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L’année 1911, une année faste pour l’aviation

Pour l’aviation, l’année 1911 est le temps des exploits, notamment lors des grandes courses internationales
organisées par de nombreux journaux. Ainsi, en Angleterre, le Daily Mail finance la Round Britain Race
tandis qu’en France plusieurs quotidiens s’associent pour organiser le Circuit européen d’aviation. L’aviateur
français Roland Garros qui participe à ces concours internationaux est alors surnommé
par la presse « l’éternel second » pour avoir terminé deuxième lors de l’épreuve Paris-Ma-
drid derrière Jules Védrines puis André Beaumont lors du Paris-Rome et enfin au Circuit
européen d’aviation.
Cependant, le 4 septembre 1911, Roland Garros décide de battre le record d’altitude,
détenu depuis décembre 1910 par Georges Legagneux.
Il décolle donc depuis la plage de Cancale à bord d’un Blériot XI équipé du moteur
Gnome qui développe 50 ch. Le pilote français s’élève doucement par cercles successifs
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jusqu’à l’altitude record de 3 910 mètres. Roland Garros dans


ces mémoires écrit alors : « Je contemplais pour la première fois le spectacle éblouis-
sant de la mer de nuages. Au-dessus, un ciel bleu d’une pureté idéale. À ma gauche, un
Soleil comme on n’en peut voir de la Terre, car elle est toujours enveloppée de vapeurs
imperceptibles qui tamisent les rayons lumineux, les décomposent ou les ternissent.
Là-haut c’était de la lumière vierge dans de l’air vierge. C’était une volupté de voir et
de respirer. »(1)

À la fin de cette année 1911, faste pour l’aviation naissante, les records s’enchaînent. Ainsi avec 167,8 km/h,
Jules Védrines détient le record de vitesse sur un avion Deperdussin, celui de la distance sans escale (740,299
km) est l’œuvre d’Arnaud Gobé sur Nieuport, celui de l’altitude est attribué à Roland Garros sur Blériot, et ce-
lui de la durée, en 11 h 01 mn et 29 s, revient à Max Fourny sur avion Maurice-Farman. À cette même époque,
705 brevets d’aviateur sont décernés en France (un an plus tôt, il n’y en avait que 360).

La course aux records


En décembre 1912, Roland Garros choisit la ville de Tunis pour bénéficier de meilleures conditions de
vols pour ravir le record d’altitude de nouveau en possession de Georges Legagneux qui a réussi à pousser
son avion à 5 210 mètres. Le 7 décembre 1912, aux commandes de son Morane-Saulnier, Garros s’empare du
record en atteignant l’attitude de 5 610 mètres.
Bien loin de répondre à des défis insensés imaginés par des casse-cou, ces
exploits visent à éprouver les mécaniques et la structure de l’avion pour qu’il
soit, selon Roland Garros, « capable de rendre des services ». C’est ainsi que le
23 septembre 1913, il relie par les airs le continent européen à l’Afrique et ouvre
désormais la voie aux voyages aériens intercontinentaux.

En 1977, Alexandre Vasilievich Fedotov, à bord du prototype du MiG-25, at-


teint la hauteur record de 37 650 mètres, une performance jamais égalée à ce jour.
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1. Mémoires, suivi de Journal de Guerre, Roland Garros, Ed Phébus, Paris, 2016.

Adjudant-chef Jean-Paul Talimi, rédacteur au CERPA


Sous la direction de Marie-Catherine Villatoux, docteur et agrégée en histoire, enseignant-chercheur au CReA
ISSN 2552-0245