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Chapitre 4 : L’étude du bilan

Introduction :

Il existe deux présentations du bilan :

 Présentation classique (plan comptable de 1957) : l’actif et le passif sont présentés par ordre
de liquidité & d’exigibilité croissantes, en distinguant les créances et les dettes à plus et
moins d’un an. Cette présentation appelée bilan financier ou bilan liquidité.
 La nouvelle conception fonctionnelle : considère l’entreprise comme un portefeuille
d’emplois et de ressources, les éléments d’actif et de passif seront – ils classés par nature, en
fonction du cycle d’exploitation, d’investissement et de financement, et non plus par rapport
à leur échéance. Cette présentation appelée bilan comptable fonctionnel.

N.B : il n’existe aucune norme rigoureuse.

1. Le bilan comptable fonctionnel :

Le bilan permet de visualiser à un moment donné l’état des emplois et des ressources de l’entreprise,
c’est – à – dire ce qu’elle détient et ce qu’elle doit.

En analyse financière, le bilan constitue un document essentiel (voire l’unique document) pour
porter un jugement sur la solvabilité et l’équilibre financier.

N.B : l’approche fonctionnelle étant celle du plan comptable, aucun retraitement ou reclassement ne
devra être effectué.

Bilan fonctionnel

Emplois Ressources
Actif immobilisé Financement permanent
Actif circulant (hors trésorerie) Passif circulant (hors trésorerie)
Trésorerie – actif Trésorerie – passif

1.1 L’étude de l’actif :


a. L’actif immobilisé :

L’actif immobilisé constitue un élément important du patrimoine de l’entreprise. Il contribue par le


biais des charges calculés, à la formation de la capacité d’autofinancement de l’entreprise.

 Les immobilisations en non valeurs :


 Les frais préliminaires ;
 Charges à répartir sur plusieurs exercices ;
 Primes de remboursement des obligations : correspondent à la différence entre la
valeur de remboursement et le prix d’émission des obligations, représentent un
surcroît de rémunération pour l’obligataire.
 Les immobilisations incorporelles :
 Les immobilisations en recherche et développement ;
 Les brevets, marques, droits et valeurs similaires ;
 Fonds commercial ;
 Les autres immobilisations incorporelles.
 Les immobilisations corporelles :
 Terrains ;
 Constructions ;
 Installations techniques, matériel et outillage ;
 Matériel de transport ;
 Mobilier, matériel de bureau et aménagements divers ;
 Autres immobilisations corporelles ;
 Immobilisations corporelles en cours.

Les immobilisations corporelles en cours doivent faire l’objet d’un examen attentif, car leur
évaluation est essentiellement fonction de la situation d’avancement des travaux, établie par
l’entreprise. La variation de ce poste, d’une année à l’autre doit inciter l’analyste financier à une
grande vigilance.

Les biens en location & en crédit – bail ne figurent pas à l’actif du bilan, sont portés dans l’ETIC.

Absence de distinction entre les immobilisations d’exploitation et hors exploitation.

 Les immobilisations financières :


 Prêts immobilisés ;
 Autres créances financières : titres immobilisés, dépôts et cautionnement versés, etc… ;
 Titres de participation ;
 Autres titres immobilisés.

Les prêts accordés par l’entreprise : l’analyste financier doit s’assurer de l’existence et de la qualité
des garanties.

Les titres de participation : sont des titres que l’entreprise détient de façon durable, en vue d’exercer
une influence ou un contrôle sur la sté émettrice.

La détention des titres de participation, renseigne l’analyste financier sur la stratégie de croissance
externe poursuivie par l’entreprise.

 Les écarts de conversion actif sur éléments non circulants :

Les écarts correspondent à la différence entre la valeur des créances et des dettes libellées en
monnaie étrangère, converties en dirhams, sur la base du dernier cours de change connu à la date de
clôture et le dernier montant comptabilisé.

L’écart de conversion actif constitue pour l’entreprise une perte latente, qui correspond à :

 Une diminution des créances immobilisées ;


 Un accroissement des dettes de financement.

L’écart de conversion actif donne lieu à la constitution d’une provision pour pertes de change par
dotation financière, pour respecter le principe de prudence.

b. L’actif circulant hors trésorerie :


 Les stocks :

Les entreprises commerciales : stocks de marchandises ;

Les entreprises industrielles : stocks de matières et fournitures consommables, produits en cours, de


produits intermédiaires et résiduels et de produits finis.
Les entreprises détiennent généralement des stocks minimums appelés stocks outils, indispensables
au fonctionnement du cycle d’exploitation de l’entreprise.

L’analyste financier doit veiller à ce que la valeur bilantielle des stocks reflète leur valeur réelle :
existence des stocks dormants ou rossignols, stocks facturés aux clients mais non encore livrés…

Toute variation importante des stocks, d’un exercice à l’autre, doit faire l’objet d’un examen attentif
affin d’identifier de mauvaises décisions de gestion :

 Mauvaises prévisions d’activités pour les matières premières ;


 Stocks invendus de produits finis ;
 Etc…
 Créances de l’actif circulant :
 Fournisseurs, débiteurs, avances et acomptes ;
 Clients et comptes rattachés ;
 Personnel débiteur ;
 Etat débiteur ;
 Compte d’associé débiteurs ;
 Autres débiteurs ;
 Comptes de régularisation actif.
 Les écarts de conversion actif sur éléments circulants :

Ces écarts constituent des pertes de change latentes sur des créances de l’actif circulant (minoration
de recouvrement probables) et sur des dettes du passif circulant (majoration de règlements
probables).

 Titres et valeurs de placement :

Les T.V.P : sont acquis par l’entreprise en vue de la réalisation d’un gain rapide, en général à moins
d’un an (actions, obligations, bons de caisse, bons du trésor, etc.). Ces éléments représentent la
trésorerie virtuelle.

L’analyste financier doit s’assurer de leur négociabilité et de leur liquidité.

c. La trésorerie – actif :

La trésorerie – actif représente les moyens de règlement dont dispose l’entreprise (chèques et
valeurs à encaisser ; banques, trésorerie générale et chèques postaux débiteurs ; caisses, régies
d’avances et accréditifs).

1.2 L’étude du passif :


a. Le financement permanent :
 Les capitaux propres : constituent la mesure comptable du patrimoine juridique de
l’entreprise.
 Les capitaux propres et assimilés :
 Les subventions d’investissement reçues : permettre à l’entreprise d’acquérir ou de
créer des immobilisations ou de financer des activités à long terme. Leur montant
est rapporté au compte de produits et charges, même rythme que les dotations aux
amortissements des immobilisations amortissables acquises ou créées au moyen de
la subvention.
 Les provisions réglementées : ne répondent pas aux critères classiques des
provisions, et leur comptabilisation relève de l’application des dispositions
réglementaires ou légales. Elles constituent des bénéfices reportés, et sont
assimilables à des réserves.
 Provisions pour amortissement dérogatoires ;
 Provisions pour investissement ;
 Provisions pour reconstitution des gisements ;
 Provisions pour acquisitions et constructions des logements.
 Les dettes de financement :
 Les provisions durables pour risques et charges :

Sont des provisions destinées à faire face à des risques ou à des charges, dont le délai de réalisation
est supérieur à un an à la date de clôture de l’exercice.

 Les écarts de conversion passif sur éléments non circulants :

Les écarts de conversion passif correspondent à des profits latents sur des créances immobilisées et
sur des dettes de financement.

b. Passif circulant hors trésorerie :


c. La trésorerie – passif : crédits d’escompte ; crédits de trésorerie et les soldes bancaires
créditeurs, qui constituent des sources de financement à court terme.

1.3 Les concepts de fonds de roulement fonctionnel, de besoin de financement global et de


trésorerie :

Le plan comptable marocain prévoit la présentation du bilan avant répartition des bénéfices.

L’approche fonctionnelle étant celle du plan comptable, aucun retraitement particulier n’est à
envisager.

Les soldes ou agrégats majeurs usuellement calculés sont : le fonds de roulement fonctionnel, le
besoin de financement global et la trésorerie nette.

a. Le fonds de roulement fonctionnel :

Le fonds de roulement fonctionnel est égal à la différence entre le financement permanent et l’actif
immobilisé.

Le fonds de roulement fonctionnel correspond au montant des ressources acycliques qui, après
financement du cycle immobilisé, demeure disponible pour couvrir les besoins de financement du
cycle d’exploitation de l’entreprise ou besoin de financement global (B.F.G).

Dans le diagnostic financier, il s’agira d’apprécier la situation d’équilibre, en calculant le degré de


couverture réel du B.F.G par le F.R.F sur un plan statique (bilan) ou dynamique (tableau de
financement).
Fonds de roulement fonctionnel

Emplois Ressources
ACTIF IMMOBILISE FINANCEMENT PERMANENT
Immobilisations en non-valeurs Capitaux propres
Immobilisations incorporelles Capitaux propres assimilés
Immobilisations corporelles Dettes de financement
Immobilisations financières Provisions durables pour risques et charges
Ecarts de conversion actif sur éléments non circulants Ecarts de conversion passif sur éléments non circulants.

F.R.F = Part du financement permanent permettant de couvrir


une partie du besoin de financement global (B.F.G)

N.B : le F.R.F peut être calculé par le « bas du bilan », par la différence entre l’actif circulant et le
passif circulant.

Emplois Ressources
Actif circulant (y compris trésorerie-actif)
F.R.F = Excédent de l’actif circulant sur le passif
circulant

Passif circulant (y compris trésorerie-passif)

Les deux méthodes traduisent deux optiques différentes :

 Par le haut du bilan : le F.R.F permet d’apprécier les modalités de financement de l’actif
immobilisé ;
 Par le bas du bilan : le F.R.F constitue un indicateur d’appréciation de l’équilibre financier ou
de la solvabilité de l’entreprise.

Un fonds de roulement positif ou nul : traduit la contribution du financement permanent au


financement de l’actif circulant ou bien la dépendance totale de l’entreprise vis-à-vis des tiers
(fournisseurs, banquiers, etc.) pour le financement de son cycle d’exploitation.

Un fonds de roulement fonctionnel négatif : signifie une dépendance encore plus accrue, dans la
mesure où le passif circulant finance non seulement l’actif circulant mais une partie de l’actif
immobilisé.

Application :

Soit le bilan de l’entreprise X arrêté au 31 – 12 – N. Evaluons le F.R.F selon deux approches (haut de
bilan, bas de bilan).

Actif (emplois) Passif (ressources)


Actif immobilisé 1 000 000 Financement permanent 2 000 000
Actif circulant 1 500 000 Passif circulant 500 000
2 500 000 2 500 000
b. Le besoin de financement global (B.F.G) :

Le B.F.G se calcule par la différence entre l’actif circulant hors trésorerie et le passif circulant hors
trésorerie.

B.F.G positive : les emplois sont supérieurs aux ressources, ce qui traduit un besoin de financement
global qui doit être comblé.

B.F.G négative : il s’agit d’une ressource de financement.

B.F.G

B. F. G

Actif circulant (hors trésorerie) Passif circulant (hors trésorerie)

Ressource de financement

Ressources de financement
Passif circulant (hors trésorerie)
Actif circulant (hors trésorerie)

Application :

Entreprise Y – Bilan arrêté au 31.12.N (données en dirhams)

Actif Passif
Actif immobilisé 80 000 Financement permanent 205 000
Actif circulant (hors trésorerie) 140 0001 Passif circulant (hors trésorerie) 35 0002
Trésorerie – actif 22 000 Trésorerie-passif 2 000
242 000 242 000
B.F.G = B.F.G lié à l’exploitation + B.F.G non lié à l’exploitation

c. La trésorerie nette (T.N) :

Trésorerie nette correspond à la différence entre trésorerie-actif et la trésorerie passif.

Le niveau de la trésorerie nette est lié aux opérations qui affectent à la fois :

 L’actif immobilisé et le financement permanent ;


 L’actif circulant hors trésorerie et le passif circulant hors trésorerie.

T.N positive : constitue un emploi ;

T.N négative : constitue une ressource de financement.

1
Dont 20 000 hors exploitation.
2
Dont 3 000 hors exploitation.
1.4 La relation fondamentale F.R.F, B.F.G, trésorerie nette :
a. La relation fondamentale F.R.F, B.F.G, trésorerie nette :

Actif = Passif  (AI + AC H.T + TA = FP + PC H.T + TP)  (AI + AC H.T + TA - FP - PC H.T – TP = 0)

(F.P – AI) + (P.C HT – A.C HT) + (TP – TA) = 0  F.R.F – B.F.G – T.N = 0  F.R.F – B.F.G = T.N

b. Trésorerie et équilibre financier :

Situation 1 : F.R.F > 0, B.F.G > 0, T.N > 0

Dans cette hypothèse, le F.R.F couvre le B.F.G et permet de dégager des liquidités. Cette situation,
bien que favorable a priori, peut traduire une erreur de vision stratégique ou un sous – emploi des
capitaux de l’entreprise.

Situation 2 : F.R.F > 0, B.F.G > 0, T.N < 0

Dans cette hypothèse, le B.F.G est financé à la fois par le financement permanent et par des concours
bancaires. Cette situation de déséquilibre doit s’apprécier en relation avec le risque bancaire couru
et la rentabilité de l’entreprise. Bien que ce cas de figure soit souvent présenté comme étant
extrêmement préoccupant, l’observation empirique statistique du comportement financier des
firmes marocaines corrobore cette situation. Elle correspond à la réalité du financement des
entreprises qui dans la plupart des secteurs recourent traditionnellement aux concours bancaires
courants pour financer leurs besoins d’exploitation.

Situation 3 : F.R.F < 0, B.F.G > 0, T.N < 0

Cette situation de déséquilibre est extrêmement dangereuse car les concours bancaires couvrent
non seulement le B.F.G et les disponibilités, mais également une partie de l’actif immobilisé. On
appréciera le risque en comparant le montant de la trésorerie nette négative aux capitaux propres de
l’entreprise. Si cette situation se perpétue, elle appelle une restructuration de la situation financière
de l’entreprise.

Situation 4 : F.R.F >0, B.F.G < 0, T.N > 0

Cette situation est favorable car les ressources de financement induites par le cycle d’exploitation,
associés aux excédents du financement permanent sur l’actif immobilisé, permettent de dégager une
trésorerie positive. A l’instar de la situation 1, il est intéressant pour l’analyse de s’assurer que cette
situation ne recouvre pas de sous – emploi des capitaux.

Situation 5 : F.R.F < 0, B.F.G < 0, TN > 0

Cette situation est déséquilibrée car les ressources nettes de financement à court terme couvrent la
trésorerie nette de l’entreprise et une partie de l’actif immobilisé (F.R. F<0). Un renforcement du
financement permanent est à envisager, sauf si les ressources de financement sont pérennes d’un
exercice sur l’autre.

Situation 6 : F.R.F < 0, B.F.G < 0, T.N < 0

Cette situation est totalement déséquilibrée dans la mesure où le financement permanent ne couvre
qu’une partie de l’actif immobilisé (F.R.F < 0), cette insuffisance étant compensée par le passif
circulant. Par ailleurs, elle est tout à fait précaire, du fait de la très grande dépendance financière
externe de l’entreprise, et appelle des mesures de restructuration financière.
c. Un fonds de roulement positif est – il nécessaire ?

Il n’y a pas de position unanime sur le niveau optimum du fonds de roulement.

Il est admis que l’existence d’un fonds de roulement positif est une nécessite pour la plupart des
entreprises.

Selon BAM, une situation financière est déséquilibrée lorsque les capitaux permanentes ne couvrent
pas intégralement l’actif immobilisé.

Dans l’industrie par exemple, plus le cycle d’exploitation est long, plus l’entreprise doit disposer d’un
fonds de roulement important pour faire face au financement de son activité. Elle doit financer des
investissements lourds et des stocks importants aux divers stades du processus de production,
consentir des délais de paiement à la clientèle et faire face à ses charges d’exploitation (personnel,
etc.). De plus, les dettes qu’elle contractera auprès de ses fournisseurs ne peuvent être significatives,
dans la mesure où l’entreprise a une forte valeur ajoutée, et leur échéance sera en tout état de cause
inférieure à celle de la facturation et de l’encaissement des produits de la vente. On voit clairement
de ce type d’entreprise de disposer de ressources durables pour financer son cycle d’exploitation.

Les entreprises commerciales (METRO, MARJANE, ACIMA…) peuvent avoir un fonds de roulement
faible, voire négatif, car la rotation des stocks est généralement forte et le crédit fournisseurs élevé :

 Une forte rotation des stocks ;


 Des règlements au comptant par la clientèle ;
 Des délais de règlement importants des fournisseurs.

Malgré un fonds de roulement négatif, l’entreprise dispose de liquidités excédentaires, génératrices


la plupart du temps de produits financiers importants, tout simplement parce que les éléments de
son actif circulant tournent beaucoup plus vite que ceux de son passif circulant.

d. Les leviers d’amélioration de la situation de trésorerie de l’entreprise :

La trésorerie nette résulte de la différence entre le F.R.F et le B.F.G. Toute amélioration de la


situation de trésorerie de l’entreprise repose sur les mesures visant à la fois l’accroissement du F.R.F
(haut du bilan) et la réduction du B.F.G (bas du bilan).

Accroissement du F.R.F Réduction du B.F. G


 Augmentation de l’autofinancement :  Accroissement de la rotation des
 Politique d’amortissement (linéaire, stocks :
dégressif) ;  Baisse du niveau des stocks pour un niveau
 Politique de dividendes restrictive. de C.A donné ;
 Augmentation de capital (en numéraire) ;  Réduction de la durée du processus de
 Augmentation des capitaux propres assimilés : production.
 Subventions d’investissements ;  Accroissement de la rotation du poste
 Provisions réglementées ; clients et comptes rattachés :
 Augmentation des dettes de  Limitation du crédit accordé (sans impact
financement : sur la politique commerciale) ;
 Emprunts obligataires ;  Amélioration de la procédure de
 Autres dettes (banques) ; recouvrement ;
 Diminution de l’actif immobilisé :  Réduction de la rotation du poste
 Cessions d’actifs immobilisés ; fournisseurs et comptes rattachés :
 Remboursement des prêts consentis par  Rallongement des délais de règlement (sans
l’entreprise. pénalisation des conditions d’achat).
1.5 L’analyse critique de la conception fonctionnelle du bilan :
a. Bilan fonctionnel et analyse financière statique :
La conception fonctionnelle du bilan ne vise pas à déterminer la valeur du patrimoine des
actionnaires, mais plutôt à appréhender le fonctionnement de l’entreprise en termes d’emplois et de
ressources.

L’approche fonctionnelle du bilan est une approche essentiellement statique, basée sur l’analyse de
la structure bilantielle de l’entreprise en termes d’emplois et de ressources. Cette approche statique
constitue un préalable dynamique en termes d’emplois et de ressources, qui seule permet
d’appréhender les politiques d’investissement et de financement passées de l’entreprise.

b. La lecture financière horizontale du bilan fonctionnel :

Le P.C.M retient la lecture horizontale du bilan, basée sur le principe d’affectation des ressources
stables aux emplois stables, et qui repose sur la relation suivante : TN = F.R.F – B.F.G.

Le financement permanent (ressources stables) doit autoriser la couverture de l’actif immobilisé


(emplois stables) et du B.F.G. Si cette couverture n’est pas assurée, la TN de l’entreprise est négative,
et l’entreprise doit faire appel à des financement externes. Si la trésorerie est structurellement
négative, il s’ensuit une situation financière déséquilibrée, porteuse d’un grand risque de faillite.

2. Le passage du bilan fonctionnel au bilan financier ou bilan liquidité : l’étude des principaux
retraitements et reclassements à effectuer

Le bilan liquidité ou financier conserve la préférence des investisseurs et des banquiers.

2.1 La conception financière de l’entreprise :


a. Le classement par liquidité et exigibilité croissantes :

Le bilan liquidité vise essentiellement à établir l’inventaire de l’actif et du passif de l’entreprise en


vue de :

 Dégager la valeur du patrimoine de l’entreprise ;


 Porter un jugement sur sa solvabilité.

Les postes de l’actif et du passif sont classés par ordre de :

 Liquidité croissante : la liquidité mesure la vitesse de transformation d’un bien en


monnaie. Un stock par exemple sera plus liquide qu’une construction, mais moins liquide
de la monnaie disponible en caisse, qu’elle est d’une liquidité totale.
 Exigibilité décroissante : le degré d’exigibilité d’une dette traduit le délai plus ou moins
durant lequel les ressources demeurent à la disposition de l’entreprise.

N.B : le critère de sélection retenu est l’année.

b. Les grandes masses du bilan :


 Les masses de l’actif :
 L’actif immobilisé : englobe tous les actifs à plus d’un an ;
 Actif circulant : stocks, créances clients et CR, TVP ;
 Trésorerie-actif.

 Les masses du passif :


 Financement permanent englobe toutes les ressources à plus d’un an ;
 Passif circulant : comprend toutes les ressources financières de l’entreprise à moins
d’un an ;
 Trésorerie-passif.
2.2 Les principaux reclassements et retraitements à effectuer :

L’analyse financière est rendue parfois difficile, du fait de la divergence entre la logique comptable
ou fiscale et la logique financière.

La présentation comptable dépend à la fois :

 Des principes comptables fondamentaux : coût historique, prudence… ;


 Des options prises par les chefs d’entreprises : exemple de la politique d’amortissement &
provisions pour risques et charges… ;

L’analyste financier doit procéder à certains retraitements et/ou reclassements de créances et de


dettes, pour améliorer la qualité de l’information bilantielle et l’adapter aux impératifs de l’analyse
et du diagnostic financiers.

a. Les corrections de l’actif :

Les reclassements de l’actif :

 Stock outil : le stock outil correspond au stock minimum nécessaire que l’entreprise constitue
pour faire face à ses besoins d’exploitation, et éviter le risque de rupture de stocks. Le stock
outil est destiné à rester en permanence dans l’entreprise, il perd son caractère de liquidité.

Reclassement à effectuer : retrancher le montant du stock outil de l’actif circulant et de le rajouter à


l’actif immobilisé.

 Les actifs à plus ou moins un an : les actifs seront reclassés en fonction de leur échéance
réelle. Les actifs à moins d’un an seront éliminés de l’actif immobilisé, et intégrés à l’actif
circulant (ex. prêts immobilisés échéance à moins d’un an), même logique pour les actifs à
plus d’un an (diminution de l’actif circulant et augmentation de l’actif immobilisé). Les
charges constatées d’avance sont aussi concernées, car leur échéance est plus d’un an.
 Les titres et valeurs de placement : si les titres sont facilement négociables et donc
totalement liquides, il convient de les assimiler à la trésorerie-actif. La même logique aussi
s’applique aux effets bancables, c-à-d. escomptables et non escomptés et aussi pour le crédit
fournisseur inutilisé (ces éléments constituent une trésorerie virtuelle). Les placements
spéculatifs dans des actifs d’exploitation (stocks, titres, etc.), ou encore les acquisitions hors
exploitation, représentent un potentiel de liquidités qui vient accroître la trésorerie virtuelle
de l’entreprise.

Les retraitements des actifs fictifs :

 Les immobilisations en non-valeurs : on parle des frais préliminaires, charges à répartir sur
plusieurs exercices et les primes de remboursement des obligations. S’agissant des actifs
fictifs (retranché de l’A.I et des capitaux propres).
 Les écarts de conversion actif : correspondent à des pertes de change latentes (dépréciation
d’une créance ou appréciation d’une dette). Les écarts de conversion portent soit sur des
créances immobilisées ou des dettes financements (rubrique 27 : écart de conversion actif),
soit sur des créances de l’actif circulant ou des dettes du passif circulant (rubrique 37 : écart
de conversion actif sur éléments circulants). La perte de change latente doit donner lieu à la
constitution d’une provision pour risque de change.
Si la perte de change latente a été constatée par une provision, aucun redressement ne devra
être effectué, dans la mesure où le résultat de l’entreprise aura déjà supporté l’importance de la
perte latente par le jeu de la dotation aux provisions.

Certains auteurs préconisent de neutraliser l’impact de l’évaluation du taux de change en fin


d’exercice (contre-passation de l’écriture comptable correspondante) par l’annulation de l’E.C.A
et l’accroissement des créances ou la diminution des dettes correspondantes. Cette correction
présente l’avantage de considérer les créances ou les dettes concernées pour leur niveau
d’origine, et d’asseoir les calculs de ratios de recouvrement de créances ou de règlement de
dettes sur des données rigoureusement homogènes.

D’autres auteurs suggèrent l’élimination à la fois de l’écart de conversion à l’actif et de la


provision pour perte de change au passif.

N.B : les corrections des deux auteurs n’auront pas d’impact sur le calcul du F.R et B.F du cycle
d’exploitation.

Si aucune provision n’a été constatée, l’E.C.A constitue une destruction potentielle de ressources
non constatée et qui devra être retranché de l’actif, et déduit des capitaux propres.

 Les plus ou moins – values latentes : l’application des principes de coûts historiques et de
prudence garantissent que les actifs ont été comptabilisés dans le respect des règles
comptables, puisqu’ils ont fait l’objet d’amortissements ou de provisions suivant ces
mêmes règles, ces principes sont de peu d’utilité par l’analyse patrimoniale, car on
observe très souvent des distorsions importantes entre la V.C et la valeur économique
des éléments d’actif. Prenons l’exemple d’un terrain agricole acquis par une entreprise
en 1965 pour 150 000 DH continuera de figurer au bilan pour cette valeur d’origine (coût
historique), entré dans le périmètre urbain, ce terrain voit son prix passer à 15 000 000
DH et donc une plus-value latente de 13 500 000 DH. Ainsi la logique suivie de cet
exemple s’applique aussi pour les autres éléments d’actifs, l’analyste financier doit
procéder chaque fois que possible aux corrections d’actifs qui lui paraissent nécessaires
pour dégager une valeur réaliste du patrimoine de l’entreprise.
b. Les corrections du passif :

Le bilan de liquidité est établi après la répartition du résultat. Et donc la 1ère tache que l’analyse
financière doit procéder est de répartir le résultat au niveau des corrections du passif.

 La répartition du résultat :

Le bénéfice à répartir est constitué par le bénéfice de l’exercice corrigé du report à nouveau, des
résultats nets en instance d’affectation et des prélèvements sur les réserves.

Le tableau d’affectation des résultats intervenue au cours de l’exercice (tableau C2 de l’ETIC) met en
évidence les origines et l’affectation des résultats.

Le bénéfice est réparti comme suit :

 Réserves légales : 5% dh du bénéfice dans la limite de 10% du capital ;


 Statutaires : dotation le cas échéant à des réserves statutaires, versement d’un intérêt
statutaire ou 1er dividende.
 Actionnaires : après satisfaction des deux contraintes, l’AG des actionnaires décidera de
l’affectation du bénéfice résiduel en réserves facultatives, superdividende ou second
dividende et report à nouveau.
N.B : la politique de dividendes constitue un volet important des stratégies des firmes cotées,
notamment vis-à-vis de leur actionnariat. Les dividendes ont en effet un fort contenu informatif
quand aux perspectives futures de l’entreprise et constituent à ce titre un vecteur d’information
essentiel.

Retraitements : la répartition du résultat consiste à augmenter le passif circulant hors trésorerie


du montant des bénéfices à distribuer ; les bénéfices non distribués faisant partie de
l’autofinancement demeureront en capitaux propres. En cas de perte nette, celle-ci constitue un
emploi de capitaux qui a déjà affecté à la baisse le montant des capitaux propres de l’entreprise.

Les reclassements des dettes :

 Les dettes à plus ou moins un an : les dettes seront reclassées en fonction des
informations dont dispose l’analyste en dettes à plus d’un an (financement permanent)
ou dettes à moins d’un an (passif circulant H.T) ;
 Les comptes d’associés créditeurs : font partie du passif circulant H.T. Lorsqu’il existe une
convention matérialisant un engagement de longue durée de la part des actionnaires, le
montant correspondant est assimilé sur un plan financier à des ressources stables.
 Dettes fiscales différées ou latentes :
 Subventions d’investissements ;
 Provisions réglementées ;
 Provisions pour risques et charges.
 Les écarts de conversion passif : représente un gain de change latent. La loi fiscale oblige
les entreprises à l’intégrer dans le bénéfice imposable. Du point de vue financier, le
principe de prudence s’oppose à ce type de redressement.
 Les obligations cautionnaires :
2.3 Le bilan financier et l’analyse de la solvabilité et de la liquidité de l’entreprise :

Le bilan financier participe d’une conception patrimoniale de l’entreprise, qui intéresse à la fois des
actionnaires de l’entreprise et ses créanciers. Les actionnaires sont soucieux de connaître la valeur
réelle de leur patrimoine, tandis que les créanciers veulent s’assurer de la capacité de l’entreprise à
faire face à ses engagements, grâce à ses actifs en cas de liquidation (solvabilité) ou en situation
normale (liquidité).

a. L’analyse de la solvabilité : notions de capitaux propres, situation nette, actif net comptable,
actif net comptable corrigé :
b. L’analyse de la liquidité : notions de fonds de roulement financier et de fonds de roulement
propre