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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene

Faculté de Génie Civil


Domaine Sciences et Technologies

Mémoire de Master
Filière : Génie Civil
Spécialité : Ingénierie de la Construction
Thème

Approche Comparative Entre Système de Contreventement


"Voiles Porteurs" et "Isolation à la Base" :
Étude de Cas Appliquée à un Bloc Hospitalier R+5

Présenté par :
BELKACEM-NACER Walid
SEFTA Mohamed Karim

Soutenu publiquement le 19/06/2017 devant le jury composé de :


Président : Pr. TOUATI
Encadrant : Mr. DJELLAB
Examinateurs : Pr. TOUATI
Mme. REZGUI
Mme. GUELLATI
JUIN 2017
Remerciements
Nos remerciements sont portés tout d’abord envers notre Tout puissant Seigneur, de nous avoir
donné la force, la patience en vue de faire aboutir ce travail.

En second, nous remercions nos parents, sans qui nous ne serions jamais là, qui ont toujours
fait passer notre bien-être avant toute chose et qui n’ont jamais cessé de nous pousser à aller
plus loin, aux yeux desquels nous seront toujours les meilleurs.

Nous tenons à remercier aussi tous nos enseignants, qui au long de ces années ont tant donné
de leur savoir pour nous transmettre le meilleur et qui avant tout nous ont appris à aimer ce que
l’on fait, à y être dévoués, nous espérons un jour leur en faire honneur.

Un Grand merci à notre directeur de mémoire Monsieur DJELLAB, qui a non seulement été
l’un des meilleurs enseignants pendant ces deux dernières années, mais aussi un encadrant
remarquable ces derniers mois. Ayant toujours été patient et disponible, cela nous a rassuré
dans nos moments de crainte et guidé dans nos doutes.

Nos remerciements vont également au Professeur TOUATI de nous faire l’honneur de présider
le jury et d’évaluer notre projet, ainsi qu’aux autres membres Mme REZGUI et Mme
GUELLATI qui nous font l’honneur d’examiner notre travail.

Enfin, merci à tous nos amis, camarades et toutes les personnes ayant contribué de près ou de
loin à l’aboutissement de ce projet.

1
Dédicaces

A nos parents

A nos sœurs

A Sonia, Sudaci Ajib et Cheraz

A Chakib, Dino et R.

A tous nos proches amis

A la promotion de Génie Civil 2016/2017 et toutes celles à venir

Au progrès, au changement, à l’évolution

BELKACEM-NACER Walid

SEFTA Mohamed Karim

2
Résumé
Le travail présenté ici consiste en l’étude d’un bloc hospitalier R+5 pour lequel une approche
comparative entre deux systèmes parasismiques (Voiles porteurs et Isolation à la base) sera
effectuée. Pour cela, il sera fait appel à différentes méthodes de calculs de Génie Civil mais
aussi des logiciels de calcul assistés par ordinateur.

En outre, l’implantation d’un système d’isolation sismique à la base du bâtiment étudié


représente une opportunité d’optimisation dudit bâti ; les avantages et inconvénients de la
technologie seront ainsi mis en exergue à travers une approche comparative aux voiles de
contreventement.

Abstract
The work presented here consists on the design of a multi-story hospital for which a
comparative approach between two earthquake-resistant systems (bearing wall & base
isolation) will be performed. For this purpose, different civil engineering design methods and
softwares will be used.

Hence, the implantation of a seismic isolation system at the building’s base represents an
opportunity of optimization for the structure; the advantages and disandvantages of the
technology will also be seen across the comparative approach with the bearing wall system.

‫ﻣﻠﺨﺺ‬
‫ ﺍﻟﺬﻱ ﺳﻴﺘﻢ ﻓﻴﻪﺗﻨﻔﻴﺬ ﺍﻟﻤﻨﻬﺞ ﺍﻟﻤﻘﺎﺭﻥ ﺑﻴﻦ ﻧﻈﺎﻣﻴﻦ ﺿﺪ ﺍﻟﺰﻟﺰﺍﻝ )ﺟﺪﺭﺍﻥ ﺍﻟﻘﺺ ﻭﺍﻟﻌﺰﻝ‬R + 5 ‫ﺍﻟﻌﻤﻞ ﺍﻟﺤﺎﻟﻲ ﻫﻮ ﺩﺭﺍﺳﺔﻣﺴﺘﺸﻔﻰ‬
‫ ﻓﺴﻮﻑ ﻳﺘﻢ ﺍﻟﻨﺪﺍء ﺍﻟﻰ ﺃﺳﺎﻟﻴﺐﻣﺨﺘﻠﻔﺔﻣﻦ ﺍﻟﺤﺴﺎﺑﺎﺕ ﻓﻲ ﺍﻟﻬﻨﺪﺳﺔ ﺍﻟﻤﺪﻧﻴﺔ ﻭﻛﺪﻟﻚﻣﺴﺎﻋﺪﺓﻣﻦ ﺑﺮﺍﻣﺞ‬،‫ ﻟﻬﺬﺍ‬.‫ﻓﻲ ﺍﻟﻘﺎﻋﺪﺓ( ﺳﻴﺘﻢ‬
.‫ﺗﺮ ﻭﺍﻟﺤﺴﺎﺏ‬ ‫ﺍﻟﻜﻤﺒﻴﻮ‬
‫ﻣﺰﺍﻳﺎ ﻭﻣﺴﺎﻭﺉ‬.‫ ﻓﺈﻥﺗﻄﺒﻴﻖ ﻧﻈﺎﻡ ﺍﻟﻌﺰﻝ ﺍﻟﺰﻟﺰﺍﻟﻲ ﻓﻲ ﺍﻟﻘﺎﻋﺪﺓ ﻳﻤﺜﻞ ﺩﺭﺱ ﻭﻗﺎﻝ ﻓﺮﺻﺔ ﺍﻹﻁﺎﺭ ﺍﻷﻣﺜﻞ‬،‫ﻭﺑﺎﻹﺿﺎﻓﺔ ﺇﻟﻰ ﺫﻟﻚ‬
.‫ﺍﻟﺘﻜﻨﻮﻟﻮﺟﻴﺎ ﻭﺳﻴﺘﻢﺗﺴﻠﻴﻂ ﺍﻟﻀﻮء ﺑﺸﻜﻞ ﺟﻴﺪﻣﻦ ﺧﻼﻝ ﺍﻟﻤﻨﻬﺞ ﺍﻟﻤﻘﺎﺭﻥ ﻋﻠﻰ ﺟﺪﺭﺍﻥ ﺍﻟﻘﺺ‬

3
Liste des tableaux
Partie 1 : Contreventement par Voiles Porteurs
Chapitre 2
Tab.1 : Charges d’exploitation des différents niveaux / 36

Tab.2 : Valeurs des charges d’exploitation selon la loi de dégression / 42


Tab.3 : Sections des différents poteaux selon leur configuration / 43

Tab.4 : Eléments supportant charges permanentes et d’exploitation / 44

Tab.5 : Poids propre d’éléments intervenant dans le poids total / 44

Tab.6 : Poids total des différents niveaux / 45


Tab.7 : Caractéristiques géométriques des refends / 47

Chapitre 3

Tab.8 : Vérification des conditions de régularité en plan / 56

Tab.9 : Vérification des conditions de régularité en élévation / 56

Tab.10 : Itérations pour le premier mode / 72

Tab.11 : Itérations pour le deuxième mode / 73

Tab.12 : Itérations pour le troisième mode / 74

Tab.13 : Distribution des efforts selon la hauteur (Statique Equivalente) / 76

Tab.14 : Résultats de calcul (Mode 1) / 77


Tab.15 : Résultats de calcul (Mode 2) / 78

Tab.16 : Résultats de calcul (Mode 3) / 78

Tab.17 : Résultats de calculs (Modale Spectrale) / 79

Tab.18 : Vérification de l’effet P-Δ / 79

Chapitre 4
Tab.19 : Paramètres de calcul des refends / 84
Tab.20 : Résultats de calcul (Refend 1’ et 2’) / 86

4
Tab.21 : Résultats de calcul (Refend 1’’ et 2’’) / 86

Tab.22 : Distribution des efforts normaux sur un refend / 90

Tab.23 : Moments engendrés dans les voiles / 91

Tab.24 : Valeurs des efforts normaux dans le portique C-C / 93

Tab.25 : Valeurs des efforts tranchants dans le portique C-C / 94

Tab.26 : Valeurs des moments fléchissants dans les poteaux / 95

Tab.27 : Valeurs des moments fléchissants dans les poutres / 96

Tab.28 : Combinaisons des efforts normaux pour les voiles (CBA) / 97

Tab.29 : Combinaisons des moments fléchissants pour les voiles (CBA) / 97

Tab.30 : Combinaisons des efforts pour les voiles (RPA) / 98

Tab.31 : Combinaisons des efforts normaux dans les poteaux / 98

Tab.32 : Combinaisons des moments fléchissants dans les poteaux / 99

Tab.33 : Combinaisons des moments fléchissants dans les poutres / 99


Tab.34 : Combinaisons des efforts tranchants dans les poutres 100

Chapitre 5
Tab.35 : Charges et Surcharges pour une dalle / 106

Tab.36 : Moments dans les différents panneaux / 106

Tab.37 : Calcul de ferraillage pour les panneaux D1 et D2 / 107

Tab.38 : Ferraillage de l’escalier en travée / 113

Tab.39 : Ferraillage de l’escalier sur appui / 113

Tab.40 : Ferraillage de la poutre palière / 114

Tab.41 : Etapes de calcul du ferraillage des poutres de la travée 1 à 3 / 118

Tab.42 : Etapes de calcul du ferraillage des poutres de la travée 4 / 119

Tab.43 : Vérification de la contrainte tangente maximale / 121

Tab.44 : Détermination des cas de calcul en flexion composée (Poteaux) / 124

5
Tab.45 : Résultats de calcul pour le ferraillage des poteaux en flexion composée / 124

Tab.46 : Résultats de calcul pour le ferraillage des poteaux en compression centrée / 125

Tab.47 : Efforts imposés aux différents refends / 126

Tab.48 : Excentricités calculées pour les différents refends / 127

Tab.49 : Résultats de ferraillage pour les voiles (Compression centrée / 128

Tab.50 : Cas de calcul en flexion composée pour les voiles (Combinaison 1) / 129

Tab.51 : Cas de calcul en flexion composée pour les voiles (Combinaison 2) / 129

Partie 2 : Contreventement par Isolation Sismique


Chapitre 7

Tab.52 : Coefficient de proximité de la faille (N) / 159

Tab.53 : Facteur de zone sismique (Z) / 159

Tab.54 : Coefficient caractérisant le type de sol (S) / 160

Tab.55 : Facteurs d’amortissement BD et BM / 160

Chapitre 8

Tab.56 : Différents efforts normaux selon le poteau / 167

Tab.57 : Dimensions des unités d’isolations choisies / 167

Tab.58 : Caractéristiques mécaniques et physiques des unités choisies / 168

Tab.59 : Masses des différents niveaux, y compris sous-sol / 179

Tab.60 : Données de la stabilité au flambement / 182

Tab.61 : Données de la stabilité de forme / 184

Tab.62 : Données de la stabilité au renversement / 185

Chapitre 9

Tab.63 : Distribution des efforts sismiques sur les différents niveaux / 190

Tab.64 : Distribution des forces et efforts tranchants sur les différents portiques / 192
6
Tab.65 : Distribution d’efforts sur les poteaux du portique C-C / 192

Tab.66 : Réponse de l’interface d’isolation / 195

Tab.67 : Réponse de la superstructure / 195

Chapitre 10

Tab.68 : Calcul des contraintes et leurs vérifications / 202

Tab.69 : Ferraillage du radier en flexion simple / 202

7
Liste des figures
Partie 1 : Contreventement par Voiles Porteurs
Chapitre 1

Fig.1 : Plan structural du Centre Hospitalier Universitaire / 17

Fig.2 : Dimensions en plan de la structure / 18

Fig.3 : Les trois domaines de déformations pour les matériaux / 20

Fig.4 : Diagramme contraintes (σb) – déformations (εb) du béton / 23

Fig.5 : Diagramme contraintes (σs) – déformations (εs) de l’acier / 24

Chapitre 2

Fig.6 : Coupe de voile en élévation / 30


Fig.7 : Coupes de voiles en plan / 30
Fig.8 : Prise en compte des murs en retour / 31
Fig.9 : Dimensions du voile / 31
Fig.10 : Coupe statique sur l’escalier / 33
Fig.11 : Dimensions de l’escalier en plan / 33
Fig.12 : Poutre palière représentée par le logiciel Robot. / 35

Fig.13 : Dimensions d’un acrotère conventionnel / 37

Fig.14 : différentes dispositions de poteaux / 39

Fig.15 : Centre de gravité de deux sections / 46

Fig.16 : Dénomination des refends d’un voile / 47

Fig.17 : Distance du centre de torsion / 48

Fig.18 : Données pour le calcul du centre de torsion de la structure / 49

Chapitre 3

Fig.19 : Configuration en plan de la structure / 55

8
Fig.20 : Modèle brochette de la structure / 57

Fig.21 : Spectre réponse algérien sous forme de graphe / 66

Fig.22 : Mouvement d’un système pour une accélération variant linéairement durant un
incrément de temps Δt / 69

Fig.23 : Allure des différents modes de vibration de la structure / 75

Fig.24 : Accélérogramme du séisme de Boumerdes direction est-ouest / 80

Fig.25 : Déplacements des différents degrés de liberté / 81

Fig.26 : Vitesses des différents degrés de liberté / 82

Fig.27 : Accélérations des différents degrés de liberté / 83

Chapitre 4

Fig.28 : Différents modes de rupture selon la configuration de la dalle / 87

Fig.29 : Lignes de rupture (Terrasse) / 87

Fig. 30 : Lignes de rupture (Etage Courant) / 88

Fig.31 : Surfaces offertes aux voiles (Terrasse) / 89

Fig.32 : Surfaces offertes aux voiles (Etage Courant) / 89

Fig.33 : Distribution des efforts normaux sur un refend / 90

Fig.34 : Disposition des portiques dans les deux directions / 92

Fig.35 : Charges revenants au portique C-C / 92

Fig.36 : Distribution des efforts normaux sur le portique C-C / 93

Fig.37 : Distribution des efforts tranchants sur le portique C-C / 94

Fig. 38 : Distribution des moments fléchissants dans le portique C-C / 95

Chapitre 5

Fig.39 : Dimensions de calcul d’une section / 102

Fig.40 : Identification des différents panneaux selon le sens de portée / 103

9
Fig.41 : Moments de continuité dans les dalles / 105

Fig.42 : Caractéristiques de calcul pour un panneau triangulaire / 105

Fig.43 : Schéma statique des charges sur une volée / 109

Fig.44 : Schéma statique du chargement de la paillasse / 110

Fig.45 : Schéma statique du chargement du palier de repos / 110

Fig.46 : Diagramme du moment sur l’escalier / 111

Fig.47 : Schéma statique du chargement sur la poutre palière / 112

Fig.48 : Diagramme du moment fléchissant sur la poutre palière / 112

Fig.49 : Diagramme de l’effort tranchant sur la poutre palière / 112

Fig.50 : Schéma du prolongement d’armatures à l’appui d’about de la poutre palière / 116

Partie 2 : Contreventement par Isolation Sismique


Chapitre 6

Fig. 51 : Effet de l’isolation sismique sur la période propre d’une structure / 135

Fig.51 : Schéma comparatif d’une structure isolée et encastrée / 135

Fig.52 : Schéma explicatif du confort des usagers dans un bâtiment isolé / 136

Fig.53 : Schéma de la méthode de exposée par le Dr Calantarients / 138

Fig. 54 : Los Angeles City Hall / 140

Fig.55 : Sous-sol du West Japan Postal Computer Center / 141

Fig.56 : Appui fretté à faible amortissement / 143

Fig.57 : Appui à noyau en plomb / 144

Fig.58 : Effet de l’amortissement sur le spectre de réponse d’une structure / 145

Fig.59 : Appui à glissement / 146

Fig.60 : Logo de la compagnie DIS / 147

10
Chapitre 7

Fig. 61 : Courbe de comportement bilinéaire Force-Déplacement / 150

Fig.62 : Modèle à deux degré de liberté pour la théorie linéaire / 152

Fig.63 : Allure des deux premiers modes d’un système à 2ddl / 153

Fig.64 : Déplacements des différents ddl / 156

Fig.65 : Distribution des forces sur une structure isolée / 157

Fig.66 : Dimensions utiles à la vérification de la torsion / 161

Chapitre 8

Fig.67 : Configuration des types d’isolation / 168

Fig.68 : Dimensions du premier type d’isolation / 170

Fig.69 : Détails dimensions unité type 1 / 172

Fig.70 : Dimensions du second type d’isolation / 172

Fig.71 : Détails dimensions unité type 2 / 174

Fig.72 : Dimensions du noyau en plomb / 176

Fig.73 : Echelle du sous-sol / 178

Fig.74 : Paramètres pour le calcul du flambement / 180

Fig.75 : Paramètres pour la stabilité de forme / 183

Fig.76 : Paramètres pour la stabilité au renversement / 185

Chapitre 9

Fig.77 : Paramètres pour la distribution des forces horizontales / 191

Fig.78 : Accélérations des différents niveaux au séisme de Kobe / 194

Fig.79 : Déplacements différents niveaux au séisme d’Imperial Valley / 195

Chapitre 10

Fig.80 : Contraintes sous le radier / 201

11
Sommaire
Introduction Générale

PARTIE 1 : Contreventement par voiles porteurs

Introduction
Chapitre 1 : Structure, Matériaux : Fondamentaux
Chapitre 2 : Composantes des Calculs Préliminaires
Chapitre 3 : Analyse Modale et Sismique
Chapitre 4 : Transmission et Combinaisons des Charges
Chapitre 5 : Ferraillage des Eléments
Conclusion

PARTIE 2 : Contreventement par isolation sismique

Introduction
Chapitre 6 : Isolation Sismique : Genèse et Contexte général
Chapitre 7 : Isolation Sismique : Cadrage Théorique
Chapitre 8 : Procédure de Calcul des Unités d’Isolation
Chapitre 9 : Analyse Dynamique de la Structure
Chapitre 10 : Etude de l’Infrastructure

Conclusion

Conclusion Générale

12
Introduction Générale
Le Génie Civil est un domaine très ancien ; l’homme a construit avant même

d’apprendre à lire ou à écrire. Mais si à ses débuts il ne s’agissait que d’une nécessité, au fil des
années ce domaine s’est anobli pour devenir une pratique intellectuelle qui prend en
considération la moindre variable pouvant interférer entre la sécurité des usagers et les
différents effets néfastes sur le bâtiment.

C’est pourquoi, il est établi une série d’exigences et objectifs en matière de construction,
notamment lorsque l’on se trouve en zone sismique. En effet, les structures doivent être conçues
et construites de sorte qu’une double exigence soit respectée, chacune avec un degré de fiabilité
adéquate : une exigence de non-effondrement, et une exigence de limitation des dommages.

Cette double exigence est d’autant plus cruciale dans le cas présentement étudié représenté par
un bloc hospitalier, dont l’importance vitale devant assurer le comportement irréprochable de
la structure durant toute sa durée de vie implique des considérations supplémentaires.

En tant que partie intégrante des éléments fondamentaux indispensables pour une organisation
structurale et constitutive de la structure d’un édifice, le contreventement est un système
destiné à assurer la stabilité globale d'un ouvrage vis-à-vis d’effets multiples.

L’intérêt des systèmes de contreventement à des structures implantées en zones sismiques


devient primordial, sans quoi ces structures seraient vulnérables aux dommages causés par des
tremblements de terre qui sont de plus en plus destructeurs.

L’implantation d’un système d’isolation à la base s’inscrit dans cette optique d’optimisation de
la sécurité et se réfère presqu’entièrement aux projets de construction de grande envergure ; il
en est ainsi du projet de la Grande Mosquée d’Alger en cours de réalisation, pour lequel une
isolation sismique a été opérée et qui appelle dès lors à un questionnement légitime : en quoi la
mise en œuvre d’une telle démarche se verrait aussi bien adéquate pour le cas d’un hôpital ? En
d’autres termes, quels enseignements utiles sont à tirer de l’opérationnalisation de ce système à
une structure considérée vitale ?

C’est à ce niveau que s’identifie le choix de l’étude. La définition de la problématique, d’un


objectif tracé outre le fait qu’elle consiste à répondre à une question centrale, représente en fait

13
une curiosité pour un domaine qui n’a pas été étudié durant le cursus universitaire et captant en
conséquence l’intérêt du chercheur.

En plus de permettre l’assimilation au mieux des connaissances acquises, ce projet de fin


d’étude permet la prise en compte de différents éléments pratiques et extérieurs opportunément
complémentaires au cursus de formation, ce qui est de nature à représenter un atout non
négligeable au moment crucial de l’immersion en milieu professionnel.

La particularité du présent travail réside donc, en plus de l’étude de la structure contreventée


par des voiles porteurs, dans l’implantation d’un système d’isolation à la base du bâtiment qui
est une technologie parasismique permettant de découpler le bâtiment du sol, pour lui donner
une plus grande liberté de mouvement et diminuer les contraintes qui lui sont transmises ; la
structure s’en retrouve soulagée et ses usagers bénéficient d’un plus grand confort.

Ceci étant dû à la diminution des accélérations des différents niveaux, qui fera le parallèle à des
déplacements bien plus importants. Ce dernier point présente bien évidemment des
considérations supplémentaires pour la structure dans le cas où cette dernière se trouve à
proximité d’autres structures.

Dans le présent travail élaboré dans l’optique de l’obtention du diplôme de fin de cycle en
Master, spécialité Ingénierie de la Construction, à la faculté de Génie Civil de l’Université des
Sciences et des Technologies Houari Boumediene, l’étude d’un bloc hospitalier R+5 sera
présentée selon un schéma bien précis ayant défini l’étude en elle-même ; l’articulation se fera
autour de deux parties bien distinctes comportant chacune cinq chapitres, et illustrant le
changement opéré entre les deux systèmes de contreventement utilisés.

Deux principales parties constituent ainsi le phasage du travail.

La Partie 1 « Contreventement par voiles porteurs » se voulant plutôt classique, fait état d’une
étude de bâtiment à travers différentes étapes de dimensionnements et d’analyses découlant
presqu’entièrement du cursus universitaire accompli jusque-là. La caractéristique de cette
première partie réside toutefois dans le type de bâtiment étudié, un hôpital en l’occurrence qui,

14
contrairement aux bâtiments à usage d’habitation, devra répondre à des critères de sécurité
accrues vis-à-vis de ces derniers, ce qui sera bien évidemment visible durant l’étude.

Cela d’autant que les règles de conception et de calcul des constructions en zone sismique
suivent et adaptent ces progrès au contexte national. Il ne s’agit pas seulement d’appliquer un
certain nombre de prescriptions réglementaires, mais d’avoir une approche globale qui prend
en compte tous les facteurs pouvant avoir une incidence sur le comportement du bâtiment.

La Partie 2 « Contreventement par isolation sismique » consiste en ce que l’implantation d’un


système d’isolation à la base se fera dans une optique de sécurité et de confort des usagers
encore plus importants. Il sera alors procédé à la suppression des voiles pour les remplacer par
des isolateurs implantés entre l’infrastructure et la superstructure, soit une interface d’isolation.

Dans cette partie, il faudra surtout considérer la nouveauté et la recherche d’optimisation pour
la structure déjà étudiée en première partie puisque, la technologie utilisée est considérée
comme l’un des meilleurs systèmes parasismiques au monde, en pleine expansion depuis
certaines années. Aussi, les implications de l’analyse portent sur une série d’aspects : site,
fondations, forme architecturale, structure porteuse, ainsi qu’aux éléments non structuraux, aux
façades et aux équipements, particulièrement en milieu hospitalier.

Les choix faits dans chacun de ces domaines techniques auront alors des répercussions sur le
comportement d’ensemble.

Une Conclusion générale permettra de tirer les principaux enseignements du travail et des
possibilités qui s’offrent en matière de développement à travers d’autres études à mener dans
le domaine.

15
Partie 1
Contreventement par Voiles Porteurs
Introduction
Au sein du vaste domaine de conception et de réalisation d’ouvrages et d’infrastructures
civiles, le contreventement constitue un système servant à assurer la stabilité d’un bâtiment
face à des effets horizontaux, issus d’un séisme par exemple. De ce fait, il s’agit d’une
première ligne de défense face aux dommages occasionnés par un tremblement de terre sur
une construction et sont par conséquent d’une importance primordiale.

Les voiles de contreventements, aussi appelés refends, sont des murs en béton armé s’étendant
sur toute la hauteur du bâtiment et disposés d’une manière spécifique en nombre et en
distribution spatiale. Souvent représentés comme étant des consoles encastrées au sol, les
voiles permettent, quand disposés dans deux directions principales, de reprendre les efforts
sismiques induits et ce, grâce à une inertie considérable dans le sens en question.

Le choix d’une disposition spécifique pour les voiles dépendra presqu’entièrement de


l’ingénieur civil, qui devra opérer des choix concernant l’architecture et la conception
générale du bâti pour permettre une disposition fluide et non encombrante pour
l’aménagement intérieur du bâtiment. Ces voiles peuvent alors, dans le cas où ils
reprendraient un certain pourcentage des charges verticales, être considérés comme étant
porteurs et participeront alors à la reprise des deux charges horizontales et verticales.

Aussi, est-il considéré que cette première partie du mémoire (déroulée en cinq chapitres) offre
l’opportunité de revisiter les conditions d’utilisation des connaissances acquises durant les
cinq années d’études en Génie Civil, et ce afin de procéder aux calculs et dimensionner un
bloc hospitalier implanté à Alger et faisant partie d’un centre hospitalier universitaire. De ce
fait, l’intérêt de se retreindre à un système de contreventement constitué de voiles permettra
une meilleure mise en pratique des connaissances suscitées.

Ce travail permet en conséquence de se familiariser avec les méthodes de calcul classiques


pour un bâtiment parasismique, mais surtout de voir les différences qu’il existe pour un
bâtiment de catégorie différente de celles étudiées jusqu’à présent, hospitalier donc, soit de
catégorie vitale.

Le choix porté sur le bloc hospitalier, pour sa part, résulte de discussions et échanges
fructueux portant en particulier sur la faisabilité technique du projet. Il s’agit en l’occurrence
d’une structure non-rectangulaire mais qui se verra significativement simplifiée étant donné
ses nombreuses symétries spatiales.
16
Chapitre 1
Structure, Matériaux : Fondamentaux
Chapitre 1 Structure, Matériaux : Fondamentaux

Avant de procéder au dimensionnement de la structure, il est important de prendre conscience


des différentes données fournies par les plans architecturaux du bâtiment mais aussi des
matériaux qui seront utilisés ainsi que leurs caractéristiques, leurs spécificités ainsi que l’énoncé
des hypothèses de calcul qui seront utilisées durant l’étude.

1. Présentation de l’ouvrage

Le bloc hospitalier étudié dans le présent mémoire fait partie d’un Centre Hospitalier
Universitaire (CHU) implanté à Alger. La structure est composée d’un rez-de-chaussée (RDC),
de cinq (5) étages courants (EC) et d’une terrasse inaccessible. Les hauteurs d’étages de 4,8 m
sont constantes pour tous les niveaux ; ces hauteurs sont justifiées par le besoin de réservations
pour les différents réseaux et canalisations suspendus à tous les niveaux, couverts par un faux
plafond et considérés plus tard dans le poids des différents planchers.

Le choix de l’étude de ce bloc spécifique, dont le périmètre est délimité en bleu dans la figure
qui suit, s’est fait sur la base de discussions et de concertations.

Fig.1 : Plan structural du Centre Hospitalier Universitaire

17
Chapitre 1 Structure, Matériaux : Fondamentaux

La structure de forme non-rectangulaire, se voit simplifiée dans son étude par des dimensions
sensiblement semblables et symétriques, comme démontré dans ce qui suit.

1.1. Caractéristiques géométriques


- La hauteur du RDC et de l’étage courant est de 4.8 m ;
- La hauteur totale du bâtiment à partir du niveau du sol (sans acrotère) est de 28,8 m ;
- La hauteur de l’acrotère est de 0,5 m ;
- Les dimensions de toutes les travées entre axes est de 8 m ;
- La largeur ainsi que la longueur du bâtiment en plan sont de 32,3 m ;
1.2. Eléments constitutifs

Le bloc hospitalier est constitué de deux corps distincts qui sont :

- La structure principale : formée par les voiles et les portiques en béton armé
- Les éléments secondaires : formés par les planchers et les escaliers en béton armé

Les charges supplémentaires : comprenant les murs extérieurs en double parois de briques
creuses ainsi que le carrelage, mortier, etc.

Fig.2 : Dimensions en plan de la structure

2. Matériaux et Hypothèses de Calcul

Les caractéristiques mécaniques et physiques des matériaux utilisés, soit le mélange béton et
aciers, étant grandement liées aux hypothèses de calcul exposées par les règlements de béton
armé, il est alors important de définir ces derniers avant d’opérer des choix sur les matériaux
qui seront utilisés.

Les Règles de Conception et de Calcul des Structures en Béton Armé (CBA93), tout comme
son équivalent Français, Béton Armé aux Etats Limites (BAEL91), définissent des hypothèses

18
Chapitre 1 Structure, Matériaux : Fondamentaux

de calculs pour le béton armé basées sur la philosophie des états limites de calcul, ces états
limites peuvent être définis comme suit.

2.1. Etats-limites (CBA93, A.1.2)

Un état limite est celui pour lequel une condition requise d’une construction ou d’un de ses
éléments est strictement satisfaite et cesserait de l’être en cas de modification défavorable d’une
action. On distingue deux (2) catégories d’états limites

2.1.1. Les états-limites ultimes (ELU) qui correspondent à la limite soit de


- L’équilibre statique.
- La stabilité de forme.
- La résistance de l’un des matériaux.
Les hypothèses de calcul, qui découlent de cet état limite et qui seront plus visibles et
compréhensibles par la suite, peuvent alors être résumées comme suit (CBA 93, A.4.3.2) :
- Les sections droites restent planes et il n’y a pas de glissement relatif entre les
armatures et le béton
- La résistance à la traction du béton est négligée
- Les déformations des sections sont limitées pour les déformations du béton à εbc =
3,5 ‰ en flexion et εbc = 2 ‰ en compression simple.
- Les déformations des sections sont limitées pour l’allongement de l’acier à εs = 10
‰.
- On peut supposer concentrée en son centre de gravité la section d’un groupe de
plusieurs barres, tendues ou comprimées, pourvu que l’erreur ainsi commise sur la
déformation ne dépasse pas 15%.
2.1.2. Les états-limites de service (ELS)

C’est un état au-delà duquel ne sont plus satisfaites les conditions normales d’exploitation et de
durabilité qui comprennent les états limites de fissuration, de déformation et de compression du
béton. Les hypothèses de calcul, qui découlent de cet état limite et qui seront plus visibles et
compréhensibles par la suite, peuvent alors être résumées comme suit (CBA 93, A.4.5.1) :

- Les sections droites restent planes et il n’y a pas de glissement relatif entre les
armatures et le béton en dehors du voisinage immédiat des fissures.
- Le béton tendu est négligé.
- Le béton et l’acier sont considérés comme matériaux linéairement élastiques et il
est fait abstraction du retrait et du fluage du béton.
19
Chapitre 1 Structure, Matériaux : Fondamentaux

- Par convention, le rapport « n » du module d’élasticité longitudinale de l’acier à


celui du béton ou coefficient d’équivalence a pour valeur 15.
- Conformément aux errements habituels, on ne déduit pas dans les calculs les aires
des aciers de l’aire du béton comprimé, on peut en outre supposer concentrée en
son centre de gravité l’aire d’acier de la section transversale d’un groupe de
plusieurs armatures pourvu que l’erreur ainsi commise ne dépasse 15%.
2.1.3. Règle des 3 pivots (CBA 93, A.4.3.3)

Les diagrammes possibles résultent des déformations limites fixées pour les matériaux, d’où
les trois domaines de la figure ci-dessous définis à partir des pivots A, B et C.

Domaine 1 : Le diagramme passe par le point A qui correspond à un allongement de 10 ‰ de


l’armature la plus tendue supposée concentrée en son centre de gravité.

Domaine 2 : Le diagramme passe par le point B qui correspond à un raccourcissement de 3,5


‰ de la fibre la plus comprimée.

Domaine 3 : Le diagramme passe par le point C qui correspond à un raccourcissement de 2‰


du béton à une distance de la fibre la plus comprimée égale à 3/7 de la hauteur totale h de la
section.

Fig.3 : Les trois domaines de déformations pour les matériaux

2.2. Béton

Le béton, qui est un mélange d’agrégats, formés de gravillons et de sables, de liants (ciment) et
d’eau dans des proportions bien définies, est l’un des matériaux les plus couramment utilisés
en construction civile de par ses nombreux avantages (ouvrabilité, résistance). Le mélange de
ses différents composants permet le plus souvent d’avoir une résistance convenable et une
bonne qualité de durcissement.

20
Chapitre 1 Structure, Matériaux : Fondamentaux

Le CBA 93, qui sera la principale source d’informations concernant les matériaux utilisés dans
cette étude, s’applique pour :

- Des dosages en ciment au moins égaux à 300 Kg/m3 de béton mis en œuvre,
- Des bétons constitués de granulats naturels normaux
- Les ouvrages et constructions en béton armé soumises à des ambiances s’écartant peu
des seules influences climatiques.
2.2.1. Choix des matériaux utilisés (CBA 93, B.1.1)

Etant donné l’absence de précédents et d’études préalables, comme indiqué dans l’article, les
projets sont établis à partir d’une résistance caractéristique spécifiée qu’il y a lieu d’obtenir à
l’exécution sur chantier.

Dans la présente étude, une résistance caractéristique pour le béton fc28 = 35 MPa a été choisie,
supposée justifiée par une étude appropriée comme préconisé par le CBA 93 pour les cas dont
les conditions de fabrication du béton dépassent 30 MPa. Le béton obtenu aura une masse
volumique de 2500 kg/ m3.

Toutefois, malgré une plus grande durabilité, cette résistance supérieure doit respecter les
limites qui suivent :

2.2.2. Résistance caractéristique du béton (CBA 93, A.2.1.1)

Dans l’établissement de tout projet de construction courant, un béton est défini par sa résistance
caractéristique à la compression à l’âge de 28 jours. Cette valeur est requise et/ou spécifiée et
est choisie compte tenu des possibilités locales et des règles de contrôle qui permettent de
vérifier qu’elle est atteinte.

On peut admettre que, pour j ≤ 28, la résistance fcj pour des bétons non traités thermiquement,
ce qui est le cas ici, suit approximativement les lois suivantes :

= Pour fc28 ≤ 40 MPa


, ,

= Pour fc28 ≥ 40 MPa


, ,

Dans tous les cas, la résistance à la compression est mesurée par compression axiale de
cylindres droits de révolution de 200 cm2 de section et d’une hauteur double de leur diamètre.

21
Chapitre 1 Structure, Matériaux : Fondamentaux

La résistance caractéristique minimale doit être, pour des aciers de haute adhérence et des aciers
lisses, de 15 et 12 MPa respectivement. En deçà de ces limites, les structures concernées ne
peuvent être considérées comme étant du béton armé.

La résistance caractéristique à la traction du béton à j jours quant à elle, notée ftj est
conventionnellement définie par la relation : = 0,6 + 0,06 valable pour les valeurs de fcj
strictement inférieures à 60 MPa.

Soit, dans le cas présent :

= 0,6 + 0,06 = 0,6 + 0,06 × 35 = 2,7 MPa

2.2.3. Déformations longitudinales (CBA 93, A.2.1.2)

Sous des contraintes normales d’une durée d’application inférieure à 24 heures, on admet à
défaut de mesures, qu’à l’âge de j jours, le module de déformation longitudinale du béton Eij
est égal à :

Eij=11000

Soit, dans le cas présent :

Eij=11000 √35 = 35981,73 MPa

D’autre part, on définit les déformations différées du béton comme celles comprenant les effets
du fluage et du retrait, ces deux phénomènes sont toutefois considérés s’additionner sans
atténuation dans les calculs.

En l’absence de mesures, la durée d’application des déformations longitudinales


complémentaires dues au fluage du béton sont doubles de celles dues aux mêmes contraintes
supposées de courte durée et appliquée au même âge. Le raccourcissement unitaire dû au retrait
quant à lui atteint des valeurs dépendant du climat selon la carte de zonage climatique provisoire
de l’Algérie.

Dans ce cas, le module de déformation longitudinale différée est donné par la formule :

Evj = 3700

Soit, dans le cas présent :

Evj = 3700 √35 = 12102,95 MPa

22
Chapitre 1 Structure, Matériaux : Fondamentaux

2.2.4. Coefficient de poisson (CBA 93, A.2.1.3)

Le coefficient de Poisson « ν » est défini par deux valeurs dépendant de l’état limite de calcul
comme :

ν=0 pour le calcul des sollicitations (ELU)

ν = 0,2 pour le calcul des déformations (ELS)

2.2.5. Contraintes limites de compression


2.2.5.1 ELU (CBA 93, A.4.3.4)

Le diagramme déformations εb, contraintes σb ci-dessous, dit « parabole-rectangle »,


comporte un arc de parabole du second degré d’axe parallèle à l’axe des contraintes σbc suivi
d’un segment de droite parallèle à l’axe des déformations εbc et tangent à la parabole en son
sommet.

Fig.4 : Diagramme contraintes (σb) – déformations (εb) du béton

Le coefficient γb vaut 1,5 pour les combinaisons fondamentales (SDT) et 1,15 pour les
combinaisons accidentelles (SA).

Le coefficient θ est fixé à 1 lorsque la durée probable d’application de la combinaison


d’actions considérée est supérieure à 24h, à 0,9 lorsque cette durée est comprise entre 1h
et 24h, et à 0,85 lorsqu’elle est inférieure à 1h.

A partir de là, il est possible de calculer la contrainte limite de compression du béton


comme suit :

, ∗ , ∗
σbc = fbu = = =19,83 MPa SDT
!∗"# ∗ ,

, ∗ , ∗
σbc = fbu = = = 25,87 MPa SA
!∗"# ∗ ,

23
Chapitre 1 Structure, Matériaux : Fondamentaux

2.2.5.2. ELS (CBA 93, A.4.5.2)

La contrainte de compression du béton y est limitée à :

σbc = 0,6 fc28 = 0,6*35 = 21 MPa

2.3. Aciers (CBA 93, A.2.2)

Les aciers, de par leur coefficient de dilation thermique qui est sensiblement le même que pour
le béton, profitent d’une excellente adhérence avec ce dernier et sont les principaux matériaux
constituant le mariage du béton armé.

Leur résistance à la traction confère un bon équilibre pour le béton, en effet ce dernier résiste
très mal à la traction comme indiqué par les lois ci-dessus, et trouve dans les aciers un renfort
non négligeable.

Le caractère mécanique servant de base aux justifications est la limite d’élasticité garantie « fe »,
pour un module d’élasticité longitudinale Es=200.000 MPa. Il sera utilisé dans cette étude des
aciers à haute adhérence de nuance FeE400 avec une limite d’élasticité fe = 400 MPa.

2.3.1. Contraintes limites

Le diagramme déformations εs, contraintes σs ci-dessous est considéré dans les calculs aux états
limites des aciers dans le béton armé et définit ses contraintes limites en fonction des
déformations.

Fig.5 : Diagramme contraintes (σs) – déformations (εs) de l’acier

Le coefficient γs vaut 1,15 pour les combinaisons fondamentales (SDT) et 1 pour les
combinaisons accidentelles (SA).

24
Chapitre 1 Structure, Matériaux : Fondamentaux

Contrairement au béton, les contraintes limites des aciers ne sont définies que par l’état de
fissuration du béton et sont donc définies comme suit :

a. Fissuration Peu Préjudiciable (FPP) :

La contrainte limite des aciers est définie, en fissuration peu préjudiciable (FPP), comme le
rapport :
σs = Fe/ γs
Soit, dans le cas présent :
σs = Fe/ γs = 400/1,15 = 347,83 MPa en SDT
σs = Fe/ γs = 400/1 = 400 MPa en SA
b. Fissuration Préjudiciable (FP) :

σ s = min ( 2 fe , 110 ηft28 )


3

c. Fissuration Très Préjudiciable (FTP):

σ s = min ( 1 fe , 90 ηft28 ) FTP.


2

Avec η défini comme coefficient de fissuration égal à :

1 pour les aciers RL


1,6 pour les aciers HA (Haute Adhérence)

3. Règlements Techniques Utilisés :

En définitif, les règlements qui seront utilisés au cours de l’étude sont au nombre de trois (3)

3.1. Règles Parasismique Algériennes RPA99/Version 2003

Les Règles Parasismique Algériennes RPA99 / Version 2003 dans sa version révisée suite au
séisme de 2003 fera l’objet de références et de source aux calculs qui seront menés dans
différentes parties du mémoire. En effet le RPA définit des limites à ne pas dépasser dans
certains cas mais aussi des méthodes de calcul simplifiées qui seront utilisées.

25
Chapitre 1 Structure, Matériaux : Fondamentaux

3.2. Règle de Conception et de Calcul des Structures en Béton Armé C.B.A.93

Le règlement de calcul des structures en béton armé quant à lui, basé sur le règlement « Béton
Armé aux Etats Limites », sera la source principale d’information concernant le matériau béton
armé et les différentes dispositions concernant les ferraillages des éléments ; ce dernier sera
d’ailleurs utilisé dans une moindre mesure dans le cas où le CBA93 ne fournit pas les
informations nécessaires.

3.3. Charges Permanentes et Charges d’Exploitation DTR.B.C.2.2

Enfin, le DTR.B.C 2.2 servira principalement à définir les charges d’exploitation de la structure
ainsi que l’utilisation de quelques règles de calcul les concernant.

26
Chapitre 2
Composantes des Calculs Préliminaires
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Avant de passer à des étapes plus élaborées en termes d’importance, il est utile de synthétiser
les plans architecturaux en choix pratiques pour les calculs à venir. C’est pourquoi des calculs
préliminaires, comprenant la descente de charges sur les poteaux, le pré-dimensionnement des
éléments ainsi que le calcul du poids total de la structure et des caractéristiques géométriques
de cette dernière seront faits de telle sorte à obtenir une idée bien précise concernant les diffé-
rentes données du bâtiment.

Comme base aux calculs qui suivent, ont été utilisées comme références les Règles de Concep-
tion et de Calcul des Structures en Béton Armé (CBA 93), les plans architecturaux définissant
les charges découlant des dimensions données ainsi que les Règles Parasismiques Algériennes
(RPA 99). Les précautions qui suivent définissent aussi bien l’aspect sécuritaire qu’écono-
mique.

1. Pré-dimensionnement des éléments

Dans la phase de pré-dimensionnement, le principe consiste à évaluer de façon approximative,


mais dans des limites sécuritaires et réglementaires, les dimensions des différents éléments de
la structure ; le but final étant d’avoir une idée sur l’ordre de grandeur des éléments afin d’éva-
luer leur qualité dans l’optique des différents calculs à venir pour la structure.

1.1. Planchers

Les planchers sont définis comme étant des éléments horizontaux appuyés sur deux côtés ou
plus dont les portées sont prises entre nus de leurs appuis (poutres) ; leur fonction consiste à
transmettre les charges, qu’elles soient horizontales ou verticales, vers les éléments porteurs de
la structure.

L’un des choix les plus importants à faire durant l’élaboration du projet est le choix du type de
plancher pour les différents niveaux, l’idée est de prendre en considération les multiples don-
nées en termes de dimensions et de charges (cf. 2). Le choix final s’est porté sur des planchers
à dalle pleine en béton armé compte tenu des portées importantes entre appuis ainsi que des
charges d’exploitation élevées.

Ce choix constitue le meilleur compromis entre des planchers à corps-creux léger mais peu
résistant aux charges, et des planchers à dalle alvéolée convenant pour des portées de plus de
10 m, ce qui n’est pas le cas ici ; l’on sacrifie donc par la même une structure plus légère pour
une résistance accrue.

27
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Les principes de pré-dimensionnement des dalles pleines sont régis par des conditions concer-
nant :

L’isolation acoustique :

Des limitations d’épaisseur fonctions de la masse du plancher (Mp), qui correspond au produit
de la masse volumique du béton par l’épaisseur de la section, doivent être respectées comme
dans ce qui suit pour obtenir une isolation acoustique optimale que ce soit :

- Contre les bruitages aériens : Mp ≥ 400Kg /m²

A.N 2500 × e ≥ 400 Kg/m²

e ≥ 0,16 m

- Contre les bruitages d’impact : Mp ≥ 350Kg /m²


A.N 2500 × e ≥ 350 kg/m²
e ≥ 0,14 m

Les conditions de sécurité contre l’incendie :

De la même manière que pour l’isolation acoustique, une épaisseur minimale « e » de la dalle
fonction de la durée d’exposition au feu est préconisée :

- Pour une heure de coupe-feu : e = 7cm.


- Pour deux heures de coupe-feu : e = 11cm.
Condition de flèche non dépassée :
Dans ce qui suit, les conditions de non dépassement de la flèche seront vérifiées sur la base de
- Portées prises entre nus des poutres évaluées selon les prescriptions minimales du RPA
99 à savoir, pour une largeur de la poutre b
b ≥ 20 cm
- Panneaux les plus défavorables ayant les plus grandes portées entre nus des poutres
On définit α comme le rapport des deux portées nous indiquant le sens de portée de la dalle.
Si α < 0,4 la dalle porte sur un seul sens
Donc : e ≥ lx / 30.
Si 0,4 ≤ α ≤ 1 la dalle porte sur deux sens
Donc : e ≥ lx / 40
Soit, dans le cas présent :
α=

28
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

α = 7,8 / 7,8 =1
La dalle porte donc dans les deux sens, la condition de non dépassement de la flèche sera comme
suit :
e ≥ lx / 40
e ≥ 0,2 m
L’épaisseur de la dalle pleine sera prise égale à 28 cm selon les applications des conditions
effectuées plus haut et pour une sécurité plus importante vis-à-vis d’une flèche totale instanta-
née et différée qui sera vérifiée en Annexe « 4 ».
1.2. Poutres
On appelle poutres les éléments horizontaux en béton armé de section rectangulaire ou en « T »
et dont le rôle est de transmettre les charges des dalles aux poteaux à travers des liaisons rigides
avec ces derniers.
Le dimensionnement des côtés « hp » et « b » de ces éléments se fait selon la portée de la poutre
prise entre nus de poteaux évalués selon les prescriptions minimales du RPA 99 à savoir, pour
un poteau carré de côté « a », a ≥ 30 cm en zone III, ce qui donne pour un portée Lmax = 7,7 m :
- Sous charges verticales
≤ hp ≤

0,51m ≤ hp ≤ 0,77m
- Sous charges horizontales
hp ≥

hp ≥ 0,64m
En ce qui concerne la largeur « b », elle est déduite directement de la hauteur de la poutre « hp »
comme suit :
0,3hp ≤ b ≤ 0,8hp
0,195 m ≤ b ≤ 0,52 m
A partir de ces dispositions, il sera pris des poutres de dimensions constantes partout comme
suit :
hp = 0,65 m
b = 0,30 m
Vérifications RPA 99
Le règlement parasismique Algérien donne quelques conditions quant aux dimensions des
poutres qui doivent être respectées impérativement, comme c’est le cas ici
b ≥ 20cm.

29
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

hp ≥ 30cm.
hp/b ≤ 4 Soit 0,65/0,30 = 2,16 ≤ 4
bmax ≤ 1,5hp+b1
Les dimensions telles qu’évaluées sont donc respectées.
1.3. Voiles
Les voiles, qui sont des éléments verticaux en console encastrés au sol et ayant une épaisseur
faible vis-à-vis de leur largeur, représentent une ligne de défense contre les séismes. De ce fait,
ils peuvent au besoin remplir la fonction de contreventement et/ou de portance de la structure.
Leur pré-dimensionnement passe par les considérations du RPA 99 (7.7.1), qui définissent un
voile comme les éléments satisfaisants la condition indiquée sur la figure suivante

Fig.6 : Coupe de voile en élévation


L’épaisseur minimale du voile doit être dans tous les cas supérieure à 15 cm et doit être déter-
minée en fonction de la hauteur libre et des conditions de rigidité aux extrémités comme indiqué
sur la figure ci-après

Fig.7 : Coupes de voiles en plan

30
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Dans le cas présent


a ≥ he/22
a ≥ (4,8 – 0,65) / 22
a ≥ 0,19 m.

Fig.8 : Prise en compte des murs en retour


Il sera pris une épaisseur constante pour tous les voiles a = 30 cm pour prendre compte de la
longueur assez considérable du voile qui est de 5,4 m.
Les dimensions d’un voile seront ainsi comme sur la figure qui suit

Fig.9 : Dimensions du voile

31
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

1.4. Escaliers
Les escaliers, qui sont définis de façon basique comme des poutres inclinées par rapport à l’ho-
rizontale, servent de passage entre les différents étages et constituent un élément secondaire
dans la structure. Toutefois, compte tenu de leur utilisation plus que régulière, il est primordial
qu’ils correspondent à certaines normes définies internationalement et faisant intervenir le con-
fort des usagers en ligne de mire.
Ce confort, et la fabrication des escaliers en général, est attaché à un nom illustre : Nicolas-
François Blondel qui, en 1675, se pencha sur la question du calcul des escaliers dans son cours
d’architecture enseigné à l’Académie Royale d’Architecture.
Il y a en effet introduit une condition faisant intervenir le giron « g » et la hauteur de la contre-
marche « h » sous la forme
59 cm ≤ g+2h < 64 cm

Etant donné l’absence de lois précises définissant ces paramètres, ils seront choisis de façon à
satisfaire et respecter la condition suscitée. L’on prendra donc

h = 16 cm et g = 27 cm

Ainsi cette condition sera pleinement satisfaite tel que

g + 2h = 59 cm

En outre, prenant le cursus universitaire comme référence, l’on peut dimensionner le reste de
l’escalier en définissant différents paramètres

- La hauteur d’étage étant de 4,8 m, le palier intermédiaire se situera à mi-hauteur de cette


dernière, à savoir :

hpalier = 4,8 / 2 = 2,4m

Cette hauteur, ainsi que la longueur totale de l’escalier peuvent être vus dans la figure ci-après.

32
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Fig.10 : Coupe statique sur l’escalier

- Le nombre de contremarches est alors calculé en divisant la hauteur du palier sur la hau-
teur de la contremarche :

hpalier / h = 2,4/0,16 = 15 contremarches

- Le nombre de marches est alors déduit du nombre de contremarches tel que :

Nombre de contremarche – 1 = 14 marches

- La largeur de la paillasse sera de 1,5 m pour correspondre aux dimensions de l’escalier


fournies par les plans d’architecture. Il sera alors supposé que le nombre d’unités de pas-
sage dans une volée est de deux (2).

Fig.11 : Dimensions de l’escalier en plan

- Le dimensionnement de l’épaisseur de la paillasse est fait suivant la condition

33
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

L/30 < e < L/25

« L » étant la longueur totale de l’escalier égale à 5,4 m ; satisfaisant la condition ci-dessus, il


sera pris une épaisseur pour la paillasse égale à

epaillasse = 20 cm

1.5. Poutre palière

La poutre palière, servant d’appui intermédiaire pour les escaliers à mi-hauteur des différents
niveaux, est généralement appuyée de deux côtés sur des poteaux ; toutefois dans le cas présent,
étant donné les grandes portées imposées architecturalement et de la largeur de l’escalier qui
est nettement plus petite, des choix ont dû être faits.

L’ajout de potelets servant d’appui à la poutre palière n’étant pas en adéquation avec les choix
architecturaux imposés, il a été préférable de s’orienter vers une poutre en console, un choix
certes risqué mais qui fera toutefois l’objet d’une attention particulière.

Ainsi, comme pour les poutres, le pré dimensionnement de la poutre palière, qui suivra la di-
mension de la largeur de l’escalier (3,1 m), se fait de la manière suivante, pour une poutre
console

ht ≥ max (L/15 ; L/20)

ht ≥ max (0,21 m ; 0,15m)

La poutre étant en console il sera toutefois choisi une hauteur supérieure pour plus de sécurité.
Soit

ht = 0,7 m

b ≥ max (1/2 ; 2/3) ht

b = 0,5 m

Avec :

ht = hauteur de la poutre

b = largeur de la poutre

34
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Vérification du RPA99 :

Comme pour les poutres de la structure principale, la poutre palière devra vérifier les conditions
suivantes :

b ≥20cm

ht ≥ 30cm

ht/b ≤ 4

bmax ≤ 1,5ht+b1

La figure si après représente un dessin de l’élément étudié réalisé à l’aide d’un logiciel de calcul
assisté par ordinateur (Autodesk Robot Structural Analysis).

Fig.12 : Poutre palière représentée par le logiciel Robot.

35
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

2. Actions statiques (Charges)


2.1. Charges d’exploitation

Le bloc hospitalier étudié est constitué de niveaux aux fonctions diverses, donnant différentes
charges d’exploitation par étage ; on y trouve en effet un (1) bloc d’urgences, deux (2) blocs
opératoires, une (1) section de réanimation et deux (2) niveaux comprenant des chambres de
patients.

En l’absence de données plus détaillées sur les charges à attribuer pour ces différents niveaux
dans le DTR BC2-2, l’ouvrage « Conception et Réalisation d’Etablissements de Santé en Zone
Sismique » a représenté une source d’information des plus riches en plus de définir les-dite
charges énumérées ci-dessous :

Niveau Fonction Charge d’exploitation « Q » (KN/m²)


RDC Services d’urgences 3,25
1er et 2ème Blocs opératoires 3,5
3ème Réanimation 3,25
4ème et 5ème Chambres de patients 2,5
Tab.1 : Charges d’exploitation des différents niveaux

En outre, la charge d’exploitation du plancher terrasse sera prise égale à 1 KN/m² comme la
convention du DTR BC 2-2 l’indique, tandis que celle des escaliers, pour un usage public dans
ce cas, sera égale à 4 KN/m² avec le poids du garde-corps estimé à 0,1t/m

2.2. Charges permanentes

Les charges permanentes sont évaluées comme valeurs les plus probables (ou moyennes) ; à cet
effet les volumes sont pris en compte d’après les dimensions ci-avant. Est considéré dans les
calculs tout élément intervenant dans le poids propre de la structure et servant à l’évaluation
des descentes de charges ou du poids total du bâtiment.

Il est à noter que pour les éléments planchers, une protection supplémentaire, sous forme de
peinture bactéricide, est prévue mais n’est pas incluse dans les calculs du fait de sa très faible
intervention dans le poids des dalles ; est toutefois inclus le poids propre du plafond suspendu
ainsi que les différents réseaux et canalisations présents dans un hôpital et tirés de l’AFPS1.

1
« Conception et Réalisation d’Etablissements de Santé en Zone Sismique » Ouvrage de
l’AFPS
36
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Plancher terrasse :

- Etanchéité, Isolation, Gravillons : 12 Kg/m²


- Protection lourde : 80 Kg/m²
- Forme de pente : 264 Kg/m²
- Liège : 1,6 Kg/m²
- Dalle pleine (28 cm) : 2500.0,28 = 700 Kg/m²
- Plâtre (3 cm) : 30 Kg/m²
- Plafond suspendu + Accrochages : 51 Kg/m²
Gter = 1138,58 Kg/m²

Plancher étage courant :

- Carrelage : 2200.0,02 = 44 Kg/m²


- Chape de ciment : 2000.0,02 = 40 Kg/m²
- Lit de sable : 1700.0,03 = 51 Kg/m²
- Dalle pleine (28 cm) : 700 Kg/m²
- Enduit plâtre : 1000.0,03 = 30 Kg/m²
- Mur de cloisonnement interne : 100 Kg/m²
- Plafond suspendu + Accrochages : 51 Kg/m²
Gétg = 1016 Kg/m²

Acrotère :

Un acrotère conventionnel a été choisi avec les dimensions montrées dans la figure suivante :

Fig.13 : Dimensions d’un acrotère conventionnel

37
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Sacr = 0,1.0,4 + (0,1 + 0,07).0,22 / 2

Sacr = 0,0587 m2

Périmètre = 0,50+0,23+0,7+0,40 = 1,2 m

- Poids propre : 0,0587.2500 = 146,75 Kg/ml


- Enduit ciment : 1,2.54 = 64,84 Kg/ml

Gacr = 211,6 Kg/ml

Escalier :

a- Palier de repos :
- Poids propre : 2500.0.2 = 500kg/m²
- Lit de sable : 51kg/m²
- Chape de mortier : 40kg/m²
- Marbre (2cm) : 2800.0.02 = kg/m²
- Enduit ciment (2cm) : 18kg/m²

Gpalier = 683kg/m² = 0,683t/m²

b- Paillasse et marches :
0,2
- Poids propre de la paillasse : 2500× cos( ) = 2500× cos(32,28) = 591,37 kg/m²
0,16
- poids des marches : 2200× 2 = 176kg/m²

- chape de mortier : 40kg/m²


- Marbre (3cm) : 84kg/m²
- Enduit ciment : 18kg/m²

Gpaillasse = 927,37kg/m² = 0,927t/m²

Voile :

- Voile en béton armé : 0,30.2500 = 750 Kg/m2


- Enduit de plâtre (2cm) : 0,02.1000 = 20 Kg/m2
- Enduit ciment : 0,03.1800 = 54 Kg/m2
Gvoiles = 824 Kg/m²

38
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Maçonnerie :

- Brique creuse (10+15) : 0,25.900 = 225 kg/ m2.


- Enduit ciment : 0,03.1800 = 54 Kg/m2

- Enduit plâtre : 0,02.1000 = 20 Kg/m2


Gmaç = 299 Kg/m²

La hauteur de la maçonnerie « hmaç » est égale à :

hmaç = h étage – h poutre = 4,8 - 0,65 = 4,15m.

Le poids propre de la maçonnerie, évaluée avec 30% d’ouvertures :

Gmur/eff = Gmaç.hmaç.0,7

Gmur/eff = 0,299.0,70.4,15 = 0,869 t/ml

Verre :

- Couche de verre (20cm) : 0,2.2500 = 500 Kg/m²

Gverre = 500 Kg/m²

Gverre = Gverre.hverre= 0,5.4,8=2,4 ( ?)

3. Descente de charges

La descente de charges consiste à évaluer les différents poids et charges revenant aux poteaux ;
ces charges seront acheminées jusqu’aux fondations et sont calculées selon les plans architec-
turaux et les différentes données de la structure.

Fig.14 : différentes dispositions de poteaux

39
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Dans le cas présent, la descente de charges sert principalement à définir les efforts s’exerçant
sur les poteaux pour, suivant les prescriptions du CBA93 et du RPA99, dimensionner la section
desdits poteaux selon la formule à l’ELU suivante

× ! " '×
≤ ( + )
0,9 × $% $(

Avec :

- Br : Section réduite du poteau obtenue après réduction de sa section réelle 1 cm d’épais-


seur en périphérie.
- γ b = 1,5.
- γs = 1,15.
- A : coefficient qui est fonction de l’élancement géométrique λ

,"
= + Pour λ < 50
* , ( )²
,-

= 0,6( / )² Pour 50 ≤ λ ≤ 70

Compte tenu de l’implantation en zone III de la structure et de l’article 7.4.2.1 du RPA 99, le
pourcentage (%) minimal des aciers dans une section de béton doit être égale à 0,009, soit :

Acier / Béton = 0,009

En remplaçant dans la formule on obtient :

1,352

0,009 + 0,85 ! "

, 34(/)²
Avec : 2 = 1 +

Dans une mesure de prévention contre le flambement, il est pris un élancement λ = 35, nous
donnant

0,163(35)²
2 =1+
1000

Pour 2 = 1,2, on obtient le rapport fonction de l’effort normal ‘Nu’ applicable pour le dimen-
sionnement des poteaux

Br ≥ 0,049 Nu

40
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

NB : L’article 7.4.3.1 du RPA 99 indique une vérification supplémentaire en plus de celle du


CBA 93 dans le but d’éviter et/ou limiter le risque de rupture fragile sous sollicitations d’en-
semble dues au séisme, l’effort normal de compression de calcul est alors limité à :

≤ 0,3
! × ! "

56
Soit : ! ≥
,4×789:

Bc ≥ 0,095 Nu

Toutefois, l’étude de ce bloc se fera dans l’hypothèse où les portiques ne reprennent pas d’ef-
forts sismiques qui sont totalement repris par les voiles. Pour de plus amples détails, la vérifi-
cation de l’interaction entre portiques et voiles se fera en Annexe « 2 ».

En optant pour des poteaux carrés de côté «a» il en résulte donc que
Br ≥ (a-0,02)²

a=√ + 0,02

Dégression des charges d’exploitation :

Pour tenir compte de la non-simultanéité de chargement à la valeur maximale réglementaire de


tous les niveaux d’un bâtiment en exploitation, le maître d’ouvrage peut autoriser une dégres-
sion des charges variables suivant une loi prédéfinie par le DTR BC 2.2.

Cette loi s’applique aux bâtiments à grand nombre de niveaux où les occupations de ces derniers
peuvent être considérées comme indépendantes, comme c’est le cas ici ;

Pour une charge d’exploitation Qo sur le toit ou la terrasse couvrant le bâtiment, Q1, Q2, Qn sont
les charges d’exploitation respectives des planchers des étages 1,2…n numérotés à partir du
sommet du bâtiment. Il est appliqué alors les charges d’exploitation suivantes :

- Sous toit ou terrasse : Qo


- Sous dernier étage (étage 1) : Qo+Q1
- Sous étage immédiatement inférieur :

(Étage 2) Qo+0,95(Q1+Q2)

(Étage 3) Qo+0,90(Q1+Q2+Q3)

(Étage 4) Qo+0,85(Q1+Q2+Q3+Q4)

41
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

(Étage n) Qo+ (3+n)/2n (Q1+Q2+Q3+…+Qn)

N.B : Le coefficient (3+n)/2n étant valable pour n ≥ 5

Il en résulte, dans le cas du bloc étudié, les résultats suivants

Qo 0,1 t/m²
Qo + Q1 0,351 t/m²
Qo + Q2 0,5751 t/m²
Qo + 0,95(Q1+Q2) 0,84251 t/m²
Qo + 0,90(Q1+Q2+Q3) 1,09871 t/m²
Qo + 0,85(Q1+Q2+Q3+Q4) 1,321 t/m²
Qo + 0,80(Q1+Q2+Q3+Q4+Q5) 1,48751 t/m²
Somme « Qt » 5,6737 t/m²
Tab.2 : Valeurs des charges d’exploitation selon la loi de dégression
Exemple de calcul « Poteau central P6 »

La surface offerte au poteau central est de


S = 8×4 = 64m²
NG = (Gterr + GpTer + (6GEC + GpEC)).S + Gacr.Lacr + 6Gmaç.Lmaç = 585,71 t
NQ = Qt.S = 424,95 t

Nu = 1,35NG + 1,5NQ = 1,35.585,71 + 1,5.424,95 = 1428,13 t.

Br ≥ 0,049.Nu = 0,69 m2.

Il sera donc obtenu une section égale à

Br = (a – 0,02)²

a=√ + 0,02

a = √0,69 + 0,02 = 0,85 m

Soit une section de 85x85 m² pour le poteau central.

Dans le cas présent, les poteaux seront tous dimensionnés selon le cas le plus sollicité et ce,
dans une optique sécuritaire accrue et d’homogénéisation de la structure dans ses dimensions.

42
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

En ce qui concerne la diminution de la section des poteaux dans les niveaux supérieurs, une
telle considération n’est pas à l’ordre du jour compte tenu du nombre d’étages qui n’est pas très
important.

P1 P2 P3 P4 P5
Surface (m²) 16 32 24 64 45,28
NG (t) 169,92 298,13 221,99 509,32 368,98
NQ (t) 92,38 184,76 138,57 369,52 261,43
Nu (t) 367,96 679,61 507,54 1366,04 890,27
Br (m²) 15,11 27,9 20,84 66,34 43,23
a (m) 0,45 0,55 0,5 0,83 0,7
Tab.3 : Sections des différents poteaux selon leur configuration

4. Poids de la structure

Les dimensions de la structure ainsi définies, le poids de la structure peut alors être calculé dans
sa totalité ; La masse de chaque niveau doit être calculée en tenant compte de tout élément
structural revenant audit niveau. Ces prescriptions rentrent dans l’optique du calcul de la struc-
ture tel que prescrit par le RPA99 qui définit le poids total de la structure comme :

W = Ʃ Wi Avec : Wi = WGi + βWQi

WGi : Poids dû aux charges permanentes et à celles des équipements fixes éventuels, solidaires
de la structure.

WQi : Charges d’exploitation

β : Coefficient de pondération, fonction de la nature et de la durée de la charge d’exploitation.

Dans le cas présent, correspondant au 5ème cas pour des locaux non visés par le RPA99, β = 0,6.

43
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

4.1. Eléments supportant charges permanentes et d’exploitation

Le calcul des éléments dalles, comprenant le palier et la paillasse des escaliers, sont les seuls
au sein de la structure à supporter leur propre poids propre mais aussi des charges d’exploitation
extérieures définies par le DTR BC 2.2, il est ainsi nécessaire de les différencier des autres
éléments de la structure, leurs masses respectives sont ainsi résumées comme suit.

G (t/m²) Q (t/m²) S (m²) M (t) 0,6Q


Terrasse 1,1386 0,1 714,22 813,211 42,8532
5ème 1,016 0,25 668,74 679,44 100,311
4ème 1,016 0,25 668,74 679,44 100,311
3ème 1,016 0,325 668,74 679,44 130,404
2ème 1,016 0,35 668,74 679,44 140,435
1er 1,016 0,35 668,74 679,44 140,435
RDC 1,016 0,325 668,74 679,44 130,404
Palier (Escalier) 0,683 0,4 9,92 6,77536 2,3808
Paillasse (Escalier) 0,927 0,4 13,47 12,4867 3,2328
Tab.4 : Eléments supportant charges permanentes et d’exploitation
4.2. Poids propre d’éléments intervenant dans la masse totale

Il existe en outre des éléments qui ne feront intervenir que leur propre poids dans le calcul de
la masse de la structure. Ces éléments ainsi que leurs masses peuvent être résumés comme suit

G (t/m²) S (m²) Nombre M (t)


Voile 0,75 89,64 2 67,23
Poteaux 1,875 55,4025 19 117,108
Poutres 1,625 65,25 28 106,031
Poutres palières 1,75 3,1 2 5,425
Acrotère 0,22 77,28 1 17,0016
Paliers (Escalier) 0,683 9,92 2 6,77536
Paillasses (Escalier) 0,927 13,47 2 12,4867
Maçonnerie 0,872 30,8 1 26,8576
Ascenseurs 2 6 2 12
Tab.5 : Poids propre d’éléments intervenant dans le poids total

44
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

4.3. Masse des différents niveaux et poids total

Enfin, la somme des différentes grandeurs calculées précédemment, selon qu’elles intervien-
nent à un niveau ou à un autre, sont résumées dans le tableau suivant et sommées pour donner
la masse de chaque niveau en tonnes.

Ter-
5ème 4ème 3ème 2ème 1er RDC
rasse
M Plancher terrasse 813,211 0 0 0 0 0 0
M Etage courant 0 679,44 679,44 679,44 679,44 679,44 679,44
M Escalier 0 9,63103 19,2621 19,2621 19,2621 19,2621 9,63103
M Poteaux 49,3828 117,108 122,533 122,533 122,533 122,533 117,108
M Voiles 28,35 67,23 67,23 67,23 67,23 67,23 28,35
M Acrotère 17,0016 0 0 0 0 0 0
M Surcharges 42,8532 103,544 102,692 132,785 142,816 142,816 133,637
M Charges sur poutres 28,6187 20,619 20,619 20,619 20,619 20,619 20,619
M Maçonnerie 0 26,8576 26,8576 26,8576 26,8576 26,8576 26,8576
M Poutres 106,031 106,031 106,031 106,031 106,031 106,031 106,031
M Ascenseur 12 0 0 0 0 0 0
M Verre 9,0992 9,0992 9,0992 9,0992 9,0992 9,0992 8,64424
Somme 1106,55 1139,56 1153,76 1183,86 1193,89 1193,89 1130,32
Tab.6 : Poids total des différents niveaux

Le poids total de la structure sera donc égal à


M tot = 8101,82 t
W tot = 79478,9 KN
W tot = 79,4789 MN

45
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

5. Caractéristiques géométriques

Dans cette partie, il sera utile de calculer les inerties principales, pour les deux directions prin-
cipales de la structure, des voiles en « L » représentant le contreventement principal de la struc-
ture. Le calcul se fera toutefois pour un seul des deux voiles de la structure étant donné leur
symétrie.

La méthode qui sera utilisée sera celle du centre de torsion de Marius Diver, exposée dans le
livre « Calcul des Tours en Béton Armé » pour des voiles pleins.

Le voile sera alors décomposé en deux refends secondaires calculés séparément pour aboutir à
l’inertie (rigidité) principale du refend en question rapportée au centre de torsion de la structure
qui fera l’objet d’une étude au Chapitre « 4 ».

Fig.15 : Centre de gravité de deux sections

Il est supposé que les refends ont une section constante sur toute la hauteur du bâtiment, ou que
les éventuels rétrécissements dans le sens de l’épaisseur effectués vers la partie supérieure de
la construction n’affectent pas le rapport des inerties des refends. Dans le cas présent c’est bien
évidemment le cas puisque les voiles ont une épaisseur constante sur toute la hauteur du bâti et
qui est de 30 cm.

Les voiles sont pleins et il n’y aura pas besoin de faire appel à la notion d’inertie équivalente
qui crée une équivalence entre un voile plein et un autre avec ouvertures.

Il est alors possible de passer directement au calcul de quelques paramètres tels que les centre
de gravité et de torsion de chaque voile individuellement, ceux de la structure et enfin, faire la
synthèse des résultats en calculant les excentricités qui résultent.

5.1. Calcul des inerties

La position des voiles par rapport à des axes orthonormés est comme suit

46
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Fig.16 : Dénomination des refends d’un voile

xi (m) yi (m) Ai (m²)


Refend 1’ 3,1 0,15 1,68
Refend 1’’ 0,15 2,95 1,77
Tab.7 : Caractéristiques géométriques des refends

Leur centre de gravité correspondra ainsi à

XG = Aixi / Ai = 1,59 m

YG = Aiyi / Ai = 1,59 m

Le calcul des inerties vis-à-vis du centre de gravité de la section entière peut alors se faire en
utilisant le théorème de Huygens correspondant au produit du carré de la distance de l’origine
par une caractéristique du point matériel (inertie, masse…).

<× , = 9 ×<
,
Ix = + (> − @A ) × ' + + (@A − > ) × '

Ix = 11,15 m4

<× , 9 = ×<
,
Iy = + (BA − C ) × ' + + (BA − C ) × '

Iy =11,19 m4

47
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

5.2. Position du centre de torsion « C »

A partir de là, il est possible de calculer la distance du centre de torsion du voile seul vis-à-vis
de ses axes, en définissant « OC » comme la distance entre le point d’origine et le centre de
torsion « C » :

d ²d²e
OC = 14I
x

I= ²
OC = J
( * I= )
,

, ²
OC = -,K- =2,38 m
( * × , )
,

Les constantes « d1 » et « d » correspondent à la distance entre le centre de gravité d’une section


et l’extrémité d’une autre, comme montré dans la figure qui suit

Fig.17 : Distance du centre de torsion

Les distances de l’origine au centre de torsion ramenée aux axes principaux du voile à l’aide du
théorème de Pythagore auront pour valeurs :

Cx = Cy = 1,75 m

Le centre de torsion de la structure peut alors être calculé à l’aide des distances montrées dans
la figure ci-dessous.

48
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Fig.18 : Données pour le calcul du centre de torsion de la structure

Xc = ∑ Ixxci / Ix = 16,30 m

Yc = ∑ Iyyci / Iy = 16,30 m

5.3. Position du centre de gravité « G »

Le centre de gravité de la structure « G », qui équivaut à son centre de masse, sera calculé selon
les aires des planchers et leur centre de gravité respectifs, il est à noter toutefois qu’en raison
des ouvertures présentes dans les planchers inférieurs à la terrasse, le centre de gravité sera
différent entre cette dernière et les étages courants.

Définition des aires de plancher :

a- Planchers rectangulaires :

Arec = 8 x 8 = 64 m²

A1 = Arec.10 = 650 m²

b- Plancher triangulaires:

Atri = 8 x 8 / 2 m²

49
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

A2 = Atri.4 = 128m²

c- Ouvertures :

Aouv = 45,48 m²

d- Aires totales :

ATer = A1 + A2 = 768 m ²

AEC = Ater - Aouv = 722,52 m²

Le centre de gravité correspondra donc, pour chaque aire de plancher « Ai » et son centre de
gravité « xci » à :

XG = ∑ Aixci/Ai

YG = ∑ Aiyci/Ai

Et aura pour valeur, selon le niveau considéré

Terrasse :

XG = 16 m

YG = 16 m

Etage courant :

XG = 15,74 m

YG = 15,75 m

5.4. Calcul des excentricités

L’excentricité est définie comme la distance entre le centre de gravité et le centre de torsion de
la structure suivant ses composantes selon les deux axes principaux, soit

ex = |XC-XG|

ey = |YC-YG|

Les résultats pour la terrasse et les étages courants, qui seront différents encore une fois, sont
ainsi donnés comme suit

50
Chapitre 2 Composantes des Calculs Préliminaires

Terrasse :

ex = 0

ey = 0

Etage courant :

ex = 0,56 m

ey = 0,56 m

Le RPA99 préconise toutefois une excentricité accidentelle à l’article 4.2.7 stipulant que pour
toutes les structures comportant des planchers ou diaphragmes horizontaux rigides dans leur
plan, il est supposé qu’à chaque niveau et dans chaque direction, la résultante des forces hori-
zontales a une excentricité par rapport au centre de torsion égale à la plus grande entre la valeur
calculée ci-dessus, et 5% de la plus grande dimension du bâtiment au niveau considéré.

Soit

eacc = 5%D = 0,05.32,3

eacc = 1,615 m

L’excentricité à adopter dans le calcul des efforts plus tard sera donc celle accidentelle calcu-
lée ci-dessus.

51
Chapitre 3
Analyse Modale et Sismique de la
Structure
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Une structure, dans sa durée de vie et sous son propre chargement (masses), a des modes de
déplacement devant être définis dans l’optique d’en faire un élément aidant à l’obtention des
forces imposées par un facteur extérieur tel qu’un séisme. C’est sur cette base qu’un calcul
modal de la structure doit être fait afin de définir des valeurs propres correspondantes à la dy-
namique même de la structure.

Ces valeurs et vecteurs propres seront un nécessaires à l’étude sismique correspondant aux
normes des Règles Parasismiques Algériennes (RPA99) qui nous permettra, en plus de prendre
en considération le facteur sismique dans la durée de vie du bâtiment, de définir les différents
déplacements et forces imposées par le séisme.

Il est à noter que le calcul, qu’il soit modal ou sismique, se fera pour une seule direction étant
donné la symétrie des inerties dans les deux directions principales de la structure.

1. Paramètres de l’analyse

Aussi bien pour le bon déroulement des calculs que pour l’obtention de résultats en adéquation
avec un cas pratique, l’analyse modale ainsi que le calcul sismique doivent être menés en pre-
nant en considération autant de données nécessaires comprenant les dimensions de la structure,
ses matériaux et caractéristiques définis précédemment ainsi que son implantation impliquant
une catégorie de sol ayant des caractéristiques bien précises.

Les prescriptions qui suivent sont conduites suivant les règles générales de conception telles
que préconisées par le RPA99 ; toutefois à défaut d’avoir recours à des moyens plus élaborés,
il sera supposé que tout ce qui suit, sauf cas justifié, est vérifié et correspond à un cas favorable
aux analyses à venir.

1.1. Choix, reconnaissance et études de sol

Le choix définitif du site sera arrêté sur la base des résultats d’investigations dont l’importance
sera en rapport avec celle de l’ouvrage projeté ce qui, pour un hôpital, est le cas. La présence
de failles reconnues actives, des zones suspectes de liquéfaction, des terrains instables, des to-
pographies superficielles accidentées, une présence d’alluvions d’épaisseur variable ainsi que
de formations géologiques différentes sont à éviter.

Si le tracé de la faille active a été localisé à l’issue d’une étude de site préalable, les ouvrages
d’importance moyenne doivent faire l’objet d’un niveau de protection plus élevé et être implan-
tés en dehors d’une bande de 100 m de large minimum de part et d’autre de la trace de la faille.

52
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

La catégorie de site qui sera utilisée pour l’implantation de la structure est de catégorie S2, soit
un site ferme formé de dépôts de sables et de graviers très denses et/ou d’argile sur consolidée
sur 10 à 20 m d’épaisseur avec une vitesse d’ondes de cisaillement Vs supérieure ou égale à
400m/s (Vs ≥ 400 m/s) à partir de 10 m de profondeur.

Telles que définies par le RPA99, la catégorie du site correspond à deux périodes caractéris-
tiques T1 et T2. Ces périodes définissent le palier de résonnance dans un spectre d’accélération
réglementaire, soit

T1 = 0,15 s

T2 = 0,4 s

1.2. Critères de classification


1.2.1. Classification des systèmes de contreventement

Le RPA99 propose plusieurs catégories de structures qu’elles soient en béton armé, en acier en
maçonnerie ou autres. Les ouvrages doivent en général comporter des contreventements dans
au moins deux directions horizontales. Ces contreventements doivent être disposés de façon
à reprendre une charge verticale suffisante pour assurer la stabilité, assurer une transmission
directe des forces aux fondations et minimiser les effets de torsion. Les éléments de contreven-
tement devraient présenter une configuration régulière et former un système continu et cohérent
aussi monolithique que possible.

Par ailleurs, ce système doit être suffisamment redondant de façon à assurer une marge impor-
tante entre la limite d’élasticité et le seuil de rupture de la structure. Le choix fait pour la struc-
ture s’est fait en respectant ces diverses dispositions ainsi qu’en évitant au plus possible de
gêner l’aspect architectural.

Dans les règles et méthodes de calcul, cette classification se traduit par l’attribution d’une valeur
numérique du coefficient de comportement « R ». La classification se fait en tenant compte de
la fiabilité des systèmes structuraux et de leur capacité de dissipation de l’énergie vis-à-vis de
l’action sismique, et le coefficient de comportement correspondant est fixé en fonction de la
nature des matériaux constitutifs, du type de construction, des possibilités de distribution d’ef-
forts dans la structure et des capacités de déformation des éléments dans le domaine post-élas-
tique.

Dans le cas présent, l’on aura affaire à un système de contreventement constitué par des voiles
porteurs en béton armé comme il le sera démontré dans le chapitre suivant. Ce cas correspond
53
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

à un système constitué de voiles uniquement ou de voiles et de portiques. Les voiles repren-


draient ainsi plus de 20% des sollicitations dues aux charges verticales. On considère que les
sollicitations horizontales sont reprises uniquement par les voiles, soit

R = 3,5

1.2.2. Zone sismique et groupes d’usage

Le territoire national est divisé en cinq zones de séismicité croissante, définies sur la carte des
zones de séismicité présente dans le RPA99. Ces zones de sismicité sont définies comme suit :

- Zone O : sismicité négligeable


- Zone I : sismicité faible
- Zone IIa et IIb : sismicité moyenne
- Zone III : sismicité élevée

Selon la carte fournie, il est ainsi possible de définir Alger, lieu d’implantation de l’ouvrage,
comme faisant partie de la zone III comprenant presque l’ensemble du littoral Algérien.

D’autre part, les ouvrages sont classés selon leur importance en quatre catégories définie sur la
base du niveau minimal de protection sismique et ce vis-à-vis des objectifs de protection fixés
par la collectivité. Cette classification vise à protéger les personnes, puis les biens économiques
et culturels de la communauté.

A partir de ce point, il est possible de définir l’hôpital étudié ci-après comme faisant partie du
groupe 1A, soit des ouvrages vitaux qui doivent demeurer opérationnels après un séisme ma-
jeur pour les besoins de la survie de la région, de la sécurité publique et de la défense nationale.

Ces deux facteurs ainsi définis, il est possible de tirer le coefficient d’accélération de zone « A »
qui est fonction de la zone sismique et du groupe d’usage, soit

A = 0,4

1.3. Contexte de modélisation

La structure qui sera calculée dans ce qui suit, pour correspondre aux méthodes de calcul utili-
sées, doit respecter certaines prescriptions concernant sa configuration spatiale. En effet, le cal-
cul se fait de façon à respecter une certaine géométrie permettant un calcul manuel à défaut
d’utiliser des logiciels de calcul.

54
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Les différentes prescriptions sont définies par le RPA99 comme outils de classification des
ouvrages selon leur configuration comprenant leur régularité en plan et en élévation. Cette par-
tie permet en outre de tenir compte de la modélisation de la structure pour ce qui est de l’étude
sismique présentée ici.

Fig.19 : Configuration en plan de la structure.

Le but étant d’assimiler la structure à une console avec masses concentrées au centre de gravité
des planchers représentant chacun des niveaux. Ceci n’est possible que dans le cas où les con-
ditions qui suivent sont satisfaites.

1.3.1. Régularité en plan


a. Le bâtiment doit présenter une configuration sensiblement symétrique vis-à-vis de deux
directions orthogonales aussi bien pour la distribution des rigidités que pour celle des
masses.
b. A chaque niveau et pour chaque direction de calcul, la distance entre le centre de gravité
des masses et le centre des rigidités ne dépasse pas 15% de la dimension du bâtiment me-
surée perpendiculairement à la direction de l’action sismique considérée.
c. La forme du bâtiment doit être compacte avec un rapport longueur/largeur du plancher
inférieur ou égal à 4.
La somme des dimensions des parties rentrantes ou saillantes du bâtiment dans une direc-
tion donnée ne doit pas excéder 25% de la dimension totale du bâtiment dans cette direc-
tion.
d. Les planchers doivent présenter une rigidité suffisante vis-à-vis de celle des contrevente-
ments verticaux pour être considérés comme indéformables dans leur plan.
Dans ce cadre, la surface totale des ouvertures de plancher doit rester inférieure à 15% de
celle de ce dernier.

55
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Condition Vérifiée ? Démonstration


a Oui Plan d'architecture
b Oui XC-XG ≤ 15%
c Oui 32/32 = 1 ≤ 4
d Oui Souvertures ≤ 15%Splancher
Tab.8 : Vérification des conditions de régularité en plan

L’ouvrage est régulier en plan, ce qui nous permet de considérer les planchers étant infiniment
rigides dans leur plan. Les vérifications ci-dessous ont fait l’objet d’assurances via l’Eurocode
8 1 afin de s’assurer de la véracité du constat.

1.3.2. Régularité en élévation


a. Le système de contreventement ne doit pas comporter d’élément porteur vertical dis-
continu, dont la charge ne se transmette pas directement à la fondation.
b. Aussi bien la raideur que la masse des différents niveaux restent constants ou diminuent
progressivement et sans changement brusque de la base au sommet du bâtiment.
c. Le rapport masse sur rigidité de deux niveaux successifs ne doit pas varier de 25% dans
chaque direction de calcul.
d. Dans le cas de décrochements en élévation, la variation des dimensions en plan du bâ-
timent entre deux successifs ne dépasse pas 2% dans les deux directions de calcul et ne
s’effectue que dans le sens d’une diminution dans la hauteur. La plus grande dimension
latérale du bâtiment n’excède pas 1,5 fois sa plus petite dimension.

Condition Vérifiée ? Démonstration


a Oui Plan d'architecture
b Non MRDC ≥ Mk
c Oui Mx/Kx = My/Ky
d Oui 32 ≤ 1,5*32
Tab.9 : Vérification des conditions de régularité en élévation

L’ouvrage n’est pas régulier en élévation

La structure peut alors être assimilée à une console encastrée à la base avec ses masses repré-
sentées par leur centre de gravité à chaque niveau.

1
Eurocode 8 : Règles Parasismiques Européennes

56
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Fig.20 : Modèle brochette de la structure.

1.4. Coefficients et facteurs utiles

Outre la connaissance pratique de la structure étudiée, il existe certains facteurs et coefficients


qui rentreront dans l’étude sismique et qui doivent être déterminés dès à présent :

1.4.1. Facteur d’amplification dynamique moyen « D »

Ce facteur est fonction de la catégorie de site, du facteur de correction d’amortissement (η) et


de la période fondamentale de la structure (T) comme suit

2,5 0≤ ≤
2,5 ( ) /
≤ ≤ 3.0
D=
2,5 ( ) 3.0 ≤
. /
.

≥ 0,7
( )
η=

57
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

ξ (%) est le pourcentage d’amortissement critique fonction du matériau constitutif, du type de


structure et de l’importance des remplissages. Dans le cas présent, pour la structure en voiles,
ξ=10.

Soit : η = 0,764 ≥ 0,7

La période fondamentale de la structure est quant à elle estimée, selon la hauteur à partir de la
base de la structure jusqu’au niveau « N » et du coefficient CT fonction du système de contre-
ventement, à

T = CT.hN3/4

Dans le cas d’un contreventement assuré partiellement ou totalement par des voiles en béton
armé, on peut également utiliser la formule

T = 0,09hN/√#

Avec « D » la dimension du bâtiment mesurée à sa base dans la direction de calcul considérée.


Il y a alors lieu de retenir dans chaque direction la plus petite des deux valeurs de T.

Ainsi, pour les paramètres suivants :

hN = 28,8m

CT = 0,05

D = 32,3m

On aura

T = min (CT.hN3/4 ; 0,09hN/√#)

T = min (0,62 ; 0,46)

T = 0,46 s

Ce qui nous donne un facteur d’amplification dynamique moyen égal à

D = 2,5 ( ) /

D = 1,73

58
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

1.4.2. Facteur de qualité de la structure Q

Ce facteur est fonction de la redondance de la structure et de la géométrie des éléments qui la


constituent, la régularité en plan et en élévation et la qualité du contrôle de la construction. La
valeur de Q est déterminée à travers l’énonciation de critères de qualité qui, s’ils ne sont pas
vérifiés, présentent une pénalité à retenir, tel que :

Q = 1+∑'( %&

Les critères de qualité « q » à vérifier sont au nombre de six :

1- Conditions minimales sur les files de contreventement

Chaque file de voiles doit comporter à tous les niveaux, au moins un trumeau ayant un rapport
« hauteur d’étage sur largeur » inférieur ou égal à 0,67. Ces trumeaux doivent s’élever sur toute
la hauteur de l’étage et ne doivent avoir aucune ouverture ou perforation qui puisse réduire de
manière significative leur résistance ou leur rigidité.

Les trumeaux de la structure sont représentés par les voiles de longueur de 5,4 m, ainsi pour
une hauteur d’étage de 4,8 m

4,8 / 5,4 = 0,88 ≥ 0,67

Cette condition n’étant pas vérifiée, une pénalité Pq = 0,05 sera retenue.

2- Redondance en plan

Chaque étage doit avoir, en plan, au moins quatre files de voiles dans la direction des forces
latérales appliquées.

Ces files de contreventement devront être disposées symétriquement autant que possible avec
un rapport entre valeurs maximales et minimales d’espacement ne dépassant pas 1,5.

Cette condition n’étant pas vérifiée, une pénalité Pq = 0,05 sera retenue.

3- Régularité en plan

Le bâtiment est régulier en plan comme démontré plus haut.

4- Régularité en élévation

Comme démontré plus haut, le bâtiment n’est pas régulier en élévation à cause de la masse au
rez-de-chaussée plus importante que celle des étages au-dessus.

59
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Cette condition n’étant pas vérifiée, une pénalité Pq = 0,05 sera retenue.

5- Contrôle de la qualité des matériaux

Des essais systématiques sur les matériaux mis en œuvre doivent être réalisés par l’entreprise.
Il sera supposé dans le cas présent, et étant donné l’importance de l’ouvrage, que cette condition
est vérifiée.

6- Contrôle de la qualité de l’exécution

Il est prévu contractuellement une mission de suivi des travaux sur chantier. Cette mission doit
comprendre notamment une supervision des essais effectués sur les matériaux. De la même
manière que pour le contrôle de la qualité des matériaux, et étant donné l’importance de l’ou-
vrage, cette condition sera supposée vérifiée.

Ainsi

Q=1+0.05+0.05+0.05

Q=1,15

1.5. Méthodes de calcul

Les deux phases de calcul dynamique de la structure passent donc par deux étapes la première
modale, mettant en évidence les modes de vibrations de la structure, la deuxième sismique,
traduisant les caractéristiques obtenues en forces sismiques selon les paramètres définis plus
haut.

En plus du RPA99 qui a représenté, bien évidemment, la source principale des informations
qui vont être citée, il a été fait appel à l’ouvrage « Calcul Dynamique des Structures en Zone
Sismique » par Alain CAPRA et Victor DAVIDOVICI.

1.5.1. Analyse modale

L’analyse modale traduit le fait qu’en vibrations libres non amorties les forces d’inerties pro-
voquées par le mouvement des masses doivent être équilibrées par les forces élastiques qui
résultent des déformations du système. Cet équilibre ne sera satisfait que si les déplacements
{ϕn} sont dans la forme du nième mode de vibration et varient harmoniquement à la fréquence
de ce dernier. L’équation qui permet de décrire ce phénomène en oscillations libres non amor-
ties est comme suit

([K]-ω² [M]){ϕ} = 0

60
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Qui peut aussi s’écrire

([S] [M]-λ [I]) {ϕ}= 0

Où :

[M] : matrice des masses

[S] : matrice de souplesse

[K] : matrice de rigidité

[I] : matrice unité

{ϕ} : mode propre

ω : pulsation propre du système (λ=1/ ω²)

Pour la recherche des modes fondamentaux de la structure ainsi que de ses valeurs propres
(périodes, pulsations…), il sera fait appel à une méthode itérative, c’est-à-dire en analyse nu-
mérique un procédé algorithmique utilisé pour résoudre un problème ce qui se traduit ici par la
recherche d’une solution d’un système d’équations à un degré de liberté. Il existe un nombre
intéressant de méthodes de calcul telles que la méthode Holzer ou de Jacobi qui se basent sur
les matrices rigidité [K] et masse [M] de la structure.

On se limitera dans le cas présent à la méthode de Vianello Stodola, faisant intervenir la sou-
plesse du bâtiment, soit celle des voiles, pour aboutir aux résultats recherchés. Cette méthode
provient de l’étude des structures en vibration libre non amortie et permet la résolution de pro-
blèmes aux valeurs propres par la relation

1
+,- = /#0+,-
*

Avec [D] matrice dynamique définie comme :

[D] = [S][M]

Cette dernière équation ne sera satisfaite que par des vecteurs qui représentent un mode de
vibration vrai. Si on appelle le vecteur déplacement satisfaisant la relation précédente {y}, on
aura

{y} = [D]{ϕ} = λ{ϕ}

On peut aussi écrire

61
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

{y} = [D]{ϕ}

{y} = λ{ϕ}

D’où :

{ϕ} = {y}/λ

Comme {ϕ} est un vecteur déplacement normalisé (dans le cas présent, la normalisation a été
choisie par rapport à la valeur maximale dans le vecteur ymax), on a aussi {ϕ} = {y}/ymax.

Ce qui conduit aux résultats suivants

- Le vecteur du mode : {ϕ} = {y}/ymax


- Le carré de la pulsation : ω² = 1/ymax

1.5.1.1. Premier mode

L’équation à résoudre est la suivante :

{y1} = [D1]{ϕ1} = λ{ϕ1}

Où la matrice dynamique est donnée par : [D1] = [D]

A partir d’un vecteur initial du mode 1 {ϕ1}0, dont l’allure est arbitraire (ex : vecteur unité), on
calcule

{y1} = [D1]{ϕ1}0

Et par extension

{ϕ1}1 = {y1}1/y1max

On réitère l’opération (en normalisant à chaque étape le vecteur obtenu) jusqu’à converger vers
le mode vrai. Si on obtient notre convergence après p cycles, la pulsation du mode 1 s’exprime
par la relation suivante

ω² = ω²p = 1/y1maxp

1.5.1.2. Deuxième mode

La procédure de recherche du 2ème mode est sensiblement identique à celle utilisée pour l’ex-
traction du 1er mode, à une différence près ; ici, il est nécessaire d’épurer la déformée hypothé-
tique, à chaque itération, par soustraction des composants correspondants au mode précédent,

62
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

ceci est équivalent à l’introduction d’une nouvelle matrice dynamique corrigée permettant la
convergence vers le vecteur propre du mode 2.

Ceci n’est possible qu’à travers l’introduction d’une matrice de balayage notée [S2] telle que :

+,( -+,( - /40


/1 0 = /20 −
+,( - /40+,( -

L’équation à résoudre sera alors :

{y2} = [D2]{ϕ2} = λ{ϕ2}

Avec une nouvelle matrice dynamique [D2] = [D][S2]

A partir d’un vecteur initial du mode 2 {ϕ2}0, dont l’allure est arbitraire (ex : vecteur unité), on
calcul :

{y2} = [D2]{ϕ2}0

Et par extension :

{ϕ2}1 = {y2}1/y1max

On réitère l’opération (en normalisant à chaque étape le vecteur obtenu) jusqu’à converger vers
le mode vrai. Si on obtient notre convergence après p cycles, la pulsation du mode 2 s’exprime
par la relation suivante :

ω² = ω²p = 1/y1maxp

1.5.1.3. Modes supérieurs « i »

La procédure de recherche du ième mode suit la même logique qui a permis l’extraction des
modes précédents à une différence près, la matrice de balayage [Si] devient :

+,56( -+,56( - /40


/15 0 = /156( 0 −
+,56( - /40+,56( -

L’équation à résoudre est :

{yi} = [Di]{ϕi} = λ{ϕi}

Où la nouvelle matrice dynamique [Di] est donnée par :

[Di] = [D][Si]

63
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

1.5.2. Analyse sismique

Le choix des méthodes de calcul et la modélisation de la structure doivent avoir pour objectif
de reproduire au mieux le comportement réel de l’ouvrage. Il est admis que les structures sou-
mises à une action sismique peuvent subir des déformations dans le domaine post-élastique. Il
est fait alors recours à des méthodes de calcul linéaires équivalentes, utilisant un modèle élas-
tique de la structure où l’action sismique est introduite sous forme de spectre de réponse.

Le coefficient de comportement unique associé à la structure permet alors

- De déterminer les efforts de dimensionnement de la structure


- D’estimer les déformations inélastiques subies par la structure pour la vérification des
critères d’endommagement.

Le RPA 99 propose deux méthodes de calcul sismique, l’une s’applique sous certaines condi-
tions faisant intervenir les paramètres énoncés plus haut (Méthode Statique Equivalente), l’autre
est quant à elle applicable dans tous les cas et plus précisément dans le cas où la première ne
l’est pas (Méthode Modale Spectrale).

Il existe néanmoins une troisième méthode d’analyse dynamique par accélérogrammes, non-
linéaire cette fois, qui peut être utilisée au cas par cas, dans lequel l’action sismique est intro-
duite directement sous forme d’accélérogramme au lieu d’un spectre de réponse de calcul. Dans
cette méthode, il sera fait appel au logiciel de calcul matriciel Matlab qui s’occupera alors de
calculer les différentes caractéristiques de la structure selon le séisme imposé à la structure
survenu à Boumerdès en 2003.

1.5.2.1. Méthode Statique Equivalente

Les forces réelles dynamiques qui se développent dans la construction sont remplacées par un
système de forces statiques fictives dont les effets sont considérés équivalents à ceux de l’action
sismique.

La force sismique sera calculée à l’aide de la formule faisant intervenir les différents paramètres
définis plus haut

V=ADQW / R

Par la suite, cette résultante des forces sismiques à la base calculée, il y a lieu de faire une
distribution sur la hauteur de la structure selon les formules suivantes

64
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

V = Ft + ∑ F8

La force concentrée Ft au sommet de la structure permet de tenir compte de l’influence des


modes supérieurs de vibration. Elle est déterminée par la formule : Ft=0,07TV

La partie résultante de V, soit (V-Ft), doit être distribuée sur la hauteur de la structure suivant
la formule

(V − F: )W8 h8
F8 =
∑=8>( W8 h8

1.5.2.2. Méthode Modale Spectrale

Par cette méthode, il est recherché pour chaque mode de vibration le maximum des effets en-
gendrés dans la structure par les forces sismiques représentées par un spectre de réponse de
calcul. Ces effets sont par la suite combinés pour obtenir la réponse de la structure.

L’action sismique est donc représentée par le spectre de réponse provenant du séisme ayant eu
lieu à Boumerdès en 2003. Il y est défini un rapport Sa/g sans unité faisant intervenir l’accélé-
ration du séisme (Sa) ainsi que la force gravitationnelle (g) ; ce rapport est fonction de la période
fondamentale réelle de la structure dans chacun de ses modes propres. Ces périodes sont diffé-
rentes de celle définies dans la méthode statique équivalente qui était alors seulement détermi-
née de façon forfaitaire à travers une formule empirique.

On définit ci-après, tels que définis par le RPA99, les différentes valeurs du spectre de calcul
correspondants à quatre paliers d’un graphe normalisé et lissé et qui sont fonction des para-
mètres définis précédemment

1,25A @1 + B 2,5η F − 1 G 0 ≤ T ≤ T(
B E
C

2,5η(1,25A) F T( ≤ T ≤ T
E

2,5η(1,25A) T ≤ T ≤ 3.0s
E B
Sa/g=
F B
/ /
2,5η(1,25A) T > 3.0s
B E
B F

Si l’on devait traduire la formulation de ce spectre de réponse de calcul sous forme de graphe,
on obtiendrait le graphe correspondant suivant

65
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Fig.21 : Spectre réponse algérien sous forme de graphe

A ce stade, il sera nécessaire de différencier les différents modes, leur nombre et leur indépen-
dance. Le nombre de modes de vibration à retenir doit être tel que la somme des masses modales
effectives pour les modes retenues soit égale à 90% au moins de la masse totale de la structure,
sachant que le minimum de modes à retenir est de trois (3). Ainsi, il sera nécessaire de définir
des grandeurs modales de contrôle.

Ces grandeurs permettront de quantifier la participation de chaque mode dans la réponse globale
tel que

(∑ KLM NL )²
∑ KLM ²NL
mi * =

∑ mi* ≥ 90% Mtotale

En ce qui concerne les combinaisons des réponses modales et leur indépendance, les réponses
de deux modes de vibration i et j de périodes Ti et Tj et d’amortissement ξi et ξj doivent vérifier
la condition suivante pour être considérés comme indépendants (avec Ti ≤ Tj)

r = Ti/Tj ≤
(
( PQ8QR

Dans le cas où toutes les réponses modales retenues sont indépendantes les unes des autres et
que, par conséquent, la condition ci-dessus est vérifiée, la réponse totale sera donnée par :

66
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

E = ± ∑ T5

Par contre, dans le cas où deux réponses modales ne seraient pas indépendantes (E1 et E2), la
réponse totale serait donnée par

E= (|T(| + |T |) + ∑ T5

Avec :

E : effet de l’action sismique considéré (comprenant accélérations, déplacements et forces)

Il sera alors procédé au calcul des paramètres du séisme en se servant des données acquises, et
ce pour chaque étage et chaque mode considéré :

- Accélérations :

{γi} = Sa/g(Ti) {ϕi} αi g

Avec :

∑ KLM NL
∑ KLM ²NL
αi =

- Déplacements :

{Xi} = {γi}/ω²

En outre, le déplacement élastique inter-étage, qui devra être inférieur au rapport de la hauteur
d’étage sur 100, sera calculé comme suit :

ΔXi = Xi – Xi-1

ΔXi(élastique) = ΔXi R

- Forces :

[Fki] = {γi}[M]

1.5.2.3. Vérifications et prescriptions

Certaines dispositions sont à prendre à la fin des calculs afin de s’assurer de la bonne conformité
des résultats avec les règlements de calcul parasismique.

67
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

La première concerne la résultante des forces sismiques à la base « Vt » obtenue par combinai-
son des valeurs modales et qui ne doit pas être inférieure à 80% de celle déterminée par la
méthode statique équivalente « V » pour une valeur de la période fondamentale donnée par la
formule empirique appropriée. Soit

Vt ≤ 0,8V

La deuxième concerne la sécurité vis-à-vis de l’effet dit « P-Δ » ou du 2° ordre qui consiste en
la vérification concernant le surpassement d’une limite élastique du déplacement inter-étages
afin d’éviter que la structure ne soit instable et doivent être redimensionnée. Ces effets peuvent
être négligés dans le cas des bâtiments si la condition suivante est satisfaite à tous les niveaux :

Mp-Δ ÷ Ms-j ≤ 0,10


Avec :
Mp-Δ = ∑ Wi ΔXi (élastique)
Ms-j =∑ Fi he

1.5.2.4. Analyse dynamique par accélérogramme

Il sera dans un premier temps fait recours à une méthode d’intégration pas à pas. Ces méthodes
X et des ac-
numériques permettent d’obtenir les valeurs des déplacements (W), des vitesses (W)
célérations (WY) de la structure sans avoir recours à des équations dynamiques complexes et ce,
à n’importe quel instant de l’excitation imposée. Ce qui permet en outre d’étudier un compor-
tement non linéaire pour la structure, le principe étant de transformer l’équation différentielle
du mouvement en une équation algébrique telle que

] W Soit W = ^[
Z[ = \
_]

Il existe plusieurs méthodes numériques, l’on cite par exemple la méthode des différences cen-
trales, la méthode de Houbolt, celle de Wilson-θ, ou celle des accélérations moyennes ou li-
néaires de Newmark ; cette dernière sera d’ailleurs utilisée dans ce qui suit dans sa variante
des accélérations moyennes.

L’ensemble des méthodes de calcul par intégration pas à pas peut être trouvé dans l’ouvrage de
Patrick Paultre2.

2
« Dynamique des Structures : Application aux Ouvrages de Génie Civil »

68
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Fig.22 : Mouvement d’un système pour une accélération variant linéairement durant un incrément de temps Δt

Les matrices masse [M] et de rigidité [K] (Inverse de la matrice [S]) de la structure étant con-
nues, il sera alors fait appel à l’amortissement de Rayleigh, ce dernier nous permet non seule-
ment de découpler le système d’équations différentielles, mais aussi d’avoir une combinaison
linéaire de [M] et de [K]. L’amortissement de Rayleigh est de la forme matricielle

[C] = α [M] + β [K]

α et β étant des facteurs déterminées au préalable et fonctions des pulsations propres du système
ainsi que de ses facteurs d’amortissement.

Il sera alors considéré une accélération variant selon le temps avec un segment Δt moyen. Les
différentes équations de calcul seront comme suit

4 2
]=\+
\ 4+ c
Δt² Δt

4 4
Z[5 = 4( W5 + WX d + WY d − 1)
(
Δt Δt

Ze
W5 =
d (
( ]
\

2
WX5 = (W − W5 ) − WX d
(
Δt 5 (

69
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

4 4
WY5 = (W5 − W5 ) − WX − WY d
(
Δt (
Δt 5

Avec

S : Accélération du séisme, représentée par une excitation à la base de la forme « – 4WY »

Le séisme survenu à Boumerdès en 2003 sera alors imposé à la structure selon la direction Est-
Ouest, pour une durée de 40 secondes, et il sera fait état des résultats obtenus par le logiciel de
calcul matriciel Matlab.

1.5.3. Construction de la matrice de souplesse [S]

Les structures en voiles étant considérées comme ayant le comportement de poutres console,
avec une déformation régie par la flexion d’ensemble généralement, la construction de la ma-
trice de rigidité passe par l’assemblage de la matrice de souplesse.

Pour obtenir la matrice de rigidité, il suffirait alors d’inverser la matrice de souplesse tel que

[K]=[S]-1

La méthode la plus adaptée pour trouver les coefficients de la matrice [S] est la méthode des
forces qui donne les termes δij de la matrice de souplesse et qui représentent la flèche au niveau
j induite par une force unitaire appliquée au niveau i. Cette dernière est la superposition des
flèches de l’effort tranchant et du moment fléchissant qui peuvent être obtenues par les inté-
grales de Mohr.

Δij = (δij) flexion + (δij) cisaillement

D’une manière générale, il est possible d’admettre que (δij) cisaillement = 0 pour un voile élancé
qui ne travaillerait donc qu’en flexion pure. Les contributions de l’effort tranchant et de l’effort
normal seraient alors négligeables et le calcul des coefficients de souplesse se fera suivant la
formule suivante

1
δij = ℎ (3ℎ5 − ℎl )
6T2 l

Avec

E : module d’élasticité longitudinal du béton défini précédemment

I : inertie principale des voiles dans la direction de calcul définie précédemment

hj,i : abscisses aux étages j et i respectivement avec hj ≤ hi


70
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

2. Procédure de calcul
2.1. Analyse modale
2.1.1. Construction des matrices [M], [S] et [D]

La matrice masse [M] suit le raisonnement exposé en Chapitre « 2 », ce qui nous donne :

1193,9 0 0 0 0 0
o 0 1193,9 0 0 0 0 t
n s
0 0 1183,9 0 0 0 s
[M]=n
n 0 0 0 1153,8 0 0 s
tonnes
n 0 0 0 0 1139,6 0 s
m 0 0 0 0 0 1106,5r

La matrice souplesse [S] quant à elle est calculée terme par terme suivant la méthode exposée
plus haut, ce qui donne

4,578 0,114 0,183 0,252 0,320 0,389


o0,114 0,366 0,641 0,916 0,019 0,014t
n s
0,183 0,641 0,012 0,018 0,025 0,031s
[S]= n ∗ 106v m/KN
n0,252 0,916 0,018 0,029 0,041 0,051s
n0,320 0,019 0,025 0,041 0,057 0,074s
m0,389 0,014 0,031 0,051 0,074 0,099r

La matrice dynamique [D] peut alors être définie comme suit :

0,055 0,137 0,217 0,290 0,365 0,431


o0,137 0,437 0,759 1,056 1,356 1,621 t
n s
0,219 0,752 1,463 2,139 2,817 3,418 s
[D]= n ∗ 106 m.t/KN
n0,301 1,093 2,195 3,380 4,591 5,673 s
n0,383 1,421 2,927 4,648 6,521 8,232 s
m0,465 1,749 3,658 5,916 8,477 10,942r

2.1.2. Calcul itératif

Suivant la méthode Stodola exposée plus haut, et ayant acquis les différentes données néces-
saires aux calculs, il est désormais possible de rassembler les valeurs propres à travers un calcul
itératif résumé ci-après

71
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

2.1.2.1. Mode 1

1 0,048 0,044 0,044 0,044 0,044 0,044


1 0,172 0,161 0,161 0,161 0,161 0,161
1 0,347 0,332 0,332 0,332 0,332 0,332
ϕ1
1 0,552 0,539 0,539 0,539 0,539 0,539
1 0,773 0,766 0,766 0,766 0,766 0,766
1 1 1 1 1 1 1
1,494E-03 9,747E-04 9,632E-04 9,629E-04 9,629E-04 9,629E-04 9,629E-04
5,366E-03 3,598E-03 3,558E-03 3,557E-03 3,557E-03 3,557E-03 3,557E-03
1,082E-02 7,428E-03 7,349E-03 7,347E-03 7,347E-03 7,347E-03 7,347E-03
y
1,723E-02 1,205E-02 1,193E-02 1,193E-02 1,193E-02 1,193E-02 1,193E-02
2,413E-02 1,712E-02 1,695E-02 1,694E-02 1,694E-02 1,694E-02 1,694E-02
3,121E-02 2,236E-02 2,214E-02 2,213E-02 2,213E-02 2,213E-02 2,213E-02
ymax 3,121E-02 2,236E-02 2,214E-02 2,213E-02 2,213E-02 2,213E-02 2,213E-02
Tab.10 : Itérations pour le premier mode

Le vecteur {ϕ1} retenu et définissant le premier mode sera donc de la forme :

0,044
0,161
y |
0,332
{ϕ1}= x
x0,539{{
0,766
w 1 z

Le déplacement max (ymax) correspond à λ1, ce qui permet d’obtenir les valeurs propres corres-
pondants au mode 1 :

- Pulsation propre

ω² = 1/λ1

(
, ( ×( ~
ω² = = 45,179 rd/s

- Période propre

2•
T1 = ω²

T1 = 0,934 s

72
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

2.1.2.2. Mode 2

Comme expliqué précédemment, le calcul des modes supérieurs au mode 1 passe par le ba-
layage du mode précédent à l’aide d’une nouvelle matrice dynamique [D2] :

0,994 0,367 0,752 1,190 1,670 2.118


o0,367 1,356 2,778 4,395 6,167 7,823 t
n s
0,758 2,801 5,738 9,079 12,739 16,159s
[S2]= n ∗ 106
n1,231 4,548 9,315 14,738 20,681 26,233s
n1,749 6,466 13,235 20,939 29,383 37,270s
m2,285 8,440 17,288 27,352 38,382 48,685r

0,326 0,554 0,503 0,271 −0,042 −0,38


o 0,554 1,371 1,439 0,836 −0,087 −1,105t
n s
0,507 1,351 1,932 1,297 −0,027 −1,574s
[D2]= n ∗ 106•
n 0,281 0,865 1,330 1,182 0,131 −1,330s
n−0,046 −0,091 −0,028 0,133 0,734 −0,178s
m−0,413 −1,192 −1,684 −1,386 −0,183 1,656 r

0 -0,282 -0,283 -0,285 -0,286 -0,286 -0,286


-0,2 -0,778 -0,794 -0,785 -0,787 -0,787 -0,787
-0,8 -1 -1 -1 -1 -1 -1
ϕ2
0,4 -0,683 -0,528 -0,505 -0,503 -0,503 -0,503
0,8 0,019 0,010 0,010 0,010 0,010 0,010
1 0,872 0,937 0,934 0,933 0,933 0,933
-8,22E-05 -1,55E-04 -1,54E-04 -1,53E-04 -1,53E-04 -1,53E-04 -1,53E-04
-2,27E-04 -4,34E-04 -4,23E-04 -4,20E-04 -4,20E-04 -4,20E-04 -4,20E-04
-2,91E-04 -5,46E-04 -5,39E-04 -5,34E-04 -5,34E-04 -5,34E-04 -5,34E-04
y
-1,99E-04 -2,89E-04 -2,72E-04 -2,68E-04 -2,68E-04 -2,68E-04 -2,68E-04
5,45E-06 5,45E-06 5,45E-06 5,45E-06 5,45E-06 5,45E-06 5,45E-06
2,54E-04 5,12E-04 5,03E-04 4,98E-04 4,98E-04 4,98E-04 4,98E-04
ymax 2,91E-04 5,46E-04 5,39E-04 5,34E-04 5,34E-04 5,34E-04 5,34E-04
Tab.11 : Itérations pour le deuxième mode

Le vecteur {ϕ2} retenu et définissant le premier mode sera donc de la forme

−0,286
−0,787
y −1 |
{ϕ2}= x {
x−0,503{
0,010
w 0,933 z

Le déplacement max (ymax) correspond à λ1, ce qui permet d’obtenir les valeurs propres corres-
pondants au mode 2 :

73
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

- Pulsation propre

ω² = 1/λ2

(
, •×( ~‚
ω² = = 1774,682 rd/s

- Période propre

2•
ω²
T1 =

T1 = 0,149 s

2.1.2.3. Mode 3

Comme expliqué précédemment, le calcul des modes supérieurs au mode 1 passe par le ba-
layage du mode précédent à l’aide d’une nouvelle matrice dynamique [D3] :

9,692 −0,856 −1,108 −0,625 −0,157 0,689


o−0,856 7,607 −3,122 1,833 −0,589 1,698 t
n s
−1,117 −3,149 5,811 −2,678 −1,238 1,536 s
[S3]= n ∗ 106(
n−0,647 −1,897 −2,748 7,636 −2,050 −1,039s
n−1,643 −0,617 −1,287 −2,076 7,061 −3,759s
m 0,743 1,832 1,643 −1,084 −3,871 2,192 r

0,246 0,401 0,519 0,735 1,203 1,696


o 0,323 0,949 1,482 2,219 3,349 4,618 t
n s
0,214 0,916 1,987 3,055 4,339 5,699 s
[D3]= n ∗ 106•
n 0,133 0,596 1,358 2,065 2,326 2,326 s
n−0,043 −0,086 −0,288 0,115 0,129 −0,252s
m−0,139 −0,693 −1,736 −3,0268 −4,256 −5,128r

0 0,832 0,653 0,619 0,611 0,609 0,609


0,2 1 1 1 1 1 1
-0,6 0,028 0,174 0,215 0,226 0,230 0,230
ϕ3
-0,8 -0,730 -0,765 -0,775 -0,777 -0,778 -0,778
0,4 -0,466 -0,592 -0,635 -0,647 -0,650 -0,651
1 0,555 0,630 0,657 0,664 0,666 0,667
1,82942 E-3 2,94E05 4,50E-05 4,32E-05 4,31E-05 4,31E-05 4,31E-05
7,175 E-4 3,53E-05 6,89E-05 6,98E-05 7,05E-05 7,07E-05 7,08E-05
-3,778 E-4 1,00492E-06 1,20E-05 1,50E-05 1,59E-05 1,62E-05 1,62E-05
y
-5,187 E-4 -2,5787E-05 -5,27E-05 -5,40E-05 -5,48E-05 -5,50E-05 -5,50E-05
-1,727 E-4 -1,6455E-05 -4,07E-05 -4,43E-05 -4,56E-05 -4,60E-05 -4,61E-05
3,514 E-4 1,96E-05 4,34E-05 4,58E-05 4,68E-05 4,71E-05 4,72E-05
ymax 1,829 E-4 3,53E-05 6,89E-05 6,98E-05 7,05E-05 7,07E-05 7,08E-05
Tab.12 : Itérations pour le troisième mode

74
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Le vecteur {ϕ3} retenu et définissant le premier mode sera donc de la forme

0,609
1
y 0,230 |
{ϕ3}= x {
x−0,778{
−0,651
w 0,667 z

Le déplacement max (ymax) correspond à λ1, ce qui permet d’obtenir les valeurs propres corres-
pondants au mode 3 :

- Pulsation propre

ω² = 1/λ3

(
, v×( ~ƒ
ω² = = 14129,936 rd/s

- Période propre

2•
ω²
T3 =

T3 = 0,052 s

L’allure des différents modes peut alors être vue sur la figure suivante

Fig.23 : Allure des différents modes de vibration de la structure.

2.2. Calcul sismique


2.2.1. Méthode Statique Equivalente

Les différents paramètres ayant déjà été déterminés plus haut, il est possible de calculer direc-
tement la résultante de l’effort sismique à la base de la structure :

75
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

V = ADQW/R

,•×(, ×(,( ×'v „ ,•


,
V=

VStatique = 14827,270 KN

La période « T » étant inférieure à 0,7 secondes, la force concentrée au sommet de la structure


Ft sera prise égale à 0 dans la distribution des efforts selon la hauteur soit :

V × W8 h8
F8 =
∑=8>( W8 h8

Vi = ∑ Fi

Niveau hi (m) Wi (KN) Wihi (KN.m) Fi (KN) Vi (KN)


6 28,8 10855,232 312630,682 4087,231 4087,231
5 24 11179,079 268297,895 3507,639 7594,870
4 19,2 11318,420 217313,673 2841,088 6928,319
3 14,4 11613,636 167236,354 2186,393 12622,351
2 9,6 11712,041 112435,592 1469,946 14092,297
1 4,8 11712,041 56217,796 734,973 14827,270
Base 0 1134131,992 14827,270 14827,270
Tab.13 : Distribution des efforts selon la hauteur (Statique Equivalente)

2.2.2. Méthode Modale Spectrale

Il est désormais possible de passer au calcul sismique suivant la méthode modale spectrale pour
chacun des modes dans un premier temps, pour ensuite faire la synthèse. Il est toutefois néces-
saire, selon la méthode exposée plus haut, de connaitre le nombre de modes à prendre en con-
sidération.

M1*=4611,006 t

m2*=1444,808 t

m3*=494,084 t

0,9Mtotale = 0,9*6971,503 = 6274,353 t

∑ mi* = 6549,898 t ≥ 6274,353 t

Ce qui signifie que les trois modes calculés suffisent à passer au calcul sismique.

76
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Tel que vu précédemment, la détermination du rapport Sa/g est fonction des périodes calculées
précédemment, c’est pour cela que les différents calculs seront encore une fois divisés selon les
trois modes.

2.2.2.1. Mode 1

T1sol ≤ T1 = 0,934s ≤ T2sol

Soit

Sa/g = 2,5η(1,25A)
E
F

Sa/g = 2,5 × 0,764 × (1,25 × 0,4)


(,(
,

Sa/g = 0,170

Niveau M (t) α1 {γ1} (m/s²) {F1} (KN) {X1}(cm) ΔX1 (cm)


6 1106,548 2,381 2634,505 5,270 1,236
5 1139,560 1,823 2076,958 4,034 1,195
4 1153,763 1,283 1480,111 2,839 1,090
1,42433648
3 1183,857 0,790 935,511 1,749 0,902
2 1193,888 0,383 456,728 0,847 0,617
1 1193,888 0,104 123,660 0,229 0,229
Tab.14 : Résultats de calcul (Mode 1)

2.2.2.2. Mode 2

0 s ≤ T1 = 0,149s ≤ T1sol

Soit

Sa/g = 1,25A @1 + B 2,5η F − 1 G


B E
C

Sa/g = 1,25 × 0,4 …1 + × 2,5 × 0,764 × −1 †


,(•„ (,(
,( ,

Sa/g = 0,301

77
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Niveau M (t) α2 {γ2} (m/s²) {F2} (KN) {X2}(cm) ΔX2 (cm)


6 1106,548 -1,764 -1952,283 -0,099 -0,102
5 1139,560 0,053 60,917 0,003 -0,076
4 1153,764 1,398 1612,808 0,079 -0,027
-0,633
3 1183,857 1,871 2214,988 0,105 0,025
2 1193,888 1,429 1706,549 0,081 0,051
1 1193,888 0,524 626,083 0,030 0,030
Tab.15 : Résultats de calcul (Mode 2)

2.2.2.3. Mode 3

0 s ≤ T1 = 0,053s ≤ T1sol

Soit

Sa/g = 1,25A @1 + B 2,5η F − 1 G


B E
C

Sa/g = 1,25 × 0,4 …1 + × 2,5 × 0,764 × −1 †


, (,(
,( ,

Sa/g = 0,430

Niveau M (t) α3 {γ3} (m/s²) {F3} (KN) {X3}(cm) ΔX3 (cm)


6 1106,5476 1,07591841 1190,555 0,007614461 0,01505108
5 1139,55953 -1,05078884 -1197,436 -0,007436615 0,00144158
4 1153,76355 -1,25448328 -1447,377 -0,008878195 -0,0115014
0,3827049
3 1183,85685 0,37065996 438,808 0,002623225 -0,0087898
2 1193,88795 1,61265762 1925,333 0,011413057 0,00446498
1 1193,88795 0,98175831 1172,109 0,006948074 0,00694807
Tab.16 : Résultats de calcul (Mode 3)

2.2.2.4. Synthèse des résultats

Enfin, la combinaison des réponses modales passe par la vérification de l’indépendance entre
les différents modes calculés en suivant la méthode exposée plus haut

(
( PQ8QR
= 0,5

Modes 1-2

r = T2 / T1 = 0,160
r ≤ 0,5
Les modes 1 et 2 sont indépendants l’un de l’autre.

78
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

Modes 2-3

r = T3 / T2 = 0,354

r ≤ 0,5

Les modes 2 et 3 sont indépendants l’un de l’autre.

Les résultats finaux peuvent ainsi être obtenus suivant les règles énoncées plus haut faisant
intervenir les racines quadratiques des trois modes.

Niveau M (t) Ftot (KN) Xtot (cm) ΔXi (cm) ΔXi(élastique) (cm)
6 1106,548 3488,473 5,271 1,237 4,328
5 1139,560 2398,191 4,034 1,194 4,177
4 1153,764 2624,268 2,841 1,088 3,809
3 1183,857 2444,158 1,752 0,902 3,156
2 1193,888 2613,009 0,851 0,619 2,168
1 1193,888 1334,583 0,231 0,231 0,809
Base 14902,681
Tab.17 : Résultats de calculs (Modale Spectrale)

Vérifications

- Déplacements inter-étages

ΔXi(élastique) ≤ he/100

- Résultante des forces sismiques de calcul

0,8Vstatique ≤ Vmodale

11861,816 ≤ 14902,681

- Effet P-Δ

Niveau Mp-Δ (KN.m) Ms-i (KN.m) Mp-Δ/Ms-i


6 469,802 16744,672 0,0281
5 920,482 28255,987 0,0326
4 1270,451 40852,471 0,0311
3 1418,979 52584,428 0,0270
2 1228,711 65126,870 0,0189
1 553,558 71532,870 0,0077
Tab.18 : Vérification de l’effet P-Δ

Mp-Δ/Ms-i ≤ 0,1

79
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

2.2.3. Analyse Dynamique par Accélérogramme

La matrice de rigidité de la structure, obtenue en inversant la matrice de souplesse de cette


dernière, est d’abord donnée, en KN/m, comme suit.

[K]=

137113482,4 −86698407,2 34925132,32 −9313368,619 2328342,15 −388057,03


o −86698407,2 106845034,4 −78549209,63 32596790,17 −8149197,5 1358199,59 t
n s
n 34925132,32 −78549209,63 104516692,3 −77385038,56 30268448 −5044741,3s
n−9313368,619 32596790,17 −77385038,56 102188350,1 −69235841 18820765,8 s
n 2328342,15 −8149197,5 30268448 −69235841 71919902,1 −26549568 s
m −388057,03 1358199,59 −5044741,3 18820765,8 −26549568 11706386,9 r

L’on reprendra alors les pulsations propres des deux premiers modes de l’analyse modale, ainsi
qu’un incrément de temps Δt = 0,005s tel quel celui de l’enregistrement du séisme de 2003.

Les conditions initiales étant telles que, tant l’accélération, la vitesse et le déplacement, sont
égaux à zéro. L’ensemble du programme utilisé pour les résultats qui suivent se trouve en An-
nexe « 5 ».

Le nombre de pas étant au total de 8000, il est impossible de synthétiser les résultats numéri-
quement, mais seulement dans les graphiques qui suivent.

2.2.3.1. Accélérogramme du séisme

Fig.24 : Accélérogramme du séisme de Boumerdes direction est-ouest

80
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

2.2.3.2. Déplacements de la structure

Fig.25 : Déplacements des différents degrés de liberté

Dans ce graphique, les déplacements de chaque niveau sont visibles selon la couleur donnée à
chaque étage. L’on remarque alors que le déplacement maximal survient au niveau de la terrasse
à 6 secondes environs, et qui atteint une valeur de 3,8 cm.

Les déplacements inter-étages peuvent quant à eux être évalués en faisant la différence entre
les graphiques des différents niveaux. Le déplacement maximum inter-étage est donc de 1 cm
entre la terrasse et le 5ème niveau, soit un déplacement élastique de

ΔXi(élastique) = 3,5 cm.

Les résultats ainsi obtenus sont dans tous les cas inférieurs à ceux obtenus par les méthodes de
calcul précédentes.

81
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

2.2.3.3. Vitesses de la structure

Fig.26 : Vitesses des différents degrés de liberté

82
Chapitre 3 Analyse Modale et Sismique de la Structure

2.2.3.4. Accélérations de la structure

Fig.27 : Accélérations des différents degrés de liberté

Cette méthode par accélérogramme, en plus de permettre une appréciation du comportement de


chaque niveau de la structure à chaque instant du séisme, donne des résultats plus précis et plus
facilement exploitables.

83
Chapitre 4
Transmission et Combinaisons des
Charges
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

Les efforts sismiques ainsi obtenus, la transmission des efforts vers les différents éléments de
la structure peut ainsi se faire. Ces efforts ainsi transmis seront combinés selon les prescriptions
des différents états limites de calcul ainsi que celles du règlement parasismique algérien qui fait
intervenir l’effort sismique calculé comme étant une action accidentelle.

1. Charges horizontales

Tout comme pour le calcul des caractéristiques géométriques de la structure (Chapitre 2), la
transmission des efforts horizontaux sur les voiles se fera selon la méthode de Marius Divers.
Ceci permettra au final de déterminer les différentes sollicitations sur les voiles comprenant les
efforts normaux, les efforts tranchants et les moments fléchissants.

Le principe de la méthode consiste en la transmission équivalente, selon les inerties, aux voiles.
Le point d’application des efforts horizontaux à chaque niveau sera le centre de gravité de ce
dernier ; ces efforts seront alors transmis au centre de torsion puis aux voiles. Il sera ainsi né-
cessaire de faire correspondre le centre de gravité avec le centre de torsion afin d’éviter la créa-
tion d’efforts de torsion dus à une trop grande excentricité entre ces derniers.

Dans ce qui suit, et comme défini précédemment, le voile 1 est constitué des refends 1’ et 1’’,
orientés selon x et y respectivement. Il en est de même pour le voile 2 qui est constitué des
refends 2’ et 2’’.

1.1. Paramètres de calcul

Avant d’exposer les résultats obtenus, il est nécessaire de présenter le procédé exact de calcul
qui a été suivi. Ainsi, à l’aide des paramètres déjà obtenus concernant les inerties des voiles et
leur centre de torsion respectif, il est possible de calculer certains éléments tels que le couple
de valeurs Xi, Yi qui correspondent aux distances entre le centre de torsion et les axes 1-1 et 2-
2 de chaque voile ainsi que les rapport IxiXi² et IyiYi² correspondants tel que

Xi = xi - Xc

Yi = yi - Yi

Ixi Iyi xi yi Ixixi Iyiyi Xi Yi IxiXi² IyiYi²


Refend 1’ 11,2 11,2 7,9 24,7 88,48 276,64 7,9 24,7 698,992 6833,008
Refend 1’’ 11,2 11,2 24,7 7,9 276,64 88,48 24,7 7,9 6833,008 698,992
Somme 22,4 22,4 365,12 365,12 7532 7532
Tab.19 : Paramètres de calcul des refends

84
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

1.2. Sollicitations totales

Les sollicitations totales revenant à chaque voiles peuvent alors être calculées, comprenant les
forces de rotations et celles de translations, les efforts tranchants et les moments fléchissants
engendrés et ce, selon les deux sens de calcul, comme suit

Forces transmises :

I ×F YI M
R = +
∑I J

I ×F X I M
R = +
∑I J

Avec :

J = IxiXi² + IyiYi²

J = 3161,1 m6

Et M = Fx ex + Fy ey

Efforts tranchants transmis :

Txi = Txi-1 + Rxi

Tyi = Tyi-1 + Ryi

Moments fléchissants transmis :

Mxi+1 = Txi.he + Mxi

Myi+1 = Tyi.he + Myi

Les résultats sont alors donnés selon les deux directions principales de calcul qui correspon-
dent aux deux refends qui constituent chacun des deux voiles en « L ».

85
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

- Refends 1’ et 2’ :

Niveau F (KN) M (KN.m) Rxi (KN) Ryi (KN) Txi (KN) Tyi (KN) Mxi (KN.m) Myi (KN.m)
Terrasse 3488,473 11268 2079,6 1408,9 2079,6 1408,886 0 0
5ème 2398,191 7746,2 1429,6 968,55 3509,223 2377,441 9982,017 6762,655
4ème 2624,268 8476,4 1564,4 1059,9 5073,630 3437,302 26826,286 18174,373
3ème 2444,158 7894,6 1457 987,12 6530,363 4424,421 51179,708 34573,422
2ème 2613,009 8440 1557,7 1055,3 8088,363 5479,735 82526,913 55910,645
1er 1334,583 4310,7 795,59 539 8883,950 6018,732 123451,06 82213,372
RDC 14902,68 48136 0 0 8883,950 6018,732 163994,010 111103,28
Tab.20 : Résultats de calcul (Refend 1’ et 2’)

- Refends 1’’ et 2’’ :

Niveau F (KN) M (KN.m) Rxi (KN) Ryi (KN) Txi (KN) Tyi (KN) Mxi (KN.m) Myi (KN.m)
Terrasse 3488,47 11267,77 1408,886 2079,587 1408,886 2079,6 0 0
5ème 2398,19 7746,155 968,555 1429,636 2377,441 3509,223 6762,655 9982,017
4ème 2624,27 8476,384 1059,860 1564,407 3437,302 5073,630 18174,373 26826,286
3ème 2444,16 7894,629 987,120 1457,038 4424,421 6530,363 34573,422 51179,708
2ème 2613,01 8440,019 1055,313 1557,695 5479,735 8088,363 55910,645 82526,913
1er 1334,58 4310,704 538,997 795,586 6018,732 8883,950 82213,372 123451,06
RDC 14902,7 48135,660 0 0 6018,732 8883,950 111103,28 163994,010
Tab.21 : Résultats de calcul (Refend 1’’ et 2’’)

Il est à remarquer dès à présent que les forces ainsi distribuées engendrent des moments d’une
importance considérable, c’étant dû aux forces sismiques obtenues qui sont proportionnelles
aux grandes masses des différents niveaux.

2. Charges verticales

Les charges verticales définies par le poids propre des niveaux ainsi que celui des différentes
charges d’exploitation qui suivront la règle de dégression des charges définie en Chapitre 2,
s’achemineront à travers les différents éléments servant à la portance de la structure pour se
retrouver transmises aux fondations puis directement au sol d’assise de la structure.

Le calcul de ces charges, que ce soit pour les portiques ou les voiles, suit le principe des lignes
de rupture qui correspondent dans un premier temps aux charges que les dalles transmettent aux
éléments porteurs. Toute charge reliée à ces éléments devra être prise en compte dans le calcul.

2.1. Lignes de rupture

Cette méthode suppose une rupture le long de lignes droites séparant un certain nombre de plans
qui tournent autour de ces lignes considérées comme des rotules plastiques. Selon la forme et

86
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

le chargement de la dalle, ces lignes peuvent faire l’objet de calculs rigoureux selon que la
forme de la dalle soit complexe ou pas. Toutefois, les cas les plus courants de dalles rectangu-
laires, carrées ou autre sont déjà prédéfinis.

Le support principal concernant cette méthode a été trouvé dans le Tome 2 de « Conception et
Calcul des Structures de Bâtiment » par Henry Thonier.

Les sens de portances d’une dalle sont l’atout principal pour la définition de ces lignes de rup-
ture. Ainsi, selon que la dalle porte dans un ou deux sens définira par la suite les lignes de
rupture qui pourraient se former en son sein, et donc les différents chargements que supporte-
ront ses appuis. Il est possible de voir, dans les schémas qui suivent, les différents modes de
rupture selon la configuration d’une dalle.

Fig.28 : Différents modes de rupture selon la configuration de la dalle

Dans le cas présent, les lignes de rupture de la bâtisse peuvent être définies comme suit, que ce
soit pour un étage courant (la présence d’ouvertures change la configuration des dalles), ou pour
la terrasse inaccessible.

Terrasse :

Fig.29 : Lignes de rupture (Terrasse)

87
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

Etage courant :

Les ouvertures formées par les ascenseurs n’étant pas considérablement grandes, elles seront
négligées dans la formation des lignes de rupture contrairement à celles des escaliers.

Fig. 30 : Lignes de rupture (Etage Courant)

2.2. Voiles

Les chargements qui reviendront sur les voiles seront donc définis selon les lignes de rupture ;
encore une fois, la configuration de la dalle selon que ce soit un étage courant ou la terrasse
inaccessible joue grandement dans les charges que le voile aura à supporter. Dans les figures

qui suivent sont hachurées simplement les charges réparties sur le voile et doublement
celles qui produiront une charge ponctuelle dessus, ces dernières n’étant pas reposées directe-
ment sur le voile mais sont dans une mesure alternative reliées à des éléments porteurs ramenant
ces chargements vers les voiles.

Le calcul sera donc mené en suivant les règles de la résistance des matériaux ou du moins, une
approximation de ces méthodes. En effet, le calcul des surfaces de ces chargements multiplié
par le poids propre de la dalle donne des résultats sensiblement semblables à ceux qui auraient
été donnés par la RDM. Ce constat est bien sûr fait en considérant que des calculs secondaires
ont été menés pour vérifier ceux déjà obtenus, qui sont toutefois plus rapides.

Les règles de la RDM citées plus haut recèlent bien évidemment un domaine vaste et très riche
mais ne seront pas exposées ici puisqu’elles représenteraient de trop grandes considérations ne
faisant pas l’objet de ce mémoire.

88
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

2.2.1. Surfaces offertes aux voiles

Les figures représentent bien évidemment un seul des deux voiles de la structure, considérant
que pour le 2ème, la configuration sera exactement la même.

Terrasse :

Fig.31 : Surfaces offertes aux voiles (Terrasse)

Etage courant :

Fig.32 : Surfaces offertes aux voiles (Etage Courant)

89
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

2.2.2. Charges revenants aux voiles

La synthèse des résultats obtenus concernant chaque charge, qu’elle soit ponctuelle ou uni-
forme, donne les chargements centrés suivants, permanents et d’exploitation, tels que représen-
tés sur la figure ci-dessous et évalués dans le tableau suivant :

Fig.33 : Distribution des efforts normaux sur un refend

Charges Terrasse 5ème 4ème 3ème 2ème 1er RDC


NG (t) 75,153 70,322 70,322 70,322 70,322 70,322 70,322
∑ NG (t) 75,153 145,475 215,797 286,120 356,442 426,765 497,087
1’, 2’
NQ (t) 4,533 15,121 25,122 36,231 47,212 56,698 63,877
∑ NQ (t) 4,533 19,654 44,776 81,007 128,219 184,917 248,794
NG (t) 73,353 70,322 70,322 70,322 70,322 70,322 70,322
∑ NG (t) 73,353 143,675 213,997 284,320 354,642 424,965 495,287
1’’,2’’
NQ (t) 4,533 15,864 26,063 38,188 49,801 59,831 67,424
∑ NQ (t) 4,533 20,397 46,460 84,648 134,449 194,280 261,704
Tab.22 : Distribution des efforts normaux sur un refend

90
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

Les charges excentrées à chaque extrémité du voile telles que montrées dans la figure ci-dessus,
multipliées par le bras de levier représenté par la moitié de la longueur du voile, donnera ainsi
des moments développés dans la section des voiles, dont les valeurs sont données dans le ta-
bleau suivant :

Terrasse 5ème 4ème 3ème 2ème 1er RDC


MG (t.m) -44,7761 -9,2912 -9,2912 -9,291207 -9,2912 -9,29121 -9,29121
1’,2’
MQ (t.m) -3,58864 -2,0519 -2,6137 -5,391201 -7,1283 -8,62883 -9,76454
MG (t.m) -44,7761 -40,376 -40,376 -40,3764 -40,376 -40,3764 -40,3764
1’’,2’’
MQ (t.m) -3,58864 -12,56 -20,635 -30,23427 -39,428 -47,37 -53,381
Tab.23 : Moments engendrés dans les voiles

2.3. Portiques

La transmission des efforts dans ces éléments a fait l’objet d’un calcul manuel exposé en An-
nexe « 3 », toutefois dans un souci de précision et de meilleure interprétation des résultats, il a
été fait appel à des logiciels de calculs assistés par ordinateur. Dans le cas présent, il a été fait
recours aux logiciels SAP2000 produit par la compagnie CSI ainsi qu’à Robot Structural Ana-
lysis produit par la compagnie Autodesk.

Les résultats donnés par les deux logiciels sont sensiblement les mêmes comparés à ceux don-
nés par la méthode de calcul pour les portiques (Méthdoe de Caquot) ; cette dernière donne en
effet, en raison des nombreuses majorations qui sont impliquées, des résultats qui dépassent
une limite logique fixée par un raisonnement d’ingénieur.

Ainsi, les résultats qui suivent découlent d’un calcul automatique, le seul qui aura été fait durant
l’étude. Il est toutefois intéressant de noter ici la différence entre un calcul manuel donnant des
résultats souvent trop importants comparés à des résultats réels qui correspondent plus à un cas
pratique.

Les différents portiques constitués par la structure sont au nombre de trois (3). Le portique A-
A est constitué de deux (2) travées, le portique B-B d’une (1) travée alors que le portique C-C
de trois (3) travées. Leur disposition est la même dans les deux directions comme le montre la
figure ci-après. Il est à noter que les calculs n’ont été réalisés que pour le portique C-C dont les
chargements définis par les lignes de rupture qui lui reviennent sont présents dans la figure qui
suit, ce dernier étant le plus sollicité.

91
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

Fig.34 : Disposition des portiques dans les deux directions

Ainsi, les charges revenantes au portique, selon le niveau considéré, seront telles que sur la
figure ci-dessous.

Fig.35 : Charges revenants au portique C-C

Les résultats seront alors, selon les sollicitations, données sous les charges permanentes et les
charges d’exploitation séparément pour chaque poteau et en suivant les diagrammes associés.

92
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

2.3.1. Efforts normaux

Les efforts normaux sont acheminés de la terrasse à la base dans les poteaux et s’y accumulent
tel que montré dans la figure suivante, qui renvoie directement au calcul effectué par le logiciel
Robot.

Fig.36 : Distribution des efforts normaux sur le portique C-C

Poteau 5ème 4ème 3ème 2ème 1er RDC


1 16,55 33,66 50,74 67,72 84,59 101,32
2 43,72 83,89 124,09 164,36 204,71 245,16
NG (t) 3 53,79 100,91 148,01 195,15 242,34 289,55
4 53,81 100,64 147,56 194,57 241,68 288,95
5 26,54 50,49 74,4 98,2 121,89 145,42
1 1,77 7,53 16,46 29,32 46,08 65,9
2 3,86 16,94 38,45 69,6 110,42 159,36
NQ (t) 3 4,77 19,91 45,48 82,26 130,28 187,93
4 4,61 19,63 45,1 81,83 129,86 187,65
5 2,59 10,38 23,32 41,79 65,75 94,36
Tab.24 : Valeurs des efforts normaux dans le portique C-C

L’effort normal le plus important sera au niveau du poteau « 3 » ce qui se verra de façon plus
précise lorsque les combinaisons des actions ci-dessous auront été faites.

93
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

2.3.2. Efforts tranchants

Les efforts tranchants au niveau des appuis des différentes poutres de la structure seront les
mêmes aux niveaux différents de la terrasse étant donné les chargements semblables. Toutefois
l’accumulation des charges d’exploitation fait que les efforts tranchants dus à ces charges seront
différents d’un niveau à l’autre. Le tout peut être vu sur le schéma suivant découlant des calculs
effectués par le logiciel Robot ainsi que la synthèse des résultats dans le tableau qui suit.

Fig.37 : Distribution des efforts tranchants sur le portique C-C

Travées 1,3 Travée 4


TG (t) TQ (t) TG (t) TQ (t)
RDC 32,4 22,4
1er 28,99 19,82
2ème 24,03 16,76
23,6 17,5
3ème 18,33 12,86
4ème 12,66 8,92
5ème 7,41 5,77
Terrasse 26,93 2,21 17,5 1,77
Tab.25 : Valeurs des efforts tranchants dans le portique C-C

94
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

2.3.3. Moments fléchissants

Les moments fléchissants se formeront d’abord dans les poutres pour ensuite être transmis aux
poteaux. Ce qui peut être vu dans le schéma qui suit découlant des calculs effectués par le
logiciel de calcul Robot.

L’on aura alors les valeurs des moments fléchissant dans les poutres, aux appuis et en travée,
ainsi que dans les poteaux, les résultats dans ces derniers sont donnés à la base du poteau en
question, valeur qui sera la plus utile pour les calculs de ferraillage à venir.

Fig. 38 : Distribution des moments fléchissants dans le portique C-C

Poteaux :

Poteau 5ème 4ème 3ème 2ème 1er RDC


1 21,14 12,47 -11,55 -11,49 -11,55 10,45
2 11,68 5,67 4,91 4,94 4,51 4,35
MG (t) 3 -0,04 0,38 -0,04 0,17 0,07 0,07
4 -1,36 -2,76 0,61 0,68 -0,43 0,63
5 16,94 16,63 16,16 16,03 16,57 -14,33
1 2,8 4,87 -7,74 -10,61 -13,17 12,6
2 1,83 2,1 3,36 4,21 4,75 5,51
MQ (t) 3 -0,06 0,09 0 0,1 0,1 0,02
4 0,44 -0,43 0,3 0,53 -0,83 0,45
5 4,31 7,64 11,16 14,97 19,38 -17,85
Tab.26 : Valeurs des moments fléchissants dans les poteaux

95
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

Poutres :

Travées 1,3 Travée 4


MG (t.m) MQ (t.m) MG (t.m) MQ (t.m)
Travée Appui Travée Appui Travée Appui Travée Appui
RDC 15,73 -31,47 21,6 -29,87 11,2 -5,94 14,93 -29,87
1er 16,04 -31,47 19,59 -38,78 11,33 -10,45 13,49 -27,25
2ème 15,97 -31,47 16,25 -31,91 11,3 -11,45 11,31 -22,45
3ème 15,98 -31,47 12,46 -24,55 11,31 -11,2 8,61 -17,24
4ème 15,99 -31,47 8,66 -17,09 11,3 -12,47 5,91 -12,18
5ème 15,88 -31,47 5,14 -10,17 11,31 -23,56 3,79 -8,09
Terrasse 18,76 -35,88 1,67 -3,93 11,47 -23,13 1,11 -2,8
Tab.27 : Valeurs des moments fléchissants dans les poutres

Les moments dans les poutres sont, logiquement, nettement plus importants que dans les po-
teaux, ce qui était attendu.

3. Combinaisons des Efforts

Les combinaisons des différents résultats obtenus plus haut correspondent enfin à des formules
données par les règlements de calcul. Ces formules prennent en considération tant le chemine-
ment des charges verticales que celles horizontales et sont définies, selon le règlement en ques-
tion, par :

CBA93 :

ELU : 1,35G + 1,5Q

ELS : G+Q

RPA99 :

G+Q±E

0,8G ± E

« E » représentant l’action sismique dans le cas présent et prise comme étant une action acci-
dentelle. « G » et « Q » quant à elles représentent les efforts engendrés par les charges statiques.

96
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

3.1. Voiles

Les voiles, comme démontré plus haut, supportent des charges statiques, tout comme des
charges dynamiques représentées par l’action sismique. Ainsi, les combinaisons du CBA93 ne
prendront en compte que les charges statiques, tandis que le RPA99 combinera les deux. Ce qui
nous donne :

3.1.1. Combinaisons CBA93

Les différents sollicitations font l’objet des combinaisons qui suivent, ainsi l’effort normal aussi
bien que le moment fléchissant seront combinés séparément pour donner :

1- Effort normal

Refend 1’,2’ (t) Refend 1’’,2’’ (t)


ELU ELS ELU ELS
Niveau 1,35NG + 1,5NQ NG + NQ 1,35NG + 1,5NQ NG + NQ
Terrasse 108,2550225 79,68527391 105,8250225 77,88527391
5ème 117,6166932 85,44336901 118,7318389 86,18679949
4ème 132,6183298 95,44446004 134,0296508 96,38534074
3ème 149,2815867 106,553298 152,2170494 108,5102731
2ème 165,7537607 117,5347474 169,6361578 120,1230121
1er 179,9820672 127,020285 184,6824057 130,153844
RDC 190,7513457 134,199804 196,0707768 137,7460914
Somme 1044,258806 745,8812373 1061,192902 756,9906347
Tab.28 : Combinaisons des efforts normaux pour les voiles (CBA)

2- Moment fléchissant

Refend 1’,2’ (t.m) Refend 1’’,2’’(t.m)


ELU ELS ELU ELS
Niveau 1,35MG + 1,5MQ MG +MQ 1,35MG + 1,5MQ MG +MQ
Terrasse -65,83065119 -48,365 -65,83065119 -48,36470783
5ème -15,62092914 -11,34307348 -73,34848789 -52,936632
4ème -16,46361349 -11,90486305 -85,46013945 -61,01106638
3ème -20,62993117 -14,68240816 -99,85954742 -70,61067169
2ème -23,23562928 -16,41954024 -113,6506813 -79,80476096
1er -25,48637476 -17,92003723 -125,5631635 -87,74641575
RDC -27,18994398 -19,05575004 -134,5796152 -93,75738356
Somme -194,457073 -139,69038 -698,292286 -494,2316382
Tab.29 : Combinaisons des moments fléchissants pour les voiles (CBA)

97
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

3.1.2. Combinaisons RPA99

Niveau MG+MQ+ME MG+MQ-ME 0,8MG+ME 0,8MG-ME


Terrasse -474,457784 -474,458 -351,4026 -351,4026
5ème 9396,283992 -10567,751 9557,6973 -10406,34
4ème 26123,76554 -27528,8062 26329,048 -27323,52
Refend 1’,2’ 3ème 50333,15365 -52026,263 50609,553 -51749,86
2ème 81519,28308 -83534,543 81883,841 -83169,99
1er 120167,6308 -122534,482 120635,07 -122067
RDC 162623,6516 -165364,377 163205,11 -164782,9
Terrasse -474,457784 -474,458 -351,4026 -351,4026
5ème 5768,88863 -7756,421 6094,3782 -7430,931
4ème 16582,0885 -19766,658 17189,223 -19159,52
Refend 1’’,2’’ 3ème 32388,44643 -36958,397 33371,397 -35975,45
2ème 52842,78456 -58978,505 54291,746 -57529,54
1er 78284,71936 -86142,024 80277,599 -84149,14
RDC 106254,8713 -115951,696 108850,64 -113355,9
Tab.30 : Combinaisons des efforts pour les voiles (RPA)

Les valeurs qui seront alors considérées dans les calculs par la suite sont représentées par le
maximum des deux valeurs absolues de chaque combinaison.

3.2. Poteaux

Les poteaux ne sont, contrairement aux voiles, sollicités que par les efforts statiques, la combi-
naison des efforts calculés précédemment donne alors :

3.2.1. Efforts normaux

Poteau 5ème 4ème 3ème 2ème 1er RDC


1 25,00 56,75 93,18 135,39 183,31 235,62
2 64,81 138,66 225,2 326,29 441,99 570
ELU 3 79,77 166,1 268,03 386,84 522,58 672,79
4 79,55 165,31 266,85 385,42 521,06 671,57
5 39,72 83,73 135,42 195,26 263,17 337,85
1 18,32 41,2 67,2 97,03 130,67 167,22
2 47,58 100,83 162,54 233,96 315,13 404,52
ELS 3 58,56 120,83 193,49 277,41 372,62 477,48
4 58,41 120,27 192,66 276,4 371,54 476,61
5 29,14 60,87 97,72 139,99 187,64 239,78
Tab.31 : Combinaisons des efforts normaux dans les poteaux

98
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

Le cumul des efforts normaux à la base de la structure dans le poteau le plus sollicité « 3 »
donne ainsi une valeur inférieure à celle calculée forfaitairement au Chapitre 2.

Toutefois, ce poteau est sollicité deux fois, puisque le calcul du portique C-C se fait dans les
deux sens, le poteau « 3 » étant alors le point d’intersection des deux, ce qui donne à la base du
poteau 3 à l’ELU :

NG = 672,79 x 2 = 1345,58 t

3.2.2. Moments fléchissant

Poteau 5ème 4ème 3ème 2ème 1er RDC


1 32,74 -24,46 -27,2 -31,42 -35,35 33
2 18,51 -11,39 -12,17 -13,67 -13,95 14,15
ELU 3 -0,16 0,66 0,15 0,37 0,25 -0,21
4 -1,18 -4,37 1,28 1,71 -1,83 1,52
5 -51,53 33,91 38,56 44,1 51,44 -46,12
1 23,94 -17,52 -19,29 -22,09 -24,72 23,05
2 13,51 -8,15 -8,62 -9,61 -9,74 9,87
ELS 3 -0,11 0,48 0,1 0,26 0,17 -0,14
4 -0,92 -3,19 0,92 1,21 -1,27 1,08
5 -37,74 24,27 27,32 31 35,95 -32,18
Tab.32 : Combinaisons des moments fléchissants dans les poteaux

3.3. Poutres

De la même manière que pour les poteaux, les poutres ne sont sollicitées que par les efforts
engendrées par les charges qu’elles portent, donnant les combinaisons suivantes :

3.3.1. Moments fléchissant

ELU ELS
Travées 1,3 Travée 4 Travées 1,3 Travée 4
Niveau Travée Appui Travée Appui Travée Appui Travée Appui
RDC 53,6355 -87,29 37,515 -52,824 37,33 -61,34 26,13 -35,81
1er 51,039 -100,65 35,5305 -54,9825 35,63 -70,25 24,82 -37,7
2ème 45,9345 -90,35 32,22 -49,1325 32,22 -63,38 22,61 -33,9
3ème 40,263 -79,31 28,1835 -40,98 28,44 -56,02 19,92 -28,44
4ème 34,5765 -68,12 24,12 -35,1045 24,65 -48,56 17,21 -24,65
5ème 29,148 -57,74 20,9535 -43,941 21,02 -41,64 15,1 -31,65
Terrasse 27,831 -54,333 17,1495 -35,4255 20,43 -39,81 12,58 -25,93
Tab.33 : Combinaisons des moments fléchissants dans les poutres

99
Chapitre 4 Transmission et Combinaisons des Charges

Ainsi, les moments les plus importants à retenir seront au RDC en travée et au 1er étage sur les
appuis.

3.3.2. Efforts tranchants

ELU ELS
Travées 1,3 Travée 4 Travées 1,3 Travée 4
RDC 80,46 57,225 56 39,9
1er 75,345 53,355 52,59 37,32
2ème 67,905 48,765 47,63 34,26
3ème 59,355 42,915 41,93 30,36
4ème 50,85 37,005 36,26 26,42
5ème 42,975 32,28 31,01 23,27
Terrasse 26,93 26,28 29,14 19,27
Tab.34 : Combinaisons des efforts tranchants dans les poutres

100
Chapitre 5
Ferraillage des éléments
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Les différents efforts et sollicitations ainsi associés à chacun des éléments, leur ferraillage
devient possible. Le principe consiste en l’application des méthodes de calcul basées sur la
philosophie des états limites et servant à définir des sections d’acier totales dans les sections
des différents éléments en béton, ces dernières étant primordiales à la reprise des efforts
imposés.

Ces sections d’aciers devront toutefois être conformes à des normes définies par les différents
règlements de construction. Ces normes prescrivent en outre les ferraillages minimaux et
maximaux ainsi que quelques dispositions constructives qui seront exposées dans ce qui suit. Il
n’est pas nécessaire de rappeler que l’association de ces aciers au béton constitue le matériau
« béton armé » et que par conséquent, l’étape qui suit représente l’aboutissement de l’étude
faite dans cette première partie du mémoire.

1. Méthodes de calcul

Les méthodes de calcul qui ont été utilisées découlent bien évidemment de la philosophie des
états limites toutefois, dans la plupart des cas présentés ici, le calcul n’aura été effectué qu’à
l’état limite ultime, ce cas étant le plus défavorable généralement et donc, le plus sécuritaire.

Les supports principaux pour le calcul des différents ferraillages se trouvent dans l’ouvrage de
Jean Perchat et Jean Roux « Pratique du BAEL 91 », ce dernier fait état, à partir des lois de
la résistance des matériaux et du BAEL 91, des différents procédés de calcul et de
dimensionnement des éléments de base d’une structure.

Néanmoins, il est possible de définir des organigrammes de calcul à partir de ces méthodes de
calcul ; lesdits organigrammes se trouvent en annexe « 1 » qui englobe les différentes étapes de
calcul des sections d’acier pour le béton. Toutefois, en plus de l’annexe faisant état des calculs
qui ont été menés pour le dimensionnement des aciers, il existe quelques règles de calcul
concernant les éléments ferraillés qui seront exposées dans ce qui suit.

Ces paramètres seront utilisés au cours des calculs et sont démontrés de façon précise dans le
manuel cité plus haut et vers lequel il faudra se référer pour de plus amples détails.

Dimensions utiles :

Au cours des calculs, plusieurs dimensions, résumées dans ce qui suit, seront utilisées ; ces
derniers concernent principalement les calculs en flexion simple et en flexion composée et sont
définies comme suit, pour une section de béton de largeur « b0 » et de hauteur « h » :

101
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Fig.39 : Dimensions de calcul d’une section

Avec :

d = Distance entre la fibre comprimée du béton et les aciers tendus de ce dernier, sa valeur est
prise approximativement égale à 0,9h ;

d’ = Distance entre les aciers comprimés et la fibre comprimée du béton ;

δ' = d’/d ;

A’s = section d’aciers de la fibre comprimée du béton ;

As = section d’aciers de la fibre tendue du béton.

Moment réduit limite μlu :

La valeur du moment réduit limite a une variation linéaire relativement à certaines quantités
données, et ce pour des valeurs courantes de fc28 ; Toutefois, il est préconisé que pour des valeurs
de fc28 supérieures à 30 MPa, il existe une formule approchée valable pour les aciers Fe E 400
et quel que soit fc28 ≤ 60 MPa qui est de la forme :

=
150 − 75 + 1,75(2,5 − )

Avec :

γ = Mu/Mser

102
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

2. Ferraillage des éléments secondaires


2.1. Dalles

Les planchers constitués de dalles pleines, en plus de remplir leur fonction de diaphragme rigide
devant transmettre les efforts horizontaux aux éléments verticaux, ont une fonction principale
de portance des charges permanentes et d’exploitation et sont de ce fait ferraillées en
conséquence à la flexion simple selon les méthodes énoncées dans le CBA93.

Ici, les planchers de dalle sont formés de panneaux horizontaux d’épaisseur constante de 28 cm.
Leurs longueurs dans les deux directions principales de calcul entre nus des poutres sont égales
dans la plupart des cas, soit lx=ly=7,7 m sauf cas particuliers énoncés ci-dessous ; les armatures
d’une direction de portance seront donc les mêmes pour l’autre direction et ne seront conduits
que pour l’une d’elles.

2.1.1. Identification des cas

En tout, trois types de panneaux sont différenciés dans ce qui suit. Cette différentiation se fait,
outre les résultats de ferraillage finaux, selon le sens de portance définit au Chapitre 2.

Fig.40 : Identification des différents panneaux selon le sens de portée

Les dalles D1, D2, D5 et D6 partagent toutes les mêmes caractéristiques géométriques et portent
dans les deux sens, leurs moments Mx et My en travées seront les mêmes ainsi que leurs
moments de continuité qui seront résumés en un seul cas pratique de ferraillage.

Les dalles D3 quant à elles sont des dalles reposant sur trois côtés et devraient être calculées en
tant que telles. Les dalles D4 sont les seules dalles portant dans un seul sens.

Enfin, les dalles D8 sont de formes triangulaires et ont mérité une attention particulière pour le
calcul de leur moment en travée.

103
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Toutefois, la terrasse n’est constituée que de dalles D1, D2, D5 et D6 étant donné l’absence
d’ouvertures, sa charge d’exploitation faible comparée à celles des autres étages fait toutefois
en sorte qu’elle ne soit pas considérée dans les calculs.

2.1.2. Principe de la méthode de calcul des sollicitations

Avant d’entamer les calculs en bonne et due forme, il est important de déterminer les sens de
portance des panneaux à travers le rapport des portées comme définit au Chapitre 2. Il est donc
pré établit que les panneaux principaux portent dans les deux sens et ont un rapport

α = lx/ly = 1 ≥ 0,4

A partir de ce coefficient, et à l’aide des tables fonctions du rapport cité qui sont donnés par
l’annexe « F » du CBA93, il est possible de tirer les coefficients μx et μy nous permettant de
calculer les moments fléchissant développés au centre du panneau qui ont pour expression

Mx= μxplx²
My= μyMx

Avec « p » représentant la charge uniformément répartie par unité d’aire et couvrant


entièrement le panneau, comprenant les charges permanentes et d’exploitation.

Le calcul sera conduit selon le principe de continuité des moments entre panneaux suivant leur
position respective et ce, basé sur la méthode des bandes énoncée dans le BAEL (Béton Aux
Etats Limites). Le CBA préconise des coefficients à appliquer aux moments en travée pour
avoir les moments de continuité et ce, comme suit

- Moments sur appui : 0,3M pour une dalle de rive


0,5M pour une dalle intermédiaire
- Moments en travée : 0,85 pour une dalle de rive
0,75 pour une dalle intermédiaire
Le schéma qui suit résume, selon le cas, les moments sur appui ou en travée à prendre en
considération :

104
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Fig.41 : Moments de continuité dans les dalles

Il existe toutefois au sein de la structure des panneaux portants dans une seule direction et dont
les moments, au lieu d’être évalués comme précédemment, seront égaux selon la petite portée
lx à

M = p lx² / 8

Enfin, les moments au centre des panneaux triangulaires seront évalués séparément selon la
méthode présentée par Henry Thonier dans son ouvrage « Conception et Calculs des Structures
de Bâtiment », dans lequel il expose la méthode de calcul de dalles ayant une forme quelconque,
triangulaires y compris, suivant les principes énoncés par la méthode des bandes du règlement
américain ACI-318-89.

On en tire, pour un panneau de forme triangulaire et d’angles a, b et l :

× × √3 sin( ) + sin( ) + sin(!)


= ∗
12 "(sin( ) + sin( ) + sin(!))

Fig.42 : Caractéristiques de calcul pour un panneau triangulaire

105
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

La continuité des moments sur appui sera prise dans ce cas comme énoncé plus haut.

Les moments ainsi obtenus, le ferraillage des dalles se fera pour une bande d’un (1) mètre en
flexion simple à l’ELU et en fissuration non préjudiciable.

2.1.3. Charges et Surcharges

Les charges à prendre en compte dans le calcul des dalles sont leur poids propre, qui est différent
selon que ce soit la terrasse qui est considérée dans les calculs ou bien un étage courant.

En ce qui concerne les charges d’exploitation variables entre étages, et puisque toutes les dalles
seront ferraillées selon le cas le plus défavorable correspondant aux plus grands chargements,
les calculs effectués dans ce qui suit seront conduits pour la charge d’exploitation la plus
importante, à savoir 3,5 KN/m² correspondant au rez-de-chaussée et autres.

Plancher terrasse Etage courant


G (KN/m²) 10,64 10,16
Q (KN/m²) 1 3,5
Pu = 1,35G + 1,5Q 15,864 18,966
Pser = G + Q 11,64 13,66
Tab.35 : Charges et Surcharges pour une dalle

2.1.4. Exemples de calcul


Dans un premier temps, l’évaluation des moments intervenants au centre des panneaux seront
nécessaires comme montré plus haut ; pour ce faire, les rapports μx et μy seront tirés du CBA 93
en Annexe « F », qui démontre la méthode de calcul des moments pour des panneaux en dalles
pleines. Ainsi associés aux dalles, les coefficients permettent d’obtenir les valeurs des moments
agissants sur le panneau.
Suivant les méthodes énoncées plus haut, l’on obtient les résultats suivants en ce qui concerne
les moments dans chaque panneau et selon chaque direction

lx (m) ly (m) α μx μy Mx (MN.m) My (MN.m)


D1, D2, D5, D6 7,7 7,7 1 0,037 1 0,042 0,042
D3 4,7 4,95 0,95 0,041 0,089 0,017 0,0015
D8 7,7 7,7 1 0,037 1 0,029 0,029
Tab.36 : Moments dans les différents panneaux

Si l’on prend alors comme exemple de calcul les panneaux de rive D1, D2, qui sont les plus
sollicités, il est obtenu les résultats suivants :

106
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Bande continue :
0,5M = 0,021 MN.m
Bande centrale :
0,85M = 0,035 MN.m
Bande de rive :
0,3M = 0,012 MN.m
Le calcul est alors mené en flexion simple pour aboutir à une section d’acier pour chaque
partie du panneau comme présenté en Annexe « 1 ».

μbu μlu Pivot A’u α z Au (cm²) Aadopté


Bande de rive 0,0124 0,265 A 0 0,0156 0,224 1,60 4T8
Bande centrale 0,0350 0,265 A 0 0,0446 0,221 4,58 6T10
Bande continue 0,0206 0,265 A 0 0,0260 0,223 2,67 6T8
Tab.37 : Calul de ferraillage pour les panneaux D1 et D2

Les aciers sont constitués donc de 6 barres de 10 mm correspondants à une section de 4,71
cm² dans la bande centrale, de 4 barres de 8 mm correspondants à une section de 2,01 cm²
dans la bande de rive et de 6 barres de 8 mm correspondants à une section de 3,01 cm² dans la
bande continue.

En ce qui concerne les autres panneaux, leur ferraillage n’apporte pas une pertinence assez
importante pour être exposés dans le présent travail, l’on supposera donc que les aciers trouvés
ci-dessus, qui sont les plus importants, seront disposés pour toutes les autres dalles avec des
dispositions constructives qui restent à déterminer sur chantier et suivant le CBA93 pour les
bords non appuyés.

Vérifications :

Le CBA93 apporte en plus quelques prescriptions concernant le ferraillage minimal, la


condition de non fragilité ainsi que l’espacement entre les barres. Ces conditions devront
vérifier ceci

Au ≥ Amin

Ainsi le pourcentage minimal d’aciers dans une dalle de bande de un mètre et de hauteur « h »
(CBA93 B.7.4), et ce pour des barres de classe Fe E 400, devra correspondre à :

Amin = 0,0008 b h

107
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Soit

Amin = 2,98 cm²

Il en est de même pour la condition de non fragilité, qui donnera le résultat suivant

f t 28
Asmin = 0,23bd = 3,22cm 2
fe

Les conditions ci-dessus ne sont vérifiées que pour la bande centrale, pour la bande de rive et
celle continue, il sera donc pris comme section d’aciers pour ces bandes celles minimales
calculées précédemment.

Enfin, l’écartement minimal des armatures d’une même nappe (CBA93 A.7.2.4.2) ne doit pas
dépasser, pour des charges réparties seulement et la direction de calcul la plus sollicitée, la
valeur

St ≤ min (3 h ; 33 cm) = 33 cm

Il sera pris un espacement entre barres successives égal à 25 cm en bande centrale pour
correspondre au nombre de barre pour une bande d’un mètre.

N.B : L’ensemble des schémas de ferraillages peuvent être vus en annexe « 9 ».

2.2. Escaliers

Pour le ferraillage des escaliers, un calcul minutieux des sollicitations doit être fait afin de
déterminer de manière précise les sections dangereuses, les sollicitations à leur niveau afin de
mettre en place un ferraillage adéquat et ce, en flexion simple.

2.2.1. Charges et Sollicitations


1- Volées :

Les sollicitations qui viendront s’exercer sur une volée seront représentées par les combinaisons
à l’ELU et à l’ELS des charges définies au Chapitre 2. Sachant que le poids de la paillasse étant
différent de celui du palier de repos, et que l’on peut considérer l’escalier sous un état statique
comme étant une poutre appuyée sur deux côtés, l’on peut alors représenter les différentes
sollicitations comme suit.

108
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Fig.43 : Schéma statique des charges sur une volée

En considérant alors ces différents cas de chargements, et en appliquant les différentes


combinaisons aux états limites, on obtient à

- L’ELU

G1 = [1,35(GPaillasse+marches + 2GGarde-corps) + 1,5QExp].1m

G1 = 2,12 t/ml

G2 = [1,35(GPalier + GGarde corps) + 1,5Qexp].1m

G2 = 1,66 t/ml

- L’ELS

G1 = [(G Paillasse+marches + 2GGarde-corps) + QExp].1m

G1 = 1,53 t/ml

G2 = [(GPalier + GGarde corps) + Qexp].1m

G2 = 1,18 t/ml

Dans une optique de simplification des calculs et en appliquant le principe de superposition des
effets de la RDM, le chargement exercé sur une volée sera divisé en deux tel que montré dans
les figures qui suivent.

109
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Fig.44 : Schéma statique du chargement de la paillasse

Le calcul des sollicitations donne alors, selon la RDM :

#$ ×
Vgauche1 = Vdroite1 = = 5,729 t

&1 × ²
M1 (2,7 m) = = 7,735 t.m
8

Avec « l » la longueur totale de l’escalier

Fig.45 : Schéma statique du chargement du palier de repos

De la même manière, à travers un calcul de la RDM, l’on obtient les résultats suivants
,
(#$ )#* )×+×( ) )
*
Vdroite2 = = 0,110 t


(#$ )#* )×
*
Vgauche2 = = 0,634 t

110
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

M2 (2,7 m) = Vdroite2×(2,7)-(G1-G2) × (2,7²/2) = 0,298 t.m

Avec « a » la longueur de l’escalier sur laquelle est appliqué le chargement en question, à


savoir 1,6 m.

Au final, l’obtention des sollicitations finales se fait en superposant les efforts calculés tel que

Vdroite = Vdroite1 - Vdroite2 = 5,096 t

Vgauche = Vgauche1 - Vgauche2 = 5,619 t

M = M1 - M2 = 7,437 t.m

L’obtention des moments de continuité, étant donné la considération d’appuis simples pour le
calcul, se fera alors avec 30% de Mmax (0,3Mmax) aux appuis et ce de façon forfaitaire, ceci
n’étant pas une règle générale.

Mappui = 2,231 t.m

Mmi-travée = 7,437 t.m

Ce qui permet d’avoir un diagramme des moments de la forme suivante :

Fig.46 : Diagramme du moment sur l’escalier

Poutre palière :

La poutre palière recevra alors le chargement apporté par les escaliers à l’appui droit de ce
dernier (Vd), mais aussi son poids propre tel que

- Poids propre : 2500.ht.b = 875 Kg/ml = 0,875 t/ml


- Effort transmis (Vd) = 5,096 t/ml

Total : 61,084 KN/ml

111
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Fig.47 : Schéma statique du chargement sur la poutre palière

Les sollicitations internes sont alors calculées suivant les lois de la résistance des matériaux,
les résultats sont tels que présentés dans les figures ci-après :

- Diagramme du moment fléchissant

Fig.48 : Diagramme du moment fléchissant sur la poutre palière

- Diagramme de l’effort tranchant

Fig.49 : Diagramme de l’effort tranchant sur la poutre palière

2.2.2. Ferraillage

Comme pour les dalles, le ferraillage se fera pour une bande d’un mètre à la flexion simple en
considérant les moments en travée et sur appui, mais aussi les étapes de calculs exposées en
Annexe « 1 ».

Un ferraillage d’armatures transversales de répartition sera en plus prévu et étant égal au quart
(1/4) de la section d’acier qui sera trouvée dans ce qui suit, tel que

Ast = As/4

112
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

1- En travée

Les résultats obtenus peuvent être résumés dans le tableau suivant

µ bu Pivot α z fe γ σs As (cm²) As adopté Ast Ast adopté


0,098 A 0,130 0,171 400 1,15 347,826 12,659 5T14+3T12 3,165 3T12
Tab.38 : Ferraillage de l’escalier en travée

Le ferraillage adopté donne une section d’acier égale à

5 barres de 16 mm + 3 barres de 12 mm = 13,44 cm²

Avec un ferraillage d’armatures transversales de répartition égaux à

3 barres de 12 mm = 3,39 cm²

Vérifications :

La vérification principale à faire en flexion simple concerne avant tout la condition de non
fragilité de la section sollicitée et donc son ferraillage minimal, qui sera égal à

-./
Amin = 0,23bd = 2,916 cm²
-0

As = 13,44 cm² ≥ Amin

Ast = 3.39 cm² ≥ Amin

Les espacements entre barres seront pris quant à eux selon leur nombre de la manière suivante

St1 = 100/5 = 20 cm
St2 = 100/3 = 33 cm

2- Sur appui

De la même manière pour l’appui

µ bu Pivot α z fe γ σs As (cm²) As adopté Ast Ast adopté


0,035 A 0,044 0,177 400 1,15 347,826 3,628 4T12 0,907 2T14
Tab.39 : Ferraillage de l’escalier sur appui

Le ferraillage adopté donne une section d’acier égale à

4 barres de 12 mm = 4,52 cm²

Avec un ferraillage d’armatures transversales de répartition égaux à

113
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

2 barres de 14 mm = 3,08 cm²

Vérifications :

De la même manière que pour les aciers en travée, le ferraillage minimal sera égal à

12
Amin = 0,23b d = 2,916 cm²
3

As = 4,52 cm² ≥ Amin

Ast = 3,08 cm² ≥ Amin

Les espacements entre barres seront pris quant à eux selon leur nombre de ces dernières de
façon à correspondre à la quantité d’aciers dans une bande d’un mètre

St1 = 100/4 = 25 cm
St2 = 100/2 = 50 cm

3- Poutre palière

d (m) b fbu µ bu Pivot γ µ lu α z fe σs As (cm²) As Adopté


0,63 0,5 19,833 0,077 A 1,386 0,329 0,100 0,605 400 347,826 14,336 3T25
Tab.40 : Ferraillage de la poutre palière

Le ferraillage adopté donne donc une section d’acier égale à

3 barres de 25 mm = 14,73 cm²

Vérification :

Le ferraillage minimum suivant le RPA99 (art 7.5.2.1) est tel que

Asmin = 0,5 % b ht = 17,5cm²

As = 14,73cm²

Pour les armatures de compression, il a été adopté un ferraillage de 3 barres de 12 mm de


façon forfaitaire afin de ne pas laisser la section de la poutre sans armature comprimées.

Le ferraillage adopté donne une section d’acier égale à

3 barres de 12 mm= 3,39 cm²

As’ = 3,39 cm²

A = As + As’ = 18,12cm² > 17,5cm²

114
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

En l’absence de règles plus précises concernant l’espacement des barres longitudinales, ce


dernier a été calculé comme suit

C = (b-2e)/3 =15,33 cm

Avec

c : distance entre les armatures

e : enrobage (prit égal à 2cm)

4- Contraintes de cisaillement

Le calcul d’armatures transversales est dispensé dans le cas où la condition suivante est vérifiée

τu ≤ 666
τu

Avec, pour l’appui de la volée d’escalier

78
τu = = 0,2814 MPa
9.;

Et pour la poutre palière

78
τu = = 0,613 MPa
9.;

La contrainte tangente limite est alors égale à

666
τu = min (0,06 ; 1,5 ? )
!

666
τu = 1,4 MPa

Pas besoin de calcul d’armatures transversal.

Toutefois pour la poutre palière, rentrant dans la ligne de mire du RPA99, une quantité
d’armatures transversales minimales est prescrite tel que

At = 0,003 st b

Avec :

st = espacement entre les armatures

Cet espacement maximum entre les armatures transversales sera égal à :

- En zone nodale

115
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

St < min (h/4; 12Φl; 30 cm)

soit :

St = 10 cm < 17,5 cm

- En zone courante

St’ < h/2 = 0,35

St’= 15cm

Donnant une quantité d’armature transversales égale à :

- En zone nodale

At = 1,5cm²

Le ferraillage adopté donne une section d’acier égale a

2 barres de 10 mm = 1,54 cm²

- En zone courante

At = 2,25cm²

Le ferraillage adopté donne une section d’acier égale a :

2 barres de 10 mm = 1,57 cm²

A l’appui d’about d’une poutre, on admet que les charges sont transmises par l’intermédiaire
d’une bielle unique, on doit prolonger au-delà du bord de l’appui (côté travée) et y ancrer une
section d’armatures longitudinales inférieures suffisantes pour équilibrer l’effort tranchant.

Fig.50 : Schéma du prolongement d’armatures à l’appui d’about de la poutre palière

La profondeur minimum d’appuis est donnée selon le CBA93 (A.5.1.3.1) :

116
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

a ≥ (3,75.Vu)÷(b0fc28)

a ≥ 40,577cm

La quantité d’armatures minimum dans l’appui est donnée alors par

As ≥ (γs/fe)Vu

As ≥ 5,44cm²

N.B : L’ensemble des schémas de ferraillages peuvent être vus en annexe « 9 ».

117
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

3. Ferraillage des éléments porteurs


3.1.Poutres

Les poutres telles que définies, sont l’élément reliant les dalles aux poteaux et sont sollicitées
par des moments ainsi que des efforts tranchants. Il a été vu précédemment (Chapitre 4) que
trois des quatre travées du portique C-C ont un chargement différent du dernier.

a- Ferraillage longitudinal :

Dans les résultats qui suivent, sont présentées les étapes de calcul en flexion simple pour le
portique en question, à chacun des étages, en travée et sur les appuis et ce, en fissuration non
préjudiciable.

Travées 1-3 :

1er 2ème 3ème 4ème 5ème Terrasse


Travée Appui Travée Appui Travée Appui Travée Appui Travée Appui Travée Appui
Mu (MN.m) 0,53 1,0497 0,481 0,961 0,4218 0,8535 0,363 0,736 0,314 0,677 0,294 0,589
Mser (MN.m) 0,363 0,7358 0,334 0,667 0,2943 0,5984 0,255 0,52 0,226 0,451 0,216 0,432
γ 1,459 1,4267 1,441 1,441 1,4333 1,4262 1,423 1,415 1,391 1,5 1,364 1,364
μbu 0,26 0,5155 0,236 0,472 0,2072 0,4191 0,178 0,361 0,154 0,332 0,145 0,289
Pivot B B B B B B A B A B A B
μlu 0,336 0,3219 0,328 0,328 0,3246 0,3217 0,32 0,317 0,308 0,354 0,298 0,298
μbu ≤ μlu Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Oui Oui Non
α 0,533 0,5039 0,516 0,516 0,5096 0,5035 0,501 0,494 0,476 0,576 0,456 0,456
z 0,46 0,4671 0,464 0,464 0,4658 0,4672 0,468 0,469 0,474 0,45 0,478 0,478
Mlu / 0,6554 / 0,668 / 0,655 / 0,646 / / / 0,607
0,4Mu / 0,4199 / 0,385 / 0,3414 / 0,294 / / / 0,235
Mu-Mlu / 0,3943 / 0,294 / 0,1984 / 0,09 / / / -0,019
εsc / 0,0027 / 0,003 / 0,0027 / 0,003 / / / 0,003
σsc / 347,83 / 347,8 / 347,83 / 347,8 / / / 347,8
εs 0,003 0,0034 0,003 0,003 0,0034 0,0035 0,003 0,004 0,004 0,003 0,004 0,004
σs 347,8 347,83 347,8 347,8 347,83 347,83 347,8 347,8 347,8 347,8 347,8 347,8
A'u / 0,0022 / 0,002 / 0,0011 / 5E-04 / / / -1E-04
A’ adopté / 7T20 / 4T25 / 8T14 / 7T10 / / / /
Au 0,0033 0,0062 0,0029 0,0057 0,0026 0,0051 0,0022 0,0044 0,0019 0,0043 0,0017 0,0035
Au (cm²) 33,09 62,139 29,77 57,59 26,039 51,282 22,31 44,53 19,05 43,21 17,69 35,47
A adopté (cm²) 7T25 8T32 4T32 8T32 6T25 7T32 8T20 6T32 7T20 6T32 6T20 8T25
Tab.41 : Etapes de calcul du ferraillage des poutres de la travée 1 à 3

118
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Travée 4 :

1er 2ème 3ème 4ème 5ème Terrasse


Travée Appui Travée Appui Travée Appui Travée Appui Travée Appui Travée Appui
Mu (MN.m) 0,402 0,7358 0,373 0,716 0,3335 0,6671 0,304 0,618 0,265 0,52 0,235 0,471
Mser (MN.m) 0,275 0,4905 0,265 0,51 0,2354 0,4807 0,216 0,441 0,186 0,383 0,167 0,314
γ 1,464 1,5 1,407 1,404 1,4167 1,3878 1,409 1,4 1,421 1,359 1,412 1,5
μbu 0,198 0,3613 0,183 0,352 0,1638 0,3276 0,149 0,304 0,13 0,255 0,116 0,231
Pivot B B B B A B A B A B A B
μlu 0,338 0,3544 0,314 0,313 0,3179 0,3069 0,315 0,311 0,32 0,297 0,316 0,354
μbu ≤ μlu Oui Non Oui Non Oui Non Oui Oui Oui Oui Oui Oui
α 0,538 0,5755 0,488 0,485 0,4956 0,4732 0,49 0,482 0,499 0,453 0,492 0,576
z 0,459 0,4503 0,471 0,471 0,469 0,4743 0,47 0,472 0,468 0,479 0,47 0,45
Mlu / 0,7217 / 0,637 / 0,6249 / / / / / /
0,4Mu / 0,2943 / 0,286 / 0,2668 / / / / / /
Mu-Mlu / 0,014 / 0,079 / 0,0422 / / / / / /
εsc / 0,0028 / 0,003 / 0,0027 / / / / / /
σsc / 347,83 / 347,8 / 347,83 / / / / / /
σsc / / / / / / / / / / / /
εs 0,003 0,0026 0,004 0,004 0,0036 0,0039 0,004 0,004 0,004 0,004 0,004 0,003
σs 347,8 347,83 347,8 347,8 347,83 347,83 347,8 347,8 347,8 347,8 347,8 347,8
σs / / / / / / / / / / / /
A'u / 8E-05 / 4E-04 / 0,0002 / / / / / /
Au 0,003 0,0047 0,002 0,004 0,002 0,004 0,002 0,004 0,002 0,003 0,001 0,003
Au (cm²) 25,19 46,852 22,77 43,22 20,445 40,213 18,58 37,64 16,26 31,21 14,4 30,06
A adopté (cm²) 6T25 6T32 5T25 9T25 7T20 5T32 6T20 8T25 9T16 4T32 7T16 4T32
Tab.42 : Etapes de calcul du ferraillage des poutres de la travée 4

Les dispositions adoptées pour chacun des cas vont dans une optique sécuritaire tout comme
dans les étapes précédentes de l’étude. Ainsi seront adoptées pour toutes les poutres les sections
d’aciers calculées pour la poutre la plus sollicitée, soit celle du premier étage.

Seront donc prises 7 barres de 25 mm en travée et 8 barres de 32 mm aux appuis. Dans ces
derniers seront disposées des armatures de compression, à savoir 5 barres de 25 mm pour avoir
une continuité avec les armatures présentes en travée.

Vérifications :

Les règlements de calcul en construction, à savoir le CBA93 et le RPA99 apportent quelques


prescriptions quant aux aciers minimaux, à travers une condition de non fragilité et d’aciers
minimaux par section respectivement.

119
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

- CBA93

La condition de non fragilité sera telle que :

f t 28
ACNF = 0,23b0 .d .
fe

ACNF = 2,725 cm²

Au ≥ ACNF

- RPA99 (7.5.2)

Le pourcentage total minimum des aciers longitudinaux sur toute la longueur de la poutre est
de 0,5% en toute section. Soit

Amin = 0,5% b h = 9,75 cm²

Le pourcentage total maximum des aciers longitudinaux est de

- 4% en zone courante (Amax = 4% b h = 78 cm²)


- 6% en zone de recouvrement (Amax = 6% b h = 117 cm²)

Donnant une section d’aciers calculés vérifiant ces conditions, telle que

Amin ≤ Au ≤ Amax

b- Ferraillage transversal :

Les armatures transversales sont disposées en cours successifs plans et normaux à l’axe
longitudinal de la pièce. Dans chaque cours elles forment une ceinture continue sur le contour
de la pièce embrassant toutes les armatures longitudinales de diamètre supérieur ou égal à 20
mm de façon à assurer le maintien de celles-ci vis-à-vis d’un mouvement éventuel vers la ou
les parois les plus voisines. (CBA93. A.7.1.3).

Vérification de la contrainte de cisaillement

Tout comme pour les escaliers, la contrainte tangente maximale dans une poutre dans le cas
d’armatures transversales droites doit vérifier la condition suivante

τu ≤ τmax

Avec

τmax = min (0,2 fc28 / γb ; 5 Mpa)

120
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

τmax = 4,667 Mpa

Et

τu = Vu / b d

Où Vu est la valeur de calcul de l’effort tranchant vis-à-vis de l’état limite ultime, b désigne la
largeur de la section et d la hauteur utile de la poutre.

Les résultats qui en découlent sont présentés dans le tableau suivant pour les efforts tranchants
sur appuis les plus élevés

Niveau Vumax Τbmax τbu Vérifié ?


Terrasse 0,390 2,222
5ème 0,430 2,450
4ème 0,510 2,906
3ème 0,590 3,362 4,667 Oui
2ème 0,670 3,818
1er 0,740 4,217
RDC 0,810 4,615
Tab.43 : Vérification de la contrainte tangente maximale

Espacement maximal

L’espacement St est déterminé selon la valeur la plus restrictive des conditions suivantes

St ≤ min (0,9d; 40cm; ϕl’min)

Avec ϕlmin = ϕl’min si A’u=/=0

Soit

St ≤ 20 cm

Diamètre des armatures d’âme

Le choix des armatures transversales est alors régi par la disposition suivante

ϕt = min {ϕlmin ; b0/10 ; h/35}

Soit

ϕt = min {25mm ; 30mm ; 18,57mm}

Il sera alors pris des barre de diamètre ϕt = 20 mm espacées de 15 cm

121
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Ce qui représente 52 cadres et étriers disposés sur toute la longueur de la poutre. Donnant une
section d’aciers transversaux At = 2 ϕt = 6,28 cm² = 2T20

Pourcentage minimal des armatures d’âme :

A1
3 ≥ 0,4 ?
!B × C1

Soit

Atmin ≥ 0,6 cm²

Enfin, la condition à satisfaire concernant les armatures d’âmes d’une poutre sollicitée en effort
tranchant est comme suit

A1 3 GH − 0,3I 12

! × C1 F 0,9

Avec

ftj : bornée à 3,3 MPa

k : coefficient dépendant du type de fissuration et de la sollicitation. Ici, cette valeur sera


égale à « 1 » pour la flexion simple.

Ce qui nous donne pour les caractéristiques déjà calculées et pour la poutre du RDC la plus
sollicitée

4,852 MPa ≥ 4,028 MPa

Vérifications

La quantité d’armatures transversales minimales est donnée dans le RPA99 (7.5.2) par

Atmin = 0,003 st b0

Soit

Atmin = 1,8 cm² ≤ At

L’espacement maximal entre ces armatures quant à lui est déterminé comme suit :

- Dans la zone nodale et en travée si les armatures comprimées sont nécessaires

Stmax = min (h/4 ; 12ϕl)

Stmax = 16,25 cm ≥ St
122
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

- En dehors de la zone nodale

Stmax ≤ h/2

Stmax ≤ 32,5 cm

En outre, les premières armatures transversales devront être disposées à 5 cm au plus du nu de


l’appui.

N.B : L’ensemble des schémas de ferraillages peuvent être vus en annexe « 9 ».

3.2. Poteaux

Les poteaux reprennent les sollicitations découlant du chargement de la structure et de son poids
propre. Ainsi, ces éléments sont sollicités par des moments fléchissant faibles comparés à des
efforts normaux imposants. L’orientation des calculs se fera donc logiquement vers une
compression centrée pour le poteau le plus sollicité (poteau « 3 ») qui reprend les efforts
normaux les plus grands.

Toutefois il sera tout de même fait une vérification de calcul par rapport aux poteaux de rive
qui sont les plus sollicités par des moments fléchissants et qui sont donc les plus susceptibles
d’être soumis à une flexion composée.

3.2.1. Elancement du poteau

L’élancement d’un poteau est calculé tel que

λ = lf / i

Avec :

i = "K/M = rayon de giration de la section transversale

I = moment d’inertie de la section transversale (béton seul) dans le plan de flambement

B = aire de la section transversale

lf = longueur de flambement (bi-encastré) = 0,5l0

l0 = longueur de la section prise entre nus des poutres = 4,8 – 0,65 = 4,15 m

Si la condition qui suit est vérifiée, la section sera stable vis-à-vis du flambement et n’aura pas
besoin de calculs supplémentaires dans ce sens.

λ ≤ 50
123
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Pour une section rectangulaire, comme le cas présent, il faut normalement envisager les deux
possibilités : flambement dans le plan parallèle au petit côté et au grand côté. On retiendra
donc

√N
λ = lf
+

Soit

8,456 ≤ 50

3.2.2. Flexion composée (Poteau de rive)

Il est ainsi mené le calcul en flexion composée tel qu’exposé en Annexe « 1 », et donnant les
résultats suivants

Ncorr (t) Mmax (t.m) e0=M/N e1=e0+ea e2 eT MuA (MN.m) μbuA Cas
5ème 25 32,74 1,3096 1,3296 0,00572 1,33532 0,04107306 0,00416
4ème 56,75 -24,46 -0,43101 0,45101 0,0052 0,45622 0,04431136 0,00449
3ème 93,18 -27,2 -0,29191 0,31191 0,00486 0,31677 0,060014 0,00608
SPC
2ème 135,39 -31,42 -0,23207 0,25207 0,00462 0,25669 0,07922352 0,00803
1er 183,31 -35,35 -0,19284 0,21284 0,00446 0,2173 0,10018328 0,01015
RDC 235,62 33 0,140056 0,16006 0,00442 0,16447 0,11656514 0,01181
Tab.44 : Détermination des cas de calcul en flexion composée (Poteaux)

Les calculs sont alors menés en flexion simple, comme exposé en Annexe « 1 », pour aboutir
aux sections d’acier suivantes

As (m²)
5ème -0,072
4ème -0,163
3ème -0,268
2ème -0,389
1er -0,526
RDC -0,677
Tab.45 : Résultats de calcul pour le ferraillage des poteaux en flexion composée

Les résultats obtenus, qui sont tous négatifs, sont représentatifs de la résistance du béton seul
face aux sollicitations qui lui sont imposées.

3.2.3. Compression centrée (Poteau central)

On considère conventionnellement comme soumis à une compression centré tout poteau


sollicité par un effort normal de compression et par des moments n’intervenant pas dans les

124
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

calculs de stabilité et de résistance des éléments qui lui sont liés lorsque les excentricités sont
faibles (e ≤ h/12).

Le calcul en compression centré est alors mené pour aboutir aux résultats de ferraillage suivants.

Nu Nb Ns As Amin Amax
5ème 1,5650874 -11,6035 -0,0334
4ème 1,5650874 -8,83007 -0,0254
3ème 1,5650874 -5,66139 -0,0163
15,181315 0,00145 0,03613
2ème 1,5650874 -2,15492 -0,0062
1er 1,5650874 -13,983 -0,0402
RDC 1,5650874 -15,9982 -0,046
Tab.46 : Résultats de calcul pour le ferraillage des poteaux en compression centrée

Tout comme en flexion composée, le comportement des poteaux seul suffit à la reprise des
sollicitations qui lui sont imposées ; toutefois, comme indiqué, un ferraillage minimal sera
adopté correspondant à une section Amin où

Amin = max (4cm²/m de périmètre ; 0,2B/100)

Amin = max (13,6 ; 14,45)

Amin = 14,45 cm²

Amin = 14,45 cm², soit 8 barres de 16 mm.

Vérifications :

Tout comme pour les poutres, le RPA99, à l’article 7.4.2, précise les sections d’armatures
minimales et maximales ainsi que quelques dispositions pour ces dernières et ce, comme suit :

1- Armatures longitudinales

Les armatures longitudinales doivent être à haute adhérence, droites et sans crochets, avec un
pourcentage minimal correspondant à

Amin = 0,9%bh = 65,025 cm²

La valeur des sections calculées étant inférieures à zéro, il n’y aura pas besoin de calculer un
ferraillage maximal qui ne sera de toute évidence pas dépassé étant donné l’adoption des
sections minimales.

Cette section minimale, qui sera adoptée pour tous les poteaux, correspond à 12 barres de 32
mm soit une section de 88,46 cm².

125
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

2- Armatures transversales :

Les prescriptions qui suivent découlent directement du RPA99 (7.4.2.2). La quantité


d’armatures transversales minimale At / tb1 en % est donnée selon l’élancement de la pièce
« λ », ce dernier étant supérieur à 5 comme démontré plus haut, la quantité d’armatures
transversales minimale sera égale à 0,3% de la section du béton, soit

Atmin = 0,3% bh

Atmin = 21,675 cm²

Il sera alors pris des cadres et étriers de 10 mm.

Leur espacement « t » devra avoir une valeur maximale égale à

- En zone nodale : t ≤ 10 cm
- En zone courante : t ≤ min (b1/2 ; h1/2 ; 10ϕl)

Où ϕl est le diamètre minimal des armatures longitudinales déterminées plus haut. Soit

t ≤ 32 cm

N.B : L’ensemble des schémas de ferraillages peuvent être vus en annexe « 9 ».

3.3. Voiles

Les voiles, de par les charges verticales et horizontales qu’ils supportent, et étant donné les
deux combinaisons d’action dont ils font l’objet, seront ferraillés selon ces deux cas de figures.
Ce qui permet à première vue, selon les sollicitations obtenues, de s’orienter vers une
compression centrée pour les combinaisons faisant intervenir les charges verticales, et une
flexion composée pour celles faisant intervenir les charges horizontales.

3.3.1. Cas de la compression centrée

Les moments ainsi que les efforts normaux correspondants sont comme suit, pour les deux
refends de chaque voile selon la direction

ELU ELS
Nu (MN) Mu (MN.m) Mser (MN.m) Nser (MN)
1',2' 10,244 -1,908 -1,370 7,317
1'',2'' 10,410 -6,850 7,426 -4,848
Tab.47 : Efforts imposés aux différents refends

126
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Il est avant tout nécessaire donc de définir les cas étudiés et de s’assurer que l’on se trouve
réellement en compression centrée et ce, à travers l’excentricité qui se crée entre l’effort normal
et le moment fléchissant.

L’excentricité, définie comme le rapport entre le moment fléchissant et l’effort normal (e=M/N)
est un facteur déterminant quand comparé au rapport h/6, avec « h » hauteur de la section ; en
effet, si elle est inférieure à ce rapport, l’intervention du moment ne sera pas prise en
considération et le calcul s’orientera directement vers une compression centrée. Ainsi pour

h/6 = 0,95 m

Les excentricités calculées seront égales, selon l’état limite de calcul et le refend considéré, à :

ELU (m) ELS (m)


1',2' 0,186215402 0,187282335
1'',2'' 0,658025779 0,65289003
Tab.48 : Excentricités calculées pour les différents refends

Soit

e = M/N ≤ h/6

1- Elancement

L’élancement d’un voile est calculé tel que

λ = lf / i

Avec :

i = "K/M = rayon de giration de la section transversale

I = moment d’inertie de la section transversale (béton seul) dans le plan de flambement

B = aire de la section transversale

lf = longueur de flambement = 0,7l0

l0 = longueur de la section prise entre nus des planchers = 4,8 – 0,28 = 4,52 m

Si la condition qui suit est vérifiée, la section sera stable vis-à-vis du flambement et n’aura pas
besoin de calculs supplémentaires dans ce sens :

λ ≤ 80 (pour les voiles)

127
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Pour une section rectangulaire, comme le cas présent, il faut normalement envisager les deux
possibilités : flambement dans le plan parallèle au petit côté et au grand côté. On retiendra donc

√N
λ = lf
+

Soit

36,535 ≤ 80
2- Armatures longitudinales

Le calcul des armatures longitudinales se fera alors selon la formule exposée ci-après telle que
donnée par le CBA93

Br fc28 fe
Nulim = α[ + AF γ ]
0,9γb s

Ce qui permet d’obtenir la section d’aciers « As » pour un effort ultime limite Nulim et une
section réduite Br tels que définis en Chapitre 2. Soit

Br = (0,3-0,02).(5,7-0,02) = 1,590 m²

Les résultats sont alors donnés selon le tableau suivant.

ELU ELS
As (m²) -0,07723149 -0,08915496
1',2'
As (cm²) -772,31 -891,55
As (m²) -0,07655479 -0,08871101
1'',2''
As (cm²) -765,55 -887,11
Tab.49 : Résultats de ferraillage pour les voiles (Compression centrée

Il est à remarquer que les résultats sont négatifs, ce qui traduit l’efficacité de la section des
voiles vis-à-vis de la compression. Toutefois, une disposition de ferraillage minimale devra être
prise telle que

Amin = max (4cm²/m de périmètre ; 0,2B/100)

Amin = max (48 ; 34,2)

Amin = 48 cm²

Ce qui correspond à 6 barres de 32 mm (6T32). Des armatures transversales ne sont toutefois


pas nécessaires étant donné l’absence de risque vis-à-vis de la stabilité, ce point ayant été vérifié
précédemment par rapport à l’élancement de la section.

128
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

3.3.1. Cas de la flexion composée

Contrairement au cas d’une compression centrée, ici les moments interviennent dans les calculs
de stabilité et de résistance des éléments. Le système MG0 (moment de flexion par rapport au
centre de gravité de la section de béton seul et de signe quelconque), N (effort normal de
compression) est équivalent à une force unique équipollente à N et appliquée en un point C
(centre de pression) contenu dans le plan moyen. La distance G0C est appelée excentricité de la
force extérieure par rapport à G0. En flexion composée la valeur du moment de flexion dépend
du point où l’on effectue la réduction des forces. La première chose à faire est alors de
rechercher la position du centre de pression en calculant e0 = MG0 / N pour savoir dans quel cas
on se trouve. Les différentes méthodes de calcul se trouvent en Annexe « 1 ».

Il faut en outre considérer qu’ici, on se trouve en situation accidentelle, avec ce que ça implique
de changements dans les différents coefficients, faisant intervenir les combinaisons d’action
des charges horizontales définies par les forces sismiques calculées précédemment.

Les résultats qui suivent définissent les cas de calculs selon les deux combinaisons d’action
considérées données par le RPA99 :

Combinaison 1 :

Mmax (MN.m) Ncorr (MN) e0=M/N e1=e0+ea e2 eT MuA (MN.m) μbuA


Refend 1',2' 165,364 7,317 22,60 22,620 0,0018 22,622 182,207 0,892
Refend 1'',2'' 115,952 7,426 15,614 15,614 0,00167 15,616 132,896 0,651
Tab.50 : Cas de calcul en flexion composée pour les voiles (Combinaison 1)

Combinaison 2 :

Nmin (MN) Mcorr (MN.m) e=M/N e1=e0+ea e2 eT MuA (MN.m) μbuA


Refend 1',2' 3,901 164,783 42,240 42,260 0,00211 42,262 173,764 0,851
Refend 1'',2'' 3,887 113,356 29,163 29,183 0,00211 29,185 122,304 0,599
Tab.51 : Cas de calcul en flexion composée pour les voiles (Combinaison 2)

On remarque alors que les valeurs de μbuA là où elles devraient être inférieures à la valeur de
μAB = 0,48 telle que définie par Pratique du BAEL, il en est autrement ; et ce malgré des
moments bien plus importants que les efforts normaux. La configuration souhaitée devrait être
représentée par des sections partiellement comprimées, à confirmer par le calcul des contraintes,
ce qui n’est pas le cas.

129
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

Le calcul a tout de même été mené avec les abaques fournissant des valeurs des aciers en flexion
composée, mais dans ce cas encore, les abaques ne rentrent pas dans la ligne de mire des
moments en question qui sont trop imposants.

Suite à cela, il a été conclu que le problème venait de l’application des calculs pour des voiles
longitudinaux, alors que leur forme est en « L » à la base. Il a alors été entrepris un calcul par
les contraintes basé sur une méthode énoncée par les ouvrages d’Henry Thonier (Tome 3,
p.1134), là encore, aucun résultat.

Après la réévaluation totale des moments agissants sur les voiles, les forces exercées par le
séisme ainsi que toutes les vérifications possibles, on arrive à la conclusion que les moments
étant trop grands, ne peuvent pas faire l’objet d’un calcul classique qui se trouve être limité
dans le cas présent.

Après différentes discussions, la conclusion était que les voiles, au nombre de deux, n’étaient
pas assez nombreux pour reprendre les efforts imposés ; en effet, les choix qui ont été opérés
par rapport à la disposition des voiles concernaient l’architecture ainsi que l’aspect dynamique,
la suffisance de ces derniers par rapport aux efforts imposés ainsi qu’aux sections de ferraillage
n’ayant pas été pris en considération.

3.3.2. Perspectives découlant des résultats

Il a été décidé de procéder de la manière suivante.

- On recommande une re-conception de la structure encastrée à la base avec un nombre


plus important de voiles.
- Etudier la structure avec l’isolation à la base en PARTIE 2, dans laquelle les voiles
seront tout simplement remplacés par un autre système de contreventement.
- Prendre conscience, vis-à-vis de l’étude en elle-même ou tout simplement du futur
professionnel, des conséquences que des choix de conception peuvent apporter à long
terme ; dans le cas présent le nombre de voiles pas assez important a impliqué une
transmission des efforts concentrés sur seulement deux voiles, ce qui n’est pas suffisant.

Il est ainsi primordial de prendre conscience du problème survenu, et d’en faire ainsi un atout,
que ce soit pour l’étude en cours dans laquelle l’importance de l’isolation sismique devra être
impérativement démontrée, ou tout simplement pour les promotions futures pour lesquelles ce

130
Chapitre 5 Ferraillage des Eléments

travail, nous l’espérons, représentera une mise en garde contre les contretemps qui peuvent
survenir suite à des manquements en termes de conception.

131
Conclusion
Les premiers enseignements à relever au terme de cette première partie montrent à quel
point cela a permis de procéder non seulement à la mise à jour et la réévaluation du large
spectre des connaissances théoriques acquises mais aussi -et surtout- de le fortifier. Ainsi en
est-il du panorama effectué sur nombre de travaux et recherches souvent laborieuses amenant
à nettement mieux cerner l’intérêt de tant de considérations dans le domaine des techniques de
constructions civiles et d’entrevoir l’étendue de ce dernier.

Il nous a aussi été donné l’occasion d’opérer des choix conceptuels et pratiques pour la
structure, favorisant par là-même l’option de faire travailler l’ingénierie civile de façon
concrète ; l’on peut citer pour exemple :

- La disposition des voiles et leur nombre, qui devaient rester dans un cadre
réglementaire tout en encombrant le moins possible l’architecture intérieure de la
structure.

- Le choix du type de plancher et l’épaisseur de la dalle pleine choisie, qui aura


représenté de longues heures de concertations et de discussions quant aux avantages et
inconvénients qu’une dalle pleine d’épaisseur assez conséquente peut avoir sur l’étude
qui s’en suivait.
- La poutre palière de l’escalier aussi, a été un défi qui a dû être rapidement surmonté
étant donné l’impossibilité d’en mettre une appuyée sur deux poteaux ; le choix s’était
alors porté sur une poutre palière en console, qui représentait un risque pour la
structure de l’escalier et sa stabilité, mais qui était aussi le meilleur choix qui s’offrait
en comparaison à des potelets pouvant causer des soucis de poinçonnement au niveau
des dalles.

Force est de reconnaitre, toutefois, qu’un intérêt majeur du travail est de constater les
différences existantes pour un bâtiment de catégorie vitale (selon le RPA99), pour lequel sont
à prendre en compte, non seulement des considérations techniques supplémentaires, mais
aussi un souci d’économie étant donné l’importance de l’ouvrage devant rester fonctionnel
quoi qu’il arrive et qui, en tout état de cause ne saurait se limiter à la part quasi exclusive
accordée à la sécurité.

132
Pour ainsi dire, la sécurité du bâtiment aurait été pleinement assurée, si ce n’était le problème
au niveau du ferraillage des voiles. Ce dernier aura représenté un long travail de synthèse de
résultats et de données pour l’opération d’un choix pratique ; en effet, en l’absence d’une
partie 2 supprimant les voiles de contreventement, il aurait été impossible de considérer
l’option de laisser les voiles non ferraillés et il aurait été, à ce moment-là, obligatoire de
reprendre le travail à zéro pour pouvoir ferrailler lesdits voiles afin d’assurer le bon
comportement parasismique de la structure.

Néanmoins, dans le cas présent, il nous a semblé plus judicieux de tirer le meilleur de ce
contretemps et de considérer réellement les erreurs faites, notamment en perspective d’autres
travaux nécessitant de prendre davantage de considérations du cas étudié.

C’est ainsi que nous nous retrouvons dans l’obligation de « réellement » changer le système
de contreventement ; l’erreur conservant néanmoins son caractère de survenance, ce travail
entamé pour la première fois, constitue un atout et se présente sous d’encourageants auspices
de recherche à la faveur de la deuxième partie qui suit.

133
Partie 1
Contreventement par Isolation
Sismique
Introduction

Faisant suite aux développements et contraintes en Première partie, le système


d’isolation sismique devient une nécessité. Les voiles de contreventement seront alors
supprimés puisque la structure sera découplée du sol, un encastrement avec ce dernier devient
inutile du point de vue parasismique. A la place, un système d’isolation à la base sera
implanté entre l’infrastructure et la superstructure, et ce à travers l’installation d’appareils
mécaniques pouvant être de différents types et servant à découpler la structure du sol à travers
une rigidité horizontale très petite qui permet une plus grande flexibilité dans ce plan, appelé
« interface d’isolation ».

Cette deuxième partie sera donc structurée de façon à présenter l’aspect théorique dans les
détails les plus primordiaux ; pour cela il sera souvent fait référence à l’ouvrage de James
Kelly, Design of Seismic Isolated Structures : From Theory to Practice, qui aura en effet
représenté la source principale d’informations dans la compréhension de ce domaine ainsi que
dans l’application des différentes méthodes de calculs qui y sont exposées.

Il sera intéressant de remarquer que la flexibilité offerte à la structure et lui conférant un


comportement quasi linéaire, fera passer l’étude dynamique et sismique au second plan ; en
effet, l’étude des unités d’isolation, à savoir les appareils mécaniques suscités, représente
l’aspect le plus important dans l’étude d’un bâtiment isolé à la base; ces appareils devant
correspondre à certaines normes et avoir des caractéristiques mécaniques et physiques
adéquates afin de résister aux efforts qui leurs sont imposés. Ces caractéristiques seront donc
étudiées et la stabilité des unités d’isolation sera assurée afin d’ensuite passer à l’étude
dynamique.

L’étude de l’infrastructure sera opérée finalement, le choix du type de fondation, la


vérification de sa stabilité ainsi que son ferraillage. Le choix de faire cette étude en Partie 2
concerne bien évidemment l’intérêt des voiles qui n’était plus présent ; de ce fait, cette étude
est localisée ici pour représenter en outre les différences qui peuvent exister avec un bâtiment
encastré dans l’étude de ses fondations.

134
Chapitre 6
Isolation Sismique :
Genèse et Contexte général
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

1. Présentation de la technologie

L’isolation à la base est une technologie permettant de réduire l’effort sismique induit par un
tremblement de terre dans une structure. De ce fait, les contraintes transmises à la structure sont
significativement amoindries ; ceci est possible en augmentant la période propre du système
permettant au bâtiment de se déplacer avec plus de liberté et avec une accélération significati-
vement amoindrie.

Fig. 51 : Effet de l’isolation sismique sur la période propre d’une structure

Le principe consiste essentiellement dans l’installation de mécanismes découplant la structure


du sol, ce découplage permet alors de donner une plus grande flexibilité au système qui aura un
comportement quasi linéaire. L’isolation sismique est une approche conceptuelle simple con-
sistant à réduire les dommages potentiels engendrés par un séisme. Les structures isolées à la
base sont à ce jour difficiles à analyser, à calculer et à implémenter ;

Fig.51 : Schéma comparatif d’une structure isolée et encastrée

135
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

C’est une approche de résistance sismique basée sur le concept de la réduction de l’aléa sis-
mique plutôt que l’augmentation de la résistance à ce dernier dans la capacité de la structure.
La bonne application de cette technologie mène à des structures plus performantes qui resteront
dans le domaine élastique durant de larges séismes. Ce qui est surprenant étant donné la sim-
plicité des bases de cette approche.

Il n’est pas surprenant de voir que les applications les plus courantes sont faites pour des bâti-
ments d’une importance plus ou moins considérable ayant un équipement interne sensible par
exemple. Le dilemme basique faisant face à un ingénieur chargé d’apporter une résistance sis-
mique accrue au bâtiment est de réduire les déplacements inter-étages ainsi que l’accélération
des différents planchers. Les déplacements inter-étages importants causent des dommages aux
composants non-structuraux et à l’équipement connecté entre ces étages, ces déplacements peu-
vent alors être réduits par une rigidification de la structure menant ainsi à de plus grandes ac-
célérations pour les différents planchers, causant par la même des dommages aux équipements
internes. Les accélérations des planchers peuvent alors être réduites en rendant le système plus
flexible, plus souple, mais ceci mène à contrario à des déplacements inter-étages plus impor-
tants.

Fig.52 : Schéma explicatif du confort des usagers dans un bâtiment isolé

La seule option pratique pour réduire simultanément les déplacements inter-étages ainsi que
l’accélération des planchers est alors l’isolation à la base. Le système d’isolation produit une
souplesse suffisante, avec les déplacements concentrés au niveau de l’isolation.

Le principe de l’isolation à la base est plutôt simple. Le système est découplé de la structure et
des composantes horizontales du mouvement du sol par l’interposition d’éléments structuraux

136
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

avec une petite rigidité horizontale entre la structure et les fondations. Ceci donne à la structure
une pulsation propre moins importante que ce soit par rapport à celle de la structure encastrée
ou à celle du mouvement du sol. Le premier mode dynamique de la structure isolée implique
une déformation au niveau du système d’isolation seulement, la structure au-dessus étant sup-
posée rigide. Les modes supérieurs qui produisent des déformations dans la structure sont or-
thogonaux au premier mode et, par conséquent, au mouvement du sol. Ces modes supérieurs
ne participent pas au mouvement de façon à ce que l’énergie produite par le mouvement du sol
ne soit pas transmise à la structure. Le système d’isolation n’absorbe pas l’énergie du séisme,
il la dissipe en énergie cinétique plutôt à travers la dynamique du système ; cet effet ne dépend
nullement de l’amortissement, mais un certain niveau d’amortissement est bénéfique à la sup-
pression d’une possible résonnance à l’isolation de la fréquence.

2. Historique de l’isolation sismique

En Août 1909, J.A. Calantarients, un docteur en médecine basé en Angleterre, écrit une lettre
au Directeur du Service de Séismologie du Chili à Santiago attirant l’attention de ce dernier sur
un principe de construction de bâtiments qu’il avait développé. Il expliquait alors dans sa lettre :
« Les bâtiments de grande importance peuvent être implantés dans des pays sismiques en toute
sécurité basé sur ce principe, étant donné la diminution du degré de sévérité d’un séisme à
travers l’existence d’un joint lubrifié libre entre la structure et le sol ».

Calantarients soumet alors une application évidente au Bureau Britannique pour sa méthode
de construction, qui proposait que les bâtiments soient construits sur un « joint libre » et des
couches de sable ou de talc permettraient alors au bâtiment de glisser durant un séisme, rédui-
sant ainsi la force transmise au bâtiment lui-même.

Ce que le docteur prescrivait était alors le premier exemple de conception de bâtiments résis-
tants aux séismes connu comme Isolation à la base ou Isolation sismique. Plusieurs mécanismes
ont alors été inventés durant le dernier siècle afin d’arriver à découpler le bâtiment de l’action
d’un séisme. Des rouleaux, des balles, des câbles, des colonnes de roches, et même du sable
sont alors utilisés pour arriver à ce but. Des bâtiments ont en effet été construit sur des ballons,
il en est ainsi d’un bâtiment à Sevastopol en Ukraine, mais aussi une école à cinq étages à
Mexico City. Au moins un bâtiment, le dortoir de l’Observatoire Séismologique à Beijing, a
été construit sur une couche de sable, le bâtiment et les fondations conçues spécifiquement pour
glisser dans le cas d’un séisme.

137
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

Le Dr. Calantarients mentionne dans sa lettre que, « J’ai fait une expérience avec des ballons il
y a plusieurs années avant que ce ne soit fait au Japon, ou du moins à un évènement antérieur
de l’apparition de ce principe officiellement, il y a 25 ans ». La référence est presqu’entièrement
faite à l’Anglais John Milne, qui était un Professeur en Ingénierie des Mines à Tokyo de 1876
à 1895. Durant cette période, Milne était particulièrement intéressé par les phénomènes sis-
miques, il mène alors des recherches approfondies en séismologie, au point qu’il en soit l’un
des fondamentaux pionniers, se faisant alors appeler « Le Père de la Séismologie Moderne ». Il
donna aussi des recommandations pour la construction de bâtiments en zones sismiques qui
sont encore appliquées aujourd’hui.

Fig.53 : Schéma de la méthode de exposée par le Dr Calantarients

A l’Université de Tokyo, il construit un exemple d’un bâtiment isolé. La structure était alors
construite sur des ballons, attachés au bâtiment par le biais de plateaux en acier légèrement
concaves. Le bâtiment avait apparemment fait l’expérience d’un séisme et y avait résisté. En
1885 il décrit cette expérience dans un rapport à l’Association Britannique de l’Avancement
Scientifique. Il n’était apparemment pas complètement satisfait par la performance de son bâ-
timent sous le chargement du vent, c’est pour cela qu’il change alors son système d’isolation
et, en 1886, il décrit une nouvelle version dans un nouveau rapport à l’association.

138
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

Le concept d’isolation à la base était alors devenu une réalité pratique dans les 40 dernières
années avec le développement des appuis multicouches à élastomère, qui sont faits par adhé-
rence entre de fines plates d’acier renforcé et des draps de caoutchouc. Ces appuis sont très
rigides dans la direction verticale et peuvent supporter le chargement verticale de la structure
mais sont très flexibles dans le plan horizontal, permettant ainsi au bâtiment d’avoir des mou-
vements latéraux sous une grande excitation sismique. Leur développement était une extension
de l’utilisation des appuis à élastomère pour les ponts. Dans les récentes années, d’autres sys-
tèmes ont été développés qui sont tout simplement une modification du principe de glissement.

L’isolation était premièrement considérée comme une stratégie de conception parasismique par
le gouvernement Italien après le grand séisme de Messimo-Reggio en 1908, qui a tué 160,000
personnes. Après le séisme, une commission a été organisée pour faire des recommandations
pour la reconstruction de la zone avec des structures plus résistantes qui était aussi économiques
que sécuritaires. La commission considéra alors l’isolation des bâtiments du sol par interposi-
tion de couches de sable dans leurs fondations ou en utilisant des colonnes roulantes pour per-
mettre au bâtiment de bouger horizontalement ; la seconde approche impliquait une structure
encastrée avec des limitations de hauteur et des calculs plus rigoureux quant aux forces latérales
imposées. Cette dernière était recommandée et l’isolation par glissement était mise à la pou-
belle. L’idée reste toutefois séduisante et a été proposée plusieurs fois ensuite. Durant les
séismes sévères de Dubaï (1930) et Bihar (1934)

La première utilisation d’un système d’isolation à caoutchouc pour protéger une structure d’un
tremblement de terre a été faite en 1969 pour une école élémentaire à Skopje, en Yugoslavie.
L’école Pestalozzi, un bâtiment à trois étages en béton conçu et construit par des ingénieurs
suisses, est isolée par un système connu sous le nom « Système d’isolation à la base-3D complet
Suisse ». Contrairement aux appuis en caoutchouc développés récemment, les blocks utilisés
ici sont complètement renforcés de façon à ce que le poids du bâtiment ne provoque qu’un
gonflement latéral d’un côté seulement.

3. Développement de la technologie dans le monde

Le concept d’isolation à la base est désormais grandement adopté dans les régions à forte sis-
micité dans le monde pour la protection des structures importantes, il y a en effet désormais de
nombreux exemples aux Etats Unis et au Japon. Un plus petit nombre de structures isolées à la
base ont été construits en Nouvelle Zélande et en Italie, principalement des bâtiments larges et

139
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

importants. Des projets démonstratifs applicables à des maisons à bas budgets dans les pays
développés ont aussi vu le jour au Chili, en Chine, en Indonésie et en Arménie.

Les exemples les plus récents de bâtiments isolés sont constitués d’appuis élastomères à multi-
couches laminées avec des plateaux d’acier renforcé. Plusieurs systèmes d’isolation, particuliè-
rement ceux utilisés en Nouvelle Zélande et au Japon, combinent des appuis à faible amortis-
sement et en caoutchouc naturel avec une certaine forme d’amortisseurs mécaniques. Ceux-là
incluent des amortisseurs hydrauliques, des barres d’acier, ou des barres verticales à l’intérieur
de l’isolateur appelées « Lead Plug », soit des noyaux en plomb. Chaque type d’amortissement
nécessite des connecteurs mécaniques et une maintenance régulière ; L’introduction d’un main-
tien par amortisseurs introduit une non-linéarité dans la réponse qui complique l’analyse de la
réponse dynamique du bâtiment isolé, ils réduisent de surcroit le degré d’isolation en causant
une réponse supplémentaire dans les modes supérieurs.

Aux Etats-Unis, le système d’isolation le plus communément utilisé est celui constitué de
noyaux en plomb. Il est par ailleurs possible d’incorporer un amortissement dans un système
d’isolation en incluant un amortissement dans l’élastomère en lui-même. Le premier bâtiment
isolé aux Etats-Unis était constitué de ce type d’isolateurs à haut amortissement (High Dam-
ping) : le Foothill Communities Law & Justice Center (FCLJC).

Fig. 54 : Los Angeles City Hall

Avant et après le commencement d’implémentation de structures isolées à la base aux Etats-


Unis, il y a eu des programmes de recherche dans nombre d’universités à ce sujet. Beaucoup de
ces recherches sont sponsorisées par le National Science Foundation (NSF), avec d’autres fonds
d’agences telles que le Department of Energy & the Electric Power Research Institute. Ces
recherches profitent de nombreuses tables d’expérience mobiles à l’Earthquake Engineering
Research Center à l’Université de Californie à Berkley. Ces programmes de test ont permis

140
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

aux utilisateurs d’étudier les mécanismes de rupture et l’influence de différents paramètres sur
les caractéristiques mécaniques des isolateurs.

Le concept d’isolation à la base a aussi permis une riche source de travaux théoriques, que ce
soit concernant les structures isolées à la base ou bien les mécaniques des isolateurs eux-mêmes.
Ces travaux théoriques, globalement publiés dans des journaux d’ingénierie, ont mené à la con-
ception de guides de calcul pour les structures isolées et aux règles des isolateurs. Ainsi, de
nombreux pays de par le monde formulent leur propre règlement pour les structures isolées.
Aux Etats-Unis par exemple, le règlement de calcul concernant les structures isolées est d’ac-
tualité depuis 1986. Ce règlement a subis de nombreuses modifications au cours du temps pour
devenir aujourd’hui l’Uniform Building Code. Avec cette évolution, le règlement est devenu
de plus en plus complexe à utiliser.

Au Japon, la première application de l’isolation sismique remonte à 1983. Le pays a, au cours


du temps, consolidé son leadership mondial pour l’utilisation des systèmes parasismiques. La
conception de bâtiments résistants aux séismes y a toujours été une priorité, et de nombreux
mécanismes pour la protection sismique des structures, incluant plusieurs formes d’isolation, y
ont été développés. L’utilisation de l’isolation est activement poursuivie au Japon, avec une
moyenne de 10 bâtiments isolés par an depuis 1990. En ce moment, le plus grand bâtiment isolé
à la base est le West Japan Postal Computer Center, qui est localisé à Sanda, à la Préfecture
de Kobe. Cette structure de 47 m² est supportée par 120 isolateurs élastomériques, avec un
nombre important d’acier et d’amortisseurs supplémentaires.

Fig.55 : Sous-sol du West Japan Postal Computer Center

Hormis les récentes avancées dans les recherches en rapport avec l’isolation à la base, l’appli-
cation aisée de cette technologie est toujours bloquée par des attitudes conservatrices. Pour

141
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

exemple, aux Etats-Unis, le nombre de mandats (Faisabilité, Inspection de site etc.) qu’un in-
génieur doit satisfaire afin d’isoler une structure rend remarquable le fait que des bâtiments
isolés existent. A moins que la technologie ne devienne une commodité avec des caractéris-
tiques certifiées pour les isolateurs et des méthodes d’analyses qui font la promotion des bien-
faits de l’isolation à la base, elle restera difficile à implémenter et limitée à quelques projets par
an.

Nombreux bâtiments isolés à la base ont été confrontés à des tremblements de terre et leur
performance a, à chaque fois, été comme prévue ; à l’exception de l’USC University Hospital
au séisme de 1994 à Northridge, ces séismes ont été soit proches et faibles, soit éloignés et
puissants, ce qui fait que les isolateurs n’ont pas supporté les accélérations imposées. Plus il y
aura de bâtiment isolés construits dans des régions sismiques dans le monde, plus la connais-
sance du comportement de telles structures se fera aisément ; et il sera alors possible de réduire
le degré de conservatisme dans la conception de telles structures.

Une fois qu’il y aura assez de données détaillant la réponse de structures isolées à la base face
à des séismes majeurs, la prochaine étape serait l’alignement de règlement pour des structures
encastrées et isolées avec un règlement commun basé sur un niveau d’aléa sismique spécifique
et sur la performance structurelle, préparant la voie à une application moins coûteuse de cette
nouvelle technologie à des types de bâtiment pour lesquels elle est appropriée.

En 2003, un recensement a été effectué et a montré que 23.000 structures, nouvelles et exis-
tantes, situées dans plus de 30 pays, ont utilisé la technique d’isolation parasismique. Ce recen-
sement est basé sur le nombre de bâtiments construits à travers neuf (09) pays qui sont le Japon,
avec plus de 7500 bâtiments, la Chine, qui compte près de 5000 bâtiments ; les 10500 autres
bâtiments isolés sont alors répartis entre la Russie, les Etats-Unis, l’Italie, la France, le Taïwan,
la Nouvelle-Zélande et l’Arménie.

4. Types d’isolateurs

Il existe de nombreux appareils d’isolation à la base utilisés à travers le monde, de par leur
mode de fonctionnement et/ou leurs caractéristiques mécaniques, ils peuvent être classés selon
deux catégories.

4.1. Systèmes à déformation en élastomère

Les appuis à caoutchouc naturel ont premièrement été utilisés pour la protection sismique à
l’école Pestalozzi à Skopje en 1969. Ce sont de larges blocks sans le renforcement en plateau

142
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

d’acier utilisés aujourd’hui et se compriment à 25% sous le poids de la structure. Ces appuis
ont une rigidité verticale qui est seulement quelques fois plus grande que celle horizontale et ils
sont relativement non amortis.

L’ajout de plateaux d’acier renforcé permet de réduire le gonflement de l’appui tout en aug-
mentant la rigidité verticale. Cette rigidité verticale est quelques centaines de fois supérieure à
l’horizontale. Ce type d’isolateurs convient aux blocs d’appartements, aux hôpitaux ainsi
qu’aux grands halls construits au-dessus de lignes de métro.

Les systèmes à élastomères peuvent alors être différenciés en plusieurs types, selon le niveau
d’amortissement et ce, comme suit.

4.1.1. Appuis frettés à faible amortissement (Low Damping Rubber Bearings)

Les appuis à faible amortissement et ce à caoutchouc ont été grandement utilisés au Japon en
conjonction avec les appareils d’amortissement supplémentaires, tels que des amortisseurs vis-
queux, des barres d’acier, des appareils frictionnels etc. L’élastomère utilisé au Japon comprend
du caoutchouc naturel, alors qu’en France le néoprène a été utilisé dans de nombreux projets.
Les isolateurs ont deux plateaux d’aciers d’extrémités ainsi que plusieurs fines plates intermé-
diaires ; le caoutchouc est vulcanisé et marié à l’acier au travers d’une seule opération de chauf-
fage pressé. Toutefois si ces plateaux d’acier croissent la rigidité verticale, ils n’ont aucune
incidence sur la rigidité horizontale, qui est contrôlée seulement par le module de cisaillement
de l’élastomère. Le comportement du matériau face au cisaillement est pratiquement linéaire,
allant à des contraintes de cisaillement au-dessous de 100%, avec un amortissement aux envi-
rons de 2 à 3%. Le matériel ne fait pas l’objet de fluage permettant une bonne stabilité à long
terme.

Fig.56 : Appui fretté à faible amortissement

Les avantages des appuis à faible amortissement laminés sont nombreux : Ils sont simples à
construire, le comportement de l’acier et son adhérence étant bien compris en plus d’être faciles

143
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

à modeler. Leur réponse mécanique n’est pas affectée par l’âge ou la température ; le seul in-
convénient étant la nécessité de matériel d’amortissement supplémentaire. Ces matériels
d’amortissement requièrent en plus des connections élaborées et, dans le cas d’amortisseurs
métalliques, une fatigue à court terme est à prévoir.

4.1.2. Appuis à noyau en plomb (Lead-Plug Rubber Bearing)

Le système à noyau en plomb a été inventé en Nouvelle Zélande en 1975 et a été fréquemment
utilisé en Nouvelle Zélande, au Japon et aux Etats-Unis. Il s’agit d’appuis à caoutchouc laminé
similaire aux précédents (A faible amortissement) mais contient une ou plusieurs barres insé-
rées dans des cavités verticales.

Fig.57 : Appui à noyau en plomb

Les plateaux d’acier présents dans l’appui forcent la barre à se déformer sous l’action du cisail-
lement. Cette dernière se déforme physiquement à une contrainte d’environs 10 MPa, donnant
à l’appui une réponse bilinéaire. La barre doit être serrée à l’appui élastomérique ; ceci étant
possible par la conception de barres de diamètres légèrement supérieurs à celui des trous qui
leurs sont dédiés.

En raison de la dépendance de la rigidité effective et de l’amortissement effectif de la barre vis-


à-vis du déplacement, il est important de préciser le déplacement pour lequel un amortissement
spécifique est nécessaire.

4.1.3. Appuis frettés à amortissement élevé (High Damping Rubber Bearing)

Le développement d’appuis à caoutchouc naturel avec assez d’amortissement pour éliminer le


besoin pour des éléments d’amortissement supplémentaires a été accompli en 1982 par le Ma-
lysian Rubber Producers Research Association du Royaume-Uni. L’amortissement est aug-
menté à des niveaux entre 10 à 20%, cela à 100% de contraintes de cisaillement, avec des ni-
veaux plus bas correspondants à des modules de cisaillement autour de 0.35 MPa, Les méthodes

144
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

de vulcanisation et de modélisation restent les mêmes que pour les appuis à faible amortisse-
ment.

Le matériel est non-linéaire à des contraintes de cisaillement inférieures à 20% et est caractérisé
par une rigidité et un amortissement supérieurs, qui tendent à diminuer la réponde sous des
chargements dus au vent et des séismes à faible intensité. Au-dessus d’un module de cisaille-
ment de l’ordre de 20-120%, le module est bas et constant.

Fig.58 : Effet de l’amortissement sur le spectre de réponse d’une structure

L’amortissement dans les isolateurs n’est ni visqueux ni hystérétique, mais quelques fois entre
les deux. Dans un élément purement visqueux et linéaire l’énergie dissipée est le déplacement
quadratique alors que dans un élément hystérétique elle tend à être linéaire au déplacement. De
nombreux tests sur des appuis de ce type ont été effectués et démontrent que l’énergie dissipée
par cycle est proportionnelle au déplacement. Cette caractéristique peut être exploitée pour qu’il
soit possible de modéliser la réponse de l’appui, qui combine des éléments visqueux linéaires
et d’autres élasticoplastiques.

4.2. Systèmes à glissement

Les systèmes à glissement purs sont les plus anciens et les plus simples des systèmes d’isolation
qui ont été proposés. Johannes Avetican Calantarients avait proposé une technique qui va dans
ce sens. Il a alors suggéré de séparer la structure des fondations par une couche de talc, il a par
la suite compris que le système d’isolation réduit les accélérations dans le bâtiment isolé au
détriment de déplacements relatifs plus grands entre le bâtiment et les fondations. En réalité,
Calantarients a incorporé dans son système des éléments qui sont aujourd’hui considérées né-
cessaires dans un système d’isolation.

145
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

L’hypothèse de Coulomb pour la friction est généralement utilisée dans l’analyse théorique de
ces éléments mais n’est pas une représentation très pertinente du comportement réel. Les ma-
tériaux les plus souvent utilisés pour les systèmes à glissement sont le polytetrafluorothylene
(Teflon) sur acier ; les caractéristiques de friction du système sont alors dépendantes de la tem-
pérature, de la vitesse d’interface du mouvement, et de la propreté de la surface de friction.
Beaucoup de travaux concernant ces aspects du comportement mécanique ont alors été effec-
tués avant que Campbell & Kang aboutissent à un résultat satisfaisant.

Fig.59 : Appui à glissement

S’il existe plusieurs variantes de ce système, tel que le système « Electricité de France », l’
« EERC combiné », le « Système d’isolation à la base à friction résiliée », le plus répandu reste
néanmoins le pendule à friction, qui combine une action de glissement et une force de restau-
ration par géométrie. Un glisseur articulé est en contact avec une surface sphérique et est cou-
vert d’un matériel composite à faible friction.

Ces systèmes sont composés de plaques solidaires à la superstructure et d’autres fixées aux
fondations, leur interface constitue alors le plan de glissement. Ils fonctionnent en limitant le
transfert de cisaillement à travers l’interface d’isolation et la réponse du bâtiment reposant sur
ce type d’appui est conditionnée par le coefficient de frottement entre les plaques ainsi que la
masse de la structure.

L’intensité des forces sismiques horizontales transmises vers la structure est inversement pro-
portionnelle à la valeur du coefficient de frottement entre les deux plaques. Le déplacement
résiduel après un séisme de ces plaques est un problème qui peut être résolu en prévoyant un
système de recentrage.

Les appuis à glissement conviennent aussi bien pour les constructions aux sols durs que sur les
terrains meubles car pour les faibles coefficients de frottement des plaques, la réponse de la
superstructure est indépendante du contenue fréquentiel du mouvement sismique. Ils sont con-

146
Chapitre 6 Isolation Sismique : Genèse et Contexte général

ventionnellement équivalents aux systèmes LRB et HRB dans le décalage de la période fonda-
mentale, avec des avantages supplémentaires tels que l’invariance de la période, de la résistance
à la torsion, l’insensibilité à la température et sa durabilité. Bien que les appuis en élastomères
aient été largement adoptés pour l’isolation parasismique, récemment les systèmes à glissement
ont trouvé une large application. L’appui à pendule de frottement fournit une résistance et une
stabilité qui excèdent celles des appuis en élastomère, leurs propriétés mécaniques n’étant pas
affectées par le vieillissement ou la température ;

Ce type d’isolation parasismique est celui utilisé récemment à la Grande Mosquée d’Alger en
cours de réalisation au moment de la rédaction de ce mémoire.

5. Compagnie de production et choix de l’isolateur

Il existe nombre de compagnies de production d’appuis parasismiques servant à isoler les struc-
tures de leurs fondations. L’une des plus connues, et basée en Californie aux Etats-Unis, est
Dynamic Isolation Systems (DIS) ; la compagnie servira de référence première pour les don-
nées obtenues dans les différentes phases de calcul. L’utilité de trouver une compagnie de pro-
duction consiste donc en l’utilisation de données d’appuis pré dimensionnés et prêts à la vente
qui ont des caractéristiques prédéfinies et servant de repères aux calculs effectués pour la con-
ception des appuis de la structure.

Ainsi, dans les phases de calcul qui suivent, il sera pris comme référence les modèles de la
compagnie suscitée et, en utilisant les données de la structure telles que l’effort normal revenant
à chaque poteau qui sera le critère de choix premier ainsi que les dimensions de ces derniers,
les appuis élastiques seront alors dimensionnés.

Pour ce qui du choix du type d’isolation, il a été décidé d’orienter le choix directement vers des
isolateurs à élastomère fretté, les calculs concernant les systèmes à friction demandant des con-
naissances plus approfondies en mécanique des solides. Ainsi, entre les trois types d’isolateurs
à élastomères disponibles dans le marché, il sera choisi des unités d’isolation à noyau en plomb,
représentant un bon compromis entre des isolateurs à bas amortissement nécessitant des amor-
tisseurs servant à dissiper l’énergie en plus, et les isolateurs à haut amortissement qui ont des
rigidités et des amortissements trop importants pas forcément nécessaires.

Fig.60 : Logo de la compagnie DIS

147
Chapitre 7
Isolation Sismique : Cadrage Théorique
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

L’isolation sismique de par sa nouveauté en tant que technologie mais aussi sa simplicité
d’accès étant donné son principe basique, a fait que de nombreux chercheurs et scientifiques se
sont attelés à théoriser différentes étapes de calcul la concernant. Il sera ainsi fait état dans ce
chapitre des méthodes de calcul utilisées pour le pré dimensionnement, le calcul dynamique et
l’étude sismique du bloc hospitalier isolé à sa base par des isolateurs choisis précédemment.

L’ensemble des données qui suivent sont exposées dans l’ouvrage « Design of Seismic Isolated
Structures : From Theory to Practice » de James Kelly. Toutefois, pour rester dans le contexte
de l’étude exposée ici, il ne sera montré que les données et paramètres qui ont été utilisés ainsi
que les méthodes de calcul qui en découlent.

1. Caractéristiques mécaniques et physiques

Le processus de calcul d’un système d’isolation va généralement commencer avec un calcul


préliminaire utilisant les paramètres obtenus de projets antérieurs ou de données de fabricants
pour estimer le déplacement maximal possible du système et les valeurs maximales de
différentes valeurs de contrôles (telle que la contrainte de cisaillement) et ainsi pour estimer le
cisaillement à la base de la structure, la stabilité des isolateurs, et la possibilité de renversement.

Après la finalisation de ces différents processus de calcul, des exemples du concept final des
isolateurs sera commandé et sera sujet aux prescriptions des règlements pour le prototypage en
vue d’un programme de test. Dépendant des résultats des tests effectués, les calculs
préliminaires pourraient être modifiés. En vue de réduire le nombre d’itérations dans le calcul,
il est essentiel d’avoir des données précises et justes ainsi qu’une bonne procédure de
conception dans la phase de calculs préliminaires.

1.1. Caractéristiques mécaniques d’appuis élastomériques

Les caractéristiques mécaniques d’appuis élastomériques ont été étudiées pendant des
décennies, et tandis qu’une analyse exacte utilisant des techniques bilinéaires restent trop
complexes, de simples prédictions basées sur la théorie élastique ont été développées par de
nombreux chercheurs et vérifiées en laboratoire et plus récemment par les analyses des éléments
finis.

La caractéristique mécanique la plus importante pour un appui d’isolation est, bien évidemment,
sa rigidité horizontale, qui est donnée par

KH = GA / tr

148
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

Où G est le module de cisaillement de l’élastomère, A est la section totale de l’appui et tr est


l’épaisseur totale du caoutchouc. Le déplacement maximal D est en relation avec la contrainte
de cisaillement maximale γ par la formule

γ = D / tr

La rigidité verticale KV, ou la rigidité au gonflement, exprimée par analogie à la théorie des
poutres, est aussi donnée par une simple théorie linéaire élastique et est nécessaire au
dimensionnement de l’appui.

KV = ECA / tr

Où A est prise conventionnellement dans ce cas comme la section des plateaux d’acier et EC est
le module de compression instantanée du composant caoutchouc-acier sous un niveau de
chargement vertical spécifié. La valeur d’EC pour une seule couche de caoutchouc est contrôlée
par le facteur de forme S, défini comme

S = Zone chargée / Zone Non-Chargée

Qui est une mesure sans dimension du ratio d’une seule couche d’élastomère. On aura alors,
selon la forme du plateau envisagé, les valeurs suivantes, pour un rayon R et une épaisseur t, le
plateau circulaire aura un facteur de forme égal à

S = R / 2t

Tandis qu’un plateau carré de côté « a » et d’épaisseur « t » aura pour facteur de forme

S = a / 4t

Pour un seul plateau, le module de compression instantanée sera pour un pad circulaire

EC = 6GS²

Et pour un pad carré

EC = 6,73GS²

1.2. Caractéristiques mécaniques d’appuis à noyau en plomb

Les appuis à noyau en plomb, comme n’importe quel appui parasismique, sont toujours
modélisés comme des éléments bilinéaires, avec des caractéristiques basées sur trois
paramètres : K1, K2 et Q. La rigidité élastique K1 est difficile à mesurer et est usuellement prise
comme valeur multiple de K2, la rigidité post-chargement, qui peut être pertinemment estimée

149
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

à partir du module de cisaillement du caoutchouc et du calcul de l’appui. La force


caractéristique Q est l’intersection de la boucle hystérétique et de l’axe des forces et est estimée
à partir de la contrainte induite.

Fig.61 : Courbe de comportement Bi-linéaire Force-Déplacement

La rigidité effective de l’appui, définie sur la base de chargements successifs, réduit


considérablement le déplacement. En termes de paramètres basiques, K1, K2 et Q sont donnés
par

Keff = K2 + Q / D avec D ≥ Dy

Où Dy est le déplacement initial. La pulsation propre est donnée par

ω= = ω +μ

Où μ = Q / W, ω0² = , et la période effective T est donnée par

T = 2π / ω

T=2π/ ω +μ

L’amortissement effectif βeff pour D ≥ Dy est défini par

βeff = aire de la boucle hystérétique / 2πKeff ² D ²

150
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

L’aire de la boucle hystérétique est donnée par 4Q (D-Dy) ; pour mettre βeff en termes des
paramètres basiques, on note

Dy = Fy / K1

Fy = Q + K2Dy

Puis

Dy = Q / K1 – K2

En utilisant la définition de βeff et les résultats précédents pour Keff, on a

( )
βeff =
( )

1.3. Méthode de calcul

Le problème auquel peut souvent faire face le concepteur d’isolation est, étant donné l’obtention
des valeurs caractéristiques du sol et ayant comme acquises les valeurs de la période et de
l’amortissement, il existe encore la contrainte d’obtenir une valeur maximale acceptable pour
le déplacement. La méthode de pré dimensionnement d’un isolateur passe par la supposition de
valeurs concernant la période, l’amortissement et le déplacement de calcul à atteindre ; ce
dernier étant obtenu à l’aide d’une formule empirique fournie par les différents règlements.

Il sera alors effectué un calcul itératif, faisant intervenir les dimensions de l’appui ainsi que ses
rigidités élastique (K1) et plastique (K2) pour aboutir à une rigidité effective (Keff) finale.

Il sera choisi pour le bloc hospitalier étudié deux types d’isolateurs en élastomère à noyau en
plomb et ce suivant les efforts normaux revenant aux différents poteaux. Le calcul sera alors
mené en ciblant une période Tcible et un amortissement βcible qui permettront alors d’aboutir à la
rigidité horizontale des deux types d’isolateur. La suite sera similaire aux calculs précédents et
démontrera la rigidité effective horizontale totale de la structure.

2. Bases théoriques de l’isolation sismique

2.1. Théorie linéaire

La théorie linéaire de l’isolation sismique a été donnée en 1987 par James Kelly, cette théorie
est basée sur un modèle structurel à deux masses, comme montré dans la figure qui suit. La
masse m est censée représenter la superstructure du bâtiment et mb, celle du plancher au-dessus

151
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

du système d’isolation. La rigidité de la structure et son amortissement sont représentés par ks,
cs et celles de l’isolation par kb, cb.

Les déplacements absolus de deux masses sont notés us et ub, mais il est convenable d’utiliser
un déplacement relatif défini comme

Ub = ub – ug Us = us – ub

Où ug est le mouvement du sol. Ce choix d’un déplacement relatif est particulièrement pertinent
pour cette analyse puisque les deux résultats les plus importants seront le déplacement du
système d’isolation, représenté par ub, et le déplacement inter-étage, représenté par us.

Fig.62 : Modèle à deux degré de liberté pour la théorie linéaire

En termes de ces quantités, l’équation basique du mouvement d’un modèle à deux degrés de
liberté est

(m + mb) b +m s + cb b+ kb ub = - (m+mb) g

m b +m s + cs s+ks ub = - m g

Qui peut aussi s’écrire sous la forme matricielle suivante.

! %! 0 ! (! 0 ! 1
#+$ ' #$ ') *= ) *
" 0 %" " 0 (" " 0

Où M = m + mb, ce qui donne en notation matricielle :

M, + C, + Kv = - M r u.

On définit alors le ratio massique comme


/ /
γ=/ =1
/0

Les pulsations propres sont données par

152
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

20
ωb ² =
/ /0

23
ωs² =
/3

On pose alors ε = ωb² / ωs² qui représente la déformation et qui est de l’ordre de 10-2 pour ce
système ; ces deux paramètres permettent d’avoir l’allure des deux modes principaux du
système à 2 degrés de liberté dont le premier sera le plus important.

Fig.63 : Allure des deux premiers modes d’un système à 2ddl.

2.2. Extension de la théorie aux bâtiments

L’analyse à deux degrés de liberté (2ddl) pour le modèle linéaire développé plus haut peut être
appliquée au cas d’un bâtiment à plusieurs niveaux. Il est alors possible de représenter, à partir
des matrice masse M, rigidité K et amortissement C de la structure encastrée, le déplacement
relatif de chaque degré de liberté correspondant au mouvement du sol. Ceci est donné par
l’équation suivante

M4 + C4 + Ku = - M r .

Où r est un vecteur couplant chaque degré de liberté au mouvement du sol. Quand ce modèle
est superposé sur le système d’isolation à la base avec la masse du RDC mb, une rigidité kb et
un amortissement cb, l’équation précédente devient

M, + C, + Kv = - M r (u. +u5 )

153
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

Où v est le déplacement relatif au plancher du RDC et ub celui du plancher du RDC au


mouvement du sol. L’équation du mouvement finale du bâtiment combiné au système
d’isolation est comme suit

rTM (, + ru5 + ru. ) + mb(u5 + u. ) + cbub + kbub = 0

Qui peut aussi s’écrire sous la forme

rTM, + (m+mb)u5 + cbub + kbub = - (m+mb)u.

Cette équation identifie rTMr comme la masse totale du bâtiment « m », ainsi m + mb est la
masse totale supportée par le système d’isolation. La forme matricielle de l’équation devient
alors

M*,* + C*,* + K*v* = - M*r*u.

c5 ;
M*=$m + m5 7 8 9'
97 9 ; <
C*=

et

k5 ; 1
; > ;
K*= r*=

avec

u5
,
v*=

2.3. Analyse modale du système à n.ddl

Les modes propres de la structure encastrée sont supposés connus et notés ϕi où i=1,…,N, à
cette fin, une analyse modale après suppression des voiles sera effectuée. En termes des formes
de ces modes, le déplacement de chaque degré de liberté de la structure peut être représenté
comme

v = ∑qi ϕi

Où qi sont des coefficients modaux dépendants du temps.

154
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

L’équation matricielle du mouvement est alors réduite aux équations N+1

? @A ϕC GH + ( + !) ! + %! ! + (! ! = −( + !)
CDE

Et

MN
GH + 2KC βC G! + KC = −OC P ! + Q

Où Li sont les facteurs de participation de la structure encastrée, qui sont

S
RN TU
Li = S
RN T RN

Les masses modales de la structure encastrée sont données par

Mi = ϕiT M ϕi

On peut écrire ces équations sous la forme

B
OC C
? + ! + 2K! β! ! + K! ! =−
+ !
CDE

Et

LW u5 + q Y + 2ωW βW q 5 + ωW q W = −LW u.

L’analyse modale complète de ces équations N+1 est donnée par Kelly dans son ouvrage
« Earthquake-Resistant Design With Rubber », où la procédure pour les pulsations et les formes
des modes du système composé sont décrites. Dans la plupart des cas, les modes supérieurs au
premier ne jouent aucun rôle dans le calcul de la structure ou du système d’isolation, pour cela
seulement le premier mode devra être inclut.

Les formules qui suivent proviennent des équations du mouvement pour un seul degré de liberté
qui sont ici étendues au système à « n » degré de liberté permettant le calcul des différentes
données de la superstructure et du système d’isolation.

Le ratio de masse peut être défini ici comme

[\ ²1\
γ1 =
/ /0

Ce qui donne l’équation du mouvement fonction de ce nouveau paramètre comme suit

155
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

OE ² E
GE + (OE !) + 2K! β! (OE !) + K! (OE !) = −OE
+ !

GE + (OE !) + 2KE βE GE = −OE

A partir de ces résultats, Kelly fournit alors des formules pour le calcul des forces imposées, du
déplacement et du mode propre de la structure encastrée et ce, en plus du déplacement à la base
de la structure. Ainsi, le vecteur déplacement de la structure encastrée sera comme suit

v = q1 ϕ1

avec

^²[\ ²_` ²(a0 ,c0 ) ^²[\ ²_` ²(a\ ,c\ )


|q1|max = d
+
a0 a\ d

Où SA sera le spectre de réponse algérien fourni par le RPA99 avec une légère variation pour
le facteur de comportement « R », et qui est fonction des différentes pulsations propres et
amortissements de l’isolation et de la structure encastrée respectivement. ε devient ici égal à
ωb² / ω1².

Fig.64 : Déplacements des différents ddl.

Le déplacement maximal à la base, à l’interface d’isolation donc, sera alors comme suit

ub = SA(ωb ;βb) / ωb²

20
Où la pulsation propre ωb sera égale à alors que l’amortissement βb sera obtenu en phase
1

de pré dimensionnement.

156
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

La force d’inertie imposée à chaque niveau peut alors être calculée en négligeant les
contributions de l’amortissement comme

F = K v = q1 K ϕ 1 = - q1 M ϕ 1 ω 1 ²

Le bâtiment est alors considéré résistant à un effort tranchant à sa base (au-dessus de l’unité
d’isolation) égal à V = CsW où W est le poids total de la structure et Cs un coefficient de
cisaillement à la base équivalent soit à

CsM = rF

Où bien à

[\ 1\
Cs = ef ²(Kg , hg ) + (1 − i)²j²ef ²(K1 , h1 )
1

La répartition des forces sismiques dénotées Fx pour le niveau « x » peut alors se faire suivant
la formule Fx = CVxV où

m
k lk
CVx = m
∑ k lk

Dans cette formule, les termes Wx représentent le poids du niveau « x », hx la hauteur du niveau
« x » et « j » un facteur pris égal à 1 si la période est égale à 0,5 s ou moins et à 2 si la période
est égale à 2,5 s ou plus. Ceci reflète le fait qu’un bâtiment bas et rigide aura une réponse
dominée par le cisaillement avec un premier mode pratiquement linéaire alors qu’un bâtiment
haut et souple répondra en flexion avec un premier mode quadratique.

Fig.65 : Distribution des forces sur une structure isolée.

157
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

L’effort tranchant à chaque niveau « x » sera alors calculé comme suit

Vx = ∑ Fx

Pour une structure isolée, la distribution des forces de cisaillement devrait être donnée par
l’allure du premier mode isolé, soit le vecteur {1, εL1ϕ1}T.

3. Calculs réglementaires

Les Règles Parasismiques Algériennes (RPA99) décrivent les principes généraux de conception
des structures en zones sismiques ainsi que des méthodes de calcul pour l’étude d’ouvrages
parasismiques. Ces règles sont applicables à toutes les constructions courantes, mais ne
développent aucune idée sur le calcul des bâtiments sur appuis parasismiques. C’est pour cette
raison qu’il sera fait recours à d’autres règlements mondiaux afin de mener les calculs
concernant la structure isolée.

Le code le plus détaillé restera certainement celui des Etats-Unis (l’Uniform Building Code
1997), et qui a récemment été remplacé, en 2000, par l’International Building Code
(IBC2000). Il reste néanmoins possible de faire recours au règlement européen (Eurocode 8)
qui réserve néanmoins des simplifications gênantes.

Toutefois, contrairement à une structure conventionnelle encastrée, les méthodes


réglementaires ne concernent pas seulement la résistance aux séismes, mais s’étend à la
conformité des isolateurs à des normes prédéfinies de stabilité et de résistance.

Dans le cadre de cette étude, il n’aura été fait appel à des méthodes de calculs réglementaires
que dans la phase de pré dimensionnement énoncée par James Kelly ; cette dernière utilise le
règlement comme outil de calcul en faisant participer par exemple les différents déplacements
de calcul minimaux et maximaux. Ceci étant principalement dû à la non applicabilité des
méthodes statiques et dynamiques énoncées par les règlements de construction, que ce soit
l’IBC où l’Eurocode 8.

3.2.International Building Code

L’Internation Building Code définit deux niveaux d’aléa sismique, qui sont comme suit :

• Design Basis Earthquake (DBE). Soit le niveau basique pour le calcul sismique qui est
représenté par un mouvement du sol qui a 10% de chance d’être dépassé en 50 années.
• Maximum Capable Earthquake (MCE). Soit le niveau maximal d’un séisme qui est
représenté par un mouvement du sol qui a 10% de chance d’être dépassé en 100 ans.
158
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

Ces deux niveaux d’aléa définissent aussi bien les coefficients à prendre en considération dans
les calculs mais aussi les différentes étapes de calculs réglementaires. Dans son ouvrage, James
Kelly utilise le DBE pour le pré dimensionnement des éléments d’isolation et le MCE pour leur
vérification, ceci étant le procédé qui sera suivi en Chapitre 3.

3.2.1. Paramètres et méthodes de calcul

On définit alors les déplacements basiques qui doivent être calculés selon l’UBC-97 qui sont
les déplacements correspondants au DBE (DD) et au MCE (DM) au centre de rigidité du système
d’isolation. Ils sont calculés comme suit
o
( )qrs As
dp
DD =
ts

o
( )qru Au
dp
DM =
tu

Où « g » est l’accélération gravitationnelle, CVD et CVM des coefficients sismiques, TD et TM les


périodes isolées, et BD et BM des coefficients d’amortissements.

Les termes CVD et CVM sont fonctions du facteur de zone sismique Z (Coefficient A du RPA99),
du facteur de type du sol, et du facteur de proximité par rapport à une faille sismique, NV.

L’ensemble de ces coefficients sont fournis soit par le RPA99, pour correspondre à l’étude du
bâtiment implanté à Alger, soit par l’UBC-97, et peuvent être résumés dans les tableaux
suivants.

Distance à la Magnitude MCE


faille ≥ 8.0 7.0 ≤ 6.0
15 Km 1.0 1.0 1.0
10 Km 1.2 1.0 1.0
5 Km 1.5 1.3 1.1
Tab.52 : Coefficient de proximité de la faille (N)

Zone I IIA IIB III IV


Z 0,075 0,15 0,2 0,3 0,4
Tab.53 : Facteur de zone sismique (Z)

159
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

Type de sol S
Sol ferme 1.0
Sol moyen 1.4
Sol meuble 2.3
Sol très meuble 2.7
Tab.54 : Coefficient caractérisant le type de sol (S)

Les coefficients d’amortissement BD et BM sont donnés en termes d’amortissement effectif β et


correspondent au tableau suivant

Amortissement effectif Facteur BD ou BM


≤ 2% 0.8
5% 1.0
10% 1.2
20% 1.5
30% 1.7
40% 1.9
50% 2.0
Tab.55 : Facteurs d’amortissement BD et BM

Toutefois une approche approximative des valeurs de ce tableau peut être utilisé et est donnée
par

1
v=
0,25(1 − xyh)

3.2.2. Déplacements de calculs totaux

En outre, l’IBC définit les déplacements de calculs totaux, qui incluent la torsion et servant à la
vérification de cette dernière. Ces déplacements sont donnés comme

E {
DTD = DD (1 + z ! )
|

E {
DTM = DM (1 + z ! )
|

Où « e » est l’excentricité réelle de la structure plus l’excentricité accidentelle (Telle que définie
par le RPA99), « y » est la distance à un côté perpendiculaire à la direction du chargement
sismique.

Ces formules considèrent que le chargement sismique KeffD est appliqué à travers le centre de
masse de la structure, qui est localisé à une distance « e » du centre de rigidité (comme montré

160
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

dans la figure 66). Soit pour une forme rectangulaire en plan, dont les dimensions sont b et d,
et une distribution uniforme des isolateurs, la rigidité à la torsion du système d’isolation est

KT = Keff (b²+d²)/12

Et la rotation θ est alors

θ = Keff.D.e / KT = 12.D.e / (b²+d²)

Le déplacement additionnel dû à la rotation est

E {
DA = z
! |²

Si la rigidité à la torsion du système est calculée et que le déplacement additionnel dû au


chargement sismique à travers l’excentricité « e » s’avère inférieur aux déplacements totaux
donnés plus haut, alors cette valeur peut être utilisée mais doit être au moins égale à 1,1DD et
1,1 DM.

Fig.66 : Dimensions utiles à la vérification de la torsion.

3.2.3. Distribution des forces

En ce qui concerne la distribution des forces sismiques sur les différents niveaux du bâtiment,
l’IBC propose une formule similaire à celle de James Kelly dans sa théorie, à la différence près
que cette dernière n’implique aucun coefficient de cisaillement, seulement l’effort tranchant
maximal Vb qui est réparti sur la hauteur du bâtiment.

Cette formule conduit à une distribution triangulaire des forces. Hors, la théorie basique de
Kelly indique tout le contraire, et montre que ces forces se rapprochent d’une distribution

161
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

uniforme. Il critique en effet dans son ouvrage cette méthode, et précise qu’une distribution
triangulaire est d’actualité pour la prise en compte des modes supérieurs au premier, ces
derniers étant générés par les non linéarités dans le système d’isolation. L’on se limitera alors
à la distribution des forces indiquée par James Kelly.

3.3. Eurocode 8

L’Eurocode 8 aura principalement servi à définir certaines dispositions constructives, des


réserves générales quant aux calculs ainsi que les propriétés nécessaires aux isolateurs mais
aussi les méthodes d’analyse de la structure isolée. Ainsi, quelques points essentiels en ont été
tirés et peuvent être énoncés comme suit.

3.3.1. Provisions générales concernant les appareils

Un espace suffisant entre la superstructure et l’infrastructure doit être laissé, ensemble avec les
autres arrangements nécessaires, pour permettre l’inspection, la maintenance et le
remplacement d’appareils durant la durée de vie de la structure. Si nécessaire, les appareils
devraient être protégés des potentiels effets hasardeux tels que le feu, les attaques chimiques ou
biologiques. Les matériels utilisés dans le calcul et la construction des appareils doivent être
conformes aux normes existantes.

3.3.2. Contrôle des tassements différentiels

Les éléments structurels localisés au-dessus et en dessous de l’interface d’isolation devraient


être suffisamment rigides dans les directions horizontales et verticales de façon à ce que les
effets de tassements différentiels du au séisme soient minimisées.

3.3.3. Contrôle des déplacements relatifs entourant l’environnement et les


constructions

Un espace suffisant devrait être laissé entre la structure isolée et le terrain environnant ou les
constructions, pour permettre aux déplacements dans toutes les directions dans la situation de
calcul sismique.

3.3.4. Action sismique

Les deux composantes verticales et horizontales de l’action sismique devraient être assumées
comme agissant simultanément. Chaque composante de l’action sismique est définie en termes
de spectre élastique.

162
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

Si l’analyse chronologique est requise, un set d’au moins trois enregistrements de sol devrait
être utilisé.

La valeur du facteur de comportement devrait être prise égale à 1 (R=1)

3.3.5. Propriétés du système d’isolation

Les valeurs des propriétés mécaniques et physiques du système d’isolation qui doivent être
utilisés dans l’analyse devraient être les plus défavorables possibles à atteindre durant la durée
de vie de la structure. Ils devraient refléter, quand c’est pertinent, l’influence de :

- Ratio de chargement
- La magnitude des chargements verticaux simultanés
- La magnitude des chargements horizontaux simultanés dans la direction transversale
- La température
- Le changement des propriétés par rapport à la durée de vie attendue

Les accélérations et les forces d’inertie induites par le tremblement de terre doivent être
évaluées en tenant en compte le maximum des valeurs de la rigidité et le minimum des valeurs
d’amortissement et de friction.

3.3.6. Analyse linéaire équivalente

Le comportement du système d’isolation peut être considéré comme étant linéairement


équivalent si les conditions suivantes sont vérifiées.

- La rigidité effective du système d’isolation défini plus haut est supérieure à 50% de la
rigidité effective à un déplacement de 0.2DD, soit

Keff = f(DD) ≥ 0.5 Keff =f(0,2DD)

- Le ratio d’amortissement effectif du système d’isolation, ne doit pas excéder 30%


- Les caractéristiques du rapport force-déplacement du système d’isolation ne varie pas
plus de 10% en raison du ratio de chargement ou du chargement vertical.
- L’augmentation de la force restaurée dans le système d’isolation pour les déplacements
entre 0.5 DD et DD est supérieure à 2.5% du total du chargement revenant vers le système
d’isolation.
- Si le comportement du système d’isolation est considéré comme équivalent linéairement
et que l’action sismique est définie à travers le spectre élastique, une correction
d’amortissement doit être faite.

163
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

3.3.7. Analyse linéaire simplifiée

L’analyse linéaire simplifiée considère deux translations dynamiques horizontales et des effets
de torsion super imposés. Il est assumé ici que la superstructure est un système rigide et solide
au-dessus du système d’isolation. La période effective pour la translation sera alors

1
Teff = 2}

Où :

M : masse de la superstructure

Keff : rigidité horizontale effective du système d’isolation

Cette méthode peut être appliquée aux systèmes d’isolation avec un comportement
d’amortissement linéaire équivalent, s’ils sont conformes aux prescriptions suivantes :

- La distance du site à la faille active la plus proche avec une magnitude Ms supérieure à
6.5 dépasse les 15 km.
- La plus grande dimension de la superstructure en plan est inférieure à 50 m.
- Tous les appareils sont localisés au-dessus d’éléments de la superstructure qui
supportent des charges verticales.
- La période effective doit satisfaire

3Tf ≤ Teff ≤ 3s

Où Tf est la période fondamentale de la superstructure encastrée à la base.

Dans les bâtiments, en plus des conditions ci-dessus, toutes les conditions qui suivent
doivent être satisfaites pour la méthode de calcul

- Le chargement latéral résistant du système de la superstructure doit être régulier avec


symétriquement arrangé le long des deux directions principales de la structure en plan.
- Le renversement à la base de l’infrastructure doit être négligeable.
- Le ratio entre la rigidité verticale et horizontale du système d’isolation doit satisfaire
l’expression Kv / Keff ≥ 150
- La période fondamentale dans la direction verticale, Tv, doit être inférieure à 0.1 s où
1
Tv = 2}
~

164
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

- Le déplacement du centre de rigidité du à l’action sismique doit être calculé dans chaque
direction horizontale, tel que

DD = MSe(Teff ,ξeff)/Keff,min

Où Se(Teff ,ξeff) est le spectre d’accélération prenant en compte la valeur appropriée de


l’amortissement effectif ξeff en respectant :

fj = mj Se(Teff ,ξeff)

Où mj est la masse au niveau j

3.3.8. Analyse modale linéaire simplifiée

Si le comportement des appareils peut être considéré comme linéairement équivalent mais l’une
des conditions précédentes n’est pas applicables, une analyse modale linéaire est faite.

Si les conditions sont vérifiées, l’analyse simplifiée peut être utilisée en considérant les
déplacements horizontaux et les mouvementes de torsion et en assumant que l’infrastructure et
la superstructure se valent en termes de rigidité. Dans ce cas, l’excentricité totale (incluant celle
accidentelle) de la masse de la superstructure doit être prise en compte dans l’analyse.

Les déplacements à chaque point de la structure doivent être calculés en combinant les
déplacements de translation et de rotation. Ceci s’applique notamment pour l’évaluation de la
rigidité effective de chaque unité d’isolation. Les forces d’inertie et les moments doivent être
pris en compte pour la vérification des unités d’isolation et de l’infrastructure et la
superstructure.

3.3.9. Analyse Chronologique

Si un système d’isolation ne peut pas être représenté par un modèle linéaire équivalent, la
réponse sismique devrait être évaluée par des moyens d’analyse chronologique, en utilisant une
loi constitutive de l’appareil qui peut adéquatement reproduire le comportement du système
dans le domaine de déformations et de viscosités anticipés dans le calcul de la situation
sismique.

A ce moment, il sera nécessaire de prendre en considération au moins trois enregistrements de


sol pour le test de performance chronologique de la structure isolée

165
Chapitre 7 Isolation Sismique : Cadrage Théorique

3.4. RPA 99/ 2003

A partir du RPA99 dans sa version 2003 sera simplement tiré le spectre de réponse de la pseudo-
accélération réglementaire tel qu’énoncé en Partie 1, Chapitre 3.

La seule variation qui sera opérée concernera alors le coefficient de comportement R, qui sera
égal à 1 comme indiqué par l’Eurocode 8.

166
Chapitre 8
Procédure de Calcul des Unités
d’Isolation
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

1. Pré dimensionnement des unités d’isolation

Comme il a été précisé précédemment, il y aura deux types d’unités d’isolation pour le bloc
hospitalier et ce, pour correspondre aux différents poids propres des poteaux. Le pré
dimensionnement de ces unités passera donc par le calcul des caractéristiques mécaniques et
physiques des différents isolateurs puis de la structure, en prenant pour référence les unités
prédéfinies de la compagnie Dynamic Isolation Systems et ce pour correspondre au plus
possible à des isolateurs réels.

1.1. Paramètres de calcul


1.1.1. Efforts normaux

Les deux types d’isolateurs qui seront dimensionnés auront pour critère premier l’effort normal
de chaque poteau. Ces efforts normaux correspondront à la phase de pré dimensionnement des
poteaux en PARTIE 1 et non pas aux sollicitations réelles, ce dans le but d’avoir les valeurs les
plus défavorables possibles.

On peut alors résumer ces efforts normaux selon le tableau suivant, et selon la dénomination de
chaque poteau.

Poteau P1 P2 P3 P4 P5 P6
Effort normal (t) 367,96 679,61 507,54 1260,5 840 1345,58
Tab.56 : Différents efforts normaux selon le poteau

Les efforts des poteaux P1, P2 et P3 et ceux des poteaux P4, P5 et P6 sont sensiblement proches
entres elles pour qu’on puisse prendre l’effort maximal pour les deux trinômes de valeurs.

Ainsi, les efforts qui serviront au calcul des isolateurs seront ceux du poteau P2 et P6, soit

P2 = 679,61 t P6 = 1345,58 t

Ces efforts normaux correspondent, quand convertis en Kilonewtons, aux unités d’isolation
suivantes de la compagnie Dynamic Isolations Systems.

Tab.57 : Dimensions des unités d’isolations choisies

167
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

Tab.58 : Caractéristiques mécaniques et physiques des unités choisies

Il sera en outre pris une hauteur totale (H) pour les deux types d’isolation égale à 58 cm. Ces
choix donnent alors la configuration représentée sur la figure suivante

Fig.67 : Configuration des types d’isolation

1.1.2. Valeurs ciblées

Dans son ouvrage, James Kelly précise que le calcul des éléments d’isolation passe par la
supposition de valeurs forfaitaires pour la période propre et le coefficient d’amortissement des
isolateurs. Toujours dans une optique de sécurité accrue faisant intervenir des valeurs
défavorables, il sera pris les valeurs suivantes

- Période propre

TCiblée = 6 s

- Coefficient d’amortissement

168
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

βCiblé = 20 %

Le coefficient d’amortissement d’un isolateur à élastomère fretté à noyau en plomb ayant une
valeur moyenne de 15%.

1.1.3. Déplacement de calcul

Ces différents paramètres acquis permettent alors le calcul du déplacement de calcul donné
par l’IBC et servant au dimensionnement des unités d’isolation tel que montré au chapitre
précédent.

( )
DD =

Avec

CVD = S.N.Z = 0,4

TD = TCiblée = 6 s

BD = 1 / [0,25(1-ln βCiblé)] = 1,53

Soit

DD = 0,39 m = 39 cm

Pour un valeur majorée de CVM suivant les prescriptions de l’UBC-97, et égale à 1, le


déplacement maximal sera alors égal à

DM = 0,53 m = 53,01 cm

1.1.4. Module de cisaillement de l’élastomère

Le module de cisaillement d’un appui élastomérique à noyau en plomb se situe entre 85 et


100 psi, soit entre 5,865 et 6,9 bars en termes de pression. Ce qui donne en KN/m², pour 100
psi

G = 0,689 KN/m²

1.2. Premier type d’isolation

A partir des données précédentes, l’on peut calculer plusieurs paramètres utiles à l’obtention de
la rigidité horizontale et verticale de l’unité d’isolation. Il sera pris des dimensions
correspondants au prototype de la compagnie DIS, comme montré dans la figure suivante

169
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

Fig.68 : Dimensions du premier type d’isolation.

L’épaisseur totale du caoutchouc, tr, sera donc égale à

tr = h – nombre de plates*épaisseur du plateau

Avec

h = H – épaisseurs des plates

h = 0,58 – 2x0,038 = 0,504 m

Soit

tr = 0,504 – 31.0,005

tr = 0,349 m

Ce qui donne une contrainte de cisaillement maximale égale à

γ = DD / tr

γ = 1,12

Une première estimation de la rigidité horizontale permet alors de vérifier le diamètre de


l’appui, tel que

KH = Nmax(2π/TCiblée)²

KH = 0,75 MN/m

Soit une section « A » correspondante égale à

A = KH tr / G

A = 0,378 m²

170
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

Ce qui donne un diamètre égal à 0,7 m pour le pad circulaire. Ce diamètre étant inférieur à celui
correspondant au choix de la compagnie, ce dernier sera celui adopté durant les calculs qui
suivent et étant égal à 0,95 m donnant une section de 0,71 m².

Un re-calcul de la rigidité horizontale fonction de ce diamètre adopté peut alors être effectué

KH = G.A/tr

KH = 1,399 MN/m

Soit, pour 10 unités d’isolation du même type, la rigidité horizontale devient

KH1 = 10.KH = 13,99 MN/m

Le calcul de la rigidité verticale quant à lui, passe par le calcul du facteur de forme et du module
de compression instantanée. Le facteur de forme « S » peut être calculé pour un plateau carré
comme suit

S = a / 4t

Avec « t » l’épaisseur d’une couche d’acier et de caoutchouc égale à

t = tr/32 + 0,005

t = 0,016 m

Soit

S = 14,93

Le module de compression instantanée est quant à lui calculé pour un plateau carré comme suit

EC = 6S²G

EC = 921,64 KN/m²

Ce qui donne une rigidité verticale

KV = ECA/tr

KV = 1871,86 MN/m

171
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

Fig.69 : Détails dimensions unite type 1

1.3. Deuxième type d’isolation

De la même manière que pour le premier type d’isolation, et à partir des données précédentes,
l’on peut calculer plusieurs paramètres utiles à l’obtention de la rigidité horizontale et verticale
de l’unité d’isolation. Il sera pris des dimensions correspondant au prototype de la compagnie
DIS, comme montré dans la figure suivante

Fig. 70 : Dimensions du second type d’isolation

L’épaisseur totale du caoutchouc, tr, sera donc égale à

tr = h – nombre de plates*épaisseur d’une plate

Avec

h = H – épaisseurs des plates

h = 0,58 – 2.0,044 = 0,492 m

Soit

tr = 0,592 – 26.0,005

172
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

tr = 0,362 m

Ce qui donne une contrainte de cisaillement maximale égale à

γ = DD / tr

γ = 1,07

Une première estimation de la rigidité horizontale permet alors de vérifier le diamètre de


l’appui, tel que

KH = Nmax(2π/TCiblée)²

KH = 1,47 MN/m

Soit une section « A » correspondante

A = KH tr / G

A = 0,775 m²

Ce qui donne un diamètre égal à 0,993 m pour le pad circulaire. Ce diamètre étant inférieur à
celui correspondant au choix de la compagnie, ce dernier sera celui adopté durant les calculs
qui suivent et étant égal à 1,16 m donnant une section de 1,06 m².

Un re-calcul de la rigidité horizontale fonction de ce diamètre adopté peut alors être effectué

KH = G.A/tr

KH = 2,01 MN/m

Soit, pour 9 unités d’isolation du même type, la rigidité horizontale devient

KH2 = 9.KH = 20,11 MN/m

Le calcul de la rigidité verticale quant à lui, passe par le calcul du facteur de forme et du module
de compression instantanée. Le facteur de forme « S » peut être calculé pour un plateau carré
comme suit

S = a / 4t

Avec « t » l’épaisseur d’une couche d’acier et de caoutchouc égale à

t = tr / 27 + 0,005

t = 0,018 m

173
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

Soit

S = 15,75

Le module de compression instantanée est quant à lui calculé pour un plateau carré comme suit

EC = 6S²G

EC = 1026,08 KN/m²

Ce qui donne une rigidité verticale

KV = ECA/tr

KV = 2995,56 MN/m

Fig.71 : Détails dimensions unite type 2

1.4. Interface d’isolation totale

L’on passe alors aux calculs concernant l’interface d’isolation, à savoir la somme des valeurs
respectives des deux types calculés précédemment. La rigidité horizontale totale de l’interface
d’isolation sera donc égale à la somme de celle des deux types.

KH = KH1 + KH2

KH = 34,11 MN/m

Cette première valeur de calcul permet alors d’avoir une approximation quant à la période
propre de la structure, l’on calcul alors la pulsation propre à travers le poids total de la structure
calculé en PARTIE 1 diminué du poids propre des voiles, donnant

M = 7871,54 t

174
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

ω=

ω = 2,08

Soit une période égale à

T = 2π / ω

T = 3,02 s

Toutefois, cette période est celle de l’interface d’isolation sans ses noyaux en plomb qui
contribuent grandement à son amortissement et donc à sa dissipation d’énergie tout en
augmentant sa rigidité horizontale. Il sera donc nécessaire de calculer les caractéristiques de ces
derniers en démarrant des résultats précédemment obtenus, en commençant par le déplacement
de calcul comme effectué pour les deux types d’isolateurs séparément

( )
DD =

DD = 0,20 m

L’énergie dissipée par cycle sera donc égale à

WD = 2πKHβeff

WD = 1,64 MN.m

S’ensuit alors un calcul itératif pour l’obtention de la valeur de la force caractéristique, Q,


utilisant les mêmes formules de calcul et donnant le résultat suivant

Q = 2,21 MN

La rigidité du noyau en plomb est calculée en supposant un niveau de résistance maximal qui
sera pris égal à 10 MPa et donnant la zone nécessaire au noyau. Cette zone est définie par la
section du noyau qui est égale à Apb = 0,0637 m², soit un diamètre de 0,28 m.

175
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

Fig.72 : Dimensions du noyau en plomb

Ce qui permet alors de calculer la rigidité totale du caoutchouc sans le noyau en plomb, égale
à:

- Type 1

Kr1 = G (A1- Apb) / tr2

Kr1 = 1,27 MN/m

- Type 2

Kr2 = G (A2- Apb) / tr2

Kr2 = 1,89 MN/m

Un nouveau calcul itératif donne alors la nouvelle énergie de dissipation WD = 1,1 MN.m et Q
= 1,48 MN. Ces données permettent alors de calculer la rigidité horizontale totale de l’interface
d’isolation comprenant les noyaux en plomb, comme suit

Keff = 10 Kr1 + Q/DD + 9Kr2+Q/DD

Keff = 44,8543 MN/m = 44853,3 KN/m

La rigidité des noyaux en plomb étant exprimée ici en termes d’énergie dissipée à travers le
rapport Q/DD. Le coefficient d’amortissement sera alors donné par

βeff = WD / 2πKeffDD²
176
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

βeff = 0,102 = 10,2%

L’on peut alors calculer la période propre des isolateurs, et donc de la structure, à travers la
pulsation propre donnée comme précédemment par

ω=

ω = 2,35 rad/s

Soit une période égale à

T = 2π / ω

T = 2,67 s

Ce qui donne un déplacement de calcul égal à

( )
DD =

DD = 21,23 cm

2. Masse de la structure isolée

Etant donné l’ajout d’unités d’isolation entre la superstructure et l’infrastructure et de ce fait, le


découplage de la structure du sol et de ses fondations, la suppression des voiles de
contreventement devient une nécessité.

En effet, les refends représentaient en PARTIE 1 le système de contreventement principal de la


structure, l’ajout de l’isolation sismique à la base de la structure fait qu’il n’est plus nécessaire
de les garder ; le poids de la structure se retrouvera donc significativement diminué.

Toutefois, l’ajout d’un sous-sol devient une nécessité pour l’aménagement de l’interface
d’isolation qui devra avoir un espace libre, inaccessible au public mais seulement à leur
maintenance. A cet effet, un niveau de 2 mètres de hauteur sera prévu et servant seulement au
maintien des unités d’isolation et à leur possible remplacement.

177
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

Fig.73 : Echelle du sous-sol

La masse du sous-sol sera donc calculé à travers le poids des poteaux qui s’y trouvent, qui ont
un côté de 1,2 m pour correspondre aux dimensions des plateaux des isolateurs, mais aussi le
poids propre de ces derniers à travers leurs différents composants (Caoutchouc, plates d’acier
etc.).

2.1. Calcul de la masse des unités d’isolation

Le poids propre des unités d’isolation sera calculé selon les dimensions et le poids volumique
des différents matériaux les constituants.

Le volume des lamelles d’acier, celui du noyau en plomb et des différentes couches de
caoutchouc, sera alors multiplié par leur poids volumique respectif pour aboutir aux différentes
masses.

Les résultats obtenus sont alors, pour les poids volumiques suivants,

ρacier = 7,85 t/m3 ρplomb = 11,35 t/m3 ρélastomère = 0,99 t/m3

Pour les unités de type 1

P1 = 66,85 t

Pour les unités de type 2

P2 = 117,93 t

2.2. Masse des différents niveaux

La masse des différents niveaux sera sensiblement la même que pour la structure encastrée aux
différences près que :

- La masse des voiles est diminuée

178
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

- Celle des unités d’isolation et des poteaux du sous-sol est ajoutée

La masse du sous-sol sera alors égale à

Ms/sol = P1 + P2 + Pescalier + Ppoteaux

Ms/sol = 308,559 t

Niveau Terrasse 5ème 4ème 3ème 2ème 1er RDC S/sol


Masse totale (t) 1088,873 1097,64 1111,85 1141,94 1151,97 1151,97 1241,43 308,559
Tab.59 : Masse des différents niveaux, y compris sous-sol

La masse totale de la structure sera alors égale à

Mtot = 7985,68 t

3. Vérifications de la stabilité
3.1. Vérification à la torsion

Comme définie au chapitre précédent, la procédure pour la vérification à la torsion des unités
d’isolation se fait selon le règlement américain IBC pour ce, il sera nécessaire de prendre
conscience de l’excentricité accidentelle qui sera la même que la structure encastrée pour une
distance en plan maximale « D », à savoir

e = 0,05D

e = 1,615 m

L’on peut alors calculer le déplacement de calcul total qui sera égal à

DTD = DD (1 + )

DTD = 0,244 m

Et une rigidité à la torsion pour le système d’isolation égale à

KT = Keff (b²+d²)/12

KT = 36627,44 KN/m

Ce qui donne une rotation égale à

θ = Keff.D.e / KT

θ = 0,00042 m

179
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

Cette dernière donne un déplacement additionnel équivalent à

DA = θ y

DA = 0,00678 m

Soit un déplacement total égal à

DT = DD + DA

DT = 0,22 m

Si la rigidité à la torsion du système est calculée et que le déplacement additionnel dû au


chargement sismique à travers l’excentricité « e » s’avère inférieur aux déplacements totaux
donnés plus haut, alors cette valeur peut être utilisée mais doit être au moins égale à 1,1DD, soit

DT ≤ 1,1DD
0,22 m ≤ 0,234 m
Ce qui est vérifié
3.2. Vérification au flambement
Un appui en élastomère peut être susceptible de subir un flambement similaire à celui d’un
poteau ordinaire. Une analyse considérant l’appui comme étant un poteau peut être utilisée ;
cette analyse assume que les déformations sont dans un plan moyen de la section par rapport à
l’axe neutre supposé indéformable. La méthode de calcul fait le parallèle avec l’analyse
élastique linéaire du flambement d’Euler d’un poteau, toutefois, pour modéliser l’appui comme
étant une poutre continue, il est nécessaire d’apporter certaines modifications aux quantités
définies précédemment.

Fig.74 : Paramètres pour le calcul du flambement

180
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

L’appui est considéré comme étant un poteau de hauteur h et de section A, on peut alors définir
la rigidité au cisaillement par unité de longueur Ps = GAs. Où As est une zone de cisaillement
effective donnée par

As = A

La rigidité au flambement est similairement modifiée, de façon à ce que (EI)eff pour un pad
d’épaisseur « t » devienne EIS où

EIS = EC (1/3) I

En ces termes, la rigidité horizontale totale, KH, devient

KH = G
²

Et le flambement d’Euler pour un poteau sans déformations dû au cisaillement est

PE = π
²

La solution pour le chargement critique pour le flambement PCrit est donnée par l’équation

P² + PPS – PSPE = 0

Après différentes simplifications, l’on peut tirer

PS = GA

Et

!" #" ² $" "%


PCrit =

La pression critique, pcrit = PCrit/A peut être exprimée en termes de « S » et la quantité S2, définie
comme le ratio de l’aspect ou bien le second facteur de forme, défini comme S2 = a/tr

Dans le cas présent, l’on aura simplement besoin du facteur de sécurité SF, qui devra être
supérieur ou égal à 3 pour que les unités d’isolation soient considérées stables. On aura alors

√ '()²*
SF =
+

Avec
181
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

/
r = 2√-
0

La méthode exposée par James Kelly dans son ouvrage est bien plus détaillée, toutefois dans
un souci de lisibilité, l’on se limitera aux résultats suivants, pour les deux types d’unité
d’isolations choisies pour la structure.

(EI)eff EIS PS PE PCrit (MN) r SF


Type 1 12,283 17,738 0,705 689,205 31,104 2,984 4,665
Type 2 30,399 41,316 0,989 1684,565 38,63 3,644 4,688
Tab.60 : Données de la stabilité au flambement

Les facteurs de sécurité étant supérieurs à 3 pour les deux types d’isolation, il est possible de
considérer l’interface d’isolation comme étant stable.

3.3. Vérification de la stabilité de forme

La stabilité d’un isolateur est d’une importance cruciale pour le calcul d’un appui puisque le
chargement maximal va se produire au moment du déplacement maximal. En principe, une
analyse non-linéaire complexe est nécessaire pour prédire le comportement d’un appui sous la
combinaison du chargement vertical et du déplacement horizontal maximal. Toutefois il existe
des approximations d’états limites lorsqu’un isolateur est chargé.

Il sera nécessaire de procéder au calcul des quelques paramètres servant aux vérifications, à
commencer par la section réduite, Ar, qui sera égale, pour un plateau carré avec un côté B, à

Ar = B(B-D)

Cette zone réduite est facile à calculer pour un appui carré, mais l’est moins pour un appui
circulaire. Suivant les notations données dans la figure qui suit où θ est le demi-angle suspendu
à l’intersection du haut et du bas du cercle et ϕ = π/2 – θ, le déplacement D et la zone réduite
Ar sont donnés par

D = 2Rcos θ = 2Rsin θ

Et

Ar = 2R²(θ - sin θ cos θ) = 2R²(π/2 – ϕ – sin ϕ cos ϕ)

182
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

Fig.75 : Paramètres pour la stabilité de forme

Il est commode de prendre des valeurs adimensionnelles définies comme suit

d = D/2R et a = Ar / πR²

qui conduisent à

d = cos θ = sin ϕ

a = 2/π (θ - sin θ cos θ) = 1 - 2/π ϕ - 2/π sin ϕ cos ϕ

Une courbe résulte de la solution simultanée de ces deux équations, il existe alors des
approximations pour la valeur de « a » qui donnent des données de plus en plus véridiques pour
des valeurs supérieures du déplacement. L’ensemble de ces données se trouve dans l’ouvrage
de James Kelly cité précédemment.

Pour un appui circulaire, le déplacement critique DCrit est égal à 2RdCrit, ou dCrit est la valeur
de d qui conduit à

"
a=( )
"1 23

183
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

Pour de petites valeurs du chargement vertical « P » relatives au chargement critique non


déplaçable, l’approximation de « a » est valide. Un développement mathématique conduit alors
à l’équation

6' 8 "
dcrit = 1 − 5 $ 7 (" )8
1 23

L’ensemble des résultats obtenus peuvent alors être résumés dans le tableau suivant, pour les
deux types d’unités d’isolation.

d θ ϕ Ar a dCrit DCrit)
Type 1 0,410 0,350 0,091 0,820 0,779
65,825 24,175
Type 2 0,335 0,522 0,041 0,895 1,038
Tab.61 : Données de la stabilité de forme

3.4. Stabilité au renversement

Un appui d’isolation à la base, même si originellement stable sous son chargement de


conception, peut faire l’expérience d’une autre forme d’instabilité si connecté à des fondations
au-dessous et une superstructure au-dessus.

L’appui devient instable au-delà d’un certain déplacement limite dans le sens où la courbe
force-déplacement aura une courbe décroissante. L’équilibre du moment général par la force
latérale FH accumulée au chargement vertical P donne

P(b- δmax) = hFH

Où b est la largeur de l’appui. La relation entre la force latérale et le déplacement est montrée
dans la figure suivante, où il est pris FH = KHδ

δmax1/b = P/(P+KHh)

184
Chapitre 8 Procédure de Calcul des Unités d’Isolation

Fig.76 : Paramètres pour la stabilité au renversement

Si l’on prend alors KH dans sa valeur calculée précédemment pour une unité d’isolation de
deux types différents, et la pression p = P/A, il en résulte

δmax2/b = 1 / [1+(G/p)(h/tr)]

Si le déplacement latéral est inférieur à la plus grande dimension de l’appui, ce dernier peut
alors être considéré comme étant stable au renversement, ceci étant représenté par le rapport de
δmax sur la dimension b, si ce rapport est inférieur à 100%, la stabilité est alors de mise.

Les résultats obtenus pour les deux types d’isolation sont alors comme suit.

δmax1 δmax2 δmax/b


Type 1 0,9499 0,8591 0,9043
Type 2 1,1599 1,0356 0,8928
Tab.62 : Données de la stabilité au renversement

185
Chapitre 9

Analyse Dynamique de la Structure


Chapitre 9 Analyse Dynamique de la Structure

Comme il a été précisé précédemment, l’analyse modale et sismique de la structure se fera


suivant la méthode exposée par James Kelly, elle-même usant de l’International Building Code
pour arriver à des résultats dans le respect du règlement.

Toutefois, avant d’arriver à cette analyse, il sera nécessaire de calculer les caractéristiques de
la structure encastrée, c’est-à-dire avant l’implantation du système d’isolation.

1. Paramètres de la structure encastrée

Les données de la structure encastrée serviront à l’analyse modale de la même structure isolée,
ainsi, une analyse similaire à celle faite en PARTIE 1 pour les voiles a été opérée et ce à l’aide
de la méthode Muto pour le calcul des rigidités et de la méthode Stodola pour les valeurs
propres.

L’on retiendra alors la matrice de rigidité des portiques [K] en KN/m

1212534,41 −231888,844 0 0 0 0
−231888,844 463777,687 −231888,844 0 0 0
0 −231888,844 463777,687 −231888,844 0 0
0 0 −231888,844 463777,687 −231888,844 0
0 0 0 −231888,844 463777,687 −231888,844
0 0 0 0 −231888,844 231888,844

La matrice [M], en tonnes, qui sera diminuée du poids des voiles sera donnée par

1151,973 0 0 0 0 0
0 1151,973 0 0 0 0
0 0 1141,942 0 0 0
0 0 0 1111,848 0 0
[M]=
0 0 0 0 1097,644 0
0 0 0 0 0 1088,873

Ce qui donne, à travers la méthode Stodola, le premier mode propre {Ø1} qui sera de la forme

0,0656
0,338
0,584
0,784
{Ø1}=
0,927
1

Et qui a les valeurs propres suivantes

TS = 1,58 s

ωS = 3,95 rad/s

186
Chapitre 9 Analyse Dynamique de la Structure

Toutes ces données seront bien évidemment nécessaires à l’analyse de la structure isolée et ce,
à travers le facteur de participation L1 et la masse modale M1 de la structure encastrée donnés
en chapitre 7 et qui sont égaux à

L1 = = 0,00746

M1 = ϕ1T M ϕ1 = 3195,771 t

L’on aura alors le ratio massique γ1 équivalent à

γ1 =
" ²
$%$&
= 2,215.10-5

2. Analyse de l’interface d’isolation

L’analyse de l’interface d’isolation consiste à calculer le déplacement maximal à son niveau à


travers

Umax = SA(ωb ;βb) / ωb²

La pulsation propre du niveau d’isolation sera égale à

ω b ² = kb / M

ωb² = 5,698 rad/s

Donnant une période propre

Tb = 2π / ωb

Tb = 2,64 s

Pour le calcul du déplacement, l’on se réfèrera au RPA99 pour l’obtention du spectre


d’accélération, à travers la formule

SA/g = 2,5η(1,25A* +-. + /0 .


, /

Pour laquelle T2 ≤ 45 ≤ 3.0s et où T2 est une période caractéristique du sol. L’ensemble des
facteurs présents dans la formule seront les mêmes que pour la structure encastrée en voiles,
hormis le facteur de comportement R qui sera, comme précisé précédemment, égal à 1
(Eurocode 8).

187
Chapitre 9 Analyse Dynamique de la Structure

Ce qui donne

SA/g = 2,5 × 0,764(1,25 × 0,4* + . + .


9,9 :,;
9 2,<;

SA/g = 0,299

Le rapport SA/g n’était pas présent dans la formule et ne servant qu’à exprimer l’accélération
du sol en fonction de « g », il sera donc multiplié par la valeur de « g » pour donner

SA = 2,93 m/s²

Soit au final un déplacement maximal égal à

Umax = 2,93 / 5,698

Umax = 0,515 m = 51,5 cm

Ce résultat est à comparer avec la valeur du déplacement maximal calculé selon l’IBC, DM, qui
est égal à 0,53 m, soit une valeur supérieure à celle obtenue ici qui ne risque nullement d’être
dépassée.

L’effort tranchant maximal au-dessous de l’interface d’isolation peut alors être exprimé par la
formule

Fb = Umax kb

Fb = 0,515.44853,3

Fb = 23093,58 KN

3. Analyse de la superstructure

Le calcul des déplacements des différents niveaux peut alors se faire suivant la formule v = q1
ϕ1 dans laquelle q1 est égal à

|q1|max = = +
>²? ²@A ²(BC ,DC * >²? ²@A ²(BG ,DG *
BC E BG E

Et où ε est égal au rapport ωb² / ωs², ce qui donne ε = 0,36. Le spectre d’accélération pour la
superstructure sera quant à lui donné, comme précédemment, par la formule

Sa/g = 2,5η(1,25A* +-. + /0 .


, /

Pour laquelle T2 ≤ 45 ≤ 3.0s. Ce qui donne

188
Chapitre 9 Analyse Dynamique de la Structure

SA/g = 2,5 × 0,935(1,25 × 0,4* + . + .


9,9 :,;
9 2,<;

SA/g = 0,513

Le rapport SA/g n’était pas présent dans la formule et ne servant qu’à exprimer l’accélération
du sol en fonction de « g », il sera donc multiplié par la valeur de « g » pour donner

SA = 5,03 m/s²

Ce qui donne

|q1|max = 0,00165

Le vecteur déplacement de la superstructure, relatif au déplacement de la dalle du RDC, soit à


celui de l’interface d’isolation précédemment calculé, peut alors être exprimé comme suit.

0,00011
0,00055
0,00096
0,00129
v = q1 ϕ1 = mètres
0,00152
0,00165

L’on peut remarquer que le déplacement maximal se trouve au niveau de la terrasse et a pour
valeur 1,65 mm. Si l’on compare au déplacement du 5ème niveau, le déplacement inter-étage est
alors égal à 0,1 mm.

Pour une structure isolée, la distribution des forces de cisaillement devrait être donnée par
l’allure du premier mode isolé, soit le vecteur {1, εL1ϕ1}T ce qui nous donne le mode propre
avec l’allure suivante

1
0,0001782
0,0009179
1
M 0,0015863
IJK LK
0,0021325
{ϕ1}=H =

0,0025187
0,0027184

Le calcul des forces induites aux différents niveaux et des efforts tranchants qui s’en traduisent
se fait alors selon la méthode précédemment citée, dans laquelle James Kelly évoque une
distribution quasi-uniforme des forces. Il sera alors nécessaire de calculer le coefficient de
cisaillement à la base qui est égal à

189
Chapitre 9 Analyse Dynamique de la Structure

=OP ²(QR , SR * + (1 − T*²U²OP ²(QV , SV *


? N
N
Cs =

Cs = 9,13.10-5

Ce qui donne un effort tranchant maximal au-dessus de l’interface d’isolation, soit à la base
de la superstructure, égal à

V = CS W

V = 7,05 KN

Il est alors possible de répartir l’effort tranchant obtenu aux différents niveaux suivant la
formule Fx = CVxV où

Z
WX YX
Z
∑ WX YX
CVx =

Les forces Fx à chaque niveau « x » donnent alors les efforts tranchants Vx et les moments
fléchissants Mx selon le niveau, le tout peut être résumé dans le tableau suivant

Wx (KN) hx (m) Wx h x CVx Fx (KN) Vx (KN) Mx (KN.m)


RDC 11058,645 4,8 254791,179 0,143 1,01 7,05 0
1er 11300,855 4,8 260371,691 0,146 1,032 6,04 4,952
2ème 11300,855 4,8 260371,691 0,146 1,032 5,01 9,904
3ème 11202,45 4,8 258104,438 0,145 1,023 3,98 14,728
4ème 10907,234 4,8 251302,678 0,141 0,995 2,95 19,119
5ème 10767,893 4,8 248092,25 0,139 0,983 1,96 23,594
Terrasse 10681,84 4,8 246109,599 0,138 0,975 0,98 28,087
Tab.63 : Distribution des efforts sismiques sur les différents niveaux

La somme des moments au niveau du RDC est égale à 100,385 KN.m

190
Chapitre 9 Analyse Dynamique de la Structure

Fig.77 : Paramètres pour la distribution des forces horizontales

4. Répartition des efforts dans les portiques

Il est intéressant alors de démontrer l’importance quasi-inexistante des efforts induits par le
séisme dans les différents éléments de la superstructure. La méthode de Muto peut encore une
fois être utilisée pour répartir les forces obtenues dans les différents éléments des portiques.

La méthode consiste à répartir les efforts au prorata de la rigidité des portiques, selon la formule
suivante

\X ]^
∑ ]^
Fi =

L’on rappelle la rigidité des différents portiques définis en Annexe « 2 » comme suit

KA-A = 33360,9 KN/m

KB-B = 49632 KN/m

KC-C = 65903,1 KN/m

191
Chapitre 9 Analyse Dynamique de la Structure

Ce qui donne les résultats suivants, représentant les forces et efforts tranchants revenant aux
différents portiques selon le niveau considéré en KN.

NB : Il existe deux portiques A-A et B-B dans chacun des deux sens de calcul, qui sont toujours
les mêmes comme dans les cas précédents.

FA-A FB-B FC-C VA-A VB-B VC-C


Terrasse 0,140302 0,20873 0,27716 0,140302 0,20873 0,27716
5ème 0,141432 0,21041 0,27939 0,281734 0,41914 0,55656
4ème 0,143263 0,21314 0,28301 0,424997 0,63228 0,83957
3ème 0,14714 0,2189 0,29067 0,572137 0,85119 1,13023
2ème 0,148433 0,22083 0,29322 0,72057 1,07201 1,42346
1er 0,148433 0,22083 0,29322 0,869002 1,29284 1,71668
RDC 0,145251 0,21609 0,28694 1,014254 1,50894 2,00362
Tab.64 : Distribution des forces et efforts tranchants sur les différents portiques

Il est alors évident que les forces et efforts tranchants soumis aux différents portiques sont de
très petites valeurs, qui seront d’autant plus diminuées quand réparties sur les poteaux.

L’exemple de calcul qui suit démontre ce fait à travers la répartition des efforts tranchants au
RDC aux poteaux et ce, au portique C-C, qui comporte 5 poteaux, selon la formule suivante

]_ `Z
∑ a]_ `Z
Vi = V

Kp aj Kp aj V ∑aj Kpot Vi (KN)


1 0,050312 0,000456 0,2597855
2 0,095804 0,0008682 0,4946825
3 0,0090626 0,095804 0,0008682 2,0036186 0,0035166 0,4946825
4 0,095804 0,0008682 0,4946825
5 0,050312 0,000456 0,2597855
Tab.65 : Distribution d’efforts sur les poteaux du portique C-C

L’effort horizontal maximal a une valeur de 0,495 KN au bas des poteaux centraux du portique
C-C, une valeur qui n’a nullement besoin d’être incluse dans le calcul du ferraillage des poteaux
qui restera donc le même qu’en PARTIE 1.

5. Calculs réglementaires

Le règlement américain, l’International Building Code, ayant été utilisé tout au long du
dimensionnement et de l’étude des isolateurs. Il a été décidé de s’orienter vers l’Eurocode 8, au
chapitre 15, pour le calcul sismique de la structure isolée, qui y est bien plus simple à effectuer.

192
Chapitre 9 Analyse Dynamique de la Structure

Toutefois, au travers des nombreuses méthodes de calculs, présentées au Chapitre 2, aucune


n’est applicable pour le bloc hospitalier étudié en cause des restrictions concernant la période
et/ou la rigidité de l’interface d’isolation, ce qui nous a contraints à s’orienter vers la méthode
chronologique exposée par l’Eurocode. Cette méthode, semblable à celle de l’accélérogramme
du RPA99, sera donc utilisée de la même manière à travers la méthode d’intégration pas à pas
de Newmark.

Le programme informatique utilisé sur le logiciel Matlab sera sensiblement le même que pour
la structure encastrée (Chapitre 3). L’introduction des données pratiques de l’étude, à savoir les
matrices M, K et C, se fait selon la théorie linéaire de James Kelly et son extension à plusieurs
degrés de liberté. Le programme nécessaire à l’analyse peut être vu en Annexe « 6 ».

En ce qui concerne les enregistrements de séisme utilisés pour la réponse de la structure isolée,
il a été utilisé les quatre séismes suivants :

- Boumerdes (Algérie), séisme du 21 Mai 2003.


- Imperial Valley (USA) séisme du 15 Octobre 1979.
- Kobe (Japan) séisme du 16 Janvier 1995.
- Northridge (USA) séisme du 17 Janvier 1994.

Ceci étant dû principalement au fait que l’Eurocode exige au moins trois enregistrements pour
son analyse chronologique ; en outre, les résultats qui seront obtenus par les différents séismes
pourront alors être comparés.

5.1. Résultats en accélérations

Suite aux différentes analyses opérées, avec pour changement l’accélérogramme du séisme à
chaque fois, les accélérations obtenues dans tous les cas sont inférieures à 0,1g pour les
différents degrés de liberté et d’une valeur proche de celle maximale du séisme pour l’interface
d’isolation.

Ceci peut être notamment vu dans le graphe suivant représentant la réponse de la structure en
accélérations au séisme de Kobe. L’accélération de l’interface d’isolation y est représentée en
couleur bleue alors que les différents étages sont en rouge.

Ces accélérations reflètent alors de façon bien précise le confort qui peut être ressenti par les
occupants, qui sont principalement touchés par l’accélération d’un niveau.

193
Chapitre 9 Analyse Dynamique de la Structure

Fig.78 : Accélération des différents niveaux au séisme de Kobe

5.2. Résultats en déplacements

Les déplacements ont quant à eux posé un souci, et ce en réponse au séisme de Boumerdès en
2003. Les déplacements y sont en effet de l’ordre de 2 cm à l’interface d’isolation, ce qui n’était
bien évidemment pas logique, mais qui a tout de même été pris en considération dans les
résultats, en opérant une comparaison avec d’autres enregistrements.

Ainsi, les résultats en déplacements des différents niveaux sont à l’image de l’analyse modale
pour laquelle des déplacements inter-étages quasi inexistants pouvaient être vus relativement à
un déplacement à la base important, mais toujours inférieur à la valeur du déplacement de calcul
pour lequel les unités d’isolation ont été dimensionnées.

Les niveaux supérieurs ont alors des déplacements relatifs à celui de la base d’environs 2 mm
à la terrasse, avec des déplacements inter-étages de l’ordre de 0,5 mm, comme pour l’analyse
modale opérée plus haut.

Sur le graphe suivant représentant la réponse de la structure au séisme d’Imperial Valley, un


déplacement maximal d’environ 18 cm peut être observé à l’interface d’isolation (en bleu) en
comparaison avec des déplacements bien plus petits aux niveaux supérieurs.

194
Chapitre 9 Analyse Dynamique de la Structure

Fig. 79 : Déplacements des différents niveaux au séisme d’Imperial Valley

La synthèse des résultats obtenus peut alors se faire suivant les tableaux suivants, pour
l’interface d’isolation et la superstructure respectivement, en termes d’accélérations et de
déplacements maximaux, et ce pour les différents enregistrements utilisés.

- Interface d’isolation

Kobe Imperial Valley Northridge Boumerdes


Accélération (m/s²) 3,85 3,99 3,98 4,08
Déplacement (cm) 13,2 18,9 16,7 2,4
Tab.66 : Réponse de l’interface d’isolation
- Superstructure

Kobe Imperial Valley Northridge Boumerdes


Accélération (m/s²) 0,62 0,7 0,68 0,64
Déplacement (cm) 0,28 0,29 0,29 0,035
Tab.67 : Réponse de la superstructure

L’on remarque alors, que ce soit pour la superstructure ou bien l’interface d’isolation, que les
valeurs obtenues, mis à part pour le séisme de Boumerdès, sont toutes sensiblement semblables
et reflètent le comportement attendu par la structure.

195
Chapitre 10

Etude de l’Infrastructure
Chapitre 10 Etude de l’Infrastructure

Les fondations sont représentées par la partie inférieure à la superstructure reposant sur un sol
d’assise auxquelles sont transmises les charges verticales induites par le poids propre de la
structure. Elles forment donc une partie essentielle de l’ouvrage et, dans une structure encastrée
conventionnelle, représentent l’encrage de cette dernière au sol ; ce qui n’est pas le cas ici.

1. Critères de choix et types de fondations

Suite à une étude géotechnique le choix d’un type de fondation se fait selon le type et la
consistance du sol d’assise de la structure, mais aussi son poids.

Dans le cas le plus général, un élément déterminé de la structure peut transmettre à sa


fondation :

- Un effort normal centré dont il convient de connaître les valeurs extrêmes.


- Une force horizontale résultant, par exemple, de l’action du vent ou du séisme, qui
peut être variable en grandeur et en direction.
- Un moment qui peut être de grandeur variable et s’exercer dans des plans différents.
Compte tenu de ces sollicitations, la conception générale des fondations doit assurer la
cohérence du projet vis-à-vis du site, du sol, de l’ouvrage et interaction sol-structure.

Le choix du type de fondation se portera sur un radier général, qui est défini comme étant une
dalle pleine en béton armé renversée, il en existe quatre types :

• Radier dalle (peu utilisé)


• Radier avec nervures (le plus courant)
• Radier champignon sous poteaux (très peu utilisé)
• Radier voûte (rarement utilisé)

Le choix se fait sur la base des données de la structure et de son implantation. Pas de semelles
isolées possibles étant donné un souci de chevauchement vérifié au préalable.

Un radier avec nervures représenterait une option plus économique mais pas forcément
adéquate pour les raisons suivantes :

- Pour des nervures vers le haut, la raison principale étant l’exploitation du sous-sol par
le personnel de maintenance des unités d’isolation, le sous-sol devra donc rester
accessible et facile d’accès pour permettre une meilleure maintenance des isolateurs

196
Chapitre 10 Etude de l’Infrastructure

- Pour des nervures vers le bas, cela représenterait de plus grandes considérations sur
chantier d’autant plus que leur réalisation devrait s’avérer très difficile et nécessitant
des moyens économiques et humains supplémentaires

Pour ces raisons le choix se fera pour un radier général en dalle renversée appuyée sur les
poteaux.

2. Dimensionnement du radier

Le dimensionnement du radier se fait selon quatre conditions principales concernant la raideur


du radier, sa résistance au cisaillement, au poinçonnement et une dernière forfaitaire qui est la
même que pour une dalle pleine.

Toutefois il sera nécessaire avant tout de calculer la surface nécessaire au radier selon le poids
total qu’il supporte. Ce dernier est représenté par la somme des efforts normaux des 19 poteaux
de la structure, soit le poids de la structure lui-même.

La surface nécessaire au radier est calculée à travers la condition suivante

σmax ≤ σsol

N / Snec ≤ σsol

Snec ≥ N / σsol

L’effort normal « N », comme dit plus haut, sera représenté par le poids total de la
superstructure, comprenant celui du sous-sol, soit

N = 81366,5 KN

La contrainte du sol sera quant à elle prise égale à 2,3 bars, soit 230 KN, ce qui correspond à la
contrainte d’un sol ferme.

Il est alors possible de calculer la surface nécessaire du radier, qui sera égale à

Snec ≥ 353,767 m²

Une surface nettement inférieure à la surface totale de la structure égale à 768 m².

2.1. Condition forfaitaire

Comme pour les dalles, pleines, la condition forfaitaire pour le pré dimensionnement du radier
est fonction de la portée maximale Lmax entre axes de deux poteaux, ce qui donne

197
Chapitre 10 Etude de l’Infrastructure

L L
≤h ≤
25 20

0,32 ≤ h ≤ 0,4

Ce qui donne une hauteur du radier h1 = 0,4 m

2.2. Condition de la raideur

La condition de la raideur est donnée par la formule suivante

Lmax = P/2 Le

Avec

Le = Longueur élastique =

Lmax = Longueur maximale de la bande considérée

E = Module d’élasticité du béton

B = Largeur de la section de la bande considérée = 1 m

Ks = Coefficient de raideur du sol = 40 MN/m3

I = Moment d’inertie de la section de la travée considérée = bh3/12

Ce qui donne une hauteur du radier h2 = 1,309 m

2.3. Condition du cisaillement

Pour cette condition, il est nécessaire de vérifier

Tu
τu = ≤ τ u = Min(0,1 f c 28 ;4MPa ) = 2,5MPa
bd

Avec

Tu = q.L / 2

Et

q = (Nu / Srad).1ml

Ce qui donne une hauteur du radier h3 = 0,29 m

198
Chapitre 10 Etude de l’Infrastructure

2.4. Condition au poinçonnement

Le radier doit être suffisamment épais pour résister aux contraintes de cisaillement dû au
poinçonnement des poteaux sur la surface de la plaque, ce qui se traduit par la condition suivante

NU ≤ 0,045.UC.fc28

UC = 2[(a+b)+h]

a = b = côté du poteau

NU = Effort normal maximal d’un poteau = 14 MN

Ce qui donne une hauteur du radier h4 = 1,02 m

Conclusion

ht ≥ max (h1;h2;h3,h4) = 1,31 m

On prend ht = 1,31 m

3. Vérification de la stabilité du radier

Il est important d'assurer la stabilité au renversement l’ouvrage face aux efforts horizontaux
Ms
induits par le séisme. C’est ainsi que le rapport doit être supérieur au coefficient de sécurité
MR
qui est égal à 1,5 ;

Avec

Ms : Moment stabilisant sous l'effet du poids propre.

MR : Moment de renversement dû aux forces sismique.

3.1. Moment de renversement MR

MR = ∑ Mo+ V0h

Avec :

M0 = Moment à la base de la structure.

V0 = L'effort tranchant à la base de la structure

199
Chapitre 10 Etude de l’Infrastructure

h = Ancrage de l'ouvrage = h radier = 1,3 m

∑ Mo = 0

V0h = 30021,65 KN.m

MR = 30021,65 KN.m

3.2. Moment stabilisant Ms

La seule action qui stabilise le bâtiment contre le renversement est celle qui est dû au poids de
l'ouvrage

Ms= N.XG

N = NG + NQ

Avec

XG = Centre de gravité du radier = YG = 16 m

NG = NG superstructure + NG radier

NQ = NQ superstructure

Le poids propre du radier est ici estimé à

NG radier = ht.Spanneau.Nbpanneaux.ρbéton.g

NG radier = 1,3.64.12.2,5.9,81

NG radier = 24485,76 KN

Ce qui donne :

N = 105852,28 KN

Et

Ms= 1698636,4 KN.m

3.3. Vérification

= 56,41 > 1,5

200
Chapitre 10 Etude de l’Infrastructure

4. Calcul des contraintes

Le calcul des contraintes revenant au radier se fait suivant les formules classiques de la
résistance des matériaux et devront par la suite vérifier certaines conditions. Pour cela, il sera
nécessaire de calculer l’inertie du radier par rapport à son centre de gravité et ce, en appliquant
le théorème de Huygens ; ce qui donne, dans les deux sens I = 101926,68 m4.

Il existe alors deux sollicitations différentes au niveau du radier, l’une faisant intervenir le
moment de renversement, et l’autre non.

4.1. Sollicitations du premier ordre


N ser 105852,277
σ ser = = = 137,83KN / m 2
S rad 768

σ ser = 137 ,83 KN / m 2 < σ sol = 230 KN / m 2

4.2. Sollicitation du second ordre


Les contraintes sous le radier (σ1 ; σ2) doivent être vérifiées et sont égales à

N M h
σ1 = + × t
S rad I 2
N M h
σ2 = − × t
S rad I 2

Ce qui se traduit par une valeur de σ1 qui ne doit pas dépasser 1,5σsol et une autre pour σ2 qui
restera toujours positive pour éviter des tractions sous le radier.

La contrainte au ¼ de la longueur, quant à elle, devra rester inférieure à 1,33 σsol et est égale à

 L 3σ 1 + σ 2
σ  =
4 4

Fig.78 : Contraintes sous le radier

201
Chapitre 10 Etude de l’Infrastructure

Les contraintes totales sous le radier ainsi que les vérifications les concernant peuvent alors être
résumées comme suit, à l’ELU et à l’ELS.

σ1 σ2 σ (L/4)
ELS 138,02 137,64 137,83
ELU 147,60 147,22 147,51
Vérification σ1 ≤ 1,5σsol σ2 ≥ 0 σ (L/4) ≤ 1,33σsol
Tab.68 : Calcul des contraintes et leurs vérifications

Les contraintes étant vérifiées dans tous les cas, aucun risque de soulèvement n’existera au sein
de la structure. Le ferraillage du radier sera alors calculé sous ses sollicitations maximales.

5. Ferraillage du radier

Le radier fonctionnant comme un plancher inversé dont les appuis sont les poteaux, sera donc
ferraillé comme une dalle pleine inversée à plusieurs panneaux. La procédure utilisée pour le
ferraillage des dalles pleines sera donc la même qui sera utilisée ici à la différence près que le
chargement utilisé pour le ferraillage sera représenté par les valeurs de la contrainte sous le
radier.

Les panneaux de « dalle » étant les mêmes que pour les planchers, le calcul sera mené suivant
la méthode exacte exposée au chapitre 5, PARTIE 1. Le calcul est alors mené en flexion simple
pour aboutir à une section d’acier pour chaque partie du panneau de rive, qui est le plus sollicité
comme pour les dalles, tel présenté en Annexe « 1 ».

μbu μlu Pivot A’u α z Au Aadopté


Bande centrale 0,01 0,22 A 0 0,012 1,172 6,277 6T12
Bande continue 0,006 0,188 A 0 0,007 1,175 3,941 8T8
Bande de rive 0,004 0,188 A 0 0,004 1,176 2,362 6T8
Tab.67 : Ferraillage du radier en flexion simple

Vérifications :

Le CBA93 apporte en plus quelques prescriptions concernant le ferraillage minimal, la


condition de non fragilité ainsi que l’espacement entre les barres. Ces conditions devront
vérifier ceci

Au ≥ ACNF

202
Chapitre 10 Etude de l’Infrastructure

Ainsi le pourcentage minimal d’aciers dans une dalle de bande de un mètre et de hauteur « h »
selon la condition de non fragilité, et ce pour des barres de classe Fe E 400, devra correspondre
à

f t 28
ACNF = 0,23bd = 19,63cm 2
fe

La condition ci-dessus n’est donc pas vérifiée, il sera alors pris comme section d’aciers pour
ces bandes celle minimale calculée précédemment. Ceci correspond à 4 barres de 25 mm au
niveau de toutes les bandes du radier.

Enfin, l’écartement minimal des armatures d’une même nappe (CBA93 A.7.2.4.2) ne doit pas
dépasser, pour des charges réparties seulement et la direction de calcul la plus sollicitée, la
valeur

St ≤ min (3 h ; 33 cm) = 33 cm

N.B : L’ensemble des schémas de ferraillages peuvent être vus en annexe « 9 ».

203
Conclusion
En définitive, cette partie du travail aura été, certes la plus éprouvante, mais aussi la plus
enrichissante. Ainsi, il a souvent fallu se surpasser afin d’arriver à des résultats qui
paraissaient toujours paradoxaux les uns les autres. N’étant pas habitués à des structures
isolées à la base, il était alors curieux de constater les différences qui peuvent exister avec une
structure conventionnelle.

En effet, il a été remarqué plusieurs points importants qui sont :

- La phase de calcul et de pré dimensionnement des unités d’isolation est certainement


la plus complexe et la plus rude à réaliser, surtout en l’absence de prototype d’essai
qui auraient permis d’avoir des résultats rapides et faciles à comparer.
- Le système d’isolation sismique permet de diminuer de façon très significative les
efforts sismiques transmis à la structure, les forces induites aux différents niveaux
étant de l’ordre de 1 KN.
- La structure à un déplacement total, relatif au sol, d’environ 50 cm. La flexibilité de
l’interface d’isolation étant à l’origine de cette liberté de mouvement accrue.
- La stabilité du radier se voit augmentée étant donné l’absence de moments fléchissants
provenants de la structure. La distribution des contraintes en dessous s’en voit alors
uniformisée.

Cette partie du travail nous aura alors permis d’apprendre et de tester de nouvelles méthodes
de calculs et souvent, de fortifier les connaissances déjà acquises. L’isolation sismique est un
domaine vaste et qui demande à être enrichi, ce travail n’est qu’une application de méthodes
de calcul pré existantes. De nombreux chercheurs à travers le monde se penchent encore sur
ce domaine qui est représenté par des bases théoriques très simplistes et donc très attrayantes.

Il est toutefois dommage de constater l’absence de méthodes de calcul concernant l’isolation


sismique dans le règlement parasismique algérien (RPA99) ; la technologie n’étant certes pas
très développée en Algérie, mais il serait judicieux d’inclure quelques notions de calculs
préliminaires au sein du règlement en question, ou tout au moins dans le corps de modules
universitaires profitant réellement aux futures générations accompagnant inéluctablement
l’expansion de cette technologie en Algérie.

204
Conclusion Générale
Dans les sociétés contemporaines, on éprouve de plus en plus un sentiment de sécurité
envers les ouvrages dans lesquels elle vit et travaille. Ce sentiment résulte du fait qu'une
grande part des risques susceptibles d'affecter les ouvrages ont été correctement anticipés et
traités par les technologues ; les règles employées pour la conception et la construction
assurant le plus souvent une sécurité effective.
Il demeure toutefois que certains risques ne sont effectivement perçus que lorsque surviennent
des accidents ou des défaillances spectaculaires avec un large retentissement ; cela est de
nature à rappeler que les ingénieurs et technologues ne sont naturellement pas infaillibles et
que ces phénomènes spectaculaires peuvent affecter aussi bien des ouvrages anciens que des
ouvrages neufs.

C’est à ce titre qu’il faut considérer que les connaissances, en particulier dans le génie
parasismique, n'ont cessé de croître depuis plusieurs décennies, grâce au retour d'expérience
de séismes passés, de campagnes expérimentales et de l'amélioration des moyens numériques.
Les séismes sont à cet égard des révélateurs des bonnes ou mauvaises pratiques qui couvrent
toutes les étapes de la conception à la réalisation. Le respect des bonnes pratiques et des règles
de l’art est un élément important dans la tenue des ouvrages aux séismes ; autrement dit, tout
manquement aux prescriptions en termes de conception et/ou mise en œuvre est une quasi-
assurance d’un très mauvais comportement sismique. Il se trouve qu’en zone sismique, les
structures doivent être conçues et construites de sorte que les exigences respectives de
non-effondrement et de limitation des dommages soient respectées, chacune avec un degré de
fiabilité adéquate. Ces exigences revêtent un caractère tout particulier en milieu hospitalier ;
dans le cas présentement étudié dans ce mémoire, représenté par un bloc hospitalier ;
l’importance vitale devant assurer le comportement irréprochable de la structure durant toute
sa durée de vie implique la prise en compte de facteurs à la fois techniques et
environnementaux.

Le choix de l’objet d’étude concerne donc un Bloc hospitalier faisant partie intégrante d’un
Centre Hospitalo-Universitaire ; il s’agit d’une structure composée d’un rez-de chaussée
(RDC), de cinq étages courants (EC) et d’une terrasse inaccessible (TI). Les hauteurs d’étages
sont constantes pour tous les niveaux, y compris le sous-sol ; ces mêmes hauteurs sont
justifiées par le besoin de réservations pour les différents réseaux et canalisations suspendus à
tous les niveaux, couverts par un faux plafond et considérés dans le poids des différents
planchers.
205
L’analyse s’est effectuée en deux parties distinctes chacune comportant cinq chapitres dans
une logique de continuité méthodologique ; la partie 2 se veut en particulier être considérée
comme alternative en comparaison aux limites objectives contenues dans la partie 1.

La Partie 1 a porté sur les considérations et soubassements théoriques relatifs au


Contreventement par voiles porteurs. Cinq chapitres ont fait l’objet d’un état des lieux en
matière d’investigations expérimentales et numériques, ainsi qu’en termes de caractéristiques
propres au contreventement.

Ainsi après avoir procédé (chapitre 1) à passer en revue les fondamentaux sur la structure et
les matériaux, des calculs préliminaires (en chapitre 2) ont été exposés et comprennent
respectivement la descente de charges sur les poteaux, le pré-dimensionnement des éléments
ainsi que le calcul du poids total de la structure et des caractéristiques géométriques de cette
dernière. Aux fins des différents calculs qui ont été opérés, ont été utilisées comme références
les Règles de Conception et de Calcul des Structures en Béton Armé (CBA 93), les plans
architecturaux définissant les charges découlant des dimensions données ainsi que les Règles
Parasismiques Algériennes (RPA 99) ; les précautions ont pris en compte aussi bien l’aspect
sécuritaire qu’économique.

Le chapitre 3, lui, a été focalisé sur l’analyse modale et sismique de la structure. Il a été ainsi
rappelé qu’une structure, dans sa durée de vie et sous son propre chargement (masses), a des
modes de déplacement devant être définis dans l’optique d’en faire un élément aidant à
l’obtention des forces imposées par un facteur extérieur tel qu’un séisme. C’est sur cette base
qu’un calcul modal de la structure doit être fait afin de définir des valeurs propres
correspondant à la dynamique même de la structure. Ces valeurs propres s’affirment comme
un laisser-passer vers l’étude sismique correspondant aux normes (pour le cas de l’Algérie,
Règles Parasismiques Algériennes RPA99) et permettant, en plus de prendre en considération
le facteur sismique dans la durée de vie du bâtiment, de définir les différents déplacements et
forces imposées par le séisme. Cela étant, le calcul, qu’il soit modal ou sismique, se déroule
pour une seule direction étant donné la symétrie des inerties dans les deux directions
principales de la structure.

En chapitre 4, compte tenu des efforts sismiques préalablement obtenus, la transmission des
efforts vers les différents éléments de la structure a ainsi été entamée. Ces efforts transmis ont
été combinés selon les prescriptions des différents états limites de calcul ainsi que celles du
règlement parasismique algérien qui fait intervenir l’effort sismique calculé comme étant une
206
action accidentelle. Faut-il souligner que tout comme pour le calcul des caractéristiques
géométriques de la structure, la transmission des efforts horizontaux sur les voiles s’est faite
selon la méthode de Marius Divers. Ceci a permis au final de déterminer les différentes
sollicitations sur les voiles comprenant les efforts normaux, tranchants et les moments
fléchissant. Le principe de la méthode consiste en la transmission équivalente, selon les
inerties, aux voiles. Le point d’application des efforts horizontaux à chaque niveau a été le
centre de gravité de ce dernier ; ces efforts sont alors transmis au centre de torsion puis aux
voiles. Il sera alors nécessaire de faire correspondre le centre de masse avec le centre de
torsion afin d’éviter la création d’efforts de torsion dus à une trop grande excentricité entre
ces derniers.

Enfin en chapitre 5, il convient de montrer que tenant compte des différents efforts et
sollicitations ainsi associés à chacun des éléments, leur ferraillage devient possible. Le
principe consiste en l’application des méthodes de calcul basées sur la philosophie des états
limites et servant à définir des sections d’acier totales dans les sections des différents
éléments, ces dernières étant primordiales à la reprise des efforts imposés. En tout état de
cause, il a été rappelé que les sections d’aciers doivent être conformes à des normes définies
par les différents règlements de construction, et prescrivant en outre les ferraillages minimaux
et maximaux ainsi que quelques dispositions constructives exposées du reste dans le corps du
travail. Il est également utile de souligner que l’association de ces aciers au béton constitue le
matériau « béton armé », les méthodes de calcul utilisées découlant bien évidemment de la
philosophie des états limites et lois de la résistance des matériaux, ainsi que des différents
procédés de calcul et de dimensionnement des éléments de base d’une structure (Cf. Jean
Perchat et Jean Roux « Pratique du BAEL 91 »).

La Partie 2, portant sur un Contreventement par isolation sismique, a pour ambition de


situer en quoi ce type de contreventement est pensé dans une optique de plus grands sécurité
et confort des usagers. De manière très sommaire, cela consiste en la suppression des voiles
pour les remplacer par des isolateurs implantés entre l’infrastructure et la superstructure : il
s’agit d’une démarche effectivement novatrice applicable à la structure et inscrite dans une
quête d’optimisation du système de contreventement.

Articulée autour de cinq chapitres, cette partie a d’emblée fait apparaitre (chapitre 6) en quoi
l’isolation à la base est une technologie relativement nouvelle permettant de réduire l’effort
207
sismique induit par un tremblement de terre dans une structure. De ce fait, les contraintes
transmises à la structure sont significativement amoindries ; ceci est possible en diminuant la
période propre du système permettant au bâtiment de se déplacer. En chapitre 7, il est rappelé
que l’isolation sismique de par sa nouveauté en tant que technologie mais aussi sa simplicité
d’accès étant donné son principe basique, a fait que de nombreux chercheurs et scientifiques
se sont attelés à théoriser différentes étapes de calcul la concernant. Ainsi, et s’inspirant des
travaux de James Kelly, sont examinées des méthodes de calcul utilisées pour le pré
dimensionnement, le calcul dynamique et l’étude sismique du bloc hospitalier isolé à sa base
par des isolateurs choisis précédemment.

Le chapitre 8, lui, a été consacré au Pré dimensionnement des deux types d’unités d’isolation
pour le bloc hospitalier et cela, pour correspondre aux différents poids propres des poteaux. Il
a ainsi été effectué le calcul des caractéristiques mécaniques et physiques des différents
isolateurs puis de la structure, en prenant pour référence les unités prédéfinies de la
compagnie Dynamic Isolation Systems et ce pour correspondre au plus possible à des
isolateurs réels.

En ce qui la concerne, l’analyse modale et sismique de la structure (chapitre 9) s’est effectuée


suivant la méthode exposée par James Kelly, elle-même usant de l’International Building
Code pour arriver à des résultats dans le respect du règlement. Au préalable, il a été rendu
nécessaire de calculer les caractéristiques de la structure encastrée, soit avant l’implantation
du système d’isolation.

Enfin en chapitre 10, il a été souligné que les fondations sont représentées par la partie
inférieure à la superstructure reposant sur un sol d’assise auxquelles sont transmises les
charges verticales induites par le poids propre de la structure. A cet effet, il a été examiné
successivement :

La critériologie de choix et type de fondation selon une étude géotechnique supposée (type et
consistance du sol d’assise de la structure, poids de la structure).

Le dimensionnement du radier en fonction de quatre conditions principales (raideur du radier,


résistance au cisaillement, poinçonnement...).

La vérification de la stabilité du radier en vue de s’assurer de la stabilité au renversement de


l’ouvrage face aux efforts horizontaux induits par le séisme, c’est ainsi que le rapport Moment

208
stabilisant sous l'effet du poids propre / Moment de renversement dû aux forces sismique doit
être supérieur au coefficient de sécurité égal à 1,5.

Le calcul des contraintes revenant au radier conformément aux formules classiques de la


résistance des matériaux vérifiées sous certaines conditions, et enfin

Le ferraillage du radier fonctionnant comme un plancher inversé dont les appuis sont les
poteaux.

Plusieurs points méritent en réalité d’être mis en exergue, parmi lesquels ce qui suit :

- En l’absence de prototype d’essai qui auraient permis d’avoir des résultats rapides et
faciles à comparer, il s’avère que la phase de calcul et de pré dimensionnement des
unités d’isolation est certainement la plus complexe et la plus rude à réaliser.
- Le système d’isolation sismique permet de diminuer de façon très significative les
efforts sismiques transmis à la structure, les forces induites aux différents niveaux
étant de l’ordre de 1 KN, valeur quasi dérisoire.
- La structure à un déplacement total, relatif au sol, d’environ 50 cm ; la flexibilité de
l’interface d’isolation étant à l’origine de cette liberté de mouvement accrue.
- La stabilité du radier se voit augmentée étant donné l’absence de moments fléchissants
provenant de la structure ; la distribution des contraintes en dessous s’en voit alors
uniformisée.

C’est dire que cette partie a constitué un moment particulier en vue de s’initier et de tester de
nouvelles méthodes de calculs et souvent, de fortifier les connaissances déjà acquises.
L’isolation sismique constitue incontestablement un domaine vaste et qui demande à être
enrichi, ce travail n’est qu’une application de méthodes de calcul pré existantes. De nombreux
chercheurs à travers le monde se penchent encore sur ce domaine adossé sur des bases
théoriques très accessibles et donc très attrayantes.

Il est toutefois dommage de constater l’absence de méthodes de calcul concernant l’isolation


sismique dans le règlement parasismique algérien (RPA99); la technologie n’étant certes pas
très développée en Algérie, mais il serait judicieux d’inclure quelques notions de calculs
préliminaires au sein du règlement en question, ou tout au moins dans le corps de modules
universitaires profitant réellement aux futures générations accompagnant inéluctablement

209
l’expansion de cette technologie en Algérie. Les règles de conception et de calcul des
constructions en zone sismique suivent et adaptent ces progrès au contexte national. Il ne
s’agit pas seulement d’appliquer un certain nombre de prescriptions réglementaires, mais
d’avoir une approche globale qui prend en compte tous les facteurs pouvant avoir une
incidence sur le comportement du bâtiment.

En définitive, il est considéré que la partie 1 dans sa dimension classique s’est avérée
plutôt abordable malgré certains moments théorico-conceptuels complexes ; la deuxième
partie quant à elle s’est avérée réellement rude du fait principalement de la nouveauté qu’elle
implique en termes de recherche. En effet, il était primordial, non seulement de comprendre et
maîtriser un domaine nouveau représentant tant de nouveaux concepts et théories, mais aussi
de tenter d’opérationnaliser ces connaissances afin d’aboutir à une étude de cas pratique qui
pourrait à terme être réalisable.

Sur un autre plan, il est intéressant de dénoter qu’en dépit du fait que beaucoup de données
acquises en Partie 1 concernant la structure encastrée demeurent valables pour la structure
isolée à la base, certaines différences criantes sont enregistrées par rapport à la Partie 2 que ce
soit des différences conceptuelles, des valeurs numériques résolues ou encore des
raisonnements contextualisés. Aussi, est-il permis de relever que les points de divergences les
plus importants portent sur ce qui suit :

- La réponse de la structure face à une excitation sismique, dans son comportement,


l’allure de ses modes, ainsi que ses valeurs propres ;
- Les déplacements relatifs inter-étages pour la structure isolée se voient
significativement diminués et sont de l’ordre de 0,5 mm contrairement à des valeurs
beaucoup plus grandes pour la structure encastrée ;
- Les forces induites par le séisme aux différents niveaux sont de la même manière
beaucoup plus imposantes pour la structure encastrée et deviennent quasi inexistantes
pour la structure isolée ;
- Ce dernier point permet ainsi de démontrer que le besoin de changement dans le
ferraillage des éléments porteurs (portique) est inutile, l’intensité de ces forces étant
limite dérisoire.

210
En clair, et au risque de nous répéter, les avantages de l’isolation sismique ne sont plus à
démontrer. La technologie apporte certes quelques restrictions concernant l’implantation du
bâtiment isolé dans son environnement, l’ajout d’un sous-sol ainsi que nombre d’autres
considérations, mais il s’agit en fait de simples considérations qui peuvent être contournées
et/ou dépassées eu égard comparativement aux nombreux bienfaits de l’isolation.

En effet, la structure étudiée se voit sécurisée à un niveau supérieur, grâce à des accélérations
diminuées qui permettent un confort accru aux usagers malgré des déplacements importants.
Par ailleurs, la stabilité de l’interface d’isolation étant vérifiée, les risques encourus sont
inexistants et la longévité de la structure est alors assurée ; seul persiste le besoin d’un
possible changement des unités d’isolation usées à travers le temps et les séismes.

L’approche comparative entre types de contreventement est, rappelons-le, dans une large
mesure liée aux facteurs portant site, fondations, forme architecturale, structure porteuse, ainsi
qu’aux éléments non structuraux, aux façades et aux équipements, particulièrement en milieu
hospitalier.
Les choix qui seront faits dans chacun de ces domaines techniques auront des répercussions
sur le comportement d’ensemble.
Il serait intéressant que d’autres travaux académiques puissent aborder la thématique en
insistant en quoi cette approche pose le problème de la coordination des divers intervenants et
des priorités à établir entre les différentes exigences, inévitablement contradictoires. C’est
pourquoi il convient, pour augmenter la fiabilité des constructions parasismiques, d’intégrer à
chaque étape, de la conception à la réalisation, dans le cadre d’une coopération permanente,
les éléments suivants :
- les enseignements tirés du comportement des hôpitaux sous l’action des séismes, sachant
qu’un séisme est, pour une construction, une sorte d’épreuve de vérité au cours de laquelle
sont infailliblement sanctionnés tous les manquements aux règles de bonne construction
- l’évolution des connaissances et de la réglementation,
- les résultats des recherches.

211
Bibliographie
Ouvrages

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GUILLEMONT, Pierre, 1997, Aide-Mémoire des Ouvrages en Béton Armé, 4ème édition, Paris :
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BAEL 91 et Modifications 99, 2ème édition, Paris : Institut International d’Ingénierie des Eaux
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PAULTRE, Patrick, 2005, Dynamique des structures : Application aux ouvrages de génie civil,
3ème édition, Paris : Lavoisier, 658 p.

PERCHAT, Jean, ROUX, Jean, Pratique du BAEL 91 : Cours avec Exercices Corrigés, 4ème
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THONIER, Henry, 1992, Conception et Calcul des Structures de Bâtiment Tome 1, 1ère édition,
Paris : Presses de l’école nationale Ponts et Chaussées, 349 p.

THONIER, Henry, 1992, Conception et Calcul des Structures de Bâtiment Tome 2, 1ère édition,
Paris : Presses de l’école nationale Ponts et Chaussées, 422 p.

212
THONIER, Henry, 1992, Conception et Calcul des Structures de Bâtiment Tome 3, 1ère édition,
Paris : Presses de l’école nationale Ponts et Chaussées, 514 p.

THONIER, Henry, 1992, Conception et Calcul des Structures de Bâtiment Tome 4, 1ère édition,
Paris : Presses de l’école nationale Ponts et Chaussées, 372 p.

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Performance Sismique des Bâtiments, Thèse de Magister, Algérie : Université Mouloud
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Conformément à la réglementation algérienne (RPA81), Office des publications universitaires
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voiles+étude comparative avec prise en compte de l’intéraction (SAP2000), Thèse de Master,
Ingénierie de la Construction, Algérie : Université des Sciences et des Technologies Houari
Boumediene.

LIU, Tao, 2014, Equivalent Linearization Analysis Method for Base-Isolated Buildings, Thèse
de Doctorat, Italie : University of Trento.

MANARBEK, Saruar, 2013, Study of Base Isolation Systems, Thèse de Master, Ingénierie
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PENLOUP, Emmanuel, 2014, L’architecture des lieux de santé et la prise en compte des
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TALEB, Soumia, Performance des structures à connexion évolutive isolées à la base, Thèse de
Magister, Construction, Algérie : Université des Sciences et des Technologies Houari
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213
WU, Tai-Chieh, 2001, Design of Base Isolation Systems for Buildings, Thèse de Master,
Ingénierie Civile et Environnementale, USA : Massachusetts Institue of Technology.

Articles de revues

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International Society. DOI.

NAGARAJAIAH, Satish, XIAOHONG, Sun., 2000, Response of Base-Isolated USC Hospital


Building in Northridge Earthquake, Journal of Structural Engineering. DOI.

Normes et réglementation

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Ministère de l’Urbanisme et de la Construction, Règles Parasismiques Algériennes, Document


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Ministère de l’Urbanisme et de la Construction, Charges Permanentes et Charges


d’Exploitation, Document Technique Réglementaire D.T.R. – B.C. 2.2.

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FEMA, 2013, Recommended Seismic Provisions: Training & Instructional Materials, FEMA
P-752.
AFPS, 2010, Conception et Réalisation d’Etablissements de Santé en Zones Sismiques, Cahier
Technique n°29.

214
Annexes
Annexe « 1 » : Organigrammes de calcul des sections rectangulaires
suivant les états limites

1. Flexion composée
1.1. Calcul des excentricités

Comme définie précédemment, l’excentricité structurelle est évaluée forfaitairement telle que :

e0 = MG0 / N

L’excentricité additionnelle provenant des défauts d’exécution quant à elle est évaluée pour un
cas isolé comme :

ea = max (2 cm ; l/250)

Avec l = longueur de la pièce.

En outre, il existe des excentricités du 1er et du 2nd ordre provenant des formules suivantes :

e1 = +

e2 = (2 + )

Où :

α=

=2

Il existe alors une vérification à faire, comme pour la compression centrée, vis-à-vis du
flambement, la condition à vérifier sera alors :

lf / a ≤ max (15 ; 20e1/h)

215
1.2. Organigramme de calcul
L’organigramme de calcul se présente alors sous la forme suivante

Mu = Nu (ea+e1+e2)

MuA = Mu + Nu (d-h/2)

μbuA = MuA / b0d²fbu

Oui Non
μbuA ≤ μbc = 0,48

Section partiellement comprimée Section entièrement comprimée

Calcul en Flexion Simple Calcul par abaques

AuFC = As – Nu/σs

216
2. Flexion simple
L’organigramme de calcul en flexion simple, à l’état limite ultime, se présente sous la forme
suivante

fbu = 0,85fc28/γb

μbu = Mua/(b0d²fbu)

Non Oui
μbu ≤ μlu

αl =1,25(1- 1 − 2 α =1,25(1- 1 − 2

z = d (1-0,4 αl) z = d (1-0,4 α)

Oui (Pivot A) Non (Pivot B)


Mlu = μbub0d²fbu μbu ≤ 0,186

Mu - Mlu ≤ 0,4 Mu
εs = 1% εs = 0,35%

εs = 0,35% σs = fe / γs σ s = E εs
!
εs = 0,35%
"
(#$
Avec δ = d’/d Au =

" "
#$% (& &' )
A’u =

Au = (# " + )′
#$%
$% #$

217
Annexe « 2 » : Vérification de l’interaction voiles/portiques

Une vérification de la participation des portiques au contreventement a été opérée ; ceci en


entreprenant un calcul similaire à celui qui a été fait pour les voiles seuls, à savoir le calcul par
la méthode de Stodola, la seule différence résidant dans l’ajout de la rigidité des différents
portiques à celle des voiles ; ceci ayant été entrepris à travers la méthode de Muto.

1. Principe de la méthode de Muto

La méthode proposée dans la réglementation parasismique japonais se prête bien au type de


contreventement assuré par des portiques seuls puisqu’elle est basée sur la rigidité relative de
niveau d’un portique dont Muto suggère comme valeur la rigidité avec poteaux parfaitement
encastrés multipliée par un coefficient « a » correcteur tenant compte de la flexibilité des
poutres arrivant aux nœuds.

L’on définit alors les grandeurs suivantes

R∞ = Rigidité relative de niveau d’un portique avec poteaux parfaitement encastrés (ou bien
poutres infiniment rigides).

R = Rigidité relative de niveau d’un portique corrigé au sens de Muto.

On a alors R = a. R∞

2. Etapes de calcul
2.1. Calcul des raideurs des poteaux et des poutres

Kpoteau = I/he

Kpoutre = I/L

Avec :

I = Inertie de l’élément calculé (Poteau ou poutre)

he = hauteur du poteau considéré

L = Portée de la poutre considérée

218
2.2. Calcul des coefficients Kb et « a » relatifs aux portiques transversaux et
longitudinaux
- Etage courant :

K1 K2 K2 K1

Kp Kp
Kp
K3 K4 K2 K3 K2

Kb= (K1+K2+K3+K4)/2Kp Kb= (K1+K2+K3)/2Kp Kb= (K1+K2)/2Kp

- Premier niveau :

K1 K2 K1

Kp Kp

Encastrement parfait

Kb = (K1+K2)/2Kp Kb = K1/Kp

La formule générale peut aussi s’écrire

Kb = ∑Ki/Kp

Les coefficients correcteurs sont selon les conditions d’appuis, pour un poteau encastré tels
que

a = 0,5+Kb / 2+Kb

2.3. Rigidités des poteaux

Suivant les deux sens, la rigidité des poteaux sera pour l’étage courant et le premier niveau
égale à

r = 12E.I.a / he3
219
Avec

E= Module de Young longitudinal du béton armé.

I= Inertie de la section du poteau suivant le sens considéré.

2.4. Application numérique

L’exploitation de la méthode exposée plus haut pour les portiques définis en Chapitre 4 donne
les résultats suivant

Portique Poteau KRDC KEC


1 48868,07491 8544,876428
A-A 2 54662,75753 16271,11993
3 48868,07491 8544,876428
1 48868,07491 8544,876428
B-B
2 48868,07491 8544,876428
1 48868,07491 8544,876428
2 54662,75753 16271,11993
C-C 3 54662,75753 16271,11993
4 54662,75753 16271,11993
5 48868,07491 8544,876428

La rigidité des différents niveaux sera donc la somme des valeurs calculées pour chaque
portique et ce, dans les deux sens, tel que

KRDC = 761994,540 KN/m


KEC = 166804,364 KN/m

Les valeurs ainsi calculées permettent de construire la matrice de rigidité des portiques, ceci en
considérant la numérotation des nœuds sur la hauteur de la structure de la base à la terrasse. La
formulation de la matrice [K] ne conduit pas à une matrice pleine dans laquelle tous les
coefficients sont non nuls. Au contraire le couplage entre nœuds n’existe que pour les nœuds
adjacents. Il en résulte qu’un grand nombre de termes sont nuls et que la matrice [K] possède
une structure bande tri-diagonale.

761994,5367 -761994,537 0 0 0 0
-761994,5367 928798,9007 -166804,364 0 0 0
0 -166804,364 333608,7279 -166804,3639 0 0
[KPoteaux]= 0 0 -166804,364 333608,7279 -166804,3639 0
0 0 0 -166804,3639 333608,7279 -166804,3639
0 0 0 0 -166804,3639 333608,7279

220
3. Procédé de calcul dynamique

Le procédé de calcul sera alors exactement le même que pour le système de voiles seuls, à la
différence près que la rigidité des portiques sera rajoutée à celle des voiles, en inversant la
matrice de souplesse des voile [Svoiles] définie au chapitre 3, on obtient la matrice de rigidité de
ces derniers [Kvoiles] qui sera sommée à celle des portiques pour obtenir la matrice rigidité de la
structure complète [KTot], qui sera de la forme suivante :

137873588,8 -87450355,6 34908952,87 -9302603,713 2326644,92 -388697,7042


-87450355,6 107737844,5 -78658726,4 32553115,17 -8135792,881 1357766,241
[KTot] = 34908952,87 -78658726,4 104754970,4 -77473063,81 30239323,09 -5041714,646
-9302603,713 32553115,17 -77473063,8 102453884,9 -69377087,4 18818260,65
2326644,92 -8135792,88 30239323,09 -69377087,4 72245820,09 -26716666,73
-388697,7042 1357766,241 -5041714,65 18818260,65 -26716666,73 12040664,97

On inverse de nouveau la matrice [KTot] pour aboutir à la matrice de souplesse du système [STot]
tel quel :

3,48136E-08 7,322E-08 9,80273E-08 1,133E-07 1,22323E-07 1,28262E-07


7,32152E-08 2,11E-07 3,19851E-07 3,9217E-07 4,40588E-07 4,7719E-07
[STot] = 9,80273E-08 3,199E-07 5,67705E-07 7,5865E-07 8,97361E-07 1,01024E-06
1,13297E-07 3,922E-07 7,58653E-07 1,1258E-06 1,42582E-06 1,6813E-06
1,22323E-07 4,406E-07 8,97361E-07 1,4258E-06 1,95641E-06 2,44263E-06
1,28262E-07 4,772E-07 1,01024E-06 1,6813E-06 2,44263E-06 3,24858E-06

Le calcul des modes se fait alors de la même manière itérative précédemment utilisée, pour
aboutir aux résultats suivants :

3.1. Mode 1

1
.0,791
,
0,578
-0,369
{Ø1}=
,0,183
+0,052

ω1² = 133,798

ω1 = 11,567 rd/s

T1 = 0,55 s

221
F1 = 1,842 s-1

3.2. Mode 2
0,987
. 0,031
,
−0,468
- −1
{Ø2}=
,−0,783
+−0,293

ω2² = 2055,730

ω2 = 45,341 rd/s

T2 = 0,139 s

F2 = 7,220 s-1

3.3. Mode 3
0,879
. 0,027
,
−0,029
-−0,831
{Ø3}=
, −1
+−0,216
ω3² = 11270,852
ω3 = 106,164 rd/s
T3 = 0,059 s
F3 = 16,949 s-1

Les résultats ainsi obtenus fournissent une période fondamentale trop inférieure vis-à-vis de
celle calculée pour un système constitué de voiles seulement. Il serait donc à première vue
possible d’envisager que les portiques contribuent d’une manière plus importante que prévu,
toutefois les calculs étant approximatifs et ne reflétant pas réellement une certaine logique quant
aux rigidités des deux éléments (portiques et voiles), les calculs sismiques ne seront donc pas
basés sur ces résultats.

222
Annexe « 3 » : Calcul des portiques par la méthode de Caquot

La méthode de calcul découle de l’Annexe E.2 du BAEL. Elle est basée sur la méthode de
calcul de Caquot pour les poutres, mais est étendue aux portiques dans le cas présent.

Les moments de continuité agissant dans les sections des nus d’appuis, considérés comme
sections à vérifier, sur les éléments qui se rencontrent en formant un nœud, peuvent être évalués
en ne tenant compte que des charges des travées encadrant l’appui considéré (travée de gauche,
indice « w », travée de droite, indice « e ») et de la résistance offerte par les tronçons inférieurs
et supérieurs des poteaux aboutissant au nœud considéré (tronçon inférieur, indice « s », et
tronçon supérieur, indice « n »).

On détache, de chaque côté des appuis, des travées fictives dont les longueurs (désignées par
« l’ » avec indices « w » ou « e ») sont précisées ci-après, pour les travées intermédiaires et de
rive.

On détache de même au-dessus de chaque appui des tronçons fictifs des poteaux, de hauteurs
h’n et h’s, h’n étant égal aux neuf dixièmes de la hauteur (0,9hn) si le nœud considéré appartient
à l’avant-dernier plancher, et à 0,8 hn dans les autres cas.

h’s étant égal à 0,8 hs, hormis le cas où les poteaux sont articulés sur leurs fondations, et où il
faut alors prendre h’s=hs.

223
1. Travées intermédiaires

Les longueurs l’w et l’e des travées fictives à gauche et à droite de l’appui sont prises
respectivement égales à 0,8lw et 0,8le. La poutre étant supposée avoir dans chaque travée une
section constante, on désigne par :

Pw la charge uniformément répartie par unité de longueur sur la travée de gauche (pe sur celle
de droite) ; On pose :

Mw = pwl’w²/8,5 + I’w∑kwPw

Me = pel’e²/8,5 + I’e∑kePe

Les valeurs de k (kw et ke) étant données, pour les poutres à sections constantes, par une
échelle foncion du rapport a/l’. Iw, Ie, et In désignent respectivement les moments d’inertie de
la travée de gauche, de droite, du poteau inférieur et du poteau supérieur, on pose alors :

Kw = Iw/I’w Ke = Ie/I’e Ks = Is/I’s Kn = In/I’n

Et : D = Kw + Ke + Ks + Kn

Les moments dans les sections dangereuses (nus d’appuis) sont, en valeur absolue :

- Au nu de l’appui dans la travée de gauche :

Mw = M’e(1-Kw/D)+M’w(1-Kw/D)

- Au nu de l’appui dans la travée de droite :

Me = M’e(1-Ke/D)+M’w(1-Ke/D)

- Au nu inférieur des poutres dans le poteau inférieur :

Ms = Ks/D (M’e-M’w)

- Au nu supérieur des poutres dans le poteau supérieur :

Mn = Kn/D (M’e-M’w)

Pour les travées, les moments Me et Mw sont négatifs. Pour les poteaux, la face tendue du
tronçon supérieur est du côté correspondant à la plus grande des deux valeurs absolues M’e et
M’w. La face tendue du tronçon est du côté opposé.

224
2. Travées de rive

Pour simplifier l’exposé, le BAEL utilise conventionnellement les notations suivantes :

Les quantités relatives au nœud de rive sont affectées de l’indice 1, celles du nœud voisin de
l’appui de rive de l’indice 2, celles du nœud suivant de l’indice 3. Ainsi lw1 désigne la longueur
libre d’une console éventuelle. La poutre supposée avoir dans chaque travée une section
constante.

Les règles données plus haut s’appliquant alors de la même manière.

3. Sollicitations

Dans le cas de plusieurs travées, les efforts tranchants d’appui sont calculés comme ci-dessus
par la méthode générale applicable aux poutres continues, en faisant état des moments de
continuité. A part des efforts tranchants d’appui, on trace les diagrammes des efforts en travée
pour les charges permanentes et pour les charges d’exploitation en supposant pour ces dernières
la répartition la plus défavorable.

On admet que les points de moment nul dans les poteaux se trouvent à h’n au-dessus du
plancher, et à h’s au-dessous du nu inférieur des poutres.

4. Exposé des résultats

Les calculs ainsi menés, suivant des cas chargés et déchargés successifs, mènent aux résultats
exposés ci-dessous avec les cas de charges préalablement combinés à l’ELU.

225
4.1. Poteaux

Poteau 1 Poteau 2 Poteau 3 Poteau 4 Poteau 5


N (t) 36,628 57,132 56,748 48,175 15,250
5ème
M (t.m) 39,315 5,506 5,506 13,050 30,521
N (t) 88,110 131,129 130,745 112,309 42,349
4ème
M (t.m) 26,939 9,655 9,655 14,435 36,015
N (t) 146,588 216,136 215,550 185,488 72,289
3ème
M (t.m) 31,614 14,147 14,147 18,927 42,171
N (t) 213,372 314,004 313,205 269,429 105,607
2ème
M (t.m) 36,091 18,449 18,449 23,229 48,067
N (t) 288,111 424,190 423,168 363,678 142,161
1er
M (t.m) 39,959 22,164 22,164 26,945 53,160
N (t) 369,720 545,016 543,762 466,831 181,509
RDC
M (t.m) 42,886 24,977 24,977 29,757 57,014

4.2. Poutres

Les résultats qui suivent concernent la poutre la plus sollicitée, comme justifié en chapitre 4.

Appui est Travée Appui ouest


M (t.m) 42,659 106,938 42,659
Terrasse
T (t) 57,132 / 56,748
M (t.m) 47,971 120,252 47,971
5ème
T (t) 63,877 / 63,877
M (t.m) 56,169 140,805 56,169
4ème
T (t) 74,887 / 74,686
M (t.m) 65,917 165,239 65,917
3ème
T (t) 87,749 / 87,536
M (t.m) 75,252 188,642 75,252
2ème
T (t) 100,067 / 99,843
M (t.m) 83,316 208,857 83,316
1er
T (t) 110,707 / 110,474

Si l’on devait alors comparer ces résultats avec ceux obtenus avec des logiciels de calculs tels
que Robot Structural Analysis ou bien SAP2000, l’on remarque en effet que les majorations
incluses dans la méthode de calcul exposée ici font en sorte que les résultats soient exagérément
majorés.

226
Pour exemple, l’effort normal accumulé à la base du poteau « 3 » dont la valeur est de Nu =
836,051*2 = 1672,102 t dépasse de loin la valeur forfaitaire définie en phase de descente de
charges pour le pré dimensionnement des poteaux.

Pour les poutres, le moment fléchissant agissant en travée au 1er étage évaluée ici à plus de 2
MN.m est légèrement exagérée et représente ni plus ni moins que le quadruple de la valeur
atteinte réellement.

227
Annexe « 4 » : Calcul de la flèche pour les dalles pleines.

Le CBA93 fixe une flèche limite, à ne pas dépasser, pour les éléments dalles et poutres et ce,
selon la portée de l’élément ; dans ce qui suit il sera procédé à la vérification de la flèche à
travers un calcul pratique de cette dernière.

En effet, dans les cas où il est nécessaire de procéder à une justification des déformations, on
procède au calcul des flèches et des méthodes usuelles de la résistance des matériaux. Pour tenir
compte de l’existence éventuelle de fissures dans les zones tendues, on substitue dans les
calculs, au moment d’inertie I0 de la section totale rendue homogène, un moment d’inertie fictif
If évalué empiriquement. Il convient de différencier les effets des charges permanentes et ceux
des charges variables et, notamment en ce qui concerne la tenue des revêtements et des cloisons,
de tenir compte de l’ordre dans lequel interviennent les diverses charges dont on veut évaluer
les effets. C’est dans ce sens que la méthode simplifiée exposée ci-dessous intervient.

Ce calcul des déformations globales se fera en tenant compte des phases successives de la
construction et des différentes sollicitations exercées.

Les valeurs limites qui peuvent résulter des conditions particulières d’exploitation des ouvrages
être fixées, toutefois à défauts de données plus précises, on peut admettre que la part de flèche
qui est susceptible de mettre en cause le bon comportement des cloisons et des revêtements de
sols ou de plafonds ne doit pas dépasser, pour les éléments supports reposants sur deux
appuis, et si la portée « l » est supérieure à 5 m, la valeur suivante :

flim = 0,5 cm + l / 1000

Soit, pour une portée l = 8 m pour toutes les dalles :

flim = 1,3 cm

Il est loisible d’admettre toutefois qu’il n’est pas indispensable de procéder au calcul des
flèches si les conditions suivantes sont réalisées :

- Mx et My étant les moments maximaux en travée par bande de largeur unité dans les
sens lx et ly de la dalle supposées encastrée sur appuis, et non continue au-delà de ses
appuis (Mx supposé inférieur à My) et Mt le moment en travée par bande de largeur unité
dans le sens lx compte tenu des effets d’encastrement et de continuité, le rapport h/lx est

228
alors supérieur à Mt/20Mx, Mt ne pouvant être inférieur à 0,75Mx. Ce qui peut aussi se
traduire, suivant l’ouvrage Maîtrise du BAEL, par :

h ≥ max (lx/27 ;Mt/20Mx)

h ≥ max (0,285 ;0,0425)

0,28 m ≥ 0,285 m

La première condition n’est donc pas vérifiée.

- « A » étant la section des armatures tendues par bande de largeur b, d leur hauteur utile,
et fe leur limité d’élasticité, le pourcentage ρ=A/bd est au plus égal à 2/fe. Soit :

ρ=A/bd ≤ 2/fe

A ≤ 2 bd/fe

4,23 cm² ≤ 12,6 cm²

La deuxième condition est par contre vérifiée.

L’une des deux conditions n’étant pas vérifiée, le calcul de la flèche devient donc obligatoire.

Méthode de calcul :

La méthode de calcul telle qu’énoncée par l’Annexe « D » du CBA 93 est comme suit :

On peut admettre que If est défini par la relation

If = 1,1
89
:;

Dans laquelle les coefficients λ et μ sont égaux à

- Pour les déformations instantanées

, < = >
@9
(? )A
λ = λi =
@

- Pour les déformations de longue durée

, ? = >
@9
(? )A
λ = λv = = 2/5 λi
@

,B< = >
CA#D
μ=1-
= >

229
La valeur de μ sera prise égale à zéro dans le cas où son expression est négative.

Dans les expressions ci-dessus :

I0 désigne le moment d’inertie de la section totale rendue homogène calculé avec n = Eb/Es =
15 ;

ρ le pourcentage ou rapport de l’aire A de la section de l’armature tendue à l’aire de la section


utile de la nervure comme définie précédemment.

b0 la largeur de la nervure et b celle de la table de compression.

Les courbures 1/ri et 1/rv sont évaluées alors en prenant en compte respectivement les moments
d’invertie Ifi et Ifv correspondants à λi et λv et les modules de déformation longitudinale
correspondants Ei et Ev = 1/Ei.

1/ri = M/EiIfi

1/rv = M/EvIfv

M étant le moment fléchissant qui sollicite la section considérée sous la combinaison d’état
limite de service envisagée.

A défaut d’une justification basée sur l’évaluation des déformations à partir des valeurs des
courbures, il sera possible d’admettre que les flèches fi et fv sont égales à :

² ²
FG 8HG FI 8HI
fi = et fv =

Ces expressions approchées étant applicable aux des poutres simplement appuyées ou continues
et aux bandes de dalles continues ou non, dirigées dans le sens de la petite portée. Dans tous les
cas, l désigne la portée mesurée entre nus d’appuis de la travée considérée et M le moment
fléchissant maximal produit dans cette travée par le cas de charge envisagé.

Application numérique :

I0 ρ μ λi If f (cm)
Instantanée 17,357 0,0013 0,382
0,00183 0,00156 0,02863
Différée 6,943 0,0017 0,910

Les valeurs des flèches instantanées et différées sont inférieures à la flèche limite calculée
précédemment, l’épaisseur de 28 cm pour les dalles pleines convient donc vis-à-vis de la flèche.

230
Il faut toutefois considérer que ce calcul a été effectué suite à des changements opérés quant à
cette épaisseur, les conditions de pré dimensionnement indiquaient une épaisseur supérieure ou
égale à 20 cm, le choix d’une dalle d’épaisseur de 25 cm a alors été opéré ; toutefois le calcul
ci-dessus ne vérifiait pas la flèche admissible limite.

Le choix d’un type de plancher différent aurait impliqué de nombreux inconvénients, il a donc
été préféré d’en rester à une dalle pleine, au risque d’avoir des masses trop importantes par la
suite.

231
Annexe « 5 » : Programme Matlab utilisé pour l’évaluation de la
réponse de la structure encastrée
1. Données utiles
Le programme qui suit est celui qui a été utilisé dans l’étude de la structure par accélérogramme
et ce, à l’aide du logiciel de calcul matriciel « Matlab ». Il est important de noter que dans le
programme qui suit, il est nécessaire d’introduire aussi bien les données obtenues de la structure
mais aussi les matrices masse [M] et rigidité [K].

Les différentes variables et constantes sont données comme suit.

Xi1 et Xi2 = Coefficients d’amortissement

Puls1 et Puls2 = Pulsations propres de la structure

C = Matrice d’amortissement fonction des matrices [M], [K] et des coefficients alpha et bêta

Dt = Incrément de temps

Tf = Durée totale de l’excitation

Npas = Nombre de pas à considérer par le programme

F = Force imposée initiale

Kc = K chapeau, rigidité modifiée

R = Accélération du séisme de 2003, sous forme de vecteur à 8000 valeurs

Depl = Déplacement de la structure

Vel = Vitesse de la structure

Acc = Accélération de la structure

2. Programme de calcul

Le programme est alors sous la forme suivante, et peut être directement copié dans le logiciel
avec les changements nécessaires en valeurs numériques, pour aboutir aux résultats souhaités.
Une capture d’écran du programme peut aussi être vue à la fin de l’annexe.

Xi1 = 0.05;

Xi2 = 0.05;

232
Puls1 = 6.72;

Puls2 = 43.28;

alpha = 2*Puls1*(Xi1-((Puls2*Xi2-Puls1*Xi1)*Puls1)/(Puls2^(2)-Puls1^(2)));

beta = 2*(Puls2*Xi2-Puls1*Xi1)/(Puls2^(2)-Puls1^(2));

C = alpha*M+beta*K;

Dt = 0.005;

Tf = 40;

Npas = (Tf/Dt);

F=0;

Kc = K+(4/(Dt^2))*M+(2*C)/Dt;

N = length(M);

%Conditions initiales

R = zeros(N,Npas);

fch = zeros(N,Npas);

depl = zeros(N,Npas);

vel = zeros(N,Npas);

acc = zeros(N,Npas);

H = zeros(N,Npas);

depl(:,1) = 0;

vel(:,1) = 0 ;

acc(:,1) = M\(F-C*vel(:,1)-K*depl(:,1));

for j = 1:Npas

H=R';

fch(:,j) =M*((4/(Dt^2))*depl(:,j)+(4/Dt)*vel(:,j)+acc(:,j)-H(:,j))+C*((2/Dt)*depl(:,j)+vel(:,j));

233
depl(:,j+1) = Kc\fch(:,j);

acc(:,j+1) = (4/(Dt^2))*(depl(:,j+1)-depl(:,j))-(4/Dt)*vel(:,j)-acc(:,j);

vel(:,j+1) = (2/Dt)*(depl(:,j+1)-depl(:,j))-vel(:,j);

end

234
Annexe « 6 » : Analyse Chronologique de la Structure Isolée

Les méthodes de calcul énoncées par les différents règlements de calculs internationaux n’étant
pas applicables à la structure isolée étudiée dans le présent mémoire, il a été considéré, comme
pour la structure encastrée contreventée par des voiles, d’opérer une analyse chronologique
usant du matériel informatique sous la forme du logiciel « Matlab », pour l’obtention des
caractéristiques sismiques de la structure sous l’accélération du séisme de Boumerdes en 2003,
sens est-ouest.

Le programme informatique utilisé est alors le même que pour la structure contreventée par des
voiles, hormis le changement opéré aux matrices M*, K* et C* qui suivent le modèle énoncé
par James Kelly. La matrice amortissement est alors calculée à l’aide de l’amortissement de
Rayleigh, qui donne la matrice C de la structure encastrée, à laquelle sera ajouté le terme de
l’amortissement de l’interface d’isolation, cb ; ce dernier est calculé selon la formule

cb = 2βMωb

cb = 3758,04 t.rad/s

Etant donné la très faible participation de l’amortissement de la structure dans la réponse face
au séisme, ce qui a été démontré par les calculs précédents en termes de déplacements et de
forces, l’amortissement de Rayleigh, qui a été utilisé précédemment pour le calcul de la matrice
C, sera divisé par 100 pour prendre en compte ce faible amortissement aux différents niveaux.

Ce qui donne les matrices suivantes

M* =

7871,5363 1151,973 0 0 0 0 0
1151,973 1151,97295 0 0 0 0 0
0 0 1151,972953 0 0 0 0
0 0 0 1141,941853 0 0 0
0 0 0 0 1111,84855 0 0
0 0 0 0 0 1097,644528 0
0 0 0 0 0 0 1088,872605

235
K* =

44854,295 0 0 0 0 0 0
0 1212534,41 -231888,844 0 0 0 0
0 -231888,844 463777,6873 -231888,844 0 0 0
0 0 -231888,844 463777,6873 -231888,84 0 0
0 0 0 -231888,844 463777,687 -231888,8436 0
0 0 0 0 -231888,84 463777,6873 -231888,8436
0 0 0 0 0 -231888,8436 231888,8436

C* =

3758,0432 0 0 0 0 0 0
0 161,67403 -29,615433 0 0 0 0
0 -29,615433 66,0473689 -29,615433 0 0 0
0 0 -29,615433 65,9880124 -29,61543 0 0
0 0 0 -2961,5433 65,809943 -29,6154334 0
0 0 0 0 -29,61543 65,72589445 -29,61543341
0 0 0 0 0 -2961,54334 36,05855545

La seule différence réside alors dans l’ajout du vecteur r* servant à coupler chaque degré de
liberté au mouvement du sol. Ce qui donne le programme suivant :
r=[1,0,0,0,0,0,0;];
Dt = 0.005;
Tf = 45;
Npas = (Tf/Dt);
Kc =(K+(4/(Dt^2))*M+(2*C)/Dt);
N = length(M);
Mr=M*r;
R=zeros(N,Npas);
fch = zeros(N,Npas);
depl = zeros(N,Npas);
vel = zeros(N,Npas);
acc = zeros(N,Npas);
H=zeros(N,Npas);
depl(:,1) = 0;
vel(:,1) = 0;
acc(:,1) = H(:,1);
for j = 1:Npas
H=R';
fch(:,j)=-
Mr*(H(:,j)/100)+M*((4/(Dt^2))*depl(:,j)+(4/Dt)*vel(:,j)+acc(:,j))+C*((2/Dt)
*depl(:,j)+vel(:,j));

depl(:,j+1) = linsolve(Kc,fch(:,j));

acc(:,j+1) = (4/(Dt^2))*(depl(:,j+1)-depl(:,j))-(4/Dt)*vel(:,j)-
acc(:,j);

236
vel(:,j+1) = (2/Dt)*(depl(:,j+1)-depl(:,j))-vel(:,j);
end

237
Annexe « 7 » : Vérifications au cisaillement des boulons de fixation
des appuis parasismiques

Une petite vérification au cisaillement des unités d’isolation, et plus précisément de leurs
boulons, a été effectuée et ce, à travers un calcul de charpente métallique.

Pour cela, il sera nécessaire de prendre les sollicitations maximales au niveau de l’interface
d’isolation, qui sont comme suit

NplRd = 1345,58 KN

MplRd =100,385 KN.m

VplRd = 23093,576 KN

L’effort tranchant VplRd sera alors distribué aux différents isolateurs au prorata de leurs rigidités
respectives donnant :

- Pour le type 1

VplRd1 = 720,474 KN

Soit, quand réparti sur les douze boulons constituants le plateau d’acier

FvN = 720,474 / 12 = 60,04 KN

- Pour le type 2

VplRd2 = 1035,63 KN

Soit, quand réparti sur les douze boulons constituants le plateau d’acier

FvN = 1035,63 / 12 = 86,30 KN

Les deux types d’isolateurs étant constitués chacun de 12 boulons de fixation, le calcul qui
suit permet de vérifier leur résistance vis-à-vis de l’effort tranchant qui leur est transmis.

FvN ≤ FvRD

Avec

FvRD = 0,6ASfub / γMb

238
AS = est la section des boulons comprenant leur filetage = 1010 mm²

fub = est une classe de résistance des pièces assemblées = 1000 N/mm²

γMb = 1,25

Soit

FvRD = 484,8 KN ≥ FVn1, FVn2

Il n y a donc pas de risque de cisaillement au niveau des boulons.

239
Annexe « 8 » : Présentation de la compagnie de production d’appuis
parasismique Dynamic Isolation Systems

Dynamic Isolation Systems a été le pionnier dans le développement et l’introduction des


technologies d’isolation sismique dans les années 80. La compagnie a aidé à développer les
règlements de calcul et a fourni aux ingénieurs et aux agences gouvernementales un support
d’analyses et de conception.
A travers les 30 dernières années, la compagnie a continué à développer ses isolateurs en
réponse aux besoins croissants en performances de la technologie.
Dynamic Isolation Systems a ainsi fourni plus de 15.000 isolateurs pour plus de 300 ponts et
bâtiments dans le monde. Les projets les plus imposants incluent l’iconique Golden Gate
Bridge,et le San Francisco City Hall.

Les ingénieurs de la compagnie fournissent le support technique et les paramètres de


modélisation structurelle et assistent les projets et leur faisabilité, le développement du budget
ainsi que la valeur d’ingénierie. Dans les projets auxquels la compagnie a participé dans ses
phases de conception et/ou de calculs, les coûts ont été réduits de 30%.
La compagnie a isolée plus de 28 hôpitaux à travers le monde. Il est essentiel que ces bâtiments
restent opérationnels suite à un tremblement de terre. L’isolation élimine les dommages
occasionnées à l’hôpital et à son fonctionnement et protège son staff et ses patients.
La compagnie se trouve au 885 Denmark Drive, Suite 101 McCarran, NV89434 aux Etats-Unis,
mais est aussi localisée au Japon au Canada et dans divers autres pays d’Europe.
Ci-après, les caractéristiques mécaniques et physiques prises comme référence pour le
dimensionnement des appareils d’isolation utilisés pour l’étude, comprenant les rigidités
horizontales et verticales, les dimensions exactes des plateaux, des boulons ainsi que des appuis
élastomériques, mais aussi le déplacement maximal que peut supporter l’appui.

240
241
Annexe « 9 » : Schémas de ferraillages des éléments

1. Dalles
1.1. En travée

1.2. Sur appui

1.3. Coupe

242
2. Escalier
2.1. Coupe longitudinale

2.2. Coupe transversale

243
3. Poutres
3.1. Poutre palière
3.1.1. Coupe transversale

3.1.2. Coupe longitudinale

3.2. Poutres principales


En travée Sur appui

244
4. Poteaux

5. Portiques

245
6. Radier
6.1. En travée

6.2. Coupe

246
TABLE DES MATIERES
Dédicaces / 1
Remerciements / 2
Résumé – Abstract / 3
Liste des Tableaux / 4
Liste des Figures / 8
Sommaire / 12

Introduction Générale / 13
Partie 1 : Contreventement par Voiles Porteurs
Introduction / 16
Chapitre 1 : Structure, Matériaux – Fondamentaux / 17
1. Présentation de l’ouvrage / 17
1.1. Caractéristiques géométriques / 18
1.2. Eléments constitutifs / 18
2. Matériaux et Hypothèses de calcul / 18
2.1. Etats-limites / 19
2.1.1. Les états-limites Ultimes (ELU) / 19
2.1.2. Les états-limites de Service (ELS) / 19
2.1.3. Règle des 3 pivots / 20
2.2. Béton / 20
2.2.1. Choix des matériaux utilisés / 21
2.2.2. Résistance caractéristique du béton / 21
2.2.3. Déformations longitudinales / 22
2.2.4. Coefficient de Poisson / 23
2.2.5. Contraintes limites de compression / 23
2.3. Aciers / 24
2.3.1. Contraintes limites / 24
3. Règlements Techniques Utilisés / 25
3.1. Règles Parasismique Algériennes RPA99/Version 2003/ 25
3.2. Règle de Conception et de Calcul des Structures en Béton Armé C.B.A.93 / 25
3.3. Charges Permanentes et Charges d’Exploitation DTR.B.C.2.2 / 25

Chapitre 2 : Composantes des Calculs Préliminaires / 27

1. Pré-dimensionnement des éléments / 27


1.1. Planchers / 27
1.2. Poutres / 29
1.3. Voiles / 30
1.4. Escaliers / 32
1.5. Poutre palière / 35
2. Actions Statiques (Charges) / 36
2.1. Charges d’exploitation / 36
2.2. Charges permanentes / 36
3. Descente de charges / 39
4. Poids de la structure / 43
4.1. Eléments supportant charges permanentes et d’exploitation / 44
4.2. Poids propre d’éléments intervenant dans le poids total / 44
4.3. Poids total des différents niveaux / 45
5. Caractéristiques Géométriques / 46
5.1. Calcul des inerties / 46
5.2. Position du centre de torsion « C » / 48
5.3. Position du centre de gravité « G » / 49
5.4. Calcul des excentricités / 50

Chapitre 3 : Analyse Modale et Sismique de la Structure / 52


1. Paramètres de l’analyse / 52
1.1. Choix, reconnaissance et études de sol / 52
1.2. Critères de classification / 53
1.2.1. Classification des systèmes de contreventement / 53
1.2.2. Zone sismique et groupes d’usage / 54
1.3. Contexte de modélisation / 54
1.3.1. Régularité en plan / 55
1.3.2. Régularité en élévation / 56
1.4. Coefficients et facteurs utiles / 57
1.4.1. Facteur d’amplification dynamique moyen « D » / 57
1.4.2. Facteur de qualité de la structure « Q » / 59
1.5. Méthodes de calcul / 60
1.5.1. Analyse modale / 60
1.5.2. Analyse sismique / 64
1.5.2.1. Méthode Statique Equivalente / 64
1.5.2.2. Méthode Modale Spectrale / 65
1.5.2.3. Vérifications et prescriptions / 67
1.5.2.4. Analyse dynamique par accélérogramme / 68
1.5.3. Construction de la matrice de souplesse [S] / 70
2. Procédure de calcul / 71
2.1. Analyse modale / 71
2.1.1. Construction des matrices [M], [S] et [D] / 71
2.1.2. Calcul itératif / 71
2.1.2.1. Mode 1 / 72
2.1.2.2. Mode 2 / 73
2.1.2.3. Mode 3 / 74
2.2. Calcul sismique / 75
2.2.1. Méthode Statique Equivalente / 75
2.2.2. Méthode Modale Spectrale / 76
2.2.2.1. Mode 1 / 77
2.2.2.2. Mode 2 / 77
2.2.2.3. Mode 3 / 78
2.2.2.4. Synthèse des résultats / 78
2.2.3. Analyse dynamique par accélérogramme / 80
2.2.3.1. Accélérogramme du séisme / 80
2.2.3.2. Déplacement de la structure / 81
2.2.3.3. Vitesses de la structure / 82
2.2.3.4. Accélérations de la structure / 83

Chapitre 4 : Transmission et Combinaisons des Charges / 84


1. Charges Horizontales / 84
1.1. Paramètres de calcul / 84
1.2. Sollicitations totales / 85
2. Charges Verticales / 86
2.1. Lignes de rupture / 86
2.2. Voiles / 88
2.2.1. Surfaces offertes aux voiles / 89
2.2.2. Charges revenant aux voiles / 90
2.3. Portiques / 91
2.3.1. Efforts normaux / 93
2.3.2. Efforts tranchants / 94
2.3.3. Moments fléchissants / 95
3. Combinaison des Efforts / 96
3.1. Voiles / 97
3.1.1. Combinaison CBA93 / 97
3.1.2. Combinaison RPA99 / 98
3.2. Poteaux / 98
3.2.1. Efforts normaux / 98
3.2.2. Moments fléchissants / 99
3.3. Poutres / 99
3.3.1. Moments fléchissants / 99
3.3.2. Efforts tranchants / 100

Chapitre 5 : Ferraillage des Eléments / 101


1. Méthodes de calcul / 101
2. Ferraillage des éléments secondaires / 103
2.1. Dalles / 103
2.1.1. Identification des cas / 103
2.1.2. Principe de la méthode de calcul des sollicitations / 104
2.1.3. Charges et surcharges / 106
2.1.4. Exemples de calculs / 106
2.2. Escaliers / 108
2.2.1. Charges et sollicitations / 108
2.2.2. Ferraillage / 112
3. Ferraillage des éléments porteurs / 118
3.1. Poutres / 118
3.2. Poteaux / 123
3.2.1. Elancement du poteau / 123
3.2.2. Flexion composée (poteau de rive) / 124
3.2.3. Compression centrée (poteau central) / 124
3.3. Voiles / 126
3.3.1. Cas de la compression centrée / 126
3.3.2. Cas de la flexion composée / 129
3.3.3. Perspectives découlant des résultats / 130

Conclusion / 132
Partie 2 : Contreventement par Isolation Sismique
Introduction / 134
Chapitre 6 : Isolation Sismique : Genèse et Contexte général / 135
1. Présentation de la technologie / 135
2. Historique de l’isolation sismique / 137
3. Développement de la technologie dans le monde / 139
4. Types d’isolateurs / 142
4.1. Systèmes à déformation en élastomère / 142
4.1.1. Appuis frettés à faible amortissement (Low Damping Rubber Bearings) / 143
4.1.2. Appuis à noyau en plomb (Lead-Plug Rubber Bearings) / 144
4.1.3. Appuis frettés à amortissement élevé (High Damping Rubber Bearings) / 144
4.2. Systèmes à glissement / 145
5. Compagnie de production et choix de l’isolateur / 147

Chapitre 7 : Isolation Sismique : Cadrage Théorique / 148


1. Caractéristiques mécaniques et physiques / 148
1.1. Caractéristiques mécaniques d’appuis élastomériques / 148
1.2. Caractéristiques mécaniques d’appuis à noyau en plomb / 149
1.3. Méthode de calcul / 151
2. Bases théoriques de l’isolation sismique / 151
2.1. Théorie linéaire / 151
2.2. Extension de la théorie aux bâtiments / 153
2.3. Analyse modale du système à n.ddl / 154
3. Calculs réglementaires / 158
3.1. International Building Code / 158
3.1.1. Paramètres et méthodes de calcul / 159
3.1.2. Déplacement de calculs totaux / 160
3.1.3. Distribution des forces / 161
3.2. Eurocode 8 / 162
3.2.1. Provisions générales concernant les appareils / 162
3.2.2. Contrôle des tassements différentiels / 162
3.2.3. Contrôle des déplacements relatifs entourant l’environnement et les constructions
/ 162
3.2.4. Action sismique / 162
3.2.5. Propriétés du système d’isolation / 163
3.2.6. Analyse linéaire équivalente / 163
3.2.7. Analyse linéaire simplifiée / 164
3.2.8. Analyse modale linéaire simplifiée / 165
3.2.9. Analyse chronologique / 165
3.3. RPA 99 / 2003 / 166

Chapitre 8 : Procédure de Calcul des Unités d’Isolation / 167


1. Pré-dimensionnement des unités d’isolation / 167
1.1. Paramètres de calcul / 167
1.1.1. Efforts normaux / 167
1.1.2. Valeurs ciblées / 168
1.1.3. Déplacement de calcul / 169
1.1.4. Méthode de cisaillement de l’élastomère / 169
1.2. Premier type d’isolation / 169
1.3. Deuxième type d’isolation / 172
1.4. Interface d’isolation totale / 174
2. Poids de la structure isolée / 177
2.1. Calcul du poids des unités d’isolation / 178
2.2. Poids des différents niveaux / 178
3. Vérifications de la stabilité / 179
3.1. Vérification à la torsion / 179
3.2. Vérification au flambement / 180
3.3. Vérification de la stabilité de forme / 182
3.4. Stabilité au renversement / 184

Chapitre 9 : Analyse Dynamique de la Structure / 185


1. Paramètres de la structure encastrée / 186
2. Analyse de l’interface d’isolation / 187
3. Analyse de la superstructure / 188
4. Répartition des efforts dans les portiques / 191
5. Calculs réglementaires / 192
5.1. Résultats en accélérations / 193
5.2. Résultats en déplacements / 194

Chapitre 10 : Etude de l’Infrastructure / 196


1. Critères de choix et types de fondations / 196
2. Dimensionnement du radier / 197
2.1. Condition forfaitaire / 197
2.2. Condition de la raideur / 198
2.3. Condition du cisaillement / 198
2.4. Condition au poinçonnement / 199
3. Vérification de la stabilité du radier / 199
4. Calcul des contraintes / 201
4.1. Sollicitations du premier ordre / 201
4.2. Sollicitations du second ordre / 201
5. Ferraillage du radier / 202

Conclusion / 204
Conclusion Générale / 205
Bibliographie / 212
Annexes / 215
1. Organigramme de Calcul des Sections Rectangulaires Suivant les Etats Limites /
215
2. Vérification de l’Interaction Voiles/Portiques / 218
3. Calcul des Portiques par la Méthode de Caquot / 223
4. Calcul de la Flèche pour les Dalles Pleines / 228
5. Programme Matlab Utilisé pour l’Evaluation de la Réponse de la Structure
Encastrée / 232
6. Analyse Chronologique de la Structure Isolée à la Base / 235
7. Vérification au Cisaillement des Boulons de Fixation des Appuis Parasismiques /
238
8. Présentation de la Compagnie de Production d’Appuis Parasismiques « Dynamic
Isolation Systems » / 240
9. Schémas de Ferraillages des Elements / 242

Table des Matières