Vous êtes sur la page 1sur 4

Physique TS

Physique Lorsque l'on range tous les noyaux connus dans un repère tel que celui présenté ci-contre, il apparaît
quatre zones :
Chapitre 04 : radioactivité ; décroissance radioactive

1. Noyau atomique et radioactivité


Î Une zone rouge dans laquelle apparaissent les
noyaux stables. Cette zone est appelée vallée de
a. Noyau atomique stabilité. On remarquera que pour Z<30 les
La représentation symbolique du noyau d'un atome est :
A
X noyaux stables sont situés sur la première
Z
bissectrice (ou dans son voisinage immédiat) ce
X est le symbole de l'élément chimique de numéro atomique Z. sont donc des noyaux pour lesquels N=Z.
Z est le nombre de protons. Z est aussi appelé nombre de charge. Î Une zone jaune dans laquelle se situent des
A est le nombre de nucléons. A est aussi appelé nombre de masse. noyaux donnant lieu à une radioactivité de type
N = A - Z est le nombre de neutrons présents dans le noyau. α . Ce sont des noyaux lourds (N et Z sont
grands donc A est grand),
b. Nucléide Î Une zone bleue dans laquelle se situent des
noyaux donnant lieu à une radioactivité de type
Un nucléide est l'ensemble des noyaux ayant le même nombre de nucléons A et le même nombre de
protons Z. β− . Ce sont des noyaux qui présentent un
excès de neutrons par rapport aux noyaux
c. Élément stables de même nombre de masse A,
Î Une zone verte dans laquelle se situent des
Un élément est constitué par l'ensemble des particules, atomes et ions monoatomiques, ayant le
noyaux donnant lieu à une radioactivité β . Ce
+
même nombre de charge Z.
sont des noyaux qui présentent un excès de
d. Isotopes protons par rapport aux noyaux stables de
Des noyaux sont appelés isotopes si ils ont le même nombre de charge mais des nombres de nucléons même nombre de masse A.
A différents.
Par exemple :
35
17
Cl et 37
17
Cl sont des isotopes du chlore.
2. Les différentes formes de Radioactivités

e. Radioactivité
a. Lois de conservation (lois de Soddy)
Un noyau radioactif est un noyau instable dont la désintégration (destruction) est aléatoire et
s'accompagne de: Les réactions de désintégration nucléaires obéissent à un certain nombre de lois. Cette année, par
souci de simplification, nous n'en utiliserons que deux, dites lois de Soddy.
Î L'apparition d'un nouveau noyau,
Î L'émission d'une particule notée α , β− , β+ . Lors d'une désintégration radioactive α ou β il y a conservation du nombre de charge Z et

L'émission d'un rayonnement électromagnétique noté γ . Cette émission de rayonnement γ du nombre de nucléons A.
Î
n'est pas systématique mais extrêmement fréquente. Considérons la désintégration d'un noyau X (appelé noyau père). Cette désintégration conduit à un
noyau Y (appelé noyau fils) et à l'expulsion d'une particule P (particule α ou β ). L'équation de la
La radioactivité est une réaction dite nucléaire car elle concerne le noyau de l'atome par opposition
aux réactions chimiques qui ne concernent que le cortège électronique sans modifier le noyau. désintégration s'écrit :
A
Z
X→ Y+ P
A'
Z'
A ''
Z ''

f. Noyaux stables et instables : Vallée de stabilité


Les lois de conservation de Soddy imposent alors:
cf. doc
Au sein du noyau s'affrontent principalement deux types d'interactions: Î Loi de conservation du nombre de nucléons A : A = A' + A"
Î Loi de conservation du nombre de charges Z : Z = Z' + Z"
Î Des répulsions électriques qui ont tendance à détruire le noyau,
Î Des interactions nucléaires fortes qui ont tendance à assurer la cohésion du noyau.
Sous l'action des différentes forces en présence, certains noyaux sont stables (ils ont une durée de vie
considérée comme infinie à l'échelle géologique) et d'autres sont instables (ils se détruisent
spontanément au bout d'une durée plus ou moins grande à la même échelle).
Physique TS
+
b. Radioactivités α d. Radioactivités β

1) Equation 1) Equation

Des noyaux sont dits radioactifs α s'ils expulsent des noyaux d'hélium He
4
2
Cette radioactivité ne concerne que des noyaux artificiels, c'est-à-dire des noyaux engendrés par des
réactions nucléaires réalisées par l'homme.
On notera qu'en toute rigueur le noyau de l'atome d'hélium porte deux charges positives. Mais dans
ce domaine de la physique on convient de ne pas les représenter. Des noyaux sont dits radioactifs β + s'ils émettent des positons +01 e . D'après les lois de conservation
de Soddy l'équation s'écrit :
D'après les lois de conservation de Soddy l'équation s'écrit :
X → Z −A1Y + +01 e
A
Z
A
X→ A−4
Y + He
4

Par exemple, le phosphore 30 est un radio émetteur β . Son équation de désintégration est :
Z Z−2 2 +

Par exemple, l'uranium 238 est un radionucléide α . Son équation de désintégration s'écrit :
15 P→ 14 Si+ + 1 e
30 30 0
238
92 U→ 23490Th+ 42 He . Le noyau fils obtenu est un noyau de thorium
2) Caractéristiques
2) Caractéristiques
Ce sont des particules portant une charge +e. On notera cette situation étrange où un positon qui, à
Ces particules sont expulsées avec des vitesses relativement modestes et sont arrêtées par quelques priori, n'existe pas dans le noyau, est tout de même expulsé du noyau. Ce positon ne peut provenir
centimètres d'air ou par une feuille de papier, mais elles sont très ionisantes et donc dangereuses. que de la transformation d'un nucléon.
Si Z est le numéro atomique du noyau père, le numéro atomique du noyau fils est Z-2. Le noyau fils
se trouve donc deux cases avant le noyau père dans le tableau périodique des éléments.
Les radionucléides β + sont des radionucléides qui possèdent trop de protons par rapport aux
nucléides stables de même nombre de masse A (voir vallée de stabilité).
c. Radioactivités β
-
La transformation de ce proton excédentaire produit un positon suivant le bilan :
1
1 p→ 01 n+ +01 e
Il apparaît ainsi un neutron. Globalement N augmente d'une unité et Z diminue d'une unité. Alors A
1) Equation reste constant.
Ces particules ont une durée de vie très courte. Lorsqu’elles rencontrent un électron, les deux
Des noyaux sont dits radioactifs β− s'ils émettent des électrons notés − 1 e . D'après les lois de
0
particules s'annihilent pour donner de l'énergie sous forme d'un rayonnement électromagnétique
conservation de Soddy l'équation s'écrit:
γ suivant le bilan : 0
e + +01 e → γ
X → Z +A1Y + −01 e
A −1
Z Si Z est le numéro atomique du noyau père, le numéro atomique du noyau fils est Z-1. Le noyau fils
se trouve donc dans la case qui précède celle du père dans le tableau périodique des éléments.
Par exemple, le cobalt 60 est un radionucléide β . Son équation de désintégration s'écrit :

60
27 Co→ 60
28 Ni+ − 1 e
0 e. Désexcitation γ (gamma)
Le noyau fils est en général obtenu dans un état excité (niveau d'énergie élevé). Ce noyau dans cet
état excité est en général noté Y*. Le noyau fils ne reste pas dans cet état instable. Il évacue cette
2)
énergie excédentaire en émettant un rayonnement électromagnétique γ . On dit qu'il se désexcite.
Caractéristiques
On notera cette situation étrange où un électron qui, à priori, n'existe pas dans le noyau, est tout de
même expulsé du noyau. Cet électron ne peut provenir que de la transformation d'un nucléon. Cette émission γ apparaît donc comme un phénomène secondaire de la radioactivité.

Les radionucléides β −
sont des radionucléides qui possèdent trop de neutrons par rapport aux On écrira : Y* → Y + γ
nucléides stables de même nombre de masse A (voir vallée de stabilité). Les équations de désintégrations radioactives peuvent s’écrire sous une forme qui tient compte de
cette désexcitation :
La transformation de ce neutron excédentaire produit un électron suivant le bilan :
1
0 n→ p+ e
1
1
0
−1
Il apparaît ainsi un proton. Globalement Z augmente d'une unité et N diminue d'une unité. Alors A
A
Z
X → AZ−−42Y + 42 He + γ
reste constant. A
X → Z +A1Y + −01 e + γ
Les particules β− sont assez peu pénétrantes. Elles sont arrêtées par quelques millimètres
Z

d'aluminium.
A
Z
X → Z −A1Y + +01 e + γ
Si Z est le numéro atomique du noyau père, le numéro atomique du noyau fils est Z+1. Le noyau fils
se trouve donc dans la case qui suit celle du père dans le tableau périodique des éléments.
Physique TS
3. La décroissance radioactive

a. Désintégration des noyaux radioactifs


Soit un échantillon contenant N0 noyaux radioactifs à la date t0 =0 choisie comme date initiale.
Soit N le nombre de noyaux radioactifs (non désintégrés) encore présents à la date t.
Pendant l'intervalle de temps dt très bref, un certain nombre de noyaux radioactifs se sont
désintégrés. Soit alors N+dN le nombre de noyaux radioactifs (non désintégrés) encore présents dans
l'échantillon à la date t+dt.
Compte tenu de ces notations, le nombre moyen (le phénomène est aléatoire) de noyaux qui se
désintègrent pendant la durée dt est :

N t − N t + dt = N − (N + dN) = − dN
Ce nombre moyen de désintégrations qui ont lieu pendant la durée dt est proportionnel :
Î Au nombre N de noyaux radioactifs présents dans l'échantillon à la date t. Ce qui signifie que si
ce nombre N double, le nombre de désintégrations qui vont se produire dans l'intervalle de Î N représente le nombre de noyaux radioactifs encore présents (non désintégrés) à l'instant t
temps dt suivant double aussi. dans l'échantillon.
Î A la durée dt. Si dt est petit par rapport à t et si dt double alors le nombre de désintégrations Î N0 représente le nombre de noyaux radioactifs présents dans l'échantillon à l'instant initial t=0.
qui se produiront doublera aussi. Î λ est la constante radioactive du radioélément considéré.
Pour traduire ces propriétés on écrira : Î t est le temps écoulé depuis l'instant initial.
− dN = λ dt Remarque
Le développement mathématique qui conduit à l'expression de N encadrée plus haut n'est pas au
λ est la constante radioactive. Elle est caractéristique d'un radioélément. programme du cours de physique de terminale S. Il sera vu en mathématique.
dN
d’où − dN = λ dt ⇒ − = λdt c. Constante de temps : τ
N
Le premier membre de cette dernière égalité est un rapport de grandeurs de mêmes dimensions. Ce
premier membre est donc sans dimension (s'exprime sans unité). Il en est alors de même du second 1) Définition
λ ait la dimension de l'inverse d'une durée [ λ ]=[T] L'inverse de la constante radioactive λ est homogène à une durée (a la même dimension qu'une
-1
membre. Ce qui impose que
( λ s'exprime en s , min , h , jour ou an ). durée ou s'exprime avec la même unité qu'une durée). On écrira :
-1 -1 -1 -1 -1

1
b. Loi de décroissance radioactive τ=
cf. doc λ
D'après ce qui précède, l'évolution du nombre de noyaux radioactifs présents dans un échantillon au τ est appelée constante de temps. C'est aussi une grandeur caractéristique d'un radionucléide.
dN
cours du temps est donnée par : − dN = λ dt ⇒ − = λdt τ par la méthode graphique
N 2) Détermination de
La fonction N = f(t) qui vérifie cette propriété est : cf. doc
La tangente à la courbe de décroissance radioactive à l’instant t=0 coupe l’axe des abscisses au point
N = N 0 e − λt t =τ.

d. Demi-vie t1/2 d’un échantillon radioactif

1) Définition
La demi-vie radioactive, notée t1/2, d'un échantillon de noyaux radioactifs est égale à la durée
nécessaire pour que, statistiquement, la moitié des noyaux radioactifs présents dans l'échantillon se
désintègrent. On a donc :
Physique TS

N(t ) b. Activité radioactive d’origine naturelle


N(t + t 1 / 2 ) = cf. doc
2

2) Détermination de t1/2 par le calcul c. Datation

On a : N(t ) = N0 e − λt et N(t + t 1 / 2 ) = N0 e − λ ( t + t1 / 2 ) A ln( A 0 / A)


A = A 0 e − λt donc = e − λt et ln( A / A 0 ) = − λ t d'où t =
N(t ) A0 λ
d'après la définition de la demi-vie : N( t + t 1 / 2 ) =
2 Si on connaît le radioélément contenu dans l'objet (on connaît alors λ ), si on connaît l'activité A0 de
− λt l'échantillon et si l'on sait mesurer A, alors il est possible de connaître la date d'origine t de l'objet.
Ne
donc N0 e
− λ ( t + t1 / 2 )
= 0
2 1) Au carbone 14
cf. doc
1
et e 1 / 2 =
− λt

2 2) L’âge de la Terre
alors − λ t 1 / 2 = ln(1/ 2) = − ln 2 cf. doc

ln 2 d. Les effets biologiques de la radioactivité


d’où t 1 / 2 =
λ
1)
t 1 / 2 = τ ln 2 Les dangers
cf. doc

3) Détermination de t1/2 par une méthode graphique 2) Les utilisations pour l’Homme
cf. doc cf. doc

4. Utilisation de la loi de décroissance radioactive

a. Activité d’un échantillon


L'activité A d'une source radioactive est égale au nombre moyen de désintégrations par seconde dans
l'échantillon. Elle s'exprime en becquerels dont le symbole est Bq (1Bq=1 désintégration par
seconde).
Le curie (Ci) est une autre unité de mesure d'activité utilisée. Il correspond à l'activité de 1,0g de
radium et vaut 3,7.1010Bq.
A pourra être notée :
ΔN dN
A=− ou A=−
Δt dt
dN
On a donc : − dN = λ dt et A = − d’où A = λN
dt
Cette dernière relation permet d'exprimer l'activité d'un échantillon en fonction du temps.
A = λ N = λ N 0 e − λt
A = A 0 e − λt
L’activité suit la même loi de décroissance exponentielle que N.