes équivalentes :
– N1 (x1 , · · · , xn ) =| x1 | + · · · + | xn | ;
p
– N2 (x1 , · · · , xn ) = x21 + · · · + x2n ;
– N∞ (x1 , · · · , xn ) = max(| x1 |, · · · , | xn |).

Théorème 1. Sur un espace vectoriel réel de dimesion finie (i.e E ≃ Rn ) toutes les normes sont
équivalentes.

Le résultat du théorème 1 n’est pas vrai en dimension infinie. En effet, dans l’execice 1.8
on donnera un exemple d’espace vectoriel de dimension infine qui possèdes au moins
deux normes non équivalentes.

1.1.2 Structures métriques

Soit E un espace vectoriel réel. Une fonction positive d : E × E → R+ s’appelle distance


si elle vérifie les trois axiomes suivantes :

1. Séparation : d(u, v) = 0 =⇒ u = v.
2. Symétrie : d(u, v) = d(v, u), ∀u, v ∈ Rn .
3. Inégalité triangulaire : d(u, v) 6 d(u, w) + d(w, v), ∀u, v, w ∈ Rn .

Un espace vectoriel E qui est munie d’une distance d : E × E → R+ s’appelle espace


métrique et se note (E, d). Il est clair que si N : E → R+ est une norme alors en posant
pour tout couple de vecteurs x ∈ E et y ∈ E,

dN (x, y) = N(x − y)

A. BOUARICH 3 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

on obtient une distance dN : E × E → R+ dite associée à la norme N. Dans l’exercice 1.5


on donnera une caractérisation des distances de l’espace Rn qui sont induites par une
norme.
Soient d, d′ : E × E → R+ deux distances. On dira que la distance d est équivalente à la
distance d′ s’il existe deux réels α > 0 et β > 0 tels que,
Par exemple, si N et N′ : E → R+ sont deux normes équivalentes il en résulte que les
distances qui leurs sont associées dN (u, v) = N(u − v) et dN′ = N′ (u − v) sont équivalentes
dans l’espace vectoriel E. Dans l’exercice 1.8 on montrera que dans tout espace vectoriel
réel de dimension quelconque il existe au moins deux distances non équivalentes.

1.1.3 Limite d’une suite de vecteurs

Soit E un espace vectoriel réel. Une applications ϕ : N → E s’appelle suite de vecteurs


éléments de l’espace E (ou bine suite vectorielle) tandis que l’image ϕ(n) = vn ∈ E d’un
entier n ∈ N s’appelle terme général de la suite vectorielle ϕ.
Quand l’espace vectoriel E est muni d’une distance d : E × E → R+ on dira qu’une suite
de vecteurs vn ∈ E converge vers un vecteur L ∈ E relativement à la distance d si,

(∀ε > 0)(∃n0 ∈ N)(∀n ∈ N, n > n0 ) =⇒ d(vn , L) < ε.

Une suite vectorielle non convergente est dite divergente.


La proposition suivante est conséquence de l’axiome de séparation :

Proposition 1. Soit (E, d) un espace métrique ; si une suite de vecteurs vn ∈ E converge vers
deux vecteurs L et L′ ∈ E relativement à la distance d alors L = L′ .

De même, en utilisant la définition de deux normes équivalentes sur un espace vectoriel


on démontre la proposition suivante :

Proposition 2. Soient (E, N) un espace normé de dimension finie et vn ∈ E une suite vectorielle ;
si une suite de vecteurs vn ∈ E converge vers un vecteur L ∈ E relativement à la norme N alors
la suite vn converge vers L relativement à toutes les autres normes définies sur E.

Dans le cas d’un espace vectoriel réel de dimension finie (i.e E ≃ Rm ) la ième
composante du terme général d’une suite vectorielle vn ∈ Rm sera désignée par
(i)
vn ∈ R. Inversement, notons que la donnée de m suites de nombres réelles
(1) (2) (m)
{vn /n ∈ N}, {vn /n ∈ N}, · · · , {vn /n ∈ N} permet de construire une suite vectorielle
(1) (m)
en posant vn = (vn , · · · , vn ) ∈ Rm .

Théorème 2. Soient L = (l1 , · · · , lm ) ∈ Rm un vecteur et vn ∈ Rm une suite vectorielle. Alors,


les propositions suivantes sont équivalentes :
(1) (m)
1. La suite de vecteurs vn = (vn , · · · , vn ) converge vers le vecteur L ∈ Rm .
(i)
2. Pour tout indice 1 6 i 6 n la ième composante vn du terme général vn converge dans R
vers la ième composante li du vecteur L.

A. BOUARICH 4 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

(1) (m)
Ainsi, en conséquence du théorème 2, on conclut que si vn = (vn , · · · , vn ) ∈ Rm est le
terme général d’une suite vectorielle convergente alors,

lim vn = lim (vn(1) , · · · , vn(m) ) = ( lim vn(1) , · · · , lim vn(m) ).


n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞

1.1.4 Espaces métriques complets

Définition 1. Dans un espace métrique (E, d) on dira qu’une suite un ∈ E est de Cauchy si,

(∀ε > 0)(∃n0 ∈ N)(∀p, q ∈ N, q > p > n0 ) =⇒ d(vq , vp ) < ε.

En appliquant la défition de convergence d’une suite de vecteurs dans un espace vectoriel


réel métrique on vérifie que toute suite vectorielle convergente est de Cauchy. Il existe des
espaces métriques dans lesquels les suites de Cauchy ne convergent pas nécéssairement.
Par exemple, si on munit la droite réelle R par la distance d(x, y) =| e−x − e−y | on vérifie
que la suite un = n est de Cauchy dans l’espace métrique (R, d) mais ne converge pas
dans R (Voir l’exircice 1.5).

Définition 2. Soient E un espace vectoriel et d : E × E → R+ une distance. On dira que l’espace


métrique (E, d) est complet si toute suite de Cauchy un ∈ E converge dans E.
En particulier, si N : E → R+ est une norme on dira que l’espace normé (E, N) est un espace de
Banach si l’espace métrique (E, dN ) est complet.

En appliquant la définition de deux normes équivalentes on vérifie aisément que si (E, N)


un espace vectoriel normé complet (de Banach) alors pour toute norme N′ : E → R+ qui
est équivalente à la norme N l’espace vectoriel normé (E, N′ ) est complet (de Banach).

Théorème 3 (Complétude de l’espace vectoriel Rm ). Pour toute norme N : Rm → R+


l’espace vectoriel normé (Rm , N) est complet (de Banach).

Notons qu’en général un espace vectoriel réel normé (E, N) de dimension infinie n’est
pas nécéssairement complet (voir l’exercice 1.8).

1.2 Propriétés topologiques de l’espace Rn

1.2.1 Partie fermée, partie ouverte et voisinage d’un point

Définition 3. Soit (E, d) un espace métrique, r ∈ R∗+ et u0 ∈ E un point fixé.

1. Le sous-ensemble B(u0 , r) = {u ∈ E/d(u, u0 ) < r} s’appelle boule ouverte dans E centrée


au point u0 et de rayon r > 0.
2. Le sous-ensemble B(u0 , r) = {u ∈ E/d(u, u0 ) 6 r} s’appelle boule fermée dans E centrée
au point u0 et de rayon r > 0.
3. Le sous-ensemble S(u0 , r) = {u ∈ E/d(u, u0 ) = r} s’appelle sphère de E centrée au point
u0 et de rayon r > 0.

A. BOUARICH 5 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Sur la figure suivante nous avons représenté la forme géométrique des boules fermées
des trois distances strandards d2 , d1 et d∞ définies dans le plan réel R2 .

Boule fermée de d∞
Boule fermée de d2 Boule fermée de d1

Définition 4. Soit (E, d) un espace métrique.


1. On dira qu’une partie F ⊆ E est fermée dans l’espace métrique (E, d) si toute suite vecto-
rielle convergente vn ∈ F converge vers un vecteur L ∈ F.
2. On dira qu’une partie U ⊆ E est ouverte dans l’espace métrique (E, d) si son complémen-
taire E \ U = {x ∈ E/x 6∈ U} est fermé dans l’espace métrique (E, d).
3. Soit A ⊆ E une partie non vide et x0 ∈ A. S’il existe un réel ε > 0 tel que la boule ouverte
B(x0 , ε) ⊆ A on dira alors que A est un voisinage du point x0 ∈ A.

Il est clair que deux distances équivalentes sur un espace vectoriel réel E ont les mêmes
ouverts et les mêmes fermés.
La proposition suivantes nous donne une caractérisation des ouverts par les boules ou-
vertes et les voisinages.

Proposition 3. Soit (E, d) un espace métrique. Pour toute partie non vide A ⊂ E les propositions
suivantes sont équivalentes :
1. La partie A est ouverte dans l’espace métrique (E, d).
2. Pour tout point a ∈ A il existe un réel ε > 0 tel que B(a, ε) ⊆ A.
3. A est voisinage de chacun de ses points.

En se basant sur la définition 4 et la proposition 3 on démontre que les ouverts et les


fermés d’un esdpace métrique (E, d) vérifient les propriétés suivantes :
1. Si U1 , · · · , Un ⊆ E sont des ouverts dans (E, d) alors leur intersection U1 ∩ · · · ∩ Un
est un ouvert de (E, d).
2. Si {Ui ⊆ E/i ∈ I} est une famille quelconque de parties ouvertes dans (E, d) alors
[
leur réunion Ui est une partie ouverte dans (E, d).
i∈I
3. Si F1 , · · · , Fn ⊆ E sont des fermés dans (E, d) alors leur rénuion U1 ∪ · · · ∪ Un est un
fermé de (E, d).

A. BOUARICH 6 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

4. Si {Fi ⊆ E/i ∈ I} est une famille quelconque de parties fermées dans (E, d) alors
\
leur intérsection Fi est une partie fermée dans (E, d).
i∈I
Notons que l’intersection quelconques de parties ouvertes n’est pas en général une partie
ouverte. Pour voir ceci, rappelons que si on munit la droite rélle R par la distance usuelle
d(x, y) =| x − y | on voit que les boules ouvertes coïncident avec les intervalles ouverts,

a+b b−a
B( , ) =]a, b[.
2 2
Ainsi, suite à cette remarque si on considère la famille des ouverts
1 1 1
{In =] − , [= B(0, )/n ∈ N∗ }
n n n
on obtient une intersection infinie d’ouverts
\ 1 \ 1 1
B(0, ) = ] − , [= {0}
n n n
n>1 n>1

qui n’est pas ouverte dans l’espace métrique (R, | · |). De même, observons que si on
passe au complémentaire on obtient une famille de parties fermées
1 1
Fn = R \ In =] − ∞, − ] ∪ [ , +∞[, ∀n ∈ N∗
n n
[
dont la réunion Fn = R∗ n’est pas fermée dans l’espace métrique (R, | · |).
n>1
Enfin, notons que si pour tout point a ∈ E on désigne par V(a) l’ensemble de tous les
voisinages du point a ∈ E on vérifie qu’on a les propriétés suivantes :
1. Si V1 , · · · , Vn ∈ V(a) sont des voisinages du point a alors leur l’intersection est un
voisinage du point a i.e : V1 ∩ · · · ∩ Vn ∈ V(a).
2. La réunion quelconque de voisinages du point a est un voisinage du point a.
3. Soit A ⊆ E une partie non vide telle que a ∈ A ; s’il existe un voisinage V ∈ V(a) tel
que V ⊆ A il en résulte que A ∈ V(a).

1.2.2 Intérieur et adhérence d’une partie

Définition 5. Soit A une partie non vide dans l’espace métrique (E, d).

1. On dira que le point x ∈ A est intérieur à la partie A s’il existe un réel ε > 0 tel que la

boule ouverte B(x, ε) ⊂ A. L’ensemble de tous les points intérieurs à la partie A se note A.
2. L’intérieur du complémentaire E \ A s’appelle extérieur de la partie A.
3. On dira que le point z ∈ A est sur la frontière de la partie A si pour tout réel ε > 0,

B(z, ε) ∩ A 6= ∅ et B(z, ε) ∩ (E \ A) 6= ∅.

Le sous-ensemble des points éléments de la frontière de la partie A se note ∂A.

A. BOUARICH 7 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

En partant de la définition d’un point intérieur à une partie A non vide on démontre que
l’ensemble des points intéieurs possède les propriétés suivantes :

1. Pour toute partie non vide A ⊆ E l’intérieur A⊆ A.
2. L’intérieur d’une partie A ⊆ E est ouvert dans l’espace métrique (E, d).
3. L’intérieur d’une partie A ⊆ E est égale au plus grand ouvert de l’espace métrique
(E, d) contenu dans A.

4. Une partie A ⊆ E est ouverte si et seulement si son intérieur A= A.

Définition 6. Soit A une partie non vide dans un espace métrique (E, d). On dira que le point
x ∈ E adhère à la partie A s’il existe une suite de vecteurs vn ∈ A qui converge dans (E, d) vers
le point x. L’ensemble de tous les points adhérents à la partie A s’appelle adhérence et se note A.

La proposition suivante utilise les boules ouvertes pour caractériser les points adhérents.

Proposition 4. Soit (E, d) un espace métrique et A ⊆ E une partie non vide. Pour tout point
a ∈ E les propositions suivantes sont équivcalentes :
1. Le point a ∈ E adhère à la partie A.
2. Pour tout réel ε > 0, B(a, ε) ∩ A 6= ∅.

En appliquant soit la définition d’un point adhérent ou soit la proposition 4 on démontre


que l’adhérence d’une partie non vide A dans un espace métrique (E, d) vérifie les pro-
priétés suivantes :

1. Pour toute partie non vide A ⊆ E, A ⊆ A.


2. L’adhérence d’une partie A ⊆ E est fermée dans l’espace métrique (E, d).
3. L’adhérence d’une partie A ⊆ E est égale au plus petit fermé de l’espace métrique
(E, d) qui contient A.
4. Une partie A ⊆ E est fermée si et seulement si son adhérence A = A.

1.2.3 Parties compactes de l’espace métrique (Rn , d2 )

Définition 7. Soit A une partie non vide dans l’espace métrique (Rm , d2 ).

1. On dira que A ⊂ Rm est bornée dans l’espace métrique (Rm , d2 ) s’il existe un réel M > 0
et un point a0 ∈ Rm tels que A ⊆ B(a0 , M).
2. On dira que A est compacte dans l’espace métrique (Rm , d2 ) si elle est fermée et bornée dans
l’espace métrique (Rm , d2 ).

Théorème 4 (Bolzano-Weierstrass). Une partie non vide A ⊂ Rm est compacte dans l’espace
métrique (Rm , d2 ) si et seulement si toute suite d’éléments vn ∈ A possède une sous-suite qui
converge vers un éément de A.

A. BOUARICH 8 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Définition 8. On apelle recouvrement ouvert de la partie A ⊆ Rm toute famille d’ouverts {Ui ⊆


[
Rm /i ∈ I} telle que la réunion A ⊆ Ui .
i∈I

Théorème 5 (Borel-Lebesgue). Soit A une partie non vide de l’espace métrique (Rm , d2 ). Les
deux propositions suivantes sont équivalentes :
1. La partie A est compacte dans l’espace métrique (Rm , d2 ).
2. Tout recouverment ouvert {Ui ⊆ Rm /i ∈ I} de la partie A contient une famille finie
d’ouverts {Ui1 , · · · , Uin } ⊂ {Ui ⊆ Rm /i ∈ I} qui recouvrent A.

A. BOUARICH 9 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

1.3 Exercices avec solutions

Exercice 1.1 Vérifier que les fonctions N1 et N∞ : Rn → R+ définies pour tout vecteur
v = (x1 , · · · , xn ) ∈ Rn par les formules suivantes :

N1 (v) =| x1 | + · · · + | xn | et N∞ (v) = max(| x1 |, · · · , | xn |),

sont des normes sur l’espace vectoriel réel Rn .

Solution 1.1 1) Vérifions que l’expression N1 (v) =| x1 | + · · · + | xn | définie une norme


sur l’espace vectoriel Rn .
- Séparation : Évidente.
- Homogénéité : Pour tout réel λ ∈ R et pour tout vecteur v = (x1 , · · · , xn ) ∈ Rn on a,

N1 (λ · v) = N1 (λx1 , · · · , λxn ) =| λx1 | + · · · + | λxn |=| λ | N1 (v).

- Inégalité triangulaire : Pour tout couple de vecteurs u = (x1 , · · · , xn ) et v = (y1 , · · · , yn )


on peut écrire :

N1 (u + v) = N1 (x1 + y1 , · · · , xn + yn )
= | x1 + y1 | + · · · + | xn + yn |
6 (| x1 | + | y1 |) + · · · + (| xn | + | yn |)
6 N1 (u) + N1 (v).

2) 1) Vérifions que l’expression N∞ (v) = max(| x1 |, · · · , | xn |) définie une norme sur


l’espace vectoriel Rn .
- Séparation : Évidente.
- Homogénéité : Pour tout réel λ ∈ R et pour tout vecteur v = (x1 , · · · , xn ) ∈ Rn on a,

N∞ (λ · v) = N1 (λx1 , · · · , λxn ) = max(| λx1 |, · · · , | λxn |) =| λ | N∞ (v).

- Inégalité triangulaire : Considérons un couple de vecteurs u = (x1 , · · · , xn ) et v =


(y1 , · · · , yn ). Puisque pour tout indice 1 6 i 6 n on a | xi |6 N∞ (u) et | yi |6 N∞ (v)
il en résulte que pour tout indice 1 6 i 6 n,

| xi + yi |6| xi | + | yi |6 N∞ (u) + N∞ (v) =⇒ N∞ (u + v) 6 N∞ (u) + N∞ (v).

p
Exercice 1.2 Pour tout vecteur v = (x1 , · · · , xn ) ∈ Rn on pose, N2 (v) = x21 + · · · + x2n .

A. BOUARICH 10 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

1) Démontrer que pour tout couple de vecteurs u = (a1 , · · · , an ) et v = (x1 , · · · , xn ) élé-


ments de l’espace vectoriel Rn on a l’inégalité de Cauchy-Shwartz,

| a1 x1 + · · · + an xn |6 N2 (u)N2 (v).
 2
Indication : On pourra utiliser le trinôme positif P(t) = N2 (tu − v) > 0, ∀t ∈ R.
2) En déduire que pour tout couple de vecteurs u et v ∈ Rn on a l’inégalité triangulaire,

N2 (u + v) 6 N2 (u) + N2 (v),

et que la fonction N2 : Rn → R+ est une norme sur l’espace vectoriel Rn .

Solution 1.2 1) Pour un couple de vecteurs fixés u = (a1 , · · · , an ) et v = (x1 , · · · , xn )


éléments de Rn et pour tout réel t ∈ R posons,
 2
P(t) = N2 (t · u − v) = (ta1 − x1 )2 + · · · + (tan − xn )2
= (a21 + · · · + a2n )t2 − 2t(a1 x1 + · · · + an xn ) + (x21 + · · · + x2n ).

Maintenant, comme la fonction P(t) est un trinôme positif il en résulte que son discrimi-
nant réduit est négatif ou nul :

∆′ = (a1 x1 + · · · + an xn )2 − (a21 + · · · + a2n )(x21 + · · · + x2n ) 6 0.

Ainsi, si on applique la racine carrée sur la dernière inégalité on obtient l’inégalité de


cauchy-Shwartz,
q q
| a1 x1 + · · · + an xn |6 a21 + · · · + a2n x21 + · · · + x2n = N2 (u)N2 (v).

2) Montrons que la fonction N2 : Rn → R+ vérifie l’inégalité triangulaire.


En effet, pour tout couple de vecteurs u = (a1 , · · · , an ) et v = (x1 , · · · , xn ) on peut écrire,
 2
N2 (u + v) = (a1 + x1 )2 + · · · + (an + xn )2
= (a21 + · · · + a2n ) + 2(a1 x1 + · · · + an xn ) + (x21 + · · · + x2n )
 2
6 N2 (u)2 + 2N2 (u)N2 (v) + N2 (v)2 = N2 (u) + N2 (v) .

Donc, si on applique la racine carrée sur l’inégalité précédente on obtient l’inégalité tri-
angulaire :
N2 (u + v) 6 N2 (u) + N2 (v), ∀u, v ∈ Rn .

3) Pour montrer que la fonction N2 est une norme il nous reste qu’à vérifier les axiomes
de séparation et d’homogénéité :
- Séparation : Évidente.
- Homogénéité : Pour tout réel λ ∈ R et pour tout vecteur v = (x1 , · · · , xn ) ∈ Rn on a,
p
N2 (λ · v) = N2 (λx1 , · · · , λxn ) = (λx1 )2 + · · · + (λxn )2 =| λ | N2 (v).

A. BOUARICH 11 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Note 1 : L’exercice 9, proposé dans le manuscrit du chapitre 1 d’Analyse II ; donne une


méthode qui permet de montrer que si pour tout réel p > 0 et pour tout vecteur v =
(x1 , · · · , xn ) ∈ Rn on pose
 1/p
Np (v) = | x1 |p + · · · + | xn |p

on obtient une norme Np : Rn → R+ si le réel p > 1.


Pour démontrer que la fonction Np : Rn → R+ vérifie l’inégalité triangulaire on utilise
1 1
le fait que pour tout couple de nomobres réels p > 1 et q > 1 tels que + = 1 on a
p q
l’inégalite suivante dite de Hölder :

| a1 x1 + · · · + an xn |6 Np (u)Nq (x), ∀u = (a1 , · · · , an ), x = (x1 , · · · , xn ) ∈ Rn .

De même, en montrant que pour tout réel p > 1 et pour tout vecteur x ∈ Rn on a la
double inégalité, N∞ (x) 6 Np (x) 6 n1/p N∞ (x), on déduit que lim Np (x) = N∞ (x).
p→+∞

Exercice 1.3 Pour tout vecteur u ∈ Rn établir les trois doubles inégalités suivantes :
1 1 1 √
N1 (u) 6 N∞ (u) 6 N1 (u), √ N2 (u) 6 N∞ (u) 6 N2 (u), N1 (u) 6 N2 (u) 6 nN1 (u).
n n n

En déduire que les trois normes N1 , N2 et N∞ sont équivalentes deux à deux sur Rn .

1
Solution 1.3 1) Montrons que pour tout u ∈ Rn on a N1 (u) 6 N∞ (u) 6 N1 (u).
n
Puisque pour tout indice 1 6 i 6 n on a les inégalités,

| xi |6 max(| x1 |, · · · , | xn |) = N∞ (u),

qui impliquent par sommation membre à membre qu’on a

| x1 | + · · · + | xn |= N1 (u) 6 nN∞ (u).

De même, puisque pour tout indice 1 6 i 6 n on a les inégalités,

| xi |6| x1 | + · · · + | xn |= N1 (u),

on déduit alors que le maximum : max(| x1 |, · · · , | xn |) = N∞ (u) 6 N1 (u).


Finalement, si on combine les deux dernières inégalités on déduit qu’on a la double in-
égalité,
1
N1 (u) 6 N∞ (u) 6 N1 (u).
n

A. BOUARICH 12 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

1
2) Montrons que pour toutu ∈ Rn on a la double inégalité √ N2 (u) 6 N∞ (u) 6 N2 (u).
n
Si de nouveau on fait la somme des carrés des inégalités suivantes,

| xi |6 max(| x1 |, · · · , | xn |) = N∞ (u), ∀1 6 i 6 n,

on voit que x21 + · · · + x2n = (N2 (u))2 6 n(N∞ (u))2 .


D’autre part, puisque pour tout indice 1 6 i 6 n nous avons les inégalités,
q
| xi |6 x21 + · · · + x2n |= N2 (u),

donc en passant au maximum on voit que, max(| x1 |, · · · , | xn |) = N∞ (u) 6 N2 (u).


Ainsi, si on combine les deux dernières inégalités on déduit qu’on a la double inégalité,
1
√ N2 (u) 6 N∞ (u) 6 N2 (u).
n
1 √
3) Montrons que pour tout u ∈ Rn on a la double inégalité N1 (u) 6 N2 (u) 6 nN1 (u).
n
En effet, puisque d’après les deux doubles inégalités démontées ci-dessus on sait que
1
pour tout vecteur u ∈ Rn on a N1 (u) 6 N∞ (u) et N∞ (u) 6 N2 (u) on en déduit que
n
1
N1 (u) 6 N2 (u). De même, puisque on a aussi les deux inégalités N∞ (u) 6 N1 (u) et
n
1 1 √
√ N2 (u) 6 N∞ (u) il en résulte donc qu’on a N1 (u) 6 N2 (u) 6 nN1 (u).
n n
Finalement, en conséquence des trois doubles inégalités prouvées ci-dessus on conclut
que les trois normes N1 , N2 et N∞ sont équivalentes sur l’espace vectoriel réel Rn .

Exercice 1.4 Soit (Rm , N) un espace vectoriel normé.


1) Démontrer que pour tous les vecteurs x et y ∈ Rm on a l’inégalité, | N(x) − N(y) |6
N(x − y).
2) En déduire que si une suite de vecteurs xn ∈ Rm converge dans l’espace vectoriel
normé (Rm , N) alors,
lim N(xn ) = N( lim xn ).
n→+∞ n→+∞

3) Soient xn ∈ E et yn ∈ Rm
deux suites vectorielles. Démontrer que si dans l’espace
vectoriel normé (R , N) on a lim xn = a ∈ Rm et lim N(xn − yn ) = 0 alors lim yn =
m
n→+∞ n→+∞ n→+∞
a.

Solution 1.4 1) Si pour tout couple de vecteurs x et y ∈ Rm on applique l’inégalité trian-


gulaire aux sommes x = (x − y) + y et y = (y − x) + x on obtient,
( (
N(x) 6 N(x − y) + N(y) N(x) − N(y) 6 N(x − y)
=⇒
N(y) 6 N(x − y) + N(x) N(y) − N(x) 6 N(x − y)
=⇒ | N(x) − N(y) |6 N(x − y).

A. BOUARICH 13 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

2) Soit xn ∈ Rm une suite qui converge vers le vecteur L ∈ Rm dans l’espace normé
(Rm , N). D’après la définition de convegence d’une suite ; si on se donne un réel ε > 0 on
pourra trouver un entier n0 ∈ N tel que

∀n ∈ N, n > n0 =⇒ N(xn − L) < ε.

Ainsi, comme d’après la question 1) on a pour tout entier n ∈ N tel que n > n0 ,

| N(xn ) − N(L) |6 N(xn − L) =⇒ | N(xn ) − N(L) |< ε


=⇒ lim N(xn ) = N(L) = N( lim xn ).
n→+∞ n→+∞

3) Soient xn et yn ∈ Rm deux suites telles que dans l’espace normé (Rm , N) on a


lim xn = a et lim N(xn − yn ) = 0. Montrons alors que la suite yn converge vers
n→+∞ n→+∞
a ∈ Rm dans l’espace normé (Rm , N).
Observons que si on applique l’inégalité triangulaire à la somme yn − a = (yn − xn ) +
(xn − a) on obtient,
N(yn − a) 6 N(yn − xn ) + N(xn − a).

Ainsi, comme on a lim N(xn − yn ) = 0 et lim N(xn − a) = 0 on en déduit que


n→+∞ n→+∞
lim N(yn − a) = 0. Donc, la suite de vecteurs yn ∈ Rn converge vers a ∈ Rm dans
n→+∞
(Rm , N).

Exercice 1.5 Dans cet exercice on se propose de caractériser toutes les distances de l’es-
pace vectoriel Rm qui sont induites par une norme. Rappelons que si N : Rm → R+
désigne une norme, alors ; en posant pour tous x et y ∈ Rm ,

dN (x, y) = N(x − y),

on définit ainsi une distance sur l’espace vectoriel Rm dite associée à la norme N.
1) Démontrer que la distance dN : Rm × Rm → R+ vérifie les deux propriétés suivantes :
IT Invariance par translations : ∀x, y, z ∈ Rm , dN (x + z, y + z) = dN (x, y) ;
HP Homogénéité positive : ∀x ∈ Rm , ∀λ ∈ R, dN (λx, λy) =| λ | dN (x, y).
2) Démontrer que si une distance d : Rm × Rm → R+ vérifie les propriétés IT et HP alors
d est induite par une unique norme N : Rm → R que l’on déterminera (i.e. ∃!N, d = dN ).
3) Pour tout couple de nombres réels x et y on pose d(x, y) =| e−x − e−y |.
i) Montrer que la fonction d : R × R → R+ définie une distance qui n’est pas induite par
aucune norme de R.
ii) Pour tout couple de nombres réels x et y on pose d1 (x, y) =| x − y |. Montrer que les
espaces métriques (R, d1 ) et (R, d) ont les mêmes suites convergentes.
iii) Montrer que si un ∈ R est une suite de Cauchy dans (R, d1 ) ; un est aussi une suite de
Cauchy dans l’espace métrique (R, d).

A. BOUARICH 14 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

iv) Montrer que la suite numérique un = n ∈ N est de Cauchy dans l’espace métrique
(R, d).
v) Est-ce que l’espace métrique (R, d) est complet ?
vi) Est-ce que la distance d est équivalente à la distance d1 ?

Solution 1.5 1) Par définition de la distance dN on voit que pour tous x, y et z ∈ Rm on a,

dN (x + z, y + z) = N((x + z) − (y + z)) = N(x − y) = dN (x, y).

Donc, la distance satisfait à la propriété IT.


De même, puisque pour tous λ ∈ R et x ∈ Rm on a,

dN (λx, λy) = N(λx − λy) =| λ | N(x − y) =| λ | dN (x, y),

on voit donc que la distance dN satisfait aussi à la propriété HP.


2) Soit d : Rm ×Rm → R+ une distance qui vérifie les deux propriétés IT et HP. Observons


que si pour tout x ∈ Rm on pose, N(x) = d( 0 , x) on définit de cette façon une norme
N : Rm → R+ . Parce que :


i) Si N(x) = d( 0 , x) = 0 =⇒ x = 0. C’est l’axiome de séparation.

→ −

ii) Si λ ∈ R et x ∈ Rm on aura N(λx) = d( 0 , λx) =| λ | d( 0 , x). C’est l’axiome d’homo-
généité.
iii) Pour tous x et y ∈ Rm on peut écrire :

→ −

N(x + y) = d( 0 , x + y) 6 d( 0 , y) + d(y, x + y)

→ −

6 d( 0 , y) + d( 0 , x)
6 N(x) + N(y).



Ceci démontre donc que la fonction N(x) = d( 0 , x) vérifie l’inégalité triangulaire.
Enfin, notons que la distance d : Rm × Rm → R+ qui vérifie les propriétés IT et HP est
induite par une seule norme de Rm . Parce que si N et N′ : Rm → R+ d’esignent deux
normes telles que d = dN′ = dN on en déduit que pour tout x ∈ Rm on a,

→ −

d( 0 , x) = N(x) et d( 0 , x) = N′ (x) =⇒ N(x) = N′ (x) =⇒ N = N′ .

3) i) Il est clair que si pour tout couple de nombres réels x et y on pose d(x, y) =| e−x −e−y |
on obtient une distance sur R. La distance d n’est pas induite par les normes de R parce
que d ne vérifie pas la propriété HP :

∀x ∈ R, λ ∈ R∗ , d(λx, 0) =| eλx − 1 |6=| λ | d(x, 0).

Notons que la distance d ne vérifier pas aussi la propriété IT.

A. BOUARICH 15 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

ii) Si un ∈ R est une suite qui converge vers un réel ℓ dans l’espace métrique (R, d1 ) on
en déduit que la suite e−un converge vers e−ℓ dans l’espace métrique (R, d1 ) parce que la
fonction exponentielle e−x est continue (voir Analyse I). Donc, on peut écrire

(∀ε > 0)(∃n0 ∈ N)(∀n ∈ N), n > n0 =⇒ | e−un − e−ℓ |< ε =⇒ d(un , ℓ) < ε.

Par conséquent, la suite un ∈ R converge aussi vers le réel ℓ dans l’espace métrique (R, d).
Inversement, si une suite vn ∈ R converge vers le réel ℓ dans l’espace métrique (R, d) on
pourra traduire cela par :

(∀ε > 0)(∃n0 ∈ N)(∀n ∈ N), n > n0 =⇒ d(vn , ℓ) < ε =⇒ | e−vn − e−ℓ |< ε.

Ainsi, de cette situation on déduit que la suite e−vn converge vers e−ℓ dans l’espace mé-
trique (R, d1 ). Et, comme on sait que la fonction logaritheme log(x) est continue (voir
Analyse I) ; on en déduit que la suite vn = −log(e−vn ) converge vers ℓ = −log(e−ℓ ) dans
l’espace métrique (R, d1 ).
Conclusion : les espaces métriques (R, d) et (R, d1 ) possèdent les mêmes suites conver-
gentes.
iii) Soit un ∈ R une suite de Cauchy dans l’espace métrique (R, d1 ).
D’après le chapitre 1 d’Analyse II, puisque on sait que l’espace métrique (R, d1 ) est com-
plet on en déduit que la suite un converge dans l’espace métrique (R, d1 ). D’autre part,
puisque la fonction e−x est continue il en résulte que la suite e−un converge dans l’espace
métrique (R, d1 ), et donc ; elle est de Cauchy dans l’espace métrique (R, d1 ).
Finalement, puisque par définition d’une suite de Cauchy on peut écrire :

(∀ε > 0)(∃n0 ∈ N)(∀n, m ∈ N), n > m > n0 =⇒ | e−un −e−um |< ε =⇒ d(un , um ) < ε

on voit que la suite un est aussi de Cauchy dans l’espace métrique (R, d).
iv) Si pour tout entier n ∈ N on pose vn = e−n on obtient une suite qui converge vers zéro
dans l’espace métrique (R, d1 ). Donc, vn = e−n est de Cauchy dans l’espace métrique
(R, d1 ). Par conséquent, d’après iii) ; on conclut que la suite un = n ∈ N est de Cauchy
dans l’espace métrique (R, d). C’est-à-dire :

∀ε > 0)(∃n0 ∈ N)(∀n, m ∈ N), n > m > n0 =⇒ d(m, n) =| e−n − e−m |< ε.

v) L’espace métrique (R, d) n’est pas complet parce que la suite un = n est de Cauchy
dans l’espace métrique (R, d) qui ne converge pas dans l’espace métrique (R, d). Car, si
on suppose qu’il existe un nombre réel ℓ ∈ R tel que

lim d(n, ℓ) = 0 =⇒ lim | e−n − e−ℓ |= e−ℓ = 0.


n→+∞ n→+∞

Mais, cette implication est fausse parce que la fonction exponentielle ex ne s’anulle jamais
sur R.
vi) Puisque on sait que l’espace métrique (R, d1 ) est complet et que maintenant l’espace
métrique (R, d) n’est pas complet on en déduit que les distances d et d1 ne peuvent pas
êtres équivalentes sur R.

A. BOUARICH 16 Analyse II, 2008/2009


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Note 2 : L’exercice 1.5 nous apprend que sur les espaces vectoriels réels de dimension
finie, Rn , on peut avoir les deux phénomènes suivants :

1. Il est possible de construire sur les Rn des distances non équivalentes.


2. Il est possible de construire une distance d : Rn × Rn → R+ qui induit un espace
métrique (Rn , d) non complet.

Exercice 1.6 Dans l’espace normé (Rm , N2 ) où m = 2 ou 3 ; trouver la nature topologique


(ouvert ou fermé) des sous-ensembles suivants :
A = {(x, y) ∈ R2 /1 < x2 + y 2 < 2}, B = {(x, y, z) ∈ R3 /0 6 x + y + z 6 1},
C = {(x, y) ∈ R2 / | x | + | y |6 1}, D = {(x, y, z) ∈ R3 /0 < x2 + y 2 + z 2 6 1}.

Solution 1.6 1) Le sous-ensemble A = {(x, y) ∈ R2 /1 < x2 + y 2 < 2} (couronne) qui


est limité dans le plan R2 par les deux cercles concentriques de centre (0, 0) et de rayon
1 et 2 est ouvert dans l’espace métrique (R2 , d2 ). Parce que si on considère une suite de
vecteurs (xn , yn ) 6∈ A qui converge vers (x, y) ∈ R2 on aura :

2
1

−2 −1 1 2
−1
−2

(xn )2 + (yn )2 6 1 ou (xn )2 + (yn )2 > 2 lim 2 2


(
=⇒x +y 6 1 ou x2 +y 2 > 2 =⇒ (x, y) 6∈ A.
lim xn = x et lim yn = y
n→+∞ n→+∞

2) Le sous-ensemble B = {(x, y, z) ∈ R3 /0 6 x + y + z 6 1} qui correspond à une bande


limitée par deux plans parallèles d’équations x + y + z = 0 et x + y + z = 1 est fermé dans
l’espace métrique (R3 , d2 ).

A. BOUARICH 17 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

x
b
y

En effet, si on considère une suite de vecteurs (xn , yn , zn ) ∈ B qui converge vers (x, y, z) ∈
R3 on en déduit que
(
0 6 xn + yn + zn 6 1 lim
=⇒ 0 6 x + y + z 6 1 =⇒ (x, y, z) ∈ B.
lim (xn , yn , zn ) = (x, y, z)
n→+∞

3) Le sous-ensemble C = {(x, y) ∈ R2 / | x | + | y |6 1} (losange) est fermé dans l’espace


métrique (R2 , d2 ) parce que pour toute suite de vecteurs un = (xn , yn ) ∈ C qui converge
vers (x, y) ∈ R2 on voit que :
lim
| xn | + | yn |6 1 =⇒ | x | + | y |6 1 =⇒ (x, y) ∈ C.

4) Dans l’espace métrique (R3 , d2 ) le sous-ensemble D = {(x, y, z) ∈ R3 /0 < x2 +y 2 +z 2 6


1} (boule pleinne privée de son centre) est ni ouvert ni fermé, car ; si on considère les deux
1 1
suites de vecteurs un = ( , 0, 0) ∈ D et vn = ( , 1, 0) 6∈ D on aura :
n n

 lim un = (0, 0, 0) 6∈ D =⇒ D n’est pas fermé
n→+∞
 lim vn = (0, 1, 0) ∈ D =⇒ D n’est pas ouvert
n→+∞
z

x y

A. BOUARICH 18 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Exercice 1.7 Démontrer que dans tout espace vectoriel normé (Rm , N) la boule ouverte
est un ouvert et que la boule fermée est un fermé.

Solution 1.7 Rappelons que la boule ouverte (resp. fermé) de centre a ∈ Rm et de rayon
R > 0 de l’espace vectoriel normé (Rm , N) est donnée par

B(a, R) = {x ∈ Rm /N(x − a) < R} (resp. B(a, R) = {x ∈ Rm /N(x − a) 6 R}).

i) Pour démontrer que la boule ouverte B(a, R) est ouverte dans l’espace vectoriel normé
(Rm , N) nous allons vérifier que la boule B(a, R) est voisinage de chacun de ses points.
C’est-à-dire, étant donné un point x ∈ B(a, R) alors il est possible de touver un réel r > 0
qui dépend de la position du point x et tel que la boule ouverte B(x, r) ⊆ B(a, R) (Voir la
figure 4).

x
b

R − N(a − x)
En effet, si pour la donnée d’un point x ∈ B(a, R) on pose r = on voit alors
2
que pour tout point y ∈ B(x, r) on a les inégalités suivantes :
R − N(a − x) R + N(a − x)
N(a−y) 6 N(a−x)+N(x−y) < N(a−x)+r = N(a−x)+ = < R,
2 2
qui impliquent que y ∈ B(a, R). D’où, B(x, r) ⊂ B(a, R).
ii) La boule fermée B(a, R) est un fermé de l’espace vectoriel normé (Rm , N). Parce que si
on considère une suite de vecteurs xn ∈ B(a, R) qui converge vers x ∈ Rm dans l’espace
normé (Rm , N) (i.e lim N(xn − x) = 0) on en déduit que pour tout entier n ∈ N,
n→+∞

lim
N(x−a) 6 N(x−xn )+N(xn −a) 6 N(xn −x)+R =⇒ N(x−a) 6 R =⇒ x ∈ B(a, R).

Exercice 1.8 On désigne par C([−1, 1], R) l’espace vectoriel réel des fonctions continues
sur le segment [−1, 1]. Pour toute fonction continue f : [−1, 1] → R on pose,
sZ
Z 1 1
kf k1 = | f (x) | dx et kf k2 = | f (x) |2 dx.
−1 −1

A. BOUARICH 19 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

1) Soient a < b deux réels et f : [a, b] → R une fonction continue. Démontrer que si au
point t0 ∈ [a, b] on a f (t0 ) 6= 0 alors il existe deux nombre réels δ > 0 et ε > 0 tels que,
∀t ∈ [a, b], | t − t0 |< ε =⇒
| f (t) |> δ.
Z b
2) En déduire que si f : [a, b] → R est continue et telle que | f (x) | dx = 0 alors
a
f (x) = 0, ∀x ∈ [a, b].
3) Montrer que la fonction k · k1 : C([−1, 1], R) → R+ est une norme.
4) Montrer que pour tout couple de fonctions continues f et g ∈ C([−1, 1], R) on a l’in-
Z 1
égalité de Cauchy-Shwartz, | f (x)g(x) | dx 6 kf k2 kgk2 .
−1
 2
Indication : On pourra utiliser le trinôme positif, P(t) = ktf − gk2 > 0, ∀t ∈ R.
5) En déduire que la fonction k · k2 : C([−1, 1], R) → R+ vérifie l’inégalité triangulaire et
qu’il s’agit d’une norme.
6) En utilisant l’inégalité de Cauchy-Shwartz (cf. 4), montrer que pour toute fonction

continue f ∈ C([−1, 1], R) on a l’inégalité, kf k1 6 2kf k2 .
7) Pour tout entier n ∈ N et tout réel x ∈ [−1, 1] on pose fn (x) = xn . Calculer kfn k1 et
kfn k2 et en déduire que les deux normes k·k1 et k·k2 ne sont pas équivalentes sur l’espace
vectoriel C([−1, 1], R).
8) Pour tout entier n > 0 on définit une fonction gn : [−1, 1] → R par les expressions,


 0, si x ∈ [−1, 0]
1


gn (x) = nx, si x ∈]0, ]
n

 1
 1, si x ∈] , 1].

n
i) Tracer le graphe de la fonction gn et en déduire que gn est continue sur [−1, 1].
ii) Montrer que la suite de fonctions gn est de Cauchy dans l’espace normé
(C([−1, 1], R), k · k2 ).
iii) Montrer que la suite gn n’a pas de limite dans l’espace normé (C([−1, 1], R), k · k2 ). En
déduire que (C([−1, 1], R), k · k2 ) n’est pas complet.

Solution 1.8 1) Soit f : [a, b] → R une fonction continue ; et soit t0 ∈ [a, b] tel que f (t0 ) 6= 0.
f (t0 )
Pour fixer les idées supposons que f (t0 ) > 0 et posant δ = > 0.
2
Ainsi, puisque f est continue au point t0 il existe donc un réel ε > 0 tel que pour tout
t ∈ [a, b] qui vérifie l’inégalité :
f (t0 ) f (t0 ) f (t0 )
| t − t0 |< ε =⇒| f (t) − f (t0 ) |< δ = =⇒ − + f (t0 ) < f (t) < f (t0 ) + .
2 2 2
f (t0 )
Par conséquent, on voit qu’en prenant δ = > 0 on a trouvé ε > 0 tel que
2
f (t0 )
∀t ∈ [a, b], | t − t0 |< ε =⇒ 0<δ= < f (t) =| f (t) | .
2

A. BOUARICH 20 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

2) Montrons que si pour une fonction continue f : [a, b] → R l’intégrale simple


Z b
f (t)dt = 0 alors f (t) = 0, ∀t ∈ [a, b].
a
En effet, si on suppose que f 6= 0 on pourra trouver un réel t0 ∈ [a, b] tel que f (t0 ) > 0
(par exemple). Ainsi, d’après 1) il existe un réel ε > 0 tel que
f (t0 )
∀t ∈ [a, b], | t − t0 |< ε =⇒ 0 < < f (t).
2
Maintenant, si on intègre les deux membres de l’inégalité précédente sur l’intervalle

] − ε + t0 , t0 + ε[= {t ∈ [a, b]/ | t − t0 |< ε} ⊆ [a, b]

on obtient
t0 +ε t0 +ε t0 +ε
f (t0 )
Z Z Z
dt 6 f (t)dt =⇒ 0 < εf (t0 ) 6 f (t)dt.
−ε+t0 2 −ε+t0 −ε+t0
Z t0 +ε Z 1
Ainsi, comme 0 < f (t)dt 6 | f (t) | dt on en déduit la double inégalité suivante,
−ε+t0 0
Z 1
0 < εf (t0 ) 6 | f (t) | dt = 0,
0

qui conduit à la contradiction : 0 < εf (t0 ) 6 0.


Par conséquent, pour tout réel t ∈ [0, 1], f (t) = 0.
3) Montrons que la fonction k · k1 : C([−1, 1], R) → R+ est une norme.
- Séparation : Est conséquence de la question 2) avec a = −1 et b = 1.
- Homogénéité : Pour tout réel λ et pour toute fonction continue f : [−1, 1] → R on peut
écrire : Z 1 Z 1
kλf k1 = | λf (t) | dt =| λ | | f (t) | dt =| λ | kf k1 .
−1 −1

- Inégalité triangulaire : Pour tout couple de fonctions continues f et g : [−1, 1] → R on


peut écrire que pour tout réel t ∈ [−1, 1] on a,
Z 1 Z 1
| f (t) + g(t) |6| f (t) | + | g(t) | =⇒ | f (t) + g(t) | dt 6 (| f (t) | + | g(t) |)dt
−1 −1
=⇒ kf + gk1 6 kf k1 + kgk1 .

4) Pour tout couple d’éléments f et g ∈ C([−1, 1], R) et pour tout réel t ∈ R posons
 2 Z 1
P(t) = ktf − gk2 = | tf (x) − g(x) |2 dx
−1
Z 1 Z 1 Z 1
2 2
= t | f (x) | dx − 2t f (x)g(x)dx + | g(x) |2 dx > 0.
−1 −1 −1

Ainsi, puisque la fonction t → P(t) est un trinôme positif on en déduit que son discrimi-
nant réduit
Z 1 Z 1 Z 1
′ 2 2
∆ = f (x)g(x)dx) − | f (x) | dx | g(x) |2 dx 6 0.
−1 −1 −1

A. BOUARICH 21 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Par conséquent, en remplaçant f par | f | et g par | g | dans l’expression de ∆′ on obtient


l’inégalité de Cauchy-Shwartz :
sZ sZ
Z1 1 1
| f (x)g(x) | dx 6 | f (x) |2 dx | g(x) |2 dx = kf k2 kgk2 .
−1 −1 −1

5) Montrons que la fonction k · k2 : C([−1, 1], R) → R+ est une norme.


sZ
1
- Séparation : Si pour un élément f ∈ C([−1, 1], R) on a kf k2 = | f (x) |2 dx = 0
−1
alors, comme dans la question 2 ; on en déduit que f (t) = 0, ∀t ∈ [−1, 1].
- Homogénéité : Pour tout λ ∈ R et pour tout f ∈ C([−1, 1], R) on a,
sZ sZ
1 1
kλf k2 = | λf (x) |2 dx =| λ | | f (x) |2 dx = λkf k2 .
−1 −1

- Inégalité triangulaire : Pour tout couple de fonctions f et g ∈ C([−1, 1], R) on peut


écrire :
 2 Z 1
kf + gk2 = f (t) + g(t))2 dt
−1
Z 1 Z 1  
2
= f (x) + 2 f (x)g(x) dx + g(x)2 dx
−1 −1
Z 1 Z 1
2
6 f (x) dx + 2kf k2 kgk2 + g(x)2 dx (Cauchy-Shwartz)
−1 −1
6 (kf k2 + kgk2 )2 .

Ainsi, en appliquant la racine carrée sur cette inégalité on obtient l’inégalité triangulaire

kf + gk2 6 kf k2 + kgk2 .

6) Observons que si on applique l’inégalité de Cauchy-Shwartz sur un couple de fonc-


tions continues f et g ∈ C([−1, 1], R) avec g(t) = 1, ∀t ∈ [−1, 1] ; on obtient l’inégalité
demandée :
sZ sZ
Z 1 1 1 √
| f (x) | dx 6 | f (x) |2 dx dx =⇒ kf k1 6 2kf k2 .
−1 −1 −1

7) Les deux normes k · k1 et k · k2 : C([−1, 1], R) → R+ ne sont pas équivalentes. Parce que
s’il existe deux réels α > 0 et β > 0 tels que pour tout f ∈ C([0, 1], R) on a αkf k2 6 kf k1 6
βkf k2 , alors en prenant la suite de fonctions continues fn (x) = xn avec x ∈ [−1, 1] ; on
aura
r p
2 2 2(2n + 1)
αkfn k2 6 kfn k1 =⇒ α 6 =⇒ 0 < α 6 .
2n + 1 n+1 n+1

Par conséquent, si dans la dernière inégalité on fait tendre l’entier n vers l’infini on
conclut que le réel α = 0. Or, ceci contredit le fait que α > 0.

A. BOUARICH 22 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

8) Pour tout entier n ∈ N considérons la fonction gn : [−1, 1] → R définie par les expres-
sions :


 0, si x ∈ [−1, 0]
1


gn (x) = nx, si x ∈]0, ]
n

 1
 1, si x ∈] , 1].

n
1
i) Puisque la fonction gn (x) est constante sur les intervalles [−1, 0] et ] , 1] et qu’elle coïn-
n
1
cide avec la droite d’équation y = nx sur ]0, ] ; son graphe a l’allure suivante :
n

y
1

x
1
−1 n 1

La fonction gn est continue sur le segment [−1, 1] car elle est continue sur les intérvalles
1 1
[−1, 0[, ]0, ] et [ , 1] et on a aussi
n n
lim gn (x) = lim gn (x) = 0 et lim gn (x) = lim gn (x) = 1.
x→0− x→0+ 1 − 1 +
x→( ) x→( )
n n

ii) Pour la donnée d’un couple d’entiers n > m > 0 calculons la norme kgm − gn k2 :

y
1

x
1 1
−1 nm 1

 2 Z 1  2
kgm − gn k2 = gm (x) − gn (x) dx
−1
Z 0  2 Z 1/n  2
= gm (x) − gn (x) dx + gm (x) − gn (x) dx
−1 0
Z 1/m   Z 1  2
2
+ gm (x) − gn (x) dx + gm (x) − gn (x) dx
1/n 1/m

A. BOUARICH 23 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Z 1/n Z 1/m
2
= (mx − nx) dx + (1 − mx)2 dx
0 1/n
1/m
(n − m)2
Z
= + (1 − mx)2 dx
3n3 1/n
1/m
1 m
Z
= (1 − )2 + (1 − mx)2 dx.
3n n 1/n

Observons d’abord que pour le couple d’entiers 1 6 m 6 n on voit que pour tout réel
1 1
x ∈ R tel que 6 x 6 on a les inégalités :
n m
Z 1/m
m m 1 1
0 6 1 − mx 6 1 − 6 1 =⇒ (1 − mx)2 6 (1 − )2 6 1 =⇒ (1 − mx)2 dx 6 − .
n n 1/n m n

Ainsi, grâce à cette dernière inégalité on voit que nous avons :


 2 1 m 1 1 1 1 1 1 2 1
kgm − gn k2 6 (1 − )2 + − 6 + − = − < .
3n n m n 3n m n m 3n m
En fait, comme ci-dessus, si on suppose que les entiers m et n ∈ N vérifient 1 6 n 6 m on
en déduit que nous avons :
 2 1
kgm − gn k2 < .
n
De là on voit que nous avons en général l’inégalité suivante :
1 1
kgm − gn k2 < max( √ , √ ), ∀n, m ∈ N∗ .
n m
1
Finalment, puisque on sait que lim √ = 0 on peut donc écrire :
n→+∞ n
1 1
(∀ε > 0)(∃n0 ∈ N∗ )(∀n, m ∈ N∗ ), n > n0 et m > n0 =⇒ √ < ε et √ < ε =⇒ kgm −gn k2 < ε.
n m
Donc, la suite gn est de Cauchy danns l’espace vectoriel normé (C([−1, 1], R), k · k2 ).
iii) La suite gn ne converge pas dans l’espace vectoriel normé (C([−1, 1], R), k · k2 ).
Parce que si on suppose qu’il existe une fonction continue g : [−1, 1] → R telle que
lim kgn − gk2 = 0 on voit alors que l’expression,
n→+∞
 2 Z 1  2
kgn − gk2 = gn (x) − g(x) dx
−1
1
Z 0 Z
n
Z 1
2 2
= | g(x) | dx + | nx − g(x) | dx + | 1 − g(x) |2 dx
1
−1 0 n
Z 0
implique qu’on a | g(x) |2 dx = 0. Donc, d’après 2) ; pour tout x ∈ [−1, 0], g(x) = 0.
−1
Z 1  2
De même, puisque pour tout entier n > 1 on a | 1 − g(x) |2 dx 6 kgn − gk2 on en
1
n
Z 1
1
déduit aussi que | 1 − g(x) |2 dx = 0 implique que pour tout x ∈ [ , 1], g(x) = 1.
1 n
n
Donc, pour tout x ∈]0, 1], g(x) = 1.

A. BOUARICH 24 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Ainsi, puisque nous avons lim g(x) = 0 6= lim g(x) = 1 cela implique que la fonction
x→0− x→0+
g : [−1, 1] → R n’est pas continue au point x = 0. Or, ceci contredit le fait que la fonction
g est supposée continue sur tout le segment [−1, 1].
Maintenant, puisque dans l’espace vectoriel normé (C([−1, 1], R), k · k2 ) nous avons une
suite de Cauchy gn qui ne converge pas dans (C([−1, 1], R), k · k2 ) on conclut qu’il est non
complet.

Note 3 : De l’exercice 1.8 on tire deux conclusions importantes :

1. Sur les espaces vectoriels réels de dimension infinie il existe des normes non équi-
valentes.
2. Un espace vectoriel normé de dimension infinie peut être non complet.

A. BOUARICH 25 Analyse II, 2008/2009


C HAPITRE D EUX

L IMITE ET CONTINUITÉ

Objectifs : Cette feuille de travaux dirigés est entièrement consacrée


au calcul des limites des fonctions réelles à plusieures variables réelles.
Elle propose à l’étudiant des exercices qui lui donne une vue d’en-
semble sur les méthodes classiques qui servent à décider sur la nature
d’existence d’une limite. Parmi les méthodes, que vous rencontrez ci-
dessous, permetant de prouver la non existence de la limite en un cer-
tain point on peut citer :
1. Si deux suites de vecteurs un et vn tendent vers a telles que
lim f (un ) 6= lim f (vn ) alors la limite absolue de f au point a
n→+∞ n→+∞
n’existe pas.
2. Si A et B sont deux sous-ensembles du domaine de définition de
f tel que a ∈ A ∩ B et avec x→a lim f (x) alors la limite
lim f (x) 6= x→a
x∈A x∈B
absolue de f au point a n’existe pas.
3. Pour les fonction à deux variables f (x, y), si la limite de f suivant
les droites Dθ = {(r cos(θ) + x0 , r sin(θ) + y0 )/r ∈ R+ } donne une
valeur qui dépend de l’angle θ ∈ [0, 2π] alors la limite absolue de
f au point a = (x0 , y0 ) n’existe pas.
4. Notons que la méthode décrite dans 3) qui effectue un change-
ment aux coordonnées polaires, pour certaines fonctions ; elle est
inefficace ! Plus précisément, il se peut que la limite par rapport
aux coordonnées polaires existe en un point a sans que la limite
absolue n’existe au point a (Voir l’exercice 2.3).

26
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Dans tout le chapitre, on munit l’espace vectoriel réel Rn par la norme euclidiènne,

∀(x1 , · · · , xn ) ∈ Rn ,
p
N2 (x1 , · · · , xn ) = (x1 )2 + · · · + (xn )2 ,

sauf mention du contraire. De même, étant donné un vecteur x ∈ Rn ; on préfère désigner


la norme N2 (x) par le symbole kxk := N2 (x). Ainsi, en conséquence de cette notation, la
distance entre deux vecteurs x et y ∈ Rn relativement à la distance d2 associée à la norme
N2 sera désignée par, d2 (x, y) = kx − yk.

2.1 Limites d’une application de plusieurs variables réelles

2.1.1 Limites d’une fonction de plusieurs variables réelles

Définition 9. Soit U ⊂ Rm une partie ouverte non vide et f : U → R une fonction. On dira que
la fonction f : U → R tend vers l ∈ R lorsque le point x ∈ U tend vers x0 ∈ Rm si,

(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀x ∈ U), kx − x0 k < η =⇒ | f (x) − l |< ε. (2.1)

(0) (0)
En écrivant x = (xi , · · · , xm ) et x0 = (x1 , · · · , xm ) ∈ Rm et en partant de l’inégalité,
(0)
∀1 6 i 6 m, | xi − xi |6 kx − x0 k

on montre que la définition de la flite au point x0 peut être reformuler comme suit :

(0)
(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀x ∈ U), | x1 − x1 |< η, · · · , | xm − x(0)
m |< η =⇒ | f (x) − l |< ε.

Notons aussi que le réel l qui intervient dans la définition est unique parce que si on
| l − l′ |
suppose qu’il existe un autre réel l′ 6= l, alors en posant ε = ; la définition de la
4
limite permte de trouver un réel η > 0 pour lequel on a les inégalités,


 | f (x) − l | < ε = | l − l |

∀x ∈ U, kx − x0 k < η =⇒ 4 ′
 | f (x) − l′ | < ε = | l − l |

4

Ainsi, par sommation membre à membre et grâce à l’inégalité triangulaire on obtient la


| l − l′ | 1
contradiction : | l − l′ |6| l − f (x) | + | f (x) − l′ |< 2ε = =⇒ 1 < .
2 2
L’unique nombre réel l ∈ R vers lequel la fonction f tend lorsque le point x ∈ U tend vers
x0 ∈ Rm s’appelle limite de f au point x0 et se note lim f (x) = l.
x→x0

Théorème 6. Soit U ⊂ Rm une partie ouverte ; et soit f : U → R une fonction qui dépend de
m variables réelles. Pour que la fonction f tend vers le réel L ∈ R au point x0 ∈ Rm il faut et il
suffit que toute suite de vecteurs un ∈ U qui converge vers x0 la suite image f (un ) tend vers l.

A. BOUARICH 27 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

2.1.2 Opérations algébriques sur les limites

Étant donné un ouvert non vide U ⊂ Rm et un couple de fonctions f, g : U → R qui


possèdent une limite finie au point x0 ∈ Rm on vérifie qu’on a les formules suivantes,
1. Somme : lim (f (x) + g(x)) = lim f (x) + lim g(x).
x→x0 x→x0 x→x0
2. Produit : lim (f (x)g(x)) = [ lim f (x)][ lim g(x)].
x→x0 x→x0 x→x0
1 1
3. Inverse : Si lim g(x) 6= 0 alors lim = .
x→x0 x→x0 g(x) lim g(x)
x→x0

Proposition 5. Soit U ⊂ Rmun ouvert non vide et f, g, h : U → R des fonctions telles que pour
tout x ∈ U on f (x) 6 h(x) 6 g(x). Si au point x0 ∈ Rm les fonctions f, g : U → R tendent
vers la même limite L ∈ R alors lim h(x) = L. En particulier, si la fonction f : U → R tend
x→x0
vers zéro au point x0 ∈ Rm et si g : U → R est une fonction bornée alors la fonction produit
f (x)g(x) tend vers zéro au point x0 .

2.1.3 Mise en garde

Théorème 7 (Limite suivant une sous partie). Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide et f : U → R
une fonction. Si la fonction f tend vers le réel L au point a ∈ Rm alors pour toute partie non vide
A ⊆ U telle que a ∈ A on a,
lim f (x) = L.
x→a
x∈A

Le théorème 7 est en fait très utile pour prouver que la limite absolue lim f (x) n’existe
x→a
pas. Plus précisément, s’il existe deux parties non vides A ⊂ U et B ⊂ U qui vérifient
a ∈ A ∩ B et telles que les limites,

lim f (x) 6= x→a


x→a
lim f (x),
x∈A x∈B

de là on déduit grâce au théorème 7 que la limite absolue lim f (x) n’existe pas (Voir
x→a
l’exercice 2.3).

Théorème 8 (Formule des limites partielles). Soit U ⊂ R2 un ouvert non vide et f : U →


R une fonction. Si la fonction f tend vers le réel L au point (x0 , y0 ) ∈ R2 alors les fonctions
partielles x → f (x, y0 ) et y → f (x0 , y) tendent simultanément vers L lorsque x et y tendent
respectivement vers x0 et y0 . Autrement dit, on a
(
limx→x0 f (x, y0 ) = L
lim f (x, y) = L =⇒ (2.2)
(x,y)→(x0 ,y0 ) limy→y0 f (x0 , y) = L.

Théorème 9 (Formule de la double limite). Soit U ⊂ R2 un ouvert non vide. Soit f : U → R


une fonction qui tend vers le réel L ∈ R au point (x0 , y0 ) ∈ R2 . Si pour tout réel x (resp. y)
proche de x0 (resp. y0 ) on a,

lim f (x, y) = L(y) ∈ R et lim f (x, y) = M(x) ∈ R,


x→x0 y→y0

A. BOUARICH 28 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

alors on a la formule :

lim [ lim f (x, y)] = lim [ lim f (x, y)] = L. (2.3)


y→y0 x→x0 x→x0 y→y0

2.1.4 Deux généralisation de la notion de limite

A) Limite infinie et limite à l’infini


Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide et f : U → R une fonction.

1. On dira que la fonction f tend vers le réel l ∈ R lorsque le point x ∈ U tend vers
l’infini ∞ si on a,

(∀ε > 0)(∃A > 0)(∀x ∈ U), kxk > A =⇒| f (x) − l |< ε.

2. On dira que la fonction f tend vers +∞ (resp. −∞) lorsque le point x ∈ U tend vers
le point x0 ∈ Rm si on a,

(∀B > 0)(∃η > 0)(∀x ∈ U), kx − x0 k < η =⇒ f (x) > B ( resp. f (x) < −B).

3. On dira que la fonction f tend vers +∞ (resp. −∞) lorsque le point x ∈ U tend vers
l’infini ∞ si on a,

(∀A > 0)(∃B > 0)(∀x ∈ U), kxk > B =⇒ f (x) > A ( resp. f (x) < −A).

B) Limite d’une application de plusieurs variables réelles

Définition 10. Soit U ⊂ Rm un ouvert et f : U → Rp une application vectorielle. On dira que


l’application f : U → Rp tend vers le vecteur L ∈ Rp quand le vecteur x ∈ U tend vers x0 ∈ Rm
si on a,

(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀x ∈ U)kx − x0 k < η =⇒ kf (x) − Lk < ε. (2.4)

En procédant comme dans le cas des fonctions réelles de plusieurs variables réelles, on
montre que le vecteur L ∈ Rp vers lequel l’application f : U → Rp converge au point
x0 ∈ Rm est unique. Le vecteur L s’appelle limite de la fonction f (x) au point x0 et se
note, lim f (x) = L.
x→x0
Notons que si on munit l’espace vectoriel réel Rp par sa base canonique (e1 , · · · , ep ) alors
pour tout vecteur x ∈ U la valeur de l’application f : U → Rp s’écrit comme sous la
forme,
f (x) = f1 (x)e1 + f2 (x)e2 · · · + fp (x)ep = (f1 (x), · · · , fp (x)) ∈ Rp

où les expressions f1 , · · · , fp : U → R sont des fonctions réelles que l’on appelle compo-
santes de l’application vectorielle f : U → Rp .

Théorème 10. Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide et f : U → Rp une application de composantes


f1 , f2 · · · fp : U → R. Alors les propositions suivantes sont équivalentes,

A. BOUARICH 29 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

1. L’application f : U → Rp tend vers le vecteur L = (l1 , · · · , lp ) ∈ Rp au point x0 ∈ Rm .


2. Les composantes f1 , · · · , fp : U → R de l’application f : U → Rp tendent respectivement
au point x0 ∈ Rm vers les nombres réels l1 , · · · , lp .
En conséquence, on a la formule

lim f (x) = lim (f1 (x), · · · , fp (x)) = ( lim f1 (x), · · · , lim fp (x)). (2.5)
x→x0 x→x0 x→x0 x→x0

2.2 Continuité d’une application de plusieurs variables réelles

Définition 11. Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide et f : U → Rp une application vectorielle. On


dira que l’application f : U → Rp est continue au point x0 ∈ U si on a,

(∀ε > 0)(∃η > 0), (∀x ∈ U)kx − x0 k < η =⇒ kf (x) − f (x0 )k < ε. (2.6)

En se basant sur les théorèmes 6 et 10 on déduit qu’on a le théorème suivant :

Théorème 11. Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide et f : U → Rp une application vectorielle.


Alors les propositions suivantes sont équivalentes,
1. L’application f : U → Rp est continue au point x0 ∈ U.
2. Au point x0 ∈ U on a lim f (x) = f (x0 ).
x→x0
3. Pour toute suite de vecteurs un ∈ U qui converge vers x0 ∈ U on a,

lim f (un ) = f ( lim un ) = f (x0 ). (2.7)


n→+∞ n→+∞

En conséquence, l’application f = (f1 , · · · , fn ) : U → Rp est continue au point x0 si et seulement


si toutes ses composantes f1 , · · · , fp : U → R sont continues au point x0 .

A. BOUARICH 30 Analyse II, 2008/2009


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2.3 Exercices avec solutions

Exercice 2.1 On désigne par f : R → R la fonction définie par les expressions suivantes :

 x2 sin( 1 ), si x 6= 0
f (x) = x
 0, si x = 0.

1) Démontrer que la fonction f (x) est dérivable sur R.


2) Vérifier que la fonction F : R2 → R définie par les expressions suivantes :

 f (x) − f (y) , si x 6= y

F(x, y) = x−y
f ′ (x), si x = y

n’a pas de limite au point (0, 0).


Indication : On pourra construire deux suites de vecteurs un et vn ∈ R2 qui tendent vers
(0, 0) et dont les suites images associées F(un ) et F(vn ) ont des limites différentes.

1
Solution 2.1 1) Puisque les fonction x2 , sin et sont dérivables sur R∗ il en résulte que f
x
1 1
est lui même dérivable sur R∗ avec, f ′ (x) = 2x sin( ) − cos( ), ∀x 6= 0.
x x
Pour voir est-ce que la fonction f (x) est dérivable au point x = 0 on doit étudier la limite
de son taux d’accroissement au point x = 0 qui est défini par :

f (x) − f (0)  1 
lim = lim x sin( ) = 0 = f ′ (0).
x→0 x−0 x→0 x
x6=0 x6=0

Donc, la fonction f (x) est dérivable sur la droite réelle R.


1 1
2) Observons que si on considère les deux suites de vecteurs un = ( , ) et vn =
2nπ 2nπ
1 1
( , ) qui tendent vers (0, 0) on aura les deux limites suivantes :
2nπ 2nπ + π/2
1
lim F(un ) = lim f ′ (
) = −1
n→+∞ n→+∞ 2nπ
1 1 1
f( ) − f( ) −( )2
2nπ 2nπ + π/2 2nπ + π/2 2
lim F(vn ) = lim = lim =−
n→+∞ n→+∞ 1 1 n→+∞ π/2 π

2nπ 2nπ + π/2 2nπ(2nπ + π/2)

Ainsi, comme on a maintenant lim F(un ) 6= lim F(vn ) on en déduit que la fonction
n→+∞ n→+∞
F(x, y) n’a pas de limite au point (0, 0).

A. BOUARICH 31 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Exercice 2.2 Sur l’ouvert R2 \ {(0, 0)} on définit une fonction par l’expression :

x2 − 5xy + y 2 + 3x3 + 2y 3
f (x, y) = .
x2 + y 2

1) Au point (0, 0) calculer les deux limites partielles lim f (x, 0) et lim f (0, y) ainsi que
x→0 y→0
x6=0 y6=0
les deux limites doubles lim [ lim f (x, y)] et lim [lim f (x, y)].
y→0 x→0 x→0 y→0
2) Que peut-on dire de la limite absolue lim f (x, y) ?
(x,y)→(0,0)

Solution 2.2 1) Puisque pour tous les couples (x, 0) et (0, y) ∈ R2 \ {(0, 0)} on a f (x, 0) =
1 + 3x et f (0, y) = 1 + 2y on déduit que les limites partielles de la fonction f (x, y) au point
(0, 0) sont données par :

lim f (x, 0) = 1 et lim f (0, y) = 1.


x→0 y→0
x6=0 y6=0

De même, puisque pour tout (x, y) ∈ R2 \ {(0, 0)} on a

y 2 + 2y 3

lim f (x, y) = = 1 + 2y

 
y2  lim [ lim f (x, y)] = 1

 x→0

y6=0 y→0 x→0
=⇒
x2 + 3x3  lim [lim f (x, y)] = 1.
lim f (x, y) = = 1 + 3x

x→0 y→0

x2

 y→0

x6=0

x2 − 5xy + y 2 + 3x3 + 2y 3
2) La fonction f (x, y) = n’a pas de limite au point (0, 0) parce
x2 + y 2
que si on considère les deux sous-ensembles A = {(x, x) ∈ R2 /x 6= 0} et B = {(x, −x) ∈
R2 /x 6= 0} on obtient deux limites :
 −3 + 5x  3
lim f (x, y) = lim f (x, x) = lim =−
(x,y)→(0,0) x→0 x→0 2 2
(x,y)∈A x6=0

et 7 + x 7
lim f (x, y) = lim f (x, −x) = lim =
(x,y)→(0,0) x→0 x→0 2 2
(x,y)∈B x6=0

qui sont distinctes.

Note 1 : L’exercice 2.2 nous apprend que si une fonction f (x, y) possède au point (x0 , y0 )
des limites partiellles et des limites doubles qui sont égales cela ne garentie pas l’existence
de la limite absolue de f (x, y) au point (x0 , y0 ).

A. BOUARICH 32 Analyse II, 2008/2009


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Exercice 2.3 Soit f : R2 → R une fonction définie par les expressions suivantes :
2
 2x y , si (x, y) 6= (0, 0)

f (x, y) = x4 + y 2
0, si (x, y) = (0, 0).

1) Trouver la limite de la fonction f (x, y) au point (0, 0) suivant les deux sous-ensembles

A = {(x, x) ∈ R2 /x 6= 0} et B = {(x, x2 ) ∈ R2 /x 6= 0}.

2) Que peut-on dire de la limite absolue de la fonction f (x, y) au point (0, 0) ?

Solution 2.3 1) Puisque la restriction de la fonction f (x, y) sur le sous-ensemble A =


{(x, x) ∈ R2 /x 6= 0} prend l’expression,
2x3 2x
∀(x, y) ∈ A, f (x, y) = f (x, x) = 4 2
= 2 ,
x +x x +1
cela implique que la limite suivant le sous-ensemble A est égale à :

lim f (x, y) = lim f (x, x) = 0.


(x,y)→(0,0) x→0
(x,y)∈A

De même, puisque la restriction de la fonction f (x, y) sur le sous-ensemble B = {(x, x2 ) ∈


R2 /x 6= 0} prend l’expression,
2x4
∀(x, y) ∈ B, f (x, y) = f (x, x2 ) = = 1,
x4 + x4
on en déduit donc que la limite suivant le sous-ensemble B est égale à :

lim f (x, y) = lim f (x, x2 ) = 1.


(x,y)→(0,0) x→0
(x,y)∈B

2) La limite absolue de la fonction f (x, y) au point (0, 0) n’existe pas parce que d’après 1)
la fonction f (x, y) possède deux limites distinctes suivant la droite A = {(x, y) ∈ R2 /y =
x} et suivant la parbole B = {(x, y) ∈ R2 /y = x2 } :

lim f (x, y) = 0 6= lim f (x, y) = 1.


(x,y)→(0,0) (x,y)→(0,0)
(x,y)∈A (x,y)∈B

Note 2 : Dans le plan R2 tout point (x, y) peut être représenté par le système suivant
(
x = r cos(θ) + x0
y = r sin(θ) + y0

où le couple de paramètres (r, θ) ∈ R+ ×[0, 2π] s’appellent coordonnées polaires de centre


(x0 , y0 ).

A. BOUARICH 33 Analyse II, 2008/2009


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y0 θ

(0, 0) x0 x

Géométriquement, le réel r = (x − x0 )2 + (y − y0 )2 mesure la distance entre le point


p

(x0 , y0 ) et le point (x, y) tandis que le réel θ ∈ [0, 2π] est égal à l’angle limité par les
deux segments [(x0 , y0 ), (x, y0 )] et [(x0 , y0 ), (x, y)] que l’on mesure en tournant dans le
sens trigonométrique (Voir la figure).
Notons que si pour une certaine fonction f : R2 → R la limite absolue existe

lim f (x, y) = ℓ ∈ R
(x,y)→(x0 ,y0 )

cela on peut le traduire en coordonnées cartésiennes par :

(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀(x, y) ∈ R2 ),


p
(x − x0 )2 + (y − y0 )2 < η =⇒| f (x, y) − ℓ |< ε.

Donc, si on passe en coordonnées polaires de centre (x0 , y0 ) on obtient :

(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀(r, θ) ∈ R+ ×[0, 2π]), 0 6 r < η =⇒| f (r cos(θ)+x0 , r sin(θ)+y0 )−ℓ |< ε.

En effet, la dernière ligne veut dire que la limite de la fonction f (x, y) au point (x0 , y0 )
suivant toute droite qui passe par le point (x0 , y0 ),

Dθ = {(r cos(θ) + x0 , r sin(θ) + y0 ) ∈ R/r ∈ R+ },

est égale à la limite absolue de f (x, y) au point (x0 , y0 ). Ceci, signifie donc que pour tout
réel θ ∈ [0, 2π] l’implication suivante est varie :

lim f (x, y) = ℓ =⇒ lim f (x, y) = lim f (r cos(θ)+x0 , r sin(θ)+y0 ) = ℓ.


(x,y)→(x0 ,y0 ) (x,y)→(x0 ,y0 ) r→0
(x,y)∈Dθ

En général, la réciproque de la dernière implication n’est pas vraie. C’est-à-dire, il peut


arriver que les limites d’une fonction f (x, y) au point (x0 , y0 ) suivante toutes les droites
de type Dθ = {(r cos(θ) + x0 , r sin(θ) + y0 ) ∈ R/r ∈ R+ }, (i.e passage aux coordonnées
polaires) existent et sont égales sans que la limite absolue de la fonction f (x, y) n’existe
au point (x0 , y0 ).
2x2 y
Pour mieux comprendre ce phénomène considérons la fonction, f (x, y) = 4 , étu-
x + y2
diée dans l’exercice 2.3 et dont la limite absolue n’existe pas au point (0, 0). Mais, malgré
2x2 y
cela ; observons que si on calcule la limite de f (x, y) = 4 au point (0, 0) suivant les
x + y2

A. BOUARICH 34 Analyse II, 2008/2009


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droites Dθ = {(r cos(θ), r sin(θ)) ∈ R/r ∈ R∗+ } (i.e passage aux coordonnées polaires) on
trouve que :

2(r cos(θ))2 (r sin(θ)) 2r(cos(θ))2 sin(θ)


lim f (x, y) = lim = lim = 0, ∀θ ∈ [0, 2π].
(x,y)→(0,0) r→0 (r cos(θ))4 + (r sin(θ))2 r→0 r 2 (cos(θ))4 + (sin(θ))2
(x,y)∈Dθ r6=0 r6=0

En conséquence de ce exemple on conclut que si le passage en coordonnées polaires de


centre (x0 , y0 ) dans une expression f (x, y) donne une valeur qui ne dépend pas de l’angle
θ cela n’implique pas que la limite absolue de f (x, y) existe au point (x0 , y0 ).
Notons qu’en effet, le changement des coordonnées cartésiennes (x, y) par les coorodon-
nées polaires (r, θ) est efficace pour prouver que la limite absolue n’existe pas dans cer-
taines cas.
x2 − y 2
Par exemple, la fonction g(x, y) = 2 n’a pas de limite au point (0, 0) parce que ses
x + y2
limites au point (0, 0) suivant toutes les droites, Dθ = {(r cos(θ), r sin(θ)) ∈ R/r ∈ R∗+ },

(r cos(θ))2 − (r sin(θ))2
lim g(x, y) = lim = (cos(θ))2 − (sin(θ))2
(x,y)→(0,0) r→0 (r cos(θ))2 + (r sin(θ))2
(x,y)∈Dθ r6=0

dépend de l’angle θ ∈ [0, 2π].

Exercice 2.4 Calculer les limites suivantes ou montrer qu’elles n’existent pas :
x+y x3 + y 3 p x+y
1) lim p , lim 2 2
, lim x2 + y 2 sin( ).
(x,y)→(0,0) x2 + y 2 (x,y)→(0,0) x + y (x,y)→(0,0) y−x
x3 − y 3 sin(x + y)
2) lim , lim , lim ex−y .
(x,y)→∞ x2 + y 2 (x,y)→∞ x2 + y 2 (x,y)→∞

Solution 2.4 a) Étude des limites ordinaires.


x+y
1) Étudions la nature de la limite f1 (x, y) avec f1 (x, y) = p
lim .
(x,y)→(0,0) x2 + y 2
Cette limite n’existe pas et pour le prouver il y a au moins deux méthodes. La première
1 1
méthode consiste à considérer les deux suites de vecteurs un = ( , 0) et vn = (0, − ) qui
n n
tendent vers zéro et remarquer que

1/n −1/n
lim f1 (un ) = lim =1 et lim f1 (vn ) = lim = −1.
n→+∞ n→+∞ 1/n n→+∞ n→+∞ 1/n

La deuxième méthode utilise les coordonnées polaires Dθ = {(r cos(θ), r sin(θ))/r > 0} :

r cos(θ) + r sin(θ)
lim f1 (x, y) = lim = cos(θ) + sin(θ).
(x,y)→(0,0) r→0 r
(x,y)∈Dθ r6=0

A. BOUARICH 35 Analyse II, 2008/2009


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Ainsi, puisque cette dernière limite dépend de l’angle θ ∈ [0, 2π] on en déduit que la
limite absolue lim f1 (x, y) n’existe pas.
(x,y)→(0,0)
x3 + y 3
2) Étudions la nature de la limite lim f2 (x, y) avec f2 (x, y) =
.
(x,y)→(0,0) x2 + y 2
Pour calculer cette limite nous allons majorer la fonction f2 (x, y) par une fonction qui
tend vers zéro quand (x, y) tend vers (0, 0) en procédant comme suit :

( p
|x| 6 x2 + y 2 | x |3 + | y |3
=⇒| f2 (x, y) | 6
x2 + y 2
p
|y| 6 x2 + y 2
p
2( x2 + y 2 )3 p
6 2 2
= 2 x2 + y 2
x +y
=⇒ lim f2 (x, y) = 0.
(x,y)→(0,0)
p x+y
3) Étudions la nature de la limite lim f3 (x, y) avec f3 (x, y) = x2 + y 2 sin( ).
(x,y)→(0,0) y−x
p
La limite lim f3 (x, y) = 0 car x2 + y 2 tend vers zéro quand (x, y) tend vers (0, 0)
(x,y)→(0,0)
x+y
et la fonction sin( ) est bornée sur son domaine de définition.
y−x
b) Étude des limites à l’infini.
x3 − y 3
4) Étudions la nature de la limite lim f4 (x, y) avec f4 (x, y) = 2 .
(x,y)→∞ x + y2
La limite lim f4 (x, y) n’existe pas parce que si on considère les deux directions A =
(x,y)→∞
{(x, 0) ∈ R2 /x > 0} et B = {(0, y) ∈ R2 /y > 0} on obtient,
lim f4 (x, y) = lim f4 (x, 0) = +∞ =
6 lim f4 (x, y) lim f4 (0, y) = −∞.
(x,y)→∞ x→+∞ (x,y)→∞ y→+∞
(x,y)∈A (x,y)∈B

sin(x + y)
5) Étudions la nature de la limite lim f5 (x, y) avec f5 (x, y) = .
(x,y)→∞ x2 + y 2
1
La limite lim f5 (x, y) = 0 parce que sin(x + y) est bornée et on a lim = 0.
(x,y)→∞ (x,y)→∞ x2 + y 2
6) Étudions la nature de la limite lim f6 (x, y) avec f6 (x, y) = ex−y .
(x,y)→∞
La limite lim f6 (x, y) n’existe pas parce que si on considère les deux directions A =
(x,y)→∞
{(x, 0) ∈ R2 /x > 0} et B = {(0, y) ∈ R2 /y > 0} on obtient,
lim f6 (x, 0) = lim ex = +∞ =
6 lim f6 (0, y) = lim e−y = 0.
(x,y)→∞ x→+∞ (x,y)→∞ y→+∞
(x,y)∈A (x,y)∈B

Exercice 2.5 Étudier la continuité des fonctions f, g : R2 → R définient par les formules,
2
 sin(x) − sin(y) , si x 6= y  x y , si (x, y) 6= (0, 0)
 

f (x, y) = x−y , g(x, y) = x2 + y 2


cos(x), si x = y 0, si (x, y) = (0, 0).
 

A. BOUARICH 36 Analyse II, 2008/2009


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Solution 2.5 1) Démontrons que la fonction f : R2 → R est continue.


Notons que puisque sur l’ouvert U = {(x, y) ∈ R2 /x 6= y} la fonction f (x, y) conïcide
avec le quotient des deux fonctions continues sin(x) − sin(y) et x − y on en déduit que
f (x, y) est continue en chaque point de l’ouvert U.
Et, pour démontrer que la fonction f (x, y) est continue en chaque point de type (a, a)
avec a ∈ R nous allons démontrer que lim f (x, y) = f (a, a).
(x,y)→(a,a)
Notons d’abord que si (x, y) = (x, x) tend vers (a, a) il est clair qu’on a

lim f (x, x) = cos(a) = f (a, a).


(x,x)→(a,a)

D’autre part, quand (x, y) tend vers (a, a) avec x 6= y ; alors en appliquant le théorème
des accroissements finis aux réels x et y on peut trouver un réel θ ∈]0, 1[ tel que

sin(x) − sin(y) = (x − y) cos(y + θ(x − y)).

D’où,

sin(x) − sin(y)
lim f (x, y) = lim = lim cos(y+θ(x−y)) = cos(a) = f (a, a).
(x,y)→(a,a) (x,y)→(a,a) x−y (x,y)→(a,a)
x6=y x6=y x6=y

2) Démontrons que la fonction g : R2 → R est continue.


Puisque sur l’ouvert R2 − {(0, 0)} la fonction g(x, y) conïcide avec le quotient des deux
fonctions continues x2 sin(y) et x2 + y 2 il en résulte que g(x, y) est continue en chaque
point (x, y) 6= (0, 0). En effet, la fonction g(x, y) est aussi continue au point (0, 0) parce
x2 | y |
que pour tout point (x, y) 6= (0, 0) on a 0 6 2 6| y | implique que
x + y2

x2 y
lim g(x, y) = lim = 0 = g(0, 0).
(x,y)→(0,0) (x,y)→(0,0) x2 + y 2

Exercice 2.6 Démontrer que si f : R → R est une fonction de classe C 1 alors la fonction
F : R2 → R qui lui est associée par les expressions suivantes,

 f (x) − f (y) , si x 6= y

F(x, y) = x−y
f ′ (x), si x = y,

est continue sur R2 .

A. BOUARICH 37 Analyse II, 2008/2009


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Solution 2.6 La fonction F est continue sur l’ouvert U = {(x, y) ∈ R2 /x 6= y} parce que
elle y coïncide avec le quotient des deux fonctions continues f (x) − f (y) et x − y.
La fonction F est aussi continue en tout point de type (a, a) avec a ∈ R parce que, grâce au
théorème de la fonction des accroissements finis ; on voit que pour la donnée d’un couple
de réels x 6= y on pourra trouver un réel θ ∈]0, 1[ tel que f (x) − f (y) = (x − y)f ′ (y + θ(x −
y)), et ainsi ; on obtient la limite suivante
f (x) − f (y)
lim f (x, y) = lim = lim f ′ (y + θ(x − y)) = f ′ (a) = F(a, a).
(x,y)→(a,a) (x,y)→(a,a) x−y (x,y)→(a,a)
x6=y x6=y x6=y

Enfin, quand x = y tend vers le réel a on aura également lim f (x, x) = f ′ (a) =
(x,x)→(a,a)
F(a, a).

Exercice 2.7 On munit l’espace vectoriel Rm par la norme euclidienne k · k définie par,

∀x = (x1 , · · · , xm ) ∈ Rm .
p
kxk = (x1 )2 + · · · + (xm )2 ,

Soit f : (Rm , k · k) → (R, | · |) une fonction continue et K ⊂ Rm une partie compacte (i.e
bornée et fermée) non vide.
1) Montrer que f (K) est compacte dans l’espace métrique (R, | · |).
2) Montrer qu’il existe deux vecteurs a et b ∈ Rm tel que

f (a) = inf{f (x)/x ∈ K} et f (b) = sup{f (x)/x ∈ K}.

3) En déduire que si f (K) ⊂ R∗+ (i.e f (x) > 0, ∀x ∈ K) ; il existe un réel δ > 0 tel que pour
tout vecteur x ∈ K, f (x) > δ.

Solution 2.7 1) Pour montrer que la partie f (K) ⊂ R est compacte il suffit qu’on montre
que toute suite infinie yn ∈ f (K) possède une sous-suite yϕ(n) qui converge vers un point
de f (K).
En effet, puisque le terme yn ∈ f (K) on pourra trouver une suite infinie xn ∈ K telle que
f (xn ) = yn , ∀n ∈ N. Ainsi, puisque la partie K ⊂ Rm est compacte on peut donc extraire
une sous-suite xϕ(n) ∈ K de la suite xn ∈ K qui converge vers un certain x ∈ K (K est
fermée).
D’autre part, puisque l’application f est continue on en déduit que la sous-suite image
f (xϕ(n) ) = yϕ(n) de yn converge vers f (x) = lim f (xϕ(n) ) ∈ f (K). Par conséquent,
n→+∞
d’après le théorème 5. du chapitre 1. la partie f (K) ⊂ R est compacte.
2) Puisque K ⊆ Rm est compacte il en résute que f (K) ⊂ R est compacte, et donc ; f (K)
est bornée et fermée dans R. Par conséquent, les deux bornes m = inf{f (x)/∀x ∈ K} et
M = sup{f (x)/∀x ∈ K} sont des nombres réels finis.

A. BOUARICH 38 Analyse II, 2008/2009


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D’autre part, si on applique la caractérisation de la borne inférieure à la partie f (K) pour


1
les réels εn = > 0 avec n ∈ N∗ on pourra trouver une suite d’éléments xn ∈ K telle que
n
1
∀n ∈ N∗ , m < f (xn ) 6 m + .
n
Ainsi, puisque la partie K ⊂ Rm est compacte on peut donc extraire une sous-suite
xϕ(n) ∈ K de la suite xn ∈ K qui converge vers un certain a ∈ K. Par conséquent, si
dans la dernière inégalité on applique le terme xϕ(n) à la place de xn on voit que

1 lim
m < f (xϕ(n) ) 6 m + =⇒ m = f (a).
ϕ(n)

En precédant de la même façon on montre qu’il existe un élément b ∈ K tel que f (b) = M.
3) Si on suppose que pour tout x ∈ K on a f (x) > 0 (i.e f est strictement positive sur K),
le résultat de 2) implique qu’il existe un élément b ∈ K tel que

∀x ∈ K, f (x) > inf{f (x)/∀x ∈ K} = f (b) > 0.

Ainsi, si on pose δ = f (b) > 0 on en déduit que pour tout x ∈ K, f (x) > δ > 0.

Exercice 2.8 On munit l’espace vectoriel Rm par la norme euclidienne k · k définie par,

∀x = (x1 , · · · , xm ) ∈ Rm .
p
kxk = (x1 )2 + · · · + (xm )2 ,

On dira que l’application f : Rm → Rm possède un point fixe s’il existe un vecteur


a ∈ Rm tel que f (a) = a. On dira aussi que f : Rm → Rm est contractante s’il existe un
réel 0 < k < 1 (coefficient de contractibilté) tel que pour tous x et y ∈ Rm on a,

kf (x) − f (y)k 6 kkx − yk, ∀x, y ∈ Rm .

1) Montrer que si f : Rm → Rm est continue alors son sous-ensemble des points fixes

Fix(f ) = {a ∈ Rm /f (a) = a}

est fermé dans l’espace normé (Rm , k · k).


2) Montrer que toute application contractante est continue.
3) Soit f : Rm → Rm une application contractante de coefficient de contractibilité 0 <
k < 1. Pour un vecteur x ∈ Rm donné on définit une suite de vecteurs par la formule de
récurrence :
x0 = x et xn+1 = f (xn ), ∀n ∈ N∗ .

i) Montrer que pour tout entier n ∈ N, kxn − xn+1 k 6 kn kx0 − x1 k.


ii) Montrer que la suite xn ∈ Rm est de Cauchy dans l’espace normé (Rm , k · k).

A. BOUARICH 39 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

iii) En déduire que la suite récurrente xn+1 = f (xn ) converge vers un vecteur a ∈ Rm qui
est un point fixe de l’application contractante f .
4) Montrer que si f : Rm → Rm est contractante alors son sous-ensemble des points fixes
Fix(f) est un singleton.
5) Conclure.

Solution 2.8 1) Si xn ∈ Fix(f ) désigne une suite qui converge vers x ∈ Rm alors par
continuité de f (x) on obtient :
lim
∀n ∈ N, f (xn ) = xn =⇒ f (x) = x =⇒ x ∈ Fix(f ).

Donc, le sous-ensemble de points fixes Fix(f ) est fermé dans Rm .


2) Évidente.
3) Soit f : Rm → Rm une application contractante de coefficient de contractibilité 0 <
k < 1. Pour un vecteur x ∈ Rm donné on définit une suite de vecteurs par la formule de
récurrence :
x0 = x et xn+1 = f (xn ), ∀n ∈ N∗ .

i) Observons que si pour tout entier n > 0 on écrit, xn − xn+1 = f (xn−1 ) − f (xn ), la
contractibilité de f implique alors que kxn −xn+1 k 6 kkxn−1 −xn k. De même, en écrivant
xn−1 − xn = f (xn−2 ) − f (xn−1 ) on en déduit que

kxn−1 − xn k 6 kkxn−2 − xn−1 k =⇒ kxn − xn+1 k 6 k2 kxn−2 − xn−1 k.

De là on voit que par récurrence décroissante que kxn − xn+1 k 6 kn kx0 − x1 k, ∀n ∈ N.


ii) Puisque pour tout couple d’entiers naturels q > p > 0 on a la relation

xq − xp = (xq − xq−1 ) + · · · + (xp+1 − xp ) =⇒ kxq − xp k 6 kxq − xq−1 k + · · · + kxp+1 − xp k


6 (kq−1 + · · · + kp )kx0 − x1 k.
kp − kq
Ainsi, puisque on sait que la somme des puissances kq−1 + · · · + kp = ; on en
1−k
déduit que pour tout couple d’entiers naturels q > p > 0 on a,
kp − kq
kxq − xp k 6 kx0 − x1 k.
1−k
Finalement, si x0 = x1 on en déduit que pour tout entier n ∈ N, xn = x0 , et que par
conséquent la suite xn est de Cauchy dans Rm .
Mais si x0 6= x1 , alors du fait que le réel 0 < k < 1 on en déduit que la suite de nombres
réels kn est de Cauchy dans R (en fait kn converge vers zéro). Donc, si on considère un
1−k
réel de type ε′ = ε > 0 on pourra trouver un entier n0 > 0 tel que
kx0 − x1 k
1−k
(∀p, q ∈ N), q > p > n0 =⇒ 0 < kp − kq < ε′ = ε =⇒ kxq − xp k 6 ε.
kx0 − x1 k

A. BOUARICH 40 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Par conséquent, la suite récurrente xn+1 = f (xn ) est de Cauchy dans l’espace Rm .
iii) Maintenant, puisque on sait que la suite récurrente xn+1 = f (xn ) est de Cauchy dans
l’espace Rm qui est complet ; il existe un vecteur a ∈ Rm tel que lim xn = a. Donc, par
n→+∞
continuité de f (x) on voit que

lim f (xn ) = lim xn+1 =⇒ f (a) = a ∈ Fix(f ).


n→+∞ n→+∞

iv) Le sous-ensemble des points fixe Fix(f ) d’une fonction contractante de coefficient de
contractibilité 0 < k < 1 est un singleton, car ; si on suppose que f (x) possède deux
points fixes a 6= b on aura :

kf (a) − f (b)k 6 kka − bk =⇒ ka − bk 6 kka − bk =⇒ 1 6 k.

Or, ceci contredit le fait que le coefficient de contractibilité 0 < k < 1.


v) En conséquence de ce qui précède on conclut que toute application f : Rm → Rm qui
est contratctante possède un seule point fixe a ∈ Rm que l’on peut réaliser comme limite
d’une suite récurrente xn+1 = f (xn ) qui démarre avec un point arbitraire x0 = x ∈ Rm .

A. BOUARICH 41 Analyse II, 2008/2009


C HAPITRE T ROIS

D IFFÉRENTIABILITÉ I

Objectifs : Cette feuille de travaux dirigés s’intéresse aux questions de cal-


cul des dérivées partielles d’ordre un et d’ordre deux ; et s’intéresse aussi
à la question de différentiabilité. L’étude de cette feuille doit donc vous
permettre de :
1. savoir calculer les dérivées partielles d’ordre un d’une fonction f (x)
en un point a ∈ Rm suivant la direction de tout vecteur non nul

→u ∈ Rm ;
2. comprendre qu’en général l’existence de toutes les dérivées par-
tielles d’ordre un suivant la direction des vecteurs de la base cano-
nique de l’espace ambiant n’impliquent pas l’existence des dérivées
partielles d’ordre un suivant une direction vectorielle quelconque
non nulle ;
3. comprendre que si en un certain point a ∈ Rm les dérivées par-
tielles d’ordre un d’une fonction f (x) existent suivant la direction
de tous les vecteurs de la base canonique de l’espace Rm et qu’elles
sont continues alors, dans ce cas ; les dérivées partielles d’ordre un
de la fonction f (x) existent au point a ∈ Rm suivant toutes les direc-
tions vectorielles non nulles −→
u ∈ Rm et que la fonction f (x) est aussi
différentiable au point a ∈ Rm ;
4. savoir qu’une fonction différentiable au point a ∈ Rm qu’elle est
forcément continue au point a ∈ Rm mais que ses dérivées partielles
d’ordre un ne sont pas nécessairement contniues au point a ∈ Rm ;
5. vous familiariser avec le calcul des dérivées partielles d’une fonction
composée g ◦ f (x) et de savoir l’appliquer pour effectuer des chan-
gements de variables au sein d’une équation aux dérivées partielles.

42
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

3.1 Fonctions de plusieurs variables réelles différentiables

3.1.1 Dérivées partielles directionnelles

Soient U ⊂ Rm un ouvert non vide et f : U → R une fonction. Pour tout point a ∈ U et


tout vecteur non nul ~u ∈ Rm on définit la dérivée partielle de la fonction f (x) au point
a ∈ U suivant la direction du vecteur ~u ∈ Rm par la limite suivante quand elle existe,

∂f f (a + t~u) − f (a)
(a) := lim . (3.1)
∂~u t→0 t
Les dérivées partielles de la fonction f : U → R au point a ∈ U dans la direction
des vecteurs de la base canonique {~e1 , · · · , ~em } de l’espace vectoriel Rm , quand elles
∂f ∂f ∂f
existent, se notent respectivement par les expressions, (a) := (a), (a) :=
∂~e1 ∂x1 ∂~e2
∂f ∂f ∂f
(a), · · · , (a) := (a).
∂x2 ∂~em ∂xm
Notons que si les dérivées partielles des fonctions f et g : U → R existent alors on a les
formules algébriques suivantes :
∂(f + g) ∂f ∂g
1) = + ;
∂xi ∂xi ∂xi
∂(f · g) ∂f ∂g
2) = g+f ;
∂xi ∂xi ∂xi
∂f ∂g
g−f
∂ f ∂xi ∂xi
3) ( )= .
∂xi g g2
∂f ∂f
Quand au point a ∈ U toutes les dérivées partielles (a), · · ·, (a) existent on définit
∂x1 ∂xm
le vecteur gradient de la fonction f (x) au point a ∈ U par l’expression,
∂f ∂f ∂f
gradf (a) := (a)~e1 + (a)~e2 + · · · + (a)~em . (3.2)
∂x1 ∂x2 ∂xm
Notons aussi que si les dérivées partielles des fonctions f et g : U → R existent alors leus
vecteurs gradient vérifient les formules algébriques suivantes :
1) grad(f + g)(a) = gradf (a) + gradg(a) ;
2) grad(f · g) = g(a)gradf (a) + f (a)gradg(a) ;
f g(a)gradf (a) − f (a)gradg(a)
3) grad( )(a) = .
g g2 (a)

3.1.2 Différentiabilité

Définition 12. Soient U ⊂ Rm un ouvert non vide et f : U → R une fonction. On dira que la
fonction f (x) est différentiable au point a ∈ U s’il existe une application linéaire L : Rm → R
qui vérifie la condition suivante,

(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀h ∈ Rm , a + h ∈ U)(|| h ||< η =⇒| f (a + h) − f (a) − L(h) |6|| h || ε).(3.3)

L’application linéaire L : Rm → R s’appelle différentielle de f au point a ∈ U et se note df (a).

A. BOUARICH 43 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

En partant de la définition de différentiabilité de la fonction f (x) au point a ∈ U on vérifie


aisément que f (x) est continue au point et que la dérivée partielle de f au point a ∈ U
∂f
suivant toute direction d’un vecteur non nul − →u ∈ Rm est donnée par, − → (a) = L(−

u ).

→ −
→ ∂ u m
Donc, dans la base canonique { e 1 , · · · , e m } l’application différenteille df (a) : R → R
a pour expression explicite,

∂f ∂f
∀−

u = u1 −

e 1 + · · · + um −

em =⇒ df (a)(−

u ) = u1 (a) + · · · + um (a).
∂x1 ∂xm

Ainsi, en conséquence de l’expression de la différenteille df (a) on conclut que la f :


U → R est différentiable au point a ∈ U si, et seulement, si toutes les dérivées partielles,
∂f ∂f
(a), · · · , (a) existent et que la limite
∂x1 ∂xm
∂f ∂f
f (a + h) − f (a) − (h1 (a) + · · · + hm (a))
∂x1 ∂xm
lim p = 0.
h→0 (h1 )2 + · · · + (hm )2

Notons que si sur un ouvert non vide U ⊂ Rm deux fonctions f, g : U → R sont différen-
tielles au point a ∈ U alors leur somme, leur produit et leur quotient sont différentiables
au point a ∈ U et leurs applications linéaires différentielles sont données par les formules
suivantes :
1) d(f + g)(a) = df (a) + dg(a) ;
3) d(f g)(a) = g(a)df (a) + f (a)dg(a) ;
f g(a)df (a) − f (a)dg(a)
2) Si g(a) 6= 0 alors d( )(a) = .
g g2 (a)
Théorème 12. Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide ; et soit f : U → R une fonction dont toutes
les dérivées partielles existent et sont continues au point a ∈ U. Alors, la fonction f (x) est
différentiable au point a ∈ U et sa différentielle est donnée par l’expression,

df (a) · ~h = gradf (a) · ~h, ∀~h ∈ Rm . (3.4)

Soient A et B deux point éléments de l’espace Rm . On rappelle que le sous-ensemble,

[A, B] = {(1 − t)A + tB ∈ Rm /t ∈ [0, 1]},

s’appelle segment d’origine A ∈ Rm et d’extrémités B ∈ Rm .


On rappelle aussi qu’une partie non vide C ⊆ Rm est dite convexe si pour tout couple
de points A, B ∈ C le segment [A, B] ⊆ C.

A. BOUARICH 44 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

N’est pas convexe B


b

Convexe

Segment

Théorème 13 (Théorème des accroissements finis). Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide et


f : U → R une fonction différentiable. Si A et B sont deux points de U tel le segment [A, B] ⊂ U
alors il existe un réel θ ∈]0, 1[ tel que,
−→
f (B) − f (A) =< gradf (A + θ(B − A)), AB > (3.5)
∂f ∂f
En conséquence, si toutes les dérivées partielles ,···, sont nulles sur l’ouvert U alors la
∂x1 ∂xm
fonction f est constante sur U.

3.2 Dérivées partielles d’ordre supérieure

On désigne par {e1 , · · · , em } la base canonique de l’espace vectoriel Rm et par U ⊂ Rm on


désigne un ouvert non vide.
1) On dira que la fonction f : U → R est de classe C 1 si toutes ses dérivées partielles
∂f ∂f
,···, : U → R sont continues.
∂x1 ∂xm
2) Si f est de classe C 1 sur l’ouvert U on dira qu’elle possède une dérivée partielle secon-
∂f ∂f
(a + tej ) − (a)
∂xi ∂xi
deau point a ∈ U par rapport aux variables xi et xj si la limite lim
t→0 t
existe et on note,
∂ ∂f ∂2f
( )(a) = (a).
∂xj ∂xi ∂xj ∂xi
∂2f
3) Si pour tout couple d’indice 1 6 i, j 6 n les dérivées partielles secondes :U→
∂xi ∂xj
R existent et sont continues on dira que la fonction f est de classe C 2 sur l’ouvert U.
∂2f ∂2f
Notons que si 1 6 i 6 j 6 m les deux dérivés partielles secondes (a) et (a),
∂xj ∂xi ∂xi ∂xj
quand elles existent ; ne sont pas en général égales (Voir l’exercice 3.9).
4) On définit les dérivées partielles d’ordre 3, 4, · · · , l ∈ N par les formules récurrentes
suivantes,
∂3f ∂ ∂2f ∂4f ∂lf
= ( ), , ···, où 1 6 i1 , · · ·+ik 6 m.
∂xi ∂xj ∂xk ∂xi ∂xj ∂xk ∂xi ∂xj ∂xk ∂xl ∂xi1 · · · ∂xkn

A. BOUARICH 45 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Et, on dira que la fonction f est de classe C p (p ∈ N) si toutes ses dérivées partielles mixtes
∂lf
d’ordre 1 6 l 6 p, , existent et sont continues sur l’ouvert U.
∂xi1 · · · ∂xkn
Le théorème suivant nous donne une condition suffisante pour qu’on puisse permuter
l’ordre de déreivation dans une dérivée partielle d’ordre p > 2.

Théorème 14. Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide. Si f : U → R est une fonction de classe C p avec
p > 2 ; le calcul des dérivées partielles mixtes d’ordre 1 6 k 6 p de f ne dépend pas de l’ordre
de dérivation. En particulier, pour une dérivée partielle seconde on a pour tout couple d’indices
1 6 i, j 6 m et pour tout a ∈ U,

∂2f ∂2f
(a) = (a). (3.6)
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi

A. BOUARICH 46 Analyse II, 2008/2009


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3.3 Exercices avec solutions

Exercice 3.1 Soit f : R2 → R une fonction définie par les expressions suivantes :

 y,
 si x = 0,
f (x, y) = x, si y = 0,

1, si xy 6= 0.

1) La fonction f (x, y) possède-t-elle une dérivée partielle au point (0, 0) suivant la direc-
tion du vecteur non nul − →
u = a−→ı + b−→ ∈ R2 ?
2) Est-ce que la fonction f (x, y) est de classe C 1 sur R2 ?
3) Est-ce que la fonction f (x, y) est différentiable au point (0, 0) ?

Solution 3.1 Rappelons que la dérivée partielles de f (x, y) au point (x0 , y0 ) suivant la
direction d’un veteur non nul − →
u = a− →ı + b− → ∈ R2 , quand il existe, elle est égale à la
limite suivante :
∂f f ((x0 , y0 ) + t−

u ) − f (x0 , y0 ) f (x0 + ta, y0 + tb) − f (x0 , y0 )

→ (x0 , y 0 ) = lim = lim .
∂u t→0 t t→0 t
t6=0 t6=0

b
b b

x y

F IG . 3.1 – Graphe de la fonction f (x, y).

Donc, pour la fonction f (x, y) donnée ci-dessus nous allons étudier la nature de la limite
f (ta, tb)
lim en tenant compte de la position du point (a, b) = a−

ı + b−→ dans le plan R2 .
t→0 t
t6=0

→ f (t−
→ u) tb ∂f
i) Si −
→u = b j on voit que la limite lim = lim =b= − (0, 0). En particulier,
t→0 t t→0 t ∂→u
t6=0 t6=0
∂f ∂f
on déduit que la dérivée partielle − = (0, 0) = 1.
∂→  ∂y

→ f (t−
→ u) ta ∂f
ii) Si −

u = a i on voit que la limite lim = lim =a= − (0, 0). En particulier,
t→0 t t→0 t ∂→u
t6=0 t6=0
∂f ∂f
on déduit que la dérivée partielle −→ = (0, 0) = 1.
∂ı ∂x

A. BOUARICH 47 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

f (t−
→ u)
iii) Mais comme pour les vecteurs − →
u = a− →ı + b−→ avec ab 6= 0 le rapport =
t
f (ta, tb) 1
= n’a pas de limite lorsque le réel t 6= 0 tend vers zéro on conclut que la fonc-
t t
tion f (x, y) n’a pas de dérivées partielles au point (0, 0) suivant la direction des vecteurs
de type − →u = a−→ı + b−

 avec ab 6= 0.
2) Puisque d’après 1) on sait maintenant que la fonction f (x, y) possède des dérivées
partielles au point (0, 0) seulement suivant la direction des vecteurs de la base canonique

→ ∂f ∂f
(−
→ı , j ) de l’espace R2 , cela implique que les deux dérivées partielles et ne sont
∂x ∂y
pas continues au point (0, 0). Parce que, sous l’hypothèse de continuité des deux dérivées
∂f ∂f
partielles et au point (0, 0) ; le théorème 1. du chapitre 3 affirme que pour tout
∂x ∂y
vecteur non nul − →u = a− →ı + b−

 la dérivée partielle de f (x, y) au point (0, 0) existe et
qu’elle est égale à

∂f ∂f ∂f
(0, 0) = hgrad(f )(0, 0), −

u i = a (0, 0) + b (0, 0).
∂−

u ∂x ∂y

3) De même, d’après le résultat de la proposition 3. prouvée dans le chapitre 3 ; puisque


les dérivées partielles de la fonction f (x, y) n’existent pas au point (0, 0) suivant toutes les
directions vectorielles du plan R2 cela implique que f (x, y) ne peut pas être différentiable
au point (0, 0).

Note 1 : De l’exercice 3.1 on titre deux faits importants :


i) La fonction f (x, y) définie ci-dessus possède des dérivées partielles au point (0, 0),

∂f ∂f ∂f ∂f

→ (0, 0) = (0, 0) = 1 et −
→ (0, 0) = (0, 0) = 1
∂ı ∂x ∂ ∂y

sans que cela n’assure l’existence des dérivées partielles de f (x, y) au point (0, 0) suivant


une direction arbitraire a−
→ı + b−

 6= 0 autres que celles des vecteurs de la base canonique
(−
→ı ,−

 ).
ii) La fonction f (x, y) n’est pas continue au point (0, 0) parce que si on considère la suite
1 1
un = ( , ) qui converge vers (0, 0) il en résulte que
n n
lim f (un ) = 1 6= f (0, 0) = 0.
n→+∞

Ainsi, de cet exercice on conclut que la dérivabilité des fonctions partielles x → f (x, y0 )
et y → f (x0 , y) au points x0 et y0 respectivement n’impliquent pas la continuité de f (x, y)
∂f ∂f
au point (x0 , y0 ). Autrement dit, les dérivées partielles (x0 , y0 ) et (x0 , y0 ) peuvent
∂x ∂y
exister même si la fonction f (x, y) n’est pas continue au point (x0 , y0 ).

A. BOUARICH 48 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Exercice 3.2 Soit g : R2 → R une fonction définie par les expressions suivantes :
2
 x y , si (x, y) 6= (0, 0)

g(x, y) = x2 + y 2
0, si (x, y) = (0, 0)

1) Montrer que la fonction g est continue au point (0, 0).


2) Montrer que la fonction g(x, y) possède des dérivées partielles au point (0, 0) suivant
la direction de tout vecteur non nul −

u = a−
→ı + b−
→ ∈ R2 .
3) Est-ce que la fonction g(x, y) est différentiable au point (0, 0) ?

Solution 3.2 1) Observons que pour tout point (x, y) 6= (0, 0) on a les inégalités suivantes :

x2 x2 y x2 y
x2 6 x2 + y 2 =⇒ 6 1 =⇒| |6| y | =⇒ lim = 0 = g(0, 0).
x2 + y 2 x2 + y 2 (x,y)→(0,0) x2 + y 2
(x,y)6=(0,0)

Donc, la fonction g(x, y) est continue au point (0, 0).

x2 y
F IG . 3.2 – Graphe de la fonction g(x, y) =
x2 + y 2

2) Puisque pour un vecteur non nul −



u = a−

ı + b−

 la limite suivante,

(ta)2 tb
g(t−

u ) − g(0, 0) (ta)2 + (tb)2 a2 b
lim = lim = 2 ,
t→0 t t→0 t a + b2
t6=0 t6=0

∂g a2 b
on en déduit que la dérivée partielle − → (0, 0) = 2 .
∂u a + b2
3) Notons que d’après le calcul fait dans 2) on déduit immédiatement qu’on a :
∂g ∂g ∂g ∂g
(0, 0) = (0, 0) = 0 et (0, 0) = (0, 0) = 0.
∂−

ı ∂x ∂−

 ∂y

A. BOUARICH 49 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Par conséquent, pour examiner la différentiabilité de la fonction g(x, y) au point (0, 0) on


doit étudier la nature de la limite du rapport suivant

∂g ∂g
g(h, k) − g(0, 0) − [h (0, 0) + k (0, 0)]
∂x ∂y h2 k
E(h, k) = √ = 2
h2 + k2 (h + k2 )3/2

quand le couple (h, k) tend vers (0, 0).


En effet, observons que si on porte les coordonnées polaires h = r cos(θ) et k = r sin(θ)
dans l’expression du terme
E(h, k) = (cos(θ))2 sin(θ)

on en déduit que E(h, k) n’a pas de limite au point (0, 0). Donc, la fonction g(x, y) n’est
pas différentiable au point (0, 0).

Note 2 : La fonction g(x, y) étudiée dans l’exercice 3.2 nous montre que la continuité
au point (0, 0) et l’existence des dérivées partielles au point (0, 0) suivant toutes les di-
rections vectorielles non nulles a−→ı + b−
→ ∈ R2 n’assurent pas la différentiabilité de la
fonction g(x, y) au point (0, 0).

Exercice 3.3 Soit h : R2 → R une fonction définie par les expressions suivantes :

x2 y 2

 , si (x, y) 6= (0, 0)
h(x, y) = x2 + y 4
0, si (x, y) = (0, 0)

1) Montrer que la fonction h(x, y) est continue au point (0, 0).


2) Est-ce que la fonction h(x, y) est de classe C 1 sur R2 ?
3) Est-ce que la fonction h(x, y) est différentiable au point (0, 0) ?

Solution 3.3 1) La fonction h(x, y) est continue au point (0, 0) parce que pour tout couple
(x, y) 6= (0, 0) on a les inégalités suivantes :
xy 2 1 x2 y 2 |x|
2 | xy 2 |6 x2 +y 4 =⇒ 2 | 6 =⇒ |6 =⇒ lim h(x, y) = 0 = h(0, 0).

x +y 4 2
2
x +y 4 2 (x,y)→(0,0)

A. BOUARICH 50 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

x2 y 2
F IG . 3.3 – Graphe de la fonction h(x, y) =
x2 + y 4

2) Par définition de la dérivée partielle nous avons au point (0, 0) :



h(x, 0) − h(0, 0) 0−0 ∂h
lim = lim =0= (0, 0)


x x ∂x


 x→0 x→0
x6=0 x6=0
h(0, y) − h(0, 0) 0−0 ∂h

 lim = lim =0= (0, 0)
y→0 y y→0 y ∂y



y6=0 y6=0

Tandis que sur l’ouvert {(x, y) ∈ R2 /(x, y) 6= (0, 0)} puisque la fonction h(x, y) coïn-
x2 y 2
cide avec la fraction rationnelle 2 ; elle est donc dérivable par rapport aux deux
x + y4
variables x et y et ses dérivées partielles sont données par les expressions suivantes :

∂  x2 y 2  2xy 6

∂h
(x, y) = =


∂x ∂x x2 + y 4 (x2 + y 4 )2

∂h ∂  2
x y 2  2x2 y(x2 − y 4 )
(x, y) = = .


2 4 (x2 + y 4 )2

∂y ∂y x + y

∂h 2x2 y(x2 − y 4 ) x2 x2 − y 4
Notons que la dérivée partielle (x, y) = = 2 × × y est
∂y (x2 + y 4 )2 x2 + y 4 x2 + y 4
x2 x2 − y 4
continue au point (0, 0) parce que les deux fractions 2 6 1 et 6 1 sont

x +y 4 2
x +y 4
1 1
bornées sur l’ouvert R2 \ {(0, 0)}. Par contre, si on prend la suite de vecteurs ( 2 , ) qui
n n
tend vers (0, 0) on en déduit que la limite
∂h 1 1 1 ∂h
lim ( , ) = 6= (0, 0) = 0.
n→+∞ ∂x n2 n 2 ∂x
∂h
Donc, la dérivée partielle (x, y) n’est pas continue au point (0, 0) et que par conséquent
∂x
la fonction h(x, y) n’est pas de classe C 1 sur R2 .
3) Pour voir est-ce que la fonction h(x, y) est différentiable au point (0, 0) on doit étudier
la nature de la limite du rapport suivant
∂h ∂h
h(x, y) − h(0, 0) − [x (0, 0) + y (0, 0)]
∂x ∂y x2 y 2
E(x, y) = p =p
x2 + y 2 x2 + y 2 (x2 + y 4 )
quand le couple (x, y) tend vers (0, 0).

A. BOUARICH 51 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

En effet, puisque pour tout (x, y) 6= (0, 0) nous avons les deux inégalités suivantes :
x2

61
( 
2 2 4
x2

x 6 x +y 
x2 + y 4 |y|×|y|
p =⇒ | y | =⇒ E(x, y) = 2 4
×p 6| y | .
|y| 6 2
x +y 2 
 6 1 x +y x2 + y 2
 p 2
x + y2
Ainsi, grâce à la dernière inégalité on conclut que la limite lim E(x, y) = 0. Donc,
(x,y)→(0,0)
(x,y)6=(0,0)
la fonction h(x, y) est différentiable au point (0, 0).

Note 3 : La fonction h(x, y) étudiée dans l’exercice 3.3 nous montre qu’il existe des fonc-
tion qui sont différentiables sans qu’elles ne soient de classe C 1 . Ainsi, suite à l’exercice
3.3 on apprend que la réciproque de l’implication suivante :
Fonction de classe C 1 =⇒ Fonction différentiablle,
que nous avons démontré dans le chapitre 3. (cf. théorème 3.) est fasse en général.

Exercice 3.4 1) Si U = f (x, y) avec x(r, θ) = r cos(θ) et y(r, θ) = r sin(θ) montrer que
 ∂U 2  ∂U 2  ∂U 2 1  ∂U 2
+ = + 2 .
∂x ∂y ∂r r ∂θ
2) Si V = f (x, y) avec x(r, t) = rch(t) et y(r, t) = rsh(t) montrer que
 ∂V 2  ∂V 2  ∂V 2 1  ∂V 2
− = − 2 .
∂x ∂y ∂r r ∂t

Solution 3.4 1) Effectuons le chagement en coordonnées polaires x = r cos(θ) et y =


r sin(θ) dans l’expressions de U = f (r cos(θ), r sin(θ)), puis ; calculons les dérivées par-
tielles de la quantité U par rapport à r et θ :
∂U ∂f ∂x ∂f ∂y ∂U ∂f ∂f
 

 = (x, y) + (x, y) 
 = (x, y) cos(θ) + (x, y) sin(θ)
∂r ∂x ∂r ∂y ∂r =⇒ ∂r ∂x ∂y
∂U ∂f ∂x ∂f ∂y ∂U ∂f ∂f

 = (x, y) + (x, y) 
 = −r (x, y) sin(θ) + r (x, y) cos(θ)
∂θ ∂x ∂θ ∂y ∂θ ∂θ ∂x ∂y
Ainsi, si on porte les dérivées partielles de U par rapport à r et θ dans l’expression sui-
vante on obtient :
 ∂U 2 1  ∂U 2  ∂f ∂f 2
+ 2 = (x, y) cos(θ) + (x, y) sin(θ)
∂r r ∂θ ∂x ∂y
1 ∂f ∂f 2
+ − r (x, y) sin(θ) + r (x, y) cos(θ)
r2 ∂x ∂y
 ∂f 2  ∂f 2
= (x, y) + (x, y)
∂x ∂y
 ∂U 2  ∂U 2
= + .
∂x ∂y

A. BOUARICH 52 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

2) De même, si on effectue le chagement de coordonnées x = rch(t) et y = rsh(t)


dans l’expressions de V = f (x, y) ; le calcul des dérivées partielles de la quantité V =
f (rch(t), rsh(t)) par rapport à r et t nous donne :

∂V ∂f ∂x ∂f ∂y ∂V ∂f ∂f
 

 = (x, y) + (x, y) 
 = (x, y)ch(t) + (x, y)sh(t)
∂r ∂x ∂r ∂y ∂r =⇒ ∂r ∂x ∂y
∂V ∂f ∂x ∂f ∂y ∂V ∂f ∂f

 = (x, y) + (x, y) 
 = r (x, y)sh(t) + r (x, y)ch(t)
∂t ∂x ∂t ∂y ∂t ∂t ∂x ∂y

Ainsi, si on porte les dérivées partielles de V par rapport à r et t dans l’expression sui-
vante  ∂V 2 1  ∂V 2
− 2
∂r r ∂t
 2  2
tout en utilisant le fait qu’on a la relation ch(t) − sh(t) = 1 ; on obtient :
 ∂V 2 1  ∂V 2  ∂f ∂f 2
− = (x, y)ch(t) + (x, y)sh(t)
∂r r 2 ∂t ∂x ∂y
1  ∂f ∂f 2
− 2 r (x, y)sh(t) + r (x, y)ch(t)
r ∂x ∂y
 ∂f 2  ∂f 2
= (x, y) − (x, y)
∂x ∂y
 ∂V 2  ∂V 2
= − .
∂x ∂y

Exercice 3.5 Soit k : R2 → R une fonction définie par les expressions suivantes :
2 2
 xy x − y , si (x, y) 6= (0, 0),

k(x, y) = x2 + y 2
0, si (x, y) = (0, 0).

1) Montrer que la fonction k(x, y) est de classe C 1 sur R2 .


∂2k ∂2k
2) Calculer les deux dérivées partielles secondes (0, 0) et (0, 0).
∂x∂y ∂y∂x
3) Est-ce que la fonction k(x, y) est de classe C 2 sur R2 ?

Solution 3.5 a) La fonction k(x, y) est continue sur le plan R2 parce sur l’ouvert R2 \
x2 − y 2
{(0, 0)} elle coïncide avec la fraction rationnelle xy 2 , et comme pour tout (x, y) 6=
x + y2
x2 − y 2
(0, 0) on a l’inégalité | xy 2 |6| xy | on en déduit que lim k(x, y) = 0 = k(0, 0).
x + y2 (x,y)→(0,0)
(x,y)6=(0,0)

A. BOUARICH 53 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

y
x

x2 − y 2
F IG . 3.4 – Graphe de la fonction k(x, y) = xy
x2 + y 2

b) De même, puisque sur l’ouvert R2 \ {(0, 0)} la fonction k(x, y) coïncide avec la fraction
x2 − y 2
rationnelle xy 2 ses dérivées partielles sont donc continues sur cet ouvert et sont
x + y2
données par les expressions suivantes :
∂  x2 − y 2  y(x4 + 4x2 y 2 − y 4 )

∂k
(x, y) = xy 2 =


∂x ∂x x + y2 (x2 + y 2 )2

∂k ∂  x2 − y 2  x(x4 − 4x2 y 2 − y 4 )
(x, y) = xy 2 =


∂y ∂y x + y2 (x2 + y 2 )2

D’autre part, nous avons les deux limites suivantes qui donnent les dérivées partielles au
point (0, 0) :
k(x, 0) − k(0, 0) ∂k k(0, y) − k(0, 0) ∂k
lim =0= (0, 0) et lim =0= (0, 0).
x→0 x ∂x y→0 y ∂y
x6=0 y6=0

De plus, comme pour tout (x, y) 6= (0, 0) nous avons les inégalités suivantes :
y(x4 + 4x2 y 2 − y 4 ) | y | (x4 + 4x2 y 2 + y 4 ) | y | ((x2 + y 2 )2 + 2x2 y 2 )

6 = 63|y|


(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2

x(x4 − 4x2 y 2 − y 4 ) | x | (x4 + 4x2 y 2 + y 4 ) | x | ((x2 + y 2 )2 + 2x2 y 2 )
6 = 63|x|


(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2

nous en déduisons que


∂k ∂k ∂k ∂k
lim (x, y) = 0 = (0, 0) et lim (x, y) = 0 = (0, 0).
(x,y)→(0,0) ∂x ∂x (x,y)→(0,0) ∂y ∂y
(x,y)6=(0,0) (x,y)6=(0,0)

∂k ∂k
Donc, les deux dérivées partielles (x, y) et (x, y) sont continues sur R2 , et que par
∂x ∂y
conséquent ; la fonction k(x, y) est de classe C 1 sur tout le plan R2 .
2) Pour calculer les dérivées partielles secondes mixtes de la fonction k(x, y) nous devons
calculer les deux limites suivantes :
∂k ∂k
(x, 0) − (0, 0)
∂y ∂y x−0 ∂2k
lim = lim =1= (0, 0)
x→0 x x→0 x ∂x∂y
x6=0 x6=0
∂k ∂k
(0, y) − (0, 0) −y − 0 ∂2k
lim ∂x ∂x = lim = −1 = (0, 0).
y→0 y y→0 y ∂y∂x
y6=0 y6=0

A. BOUARICH 54 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

∂2k ∂2k
3) Puisque nous avons (0, 0) 6= (0, 0) le théorème de Shwartz (cf. théorème
∂y∂x ∂x∂y
∂2k
5 du chapitre 3) implique que l’une des deux dérivées partielles secondes (x, y)
∂y∂x
∂2k
et (x, y) est nécessairement discontinue au point (0, 0), et donc ; la fonction k(x, y)
∂y∂x
n’est pas de classe C 2 sur le plan R2 .

Exercice 3.6 Soit H : R2 → R une fonction de classe C 2 . On dira que la fonction H(x, y)
est homogène de degré p ∈ R si pour tout réel t > 0 et pour tout couple (x, y) ∈ R2 on a,
H(tx, ty) = tp H(x, y).
Pour tout couple de nombres réels fixés (x, y) ∈ R2 on désigne par ϕ : R∗+ → R la fonction
définie par, ϕ(t) = H(tx, ty), ∀t > 0.
1) En dérivant la fonction ϕ : R∗+ → R par rapport à t > 0 une seule fois ; démontrer que
la fonction H(x, y) vérifie l’équation aux dérivées partielles :

∂H ∂H
x (x, y) + y (x, y) = pH(x, y). (3.7)
∂x ∂y

2) En dérivant l’équation (1) par rapport à x puis par rapport à y ; démontrer que si
H(x, y) est homogène de degré p = 1 elle vérifie l’équation aux dérivées partielles :
 ∂ 2 H 2  ∂ 2 H  ∂ 2 H 
= .
∂x∂y ∂x2 ∂y 2

3) En dérivant la fonction ϕ : R∗+ → R par rapport à t > 0 deux fois ; démontrer que la
fonction H(x, y) vérifie l’équation aux dérivées partielles :

∂2H ∂2H 2
2∂ H
x2 (x, y) + 2xy (x, y) + y (x, y) = p(p − 1)H(x, y).
∂x2 ∂x∂y ∂y 2

4) En déduire que toute fonction homogène de drgé p = 0 ou 1 est solution de l’équation


aux dérivées partielles (S) :

∂2ω ∂2ω 2
2∂ ω
x2 (x, y) + 2xy (x, y) + y (x, y) = 0.
∂x2 ∂x∂y ∂y 2
x
5) Exprimer l’équation au dérivées partielles (S) en fonction des variables (u, v) = (x, ).
y
En déduire la solution gérale de (S).

Solution 3.6 1) Puisque la fonction H(x, y) est de classe C 2 et que les fonctions t → tx et
t → ty sont de classe C ∞ il en résulte que la fonction compsée ϕ(t) = H(tx, ty) est aussi

A. BOUARICH 55 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

de classe C 2 . Donc, si on applique la formule de dérivation d’une fonction composée on


voit que la dérivée première ordinaire de la fonction ϕ(t) est donnée par :
d  ∂H ∂H
ϕ′ (t) = H(tx, ty) = x (tx, ty) + y (tx, ty).
dt ∂x ∂y

D’autre part, puisque pour tout réel t > 0 on a la relation ϕ(t) = tp H(x, y) = tp ϕ(1) on en
déduit que la fonction dérivée,
∂H ∂H
ϕ′ (t) = x (tx, ty) + y (tx, ty) = ptp−1 H(x, y).
∂x ∂y
Finalement, en portant t = 1 dans la dérnière ligne on obtient la relation demandée :

∂H ∂H
x (x, y) + y (x, y) = pH(x, y).
∂x ∂y
2) Supposons que la fonction H(x, y) est homogène de degré p = 1. Et, remarquons que
∂H ∂H
si on dérive l’expression x (x, y) + y (x, y) = pH(x, y) par rapport à x et puis par
∂x ∂y
rapport à y on obtient le système suivant :
2H 2H ∂2H ∂2H
 
∂H ∂ ∂ ∂H
+x 2 +y =  x 2 +y = 0

 


∂x ∂x ∂y∂x ∂x =⇒ ∂x ∂y∂x
2
∂ H ∂H ∂ H2 ∂H 2
∂ H 2
∂ H
 x + +y 2 =  x +y 2 = 0

 

∂x∂y ∂y ∂y ∂y ∂x∂y ∂y
 2 2

∂ H ∂ H ! !
 ∂x2 ∂y∂x   x 0
=⇒   ∂2H = .
∂2H  y 0
∂x∂y ∂y 2

Ainsi, si on remarque que puisque le couple (x, y) 6= (0, 0) est solution de ce dernier
système linéaire on en déduit que le déterminant de sa matrice est nulle :
2
∂ 2 H

∂ H
 2  2   2 
∂x2
2 ∂y∂x = ∂ H ∂ H − ∂ H 2 = 0, ∀(x, y) 6= (0, 0).
∂ H
∂ 2 H ∂x2 ∂y 2 ∂x∂y
∂x∂y ∂y 2

D’autre part, comme la fonction H(x, y) est de classe C 2 on en déduit que l’expression
 ∂ 2 H 2  ∂ 2 H  ∂ 2 H 
k(x, y) = −
∂x∂y ∂x2 ∂y 2
définie une fonction continue sur tout le plan R2 . Donc, en particulier on aura k(0, 0) =
lim k(x, y) = 0.
(x,y)→(0,0)
 ∂ 2 H 2  ∂ 2 H  ∂ 2 H 
Par conséquent, l’expression = est varie pour tout (x, y) ∈ R2 .
∂x∂y ∂x2 ∂y 2
3) Puisque la fonction H(x, y) est de classe C 2 il en résulte que la fonction ϕ(t) = H(tx, ty)
est deux fois dérivable et que sa dérivée seconde est donnée par :
d ′  d  ∂H ∂H 
ϕ”(t) = ϕ (t) = x (tx, ty) + y (tx, ty)
dt dt ∂x ∂y

A. BOUARICH 56 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

 ∂2H ∂2H   ∂2H ∂2H 


= x x 2 (tx, ty) + y (tx, ty) + y x (tx, ty) + y 2 (tx, ty)
∂x ∂y∂x ∂x∂y ∂y
2
∂ H 2
∂ H 2
∂ H
= x2 2 (tx, ty) + 2xy (tx, ty) + y 2 2 (tx, ty).
∂x ∂y∂x ∂y

Et, comme on a aussi ϕ(t) = tp H(x, y) ; sa dérivée seconde est donc ϕ”(t) = p(p −
1)tp−2 H(x, y). Ainsi, si on porte t = 1 dans les deux expressions de la dérivée seconde
ϕ”(t) on obtient la relation demandée :

∂2H ∂2H 2
2∂ H
x2 (x, y) + 2xy (x, y) + y (x, y) = p(p − 1)H(x, y).
∂x2 ∂x∂y ∂y 2

4) En conséquence de l’expression itablie dans 3) on voit bien que si en particulier la


fonction H(x, y) est homogène de degré p = 0 ou 1 alors H(x, y) est solution de l’équation
aux dérivées partielles (S) :

∂2ω ∂2ω 2
2∂ ω
x2 + 2xy + y = 0.
∂x2 ∂x∂y ∂y 2

5) Supposons que ω(x, y) est une fonction de classe C 2 solution de l’équation aux dérivées
x
partielles (S) et posons (u, v) = (x, ) avec y 6= 0 et Ω(u, v) = ω(x, y). Ensuite calculons
y
les trois dérivées partielles secondes de la fonction ω(x, y) qui expriment l’équation aux
dérivées partielles (S) en fonction des deux variables u et v :

 2
∂ ω ∂2Ω 1 ∂2Ω 1 ∂2Ω 1 ∂2Ω
= [ + ] + [ + ]


∂ω ∂Ω 1 ∂Ω 2 ∂u2 y ∂u∂v y ∂v 2
 
 ∂x y ∂v∂u

= +

2 2 2
 
∂ ω x ∂ Ω 1 ∂Ω 1 x ∂ Ω

∂x ∂u y ∂v =⇒
∂ω x ∂Ω = [− 2 ]− 2 + [− 2 2 ]
 = − 2  ∂x∂y y ∂v∂u y ∂v y y ∂v
∂2ω x ∂2Ω
 
∂y y ∂v 2x ∂Ω x


= − 2 [− 2 2 ]


∂y 2 y 3 ∂v y y ∂v

 2 2 2
∂ ω ∂ Ω 2 ∂ Ω 1 ∂2Ω
= + +


2 ∂u2 y ∂v∂u y 2 ∂v 2

 ∂x


∂2ω x ∂2Ω x ∂2Ω

1 ∂Ω
=⇒ = − 2 − 2 − 3 2
 ∂x∂y y ∂v y ∂v∂u y ∂v
2 2x ∂Ω x2 ∂ 2 Ω

∂ ω


= + 4 2


∂y 2 y 3 ∂v y ∂v

2 2 ∂2Ω ∂2Ω
 x2 ∂ ω ∂ Ω

 = u2 2 + 2uv + v2 2
∂x22 ∂u ∂v∂u ∂v2


∂2Ω

 ∂ ω ∂Ω 2∂ Ω
=⇒ 2xy = −2v − 2uv − 2v
 ∂x∂y ∂v ∂v∂u ∂v 2
2ω 2

 ∂ ∂Ω ∂ Ω
2 + v2 2

 y

= 2v
∂y 2 ∂v ∂v

Maintenant, si on calcule la somme des trois lignes du dernier système on trouve que
l’équation aux dérivées partielles (S) prend la forme suivante :

∂2ω ∂2ω 2
2∂ ω
2
2∂ Ω ∂2Ω
x2 + 2xy + y = 0 = u =⇒ = 0.
∂x2 ∂x∂y ∂y 2 ∂u2 ∂u2

A. BOUARICH 57 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

∂2Ω
Ainsi, puisque l’équation = 0 a pour solution générale Ω(u, v) = uf (v) + g(v) avec f
∂u2
et g : R → R sont deux fonctions quelconques et de classe C 2 ; on conclut que la solution
générale de l’équation aux dérivées partielles (S) est donnée par l’expression :
x x
ω(x, y) = xf ( ) + g( ).
y y

Note 4 : 1) Dans la question 1 de l’exercice 3.6 nous avons démontré que toute fonction
homogène H(x, y) de degré p ∈ R est solution de l’équation aux dérivées partielles d’Eu-
ler :
∂H ∂H
x (x, y) + y (x, y) = pH(x, y).
∂x ∂y
Notons que si on suppose que H(x, y) est solution de l’équation d’Euler alors en posant
pour tout couple de réels fixés (x, y) et pour tout réel t > 0, ψ(t) = H(tx, ty) − tp H(x, y)
on obtient une fonction dérivable telle que :

d  ∂H ∂H d 
ψ(t) = x (tx, ty) + y (tx, ty) − ptp−1 H(x, y) =⇒ t ψ(t) = pψ(t)
dt ∂x ∂y dt
d  ψ(t) 
=⇒ = 0.
dt tp
ψ(t)
Ainsi, de ce qui précède, on déduit que pour tout réel t > 0 la fonction p = Cte est
t
constante. Mais, comme par définition on a ψ(1) = 0 il en résulte que ψ(t) = 0, ∀t > 0, et
que par conséquent la fonction H(x, y) est homogène de degré p ∈ R.
2) Rappelons que dans la question 4) nous avons vérifié que toutes les fonctions homo-
gènes de degré zéro ou un sont solutions de l’équation aux dérivées partielles S,

∂2ω ∂2ω 2
2∂ ω
x2 + 2xy + y = 0.
∂x2 ∂x∂y ∂y 2

D’autre part, dans la question 5) et après avoir effectué le changement de variables


x
(u, v) = (x, ) ; nous avons démontré que la solution générale de l’équation (S) est de
y
x x
la forme ω(x, y) = xf ( ) + g( ) avec f et g : R → R sont deux fonctions de classe C 2
y y
arbitraires.
Ainsi, si maintenant on choisit la fonction f = 0 il en résulte que la solution ω(x, y) =
x
g( ) est une fonction homogène de degré p = 0. De même, si on choisit la fonction g = 0
y
x
il en résulte également que la solution ω(x, y) = xf ( ) est une fonction homogène mais
y
de degré p = 1.
y
Notons aussi que si on considère le changement de variables (u, v) = ( , y) on montre,
x
comme dans 5), que pour tout couple de fonctions f et g : R → R de classe C 2 la fonction
y y
ω(x, y) = yf ( ) + g( ) est solution de l’équation aux dérivées partielles S.
x x

A. BOUARICH 58 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Ainsi, grâce à ces remarques on conclut que la solution générale de l’équation aux déri-
vées partielles (S) est égale à la somme de deux fonctions homogènes où la première est
de degré p = 1 tandis que la seconde est de degré p = 0.

Exercice 3.7 Dans cet exercice, pour a et b ∈ R fixés, on se propose de trouver les fonctions
ω : R2 → R de classe C 2 solution de l’équation aux dérivées partielles (E) :

∂2ω ∂2ω ∂2ω


a + b + = 0.
∂x2 ∂x∂y ∂y 2

1) On considère deux réels α et β ∈ R tels que α 6= β et on pose u = x + αy et v = x + βy.


Montrer que si ω(x, y) est solution de l’équation (E) alors la fonction Ω(u, v) = ω(x, y) est
solution de l’équation aux dérivées partielles (E′ ) :

∂2Ω ∂2Ω 2
2 ∂ Ω
(a + bα + α2 ) + (2a + b(α + β) + 2αβ) + (a + bβ + β ) = 0.
∂u2 ∂u∂v ∂v 2

∂2Ω
2) Forme hyperbolique =0:
∂u∂v
i) Montrer que si on suppose ∆ = b2 − 4a > 0 alors il existe deux nombres réels α 6= β
∂2Ω
qui permettent de réduire l’équation (E′ ) à la forme, = 0.
∂u∂v
ii) En déduire que, sous l’hypothèse ∆ > 0, la solution générale ω(x, y) de l’équation (E)
est une fonction ayant comme expression,

ω(x, y) = f (x + αy) + g(x + βy),

avec f et g : R → R sont deux fonctions de classes C 2 quelconques.


∂2Ω
3) Forme parabolique =0:
∂v 2
i) Montrer que si on suppose ∆ = b2 − 4a = 0 alors en prenant α racine du polynôme
∂2Ω
x2 + bx + a et β 6= α ; l’équation (E′ ) se réduit à une équation de la forme, = 0.
∂v 2
ii) En déduire que, sous l’hypothèse ∆ = 0, la solution générale ω(x, y) de l’équation (E)
est une fonction ayant comme expression

ω(x, y) = f (x + αy) + xg(x + αy)

avec f et g : R → R sont deux fonctions de classes C 2 quelconques.


∂2Ω ∂2Ω
4) Forme elliptique + =0:
∂u2 ∂v 2
i) Montrer que si on suppose que ∆ = b2 − 4a < 0 alors il existe deux nombres réels α 6= β
qui permettent de réduire l’équation (E′ ) à la forme,

∂2Ω ∂2Ω
+ = 0.
∂u2 ∂v 2

A. BOUARICH 59 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

ii) Trouver toutes les fonctions de classe C 2 de la forme Ω(u, v) = A(u)B(v) qui soient
solution de l’équation aux dérivées partielles (E′ ).
5) Applications : Résoudre les équations aux dérivées partielles suivantes :

∂2ω ∂2ω ∂2ω ∂2ω ∂2ω ∂2ω ∂2ω ∂2ω ∂2ω


a) − 2 − 3 = 0, b) − 2 + = 0, c) + + = 0.
∂x2 ∂x∂y ∂y 2 ∂x2 ∂x∂y ∂y 2 ∂x2 ∂x∂y ∂y 2

Solution 3.7 1) Pour un couple de réels α 6= β considérons le changement de variables :

u = x + αy et v = x + βy.

Maintenant, considérons une fonction ω(x, y) qui est solution de l’équation aux dérivées
partielles (E) et calculons ses dérivées partielles secondes en fonction des coordonnées u
et v. Pour ne pas tomber dans les confusions nous poserons ci-dessous Ω(u, v) = ω(x, y).

∂ω ∂Ω ∂u ∂Ω ∂v ∂ω ∂Ω ∂Ω
 

 = + 
 = +
∂x ∂u ∂x ∂v ∂x =⇒ ∂x ∂u ∂v
∂ω ∂Ω ∂u ∂Ω ∂v ∂ω ∂Ω ∂Ω

 = + 
 = α +β
∂y ∂u ∂y ∂v ∂y ∂y ∂u ∂v
 2
∂ ω ∂ ∂Ω 
 ∂  ∂Ω 


2
= +
 ∂x ∂x  ∂u  ∂x  ∂v 


 ∂2ω ∂ ∂Ω ∂ ∂Ω
=⇒ = +
 ∂x∂y ∂y ∂u ∂y ∂v


 ∂ 2ω ∂  ∂Ω  ∂  ∂Ω 
= α +β


∂y 2 ∂y ∂u ∂y ∂v
 2 2 2
∂ ω ∂ Ω ∂ Ω ∂2Ω ∂2Ω


2
= [ 2
+ ] + [ + 2
]
 ∂x ∂u ∂v∂u ∂u∂v ∂v


 ∂2ω ∂2Ω ∂2Ω ∂2Ω ∂2Ω
=⇒ = [α 2 + β ] + [α +β 2]
 ∂x∂y ∂u ∂v∂u ∂u∂v ∂v
2ω 2Ω 2Ω 2Ω ∂2Ω


 ∂ ∂ ∂ ∂
= α[α + β ] + β[α + β ]


∂y 2 ∂u2 ∂v∂u ∂u∂v ∂v 2
 2
∂ ω ∂2Ω ∂2Ω ∂2Ω


2
= + 2 + ]
 ∂∂x ∂u2 ∂v∂u2 ∂v 2 2


2ω 2

∂ Ω ∂ Ω ∂ Ω
=⇒ = α 2 + (α + β) +β 2]
 ∂x∂y ∂u ∂v∂u ∂v

 ∂ 2ω ∂ 2Ω ∂ 2Ω ∂ 2Ω
2 2

= α + 2αβ + β ]


∂y 2 ∂u2 ∂v∂u ∂v 2

Enfin, si on porte ces expressions dans l’équation aux dérivées partielles (E) on obtient
l’équation aux dérivées partielles (E′ ) dans laquelle la fonction Ω(u, v) = ω(x, y) est une
solution :
∂2Ω ∂2Ω 2
2 ∂ Ω
(a + bα + α2 ) + (2a + b(α + β) + 2αβ) + (a + bβ + β ) = 0.
∂u2 ∂u∂v ∂v 2

A. BOUARICH 60 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

2) i) Notons que sous l’hypothèse ∆ = b2 − 4a > 0 on déduit que le trinôme x2 + bx + a


possède deux racines distinctes α 6= β. Donc, si on refait le travail de 1) avec les racines
α et β on voit que l’équation (E′ ) se réduit à l’équation simplifiée : (2a + b(α + β) +
∂2Ω
2αβ) = 0.
∂u∂v
D’autre part, puisque on sait que la somme des racines α + β = −b et que leur produit
αβ = a il en résulte que la quantité (2a + b(α + β) + 2αβ) = 2a − b2 + 2a = ∆ < 0.
Par conséquent, si ∆ = b2 − 4a > 0 alors l’équation (E′ ) induit l’équation au dérivées
∂2Ω
partielles : = 0.
∂u∂v
∂2Ω
ii) Comme l’équation aux dérivées partielles = 0 a pour solution générale
∂u∂v
Ω(u, v) = f (u) + g(v)

où f, g : R → R sont deux fonctions au moins de classe C 2 ; on conclut que l’équation aux


dérivées partielles (E) a pour solution générale

ω(x, y) = f (x + αy) + g(x + βy)

avec α 6= β sont les deux racines réelles de l’équation x2 + bx + a = 0 dont discriminant


∆ = b2 − 4a > 0.
3) i) Si maintenant on suppose ∆ = b2 − 4a = 0 alors cela implique que le trinôme
x2 + bx + a possède une racine réelle double α. Ainsi, si on refait le travail de 1) en
choisissant un réel β 6= α on voit que l’équation (E′ ) se réduit à l’équation suivante :

∂2Ω ∂2Ω
(2a + b(α + β) + 2αβ) + (a + bβ + β 2 ) 2 = 0.
∂u∂v ∂v
b
Mais comme nous avons α = − et b2 = 4a on en déduit que la quantité
2
b2
2a + b(α + β) + 2αβ = 2a − + bβ − bβ = 0.
2

D’autre part, comme le réel β n’est pas une racine de l’équation x2 + bx + a = 0 on aura
a+ bβ + β 2 6= 0, et ainsi ; on conclut que si le discriminant ∆ = b2 − 4a = 0 alors l’équation
∂2Ω
aux dérivées partielles (E′ ) prend la forme finale : = 0.
∂v 2
∂2Ω
ii) Puisque la solution générale de léquation = 0 est de la forme Ω(u, v) = vf (u) +
∂v 2
g(u) où f, g : R → R sont deux fonctions au moins de classe C 2 ; on conclut que si le
discriminant ∆ = b2 − 4a = 0 alors l’équation aux dérivées partielles (E) a pour solution
générale
ω(x, y) = f (x + αy) + (x + αy)g(x + αy).

4) i) Supposons ∆ = b2 − 4a < 0 et considérons deux réels α 6= β. Donc, d’après 1), si on


pose u = x + αy et v = x + βy on voit que la fonction Ω(u, v) = ω(x, y) est solution de

A. BOUARICH 61 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

∂2Ω ∂2Ω
l’équation aux dérivées partielles (E′ ) : (a + bα + α2 ) + (2a + b(α + β) + 2αβ) +
∂u2 ∂u∂v
∂2Ω
(a + bβ + β 2 ) = 0.
∂v 2
Ainsi, pour voir que sous l’hypothèse ∆ = b2 − 4a < 0 l’équation (E′ ) se réduit à l’équa-
∂2Ω ∂2Ω
tion + = 0 il suffit qu’on montre que pour un certain réel k 6= 0 le système
∂u2 ∂v 2
suivant 

 a + bα + α2 = k
2a + b(α + β) + 2αβ = 0

a + bβ + β 2 = k

possède au moins une solution (α, β) avec α 6= β.


En effet, de la première et la troisième lignes de ce système on voit que les réels α et β
sont racines différentes du trinôme P(x) = x2 + bx + a − k. Donc on doit avoir :
(
α + β = −b
αβ = a−k

Ainsi, puisque les réels α et β doivent vérifier aussi la condition suivante

2a + b(α + β) + 2αβ = 0 =⇒ 2a − b2 + 2(a − k) = 4a − b2 − 2k = −∆ − 2k = 0



on en déduit que nécessiarement k = − > 0. D’autre part, notons que pour le choix de
2

k = − > 0 on voit que le dicriminant du trinôme P(x) = x2 + bx + a − k est égale à
2
δ = b2 − 4(a − k) = ∆ + 4k = −∆ > 0.

∆ ∆
Par conséquent, en prenant k = − on voit que le trinôme P(x) = x2 +bx+a+ possède
2 2
deux racines α 6= β telles que 2a + b(α + β) + 2αβ = 0 et que si on pose u = x + αy
et v = x + βy alors ce changement de variables permet de transformer l’équation aux
∂2Ω ∂2Ω
dérivées partielles (E) sous la forme : + = 0.
∂u2 ∂v 2
∂2Ω ∂2Ω
ii) Si Ω(u, v) = A(u)B(v) est solution de l’équation aux dérivées partielles + =0
∂u2 ∂v 2
d2 d2
il en résulte que 2
(A(u))B(v) + A(u) 2 (B(v)) = 0. Par conséquent, si on suppose
du dv
Ω(u, v) 6= 0 on en déduit que

d2 A d2 B
 2
(u) (v)  d A (u) − λA(u) = 0,

du2 =− du 2
= λ = Cte =⇒ du 2
d2B
A(u) B(v)
(v) + λB(v) = 0.


du2
Ainsi, si le réel λ > 0 on voit que la solution
√ √ √ √
Ω(u, v) = (ae− λu + be λu )(c cos( λv) + d sin( λv)) où a, b, c, d ∈ R.

De même, si le réel λ < 0 on voit que la solution


√ √ √ √
Ω(u, v) = (ae− −λu + be −λu )(c cos( −λv) + d sin( −λv)) où a, b, c, d ∈ R.

A. BOUARICH 62 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

5) Applications : a) Puisque le discriminant de l’équation aux dérivées partielles

∂2ω ∂2ω ∂2ω


− 2 − 3 =0
∂x2 ∂x∂y ∂y 2

est égale à ∆ = (2)2 − 4(−3) = 16 > 0 ; cette équation est de type hyperbolique et donc sa
x
solution générale est de la forme, ω(x, y) = f (−x + y) + g( + y), où les deux fonctions
3
f et g : R → R sont de classe C 2 .
b) Puisque le discriminant de l’équation aux dérivées partielles

∂2ω ∂2ω ∂2ω


− 2 + =0
∂x2 ∂x∂y ∂y 2

est égale à ∆ = 0 ; cette équation est de type parabolique et donc sa solution générale est
de la forme, ω(x, y) = f (x + y) + (x + y)g(x + y), où les deux fonctions f et g : R → R
sont de classe C 2 .
c) Puisque le discriminant de l’équation aux dérivées partielles

∂2ω ∂2ω ∂2ω


+ + =0
∂x2 ∂x∂y ∂y 2

est égale à ∆ = −3 < 0 ; cette équation est de type elliptique et donc elle possède une
solution à variables séparées de la forme :
√ √ √ √
ω(x, y) = (ae− λu
+ be λu
)(c cos( λv) + d sin( λv)) où a, b, c, d ∈ R, λ > 0
√ √
−1 + 3 −1 − 3
et où u = x + αy et v = x + βy avec α = et β = sont les deux racines
2 2
∆ 1
distinctes du trinôme P(x) = x2 + x + 1 + = x2 + x − .
2 2

A. BOUARICH 63 Analyse II, 2008/2009


C HAPITRE Q UATRE

D IFFÉRENTIABILITÉ II

Objectifs : Cette feuille de travaux dirigés à pour but de vous fair ac-
quérir les habilités suivantes :

1. Savoir calculer le développement limité d’une fonction de plu-


sieiures variables réelles et l’apliquer pour calculer les limites.
2. Savoir déterminer les points critiques d’une fonction de plu-
sieures variables réelles.
3. Comprendre comment caractériser les points critiques qui
donnent une valeur maximale, minimale, point selle ou ni mini-
male ni maximale.
4. Savoir appliquer le théorème de la fonction implicite.
5. Savoir calculer les dérivées partielles d’une fonction implicite.

64
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

4.1 Formule de Taylor et ses applications

4.1.1 Formule de Taylor

Considérons un ouvert convexe non vide U ⊂ R2 et une fonction f : U → R de classe


C p dont toutes les dérivées partielles mixtes d’ordre p + 1 existent. Il est clair que pour
tout couple de points A = (a, b) ∈ U et B = (a + h, b + k) ∈ U la convixité de l’ouvert
U implique que l’expression F(t) = f (a + th, b + tk) est bien définie sur le segment [0, 1]
et que toutes ses dérivées d’ordre 1 6 k 6 p + 1 existent sur [0, 1]. Rappelons aussi que
sous ces hypothèse nous pouvons appliquer à la fonction F(t) la formule de Taylor pour
un certain réel θ ∈]0, 1[ :
1 ′ 1 1 1
F(1) = F(0) + F (0) + F”(0) + · · · + F(p) (0) + F(p+1) (θ).
1! 2! p! (p + 1)!

Maintenant, si on dérive la fonction composée F(t) = f (a + th, b + tk) par récurrence


jusqu’à l’ordre (p + 1) comme suit,
∂f ∂f
F′ (t) = h (a + th, b + tk) + k (a + th, b + tk),
∂x ∂y
2
∂ f ∂2f ∂2f
F”(t) = h2 2 (a + th, b + tk) + 2hk (a + th, b + tk) + k2 2 (a + th, b + tk), · · ·
∂x ∂x∂y ∂y
..
. = ···
i=n n
Cn hikn−i ∂x∂i ∂yfn−i (a + th, b + tk) où Cp = (p −p!i)!i!
X i i
(n)
F (t) =
i=0

alors en portant les expressions de F(0), F′ (0), F”(0), · · · dans la formule de Taylor asso-
ciée à la fonction F(t) on obtient la formule de Taylor à l’ordre p > 1 pour la fonction
f (x, y),

∂f ∂f
f (a + h, b + k) − f (a, b) = [h (a, b) + k (a, b)]
∂x ∂y
1 2∂ f 2 ∂2f 2
2∂ f
+ [h (a, b) + 2hk (a, b) + k (a, b)] + · · ·
2! ∂x2 ∂x∂y ∂y 2
i=p
1 X i i p−i ∂ p f
+
p!
( Cp h k ∂xi∂yp−i (a + θh, b + θk).
i=0

La formule de Taylor qu’on vient d’établir nous permet de déduire la fameuse formule
de Taylor-Mac Laurin qui est à la base de la notion de développamlent limité et que
l’on utilise notamment pour calculer certaines limites de fonctions de plusieurs variables
réelles.

Théorème 15 (Formule de Taylor-Mac Laurin). Soit U ⊂ R2 est un ouvert convexe non vide
et f : U → R une fonction de classe C p dont toutes les dérivées partielles mixes d’ordre p + 1

A. BOUARICH 65 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

existent. Alors, il existe une fonction réelle ε(x, y) continue sur un voisinage de (0, 0) telle que
ε(0, 0) = 0 et pour (x, y) ∈ U proche du point (a, b) on a la formule suivante :

∂f ∂f
f (x, y) − f (a, b) = [(x − a) (a, b) + (y − b) (a, b)] +
∂x ∂y
1 ∂ 2f ∂2f ∂2f
[(x − a)2 2 (a, b) + 2(x − a)(y − b) (a, b) + (y − b)2 2 (a, b)]
2! ∂x ∂x∂y ∂y
i=p
1 X i ∂pf
+··· + [
p!
C i
p (x − a) (y − b)
p−i
∂xi ∂y p−i
(a, b)]
i=0
( (x − a)2 + (y − b)2 )p
p
+ ε(x − a, y − b).
p!

4.1.2 Extrêmums

Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide et f : U → R une fonction.


1) On dira que la fonction f admet un maximum local au point a ∈ U s’il existe un réel
ε > 0 tel que pour tout x ∈ U qui vérifie la condition kx − ak < ε implique f (x) 6 f (a).
2) On dira que la fonction f admet un minimum local au point a ∈ U s’il existe un réel
ε > 0 tel que pour tout x ∈ U qui vérifie la condition kx − ak < ε impique f (a) 6 f (x).
3) Un point a ∈ U qui est soit un maximum local ou soit un minimum local de f s’appelle
extremum local.

Maximums
10

−2

−4

−6

−8
50
40 50
30 Minimum 40
20 30
20
10
10
0 0

F IG . 4.1 – Forme géométrique des extremums locaux

4) En considérant les fonctions partielles suivantes :

ϕ1 (x1 ) = f (x1 , a2 , · · · , am ), ϕ2 (x2 ) = f (a1 , x2 , · · · , am ), · · · , ϕm (xm ) = f (a1 , a2 , · · · , xm )

A. BOUARICH 66 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

on vérifie que si la fonction f réalise au point a = (a1 , · · · , am ) ∈ U une valeur minimale




ou maximale alors le vecteur gradient gradf (a) = 0 ∈ Rm et on dira dans ce càs que le
point a est un point critique de la fonction f .
5) En général, un point critique a ∈ U de la fonction f ne donne pas une valeur minimale
ou maximale. Pour le voir, considérer la fonction f (x, y) = x2 − y 2 pour laquelle (0, 0) est
un point critique mais la valeur f (0, 0) = 0 est ni minimale ni maximale.
Un point critique (a, b) dont la valeur f (a, b) est ni minimale ni maximale s’appelle point
selle, car ; au-dessus d’un petit voisinage du point (a, b) le graphe de la fonction f (x, y)
possède la forme géométrque représentée dans l’espace R3 par le graphe ci-dessous,

Point selle : ni minimum ni maximum

10

−5

−10
3
2
3
1 2
0 1
−1 0
−1
−2 −2
−3 −3

F IG . 4.2 – Forme géométrique d’un point selle

Pour une fonction à deux variables réelles f (x, y) qui possède un dévelopement limité
d’ordre p > 2 au voisingane d’un point critique (x0 , y0 ),
∂f ∂f
f (x, y) − f (x0 , y0 ) = (x − x0 ) (x0 , y0 ) + (x − x0 ) (x0 , y0 )
∂x ∂x
1 2
∂ f ∂2f ∂2f
+ [(x − x0 )2 2 (x0 , y0 ) + 2(x − x0 )(y − y0 ) 2
(x0 , y0 ) + (y − y0 )2 2 (x0 , y0 )]
2 ∂x ∂x∂y ∂y
2
(x − x0 ) + (y − y0 ) 2
+ ε(x − x0 , y − y0 )
2
1 ∂2f ∂2f 2
2∂ f
= [(x − x0 )2 2 (x0 , y0 ) + 2(x − x0 )(y − y0 ) (x0 , y 0 ) + (y − y 0 ) (x0 , y0 )]
2 ∂x ∂x∂y 2 ∂y 2
(x − x0 )2 + (y − y0 )2
+ ε(x − x0 , y − y0 ),
2
on démontre le théorème ci-dessous qui donne une caractérisation des points critiques
qui induisent des valeurs minimales ou maximales.

A. BOUARICH 67 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Théorème 16 (Caractérisation des extremums locaux). Soit U ⊂ R2 un ouvert convexe non


vide et f : U → R une fonction de classe C p avec p > 2. Pour un point critique (x0 , y0 ) ∈ U de
la fonction f (x, y) on pose,

∂2f ∂2f ∂2f


r0 = (x0 , y0 ), s0 = (x0 , y0 ) et t0 = (x0 , y0 ).
∂x2 ∂x∂y ∂y 2

Alors, on a les propositions suivantes,


1. Si ∆ = (s0 )2 − r0 t0 < 0 et r0 > 0 ou t0 > 0 alors f (x0 , y0 ) est une valeur minimume
locale de f (x, y).
2. Si ∆ = (s0 )2 − r0 t0 < 0 et r0 < 0 ou t0 alors f (x0 , y0 ) est une valeur maximale locale de
f (x, y).
3. Si ∆ = (s0 )2 − r0 t0 > 0 alors f (x0 , y0 ) est ni minimale locale ni maximale local de f (x, y).
4. Si ∆ = (s0 )2 − r0 t0 = 0 on ne peut rien dire à propos de la nature de la valeur f (x0 , y0 ).

4.2 Applications de plusieurs variables différentiables

4.2.1 Différentiabilité et matrice jacobiènne

Définition 13. Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide et f : U → Rp une application. On dira que
l’application f (x) est différentiable au point a ∈ U s’il existe une application linéaire L : Rm →
Rp telle que,

(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀h ∈ Rm ), khk < η =⇒ kf (a + h) − f (a) − L(h)k < εkhk. (4.1)

Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide et f : U → Rp une application. Il est facile de montrer


qu’une application différentiable f vérifie les propriétés suivantes :

1. L’application f (x) est continue au point a ∈ U : lim f (x) = f (a).


x→a
2. Pour tout vecteur non nulle ~v ∈ Rm la dérivée directionnelle existe,

f (a + t~v ) − f (a) ∂f
lim = (a) = L(~u),
x→a t ∂~u
où L : Rm → Rn désigne l’application linéaire qui vérifie (3.7).
3. L’application linéaire L : Rm → Rp qui vérifie (3.7) est unique ; elle s’appelle diffé-
rentielle de f au point a ∈ U et se note df (a).

Théorème 17. Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide. Une application f = (f1 , · · · , fn ) : U → Rn


est différentiable au point a ∈ U si et seulement, si toutes ses composantes f1 , · · · , fn : U → R
sont différentiables au point a ∈ U. En conséquence, les composantes de l’application différentielle
df (a) : Rm → Rn sont égales aux différentielles des composantes de f (x) :

df (a) = (df1 (a), · · · , dfn (a)).

A. BOUARICH 68 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Grâce à l’expression df (a) = (df1 (a), · · · , dfn (a)) nous pouvons maintenant expliciter la
matrice associée à l’application linéaire df (a) : Rm → Rn relativement aux bases cano-
niques (e1 , · · · , em ) de l’espaces vectoriel Rm et (v1 , · · · , vn ) de l’espaces vectoriel Rn .

En effet, si on évalue l’application linéaire df (a) : Rm → Rn au vecteur h = h1 e1 +


· · · hm em ∈ Rm on obtient,

df (a) · (h) = h1 df (a) · (e1 ) + · · · + hm df (a) · (em ).

D’autre part, comme pour chaque vecteur ei élément de la base canonique de l’espace
Rm l’expression df (a) · (ei ) = (df1 (a) · (ei ), · · · , dfn (a) · (ei )) s’écrit sous le forme :

∂f1 ∂fn
df (a) · (ei ) = df1 (a) · (ei )v1 + · · · + dfn (a) · (ei )vn = (a)v1 + · · · + (a)vn .
∂xi ∂xi
on en déduit que la matrice associée à l’application différentielle df (a) : Rm → Rn est
égale à,

∂f1 ∂f1 ∂f1


 
 ∂x1 (a) ∂x2 (a) · · · ∂xm (a) 
 ∂f ∂f2 ∂f2 
2
(a) (a) · · · (a) 
 
 ∂x1 ∂x2 ∂xm

(4.2)
.. .. ..

 

 . . ··· . 

 ∂fp ∂fp ∂fp 
(a) (a) · · · (a)
∂x1 ∂x2 ∂xm

Définition 14. La matrice définit par l’expression (3.8) qui est associée à la différentielle df (a) :
Rm → Rp s’appelle matrice jacobienne de l’application f : U → Rn au point a ∈ U et se note
J(f, a).

Pour tout couple d’applications f et g différentiables on vérifie qu’on a les propriétés


suivantes :
1. La somme f + g est différentielle et en chaque point a de son domaine la diffé-
rentielle est donnée par, d(f + g)(a) = df (a) + dg(a). En conséquence, la matrice
jacobienne de f + g au point a est égale à, J(f + g, a) = J(f, a) + J(g, a).
2. Si f est différentielle au point a et g est différentielle au point f (a) alors l’application
composée g ◦ f est différentielle et sa différentielle est égale à,

d(g ◦ f )(a) = dg(f (a)) ◦ df (a).

En conséquence, la matrice jacobienne de l’application composée g ◦ f est donnée


au point a ∈ U par la formule,

J(g ◦ f, a) = J(g, f (a)) · J(f, a).

A. BOUARICH 69 Analyse II, 2008/2009


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4.2.2 Théorèmes de l’inverse locale et de la fonction implicite

Théorème 18 (Inverse locale). Soit U ⊂ Rm un ouvert non vide et f : U → Rm une application


de classe C 1 . Si au point a ∈ U le déterminant jacobien

D(f1 , · · · , fm )
Det(J(f, a)) = (a) 6= 0
D(x1 , · · · , xm )

alors il existe un réel ε > 0 et une unique application g : f (B(a, ε)) → B(a, ε) ⊂ U de classe C 1
telle que pour tout x ∈ B(a, ε) on a g ◦ f (x) = x et pour tout y ∈ f (B(a, ε)) on a, f ◦ g(y) = y.
De plus, la jacobienne de l’application inverse locale g est donnée par,

J(g, b) = J(f, g(b))−1 où f (a) = b.

Théorème 19 (Système d’équations implicites). Soit U ⊂ Rm+p = Rm × Rp un ouvert


non vide et F : U → Rp une application de classe C p , p > 1 de composantes F1 , F2 , · · · , Fp .
Soit (a, b) ∈ U solution particulière du système d’equation F(x, y) = 0 avec (x, y) ∈ U(i.e
F(a, b) = 0).
 ∂F 
i
Si la matrice des dérivées partielles (a, b) 16i6p est inversible alors il existe deux réels
∂yk 16k6p
η > 0 et ε > 0 tels que le produit B(a, η) × B(b, ε) ⊂ U et il existe aussi une seule application de
classe C p , ϕ : B(a, η) → B(b, ε), que l’on appelle fonction implicite et qui possède les propriétés
suivantes :
1. ϕ(a) = b ;
2. ∀x ∈ B(a, η), F(x, ϕ(x)) = 0 ;
3. La matrice jacobienne de ϕ est donnée au point a ∈ U par la formule,
 ∂ϕ   ∂F −1  ∂F 
k i i
J(ϕ, a) = (a) 16k6p = (a, b) 16i6p (a, b) 16i6p .
∂xj 16j6m ∂yk 16k6p ∂xj 16j6m

A. BOUARICH 70 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

4.3 Exercies avec solutions

Exercice 4.1 Calculer les limites suivantes en utilisant un développement limité conve-
nable.
1 − cos(x + y)
1. lim .
(x,y)→(0,0) x2 + y 2
1 − x2
Log( )
1 + y2
2. lim .
(x,y)→(0,0) x2 + y 2
x+y
Arctg( )−x−y
1 − xy
3. lim .
(x,y)→(0,0) x2 + y 2

1 − cos(x + y)
Solution 4.1 1) Calculons la limite lim .
(x,y)→(0,0)x2 + y 2
Pour calculer cette limite on pourra utiliser le développement limité de la fonction cos(t)
t2
au voisinage de t = 0 à l’ordre deux, cos(t) = 1 − + t2 ε(t) et limε(t) = 0, pour voir que
2 t→0
si les variables x et y sont proches de zéro on aura,

(x + y)2 1
1 − cos(x + y) = − (x + y)2 ε(x + y) = (x2 + 2xy + y 2 ) − (x + y)2 ε(x + y).
2 2

1 − cos(x + y) (x + y)2 1
D’où, lim = lim ( + ε(x + y)).
(x,y)→(0,0) x2 + y 2 (x,y)→(0,0) x2 + y 2 2
(x + y)2
Ainsi, comme le rapport 2 est bornée mais n’a pas de limite quand le couple (x, y)
x + y2
1 − cos(x + y) (x + y)2
tend vers (0, 0) on en déduit que la limite lim = lim
(x,y)→(0,0) x2 + y 2 (x,y)→(0,0) 2(x2 + y 2 )
n’existe pas.
1 − x2
Log( )
1 + y2
2) Calculons la limite lim .
(x,y)→(0,0) x2 + y 2
1 − x2 x2 + y 2
Puisque le quotient 2
=1− et puisque on sait qu’au voisinage de zéro on a
1+y 1 + y2
u2 (−1)n u2n+1
Log(1 + u) = u − + ··· + + o(u2n+1 ) on voit donc que le développement
2 2n + 1
1 − x2
limité au voisinage de (0, 0) à l’ordre deux de la fonction Log( ) s’obtient de la
1 + y2
manière suivante :
1 − x2 x2 + y 2
Log( ) = Log(1 − )
1 + y2 1 + y2
x2 + y 2 1  x2 + y 2 2
= − − + o(x2 + y 2 )
1 + y2 2 1 + y2

A. BOUARICH 71 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

1
D’autre part, puisque on sait qu’au voisinage de zéro on a = 1 − t + t2 + · · · +
1+t
(−1)n tn + o(tn ) on aura donc à l’ordre deux :

1 − x2
Log( )
1 − x2 1 + y2
Log( ) = −x2 − y 2 + o(x2 + y 2 ) =⇒ lim = −1.
1 + y2 (x,y)→(0,0) x2 + y 2

x+y
Arctg(
)−x−y
1 − xy
3) Calculons la limite lim .
(x,y)→(0,0) x2 + y 2
Rappelons que le développement limité au voisinage de zéro de la fonction

t3 (−1)n t2n+1
Arc tg(t) = t − + ··· + + o(t2n+1 )
3 2n + 1
que l’on peut obtenir en intégrant le développment limité au voisinage de zéro de la
1
fonction, = 1 − t2 + · · · + (−1)n t2n + o(t2n ), entre 0 et x proche de zéro.
1 + t2
Maintenant, observons que puisque au voisinage de (0, 0) à l’ordre trois on a
x+y
= (x + y)(1 + xy) + o((x2 + y 2 )3/2 )
1 − xy

on en déduit que

x+y 1
Arctg( ) = [x + y + x2 y + xy 2 ] − (x + y)3 + o((x2 + y 2 )3/2 )
1 − xy 3
1 3
= x + y − (x + y 3 ) + o((x2 + y 2 )3/2 ).
3

Ainsi, comme pour tout couple (x, y) ∈ R2 , | x3 + y 3 |6| x |3 + | y |3 6 2(x2 + y 2 )3/2 , on


x3 + y 3
en déduit que lim = 0 et que par conséquent,
(x,y)→(0,0) x2 + y 2

x+y 1 3
Arctg( )−x−y − (x + y 3 ) + o((x2 + y 2 )3/2 )
1 − xy 3
lim = lim = 0.
(x,y)→(0,0) x2 + y 2 (x,y)→(0,0) x2 + y 2

Exercice 4.2 Déterminer les points critiques des fonctions suivantes et préciser leurs na-
tures : minimum local, maximum local ou point selle.
1. f1 (x, y) = 3x3 + xy − 9x.
x2 + y 2
2. f2 (x, y) = (x2 − y 2 ) exp(− ).
2
3. f3 (x, y) = x3 − y 3 + 3axy, α ∈ R.

A. BOUARICH 72 Analyse II, 2008/2009


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Solution 4.2 1) Cherchons la nature des points points critiques de la fonction f1 .


a) Les points critiques de f1 (x, y) = 3x3 + xy − 9x sont solutions des équations

∂f1


 = 9x2 + y − 9 = 0
∂x =⇒ (x, y) = (0, 9).
∂f1

 = x=0
∂y

b) Puisque les dérivées partielles secondes de la fonction f1 sont données par,

∂ 2 f1 ∂ 2 f1 ∂ 2 f1
= 18x, =1 et =0
∂x2 ∂x∂y ∂y 2

on voit donc que le développement limité au voisinage de (0, 9) à l’ordre deux est donné
par :
f1 (x, y) − f1 (0, 9) = 2x(y − 9) + o(x2 + (y − 9)2 ).

Ainsi, puisque au voisinage du point (0, 9) le produit 2x(y − 9) change de signe on en


déduit que le point critique (0, 9) de la fonction f1 est un point selle.
z

x
y

2) Cherchons la nature des points critiques de la fonction f2 .


x2 + y 2
a) Les points critiques de f2 (x, y) = (x2 − y 2 ) exp(− ) sont solutions des équations
2
∂f2 x2 + y 2
  
= 2x − x3 + xy 2 exp(− )=0
(
x(2 − x2 + y 2 ) = 0


∂x 2
2 2 =⇒
 ∂f2 = x +y y(−2 − x2 + y 2 ) = 0
 
− 2y − yx2 + y 3 exp(− )=0

∂y 2
(
x = 0 ou 2 − x2 + y 2 = 0
=⇒
y = 0 ou −2 − x2 + y 2 = 0

Ainsi, du dérnier système on conclut que la fonction f2 possède cinq points critiques :
√ √ √ √
(0, 0), (0, 2), (0, − 2), ( 2, 0) et (− 2, 0).

A. BOUARICH 73 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

b) Pour déterminer la nature des points critiques trouvés nous allons calculer des dérivées
partielles secondes de f2

∂ 2 f2 x2 + y 2
  

 r0 = = 2 − 5x2 + y 2 + x4 + x2 y 2 exp(− )
∂x2 2


∂ 2 f2 2 2

   x +y
s0 = = yx3 − xy 3 exp(− )
 ∂x∂y 2
 2 x2 + y 2
 t0 = ∂ f 2
  
− 2 − x2 + 5y 2 − y 4 + x2 y 2 exp(−

= )

∂y 2 2

ce qui nous permet de dresser le tableau suivant :

r0 s0 t0 ∆ = (s0 )2 − r0 t0 Nature
Pts critiques
(0, 0) 2 0 -2 4 selle

(0, 2) 4 0 4 -16 minimum local

(0, − 2) 4 0 4 -16 minimum local

( 2, 0) -4 0 -4 -16 maximum local

(− 2, 0) -4 0 -4 -16 maximum local

x y

3) Cherchons la nature des points critiques de la fonction f3 .


a) Les point critiques de la fonction f3 (x, y) = x3 − y 3 + 3axy sont solutions des équations

∂f3

= 3x2 + 3ay = 0
(
x2 + ay = 0


∂x =⇒
 ∂f3 = −3y 2 + 3ax = 0
 −y 2 + ax = 0
∂y

Pour résoudre ce système nous allons distinguer deux cas :


i) Si a = 0 alors la fonction f3 (x, y) = x3 − y 3 possède un seul point critique (0, 0), mais ;
comme pour x > 0 et y > 0 on a la double inégalité f3 (0, y) = −y 3 6 f3 (0, 0) 6 f3 (x, 0) =
x3 on en déduit que la valeur f3 (0, 0) = 0 est ni minimale, ni maximale.
ii) Si a 6= 0 on voit alors que le dernier système possède deux solutions (0, 0) et (a, −a).

A. BOUARICH 74 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Ainsi, comme les dérivées secondes de la fonction f3 sont égales à

∂ 2 f3 ∂ 2 f3 ∂ 2 f3
r0 = = 6x, s0 = = 3a et t0 = = −6y =⇒ ∆ = (s0 )2 −r0 t0 = 9a2 +36xy,
∂x2 ∂x∂y ∂y 2

on conclut que le point critique (0, 0) est un point selle tandis que la valeur f3 (a, −a) =
−a3 est maximumale locale (resp. minimumale locale) si a < 0 (resp. a > 0).

z
z
x y

x y x y

a > 0 : minimum local + selle a < 0 : maximum local + selle a = 0 : ni minimal ni maximal

Exercice 4.3 Soit F : R3 → R une fonction de classe C 1 . On suppose que l’équation impli-
cite F(x, y, z) = 0 possède au moins une solution dans l’espace R3 .
a) Sous quelles conditions l’équation implicite F(x, y, z) = 0 définie simultanément trois
explicitations x = x(y, z), y = y(x, z) et z = z(x, y) ?
b) Montrer que sous les conditions trouvées en a) les dérivées partielles des fonctions
implicites x = x(y, z), y = y(x, z) et z = z(x, y) vérifient les équations aux dérivées
partielles :
∂z ∂x ∂z ∂x ∂y
=1 et = −1.
∂x ∂z ∂x ∂y ∂z

Solution 4.3 a) Si au point (x0 , y0 , z0 ) ∈ R3 on a F(x0 , y0 , z0 ) = 0 et si le produit,

∂F ∂F ∂F
(x0 , y0 , z0 ) × (x0 , y0 , z0 ) × (x0 , y0 , z0 ) 6= 0,
∂x ∂y ∂z

le théorème de la fonction implicite permet de trouver un réel ε > 0 et trois fonctions de


classe C 1 qu’on note x = ϕ1 (y, z), y = ϕ2 (x, z) et z = ϕ3 (x, y) qui sont respectivement
définies sur les ouverts
1. U1 =] − ε − y0 , ε + y0 [×] − ε + z0 , ε + z0 [ ;
2. U2 =] − ε − x0 , ε + x0 [×] − ε + z0 , ε + z0 [ ;

A. BOUARICH 75 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

3. U3 =] − ε − x0 , ε + x0 [×] − ε + y0 , ε + y0 [
et qui sont uniques par les propriétés suivantes :
1. ∀(y, z) ∈ U1 , F(ϕ1 (y, z), y, z) = 0 avec ϕ1 (y0 , z0 ) = x0 .
2. ∀(x, z) ∈ U2 , F(x, ϕ2 (x, z), z) = 0 avec ϕ2 (x0 , z0 ) = y0 .
3. ∀(x, y) ∈ U3 , F(x, y, ϕ3 (x, y)) = 0 avec ϕ3 (x0 , y0 ) = z0 .
b1) Observons que si on dérive l’équation F(x, y, ϕ3 (x, y)) = 0 par rapport à x et l’équa-
tion F(ϕ1 (y, z), y, z) = 0 par rapport à z on obtient les deux équations suivantes :

 ∂ F(x, y, ϕ3 (x, y)) ∂F ∂F ∂z
 
= (x, y, ϕ3 (x, y)) + (x, y, ϕ3 (x, y)) (x, y) = 0

∂x ∂x ∂z ∂x
∂  ∂F ∂x ∂F

 F(ϕ1 (y, z), y, z) = (ϕ1 (y, z), y, z) (y, z) + (ϕ1 (y, z), y, z) = 0
∂z ∂x ∂z ∂z

∂F ∂F
∂z (x, y, ϕ3 (x, y)) ∂x (ϕ1 (y, z), y, z)
Ainsi, de ces équations on déduit que = − ∂x et = − ∂z
∂x ∂F ∂z ∂F
(x, y, ϕ3 (x, y)) (ϕ1 (y, z), y, z)
∂z ∂x
∂z ∂x
et que par conséquent : = 1.
∂x ∂z
b2) De même, si on dérive l’équation F(ϕ1 (y, z), y, z) = 0 par rapport à y et l’équation
F(x, ϕ2 (x, z), z) = 0 par rapport à z on obtient les équations suivantes :

∂  ∂F ∂x ∂F
 

 F(ϕ1 (y, z), y, z) = (ϕ1 (y, z), y, z) (y, z) + (ϕ1 (y, z), y, z) = 0
∂y  ∂x ∂y ∂z
 ∂ F(x, ϕ2 (y, z), z) ∂F ∂F ∂y

= (x, ϕ2 (y, z), z) + (x, ϕ2 (y, z), z) (x, z) = 0

∂z ∂x ∂z ∂z
∂F ∂F
(ϕ1 (y, z), y, z) (x, ϕ2 (y, z), z)
∂x ∂y ∂y
qui implique que les dérivées partielles =− et = − ∂z .
∂y ∂F ∂z ∂F
(ϕ1 (y, z), y, z) (x, ϕ2 (y, z), z)
∂x ∂y
D’où, la deuxième relation :

∂F ∂F
(x, y, ϕ3 (x, y)) (ϕ1 (y, z), y, z)   ∂F (x, ϕ2 (y, z), z) 
∂z ∂x ∂y 
∂x
 
∂y
= − × − × − ∂z = −1.
∂x ∂y ∂z ∂F ∂F ∂F
(x, y, ϕ3 (x, y)) (ϕ1 (y, z), y, z) (x, ϕ2 (y, z), z)
∂z ∂x ∂y

Exercice 4.4 a) Démontrer que l’équation implicite f (x, y) = x + y + Log(1 + x + y) = 0


possède une explicitation y = ϕ(x) de classe C ∞ sur un voisinage de zéro telle que ϕ(0) =
0.
b) Déterminer le développement limité d’ordre trois de la fonction implicite y = ϕ(x) au
voisinage du point x = 0.

A. BOUARICH 76 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

∂f 1
Solution 4.4 a) Puisque f (0, 0) = 0 et puisque la dérivée partielle (x, y) = 1+
∂y 1+x+y
∂f
implique (0, 0) = 2 6= 0 ; le théorème de la fonction implicite permet de trouver un réel
∂y
ε > 0 et une fonction, ϕ :] − ε, ε[→ R, qui est de classe C ∞ et unique pour les propriétés
suivantes :
ϕ(0) = 0 et f (x, ϕ(x)) = 0, ∀ | x |< ε.

b) D’abord, notons que sur l’intervalle ] − ε, ε[ la dérivée de la fonction implicite ϕ


∂f
(x, ϕ(x))
est donnée par la formule ϕ′ (x) = − ∂x qui s’obtient en dérivant l’équation
∂f
(x, ϕ(x))
∂y
∂f 1
f (x, ϕ(x)) = 0. Ainsi, puisque les dérivées partielles (x, y) = 1 + et
∂x 1+x+y
∂f 1
(x, y) = 1 + on déduit que pour tout réel | x |< ε, ϕ′ (x) = −1.
∂y 1+x+y
C’est-à-dire, on a ϕ(x) = −x, ∀ | x |< ε.
Par conséquent, la fonction implicite ϕ coïncide au voisinage de zéro avec tous ses
dévelop-pements limités d’ordre n > 1.
Notons que puisquer pour tout réel x ∈ R on a f (x, −x) = 0 ; l’unicité de la fonction
implicite implique qu’en effet la fonction implicite ϕ(x) = −x est définie sur R.

Exercice 4.5 a) Démontrer que l’équation implicite F(x, y, z) = z 3 − yz 2 − xz + x + y = 0


possède une explicitation z = ϕ(x, y) de classe C ∞ sur un voisinage de (1, −1) telle que
ϕ(1, −1) = 0.
b) Déterminer le développement limité d’ordre deux de la fonction implicite z = ϕ(x, y)
au voisinage du point (1, −1).

∂F
Solution 4.5 a) Puisque F(1, −1, 0) = 0 et puisque la dérivée partielle (x, y, z) = 3z 2 −
∂z
∂F
2yz − x implique (1, −1, 0) = −1 6= 0 ; le théorème de la fonction implicite permet de
∂z
trouver un réel ε > 0 et une fonction, ϕ :] − ε, ε[×] − ε, ε[→ R, qui est de classe C ∞ et
unique pour les propriétés suivantes :

ϕ(1, −1) = 0 et F(x, y, ϕ(x, y)) = 0, ∀ | x |< ε, | y |< ε.

b) Pour déterminer le déterminer le développemenent limité de la fonction implicite z =


ϕ(x, y) au voisinage du point (1, −1) à l’ordre deux nous allons appliquer la formule de
Taylor-Mac Laurin :
∂ϕ ∂ϕ
ϕ(x, y) = ϕ(1, −1) + (x − 1) (1, −1) + (y + 1) (1, −1)
∂x ∂y

A. BOUARICH 77 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

1 h ∂2ϕ 2 ∂2ϕ ∂2ϕ 2


i
+ (1, −1)(x − 1) + 2 (1, −1)(x − 1)(y + 1) + (1, −1)(y + 1)
2 ∂x2 ∂x∂y ∂y 2
2 2
+ o((x − 1) + (y + 1) ).

i) Pour calculer les dérivées partielles premières de la fonction implicite z = ϕ(x, y) nous
allons dériver l’équation F(x, y, z) = 0 par rapport à x et y :

∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ
 
 3 (ϕ)2 − 2yϕ
 −x −ϕ+1 = 0  − (1, −1) + 1 = 0

∂x ∂x ∂x =⇒ ∂x
∂ϕ 2 ∂ϕ 2 ∂ϕ ∂ϕ
 3 (ϕ) − 2yϕ
 − (ϕ) − x +1 = 0  − (1, −1) + 1 = 0

∂y ∂y ∂y ∂y
∂ϕ ∂ϕ
=⇒ (1, −1) = (1, −1) = 1.
∂x ∂y

ii) De même, pour calculer les dérivées partielles secondes de la fonction implicite ϕ nous
allons dériver l’équation implicite F(x, y, z) = 0 deux fois par rapport x et y :

∂2ϕ ∂ϕ 2 ∂ϕ 2 ∂2ϕ ∂ϕ ∂2ϕ



2

 3 (ϕ) + 6ϕ( ) − 2y( ) − 2yϕ − 2 − x = 0
∂x2 ∂x ∂x ∂x2 2 ∂x ∂x 2


∂2ϕ 2ϕ

 ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ ϕ ∂ ∂ϕ
3 (ϕ)2 + 6ϕ − 2ϕ − 2y − 2yϕ −x − = 0
 ∂x∂y ∂x ∂y ∂x ∂x ∂y ∂x∂y ∂x∂y ∂y
∂2ϕ ∂2ϕ ∂2ϕ


 2 ∂ϕ 2 ∂ϕ ∂ϕ 2
3 2 (ϕ) + 6ϕ( ) − 4ϕ − 2y( ) − 2yϕ −x 2 = 0


∂y ∂y ∂y ∂y ∂y ∂y

Ainsi, si on porte x = 1 et y = −1 dans les trois lignes du dernier système on voit que les
∂2ϕ
trois dérivées partielles secondes de la fonction implicite ϕ sont égales à, (1, −1) = 0,
∂x2
∂2ϕ ∂2ϕ
(1, −1) = 1 et (1, −1) = 2 et que par conséquent le développement de ϕ au
∂x∂y ∂y 2
voisinage de (1, −1) à l’ordre deux est donné par :

1h i
ϕ(x, y) = x + y + 2(x − 1)(y + 1) + 2(y + 1)2 + o((x − 1)2 + (y + 1)2 ).
2

Exercice 4.6 On désigne par z = ϕ(x, y) la fonction définie par l’equation implicite,

G(x, y, z) = x2 + 2y 2 + 3z 2 − 2(x + y)z − 2 = 0.

Montrer que la fonction implicte z = ϕ(x, y) possède deux points critiques et trouver
leurs natures.

Solution 4.6 a) Recherche des points critiques de la fonction implicite ϕ.

A. BOUARICH 78 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Notons d’abord que si (x0 , y0 ) est un point critique de la fonction implicite z = ϕ(x, y) on
doit avoir les deux conditions suivantes :

∂G


∂ϕ (x0 , y0 , ϕ(x0 , y0 ))
∂x

(x , y ) = =0


0 0
∂G ∂G
 
 ∂x


 (x0 , y0 , ϕ(x0 , y0 )) 
 (x0 , y0 , ϕ(x0 , y0 )) = 0
∂z =⇒ ∂x
∂G ∂G
 (x0 , y0 , ϕ(x0 , y0 ))  (x0 , y0 , ϕ(x0 , y0 )) = 0
 ∂ϕ
 
 ∂y ∂y

 (x0 , y0 ) = =0
 ∂x

 ∂G
 (x0 , y0 , ϕ(x0 , y0 ))
∂z
mais comme ϕ est définie à partir de l’équation implicite G(x, y, z) = 0 ; le couple (x0 , y0 )
doit vérifier la condition suplémentaire G(x0 , y0 , ϕ(x0 , y0 )) = 0.
Donc, pour chercher tous les points critiques possibles de la fonction implicite ϕ il suffit
qu’on résout le système des équations :
 ∂G
(x, y, ϕ(x, y)) = 0

2x − 2ϕ(x, y) = 0

 ∂x

 

∂G =⇒ 4y − 2ϕ(x, y) = 0
(x, y, ϕ(x, y)) = 0
 ∂y 
 2 2 2
x + 2y + 3(ϕ(x, y)) − 2(x + y)ϕ(x, y) − 2 = 0


G(x, y, ϕ(x, y)) = 0



 ϕ(x, y) = x
=⇒ ϕ(x, y) = x = 2y

 2 2 2 2
4y + 2y + 12y − 12y − 2 = 0

ϕ(x, y) = x




2 3


=⇒ x = ±
 √3

 3
y = ±


3

D’après le calcul précédent on voit que le système des équations qui caractérisent
les√ points
√ ′critiques
√ de la fonction implicite ϕ fourni quatre solutions de type
2 3ε 3ε 2 3ε
( , , ) où ε = ±1 et ε′ = ±1. Parmi ces quatre solutions trouvées nous
3 3 3
allons saisir que celles qui vérifient la condition :
√ √ √
2 3ε 3ε′ 2 3ε 4 2 12 8 4εε′
G( , , )=0 =⇒ + + − − −2 = 0 =⇒ εε′ = 1.
3 3 3 3 3 3 3 3
√ √ √ √
2 3 3 2 3 3
Ainsi, on conclut que les points ( , ) et (− ,− ) sont les seuls points critiques
3 3 3 3
de la fonction implicite z = ϕ(x, y) telle que G(x, y, ϕ(x, y)) = 0.
√ √ √ √
2 3 3 2 3 3
b) Caractérisation des points critiques ( , ) et (− ,− ).
3 3 3 3
Pour trouver la nature des points critiques de la fonction implicite z = ϕ(x, y) nous allons
calculer ses trois dérivées partielles secondes afin de déterminer le signe du discriminant
 ∂ 2 ϕ 2 ∂ 2 ϕ ∂ 2 ϕ
∆= − .
∂x∂y ∂x2 ∂y 2

A. BOUARICH 79 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Pour cela dérivons l’équation implicite G(x, y, z) = 0 par rapport à x et y :

∂ϕ ∂ϕ

 2x + 6ϕ
 − 2ϕ − 2(x + y) = 0
∂x ∂x
∂ϕ ∂ϕ
 4y + 6ϕ
 − 2ϕ − 2(x + y) = 0
∂y ∂y

Puis, notons que si on dérive ce dernier système par rapport à x et y on trouve des équa-
tions qui contiennent les dérivées partielles secondes de ϕ :

∂ϕ 2 ∂2ϕ ∂ϕ ∂2ϕ


 2 + 6( ) + 6ϕ 2 − 4 − 2(x + y) 2 = 0
∂x 2 ∂x ∂x ∂x 2



 ∂ϕ ∂ϕ ∂ ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ ϕ
6 + 6ϕ −2 −2 − 2(x + y) = 0
 ∂x ∂y ∂x∂y ∂y ∂x ∂x∂y
∂2ϕ ∂2ϕ


 ∂ϕ 2 ∂ϕ
4 + 6( ) + 6ϕ 2 − 4 − 2(x + y) 2 = 0


∂y ∂y ∂y ∂y
√ √
2 3 3
Maintenant, si on porte les points critiques (x1 , y1 ) = ( , ) et (x2 , y2 ) =
√ √ 3 3
2 3 3
(− ,− ) dans le dernier système on obtient le tableau suivant :
3 3

∂2ϕ ∂2ϕ ∂2ϕ


∆ Nature
Pts critiques ∂x2 ∂x∂y ∂y 2
√ √ √ √ √ √ √
2 3 3 3 2 3 2 2 3 3 2 3
( , ) − 0 − − ϕ( , )= maximale
3√ 3 √ √3 √3 3 √3 3√ 3 √
2 3 3 3 2 3 2 2 3 3 2 3
(− ,− ) 0 − ϕ(− ,− )=− minimale
3 3 3 3 3 3 3 3


→ −

Exercice 4.7 Pour tout réel k ∈ R on définit une application Sk : Rn \ { 0 } → Rn \ { 0 }
par,
x
Sk (x) =  k
kxk

1) Vérifier que l’application Sk est bijective si et seulement si k 6= 1.


 −1
2) Pour tout k 6= 1 calculer la matrice jacobienne de Sk et de son inverse Sk .



Solution 4.7 1) Observons d’abord que si k = 1 on voit que pour tout x ∈ Rn \ { 0 } la
norme kS1 (x)k = 1. Donc, l’application S1 ne peut pas être surjective.
Pour montrer que Sk est bijective lorsque k 6= 1 nous allons vérifier qu’elle est injective et
surjective.

A. BOUARICH 80 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal



En effet, si k 6= 1 alors en prenant x et y ∈ Rn \ { 0 } tels que Sk (x) = Sk (y) il en résulte
que la norme

kxk kyk  k−1  k−1


kSk (x)k = kSk (y)k =⇒  k =  k =⇒ kxk = kyk =⇒ kxk = kyk.
kxk kyk

Ainsi, si on porte l’égalité kxk = kyk dans Sk (x) = Sk (y) on en déduit que x = y. Donc,
pour tout k 6= 1 l’application Sk est injective.


De même, notons que si y ∈ Rn \ { 0 } est un vecteur donné alors en partant de l’équation


Sk (x) = y avec x ∈ Rn \ { 0 } est inconue on pourra écrire :

kxk  1/(1−k)
kSk (x)k = kyk =⇒  k = kyk =⇒ kxk = kyk .
kxk

 k y
Ainsi, comme nous avons x = kxk y on en déduit que x =  k/(k−1) = Sk/(k−1) (y) ;
kyk
et donc Sk est surjective si k 6= 1 et son inverse (Sk )−1 = Sk/(k−1) .


2) Il est clair que pour tout k 6= 1 l’application Sk est différentiable sur l’ouvert Rn \ { 0 }.
Ainsi, comme sa ième composante Sk,i est donnée par l’expression suivante :

kxk2 − k(xi )2

si j = i



  k+2
kxk

xi ∂Sk,i 
Sk,i =  k/2 =⇒ =
∂xj kxi xj
(x1 )2 + · · · + (xn )2 − si j 6= i



 k+2
kxk

on voit donc que la matrice jacobiènne de l’application Sk est donnée par la formule
suivante :
 ∂S  1 h k   i
k,i
J(Sk , x) = 16i6n = k
I n − 2 xi xj 16i6n
∂xj 16j6n
   
kxk kxk 16j6n

où In désigne la matrice unité de l’espace vectoriel Rn .


Puisque l’application inverse (Sk )−1 = Sk/(k−1) on en déduit que la matrice jacobiènne
de (Sk )−1 a pour expression :

1 h k/(k − 1)   i
J((Sk )−1 , y) = J(Sk/(k−1) , y) =  k/(k−1) nI −  2 y y
i j 16i6n .
kyk kyk 16j6n

Exercice 4.8 On désigne par T : R+ + + +


∗ × R∗ → R∗ × R∗ l’application définie par,

x
T(x, y) = ( , xy).
y

A. BOUARICH 81 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

a) Calculer la matrice jacobienne de l’application T en tout point (x, y) ∈ R+ +


∗ × R∗ .
b) Vérifier que T est bijective et calculer la matrice jacobienne de l’application inverse
T−1 en tout point (x, y) ∈ R+ +
∗ × R∗ .
c) Soit F : R2 − {(0, 0)} → R2 l’application définie par les expressions suivantes,

x2 − y 2
F(x, y) = (xy, ).
x2 + y 2

Calculer la matrice jacobienne de l’application composée F ◦ T : R+ + 2


∗ × R∗ → R en tout
point (x, y) ∈ R+ +
∗ × R∗ :
i) En explicitant F ◦ T.
ii) Au moyen du produit de matrices.

Solution 4.8 a) L’application T est de classe C ∞ sur son domaine de définition R+ +


∗ × R∗
x
car ses composnates T1 = et T2 = xy sont de classe C ∞ . Donc, T est différentiable sur
y
R+∗ × R + et sa matrice jacobiènne est donnée par les expressions suivantes :

∂T1 ∂T1
  
1 −x

 ∂x ∂y  =  y y2 
J(T, (x, y)) =  ∂T ∂T2 
2
y x
∂x ∂y

b) Pour démontrer que l’aplication T : R+ + + +


∗ × R∗ → R∗ × R∗ est bijective nous alons
vérifier que la donnée d’un couple (X, Y) ∈ R+ +
∗ ×R∗ détermine un unique couple (x, y) ∈
R+ +
∗ × R∗ tel que
 x  √
x = XY
(
 X = XY = x2 
T(x, y) = (X, Y) ⇐⇒ y ⇐⇒ ⇐⇒
r
Y
 Y = xy Y = xy  y =
X

Donc, l’application T est bijective et son application inverse, T−1 : R+ + + +


∗ × R∗ → R∗ × R∗ ,
est donnée par les expressions suivantes :


r
+ + −1 Y
∀(X, Y) ∈ R∗ × R∗ , T (X, Y) = ( XY, ).
X

Par définition de la matrice jacobiènne d’une application on voit que :


 r r 
1 Y 1 X
 2 X 2 Y 
J(T−1 , (X, Y)) =  r .
 1 Y 1 1 
− √
2X X 2 XY

Notons que la matrice jacobiènne de T−1 peut être calculé à partir de celle de T.

A. BOUARICH 82 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

En effet, si on remarque que pour tout couple (x, y) ∈ R+ +


∗ × R∗ nous avons la relation,
T−1 ◦ T(x, y) = (x, y), on en déduit que les matrices jacobiènnes de T et T−1 vérifient,
 y  r r 
1  1 Y 1 X
J(T−1 , (X, Y)) = J(T, (x, y))−1 =  2 2 2y  = 
   2 r X 2 Y  .
−y 1  1 Y 1 1 
− √
2x 2x 2X X 2 XY

c) i) Puisque par définition d’une fonction composée on a pour tout (x, y) ∈ R+ +


∗ × R∗ ,

x2
− x2 y 2
x y 2 1 − y4
F ◦ T(x, y) = F( , xy) = (x2 , 2 ) = (x2 , )
y x 2 2 1 + y4
+x y
y2

on conclut que la matrice jacobiènne de F ◦ T est donnée par :


 
2x 0
J(F ◦ T, (x, y)) =  −8y 3 
0
(1 + y 4 )2

ii) Puisque la matrice jacibiènne de la fonction composée F ◦ T est égale au produit des
martices jacobiènnes de F et T on aura donc : J(F ◦ T, (x, y)) = J(F, T(x, y)) × J(T, (x, y)).
Ainsi, si on pose T(x, y) = (X, Y) on aura par défition d’une matrice jacobiènne que
  x 
xy

Y X
y
J(F, T(x, y)) = J(F, (X, Y)) =  4XY2 −4YX2 =
 
4y 5 −4y 3
 
(X2 + Y2 )2 2 2
(X + Y )2
x(1 + y 4 )2 x(1 + y 4 )2

D’où par produit matriciel on obtient :

 x  
xy 1 −x

y
J(F ◦ T, (x, y)) = 

4y 5 −4y 3
  y
× y2 
y x
x(1 + y 4 )2 x(1 + y 4 )2
 
2x 0
=  −8y 3 
0
(1 + y 4 )2

A. BOUARICH 83 Analyse II, 2008/2009


Solution du premier devoir surveillé

Exercice 1 Considérons la fonction f : R2 → R définie par :


3
 x y

si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = x4 + y 2
0 si (x, y) = (0, 0)

Démontrer que la fonction f (x, y) possède les propriétés suivantes :


1. La fonction f (x, y) est continue au point (0, 0).
→ ∂f

2. Pour tout vecteur − →
u = a− →
ı + b−
→ 6= 0 , − (0, 0) = 0.
∂→ u
3. La fonction f n’est pas différentiable au point (0, 0).

Solution 1 1) Observons que puisque pour tous réels x et y on a l’identité

(x2 − | y |)2 = x4 − 2x2 | y | +y 2 > 0 =⇒ 2x2 | y |6 x4 + y 2 .

Donc, pour tout couple de réels (x, y) 6= (0, 0) on a l’inégalité suivante


x2 | y | 1 x3 y | x |
6 =⇒ 6 =⇒ lim f (x, y) = 0 = f (0, 0).

x4 + y 2
4
2 x + y2 2 (x,y)→(0,0)

Par conséquent, la fonction f est continue au point (0, 0).


2) Rappelons que la dérivée partielle de la fonction f au point (x0 , y0 ) suivant la direction
d’un vecteur non nul −
→u = a− → ı + b−→ ∈ R2 est définie par la formule,
∂f f ((x0 , y0 ) + t−

u ) − f (x0 , y0 )

→ (x0 , y0 ) = lim .
∂u t→0 t
t6=0

Donc, si on applique cette formule au point (0, 0) et à la fonction f donnée ci-dessus on


trouve que :
(ta)3 (tb)
∂f f (t−

u ) − f (0, 0) (ta)4 + (tb)2 ta3 b
(0, 0) = lim = lim = lim .
∂−

u t→0 t t→0 t t→0 t2 a4 + b2
t6=0 t6=0 t6=0

84
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

∂f
Ainsi, de l’expression de la dernière limite on voit que si b 6= 0 on aura − (0, 0) = 0. De
∂→u
∂f
même, si b = 0 et a 6= 0 alors en revenant sur la définition de − (0, 0) avec −
→u = a− →
ı on
∂→u
voit qu’on a aussi
∂f f (ta−

ı ) − f (0, 0) f (ta, 0) − f (0, 0) 0

→ (0, 0) = lim = lim = lim = 0.
∂u t→0 t t→0 t t→0 t
t6=0 t6=0 t6=0

∂f
3) D’abord notons que puisque nous avons − (0, 0) = 0 on en déduit que les deux
∂→u
∂f ∂f ∂f ∂f
dérivées partielles −→ (0, 0) = (0, 0) = 0 et − → (0, 0) = (0, 0) = 0. Donc, pour
∂ı ∂x ∂ ∂y
prouver que la fonction f n’est pas différentiable au point (0, 0) on doit démontrer que le
rapport
∂f ∂f
f (h, k) − f (0, 0) − [h (0, 0) + k (0, 0)]
∂x ∂y h3 k
E(h, k) = √ = √ ,
h2 + k2 (h4 + k2 ) h2 + k2
ne tend pas vers zéro quand le couple de réels (h, k) 6= (0, 0) tend vers (0, 0).
1 1 1 1
En effet, si on considère les deux suites de vecteurs un = ( , ) et vn = ( , 2 ) on
n n n n
obtient :

1 1


 3
× n


 E(un ) = n rn =√
1 1 1 1 2(1 + n2 )

 
lim E(un ) = 0


 ( + ) + 
n4 n2 n2 n2 =⇒
n→+∞
1 1 1
 × n
 lim E(vn ) = .
2

n3 rn2 n→+∞

E(vn ) = = √


2 1 + n2


 1 1 1 1

 (
4
+ 4) 2
+ 4
n n n n
Ainsi, puisque nous avons lim E(un ) 6= lim E(vn ) on en déduit que le rapport E(h, k)
n→+∞ n→+∞
n’a pas de limite au point (0, 0) et que par conséquent la fonction f n’est pas différentiable
au point (0, 0).

Exercice 2 Soit f : R2 \ {(0, 0)} → R une fonction continue.


1) Démontrer que pour tout réel r > 0 le cercle, Kr = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 = r 2 }, est
compact dans le plan euclidien R2 .
2) Pour tout réel r > 0 on pose :

m(r) = inf{g(x, y)/x2 + y 2 = r 2 } ∈ R et M(r) = sup{g(x, y)/x2 + y 2 = r 2 } ∈ R.

Démontrer que les deux propositions suivantes sont équivalentes :


1. lim f (x, y) = ℓ ∈ R.
(x,y)→(0,0)

A. BOUARICH 85 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

2. lim m(r) = lim M(r) = ℓ ∈ R.


r→0 r→0
Indication : Utiliser la définition de la limite.

Rappel : D’abord, rappelons les résultats nécessaires pour développer la solution de


l’exercice 2 et qui sont démonstrés dans les deux premiers chapitres du cours de l’analyse
2.

i) Si la suite un = (xn , yn ) ∈ R2 converge vers (a, b) ∈ R2 alors lim xn = a et lim yn =


n→+∞ n→+∞
b.
ii) Une partie non vide K est dite fermée si pour toute suite convergente un = (xn , yn ) ∈ K
la limite lim un ∈ K.
n→+∞
iii) Une partie K ⊂ R2 est dite bornée s’il existe un réel R > 0 et un point (a, b) ∈ R2 tels
que
K ⊆ B((a, b), R) = {(x, y) ∈ R2 /(x − a)2 + (y − b)2 6 R2 }.

iv) On dira qu’une partie non vide K ⊂ R2 est compacte s’elle est fermée et bornée à la
fois.
v) Soit U ⊆ R2 un ouvert non vide. On dira que la fonction f : U → R tend vers le réel
ℓ ∈ R quand le point (x, y) ∈ U tend vers le point (x0 , y0 ) ∈ R2 si,
p
(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀(x, y) ∈ U), (x − x0 )2 + (y − y0 )2 < η =⇒ | f (x, y) − ℓ |< ε.

vi) L’image d’une partie compacte par une fonction continue est compacte.

Solution 2 D’après ce rappel, pour démontrer que pour tout réel r > 0 le cercle,

Kr = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 = r 2 },

est compact dans le plan euclidien R2 on doit vérifier que le cercle Kr est fermé et borné.
Le cercle Kr est fermé parce que si on considère une suite un = (xn , yn ) ∈ Kr qui converge
vers le point (a, b) ∈ R2 on pourra écrire :

lim xn = a

 n→+∞ lim
n→+∞

lim yn = b =⇒ a2 + b2 = r 2 =⇒ (a, b) ∈ Kr .

 n→+∞
(xn )2 + (yn )2 = r2

Le cercle Kr est aussi borné parce que nous avons l’inclusion,

Kr ⊂ B((0, 0), r) = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 6 r 2 }.

A. BOUARICH 86 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Par conséquent, le cercle Kr est compact dans le plan euclidien R2 .


2) Notons que puisque la fonction f est continue sur l’ouvert R2 \ {(0, 0)} et que le cercle
Kr ⊂ R2 \ {(0, 0)} est compact il en résulte donc que l’image f (Kr ) ⊂ R est compacte.
Ainsi, puisque on sait maintenant que la partie f (Kr ) est bornée ses deux bornes infé-
rieure et supérieure sont des nombres réels finis que nous noterons ci-dessous par :

m(r) = inf{g(x, y)/x2 + y 2 = r 2 } ∈ R et M(r) = sup{g(x, y)/x2 + y 2 = r 2 } ∈ R.

i) Démontrons que si lim f (x, y) = ℓ ∈ R alors lim m(r) = lim M(r) = ℓ ∈ R.


(x,y)→(0,0) r→0 r→0
Notons que par définition de la limite lim f (x, y) = ℓ ∈ R on peut écrire :
(x,y)→(0,0)
p
(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀(x, y) ∈ R2 \ {(0, 0)}), x2 + y 2 < η =⇒ | f (x, y) − ℓ |< ε
=⇒ −ε + ℓ < f (x, y) < ℓ + ε

Maintenant, si on passe aux bornes inf et sup dans la dernière ligne on obtient :
(
p −ε + ℓ 6 m(r) 6 ℓ + ε
(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀(x, y) ∈ R2 \ {(0, 0)}), r = x2 + y 2 < η =⇒
−ε + ℓ 6 M(r) 6 ℓ + ε
(
| m(r) − ℓ |6 ε
(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀r > 0), r < η =⇒
| M(r) − ℓ |6 ε

Ainsi, de la dernière implication nous déduisons que lim m(r) = lim M(r) = ℓ ∈ R.
r→0 r→0
ii) Inversement, démontrons que si lim m(r) = lim M(r) = ℓ ∈ R alors lim f (x, y) =
r→0 r→0 (x,y)→(0,0)
ℓ.
En effet, d’après la définition de la limite on voit que les deux égalités lim m(r) = ℓ ∈ R
r→0
et lim M(r) = ℓ ∈ R peuvent se traduire simultanément par l’énoncé suivant :
r→0
( (
| m(r) − ℓ |6 ε −ε + ℓ < m(r) < ℓ + ε
(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀r > 0), r < η =⇒ =⇒
| M(r) − ℓ |6 ε −ε + ℓ < M(r) < ℓ + ε

D’autre part, puisque pour tout (x, y) ∈ Kr on a m(r) 6 f (x, y) 6 M(r) ceci permet de
déduire que le dernier système d’inégalités implique :
(
p −ε + ℓ < m(r) 6 f (x, y)
(∀ε > 0)(∃η > 0)(∀(x, y) ∈ R2 \ {(0, 0)}), r = x2 + y 2 < η =⇒
f (x, y) 6 M(r) < ℓ + ε
=⇒ | f (x, y) − ℓ |< ε.

Par conséquent, lim f (x, y) = ℓ.


(x,y)→(0,0)

Exercice 3 Trouver la solution générale de l’équation aux dérivées partielles,


∂ω ∂ω
(y 2 − x2 )
− 2xy = 2xy,
∂x ∂y
x y
en effectuant le changement de variables u = 2 2
et v = 2 .
x +y x + y2

A. BOUARICH 87 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

x y
Solution 3 Considérons le changement de variables u = et v = 2 et posons
+y 2 x2 x + y2
Ω(u, v) = ω(x, y). Ensuite, supposons que la fonction ω est de classe C 1 et calculons ses
∂ω ∂ω
dérivées partielles et en fonction de u et v.
∂x ∂y

∂ω ∂Ω ∂u ∂Ω ∂v y 2 − x2 ∂Ω 2xy ∂Ω
= + = 2 − 2
∂x ∂u ∂x ∂v ∂x (x + y 2 )2 ∂u (x + y 2 )2 ∂v

∂ω ∂Ω ∂u ∂Ω ∂v 2xy ∂Ω x2 − y 2 ∂Ω
= + =− 2 + .
∂y ∂u ∂y ∂v ∂y (x + y 2 )2 ∂u (x2 + y 2 )2 ∂v

Maintenant, portons les expressions des deux dérivées partielles de la fonction ω dans
l’expression suivante,

∂ω ∂ω h y 2 − x2 ∂Ω 2xy ∂Ω i
(y 2 − x2 ) − 2xy = (y 2 − x2 ) −
∂x ∂y (x2 + y 2 )2 ∂u (x2 + y 2 )2 ∂v
h 2xy ∂Ω x2 − y 2 ∂Ω i
−2xy − 2 +
(x + y 2 )2 ∂u (x2 + y 2 )2 ∂v
2 2 2
(y − x ) + 4x y ∂Ω 2 2
=
(x2 + y 2 )2 ∂u
∂Ω
= .
∂u
1 xy
D’autre part, puisque u2 + v 2 = 2 il en résulte que uv = 2 et que par suite
x + y2 (x + y 2 )2
uv
xy = 2 . Par conséquent, si on suppose ω est solution de l’équation aux dérivées
(u + v 2 )2
∂ω ∂ω
partielles, (y 2 − x2 ) − 2xy = 2xy, il en résulte que la fonction Ω(u, v) = ω(x, y) avec
∂x ∂y
x y
u= 2 et v = 2 devient solution de l’équation suivante :
x + y2 x + y2
∂Ω 2uv ∂Ω 2uv
Z Z
= 2 2 2
=⇒ du = du
∂u (u + v ) ∂u (u + v 2 )2
2
v
=⇒ Ω(u, v) = − 2 + f (v)
u + v2

où f est une fonction quelconque mais qui doit être au moins de classe C 1 sur R∗ .
v
Finalement, puisque 2 = y on déduit que la solution générale de l’équation aux dé-
u + v2
∂ω ∂ω y
rivées partielles, (y 2 − x2 ) − 2xy = 2xy, est de la forme ω(x, y) = −y + f ( 2 ).
∂x ∂y x + y2

A. BOUARICH 88 Analyse II, 2008/2009


Solution du premier contrôle

Exercice 1 : Déterminer la nature de tous les points critiques de la fonction,

f (x, y) = x3 + 3xy 2 − 15x − 12y.

Solution 1 : a) Cherchons les points critiques de la fonction f .


Rappelons que le couple (x, y) ∈ R2 est un point critique si et seulement si on a,
∂f

= 0
(
3x2 + 3y 2 − 15 = 0




gradf (x, y) = 0 ⇐⇒ ∂x ⇐⇒
∂f 6xy − 12 = 0

 = 0
∂y
 
 x2 + y 2 = 5  x4 − 5x2 + 4 = 0
⇐⇒ 2 ⇐⇒ 2
 y =  y =
 x x
 x2 = 4 ou x2 = 1
⇐⇒ 2
 y =
x
Donc, les points critiques de la fonction f sont les quatre couples de réels (1, 2), (−1, −2),
(2, 1) et (−2, −1).
b) Cherchons la natrure des quatre points critiques de la fonction f .
Rappelons que le discrimisant de f au point (x, y) est défini par l’expression :
∂2f


 r 0 = 2
= 6x
∂x


2

 ∂ f
∆f (x, y) = (s0 )2 − r0 t0 où s0 = = 6y
 ∂x∂y
 2
 t0 = ∂ f = 6x.



∂y 2
Rappelons aussi que si on considère le développement limité de la fonction f à l’ordre
deux au voisinage d’un point critique (x0 , y0 ) :
1h i
f (x, y)−f (x0 , y0 ) = (x−x0 )2 r0 +2s0 (x−x0 )(y−y0 )+t0 (y−y0 )2 +o((x−x0 )2 +(y−y0 )2 )
2

89
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

on voit que le terme f (x, y) − f (x0 , y0 ) possède le même signe que le terme d’ordre deux
(x − x0 )2 r0 + 2s0 (x − x0 )(y − y0 ) + t0 (y − y0 )2 dont le signe dépend à priori du signe du
discriminant ∆f (x0 , y0 ) et de celui de r0 ou t0 .
Ainsi, par exemple si on trouve que ∆f (x0 , y0 ) > 0 on en déduit que le signe du terme
f (x, y) − f (x0 , y0 ) change ce qui implique donc que la valeur f (x0 , y0 ) est ni minimale
ni maximale locale. Rappelons qu’on dira dans ce cas que le graphe de la fonction f =
f (x, y) présente un point selle au-dessus du point (x0 , y0 , 0).
De même, si on trouve que ∆f (x0 , y0 ) < 0 il en résulte d’abord que r0 et t0 sont de même
signe, car ; ∆f (x0 , y0 ) = (r0 )2 − r0 t0 < 0 implique que 0 6 (s0 )2 < r0 t0 . Ainsi, si on a
r0 > 0 (resp. r0 < 0) on en déduit que la valeur f (x0 , y0 ) est un minimum local (resp.
maximum local).
Enfin, notons que si ∆f (x0 , y0 ) = 0 on ne peut rien dire dans le cas général. C’est-à-dire
on peut trouver une fonction f1 = f1 (x, y) qui possède un point critique au point (x0 , y0 )
tel que ∆f1 (x0 , y0 ) = 0 et f (x0 , y0 ) est un minimum ou maximum local, de même, on
pourra trouver une fonction f2 = f2 (x, y) qui possède un point critique au point (x0 , y0 )
tel que ∆f1 (x0 , y0 ) = 0 mais la valeur f2 (x0 , y0 ) est ni minimale ni maximale locale. (Voir
le chapitre 3 et la feuille de TD4).
En appliquant maintenant les faits rappelés ci-dessus aux quatre points critiques de la
fonction f (x, y) = x3 + 3xy 2 − 15x − 12y on obtient les résultats du tableau suivant :

r0 s0 t0 ∆ = (s0 )2 − r0 t0 Nature
Pts critiques
(1, 2) 6 12 6 108 selle
(−1, −2) -6 -12 -6 108 selle
(2, 1) 12 6 12 -108 minimum local
(−2, −1) -12 -6 -12 -108 maximum local

Exercice 2 : Considérons la fonction g : R2 × R∗+ → R définie par l’expression,

g(x, y, z) = Log(z) − x − y − z + 1.

a) Démontrer que l’équation g(x, y, z) = 0 permet de définir la variable z comme fonction


de classe C ∞ qui dépend des deux variables x et y au voisinage du point (2, −e) et telle
que z(2, −e) = e ; où Log(e) = 1.
b) Calculer le développement limité de la fonction z = ϕ(x, y) à l’ordre deux au voisinage
du point (2, −e).

A. BOUARICH 90 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Solution 2 : a) Notons que puisque g(2, −e, e) = 0 et puisque la dérivée partielle

∂g 1 ∂g 1
= −1 =⇒ (2, −e, e) = − 1 6= 0
∂z z ∂z e
le théorème de la fonction implicite permet alors de trouver un réel ε > 0 et une fonction
unique ϕ :] − ε + 2, ε + 2[×] − ε − e, ε − e[→ R qui est de classe C ∞ et vérifie la condition :

g(x, y, ϕ(x, y)) = Log(ϕ(x, y)) − x − y − ϕ(x, y) + 1 = 0, ∀(x, y), | x − 2 |< ε, | y + e |< ε.

b) Pour déterminer le développement limité de la fonction implicite z = ϕ(x, y) au voi-


sinage du point (2, −e) à l’ordre deux nous allons alppliquer la formule de Taylor-Mac
Laurin :
∂ϕ ∂ϕ
ϕ(x, y) = ϕ(2, −e) + (x − 2) (2, −e) + (y + e) (2, −e)
∂x ∂x
1 h 2
∂ ϕ ∂2ϕ ∂2ϕ i
+ (x − 2)2 2 (2, −e) + 2(x − 2)(y + e) (2, −e) + (y + e)2 2 (2, −e)
2 ∂x ∂x∂y ∂y
2 2
+ o((x − 2) + (y + e) ).

Et, pour calculer tous les dérivées partielles de ϕ au point (2, −e) nécessaire pour le dé-
veloppement limité recherchée nous allons dériver l’équation implicite,

Log(ϕ(x, y)) − x − y − ϕ(x, y) + 1 = 0,

par rapport à x et y.

∂ϕ


 ∂ϕ 
∂ϕ

∂ϕ e
 ∂x − 1 −

= 0 (2, −e) =


ϕ ∂x

 (1 − ϕ) − ϕ = 0 

=⇒ ∂x =⇒ ∂x 1−e
∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ e
  (1 − ϕ) − ϕ = 0  (2, −e) =
∂ϕ
  
 ∂y − 1 − ∂y ∂y 1−e


 = 0
ϕ ∂y

Pour calculer les dérivées partielles secondes de la fonction implicite ϕ il suffit qu’on
∂ϕ ∂ϕ
dérive de nouveau les deux équations (1 − ϕ) − ϕ = 0 et (1 − ϕ) − ϕ = 0 par
∂x ∂y
rapport à x et y :
 2

∂2ϕ ∂ϕ 2 ∂ϕ ∂ ϕ e2 e
(2, −e)(1 − e) − − = 0

 (1 − ϕ) − ( ) − = 0 
2 2
∂x (1 − e) 1−e
 
2
 ∂∂x ∂x ∂x

 

2ϕ  2
e2
 
∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ ϕ e
(1 − ϕ) − − = 0 =⇒ (2, −e)(1 − e) − 2
− = 0
 ∂y∂x ∂y ∂x ∂x  ∂y∂x (1 − e) 1 − e

∂ 2ϕ ∂ϕ ∂ϕ
 2ϕ 2
∂ e e
 
(1 − ϕ) − ( )2 −
 
= 0 (2, −e)(1 − e) − − = 0

 

∂y 2 ∂y ∂y ∂y 2 (1 − e)2

1−e
 2
∂ ϕ e
(2, −e) =




 ∂x 2 (1 − e)3
 2

∂ ϕ e
=⇒ (2, −e) =
 ∂y∂x (1 − e)3


∂ e


(2, −e) =


∂y 2 (1 − e)3

A. BOUARICH 91 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Ainsi, en conséquence de ces calculs on conclut que le développement limité de la fonc-


tion implicite ϕ au voisinage de (2 − e) à l’ordre deux est donné par l’expression :
e e
ϕ(x, y) = e+ (x+y−2+e)+ ((x−2)2 +2(x−2)(y+e)+(y+e)2 )+o((x−2)2 +(y+e)2 ).
1−e 2(1 − e)3

Exercice 3 : Trouver la solution générale de l’équation aux dérivées partielles,


∂2ω 2
2∂ ω
x2 − y = 0,
∂x2 ∂y 2
x
en effectuant le changement de variables u = xy et v = .
y

Solution 3 : Supposons que ω = ω(x, y) est une fonction de classe C 2 solution de l’équa-
∂2ω ∂2ω
tion aux dérivées partielles : x2 2 − y 2 2 = 0. Considérons le système de coordon-
∂x ∂y
x
nées u = xy et v = , posons Ω(u, v) = ω(x, y) et puis calculons les dérivées partielles
y
∂2ω ∂2ω ∂2Ω ∂2Ω ∂2Ω
secondes et en fonction des dérivées partielles , et .
∂x2 ∂x2 ∂u2 ∂u∂v ∂v 2
Donc, d’après les régles de dérivations partielles d’une fonction composée on peut écrire :
∂ω ∂Ω ∂u ∂Ω ∂v ∂ω ∂Ω 1 ∂Ω
 

 = + 
 = y +
∂x ∂u ∂x ∂v ∂x =⇒ ∂x ∂u y ∂v
∂ω ∂Ω ∂u ∂Ω ∂v ∂ω ∂Ω x ∂Ω

 = + 
 = x − 2
∂y ∂u ∂y ∂v ∂y ∂y ∂u y ∂v
 2
∂ ω ∂  ∂Ω  1 ∂  ∂Ω 
= y +


∂x2

=⇒ ∂x ∂u y ∂x ∂v
∂ 2 ω ∂  ∂Ω  2x ∂Ω x ∂  ∂Ω 
= x + −


∂y 2 y 3 ∂v y 2 ∂y ∂v

∂y ∂u
 2 2 2 2
∂ ω 2∂ Ω + 2 ∂ Ω + 1 ∂ Ω
= y


∂x2 ∂u2 ∂u∂v y 2 ∂v 2

=⇒ 2ω 2Ω
∂ 2x ∂Ω 2 ∂ 2x2 ∂ 2 Ω x2 ∂ 2 Ω
= + x − +


∂y 2 y 3 ∂v ∂u2 y 2 ∂u∂v y 4 ∂v 2

Maintenant, si on porte les deux expressions trouvées ci-dessus dans l’expression


∂2ω ∂2ω
x2 2 − y 2 2 on obtient :
∂x ∂y
∂2ω ∂2ω h ∂2Ω ∂2Ω 1 ∂2Ω i
x2 2 − y 2 2 = x2 y 2 2 + 2 + 2 2
∂x ∂y ∂u ∂u∂v y ∂v
h 2x ∂Ω ∂2Ω x2 ∂ 2 Ω x2 ∂ 2 Ω i
− y2 3 + x2 2 − 2 2 + 4 2
y ∂v ∂u y ∂u∂v y ∂v
2x ∂Ω 2
∂ Ω
= − + 4x2
y ∂v ∂u∂v
∂Ω ∂2Ω
= −2v + 4uv .
∂v ∂u∂v

A. BOUARICH 92 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

∂2ω 2
2∂ ω
Ainsi, puisque ω est solution de l’équation aux dérivées partielles x2 − y = 0 on
∂x2 ∂y 2
∂Ω ∂2Ω
en déduit que Ω est solution de l’équation aux dérivées partielles − + 2u = 0.
∂v ∂u∂v
∂Ω ∂X
Observons que si on pose X = on obtient l’équation aux dérivées partielles 2u =
∂v ∂u
∂Ω
X dont la solution générale est X = a(v) | u | =
p
avec a = a(v) est une fonc-
∂v
tion arbitraire qui ne dépend que de v. Et ainsi, on voit que la solution générale de
∂Ω ∂2Ω
l’équation aux dérivées partielles − + 2u = 0 est une fonction de la forme
∂v Z ∂u∂v
Ω(u, v) = A(v) | u | + B(v) avec A(v) =
p
a(v)dv et B = B(v) sont deux fonctions
dérivables arbitraires. En conséquence, la solution générale de l’équation aux dérivées
∂2ω ∂2ω
partielles, x2 2 − y 2 2 = 0, est une fonction de classe C 2 de la forme ω(x, y) =
∂x ∂y
x p x
A( ) | xy | + B( ) avec A et B sont deux fonctions dérivables qui dépendent d’une
y y
seule variable réelle.

A. BOUARICH 93 Analyse II, 2008/2009


Deuxième partie

Les intégrales multiples

94
C HAPITRE C INQ

I NTÉGRALES CURVILIGNES

Objectifs : Cette feuille de travaux dirigés à pour but de vous faire

1. Savoir identifier les formes différentielles fermées ou exacte.


2. Être cappable de trouver le facteur in tégrant pour forme diffé-
rentielle non fermée.
3. Savoir discuter l’existence des solutions d’une équation différen-
tielle totale de l’un des deux types :
– df = ω avec ω est une forme différentielle donnée et f est une
fonction inconnue.
– ω = 0 avec ω est une forme différentielle inconnue.
4. Savoir calculer l’intégrale curviligne d’une forme différentielle ou
d’un champ de vecteurs le long d’une courbe de classe C 1 .
5. Comprendre que l’intégrale curviligne d’une forme différentielle
exacte ou d’un champ de vecteurs de graients ne dépend que des
extrimités de son chemin d’intégration.


6. Comprendre que si X est un champ de vecteurs alors la condition

→ −
→ −

Rot( X ) = 0 est nécessaire pour que X dérive d’un potentiel


scalaire, tandis que la condition Div( X ) = 0 est nécesssaire pour


que X dérive d’un potentiel vecteurs.

95
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

5.1 Formes différentielles

Soient U ⊂ Rm un ouvert non vide et P1 , · · · , Pm : U → R des fonctions de classe C k .


L’expression suivante,

ωx = P1 (x)dx1 + · · · + Pm (x)dxm , ∀x ∈ U, (5.1)

s’appelle forme différentielle de classe C k sur l’ouvert U où les dxi désignent la différen-
tielle des projections pri (x) = xi .
Sur l’espace de toutes les formes différentilles de classe C k définies sur l’ouvert non vide
U on définit deux opérations algébriques qui font de lui un espace vectoriel réel :
Addition : Si ω = P1 (x)dx1 + · · · + Pm (x)dxm et ω ′ = Q1 (x)dx1 + · · · + Qm (x)dxm sont
formes différentielles de classe C k sur l’ouvert U on définit leurs somme par la formule,

ω + ω ′ = (P1 (x) + Q1 (x))dx1 + · · · + (Pm (x) + Qm (x))dxm .

Multiplication extérne : Le produit d’une forme différentielle ω = P1 dx1 + · · · + Pm dxm


de classe C k sur U par un scalaire k ∈ R est donnée par,

(kω)x = kP1 (x)dx1 + · · · + kPm (x)dxm = f (x)ωx , ∀x ∈ U.

Notons aussi qu’on pourra définir le produit d’une forme différentielle ω = P1 dx1 + · · · +
Pm dxm par une fonction, f : U → R qui est de de classe C k par l’expression,

(f · ω)x = f (x)P1 (x)dx1 + · · · + f (x)Pm (x)dxm = f (x)ωx , ∀x ∈ U.

Définition 15. On dira que la forme différentille ω = P1 dx1 + · · · + Pm dxm de classe C k sur U
est exacte, s’il existe une fonction f : U → R de classe C k+1 dont la différentielle totale,

df (x) = ωx , ∀x ∈ U. (5.2)

ET, on dira que la forme différentielle ω = P1 dx1 + · · · + Pm dxm est fermée si on a,

∂Pi ∂Pj
= . (5.3)
∂xj ∂xi

En utilisant la formule de Schwartz ; on vérifie facilement que toute forme différentielle


fermée de classe C k avec k > 1 est nécessairement fermée. La réciproque de cette affirma-
tion est en général fausse. La réciproque de fait est fausse (Voir l’ex. 4.5).
On rappelle qu’un domaine D ⊆ Rm est dit étoilé s’il existe un point a0 ∈ D tel que pour
tout point a ∈ D le segment [a0 , a] ⊂ D. Il est clair que tout domaine convexe est étoilé.
La figure suivante présente un domaine étoilé contenu dans le plan R2 .

Théorème 20 (H. Poincaré). Sur un domaine étoilé toute forme différentielle fermée est exacte.

A. BOUARICH 96 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

F IG . 5.1 –

Étant donnée une forme différentielle ω = Pdx + Qdy de classe C 1 sur un ouvert étoilé ou
convexe U ⊂ R2 ; on appelle facteur intégrant de ω tout fonction µ : U → R de classe C 1
et telle que le produit f ω soit une forme différentielle fermée.
Notons que si µ : U → R est un facteur intégrant de la forme différentielle ω = Pdx + Qdy
alors la fonction f est solution de l’équation aux dérivées partielles,

∂ ∂ ∂µ ∂µ ∂P ∂Q
(µP) = (µQ) =⇒ P −Q + µ( − ) = 0. (5.4)
∂y ∂x ∂y ∂x ∂y ∂x
En pratique, on fait appelle aux facteurs intégrants pour résoudre les équations différen-
tielles totale de type, ω = P(x, y)dx + Q(x, y)dy = 0, en procédant comme suit :
a) Si la forme différentielle ω = P(x, y)dx + Q(x, y)dy est exacte sur son domaine de
définition, on cherche alors une fonction f (x, y) dont la différentielle totale df = ω (i.e.
primitive). Ceci permet de déduire que chaque point élément du sous-ensemble S =
{(x, y)/f (x, y) = cte} est solution de l’équation différentielle totale ω = 0.
b) Quand, la forme différentielle ω = P(x, y)dx + Q(x, y)dy n’est pas exacte sur son do-
maine de définition, dans ce cas ; on cherche un facteur intégrant µ(x, y) pour ω et puis
on applique la méthode décrite dans a) à la forme différentielle exacte µ · ω.
Notons que la méthode ci-dessus permet aussi de résoudre les équations différentients
ordinaires d’ordre un qui sont de type

y ′ = f (x, y).
dy
Parce que si on pose y ′ = cela nous donne l’équation différentielle tatale,
dx
ω = f (x, y)dx − dy = 0.

5.2 Intégrales curvilignes d’une forme différentielle

Définition 16. Un sous-ensemble non vide Γ ⊂ R3 s’appelle courbe de classe C k il existe une
application γ : [a, b] → R3 de classe C k telle que

Γ = {γ(t) = (x(t), y(t), z(t)) ∈ R3 /t ∈ [a, b]}.

Le point γ(a) s’appelle origine de la courbe Γ tandis γ(b) s’appelle extrémité. Quand γ(a) = γ(b)
on dira que la courbe Γ est fermée.

A. BOUARICH 97 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Sur la figure 4.2 on a représenter une courbe fermée et deux courbes non fermées.

x
y
F IG . 5.2 –

Soit ω = Pdx + Qdy + Rdz une forme différentielle de classe C 1 définie sur un ouvert non
vide U ⊂ R3 . Si Γ ⊂ U désigne une courbe de classe C 1 paramétrée par une application
γ(t) = (x(t), y(t), z(t)) de classe C 1 sur un segment [a, b] on définit l’intégrale curviligne
de ω le long de la courbe Γ par l’expression,
Z Z b
ω= (P(x(t), y(t), z(t))x′ (t) + Q(x(t), y(t), z(t))y ′ (t) + R(x(t), y(t), z(t))z ′ (t))dt.(5.5)
Γ a

Notons que si A désigne l’origine de la courbe Γ et B son extrémité


Z Zon pourra écrire
l’intégrale curviligne de la fomre différentielle ω sous la forme ω = y ω. Et, quand
Z I Γ AB
la courbe Γ est fermée on préfère écrire, ω= ω.
Γ Γ

Théorème 21. Sur un ouvert U ⊂ R3


non vide une forme différentielle de classe C 1 est exacte si
et seulement si ses intégrales curvilignes le long toute courbe fermée Γ ⊂ U est nulle.

5.3 Intégrales curvilignes d’un champ de vecteurs

Soit U ⊂ R3 un ouvert non vide. Une application de classe C k , X : U → R3 s’appelle




champ de vecteurs de classe C k . Relativement à la base canonique (O, −

ı ,−

 , k ) le champ
de vecteurs X possède trois composantes P, Q et R qui sont des fonctions de classe C k


sur l’ouvert U et telles que X = P−→ı + Q−→
 +Rk.
On dira que le champ de vecteurs X : U → R3 dérive d’un potentiel scalaire si il existe
une fonction f : U → R de classe C k+1 dont le gradient,

∂f −
→ ∂f −
→ ∂f −

grad(f ) = ı +  + k = X. (5.6)
∂x ∂y ∂z

A. BOUARICH 98 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

De même, on dira que le champ de vetceurs X dérive d’un potentiel vecteurs A = L~ı +
M~ + N~k dont le rotationnel

~k


~ı ~

∂ ∂ ∂ = ( ∂N − ∂M )−
→ ∂N ∂L − ∂M ∂L − →
)→

Rot(A) = ı −( −  +( − ) k = X.(5.7)
∂x ∂y ∂z
∂y ∂z ∂x ∂z ∂x ∂y
L M N



Enfin, rappelons que la divergence d’un champ de vecteurs X = P− →ı + Q−→ + R k de
classe C k sur l’ouvert U est une fonction de classe C k−1 donnée par l’expression suivante
sur l’ouvert U,
∂P ∂Q ∂R
Div(X) = + + . (5.8)
∂x ∂y ∂z

En partant des expressions du gradient, du rotationnel et de la divergence on vérifie


qu’on a les deux formules


Rot(grad(f )) = 0 et Div(Rot(X)) = 0 (5.9)

qui donnent respectivement la condition nécessaire pour qu’un champ de vecteurs diré-
rive d’un potentiel scalaire ou d’un potentiel vecteurs.

Théorème 22. Sur un ouvert U ⊂ R3 est étoilé ou convexe on a les deux équivalences suivantes :


Rot(X) = 0 ⇐⇒ ∃f : U → R, grad(f ) = X (5.10)
3
Div(X) = 0 ⇐⇒ ∃A : U → R , Rot(A) = X. (5.11)

Observons que si on désigne par d~r = dx~ı + dy~ + dz~k la différentielle du rayon vecteur
~r = x~ı + y~ + z~k alors le produit scalaire,

~ · d~r = Pdx + Qdy + Rdz = ω X


X (5.12)

défini une forme différentielle de classe C k dont l’intégrale curviligne le long d’une
courbe Γ ⊂ U de classe C 1 s’appelle intégrale curviligne du champ de vecteurs X le long
de la courbe Γ :
Z Z
X · d~r = ωX. (5.13)
Γ Γ

Maintenant, comme les formes différentielles sont reliées aux champs de vecteurs par
la formules (4.12) ; on conclut donc que sur un ouvert U ⊂ R3 non vide un champ de
vecteur X dérive d’un prtentiel scalaire f : U → R de classe C 1 si et seulement si toutes
ses intégrales curvilignes le long des courbes fermées sont nulles.

A. BOUARICH 99 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

5.3.1 Classification des opérateurs différentiels usuels

Dans ce paragraphe, nous donnerons quelques propriétés et relations entre les opérateurs
différentiels : grad, Div, Rot. Ensuite, nous donnerons leurs classification sur un ouvert
de l’espace R3 qui est non vide et étoilé (ou convexe).
Soit U ⊂ R3 un ouvert non vide étoilé. Pour tous couple de fonctions f, g : U → R et
~ Y
pour tous couple de champs de vecteurs X, ~ : U → R3 on vérifie aisément qu’on a les
relations suivantes.
1. ∀λ, µ ∈ R, grad(λf + µg) = λgrad(f ) + µgrad(g) ;
2. grad(f g) = f grad(g) + ggrad(f ) ;
3. ∀λ, µ ∈ R, Div(λX~ + µY)
~ = λDiv(X) ~ + µDiv(Y)
~ ;
~ = f Div(X)
4. Div(f X) ~ + gradf · X
~ ;
~ + µY)
5. ∀λ, µ ∈ R, Rot(λX ~ = λRot(X) ~ + µRot(Y)
~ ;
~ = f Rot(X)
6. Rot(f X) ~ + gradf ∧ X
~ ;
~ ∧ Y)
7. Div(X ~ =Y~ · Rot(X)
~ −X~ ∧ Rot(Y)
~ ;
~ = grad(Div(X))
8. Rot(Rot(X)) ~ − ∆(X)~ où ∆(X) ~ = (∆(P), ∆(Q), ∆(R)) désigne le
~ = (P, Q, R).
Laplacien du champ de vecteurs X
En utilisant les résultats établis dans les paragraphes précédents, on peut maintenant
classifier tous les champs de vecteurs de classe C 2 défini sur un ouvert non vide étoilé
(ou convexe) U ⊂ R3 en quatre catégories.

→ −

A) Champ de vecteurs irrotationnel Rot( X) = ~0 et solénoïdale Div( X) = 0
~ = ~0,
Puisque sur l’ouvert U étoilé (ou convexe) le champ de vecteurs rotationnel Rot(X)
le théorème de H. Poincaré montre donc qu’il existe une fonction f : U → R telle que,

→ −

X = gradf . Ainsi, puisque on a en plus Div( X) = 0 nous en déduisons que le Laplacien
de la primitive,
∂2f ∂2f ∂2f
∆(f ) = Div(grad(f )) = + + = 0.
∂x2 ∂y 2 ∂z 2

→ −

Conséquence 1 : Si sur un ouvert étoilé (ou convexe) on a Rot( X) = ~0 et Div( X) = 0


alors le champ de vecteurs X dérive d’un potentiel scalaire f : U → R harmonique (i.e.


X = gradf avec ∆(f ) = 0).

→ −

B) Champ de vecteurs irrotationnel Rot( X) = ~0 mais non solénoïdale Div( X) 6= 0


Puisque sur l’ouvert U étoilé (ou convexe) le champ de vecteurs rotationnel Rot( X) = ~0,


le théorème de H. Poincaré montre qu’il existe une fonction f : U → R telle que, X =


gradf . Mais, puisque la divergence Div( X) 6= 0 nous en déduisons que le Laplacien de
la primitive f est non nul,
∂2f ∂2f ∂2f
∆(f ) = Div(grad(f )) = + + 6= 0.
∂x2 ∂y 2 ∂z 2

→ −

Conséquence 2 : Si sur un ouvert étoilé (ou convexe) on a Rot( X) = ~0 et Div( X) =
6 0


alors le champ de vecteurs X dérive d’un potentiel f : U → R non harmonique (i.e.


X = gradf avec ∆(f ) 6= 0).

A. BOUARICH 100 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal


→ −

C) Champ de vecteurs rotationnel Rot( X) 6= ~0 et solénoïdale Div( X) = 0


Puisque sur l’ouvert U étoilé (ou convexe) le champ de vecteurs X possède une diver-


gence nulle Div( X) = 0, le théorème de H. Poincaré montre qu’il existe un champ de

→ −
→ −

vecteur A : U → R3 dont le champ rotationnel Rot( A) = X et ayant une divergence

→ −

Div( A) = 0. Ainsi, comme nous avons en plus Rot( X) 6= ~0 on obtient la relation sui-
vante,

→ −
→ −
→ −
→ −

Rot( X) = Rot(Rot( A) = grad(Div( A)) − ∆( A) = −∆( A) 6= ~0


qui montre que le potentiel vecteur A n’est pas harmonique.

→ −

Conséquence 3 : Si sur un ouvert étoilé (ou convexe) on a Rot( X) 6= ~0 et Div( X) = 0

→ −

alors le champ de vecteurs X dérive d’un potentiel vecteur A : U → R3 solénoïdale (i.e.


Div( A) = 0) dont au moins l’une de ses composantes est non harmonique.

→ −

D) Champ de vecteurs rotationnel Rot( X) 6= ~0 et non solénoïdale Div( X) 6= 0

→ − → − →
Avec ces hypothèses, on montre que le champ de vecteurs X = Y + Z avec

→ −

1. le champ Y dérive d’un potentiel scalaire (i.e. Y = gradf ) ,

→ −
→ −

2. tandis que le champ Z dérive d’un potentiel vecteur (i.e. Z = Rot( A)).
Notons qu’en conséquence de ce résultats on voit que le potentiel scalaire f et le potentiel

→ −
→ −
→ −

vecteur A ne sont pas harmoniques car on a Div( X) = ∆(f ) 6= 0 et Rot( X) = −∆( A) 6=
~0.

5.4 Système de coordonnées curvilignes orthogonales

5.4.1 Définitions et exemples

Définition 17. Soit U ⊂ R3 un ouvert non vide et F : U → R3 une application de classe C 1 .


On dira que F(u, v, w) définit un système de coordonnées curvilignes orthogonales si on a les
conditions suivantes,
1) Le déterminant de la matrice jacobienne de F est non nul.
∂F ∂F ∂F
2) Les dérivées partielles vectorielles , et sont orthogonaux deux à deux.
∂u ∂v ∂w

À un système de coordonnées F(u, v, w) = (x(u, v, w), y(u, v, w), z(u, v, w)) défini sur un
ouvert non vide U ⊂ R3 on lui associe les nombres réels positifs suivants,

∂F ∂F ∂F
hu = k k, hv = k k, hw = k k,
∂u ∂v ∂w
appelés coefficients de proportionnalité du système F. De même, au système F on associe
aussi une base orthonormée appelée repère mobile dont les éléments sont définis par les
expressions,


→ 1 ∂F −
→ 1 ∂F − 1 ∂F
eu = , ev = e→
w = (5.14)
hu ∂u hv ∂v hw ∂w.

A. BOUARICH 101 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Puisque les vecteurs − →


eu , −

ev et −
e→
w sont orthogonaux deux à deux et unitaires on déduit
qu’ils sont reliés par les relations,


e→ −
→ − →
w = eu ∧ ev ,


eu = −

ev ∧ −
e→
w et −

ev = −
e→ −

w ∧ eu . (5.15)

Exemple 1. 1)Sur l’espace R3 on définit le système de coordonnés cylindriques C(r, θ, z) =


(x, y, z) par les expressions, 
 x
 = r cos(θ)
y = r sin(θ)

z = z.

avec r ∈ R+ et θ ∈ [0, 2π].


z
Mb

O
y
θ
M′
x

Vérifions que le système de coordonnés cylindriques C(r, θ, z) est orthogonal. En effet, puisque les
dérivées partielles du système C(r, θ, z) sont données par les expressions suivantes :

∂C ∂C ∂C − →
= cos(θ)−

ı + sin(θ)−

, = −r sin(θ)−

ı + r cos(θ)−

, = k,
∂r ∂θ ∂z
∂C ∂C ∂C ∂C ∂C ∂C
dont le produit scalaire deux à deux est nul : · = · = · = 0.
∂r ∂θ ∂r ∂z ∂θ ∂z
Par conséquent, puisque les coefficients de proportionnalité du système orthogonal C(r, θ, z) sont
égales à hr = 1, hθ = r et hz = 1 il en résulte donc que le mobile associé à C(r, θ, z) est donné
par,

→ −
→ + sin(θ)− →

 er = cos(θ) ı
 

→ −

eθ = − sin(θ) ı + cos(θ)  −

 −

→ −

ez = k.

2) Sur l’espace R3 on définit le système de coordonnés sphériques S(r, θ, ϕ) = (x, y, z) par les
expressions,

 x
 = r cos(θ) sin(ϕ)
y = r sin(θ) sin(ϕ)

z = r cos(ϕ)

avec r ∈ R+ , θ ∈ [0, 2π] et ϕ ∈ [0, π].

A. BOUARICH 102 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

z
M
b

O
y
θ
M′
x

Le système de coordonnés sphériques S(r, θ, ϕ) est orthogonal car d’après les expressions de ses
dérivées partielles vectorielles


∂S −
→ −
→ −
→ ∂S ∂S
 = cos(θ) sin(ϕ) ı + sin(θ) sin(ϕ)  + cos(ϕ) k

 · = 0,
∂r ∂r ∂θ

 


 ∂S  ∂S

∂S
= −r sin(θ) sin(ϕ)− →ı + r cos(θ) sin(ϕ)−
→ =⇒ · = 0,
 ∂θ  ∂r ∂ϕ
 ∂S = r cos(θ) cos(ϕ)− −
→ ∂S ∂S
 

 →
ı + r sin(θ) cos(ϕ)−
→ − r sin(ϕ) k .


 · = 0.
∂ϕ ∂θ ∂ϕ

Ainsi, puisque les coefficients de proportionnalité du système de coordonnées sphériques S(r, θ, ϕ)


sont égales à hr = 1, hθ = r cos(ϕ) et hϕ = r il en résulte que le repère mobile associé au système
S(r, θ, ϕ) est donné par,


→ −
→ → + cos(ϕ)−
− →

 er = cos(θ) sin(ϕ) ı + sin(θ) sin(ϕ) 
 k


eθ = −

− sin(θ) ı + −

cos(θ) 
 − −

eϕ = cos(θ) cos(ϕ) ı + − sin(θ) cos(ϕ)−
→ −
→ →

 − sin(ϕ) k .

3) Sur l’espace R3 on définit le système de coordonnées paraboloïdales P(u, v, θ) = (x, y, z) par


les expressions, 
 x = uv cos(θ)


y = uv sin(θ)
 z = 1 (u2 − v 2 )


2
avec u, v ∈ R et θ ∈ [0, 2π].
Le système des coordonnées paraboloïdales P(u, v, θ) est orthogonal car ses dérivées partielles sont
orthogonaux deux à deux :

∂P ∂P ∂P
 

 = v cos(θ)~ı + v sin(θ)~ + uk ~ 
 · = 0,

 ∂u  ∂u ∂θ


∂P ∂P ∂P

= u cos(θ)~ı + u sin(θ)~ − v~k =⇒ · = 0,
 ∂v  ∂v ∂θ
 ∂P = −uv sin(θ)~ı + uv cos(θ)~  ∂P · ∂P = 0 .

 

 
∂θ ∂u ∂v

Puisque les coefficients de proportionnalité du système P(u, v, θ) sont égales à hu = u2 + v 2 ,

hv = u2 + v 2 et hθ = uv on déduit donc que le repère mobile associé au système P(u, v, θ) est

A. BOUARICH 103 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

donné par les expressions,


1


→ −


 eu = √ (v cos(θ)−

ı + v sin(θ)−
→ + uk)
u2
+v 2




→ 1 −

ev = √ (u cos(θ)−

ı + u sin(θ)−
→ − vk)

 2
u +v 2

 −
 →eθ = − sin(θ)−→ı + cos(θ)−→.

5.4.2 Expression des opérateurs grad, Div et Rot en coordonnées curvilignes

Dans ce paragraphe, on se propose de donner l’expression des opérateurs différentiels


grad, Div et Rot dans un système de coordonnées curvilignes orthogonal quelconque.
Ensuite, nous appliquerons les formules trouvées pour exprimer le gradient, la diver-
gence et le rotationnels dans les systèmes de coordonnées cylindriques et sphériques.
A) Expression du gradient en coordonnées curvilignes orthogonal
Soit U ⊆ R3 un ouvert non vide munit d’un système de coordonnées curvilignes ortho-
gonal F(u, v, w) = (x, y, z). Considérons une fonction f : U → R de classe C 1 et calculons
les coordonnées de son vecteur gradient gradf relativement au repère mobile (eu , ev , ew )
associé au système F(u, v, w). Il s’agit donc de déterminer les composantes Xu , Xv et Xw
du vecteur gradient gradf dans la base (− →
eu , −

ev , −
e→
w) :

gradf = Xu −

eu + Xv −

ev + Xw −
e→
w.

Observons que si on désigne par ~r(u, v, w) = (x(u, v, w), y(u, v, w), z(u, v, w)) le rayon
vecteur on obtient par différentiation,

∂~r ∂~r ∂~r


d~r = du + dv + dw = hu eu du + hv ev dv + hw ew dw.
∂u ∂v ∂w
Ainsi, en utilisant le fait que la différentielle totale df = gradf · d~r ; on déduit alors que
les composantes du vecteur gradient f relativement au repère mobile (− →
eu , −

ev , −
e→
w ) sont
données par les expressions :
1 ∂f


 Xu = ,
hu ∂u



 1 ∂f
Xv = ,
 hv ∂v
1 ∂f


 Xw =


hw ∂w
Conséquence : Le vecteur gradient d’une fonction f : U → R de classe C 1 relativement à
un système de coordonnées curvilignes orthogonaux F(u, v, w) = (x, y, z) à pour expres-
sion :
1 ∂f −
→ 1 ∂f −→ 1 ∂f −
gradf = eu + ev + e→
w. (5.16)
hu ∂u hv ∂v hw ∂w
Exemple 2. 1) En coordonnées cylindriques le vecteur gradient grad(f ) a pour expression :

∂f −
→ 1 ∂f −
→ ∂f −

gradf = er + eθ + ez . (5.17)
∂r r ∂θ ∂z

A. BOUARICH 104 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

2) En coordonnées sphériques le vecteur gradient de la fonction f a pour expression :

∂f −
→ 1 ∂f −
→ 1 ∂f −
gradf = er + eθ + e→
ϕ. (5.18)
∂r r cos(ϕ) ∂θ r ∂ϕ
3) En coordonnées paraboloïdales le vecteur gradient de la fonction f a pour expression :
1 ∂f −
→ 1 ∂f −
→ 1 ∂f −

gradf = √ eu + √ ev + eθ . (5.19)
u2 +v 2 ∂u 2
u +v 2 ∂v uv ∂θ
B) Expression de la divergence en coordonnées curvilignes orthogonal
Dans ce paragraphe, étant donné un ouvert non vide U ⊆ R3 et un champ de vecteur


X : U → R3 de classe C 1 ; on va exprimer sa divergence relativement à un système de
coordonnées curvilignes orthogonal F(u, v, w) = (x, y, z).
Remarquons que puisque dans la base orthonormée (− →
eu , −

ev , −
e→
w ) associée au système


F(u, v, w) le champ de vecteurs X s’écrit sous la forme, X = Xu eu + Xv −

→ →
ev + Xw −
e→
w , donc ;
en lui appliquant la divergence on obtient,


Div( X) = Div(Xu − →
eu ) + Div(Xv −

ev ) + Div(Xw −
e→
w ).

D’autre part, si on remarque que le vecteur gradient des coordonnées u, v et w (vues


comme fonctions) est donné par les expressions,

1 −→

 gradu = eu ,
h

u


 1− →
gradv = ev ,
 hv
1 −

e→

 gradw = w,


hw
eu , −
on titre alors de l’orthogonalité de la base (−
→ →
ev , −
e→
w ) qu’on a,

−→

 eu = hv hw gradv ∧ gradw,

−→
ev = hv hw gradw ∧ gradu,
 −
e→

w = hu hv gradu ∧ gradv.

De même, si on remarque que le rotationnel d’un vecteur gradient est nul,


1− → 1→ 1 → −

Rot( eu ) = Rot( − ev ) = Rot( − ew ) = 0 ,
hu hv hw
et qu’on a Div(grad ∧ grad) = 0 on déduit que,


eu −

ev −
e→
w
Div( ) = Div( ) = Div( ) = 0.
hv hw hu hw hu hv
Ainsi, avec es remarques précédentes on peut maintenant exprimer la divergence des
composantes Xu − →
eu , Xv −

ev et Xw −
e→
w . Par exemple on a,


eu
Div(Xu − →
eu ) = Div((Xu hv hw )( ))
hv hw


eu −

eu
= (Xu hv hw )Div( ) + grad(Xu hv hw ) ·
hv hw hv hw


eu 1 ∂
= grad(Xu hv hw ) · = (Xu hv hw ).
hv hw hu hv hw ∂u

A. BOUARICH 105 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal



D’où l’expression recherchée pour la divergence Div d’un champ de vecteurs X relati-
vement à un système de coordonnées curvilignes orthonormées F(u, v, w) :

→ 1 ∂ ∂ ∂
Div( X) = [ (Xu hv hw ) + (Xv hu hw ) + (Xw hu hv )]. (5.20)
hu hv hw ∂u ∂v ∂w
Exemple 3. 1) En appliquant l’expression précédente on voit que la divergence d’un champ de


vecteurs X = Xr −

er + Xθ −

eθ + Xz −

ez est donnée en coordonnées cylindriques par,

→ 1 ∂ ∂ ∂
Div( X) = [ (rXr ) + (Xθ ) + (rXz )]. (5.21)
r ∂r ∂θ ∂z

→ ∂f −
→ 1 ∂f −
→ ∂f −

En particulier, si X est un champ de gradient gradf = er + eθ + ez alors sa diver-
∂r r ∂θ ∂z
gence est donc égale au laplacien de la fonction f :
1 ∂ ∂f 1 ∂2f ∂f
∆(f ) = (r ) + 2 2 + . (5.22)
r ∂r ∂r r ∂ θ ∂z


2) En coordonnées sphériques la divergence d’un champ de vecteurs X = Xr −

er + Xθ −

eθ + Xϕ −e→
ϕ
est donnée par l’expression,

→ 1 ∂ ∂ ∂
Div( X) = [ (r 2 cos(ϕ)Xr ) + (rXθ ) + (r cos(ϕ)Xϕ )]. (5.23)
r 2 cos(ϕ) ∂r ∂θ ∂ϕ

→ ∂f −
→ 1 ∂f −
→ 1 ∂f −
Si en particulier, le champ X est champ de gradient gradf = er + eθ + e→
ϕ
∂r r cos(ϕ) ∂θ r ∂ϕ
alors sa divergence est égale au la placien de la fonction f ,
1 ∂ 2 ∂f 1 ∂2f ∂ ∂f
∆(f ) = 2
[ (r ) + 2 2
+ (cos(ϕ) )]. (5.24)
r ∂r ∂r cos (ϕ) ∂θ ∂ϕ ∂ϕ
C) Expression du rotationnel en coordonnées curvilignes orthogonal
Dans ce paragraphe, on se propose d’exprimer le rotationnel d’un champ de vecteur


X = Xu −

eu + Xv −

ev + Xw −
e→
w en coordonnées curvilignes orthogonales.

Notons que puisque le rotationnel Rot est linéaire donc pour exprimer le champ de vec-


teurs Rot( X) dans un système de coordonnées curvilignes orthogonaux F(u, v, w) il suf-


fit qu’on exprime le rotationnel des composantes du champ de vecteurs X = Xu − →eu +
Xv −→
ev + Xw e−
→w . Par exemple on a :
1→
Rot(Xu −→
eu ) = Rot((Xu hu )( − eu ))
hu
1→ 1−
= Xu hu Rot( − eu ) + grad(Xu hu ) ∧ →
eu
hu hu
1−→ 1 ∂ ∂
= grad(Xu hu ) ∧ eu = [hv (Xu hu )−

ev − hw (Xu hu )e−
→w ].
hu hu hv hw ∂w ∂v
Avec le même calcul on détermine l’expression des champs de vecteurs Rot(Xv − →
ev ) et


Rot(Xw ew ), et on déduit finalement l’expression du rotationnel en coordonnées curvi-
lignes orthogonales est donnée par le déterminant :
hu −

eu hv −

ev hw −
e→

w



→ 1 ∂ ∂ ∂
Rot( X) = . (5.25)
hu hv hw ∂u ∂v ∂w

hu Xu hv Xv hw Xw

A. BOUARICH 106 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal



Exemple 4. 1) En coordonnées cylindriques le rotationnel d’un champ de vecteurs X est donné
par l’expression,


→ r−
→ −



er eθ ez


→ 1 ∂ ∂ ∂
(5.26)

Rot( X) = .
r ∂u ∂θ ∂z

Xr rXθ Xz



2) En coordonnées sphériques le rotationnel d’un champ de vecteurs X est donné par l’expression,



er r cos(ϕ)−

eθ r −
e→
ϕ




→ 1 ∂ ∂ ∂
(5.27)

Rot( X) = 2 .
r cos(ϕ) ∂r ∂θ ∂ϕ

Xr r cos(ϕ)Xθ rXϕ

A. BOUARICH 107 Analyse II, 2008/2009


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5.5 Exercices avec solutions

Exercice 5.1 Démontrer que chacune des formes différentielles définies ci-dessous est
exacte sur le domaine indiqué et les intégrer sur ce même domaine.
1) ω1 = (2x + exy (xy + 1))dx + x2 exy dy est définie sur D1 = R2 .
2) ω2 = (cos(xy) − xy sin(xy))dx − x2 sin(xy)dy est définie sur D2 = R2 .
(1 − x2 + y 2 )y (1 + x2 − y 2 )x
3) ω3 = dx + dy est définie sur D3 = R2 .
(1 + x2 + y 2 )2 (1 + x2 + y 2 )2
4) ω4 = (Log(x2 + 1) − 2xe−y )dx + (x2 e−y − Log(y 2 + 1))dy est définie sur D4 = R2 .

Solution 5.1 : Dans cet exercice on se propose de résoudre les équations différentielles
totales de type ω = df avec ω = Pdx + Qdy est une forme différentielle donnée et f est
une fonction inconnue de classe C 1 .
Notons que l’expression de l’équation ω = df exige que la forme différentielle ω
∂Q ∂P
soit exacte, et donc ; elle est nécessairement fermée (i.e = ). Ainsi, suite à ces
∂x ∂y
remarques on voit la méthode de résolution de l’équation différentielle totale ω = df est
constituée par les deux étapes suivantes :
1. Existence de la solution : Vérifier que la forme différentielle ω est fermée. Cette
étude conduit à l’une des deux cas suivants :
– Si ω n’est pas fermée on déclare que l’équation ω = df n’a pas de solution.
– Si ω est fermée alors, d’après le théorème de H Poincaré, dans chaque compo-
sante convexe (ou étoilée) du domaine définition de ω il existe au moins une
solution f qui est de classe C 1 telle que df = ω.
2. Recherche de la solution : Si ω est fermée alors pour trouver ses primitives il suffit
∂f ∂f
qu’on résout le système des équations = P et = Q qui possède une solution
∂x ∂y
sur chacune des composantes convexe (ou étoilée) du domaine définition de ω .
1) Posons P1 = 2x + exy (xy + 1) et Q1 = x2 exy . Donc, puisque l’expression

∂Q1 ∂P1
− = (2xexy + yx2 exy ) − (xexy (xy + 1) + xexy ) = 0
∂x ∂y

on en déduit que la forme différentielle ω1 est fermée. Et, puisque le domaine de défini-
tion de ω1 = P1 dx + Q1 dy est R2 , qui est convexe ; le théorème de H. Poincaré implique
que ω1 est exacte sur le plan R2 .
Cherchons alors une fonction f1 de classe C 1 telle que df1 = ω1 :

∂f1
 

 = P1 = 2x + exy (xy + 1)  ∂f1 = P1 = 2x + exy (xy + 1)
∂x =⇒ ∂x
∂f1

 = Q1 = x2 exy  f (x, y) =
1 xexy + C1 (x)
∂y

A. BOUARICH 108 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal


∂f1
= 2x + exy (xy + 1) = exy + x2 exy + C′1 (x)

=⇒ ∂x
 f (x, y) =
1 xexy + C1 (x)
=⇒ C1 (x) = x2 + a1 où a1 ∈ R.

Conclusion : la forme diférentielle ω1 est exacte sur le plan R2 et sa primitive est donnée
par l’expression f1 (x, y) = xexy + a1 avec a1 ∈ R.
2) Posons P2 = cos(xy)−xy sin(xy) et Q2 = −x2 sin(xy). Donc, avec ces notations puisque
l’expression

∂Q2 ∂P2
− = (−2x sin(xy) − x2 y cos(xy)) − (−x sin(xy) − x sin(xy) − x2 y cos(xy)) = 0
∂x ∂y

on en déduit que la forme différentielle ω2 est fermée. Et, puisque le domaine de défini-
tion de ω2 = P2 dx + Q2 dy est R2 , qui est convexe ; le théorème de H. Poincaré implique
que ω2 est exacte sur le plan R2 .
Cherchons alors une fonction f2 de classe C 1 telle que df2 = ω2 :

∂f2
 

 = cos(xy) − xy sin(xy)  ∂f2 = cos(xy) − xy sin(xy)
∂x =⇒ ∂x
∂f2 2

 = −x sin(xy)  f2 (x, y) = x cos(xy) + C2 (x)
∂y
∂f2


 = cos(xy) − xy sin(xy)
 ∂x

=⇒ ∂f 2
= cos(xy) − xy sin(xy) + C′2 (x)


 ∂x
f1 (x, y) = x cos(xy) + C2 (x)

=⇒ C2 (x) = a2 où a2 ∈ R.

Conclusion : la forme diférentielle ω2 est exacte sur le plan R2 et sa primitive est donnée
par l’expression f2 (x, y) = x cos(xy) + a2 avec a2 ∈ R.
(1 − x2 + y 2 )y (1 + x2 − y 2 )x
3) Posons P3 = et Q 3 = . Notons que la dérivée partielle
(1 + x2 + y 2 )2 (1 + x2 + y 2 )2

∂Q3 (1 + 3x2 − y 2 )(1 + x2 + y 2 )2 − 4x2 (1 + x2 + y 2 )(1 + x2 − y 2 )


=
∂x (1 + x2 + y 2 )4
1 − x4 + 6x2 y 2 − y 4
=
(1 + x2 + y 2 )3

D’autre part, observons que puisque nous avons la relation P3 (x, y) = Q(y, x) on en
déduit que la dérivée partielle

∂P3 ∂Q3 1 − y 4 + 6x2 y 2 − x4 ∂P3 ∂Q3


(x, y) = (y, x) = =⇒ = .
∂y ∂x (1 + x2 + y 2 )3 ∂y ∂x

Donc, la forme différentielle ω3 est fermée. Et, puisque son domaine de définition R2 est
convexe ; le théorème de H. Poincaré implique que ω3 est exacte sur le plan R2 .

A. BOUARICH 109 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Cherchons alors une fonction f3 de classe C 1 telle que df3 = ω3 :


(1 − x2 + y 2 )y (1 + x2 + y 2 )y − 2x2 y

∂f3 
∂f3 ∂  xy 
= = =

 
∂x (1 + x2 + y 2 )2 (1 + x2 + y 2 )2 ∂x  1 + x2 + y 2 
 
=⇒ ∂x
∂f3 2 2
(1 + x − y )x 2 2
(1 + x + y )x − 2xy 2 ∂f3 ∂ xy

 = =

 =
∂y 2
(1 + x + y )2 2 (1 + x2 + y 2 )2 ∂y ∂y 1 + x2 + y 2

xy
Donc, pour tout constante a3 ∈ R la fonction f3 (x, y) = + a3 est une primitive
1 + x2 + y 2
de la forme différentielle ω3 .
4) Si on pose P4 = Log(x2 + 1) − 2xe−y et Q4 = 2xe−y − Log(y 2 + 1) on voit que les
dérivées partielles par rapport à x et y sont égales à :
∂P4 ∂Q4 ∂P4 ∂Q4
= 2xe−y et = 2xe−y =⇒ = .
∂y ∂x ∂y ∂x
Maintenant, puisque on sait que la forme différentielle ω4 = P4 dx + Q4 dy est fermée sur
le plan R2 qui est convexe ; le théorème de H. Poincaré implique donc que ω4 est exacte
sur R4 .
Cherchons pour ω4 une primitive f4 qui soit au moins de calsse C 1 sur le plan R2 :

Z Z
∂f4
 

 = Log(x2 + 1) − 2xe−y  f4 (x, y) =
 Log(x2 + 1)dx − 2 xe−y dx
∂x =⇒
∂f4 ∂f4

 = x2 e−y − Log(y 2 + 1) 
 = x2 e−y − Log(y 2 + 1)
∂y ∂y
2x2
 Z
 f4
 2
= xLog(x + 1) − dx − x2 e−y + C(y)
=⇒ x2 + 1
 ∂f4 =

x2 e−y − Log(y 2 + 1)
∂y
(
f4 = xLog(x2 + 1) − 2x − 2Arc tg(x) − x2 e−y + C(y)
=⇒
C′ (y) = −Log(y 2 + 1)

Ainsi, du dernier système on déduit que C(y) = −yLog(y 2 + 1) + 2y + 2Arc tg(y) + a4


avec a4 ∈ R, et que par conséquent ; la primitive de la forme différentielle ω4 est donnée
sur le plan R2 par l’expression :

f4 (x, y) = xLog(x2 + 1) − 2x − 2Arc tg(x) − x2 e−y − yLog(y 2 + 1) + 2y + 2Arc tg(y) + a4 .

Exercice 5.2 On désigne par ω la forme différentielle définie sur R3 par les expressions,
axy bx2 1 − z 2 + cx2 yz + mx
ω= dx + dy + dz où a, b, c, m ∈ R.
1 + z2 1 + z2 (1 + z 2 )2

1) Déterminer les nombres réels a, b, c et m pour que la forme différentielle ω soit fermée.
2) Si on suppose (a, b, c, m) = (2, 1, −2, 0) dire pourquoi la forme différentielle ω devient
exacte et l’intégrer sur R3 .

A. BOUARICH 110 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

axy bx2 1 − z 2 + cx2 yz + mx


Solution 5.2 : 1) Pour que la forme différentielle ω = dx + dy + dz
1 + z2 1 + z2 (1 + z 2 )2
soit fermée il faut que les dérivées partielles de ses trois composantes vérifient les condi-
tions suivantes :
∂  bx2 

∂  axy 
=


∂y 1 + z 2 ∂x 1 + z 2
 
ax = 2bx


 ∂  bx2 
 2 2
∂ 1 − z + cx yz + mx
  

= =⇒ 2
−2bx z = cx2 z
 ∂z 1 + z 2 ∂y (1 + z 2 )2 
∂  1 − z 2 + cx2 yz + mx  −2axyz = 2cxyz + m
 
∂  axy 


=


∂z 1 + z 2 ∂x (1 + z 2 )2

Ainsi, en comparant les membres du dernier système on conclut que si (a, b, c, m) =


(2b, b, −2b, 0) avec b est un réel arbitarire alors la forme différentielle ω est fermée.
2) D’après la question 1, si on prend (a, b, c, m) = (2, 1, −2, 0) la forme différentielle ω
devient fermée. D’autre part, comme ω est définie sur l’espace convexe R3 le théorème
de H. Poincaré implique que ω est exacte sur R3 .
Cherchons alors une primitive f : R3 → R pour la forme différentielle ω :

∂f 2xy x2 y
 
 =  f (x, y, z) = + g(y, z)
∂x 1 + z2
 
1 + z2

 

 ∂f

x2 
 ∂g
= =⇒ = 0
 ∂y 1 + z2  ∂y

 ∂f 2
1 − z − 2x yz2 
 ∂f 1 − z 2 − 2x2 yz 2xyz
+ g′ (z)
 

 = 2 2

 = 2 2
=−
∂z (1 + z ) ∂z (1 + z ) (1 + z 2 )2

x2 y
Ainsi, du dernier système on déduit que la fonction f (x, y, z) = + g(z) où la
1 + z2
fonction g(z) est définie par l’intégrale simple :

1 − z2 (1 + z 2 ) − 2z 2 dz z
Z Z
g(z) = dz = = + Cte.
(1 + z 2 )2 (1 + z 2 )2 1 + z2

Par conséquent, la primitive de la forme différentielle ω est définie sur R3 par l’expresion,
x2 y + z
f (x, y, z) = + C, avec C est une constante réelle.
1 + z2

Exercice 5.3 Résoudre les équations différentielles totales définies ci-dessous en utilisant
un facteur intégrant de la forme µ(x), µ(y) ou µ(xy) :
1) (x5 − x3 y + y)dx + xdy = 0.
2) (x4 + y 2 )dx + xy(x2 − 1)dy = 0.
1 1 y 1
3) ( + )dx + ( + )dy = 0
x y x y

A. BOUARICH 111 Analyse II, 2008/2009


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Solution 5.3 : Dans cette exercice on se propose de résoudre les équations différentielles
totales de type ω = 0 avec ω = Pdx + Qdy est une forme différentielle de classe C 1 .
Pour résoudre l’équation différentielle totale ω = 0 on procède en deux temps :
∂Q ∂P
1. Si la forme différentielle ω est fermée (i.e, = ) on cherche les primitives f =
∂x ∂y
f (x, y) de ω sur chacune des composantes convexes (ou étoilées) du domaine de
définition de ω. Ensuite, on définit l’ensemble de solutions de l’équation ω = 0 par

SC = {(x, y) ∈ R/f (x, y) = C} avec C ∈ R.

Notons que pour chaque constante réelle C l’ensemble de solution SC correspond à


une courbe du plan R2 qui est définie par l’équation implicite f (x, y) − C = 0.
2. Si la forme différentielle ω n’est pas fermée dans ce cas on doit chercher une fonction
µ = µ(x, y) qui soit de classe C 1 et telle que le produit µω soit exacte. La fonction µ
qui vérifie cette propriété s’appelle facteur intégrant de ω.
En effet, pour chercher le facteur intégrant µ de ω il suffit qu’on utilise le fait que
la forme différentielle µω est fermée, car ; elle est exaxte. Et, ainsi, on voit que µ est
caractérisée par léquation aux dérivées partielles :

∂µQ ∂µP ∂µ ∂µ  ∂P ∂Q 
= =⇒ Q −P =µ − .
∂x ∂y ∂x ∂y ∂y ∂x

Une fois qu’on détermine un facteur intégrant µ pour ω on passe ensuite à la re-
cherche d’une primitive f = f (x, y) du produit µω. Puis, puisque l’équation ω = 0
est équivalente à l’équation µω = 0, on définit alors l’ensemble de solutions l’équa-
tion ω = 0 par

SC = {(x, y) ∈ R/f (x, y) = C} avec C ∈ R.

1) La forme différentielle ω = (x5 − x3 y + y)dx + xdy n’est pas fermée parce que si on pose
∂Q ∂P
P = x5 − x3 y + y et Q = x on obtient − = x3 6= 0. Donc, pour résoudre l’équation
∂x ∂y
différentielle totale ω = 0 il suffit qu’on cherche un facteur intégrant pour ω, c’est-à-dire ;
une fonction µ(x, y) solution de l’équation aux dérivées partielles,

∂   ∂   ∂µ ∂µ
Qµ = Pµ =⇒ x − (x5 − x3 y + y) = −x3 µ.
∂x ∂y ∂x ∂y

La dernière équations aux dérivées partielles possède une solution qui ne dépend que
∂µ
de la variable x, car ; si on y porte µ(x) = µ(x, y) avec = 0 on obtient l’équation
∂y
différentielle ordinaire,

x3
µ′ (x) = −x2 µ(x) =⇒ µ(x) = A exp(− ), A ∈ R.
3

A. BOUARICH 112 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

x3
Ainsi, puisque la forme différentielle exp(− )ω est fermée sur R2 , qui est convexe ; elle
3
possède donc une primitive f telle que
3 x3
 
 ∂f = exp(− x )(x5 − x3 y + y)
  ∂f

= exp(− )(x5 − x3 y + y)
∂x 3 3 =⇒ ∂x 3
∂f x x3
= x exp(− )  f (x, y) = xy exp(− ) + h(x)

 
∂x 3 3
3

 f (x, y) = xy exp(− x ) + h(x)

=⇒ 3 3
 h′ (x) = x
x5 exp(− ).

3

Ainsi, par intégration par parties on trouve que la fonction inconnue h(x) est égale à :

x3 x3 x3 x3
Z Z
h(x) = x exp(− )dx = −x3 exp(− )+
5
3x2 exp(− )dx = −(x3 +3) exp(− )+C, C ∈ R.
3 3 3 3

x3
Donc, puisque la fonction f (x, y) = exp(− )(xy − x3 − 3) + C est une primitive de la
3
x3
forme différentielle exp(− )ω on en déduit que l’ensemble de solution de l’équation
3
différentielle totale, ω = 0, est égal à,

x3
SC = {(x, y) ∈ R2 /xy − x3 − 3 = C exp( )} avec C ∈ R.
3
Dans le tableau suivant on donne la représentation graphe de l’ensemble des solutions
SC selon les valeurs de la constante C ∈ R.

2 2 2

1 1 1

−2 −1 1 2 −2 −1 1 2 3 −2 −1 1 2
−1 −1 −1

−2 −2 −2
C < −1 C = −1 C > −1

La figure suivante donne la représentation graphique des ensembles de solutions de


l’équation différentielle totale ω = 0.

A. BOUARICH 113 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

−3 −2 −1 1 2 3
−1

−2

−3

2) Notons d’abord que la forme différentielle Ω = (x4 + y 2 )dx + xy(x2 − 1)dy n’est pas
∂ 4 ∂
fermée, car ; on a (x + y 2 ) − (xy(x2 − 1)) = 3y − 3yx2 6= 0. Donc, pour intégrer
∂y ∂x
l’équation différentielle totale Ω = 0 nous devons chercher un facteur intégrant µ(x, y)
qui est par défionition solution de léquation aux dérivées partielles :
∂ ∂ ∂µ ∂µ
((x4 + y 2 )µ) = ((xy(x2 − 1)µ) =⇒ (x4 + y 2 ) − xy(x2 − 1) = 3y(x2 − 1)µ.
∂y ∂x ∂y ∂x

D’après l’expression de la sernière équation aux dérivées partielles qui caractérise le fac-
teur intégrant µ on remarque qu’elle possède une solution qui ne dépend que de la va-
∂µ
riable x. C’est-à-dire = 0.
∂y
En effet, si on porte la fonction µ(x) dans l’équation aux dérivées partielles du facteur
intégrant on obtient une équation différentielle ordinaire de la forme :
A
xµ′ (x) = −3µ(x) =⇒ µ′ (x) = où A ∈ R.
x3
Ensuite, cherchons une primitive de la forme différentielle fermée

y2 1
µ(x)Ω = (x + 3
)dx + y(1 − 2 )dy.
x x
Notons que la forme différentielle µ(x)Ω possède une primitive parce que son do-
maine de définition est constitué par la réunion de deux ouverts qui sont convexes
U+ = {(x, y) ∈ R2 /x > 0} et U− = {(x, y) ∈ R2 /x < 0}.

y2 x2 y2
 
 ∂f
 = x+ 3  f (x, y) =
 − 2 + g(y)
µ(x)Ω = df ⇐⇒ ∂x x ⇐⇒ 2 2x
∂f 1 ∂f 1 y

 = y(1 − 2 ) 
 = y(1 − 2 ) = − 2 + g′ (y)
∂y x ∂y x x

Ainsi, puisque d’après le dernier système on voit que la primitive f (x, y) =


x2 y 2 y2
+ − 2 + B avec B ∈ R on conclut que l’ensemble des solutions de l’équation
2 2 2x

A. BOUARICH 114 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

différentielles totale Ω = 0 est donné par :

S = {(x, y) ∈ R2 /x4 − Cx2 + (x2 − 1)y 2 = 0} où C ∈ R.

Le tableau suivant donne les divers formes géométriques de l’ensemble de solution SC


selon les valeurs remarquables de la constante C ∈ R.

2 2 2 2

1 1 1 1

−2 −1 1 −2 −1 1 −2 −1 1 −2 −1 1
−1 −1 −1 −1

−2 −2 −2 −2
C>1 0<C<1 C<0 C=0

La figure suivante nous donne le portrait général de toutes les solutions de l’équation
différentielle totale Ω = 0 :

−3 −2 −1 1 2 3
−1

−2

−3
1 1 y 1
3) La forme différrentielle ω ′ = ( + )dx + ( + )dy = 0 n’est pas fermée parce que
x y x y
1 1 y 1 ∂Q ∂P y 1
si on pose P = + et Q = + on aura : − = − 2 + 2 6= 0. Donc, pour
x y x y ∂x ∂y x y
résoudre l’équation différentielle totale ω ′ = 0 il suffit qu’on cherche un facteur intégrant
pour ω ′ .
En effet, si µ(x, y) est un facteur intégrant de ω ′ on doit avoir la condition :
∂   ∂   y 1 ∂µ 1 1 ∂µ y 1
µQ = µP =⇒ ( + ) −( + ) = ( 2 − 2 )µ.
∂x ∂y x y ∂x x y ∂y x y

Notons que cette équation aux dérivées partielles possède une solution de la forme
µ(x, y) = f (xy) avec f est une fonction dérivable. En effet, si on porte l’expression

A. BOUARICH 115 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

µ(x, y) = f (xy) dans la dernière équation aux dérivées partielles on trouve que :

y 1 1 1 y 1 y2 x y 1
( + )yf ′ (xy) − ( + )xf ′ (xy) = ( 2 − 2 )f (xy) =⇒ ( − )f ′ (xy) = ( 2 − 2 )f (xy)
x y x y x y x y x y

=⇒ (xy)f (xy) = f (xy).

Ainsi, de la dernière équation différentielle on déduit que la fonction µ(x, y) = xy est un


facteur intégrant de ω ′ .
D’autre part, puisque avec µ(x, y) = xy le produit µ(x, y)ω ′ = (x + y)dx + (y 2 + x)dy est
une forme différentielle fermée sur R2 qui est convexe ; il existe donction une fonction
g(x, y) de classe C 1 telle que dg = ω ′ .

∂g

x2


 = x+y 
g(x, y) = + xy + k(y)
∂x =⇒ 2
∂g

 = y2 + x  k′ (y) = y2.
∂y

x2 y3
Conclusion : puisque pour tout C ∈ R la fonction g(x, y) = + xy + + C

2 3
est une primitive de la forme différentielle µ(x, y)ω avec µ(x, y) = xy et
1 1 y 1
ω ′ = ( + )dx + ( + )dy = 0 on conclut alors que l’ensemble de solution de
x y x y
l’équation différentielle totale ω ′ = 0 est donnée par :

x2 y3
SC = {(x, y) ∈ R2 / + xy + = C} où C ∈ R.
2 3
Le tableau suivant donne les divers formes géométriques de l’ensemble de solution SC
de l’équation différentielle totale ω ′ = 0 selon les valeurs remarquables de la constante
C ∈ R.
2 2 2 2

1 1 1 1

−2 −1 1 −2 −1 1 −2 −1 1 −2 −1 1
−1 −1 −1 −1

−2 −2 −2 −2
C>0 C=0 −1 < C < 0 C 6 −1

Cette figure nous donne le portrait général de toutes les solutions de l’équation différen-
tielle totale ω ′ = 0 :

A. BOUARICH 116 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

−3 −2 −1 1 2 3
−1

−2

−3

Exercice 5.4 On rappelle qu’une fonction f : R2 → R est dite homogène de degré p ∈ R


si pour tout couple de réels (x, y) ∈ R2 et pour tout réel t > 0 on a f (tx, ty) = tp f (x, y).
∂f ∂f
De plus, si f est de classe C 1 elle vérifie alors l’identité d’Euler, x +y = pf .
∂x ∂y
1) Soient P et Q : R2 → R deux fonctions homogènes de même degré p ∈ R. On pose
1
ω = P(x, y)dx + Q(x, y)dy et µ(x, y) = .
xP(x, y) + yQ(x, y)

Vérifier que la forme différentielle µ(x, y)ω est fermée sur son domaine de définition.
2) Posons P(x, y) = x2 − y 2 et Q(x, y) = xy. Vérifier que dans ce cas la forme différentielle
µ(x, y)ω est exacte sur l’ouvert V = {(x, y) ∈ R2 /x 6= 0}.
3) Posons P(x, y) = x − y et Q(x, y) = x + y.
a) Calculer l’intégrale curviligne de la forme différentielle µ(x, y)ω sur le cercle Γ de rayon
r = 1 et de centre (0, 0).
b) En déduire que la forme différentielle µ(x, y)ω n’est pas exacte sur l’ouvert R2 \{(0, 0)}.
c) Démontrer que la forme différentielle µ(x, y)ω est exacte sur U = {(x, y) ∈ R2 /y > 0}
π
et chercher sa primitive f : U → R telle que f (1, 1) = .
2

Solution 5.4 : 1) Pour démontrer que la forme différentielle produit µω est fermée on doit
∂   ∂  
vérifier qu’on a l’égalité, µQ = µP , quand P et Q sont homogènes et de même
∂x ∂y
degré m ∈ R.

∂   ∂  Q 
µQ =
∂x ∂x xP + yQ

A. BOUARICH 117 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

∂Q ∂P ∂Q
(xP + yQ) − Q(P + x +y )
= ∂x ∂x ∂x
(xP + yQ)2
∂Q ∂P
xP − QP − xQ
= ∂x ∂x
(xP + yQ)2
∂Q ∂P
xP − QP − Q(mP − y )
∂x ∂y ∂P ∂P
= 2
car on a, x +y = mP
(xP + yQ) ∂x ∂x
∂P ∂P ∂Q
(xP + yQ) − P(x −x + Q + mQ)
∂y ∂y ∂x
=
(xP + yQ)2
∂P ∂P ∂Q
(xP + yQ) − P(x +y + Q)
∂y ∂y ∂y ∂Q ∂Q
= 2
car on a, x +y = mQ
(xP + yQ) ∂x ∂x
∂  P  ∂  
= = µP .
∂y xP + yQ ∂y

Donc, la forme différentielle µ(x, y)ω est fermée sur son domaine de définition lorsque
les fonctions P et Q sont homogènes et ayant le même de degré.
2) Puisque les polynômes P = x2 − y 2 et Q = xy sont homogènes de degrés deux, le
résultat de 1) implique que la forme différentielle,

1 y2 y
µ(x, y)ω = ( − 3 )dx + 2 dy,
x x x
est fermée sur son domaine de définition V = {(x, y) ∈ R2 /x 6= 0}.
Et, comme l’ouvert V est égal à la réunion des deux ouverts convexes V+ = {(x, y) ∈
R2 /x > 0} et V− = {(x, y) ∈ R2 /x < 0} on conclut, d’après le théorème de H. Poincaré,
1 y2 y
que la forme différentiele µ(x, y)ω = ( − 3 )dx + 2 dy est exacte sur V+ et V− . La pri-
x x x
y2
mitive de µ(x, y)ω est en fait donnée par l’expression f (x, y) = 2 + Log(| x |) + C avec
2x
C ∈ R.
3) Posons maintenant P = x − y et Q = x + y. Donc, puisque P et Q sont des polynômes
homogènes de degré un on voit alors que la forme différentielle,
x−y x+y
µ(x, y)ω = dx + 2 dy,
x2 + y 2 x + y2

est fermée sur son domaine de définition R2 \ {(0, 0)}.


x−y x+y
a) Calculons l’intégrale curviligne de la forme différentielle, µ(x, y)ω =2 2
dx + 2 dy,
x +y x + y2
le long du cercle Γ = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 = 1} et que l’on paramètrise par l’application
γ(t) = (cos(t), sin(t)) avec t ∈ [0, 2π].

x−y x+y
I I
µ(x, y)ω = 2 2
dx + 2 dy
Γ Γ x +y x + y2

A. BOUARICH 118 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Z 2π
= [−(cos(t) − sin(t)) sin(t) + (cos(t) + sin(t)) cos(t)]dt
0
Z 2π
= (cos2 (t) + sin2 (t))dt = 2π.
0

x−y x+y
b) La forme différentielle fermée, µ(x, y)ω = 2 2
dx + 2 dy, ne peut pas être
x +y x + y2
exacte sur l’ouvert R2 \ {(0, 0)} parce que dans la question a) on vu que son intégrale
curviligne est non nulle lorqu’elle est calculée le long du cercle Γ ⊂ R2 \ {(0, 0)} centrée
au point (0, 0) et de rayon r = 1.
x−y x+y
c) Si on restreint la forme différenteile fermée, µ(x, y)ω = 2 2
dx + 2 dy, sur
x +y x + y2
l’ouvert convexe U = {(x, y) ∈ R2 /y > 0} elle devient exacte. Donc, il existe une fonction
x−y x+y
f : U → R qui est de classe C ∞ telle que df = 2 2
dx + 2 dy. C’est-à-dire on a,
x +y x + y2
∂f x−y

 = x
x2 + y 2

∂x =⇒ f (x, y) = Log(
p
x2 + y 2 ) − Arc tg( ) + C, C ∈ R.
∂f x + y y

 =
∂y x2 + y 2
π
Enfin, puisque on veut que f (1, 1) = on voit que la constante réelle C ∈ R est donnée
2
par la condition :
√ π 3π √
f (1, 1) = Log( 2) − Arc tg(1) + C = =⇒ C= − Log( 2).
2 4
p x 3π √
Par conséquent, la fonction f (x, y) = Log( x2 + y 2 ) − Arc tg( ) + − Log( 2) est une
y 4
x−y x+y
primitive de la forme différentielle µ(x, y)ω = 2 dx + 2 dy qui est définie sur
x + y2 x + y2
π
l’ouvert U = {(x, y) ∈ R2 /y > 0} et telle que f (1, 1) = .
2

Exercice 5.5 Sur l’ouvert U = R2 \ {(0, 0)} on définit une forme différentielle par,

y2 x x2 y
ω=− dx + dy.
(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2

1) Vérifier que ω est une forme différentielle fermée sur U.


2) Démontrer que pour toute courbe Γ ⊂ U qui est paramétrée par une application γ(t) =
(x(t), y(t)) de classe C 1 sur le segment [a, b] on a,

(y(b))2 (y(a))2
Z
ω= − .
Γ 2((x(b))2 + (y(b))2 ) 2((x(a))2 + (y(a))2 )

3) En déduire que la forme différentielle ω est exacte sur l’ouvert U et l’intégrer.

A. BOUARICH 119 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

y2 x x2 y
Solution 5.5 : 1) Observons que si on pose P = − et Q = on obtient
(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2
par dérivation que
x2 y  2xy(x2 + y 2 ) − 4x3 y

∂ ∂ 
(Q) = =

2xy(y 2 − x2 )


∂x ∂x (x2 + y 2 )2 (x2 + y 1 )3 ∂ ∂
2 =⇒ (Q) = = (P).
∂ ∂  y x  2xy(x2 + y 2 ) − 4xy 3 ∂x (x2 + y 2 )3 ∂y
(P) = − = −


∂y (x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )3

∂y

y2x x2 y
Donc, la forme différentielle, ω = − dx + dy, est fermée.
(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2
b) Si on applique la définition de l’intégrale curviligne à une application γ(t) = (x(t), y(t))
qui est de classe C 1 sur le segment [a, b] et dont l’image γ([a, b]) ⊂ R2 \ {(0, 0)} on obtient
Z bh
(y(t))2 x(t)x′ (t) y(t)(x(t))2 y ′ (t) i
Z
ω = − + dt
Γ a ((x(t))2 + (y(t))2 )2 ((x(t))2 + (y(t))2 )2
Z b
(x(t))2 y(t)y ′ (t) − (y(t))2 x(t)x′ (t)
= dt
a ((x(t))2 + (y(t))2 )2
1 b 2((x(t))2 + (y(t))2 )y(t)y ′ (t) − 2(y(t))2 (x(t)x′ (t) + y(t)y ′ (t))
Z
= dt
2 a ((x(t))2 + (y(t))2 )2
1 b d (y(t))2
Z 
= dt
2 a dt (x(t))2 + (y(t))2
1 (y(b))2 (y(a))2 
= − .
2 (x(b))2 + (y(b))2 (x(a))2 + (y(a))2
c) Notons que d’après le résultat de la question b) on conclut que si pour tout (x, y) 6=
y2
(0, 0) on pose f (x, y) = il en résulte que pour toute courbe Γ ⊂ R2 \ {(0, 0)}
2(x2 + y 2 )
qui est paramétrée par une application de classe C 1 , γ : [a, b] → R, on aura la formule,
Z
ω = f (γ(b)) − f (γ(a)),
Γ

y2 x x2 y
qui montre que les intégrales curvilignes de ω = − dx + dy ne dé-
(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2
pend que des extrémités de la courbe Γ. Donc, la forme différentielle fermée ω est exacte
y2
sur l’ouvert R2 \ {(0, 0)} et que sa primitive est donnée par, f (x, y) = + C avec
2(x2 + y 2 )
C ∈ R.



Exercice 5.6 Sur l’espace R3 on définit un champ de vecteurs V par les expressions,

→ −
→ −
→ −

V = (3y 2 z − 3xz 2 ) i + x2 y j + (z 3 − x2 z) k .


1) Calculer la divergence et le rotationnel du champ de vecteurs V .

→ −
→ −
→ −

2) Chercher un potentiel vecteurs de la forme W = P(x, y, z) i + Q(x, y, z) j + 0 k pour


le champ de vecteurs V .


3) Le champ de vecteurs V dérive-t-il d’un potentiel scalaire ?

A. BOUARICH 120 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Solution 5.6 : 1) D’après la définition de la divergence on aura donc,


→ ∂ ∂ 2 ∂ 3
Div( V ) = (3y 2 z − 3xz 2 ) + (x y) + (z − x2 z) = −3z 2 + x2 + 3z 2 − x2 = 0.
∂x ∂y ∂z

De même, d’aprè la définition du rotationnel d’un champ de vecteurs on voit que



→ −
→ −


i j k


→ ∂ ∂ ∂
Rot( V ) =

∂x ∂y ∂z

3y 2 z − 3xz 2 x2 y z 3 − x2 z

→ −
→ − →
= (3y 2 − 4xz) j + (2xy − 6yz) k 6= 0 .



2) Notons d’abord que puisque le champ de vecteur V est défini sur le convexe R3 et


puisque sa divergence est nulle on déduit donc que V dérive d’un potentiel vecteurs que

→ −
→ −

nous chercherons de la forme : W = P(x, y, z) i + Q(x, y, z) j .

∂Q

 − = 3y 2 z − 3xz 2
∂z




→ −

 ∂P
Rot(W) = V =⇒ = x2 y
 ∂z
 ∂Q ∂P
z 3 − x2 z


 − =
∂x ∂y
 3
 Q = − y 2 z 2 + xz 3 + A(x, y)
2



=⇒ P = x2 yz + B(x, y)

 ∂A ∂B

 =
∂x ∂y

Ainsi, par exemple, si on prend A = B = 0 on obtient un champ de vecteurs

−→ 3 −
→ −

W = (− y 2 z 2 + xz 3 ) i + x2 yz j
2


dont le rotationnel est égal au champ de vecteurs V .

→ −
→ −

Notons que la solution générale de l’équation Rot( X ) = V , avec X est un champ de
vecteurs inconu, est de la forme

→ 3 −
→ −

X = (− y 2 z 2 + xz 3 ) i + x2 yz j + grad(f )
2
où f : R3 → R est une fonction quelconque mais qui doit être choisie de classe C 2 sur
−→
R3 . Cette affirmation résulte du fait que si on suppose que W′ est solution de l’équation

→ −

Rot( X ) = V on aura donc,
−→ −
→ −
→ −→ −→ −
→ −→′ −

Rot(W′ ) = Rot(W) = V =⇒ Rot(W′ −W) = 0 =⇒ W = W+grad(f ).

A. BOUARICH 121 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Exercice 5.7 Sur l’ouvert U = {(x, y, z) ∈ R3 /(x, y) 6= (0, 0)} on définit un champ de
vecteurs,

→ y3 −
→ xy 2 −
→ −

X=− 2 2 2
i + 2 2 2
j + ez k .
(x + y ) (x + y )


a) Calculer le rotationnel du champ de vecteurs X .


b) Calculer l’intégrale curviligne du champ de vecteurs X le long du cercle
Γ = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 = 1, z = 0} que l’on oriente dans le sens trigonomé-
trique du plan z = 0.


c) Le champ de vecteurs X dérive-t-il d’un potentiel scalaire ?

Solution 5.7 : a) Par définition du rotationnel d’un champ de vecteurs on voit que

→ −
→ −


i j k
∂ ∂ ∂

→ − →
Rot( X) = ∂x ∂y ∂z = 0 .

− y3 xy 2 z

(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2 e



b) Calculons l’intégrale curviligne du champ X le long du cercle Γ d’équation x2 + y 2 = 1
et que l’on paramétrise par l’application, γ(t) = (cos(t), sin(t), 0) ∈ R3 avec t ∈ [0, 2π].
I Z 2π


X · d~r = (sin(t))4 + (cos(t))2 (sin(t))2 )dt
Γ 0
Z 2π Z 2π
2 1 − cos(2t)
= (sin(t)) dt = dt = π.
0 0 2

c) En effet, d’après le théorème de H. Poincaré, puisque l’intégrale curviligne du champ




de vecteurs X est non nulle le long du cercle Γ, qui est une courbe fermée, cela implique


que le champ de vecteurs X n’est pas un champ de vecteurs gradients malgrés que son
rotationnel est identiquement nul.

Exercice 5.8 Montrer que les champs de vecteurs définis ci-dessous dérivent d’un poten-
tiel scalaire ou vecteur que l’on déterminera :




→ x−→
ı + y−
→ −
→ −
→ −
→ x−
→ı + y−
→ +zk
X1 = p , X 2 = (yz + 1)−

ı + xz −

 + xy k , X3 = .
2 2
x +y +1 1 + x2 + y 2 + z 2

A. BOUARICH 122 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Solution 5.8 : i ) Rappelons que dans un ouvert non vide U ⊆ R3 on dira qu’un champ de


vecteurs X dérive d’un potentiel scalaire s’il existe une fonction f de classe C 1 telle que


X = grad(f ).


Donc, une condition nécessiare pour que le champ de vecteurs X dérive d’un potentiel

→ −

scalaire est que son rotationnel Rot( X) = 0 .


ii) Rappelons aussi qu’on dira que le champ de vecteurs X dérive d’un potentiel vecteurs

→ −
→ −

s’il existe un champ de vecteurs Y qui est de classe C 1 et tel que Rot( Y) = X.


Donc, une condition nécessiare pour que le champ de vecteurs X dérive d’un potentiel


vecteurs est que sa divergence Div( X) = 0.

→ x−→ı + y−
→
a) Puisque le rotationnel du champ de vecteurs, X 1 = p , est égal à
2 2
x +y +1

→ −
→ −


i j k
−→
∂ ∂ ∂ −


Rot(X1 ) = ∂x ∂y ∂z = 0
x y
0

p p
2
x +y +12 2
x +y +12


→ −

et puisque X 1 est défini sur R3 qui est convexe, donc ; X 1 dérive d’un potentiel scalaire
p
f1 (x, y, z) = x2 + y 2 + 1 + a1 (z) avec a1 : R → R est une fonction de classe C 1 .

→ x2 + y 2 + 2
Mais, puisque la divergence Div( X 1 ) = 2 6= 0 on en déduit que le champ
(x + y 2 + 1)3/2


X 1 ne dérive d’aucun potentiel vecteurs.

→ −

b) Puisque le rotationnel du champ de vecteurs, X 2 = (yz + 1)− →ı + xz −

 + xy k , est égal
à

→ → −
− →
i j k
−→ ∂ ∂ ∂ −
=→
Rot(X2 ) = 0
∂x ∂y ∂z

yz + 1 xz xy


→ −

et puisque le champ X 2 est défini sur R3 qui est convexe, donc ; X 2 dérive d’un potentiel
scalaire f2 (x, y, z) = x(yz + 1) + a2 avec a2 ∈ R.


De même, puisque la divergence Div( X 2 ) = 0 et puisque le domaine de définition de

→ −

X 2 est convexe on conclut donc que X 2 dérive aussi d’un potentiel vecteurs.

→ −
→ −

Cherchons dans un premier temps un champ de vecteurs A = P i + Q j dont le rota-


tionnel est égal à X 2 :

∂Q

 − = yz + 1
∂z




→ −

 ∂P
Rot( A) = X 2 =⇒ = xz
 ∂z

 ∂Q ∂P
− = xy


∂x ∂y

A. BOUARICH 123 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

yz 2

Q = − − z + A(x, y)


2 2



xz

=⇒ P = + B(x, y)
 2
∂A ∂B


− = xy



∂x ∂y

x2 y
Ainsi, du dernier système on déduit que si par exemple on prend B = 0 et A(x, y) =
2
on voit que pour toute fonction f = f (x, y, z) qui est de classe C 2 le rotationnel du champ

→ xz 2 −
→ x2 y − yz 2 −

de vecteurs A = i +( − z) j + grad(f ) est égal au champ de vecteurs

→ 2 2
X 2.



→ x−→ı + y−
→ +zk
c) Puisque le rotationnel du champ de vecteurs, X 3 = , est égal à
1 + x2 + y 2 + z 2

→ −
→ −


i j k

−→
∂ ∂ ∂ −


Rot(X3 ) = = 0

∂x ∂y ∂z

x y z

2
1+x +y +z 2 2 2
1+x +y +z 2 2 2
1+x +y +z 2 2


→ −

et puisque le champ X 3 est défini sur R3 qui est convexe, donc ; X 3 dérive d’un potentiel
p
scalaire f2 (x, y, z) = Log( x2 + y 2 + z 2 + 1) + a3 avec a2 ∈ R.

→ 3 + x2 + y 2 + z 2
Mais, puisque la divergence Div( X 3 ) = 6= 0 on en déduit que le
(1 + x2 + y 2 + z 2 )2


champ de vecteurs X 3 ne dérive pas d’un potentiel vecteurs.

A. BOUARICH 124 Analyse II, 2008/2009


C HAPITRE S IX

I NTÉGRALES DOUBLES

Objectifs : Cette feuille de travaux dirigés à pour but de vous faire

1. Savoir décrire le domaine d’intégration d’une intégrale double


afin de lui appliquer la formule de Fubini.
2. Savoir effectuer un changement de varaibles au sein d’une inté-
grale double.
3. Savoir orienter un domaine du plan R2 dont le bord est une
réunion finie de courbes fermées et lui appliquer la formule de
Green-Riemann qui relie les intégrales curvilignes aux intégrales
doubles.
4. Savoir décider sur la nature de convergence d’une intégrale
double généralisée.
5. Comprendre qu’une intégrale double généralisée converge si et
seulement si elle converge absolument.

125
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

6.1 Théorème de Fubini

On rappelle qu’une partie non vide D ⊂ R2 est dite domaine élémentaire s’il existe deux
fonction continuesf1 et f2 : [a, b] → R dont les graphes Γ1 et Γ2 limitent le domaine D
dans le plan R2 (Voir la figure 4.1) :

d b

Γ2
b
B
A b

c b

Γ1
a b

F IG . 6.1 –

Analytiquement, le domaine élémentaire D peut être définit par des inégalités comme
suit,
D = {(x, y) ∈ R2 /a 6 x 6 b et f1 (x) 6 y 6 f2 (x)}.

De façon générale, une partie bornée fermée D ⊂ R2 qui est réunion finie de domaines
élémentaires s’appelle compacte élémentaire.
Soit D ⊂ R2 un domaine élémentaire non vide défini par l’une des expressions suivantes,

{(x, y) ∈ R2 /a 6 x 6 b, f1 (x) 6 y 6 f2 (x)} = {(x, y) ∈ R2 /c 6 y 6 d, g1 (y) 6 x 6 g2 (y)}.

Rappelons que si f : D → R est une fonction continue alors sons intégrable double sur le
domaine D peut être calculé par la formule suivante dite de Fubini :
ZZ Z b Z f2 (x) Z d Z g2 (y)
f (x, y)dxdy = ( f (x, y)dy)dx = ( f (x, y)dx)dy. (6.1)
D a f1 (x) c g1 (y)

Notons que si le domaine D = [a, b]×[c, d] alors l’intégrale double d’une fonction continue
f : D → R s’écrit grçace à la formule de Fubini comme suit,
ZZ Z b Z d Z d Z b
f (x, y)dxdy = ( f (x, y)dy)dx = ( f (x, y)dx)dy. (6.2)
D a c c a

En particulier, si on suppose que la fonction continue f (x, y) = F(x)G(y) et D = [a, b] ×


[c, d] on obtient alors la formule,

ZZ Z b Z d
f (x, y)dxdy = ( F(x)dx)( G(y)dy). (6.3)
D a c

A. BOUARICH 126 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

6.2 Changement de variables

Soient D ′ et D deux domaines élémentaires du plan R2 . Rappelons que si T : D ′ → D


désigne une application bijective de classe C 1 dont les composantes sont  désignées 
par
∂x ∂x
(x(u, v), y(u, v)) = T(u, v) et dont la matrice jacobiènne, J(T, (u, v)) =  ∂u ∂v 
∂y ∂y  a

∂u ∂v
un déterminant non nul,

D(x, y) ∂x ∂y ∂x ∂y
Det(J(T, (u, v)) = = − 6= 0
D(u, v) ∂u ∂v ∂v ∂u

alors pour toute fonction continue, f : D → R, on a la formule suivante dite de change-


ment de variables :
D(x, y)
ZZ ZZ
f (x, y)dxdy = f (x(u, v), y(u, v)) | | dudv. (6.4)
D D′ D(u, v)

Noter bien que dans le second membre de la formule du changement de variables le


déterminant de la matrice jacobiènne de la transformation T(u, v) = (x, y) est pris en
valeur absolue.
En particulier, si la transformation T(r, θ) = (r cos(θ), r sin(θ)) alors la formule de chan-
gement de variables prend la forme suivante :
ZZ ZZ
f (x, y)dxdy = f (r cos(θ), r sin(θ))rdrdθ. (6.5)
D D′

6.3 Formule de Green-Riemann

Rappelons d’abord qu’un domaine D ⊂ R2 (surface plane) est dit orienté positivement s’il
reste du côté gauche d’un promeneur P qui se déplace dans le sens trigonométrique le
long de la frontière ∂D (bord) du domaine D (Voir la figure 4.2).

F IG . 6.2 –

A. BOUARICH 127 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Rappelons que si ω = P(x, y)dx + Q(x, y)dy est une forme différentielle de classe C 1 sur
le domaine D ⊂ R2 dont la frontière ∂D est orientée positivement alors on a la formule
suivante dite de Green-Riemann,

∂Q ∂P
I ZZ
(P(x, y)dx + Q(x, y)dy) = ( (x, y) − (x, y))dxdy. (6.6)
∂D D ∂x ∂y

6.4 Intégrales doubles généralisées

Dans cette section, on désigne par D ⊂ R2 un ouvert non vide ou une partie fermée non
bornée et par f : D → R on désigne une fonction continue.

6.4.1 Cas d’une fonction positive

On rappelle qu’on dira qu’une fonction continue positive f : D → R+ possède une


intégrale double généralisée convergente au-dessus de la partie D s’il existe une famille
croissante de compacts élémentaires Kn ⊂ Kn+1 ⊂ D telle que,
[
1. D = Kn ,
n>0
ZZ
2. lim f (x, y)dxdy existe dans R+ .
n→+∞ Kn
Dans la suite l’intégrale double généralisée de la fonction f au-dessus de la partie C sera
notée,
ZZ ZZ
f (x, y)dxdy := lim f (x, y)dxdy. (6.7)
D n→+∞ Kn

Notons aussi que la limite (4.7) qu’il existe ne dépend pas de la suite croissante des par-
ties compactes élémentaires Kn ⊆ Kn+1 ⊂ D.
Enfin, nous notons que si f et g : D → R+ sont deux fonctions positives continues telles
que pour tout (x, y) ∈ D on a 0 6 f (x, y) 6 g(x, y) alors on a les deux affirmations
suivantes : ZZ
1. Si l’intégrale généralisée g(x, y)dxdy converge alors l’intégrale généralisée
ZZ D
f (x, y)dxdy converge.
D
ZZ
2. Si l’intégrale généralisée f (x, y)dxdy diverge alors l’intégrale généralisée
ZZ D
f (x, y)dxdy diverge.
D

6.4.2 Cas d’une fonction de signe quelconque

On rappelle qu’on dira qu’une fonction continue f : D → RZ Zpossède une intégrale double
généralisée absolument convergente si l’intégrale double | f (x, y) | dxdy converge.
D

A. BOUARICH 128 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

ZZ
Donc, pour que l’intéghrale dopuble généralisée f (x, y)dxdy converge il suffit qu’il
D
existe au moins une famille croissante de compacts élémentaires Kn ⊂ Kn+1 ⊂ D telle
que,
[
1. D = Kn ,
n>0
ZZ
2. lim | f (x, y) | dxdy existe dans R+ .
n→+∞ Kn
Enfin, notons que s’ilZexiste
Z une suite de compacts élémentaires Kn ⊂ Kn+1 ⊂ D telle que
[
D= Kn et lim f (x, y)dxdy converge dans R cela n’implique pas que l’intégrale
n→+∞ Kn
n>0Z
généralisée | f (x, y) | dxdy converge.
D

A. BOUARICH 129 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

6.5 Exercices avec solutions

Exercice 6.1 On désigne par D ⊂ R2 un compact élémentaire et par f : D → R on


désigne une fonction intégrable
Z Z au sens de Riemann. Indiquer les bornes d’intégration
pour l’intégrale double, f (x, y)dxdy, dans les cas suivants :
D

1. D1 = {(x, y) ∈ R2 /x > 0, y > 0, x + y 6 1} ;


2. D2 = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 6 x, x2 + y 2 6 y} ;
3. D3 = {(x, y) ∈ R2 /y > x2 , 1 − x2 > y}.

Solution 6.1 : Le but de l’exercice est de vous faire apprendre comment identifier les
bornes d’une intégrale double tout en appliquant la formule de Fubini. En effet, l’identi-
fication des bornes d’une intégrale double peut se faire soit d’une manière analytique ou
d’une manière géométrique. Dans cette solution nous avons choisi de travailler avec la
méthode géométrique pour identifier les bornes d’une intégrale double donnée. L’avan-
tage de cette méthode est d’ordre pédagogique, car ; elle permet à l’étudiant de voir les
bornes d’une intégrale double concrètement sur une figure qu’il va déssiner lui même
sur le plan R2 .
Z Z
Pour identifier les bornes d’une intégrale double, f (x, y)dxdy, on pourra procéder
D
en deux étapes comme suit :
1. On représente gémétriquement de donmaine D sur le plan R2 .
2. Ensuite, on décrit le domaine D par des inégalités analytiques qui donnent les va-
riations des deux variables x et y.
Ainsi, en conséquence de ces deux étapes on conclut que le domaine d’intégration peut
être défini par l’une des deux expressions dans le cas d’un domaine élémentaire D de
type,

{(x, y) ∈ R2 /a 6 x 6 b et y1 (x) 6 y 6 y2 (x)} ou {(x, y) ∈ R2 /c 6 y 6 d et x1 (y) 6 x 6 x2 (y)},

ou par une réunion finie de ces deux expressions quand le domaine est un compacte
élémentaire. Z Z
a) Identification des bornes de l’intégrale double f (x, y)dxdy dont le domaine d’in-
D1
tégration est défini par,

D1 = {(x, y) ∈ R2 /x > 0, y > 0, x + y 6 1}.

À partir des expressions qui définissent le domaine d’intégration D1 on voit que D1 est
limité dans le plan R2 par trois droites d’équations x = 0, y = 0 et x + y = 1. Donc, D1 est
un triangle :

A. BOUARICH 130 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

1 D1

x
+
1−x b b

y
=
1
b

x 1

F IG . 6.3 –

D’après cette figure on voit que le domaine D1 = {(x, y) ∈ R2 /0 6 x 6 1 et 0 6 y 6 1−x},


et donc ; selon le théorème Fubini l’intégrale double donnée s’écrit sous la forme,
Z Z Z 1 Z 1−x
f (x, y)dxdy = dx f (x, y)dxdy.
D1 0 0
Z Z
b) Identification des bornes de l’intégrale double f (x, y)dxdy dont le domaine d’in-
D2
tégration est défini par,D2 = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 6 x, x2 + y 2 6 y}.
Dans l’expression analytique du domaine d’intégration D2 on voit qu’il est limité dans le
plan R2 par les arcs de deux cercles d’équations x2 + y 2 = x et x2 + y 2 = y.

y
0.5 D2
y2 (x) b

y1 (x) b
b
x
x
−1.0 −0.5 0.5

−0.5

F IG . 6.4 –

Puisque les cercles d’équations x2 + y 2 = x et x2 + y 2 = y se coupent suivant les deux


1 1
points (0, 0) et ( , ) on conclut que alors que le domaine d’intégration D2 peut être
2 2
définie par,
1
D2 = {(x, y) ∈ R2 /0 6 x 6 et y1 (x) 6 y 6 y2 (x)}
2
q √
avec y1 (x) = 12 − 14 − x2 et y2 = x − x2 (Voir la figure 2).

A. BOUARICH 131 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Donc, si applique le théorème de Fubini on conclut que l’intégrale double


1

Z Z Z
2
Z x−x2
f (x, y)dxdy = dx q f (x, y)dxdy.
1 1
D2 0 2
− 4
−x2

Z Z
c) Identification des bornes de l’intégrale double f (x, y)dxdy dont le domaine d’in-
D3
tégration est défini par, D3 = {(x, y) ∈ R2 /y > x2 , 1 − x2 > y}.
Puisque pour tout point (x, y) ∈ D3 on a x2 6 y 6 1 − x2 cela implique que le domaine D3
est limité dans le plan R2 par les branches des paraboles d’équations y = x2 et y = 1 − x2 .

y
1 D3
y2 (x) b

y1 (x) b

b b b
x
√ √
−1 − 2 x 2 1
2 2

F IG . 6.5 –

Puisque les 2 2
√ paraboles√d’équations y = x et y = 1 − x s’intersectent suivant les deux
2 1 2 1
points (− , ) et ( , ) on voit à partir de la figure 3 que le domaine D3 peut être
2 2 2 2
défini par,
√ √
2 2 2
D3 = {(x, y) ∈ R / − 6x6− et y1 (x) 6 y 6 y2 (x)},
2 2
avec y1 (x) = x2 et y2 (x) = 1 − x2 (Voir la figure 3).
Finalement, le théorème Fubini nous permet de voir que l’intégrale double

2
Z Z Z
2
Z 1−x2
f (x, y)dxdy = √ dx f (x, y)dxdy.
2
D2 − 2
x2

Exercice 6.2 Décrire géométriquement le domaine d’intégration D ⊂ R2 des intégrales


doubles données ci-dessous, ensuite, changer l’ordre de leurs bornes d’intégration.
√ √
Z 3 Z 25−x2 Z 1 Z y Z 2 Z 2−x
dx f (x, y)dy, dy f (x, y)dx, dx f (x, y)dx.
x2 −4
0 0 0 y2 −6 4

A. BOUARICH 132 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Solution 6.2 : Le but de cet exercice est de vous permetre de reconnaîntre le domaine
d’intégration d’une intégrale double en analysant les bornes de l’intégrale double don-
née. Ensuite, en appliquant le théorème de Fubini ; l’étudiant sera en mesure de récrire
l’intégrale double donnée tout en changeant l’ordre des variables d’intégration.
Z 3 Z √25−x2
a) Étude de l’intégrale double I = dx f (x, y)dy.
0 0 √
Z 3 Z 25−x2
D’après l’expression de l’intégrale I = dx f (x, y)dy on voit que son domaine
0 0
d’intégration est défini par l’expression analytique
p
Di = {(x, y) ∈ R2 /0 6 x 6 3 et 0 6 y 6 25 − x2 }.

Donc, le graphique du domaine Di dans le plan R2 est limité par les droites d’équation

x = 0, x = 3 et y = 0 et il est aussi limité par le graphe de la fonction y(x) = 25 − x2 :

y
5
4
3 Di
2
1
x
1 2 3 4 5

F IG . 6.6 –

Notons que selon les bornes de l’intégrale double I on conclut que le domaine Di est

obtenu en déplaçant le segment vertical [(x, 0), (x, 25 − x2 )] parallèlment à l’axe Oy de-
puis le point (0, 0) jusqu’à (3, 0). Donc pour changer l’ordre d’intégratioin dans l’intégrale
double I il suffit qu’on parcourt le domaine Di , parallèlment à l’axe Ox, tout en déplaçant
un segment horizontal dont l’origine se trouve sur l’axe Oy depuis le point (0, 0) jusqu’à
(0, 5).
Ainsi, suite à ce procedé ; on conclut que le domaine d’intégration Di peut être défini
comme la réunion de deux sous-domaines (Voir la figure 5) :
(1)
Di = {(x, y) ∈ R2 /0 6 x 6 3 et 0 6 y 6 4}

et
(2)
p
Di = {(x, y) ∈ R2 /4 6 y 6 5 et 0 6 x 6 x2 = 25 − y 2 }.

A. BOUARICH 133 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

y (2)
5 Di
y b b

4
3
(1)
Di
2
1
b
x
x2
1 2 3

F IG . 6.7 –

(1) (2)
Donc, en appliquant la formule de Fubini au domaine Di = Di ∪ Di on déduit que
l’intégrale double I s’écrit sous la forme,
Z Z Z Z Z Z
f (x, y)dy = f (x, y)dy + f (x, y)dy
(1) (2)
Di Di Di
Z 4 Z 3 Z 5 Z √25−y2
= dy f (x, y)dx + dy f (x, y)dx.
0 0 4 0

Z 1 Z y
b) Étude de l’intégrale double J = dy f (x, y)dx.
0 y2

Z 1 Z y
D’après l’expression de l’intégrale J = dy f (x, y)dx on voit que le domaine d’in-
0 y2
tégration peut être défini analytiquement par, Dj = {(x, y) ∈ R2 /0 6 y 6 1 et y 2 6 x 6

y}. Donc, le domaine d’intégration Dj de l’intégrale double J est obtenu en déplaçant
un segment horizontal dont les extrémités sont sur les graphes de fonctions x = y 2 et

x = y avec 0 6 y 6 1.

y b b b

b b
x
√ 1
y2 y

F IG . 6.8 –

A. BOUARICH 134 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Par conséqunent, si on déplace un segment vertical dont les extrémités sont sur les deux

bords de Dj ; on conclut que le domaine Dj = {(x, y) ∈ R2 /0 6 x 6 1 et x2 6 y 6 x}.
D’où,
Z Z Z 1 Z √x
J= f (x, y)dxdy = dx f (x, y)dy.
Dj 0 x2
Z 2 Z 2−x
c) Étude de l’intégrale double K = dx f (x, y)dx.
x2 −4
−6 4
Z 2 Z 2−x
Comme ci-dessus, les expressions des bornes de l’intégrale double K = dx f (x, y)dx
x2 −4
−6 4
permettent de déduire que le domaine d’intégration est Dk = {(x, y) ∈ R2 / − 6 6 x 6
x2 − 4
2 et 6 y 6 2 − x} parcouru en déplaçant un segment vertical dont les extérimités
4
x2 − 4
sont sur les graphes de fonctions y = et y = 2 − x où −6 6 x 6 2.
4

y
8

6
b b
2−x
4

2 x2 − 4
b b

4
b
x
−6 −4 x −2 2
−2

F IG . 6.9 –

Maintenant si on parcourt le domaine Dk tout en déplaçant un segment horizantal dont


x2 − 4
les extrémités sont sur les graphes de fonctions y = et y = 2 − x on voit que le
4
domaine d’intégration Dk se scinde en deux domaines (Voir la figure 8)

(1)
Dk = {(x, y) ∈ R2 / − 1 6 y 6 0 et − 2 y + 1 6 x 6 2 y + 2}.
p p

et
(2)
Dk = {(x, y) ∈ R2 /0 6 y 6 8 et 2 y + 1 6 x 6 2 − y}
p

A. BOUARICH 135 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

y
8

4
(1)
Dk
(2)
Dk 2
b b

b b b b
x
b b

−6 −4 −2 2
−2

F IG . 6.10 –

Finalement, en conséquence de cette description on conclut que l’intégrale double,


Z Z Z Z
K = f (x, y)dxdy + f (x, y)dxdy
(1) (2)
Dk Dk

Z 0 Z 2 y+1 Z 8 Z 2−y
= dy √
f (x, y)dx + dy √
f (x, y)dx.
−1 −2 y+1 0 2 y+1

Exercice 6.3 Calculer les intégrales doubles suivantes :


Z Z
a) dxdy où D = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 6 1, x2 + y 2 − 2y 6 0, x > 0, y > 0}.
D
Z Z p
b) x2 − y 2 dxdy où D ⊂ R2 désigne le tringle de sommets (0, 0), (1, 1) et (1, −1).
Z Z D

c) x cos(y)dxdy où D = {(x, y) ∈ R2 /y 6 x + 2, x2 6 y + 4}.


D

Solution 6.3 : Dans cet exercice, on se propose de calculer les trois intégrales doubles
données en appliquant la formule de Fubini. Pour cela, dans un premier temps, nous
allons représenter géméométriquement le domaine d’intégration et ensuite ; à partir du
graphique trouvé nous allors exprimer le domaine d’intégartion par des inégalités analy-
tiques qui nous permettrons d’identifier les bornes d’intégration en appliquant la fomrule
de Fubini. Z Z
a) Calcul de l’intégrale I = dxdy où D1 = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 6 1, x2 + y 2 − 2y 6
D1
0, x > 0, y > 0}.
Notons d’abord que l’équation analytique x2 + y 2 = 1 décrit un cercle de centre (0, 0)
et de rayon r = 1. Tandis que l’équation analytique x2 + y 2 − 2y = 0, qui peut s’écrire

A. BOUARICH 136 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

aussi x2 + (y − 1)2 = 1 ; elle décrit un cercle de centre (0, 1) et de rayon r = 1. Ainsi,


comme le domaine d’intégration D1 est situé dans le premier √
cadrant du plan R2 (Voir
la figure 9) on déduit qu’on a, D1 = {(x, y) ∈ R2 /0 6 x 6 23 et y1 (x) 6 y 6 y2 (x)} où
√ √
y1 (x) = 1 − 1 − x2 et y2 (x) = 1 − x2 .

y2 (x) b b

1 b b
2

y1 (x) b b
x
b b


x 3
2

F IG . 6.11 –

Ainsi, d’après la formule de Fubini on conclut que l’intégrale double I prend la forme
suivante :
Z Z Z √3 Z √1−x2
2
dxdy = dx √ dy
D1 0 1− 1−x2

Z 3 Z π
2 p 3
= (2 1 − x2 − 1)dx = (2 cos(t) − 1)cos(t)dt
0 0
π iπ √
1 π 3
Z
3
h
3
= (cos(2t) + 1 − cos(t))dt = t + sin(2t) − sin(t) = − .
0 2 0 3 4

π 3
Z Z
Notons que la valeur de l’intégrale double dxdy = − n’est autre que l’aire du
D1 3 4
domaine D1 . Z Z p
b) Calcul de l’intégrale J = x2 − y 2 dxdy où D2 désigne le tringle de sommets
D2
O = (0, 0), A = (1, 1) et B = (1, −1).
Pour déssiner le domaine d’intégration D2 de l’intégrale double J il suffit qu’on munit le
plan R2 d’un repère orthonormé (O, − →ı ,−

 ). Ensuite, on doit trouver les équations carté-
siènne des arrêtes du triangle D2 . Pour cela rappellons que l’équation de la droite ∆ qui
passe par deux points diférents M0 = (a0 , b0 ) et M2 = (a1 , b1 ) est donnée par l’expression
suivante,

x−a a −a
0 1 0
= 0 =⇒ (b1 − b0 )x + (a1 − a0 )y + b0 a1 − b1 a0 = 0


y − b0 b1 − b0

qui traduit le fait que pour tout point M = (x, y) élément de la droite ∆ les deux vecteurs
−−−→ −−−−→
M0 M = (x − a0 )− →ı + (y − b0 )−

 et M0 M1 = (a1 − a0 )−

ı + (b1 − b0 )−

 sont liés.

A. BOUARICH 137 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Ainsi, dans notre exemple, les équations cartésiènnes des deux droites qui passent par
les deux couples de points {O, A} et {O, B} sont données respectivement par y = x et
y = −x (Voir la figure 10).

y
A

y
1

=
x
x b b

O x
b

x
1
−x b b

x
−1 B

=

y
F IG . 6.12 –

Maintenant, grâce à cette figure, on voit aisément que le triangle de sommets O, A et B


peut être défini analytiquement par, D2 = {(x, y) ∈ R2 /0 6 x 6 1 et − x 6 y 6 x}.
Z Z p
Finalement, si on applique la formule de Fubini à l’intégrale double x2 − y 2 dxdy
D2
on déduit que,
Z Z p Z 1 Z x p
2 2
x − y dxdy = dx x2 − y 2 dy
D2 0 −x
π
1Z 1
x2 π π
Z Z
2
2 2
= x (cos(t)) dt = dx = .
0 − π2 0 2 6
Z Z
c) Calcul de l’intégrale K = x cos(y)dxdy où D3 = {(x, y) ∈ R2 /y 6 x + 2, x2 6
D3
y + 4}.
D’après les expressions qui définissent le domaine d’intégration D3 de l’intégrale double
K on déduit qu’il est limité par la droite d’équation y = x+2 et par la branche de parabole
y = x2 − 4 (Voir la figure 11) :

D’après la représentation graphique du domaine d’intégration D3 on conclut qu’il peut


être défini aussi par les expressions suivantes,

D3 = {(x, y) ∈ R2 / − 2 6 x 6 3 et y1 (x) 6 y 6 y2 (x)},

avec y1 (x) = x2 − 4 et y2 (x) = x + 2.

A. BOUARICH 138 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

4
y2 (x) = x + 2 b

b
x b
x
−2 2
−2
y1 (x) = x2 −4 b

−4 b

F IG . 6.13 –

Finalement, si on applique la formule de Fubini on obtient


Z Z Z 3 Z x+2
x cos(y)dxdy = dx x cos(y)dy
D3 −2 x2 −4
Z 3
= x sin(x + 2) − x sin(x2 − 4))dx
−2
h 1 i3
= sin(x + 2) − x cos(x + 2) + cos(x2 − 4)
2 −2
5 5
= − + sin(5) − cos(5).
2 2

Exercice 6.4 Calculer les intégrales doubles suivantes en utilisant un changement de va-
riables.
Z Z
a) (x2 + y 2 )dxdy où D = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 6 x}.
ZD
x−y
Z
b) exp( )dxdy où D = {(x, y) ∈ R2 /x + y 6 1, x > 0, y > 1} (Indication : poser
D x+y
u = x − y et v = x + y).

Z Z
Solution 6.4 : a) Calculons l’intégrale I = (x2 + y 2 )dxdy où D1 = {(x, y) ∈ R2 /x2 +
D1
y 2 6 x} désigne l’intérieur du disque de centre (0.5, 0) et de rayon r = 0.5 (Voir la figure
12).

A. BOUARICH 139 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

y
0.5 M


r

O θ x
0.5 1.0

−0.5

F IG . 6.14 –

Si on fixe un point M = (x, y)sur le cercle d’équation x2 + y 2 = x alors en possant en


−−→
coordonnées polaires x = r cos(θ) et y = r sin(θ) on déduit que le vecteur −

r = OM est de
norme,
−−→ p
kOMk = x2 + y 2 = r = cos(θ)
π π
où l’angle θ ∈ [− , ]. Par conséquent, le domaine d’intégration D1 de l’intégrale double
2 2
I peut être défini en fonction des coordonnées polaires par les expressions suivantes,
π π
{(r, θ) ∈ R∗+ × [0, 2π[/ − 6 θ 6 et 0 6 r 6 cos(θ)}.
2 2
Finalement, si on applique la formule de changement de variables à l’intégrale double I
on obtient,
Z π Z cos(θ) Z π h
1 4 icos(θ)
Z Z
2 2
2 2 2
(x + y )dxdy = dθ (r )rdr = r
D1 − π2 0 − π2 4 0
π π
2 1 2 1 1 1 3
Z Z
= (cos(θ))4 dθ = ( cos(4θ) + cos(2θ) + )dθ
− π2 4 − π2 4 8 2 8
1 1
h 1 3 π 3π
= sin(4θ) + sin(2θ) + θ]−2 π = .
4 32 4 8 2 32
Rappelons que pour calculer les primitives des deux puissances (cos(θ))n et (sin(θ))n
avec n ∈ N la méthode consiste à utiliser la formule d’Euler,
eiθ + e−iθ eiθ − e−iθ
eiθ = cos(θ) + i sin(θ) =⇒ cos(θ) = et sin(θ) = .
2 2i
p=n
n
Cp apbn−p aux
X
Ensuite, en appliquant la formule du binôme de Newton (a + b)n =
p=0
puissances (cos(θ))n et (sin(θ))n on obtient les expressions suivantes qu’on organise sous
la forme d’une combinaison linéaires de tèrmes de type eipθ ± e−ipθ :

 p=n p=n
1 X n ipθ −i(n−p)θ 1 X n i(2p−n)θ





(cos(θ))n =
2n
Cp e e =
2n
Cp e
p=0 p=0
p=n p=n
1 X n 1 X n
n n−p
C ipθ −i(n−p)θ (−1)n−p Cp ei(2p−n)θ .

 (sin(θ)) = (−1) pe e =



(2i)n (2i)n
p=0 p=0

A. BOUARICH 140 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Par exemple, grâce à ces expressions on trouve que pour l’entier n = 4 on a les deux
expressions suivantes :
1 1 3 3 1 1
(cos(x))4 = cos(4x) + cos(2x) + et (sin(x))4 = + cos(4x) − cos(2x).
8 2 8 8 8 2
x−y
Z Z
b) Calculons l’intégrale J = exp( )dxdy où D2 = {(x, y) ∈ R2 /x + y 6 1, x >
D2 x + y
0, y > 1}.
Notons d’abord que le domaine d’intégration D2 de l’intégrale double J est un triangle et
x−y
que les primitives de la fonction exp( ) par rapport à x et y sont difficiles à exprimer
x+y
avec les fonctions élémentaires connues.

y
1.0

0.5
x
0.5 1.0

F IG . 6.15 –

En effet, pour calculer la valeur de l’intégrale double J nous allons appliquer le change-
ment de variables T(u, v) = (x, y) définie par la transformation linéaire indiquée dans
l’énoncé de l’exercice :
(
u = x−y 1 1
=⇒ T(u, v) = (x, y) = ( (u + v), (v − u)).
v = x+y 2 2

Avant qu’on applique la formule du changement de variables notons que la transforma-


tion inverse de T est donnée par l’expression,

T−1 (x, y) = (u, v) = (x − y, x + y),

et qui envoie le triangle D′2 de sommets {A = (0, 0), A = (1, 1), B = (−1, 1)} sur le
domaine D2 (voir la figure 14) :

Maintenant, si on applique la formule du changement de variables à la transformation


T(u, v) = (x, y) = ( 12 (u + v), 12 (v − u)) et à l’intégrale double J on obtient,

x−y u 1 u
Z Z Z Z Z Z
exp( )dxdy = exp( )|Det(J(T, (u, v)))|dudv = exp( )dudv.
D2 x+y D′2 v 2 D′2 v

A. BOUARICH 141 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

v
B A
1.0

0.5
u
O v
.5 −1.0−v−0.5 0.5 1.0

F IG . 6.16 –

1 u
Z Z
Enfin, si on applique la formule de Fubini à l’intrégrale double exp( )dudv on
2 D′2 v
conclut que :

1 v
x−y 1 u
Z Z Z Z
exp( )dxdy = exp( )du
dv
D2 x+y 2 0 −v v
Z 1h
1 u v 1 1 e − e−1
i Z
= v exp( ) dv = v(e − e−1 )dv = .
2 0 v −v 2 0 4

Exercice 6.5 Calculer les intégrales suivantes en appliquant la formule de Green-


Riemann.
I
a) (2x3 − y 3 )dx + (x3 + y 3 )dy où C désigne le cercle d’équation, x2 + y 2 = 2x.
IC p p x2 y 2
b) x2 + y 2 dx+y(x+log(x+ x2 + y 2 ))dy où C désigne l’ellipse d’équation, 2 + 2 =
C a b
1. I
1 + y2 x(1 + y)2 x2 y 2
c) Log( 2
)dx + dy où C désigne une courbe d’équation, + 2 = 1.
IC  1 + x 1 + y2 a2 b
  
d) sin(xy) + xy cos(xy) − x2 y dx + x2 cos(xy) + xy 2 dy où C désigne le cercle Γ de
C
centre (0, 0) et de rayon R > 0 parcouru dans le sens trigonométrique.

Solution 6.5 : Rappelons qu’on dira qu’un domaine D ⊆ R2 est orienté positivement
si toutes ses composantes du bord ∂D (frontière) sont parcourues par une personne qui
tend son bras gauche vers l’intérieur du doamine D tout en se déplassant dans le sens
trigonométrique (en avant).
Sur la figure 15 nous avons représenté deux domaines orientés positivement. Le premier
domaine D1 (disque) dont la frontière ∂D1 est un cercle orienté dans le sens trigonomé-
trique. Le second domaine D2 (couronne) sa frontière est contituée par deux cercles C1
et C2 . Le cercle C1 est parcouru dans le sens horaire tandis que le cercle C2 est parcouru
dans le sens trigonoimétrique.

A. BOUARICH 142 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Disque Couronne

F IG . 6.17 – Disque orienté positivement et une couronne orientée positivement

Rappelons que si ω = Pdx + Qdy est une forme différentielle de classe C 1 sur un ouvert
non vide U ⊆ R2 . Alors, pour tout compacte élémentaire D ⊂ U qui est orienté positive-
ment on a la formule suivante dite de Green-Riemann :
∂Q ∂P 
I ZZ 
ω= − dxdy,
∂D ∂x ∂y
oùn ∂D désigne la frontière (bord) du doamine D qui est donc égale à une réunion fine
de courbes fermées ∂D = C1 ∪ C2 · · · ∪ Cn telle que chaque composante Ci est orientée.
Notons que si on a ∂D = C1 ∪ C2 · · · ∪ Cn avec n > 2 la formule de Green-Riemann peut
s’écrire sous la forme dévelopée suivante :
∂Q ∂P 
I I I I ZZ 
ω= ω+ ω + ··· + ω= − dxdy.
∂D C1 C2 Cn ∂x ∂y
Enfin, notons que la denière implique que si la forme différentielle ω est fermée on aura
alors, I I I I
ω= ω+ ω + ··· + ω = 0.
∂D C1 C2 Cn
I
a) Calcul de l’intégrale curviligne (2x3 − y 3 )dx + (x3 + y 3 )dy où C désigne le cercle
C
d’équation, x2 + y 2 = 2x.
Puisque l’équation catésiènne x2 + y 2 = x représente dans le plan R2 un cercle de centre
(1, 0) et de rayon r = 1 on déduit donc que la courbe fermée C borde un disque D de
centre (1, 0) et de rayon r = 1 (i.e ∂D = C) qu’on oriente positivement comme il est
indiqué sur la figure suivante :

Ainsi, si on applique la formule de Green-Riemann à l’intégrale curviligne,


I
(2x3 − y 3 )dx + (x3 + y 3 )dy,
C

A. BOUARICH 143 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

1 2

−1

F IG . 6.18 –

on obtient l’intégrale double qui se calcul aisément par passage aux coordonnées po-
laires :
∂ 3 ∂
I Z Z  
(2x3 − y 3 )dx + (x3 + y 3 )dy = (x + y 3 ) − (2x3 − y 3 ) dxdy
C ∂x ∂y
Z DZ  
= 3 x2 + y 2 dxdy
D
π
Z
2
Z 2 cos(θ)
= 3 dθ r 3 dr
− π2 0
Z π
2
= 12 (cos(θ))4 dθ
− π2
h1 1 3 i π2 9π
= 12 sin(4θ) + sin(2θ) + θ π = .
32 4 8 −2 2
I p p
b) Calcul de l’intégrale curviligne x2 + y 2 dx+y(x+log(x+ x2 + y 2 ))dy où C désigne
C
x2 y 2
une courbe d’équation, + 2 = 1.
a2 b p
Notons d’abord que puique pour tout couple de réels (x, y) 6= (0, 0) on a 0 < x+ x2 + y 2
p
on en déduit que l’expression log(x + x2 + y 2 ) est bien définie sur R2 \ {(0, 0). D’aure
p
part, comme nous avons lim ylog(x + x2 + y 2 ) = 0, ceci implique donc que la
(x,y)→(0,0)
(x,y)6=(0,0)
forme différentielle,
p p
ω= x2 + y 2 dx + y(x + log(x + x2 + y 2 ))dy,

peut être prolongée sur le plan R2 en posant ω(0, 0) = 0dx + 0dy = 0.


x2 y2
Notons aussi que l’équation cartésiènne 2 + 2 = 1 représente dans le plan R2 une
a b
ellipse qui borde un domaine elliptique qu’on désignera par D et que l’on va orienter
positivement comme il est indiqué sur la figure suivante :

p p
Maintenant, si on pose P = x2 + y 2 et Q = y(x+log(x+ x2 + y 2 )) alors en appliquant
la formule de Green-Riemann à l’intégrale curviligne et au domaine orienté positivement

A. BOUARICH 144 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

−2 −1 1 2
−1

−2

F IG . 6.19 –

D on obtient l’intégrale double,

∂Q ∂P 
I Z Z  Z Z
Pdx + Qdy = − dxdy = ydxdy.
C D ∂x ∂y D

qui se calcule en effectuant le changement de variables x = ar cos(θ) et y = br sin(θ) dont


le déterminant de sa matrice jacobienne est égal à

∂x ∂x
a cos(θ) −ar sin(θ)
∂r ∂θ
∂y ∂y = = abr.

b sin(θ) br cos(θ)
∂r ∂θ

I p p Z Z
x2 + y 2 dx + y(x + log(x + x2 + y 2 ))dy = ydxdy
C D
Z 2π Z 1
= dθ (br sin(θ))abrdr = 0.
0 0

c) Pour calculer l’intégrale curviligne de la forme différentielle

1 + y2 x(1 + y)2
ω = Pdx + Qdy = Log( )dx + dy
1 + x2 1 + y2

le long de l’ellipse C nous allons appliquer la forme de Green-Riemann à ω sur le domaine


x2 y 2
elliptique D = {(x, y) ∈ R2 / 2 + 2 6 1} qui borde la courbe fermée C et que l’on va
a b
orienter positivement.

∂Q ∂P 
I Z Z 
ω = − dxdy
C D ∂x ∂y
(1 + y)2 2y 
Z Z  Z Z
= − dxdy = dxdy.
D 1 + y2 1 + y2 D
Z Z
Enfin, pour calculer l’intégrale double dxdy = Aire(D) il suffit qu’on effectue le
D
changement de variables : x = ar cos(θ) et y = br sin(θ) avec 0 6 r 6 1 et 0 6 θ 6 2π dont

A. BOUARICH 145 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

le déterminant de sa matrice jacobienne est égal à



∂x ∂x
a cos(θ) −ar sin(θ) I Z Z
∂r ∂θ
∂y ∂y = = abr =⇒ ω = dxdy

b sin(θ) br cos(θ) C Σ
∂r ∂θ

Z 2π Z 1
= dθ rabdr = πab.
0 0

d) On pose P = sin(xy) + xy cos(xy) − x2 y et Q = x2 cos(xy) + xy 2 . De même, on désigne


par D le disque de centre
I (0, 0) et de rayon R > 0 qui borde le cercle Γ. Pour calcu-
ler l’inteǵrale curviligne ω nous appliquerons la formule de Green-Riemann tout en
Γ
orientant le cercle Γ dans le sens trigonométrique ce qui induit une orientation positive
sur le disque D :
y

F IG . 6.20 – Disque orienté positivement

∂Q ∂P 
I ZZ 
ω = − dxdy
Γ D ∂x ∂y
ZZ
= (x2 + y 2 )dxdy
D
Z 2π Z 1
π
= dθ r 3 dr = .
0 0 2

Exercice 6.6 Trouver la nature de convergence des intégrales doubles généralisées sui-
vantes
Z Z: p
a) Log( x2 + y 2 )dxdy, D = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 6 1}.
Z ZD
1
b) 2 2 )a
dxdy, D = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 > 1} et a > 0.
(x
DZ Z + y
xdxdy
c) J = 2 y2
, dont le domaine d’intégration K = {(x, y) ∈ R2 /0 6 x 6 1 et 1 6
K 1 + x
1
y 6 2 }.
x

A. BOUARICH 146 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Z Z p
Solution 6.6 : a) Calcul de l’intégrale double généralisée Log( x2 + y 2 )dxdy où
D1
D1 = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 6 1}.
p
Puisque la fonction Log( x2 + y 2 ) tend vers Z quand
Z −∞ (x, y) tend vers (0, 0) cela im-
p
plique donc l’intégrale double généralisée Log( x2 + y 2 )dxdy présente une sin-
D
gularité au point (0, 0). Donc, pour étudier la nature de convergence de cette intégrale
double généralisée il suffit qu’on considère une famille croissante de compactes élémen-
taires qui ne continennent pas (0, 0) et dont la réunion est égale au disque D1 de centre
(0, 0) et de rayon r = 1.
1
En effet, si on considère la suite des couronnes Kn = {(x, y) ∈ R2 / 2 6 x2 + y 2 6 1}
n
(Voir la figure 19),

Kn

b b
1
1
n

F IG . 6.21 –

on obtient une suite d’intégrales doubles qui se calculent en passant aux coordonnées
polaires :
Z Z p
un = Log( x2 + y 2 )dxdy
Kn
Z 2π Z 1
= dθ Log(r)rdr
1
0 n
2π h1 1 i1
Z
= r 2 Log(r) − r 2 1 dθ
0 2 4 n

1 Log(n) 1 1 Log(n) 1
Z
= (− + 2
+ 2 )dθ = 2π(− + 2
+ 2 ).
0 4 2n 4n 4 2n 4n
π
Z Z p
D’où, lim un = lim Log( x2 + y 2 )dxdy = − .
n→+∞ n→+∞ Kn 2
π
Z Z p
Donc, l’intégrale double généralisée donnée converge avec Log( x2 + y 2 )dxdy = − .
D 2
1
Z Z
b) Calcul de l’intégrale double généralisée 2 2 a
dxdy où D2 = {(x, y) ∈
D2 (x + y )
R2 /x2 + y 2 > 1} et a > 0.

A. BOUARICH 147 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Notons que puisque le domaine d’intégration D2 est égal à l’extérieur du disque de centre
(0, 0) etZdeZ rayon r = 1, il est donc ; non bornée. Pour calculer l’intégrale double géné-
1
ralisée 2 2 a
dxdy nous allons considérer la famille croissante de couronnes
D2 (x + y )
Kn = {(x, y) ∈ R2 /1 6 x2 + y 2 6 n2 } (Voir la figure 20)

Kn

b b
n
1

F IG . 6.22 –

1
Z Z
et la suite numérique d’intégrales doubles un = dxdy qui se calculent
Kn (x2 + y 2 )a
par passage aux coordonnées polaires comme suit,

1
Z Z
un = 2 2 a
dxdy
Kn (x + y )
Z 2π Z n
1
= dθ 2a
rdr
0 1 r
n2−2a

Z 2π Z n 1
2π( − ) si a 6= 1

1−2a
= dθ r dr = 2 − 2a 2 − 2a
0 1 2πLog(n) si a = 1.

Ainsi, à partir de ce calcul on déduit que la suite numérique un converge si et seulement


si a > 1.
1
Z Z
Par conséquent, l’intégrale double généralisée 2 + y 2 )a
dxdy converge si et seule-
D2 (x
1 π
Z Z
ment si a > 1. Lorsque le paramètre a > 1 notons qu’on a 2 2 a
dxdy = .
D2 (x + y ) a−1
1
c) Observons que si pour tout entier n > 1 on pose Kn = {(x, y) ∈ R2 / 6 x 6 1 6 y 6
n
1 [
2
} on obtient une famille de compacts élémentaires telle que Kn ⊂ Kn+1 et Kn = K.
x
n>1
xdxdy
ZZ
Notons aussi que l’intégrale double Jn = 2 2
peut être calculée en appliquant
Kn 1 + x y
la formule de Fubini :

A. BOUARICH 148 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

1
y= x2

... x
1
n

F IG . 6.23 – Domaine d’intégration Kn

1 1/x2
xdy
Z Z
Jn = dx
1/n 1 1 + x2 y 2
Z 1 h iy=1/x2
= arctag(xy) dx
1/n y=1
1
1
Z
= (arctg( ) − arctg(x))dx
1/n x
Z 1  −1
h  1 i1
x2 1 
= x arctg( ) − arctg(x) − x − dx
x 1/n 1/n 1 + (1/x)2 1 + x2
1 1  h i1
= − arctg(n) − arctg( ) + Log(x2 + 1)
n n 1/n
1 1  1
= − arctg(n) − arctg( ) + Log(2) − Log(1 + 2 ).
n n n
Enfin, si on passe à la limite sur l’entier n > 1 dans la suite des intégrales doubles Jn nous
obtenons
xdxdy xdxdy
ZZ ZZ
J= 2y2
= lim 2 2
= Log(2).
K 1 + x n→+∞ Kn + x y
1

Z Z
Exercice 6.7 1) Calculer l’intégrale double généralisée exp(−x2 − y 2 )dxdy.
2
Z +∞ R
exp(−(x − y)2 )
Z Z
−t2
2) En déduire la valeur des l’intégrales généralisées e dt et 2
dxdy.
−∞ R2 1 + (x + y)

Z Z
Solution 6.7 : a) Pour calculer l’intégrale double généralisée exp(−x2 − y 2 )dxdy
R2
nous allons considérer la suite de compacts élémentaires Dn = {(x, y) ∈ R2 /x2 +y 2 6 n2 }
avec n ∈ N et nous travaillerons avec les coordonnées polaires :

A. BOUARICH 149 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Z Z Z Z
−x2 −y 2 2 −y 2
e dxdy = lim e−x dxdy
R2 n→+∞ Dn
Z 2π Z n
2
= lim dθ e−r rdr
n→+∞ 0 0

1 2 in
Z h
= lim − er
n→+∞ 0 2 0
2
= lim π(1 − en ) = π.
n→+∞

Z +∞
2
b) Le calcul de l’intégrale simple généralisée e−t dt se fait de manière indérècte en
Z Z −∞
2 2
passant par le resultat e−x −y dxdy = π.
R2
En effet, si on considère la suite de compacts élémentaires Kn = [−n, n] × [−n, n] avec
n ∈ N on voit que :
Z Z Z Z
−x2 −y 2 2 2
e dxdy = lim e−x −y dxdy
R2 n→+∞
Z n Kn Z n
2 2
= lim dy e−x −y dx
n→+∞ −n −n
Z n Z n
−y 2 2
= lim e dy e−x dx =
n→+∞ −n −n
 Z +∞ 2
 Z +∞ 2

= e−y dy e−x dx
−∞ −∞
 Z +∞ 2
2
= e−x dx
−∞

Z Z Z +∞ √
−x2 −y 2 2
Ainsi, comme on sait que e dxdy = π on en déduit que e−x dx = π.
R2 −∞
exp(−(x − y)2 )
Z Z
c) L’intégrale double généralisée 2
dxdy peut être calculée en consi-
R2 1 + (x + y)
dérant le considérons le changement de variables
( 
 x = u+v
u = x−y 2
=⇒ v−u
v = x+y  y =
2
   
∂x ∂x 1 1
 ∂u ∂v   2 2 
dont la matrice jacobienne est donnée par :  ∂y ∂y = 1 1 .

∂u ∂v 2 2

exp(−(x − y)2 ) exp(−u2 ) 1


Z Z Z Z
dxdy = dudv
R2 1 + (x + y)2 R2 1 + v
2 2
 Z +∞ dv  Z +∞ 2
 π √ π 3/2
= e−u du = × π = .
−∞ 1 + v2 −∞ 2 2

A. BOUARICH 150 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Exercice 6.8 Intégrales euleriennes


Z +∞
Partie A) Pour tout réel p > 0 on pose (Gamma) Γ(p) = tp−1 e−t dt.
0
1) Démontrer que l’intégrale simple généralisée Γ(p) converge.
2) i) Vérifier qu’on a la relation Γ(p + 1) = (p + 1)Γ(p).
ii) En déduire que pour tout entier n > 0 l’intégrale simple généralisée Γ(n + 1) = n!.
1
3) Pour tout entier naturel n > 0 on se propose de calculer Γ(n + ).
Z +∞ 2 √
2 π
i) En utilisant le fait que l’intégrale simple généralisée e−t dt = ; démontre que
0 2
1 √
l’intégrale simple généralisée Γ( ) = π.
2
ii) En procédant par récurrence ; démontrer que pour tout entier n > 0,

1 (2n)! π
Γ(n + ) = .
2 4n n!
Z 1
Partie B) Pour tout couple de réels p > 0 et q > 0 on pose (Bêta) B(p, q) = tp−1 (1 −
0
t)q−1 dt.
4) Démontrer que l’intégrale simple généralisée B(p, q) converge.
t
5) En utilisant le changement de variables x = ; vérifier que l’intégrale simple gé-
1−t
néralisée Z +∞
xp−1
B(p, q) = dx.
0 (1 + x)p+q
t
6) En appliquant le changement de variables x = et y = t + s à l’intégrale double
s
généralisée
Z +∞  Z +∞  Z Z
p−1 −s q−1 −t
Γ(p)Γ(q) = s e ds t e dt) = tq−1 sp−1 e−t−s dtds
0 0 D

où le domaine d’intégration D = {(t, s) ∈ R2 /t > 0, s > 0} ; démontrer que

xp−1 y p+q−1 e−y


Z Z
Γ(p)Γ(q) = dxdy avec D′ = {(x, y) ∈ R2 /x > 0, y > 0}.
D′ (1 + x)p+q

Γ(p)Γ(q)
7) Déduire de ce qui précède que l’intégrale simple généralisée B(p, q) = .
Γ(p + q)
Partie C) Cette partie sera consacrée aux applications des résultats des parties A et B pour
calculer les intégrales généralisées de Wallis,
Z π/2
J(m, n) = (cos(x))m−1 (sin(x))n−1 dx, où m, n ∈ R∗+ ,
0

en fonction de l’intégrale simple généralisé d’Euler Bêta.

A. BOUARICH 151 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

8) Dans l’intégrale simple généralisée J(m, n) appliquer les deux changements de va-
1 m n
riables t = sin(x) et u = t2 , successivement, et vérifier que J(m, n) = B( , ).
2 2 2
9) En déduire l’expression des intégrales simples généralisées suivantes
Z π/2  r
I(r) = tg(t) dt, J(2m, 2n) et J(2m+1, 2n+1) où −1 < r < 1 et m, n ∈ N∗ .
0

Solution 6.8 : Fonctions et intégrales euleriennes


A) Etude de la fonction Gamma d’Euler du seconde espèce Γ(p).
Z +∞
1) L’intégrale simple généralisée Γ(p) = tp−1 e−t dt présente deux singularités ; la
0
première singularité est au point t = 0 tandis que la seconde singularité est à l’infini.
Donc, la nature de l’intégrale simple généralisé Γ(p) dépend de la nature des deux inté-
grales simples généralisées :
Z a Z +∞
p−1 −t
t e dt et tp−1 e−t dt, ∀a > 0.
0 a

i) Puisque pour les réels t > 0 qui sont proches de zéro on sait que la fonction tp−1 e−t est
équivalente à la fonction tp−1 on déduit donc que pour tout réel 0 < ε < a les intégrales
simples généralisées Z ε Z ε
tp−1 e−t dt et tp−1 dt
0 0
possèdent la même nature de convergence. Ainsi, comme pour tout réel p > 0 on a,
Z ε Z ε
p−1
t dt = lim tp−1 dt
0 n→+∞ 1
n
h t p iε
= lim
p n1 n→+∞
εp 1 εp
= lim ( − p ) = ,
n→+∞ p pn p
Z ε
on en déduit que l’intégrale simple généralisée tp−1 e−t dt converge pour tout p > 0.
0
Z +∞
ii) Pour trouver la nature de l’intégrale simple généralisée tp−1 e−t dt il suffit qu’on
a
observe que puisque pour tout réel α la limite, lim tα e−t = 0, cela implique qu’il existe
t→+∞
un réel assez grand A > 0 tel que pour tout réel t > A on a tα e−t < 1.
Ainsi, si on applique cette inégalité au nombre réel α = p − 1 − β avec β ∈ R on déduit
alors que :
   
∀t > A =⇒ tp−1−β e−t < 1 =⇒ ∀t > A =⇒ tp−1 e−t < tβ .

A. BOUARICH 152 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Par conséquent, si on choisit le réel β < −1 on obtient une intégrale simple généralisée
convergente :
+∞ n
nβ+1 Aβ+1 Aβ+1
Z Z
tβ dt = lim −tβ dt = lim (
)=−
A n→+∞ A n→+∞ β + 1 β+1 β+1
Z +∞
qui par suite implique que l’intégrale simple généralisée tp−1 e−t dt converge aussi.
a
2) i) Notons que si on applique le principe d’intégration par parties dans l’intégrale
Z +∞
simple généralisée Γ(p + 1) = tp e−t dt on obtient :
0
Z n 
Γ(p + 1) = lim tp e−t dt
n→+∞ 1
n
 n   Z n 
= lim − tp e−t 1 + lim p tp−1 e−t dt

n→+∞ n→+∞ 1
n n
1
 e− n 
= lim − np e−n + + pΓ(p)
n→+∞ np
= pΓ(p).

ii) Observons que si on fait varier l’entier p ∈ N∗ dans la formule Γ(p + 1) = pΓ(p) on
obtient les égalités suivantes,
Z +∞
Γ(1) = e−t dt = 1
0
Γ(2) = 1Γ(1) = 1
Γ(3) = 2Γ(2) = 2 × 1
.. .
. = ..
Γ(n + 1) = nΓ(n)

dont le produit membre à membre implique que Γ(n + 1) = n!, ∀n ∈ N.


Z +∞
2
3) i) Observons que si dans l’intégrale simple généralisée e−t dt on effectue le chan-
0
gement de variables s = t2 on obtient :
+∞ +∞ +∞
ds 1 1 1
Z Z Z
1
−t2 −s
e dt = e √ = s 2 −1 e−s ds = Γ( ).
0 0 2 s 2 0 2 2
+∞ √
π 1 √
Z
−t2
Ainsi, puisque on sait que on en déduit que Γ( ) = π.
e dt =
0 2 2
ii) Notons que si on applique la formule Γ(p+1) = pΓ(p) sur l’intégrale simple généralisée
1
Γ(n + ) on obtient les égalités suivantes :
2
1 1 1 1
Γ(n + ) = Γ((n − ) + 1) = (n − )Γ(n − )
2 2 2 2
1 3 3
= (n − )(n − )Γ(n − )
2 2 2

A. BOUARICH 153 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

.
= ..
1 3 3 1 1
= (n − )(n − ) . . . . Γ( )
2 2 2 2 2
(2n − 1)(2n − 3) . . . 3.1 1
= Γ( )
2n 2
(2n)(2n − 1) . . . 3 · 2 · 1 Γ( 12 )
=
(2n)(2n − 2) . . . 2 2n

(2n)! π
=
22n n!
B) Etude de la fonction Bêta d’Euler de première espèce B(p, q).
Z 1
4) L’intégrale simple généralisée B(p, q) = tp−1 (1 − t)p−1 dt présente deux singularités
0
aux points t = 0 et t = 1. Donc, la nature de l’intégrale simple généralisé B(p, q) dépend
de la nature des deux intégrales simples généralisées :
Z a Z 1
p−1 q−1
t (1 − t) dt et tp−1 (1 − t)q−1 dt, ∀0 < a < 1.
0 a

En effet, puisque au voisinage de zéro la fonction tp−1 (1 − t)q−1 est équivalente à la fonc-
tion tp−1 dont l’intégarle simple généralisée converge pour tout p > 0,
Z a Z a
ap
tp−1 dt = lim tp−1 dt = ,
0 n→+∞ 1 p
n
Z a
on en déduit donc que l’intégrale simple généralisée tp−1 (1 − t)q−1 dt converge aussi.
0
De même, puisque au voisinage de t = 1 la fonction tp−1 (1 − t)q−1 est équivalente à la
fonction (1 − t)q−1 dont l’intégarle simple généralisée converge pour tout q > 0,
Z 1 Z 1− 1
q−1 n (1 − a)q
(1 − t) dt = lim (1 − t)q−1 dt = ,
a n→+∞ a q
Z 1
on en déduit donc que l’intégrale simple généralisée tp−1 (1 − t)q−1 dt converge aussi.
a
t
5) Si on effectue le changement de variable x = dans l’intégrale simple généralisée
1−t
x
B(p, q) on trouve que t = et que,
x+1
Z 1
B(p, q) = tp−1 (1 − t)q−1 dt
0
Z +∞ 
x p−1  x q−1 dx
= 1−
0 x+1 x+1 (x + 1)2
Z +∞
xp−1
= dx.
0 (x + 1)p+q
t
6) Notons que si on applique la transformation T(s, t) = (x, y) = ( , s + t) sur le domaine
s
D = {(s, t) ∈ R2 /s > 0, t > 0} on voit aisément que l’image

T(D) = {(x, y) ∈ R2 /x > 0, y > 0} = D′ .

A. BOUARICH 154 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

y xy
D’autre part, comme l’application inverse T−1 (x, y) = ( , ) = (s, t) et sa ma-
x+1 x+1
trice jacobiènne est donnée par,
y 1
 
− y
−1  (x + 1)2 x+1 
J(T , (x, y)) =  y x  =⇒ Det(J(T−1 , (x, y))) = − ,
(x + 1)2
(x + 1)2 x+1
alors en appliquant la formule de changement de variables à l’intégrale double générali-
sée
 Z +∞  Z +∞  Z Z
p−1 −s q−1 −t
Γ(p)Γ(q) = s e ds t e dt) = tq−1 sp−1 e−t−s dtds
0 0 D

on obtient :
ZZ  xy q−1  y p−1 ydxdy
Γ(p)Γ(q) = e−y
D ′ x + 1 x + 1 (x + 1)2
ZZ q−1
x y p+q−1 e−y
= p+q
dxdy.
D′ (x + 1)
7) Notons que si on applique la formule de Fubini à l’intégrale double généralisée
Γ(p)Γ(q) introduite en 6) on voit que :
xq−1 y p+q−1 e−y
ZZ
Γ(p)Γ(q) = dxdy
D′ (x + 1)p+q
Z +∞  Z +∞
xq−1 p+q−1 −y

= y e dy dx
0 0 (x + 1)p+q
Z +∞  Z +∞
xq−1 p+q−1 −y

= y e dy dx
0 (x + 1)p+q 0
Z +∞
xq−1
= Γ(p + q)dx
0 (x + 1)p+q
Z +∞
xq−1
= Γ(p + q) dx
0 (x + 1)p+q
= Γ(p + q)B(p, q).
Γ(p)Γ(q)
Donc, la fonction Bêta B(p, q) = .
Γ(p + q)

C) Application des fonctions d’Euler au calcul intégrales.


Z π/2
8) Pour tous réels m > 0 et n > 0 posons J(m, n) = (cos(x))m−1 (sin(x))n−1 dx.
0
Premièrement, dans l’intégrale simple J(m, n) effectuons le changement de variables t =

sin(x) avec dt = cos(x)dx = 1 − t2 dx :
Z 1 p Z 1 p Z 1
m−1 dt m−2 m−2
J(m, n) = 1 − t2 tn−1 √ = 1 − t2 tn−1 dt = (1 − t2 ) 2 tn−1 dt.
0 1 − t2 0 0

Ensuite, effectuons le nouveau changement de variable u = t2 dans la dernière expres-


sion :
Z 1
n−1 du 1 1 1 m n
Z
m m n
J(m, n) = (1 − u) 2 −1 u 2 √ = (1 − u) 2 −1 u 2 −1 du = B( , ).
0 2 u 2 0 2 2 2

A. BOUARICH 155 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

9) La formule que nous venons d’établir dans la question précédente nous permet de
calculer les intégrales simples classiques I(r), J(2m, 2n) et J(2m+1, 2n+1) avrc r ∈]−1, 1[
et avec m et n ∈ N∗ :
i) Observons que puisque pour tout r ∈]−1, 1[ on a, (tg(t)r = (cos(t))1−(r+1) (sin(t))1−(1−r) ,
on en déduit que l’intégrale simple généralisée
Z π Z π
2 2
r
(tg(t)) dt = (cos(t))1−(r+1) (sin(t))1−(1−r) dt
0 0
= J(r + 1, 1 − r)
1 r+1 1−r
= B( , )
2 2 2
1 r+1 1−r
= Γ( )Γ( ).
2 2 2
ii) Quand les paramètres m et n ∈ N∗ on peut écrire :
Z π/2
(cos(x))2m−1 (sin(x))2n−1 dx = J(2m, 2n)
0
1
= B(m, n)
2
1 Γ(m)Γ(n)
=
2 Γ(m + n)
1 (m − 1)!(n − 1)!
= .
2 (n + m − 1)!
Z π/2
(cos(x))2m (sin(x))2n dx = J(2m + 1, 2n + 1)
0
1 1 1
= B(m + , n + )
2 2 2
1 1
1 Γ(m + 2 )Γ(n + 2)
=
2 Γ(m + n + 1)
 (2m)!√π  (2n)!√π 
1 4m m! 4n n!
=
2 (n + m)!
π (2m)!(2n)!
= .
2 4m+n (m + n)!

A. BOUARICH 156 Analyse II, 2008/2009


C HAPITRE S EPT

I NTÉGRALES DE SURFACES

Objectifs : Cette feuille de travaux dirigés à pour but de vous faire :


1. Savoir identifier les points réguliers et les points singuliers d’une
surface de classe C 1 de R3 qui est définie soit par une équation
implicite ou soit par un système d’équations paramétriques.
2. Savoir calculer un plan tangent d’une surface en un point régulier
et détermier un vecteur normal en ce même point.
3. Savoir calculer le vecteur de surface infinitésimal ainsi que l’élé-
ment de surface infinitésimal pour une surface de classe C 1 .
4. Savoir orienter une surface orientable ayant un bord non vide ou
sans bord.
5. Savoir calculer une intégrale de surface d’une fonction réelle (sca-
laire) ou d’une champ de vecteurs (flux).
6. Savoir calculer le flux sortant ou entant à travers d’un champ de
vecteur à travers une surface de classe C 1 .
7. Savoir appliquer la formule de Stokes à un champ de vecteurs de
classe C 1 qui s’appuie sur une surface orientable ayant un bord
non vide.

157
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

7.1 Surfaces classiques de l’espace R3

7.1.1 Surfaces définies par une équation implicite

Soit F : R3 → R une fonction de classe C k , k > 1. Le sous-ensemble Σ(F) = {(x, y, z) ∈


R3 /F(x, y, z) = 0} s’appelle surface de classe C k définie par l’équation implicite


F(x, y, z) = 0. Si au point M0 = (a, b, c) ∈ Σ(F) le vecteur gradient gradF(a, b, c) 6= 0
on dira que le point M0 = (a, b, c) ∈ Σ(F) est un point régulier et sinon on dira qu’il est
singulier. De plus, en un point régulier M0 = (a, b, c) ∈ Σ(F) on définit le plan tangent à
Σ(F) par l’équation affine,

∂F ∂F ∂F
(x − a) (a, b, c) + (y − b) (a, b, c) + (z − c) (a, b, c) = 0, (7.1)
∂x ∂y ∂z

gradF(a, b, c)
dont un vecteur normale unitaire est donnée par l’expression, − n→M
= .
kgradF(a, b, c)k
−−−→
Si un point M = (x, y, z) est solution de l’équation (5.1) alors le vecteur M0 M est tangent
à la surface Σ au point régulier M0 .

7.1.2 Surfaces définies par un système d’équations paramétriques

Soit U ⊂ R2 un ouvert non vide et F : U → R3 une application de classe C k , k > 1.


Le sous-ensemble Σ(ϕ) = {ϕ(u, v) = (x(u, v), y(u, v), z(u, v)) ∈ R3 /(u, v) ∈ U} s’appelle
surface paramétrique de classe C k . Si au point M0 = ϕ(u0 , v0 ) = (a, b, c) ∈ Σ(ϕ) le produit
∂ϕ ∂ϕ −

vectoriel (u0 , v0 ) ∧ (u0 , v0 ) 6= 0 on dira que M0 = (a, b, c) est un point régulier
∂u ∂v
sur Σ et sinon on dira que M0 = (a, b, c) est un point singulier. De même, en un point
régulier M0 = ϕ(u0 , v0 ) = (a, b, c) ∈ Σ(ϕ) on définit le plan tangent affine de la surface
paramétrique Σ(ϕ) par l’équation :


x−a y−b z−c

∂x(u0 , v0 ) ∂y(u0 , v0 ) ∂z(u0 , v0 )
=0 (7.2)

∂u ∂u ∂u
∂x(u0 , v0 ) ∂y(u0 , v0 ) ∂z(u0 , v0 )



∂v ∂v ∂v

∂ϕ(u0 , v0 ) ∂ϕ(u0 , v0 ) − →
Notons que le produit vectoriel nM = ∧ 6= 0 est normal à la surface
∂u ∂v
Σ(ϕ) au point régulier M = ϕ(u0 , v0 ) et que si un point M = (x, y, z) est solution de
−−−→
l’équation (5.2) alors le vecteur M0 M est tangent à la surface Σ au point régulier M0 .

7.1.3 Surfaces de révolution

Définition 18. Soient ∆ ⊂ R3 une droite et Σ ⊂ R3 désigne une surface de classe C k définie par
une équation implicite ou par un système d’équations paramétriques,

F(x, y, z) = 0 ou ρ(u, v) = (x, y, z).

A. BOUARICH 158 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

On dira que Σ est une surface de révolution d’axe ∆ si, elle est stable par toutes les rotations
R : R3 → R3 d’axe ∆. C’est-à-dire, si M ∈ Σ alors le cercle Γ(M) d’axe ∆ qui passe par le point
M est entièrement contenu dans la suface Σ (Voir la figure 1).

F IG . 7.1 – Surface de révolution d’axe Oz

1. Le cercle Γ(M) s’appelle parallèle de la surface de révolution Σ.


2. Le plan Π qui passe par l’axe de rotation ∆ s’appelle plan méridien.
3. L’intersection du plan méridien Π avec la surface Σ s’appellent courbes
méridiennes : C = Π ∩ Σ.

Ci-dessous, nous allons exploiter la stabilité d’une surface de révolution par les rotations
d’axe ∆ pour la paramétrer ou la définir par une équation implicite cartésienne. Pour
simplifier nos calculs nous allons supposer que l’axe de révolution ∆ = Oz. Cette hypo-
thèse est raisonnable car si l’axe de révolution ∆ de la surface Σ est oblique nous pouvons
le ramener sur l’axe Oz par la rotation de l’espace R3 qui justement envoie la droite ∆ sur
l’axe Oz.
A) La courbe méridienne C est définie par une équation cartésienne, f (x) = z
Observons que si on fixe un point M = (x, 0, f (x)) ∈ C alors en lui appliquant la rotation
d’angle θ ∈ [0, 2π] et d’axe Oz on obtient un nouveau point Mθ = (X, Y, Z) qui appartient
à la surface de révolution Σ dont les coordonnées sont données par le système suivant
(Voir la figure 2) :


 X = x cos(θ)

Y = x sin(θ) où x ∈ Dom(f ) et θ ∈ [0, 2π]

Z = f (x)

En effet, le système des équations paramétriques précédent définit complètement la sur-


face de révolution Σ qui est engendrée par la rotation du graphe de la fonction f (x) = z
autour de l’axe ∆ = Oz.

A. BOUARICH 159 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

z∆

b
z
C
b b
Mθ = (x cos(θ), x sin(θ), z)

θ y

x
F IG . 7.2 – Surface de révolution d’axe ∆

Notons aussi que la surface Σ est solution de l’équation implicite cartésienne :


p
X2 + Y2 = x2 et f (x) = z =⇒ Z = f ( X2 + Y2 ).

B) La courbe méridienne C est définie par une équation implicite, g(x, z) = 0


Supposons que la courbe méridiène C est contenue dans le plan Oxz et est définie par par
l’équation implicite, g(x, z) = 0, où g est une fonction de classe C k avec k > 1. Ensuite,
fixons un point M = (x, 0, z) ∈ C et appliquons sur lui une rotation d’axe Oz et d’angle
θ. Ceci produit donc un point Mθ = (X, Y, Z) qui appartient à la surface de révolution Σ
dont la projection sur le plan Oxy définit un point (X, Y, 0) = (x cos(θ), x sin(θ), 0) (Voir
la figure 2). Ainsi, si on remarque que Z = z et que x2 = X2 + Y2 ; l’équation impli-
cite g(x, z) = 0 implique que les point Mθ = (X, Y, Z) est solution l’équation implicite,

g( X2 + Y2 , Z) = 0.
En conséquence de ce qui précède on conclut que la rotation par rapport à l’axe Oz de la
courbe C définie par l’equation implicite g(x, z) = 0 engendre une surface de révolution
p
Σ solution de l’equation implicite g( x2 + y 2 , z) = 0.

Exemple 5. Soient a > 0, b > 0 et c > 0 trois nombres réels fixés tels que c < min(a, b).
La surface de révolution d’axe Oz qui est engendrée par la rotation du cercle C centré au point
(a, 0, b) de rayon c s’appelle tore. L’équation implicite du tore est donc donnée en fonction des
p
coordonnées cartésiènne par, ( x2 + y 2 − a)2 + (z − b)2 = c2 .

C) La courbe méridienne C est définie par une équation paramétrique, ρ(t) =


(x(t), 0, z(t))
Avec les mêmes idées que ci-dessus, on vérifie facilement que la surface de révolution Σ
d’axe Oz qui est engendrée par la courbe planne C ⊂ Oxz peut être définie par le système

A. BOUARICH 160 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

p
F IG . 7.3 – Le tore d’équation : ( x2 + y 2 − a)2 + (z − b)2 = c2

des équations paramétriques :



 X = x(t) cos(θ)

Y = x(t) sin(θ)

Z = z(t)

avec t ∈ Dom(ρ) et θ ∈ [0, 2π].

Exemple 6. Soient a > 0, b > 0 et c > 0 trois nombres réels fixés tels que c < min(a, c). Si on
paramétrise le cercle C d’équation (x − a)2 + (z − b)2 = c2 par x = c cos(t) + a et z = c sin(t) + b
on en déduit que le tore engendré par le cercle C peut être paramétré par le système des équations
suivantes : 
 x(t, s) = (c cos(t) + a) cos(s)

y(t, s) = (c cos(t) + a) sin(s)

z(t, s) = c sin(t) + b

Pour finir ces notes nous donnerons les équations implicites et les équations paramé-
triques de certaines surfaces classiques de l’espace R3 .
1) La sphère de centre (a, b, c) et de rayon R > 0 : Puisque la sphère centrée au point
(a, b, c) et de rayon R peut être obtenue à partir de la rotation du cercle C ⊂ Oxz d’équa-
tion (x − a)2 + (z − c)2 = R2 autour de l’axe Oz on déduit donc que l’équation cartésienne
de la sphère est donnée par, (x − a)2 + (y − b)2 + (z − c)2 = R2 .

Notons aussi que si on définit le cercle méridien C ⊂ Oxz d’équation (x − a)2 + (z − c)2 =
R2 par les équations paramétriques,

 x(t) = R cos(t) + a

y(t) = b

z(t) = R sin(t) + c

A. BOUARICH 161 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

F IG . 7.4 – La sphère : x2 + y 2 + z 2 = 1

on en déduit que la sphère centrée au point (a, b, c) et de rayon peut être paramétrée par
le système d’equations :

 x(t, s) = R cos(t) cos(s) + a

y(t, s) = R cos(t) sin(s) + b

z(t, s) = R sin(t) + c

2) Ellipsoïde de révolution : L’ellipsoïde de révolution d’axe Oz est une surface de l’es-


pace R3 qui s’obtient par rotation d’une ellipse contenue dans le plan Oxz par rotation
autour de l’axe Oz.

x2 + y 2 z 2
F IG . 7.5 – La sphère : + 2 =1
a2 b

Ainsi, par exemple ; si on fait tourner l’ellipse C ⊂ Oxz d’équation cartésiènne


x2 z 2
+ 2 = 1 autour de l’axe Oz on obtient une ellipsoïde de révolution Σ dont l’équation
a2 b
x2 + y 2 z 2
cartésienne est donnée par : + 2 = 1.
a2 b
Notons que l’ellipsoïde derévolution peut être paramétrée par le système d’équations

A. BOUARICH 162 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

suivant : 
 x = a cos(θ) sin(ϕ)

y = a sin(θ) cos(ϕ)

z = b sin(ϕ).

3) Paraboloïde de révolution à une seule nappe : La paraboloïde de révolution à une


seule nappe s’obtient par rotation d’une parabole C ⊂ Oxz autour de l’axe Oz.

F IG . 7.6 – Paraboloïde : z = a(x2 + y 2 )

Par exemple, si on considère la parabole d’équation z = ax2 donc par rotation autour de
l’axe Oz on obtient une paraboloïde de révolution dont l’équation cartésiènne est donnée
par, z = a(x2 + y 2 ).
Notons que si on paramétrise la parabole z = ax2 par les équations x(t) = t, y(t) = 0 et
z(t) = at2 on déduit que la paraboloïde de révolution peut être paramétrée par le système
d’équations :

 x(t, s) = t cos(s)

y(t, s) = t sin(s)

z(t, s) = at2

4) Hyperboloïde de révolution : L’hyperboloïde de révolution est une surface Σ ⊂ R3


qui s’obtient par rotation d’une hyperbole C ⊂ Oxz autour de l’axe Oz. Donc, si on fait
x2 z 2
tourner l’hyperbole d’équation cartésiènne 2 − 2 = 1 alors ce mouvement génère une
a b
x2 + y 2 z 2
hyperboloïde d’équation cartésienne : − 2 = 1.
a2 b

Pour trouver les équations paramétriques de l’hyperboloïde de révolution il suffit qu’on


x2 z 2
paramétrise l’hyperbole d’équation, 2 − 2 = 1, par les équations paramétriques x(t) =
a b
ach(t), y(t) = 0 et z(t) = b sh(t) :

A. BOUARICH 163 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

x2 + y 2 z 2
F IG . 7.7 – Hyperbolïde : − 2 =1
a2 b


 x(t, s) = ach(t) cos(s)

y(t, s) = ach(t) sin(s)

z(t, s) = bsh(t)

5) Hyperboloïde de révolution à deux nappes : L’hyperboloïde de révolution à deux


nappes s’obtient par rotation de l’hyperbole C ⊂ Oxz à deux branches d’équation
z 2 x2
− 2 = 1 autour de l’axe Oz.
b2 a

x2 + y 2 z 2
F IG . 7.8 – Hyperboloïde à deux nappes : − 2 = −1
a2 b

L’hyperboloïde de révolution à deux nappes peut être donc définie par l’équation impli-
x2 + y 2 z 2
cite cartésiène − 2 = −1 ; elle peut être aussi définie par le système des équia-
a2 b
tions paramétriques suivant,

 x(t, s) = ash(t) cos(s)

y(t, s) = ash(t) sin(s)

z(t, s) = bch(t)

A. BOUARICH 164 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

6) Cône de révolution : On désigne une D ⊂ Oxz d’équation z = ax + b. Donc, la rotation


de la droite D autour de l’axe Oz définit une surface Σ appelée cône de révolution.

F IG . 7.9 – Cone de révolution : a(x2 + y 2 ) = z 2

p
Le cône de révolution Σ a pour équation cartésienne z = a x2 + y 2 + b et peut être
définie par le sysème d’q́uations paramétriques :

 x = r cos(θ)

y = r sin(θ)

z = ar + b.

7.2 Intégrales de surfaces

7.2.1 Cas du graphe d’une fonction

Soient D ⊂ R2 un domaine élémentaire et Σ ⊂ R3 une surface définie par le graphe d’une


fonction f : D → R de classe C 1 . On définit le vecteur infinitésimal de la surface Σ autour
du point M = (x, y, f (x, y)) par l’expression,

→ ∂f → ∂f − −

dS = ( − ı + →
 + k )dxdy, (7.3)
∂x ∂y


La norme du vecteur infinitésimal dS s’appelle élément infinitésimal de la surface Σ au-
tour du point M = (x, y, f (x, y)) ∈ Σ et on le note,
s
∂f ∂f −→
dσ = 1 + ( )2 + ( )2 dxdy = kdSk. (7.4)
∂x ∂y

Enfin, si U ⊂ R3 est un ouvert non vide tel que Σ ⊂ U on définit l’intégrale de surface
d’une fonction continue ρ : U → R le long de la Σ par la formule,
s
∂f ∂f
ZZ ZZ
ρ(x, y, z)dσ = ρ(x, y, f (x, y)) 1 + ( )2 + ( )2 dxdy. (7.5)
Σ D ∂x ∂y

A. BOUARICH 165 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

7.2.2 Cas d’une surface paramétrqiue

Soient D ⊂ R2 un domaine élémentaire et Σ ⊂ R3 une surface paramétrée par une appli-


cation r : D → R3 de classe C 1 . On définit le vecteur infinitésimal de la surface Σ autour
du point M = r(u, v) par l’expression,

→ ∂r ∂r

dS = ∧ dudv. (7.6)
∂u ∂v
−→
La norme du vecteur inbfinitésimal dS autour du point M = r(u, v) ∈ Σ s’appelle élément
infiniktésimal de la surface paramétrique Σ. Il est donc doné par l’expression
p −
→ ∂r 2 ∂r 2 ∂r ∂r
dσ = EF − G2 dudv = kdSk où E=k k , F=k k et G=< , >.(7.7)
∂u ∂v ∂u ∂v

Enfin, si U ⊂ R3 est un ouvert non vide tel que Σ ⊂ U on définit l’intégrale de surface
d’une fonction continue ρ : U → R le long de Σ par la formule,
ZZ ZZ p
ρ(x, y, z)dσ = ρ(x(u, v), y(u, v), z(u, v)) EF − G2 dudv (7.8)
Σ D

7.3 Flux d’un champ de vecteurs

7.3.1 Orientation d’une surface de R3

Soit Σ ⊂ R3 une surface régulière de classe C 1 . On dira que la surface Σ est orientable si
elle est impossible de trouver une courbe fermée Γ ⊂ Σ de classe C 1 le long de laquelle


on pourra déplacer continûment un vecteur normal N à Σ depuis un point A ∈ Γ et le


ramener sur son opposé − N au même point A.
z

F IG . 7.10 – La bande de Möbius est une surface non orientable

Concrètement, une surface Σ ⊂ R3 est orientable si elle a deux faces, et elle est non
orientable si elle a une seule face (Voir la fig. 7.10).

A. BOUARICH 166 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Si (−
→v 1, −

v 2 ) désigne un repère de vecteurs tangent au point M à Σ on dira qu’un vecteur

→ −

normal N au point M à Σ est sortant si le trièdre (−→v 1, −

v 2 , N) a la même orientation que
le repère canonique de l’espace Oxyz. En d’autres termes, si le produit mixte

→ −

(−

v1∧−

v 2 ) · N = Det(−

v 1, −

v 2 , N) > 0 (7.9)


on dira que le vecteur normal N est sortant et sinon on dira qu’il est entrant.
Enfin, on dira que la surface régulière est orientée positivement quand elle est munie
d’un champ continu de vecteurs normaux sortants.

7.3.2 Flux sortant d’un champ de vecteur




Soit X = (P, Q, R) un champ de vecteurs de classe C k sur un ouvert U ⊂ R3 . Étant
donnée une surface Σ ⊂ U de classe C k qui est régulière et orientée positivement par la
donnée d’un champ de vecteurs normaux unitaires sortants − →n : Σ → R3 ; on définit le


flux sortant du champ de vecteurs X à travers Σ ⊂ U par l’intégrale de surface,
ZZ

→ − → −

Φ= X · dS avec d S = dσ −→
n. (7.10)
Σ

7.3.3 Formule de Stokes




Soit A = P−
→ı + Q− →
 + R k un champ de vecteurs de classe C 1 définit sur un ouvert non
vide U ⊂ R3 et ω = Pdx + Qdy + Rdz désigne la forme différentielle associée au champ
A. Alors pour toute surface Σ ⊂ U de classe C 1 orientée positivement et de bord ∂Σ = Γ
non vide on a la formule,
I I ZZ

→ → −
− →
ω= A·dr = Rot( A) · dS (7.11)
∂Σ ∂Σ Σ

appelée formule de Stokes.


En conséquence de la formule de Stokes, on déduit que l’intégrale curviligne d’une forme
différentielle fermée de classe C 1 le long d’une courbe fermée qui borde une surface orien-
table est nulle. En effet, si ω = Pdx + Qdy + Rdz est une forme différentielle fermée de


classe C 1 il en résulte que le rotationnel du champ de vceteurs A = P− →ı + Q− →
 + R k est
nul. D’où,
I I ZZ

→ −
→ → −
− →
Rot( A) = 0 =⇒ ω= A · d−
→r = Rot( A) · dS.
∂Σ ∂Σ Σ

Notons que grâce à la formule de Stokes on voit que la circulation (travail) d’un champ de


vecteur A de classe C 1 le long d’une courbe fermée Γ est égale au flux sortant du champ


rotationnel Rot( A) à travers toute surface orientable Σ dont le bord ∂Σ = Γ.

A. BOUARICH 167 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

7.4 Exercices avec solutions

Exercice 7.1 Trouver l’équation analytique du plan tangent et un vecteur normal unitaire
de la surface Σ au point régulier M ∈ Σ :
Σ1 = {(x, y, z)/x3 + y 3 + z 3 = x + y + z} et M1 = (1, 1, 1).
Σ2 = {(x, y, z)/x2 + y 2 + z 2 − xyz = 2} et M2 = (1, 1, 0).
Σ3 = {(u2 + v 2 , u2 − v 2 , uv)/(u, v) ∈ R2 } et M3 = (1, 1, 0).

Solution 7.1 1) La surface Σ1 = {(x, y, z)/x3 + y 3 + z 3 = x + y + z} est définie par


l’équation implicite F1 (x, y, z) = x3 + y 3 + z 3 − x − y − z = 0. Ainsi, puisque F1 (1, 1, 1) = 0
on en déduit que M1 = (1, 1, 1) ∈ Σ1 et puisque le vecteur gradient grad(F1 )(1, 1, 1) =
(2, 2, 2) 6= (0, 0, 0) cela implique que le point M1 = (1, 1, 1) est régulier.
Par conséquent, par le point M1 on peut mener un plan tangent à Σ1 donné par l’équation
cartésiènne,
∂F1 ∂F1 ∂F1
(x−1) (1, 1, 1)+(y −1) (1, 1, 1)+(z −1) (1, 1, 1) = 0 =⇒ x+y +z = 3.
∂x ∂y ∂z

Le −

√ vecteur
√ √unitaire normal à la surface Σ1 au point M1 = (1, 1, 1) est égal à n 1 =
3 3 3
( , , ).
3 3 3
2) La surface Σ2 = {(x, y, z)/x2 + y 2 + z 2 − xyz = 2} est associée à l’équation implicite
F2 (x, y, z) = x2 + y 2 + z 2 − xyz − 2 = 0. Puisque F2 (1, 1, 0) = 0 cela implique que le
point M2 = (1, 1, 0) ∈ Σ2 . D’autre part, puisque le vecteur gradient gradF2 (1, 1, 0) =
(2, 2, −1) 6= (0, 0, 0) on en déduit que le point M2 = (1, 1, 0) est un point régulier qui
possède donc un plan tangent donné par l’équation,
∂F2 ∂F2 ∂F2
(x − 1) (1, 1, 0) + (y − 1) (1, 1, 0) + z (1, 1, 0) = 0 =⇒ 2x + 2y − z = 4.
∂x ∂y ∂z

Le vecteur unitaire normal à la surface Σ2 au point M2 = (1, 1, 0) est égal à − →n2 =


2 2 1
( , , − ).
3 3 3
3) La surface Σ3 = {(u2 +v 2 , u2 −v 2 , uv)/(u, v) ∈ R2 } est une surface paramétrique définie
par le système des équations

2 2
 x = u +v

ϕ(u, v) = y = u2 − v 2

z = uv.

Notons que le point M3 = (1, 1, 0) = ϕ(1, 0) ∈ Σ et comme le produit vectoriel



→ −

ı −→

 k
∂ϕ ∂ϕ


(1, 0) ∧ (1, 0) = 2 2 0 = 2− →ı − 2−→
 6= 0

∂u ∂v
0 0 1

A. BOUARICH 168 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

on en déduit que le point M3 = (1, 1, 0) est un point régulier sur la surface Σ3 . Par consé-
quent, le plan tangent à Σ3 au point M3 = (1, 1, 0) est donné par l’équation cartésiènne

x−1 y−1 0

2 2 0 = 2(x − 1) − 2(y − 1) + 0(z − 0) = 0 =⇒ x − y = 0.


0 0 1

Le −

√ vecteur
√ unitaire normal à la surface Σ3 au point M3 = (1, 1, 0) est égal à n 3 =
2 2
( ,− , 0).
2 2

Exercice 7.2 Chercher les points singuliers de la surface Σa ⊂ R3 définie par l’équation
implicite,
z 2 = x2 + y 2 − (x + y)z − axy,

où a est un paramètre réel.

Solution 7.2 Notons d’abord que la surface Σa est définie par l’équation implicite,

F(x, y, z) = −z 2 + x2 + y 2 − (x + y)z − axy = 0,

donc pour chercher ses points singuliers on doit résoudre l’équation



 2x − ay − z = 0

grad(F)(x, y, z) = (0, 0, 0) ⇐⇒ 2y − ax − z = 0 (7.12)

−x − y − 2z = 0

Ainsi, puisque le déterminant de ce système linéaire est égal à



2 −a −1

−a 2 −1 = 2(a − 3)(a + 2)


−1 −1 −2

on voit donc qu’il y a trois cas à discuter séparément :


1) Si (a − 3)(a + 2) 6= 0 alors le système (1) a pour solution (0, 0, 0), et donc ; la surface Σa
possède un seul point singulier.
2) Si a = −2 : Dans ce cas le déterminant du système linéaire (1) s’annule et il admet donc
plusieurs solutions :

 2x + 2y − z = 0
 ( (
2x + 2y − z = 0 x+y = 0
2x + 2y − z = 0 =⇒ =⇒
 −x − y − 2z = 0 z = 0.
−x − y − 2z = 0

Par conséquent, le lieu des points singuliers de la surface Σ−2 est une droite, {(x, −x, 0) ∈
R3 /x ∈ R}, égale à l’intersection des deux plans d’équations x + y = 0 et z = 0.

A. BOUARICH 169 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

3) Si a = 3 : Dans ce cas le sytème linéaire (1) a un déterminant nul et prend la forme,



 2x − 3y − z = 0
 (
x−y = 0
−3x + 2y − z = 0 =⇒
 x+z = 0
−x − y − 2z = 0

Donc, le lieu des ponts singuliers de la surface Σ3 est une droite, D = {(x, x, −x) ∈
R3 /x ∈ R}, égale à l’intersection des deux plans d’équations x = y et x + z = 0.

Exercice 7.3 On désigne par Σ ⊂ R3 la surface paramétrée au-dessus du disque ubité


fermé D = {(u, v) ∈ R2 /u2 + v 2 6 1} par le système des équations :

2u

 x = ,
u + v2 + 1
2



 2v
y = ,
 u + v2 + 1
2

 2
u +v −12
 z = .


u2 + v 2 + 1
1) Vérifier que Σ est une surface régulière.
2) Calculer l’aire de la surface Σ.
3) Démontrer que les points de la surface Σ sont solution d’une équation implicite que
l’on déterminera. En déduire la nature géométrique de la surface Σ.

Solution 7.3 On désigne par Σ la surface paramétrée au-dessus du disque D de centre


(0, 0) et de rayon r = 1 par l’application de classe C ∞ ,

2u
 x = ,



 u + v2 + 1
2
 2v
ϕ(u, v) = y = ,
 u + v2 + 1
2

 2
u +v −1 2
 z = .


u2 + v 2 + 1
1) Rappelons qu’un point M = ϕ(u, v) ∈ Σ est singulier si et seulement si le produit
vectoriel,
∂ϕ(u, v) ∂ϕ(u, v) − →
∧ = 0.
∂u ∂v
En effet, si on applique la définition du produit vectoriel on trouve que


→ −
→ −


ı  k

v 2 − u2 + 1 −4uv 4u
∂ϕ(u, v) ∂ϕ(u, v) 2
∧ = (u2 + v 2 + 1)2 (u2 + v 2 + 1)2 (u2 + v 2 + 1)2

∂u ∂v −4uv u2 − v 2 + 1 4v
2
(u2 + v 2 + 1)2 (u2 + v 2 + 1)2 (u2 + v 2 + 1)2

−4 h

→ −
→ 2 2 −

i


= 2u ı + 2v  + (u + v − 1) k 6= 0 .
(1 + u2 + v 2 )3

A. BOUARICH 170 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Par conséquent, tous les poins de la surface Σ sont des points réguliers.
2) Pour calculer l’aire de la surface Σ on doit d’abord déterminer son vecteur de surface
infénitésimal qui est donné par la formule,

→ ∂ϕ
− ∂ϕ −4 −

h i
dS = (u, v) ∧ (u, v)dudv = 2u−→
ı + 2v −

 + (u2
+ v 2
− 1) k dudv.
∂u ∂v (1 + u2 + v 2 )3

Par conséquent, l’élément de surface infinitésimale de Σ est donné par l’expression,


→ 4
dσ = kdSk = dudv.
(1 + u2 + v 2 )2

Notons que actuellement nous avons tous les éléments nécessaires pour calculer l’aire de
la surface Σ :
4dudv
Z Z Z Z
Aire(Σ) = dσ = 2 2 2
Σ D (1 + u + v )
Z 2π Z 1
4r h 4π i1
= dθ 2 2
dr = − = 2π.
0 0 (1 + r ) 1 + r2 0

3) D’après les expressions des équations paramétriques qui définisent la surface Σ on voit
que nous avons la relation :

x2 + y 2 + z 2 = 1 avec z 6 0.

Par conséquent, la surface Σ n’est autre que l’hémisphère inférieure de centre (0, 0, 0) et
de rayon r = 1.
z

x y

F IG . 7.11 – Hémisphère inférieure d’équation x2 + y 2 + z 2 = 1 et z 6 0

Exercice 7.4 Calculer les intégrales de surfaces suivantes :


ZZ
ı) dσ = Aire(Σ1 ) où la surface Σ1 = {(x, y, z)/z 2 = x2 + y 2 , x2 + y 2 6 a2 } (cône).
Σ1

A. BOUARICH 171 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

ZZ
ıı) (x2 + y 2 )dσ où la surface Σ2 = {(x, y, z)/x2 + y 2 + z 2 = a2 } (sphère).
Z ZΣ2 p
ııı) x2 + y 2 dσ où la surface Σ3 = {(x, y, z)/x2 + y 2 = a2 , −a 6 z 6 a} (cylindre).
Σ3

ZZ
Solution 7.4 ı) Calculons l’intégrale de surface dσ = Aire(Σ1 ) où la surface Σ1 =
Σ1
{(x, y, z)/az = xy, x2 + y 2 6 a2 }.
Notons que la surface Σ1 a la forme d’un selle au-dessus du point critique (0, 0) de la
fonction f (x, y) = xy définie au-dessus du disque de centre (0, 0) et de rayon r = a :

F IG . 7.12 – Point selle az = xy

Pour calculer l’aire de la surface Σ1 nous devons devons calculer son vecetur de sur-


face infinitésimal de surface dS. Pour cela nous allons paramétrer Σ1 par le système des
équations : 
 x = u


ϕ1 (u, v) = y = v où u2 + v 2 6 a2
 z = uv


a
Maintenant, relativement à ce système on voit que le vecteur de surface infinitésimal de
Σ1 est donné par,


→ −
→ −

ı  k
−→ ∂ϕ1 ∂ϕ1 v → u− −


dS = ∧ dudv = 1 0 v/a dudv = (− − ı − →  + k )dudv.

∂u ∂v a a
0 1 u/a

Donc, l’élément de surface infinitésimal associée à Σ1 est égal à,



−→ u2 + v 2 + a2
dσ = kdSk = dudv
a

A. BOUARICH 172 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

et que, par conséquent, l’aire de Σ1 est égale à,



u2 + v 2 + a2
Z Z Z Z
Aire(Σ1 ) = dσ = dudv
Σ1 u2 +v2 6a2 a
Z 2π Z a √ 2
a + r2
= dθ rdr
0 0 a
h1 ia 2πa2
= 2π (a2 + r 2 )3/2 = (23/2 − 1).
3a 0 3
ZZ
ıı) Calculons l’intégrale de surface (x2 + y 2 )dσ où la surface Σ2 = {(x, y, z)/x2 + y 2 +
Σ2
z 2 = a2 }.
Notons d’abord que Σ2 est une Z Zsphère de centre (0, 0, 0) et de rayon r = a, donc, pour
p
calculer l’intégrale de surface x2 + y 2 dσ on doit calculer le vecteur de surface in-
Σ3
finitésimal de Σ2 .
En effet, si on paramétrise Σ2 par le système de coordonnées sphériques :

 x = a cos(φ) cos(θ)

ϕ(θ, φ) = y = a cos(φ) sin(θ) − π2 6 φ 6 π2 et 0 6 θ 6 2π

z = a sin(φ)

on voit que le vecteur de surface infinitésimale est donné par l’expression :


→ ∂ϕ ∂ϕ
dS = ∧
∂θ ∂φ


→ −
→ −


ı  k

= −a cos(φ) sin(θ) a cos(φ) cos(θ) 0 dθdφ


−a sin(φ) cos(θ) −a sin(φ) sin(θ) a cos(φ)


h i
= a2 cos(φ) cos(φ) cos(θ)−

ı + cos(φ) sin(θ)−
→ + sin(φ) k dθdφ.

D’après l’expression du vecteur de surface infinitésimal de Σ2 on déduit que son élé-




ment infinitésimal de surface est égal à dσ = kdSk = a2 cos(φ)dθdφ, et par conséquent ;
l’intégrale de surface
Z Z Z 2π Z π/2
2 2
(x + y )dσ = dθ (a2 cos(φ)2 )(a2 cos(φ))dφ
Σ2 0 −π/2
Z π/2
= 2πa4 cos(φ)3 dφ
−π/2
Z π/2 h
1 i
= 2πa4 (cos(3φ) + 3 cos(φ)) dφ
−π/2 4
πa4 1
h iπ/2 8πa4
= sin(3φ) + 3 sin(φ) = .
2 3 −π/2 3
ZZ p
ııı) Calculons l’intégrale de surface x2 + y 2 dσ où la surface Σ3 = {(x, y, z)/x2 +
Σ3
y 2 = a2 , −a 6 z 6 a}.

A. BOUARICH 173 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Ici, la surface Σ3 = {(x, y, z)/x2 + y 2 = a2 , −a 6 z 6 a} est un cylindre d’axe Oz et


de rayon r = a, donc ; pour calculer l’élément de surface infinitésimal Σ3 il suffit qu’on
considère le système de coordonnées cylindriques :

 x = a cos(θ)

ϕ(θ, u) = y = a sin(θ) −a 6 u 6 a et 0 6 θ 6 2π

z = u

Donc, par définition du vecteur de surface infinitésimal on peut écrire


→ ∂ϕ ∂ϕ
dS = ∧ dθdu
∂θ ∂u −


→ı −
→ k

= −a sin(θ) a cos(θ) 0 dθdu


0 0 1
h i
= a cos(θ)−→
ı + sin(θ)−
→ dθ.du



Ainsi, puisque l’élément de surface infinitésimal du cyclindre Σ3 est dσ = kdSk = adθdu
on conclu que l’intégrale de surface
Z Z p Z 2π Z a
x2 + y 2 dσ = dθ a2 du = 4πa3 .
Σ3 0 −a

Exercice 7.5 Soient a > 0 et h > 0. Pour une surface orientable


ZZ Σ ⊂ R3 et un champ de
~ de classe C 1 dans R3 calculer le flux sortant,
vecteurs X ~ dans les cas suivants :
~ · dS,
X
Σ
~ 1 = yz~ı + xz~ + xy~k et la surface Σ1 = {(x, y, z)/x2 + y 2 = 1, 0 6 z 6 h}.
ı) Le champ X
~ 2 = y~ı + z~ + x~k et la surface Σ2 = {(x, y, z)/x2 + y 2 = z 2 , 0 6 z 6 a}.
ıı) Le champ X
~ 3 = x~ı + y~ + z~k et la surface Σ3 = {(x, y, z)/x2 + y 2 + z 2 = a2 }.
ııı) Le champ X
ıv) Le champ X~ 4 = x~ı + y~ + z~k et la surface Σ4 = {(x, y, z)/ | x |6 a2 , | y |6 a2 , | z |6 a2 }.

−→
Solution 7.5 ı) Calculons le flux sortant du champ de vecteurs X1 à travers le cylindre
Σ1 = {(x, y, z)/x2 + y 2 = 1, 0 6 z 6 h}.
Rappelons que dans la question ii) de l’exercice 7.4 iii) nous avons vu que
si on paramétrise le cylindre Σ1 par le système de coordonnées cylindriques
(x, y, z) = (cos(θ), sin(θ), u) nous avons
h trouvé que le vecetur de surface infinitésimal de
−→
i

→ −

Σ1 est donné par l’expression : dS = cos(θ) ı + sin(θ)  dθdu.

A. BOUARICH 174 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

−→ −

Donc, le flux sortant du champ de vecteurs X1 = yz −
→ı + xz −

 + xy k à trvaers Σ1 est égal
à,
ZZ Z 2π Z h h
−→ − → −

i h i
X1 · dS = dθ u sin(θ)−

ı + u cos(θ)−

 + cos(θ) sin(θ) k · cos(θ)−→ı + sin(θ)−

 du
Σ1 0 0
Z 2π Z h
= dθ 2u sin(θ) cos(θ)du = 0.
0 0
−→
ıı) Calculons le flux sortant du champ de vecteurs X2 à travers le cône Σ2 = {(x, y, z)/x2 +
y 2 = z 2 , 0 6 z 6 a}.
Premièrement, cherchons le vecteur de surface infinitésimal du cône Σ2 = {(x, y, z)/x2 +
y 2 = z 2 , 0 6 z 6 a} que l’on paramétrise par le système de coordonnées cylindriques :

 x = r cos(θ)

∂ϕ ∂ϕ
−→
ϕ(θ, r) = y = r sin(θ) =⇒ dS = ∧ dθdr
 ∂θ ∂r
z = r



→ −
→ −


ı  k
= −r sin(θ) r cos(θ) 0 dθdr


cos(θ) sin(θ) 1


h i
= r cos(θ)− →ı + r sin(θ)−

 − r k dθdr.

→ −

Le flux sortant du champ de vecteurs X 2 = y −

ı + z−

 + x k à travers le cône Σ2 est donc,

ZZ Z 2π Z ah
−→ − → −
→ −

i h i
X2 · dS = dθ r sin(θ)−

ı + r−

 + r cos(θ) k · r cos(θ)−

ı + r sin(θ)−

 − r k dr
Σ2 0 0
Z 2π Z a
= dθ r 2 (sin(θ) cos(θ) + sin(θ) − cos(θ))dr = 0.
0 0
−→
ııı) Calculons le flux sortant du champ de vecteurs X3 à travers la sphère
Σ3 = {(x, y, z)/x2 + y 2 + z 2 = a2 }.
Rappelons que d’après la question ii) de l’exercice 7.4 on sait que si on paramétrise la
sphère Σ3 par le système de coordonnées sphériques,

 x = a cos(ϕ) cos(θ)

ϕ(θ, ϕ) = y = a cos(ϕ) sin(θ) − π2 6 ϕ 6 π2 et 0 6 θ 6 2π

z = a sin(ϕ)

alors le vecteur de surface infinitésimal de la sphère Σ3 est donné par l’expression


−→ −

h i
dS = a2 cos(ϕ) cos(ϕ) cos(θ)− →
ı + cos(ϕ) sin(θ)−
→ + sin(ϕ) k dθdϕ.

→ −

Donc, le flux sortant du champ de vecteurs X 3 = x−
→ı + y−→
 + z k à travers la spgère Σ3
est,
ZZ Z 2π Z π/2
−→ − →
X3 · dS = dθ a3 cos(ϕ)dϕ = 4πa3 .
Σ3 0 −π/2

A. BOUARICH 175 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal


→ −
→ −
→ −

Exercice 7.6 : Dans l’espace R3 on fixe un vecteur non nul A = a i + b j + c k et on

→ −
→ −

définit un champ de vecteurs par −

r =x i +y j +zk.
1) Démontrer que pour toute surface orientable Σ ⊂ R3 de classe C 1 dont le bord ∂Σ 6= ∅
on a,
→ 1
Z Z I
→ −
− −
→ →
A · dS = (A ∧ −r ) · d−

r.
Σ 2 ∂Σ

x2 y 2
I

→ →
2) Calculer l’intégrale curviligne (A ∧ −
r ) · d−
→r avec Σ = {(x, y, z) ∈ R3 / 2 + 2 6 1, z = 0}.
∂Σ p q

Solution 7.6 : 1) La formule demandée s’obtient par application de la formule de Stokes.



→ →
En effet, puisque le rotationnel du champ de vecteurs A ∧ −r est égal à,

→ → −
− →
i j k 

→ −


Rot( A ∧ r ) = Rot a b c


x y z

→ −
→ −

= Rot((bz − cy) i + (cx − az) j + (ay − bx) k )

→ −
→ −


i j k

∂ ∂ ∂
=
∂x ∂y ∂z

bz − yc cx − az ay − bx

→ −
→ −
→ −

= 2(a i + b j + c k ) = 2 A

la formule de Stokes nous donne alors :


I ZZ ZZ

→ − → −
→ −
→ − → −
→ → −
− →
(A ∧ r ) · d r = Rot( A ∧ r ) · dS = 2 A · dS.
∂Σ Σ Σ


→ →
2) Pour calculer l’intégrale curviligne du champ de vecteurs A ∧ −
r le long de l’ellipse

x2 y2
∂Σ = {(x, y, z)/ + = 1, z = 0}
p2 q2
I Z Z

→ → → −
− →
nous allons appliquer la formule démontrée en 1), (A ∧ − r ) · d−

r =2 A · dS.
∂Σ Σ
Pour cela observons que si on paramétrise la surface Σ par l’application ϕ(x, y) = (x, y, 0)
x2 y2
avec (x, y) ∈ D = {(x, y)/ 2 + 2 6 1} on voit que son vecteur de surface infinitésimal
p q
est donné par,

→ ∂ϕ ∂ϕ
I Z Z Z Z
− −
→ −
→ − → −
→ → −
− →
dS = ∧ dxdy = k dxdy =⇒ (A ∧ r )·d r = 2 A · dS = 2c dxdy.
∂x ∂y ∂Σ Σ D
I

→ →
D’où, (A ∧ −r ) · d−

r = 2cAire(D) = 2cpqπ.
∂Σ

A. BOUARICH 176 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Exercice 7.7 Calculer les intégrales curvilignes suivantes en utilisant la formule de


Stokes
I :
ı) (y + z)dx + (x + z)dy + (x + y)dz où Γ = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 + z 2 = 1, x + y + z =
Γ
1}.
I
ıı) xdx + (x + y)dy + (x + y + z)dz où Γ est une courbe fermée contenue dans le plan
Γ
z = x + y et paramétrée par x = cos(t), y = sin(t) et z(t) = cos(t) + sin(t) avec 0 6 t 6 2π.

I
Solution 7.7 ı) Pour calculer l’intégrale curviligne (y + z)dx + (x + z)dy + (x + y)dz
Γ
nous allons appliquer la formule de Stokes au champ de vecteurs X = (y + z)− →ı + (x +

→ −

z)  + (x + y) k et au disque D qui est limité dans le plan d’équation x + y + z = 1 par la
courbe fermée Γ :

I Z Z

→ − →
(y + z)dx + (x + z)dy + (x + y)dz = Rot((y + z)−

ı + (x + z)−

 + (x + y) k ) · dS
Γ Z ZD
→ −
− →
= 0 · dS = 0.
D
I
ıı) De même, pour calculer l’intégrale curviligne xdx + (x + y)dy + (x + y + z)dz nous
Γ
allons appliquer la formule de Stokes au champ de vecteur Y = x− →ı + (x + y)−
→ + (x +


y + z) k et à la surface Σ qui est limitée par la courbe fermée Γ contenue dans le plan
z = x + y.
Avant qu’on passe au calcul de l’intégrale curviligne donnée notons que la courbe fermée
Γ se projète sur le plan Oxy sur un cercle de centre (0, 0, 0) et de rayon r = 1 et que le
vecteur de surface infinitésimal associé à Σ peut être calculé à partir du paramétrage
ϕ(x, y) = (x, y, x + y) avec (x, y) ∈ R2 :


→ − → −

ı  k

→ −

dS = 1 0 1 dxdy = (−− →
ı −−→ + k )dxdy.


0 1 1


Ainsi, comme le rotationnelle Rot(Y) = −
→ı −− → + k on aura d’après la formule de
Stokes :
I Z Z


xdx + (x + y)dy + (x + y + z)dz = Rot(Y) · dS
Γ
Z ZΣ

→ −

= (−

ı −− →
 + k ) · (−−

ı −−

 + k )dxdy
2 2
x +y 61
Z Z
= dxdy = π.
x2 +y 2 61

A. BOUARICH 177 Analyse II, 2008/2009


C HAPITRE H UIT

I NTÉGRALES TRIPLES

Objectifs : Cette feuille de travaux dirigés à pour but de vous faire

1. Savoir appliquer la formule de Fubini pour les intégrales triples.


2. Savoir effectuer un changement de variables au sein d’une inté-
grale triple.
3. Savoir appliquer la formule de Gauss-Ostrogradski qui relie l’in-
tégrale de surface au-dessus d’une surface orientable sans bord
et l’intégrale triple au-dessus du domaine solide bordé par cette
surface.
4. Comprendre qu’un champ de vecteurs de classe C 1 dérive d’un
potentiel vecteurs si et seulement si ses flux sortants à travers
toute surface orientable sans bord sont nuls.
5. Comprendre qu’une intégrale triple généralisée converge si, et
seulement si, elle converge absolument.
6. Savoir déterminer la nature de convergence d’une intégrale triple
généralisée.

178
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

8.1 Théorème de Fubini

Considérons un compact élémentaire V ⊂ R3 limité par le graphe de deux fonctions de


classe C 1 f1 et f2 : D → R avec D ⊂ R2 est un domaine élémentaire. Analytiquement, le
domiane V peut être défini par les expressions suivantes

V = {(x, y, z) ∈ R3 /(x, y) ∈ D, f1 (x, y) 6 z 6 f2 (x, y)}

qui signifient que le domaine V est parcouru verticalement.


Si f : V → R est une fonction continue alors l’intégrale triple de f (x, y, z) au-dessus du
domaine V est donnée par la formule de Fubini,
ZZZ ZZ  Z f2 (x,y) 
f (x, y, z)dxdydz = f (x, y, z)dz dxdy. (8.1)
V D f1 (x,y)

Notons que si le domaine d’intégration V est parcouru parallèlement à l’axe Ox, c’esr-à-
dire, V est défini par les expressions analytiques suivantes,

V = {(x, y, z)R3 /(y, z) ∈ D′ , φ1 (y, z) 6 x 6 φ2 (y, z)},

alors l’intégrale triple d’une fonction fonction continue f : V → R est donnée par la
formule de Fubini :
ZZZ ZZ Z φ2 (y,z)
f (x, y, z)dxdydz = ( f (x, y, z)dx)dydz. (8.2)
V′ D′ φ1 (y,z)

De même, quand le domaine d’intégration V est parcouru parallèlement à l’axe Oy, c’esr-
à-dire, V est défini par les expressions analytiques ,

V” = {(x, y, z)/(x, z) ∈ D”, ψ1 (x, z) 6 y 6 ψ2 (x, z)},

la formule de Fubini s’écrit sous la forme :


ZZZ ZZ Z ψ2 (x,z)
f (x, y, z)dxdydz = ( f (x, y, z)dy)dxdz. (8.3)
V D” ψ1 (x,z)

8.2 Formule de changement de variables

Soient U1 ⊂ R3 et U2 ⊂ R3 deux ouverts non vides. On rappelle qu’une application


T : U1 → U2 est dite changement de variables (difféomorphisme ou transformation) s’il
est bijective de classe C 1 et dont l’application inverse T−1 : U2 → U1 est aussi de classe
C 1.
Étant donné un changement de variables T : U1 → U2 alors pour tout compact élémen-
taire V′ ⊂ U1 et pour toute fonction continue f : U1 → U2 on a la formule,

D(x, y, z)
ZZZ ZZZ
f (x, y, z)dxdydz = f ◦ T(u, v, w) | | dudvdw (8.4)
T(V′ ) V′ D(u, v, w)

A. BOUARICH 179 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

D(x, y, z)
où désigne le déterminant de la matrice jacobienne de l’application T.
D(u, v, w)
Ainsi, si T(r, θ, z) = (r cos(θ), r sin(θ), z) désigne le système de coordonnées cylindriques
défini sur le domaine V′ alors la formule générale de changement de variable (6.4) de-
vient,
ZZZ ZZZ
f (x, y, z)dxdydz = f (r cos(θ), r sin(θ), z)rdrdzdθ. (8.5)
T(V′ ) V′

De même, si on applique la formule du chagement de variables (6.4) au système de co-


ordonnées sphériques T(r, θ, ϕ) = (r cos(θ) cos(ϕ), r sin(θ) cos(ϕ), r sin(ϕ)) on obtient la
formule
ZZZ ZZZ
f (x, y, z)dxdydz = f (r cos(θ) cos(ϕ), r sin(θ) cos(ϕ), r sin(ϕ))r 2 cos(ϕ)drdϕdθ.(8.6)
T(V′ ) V′

8.3 Formule de Gauss-Ostroigradski

Une surface Σ ⊂ R3 est dite fermée si elle a un bord vide ∂Σ = ∅. Par exemple, la sphère
de centre (a, b, c) et de rayon R > 0 est une surface fermée tandis que le cylindre d’axe
Oz de hauteur h > 0 et de rayon r > 0 n’est pas fermée parce que son bord est constitué
par les deux cercles qui limitent ses bases.
z

∂Σ 6= ∅

x y


→ −

Soit X = P−→ı + Q−→ + R k un champ de vecteurs de classe C 1 défini sur un ouvert non
vide U ⊂ R3 . Pour tout domaine élémentaire V ⊂ U dont le bord ∂V = Σ est une surface


fermée orientable le flux sortant du champ de vecteurs X à travers la surface fermée
Σ = ∂V est donnée par la formule d’Ostroigradski-Gauss :
ZZ ZZZ
→ −
− → −

X · dS = Div( X)dxdydz. (8.7)
Σ V

De la formule d’Ostroigradski-Gauss on déduit que si la divergence du champ de vec-




teurs X est nulle alors son flux sortant à travers toute surface fermée orientable est nul.

→ −

En particulier, le flux sortant d’un champ de vecteurs rotatinnel X = Rot( A) à travers
toute surface fermée orientable est nul
ZZ
→ −
− →
Rot( A) · dS = 0. (8.8)
Σ

A. BOUARICH 180 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal



En conséquence de ce qui précède, on conclut que si pour un champ de vecteurs X de
classe C 1 il existe une surface fermée orientable Σ qui borde
Z Zun domaine V contenu dans

→ → −
− →
le domaine de définition de X et telle que le flux sortant X · dS 6= 0 alors le champ
Σ


de vecteurs X n’est pas un rotationnel.

8.4 Intégrales triples généralisées

Les intégrales triples généralisées se définissent de la même façon que les intégrales
doubles généralisées et possèdent les mêmes propriétés. En particulier, l’intégrale triple
généralisée d’une fonction continue f (x, y, z) converge au-dessus d’un domaine V ⊆ R3
si et seulement si l’intégrale triple généralisée de sa valeur absolue | f (x, y, z) | converge
au-dessus de V.

A. BOUARICH 181 Analyse II, 2008/2009


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8.5 Exercices avec solutions

Exercice 8.1 Calculer les intégrales triples suivantes :


ZZZ
a) I1 = zdxdydz où le domaine V1 = {(x, y, z) ∈ R3 /x > 0, y > 0, 0 6 z 6
V1
1 − y 2 , x + y 6 1} est limité par un cylindre parabolique et un plan vertical.
ZZZ
b) I2 = dxdydz où le domaine V2 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 6 3z, x2 + y 2 + z 2 6 4}
V2
est limité par une paraboloïde et une sphère de rayon 2.
1
ZZZ
c) I3 = 3
zdxdydz où le domaine V3 = {(x, y, z) ∈ R3 /x > 0, y >
V3 (1 + x + y + z)
0, z > 0, x + y + z 6 1} est le tétraèdre unité.
ZZZ
d) I4 = (x2 + y 2 )zdxdydz où le domaine V4 = {(x, y, z) ∈ R3 /0 6 z 6 4 − 4x2 − y 2 }
V4
est limité par le plan Oxy et la paraboloïde elliptique z = 4 − 4x2 − y 2 .

ZZZ
Solution 8.1 a) Calculons l’intégrale triple zdxdydz dont le domaine d’intégration
V1

V1 = {(x, y, z) ∈ R3 /x > 0, y > 0, z > 0, z 6 1 − y 2 , x + y 6 1}

est contenu dans le premier octon et qui est limité par le cylindre pabolique z = 1 − y 2 et
le plan vertical x + y = 1 (Voir la figure 1).

y
x

F IG . 8.1 – Domaine d’intégration V1

D’après cette figure, on voit que si on considère un point (x, y, z) ∈ V1 sa projection sur
le plan Oxy appartient au triangle limité par les axes Ox et Oy et la droite définie par
les équations x + y = 1 et z = 0. Tandis que le segment vertical d’extrémités (x, y, 0) et
(x, y, z) sa longueur z varie entre zéro et z = 1 − y 2 . Ainsi, si on désigne par D = {(x, y) ∈
R2 /x > 0, y > 0, x + y 6 1} le triangle qui est obtenu en projectant le domaine V1 sur le
plan Oxy on déduit que le domaine d’intégration V1 peut être défini par les expressions
suivantes :
V1 = {(x, y, z) ∈ R3 /(x, y) ∈ D, 0 6 z 6 1 − y 2 }.

A. BOUARICH 182 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Donc, suite à cette description analytique du domaine d’intégration V1 la formule de


Fubini nous permet d’écrire que
ZZZ ZZ  Z 1−y 2 
zdxdydz = zdz
V1 D 0
Z 1 Z 1−x
(1 − y 2 )2 (1 − y 2 )2
ZZ
= dxdy = dx dy
D 2 0 0 2
Z 1 
1 2 1  11
= (1 − x) − (1 − x)3 + (1 − x)5 dx = .
0 2 3 5 60
ZZZ
b) Calculons l’intégrale triple dxdydz dont le domaine d’intégration
V2

V2 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 6 3z, x2 + y 2 + z 2 6 4}

est limité par la sphère Σ de centre (0, 0, 0) de rayon R = 2 et la paraboloïde Σ′ d’équation


3z = x2 + y 2 (Voir la figure 2)

y
x
F IG . 8.2 – Domaine d’intégration V2

Notons que la sphère Σ et la paraboloïde Σ′ se coupent suivant un cercle horizontal dont


les points (x, y, z) sont solution du système d’équations,
 
 x2 + y 2 = 3z  x2 + y 2 = 3z (

2 2 2

2
z = 1
x +y +z = 4 =⇒ z + 3z − 4 = 0 =⇒
  x2 2
+y = 3
z > 0 z > 0
 

Donc, le domaine d’intégration V2 peut être défini comme le lieu des points de l’espace
R3 limité par le graphe des deux fonctions

1 p
f1 (x, y) = (x2 + y 2 ) et f2 (x, y) = 4 − x2 − y 2
3
et qui sont définies sur le disque D = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 6 3}. Autrement dit, le
domaine d’intégration V2 peut être défini par les inégalités suivantes,

V2 = {(x, y, z) ∈ R3 /(x, y) ∈ D, f1 (x, y) 6 z 6 f2 (x, y)}.

A. BOUARICH 183 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Maintenant, si on applique la formule de Fubini à l’intégrale triple donnée on voit que


f2 (x,y)
1
ZZZ ZZ  Z  ZZ p
Volume(V2 ) = dxdydz = dz) = ( 4 − x2 − y 2 − (x2 + y 2 ))dxy
V2 D f1 (x,y) D 3

2π 3 p
r2
Z Z
= dθ ( 4 − r2 −
)rdr
0 0 3

h 1
2 3/2 r 4 i 3 19π
= 2π − (4 − r ) − = .
3 12 0 6
1
ZZZ
c) Calculons l’intégrale triple zdxdydz dont le domaine d’intégra-
V3 (1 + x + y + z)3
tion est le thétraèdre (Voir la figure 3) :

V3 = {(x, y, z) ∈ R3 /x > 0, y > 0, z > 0, x + y + z 6 1}.

y
b
b

F IG . 8.3 – Domaine d’intégration V3

Pour calculer l’intégrale triple donnée nous allons appliquer la formuler de Fubini. Pour
cela nous devons décrire le domaine d’intégration V3 comme une région de l’espace R3
limitée par le graphe de deux fonctions f1 (x, y) et f2 (x, y).
Observons que si on considère un point M = (x, y, z) ∈ V3 alors sa projection sur le plan
Oxy est un point de type (x, y, 0) qui appartient au triangle D limité dans le plan Oxy par
les axes Ox et Oy et la droite d’équation x + y = 1. De même, on voit que la cote z varie
entre zéro quand M ∈ Oxy et z = 1 − x − y quand le point M appartient au plan incliné
d’équation x + y + z = 1. Finalement, ceci permet d’écrire le domaine d’intégration V3
par les expressions

V3 = {(x, y, z) ∈ R3 /(x, y) ∈ D, f1 (x, y) 6 z 6 f2 (x, y)}

où les fonctions f1 (x, y) = 0 et f2 (x, y) = 1 − x − y sont définies sur le triangle

D = {(x, y) ∈ R2 /x > 0, y > 0, x + y 6 1}.

Par conséquent, si on applique la formule de Fubini au domaine d’intégration V3 on


obtient :

A. BOUARICH 184 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Z Z  Z 1−x−y
1 dz
ZZZ 
3
zdxdydz = dxdy
V3 (1 + x + y + z) D 0 (1 + x + y + z)3
= ZZ
h 1 1 iz=1−x−y
= −
D 2 (1 + x + y + z)2 z=0
Z 1 Z 1−x 
1 1 1
= dx − dy
0 0 2 (1 + x + y)2 8
Z 1h
1 1 y iy=1−x
= − − dx
0 2 1 + x + y 8 y=0
Z 1
1 1 1 − x
= − − dx
0 2(1 + x) 4 8
h1 3x x2 i1 √ 5
= Log(1 + x) − + = Log( 2) − .
2 8 16 0 16
ZZZ
d) Calculons l’intégrale triple (x2 + y 2 )zdxdydz dont le domaine d’intégration
V4

V4 = {(x, y, z) ∈ R3 /0 6 z 6 4 − 4x2 − y 2 }

est limité par le plan Oxy et la paraboloïde elliptique z = 4 − 4x2 − y 2 (Voir la figure 4).
z

x y

F IG . 8.4 – Domaine d’intégration V4

D’après les exprerssions qui définissent le domaine d’intégration V4 on conclut qu’il est
limité par les graphes des deux fonctions f1 (x, y) = 0 et f2 (x, y) = 4 − 4x2 − y 2 qui sont
définies sur l’ellipse D = {(x, y) ∈ R2 /4x2 + y 2 6 4}.
Donc, si on applique la formule de Fubini on voit que
ZZZ ZZ  Z 4−4x2 −y 2 
2 2
(x + y )zdxdydz = (x2 + y 2 )zdz dxdy
V4
Z ZD 0
1 2
= (x + y 2 )(4 − 4x2 − y 2 )2 dxdy.
D 2

A. BOUARICH 185 Analyse II, 2008/2009


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Pour calculer la dernière intégrale double nous allons effectuer le chengement de va-
riables suivante,
r

( cos(θ) −r sin(θ)
x = cos(θ) D(x, y) r
2 =⇒ = 2 2 = où 0 6 θ 6 2π, 0 6 r 6 2.
y = r sin(θ) D(r, θ) sin(θ) r cos(θ) 2

2π 2
1 r 2 cos2 (θ) r
ZZZ Z Z
(x2 + y 2 )zdxdydz = dθ ( + r 2 sin2 (θ))(4 − r 2 ) dr
V4 0 0 2 4 2
Z 2π
1 cos2 (θ) h r 6 ir=2
= ( + sin2 (θ)) r 4 − dθ
0 4 4 6 r=0
Z 2π
4 1 + cos(2θ) 1 − cos(2θ)
= ( + )dθ
0 3 8 2
4 h θ sin(2θ) θ sin(2θ) i2π 5π
= + + − = .
3 8 16 2 4 0 3

Exercice 8.2 Calculer les intégrales suivantes en effectuant un changement de variables.


ZZZ
a) J1 = (x2 + y 2 )dxdydz où le domaine W1 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 6 (z − 1)2 , 0 6
W1
z 6 1} est limité par le cône de hauteur 1 et de sommet (0, 0, 1).
1
ZZZ
b) J2 = 2 + y 2 + 1)2
dxdydz où le domaine W2 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 + z 2 6
W2 (x
R2 , x2 + y 2 + z 2 6 2Rz} est limité par deux sphères.
ZZZ
c) J3 = (z + 2)(x2 + y 2 + 1)dxdydz où le domaine W3 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 6
W3
z 2 , 0 6 z 6 h} est limité par le cône de hauteur h > 0 et de sommet (0, 0, 0).
ZZZ
d) J4 = z cos(x2 + y 2 )dxdydz où le domaine W4 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 + z 2 6
W4
1, z > 0} est limité par l’hémisphère supérieure.

ZZZ
Solution 8.2 a) Calculons l’intégrale triple J1 = (x2 + y 2 )dxdydz dont le domaine
W1
d’intégration est un cône de sommet (0, 0, 1) et de hauteur h = 1,

W1 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 6 (z − 1)2 , 0 6 z 6 1}

Pour calculer l’intégrale triple donnée nous allons expremier le doamine d’intégration
W1 en fonction des coordonnées cylindriques :

 X = r cos(θ)

T(r, θ, z) = Y = r sin(θ) =⇒ V1 = {(r, θ, z)/0 6 θ 6 2π, 0 6 r 6 1, 0 6 z 6 1 − r}

Z = z

A. BOUARICH 186 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal
z

x y

F IG . 8.5 – Domaine d’intégration V1

Donc, d’après la formule du changement de variables on peut écrire


2π 1 1−r 1
π
ZZZ Z Z Z Z
2 2 2
J1 = (x + y )dxdydz = dθ rdr r dz = 2π r 3 (1 − r)dr = .
V1 0 0 0 0 10

1
ZZZ
b) Calculons l’intégrale triple J2 = dxdydz dont le domaine d’inté-
W2 (x2 + y 2 + 1)2
gration
W2 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 + z 2 6 1, x2 + y 2 + z 2 6 2z}

est limité par deux spères ; la première est de centre (0, 0, 0) et de rayon un et la seconde
est de centre (0, 0, 1) et de rayon un (Voir la figure 6).
z

x y

F IG . 8.6 – Domaine d’intégration W2

Notons que puisque les deux sphères qui limitent le domaine d’intégration W2 se ren-
contrent suivant un cercle défini par les équations,

( 1
2 2 2 z =

x +y +z = 1 
2
=⇒ 3
x2 + y 2 + z 2 = 2z  x2 + y 2 =

4
et puisque le domaine
√ W2 se projète dans le plan Oxy sur le disque de centre (0, 0) et
3
de rayon R = ; on conclut donc que le domaine d’intégration W2 peut être décrit en
2
fonction des coordonnées cylindriques par les expresdsions :

3 p p
W2 = {(r, θ, z)/0 6 θ 6 2π, 0 6 r 6 , 1 − 1 − r 2 6 z 6 1 − r 2 }.
2

A. BOUARICH 187 Analyse II, 2008/2009


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Enfin, si on applique la formule de changement de variables aux coordonnées cylin-


driques on obtient :
Z 2π Z √3/2 Z √1−r2
1 1
ZZZ
J2 = 2 + y 2 + 1)2
dxdydz = dθ rdr √ 2 + 1)2
dz
W2 (x 0 0 1− 1−r 2 (r
Z 2π Z √3/2 √
(2 1 − r 2 − 1)r
= dθ dr
0 0 (r 2 + 1)2
h √1 − r 2 √2 √
2p 1 1 ir= 3/2

= 2π − + arctanh( 1−r )+ 2
1 + r2 2 2 2 1 + r 2 r=0
√ √ √ √
2 2 1 2 2
= arctanh( )+ − arctanh( ).
2 4 2 2 2
ZZZ
c) Calculons l’intégrale triple J3 = (z + 2)(x2 + y 2 + 1)dxdydz dont le domaine
W3
d’intégration W3 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 6 1, 0 6 z 6 h} est un cylindre d’axe Oz, de
rayon un et de hauteur h > 0.

x y

F IG . 8.7 – Domaine d’intégration W3

Pour calculer cette intégrale triple J3 nous allons remplacer les coordonnées caratésiènnes
par les coordonnées cylindriques :

 x = r cos(θ),

y = r sin(θ), =⇒ W3 = {(r, θ, z)/0 6 r 6 1, 0 6 θ 6 2π, 0 6 z 6 h}.

z = z

Donc, avec ces notations si on applique la formule du changement de variables on ob-


tient,
ZZZ Z 2π Z 1 Z h
2 2
J3 = (z + 2)(x + y + 1)dxdydz = dθ rdr (z + 2)(1 + r 2 )dz
W3 0 0 0
Z 2π h z2 Z iz=h1
= (r 3 + r) dθ + 2z dr
0 0 2 z=0
Z 2π h 4
h2 r r 2 ir=1 3π h2
= ( + 2h) + dθ = ( + 2h).
2 0 4 2 r=0 2 2

A. BOUARICH 188 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

ZZZ
d) Calculons l’intégarle J4 = z cos(x2 + y 2 )dxdydz dont le domaine d’intégration
W4
est l’hémisphère supérieure de centre (0, 0, 0) et de rayon R = 1,

W4 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 + z 2 6 1, z > 0}.


z

y
x

F IG . 8.8 – Domaine d’intégration V4

Puisque la fonction z cos(x2 + y 2 ) dépend de z et de r 2 = x2 + y 2 cela nous suggère de


changer les coordonnées cartésiènnes par les coordonnées cylindriques.
D’abord, notons que le domaine d’intégration W4 s’écrit en fonction des coordonnées
cylindriques (r, θ, z) par les expressions :

 x = r cos(θ),


y = r sin(θ), =⇒ W4 = {(r, θ, z)/0 6 r 6 1, 0 6 θ 6 2π, 0 6 z 6 1 − r 2 }.

z = z

Ainsi, la formule du changement de variables nous donne



ZZZ Z 2π Z 1 Z 1−r 2
J4 = z cos(x2 + y 2 )dxdydz = dθ rdr z cos(r 2 )dz
W4 0 0 0
2π 1
1
Z Z
= dθ (1 − r 2 )r cos(r 2 )dr
0 0 2
h1 1 1 ir=1
= π sin(r 2 ) − cos(r 2 ) − r 2 sin(r 2 )
2 2 2 r=0
1 − cos(1)
= π = π sin(2).
2

Exercice 8.3 Dans cet exercice on se propose de calculer le volume du compact élémen-
taire,
V = {(x, y, z) ∈ R3 /x4 + y 4 + z 4 6 3xyz, x > 0, y > 0, z > 0}.

a) Calculer le déterminant de la matrice jacobienne de l’application T(s, t, u) = (x, y, z)


définie sur l’ouvert (R∗+ )3 par les expressions suivantes,

T(s, t, u) = (s1/4 t1/4 u1/2 , s1/4 t1/2 u1/4 , s1/2 t1/4 u1/4 ).

A. BOUARICH 189 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

b) En déduire que l’application T(s, t, u) réalise un changement de variables qui trans-


forme le tétraèdre V′ = {(s, t, u) ∈ R3 /s + t + u < 3, s > 0, t > 0, u > 0} sur le compact
élémentaire V.
c) Calculer le volume de V en utilisant le chamgement de variables T(s, t, u).

Solution 8.3 a) Il est clair que l’application T(s, t, u) = (s1/4 t1/4 u1/2 , s1/4 t1/2 u1/4 , s1/2 t1/4 u1/4 )
est de classe C ∞ sur l’ouvert (R∗+ )3 . Donc, l’application T possède une matrice jacobiènne
donnée par les expressions,
1 −3/4 1/4 1/2 1 1/4 −3/4 1/2 1 1/4 1/4 −1/2
 
 4 s t u s t u s t u
 1 4 2 
−3/4 1/2 1/4 1 1/4 −1/2 1/4 1 1/4 1/2 −3/4

J(T, (s, t, u)) =  4s t u s t u s t u .
 1 2 4 
1 1 
s−1/2 t1/4 u1/4 s1/2 t−3/4 u1/4 s1/2 t1/4 u−3/4
2 4 4
Maintenant, si on factorise les coefficients des trois lignes de la matrice jacobiènne
J(T, (s, t, u)) par les quantités u1/2 t1/4 u1/2 , t1/2 u1/4 s1/4 et t1/4 u1/4 s1/2 respectivement on
voit que le déterminant,
1 −3/4 1/4 1/2 1 1/4 −3/4 1/2 1 1/4 1/4 −1/2

s t u s t u s t u
4 4 2
1 1 1/4 −1/2 1/4 1 1/4 1/2 −3/4
Det(J(T, (s, t, u))) = s −3/4 1/2
t u 1/4
s t u s t u
4 2 4
1 −1/2 1/4 1/4 1 1/2 −3/4 1/4 1 1/2 1/4 −3/4

s t u s t u s t u
2 4 4

s−1 t−1 u−1

4 4 2
−1 −1 −1 1
s t u

= stu =− .

4 2 4 16
s−1 t−1 u−1

2 4 4

b) Dans l’inégalité x4 + y 4 + z 4 6 3xyz si on remplace les variables x, y et z par leurs ex-


pressions définies à partir de la transformation T(s, t, u) = (x, y, z) on obtient l’inégalité,

x4 + y 4 + z 4 = stu2 + st2 u + s2 tu = stu(s + t + u) 6 3xyz = 3stu =⇒ s+t+u 6 3

qui montre que l’image du tétraèdre V′ = {(s, t, u) ∈ R3 /s + t + u 6 3, s > 0, t > 0, u > 0}


par la transformation T(s, t, u) = (x, y, z) contient le doimaine V (i.e V ⊆ T(V′ )).
z 3 y 3 x3
Inversement, puisque l’application inverse T−1 (x, y, z) = (s, t, u) = ( , , ) on voit
xy xz yz
donc que l’application T envoie le tétraèdre V′ dans le domaine V (i.e T(V′ ) ⊆ V) :

z3 y3 x3
s+t+u 6 3 =⇒ + + 63 =⇒ x4 + y 4 + z 4 6 3xyz.
xy xz yz

Par conséquent, l’application T(s, t, u) = (x, y, z) réalise un changement de variables tel


que T(V′ ) = V.

A. BOUARICH 190 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

c) Le volume du domaine V peut maintenant se calculer en utilisant le changement de


variables T(s, t, u) = (x, y, z) :

Volume(V′ )
ZZZ ZZZ
Volume(V) = dxdydz = | Det(J(T, (s, t, u))) | dsdtdu =
V V′ 16
Z 3 Z 3−s Z 3−s−t
1
= ds dt du
16 0 0 0
Z 3 Z 3−s Z 3
1 1 (3 − s)2 9
= ds (3 − s − t)dt = ds = .
16 0 0 16 0 2 32


→ −
→ −
→ −

Exercice 8.4 : Calculer le flux sortant du champ de vecteurs V = xy 2 i + y 3 j + x2 z k à
travers le bord du solide D = {(x, y, z) ∈ R3 /z 2 6 x2 + y 2 6 1, z > 0} qui est limité par
les trois surfaces (voir la figure) :
1. le cône d’axes Oz, Σ1 = {(x, y, z)/x2 + y 2 = z 2 , 0 6 z 6 1} ;
2. le cylinde d’axes Oz, Σ2 = {(x, y, z)/x2 + y 2 = 1, 0 6 z 6 1} ;
3. le disque horizontal Σ3 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 6 1, z = 0}.

F IG . 8.9 – Forme géométrique du bord du solide D

– En appliquant la définition du flux sortant.


– En appliquant la formule de Gauss-Ostrogradski.



Solution 8.4 : 1) Rappelons que le flux sortant d’un champ Z Z de vecteurs V à trvers une
→ −
− →
surface orientable Σ est donné par l’intégrale de surface V · dS où le vecteur infini-
Σ


tésimal de surface dS est tiré vers l’extérieur du solide D.

A. BOUARICH 191 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Notons que puisque le bord du domaine D = {(x, y, z) ∈ R3 /z 2 6 x2 + y 2 6 1, z > 0} est


constitué par trois surfaces qui sont :
– le cône Σ1 = {(x, y, z) ∈ R3 /z 2 = x2 + y 2 , 0 6 z 6 1},
– le cylinde Σ2 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 = 1, 0 6 z 6 1},
– le disque horizontal Σ3 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 6 1, z = 0} ,

→ −
→ −
→ −

le flux sortant du champ de vecteurs V = xy 2 i + y 3 j + x2 z k à travers le bord ∂D =
Σ1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 est donc égal à la somme des trois flux sortant :
Z Z Z Z Z Z Z Z
→ −
− → → −−→
− → −−→
− → −−→

V · dS = V · dS1 + V · dS2 + V · dS3 .
∂D Σ1 Σ2 Σ3
Z Z
→ −
− →
a) Calcul du flux sortant V · dS1 :
Σ1
Pour calculer le vecteur de surface infinitésimal du cône Σ1 = {(x, y, z) ∈ R3 /z 2 =
x2 + y 2 , 0 6 z 6 1} nous allons considérer la paramétrisation ϕ1 (θ, r) = (x, y, z) =
(r cos(θ), r sin(θ), r) avec 0 6 θ 6 2π et 0 6 r 6 1.

→ −
→ −

i j k
−→ ∂ϕ1 ∂ϕ1

→ → −
− →
dS1 = ∧ drdθ = −r sin(θ) r cos(θ) 0 drdθ = [r cos(θ) i +r sin(θ) j −r k ]drdθ

∂θ ∂r
cos(θ) sin(θ) 1
z



dS1
y
x

Z Z Z 1 Z 2π
→ −
− →
V · dS1 = dr (r 3 cos(θ) sin(θ)2 , r 3 sin(θ)3 , r 3 cos(θ)2 ) · (r cos(θ), r sin(θ), −r)dθ
Σ1 0 0
Z 1 Z 2π
= r 4 (cos(θ)2 sin(θ)2 + sin(θ)4 − cos(θ)2 )dθ
dr
0 0
Z 1 Z 2π Z 1 Z 2π
= dr r 4 (sin(θ)2 − cos(θ)2 )dθ = dr r 4 (− cos(2θ)dθ = 0
0 0 0 0
Z Z
→ −
− →
b) Calcul du flux sortant V · dS2 :
Σ2
Pour calculer le vecteur de surface infinitésimal du cylindre Σ2 = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 +
y 2 = 1, 0 6 z 6 1} nous allons considérer la paramétrisation ϕ2 (θ, z) = (x, y, z) =
(cos(θ), sin(θ), z) avec 0 6 θ 6 2π et 0 6 z 6 1.

→ −
→ −

i j k

→ ∂ϕ2 ∂ϕ2

→ −

dS2 = ∧ dθdz = − sin(θ) cos(θ) 0 dθdz = [cos(θ) i + sin(θ) j ]dθdz

∂θ ∂z
0 0 1

A. BOUARICH 192 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal



dS2
y
x

Z Z Z 1 Z 2π
→ −
− →
V · dS2 = dz (cos(θ) sin(θ)2 , sin(θ)3 , cos(θ)2 z) · (cos(θ), sin(θ), 0)dθ
Σ1 0 0
Z 1 Z 2π
= dz (cos(θ)2 sin(θ)2 + sin(θ)4 )dθ
0 0
2π hθ sin(2θ) i2π
Z
= sin(θ)2 dθ = − = π.
0 2 4 0
Z Z
→ −
− →
c) Calcul du flux sortant V · dS3 :
Σ3
Pour calculer le vecteur de surface infinitésimal du disque Σ3 = {(x, y, z)/x2 +y 2 6 1, z =
0} nous allons considérer la paramétrisation ϕ3 (y, x) = (x, y, 0) avec x2 + y 2 6 1.
− → −
→ − →
i j k

→ ∂ϕ3 ∂ϕ3


dS3 = ∧ dydx = 0 1 0 dxdy = −dxdy k

∂y ∂x
1 0 0

y


x dS3

Z Z Z Z
→ −
− →
V · dS3 = (xy 2 , y 3 , 0) · (0, 0, −1)dxdy = 0.
Σ3 x2 +y 2 61

Ainsi, en conséquence des calculs précédents on conclut que le flux sortant du champ de

→ −
→ −
→ −

vecteurs V = xy 2 i + y 3 j + x2 z k à travers le bord ∂D = Σ1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 est égal à,
Z Z Z Z Z Z Z Z
→ −
− → → −
− → → −
− → → −
− →
V · dS = V · dS1 + V · dS2 + V · dS3 = π.
∂D Σ1 Σ2 Σ3

A. BOUARICH 193 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

p
2) Puisque D = {(x, y, z)/0 6 z 6 x2 + y 2 , x2 + y 2 6 1} est un domaine de l’espace
R3 qui borde une surface fermée et orientable ∂D on peut donc appliquer la formule de

→ −
→ −
→ −

Gauss-Ostrogradski au domine D et au champ de vecteur V = xy 2 i + y 3 j + x2 z k :
Z Z Z Z Z
→ −
− → −

V · dS = Div( V )dxdydz
∂D Z Z ZD
= (x2 + 4y 2 )dxdydz
D

Z Z  Z x2 +y2 
= (x2 + 4y 2 )dz dxdy
x2 +y 2 61 0
Z Z  p
= x2 + 4y 2 x2 + y 2 )dxdy
x2 +y 2 61
Z 2π Z 1
= dθ r 4 (cos2 (θ) + 4 sin2 (θ))dr
0 0
1 h θ sin(2θ) i2π
= + + 2θ − sin(2θ) = π.
5 2 4 0



Exercice 8.5 : Pour tout triplet de nombres réels (x, y, z) 6= (0, 0, 0) on pose −

r =xi +

→ −

y j + z k et on définit un champ de vecteurs sur l’ouvert R3 \ {(0, 0, 0)} par l’expression,


→ −

r
X=q −
→ où q ∈ R.
k r k3


1) Vérifier que le rotationnel et la divergence du champ de vecteurs X sont nuls.
2) Démontrer qu’il existe une fonction f (x, y, z) de classe C ∞ sur l’ouvert R3 \ {(0, 0, 0)}


dont le gradient est égal au champ de vecteurs X.


3) Calculer le flux sortant du champ de vecteurs X à travers la sphère Σε de centre (0, 0, 0)
et de rayon ε > 0.
4) On désigne par V ⊂ R3 un compact élémentaire limité par une surface Σ = ∂V qui
est de classe C 1 , fermée et orientable. En utilisant la formule de Gauss-Ostrogradski ;


démontrer que le flux sortant du champ de vecteurs X à travers la surface Σ = ∂V est
égal à, (
0, si (0, 0, 0) 6∈ V;
Z Z

→ − →
X ·dS =
Σ 4π, si (0, 0, 0) ∈ V.

Indication : Quand l’origine (0, 0, 0) ∈ V appliquer la formule de Gauss-Ostrogradski


au domaine creux V \ Bε où Bε désigne la boule ouverte de centre (0, 0, 0) et de rayon
ε > 0 très proche de zéro. De plus, remarquer que le bord ∂(V \ Bε ) est égal à la réunion
disjointe de la surface Σ = ∂V et de la sphère Σε = ∂Bε de centre (0, 0, 0) et de rayon
ε > 0.


5) Sur l’ouvert R3 \ {(0, 0, 0)} le champ de vecteurs X dérive-t-il d’un potentiel vecteurs ?

A. BOUARICH 194 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal



Solution 8.5 : 1) a) En appliquant la définition du rotationnel au champ de vecteurs X =

→r −
→ −

q −→ 3
on trouve que Rot( X) = 0 (Faire les calculs).
krk


b) De même si on applique la définition de la divergence au champ de vecteurs X =

→r −

q −→ 3
on trouve que Div( X) = 0 (Faire les calculs).
krk
2) Notons d’abord que si C désigne une courbe de classe C 1 paramétrée par une appli-
cation γ(t) = (x(t), y(t), z(t)) = −

r (t) avec t ∈ [a, b] on aura par définition de l’intégrale
curviligne que,
Z

→ −
Z b −
→r (t) d →

X ·dr = q − · (− r (t))dt
→ 3
k r (t)k dt
C a
Z b 
d 1 
= −q −
→ dt
a dt k r (t)k
 1 1 
= q − − .
k→r (a)k k− →
r (b)k

Par conséquent, si on suppose que la courbe C est fermée (i.e. γ(a) = γ(b)) on aura une
intégrale curviligne, I

→ −
X · d→
r = 0,
C


et donc le champ de vecteurs X dérive d’un potentiel scalaire,
−q
f (x, y, z) = p + Cte, ∀(x, y, z) 6= (0, 0, 0)
x2 + y2 + z2

qui est visiblement de classe C ∞ sur l’ouvert R3 − {(0, 0, 0)}.


3) Rappelons que si on paramétrise la sphère Σε = {(x, y, z)/x2 + y 2 + z 2 = ε2 } par le
π π
système de coordonnées sphériques avec 0 6 θ 6 2π et − 6 ϕ 6 ,
2 2

 x = ε cos(θ) cos(ϕ)

ρ(θ, ϕ) = y = ε sin(θ) cos(ϕ)

z = ε sin(ϕ)

on en déduit que le vecteur de surface infinitésimal de Σε est donné par l’expression,



→ ∂ρ ∂ρ
dS = ∧ dθdϕ
∂θ ∂ϕ

→ −
→ −


i j k

= −ε sin(θ) cos(ϕ) ε cos(θ) cos(ϕ) 0 dθdϕ


−ε cos(θ) sin(ϕ) −ε sin(θ) sin(ϕ) ε cos(ϕ)

→ −
→ −

h i
= ε2 cos(ϕ) cos(θ) cos(ϕ) i + sin(θ) cos(ϕ) j + sin(ϕ) k dθdϕ


→ −

r
Par conséquent, le flux sortant du champ de vecteurs X = q −→ est égal à,
k r k3
Z Z Z 2π Z π/2
→ −
− →
X · dS = dθ q cos(ϕ)dϕ = 4πq.
Σε 0 −π/2

A. BOUARICH 195 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

4) a) Supposons que l’origine (0, 0, 0) n’appartient pas au domaine V.



→ −
→r
Puisque le champ de vecteurs X = q − → est bien défini dans V ⊂ R3 \ {(0, 0, 0)} qui
k r k3
est limité par la surface Σ ⊂ R3 \ {(0, 0, 0)} on peut donc appliquer la formule de la
divergence pour calculer le flux :
Z Z Z Z Z Z Z Z
→ −
− → −

X · dS = Div( X)dxdydz = 0dxdydz = 0.
Σ V V

b) Supposons que l’origine (0, 0, 0) appartient au domaine V.



→ −
→r
Notons que dans ces conditions, puisque le champ de vecteurs X = q − → n’est pas
k r k3
défini au point (0, 0, 0) ∈ V, donc ; on ne peut pas lui appliquer la formule de la diver-
gence dans tout le domaine V. Mais, si on désigne par Bε ⊂ V la boule ouverte centrée
à l’origine (0, 0, 0) et de rayon ε > 0 suffisament petit dans le domaine V \ Bε on pourra
appliquer la formule de la divergence (Voir la figure 11),




V \ Bε
−−

n Σε
b

F IG . 8.10 – Domaine creux V \ Bε

Z Z Z Z Z

→ − → −

X · dS = Div( X)dxdydz = 0.
∂(V\Bε ) V\Bε

D’autre part, puisque le bord ∂(V \ Bε ) est égal à la réunion de la surface Σ = ∂V munie
du champ de vecteurs normaux sortant − →n Σ et de la sphère Σε = ∂(Bε ) qui est munie du


champ de vecteurs normaux − n Σε qui pointent vers l’origine (0, 0, 0) (Voir la figure 11)
on en déduit donc que l’intégrale de surface,
Z Z Z Z Z Z

→ − → −
→ − → −
→ − →
X · dS = X · dS − X · dS = 0.
∂(V\Bε ) ∂(V) ∂(Bε )

D’où,
Z Z Z Z
→ −
− → → −
− →
X · dS = X · dS = 4πq.
Σ Σε

A. BOUARICH 196 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal


→ −
→r
5) Puisque le flux sortant du champ de vecteurs X = q − → à travers toute sphère Σε de
k r k3
centre (0, 0, 0 = et de rayon ε > 0 est égal à 4πq 6= 0 ; on en déduit donc que le champ de

→ −

r
vecteurs X = q − → n’est pas un rotationnel malgré que sa divergence est nulle.
k r k3

→ −

En effet, si on suppose qu’il existe un champ de vecteurs A dont le rotationnel Rot( A) =


X ; alors en coupant la sphère Σε = {(x, y, z)/x2 + y 2 + z 2 = ε2 } par le plan d’équation
z = 0 on obtient deux hémisphères

Σ+ 2 2 2 2
ε = {(x, y, z)/x + y + z = ε , z > 0} et Σ− 2 2 2 2
ε = {(x, y, z)/x + y + z = ε , z 6 0}

dont l’intesection Σ+ − 2 2 2
ε ∩ Σε = {(x, y, z)/x + y = ε , z = 0} = C est un cercle.

F IG . 8.11 – La sphère Σε coupée en deux hémisphères

Ainsi, selon l’orientation de la sphère Σε , puisque le bord ∂Σ+ 2 2


ε = {(x, y, z)/x + y =
ε2 , z = 0} = C est parcouru dans le sens trigonométrique tandis que le bord ∂Σ− ε =
2 2 2
{(x, y, z)/x + y = ε , z = 0} = C est parcouru dans le sens horaire ; le théorème de
Stokes nous permet de voir que
ZZ I ZZ I
→ −
− → → −
− → → −
− → → −
− →
Rot( A) · dS = A · dr et Rot( A) · dS = − A · dr.
Σ+
ε C Σ−
ε C



Mais, puisque le flux sortant du champ de vecteurs X à travers la sphère Σε est égal à la
somme des deux flux sortant,
ZZ ZZ ZZ

→ − → −
→ − → −
→ − →
X · dS = Rot( A) · dS + Rot( A) · dS = 0,
Σε Σ+
ε Σ−
ε
ZZ
→ −
− →
ceci implique la contradiction 0 = X · dS = 4qπ 6= 0.
Σε

Exercice 8.6 Dans cet exercice on se propose de calculer l’intégrale triple généralisée,
Z Z Z
I= xm y n z p (1 − x − y − z)q dxdydz

A. BOUARICH 197 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

où ∆ = {(x, y, z) ∈ R3 /x + y + z 6 1, x > 0, y > 0, z > 0} désigne le tétraèdre unité et où


m > 0, n > 0, p > 0 et q > 0 sont quatre nombres réels strictement positifs fixés.
On rappelle que dans l’exercice 6.8 nous avons associé à chaque couple de nombres réels
p > 0 et q > 0 les deux fonctions d’Euler suivantes :
Z +∞ Z 1
p−1 −t Γ(p)Γ(q)
Γ(p) = t e dt et B(p, q) = tp−1 (1 − t)q−1 dt = .
0 0 Γ(p + q)

1) En utilisant le changement de variables u = x+y +z, uv = y +z et uvw = z ; démontrer


Γ(m + 1)Γ(n + 1)Γ(p + 1)Γ(q + 1)
que l’intégrale triple généralisée I = .
Γ(m + n + p + q + 4)
2) En déduire que si les paramètres m, n, p et q sont des entiers naturels,
m!n!p!q!
I= .
(m + n + p + q + 3)!

Solution 8.6 : i) Observons que si on considère la transformation T(x, y, z) = (u, v, w)


définie par le système d’équations suivant :
 

 u = x + y + z,  x = u(1 − v),

uv = y + z, =⇒ S(u, v, w) = y = uv(1 − w),
 
uvw = z z = uvw.
 

Ainsi, puisque les composantes du point (x, y, z) ∈ ∆ sont positives il en résulte que les
composantes du point (u, v, w) ∈ S−1 (∆) sont eux aussi positives.
D’autre part, de l’inégalité u = x + y + z 6 1 on voit que 0 6 u 6 1 et des égalitétés
x = u(1 − v) > 0 et y = uv(1 − w) > 0 on déduit aussi que 0 6 v 6 1 et 0 6 w 6 1.
Par conséquent, si on désigne le cube unité de l’espace R3 par

3 = {(u, v, w) ∈ R3 /0 6 u 6 1, 0 6 v 6 1, 0 6 w 6 1}

on déduit de ce qui précède qu’on a S(3 ) = ∆.

x y

Enfin, notons que pour pouvoir appliquer le changement de variables S(u, v, w) =


(x, y, z) à l’intégrale triple I nous devons d’abord calculer le détrminant de la matrice

A. BOUARICH 198 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

jacobienne de S(u, v, w) = (x, y, z) :



1−v −u 0
D(x, y, z)
= Det(J(S, u, v, w)) = v(1 − w) u(1 − w) −uv

D(u, v, w)
vw uw uv
   
= (1 − v) u2 v(1 − w) + u2 vw + u uv 2 (1 − w) + uv 2 w
= (1 − v)u2 v + u2 v 2 = u2 v.

Maintenant nous avons tous les l’éléments nécessaires pour appliquer la formule du cha-
qngement de variables dans l’intégrale triple I :

Z Z Z
I = xm y n z p (1 − x − y − z)q dxdydz
Z Z Z∆  m  n  p
= u(1 − v) uv(1 − w) uvw (1 − u)q u2 vdudvdw
3
Z 1 Z 1 Z 1
m+n+p+2 q n+p+1 m
= u (1 − u) du v (1 − v) dv wp (1 − w)n dw
0 0 0
= B(n + m + p + 3, q + 1)B(n + p + 2, m + 1)B(p + 1, n + 1)
Γ(m + n + p + 3)Γ(q + 1) Γ(n + p + 2)Γ(m + 1) Γ(n + 1)Γ(p + 1)
=
Γ(m + n + p + q + 4) Γ(m + n + p + 3)! Γ(n + p + 2)
Γ(m + 1)Γ(n + 1)Γ(p + 1)Γ(q + 1)
= .
Γ(m + n + p + q + 4)

ii) Puisque pour tout entier n > 0 on sait que Γ(n+1) = n! la formule qu’on vient d’étabir
nous permet de voir que pour tous quadriplet (m, n, p, q) ∈ N4 l’intétégrale triple,

m!n!p!q!
Z Z Z
xm y n z p (1 − x − y − z)q dxdydz = .
∆ (m + n + p + q + 3)!

Remarque : En prenant m = n = p = q = 0 on voit que le volume du tétraèdre ∆ est égal


à
1 1
Z Z Z
Volume(∆) = dxdydz = = .
∆ 3! 6

A. BOUARICH 199 Analyse II, 2008/2009


Solution du deuxième devoir
surveillé

Exercice 1 : Soient U ⊆ R2 un ouvert non vide et ω = Pdx + Qdy une forme différentielle
de classe C k sur U avec k > 0. Soit Γ ⊂ U une courbe de classe C 1 paramétrée par une
application γ : [a, b] → U. On désigne par Γ− ⊂ U la courbe inverse de Γ paramétrée par
γ − (t) = γ(a + b − t) pour tout t ∈ [a, b].
Z Z
1) Vérifier que l’intégrale curviligne, ω = − ω.
Γ− Γ
2) Maintenant, sur l’ouvert U = R2 \ {(0, 0)} on définit une forme différentielle par,
x2 + 2xy − y 2 −x2 + 2xy + y 2
ω= dx + dy.
(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2

a) Vérifier Ique pour toute courbe fermée Γ ⊂ R2 \ {(0, 0)} et de classe C 1 l’intégrale
curviligne ω = 0.
Γ
b) On désigne par Γ1 le quart du cercle d’origine A = (0, 1) et d’extrémité B = (−1, 0) ; et
par Γ2 on désigne le segment
Z d’origine
Z A = (0, 1) et d’extrémité B = (−1, 0). Démontrer
que l’intégrale curviligne ω= ω et la calculer.
Γ1 Γ2

Γ1 1 A

Γ2
B

−1 1

Solution 1 : 1) Soient U ⊆ R2 un ouvert non vide et Γ ⊂ U une courbe de classe C 1


paramétrée par une application γ : [a, b] → U. On désigne par Γ− ⊂ U la courbe inverse
de Γ paramétrée par γ − (t) = γ(a + b − t) pour tout t ∈ [a, b].

200
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Γ
b
B
b

Graphiquement la courbe Γ− est constituée par les mêmes points de Γ mais elle est par-
courue dans le sens inverse de Γ. C’est-à-dire, avec Γ et Γ− on effectue le même par-
court seulement sur la courbe Γ on marche depuis l’origine γ(a) = A (i.e départ) jus-
qu’à l’extrémité γ(b) = B (i.e arrivée) tandis que sur la courbe Γ− on marche depuis
γ − (a) = γ(b) = B (i.e départ) jusqu’à γ − (b) = γ(a) = A (i.e arrivée). Ainsi, avec les
y y
notations introduite dans le chapitre 4 on pourra écrire Γ = AB et Γ− = BA.

Γ−
b
B
b

D’autre part, observons que si on pose γ(t) = (x(t), y(t)) et γ − (t) = (u(t), v(t)) pour tout
t ∈ [a, b] on aura donc,

γ − (t) = γ(a + b − t) ⇐⇒ u(t) = x(a + b − t) et v(t) = y(a + b − t), ∀t ∈ [a, b].

Maintenant, si on applique la définition d’une intégrale curviligne on obtient :


Z Z bh i
ω = P(u(t), v(t))u̇(t) + Q(u(t), v(t))v̇(t) dt
Γ− a
Z bh i
= − P(x(a + b − t), y(a + b − t))ẋ(a + b − t) − Q(x(a + b − t), y(a + b − t))ẏ(a + b − t) dt
a

Ainsi, si on effectue le changement de variable s = a + b − t dans la dernière intégrale


simple on voit que ds = −dt et que
Z Z a h i
ω = − − P(x(s), y(s))ẋ(s) − Q(x(s), y(s))ẏ(s) ds
Γ− b
Z bh i
= − P(x(s), y(s))ẋ(s) + Q(x(s), y(s))ẏ(s) ds
Za
= − ω
Γ

A. BOUARICH 201 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

2) a) Considérons une application, γ : [a, b] → R2 \ {(0, 0)}, de classe C 1 qui paramé-


trise une courbe Γ ⊂ ZR2 \ {(0, 0)}. Donc, si on pose γ(t) = (x(t), y(t)) par définition de
l’intégrale curviligne ω on peut alors écrire :
Γ
   
Z Z b 2 2 2 2
x (t) + 2x(t)y(t) − y (t) ẋ(t) + − x (t) + 2x(t)y(t) + y (t) ẏ(t)
ω = dt
Γ a ((x(t))2 + (y(t))2 )2
     
Z b − (x(t))2 + (y(t))2 ẋ(t) + ẏ(t) + 2x(t)ẋ(t) + 2y(t)ẏ(t) x(t) + y(t)
= dt
a ((x(t))2 + (y(t))2 )2
b
d x(t) + y(t) 
Z
= − dt
a dt (x(t))2 + (y(t))2
x(b) + y(b) x(a) + y(a)
= − 2 2
+
(x(b)) + (y(b)) (x(a))2 + (y(a))2
x+y
= f ◦ γ(b) − f ◦ γ(a) où f (x, y) = − , ∀(x, y) 6= (0, 0)
x2 + y 2
= f (B) − f (A) où γ(a) = A et γ(b) = B.
Z
Ainsi, de la dernière expression on déduit que l’intégrale curviligne ω ne dépend que
Γ
des extrémités de la courbe Γ. Par conséquent, si onIsuppose la courbe Γ est fermée (i.e
γ(a) = γ(b)) on en déduit que l’intégrale curviligne, ω = 0.
Γ
b) Notons que si on désigne par Γ− 2 le segment d’origine B = (−1, 0) et d’extrimité A =
(0, 1) (Voir la figure ci-dessous) alors en intégrant la forme différentielle ω le long de la
courbe fermée Γ = Γ− 2 ∪ Γ1 on obtient d’après la question précédente a)
I Z Z Z Z Z Z
ω= ω+ ω=0 =⇒ − ω+ ω=0 =⇒ ω= ω.
Γ Γ−
2 Γ1 Γ2 Γ1 Γ1 Γ2

Γ1 1 A

Γ−
2
B

−1 1

Puisque dans la question 1) nous avons démontré que pour toute application de classe
C 1 , γ : [a, b] → R2 \ {(0, 0)}, qui paramétrise une courbe Γ ⊂ R2 \ {(0, 0)} on a,

x(b) + y(b) x(a) + y(a)


Z
ω=− 2 + (y(b))2
+ 2 + (y(a))2
,
Γ (x(b)) (x(a))
−1 1
Z Z
on en déduit que l’intégrale curviligne ω= ω=− + = 2.
Γ1 Γ2 1 1

A. BOUARICH 202 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Exercice 2 : Intégrer l’équation différentielle totale : (6y + x2 y 2 )dx + (8x + x3 y)dy = 0.


Indication : On pourra utiliser un facteur intégrant de type µ(x, y) = f (x2 y 3 ) avec f =
f (t) est une fonction à une seule variable dérivable à déterminer.

Solution 2 : a) Posons P = 6y + x2 y 2 et Q = 8x + x3 y. Ainsi, puisque nous avons

∂Q ∂P
− = (8 + 3x2 y) − (6 + 2x2 y) = 2 + x2 y 6= 0
∂x ∂y

on en déduit que la forme différentielle ω = (6y + x2 y 2 )dx + (8x + x3 y)dy n’est pas
fermée, donc ; pour résoudre l’équation différentielle totale ω = 0 il suffit qu’on cherche
un facteur intégrant µ = µ(x, y) pour ω et ensuite on cherche une primitive pour µω.
b) Rappelons d’abord que si µ = µ(x, y) est un facteur intégrtant de ω il en résulte que le
produit µω est fermée. D’où :

∂   ∂   ∂µ ∂µ
µP = µQ =⇒ (8x + x3 y) − (6y + x2 y 2 ) = −(2 + x2 y)µ.
∂y ∂x ∂x ∂y

Notons que la dernière équation aux dérivées partielles possède une solution de la forme
µ(x, y) = f (x2 y 3 ) avec f = f (t) est une fonction dérivable qui dépend d’une seule va-
riable réelle. En effet, si on porte la fonction µ(x, y) = f (x2 y 3 ) dans la dernière équation
aux dérivées partielles on obtient l’expression suivante

2xy 3 (8x + x3 y)f ′ (x2 y 3 ) − 3x2 y 2 (6y + x2 y 2 )f ′ (x2 y 3 ) = −(2 + x2 y)f (x2 y 3 )
−x2 y 3 (2 + x2 y)f ′ (x2 y 3 ) = −(2 + x2 y)f (x2 y 3 )

Ainsi, si on pose t = x2 y 3 dans cette expression on obtient l’équation différentielle ordi-


naire :
f ′ (t) 1
tf ′ (t) = f (t) ⇐⇒ =
f (t) t
dont la solution générale est f (t) = At avec A ∈ R. Par conséquent, la fonction µ(x, y) =
Ax2 y 3 est une solution de l’équation aux dérivées partielles

∂µ ∂µ
(8x + x3 y) − (6y + x2 y 2 ) = −(2 + x2 y)µ.
∂x ∂y

c) Maintenant, si on prend A = 1 et µ(x, y) = x2 y 3 on voit que la forme différentielle


produit
µ(x, y)ω = (6x2 y 4 + x4 y 5 )dx + (8x3 y 3 + x5 y 4 )dy

est fermée sur l’ouvert convexe R2 ; et donc µ(x, y)ω est exacte sur R2 . Cherchons alors
une fonction g = g(x, y) dont la différentielle totale dg = µ(x, y)ω.

A. BOUARICH 203 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

∂g

 g(x, y) = 2x3 y 4 + 1 x5 y 5 + h(y)


 = 6x2 y 4 + x4 y 5
∂x =⇒ 5
∂g

 = 8x3 y 3 + x5 y 4  h′ (y) = 0
∂y

1
Ainsi, puisque pour tout réel B ∈ R la fonction g(x, y) = 2x3 y 4 + x5 y 5 + B est une pri-
5
mitive de la forme différentielle µ(x, y)ω, avec µ(x, y) = x2 y 3 , on conclut que l’ensemble
de solution de l’équation différentielle totale ω = 0 est S = {(x, y) ∈ R2 /10x3 y 4 + x5 y 5 =
C, C ∈ R∗+ }.

Exercice 3 : Sur l’ouvert U = {(x, y, z) ∈ R3 /(x, y) 6= (0, 0)} on définit un champ de


vecteurs par les expressions suivantes :

→ −y − → x − → − →
V = i + 2 j + k.
x2 +y 2 x +y 2



a) Calculer la divergence et le rotationnel du champ de vecteurs V .

→ −
→ −

b) Trouver l’expression de la solution générale de l’équation Rot( X ) = V où X est un
champ de vecteurs inconnu défini sur l’ouvert U.


c) Est-ce que le champ de vecteurs V dérive d’un potentiel scalaire ? Si votre réponse est


oui trouver l’expression générale du potentiel scalaire de V ; et si votre réponse est non
dire pourquoi ?

Solution 3 : a) Par définition de la divergence on aura :


→ ∂  −y  ∂  x  ∂ 2xy −2xy
Div( V ) = 2 2
+ 2 2
+ (1) = 2 2 2
+ 2 + 0 = 0.
∂x x + y ∂y x + y ∂z (x + y ) (x + y 2 )2

De même, par définition du rotationnel d’un champ de vecteurs on aura :




→ −
→ −

i j k





∂ ∂ ∂
Rot( V ) = ∂x ∂y ∂z

−y x
x2 + y 2 x2 + y 2 1

∂  x  ∂  −y − →
= − k
∂x x2 + y 2 ∂y x2 + y 2
 x2 + y 2 − 2x2 x2 + y 2 − 2y 2 

→ − →
= 2 2 2
+ 2 2 2
k = 0.
(x + y ) (x + y )

→ −

b) Pour trouver l’expression de la solution générale de l’équation Rot( X ) = V ; nous
−→ −
→ −

allons chercher une solution particulière W0 = P(x, y, z) i +Q(x, y, z) j de cette équation

A. BOUARICH 204 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal


→ −→
et la solution générale sera de la forme W = W0 + grad(f ) avec f = f (x, y, z) est une
fonction de classe C 2 .


→ → −
− →
i j k
∂ ∂ ∂ = − ∂Q −→ ∂P −
 ∂Q ∂P 
−→ → −

Rot(W0 ) = i + j + − k
∂x ∂y ∂z ∂z ∂z ∂x ∂y

P Q 0
∂Q −y

 − =
x + y2
2



 ∂z
 ∂P x
=⇒ =
 ∂z x + y2
2
∂Q ∂P
 
 
− = 1



∂x ∂y
 xz
 P(x, y, z) = 2 + y2
+ A(x, y)

 x
yz


=⇒ Q(x, y, z) = + B(x, y)
x2 + y 2
∂B ∂A

  


 − = 1.
∂x ∂y

Ainsi, si on prend A(x, y) = 0 et B(x, y) = x on conclut que le champ de vecteurs,


−→ xz − →
 yz 


W0 = 2 2
i + 2 2
+ x j,
x +y x +y

→ −

est une solution particulière de l’équation Rot( X ) = V et donc la solution générale
qu’on cherche est donnée par :

→ xz − →
 yz 


X = 2 2
i + 2 2
+ x j + grad(f )
x +y x +y

où f : U → R est une fonction de classe C 2 .



→ −y − → x − → − →
c) Le champ de vecteurs V = 2 2
i + 2 2
j + k ne dérive pas d’un potentiel
x +y x +y
vecteurs car si on considère le cercle plan Γ = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 = 1, z = 0} par-
couru dans le sens trigonométrique du plan Oxy et paramétré par l’application γ(t) =
(cos(t), sin(t), 0) avec t ∈ [0, 2π] on obtient une intégrale curviligne :
I Z 2π
→ −
− →
 
V · dr = sin2 (t) + cos2 (t) dt = 2π 6= 0.
Γ 0

A. BOUARICH 205 Analyse II, 2008/2009


Solution du deuxième contrôle

ZZ
Exercice 1 : Calculer l’intégrale double xe−y dxdy où D1 ⊂ R2 désigne le compact
D1
élémentaire limité par les deux courbes d’équations y = x2 et x = y 2 .

ZZ
Solution 1 : Pour calculer l’intégrale double xe−y dxdy nous allons appliquer la for-
D1
mule de Fubini.

1 b

y b

b b b


y2 y 1


Puisque le domaine d’intégration D1 = {(x, y) ∈ R2 /0 6 y 6 1, y 2 6 x 6 y} (Voir la
figure) la formule de Fubini nous permet d’écrire :
Z 1 Z √y Z 1h 2 √
x −y ix= y
ZZ
−y −y
xe dxdy = dy xe dx = e dy
D1 0 y2 0 2 x=y 2
Z 1  i1 Z 1 1 
1 4 −y
h1
4 −y
= y − y )e dy = y − y)e − 4y 3 − 1)e−y dy
0 2 2 0 0 2
h1 i1 Z 1
= 4y 3 − 1)e−y − 6 y 2 e−y dy
2 0 0
Z 1
3 1 h i1
= + + 6y 2 e−y − 12 ye−y dy
2e 2 0 0
Z 1
3 1 6 h −y
i1
= + + + 12ye − 12 e−y dy
2e 2 e 0 0
3 1 6 12 1 63 23
= + + + + 12( − 1) = −
2e 2 e e e 2e 2

206
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

2(x − y)
ZZ
Exercice 2 : Calculer l’intégrale double 2 + y2 ) + 1
dxdy où D2 ⊂ R2 désigne le
D2 2(x
compact élémentaire limité par les quatre droites parallèles deux à deux : x + y = −1,

x + y = 1, x − y = 0 et x − y = 2.
Indication : On pourra observer que 2(x2 + y 2 ) = (x + y)2 + (x − y)2 .

2(x − y)
ZZ
Solution 2 : Pour calculer l’intégrale double 2 2
dxdy nous allons effec-
D2 2(x + y ) + 1
tuer le changement de variables u = x − y et v = x + y.

Notons d’abord que si on pose D′ = {(u, v) ∈ R2 /0 6 u 6 2, −1 6 v 6 1} on voit
u+v v−u
que la transformation bijective T(u, v) = (x, y) = ( , ) nous donne T(D′ ) = D2 .
2 2  
1 1
Ainsi, puisque la matrice jacobiènne de T est égale à J(T, (u, v)) =  21 2 1  et son
 

2 2
D(x, y) 1
déterminant = , et d’autre part ; puisque nous avons 2(x + y ) = u2 + v 2 la
2 2
D(u, v) 2
formule du changement de variables nous permet d’écrire :

2(x − y) u
ZZ ZZ
2 + y2) + 1
dxdy = 2 + v2 + 1
dudv
D2 2(x D ′ u
Z 1 Z 2√
udu
= dv
−1 0 u + v2 + 1
2

1
Z 1h iu=√2
2 2
= Log(u + v + 1) dv
2 −1 u=0

1 1
Z 
= Log(v 2 + 3) − Log(v 2 + 1) dv
2 −1
1h  1 1  2v 2v 
i1 Z
2 2
= v Log(v + 3) − Log(v + 1) − v 2 − 2 dv
2 −1 2 −1 v + 3 v + 1
Z 1
1 3 
= Log(2) − 2
− dv
−1 v + 1 v2 + 3
h √ v i1
= Log(2) − Arc tg(v) − 3Arc tg( √ )
3 −1
 √ 1 
= Log(2) − 2 Arc tg(1) − 3Arc tg( √ )
3

π 3 π
= Log(2) + − .
3 2

Exercice 3 : Calculer l’intégrale curviligne de la forme différentielle,


2 2
ω = (2x3 e−x − y 3 )dx + (x3 − 5y 3 e−y )dy,

A. BOUARICH 207 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

x2 y 2
le long de l’ellipse Γ = {(x, y) ∈ R2 / + 2 = 1} parcouru dans le sens trigonométrique.
a2 b

Solution 3 : Un calcul rapide et facile de l’intégrale curviligne de la forme différentielle


2 2 x2 y 2
ω = (2x3 e−x −y 3 )dx+(x3 −5y 3 e−y )dy le long de l’ellipse Γ = {(x, y) ∈ R2 / 2 + 2 = 1}
a b
peut être exécuté en appliquant la formule de Green-Riemann.
2 2
En effet, si on pose P = 2x3 e−x − y 3 et Q = x3 − 5y 3 e−y et si on désigne par

x2 y 2
D = {(x, y) ∈ R2 / + 2 6 1}
a2 b

le domaine elliptique limité par Γ = ∂D et que l’on suppose orienté positivement (i.e sens
trigonométrique) on obtient d’après la formule de Green-Riemann :

∂Q ∂P 
I ZZ 
ω = − dxdy
Γ D ∂x ∂y
ZZ
= 3(x2 + y 2 )dxdy
D

Pour calculer la dernière intégrale double nous allons effectuer le changement de va-
riables x = ar cos(θ) et y = br sin(θ) avec 0 6 θ 6 2π et 0 6 r 6 1 :

I ZZ
ω = 3(x2 + y 2 )dxdy
Γ D
Z 2π Z 1
= 3 dθ (a2 cos2 (θ) + b2 sin2 (θ))r 3 dr
0 0
3 2π 2 1 + cos(2θ) 1 − cos(2θ)
Z
= (a + b2 )dθ
4 0 2 2
3π 2
= (a + b2 ).
4

A. BOUARICH 208 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

Exercice 4 : Soit a > 0 un réel fixé. Dans le plan R2 on considére le compact élémentaire :
Da = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 − 2ax 6 0, a 6 x}.
i) Montrer que le domaine Da peut être défini en fonction des coordonnées polaires par
π π a
les inégalités {(r, θ) ∈ R+ × [−π, π]/ − 6 θ 6 , 6 r 6 2a cos(θ)}.
4 4 cos(θ)
1
ZZ
ii) Calculer l’intégrale double 2 2 2
dxdy.
Da (x + y )

Solution 4 : i) D’après la figure ci-dessous on voit que l’angle θ varie dans le secteur limité
π π
par le triangle de sommets O = (0, 0), A = (a, a) et B = (a, −a) ; c’est-à-dire θ ∈ [− , ].
4 4

Da
a b
M2
b

M1 b

θ b b

a 2a

−a b

π π
De même, si on fixe un angle − 6 θ 6 on voit que la droite qui passe par le point
4 4
O = (0, 0) et fait un angle θ avec l’axe Ox coupe le domaine Da suivant un segment
−−→
[M1 , M2 ]. Par conséquent, pour tout point M ∈ [M1 , M2 ] on voit que la norme r = kOMk
−−−→ −−−→
vérifie la double inégalité kOM1 k 6 r 6 kOM2 k.
−−−→ −−−→
Notons aussi que puisque nous avons OM1 = (a, y) il en résulte que a = kOM1 k cos(θ).
−−−→ a
D’où, kOM1 k = .
cos(θ)
−−−→ −−−→
De même, puisque le point M2 = (kOM2 k cos(θ), kOM2 k sin(θ)) est sur le cercle d’équa-
tion x2 + y 2 − 2ax = 0 on aura donc
−−−→ −−−→ −−−→
(kOM2 k cos(θ))2 + (kOM2 k sin(θ))2 = 2akOM2 k cos(θ).
−−−→
D’où, kOM2 k = 2a cos(θ).
Ainsi, en conséquence de ces observations on conclut que le domaine Da peut être défini
en fonction des coordonnées polaires par :
π π a
{(r, θ) ∈ R+ × [−π, π]/ − 6θ6 , 6 r 6 2a cos(θ)}.
4 4 cos(θ)

1
ZZ
ii) L’intégrale double 2 + y 2 )2
dxdy peut être maintenant calculée en passant aux
Da (x
coordonnées polaires x = r cos(θ) et y = r sin(θ).

A. BOUARICH 209 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

π
2a cos(θ)
1 dr
ZZ Z Z
4
dxdy = dθ
Da (x2 + y 2 )2 − π4 a r3
cos(θ)
π
1 ir=2a cos(θ)
Z
4
h
= − dθ
− π4 2r 2 r= cos(θ)
a

π  (cos(θ))2
1 1
Z
4

= − dθ
2 −π a2 (2a cos(θ))2
4
π
1  1 1 1
Z
4

= (1 + cos(2θ)) − dθ
2 −π 2a2 (2a)2 (cos(θ))2
4

1h 1 sin(2θ) 1 iπ
4
= 2
(θ + ) − 2
tg(θ)
2 2a 2 (2a) − π4
1 π 1 1 π
= 2
( + )− 2
= 2.
2a 4 2 (2a) 8a

π
Exercice 5 : Pour tout 0 < α < on pose Dα = {(x, y) ∈ R2 /0 6 y 6 tg(α)x} et pour
2
π
α = on pose Dπ/2 = (R+ )2 .
2 ZZ
2 2
1) Calculer l’intégrale double généralisée I(α) = e−x −y dxdy.

Z +∞ √
−t2 π
2) Déduire de 1) que l’intégrale simple généralisée e dt = .
0 2
3) En posant u = x + cos(α)y et v = sin(α)y ; montrer que l’intégrale double généralisée

α
ZZ
exp(−x2 − 2 cos(α)xy − y 2 )dxdy = .
(R+ )2 2 sin(α)

e−x
ZZ
4) Calculer l’intégrale double généralisée dxdy quand l’angle 0 < α <
tg(α)x − y
p

π
.
2
Indication : On pourra utiliser la famille de compacts élémentaires

1 1
Kn = {(x, y) ∈ R2 / 6 x 6 n, tg(α)x − y > } où n ∈ N∗ .
n n

y
)x

Kn
tg
y=

x
1 n
n

A. BOUARICH 210 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

π
Solution 5 : 1) Notons quepour tout 0 < α < le domaine Dα est un fermé non borné
2
qui représente un secteur d’angle α limité par le demi axe positif Ox (i.e x > 0) et par la
π
demie-droite d’équation y = tg(α)x avec x > 0. Il est clair que si α = le domaine Dπ/2
2
est aussiZ un
Z fermé non borné. Donc, pour étudier la nature de convergence de l’intégrale
2 −y 2
double e−x dxdy on pourra utiliser la famille de compacts élémentaires

Dα,n = {(r, θ) ∈ R+ × [0, 2π]/0 6 θ 6 α, 0 6 r 6 n} avec n∈N

)x

tg
y=α x
n

tout en effectuant le changement de variables x = r cos(θ) et y = r sin(θ) :


ZZ
2 2
un = e−x −y dxdy
Dα,n
Z α Z n
2
= dθ e−r rdr
0 0
α 2
= (1 − e−n ).
2
α
ZZ
2 −y 2
Ainsi, si on fait tendre n ∈ N vers +∞ on obtient lim un = e−x
. dxdy =
n→+∞ Dα 2
2) Puisque nous avons Dπ/2 = (R+ )2 le résultat de la question 1) implique que l’intégrale
double
π
ZZ ZZ
−x2 −y 2 2 −y 2
e dxdy = e−x dxdy = .
(R+ )2 Dπ/2 4

D’autre part, si on considère la famille des compacts Rn = [0, n] × [0, n] avec n ∈ N on


voit que la suite numérique,
ZZ
2 2
un = e−x −y dxdy
Z nRn Z n 
2 2
= e−x −y dx dy
Z0 n  0 Z n 
2 2
= e−y e−x dx dy
0 0
Z n 2
 Z n 2

−x
= e dx e−y dy
0 0
Z n 2
−x2
= e dx
0

A. BOUARICH 211 Analyse II, 2008/2009


A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal


π  +∞ −t2 2
Z +∞
π
ZZ Z
−x2 −y 2 −t2
converge vers e dxdy = = e dt . D’où, e dt = .
(R+ )2 4 0 0 2
3) Observons que si on pose u = x + cos(α)y et v = sin(α)y on en déduit que l’application
v
bijective, Tα (u, v) = (u − cotg(α)v, ) = (x, y), réalise un changement de variables
sin(α)
qui transforme le domaine Dα sur le premier quadrant (R+ )2 (i.e T(Dα ) = (R+ )2 ).
π
En effet, si α = on aura Tπ/2 (u, v) = (u, v) qui implique Tπ/2 ((R+ )2 ) = (R+ )2 et pour
2
π
tout 0 < α < on a aussi :
2
(u, v) ∈ Dα ⇐⇒ 0 6 v 6 tg(α)u
⇐⇒ 0 6 sin(α)y 6 tg(α)(x + cos(α)y)
⇐⇒ 0 6 sin(α)y 6 tg(α)x + sin(α)y
⇐⇒ 0 6 x et 06y car sin(α) > 0 et tg(α) > 0
⇐⇒ (x, y) ∈ (R+ )2 .

Ainsi, puisque la matrice jacobiènne de la transfortmation T(u, v) = (x, y) est égale à


 
1 −cotg(α)
J(T, (u, v)) =  1 
0
sin(α)
D(x, y) 1
et son déterminanant = > 0 ; la formule du changement de variables nous
D(u, v) sin(α)
permet d’écrire que :
ZZ ZZ
exp(−x2 − 2 cos(2α)xy − y 2 )dxdy = exp(−(x + cos(α)y)2 − (sin(α)y)2 )dxdy
T(Dα ) T(D )
ZZ α
dudv
= exp(−u2 − v 2 )
Dα sin(α)
I(α) α
= = .
sin(α) 2 sin(α)

e−x
ZZ
4) Pour calculer l’intégrale double généralisée dxdy, quand le réel 0 <
tg(α)x − y
p

π
α < , nous allons considérer la famille de compacts élémentaires
2
1 1
Kn = {(x, y) ∈ R2 / 6 x 6 n, tg(α)x − y > } où n ∈ N∗
n n

y
)x

Kn
tg
y=

x
1 n
n
A. BOUARICH 212 Analyse II, 2008/2009
A. BOUARICH Calcul différentielle et intégrale FST de Beni Mellal

et la suite numérique :

e−x
ZZ
vn = dxdy
tg(α)x − y
p
Kn
Z n Z tg(α)x− 1
n e−x
= dx dy
tg(α)x
p
1
n
0 − y
Z nh q iy=tg(α)x− 1
n
= − 2e−x tg(α)x − y dx
1 y=0
Z nn 
2e−x 
q
= 2e−x tg(α)x − √ dx en posant x = t2 on obtient
1
n
n

n
2
q Z
2 1
= 4 tg(α) t2 e−t dt − √ (e− n − e−n ) et l’intégration par parties implique
√1 n
n
√ Z √n
it= n 2
q h  1
−t2 −t2
= 2 tg(α) − te dt + e dt − √ (e− n − e−n )
1
t= √n √1 n
n

q h 1 1 √  Z n 2
i 2 1
= 2 tg(α) √ e− n − ne−n + e−t dt − √ (e− n − e−n ).
n √1 n
n

Maintenant, si on fait tendre l’entier n ∈ N∗ vers +∞ on obtient :


Z √n
 q h 1 1
−n √ −n  2
i 2 1

lim vn = lim 2 tg(α) √ e − ne + e−t dt − √ (e− n − e−n )
n→+∞ n→+∞ n √1 n
n
q Z +∞
2
= 2 tg(α) e−t dtdt.
0

+∞ √
π
Z
−t2
Ainsi, puisque d’après 1) on sait que l’intégrale double e dt = on conclut que
0 2
e−x
ZZ q
l’intégrale double généralisée dxdy = πtg(α).
tg(α)x − y
p

A. BOUARICH 213 Analyse II, 2008/2009