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Les créances en souffrance sur le segment des entreprises avoisinent donc les 40MMDH, confirmant

le constat selon lequel les entreprises sont plus défaillantes que les ménages.

Il n’existe pas de traçabilité officielle et publique de la ventilation sectorielle des créances en


souffrance, mais certains secteurs connus pour leur défaillance émergent du lot.

L’immobilier, par exemple, dont l’insolvabilité a été citée par l’agence de notation internationale
Fitch Ratings, dans son dernier rapport sur la profitabilité des banques marocaines: «Les banques
marocaines sont sous pression, en raison des charges de crédits immobiliers importants», note
l’agence.

Toujours dans l’immobilier, il convient de rappeler que le montant des dations en paiement dans le
secteur bancaire a atteint les 11MMDH à la fin du 1er semestre, selon des sources sûres. De
nouvelles dations devaient être conclues cet été, par deux grands groupes immobiliers. Il est à noter
que dans les comptes bancaires, les dations sont distinctes des provisions.

Outre l’immobilier, c’est le secteur du pétrole et gaz, avec la crise de la Samir, qui a favorisé la hausse
généralisée des créances en souffrance. Rappelons qu’à elle seule, la dette bancaire marocaine de la
Samir s’élève à 8,5 MMDH, soit plus de 21% des créances en souffrance en circulation.

La Banque centrale populaire, qui détient une créance sur la Samir de 2MMDH, a récemment déclaré
avoir provisionné 100% de cette créance. L'ensemble des banques concernées ont provisionné leurs
créances, soit en grande partie, soit en totalité.

Dans son dernier rapport sur la profitabilité des banques marocaines, Fitch Ratings souligne que le
poids des créances en souffrance, combiné à un ralentissement de la croissance économique attendu
cette année, pèse sur la profitabilité du secteur bancaire marocain et met la qualité des actifs des
banques marocaine sous pression.

Ce constat concerne surtout trois plus grandes banques marocaines (BCP, AWB, BMCE). Fitch estime
que les filiales des banques françaises (BMCI, Société générale, Crédit du Maroc) affichent une
meilleure tenue en matière de couverture des créances douteuses, en raison d’une « évaluation plus
stricte de la politique de crédit».

Selon l'agence Fitch, bien que les banques affichent des capitaux propres suffisants par rapport aux
exigences réglementaires, leurs marges de fonds propres sont minimes, ce qui les rend sensibles à la
volatilité économique, notamment à cause de la faible qualité des actifs couplée à une prise de
risque supérieure à la moyenne.

Le ratio de capitaux propres tangibles représente 10% des immobilisations corporelles pour les
principales banques marocaines, un matelas de sécurité limité étant donné les profils de risque des
banques, le risque de concentration et la sous-estimation éventuelle des prêts douteux, selon Fitch.

Les ratios Fitch Core Capital pondéré par les risques pour les banques classées ont été en moyenne
de 12,6% à fin de 2016, mais les disparités sont importantes entre les banques. Des ratios faibles sont
constatés chez Attijariwafa Bank (10,8%) et BMCE, 9,7%, ce qui met en évidence leur vulnérabilité à
des chocs même modérés. Ceci peut même peser sur leurs notations selon Fitch et qui sont
respectivement de 'bb-' et 'b+'. Les ratios de capital réglementaire total, soutenus par une dette
subordonnée, donnent une image similaire, avec Attijariwafa (13,3%) et BMCE (12,3%) à peine au-
dessus du minimum réglementaire de 12%.

Des créances en souffrance sous-estimées

Fitch rappelle également que le taux de créances en souffrance est considérablement plus élevé au
Maroc que sur les marchés développés. La moyenne des sept plus grandes banques marocaines était
de 9,7% fin de 2016, dont un ratio de couverture de 70%. "Nous pensons que les pratiques de
déclaration locales sous-estiment l'ampleur réelle de la faiblesse de la qualité des actifs", annonce
Fitch. Société Générale et BMCI, qui suivent des politiques de classification plus prudentes imposées
par leurs maisons-mères, ont enregistré des ratios significativement plus élevés de 14,6% et 12,7%
respectivement. "Nous estimons que les emprunts douteux représenteraient 12 à 14% des prêts
sectoriels si nous devions inclure des déficiences sous-déclarées ainsi que des listes de surveillance,
des prêts restructurés et saisis".

"Les banques marocaines ont généralement un appétit au risque plus élevé que les banques que
nous évaluons sur les marchés développés", annonce Fitch. Leurs normes de souscription peuvent
devenir plus détendues car elles s'adaptent aux conditions du marché local lorsque les opportunités
deviennent limitées et la concurrence s'intensifie. Les trois plus grandes banques du pays se
développent dans d'autres marchés africains, ce qui implique une exposition à des obligations
souveraines nationales évaluées de manière significativement inférieure aux obligations souveraines
marocaines (BBB-) et aux environnements opérationnels les plus risqués, ce qui peut poser sur leur
note de crédit.

Attijariwafa bank et BMCE bank sont des banques d'importance nationale et leurs évaluations par
défaut de l'émetteur à long terme «BB +» sont influencées par notre point de vue sur le soutien
probable de l'État marocain, si nécessaire. Les notes de CIH Bank reflètent notre point de vue sur le
soutien probable, si nécessaire, de son propriétaire majoritaire, un important investisseur public axé
sur le développement économique du Maroc. "Les cotes de Société générale et BMCI reflètent notre
point de vue sur le soutien probable des propriétaires majoritaires, Societe Generale et BNP Paribas,
si nécessaire", conclut la note.

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