Vous êtes sur la page 1sur 7

Le plan MAROC VERT

En exécution des hautes directives de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, le


département de l’Agriculture s’est investi dans la formulation d’une nouvelle
stratégie de développement agricole qui devra nécessairement :
 Imprimer au secteur agricole une dynamique d'évolution harmonieuse, équilibrée et
évolutive qui tienne compte de ses spécificités ;
 Exploiter les marges de progrès et valoriser au mieux les potentialités ;
 Faire face aux nouveaux enjeux tout en préservant les équilibres sociaux et
économiques ;
 Accompagner la profonde mutation que connaît le système agro-alimentaire
mondial.

La stratégie est articulée autour d’une approche globale qui couvre l’ensemble des
acteurs selon leurs objectifs propres. Elle repose d’ailleurs sur deux piliers majeurs :
l’agriculture moderne et solidaire.
L’objectif, concernant l’agriculture moderne, est de développer une agriculture
performante, adaptée aux règles du marché, grâce à une nouvelle vague
d’investissements privés, organisés autour de nouveaux modèles d’agrégation
équitables.
Quant à l’agriculture solidaire, l’objectif est de développer une approche orientée
vers la lutte contre la pauvreté, en augmentant de manière significative le revenu
agricole des exploitants les plus fragiles, notamment dans les zones périphériques.
Parmi les impacts attendus de cette stratégie, on citera :
 Un impact considérable sur la croissance, la mise à niveau et l’augmentation du
revenu agricole comme moteur de lutte contre la pauvreté rurale, justifiant ainsi
la mise en œuvre d’importants moyens financiers, institutionnels et managériaux

 Une amélioration notoire du PIB Agricole, des exportations et des


Investissements privés ;

 Une lutte contre la pauvreté plus efficace et à plus grande échelle – à la fois dans
les campagnes, mais aussi dans le périurbain défavorisé ;

 Une nette amélioration du pouvoir d’achat et du rapport qualité/prix pour le


consommateur marocain sur le marché national ;

 Rééquilibrer sur le long terme le déficit de la balance alimentaire et sécuriser au


maximum les échanges.
 Six idées centrales ont servi de base de réflexion pour l’élaboration du « Plan Maroc Vert
» et la stratégie de relance de l’agriculture marocaine.
L’agriculture, moteur de croissance :
L’agriculture est le principal moteur de croissance de l’économie nationale sur les 10 à 15
prochaines années, avec des impacts colossaux en termes de croissance du PIB, de création
d’emplois, d’exportation et de lutte contre la pauvreté.
Une stratégie pour tous :
La nouvelle stratégie agricole rompt avec le paradigme traditionnel opposant un secteur
moderne à un autre dit social. Elle s’adresse à l’ensemble des acteurs dans leur diversité et
leurs contraintes socio économiques propres ; elle s’appuie pour cela sur des moyens
adaptés à chaque catégorie, les plus performants comme les plus fragiles.
Réorganisation du tissu productif :
Le Maroc est aujourd’hui décidé à favoriser des modèles d’agrégation innovants, en suivant
des exemples qui ont fait leurs preuves à l’international et au Maroc. La régénération du
tissu productif étant à la base de toute réforme du secteur.
Encouragement de l’investissement :
Il est vital de déclencher une nouvelle vague d’investissement massive (10Md DH/an),
autour de nouveaux investisseurs nationaux et internationaux entrant dans le secteur, avec
des investissements créés autour de projets d’agrégations gagnant-gagnant, grâce à une
Offre Maroc spécifique et adaptée.
Des partenariats gagnants :
Dans cette perspective, une approche « transactionnelle » doit être utilisée, autour de la
mise en œuvre concrète, sur le terrain, de 1.000 à 1.500 projets définis sur la base d’un
modèle économique ciblé avec un renforcement du partenariat public-privé des terres
SODEA SOGETA.
Toutes les filières sont concernées :
Tout cela doit être fait en gardant en tête qu’aucune filière n’est condamnée au Maroc.
Toutes les filières peuvent et doivent réussir. Il s’agit de donner aux acteurs le maximum de
chances de réussir cette mutation.
Pilier I du PMV
Une agriculture moderne à forte valeur ajoutée :
L’objectif du Pilier I du Plan Maroc vert est le développement accéléré de l’agriculture à forte valeur ajoutée et à
forte productivité. Cela passe par la création volontariste de pôles de développement agricoles et agroalimentaires à
forte valeur ajoutée, répondant pleinement aux exigences du marché.

Ce développement pourrait également être atteint à travers le déclenchement d’une nouvelle vague
d’investissement massif autour de nouveaux acteurs à forte capacité managériale, rationalisation des structures de
l’industrie et mutualisation des moyens autours de GIE privés et de groupements interprofessionnels.

A terme, le pilier I devrait concerner 400.000 exploitants, générer 150 Md de dirhams d’investissements autour de
900 projets.

Parmi les outils stratégiques retenus pour la mise en œuvre de la stratégie, nous citerons les nouveaux modèle
stratégique d’agrégation sur la base de :

 Contrats dont les conditions seront définis en amont, par filière et par périmètre d’agrégation ;

 Cadre incitatif innovant (subventions ciblées, fiscalité aménagée, subventions des formations) ;

 Accès préférentiel au Foncier ;

 Accès préférentiel au financement (agrégateurs et agrégés) ;

 Accès privilégié aux avantages de l’interprofessionnel (export et logistique, branding et gestion de la qualité,
agrotech et recherche développement).

Piler II du PMV
L’agriculture solidaire

Le Plan Maroc Vert prévoit, dans le cadre de son Pilier II, un accompagnement solidaire de la petite
agriculture avec comme principaux objectifs :
 La modernisation solidaire de la petite agriculture afin de lutter contre la pauvreté
 L’intégration de ces axes dans une stratégie de développement rural intégré et de développement de
sources alternatives de revenu.
Entre 600.000 et 800.000 exploitants sont concernés par cette stratégie. Les investissements prévus sont
estimés entre 15 et Md de dirhams. Trois millions de ruraux devraient voir leurs conditions de vie
améliorées.

Parmi les outils stratégiques retenus pour la mise en œuvre de la stratégie, nous citerons :

 L’amélioration de la productivité et de la valorisation à travers des actions d’encadrement (formation /


vulgarisation) et de développement rural ;
 L’appui à la reconversion vers des secteurs porteurs ;
 Mise en gestion déléguée des fonctions d’animation/encadrement des petits exploitants ;
 Le développement d’outils d’agrégation sociale ;
 Une structure d’appui aux projets de reconversion (50-70 projets pour une population cible de 30 à 40 000
exploitants), d’intensification (100-150 projets soit 1.2 millions de ruraux) et aux projets de diversification
(100 -150 projets pour 300 000 exploitants) ;
 La mise en œuvre des innovations institutionnelles qui s’imposent pour affronter les défis de l’eau.
L’agrégation
L’agrégation qui représente l’un des fondements du Plan Maroc Vert, est un modèle novateur
d’organisation des agriculteurs autour d’acteurs privés ou d’organisations professionnelles à forte
capacité managériale. C’est un partenariat gagnant-gagnant entre l’amont productif et l’aval
commercial et industriel qui permet notamment de dépasser les contraintes liées à la
fragmentation des structures foncières tout en assurant aux exploitations agrégées de bénéficier
des techniques modernes de production et du financement et d’accéder au marché intérieur et
extérieur.
Avantages de l’Agrégation :
Le choix de l’agrégation comme mode privilégié pour la mise en œuvre des projets du Plan Maroc
Vert a été dicté par les cinq raisons suivantes :
 L’agrégation constitue une solution attractive et compétitive d'extension du périmètre agricole face
à une offre limitée du foncier en milieu rural.
 Optimiser le lien entre le marché, l'amont productif et toute la chaine de valeurs à travers les
compétences de l’agrégateur en matière de connaissance de marchés et le lien logistique à coût
compétitif entre la production et le marché de destination.
 Généraliser les bonnes techniques moyennant les équipes d'encadrement mobilisées par
l’agrégateur, d’une part et les unités de production en propre gérées par l’agrégateur et
constituant des plateformes de démonstration, d’autre part.
 Permettre aux petits exploitants d’accéder au financement à travers les possibilités de
financement direct des exploitants par les banques sur la base des contrats d’agrégation et/ou les
avances et les intrants octroyés par l’agrégateur aux agrégés.
 Partager les risques entre l‘agrégateur et les agrégés du fait que le risque de la production est
principalement pris en charge par les agrégés, alors que le risque de la commercialisation est
principalement pris en charge par l’agrégateur. Le recours à des assurances adaptées permet de
juguler ces risques par les deux partis.
Un système gagnant-gagnant :
Pour l’agrégateur, ce modèle d’organisation lui permet d’accéder à une large assiette foncière sans
mobilisation de capitaux ; de sécuriser une base plus large d’approvisionnement pour les unités
agroindustrielles avec des volumes plus réguliers et de meilleure qualité et de développer ses
capacités commerciales pour conquérir de nouveaux marchés.
De leur part, les agriculteurs agrégés sont en mesure d’améliorer leur revenu grâce au système
d’agrégation qui leur permet demieux valoriser la production à travers l’amélioration de la qualité
de la production et un accès à un marché fiable ; d’ acquérir de nouvelles compétences et de
nouvelles technologies; d’accéder à des intrants plus performants; d’accéder à des moyens de
financement plus adaptés et d’avoir l’opportunité de reconversion dans des filières plus
valorisantes.
Pour l’Etat, l’agrégation constitue une approche adéquate pour le développement des filières de
production et des terroirs en confiant aux agrégateurs le rôle d’encadrement et d’animation au
profit des agrégés, ce qui se traduit par :
 L’attraction d'une nouvelle vague d'investissements et le développement de pôles de croissance
autour des projets d’agrégation ;
 La création de richesses et d'emploi en milieu rural et le renforcement du tissu d'acteurs dans le
secteur agricole.
Comment ça marche ?
 Phase d’identification : cette phase consiste à l’identification de projets
d’agrégation potentiels ; Il s’agit, soit de projets entrepris à titre individuel disposant
ou prévoyant une unité de valorisation, soit d’offre de projets nécessitant un
opérateur remplissant le rôle d’agrégateur. Cette phase débouche sur
l’établissement de la cartographie des projets d’agrégation potentiels par région
selon les filières ;

 Phase de préparation : Cette phase consiste en la préparation du dossier du


projet avec l’agrégateur et notamment le business plan du projet, le programme
d’investissement prévu dans le cadre du projet, les interventions de l’agrégateur
auprès des agrégés et l’identification des agrégés intéressés.
Une fois finalisé par les services du ministère de l’agriculture et l’Agence pour le
Développement Agricole, le projet est validé par le comité des investissements
présidé par Monsieur le Ministre de l’Agriculture.

 Phase d’établissement d’une convention d’agrégation : Afin de préciser les


engagements de l’agrégateur (les investissements à réaliser, les interventions
auprès des agrégés, nombre de producteurs à agréger, superficie ou cheptel à
agréger et objectifs de productivité à atteindre), les projets d’agrégation font l’objet
d’une convention conclue entre l’agrégateur, d’une part et l’Agence pour le
Développement Agricole et la Direction Régionale de l’Agriculture concernée, d’autre
part.

 Phase de Contractualisation : Durant cette phase, des contrats d’agrégation


sont négociés et conclus entre l’agrégateur et les agrégés. Ces contrats servent de
base à l’octroi de l’attestation d’agrégation à l’agrégateur et aux agrégés, afin de
leur permettre de bénéficier des aides de l’Etat spécifiques à l’agrégation.

 Phase de mise en œuvre : Il s’agit de la mise en œuvre du projet conformément


aux termes de la convention signée avec l’Etat et des contrats d’agrégation signés
avec les agrégés à travers notamment la réalisation du programme d’investissement
prévu dans le cadre du projet. La mise en œuvre des opérations et interventions de
l’agrégateur auprès des agrégés conformément au contrat d’agrégation
(encadrement technique, approvisionnent en intrants …).
 Pour la concrétisation des objectifs fixés en termes de création de richesse et
d’emploi, et de lutte contre la pauvreté , des partenariats gagnant-gagnant ont
été conclus et mis en œuvre avec les parties prenantes aux différents niveaux
(filières, territoires, etc.) et concernent :
 La signature de 10 Contrats Programmes Filières entre l’Etat et les professionnels :
sucre, agrumes, céréales, maraichage, palmier dattier, lait, viandes rouges,
aviculture, semences, oléiculture, ainsi que les mécanismes institutionnels pour le
suivi et l’évaluation annuelle de leur mise en œuvre (2008, 2009 et 2010) ;
 La création de 9 interprofessions ;
 L’élaboration de 16 Contrats Agricoles Régionaux représentant la concrétisation
propre à chaque région du PMV en termes de projet, d’investissement, d’emploi,
d’export sont conduits avec les partenaires locaux (collectivités locales, chambres
d’agricultures et les départements ministériels concernés) (2009) ;
 Le lancement de plus de 100 projets pilier II en 2010 et 102 projets pilier II en 2011
couvrant l’ensemble du territoire du Royaume et les principales filières végétale et
animale ainsi que les actions transverses de grands intérêts (qualité,
environnement, labellisation…) ;
 La dynamique de l’investissement a été confortée par la révision des aides et
incitations prévues dans le cadre du Fonds Développement Agricole (FDA). Cette
refonte a eu pour finalité de contribuer efficacement à l’atteinte des objectifs de la
politique agricole du pays et d’améliorer l’efficacité du FDA comme instrument
d’impulsion et d’incitation à l’investissement. (Un décret en 2009, 3 décrets et 13
arrêtés en 2010, 2 décrets et 2 arrêtés en cours d’approbation) ;
 La mise en place d’un Project Management Office (PMO) pour la gestion des
Contrats Programmes Etat/Profession ;
 L’amélioration massive de l’accès aux semences ;
 Des contrats de partenariats sont aussi en cours entre l’Etat et des banques de la
place pour assurer un accompagnement financier, y compris la création d’une
structure spécialisée pour le financement des petits agriculteurs. D’autres
partenariats ont été aussi initiés avec des opérateurs publics et privés concernés par
le secteur (opérateurs du secteur de l’eau, agrégateurs, bailleurs de fonds nationaux
et internationaux, ONG, etc.) (2009 et 2010) ;
 Le lancement effectif de 2 agropoles (4 en préparation) afin d’augmenter
massivement le taux de valorisation des produits agricoles ;
 La poursuite des dossiers de modernisation de 4 ORMVA pilotes : Doukkala, Loukos
et Tadla et le Gharb ;
 La réalisation des programmes d’investissement dans l’irrigation : Programme
National d’Economie en Eau pour l’Irrigation et Programme de Résorption des
Décalages (~50 Milliards DHS sur 10 ans) ;
 Le démarrage de la formation par apprentissage de 60 000 fils et filles d’agriculteurs
;
 La création de l’Ecole Doctorale de l’Agriculture à l’IAV Hassan II ;
 L’adoption du système LMD dans la formation Universitaire pour l’intégration des
Etudiants Marocains à l’étranger ;
 Le lancement d’un programme de développement des produits du terroir (indication
géographique, labellisation, qualité …. ;
 La promotion des productions de qualité et l’accompagnement technique et
réglementaire ;
 La consolidation du système de suivi-évaluation et des systèmes d’information y
afférant.

Par ailleurs et dans le même cadre d’amélioration de l’environnement du secteur, le


département de l’agriculture a préparé de nouvelles lois notamment celles qui vont régir
l’interprofession et l’agrégation.

Le nouveau cadre juridique pour les interprofessions va permettre d'améliorer la gouvernance


et la prise de décision entre les acteurs qui interviennent tout au long d’une même filière, de
renforcer le rôle de ces interprofessions en tant que seul interlocuteur vis-à-vis des autorités
publiques comme il va leur faciliter l’accès à de nouvelles ressources pour le financement de
leur fonctionnement et la réalisation de leurs programmes de travail.

Le cadre juridique de l’agrégation va, quant à lui, permettre de clarifier les rôles et droits de
toutes les parties impliquées dans les différents systèmes d’agrégation (agrégateurs, agrégés,
Etat) et d’en garantir l’application à travers des instances d’arbitrage.

Cette nouvelle loi va permettre également de déployer de nouvelles formes d’incitation pour
encourager et soutenir le développement de l’agrégation. Deux ans après son lancement, la
nouvelle stratégie agricole a été consolidée et opérationnalisée, offrant une visibilité aux
acteurs nationaux et internationaux et générant une mobilisation qui gagne à être mise à
profit pour accélérer et améliorer les dynamiques enclenchées.

C’est dans ce cadre que plusieurs chantiers stratégiques ont été ouverts : projet d’Assurances
Agricoles, Promotion des Produits de Terroirs, stratégie Recherche Développement, Intrants,
formations et recherches…etc.

La mise en œuvre de la nouvelle politique agricole s’inscrit aussi en harmonie avec les autres
chantiers de développement que connait le pays (Social, Logistique, Infrastructure,
Aménagement de Territoire, Environnement, Régionalisation).

Les évolutions constatées sont conformes aux résultats attendus. En effet, les investissements
aussi bien publics que privés ont connu un accroissement remarquable dénotant une
appropriation et mobilisation remarquables des operateurs du secteur. Les conditions de
productions ont ainsi permis d’atteindre des niveaux de production qui confortent les objectifs
en termes d’impacts économiques et sociaux.