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Vie Politique Française 2

BIBLIOGRAPHIE

1. LE RÉGIME DE VICHY ET L'ENTRÉE DANS LA IV République

Le régime de Vichy est un régime autoritaire controlé par la droite extreme. Le 10 juillet 1940 dans le Grand Casino
de Vichy les deux chambres réunies votaient les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, la 3 République disparaissait. Mais
ce vote n'abroge pas officiellement la République. Il s'agit d'un vote de circonstance sous le cout du traumatisme de
défaite, mais aussi un vote d'adhésion pour des nombreux membres du personnel politiques qui étaient séduits par le
maréchal Pétain, certains l'ont voté pour arrêter les combats et prendre acte de la défaite et certains pour des raisons de
penchant antisémites et xénophobes. Le soutient massif qui se manifeste par ce vote est fragile à cause de sa diversité.
A. La droite extreme au pouvoir

Avec Pétain la droite extreme va occuper pour la première fois et pour une fois le pouvoir en France. Sous « droite
extreme » on peut mettre ce que Stanley Offman appelle les conservateurs brouillés avec la République. Mais ces
conservateurs vont évoluer dans leur positionnement à partir des années 30 et Pétain incarne et représente bien
l'évolution d'une partie de la droite française (anti-dreyfusards, il déteste les intellectuels, il est extrêmement méfiant
envers les idéologue et surtout les idéologues internationaliste et il est adverse contre la gauche socialiste, communiste
et internationaliste).

Les membres du régime de Vichy, du gouvernement Pétain sont proche de cette nébuleuse de droite extreme. Mais
tous les hommes de droite ne se retrouvent pas dans le régime de Vichy. Mais peu de personnalités de gauche ont
occupé des postes de responsabilité à Vichy : on ne peut pas dire que la gauche comme la droite a participé à Vichy.

4 familles politiques dans le gouvernement :


*droite antirépublicaine et ligueuse affirmée le 6 février 1934
*droite technocratique faite de hauts fonctionnaires, de cadres de privés très élitistes→ ils adhérent à Vichy car ce
régime les débarrassait du contrôle parlementaire
*les représentants de l'église catholique et qui voient l'occasion de prendre une revanche avec les républicains de la
III République qui ont mis en place en 1905 la séparation de l'église et de l'état →

*les représentants de la famille libérales

Même si les familles politiques sont diverses, ce régime est controlé par la droit extreme qui va soutenir Pétain dans
son projet de révolution nationale.
B. La mise en place de la Révolution nationale (1940)

L'ambition de Pétain est claire et il va la proclamer dans un message du 25 juin 1940 : « c'est un redressement
intellectuel et moral et d'abord je vous convie ».
La révolution nationale doit permettre d'en finir avec les errements de l'ancien régime et ce régime doit aussi
permettre de façonner une nouvelle France. On peut mettre l'accent sur 7 caractéristique de l'esprit qui animent le
régime de Vichy
*la condamnation de l'individualisme → il est considéré comme un agent dissolvent de la société ; elles est pour
l'homme « sa famille qui l'élève, la profession qui le nourrit, la nation qui le protège » → travail, famille, patrie.
Il va s'agir d'organiser la société selon le principe du corporatisme : chaque profession, métier, secteur ou branche
économique devait être intégré dans un ensemble vertical incluant tous les membres d'une même famille économique et
sociale, du patron au salarié. Chaque corporation est une grande famille où on se dispute et on cherche de dissoudre les
conflits sociaux.
Le régime de Vichy a utilisé la culture catholique de la France.

*le refus de l'égalitarisme → Pétain s'en prend directement à « l'idée fausse de l'égalité naturelle de l'homme ». Dès
lors le suffrage universel n'est plus un régime démocratique, c'est un principe démagogique et il, qui est battit sur
l'équivalence un « homme=une voix », doit céder la place au gouvernement des élites sociales et professionnelles

*l'appel au rassemblement national → il se fait derrière le bon père de famille qui espère incarner Pétain. On refuse
les logiques de conflictualités sociales et ça passe par un régime autoritaire et policier

*l'anti-intellectualisme → l'intellectualisme est rendu responsable de l'affaiblissement de la nation. Il va s'exprimer


dans la réflection sur l'éducation des enfants et dans les programmes on va remettre dans le prima les « leçons de
choses » (nature, ménage, mécanique, etc.) et dans le secondaire on va beaucoup insister sur les travaux manuel. On va
valoriser l'éducation sportive et la pratique du sport amateur avec l'idée de ce qui est bon pour le corps est bon pour
l'esprit ; on met en place des organisations pour encadrer la jeunesse, comme « les compagnons de France »

*la défiance à l'égard de l'industrialisme → il aurait eu des effets néfastes et déstabilisateurs sur la société française.
Cela va se traduire par la célébration du régime de Vichy d'une France rurale, paysanne.

*le rejet du libéralisme culturel → on le retrouve dans un message de Pétain du 29 juin 1940 « un esprit de
jouissance qui serait grand responsable du désastre de 1940 ». Vichy va prôner le dépassement de soi, de la retenue des
conditions de la vie quotidienne. Il y a une répartition des rôle dans la société française, répartition traditionnelle des
rôles masculins/féminins en renvoyant les femmes dans leur foyer. Il y aussi l'invention de la fêtes de mères,
institutionnalisée en 25 mai 1941.

*l'affirmation d'un nationalisme affirmé et ethnocentré → l'état français va promulguer une législation antisémite
particulièrement dure. Le 3 octobre 1940 un statut place les juifs aux bancs de la Communauté nationale en les excluant
des fonction qui sont jugées incompatibles avec leur religion.

C. Un régime autoritaire et policier


Pétain s'est octroyé tous les pouvoirs ou presque et la teneur des 4 premiers actes constitutionnels c'est un
renoncement au principe d'opération des pouvoirs et l'expression de la concentration des pouvoirs en la personne de
Pétain et de l'entourage très restreint de ceux qu'il considère comme ses ministres.
Le régime de Vichy repose sans des véritables contrepoids : les élections sont abolies (à l'exception des municipales
pour les villes de moins de 1000 habitants) ; les partis politiques et les assemblées sont muselés ; à l'échelon local et
départemental on peut trouver la même disparition de contre pouvoirs. Les assemblées représentatives sont muselées ou
épurées tandis que les préfets en tant que représentants de l'état deviennent les hommes tout puissants des départements.

Les médias disparaissent : Vichy va créer sa propre agence officielle d'information « Avace OFI » et les actualités
sont strictement controlées par les services de la propagande Vichyssoise.

Il a besoin de relais spécifiques sur lesquels il pourrait s'appuyer : il va mettre en place deux organismes : le Conseil
National créé par la loi du 22 juin 1941 qui est un organisme consultatif de notables nommés par le pouvoir et il aura
une influence réelle très réduite.
Ensuite on met en place la « Légion Française des combattants » qui entend mobiliser les anciens combattants qui
sont considérés comme des forces vives de la patrie française.

D. Les débats sur la nature du régime : Vichy une parenthèse fasciste ?

D'un côté la Révolution nationale constitue une rupture par rapport à la III République et à ses principes républicains,
mais dans les faits il y a concrètement une continuité de l'administration entre Vichy et la III République et cela ou
l'observe par la stabilité des hauts fonctionnaire entre la III République et Vichy. Cette continuité, même si elle est
douloureuse, qui permet de réfléchir sur la responsabilité de la France, elle a été reconnue par un président Français. Il
faut attendre le 16 juillet 1995 pour que Jacques Chirac fasse une allocution remarquée lors d'une commémoration : « la
commémoration de la grande rafle du Vel' d'Hiv' » qui a eu lieu entre le 16 et 17 décembre 1942. Il déclare « la France
ce jour là accomplissait l'irréparable ».
De 1995 il y a un changement significatif dans le narratif national et mémoriel.

Etait-il un régime fasciste ?


Si on définit un régime fasciste un régime fondé sur l'expansionnisme territorial et le fait d'utiliser la guerre pour
créer un nouvel homme « homo fascistus », alors Vichy n'as pas été un régime fasciste à part entière. Car la droit
extreme a accepté pour la France un statut de puissance vaincue résignée et la guerre n'est pas considérée comme une
épreuve salutaire. La politique est réservée au notable et le peuple doit acclamer le régime de Vichy par la personne du
maréchal Pétain.

Il y a aussi un rapport opposé à la modernité entre le régime fasciste et celui de Vichy : le fascisme exalte l'industrie,
le progrès techniques ; à Vichy on met en avant l'artisanat, l'agriculture et la ruralité.

Pour autant, si Vichy n'est pas fasciste, il y a des empreintes au régime fasciste : il fait disparaître les parties et les
élections ; le personnel politique est renouvelé et épuré : les républicains sont exclus et on fait appel à des notables à des
experts issus des grandes écoles ; il y a aussi une haine institutionnalisée des valeurs universalistes de la révolution
française ; va etre mise en place une gestion policière du politique, le régime va s'appuyer sur la xénophobie et
l'antisémitisme et on va instituer le pouvoir absolu d'un leader plus ou moins charismatique parce que vieillissant.

2. L'évolution des forces politiques pendant la Second Guerre Mondiale : entre collaborationniste et résistance

A. Socialistes et communistes dans la WW2 : une gauche renforcée mais divisée


La responsabilité de la gauche dans l'accession de Pétain au pouvoir → est-ce la chambre du Fp qui a voté le pleins
pouvoirs à Pétain en 1940 ?
Le vote qui donne les pleins pouvoirs à Pétain vient de l'Assemblée Nationale et non de la Chambre des Députés. De
plus, l'Assemblée Nationale n'est pas au complet : il y a eu la déchéance des députés communistes qui avait été votée en
janvier 1940 et la défection de parlementaire (27 dont Daladier et Madesfrance) qui ont quitté la France pour reformer
un gouvernement en Afrique du Nord. Ce qui reste de la majorité FP a voté en majorité les plein pouvoirs à Pétain (88
députés socialistes contre 29).

La gauche après 1940 est en état de liquifation. Le parti communiste est effondré suite à la signature du pacte
germano-soviétique de 1939 ; de plus il subit la répression gouvernementale.

Or, les événements de 5 ans plus tard, lors des élections d'octobre 1945, qui va permettre l'élection d'une assemblée
constituante, le parti communiste et la SFIO obtiennent à eux deux près de 50% des suffrages et la majorité absolue des
sièges.

Qu'est ce qui s'est passé entre 1940 et 1944 qui explique tout ça ?
Il y a deux événements de politique internationale qui ont affaibli ces deux partis de gauche et qui on fait exploser
l'alliance entre SFIO et le parti communiste :
*la capitulation de Munich le 30 septembre 1938 → démantèlement de la Tchécoslovaquie après la crise des
soudettes
*la signature du pacte germano-soviétique du 23 aout 1939 → va de manière automatique rendre toute collaboration
avec le parti communiste impossible.

Quelles sont les positions respectives des communistes et socialistes après le 10 juillet 1940 ?

Le côté socialiste : la majorité des élus va accepter le régime de l'état Français et cela va se traduire par le fait que
90% des conseillers généraux socialistes et 2/3 des conseillers municipaux vont conserver leur rôle et leur poste ; les
socialistes ne sont pas forcément Pétinistes, pour l'essentiel ils ne le sont pas. Beaucoup d'entre eux vont démissionner à
partir de 1941 lorsque le régime de Vichy va se durcir.

Les liens entre la SFIO et la résistance ?


Socialistes et syndicalistes proche de la SFIO vont entrer dans la résistance, mais c'était une volonté pas poussée par
le centre politique, on le fait plus de manière individuelle et pour leur valeurs → affaiblir le rôle du socialisme dans la
résistance.

Le côté communiste : le parti communiste clandestin a été d'entrée de jeux opposé au régime de Vichy.
Les comunistes dans la première partie de la guerre n'appellent pas à lutter contre les nazis, cela est expliqué par le
fait que le parti communiste va conserver une ligne anti-impérialiste jusqu'à l'invasion de l'URSS par les troupes
allemandes en le 22 juin 1941. Là la guerre cesse d’être une guerre entre régimes impériaux : le parti communiste va
appeler à mener une guerre anti-fasciste où les communistes vont s'engager complètement.

Entre mi septembre 1939 et le 22 juin 1941 il y a deux comportements socialistes :


*le parti officiel qui se refuse de mener une guerre anti-allemand et il faut attendre le lendemain de la mission
« barbarossa » pour que le parti communiste invite ses membre à s'engager dans la guerre anti-allemande (position du
centre)
*il y a des militants communistes, plus ou moins éloignés du centre politique qui vont être aux premiers rangs des
résistants → en tant que parti, ni la SFIO ni le parti communiste n'ont été initiateurs de cette résistance, toutefois la
résistance a été bénéfique pour le parti communiste qui sort bien de la WW2 et qui dit qu'il est « le parti des 75'000
fusilliers ».
Le parti communiste, une fois passé la période noire de 1939/1941, va bénéficier du prestige acquis par l'URSS par
la guerre menée contre Hitler.

A la sortie de WW2, les rapports de force dans la gauche française ont été bouleversée dans la WW2. Au sortie de la
guerre le parti communiste devient hégémonique en gauche en France que ce soit en nombre d'adhérents et en nombre
d'électeurs et le parti communiste devient hégémonique au sens qu'il prend une place importante au niveau syndical (la
Conféderation Générale du Travail est désormais par les communistes).
La SFIO va sortir perdante face au parti communiste, elle a pas su s'élargir pour former un travaillisme à la française
pour intégrer les chrétiens de gauche dans la résistance française. La SFIO n'a pas su trouvé dans la résistance la raison
de son renouvellement idéologique et générationnel ; par contre, par sa culture parlementaire elle va facilement
s'intégrer dans les institutions de la IV République et elle va en devenir un pivot.

A la sortie de la guerre → antagonisme très fort entre le communiste et la SFIO → incapacité de maintenir une
alliance entre ces deux forces de gauche et cela lui sera fatal pendant toute la IV République. On est face à un
paradoxe : la gauche est majoritaire, mais il n'y a plus de gauche unie et de gauche gouvernante. Face à ces formations
socialistes et communiste il faut faire de la place aux deux visages de la France pendant Vichy : collaborationnisme et
résistance.

B. Collaborationnisme et Résistance

Pendant la WW2 il y avait deux attitudes antagonistes de la France : d'un côté la collaboration avec le régime
allemand et de l'autre côté des individus qui on choisi d'entrer en résistance contre l'Allemagne et ensuite un masse
d'individu qui va naviguer et vont attendre le passage du régime de Vichy.

Concernant la collaboration, il y en a deux types :


*la collaboration d'état menée par le régime de Vichy, incarné par Pierre Laval depuis 1942
*des collaborationismes d'idéologie fasciste → principe de la collaboration absolue et l'entrée en guerre a côte de
l'Allemagne. On le retrouve dans le « Rassemblement National Populaire » et le « Parti Populaire Français.

L'opposition des gaulliste a causé plusieurs problèmes pour Vichy.


Il y a deux résistances :
*une résistance extérieure depuis Londres menée par De Gaulle – la « France Libre »
au début de Vichy les forces de résistance extérieures sont peu nombreuses et on va constater que peu de militaires
français acceptent de rester en UK pour rejoindre les forces françaises libres derrière De Gaulle
Petit à petit cette résistance extérieure va se structurer, car la UK va accepter de financer le projet de De Gaulle et le
UK va accepter de céder à De Gaulle 100 d'antenne par jour sur le canal de la BBC. En septembre 1941 avec le soutien
des britannique, né un « Comité National Français » présidé par de Gaulle : il constitue une forme de gouvernement de
fait en exil qui va perdurer de 1941 à 1943. La « France Libre » va devenir l'embryon d'un nouvel état ou d'un état
parallèle.

De Gaulle s'impose à la tête de la France Libre comme chef politique et il devient le chef de ceux qui entendent
poursuivre le combat contre l'Allemagne et contre l'Italie. En parallèle sur le territoire Français la résistance à l'occupant
se met en place lentement ; elle démarre véritablement lorsque l'Allemagne attaque l'URSS et viole le pacte germano-
soviétique. Ensuite les nazis deviennent les ennemis des communistes,

La résistance pendant la WW2 n'est pas unie car dans elle il y a des individus qui combattent l'occupant (les nazis)
tout en soutenant la politique de révolution nationale du régime de Vichy. Idéologiquement elle est une résistance
divisée, structurée.
Face a cette division idéologique, le mouvement de résistance intérieure est peu efficace, toutefois, en 1942 et 1943,
du fait de la contestation grandissante du régime de Vichy il va y avoir un accroissement des actes de désobéissance
civile : à partir de 1942 et 1943 le marché noir va se développer, des mobilisations pour empêcher que des français
soient envoyées à l'STO (service de travail obligatoire) qui forçait les français à aller travailler dans les usines
allemandes.

A partir de 1942, 1943 les mouvements de résistance vont se structurer en plusieurs réseaux plus ou moins
spécialisés, des réseaux qui travaillent sur l'évasion des prisonniers, des réseaux qui travailles aux sabotages (surtout au
niveau des réseaux serrés), des réseaux qui travailles des renseignements, des réseaux qui s'occupent de la propagande
contraire au régime vichyste à travers d'une presse clandestine, etc.
C'est aussi la période où la résistance commence à se politiser et ainsi en mai 1943 De Gaulle se rend à Alger où il
prend la tête d'un comité français de libération nationale (CFLN) qui va de fait fonctionner comme un gouvernement
provisoire.

Parallèlement, en métropole est mise en place le « Comité National de Résistance » (CNR) qui a comme mission
d'unifier les mouvements résistants ; il est fondé et présidés par Jean Moulin.

En septembre 1943 pour renforcer l'assis de son pouvoir De Gaulle va créer à Alger une Assemblée consultative
provisoire qui représente la résistance intérieure et extérieure → toute tendance politique confondue (il y avait une
femme.)

De Gaulle fréquente des résistants de gauche et non de sa famille politique. Cette colaboration va l'amener à prendre
des positions politiques étranges quand on connait son profil politique.
Ainsi il va exiger que tous les français « puissent vivre et travailler dans la dignité et la sécurité sociale » → issue de
la gauche française

Il y a une décision importante du Comité Français de Libération Nationale du 21 avril 1944 par un ordonnance où on
accorde la capacité politique aux femmes (droit de vote et d'éligibilité).
C. Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) et la préparation de la IV République

Face à la montée de la résistance de la fin de 1943 à la libération, le régime de Vichy se radicalise ; il va augmenter
la répression pour instaurer une situation de terreur. Après le débarquement en Normandie le 6 juin 1944 le régime de
Vichy s'effondre et Pétain appelle les français au calme. Dans le même temps, la résistance intérieure va se mettre au
service des armées alliées et va remplacer les cadres du régime Pétiniste pas des hommes désignés par la résistance.

Le CNR va adopter le 15 mars 1944 de nombreuses mesures pour le rétablissement de la République et le 2 juin
1944 le CMLN devient le gouvernement provisoire de la République française. Dès le 3 juin 1944 la présidence du
GPRF est assurée par le général de Gaulle. Il faut attendre aout 1944 pour que Paris soit libéré.
Il y a des institutions prévues avant la libération.

Une nouvelle République est annoncée. Il ya deux grandes étapes successives :


*le 9 aout 1944 le GPRF prononce une ordonnance relative au rétablissement de l'égalité Républicaine sur le
territoire → il affirme la permanence en droit de la République française → il faut faire un travail réthorique intéressant
qui consiste à nier la légalité de Vichy et celle des actes pris et mis en œuvre par Vichy. Vichy est déclaré illégitime, nul
et non avenu.

Dans l'ordonnance du 9 aout 1944 : article 1 : est rédigé « la forme du gouvernement de la France est et demeure la
République en droit, celle-ci n'a pas cessé d'exister » → régime di vichy n'existe pas.
Article 2 : « sont, en conséquence, nuls et de nul effet tous les actes constitutionnels, législatifs ou réglementaires,
ainsi que les arretés pris pour leur exécution, sous quelque dénomination que ce soit, promulgués sur le territoire
continental postérieurement au 16 juin 1940 et jusqu'au rétablissement du Gouvernement provisoire de la République
Française »

*De Gaulle prend les raines du pouvoir → volonté de créer une nouvelle constitution votée par le peuple : il va
proposer l'élection d'une assemblée constituante.

Lorsque la guerre est terminée, le système des partis en France va se reconstituer : la droite, les radicaux, la SFIO, le
parti communiste et une nouvelle formation qui se constitue autour de résistants chrétiens qui vont créer le MRP qui est
un soutien de De Gaulle.
Le 21 octobre 1945 une consultation est organisée qui va permettre de designer une nouvelle assemblée en posant la
question du régime qui doit être mis en place : alternative : restaurer la III ou faire de la nouvelle assemblée une
assemblée constituante qui crée un nouveau régime ?

Le 21 octobre 1945 les électeurs français qui se prononcent vont choisir la solution Gaulliste : ils se prononcent
majoritairement pour l'établissement d'une nouvelle République.

Les résultats de la sélection des députés ?


Les radicaux qui sont les symboles de la III et de sa chute n'obtiennet que 28 sièges, le MRP obtient 150 sièges, la
SFIO 143, le parti communiste 152 (il est le premier parti de France et il rassemble près de 25% des voix).
2. LA IV RÉPUBLIQUE : RÉPUBLIQUE PARLEMENTAIRE TRANSITOIRE DANS UNE
CONJONCTURE MONDIALE NOUVELLE

1. Institutions et dysfonctionnement de la IV République


A. Les choix des constituants pour la IV : une République nouvelle ?

Les trois grands partis issus du scrutin d'octobre 1945 vont s'associer pour former le gouvernement et ils signent en
janvier 1946 la « charte du tripartisme » qui solidifie leur alliance politique et qui met en avant l'attente d'un régime de
type parlementaire.
Felix Gouin qui appartient à la SFIO et qui est le président de l'Assemblée Constituant devient chef du
gouvernement.

Le premier projet qui prévoyait un parlement monocaméral est finalement rejeté par référendum le 5 mai 1946 ;
53% de non, 47% de oui. Il était fortement marqué par les conceptions de gauche.

ELECTIONS LEG : Le parti communiste obtient 26% des voix, la SFIO 21%, le MRP 28% → le MRP devient le
premier parti de France lors de ces élections, à la place du parti communiste. De fait le tripartisme mis en place dès
1946 est reconduit.

De Gaulle est en retrait de la vie politique (traversée du désert) et il va choisir la même période pour faire sa rentrée
politique en prononçant un discours à Bayeux en Normandie le 16 juin 1946 ; c'est la « Constitution de Bayeux » : il va
exposer ses idées constitutionnelles et il espère influencer la nouvelle Assemblée Constituante dans ses travaux. On va
trouver des choses qu'il avait déjà exprimé auparavant, il s'exprime en faveur du bicaméralisme et en faveur d'un
pouvoir exécutif fort qui découlerait directement du chef de l'état.
L'Assemblée Constituante va travailler sur un nouveau projet constitutionnel. Ce nouveau projet est finalement
ratifié par référendum le 13 octobre 1946.
La qualité de l'équilibre des suffrages exprimés ou non : lors du référendum on constate une très forte abstention car
31,4% des français s'abstiennent.
Ensuite de Gaulle explique qu' 1/3 des français c'est résigné, 1/3 l'ont repousse, 1/3 l'ont ignoré.

B. La restauration du modèle de la République parlementaire : l'omnipotence de l'Assemblée nationale et la


subordination du pouvoir exécutif

La grande instabilité ministérielle était considérée le point faible de la III République ; les constituants vont dans le
texte chercher à rééquilibrer les pouvoir en faveur de l'exécutif et d'éviter l'instabilité. Mais, la pratique du pouvoir par
ses acteurs, les partis, les gouvernants va accentuer un retour au fonctionnement des institutions comme sous la III
République et la pratique va permettre d'observer le même équilibre du pouvoir sous la III République. En effet, la IV
République va être marquée par le maintient de l'omnipotence de l'Assemblée Nationale et par la subordination du
pouvoir exécutif.
La constitution est un compromis entre partis politiques qui va aboutir à deux choix essentiels :
*l'existence de deux chambres → Assemblée Nationale et Conseil de la République qui est en retrait par rapport à
l'Assemblée Nationale
*le Président de la République reste une institution honorifique → c'est le Président du Conseil qui est censé jouer
un rôle central dans le pouvoir exécutif.

En plus, de nouveaux droits économiques et sociaux vont être proclamés dans le préambule → l'importance des
partis de gauche dans sa rédaction. Parmi eux il faut noter :
*l'égalité homme-femme
*le droit d'asile
*le droit et la liberté syndicale
*le droit de grève
*le droit à l'emploi
*la non discrimination sur le travaillent

Le véritable maitre de l'exécutif est le gouvernement dirigé par le Président du Conseil ; il est désigné par le
Président de la République et il est responsable devant l'Assemblée Nationale. Le Président du Conseil ne peut exercer
ses fonctions que s'il est investi par l'Assemblée Nationale à la majorité absolue.
Dans cette constitution il s'agit d'éviter que cette responsabilité devant l'Assemblée Nationale ne se transforme en
une pression permanente des députés sur le gouvernement. De Fait les constituants ont pris 3 précautions :
*l'investiture est réservée au seul Président du Conseil après présentation de son programme

*l'encadrement très stricte du vote sur les questions de confiance → on le constate à l'article 49 : « La question de
confiance ne peut être posée qu'après délibération du Conseil des ministres »
La confiance ne peut être refusée au Cabinet qu'à la majorité absolue des députés à l'Assemblée.
Ce refus entraîne la démission collective du Cabinet. »
Cette instabilité ministérielles, un des grands échecs de la III République ; va se mettre en place sous la IV République
bien que les éléments de la constitution cherchaient à l'éviter
*la restitution au pouvoir exécutif de son droit de dissolution de l'Assemblée National
2. Les forces politiques de la IV République : rupture du tripartisme et avènement de la troisième force

A. Guerre froide et exclusion du PCF du jeu politique : la rupture du tripartisme

Dès 1947 les tensions vont s'accroitre entre les trois partenaires du tripartisme en raison à la fois de désaccords sur la
politique intérieur et de la conjoncture internationale. Les communistes entrent en opposition sur trois questions
importantes :
*sur les questions économiques et sociales → une réorganisation économique et sociale du pays sur la base du
programme du Conseil National de la Résistance.. Le parti communiste préconise la nationalisation des banques
d'affaires ce qui va l'opposer à l'MRP qui y est contre. En outre, le parti communiste après avoir soutenu le
gouvernement dans sa politique de compression des salaire pour jubiler l'inflation va s'y opposer à partir du printemps
1947 en appuyant avec le soutient su syndicat CGT les nombreuses grèves qui se développent dans les usines autour de
revendications salariales.
Ce changement de doctrine du Parti Communiste tient au fait qu'il ne veut plus renier ses principes et il ne veut pas
risquer de perdre son influence dans la classe ouvrière.
*sur la conjoncture internationale → en 1947 commence la Guerre Froide entre les USA et URSS qui étaient
jusqu'alors des alliés ; le Parti Communauté va se ranger dans la clan soviétique, mais les autres deux membres du
tripartisme (MRP et SFIO) vont se ranger dans le camp atlantiste. Derrière ces positions différentes il y a le « Plan
Marshall » une aide financière qui va refuser l'URSS la FR va accepter à cause des besoins du pays.
*sur les questions coloniales → en aout 1945 le communiste vietnamien Hô Chi Minh a proclamé la naissance d'une
République Démocratique du Vietnam qui remet en cause l'Indochine sous domination française. Suite à la WW2 l'état
français va entamer sa reconquête de l'Indochine ; la guerre d'Indochine éclate, le Parti Communiste plaide pour des
négociations avec Hô Chi Minh, tandis que la SFIO et le MRP sont favorables au maintient pas les armes de la
souveraineté française sur la péninsule indochinoise ; les communistes vont rejet les crédits militaires demandés par le
gouvernement, pour mener cette guerre.

Il y a une crise très forte au sein du tripartisme et finalement par un vote de confiance en mai 1947, les communistes
interpellent le gouvernement sur son refus de céder au revendications des grévistes des usines Renault. Les députés
communistes émettent un vote négatif, mais aussi les ministres communistes s'opposent très fermement au
gouvernement auquel ils appartiennent. Paul Ramadier ne peut accepter sans réagir cette rupture de la solidarité
ministérielle et le 4 mai 1947, le journal officiel publie un décret du Président du Conseil qui met fin aux fonctions des
ministres communistes. A partir de mai 1947 il n'y a plus de tripartisme : 6 mois après la constitution de la IV
République elle chancèle.

Pour trouver des majorité suffisantes le MRP et SFIO vont devoir aller chercher chez les radicaux et modérés des
majorités et donc ils vont revenir au jeu politiques avec la particularité que ces formations politiques sont constitués de
petits clans politiques, individualités et elles sont relativement malléables dans le soutient au gouvernement ou la
majorité parlementaire.

Cela a deux conséquences :


*l'axe de la majorité politique va se décaler vers la droite
*disparait ce qui constituait un facteur de stabilité de la IV République : la présence au pouvoir de grands partis
politiques qui était très disciplinés.

Désormais la IV République va devoir faire face à l'opposition de deux forces politiques à l'intérieurs à elle-même :
à celle du parti communiste (dans une pratique d'isolationnisme pro soviétique) et à une opposition de droite : autour de
De Gaulle le 19 avril 1947 le RPF (Rassemblement du Peuple Français) qui ne se reconnaît pas dans les institutions de
la IV République.

B. La troisième force et son échec

A partir de 1947 si on fait l'addition des suffrages du parti communiste et de l'RPF on se rend compte que plus des
50% des suffrages reviennent à ces partis qui sont des partis d'oppositions aux régimes de la IV République. Au
municipal de 1947 le RPF obtient 38% des suffrages.

A partir de la crise de 1947, de la rupture du tripartisme on va constater que les partis qui soutiennent la IV
République sont désormais minoritaires et à l'Assemblée Nationale le MRP et la SFIO ne disposent que de 274 voix en
cumulé et pour obtenir la majorité à l'Assemblée Nationale ils doivent compter sur des élus du RGR (rassemblement des
gauches républicaines) et sur l'appuie des députés modérés. Ça a un effet très fort sur la SFIO, de plus en plus elle et
Guy Mollet qui était favorable à l'alliance avec les communistes, vont devenir des ennemis politiques du parti
communiste en vertu du fait de la conjoncture internationale.

A partir de la deuxième partie de 1947 la majorité à l'Assemblée Nationale est finalement une majorité constituée
d'une coalition de partis politiques qui sont moins structurés. La seule chose qui les réunis c'est leur acceptation du
régime de la IV République. C'est à cette coalition de partis hétéroclite que Blum va donner le nom de 3ème force, au
sens ou cette coalition de partis fait face d'un coté à la force communiste et de l'autre à la force du RPF. Blum va utiliser
cette expression lors de sa tentative d'investiture manquée en novembre 1947 devant l'Assemblée Nationale.

A partir de 1947 le régime politique de la IV République va reprendre les règles tacites de la III République et va
donc calquer ses pratiques politique sur celles de la III République. A partir de cette pratique qui n'est pas prévue par la
constitution, le Président du Conseil va devenir un premier ministre comme sous la III République et très rapidement les
gouvernements vont prendre l'habitude de démissionner dès qu'ils sont mis en minorité même si la constitution dit que
le cabinet reste en fonction si la motion de censure n'obtient pas la majorité absolue des voix.
3. Processus de décolonisation et chute de la IV République
A. Le gouvernement atypique de Pierre Mendès France : tentative de « dépoussiérer » la République
parlementaire

Pierre Mendès France est un personnage atypique de la IV République en particulier car il se veut au-dessus des
partis politiques ; il est social-démocrate, anticommuniste et un adversaire de l'extreme droite. Il va developper un style
de gouvernement nouveau, car il va développer un nouveau type de communication avec les français grâce à la
télévision car chaque samedi il va s'adresser directement aux français a travers les « causeries téléphoniques ». Il
annonce la V République et il va choisir de s'appuyer sur l'opinion par dessus le parlement et les partis politiques ;

Dans son discours d'investiture du 3 juin 1953 qui va être lettre morte car il n'obtiendra pas la majorité, mais il va
l'obtenir en 1954 → là on voit la manière dont il entend réorganiser les relations et les rapports de force entre
l'Assemblée Nationale et le Gouvernement.
Il faudra attendre 1954 pour qu'il devienne Président du Conseil et que par cette Présidence du Conseil il règle
définitivement la question coloniale en Indochine.

Dès 1950 il est un des plus virulents opposants à la guerre d'Indochine ; elle a pris de l'importance après 1947 va se
traduire par des défaites successives de l'armée française, donc vue l'impossibilité de régler ce problème, il va paraître le
recours pour régler cette crise politique et miliaires.
Quelques semaines après la défaite de « Dien Bien Phu » le 18 juin 1954 Pierre Mendès France est enfin nommé
Président du Conseil et investi par l'Assemblée Nationale. Il a clairement comme objectif de régler la question de
l'Indochine par la négociation. Dans son discours d'investiture il se donne 30 jours pour obtenir la paix et donc accorder
l'indépendance à l'Indochine ; il va tenir parole, car le 20 juillet 1954 sont signés les accords de Genève qui mettent fin
au conflit entre la France et son ancienne colonie.

Ensuite il va aussi engager des négociations qui vont aboutir à l'émancipation de la Tunisie et le 31 juillet 1954 est
reconnue l'autonomie interne de la Tunisie. Ce succès de Pierre Mendès France ne lui permettra pas de rester longtemps
au pouvoir car le 5 février 1955 il n'est plus Président du Conseil ; son gouvernement dure 7 mois, mais il est l'un des
plus marquants de la IV République .

B. Le poujadisme : un mouvement d'extreme droite révélateur du rejet du régime

A partir des années 1950 beaucoup de petits commerçants et artisans rencontrent des difficultés économiques
(endettement, faillites, etc.) car ils ne sont pas capables d'adapter à la concurrence et peinent à se trouver dans les
nouvelles lois des marchés. Ces victimes vont juger le pouvoir politique responsable de la dégradation de leur situation
et ils vont s'en prendre à l'état.

S'en prendre à l'Etat est plus légitime car il est très important dans l'économie à cause de la nationalisation, dans le
développement de l'Etat providence et pour la planification économique. Ce qui incarne le mieux l'état au quotidien est
celui qui prélevé l'impôts. L'opposition va se traduire par des incidents quand les contrôleurs fiscaux se rendre sur le
terrain et se voient molester.
Ce mouvement de manifestation va donner naissance à un mouvement organisé dont Pierre Poujade va devenir le
leader. Il va profiter de cette agitation et il va fonder en novembre 1953 l'UDCA et ce parti politique va remporter
quelques succès lors des élections des chambres de commerce. L'UDCA va petit a petit fédérer des nostalgique d'une
extreme droit autoritaire, les héritiers honteux de Vichy, des nationalistes, des antisémites qui ne trouvent plus dans les
formations politiques la possibilité de s'exprimer.

Dans les discours de l'UDCA on a plusieurs thèses qu'on sait dans les ligues dans l'affaire Dreyfus et dans les années
1930 ; le discours de l'UDCA va rémobiliser certaines problématiques (refus de l'impôts, dénonciation de l'impuissance
parlementaire, l'appel a balayer les politiciens, la xénophobie, l'antisémitisme et la nécessité de maintenir l'Algérie
française).
Ce mouvement est important car il est révélateur du rejet du régime par une partie de la population, mais ce qui va
faire chuter la IV au delà de ses faiblesse intrensèques c'est un conflit qu'aucun gouvernement ne parvient à résoudre.

C. La guerre d'Algérie et la chute de la IV République

1. La guerre d'Algérie et le retour

Depuis 1955 l'agitation en Algérie s'est révélé en un mouvement nationaliste de grande ampleur : la France a du
proclamer l'état d'urgence et envoyer de nombreux renforts composés d'appelés de contingents qui n'ont que 20 ans dans
cette guerre.
Les partis sont divisés sur la gestion des événements d'autant plus qu'il n’ya pas de partis dominants à cette époque :
on le voit a travers les élections législatives de 1956.
L'extreme droite fait entrer des députés à l'Assemblée Nationale (UDCA), les partis traditionnels sont divisés en
deux coalition rivales : d'un coté le MRP et les indépendants d'un coté et de l'autre coté le front républicain associant les
socialistes de Guy Mollet et les radicaux de Premier Ministre France ; la clef de voute est la SFIO.
La gauche a obtenu 56% des voix et René Cotti va choisir un Président du Conseil issu du front républicain : Guy
Mollet qui le devient le 1 janvier 1956. IL va s'engager à mettre fin à la guerre d'Algérie qu'il juge « imbécile et sans
issue », mais Guy mollet il va être dépassé par la situation : il devient PdC le 1 février et le 6 février il se rend à Alger
pour se rendre compte de la situation et il est conspué par les « pieds-noirs » car selon eux la volonté de négociation du
gouvernement est un abandon du territoire algérien et des français sur le sol.

IL va changer de politique et il va adopter une nouvelle stratégique qui s'appuie sur le tri « cesser le feu, élection,
négociation » → cesser le feu implique une victoire militaire des force française sur le front national. Derrière cette
volonté de trouver une solution il y a une logique de la guerre qui l'emporte même si le gouvernement de Mollet
continue à négocier en secret avec le FLN.

En parallèle, la situation en France commence à se dégrader car l'inflation reprend de manière accélérer, cela
déstabilise l'économie, les projets fiscaux sont remis à plus tard a cause de la guerre et on observe une crise moral
lorsque la population apprend que l'armée utilise la torture en Algérie. Des jeunes syndicalistes, des religieux (droite)
commencent a protester contre la politique française en Algérie portée par un gouvernement de gauche.
Pour éviter une scission de son parti Guy Mollet se laisse renverser par l'Assemblée Nationale en juin 1957 et il quitte le
pouvoir.

A la suite du gouvernement Guy Mollet vont se succéder plusieurs gouvernements qui prennent confiance qu'aucune
solution militaire ne mettra fin au soulèvement en Algérie.

1958 est très important pour la IV République car il y a une crise sociale, morale e politique de grande ampleur ; il y
aussi une rumeur de conflit militaire qui commence à circuler en 1958 et le 26 avril 1958 l'armée laisse se developper à
Alger la manifestation d'un « Comité de salut publique » pour sauver l'Algérie Française.
Dans ce conteste d'instabilité, où l'armée devient un acteur politique on pense que le seul qui peut parler est un
militaire : de Gaulle. Dès 1958 l'idée d'un retour au pouvoir de de Gaulle est de plus en plus évoquée comme une
évidence politique et militaire. Cela s'observe dans la population française et chez les hommes politiques au sein du
gouvernement et au sein de l'Assemblée Nationale. Cela développe l'idée que la solution est une solution autoritaire,
une solution qui permettrait de s'appuyer sur un exécutif fort en mesure de mettre fin à la guerre.

La crise 15 mai 1958 : il y a un nouveau changement gouvernemental. Pierre Pfmilin Président du MRP est investi
Président du Conseil ce qui met fin a une crise politique de plusieurs jours. Cela déplait en Algérie et aux militaires car
il voulait engager la France dans un processus de retrait d'Algérie. Suite à sa nomination des mouvements émotteurs
convergent à Alger vers le siège du Gouvernement Général, le Comité de Salut Publique est mis en place présidé par le
général Massu et des comités vont naitre en tout Algérie et qui ressemblent des français algériens favorables au
maintient de l'Algérie.

Il y a des insurrections, il y beaucoup de gaullistes. On voit la maintient de l'Algérie et la demande du retour de de


Gaulle. On demande à de Gaulle de revenir en espérant qu'il garde l'Algérie Française.
De Gaulle prend parole dans la déclaration du 15 mai 1958 pour critiquer les régime de partis et il dit de ne pas
blâmer les insurgés d'Algérie.
De Gaulle il n'exclue pas de revenir au pouvoir grâce à un coup d'état, mais il privilégie la solution légale
Le 27 mai 1958 il publie un comité où il déclare d'avoir entamé le « processus régulier nécessaire à l'établissement
d'un gouvernement républicain ». Il n'a reçu aucune promesse, aucun accord solidifié, mais le but de cette déclaration
était de calmer l'armée en laissant entendre qu'il reviendrait au pouvoir. Cette déclaration va accélérer le processus → le
gouvernement Pfimlin démissionne face à la menace de Guerre civile. René Cotti alors nomme De Gaulle qui présente
comme « le plus illustre des français ».
Cotti sait que l'Assemblée Nationale est dominée par la gauche hostile à de Gaule, c'est pourquoi il menace de
démissionner si l'An n'investi pas de Gaulle. Les députés sous la menace de guerre civile, de la disparition du Président
de la République vont accepter l'investiture de Gaulle et le processus de disparition de la IV République.
Guy Mollet soutient de Gaulle, même si en principe il y était opposé et il fait voter des socialistes pour le oui. Le 1
juin de Gaulle devient Président du Conseil et il devient le dernier Président du Conseil de la IV République ; le
lendemain de l'investiture, les pleins pouvoirs sont donnés au gouvernement pour 6 mois pour régler la crise algérienne
et le 6 juin le Parlement accorde à De Gaulle le pouvoir de réviser la Constitution avec des conditions : la séparation des
pouvoirs, la responsabilité du gouvernement devant le Parlement et la ratification par le peuple.

3. LA V RÉPUBLIQUE DE 1958 À 1968 : BALBUTIEMENTS ET SOLIDIFICATION


1. La genèse d'une nouvelle république dans un contexte de crise
A. La naissance de la V comme rupture avec les pratiques passées
En 1958 ça fait 4 ans que l'Algérie est secoué par une insurrection menée par le FLN qui se fait par plusieurs attentats
sur le territoire algérien.
Dans ce contexte il y a 3 types d'acteurs qui basculent le régime de la IV et qui mettent en cause la capacité de ce
régime de gérer ce qui est encore appelé les « évènements d'Algérie » et pas encore « la guerre d'Algérie » :
*l'armée → à la suite des accords de Genève qui ont mis fin à la guerre d'Indochine, elle estime que l'empire
colonial français est menacé et elle a confiance que si l'Algérie devient indépendante, la France va se couper de
ressources pétrolifères très présentes dans le Sahara et elle va être amenée à abandonner l'économie développée en
Algérie par les expatriés.
*les partis politiques → à l'exception du parti communiste qui reste pro indépendantiste, ils naviguent dans le
désordre entre des positions de conciliation avec les indépendantistes algériens et des reprises en mains violantes sur le
territoire d'Algérie.
*la population algérienne – elle estime de plus en plus que le FLN a raison dans ses appels à l'indépendance et la
population algérienne va donner raison au Fln car l'indépendance apparaît comme une solution pour sortir de l'inégalité
entre colons et populations algérienne et elle paraît comme une possibilité d'arrêter le bain de sang et les exactions
commises par l'armée ou les indépendantistes

Le gouvernement de Pfilmlin, qui était d'accord à des accords avec le FLN. Les militaires vont organiser une
manifestation à Alger et il contestent les autorités légales et ils constituent un comité de salut publique présidé par le
général Massu, un CDSL qui fait appel à de Gaulle pour trouver une issue au conflit.

La situation est très complexe car les parlementaires de la Iv craignent la fin de leur prérogatives Il est prévu un putsch
militaire et politique à Paris le 24 mai 1958 appelé « opération résurrection ».

S'il met à l'écart du parlement, cette mise à l'écart est soumise à 3 conditions :
*le nouveau texte doit répondre à certains principes fondamentaux (la séparation des pouvoirs, la responsabilité de
l'exécutif devant le parlement)
*il doit être soumis pour avis consultatif à un comité parlementaires
*il doit être validé par référendum
. Cette rationalisation va se voir à travers 2 éléments :
*la réduction de l'emprise du parlements sur le gouvernement ce qui doit permettre l'efficacité de l'exécutif
*l'affirmation de la supériorité de l'exécutif sur le législatif

les parlementaires sont mis de côté, ils comptent reprendre le pouvoir et espèrent revenir à une pratique des
institutions conformes à une pratique parlementaire.
Le 4 septembre 1958 de Gaulle présente le texte aux français et annonce l'organisation d'un référendum pour le 28
septembre 1958. Le oui l'emporte largement (79%).
B. Les législatives de 1958 : l'entrée politique dans la nouvelle République

Il y a aussi des gagnants et les grands gagnants sont les députés de l'UNR qui est la nouvelle formation gaulliste. Elle
est conçue sur le modèle des machines électorales telles qu'on les peux observer aux USA et ce parti va utiliser des
techniques de mobilisation très modernes pour l'époque : il va rémunérer ses militants de terrain et il va utiliser des
sondages d'opinion balbutiants pour essayer de mener la meilleure campagne possible.

Grace à cette majorité parlementaire et à sa légitimité construite sous la IV, de Gaulle est élu Président de la
République en décembre1958 et il est élu par un collège de 80'000 grand électeurs, un collège qui dépasse l'An. IL
obtient 68,7%.
Il succède à René Cotti et il nomme Michel Debrés Premier Ministre qui a été très actif dans la rédaction de l
Constitution de la V. Un gouvernement est nommé et il présente deux particularités :
*c'est un gouvernement d'unité nationale → tous les partis politiques de l'An siègent au gouvernement sauf le PC. Il
y a peu de gaullistes purs : il y en a 3 et il n'y en a aucun des gaullistes purs qui soit partisan de l'Algérie française
*le Premier Ministre va nommer des hauts fonctionnaires à des postes importants et notamment Moris Couve de
Murvile qui dévient ministre des affaires étrangères.

2. Le règlement de la question algérienne

De 1958 à 1962 le but de de Gaulle est de préserver son autorité politique et la fonction présidentielle qu'il occupe.
Ses premiers actes visent à restaurer l'autorité de l'état et de l'autorité politique :
*il reprend en main l'armée en Algérie en rappelant en métropole le général Salan qui était l'un des premiers artisans
des putsch généraux du 13 mai 1958
*il va accentuer la politique d'intégration nationale d'Algérie → en supprimant les 2 collèges électoraux distincts qui
existaient sur le territoire algérien. Ces collèges marquent une scission politique entre deux population hétérogènes.
*il va s'engager dans une politique de développement en augmentant l'investissement économique sur le territoire
algérien

A. 1958-1960 : l'effritement des certitudes

Mais la position de De gaylle sur le devenir de l'Algérie va progressivement évoluer, surtout à partir de 1959 par
plusieurs raisons :
*le FLN bénéficie du soutient politique d'institutions internationales, comme de l'ONU et des mouvement des
décolonisation qui gagne des nombreux pays d'Afrique et d'Asie → l'impérialisme au XX siècle continu un référentiel
encombrant pour une V qui prétend incarner la modernité politique
*même s'il y a une victoire militaire, il n'empêche que les conflits s'enlisent et que cela pèse sur les finances
publiques et les comptes des morts commencent à faire fléchit l'opinion politique ef France. Il y a 220 milles morts du
coté français et 250 du coté algérien
*car les troupes métropolitaines en Algérie sont constituées pour l'essentiel de jeunes appelés du contingent (18/23
ans) ; ils sont peu aguerris et ils vivent leur départ en Algérie comme un sacrifice et un arrachement. Il est aussi le
premier départ de la métropole, de leur région et il sera pour certains le dernier. - cette opération de pacification va se
traduire pour eux en un cauchemar qui se traduite par une occultation des évènements d'Algérie.

De Gaulle alors annonce le droit de l'Algérie à l'autodétermination le 16 septembre → recourir à un referendum pour
pouvoir connaître l'opinion sur cette autodétermination. Or l'organisation de ce référendum est soumise à deux
conditions :
*le cesser le feu immédiat
*l'imposition de 4 années de paix → en 1959 on ne prévoit pas d'organisation de référendums avant 1963.

Cette proposition loin de pacifier les protagonistes, va accélérer les tensions sur le territoire algérien ;
*Massu s'oppose au général de Gaulle qui le destitue. Il appelle l'armée à l'insoumission à l'égard du gouvernement
de Paris et de de Gaulle, mais cela est sans succès.
*Ensuite les colons vont se soulever à Alger et qui vont occuper la roue entre le 24 et le 31 janvier 1960 : « la
semaine des barricades » → ils sont réprimés par l'armée française
*la classe politique et la population qui continuent à se diviser entre les partisans de l'Algérie française et les
partisans de l'indépendances. Cette opposition continue à fracturer toutes les formations politiques, sauf le PC qui reste
unanime dans son soutient de l'indépendance de l'Algérie, car les militants du PC vont subir la répression de l'état

B. 1961-1962 : le grand basculement vers l'indépendance de l'Algérie

Face à l'opposition, le 8 janvier 1961 un référendum est organisé qui doit permettre d'obtenir l'organisation à venir
de l'autodétermination algérienne. Cette consultation est un succès politique pour de Gaulle car le oui l'emporte avec
75% des suffrages exprimés ; en Algérie 70% des exprimés sont favorables à l'organisation à venir de
l'autodétermination des algériens.
Cette victoire du oui conduite des colons à se radicaliser, certains vont rejoindre l'OAS qui recrute ces militants pour
des actions violantes, dans l'armée et dans la population pieds-noirs.

On est en 1961 dans un contexte de très forte instabilité et ainsi à partir de février 1961 s'appuyant sur le résultat du
référendum, les négociations vont reprendre entre les indépendantistes et les dirigeants politiques français. Le contexte
est instable pour 2 événements :
*dans la nuit 21/22 avril 1961 nouvelle tentative de putsch par 4 généraux → des parachutistes partent d'Alger et
arrêtent les représentants de l'Etat. De Gaulle demande à ces personnes de ne pas obéir au « quarteron des généraux »
*le 17 octobre 1961 une manifestation pro FLN est organisée par des algériens de la région parisienne et elle est très
durement réprimée par la police le

Ces événements vont inciter de Gaulle à conclure les accords d'Evian le 18 mars 1962, accords ensuite soumis à
référendum avant la proclamation d'indépendance d'Algérie le 5 juillet 1962. dans ce contexte de référendum, seule
l'extreme droite appelle à voter non à celui du 18 avril 1962, chose qui explique la victoire du oui à l'indépendance.

Les conséquences de la guerre d'Algérie sur la vie politique françaises sont difficiles à évaluer précisément, mais ces
événements vont se traduire par le développement d'un anti-gaullisme très fort par les électeurs de la droite et par la
radicalisation idéologique et politique de certains rapatriés qui reviennent en France : une partie du discours frontiste va
tenter de réactiver le souvenir de l'Algérie Française et la responsabilité des gaullistes dans l'abandon des rapatriés.

Après l'indépendance, en principe, la population pieds-noirs peuvent rester en Algérie, mais la plupart d'entre eux
vont craindre pour leur sécurité et vont revenir sur le territoire métropolitain (les colons français, mais aussi la
population des « harkis » : les algériens qui ont défendu l'Algérie française et qui en majorité appartenaient aux élites
locales.) Il reviennent car le 5 juillet 1962 dans la ville d'Orant l'armée de libération nationale qui est la branche
militaire du FLN massacre les populations européennes et harkis y installées. Le lendemain de l'indépendance, près de
800 milles de pieds-noirs quittent l'Algérie dans des conditions catastrophiques. Il ne reste que 200 milles colons en
Algérie à la fin de 1962.

3. Restaurer la « grandeur de la France », imposer un « monarque »...


A. Rétablir la France « dans le concert des Nations »

La constitution de 1958 reconnaît une autonomie relative aux territoires sous domination française ; en échange du
maintient du leadership de la France sur ces territoires, le cadre légal laisse le choix aux anciens territoire colonisés
d'évoluer vers l'indépendance. L'Union Française qui désignait dans la Constitution de la IV l'ensemble constitué de la
métropole et de ces colonies, laisse la place de « communauté ».

Il y a plusieurs options pour les anciens territoires colonisés :


*les pays qui acceptent de rentrer dans la communauté et qui vont retarder l'accession à l'indépendance (Sénegal,
Mali) → elle continue d'exercer son droit de regard sur les affaires internes de ces pays et elle maintient des liens très
forts.
*les pays qui refusent cette proposition → ils vont entrer dans des processus d'indépendance très rapide et la France
va cesser toute relation avec eux (Guinée).

Il y a une question qui s'organise sur la question de la décolonisation ; elle n'a pas effacé la présence française en
Afrique, mais elle l'a transformée : les colons français et les préfets sont petit à petit remplacés par des élites politiques
locales, ce sont des élites francophones qui viennent se former dans les universités françaises.
L'influence française passe par des réseaux pilotés par l'Elysée (la France d'Afrique) qui maintiennent les relations
entre la France et l'Afrique.

Marquer l'indépendance de la France :


*Il faut mettre en place une politique étrangère nouvelle que De Gaulle met en scène, en affirmant l'indépendance de
la France par rapport à la puissance américaine. Cette politique est marquée par plusieurs actes des années 50 et 60 : De
Gaulle va proposer que l'OTAN soit gouverné par un directoire à trois avec la France ce que les USA refusent.
Cette politique a abouti le 7 mars 1966 à la sortie de la France et elle le réintégrera en 2009.
*Le 13 février 1960 la France fait exploser une bombe A dans le Sahara et elle devienne autonome du point de vue
nucléaire.
*de Gaulle marque la distance prise avec les USA en entretenant des relations diplomatiques avec l'URSS ce qui
permet d'affirmer que la France est dans une politique de désalignement par rapport au bloc atlantique.
*la volonté de la France d'être le leader au sein de la CEE ce qui va créer des conflits qui vont se traduire par des
affrontements très forts en 1962 autour de la politique agricole commune et qui vont justifier De Gaulle avec l'entrée du
UK dans la CEE.
*le désir de développer économiquement le pays → De Gaulle va engager la France dans une pratique de
modernisation économique → elle se singularise avec d'un coté un libéralisme économique affiché et dans le même
temps un dirigisme étatique souvent très volontarisme. de Gaulle soutient la planification de l'économie et la
constitution de grands champions industriels nationaux : il ne remet pas en cause les options de gauche qui avaient été
prises à la sortie de la WW2. Il développe l'énergie nucléaire ; il pousse à la modernisation de la culture en s'appuyant
sur la politique agricole commune : elle va se traduire par l'augmentation par la tailles des exploitation agricoles et par
ce qu'on a appelé « la fin des paysans ». Cette politique économique et très largement pensée, pilotée et mise en œuvre
par des hauts fonctionnaire et des experts favorable à une gestion rationnelle de l'économie fondée sur la compétence
scientifique et économique → délégation du savoir économique et il échappe petit à petit aux parlementaires.

Sur le plan économique la période 1968, 1969 est une période de prospérité économique, marquée par un taux de
croissance supérieur à 50% et marquée par le peul emploi (« les 30 glorieuses »). Cette prospérité commence sous la IV,
mais dans les années 60 la France entre dans la production de masse des biens ménagers et électroménagers et la société
de consommation.

Cette prospérité économique va assurer au pouvoir gaulliste une certaine légitimité : De Gaulle règle tous les
problèmes (algérien, l'indépendance énergétique, etc.).

B. L'affirmation du présidentialisme majoritaire (1962-1968)


a. Garantir une « France forte, ordonnée et continue » (Charles de Gaulle, 8 juin 1962) par un Président élu au
SUD

Les premières années de la V De Gaulle a une pratique très personnelle du pouvoir qui pour certains parlementaire
ne paraît pas conforme à la lettre de la Constitution de 1958. La révision constitutionnelle proposée par De Gaulle et
adoptée par referendum en 1962 apparaît comme un aboutissement des pratique de de Gaulle, que comme une
modification du jeu politique.
Cette reforme de 1962 qui va permettre l'élection au suffrage universel direct du Président de la République arrive
dans un contexte politique particulier : la majorité politique de de Gaulle commence à se déliter, on a de la position de
de Gaulle étrange à l'Europe et sa réélection en 1965 est peu assurée si on en reste au mode de scrutin défini pas la
Constitution.
de Gaulle commence à perdre le soutient des modérés attachés en un rééquilibrage du pouvoir dans des instances
législatives et le soutient de l'MRP et d'autres sur la question européenne. de Gaulle n'est plus assuré depuis 1962
d'avoir à sa disposition une majorité parlementaire qui lui permette d'exercer le pouvoir exécutif.

Attentat du petit Clamar → 22 aout 1962 → de Gaulle est victime et il est raté. Il lui fait prendre confiance à de
Gaulle qu'il faut impérativement doter la fonction présidentielle d'une légitimité personnelle propre qui doit venir
directement du peuple et non pas d'un collège de grands électeurs.

Le 12 septembre 1962 de Gaulle annonce l'organisation d'un referendum pour faire passer sa reforme → il entend
contourner le Parlement car il fait appel à l'article 11 et non 89 de la Constitution.
L'Assemblée Nationale vote une motion de censure contre le gouvernement Pompidou le 4 octobre 1962 ; elle
réussit et on entre dans un jeu de bras de fer entre les deux pouvoirs car Pompidou 6 octobre 1962 et le 9 de Gaulle
dissout l'Assemblée Nationale.
Le référendum se tient bien et il va voir s'opposer un camps du non qui dénonce le retour du césarisme (pouvoir d'un
seul homme) et qui va regrouper l'ensemble des forces politique à l'exception de l'UNR. En réponse à cela de Gaulle va
dramatiser la campagne en signifiant que la défaite de ce référendum, conduirait au retour aux pratiques de la IV et aux
pratiques d'instabilités gouvernementales de la IV.

De Gaulle va se peser un homme présidentiel, porteur de l'intérêt général et pendant cette campagne il va rappeler
son rôle dans la résolution des grandes crises de la V. Il transforme le référendum en un véritable plébiscite sur sa
personne, en disant que si la réponse est non il démissionnerait. Il met en jeu sa responsabilité.
Cette stratégie politique réussit, car le taux d'abstention est faible (28%) et le oui l'emporte avec 62,5% des suffrages
exprimés.

Le 9 octobre de Gaulle a dissout l'Assemblée Nationale → les élections législatives successives au referendum
reflètent les rapports de force du référendum ; Dg profite de sa victoire et il va engager sa responsabilité.
Les adversaire de de Gaulle sont perdus et ils vont signer des accords de désistement qui se font parfois entre des
partis politiques opposés idéologiquement : les électeurs pensent que les partis politiques sont plus stratèges
qu'intéressés par la défense de leur préoccupations. L'élection présidentielle se traduit par une victoire importante de
l'UNR ; lors de ces élections législative l'UNR frôle la majorité absolue avec 233 députés et grâce au soutient des
partisans d'Estain, de Gaulle a une majorité à l'Assemblée Nationale.

Ces élection législatives se caractérisent par deux points :


*l'apparition du fair majoritaire → désormais ce qui était en préparation depuis 1958, l'exécutif et le chef de l'état
peuvent s'appuyer sur une majorité parlementaire stable et fidèle. C'est à partir e 1962 qu'on va voir se généraliser la
pratique de la discipline parlementaire ou de vote : tout parlementaire de la majorité qui ne vote pas pour le soutient de
l'exécutif est destitué lors des prochaines élections législatives
*la reconstruction de champs politiques opposes → le camp de droite autour de l'UNR et le camp de gauche ou le
PC et la SFIO sont les deux grands adversaires de taille. Cette opposition entre deux camps va s'observer aussi lors de
l'élection présidentielle de 1965.

b. Le passage à la pratique : l'élection de 1965


Mitterrand annonce sa candidature le 9 septembre 1965 sur la base d'un projet d'alliance des forces politiques de
gauche. Le PC va finalement annoncer son soutient à Mitterrand de façon a recréer l'ancienne alliance du Front
Populaire.
Mitterrand réussit un exploit politique : fédérer la gauche autour de lui, car peut de candidats vont faire face à de
Gaulle et car les acteurs politiques de l'époque pensaient que les élections essentielles sont les législatives.

A cote de Mitterrand il y a un autre candidat : Jean Lecanuet qui incarne le centre politique.

de Gaulle attend le mois de novembre pour se déclarer candidat à sa propre succession et comme en 1962 il
dramatise la situation → la république va s'écrouler s'il n'est pas élu à une grande majorité.

La campagne de 1965 va avoir des innovations qui vont marquer la vie politique française car elle va permettre la
bipolarisation de la vie politique et la personnalisation du jeu politique :
*la télévision devient un intermédiaire essentiel entre les candidats et la population → il y a des causeries où les
candidats présentent leur programme
*elle permet de voir la légitimation d'outil plus en plus utilisés : les sondages d'opinion. → l'IFOB prévoit la mise en
ballotage de de Gaulle au premier tour ce qui est une surprise. Contrairement à ce que de Gaulle avait pensé, il n'obtient
que 47,3% des suffrages au premier tour et il doit affronter Mitterrand au deuxième (33,2%).

Le second tous permet de voir le clivage gauche-droite, par l'affrontement de deux personnalités et camps politiques
différents. Mitterrand obtient en effet ses meilleurs scores dans les déparTements où la gauche est majoritaire pour les
législative ; de Gaulle en ceux qui votent pour la droite.
de Gaulle assume l'image du « père de la nation » et Mitterrand estime incarner la modernité.

de Gaulle emporte le deuxième, mais il est élu avec 55% de suffrages : très loin des espoirs qu'il avait mis dans cette
élection. L'élection présidentielle est l'annonce de la fin de l'état de grâce de de Gaulle qu'on va retrouver lors des
élections législatives de mars 1967 → un revers électoral pour les gaullistes.

Le mouvement gaulliste n'obtient une majorité que de courte tête et Pompidou doit composer un gouvernement
d'union de la droite qui va l'amener à collaborer avec Valéry Giscard.

C'est sur le terrain social que le régime gaulliste va s'effondrer.


Dans l'espace de 3 ans il y a un tourmentent politique très important qui amènera au départ de de Gaulle.

4. MAI 68 : ENJEUX SOCIAUX ET POLITIQUES


1. Mai 68, une crise générationnelle et une révolte de la « jeunesse » ?
A. Un mouvement issu de la jeunesse scolarisée

Ce conflit est imprévisible et il l'est notamment du fait que la jeunesse scolarisé en est à l'origine : les agitations dans
l'université commencent de 1967 et vont se cristalliser en 1968, mais de 1967 il y a des affrontements entre des
étudiants et des autorités universitaires.
Pour ce groupe social l'enjeu n'est pas du tout la conquête du pouvoir, mais la critique de la société de
consommation, la critique des différentes normes sociales qui s'expriment autour de la question de la sexualité et de la
mixité ; une critique de l'église, des hiérarchies au sein de la société.

La première cause de la révolte de la jeunesse scolarisé tient au peu de place qui est lui est accordé dans la société
française, mais aussi dans la vie politique en France.
Pourquoi l'université est l'épicentre de la crise ?
*car l'université dans les années 60 est touchée par une massification de l'enseignement supérieur qui s'exprime par
la croissance rapide du nombre des étudiants qui fréquentes l'université et on estime que dans les années 60 le nombre a
augmenté de plus 180%. Cela a donné des problèmes d'accueil et aussi des bouleversement sociologiques et ceux qui
fréquentes l'université. Ce ne sont plus les enfants des familles aisées, mais aussi des jeunes issus de classes sociales
moins favorisés t issus des classes moyennes et populaires.

La massification a un impact : la question sur les débouchés va se développer et elle monte dans les universités de
psychologie, de sociologie et celle de lettres, faculté où est développé une pensée critique sur le monde. Ce
développement d'une pensée critique va se developper pour le fait que les universités deviennent des espaces de
politisation de la jeunesse qui va se traduire par la création d'une culture politique radicale ancrée à l'extreme gauche et
aussi l'idée que l'université est finalement bourgeoise et qui est un lieu de reproduction des inégalités.

Le centre de la révolte étudiante se situe à l'université de Nanterre, créée pour désengorger la Sorbonne et elle
construite en bordure des bidons ville de Nanterre qui accueillaient les travailleurs immigrés. Ils voient des fenêtres un
avenir de misère économique.
Dans le cas de cette mobilisation il y a différentes organisations étudiantes qui vont devenir des espace et des lieux
de politisation pour les nouveaux étudiants ; ces organisations étudiantes, comme l'UNEF(Union Nationale des
Etudiants de France, 1907), Parmi les organisations importantes de politisation il y a le mouvement du 22 mars 1968 à
Nanterre qui sera identifié par une figure iconique de mai 68 : Daniel Commendit.

B. Nuancer l'interprétation d'un conflit de génération et de la révolte de la jeunesse

La majorité des analystes s'accordent sur l'interprétation des évènements comme la révolte d'une nouvelle classe
sociale : « la jeunesse ». Mai 68 serait l'expression d'un groupe social en crise, un groupe contestataire et cette crise
donnerait à voir un conflit de génération entre des jeunes et des adultes, des vieux, sages. On

La majorité des acteurs de mai 68 sont jeunes, mais cela va dans le sens d'un rajeunissement de cela dans la société
française, de la population française. Le nombre de jeunes de 15-24 passe de 6 millions en 1964 à 8 millions en 1968,
mais ce facteur démographique explique un phénomène sociologique majeur beaucoup plus important. La jeunesse
occidentale a une jeunesse : à partir des années 60 et contrairement aux décennies précédentes, il existe un temps social
et culturel qui correspond au temps biologique de l'adolescence et qui est marqué par le fait que cette jeunesse
occidentale va entrer plus tardivement dans la vie professionnelle et elle va avoir accès à des loisirs qui sont permis par
la société de consommation et ce temps s'exprime par l'accès à l'université qui permet de reculer l'accès sur le marché de
travail.

Pourtant tous les jeunes n'étudient pas en mai 68, à cette date 4 millions des 15-24 sont déjà des travailleurs et sur la
même tranche d'âge 3 millions sont collégiens, lycéens et étudiants. La plupart sont dans le marché du travail.

La jeunesse de mai 68 ne signifie qu'il y a une émergence d'une jeunesse au sens sociologique, on le voit par les
tentatives avortées du rapprochement entre la jeunesse ouvrière et la jeunesse étudiante. La jeunesse biologique est loin
de constituer un groupe social homogène et elle est loi de partager les mêmes réalités sociales, les mêmes conditions de
vie et les mêmes aspirations.

Cette diversité de la jeunesse de 68 on va la retrouver dans les événements de mai 68 et dans les tentatives de liaison
entre étudiants et jeunes ouvriers qui se vont souvent traduire en un échec pour des motifs politiques et syndicaux qui
sont des raisons de structures. Les syndicats vont faire échouer ces tentatives d'union.

Il y a un relatif brassage social dans le milieu étudiant, mais il ne permet pas de combler les écarts sociaux qui
séparent les différentes catégories de jeunes de 1960 qui ne partagent pas les mêmes devis et les mêmes façons de
penser non plus.

Mai 68 est aussi un mouvement social ouvrier.

2. Un mouvement social ouvrier qui échappe aux syndicats et partis politiques de gauche
A. Politisation et grève dans les usines

Les mouvements dans les universités commencent de 1967 et s'accélèrent de mars 1968 et en mai 1968 ces
revendications vont toucher le monde économique et industriel. Le 13 mai 1968 dans une usine Renault, est décidée une
occupation des locaux ; Renault est la plus grande entrepris publique de l'époque, donc cette occupation des locaux par
les salariés va prendre une forme radicale : les plus jeunes vont séquestrer l'administration et ils plantent un drapeau
rouge à l'entrée de l'usine.

Cette grève va s'étendre à toutes les usines Renault de la France et les revendications ouvrières sont assez larges, ce
sont des revendications salariales, sur l'organisation du travail et sur l'assouplissement de l'organisation hiérarchique des
postes de travail.
Ces grèves vont petit à petit toucher des espaces de production différentes : Sudaviation (Nantes et Cannes), au PTT,
IRATP et dans des grandes industries de la mode ou chez les footballeurs.

Il y a une forte mobilisation au sein des usines : il y a une transformation des ouvriers dans les usines car une
nouvelle génération qui a fait des études longues pose un regard critique sur le Fordisme qui est considéré comme une
source d'oppression. Ce sont les plus jeunes qui ont tendance à lancer les mouvements de grèves. A Renault et Citroen
on va ensuite rejoindre ces mouvements étudiants.

Dans les usines de 1968 vont se rencontrer deux génération : mères et pères battus pour leurs conditions de vie et
leur enfants nés dans une société d'abondance et qui vivent très mal le quotidien abrutissent de l'usine et leur rythme de
travail. Cette nouvelle génération est frustrée quant à leur position salariale ; même si dans les années 50 et 60 on note
une amélioration des conditions de vie, les couches populaires et les ouvriers pensent d'avoir que les miettes et ne
pensent pas de profiter des conséquences de l'élévation du niveau de vie.
Ces jeunes ouvriers qui ont fait des études longs sont pré-disposé le discours des étudiants sur les normes sociales et
les hiérarchies abrutissantes. Ces jeunes ouvriers ont l'impression d'être condamnés à une position subalterne y-compris
dans le monde ouvrier.

Pourquoi il y a une mobilisation si massive ?


Les revendications peuvent toucher une population extrêmement large et aussi car une partie de la société française
est indigné car aux manifestations étudiantes les pouvoirs publics ont choisi la voie de la répression et de la fermeture
de l'université or ces étudiants sont les enfants des ouvriers et des classes moyennes qui ont fait des sacrifices pour les
faire étudier.

Ces affrontements et répressions sont couverts par la presse et la radio, mais pas par la télévision car elle est encore
une télévision d'état sous contrôle qui s'exprime à travers l'ERTF.

B. Des organisations syndicales et partis politiques débordés par le mouvement

Une des caractéristiques importantes de mai 68 tient au fait que les usines vont être débordées par les manifestations
et grèves et elles n'ont pas vu venir ce mouvement. Les grèves se montrent de manière de plus en plus autonome vis à
vis des organisations syndicales et politiques ; cela on le voit dans les usines et dans le milieu étudiant.

Les étudiants révoltés ne sont pas connus des syndicats traditionnels, ils ne sont pas des leaders ou des représentants
codifiés. Très rapidement le PC va s'éloigner des mobilisations car elles sont trop radicales et car elles lui échappent.
George Marchais et le PC se prononcent pour un mouvement social mené par le mouvement ouvrier : pour que le PC
légitime le mouvement social il faut qu'il soit dirigé par le PC lui-même et par la CGT qui se disent seuls représentants
du monde ouvrier.
Deux raisons à cette tentative de monopolisation :
*la volonté d'incarner la révolte et la revendication ouvrière dont le PC se voit l'unique porte parole → il essaye de
rejouer les grèves de 1947
*Le PC est dans une opposition frontale avec les positions anti-staliniennes développées dans les mobilisations
étudiantes → conflit de légitimité

Les deux grand syndicaux la GDT et la CFDT vont faire en sorte que la jeunesse syndicale et étudiante ne puisse
accéder aux usines.
Le 25 mai 1968 ces acteurs syndicaux et politiques vont tenter une tentative de sortir de la crise : les « accords de
Grenelles » qui réunissent des représentants du gouvernement Pompidou, la CGT (Confédération Générale du Travail),
la CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail) et Force Ouvrière et aussi des organisations patronales et
le CNPF (Conseil National du Patronat Français). Ces accords se font dans un climat tendu car dans la nuit du 25 mai
ont eu lieu des manifestations qui se sont traduites par 2 morts.
Le 26 mai Pompidou va annoncer des mesures : hausse des salaire de 7%, une réduction du temps de travail et une
reforme du droit syndical qui permet une hausse du pouvoir des salariés dans les entreprises → accords conclus le 27
mai 1968 qui aboutissent à une augmentation du 35% du SMIG et de 10% réel des salaires → il y a une victoire des
pouvoirs publics et de Pompidou, mais aussi des centrales syndicales et de la CGT qui a plié le gouvernement, mais
quand les représentants de la CGT vont énoncer ces accords, ils sont rejettes par les salariés des usines et ils ne
résolvent pas la crise sociale.
A la suite de ces accords, à l'issu d'une assemblée chez Renault les travailleurs decident de continuer la guerre et
EDF procède aux première coupure de courant.
Ce qui était une grève étudiante, va glisser doucement vers une crise politique et institutionnelle.

3. Le « mai du pouvoir » : un pouvoir restauré et une rapide normalisation du jeu politique


A. Les errances d'un gouvernement en crise

Il y a de vraies difficultés à la tête de l'état pour répondre à la crise de mai 68, aussi car il y a des tensions dans la
dyarchie entre les stratégies des ministres et celles du Président de la République. Pompidou privilégie une stratégie de
pacification, tandis que de Gaulle s'enferme dans une incompréhension de la crise et il va créer du désordre en mettant
en cause son Premier Ministre dans al gestion des tensions et souhaitant recourir à un referendum une stratégie
charismatiques de politisation du jeu : il espère rassembler les français aouter de l'alternative « moi ou le chaos ».

Ces stratégies ont contribué à l'augmentation de la crise sociale. Il y a un manque de communication publique du
gouvernement et des ministres les plus concernés, comme le silence d'Alain Peryrefitte, ministre de l'éducation national.
Cela accrédite l'idée que les institutions ne savent pas sortir de la crise.

Dans le même temps certaines fractions gaullistes commencent à remettre an cause la capacité de DG de gérer les
événements de même qu'il y a chez les alliés des gaullistes des tentatives pour discréditer l'action du gouvernement.

Tous ces éléments donnent le sentiment aux partis de gauche que le pouvoir politique est à porté de main. Cela est
renforcé car l'état est mis en échec dans la capacité d'assurer le minimum de services publics car à partir de mai 68 les
entreprises nationalisés vont se mettre en grève et ces grèves vont toucher l'ensemble des services publics.

Des soutiens au pouvoir et à de Gaulle vont se créer ; le 11 mai 1968 sont initiés des comités de défense de la
république (CDR) qui sont créés par une association : L'association national pour le soutient au général de Gaulle qui a
été créée en 1958 pour soutenir le retour de DG. Ils vont être actifs dans une manifestation à Paris le 30 mai où il y avait
beaucoup de monde (400 milles personnes) et qui pendant 3 jours va avoir lieu dans toute la France.
Entre le 30 et le 3 juin, 83 manifestation dans 53 départements métropolitains.

Le 8 mai 1968 il y a eu un débat à l'AN et le ministre de l'éducation national va opposer dans un discours les enragés
minoritaires à la majorité sérieuse et responsable des étudiants. Ces débats à l'AN présentent les manifestants comme
des « délinquants, nihilistes, pègre et débits mentaux, etc. ». ce travail de disqualification dans le discours permet
d'opposer les jeunes mobilisés aux « bons français », voir les manifestants étudiants du français du cours.

Giscard d'Estaing, Président des Républicains Indépendants et qui appartient à la majorité parlementaire il va dire du
le parti de l'ensemble des français qui « sont épris d'ordre de liberté et de progrès ». A l'AN on parle au nom de la
majorité silencieuse ; DG en parlera dans son discours du 30 mai, car il va dire « le peuple français ... »
On est dans une crise politique qui s'exprime par une lutte de légitimité : qu'est-ce que c'est que la France et qui sont
les français ?
Cette lutte de légitimité va s'exprimer autour d'une bataille d'information qui va influencer l'opinion publique. Le
travail du gouvernement va consister à maintenir le contrôle sur l'information et pour se faire le ministre des PTT
(Postes, télégraphes et téléphones, Yves Guéna) va retirer à certaines radios le droit d'émettre et il retire aux radios
périphériques d'utiliser les ondes (Europe 1 et RTN → de l'étranger). Le 23 mai ces radios périphériques ne peuvent
plus utiliser les fréquences qui leur avaient été attribuées.
Sur les transmission télévisées : on voit les rapports de force et les crispations. A cette époque c'était le ORTF
(Office de radiodiffusion-télévision française) qui gérait toutes les chaines publiques.

En 1968 il y a plus 8 millions de postes de télévisions et les grands magazines d'actualité réunissent 27 millions de
spectateurs.
L'ORTF a bien couvert les évènements de mai 68 d'une manière favorable au pouvoir politique.

Entre le 2 et le 14 mai 68 sur 15 heures d'information, il y a 2 heures consacrées aux évènements de mai 68 et sur
ces 2 heures, 1h30 est des paroles officielles (ministres, autorités, etc.) et 30 minuties sont donnes au manifestants et
aux oppositions politiques.
Le 12 mai le RTF accorde la parole aux leaders étudiants, mais elle est de 2 minutes. Le traitement des évènements
est tronqué et la crise va s'étendre.

Les réseaux des grèves et manifestation sont occultés par le journaliste : l'accent est sur la vie quotidienne des
français et sur l'arrêt parlementaire. Et les journalistes de l'RTF ont organisé une grève qui dure du 25 mai au 13 juillet :
la grève la plus longue de mai-juin 68.

Cette remise en cause de RTF on va le voir dans des affiches et traques de l'époque.

Face à ce pouvoir politique relativement déstabilisé, la gauche ne va pas mieux.

B. Une gauche divisée en décalage

dans les deux grandes formations de la gauche de l'époque il ya beaucoup de méfiance à l'égard des gauchistes et des
anarchistes :
*la FGDS (Fédération de la Gauche Démocratique et Socialiste) → créée en 1965 au moment de la candidature de
Mitterrand à l'élection présidentielle, c'est l'association entre la SFIO, le Parti radical et la Convention des Institutions
Républicaines (Mitterrand) → elle est en mai-juin 1968 en décalage presque constant avec la crise car la grille de
lecture mobilisée par la gauche ignore nombres des revendication de mai 68. La FGDS est sourde et incapable de
comprendre les revendications de la jeunesse, au revendication de la nouvelle classe ouvrière, aux revendications qui
tournent autour de mai 65 et qui alimentent. Elle se focalise sur la question du tiers monde, néo-colonialisme, la
question féminine.
*PC → la compréhension n'est pas à l'ordre du jour. La direction du PC va chercher de maitriser le mouvement,
mais il lui échappe. Il y a des ajustement entre le PC et des revendications traditionnelles dans le milieu salarial car :
1. les grèves ouvrières sont sauvages et se constituent sans ordre syndical et elles s'organisent à partir du 14 mai et
elles vont se constituer dans des lieux et usines ou le PC et la CGT sont très faiblement implantées.
2. les ouvriers engagés dans les grèves et leur modes d'action ne correspondent pas au référentiel communiste et
CGTiste de l'époque. Le PC va pendant tout mai 68 courir après un mouvement ouvrier, il va tenter de le coller, mais il
ne le comprend pas.
Le désajustement est plus frappant avec le mouvement étudiant ; George Marché dénonce de manière très violente
les manifestants du mouvement étudiants qualifiés comme es « faux-révolutionnaires et des fils de grands bourgeois ».
Il veut la tête de Commendit.

Le PC va être obligé de faire machine arrière en particulier en ce que la manifestation étudiante va devenir plus
importante et le 7 mai le PC il est obligé de reconnaître la « légitimité du mouvement étudiant », mais il va continuer à
dénoncer l'aventurisme gauchiste et il va courir perpétuellement après le mouvement étudiant sur lequel il n'a pas la
main.

Dans ce contexte où aucune force politique constituée n'arrive à maitriser la situation, à partir du 27 mai la situation
devient extrêmement complexe car il y a le rejet des Accords de Grenelle et le 27 mai au stade Charleti il y a un meeting
organisé par les étudiants de l'UNEF, avec la CFDT et le parti du PEC. Ce meeting réunit 30 milles personnes et il a
comme objectif de faire sortir une alternative politique au gouvernement gaulliste. Parmi les présents, Mendès France
qui cautionne ce rendez-vous, mais qui ne prendra pas la parole.
En même temps, le PC cherche des solutions de sortie de crise, mais il se prononce contre l'émergence d'un nouvel
homme présidentielle qui viendrait sauver la République et il va rentrer dans le rang et il va se déclarer favorable à des
élections législatives.
Ce ralliement va créer des remous car il pourrait faire des autres choix : profiter de la situation pour renverser le
pouvoir, mais il se soumet aux institutions de la V et il va en payer les conséquences, car le 30 juin aux élections, il va
perdre la moitié de ses députés à l'AN et il va reculer dans ses bastions traditionnels.

Tous les acteurs traditionnels sont dépassée car ils ont du mal à comprendre et à répondre à la remise en cause de
l'autorité et de l'ordre symbolique de la V.

C. Résolution de la crise politique

Comment un crise d'un telle ampleur aboutit-elle à une normalisation du jeu politique ?
Il n'y a non seulement une normalisation du politique, mais il y a aussi une victoire électorale de la majorité
électorale. Une explication tient à la division des acteurs mobilisés pendant la crise de 1968.

La gestion de la crise de 1968 par les autorités politiques et Pompidou va reposer sur la division des acteurs qui se
sont mobilisé par les années 68.
Pompidou va tenter de satisfaire les revendication, mais cette tentative va se traduite par une radicalisation du
mouvement → 10 et 11 mai « nuit des barricades », répression policière de manifestations étudiantes.

Le gouvernement va s'employer à casser le front commun d'abord en proposant aux organisations syndicales des
négociations (Accords de Grenelle) et il va s'employer à déligitimiser le mouvement étudiant.
Le ministre de l'Intérieur, Christian Fouchet, dira « pègres étudiantes » pour parler des manifestations dans les
universités.

Dans le même temps, DG va essayer de reprendre la main : le 24 mai il appelle à un referendum qui échoue dans sa
tentative de canaliser la contestation ; il vise juste avec la dissolution de l'AN et la convocation d'élections législatives
anticipées. Il le fait dans son discours du 30 mai et il le fait car il s'est assuré du soutient de l'armée en cas de
continuation de la radicalisation de la mobilisation.
C'est une solution institutionnelle à la crise qui est négocié avec différents acteurs qui ont des intérêts très différents
et qui vont se rallier à cette solution politique.

Les partis de gauche vont se rallier à cette solution électorale en particulier du fait d'une stratégie utilitariste →
mobiliser la gauche traditionnelle contre la radicale.
Le mouvement étudiant ne tente pas de saboter les élections.
La droite se rallie au processus électoral.

Depuis l'élection présidentielle de 1965 la question de la succession de DG est à l'ordre du jour et depuis 1965 on a
deux blocs qui s'opposent au sein de la droite gaulliste : les toutiens à DG et ceux à Pompidou.

Le discours du 30 mai semble attester la victoire de DG, car il atteste le retour du chef charismatique de l'état ; mais
la solution des élection anticipée est voulue au départ par Pompidou.
Lors de ces élections on a une victoire incontestée de la droit gouvernementale ; cela on peut l'expliquer :
*il y a une soumission de la gauche à la solution de la droite → vassalisation des adversaires
*la droite gaulliste va utiliser comme thème principal de la campagne la lutte contre la révolution communiste
*la Sorbonne est évacuée lors du premier tour des élections
*la majorité de l'époque incarne l'ordre et le retour à la normalité
*la campagne va obliger le centre et la gauche à se démarquer et à repartir entre l'opposition transitions
traditionnelle entre la Gauche gouvernementale et la Droite gouvernementale.

Les élections du 30 mai → reprise en main du pouvoir par les gaullistes. L'union des Démocrates pour la
République devient majoritaire seule à l'AN et avec le soutient des RI de Valéry Giscard d'Estaing, on voit que la droit
traditionnelle est à l'abri de toute opposition politique ; de plus, le PC est en mauvaise posture car n'a plus que 34 sièges
à l'AN.

Ces élections ressoudent la crise politique de mai 1968, mais la dissonance entre le Premier Ministre et Président de
la République en va pas disparaître avec les législatives et le conflit de légitimité entre Pompidou et DG va se
poursuivre jusqu'à la résolution de 1969.

4. Mai 68 comme objet et enjeu de mémoire(s)

Si on recherche sur la littérature de 1968 on voit Boris Gobille qui explique qu'il est un événement inouï, car cette
crise va faire entendre publiquement des parole jusqu'alors défoulées, réduites en silence et car grâce à ces évènements
vont s'inscrire dans l'arène publique des acteurs, enjeux et des pratiques qu'on n'avait pas vu jusqu'alors sur la scène
politique.

Mai 1968 est aussi la mise en scène non voulue de l'arbitraire des fondements de l'ordre social. Pour autant pour
d'autres chercheurs de la période, mai 68 n'a pas eu lieu : Gille Deleuze et Félix Guattari car : « Tout ce qui était
nouveau a été marginalisé ou caricaturé (…), tout agencement d’une nouvelle existence, d’une nouvelle subjectivité
collective a été écrasé d’avance par la réaction contre 68, à gauche presque autant qu’à droite » → ils soulignent qu'il y
a eu un refoulement collectif de mai 1968 qu'on va trouver dans les réécritures successives de mai 68 par des interprètes
qui veulent limiter la portée des événements et à disqualifier l'ambition de ces événements. Ces intérêts on les retrouve
tout étant à gauche qu'à droite
A gauche pour l'incapacité ou absence de volonté de renouveler sa pensée et à traduire politiquement les inspirations
qui se sont exprimés en 1968. Ces refus et incapacités vont se voir en 1980 et elle va se convertir en libéralisme
économique.

A droite car elle était en pouvoir et va s'imposer la thématiques d'une restauration de l'autorité (restauration du
pouvoir gaulliste et une solidification des institutions de la V) → mai 68 est un événement dangereux qu'il faut liquider
le plus rapidement possible.
Il y a un déficit d'histoire sur ces événement et des processus de commémorialisation et mémorisation. Pierre Nora
dit que mai 68 n'a de sens que commémoratif : « L’événement n’a de sens que commémoratif […]. L’événement est à
lui-même son propre événement, seul mot qu’on ait trouvé pour le baptiser. D’où l’étonnant déficit d’analyse
proprement historienne et la difficulté à pénétrer le mystère, d’où la propension des acteurs à s’ausculter
périodiquement au rythme de leur propre biographie… »

Est-ce qu'il y a ce difficile d'histoire sur mai 68 ?


Que fait-on de ces événements, de la grève générale, des violences, des morts ?
Pourquoi est-ce que ces événements ne sont pas pris en compte dans l'histoire de mai 1968, histoire souvent
présentée comme une fête ?

a. Au lendemain de Mai 68 : occultation de la mémoire ouvrière de Mai au profit de celle du mouvement étudiant

Durant la décennie 1970 on va observer des phénomènes de commémoration de la mémoire étudiante et de 1973 on
a une véritable vogue éditoriale qui va culminer en 1978 par la publication des autobiographies des leaders étudiants.
Cette commémoration a lieu dans un climat politique désenchanté car à nouveau en 1978 la gauche n'a pas réussi à
l'importer lors des élections législatives.
Cette mémoire collective est extrêmement réductrice, c'est moins une mémoire sociale.

Il a des commémorations qui tournent autour des témoignages d'individus qui racontent toujours la même histoire →
ils se sont faits les portes parole de la génération entière.

Ce qui est important dans cette première période est l'absence d'une mémoire collective du mai ouvrier et il y a une
occupation en 1970 du plus grand mouvement de grève du XX siècle. Ces grèves touchent la moitié du salariat de
l'époque.
Mais ce qui est intéressant, c'est que les ouvriers grévistes n'ont pas de reconnaissance mémorielle, cette classe
ouvrière est dépossédé de son passé.

La mémoire de mai 68 est une mémoire métisse car entre en conflit une mémoire du monde étudiant, du monde de la
terre et du monde de l'usine. Cette histoire métisse n'a pas pris de forme collective ce qui explique le refoulement,
l'absence de célébration et que dans les premiers années les anciens étudiants prennent la lumière.

b. Les années 1980 et la construction d'une mémoire générationnelle : la « génération morale »

Le discours sur la génération est réactivé en 1986, 1988 avec l'usage du qualificatif « génération morale » qui est
attribué aux manifestants étudiants. Cette expression va être reprise sous une nouvelle forme lors de la campagne
présidentielle de 1988 et Mitterrand va commencer sa campagne présidentielle avec le slogan « génération Mitterrand »
qui fait écho à la « génération morale ».

Cette génération va s'exprimer lors des 20 de mai 1968 et il va y avoir la publication d'un ouvrage « Génération »,
écrit par Hervé Hammond et Patrick Rotman (deux tomes, un en 1987 et le deuxième en 1988).
Va se construire par des ouvrage une mémoire générationnelle, globale qui s'oppose aux mémoires individuelles
précédentes. A partir des années 80 la mémoire faite, ne fait plus de distinction entre militants et non militants,
participants et simples spectateurs. On veut savoir la caractéristique de cette génération de 1968.

C. Les années 2000 : la mémoire des « enfants de Mai »

Avec les années 2000, on va voir un affrontement très fort des mémoires de 1968. Là, on va voir entrer en scène une
mémoire non moins consensuelle, elle est une « mémoire de droite » - tous les acteurs qui se sont affrontés vont
effectivement commencer à raconter leur mémoire de 1968. A partir des années 2000 la mémoire des enfants des
manifestants devient importante (nés entre 1968 et 1975) et leur lecture est différente.

La mémoire est traumatique et elle entre en conflit d'abord avec les mémoires militantes de 1970 et elle rentre en
confit avec une « mémoire libérale, libertaire » de 1968. Ce qui se donne à voir est une mémoire trans générationnelle,
une mémoire centrée sur la filiation parfois acceptée et parfois rejetée.

Lors de la campagne présidentielle de 2007 , le 27 avril 2007 à Bercy Sarkozy va dresser un inventaire de l'héritage
de mai 68 et dans ce discours on voit tous les enjeux d'une mémoire de l'évènement : l'histoire entre en conflit avec la
mémoire mobilisée par les acteurs politiques. « ... » → il part de l'idée selon laquelle pour que la France du XXI puisse
s'épanouir, il faut qu'elle fasse le deuil de mai 1968

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