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El Zorab limba franceză - George Coşbuc

Devant le pacha, vient un arabe,


Les yeux cernés, la voix en rade:
« - Pacha, je suis un bédouin,
Et de Bab-el-Mandeb je viens
Pour vendre El-Zorab.»

Les arabes tous, de leurs tentes sortent,


Voir le pur sang comme il s' comporte.
Il trotte, il frein, galope joyeux!
Je l’aime autant que j’aime mes yeux,
Je l’donnerais pas même mort.

Mais, j'ai trois enfants tous affamés!


Ils sont très sèches leurs palais
Ma femme, de par trop long chagrin,
Elle vient de perdre ce matin,
La source de son lait !

Nous sommes perdus, mais si tu veux


Pacha, délivre nous, car tu le peux!
Paye mon cheval, je suis un mendiant!
Paye mon cheval si tu le trouves bien!
Paye, ce que tu veux!

Il fait tourner en rond comme ca


Tantôt au trop, tantôt au pas.
Pacha le fixe les yeux brillants,
Sa barbe grise en caressant
Son âme vide, il ne bouge pas.

«-Une bourse de mille tzekins te va ? »


«-Ô, bon et généreux pacha !
-C’est plus que je n’avais rêvé !
-Allah va te récompenser,
Tel que tu me donneras! »
L’arabe, les yeux de joie remplis,
Prends dans sa main les milles tzekins.
Maintenant, oui ils sont sauvés,
N’ont plus besoin de mendier,
La quête aux étrangers - finie!

Finie la vie dans la fumée,


Et ses enfants de mendier,
Sa femme, va certainement guérir;
Et ils auront de quoi offrir
A ceux, dont le besoin y est !

Il serre l’argent avec ardeur,


Et il s’en va, plein de bonheur,
Il court, porté d’une seule pensée,
Mais frissonnant, soudain, va s'arrêter,
Figé sur place pris de frayeur.

Longuement fixant l'argent royal,


il trébucha et il devient pâle,
Vers son cheval il regarda;
Des rares pas, la tête en bas,
S'approche de son cheval.

Il prend son cou en pleurant,


Sa crinière en caressant :
Lui dit en soupirant, il le serre
« - Ô mon enfant ! Prince du désert,
Tu as a senti que je te vends »

Mes enfants ne s'amuseront guère


Ne caresseront plus ta crinière..
Ni vers la source t'accompagner
Des figues de leurs mains te donner,
Ce geste, ne vont plus le faire!

Ils n’en sortiront plus joyeux,


Tendre les mains depuis l'préau,
A cheval les prendre un par un,
Comme ils sortaient toujours d'antan
Tous, à la queue leu leu.
Ça sera le pire pour mes enfants
Et que pourrais-je dire à ma femme
Quand el demandera El Zorab?
Je vais être la honte de tout arabe
Moi, pauvre Ben Ardun.

Raira, ma femme, ma douce aimée


El-Zorab tu ne verras plus jamais
Dorénavant suivre tes pas,
Ou à genoux au son de ta voix
Comme il tombait!

Ton Ben Ardun tu ne verras plus


En course folle comme tu l'a vu
A la poursuite d'un aigle en vol
Qui fusillé il tombe à sol,
Ni la Bonne route- comme salut

Tu ne souriras plus quand dans le vent


Vol ton Ardun en blancs vêtements
Et pour sentir son arrivée,
L'oreille au sol, tu ne vas plus coller
Dorénavant

Oh mon cheval, o ma fierté!


Je ne te reverrais plus jamais,
Comment tu prends ton allure
Au vent ta tête et chevelure
Comme une l’hirondelle, voler!

Et la mousse blanche sur tes mors


Ton jeu de crinière en jaune d’or
Comment la terre au trop tu frappes
Et comme tu t’étales comme une nappe
Des foudres du désert sortent.

Le désert tout nous craignait


Même l’horizon fut effrayé
Et maintenant qui t’aura
Et qui encore te défendra
De vent et de pluies mouillés?

Ils ne vont pas te chouchouter.


Chacun va plutôt jurer!
Ils vont te battre, mon trésor,
Ils vont te fatiguer d’abord,
Et te laisser affamer!

Et à la guerre vont t’emmener


Toi, que ma famille t’a élevé
Pacha, prends ton argent : Tiens!
Sans lui, moi que je deviens ?
-Tu dois me le retourner!

-Tu es fou ? Crie pacha d’une acère voix


Que mes janissaires ils doivent, tu crois
Te jeter aux chiens ? Bien !
Ce cheval est le mien
-Je ne dirais pas deux fois

Le tiens ? Celui qui l’a élevé


C’est moi ou toi ? qui l’a aimé ?
Suite à quel ordre il faisait le beau
Du lion enragé en doux agneau ?
-Le tiens ? O pacha, non, tu peux rêver!

C’est le mien ! Pour mon cheval


J’en prends Allah pour un rival
Aie un bon cœur ! Tu peux avoir
Des chevaux dignes de ta gloire
Mais moi ? Maître royal ?

Je demande toute ta pitié


Allah est droit, Allah va juger,
Le différent car tu m’embrouilles
Tu me kidnappes et me dépouilles
Au mauvais sort suis-je jeté.

Le monde entier va te maudire


-Maudit et ton geste on va le dire.
-Je préfère pacha aller mendier
-Je ne veux plus ta pitié
-Tu me fais choisir le pire!

Pacha d’un signe : "Qu’il soit déshabillé


Des coups des tiges vous lui donnez!"
Les eunuques arrivent, attrapent l’arabe
Mais lui esquive et puis très grave,
Il va se retourner.

Les yeux glacés, il sort une dague


Et rouge vague de sang, la vague
De sang rouge et chaud elle jaillit
D’une noble crinière, de sang salie
Et il tombe mort le cheval swag!

Pacha se bloque, ivre, anéanti,


Ainsi que tous les ébaillis spahis.
Alors l’arabe agenouillé,
Embrasse le sang coagulé
Sur les yeux meurtris.

Il se retourne les yeux d'un Payen


Il jette l'arme féroce de mains
-Mes enfants vont te venger!
Et maintenant tu peux me découper
Et me jeter aux chiens!