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Département de Mathématiques, Informatique,

Culture, Sciences de l´Homme et de la Société,


École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers,
Université Moulay Ismail,
Meknès.

Cours de Mathématiques

Séries Numériques

Intitulé de module : Séries & Analyse Complexe


Filière : Classes Préparatoires (nouveau programme)
Volume horaire du module : 80h
Année universitaire : 2015/2016

Mohamed BENDAOUD
Email : m.bendaoud@ensam-umi.ac.ma

..........................................................................................................................
École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers, Marjane II, B.P. 15290, Al Mansour, Meknès
Tél : +212(0)535457160/61- +212(0)648313896
Fax : +212(0)535467163, E-mail : m.bendaoud@ensam-umi.ac.ma
Table des matières

Introduction 4

1 Séries numériques 6
1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Séries à termes positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3 Comparaison d’une série à une intégrale généralisée . . . . . . . . . . . . 13
1.4 Séries alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.5 Produit de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.6 Séries commutativement convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

2
Table des figures

1.1 Schèma pour la règle de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

3
Introduction

Introduction

Situé dans le cadre de l’analyse qui est l’étude approfondie du calcul


différentiel et intégral, ce cours s’articule sur deux axes. Le premier s’in-
téresse aux séries qui interviennent dans plusieurs aspects des mathéma-
tiques et tout particulièrement en analyse harmonique, en équations diffé-
rentielles et en géométrie. La théorie des séries s’intéresse aux deux formes
numériques et formelles revêtaient par le concept de convergence ainsi que
la notion de suite et de limite naquit avec la méthode d’exhaustion, tech-
nique utilisée par les mathématiciens grecs de l’antiquité pour le calcul
de longueurs, d’aires et de volumes. C’est ainsi qu’Archimède approxi-
mait l’aire d’un cercle en y inscrivant une suite de polygones réguliers.
Après avoir défini les séries numériques et donné des critères suffisants
de convergence dans le premier chapitre, on s’intéresse dans le 2ème cha-
pitre aux différents types de convergence pour une suite de fonctions, on
examine les propriétés essentielles qui sont conservées par passage à la li-
mite, à savoir la continuité, les limites, l’intégration et la dérivation. On
fera le même travail sur les séries de fonctions, notamment en introduisant
la notion de convergence normale, introduite par Baire en 1908, qui n’a pas
d’intérêt théorique supplémentaire mais qui révèle plus facile à manipuler.
On traite dans le chapitre 4 les séries entières, tandis que le chapitre 4 est
consacré aux séries de Fourier. La théorie des séries de Fourier nous per-
met de mieux comprendre toute sorte de phénomènes périodiques. Elle a
son origine au 18ème siècle dans l’interpolation des fonctions périodiques
en astronomie, dans l’étude de la corde vibrante et du son avant d’entrer en
force en sciences grâce à la Théorie de la chaleur de Fourier. A part la réso-
lution de certaines équations aux dérivées partielles, on utilise aujourd’hui
des séries de Fourier dans des applications en informatique (compression
de sons, compression d’image, JPEG).

Le deuxième axe porte sur le calcul différentiel et intégral des fonctions


complexes d’une variable complexe. On étend, dans le dernier chapitre, le
calcul différentiel et intégral des fonctions d’une variable réelle au cas des

Mohamed BENDAOUD 4
Introduction

fonctions d’une variable complexe. Nous parlerons notamment des fonc-


tions holomorphes (analytiques) et le lien entre ces fonctions et les séries
entières. On développe en suite les propriétés supplémentaires qui en dé-
coulent : Propriétés analytiques des fonctions holomorphes, Théorèmes de
Cauchy, détermination du logarithme dans un ouvert simplement connexe,
le calcul des intégrales par la méthode des résidus, et quelques applications
sont enfin exposées.

Ces notes de cous constituent une introduction à l’analyse complexe


élémentaire et aux séries, domaine fascinant de l’analyse aux nombreuses
ramifications. Ces notes ne vous seront profitables que si vous préparez ré-
gulièrement et sérieusement les T.D.s et ne vous dispensent bien évidement
pas d’assister au cours.

N’hésitez pas à me signaler les erreurs et les coquilles qui subsisteraient


dans ces notes. Vos suggestions sont les bienvenues, c’est grâce à elles que
ces notes pourront être améliorées pour vos camarades des prochaines an-
nées. J’espère que ce polycopié vous sera utile et vous en souhaite une
bonne lecture.

Mohamed BENDAOUD 5
Chapitre 1

Séries numériques

Dans la suite, on désigne par N, Z, R et C, l’ensemble des entiers naturels, l’ensemble


des entiers relatifs, l’ensemble des nombres réels et l’ensemble des nombres complexes ;
respectivement.

1.1 Généralités
Définition 1.1.1 Soit (un )n∈N une suite réelle ou complexe. On appelle série numérique
X k=n
X
de terme général un et on la note un , la suite (Sn )n∈N définie par Sn = uk pour
k=0
tout n ∈ N. Le terme Sn s’appelle la sommeX partielle de rang n de cette série.
Si la suite (Sn )n∈N converge, la série un est dite convergente et sa limite S =
+∞
X
lim Sn s’appelle la somme de la série et se note un , et dans ce cas, le terme
n
n=0
k=+∞
X
Rn := S − Sn = uk
k=n+1

s’appelle le reste d’ordre n de la série.


X
Dans le cas contraire, la série un est dite divergente.
Remarque 1.1.2 La nature d’une série ne change pas lorsqu’on modifie ou on supprime
un nombre fini de termes.
X
Exemple 1.1.3 1) Soit a ∈ R. On se propose d’étudier la série an dite série
géométrique de raison a. On a
k=n 
X
k n, si a = 1 ;
Sn = a = 1−an+1
1−a
, sinon.
k=0
X
Ainsi, la série an converge si et seulement si |a| < 1, et dans ce cas, on a
+∞ +∞
X 1 X an+1
an = et Rn = ak = , ∀n ≥ 0.
n=0
1−a k=n+1
1 − a

6
Chapitre 1 1.1 Généralités

2) (Développement décimal d’un nombre réel positif).


Par exemple on n a :
+∞
1 3 3 3 X 3
= 0, 333..... = + + + ..... = .
3 10 100 1000 n=1
10n

En effet,
+∞ +∞
X 3 9 X 1 9 1
3 n
= n
= ( 1 ) = 1;
n=1
10 10 n=0
10 10 1 − 10

ce qui entraine que


+∞
X 3 1
n
= .
n=1
10 3

Proposition
X 1.1.4 (Linéarité de la somme)
X X
Si un et vn sont deux séries convergentes, alors la série un + λvn est conver-
gente et
+∞
X +∞
X +∞
X
un + λvn = un + λ vn
n=0 n=0 n=0

pour tout λ ∈ C.

Preuve. Est une simple conséquence de la linéarité des limites pour les suites. 

Proposition X1.1.5 (Condition nécessaire de convergence)


Si la série un converge, alors lim un = 0.
n

Preuve. Il suffit de remarquer que un = Sn − Sn−1 pour tout n ≥ 1, et que lim Sn =


n
lim Sn−1 existe et finie. 
n

Remarque 1.1.6 La condition dans la proposition


√ précédente
√ n’est pas suffisante. Il suffit
de considérer le contre exemple suivant : un = n + 1 − n. On a bien
1
lim un = lim √ √ = 0,
n n n+1+ n
√ X
mais Sn = n + 1, ∀n ≥ 0, et par conséquent un diverge.

Théorème 1.1.7 (Critère


X de Cauchy)
Une série numérique un converge si et seulement si

∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀q ≥ p ≥ N, |up + up+1 + ... + uq | < ε.

Preuve. Il suffit d’appliquer le critère de Cauchy pour les suites réelles ou complexes à la
suite des sommes partielles (Sn )n . 

Mohamed BENDAOUD 7
Chapitre 1 1.2 Séries à termes positifs

X X
Définition 1.1.8 On dit qu’une série un est absolument convergente si la série |un |
est convergente.
Théorème 1.1.9 Toute série absolument convergente est convergente.
Preuve. Est une conséquence du critère de Cauchy ci-dessus et du fait que
|up + up+1 + ... + uq | ≤ |up | + |up+1 | + ... + |uq |
pour tous p, q ∈ N avec q ≥ p. 
X
Remarque 1.1.10 En général la convergence de la série un n’entraine pas sa conver-
(−1)n
gence absolue comme le montre le contre exemple suivant : un = √ √ . D’après
X n + 1 + nX
la Remarque 1.1.6 ci-dessus, la série |un | est divergente, mais la série un est
convergente puisque les suites (S2n )n et (S2n+1 )n sont adjacentes du fait que
−1 1
S2(n+1) − S2n = u2n+1 + u2n+2 = √ √ +√ √ ≤ 0,
2n + 2 + 2n + 1 2n + 3 + 2n + 2
1 1
S2(n+1)+1 − S2n+1 = u2n+2 + u2n+3 = √ √ −√ √ ≥ 0,
2n + 3 + 2n + 2 2n + 4 + 2n + 3
S2n+1 − S2nX = u2n+1 −→ 0 et S1 ≤ S2n+1 ≤ S2n ≤ S0 pour tout n > 0 ; ce qui entraine
que la série un est convergente.
Une série qui est convergente mais non absolument convergente est dite semi-convergente.

1.2 Séries à termes positifs


X
Théorème 1.2.1 Soit (un )n une suite à termes positifs. Alors la série un converge si
et seulement si la suite des sommes partielles (Sn )n est majorée.
Preuve. Est une conséquence du fait que si (un )n une suite à termes positifs, alors la suite
(Sn )n est croissante puisque Sn − Sn−1 = un ≥ 0 pour tous n ≥ 1. Par conséquent, la
suite (Sn )n est convergente si et seulement si elle est majorée. 

Proposition 1.2.2 (Test de comparaison)


Soit (un )n et (vn )n deux X d’un certain rang, 0 ≤ un ≤ vn .
X suites réelles telles que, à partir
1) Si la série vn converge, alors la série un converge.
X X
2) Si la série un diverge, alors la série vn diverge.

Preuve. Sans perdre de généralité, on peut supposer Xque 0 ≤ X un ≤ vn pour tout n ≥ 0.


0
Soit Sn et Sn les sommes partielles des deux séries un et vn , respectivement. Pour
tous n ≥ 0, on a
k=n
X k=n
X
0 ≤ Sn = uk ≤ vk = Sn0 ,
k=0 k=0
et la conclusion désirée découle alors du théorème précédent. 

Mohamed BENDAOUD 8
Chapitre 1 1.2 Séries à termes positifs

Exemple 1.2.3 (Série de Riemann)


X 1
La série dite de Riemann , α ∈ R, converge si et seulement si α > 1. En effet, on
n≥1

a trois cas à considérer :
1 1 1 1 1
Cas α = 1. On a S2n − Sn = + ... + ≥n = pour tout n ≥ 1 ;
n+1 n+2 2n 2n 2
X1
ce qui montre que (Sn )n ) ne vérifie pas le critère de Cauchy, et par suite
n≥1
n
diverge.
1 1
Cas α < 1. On a, dans ce cas, α ≥ pour tout n ≥ 1, et donc d’après le test de
n n X
1
comparaison Proposition 1.2.2, la série α
diverge.
n
Zn≥1
k
1 dt
Cas α > 1. Pour tout k ≥ 2, on a α ≤ α
; ce qui entraine que
k k−1 t

k=n Z n
X 1 dt
Sn = α
≤1+ α
k=1
k 1 t

Z +∞
dt
pour tout n ≥ 1. Or est convergente et
1 tα
+∞
t1−α +∞
Z
dt 1
α
= [ ]1 = > 0,
1 t 1−α α−1
1
donc Sn ≤ 1 + pour tout n ≥ 1. Ainsi, d’après le Théorème 1.2.1, la série
α−1
X 1
α
converge.
n≥1
n

Proposition 1.2.4 Soit (un )n et (vn )n deuxXsuites Xréelles à termes positifs à partir d’un
certain rang. Si un ∼ vn , alors les séries vn et un sont de même nature. De plus
+∞
X +∞
X
i) S’il y a convergence, alors uk ∼ vk .
k=n+1 k=n+1
k=n
X k=n
X
ii) S’il y a divergence, alors uk ∼ vk .
k=0 k=0

Preuve. Soit ε > 0. Puisque un ∼ vn , il existe N ∈ N tel que, pour tout n ≥ N , on a

(1 − ε)un ≤ vn ≤ (1 + ε)un .
X X
Ainsi, la convergence de un est équivaut à celle de vn et, dans ce cas,

+∞
X +∞
X +∞
X
(1 − ε) uk ≤ vk ≤ (1 + ε) uk , ∀n ≥ N ;
k=n+1 k=n+1 k=n+1

Mohamed BENDAOUD 9
Chapitre 1 1.2 Séries à termes positifs

ce qui achève le cas de la convergence. S’il y a divergence, notons que, pour tout n ≥ N ,
k=N
X k=n
X k=n
X k=N
X k=n
X
(vk − uk ) + (1 − ε) uk ≤ vk ≤ (vk − uk ) + (1 + ε) uk .
k=0 k=0 k=0 k=0 k=0

k=n
X
Comme uk diverge vers +∞, il existe alors N1 ≥ N tel que, pour tout n ≥ N1 ,
k=0

k=n
X k=N
X k=n
X
−ε uk ≤ (vk − uk ) ≤ ε uk ;
k=0 k=0 k=0

ce qui entraine que


k=n
X k=n
X k=n
X
∀n ≥ N1 , (1 − 2ε) uk ≤ vk ≤ (1 + 2ε) uk , ∀n ≥ N.
k=0 k=0 k=0

k=n
X k=n
X
Ainsi, uk ∼ vk ; ce qui achève la preuve.
k=0 k=0 

X n + cos(πn) n + cos(πn) 1
Exemple 1.2.5 La série 3
est convergente puisque 3 ∼ 2 et
n +n+1 n +n+1 n
X 1
la série 2
et une série de Riemann convergente.
n≥1
n

Remarque 1.2.6 La proposition ci-dessus peut tomber en défaut si les séries ne sont pas
(−1)n
à termes positifs. Il suffit de considérer la série de terme général un = ln(1+ √ ) pour
n
(−1)n X (−1)n
tout n ≥ 1. On a un ∼ √ et la série √ est une série convergente puisque les
n n
suites (S2n )n et (S2n+1 )n sont adjacentes, mais le fait que

(−1)n 1 (−1)3k (−1)n


un = √ − + 3 + o( √ )
n 2n n2 n
X (−1)n
entraine que la série ln(1+ √ ) diverge puisqu’elle est somme d’une série conver-
n
gente et une série divergente.

Proposition 1.2.7 (Règle nα un )


Soit (un )n une suite réelle. X
1) S’il existe α > 1 tel que la suite (nα un )n est bornée, alors la série un
converge absolument.
2) S’il existe αX≤ 1 tel que la suite (nα un )n soit minorée par une constante c > 0,
alors la série un diverge.

Mohamed BENDAOUD 10
Chapitre 1 1.2 Séries à termes positifs

M
Preuve. S’il existe M > 0 tel que, pour tout n ∈ N, |nα un | ≤ M , alors |un | ≤ α pour
n
tout n ≥ 1. Par conséquent,
X d’après le test de comparaison et l’exemple fondamental,
Exemple 1.2.3, la série un converge absolument.
S’il existe α ≤ 1 et c > 0 tels que nα un ≥ c pour tout n ≥ 1, alors
c
un ≥ α pour tout n ≥ 1.
n
X
Ainsi, par la même raison ci-dessus, la série un diverge. 

X 2n
Exemple 1.2.8 La série est absolument convergente. En effet, pour tout n ≥ 3,
n!
n−3
2 ≤ (n − 2)!, et donc
2n 2n−3 1 8n
n2 = n2 .8. ≤ ≤ 16, ∀n ≥ 3.
n! (n − 2)! n(n − 1) n−1
On utilise alors la règle nα un ci-dessus pour conclure.
Théorème 1.2.9 (Règle de Cauchy)
Soit (un )n une suite réelle à termes positifs.
1 X
1) Si lim unn < 1, alors la série un converge.
n
1 X
2) Si lim unn > 1, alors la série un diverge.
n
1
Preuve. 1) Si lim unn = l < 1, alors il existe c ∈]0, 1[ et N ∈ N tels que, pour tout n ≥ N ,
n
1
un ≤ c, c.-à-d., un ≤ cn , ∀n ≥ N .
n

1
unn

· · · ·
0 ` c 1

F IGURE 1.1 – Schèma pour la règle de Cauchy

X
Ainsi, par comparaison avec les séries géométriques, la série un converge.
2) Se traite de la même manière. 

1
Exemple 1.2.10 Soit un = √ pour tout n ≥ 0. On a
(1 + n)n
1 1
√ → 0,
unn =
1+ n
X
et donc, d’après la règle de Cauchy, la série un converge.

Mohamed BENDAOUD 11
Chapitre 1 1.3 Comparaison d’une série à une intégrale généralisée

Théorème 1.2.11 (Règle de d’Alembert)


Soit (un )n une suite réelle à termes strictement
X positifs.
un+1
1) Si lim < 1, alors la série un converge.
n un
un+1 X
2) Si lim > 1, alors la série un diverge.
n un
un+1
Preuve. 1) Si lim = l < 1, alors il existe c ∈]0, 1[ et N ∈ N tels que, pour tout
n un
un+1
n ≥ N, ≤ c. Ainsi, un ≤ uN cn−N pour tout ∀n ≥ N , et par comparaison avec les
un X
séries géométriques, la série un converge.
2) Se traite de la même manière. 

n!
Exemple 1.2.12 Soit un = pour tout n ≥ 1. On a
nn
un+1 1
lim = < 1,
n un e
X
et donc, d’après la règle de d’Alembert, la série un converge.
1
un+1
Remarque 1.2.13 On peut montrer que si un
−→ λ, alors unn −→ λ. La réciproque
1
un+1
est en général fausse, par exemple, la suite un = 2 + (−1)n vérifie unn −→ 1 mais un
ne converge pas.

Remarque 1.2.14 Les deux règles ci-dessus ne s’appliquent qu’à des séries dont le terme
général est soit rapidement croissant soit rapidement décroissant puisqu’il s’agit des sé-
ries dont le terme général est comparable avec αn avec α > 1 ou α < 1. Mais en général
un ∼ un+1 et par conséquent les deux limites en questions sont toutes les deux égales à
1. Dans ce cas, la nature de la série n’est pas déterminée à priori. Par exemple, les deux
X1 X 1 1 un+1 X1
séries et vérifient lim un
n
= lim = 1 mais la première série
n n2 n n un n
diverge, et la seconde converge. Le critère suivant peut être considéré comme raffinement
des deux règles précédentes.

Théorème 1.2.15 (Règle de Duhamel-Raabe)


Soit (un )n et (vn )n deux suites réelles à termes strictement positifs telles qu’à partir d’un
certain rang, uun+1 ≤ vn+1 .
n Xvn X
1) Si la série vn converge, alors la série un converge.
X X
2) Si la série un diverge, alors la série vn diverge.

un+1 un
Preuve. Si N est un tel rang, alors ≤ pour tout n ≥ N . En particulier, la suite
vn+1 vn
un un uN uN
( )n≥N est décroissante et ≤ pour tout n ≥ N . Ainsi, un ≤ vn pour tout
vn vn vN vN
n ≥ N , et le résultat désiré s’en découle par le test de comparaison. 

Mohamed BENDAOUD 12
Chapitre 1 1.3 Comparaison d’une série à une intégrale généralisée

1.3 Comparaison d’une série à une intégrale généralisée


+∞ Z
dx
La similitude des résultats obtenus on étudiant les intégrales généralisés et
1 xα
X dx
les séries de Riemann avec α ∈ R, nous amène à considérer la question suivante :
1≥1

Soit f : R+ → R+ une fonction localement intégrable. Y-a-t-il un lien entre la nature
Z +∞ X
de l’intégrale f (t)dt et la série f (n) ? Le résultat suivant donne une réponse
0
partielle dans le cas où f est positive et décroissante.

Théorème 1.3.1 ZSoit f : R+ → R+ une fonction localement intégrable et décroissante.


+∞ X
Alors l’intégrale f (t)dt et la série f (n) sont de même nature. De plus
0 n≥0
Z n k=n
X
i) S’il y a divergence, alors f (t)dt ∼ f (n).
0 k=0
Z +∞ +∞
X Z +∞
ii) S’il y a convergence, alors f (t)dt ≤ f (n) ≤ f (t)dt. En par-
n+1 k=n+1 n
Z +∞ Z +∞ +∞
X Z +∞
ticulier, si f (t)dt ∼ f (t)dt, alors f (n) ∼ f (t)dt.
n+1 n k=n+1 n

Z +∞
Preuve. Supposons que f (t)dt converge. Alors puisque f est décroissante, on a
0
Z k
f (k) ≤ f (t)dt, ∀k ≥ 1. (1)
k−1

Ainsi, pour tout n ≥ 0,


k=n
X k=n Z
X k
Sn := f (n) ≤ f (0) + f (t)dt
k=0 k−1
Zk=1n
= f (0) + f (t)dt
0
Z +∞
≤ f (0) + f (t)dt.
0
X
Par suite la série f (n) converge puisque ces sommes partielles sont majorées.
n≥0
X
Inversement, supposons que la série f (n) converge. Pour tout x ≥ 0, on a
n≥0

Z x Z E(x)+1
f (t)dt ≤ f (t)dt (2)
0 0

Mohamed BENDAOUD 13
Chapitre 1 1.3 Comparaison d’une série à une intégrale généralisée

puisque f ≥ 0 et E(x) + 1 ≥ x ; où E(x) désigne la partie entière de x. De plus


Z k+1
f (t)dt ≤ f (k), ∀k ≥ 0. (3)
k

Z n+1 k=n Z
X k+1
Ainsi, pour tout n ≥ 0, f (t)dt = f (t)dt ≤ Sn . Par suite, d’après (2),
0 k=0 k

Z x
f (t)dt ≤ SE(x) , ∀x ∈ R+ .
0
Z +∞ Z x
Par conséquent, l’intégrale f (t)dt est convergente puisque l’application x 7→ f (t)dt
0 0
est positive croissante et bornée.
Supposons qu’il y a divergence. D’après (1) et (3), on a
Z n+1 Z n
f (t)dt ≤ Sn ≤ f (0) + f (t)dt. (4)
0 0

D’autre part, Z n+1 Z n


lim f (t)dt = lim f (0) + f (t)dt = +∞
n 0 n 0
et Z n Z n+1 Z n+1
|(f (0) + f (t)dt) − f (t)dt| = |f (0) − f (t)dt| ≤ 2f (0)
0 0 n

puisque 0 ≤ f (x) ≤ f (0), ∀x ≥ 0. On en déduit alors que


Z n+1 Z n
f (t)dt ∼ f (0) + f (t)dt
0 0

du fait que les deux termes tendent vers +∞ et leur différence est bornée. Par conséquent,
d’après (4), Z n
Sn ∼ f (t)dt.
0
Dans le cas où il y a convergence, d’après (1) et (3), on obtient
Z +∞ +∞
X Z +∞
f (t)dt ≤ f (n) ≤ f (t)dt
n+1 k=n+1 n

pour tout n ≥ 0, et le résultat désiré s’en découle. 

Exemple 1.3.2 (Série de Bertrand)


X 1
La série dite de Bertrand α β
, α ∈ R, converge si et seulement si α > 1 ou
n≥1
n ln(n)
(α = 1 et β > 1).

Mohamed BENDAOUD 14
Chapitre 1 1.4 Séries alternées

En effet, pour α > 1, considérons un réel γ ∈]1, α[ et notons que


1 1
nγ = α−γ → 0 quand n → +∞;
nα ln(n)β n ln(n)β
ce qui entraine en vertu de la règle nα un que la série converge.
Pour α < 1, considérons un réel γ ∈]α, 1[ et notons que
1 1
nγ = → +∞ quand n → +∞;
nα ln(n)β nα−γ ln(n)β
ce qui entraine en vertu de la même règle nα un que la série diverge.
1 1
Pour le cas restant α = 1, si β < 0 on a n α = → +∞ et la série
n ln(n)β ln(n)β
1
diverge. Si β ≥ 0, la fonction f : t 7→ est continue décroissante et positive sur
t ln(t)β R +∞
[2, +∞[. Ainsi, d’après le théorème précédent, la série et l’intégrale 2 f (t)dt sont de
R +∞
même nature. Comme l’intégrale 2 f (t)dt est une intégrale de Bertrand qui converge
si et seulement si β > 1, la conclusion désirée s’en découle.
X 1
Exemple 1.3.3 On considère la série de Reimann α
avec α > 0 et la fonction
n≥1
n
+ + 1
f : R → R , t 7→ . La fonction f est bien positive et décroissante, et donc,
(1 + t)α
d’après le théorème ci-dessus,
i) si α > 1, on a convergence et
Z +∞ +∞ Z +∞
1 X 1
= f (t)dt ≤ ≤ f (t)dt
(α − 1)(n + 2)α−1 n+1 k=n+2
kα n

1
= .
(α − 1)(n + 1)α−1
Z +∞ Z +∞
Et comme f (t)dt ∼ f (t)dt, on en déduit que
n+1 n

+∞
X 1 1
α
∼ α−1
.
k=n+1
k (α − 1)n

k=n−1 k=n
X 1 X 1
ii) Si α < 1, on a divergence et Sn−1 := = . Ainsi,
k=0
(k + 1)α k=1

k=n Z n
X 1 n1−α
∼ f (t)dt = .
k=1
kα 0 1−α

iii) Si α = 1, un raisonnement analogue au précédent entraine que


k=n
X 1
∼ ln(n).
k=1

Mohamed BENDAOUD 15
Chapitre 1 1.4 Séries alternées

1.4 Séries alternées


X
Définition 1.4.1 Une série réelle un est dite alternée si un un+1 ≤ 0 pour tout n ≥ 0.
n≥0

Remarque 1.4.2 Le terme général un d’une série alternée s’écrit sous la forme un =
(−1)n an avec (an )n une suite réelle de signe constant.

Théorème
X 1.4.3 (Critère des séries alternées ou critère de Leibnitz) X
Soit un une série alternée telle que |un | décroit et tend vers 0. Alors un est conver-
n≥0 n≥0
gente ; de plus |Rn | ≤ |un+1 | et Rn et un+1 sont de même signe.

Preuve. On suppose que u0 ≥ 0, c.-à-d., u2n ≥ 0 et u2n+1 ≤ 0, ∀n ≥ 0. Pour tout n ∈ N,


on a
S2n+2 − S2n = u2n+1 + u2n+2 = −|u2n+1 | + |u2n+2 | ≤ 0,
et donc la suite (S2n )n est décroissante. D’autre part,

S2n+3 − S2n+1 = u2n+2 + u2n+3 = |u2n+2 | − |u2n+3 | ≥ 0,

c.-à-d., la suite (S2n+1 )n est croissante. De plus, S2n+1 − S2n = u2n+1 est de limite nulle.
Par conséquent, les suites (S2n+1 )n et (S2n )n sont adjacentes et leur limite communeX l
vérifie, pour tout p, q ∈ N, S2p+1 ≤ l ≤ S2q . On en déduit que, d’une part, la série un
n≥0
converge, et pour tout n ∈ N, 0 ≤ S2n − l ≤ S2n − S2n+1 , c.-à-d., 0 ≤ −R2n ≤ −u2n+1 .
De même on a 0 ≤ l − S2n+1 ≤ S2n+2 − S2n+1 , c.-à-d., 0 ≤ R2n+1 ≤ u2n+2 pour tout
n ∈ N, et la preuve est alors complète. 

X (−1)n
Exemple 1.4.4 La série √ est convergente et
n≥1
3
n

1 1
Rn ≤ un+1 = √ ≤
3
n+1 10
k=999
X (−1)n
si n + 1 ≥ 1000, c.-à-d., si n ≥ 999. Donc S999 = √ est une valeur approchée
k=1
3
n
X (−1)n +∞
X (−1)n
de la somme de la série √ à 10−1 près. On trouve √ ' −0, 5 à 10−1
n≥1
3
n n=1
3
n
près.

Théorème 1.4.5 (Règle d’Abel)


Soit (an )n et (bn )n deux suites réelles telles que :
i) la suite (an )n décroit et tend vers 0 ;
k=n
X
ii) il existe une constante M > 0 tel que | bn | ≤ M pour tout n ∈ N.
k=0

Mohamed BENDAOUD 16
Chapitre 1 1.5 Produit de Cauchy

X
Alors la série an bn est convergente.
n≥0

k=n−1
X
Preuve. Posons Bn = bk pour tout n ≥ 0, et notons que pour tous, p, q ∈ N avec
k=0
p < q, on a :
k=q k=q
X X
ak (Bk+1 − Bk ) = aq+1 Bq+1 − ap Bp − (ak+1 − ak )Bk+1 . (1)
k=p k=p

En effet, pour tout p ≤ k ≤ q, on a


ak (Bk+1 − Bk ) + (ak+1 − ak )Bk+1 = ak+1 Bk+1 − ak Bk ,
et par sommation, l’égalité (1) s’en découle. Ainsi, par inégalité triangulaire, on a
k=q k=q k=q
X X X
| ak b k | = | ak (Bk+1 − Bk )| ≤ aq+1 |Bq+1 | + ap |Bp | + (ak − ak+1 )|Bk+1 |
k=p k=p k=p
k=q
X
≤ M aq+1 + M ap + M (ak − ak+1 )
k=p
= 2M ap .
X
Ainsi, la série an bn vérifie le critère de Cauchy puisque ap → 0, et par suite elle
n≥0
converge. 

1.5 Produit de Cauchy


X X
Définition 1.5.1 On appelle le produit de Cauchy de deux séries un et vn la série
X k=n
X
wn ; où wn = uk vn−k pour tout n ≥ 0.
k=0
X X
Théorème 1.5.2 Si les séries un et vn sont absolument convergentes, alors leur
X +∞
X +∞
X X+∞
produit de Cauchy wn est convergente et wn = ( un )( vn ).
k=0 k=0 k=0

Preuve. Pour tout n ≥ 0, on a :


k=n
X k=n
X X k=n X
X
|wk | = | up vq | ≤ |up ||vq |
k=0 k=0 p+q=k k=0 p+q=k
p=n q=n−p
X X
= |up ||vq |
p=0 q=0

X+∞ X+∞
≤ ( |un |)( |vn |).
k=0 k=0

Mohamed BENDAOUD 17
Chapitre 1 1.6 Séries commutativement convergentes

+∞
X
Donc la série wn est absolument convergente, et par suite elle est convergente. De
k=0
plus, pour tout n ≥ 0,
k=2n p=n q=n p=2n q=2n−p p=n q=n
X X X X X X X
| wk − up vq | = | up vq − up vq |
k=0 p=0 q=0 p=0 q=0 p=0 q=0
p=2n q=2n−p p=2n q=2n−p
X X X X
= | up vq + up vq |
p=0 q=n+1 p=n+1 q=0
+∞
X +∞
X +∞
X X+∞
≤ ( |up |)( |vq |) + ( |up |)( |vq |).
p=0 q=n+1 p=n+1 q=0

+∞
X X+∞ X+∞
Ainsi, wn = ( un )( vn ), et la preuve est alors complète.
k=0 k=0 k=0 

Remarque 1.5.3 Le Théorème 1.5.2 ci-dessus peut tomber en défaut si les séries ne sont
pas supposées absolument convergentes. Par exemple, la série alternée de terme général
(−1)n
un = √ est convergente et le produit de Cauchy de cette série par elle même est de
n+1
terme général
k=n k=n
X
n
X 1
wn = uk un−k = (−1) p , ∀n ≥ 0.
k=0 k=0
(k + 1)(n − k + 1)

a+b 2
Pour a, b ∈ R, ab ≤ ( ) , donc pour tout 0 ≤ k ≤ n,
2
n+2 2 2(n + 1)
(k + 1)(n − k + 1) ≤ ( ) puis |wn | ≥ ≥ 1.
2 n+2
X
Par conséquent, wn ne tend pas vers 0 et la série wn diverge.

1.6 Séries commutativement convergentes


La commutativité est parmi les propriétés naturelles de la somme des nombres réels,
les séries étant des sommes infinies, on se pose tout naturellement la question de la com-
mutativité de ces sommes.
X
Définition 1.6.1 Une série un est dite commutativement convergente si pour toute
X
permutation σ de N, la série uσ(n) converge.

Mohamed BENDAOUD 18
Chapitre 1 1.6 Séries commutativement convergentes

X (−1)n
Exemple 1.6.2 La série alternée est convergente, mais elle n’est pas commu-
n+1
tativement convergente. En effet, s’elle est commutativement convergente, on aura
1 1 1 1 1 1 1 1 1
S = 1− + − + − + − + − + ...
2 3 4 5 6 7 8 9 10
1 1 1 1 1 1 1
= (1 − ) − + ( − ) − + ( − ) + ...
2 4 3 6 8 5 10
1 1 1 1
= − + − + ...
2 4 6 8
1
= S;
2
ce qui est absurde.
X
Théorème 1.6.3 Soit (un )n une suite réelle. Alors la série un est commutativement
convergente
X si et seulement
X si elle est absolument convergente. De plus, s’il y a conver-
gence, uσ(n) = un pour toute permutation σ de N.
X
Preuve. Supposons que un converge absolument. Soit σ une permutation de N et Sn0
X
la somme partielle de rang n de la série |uσ(n) |. Alors, pour tout n ≥ 0,

k=n
X +∞
X
Sn0 = |uσ(n) | ≤ |un | < +∞;
k=0 n=0
X
ce qui montre que la série |uσ(n) | converge absolument. Montrons que

+∞
X +∞
X
uσ(n) = un .
n=0 n=0

Pour tout ε > 0, il existe n0 ≥ 1 tel que pour tout n ≥ n0 ,


+∞
X
|Rn0 | = | uk | < ε.
k=n0 +1

Par conséquent, pour tout n ∈ N tel que {0, 1, ...., n0 } ⊆ σ({0, 1, ..., n}),
k=n
X +∞
X k=n
X k=n
X0 k=n
X0 +∞
X
| uσ(k) − uk | = | uσ(k) − uk + uk − uk |
k=0 k=0 k=0 k=0 k=0 k=0
k=n
X k=n
X0 k=n
X0 X+∞
≤ | uσ(k) − uk | + | uk − uk |
k=0 k=0 k=0 k=0
X
≤ ( |uσ(k) |) + |Rn0 |
et σ(k)≥n0 +1
0≤k≤n

≤ |Rn0 | + |Rn0 |
< 2ε;

Mohamed BENDAOUD 19
Chapitre 1 1.6 Séries commutativement convergentes

+∞
X +∞
X
ce qui montre que uσ(n) = un .
n=0 n=0
X X
Inversement, supposons que un est commutativement convergente. Alors un
X
est convergente (il suffit de prendre σ l’identité de N). Supposons par absurde que un
n’est pas absolument convergente. Notons que les ensembles A = {n ∈ N : X un ≤ 0}
et B = {n ∈ N : un ≥ 0} sont tous les deux infinis. Car sinon, les séries un et
X
|un | sont de même nature. Puisque A et B sont deux parties infinies de N, A et B sont
dénombrables. En particulier, il existe deux permutations ϕ et ψ de N telles que

A = {ϕ(0), ϕ(1), ...} et B = {ψ(0), ψ(1), ...}.


X X
Montrons que les séries uϕ(n) et uψ(n) sont divergentes, c.-à-d.,

k=n
X k=n
X
lim uϕ(n) = −∞ et lim uψ(n) = +∞.
n n
k=0 k=0
X
Supposons par absurde que, par exemple, la série uψ(n) converge, et posons


u+
n = sup(un , 0) et un = inf(un , 0), ∀n ≥ 0.

Clairement, pour tout n ≤ 0,


− − −
u+ + +
n ≥ 0, un ≤ 0, un = un + un , |un | = |un | + |un |
X X
et les sommes partielles de u+n sont les sommes partielles de uψ(n) . Ainsi, les
X +∞
X X
sommes partielles de u+n sont majorées par uψ(n) , et donc u+n converge. Or
X n=0
u−n = u n − u+
n , donc u− + −
n converge aussi. D’autre part, (un )n et (un )n sont des suites
X X
de signe constant, donc les séries u+
n et u−n sont absolument convergentes. Par
X

conséquent, un est absolument convergente puisque un = u+ n + un ; ce qui est ab-
X X X
surde. D’où uϕ(n) et uψ(n) sont divergentes, et par suite un n’est pas commu-
X
tativement convergente. Cette contradiction entraine que la série un est absolument
convergente, et la preuve est alors complète. 

Mohamed BENDAOUD 20